Le sabar, ce rythme sénégalais qui fait vibrer les quartiers et s’exporte dans le monde

Source: The Conversation – in French – By Aurélie Doignon, enseignante-chercheuse en sciences de l’éducation, CY Cergy Paris Université

Au loin, on entend les sons des sabars (musique et chorégraphie du Sénégal, centrée sur un ensemble de tambours du même nom et des danses collectives) dont les symphonies rythmiques se dévoilent en s’approchant. Dans les rue des quartiers Gueule Tapée ou de la Médina de Dakar, en après-midi ou la nuit, nous nous retrouvons dans un cercle, délimité par des chaises en plastiques louées par les organisateurs et fermé par les musiciens.

Seul le son va au-delà de cette assemblée et entraîne des enfants à imiter les adultes, en marge du grand cercle. Il s’agit de fêter un baptême, un mariage, un anniversaire. Les musiciens jouent les rythmes dans un ordre précis et les participants entrent quelques secondes pour danser dans le cercle, seul ou à plusieurs.

Le danseur dirige les musiciens qui doivent s’adapter aux mouvements, entraînant un jeu, voire une compétition entre les deux. Dans les sabars diurnes, les participantes viennent glisser des billets dans les mains ou la bouche du musicien joueur de tama (tambour d’aisselle) ou du soliste. Dans les sabars de nuit, le public donne indifféremment aux musiciens, danseurs, ou encore aux chants louangés.

En tant que spécialiste des danses et pratiques culturelles en Afrique en l’Ouest, j’ai notamment étudié le sabar en m’intéressant à la manière dont il se transmet et se pratique dans les quartiers. Dans cet article, j’explique pourquoi cette tradition reste au coeur de la vie sociale et culturelle des quartiers.

Un art qui mêle rythme et danse expressive

Le sabar est un phénomène culturel qui prend plusieurs formes (visible et audible) dans les quartiers populaires au Sénégal. Il désigne à la fois un ensemble de percussions traditionnelles (7 tambours différents), un rythme et une danse expressive pratiqués chez les Wolofs, une des communautés du Sénégal. Ecouter les tubes de mbalax (genre musical sénégalais) à la radio, c’est retrouver des sons de sabar mélangés à des arrangements actuels.

Alors que ces sons permettaient jadis de communiquer, le sabar est aujourd’hui surtout utilisé à des fins festives : baptêmes, mariages, anniversaires, fête de tontine, spectacles pour enfants (faux lions), ou encore première partie des combats de lutte (le lutteur défile avec son écurie, s’échauffe et intimide son adversaire). On retrouve également les rythmes sabar à l’occasion de rituels thérapeutiques (cérémonies de Ndeup).

Les évènements sabar sont réalisés grâce au concours des griots : musiciens, laudateurs, chants panégyriques (tassou), danseurs. Pour la réalisation d’un évènement, une rue est balisée : par l’installation d’un barnum au milieu de celle-ci et la location de chaises en plastique ainsi que d’une sonorisation (pour les fêtes nocturnes). L’espace peut aussi être délimité par des pneus, ou des spots de lumière. Enfin, dans le cadre des spectacles pour enfants, appelés « Simbs Gaïndé » ou « faux lions », des bâches sont tendues afin de faire payer l’entrée.

Le nom des rythmes du sabar répond à ceux de la vie quotidienne : Ceebu jën, par exemple, se traduit littéralement par « riz au poisson », du nom du plat national sénégalais. Il est le rythme le plus rapide. Fass tient quant à lui son nom du quartier éponyme de Dakar, marqué par une importante tradition de lutte sénégalaise. Walo-Walo renvoit à un groupe culturel du Sénégal, portant le même nom.

Le Sabar au coeur des célébrations de la vie de quartier

Forme la plus représentée des sabars de nuit, le mot tànnëbéer signifie d’ailleurs « conversation nocturne ». Il est le lieu d’expression des artistes professionnels et le public est autant composé d’hommes que de femmes, très apprété·es. Le tànnëbéer est un espace de visibilité pour les organisateurs, mais surtout pour les danseurs, qui y opèrent des logiques de distinctions afin d’assoir leur notoriété et de mettre en valeur leur image, leur danse.

C’est aussi le lieu pour inventer un « bàkk » (enchaînement où tous les musiciens jouent sur le même rythme, avec de multiples moments saccadés qui permettent de mettre en avant des parades humoristiques) ou de performer devant de préférence une caméra qui filme (par exemple, l’émission « Dakar ne dort pas » ou un téléphone, afin de partager la captation sur les réseaux sociaux.

Les évènements de sabars diurnes sont plutôt l’apanage des femmes : hormis les musiciens qui sont des hommes griots, ce sont les femmes qui dansent et célèbrent l’évènement – une matrescence, un mariage.

Imprégnés des rythmes sabar dès l’enfance lorsque l’on vit dans les quartiers populaires, l’incorporation de la danse s’effectue par imitation des femmes que les enfants accompagnent. Il sert alors de repère et d’apprentissage pour les jeux sororaux ou de séduction. C’est le lieu où les filles et les femmes peuvent s’extraire de la pudeur requise dans l’espace public.

La rue se révèle être un réel espace d’apprentissage des aînés en direction des plus jeunes, mais aussi d’apprentissages entre pairs dans l’enfance ou plus tard pour les jeunes adultes souhaitant se professionnaliser. En effet, aujourd’hui la transmission de la danse et de la musique ne s’effectue plus uniquement au sein des lignées de griots : des espaces d’apprentissages se sont ouverts comme les ballets, qui font fonction de formation et de diffusion de la musique et de la danse.

Professionalisation et rayonnement international

Devenir danseur de sabar à un niveau professionnel relève d’un entrelacs de propositions formelles et informelles d’entrée dans l’art. De fait, une nouvelle professionnalisation apparaît, portée par l’internationalisation des clips vidéo de la world music (catégorie musicale qui regroupe des styles traditionnels ou populaires du monde), mais aussi par la recherche de nouveaux corps et de nouvelles gestualités des chorégraphes de danse contemporaine.

De mes entretiens auprès d’une quarantaine de danseurs et danseuses de sabar et managers de ballets (réalisés dans le cadre de ma thèse de doctorat en sciences de l’éducation), apparaît une nouvelle professionnalisation, qui déconstruit les habitus de la société wolof et décloisonne cette société à castes (les griots étant souvent perçus comme une classe basse et dévalorisée).

Ainsi, des formations artistiques émergent sur le continent africain et les clips musicaux, s’intégrant au cœur même de la globalisation, des technologies et des réseaux de communication (visionnage et partage de vidéos de danse grâce aux smartphones dans la rue), deviennent les références et font désormais autorité dans les carrières professionnelles artistiques.

On observe aussi une vraie mise en place de communauté de pratiques des danseurs et de danseuses, au sens de Lave et Wenger: la participation au centre de la pratique, la mise en réseau et la construction de sens.

A la fois ancrée dans une culture urbaine et intergénérationnelle, le sabar permet ainsi de faire commun, de rassembler un quartier. Il permet de surcroît d’articuler une dialectique local-global avec sa diffusion sur les scènes internationales. L’internationalisation du sabar est en marche : à l’occasion des dernières coupes du monde masculines de football et de rugby, la chanteuse Gala a ainsi entonné son tube phare accompagnée de danseuses et de danseurs de sabar.

The Conversation

Aurélie Doignon does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Pourquoi l’Afrique a besoin d’une banque verte pour développer ses propres technologies renouvelables

Source: The Conversation – in French – By Michael Olabisi, Assistant Professor in the Department of Community Sustainability (CSUS) and the department of Agricultural Food and Resource Economics (AFRE), Michigan State University

Le changement climatique représente un défi majeur pour les moyens de subsistance de nombreuses personnes dans les pays africains, qui n’ont pourtant qu’une infime part de responsabilité dans ce phénomène. La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes (inondations, vagues de chaleur et sécheresses) aggrave considérablement la faim, l’insécurité et les déplacements de populations. Le continent détient environ 30 % des minéraux indispensables à la future transition vers l’abandon des combustibles fossiles. Cependant, l’Afrique exporte principalement ces matières premières, laissant aux entreprises d’autres pays le soin de récolter les fruits de la fabrication de technologies à faible émission de carbone et d’infrastructures numériques. Les économistes spécialisés dans le développement durable Michael Adetayo Olabisi et Howard Stein proposent la création d’une nouvelle « banque verte » africaine comme solution.

Comment fonctionnerait la banque verte africaine ?

Notre vision est que cette banque soit créée par les gouvernements africains sous la forme d’une sorte de banque publique, détenue collectivement par les pays d’Afrique. Une telle banque aurait la capacité d’accéder à des financements internationaux qui ne sont pas accessibles aux pays pris individuellement.

La gestion, le capital et la structure de vote seraient entièrement contrôlés par les pays africains. Cela permettrait d’éviter les problèmes évidents rencontrés par d’autres organisations panafricaines. Celles-ci dépendent souvent trop fortement de l’aide des donateurs, ce qui a sapé la prise de décision souveraine. (Par exemple, 42 % des droits de vote de la Banque africaine de développement sont contrôlés par des pays non africains.)




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À l’instar du système bancaire japonais, la banque verte africaine aurait la possibilité de prendre de petites participations dans les projets ou les entreprises bénéficiant de prêts. Cela permettrait à la banque de suivre le projet et de générer des revenus.

Nous proposons que la banque soit composée de sept divisions. Cela lui permettrait de fournir différents services complémentaires, de combler les lacunes en matière de capacités, tout en permettant à chaque division de se spécialiser. Les divisions de services que nous proposons sont les suivantes :

  • Production d’énergie verte.

  • Activités agricoles et chaîne de valeur associées utilisant des technologies vertes.

  • Soutien à la transformation et à la fabrication à partir de minéraux critiques tels que le lithium et le cobalt. (Ces minéraux bruts sont généralement envoyés à l’étranger pour être transformés en composants destinés aux énergies renouvelables.)

  • Fabrication et services liés à l’adaptation au changement climatique, tels que le soutien aux entreprises africaines qui fabriquent et installent des systèmes d’irrigation goutte à goutte solaires pour les zones touchées par la sécheresse due au changement climatique.

  • Une division d’investissement chargée d’attirer et de faciliter les investissements étrangers vers les industries vertes clés des pays africains.

  • Un service de vulgarisation verte. Celui-ci proposerait des consultations d’experts en ingénierie, en sciences et en politique industrielle sur la manière de mettre en place des projets de transition vers les énergies renouvelables couronnés de succès. Un modèle similaire existe à Taïwan.

  • La septième division serait la société holding. Elle gérerait les parts de propriété dans les divisions énumérées ci-dessus. Elle se spécialiserait dans le suivi et le compte rendu de l’avancement des projets.

La banque verte africaine fournirait des financements, mais elle ne serait pas seulement une institution financière. Ce serait une organisation continentale de politique industrielle visant à soutenir et à stimuler toutes les activités nécessaires en Afrique pour une transition vers une économie durable fondée sur les énergies renouvelables.

Les banques régionales de développement et les institutions financières internationales au service des gouvernements africains ont un bilan médiocre en matière de promotion et de financement en général, et de l’énergie verte et de l’industrie manufacturière en particulier.

Cette banque est ce dont l’Afrique a besoin pour enfin rompre avec le modèle colonial de longue date consistant à extraire et à exporter des matières premières.




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L’architecture financière internationale, avec sa hiérarchie des devises, rend l’accès au financement climatique difficile et coûteux, et laisse les pays les plus pauvres d’Afrique à la traîne par rapport au reste du monde. Par exemple, l’Afrique subsaharienne n’aura accès qu’à 9 % des fonds dont elle a besoin pour atténuer le changement climatique entre 2024 et 2030. Il s’agit de loin du niveau de financement climatique le plus faible au monde.

Le continent manque également de banques de développement nationales et sous-régionales spécialisées dans l’industrialisation verte. Une banque verte pourrait rassembler en un seul lieu des compétences rares : des ingénieurs de haut niveau, des scientifiques, des planificateurs industriels et des experts financiers.

En quoi cela changerait-il le fonctionnement actuel du financement climatique à l’échelle mondiale ?

L’Afrique et d’autres régions ont reçu des promesses de financements pour l’adaptation au changement climatique par les pays du Nord qui sont à l’origine du changement climatique.

Nous proposons que ces pays allouent les coûts de transition à la banque verte, afin qu’elle dispose d’une base de capital en devises fortes. Les pays africains devraient également contribuer à la banque, en fonction de la taille de leur produit intérieur brut. Les fonds versés à la banque devraient être un mélange de devises des différents pays africains et de devises fortes.




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Des dépôts en or pourraient être utilisés à la place des devises fortes. Des obligations seraient émises en Afrique et sur les marchés internationaux pour financer des projets verts.

La banque verte accorderait des prêts en devises africaines et non africaines à des projets soutenus ou garantis par l’État. Elle financerait ainsi l’industrie verte. Le volume de financement accordé serait proportionnel à la contribution de chaque pays au capital. Nous pensons que les remboursements pourraient parfois être libellés dans un panier de devises.

La banque serait le moteur de l’industrialisation verte. Cela pourrait contribuer à stabiliser les monnaies de la région et favoriser la dédollarisation en donnant aux pays africains la possibilité de rembourser leurs prêts en devises fortes avec des monnaies locales. Le pouvoir du dollar américain s’en trouverait également réduit si les pays africains créaient des usines pour fabriquer des composants destinés à l’énergie verte et les vendaient sur les marchés d’exportation.

En tant que dépositaire de nombreuses devises, la banque pourrait également faciliter les transferts au sein de l’Afrique. Par exemple, les paiements provenant d’un parc solaire en Tanzanie vers une usine de cellules solaires au Kenya ou en Éthiopie pourraient être crédités directement sur le solde de chaque projet auprès de la banque. À terme, la banque pourrait devenir une chambre de compensation pour les devises africaines, réduisant ainsi la nécessité de les convertir en dollars américains avant les transactions.

Comment la banque verte africaine fonctionnerait-elle avec les autres banques de développement ?

Les pays à revenu élevé pourraient se montrer sceptiques à l’idée de confier des fonds de financement climatique à des gouvernements qu’ils perçoivent comme corrompus ou techniquement moins compétents. La banque verte offrirait un canal transparent et responsable pour le financement climatique. Cela pourrait rassurer les prêteurs et les bailleurs de fonds existants. Cela faciliterait également le cofinancement avec des institutions telles que la Banque mondiale et les banques régionales de développement, à condition qu’elles acceptent les priorités de la banque verte africaine.

Les grandes banques africaines de développement, telles que la Banque africaine de développement et la Banque africaine d’import-export, s’orientent vers des priorités davantage alignées sur le climat. Mais il n’y a aucune preuve claire de progrès vers un financement adapté au changement climatique

Nous proposons que la banque verte travaille en étroite collaboration avec d’autres banques de développement à mesure que les objectifs communs évoluent. Parallèlement, elle devrait continuer à se concentrer sur la manière dont la politique industrielle peut être utilisée pour renforcer la résilience des pays face au changement climatique.

Quels sont les principaux obstacles à sa mise en place ?

La nécessité d’une nouvelle banque pour relever les défis industriels, financiers et climatiques du continent est incontestable. La création d’une telle banque ne sera pas une tâche facile. Elle nécessitera un consensus entre les pays du continent. Les pays du Nord devront également être disposés à allouer des fonds destinés à la lutte contre le changement climatique à cette nouvelle organisation.

L’ordre international est actuellement fracturé. Face aux inquiétudes croissantes concernant les puissances dominantes et leurs comportements concurrents dans le monde d’aujourd’hui, le moment est peut-être venu pour les nations indépendantes de forger de nouvelles alliances afin de contribuer à bâtir un avenir meilleur pour l’Afrique.

The Conversation

Michael Olabisi a bénéficié d’un financement de l’International Development Economics Associates (IDEAS).

Howard Stein bénéficie d’un financement de l’International Development Economics Associates (IDEAS).

ref. Pourquoi l’Afrique a besoin d’une banque verte pour développer ses propres technologies renouvelables – https://theconversation.com/pourquoi-lafrique-a-besoin-dune-banque-verte-pour-developper-ses-propres-technologies-renouvelables-279503

L’eau claire du lac Léman, bonne nouvelle ou symptôme d’invasion ? Le cas de la moule quagga

Source: The Conversation – in French – By Elora Chatain, Doctorante, Inrae

Moules quagga sur un tuyau au fond du lac Léman. Linda Haltiner/Eawag

L’eau du Léman, lac franco-suisse, n’a jamais été aussi limpide, mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour le plus grand lac d’Europe occidentale. Derrière cette apparence de carte postale se cache en réalité une invasion silencieuse : celle de la moule quagga, qui filtre massivement l’eau, au risque de bouleverser en profondeur l’équilibre du lac. Des espèces de poissons pourraient être menacées, mais aussi les activités humaines : cette espèce colonise aussi, en effet, les conduites permettant l’approvisionnement en eau.


Depuis 2015, l’eau du Léman, lac frontière entre la France et la Suisse, devient progressivement cristalline. Une aubaine pour les baigneurs : visibilité parfaite, reflets couleur turquoise… un léger air des Maldives en plein cœur de l’Europe !

Mais derrière cette carte postale séduisante se cache une question dérangeante : une eau trop claire est-elle forcément synonyme de bonne santé écologique ? Car ce changement spectaculaire n’est ici pas dû à un miracle naturel, mais en bonne partie à l’action silencieuse d’une minuscule bivalve d’à peine deux centimètres : la moule quagga.

Et si cette transparence nouvelle semble anodine, voire réjouissante, elle est en réalité le symptôme visible d’un bouleversement profond. Car sous la surface du Léman, l’équilibre du lac est en train de se redéfinir autour d’un envahisseur durablement installé. Cela pourrait à terme entraîner le déclin du phytoplancton et des poissons qui en dépendent, ainsi que des proliférations d’algues.

Jusqu’à deux litres d’eau filtrée par jour… et par moule !

Discrète, cette moule filtre l’eau avec une redoutable efficacité : jusqu’à deux litres d’eau filtrés par jour et par moule. À première vue, cela paraît insignifiant, presque anodin. Mais multipliez ce chiffre par le nombre d’invidivus, en moyenne, 4 000 individus par mètre carré, et vous obtenez une machine biologique de filtration d’une puissance vertigineuse.

Aujourd’hui, c’est une armée silencieuse qui tapisse le fond du Léman et d’autres lacs en Europe et dans le monde, transformant en profondeur son fonctionnement. Car dans un écosystème, aucun changement d’une telle ampleur ne saurait être neutre. Cette filtration massive bouleverse les équilibres biologiques et complique sérieusement la gestion du lac.

Instrument de mesure scientifique entièrement colonisé par la moule quagga après une année d’immersion dans le lac à la profondeur de 8 mètres.
LéXPLORE, Sébastien Lavanchy

De nom scientifique Dreissena rostriformis bugensis, la moule quagga est une espèce exotique envahissante. Elle n’est pas née dans le Léman.

Originaire d’estuaires du bassin pontocaspien et plus précisément du delta du Dniepr, en Ukraine, elle a voyagé malgré elle – ou plutôt grâce et à cause de nous. Transportée dans les eaux de ballast des navires ou accrochée aux coques des bateaux, elle a traversé continents et océans, colonisant les Grands Lacs d’Amérique du Nord dès 1988, bien avant d’atteindre les lacs européens. Elle est morphologiquement et écologiquement proche de la moule zébrée (Dreissena polymorpha), autre espèce invasive bien connue, mais la quagga semble présenter une capacité d’adaptation encore supérieure.

La plongée sous-marine est l’un des moyens d’évaluer l’ampleur de la colonisation de la moule quagga en profondeur du lac.
S. Jacquet, Fourni par l’auteur

On estime que le Léman a été touché en 2015, le lac voisin du Bourget en 2017. Depuis 2022, l’espèce est aussi signalée dans le lac de Garde, première occurrence au sud des Alpes. Sa présence dans le lac Majeur est désormais fortement suspectée à la suite de la détection de son ADN.

Capable de s’installer durablement, de se reproduire rapidement et de se disperser à grande échelle, la moule quagga ne se contente pas de s’ajouter à l’écosystème : elle le redessine. Elle menace les espèces locales, modifie les équilibres biologiques et impacte directement certaines activités humaines.




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Une niche écologique idéale pour l’envahisseur

Cette invasion a pourtant commencé à bas bruit. En 2015, un premier individu était observé à la station de Riva-Gare, dans le canton de Vaud en Suisse. Dix ans plus tard, le constat est saisissant : le fond du Léman est recouvert d’un véritable tapis de moules (jusqu’à 18 000 individus par mètre carré), avec une présence observée à des profondeurs supérieures à 150 mètres, bien au-delà de ce que l’humain peut explorer facilement.

Avec la plongée sous-marine, on peut voir à quel point la moule quagga colonise facilement le fond du lac et toutes sortes de substrats, ici une épave de bateau.

Cette expansion fulgurante de la moule quagga dans le Léman s’explique par une nourriture abondante, des courants favorables, l’absence de prédateurs naturels. Toutes les conditions sont réunies pour une colonisation éclair.

D’autant plus que l’espèce ne se laisse pas freiner par les contraintes extrêmes du milieu. Pression élevée, obscurité totale, températures basses ? Cela ne semble pas lui poser problème. Des individus ont été observés à 250 mètres de profondeur, certains atteignant des âges surprenants : plus de dix ans, là où sa longévité moyenne est plutôt de deux ou trois ans à proximité du littoral.

Comment parviennent-elles à survivre dans de telles conditions ? Peuvent-elles s’y reproduire ? À quel rythme ? Autant de questions auxquelles plusieurs équipes de recherche tentent aujourd’hui de répondre.

Une menace pour la production d’eau potable

Dans le fond du lac Léman, on peut retrouver de véritable tapis sous-marins de moules quagga.
Silvan Rossbacher/EAWAG

La moule quagga n’est pas difficile : elle s’installe sur tous les types de fonds. Sédiments divers, cailloux, roches… Même les fonds meubles de vase, limon et sable semblent lui convenir. Elle ne s’arrête toutefois pas aux milieux naturels.

Elle se fixe sur tous les supports disponibles sous l’eau, y compris les structures artificielles. Crépines, conduites et tuyaux de captage d’eau, notamment ceux destinés à la production d’eau potable, deviennent des supports de choix. À terme, ces infrastructures peuvent être partiellement ou totalement obstruées, compromettant l’approvisionnement en eau.

Les acteurs concernés n’ont alors d’autres choix que d’intervenir : nettoyages répétés, désencrassement des installations, ajout de filtres pour empêcher l’aspiration des moules… Autant de mesures indispensables, mais coûteuses. La présence de la moule quagga se traduit ainsi par un surcoût économique non négligeable, payé directement par les gestionnaires et indirectement par la collectivité.

Une bombe à retardement ?

Mais les dégâts causés par la moule quagga ne se limitent pas à une simple invasion de l’espace. Son mode de vie, discret en apparence, agit comme une bombe écologique à retardement pour le lac.

Gros plan sur le mollusque envahissant.
Fourni par l’auteur

Car la moule quagga est un organisme filtreur redoutablement efficace. En permanence, été comme hiver, elle aspire l’eau du lac et en extrait le plancton grâce à ses branchies. Cela n’a rien d’un détail.

Le phytoplancton, composante végétale du plancton, constitue le socle même de la vie lacustre : sans lui, c’est toute la chaîne alimentaire classique qui vacille. En effet, le phytoplancton nourrit le zooplancton (composante animale du plancton, dont les plus petits représentants peuvent aussi être ingérés par la moule). Or les alevins, ces poissons à peine éclos, dépendent directement de l’abondance du zooplancton pour survivre.

L’exemple des Grands Lacs nord-américains est sans appel. Là-bas, l’arrivée massive de la moule quagga a provoqué l’effondrement des populations de whitefish (ou corégone), un poisson emblématique qui est le pilier économique des pêcheries, tant au niveau local que dans les grands lacs profonds tempérés et froids en général : une catastrophe sociale et écologique.

Pour l’instant, le Léman n’a pas encore connu un tel scénario. Mais l’histoire nous a déjà montré comment cela peut finir.

Quand une eau « trop propre » devient un problème

En filtrant le phytoplancton à très grande échelle, les moules quagga rendent l’eau plus claire et donc plus transparente. À première vue, cela peut sembler positif, presque un argument touristique. Pourtant, cette clarté inhabituelle bouleverse, elle aussi, profondément l’écosystème.

Une eau plus limpide laisse en effet pénétrer la lumière plus profondément, stimulant la croissance des macrophytes, ces plantes aquatiques enracinées. Ces plantes, productrices d’oxygène, zones de nourricerie et de nurserie des poissons, constituent une composante importante du fonctionnement lacustre.

Mais les plantes et le phytoplancton sont en compétition et se disputent les mêmes nutriments. Résultat : plus les macrophytes prolifèrent, plus elles privent le phytoplancton de ressources, accentuant encore son déclin.

Ce cercle vicieux, connu sous le nom de boucle de rétroaction négative, s’autoentretient et verrouille le système dans un nouvel équilibre bien moins favorable à la biodiversité originelle du lac et à son fonctionnement pélagique, c’est-à-dire, dans la colonne d’eau. On parle alors de benthification des lacs (voir encadré ci-dessous).

Qu’est-ce que la benthification ?

  • La benthification est le processus par lequel l’énergie et la biomasse d’un écosystème aquatique sont déplacées de la colonne d’eau vers le fond (zone benthique).
  • Dans les lacs envahis par la moule quagga, ce phénomène est amplifié par sa forte capacité de filtration. En pompant le phytoplancton et les particules en suspension, la moule clarifie l’eau et transfère la matière organique vers les sédiments sous forme de fèces et de pseudofèces. Cette accumulation enrichit le fond, modifie les cycles des nutriments (notamment le phosphore) et peut favoriser le développement d’algues et de bactéries benthiques.
  • Les enjeux sont écologiques et socio-économiques : transformation des réseaux trophiques, déclin d’espèces planctoniques et de poissons dépendants du zooplancton, proliférations d’algues filamenteuses ou toxiques, et altération des habitats littoraux. La benthification liée à la moule quagga illustre ainsi une réorganisation profonde et durable du fonctionnement des lacs.



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Alors, pourquoi ne pas simplement éliminer la moule quagga ?

La réponse est simple et brutale : parce qu’il est déjà trop tard et la colonisation du mollusque quasi totale. Imaginer son éradication complète du Léman relève aujourd’hui de la fiction, et tenter de le faire risquerait de provoquer un désastre écologique encore plus grave.

La seule option réaliste consiste désormais à apprendre à vivre avec cette espèce, comme c’est souvent le cas avec les espèces exotiques, à mieux comprendre son écophysiologie, à observer l’adaptation des écosystèmes, et surtout, à éviter que l’histoire ne se répète ailleurs. Cela passe par des gestes simples mais cruciaux : rincer soigneusement les coques de bateaux, le matériel de plongée et les équipements de loisirs avant de passer d’un lac ou d’un cours d’eau à un autre.

Car si la moule quagga a déjà gagné la bataille du Léman, la guerre contre sa propagation n’est pas encore perdue pour d’autres lacs. Et il reste à étudier et tester l’ensemble des pistes disponibles pour aider à la conservation des espèces natives du Léman, notamment en travaillant sur la restauration des habitats.

The Conversation

Jean-Nicolas Beisel a reçu des financements de l’ANR (projet QUALAG pour la période 2025-2029).

Stéphan Jacquet a reçu des financements de l’ANR (projet QUALAG pour la période 2025-2029)

Elora Chatain et Théo Gonin ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. L’eau claire du lac Léman, bonne nouvelle ou symptôme d’invasion ? Le cas de la moule quagga – https://theconversation.com/leau-claire-du-lac-leman-bonne-nouvelle-ou-symptome-dinvasion-le-cas-de-la-moule-quagga-278611

Descansar, disfrutar y compartir: tres reglas de oro para la salud neuronal y la prevención de enfermedades

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rodrigo Ramos-Zúñiga, Neurocientífico, Universidad de Guadalajara

Astrid Gast/Shutterstock

“Grandes médicos son el sol, el aire, el silencio y el arte”.

Santiago Ramón y Cajal.

Es de noche en el bosque neuronal, la glándula pineal ha entendido muy bien el mensaje de la oscuridad que se ha captado por la ventana de la retina y ha enviado como emisario a la melatonina para que el sistema de encendido y apagado temporal del estado de consciencia y del ciclo circadiano del sueño se active.

En unos minutos más, el cerebro modificará su patrón electrofisiológico, dejando la actividad del estado despierto. Este se caracteriza por un patrón de ondas eléctricas Beta, que predominan en el lóbulo frontal. Dará paso entonces al sueño de ondas lentas, de predominio posterior. Por periodos específicos, se sorprenderá con los ensueños más sofisticados y propios de un best seller o de una película premiada por la academia. Una obra que puede tener entre sus principales protagonistas al propio portador de ese cerebro.

Este sueño paradójico, denominado así por tratarse de un sueño profundo con una importante actividad cerebral, alcanza sus etapas más profundas y sus periodos de mayor actividad neuronal durante la madrugada. En esas fases, el cerebro se resetea. Elige la información trascendente para conservarla en la memoria, y se deshace de la información irrelevante para enviarla al olvido, como si fuera una carpeta de spam.

“Mariposas del alma”

Por si fuera poco, en esta etapa, las “mariposas del alma” limpian sus alas. La metáfora es de Santiago Ramón y Cajal, Premio Nobel en 1906, quien describió a esas neuronas “aladas” como las células responsables de la identidad humana.

Las “mariposas del alma” necesitan recuperarse de su pulular por diferentes redes, circuitos y trayectos. Y es en esta etapa de descanso cuando diferentes mecanismos celulares y moleculares recogen la basura de los traspatios neuronales. Se evita así que las sustancias de desecho atrapen las conexiones, como si fuesen telarañas que habitan en ciertos rincones del cerebro.

También se consigue que no se depositen compuestos inflamatorios, tóxicos, o de proteínas deformes. Es el caso de la proteína tau o de la beta-amiloide, que aparecen cuando existe alzhéimer e interfieren, al acumularse, con la función cognitiva y emocional.

El sistema glinfático, recientemente descubierto, es en parte responsable de las tareas de lavado de las neuronas durante el periodo de sueño. Un sistema de “riego hidráulico”, que utiliza el mismo líquido del cerebro para mantenerlo funcional.

Así pues, descansar y dormir juegan un papel fundamental en el cerebro saludable. No solo porque permiten la recuperación de la sensibilidad y la reactividad de los sistemas neuronales, sino porque en este periodo fisiológico concurren una serie de eventos que resultan fundamentales para la salud mental y general de las personas.

Durante este espacio temporal, el cerebro recupera sus umbrales de funcionamiento óptimo. ¿Cómo lo consigue? Pues consolida la memoria, reorganiza la actividad eléctrica cerebral y permite que la fase de sueño paradójico, también conocida como de movimientos oculares rápidos (REM, por sus siglas en inglés), genere un descanso reparador, que resulta indispensable para el control emocional.

Mientras dormimos se afinan también los sistemas neurohormonales y se promueve la estabilidad del sistema inmune. También tienen lugar los procesos de saneamiento y limpieza de las proteínas anormales antes referidas.

El descanso y la vida

La vida cotidiana involucra múltiples funciones asociadas a nuestro reloj biológico. Por ello, el descanso se vincula con la salud mental de forma relevante.

Por ejemplo, uno de los síntomas más tempranos de depresión es el insomnio, a veces en forma de sueño fragmentado. Las alteraciones emocionales en el adulto mayor pueden ser la antesala de muchos procesos degenerativos que aparecerán con toda su expresión clínica en etapas posteriores.

El esparcimiento y el ocio saludable son fundamentales para el equilibrio emocional y para mantener la capacidad intelectual. Sus beneficios inciden también en aquellos procesos cognitivos que construyen la identidad de las personas: consciencia, orientación, memoria, lenguaje, capacidad de abstracción, capacidad analítica, capacidad de predicción y funciones ejecutivas, entre otras.

Adicionalmente, se puede asociar al disfrute y a la activación de las vías cerebrales del placer y la recompensa, lo que le agrega el componente lúdico a los periodos de descanso más allá de la salud mental y salud física. Es decir, descansar también resulta de interés por la posibilidad hedónica.

El verdadero valor del esparcimiento y de la pausa, en contraste con el ritmo acelerado de la vida actual y la presencia de inercias cotidianas estresantes, es que permite una recuperación funcional en el individuo, extensiva a su comunidad gracias a la socialización y a la empatía. Una cualidad que nos otorga estabilidad y mayor capacidad para resolver conflictos.

El descanso constituye una oportunidad para conectarse con modalidades sensoriales diversas. Estas contribuyen a mantener la paz y la tranquilidad sin sobresaltos. Nuevos olores, paisajes naturales, música, el sonido de las olas, el concierto de la naturaleza, el silencio y lecturas diferentes a nuestros hábitos de búsqueda ordinaria.

Solitud necesaria

También es necesario procurar los espacios introspectivos de solitud. Equivale a delimitar la conexión excesiva, la hiperconectividad y la invasión digital en nuestro entorno

Un enfoque que permite concentrarnos en lo más relevante de la comunicación interpersonal y acrecentar la capacidad de socializar con personas importantes de nuestra esfera afectiva. Atajamos así interferencias de otras redes, como internet o la Inteligencia Artificial.

Existen momentos en que también es necesario dejar fluir los pensamientos, y renunciar a categorizar todo el cúmulo de información que nos rodea. El reciclaje de la metacognición, entendida como la capacidad de pensar o discernir sobre nuestros propios pensamientos, puede derivar en un sobrepensar. Esto desemboca en un hiperpensamiento obsesivo, que obstaculiza el verdadero descanso.

La pausa representa, literalmente, una desconexión selectiva y a la vez una prescripción terapéutica. Al cambiar nuestros ritmos de habituación, podemos aprender a modificar nuestras inercias repetitivas y estresantes, que se identifican con entornos poco saludables.

Resiliencia neuronal y cómo conseguirla

El primer concepto de resiliencia fue postulado por la teoría evolucionista de Darwin. Según esta, la especie que sobrevive es la que tiene mayor capacidad de adaptarse.

Posteriormente, se identificó como una estrategia de recuperación del comportamiento tras situaciones o experiencias críticas. Actualmente se aplica también al escenario fisiológico, cuando las células del sistema nervioso pueden recuperarse después de haber sufrido una lesión. Recientes descubrimientos plantean la novedosa posibilidad de que los tratamientos para los trastornos de estrés humano puedan basarse en inducir mecanismos de resiliencia neuronal.

Desde una perspectiva integral, la resilencia significa un proceso de aprendizaje constante sustentado en experiencias previas y en la forma en que las abordamos. A través de ella diseñamos una ruta de hábitos creativos y proactivos vinculados con la recuperación funcional. Concurre tanto en los microespacios biológicos como en los teatros de la vida personal y social. Hoy por hoy, representa la habilidad adaptativa como estrategia para sobrevivir y también para convivir.

Equilibrio emocional y cognitivo

Gracias al proceso reparador del descanso, podemos aspirar a mantener una mente saludable. Si preservamos la capacidad de conectarlo con otras estrategias, como la dieta, el ejercicio, la convivencia, la socialización, la conversación y la introspección reflexiva, hallaremos la ruta idónea para que la emoción y la cognición sean propositivas. De este modo, constituirán un hábito sistemático y diseñaremos nuestra propia medicina preventiva personalizada.

The Conversation

Rodrigo Ramos-Zúñiga no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Descansar, disfrutar y compartir: tres reglas de oro para la salud neuronal y la prevención de enfermedades – https://theconversation.com/descansar-disfrutar-y-compartir-tres-reglas-de-oro-para-la-salud-neuronal-y-la-prevencion-de-enfermedades-279029

Ingeniería financiera en el barril de petróleo: la cadena de valor del mercado de hidrocarburos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Enrique Parra Iglesias, Profesor Titular de Universidad., Universidad de Alcalá

Juan_Gomez/Shutterstock

Cada vez que repostamos gasolina o subimos a un avión, detrás del precio que pagamos hay algo más que oferta y demanda: una compleja ingeniería financiera diseñada para domesticar la volatilidad del petróleo.

A menudo, el debate público se centra en la geopolítica de la OPEP o en el precio del barril de Brent, pero detrás de esas cifras se esconde una gigantesca maquinaria de ingeniería de riesgos. Para que el combustible llegue al depósito de un camión o al ala de un avión, el producto ha pasado por una serie de manos que no solo han transformado la materia química, sino que han “troceado” y repartido el riesgo de precio mediante contratos de futuros, swaps y opciones.

Entender la economía del petróleo exige mirar más allá de la oferta y la demanda: requiere comprender cómo cada actor –productor, refinador y consumidor industrial– protege su margen de supervivencia en un entorno de volatilidad extrema.

El productor: asegurar la rentabilidad en un mundo incierto

En el proceso de exploración y producción (upstream), la economía se rige por la intensidad de capital. Desarrollar un campo petrolífero requiere inversiones de miles de millones de euros antes de ver el primer barril. Históricamente, un proyecto debía presentar una tasa interna de retorno o TIR (un indicador financiero de rentabilidad) robusta, generalmente superior al 15 % o 20 %, para compensar el riesgo geológico y la incertidumbre política.

Sin embargo, la transición energética ha cambiado las reglas del juego. Ante la presión de los criterios ESG y la posibilidad de un “pico de demanda” en la próxima década, los inversores exigen ahora una TIR de ciclo corto. Es decir, ya no basta con que un proyecto sea rentable en 20 años: debe recuperar la inversión en un horizonte mucho más breve.

Esto obliga a los productores a ser agresivos en sus ventas anticipadas. Mediante contratos a largo plazo, aseguran un precio mínimo (precio suelo) que garantiza el repago de la inversión inicial y se blindan contra la posibilidad de que futuras regulaciones de carbono hundan la demanda. Recordemos que una vez que empieza la producción de un campo petrolero, la mayor parte de la inversión ya está hecha y el petróleo fluirá, independientemente del precio del barril.

La refinería: proteger los márgenes

La refinería es el corazón industrial del sistema pero, financieramente, es un negocio de márgenes estrechos. Su rentabilidad no depende del precio absoluto del petróleo, sino del crack spread, es decir, del margen entre lo que cuesta el crudo y lo que se obtiene al vender gasolina, gasóleo o queroseno.

El gran riesgo es el desfase temporal. Hoy, una refinería compra pero tardará semanas en procesarlo y venderlo. Si en ese tiempo el precio de los productos finales cae, la refinería incurre en pérdidas masivas. Para anular o reducir ese riesgo, recurre a las coberturas (hedging) en el mercado de futuros: vende el producto final el mismo día que se fija el precio de compra de la materia prima.

La mecánica de la cobertura

Imaginemos una refinería que procesa gasóleo:

  • Día 1 (compra de materia prima): la refinería compra un cargamento de crudo a $80/barril. En ese momento, el gasóleo para entrega en un mes cotiza en el mercado de futuros a $100/barril.

  • Día 30 (venta física): el mercado ha caído. El precio Platts del gasóleo físico es ahora de solo $85/barril.

El margen operativo esperado el día 1 era de 20 dólares. Para proteger ese margen, la refinería vende en ese momento futuros de gasóleo a 100 dólares. El día 30, con el producto más barato de lo esperado, la refinería venderá su gasóleo a 85 en el mercado físico. Como el crudo le costó 80, su beneficio real es de solo 5 dólares por barril. Pero como en el mercado financiero tenía una venta de futuros a 100 dólares, y el precio ha bajado a 85, recompra esos contratos y gana 15 dólares por barril.

La refinería obtiene así exactamente el margen que planeó y permanece inmune a las oscilaciones del mercado internacional.

El precio del día: la importancia de Platts

Un concepto crítico es cómo se determina el valor del producto cada día. La mayoría de los contratos físicos se rigen por las cotizaciones de agencias como Platts. Estas agencias establecen el precio spot basándose en transacciones reales en ventanas de tiempo muy cortas.

Las refinerías sincronizan sus coberturas con estas ventanas. Venden sus cargamentos de gasóleo o queroseno en los días exactos en que los contratos físicos fijan precio (las fechas de fijación o pricing dates). No el día de entrega, sino el día en que se fija el precio (normalmente, en torno a los días en que los barcos se cargan con el producto). De este modo, eliminan cualquier exposición al azar: el mismo día que se determina cuánto cobrarán por su producto en el mundo real cierran su posición de cobertura en el mundo financiero.

El comercializador: el eslabón del traslado inmediato

Bajando por la cadena llegamos al comercializador (estaciones de servicio o distribuidores). Aquí la dinámica es mucho más inmediata. El comercializador compra el producto a la refinería basándose en el precio spot (el del día) o en una media mensual.

Debido a que sus márgenes son pequeños y su capacidad de cobertura financiera y de almacenamiento son mucho menores que los de la de una refinería, el comercializador traslada la cotización (el Platts) de forma inmediata al surtidor. Si el precio del gasóleo sube hoy en los mercados internacionales el coste de reposición del comercializador subirá mañana. De ahí que el precio final se ajuste inmediatamente para evitar la descapitalización de la empresa.

Las aerolíneas: el queroseno como variable estratégica

Otro caso destacado es el de las aerolíneas, que son los consumidores de queroseno de aviación (jet Fuel) y operan bajo una presión única: venden billetes hoy para vuelos que muchas veces tardarán meses en producirse. Para el sector aéreo, el combustible puede suponer hasta el 30 % de sus costes operativos.

Normalmente, para gestionar este riesgo las compañías se cubren con los precios futuros del queroseno. El proceso suele ser doble:

  1. Tenders: realizan licitaciones de largo plazo para acordar con un proveedor el suministro del combustible a un diferencial fijo sobre el precio spot asumiendo el riesgo de precio.

  2. Hedging: utilizan instrumentos financieros (swaps, collars) para fijar el coste del combustible en el momento en que lanzan sus campañas de precios de billetes. Al asegurar el coste del queroseno, transforman una variable volátil en un coste fijo, permitiendo que el negocio aéreo sea predecible a pesar de las turbulencias energéticas.

Derivados avanzados: swaps y collars

Para elevar su nivel de eficiencia, las empresas se valen de productos financieros que permiten una gestión del flujo de caja más limpia:

  • Commodity swaps: es un contrato donde, por ejemplo, una aerolínea y un banco intercambian un precio variable (el Platts diario del queroseno) por un precio fijo durante un periodo. Esto permite a la empresa saber con exactitud cuánto pagará por su combustible durante todo un año, independientemente de las crisis geopolíticas.

  • Collars: en esta operación se establece un rango de precios: por ejemplo, se asegura no pagar nunca más de 110 dólares por el queroseno, pero a cambio se acepta no pagar menos de 85, incluso si el mercado cae por debajo de esa cifra. Esto permite presupuestar con una certeza absoluta dentro de una banda de precios aceptable.

La paradoja de la transición energética

La transición hacia energías limpias introduce una nueva capa de complejidad. La reducción de la inversión en nuevas refinerías tradicionales puede generar periodos de escasez de capacidad, lo que dispara los márgenes de refino (crack spreads) de las plantas existentes.

Además, la aparición del combustible sostenible de aviación (SAF, sustainable aviation fuel) obliga a las aerolíneas a gestionar un nuevo tipo de riesgo: el diferencial de precio entre el queroseno fósil y el biocarburante.

El mercado de derivados para los SAF aún es inmaduro, lo que obligará a los departamentos financieros de las aerolíneas a realizar ingenierías mixtas para promediar sus costes de descarbonización sin perder competitividad.

La búsqueda de certidumbres

En conjunto, la economía del petróleo no es tanto un mercado donde se apuesta por el precio como un mecanismo diseñado para neutralizarlo. Cada actor busca eliminar la incertidumbre de su cuenta de resultados: el productor asegura su rentabilidad, la refinería protege su margen y las aerolíneas estabilizan sus costes. Los mercados financieros actúan como el sistema que permite redistribuir ese riesgo sin que la cadena se rompa.

Paradójicamente, lo que percibimos como volatilidad en el precio del combustible es, en realidad, el resultado de un sistema que trabaja constantemente para contenerla.

The Conversation

Enrique Parra Iglesias no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Ingeniería financiera en el barril de petróleo: la cadena de valor del mercado de hidrocarburos – https://theconversation.com/ingenieria-financiera-en-el-barril-de-petroleo-la-cadena-de-valor-del-mercado-de-hidrocarburos-279124

Teens and young adults are driving the demand for online abortion pills via telehealth – new research

Source: The Conversation – USA (3) – By Dana Johnson, Postdoctoral Fellow in Health Disparities Research, University of Wisconsin-Madison

Abortion pills have been shown to be safe and effective. MementoJpeg/Moment via Getty Images

Teens in the U.S. are obtaining medication abortion pills through telehealth, and young people age 18 to 24 are ordering medication abortion at much higher rates than older adults.

Those are the key findings of a new study that my colleagues and I published in the journal JAMA Health Forum.

We examined requests for medication made to an online telemedicine service – one of the few to support people in all 50 states, without age restrictions. We compared average weekly request rates both before and after the Supreme Court overturned Roe vs. Wade in June 2022. Over time, we examined request rates across three age groups (15-17, 18-24 and 25-49) and by the severity of state-level abortion restrictions.

After Roe was overturned, researchers expected the number of abortions across the U.S. to fall. Intuitively, this makes sense, as most states have at least one law substantially restricting abortion services, which limits access at a clinic.

However, research from the Society of Family Planning #WeCount project shows the opposite: that the number of abortions has increased nationwide. The trend was even seen in states that ban abortion.

The main reason for this is the steep rise in medication abortion services through telehealth, which has expanded access for tens of thousands of people. As of early 2025, an estimated 1 in 4 abortions are done via telehealth. Until now, research and media attention have largely focused on this phenomenon among adults rather than among teenagers.

Why it matters

Understanding this trend among adolescents is important because minors – or teenagers under 18 – face a unique legal situation when it comes to abortion.

More than 7 million teenage girls age 13 to 17 live in a state with an abortion ban, and the legal landscape is quickly changing for teens.

In most states, adolescents seeking abortion services must navigate parental involvement laws, which require a minor to obtain consent for, or notify a parent of, their abortion. Such laws make it difficult or even impossible for many teens under 18 to obtain care, even in states like Massachusetts or Pennsylvania that have moved to protect abortion access.

In some cases, teens seek judicial bypass services, which help them avoid the parental involvement process. In addition to legal barriers, teens who seek abortion may already face stigma around teen pregnancy and sex, likely lack reliable access to a car – or may not even have a driver’s license – and probably don’t have US$600 or more on hand to pay for an abortion at a clinic.

To circumvent these barriers, minors are bypassing parental involvement requirements and requesting telehealth at higher rates in states with parental involvement laws, compared with their counterparts in more liberal abortion access states.

This is important because this trend may be evidence of the huge barrier of parental involvement laws. It may also signal that states with parental involvement laws also have additional policies restricting abortion – such as mandatory waiting periods or gestational bans – and that minors are living in an even more restrictive policy context than adults.

What still isn’t known

More research is needed to understand how and why teens are turning to online providers. Findings will help clinicians and advocates support adolescents who are ordering telehealth medication abortion online.

There are some very real legal risks involved for any teenager ordering pills online, and young people have been criminalized for taking abortion pills ordered from online sources.

Furthermore, anti-abortion prosecutors and lawmakers frequently target teens. For example, Idaho has become notorious for passing an “abortion trafficking” law, which makes it illegal to help minors access abortion.

At the federal level, attempted revisions to the Food and Drug Administration’s approval of the abortion drug mifepristone have explicitly tried to ban access for minors, and federal officials continue to spread misinformation about the safety of medication abortion for teens.

The Research Brief is a short take on interesting academic work.

The headline of this article has been updated to more accurately reflect the 18-24 age group that is driving this trend.

The Conversation

Dana Johnson receives funding from the National Institute of Health, the Society of Family Planning Research Fund, and the UW-Madison Collaborative for Reproductive Equity. She also serves on the Board of Directors for Jane’s Due Process.

Laura D. Lindberg is affiliated with Youth Reproductive Equity and Power to Decide

ref. Teens and young adults are driving the demand for online abortion pills via telehealth – new research – https://theconversation.com/teens-and-young-adults-are-driving-the-demand-for-online-abortion-pills-via-telehealth-new-research-277943

The unseen challenges of life on the Moon

Source: The Conversation – UK – By Damian Bailey, Professor of Physiology and Biochemistry, University of South Wales

For the first time since the Apollo era, humans are preparing not just to visit the Moon, but to live and work there for weeks, months – and eventually years.

But what would it really be like to spend an extended period on the lunar surface? The answer is exhilarating – and brutally unforgiving. An exciting new era of deep-space exploration is opening up. The US Artemis programme aims to set up an outpost on the Moon’s surface. It marks a fundamental shift in how we explore space.

Rather than just leaving “flags and footprints” as the Apollo missions did, Nasa wants to establish a sustained human presence on the Moon, beginning at the lunar South Pole.

The programme unfolds in stages. In 2022, the Artemis I mission successfully tested the Space Launch System (SLS) rocket and Orion spacecraft as an integrated system on an uncrewed mission around the Moon.

On April 1, 2026, Nasa launched Artemis II a ten-day mission, carrying four astronauts around the Moon.

The four Artemis II astronauts arrived at Kennedy Space Center in Florida on March 27, 2026 to begin final preparations for launch.
NASA/Jim Ross

As Nasa’s first crewed flight of Orion and SLS, Artemis II is a pivotal mission designed to verify that life-support systems, navigation, thermal protection and deep-space operations all function safely with humans onboard.

Before astronauts can live on the Moon, the journey there must be proven reliable.

Beyond these early missions, Nasa’s long-term vision extends far beyond a single landing. Nasa plans to spend US$20 billion (£15 billion) on a lunar surface base, intended to support repeated and progressively longer surface stays. This is designed to teach us how to operate sustainably beyond Earth – knowledge that will ultimately feed forward to future human missions to Mars, the horizon goal.

Health challenges

Living on the Moon will challenge every organ system in the human body. The lunar environment exposes astronauts to a unique space exposome – the combined set of
physical, chemical, biological and psychological stressors encountered beyond Earth.

Japanese astronaut Satoshi Furukawa works out on the International Space Station.
Regular exercise will be critical for staying healthy on the Moon. Here, Japanese astronaut Satoshi Furukawa works out on the International Space Station.
Nasa

These include reduced gravity (about one-sixth of Earth’s), chronic exposure to cosmic radiation, extreme temperature swings, toxic lunar dust, isolation, disrupted sleep-wake cycles, and prolonged confinement.

Unlike astronauts in low-Earth orbit, lunar crews operate largely outside Earth’s protective magnetic field. This increases exposure to space radiation, which can damage DNA, disrupt immune function and affect the brain and cardiovascular system in subtle but potentially serious ways.

Reduced gravity also fundamentally alters how blood, oxygen and fluids move around the body. Microgravity can disrupt how blood, oxygen and glucose are delivered to the brain, potentially increasing vulnerability to neurological and vascular dysfunction over time.

This figure was modified with permission.
The physiology of survival: Space.

To properly understand these risks, we need to look beyond individual organs and instead consider the space integrome – the way that the brain, heart, blood vessels, muscles, bones, immune system and metabolism interact as an integrated whole under space conditions. A small disturbance in one system sends ripples through others.

One of the most challenging aspects is that many space-related physiological changes develop insiduously. Astronauts may feel well while complications simmer beneath the surface, only becoming apparent months or even years later.

That is why Nasa places such emphasis on long-term physiological monitoring and human risk mitigation in its Artemis science strategy.




Read more:
Nasa plans to have a permanent base on the Moon by 2030 – how it can be done


Reducing the risk

The encouraging news is that humans are remarkably adaptable. The challenge is guiding that adaptation in safe and sustainable ways. Space countermeasures are the tools used to reduce risk and preserve astronaut health.

Exercise remains the cornerstone. On the International Space Station, astronauts spend around two hours per day exercising to protect muscle mass, bone density and cardiovascular function. On the Moon, however, exercise systems must be redesigned for partial gravity, where familiar Earth-based loading no longer applies.

Lunar regolith (soil) could be used to create structures that protect habitats from radiation and micrometeoroids.
Foster + Partners

Nutrition is another powerful countermeasure. Diet influences bone health, muscle maintenance, immune resilience and even how the body responds to radiation.

Personalised nutrition strategies, tailored to individual physiology rather than a “one-size-fits-all” menu, are likely to become increasingly important during long lunar missions.

Artificial gravity is also being explored. Short-radius centrifuges could expose astronauts to brief periods of increased gravitational loading, potentially helping stabilise cardiovascular and neurovascular systems. While still experimental, this approach may prove valuable for future surface missions.

Vegetables grown in a lunar base greenhouse could enhance astronaut nutrition.
Nasa

Radiation protection will rely on multiple layers of defence: habitat shielding – potentially using structures made of lunar soil – early warning systems for solar storms, and operational strategies that limit exposure during high-risk periods.

Crucially, countermeasures should be proactive rather than reactive. Continuous physiological monitoring, wearable sensors and advanced data analytics may allow mission teams to detect early warning signs and intervene before small problems become mission-limiting ones.

Spending extended time on the Moon will be awe-inspiring. Imagine watching Earth hang motionless above a stark, silent horizon, or working under a sky that never turns blue.

Lunar base
A lunar base would teach humans how to operate sustainably beyond Earth.
RegoLight, visualisation: Liquifer Systems Group, 2018

But it will also be demanding, uncomfortable and unforgiving. The Moon is not just a destination – it is a test of our biology.

If we can learn how to keep humans healthy, resilient and productive on the lunar surface, we take a decisive step toward becoming a truly spacefaring species. Artemis shows that exploration is no longer about brief heroics.

It is about sustainability, adaptability and understanding ourselves as deeply as the worlds we seek to explore.

In learning how to live on the Moon, we may ultimately learn as much about life on Earth as we do about our future beyond it.

The Conversation

D.M.B. is the outgoing Chair of the Life Sciences Working Group and member of the Human Spaceflight and Exploration Science Advisory Committee to ESA. He is a current member of the ESA-HRE-Biology Panel and Space Exploration Advisory Committees to the UK and Swedish National Space Agencies. He is also affiliated to Bexorg, Inc. (USA) focused on the technological development of novel biomarkers of cerebral bioenergetic function in humans. He is supported by a Royal Society Wolfson Research Fellowship (Grant No. WM170007).

ref. The unseen challenges of life on the Moon – https://theconversation.com/the-unseen-challenges-of-life-on-the-moon-273370

¿Colonias humanas en la Luna? Qué dice el derecho internacional sobre instalarse a vivir en el satélite

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Christian Domínguez Expósito, Profesor Ayudante Doctor de Derecho Internacional Público y Relaciones Internacionales, Universidad de Alicante

La NASA acaba de cambiar de planes. En el marco del evento “Ignition”, celebrado en Washington D. C., se anunció que el ambicioso “Gateway” –la estación espacial en órbita lunar que pretendía actuar como punto intermedio– queda suspendido temporalmente.

La prioridad es establecer una colonia permanente en la superficie de la Luna, cuya construcción debería comenzar antes de que acabe esta década, con una ocupación semipermanente prevista para 2032.

No están solos en esta carrera y lo saben. China y Rusia avanzan en paralelo con la Estación Internacional de Investigación Lunar (ILRS), una iniciativa conjunta que contempla una instalación científica inicial cerca del polo sur lunar hacia 2035 y la construcción de una instalación más grande y mejor equipada para 2050.

Estos planes no solo se enfrentan a obvias dificultades técnicas, sino también jurídicas. Toda actividad realizada en el espacio ultraterrestre se encuentra sujeta al derecho internacional espacial, articulada fundamentalmente en torno a cinco tratados internacionales, que juntos forman el llamado Corpus Iuris Spatialis.

La “Constitución” del Espacio

En concreto, la piedra angular de toda actividad espacial es el Tratado del Espacio de 1967 (OST).

Este tratado internacional reconoce la libertad de explorar y utilizar el espacio ultraterrestre y sus cuerpos celestes (Art. I) –incluyendo la construcción de estaciones e instalaciones en la Luna y otros cuerpos celestes (Art. XII)–. Hasta ahí, el establecimiento de una colonia humana en la Luna sería perfectamente legal.

Pero ese mismo tratado contiene una prohibición tajante: ningún Estado puede apropiarse del espacio ultraterrestre y sus cuerpos celestes mediante soberanía, uso, ocupación o de ninguna otra manera (Art. II).

¿En qué momento el “uso” legítimo del suelo lunar por una colonia se convierte en una “ocupación” que viola el tratado? Una capa de complejidad adicional se añade cuando dichas colonias adquieren un carácter permanente, como el pretendido, pues en la práctica acabaría generando una forma de propiedad o soberanía encubierta sobre el suelo lunar.

Recursos para una colonia autónoma

Para que una colonia sea sostenible, sus habitantes no pueden depender indefinidamente de suministros enviados desde la Tierra. La solución pasa por usar los recursos que ya se encuentran allí.

El agua es el recurso más codiciado: se ha detectado en forma de hielo en las regiones polares de la Luna. Pero también está el polvo lunar –el regolito–, que puede servir para fabricar infraestructuras in situ mediante impresoras 3D. Estos recursos son limitados, de manera que el primero en acceder a ellos tendrá una ventaja estratégica considerable.

Aquí el derecho internacional vuelve a quedarse corto. El Tratado del Espacio de 1967 no dice nada sobre si extraer recursos de un cuerpo celeste constituye o no una forma de apropiación prohibida. El único instrumento que abordó el tema de forma explícita, el Acuerdo de la Luna de 1979, declaró que los recursos lunares son “patrimonio común de la humanidad” y exigió un régimen internacional común para su explotación (Art. 11). El problema es que ese tratado solo cuenta con 17 Estados Parte, entre los que no figura ninguna gran potencia espacial. En la práctica es papel mojado, al menos hasta el momento.

El resultado es una división en la comunidad internacional. EE. UU. y sus socios optan por una postura más liberal, donde la extracción y posterior utilización de los recursos espaciales constituye una parte legítima de la libertad de exploración y utilización. China y Rusia sostienen posturas más comunitarias.

El debate se libra hoy en el principal foro de Naciones Unidas sobre derecho espacial, la COPUOS, que en 2025 elaboró un primer anteproyecto de principios sobre recursos espaciales, todavía sin un consenso claro.

Un marco del siglo XX para el siglo XXI

La ocupación del suelo lunar y la explotación de los recursos no son los únicos desafíos que plantea la instalación permanente de seres humanos en nuestro satélite natural. Cuestiones como la jurisdicción sobre las personas que vivan en esas bases y las normas aplicables en caso de conflicto son igualmente urgentes.

El actual marco jurídico internacional fue concebido en un escenario completamente distinto al actual. La cuestión es si podrá adaptarse a los nuevos desafíos a tiempo.

Los plazos son ya concretos y las grandes potencias espaciales avanzan en paralelo y sin una coordinación clara.

Ante la ausencia de un marco de gobernanza definido, los conflictos no tardarán en aparecer. Queda por ver si la comunidad internacional estará a la altura de una de las empresas más complejas y trascendentes que jamás haya afrontado.

The Conversation

Christian Domínguez Expósito recibe fondos de Universidad de Alicante.

ref. ¿Colonias humanas en la Luna? Qué dice el derecho internacional sobre instalarse a vivir en el satélite – https://theconversation.com/colonias-humanas-en-la-luna-que-dice-el-derecho-internacional-sobre-instalarse-a-vivir-en-el-satelite-279580

Ser madre y autista: cuando el momento del diagnóstico y la maternidad se entrelazan

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Irene Garcia Molina, Professora universitària i investigadora en autisme, Universitat Jaume I

La maternidad es un fenómeno universal: si bien no todo el mundo es madre, todos nacemos de una. Esta, además, puede ser autista.

“Cuando pensamos en autismo, ¿qué es lo primero que nos viene a la mente?”. Esta es la pregunta con la que inicio mis clases en la universidad, la cual introduce en materia a futuros profesionales de la educación y la psicopedagogía. La mayoría de respuestas abarcan desde un vecino autista “que no habla” hasta personajes de películas o series como Sheldon Cooper, The Good Doctor o Atípico. Primera señal de alarma: todos chicos u hombres. ¿Y las niñas, mujeres y personas de género diverso, dónde están?

El autismo en niñas se diagnostica más tarde

Actualmente, las niñas autistas reciben el diagnóstico mucho más tarde que nos niños. La ratio estimada suele ser de una niña diagnosticada por cada cuatro niños. También en España, según la Confederación de Autismo de España.

No obstante, estudios recientes, como el de Caroline Fyfe –con más de 2,7 millones de niños y niñas nacidos entre 1985 y 2020–, ponen de manifiesto a través de un modelo de proyección que la ratio alcanzaría la paridad a los 20 años. Es decir, la mayoría de niñas autistas pasan desapercibidas hasta la edad adulta.




Leer más:
¿Qué es el ‘masking’ en el autismo?


Entre las razones del infradiagnóstico están protocolos obsoletos, falta de formación en autismo y perspectiva de género por parte de los profesionales, herramientas basadas y diseñadas para niños y hombres autistas, así como un sesgo de género en la sociedad.

Este retraso en el diagnóstico no se queda en simples porcentajes. Implica años de incomprensión, esfuerzos para camuflar, dificultades escolares sin apoyo y un impacto profundo en la identidad y el bienestar psicológico.

El hijo como espejo: descubrirse autista

La experiencia de las madres de hijos autistas y cómo esa situación afecta a la dinámica familiar, sus relaciones y su salud mental se ha investigado a fondo. Sin embargo, se sabe poco sobre las experiencias y necesidades de las madres autistas, a pesar de que es un tema de especial interés para la comunidad autista.

Hasta hace poco, ningún estudio había considerado sus vivencias en el contexto español. A nivel general, había una relación que aún nadie había señalado explícitamente: muchas veces, el momento del diagnóstico y el de convertirse en madres coincidían. Y no de forma casual.

Una investigación en primera persona

Corría el año 2021, y yo tenía entre manos dos grandes proyectos que verían la luz meses después: estaba embarazada y buscando respuestas al porqué del diagnóstico tardío en España. Literalmente, estaba dando forma a mi criatura y a muchos de los proyectos que vendrían después.

Las primeras entrevistas no se hicieron esperar –yo aún en estado de buena esperanza–. Una respuesta era constante: muchas de las mujeres autistas que también eran madres se habían diagnosticado a partir de su hijo. El término “hijo”, y no “hija”, se utiliza aquí deliberadamente: ni rastro de las niñas.

Encontramos diferentes escenarios. En algunos casos, la madre se reconocía en muchas de las características de su hijo (ya con diagnóstico de autismo) e iniciaba ella sola el proceso. En otros, la maternidad había intensificado su sensorialidad.

Este punto daría para varios artículos aparte: si la sensorialidad se modifica durante la maternidad, imaginemos qué puede ocurrir en personas que ya de por sí procesan la información sensorial de forma diferente a la considerada neurotípica.

En otros casos, el profesional que había diagnosticado al niño proponía a la madre acudir a consulta y hacerle algunas preguntas, ya que “había notado algo”.

Así, ya con mi hijo durmiendo apoyado en mi brazo, escribí el artículo Until I Had My Son, I Did Not Realise That These Characteristics Could Be Due to Autism: Motherhood and Family Experiences of Spanish Autistic Mothers con una sola mano, aprovechando sus siestas.

Diagnóstico de las hijas autistas

Años más tarde, decidimos hacer las entrevistas más accesibles y cercanas, añadiendo la opción de realizarlas cara a cara. Para ello, nos centramos en nuestro territorio, la Comunidad Valenciana. En tan solo tres años apareció el primer cambio: muchas madres autistas empezaban a tener información gracias a la divulgación de científicas –la mayoría también autistas– y vivencias personales.

Se habían convertido en expertas en autismo y perspectiva de género y, lo más interesante: estaban detectando a sus hijas, iniciando el proceso diagnóstico a edades tempranas y logrando el diagnóstico en Educación Infantil. Es decir, sus hijas podían acceder a las medidas y apoyos pertinentes en la escuela, con la consiguiente concienciación y visibilización impulsada por sus madres.

Tal y como remarcó una madre entrevistada en una frase para enmarcar:

Es una exposición que hago para que mi hija no tenga que hacer el esfuerzo que estoy haciendo yo. Lo hago por ella. Prefiero que me miren a mí primero, que esta generación me juzgue, que sea yo quien reciba el golpe; para que cuando mi hija crezca, la sociedad ya lo haya superado.

Ciencia participativa

Actualmente, nuestra investigación continua, se ha especializado y ha traspasado fronteras (con la adhesión a MARG).

Pero las viejas y buenas costumbres no cambian: las madres autistas siguen decidiendo qué se investiga, y nosotras escuchamos sus necesidades para traducir los resultados en documentos, adaptaciones, guías, formación y protocolos médicos que puedan marcar un antes y un después en su maternidad, desde el embarazo hasta la crianza.

The Conversation

Irene García Molina recibió fondos en 2021 a través del Premio Compromiso Social UJI – Banco Santander para ayudarle a iniciar la investigación sobre maternidad autista.

ref. Ser madre y autista: cuando el momento del diagnóstico y la maternidad se entrelazan – https://theconversation.com/ser-madre-y-autista-cuando-el-momento-del-diagnostico-y-la-maternidad-se-entrelazan-279780

Eclipse solar: lo que les ocurre a las bacterias cuando el Sol desaparece

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ignacio López-Goñi, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología (SEM), Universidad de Navarra

bodrumsurf/Shutterstock

El próximo 12 de agosto, alrededor de las 20:30, habrá un eclipse solar total en España. Comenzará así el trío de eclipses, porque habrá otros el 2 de agosto de 2027 y el 26 de enero de 2028.

Un eclipse solar puede durar unas horas, pero la fase de oscuridad completa solo dura unos pocos minutos (depende mucho de la localidad). Una de las preguntas que me han planteado últimamente es: ¿cómo afectan los eclipses solares a las bacterias? La respuesta parece obvia: de ninguna manera.

Pero cuando uno busca en las bases de datos resulta que sí, y que hay gente que lo ha investigado. Concretamente he encontrado tres estudios y, curiosamente, los tres de investigadores indios.

Durante el eclipse aumenta la mortalidad bacteriana

El primero de ellos se publicó en 1983. Lo que hicieron sus autores fue exponer a la bacteria Escherichia coli a la luz solar durante el eclipse del 16 de febrero de 1980 en Calcuta. El eclipse comenzó a las 14:47 y duró hasta las 17:00. El 96 % de oscuridad se produjo a las 15:57. Compararon la supervivencia de la bacteria durante el eclipse y en un día normal, concretamente diez días después. Para ello emplearon dos cepas de la bacteria: el control K12 y la cepa AB2480, un mutante muy sensible a la luz ultravioleta.

Los resultados demostraron que durante el eclipse solar aumentó la muerte de las bacterias debido a la radiación. Además, las bacterias más sensibles a la radiación ultravioleta murieron en mayor proporción. La conclusión de los autores fue que durante el eclipse llega más radiación ultravioleta de lo esperado. Y esa radiación es capaz de dañar el ADN bacteriano.

Puede parecer contraintuitivo que con menos luz aumente el peligro. Al fin y al cabo, si el Sol se tapa y llega menos luz, todo debería volverse más seguro, ¿no? Pero según estos investigadores ocurre todo lo contrario, porque durante un eclipse no solo cambia la cantidad de luz, sino su naturaleza. Y eso altera completamente las reglas del juego.

Aunque el brillo en el eclipse disminuye, aumenta el efecto de la radiación ultravioleta, la más peligrosa para las células. Es como si el Sol, antes de “taparse”, dejara pasar justo la parte más dañina de su radiación. Para las bacterias, la radiación ultravioleta es letal: daña directamente su ADN, causa mutaciones, impide que se reproduzcan y provocan su muerte.

Microorganismos fluorescentes

Los otros dos artículos analizaron el efecto sobre las bacterias durante el eclipse solar del 15 de enero de 2010, que se observó también en la India. Los estudios se realizaron entre las 11:15 y las 15:15. En uno de ellos se expusieron cultivos de Escherichia coli en agua a diferentes fases del eclipse y midieron el número de bacterias vivas y los cambios en las colonias. Comprobaron una reducción entre un 51-63 % de las bacterias durante las horas pico del eclipse, lo que confirma los resultados del trabajo publicado en 1983.

Sin embargo, el estudio mostró que las poblaciones se recuperaban, e incluso podían crecer más que antes. ¿Por qué? Quizá el eclipse actúa como un filtro eliminando a los más débiles, dejando a las bacterias más resistentes, como si fuera un experimento exprés de selección natural.

Pero lo más curioso fue que las colonias bacterianas obtenidas de las muestras expuestas a la radiación del eclipse, tras ser sembradas en medio de agar nutritivo, desarrollaron colonias fluorescentes. Según los investigadores, este fenómeno podría atribuirse a los efectos mutagénicos de la radiación producida durante el eclipse.

Otros autores, durante el mismo eclipse de 2010, analizaron el efecto en cultivos de las bacterias Staphylococcus aureus, Klebsiella y Escherichia coli, y sobre la levadura Candida albicans. Expusieron los cultivos a la luz solar en Mangalore (Karnataka, India), durante el eclipse y con luz solar normal. En este caso se analizaron los cambios morfológicos en ambas situaciones, se compararon las reacciones bioquímicas y se evaluaron las diferencias en la sensibilidad a los antibióticos. Los resultados sugieren que el eclipse no solo afecta a la supervivencia, sino también al comportamiento, la morfología y las características de los microorganismos.

Aunque no se observaron cambios en las reacciones bioquímicas, hubo una muy ligera variación en la sensibilidad a los antibióticos: las bacterias durante el eclipse eran un poco más resistentes a los antibióticos. Según los autores, estos cambios fueron debidos también a los efectos de la luz ultravioleta sobre el ADN.

Resultados difíciles de interpretar

Estos trabajos sugieren que durante el eclipse aumenta el impacto de la radiación ultravioleta, lo que puede reducir temporalmente la viabilidad de las bacterias. También puede inducir cambios mutagénicos que afecten a algunas propiedades de los microorganismos. Sin embargo, los estudios sobre el efecto de los eclipses en el mundo microbiano son muy limitados y es muy arriesgado sacar conclusiones.

En realidad ,la explicación de que durante el eclipse llega más radiación ultravioleta parece que no es del todo correcta. Durante el mismo eclipse del 15 de enero de 2010 en India otros investigadores también midieron el efecto sobre la irradiación solar directa. Comprobaron que la radiación ultravioleta disminuyó de forma muy acusada a medida que la Luna cubría el Sol. El mínimo se alcanzó cerca del máximo del eclipse, cuando la ocultación solar era mayor.

Además, la reducción de la radiación fue selectiva según la longitud de onda: las longitudes de onda más cortas (más energéticas) disminuyeron más intensamente que las longitudes de onda más largas. Esto implica que durante el eclipse cambia la cantidad y calidad de la radiación ultravioleta. Resultados similares se obtuvieron en Bulgaria durante los eclipses del 11 de agosto de 1999 y del 29 de marzo de 2006.

En conclusión, no existe una evidencia robusta de que los eclipses solares alteren significativamente el crecimiento bacteriano, induzcan mutaciones específicas o cambien la dinámica poblacional de forma relevante. No hay estudios similares en revistas de alto impacto y, evidentemente, no es un campo activo de investigación.

Es peligroso mirar al Sol, también durante un eclipse

Cuando el cielo se oscurece en pleno día y el Sol queda oculto tras la Luna, todos miramos hacia arriba. Es uno de los espectáculos más fascinantes de la naturaleza. Lo que nos enseñan las bacterias es que es muy peligroso mirar al Sol durante el eclipse.

Durante un eclipse la luz ambiental disminuye y las pupilas se dilatan. Aunque parezca seguro mirar, las pupilas tan abiertas permiten que entre más radiación de golpe y el daño puede ser aún mayor.

El Sol sigue emitiendo radiación peligrosa incluso cuando está parcialmente cubierto por la Luna. Emite radiación ultravioleta, que quema las células de la retina, y también radiación infrarroja, que calienta y daña los tejidos del ojo. No lo notamos porque la retina no tiene receptores del dolor. El resultado puede ser una retinopatía solar, una lesión irreversible que causa puntos ciegos o pérdida permanente de visión.

El próximo 12 de agosto no debemos mirar directamente al Sol: es esencial usar siempre gafas homologadas, diseñadas específicamente para su observación directa, para no correr ningún riesgo.


Una versión de este articulo ha sido publicada en el blog microBIO del autor.


The Conversation

Ignacio López-Goñi no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Eclipse solar: lo que les ocurre a las bacterias cuando el Sol desaparece – https://theconversation.com/eclipse-solar-lo-que-les-ocurre-a-las-bacterias-cuando-el-sol-desaparece-279480