Enseigner le français langue étrangère : faut-il « gommer » les accents ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Grégory Miras, Professeur des Universités en didactique des langues, Université de Lorraine

Apprendre une nouvelle langue, c’est s’initier à de nouvelles sonorités et façons de prononcer. Mais cela suppose-t-il de gommer son accent ? La recherche montre qu’enseigner le français en tant que langue étrangère ne consiste pas forcément à imposer un modèle unique mais s’enrichit de la diversité de ses locuteurs. Explications.


Pourquoi entend-on si peu d’accents dans les médias français ? C’est une question qui a interrogé l’Institut national de l’audiovisuel (INA) à l’occasion des derniers Rendez-vous de l’histoire, organisés à Blois, en octobre 2025. Le mythe d’une langue « standard » s’oppose à la diversité des parlers français dits régionaux, de la francophonie et plus largement à la pratique du français dans le monde.

Ce constat invite à s’interroger sur la manière dont l’enseignement du français dans différents pays prend en compte la variété des accents des apprenants. Quelle place la prononciation tient-elle dans l’apprentissage du français comme langue étrangère ? Comment son approche évolue-t-elle à l’heure de l’IA ?

Exercices de prononciation et « surdité » phonologique

La didactique de la prononciation a particulièrement évolué au cours du temps au regard des technologies disponibles permettant à la phonétique, l’étude des sons, de se perfectionner. Enrica Galazzi, professeure à l’Université catholique du Sacré-Cœur (Italie), souligne que, même si la phonétique expérimentale allait devenir essentielle pour l’étude de la parole, sa naissance à la fin du XIXe siècle a été accueillie avec méfiance par les chercheurs français de l’époque. L’usage d’appareils scientifiques semblait alors mystérieux et suscitait la prudence, alors même que cette approche reposait sur un projet profondément humaniste.

Très tôt, l’étude systématique des sons de la parole dans une vision comparée s’est focalisée sur les difficultés rencontrées par les locuteurs d’une langue qui apprennent le français, par exemple de l’espagnol au français. Ces travaux vont permettre de sensibiliser à ce que le chercheur Nikolaï Troubetzkoy a appelé le « filtre » ou la « surdité » phonologique. Cette dernière fait référence à la difficulté à percevoir et donc à produire de nouveaux sons d’une langue étrangère.

Cependant, cette approche a partiellement été remise en question par des modèles ultérieurs qui démontrent – de manière contre-intuitive – qu’il est parfois plus difficile d’acquérir des sons qui se rapprochent de ceux de sa langue première plutôt que ceux qui sont très différents. Toutefois, la plupart des manuels de prononciation en français langue étrangère continuent de se focaliser sur des exercices de répétition qui postulent que répéter permet d’apprendre.

« Joey Can’t Learn French », (série Friends).

En parallèle, d’autres méthodes ont mis l’accent sur des techniques spécifiques : association des voyelles et de couleurs, modulation des gestes du corps pour aider à l’articulation ou à l’intonation, répétition rapide de texte en même temps qu’un locuteur, etc.

De récentes méta-analyses ont montré que l’enseignement de la prononciation en langue étrangère est globalement efficace, surtout lorsqu’il est sur le temps long, accompagné de retours formatifs individualisés et mené par des enseignants avec un recours raisonné aux technologies numériques.

Toutefois, les études se concentrent encore majoritairement sur des sons isolés (des voyelles ou des consonnes), ne permettant pas de s’assurer d’une capacité à réinvestir ce travail dans des interactions en situation réelle. Produire des phonèmes ne garantit pas la capacité à être compris et à faire vivre le discours.

Être à l’écoute de la diversité des accents

En parallèle de ces techniques de correction, certains chercheurs en appellent à une médiation de la prononciation qui partirait de l’apprenant lui-même et des ses envies plutôt que d’imposer un seul modèle à atteindre, souvent celui imaginaire du « natif ».

Il s’agit de reconnaître que chaque individu qui apprend le français devient un locuteur légitime de cette langue et contribue donc à enrichir l’éventail des accents de la francophonie. Il peut donc déterminer son propre objectif en termes d’accents. Des auteurs comme Jacques Maurais défendent l’idée de la nécessité d’accepter toute la diversité en francophonie pour se décentrer d’une norme standardisée de la France hexagonale.

En effet, loin de compliquer la communication entre francophones (toute personne qui parle français), ces perspectives pourraient élargir les capacités du français à constituer un pont entre de nombreuses langues, et de nombreux individus.




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« L’envers des mots » : Glottophobie


Dans sa thèse de doctorat, Aleksandra D. Savenkova a montré qu’il était possible d’intégrer des variations régionales du français (Sud-Ouest, Québec, Mauritanie, Guadeloupe, etc.) dans l’enseignement du français langue étrangère en Roumanie, même chez des débutants. Il est important de noter que des chercheurs comme Munro et Derwing ont démontré que tout ce qui contribue à la perception d’un accent dans une langue étrangère n’affecte pas forcément l’intelligibilité (capacité à transcrire ce qui est dit) ou la compréhensibilité (le sentiment d’effort pour comprendre).

Ils défendent l’idée de mieux éduquer tous les locuteurs à percevoir la diversité dans les langues plutôt que de se focaliser sur la seule correction de celui qui parle. Cela peut prendre, par exemple, la forme d’exercices d’écoute dans différentes langues présentant une variété d’accents. Le cerveau apprend ainsi à réduire le poids cognitif de la variation et facilite donc la compréhension.

Quelle place pour l’intelligence artificielle ?

La didactique de la prononciation est impactée par l’intelligence artificielle (IA) au même titre que les autres domaines. La plupart des plateformes d’apprentissage en ligne promettent de travailler sur votre prononciation via des modèles de reconnaissance de la parole offrant un retour formatif en temps réel.

Or ces modèles – majoritairement privés – ne permettent pas de savoir ce qui s’y cache en termes d’algorithme et de données d’entraînement. En effet, très souvent ce sont des modèles de voix à texte – une transcription de l’oral. Le retour formatif est fait à partir d’une comparaison de l’audio ainsi transcrit avec un modèle lui aussi écrit.

Par ailleurs, les IA génératives sont des technologies humaines qui produisent des biais liés à des erreurs reproduisant ainsi certaines discriminations, incluant celles sur l’accent.

Si les outils technologiques ont toujours été un support d’aide à l’individualisation pédagogique, ils ne peuvent constituer le centre de l’enseignement et l’apprentissage. C’est d’autant plus vrai pour la prononciation qui nécessite de co-construire l’intelligibilité et la compréhensibilité entre deux partenaires d’une même danse.

« Les multiples prononciations de la lettre R » (TV5 Monde Info, mars 2024).

Actuellement, les recherches sur le langage tendent à mieux valoriser le fait que les locuteurs plurilingues mélangent les langues qu’ils maitrisent (le translanguaging) et qu’ils disposent d’un éventail de sons qu’ils mobilisent en fonction de leurs interlocuteurs et des contextes (la pluriphonie). Cela va donc dans le sens de faire entrer la diversité des accents dans les classes, les manuels et les applications de nos téléphones.

Penser la diversité des prononciations et des accents, c’est aussi réfléchir aux rapports de pouvoir entre les personnes. Mélanger les langues n’est pas neutre : le français, langue dominante marquée par une histoire coloniale, peut parfois affaiblir des langues minorisées ou menacées. Valoriser la diversité des sons des langues, c’est donc permettre à chacun d’être légitime dans le français qu’il apprend ou d’autres langues qu’il parle.


Cet article est publié en partenariat avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture.

The Conversation

Grégory Miras ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Enseigner le français langue étrangère : faut-il « gommer » les accents ? – https://theconversation.com/enseigner-le-francais-langue-etrangere-faut-il-gommer-les-accents-267483

La selección: adolescencia de chicas, adolescencia de chicos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Eva Catalán, Editora de Educación, The Conversation

Tanatat/Shutterstock

Está claro que no todos damos la misma importancia a nuestro aspecto físico, pero también que es un factor bastante clave de nuestro bienestar mental. Imaginemos lo fundamental que puede llegar a ser verse y sentirse bien para un adolescente, en esa etapa en la que la aceptación de los iguales es tan vital, cuando la opinión de nuestra abuela (que siempre nos encuentra los más guapos) deja de resultar tan convincente.

Y ahora situémonos en el mundo mental y el contexto real de una chica adolescente de hoy. A las inseguridades que conllevan los cambios físicos y emocionales de la pubertad se une un bombardeo mediático y publicitario mucho más agresivo, cuantitativa y cualitativamente, de lo que adultos de otras generaciones hemos experimentado.

No es la misma presión que la que reciben los chicos. Tampoco influye igual en la construcción de la sexualidad de unos y otros el consumo de pornografía en la adolescencia. Estos contenidos, a los que cada vez más se accede mucho antes de tener la capacidad de gestionarlos, enseñan a las jóvenes “que el reconocimiento social depende de su capacidad de exposición, generando una socialización basada en la autosexualización. La pornografía no solo moldea cómo los varones aprenden a desear, sino cómo las adolescentes aprenden a ser deseadas”. Así nos lo explica Mario Ramírez de la UNIR, después de revisar las últimas investigaciones.

Y todo esto tiene un efecto. Las chicas sufren más que los chicos a partir de la pubertad. Duermen peor. Experimentan más ansiedad y depresión, perciben menos control sobre sus cuerpos y sus sentimientos, se juzgan con más dureza y se gustan menos. Tras un estudio con más de 10 000 adolescentes españoles, los investigadores de la universidad de Zaragoza Alejandro Legaz Arrese y Carmen Mayolas-Pi, y Joaquin Reverter Masia, de la Universitat de Lleida, llegan a la siguiente conclusión: “La pubertad femenina llega antes y con cambios hormonales más intensos(…). Pero estos cambios son naturales y ocurren en ambos sexos; no son la causa ni la solución por sí solos. La diferencia está en cómo se viven y qué significan esos cambios en un entorno social lleno de expectativas sobre el cuerpo femenino”.

Hablan de un contexto marcado por presión estética, la exposición continua a redes sociales y las expectativas de “ser perfecta” en múltiples dimensiones. “La pubertad”, explican, “se convierte así en un cruce biológico y cultural particularmente exigente para ellas”. Y además, esta brecha en el bienestar mental no desaparece con los años: las mujeres adultas siguen presentando peores niveles de sueño, mayor ansiedad y depresión, y más insatisfacción corporal que los hombres.

La adolescencia parece el momento más oportuno para establecer las bases de una relación sana con la propia imagen, física y mental. ¿Podemos ayudar los adultos? Sí, si prestamos atención a los mensajes que chicos y chicas reciben, a los influencers que siguen, ofreciendo alternativas positivas, comentando con ellos los mensajes y las imágenes que ofrecen. El deporte es una manera excelente de mejorar el bienestar en la adolescencia, al igual que enseñar a resolver conflictos de manera constructiva e incluir la educación emocional en la escuela: tanto para chicos como para chicas. Hay mucho que se puede hacer desde diferentes ámbitos para que las chicas no estén condenadas a sufrir más simplemente por el hecho de serlo.

The Conversation

ref. La selección: adolescencia de chicas, adolescencia de chicos – https://theconversation.com/la-seleccion-adolescencia-de-chicas-adolescencia-de-chicos-269199

Enseigner le français langue étrangère : un monde aux mille accents

Source: The Conversation – in French – By Grégory Miras, Professeur des Universités en didactique des langues, Université de Lorraine

Apprendre une nouvelle langue, c’est s’initier à de nouvelles sonorités et façons de prononcer. Mais cela suppose-t-il de gommer son accent ? La recherche montre qu’enseigner le français en tant que langue étrangère ne consiste pas forcément à imposer un modèle unique mais s’enrichit de la diversité de ses locuteurs. Explications.


Pourquoi entend-on si peu d’accents dans les médias français ? C’est une question qui a interrogé l’Institut national de l’audiovisuel (INA) à l’occasion des derniers Rendez-vous de l’histoire, organisés à Blois, en octobre 2025. Le mythe d’une langue « standard » s’oppose à la diversité des parlers français dits régionaux, de la francophonie et plus largement à la pratique du français dans le monde.

Ce constat invite à s’interroger sur la manière dont l’enseignement du français dans différents pays prend en compte la variété des accents des apprenants. Quelle place la prononciation tient-elle dans l’apprentissage du français comme langue étrangère ? Comment son approche évolue-t-elle à l’heure de l’IA ?

Exercices de prononciation et « surdité » phonologique

La didactique de la prononciation a particulièrement évolué au cours du temps au regard des technologies disponibles permettant à la phonétique, l’étude des sons, de se perfectionner. Enrica Galazzi, professeure à l’Université catholique du Sacré-Cœur (Italie), souligne que, même si la phonétique expérimentale allait devenir essentielle pour l’étude de la parole, sa naissance à la fin du XIXe siècle a été accueillie avec méfiance par les chercheurs français de l’époque. L’usage d’appareils scientifiques semblait alors mystérieux et suscitait la prudence, alors même que cette approche reposait sur un projet profondément humaniste.

Très tôt, l’étude systématique des sons de la parole dans une vision comparée s’est focalisée sur les difficultés rencontrées par les locuteurs d’une langue qui apprennent le français, par exemple de l’espagnol au français. Ces travaux vont permettre de sensibiliser à ce que le chercheur Nikolaï Troubetzkoy a appelé le « filtre » ou la « surdité » phonologique. Cette dernière fait référence à la difficulté à percevoir et donc à produire de nouveaux sons d’une langue étrangère.

Cependant, cette approche a partiellement été remise en question par des modèles ultérieurs qui démontrent – de manière contre-intuitive – qu’il est parfois plus difficile d’acquérir des sons qui se rapprochent de ceux de sa langue première plutôt que ceux qui sont très différents. Toutefois, la plupart des manuels de prononciation en français langue étrangère continuent de se focaliser sur des exercices de répétition qui postulent que répéter permet d’apprendre.

« Joey Can’t Learn French », (série Friends).

En parallèle, d’autres méthodes ont mis l’accent sur des techniques spécifiques : association des voyelles et de couleurs, modulation des gestes du corps pour aider à l’articulation ou à l’intonation, répétition rapide de texte en même temps qu’un locuteur, etc.

De récentes méta-analyses ont montré que l’enseignement de la prononciation en langue étrangère est globalement efficace, surtout lorsqu’il est sur le temps long, accompagné de retours formatifs individualisés et mené par des enseignants avec un recours raisonné aux technologies numériques.

Toutefois, les études se concentrent encore majoritairement sur des sons isolés (des voyelles ou des consonnes), ne permettant pas de s’assurer d’une capacité à réinvestir ce travail dans des interactions en situation réelle. Produire des phonèmes ne garantit pas la capacité à être compris et à faire vivre le discours.

Être à l’écoute de la diversité des accents

En parallèle de ces techniques de correction, certains chercheurs en appellent à une médiation de la prononciation qui partirait de l’apprenant lui-même et des ses envies plutôt que d’imposer un seul modèle à atteindre, souvent celui imaginaire du « natif ».

Il s’agit de reconnaître que chaque individu qui apprend le français devient un locuteur légitime de cette langue et contribue donc à enrichir l’éventail des accents de la francophonie. Il peut donc déterminer son propre objectif en termes d’accents. Des auteurs comme Jacques Maurais défendent l’idée de la nécessité d’accepter toute la diversité en francophonie pour se décentrer d’une norme standardisée de la France hexagonale.

En effet, loin de compliquer la communication entre francophones (toute personne qui parle français), ces perspectives pourraient élargir les capacités du français à constituer un pont entre de nombreuses langues, et de nombreux individus.




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Dans sa thèse de doctorat, Aleksandra D. Savenkova a montré qu’il était possible d’intégrer des variations régionales du français (Sud-Ouest, Québec, Mauritanie, Guadeloupe, etc.) dans l’enseignement du français langue étrangère en Roumanie, même chez des débutants. Il est important de noter que des chercheurs comme Munro et Derwing ont démontré que tout ce qui contribue à la perception d’un accent dans une langue étrangère n’affecte pas forcément l’intelligibilité (capacité à transcrire ce qui est dit) ou la compréhensibilité (le sentiment d’effort pour comprendre).

Ils défendent l’idée de mieux éduquer tous les locuteurs à percevoir la diversité dans les langues plutôt que de se focaliser sur la seule correction de celui qui parle. Cela peut prendre, par exemple, la forme d’exercices d’écoute dans différentes langues présentant une variété d’accents. Le cerveau apprend ainsi à réduire le poids cognitif de la variation et facilite donc la compréhension.

Quelle place pour l’intelligence artificielle ?

La didactique de la prononciation est impactée par l’intelligence artificielle (IA) au même titre que les autres domaines. La plupart des plateformes d’apprentissage en ligne promettent de travailler sur votre prononciation via des modèles de reconnaissance de la parole offrant un retour formatif en temps réel.

Or ces modèles – majoritairement privés – ne permettent pas de savoir ce qui s’y cache en termes d’algorithme et de données d’entraînement. En effet, très souvent ce sont des modèles de voix à texte – une transcription de l’oral. Le retour formatif est fait à partir d’une comparaison de l’audio ainsi transcrit avec un modèle lui aussi écrit.

Par ailleurs, les IA génératives sont des technologies humaines qui produisent des biais liés à des erreurs reproduisant ainsi certaines discriminations, incluant celles sur l’accent.

Si les outils technologiques ont toujours été un support d’aide à l’individualisation pédagogique, ils ne peuvent constituer le centre de l’enseignement et l’apprentissage. C’est d’autant plus vrai pour la prononciation qui nécessite de co-construire l’intelligibilité et la compréhensibilité entre deux partenaires d’une même danse.

« Les multiples prononciations de la lettre R » (TV5 Monde Info, mars 2024).

Actuellement, les recherches sur le langage tendent à mieux valoriser le fait que les locuteurs plurilingues mélangent les langues qu’ils maitrisent (le translanguaging) et qu’ils disposent d’un éventail de sons qu’ils mobilisent en fonction de leurs interlocuteurs et des contextes (la pluriphonie). Cela va donc dans le sens de faire entrer la diversité des accents dans les classes, les manuels et les applications de nos téléphones.

Penser la diversité des prononciations et des accents, c’est aussi réfléchir aux rapports de pouvoir entre les personnes. Mélanger les langues n’est pas neutre : le français, langue dominante marquée par une histoire coloniale, peut parfois affaiblir des langues minorisées ou menacées. Valoriser la diversité des sons des langues, c’est donc permettre à chacun d’être légitime dans le français qu’il apprend ou d’autres langues qu’il parle.

The Conversation

Grégory Miras ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Enseigner le français langue étrangère : un monde aux mille accents – https://theconversation.com/enseigner-le-francais-langue-etrangere-un-monde-aux-mille-accents-267483

How number systems shape our thinking and what it means for learning, language and culture

Source: The Conversation – Canada – By Jean-Charles Pelland, Postdoctoral Researcher, Department of Psychosocial Science, University of Bergen

Most of us have little trouble working out how many millilitres are in 2.4 litres of water (it’s 2,400). But the same can’t be said when we’re asked how many minutes are in 2.4 hours (it’s 144).

That’s because the Indo-Arabic numerals we often use to represent numbers are base-10, while the system we often use to measure time is base-60.

Expressing time in decimal notation leads to an interaction between these two bases, which can have implications at both the cognitive and cultural level.

Such base interactions and their consequences are among the important topics covered in a new issue of the Philosophical Transactions of the Royal Society journal, which I co-edited with colleagues Andrea Bender (University of Bergen), Mary Walworth (French National Centre for Scientific Research) and Simon J. Greenhill (University of Auckland).

The themed issue brings together work from anthropology, linguistics, philosophy and psychology to examine how humans conceptualize numbers and the numeral systems we build around them.

What are bases, and why do they matter?

Despite using numeral bases on a daily basis, few of us have reflected on the nature of these cognitive tools. As I explain in my contribution to the issue, bases are special numbers in the numeral systems we use.

Because our memories aren’t unlimited, we can’t represent each number with its own unique label. Instead, we use a small set of numerals to build larger ones, like “three hundred forty-two.”

That’s why most numeral systems are structured around a compositional anchor — a special number with a name that serves as a building block to form names for other numbers. Bases are anchors that exploit powers of a special number to form complex numerical expressions.

The English language, for example, uses a decimal system, meaning it uses the powers of 10 to compose numerals. So we compose “three hundred and forty-two” using three times the second power of 10 (100), four times the first power of 10 (10) and two times the zeroth power of 10 (one).

This base structure allows us to represent numbers of all sizes without overloading our cognitive resources.

Languages affect how we count

Despite the abstract nature of numbers, the degree to which numeral systems transparently reflect their bases has very concrete implications — and not just when we tell time. Languages with less transparent rules will take longer to learn, longer to process and can lead to more calculation and dictation errors.

Take French numerals, for example. While languages like French, English and Mandarin all share the same base of 10, most dialects of French have what could politely be called a quirky way of representing numbers in the 70-99 range.




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How counting by 10 helps children learn about the meaning of numbers


Seventy is soixante-dix in French, meaning “six times 10 plus 10,” while 80 uses 20 as an anchor and becomes quatre-vingts, meaning “four twenties” (or “four twenty,” depending on the context). And 90 is quatre vingt dix, meaning “four twenty ten.”

French is far from being alone in being quirky with its numerals. In German, numbers from 10 to 99 are expressed with the ones before the tens, but numbers over 100 switch back to saying the largest unit first.

Even in English, the fact that “twelve” is said instead of “ten two” hides the decimal rules at play. Such irregularities spread far beyond languages.

How bases shape learning and thought

Base-related oddities are spread out across the globe and have very real implications for how easily children learn what numbers are and how they interact with objects such as blocks, and for how efficiently adults manipulate notations.

For example, one study found that lack of base transparency slows down the acquisition of some numerical abilities in children, while another found similar negative effects on how quickly they learn how to count.

Another study found that children from base-transparent languages were quicker to use large blocks worth 10 units to represent larger numbers (for example, expressing 32 using three large blocs and two small ones) than children with base-related irregularities.

While Mandarin’s perfectly transparent decimal structure can simplify learning, a new research method suggests that children may find it easier to learn what numbers are if they are exposed to systems with compositional anchors that are smaller than 10.

In general, how we represent bases has very concrete cognitive implications, including how easily we can learn number systems and which types of systems will tend to be used in which contexts.

A group of people in white protective suits and head protectors stand in front of a robotic spacecraft
Technicians lower the Mars Climate Orbiter onto its work stand in the Spacecraft Assembly and Encapsulation Facility-2 in 1998.
(NASA)

At a cultural level, base representation influences our ability to collaborate with scientists across disciplines and across cultures. This was starkly illustrated by the infamous Mars Climate Orbiter incident, when a mix-up between metric and imperial units caused a $327 million spacecraft to crash into Mars in 1999.

Why understanding bases matters

Numeracy — the ability to understand and use numbers — is a crucial part of our modern lives. It has implications for our quality of life and for our ability to make informed decisions in domains like health and finances.

For example, being more familiar with numbers will influence how easily we can choose between retirement plans, how we consider trade-offs between side-effects and benefits when choosing between medications or how well we understand how probabilities apply to our investments.

And yet many struggle to learn what numbers are, with millions suffering from math anxiety. Developing better methods for helping people learn how to manipulate numbers can therefore help millions of people improve their lives.

Research on the cognitive and cultural implications of bases collected in the Philosophical Transactions of the Royal Society journal can help make progress towards our understanding of how we think about numbers, marking an important step towards making numbers more accessible to everyone.

The Conversation

Jean-Charles Pelland’s work has been made possible by financial support from the ‘QUANTA: Evolution of Cognitive Tools for Quantification’ project, which has received funding from the European Research Council (ERC) under the European Union’s Horizon 2020 research and innovation programme (grant agreement No 951388).

ref. How number systems shape our thinking and what it means for learning, language and culture – https://theconversation.com/how-number-systems-shape-our-thinking-and-what-it-means-for-learning-language-and-culture-268168

The Running Man is the most fun you’ll have at the cinema this year

Source: The Conversation – UK – By Matt Jacobsen, Senior Lecturer in Film History in the School of Society and Environment, Queen Mary University of London

Nearly four decades after Arnold Schwarzenegger’s muscle-bound version sprinted across screens, The Running Man returns to cinemas. In Edgar Wright’s hands, this adaptation is a sharper, smarter reflection of a culture that still can’t look away from spectacle.

Following The Long Walk, this is the second film adaptation in 2025 of a Stephen King novel originally published under the pseudonym Richard Bachman. Both films are set in a near-future America under a totalitarian regime whose oppressed population glue themselves to violent televised contests.

Schwarzenegger’s dreadful version of The Running Man in 1987 used the title of King’s novel and the concept of deadly game shows in a future America – but the similarities ended there. Director Edgar Wright’s hugely entertaining new adaptation is more faithful to the plot of King’s book, if not the tone.




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How Stephen King’s Bachman stories are fuelling 2025’s dark cinematic moments


In The Running Man, America is effectively run by television syndicate The Network. They keep the population entertained and obedient through life-and-death TV game shows. Participants in the most popular show play a game of hide-and-seek against a team of armed hunters. The public are promised cash rewards if they report a sighting of the contestant that leads to their capture and killing.

Ben Richards (Glenn Powell) is a blue-collar worker who wants to compete to win money for his sick daughter’s medication. The film follows Richards as he encounters eccentric citizens (with cameos by Michael Cera, William H Macy and an unhinged Sandra Dickinson) who are either keen to help or hinder him as he flees north from New York City along the east coast of America.

Trailer for The Running Man.

The Running Man’s opening scenes vividly show a stratified America, a vast poverty gap dividing the complacent ultra rich from a working class without basic comfort and sustenance. Richards, like many of King’s Bachman book protagonists (and King himself when writing the first draft of this novel in 1972) is driven by a deep-seated rage at the injustices in the American system.

The Network’s oily executive Dan Killian (a typically brilliant Josh Brolin) knows Richards will make great cathartic TV for an impotent, rage-filled population – he’s “the angriest man he’s ever seen”. The overarching theme is that the populace likes it this way and can’t imagine an alternative. The Network’s programming offers a satisfying pound of flesh to their frenzied viewers, whose primal urges are kept at bay by the spectacle of violence. As Killian hammily asserts, for Americans: “Bloodlust is our birthright!”

Tuning into current debates, The Network heavily edits its programmes with use of seamless AI. The film suggests the population is uninterested in whether their entertainment and news are authentic or faked. As clearly doctored footage of Richards is screened, the crowd bays aggressively for his blood. In the film’s final act, there is the suggestion that this fervour could be redirected with hostility towards the hand that feeds.




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The film’s early depiction of the technology saturated sprawl of New York City is a superbly realised absurdist vision of an oppressive media-run state. It strongly evokes the style and tone of influential weekly British Science Fiction comic 2000 AD (1977-present), with its towering, neon-lit concrete structures. The overpowered and excessively violent police force particularly resembles the futuristic satire of the comic’s most famous character, Judge Dredd.

Wright and frequent collaborator Simon Pegg have expressed their admiration for the comic and its amplified visions of contemporary politics and society. Like 2000 AD, The Running Man is social commentary that delivers its message through aggressive, fast-paced action and explosive violence.

Edgar Wright and genre cinema

This is a great year for King adaptations, and while The Long Walk’s publicity campaign promoted his name heavily, The Running Man features Wright’s name and rising star Powell with no mention of the writer. This choice is likely to avoid misconceptions that this could be a horror film. Rather this is a breathless, hyper-kinetic action film that, like the smaller scale Baby Driver (2017) showcases Wright’s ability to beautifully direct explosive car chases and gun battles.

At the heart of Wright’s films is a love of genre cinema. In his last film, Last Night in Soho (2021), he paid tribute to gothic London films and to the cinematic myth of the swinging 60s. Here he shifts gears and celebrates the uncomplicated pleasures of the high-speed thrills of 1980s and 1990s action films in the vein of Die Hard (1988). It is an interpretation of King’s work that replaces the dour, bitter tragedy of the source material with a satirical, cartoonish absurdism.

This comedic approach works superbly in the film’s first half but can’t quite sustain the more serious critiques of American politics and media culture that the script tries to deliver in the final act.

The Running Man loses tension and nuance in its second half, especially with the late introduction of poorly conceived character Amelia Williams (Emilia Jones). She’s a young woman and member of society’s comfortable class who is embroiled in Richards’ escape plans. Her encounter with Richards leads her unconvincingly to reflect on her privilege and the injustices of her society.

The film wants viewers to imagine that there is potential for the entitled and complacent to reflect and for resistance against totalitarian control to blossom with the right catalyst. This is a deliberate choice to run counter to King’s original nihilistic vision. But it does not ring true in the face of what we’ve been shown about the film’s grim world. The final act messaging feels rote and unearned. Richards delivers a clunky, didactic dialogue that sits at odds with the film’s more interesting questions around the nature of violent spectacle and human nature – and our own enjoyment of the film’s violence.

Taken as a feather-light, fugitive-on-the-run film, this is an extraordinarily entertaining piece of mainstream action cinema. If you overlook messy plotting in the final act, it’s the most fun you are likely to have in the cinema this year. As a more focused and coherent critique of the threat of totalitarianism and media dominance, however, The Long Walk has the distinct edge over this film. Those looking for a more revealing social commentary may be left disappointed.


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The Conversation

Matt Jacobsen does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The Running Man is the most fun you’ll have at the cinema this year – https://theconversation.com/the-running-man-is-the-most-fun-youll-have-at-the-cinema-this-year-269314

How China’s latest aircraft carrier will challenge western maritime dominance

Source: The Conversation – UK – By Basil Germond, Professor of International Security, School of Global Affairs, Lancaster University

China’s new Fujian aircraft carrier, unveiled recently by president Xi Jinping with great fanfare, has been hailed by Chinese state media as a major milestone in the country’s naval modernisation programme and a key development in the counry’s aspirations to become a maritime power.

In the context of Beijing’s sustained seapower strategy, the long-term implications for the security and leadership of the global maritime order are certainly significant and enduring.

The launch means China now has three aircraft carriers in service and is capable of maintaining a continuous carrier presence at sea. And there have been reports of satellite images which suggest construction has already begun on China’s fourth carrier.

This will increase Beijing’s ability to preventatively deploy warships to faraway locations it considers important. It gives China the potential to control the airspace wherever their battle group is operating, as well as the ability to project air power in more distant theatres of conflict.

The new carrier also means China can launch heavier and specialist aircraft, for example with airborne early-warning systems and fighter jets equipped with greater fuel and payload capacity.

This expands Beijing’s operational options. It elevates China into a select group of four nations (US, UK, France, China) capable of independently operating a carrier battle group with the capacity to generate substantial strategic advantages from the sea.

Among this group, however, the US remains far ahead. It enjoys a significant lead in terms of carrier fleet size, technological sophistication, operational experience, global reach and sustained carrier strike capabilities.

Aircraft carriers are obviously key naval assets in confrontations between comparable nations in open ocean environments – known as “blue-water engagements”. But they are also important in controlling the maritime battlespace – particularly through air superiority – and in projecting power ashore.

The Fujian does not dramatically shift the global balance of power in China’s favour. But its enhanced land-attack capabilities nonetheless expand Beijing’s operational toolkit, allowing a more flexible and assertive naval strategy.

A strong symbolic power

Since the second world war, aircraft carriers have replaced battleships as the capital ships, the principal and most powerful warships in any country’s navy that are designed to form the core of a fleet and deliver decisive combat power.

Such capital ships carry strong symbolic weight. They signal a state’s ability to mobilise the resources required to procure, sustain and operate such complex platforms, as well as its intent to function as an ocean-going naval power.

In this light, China’s aircraft carrier programme has considerable symbolic resonance. It reflects both Beijing’s intrinsic naval capabilities and its extrinsic power – that is, its increasingly elevated status within the international pecking order.

China’s comprehensive seapower strategy

China’s carrier programme needs to be understood as part of Beijing’s wider seapower strategy. Unlike other authoritarian states such as Russia or Iran, the power base of China’s regime is much more dependent on international trade and so on freedom of navigation. Consequently, China does not seek to disrupt the global maritime order. It wants to lead it and initiate a new cycle of global dominance.

To that end, Beijing is not only expanding its naval power but, perhaps more significantly, its civilian seapower. This includes a robust shipbuilding industry, a large and growing merchant marine registered as Chinese. And it has made substantial direct investments in critical western infrastructure, such as ports.




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Maritime power shapes the world order – and is undergoing a sea change


Many of these investments have been made via private Chinese firms which maintain close ties with the state. This gives Beijing additional leverage to exercise civilian seapower to further its political interests. For example, it can use Chinese shipping companies to circumvent western sanctions on Russia, or interfere in European ports owned by Chinese firms.

In the South China Sea, Beijing aggressively uses its fishing fleet, backed by its coastguard and navy to achieve a degree of control over contested areas it considers to have economic or strategic importance.

So the commissioning of the Fujian is more than a technical milestone for the Chinese navy – it is a signal of intent. It reinforces China’s growing capacity and willingness to shape the maritime domain. As part of a broader seapower strategy, it reflects Beijing’s ambition not just to contribute to, but to lead, the global maritime order.

The Conversation

Basil Germond does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How China’s latest aircraft carrier will challenge western maritime dominance – https://theconversation.com/how-chinas-latest-aircraft-carrier-will-challenge-western-maritime-dominance-269406

Por qué perdimos el hábito de dormir en dos turnos y cómo modificó nuestra percepción del tiempo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Darren Rhodes, Lecturer in Cognitive Psychology and Environmental Temporal Cognition Lab Director, Keele University, Keele University

Albert Joseph Moore/Shutterstock

El sueño continuo es un hábito moderno, no un fruto natural de nuestra evolución. Y eso ayuda a explicar por qué muchos de nosotros seguimos despertándonos a las 3 de la madrugada y nos preguntamos si algo va mal. Puede ser útil saber que se trata de una experiencia profundamente humana.

Durante la mayor parte de la historia de la humanidad, dormir ocho horas seguidas no era lo habitual. En cambio, la gente solía descansar en dos turnos cada noche, a menudo denominados “primer sueño” y “segundo sueño”. Cada uno de estos periodos duraba varias horas, separadas por un intervalo de vigilia de una hora o más en mitad de la noche. Los registros históricos de Europa, África, Asia y otros lugares describen cómo, al caer la noche, las familias se acostaban temprano y luego se despertaban alrededor de la medianoche durante un rato antes de volver a dormir hasta el amanecer.

Dividir la noche en dos partes probablemente cambió la percepción del tiempo. El intervalo de silencio daba a las noches un punto medio claro, lo que puede hacer que las largas tardes de invierno parezcan menos continuas y sean más fáciles de soportar.

El intervalo de medianoche no era tiempo muerto, sino tiempo consciente, que determinaba cómo se experimentan las largas noches. Algunas personas se levantaban para ocuparse de tareas como avivar el fuego o cuidar de los animales. Otras se quedaban en la cama para rezar o reflexionar sobre los sueños que acababan de tener. Las cartas y los diarios de la época preindustrial mencionan que la gente aprovechaba las horas de tranquilidad para leer, escribir o incluso socializar tranquilamente con la familia o los vecinos. Y muchas parejas aprovechaban este despertar de medianoche para tener relaciones íntimas.

La literatura de épocas tan lejanas como la de Homero y Virgilio contiene referencias a una “hora que pone fin al primer sueño”, lo cual indica lo habitual que era la noche de dos turnos.

Cómo perdimos el “segundo sueño”

La desaparición del segundo sueño se produjo a lo largo de los dos últimos siglos debido a profundos cambios sociales. La iluminación artificial es uno de ellos. En los siglos XVIII y XIX, las lámparas de aceite, la iluminación de gas y, finalmente, la luz eléctrica comenzaron a convertir la noche en un tiempo de vigilia más aprovechable. En lugar de acostarse poco después de la puesta del sol, la gente empezó a quedarse despierta hasta más tarde bajo la luz de las lámparas.

Desde el punto de vista biológico, la luz brillante por la noche también modificó nuestros relojes internos (nuestro ritmo circadiano) e hizo que nuestros cuerpos fueran menos propensos a despertarse después de unas pocas horas de sueño. El momento en que se expone a la luz es importante. La luz normal de una habitación antes de acostarse suprime y retrasa la melatonina, lo que a su vez retarda la llegada del sueño.

La Revolución Industrial transformó no solo la forma de trabajar de las personas, sino también la forma de dormir. Los horarios de las fábricas fomentaban un único bloque de descanso. A principios del siglo XX, la idea de ocho horas ininterrumpidas había sustituido al ritmo centenario de dos periodos de sueño.

En estudios del sueño de varias semanas de duración que simulan las largas noches de invierno en la oscuridad y prescinden de los relojes o la luz del atardecer, las personas que participan suelen acabar adoptando dos periodos de sueño con un intervalo de vigilia tranquilo. Un estudio de 2017 sobre una comunidad agrícola de Madagascar sin electricidad descubrió que la mayoría de las personas seguían durmiendo en dos segmentos, levantándose alrededor de la medianoche.

Mujer durmiendo en un sofá con un vestido de seda.
¿Soñando con un segundo sueño?
John Singer Sargent/Shutterstock

Inviernos largos y oscuros

La luz regula nuestro reloj interno e influye en la rapidez con la que percibimos el paso del tiempo. Cuando esas señales se desvanecen, como en invierno o bajo la luz artificial, nos desorientamos.

En invierno, la luz matutina más tardía y más débil dificulta la sincronización circadiana. Esa luz de la mañana es especialmente importante para regular los ritmos circadianos porque contiene una mayor cantidad de luz azul, que es la longitud de onda más eficaz para estimular la producción de cortisol por parte del cuerpo y suprimir la melatonina.

En laboratorios de aislamiento temporal e investigaciones en cuevas, las personas estudiadas han vivido durante semanas sin luz natural ni relojes, o incluso en oscuridad constante. Pues bien, muchos individuos contaron mal el paso de los días, lo que demuestra lo fácil que es perder la noción del tiempo sin señales luminosas.

Distorsiones similares se producen en el invierno polar, donde la ausencia de amaneceres y atardeceres puede hacer que el tiempo parezca suspendido. Las personas nativas de latitudes altas y los residentes de larga duración con rutinas estables suelen adaptarse mejor a los ciclos de luz polares que los visitantes de corta duración, pero esto varía según la población y el contexto. Los residentes se adaptan mejor cuando su comunidad comparte un horario diario regular, por ejemplo. Y un estudio de 1993 sobre la población islandesa y sus descendientes que emigraron a Canadá reveló que estas personas presentaban índices inusualmente bajos de trastorno afectivo estacional en invierno. El estudio sugirió que la genética podría ayudar a esta población a lidiar con el largo invierno ártico.

Las investigaciones del Laboratorio de Cognición Temporal Ambiental de la Universidad de Keele (Inglaterra), del que soy director, muestran lo fuerte que es este vínculo entre la luz, el estado de ánimo y la percepción del tiempo. En una realidad virtual de 360 grados, los participantes vieron seis clips con escenas del Reino Unido y Suecia de unos dos minutos de duración. Estos voluntarios consideraron que las grabaciones duraban más en las escenas nocturnas o con poca luz que en las escenas diurnas o con más luz. El efecto fue más pronunciado en los participantes que declararon tener un estado de ánimo bajo.

Una nueva perspectiva sobre el insomnio

Los médicos especialistas en sueño señalan que los despertares breves son normales y suelen producirse en las transiciones entre fases, incluida la fase cercana al sueño REM, que se asocia con sueños vívidos. Lo importante es cómo respondemos.

La percepción de la duración en el cerebro es elástica: la ansiedad, el aburrimiento o la escasez de luz tienden a alargar el tiempo, mientras que el compromiso y la calma pueden comprimirlo. Sin ese intermedio en el que antiguamente nos levantábamos y hacíamos algo o charlábamos con nuestra pareja, despertarse a las 3 de la madrugada a menudo hace que el tiempo discurra con lentitud. En este contexto, la atención se centra en el paso del tiempo y los minutos que pasan pueden parecer más largos.

La terapia cognitivo-conductual para el insomnio (TCC-I) aconseja a las personas que se levanten de la cama después de unos 20 minutos tras despertarse, realicen una actividad tranquila con luz tenue, como leer, y luego vuelvan cuando tengan sueño.

Los expertos en sueño también sugieren tapar el reloj y dejar de medir el tiempo cuando se tiene dificultad para dormir. Aceptar con calma el estado de vigilia, junto con la comprensión de cómo nuestra mente percibe el tiempo, puede ser la forma más segura de volver a descansar.

The Conversation

Darren Rhodes no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué perdimos el hábito de dormir en dos turnos y cómo modificó nuestra percepción del tiempo – https://theconversation.com/por-que-perdimos-el-habito-de-dormir-en-dos-turnos-y-como-modifico-nuestra-percepcion-del-tiempo-269513

Terapia con células madre: ¿una nueva era en la regeneración cerebral después de un ictus?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Daniel Tornero Prieto, Profesor de Biología Celular y Director del Laboratorio de Células Madre Neurales y Daño Cerebral, Universitat de Barcelona

create jobs 51/Shutterstock

Cada año, millones de personas ven cómo su vida cambia en cuestión de minutos. Un vaso sanguíneo que viaja hacia el cerebro se obstruye, las neuronas empiezan a morir y el tiempo corre. Es un ictus, una de las principales causas de discapacidad en adultos. Se calcula que una de cada seis personas lo sufrirá a lo largo de su vida.

El cerebro humano es, con diferencia, el órgano más complejo de nuestro cuerpo. Su arquitectura celular y su organización en redes neuronales permiten funciones tan sofisticadas como el lenguaje, la memoria o la toma de decisiones abstractas. Pero esa misma complejidad tiene un coste: el tejido cerebral posee una capacidad de regeneración muy limitada. A diferencia de la piel o el hígado, las neuronas que mueren rara vez se reemplazan.

Por eso, las lesiones cerebrales están en el origen de muchas patologías asociadas al envejecimiento, y una de las más graves y frecuentes es el ictus isquémico, causado por la interrupción del riego sanguíneo en una zona del cerebro. Aunque los avances en los tratamientos de urgencia han mejorado las tasas de supervivencia, no existe actualmente una terapia capaz de reparar el daño neuronal derivado de un ictus.

Incidencia internacional del ictus y su cobertura sanitaria. Cada gráfico representa una «planta», donde los pétalos muestran la incidencia del ictus por cada 100 000 personas, y las raíces, el ‘estrés’ del sistema sanitario de cada país (medido en el número de personas que depende de cada unidad ictus). Datos obtenidos del World Data Bank (2023), la Stroke Association for Europe (2017) y The Stroke Foundation (2024). Elaborado por:
Santiago Ramos.

La rehabilitación ayuda a recuperar parte de la función, pero en numerosos casos los pacientes conviven con limitaciones motoras y cognitivas permanentes. Además, tras un ictus aumenta el riesgo de sufrir depresión, demencia y otras enfermedades neurodegenerativas. Pero esto podría cambiar pronto gracias al desarrollo de las terapias basadas en células madre.

Un nuevo horizonte terapéutico

Durante las últimas décadas, las terapias celulares están abriendo la puerta a una nueva generación de tratamientos en medicina regenerativa. Estas terapias buscan reemplazar o reparar tejidos dañados introduciendo células nuevas capaces de sobrevivir, madurar y terminar llevando a cabo las funciones que se han perdido.

Como ya se ha comentado, esto es especialmente importante en las patologías que afectan al cerebro. A pesar de su alto potencial, su desarrollo es lento porque debe ajustarse a la legislación vigente en cada territorio y depende de grandes inversiones económicas.

Un precedente crucial tuvo lugar a finales de los años 80 en el Hospital Universitario de Lund, en Suecia. El equipo encabezado por Anders Björklund y Olle Lindvall logró trasplantar células madre neurales en el cerebro de pacientes con la enfermedad de Parkinson. Esta dolencia neurodegenerativa se caracteriza por la pérdida progresiva de neuronas dopaminérgicas, fundamentales para el control del movimiento corporal.

Los resultados fueron extraordinarios: al sustituir las neuronas dañadas, muchos pacientes recuperaron la función motora durante más de una década. Estos experimentos supusieron la primera demostración sólida de que el cerebro humano puede ser reparado utilizando células vivas.

Médicos y enfermeros vestidos con batas y mascarilla preparan a un paciente en quirófano.
El equipo de Anders Björklund y Olle Lindvall se dispone a trasplantar células fetales en uno de los pacientes de Parkinson que participaron en el primer estudio. Esta intervención pionera marcó un antes y un después en el uso de terapias celulares aplicadas en neurología.
Olle Lindvall.

Desde entonces, la investigación ha avanzado, las técnicas se han refinado y la regulación europea ha establecido marcos estrictos para garantizar la seguridad y la calidad de estos tratamientos, ahora englobados bajo la categoría de medicamentos de terapia avanzada (ATMP por sus siglas en inglés). Actualmente, se están llevando a cabo alrededor del mundo diferentes ensayos clínicos que continúan en la línea de los trabajos de Björklund y Lindvall y que llenan de esperanza a los pacientes de Parkinson y muchas otras enfermedades que afectan a nuestro cerebro.

El reto del ictus

Aunque esta historia inspiró numerosos estudios, el ictus cerebral representa un desafío distinto al de la enfermedad de Parkinson. La lesión isquémica suele ser más extensa y heterogénea: no afecta únicamente a un tipo celular, sino a múltiples poblaciones de neuronas, células gliales y también a los vasos sanguíneos.

Además, tras un trasplante no basta con que las células sobrevivan en el cerebro del paciente. Estas deben integrarse funcionalmente, es decir, enviar sus axones (las prolongaciones que transmiten los impulsos nerviosos) y establecer sinapsis o conexiones adecuadas con las neuronas supervivientes, entrando a formar parte de los circuitos cerebrales.

Es como intentar reconstruir no solo la estructura de un puente, sino también su tráfico: las conexiones deben establecerse de la manera correcta para que la información fluya. Por tanto, además de añadir células nuevas, el desafío del ictus consiste en reconectar el cerebro.

La ingeniería genética como punto de inflexión

Aquí es donde entra en juego la ingeniería genética, una de las tecnologías más transformadoras de la biología moderna. Esta disciplina permite modificar las células para hacerlas más eficaces, más resistentes o más capaces de integrarse en el tejido dañado.

En nuestro caso, hemos incorporado a las células trasplantadas el gen que codifica para la proteína BDNF (del inglés Brain-Derived Neurotrophic Factor), un factor neurotrófico que participa en el desarrollo del cerebro y que favorece el crecimiento de los axones y la formación de sinapsis. Con ello, buscamos facilitar la integración funcional de las nuevas neuronas en el cerebro lesionado, un paso clave para que el trasplante no solo rellene un hueco, sino que restaure la comunicación neuronal.

Imagen de cultivos neuronales derivados de células madre creciendo en un dispositivo microfluídico con dos compartimentos conectados por microcanales (400 μm). La sobreexpresión de BDNF en el compartimento inferior favorece el crecimiento y proyección de axones desde el compartimento opuesto, mostrando el papel de este factor en la integración y conectividad neuronal.
Adaptado de IJMS.

Un debate necesario

Sin embargo, esta capacidad de manipulación genética también plantea dilemas éticos, especialmente en torno a los límites de su aplicación y sus posibles efectos a largo plazo. Por ejemplo, los primeros trasplantes en pacientes de Parkinson, anteriormente citados, se realizaron con células procedentes de tejido fetal.

Hoy en día, gracias a los trabajos del investigador japonés Shinya Yamanaka, Premio Nobel de Medicina en 2012, y su descubrimiento de las células madre pluripotentes inducidas humanas (iPS), es posible generar células madre a partir de las adultas del propio paciente. Por ejemplo, es muy frecuente la generación en el laboratorio de estas células iPS a partir de biopsias de la piel.

Así, se evitan gran parte de los conflictos éticos relacionados con el uso de embriones y se disminuye el riesgo de rechazo inmunológico. Por tanto, la pregunta ya no es si podemos modificar células para reparar el cerebro, sino con qué criterios, bajo qué regulación y con qué responsabilidad.

La historia de la medicina está hecha de pequeñas victorias frente a lo imposible. Hace apenas unas décadas, la idea de curar un cerebro dañado parecía un sueño inalcanzable. Hoy, gracias a la combinación de biología, ingeniería genética y medicina regenerativa, ese sueño comienza a tomar forma en los laboratorios. Aún quedan muchos retos por resolver, pero cada nuevo avance nos recuerda algo esencial: el cerebro no solo puede aprender, sino que también se puede reparar.

The Conversation

Daniel Tornero Prieto recibe fondos para financiar su investigación por parte de instituciones públicas como el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y la Unión Europea. También pertenece a la red europea ALBA que trabaja por la diversidad y la equidad en la investigación cientifica sobre el cerebro.

Santiago Ramos Bartolomé es miembro de la Asociación Universitaria de Biología Sintética de Cataluña.

Alba Ortega Gascó no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Terapia con células madre: ¿una nueva era en la regeneración cerebral después de un ictus? – https://theconversation.com/terapia-con-celulas-madre-una-nueva-era-en-la-regeneracion-cerebral-despues-de-un-ictus-268219

La mujer que Marx nunca quiso conocer: Flora Tristán y el socialismo que pudo cambiar la historia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Begoña Pérez Calle, Professor of Economics, Universidad de Zaragoza

Para Flora Tristán (París, 1803-Burdeos, 1844) la transformación debía ser integral y la comunicación con las masas asalariadas era tan importante como la difusión literaria de su modelo. Por ello no se limitó a escribir para quien pudiera pagar un libro y leerlo, sino que buscó sensibilizar directamente a las clases trabajadoras.

Su propuesta novedosa conllevaba un vínculo inseparable de la cuestión obrera con la cuestión femenina: no habría liberación proletaria sin liberación de las mujeres.

La emancipación era, pues, la condición necesaria para la justicia universal. Flora Tristán se adelantó así a debates que muchos años después ocuparían un lugar central en discursos feministas.

A pesar de nacer en un ambiente aristócrata, la escritora, pensadora socialista y feminista franco-peruana, considerada una de las pioneras del feminismo moderno y una precursora del movimiento obrero internacional, no se formó con institutrices. A los cuatro años, la desgracia aterrizó en su familia al morir el padre, Mariano Tristán y Moscoso, sin haber arreglado jurídicamente el matrimonio con su madre, Thérèse Laisnay. El derecho francés no consideraba legítimo un matrimonio solo religioso.

La joven viuda, esperando otro hijo y desprovista de patrimonio, marchó con Flora durante varios años al campo, y la pequeña familia acusó un importante descenso en su estatus social.

Su vida como una proscrita

Nuevamente en París, siendo una obrera adolescente, Flora Tristán se casó con su joven jefe, André Chazal, en 1821. Cuatro años más tarde, tras muchas desavenencias conyugales y esperando su tercer bebé, huyó de casa abandonando a su marido.

El divorcio no existía. La separación de los Chazal no era legal. Durante varios años, Flora vivió como una proscrita en Francia e Inglaterra. En 1833 cruzó el océano para reclamar su herencia en Perú ante los Tristán. En un principio, la familia la acogió bien y su tío le asignó algunas rentas, pero no le reconoció derecho a heredar.

Volvió a Europa dos años después, uniendo la experiencia personal adquirida con un gran trabajo de campo. Había desarrollado una metodología pionera para describir y denunciar las injusticias de raza, clase y género: viajar, dialogar, recoger datos utilizando el modelo de encuesta y construir modelos y propuestas.

Así, Flora Tristán, autodidacta, hizo verdadera ciencia social a partir de la observación de la realidad, desarrollando trabajos innovadores que fusionaron reflexión teórica y experiencia práctica.

En obras como Peregrinaciones de una paria (1838) o Paseos en Londres (1840) denunció la miseria y falta de instrucción en las clases trabajadoras, la miseria infantil, la prostitución y la discriminación femenina. Señaló las desigualdades estructurales de la sociedad capitalista como raíz de los problemas.

Frente a la situación existente, propuso su modelo de organización social, cuyo elemento central era un proletariado consolidado en la Unión Obrera. Este proletariado contaría con formación y protección social. No solo tenía que configurarse como fuerza productiva, sino que también debía transformar la historia.

Militante de un socialismo en ciernes

A partir de 1835 comenzó a gozar de éxito literario y fue respetada por círculos intelectuales. Precisamente con la Unión Obrera eligió ser militante de un socialismo naciente con estilo propio, ejerciendo cómo apóstol de sus ideas, modelos y teorías.

Comenzó así su Tour de France, un incansable ejercicio de comunicación de masas. Esta forma de vida era inusual en una mujer de su época. Pero Flora Tristán fusionó su talento intelectual con una misión redentora en la que creyó firmemente.

Su visión se caracterizó también por el rechazo a la violencia revolucionaria como único camino. Reconocía el antagonismo entre trabajo y capital, pero sus estrategias reformistas sociales se basaban en la fraternidad. Su fin era alcanzar la justicia y el amor universal.

Su vocación de mujer mesías le dio fuerza para liderar y comunicarse con miles de obreros y obreras en sus giras por Francia. Tenía la salud delicada, con un posible proceso tumoral, y tantos viajes la llevaron a exponerse al desgaste físico y al agotamiento.

Finalmente, los esfuerzos y un posible tifus aceleraron su muerte prematura en 1844, cuatro años antes de publicarse El manifiesto comunista.
Una vez fallecida, su voz no se incorporó al socialismo de Karl Marx y Friedrich Engels, señalado por este último como científico, que otorgaba prioridad casi exclusiva a la lucha de clases. Engels etiquetó las versiones anteriores como utópicas.

Sin embargo, basta recorrer las biografías de Robert Owen, Charles Fourier, los sansimonianos y la propia Tristán, para comprobar que “utopía” no es una calificación que describa lo que sus pensamientos y acciones significaron.

A finales de 1843, el filósofo alemán Arnolk Rüge aconsejó en París al joven Marx que fuera a conocer a Flora Tristán, pero este no lo hizo. Engels sí que dejó constancia de conocer su obra, pero el tono fue indiferente.

Siempre quedó en segundo plano

Tristán quedó en un segundo plano en la historia oficial del socialismo, a pesar de haber anticipado muchos de los debates que más tarde cobrarían importancia.

Más de un siglo después, la puesta en valor –importante y necesaria– del componente feminista de su discurso se apoderó de todos los demás elementos.
En la actualidad, resulta imprescindible reconocer plenamente a Flora Tristán, la pequeña aristócrata empobrecida que no pudo tener institutrices pero acabó aprendiendo de Owen y Fourier.

Y hay que reconocerla como una socialista del Romanticismo, como una pionera en las ciencias sociales, comunicadora de extraordinario talento y creadora de un modelo alternativo de sociedad, producción y trabajo: la Unión Obrera.

Cabe preguntarse qué habría ocurrido si hubiera vivido más. Sin duda jamás habría aceptado que su modelo de socialismo fuese calificado como “utópico”.
De haber llegado a 1864, con toda seguridad habría participado en la Primera Internacional y, por qué no, pese a ser mujer, su presencia arrolladora habría influido de algún modo en el rumbo del socialismo.

The Conversation

María Begoña Pérez Calle no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La mujer que Marx nunca quiso conocer: Flora Tristán y el socialismo que pudo cambiar la historia – https://theconversation.com/la-mujer-que-marx-nunca-quiso-conocer-flora-tristan-y-el-socialismo-que-pudo-cambiar-la-historia-264214

José Capilla, rector de la Universitat Politècnica de Valencia: “La IA nos obliga a revisar cómo enseñamos y cómo evaluamos”

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Eva Catalán, Editora de Educación, The Conversation

José Capilla, rector de la UPV. Vicente Lara-ACOM UPV

La inteligencia artificial generativa llegó al mundo académico con grandes promesas de transformación (personalización de itinerarios de aprendizaje, retroalimentación en tiempo real, tutores virtuales) pero hoy, tres años después de su aparición, todavía no está claro si su impacto está siendo positivo. Lo que sabemos hasta la fecha es que su gran potencial solamente puede desarrollarse con un conocimiento profundo de su funcionamiento y que su aplicación depende casi exclusivamente de la ética personal de cada usuario.

Hablamos con José Capilla, rector de la Universitat Politècnica de València y presidente de la Sectorial de Digitalización de la Crue (Conferencia de rectores y rectoras de la universidad española), de esta herramienta tecnológica tan disruptiva en el mundo universitario, de la posibilidad de imponer ciertas normas comunes y de regular su uso, y de cómo pueden las instituciones de educación superior aprovechar la oportunidad y responder al desafío.

¿Qué está suponiendo la inteligencia artificial para el funcionamiento de las universidades?

Parece que la inteligencia artificial lleva diez años con nosotros, porque nos hemos acostumbrado muy rápido, pero en realidad Open AI salió hace menos de tres años. Sin embargo, ha irrumpido en la vida académica de una manera espectacular. Uno de los grandes retos que tenemos es actualizar tanto las estructuras como el personal de la universidad para entenderlas y conocerlas también nosotros, porque los estudiantes ya las están usando, y no necesariamente bien. Y eso plantea ciertos peligros.

Su postura hacia la IA es positiva, la considera una “aliada estratégica”.

No soy partidario de limitar el uso ni de prohibir. Creo que lo que hay que hacer es instruir y buscar la manera de utilizarla lo mejor posible. Todas las nuevas tecnologías, cuando llegan, necesitan de un periodo de análisis. Tenemos que entender cómo nos va a transformar y cómo podemos aprovecharla. Y estamos reflexionando sobre cómo cambiar las metodologías de enseñanza y aprendizaje y de evaluación, porque no pueden seguir siendo las mismas. Quizás podamos evaluar y enseñar centrándonos más en competencias blandas. Y al mismo tiempo, dedicarnos a conocer a fondo esas herramientas de IA que evolucionan a una velocidad impresionante. Hay que incorporar estas tecnologías, aprender a usarlas, aprender qué sesgos pueden tener y, desde luego, incidir mucho en los aspectos éticos sobre su uso.

El gran peligro es la brecha que se puede crear. Antes se hablaba de brecha digital, ahora yo creo que podemos hablar de brecha de IA.

No se trataría tanto de incluir nuevas asignaturas de inteligencia artificial, sino de introducir competencias en IA dentro de las materias de manera transversal. Probablemente sí que puedan ser útiles algún tipo de microcredenciales, con instrucciones de corta duración, orientadas a todo tipo de disciplinas. Pero la revisión de los métodos de enseñanza tiene que ser transversal.

¿Es algo fácil de llevar a cabo?

Esta tecnología evoluciona mucho más deprisa que la capacidad que tenemos de modificar nuestros planes de estudios. Ese es otro gran reto: la rigidez de las normas universitarias, el marco legal, para poder actualizar los contenidos de los planes de estudios o los propios planes. A lo mejor hay algunos que tienen que desaparecer y crearse otros nuevos.

¿Existe un desfase entre lo que ofrecen los planes de estudio de las universidades y lo que necesita la sociedad?

A veces va la universidad por delante y es la propia industria la que tiene que recurrir a los grandes especialistas que están moviendo la frontera del conocimiento. Pero hay desfases, claro. Seguimos con un sistema para aprobar planes de estudios que desde que se hace una propuesta para un grado hasta que se pone en marcha y salen los primeros titulados pueden haber pasado 7 años. Y hay campos donde en siete años todo cambia radicalmente. En el ámbito de las tecnologías, necesitamos más agilidad.

Creo que la regulación es excesiva. Establecida con muy buena intención para controlar la calidad, sin duda, pero no tenemos más que compararnos con lo que pasa en el mundo anglosajón, ver la agilidad que tienen sus universidades porque no se les han impuesto estos corsés. Desde luego tiene que haber entidades independientes que puedan evaluar la calidad y hay que ser transparentes. Pero aquí hemos querido poner unas reglas que garanticen que todos lo hacemos muy bien y al final no está muy claro que lo estemos garantizando, y sin embargo, añadimos trabas para progresar.

¿Cómo lo estamos supliendo las universidades? En la UPV, y sé que otras universidades lo hacen, con los títulos propios y la formación permanente. Ahí podemos dar respuesta a lo que determinadas industrias y sectores necesitan y rompemos el desfase. Por nuestra universidad, por ejemplo, pasan cada año 35 000 estudiantes en formación continua, que son distintos de los de enseñanzas regladas. Esto fomenta y enriquece la relación entre universidad y empresa.

De todas maneras, hay que tener cuidado con un utilitarismo excesivo de la formación superior: también hay que dar formación básica que no está orientada a la empleabilidad. La empleabilidad es fundamental, pero no toda la formación tiene que estar ahí. Y lo mismo pasa con la investigación: debe haber investigación básica en paralelo a la investigación aplicada. Se trata de encontrar un equilibrio. En España a nivel de investigación realmente con respecto al tamaño que tenemos somos una potencia, por la cantidad de publicaciones científicas y de calidad que aportamos. Pero si miramos la parte de patentes, ahí ya cojeamos. Eso lo tenemos que trabajar.

¿Cuáles son ahora mismo las grandes preocupaciones en la universidad española en relación con las nuevas tecnologías?

Estamos viviendo un momento crucial en cuanto a la digitalización de las universidades. La digitalización no es algo nuevo, empezó hace muchos años y las universidades estuvimos ahí desde el primer momento, lo cual no quiere decir que estemos siempre a la cabeza, porque esto es una carrera acelerada. Curiosamente, las universidades que empezaron a digitalizarse antes se encuentran con que ahora pueden estar por detrás de algunas que han empezado después pero se han incorporado con una tecnología más madura. Claramente, es preciso planificar e invertir.

En el tema de la administración electrónica y la contabilidad analítica, en Crue estamos haciendo un diagnóstico de cómo lo están poniendo en marcha las universidades, y antes del verano ya más de la mitad tenían estrategias elaboradas, seguramente ahora sean casi las dos terceras partes. Somos un grupo muy heterogéneo: universidades de distinto tamaño, distintas especializaciones, públicas y privadas.

Las universidades somos estructuras muy complejas, con muchísimos servicios comunes, transversales, y una contabilidad analítica permite mayor transparencia y rendición de cuentas. También hemos ido desarrollando a lo largo de los años herramientas para que el investigador o profesor gestione directamente por la intranet, portales para la investigación. Todo esto es digitalización.

Y también la seguridad…

Sin duda: la ciberseguridad es una preocupación importante. Somos entidades especialmente abiertas, por fuera y por dentro, y no es fácil contar con unas estructuras suficientemente blindadas.

Tenemos cortafuegos, pero eso no evita pequeños incidentes. Estamos siempre pendientes para que no sean graves, con sistemas estructurados en función de la sensibilidad de la información, con partes más blindadas, partes más accesibles… pero en este momento es una gran preocupación. Tenemos que actualizar continuamente servidores y servicios operativos, desechar ordenadores útiles porque ya no están al día de las necesidades de seguridad que se nos plantean.

Una de las inquietudes que plantea el uso de la IA por parte del alumnado tiene que ver con la evaluación… Ahora es más complicado distinguir qué ha hecho el alumno y qué la máquina.

Así es. Existe una preocupación generalizada en las universidades con lo que ocurre con la redacción de trabajos fin de grado y fin de máster, por ejemplo. Tenemos que buscar mecanismos que garanticen la originalidad de esos trabajos. No se trata de impedir que se utilicen las herramientas de inteligencia artificial, pero debemos asegurar que hay un trabajo original del estudiante y un aprendizaje. Y cambiar cómo se les evalúa.

Hemos visto que hasta las revistas científicas han publicado artículos elaborados totalmente con una herramienta de inteligencia artificial: esto demuestra lo difícil que es de detectar, es un reto enorme.

¿En qué áreas dentro de la educación superior puede ser más ventajosa la IA?

Las herramientas de inteligencia artificial nos han permitido automatizar tareas de gestión tediosas. También hay herramientas que se están desarrollando para que complementen y enriquezcan la tarea de tutorización del profesorado, y que el estudiante pueda incluso ir autoevaluándose. Bien empleada, es una herramienta utilísima.

Cuando empezó a hablarse de la enseñanza online, hace muchos años, mucha gente predecía que toda la enseñanza acabaría siendo online. Yo creo que no. La enseñanza presencial es fundamental porque tiene muchas cosas que lo online no puede suplir de ninguna manera. La IA puede ayudar, pero no sustituir. Puede mejorar la experiencia en los campus, potenciar y amplificar el rendimiento, pero habrá que ir al laboratorio, habrá que tener el contacto humano dentro del campus con el profesorado, con los investigadores, con los compañeros. El periodo de enseñanza presencial en la universidad es básico: construyen redes de relaciones humanas que luego en lo personal y en lo profesional se mantienen toda la vida. Todo eso es irreemplazable.

Peter Thiel, empresario tecnológico fundador de Paypal y Palantir, recomienda a los jóvenes que no vayan a la universidad. Ha puesto en marcha un programa para financiar a los que dejen los estudios universitarios y pongan en marcha empresas. ¿Qué opina?

El otro día, en una reunión con funcionarios de la UNESCO, nos hablaron del fenómeno de la desconfianza hacia las instituciones de educación superior. Me parece muy preocupante. En muchos aspectos nos tenemos que reinventar para estar siempre pegados a la realidad de la sociedad y las necesidades de la economía. Es verdad que las oportunidades de aprendizaje que hay ahora son innumerables, pero eso no significa que no sean necesarias las universidades. Sí creo que tenemos la obligación de trabajar muy pegados a la realidad, no se nos puede ir de la cabeza, de nuestras estrategias. Los doctorados industriales, las prácticas en empresas, la formación dual, cada vez van a ser elementos más importantes en la educación universitaria.

The Conversation

ref. José Capilla, rector de la Universitat Politècnica de Valencia: “La IA nos obliga a revisar cómo enseñamos y cómo evaluamos” – https://theconversation.com/jose-capilla-rector-de-la-universitat-politecnica-de-valencia-la-ia-nos-obliga-a-revisar-como-ensenamos-y-como-evaluamos-269149