Comment la révolution iranienne engendra la second choc pétrolier de 1979

Source: The Conversation – in French – By Bertrand Blancheton, Professeur d’économie, Université de Bordeaux

Le billet de 10 000 rials iraniens en 1981 est paré d’illustrations évoquant les manifestations populaires en faveur de l’ayatollah Khomeini en 1979. PrachayaRoekdeethaweesab/Shutterstock

Les inquiétudes associées aujourd’hui à l’envolée des prix de « l’or noir » en raison de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran invitent à un retour sur l’épisode du choc pétrolier de 1979. Le shah d’Iran Muhammad Reza Pahlavi est renversé. L’ayatollah Khomeiny proclame la naissance de la République islamique d’Iran. Alors, la parenthèse politique et sociale ouverte en Iran il y a quarante-sept ans va-t-elle se refermer avec un troisième choc pétrolier ?


Ce « second choc pétrolier » est associé aux changements politiques intervenus en Iran à la fin des années 1970. Il constitue un choc dit d’offre, c’est-à-dire une perturbation économique non anticipée qui touche les coûts de production des entreprises, avec pour conséquence une forte inflation et une hausse du chômage.

Si le déclenchement de la guerre du Kippour – par la Syrie et l’Égypte – début octobre 1973 avait été soudain, les troubles sociaux iraniens émergent plus progressivement. Dès mai 1978, des manifestations se déroulent pour contester le régime du Shah d’Iran, mais les prix mondiaux de l’or noir restent stables autour de 12 à 13 dollars le baril.

Le 8 septembre 1978 marque le début de la révolution iranienne, ou révolution islamique, cette journée connue sous le nom de « Vendredi noir ». De nombreuses protestations et grèves perturbent la production pétrolière iranienne qui passe de 6 millions de barils jours à moins de 400 000 entre septembre 1978 et février 1979. L’effet sur les prix est cette fois très significatif, ils bondissent de 50 % sur le dernier trimestre de l’année 1978.

Les évènements s’accélèrent encore début 1979. Le chef de l’état, Muhammad Reza Pahlavi, est contraint de fuir le pays le 16 janvier, après trente-huit ans de règne. Les prix franchissent la barre des 20 dollars. Le retour de l’ayatollah Khomeiny, chef religieux de l’opposition réfugié en Irak puis en France, conduit à la proclamation de la République islamique d’Iran le 1er avril 1979.

Rôle clef de l’Opep

La production iranienne est paralysée et, dans le même temps, les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) usent de leur pouvoir de marché pour amplifier le mouvement de hausse. Le 28 juin 1979, après une longue réunion à Genève, les treize pays membres de l’organisation annoncent une hausse de plus de 20 % du prix du pétrole. Fin 1979, les prix dépassent les 40 dollars, soit un niveau extrêmement élevé. En effet, 40 dollars de 1979 avaient le même pouvoir d’achats en marchandises et services que 160 dollars aujourd’hui.

Pays producteurs de pétrole (en milliers de barils par jour).
Université de Sherbrooke

Le choc de 1973 avait révélé à l’Opep sa capacité d’influence sur les cours mondiaux. Créée en 1960 à Bagdad à l’initiative de cinq pays – Arabie saoudite, Koweït, Venezuela, Irak et Iran –, l’organisation attire peu à peu de nouveaux pays : le Qatar en 1961, l’Algérie en 1969, Dubaï en 1973 et le Gabon en 1975. Elle organise et contrôle les prix en vue d’accroître ses gains – les pétrodollars – au milieu des années 1970.




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Hausse de l’inflation, baisse des marges des entreprises

En matière de conséquences macro-économiques, le choc de 1979 n’est pas l’exacte répétition de celui de 1973. La hausse des prix est moins forte (entre septembre 1973 et janvier 1974, les prix avaient été multipliés par quatre) et davantage étalée dans le temps, même si au départ le niveau des prix est beaucoup plus élevé.

Cours annuel du pétrole entre 1970 et 1980 (en dollars).
Finance pour tous

Les mécanismes récessifs d’un choc pétrolier sont assez faciles à identifier. La hausse des prix de l’énergie peut se traduire par une hausse des prix de vente des entreprises et/ou une baisse de ses marges selon le degré de concurrence sur le marché mondial. Comme en 1974-75, la compression des marges des entreprises a freiné l’investissement des entreprises, la demande globale et au final l’activité. Entre 1974 et 1975, le taux de marge des sociétés non financières étaient passés de 29,6 % à 26,6 %, entre 1979 et 1980, il glisse de 26 à 25,3 % seulement.

En 1979, la flambée des prix a accéléré une inflation occidentale déjà forte (à deux chiffres pour beaucoup de pays) et contribué à une prise de conscience de ses dangers. En 1979, le taux d’inflation en France reste de 10,8 % puis 13,6 % en 1980.

Ronald Reagan et Margaret Thatcher

Il est délicat de quantifier l’influence du choc sur l’inflation et la croissance économique car à la même période et en réaction les États-Unis et le Royaume-Uni, bientôt suivis par les autres pays industriels, mettent en œuvre une politique monétaire de grande rigueur. Ce sont les années Ronald Reagan et Margaret Thatcher, élus respectivement le 20 janvier 1981 et le 4 mai 1979. Les pays les plus industrialisés accordent désormais la primauté à l’objectif de stabilité des prix. À long terme, cette stabilité est censée créer un environnement favorable au développement de l’activité économique.

Fin 1979, les États-Unis mettent en œuvre une politique monétaire très restrictive : les tarifications des prêts accordés aux entreprises atteignent 20 % à New York. L’investissement productif et la consommation sont freinés. La valeur du dollar augmente.




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Les années 1980-1982 sont marquées par un ralentissement du rythme de la croissance. Pour l’ensemble de l’OCDE, la croissance du PIB atteint 1,9 % en 1980, 1,9 % en 1981 et 0,4 % en 1982, alors qu’elle était supérieure à 4 % entre 1976 et 1979. Partout les taux de chômage grimpent. En France, il passe à 5 %. Bien entendu, ce ralentissement freine la demande de pétrole.

La Norvège et le Mexique, nouveaux producteurs de pétrole

À partir de fin 1981, l’Opep paraît perdre, peu à peu, le contrôle de la formation des prix. Jusqu’en 1985, seules les restrictions volontaires de production appliquées par l’Arabie saoudite parviennent à endiguer le reflux des cours. En 1986, la décision saoudienne de ne plus soutenir les cours en restreignant les quantités est à l’origine d’un contre-choc pétrolier. Les prix s’établissent autour de 10 dollars en 1986 et oscilleront autour de 15 dollars les années suivantes (contre près de 40 dollars en 1979).

Pour l’Europe, les effets sont amplifiés par la dépréciation du dollar à la suite des accords du Plaza en septembre 1985. Par exemple, en 1986, le dollar perd 18 % de sa valeur face au Deutsch Mark. Ce retournement de tendance résulte aussi de l’apparition de nouveaux producteurs en mer du Nord et en Amérique latine, et d’une stratégie d’économie d’énergie engagée en Europe. Au Mexique, les réserves prouvées de pétrole passent de 6,33 milliards de barils en 1975 à 72 milliards en septembre 1981. En Norvège, Johan Sverdrup est un gisement découvert en mer de Nord avec des réserves d’environ 2,7 milliards de barils équivalents pétrole.

La fin des chocs pétroliers ?

Depuis, on a parlé d’un nouveau choc pétrolier à l’été 2008, lorsque le prix du baril a dépassé les 150 dollars. Mais la hausse était cette fois-ci provoquée par une progression de la demande, en particulier de pays émergents dans un contexte de peak oil (on pensait que la production devait chuter du fait d’un épuisement imminent des gisements). Quelques semaines plus tard, la crise des subprimes a fortement réduit la demande et éloigné la menace.

Le marché du pétrole est coutumier des surprises et des contre-pieds en raison de ses caractéristiques en termes d’élasticités, de la complexité des mix énergétiques, des réactions de la demande et des pays exportateurs. Aujourd’hui l’ampleur du choc est tributaire de la durée et de l’intensité du conflit armé. Il peut s’estomper aussi vite qu’il est survenu en cas d’arrêt des opérations, avoir des conséquences récessives fortes s’il dure, car les économies européennes et asiatiques restent dépendantes des énergies fossiles. À ce jour, les pays exportateurs de pétrole gagnants seraient la Russie et les États-Unis.

La parenthèse politique et sociale ouverte en Iran en 1979 va-t-elle ou non se refermer avec un troisième choc pétrolier ?

The Conversation

Bertrand Blancheton ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment la révolution iranienne engendra la second choc pétrolier de 1979 – https://theconversation.com/comment-la-revolution-iranienne-engendra-la-second-choc-petrolier-de-1979-277681

Quand la recherche sur le cinéma se raconte dans une websérie

Source: The Conversation – in French – By Delphine Le Nozach, Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication, Université de Lorraine

La médiation scientifique ne se limite pas à la diffusion des résultats de la recherche, mais interroge la façon dont ces connaissances sont rendues compréhensibles, appropriables et discutables par différents publics. Dans ce processus, l’image joue un rôle central : elle facilite l’accès à des contenus parfois complexes et contribue à leur appréhension. Mais que se passe-t-il lorsque la recherche porte elle-même sur des images, comme c’est le cas pour le cinéma ? Comment médiatiser un objet scientifique qui est déjà accessible au grand public ?


Le cinéma et les images animées sont largement utilisés comme outils de médiation scientifique, notamment à travers des festivals, des projections pédagogiques ou des plateformes numériques. En général, ces dispositifs cherchent à rendre compréhensibles des phénomènes perçus comme complexes ou abstraits. Pourtant, lorsque le cinéma devient lui-même un objet de recherche, la situation est différente. Le cinéma est une pratique culturelle familière, vécue comme un divertissement, une expérience esthétique ou un patrimoine partagé. Il est donc déjà accessible au plus grand nombre. Toutefois, cette familiarité ne dispense pas le chercheur d’un travail d’analyse rigoureux et méthodiquement construit.

C’est dans ce contexte que nous proposons le concept d’iconomédiation. Il désigne un processus spécifique de médiation scientifique qui consiste à transformer des images initialement accessibles et facilement compréhensibles – comme des images cinématographiques – en images de médiation fondées sur une analyse scientifique approfondie. Cette « transmutation iconographique » permet de produire de nouvelles images ou formes visuelles qui rendent visibles des résultats de recherche complexes, principalement à destination d’un public de chercheurs.

L’iconomédiation exclut les images réservées à des experts (comme l’imagerie médicale) et englobe une grande variété de formes visuelles et audiovisuelles : photographies, films, graphiques, cartes, vidéos web ou animations. Elle constitue ainsi un cadre conceptuel pour penser des dispositifs de médiation scientifique à partir d’images culturellement partagées, tout en respectant les exigences de la recherche académique.

Materciné : la recherche racontée par l’image

Inscrit dans les missions de l’Université de Lorraine pour renforcer le dialogue entre sciences et société, le projet Materciné (Marque, territoire et cinéma en Grand-Est) associe étroitement recherche et médiation scientifique. Il produit des analyses sur les symboliques et représentations territoriales à l’écran et les rend accessibles grâce à des dispositifs de médiation, indispensables à leur compréhension et à leur diffusion.

Materciné s’intéresse à la manière dont le territoire du Grand-Est est représenté dans le cinéma de fiction depuis les origines du septième art jusqu’à aujourd’hui. À travers l’analyse de plus de 350 longs-métrages de fiction, Materciné étudie tout ce qui, dans l’image cinématographique, donne à voir, à entendre ou à reconnaître le Grand-Est : décors naturels ou urbains, références verbales ou écrites, personnages historiques, ou encore produits régionaux. Le corpus est ainsi composé d’images accessibles et intelligibles, issues d’une pratique culturelle largement partagée. Les dispositifs de médiation du projet prennent notamment la forme de création de nouvelles images ayant pour objet le cinéma lui-même. Materciné déploie ainsi de multiples dispositifs (livres, parcours touristiques, expositions, écosystème numérique) nourris par des productions issues de l’iconomédiation.

Cette démarche de médiation repose également sur une collaboration artistique intégrée au processus de recherche. Chercheurs, graphistes et illustrateurs co-construisent des images qui participent à la fois à l’analyse scientifique et à la mise en forme des dispositifs de médiation.

Quand la science devient série (Clap by Materciné).

« Clap by Materciné » : une websérie pour explorer le Grand-Est cinématographique

Début 2026, Materciné a donné lieu à la création de Clap by Materciné, une websérie documentaire thématique conçue comme un dispositif de médiation scientifique. Ce format audiovisuel s’appuie sur les résultats de la recherche pour proposer une lecture analytique et contextualisée des représentations du territoire du Grand-Est au cinéma. En créant et en mobilisant des illustrations, des motions-designs, et des éléments de narration visuelle, la websérie permet de rendre visibles des significations territoriales qui ne sont pas immédiatement perceptibles lors du visionnage des œuvres. Elle offre une entrée progressive et pédagogique dans les enjeux de la recherche.

À partir des trois séquences présentées ci-après, le spectateur découvre d’abord comment le territoire s’affirme comme un élément identifiable du récit, grâce à sa double présence visuelle et sonore à l’écran, participant pleinement à la narration et affirmant son identité filmique. Le territoire est ensuite montré comme un vaste décor de mise en scène, un espace de scénographie à grande échelle où des lieux ordinaires se transforment en espaces extraordinaires par le regard et la mise en scène des cinéastes. Enfin, la vidéo décrypte les usages du trompe-l’œil cinématographique, dans lesquels le Grand-Est peut être détourné, maquillé ou réinterprété pour représenter d’autres lieux, brouillant volontairement les repères géographiques. Le territoire filmique devient alors un espace polymorphe, capable de multiplier les identités et d’illustrer toute la puissance illusionniste du cinéma.

Le Grand-Est fait son cinéma (Clap by Materciné)

Clap by Materciné explore ensuite les liens entre le Grand-Est et ses paysages industriels et naturels, en révélant comment le cinéma puise dans cette mémoire territoriale pour construire des récits riches et sensibles. Un premier regard met en scène des espaces chargés d’histoire et de luttes, retraçant la mémoire des mines, de la sidérurgie et de l’agriculture. Le territoire apparaît dans sa force brute et authentique, où les traces du passé deviennent matière à raconter et à imaginer. Un deuxième regard déplace le focus vers les forêts du Grand-Est.




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Ces espaces naturels sont des terrains d’aventures, des refuges mystiques ou des métaphores narratives. Le cinéma exploite cette dualité entre réalisme et imaginaire, créant un clair-obscur poétique ou effrayant qui révèle la richesse et la densité des territoires forestiers. En associant ces deux perspectives, Clap by Materciné montre comment le territoire du Grand-Est, qu’il soit industriel ou naturel, se transforme à l’écran en un acteur à part entière, porteur d’histoire, de sens et de potentialités narratives.

Terres d’acier, au cœur des bois (Clap by Materciné)

Clap by Materciné met enfin en lumière les trésors et les richesses du Grand-Est, en montrant comment le cinéma s’empare de son patrimoine, de ses savoir-faire et de sa créativité pour enrichir la narration et l’expérience visuelle. Un premier focus dévoile la dimension esthétique singulière de la région à travers ses éclats dorés, ses détails raffinés et son héritage patrimonial. Un deuxième focus porte sur des productions emblématiques, comme le champagne, les bières et les eaux, en tant que marqueurs culturel et identitaire ; symboles de fête et de partage. Ces objets du quotidien participent à révéler la singularité et le rayonnement du Grand-Est, mêlant prestige et tradition. Enfin, un troisième focus met en lumière le Grand-Est comme un creuset de production culturelle et artistique. Artistes, institutions et projets culturels font de la région un espace fertile où patrimoine, innovation et expression artistique se traduisent à l’écran.

Or, bulles et création (Clap by Materciné)

Ainsi, Clap by Materciné illustre comment la recherche sur le cinéma peut se transformer en un dispositif de médiation vivant et accessible. À travers la websérie, les images étudiées deviennent des vecteurs de compréhension et de diffusion, permettant de rendre perceptibles les liens entre territoire, patrimoine et création artistique.

Cette démarche met en œuvre l’iconomédiation : un processus par lequel les images, analysées et réinterprétées, sont transmutées pour révéler des significations complexes et les partager avec un public élargi. La websérie crée un espace où recherche et société se rencontrent, offrant aux spectateurs une expérience immersive et enrichissante du Grand-Est filmique.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quand la recherche sur le cinéma se raconte dans une websérie – https://theconversation.com/quand-la-recherche-sur-le-cinema-se-raconte-dans-une-webserie-275155

Réguler l’accès des mineurs aux réseaux sociaux : le cadre juridique au défi d’une application réelle

Source: The Conversation – in French – By Tanja Petelin, Maître de conférences en droit privé, Université de Poitiers

Si le règlement européen sur les services numériques impose aux réseaux sociaux de mettre en place des mesures pour protéger les mineurs, ces derniers restent encore largement exposés à divers risques. Une loi nationale visant à interdire l’accès à TikTok, Facebook ou encore Instagram, aux moins de 15 ans peut-elle changer la donne ? L’analyse juridique fait ressortir les défis d’une mise en œuvre effective.


Le 26 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux, avec une disposition les interdisant aux moins de 15 ans. Ce texte fait suite aux conclusions de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, constatant à la fois ses effets délétères sur la santé mentale des jeunes et établissant qu’il n’existe parmi les principaux réseaux sociaux aucun qui puisse être qualifié d’« éthique ». D’autres pays européens s’engagent dans cette même voie.

Cette dynamique révèle un certain désenchantement à l’égard du cadre juridique européen qui, à travers l’article 28 du règlement européen sur les services numériques (DSA), impose aux fournisseurs de plateformes en ligne accessibles aux mineurs (y compris les réseaux sociaux), une obligation de mettre en place « des mesures appropriées et proportionnées pour garantir un niveau élevé de protection de la vie privée, de sûreté et de sécurité des mineurs sur leurs services ».




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Dans ses lignes directrices du 14 juillet 2025, la Commission européenne a traduit cette obligation en une série des bonnes pratiques concernant les paramètres par défaut, la conception des interfaces, le fonctionnement des algorithmes de recommandation, les pratiques commerciales ou encore la modération.

Par ailleurs, les articles 34 et 35 du DSA imposent aux fournisseurs de « très grandes plateformes en ligne » d’évaluer tout effet négatif réel ou prévisible lié à l’exercice des droits de l’enfant, à leur protection et aux conséquences négatives graves sur leur bien-être physique et mental. C’est sur ce fondement que la Commission européenne a récemment conclu, à titre préliminaire, au non-respect du DSA par TikTok, demandant à la société de modifier la conception de son service, en désactivant progressivement des fonctionnalités les plus addictives.

En théorie, ce cadre offre donc à la Commission européenne et aux régulateurs nationaux des moyens pour responsabiliser les plateformes à l’égard de leurs jeunes utilisateurs. Ainsi, dès l’entrée en vigueur du DSA en 2024, la Commission européenne a ouvert des procédures formelles à l’encontre de TikTok et de Meta (concernant Facebook et Instagram). Pourtant, ces procédures s’avèrent longues et donnent le sentiment d’une loi qui reste lettre morte.

Si, comme le rappelle la députée Laure Miller dans son rapport, les mesures actuellement mises en œuvre sont loin d’être à la hauteur de l’urgence, une loi nationale visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs est-elle la bonne réponse au problème de leur protection en ligne ?

Interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, majorité numérique : de quoi parle-t-on ?

La notion de la « majorité » fait généralement allusion à l’acquisition d’une certaine autonomie. En France, l’âge de la majorité, fixée à 18 ans, conditionne en principe la capacité du mineur d’exercer ses droits.

Depuis la modification de la loi informatique et libertés en vue de sa mise en conformité avec le RGPD, l’âge de la « majorité numérique » est généralement associé en France au seuil de 15 ans. Cependant, l’utilisation du terme en lien avec ce texte peut induire en erreur. En effet, cette loi reconnaît uniquement la capacité aux mineurs de plus de 15 ans de consentir seuls au traitement de leurs données personnelles sur Internet. Elle n’a donc aucun impact sur leur capacité d’accomplir d’autres actes en ligne, par exemple, d’accepter les conditions générales d’utilisation d’un réseau social, comme l’explique la CNIL.

Outre cette « majorité civile », des seuils d’âge sont également posés, notamment en droit pénal, pour accorder aux mineurs une protection renforcée ou pour interdire leur exposition à certains contenus ou produits préjudiciables. La démarche du législateur français concernant la régulation de l’accès aux réseaux sociaux semble davantage s’inscrire dans ce cadre.

Ainsi, la loi du 7 juillet 2023 visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne, imposant aux fournisseurs de réseaux sociaux de refuser l’inscription à leurs services aux enfants de moins de 15 ans en l’absence d’une autorisation parentale, n’a pas vraiment pour objet l’instauration d’une majorité numérique. Outre sa portée limitée à l’inscription aux réseaux sociaux, aucune de ses dispositions ne prévoit explicitement la capacité des mineurs âgés de plus de 15 ans d’accomplir seuls les actes juridiques dans ce cadre. Cette loi n’est d’ailleurs jamais entrée en vigueur en raison de sa non-conformité au droit de l’Union européenne.

Quant à la proposition de loi votée le 26 janvier 2026, elle ne reprend pas le terme de majorité numérique et prévoit une interdiction pure et simple, ne pouvant être levée par l’autorisation des parents.

Réactions face à l’annonce d’une possible interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans (France 3 Nouvelle-Aquitaine, 2026).

Aussi, à la différence de la loi du 7 juillet 2023, aucune nouvelle obligation n’est explicitement instaurée à la charge des fournisseurs de réseaux sociaux : son article 1er prévoit simplement que « l’accès à un service de réseaux sociaux en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans ». Si la disposition semble ainsi faire peser le respect de l’interdiction sur les mineurs, cette formulation s’explique par une nécessaire articulation avec le droit de l’Union européenne.

Articulation avec le cadre juridique de l’Union européenne

Dans son avis sur une première version de la proposition de loi, le Conseil d’État a justement remarqué que, en faisant peser l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux sur les plateformes en ligne, la loi pourrait soulever des difficultés au regard du DSA.

En effet, en adoptant le DSA, le législateur de l’Union européenne a procédé à une harmonisation exhaustive des règles applicables aux plateformes en ligne. Par conséquent, les États membres ne peuvent adopter des exigences nationales supplémentaires concernant les matières relevant de son champ d’application, sauf si celui-ci le prévoit expressément.

Or, selon l’article 28 du DSA, les plateformes en ligne accessibles aux mineurs ont déjà l’obligation de mettre en place des mesures pour protéger les mineurs. Les lignes directrices de la Commission apportent d’ailleurs des précisions sur l’utilisation des outils de vérification de l’âge et précisent les situations dans lesquelles le recours à des restrictions d’accès fondées sur celles-ci est approprié. Outre les hypothèses classiques (vente d’alcool, de tabac ou des stupéfiants, contenus pornographiques, jeux d’argent et de hasard), elles citent l’hypothèse suivante :

« Lorsque le droit de l’Union ou le droit national, conformément au droit de l’Union, fixe un âge minimal pour accéder à certains produits ou services proposés et/ou présentés de quelque manière que ce soit sur une plateforme en ligne, y compris des catégories spécifiquement définies de services de médias sociaux en ligne. »

Un porte-parole de la Commission a ainsi déclaré que la France avait le droit de fixer l’âge de la « majorité numérique » pour ses citoyens, tout en précisant que la mise en œuvre doit être conforme au DSA.

Les défis d’une mise en œuvre effective

Pour que l’interdiction légale puisse atteindre son objectif, encore faut-il relever les défis relatifs à sa mise en œuvre effective.

D’abord, comme en témoigne l’exemple australien, une telle interdiction se confronte nécessairement au risque de contournement par les mineurs : utilisation de l’identité d’un tiers, recours au VPN… Certains mineurs risquent ainsi de se retrouver dans une situation de grande vulnérabilité, accédant au réseau social sans accompagnement parental et sans que leur âge réel soit pris en compte dans leur parcours d’utilisateur. Les obligations des plateformes à leur égard méritent donc d’être interrogées.

L’Australie interdit les réseaux sociaux aux adolescents (France 24, décembre 2025).

D’autre part, dans la mesure où le respect de l’interdiction s’inscrit dans le cadre du DSA, c’est également ce règlement qui définit les autorités compétentes pour surveiller sa mise en œuvre. Or cette compétence revient en principe à la Commission européenne pour les réseaux sociaux qualifiés de très grandes plateformes, voire, pour les autres réseaux sociaux, au régulateur de l’État membre dans lequel se situe l’établissement principal du fournisseur de services.

La compétence du régulateur français est ainsi limitée aux seuls réseaux sociaux établis en France, situation rare dans les faits. Se pose alors de nouveau le problème de délais des procédures menées par la Commission ou impliquant les régulateurs d’autres États membres, susceptible de compromettre l’effectivité du dispositif.

Cependant, la Commission européenne envisage désormais l’élaboration d’une approche commune concernant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Dans une résolution du 26 novembre 2025, le Parlement européen a également demandé la mise en place d’une « limite d’âge numérique européenne harmonisée » de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux sans l’accord des parents ou tuteurs, et d’un seuil de 13 ans en dessous duquel aucun mineur ne peut y accéder.

Si une solution européenne commune peut être plus efficace face aux grands acteurs du numérique, encore faut-il se donner les moyens de l’imposer, conjointement aux autres mesures visant à protéger les mineurs et leurs droits. Par ailleurs, le dispositif préconisé par le Parlement européen, privilégiant l’accompagnement parental entre 13 et 16 ans à une interdiction pure et simple, offre davantage de souplesse.

Il est important que les jeunes puissent découvrir progressivement Internet et les réseaux sociaux, en fonction de leur maturité, tout en évoluant dans un environnement qui n’exploite pas leurs vulnérabilités. La définition des « limites d’âge numérique » n’est ainsi qu’une brique dans la construction d’un environnement numérique respectueux des droits des mineurs.


Le projet Encadrer les activités numériques du mineur : une recherche interdisciplinaire centrée sur le processus d’autonomisation – ENUMINE est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Tanja Petelin a reçu des financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR).

ref. Réguler l’accès des mineurs aux réseaux sociaux : le cadre juridique au défi d’une application réelle – https://theconversation.com/reguler-lacces-des-mineurs-aux-reseaux-sociaux-le-cadre-juridique-au-defi-dune-application-reelle-274441

Insomnie et avancée en âge : pourquoi les somnifères au long cours ne sont pas indiqués, et quelles solutions adopter ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Véronique Lefebvre des Noëttes, Psychiatre du sujet âgé, chercheur associé au Laboratoire interdisciplinaire d’étude du politique Hannah Arendt (Université Paris-Est Créteil), co-directeur du département de recherche Éthique biomédicale du Collège des Bernardins, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

À mesure que nous vieillissons, notre sommeil se modifie. Il est important d’avoir conscience de ces changements, pour ne pas se considérer, à tort, comme insomniaque. Mais si l’insomnie nous frappe réellement, que faire ? Avant tout, en déterminer la forme, identifier les causes du problème, puis mettre en place des solutions adaptées… parmi lesquelles ne figure surtout pas la prise de somnifères au long cours !


Nous passons environ le tiers de notre vie à dormir. Cela signifie qu’une personne de 75 ans qui aurait dormi huit heures chaque nuit aura passé vingt-cinq ans dans les bras de Morphée et, selon les estimations, près de cinq ans à rêver.

Si le sommeil occupe une telle place dans nos existences, c’est qu’il s’agit d’une fonction vitale. Il permet en effet à notre corps de se régénérer et nous aide à maintenir une humeur stable, à apaiser nos conflits intrapsychiques et à être efficaces au cours de la journée.

Cependant, à mesure que l’on vieillit, le sommeil se modifie. Cela peut se traduire par des difficultés d’endormissement, notamment. Face à une telle situation, quels sont les bons gestes à adopter, et ceux à éviter ? Voici quelques pistes de réponse.

Le sommeil se modifie avec l’âge

Le sommeil se divise en cycles d’environ 1,5 heure. Chaque cycle comporte quatre stades : sommeil léger, sommeil intermédiaire, sommeil profond, puis sommeil paradoxal (durant lequel se produisent les rêves).

Bien dormir est indispensable au bon développement cérébral, en particulier chez les bébés. Chez l’enfant, il régule la production d’hormone de croissance ainsi que la production d’autres hormones tout au long de la vie, pendant le sommeil lent profond : le cortisol (hormone de l’éveil et du stress) et l’insuline (l’hormone de l’appétit).

Le sommeil permet aussi à l’organisme de récupérer de la fatigue nerveuse, de « trier » les innombrables informations que notre cerveau a dû traiter dans la journée, puis de les stocker en créant de nouvelles connexions nerveuses, et ainsi de développer notre mémoire.

Nous savons aussi aujourd’hui que le sommeil est utile pour éliminer les « déchets » et éviter l’agrégation de protéines β-amyloïdes entre les neurones, lesquelles constituent les « plaques séniles » qui sont l’une des composantes de la maladie d’Alzheimer (avec les agglomérats de protéines TAU à l’intérieur des neurones).

Enfin, dormir suffisamment est par ailleurs associé à une meilleure réponse immunitaire.

Toutefois, avec l’avancée en âge, le sommeil change. Son architecture se modifie de manière insidieuse : il devient plus léger, plus séquencé, avec plus de micros réveils. Les dormeurs ont la sensation d’avoir vu toutes les heures défiler sans être parvenu à sombrer dans un sommeil lent profond. L’avance de phase (se coucher tôt et se lever tôt) devient aussi plus fréquente (il est possible de compenser avec des siestes en journée (mais pas plus d’une demi-heure).

Il faut savoir que ces modifications touchent davantage les femmes que les hommes, car la ménopause impacte le sommeil en raison de la diminution du taux d’œstrogène. Par ailleurs, elles sécrètent moins de mélatonine (l’hormone du sommeil).

Lorsque l’on est bon dormeur habituel, ces changements peuvent être déstabilisants. Il vaut donc mieux connaître le fonctionnement normal du sommeil avec l’avancée en âge afin d’éviter de stresser inutilement et de se croire insomniaque, ce qui peut mener à consulter dans le but de se voir prescrire des somnifères par son médecin.

Insomnie : de quoi parle-t-on ?

Très fréquente, l’insomnie toucherait de 15 % à 20 % des Français. On en distingue deux formes. L’une est transitoire : c’est l’insomnie d’endormissement. L’autre est plus difficile à traiter, c’est l’insomnie chronique.

L’insomnie d’endormissement est en général due au stress, à l’anxiété et à la dépression. Il peut aussi s’agir d’événements de vie stressants, comme le divorce, un deuil, l’annonce d’une maladie grave. L’anxiété est un facteur d’insomnie majeur, puisqu’elle active le cerveau qui se met en état d’hypervigilance (on n’arrive pas à s’endormir de peur d’un danger‚ réel ou non) : le corps est préparé à fuir quand il devrait se mettre au repos pour sombrer dans un sommeil réparateur.

L’insomnie chronique (autrement dit survenant trois nuits par semaine pendant trois mois minimum, avec des répercussions diurnes) touche 19 % des Français. Elle peut entraîner des difficultés de concentration (en particulier au travail, ce qui entraîne une baisse des performances), une fatigue et une somnolence diurne, des troubles de l’humeur (dépression), une irritabilité, une anxiété, des troubles de la mémoire, des difficultés d’attention avec des surrisques d’accidents de la route ou du travail, une diminution des défenses immunitaires contre les infections, un risque augmenté d’obésité et de diabète de type 2 (non insulinodépendant) et une majoration du risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, infarctus, accidents vasculaires cérébraux).

Soulignons que lorsque les troubles du sommeil avec inversion du rythme veille/sommeil affectent des personnes âgées victimes de la maladie d’Alzheimer, ils constituent une source de souffrances supplémentaires pour celles-ci ainsi que pour leurs aidants, alors même que ces patients sont déjà très souvent touchés par plusieurs autres pathologies.

Que faire en cas d’insomnie chronique ?

Avant tout, il faut savoir qu’en cas d’insomnie chronique, la réponse thérapeutique ne doit pas être de prendre un somnifère de la famille des benzodiazépines au long cours. En effet, les personnes âgées consommant des benzodiazépines de demi-vie longue ont un risque augmenté de 60 % de développer une démence (majoritairement de type de la maladie d’Alzheimer), et ce, sans que cela soit explicable par d’autres facteurs, comme l’a démontré dès 2015 l’étude dirigée par le professeur d’épidémiologie et de santé publique Christophe Tzourio. Par ailleurs, l’emploi de ces molécules n’est pas sans risque (voir encadré « Attention aux benzodiazépines »).




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En France, les personnes âgées consomment trop de benzodiazépines, et en méconnaissent les risques


De plus, si elles apaisent rapidement les symptômes de l’anxiété‚ les molécules benzodiazépiniques ne s’attaquent ni à ses causes ni à celles de l’insomnie. Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé 2024, aucune benzodiazépine n’est indiquée dans le traitement de l’insomnie chronique, et on ne doit pas les prendre pendant plus de quatre semaines (durée qui comprend la période de sevrage).

Pour lutter contre l’insomnie chronique, en première intention le traitement recommandé est le recours aux thérapies comportementales et cognitives (TCC). Contrairement à la psychanalyse, ces thérapies sont centrées non pas sur le passé mais sur le présent. Elles visent à identifier ce qui nous empêche de bien fonctionner (les mécanismes de blocages, les sources d’anxiété…) et à nous amener à progressivement adopter d’autres manières de penser ainsi qu’à modifier nos croyances et nos comportements. Cela nécessite une collaboration active au début de la thérapie, pour ensuite se l’approprier et améliorer durablement notre fonctionnement.

Cette approche vise à mieux comprendre son sommeil et ses troubles par une analyse fonctionnelle. Par exemple, si vous ne dormez pas durant trois nuits d’affilée, il est important de rechercher les facteurs déclenchants. Il peut s’agir de soucis de la journée qui tournent en boucle dans votre tête, d’un deuil qui vous a affecté, de l’annonce d’une maladie grave, de contrariétés intrafamiliales, d’un excès (ou d’un déficit) d’activités, d’un abus de boissons énergisantes, de repas trop copieux…

L’idée est de recenser ses habitudes de vie et de sommeil en tenant un agenda de sommeil, d’apprendre à lutter contre ses fausses croyances (« Si je ne prends pas mon somnifère, je ne vais pas dormir »), et d’ajuster le temps passé au lit et son temps de sommeil. Il faut également apprendre de nouvelles règles d’hygiène de vie et respecter certaines règles (voir encadré « Dix clés pour mieux dormir »).

Il est par exemple important de comprendre que si l’on s’endort à 22 heures et que l’on se réveille à 5 heures du matin, on n’est pas insomniaque (même si on a eu quelques petits réveils dans la nuit – notamment, avec l’âge, pour aller aux toilettes). Inutile, donc, de rester encore au lit en attendant de se rendormir, le sommeil ne viendra plus. Cependant, en cas de fatigue, on pourra envisager une petite sieste vers 14 heures.

En outre, si nécessaire, la mélatonine peut aussi être proposée comme alternative aux somnifères. Cette hormone joue plusieurs rôles essentiels dans notre organisme : elle régule l’horloge biologique, le rythme nycthéméral, la sécrétion d’autres hormones et les variations de température du corps. Sa production diminue avec l’âge, la consommation d’alcool, de café, d’excitants et de certains médicaments stimulants.

Il faut savoir que la production de mélatonine est déclenchée par l’obscurité (d’où la nécessité de faire le noir ou de simuler la nuit pour mieux dormir), et que ladite production cesse lors de l’exposition à la lumière vive (d’où la préconisation d’éteindre les écrans longtemps avant de dormir).

Cette molécule est fréquemment utilisée en gériatrie et pour traiter les situations de décalage horaire ou d’insomnies transitoires. Contrairement aux benzodiazépines, elle n’a pas d’effets indésirables, mais ses effets sédatifs peuvent être plus légers. L’une des limites de cette approche est que la mélatonine ne fonctionne pas de la même manière chez tout le monde et que son efficacité peut être variable d’une personne à l’autre.

Enfin, si l’insomnie persiste plus de trois mois sans amélioration et a un impact important sur le déroulé de la journée, un traitement médicamenteux est possible, en seconde intention. Ainsi, l’hypnotique daridorexant, dont la propriété est de diminuer l’éveil, est désormais autorisé dans ce contexte.

En conclusion, il n’y a pas de fatalité à mal dormir. Cependant, le réflexe de prendre un somnifère doit laisser la place aux thérapies comportementales et cognitives, à la relaxation, à de nouvelles règles d’hygiène de vie ainsi qu’à des alternatives médicamenteuses non benzodiazépiniques.


Pour aller plus loin

Véronique Lefebvre des Noëttes, Bonne nuit, bonne santé ! Comment retrouver votre sommeil sans médicaments pour vivre mieux et plus longtemps, éditions du Rocher, 2025.

The Conversation

Véronique Lefebvre des Noëttes ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Insomnie et avancée en âge : pourquoi les somnifères au long cours ne sont pas indiqués, et quelles solutions adopter ? – https://theconversation.com/insomnie-et-avancee-en-age-pourquoi-les-somniferes-au-long-cours-ne-sont-pas-indiques-et-quelles-solutions-adopter-277870

How the Emerald Isle shaped the Steel City – Pittsburgh’s rich Irish history

Source: The Conversation – USA (3) – By Paula Kane, Professor of Religious Studies, University of Pittsburgh

Tens of thousands of locals will line Grant Street in downtown Pittsburgh for the annual St. Patrick’s Day Parade on March 14, 2026. AP Photo/Erin Hooley

Downtown Pittsburgh will turn green on Saturday, March 14. Tens of thousands will line Grant Street for the annual St. Patrick’s Day Parade, one of the largest celebrations of its kind in the country.

In Pittsburgh, one of the nation’s most Irish cities, the holiday is less a performance of ethnic nostalgia than a genuine sense of homecoming for many residents. The story of how so many Irish came to call this corner of Pennsylvania their own stretches back nearly three centuries, shaped by famine and faith, hard labor and hard politics, and a tenacity that left its mark on nearly every institution the city holds dear.

As professor of religious studies and chair of Catholic studies at the University of Pittsburgh, my work focuses on American religious history and the history of Catholicism.

Irish foundation

Some Scotch-Irish Protestants and Irish Catholics came to the Pittsburgh region in the 18th century, drawn by economic opportunity and the desire to escape British Anglican religious tyranny. In the first U.S. census of 1790, the population of Pittsburgh was already 19% Irish, with over 250,000 having emigrated from Ulster alone in the previous century. Both Presbyterians and Catholics made the journey across the Atlantic.

A black and white painting with a long line of people coming off a ship.
In the first U.S. census of 1790, the population of Pittsburgh was already 19% Irish.
Bettman Collection via Getty Images

An even larger wave of Irish immigration, however, came with the Catholic exodus during the potato blight that triggered the Great Famine of 1845-51, in which an estimated 1 million people died. Irish Catholics were disproportionately affected by the blight, having been forced onto marginal land where they relied mostly on potatoes for survival. Centuries of penal laws had left Catholics as impoverished tenant farmers, while Protestants – wealthier and less reliant on the crop – had greater resources to survive. By 1900, more Irish lived in the United States than in Ireland itself. Today, between 11% and 16% of Pittsburgh’s population claims Irish ancestry.

Neighborhoods and parish life

The Irish settled throughout Pittsburgh’s neighborhoods. The Hill District, Lawrenceville, Homewood and Hazelwood all had significant Irish populations. On the South Side of the Monongahela River, one neighborhood was called Limerick, named after the county in Ireland. From the 1840s through the 1880s, the Point – today’s downtown area – was so densely populated with Irish immigrants it was known as Little Ireland.

On the city’s North Side, then called Allegheny City, the immigrant community was similarly Irish. Women worked as domestics; men served as unskilled laborers, canal diggers and later as mill workers across the river. As in eastern Pennsylvania and New Jersey, they dug canals and fell victim to cholera in large numbers, many buried in mass graves along the canal routes.

Parish life formed the backbone of the community. The first Catholic church in Pittsburgh was St. Patrick’s in the Strip District, built in 1808. It houses a replica of the Holy Stairs, 28 white marble steps in Rome that many Christians believe Jesus Christ climbed in Jerusalem before his crucifixion, and a piece of the Blarney Stone, a famous block of limestone built into the battlements of Blarney Castle in County Cork, Ireland. In Allegheny City, St. Peter’s was established in 1848 to serve the Irish, while Germans, Italians, Poles and Eastern Europeans attended their own parishes.

As was typical of the national pattern in the United States, the diocesan bishops and local clergy in Pittsburgh were dominated by the Irish. From Michael O’Connor, born in County Cork and named the first bishop in 1843, to subsequent bishops, clergy and sisters – primarily the Sisters of Mercy, who founded Mercy Hospital in 1847 – Irish roots ran deep in the church. The Sisters of St. Joseph also maintained a strong presence. Notable clergy included the Rev. Charles Owen Rice, a prominent labor activist.

Orders of nursing sisters treated the sick during fierce outbreaks of epidemic disease, often for free at Mercy Hospital. Irish fraternal organizations, including the Ancient Order of Hibernians and the Catholic Sacred Heart Society, also contributed to community welfare in an era of high child mortality from cholera, diphtheria, measles and smallpox.

From the mill to the mayor’s office and more

As Pittsburgh grew into the nation’s steel capital in the late 19th century, Irish immigrants and their families became an integral part of its working-class communities and labor movements. A majority of Irish immigrants worked as unskilled laborers during this time, though many advanced into skilled metal trades in iron mills. Irish workers also labored in rail yards and mines in the area.

Three men wearing scally caps operate an old welding machine.
Irish immigrants were vital to Pittsburgh’s iron and steel mills.
Rykoff Collection/Corbis Historical via Getty Images

Construction of the Pennsylvania Canal system, which connected Philadelphia to Pittsburgh in the 1830s, relied on Irish laborers to perform grueling excavation work. Many of them transitioned into industrial employment as the city’s iron and steel industries expanded.

The Irish were also central to Pittsburgh’s labor movement. Philip Murray, who came from a coal mining background, rose to become president of both the United Steelworkers of America and the Congress of Industrial Organizations. The Homestead Strike of 1892 drew in members of the Irish community as workers pushed back against the industrial order that had built the city’s wealth on their labor.

Several Irish mayors were elected in the 20th century, including David Lawrence, Pete Flaherty, Tom Murphy and Bob O’Connor, whose son Corey O’Connor is mayor today.

Lawrence served as mayor from 1946 until 1959, when he became the only Pittsburgh mayor ever elected governor of Pennsylvania.

And a more modern Pittsburgh professional, Dan Rooney, served the Obama administration as ambassador to Ireland. Locally, he is better known as the owner of the Pittsburgh Steelers and son of the Steelers’ founder, Art Rooney.

Pittsburgh Irish today

The Irish cultural presence in Pittsburgh remains vibrant. The city hosts a very large St. Patrick’s Day Parade each March, drawing 200,000 to 350,000 spectators from across the region. In September, there’s an annual Irish festival where roughly 25,000 attendees gather to celebrate their Irish heritage through music, dance and food.

A group of bag pipers march down the street in a parade.
Irish step dancers, marching bands, military members, community organizations and even Punxsutawney Phil join in St. Patrick’s Day festivities.
Charly Triballeau/AFP via Getty Images

Year-round, the community sustains Pittsburgh Irish Classical Theater, the Irish Rowing Club, the Gaelic Arts Society and the Ceili Club.

Each June, Bloomsday is celebrated with readings from James Joyce’s fiction at locations across the city. Numerous Irish pubs and at least one Irish import shop keep the connection to the old country alive for generations that have never left Pennsylvania. Three major Irish dancing companies operate around the Pittsburgh area and perform at the annual St. Patrick’s Day Parade.

The industries that once drew Irish immigrants to Pittsburgh may have largely disappeared, but their legacy remains visible in the city’s Irish culture and celebrations.

The Conversation

Paula Kane does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How the Emerald Isle shaped the Steel City – Pittsburgh’s rich Irish history – https://theconversation.com/how-the-emerald-isle-shaped-the-steel-city-pittsburghs-rich-irish-history-278027

Iran and the Arabian Peninsula depend on desalination plants to survive – why water has become a target

Source: The Conversation – UK – By Sanam Mahoozi, Research Associate, City St George’s, University of London

Around 70% of Saudi Arabia’s drinking water comes from desalination plants. In Kuwait and Oman the figure is 90%. Stanislav71/Shutterstock

The Gulf region has been defined by oil for decades. Tankers, pipelines and refineries have long been seen as the region’s most critical – and vulnerable – assets.

In the past few days, US-Israeli strikes hit oil depots in Tehran, with reports emerging of black rain falling for hours afterwards, which has been described in the media as acid rain.

But it is the networks and connections that support access to water and the desalination plants that now sustain daily life.

When oil supplies are restricted and prices escalate, oil “shocks” damage economies. But a water crisis can destabilise societies.

Across the Arabian Peninsula, seawater desalination, which turns saltwater into drinking water, has transformed some of the driest landscapes on Earth into thriving urban societies. Cities such as Dubai, Doha, Kuwait City and Abu Dhabi rely overwhelmingly are massively dependent on desalination plants.

For instance, 70% of Saudi Arabia’s drinking water comes from desalination plants. In Kuwait and Oman the figure is 90%. Without desalination plants, large parts of the region’s modern urban systems would struggle to exist.

Yet this technological achievement has quietly produced a new form of strategic vulnerability. The Gulf‘s water security depends on a relatively small number of massive coastal plants – industrial complexes that operate as the lifelines of entire cities.

The current military conflict has begun to expose this. Missile strikes and drone interceptions have occurred at, or near to, major desalination and water and power complexes in the Gulf. Both Iran and the US have been accused of having targeted these facilities. Even when damage is limited, the proximity of attacks highlights how exposed these facilities are to modern warfare.

Unlike oil pipelines or storage terminals, desalination plants cannot easily be bypassed or replaced. They are fixed, highly complex installations requiring large energy inputs, specialised membranes or thermal systems, and continuous chemical and mechanical treatment processes. Repairing serious damage to a major plant could take months or longer.




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Persian Gulf desalination plants could become military targets in regional war


The consequences of disruption would be immediate. Most cities in the region have limited water storage capacity. If a major desalination plant was out of action, governments could face the prospect of emergency water rationing for millions of residents within a matter of days. Hospitals, sanitation systems, food production and industry would all be affected simultaneously.

This risk is amplified by the region’s underlying water scarcity. The Middle East is among the most water-stressed regions in the world. Rainfall is low and highly variable, while rising temperatures increase evaporation and water demand. Groundwater aquifers have been heavily depleted across much of the region.

In Iran, declining river flows, prolonged drought and over extraction of groundwater have already left dams running dry. Similar pressures exist across other countries where renewable freshwater resources are extremely limited. Desalination has, therefore, evolved from a supplementary technology into the backbone of urban water systems. This shift has produced what might be called “desalination dependency”: a condition in which entire societies rely on a small number of centralised facilities to maintain their basic water supply.

The scale of this dependency is striking. Roughly 100 million people in the wider region depend directly on desalinated water. The Arabian Peninsula alone accounts for a substantial share of global desalination capacity, and the ten of the largest plants in the world are concentrated along the shores of the Gulf and the Red Sea. As water scarcity intensifies in the region, this dependence is likely to grow. But greater reliance also means greater exposure.

Bahrain says Iran damaged a water desalination plant.

Water infrastructure has historically been vulnerable during conflicts. From Iraq to Syria to Yemen, water treatment plants, pumping stations and reservoirs have been damaged or targeted during conflicts. International humanitarian law recognises this danger. Article 54(2) of protocol additional to the Geneva conventions of August 12 1949, and relating to the protection of victims of international armed conflicts (protocol I), states that:

It is prohibited to attack, destroy, remove, or render useless objects indispensable to the survival of the civilian population, such as foodstuffs, agricultural areas for the production of foodstuffs, crops, livestock, drinking water installations and supplies and irrigation works for the specific purpose of denying them for their sustenance value to the civilian population or to the adverse Party, whatever the motive, whether in order to starve out civilians, to cause them to move away, or for any other motive.

These protections apply to both international and non-international armed conflicts.

Big risks

The humanitarian consequences of disabling these huge desalination plants would be severe. Unlike oil infrastructure, which can sometimes be bypassed through global markets or emergency reserves, urban water supply systems are highly localised. If a desalination plant serving a large metropolitan area was hit and damaged in an attack, there would be few immediate alternatives. Water imports by tanker or emergency desalination units could provide temporary relief, but they could not fully replace the daily output of a large facility.

The ripple effects would extend far beyond drinking water. Sanitation systems would begin to fail, public health risks would rise, and economic activity could slow dramatically. Tourism, industry and services – all pillars of Gulf states’ economies – depend on stable water supplies.

The broader geopolitical implications are equally important. The Gulf is increasingly becoming a testing ground for a new form of infrastructure vulnerability in the age of climate stress: the weaponisation of water production systems. As desalination expands globally – from California and Australia to North Africa and southern Europe – similar vulnerabilities may emerge elsewhere. Coastal megacities facing drought are investing heavily in large desalination facilities to secure future water supplies. The expectations of protection of such infrastructure during conflict will therefore have consequences far beyond the Middle East.

Protecting desalination plants is not merely a regional concern. It is part of a broader challenge of safeguarding the technological systems that sustain modern societies under conditions of environmental scarcity.

Several strategies could reduce risk. Expanding wastewater recycling and replenishing natural water storage areas could diversify water sources. Distributed desalination systems — smaller plants spread across multiple locations — could reduce reliance on single large facilities. Increasing strategic water storage capacity would also provide cities with a buffer against sudden disruptions.

But technical solutions alone cannot address the core issue. The real challenge lies in recognising desalination plants for what they have become: critical humanitarian infrastructure on which entire populations depend.

For much of the 20th century, oil defined the cities of the Gulf. In the 21st century, desalinated water keeps them alive.

The Conversation

Sanam Mahoozi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Iran and the Arabian Peninsula depend on desalination plants to survive – why water has become a target – https://theconversation.com/iran-and-the-arabian-peninsula-depend-on-desalination-plants-to-survive-why-water-has-become-a-target-278142

Kharg Island: Iran’s energy lifeline that has so far escaped attack

Source: The Conversation – UK – By Christian Emery, Associate Professor in International Politics, UCL School of Slavonic and East European Studies, UCL

As the US and Israel’s assault on Iran grinds on, the Trump administration has issued increasingly bellicose claims that American and Israeli forces are delivering ferocious blows to the Iranian regime.

The US secretary of defense, Pete Hegseth, warned of the “most intense” day of strikes yet on March 10. And Donald Trump followed with a claim that the war will end soon because there is “practically nothing left” in Iran for the US military to target.

This is all part of a campaign that the White House has declared is aimed at “systematically dismantling the Iranian regime’s ability to ever again threaten America, our allies, and global security.”

So far, this campaign has largely targeted Iran’s military and nuclear facilities. But some critical non-military infrastructure has also come under attack. Israel struck two oil refineries and two oil storage facilities near Tehran on March 8, with Iran accusing the US of attacking a desalination plant the same day.

Yet one target vital to Iran’s economic survival, its largest export terminal for sending oil to international markets, remains unscathed. That terminal sits on Kharg, a small coral island off Iran’s south-western coast. This is where oil pumped across Iranian oil fields arrives via subsea pipelines to be loaded on to tankers, mostly bound for China.

At peak capacity, the terminal’s vast storage facilities and multiple jetties can handle millions of barrels of oil per day. Kharg accounts for an extraordinary 90% of Iranian crude exports and tens of billions of US dollars of annual government revenue.

No other major oil-producing country is so reliant on just one facility. Saudi Arabia, Kuwait and the United Arab Emirates in the Gulf, and massive producers elsewhere such as Russia, Mexico and Venezuela, do not concentrate almost all their export capacity in a single location.

Kharg Island located on a map of the Persian Gulf.
Kharg is a five mile long island located off the south-west coast of Iran.
Uwe Dedering / Wikimedia Commons, CC BY-SA

Iran’s energy lifeline

Kharg Island became the linchpin of Iran’s oil industry due to a convergence of history and geography. Nowadays, Kharg is widely known among Iranians as the “forbidden island” because of the tight military restrictions and secrecy that surround it.

Yet behind its modern geoeconomic significance lies an ancient history, from early human settlements dating back more than 4,000 years to occupation by various empires that understood its strategic maritime importance as a trading post. The island also housed political prisoners in the mid-20th century, before the construction of Kharg’s modern terminal began in 1958.

The island quickly became Iran’s dominant export port for two reasons. First, it could be connected by pipeline to the major oil fields in south-western Iran. And second, its deep water location made it one of the only places on Iran’s western coast that could accommodate the new supertankers that were at the time dramatically reducing the cost of transporting oil.

Once the gigantic storage facilities, jetties and subsea pipelines feeding the terminal had been constructed, centralising exports there created significant efficiencies. Oil from multiple fields could share the same storage and loading infrastructure, thereby reducing overall operating costs.

Kharg’s dominance in the national oil export system was further reinforced after the Islamic revolution in 1979. This was because regional tensions and Iran’s emphasis on self-reliance discouraged it from using pipelines that pass through neighbouring countries.

At first glance, Iran’s reliance on one terminal for nearly all its oil exports seems like a major strategic vulnerability. There are also no significant operational challenges preventing the US and Israel from destroying it. Yet, paradoxically, this is precisely why it has not been targeted thus far.

Crippling Iran’s entire oil industry for months – if not years – would shatter the already fragile confidence in financial markets that Trump can achieve his vague war aims without long-term disruption to the global economy. Some analysts predict that oil prices could soar to US$150 (£112) a barrel if Kharg is hit.

To put that figure into context, Russia’s 2022 full-scale invasion of Ukraine caused Brent crude to rise to well over US$100 a barrel for four months. This was not the only cause of the roughly 9% surge in inflation seen at the time, but it was an important factor in the ensuing cost of living crisis.

Launching an attack on Kharg would likely expose Trump’s gamble in launching a war against Iran while simultaneously promising US consumers that virtually everything would become more affordable as a catastrophic error. American voters are indicating that inflation and the cost of living are their biggest concerns ahead of the upcoming midterm elections in November.

Of course, Trump’s intervention in Iran may lead to rising prices even if the US does not attack Kharg Island. The wider disruption to Gulf shipping in the strait of Hormuz has already caused oil prices to rise to around US$100 per barrel. And in his first statement since becoming Iran’s supreme leader, Mojtaba Khamenei vowed to keep blocking the waterway.

But at least for the moment, Trump seems to realise that Kharg Island needs to be left intact if he is to preserve the already shaky notion that he can end this war in a manner he can present as a success – which increasingly looks like degrading Iran but not forcing it to capitulate – without causing long-term economic pain for Americans.

One other factor preventing the US from destroying Kharg is that it would cause long-lasting damage to the Iranian economy. This would undermine any pretence that Trump is acting in the interests of the Iranian people, as he has claimed, since any new government would be financially crippled if the regime did collapse.

So Kharg Island survives intact for now. This is, in large part, due to the fundamental contradiction between Trump’s objectives in Iran and the political and economic costs he is willing to incur in pursuit of them.

The Conversation

Christian Emery does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Kharg Island: Iran’s energy lifeline that has so far escaped attack – https://theconversation.com/kharg-island-irans-energy-lifeline-that-has-so-far-escaped-attack-278139

Is Labour in ‘deep trouble’ with Black voters? What the evidence tells us

Source: The Conversation – UK – By Maria Sobolewska, Professor of Politics, University of Manchester

Before each general election in the late 1990s and early 2000s, campaign group Operation Black Vote used to publish a list of the most ethnically diverse constituencies in the UK. These were the areas in which the size of the non-white population exceeded the size of the incumbent party’s majority. The idea was to persuade political parties to campaign in these places and to think about what they were offering to ethnic minority voters.

Operation Black Vote, which was founded in 1996 to empower voters from ethnic minority backgrounds, had good reason to worry. Both anecdotal and academic research shows that ethnic minority voters had been largely taken for granted by the Labour party.

As an example, the prominent Labour politician Roy Hattersley wrote candidly about the minority vote contributing to his 1974 re-election as an MP for Birmingham Sparkbrook: “I won with an increased majority, the well-organised and invariably loyal Kashmiris had cast their disciplined vote early in the day.”

Unsurprisingly, this “invariably loyal” vote led to minority voters reporting less contact from parties during election campaigns.

With support for Labour almost always in the region of 70% to 80% across most Asian and Black voter groups, the fact that David Weaver, the chairman of Operation Black Vote, has now said that Labour is in “deep trouble” with Black voters is therefore remarkable.

Indian and Muslim voters are already leaving

Historically, different ethnic groups had differing levels of support for Labour but even in the fragmented 2024 general election, it remained the most popular choice for British Black and Asian voters. However, this is a far cry from Labour being able to take this vote for granted. Two recent developments should give the party particular pause.

First, Indian-origin Britons have already started drifting away from Labour. Their movement towards the Conservatives has been slow but steady since 2010. The continuous nature of this defection suggests that there is little Labour could do to reverse it. While in 2024 a plurality of British Indians still chose Labour, this is the lowest vote share the party has received from this group in any recorded general election.

Second, and perhaps more alarming, is a break in the traditional loyalty among British Muslims that characterised the 2024 general election. Labour voting among this group collapsed by almost 30% and delivered a handful of independent MPs to parliament. Some took Labour’s historically safe seats, mostly on pro-Gaza tickets.

More recently, these voters moved towards the Green party in the 2026 byelection in Gorton and Denton. It is this choice that represents a new and particularly threatening issue for Labour. As a result of the general fragmentation of the party system, ethnic minority voters now seem to have alternative choices, and feel freer to opt for them.

Muslim voters defected from Labour in 2005 over the Iraq war but the resulting protest vote for the Liberal Democrats was short-lived. By 2010 the Muslim vote for Labour had recovered.

The contrast with today’s vote switching and record support for small parties is stark. With more viable options on the ballot, it is not inconceivable that many Muslim voters may not return to Labour.

Could Black voters follow?

While Black voters remained the most loyal group in 2024, they too might feel a little freer to go. Even the historically no-go option for Black voters, the Conservative party, might seem like a possibility. In a significant departure from their traditional approach, the Tories have been making an effort to tackle race and inequality. They commissioned a major review of racial disparities, increased their ethnic diversity in Parliament and delivered the historically most ethnically diverse cabinet to date. It is worth noting that the current leader Kemi Badenoch and her predecessor Rishi Sunak are both of ethnic minority origin.

Labour is yet to appoint a non-white leader. And its record in government is certainly doing very little to dissuade minority voters from looking elsewhere.

Among the failures that could count against them with Black voters are a continuation of the unpopular “hostile environment” immigration policy and an aggressive curtailment of settlement policies. These are unlikely to play well with a group that had already fallen victim to the previous government’s similar policies via the Windrush scandal. Labour’s ineffective implementation of the compensation scheme for the victims of this scandal, who were most likely to identify as British Black Caribbean, only compounds this issue.

More recently, the issue of justice has emerged as a major divide between Labour and its Black supporters. The history of racial inequalities in the justice system is long and trust in judicial institutions among Black Britons is deservedly low. Given this, the current proposals to abolish jury trials could be seen as a betrayal of trust. The proposal is intended to deal with the backlog in the courts but the evidence shows juries reduce discrimination in trials. Black voters report law and order as the most important issue – far more than the other ethnic minority voters – so this is clearly not going to go unnoticed.

Given the lack of action and progress on other important issues for the Black community, such as child poverty and the cost-of-living crisis, Labour should really worry about losing not just their Muslim voters, and the Indian origin minority, but also its most loyal Black voters too. They truly cannot and should not take any of these groups for granted.

The Conversation

Maria Sobolewska received funding from the Economic and Social Research Council.

ref. Is Labour in ‘deep trouble’ with Black voters? What the evidence tells us – https://theconversation.com/is-labour-in-deep-trouble-with-black-voters-what-the-evidence-tells-us-278334

Why the next escalation in the Iran conflict could be between the US and Turkey

Source: The Conversation – UK – By Ben Seymour, PhD Candidate in International Relations, Nottingham Trent University

In the two weeks since the US and Israeli strikes on Iran began, Donald Trump’s war aims have fluctuated between crippling Iranian military capabilities and toppling the regime that has ruled there since 1979. But despite the success of the initial strikes, which killed the supreme leader, Ali Khamenei, many analysts believe that air power alone will not be sufficient to bring about regime change.

They say this objective would be impossible to achieve without combat troops on the ground, a move that most US military and political leaders have long opposed. Instead, one idea that seems to be circulating in Washington is to support an invasion by armed Kurdish groups in Iraq and western Iran to destabilise the Islamic Republic from within.

Trump publicly backed away from this idea on March 6, telling reporters: “I don’t want the Kurds to go into Iran … The war is complicated enough as it is.” But, given Trump’s trademark inconsistency and the unpredictable nature of this conflict, an armed Kurdish uprising remains a distinct possibility. Such a scenario could have consequences that extend far beyond Iran.

The Kurds are an ethnic group with their own language and culture who have lived in a mountainous area of the Middle East for centuries. Nowadays, they number around 30 million and live in a region that spans parts of Turkey, Iran, Iraq and Syria. The Kurds are widely considered to be the world’s largest stateless people because they do not have a country of their own.

This situation dates to the end of the first world war, when the Ottoman empire collapsed. Kurdish leaders at that time hoped to establish their own state, having lived for 400 years under Ottoman rule. But instead their homeland was divided between several new countries that emerged from the defeated Ottoman state. This left Kurdish communities split across international borders.

A map showing the spread of Kurds throughout the Middle East.
The Kurdish population is spread across areas Iran, Iraq, Syria and Turkey.
Peter Hermes Furian / Shutterstock

Around 10% of Iran’s population is Kurdish and many live in the country’s north-west near the borders of Iraq and Turkey. The Kurdish region of Iran has long been the least economically developed part of the country and Kurdish political parties are outlawed. Armed Kurdish groups have periodically clashed with the Iranian state, demanding greater autonomy or independence.

The Kurdish question is even more sensitive in Turkey, which is home to the largest population of Kurds in the world. Since 1984, the Turkish state has been locked in conflict with the Kurdistan Workers’ party (PKK), an armed group that has fought to establish an independent Kurdish state. This conflict has killed more than 40,000 people in the past four decades.

For the Turkish government, the possibility that the US may support Kurdish fighters in neighbouring Iran is therefore not just a foreign policy issue. Turkish leaders worry that strengthening Kurdish armed groups elsewhere in the region could embolden similar movements inside Turkey itself.

In the recent past, Turkey has launched military incursions into the Kurdish regions of Iraq and Syria. It has also fought a brutal counterinsurgency against PKK fighters inside its own borders. These actions show how strongly Turkish leaders oppose any notion of Kurdish independence anywhere in the region.

American support for Kurdish fighters has caused tension between the US and Turkey in the past. Turkey strongly opposed the partnership between Washington and Syrian Kurdish forces during the fight against the Islamic State militant group in Syria in the late 2010s. It argued that some of these Kurdish groups were linked to the PKK.

Turkey’s relations with Israel have also been strained by the Kurdish question. The Turkish president, Recep Tayyip Erdoğan, has accused the Israeli prime minister, Benjamin Netanyahu, of undermining the transitional Syrian government by aiding Kurdish groups there. The Kurdish issue has clearly become a major source of tension between Turkey, a key member of the Nato alliance, and the west.

So far, Turkey has largely remained neutral in the Iran war. Despite their regional rivalry, Turkish and Iranian leaders share concerns about Kurdish separatist movements and have sometimes cooperated to contain them. In the past, security forces from both countries have coordinated efforts against Kurdish militant groups operating along their shared border.

Turkish and Iranian officials have also exchanged intelligence and carried out military operations against Kurdish fighters moving between the two countries. And both governments strongly opposed the 2017 referendum on independence that was held by the Kurds in northern Iraq. Over 92% of votes were cast in favour of independence.

Kurdish fighters travel on the back of an armoured vehicle.
Turkey sees Kurdish militancy as a core national security concern.
Sebastian Castelier / Shutterstock

Iranian regime change

For Turkey, the collapse or fragmentation of the Iranian state would be deeply worrying. It could create exactly the conditions Turkish leaders fear most: armed Kurdish groups operating across a much longer and more unstable border.

Another concern is the possibility of a new refugee crisis. Turkey already hosts nearly 4 million Syrians following the civil war that began there in 2011 – the largest refugee population in the world. This has become a major political issue inside Turkey.

If conflict or state collapse in Iran – a larger and even more politically complex state than Syria – triggers large-scale displacement, many more refugees could head west towards Turkey. Such a scenario would place considerable political and economic pressure on the government.

Washington may see the Kurds as a useful way to confront the Iranian regime without deploying American troops. But such a strategy could create new tensions elsewhere in the region. For Turkey, Kurdish militancy is not simply a foreign policy issue but a core national security concern.

If the Iran war ends up empowering Kurdish armed groups or destabilising Turkey’s border, Erdoğan may yet feel compelled to respond. This could open up another front in an already expanding regional conflict.

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The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why the next escalation in the Iran conflict could be between the US and Turkey – https://theconversation.com/why-the-next-escalation-in-the-iran-conflict-could-be-between-the-us-and-turkey-278341

Iran and the Arabian Penisula depend on desalination plants to survive – why water has become a target

Source: The Conversation – UK – By Sanam Mahoozi, Research Associate, City St George’s, University of London

Around 70% of Saudi Arabia’s drinking water comes from desalination plants. In Kuwait and Oman the figure is 90%. Stanislav71/Shutterstock

The Gulf region has been defined by oil for decades. Tankers, pipelines and refineries have long been seen as the region’s most critical – and vulnerable – assets.

In the past few days, US-Israeli strikes hit oil depots in Tehran, with reports emerging of black rain falling for hours afterwards, which has been described in the media as acid rain.

But it is the networks and connections that support access to water and the desalination plants that now sustain daily life.

When oil supplies are restricted and prices escalate, oil “shocks” damage economies. But a water crisis can destabilise societies.

Across the Arabian Peninsula, seawater desalination, which turns saltwater into drinking water, has transformed some of the driest landscapes on Earth into thriving urban societies. Cities such as Dubai, Doha, Kuwait City and Abu Dhabi rely overwhelmingly are massively dependent on desalination plants.

For instance, 70% of Saudi Arabia’s drinking water comes from desalination plants. In Kuwait and Oman the figure is 90%. Without desalination plants, large parts of the region’s modern urban systems would struggle to exist.

Yet this technological achievement has quietly produced a new form of strategic vulnerability. The Gulf‘s water security depends on a relatively small number of massive coastal plants – industrial complexes that operate as the lifelines of entire cities.

The current military conflict has begun to expose this. Missile strikes and drone interceptions have occurred at, or near to, major desalination and water and power complexes in the Gulf. Both Iran and the US have been accused of having targeted these facilities. Even when damage is limited, the proximity of attacks highlights how exposed these facilities are to modern warfare.

Unlike oil pipelines or storage terminals, desalination plants cannot easily be bypassed or replaced. They are fixed, highly complex installations requiring large energy inputs, specialised membranes or thermal systems, and continuous chemical and mechanical treatment processes. Repairing serious damage to a major plant could take months or longer.




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Persian Gulf desalination plants could become military targets in regional war


The consequences of disruption would be immediate. Most cities in the region have limited water storage capacity. If a major desalination plant was out of action, governments could face the prospect of emergency water rationing for millions of residents within a matter of days. Hospitals, sanitation systems, food production and industry would all be affected simultaneously.

This risk is amplified by the region’s underlying water scarcity. The Middle East is among the most water-stressed regions in the world. Rainfall is low and highly variable, while rising temperatures increase evaporation and water demand. Groundwater aquifers have been heavily depleted across much of the region.

In Iran, declining river flows, prolonged drought and over extraction of groundwater have already left dams running dry. Similar pressures exist across other countries where renewable freshwater resources are extremely limited. Desalination has, therefore, evolved from a supplementary technology into the backbone of urban water systems. This shift has produced what might be called “desalination dependency”: a condition in which entire societies rely on a small number of centralised facilities to maintain their basic water supply.

The scale of this dependency is striking. Roughly 100 million people in the wider region depend directly on desalinated water. The Arabian Peninsula alone accounts for a substantial share of global desalination capacity, and the ten of the largest plants in the world are concentrated along the shores of the Gulf and the Red Sea. As water scarcity intensifies in the region, this dependence is likely to grow. But greater reliance also means greater exposure.

Bahrain says Iran damaged a water desalination plant.

Water infrastructure has historically been vulnerable during conflicts. From Iraq to Syria to Yemen, water treatment plants, pumping stations and reservoirs have been damaged or targeted during conflicts. International humanitarian law recognises this danger. Article 54(2) of protocol additional to the Geneva conventions of August 12 1949, and relating to the protection of victims of international armed conflicts (protocol I), states that:

It is prohibited to attack, destroy, remove, or render useless objects indispensable to the survival of the civilian population, such as foodstuffs, agricultural areas for the production of foodstuffs, crops, livestock, drinking water installations and supplies and irrigation works for the specific purpose of denying them for their sustenance value to the civilian population or to the adverse Party, whatever the motive, whether in order to starve out civilians, to cause them to move away, or for any other motive.

These protections apply to both international and non-international armed conflicts.

Big risks

The humanitarian consequences of disabling these huge desalination plants would be severe. Unlike oil infrastructure, which can sometimes be bypassed through global markets or emergency reserves, urban water supply systems are highly localised. If a desalination plant serving a large metropolitan area was hit and damaged in an attack, there would be few immediate alternatives. Water imports by tanker or emergency desalination units could provide temporary relief, but they could not fully replace the daily output of a large facility.

The ripple effects would extend far beyond drinking water. Sanitation systems would begin to fail, public health risks would rise, and economic activity could slow dramatically. Tourism, industry and services – all pillars of Gulf states’ economies – depend on stable water supplies.

The broader geopolitical implications are equally important. The Gulf is increasingly becoming a testing ground for a new form of infrastructure vulnerability in the age of climate stress: the weaponisation of water production systems. As desalination expands globally – from California and Australia to North Africa and southern Europe – similar vulnerabilities may emerge elsewhere. Coastal megacities facing drought are investing heavily in large desalination facilities to secure future water supplies. The expectations of protection of such infrastructure during conflict will therefore have consequences far beyond the Middle East.

Protecting desalination plants is not merely a regional concern. It is part of a broader challenge of safeguarding the technological systems that sustain modern societies under conditions of environmental scarcity.

Several strategies could reduce risk. Expanding wastewater recycling and replenishing natural water storage areas could diversify water sources. Distributed desalination systems — smaller plants spread across multiple locations — could reduce reliance on single large facilities. Increasing strategic water storage capacity would also provide cities with a buffer against sudden disruptions.

But technical solutions alone cannot address the core issue. The real challenge lies in recognising desalination plants for what they have become: critical humanitarian infrastructure on which entire populations depend.

For much of the 20th century, oil defined the cities of the Gulf. In the 21st century, desalinated water keeps them alive.

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Sanam Mahoozi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Iran and the Arabian Penisula depend on desalination plants to survive – why water has become a target – https://theconversation.com/iran-and-the-arabian-penisula-depend-on-desalination-plants-to-survive-why-water-has-become-a-target-278142