Un portrait de Pocahontas daté de 1616 révèle le regard des colons anglais sur les peuples autochtones américains

Source: The Conversation – in French – By Peter C. Mancall, Distinguished Professor and Professor of the Humanities, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences

La gravure de Pocahontas réalisée par Simon van de Passe en 1616 est le seul portrait connu exécuté de son vivant.
National Portrait Gallery/Wikimedia Commons

En représentant Pocahontas comme une dame anglaise, les colons voulaient démontrer que les peuples autochtones étaient appelés à adopter rapidement leur culture. L’histoire leur donnera tort.


Grâce à Disney, Pocahontas est sans doute l’Amérindienne du XVIIe siècle la plus célèbre au monde. Le film d’animation consacré à son enfance la montre conversant avec un saule, se liant d’amitié avec des animaux, chantant « Les couleurs du vent » et vivant une romance impossible avec le capitaine John Smith.

Le film de 1995 a façonné une image durable de Pocahontas. Il reprend certains éléments issus des sources historiques, mais relève aussi largement de la fiction. John Smith était bien l’un des colons anglais arrivés à Jamestown, en Virginie, peu après la fondation de la colonie en 1607. Le père de Pocahontas, Wahunsonacock (que les colons, puis Disney, ont appelé Powhatan) était le chef suprême de la confédération powhatan, dont les communautés vivaient le long de la baie de Chesapeake et de ses affluents.

Il n’existe qu’un seul portrait de Pocahontas réalisé de son vivant, très loin de l’image popularisée par Disney. Et ce portrait en dit long sur la manière dont les Anglais concevaient la colonisation.

Une famille puissante

Comme je l’explique dans mon livre publié en 2026, Contested Continent: The Struggle for North America, c. 1000 to 1680 (« Continent disputé : la lutte pour l’Amérique du Nord, de l’an 1000 à 1680 », non traduit en franças), Wahunsonacock fut la figure politique la plus importante de la Virginie des débuts de la colonisation, un territoire que les Powhatans appelaient Tsenacommacah. Grâce à un réseau d’alliances personnelles et à une remarquable habileté politique, il exerçait son autorité sur une trentaine de communautés établies le long des rives de la baie de Chesapeake et de ses affluents.

Une gravure de Wahunsonacock réalisée par William Hole figure sur cette carte de la Virginie dessinée par John Smith.
Virtual Jamestown/Wikimedia Commons

Pocahontas, également connue sous les noms de Matoaka et Amonute, avait probablement dix ou onze ans lorsqu’elle rencontra John Smith à la fin de l’année 1607. À ce moment-là, celui-ci était prisonnier de son père qui, selon le récit qu’il fera plus tard, s’apprêtait à le faire exécuter. Les historiens estiment toutefois que Wahunsonacock soumettait plus vraisemblablement Smith à un rituel d’adoption. Le colon anglais, lui, affirma que Pocahontas lui avait sauvé la vie.

En 1613, les Anglais capturèrent Pocahontas au cours d’un conflit connu sous le nom de première guerre anglo-powhatan. Après avoir obtenu la libération de sa fille en 1614, Wahunsonacock approuva son mariage avec John Rolfe, acteur majeur de l’économie du tabac de la colonie, et elle se convertit au christianisme. Entre 1615 et 1617, elle donna naissance à leur fils, Thomas.

Pocahontas en Angleterre

Deux ans après leur mariage, Pocahontas et John Rolfe se rendirent en Angleterre, où elle joua un rôle central dans la mission diplomatique menée au nom de son père.

Au cours de son séjour à Londres, qui lui permit notamment de rencontrer le roi Jacques Ier, Pocahontas posa pour un portrait réalisé par l’artiste Simon van de Passe. Sa tenue et sa posture reprennent les codes des portraits des femmes de l’élite anglaise de l’époque. L’image met en valeur son haut chapeau cylindrique, son large col de dentelle, sa robe richement brodée ou en brocart, ainsi qu’une boucle d’oreille en perle suspendue à son oreille gauche.

La gravure de Pocahontas réalisée par Simon van de Passe en 1616 est le seul portrait connu exécuté de son vivant.
National Portrait Gallery/Wikimedia Commons

Outre sa tenue anglaise, Pocahontas tient dans la main soit un éventail en plumes, accessoire courant chez les femmes de la haute société de l’époque, soit une plume à écrire. Les Européens considérant alors la maîtrise de l’écriture comme un marqueur essentiel de la civilisation, l’un comme l’autre de ces objets illustrent l’espoir des Anglais de voir les peuples autochtones adopter rapidement la culture des colons.

Le pouvoir des images

La gravure de Pocahontas n’est pas la première représentation des peuples autochtones de la côte médio-atlantique à avoir circulé en Angleterre. Les illustrations d’un ouvrage largement réédité jouèrent de leur côté un rôle déterminant pour convaincre les Anglais de fonder des colonies en Amérique du Nord.

À la fin du XVIe siècle, les promoteurs de la colonisation anglaise avaient compris que les descriptions de l’Amérique du Nord pouvaient rendre ces territoires lointains plus attractifs aux yeux des futurs colons. Ils cherchaient à persuader les hommes et les femmes d’Angleterre qu’il était possible d’y bâtir une économie prospère tout en coexistant avec les peuples autochtones.

Page de titre de l’édition de 1590 de « A Briefe and True Report of the Newfound Land of Virginia », de Theodor de Bry.‘
Livinncary/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Certains promoteurs de la colonisation comprirent que les aquarelles réalisées en 1585 par l’artiste John White, représentant les Algonquiens de Caroline vivant dans les Outer Banks, pouvaient susciter l’intérêt – et attirer des investisseurs. Ces promoteurs, proches des principaux cercles de la cour d’Angleterre et du monde de l’imprimerie, virent également l’intérêt de publier l’étude approfondie de la région réalisée par le jeune mathématicien et écrivain anglais Thomas Harriot, intitulée “A Briefe and True Report of the Newfound Land of Virginia”. En 1590, ils s’associèrent à l’imprimeur flamand Theodor de Bry pour en publier une édition illustrée, contenant des gravures inspirées des peintures de John White.

L’ouvrage décrivait les modes de vie des Algonquiens de Caroline et recensait les ressources susceptibles d’être exploitées à des fins lucratives. Certains des autochtones représentés dans ses pages ne portent qu’un pagne en peau de daim. Certaines femmes portent une jupe, mais aucun vêtement sur le haut du corps.

Pour les Européens, élevés dans l’idée que couvrir entièrement son corps était un signe de civilisation, cette apparence revêtait une forte portée symbolique. Les peuples que les colonisateurs considéraient comme des « sauvages » étaient souvent représentés nus, comme les Taïnos rencontrés par Christophe Colomb un siècle plus tôt. En revanche, les Anglais qui lisaient cet ouvrage sur les Algonquiens y voyaient un peuple qui, avec l’encadrement approprié, pouvait adopter les usages anglais, y compris le christianisme protestant.

« Ils ont déjà une certaine religion », écrivait Harriot dans “A Briefe and True Report, « qui, bien qu’éloignée de la vérité, laisse espérer qu’elle pourra être réformée plus facilement et plus rapidement. »

Pour illustrer l’idée que les peuples autochtones pouvaient être convertis à la culture européenne, les graveurs ajoutèrent des représentations des anciens Bretons, prétendument inspirées d’une ancienne chronique. Trois de ces images montrent des Pictes nus, couverts de tatouages plus nombreux encore que les Algonquiens. Ces personnages sont également dépeints comme plus violents : un homme picte tient une tête fraîchement tranchée, tandis qu’une autre gît à ses pieds ; une femme picte, elle, brandit des lances et une épée large.

Un retour à la réalité

Lorsque Pocahontas posa pour Simon van de Passe, son portrait fit bien plus que reproduire les traits de cette jeune femme, qui mourut l’année suivante, peu après avoir quitté Londres, emportée soit par une maladie, soit, selon la tradition orale d’une tribu de Virginie, empoisonnée.

À l’image des gravures popularisées par le livre de Harriot, ce portrait suggérait que les peuples autochtones adopteraient bientôt les usages anglais. Comme le rappelle l’inscription figurant sur la gravure, Pocahontas était devenue Rebecca Rolfe après son mariage. Dans ses écrits, son mari célébrait sa conversion à la foi anglicane. Le portrait semblait ainsi offrir une preuve éclatante de ce modèle de conversion culturelle.

Le père de Pocahontas mourut en 1618. Quatre ans plus tard, les Powhatans se soulevèrent contre les colons anglais. Le 22 mars 1622, sous le commandement du chef de guerre Opechancanough, ils tuèrent environ un quart des colons installés en Virginie. Les Anglais qualifièrent cette attaque de « massacre barbare » et déclenchèrent une guerre de représailles, qui culmina notamment avec l’empoisonnement massif de Powhatans en 1623 – une action que les Anglais de l’époque savaient pourtant contraire aux principes émergents du droit de la guerre.

En voyant Pocahontas représentée assise avec élégance, coiffée d’un chapeau raffiné et tenant une plume à écrire, les Anglais avaient cru que les peuples autochtones adopteraient naturellement les usages des colons. Les événements de mars 1622 leur prouvèrent le contraire.

The Conversation

Peter C. Mancall a reçu des financements de the National Endowment for the Humanities, the Huntington Library, and the Mellon Foundation.

ref. Un portrait de Pocahontas daté de 1616 révèle le regard des colons anglais sur les peuples autochtones américains – https://theconversation.com/un-portrait-de-pocahontas-date-de-1616-revele-le-regard-des-colons-anglais-sur-les-peuples-autochtones-americains-284216

Appolonia : l’histoire d’un royaume africain qui a résisté à la traite transatlantique des esclaves

Source: The Conversation – in French – By Nana Kesse, Assistant Professor of History, Clark University

La traite transatlantique des esclaves était une entreprise mondiale aux multiples facettes et hautement commercialisée. Elle s’est étendue du début du 16e siècle jusqu’au milieu du 19e siècle.

Les événements de cette période sont bien trop complexes pour se résumer à un simple schéma « coupables-victimes ». Certes, ce commerce a déshumanisé et réduit à l’état de marchandise de manière catastrophique plus de 12,5 millions d’Africains. Mais il ne s’agissait pas uniquement d’une conquête extérieure.

Les Européens ne disposaient ni des connaissances géographiques, ni de l’immunité contre les maladies tropicales endémiques, ni de la puissance militaire nécessaires pour s’aventurer à l’intérieur des terres africaines. Ils dépendaient donc des États africains et des élites marchandes locales pour l’approvisionnement en captifs.

En contrôlant les ports côtiers, en régulant l’accès au marché et en gérant les routes commerciales intérieures qui acheminaient les captifs vers la côte, ces intermédiaires africains ont rendu possible et structuré la traite des êtres humains par les Européens.

Pourtant, cette participation interne était rarement uniforme. Certaines sociétés et certains groupes africains puissants capturaient en grande partie des personnes dans des communautés plus faibles lorsqu’il y avait des guerres ou des razzias. D’autres États africains centralisés avaient choisi de ne participer ni pleinement à la traite des esclaves ni s’en abstenir complètement.

L’une de ces sociétés était le royaume d’Appolonia (aujourd’hui connu sous le nom d’État de Nzema), situé dans le sud-ouest de la Côte-de-l’Or (actuel Ghana). Au cours des quatre siècles qu’a duré l’esclavage atlantique, Appolonia n’a exporté que 352 captifs. Dans le même temps, d’autres villes de la Côte-de-l’Or, comme Elmina et Cape Coast, ont chacune expédié des centaines de milliers de captifs.

En tant qu’historien de l’Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement du Ghana, spécialisé dans l’histoire de l’environnement et de l’eau ainsi que dans la traite négrière, j’étudie depuis près d’une décennie le rôle d’Appolonia dans la traite transatlantique des esclaves. Ma récente étude révèle qu’Appolonia était la seule région portuaire de la Côte-de-l’Or où la traite transatlantique des esclaves n’a pas prospéré, même si l’esclavage des populations africaines autochtones existait au sein du royaume. À ce titre, Appolonia constitue une exception statistique et géographique dans cette économie de la traite négrière.

L’histoire d’Appolonia soulève plusieurs questions importantes. Pourquoi le royaume a-t-il vendu un si petit nombre de captifs ? Pourquoi est-il important d’étudier les régions d’Afrique où la traite négrière était moins dominante ? Et que nous apprennent des cas atypiques comme celui d’Appolonia en matière de justice historique et de réparation ?

Appolonia dans son contexte historique

Appolonia est une société akan du sud-ouest du Ghana, située à la frontière avec la Côte d’Ivoire. Les Portugais ont donné à cette région le nom de sainte Appolonia, une vierge chrétienne égyptienne, car ils l’ont découverte le jour de sa fête.

La région était composée de petits villages qui se sont regroupés pour fonder le royaume d’Appolonia à la fin du XVIIe siècle. C’est là que le premier président du Ghana, Kwame Nkrumah, est né en 1909.

La fondation du royaume d’Appolonia a coïncidé avec d’autres événements historiques majeurs sur la Côte-de-l’Or. Parmi ceux-ci figurent l’ascension du royaume ashanti au rang de superpuissance et la transformation de la région en un centre de la traite négrière transatlantique.

Ces événements ont entraîné Appolonia dans la grande économie atlantique. Cependant, Appolonia était probablement la seule société de la Côte-de-l’Or à avoir effectivement dit « non » à la traite négrière transatlantique.

Dire « non » ne signifiait pas une absence totale de participation. Les 352 personnes réduites en esclavage qu’Appolonia a expédiées représentent 0,0028 % des Africains transportés à travers l’océan Atlantique. Mon intention n’est pas de réduire ces vies précieuses à de simples chiffres, mais de montrer que, en termes de pourcentage, l’implication d’Appolonia dans ce commerce était minime.

Pour illustrer ce point, examinons quelques données comparatives.

Le tableau présente les exportations de captifs en provenance de diverses régions de la Côte-de-l’Or. Ces informations proviennent de la base de données SlaveVoyages, compilée au fil des décennies par divers chercheurs dans le cadre d’une collaboration internationale. Elle fournit des statistiques sur les personnes réduites en esclavage expédiées depuis l’Afrique et celles qui ont survécu au voyage.

Par exemple, au 18e siècle, sur la Côte-de-l’Or, des villes portuaires comme Anomabo ont enregistré 168 348 exportations de captifs, Cape Coast 100 434 et Elmina 85 636 – contre 352 pour Appolonia.

Il convient de replacer ces chiffres dans le contexte des densités de population historiques de ces régions.

Au cours des années 1700, Anomabo comptait environ 8 750 habitants ; pourtant, le nombre stupéfiant de 168 348 captifs en a été embarqué. Cela témoigne d’un trafic d’esclaves considérable. De même, Cape Coast et Elmina avaient des populations estimées respectivement à environ 5 000 et 25 000 habitants, mais enregistraient des exportations de captifs élevées.

Appolonia, en revanche, comptait une population estimée entre 15 600 et 19 600 habitants, mais n’en a exporté que 352.

Ce que cela signifie

Pourquoi Appolonia a-t-elle exporté si peu de personnes réduites en esclavage ? À partir d’une analyse de bases de données démographiques, de documents d’archives européens et de témoignages oraux, mes recherches suggèrent deux raisons principales.

Premièrement, Appolonia n’était pas une société esclavagiste. Son économie reposait plutôt sur le commerce de l’or et de l’ivoire.

Deuxièmement, le royaume a mis en œuvre des politiques, telles que le pacte d’Amonle, qui empêchaient la vente de sujets appoloniens. L’Amonle était un rituel sacré impliquant le sacrifice humain de membres de la famille royale d’Appolonia et le mélange de leur sang à une décoction spéciale à base de plantes. Ce mélange était ensuite bu tant par les dirigeants appoloniens que par les migrants qui s’étaient installés dans le royaume.

Ce rituel puissant servait de serment contraignant contre la vente des habitants et des réfugiés appoloniens, et maudissait quiconque le violait. Cette politique avait mis à mal toute velléité du système interne visant à produire des captifs destinés à la vente.

La question des réparations

L’histoire d’Appolonia complexifie encore davantage notre compréhension et notre approche de la quête de justice historique et des réparations pour la traite négrière.

Lorsqu’une victime et un responsable peuvent être clairement identifiés, la question des réparations devient relativement simple. Celles-ci peuvent prendre la forme d’actes symboliques, comme des excuses, ou de compensations financières.

C’est une tout autre affaire lorsque l’identité de la victime et celle de l’auteur sont inconnues – ou lorsque l’auteur et la victime ne font qu’un. Qui accorde des réparations à qui ?

Dans le cas d’Appolonia, nous ne connaissons pas l’identité des 352 victimes exportées. Les chercheurs, dont je fais partie, n’ont pas non plus été en mesure de retracer l’origine africaine précise de ces captifs.

Nous n’avons trouvé aucun document historique indiquant que les habitants d’Appolonia aient capturé ou acheté ces personnes pour les revendre. Dans ce contexte, faut-il attendre d’Appolonia qu’elle offre des réparations ? Si oui, à qui ?




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À l’inverse, est-il, sur le plan éthique, justifiable qu’Appolonia réclame une justice réparatrice aux Européens anonymes qui ont acheté les 352 captifs ?

Il est certain que l’histoire d’Appolonia ne contredit pas la résolution historique des Nations unies de mars 2026 déclarant officiellement la traite transatlantique des esclaves comme le « crime le plus grave contre l’humanité ». Elle ne s’oppose pas non plus à l’appel à la justice réparatrice, qui aurait dû intervenir depuis longtemps.

Les atrocités de la traite négrière sont les plus violentes et les plus dévastatrices jamais infligées aux Africains et aux personnes d’ascendance africaine. Au mieux, cette recherche apporte des perspectives nuancées et soulève des questions critiques dans le débat sur les réparations.

The Conversation

Nana Kesse bénéficie d’un financement du National Endowment for the Humanities, du programme Fulbright-Hays, de la Fondation Charlotte W. Newcombe et du Fonds Otumfuo pour l’éducation.

ref. Appolonia : l’histoire d’un royaume africain qui a résisté à la traite transatlantique des esclaves – https://theconversation.com/appolonia-lhistoire-dun-royaume-africain-qui-a-resiste-a-la-traite-transatlantique-des-esclaves-285728

Cuando la tierra tiembla y la ciudad muestra sus grietas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Celia Herrera, Directora Centro de Investigación y Desarrollo de Ingeniería, Universidad Católica Andrés Bello

Servicios de emergencia trabajan en un edificio derrumbado de Caracas la noche del 24 de junio. mytaj1/Shutterstock

La tarde del 24 de junio, en Caracas, muchos sentimos primero un sacudón fuerte y, menos de un minuto después, otro todavía más intenso. En segundos, las llamadas y los mensajes se llenaron de gritos y de noticias de derrumbes de edificaciones en La Guaira y en varios puntos de la capital. Según confirmó la Fundación Venezolana de Investigaciones Sismológicas (Funvisis), dos terremotos consecutivos, de magnitud 7,2 y 7,5 Mw, con epicentros en el estado Yaracuy y réplicas posteriores frente a las costas de La Guaira, sacudieron el norte del país y se convirtieron en el evento sísmico más fuerte en más de un siglo en Venezuela.

Doblete sísmico

Los sismólogos describen lo ocurrido como un “doblete sísmico”: dos terremotos grandes, con muy poca diferencia temporal y en el mismo sistema de fallas, algo distinto a la secuencia más habitual de un sismo principal seguido de réplicas menores.

El geólogo Feliciano De Santis, presidente de la Sociedad Venezolana de Geólogos, ha señalado que este doblete recuerda, por la extensión de los daños, al sismo de 1812, del que las crónicas ya hablaban como un evento con “multifocos”. En sus declaraciones insiste en que se trata de una zona donde la falla es bastante lineal y “se produce una rotura en un tramo de la falla y de una vez se activa otro tramo de falla”, tal como en 1812.

Medios internacionales y el Servicio Geológico de Estados Unidos han señalado que entre ambos eventos transcurrieron apenas alrededor de 40 segundos, lo que los sitúa dentro de esa categoría de doblete y ayuda a explicar por qué el impacto fue tan severo en La Guaira y en el Área Metropolitana de Caracas.

Los balances oficiales y periodísticos coinciden en que el impacto del doble terremoto ha dejado un panorama grave, con pérdidas humanas, numerosos heridos y un conjunto amplio de edificaciones dañadas o colapsadas entre Caracas, La Guaira y otros estados de la franja central. La presidenta encargada, Delcy Rodríguez, declaró el estado de emergencia a escala nacional y calificó a La Guaira como “zona de desastre”, con derrumbes de edificaciones residenciales y comerciales y afectaciones significativas en el aeropuerto de Maiquetía y en otras infraestructuras críticas.

Las zonas más afectadas

La Guaira, una franja costera encajonada entre el mar y la montaña, ya había sido escenario de los corrimientos de tierra e inundaciones que protagonizaron la llamada tragedia de Vargas (1999), ampliamente documentada como resultado de la combinación de amenazas naturales y vulnerabilidades acumuladas. Diversos trabajos han mostrado que buena parte de las condiciones de vulnerabilidad identificadas entonces siguieron presentes, de modo que el doble terremoto de 2026 actuó sobre un territorio cuyo riesgo ya había sido señalado en estudios técnicos y académicos.

En Caracas, los daños se concentran en sectores de alta densidad de construcciones, donde colapsaron o quedaron muy afectados edificios residenciales y comerciales, mientras otros con mejor diseño o mantenimiento resistieron mejor la sacudida. La ciudad es una mezcla de obras que incorporaron aprendizajes del terremoto de 1967 –con mejores diseños y detalles sismorresistentes– con otro segmento que, por falta de recursos o de control, no cumple plenamente las exigencias actuales, especialmente en sectores populares y en barrios autoconstruidos en laderas apoyadas en taludes ya inestables.




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La lección de 1967

El comportamiento de muchas estructuras refleja también la valía de varias generaciones de ingenieros que supieron aprender del sismo de 1967. De aquella experiencia –recogida en el libro de acceso abierto El terremoto de Caracas de 1967: 50 años después– surgieron FUNVISIS y las primeras normativas sísmicas modernas del país. Aunque el parque construido es heterogéneo, buena parte de las obras diseñadas bajo esos criterios sigue en pie, lo que muestra que cuando se aplican estándares rigurosos la ciudad puede responder mejor ante eventos extremos.

Desde la ingeniería civil y urbana, este evento obliga a mirar más allá de la magnitud del sismo y preguntarse por la calidad real, el mantenimiento y las condiciones de uso de nuestras infraestructuras. Venezuela cuenta hoy con normas sismorresistentes actualizadas y con estudios de microzonificación sísmica, que identifican suelos con amplificación de ondas y efectos de sitio complejos. Sin embargo, en La Guaira y en Caracas, decisiones de construcción discutibles, ampliaciones informales y ausencia de programas sostenidos de mantenimiento han configurado un conjunto de edificios y una red vial que responden de manera muy desigual ante un sismo mayor.

Mapa de microzonificación sísmica de Caracas.
FUNVISIS

En el corto plazo, la prioridad es evaluar la seguridad de las edificaciones que siguen en pie y definir cuáles pueden ser reparadas, reforzadas o demolidas, empezando por hospitales, escuelas, puentes y otras infraestructuras críticas. A mediano plazo, el doble terremoto deja claro que reconstruir sin revisar a fondo las decisiones de construcción y de mantenimiento sería insistir en bases frágiles; alinear esas decisiones con la realidad sísmica del país es una condición mínima para reducir la vulnerabilidad futura.

The Conversation

Celia Herrera no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando la tierra tiembla y la ciudad muestra sus grietas – https://theconversation.com/cuando-la-tierra-tiembla-y-la-ciudad-muestra-sus-grietas-286267

Provinciales 2026 : les paradoxes d’une élection censée sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse

Source: The Conversation – France in French (3) – By Pierre-Christophe Pantz, Enseignant vacataire et chercheur associé à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), Université de la Nouvelle-Calédonie

Deux ans après la date initialement prévue, les élections provinciales se tiennent enfin, ce dimanche 28 juin 2026, en Nouvelle-Calédonie. Reportées trois fois pour favoriser un accord sur l’avenir institutionnel, elles interviennent finalement après l’échec des négociations et l’abandon des accords de Bougival et d’Élysée-Oudinot. Ce scrutin met en lumière plusieurs paradoxes qui illustrent les blocages politiques actuels de l’Archipel océanien.


Le 28 juin 2026, les électeurs calédoniens renouvellent les assemblées des trois provinces ainsi que, indirectement, la composition du Congrès et du gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie. Dans un territoire bipolarisé, elles constituent également un baromètre du rapport de force entre les camps indépendantiste et non indépendantiste.

Initialement prévues en mai 2024, ces élections ont été repoussées pour laisser du temps aux négociations sur l’avenir institutionnel du territoire, puis la mise en œuvre des accords de Bougival et d’Élysée-Oudinot (BEO). Inévitablement, ces reports exceptionnels ont progressivement nourri les débats sur la légitimité d’élus dont le mandat a finalement été prolongé de 40 %. Les détracteurs de ces accords ont d’ailleurs contesté la légitimité de leurs signataires, transformant ce rendez-vous électoral en séquence politique où se mêlent fatigue démocratique, incertitude institutionnelle et recomposition des rapports de force.

À première vue, ces élections pourraient apparaître comme une solution au blocage politique. Pourtant, elles révèlent surtout les difficultés qu’elles sont censées résoudre. L’élection apparaît moins comme l’aboutissement d’un compromis que comme la conséquence de l’impossibilité de faire émerger un accord suffisamment consensuel.

Le paradoxe d’élections reportées pour favoriser un accord… qui n’a jamais été trouvé

Les différents reports des provinciales ont été justifiés par la volonté de laisser du temps aux partenaires politiques pour parvenir à un compromis sur l’après-accord de Nouméa.

Or, les accords conclus à Bougival (12 juillet 2025) puis à l’Élysée-Oudinot (19 janvier 2026) n’ont finalement pas permis de faire émerger le consensus politique nécessaire à leur application. Malgré deux années de discussions après les émeutes de mai 2024, les Calédoniens votent dans un contexte d’incertitude institutionnelle largement inchangé.

Plus encore, les futurs élus auront probablement pour principale mission de participer à de nouvelles négociations dont les contours restent largement à définir. Cette situation entretient l’idée d’un processus suspendu, où l’élection ne clôt pas une phase politique, mais vient combler l’absence d’accord.

Le paradoxe d’une collectivité autonome dont l’issue dépend encore de Paris

Depuis l’accord de Nouméa signée en 1998, la Nouvelle-Calédonie est engagée dans un processus de décolonisation original au sein de la République française. Si les trois référendums (en 2018, en 2020 et en 2021 ; le troisième est contesté par le camp indépendantiste) n’ont pas réussi à refermer cette séquence, l’accord trouvé entre les partenaires à Bougival laissait entrevoir un consensus entre les acteurs locaux pour une sortie de crise. Mais c’est finalement à Paris que l’avenir institutionnel du territoire s’est joué, au gré des équilibres politiques nationaux. Les débats autour des accords proposés ces derniers mois ont montré à quel point les rapports de force à l’Assemblée nationale pesaient sur le dossier calédonien, limitant l’autonomie effective du processus local.

Dans cette configuration, le scrutin provincial agit aussi comme un signal adressé au niveau national, à l’approche des échéances électorales de 2027. Pendant la campagne, certains candidats semblent privilégier une stratégie d’attente, pariant sur les échéances nationales plutôt que sur un compromis immédiat. Cette forme de « présidentialisation » tend à suspendre les arbitrages locaux dans l’attente de l’élection présidentielle, replaçant une partie du destin institutionnel calédonien dans le calendrier politique national.

Le paradoxe d’un besoin de renouvellement… sans garantie de renouvellement

Ces élections étaient attendues comme un moyen de restaurer une légitimité politique fragilisée par l’allongement exceptionnel de la mandature (sept ans au lieu de cinq ans).

Pour autant, rien ne garantit un renouvellement significatif de la représentation politique. Le mode de scrutin provincial – scrutin de liste proportionnelle à la plus forte moyenne, combiné au seuil de 5 % des inscrits nécessaire pour obtenir des élus – favorise les formations historiques les plus unies, tout en pénalisant l’éparpillement des voix et l’émergence d’une troisième voie.

Dans ce cadre, le renouvellement politique attendu par une partie des électeurs se heurte à des mécanismes institutionnels qui tendent à reproduire les équilibres existants.

Le paradoxe d’une offre politique plus diversifiée que jamais mais une fragmentation à l’issue incertaine

À l’instar de 2019, la campagne de 2026 se caractérise par une fragmentation, particulièrement en province Sud, qui cristallise les principaux enjeux de ce scrutin.

Quatre listes se réclament d’un espace central cherchant à dépasser l’opposition traditionnelle entre indépendantistes et non-indépendantistes. Elles privilégient les enjeux économiques, sociaux et de gouvernance, reléguant souvent la question institutionnelle au second plan.

Cette diversification traduit des attentes nouvelles, mais elle se heurte à un risque structurel : voir plusieurs de ces listes échouer à franchir le seuil d’éligibilité et transformer une part des suffrages en voix non représentées.

Dans le même temps, le camp indépendantiste connaît une division inédite en province Sud. Après plus de vingt ans de listes communes, l’UNI-Palika et le FLNKS se présentent séparément, accentuant une fragmentation qui ravive le souvenir de 2004, lorsque, en l’absence d’unité, aucun élu indépendantiste n’avait été désigné en province Sud. En face, le camp non indépendantiste, malgré une union majoritaire autour des loyalistes et du Rassemblement, doit composer avec l’émergence de deux listes concurrentes situées à sa droite.

Le paradoxe d’un scrutin local aux conséquences institutionnelles majeures

Enfin, ces élections illustrent une singularité calédonienne : bien que juridiquement provinciales, leurs effets dépassent le cadre local.

Pourtant, ce sont les équilibres issus du scrutin qui détermineront la composition du Congrès, la formation du gouvernement et le rapport de force dans les futures négociations avec l’État. Le scrutin agit ainsi moins comme une élection de gestion locale que comme un baromètre institutionnel.

De manière asymétrique, la bataille décisive se joue donc en province Sud, où se concentre l’essentiel du poids électoral du territoire.

Une participation sous surveillance

Alors que les provinciales pourraient constituer un moment de clarification démocratique, une abstention élevée prolongerait en réalité une tendance déjà ancienne. Depuis 2004, la baisse de la participation se vérifie scrutin après scrutin, s’inscrit dans la durée et ne se limite ni aux contextes de crise ni aux seules séquences électorales récentes. Elle traduit une forme de rejet progressif de la population vis-à-vis des partis, des élus et, plus largement, du fonctionnement institutionnel.

Ce phénomène s’accompagne d’un brouillage des repères politiques et d’un éloignement des enjeux institutionnels du quotidien. Des initiatives de démocratie participative ont émergé au Congrès, traduisant une recherche de nouvelles formes de légitimité. Mais cette dynamique reste fragile face à une tendance de fond plus large de défiance politique, désormais installée dans la durée.

« Le pari de la confiance »

Au fond, même si le nouveau rapport de force politique issu des urnes aura une importance capitale pour la reprise des négociations, l’enjeu du 28 juin ne se limite pas à la désignation des vainqueurs. Dans un paysage politique particulièrement fragmenté, marqué par l’émergence d’un espace central susceptible de jouer un rôle d’arbitre, la question est aussi celle de la capacité des institutions à dégager une majorité politique suffisamment légitime pour relancer le dialogue sur l’avenir du pays.

Le principal enseignement ne résidera peut-être pas dans la seule configuration des assemblées provinciales, du Congrès et du gouvernement, mais dans la capacité des nouveaux élus à restaurer une confiance effritée. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’accord de Bougival avait été sous-titré « Le pari de la confiance ».

Car le dernier paradoxe de ces provinciales est peut-être le plus déterminant : une élection organisée pour contribuer à sortir d’une impasse politique pourrait aussi en révéler toute la profondeur.

The Conversation

Pierre-Christophe Pantz ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Provinciales 2026 : les paradoxes d’une élection censée sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse – https://theconversation.com/provinciales-2026-les-paradoxes-dune-election-censee-sortir-la-nouvelle-caledonie-de-limpasse-286272

El misterio del covid persistente: nuevas pistas para entender por qué no desaparecen los síntomas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Narcisa Martínez Quiles, Catedrática de Inmunología (UCM) y Especialista en Inmunología (Ministerio de Sanidad), Universidad Complutense de Madrid

Daisy Daisy/Shutterstock

Todos experimentamos un gran alivio cuando en mayo de 2023 la OMS declaró que la covid-19 dejaba de constituir una Emergencia de Salud Pública de Importancia Internacional. Sin embargo, tres años después, un porcentaje de pacientes, que oscila entre un 10-20 %, continúan con síntomas: padecen el llamado covid persistente (long covid en inglés).

Aunque todavía no existe un biomarcador único ni una explicación universal para todos los pacientes, las investigaciones enfocadas en el sistema inmunitario están comenzando a revelar mecanismos que podrían contribuir a la persistencia de los síntomas. Pero antes aclaremos algunos aspectos.

¿Cuánto pueden durar los síntomas?

Actualmente se distinguen tres periodos de la enfermedad:

  • Covid agudo: se produce desde el diagnóstico de infección por el coronavirus SARS-CoV-2 hasta las cuatro semanas posteriores.

  • Periodo sintomático prolongado, que llegaría hasta los tres meses.

  • Síndrome post-covid: implica que los síntomas se prolongan más de tres meses, pudiendo durar hasta años. Esto es lo que llamamos covid persistente.

Afortunadamente, algunos pacientes en el último caso experimentan cierta mejoría transcurridos dos años desde la infección desencadenante, mientras que para otros la enfermedad continúa e incluso se agrava.

A pesar del creciente reconocimiento clínico, los mecanismos biológicos responsables de la persistencia de síntomas siguen siendo objeto de intenso escrutinio científico. Durante los últimos años, numerosos estudios han identificado alteraciones inmunológicas, lo que ha impulsado diversas hipótesis a cerca de los mecanismos subyacentes.

Entre ellas destacan la persistencia de antígenos virales (partes del virus que son identificadas como extrañas o peligrosas por el sistema imnune), activación inmunitaria crónica, autoinmunidad (cuando las defensas atacan por error a nuestras propias células, tejidos u órganos), disfunción vascular y, más recientemente, la llamada impronta inmunológica (immune imprinting en inglés), que explicaremos en detalle más adelante. Nuestro equipo ha investigado estos mecanismos, con los resultados que explicaremos a continuación.

Respuesta inmunitaria alterada

En primer lugar, diversos estudios indican que la respuesta productora de anticuerpos en personas con síndrome post-covid puede estar alterada. Concretamente, nuestras indagaciones han revelado que los pacientes presentan niveles más bajos de anticuerpos frente a la proteína Spike completa del coronavirus SARS-CoV-2 que individuos recuperados sin secuelas, mientras que los primeros responden bien a la región de unión al receptor (RBD). Recordemos que la proteína Spike es responsable de la entrada del patógeno a nuestras células mediante la interacción de RBD con la proteína ACE2.

Estos descubrimientos, lejos de constituir una explicación definitiva, encajan con algunas de las hipótesis más interesantes que actualmente se investigan para comprender la enfermedad.

Haber sufrido un resfriado común puede empeorar la respuesta al SARS-CoV-2

El término “impronta inmunológica” describe cómo las primeras exposiciones a determinados patógenos pueden influir en la respuesta frente a infecciones posteriores. Antes de la aparición del SARS-CoV-2, la mayoría de las personas ya había estado expuesta repetidamente a coronavirus estacionales responsables de resfriados comunes, tales como el HKU1. Estas infecciones generan memoria inmunológica que puede resultar beneficiosa porque proporciona cierto grado de inmunidad cruzada.

Sin embargo, también podría tener consecuencias menos favorables. Algunos investigadores proponen que, en determinadas circunstancias, el sistema inmunitario tiende a reutilizar respuestas previamente establecidas frente a esos coronavirus estacionales en lugar de generar una reacción óptima frente a nuevas regiones específicas del SARS-CoV-2.

Es decir, los niveles reducidos de anticuerpos anti-Spike observados en pacientes con covid persistente podrían reflejar una reacción inmunitaria condicionada por contactos previos con otros coronavirus humanos. Aunque esta hipótesis todavía requiere una mayor confirmación experimental, constituye un marco conceptual interesante para explicar por qué algunos individuos desarrollan respuestas de anticuerpos diferentes tras la infección o la vacunación.

Fragmentos del virus que se quedan a vivir en el organismo

Otra observación relevante de nuestro estudio es que los anticuerpos dirigidos a la proteína nucleocápside (N) del virus son fácilmente detectables en los pacientes con covid persistente. A diferencia de la proteína Spike, que es el principal objetivo de las vacunas actuales, la nucleocápside se expresa únicamente durante la infección. La presencia mantenida de anticuerpos frente a esa proteína ha sido interpretada por algunos autores como una posible señal indirecta de persistencia antigénica, es decir, de la existencia prolongada de proteínas o fragmentos virales en determinados tejidos de los pacientes.

De hecho, durante los últimos años se han acumulado evidencias de que componentes del SARS-CoV-2 pueden permanecer durante meses en órganos como el intestino, los ganglios linfáticos o determinados tejidos del sistema nervioso. Aunque esto no implica necesariamente la existencia de una infección activa, sí podría mantener una estimulación continua del sistema inmunitario. En consecuencia, la producción sostenida de anticuerpos frente a proteínas virales, como la citada nucleocápside, podría ser una manifestación de esa exposición antigénica prolongada.

Además, nuestra investigación detectó un aumento de los anticuerpos anti-nucleocápside cuando los pacientes experimentaban una reinfección en los últimos seis meses previos a la recogida de la muestra. Mientras tanto, los anticuerpos frente a la Spike completa no variaban, indicando un posible bloqueo selectivo.

Distintas respuestas defensivas

El estudio también destaca por describir diferencias en los niveles de la subclase de inmunoglobulinas –anticuerpos– del tipo G (IgG4) entre pacientes y personas sanas. Cada subclase de IgG (de IgG1 a IgG4) posee funciones biológicas diferentes. Mientras que IgG1 e IgG3 son especialmente eficaces para neutralizar patógenos y activar las funciones adecuadas de las células del sistema inmunitario, IgG4 se considera más reguladora, asociada a respuestas inflamatorias menos intensas y a fenómenos de tolerancia inmunológica.

Por ello, una respuesta dominada por IgG4 podría ser menos eficiente en la neutralización del virus, aunque potencialmente más adecuada para limitar procesos inflamatorios excesivos. En la actualidad no existe evidencia de que la elevación de IgG4 sea perjudicial ni de que cause covid persistente. Sin embargo, su aparición tras exposiciones repetidas al antígeno Spike ha despertado un gran interés porque podría reflejar mecanismos de adaptación del sistema inmunitario frente a una estimulación reiterada, como ocurre en la vacunación.

De hecho, el estudio de la producción de anticuerpos IgG4 constituye una de las áreas activas de investigación en el desarrollo de vacunas de nueva generación. Comprender qué tipos de anticuerpos proporcionan una protección más duradera y eficaz y cómo evitar respuestas excesivamente reguladoras cuando no son deseables representa uno de los desafíos de la vacunología actual.

En conjunto, los resultados de nuestro estudio refuerzan la idea de que el covid persistente no responde a un único mecanismo biológico. La interacción entre impronta inmunológica, persistencia antigénica y cambios cualitativos en la respuesta de anticuerpos podría contribuir a explicar parte de la heterogeneidad observada entre los pacientes.

Aunque todavía quedan muchas preguntas abiertas, la investigación comienza a dibujar un panorama complejo del estado del sistema inmunitario mucho tiempo después de la infección inicial por el SARS-CoV-2.

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Narcisa Martínez Quiles no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El misterio del covid persistente: nuevas pistas para entender por qué no desaparecen los síntomas – https://theconversation.com/el-misterio-del-covid-persistente-nuevas-pistas-para-entender-por-que-no-desaparecen-los-sintomas-283902

Las ondas sísmicas del terremoto de Venezuela han dado tres vueltas y media a la Tierra

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Díaz Cusí, Investigador Científico. Sismologia experimental, Instituto de Geociencias de Barcelona (Geo3Bcn – CSIC)

Destrozos causados por los sismos en La Guaira, Venezuela. Mytaj1/Shutterstock

Dos terremotos de magnitud 7,2 y 7,5 han afectado este 24 de junio a Venezuela. Los sismos están relacionados con el desplazamiento lateral entre la placa tectónica el Caribe y la placa suramericana en lo que se denomina una falla de de cizalla: una fractura en la corteza terrestre donde dos bloques de roca se desplazan horizontalmente uno respecto al otro, en direcciones opuestas. Se estima que el movimiento relativo entre las placas es de unos 2 cm por año.

El doblete sísmico

Aunque es poco frecuente que se produzcan dos terremotos de gran magnitud con muy poco tiempo de diferencia, este fenómeno tiene una explicación geológica conocida.

Las fallas tectónicas no son superficies perfectamente lisas, sino que presentan zonas más resistentes llamadas asperidades, donde las rocas permanecen fuertemente bloqueadas y acumulan una gran cantidad de tensión. Cuando la falla comienza a romperse, una parte de esa energía se libera y genera un primer terremoto.

Sin embargo, si alguna asperidad importante resiste inicialmente la ruptura, la tensión puede seguir concentrándose en ella hasta que finalmente cede, provocando un segundo terremoto de gran magnitud. De este modo, la liberación de energía no ocurre en un único evento, sino en dos etapas sucesivas, separadas por un breve intervalo de tiempo.

De hecho, en la misma zona hubo un doblete de menor magnitud en 2025 con magnitud 6,2 y 6,3, respectivamente, y otro en 1812, similar al actual, con magnitudes estimadas de 7,1 y 7,4.

Siete terremotos de similar magnitud en 2025

La zona tiene una actividad sísmica continuada, aunque inferior a otras áreas, como la costa del Pacifico. Desde el 1900 se tiene noticia de un centenar de terremotos de magnitud igual o superior a 6 en la zona. El terremoto de mayor intensidad del que se tiene noticia ocurrió el 2 de octubre de 1900 frente a la costa de Caracas.

La magnitud del terremoto principal es alta, pero no excepcional. En 2025 hubo siete terremotos de magnitud igual o superior a 7.5 y en lo que llevamos de 2026, tres más.

Ambos eventos recuerdan al terremoto de Haití de 2010, ya que ambos se sitúan en los límites de la placa del Caribe; Haití al norte, Venezuela al Sur.

Detección en tiempo real

Como es habitual para eventos de esta magnitud, este terremoto se ha registrado en los sismómetros de todo el mundo.

En los equipos de banda ancha, capaces de registrar las ondas de superficie de periodo alto, detectamos movimiento durante más de una hora.

Las primeras ondas llegaron a nuestros sismógrafos, en Barcelona, a las 22:15:36 (UTC), unos quince minutos después de la ruptura. Posteriormente las ondas de superficie, de mayor amplitud, se registran durante más de dos horas.

La imagen muestra el registro en el sismómetro horizontal instalado en el GEO3BCN-CSIC
Registro sísmico del terremoto de Venezuela en el sismómetro analógico del GEO3BCN-CSIC.
Jordi Díaz

Una vuelta a la Tierra cada tres horas

Después de terremotos de gran magnitud, los sismómetros suelen registrar las ondas superficiales que circunvalan a la Tierra cada tres horas aproximadamente.

En esta figura que sigue a este párrafo vemos estas ondas tal y como se han registrado en algunas de las estaciones de la red sísmica de Cataluña, mantenida por el Instituto Cartográfico y Geológico de Cataluña.

Ondas sísmicas registradas en intervalos de unas tres horas
Las ondas de superficie que van dando vueltas a la Tierra y se registran a cada paso, en intervalos de unas tres horas.
Jordi Díaz

En la gráfica, R1 es la onda que viaja desde Venezuela a España por el Atlántico, R2 es la onda que viaja por el lado opuesto (pasando por el Pacífico) y R3 es la misma onda que R1 después de dar una vuelta completa al planeta y sucesivamente.

Así pues, la fase R7 es una onda que ha dado tres vueltas y media a la Tierra, viajando más de 125 000 km.

25 minutos después, un terremoto en Japón

25 minutos más tarde de los terremotos de Venezuela ocurrió otro terremoto con epicentro cerca de la costa norte de Japón, de magnitud 6,9, que no ha producido daños significativos.

En la imagen que sigue a este párrafo se observa la llegada de las ondas procedentes de Venezuela (línea roja) y de Japón (línea azul) en los sismómetros de la red sísmica educativa del GEO3BCN-CSIC, con equipos instalados mayoritariamente por centros de educación media de Barcelona y Girona.

Registros de de las ondas sísmicas de los terremotos de Venezuela y de Japón
Registro de las ondas de los terremotos de Venezuela y de Japón en los sismómetros de la red sísmica educativa del Geo3Bcn-CSIC en la zona de Barcelona y Girona.
Geo3Bcn-CSIC

Aunque la profundidad del evento de Venezuela ha sido mayor, y el mecanismo de ruptura es diferente, la diferencia en la destrucción producida por los dos terremotos se puede relacionar probablemente con el nivel de preparación de cada país ante eventos sísmicos.

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Jordi Díaz Cusí no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las ondas sísmicas del terremoto de Venezuela han dado tres vueltas y media a la Tierra – https://theconversation.com/las-ondas-sismicas-del-terremoto-de-venezuela-han-dado-tres-vueltas-y-media-a-la-tierra-286162

Más allá del hantavirus: las zoonosis que sí están presentes en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Pérez Caballero, Profesor de Parasitología y Enfermedades Parasitarias, Universidad de León

El mosquito común (_Culex pipiens_) es el principal transmisor del virus del Nilo Oriental. asadykov/Shutterstock

El pasado fin de semana, el Ministerio de Sanidad de España daba por cerrado el brote de hantavirus, detectado en un crucero en mayo, después de que todos los afectados finalizaran la cuarentena o recibieran el alta hospitalaria. Terminaba por lo bajini una crisis que durante una semana recibió una enorme atención mediática. Esta historia nos muestra el creciente interés que existe alrededor de las enfermedades transmitidas por animales (zoonosis), pero también nos recuerda que no se les hace el mismo caso a todas. De hecho, hay ejemplos de zoonosis ya presentes en España que pasan desapercibidas pese a su mayor impacto.

Comprender cómo se producen ayuda a valorar mejor los riesgos reales y evita interpretaciones alarmistas.

El riesgo y la atención mediática no siempre coinciden

En la transmisión de zoonosis intervienen distintos animales. Mosquitos, garrapatas y roedores forman parte de nuestro entorno urbano y, en determinadas circunstancias, pueden contagiar enfermedades.

Sin embargo, la presencia de un animal no implica necesariamente un riesgo directo de infección. Mientras que los llamados “reservorios” permiten que el microorganismo causante de la enfermedad se mantenga en la naturaleza, son los “vectores” los que transportan al patógeno hasta las personas.

Las zoonosis no son un fenómeno nuevo: el 60 % de las patologías humanas tienen un origen animal. Esto ocurre porque compartimos una parte importante de nuestra biología con otras especies y porque convivimos con ellas desde hace miles de años. En determinadas circunstancias, algunos microorganismos son capaces de superar las barreras entre especies y adaptarse a nuevos hospedadores (nosotros).

La atención mediática que reciben estas enfermedades no siempre refleja su impacto real sobre la salud pública. Algunas zoonosis poco frecuentes generan una gran repercusión porque aparecen en contextos llamativos o inesperados, y el reciente interés por el hantavirus es un ejemplo de ello.

Mientras tanto, otras enfermedades transmitidas por mosquitos, flebótomos o garrapatas reciben menos atención pese a estar presentes en España desde hace años.

Esta diferencia puede distorsionar la percepción del riesgo. En muchos casos, el miedo se centra en determinados animales, cuando la transmisión depende de múltiples factores ambientales, ecológicos y sociales.

Comprender esta complejidad permite interpretar mejor este tipo de amenazas sin caer en alarmismos innecesarios.

Las zoonosis urbanas que sí preocupan en España

Normalmente, las zoonosis se asocian a entornos exóticos o lejanos. Sin embargo, algunas de las que más preocupan en España están relacionadas con animales y vectores presentes en nuestro entorno cotidiano.

Uno de los ejemplos más conocidos es el virus del Nilo Occidental. Este patógeno circula principalmente entre aves y mosquitos, pero en determinadas circunstancias también puede infectar a humanos y otros mamíferos.

En los últimos años se han detectado brotes y casos esporádicos en distintas zonas de España. La mayoría de las infecciones pasan desapercibidas o producen síntomas leves, pero en una pequeña proporción de casos pueden aparecer complicaciones neurológicas que requieren atención médica.

Las garrapatas representan otro ejemplo relevante. Algunas especies pueden transmitir bacterias responsables de patologías como la enfermedad de Lyme, y otras participan en la transmisión del virus de la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo.

Aunque los casos humanos son poco frecuentes, la gravedad que puede alcanzar la enfermedad ha convertido su vigilancia en una prioridad sanitaria. Su expansión se relaciona con el aumento de temperaturas y con cambios en los ecosistemas.

La leishmaniasis también forma parte de las zoonosis presentes en áreas urbanas y periurbanas españolas. Transmitida por flebótomos (un diminuto insecto parecido a un mosquito), encuentra en el perro uno de sus principales reservorios. Aunque se conoce sobre todo por su importancia veterinaria, también puede afectar a humanos y forma parte de la vigilancia sanitaria.

Los roedores urbanos constituyen otro ejemplo de convivencia cotidiana con animales capaces de mantener y diseminar algunos patógenos. En general, el riesgo de transmisión es bajo en contextos con buenas condiciones sanitarias.

Aun así, estos animales pueden participar en la diseminación de bacterias como Leptospira y Salmonella en zonas con problemas de saneamiento o acumulación de residuos.

En todos estos casos, el riesgo depende de múltiples factores ambientales, ecológicos y sociales. La simple presencia de estos animales no implica necesariamente un peligro inmediato.

Por qué están aumentando estas enfermedades

En los últimos años algunos factores ambientales y sociales han favorecido la expansión de ciertos vectores y zoonosis.

Uno de los factores más importantes es el cambio climático. El aumento de temperaturas y las modificaciones en las precipitaciones favorecen la expansión de mosquitos, garrapatas y otros vectores hacia zonas donde antes eran menos frecuentes. Los inviernos más suaves también facilitan su supervivencia durante más tiempo.

La urbanización desempeña otro papel importante. La expansión de áreas urbanas y periurbanas aumenta las zonas de contacto entre personas, animales domésticos y fauna silvestre.

Al mismo tiempo, algunos vectores se adaptan con facilidad a estos entornos. Pueden encontrar en las ciudades condiciones favorables para completar su ciclo de vida. La disponibilidad de refugios, agua y alimento facilita su presencia cerca de las personas y aumenta las oportunidades de contacto entre vectores, animales y humanos.

A esto se suma la movilidad humana y animal. Los viajes y el transporte de mercancías pueden facilitar la llegada de vectores y patógenos a nuevas regiones. Algunos de estos organismos encuentran después condiciones favorables para establecerse y expandirse en los nuevos territorios.

Sin embargo, el aumento del riesgo no significa que exista una amenaza constante: los sistemas de vigilancia epidemiológica y control vectorial permiten detectar cambios en la circulación de estos patógenos y reducir su impacto sobre la población.

Las zoonosis recuerdan que la salud humana, la salud animal y el medioambiente están estrechamente conectados. En un contexto marcado por cambios climáticos, urbanos y ecológicos, comprender cómo circulan los patógenos procedentes de animales resulta cada vez más importante.

Más que centrar la atención en amenazas puntuales, conocer cómo se transmiten estas enfermedades permite interpretar mejor los riesgos reales y reforzar las estrategias de vigilancia y prevención que protegen la salud pública.

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Raúl Pérez Caballero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Más allá del hantavirus: las zoonosis que sí están presentes en España – https://theconversation.com/mas-alla-del-hantavirus-las-zoonosis-que-si-estan-presentes-en-espana-283924

La vida efímera del rock progresivo: la cultura de masas con voluntad de gran arte

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Luis López de Lizaga, Profesor titular de Filosofía, Universidad de Zaragoza

Una actuación en directo de _The Dark Side of the Moon_ en Earls Court (Londres), poco después de su lanzamiento en 1973: (de izquierda a derecha) Gilmour, Mason, Dick Parry, Waters TimDuncan/Wikimedia Commons, CC BY

Antes de que existiesen internet y las plataformas de streaming, comprar un disco de vinilo era como hacer una apuesta. A veces conocíamos el álbum o el grupo, pero otras veces no sabíamos nada y simplemente nos dejábamos seducir por las carátulas. Si el disco nos gustaba o no, si era bueno o malo, solo lo averiguaríamos al llegar a casa.

Yo tuve suerte con mi primera compra de un disco de rock progresivo en la mítica tienda de discos Madrid Rock. Fui a dar, casi por pura casualidad, con Selling England by the Pound, considerado el mejor álbum de Genesis y uno de los mejores del género progresivo en general. Han pasado casi cuatro décadas de aquella tarde, pero no he olvidado la impresión que me produjo aquella música extraña, compleja y bellísima cuando llegué a casa y pude reproducirla en mi tocadiscos.

La crítica cultural que el semiólogo Umberto Eco calificó de “apocalíptica”, y que encarnaba ejemplarmente el filósofo alemán Theodor W. Adorno, estableció una demarcación muy rígida entre el arte serio y la cultura de entretenimiento.

No obstante, Adorno era un observador agudo, y no pasó por alto que algunos fenómenos culturales se sustraían a esa dicotomía. Diagnosticó, por ejemplo, el envejecimiento de la vanguardia musical del siglo XX que él mismo había defendido siempre. También lamentó su transformación en una producción mecanizada y rutinaria de herméticas composiciones destinadas al reducido público de los festivales de música contemporánea. Entretenida no sería aquella música, pero tampoco era ya muy seria.

En cambio, no previó la posibilidad de que brotasen obras genuinas, originales y estéticamente ambiciosas en el campo de la cultura de masas, un terreno que él juzgaba incurablemente estéril para el gran arte.

El origen de una fusión

Imagen en la calle de la portada de un álbum en la que se ve un dibujo de la cara de un hombre con la boca abierta, gritando.
Imagen en la calle de la portada del Álbum In The Court Of The Crimson King de King Crimson.
Ceescamel/Wikimedia Commons, CC BY-SA

¿Hubiera sabido reconocer Adorno el valor estético de un género musical que surgió en el Reino Unido en el año de su muerte y que alcanzó su efímero apogeo poco después? En 1969 vio la luz el álbum seminal de King Crimson, titulado In the Court of the Crimson King, considerado por muchos el primer disco de rock progresivo. Este álbum contenía ya los principales ingredientes del género: una estética musical más bien fría, incluso sombría, cierto barroquismo y gigantismo en las composiciones, una vocación vanguardista y experimental, y la inequívoca ambición de elevar el rock a la categoría de gran arte.

Para todo hay un precedente, y este género se inspiró en la psicodelia, el pop y el rock británicos de la década de 1960. Pero en lo sustancial fue un estilo completamente nuevo que aspiraba conscientemente a derribar la barrera entre el arte serio y la cultura de masas. Lo hacía, sin embargo, partiendo de esta última, es decir, de la cultura juvenil y de la música compuesta e interpretada con guitarras y bajos eléctricos, sintetizadores y baterías.

Nada, o muy poco, tienen que ver con cualquier otra cosa compuesta antes o después los extensos y complicadísimos temas concebidos por la constelación de grupos que emergieron entonces. Muchos de ellos han caído en un relativo olvido: son pocos quienes hoy recuerdan a Soft Machine, Van der Graaf Generator, Camel, incluso a Jethro Tull y Emerson, Lake & Palmer. Pero los más importantes –Genesis,Yes, Pink Floyd y King Crimson– se ganaron un puesto en la historia del rock por su brillante producción durante un breve periodo que ni siquiera abarca toda la década de los 70.

Cinco fotos en blanco y negro de cinco músicos de una banda tocando sus instrumentos y colocados en una especie de collage.
Foto de prensa de la banda Yes de 1973. De izquierda a derecha y de arriba a abajo, Chris Squire, Jon Anderson, Rick Wakeman, Alan White y Steve Howe.
Atlantic Records

Cada una de aquellas bandas se aproximaba a diferentes corrientes musicales de una época especialmente creativa: King Crimson orbitaba hacia el rock duro y el jazz experimental, Genesis se inclinaba hacia el glam y el pop, Yes entroncaba con el glam y el rock –pero no con el pop– y Pink Floyd lindaba con el rock y el pop, pero no con el glam.

Estos parentescos más o menos lejanos no rebajan la originalidad de la música progresiva. Tampoco explican las atmósferas misteriosas e insólitas que fueron capaces de crear unos músicos que parecían abordar la composición de un álbum de rock con la misma ambición con la que Mahler componía sus sinfonías.

Auge y final del género

Ciertamente, el rock progresivo era cultura de masas, y los conciertos de estas bandas llenaban teatros y estadios. Pero la autoexigencia y el ascetismo de este género musical parecían contagiarse de algún modo a las personalidades de sus intérpretes. Estos –a excepción, quizás, de Peter Gabriel, líder de Genesis– transmitían una imagen de profesionalidad bastante alejada del histrionismo y el divismo de otras estrellas del rock de la época.

Esta relativa austeridad personal se correspondía con el intelectualismo y la abstracción de unas composiciones musicales que se inspiraban en la literatura y la mitología (como en Genesis), se alejaban de los temas sentimentales y eróticos omnipresentes en el rock y el pop, y se atenían a un tono emocional más bien frío (o gélido, como en Pink Floyd y King Crimson) incluso cuando eran exuberantes (como en Yes).

Un hombre disfrazado de una especie de hombre con furúnculos actúa en un escenario.
Genesis (con Peter Gabriel disfrazado) actuando en noviembre de 1974.
tony morelli/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Su éxito no duró mucho. El denso material de aquellos temas, que con frecuencia ocupaban toda una cara de un disco de vinilo, fue desmembrándose en elementos más fáciles de digerir por el público. Así, el rock progresivo terminó diluyéndose en las corrientes que ejercían una mayor fuerza de atracción desde las posiciones contiguas del campo musical, como el pop y el rock.

Para confirmarlo basta con observar la evolución de estos grupos. Peter Gabriel abandonó Genesis en 1975, y bajo el liderazgo de Phil Collins el grupo derivó lentamente hacia un estilo pop que le cosecharía sus mayores éxitos en los años 80 y primeros 90. Algo similar sucedió con Yes, cuyas composiciones pop de la década de 1980 apenas guardan relación con sus primeros álbumes. King Crimson siempre eludió esa vía, pero desde finales de los 70 su sonoridad cambió para aproximarse sucesivamente a las heterogéneas exploraciones estéticas de su inquieto líder, Robert Fripp.

Pink Floyd tal vez sea el grupo que mejor supo mantener su personalidad original cuando concluyó la era dorada del género progresivo. Pero su supervivencia –que atravesó incluso una traumática ruptura de Roger Waters con el resto de la banda– exigió también el pago de un tributo a la comercialidad, como muestran álbumes muy exitosos como The Wall (1979) o A Momentary Lapse of Reason (1987).

El punk, que irrumpió al final de la década, probablemente contribuyó también a la liquidación de un género cuyo virtuosismo e impronta universitaria resultaban demasiado exquisitos para un público juvenil que demandaba una música más simple, airada e irreverente.

Visto en perspectiva, el rock progresivo puede considerarse como una vía muerta, algo así como el ars subtilior de la cultura popular del siglo XX. No obstante, el oyente que se asoma a esta música a medio siglo de distancia de su fugaz apogeo siente la extraña nostalgia que a veces provocan las imágenes de ciencia ficción retrofuturista: una nostalgia de mundos que nunca existieron ni existirán, pero que podrían haber existido.

Y es que en aquella música inigualable se anunció durante un breve periodo de tiempo la reconciliación de la alta cultura con el arte de masas, o el surgimiento de una cultura popular que aspiraba a estar a la altura del gran arte, y que lo logró en sus mejores frutos.


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José Luis López de Lizaga no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La vida efímera del rock progresivo: la cultura de masas con voluntad de gran arte – https://theconversation.com/la-vida-efimera-del-rock-progresivo-la-cultura-de-masas-con-voluntad-de-gran-arte-282656

Cambio climático: los incendios y las inundaciones están creando zonas no asegurables en toda Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Clotilde Cerdan Amiard, Profesora Asociada en Finanzas Sostenibles, IE University

En septiembre de 2024, graves inundaciones azotaron la localidad de Czechowice-Dziedzice, en el sur de Polonia. Ela73/Shutterstock

A medida que el cambio climático hace que los fenómenos meteorológicos extremos sean más intensos y frecuentes, las “zonas no asegurables” se están volviendo cada vez más comunes. Son una clara demostración de que los seguros –el mecanismo mediante el cual las sociedades modernas hacen frente a todo tipo de riesgos– no están estructuralmente preparados para esta nueva era climática.

Las zonas no asegurables se refieren a lugares en los que se ha vuelto imposible obtener un seguro de propiedad o costearlo. Esto puede suceder porque las aseguradoras no ofrecen cobertura en una zona de alto riesgo climático (debido a límites de cobertura o a la retirada del mercado), o porque ofrecen seguros con primas tan elevadas que la mayoría de los residentes simplemente no pueden pagarlas.

Uno de los ejemplos más claros de zona no asegurable hasta la fecha proviene de California. En 2024, State Farm, una de las mayores aseguradoras de viviendas de Estados Unidos, decidió no renovar 72 000 pólizas de seguro de hogar en todo el estado debido, en parte, al riesgo insostenible de incendios forestales.

No fue la única, ya que seis de las doce aseguradoras más grandes de California ya habían suspendido o restringido en gran medida la contratación de nuevas pólizas. Los propietarios que ya no pueden encontrar cobertura privada son derivados a la aseguradora de último recurso de California, el Plan FAIR, que pasó de tener alrededor de 271 000 pólizas en vigor en 2022 a más de 684 000 en marzo de 2026, lo que supone un aumento del 152 %.

Dado que ofrece menos cobertura que las pólizas de seguro privadas, el Plan FAIR nunca tuvo la intención de convertirse en un asegurador principal. Estuvo a punto de colapsar bajo el peso de las reclamaciones derivadas de los incendios forestales de Los Ángeles de enero de 2025, y solo sobrevivió gracias a un rescate de emergencia de 1 000 millones de dólares.

En Europa, crece la preocupación por la brecha de protección, es decir, la parte de las pérdidas por catástrofes que los seguros no cubren. Según la EIOPA, el regulador de seguros de la UE, el 75 % de las pérdidas económicas derivadas de catástrofes naturales en Europa históricamente no han estado aseguradas.

En Alemania, la asociación nacional de seguros ha advertido de que las primas podrían duplicarse en una década debido a las reclamaciones relacionadas con el clima.

En Francia, el plan nacional de catástrofes naturales, conocido como CatNat, lleva registrando déficit desde 2016, lo que ha llevado al Gobierno a aumentar el recargo obligatorio en todas las pólizas de seguro de propiedad del 12 % al 20 % en enero de 2025.

En resumen, los seguros tradicionales no están preparados para hacer frente a la realidad del cambio climático. Sin embargo, existen modelos alternativos que podrían ofrecer cobertura a las personas más expuestas al riesgo.




Leer más:
El cambio climático plantea un desafío creciente para el sector de los seguros


¿De qué mecanismos disponemos?

Más allá de los seguros convencionales, han surgido dos instrumentos como herramientas para gestionar el riesgo climático a gran escala. El primero recurre a los mercados financieros para garantizar fondos antes de que se produzca el desastre. El segundo elimina por completo la necesidad de evaluar los daños.

  1. Bonos catástrofe: cuando las aseguradoras asumen riesgos demasiado grandes o impredecibles, los transfieren a las reaseguradoras, empresas que, en esencia, aseguran a las aseguradoras. Las reaseguradoras, a su vez, pueden transferir parte de ese riesgo a los mercados financieros a través de instrumentos como los bonos catástrofe, o “CAT bonds” en inglés.

    Introducidos a finales de la década de 1990, tras la devastación causada por el huracán Andrew en el estado estadounidense de Florida, los bonos CAT permiten a las reaseguradoras recaudar fondos de los inversores por adelantado. Esto garantiza que los fondos ya estén disponibles cuando se produzca un desastre de gran magnitud y fija los precios durante varios años.

  2. Seguro paramétrico: se trata de una cobertura que se abona automáticamente una vez que se supera un umbral predefinido (por ejemplo, cuando las precipitaciones superan un determinado nivel en una región concreta). Dado que no requiere una inspección física de los daños, el seguro paramétrico resulta especialmente útil en zonas remotas o en países en desarrollo donde la penetración de los seguros tradicionales es baja.

A pesar de estas innovaciones, sigue existiendo una brecha persistente entre los costes de las catástrofes relacionadas con el clima y lo que los seguros cubren realmente. Según un informe de la compañía de reaseguros Swiss Re, el 57 % de las pérdidas por catástrofes naturales a nivel mundial en 2024 no estaban aseguradas.

Dado que tanto las aseguradoras como las reaseguradoras tienen dificultades para ofrecer una cobertura suficiente para los eventos relacionados con el clima, los gobiernos se han visto sometidos a una presión cada vez mayor para cubrir esa brecha.




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El papel creciente del Estado

Mientras los mercados privados luchan por mantener el ritmo, los gobiernos están interviniendo, ya sea subvencionando directamente los seguros o creando planes público-privados que distribuyen el riesgo entre distintas zonas geográficas.

En 2016, el Gobierno del Reino Unido, en colaboración con el sector asegurador privado, creó Flood Re, un consorcio de reaseguro. Al compartir el riesgo en todo el mercado asegurador del Reino Unido, el programa pretende mantener los seguros contra inundaciones asequibles y disponibles en las zonas de alto riesgo.

Sin embargo, el plan está previsto que expire en 2039. Esto se basa en la premisa de que los años intermedios se utilizarán para invertir en defensas contra inundaciones y en la reducción de riesgos. Para cuando el programa finalice, el mercado privado será capaz de valorar el riesgo de inundaciones con precisión sin que la cobertura resulte inasequible. Pero existen crecientes dudas sobre si esa transición será factible.

El sistema CatNat de Francia funciona según un principio similar de solidaridad nacional, pero va un paso más allá: la cobertura contra desastres naturales es obligatoria y se incluye automáticamente en todas las pólizas de seguro de propiedad del país. Todos los asegurados franceses contribuyen al programa mediante un recargo obligatorio, independientemente de dónde vivan. El sistema ha cubierto más de 50 000 millones de euros en indemnizaciones desde 1982, pero a medida que se aceleran las pérdidas climáticas, el sistema está mostrando signos de tensión.

De manera similar, el plan de reaseguro público-privado de la UE propuesto tiene como objetivo agrupar los riesgos relacionados con el clima en toda la Unión Europea, aprovechando las economías de escala en una gama diversificada de riesgos y áreas geográficas. Los modelos sugieren que podría reducir la brecha de protección de Europa del 75 % a alrededor del 10 %, pero requeriría hasta 65 000 millones de euros en capacidad de respaldo procedente de fondos públicos para hacer frente a los fenómenos más extremos.

A medida que surgen estas soluciones innovadoras, una cosa está clara: las zonas no asegurables ya no son una perspectiva de un futuro lejano. Los daños relacionados con el clima siempre han existido, pero los mecanismos que creamos para absorber el riesgo climático se diseñaron para un clima más estable. A medida que esa estabilidad se erosiona, la cuestión ya no es si el sector público tendrá que desempeñar un papel más importante, sino con qué rapidez puede rediseñarse para hacerlo.

The Conversation

Además de su cargo académico, Clotilde Cerdan Amiard trabaja como consultora de estrategia e impacto en Neture, una consultora de impacto con sede en Madrid.

ref. Cambio climático: los incendios y las inundaciones están creando zonas no asegurables en toda Europa – https://theconversation.com/cambio-climatico-los-incendios-y-las-inundaciones-estan-creando-zonas-no-asegurables-en-toda-europa-284263

Terremotos en Venezuela: así se produjo el “doblete sísmico” que puede causar réplicas durante semanas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Belén Benito Oterino, Catedrática en el área de Mecánica de los Medios Continuos y Teoría de Estructuras de la Escuela Técnica Superior de Ingenieros de Caminos, Canales y Puertos, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

Consecuencias de los dos terremotos del 24 de junio en Caracas. Mytaj1/Shutterstock

Este miércoles, 24 de julio, dos terremotos de magnitud superior a 7 sacudieron Venezuela con una diferencia de apenas 39 segundos. Primero se produjo un sismo de magnitud 7,2 y, poco después, otro de 7,5. Más que dos terremotos independientes, los registros indican que se trató de un fenómeno poco frecuente denominado doblete sísmico: dos grandes terremotos muy próximos en el tiempo y el espacio. Esta secuencia constituye un excelente ejemplo de cómo pueden interactuar las fallas activas.

Diferentes secuencias sísmicas

En la mayoría de las secuencias sísmicas, un terremoto principal libera gran parte de la energía acumulada durante décadas o siglos en una falla geológica, una fractura en la corteza terrestre a lo largo de la cual se desplazan dos bloques de roca.

Después se producen réplicas de menor magnitud mientras la corteza terrestre alcanza un nuevo equilibrio. Pero en un doblete sísmico ocurre algo diferente: dos terremotos de magnitud similar rompen casi consecutivamente en segmentos distintos de un sistema de fallas.

Las fallas no funcionan necesariamente como estructuras aisladas, sino que forman sistemas capaces de interactuar. Cuando una falla rompe no solo libera energía, sino que también modifica el estado de esfuerzos en las fallas vecinas. Si una de ellas ya estaba próxima a romper, ese cambio de esfuerzos puede ser suficiente para desencadenar un nuevo terremoto.

Este proceso se conoce como transferencia de esfuerzos de Coulomb. Aunque no permite predecir terremotos, sí ayuda a identificar qué fallas o qué zonas han experimentado un aumento de esfuerzos y, por tanto, presentan una mayor probabilidad de ruptura.

Un límite de placas activo

El origen de estos terremotos se encuentra en la interacción entre la placa tectónica del Caribe y la placa Sudamericana. A diferencia de Chile o Perú, donde predomina la subducción (una placa se introduce bajo la otra), el norte de Venezuela está dominado por un movimiento lateral entre ambas placas. La placa del Caribe se desplaza hacia el este respecto a Sudamérica a unos 20 milímetros por año.

Ese movimiento acumula deformación durante décadas o siglos hasta que la resistencia de las rocas se supera y se produce la ruptura de una falla. La energía liberada se propaga en forma de ondas sísmicas y cuando estas alcanzan la superficie terrestre provocan la sacudida que percibimos como un terremoto.

Los análisis preliminares indican que el sismo de magnitud 7,5 se produjo al sureste de Yumare y presentó un mecanismo de deslizamiento lateral derecho. Este era coherente con una ruptura en el sistema de fallas de Boconó, una de las principales estructuras tectónicas del norte de Venezuela.

Mapa que muestra la intensidad sísmica de uno de los terremotos ocurridos en Venezuela con colores azules y naranjas
Mapa de intensidad sísmica del terremoto de 7,5 grados de magnitud ocurrido el 24 de julio en Venezuela. La estrella representa el epicentro del terremoto. La zona de mayor magnitud sísmica tiene colores anaranjados.
USGS

Aunque los terremotos se representan como un punto en los mapas, un evento de magnitud 7,5 puede romper una superficie de unos 150 kilómetros de longitud y alrededor de 20 kilómetros de anchura, por lo que sus efectos se perciben a grandes distancias.

La profundidad también es determinante. Cuanto más superficial es el hipocentro, menor es la atenuación de las ondas sísmicas antes de alcanzar la superficie y más intensa suele ser la sacudida. En este caso, las estimaciones sitúan ambos hipocentros entre 10 y 20 kilómetros de profundidad, por lo que se consideran terremotos superficiales.

¿Cuál es el riesgo en la zona?

El norte de Venezuela es una de las regiones con mayor actividad sísmica del norte de Sudamérica. Desde comienzos del siglo XX se han registrado varios terremotos de magnitud igual o superior a 7. Uno de los más destructivos fue el terremoto de Caracas de 1967, de magnitud 6,6, que causó unos 240 fallecidos y el colapso de numerosos edificios.

Más recientemente, en septiembre de 2025, otro doblete sísmico de magnitudes 6,2 y 6,3 provocó una víctima mortal, más de un centenar de heridos y daños importantes en los estados de Zulia y Lara.

La magnitud y la profundidad influyen en los efectos de un terremoto, pero no son las únicas variables que determinan sus consecuencias. El riesgo sísmico, asociado a las pérdidas, se resume mediante una ecuación sencilla:

Riesgo = Peligro × Exposición × Vulnerabilidad

El peligro sísmico es elevado en el norte de Venezuela por la actividad del límite entre las placas del Caribe y Sudamérica. La exposición depende de la población y de las infraestructuras situadas en las zonas afectadas: un gran terremoto en un área poco poblada puede causar menos daño que otro menor bajo una ciudad.

La vulnerabilidad está relacionada con la capacidad de las construcciones para resistir el movimiento del terreno. En la región conviven edificios modernos con viviendas tradicionales, construcciones informales y edificaciones antiguas. Las más vulnerables son las viviendas de mampostería sin refuerzo, las autoconstruidas y los edificios anteriores a las normas modernas de diseño sismorresistente.

Además, muchas estructuras presentan deficiencias como escaso confinamiento de la mampostería, columnas cortas o ampliaciones realizadas sin un adecuado diseño estructural.

La combinación de un elevado peligro sísmico, una importante exposición y una vulnerabilidad todavía significativa explica el elevado riesgo de esta región.




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¿Qué cabe esperar ahora?

Tras un doblete sísmico es normal que continúen produciéndose réplicas durante días, semanas o incluso meses, algunas con magnitud superior a 5. Aunque la probabilidad de otro gran terremoto disminuye con el tiempo, no desaparece de forma inmediata.

Las réplicas son especialmente peligrosas porque pueden provocar el colapso de edificios ya dañados. Por ello, resulta prioritario inspeccionar las estructuras afectadas y restringir el acceso a aquellas que hayan perdido capacidad resistente.

La ciencia aún no puede predecir cuándo ocurrirá un terremoto, pero sí identificar las zonas de mayor peligrosidad, evaluar la vulnerabilidad de las construcciones y analizar cómo un gran sismo modifica el estado de esfuerzos en las fallas vecinas.

El doblete de Venezuela recuerda que los terremotos forman parte de un sistema dinámico en el que las fallas interactúan continuamente. No podemos detener el movimiento de las placas tectónicas, ni evitar la ruptura en fallas geológicas, pero sí reducir sus consecuencias mediante una adecuada planificación territorial, normas de construcción sismorresistentes y una gestión del riesgo basada en el conocimiento científico.

The Conversation

María Belén Benito Oterino es socia fundadora de la empresa Geolyder S.L, consultoría en temas de riesgo sísmico.

ref. Terremotos en Venezuela: así se produjo el “doblete sísmico” que puede causar réplicas durante semanas – https://theconversation.com/terremotos-en-venezuela-asi-se-produjo-el-doblete-sismico-que-puede-causar-replicas-durante-semanas-286213