Marchés prédictifs en ligne : miser sur un résultat sportif… ou sur la guerre en Ukraine

Source: The Conversation – France in French (3) – By Léo-Paul Barthélémy, Doctorant en sciences de l’information et de la communication, CREM, Université de Lorraine, Université de Lorraine

Certains parient sur l’issue de tel ou tel événement sportif. D’autres sur l’évolution à court terme d’un indicateur économique largement suivi. D’autres encore – parfois les mêmes – engagent des sommes importantes sur des questions nettement plus discutables d’un point de vue moral, comme la prise d’une ville en Ukraine par l’armée russe. Les sites permettant ce type de paris sont en plein essor.


Un marché prédictif n’est pas tout à fait un site de paris. C’est un dispositif de spéculation collective dans lequel des participants achètent et vendent des contrats indexés sur la réalisation d’un événement futur précisément défini (« X aura lieu avant telle date », « Y gagnera l’élection », etc.). Le prix de ces contrats fluctue en fonction de l’offre et de la demande : plus un événement est jugé probable par les participants, plus le contrat associé est recherché et plus son prix augmente.

À la date fixée – ou une fois l’événement tranché – le marché est résolu : si l’événement s’est bien produit, le contrat correspondant est payé à sa valeur maximale, tandis que les contrats perdants deviennent sans valeur. Les gains ou pertes des participants dépendent donc du prix auquel ils ont acheté ou vendu ces contrats avant la résolution.

Parce qu’ils incitent ceux qui disposent de bribes d’informations utiles à investir, et agrègent donc le savoir d’un maximum d’acteurs sur un événement, ces marchés se révèlent souvent étonnamment précis. Aux États-Unis, des marchés de paris très organisés consacrés à l’issue de l’élection présidentielle ont existé de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, notamment à New York. Paul W. Rhode et Koleman S. Strumpf ont montré que ces marchés ont fait preuve d’une précision remarquable, à une époque pourtant dépourvue de sondages scientifiques. Dans quinze élections présidentielles entre 1884 et 1940, le candidat favori un mois avant le scrutin a presque toujours remporté l’élection, avec une seule véritable exception.

Les versions décentralisées, comme Polymarket et Kalshi, ajoutent un avantage, selon leurs promoteurs : elles fonctionnent sans intermédiaire central, reposent sur la blockchain et permettent des échanges mondialisés, en résistant aux réglementations nationales (ces sites sont par exemple interdits en France). Mais cette décentralisation a un revers fondamental : le système ne peut pas, à lui seul, savoir ce qui se passe dans le monde réel. Il doit donc s’appuyer sur des oracles, c’est-à-dire des sources externes (médias, bases de données, experts, indicateurs publics) chargées de confirmer si un événement s’est effectivement produit. Lorsque la réalité est ambiguë, ces oracles peuvent être contestés. D’où la nécessité de mécanismes d’arbitrage humains, censés trancher les litiges : votes communautaires, comités de résolution ou décisions manuelles. Ces moments, où l’interprétation humaine reprend le dessus, constituent précisément le point de fragilité des marchés prédictifs décentralisés, car ils ouvrent la porte aux erreurs, aux biais… et parfois aux manipulations.

Entre vulnérabilités et défis informationnels : parier sur la guerre en Ukraine

Ces marchés de prédiction en ligne, en pleine croissance depuis plusieurs années, donnent à leurs utilisateurs la possibilité d’ouvrir des paris sur n’importe quel thème, y compris sur les sujets géopolitiques les plus sensibles.

Dernièrement, on constate l’existence de très nombreux paris portant sur la guerre en Ukraine, particulièrement documentée et suivie, et donc propice à une multiplicité de paris variés : pertes territoriales, échéances de cessez-le-feu, escalade nucléaire ou rencontres entre dirigeants sont au cœur des questions les plus convoitées. Derrière chaque prévision publiée se joue le sort de milliers de personnes dans la vraie vie. Mais pour les joueurs, les drames vécus par des individus concrets sur le terrain relèvent d’un simple jeu de spéculation. Certains de ces paris brassent des dizaines de millions de dollars.

Polymarket, premier site de marché prédictifs en termes de mises, a été fondé en 2020 par Shayne Coplan, brièvement devenu le plus jeune self-made milliardaire au monde. Simple d’accès, il permet aux internautes de parier en cryptomonnaies sur toutes sortes d’événements : rencontres politiques, compétitions sportives, actualités financières et culturelles. Cette pratique connaît un essor considérable, notamment depuis l’élection présidentielle américaine de 2024, au point que certains suggèrent que les prédictions étaient alors plus fiables que les sondages dans plusieurs États indécis.

Ce succès s’explique aussi par un environnement propice au développement des cryptomonnaies, dont l’usage ne cesse de croître depuis quelques années.

Capture d’écran du site Polymarket montrant la variété des thèmes sur lesquels les parieurs sont invités à parier.
Fourni par l’auteur

Plusieurs prédictions sur la guerre en Ukraine ont été fébrilement relayées durant la première moitié de 2025. Le premier exemple est celui de l’accord minier qui devait être signé par Donald Trump sur l’Ukraine au mois de mars. Malgré l’absence d’un tel accord, la plate-forme a été manipulée par une « baleine crypto » (quelqu’un qui détient une quantité massive d’une cryptomonnaie) qui a pu faire pencher la décision en sa faveur, avec en prime un remboursement impossible pour les parieurs lésés. À ce titre, Polymarket a répondu aux demandes des utilisateurs en précisant que le marché avait été résolu conformément au protocole.

Le second exemple porte sur la tenue du président ukrainien : il était question de parier sur le fait que Volodymyr Zelensky porterait un costume avant juillet 2025. Ce qui semble en apparence assez simple à prouver s’est en réalité avéré extrêmement compliqué, le critère de résolution et de validation du pari ayant été mal défini sur le site.

Derek Guy, spécialiste influent de la mode masculine, a indiqué que « la question était mal formulée » puisque la définition d’un costume peut varier, selon l’aspect technique du vêtement ou de l’attente sociale qu’on lui attribue. Alors que plus de 240 millions de dollars ont été échangés sur ce pari, le débat continue dans les commentaires, plusieurs mois après sa clôture. Courant novembre 2025, on dénombrait près de 100 paris possibles sur divers aspects relatifs à la guerre en Ukraine.

Un autre débat a émergé de la carte interactive Polyglobe, fondée par Le Pentagon Pizza Watch (PPW), un tracker qui surveille l’activité des restaurants autour de bâtiments gouvernementaux américains, en vue d’anticiper des actions stratégiques et militaires importantes. La visualisation des paris Polymarket sur une carte interactive est complétée par des données en sources ouvertes (OSINT), comme des tweets.

Capture d’écran d’une carte de Polyglobe (17/12/2025) représentant la ligne de front dans l’est de l’Ukraine.
Fourni par l’auteur

Il s’agissait pour les parieurs de prédire si l’armée russe allait réussir à capturer la ville de Myrhorod d’ici le 15 novembre. Les pronostics se basaient sur une carte du think tank Institute for the Study of War (ISW). Juste avant la clôture du pari, cette carte a indiqué une avancée russe à l’intérieur de la ville. La zone est apparue en rouge, donc aux mains de la Russie ; les parieurs ont été payés ; puis la carte a été corrigée peu de temps après. L’ISW a confirmé par la suite que la modification n’avait pas été approuvée en interne, ajoutant un système d’annotation tout en dénonçant l’utilisation de ses cartes par des spéculateurs.

Polyglobe a rapidement choisi de changer d’outil cartographique, et de passer désormais cette fois-ci par la carte interactive et collaborative de DeepStateMap.Live, qui affiche l’évolution quotidienne de la ligne de front en Ukraine. Les représentants de ce dernier site ont à leur tour dénoncé le réemploi non souhaité de leurs données à des fins de spéculation, PPW finissant par s’excuser et par retirer la carte. Ces changements et rétractations rapides illustrent bien la zone grise réglementaire dans laquelle évoluent ces nouveaux outils spéculatifs.

Capture d’écran d’une carte de DeepStateMap.Live (17/12/2025) représentant la ligne de front dans l’est de l’Ukraine.
Fourni par l’auteur

Une culture du jeu qui varie, une technologie qui s’en affranchit

La question morale est inévitable : comment est-il possible de parier sur la guerre, de surcroît dans un contexte où les combats s’intensifient et où les civils ukrainiens sont attaqués quotidiennement ?

Une première piste de réflexion est peut-être celle de la culture du jeu, qui varie considérablement d’un pays à un autre. Dans celle anglo-saxonne, dont est issu le fondateur de Polymarket, il n’existe aucun tabou en ce qui concerne les paris. Au Royaume-Uni, c’est même un « sport national », où il est possible, par exemple, de spéculer sur divers détails de la vie de la famille royale.

Cette conception de la prédiction est très différente de celle que nous avons en France, où l’Autorité nationale des jeux (ANJ) régule, entre autres, les sports sur lesquels il est possible de miser. Au niveau de l’Union européenne, il existe des socles juridiques communs et des initiatives de régulation, mais chaque membre fixe ses propres règles. Celles-ci sont d’autant plus disparates qu’elles sont désormais contournables par la décentralisation offerte par la blockchain, laquelle permet de se passer d’intermédiaires financiers soumis aux réglementations nationales. Le recours aux cryptomonnaies permet ainsi à ces plates-formes de contourner les interdictions bancaires, y compris dans les pays où Polymarket est interdit, comme en France, indépendamment des outils de contournement géographique tels que les VPN.

Au-delà des contraintes juridiques et des offres des bookmakers, ce sont aussi nos valeurs qui influencent nos limites philosophiques de ce qui est acceptable. Rappelons que les spéculations sur l’issue des conflits ne datent pas d’aujourd’hui. Entre autres exemples, en 1691, bien longtemps avant notre ère numérique, des paris avaient été pris en Angleterre sur l’issue de la bataille de Limerick en Irlande, qui opposa les partisans de Jacques II à ceux de Guillaume d’Orange.

Quelles limites pour le marché de la prédiction ?

Indéniablement, ces paris qui relèvent de vie et de mort, de guerre et de paix et d’enjeux géopolitiques lourds, posent des questions morales, mais ils nous interrogent aussi quant à toutes ces données du front rapidement diffusées et réinterprétées. Il est également établi que les jeux de hasard favorisent des problèmes psychologiques et émotionnels, sans occulter leur aspect addictif. Une étude de 2023 pointait les biais structurels qu’ils posent, notamment avec le phénomène de paris irrationnels.

Ce marché nous questionne aussi sur la vérification de l’information : les paris prédisent-ils seulement le cours des événements ou ont-ils un impact sur ces derniers ? Qui est légitime pour définir les contours d’un critère de résolution d’une issue ? La manipulation cartographique évoquée précédemment aurait pu poser des soucis de désinformation conséquents, surtout à un moment crucial de la guerre où chaque kilomètre carré capturé par des soldats est commenté en temps réel dans la presse.

L’instrumentalisation de ces données pour la spéculation menace l’intégrité de notre connaissance de la guerre, en mettant une pression supplémentaire sur les analystes qui traitent déjà de grands volumes d’informations, tout en sapant l’image des cartes militaires en ligne. Ceci est d’autant plus dangereux que des paris similaires existent sur à peu près tous les autres théâtres militaires en cours dans le monde.

Enfin, ces exemples nous rappellent les limites de ces plates-formes décentralisées qui font fi de toutes barrières éthiques et techniques. Miser sur le dresscode d’un président n’a évidemment pas la même signification morale que spéculer sur la capture d’un village de l’oblast de Donetsk. Est-il acceptable de parier sur la sécurité de civils et de mettre cela au même niveau que le résultat d’un match de football ? Il est sans doute temps de fixer une limite, a minima celle de l’empathie, pour éviter que la guerre ne soit reléguée à un divertissement, ce qu’elle n’est certainement pas.

The Conversation

Léo-Paul Barthélémy ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Marchés prédictifs en ligne : miser sur un résultat sportif… ou sur la guerre en Ukraine – https://theconversation.com/marches-predictifs-en-ligne-miser-sur-un-resultat-sportif-ou-sur-la-guerre-en-ukraine-272369

Three climate New Year’s resolutions that will fail – and four that can actually stick

Source: The Conversation – UK – By Anastasia Denisova, Senior Lecturer in Journalism, University of Westminster

Going cold turkey on flights is tough. Instead, resolve to take the train where possible. Jaromir Chalabala / shutterstock

Four in five adults in the UK say they have changed their lifestyle to help tackle environmental change. The New Year is a good time to implement changes to behaviour, but our willpower is finite.

The secret isn’t to be more virtuous, but to be strategic.

If you want 2026 to be the year you make a difference without burning out, here is what the evidence suggests you should prioritise – and what you should ignore.

Here are some resolutions that are likely to work.

1. Buy clothes from a reselling platform once a month

Immediate gratification is one of the most reliable predictors of long-term success. A vow to “buy nothing” is miserable and hard to keep. A vow to “buy second hand” gives you a treasure hunt.

A garment spends 2.2 years on average in a UK wardrobe, while fashion remains one of the biggest polluters – that’s why buying lots of outfits from the high street is problematic. Reselling platforms such as Vinted, Depop and eBay, or charity shops, can provide a guilt-free solution to the endless consumption encouraged by the fashion media and influencers.

2. Make plans with friends

Making changes is hard – and it’s even harder doing it alone. We are social animals, susceptible to “social proof” – naturally adopting the behaviour of people we admire or respect.

Leverage this by finding your herd. Identify a couple of friends, family members or colleagues who are interested in gardening, walks in nature, mending clothes, volunteering at a local farm or attending or teaching a zero-waste cooking workshop. Having a plan acts as scaffolding for a new habit, but making that plan with friends turns an eco-practice into a social event you actually look forward to.

two people gardening in an allotment
Rope your friends in – they’ll help you stick to your resolutions.
Monkey Business Images / shutterstock

3. Indulge in grains, vegetables and dips twice a week

Numerous studies warn about the harmful effects of a meat-heavy diet. But for “meat-attached” eaters, going cold turkey (or cold tofu) rarely works.

Instead, use positive framing. Not “eat less of this”, but “eat more of this”. Change “meat-free Monday” to “hummus-heavy Mondays”. Research shows that the most unshakeable burger enthusiasts can still be convinced to reduce their meat intake through the argument of food purity (avoiding hormones and factory farming) and the health benefits (weight control, cholesterol). Frame the resolution as indulging in grains, vegetables and dips, rather than restricting meat.

4. The ‘boring’ one: write to your MP

Less entertaining than other resolutions, this suggestion is nonetheless likely to have longer and wider repercussions. Leading climate thinkers such as academics Hannah Ritchie and Kimberly Nicholas argue that influencing policy is a stronger action than adjusting your individual behaviour.

A letter written to your local MP can echo in the higher echelons of power. Imagine your representative telling the Prime Minister: “my constituents are demanding greener energy and transport”. It takes 15 minutes. Charities such as Friends of the Earth even provide templates. It’s a low-effort, high-impact resolution.

On the other hand, there are some resolutions that are more likely to fail.

1. The ‘I will never fly again’ trap

Giving up flying is an effective way to shrink your carbon footprint, but it’s a tough New Year resolution to stick to. For many with family abroad or tight budgets, the price disparity between cheap (often heavily subsidised) flights and expensive trains makes this difficult to sustain, adding financial complications to an already tricky ethical dilemma.

A more realistic approach would be to commit to “no domestic flights” or “trains where possible”. Save the hardline stance for when the mince pies have settled.

2. Trying to go ‘all green’ at once

Beware the “sustainable consumption paradox”. This is the paralysis that comes from being overwhelmed with information when trying to make greener choices: worrying that your recycled plastic takes too much energy to produce, or if your fair trade coffee caused deforestation.

Trying to fix every aspect of your life leads to information overload and failure. Pick two or three battles, no more.

3. Converting the non-believers

Resolving to convert your friends and family is a recipe for conflict, not change. Shame triggers defensiveness, not action.

Instead, lead by example. Talk about your new habits casually – mention the bargain you found on Vinted or your new recipe for beef-free bolognese – without preaching. You are more likely to plant a seed with enthusiasm than with a smug lecture.

Eco-awareness is very high in the UK, so if you’re reading this, know that you’re in the majority. The best strategy to turn concern into action is to quiet the overthinking and begin 2026 with optimism and a realistic, achievable commitment.

The Conversation

Anastasia Denisova received funding from JJ Trust for her research policy brief Fashion Media and Sustainability.

ref. Three climate New Year’s resolutions that will fail – and four that can actually stick – https://theconversation.com/three-climate-new-years-resolutions-that-will-fail-and-four-that-can-actually-stick-271988

Why New Year’s resolutions might feel harder this year – and what could help

Source: The Conversation – UK – By Vlad Glăveanu, Professor of Psychology, Business School, Dublin City University

Boontoom Sae-Kor/Shutterstock

The start of a new year has long been considered an important moment for personal change. Psychological research shows that calendar landmarks such as birthdays, Mondays or the new year can act as mental reset points, making people more likely to reflect on their lives and attempt new goals. This phenomenon was described by researchers more than a decade ago as the “fresh start effect”.

Yet many people reach the new year less enthusiastically than they once did. We live in a world in which mental wellness is deteriorating, particularly among young people, and in which being asked to imagine change can be daunting. Climate anxiety, political instability and economic precarity can all make the idea of “starting over” seem unrealistic.

Research also shows that repeated or imposed change can lead to change fatigue. This is a state of emotional exhaustion that reduces people’s willingness to engage with new initiatives, even when they are presented as positive. Rather than renewing hope, calls for change can provoke scepticism, withdrawal or disengagement in these people.

Our ability to imagine the future is not unlimited. Studies on anxiety and uncertainty consistently show that when people feel under threat or lack control, their future-oriented thinking narrows. Instead of imagining a range of possibilities, people tend to focus on risks, losses and worst-case scenarios.

So if you’re struggling to make changes, the problem is not necessarily a lack of imagination or hope. It could be that circumstances are making it difficult for hope and imagination to operate.

My own research at the DCU Centre for Possibility Studies focuses on what psychologists call possibility thinking. This is about how people perceive what could be different, explore alternatives and feel able to act. A 2024 study showed that these elements need to support each other. When people can see opportunities but feel unable to act on them, or feel motivated but unable to imagine alternatives, meaningful change is difficult.

Woman in suit sitting at desk with hands over her face under her glasses
Feeling too frazzled to set a resolution? It could be change fatigue.
CrizzyStudio/Shutterstock

This pattern emerged in a December 2025 study I co-authored, which involved teachers taking part in a professional development programme meant to stimulate possibility thinking. During the study, participants found out they would soon move into a new school building, as their existing school was to be demolished. Many teachers reported emotional fatigue in response to the prospect of having to “start over” yet again. Instead of excitement, the dominant response was depletion and reduced motivation.

Although this example concerns a life transition rather than the new year, it helps to explain why fresh starts can feel harder in the current climate. When people feel that a change is unfair, badly supported and might harm them, they are less likely to get behind it and more likely to push back. This can undermine their capacity to engage with new possibilities.

This also helps explain why many New Year’s resolutions don’t stick: people often treat them as tests of pure willpower, but research shows that lasting change depends much more on how goals are set up, supported and built into everyday life.

Decades of research on behaviour change show that motivation is shaped by context. Time pressure, financial stress, caring responsibilities and institutional constraints all limit what people can realistically change, regardless of their intentions.

Rather than focusing on dramatic reinvention, it may be more realistic to ask what small shifts are possible within the constraints you’re under. Possibility thinking does not mean ignoring limits or pretending everything will improve. It involves learning how to work creatively with constraints, rather than against them.

For example, someone who knows they have limited time and energy might set a resolution like: “I will add a 10‑minute walk into my daily routine, such as after lunch or school drop‑off, and adjust it each week based on what is actually workable for me.”

It’s also important to recognise that imagining the future doesn’t have to be an individual activity. Research on shared or collective agency shows that people are better at envisioning and sustaining change when responsibility is distributed across groups, whether in families, workplaces or communities. Discussing limits and possibilities together can expand what feels achievable.

For example, a family might make a shared resolution to eat more home‑cooked meals, dividing tasks so that one person plans the menu, another cooks on certain nights, and children help with prep. That way, the change is carried and sustained by the group rather than one person.

In the end, the new year is a powerful cultural moment. But in a world shaped by uncertainty and fatigue, renewal is unlikely to come from pressure to “start fresh” or try harder. It may come, instead, from learning to imagine differently: with others, within limits, and in ways that make positive, even if small, changes still feel possible.

The Conversation

Vlad Glăveanu does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why New Year’s resolutions might feel harder this year – and what could help – https://theconversation.com/why-new-years-resolutions-might-feel-harder-this-year-and-what-could-help-272456

Five ways to improve your health this year that don’t rely on losing weight

Source: The Conversation – UK – By Rachel Woods, Senior Lecturer in Physiology, University of Lincoln

PeopleImages/Shutterstock

Every January, internet searches for the terms “diet” and “weight loss” surge, gyms become busier and diet trends spread across social media. But research shows that most people who try the latest quick-fix plan do not keep the weight off.

Focusing on weight alone can overshadow other changes that improve health in more reliable and sustainable ways. Some of these may lead to weight loss and some may not, but the benefits are clear either way.

Here are five evidence-based resolutions that can support better health – and none are about losing weight.

1. Eat more plants

Eating more plants does not mean you have to become vegetarian. If you eat meat and want to continue, that is fine. You can still increase the amount and variety of plant foods on your plate.




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There is a vast amount of research showing that diets rich in plant foods are linked with lower risks of major diseases. A meta-analysis of more than 2.2 million adults found that consistently sticking to a plant-based dietary pattern was associated with significantly lower risks of type 2 diabetes, cardiovascular disease, cancer and all-cause mortality (the risk of dying from any cause).

Although that study focused on people limiting or avoiding meat, other research has shown that even among omnivores, each additional 200 g of fruits and vegetables per day is linked with reduced risk of coronary heart disease, cardiovascular disease, cancer, stroke and premature mortality (dying earlier than expected for someone of your age).

Adding more plants is one of the simplest ways to improve your diet. This includes fruit and vegetables, but also grains, nuts, seeds, herbs, spices and pulses.

2. Exercise

If exercise were a pill, it would be prescribed to everyone. It is one of the most effective things you can do for your health.

Although exercise is often discussed in the context of weight loss, it is not as effective for losing weight as many people assume. Its real value lies in helping to maintain a healthy body weight and supporting overall health.




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Research has shown that exercise alone improves several important health markers. It can raise levels of HDL cholesterol, often called “good cholesterol”, because higher levels help protect against heart disease. It also lowers triglycerides, a type of fat in the blood that increases cardiovascular risk when elevated.

Exercise helps the body regulate blood glucose more effectively, and it reduces arterial stiffness, meaning the arteries stay more flexible and less prone to the strain that increases the risk of heart disease and stroke. It can also reduce liver fat, which lowers the likelihood of developing non-alcoholic fatty liver disease. All of these improvements can happen even when a person’s weight stays the same.

More broadly, exercise has been shown to improve fitness, quality of life, sleep and symptoms of depression. These benefits arise because physical activity boosts blood flow to the brain, releases mood-supporting chemicals such as endorphins and helps regulate circadian rhythms – the internal 24-hour cycles that guide sleep, wakefulness, hormone release and other essential functions.

The best type of exercise is the one you enjoy, because you are more likely to stick to it. The benefits come from consistency. Building movement into everyday routines, such as taking the stairs, walking part of your commute or cycling the school run, can be as effective as structured workouts. This also means you do not need an expensive gym membership that might be abandoned by the end of January.

These approaches are not possible for everyone, so finding something that fits your circumstances is important. If you are new to exercise, easing in and building up gradually helps reduce the risk of injury and gives your body time to adapt.

3. Stress

This one is easier said than done, since stress is not usually something we choose. But it can have wide-ranging effects on the body. Long-term stress can weaken the immune system, raise blood pressure and cholesterol and disrupt sleep.

It can also change how we eat. Research suggests that around 40% of people eat more when stressed, another 40% eat less and about 20% do not change how much they eat.

Regardless of direction, the types of foods chosen often shift towards more pleasurable options higher in fat and sugar. Stress has also been linked with eating fewer fruits and vegetables.

Looking at what is driving your stress and seeing whether any part of it can be eased or managed differently can have meaningful effects on health.

4. Sleep

Sleep has a major impact on health. Not getting enough is linked with a range of physical and mental health conditions, including high blood pressure, heart disease, dementia and depression.

Adults are usually advised to get around seven hours a night, although this varies from person to person.

Sleep also influences diet. Lack of sleep has been linked with increased appetite and food intake. It also tends to increase preferences for high-energy foods such as sweets and fast food, partly because sleep deprivation disrupts hormones that regulate hunger and craving.




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This advice can feel frustrating for people dealing with insomnia or caring responsibilities. But making a realistic plan to improve sleep, where possible, may be a new year resolution that pays off over time.

5. Alcohol

Alcohol is linked with long-term risks such as cancer, heart disease and liver disease. But even in the short term, it can disrupt sleep because alcohol changes sleep stages and reduces the amount of restorative deep sleep. Alcohol can also influence appetite and food choices by lowering inhibitions and making high-calorie foods seem more appealing.

NHS guidance advises people not to drink more than 14 units a week on a regular basis (equivalent to six pints of average-strength beer or 10 small glasses of lower-strength wine) and to have several “drink free days” per week. This guideline is intended to keep the risk of alcohol-related illness low, but research shows there is no completely safe level of drinking.

Enjoying a drink now and then is a personal choice. But reducing how much you drink is an evidence-based way to improve health.

Many new year resolutions focus on weight, yet long-term health is shaped by a much wider set of habits. Small, realistic steps can add up to meaningful improvements in health throughout the year.

The Conversation

Rachel Woods does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Five ways to improve your health this year that don’t rely on losing weight – https://theconversation.com/five-ways-to-improve-your-health-this-year-that-dont-rely-on-losing-weight-269587

What colour should I repaint my home? Ask a psychologist

Source: The Conversation – UK – By Geoff Beattie, Professor of Psychology, Edge Hill University

I knew there would be an argument. The room had gone eerily quiet. “Isn’t it about time,” my partner began, “that we freshened this place up a little?”

There was a long pause as she glanced around the white walls of our kitchen – which, I’ll admit, do have a little bit of paint chipping off them. Then she dropped a glossy magazine on the table – World of Interiors, I think. I was trying not to look.

My partner is passionate about colours and knows the names of all the different shades. I don’t – but I am a psychologist, and that gives me some skin in this colour game too.

Let’s start with those myriad names. Clay pink, muted teal, warm taupe … psychologists have long argued that the extent of your colour vocabulary affects how good you are at colour recognition. My partner spots subtle differences that I never notice. Recently, it’s been all about katsuobushi smoke, halva sesame and black garlic amber.

Colours exert their influence through a combination of evolutionary predispositions, physiological responses, learned associations and broader cultural meanings. Because of this, I’d argue that choosing a new colour scheme is a psychological issue, not just an aesthetic one.

Indeed, a growing body of neuroscientific, behavioural and psychological research shows that colour is not merely a matter of taste. The hues that surround us influence our emotional states, cognitive performance, social interactions, sleep – and even our long-term psychological wellbeing.

In other words, the colours of our walls might be shaping our lives in ways we rarely consider.

Strong or subtle?

Let’s start with a fundamental question: what does psychology say about whether to go strong or subtle in your paint choices?

Neutral colours (whites, greys, beiges) are low in visual stimulation, which helps reduce sensory overload and stress. They enhance perceived spaciousness, and can have positive effects on cognitive performance in both children and adults. But their psychological impact hinges on shade and context. Cold greys or stark whites may evoke sterility or sadness, particularly in poorly lit spaces.

Recently, there has been a general trend away from white towards using brighter colours in our homes. The hot colours for 2026 apparently include chocolate brown and burgundy – while Ikea’s colour of the year is Rebel Pink: “A vibrant, playful shade chosen to inspire joy, energy and self-expression.”

A pink wall with white side table.
Rebel pink, anyone?
Shutterstock

However, the psychological evidence says choose low- to mid-saturation shades rather than hyper-bright colours for your long-term comfort. Blue and muted green are associated with enhanced creativity and improved problem-solving. A muted green home office or study may make you more innovative without you really noticing why.

Green, with its obvious nature connection, is also linked to restoration and reduced mental fatigue, supporting the broader findings of environmental psychology on biophilic design.

You should probably reserve warm, energising colours for social or active areas in the house. Soft yellow feels cheerful, presumably due to its association with sunlight – but high-saturation yellows may increase agitation.

And then there’s red. In evolutionary terms, bright red wavelengths tend to increase physiological arousal, raising heart rate and galvanic skin response. It can also affect desire – one study found men perceived women as “more attractive” and “more sexually desirable” when their photos were presented on a red rather than white background.

But red is also associated with danger and warning. Children did less well in problem-solving tasks when their exam number was written in red rather than green or black, or if the cover of the test booklet was red. Even just seeing the word “red” can negatively affect intellectual performance.

So think carefully before using red in your home office. A red-accented study might feel “dynamic” initially, but it could backfire when you start on tasks requiring calm focus and clear thinking. In contrast, painting an office blue seems to have a calming effect. It is associated with sky and water, and seems to be connected to improved concentration.

The 60-30-10 rule

In truth, my partner didn’t seem all that keen to take the advice of a psychologist – well, this one, anyway – about the house’s impending makeover. “Haven’t you heard of the 60-30-10 rule?” she sniffed.

The experts of interior design suggest 60% of a room should be devoted to the dominant colour (the majority of the walls plus a key piece of furniture like a sofa, say), 30% for the secondary colour to add visual interest (perhaps including curtains or carpet), and 10% to an “accent colour”. The roots of these proportions have been said to lie in visual psychology and mathematics’ “golden ratio” – although some recent studies suggest the association of this precise mathematical formula with our perceptions of beauty is something of a myth.

Nonetheless, I propose this scheme for our living room: soft sage green (dominant), warm cream (secondary), plus brushed gold as the accent colour (maybe as cushions).

My reasoning? Sage green reduces stress, improves relaxation and mimics the cognitive benefits of being in nature. Cream warms the palette, encouraging a cosy rather than “forest hermit” vibe. Finally, accent colours draw attention, and gold can have a powerful symbolic and emotional impact because of its cultural associations with wealth, success and achievement. It subconsciously signals confidence and positivity (in moderation, of course – Donald Trump famously loves excessive gold decoration).

Now I’m just waiting to see which colour paints my partner returns with.

The Conversation

Geoff Beattie does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What colour should I repaint my home? Ask a psychologist – https://theconversation.com/what-colour-should-i-repaint-my-home-ask-a-psychologist-271787

Ces présidents de la République qui ont démissionné. Avec quelles conséquences ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Thierry Truel, Docteur en histoire contemporaine, Université de Bordeaux

Lors de ses voeux pour 2026, le président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé qu’il irait au bout de son mandat. Pourtant, de nombreuses personnalités appellent à sa démission, que souhaite d’ailleurs une large majorité de français. Qui sont les présidents de la République qui ont renoncé au pouvoir au cours de l’histoire française ? Avec quelles conséquences ?


Les demandes de destitution (LFI) ou de démission d’Emmanuel Macron (Edouard Philippe, le RN et certains élus LR) se sont multipliées depuis la dissolution de juin 2024. Dans l’histoire de notre République, aucun président n’a été destitué par le Parlement. En revanche, neuf présidents de la République ont démissionné : Adolphe Thiers en 1873, Mac-Mahon en 1879, Jules Grevy en 1887, Jean Casimir-Perier en 1895, Paul Deschanel en 1920, Alexandre Millerand en 1924, Albert Lebrun en 1940, René Coty en 1959 et Charles de Gaulle en 1969. Les crises politiques qui ont présidé à ces décisions irrémédiables posent la question de la stabilité du régime lorsque la tête de l’exécutif tombe : la Ve république survivrait-elle à la démission d’Emmanuel Macron ?

Thiers écarté par les monarchistes

Adolphe Thiers est élu président de la République par les parlementaires le 31 août 1871, comme le veulent les institutions de la IIIe République. Sans constitution, Thiers est chargé de négocier la paix avec l’ennemi allemand (la guerre franco-prussienne vient de se terminer) afin qu’il quitte le territoire. Mais l’Assemblée, élue en février 1871, est majoritairement monarchiste : elle veut tout faire pour éviter l’installation d’un régime républicain. C’est dans un climat tendu que les relations entre Thiers et l’Assemblée nationale se dégradent au printemps 1873. Une crise politique s’ouvre le 24 mai, lorsque le duc de Broglie prend la tête de la fronde monarchiste : Thiers, désavoué, renonce à présider. Même si la décision lui appartient, le président Thiers a donc été poussé vers la sortie et le vote parlementaire s’apparenterait à une destitution officieuse.

Cette crise de jeunesse du nouveau régime installe une vraie culture de régime parlementaire dans lequel le législatif a le dernier mot sur le pouvoir exécutif. La conséquence est l’affaiblissement de la fonction présidentielle, propre à « inaugurer les chrysanthèmes ».

Grevy et le scandale des médailles

Jules Grevy est le seul des présidents en fonction qui est contraint de démissionner, le 2 décembre 1887. Son gendre, Daniel Wilson est à la tête d’un trafic lucratif de médailles républicaines et notamment celle de la Légion d’honneur. La police et la presse d’opposition s’emparent du scandale qu’exploitent alors Georges Clemenceau et Jules Ferry contre Grevy.

Périer, Deschanel et Millerand : renoncer pour l’honneur

Deux chefs de l’État renoncent volontairement (démission) à leurs fonctions alors que rien, dans le contexte, ne l’exigeait.

En 1895, Jean-Casimir Périer rédige une lettre de renoncement pour des raisons politiques et personnelles : il évoque la faiblesse institutionnelle du chef de l’État, isolé dans son palais, sans réels pouvoirs de décisions. Il reproche au gouvernement de ne pas assez le consulter en matière de politique étrangère et de défense. Il critique surtout l’attitude de Charles Dupuy, son président du conseil avec qui la mésentente est bien réelle. Son malaise est aussi lié au contexte de l’Affaire Dreyfus avec un climat politique tendu et de profondes divisions de la société française. Il écrit dans sa lettre de démission : « Je refuse d’être une ombre, une potiche inutile ».

En 1920, Paul Deschanel est malade et ne peut continuer son mandat alors qu’il venait d’être élu président six mois plus tôt : sa dégringolade du train en pleine nuit marque sa faiblesse physique et donc institutionnelle. Ne pouvant plus être crédible, il démissionne.

Le troisième renoncement est celui d’Alexandre Millerrand, en juin 1924 : le président, jugé trop présent dans le jeu politique, reçoit des pressions importantes de la part des partis républicains modérés et ceux de la gauche. Le risque de dérive « présidentialiste » provoque la méfiance de la gauche qui gagne les législatives sous l’appellation du « Cartel des gauches ». Son refus de nommer le principal chef de cette alliance, Edouard Herriot à la présidence du conseil est perçu comme un déni de démocratie. La Chambre des députés, hostile à Millerand, demande sa démission, qui aura lieu le 11 juin 1924.

Lebrun et Coty : l’avènement d’un nouveau régime

Deux autres chefs de l’État quittent l’Elysée dans des circonstances exceptionnelles puisque leur départ marque un changement de régime.

Albert Lebrun est pris dans la tourmente de l’été 1940. Élu en 1932, il ne peut affronter la déflagration de l’invasion allemande et la défaite française reconnue lors de la signature de l’armistice par le Maréchal Pétain le 22 juin 1940. Alors qu’une petite partie de la classe politique ne veut perdre le régime républicain, beaucoup se rangent à l’avis d’offrir le pouvoir au vainqueur de Verdun le 10 juillet 1940. Le vote des pleins pouvoirs à Pétain par la représentation parlementaire met fin aux fonctions présidentielles d’Albert Lebrun, laissant Pétain devenir chef de l’État français.

René Coty connaît un sort similaire en 1958. Difficilement élu par le Parlement en 1953, il réussit à s’imposer comme un élément de stabilité dans la vie politique très tourmentée de la IVe République (23 gouvernements en douze ans). Mais la crise algérienne gangrène l’équilibre politique fragile, avec un point d’orgue en 1958 lorsque le Comité de salut public d’Alger appelle le général de Gaulle à la rescousse face aux nationalistes du FLN. Le 1er juin, le président Coty décide de nommer à la présidence du Conseil le « plus illustre des Français ». Alors que la nouvelle constitution s’écrit et que de Gaulle prépare la transition, Coty achève son mandat le 8 janvier 1959, laissant advenir le nouveau régime républicain et, à sa tête, le général, élu en décembre 1958.

De Gaulle et le renoncement pour l’honneur

La démission du général de Gaulle, en avril 1969, laisse l’image d’un homme capable d’abandonner le pouvoir avec dignité. Après l’épisode de mai 68, de Gaulle, âgé de 79 ans, est affaibli physiquement et politiquement. Les jeunes jugent la société trop conservatrice et beaucoup constatent que le président ne comprend plus son pays. Le non cinglant (52,4 %) au référendum d’avril 1969 le conduit à démissionner le 28 avril. On retient l’image du général et de son épouse se promenant sur les plages d’Irlande, laissant à penser la profonde tristesse qui étreint le général, divorcé de son cher « vieux pays ».

Le départ du Général ne remet pas cependant en cause le fonctionnement des institutions parce que sa succession était prévue, lui-même ayant accepté sa candidature à l’Elysée après sa démission en avril 1969 (même si les bons rapports entre les deux hommes avaient été brouillés par les évènements de mai 1968). Parmi de nombreux héritiers putatifs, plus près du Général (Michel Debré, Jacques Chaban-Delmas), Pompidou s’impose comme le meilleur. Pierre Messmer en 2006 en témoigne : « En avril 1969, il lui écrit qu’il approuve sa candidature à l’Elysée et qu’il espère son succès ; en juin, il le félicite pour son élection. Cela suffit à trancher le débat, il me semble ».

Un président qui dépasse (toujours) ses fonctions

La constitution de la Ve République fut conçue pour mettre un terme au « régime des partis », dénoncé par de Gaulle. Les pouvoirs étendus du président en font la clé de voûte d’institutions stables et son « corps politique » ne peut défaillir sans mettre en péril le régime selon les politistes Marcel Morabito et Marlène Coulomb-Gully. Pourtant, les démissions présidentielles qui ont jalonné notre histoire n’ont pas toujours été des moments de fragilisation du régime. Ce sont surtout les conditions dans lesquelles cette décision est prise qui dictent l’intensité d’une éventuelle crise politique ou institutionnelle, nourrissant l’inquiétude d’une opinion publique qui n’apprécie guère de voir le chef de l’Etat vaciller.

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Thierry Truel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Ces présidents de la République qui ont démissionné. Avec quelles conséquences ? – https://theconversation.com/ces-presidents-de-la-republique-qui-ont-demissionne-avec-quelles-consequences-267889

Quelles cartes postales hivernales en 2050 ? Imaginer ensemble un futur désirable pour les stations de montagne

Source: The Conversation – France (in French) – By Angèle Richard, Stratégie et Innovation, Université Savoie Mont Blanc

Alors que les Alpes subissent de plein fouet le changement climatique, la transformation du modèle économique des stations reste compliquée, souvent entravée par des tensions et des intérêts divergents. Une nouvelle méthode participative propose de dépasser ces blocages grâce à une approche originale : l’utopie. De quoi stimuler l’imagination pour bâtir une vision partagée d’un futur plus désirable. Celle-ci a été expérimentée au cours d’ateliers où les différentes parties prenantes d’une station de montagne ont été invitées à créer leur propre carte postale de montagne à l’horizon 2050.


Les Alpes françaises comptent parmi les régions les plus exposées au changement climatique. Les stations de montagne y sont directement confrontées, notamment face à la raréfaction de la neige. En mars 2024, la Cour des Comptes constatait l’insuffisance des stratégies d’adaptation mises en place dans ces stations. Celles-ci doivent impérativement transformer leur business model, encore largement centré sur le « tout-ski ».

Cette transformation est nécessaire pour préserver leur performance dans une perspective soutenable. Mais transformer un territoire est plus complexe qu’un simple changement d’offre touristique. Comment amorcer cette transformation ? Avec quelles parties prenantes ? Comment construire une vision commune, quand chacun perçoit la montagne à travers son propre prisme et ses propres intérêts ? Dans quelle direction stratégique s’engager ?

Ces questions sont d’autant plus cruciales que plusieurs tentatives d’innovations en la matière ont déjà échoué, notamment du fait de résistances ou de conflits d’intérêts entre les différentes parties prenantes concernées par ces innovations : exploitants, commerçants, élus, touristes…

Un exemple emblématique de ce type de conflits d’intérêts est la question de l’eau. En effet, elle est utilisée à la fois pour garantir les conditions d’enneigement des domaines skiables (ce qui permet de maintenir l’attractivité touristique en hiver) et pour répondre aux besoins des populations locales et des milieux naturels en montagne.

L’une des principales difficultés tient à la capacité de construire un alignement partagé entre les différents acteurs de la montagne. Cette quête doit reposer sur une proposition de valeur commune. Pour ce faire, nous avons adopté avec des collègues, dans une étude récemment publiée, une méthode de prospective originale basée sur ce qu’on appelle des « scénarios utopistes ».

L’intérêt ? Stimuler l’imaginaire collectif en insistant davantage sur les représentations partagées. Nous avons expérimenté la démarche à l’échelle d’une station de montagne à travers des ateliers participatifs, où ces différents interlocuteurs ont été encouragés à concevoir leur propre « utopie », sous la forme d’une carte postale fictive à l’horizon 2050.

L’utopie, une méthode prospective qui favorise le dialogue

Pour surmonter les difficultés évoquées précédemment, il faut avoir recours à des méthodes capables de faire dialoguer toutes les parties prenantes pour créer ensemble une nouvelle proposition de valeur. La prospective stratégique répond précisément à cet enjeu. En élaborant des scénarios exploratoires, elle crée un espace de réflexion où chacun peut se projeter plus librement face aux enjeux du changement climatique.

Les scénarios utopistes, en particulier, permettent l’émergence d’imaginaires collectifs capables de dépasser les représentations individuelles et leurs blocages cognitifs, comme la peur du changement. L’utopie permet d’apporter un regard critique sur l’existant tout en ouvrant la voie à un futur commun plus désirable. Elle peut alors devenir un guide d’action et contribuer à reconfigurer les relations.

La méthode des scénarios utopistes que nous proposons, déployée dans le cadre d’ateliers participatifs, peut avoir un pouvoir transformateur sur les représentations individuelles et collectives de ce que peut être un modèle d’affaires soutenable pour les stations de montagne.




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Une brève histoire de l’utopie


La démarche consiste à :

  • d’abord proposer une relecture de l’existant à partir des représentations individuelles,

  • puis faire émerger d’autres représentations collectives plus soutenables, à travers le dialogue et l’imagination.

  • à partir de celles-ci, plusieurs propositions de valeur sont élaborées par les participants pour favoriser l’alignement entre les acteurs. L’idée est de construire des propositions qui fédèrent davantage qu’elles divisent.

  • un enjeu clé est de renforcer la désidérabilité de ces orientations futures et de redonner du sens au processus de transformation.




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Quand imaginer ensemble aide à se projeter

Mais avant même d’envisager la création de scénarios utopistes, la priorité est d’ouvrir le dialogue. Cette première étape est décisive : elle permet de faire émerger des représentations individuelles fondées sur leurs intérêts, attentes, besoins et préoccupations respectives.

Cette étape permet d’identifier un enjeu véritablement partagé, capable de servir de point d’ancrage à la transformation du business model existant. Parmi les thématiques évoquées lors de nos ateliers, figurait notamment la quête d’un développement économique fondé sur la sobriété en ressources naturelles, tout en restant en harmonie avec l’environnement montagnard.

Une fois ces enjeux clarifiés, les parties prenantes ont été invitées à imaginer ensemble ce que pourrait être la proposition de valeur d’un futur business model pour la station. Pour nourrir cette réflexion, elles ont chacune conçue une utopie, sous la forme d’un parcours client situé en 2050, incarnée par une carte postale fictive. Cet exercice permet d’esquisser une nouvelle proposition de valeur et d’en explorer la désirabilité, en mobilisant l’imagination et les capacités de projection dans le futur.

Cet exercice a donné naissance à plusieurs directions possibles. Citons par exemple les propositions suivantes, qui ont émergé lors des ateliers :

  • un tourisme axé sur le bien-être et la reconnexion au vivant,

  • un écotourisme valorisant l’engagement actif du touriste dans la découverte du patrimoine territorial,

  • ou encore un tourisme expérientiel centré sur l’authenticité et l’immersion dans les savoir-faire locaux.

Toutes ces représentations collectives ont ensuite été discutées de manière critique afin d’anticiper leurs limites potentielles telles que la surcharge d’activités, les tensions autour des ressources ou encore les risques de surfréquentation.

Malgré cette prise de recul, ces idées ont été majoritairement perçues comme désirables et mobilisatrices. Le recours aux scénarios utopistes a permis aux participants de relâcher les contraintes du présent, de mobiliser leur imaginaire et de se projeter dans un futur vu comme moins anxiogène.

L’utopie pour briser la glace ?

Les scénarios utopistes apparaissent ainsi comme un levier stratégique intéressant pour penser de nouveaux business models soutenables :

  • D’abord parce qu’ils aident à prendre de la distance par rapport au modèle actuel. Ils offrent un espace de réflexion afin d’imaginer ceux du futurs, tout en restant ancré dans des enjeux réels et tangibles.

  • Ces visions ne relèvent pas nécessairement de fictions déconnectées : l’utopie permet de transposer ici un idéal déjà observé ailleurs, sur d’autres territoires, dans d’autres secteurs ou encore d’autres industries.

  • Enfin, en rapprochant les représentations individuelles, elle tend à réduire les risques d’échecs et de tensions liés aux divergences d’intérêts, souvent responsables de blocages dans des démarches de co-création de valeur.

Ainsi, nous constatons que les scénarios utopistes permettent de « briser la glace » entre les différentes parties prenantes. En effet, ils offrent un appui stratégique précieux pour initier un projet de transformation, parce qu’ils facilitent l’entrée en relation et le dialogue entre les acteurs du territoire. Ils favorisent ainsi l’émergence de représentations collectives partagées.

Néanmoins, pour que ces visions communes de business models soutenables puissent devenir opérationnelles, une phase d’ajustement intermédiaire reste nécessaire. Dans les premières phases d’un projet de transformation, le défi principal reste de mobiliser autour d’un enjeu commun et séduisant. Sous cet angle, les scénarios utopistes peuvent jouer un rôle mobilisateur et fédérateur en amont.




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The Conversation

Angèle Richard est membre de l’Institut de Recherche en Gestion et Economie. Elle a reçu des financements de la Chaire Tourisme Durable de l’Université Savoie Mont Blanc.

Romain Gandia et Élodie Gardet ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Quelles cartes postales hivernales en 2050 ? Imaginer ensemble un futur désirable pour les stations de montagne – https://theconversation.com/quelles-cartes-postales-hivernales-en-2050-imaginer-ensemble-un-futur-desirable-pour-les-stations-de-montagne-271872

Le Paris de Bilal Hamdad, vivifiant hommage aux maîtres de la peinture

Source: The Conversation – France (in French) – By Anna-Louise Milne, Director of Graduate Studies and Research, University of London Institute in Paris

À travers ses peintures, Bilal Hamdad transforme l’ordinaire en mythique, en donnant à voir des scènes et des postures contemporaines nimbées d’une lumière intemporelle et mystérieuse.


Ces dernières années, à Paris, des fonds privés ont investi dans d’anciennes institutions parisiennes afin d’en transformer les espaces pour accueillir des œuvres contemporaines. Les foules affluent par exemple à la Bourse du Commerce-Pinault Collection : autrefois marché aux grains, puis marché du travail, elle a été transformée par l’architecte japonais Tadao Ando en un espace blanc et épuré. Il en va de même pour la nouvelle Fondation Cartier, récemment inaugurée, qui abritait auparavant un hôtel et le Louvre des antiquaires. L’architecte français Jean Nouvel l’a réaménagée en un vaste musée d’art contemporain. À l’intérieur, tout n’est que lignes épurées et verre.

Le Petit Palais, en revanche, a conservé ses courbes fin de siècle et ses ferronneries alambiquées. Il est calme, et l’entrée des collections permanentes y est gratuite, comme dans tous les musées de la Ville de Paris. Mais s’il fait exception dans le paysage artistique toujours plus riche de la capitale, c’est aussi pour l’originalité des expositions qu’il propose.

Dans ce majestueux bâtiment, j’ai découvert avec surprise « l’ivresse du moderne », telle que la définissait le poète Charles Baudelaire : « La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. »

L’événement éphémère en question se nomme « Paname », une exposition du peintre émergent Bilal Hamdad. Elle illustre brillamment la combinaison magique exprimée par Baudelaire : une vision fraîche et vibrante de la vie urbaine installée au milieu des trésors de la collection permanente du musée. L’exposition présente 20 œuvres de Hamdad, dont deux spécialement créées et inspirées par la collection du musée.

Né en Algérie en 1987 et aujourd’hui installé à Paris, Hamdad est un habitué du Petit Palais, où il s’est imprégné des enseignements de grands maîtres tels que Claude Monet, Paul Gauguin et Edgar Degas. Son œuvre s’inspire de ces derniers dans des compositions représentant la vie quotidienne dans les villes contemporaines. La solitude y est un thème récurrent, comme elle l’était pour Baudelaire qui, à l’instar de Hamdad, accordait une attention particulière aux travailleurs de la ville qui arpentaient les quais de Seine, boîte à outils à la main (« Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,/Empoignait ses outils – vieillard laborieux ! »)

Dans ses magnifiques peintures à l’huile grand format, on voit des femmes qui attendent sur le quai du métro, des sacs qui pèsent sur les épaules, et des jeunes hommes perchés sur des balustrades ou des rambardes qui attendent du travail ou une rencontre. On y voit des scènes de marché à la sortie du métro, avec des femmes vendant des épis de maïs dans des caddies, et des vendeurs à la sauvette qui croisent des hipsters ou des touristes avec leurs lunettes de soleil et leurs sacs à main.

Bien que Hamdad travaille à partir de photographies, qu’il décrit comme son carnet de croquis, ses œuvres ont une profondeur et une intensité qui transforment l’ordinaire en mythique, projetant les détails de la mode et des postures contemporaines dans une lumière intemporelle et mystérieuse. La peinture la plus énigmatique de cette exposition est sa subtile réinterprétation du tableau d’Édouard Manet de 1882, Un bar aux Folies Bergère, qui est exposé à la Courtauld Gallery de Londres.

Dans l’original, Manet joue avec les effets d’un grand miroir terni derrière le bar. Le miroir reflète le dos d’une serveuse qui fixe un point à l’extérieur du tableau, à côté des bouteilles et du bol de clémentines sur le bar. Avec ce jeu de reflets, Manet représente la serveuse à la fois comme l’objet de notre regard scrutateur et comme éloignée de nous, dans une forme de solitude et de vulnérabilité.

Dans Sérénité d’une ombre (2024), Hamdad développe l’intention de Manet, la poussant davantage dans l’ombre. Le premier plan, baigné de lumière, nous montre le bar, clin d’œil à celui de Manet, avec un magnifique bol d’oranges et une délicate composition florale. À l’arrière-plan, on distingue à peine un barman en chemise blanche, un peu voûté, manifestement fatigué par sa journée de travail.

Le moment est mélancolique, en retrait, mais il fait écho au brouhaha de la ville contemporaine. Ce tableau est accroché, comme toutes les toiles de Hamdad, au cœur des galeries éclectiques du Petit Palais, ouvrant une fenêtre sur un temps qui mêle passé et présent. Et dans ce dialogue entre l’ancien et le nouveau, le spectateur comprend immédiatement que cette œuvre est là pour durer.


« Paname » de Bilal Hamdad est présenté au Petit Palais à Paris jusqu’au 8 février 2026


The Conversation

Anna-Louise Milne ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le Paris de Bilal Hamdad, vivifiant hommage aux maîtres de la peinture – https://theconversation.com/le-paris-de-bilal-hamdad-vivifiant-hommage-aux-maitres-de-la-peinture-271121

US air strikes in northern Nigeria: possible windfalls, as well as dangers

Source: The Conversation – Africa (2) – By Olayinka Ajala, Associate professor in Politics and International Relations, Leeds Beckett University

A month before the US carried out its Christmas day attack on militants linked to the Islamic State group (IS) in north-western Nigeria, president Donald Trump had declared Nigeria a “country of particular concern”. This was due to the alleged killing of Christians by terrorist groups in the country. Trump threatened military intervention if the attacks against Christians continued.

The threat became a reality on Christmas day when the US military’s Africa Command – in coordination with the Nigerian authorities – carried out strikes on terrorist locations in Sokoto state, North-West Nigeria.

There were mixed reactions to the attacks. Some citizens hailed the attacks, saying they hoped they would send a message to the terrorists to desist from their activities. Others condemned the strikes, citing concerns about sovereignty.

I have been researching conflicts, terrorism and the formation of insurgent groups in Nigeria and the Sahel for over a decade. After the US intervention, a key question that arises is: does the attack strengthen Nigeria’s counter-terrorism mechanisms. Or will it weaken them, and threaten national security and sovereignty?

I argue that the US military intervention will indeed strengthen the hand of the Nigerian government in fighting insurgency in the short term in four ways, including enhanced intelligence gathering. Nevertheless, there’s also a risk that it will trigger unintended consequences if Nigeria doesn’t fully take charge of its counter-terrorism initiatives. These include loss of sovereignty and internal political division.

Immediate gains

First, the recent cooperation between the US and Nigerian military would help Nigeria with enhanced surveillance and intelligence gathering. Prior to the Christmas day bombing, the US has been conducting reconnaissance flights in Nigeria. The data gathered from these flights helped identify terrorist gatherings and movements.

The US and its allies have struggled to gather intelligence in the region since closing down a US drone base in Niger following a coup in the country. The loss and subsequent withdrawal from the US drone base in Agadez has significantly degraded US and Western intelligence-gathering capabilities. This is why the US flew reconnaissance flights from Ghana for this attack.




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US military is leaving Niger even less secure: why it didn’t succeed in combating terrorism


Second, the reported military collaboration will give the Nigerian government access to state of the art military hardware and resources. The US and Nigeria’s relationship has been fractured since 2015 following the release of an Amnesty International report in which the Nigerian military was accused of gross human rights abuses.

The US government immediately suspended sales of key military hardware to Abuja. It also banned Nigeria from using some US equipment already purchased.

Six years later Nigeria signed a military agreement with Russia.

The Christmas Day strike ordered by Trump suggests that the US might once again be willing to help Nigeria in its counter-terrorism initiatives.

Third, the intervention could help Nigeria fight terrorism along its borders. The Christmas day attack is based on intelligence that terrorist cells from Niger and Burkina Faso had entered Nigeria to carry out coordinated attacks. I have previously written about how terrorism is spreading in West Africa and how international cooperation is needed to fight the surge. Such coordinated attacks could help Nigeria’s cross-border counter-terrorism initiatives.

Finally, the coordinated attacks send a message to terrorist groups that there is a renewed effort to turn the heat on them.

Unintended consequences

There is nevertheless a risk of the US action having unintended consequences if Nigeria does not fully take charge of its counter-terrorism initiatives.

Since 2009 when Boko Haram surfaced in Nigeria, the country has been battling terrorism within and around its borders. Despite counter-terrorism initiatives such as military response, intelligence coordination, community resilience, international partnerships, and rehabilitation efforts to dismantle extremist networks and address root causes, Nigeria has not been able to stop terrorism in the country.

While renewed collaborations with the US is a step in the right direction, the possible dangers for Nigeria include:

  • A loss of access and control of intelligence data. Nigeria needs to take charge of its surveillance architecture and intelligence gathering or risk a weakening of its sovereignty. Large quantities of data is collected during reconnaissance flights. But the country running the flights owns the data. It has the prerogative of what it wants to share, and when.

Nigeria has been here before: when the US drone base in Agadez was operational, all the data gathered across the Sahel was analysed by the Pentagon which decided what information to relay to its partners.

Nigeria should guard against this by taking charge of the reconnaissance and surveillance activities relevant to protect its national interest.

  • Swift follow-up action. The Nigerian military needs to take advantage of the impact of the strikes. It needs to capitalise on the disarray in terrorist camps. By acting in a coordinated way after 2015, the Multinational Joint Task Force (MNJTF) was very successful in dismantling Boko Haram as an organisation and weakening its bases.

But the Nigerian military needs to keep a close eye on the terror group splintering as a result of success against its military bases. The Multinational Joint Task Force’s successes was partly responsible for Boko Haram breaking into three factions in 2016.

The initial strikes conducted by the US military will only be significant if the Nigerian army prevents smaller terror groups from being formed.

  • Nigerians need to be assured the government will act in their interests. The US attack risks worsening political divisions in Nigeria if not properly managed. While Trump framed the attack as an action against the murder of Christians in the country, the Nigerian government has insisted it was part of a renewed campaign against terrorists destabilising the country.

Trump’s explanation of the attack has angered some political groups in Nigeria. For instance, Islamic cleric Sheikh Ahmed Gumi vehemently condemned the US airstrikes calling Nigerians who supported the strikes ‘stupid’ and ‘misguided’.

The Nigerian government must control the narrative and clearly explain how the renewed military collaboration with the US is in Nigeria’s national interest, and not targeted at particular ethnic or religious groups.

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Olayinka Ajala does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. US air strikes in northern Nigeria: possible windfalls, as well as dangers – https://theconversation.com/us-air-strikes-in-northern-nigeria-possible-windfalls-as-well-as-dangers-272630

Bienestar digital 2025: los móviles como calabozos de aire

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elena Sanz, Directora editorial, The Conversation

Rawpixel.com/Shutterstock

En su Historia de cronopios y famas, el escritor argentino Julio Cortázar tiene un relato que perfectamente podría haber dedicado al teléfono móvil si hubiese nacido en el siglo XXI. Se titula “Preámbulo a las instrucciones para dar cuerda a un reloj”. Y dice así:

“Piensa en esto: cuando te regalan un reloj te regalan un pequeño infierno florido, una cadena de rosas, un calabozo de aire. No te dan solamente el reloj, que los cumplas muy felices y esperamos que te dure […]. Te regalan –no lo saben, lo terrible es que no lo saben–, te regalan un nuevo pedazo frágil y precario de ti mismo, algo que es tuyo pero no es tu cuerpo, que hay que atar a tu cuerpo […] Te regalan el miedo de perderlo, de que te lo roben, de que se te caiga al suelo y se rompa. Te regalan su marca, y la seguridad de que es una marca mejor que las otras, te regalan la tendencia a comparar tu reloj con los demás relojes. No te regalan un reloj, tú eres el regalado, a ti te ofrecen para el cumpleaños del reloj.”

Con los teléfonos móviles, podríamos tener esa misma sensación de ser nosotros “los regalados”. Y el obsequio puede ser, en efecto, un “calabozo de aire”, parafraseando a Cortázar. Un calabozo donde involuntariamente perdemos la noción del tiempo, donde los algoritmos tienden a amplificar mensajes polarizados y desinformativos, donde uno de cada diez adolescentes sufre ciberacoso y los jóvenes son perpetradores y víctimas de nuevas formas de violencia,

Además, lejos de acabar con los estereotipos, las redes sociales acentúan algunas desigualdades. Por ejemplo, como nos explicaba Milagros Sáinz, de la Universitat Oberta de Catalunya (UOC), en las redes “la excesiva importancia de la imagen corporal, y la cosificación y sexualización del cuerpo de las mujeres que implica, hace a las chicas especialmente vulnerables a determinados problemas de salud mental”.

Estos son los temas en los que profundizan algunos de los artículos que hemos publicado en torno a una temática que preocupaba a la sociedad: el bienestar digital de los menores. A través de más de sesenta textos hemos funcionado como agregadores de conocimiento multidisciplinar sobre bienestar digital aportado por sociólogos, educadores, psicólogos, pediatras, legisladores, expertos en ciberseguridad, psiquiatras, lingüistas…

Con algunos de ellos mantuvimos, además, una decena de conversaciones en persona en las que fuimos testigos de la creación de nuevas conexiones entre investigadores e iniciativas sociales que comparten (compartimos) el interés por el bienestar digital. Y esas redes de conexiones incluyeron a los propios jóvenes, parte esencial de los eventos, que agradecían encarecidamente que su voz se escuchara en este tipo de foros y soñaban con que se convirtiera en algo habitual.

Lo que los menores tienen que decir

Sin menospreciar todo lo que hemos aprendido de los debates con expertos, queremos subrayar cuánto nos ha sumado escuchar a los chavales. En uno de los últimos eventos celebrados, cuando le preguntamos a un grupo de jóvenes qué mensaje le mandarían “a su yo del pasado”, una de ellas respondía:

“Mejor se lo mandaría a mis padres, y a los padres de mis amigos (risas). Les insistiría en que un móvil es una bomba de dopamina y de estímulos que no se debe poner en manos de un niño, porque es incapaz de dosificarse. Y le diría: ¿por qué no te esperas unos añitos más?”.

Mientras sus compañeras y compañeros asentían, ella continuaba:

“Hace poco subí con amigos al Albaicín, en Granada, a contemplar una puesta de sol maravillosa. Y nos encontramos con un niño va en un cochecito de bebé mirando absorto una pantalla… ¡con lo bien que le vendría neurológicamente admirar ese atardecer! Es desolador que adultos tomen esa decisión por ellos y les priven de experiencias reales”.

Finalmente, añadía que en su generación, en su entorno y en las propias redes, empiezan a aparecer voces que reclaman tiempo sin pantallas, que ponen en valor la desconexión y cuestionan cada vez más lo que les aportan las pantallas en comparación con lo que les resta, lo que desplaza. Que hablan de reconectar con los otros, del contacto en persona y el contacto con la naturaleza. Hay esperanza…

Entender primero, usar después

Tras un año con los oídos bien abiertos, resuenan en mi cabeza demandas de los jóvenes que están muy lejos del “Todo va bien” o “Dejadnos tranquilos, que sabemos lo que hacemos” que podríamos pronosticar. “Por favor, explicadnos cómo funciona Internet –y eso de la economía del dato, la seguridad y la privacidad– antes de poner un móvil en nuestras manos (y ponedlo más tarde que pronto)”, reclamaba un chaval de 14 años. “Envidio a mis padres, que fueron adolescentes en un mundo sin móviles”, reconocía un grupo de alumnos de 4º de la ESO. Notando su desesperación, en una ocasión les pregunté: “Imaginad que aquí hay un botón y si lo pulso ninguno de vuestros compañeros y amigos usa redes sociales, vosotros mismos no podéis usarlas, todas vuestras cuentas de redes sociales desaparecen, ¿lo pulso?” Un 90 % respondió con un rotundo sí.

“Yo desconecto del móvil en la cena, pero mis padres no: es difícil hablar con ellos, supongo que porque por el móvil les llegan mensajes del trabajo a todas horas”, lamentaba una chica, respaldada por los “Yo igual”, “Y yo”, “En mi casa también” de sus compañeros. Las expertas y los expertos, por su parte, aunque no habían escuchado estos comentarios, coincidían en que si hubiese que cambiar un solo hábito en el mundo ese sería “cenar cada día juntos, en familia, sin pantallas”.

Es más, ni siquiera deberíamos dejar el móvil sobre la mesa porque, como nos insistía Estrella Montolío, de la Universidad de Barcelona, “la simple presencia de un móvil, aunque esté en modo silencio, divide la atención de los participantes entre las personas reales presentes y la gente virtual”. Ese móvil silencioso “inhibe la posibilidad de iniciar y compartir conversaciones de interés, dado que los participantes sospechan de manera inconsciente que el dispositivo puede reclamar la atención de su propietario en cualquier momento desde un universo virtual paralelo, por lo que deciden ‘surfear’ los temas de conversación en lugar de profundizar en ellos”.

Conocer para tener el control

Para que cuando nos regalen un móvil no seamos nosotros los regalados, la mejor vacuna es el conocimiento. Entender la economía del dato, entender el algoritmo, analizar de forma crítica nuestras renuncias a la privacidad, etc. nos permitirá tomar el control y decidir de manera consciente cómo, dónde, cuánto y con qué contenido usamos la tecnología (y dejamos a los menores a nuestro cargo que lo hagan).

“Queremos educar ciudadanos y ciudadanas capaces de usar la tecnología de una manera competente, adecuada y responsable en su vida diaria”, declaraba Victoria Marín Juarros, de la Universitat de Lleida, aportando ideas para desarrollar una mirada crítica hacia la tecnología desde las aulas. Desde las aulas y, por supuesto, desde casa.

The Conversation

ref. Bienestar digital 2025: los móviles como calabozos de aire – https://theconversation.com/bienestar-digital-2025-los-moviles-como-calabozos-de-aire-272580