Introducing Jane Austen’s Paper Trail – a new podcast from The Conversation

Source: The Conversation – UK – By Anna Walker, Senior Arts + Culture Editor, The Conversation

CC BY-ND

Most of us think we know something about Jane Austen. As I began research for Jane Austen’s Paper Trail – a new podcast from The Conversation marking 250 years since her birth – I certainly believed I did.

Perhaps, like me, you’ve read her novels or enjoyed one of the many screen adaptations. Maybe you’ve seen her portrait, painted by her sister Cassandra, hanging in the National Portrait Gallery – or gazing serenely from a £10 note. But the more I learned about Austen, the more she seemed to slip away.

The image that adorns countless books, tea towels and souvenirs isn’t actually Cassandra’s painting at all. It’s an embellished copy: a Victorian engraving by William Home Lizars, who took the unfinished original and softened Austen’s features – uncrossing her arms and adjusting what some have called her “sour look”.

Even in her own day, Austen was hard to pin down. One acquaintance recalled her as “fair and handsome”, while her nephew remembered “bright hazel eyes and brown hair”. A niece, however, insisted that her aunt had “long, long black hair down to her knees”.

Accounts of her character differ just as wildly. One older woman who knew Jane in her youth described her as “the prettiest, silliest, most affected, husband-hunting butterfly she ever remembers”. Others said she had a “certain critical aloofness”, and was particularly shy in company.

The difficulty of knowing Jane is made worse by one peculiar act. In 1841, 25 years after Jane’s death, Cassandra Austen crouched by the fireplace and burned nearly all of her sister’s letters. Only 160 survived. Why did she do it? To protect Jane’s privacy? To preserve her image? Or was Jane’s famously sharp pen simply too dangerous for posterity?

That mystery – and many others – drives Jane Austen’s Paper Trail.

Over six episodes, one for each of her novels, we take you on a journey through Austen’s life and times with the help of the UK’s top experts. We’ll head to a scandal-filled tearoom in Bath to ask whether Jane was a gossip, visit a glittering Regency ball to find out whether she was a romantic, and visit her house in Hampshire to find out what she thought about being a writer.

Along the way, we’ll unpack the characters and themes that have made her work so enduring – and uncover the real Jane Austen.

Episode 1 of Jane Austen’s Paper Trail will be published on November 4. If you’re craving more Austen, check out our Jane Austen 250 page for more expert articles celebrating the anniversary.


Jane Austen’s Paper Trail is hosted by Anna Walker with reporting from Jane Wright and Naomi Joseph. Senior producer and sound designer is Eloise Stevens and the executive producer is Gemma Ware. Artwork by Alice Mason.

Listen to The Conversation Weekly via any of the apps listed above, download it directly via our RSS feed or find out how else to listen here.

The Conversation

ref. Introducing Jane Austen’s Paper Trail – a new podcast from The Conversation – https://theconversation.com/introducing-jane-austens-paper-trail-a-new-podcast-from-the-conversation-266533

Et si l’alcool disparaissait de la planète ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Mickael Naassila, Professeur de physiologie, Directeur du Groupe de Recherche sur l’Alcool & les Pharmacodépendances GRAP – INSERM UMR 1247, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

Que se passerait-il si la consommation d’alcool s’arrêtait totalement, partout ? ou si, scénario dystopique pour les uns, utopique pour les autres, les boissons alcoolisées disparaissaient totalement de la planète ?


Dans le Meilleur des mondes, publié en 1932, l’écrivain britannique Aldous Huxley imagine une société sans alcool, mais sous l’empire d’une autre drogue : le « soma ». Ce terme, emprunté aux textes védiques indiens où il désignait une boisson sacrée, devient sous sa plume une substance de synthèse parfaite, sans effets secondaires, qui maintient la population dans une soumission heureuse. L’absence d’alcool compensée par un contrôle chimique des émotions…

Sans aller jusqu’à un tel scénario, que se passerait-il dans nos sociétés si l’alcool, subitement, cessait d’être consommé ? Quelles seraient les conséquences pour la santé et, plus largement, pour la société ?

Prêtons-nous à ce petit exercice intellectuel, pour tenter de prendre la mesure de la place qu’occupe l’alcool dans nos vies…

Augmentation de l’espérance de vie en bonne santé

Si l’alcool disparaissait demain, on constaterait tout d’abord une diminution de la mortalité et une augmentation de l’espérance de vie en bonne santé.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2019, l’alcool était responsable de 2,6 millions de décès par an dans le monde, soit 5 % de la mortalité globale. La classe d’âge 20-39 ans est par ailleurs celle qui enregistre la proportion la plus élevée de décès attribuables à l’alcool, soit 13 %.

En France, l’alcool provoque 41 000 décès par an dont 16 000 par cancers, 9 000 par maladies cardiovasculaires et 6 800 par maladies digestives). Une étude publiée dans la revue scientifique médicale The Lancet en 2018 suggère qu’il n’existe pas de seuil de consommation sans risque pour la santé : dès un seul verre consommé par jour, les années de vie en bonne santé diminuent.

Boire ou vivre longtemps : faut-il choisir ?

Moins de jeunes mourraient à cause de l’alcool

L’alcool est la première cause évitable de mortalité chez les moins de trente ans. Près d’un décès sur cinq chez les hommes de 25 à 29 ans est attribuable à l’alcool.

Avant 40 ans, les causes principales sont les accidents et les suicides, tandis qu’à partir de la quarantaine dominent les maladies chroniques comme la cirrhose.

La suppression totale de l’alcool réduirait donc directement la mortalité prématurée.

Diminution des accidents de la route et des suicides

Un monde sans alcool s’accompagnerait aussi d’une réduction rapide des accidents de la route. En 2024, sur les routes de France, l’alcool était en effet responsable de près d’un accident mortel sur quatre.

Diffusé pendant l’Euro pour lutter contre l’alcool au volant, ce spot belge est féroce.

En France, les infractions liées à l’alcool, surtout la conduite sous l’empire de l’alcool, représentent près d’un tiers des condamnations pour infractions routières avec, en 2019, 87 900 condamnations.

Leur poids considérable a conduit les tribunaux à recourir massivement à des procédures simplifiées pour désengorger le système judiciaire, preuve que ces affaires constituent une part majeure et récurrente du contentieux pénal.

Moins de violences, moins de féminicides et désengorgement du système judiciaire

L’alcool est directement lié à la violence, et les affaires judiciaires impliquent souvent l’alcool. En France, l’analyse des données recueillies par questionnaire auprès de plus de 66 000 étudiants et étudiantes des universités indique que l’alcool est un facteur déterminant des violences sexistes et sexuelles dans ce milieu. Plus de la moitié des violences sexistes et/ou sexuelles ainsi recensées implique une consommation d’alcool dans le cadre de la vie universitaire.

Une étude réalisée en Afrique du Sud a par ailleurs montré que les périodes d’interdiction totale de vente d’alcool pendant la pandémie de Covid-19 ont coïncidé avec une baisse de 63 % des féminicides, comparées aux périodes sans restriction.

Diminution du nombre de suicides

De façon peut-être plus surprenante, si l’alcool venait à disparaître, on pourrait aussi s’attendre à une diminution substantielle des suicides. Comme l’ont montré des études récentes, l’alcool augmente significativement le risque de mort par suicide, et ce, quel que soit le genre considéré.

La consommation d’alcool est désormais un facteur de risque reconnu pour le suicide, à la fois à court terme (par intoxication, impulsivité, perte de contrôle) et à long terme (par le développement d’un isolement social dû à la consommation excessive ou à la dépendance, par le développement d’une dépression ou encore de troubles mentaux associés).

Photo d’une jeune femme à l’air pensif et triste assise au bord d’un trottoir avec une bouteille et un verre posés à côté d’elle
La consommation d’alcool est un facteur de risque reconnu du suicide.
Unsplash/Velik Ho, FAL

Une méta-analyse (revue systématique de littérature suivie d’une analyse statistique portant sur les données des études sélectionnées, ndlr) a ainsi établi que chaque hausse d’un litre par habitant par année de la consommation d’alcool pur est associée à une augmentation de 3,59 % du taux de mortalité par suicide.

Rappelons qu’en 2023, les volumes d’alcool pur mis en vente en France – en diminution par rapport aux années précédentes – s’établissaient encore à 10,35 litres par habitant âgés de 15 ans et plus.

Moins de maladies et des services d’urgences et des hôpitaux moins engorgés

Si la consommation d’alcool venait à s’arrêter, les services des urgences seraient beaucoup moins encombrés. Des études réalisées en France estiment, en effet, qu’environ 30 % des passages aux urgences seraient liés à l’alcool. On imagine bien ce que cela pourrait changer quand on connaît les difficultés de fonctionnement auxquelles font actuellement face les services d’urgence.

Par ailleurs, la consommation d’alcool étant responsable de plus de 200 maladies, l’arrêt de sa consommation diminuerait leur prévalence, et donc les hospitalisations associées.

Les chiffres de 2022 indiquent que 3,0 % des séjours hospitaliers en médecine, en chirurgie, en obstétrique et en odontologie, que 6,6 % des journées en soins de suite et de réadaptation et que 10,0 % des journées en psychiatrie étaient considérés comme étant en lien avec des troubles de l’usage d’alcool. Par rapport aux chiffres de 2012, on constate une diminution du nombre de séjours pour alcoolisation aiguë ainsi qu’une hausse du recours pour alcoolodépendance. En psychiatrie, le nombre de journées d’hospitalisations a baissé en 2022 par rapport à 2012, tandis qu’en soins de suite et de réadaptation, la durée de prise en charge s’est allongée.

Le coût de ces hospitalisations était estimé en 2022 à 3,17 milliards d’euros, soit 4,2 % des dépenses totales d’hospitalisations (contre 3,6 % de l’ensemble des dépenses hospitalières en 2012).

Enfin, la disparition de l’alcool mettrait aussi fin aux troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF). Chaque année en France, environ 8 000 enfants naissent avec des séquelles dues à l’exposition prénatale à l’alcool.

Ces troubles entraînent des handicaps cognitifs et comportementaux durables, des difficultés scolaires et une surmortalité précoce. La disparition de ce syndrome représenterait un gain immense en vies sauvées, en qualité de vie et en coûts évités pour le système de santé, l’éducation et le médico-social.

Ce que l’on gagnerait chaque année sans alcool :

  • 41 000 vies sauvées en France (2,6 millions dans le monde) ;
  • 8 000 enfants épargnés des troubles de l’alcoolisation foetale ;
  • Plusieurs milliers de suicides évités (15 %–20 % liés à l’alcool) ;
  • 2 400 accidents routiers mortels en moins en France ;
  • 246 000 hospitalisations évitées, soit un soulagement majeur pour les services d’urgence ;
  • 102 milliardsd’euros économisés en coûts sociaux, soit 4,5 % du PIB français ;
  • Une justice désengorgée, débarrassée d’une grande partie des infractions routières et violences liées à l’alcool.

Et que se rassurent ceux qui s’inquièteraient du fait que la disparition de l’alcool pourrait nous priver d’hypothétiques bénéfices, tels qu’un quelconque effet protecteur d’une consommation modérée, notamment sur le cœur. Les conclusions des travaux à l’origine de cette rumeur sont désormais largement remises en cause… En revanche, arrêter l’alcool présente de nombreux avantages.

Arrêter de boire : de nombreux bénéfices

Révélés par les campagnes Un mois sans alcool comme le Défi de janvier (le « Dry January » à la française), les bénéfices observés à l’arrêt de la consommation sont très nombreux. Sans alcool, on se sent beaucoup mieux et notre corps nous dit merci !

Parmi les effets les plus notables et rapportés dans des enquêtes déclaratives figurent des améliorations du bien-être et de la qualité de vie. Les personnes interrogées indiquent notamment mieux dormir, se sentir plus en forme, avoir plus d’énergie. Elles constatent qu’elles ont perdu du poids, et ont vu leur teint et leur chevelure s’améliorer.

Elles déclarent également avoir fait des économies. Pour s’en faire une idée : il a été estimé qu’en moyenne, lors de la campagne de 2024 du Défi de Janvier, les participants économisent 85,2 €.

Les paramètres physiologiques s’améliorent aussi. Parmi les bénéfices à l’arrêt de l’alcool, on peut citer un moindre risque de résistance à l’insuline, une meilleure élasticité du foie, une meilleure homéostasie du glucose (glycémie), une amélioration du cholestérol sanguin, une diminution de la pression artérielle et même une diminution des marqueurs sanguins du cancer. Du point de vue cognitif sont rapportées des améliorations en termes de concentration et de performance au travail.

Mais l’alcool, objecteront certains, n’est pas qu’une molécule psychoactive : il est aussi un rituel social universel. Partager un verre est un marqueur d’appartenance, de convivialité, voire de célébration. Sa disparition obligerait à réinventer nos codes sociaux.

Réinventer nos liens sociaux

On l’a vu, aucune consommation d’alcool, quelle qu’en soit la quantité, n’améliore la santé. Sa disparition n’aurait, du point de vue médical, que des bénéfices. En revanche, c’est tout un ensemble d’usages culturels et économiques qu’il nous faudrait réinventer.

En société, il nous faudrait consommer autrement et autre chose. Pourquoi pas des mocktails (cocktails sans alcool imitant les cocktails alcoolisés traditionnels) ou d’autres boissons sans alcool, telles par exemple que des boissons fermentées sans éthanol comme le kombucha ou le kéfir ?

Parmi les alternatives à l’alcool, certains explorent même la mise au point de molécules de synthèse qui mimeraient les effets désinhibiteurs de l’alcool, sans ses méfaits métaboliques…

Une fiction qui éclaire une réalité quelquefois désastreuse

L’exercice de pensée auquel s’essaye cet article ne doit pas être confondu avec la prohibition, dont l’échec historique aux États-Unis a montré les limites. Il s’agit plutôt de recourir à la fiction pour interroger notre rapport collectif à l’alcool.

Derrière son image conviviale, cette substance reste l’un des premiers facteurs de mortalité évitable, de maladies et de souffrances sociales. Imaginer sa disparition permet d’ouvrir un débat sur la réduction des risques, le développement d’alternatives, et une transformation culturelle de nos rituels sociaux.

Et pour ceux qui ont peur de devenir « chiants » en soirée s’ils arrêtent l’alcool ? J’ai exploré cette question dans mon dernier livre (voir ci-dessous), et la réponse est… non !

D’ailleurs, la non-consommation semble devenir de plus en plus acceptable socialement. Un nombre croissant de personnes ne consomment plus d’alcool en France. On note ces dernières années une baisse de la plupart des indicateurs liés à la vente et à l’usage de l’alcool en France. Chez les lycéens par exemple, les non-consommateurs (qui n’ont jamais expérimenté l’alcool), sont passés de 15 % en 2018 à 31,7 % en 2022.

Enfin, le Défi de janvier rencontre aussi un réel succès. Selon un sondage Panel Selvitys publié en février 2024, 5,1 millions de personnes y ont participé en 2024, et un nombre croissant de participants se sont inscrits en ligne : on a enregistré 75 % d’augmentation par rapport à 2023.

Tout porte à croire que l’idée de faire la fête sans alcool (et de rester drôle quand même !) est en train de faire son chemin…


Pour en savoir plus

Mickael Naassila, J’arrête de boire sans devenir chiant. Le guide pour changer sa relation à l’alcool et préserver sa santé, éditions Solar, 2025.

The Conversation

Mickael Naassila est Président de la Société Française d’Alcoologie (SFA) et de la Société Européenne de Recherche Biomédicale sur l’Alcoolisme (ESBRA); Vice-président de la Fédération Française d’Addictologie (FFA) et vice-président junior de la Société Internationale de recherche Biomédicale sur l”Alcoolisme (ISBRA). Il est membre de l’institut de Psychiatrie, co-responsable du GDR de Psychiatrie-Addictions et responsable du Réseau National de Recherche en Alcoologie REUNIRA et du projet AlcoolConsoScience. Il a reçu des financements de l’ANR, de l’IReSP/INCa Fonds de lutte contre les addictions.

ref. Et si l’alcool disparaissait de la planète ? – https://theconversation.com/et-si-lalcool-disparaissait-de-la-planete-264598

Entretien avec Shimon Sakaguchi, prix Nobel de médecine 2025

Source: The Conversation – in French – By Gemma Ware, Host, The Conversation Weekly Podcast, The Conversation

Dans les années 1980, Shimon Sakaguchi, alors jeune chercheur en immunologie, peinait à obtenir des financements pour ses recherches. Aujourd’hui, ses travaux pionniers, qui ont permis de lever le voile sur la façon dont notre système immunitaire détermine à quoi s’attaquer (et à quel moment), viennent d’être récompensés par le prix Nobel de physiologie ou médecine. Dans cet entretien, il revient sur cette découverte majeure et ses implications médicales.


Le 6 octobre 2025, le Japonais Shimon Sakaguchi et les Américains Mary Brunkow et Fred Ramsdell se sont vus décerner le prix Nobel de physiologie ou médecine pour leurs travaux sur les lymphocytes T régulateurs (aussi appelés lymphocytes Treg), une classe particulière de cellules immunitaires qui empêchent notre système immunitaire de s’en prendre à notre propre corps.

Dans cet épisode du podcast The Conversation Weekly, Shimon Sakaguchi nous raconte comment il est parvenu à cette découverte, ainsi que son intérêt médical.

La transcription en francais de ce podcast est disponible en bas de cette page.


L’histoire commence par une intuition, née à la suite d’expérimentations réalisées par des collègues de Shimon Sakaguchi, au sein de l’Institut de recherche sur le cancer d’Aichi, à Nagoya. Ces derniers avaient procédé à l’ablation du thymus des souris nouvellement nées, trois jours après leur naissance. On savait déjà à cette époque que ce petit organe, situé derrière le haut du sternum chez l’être humain, jouait un rôle important dans le développement de l’autotolérance immunitaire. C’est en effet dans le thymus que les lymphocytes T qui risqueraient de s’attaquer à l’organisme sont isolés et détruits.

Si l’on retire le thymus d’une souris normale pendant la période néonatale, il semblait logique de s’attendre à ce qu’elle présente une déficience immunitaire, car ses lymphocytes auraient dû avoir disparu. Mais c’est exactement le contraire qui s’est produit chez les souris dont on avait ôté le thymus : elles ont développé des maladies auto-immunes, autrement dit des maladies au cours desquelles le système immunitaire s’en prend au corps qu’il est censé protéger. Ces maladies se sont avérées très similaires à celles observées chez l’être humain.

Ce résultat a intrigué Shimon Sakaguchi. En effet, contrairement aux souris opérées par ses collègues, les patients victimes de maladies auto-immunes possèdent toujours leur thymus. Le chercheur a alors émis l’hypothèse de l’existence d’un mécanisme commun entre les deux situations, qui expliquerait à la fois la survenue de maladies auto-immunes spontanées chez l’être humain, et le fait que des souris auxquelles on a enlevé le thymus développent néanmoins des maladies auto-immunes.

Via une nouvelle expérience, Shimon Sakaguchi a tenté d’empêcher l’emballement du système immunitaire de souris dépourvues de thymus. Pour cela, il a prélevé des lymphocytes T sur des souris génétiquement identiques aux souris opérées, et les a réinjectées à ces dernières. Ainsi traitées, les souris sans thymus ne développaient plus de maladie auto-immune. Conclusion du chercheur : « Cela suggérait qu’il devait exister une population de lymphocytes T capable d’empêcher le développement de ces maladies ».

Mais dans les années 1980, obtenir des fonds pour mener de telles recherches n’était pas chose aisée, car « la communauté des spécialistes en immunologie était très sceptique quant à l’existence de telles cellules », explique Shimon Sakaguchi. Parti pour plusieurs années aux États-Unis, le chercheur reconnaît avoir eu « beaucoup de chance » lorsqu’une fondation privée a accepté de soutenir ses travaux.

Dix ans de recherche supplémentaires ont été nécessaires avant qu’il puisse publier, en 1995, un article scientifique relatant sa découverte des lymphocytes T régulateurs. On sait aujourd’hui que ceux-ci sont en quelque sorte les agents de sécurité de l’organisme. Ils contrôlent les réactions indésirables et maintiennent l’équilibre du système immunitaire via un processus appelé tolérance périphérique. Leur dysfonctionnement peut être à l’origine de maladies auto-immunes. Les travaux ultérieurs de Shimon Sakaguchi et de ses co-récipiendaires du prix Nobel, Mary Brankow et Fred Ramsdell, ont permis de découvrir le gène Foxp3, qui contrôle spécifiquement les lymphocytes Treg.

Des maladies auto-immunes aux cancers, un fort potentiel

Au début de sa carrière,Shimon Sakaguchi s’intéressait aux maladies auto-immunes et à leurs origines. « Mais au fil de mes recherches, nous avons progressivement compris que les lymphocytes Treg constituaient un sujet plus important », souligne-t-il. On sait désormais que ces cellules sont impliquées dans la manière dont se développent les cancers, ainsi que dans la tolérance du greffon, en cas de transplantation d’organe.

Shimon Sakaguchi et ses collaborateurs travaillent également sur de nouvelles façons d’exploiter les lymphocytes Treg à des fins thérapeutiques, ainsi que sur la mise au point de protocoles permettant de convertir les lymphocytes T « auto-agressifs » en lymphocytes Treg, ce qui permettait espèrent de cibler spécifiquement les maladies auto-immunes dont ils sont responsables.

Son espoir est que, parmi les nombreux essais cliniques actuellement en cours dans le domaine de l’immunothérapie anticancéreuse en lien avec ces travaux, certains aboutissent à des solutions concrètes pour améliorer la prise en charge des patients. Il est également fasciné par de récents résultats de recherche qui suggèrent que les lymphocytes Treg seraient aussi impliqués dans les maladies liées à l’inflammation. Pour influer sur le potentiel de réparation des tissus endommagés, il pourrait être intéressant d’agir sur eux : « Les maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson sont associées à une inflammation. En ciblant uniquement ce type d’inflammation, nous pourrions peut-être [parvenir à] arrêter la progression de la maladie ou la retarder. Nous espérons que cette piste s’avérera réelle », conclut-il.


Cet épisode de The Conversation Weekly a été produit par Mend Mariwany et Katie Flood et est animé par Gemma Ware. Le mixage et la conception sonore ont été réalisés par Michelle Macklem et la musique du générique par Neeta Sarl.


Traduction française :


TC : Notre système immunitaire est une merveilleuse mécanique. Il est composé de nombreuses composantes qui interagissent, en particulier les anticorps et les lymphocytes T (des cellules immunitaires de type « globules blancs » qui interviennent à la fois dans la destruction des cellules infectées, la coordination de la réponse immunitaire et la mémorisation des infections). Ils nous protègent lorsque nous contractons une infection virale comme le Covid-19 ou la grippe, ou lorsque la consommation d’un curry douteux déclenche une intoxication alimentaire.

Mais chez certaines personnes, le système immunitaire dysfonctionne et s’emballe. Au lieu de cibler les bactéries ou les virus qui les menacent, il s’attaque à leur organisme, s’en prenant à leurs propres cellules. Quand cela arrive, des maladies auto-immunes peuvent se développer, telles que la polyarthrite rhumatoïde ou le diabète de type 1.

Comment notre système immunitaire sait-il contre quoi se battre, et à quel moment le faire ? Dans les années 1980, les scientifiques pensaient avoir trouvé la réponse. Ils avaient découvert que, lorsque de nouveaux lymphocytes T sont créés dans notre thymus (un petit organe situé à l’arrière de la partie supérieure du sternum), ceux qui risquent d’attaquer nos propres tissus sont éliminés. Les lymphocytes T survivants sont ensuite relâchés dans notre corps, où ils n’attaquent que les intrus. Ce concept est appelé la « tolérance au soi ».

Mais un jeune scientifique japonais, Shimon Sakaguchi, ne s’est pas satisfait de cette explication. Il a décidé de creuser davantage. Il soupçonnait que des lymphocytes T « auto-agressifs » pouvaient parvenir à s’échapper du thymus et se répandre dans l’organisme. Selon lui, un autre mécanisme existait pour faire face à ce cas de figure et contrôler lesdits lymphocytes T. Ce mécanisme fondamental aurait aussi expliqué la survenue de maladies auto-immunes spontanées chez l’être humain.

Il s’avère que Sakaguchi avait raison. En début de semaine, il a été l’un des trois scientifiques récompensés par le prix Nobel de médecine ou physiologie 2025 pour leur découverte des lymphocytes T régulateurs, appelés Treglymphocytes Treg.

Ces cellules immunitaires d’un type particulier sont en quelque sorte des gardes du corps de l’organisme ; leur rôle est d’aider à maintenir le système immunitaire en équilibre. Désormais, ces recherches alimentent des essais cliniques destinés à mettre au point des traitements pour lutter contre le cancer, le diabète, ou pour prévenir le rejet de greffes d’organes.

Je suis Gemma Ware, de The Conversation, un site d’actualité et d’analyse indépendant qui associe journalistes et universitaires. Bienvenue dans The Conversation Weekly, le podcast où des experts vous expliquent comment nous en sommes arrivés là.

TC : Shimon Sakaguchi, vous êtes professeur émérite à l’Immunology Frontier Research Centre de l’université d’Osaka au Japon et corécipiendaire du prix Nobel de physiologie ou médecine de cette année. Félicitations et bienvenue à The Conversation.

SS : Merci beaucoup.

TC : Je crois comprendre que vous étiez dans votre laboratoire lorsque vous avez reçu l’appel vous annonçant que vous aviez remporté le prix. Comment se sont passés les jours qui ont suivi ?

SK : C’était une merveilleuse surprise. J’ai ensuite reçu énormément de messages de félicitations du monde entier. C’est vraiment incroyable, et enthousiasmant.

TC : Revenons au début des années 1980. Vous travailliez alors à l’Institut de recherche sur le cancer d’Aichi, à Nagoya, au Japon. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser au fonctionnement du système immunitaire ?
SS : J’étais très intéressé par la tolérance immunologique. Le système immunitaire nous protège des microbes qui tentent de nous envahir. Mais d’un autre côté, parfois, il se retourne contre nous et provoque des maladies auto-immunes. Donc le système immunitaire est à la fois bon et mauvais. Le fait qu’il ne s’en prenne pas à nous, c’est ce que l’on appelle la tolérance au soi. Comprendre comment cette tolérance immunitaire est établie et maintenue, constitue un des thèmes clés de la recherche en immunologie.

TC : Vous vous intéressiez à une expérience menée auparavant par certains de vos collègues sur des souris nouveau-nées. Ils avaient retiré le thymus de ces souris trois jours après leur naissance. Comme le thymus est essentiel au développement de la tolérance immunitaire (c’est d’ailleurs de là que vient le nom des « lymphocytes T », le T étant pour « thymus »), ils pensaient que leur système immunitaire aurait été affaibli. Mais en réalité, ce qui s’est produit, c’est que leur système immunitaire s’est emballé et que les souris ont développé des maladies auto-immunes. Qu’est-ce qui vous intriguait tant dans cette expérience ?

SS : L’expérimentation qu’ils ont menée était très intéressante. En effet, si vous enlevez le thymus de souris normales pendant la période néonatale, vous vous attendriez à ce qu’elles présentent une déficience immunitaire, puisqu’elles n’ont alors plus de lymphocytes. Mais il s’est passé tout le contraire : elles ont développé des maladies auto-immunes. Des maladies très similaires à celles que l’on observe chez l’être humain. Il se passait donc là quelque chose d’intéressant. Évidemment, chez les patients humains [qui développent des maladies auto-immunes], le thymus n’a pas été retiré. Il devait donc exister un mécanisme commun capable d’expliquer [le résultat observé chez les souris ayant subi une ablation du thymus] et les maladies auto-immunes spontanées chez l’humain.

TC : Vous avez alors décidé d’une autre approche, pour voir si vous pouviez empêcher le système immunitaire des souris sans thymus de s’emballer. Vous avez prélevé des lymphocytes T sur des souris génétiquement identiques et les avez introduits dans l’organisme de celles auxquelles on avait enlevé le thymus. Qu’avez-vous découvert ?

SS : C’est tout à fait cela, et de cette façon, la survenue de maladies a pu être prévenue. Cela suggérait donc qu’il devait exister une population de lymphocytes T capable d’empêcher le développement des maladies [auto-immunes]. Une sorte de population « suppressive ».

TC : Racontez-nous ce moment où vous avez réalisé que les souris allaient bien et que vous aviez réussi à les protéger des maladies auto-immunes. Qu’avez-vous ressenti ?

SS : De l’excitation, et le sentiment qu’il s’agissait de quelque chose d’important. Puis que si nous analysions plus en profondeur ce phénomène, il pourrait peut-être nous apprendre un principe immunologique fondamental à propos de la tolérance. Je me disais que si je pouvais découvrir cela, disons, dans les dix ans, ce serait formidable. C’est là tout ce que j’espérais à cette époque.

TC : Aviez-vous conscience à ce moment-là d’avoir fait une grande découverte ?

SS : Une grande découverte ? Disons que dans le domaine de l’immunologie, c’était certainement quelque chose, car c’était essentiel pour comprendre les maladies immunologiques. Quant à savoir si c’était une « grande découverte » ou non… Cela allait dépendre de notre capacité à démontrer que nous pouvions guérir de telles maladies ou en empêcher le développement. À cette époque, il restait encore à savoir comment nous allions pouvoir généraliser ce que nous avions trouvé.

TC : Avez-vous rencontré des difficultés, dans les années 1980, pour poursuivre ces travaux de recherche ?

SS : Il n’a pas été facile d’obtenir des financements, car la communauté des spécialistes en immunologie était très sceptique quant à l’existence de tels lymphocytes. Mais à cette période, j’ai passé près de dix ans aux États-Unis, où j’ai eu beaucoup de chance, car une fondation privée, la Lucille P. Markey Foundation, a soutenu mes recherches pendant huit ans. Le soutien de jeunes chercheurs par des fondations privées était bien plus courant aux États-Unis qu’au Japon. J’espère que ce type de pratique ou de système se poursuivra, non seulement aux États-Unis, mais aussi au Japon.

TC : Vous aviez donc mené cette expérience sur des souris et réalisé qu’il existait un type particulier de lymphocyte T. Mais comprendre plus précisément de quoi il retournait vous a pris environ une décennie. Une fois que vous y êtes parvenu, vous avez baptisé ces lymphocytes T des lymphocytes T régulateurs, ou lymphocytes Treg. Il s’agit donc d’un type particulier de lymphocytes T, qui empêchent notre système immunitaire de surréagir et d’attaquer notre corps. Vous avez publié votre article sur les lymphocytes T régulateurs en 1995. Comment a-t-il été reçu à l’époque ?

SS : Avant cette date, les gens considéraient qu’il s’agissait d’un phénomène intéressant. Mais ce n’est que lorsque nous sommes parvenus à définir cette population grâce à un marqueur spécifique que tout le monde a pu observer les mêmes cellules que nous. Avant cela, les autres chercheurs ne pouvaient pas vérifier que ce que nous affirmions était vrai. Nous avons démontré que ces lymphocytes étaient exprimés fortement, et de façon constitutive. Chacun a ensuite pu reproduire nos expériences et le confirmer.

TC : En gros, ces lymphocytes T régulateurs que vous aviez identifiés circulent et empêchent tout lymphocyte T agressif qui se serait échappé du thymus d’attaquer notre corps. Si nous n’en possédons pas, nous risquons de développer une maladie auto-immune. Mais aujourd’hui, nous savons aussi que le rôle joué par les lymphocytes Treg est beaucoup plus large que cela. Pourquoi est-ce si important ?

SS : J’avais un intérêt pour les maladies auto-immunes, et leurs origines. C’était ce qui motivait mes recherches, ce qui en constituait la force directrice. Mais au fil de mes travaux, j’ai compris que les lymphocytes Treg étaient importants non seulement en matière de maladies auto-immunes, mais aussi pour l’immunité tumorale, la tolérance vis-à-vis des greffons, et plus récemment, la réparation des tissus. Ils ont donc de multiples fonctions. Tout ça est aujourd’hui très enthousiasmant.

TC : Revenons à l’époque où vous identifiiez ces lymphocytes T régulateurs. Vos collègues et corécipiendaires du Nobel, Mary Bruncko et Fred Ramsdell, travaillaient aux États-Unis à comprendre les gènes derrière une maladie auto-immune rare et invalidante. Dans le cadre de ces travaux, ils ont découvert le gène qui contrôle le fonctionnement des lymphocytes T régulateurs. Vous souvenez-vous de la publication de leur article, en 2001 ? Quelle a été votre réaction ?

SS : Nous avions remarqué cet article. Un gène avait été identifié et une anomalie ou mutation de ce gène provoquait non seulement des maladies auto-immunes, mais aussi des allergies et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Donc un seul gène était responsable de multiples pathologies immunologiques. Ledit gène avait été découvert, mais les auteurs n’avaient pas montré comment cette anomalie génétique entraînait ces maladies immunologiques.

Nous avons immédiatement commencé nos recherches sur ce gène, appelé FoxP3. Nous avons postulé qu’il devait être lié à la fonction ou au développement des Treg. Nous avons donc commencé diverses expérimentations, et publié nos résultats deux ans plus tard : nous avons démontré que ce gène était spécifique des lymphocytes T régulateurs.

TC : Les connaissiez-vous personnellement ? Étiez-vous en contact avec eux, scientifiquement parlant ?

SS : Non, je ne les connaissais pas à l’époque. Mais bien sûr, nous nous sommes rencontrés lors de congrès scientifiques, en particulier Fred Ramsdell. Ils avaient publié leurs découvertes et les présentaient également dans des colloques.

TC : Nous commençons seulement à comprendre ce que vos découvertes pourraient apporter en matière d’amélioration de la santé. Quelles sont, selon vous, les pistes de recherche les plus prometteuses et sur quoi travaillez-vous actuellement ?

SS : Les Treg sont spécialisées dans la suppression immunitaire. Cela signifie qu’en les renforçant ou en les multipliant, elles pourraient être utilisées pour traiter des maladies immunologiques, notamment les maladies auto-immunes, les allergies ou le syndrome de l’intestin irritable.

Ce qui est enthousiasmant, c’est que plus de 200 essais cliniques sont en cours : on prélève chez les patients des Treg naturellement présents dans leur organisme, on les multiplie puis et on les leur réinjecte.

Mais nous menons aussi des projets plus ambitieux : nous essayons de convertir des lymphocytes T effecteurs ou mémoires spécifiques d’une maladie — donc des « mauvais » lymphocytes — en Treg. Nous espérons de cette façon aboutir à une suppression spécifique d’un antigène ou d’une maladie (le terme « antigène » désigne tout élément étranger à l’organisme capable de déclencher une réponse immunitaire, ndlr).

TC : Ces « mauvais » lymphocytes T qui attaquent l’organisme, vous voulez les transformer en Treg pour qu’ils deviennent des gardes du corps ?

SS : Exactement. C’est ce que nous poursuivons actuellement.

TC : Quelles maladies ciblez-vous ?

SS : Diverses maladies auto-immunes, par exemple des maladies auto-immunes du foie, dont l’hépatite auto-immune, pour laquelle le seul traitement actuellement disponible est l’administration de corticostéroïdes (corticothérapie, ndlr).

TC : D’autres équipes s’intéressent aussi au cancer. Pouvez-vous expliquer comment cela fonctionnerait ?

SS : C’est un autre espoir en matière de recherche sur les lymphocytes Treg. Ces derniers sont abondants et très fortement activés dans les tissus cancéreux. La réponse immunitaire dirigée contre les cellules cancéreuses est de ce fait inhibée.

L’idée est de trouver une façon de réduire la quantité de Treg et ainsi améliorer la réponse immunitaire antitumorale. Nous espérons à terme parvenir à développer une petite molécule administrable par voie orale qui serait capable de renforcer ladite réponse en faisant diminuer le nombre de lymphocytes Treg présents dans les tissus tumoraux. Nous sommes encore loin de l’objectif, mais ce type de recherche nous intéresse au plus haut point.

TC : En lisant vos travaux, on se rend compte à quel point ils s’appuient sur les recherches de ceux qui vous ont précédé, non seulement au sein de votre propre laboratoire, mais aussi ceux qui ont œuvré durant les décennies précédentes, et qui pour certains ont aussi obtenu un prix Nobel. Qu’aimeriez-vous que l’on fasse de vos découvertes à l’avenir ?

SS : Eh bien, mon espoir immédiat est que les Treg deviennent un outil efficace pour traiter diverses maladies immunologiques, ou que l’on parvienne à les cibler dans le cadre d’immunothérapies anticancéreuses. J’espère que cela deviendra très prochainement une réalité clinique. Dans le même temps, des recherches récentes ont montré que ces lymphocytes ont aussi d’autres fonctions, en plus de leur rôle immunosuppresseur.

Concrètement, cela signifie qu’ils pourraient présenter un intérêt au-delà des maladies immunologiques, notamment dans le traitement de maladies neurodégénératives telles que les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, dans lesquelles l’inflammation joue un rôle. En ciblant cette inflammation, nous pourrions peut-être ralentir leur progression.

C’est une piste très intéressante, nous espérons qu’elle se confirmera, et que cette approche pourra fonctionner pour ce type de pathologies.

The Conversation

Shimon Sakaguchi est le fondateur scientifique et directeur de RegCell, une start-up japonaise qui travaille sur des traitements basés sur les lymphocytes T régulateurs. Il est également conseiller scientifique pour la société de biotechnologie Coya Therapeutics. Il a reçu des financements de l’Agence japonaise pour la recherche et le développement médicaux, de la Société japonaise pour la promotion de la science et pour des recherches collaboratives avec CHUGAI PHARMACEUTICAL, Otsuka Pharmaceutical et RegCell.

ref. Entretien avec Shimon Sakaguchi, prix Nobel de médecine 2025 – https://theconversation.com/entretien-avec-shimon-sakaguchi-prix-nobel-de-medecine-2025-267233

Climat : les pays africains se préparent à donner un coup d’accélérateur

Source: The Conversation – in French – By Pedi Obani, Associate Professor, School of Law, University of Bradford

Le deuxième Sommet africain sur le climat, qui s’est tenu en Éthiopie en septembre 2025, a réuni plus de 25 000 participants : présidents, ministres, agriculteurs, militants, chefs d’entreprise et étudiants. Tous sont venus discuter de la manière dont l’Afrique peut trouver des financements pour se développer de manière plus écologique et faire face à l’aggravation des catastrophes climatiques. Le continent, qui contribue très peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit pourtant de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Dans le même temps, il ne dispose pas de fonds suffisants pour s’adapter au réchauffement de la planète. J’examine ici les trois grands projets dévoilés lors du sommet et ce qui est nécessaire pour les concrétiser.

Des financements importants pour un avenir vert en Afrique

L’un des grands sujets sur la table du sommet était la question du financement de l’adaptation des pays africains à un climat qui se réchauffe rapidement.

Le changement climatique entraîne en effet déjà des pertes sociales et économiques importantes en Afrique. Or, la communauté internationale ne prévoit de mettre à la disposition du continent qu’environ 195 milliards de dollars américains pour l’adaptation au changement climatique d’ici 2035. Ce montant est bien inférieur aux 1 600 milliards de dollars américains considérés comme nécessaires.

Le sommet a présenté certaines des innovations utilisées par les pays africains pour s’adapter au changement climatique et prévenir les catastrophes. Il a aussi présenté des pistes pour mieux financer ces initiatives. L’objectif était de mettre en lumière une Afrique certes victime du réchauffement climatique, mais aussi porteuse de leadership et de solutions face à ce défi mondial.

L’initiative éthiopienne « Green Legacy » (Héritage vert) a ainsi permis de planter 48 milliards d’arbres en sept ans. L’initiative « Climate-Resilient Wheat Initiative » (Blé résilient face au climat), qui vise à améliorer la production de cette céréale, la productivité et les revenus des petits agriculteurs, a également été présentée, mais aussi d’autres projets liés aux industries vertes.

Afin, précisément, d’accélérer l’industrialisation verte sur le continent, des institutions financières africaines telles que la Banque africaine de développement, Afreximbank, Africa50, Africa Finance Corporation, KCB Group, Equity Bank, Standard Bank Kenya, Ecobank et le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine se sont engagées à verser 100 milliards de dollars américains à l’Initiative pour l’industrialisation verte de l’Afrique, lancée par l’Union africaine en 2023 lors de la conférence mondiale sur le changement climatique COP28.

Cette initiative vise à accélérer l’industrialisation verte afin de développer les industries locales respectueuses de l’environnement. Ce qui permettra d’offrir davantage d’opportunités d’emploi et de faire de l’Afrique un acteur clé de l’économie verte mondiale.

Le sommet s’est également engagé à financer chaque année 1 000 projets africains d’innovation ou d’adaptation au changement climatique. Le Pacte africain pour l’innovation climatique et le Fonds africain pour le climat permettront de lever 50 milliards de dollars américains par an d’ici 2030 pour financer ces projets.

Les participants ont également insisté pour que les pays du Nord soient légalement tenus de verser des subventions à l’Afrique afin de réparer les dommages liés au climat. Ces subventions ne doivent pas être remboursables, car les prêts alourdissent davantage le fardeau déjà écrasant de la dette des pays africains.

Une loi type sur le climat que les pays africains peuvent adapter

Actuellement, environ huit pays africains ont mis en place des lois sur le changement climatique. Le Groupe d’experts des négociateurs africains – un groupe de réflexion qui fournit aux gouvernements du continent des conseils scientifiques et politiques – a présenté, lors du sommet, une nouvelle loi type sur le changement climatique pour l’Afrique.

Cette loi peut être adaptée par les pays africains en fonction de leur situation tout en intégrant les engagements internationaux pris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La mise en place de lois sur le climat permet aux citoyens de poursuivre plus facilement les gouvernements en justice en cas de catastrophes climatiques. Elle aide également les institutions publiques à faire appliquer les obligations en matière de changement climatique.

Par exemple, en 2024, pas moins de 56 % des poursuites liées au climat dans les pays du Sud ont été intentées par des gouvernements. Elles visaient à garantir le respect des responsabilités climatiques ou à obtenir une indemnisation pour les dommages liés au climat.

La loi type a été élaborée conjointement par des parlementaires, des membres du personnel parlementaire, des experts en changement climatique et des juristes. Lorsque les pays intégreront leurs spécificités nationales dans cette loi, celle-ci constituera une avancée importante sur le chemin de la décolonisation de la législation climatique à l’échelle mondiale. Plus les États africains adopteront de telles lois, plus leur voix comptera dans les débats juridiques internationaux sur le climat.

Cette loi type reconnaît également le rôle de la société civile – les femmes, les jeunes, les peuples autochtones et les personnes handicapées- dans la gouvernance climatique, aux côtés des gouvernements.

Le financement climatique doit être une obligation légale

Le financement climatique sert généralement à financer des activités ou des projets qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit notamment de produire de l’énergie à partir de sources propres ou renouvelables et de préserver les forêts qui servent de puits de carbone naturels. Il sert également à soutenir les populations et les écosystèmes afin qu’ils puissent mieux s’adapter aux effets négatifs du changement climatique.

Les délégués du sommet ont affirmé que les financements climatiques vers l’Afrique devaient être prévisibles, équitables et garantis par la loi, et non livrés au bon vouloir des donateurs. Ils ont aussi appelé à réformer les cadres commerciaux et d’investissement pour renforcer la résilience économique et climatique.

Selon eux, le système de financement climatique doit être repensé par une diversité d’acteurs : les communautés autochtones, les femmes, les jeunes et les institutions religieuses.

Les actions à entreprendre

Le sommet a organisé des événements parallèles mettant en avant les contributions de la société civile, des organisations confessionnelles, des femmes et des groupes de jeunes. Mais la plupart des pays africains n’ont pas encore intégré ces acteurs dans la prise de décision concernant l’adaptation au changement climatique. Cela doit changer.

Les plus grandes économies mondiales, le G20, actuellement dirigé par l’Afrique du Sud, ne sont pas sur la voie d’une limitation de la hausse moyenne des températures mondiales bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels d’ici 2100.

Le G20 représente environ 80 % des émissions de gaz à effet de serre. Bon nombre de ses membres augmentent leur production de pétrole et de gaz. C’est le cas notamment de l’Afrique du Sud, des États-Unis, de la Russie, du Canada et de l’Arabie saoudite. Les pays du G20 semblent privilégier les technologies de capture du carbone et les marchés d’échange de quotas d’émission plutôt que de réduire purement et simplement leurs émissions de gaz à effet de serre.

Il est d’autant plus remarquable que les États africains aient rompu avec ces pratiques lors du sommet en Éthiopie. Ils se sont engagés en faveur de l’innovation climatique, du financement climatique et de l’adoption de lois sur le changement climatique.

Le sommet a également montré que les pays africains étaient prêts à mener la lutte contre le réchauffement climatique. Le Nigeria est déjà candidat pour accueillir la conférence annuelle mondiale sur le changement climatique, la COP32, en 2027. L’Éthiopie a annoncé lors du sommet qu’elle se porterait également candidate.

Cependant, le déficit de financement lié au changement climatique reste un problème. La 30e conférence mondiale annuelle sur le changement climatique, COP30, qui se tiendra en novembre 2025 au Brésil, montrera dans quelle mesure l’Afrique parvient à obtenir un financement climatique international. Elle devrait aussi faire avancer la création du fonds pour les pertes et dommages, destiné à indemniser les pays les plus touchés par les catastrophes climatiques.

Le financement du climat doit ouvrir un espace plus juste, où ceux qui subissent le plus les effets du réchauffement pourront participer aux décisions, être indemnisés pour leurs pertes et voir les règles appliquées équitablement.

The Conversation

Pedi Obani reçoit un financement du programme UKRI Future Leaders Fellowship.

ref. Climat : les pays africains se préparent à donner un coup d’accélérateur – https://theconversation.com/climat-les-pays-africains-se-preparent-a-donner-un-coup-daccelerateur-266838

Esclavismo digital: la cara oculta de la IA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ramón López de Mántaras, Profesor de investigación del CSIC, Instituto de Investigación en Inteligencia Artificial (IIIA – CSIC)

Las grandes plataformas que usan inteligencia artificial emplean a trabajadores mal pagados en todas partes del mundo para etiquetar contenidos. Greta Schölderle Möller / Unsplash., CC BY

¿Acabará la inteligencia artificial con el trabajo? Es una de las preguntas más repetidas en conferencias, tertulias mediáticas y foros políticos. La promesa que lanzan los líderes de las grandes tecnológicas de Silicon Valley es clara: las futuras superinteligencias artificiales se encargarán de hacer todo tipo de trabajos y los seres humanos podremos entregarnos a la creatividad, al ocio y a la vida plena. Una utopía de tintes casi renacentistas en la que el progreso tecnológico abriría las puertas a una nueva edad dorada de la humanidad.

Sin embargo, esta narrativa tan triunfalista como simplista oculta una realidad mucho más incómoda, rara vez mencionada: millones de trabajadores anónimos sostienen la maquinaria de la IA con su esfuerzo, sufrimiento y tiempo. La inteligencia artificial no está acabando con el trabajo: lo está transformando, fragmentando y, lo que es mucho peor, precarizando. Detrás de cada modelo generativo, de cada asistente conversacional y de cada imagen producida por algoritmos, hay millones de trabajadores invisibles cuya labor resulta imprescindible para que la IA funcione.

Lejos de la visión edulcorada de un futuro sin esfuerzo, la IA está levantada sobre un presente marcado por la explotación globalizada de mano de obra barata.

Los trabajadores invisibles de la IA

Son los llamados data workers o “trabajadores del clic”, personas encargadas de clasificar y etiquetar imágenes, corregir textos, transcribir audios, señalar errores en traducciones automáticas y, sobre todo, depurar el océano de datos que alimenta los algoritmos.

Sin ellos, los algoritmos, que luego se presentan como inteligentes, simplemente no funcionarían.

Como explican Mary Gray y Siddhart Suri, la supuesta inteligencia de la IA es inseparable del trabajo de humanos “detrás de las cortinas”. Por su parte, John P. Nelson señala que los chatbots que parecen inteligentes solo existen porque cientos de miles de personas entrenan, corrigen y supervisan sus respuestas.

Los chatbots que hoy responden a millones de consultas diarias no son fruto exclusivo del talento de muy bien remunerados ingenieros californianos, sino de la
explotación de una fuerza laboral masiva, dispersa e invisible.

El sociólogo Antonio Casilli lo resume con contundencia: la inteligencia artificial es, en realidad, inteligencia de “sudor y lágrimas”. Los algoritmos no aprenden por sí mismos; se limitan a reproducir patrones gracias a la labor previa de millones de personas.

Según estimaciones del Banco Mundial, entre el 4,4 % y el 12,5 % de la fuerza laboral mundial (es decir, entre 150 y 425 millones de personas, aproximadamente) ya participa de alguna forma en esta economía digital invisible. Google, en 2022, ya calculaba que pronto podrían superar el millar de millones.

La cara oscura: violencia, pornografía y daños psicológicos

El aspecto más perturbador de este trabajo no está solo en la precariedad salarial, sino en el tipo de contenidos a los que muchos trabajadores deben enfrentarse. Para que un sistema de IA sea capaz de reconocer un discurso de odio, alguien ha debido leerlo, clasificarlo y marcarlo como tal. Para que un modelo aprenda a filtrar pornografía, violencia extrema o material pedófilo, alguien ha tenido que visualizarlo antes.

Miles de personas en Kenia, Filipinas, Pakistán o India pasan jornadas completas
expuestas a lo peor de la condición humana: amenazas de violación, descripciones de torturas, grabaciones de asesinatos. Rebecca Tan y Regine Cabato, en un artículo en The Washington Post, documentan cómo estas condiciones laborales extremas son sistemáticas y afectan a millones de trabajadores alrededor del mundo.

Esa exposición continuada genera consecuencias devastadoras: cuadros de ansiedad, depresión, insomnio y, en muchos casos, trastornos de estrés postraumático que persisten incluso años después de haber abandonado el empleo.

El documental francés Les sacrifiés de l’IA (“Los sacrificados de la IA”, Henri Poulain, 2024) recoge testimonios estremecedores de trabajadores que nunca lograron recuperarse del daño psicológico. En muchos casos, ni siquiera tuvieron acceso a un acompañamiento terapéutico mínimo, porque las empresas subcontratadas que gestionan estas tareas rara vez ofrecen apoyo psicológico. El silencio se impone, además, a través de contratos de confidencialidad que prohíben hablar del trabajo, incluso con familiares cercanos.

Entrevista a Henri Poulain sobre su documental Les sacrifiés de l´IA.

Precariedad global y condiciones laborales

La localización de esta mano de obra no es casual. Los grandes gigantes tecnológicos subcontratan estas tareas a empresas situadas en países con bajos salarios y débiles sistemas de protección social. El resultado es que los trabajadores que sostienen la IA viven en contextos de máxima vulnerabilidad.
Refugiados ucranianos, madres solteras en Kenia, estudiantes en India o presos en cárceles finlandesas: todos forman parte de una cadena de producción global que opera bajo las condiciones perfectas para que las empresas que los contratan esquiven regulaciones laborales y obligaciones sociales.

La gran mayoría cobran entre 2 y 9 dólares al día, trabajan desde casa, aislados, sin contacto con colegas ni supervisión efectiva, convertidos en pieza fungible de un engranaje deslocalizado.

Se trata de un “proletariado digital” que reproduce, con nuevas formas, las viejas lógicas del colonialismo económico: el beneficio se acumula en Silicon Valley, mientras los costes humanos se reparten en lugares como Nairobi, Bangalore o Manila.

La estafa del siglo: imagen, lobby y ocultamiento

Las empresas que lideran la revolución de la IA destinan enormes recursos a reforzar su imagen pública. OpenAI, por ejemplo, gastó en 2024 casi dos millones de dólares en actividades de lobbying.

El mensaje que difunden es claro: la IA es fruto de la innovación científica y de las inversiones visionarias de un puñado de empresarios audaces. Nada se dice, en cambio, de los millones de trabajadores que sostienen en la sombra ese edificio. Henri Poulain lo resume con crudeza en su documental: estamos ante “la estafa del siglo”.

Una estafa que solo funciona porque estos trabajadores invisibles permanecen fuera del foco mediático y porque su peso social, aunque creciente, todavía parece marginal en términos estadísticos.

Pero la burbuja podría estar a punto de estallar: a medida que el uso de la IA se multiplica, también lo hace el número de personas atrapadas en esta diabólica economía de datos.

Largoplacismo, altruismo efectivo y justificación moral

Uno de los elementos ideológicos que sirve de coartada a esta situación es el
llamado largoplacismo. Esta corriente filosófica, estrechamente vinculada al llamado altruismo efectivo, se presenta como un ejemplo paradigmático de cómo ciertas élites tecnológicas utilizan el futuro como coartada para desentenderse del presente.

Defensores de esta visión, liderados por el controvertido filósofo Nick Bostrom
–quien ha desarrollado la noción de riesgos existenciales y la prioridad moral de preservar a largo plazo a la humanidad– sostienen que lo verdaderamente importante es garantizar la supervivencia de la humanidad a lo largo de miles o incluso millones de años (sic) y que, como hemos apuntado antes, tecnologías como la superinteligencia artificial lo harán posible.

Según esta perspectiva, el valor moral del futuro sería inconmensurablemente mayor que cualquier preocupación inmediata, por lo que problemas actuales como la pobreza, la desigualdad o la explotación laboral pasan a un segundo plano. El altruismo efectivo, en este contexto, se convierte en una herramienta intelectual para justificar políticas y decisiones que priorizan falsos beneficios futuros sobre los costos humanos y sociales presentes. La fórmula es archiconocida: el fin justifica los medios.

Esta forma de pensar ha influido de manera notable en la mayoría de líderes de la industria tecnológica de Silicon Valley. El problema es evidente: bajo esta lógica, millones de trabajadores invisibles pueden ser sacrificados en nombre de generaciones futuras, sin que ni siquiera existan garantías reales de que ese futuro utópico llegue a materializarse.

Desmontar el espejismo

La narrativa triunfalista sobre la IA necesita ser desmontada. No basta con aplaudir avances técnicos ni con dejarnos seducir por la retórica de la innovación. Detrás del mito de la inteligencia artificial, hay millones de personas sometidas a explotación, daños psicológicos y salarios de miseria. Hay también un planeta que soporta los costes ambientales de una industria energéticamente voraz.

La inteligencia no está en las máquinas: está en los seres humanos que las entrenan, las supervisan y las sostienen. Lo artificial no es la inteligencia, sino el disfraz que oculta las relaciones de poder y explotación sobre las que se construye esta tecnología.

La verdadera pregunta no es si la IA acabará con el trabajo, sino si estaremos dispuestos a acabar con la precariedad que hoy la hace posible. Si queremos un futuro justo, la innovación tecnológica debe ir acompañada de transparencia empresarial, regulación política, protección laboral y reflexión ética colectiva.
De lo contrario, lo que nos aguarda no es el paraíso tecnológico tantas veces prometido, sino una distopía levantada sobre los sacrificados de la inteligencia artificial.

The Conversation

Ramón López de Mántaras no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Esclavismo digital: la cara oculta de la IA – https://theconversation.com/esclavismo-digital-la-cara-oculta-de-la-ia-266805

Comienza la reconstrucción de Gaza con mucha cautela y una paz imperfecta

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alfredo A. Rodríguez Gómez, Profesor de Relaciones Internacionales de la UNIR, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Javas95/Shutterstock

Israel y Hamás mantienen desde el 10 de octubre pasado, pactado dos días antes, un alto el fuego que constituye la primera fase del plan de paz impulsado por el presidente de EE. UU. Donald Trump y respaldado por Egipto, Arabia Saudí, Catar y la Unión Europea.

El acuerdo contempla el intercambio de rehenes y prisioneros, la retirada gradual de tropas israelíes y la entrada de ayuda humanitaria en Gaza.

El gabinete israelí aprobó liberar hasta 2 000 prisioneros palestinos –incluyendo 250 condenados a cadena perpetua y 1 700 detenidos desde octubre de 2023– a cambio de los 48 rehenes retenidos por Hamás. De hecho, se han liberado ya los 20 rehenes que quedaban con vida. Simultáneamente, se ha autorizado la entrada diaria de cientos de camiones con suministros hacia Gaza.

Este avance rompe un ciclo de violencia tras casi dos años de conflicto que ha dejado más de 67 000 palestinos muertos, según las autoridades de Gaza. Abre una ventana para retomar la cooperación diplomática en la región.

Los 20 puntos de Trump

El alto el fuego se enmarca dentro del Plan de Paz de 20 puntos dado a conocer el 29 de septiembre de 2025 tras una reunión entre Trump y el primer ministro israelí Benjamín Netanyahu.

Este plan combina presión diplomática y apoyo económico y pretende orientar una diplomacia pragmática, con objetivos medibles más allá de discursos simbólicos.

Estados Unidos ha logrado alinear a Egipto, Arabia Saudí, Catar y la Unión Europea en torno a la iniciativa. Para Israel, la tregua representa una pausa estratégica y la posibilidad de mejorar sus relaciones con países árabes. Para la Autoridad Palestina significa la oportunidad de recuperar peso político tras años de aislamiento.

Dentro del plan se propone un comité tecnocrático palestino para administrar Gaza bajo supervisión internacional. Se ha llamado Board of Peace (Junta de Paz), presidido por Trump e incluyendo figuras como el exprimer ministro británico Tony Blair. Esta estructura gestionaría la financiación y los marcos de reconstrucción hasta que la Autoridad Palestina ejecute reformas internas.

Reconstruir para vivir

La reconstrucción de Gaza ocupa un lugar central en el acuerdo. Después de años de destrucción y bloqueo, las prioridades son restablecer servicios esenciales –agua, electricidad, atención sanitaria–, rehabilitar carreteras, reconstruir viviendas y permitir el retorno de desplazados.

Los aliados externos –Estados Unidos, la Unión Europea, Japón y países del Golfo– han lanzado un fondo internacional para respaldar esta reconstrucción. El Banco Mundial ha estimado que las reparaciones necesarias podrían ascender a unos 80 000 millones de dólares, cifra altísima comparada con el PIB combinado de Gaza y Cisjordania.

La Autoridad Palestina ha mostrado voluntad de asumir la gestión civil de Gaza en colaboración con actores internacionales. El primer ministro Mohammad Mustafa declaró que la prioridad es devolver la estabilidad y ha nominado 5 500 palestinos para una nueva fuerza policial, con planes de llegar a 10 000 agentes entrenados, algunos por Egipto.

Hamás no participó formalmente en las negociaciones clave en Sharm el-Sheikh, aunque aceptó adherirse a la primera fase del acuerdo. Ya el 3 de octubre, la organización anunció su disposición a liberar rehenes y traspasar la administración de Gaza, pero rechazó el desarme total. Se trata de un gesto pragmático frente a presiones políticas internas.

Este plan no resuelve los grandes asuntos estructurales, como el estatus de Jerusalén, los asentamientos ni el derecho al retorno, pero reactiva la lógica del diálogo. En un contexto marcado por estancamientos, el hecho de que existan fases verificables ofrece una base más sólida que en procesos anteriores.

Analistas internacionales reconocen que, aunque imperfecto, este plan crea un espacio político sin precedentes. Voces previamente críticas han señalado que, por primera vez en años, los palestinos están participando activamente en definir sus propios términos, no solo reaccionando a imposiciones externas.

La comunidad internacional

La Unión Europea ha recibido el alto el fuego con cautela. Kaja Kallas, actual alta representante de la UE para Asuntos Exteriores y Seguridad, ya expresó a primeros de mes que la UE pretende tener un rol activo en la autoridad transitoria de Gaza, afirmando que “Europa tiene un gran papel y debería estar también a bordo con esto”. Esta puede ser la oportunidad. 

La ONU ha confirmado su implicación en la creación de la autoridad de transición y su disposición a aportar asistencia técnica. Un portavoz del secretario general António Guterres ha instado a las partes a aprovechar esta oportunidad para poner fin al trágico conflicto en Gaza.

Países musulmanes como Arabia Saudí, Egipto, Catar, Emiratos Árabes Unidos, Indonesia, Turquía y otros han emitido una declaración conjunta de apoyo al plan, elogiando los esfuerzos diplomáticos de Trump y manifestando su confianza en que pueda ser un camino hacia la paz sostenible.

Del alto el fuego a una paz con rostro humano

Los riesgos no han desaparecido: las divisiones internas en Palestina, las tensiones políticas en Israel, posibles sabotajes o rechazos de partes más extremas podrían desbaratar el proceso. Sin embargo, por primera vez en mucho tiempo, la esperanza de la paz parece más cercana que la amenaza de una nueva guerra.

El principal desafío será transformar esta tregua frágil en una paz sostenible. Para ello serán esenciales voluntad política, acompañamiento internacional constante y reconocimiento mutuo. Si se cumplen esos tres elementos, el acuerdo podría marcar el inicio de una etapa diferente en Gaza e Israel.

Gaza podría dejar de ser símbolo de destrucción y convertirse en un modelo de reconstrucción compartida y gobernanza incluyente.

Como expresó hace años el exsecretario general de la ONU, Kofi Annan: “No hay paz sin justicia, ni justicia sin dignidad”.

Esa dignidad, reconocida por igual a israelíes y palestinos, podría ser la base firme de una paz posible, construida con respeto y equidad.

El alto el fuego entre Israel y Hamás no pone fin al conflicto, pero inaugura un nuevo escenario diplomático con posibilidades reales. La intervención internacional –de EE. UU., la UE y los países árabes– suministra los soportes externos necesarios para que esta tregua se transforme en un proceso con rumbo.

La reconstrucción de Gaza y la creación de una autoridad transitoria ofrecen un esqueleto institucional para una paz más duradera. Pero la clave estará en transformar avances tácticos en compromisos firmes. Sin justicia, dignidad y reconocimiento recíproco, este momento de esperanza podría quedar en mera pausa.

The Conversation

Alfredo A. Rodríguez Gómez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Comienza la reconstrucción de Gaza con mucha cautela y una paz imperfecta – https://theconversation.com/comienza-la-reconstruccion-de-gaza-con-mucha-cautela-y-una-paz-imperfecta-267180

¿La caries avanza o se detiene? Cómo evitar que despierten las lesiones inactivas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julieta Sarai Becerra Ruiz, Profesora e Investigadora en Biociencias, Universidad de Guadalajara

Kaan Yetkin Toprak/Shutterstock

La cavidad oral es una parte del cuerpo en donde ocurren funciones esenciales para la vida diaria, como la alimentación, la fonación, la respiración y hasta la expresión emocional, que se manifiesta a través de la risa o el llanto. Está conectada con otros sistemas del cuerpo, como el digestivo y el respiratorio, y en ella habitan microorganismos que, normalmente, ayudan a mantener la salud.

Cuando hay cambios dentro de la boca, debido a una dieta alta en azúcares o por una mala higiene dental, algunos de los microbios pueden comenzar a causar problemas. Este suele ser el origen de la caries dental.

Según la OMS, la caries dental es la enfermedad más extendida del planeta. Se ha reportado una prevalencia del 48 % en niños menores de seis y afecta a más de 2 000 millones de personas en el mundo. ¿Cómo es posible que algo tan prevenible siga afectando a tantas personas?

La caries dental es un proceso que ocurre poco a poco y depende de varios factores. No es contagiosa como un resfriado, pero si está influida por lo que comemos y por la presencia de una capa de bacterias que se forma sobre los dientes (placa bacteriana).

Las bacterias utilizan los azúcares de la dieta y forman ácidos. Con el tiempo, este proceso puede ir debilitando las partes duras del diente. Afecta, por ejemplo, al esmalte, ya que sustrae minerales esenciales como el calcio y el fosfato, que son los encargados de mantenerlo resistente y fuerte. A esto se le llama desmineralización.

Afortunadamente, el esmalte dental no está completamente indefenso. El cuerpo tiene mecanismos naturales que ayudan a reparar el daño inicial causado por los ácidos. Este proceso se llama remineralización, y ocurre cuando los minerales vuelven a incorporarse al esmalte, fortaleciendo su estructura.

¿Cómo nos ayuda el cuerpo?. La saliva interviene en este mecanismo, ya que actúa como un vehículo que transporta los minerales y ayuda a neutralizar los ácidos.

Por lo tanto, la caries dental es parte de un proceso que depende del equilibrio entre lo que el diente pierde y lo que recupera, razón por la que no aparece de un día para otro.

Sin embargo, en el proceso continuo de desmineralización y remineralización, pueden aparecer manchas blancas opacas en la superficie del diente que está pegada a la encía. Estas manchas representan el primer signo clínico de caries dental (la caries dental no siempre comienza como un “hueco”).

La coloración se debe a que la pérdida de minerales altera la forma en que la luz se refleja en el diente, razón por la que se aprecian estas zonas blancas y opacas. Se podría decir que las manchas blancas son las pistas e indicios con los que el diente avisa. Este mensaje nos advierte que los ácidos están ganado terreno y han comenzado a debilitar su estructura.

Del ataque ácido a la estabilidad mineral

Se dice que una lesión de caries está activa cuando continua progresando, ya que las bacterias siguen produciendo ácidos que atacan el esmalte y la dentina. Es como si el diente estuviera atrapado en una lluvia de ácidos, sin refugio para sanar. Por otra parte, la lesión de caries inactiva es la que no ha avanzado. Aunque el tejido dental está afectado, ya no hay actividad bacteriana ni pérdida de minerales.

Aquí comienza el lado menos conocido de las caries inactivas: su avance se ha frenado pero siguen siendo testigos de un pasado de desmineralización y requieren vigilancia.

Una caries inactiva no significa que esté curada, sino pausada. Y aunque parezca dormida, puede despertar si no cuidamos el ambiente que la mantiene tranquila. Este ambiente es muy delicado y depende de varios factores que cumplen una función protectora sin que lo notemos.

Gracias a una buena higiene, exposición al flúor, menor consumo de azúcares y una saliva que realiza de manera eficaz sus funciones defensivas, las caries inactivas permanecen en reposo. Pero si alguno de estos elementos se altera, la lesión puede activarse y avanzar hacia la cavitación.

¿Qué cuidados requiere un diente con una cavidad que ya no avanza?

Cuando la caries ha creado una cavidad en el diente pero ya está inactiva, el tratamiento depende de factores como la profundidad de la lesión, la funcionalidad del diente y el riesgo de reactivación.

Si la lesión no compromete la función ni acumula placa, el refuerzo de higiene, el uso de pastas con flúor (para remineralización superficial) y el control dietético pueden ser suficientes para mantenerla estable. Cuando la cavitación afecta la limpieza pero la lesión está estable, los infiltrantes con resina estabilizan la zona. Pero si la cavitación ha avanzado tanto que compromete la función del diente, retiene placa y además está muy profunda, es necesario reconstruir el diente de para que recupere su forma y función, se facilite el cepillado y se prevengan problemas posteriores.

Con visitas regulares al dentista podemos mantener las lesiones inactivas bajo control sin recurrir a intervenciones agresivas, entendiendo que su evolución está ligada al ambiente bucal. Cuidar lo que ya está estable es una forma de prevenir.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿La caries avanza o se detiene? Cómo evitar que despierten las lesiones inactivas – https://theconversation.com/la-caries-avanza-o-se-detiene-como-evitar-que-despierten-las-lesiones-inactivas-264834

¿Puede Estados Unidos destruir lanchas como parte de su guerra contra los carteles?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Tulio Alberto Álvarez-Ramos, Profesor/Investigador Instituto de Investigaciones Jurídicas de la Universidad Católica Andrés Bello. Jefe de Cátedra de Derecho Constitucional de la Universidad Central de Venezuela, Universidad Católica Andrés Bello

Imagen del ataque a una presunta narcolancha venezolana el pasado 3 de octubre difundida por el Gobierno de Estados Unidos.

La guerra declarada por Trump contra el narcotráfico tiene una dimensión geopolítica que tensiona los límites del derecho internacional. En el caso venezolano, la destrucción de embarcaciones presuntamente vinculadas al denominado Cartel de los Soles plantea interrogantes sobre la facultad presidencial para declarar conflictos sin autorización legislativa, así como sobre la diferencia entre los carteles mexicanos y el fenómeno venezolano.

¿Puede Trump declarar la guerra sin intervención del Congreso?

La Constitución de Estados Unidos otorga al Congreso la facultad de declarar la guerra, mientras que el presidente ejerce el mando operativo de las fuerzas armadas. No obstante, en la práctica, los presidentes han iniciado operaciones militares sin declaración formal, como en Vietnam, Siria o Libia.

La orden de Trump se apoya en una combinación de práctica política y legislación: la War Powers Resolution de 1973 permite al presidente iniciar hostilidades por hasta 60 días, siempre que informe al Congreso en las primeras 48 horas. Este esquema se traduce en un marco jurídico ambiguo.

Jurisprudencia decimonónica

La ofensiva marítima contra embarcaciones venezolanas ha suscitado interrogantes sobre la legalidad de tales intervenciones. Aunque Estados Unidos no ha ratificado la Convención de las Naciones Unidas sobre el Derecho del Mar (CONVEMAR) y la jurisprudencia de la Corte Suprema de EE. UU. ya reconoció en 1900, con el caso The Paquete Habana, la compatibilidad entre el derecho internacional y el orden interno.

En abril de 1899 dos barcos pesqueros con bandera española zarparon de La Habana y, durante su ausencia, se declaró la guerra hispano-estadounidense. A la vuelta, con el cargamento de pescado vivo, fueron interceptados por los escuadrones de bloqueo estadounidense. Los pesqueros apresados no llevaban armas ni municiones, desconocían el estallido de la guerra y el subsiguiente bloqueo de las costas cubanas, no opusieron resistencia a su captura y no había pruebas de que colaborasen con el bando español.

De ahí la sentencia del Supremo estadounidense de que la captura de buques pesqueros como botín de guerra violaba el derecho internacional consuetudinario (normas no escritas que surgen de la práctica uniforme y constante de los Estados previstas en el artículo 38.1.b del Estatuto de la Corte Internacional de Justicia), y que, además, este forma parte integrante del derecho estadounidense.

El derecho del mar establece límites precisos al derecho de inspección de embarcaciones con pabellón extranjero. Según el artículo 110 de la CONVEMAR, un buque de guerra solo puede detener otro buque en alta mar si existe sospecha fundada de piratería, trata de esclavos, emisiones no autorizadas, tráfico de estupefacientes o si el buque carece de nacionalidad. Fuera de estos supuestos, cualquier intervención constituye una violación del principio de inmunidad soberana.

Persecución en caliente

El derecho de persecución en caliente (hot pursuit) solo es válido si la infracción se inicia en aguas jurisdiccionales del Estado que persigue, y debe cesar al ingresar a la jurisdicción de otro Estado. En este contexto, la retención arbitraria de buques con bandera venezolana, sin base jurídica clara, podría configurar un acto ilícito internacional. Un hecho que contraviene los principios que rigen la libertad de navegación en alta mar.

El uso sistemático del derecho de inspección para bloquear el transporte marítimo de exportaciones carece de respaldo jurídico fuera de un conflicto armado declarado o de una resolución multilateral del Consejo de Seguridad de la ONU. El manual de San Remo sobre el Derecho Internacional Aplicable a los Conflictos Armados en el Mar (1994) establece que todo bloqueo naval debe ser declarado efectivo, no discriminatorio y compatible con el acceso humanitario. En ausencia de guerra o sanción multilateral, tal acción constituye una forma de coerción económica unilateral, lo que desdibuja los principios del orden jurídico internacional.

Si se alega que estas intervenciones responden a actos de piratería, el derecho marítimo establece un marco para ello. Los hechos deben tener carácter violento y han de ser cometidos por actores privados, sin vínculo estatal. Es decir, no resulta aplicable de forma automática a embarcaciones abanderadas.

En este contexto, toda operación militar debe regirse por protocolos que exigen identificación precisa de la amenaza y proporcionalidad en el uso de la fuerza.

Diferencias en el caso de los carteles mexicanos

A diferencia del caso venezolano, los carteles mexicanos –Sinaloa o Jalisco Nueva Generación– operan en un entorno marcado por la fragmentación territorial, la violencia organizada y una economía criminal transnacional. Aunque ejercen control sobre regiones específicas, no se presentan como actores estatales ni buscan legitimidad política, como lo pretendió Pablo Escobar con el Cartel de Medellín.

La confrontación ha sido con las autoridades mexicanas y por medio de una intervención limitada de la DEA. Todo ello sujeto a acuerdos bilaterales, como el vigente desde julio de 1990. Un escenario que el presidente Trump ha intentado alterar mediante presiones económicas.

En cualquier caso, la calificación jurídica de estos grupos como organizaciones terroristas sigue siendo objeto de debate.

Tampoco existe una narrativa de beligerancia internacional ni una estrategia de estrangulamiento político. Los carteles son tratados como estructuras criminales, no como enemigos militares. La narrativa estadounidense con Venezuela es la de un combate contra un cartel presuntamente vinculado al aparato estatal. Algo que transforma el conflicto en una disputa de carácter geopolítico.

¿Guerra contra el Cartel de los Soles o contra el régimen?

La narrativa bélica contra el Cartel de los Soles se configura como una herramienta de presión política, más que como una operación legítima de lucha contra el narcotráfico. Al caracterizarlo como amenaza transnacional, Estados Unidos justifica acciones militares, sanciones y operaciones encubiertas que desbordan el marco penal convencional. Esta lógica remite a la doctrina de los “enemigos no estatales”, utilizada en la guerra contra el terrorismo y proyectada ahora sobre el contexto latinoamericano.

Los carteles de droga no cumplen con los criterios de beligerancia establecidos por los Convenios de Ginebra –control territorial efectivo, capacidad militar sostenida y voluntad de respetar las leyes de la guerra–. Reconocerlos como parte beligerante implica el estatuto de combatientes, un contrasentido que desdibuja los límites entre conflicto armado y criminalidad organizada.

Si el fuego ya consume las bardas venezolanas, México haría bien en revisar los cimientos de su política antidrogas antes de que la llama se extienda bajo el mismo pretexto.

The Conversation

Tulio Alberto Álvarez-Ramos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Puede Estados Unidos destruir lanchas como parte de su guerra contra los carteles? – https://theconversation.com/puede-estados-unidos-destruir-lanchas-como-parte-de-su-guerra-contra-los-carteles-266914

¿Podemos prevenir el TDAH? Intervenciones antes de los cinco años

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jonatan Molina Torres, Profesor de Psicología. Investigador en el Centro de Investigación de la Infancia (Universidad Miguel Hernández), Universidad Miguel Hernández

Lucas tiene cinco años y una energía que parece no agotarse. Mientras el resto de sus compañeros colorean tranquilos sentados en sus mesas, él no para de moverse por la clase, hablar y tocarlo todo. Cuando la profesora le habla, Lucas la interrumpe sin querer y parece olvidar las instrucciones a los pocos segundos de escucharlas.

Su madre está cansada de oír en el colegio que su hijo es un niño muy movido y que parece que tenga un motor que lo impulsa todo el tiempo. Sin embargo, la respuesta suele ser esperar unos años a ver si el niño madura. Nadie se atreve todavía a ponerle nombre ni remedio a lo que ocurre.

La historia de Lucas no es una rareza sino más bien una realidad frecuente en niños menores de 5 años que sufren el trastorno por déficit de atención e hiperactividad, o TDAH. El TDAH es un trastorno del neurodesarrollo que afecta a 1 de cada 20 niños aproximadamente en todo el mundo. Y como muestran cada vez más investigaciones, las señales de alarma empiezan en los primeros años de escolarización, antes incluso de comenzar primaria.

Sentarse a esperar es perder el momento perfecto

Antes de los cinco años, en esas aulas de pinturas de colores, plastilina y cuentos, muchos niños ya muestran señales que alertan de un posible riesgo de presentar TDAH.

¿Pero qué niño en estas edades no es inquieto, despistado e incapaz en algunos casos de seguir las instrucciones? Tales manifestaciones pueden entenderse como conductas normales en esta etapa del desarrollo. Son pequeños, “ya madurarán”, así que sentarse a esperar suele ser la respuesta que reciben muchas familias.




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Esta espera puede ser aún más prolongada en el caso de las niñas, para las que el diagnóstico a menudo no llega: tienden a dar menos problemas de conducta y pasar más desapercibidas que sus compañeros. Curiosamente, aunque el TDAH se diagnostica más frecuentemente en niños de menor nivel socioeconómico, son estos niños los que tienen menos acceso a recursos psicopedagógicos en los que apoyarse.

Sin intervención, es muy probable que los síntomas de TDAH persistan hasta la adultez. Sentarse a esperar implica dejar que los síntomas evolucionen, empeorando su pronóstico y provocando que el niño acumule experiencias tempranas de fracaso, con el impacto para la autoestima y en la manera de relacionarse con sus iguales, e incluso, en la que su entorno se relaciona con él.

Intervenir antes, sin etiquetas

Precisamente uno de los motivos por los que no se interviene con el TDAH en esta etapa es el miedo al diagnóstico y el estigma que pueda pesar sobre el niño a una edad tan temprana. La buena noticia es que no hace falta un diagnóstico para empezar a ayudar.




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En lugar de esperar a que un especialista etiquete lo que le pasa a un niño como “TDAH”, podemos intervenir cuando hay señales de dificultad, aunque todavía no se pueda confirmar oficialmente un diagnóstico clínico. Cada vez más expertos apuestan en esta etapa por un enfoque preventivo en el trastorno y basado en el desarrollo de habilidades neurocognitivas clave. En niños menores de 5 años, las intervenciones más eficaces utilizan actividades basadas en el juego para entrenar el autocontrol, la atención sostenida o la capacidad para seguir instrucciones.

Hacer del movimiento parte de la clase

Existen estrategias sencillas que beneficiarían a niños como Lucas, y de paso serían positivas para todos sus compañeros, con o sin TDAH: desde anticipar las transiciones entre actividades a favorecer el movimiento a través de descansos frecuentes y actividades psicomotrices integradas en la rutina de la clase, como por ejemplo:

  1. Introducir misiones motoras en las transiciones o cambios de actividad: en vez de pedir que el niño camine en silencio o tranquilo, se le pide que, por ejemplo, camine como un animal determinado o como un robot. Con esto mejoramos el control inhibitorio a través de una conducta intermedia entre la que queremos modificar y la “deseable”, que sería caminar tranquilo y en silencio.

  2. Lectura activa: permitir la imitación con gestos y movimientos de las acciones de los personajes cuando se hace una lectura compartida. No solo sirve para la atención auditiva, sino también para promover la actividad motora del niño de una manera más positiva durante la lectura.

  3. Rutinas de autorregulación emocional y conductual: como una manera de prevenir la conducta disruptiva del niño, se “obliga” a hacer una pequeña pausa antes de la tarea para realizar cierta rutina. Algunos ejemplos de esto pueden ser el “semáforo” (nos paramos, pensamos lo que tenemos que hacer y lo hacemos) o alguna rutina autoinstruccional (que los niños repitan una consigna o guía verbal que les ayude a enfocar mejor la tarea).

Vídeo que ejemplifica la estrategia 3: una autoinstrucción para mejorar la inhibición en niños menores de 5 años.

Potenciar lo bueno

Neutralizar los síntomas del TDAH en la etapa preescolar no solo es una forma de prevenir dificultades futuras, sino también una oportunidad para potenciar los aspectos positivos que estos niños pueden desarrollar. Cada vez más estudios muestran que los adultos con TDAH presentan niveles más altos de creatividad y pensamiento divergente que aquellos sin el trastorno.

También destacan por una enorme energía y una capacidad excepcional para concentrarse en actividades que les motivan, un fenómeno conocido como “hiperfoco”.

Volvamos a Lucas

La propuesta es clara: cambiar el enfoque. En lugar de esperar a un diagnóstico oficial, si los síntomas existen, atenderlos cuanto antes siempre será positivo.

Imaginemos a Lucas en un aula diferente en la que su maestra ha aprendido a reconocer su energía como un potencial que puede encauzarse. Imaginemos que sus padres reciben la ayuda y las herramientas necesarias para dar a Lucas más apoyo y menos castigos. Imaginemos un sistema que no espera a tener un diagnóstico en un papel para actuar sino que adapta el contexto para ajustarse más a Lucas, y no al revés.

Lucas seguiría siendo el niño al que le cuesta estar quieto, pero seguro que también sería el niño que aprendió, desde muy pequeño, a entender que su energía desbordante no es sólo una dificultad de aprendizaje, sino una fortaleza en muchos otros contextos más allá del aula.

The Conversation

Jonatan Molina Torres no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Podemos prevenir el TDAH? Intervenciones antes de los cinco años – https://theconversation.com/podemos-prevenir-el-tdah-intervenciones-antes-de-los-cinco-anos-265902

De los tambores taínos a Bad Bunny: el legado musical que define a Puerto Rico

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen del Rocío Monedero Morales, Profesora Titular del Departamento de Periodismo , Universidad de Málaga

Marc Anthony y Bad Bunny en el último concierto que este último dio en su residencia de un mes en Puerto Rico. Marc Anthony/Facebook

A lo largo de la historia, la relación entre el reguetón y la música latina tradicional ha sido compleja. Mientras ciertos sectores vieron en su aparición una amenaza para la salsa, otros reconocieron los lazos que los unían, interpretándolos como una oportunidad de desarrollo mutuo.

Ambos géneros, en sus momentos de mayor esplendor, han reflejado las experiencias de la vida urbana, y desde su nacimiento, el reguetón ha conservado una conexión con sus raíces, hecho que recientemente se ha evidenciado con los últimos discos de dos de sus figuras más relevantes: Rauw Alejandro con Cosa nuestra (2024) y Bad Bunny con Debí tirar más fotos (DtMF) (2025).

Este último sorprendió al mundo no solo por reafirmar el éxito global del artista, sino porque convierte a la música urbana en un homenaje directo a la herencia cultural de Puerto Rico. Entre samples históricos, colaboraciones con músicos tradicionales y guiños sonoros a siglos de historia, el disco pone en primer plano la riqueza musical de la isla.

En ‘WELTiTA’, Bad Bunny mezcla hip hop latino con plena.

Un cruce de culturas

La música puertorriqueña nace del encuentro de tres grandes tradiciones: la taína, la africana y la española. Este mestizaje, iniciado en el siglo XVI, no solo definió el carácter de la isla, sino que estableció las bases de todos sus géneros musicales posteriores.

Los taínos aportaron sus areítos, cantos colectivos acompañados de maracas y tambores sencillos, que transmitían historias míticas y comunitarias. Durante la Conquista española, muchos elementos rítmicos y ceremoniales sobrevivieron, fusionándose con otras tradiciones. Los patrones repetitivos y el uso de instrumentos de percusión simples se reflejan todavía en géneros actuales.

Los africanos, traídos como esclavos, introdujeron la polirritmia, el canto responsorial y los tambores de barril. De su tradición nacieron la bomba y la plena. La bomba es baile y música a la vez: el tambor responde a los movimientos del danzante, mientras maraca y cúa completan la base. La plena, conocida como “periódico cantado”, usa tres panderos (requinto, punteador y seguidor) para narrar la vida cotidiana, desde celebraciones hasta denuncias sociales.

Los españoles trajeron la guitarra, el laúd y la poesía en décima, base de la música jíbara del campo. Con el tiempo, el cuatro puertorriqueño, con sus cuerdas metálicas, se convirtió en símbolo nacional. Géneros como el seis y el aguinaldo combinan melodías ibéricas con improvisaciones poéticas, donde el trovador canta décimas acompañadas por el cuatro, el güiro y la guitarra.

De la tradición a la modernidad

En el siglo XIX, Puerto Rico vio nacer compositores que unieron la música europea con la popular. Las danzas y contradanzas convivieron con formas criollas, mientras la imprenta musical y las primeras grabaciones ayudaron a difundir estas expresiones por toda la isla. Durante el siglo XX, la diáspora puertorriqueña en Nueva York dio lugar a la salsa, una síntesis caribeña que combinaba bomba, plena, son cubano y jazz. Orquestas como El Gran Combo de Puerto Rico o La Sonora Ponceña llevaron esta música a escenarios internacionales, y figuras como Héctor Lavoe y Willie Colón convirtieron la experiencia migrante en himnos universales.

‘Fuego en el 23’, uno de los éxitos de la orquesta portorriqueña La Sonora Ponceña.

El desarrollo musical se reforzó con la creación de instituciones: la Orquesta Sinfónica (1958) ofreció repertorios clásicos y caribeños; el Conservatorio de Música (1960) formó nuevas generaciones de intérpretes; y el Festival Casals atrajo a figuras internacionales, conectando a la isla con las corrientes musicales mundiales sin perder la identidad local.

Reguetón y raíces

La llegada del reguetón en los años noventa transformó la escena musical urbana. Muchos temieron que borrara las raíces tradicionales, pero artistas como Tego Calderón reivindicaron la bomba y la plena dentro del género. Don Omar y Daddy Yankee colaboraron con salseros, y proyectos como Los Cocorocos (2006) mostraron que lo urbano y lo folclórico podían convivir. Estas fusiones abrieron el camino para que artistas globales incorporaran sin complejos la historia musical boricua.

En el álbum Los Cocorocos reinterpretan la canción ‘Che Che Colé’ popularizada por Héctor Lavoe y Willie Colón, en esta ocasión a cargo de Víctor Manuelle y Tego Calderón.​

En este contexto, Debí tirar más fotos se presenta como una obra que va más allá de lo comercial. Bad Bunny no usa las raíces como simple decoración: las coloca en el centro del disco. En “CAFé CON RON”, colabora con Los Pleneros de la Cresta para resaltar la plena; en “BAILE INoLVIDABLE”, graba una salsa de más de seis minutos que evoca a la “Universidad de la Salsa”; en “PIToRRO DE COCO”, rescata la voz de Chuíto el de Bayamón, ícono de la música jíbara navideña. En “NUEVAYoL”, cita a El Gran Combo y su clásico “Un verano en Nueva York”, homenajeando a la diáspora.

El disco también integra elementos jíbaros, con décimas y el sonido del cuatro, mostrando que la música campesina puede convivir con sintetizadores y beats urbanos.

Bad Bunny aprende a bailar salsa en el videoclip de ‘BAILE INoLVIDABLE’.

Un legado que sigue vivo

La historia musical de Puerto Rico es una línea continua. Desde los areítos taínos hasta las salas de concierto, cada época ha sumado capas sin borrar las anteriores. A finales del siglo XIX, ya existían compositores que combinaban folclore con formas modernas; en el siglo XX, trovadores, pleneros y salseros convivieron con el auge de la música sinfónica. Hoy, reguetón, bolero, rock, plena y salsa coexisten, alimentados por escuelas, festivales y archivos que mantienen vivas estas tradiciones.

Con DtMF, Bad Bunny enlaza ese pasado con el presente: muestra que la música de Puerto Rico no necesita elegir entre tradición y modernidad. Puede ser global sin dejar de ser profundamente local, y puede hablarle al mundo mientras reafirma quiénes son los puertorriqueños y de dónde vienen.

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Carmen del Rocío Monedero Morales no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. De los tambores taínos a Bad Bunny: el legado musical que define a Puerto Rico – https://theconversation.com/de-los-tambores-tainos-a-bad-bunny-el-legado-musical-que-define-a-puerto-rico-266956