Une étude montre que 60 ans est souvent l’âge de notre apogée

Source: The Conversation – France in French (3) – By Gilles E. Gignac, Associate Professor of Psychology, The University of Western Australia

Raisonnement moral, stabilité émotionnelle, résistance aux biais cognitifs… autant de traits qui atteignent leur maturité bien après la jeunesse et qui expliquent pourquoi cette période de la vie peut être un âge d’or pour le jugement et le leadership.


À mesure que votre jeunesse s’éloigne, votre crainte du vieillissement grandit peut-être. Les résultats de recherche que mon collègue et moi avons récemment publiés dans la revue Intelligence pourraient vous rassurer, car ils révèlent qu’il existe de très bonnes raisons de se réjouir de prendre de l’âge. En effet, pour nombre d’entre nous, le fonctionnement psychologique atteint en réalité son pic entre 55 et 60 ans.

Ces connaissances éclairent les raisons pour lesquelles les personnes de cette tranche d’âge peuvent constituer des atouts dans le milieu professionnel, que ce soit en matière de résolution de problèmes complexes ou dans l’exercice du leadership.

Différents types de pics

De nombreux résultats de recherches indiquent que les êtres humains atteignent l’apogée de leur forme physique entre le milieu de la vingtaine et le début de la trentaine.

Un vaste corpus d’études établit également que c’est aussi vers le milieu de la vingtaine que les capacités intellectuelles « brutes » – c’est-à-dire la faculté de raisonner, de se souvenir et de traiter rapidement les informations – commencent généralement à décliner.

Ce schéma se reflète dans le monde réel. Les athlètes atteignent en général le pic de leurs performances avant 30 ans. Les mathématiciens signent souvent leurs contributions les plus marquantes aux alentours de la trentaine. Quant aux champions d’échecs, ils sont rarement au sommet de leur art après 40 ans.

Pourtant, si l’on regarde au-delà de la seule « capacité de traitement brute », une image bien différente se dessine.

De la capacité de raisonnement à la stabilité émotionnelle

Dans notre étude, nous sommes allés au-delà de la seule faculté de raisonnement. Nous nous sommes concentrés sur des traits psychologiques bien établis, répondant à plusieurs critères : pouvoir être mesurés de manière fiable, refléter des caractéristiques durables plutôt que des états passagers, suivre des trajectoires liées à l’âge bien documentées, et être connus pour prédire les performances des individus dans la vie réelle.

Notre recherche nous a permis d’identifier 16 dimensions psychologiques correspondant à ces critères. Il s’agissait notamment de capacités cognitives fondamentales, telles que le raisonnement, la capacité de mémorisation, la vitesse de traitement, les connaissances ou encore l’intelligence émotionnelle. Figuraient aussi parmi ces 16 dimensions les fameux « Big Five », ou cinq grands traits de personnalité : l’extraversion, la stabilité émotionnelle (névrosisme vs stabilité émotionnelle dans le modèle des Big Five, ndlr), le caractère consciencieux, l’ouverture à l’expérience et l’agréabilité.

Nous avons recensé puis compilé toutes les études portant sur ces 16 dimensions menées sur des cohortes de grandes tailles. En les standardisant, grâce à une échelle commune, nous avons pu établir des comparaisons directes et cartographier l’évolution de chaque trait au fil de la vie.

Un pic plus tard dans la vie

Plusieurs des traits que nous avons mesurés atteignent leur pic bien plus tard dans l’existence. Ainsi, le caractère consciencieux culmine autour de 65 ans, tandis que la stabilité émotionnelle atteint son maximum vers 75 ans.

Des dimensions moins souvent évoquées, comme le raisonnement moral, semblent également s’épanouir à un âge avancé. De même, la capacité à résister aux biais cognitifs – ces raccourcis mentaux qui peuvent nous conduire à des décisions irrationnelles ou moins exactes – peut continuer de s’améliorer jusqu’à 70 ans, voire 80 ans.

En combinant les trajectoires liées à l’âge de ces 16 dimensions dans un indice pondéré, théoriquement et empiriquement étayé, un schéma frappant est apparu.

Le fonctionnement mental global culmine entre 55 et 60 ans, avant de commencer à diminuer vers 65 ans. Ce déclin s’accentue après 75 ans, ce qui suggère qu’à un âge avancé, la diminution des capacités pourrait s’accélérer une fois qu’elle est entamée.

En finir avec les idées reçues sur l’âge

Nos résultats pourraient contribuer à expliquer pourquoi nombre les fonctions de leadership les plus exigeantes dans le secteur des affaires, de la politique ou de la vie publique sont souvent occupées par des quinquagénaires ou des sexagénaires. Si certaines capacités déclinent avec l’âge, elles sont contrebalancées par la progression d’autres traits essentiels. Ensemble, ces compétences favorisent de meilleures capacités de jugement et des prises de décisions plus réfléchies – autant de qualités cruciales au sommet.

En dépit de ces conclusions, les travailleurs les plus âgés sont aussi ceux qui font face aux plus grandes difficultés lorsqu’il s’agit de réintégrer le marché de l’emploi après une perte de poste. Dans une certaine mesure, certains facteurs structurels pourraient influencer les décisions en matière d’embauche. Recruter une personne d’une cinquantaine d’années pourrait par exemple être perçu par les employeurs comme un investissement de court terme dans le cas d’une probable retraite à 60 ans.

Dans d’autres cas, certains métiers imposent un âge de départ obligatoire. Ainsi, l’Organisation de l’aviation civile internationale fixe à 65 ans l’âge limite pour les pilotes de ligne internationaux. Dans de nombreux pays, les contrôleurs aériens doivent eux aussi prendre leur retraite entre 56 et 60 ans (en France, l’âge limite est fixé à 59 ans, ndlr). Étant donné que ces professions exigent des niveaux de mémoire et d’attention particulièrement élevés, ces limites d’âge sont souvent considérées comme justifiées.

Cependant, la situation n’est pas la même d’une personne à l’autre. Des recherches ont montré que si certains adultes voient leur rapidité de raisonnement et leur mémoire décliner en vieillissant, d’autres conservent ces capacités jusqu’à un âge avancé. L’âge, à lui seul, ne détermine donc pas le fonctionnement cognitif global. Les évaluations et les appréciations devraient plutôt se baser sur les capacités et les traits réels des individus, plutôt que sur des présupposés liés à leur âge.

Un pic, pas un compte à rebours

Dans l’ensemble, ces résultats soulignent la nécessité de mettre en place des pratiques d’embauche et de fidélisation plus inclusives sur le plan de l’âge, qui tiendraient compte du fait que chez de nombreuses personnes, vieillir constitue un atout en matière de travail.

Charles Darwin a publié De l’origine des espèces à 50 ans. Ludwig Van Beethoven a créé sa Neuvième symphonie à 53 ans et alors qu’il était profondément sourd. Plus récemment, Lisa Su, aujourd’hui âgée de 55 ans, a engagé le fabricant américain de semi-conducteurs, microprocesseurs et cartes graphiques Advanced Micro Devices (AMD) dans l’un des revirements technologiques les plus spectaculaires du secteur.

L’histoire regorge de personnalités qui ont accompli leurs plus grandes percées à des âges dépassant largement ce que la société considère souvent comme « l’âge d’or ». Peut-être est-il temps de cesser de voir la maturité comme un compte à rebours, et de la reconnaître pour ce qu’elle est vraiment : un sommet.

The Conversation

Gilles E. Gignac ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Une étude montre que 60 ans est souvent l’âge de notre apogée – https://theconversation.com/une-etude-montre-que-60-ans-est-souvent-lage-de-notre-apogee-267683

Pollution : quand l’environnement menace la fertilité féminine

Source: The Conversation – France in French (3) – By Sophian Tricotteaux-Zarqaoui, Doctorant, laboratoire Périnatalité et Risques toxiques (UMR_I 01), Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

La fertilité mondiale est en recul depuis plusieurs décennies. Si l’on connaît de multiples facteurs impliqués dans cet inquiétant phénomène, une partie des cas d’infertilité demeure sans explications. Un nombre croissant de preuves semble toutefois incriminer divers polluants environnementaux, en raison de leur capacité à perturber les cycles hormonaux.


Depuis plus de soixante-dix ans, un phénomène discret, mais de plus en plus préoccupant prend de l’ampleur dans le domaine de la santé reproductive : la fertilité mondiale connaît une baisse continue. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dresse un constat alarmant : aujourd’hui, pour un couple sur six dans le monde, devenir parents s’apparente davantage à un rêve difficile à réaliser qu’à une perspective aisément envisageable.

Les raisons de cette situation, qui affecte aussi bien les hommes que les femmes, sont multiples : évolutions sociétales, choix de vie, facteurs médicaux… Mais ils ne suffisent pas à expliquer l’ampleur du phénomène. Pour l’expliquer, les chercheurs s’intéressent de plus en plus aux effets des polluants environnementaux, et en particulier à ceux des perturbateurs endocriniens.

Ces substances, avec lesquelles nous sommes en contact au quotidien, peuvent interférer avec le système hormonal, clé de voûte de la reproduction. Ces substances ont la capacité de dérégler notre système hormonal, pourtant essentiel au bon fonctionnement de la reproduction. Aujourd’hui, les preuves sont accablantes et mettent en cause leur rôle dans les troubles de la fertilité féminine. Explications.

Un recul important de l’âge de la première grossesse

L’âge demeure l’un des facteurs majeurs influençant la fertilité. En effet, les femmes naissent avec un stock limité d’ovules qui diminue progressivement au fil des années jusqu’à la ménopause. Ce processus naturel réduit les chances de conception au fil du temps, jusqu’à l’arrêt complet des règles, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, (avec un âge moyen de 51 ans en France).

Or, au fil du XXe siècle, l’accès aux études, l’entrée massive des femmes sur le marché du travail, d’une part, et le coût élevé lié à l’éducation des enfants, d’autre part, ont modifié les stratégies familiales, repoussant toujours plus loin l’âge moyen de la première grossesse. Ainsi, en France, celui-ci ne cesse de reculer depuis les années 1970. En 2022, il atteignait 31 ans, alors qu’il était de 24 ans en 1974.

Facilité par un meilleur accès à la contraception, ce report de l’âge de la parentalité au-delà des 30 ans pose un véritable défi, car la fertilité féminine décline drastiquement après 35 ans. Cette situation rend aussi plus complexe la prise en charge médicale des troubles de l’infertilité. En effet, plus le diagnostic d’infertilité est posé tardivement, plus le projet de devenir parents est mis en péril, car les traitements peuvent être longs.

Il faut souligner que les causes de l’infertilité ne se limitent pas uniquement à l’âge ; d’autres problèmes gynécologiques peuvent être impliqués. Parmi ceux-ci, on y trouve les anomalies utérines, le syndrome des ovaires polykystiques, les problèmes anatomiques, et l’endométriose.

Toutefois, en France, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 10 % à 25 % des cas d’infertilité sont aujourd’hui d’origine inexpliquée. Une partie de ces cas pourrait être due à l’exposition à des polluants environnementaux, qui interfèrent avec le système hormonal et perturbent les mécanismes de la reproduction.

Les polluants environnementaux, la face cachée de l’infertilité

On sait aujourd’hui que des problèmes d’infertilité peuvent résulter d’un certain nombre de facteurs environnementaux, tels que le tabagisme, la consommation excessive d’alcool ou encore l’obésité pour ne citer que les plus connus.

Depuis plusieurs années, différentes études scientifiques incriminent également les perturbateurs endocriniens, parmi lesquels on retrouve certains pesticides, d’être à l’origine de certains cas d’infertilité inexpliquée.

Selon l’OMS, un perturbateur endocrinien est :

« Une substance ou un mélange de substances qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein d’une population »

Pour le dire simplement, les perturbateurs endocriniens sont des substances qui ont la capacité d’interférer avec le système hormonal perturbant ainsi le cycle menstruel.

Aujourd’hui, nous sommes tous exposés à un large spectre de perturbateurs endocriniens, qu’il s’agisse de bisphénols (notamment le bisphénol A, mais pas uniquement), de pesticides tels que le chlorpyrifos, ou de substances telles que les polychlorobiphényles, les phtalates et leurs métabolites, etc.

Ces composés sont présents dans de nombreux produits du quotidien, par exemple les bouteilles en plastique, les contenants alimentaires, les revêtements internes des boîtes de conserve métalliques, les détergents, les microplastiques, les retardateurs de flamme, les appareils électroniques et même les produits cosmétiques…

Notre mode de vie, notre alimentation, les lieux que nous fréquentons, et même notre métier influencent notre exposition à ces substances, et certains sont plus exposés que d’autres : agriculteurs et agricultrices, personnes exerçant des métiers de la coiffure, de l’esthétique, fleuristes

Naturellement, vivre à proximité de zones polluées, comme un champ cultivé en utilisant des pesticides, par exemple, accroît de même le risque de contamination par des perturbateurs endocriniens.




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Une mécanique hormonale finement régulée

L’exposition aux perturbateurs endocriniens peut avoir des effets particulièrement délétères chez la femme, car elle peut perturber le cycle menstruel.

Ce cycle naturel, qui prépare le corps à une éventuelle grossesse, est contrôlé par un ensemble d’organes qui communiquent entre eux grâce à des hormones : le cerveau (l’hypothalamus et l’hypophyse), les ovaires et l’utérus. Il repose sur deux processus qui se déroulent en parallèle.

L’un se déroule au niveau des ovaires, lesquels passent par plusieurs étapes au cours du cycle menstruel : développement des follicules contenant les ovocytes, libération d’un ovule prêt à être fécondé (l’ovulation), puis formation d’une structure temporaire appelée corps jaune qui permettra la continuité de la grossesse.

Le second processus se passe au niveau de l’utérus, qui se prépare à accueillir un futur bébé en épaississant sa paroi. Si la fécondation n’a pas lieu, cette muqueuse épaissie est éliminée par les voies naturelles : ce sont les règles.

Ce système est orchestré par plusieurs hormones essentielles, produites par les ovaires (œstradiol et progestérone) ainsi que par le cerveau (la GnRH, LH et FSH). C’est cette fine régulation hormonale qui permet au cycle menstruel de se dérouler chaque mois.

Une désorganisation, ne serait-ce que minime, de ce système millimétré, sous l’effet par exemple de perturbateurs endocriniens, peut se traduire par une infertilité dite « inexpliquée ».

Perturbateurs endocriniens et infertilité féminine

Des substances comme le bisphénol A, les phtalates et certains pesticides ont pu être liées à une accélération du vieillissement ovarien. En provoquant un stress oxydatif dans les follicules ovariens, elles endommagent les cellules impliquées dans le développement des ovocytes. Le contact avec ces substances se traduit par une diminution précoce de la qualité et de la quantité des ovules disponibles.

Les perturbateurs endocriniens sont aussi soupçonnés de jouer un rôle dans un trouble plus grave, appelé insuffisance ovarienne précoce. Celui-ci se traduit par un arrêt définitif du fonctionnement des ovaires avant 40 ans. Cette pathologie entraîne une ménopause prématurée, des troubles hormonaux et des difficultés à concevoir.

On sait que l’insuffisance ovarienne précoce peut avoir des causes génétiques, mais certains perturbateurs endocriniens semblent être eux aussi impliqués. C’est par exemple le cas des dioxines ainsi que des perfluoroalkyls et polyfluoroalkyls (aussi nommés PFAS).

Mais ce n’est pas tout : les perturbateurs endocriniens interfèrent également avec la grossesse elle-même. Pour qu’une grossesse puisse survenir, il faut qu’un ovule arrive à maturité et soit libéré lors de l’ovulation. Or, les perturbateurs endocriniens perturbent ce processus de différentes manières.

Certains d’entre eux bloquent la maturation des ovules, empêchant le développement normal des follicules ovariens

D’autres entraînent un déséquilibre hormonal, en modifiant la production des hormones comme l’œstrogène et la progestérone, ce qui perturbe le cycle menstruel et réduit les chances d’ovulation.

Des impacts au-delà de la conception

Les perturbateurs endocriniens peuvent aussi altérer les récepteurs hormonaux. C’est par exemple le cas de substances telles que l’atrazine, un pesticide très répandu, qui diminuent la réponse des ovaires aux hormones essentielles à l’ovulation.

Tous ces mécanismes se traduisent à des perturbations de l’ovulation qui interfèrent avec la fécondation. La conséquence, chez certaines femmes exposées, est la survenue de problèmes de fertilité, voire, dans certains cas, d’une infertilité totale.

Enfin, les perturbateurs endocriniens peuvent aussi s’avérer problématiques lors des étapes qui suivent la fécondation. Pour qu’une grossesse survienne, la fécondation seule ne suffit pas : l’œuf ainsi formé doit ensuite parvenir à s’implanter correctement dans l’utérus. Il faut pour cela que la muqueuse utérine (appelée endomètre) soit réceptive.

Or, les perturbateurs endocriniens, en particulier le bisphénol A, perturbent également cette étape. Les conséquences peuvent être des fausses couches à répétition, des difficultés d’implantation de l’embryon ou les complications pendant la grossesse : dysfonctionnement du placenta (prééclampsie), retard de croissance du fœtus, etc.

Enfin, les perturbateurs endocriniens semblent aussi jouer un rôle dans le développement de l’endométriose. On peut prendre le cas du TCDD, un herbicide agissant comme perturbateur endocrinien, qui est associé à la sévérité de la maladie.

Ce que la science sait… et ce qu’elle ignore encore

Aujourd’hui, nous savons que certains polluants présents dans notre environnement, comme le bisphénol A, les phtalates, certains pesticides, les dioxines ou les PFAS, peuvent altérer la fertilité féminine en perturbant la réserve ovarienne, l’ovulation, l’implantation embryonnaire ou en favorisant des pathologies comme l’endométriose.

Cependant, de nombreuses zones d’ombre subsistent : la proportion exacte de cas d’infertilité liés à ces substances reste inconnue, notamment en raison de la difficulté à mesurer l’exposition réelle et de l’effet « cocktail », autrement dit les résultats des interactions entre différentes molécules (nous sommes en effet exposés simultanément à de nombreuses substances différentes).

Parmi les questions qui restent en suspens, quelle est la part exacte de ces polluants dans les cas d’infertilité ? Quels sont les effets combinés des expositions multiples ? Quelles périodes de la vie sont les plus vulnérables ?

Informer, prévenir, agir

Face à l’ampleur du fléau silencieux que représente l’infertilité, il est essentiel de conjuguer les efforts de la recherche à la prévention et à l’information du public. On peut ainsi espérer mieux comprendre les effets des perturbateurs endocriniens sur la fertilité féminine, et en limiter l’impact.

Adopter quelques gestes simples, tel que limiter l’usage des plastiques alimentaires ou opter pour des cosmétiques exempts de perturbateurs connus peut permettre de réduire son exposition. Si possible, mieux vaut également avancer le plus possible dans le temps son projet parental.

Il est également important que recherches et actions de prévention soient soutenues par les institutions. Celles-ci doivent veiller à ce que la dimension environnementale soit pleinement intégrée aux stratégies visant à améliorer la santé reproductive. Cela peut passer par des réglementations plus strictes et par un meilleur suivi de l’utilisation de ces substances, tout en préservant la responsabilité individuelle.

Agir dès aujourd’hui pour protéger la fertilité féminine, par des choix éclairés et par une mobilisation collective, permettra de préserver la santé reproductive des générations futures.

The Conversation

Sophian Tricotteaux-Zarqaoui a reçu des financements de la région Haut de France dans le cadre de sa thèse

Hafida Khorsi, Mariame Kabbour, Marwa Lahimer et Moncef Benkhalifa ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Pollution : quand l’environnement menace la fertilité féminine – https://theconversation.com/pollution-quand-lenvironnement-menace-la-fertilite-feminine-241654

Pourquoi le prix de l’or s’envole-t-il actuellement ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Luke Hartigan, Lecturer in Economics, University of Sydney

Le prix de l’or vient de franchir un nouveau record, porté par une demande mondiale sans précédent. Investisseurs particuliers, fonds indiciels et banques centrales de pays émergents, en particulier la Chine et la Russie, se ruent sur le métal jaune, détaille Luke Hartigan, professeur d’économie à l’université de Sydney.


Mardi 14 octobre, le cours de l’or a franchi pour la première fois la barre des 4 100 dollars américains (3 525 euros) l’once, portant la hausse de cette année à plus de 50 %. La rapidité de cette flambée dépasse de loin les prévisions des analystes et représente quasiment un doublement depuis le début du mouvement, amorcé début 2024.

Cette envolée a séduit investisseurs et épargnants, au point de provoquer de longues files d’attente devant des comptoirs de change et des négociants en métaux précieux.

Qu’est-ce qui explique cet envol ?

Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer cette course record : l’incertitude économique liée à l’endettement croissant des États et à la paralysie budgétaire américaine, ou encore les craintes d’une perte d’indépendance de la Réserve fédérale. Si sous pression politique, elle venait à baisser les taux américains, cela pourrait relancer l’inflation, contre laquelle l’or reste une valeur refuge traditionnelle.

Mais ces facteurs ne suffisent pas à expliquer la hausse fulgurante. D’abord parce que la progression de l’or s’inscrit dans une tendance haussière continue depuis plusieurs années, bien avant que ces éléments ne surgissent.

L’explication la plus plausible se trouve du côté de la demande croissante pour les fonds indiciels cotés en bourse (communément appelés ETF) adossés à l’or. Ces instruments financiers permettent aux investisseurs d’acheter et de vendre de l’or en Bourse aussi facilement qu’une action ou une obligation, ce qui démocratise considérablement l’accès au métal jaune. Avant le lancement du premier ETF or en 2003, il était bien plus difficile pour le grand public de s’exposer à ce marché. Aujourd’hui, l’or peut se négocier comme n’importe quel actif financier, ce qui change la perception de son rôle de valeur refuge en période de turbulences.

À cette demande des particuliers s’ajoute celle de certains pays émergents, en particulier la Chine et la Russie, qui convertissent une partie de leurs réserves officielles en or au détriment des grandes devises comme le dollar. Selon le Fonds monétaire international, leurs réserves physiques d’or ont augmenté de 161 % depuis 2006, atteignant environ 10 300 tonnes, contre seulement 50 % de croissance entre 1955 et 2005.

Cette réorientation s’explique notamment par l’usage accru des sanctions financières par les États-Unis et et d’autres gouvernements émetteurs des principales monnaies de réserve (dollar américain, euro, yen japonais et livre sterling). La Russie, devenue acheteuse nette d’or en 2006, a accéléré ses achats après l’annexion de la Crimée en 2014 et dispose aujourd’hui de l’un des plus gros stocks mondiaux. La Chine, de son côté, réduit ses avoirs en obligations américaines pour renforcer ses réserves en or, dans une stratégie dite de « dédollarisation ».

Après l’exclusion de la Russie du système de paiements Swift et face aux projets occidentaux de saisie d’avoirs russes pour contribuer à financer l’effort de guerre en Ukraine, de nombreuses banques centrales émergentes ont accru leurs réserves d’or. Pour elles, les grandes monnaies occidentales comportent désormais un risque politique, contrairement à l’or. Cette tendance pourrait à terme réduire l’efficacité des sanctions financières comme outil diplomatique.

Jusqu’où l’or peut-il monter ?

La demande persistante des banques centrales russes et chinoises, conjuguée à l’appétit des investisseurs pour les ETF, laisse entrevoir de nouvelles hausses. Les ETF attirent d’autant plus de capitaux que les prix montent, sous l’effet d’un certain « Fomo » (Fear of missing out ou peur de rater le train). Le Conseil mondial de l’or a ainsi fait état en septembre d’entrées record dans ces fonds : 26 milliards de dollars au troisième trimestre (22,4 milliards d’euros) et 64 milliards de dollars (55 milliards d’euros) sur les neuf premiers mois de l’année.

Les achats des banques centrales émergentes, eux, dépendent moins du prix que des facteurs géopolitiques, ce qui continue de soutenir la demande. Sur cette base, Goldman Sachs a déjà relevé son objectif de cours à 4 900 dollars l’once d’ici à fin 2026.

Un atout pour l’Australie

Quelles conséquences pour l’Australie ? Troisième producteur mondial, avec 19 % des réserves connues, le pays est bien placé pour profiter de cette envolée. Le ministère de l’Industrie, des Sciences et des Ressources du pays prévoit même que la valeur des exportations d’or dépassera dès l’an prochain celle du gaz naturel liquéfié. L’or deviendrait ainsi le deuxième produit d’exportation, juste derrière un autre métal « précieux » : le minerai de fer.

The Conversation

Luke Hartigan reçoit des financements de l’Australian Research Council (DP230100959).

ref. Pourquoi le prix de l’or s’envole-t-il actuellement ? – https://theconversation.com/pourquoi-le-prix-de-lor-senvole-t-il-actuellement-267883

Harper Lee’s unpublished stories are not ‘thrilling’ – but offer insight into a literary legend

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Paul Giles, Professor of English, Institute for Humanities and Social Sciences, ACU, Australian Catholic University

Harper Lee with actor Mary Badham (‘Scout’ Finch), on the set of To Kill A Mockingbird in 1961. Leo Fuchs/Getty Images

The Land of Sweet Forever consists of eight previously unpublished stories and another eight non-fiction pieces by American author Harper Lee, who died in 2016. The non-fiction essays first appeared in magazines such as McCall’s and Book of the Month Club Newsletter and they are all quite short.


Review: The Land of Sweet Forever – Harper Lee (Hutchinson Heinemann)


Lee’s fame as a writer derives from her novel To Kill a Mockingbird (1960), which sold around 40 million copies and became one of the most widely taught books in United States classrooms during the second half of the 20th century. Its emollient representation of racial tensions in the Deep South chimed nicely with widespread anxieties among traditional white communities arising from civil rights movements of the 1960s.

An earlier draft of Mockingbird, entitled Go Set a Watchman, was published in 2015, shortly before Lee’s death. Again it sold very well, shifting over a million copies in the US during the first week of publication, despite this first version being more ambivalent and less sentimental in tone about enduring racial hostilities.

The eight stories in this new volume, edited by Casey Cep – who is working on an “authorised biography” of Lee – date from the writer’s early years, before Mockingbird. They are set partly in her home town of Maycomb, Alabama, and partly in Manhattan, where Lee lived during the 1950s, working first as a proofreader and then as an airline reservations clerk.

Cep describes the rediscovery of these stories, which were found in Lee’s New York apartment, as “thrilling”. In truth they are mostly slight productions, all written before Lee was 30 and none published in her lifetime. They would probably always have remained in her bottom drawer had it not been for the subsequent success of Mockingbird, but their posthumous rediscovery is valuable because it offers valuable insights into Lee’s artistic development.


Penguin Books

There is nostalgia here for the world of childhood, something that later helped to ensure Lee’s massive popularity. The narrator of one story, “The Cat’s Meow” intimates that “no matter how long I lived away from home I would always be from Maycomb, Alabama”.

Though she resists the “deep-water segregationist” atmosphere of her hometown, Lee’s narrative persona in this story continually regresses to the perspectives of childhood: “I suddenly felt ten years old again.” Indeed, the psychological conflict between the safety she nostalgically associates with her early life and a more knowing adult perspective forms the crux of Lee’s work, both in these stories and her later fiction.

Another of these early stories, “A Roomful of Kibble”, offers a sympathetic portrait of the narrator’s friend Sarah at the University of Alabama. Sarah’s alleged transgressions – having a “bottle of beer in her hand” and “an irreverent attitude toward the Dean of Women” – make the tone of this story seem comically dated.

At the end, however, Sarah shuts the door in the face of a neighbour who has accidentally set herself on fire in the kitchen, because they had previously argued about barking dogs. This causes the unfortunate woman to burn “to a crisp in the hall”. This weird juxtaposition of gentility and murderous violence anticipates Lee’s more mature gothic style.

Dark humor

The most compelling aspect of these stories is their dark humour and restrained satire. This arises from the narrator’s sense of distance from domestic pieties. Lee’s narrators are attracted instinctively to the role of onlooker, caught between two worlds, but detached from both. They are neither fully immersed in Manhattan nor entirely at home back in Alabama.

Harper Lee.
Photo: Michael Brown

One of the most amusing stories, “This is Show Business?”, features the narrator trying to help out a New York friend who is running errands by driving her car round the block in Manhattan to evade a parking patrolman.

Possessing only an Alabama driving licence and having never driven in New York, she describes the car sardonically as “one of those push-button affairs where if you know what to do, everything is done for you”. The disorientation experienced by the Southern girl is treated in an offhand manner, but her discomfort is palpable.

Yet there is a similar sense of discomfort when the focus switches back to Alabama. The story that gives this collection its title, “The Land of Sweet Forever”, starts with an ironic pastiche of Jane Austen’s famous first sentence to Pride and Prejudice:

It is a truth generally acknowledged by the citizens of Maycomb, Alabama, that a single woman in possession of little else but a good knowledge of English social history must be in want of someone to talk to.

But the story then develops into a typically double-edged description of Maycomb’s Methodist church, with the narrator ghoulishly observing: “There is nothing like a blood-curdling hymn to make one feel at home.” Given this sense of alienation, strategic silence becomes a useful tool in dealing with Bible-bashers and recalcitrant family members. Warding off her overtly racist sister, the narrator of “The Cat’s Meow” says “the first lesson of living at home these days” is “if you don’t agree with what you hear, place your tongue between your teeth and bite hard”.

‘National fantasy’

Penguin Australia, under the Hutchinson Heinemann imprint, is clearly targeting a mass audience for this book, imposing a “strict embargo” until publication day. The publisher is hoping these early stories and incidental pieces will be eagerly seized upon by Lee’s loyal fans, just as Go Set a Watchman was ten years ago.

It is certainly interesting to have these obscure and unpublished works now made available, but in truth this volume more resembles a scholarly edition of a famous author’s juvenilia than the kind of major publishing event that would mark the unearthing of literary buried treasure.

The non-fiction pieces are particularly varied in quality, with some interesting comments by Lee on her friend Truman Capote and on Gregory Peck, who played the role of Atticus Finch in the film of Mockingbird. Lee describes this as “an inspired performance” by Peck. She also writes revealingly about slavery, describing it as “man’s oldest institution”.

Harper Lee with actor Gregory Peck in 1962.
Bettmann/Getty Images

A 2006 letter to Oprah Winfrey, which appeared in The Oprah Magazine, includes some barbed remarks about e-books. Lee asks the television impresario if she could “imagine curling up in bed to read a computer” in the way she herself wept for Anna Karenina during her Alabama youth.

But Lee was certainly no systematic critic and to include her recipe from a 1961 edition of The Artists and Writers’ Cookbook seems to be scraping the barrel in every sense. The book is also not helped by the publisher’s choice of “The Land of Sweet Forever” as the running head throughout this volume, a flaw in production that makes it difficult to locate the book’s individual pieces.

Harper Lee will always have an important place in American cultural history because To Kill a Mockingbird touched a vital cultural nerve in the 1960s, just as Harriet Beecher Stowe’s Uncle Tom’s Cabin did a hundred years earlier. Like other immensely popular (and teachable) works such as The Great Gatsby, Lee’s work speaks to what critic Lauren Berlant called a condition of “national fantasy”.

In Berlant’s analysis, readers project their dreams and anxieties onto a particular version of the mythological mystique of the US. This kind of utopian vision manifests itself through material wealth and individual success in Gatsby, or through childhood security and racial harmony in Mockingbird.

Given the power of this idyllic vision, Lee was perhaps wise not to risk sullying it by engaging too actively with the rise and fall of critical fortunes normally associated with a long literary career. The social resonance of several writers in mid-20-century America – J.D. Salinger is the most obvious case – derived largely from their reticence, their unavailability for interviews or public appearances.

The apparently oracular nature of the author’s literary works seemed to be enhanced by the parsimonious scarcity of their output. Ralph Ellison’s Invisible Man (1952) promoted the invisibility not only of the novel’s fictional protagonist but also his elusive creator. This was, of course, the very reverse of today’s relentless circuit of authorial self-promotion, boosted as it is by publishing conglomerates eager for market spotlight. In this, as in so many other ways, Lee seems to be an author from a lost era.

Nevertheless, it is useful to gain from these pieces a clearer understanding of the complex historical situation within which Lee was working. It is chastening to recollect that the world Lee is chronicling is as distant in time from us as Herman Melville’s representation of New York in the 1850s was from that of F. Scott Fitzgerald in The Great Gatsby (1925).

Lee’s agent Maurice Crain described the author in 1956 as “a nice little Southern gal from Alabama”. Patronising though this undoubtedly was, it pinpointed an identity that Lee herself never entirely sought to outgrow. Many of Lee’s preoccupations can be recognised in embryonic form in The Land of Sweet Forever.

From the tone of her introduction to this book, it seems possible that Cep’s forthcoming “authorised biography” might possibly be too beholden to Lee’s legend. In due course, though, there might be opportunities for a fuller reassessment of Lee’s prominent position in 20th-century American literature.

I could imagine a critical work that would pay proper attention to her literary interplay between child and adult (perhaps involving queer theory), her perceptive probing of split selves, her capacity to bridge many different audiences and her canny awareness of how intense racial prejudice continued to lurk within ostensibly enlightened white communities in the Deep South.

Given her totemic popularity, Lee appears to be an author ripe for cultural reassessment. To that wider end, Cep’s biographical excavations may well in time prove indispensable.

The Conversation

Paul Giles previously received funding from the Australian Research Council.

ref. Harper Lee’s unpublished stories are not ‘thrilling’ – but offer insight into a literary legend – https://theconversation.com/harper-lees-unpublished-stories-are-not-thrilling-but-offer-insight-into-a-literary-legend-267842

Pakistan and the Afghan Taliban avoid a deeper war for now, but how long can the peace hold?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Amin Saikal, Adjunct Professor of Social Sciences, The University of Western Australia; Victoria University; Australian National University

In recent weeks, Pakistan and the Afghan Taliban have engaged in the most serious military clashes between the two neighbours in several years.

Qatar and Turkey mediated a ceasefire on Sunday, bringing an end to the hostilities that have killed dozens of people and wounded hundreds.

Both countries have agreed to respect one another’s territorial integrity. They will meet again in Istanbul later this week to discuss the next steps.

Yet, the situation remains tense, as the underlying causes of the conflict have yet to be resolved.

A haven for terrorism

At the heart of the conflict is Islamabad’s claim the Afghan Taliban have been harbouring and aiding the Pakistani Taliban (also known as Tehrik-e-Taliban Pakistan, or TTP) in order to change Pakistan along the lines of the Taliban’s extremist Islamic rule in Afghanistan.

The Taliban government has denied Islamabad’s accusations.

Since the Taliban’s return to power in Afghanistan in mid-2021, following the retreat of the United States and its allies, they have once again turned the country into a nest of various terrorist groups. This includes, most importantly, the TTP.

The Taliban have accommodated hundreds of TTP fighters (some with their families) in Afghanistan and boosted the TTP’s combat capabilities, so the group can now engage in deadlier cross-border operations in Pakistan.

According to the United Nations, the TTP has even accessed some of the US$7 billion (A$10.8 billion) worth of weapons left behind by the US and allied forces.

As the TTP has increased its operations in Pakistan, Islamabad has become more intolerant of the Afghan Taliban government.

It has also grown very concerned about Kabul’s ties with Pakistan’s regional rival, India. The Taliban’s acting foreign minister, Amir Khan Mutaqqi, recently visited New Delhi, where he was warmly welcomed by India’s government. Pakistan has traditionally viewed Afghanistan as being part of its backyard of influence.

Pakistan’s military and powerful military intelligence (the Inter-Services Intelligence, or ISI) have sought to counter the threat from Afghanistan by pursuing a strategy of deterrence and punishment.

This has included deporting tens and thousands of refugees back to Afghanistan, most of whom had fled the Taliban’s repressive, discriminatory and misogynist rule. Islamabad has also occasionally bombed targets in Afghanistan.

What led to the recent fighting

The situation escalated sharply this month after the TTP launched attacks on Pakistan security forces, including a suicide bombing on a police training school, killing 23 people.

Pakistan responded by striking what it claimed to be TTP sites in Kabul and Kandahar, where the Taliban’s elusive supreme leader Hibatullah Akhunzadeh reportedly lives.

In retaliation, Taliban forces attacked Pakistani posts along the disputed 2,600-kilometre Afghanistan-Pakistan border (also known as the Durand Line), resulting in considerable military and civilian casualties on both sides.

Pakistan also blocked Afghan transit routes, striking a serious blow to the already devastated Afghan economy. Although the Taliban rerouted their goods through Iranian ports, this is not as financially viable or a proper substitute for Pakistan’s transit routes.

The two sides agreed to a 48-hour ceasefire last week, but it was immediately broken when Pakistan launched more airstrikes that Kabul said killed several cricket players. Islamabad denies civilians were killed.

Pakistan’s dilemma

In the final analysis, Islamabad cannot blame anyone but itself for the challenges it faces from the Afghan Taliban. It nurtured and supported the Taliban as a terrorist group for some three decades.

As Pakistani Defence Minister Kawaja Asif recently acknowledged, Islamabad long pursued a double-edged foreign policy. It has publicly opposed terrorism, while using extremist groups, like the Afghan Taliban and their affiliates, to gain regional influence in its competition with India.

Thanks to this policy, the Afghan Taliban were able to seize power from the mid-1990s to the September 11 2001 al-Qaeda attacks on the US, and subsequently mount an effective resistance to the two-decade-long US-led intervention in Afghanistan. The Taliban were also able to regain power in 2021, to the detriment of both Afghanistan and Pakistan.

It is important to note this conflict is not between Pakistan and the people of Afghanistan, who are languishing under the Taliban’s draconian rule. Rather, this is a conflict between Pakistan and the Taliban government – a patron-client relationship that has now backfired.

The Taliban’s rule in Afghanistan is medievalist and fragile. It needs to be ousted, but this is a matter for the people of Afghanistan, not Pakistan. Foreign intervention in Afghanistan has not worked in the past.

Selfless assistance from the international community is needed to empower the people of Afghanistan to chart their own future. A combination of internal resistance to the Afghan Taliban – and external pressure on the group – is the best way forward.

The Conversation

Amin Saikal does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Pakistan and the Afghan Taliban avoid a deeper war for now, but how long can the peace hold? – https://theconversation.com/pakistan-and-the-afghan-taliban-avoid-a-deeper-war-for-now-but-how-long-can-the-peace-hold-267843

Is your manager grumpy in the mornings? Poor sleep can lead to abusive and unethical behaviour

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Stefan Volk, Professor of Management, University of Sydney

H. Armstrong Roberts/ClassicStock/Getty Images

You arrive at work, coffee in hand, ready to tackle the day. But your manager seems off, curt in meetings, impatient with questions, and unusually sharp in tone.

Before chalking it up to personality, consider this: they might just be sleep-deprived. Research in organisational behaviour and sleep science suggests that a leader’s sleep quality can significantly shape their behaviour at work – not just their mood, but their decision-making, communication style, and even ethical judgement. And the effects ripple far beyond the manager themselves.

In a multi-day field study tracking supervisors and their teams, researchers found that poor sleep on one night predicted more abusive supervisory behaviour the next day. This wasn’t a fixed trait; the same leaders behaved more positively after better sleep.

The study revealed a clear pattern: when leaders slept poorly, their capacity for self-control dropped. This affected the people around them, leading to more brittle interactions and disengaged teams.

The whole team is affected

This isn’t just about being cranky. Sleep deprivation impairs emotional regulation, reduces patience and increases impulsivity.

Tired managers are more likely to micromanage, react punitively and set an edgy tone, even when their team members are well-rested. These behaviours, in turn, reduce team engagement and discretionary effort. The result is a measurable dip in collective energy and productivity.

Frustrated CEO is angry at his colleagues during a meeting in the office.
Sleep-deprived managers are less resilient and clear-headed.
Skynesher/Getty Images

Despite the evidence, many organisations still glorify sleep deprivation. Executives who rise at 4am and start working before sunrise are often celebrated as paragons of discipline.

For some, early starts align with their natural circadian rhythms, which regulate our sleep/wake cycle. But for many others, this schedule creates circadian misalignment — a mismatch between biological clocks and social demands — which degrades alertness, mood and long-term health.

Management scholars argue that this culture begins early, in business schools and leadership development programs, where short sleep is normalised as a badge of honour.

But the consequences are serious. Chronic sleep deprivation undermines learning, performance and wellbeing, cultivating leaders who are less resilient, less clear-headed and less engaging at precisely the moments that call for steadiness and persuasion.

Leaders aren’t aware of the value of sleep

Surveys suggest nearly half of leaders report sleep problems, and more than 65% are dissatisfied with how much sleep they get.

Alarmingly, over 40% regularly sleep six hours or less, well below the recommended seven to eight hours for adults. And more than 80% of leaders say that not enough effort was spent to educate them about the importance of sleep.

The short-term effects of sleep deprivation are well known:

  • daytime sleepiness
  • reduced attention span
  • and slower reaction times.

But the long-term consequences are even more concerning. Chronic sleep deprivation increases the risk of depression, addiction, obesity and metabolic disorders. It also impairs self-regulation, making individuals more prone to impulsive behaviours, from unhealthy eating to substance misuse.

For leaders, sleep isn’t just a health issue, it’s a performance issue. Studies show sleep-deprived leaders are less inspiring, less charismatic and, as mentioned earlier, more likely to be abusive towards their teams.

They struggle to manage their emotions, and often are not aware that their hostility stems from poor sleep. This can initiate a downward spiral: negative interactions lead to rumination and stress, which further disrupt sleep, perpetuating the cycle. Even a few nights of poor sleep can damage leader-follower relationships.

And the consequences extend to ethics. Sleep deprivation compromises moral awareness and increases the likelihood of unethical behaviour. One study found a 2.1-hour reduction in sleep led to a 10% decline in moral awareness.

Education can build a healthier workplace

Given the evidence, leadership development programs must take sleep seriously. Career sustainability for leaders means building mental and physical resilience to meet high job demands, and sleep is central to that.

Leaders also play a critical role in modelling healthy behaviours for their teams. By prioritising sleep, they can foster a culture of wellbeing and sustainable performance.

Unfortunately, sleep is still undervalued in many organisations. But that can change. By educating current and future leaders about the science of sleep, organisations can cultivate more effective, ethical and engaging leadership — and healthier workplaces overall.

So next time your manager seems unusually difficult, consider what kind of night they had. A short or restless sleep might be the invisible force shaping today’s workplace dynamics.

The Conversation

Stefan Volk does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Is your manager grumpy in the mornings? Poor sleep can lead to abusive and unethical behaviour – https://theconversation.com/is-your-manager-grumpy-in-the-mornings-poor-sleep-can-lead-to-abusive-and-unethical-behaviour-266793

Skims has put merkins back on the fashion map. Here’s a brief (and hairy) history of the pubic wig

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Esmé Louise James, Doctor of Philosophy, The University of Melbourne

The Conversation/Skims

Kim Kardashian’s clothing brand, Skims, has been no stranger to a controversial campaign. Over the past few years, Skims has repeatedly made headlines for releasing divisive products such as the nipple bra and hip-enhancing shorts.

Its latest release is no exception. Last week, the brand announced the release of an A$70 faux hair micro thong, available in twelve different colour and hair texture variations. The product has rightly been identified as a merkin – a pubic wig, or hairpiece for the pubic area.

While this controversial thong has been released as part of a 1970s-themed campaign, the history of the merkin dates much further back.

Venereal disease

The merkin is believed to have originated in the Early Modern period in Europe. The Oxford Companion to the Body dates its debut to 1450, though its exact origin remains contested.

What is known for certain, however, is the function of this curious piece of clothing. By the end of the 15th century, a major syphilis epidemic had swept Europe. The initial outbreak became known as the “Great Pox”. It led to widespread death and disfigurement, before becoming less virulent in later centuries.

As historian Jon Arrizabalaga and colleagues explain:

In some cases, the lips, nose or eyes were eaten away, or on others the whole of the sexual organs.

Pubic wigs became a practical way to conceal signs of the disease around the genital area. As well as hiding syphilitic sores, merkins could help to mask the scent of rotting flesh by adding a lavender-scented powder to the material.

It has been estimated that by the 18th century, one in five Londoners suffered from syphilitic infection. Admission records of London’s hospitals and workhouse infirmaries show syphilis was particularly rife among young, impoverished and mostly unmarried women, who used commercial sex to support themselves.

With no effective cure for the disease found until the beginning of the 20th century, it is hardly surprising merkins were used to conceal undesirable symptoms.

Pubic lice

Pubic wigs also proved useful for preventing the spread of pubic lice. England and France were battling rampant infestations of lice well into the 17th century. Shaving one’s pubic hair was, understandably, a proven method to prevent infestation.

However, this hairless appearance carried a negative stigma, as it was associated with the presence of disease and prolific engagement with vice.

Pubic wigs offered a solution to this perverse beauty paradox of the time, allowing women to appear unshaven (thus, healthy and clean) while being shaven to prevent infestation and spread of lice. The wigs could be boiled or even baked after use to assure sterilisation.

Appearances in literature

Although cultural awareness clearly predates it, the first recorded use of the term “merkin” comes from John Taylor’s Observations and Travel, published in 1617. It features among a satirical list of exotic and indulgent imports – such as “apes, monkeys, merkins, marmosets” – suggesting it was already recognised as a risqué commodity associated with vanity and excess.

The merkin continued to appear across a wide range of literature from the 17th century, particularly in bawdy pieces of work, such as the following 1661 poem:

He laid her on the ground,
His Spirits fell a ferking,
Her Zeal was in a sound,
He edified her Merkin.

Its use is most commonly associated with sex workers, though it is plausible wealthy individuals would also have adorned themselves with merkins to preserve the appearance of beauty and health.

Powdered wigs were adopted by nobility in the 18th century to conceal hair loss and deformities that resulted from syphilis, so it is not a stretch to imagine merkins would have been adopted as well.

By 1786, the term “merkin” had entered the formal lexicon, defined in Francis Grose’s A Classical Dictionary of the Vulgar Tongue as “counterfeit hair for women’s privy parts”.

Merkins today

As public health improved and societal attitudes towards hygiene changed, merkins largely fell out of fashion.

By the late 19th century, they had mostly faded into obscurity and survived only as a quirky historical footnote. One example is the well-known faux-Victorian photograph of a supposed merkin salesman peddling his display case of pubic wigs, which is circulating as though it were a genuine 19th century image.

While the Skims micro thong may appear to be a cheeky novelty, the merkin itself boasts a centuries-long history – evolving from a practical accessory to a provocative fashion statement today.

The Skims line of “full bush” thongs were quickly sold out soon after they were announced. While the company hasn’t made the intention behind the product clear, its virality has certainly sparked a broader conversation about body hair politics.

In many ways, even these cultural conversations mirror those from centuries prior. The merkin’s very existence is proof that women’s body hair has, for hundreds of years, doubled as a potent symbol of health, sexuality, fashion and autonomy.

The Conversation

Esmé Louise James does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Skims has put merkins back on the fashion map. Here’s a brief (and hairy) history of the pubic wig – https://theconversation.com/skims-has-put-merkins-back-on-the-fashion-map-heres-a-brief-and-hairy-history-of-the-pubic-wig-267740

From warning to reality: Canada’s escalating hate crisis demands action

Source: The Conversation – Canada – By Frederick John Packer, Associate Professor of Law and former Director of the Human Rights Research and Education Centre (2014-2025), L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

Widespread, unrestrained hatred and polarization in the United States recently jolted Americans when conservative influencer Charlie Kirk was gunned down in broad daylight. As thousands of attentive students at Kirk’s Utah event watched in horror, thousands more have seen it unfold online — an experience none will easily forget.

In the aftermath of the shooting, the U.S. became engulfed in extremist reactions, unsubstantiated accusations and escalatory rhetoric.

The hatred and violence have barely subsided. U.S. President Donald Trump and War Secretary Pete Hegseth stoked further fears while addressing an assembly of American generals and admirals and warning of an “enemy from within” that needs to be met with military force in some of America’s largest cities.

Language fuels extremism

Political violence has long been associated with the United States. But heated and volatile politics is fuelling extremist movements around the world, undermining social cohesion and the political stability required for sustainable peace and prosperity.

Canada is facing this same challenge and needs urgently to reverse the trend.

In a previous article published shortly after the Oct. 7, 2023 attacks against Israel by Hamas, one of us warned of a dangerous surge in hate crimes against Jewish and Muslim communities in Canada.




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Israel-Hamas war: Canada must act to prevent hate crimes against Muslim and Jewish communities


Decisive action was urged to protect vulnerable populations. Those fears have not only materialized, but have intensified.

Crisis in Canada, too

The June 2025 assassination of Melissa Hortman, Democratic speaker of the Minnesota House of Representatives, and attacks on other legislators, starkly illustrates the prevailing threat — not just in the U.S., but in Canada as well.

Canadian lawmakers are facing greatly increased threats. In 2020, a former Canadian army reservist rammed his truck through the gates of Rideau Hall to confront Prime Minister Justin Trudeau with firearms in what a judge called a “politically motivated armed assault intended to intimidate Canada’s elected government.”




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11 years after the Parliament Hill shooting, is Canada doing enough to tackle political violence?


Some argue we’re living in a “hateful era of public speech” as toxic language emboldens real-world violence.

This grim reality echoed throughout the International Conference on Countering Hate and Polarization at the University of Ottawa in May 2025, when community leaders, scholars, practitioners and policymakers came together to discuss possible solutions to the crisis.

Rising hate crimes

Hate crimes motivated by racism, homophobia, antisemitism and Islamophobia have sharply increased in Canada, according to statistics from Canadian police services:

  • There were 4,777 hate-motivated incidents in 2023, a 32 per cent increase over 2022 (3,612 incidents)
  • That marked the third sharp rise in four years and was more than double the 2019 rate
  • Religion-based hate crimes surged 67 per cent
  • Antisemitic incidents were up 71 per cent (900 cases)
  • Islamophobic incidents were up 94 per cent (211 cases).

These are only the reported and recorded cases; undoubtedly, there are many more incidents since victims often fear reporting, or incidents are not categorized by police as hate crimes.

Marginalized groups in Canada, including diaspora communities, face particular vulnerability, as discussed at the Ottawa conference by representatives of different communities, including Hazaras, Yazidis, Hizmet and others.

Small minorities are especially targeted and vulnerable. They endure threats, intimidation and surveillance connected to overseas conflicts, compounding historical trauma and undermining their sense of safety, security and belonging in Canada.

The ongoing hate rhetoric against diaspora communities both in their countries of origin and in Canada fuels hate crimes against them and facilitates the increasing transnational repression aimed against them.




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New commission sheds light on how diaspora communities are impacted by foreign interference


The role of social media

Social media platforms thrive on outrage, amplifying divisive content that fuels anger and resentment.

Experts at the Ottawa conference emphasized that algorithms reward inflammatory posts, creating echo chambers that isolate communities and silence diverse perspectives. So far, profit-seeking social media corporations and their directors have been shielded from any accountability or liability — criminal or civil — despite established roles in political violence, including genocides.




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Unliked: How Facebook is playing a part in the Rohingya genocide


This state of affairs has motivated some jurisdictions, like Australia, to ban social media for children.

But addressing hate and polarization requires more than stronger laws. While it’s critical to enhance existing legal tools, such as clearly defining hate-motivated crimes, it’s not enough without broader systemic reforms.

5 ways to take concrete action

1. Online platforms must be held accountable.

The European Union’s Digital Services Act offers a useful model for regulating harmful online content, emphasizing transparency and responsibility. Canada should adopt similar measures, ensuring tech companies prioritize public safety over profit.

At the University of Ottawa conference, speakers highlighted Canada’s proposed Online Harms Act (Bill C-63), underlining the need for balanced, carefully defined legislation that safeguards free expression while effectively combating online hate.

2. Police and prosecutors need better training.

At the Ottawa conference, Mariam Musse of the Office of the Federal Ombudsperson for Victims of Crime, along with policy and legal researcher Hannan Mohamud, explained that police often lack the necessary cultural sensitivity and trauma-informed approaches.

Implementing mandatory anti-bias and human rights training can help build trust between law enforcement and communities. Positive examples in Toronto and Ottawa shed light, but need guaranteed, long-term funding.

3. Canada must focus its response on victims.

Strengthening the 10-year-old Canadian Victims Bill of Rights, increasing funding for culturally sensitive support services and improving access to compensation can empower victims and help communities heal. Collecting detailed demographic data is critical to understand the full impact of hate crimes and tailor effective solutions.

4. Community-led dialogue initiatives are essential.

Investing in grassroots organizations that regularly bring diverse groups together can build genuine relationships and reduce prejudice. This must begin in schools.

5. Addressing socio-economic inequalities is crucial.

At the Ottawa conference, Victoria Kuketz of the Public Policy Forum’s Democracy Project pointed out that financial pressures, housing crises and political opportunism fuel resentment and radicalization. Tackling these issues through inclusive social policies will reduce the appeal of hateful narratives.

Our shared responsibility

Effective activism requires a clear, hopeful vision, not just resistance to threats. Without a positive vision for society, efforts risk becoming reactionary rather than transformative.

Canada is long past the warning stage: hate and polarization are palpably threatening our democracy, social cohesion and public safety every day. The path forward is clear: collective, sustained and compassionate action through means and approaches that are proven to work.

So far, Canada’s response is inadequate, hesitant and late.

Policymakers need to take action, including establishing a dedicated national body to address all hate-motivated crime, working with provincial authorities to support local programs across Canada and promoting community-wide actions tailored to specific needs.

By embracing dialogue, strengthening communities and implementing systemic reforms, the rich diversity that defines Canada will be protected and a safer future will be secured for everyone. But it requires investing in the proven methods of countering hate and polarization and ending the blight with determination and urgency.

The Conversation

Frederick John Packer receives funding from the Open Society Foundations and the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

Davut Akca receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC).

ref. From warning to reality: Canada’s escalating hate crisis demands action – https://theconversation.com/from-warning-to-reality-canadas-escalating-hate-crisis-demands-action-265933

Cinco claves para entender el robo en el Louvre y en otros muchos museos del mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Jordá Sanz, Directora del Departamento de Criminología y Seguridad, Universidad Camilo José Cela

La diadema la emperatriz Eugenia, una de las joyas robadas en Museo del Louvre. Kay Emm Pea/Shutterstock

El robo ocurrido el pasado domingo en el Museo del Louvre de París en el que delincuentes lograron sustraer joyas de alto valor de la Galería de Apolo vuelve a poner de relieve una reflexión de largo aliento para la criminología aplicada al patrimonio cultural. La seguridad en museos sigue siendo un campo donde coexisten amenazas tradicionales y emergentes, visiones simbólicas y dinámicas criminales y un enorme coste simbólico cuando se produce una brecha.

Desde el punto de vista de esa seguridad, podemos destacar cinco ideas claves que nos ayudarán a entender mejor cuáles son los fallos y cómo operan los delincuentes.

1. La ciberseguridad importa, pero la llave sigue siendo física

Aunque no cabe duda de que la ciberseguridad es hoy una amenaza creciente y de primer orden para entidades culturales –con riesgos que van desde el acceso indebido a catálogos digitalizados hasta el sabotaje de sistemas de vigilancia y alarmas–, ello no debe llevarnos a minimizar el rol esencial de la seguridad física.

En muchos casos, los atacantes no requieren –o no solo– vulnerar sistemas informáticos sofisticados: pueden actuar sobre ventanas, puertas de servicio, techos o falsos muros y acompañarse de herramientas rudimentarias. Las primeras informaciones apuntan a que en el Louvre los ladrones habrían utilizado una fachada lateral y aprovechado andamiajes temporales para ganar acceso, sin depender de una intrusión digital compleja.

Esta tensión entre amenazas digitales y físicas debe abordarse de forma integrada: centros museísticos pueden blindar redes, cifrar datos y monitorizar accesos virtuales, pero mientras la puerta trasera permanezca débil o poco vigilada, la intrusión es viable.

2. Entre el lucro, el símbolo y la protesta: múltiples amenazas en juego

Los museos ocupan un punto estratégico y conflictivo porque concentran bienes susceptibles bajo múltiples lógicas delictivas. Aunque en los últimos años han cobrado visibilidad los ataques vinculados al activismo o al terrorismo –mediante acciones que buscan impactar simbólicamente en la identidad o provocar atención mediática mediante el daño o la profanación del patrimonio artístico–, no han desaparecido los robos con ánimo de lucro.

Continúan operando redes dedicadas a extraer piezas para su venta en mercados ilícitos o para fraccionarlas y comercializarlas por vías encubiertas. En los grandes robos de las últimas décadas, las investigaciones suelen revelar esta convergencia de motivaciones: junto a los gestos ideológicos o propagandísticos, persiste la lógica económica del delito patrimonial como negocio lucrativo y altamente especializado.

El valor artístico y simbólico de muchas obras convierte a los museos en objetivos que van más allá del beneficio monetario puro: por eso un robo no siempre obedece a una lógica clásica de ganancia. En el caso del Louvre, las autoridades han señalado que podrían existir lazos con redes especializadas y mercados internacionales de reventa, lo que demuestra la coexistencia de motivaciones materiales y simbólicas en un mismo hecho.

3. La ficción exagera, pero la realidad sigue usando la navaja de Okcham

El imaginario popular –reforzado por el cine y las series– tiende a contemplar robos de museos como operaciones complejas, invasiones de alta ingeniería, tecnología de punta y secuencias espectaculares: túneles desde alcantarillas, rayos láser, sincronización de cámaras o acrobacias imposibles.

No cabe duda de que estos relatos atraen al público, pero la criminología práctica observa que los métodos tradicionales –forzar vitrinas, cortar cierres, neutralizar alarmas de forma sencilla, apalancar puntos de vidrio o marcos, aprovechar huecos de seguridad…– prevalecen en múltiples casos reales.

Casos como el robo al Museo Isabella Stewart Gardner (Boston) de 1990, en el que los asaltantes actuaron durante una noche forzando puertas y accediendo a zonas interiores, o el desmantelamiento del Green Vault en Dresde (2019) muestran que la sofisticación no es imprescindible para el éxito si los puntos de vulnerabilidad existen.

Subestimar lo “rudimentario” es un error frecuente: una simple herramienta, un descuido humano o una rutina mal ajustada pueden abrir la puerta a lo que parecía imposible.

En el fondo, muchos robos de museo confirman una suerte de “navaja de Ockham” aplicada al delito: la explicación más sencilla –una brecha física, una llave mal custodiada, una vigilancia relajada– suele ser la verdadera. Lo aparentemente modesto, una mano hábil o una herramienta elemental puede quebrar los sistemas más sofisticados cuando se combinan con oportunidad y conocimiento.

4. Los ladrones miran con los ojos del visitante

La fase de inteligencia y preparación delictiva suele apoyarse en mecanismos que, a primera vista, parecen triviales: visitas de reconocimiento al museo en horarios ordinarios, observación de rutinas del personal de seguridad, aprovechamiento de horarios de mantenimiento o de montaje de exposiciones y, en ocasiones, la complicidad o el conocimiento interno (los llamados insiders).

Muchos robos han sido posibles gracias a datos aparentemente inocuos: quién vigila determinados pasillos, qué puertas sirven como salidas auxiliares, qué horarios de limpieza se usan, si hay zonas en obras que debilitan la protección física o dónde están los puntos ciegos de cámaras.

Además, hay elementos estructurales ocultos: conductos internos, estancias que no siempre están en los planos públicos, pasillos técnicos, canales de ventilación o accesos secundarios no divulgados al público.

Ese desconocimiento general sobre la anatomía completa del espacio museístico da ventaja al delincuente sofisticado. En el caso del reciente robo al Louvre, varios medios han resaltado que los perpetradores actuaron con rapidez y conocían dónde golpear, lo que sugiere un nivel previo alto de reconocimiento y planificación.

5. El patrimonio no solo se mide en euros

Debemos recordar que el patrimonio que custodian los museos no puede medirse solo en dinero. Cuando una obra desaparece o resulta dañada, la pérdida va mucho más allá de su precio en el mercado: se interrumpe un vínculo con la historia, con la creatividad humana y con el legado cultural que hemos recibido y que deberíamos transmitir.

Cada pieza robada o destruida deja un vacío en la forma en que entendemos nuestro pasado y en cómo damos sentido a la experiencia artística y social del presente.
Los museos son guardianes de esa herencia común: albergan objetos únicos, irrepetibles, que cuentan quiénes fuimos, cómo hemos pensado y qué hemos valorado a lo largo del tiempo.

El daño de un robo afecta al conjunto de la sociedad, porque cada pérdida empobrece la posibilidad de aprender, admirar y reconocernos en lo que otros crearon antes.
Por eso, la protección del patrimonio artístico, histórico y cultural no puede limitarse a impedir robos puntuales.

Requiere políticas amplias que integren restauración, cooperación internacional, trazabilidad de piezas y formación constante del personal, además de un compromiso activo de la ciudadanía con el valor de sus museos. Cuidar el patrimonio es cuidar la historia viva de una cultura.

Si algo enseña el reciente episodio del Louvre es que la seguridad en los museos debe concebirse como un equilibrio entre la protección física y la defensa digital. Las amenazas son diversas, los métodos cambian, pero el riesgo esencial sigue siendo el mismo: perder aquello que nos conecta con nuestro pasado y nos enriquece como sociedad. La criminología patrimonial nos recuerda que cada museo protegido es una victoria colectiva frente al olvido, el expolio y la indiferencia.

The Conversation

Carmen Jordá Sanz está vinculada a Prosegur.

ref. Cinco claves para entender el robo en el Louvre y en otros muchos museos del mundo – https://theconversation.com/cinco-claves-para-entender-el-robo-en-el-louvre-y-en-otros-muchos-museos-del-mundo-267891

Las provocaciones constantes de Rusia ponen a Europa contra las cuerdas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Christo Atanasov Kostov, International Relations, Cold War, nationalism, Russian propaganda, IE University

Las fuerzas especiales del ejército ruso inspeccionan vehículos en un puesto de control en Zaporizhzhia, Ucrania, en febrero de 2024. Sergey Nikonov/Shutterstock

Las escenas se han vuelto tristemente familiares: tanques rusos entrando en Georgia en 2008, la ocupación de Crimea en 2014, la invasión de Ucrania en 2022, los aviones militares rusos violando el espacio aéreo europeo y, ahora, los misteriosos avistamientos de drones que cierran aeropuertos en toda Europa.

Aunque estos acontecimientos puedan parecer inconexos, en realidad no son más que capítulos de una estrategia única, centrada y en evolución. El objetivo de Rusia es ejercer su poderío militar cuando sea necesario, emplear tácticas de guerra en la “zona gris” cuando sea posible y ejercer presión política en todas partes. Moscú lleva décadas haciendo todo esto con un único objetivo en mente: redibujar el mapa de seguridad de Europa sin desencadenar una guerra directa con la OTAN.

El objetivo no es improvisado ni ambiguo, y en esencia es irredentista. Busca revertir la expansión de la OTAN tras la Guerra Fría y reafirmar la esfera de influencia rusa en Europa.

Este enfoque singular fue el que rigió las acciones de Rusia en el período previo a su invasión de Ucrania. En diciembre de 2021, Moscú exigió que la OTAN impidiera a Ucrania y Georgia unirse a la alianza, y que sus fuerzas se retiraran a sus posiciones de mayo de 1997, donde se encontraban antes de que los antiguos Estados soviéticos de Europa del Este se unieran a la organización.

No se trataba de una maniobra diplomática previa a la invasión terrestre de febrero de 2022, sino de un objetivo en sí mismo. Desde la perspectiva del Kremlin, la ampliación de la OTAN es tanto una humillación como una amenaza existencial, y debe frenarse a toda costa.

Un conjunto de herramientas de presión

Las acciones de Rusia pueden interpretarse de diversas maneras: como alarde de fuerza, política de riesgo o presión diplomática. De hecho, todas estas etiquetas son acertadas, pero Rusia las utiliza conjuntamente para difuminar las líneas típicas entre la diplomacia, la acción militar y la propaganda interna. Podemos desglosar el “conjunto de herramientas” de presión de Moscú en diferentes tipos de acciones.

  • Política arriesgada para forzar el diálogo: la escalada militar, desde la concentración de tropas hasta la propia invasión de Ucrania, crea crisis que obligan a Occidente a prestar atención. Rusia fabrica emergencias para ganar influencia en las negociaciones, como ya hizo con éxito durante la Guerra Fría y, más recientemente, en Georgia en 2008 y en Ucrania a partir de 2014.

  • Sondeo de la zona gris: las incursiones de drones y aviones sobre Alemania, Estonia, Dinamarca y Noruega son pruebas deliberadas de la capacidad de detección y respuesta de la OTAN. También tienen el propósito más práctico de recopilar información sobre la cobertura y la preparación de los radares sin entrar en hostilidades abiertas.

  • Presión híbrida sobre los aliados más pequeños de la OTAN: los ciberataques y las interrupciones del suministro energético en varios Estados miembros de la UE están diseñados para poner a prueba la solidaridad de la alianza. Moscú señala a los Estados más pequeños y débiles para fomentar el resentimiento y la duda dentro de la OTAN.

  • Teatro nacional: para Putin, enfrentarse a Occidente le da buena imagen en su país. Como afirmó recientemente Dmitry Medvedev, vicepresidente del Consejo de Seguridad de Rusia, “Europa teme su propia guerra”. Para el Kremlin, ese temor refuerza la narrativa de que Rusia es la potencia asertiva y Occidente es indeciso.

El uso de estas herramientas por parte de Rusia no es nuevo, sino que se basa en estrategias que se han perfeccionado desde el colapso de la Unión Soviética. Desde Transnistria hasta Abjasia, Osetia del Sur y Donbás, Moscú mantiene guerras “sin resolver” que excluyen a los Estados de la OTAN y la UE, preservando la influencia rusa de forma indefinida.




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La “prueba permanente” de Rusia

Hoy en día, la estrategia del Kremlin favorece cada vez más los medios híbridos –drones, ciberataques, desinformación y chantaje energético– frente a la guerra. No se trata de provocaciones aleatorias, sino de una campaña coherente de pruebas.

Cada incursión y cada ataque tienen un propósito diagnóstico: ¿puede Europa detectarlos? ¿Puede coordinar una respuesta conjunta? ¿Puede poner en marcha esta respuesta de forma rápida y eficaz?

Como admitieron las autoridades belgas tras una reciente serie de avistamientos de drones, el continente necesita “actuar más rápido” en la construcción de sistemas de defensa aérea. Cada admisión de este tipo refuerza la convicción de Moscú de que Europa no está preparada y está dividida.




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En Rusia, estos momentos se recopilan en vídeos propagandísticos para la televisión estatal, en los que los expertos se burlan de la “debilidad” europea y presentan el caos del continente como una validación de la postura beligerante del Kremlin. Esta crisis fabricada, a su vez, es la última aplicación de una estrategia bien perfeccionada.

En lo que respecta a Occidente, el objetivo es el agotamiento, no la conquista: una “prueba permanente” diseñada para agotar los recursos y la unidad mediante una presión constante y de bajo nivel.

¿Qué vendrá después?

Las crecientes provocaciones de Rusia hacia la OTAN y Europa no pueden mantenerse como statu quo. Tal y como están las cosas, hay tres posibles escenarios a los que podrían conducirnos:

  • Una nueva confrontación a largo plazo: Este es el resultado más probable, ya que la OTAN no puede ceder a las demandas fundamentales de Rusia sin socavar sus principios fundacionales. El conflicto probablemente adoptaría la forma de un prolongado enfrentamiento: más tropas en el flanco oriental de la alianza, aumento de los presupuestos de defensa y un nuevo telón de acero en toda Europa.

  • La “finlandización” de Ucrania: un resultado posible, aunque inestable, podría ser que Ucrania se viera obligada a adoptar un estatus neutral, renunciando a la adhesión a la OTAN a cambio de garantías, como hizo Finlandia durante la Guerra Fría. Desde la perspectiva de Occidente, esto recompensaría la agresión de Moscú y afianzaría su veto sobre la soberanía de sus vecinos.

  • Escalada por error de cálculo: en un panorama de tensión creciente, incluso un incidente menor –el derribo de un dron, un ciberataque que sale mal– podría derivar en una confrontación más amplia. Una guerra deliberada entre la OTAN y Rusia sigue siendo improbable, pero ya no es impensable.

El imperativo de Europa: la resiliencia

El enfoque del Kremlin se basa en la fragmentación; la respuesta de Europa debe ser la cohesión. Esto significa desarrollar ciertas capacidades:

  • Defensa aérea y antimisiles integrada: construir un escudo verdaderamente continental, cerrando las brechas que podrían aprovechar los drones y los sistemas hipersónicos.

  • Defensa híbrida colectiva: tratar los ciberataques o las incursiones de drones como retos para toda la alianza. Un mecanismo de respuesta único y previamente acordado por la OTAN impediría a Moscú aislar a los miembros.

  • Autonomía tecnológica y política: invertir en las industrias de defensa europeas, la independencia en materia de energías renovables y cadenas de suministro resilientes. La seguridad comienza ahora con la autosuficiencia, especialmente ante el apoyo vacilante de Estados Unidos.

  • Disuasión mediante la diplomacia: Europa debe combinar una disuasión militar creíble con un compromiso pragmático, garantizando que los canales de comunicación permanezcan abiertos para evitar una escalada.

La estrategia de Rusia no es reactiva, es estructural. El Kremlin pretende obligar a Occidente a aceptar un nuevo orden de seguridad mediante una combinación de coacción, sondeos y pruebas perpetuas. Las herramientas pueden variar –desde tanques hasta drones, desde invasiones abiertas hasta guerras híbridas de desgaste–, pero el objetivo sigue siendo el mismo: socavar la unidad europea y restaurar la esfera de influencia que Rusia perdió en 1991.

El reto de Europa es igualmente claro. Tiene que resistir el cansancio de una crisis interminable y demostrar que es la resiliencia, y no el miedo, lo que define el futuro del continente.

Las provocaciones de Moscú continuarán hasta que los costes se vuelvan prohibitivos. Solo una Europa unificada y preparada puede hacer que eso suceda.

The Conversation

Christo Atanasov Kostov no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las provocaciones constantes de Rusia ponen a Europa contra las cuerdas – https://theconversation.com/las-provocaciones-constantes-de-rusia-ponen-a-europa-contra-las-cuerdas-267663