Ce que l’Amérique est en train de faire à sa science

Source: The Conversation – in French – By Alessia Lefébure, Sociologue, membre de l’UMR Arènes (CNRS, EHESP), École des hautes études en santé publique (EHESP)

Les décisions de l’administration Trump ont violemment frappé les universités et la science américaines. Pourtant, le recul relatif de l’influence scientifique des États-Unis s’inscrit dans une trajectoire plus ancienne.


Restrictions de visas pour les chercheurs et étudiants étrangers, attaques politiques visant certaines des plus grandes universités de recherche, suspensions soudaines de financements publics, notamment dans le champ du climat et de l’environnement : depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024, ces décisions ont suscité une forte surprise médiatique. Elles sont souvent présentées comme une rupture brutale avec le modèle américain de soutien à la science. Les titres alarmistes de la presse internationale parlent d’une « guerre ouverte contre les universités », d’un « assèchement accéléré des financements scientifiques » ou encore de « science assiégée ».

Pourtant, si leur forme et leur rapidité frappent, leur logique est beaucoup moins nouvelle. Ces mesures s’inscrivent dans des tendances de fond et désormais structurelles. Elles accélèrent des fragilités identifiées de longue date : un désengagement relatif et discontinu de l’investissement public, un recours croissant aux financements privés, une concentration des ressources dans quelques secteurs et institutions, et surtout une dépendance durable à l’égard des doctorants et chercheurs étrangers pour l’avancée de nombreux fronts de science.

Le leadership scientifique américain est le produit d’une trajectoire historique spécifique. À partir des années 1950, dans le contexte de la guerre froide, l’État fédéral investit massivement dans la recherche et l’enseignement supérieur, parallèlement à l’effort déployé par les nombreuses fondations philanthropiques privées. Financement public, autonomie académique et ouverture internationale forment alors un ensemble cohérent, au service du soft power américain. Pendant plusieurs décennies, les indicateurs convergent : domination de la production scientifique, capacité d’innovation, attractivité internationale exceptionnelle, accumulation de prix Nobel.

Un financement public plus erratique

Cet équilibre commence toutefois à se fragiliser dès les années 1990. En valeur absolue, les États-Unis restent le premier financeur mondial de la recherche, avec une dépense intérieure de recherche et développement (R&D) représentant environ 3,4 % du PIB au début des années 2020. Mais la répartition de cet effort a profondément évolué : près de 70 % de la R&D américaine est désormais financée par le secteur privé, tandis que l’effort fédéral de recherche stagne autour de 0,7 % du PIB. Cette dynamique contraste avec celle de plusieurs pays asiatiques, notamment la Chine, où la dépense publique de R&D a fortement augmenté depuis les années 2000 dans le cadre de stratégies nationales continues.

Le financement public devient plus erratique : les universités se tournent davantage vers les frais d’inscription et les partenariats privés, tandis que formations longues et carrières scientifiques deviennent moins accessibles pour une partie des étudiants américains. La toute dernière réforme, engagée en 2026 par l’administration Trump, en plafonnant fortement les prêts fédéraux pour les cycles de master et de doctorat – qui permettaient jusqu’ici de couvrir l’intégralité du coût des études – réduira davantage la capacité des universités à former sur le long terme, en particulier dans les disciplines scientifiques et technologiques exigeant plusieurs années de formation.




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Le film Ivory Tower, réalisé en 2014 par le cinéaste Andrew Rossi et nourri des analyses du sociologue Andrew Delbanco, alertait déjà sur les signes d’épuisement du modèle universitaire américain. C’est dans ce contexte que la dépendance aux étudiants et doctorants étrangers s’accroît fortement, en particulier dans les mathématiques, les technologies et les sciences des données.

Une dépendance vis-à-vis des étudiants étrangers

Les rapports annuels de la National Science Foundation montrent que, déjà au milieu des années 2010, les titulaires de visas temporaires représentent une part décisive – souvent majoritaire – des doctorants dans plusieurs disciplines clés : près des deux tiers des doctorats en informatique, plus de la moitié en ingénierie et en mathématiques. La grande majorité d’entre eux (80 %) restent ensuite aux États-Unis si la politique migratoire le leur permet.

Cette dépendance, qui n’a fait qu’augmenter, n’est pas marginale : elle constitue désormais un pilier du fonctionnement quotidien de la recherche américaine. Les restrictions migratoires mises en œuvre sous la première administration Trump, puis durcies en 2025, ne font que rendre pleinement visible une vulnérabilité stratégique pour l’avenir du pays.

Les évolutions de la science américaine ont pris place dans un contexte mondial profondément transformé depuis les années 1990. Les dépenses de recherche et développement progressent rapidement en Asie, tandis que la part relative des États‑Unis et de l’Europe tend à se stabiliser voire à baisser dans de nombreux pays de la zone OCDE.

La trajectoire chinoise est à cet égard centrale. Depuis plus de trente ans, la Chine a engagé une stratégie continue, combinant investissements massifs, planification de long terme, développement des « laboratoires clés », redéfinition des règles du jeu des classements internationaux, montée en gamme des formations doctorales, politiques actives de publication et de retour des chercheurs expatriés. Cette trajectoire ne relève pas d’un simple rattrapage technologique, mais d’une appropriation sélective de modèles de formation, d’organisation et de gouvernance scientifique, en partie inspirés de l’expérience américaine.

La Chine, acteur majeur de la production scientifique

Les résultats sont aujourd’hui tangibles : progression rapide des publications scientifiques – la Chine est devenue en 2024 le premier pays au monde en volume d’articles indexés dans la base Web of Science, avec près de 880 000 publications annuelles, contre environ 26 000 au début des années 2000 – et surtout une présence croissante dans les dépôts de brevet : près de 1,8 million de demandes en une seule année, soit plus de trois fois le volume américain, selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI/WIPO).

À cela s’ajoutent des politiques ciblées pour attirer ou faire revenir des chercheurs chinois formés à l’étranger, contribuant à réduire progressivement l’asymétrie historique avec les États-Unis. Loin de produire une ouverture politique, cette circulation maîtrisée des modèles contribue à la modernisation de l’État tout en renforçant les capacités de contrôle et de légitimation du pouvoir sur les élites scientifiques et administratives.

L’article récent du New York Times soulignant le recul relatif de Harvard et d’autres universités américaines dans certains classements mondiaux a été interprété comme une sonnette d’alarme, le signe d’un déclin soudain. En réalité, ces classements mettent en lumière surtout des évolutions graduelles des positions relatives, révélatrices des recompositions engagées de longue date. Les universités américaines demeurent prestigieuses et sélectives, mais elles ne sont plus seules au sommet dans un paysage scientifique désormais multipolaire.

Les indicateurs internationaux de l’innovation prolongent ce constat : en valeur absolue, les États-Unis restent l’un des premiers investisseurs mondiaux en recherche et développement. Mais leur avance relative s’érode : depuis le début des années 2000, la progression de leur effort de R&D est nettement plus lente que celle de nombreux pays concurrents.

Au-delà des décisions de l’administration Trump, les causes sont structurelles : continuité et niveau de l’investissement public, capacité à former et retenir les talents, cohérence des orientations scientifiques, place accordée à la recherche fondamentale. Là où la Chine et plusieurs pays d’Asie ont inscrit la science dans des stratégies nationales de long terme, les États-Unis ont laissé s’accumuler incohérences et déséquilibres, misant sur les acquis de leur attractivité passée. Ils conservent néanmoins des universités d’un niveau exceptionnel, d’importantes capacités de financement et d’innovation ainsi qu’une puissance d’attraction encore largement dominante.

À court terme, rien n’indique un décrochage brutal. En revanche, la pérennité de ce leadership ne peut plus être tenue pour acquise. Elle est désormais directement affectée par des remises en cause explicites de l’autonomie académique et des conditions ordinaires de fonctionnement des universités.

Ce leadership dépendra de la capacité des universités à recruter librement, à l’échelle mondiale, leurs enseignants et chercheurs ; à maintenir des politiques et des programmes de formation et de recherche à l’abri des cycles politiques ; à protéger leurs dirigeantes et dirigeants des pressions partisanes ; et à garantir aux étudiants comme aux chercheurs des conditions de travail intellectuel et des perspectives professionnelles stables.

Ce sont précisément ces conditions que les décisions récentes de Donald Trump rendent durablement incertaines.

The Conversation

Alessia Lefébure a enseigné à Columbia University entre 2011 et 2017.

ref. Ce que l’Amérique est en train de faire à sa science – https://theconversation.com/ce-que-lamerique-est-en-train-de-faire-a-sa-science-275182

Comment les programmes de lutte contre la pauvreté renforcent la confiance entre citoyens et Etat

Source: The Conversation – in French – By Katrina Kosec, Lecturer, Johns Hopkins University

Lorsque les inondations ont emporté la maison de Woudou Oumar dans le nord du Cameroun, il a perdu avec famille non seulement leur logement, mais aussi leur espoir. Puis, une aide financière soutenue par le gouvernement leur a été versée. « Ce transfert d’argent a été un véritable coup de pouce pour moi et ma famille », explique-t-il. Grâce à cet argent, il reconstruit sa maison, acheté des semences pour cultiver. Il a payé les frais de scolarité de ses filles, pris en charge les soins médicaux de son fils. Il a aussi retrouvé espoir.

Des histoires comme celle de Woudou montrent que les transferts sociaux peuvent avoir un impact qui va au-delà des revenus : ils ancrent les gens dans leur communauté et influencent la façon dont ils perçoivent et jugent le soutien du gouvernement.

Les gouvernements et les partenaires de développement du monde entier consacrent désormais des ressources sans précédent à la protection sociale. Des zones rurales du Bangladesh aux zones urbaines du Brésil, plus de 120 pays à revenu faible ou intermédiaire offrent désormais une forme ou une autre de transfert monétaire à leurs citoyens les plus pauvres. Ces programmes ont permis de réduire la pauvreté à court terme et à long terme. Ils améliorent aussi les résultats scolaires et favorisent une meilleure santé.

Ces aides ont d’autres effets, moins visibles, sur la vie sociale et politique.

Notre nouvelle étude révèle que les transferts sociaux modifient systématiquement les relations entre les citoyens, l’État et les communautés. Nous avons passé en revue près de 90 études empiriques menées sur six continents afin de déterminer les effets des transferts sociaux au-delà du bien-être et des moyens de subsistance. Nous avons constaté que ces programmes influençaient le comportement électoral des citoyens, leur confiance dans les institutions, leur participation à la vie civique et même leur perception de leurs voisins.

Ces études ont couvert l’Afrique, l’Asie, l’Australie, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. L’examen comprenait des études menées dans 11 pays africains, dont certains se trouvaient dans des situations fragiles et touchés par des conflits. Nos conclusions ont mis en évidence des tendances cohérentes mais aussi d’importantes variations contextuelles.

Les effets n’étaient pas toujours ceux attendus par les décideurs politiques et dépendaient fortement de la conception du programme, des caractéristiques des bénéficiaires et du contexte politique.




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Alors que les gouvernements et les bailleurs de fonds élargissent les filets de sécurité, une réalité mérite davantage d’attention : les transferts sociaux ne fonctionnent pas isolé du reste. Ils influencent la façon dont les citoyens perçoivent l’autorité, l’appartenance et l’équité de leurs institutions politiques. Ils peuvent renforcer ou affaiblir la confiance politique et sociale, renforcer la cohésion ou alimenter le ressentiment.

Notre analyse montre que la conception, la mise en œuvre et le contexte local déterminent si les transferts unissent ou divisent les sociétés. Si de nombreux effets sont positifs, ils ne sont ni automatiques ni uniformes. Pour bien comprendre cela, il faut considérer la protection sociale non seulement comme un outil de lutte contre la pauvreté, mais aussi comme une force qui peut aider – ou entraver – la construction de la confiance politique et de la vie communautaire.

Dans tous les contextes, trois éléments ressortent : la manière dont les transferts remodèlent la légitimité de l’État, leur incidence sur la confiance et le comportement politique, et leur influence sur les relations au sein des communautés.

Remodeler les relations avec l’État

Les programmes de transferts sociaux, tels que les transferts en espèces ou l’aide alimentaire, sont conçus pour réduire la pauvreté et protéger les ménages contre les chocs liés aux revenus. Mais ils influencent également la manière dont les gens appréhendent le contrat social entre les citoyens et l’État.

Dans les contextes fragiles en particulier, même de petits avantages peuvent devenir des symboles de la présence et de la capacité de l’État. Une bonne mise en œuvre peut sembler discrète, mais elle est puissante. Les programmes qui versent les aides à temps et appliquent des règles d’éligibilité claires ont tendance à renforcer la confiance politique. En l’occurrence, les bénéficiaires comprennent non seulement que l’aide arrive, mais aussi pourquoi et de qui elle provient.

À l’inverse, une mauvaise mise en œuvre implique souvent des retards, un ciblage opaque ou des paiements irréguliers. Lorsque les citoyens ne peuvent pas prévoir si les prestations seront versées ou soupçonnent que la sélection est arbitraire ou politisée, les transferts perdent leur effet légitimant et peuvent même saper la confiance dans les institutions publiques.

Lorsque les citoyens perçoivent ces programmes comme étant bien ciblés et efficacement mis en œuvre, ils réagissent souvent par une plus grande satisfaction à l’égard des services publics et de leurs dirigeants politiques, et par une participation politique accrue. Beaucoup commencent à considérer leur gouvernement comme plus légitime et plus réactif.

En réalité, la conclusion empirique la plus constante de près de 90 études était que les transferts sociaux renforçaient le soutien aux dirigeants politiques en place, en particulier lorsque les programmes étaient considérés comme crédibles, bien ciblés et correctement mis en œuvre.

Toutefois, tous les effets n’étaient pas positifs.

Nous avons identifié les conditions dans lesquelles les transferts sociaux avaient peu d’effet, voire des conséquences négatives, sur les relations entre l’État et les citoyens. Dans certains cas, cela reflétait une faible capacité de mise en œuvre. Dans d’autres, les citoyens attribuaient le mérite de la mise en œuvre des programmes aux ONG ou aux bailleurs de fonds plutôt qu’à leur gouvernement. Lorsque l’attribution du mérite n’était pas claire, les avantages ne se traduisaient pas nécessairement par un soutien politique.




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Un tableau mitigé au niveau communautaire

Nous avons également examiné comment les transferts ont façonné les relations entre les citoyens eux-mêmes. Ici, les résultats étaient plus mitigés.

Dans certains contextes, les transferts ont renforcé l’engagement communautaire, consolidé les réseaux de soutien informels et instauré la confiance entre les groupes.

Mais dans d’autres cas, les transferts ont alimenté la jalousie ou aggravé les tensions entre les groupes. Les données indiquent, par exemple, que les transferts peuvent augmenter la criminalité ou les conflits lorsque les avantages profitent à des ménages plus aisés ou sont perçus comme aidant des étrangers.

Les questions d’équité et de mérite se sont révélées particulièrement importantes. Lorsque les programmes excluaient ceux qui se percevaient comme tout aussi démunis, ou lorsque les non-bénéficiaires percevaient les bénéficiaires comme ne méritant pas ces aides, un ressentiment politique s’est développé. Ces dynamiques étaient particulièrement marquées dans les contextes de déplacements massifs, de fortes inégalités ou de clivages sociaux profonds.

L’importance de la conception des programmes

L’une des conclusions les plus claires de notre analyse est que la conception et la mise en œuvre des programmes de lutte contre la pauvreté ont une incidence réelle sur les résultats politiques et sociaux.

Les programmes inclusifs qui touchaient des populations plus larges étaient moins susceptibles de créer des frustrations que ceux qui ciblaient des groupes restreints. Les programmes assortis de conditions qui favorisent l’acquisition de compétences civiques (par exemple, grâce à une formation professionnelle) et renforcent l’engagement auprès des organisations étatiques et communautaires (par exemple, grâce à l’obtention d’une carte d’identité nationale) contribuent plus efficacement à stimuler l’engagement politique.

Il est aussi important que les citoyens comprennent que l’aide provient de l’Etat. Lorsque les citoyens associaient clairement les avantages à leur gouvernement, les transferts étaient plus susceptibles de renforcer la confiance dans les institutions. Et le fait de disposer de mécanismes de recours, de retour d’information et de dialogue communautaire amplifiait les effets positifs.

Nous avons également constaté que les effets sur la confiance et la cohésion sociale étaient plus importants parmi les groupes marginalisés tels que les femmes, les travailleurs non qualifiés et les personnes très pauvres. Ce sont souvent ces citoyens qui ont le plus à gagner du soutien matériel et de la reconnaissance que représentent ces programmes.

Leçons pour émargir ces politiques publiques

La protection sociale occupe une place de plus en plus centrale dans les stratégies de développement. D’où la nécessité de comprendre ses effets. Les transferts monétaires ne sont pas seulement des outils économiques. Ils façonnent les attitudes politiques, la cohésion communautaire et la perception de l’équité.

Le message fondamental est simple mais lourd de conséquences : la protection sociale n’est jamais neutre sur le plan politique ou social. Ses effets dépendent non seulement du montant transféré, mais aussi des bénéficiaires, de la manière dont les programmes sont expliqués et de la perception qu’en ont les citoyens. Ils doivent considérer ces programmes comme équitables, exempts de corruption et mis en œuvre par un État qui leur rend des comptes.

Afin de maximiser les avantages des programmes de transferts sociaux et de minimiser les effets indésirables, les gouvernements et les bailleurs de fonds devraient tenir compte de cinq principes clés :

Un ciblage transparent et équitable. Les programmes doivent s’efforcer d’établir des règles d’éligibilité claires et bien communiqués. Ils doivent également atteindre les objectifs à temps et être exécutés sans corruption.

Une conception respectueuse de la dignité et qui encourage l’engagement civique. Les programmes qui offrent la possibilité de donner son avis ou d’interagir de manière positive avec les prestataires de services publics peuvent favoriser l’inclusion sociale.

Rendre visible le rôle de l’État dans la mise en œuvre. Lorsque les bénéficiaires identifient clairement l’origine publique de l’aide, ils sont plus enclins à considérer l’État comme réactif et compétent. Ce qui renforce les relations positives et encourage une plus grande participation politique.

Promouvoir la cohésion sociale par des efforts complémentaires. Les transferts peuvent renforcer les liens communautaires lorsqu’ils sont associés à des initiatives telles que des réunions locales ou des formations communautaires. Ces caractéristiques peuvent être tout aussi importantes que l’argent lui-même pour garantir une large appropriation du programme.

Mesurer les impacts relationnels, et pas seulement économiques. L’évaluation doit aller au-delà des revenus et de la consommation. Elle doit aussi porter sur comment les transferts affectent la confiance, la cohésion, l’efficacité politique et la perception de l’équité, tant chez les bénéficiaires que chez les non-bénéficiaires.

La protection sociale se développe à l’échelle mondiale, la question n’est plus de savoir si les transferts réduisent la pauvreté. Cela est établi. La question plus difficile est de savoir s’ils contribuent à bâtir des États et des sociétés capables de soutenir le développement à long terme. Une conception adéquate n’est pas seulement une bonne politique. Elle peut renforcer de manière significative les liens entre les citoyens et entre les citoyens et l’État.

The Conversation

Katrina Kosec bénéficie d’un financement du Programme scientifique du CGIAR sur les frontières alimentaires et la sécurité alimentaire.

Cecilia Hyunjung Mo does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Comment les programmes de lutte contre la pauvreté renforcent la confiance entre citoyens et Etat – https://theconversation.com/comment-les-programmes-de-lutte-contre-la-pauvrete-renforcent-la-confiance-entre-citoyens-et-etat-275512

Sudan: how warring factions gained influence in the country’s food system – and what it means for the current conflict

Source: The Conversation – Africa (2) – By Danielle Resnick, Senior Research Fellow, International Food Policy Research Institute (IFPRI)

Militaries play a major role in the politics of many countries. They determine whether elections can occur and who can compete. From Egypt to Pakistan and Myanmar to Uganda, the military is often the most important powerholder.

In parallel, violent non-state actors – including criminal networks, terrorist groups and paramilitaries – have proliferated over the last two decades.

To maintain their influence and finance their operations, militaries and violent non-state actors often become heavily involved in both legal and illicit business activities. Studies of their economic activities often focus on their role in extracting natural resources like gold, oil and timber.

Their involvement in agricultural and food systems is less well understood.

This is important to study since many of the world’s most fragile countries are highly dependent on agriculture for economic growth. We drew on our multidisciplinary expertise in food systems and agriculture to help fill this gap. Our recently published article looked at the role of the military and paramilitary in Sudan’s agrifood system just prior to the outbreak of the current war.

The two main belligerents in the country’s devastating conflict – the Sudanese Armed Forces and the paramilitary Rapid Support Forces (RSF) – have built extensive empires. They have investments in land, food processing and agricultural trade.

Our study mapped the companies that the army and RSF have in the agrifood system. It also analysed the different strategies they have used to gain profit in different agricultural sectors, especially livestock, wheat, gum arabic and horticulture.

We found that the army and RSF used a range of strategies. For example, they dominated in low-complexity value chains with limited private sector activity, such as livestock trade or raw gum arabic trade.

In these sectors, both forces focused on extracting profits to fund their operations without investing in upgrading.

We also found that they were less active in more technically complex sectors, like gum arabic spray drying, cotton ginning, dairy or finished sesame.

Economic competition between the Sudanese army and the paramilitary RSF was a major factor in the outbreak of the April 2023 war. Identifying these strategies expands insights into the political and economic roots of large-scale conflict.

The study

Our study drew on interviews with over 50 Sudanese key informants with extensive experience in major agro-food companies, the agricultural and livestock sectors, the previous civilian-led government, and within transparency and governance non-governmental organisations.

We brought together two strands of research that are rarely combined. These are studies on agricultural value chain upgrading – which refers to improving the quality, efficiency and value of agricultural products – and military commercialism.

The value chains literature highlights that more sophisticated products – such as speciality coffee and cocoa, wine, cheeses, edible oils, meats and poultry, and horticulture – need higher levels of expertise and equipment. This in turn requires larger outlays of investment.

Military commercialism studies underscore that armed actors have short time horizons because they seek off-budget profits to purchase weapons and machinery, and to retain the support of rank-and-file soldiers.

We therefore argue that the value chains in which armed actors engage – and the degree to which they invest in them – is based on how quickly profits can be extracted. This decision depends on two factors:

  1. the level of technical complexity to generate profits from the agricultural product

  2. the extent of existing private sector involvement in the value chain.

The strategies

We identified four distinct strategies armed actors use in agrifood value chains in Sudan.

1. Exclusive capture and rent extraction. This is most clearly illustrated by the livestock trade. This is one of Sudan’s biggest export earners after gold. However, some countries, such as Saudi Arabia, have declared import bans on Sudanese livestock due to non-compliance with sanitary and phytosanitary standards, and vaccination protocols. These require investments in traceability systems and quarantine practices. Despite such restrictions, the Sudanese army and RSF capture significant profit from the trade. The army, for instance, benefits from demand from the Egyptian military. The RSF leverages demand from Gulf countries and close cultural ties with pastoralist communities in Darfur and Kordofan where a significant share of livestock trade originates.

2. Biased competition through licensing and quota allocations. A case in point is the processing of wheat into flour for Sudan’s most important staple good, bread. Flour processing in Sudan has had several prominent private sector operators since the mid-1990s when wheat milling was liberalised. Almost two decades later, Sudan’s intelligence services began operating Seen Milling Company. This was transferred to the army after the 2019 ouster of Omar Al-Bashir. Seen Milling Company benefited from several sets of distortions that skewed the playing field against the private sector. These include preferential exchange rates and import subsidies that almost put the private sector out of business.

3. Concede to private competitors when value addition is too complex. Gum arabic from Sudan accounts for approximately 70% of global trade. The product is most profitable when it is transformed through a highly complex technique known as spray drying. It is then used in the pharmaceutical industry, textiles and in food and beverages. Traditionally two French companies spray dried most of Sudan’s raw gum arabic. But in 2017 one of Sudan’s largest private sector agro-processing firms, DAL, established its own spray drying facility and began exporting all over the world. While the army attempted to mimic this approach via one of its companies, Green Zone, it lacked the technology and technical skills. The army ultimately abandoned the venture.

4. Innovation when profit potential is high and the private sector is absent. This is best illustrated in the horticultural sector. The army’s Zadna corporation, which is currently sanctioned by the US and the European Union, became a leader in horticulture research and development. The horticultural sector offers large opportunities for domestic growth and export potential. However, it has previously been hindered by underinvestment and minimal private sector involvement. Zadna entered the sector by establishing a major tissue culture lab and large nursery for preparing high-quality seedlings for many horticulture products. It also conducted research on new seed varieties, fruit and vegetable drying, and waste management.

Why the findings matter

By showing the diverse strategies that armed actors might employ, we hope to advance discussions about the political economy of food system transformations, with a focus on fragile contexts.

We show that armed actors’ strategies are sometimes very extractive (for instance, livestock) and sometimes more progressive (for instance, horticulture).

For private sector companies operating in such contexts, one of the main findings from our study is that shifting to more complex upgrading that requires greater technical skills can often mitigate the loss of market access to armed actors. We found this in dairy and gum arabic spray drying, for instance.

Our research underscores the importance of understanding the political economy incentives that drive large-scale conflict. Peace efforts in Sudan cannot just be about negotiations over ceasefire conditions and reconciliation processes. They also need to address who retains access to the country’s valuable resources and at what cost.

The Conversation

Danielle Resnick received funding from USAID for this work.

Hala M.E. Abushama, Khalid Siddig, and Oliver Kiptoo Kirui do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Sudan: how warring factions gained influence in the country’s food system – and what it means for the current conflict – https://theconversation.com/sudan-how-warring-factions-gained-influence-in-the-countrys-food-system-and-what-it-means-for-the-current-conflict-275687

Quand l’odeur devient preuve : l’odorologie au cœur de la police scientifique

Source: The Conversation – in French – By Estelle Davet, Inspectrice générale, cheffe du service national de police scientifique (SNPS)

À Écully, dans le Rhône, se trouvent les seuls chiens capables de comparer une trace olfactive laissée sur une scène d’infraction avec l’odeur corporelle d’un suspect ou d’une victime. Découvrez l’odorologie.


En janvier 2012, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), un homme cagoulé braque une banque dès l’ouverture. Quelques mois plus tard, un second établissement de la même ville est attaqué selon un mode opératoire similaire.

Les enquêteurs disposent de vidéos de surveillance, mais les images sont trop imprécises pour identifier formellement le suspect. L’ADN, habituellement décisif, ne livre aucun résultat exploitable. Reste une trace, plus discrète, presque invisible : l’odeur laissée dans le véhicule utilisé pour la fuite. C’est cette trace que la police scientifique va exploiter grâce à une de ses techniques d’expertise : l’odorologie, une discipline encore méconnue du grand public où des chiens spécialement formés procèdent à la comparaison et à l’identification d’odeurs humaines. Au procès, cette expertise permet la condamnation du braqueur.

Des chiens à l’expertise unique

Lorsque nous évoquons les chiens policiers, l’image des unités déployées sur le terrain, mobilisées dans la détection d’explosifs, de stupéfiants ou encore la recherche de personnes disparues, s’impose naturellement. Cependant, à côté de cette réalité opérationnelle se déploie une autre activité, moins visible : celle des chiens et de leurs maîtres œuvrant au sein de la police scientifique.

En France, il existe un lieu unique appelé le plateau national d’odorologie, qui réunit les seuls chiens capables de comparer une trace odorante laissée sur une scène d’infraction avec l’odeur corporelle d’un suspect ou d’une victime. Cette spécialité cynophile, créée en 2000 (par Daniel Grignon, cynotechnicien formé en Hongrie) devient pleinement opérationnelle à partir de 2003.

Aujourd’hui, l’activité d’odorologie s’appuie sur quatre agents et sept chiens (bergers belges malinois, bergers allemands, épagneul English Springer) qui, comme les experts humains en laboratoire, n’interviennent pas sur le terrain mais travaillent exclusivement au sein du plateau national d’Écully (à côté de Lyon, Rhône), où ils procèdent aux comparaisons odorantes. Deux autres chiens sont actuellement en formation, entamée à l’âge de six mois pour une durée d’environ un an.

Un technicien de la police scientifique en train de recueillir l’odeur d’une personne.
SNPS Communication, Fourni par l’auteur

Toute analyse en odorologie débute par une phase de prélèvement, déterminante pour la suite de la procédure. Réalisés exclusivement par des policiers habilités (500 préleveurs habilités de la police nationale en 2025), les prélèvements portent sur deux types d’odeurs complémentaires.

D’une part, les traces odorantes sont recueillies sur les lieux de l’infraction, à partir de tout support ayant été en contact avec une personne, qu’il s’agisse d’un siège, d’un volant, d’une poignée ou d’un vêtement. D’autre part, les odeurs corporelles sont directement prélevées sur les individus mis en cause ou sur les victimes : ceux-ci malaxent pendant plusieurs minutes des tissus spécifiques afin d’y transférer les molécules odorantes caractéristiques de leur signature chimique. Ces dernières sont stockées dans une pièce spécifique : l’odorothèque où, à ce jour, 9 600 scellés judiciaires sont stockés.

Une parade d’identification

Une fois les prélèvements réalisés, débute alors la phase d’analyses. Les traces odorantes prélevées sur la scène d’infraction sont comparées à l’odeur corporelle du mis en cause ou de la victime lors d’une parade d’identification réalisée par les chiens spécialement formés.

Urko, un berger belge malinois de 3 ans en train de renifler une odeur.
SNPS Communication, Fourni par l’auteur

La trace est d’abord présentée au chien, qui la sent et la mémorise, puis il progresse le long d’une ligne composée de cinq bocaux contenant chacun une odeur corporelle différente : un seul correspond à l’odeur du mis en cause ou de la victime à identifier, les quatre autres servant d’odeurs de comparaison.

S’il reconnaît l’odeur à identifier, le chien se couche devant le bocal correspondant ; s’il ne reconnaît aucune des odeurs, il revient vers son maître. L’ensemble du processus dure environ 0,6 seconde, le temps pour le chien de placer son museau dans le bocal, de découvrir l’odeur qu’il contient, de l’analyser et de décider s’il doit marquer l’arrêt ou non.

La position des cinq bocaux est ensuite modifiée de façon aléatoire et le travail est répété une seconde fois avant qu’un troisième passage soit effectué sur une ligne de contrôle ne contenant pas l’odeur du mis en cause ou de la victime. Lorsque le premier chien a terminé son travail, la même opération est réalisée avec, au moins un second chien.

Une identification est considérée comme établie lorsque deux chiens ont marqué la même odeur, chacun au cours d’au moins deux passages, et que chacun d’eux a également réalisé au moins une ligne à vide.

La science de l’odeur humaine : une signature chimique individuelle

Chaque être humain possède une odeur corporelle propre, constituée de molécules volatiles issues principalement de la dégradation bactérienne des sécrétions de la peau, comme la sueur et le sébum. Cette odeur n’est pas uniforme : elle se compose de plusieurs éléments. Seule la composante primaire de l’odeur humaine demeure stable au cours du temps. C’est précisément cette composante primaire qui est utilisée par les chiens d’odorologie pour identifier un individu, celle-ci ne pouvant pas être altérée par des composantes variables, comme le parfum.

Elle constitue une véritable signature chimique individuelle, comparable, dans son principe, à une empreinte biologique. Le chien reste le seul capable de reconnaître cette composante invariable, indispensable à l’identification. Son système olfactif explique cette performance. Lorsque les molécules odorantes pénètrent dans la cavité nasale, elles se lient aux récepteurs de l’épithélium olfactif, déclenchant un influx nerveux transmis au bulbe olfactif, puis au cerveau, où l’odeur est analysée et mémorisée.

L’odorologie, un réel outil d’enquête

L’odorologie s’appuie sur un protocole rigoureux, conçu pour garantir la fiabilité à la fois scientifique et judiciaire des résultats obtenus. Son recours s’inscrit dans un cadre juridique strict et est réservé aux infractions d’une certaine gravité, à partir du délit aggravé (vol avec violence, cambriolage aggravé, séquestration…) et jusqu’aux crimes.

Cette expertise, pleinement intégrée aux pratiques de la police scientifique, ne statue pas à elle seule sur la culpabilité d’un individu, mais apporte un élément objectif essentiel au raisonnement judiciaire. Lorsqu’un rapprochement est établi, elle atteste un fait précis : la présence d’un individu (auteurs ou victimes) sur une scène d’infraction ou un contact avec des objets.

Cette technique intervient souvent en complément d’autres moyens d’investigation, mais elle peut aussi devenir déterminante lorsque les images sont floues, les témoignages fragiles ou les traces biologiques absentes. Depuis 2003, 787 dossiers ont été traités par le plateau national d’odorologie, aboutissant à 195 identifications. Les experts ont été appelés à témoigner 44 fois devant des cours d’assises, preuve de la reconnaissance judiciaire de cette discipline.

À l’heure où les avancées technologiques occupent une place centrale dans la police scientifique, l’odorologie rappelle que le vivant demeure parfois irremplaçable. Fondée sur un processus complexe et rigoureux, conforme aux exigences de la norme NF EN ISO/CEI 17025, la comparaison d’odeurs ne laisse aucune place au hasard. Elle s’inscrit dans un faisceau d’indices, contribuant à la manifestation de la vérité.

Invisible, silencieuse, mais persistante, cette expertise rappelle que le crime laisse toujours une trace, faisant écho au principe formulé dès 1920 par Edmond Locard : « Nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage. »


Créé en 2023, le Centre de recherche de la police nationale pilote la recherche appliquée au sein de la police nationale. Il coordonne l’activité des opérateurs scientifiques pour développer des connaissances, des outils et des méthodes au service de l’action opérationnelle et stratégique.

The Conversation

Estelle Davet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quand l’odeur devient preuve : l’odorologie au cœur de la police scientifique – https://theconversation.com/quand-lodeur-devient-preuve-lodorologie-au-coeur-de-la-police-scientifique-274587

Souriez, vous êtes filmés : ce que l’« emotion AI » voit vraiment sur nos visages

Source: The Conversation – in French – By Charlotte De Sainte Maresville, Doctorante 3 eme année en marketing et sciences affectives, Université Bretagne Sud (UBS)

Aujourd’hui, on peut lire vos émotions sur votre visage et adapter un flux vidéo en temps réel en fonction de votre réaction. Vraiment ? Quelles sont les utilisations autorisées de l’« emotion AI », et ses limites ? Éclairage par deux spécialistes.


Dans un magasin de cosmétiques, une cliente s’arrête devant une borne interactive. Une caméra intégrée filme son visage pendant quelques secondes pendant qu’elle regarde l’écran. Le système ne cherche pas à l’identifier, mais à observer ses réactions : sourit-elle ? détourne-t-elle le regard ? fronce-t-elle légèrement les sourcils ? À partir de ces signaux, la borne adapte le contenu affiché.

Ces technologies, qui s’inscrivent dans le domaine de l’emotion AI, sont déjà utilisées pour tester des publicités, analyser l’attention d’un public lors d’une conférence ou mesurer l’engagement face à une interface.

Mais que fait réellement cette technologie lorsqu’elle « analyse » un visage ? Et jusqu’où peut-on aller lorsqu’on cherche à interpréter des expressions faciales à l’aide de l’intelligence artificielle ?

Qu’est-ce que l’« emotion AI » ?

L’emotion AI désigne un ensemble de méthodes informatiques qui consistent à analyser des expressions faciales afin d’en extraire des informations sur les réactions émotionnelles probables d’une personne.

Dans la pratique, ces systèmes captent les mouvements du visage : ouverture de la bouche, haussement des sourcils, plissement des yeux, dynamique des expressions dans le temps. L’objectif n’est pas de savoir ce qu’une personne ressent au fond d’elle-même, mais d’associer ces indices faciaux à certaines réactions comme l’intérêt, la surprise ou le désengagement. Les résultats prennent la forme de scores ou de catégories, qui indiquent la probabilité qu’une expression corresponde à un état donné.

Cette approche s’inscrit dans une longue tradition de recherche sur les expressions faciales, bien antérieure à l’intelligence artificielle. Dès les années 1970, des travaux fondateurs en psychologie ont proposé des méthodes systématiques pour décrire et coder les mouvements du visage, reposant sur des observations humaines expertes.

Ce que l’emotion AI apporte, c’est la capacité à automatiser l’analyse, à grande échelle et en temps quasi réel de ces signaux, que les chercheurs et praticiens étudient depuis longtemps de manière manuelle ou semi-automatisée. Cette automatisation s’est développée à partir des années 2000 avec l’essor de la vision par ordinateur, puis s’est accélérée avec les méthodes d’apprentissage automatique et d’apprentissage profond.

Comment ça marche ?

Les systèmes actuels analysent des flux vidéo image par image, à des fréquences comparables à celles de la vidéo standard. Selon la complexité des modèles et le matériel utilisé, l’estimation des réactions faciales peut être produite avec une latence de l’ordre de la centaine de millisecondes, ce qui permet par exemple d’adapter dynamiquement le contenu affiché sur une borne interactive.

Le logiciel détecte d’abord un visage à l’écran, puis suit les changements de son expression d’une image à l’autre. À partir de ces informations, le système calcule des descripteurs faciaux, puis les compare à des modèles appris à partir de bases de données d’expressions faciales annotées, c’est-à-dire des ensembles d’images ou de vidéos de visages pour lesquelles des experts humains ont préalablement identifié et étiqueté les mouvements ou expressions observés.

infographie
Un système automatisé d’analyse des émotions faciales déduit des probabilités que la personne observée soit neutre, heureuse, surprise, en colère, etc.
Charlotte de Sainte Maresville, à l’aide d’IA génératives (Canva, pPixlr et ChatGPT), Fourni par l’auteur

En effet, lors de la phase d’apprentissage du modèle d’IA, le système a appris à associer certaines configurations faciales à des catégories ou à des scores correspondant à des réactions données. Lorsqu’il est ensuite appliqué à un nouveau visage, il ne fait que mesurer des similarités statistiques avec les données sur lesquelles il a été entraîné.

Concrètement, lorsqu’un système indique qu’un visage exprime une émotion donnée, il ne fait que dire ceci : « cette configuration faciale ressemble, statistiquement, à d’autres configurations associées à cet état dans les données d’entraînement » (on parle d’inférence probabiliste).

Ces méthodes ont aujourd’hui atteint un niveau de performance suffisant pour certains usages bien définis – par exemple lors de tests utilisateurs, d’études marketing ou dans certaines interfaces interactives, où les conditions d’observation peuvent être partiellement maîtrisées.

Quelles sont les limites techniques ?

Néanmoins, cette fiabilité reste très variable selon les contextes d’application et les objectifs poursuivis. Les performances sont en effet meilleures lorsque le visage est bien visible, avec un bon éclairage, peu de mouvements et sans éléments masquant les traits, comme des masques ou des lunettes à monture épaisse. En revanche, lorsque ces systèmes sont déployés en conditions réelles et non contrôlées, leurs résultats doivent être interprétés avec davantage d’incertitude.

Les limites de l’emotion AI tiennent d’abord à la nature même des expressions faciales. Une expression ne correspond pas toujours à une émotion unique : un sourire peut signaler la joie, la politesse, l’ironie ou l’inconfort. Le contexte joue un rôle essentiel dans l’interprétation.

infographie
Les expressions faciales ne sont pas toujours univoques.
Charlotte de Sainte Maresville, à l’aide d’IA génératives (Canva, Pixlr et ChatGPT), Fourni par l’auteur

Les performances des systèmes dépendent également des données utilisées pour les entraîner. Les bases de données d’entraînement peu diversifiées peuvent conduire entre autres à des erreurs ou à des biais. Par exemple, si la base de données est principalement composée d’images de femmes de moins de 30 ans de type caucasien, le système aura du mal à interpréter correctement des mouvements faciaux d’individus de plus de 65 ans et de type asiatique.

Enfin, il ne faut pas se limiter aux seules expressions faciales, qui ne constituent qu’un canal parmi d’autres de l’expression émotionnelle. Elles fournissent des informations précieuses, mais partielles. Les systèmes d’emotion AI sont donc surtout pertinents lorsqu’ils sont utilisés en complément d’autres sources d’information, comme des indices vocaux, comportementaux ou déclaratifs. Cette approche ne remet pas en cause l’automatisation, mais en précise la portée : l’emotion AI automatise l’analyse de certains signaux observables, sans prétendre à une interprétation exhaustive des émotions.

Des risques à ne pas ignorer

Utilisée sans cadre clair, l’emotion AI peut alimenter des usages problématiques, notamment lorsqu’elle est intégrée à des dispositifs d’influence commerciale ou de surveillance.

Dans le domaine commercial, ces technologies sont par exemple envisagées pour ajuster en temps réel des messages publicitaires ou des interfaces en fonction des réactions faciales supposées des consommateurs. Ce type de personnalisation émotionnelle soulève des questions de manipulation, en particulier lorsque les personnes concernées ne sont pas pleinement informées de l’analyse de leurs réactions.




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Les risques sont également importants dans les contextes de surveillance, notamment lorsque l’analyse automatisée des expressions faciales est utilisée pour inférer des états mentaux ou des intentions dans des espaces publics, des environnements professionnels ou des contextes sécuritaires. De tels usages reposent sur des inférences incertaines et peuvent conduire à des interprétations erronées, voire discriminatoires.

Ces risques sont aujourd’hui largement documentés par la recherche scientifique, ainsi que par plusieurs institutions publiques et autorités de régulation. À l’échelle internationale, ces réflexions ont notamment conduit à l’adoption de recommandations éthiques, comme celles portées par l’Unesco, qui ne sont toutefois pas juridiquement contraignantes et visent surtout à orienter les pratiques et les politiques publiques.

En revanche, en Europe, le règlement sur l’IA interdit ou restreint fortement les usages de l’analyse émotionnelle automatisée lorsqu’ils visent à surveiller, classer ou évaluer des personnes dans des contextes grand public, notamment dans les espaces publics, au travail ou à l’école.

Ces technologies ne peuvent pas être utilisées pour inférer des états mentaux ou guider des décisions ayant un impact sur les individus, en raison du caractère incertain et potentiellement discriminatoire de ces inférences. En France, la mise en œuvre de ce cadre s’appuie notamment sur l’action de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), chargée de veiller au respect des droits fondamentaux dans le déploiement de ces technologies.

Ces débats rappellent un point essentiel : les expressions faciales ne parlent jamais d’elles-mêmes. Leur analyse repose sur des inférences incertaines, qui exigent à la fois des modèles théoriques solides, une interprétation critique des résultats et un cadre d’usage clairement défini.

Les enjeux éthiques et réglementaires ne sont donc pas extérieurs aux questions scientifiques et techniques, mais en constituent un prolongement direct. C’est précisément dans cette articulation entre compréhension fine des expressions, limites des modèles et conditions d’usage responsables que se joue l’avenir de l’emotion AI.

The Conversation

Charlotte De Sainte Maresville a reçu des financements de ANR dans le cadre d’une convention CIFRE.

Christine PETR a reçu des financements de ANR dans le cadre d’une CIFRE.

ref. Souriez, vous êtes filmés : ce que l’« emotion AI » voit vraiment sur nos visages – https://theconversation.com/souriez-vous-etes-filmes-ce-que-l-emotion-ai-voit-vraiment-sur-nos-visages-275029

Intermittent fasting doesn’t have an edge for weight loss, but might still work for some

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Evelyn Parr, Research Fellow in Exercise Metabolism and Nutrition, Mary MacKillop Institute for Health Research, Australian Catholic University

fcafotodigital/Getty Images

Intermittent fasting has become a buzzword in nutrition circles, with many people looking to it as a way to lose weight or improve their health.

But new research from the Cochrane Collaboration shows intermittent fasting is no more effective for weight loss than receiving traditional dietary advice or even doing nothing at all.

In this international review, researchers assessed 22 studies involving 1,995 adults who were classified as overweight (with a body mass index of 25–29.9 kg/m²) or obese (with a BMI of 30 kg/m² or above) to assess the effectiveness of intermittent fasting for up to 12 months.

The authors found, when compared to energy restricted dieting, intermittent fasting doesn’t seem to work for people who are overweight or obese and are trying to lose weight. However they note intermittent fasting may still be a reasonable option for some people.

Remind me, what’s intermittent fasting?

Intermittent fasting is a tool for weight management, which includes three main strategies:

  • alternate day fasting, where every second day is reduced to low or no energy intake

  • periodic fasting or the 5:2 diet, where one or two days of the week are spent with low or no energy intake

  • time-restricted eating or the 16:8 diet, where daily energy intake is reduced to a shorter window, usually between eight and ten waking hours.

What did previous research show?

Previous reviews have found differences between types of intermittent fasting.

Alternate day fasting, for example, resulted in more weight loss when compared to time-restricted eating.

This is because participants who fasted every second day consumed about 20% less energy than those following time-restricted eating.

What did the Cochrane review find?

Cochrane review use gold-standard techniques to give an objective overview of the evidence. This review looked at 22 individual randomised controlled trials published between 2016 and 2024 from North America, Europe, China, Australia and South America.

The trials compared the outcomes of almost 2,000 adults who were classified as being overweight or obese. These participants either:

  • received standard dietary advice, such as restricting calories or eating different types of foods

  • practised intermittent fasting

  • received either regular dietary advice, no intervention or were on a wait list.

The authors found:

1. Intermittent fasting was no better than getting dietary advice

The researchers found intermittent fasting and receiving dietary advice to restrict energy intake led to similar levels of weight loss.

This finding was based on 21 studies involving 1,713 people, with the researchers measuring the change from the participants’ starting weight.

Dietary advice (from registered dietitians or trained researchers) could include an eating plan focused on fruit, vegetables, whole grains and seafood, restricting calories, or any specific dietary advice for weight loss.

The amount of weight the participants lost ranged from a 10% loss to a 1% gain, with either intermittent fasting or dietary advice.

These findings are similar to several recent meta-analyses which found intermittent fasting is no better than dieting.

Previous research has found most of the alternate day fasting and periodic diet studies leads to about 6% to 7% weight loss. This is compared to very low energy “shake” diets (about 10%), GLP-1 medications (15% to 20%) and surgery (above 20%).

The review also found intermittent fasting likely makes little difference to a person’s quality of life, based on only three studies.

2. Intermittent fasting was no better than doing nothing

The researchers found intermittent fasting and no intervention led to similar levels of weight loss. This finding was based on six studies involving 448 people.

In the intermittent fasting studies, participants experienced about 5% weight loss. The “no intervention” or control group lost about 2% of their original weight.

In research, a 3% difference in weight loss is not considered clinically meaningful. That’s why the authors of this review concluded intermittent fasting is no more effective for weight loss than doing nothing at all.

However, the result for the “no intervention” condition could be due to the Hawthorne effect: the tendency for people to behave differently because they know they are being watched, such as in a clinical trial.

What are the review’s limitations?

There were few large, high-quality randomised controlled trials to draw on.

Only six studies were included in the part of the review which compared intermittent fasting and doing nothing. Two of these focused on time-restricted eating, which is arguably the least effective weight-loss strategy. One looked at the effects of fasting for one day per week. The other three were intermittent fasting studies, each with varying control groups, where some received guidance and others did not.

Also, the review only looked at studies where the interventions lasted between six and 12 months. It’s possible intermittent fasting strategies could be a long-term tool for weight maintenance. So we need to do more research, and ideally studies of longer duration.

What about the other health benefits of fasting?

Studies have found intermittent fasting can lower blood pressure, improve fertility, and reduce the incidence of metabolic syndrome which refers to a group of conditions that increase the risk of cardiovascular disease.

In one 2024 study, researchers found intermittent fasting may lead to changes in metabolism and the gut that restrict how cancer develops. Another study from 2025 found intermittent fasting could improve the metabolic health of shift workers.

So if you’re practising or considering intermittent fasting, the current evidence suggests it can be a safe and effective way to manage your weight.

But for any weight loss strategy to work, it needs to align with your personal preferences. And it’s best to consult a health-care professional before starting any new diet, especially if you have any underlying health conditions.

The Conversation

Evelyn Parr received funding from the Australian government’s Medical Research Future Fund and the Diabetes Australia Research Program for work on time-restricted eating.

ref. Intermittent fasting doesn’t have an edge for weight loss, but might still work for some – https://theconversation.com/intermittent-fasting-doesnt-have-an-edge-for-weight-loss-but-might-still-work-for-some-276057

How Bad Bunny’s power pole dance spotlighted the colonial legacy of energy poverty

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Jenna Imad Harb, Research Fellow, Australian National University

When Bad Bunny and his dancers scaled power poles during his Super Bowl performance, he wasn’t just entertaining millions. He was spotlighting how Puerto Rico’s chronic power outages are a legacy of its colonisation.

Puerto Rico is far from alone in this struggle – colonialism and geopolitical power imbalances have shaped access to electricity worldwide.

Puerto Rico has long suffered rolling blackouts lasting days and sometimes months. This leaves residents – especially vulnerable populations – without refrigeration, medical equipment, or air conditioning.

This isn’t just poor infrastructure management, though that is certainly an issue. It’s the ongoing legacy of colonial control over energy systems.

Colonial powers built energy systems designed to extract resources and profits for distant corporations and governments, not to serve local communities. As a result, local communities pay high costs for inadequate power. Similar patterns exist globally, from the Caribbean to the Middle East.

Colonial abandonment, not poor management

Puerto Rico’s chronic blackouts stem from what scholars call “energy colonialism”, where powerful countries and companies control the energy resources of less powerful countries or regions.

Puerto Rico became a US territory in 1898 but does not have voting representation in Congress. While under US responsibility, Puerto Ricans are denied the federal support granted to other US states.

After Hurricane Maria hit Puerto Rico in 2017, it took 11 months to restore the grid – the longest blackout in US history. Yet federal aid was drastically lower than for US states hit by hurricanes around the same period and “tens of billions short of the US$94.4 billion that disaster experts estimated is needed for a full recovery”. As Cecilio Ortiz García, co-founder of the University of Puerto Rico’s National Institute of Energy and Island Sustainability, explains:

the grid has become the poster child of the decay of the colonial system, its institutions and a very vulnerable population. This is colonial abandonment, not poor management.

Unreliable energy feeds hopelessness

Energy colonisation may manifest differently in different colonial contexts. Our research in Lebanon shows several ways colonial dynamics affect energy insecurity.

In Lebanon, energy access has been undermined by Israel’s deliberate targeting of electricity infrastructure in its strikes in southern Lebanon following its invasion of Gaza. It is also undermined by political corruption rooted in colonial governance structures, such as politicians maintaining ties to private diesel generator companies that profit when the public electricity grid fails.

When France colonised Lebanon in the early 1900s, it deliberately designed a political system that divided power along religious lines, a structure still in place today. This system was created to keep Lebanon weak and dependent.

It has fostered political gridlock and corruption, with politicians profiting from failing energy systems rather than fixing them. The state’s dependence on international donors – and donors’ hesitation to subsidise energy infrastructure – has also reinforced energy poverty for residents.

Reliable energy is essential for survival

Colonial energy development dynamics are exemplified by Pacific struggles to access climate finance. Pacific countries divert significant resources to become accredited to key climate funds, in the hope of directly accessing finance. However, both the practice of mobilising finance through intermediaries, and prioritising debt finance – further indebting poor regions – ultimately channels vital resources away from Pacific nations.

As climate disasters intensify, and reliable energy becomes ever more essential for survival, recognising the colonial roots of global energy systems is key. A critical site for recognition, as argued by Puerto Rican energy advocate Juan Rosario is ownership: “the most important thing in this energy revolution is who owns it and who rules”.

Energy justice – grounded in ownership, self‑determination, and equality — must be more nuanced. We need to ask: Who gets to own the energy systems? Who makes the decisions? Who gets the money? Right now, big corporations and governments control energy. Real energy justice means communities run their own power systems and keep the benefits for themselves. Thus, energy justice cannot focus solely on technical fixes. It must also confront the structures of power that shape who benefits from energy systems and who is left vulnerable.

Our research in Lebanon shows how these experiences of energy colonialism are felt – in the wellbeing of communities, and in individual emotions and bodies. In the humanitarian community in Lebanon, people are unable to escape extreme temperature during energy insecurity and blackouts. Feelings of hopelessness and frustration come from persistent energy poverty.

Recognising joy and strength

There are no easy solutions, but we can still take a key lesson from Bad Bunny’s performance. It is vital to call out the structures of power his performance made visible. Bad Bunny’s performance also demonstrated the joy that can be found, even momentarily, from shifting focus from colonial conditions to the strength and resilience of marginalised communities.

Our research showed this strength should be supported and not taken for granted. One participant in Lebanon said:

“Do people have the choice not to be resilient? Like, is there a counterfactual Lebanon where people are not resilient and they suffer more than what they’re suffering now? How do you determine what resilience is versus wanting to live your life? It’s just you waking up and having to find a way.”

The Conversation

Jenna Imad Harb works on a project funded by the Rio Tinto Centre for Future Materials.

Kirsty Anantharajah does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How Bad Bunny’s power pole dance spotlighted the colonial legacy of energy poverty – https://theconversation.com/how-bad-bunnys-power-pole-dance-spotlighted-the-colonial-legacy-of-energy-poverty-275794

Does exercise really work for osteoarthritis?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Hunter Bennett, Lecturer in Exercise Science, Adelaide University

FG Trade/Getty Images

Osteoarthritis is a common degenerative joint disease that causes pain, stiffness and swelling, and reduces your range of motion. It often affects the knees, hips and hands, although it can also occur in other joints throughout the body.

If you’ve been diagnosed with osteoarthritis, your doctor has probably recommended exercise. This has become standard treatment advice in recent years.

However, a new review suggests exercise might not be as beneficial as first thought.

But when you take a closer look at the study, there are reasons to be cautious. So it shouldn’t prompt you to ditch your exercise regimen.

What the review did

The research team conducted an “umbrella review” – an overview of systematic reviews, which collate and analyse the findings from individual studies to answer a specific question. Reviewing previously published systematic reviews provides an even bigger snapshot of a given research topic.

After searching thousands of studies, they included five major systematic reviews (comprised of 100 individual studies, with 8,631 patients) before adding another 28 recent trials (involving another 4,360 patients).

Using this data, they looked at the effect of exercise on knee, hip and hand osteoarthritis, and compared it to several alternatives, including doing nothing, placebo (fake) treatments, education, manual therapy, painkillers, injections and surgery.




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What’s the difference between osteoarthritis and rheumatoid arthritis?


What did they find?

Compared to doing nothing and placebos, they found that exercise resulted in small reductions in pain in the hip, knee and hand: between 6 and 12 points on a 100-point scale.

However, exercise did not seem to improve function any more than either of these comparisons.

For knee and hip osteoarthritis, there was evidence that exercise was just as effective at reducing pain and improving function as medicines such as ibuprofen and corticosteroids, which are injected into the joint to reduce inflammation. These also reduced pain by around 5–10%.

The researchers concluded exercise was less effective at improving pain and function than a total joint replacement in people with knee and hip osteoarthritis.

What were the limitations?

First, the authors lumped all types of exercise together. This means strength training, aerobic exercise, stretching, aquatic exercise and tai chi were all considered to be the same.

This is crucial, because we know not all exercise is created equal. Previous reviews have shown, for example, that aerobic exercise might be best for reducing pain and function in people with knee osteoarthritis, while stretching was least effective.

Similarly, the authors didn’t consider the clinical status of the patients. Evidence has shown people with more severe pain and worse function at the start of an intervention see better responses to exercise than those with less pain and good function.

Second, the review treated both supervised and unsupervised exercise the same.

However, research shows supervised training results in much better outcomes than unsupervised – likely because a trainer is there to help push the patient along.

Third, the authors didn’t account for the duration of the exercise, and most study periods were quite short: around 12 weeks.

It’s likely that sticking to an exercise regime over the long term will have better results, leading to a larger scope for improvement than if you just did something for a few weeks.

As such, the results of this review may not accurately reflect the benefits of exercise in people with osteoarthritis who commit to consistent exercise as an ongoing part of their weekly routine (which is often recommended).

Finally, the review didn’t account for the dose of exercise the studies used. Improvements in pain and function seem to increase with total weekly exercise in people with osteoarthritis. One review, for example, found the optimal benefits occurred at around 150 minutes of moderate intensity exercise per week.

These limitations suggest this new review likely undersells the benefits of exercise for osteoarthritis.

Less pain and better physical and mental health

Putting aside the limitations of the review, the small reductions in pain the review reports might still have a positive impact on someone’s life. A 10% reduction in pain could make a meaningful difference to your ability to move around, work, socialise and care for others.

The review also found exercise can reduce pain to the same extent as non-steriodal anti-inflammatory medications and corticosteroids – without the side-effects or the costs.

Exercise can also improve heart health, enhance your mood, help with weight management and reduce the risk of chronic diseases, such as cancer and diabetes.

These factors can have a huge impact on your health and happiness.

What should you do now?

Based on the findings of this new review, you should be confident that any type of exercise will lead to some degree of pain relief.

However, based on prior evidence, it’s likely you can get even greater overall health benefits from exercising if you stick with it.

The best type of exercise is the one that gets done. If you enjoy being outdoors and walking, then this is going to be a great choice as it will improve all aspects of your health as well as reduce pain.

And if pain permits, don’t be afraid to occasionally challenge yourself by upping the intensity to the point where holding a conversation starts to become difficult.

If going to the gym is more your thing, lifting weights will also bring significant overall health benefits – especially if you stick to it long term.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Does exercise really work for osteoarthritis? – https://theconversation.com/does-exercise-really-work-for-osteoarthritis-276058

Part star, part supporting actor, Robert Duvall lit up 1970s American cinema – and kept going

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Ben McCann, Associate Professor of French Studies, Adelaide University

Robert Duvall, who has died at the age of 95, will be remembered for a glittering career that saw him appear in two of American cinema’s most iconic films. But let’s not forget the other hundred or so more across a career spanning six decades.

Duvall was as comfortable in disposable fare like Gone in Sixty Seconds (2000) as he was in thoughtful dramas such as True Confessions (1983).

In 1990 alone, he played Tom Cruise’s mentor in the NASCAR epic Days of Thunder followed by The Commander in Volker Schlöndorff’s adaptation of The Handmaid’s Tale.

Acting is listening

Born in 1931 in San Diego, Duvall was expected to follow in his father’s footsteps and enlist in the US Navy. But his love of acting led him to theatre and television in New York. There, he learned his trade – he once remarked the most important aspect of acting was talking and listening.

He made his film debut in 1962, playing Boo Radley in To Kill a Mockingbird. Duvall dyed his hair blonde and avoided sunlight for six weeks to capture the character’s gaunt, fragile look. From then on, he was rarely off the screen, appearing in classic genre films Bullitt (1968), True Grit (1969) and M*A*S*H (1970).

Film historian David Thomson wrote Duvall was “neither beautiful nor forceful enough to carry a big film”. Yet he was nominated for an Academy Award seven times, winning once in 1984. His most recent nomination was in 2015 for The Judge, where he played Robert Downey Jr’s crankily dominating father accused of murder.

He was often drawn to authoritative historical figures, portraying iconic outlaw Jesse James in The Great Northfield, Minnesota Raid (1972), as well as Adolf Eichmann, Dwight Eisenhower and the confederate general Robert E. Lee.

Working with Coppola

Like so many of his contemporaries, Duvall idolised Marlon Brando.

It was fitting, then, that Duvall’s breakthrough role came in 1972, and his role as Tom Hagen, consigliere to Brando’s mob boss, in Francis Ford Coppola’s The Godfather (1972) and its sequel, The Godfather Part II (1974).

His performance as clean-cut Hagen is majestic – all quiet menace and uneasy conviviality.

Coppola cast Duvall again in Apocalypse Now (1979), as Kilgore, the surfing-loving, Stetson-wearing, Wagner-listening colonel who, despite the bloodshed of the Vietnam War, is helplessly addicted to its carnage.

It’s a deeply unsettling cameo (Duvall was on-screen for only ten minutes of the three-hour running time), but his calm and complete control in the middle of The Ride of the Valkyries scene is one of contemporary cinema’s most indelible moments. His speech steals the show.

Seeking stardom

The followup was Tender Mercies (1983), in which he played Mac Sledge, a washed-up country music singer struggling with alcoholism. Sledge’s attempts to rebuild his life and find redemption after hitting rock bottom is a world away from the bombast of Kilgore.

Duvall beautifully captures Sledge’s laconic, introspective nature and promptly won the Best Actor Oscar.

Yet true stardom would prove elusive.

Unlike his counterparts Al Pacino, Robert de Niro and Jack Nicholson, or Gene Hackman and Dustin Hoffman (with whom he shared an apartment in the 1950s), Duvall remained “an actor’s actor” – talented, versatile, happy to play a supporting role, pivoting between paycheck film and passion project.

If the hallmark of a great actor is how effortlessly they deliver their lines and how plausible they are, then Duvall’s relaxed professionalism ensured he remained Hollywood’s most sought-after supporting actor.

Look again at this scene in Network (1976). As TV executive Frank Hackett, Duvall plays anger, vulnerability and humour all at once as he faces off against William Holden. Look at how his hands move and how he dabs his brow as he raises his voice.

Highly accomplished actors always make bold choices in terms of body language, posture and vocal delivery – Duvall’s work here is exemplary.

Throughout the 1990s, Duvall continued to deliver outstanding performances across various genres. He admitted his favourite role was as Stalin in the 1992 HBO movie, in part because of the challenge of portraying monstrous, morally compromised characters and finding a glimmer of vulnerability.

A late bloomer

He then wrote, directed and starred in the wonderful The Apostle (1997). As Sonny Dewey, the charismatic and passionate Pentecostal preacher from Texas who goes on the run and starts a new life in a small Louisiana town, Duvall received another Oscar nomination in this startling tale about the quest for forgiveness.

One critic called it a “sublime exploration of what it is to be a human being, struggling somewhere between good and evil, sin and redemption”. The Apostle was a labour of love for Duvall (he invested US$4 million of his own money to ensure it got made). It’s one of his best films.

He continued to appear in quirky work that surprised his loyal fanbase. He was quietly marvellous in Assassination Tango (2002), playing John J, a hitman who travels to Argentina for a job. When the hit is postponed, John J explores the world of tango clubs (the dance became an obsession for Duvall, and he spent much of his later life in Buenos Aires).

The film’s leisurely pace recalls earlier Duvall films, in which he worked with such slow-burning directors as Philip Kaufman, Sam Peckinpah and Sidney Lumet.

When asked to explain how he was able to tap into the darkness within his characters, Duvall described his approach as “all about percentages – perhaps 80% negative personal qualities and 20% positive on one day, and the next day, you reverse it.”

For an actor incapable of a false moment, this equation sums up Duvall’s entire career – authentic, unpredictable and ego-free.

The Conversation

Ben McCann does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Part star, part supporting actor, Robert Duvall lit up 1970s American cinema – and kept going – https://theconversation.com/part-star-part-supporting-actor-robert-duvall-lit-up-1970s-american-cinema-and-kept-going-227370

After ‘code brown’, how long before the pool is safe again? Water quality experts explain

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Ian A. Wright, Associate Professor in Environmental Science, Western Sydney University

dole777/Unsplash

There’s little worse as a pool lifeguard than hearing the words “code brown” come through your radio. For swimmers on a hot day, there’s also little worse than being told to immediately get out of the water because there’s poo floating in the pool.

During hot summers, public pools in Australia are often crowded with families and children. The risk of “code brown” incidents at your local pool is probably substantial.

So how is a public pool cleaned after poo or vomit accidentally ends up in the water – and how long before it’s safe to get back in?

The short answer is: it depends. Let’s dive in.

The dangers of poo in the pool

Contaminated swimming pools are hazardous for swimmers. They have been linked to outbreaks of “crypto”, short for cryptosporidiosis. It’s a highly contagious gastric illness and has unpleasant symptoms including diarrhoea, stomach cramps, fever, nausea and vomiting.

New crypto cases are monitored as it’s a notifiable disease in Australia. If multiple cases are traced to a swimming pool, the pool will be closed for extra cleaning and chlorine treatment.

There are other pathogens, such as viruses, that can infect swimmers using pools exposed to poo or vomit incidents. For example, one study in the United States found rapid onset vomiting and diarrhoea (acute gastroenteritis) affect 28% of swimmers who’d used a norovirus-contaminated swimming pool.

Dealing with an ‘aquatic incident’

Responses for a code brown or vomit follow the official health guidelines for public swimming pools under state or territory public health laws.

However, the specific protocol for the staff will also differ depending on the age of the pool, the type of filtration system, chemicals used for disinfecting the water, and … the type of the poo.

Broadly speaking, if a solid stool or vomit is found, the pool is closed and the poo or vomit must be scooped out using a pool scoop or bucket. Then, it should be discarded down the sewer.

When all the particulates have been removed, a pool vacuum is placed in the water for additional cleaning, and the chlorine concentration is raised for an extended period to disinfect the entire pool.

A pool can be reopened once all of the water has been through the pool’s filtration system. This is known as pool “turnover”. How long this takes depends on the age of the pool and its filtration system. Older pools may take eight hours or longer, but newer pools can be as quick as 25 minutes.

Generally, when staff have followed all the proper guidelines, you can assume the water is safe to swim again when the pool is reopened.

Sometimes, you need superchlorination

The protocol changes for loose stool or diarrhoea. The pool is still closed to the public and the particles are scooped out as best as possible.

Then, the chlorine levels are raised and kept at a higher-than-normal level for a bit over a day. This is called shock superchlorination. After this the chlorine levels fall back to safe swimming levels, the other pool chemicals are rebalanced, and the pool reopened.

Chlorine is one of the most common types of disinfectants used in public swimming pools. You might hear lifeguards talk about free chlorine and total chlorine when referring to pool water quality.

Free chlorine is the “active” part of chlorine. Once it makes contact and kills potentially harmful germs (such as bacteria, protozoa or virus), the chlorine is “inactivated” upon reacting with various compounds, and turns into combined chlorine.

In fact, that strong chlorine smell around swimming pools comes from combined chlorine products called chloramines. These are produced when free chlorine reacts with substances such as urine or perspiration in the water.

Lifeguards also monitor pool water quality throughout the day, performing manual checks and keeping an eye on automatic measurements.

On busy days chlorine might be checked every three hours to ensure levels are maintained within specific ranges to maintain optimal pool water quality. This is known as “balancing the water”.

Don’t go to the pool when sick

It’s important to take precautions when visiting a pool to ensure that you and everyone around you stays healthy during and after your visit.

The best way to do this is to not visit the pool if you’re feeling unwell or have had diarrhoea in the past two weeks, or if you have been diagnosed with cryptosporidiosis or infections such as E. coli, shigella or viruses.

Swimming can be fun and exciting for kids who might forget about a bathroom break. Parents should take their babies and toddlers to the toilet every 20–30 minutes to prevent accidents from occurring.

For babies and toddlers, swim nappies are encouraged to prevent accidental code browns. However, the disposable option are usually not effective at containing urine or poo. Reusable swim nappies are a far better option, designed to provide a snug fit.

If you see a poo or vomit at the pool, get out of the water and tell a lifeguard or staff member immediately. Then, follow all directions given by staff members and seek medical attention if you feel unwell in the days following the incident.

The Conversation

Ian A. Wright receives research and consulting funding from industry, local and state government bodies.

Katherine Warwick receives funding from industry, local and state government bodies. Katherine is also a former lifeguard and learn to swim teacher and has personally responded to numerous “code browns” during her time in the industry.

ref. After ‘code brown’, how long before the pool is safe again? Water quality experts explain – https://theconversation.com/after-code-brown-how-long-before-the-pool-is-safe-again-water-quality-experts-explain-274856