La guerre de l’énergie a déjà commencé en Ukraine : pourquoi l’Europe a tout intérêt à développer le stockage thermique

Source: The Conversation – France (in French) – By Boris Kosoy, Directeur de l’Institut du froid, des cryotechnologies et de l’écoénergétique à l’Université nationale technologique, Université nationale technologique d’Odessa

La guerre en Ukraine rappelle la vulnérabilité des infrastructures énergétiques, qui peuvent alors se muer en cibles militaires, pourtant proscrites en tant que telles par le droit des conflits armés : terminaux gaziers, centrales nucléaires, lignes à haute tension… Toutefois, des solutions existent pour rendre notre système énergétique plus résilient, par exemple celles fondées sur le stockage de chaleur plutôt que le simple transport d’électricité ou de gaz. Ce domaine demeure malheureusement, à l’heure actuelle, un impensé des politiques de transition énergétique.

Lorsque la Russie a entrepris de frapper systématiquement les infrastructures énergétiques ukrainiennes, des millions de personnes ont été brutalement plongées dans l’obscurité au cœur de l’hiver. Des postes électriques ont explosé, des transformateurs ont brûlé, les systèmes de chauffage se sont arrêtés, laissant des communautés entières sans défense. Ces attaques allaient bien au-delà de la destruction matérielle : elles révélaient un danger longtemps ignoré en Europe, celui d’une énergie désormais militarisable.

Pendant des décennies, les débats européens sur la sécurité énergétique ont porté sur les marchés, l’approvisionnement en combustibles et la décarbonation. Or la guerre en Ukraine a mis en lumière une vulnérabilité que ni les stocks stratégiques ni les mécanismes de régulation des prix ne peuvent corriger : la fragilité physique du réseau électrique.

À mesure que les systèmes deviennent plus numériques, plus interconnectés et plus essentiels à tous les aspects de la vie quotidienne, ils sont de plus en plus exposés aux cyberattaques, mais également aux missiles, aux sabotages et aux phénomènes climatiques extrêmes.

Cette nouvelle réalité impose une question clé. Lorsque les infrastructures électriques deviennent une cible militaire stratégique, comment renforcer la résilience énergétique d’un État ?

Comment l’énergie est devenue un champ de bataille

La guerre en Ukraine illustre de manière directe comment les conflits contemporains visent les fondements mêmes du fonctionnement d’un pays. Les frappes russes ont ciblé les centrales électriques, les corridors à haute tension, les postes de transformation, avec un objectif clair : déstabiliser l’ensemble de l’appareil d’État en perturbant l’alimentation énergétique.

De grandes centrales thermiques ont été délibérément mises à l’arrêt pour isoler des régions entières. Les installations hydrauliques du Dniepr ont également été frappées, créant des risques d’inondations massives et de coupures prolongées. Même les lignes d’alimentation des centrales nucléaires – jusqu’ici considérées comme intouchables – ont été visées à plusieurs reprises.

Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie cohérente. En faisant tomber l’électricité, on fait tomber des services essentiels : les hôpitaux basculent sur des groupes électrogènes à l’autonomie limitée, les stations de pompage – qui permettent l’approvisionnement en eau potable – cessent de fonctionner, les télécommunications s’interrompent, les processus industriels se figent…

Les villes retrouvent soudain leur forme antérieure à l’ère électrique. L’électricité devient alors un levier militaire à part entière.




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Une Europe vulnérable face à des réseaux vieillissants

Ce scénario ne concerne pas seulement le territoire ukrainien. L’Europe possède des réseaux électriques très centralisés, hautement numérisés et déjà à des niveaux de charge élevés, avec des marges de manœuvre physiques et opérationnelles limitées.

Même en l’absence de conflit armé, ces réseaux sont exposés à une combinaison de risques : cyberattaques, actes de sabotage, phénomènes climatiques extrêmes, montée en puissance de l’électrification et dépendance accrue aux technologies numériques.

Les vulnérabilités européennes ressemblent à celles de l’Ukraine, mais leur origine est différente. En Ukraine, les vulnérabilités du système énergétique résultent à la fois d’un héritage de réseaux centralisés, d’un sous-investissement prolongé et de leur exploitation délibérée comme cibles militaires. En Europe de l’Ouest, elles proviennent principalement de choix de conception effectués en temps de paix.

Une grande partie des infrastructures européennes a été construite dans les années 1970, pendant une période où le risque géopolitique se résumait aux chocs pétroliers. Les grands actifs centralisés – centrales nucléaires françaises, terminaux GNL allemands, nœuds de transport d’électricité – ont d’abord été conçus pour être efficients, dans une logique d’optimisation économique et de fonctionnement en régime normal. Pourtant, une attaque ou un incident local peut entraîner des effets en cascade et en faire des points de défaillance majeurs.

La numérisation, tout en améliorant la gestion du réseau – par exemple grâce aux compteurs communicants qui permettent une meilleure visibilité des consommations, ou aux centres de pilotage du système électrique (ou dispatching) qui ajustent en temps réel l’équilibre entre production et demande – élargit le champ des menaces. Un simple piratage peut perturber le fonctionnement d’un poste électrique ou désorganiser la conduite du réseau, sans qu’aucune charge explosive ne soit déclenchée. Le changement climatique multiplie en outre les stress sur le réseau (par exemple, risque d’incendie ou de rupture du fait de la surchauffe), en particulier en Europe centrale et orientale.

Face à cela, l’Europe souffre de déficits structurels. L’Union européenne a développé des règles sectorielles pour le marché de l’électricité, la sécurité d’approvisionnement et, séparément, la cybersécurité. En revanche, elle ne s’est pas dotée d’un cadre transversal dédié à la résilience matérielle et opérationnelle des réseaux en situation de crise.

Elle ne dispose pas non plus d’une stratégie réellement coordonnée pour déployer des solutions de secours décentralisées (par exemple des micro-réseaux capables de fonctionner en « îlotage », des capacités locales de stockage d’énergie ou de chaleur, etc.), au-delà des réponses d’urgence comme le recours ponctuel à des groupes électrogènes. Enfin, l’Europe ne pratique que rarement des tests de résistance coordonnés (« stress tests », c’est-à-dire des exercices de crise et scénarios d’incident éprouvés de manière organisée). Faute de pilotage clair au niveau de l’UE, ce sujet demeure un impensé des politiques de transition énergétique.

Pourtant, garantir la stabilité du réseau électrique revient à garantir la continuité des industries et des services publics, de santé, mais aussi celle de la démocratie. La résilience énergétique est un élément central de la souveraineté d’un État.




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Le stockage thermique, levier de résilience énergétique

Le système énergétique européen est donc en transition, exposé à des menaces hybrides et engagé dans un mouvement de décentralisation, par exemple, avec la production décentralisée d’électricité photovoltaïque. Dans ce contexte, l’Europe ne doit pas seulement renforcer la résilience de son réseau électrique, mais également diversifier ses sources d’énergie et surtout ses modes de stockage de l’énergie.

Le stockage thermique (on parle de technologies TES, pour Thermal Energy Storage) désigne les moyens permettant d’accumuler un excès de production de chaleur pour la restituer plus tard, en fonction de la demande. Or, 50 % de la consommation d’énergie finale en Europe est utilisée pour le chauffage et le refroidissement. Stocker l’énergie directement sous forme de chaleur de façon décentralisée, au plus proche des consommateurs finaux, permet de répondre à une large partie des besoins sans passer par le réseau électrique.

Ces dispositifs, particulièrement robustes, sont déjà matures au plan technologique et ne nécessitent pas de terres rares, contrairement aux batteries électriques. Les TES offrent ainsi, pour des usages thermiques, une solution complémentaire aux batteries électriques. En ce sens, elles renforcent aussi indirectement la résilience du réseau électrique. De cette façon, ils peuvent réduire les pics de demande électrique, aussi bien en fonctionnement normal qu’en situation perturbée.

Trois grandes familles de TES existent :

  • Le stockage sensible (nommé d’après la « chaleur sensible », liée à l’augmentation de la température de fluides ou de matériaux – eau, céramique ou sels fondus pour des hautes températures), mais sans changement de phase (solide/liquide ou liquide/gaz). Il s’agit d’une solution simple, durable et à coûts maîtrisés.

  • Le stockage latent (d’après la « chaleur latente », en lien avec l’énergie absorbée ou libérée lors d’un changement de phase) est fondé sur des matériaux à changement de phase. Ces derniers offrent une forte densité énergétique, pour des variations de températures moindres.

  • Le stockage thermochimique, enfin, est fondé sur des réactions réversibles permettant un stockage longue durée avec un rendement élevé et sans pertes thermiques. C’est celui qui propose la densité énergétique la plus importante.

Les solutions fondées sur le stockage sensible sont aujourd’hui largement utilisées dans l’industrie alors que le stockage latent n’en est qu’aux prémices de la commercialisation. Les applications du stockage thermochimique, enfin, n’en sont encore qu’à la preuve de concept.

Ces technologies présentent des caractéristiques intéressantes : une longue durée de vie (plus de vingt à trente ans), une bonne résistance au cyclage thermique (c’est-à-dire, l’alternance de phases de charge et de décharge), l’absence de matériaux critiques, et enfin une sécurité d’utilisation intrinsèque.

Leur conception physique relativement simple ainsi que leur compatibilité avec les réseaux de chaleur, les procédés industriels ou encore les micro-réseaux (ou smart grids), intégrant des énergies renouvelables, renforcent encore leur intérêt.

Il est urgent de développer des écosystèmes de recherche transnationaux, y compris avec l’Ukraine, qui permettront de développer de nouvelles solutions TES innovantes. Le projet franco-ukrainien Nadiya, auquel nous participons, illustre cette dynamique. Ce projet réunit l’Université nationale de technologie d’Odessa, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et l’Insa Lyon afin de développer des systèmes de stockage d’énergie basés sur des matériaux à changement de phase avancés.

Dans ce projet, les chercheurs ukrainiens apportent des données empiriques uniques sur le fonctionnement des infrastructures sous attaque et les besoins thermiques en situation de crise. Ces enseignements sont précieux pour l’Europe, confrontée elle aussi à un risque énergétique accru.




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De l’Ukraine à l’Europe, des solutions à développer

Du point de vue technique, le stockage thermique ne résoudra pas tout, mais sa robustesse, sa durée de vie et son indépendance vis-à-vis des matériaux critiques en font un levier important d’autonomie et de stabilité.

L’expérience ukrainienne le montre : même lorsque l’électricité revenait par intermittence, de nombreuses installations industrielles devaient interrompre leur production, faute de chaleur. Dissocier la stabilité thermique de la stabilité électrique favorise ainsi la résilience énergétique globale.

Pourtant, l’Europe peine encore à intégrer le TES dans ses stratégies nationales. Son déploiement souffre de normes incomplètes, d’un manque de projets pilotes et d’une reconnaissance insuffisante au niveau politique. C’est regrettable.

En pratique, il conviendrait de renforcer la planification régionale de la résilience et de pratiquer régulièrement des tests de résistance (« stress tests ») et de sensibiliser davantage le grand public. À une échelle institutionnelle, la coopération entre les ministères nationaux de l’énergie et de la défense mériterait d’être renforcée.

Le Vieux Continent est aujourd’hui confronté à un choix déterminant : continuer à considérer l’énergie comme une simple marchandise, ou la reconnaître comme l’un des piliers fondamentaux de sa sécurité collective, au même titre que la défense ou la santé publique.




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The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. La guerre de l’énergie a déjà commencé en Ukraine : pourquoi l’Europe a tout intérêt à développer le stockage thermique – https://theconversation.com/la-guerre-de-lenergie-a-deja-commence-en-ukraine-pourquoi-leurope-a-tout-interet-a-developper-le-stockage-thermique-274321

Contre le stress et le doomscrolling, les atouts de la lecture approfondie

Source: The Conversation – France (in French) – By JT Torres, Director of the Harte Center for Teaching and Learning, Washington and Lee University

Alors que les réseaux sociaux nous incitent à faire défiler images et textes en continu sur nos smartphones, comment ne pas perdre nos capacités de concentration ? Pratiquer la lecture approfondie peut être un bon remède qui, en plus d’aider à contrer le piège de la désinformation, offre un rempart au stress.


L’Américain moyen consulte son téléphone plus de 140 fois par jour, pour une moyenne de 4,5 heures d’utilisation quotidienne, et 57 % des personnes admettent être « accros » à leur téléphone. Les entreprises du secteur des technologies, les influenceurs et autres créateurs de contenu se disputent toute cette attention, ce qui a favorisé la montée de la désinformation.

Compte tenu de ce paysage informationnel complexe, il est plus important et nécessaire que jamais de posséder de solides compétences en lecture critique.

Malheureusement, les aptitudes en lecture restent un sujet de préoccupation majeur. Les performances en compréhension écrite déclinent. La majorité des parents de la génération Z ne lisent pas à voix haute à leurs jeunes enfants, car ils considèrent cela comme une corvée. De nombreux étudiants ne parviennent pas à aller au bout de la lecture d’un livre.




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Avec leur incitation infinie au scrolling et les facilités de partage de contenu qu’elles offrent, les plateformes de réseaux sociaux sont conçues pour encourager un engagement passif que les gens utilisent pour échapper à l’ennui et au stress.

En tant que chercheurs en sciences cognitives et experts des questions autour de la maîtrise de l’écrit, nous étudions le traitement de l’information par la lecture. Sur la base de nos travaux, nous pensons que la lecture approfondie peut être un moyen efficace de lutter contre la désinformation et de réduire le stress et la solitude. Il peut être difficile d’aller au-delà d’une lecture rapide, mais il existe des stratégies pour renforcer ses compétences en lecture.

La lecture approfondie contre l’anxiété du défilement sans fin

Les gens utilisent les smartphones et les réseaux sociaux pour diverses raisons, notamment pour soulager leur ennui, attirer les regards, nouer des liens et partager des informations. La quantité infinie d’informations disponibles à portée de clic peut entraîner une surcharge qui peut nuire à votre capacité à être attentif et prendre des décisions. Les recherches en sciences cognitives aident à expliquer comment le défilement, ou « scrolling », entraîne votre cerveau à penser de manière passive.

Pour maintenir l’intérêt des utilisateurs, les algorithmes des réseaux sociaux leur proposent des contenus similaires à ceux qu’ils ont déjà consultés, renforçant ainsi leurs convictions. Une exposition répétée à une information augmente sa crédibilité, en particulier si différentes sources la répètent, un effet connu sous le nom de « vérité illusoire ».

La lecture approfondie, quant à elle, désigne le processus intentionnel qui consiste à aborder l’information de manière critique, analytique et empathique. Elle implique de faire des déductions, d’établir des liens, d’adopter différents points de vue et de remettre en question les interprétations possibles.

La lecture approfondie demande des efforts. Elle peut susciter des sentiments négatifs tels que l’irritation ou la confusion, et elle peut très souvent être désagréable. La question importante est donc la suivante : pourquoi quelqu’un choisirait-il l’effort d’une lecture approfondie plutôt que de simplement faire défiler et survoler le texte ?

Encourager l’effort mental

Le défilement inconscient peut avoir des conséquences inattendues. L’utilisation des smartphones et des réseaux sociaux est associée à une augmentation de l’ennui et de la solitude. Et le doomscrolling est lié à des niveaux plus élevés d’anxiété existentielle et de misanthropie.

En revanche, l’attention et l’effort, bien qu’épuisants, peuvent renforcer votre sentiment d’utilité et vos liens sociaux. Les gens sont également motivés quand ils réalisent des tâches qui les aident à poursuivre leurs objectifs personnels, en particulier lorsque ces tâches sont reconnues par les autres. Pour ces raisons, le partage de livres peut être un outil pour promouvoir la lecture approfondie.

On peut prendre l’exemple de l’enseignant qui guide les élèves à travers des textes plus longs, comme des romans, en animant des discussions sur ces lectures afin d’en renforcer la compréhension et l’interprétation. Alors qu’on débat de cette pratique actuelle consistant à donner des extraits plutôt que des livres entiers à lire à l’école, les données suggèrent que la lecture soutenue dans un contexte social peut favoriser le plaisir de lire tout au long de la vie.

Dans une optique de création de liens, les réseaux sociaux peuvent en réalité être utilisés de manière constructive. Ainsi, BookTok est une communauté en ligne populaire qui rassemble des personnes utilisant TikTok pour discuter et recommander des livres. Les fans qui publient des analyses approfondies de K-Pop Demon Hunters et d’autres films ou séries démontrent que l’analyse approfondie a toujours sa place dans la file de posts sans fin sur les réseaux sociaux.

Ralentir pour prendre le temps de lire

Vous pouvez initier un certain nombre de démarches pour interagir de manière significative avec le flux constant d’informations auquel vous êtes confronté. Bien sûr, ce processus peut être éprouvant, et les gens disposent d’une quantité limitée d’énergie et d’attention à consacrer à cette tâche. Il est important à la fois de reconnaître ces limites et d’être attentif à la manière de les utiliser.

Le simple fait d’être conscient de la manière dont les pratiques de lecture numérique façonnent votre cerveau peut encourager de nouvelles postures et habitudes dans votre consommation d’informations. Rien que de prendre une pause peut réduire la réceptivité à la désinformation. Prendre quelques secondes de plus pour examiner de près des informations peut suffire à contrer la « vérité illusoire », ce qui signifie que ralentir délibérément, même de façon légère, peut être bénéfique.

Lire en profondeur signifie être capable de choisir et d’adapter sa vitesse, en ralentissant si nécessaire pour s’attaquer aux passages difficiles, savourer une prose saisissante, évaluer de manière critique les informations et réfléchir à la signification d’un texte. Il s’agit d’entrer en dialogue avec le texte plutôt que de simplement glaner des informations.

Être conscient de ces processus ne signifie pas que vous ne vous laisserez jamais aller à faire défiler les mauvaises nouvelles à la fin d’une longue journée. Mais cela implique de garder en tête la nécessité de savoir plus souvent se concentrer sur un texte et de s’ouvrir à différents points de vue.

Vous pouvez commencer modestement, par exemple avec des poèmes, des nouvelles ou des essais, avant de passer à des textes plus longs. Faites équipe avec un ami ou un membre de votre famille et fixez-vous comme objectif de lire un roman ou un ouvrage documentaire dans son intégralité. Atteignez cet objectif par petites étapes, par exemple en lisant un chapitre par jour et en discutant de ce que vous avez lu avec votre partenaire de lecture. La pratique de la lecture approfondie, comme la lecture de romans, peut élargir vos horizons et vous ouvrir à de nouvelles idées que vous pouvez explorer dans des conversations avec d’autres, en personne ou même sur TikTok.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Contre le stress et le doomscrolling, les atouts de la lecture approfondie – https://theconversation.com/contre-le-stress-et-le-doomscrolling-les-atouts-de-la-lecture-approfondie-274152

Des grains de sable prouvent que ce sont les humains – et non les glaciers – qui ont transporté les pierres de Stonehenge

Source: The Conversation – France in French (2) – By Anthony Clarke, Research Associate, School of Earth and Planetary Sciences, Curtin University

L’hypothèse selon laquelle les pierres utilisées ont été transportées par d’immenses glaciers qui recouvraient autrefois la Grande-Bretagne ne tient pas l’épreuve des faits. Elias Kipfer/Unsplash, CC BY

Stonehenge n’a pas été façonné par les glaciers. Grâce à l’analyse fine des grains de sable, une étude révèle que les pierres les plus lointaines ont été choisies avec soin et acheminées par nos ancêtres, ajoutant une pièce décisive à l’enquête sur les origines du monument.


Demandez comment Stonehenge a été construit et l’on vous parlera de traîneaux, de cordages, de bateaux et d’une impressionnante détermination humaine pour acheminer des pierres depuis toute la Grande-Bretagne jusqu’à la plaine de Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre. D’autres évoqueront des géants, des sorciers ou même le concours d’extraterrestres pour expliquer le transport de ces blocs, dont certains proviennent du Pays de Galles et d’Écosse.

Mais une autre hypothèse existe : et si la nature elle-même avait assuré l’essentiel du travail ? Selon cette piste, d’immenses glaciers qui recouvraient autrefois la Grande-Bretagne auraient transporté les « pierres bleues » et la « pierre d’Autel » jusqu’au sud de l’Angleterre sous forme de blocs erratiques, des roches déplacées par la glace, puis abandonnées sur la plaine de Salisbury, prêtes à être utilisées par les bâtisseurs de Stonehenge.

Cette hypothèse, connue sous le nom de théorie du transport glaciaire, revient régulièrement dans des documentaires et des discussions en ligne. Mais elle n’avait encore jamais été mise à l’épreuve à l’aide des techniques géologiques modernes.

Notre nouvelle étude, publiée le 21 janvier dans Communications Earth and Environment, apporte pour la première fois des preuves claires montrant que des matériaux glaciaires n’ont jamais atteint cette région. Elle démontre ainsi que les pierres ne sont pas arrivées par un transport naturel lié aux glaces.

Si des travaux antérieurs avaient déjà jeté le doute sur la théorie du transport glaciaire, notre étude va plus loin en mobilisant des techniques de pointe d’empreinte minéralogique pour retracer l’origine réelle des pierres.

Une empreinte minéralogique sans équivoque

Les vastes calottes glaciaires laissent derrière elles un paysage chaotique, fait d’amas de roches, de substrats striés et de formes de relief sculptées. Or, aux abords de Stonehenge, ces indices caractéristiques sont soit absents, soit ambigus. Et comme l’extension méridionale exacte des calottes glaciaires demeure incertaine, l’hypothèse d’un transport glaciaire reste sujette à controverse.

Dès lors, en l’absence de traces massives et évidentes, peut-on chercher des indices plus discrets, à une échelle bien plus fine ?

Si des glaciers avaient acheminé les pierres depuis le Pays de Galles ou l’Écosse, ils auraient aussi disséminé en chemin des millions de grains minéraux microscopiques, comme le zircon et l’apatite, issus de ces régions.

Lors de leur formation, ces deux minéraux piègent de faibles quantités d’uranium radioactif, qui se transforme progressivement en plomb à un rythme connu. En mesurant les proportions respectives de ces éléments grâce à une méthode appelée datation uranium-plomb (U–Pb), il est possible de déterminer l’âge de chaque grain de zircon ou d’apatite.

Comme les roches de Grande-Bretagne présentent des âges très différents d’une région sur l’autre, l’âge d’un minéral peut renseigner sur son origine. Autrement dit, si des glaciers avaient transporté des pierres jusqu’à Stonehenge, les cours d’eau de la plaine de Salisbury – qui collectent des zircons et des apatites sur un vaste territoire – devraient encore conserver une empreinte minéralogique nette de ce trajet.

À la recherche d’indices minuscules

Pour le vérifier, nous sommes allés sur le terrain et avons prélevé du sable dans les rivières qui entourent Stonehenge. Et les résultats étaient riches d’enseignements.

Malgré l’analyse de plus de sept cents grains de zircon et d’apatite, nous n’en avons trouvé pratiquement aucun d’un âge minéralogique correspondant aux sources galloises des « pierres bleues » ni à l’origine écossaise de la « pierre d’Autel ».

Cependant, l’immense majorité se concentre dans une fourchette étroite, comprise entre 1,7 et 1,1 milliard d’années. De façon éclairante, les âges des zircons des rivières de Salisbury correspondent à ceux de la Formation de Thanet, une vaste nappe de sables peu cimentés qui recouvrait une grande partie du sud de l’Angleterre il y a plusieurs millions d’années, avant d’être érodée.

Cela signifie que les zircons présents aujourd’hui dans les sables fluviaux sont les vestiges de ces anciennes couches de roches sédimentaires, et non des apports récents déposés par les glaciers lors de la dernière période glaciaire, entre 26 000 et 20 000 ans avant notre ère.

L’apatite raconte une histoire différente. Tous les grains datent d’environ 60 millions d’années, à une époque où le sud de l’Angleterre était une mer subtropicale peu profonde. Cet âge ne correspond à aucune roche-source possible en Grande-Bretagne.

En réalité, l’âge des apatites reflète le métamorphisme et le soulèvement provoqués par la formation de montagnes lointaines dans les Alpes européennes, qui ont fait circuler des fluides à travers le calcaire et « réinitialisé » l’horloge uranium-plomb de l’apatite. Autrement dit, la chaleur et les transformations chimiques ont effacé la signature radioactive antérieure du minéral et remis son compteur à zéro.

Comme le zircon, l’apatite n’a pas été apportée par les glaciers : elle est locale et repose sur la plaine de Salisbury depuis des dizaines de millions d’années.

Un nouvel éclairage sur l’histoire de Stonehenge

Stonehenge se situe au carrefour du mythe, de l’ingénierie ancienne et de la géologie sur des temps profonds.

L’étude des âges des grains microscopiques dans les sables fluviaux apporte aujourd’hui une nouvelle pièce à ce puzzle. Elle fournit des preuves supplémentaires que les pierres les plus exotiques du monument n’y sont pas arrivées par hasard, mais ont été choisies et transportées délibérément.

The Conversation

Anthony Clarke a reçu des financements de l’Australian Research Council.

Chris Kirkland ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Des grains de sable prouvent que ce sont les humains – et non les glaciers – qui ont transporté les pierres de Stonehenge – https://theconversation.com/des-grains-de-sable-prouvent-que-ce-sont-les-humains-et-non-les-glaciers-qui-ont-transporte-les-pierres-de-stonehenge-274203

La stratégie numérique de l’armée ukrainienne : une mobilisation 2.0

Source: The Conversation – France in French (3) – By Léo-Paul Barthélémy, Doctorant en sciences de l’information et de la communication, CREM, Université de Lorraine, Université de Lorraine

Face à la pression russe, et alors que la guerre totale entame sa cinquième année, l’Ukraine a un besoin constant d’alimenter son armée en hommes et en financements. Elle met en place à cette fin une stratégie numérique extrêmement moderne, à l’esthétique soignée, et non dénuée d’aspects ludiques.


Alors que 2026 marque pour l’Ukraine sa cinquième année de résistance face à l’invasion à grande échelle russe et sa treizième depuis le début de la guerre, les efforts de l’armée ukrainienne se maintiennent et évoluent, avec un appui continu de la société et des partenaires internationaux.

Mais le recrutement, la minimisation des désertions et l’attrait de dons privés, venant d’Ukraine comme de l’étranger, restent des enjeux majeurs. Pour cela, l’armée ukrainienne puise dans de nombreux registres communicationnels, spécialement ceux que connaissent et apprécient les jeunes générations. Entre simplification, esthétisation et gamification, différents moyens sont employés.

Une société connectée

La société ukrainienne est aujourd’hui l’une des plus connectées au monde : près de 96 % de la population possède des compétences numériques. Devenue un véritable hub technologique, toute l’Ukraine, de la société civile à l’armée, en tire profit.

La nomination de Mykhaïlo Fedorov à la tête du ministère de la Défense en janvier 2026 illustre bien cette imbrication : auparavant, il a occupé les postes de vice-premier ministre et ministre de la Transformation numérique. C’est d’ailleurs ce second ministère qui a propulsé l’application civile Diia, en 2020, qui regroupe les services gouvernementaux et les documents dématérialisés. Entre 2018 et 2024, l’Ukraine est passée de la 102e à la 5e place mondiale pour le niveau de développement des services publics numériques, selon l’Online Service Index de l’E-Government Development Index des Nations unies.

Cet élan se retrouve aussi du côté de l’armée, avec le portail Digital Army, une entreprise d’État qui regroupe des initiatives civiles, privées et militaires dans le but de créer un écosystème qui développe des solutions technologiques pour le secteur de la défense et l’armée.

Elle met en réseau des développeurs, des ingénieurs, des entreprises, des industriels et des partenaires internationaux.

En outre, les autorités mettent à la disposition du grand public deux applications : Army+ aide les militaires à régler plus rapidement les formalités administratives, et Reserve+ simplifie le recensement de données des personnes soumises à l’obligation militaire, qu’elles soient conscrites ou réservistes.

Esthétisation de la communication de guerre

Les images sont toujours au cœur des campagnes de communication, y compris celles militaires. Même les formats les plus traditionnels, tels que l’affichage, n’échappent pas à cette règle. En contexte de guerre, ces images sont même essentielles pour attirer l’œil. Les unités recourent à des opérations-séduction par l’affichage pour maintenir un cap de recrutement qui correspond à leurs attentes.

Exemple de publicité de l’agence de recrutement Lobby X : « Choisis ton poste et ton unité dans l’armée ». Photographie prise par l’auteur à Kiev (07 mai 2024).
L.-P. Barthélémy, Fourni par l’auteur

Ces publicités, que l’on peut retrouver à peu près dans toutes les villes ukrainiennes, ne sont pas en reste par rapport aux autres canaux, alors que la question de la mobilisation et du recrutement est sensible dans le pays. Ici, les affiches invitant à rejoindre l’armée bénéficient d’une véritable esthétisation et d’une communication professionnelle et se fondent parmi les publicités des marques de luxe aux alentours.

Elles ne sont en réalité qu’un premier point de contact vers des informations dématérialisées, qui se prolongent dans l’espace numérique. Ainsi, on retrouve quasi systématiquement un QR code et l’adresse d’un site web, incitant les passants à en découvrir davantage avec un call-to-action accompagné d’accroches publicitaires fortes.

Capture d’écran du site recruiting-92.army : « Choisis ta voie dans la 92ᵉ brigade d’assaut ».
recruiting-92.army

Ces sites web sont tout aussi travaillés, avec de belles typographies modernes, des photographies éditées et une interface utilisateur simple d’accès. Les témoignages et clips promotionnels ajoutent une dimension humaine pour inciter au recrutement. Très souvent, les éléments discursifs jouent sur l’unité, la camaraderie, l’engagement, la solidarité, la liberté de choisir son poste ou encore l’expérience unique. Les foires aux questions, les réseaux sociaux et les formulaires sont systématiquement mis en évidence lors de la navigation pour inciter les internautes à prendre contact.

Mobilisation citoyenne, mobilisation militaire

Penser l’armée ukrainienne nécessite une vision élargie à la société ukrainienne dans son ensemble, qui se mobilise au pays et à l’étranger en redoublant de créativité et d’innovation pour pallier les difficultés rencontrées par les militaires.

Les réseaux sociaux, souvent mentionnés pour leurs enjeux informationnels, sont aussi de puissants catalyseurs coercitifs et unificateurs. Les moyens d’incitation ne manquent pas pour aider les forces armées, qui recourent à diverses techniques pour lever des fonds ou récupérer du matériel. D’innombrables projets participatifs de type crowdfunding, souvent citoyens et non endossés officiellement par l’armée, étoffent l’effort de guerre, tel que SignMyRocket, par exemple, qui a permis aux donateurs de recevoir une photo d’un obus signé avec un message personnel en échange d’un don.

Soucieuse de la transparence de ces campagnes, la fondation Sternenko, acteur majeur du crowdfunding militaire ukrainien qui fournit des équipements, dont des drones, propose de nombreux rapports détaillés sur la façon dont les dons des citoyens sont mobilisés pour l’armée. À ces opérations s’ajoutent de tout aussi importantes levées de fonds orchestrées par la diaspora ukrainienne, qui soutient logistiquement ou financièrement son armée, même à distance, avec des événements culinaires, musicaux, folkloriques, du merchandising, des flashmobs, des campagnes de sensibilisation, etc.

Par ailleurs, il n’est pas rare de voir des jeux-concours sur des canaux Telegram pour inciter les citoyens à participer aux collectes. Celles-ci, à la durée et à la fréquence variables, permettent de maintenir indirectement le focus sur l’Ukraine. Au-delà de l’argent récolté, c’est aussi l’occasion pour les organisateurs de rappeler dans les sphères médiatiques internationales que la guerre continue et qu’elle ne perd pas en intensité, tant s’en faut.

Une « drone » de guerre compétitive

Incontournables, les drones occupent une place centrale dans la guerre en Ukraine, que ce soit pour les attaques, les opérations de reconnaissance ou encore de ravitaillement. De ce fait, les Forces de systèmes sans pilote (abrégées СБС, soit SBS, en ukrainien) ont créé un « killboard », un tableau qui affiche en temps quasi réel les statistiques de destructions opérées par les différentes unités : soldats ennemis, mais aussi véhicules blindés, motos, radars ou systèmes d’artillerie, liste non exhaustive. Cette initiative illustre ce qu’est la « gamification » de la guerre, à savoir le recours à des mécanismes de jeu dans des environnements non ludiques. Le site est également proposé en anglais pour toucher un public international, avec un lien qui renvoie vers la plate-forme de recrutement du SBS.

Capture d’écran du site sbs-group.army présentant les résultats obtenus par le 429ᵉ régiment de systèmes sans pilote « Achilles », entre le 1ᵉ juin et le 31 décembre 2025.
sbs-group.army

Fleuron de la défense ukrainienne, la plate-forme gouvernementale Brave1 propose depuis 2023 une collaboration entre partenaires, investisseurs et entreprises pour développer l’industrie militaire. Elle fournit des subventions à des projets en phase de R&D, tout en facilitant l’approbation de technologies aux normes, telles que le NATO Stock Number.

Dans cette même logique de ludification, elle s’est étendue avec un marché qui « ressemble à Amazon » et qui connecte directement les fabricants, les développeurs et les unités militaires.

En parallèle, l’armée ukrainienne a lancé le programme « Army of Drones Bonus », soit un système d’e-points utilisables sur Brave1 Market : plus une unité neutralise de cibles (humaines ou matérielles), plus elle gagne de points, et plus elle peut donc les échanger contre des équipements, comme le désormais célèbre drone Baba Yaga.

Avec ce système compétitif, les autorités s’octroient un moyen de motivation pour les troupes tout en rétribuant celles qui contribuent le plus aux efforts défensifs. Les points varient en fonction de la nature de l’attaque : soldat capturé ou tué, tank détruit ou encore élimination d’un pilote de drone ennemi. Il ne s’agit pas de transformer la guerre en jeu, mais cela montre indirectement qu’elle est désormais conduite via des écrans et des algorithmes. Un reportage de la BBC soulignait des retours mixtes de la part des soldats sondés sur ce système : certains estiment que le système est bien pensé pour motiver les troupes, tandis que d’autres jugent que cela ne suffit pas pour lutter contre les désertions.

Dans le même esprit, UNITED24, plate-forme gouvernementale de donation pour l’Ukraine, propose au sein de son application un système de financement participatif où les donateurs peuvent suivre les unités qu’ils financent. L’enjeu communicationnel est ici clair : les donateurs sont embarqués au plus près du front au quotidien pour découvrir l’impact de leur soutien financier – témoignages, photos, vidéos ou encore messages de remerciements personnalisés.

Les bienfaiteurs peuvent ainsi choisir l’unité qu’ils souhaitent soutenir. Un classement, cette fois-ci côté donateur, permet une compétition amicale pour voir qui contribue le plus et inciter à aider davantage. De plus, les utilisateurs ont un profil personnalisé, avec un rang, un indicatif et un avatar. Les éléments de langage ne manquent pas pour inciter la communauté à agir, allant jusqu’à qualifier les donateurs de « digital defenders ». Plus qu’un don financier, c’est un combo donnant-donnant qui est ici présenté.

La guerre se matérialise également au travers du jeu vidéo. Très populaires, les drones FPV (first-person view) sont proposés via des simulateurs, à l’exemple du jeu Ukrainian Fight Drone Simulator (UFDS) développé par des Ukrainiens et qui tient compte de l’expérience réelle de combat.

Bien que ce jeu n’ait pas été créé directement par l’armée, il montre l’hybridation entre les données captées sur le front et un format ludique, ce qui peut, on l’imagine, susciter une sensibilisation chez les joueurs quant au rôle de ces drones qui dominent le champ de bataille.

D’aucuns vont encore plus loin, à l’instar de la 3e brigade d’assaut, qui a déployé son initiative Killhouse Academy, en proposant des formations d’entraînement, sur place, ouvertes principalement aux civils et aux militaires ukrainiens, notamment pour apprendre à piloter des drones avec la remise d’un certificat. Ce dernier peut servir autant de souvenir que de justificatif de compétences acquises pour l’armée, certaines unités requérant une preuve de capacité en amont pour manier les drones.

Une logique de recrutement et de motivation avant tout

Toutes ces stratégies servent des objectifs clairs : soutenir le développement de l’armée, maintenir un flot continu de recrues, mais aussi booster le moral en luttant contre la fatigue de guerre, dans un contexte où un nombre relativement important de conscrits potentiels cherchent par divers moyens à échapper à l’obligation de servir sous les drapeaux. Outre les recrutements dans les centres prévus à cet effet, ces leviers numériques et cette communication esthétisée permettent d’attirer aussi bien de nouveaux soldats que de nouveaux partenaires, y compris à l’international. Les contenus web de certaines brigades, ainsi que des sites opérés ou soutenus par celles-ci, sont d’ailleurs prévus à cet effet, avec des traductions multilingues, comme le montre par exemple la capture d’écran présentée plus haut.

Dans une guerre résolument hybride qui se manifeste plus que jamais dans le cyberespace, les autorités et les forces armées ukrainiennes travaillent de concert avec la société civile et leurs partenaires pour maintenir un équilibre défensif cohérent. Alors que les négociations diplomatiques s’essoufflent en ce début 2026, l’armée ukrainienne sait qu’elle doit poursuivre ses efforts d’attractivité face à l’invasion russe. Il en va de la capacité de résistance de l’Ukraine et de son peuple.

The Conversation

Léo-Paul Barthélémy ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La stratégie numérique de l’armée ukrainienne : une mobilisation 2.0 – https://theconversation.com/la-strategie-numerique-de-larmee-ukrainienne-une-mobilisation-2-0-274465

Connecting home solar and electric vehicle batteries to the grid could boost South Africa’s clean energy and strengthen the electricity system

Source: The Conversation – Africa – By David Richard Walwyn, Professor of Technology Management, University of Pretoria

South Africa has committed to reaching phasing out human-caused carbon pollution by 2050. To get there, it needs to push as much renewable energy as possible into the national grid.

The country is the world’s 15th largest carbon polluter. It’s one of only a handful of countries still heavily dependent on burning coal to generate electricity. The country’s transport system is totally reliant on crude oil and its derivatives.




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One of the keys to the transition to net zero is decarbonising household energy consumption. This means finding ways for homes to reduce the greenhouse gases that cause global warming. At the moment, household energy use contributes up to 40% of total emissions.

I am an engineer and technology management specialist who recently researched how South Africa could use excess clean power from rooftop solar systems on homes if it was fed into the grid. I also studied how battery electric vehicles could be used to store solar energy at home, and feed this into the grid too.

The following analogy explains the idea: think of South Africa’s current solar energy potential like a leaking rainwater tank. It has plenty of “rain” (sunlight). But because it lacks the “pipes” (bidirectional meters) and “extra buckets” (electric vehicle batteries), half of that “water” (clean energy) spills onto the ground unused.




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Instead, a system could be built that captures every drop of sunlight. This solar energy could be shared between the house, the car, and the neighbours to ensure the whole community has enough. Commercial projects based on this approach are already operational in China, Japan and Germany.

The biggest obstacle to this idea in South Africa is that both small-scale solar and electric vehicles are too expensive for most households, as we showed in two recently published studies on solar electricity for homes and electric vehicles.




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Fortunately, there is a solution: the aggressive use of two technologies. The first would be giving every home with solar power a bidirectional (two-way) meter. This is a meter that allows homeowners to sell their excess solar power back to the grid. The second would be giving electric vehicle owners a vehicle-to-grid device so that they could store excess solar power in their electric vehicle batteries and sell it back to the national grid.

We believe that a synchronised effort between two novel technology adoptions – infrastructure modernisation (installing bidirectional smart grids and vehicle-to-grid devices in homes) – could dramatically increase the country’s clean energy production.

Energy from small-scale embedded solar systems

Rooftop solar systems installed on residential buildings are estimated to generate about 40% more energy than the residences need. This is because most rooftop solar systems are set up to generate enough energy to power a house during winter when the demand is greatest – people run heaters and tumble driers – and sunlight is at its weakest.




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If these homes were fitted with bidirectional meters, which are already widely available, they could sell their unused solar power back to the grid.

Municipalities could also benefit by buying the excess renewable energy generated by homes and reselling it. In Cape Town alone, the city would generate an estimated R144 million (US$8.8 million) per year from doing this, equivalent to an additional 3% in profit, if the bidirectional meters were in place. At the same time, it would be supporting a more inclusive energy transition and reducing the amount of greenhouse gas produced by burning coal to generate power.

Vehicle-to-grid devices

My research also found that home solar systems could be integrated with battery electric vehicles using vehicle-to-grid devices. These are systems that allow batteries from electric vehicles to be integrated with electrical devices in a home (fridges, geysers and heaters) and with the national grid. In other words, electric vehicle owners would use their vehicle-to-grid device to sell power to the national grid.

This would benefit the grid and the vehicle owners, but most importantly would reduce the yearly costs of running an electric vehicle (the combined cost of the electricity the vehicle needs to run, the cost of the vehicle itself and the annual operating costs).

In practice, this would need electric car owners to charge their cars between 10am and 4pm every day when solar power generation is at its peak. This would mean that the car owners could subsidise their travel costs using “free” excess solar energy.




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This would be ideal for people who worked from home or used their vehicles for transport to and from work or school in the early morning and late afternoon. Charging stations at workplaces would also achieve this.

The vehicle battery (typically 40–100 kWh) could then be used by people to power their homes during peak night periods or sell energy back to the grid, while leaving sufficient energy in the battery for the morning travel. Again, this would offset the yearly costs of owning an electric vehicle and boost the national grid by peak shaving.




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If homeowners managed this well, by generating enough green energy and avoiding the use of energy from the grid, home and vehicle owners should be able to pay no more than they would if they were driving internal combustion engine vehicles that run on petrol, and using electricity from the national power utility, Eskom. In other words, switching to a renewable energy option would be possible without additional cost.

What needs to happen next

Net Zero by 2050 is not an aspiration of a small group of environmental activists; it is a legal obligation under South Africa’s Climate Change Act. Despite what climate change denialists may claim, it is not a preferred option – it is the only option.

Bidirectional meters and vehicle-to-grid charging stations would help the country reach this goal.

However, the question of who pays for home bidirectional meters, their installation and having them certified has become highly contested. I argue that the state-owned electricity provider, Eskom, and the municipalities should cover the cost of both registration and metering. It shouldn’t be paid by the homeowners.




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This is because the benefit for electricity distributors is at least five times the cost of the meter itself. Distributors get cheap energy and sell it to other customers. The grid also benefits from having more renewable energy being fed into it.

Without technology like this, the cost of transitioning to a green energy future remains too high for individual households. But with the technology, the transition becomes economically competitive.

The Conversation

David Richard Walwyn receives funding from the National Research Foundation for this research.

ref. Connecting home solar and electric vehicle batteries to the grid could boost South Africa’s clean energy and strengthen the electricity system – https://theconversation.com/connecting-home-solar-and-electric-vehicle-batteries-to-the-grid-could-boost-south-africas-clean-energy-and-strengthen-the-electricity-system-274990

Mozambique floods: why the most vulnerable keep paying the highest price

Source: The Conversation – Africa – By Ricardo Jorge Moreira Goulão Santos, Research Fellow, World Institute for Development Economics Research (UNU-WIDER), United Nations University

When floods submerged parts of Mozambique after heavy rains in 2000, a baby girl was born in a tree, where her mother clung as the Limpopo river waters rose. The baby was nicknamed Rosita in the press. Her survival became a symbol of the country’s grit.

But her story, once a symbol of hope, now frames a harder truth.

Sadly, Rosita’s life was cut short on 12 January 2026. She reportedly died of anaemia in a provincial health centre. This condition might have been treatable in a stronger, better-resourced health system.

Her death coincided with a new wave of severe flooding. Southern Mozambique was under water again in late January 2026. Weeks of heavy rain affected more than 600,000 people. Residual flooding persists in low-lying areas because of upstream inflows and high dam discharges. Towns such as Xai-Xai and Chókwè have faced repeated inundation as the Limpopo swells.

We work for Inclusive Growth, a longstanding research and capacity development initiative in Mozambique. Our work is designed to support evidence-based policymaking to foster inclusive and sustainable economic growth in the country.

Rosita’s story mirrors what our research on Mozambique’s socio-economic development shows at scale: vulnerability persists where poverty, weak public services and deep-rooted inequalities intersect.

The same communities that experience the highest levels of multidimensional poverty, stagnant progress and widening inequalities are also the ones repeatedly exposed to shocks, with limited access to the health, education and infrastructure needed to recover. When floods strike, these disadvantages compound: incomes collapse, assets are lost. Already poor households fall even further behind, making each shock harder to escape and reinforcing long-term deprivation.




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As Mozambique faces more frequent and more severe disasters, cycles of vulnerability will be exacerbated. To break this vicious cycle – and prevent future stories like Rosita’s – Mozambique must invest in rapid, well targeted post-shock support, swift livelihood restoration, and sustained, equitable public investment that builds long term resilience.

The fault lines beneath the floodwaters

Research produced under the Inclusive Growth in Mozambique programme shows clearly that the geography of deprivation matters.

Our paper, Evolution of multidimensional poverty in crisis-ridden Mozambique, shows that progress in addressing multidimensional poverty stalled after 2015. Since then the absolute number of poor people has increased, especially in rural areas and in the country’s central provinces.




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Inequality trends tell a similar story. Real consumption rose for all groups until 2014/15. But it rose much faster for richer households. Relative gaps widened further from 2015 onwards.

There has also been an increase in between‑group, or “horizontal”, inequalities. These include:

  • a widening of the wealth gaps tied to province, ethnolinguistic identity, and the urban-rural divide between 1997 and 2017

  • an increasing disconnect between how cities and rural areas develop: average living conditions in urban areas have improved much faster, while, relatively, improvements have stalled in rural areas

  • limited internal migration, preventing convergence.

These widening spatial and socioeconomic divides mean that floods don’t strike evenly. They fall hardest on the communities already facing the steepest disadvantages, shaping who is exposed, who loses the most, and who struggles longest to rebuild.

At the household level, Baez, Caruso and Niu (2020) show how quickly welfare collapses when flooding strikes. Cyclones, floods and droughts reduced per capita food consumption by 25%-30%. Consequently, the percentage of people in poverty increased.

Our study on Mozambique’s vulnerability to natural shocks found that affected households saw short-term consumption losses between 11% and 17%. Rural poor households were hit hardest.

This corresponded, at the time, to a 6 percentage points increase in the poverty rate, as a result of the flooding.

These findings show that once incomes fall and assets are depleted, households slip further from access to adequate health, education, or nutrition – the very gaps that contributed to Rosita’s death.

Acting on the evidence

First, protecting consumption in the aftermath of a shock is essential to prevent structural poverty traps. Once emergency support has been provided, temporary, well-targeted, timely and predictable cash support for flood-affected households must be delivered. Recent evidence uncovered that extended delays in transfer payments have materially weakened households’ resilience.

Second, livelihood recovery depends on restoring earning capacity quickly. Evidence from Cyclone Idai in 2019 in Mozambique shows that small enterprises recover more rapidly when the most affected receive immediate liquidity tied loosely to damage severity and sector.

In flood-prone districts, the same logic applies. Families dependent on informal production or trade cannot wait for long bureaucratic procedures. Their resilience depends on rapid access to the means of restoring work.

Third, building resilience before the next flood requires confronting structural inequalities. Patterns of poverty and inequality show that the areas repeatedly suffering the most damage are also those where public investment in health, education, water and local infrastructure lags behind.

Rosita’s life began in a moment of national tragedy and solidarity. Her death reminds us that resilience cannot rely on courage alone. It must be built through sustained, inclusive development and public investment, so that when the Limpopo rises again, more Mozambicans stand ready – with secure livelihoods, functioning clinics, and the possibility of a different outcome.

The views expressed in this piece are those of the author(s), and do not necessarily reflect the views of the Institute or the United Nations University, nor the programme/project donors.

The Conversation

This article was produced under the project “Inclusive growth in Mozambique – scaling up research and capacity”, financed through specific programme contributions of the governments of Sweden and Switzerland.

Ricardo Santos does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

Elina Penttinen does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Mozambique floods: why the most vulnerable keep paying the highest price – https://theconversation.com/mozambique-floods-why-the-most-vulnerable-keep-paying-the-highest-price-274759

East Africa’s dismal football record doesn’t match its passion – what needs to happen

Source: The Conversation – Africa – By Wycliffe W. Njororai Simiyu, Professor and Chair of Allied Health Studies, Stephen F. Austin State University

A new book explores the deep historical roots of the game in Kenya, Tanzania and Uganda. Justin Lagat/Unsplash, CC BY-SA

East Africa loves football. From the streets of Nairobi and the markets of Kampala to the beaches of Dar es Salaam, the passion for soccer is an undeniable current running through the region. Yet, despite fan support, Kenya, Uganda and Tanzania haven’t translated this enthusiasm into sustained international success.

A new book that draws on the career-long research of Wycliffe W. Njororai Simiyu explores the deep roots of the game in the region. It also examines the structural and gender challenges and the immense opportunities that lie ahead. We asked him about it.

How was the modern game introduced?

The sport is linked to the region’s colonial past. Britain established the East Africa Protectorate (which became Kenya) in 1895 and formally declared it a colony in 1920. Germany colonised mainland Tanzania (as German East Africa) in the 1880s, and control shifted to Britain after the first world war. Uganda became a protectorate in 1894 when Britain consolidated its control after a treaty with the Kingdom of Buganda.

So the game took root in the early 1900s, introduced by British settlers. Missionaries apparently introduced football to Uganda in 1897. At first it was a leisure activity for colonials and a tool for social control of the local population. It took up spare time and instilled British values and ideals.

The game was already popular in Britain. Institutionalised through the education system, sport was deemed to instil a sense of discipline and work ethic in young people. The competitiveness of sport in the British culture was exported to the colonised territories.

How did it change over time?

In east Africa, the game quickly took on a life of its own. Most east African societies valued physical activities like dance or wrestling. They found it easy to embrace sports. Football became a favourite.

The game transcended its colonial purpose to become a medium for regional interaction. Later it would also be a vehicle for nationalist expression as teams were formed along ethnic lines (something the British had used to divide and rule).

Fanatical support for local clubs and regional teams was replicated for national teams as they started playing in international matches. The inaugural international match between Kenya and Uganda was played in 1924. This was named the Gossage Cup in 1926 after a British soap manufacturer donated a trophy for the occasion.

Later Tanzania and Zanzibar joined to make it an east African tournament. The Gossage Cup not only fostered a sense of rivalry among the countries, it created a unique regional sporting identity that lives on today through its successor, the Cecafa Cup.

A man painted in yellow, black and red with a red vests holds a plastic horn and blows into it, standing at the top of the seating in a large football stadium.
A Ugandan fan. Football soon became a nationalist pursuit.
Museruka Emmanuel/Wikimedia Commons, CC BY-SA

As east Africa gained independence in the early 1960s, football became fully integrated into the political and social fabric of the new nations. Football matches were even part of independence celebrations.

East African countries were quick to affiliate with the Confederation of African Football (Caf) and global football body Fifa. Before independence, clubs were already active and engaged in invitational tournaments. But after independence, national leagues were launched. These set out to identify the best players to represent each country.

Today, the sport’s deep connection to collective belonging is evident in rivalries between clubs like Kenya’s AFC Leopards and Gor Mahia, which often symbolise shared political underdog status and profound communal identity.

The football pitch is, in essence, an extension of the political landscape.

What have the challenges been in the sport’s development?

The most striking feature of football structures in Kenya, Tanzania and Uganda is not their difference. It’s their shared organisational shortcomings. While each country maintains its own league and administrative body, their mediocre international performance stems from common, deep-seated issues.

The recent qualification of Kenya, Uganda and Tanzania’s youth teams for the Fifa Under-17 World Cup marks a turning point for east African soccer. This is a direct result of strategic, targeted investment – mainly from Fifa’s development programmes – that’s finally bearing fruit. But the senior teams continue to struggle, even on the continental stage.




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To date only Uganda has managed to reach the finals of the Afcon tournament (in 1978). No east African country has come even close to qualifying for the Fifa World Cup.

What’s gone wrong?

The challenges are a direct result of the three nations’ shared colonial and post-colonial experiences.

The main organisational issues plaguing football include:

  • Poor governance and leadership. Political intrigue and corruption within football federations undermine long-term development.

  • Weak financial management. Inefficient and opaque handling of funds leads to underfunding of development programmes.

  • Lack of resources. These include infrastructure, facilities, equipment and trained technical personnel.

These challenges create a cycle of short-sighted planning and administrative chaos. This hinders the development of elite talent and explains the region’s perpetual failure to consistently qualify for major tournaments. Kenya, for example, had to play most of its 2026 World Cup qualifying matches away in other countries with better facilities.

Where does the women’s game find itself?

The women’s game faces the same headwinds, often magnified by gender disparities. Although women have shown the capacity to perform and compete, chronic underfunding and weak governance are typically more pronounced than in the men’s game.

However, the recent successes of teams like the Harambee Starlets (Kenya) and the Crested Cranes (Uganda) in qualifying for continental tournaments signal immense untapped potential.




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The growth of women’s football is an opportunity for the region to avoid the historical baggage that weighs down the men’s leagues – if there’s dedicated investment and governance reform.

The continued support for the women’s game from Fifa is already paying dividends. East African teams have qualified for age group competitions at the global level.

How can passion be turned into future success?

The greatest opportunity lies in the very thing that makes the sport strong in the region: its passionate and popular foundation.

It requires a focus on two areas:

  • Reform and professionalisation. Managing finances transparently and rooting out political interference. Focusing on long-term, merit-based leadership within federations. Professionalising the domestic leagues to keep and develop local talent.

  • Investment in youth and infrastructure. Dedicated funding is needed for grassroots and youth development programmes. Building and maintaining quality training facilities must be a priority.

East Africa’s football destiny does not have to be perpetual failure. By calling on the region’s shared identity and addressing the deep-seated organisational flaws, east Africans can finally begin to translate their profound love for the game into the international success their fans deserve.

The Conversation

Wycliffe W. Njororai Simiyu does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. East Africa’s dismal football record doesn’t match its passion – what needs to happen – https://theconversation.com/east-africas-dismal-football-record-doesnt-match-its-passion-what-needs-to-happen-270479

Alors que le droit international est à un « point de rupture », un petit pays s’en prend seul à la junte du Myanmar

Source: The Conversation – France in French (3) – By Emma Palmer, Associate professor, Griffith University

Face aux limites des juridictions internationales, le Timor-Leste choisit la compétence universelle pour viser les dirigeants de la junte birmane.


Il y a à peine quatre mois, le Timor-Leste est devenu officiellement membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean). Cette semaine, le pays a franchi une étape sans précédent : ses autorités judiciaires ont désigné un procureur chargé d’examiner la responsabilité de l’armée du Myanmar dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Il s’agirait de la première fois qu’un État membre de l’Asean engage une telle procédure contre un autre pays du bloc.

La démarche résulte de l’action d’un collectif de victimes, la Chin Human Rights Organisation, qui cherche à obtenir justice pour le peuple chin, une minorité du Myanmar. Lors du dépôt de la plainte, la dirigeante de l’organisation a tenu à saluer et soutenir les efforts historiques du Timor-Leste en faveur de la justice et de l’indépendance.

Les autorités du pays vont désormais déterminer s’il y a lieu d’engager des poursuites contre les dirigeants militaires du Myanmar, dont le chef de la junte, Min Aung Hlaing. Toute éventuelle procédure reposerait sur le principe de la « compétence universelle », qui permet à des juridictions nationales de juger des crimes internationaux, quels que soient le lieu où ils ont été commis, ainsi que la nationalité des victimes ou des auteurs présumés.

Limites des juridictions internationales

Cette semaine, une étude portant sur 23 conflits dans le monde a conclu que le système juridique international destiné à protéger les civils est arrivé à un « point de rupture ». La question de l’avenir même des Nations unies est également posée.

L’efficacité des juridictions internationales pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité est limitée. La Cour pénale internationale (CPI) est critiquée pour des poursuites sélectives, sa lenteur et la faiblesse de ses moyens d’exécution. En vingt ans, la Cour a examiné 34 affaires et rendu 13 condamnations.

Les défenseurs de la Cour estiment toutefois qu’elle fait l’objet de critiques et d’attaques injustifiées, notamment de la part de l’administration Donald Trump, qui lui a imposé des sanctions l’an dernier.

La Cour internationale de justice (CIJ) peut, de son côté, engager la responsabilité des États pour des crimes, mais non celle des individus. La Cour pénale internationale (CPI) et la CIJ ont toutes deux ouvert des procédures concernant le Myanmar, mais celles-ci portent sur des crimes présumés commis contre la minorité rohingya avant le coup d’État. L’enquête de la CPI concerne en partie des faits commis au Bangladesh.

En novembre 2024, le procureur en chef de la CPI a demandé aux juges de la Cour de délivrer un mandat d’arrêt contre le chef de la junte, Min Aung Hlaing. Plus d’un an plus tard, aucune décision n’a encore été rendue.

Des défis pour les juridictions nationales

Dans ce contexte, la compétence universelle pourrait jouer un rôle plus important. Les Nations unies l’ont implicitement reconnue en mettant en place des mécanismes d’enquête pour la Syrie et le Myanmar, chargés de collecter des preuves en vue de poursuites ultérieures devant des juridictions nationales, régionales ou internationales.

De nombreux États disposent de lois leur permettant de poursuivre des crimes internationaux tels que la torture, le génocide ou les crimes de guerre. Ce qui fait défaut, ce sont les ressources nécessaires au financement des enquêtes, ainsi que des critères ou des lignes directrices clairs et transparents pour leur mise en œuvre.

D’autres difficultés apparaissent une fois les procédures engagées. Les juridictions nationales disposent d’une portée limitée. Les arrestations sont difficiles : les hauts responsables peuvent invoquer l’immunité diplomatique ou éviter les pays où ils risquent des poursuites ou une extradition.

Même les poursuites visant des responsables de rang intermédiaire peuvent poser des difficultés politiques. Les procédures sont coûteuses et lourdes, en particulier lorsque les témoins et les preuves se trouvent majoritairement à l’étranger.

L’ampleur et la complexité de ces crimes constituent enfin un défi pour les juridictions pénales nationales, souvent peu expérimentées dans le traitement de ce type d’affaires.

Même si des procès sont engagés, les victimes peuvent continuer à éprouver un sentiment d’injustice, y compris lorsque les procédures ont une portée stratégiques ou symboliques.

Des succès existent toutefois. Il y a près de dix ans, l’ancien président du Tchad, Hissène Habré, a ainsi été condamné pour des crimes internationaux au Sénégal. L’affaire a été jugée sur le fondement de la compétence universelle, sous l’impulsion de réseaux issus de la société civile.

D’autres États appelés à agir

Cette nouvelle initiative du Timor-Leste intervient après d’autres démarches menées par des groupes de victimes dans plusieurs pays afin d’obtenir justice pour la population du Myanmar : notamment en Argentine, où des mandats d’arrêt ont été délivrés contre des dirigeants birmans, ainsi qu’en Turquie et en Allemagne. Dans la région Asie-Pacifique, des avocats ont également tenté d’engager des poursuites en Indonésie et aux Philippines.

Alors que les pays européens recourent de plus en plus souvent à la compétence universelle pour poursuivre des crimes internationaux, d’autres États se montrent plus réticents. Certains estiment ainsi que le Canada et l’Australie pourraient faire davantage pour enquêter sur les crimes de guerre, alors même que leurs cadres juridiques le permettent. Cette situation reporte l’essentiel du travail judiciaire sur d’autres juridictions, parfois dotées de moyens plus limités.

Alors que des atrocités continuent d’être commises dans le monde, il devient plus que jamais nécessaire que les gouvernements ne se contentent pas d’un soutien de principe à la justice internationale, mais démontrent un engagement concret en menant des enquêtes sur leur propre territoire.

The Conversation

Emma Palmer est lauréate d’un Australian Research Council Discovery Early Career Award (projet n° DE250100597), financé par le Gouvernement australien. Les opinions exprimées ici sont celles de l’autrice et ne reflètent pas nécessairement celles du Australian Research Council. Elle est également affiliée à l’Association of Mainland Southeast Asia Scholars.

ref. Alors que le droit international est à un « point de rupture », un petit pays s’en prend seul à la junte du Myanmar – https://theconversation.com/alors-que-le-droit-international-est-a-un-point-de-rupture-un-petit-pays-sen-prend-seul-a-la-junte-du-myanmar-275397

JO d’hiver : comment la neige artificielle rend les courses de ski de fond plus rapides mais aussi plus dangereuses

Source: The Conversation – France (in French) – By Keith Musselman, Assistant Professor in Geography, Mountain Hydrology, and Climate Change, University of Colorado Boulder

La skieuse américaine Rosie Brennan lors de l’épreuve féminine de sprint par équipe en ski de fond classique aux Jeux olympiques d’hiver de 2022. AP Photo/Aaron Favila

Derrière les images de cartes postales des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, une autre réalité s’impose aux athlètes, comme des pistes qui dépendent de la neige artificielle et souvent verglacées. À la clé, des conditions de ski très différentes de celles permises par la neige naturelle, au risque d’accroître le risque d’accident. Un avant-goût des hivers futurs, déjà profondément transformés par le réchauffement climatique.


Lorsque les téléspectateurs regarderont les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, qui se tiennent du 6 au 22 février 2026, ils verront des pistes immaculées, des pistes damées et des athlètes s’affronter dans des paysages enneigés. Des paysages en partie rendus possibles grâce à une tempête qui a recouvert les sites montagneux des Alpes italiennes d’une couche de neige fraîche, juste à temps.

Mais à plus basse altitude, où se déroulent les épreuves de ski de fond notamment, les athlètes et les organisateurs ont dû composer avec la pluie, une neige fine et parfois fondante, ainsi que des surfaces glacées, du fait du recours à la neige artificielle.

Rosie Brennan, skieuse de fond de l’équipe olympique américaine 2026, nous a ainsi confié avant les Jeux :

« La plupart de nos courses se déroulent sur de la neige artificielle. La télévision réussit très bien à donner l’impression que nous sommes dans des endroits enneigés et hivernaux, mais cette année a été particulièrement mauvaise. »

En tant que scientifiques qui étudions la neige en montagne, les ressources en eau et l’impact humain du réchauffement hivernal, nous observons les changements hivernaux à travers plusieurs indicateurs : hausse des températures, réduction de l’enneigement, raccourcissement des saisons neigeuses

Les athlètes olympiques sont personnellement confrontés à des conditions hivernales changeantes, d’une façon méconnue à la fois du public et des scientifiques. Le manque de neige et les pluies plus fréquentes influencent où, quand et comment ils peuvent s’entraîner, ainsi que le degré de danger du terrain.

Nous avons échangé avec les skieurs de fond Rosie Brennan, Ben Ogden et Jack Young alors qu’ils se préparaient pour les Jeux d’hiver de 2026. Leurs expériences reflètent ce que décrivent de nombreux athlètes : un sport de plus en plus défini non pas par la variabilité de l’hiver naturel, mais par la fiabilité de la neige artificielle.

Ce que les caméras ne montrent pas

La technologie d’enneigement artificiel permet de créer des half-pipes pour les compétitions de snowboard et de ski freestyle. Elle permet également d’organiser des courses lorsque la neige naturelle est rare. Les Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin ont entièrement reposé sur la neige artificielle pour de nombreuses courses.

Cependant, la neige artificielle crée une surface très différente de celle de la neige naturelle, ce qui modifie les paramètres que les skieurs doivent prendre en compte pour la course.

Trois skieurs assis au sommet d’un tremplin. Leur vue montre à quel point le sol autour du tremplin est sec et dépourvu de neige
Les athlètes s’entraînent au stade de saut à ski avant le championnat italien ouvert à Predazzo, site des Jeux olympiques d’hiver de 2026, le 23 décembre 2025.
Stefano Rellandini/AFP

Dans les nuages, la forme unique de chaque flocon de neige est déterminée par la température et l’humidité. Une fois formées, ces formes étoilées commencent à s’éroder lentement à mesure que les cristaux s’arrondissent pour former des sphères. Ainsi, la neige naturelle offre une variété de textures et de profondeurs : poudreuse après une tempête, ferme ou cassante par temps froid, fondante et humide lors de pluies ou de périodes de dégel…

La neige artificielle varie moins que la neige naturelle en termes de texture ou de qualité. Elle commence et termine son cycle de vie sous la forme d’un granule de glace entouré d’une fine pellicule d’eau liquide. Cela la rend plus lente à se modifier naturellement, mais plus facile à modeler. En revanche, une fois gelée, elle durcit sur place.




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Des pistes « plus rapides, plus glissantes et plus risquées »

Lorsque de la neige artificielle est produite, le bruit est strident : un sifflement aigu qui surgit des buses pressurisées des canons à neige. Ces canons projettent de l’eau mélangée à de l’air comprimé, qui gèle au contact de l’air froid extérieur, créant ainsi de petites particules de glace dense. Les gouttes piquent la peau exposée, comme l’une d’entre nous, Agnes Macy, l’a bien compris, en tant qu’ancienne skieuse de compétition.

Des canons à neige projettent ensuite la neige artificielle sur la piste de course. Souvent, les pistes sont les seules bandes de neige visibles – une bande blanche entourée de boue brune et de plaques d’herbe.

Des skieuses dévalent une piste à travers une ville, avec une église à leurs côtés, des supporters le long de la piste et beaucoup de terrain sans neige à l’extérieur du parcours enneigé
Le paysage environnant était presque entièrement dénué de neige lorsque Rosie Brennan a participé à l’épreuve individuelle de sprint lors d’une Coupe du monde de ski de fond à Drammen, en Norvège, le 3 mars 2022.
Federico Modica/NordicFocus/Getty Images

La skieuse professionnelle Rosie Brennan, aujourd’hui âgée de 37 ans, poursuit :

« Les pistes conçues pour la neige naturelle offrent des sensations complètement différentes lorsqu’elles sont recouvertes de neige artificielle. Elles sont plus rapides, plus glacées et présentent plus de risques que ce que l’on pourrait imaginer pour le ski de fond. »

Il n’y a rien de tel que de skier sur de la neige fraîche. Après des chutes de neige ayant recouvert le sol d’une couche de poudreuse légère et moelleuse, on a presque l’impression de flotter. Cette neige pardonne plus volontiers les erreurs.

Sur la neige artificielle, les skieurs accélèrent plus vite dans les descentes. Les skieurs alpins apprécient peut-être cette vitesse, mais les skis de fond n’ont pas de carres métalliques comme les skis alpins, ce qui fait que les virages à pas tournant ou les dérapages dans les virages rapides peuvent donner à l’athlète l’impression de perdre le contrôle. « Cela nécessite un style de ski, des compétences et des forces différents de ceux que j’ai appris en grandissant », poursuit Rosie Brennan.

Comment les athlètes s’adaptent, avec l’aide de la science

Les athlètes doivent adapter leur technique et préparer leurs skis différemment en fonction des conditions d’enneigement.

Pour les skieurs professionnels, c’est une science. Des paramètres tels que la morphologie des cristaux de neige, la température, le matériau et la structure de la semelle des skis, la rigidité des skis, la technique du skieur et les conditions environnementales interagissent pour déterminer la vitesse d’un athlète.

Avant les courses de ski de fond, les techniciens comparent plusieurs paires de skis, préparées avec différentes surfaces de base et différents types de fart. Ils évaluent la vitesse de glisse de chaque type de ski et la durée pendant laquelle il peut maintenir la qualité de glisse, deux caractéristiques qui dépendent du frottement entre le ski et la neige.

Par rapport à la neige naturelle, la neige artificielle offre en général une surface plus résistante et plus durable dans le temps. En ski de fond, cela permet des poussées plus efficaces et plus puissantes sans que les skis ou les bâtons ne s’enfoncent trop profondément dans la neige. Dans le même temps, les améliorations apportées aux machines utilisées pour damer la neige permettent désormais d’obtenir des surfaces plus dures et plus homogènes qui permettent de skier plus vite.

Deux skieurs masculins au sol après une collision
Le Russe Alexander Terentev, à droite, et le Tchèque Michal Novak en collision lors des quarts de finale aux Championnats du monde de ski nordique à Oberstdorf, en Allemagne, le 25 février 2021.
AP Photo/Matthias Schrader

Alors certes, l’objectif est de skier vite, mais les chutes à ski sont la cause la plus fréquente de blessures aux Jeux olympiques d’hiver. Avec la neige artificielle, les compétiteurs de saut à ski – et tous les autres skieurs qui tombent – atterrissent sur une surface plus dure, ce qui peut augmenter le risque de blessure.

Des hivers moins enneigés qu’avant

La météo peut toujours réserver des surprises, mais les tendances climatiques de long terme modifient ce à quoi on peut s’attendre d’un hiver typique.

Dans les Alpes, les températures ont augmenté d’environ 2 °C depuis la fin des années 1800, avant que le recours croissant aux énergies fossiles n’augmente les niveaux de gaz à effet de serre. À l’échelle mondiale, 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, après 2024 et 2023.

Pour les régions montagneuses, ces conditions plus chaudes ont des conséquences. La neige fond plus tôt et plus fréquemment au milieu de l’hiver, en particulier pendant les redoux hivernaux, qui étaient autrefois rares. Des épisodes de fonte des neiges en plein hiver sont de plus en plus fréquents à haute altitude et plus tôt dans la saison. Dans le même temps, la limite des neiges, c’est-à-dire l’altitude à laquelle les précipitations passent de la neige à la pluie, remonte.

Mis bout à bout, cela signifie qu’il y a moins de neige naturelle, qu’elle tombe sur une surface plus réduite et qu’elle dure moins longtemps qu’avant.




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Comment adapter l’entraînement des athlètes

Ces changements dans le paysage hivernal ont également transformé la manière dont les athlètes s’entraînent. Les sites d’entraînement traditionnels, tels que les glaciers autrefois utilisés pour le ski d’été, sont devenus peu fiables. En août 2025, le glacier de Hintertux, seul centre d’entraînement ouvert toute l’année en Autriche, a annoncé sa première fermeture temporaire.

Rosie Brennan poursuit :

« Il est de plus en plus difficile de planifier les lieux d’entraînement entre les compétitions. La fiabilité de l’enneigement n’est pas géniale dans de nombreux endroits. Nous devons souvent nous rendre à des altitudes plus élevées pour avoir plus de chances de trouver de la neige. »

L’entraînement en altitude peut être bénéfique, mais il concentre les athlètes dans un nombre restreint de sites d’entraînement, réduit les possibilités d’accès pour les jeunes athlètes en raison de l’éloignement et augmente les coûts pour les équipes nationales.

En Amérique du Nord, certains de ces glaciers, comme le glacier Haig au Canada ou le glacier Eagle en Alaska, ne sont accessibles que par hélicoptère. Lorsque les skieurs ne peuvent pas accéder à la neige, l’entraînement sur terre ferme avec des skis à roulettes est l’une des seules options possibles.

Les athlètes font la course sur des skis courts montés sur roulettes
Les athlètes de biathlon s’entraînent sur roues lors du Loop One Festival organisé au Parc olympique de Munich le 19 octobre 2025.
Sven Hoppe/picture alliance via Getty Images

Les athlètes voient le changement climatique en temps réel

Comme les terrains hivernaux sont leur lieu de travail, ces athlètes remarquent souvent les changements avant que ceux-ci n’apparaissent dans les statistiques climatiques de long terme.

Même les skieurs professionnels âgés d’une vingtaine d’années, comme Jack Young, ont déclaré avoir remarqué l’expansion rapide des infrastructures d’enneigement artificiel sur de nombreux sites de compétition au cours des dernières années. La fabrication de neige artificielle nécessite d’importantes quantités d’énergie et d’eau. Elle est également le signe évident que les organisateurs considèrent que les hivers sont de moins en moins fiables.

Les athlètes sont aussi témoins des répercussions concrètes sur l’économie locale lorsque les mauvaises conditions d’enneigement entraînent une baisse de la fréquentation. Le skieur de fond Ben Ogden, âgé de 25 ans, précise :

« Dans les Alpes, lorsque les conditions sont mauvaises, on voit clairement à quel point cela affecte les communautés. Leurs moyens de subsistance, qui dépendent du tourisme, sont souvent affectés négativement, et leur qualité de vie s’en trouve modifiée. »

De nombreux athlètes pratiquant des sports d’hiver expriment publiquement leurs inquiétudes. Des groupes tels que Protect Our Winters, fondé par le snowboardeur professionnel Jeremy Jones, œuvrent pour faire avancer les politiques qui protègent les espaces extérieurs pour les générations futures.

Pour les athlètes des Jeux olympiques de 2026, la variabilité des conditions au sein de la région olympique (neige en altitude, pluie en basse altitude) reflète une réalité plus large : la stabilité des conditions hivernales diminue.

Les athlètes le savent mieux que quiconque. Leurs compétitions se déroulent en montagne. Ils s’y entraînent. Ils en dépendent.

Les Jeux d’hiver se dérouleront encore cette année. La neige sera belle sur les écrans de télévision. Mais n’oublions pas que, hors champ, les hivers sont en train de changer.

The Conversation

Keith Musselman a reçu des financements de la National Science Foundation américaine. Il est membre de la Science Alliance pour l’organisation à but non lucratif Protect Our Winters.

Agnes Macy a reçu des financements de la National Science Foundation américaine.

ref. JO d’hiver : comment la neige artificielle rend les courses de ski de fond plus rapides mais aussi plus dangereuses – https://theconversation.com/jo-dhiver-comment-la-neige-artificielle-rend-les-courses-de-ski-de-fond-plus-rapides-mais-aussi-plus-dangereuses-275332

Les mythologies du plastique sont-elles réversibles ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Benoit Heilbrunn, Professeur de marketing, ESCP Business School

Le plastique n’est pas que du plastique. Il témoigne de notre rapport au monde et peut-être de notre époque. De la matière quasi magique des années 1950 à la matière problématique des années 2000, le plastique est aussi un discours. Réflexions, sous l’égide de Roland Barthes, sur la mythologie d’une matière qui n’est décidément pas comme les autres.


La campagne « Too Much », portée par la filière de la plasturgie, s’inscrit dans une tentative explicite de réhabilitation symbolique du plastique face à la montée des critiques écologiques. En rappelant le rôle central de ce matériau dans la modernité industrielle – qu’il s’agisse de ses usages médicaux, logistiques, alimentaires ou techniques – elle cherche à déplacer le débat. Le plastique n’y est plus présenté comme un problème moral, mais comme une condition de possibilité de nos modes de vie contemporains.

Il s’agit moins de nier ses effets environnementaux que de les relativiser au nom de ses bénéfices fonctionnels, économiques et sociaux. Ce type de prise de parole témoigne d’une lutte pour la définition symbolique du plastique et, au-delà, pour la légitimation d’un régime de production et de consommation fondé sur l’abondance matérielle. Le plastique y apparaît non comme l’emblème d’un excès, mais comme un matériau injustement stigmatisé, victime d’une critique jugée simplificatrice ou idéologique.

Or le plastique n’est ni un simple matériau ni un pur symbole de la catastrophe écologique : il constitue un dispositif culturel à part entière, qui condense les promesses, les impensés et les contradictions de la société de consommation. L’évolution de son imaginaire peut ainsi se lire comme l’histoire d’une inversion mythologique, révélatrice de notre rapport contemporain à la production, à l’abondance et à la finitude matérielle.

Le plastique comme mythe

Dans Mythologies (1957), Roland Barthes ne s’intéresse pas au plastique comme matériau chimique ou industriel, mais comme pouvoir symbolique : celui de la métamorphose. Ce qu’il décrit n’est pas tant la substance elle-même que l’enthousiasme collectif qu’elle suscite. Le plastique fascine parce qu’il semble abolir les hiérarchies traditionnelles des matières. Le noble et le vulgaire, le rare et le commun, le durable et l’éphémère paraissent s’effondrer devant une substance capable de tout imiter. Bois, cuir, métal, ivoire : tout peut être refait en plastique. Le monde devient malléable.




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De surcroît, le plastique apparaît comme une matière sans passé ni avenir. Il ne porte pas la trace de son origine (le pétrole, l’industrie lourde, les chaînes de production) et ne suggère aucune fin. Dans la vitrine, sur l’étagère ou dans l’objet fini, il semble surgir comme une pure idée de la forme affranchie de toute histoire. C’est en ce sens qu’il relève pleinement du mythe, au sens barthésien : une parole qui naturalise une construction historique, culturelle et technique. Le plastique est alors conçu comme un fait de civilisation qui rend tangible un progrès supposé démocratique. Il promet un monde sans résistance, sans pénurie et sans limites, un monde où la matière obéirait indéfiniment aux formes que l’on souhaite lui donner.

Dieux antiques et alchimie moderne

Chez Barthes, le plastique n’est pas seulement une matière nouvelle : il est investi d’un imaginaire quasi théologique. Il souligne que les plastiques portent des noms qui sonnent grec (polyéthylène, polystyrène, polypropylène), des noms savants, abstraits, qui ne désignent ni des usages ni des matières familières, mais une puissance. Pareils à ceux des dieux antiques, ces noms renvoient moins à des choses qu’à des capacités de transformation.

Cette langue du plastique participe du mythe : elle confère au matériau une aura quasi sacrée, en le soustrayant à l’histoire concrète de sa production. Le plastique apparaît ainsi davantage comme une matière alchimique dotée d’un pouvoir de transmutation que comme une substance. Ce matériau se voit ainsi doté d’un pouvoir qui excède largement sa fonction utilitaire : celui de transformer indéfiniment le monde sans jamais en assumer les conséquences. D’où la tentation d’esquisser un parallèle avec quelques dieux grecs (auquel Barthes ne succombe d’ailleurs pas).

Le plastique condense d’abord la figure de Protée, dieu des métamorphoses, capable de changer de forme à volonté pour échapper à toute assignation. Il imite le bois, le cuir, le métal ou l’ivoire sans jamais se fixer dans une identité stable. Il n’est pas une matière parmi d’autres, mais la promesse d’une matière universelle, toujours prête à devenir autre chose. Cette plasticité infinie nourrit l’enthousiasme décrit par Barthes : un monde où les formes circulent librement, affranchies des contraintes de la substance.

L’imaginaire alchimique

Il relève aussi de Hermès, dieu des passages, des échanges et des médiations. Comme lui, le plastique traverse les frontières : entre noble et vulgaire, durable et jetable, naturel et artificiel. Léger et transportable, il est le matériau de la circulation généralisée, parfaitement adapté à une économie de flux, de mobilité et de vitesse. La fluidité matérielle devient alors un progrès en soi, naturalisé par le mythe.

Cette constellation trouve enfin un écho direct dans l’imaginaire alchimique. Le plastique apparaît comme une version industrielle de la pierre philosophale : une matière capable de tout transformer, de tout égaliser, de faire surgir l’objet sans reste ni perte apparente. Dans les démonstrations que décrit Barthes, la matière brute se dissout pour renaître immédiatement sous une forme nouvelle, comme dans une transmutation parfaite. Le plastique promet une création sans déchet, une production sans fin, un monde où la matière obéirait docilement à la volonté humaine.

Fissures dans le mythe

Mais c’est précisément là que le mythe se fissure. L’alchimie classique visait une transformation spirituelle autant que matérielle ; le plastique, lui, ne transforme que les formes, jamais les conséquences. Ce qui était pensé comme métamorphose se révèle être accumulation. Ce qui semblait relever de Protée devient inertie ; ce qui promettait la circulation devient encombrement.

Ce que le mythe évacue, c’est en effet ce qui définit ordinairement une matière : la durée, la résistance, l’usure, la finitude. À la différence du bois qui vieillit, du métal qui s’oxyde ou du verre qui se brise, le plastique semble ne jamais vraiment mourir. Cette propriété, d’abord perçue comme une victoire technique, va progressivement devenir son principal grief. Pendant plusieurs décennies, cette contradiction reste largement invisible. Le plastique accompagne l’essor de la consommation de masse, l’extension du jetable et la généralisation des emballages sans susciter d’interrogation majeure. Il est léger, propre, hygiénique ; il s’inscrit parfaitement dans un imaginaire de fluidité et de confort.

Le retour du refoulé

Mais à partir des années 1970, puis de manière accélérée à partir des années 1990 et 2000, le refoulé du mythe revient. On découvre que le matériau miraculeux est aussi indestructible. Que sa durabilité, loin d’être une qualité universelle, devient un problème dès lors que les usages sont courts. Ce que le mythe ne montrait pas devient visible : les décharges, les restes, etc. Le plastique devient alors l’un des emblèmes matériels de ce que certains nomment l’anthropocène voire le « poubellocène ».

Derrière la magie de la forme apparaît une figure plus sombre : celle d’Héphaïstos, dieu forgeron, maître des techniques et des artifices. Le plastique est le produit d’un feu moderne – celui du pétrole, des raffineries, des chaînes de production – que le mythe barthésien tendait à effacer. Comme chez Héphaïstos, la puissance technique fascine tout en dissimulant la violence et la pénibilité de son origine. Le dieu moderne de la métamorphose se révèle ainsi trop immortel, incapable qu’il est de disparaître.

Coexistence des récits

Pour autant, le mythe du plastique-miracle ne disparaît pas avec l’émergence du plastique-déchet ; il persiste, se reconfigure et continue d’irriguer de nombreux discours industriels, politiques et techniques. Le plastique demeure ainsi fréquemment présenté comme une solution indispensable : léger, résistant, adaptable, hygiénique, recyclable.

Il est mobilisé pour ses performances, ses économies de matière apparentes, sa capacité à répondre à des contraintes fonctionnelles jugées incontournables. À ce titre, il conserve une forte valeur symbolique de modernité et d’efficacité, en particulier dans les domaines de la santé, de l’alimentation ou de la logistique, où il est érigé en condition de possibilité du monde contemporain.

Cette persistance renvoie à une dynamique propre au domaine des transitions énergétiques, où les nouvelles sources ne remplacent pas les anciennes mais viennent s’y ajouter. Le récit du plastique-déchet n’annule ni ne supplante celui du plastique-miracle ; il s’y superpose. Le discours de la pollution, de la trace et du débordement vient s’ajouter à celui de l’innovation, de la modernité et de l’accessibilité, sans le disqualifier complètement. L’époque contemporaine ne remplace pas un imaginaire par un autre : elle les empile, produisant un régime symbolique instable, traversé de tensions et de contradictions.

INA Archives 2025.

Un fantasme d’immatérialité

Cette superposition se traduit par une oscillation permanente entre plusieurs imaginaires. D’un côté, une nostalgie d’une prétendue vraie matière (bois, verre, métal) investie de valeurs de durabilité et de sobriété. De l’autre, un fantasme d’immatérialité, nourri par le numérique, les services et la promesse d’un monde allégé de ses contraintes matérielles. Entre les deux s’impose la promesse d’une réconciliation par la circularité : il ne s’agirait plus de renoncer au plastique, mais de le rendre compatible avec les exigences écologiques grâce au recyclage et à l’éco-conception.

Dans cette configuration, le discours sur le recyclage occupe une place centrale. Il fonctionne comme un récit de pacification symbolique, promettant de conserver les qualités fonctionnelles du plastique tout en neutralisant sa charge morale. Le plastique ne serait plus un problème en soi, mais un défi technique gérable, appelant des solutions d’ingénierie et des ajustements de comportements.

Un récit dépolitisant

Ce déplacement a toutefois un effet majeur : il dépolitise à nouveau la question. L’attention se déplace des volumes produits vers les gestes individuels et du système industriel vers le tri domestique. En transformant une contradiction structurelle en problème de gestion et de comportement, ce récit permet de maintenir intactes les conditions fondamentales de la production de masse, tout en intégrant partiellement la critique écologique.

Ainsi, l’imaginaire du plastique raconte moins l’évolution d’un matériau que celle de notre rapport au monde. Le plastique a d’abord incarné le fantasme d’une maîtrise totale de la matière ; il en révèle aujourd’hui l’envers : l’impossibilité de faire disparaître les traces de nos modes de vie. Ce qui inquiète dans le plastique n’est pas seulement sa présence matérielle, mais ce qu’elle rend visible : l’écart entre la promesse d’un monde fluide et la réalité d’un monde saturé. À cet égard, l’inversion de l’imaginaire du plastique ne constitue pas un simple retournement moral. Elle signale une crise plus profonde : celle d’un modèle de modernité qui croyait pouvoir produire sans reste, et qui découvre aujourd’hui que même les matières les plus plastiques finissent par opposer une résistance qui est tout sauf politique.

The Conversation

Benoit Heilbrunn ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les mythologies du plastique sont-elles réversibles ? – https://theconversation.com/les-mythologies-du-plastique-sont-elles-reversibles-274207