Recul démocratique en Côte d’Ivoire : les élections laissent encore moins de place à la liberté

Source: The Conversation – in French – By Jesper Bjarnesen, Senior researcher, The Nordic Africa Institute

Les Ivoiriens se sont rendus aux urnes le 25 octobre 2025. Ils devaient choisir entre le président sortant Alassane Ouattara, qui visait un quatrième mandat, et quatre candidats n’ayant pas le soutien des grands partis d’opposition. Le choix était très limité, les trois principaux candidats de l’opposition ayant été interdits de se présenter. Ouattara a une nouvelle fois remporté une victoire écrasante au premier tour avec 89,77 % des voix.

Je suis chercheur. J’observe l’évolution politique en Côte d’Ivoire depuis 15 ans, et je participe actuellement à un projet sur les mouvements de boycott qui étudie le cas de la Côte d’Ivoire.

Cela éclaire ma lecture des élections présidentielles de 2025 et les perspectives démocratiques de la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire est généralement considérée comme un leader régional en matière de performances économiques. Pourtant, les élections de 2025 poursuivent une tendance inquiétante de recul démocratique et de polarisation politique.

Les élections législatives du 27 décembre seront un test pour la résilience démocratique du pays.

Le contexte préélectoral

Au cours des mois qui ont précédé les élections présidentielles, les principaux candidats de l’opposition ont été exclus. Un certain désintérêt politique s’est alors installé dans un espace démocratique de plus en plus restreint.

Ouattara a annoncé sa candidature en août. Cela s’est fait malgré les objections généralisées à sa candidature pour un troisième mandat en 2020, tant au pays qu’à l’étranger.

Comme en 2020, ses détracteurs ont insisté sur le fait que Ouattara outrepassait son mandat constitutionnel d’un seul mandat présidentiel, renouvelable une fois. Il a fait valoir qu’une révision de 2016 lui donnait le droit de se présenter deux fois.

À l’approche du jour du scrutin, le paysage politique ivoirien était marqué par la polarisation, la répression et l’incertitude.

Les tensions se sont intensifiées début septembre lorsque le Conseil constitutionnel a disqualifiécinq candidats de l’opposition de premier plan. L’ancien président Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro ont été exclus en raison de condamnations pénales antérieures. Les deux principaux challengers, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan, ont été écartés pour des raisons de procédure.

Cette exclusion a quasiment assuré la victoire de Ouattara, dont la campagne s’est concentrée sur l’obtention d’une majorité absolue.

Début octobre, le Conseil national de sécurité a interdit les rassemblements publics, à l’exception de ceux organisés par les candidats officiels, au motif de « maintenir l’ordre public ». Il a également imposé des restrictions supplémentaires sur les mobilisations citoyennes. Il a utilisé la lettre de la loi pour servir les intérêts de Ouattara en limitant les manifestations contre sa candidature.

Malgré ces interdictions, les partis d’opposition ont appelé à des manifestations quotidiennes, mais les rassemblements étaient généralement peu nombreux et rapidement dispersés par les forces de sécurité.

Trois jours avant les élections, Gbagbo a dénoncé ce qu’il a qualifié de « coup d’État civil » et a exprimé son soutien à ceux qui « protestaient contre ce vol électoral ».

Le 11 octobre, des manifestants sont descendus dans les rues d’Abidjan. Ces actes de défiance ont conduit à quelque 700 arrestations et 80 peines de prison pour trouble à l’ordre public. Onze personnes ont été tuées lors d’affrontements entre les forces de sécurité et les manifestants.

Avec d’autres observateurs nationaux et internationaux, Amnesty International a dénoncé la répression des manifestations. Dans le même temps, le gouvernement a déployé 40 000 agents de sécurité à travers le pays.

La France, la Cedeao et l’UE sont restées largement silencieuses. Elles ont généralement privilégié la stabilité et les relations stratégiques avec le gouvernement ivoirien au détriment de la responsabilité démocratique. Cette passivité risque d’effriter davantage la crédibilité de ces acteurs internationaux tout en renforçant les discours sur le double standard occidental dans la région.

Alors que les partis d’opposition exclus ont tenté, sans grand succès, de mobiliser leurs partisans dans les rues, les candidats restants, représentant de petits partis ou coalitions récemment créés, ont adopté une stratégie différente.

La dirigeante du Mouvement des générations capables, Simone Ehivet Gbagbo (ancienne première dame, qui a divorcé de l’ex-président Gbagbo en 2023), a déploré l’élimination de son ex-mari. Mais dans les dernières semaines de la campagne, elle a insisté sur le fait qu’il était trop tard pour appeler les gens à descendre dans la rue.
Elle a plutôt appelé les gens à voter.

Jour du scrutin

Le jour du scrutin s’est déroulé dans le calme dans l’ensemble du pays, mais des affrontements violents ont éclaté dans plusieurs villes. Le président de la Commission électorale indépendante, Ibrahim Kuibiert Coulibaly, a qualifié ces incidents de « marginaux » et « rapidement maîtrisés ».

Si le résultat des élections n’a jamais fait de doute, le taux de participation était moins prévisible. Le taux de participation confirmé de 50,1 % montre que de nombreux électeurs sont restés chez eux, beaucoup par apathie, mais aussi par crainte des risques d’affrontements violents autour des bureaux de vote.

Les résultats provisoires annoncés le 27 octobre ont donné 89,77 % des voix à Ouattara. Tidjane Thiam et d’autres membres de l’opposition ont dénoncé un processus électoral truqué et polarisant, avec une participation insuffisante. Thiam a appelé à une résistance non violente et demandé au gouvernement d’engager un dialogue pour la réconciliation.

Le parti au pouvoir et les médias favorables à Ouattara ont qualifié le résultat de « victoire écrasante », célébrant en particulier les victoires de Ouattara dans les bastions historiques de l’opposition.

Trois jours après le scrutin, plusieurs dirigeants des principaux partis d’opposition ont été convoqués par la police au motif que des armes de guerre avaient été trouvées au domicile de personnes liées à la marche du 11 octobre.

Ainsi, même si l’on peut dire que les élections se sont déroulées sans incident majeur, l’absence de véritable compétition et les mesures prises pour restreindre l’opposition ont entaché la crédibilité du scrutin et l’héritage de M. Ouattara.

Quelles perspectives pour la démocratie ?

À court et moyen terme, les principaux partis d’opposition pourraient tenter de retrouver de l’influence lors des élections législatives du 27 décembre. Ils pourraient aussi reprendre leurs manifestations.

À long terme, Ouattara devrait s’orienter vers un autoritarisme assumé pour justifier une cinquième candidature en 2030. Il est plus probable qu’il passe la main à un successeur issu de son cercle rapproché.

Même si cela se produit, de sérieuses questions subsistent autour du cadre électoral. L’opposition affirme depuis longtemps que la commission électorale indépendante est partiale et favorise le président sortant.

La présidence de Ouattara est entachée par son bilan en matière de compétitions électorales partiales, de violence politique et d’insécurité, et par la réduction de l’espace d’expression publique.

Compte tenu de l’importance stratégique de la Côte d’Ivoire pour les pays du Nord, en tant que rare allié dans la sous-région, les acteurs internationaux n’auront pas grand-chose à dire sur ses performances démocratiques.

Les perspectives de réconciliation, de réforme politique et de transition pacifique en 2030 dépendront principalement du parti au pouvoir. Celui-ci devra encourager le dialogue et l’inclusion politique aux niveaux municipal, provincial et régional.

Les législatives du 27 décembre permettront de mieux mesurer le rapport de forces réel que l’élection présidentielle quia été entachée d’irrégularités.

Amelie Stelter, du département de recherche sur la paix et les conflits de l’université d’Uppsala, en Suède, a contribué à cet article.

The Conversation

Jesper Bjarnesen reçoit un financement du Conseil de recherche suédois (VR) dans le cadre de la subvention numéro VR2024-00989.

ref. Recul démocratique en Côte d’Ivoire : les élections laissent encore moins de place à la liberté – https://theconversation.com/recul-democratique-en-cote-divoire-les-elections-laissent-encore-moins-de-place-a-la-liberte-270700

Des souches bretonnes de streptocoques étudiées aux États-Unis et dans le monde pour mieux lutter contre ces bactéries virulentes

Source: The Conversation – in French – By Samer Kayal, Professeur des Universités- Praticien Hospitalier (Microbiologie), Université de Rennes 1 – Université de Rennes

L’équipe du Pr Samer Kayal a effectué, auprès de patients du CHU de Rennes, en Ille-et-Vilaine, un travail pionnier de collecte de « Streptococcus pyogenes », un pathogène responsable de 500 000 décès par an dans le monde, et d’une autre bactérie génétiquement proche (« Streptococcus dysgalactiae sous-espèce equisimilis ») réputée moins dangereuse. Dans le cadre d’une collaboration transatlantique, la perte de sensibilité de « S. pyogenes » aux antibiotiques a été découverte et le séquençage de l’ensemble des souches bretonnes ont été mises à la disposition de l’ensemble de la communauté des chercheurs.


En 1847, près de quinze ans avant la preuve de l’existence des microbes apportée par Louis Pasteur, un médecin du nom d’Ignace Semmelweis avait déjà eu une intuition : il pensait qu’un agent invisible, sans doute transmis par les mains des médecins, pouvait être responsable des infections graves chez les femmes après l’accouchement.

De cet agent, on sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’une bactérie appelée Streptococcus pyogenes.

« Streptococcus pyogenes », c’est 500 000 décès par an dans le monde

Cette espèce bactérienne vit uniquement chez l’être humain. Elle peut se trouver dans la gorge ou sur la peau, sans forcément provoquer une infection. Mais parfois, elle cause des maladies bénignes, comme une angine (mal de gorge d’origine bactérienne), ou des infections graves, qui peuvent être mortelles si elles ne sont pas soignées à temps.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que, chaque année, dans le monde, 700 millions d’infections sont provoquées par cette bactérie, dont 600 millions rien que pour la gorge. Et malheureusement, environ 500 000 personnes en meurent chaque année, ce qui en fait l’une des dix causes majeures de décès.

Il s’agit donc d’un véritable problème de santé publique. Malgré les recherches, il n’existe toujours pas de vaccin efficace contre cette bactérie. Heureusement, elle reste généralement sensible aux antibiotiques, en particulier aux pénicillines, qui font partie de la grande famille des bêta-lactamines.

Une sensibilité aux pénicillines qui risque de ne pas durer

Les bêta-lactamines agissent comme des verrous qui viennent bloquer des éléments essentiels pour la survie de la bactérie, l’empêchant de se multiplier et finissant par la tuer. Leur cible est une protéine spécifique (appelée PLP, pour « protéine liant la pénicilline »), indispensable à la construction de la paroi protectrice de la bactérie.

Schématiquement, quand l’antibiotique se fixe à la PLP, celle-ci n’est plus active et la bactérie meurt. Cependant, si la PLP est altérée du fait de mutations de son gène, il résulte une réduction de l’efficacité de la liaison des antibiotiques de la famille des bêta-lactamines à la PLP : la bactérie devient moins sensible à l’antibiotique, voire franchement résistante, comme c’est le cas pour d’autres espèces de streptocoques, notamment Streptococcus pneumoniae.

Streptococcus pyogenes est classiquement sensible aux bêta-lactamines. Par conséquent, les tests de sensibilité (antibiogrammes), qui sont réalisés afin de vérifier que ces antibiotiques seront efficaces pour soigner l’infection, ne sont pas toujours effectués avant de traiter les patients.

Pourtant certains laboratoires ont récemment [rapporté] une diminution de la sensibilité de la sensibilité de certaines souches de Streptococcus pyogenes aux bêta-lactamines par un mécanisme similaire : on aurait affaire à des mutations de la protéine PLP de la bactérie, qui seraient sans doute favorisées par un traitement mal adapté (dosages d’antibiotiques insuffisants, ou traitement mal suivi par les patients).

Une collecte de streptocoques auprès de patients du CHU de Rennes

Au CHU Ponchaillou-Université de Rennes, dès 2009, notre équipe de recherche a eu la clairvoyance de commencer à collecter tous les échantillons de cette bactérie parallèlement à ceux d’une autre espèce très proche génétiquement, appelée Streptococcus dysgalactiae sous-espèce equisimilis (SDSE). Ces échantillons provenaient de patients du département d’Ille-et-Vilaine, hospitalisés au CHU de Rennes.

Grâce à l’importance de cette collecte systématique, il a été possible de décrire en détail l’évolution des infections causées par cette bactérie au sein de la population de la région, sur une période d’une dizaine d’années. Ce travail a permis d’instaurer une étroite collaboration avec le Pr James Musser, un expert mondial de Streptococcus pyogenes basé à Houston, aux États-Unis.

L’analyse des gènes de toutes ces souches a montré que la bactérie Streptococcus pyogenes intégrait fréquemment des morceaux d’ADN provenant de SDSE (cette sous-espèce de bactérie proche génétiquement, ndlr). Plus préoccupant, ces recherches montraient pour la première fois, que ces échanges génétiques modifiaient considérablement la protéine PLP de S. pyogenes, [ce qui rendait la bactérie moins sensible] à de nombreux antibiotiques de la famille des bêta-lactamines.

Cette découverte importante tire une sonnette d’alarme : elle montre que la résistance de Streptococcus pyogenes aux antibiotiques de première ligne est probablement sous-estimée et qu’elle pourrait se propager.

Il est donc primordial de maintenir une surveillance permanente pour déceler rapidement l’apparition de bactéries résistantes et éviter qu’elles ne deviennent une menace pour la santé publique.

SDSE, une espèce bactérienne méconnue à ne pas sous-estimer

L’intérêt des scientifiques et des médecins s’est rapidement porté sur l’analyse des échantillons de bactérie SDSE recueillis pendant la même période que ceux de Streptococcus pyogenes.

Depuis quelques années, de nombreuses équipes à travers le monde signalent en effet une augmentation surprenante des infections graves à SDSE, correspondant probablement à la diffusion d’une souche particulière de SDSE (appelée « stG62647 »). Jusqu’alors, cette espèce bactérienne était très peu étudiée car on la considérait surtout comme un simple « résident » inoffensif de la peau ou de la gorge, rarement responsable d’infections sévères.

Grâce à la collaboration transatlantique des équipes rennaise et états-unienne, l’analyse génétique d’environ 500 échantillons collectés à Rennes a permis de dater précisément la première détection de cette souche particulière stG62647 : elle serait apparue en 2013 et se serait rapidement répandue dans la région de l’Ille-et-Vilaine. Il s’agit d’une souche très homogène génétiquement, ce qui signifie qu’elle descend récemment d’un « ancêtre » commun particulièrement bien adapté à son hôte, l’être humain.

La sévérité de l’infection liée aux caractéristiques du malade

Un travail effectué en laboratoire afin de mieux comprendre les différentes étapes du processus infectieux par SDSE a permis aux chercheurs de prendre conscience de la complexité des mécanismes de virulence. Ils ont également soulevé un paradoxe : malgré leur grande similitude génétique, les SDSE présentent des niveaux de dangerosité (virulence) très variables.

Cette découverte suggère que la gravité des infections dépend de mécanismes de régulation complexes de la bactérie, qui sont liés à la manière dont elle interagit avec la personne qu’elle infecte.

En d’autres termes, la sévérité de l’infection ne dépend pas seulement de la bactérie elle-même, mais aussi des caractéristiques propres à chaque personne infectée. C’est ce que les chercheurs ont décrypté dans leur dernière publication sur le sujet.

Des implications importantes pour la santé publique

Riches de l’expérience acquise sur S. pyogenes, ces travaux pionniers sur cette autre bactérie SDSE révèlent que de nombreux secrets restent à découvrir pour les deux bactéries. Mais d’ores et déjà, les implications de ces résultats sont importantes pour :

  1. le diagnostic et la surveillance de la résistance aux antibiotiques, car les laboratoires doivent désormais être plus vigilants pour détecter les souches résistantes ;

  2. la surveillance continue des infections pour prévenir l’émergence de nouveaux clones bactériens virulents ;

  3. le développement de nouveaux traitements, car la compréhension des mécanismes de virulence ouvre la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques et à d’éventuelles nouvelles approches vaccinales.

Un modèle de recherche collaborative efficace pour la santé

Cette collaboration franco-états-unienne illustre l’importance de combiner différentes approches : surveillance de terrain, analyse génétique, étude de l’expression des gènes et tests sur les organismes.

Les chercheurs ont ainsi mis à disposition de la communauté scientifique internationale l’ensemble des données génétiques des souches bretonnes, ce qui va faciliter les recherches futures sur ces bactéries d’intérêt croissant en santé publique.

Cette recherche dite « translationnelle » – qui va du laboratoire au patient (from bench to bedside, en anglais) – est très efficace pour mieux anticiper les crises infectieuses futures. Elle permet d’adapter nos stratégies de prévention et de traitement face à l’évolution constante des agents pathogènes.

The Conversation

Samer Kayal ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Des souches bretonnes de streptocoques étudiées aux États-Unis et dans le monde pour mieux lutter contre ces bactéries virulentes – https://theconversation.com/des-souches-bretonnes-de-streptocoques-etudiees-aux-etats-unis-et-dans-le-monde-pour-mieux-lutter-contre-ces-bacteries-virulentes-265808

Pour promouvoir l’alimentation végétale, l’argument santé serait plus efficace que l’argument écologique

Source: The Conversation – in French – By Ricardo Azambuja, Professeur associé en management, EDHEC Business School

Et si prôner d’abord les bienfaits pour la santé – plutôt que l’argument écologique – se révélait un angle d’attaque plus efficace pour convertir les populations à une alimentation végétale ? C’est ce que recommande une équipe de recherche dont les travaux pointent le fait que la population a connaissance de l’impact environnemental des régimes alimentaires carnés, mais que cela ne suffit pas à faire reculer la consommation de viande.


Longtemps considérés comme un choix marginal, les régimes alimentaires à base de plantes sont désormais reconnus pour leurs avantages environnementaux et éthiques, mais leur adoption se heurte à des obstacles persistants : manque de sensibilisation à leurs bienfaits pourtant établis pour la santé, dissonance cognitive (« savoir sans agir ») et messages publics qui induisent souvent un sentiment de culpabilité autour de la destruction de l’environnement.

Dans notre dernière étude, nous révélons un paradoxe majeur : l’argument santé – sans doute le plus personnel et le moins clivant – est étrangement absent des campagnes de promotion de l’alimentation à base de plantes, alors qu’il pourrait permettre de surmonter les résistances individuelles et sociales qui freinent l’adoption de régimes plus végétaux.

En effet, si la population française est consciente de l’impact climatique associé à la consommation de viande, elle sous-estime massivement les risques que cette dernière fait peser sur sa santé (maladies cardiovasculaires, cancers, etc.) et surestime, dans le cadre d’une alimentation « équilibrée », son importance nutritive – alors même qu’elle accorde une attention particulière aux questions de santé individuelle.

Une différence marquée de niveau de connaissances des multiples impacts

Une transition mondiale vers des régimes alimentaires à base de végétaux pourrait atténuer considérablement l’impact négatif du système alimentaire sur l’environnement, la santé et le bien-être animal.

Si, parmi les responsables politiques et les spécialistes en sciences sociales, la diffusion d’informations sur les impacts sanitaires et environnementaux de régimes alimentaires individuels est devenue un outil populaire pour inciter les consommateurs à adopter des régimes alimentaires plus durables, on sait peu de choses sur les connaissances de la population française concernant les avantages pour la santé d’un régime alimentaire végétal.

À partir d’un échantillon représentatif de cette population française (N = 715), nous avons évalué les connaissances moyennes sur les avantages relatifs des régimes alimentaires végétaux pour différentes dimensions. Nous montrons que les gens ont en moyenne une bonne connaissance de l’impact environnemental assez faible des régimes alimentaires à base de végétaux (gaz à effet de serre, utilisation des terres), mais qu’ils sous-estiment considérablement leurs bienfaits pour la santé.

Nous constatons également que les gens sous-estiment considérablement la prévalence de l’agriculture intensive et, par conséquent, les avantages pour le bien-être animal à adopter un régime alimentaire végétal.

Nos résultats semblent ainsi indiquer que la société est principalement divisée en deux groupes : ceux qui ont une opinion positive des régimes alimentaires à base de plantes dans tous les domaines, et ceux qui voient moins d’avantages dans les régimes alimentaires à base de plantes dans tous les domaines.

Ce travail ouvre une piste de réflexion prometteuse sur le rôle des campagnes d’information dans le changement des habitudes alimentaires individuelles.

Des connaissances qui ne semblent pas enclencher de changements de comportements

Le dérèglement climatique et les enjeux écologiques globaux comptent désormais parmi les principales préoccupations de la population française. Notre étude confirme que le public est bien informé quant à l’impact délétère de la consommation de viande, tant sur l’environnement que sur le bien-être animal.

Nos résultats montrent notamment que les personnes interrogées ont une idée assez précise des ordres de grandeur en jeu, et savent, par exemple, que produire la même quantité de protéines avec du bœuf peut générer 100 fois plus de carbone qu’avec des pois. Pourtant ces connaissances, loin de déclencher un changement massif des comportements, provoquent surtout un malaise individuel. Informées, oui ; concernées, certes… mais peu ou pas prêtes à modifier le contenu de leur assiette.

Peut-être plus troublant, notre étude révèle qu’évoquer l’impact de l’élevage bovin sur le climat ou dénoncer la maltraitance animale dans les élevages industriels peut aller jusqu’à susciter une forme de rejet : face à ces sujets sensibles, certains choisissent par exemple d’éviter de s’informer davantage.

Dans ce contexte, il paraît peu réaliste d’espérer que des changements à grande échelle reposent sur des évolutions comportementales individuelles, alors que les problèmes (éthiques ou écologiques) liés à nos comportements alimentaires relèvent avant tout de choix de société – et donc d’une responsabilité collective, dont les individus peuvent se sentir dépossédés.

Nos travaux dessinent des stratégies de communication efficaces, orientées notamment sur les bénéfices individuels, pour encourager des changements concrets à l’échelle individuelle en commençant par la question de l’alimentation.

La prise de conscience de l’impact sur la santé peut-elle changer la donne ?

Face à la réussite mitigée des arguments d’ordre écologique et éthique – la consommation de viande bovine a diminué de 6 % en vingt ans, mais la consommation globale de viande connaît une sorte de plateau ces dernières années à hauteur de 85 kg par an et par personne –, nos recherches mettent en lumière la faible représentation des informations évoquant les bénéfices pour la santé individuelle d’une alimentation plus végétale, alors même que ce sujet semble particulièrement important aux yeux des Français.

Les recommandations scientifiques sont pourtant claires. En 2019, une étude portée par 37 chercheurs et publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet avait déjà avancé des propositions pour pouvoir nourrir plus sainement l’ensemble de la population mondiale grandissante. Ces scientifiques recommandaient ainsi au maximum une portion de viande rouge par semaine et deux portions hebdomadaires pour la volaille et le poisson, avec à la clé une baisse de 20 % de la mortalité adulte.

Sur son site grand public Manger Bouger, l’agence officielle Santé publique France rappelle également le rôle protecteur des fruits et légumes pour prévenir des pathologies comme les cancers, les maladies cardiovasculaires et le diabète, ou encore contre l’obésité. Enfin, des travaux de recherche récents insistent par ailleurs sur le fait que la consommation d’aliments d’origine végétale est associée à une meilleure santé cardiovasculaire, s’ils sont de bonne qualité nutritionnelle et peu ou pas transformés industriellement.

Coordonner l’action publique en santé, en écologie et dans l’agriculture pour promouvoir l’alimentation végétale

Finalement, nos résultats suggèrent que l’absence de diminution de la consommation de viande à l’échelle nationale repose en majeure partie sur l’idée, médicalement fausse mais très répandue, qu’un régime comportant une faible quantité de viande reste toujours plus sain qu’un régime entièrement végétal. Ces travaux ouvrent donc un nouvel angle d’attaque plus efficace pour convertir les populations à l’alimentation végétale, en prônant d’abord l’argument de santé plutôt que l’argument écologique.

Transformer les habitudes de consommation de viande passe par une action coordonnée des ministères de la santé, de l’agriculture et de l’écologie. Mais, pour convaincre vraiment, il s’agit aussi de communiquer vers la population en adoptant une stratégie efficace. Mettre en avant les bénéfices pour la santé des individus est à cet égard un aspect de communication essentiel à prendre en compte. D’autres acteurs sont également intéressants à mobiliser dans ce cadre, comme le corps médical et tout autre prescripteur possible en termes d’alimentation.

La transition vers une alimentation végétale dépendra non seulement de l’information, mais aussi de la manière dont elle sera reformulée : moins de moralisme, plus de preuves tangibles, une meilleure cible des enjeux individuels, et surtout une action publique coordonnée (santé, écologie, agriculture).

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pour promouvoir l’alimentation végétale, l’argument santé serait plus efficace que l’argument écologique – https://theconversation.com/pour-promouvoir-lalimentation-vegetale-largument-sante-serait-plus-efficace-que-largument-ecologique-270532

Crise de la dette: les quatres leviers qui peuvent aider le Sénégal à éviter la restructuration

Source: The Conversation – in French – By Souleymane Gueye, Professor of Economics and Statistics, City College of San Francisco

Le Fonds monétaire international (FMI) a réévalué la dette du Sénégal à 132 % du PIB, entraînant une dégradation de sa note souveraine. Les discussions avec le FMI avancent lentement et le pays rencontre des difficultés pour lever des financements sur les marchés internationaux.

Malgré tout, la dette reste soutenable depuis 2024, mais elle place le Sénégal devant un dilemme : restructurer immédiatement ou poursuivre la stratégie actuelle, qui permet de rembourser les échéances sans accord avec le FMI et de maintenir son Plan de redressement économique et social.
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En tant qu’économiste ayant étudié les relations entre le FMI et le Sénégal sur quarante ans, je ne préconise pas une restructuration de cette dette.

En dépit d’un besoin de financement de 5 800 milliards de F CFA pour 2025, il est préférable de poursuivre la trajectoire actuelle et le plan de redressement, tout en recherchant un accord avec le FMI, aligné sur la “Vision 2050”.

Qu’est-ce qu’une restructuration de la dette ?

Une restructuration de la dette est un « réaménagement négocié des obligations d’un État pour restaurer la soutenabilité de sa dette » . Elle intervient lorsque le pays n’est plus en mesure de payer ses dettes sans compromettre sa stabilité économique et sociale. Autrement dit, elle intervient en cas de défaut de paiement. Or, ce n’est pas la situation actuelle du Sénégal. Une restructuration vise surtout à alléger la pression financière et à redonner des marges budgétaires.




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Elle repose sur deux principes simples : un pays ne peut pas continuer à emprunter indéfiniment, et les créanciers ont parfois du mal à se coordonner entre eux.

Une restructuration peut prendre plusieurs formes :

  • réduction du principal (haircut) : le créancier accepte d’abandonner une partie de la somme due. C’est la solution la plus lourde, réservée aux situations de détresse sévère.

  • reprofilage : le pays paie tout, mais plus lentement et moins cher, parfois avec une période de grâce. Cela facilite l’ajustement budgétaire sans choc majeur.

  • rééchelonnement : report des échéances dans le temps, souvent sous l’égide du Club de Paris – un groupe informel de pays créanciers dont le rôle est coordonner la restructuration de la dette publique des États qui n’arrivent plus à rembourser leurs emprunts – ou de créanciers privés, avec des conditions financières assouplies.

  • cadre commun du G20 : restructuration globale et coordonnée entre tous les créanciers, visant à éviter les blocages, garantir la transparence et s’accompagner d’un programme macroéconomique avec le FMI.




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Les implications économiques

Plusieurs études comme celle de l’économiste américain Barry Eichengreen montrent qu’une restructuration de la dette peut réduire fortement l’investissement privé, fragiliser les banques exposées aux titres publics et limiter l’accès du pays aux financements extérieurs. Elle augmente aussi les primes de risque et peut entraîner une crise de confiance.

Dans une économie comme celle du Sénégal, intégrée à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et sans politique monétaire indépendante, ces chocs sont très difficiles à absorber.

À long terme, une restructuration peut être utile si elle est bien pensée et accompagnée de réformes crédibles. Elle peut améliorer la structure de la dette, réduire les intérêts, libérer des marges pour les dépenses prioritaires et restaurer la confiance.

Mais ces avantages dépendent du maintien d’une dynamique de croissance non entravée par des ajustements trop brutaux. Ce qui est impossible à avoir avec le FMI.

Le Sénégal doit-il restructurer sa dette publique ?

Le Sénégal a un endettement très élevé, mais il reste soutenable selon le mode de calcul courant. On compare les dépenses obligatoires de l’État (salaires, transferts, dépenses de fonctionnement et d’investissement) à ses recettes. Puis, on vérifie si le service de la dette reste supportable. Selon ce calcul, basé sur la dernière loi de finances initiale, le Sénégal se situe dans la catégorie des pays à haut risque, mais pas en situation de défaut de paiement.

En revanche, les besoins de financement augmentent, et la confiance des marchés s’est affaiblie après la révélation des dettes cachées et l’absence d’accord avec le FMI.




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Malgré ce contexte difficile, le Sénégal continue de payer sa dette, mais les taux d’intérêt très élevés aggravent le coût du service de la dette et réduisent les marges pour investir. Aujourd’hui, 16 % des recettes fiscales et 50 % des revenus de l’État servent à rembourser la dette, contre 25 % en moyenne en Afrique.

Cette situation peut-elle durer ? Une restructuration pourrait alléger la pression, car refuser d’y recourir expose le pays à un risque de crise de liquidité pouvant se transformer en crise financière et économique.

Ce contexte financier est très tendu, mais il reste, selon nous, soutenable. Il peut même s’améliorer si le pays exploite pleinement ses atouts. Le Sénégal dispose en effet d’un environnement prometteur qui peut éviter une restructuration immédiate de la dette.

Ces atouts tournent autour de ces facteurs :

  • Une population jeune, dynamique et entreprenante

  • Une stabilité politique et institutionnelle dans une région instable.

  • Une croissance potentielle solide (8 % -10 %), renforcée par le gaz, le pétrole et l’or.

  • Une administration fiscale et financière en constante amélioration grâce
    aux réformes récentes.

. Un potentiel enviable dans l’agrobusiness, les ressources halieutiques, les services et le numérique, et l’accès encore possible aux financements extérieurs confessionnels.

Eviter la restructuration du type FMI

Fort de ces atouts, le Sénégal doit éviter une restructuration encadrée par le FMI, car impliquant forcément un programme du FMI. Celui-ci est fondé sur des politiques bien connues :

• Une politique fiscale restrictive : forte réduction du déficit, diminution des dépenses publiques, élimination des subventions, hausse des impôts, licenciements administratifs,

• Une privatisation des entreprises publiques et para publiques,

• Une politique monétaire restrictive (augmentation du coût du crédit) si le pays dispose d’une politique monétaire autonome,

• Une libéralisation totale du secteur financier et du commerce extérieur.

Ces politiques risqueraient d’exacerber la contraction de l’activité économique au lieu de la résoudre car, du fait du régime de change fixe, le Sénégal ne dispose pas du levier monétaire et du taux de change pour atténuer les effets négatifs que ces mesures auraient sur l’activité économique.

Autrement dit, les déséquilibres budgétaires vont être rétablis au détriment d’une croissance économique endogène et inclusive, exacerbant les inégalités économiques et sociales, et la paupérisation des populations.

Entrer dans une restructuration maintenant créerait un cercle vicieux : une contraction de l’activité économique occasionnant une baisse des recettes et des difficultés à atteindre les objectifs du programme. Ce qui entraînera alors davantage d’austérité.

Il faudra donc tout faire pour éviter ce scénario et concevoir une autre stratégie pour desserrer la pression sur les finances publiques et mieux gérer la dette.

Une stratégie alternative

Éviter une restructuration immédiate ne veut pas dire rester passif. Il faut au contraire bâtir une stratégie solide autour de quatre leviers :

  • D’abord, privilégier une approche basée sur la transparence : terminer l’inventaire de la dette, publier tous les rapports et élaborer un plan de gestion conforme aux recommandations de la Cour des comptes. Cette approche devrait idéalement s’accompagner d’un accord formel avec le FMI pour valider le cadre macroéconomique proposé par le Sénégal et renforcer la transparence budgétaire, envoyant ainsi un signal fort de confiance aux marchés internationaux.

  • Le deuxième levier consiste à distinguer clairement la dette de l’État central de celle des entreprises publiques et des garanties souveraines.

Pour la dette centrale, le gouvernement sénégalais peut renégocier les maturités des Euro-obligations et prêts commerciaux à taux élevés sur le long terme sans une restructuration formelle. L’État doit chercher à convertir les prêts bilatéraux à court terme en financements concessionnels ou partenariats sectoriels, tout en privilégiant les financements auprès de partenaires bilatéraux et multilatéraux (Chine, Turquie, Inde, pays du Golfe).

Ce reprofilage partiel, conçu indépendamment du FMI, pourrait améliorer la liquidité et libérer des marges pour soutenir l’économie. L’État doit se concentrer sur les obligations à court terme (bons du Trésor et titres de moins de deux ans) pour refinancer, renégocier les taux ou prolonger les échéances, afin de ne pas déstabiliser le système bancaire de l’Uemoa.

  • Le troisième levier consiste à étaler l’ajustement fiscal sur plusieurs années, élargir l’assiette fiscale et engager une réforme axée sur l’équité. Le gouvernement doit aussi renforcer la gouvernance des régies financières et mettre en place une gestion efficace des revenus tirés du gaz, du pétrole et des autres ressources naturelles.

  • L’exploitation du gaz et du pétrole offre au Sénégal un levier supplémentaire : valoriser les revenus futurs pour négocier de meilleures conditions. La création d’un fonds de stabilisation et d’un cadre transparent d’exploitation de ces ressources peut réduire la charge de la dette et permettre d’investir dans la formation des jeunes, le capital humain et les services publics.




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Comment le Sénégal peut financer son économie sans s’endetter davantage


Que retenir ?

Tant que le FMI maintient ses conditions classiques ou retarde les négociations, le Sénégal ne devrait pas restructurer sa dette. La stratégie à suivre consiste à :

• Consolider graduellement les finances publiques en réduisant les dépenses de fonctionnement de l’État central et en fusionnant les directions et les agences publiques

• Préserver l’investissement public, relancer l’investissement privé et élaborer des mesures spécifiques de relance de la croissance economique;

• Négocier des conditions moins procycliques et contraignantes;

• Finaliser un programme avec le FMI basé sur la Vision 2050;

• Et n’envisager une restructuration qu’en dernier recours, dans un cadre structuré, repensé et adossé aux priorités économiques du gouvernement sénégalais et plus favorable.

Une dette bien analysée et bien gérée ne peut pas déboucher sur une défaillance économique. Au contraire, elle peut devenir un outil puissant de souveraineté pour favoriser le plein emploi, réduire la pauvreté et promouvoir la justice économique et sociale.

The Conversation

Souleymane Gueye receives funding from Monterey Institute of International Studies and the Fullbright foundation

ref. Crise de la dette: les quatres leviers qui peuvent aider le Sénégal à éviter la restructuration – https://theconversation.com/crise-de-la-dette-les-quatres-leviers-qui-peuvent-aider-le-senegal-a-eviter-la-restructuration-270177

Jane Austen shunned literary fame – but transformed the novel from the shadows

Source: The Conversation – UK – By Anna Walker, Senior Arts + Culture Editor, The Conversation

Portrait of a Young Lady by Adele Romany (early 19th century). Bonhams

Jane Austen’s Paper Trail is a podcast from The Conversation celebrating 250 years since the author’s birth. In each episode, we’ll be investigating a different aspect of Austen’s personality by interrogating one of her novels with leading researchers. Along the way, we’ll visit locations important to Austen to uncover a particular aspect of her life and the times she lived in. In episode 5, we look what kind of author Austen was, and what we can learn about her view of her profession through the pages of Northanger Abbey.

From a young age Jane Austen harboured lofty writerly ambitions. Her early works, known as juvenilia, are diverse in subject matter, reflecting her wide reading taste. As well as stories that parody some of her favourite novels, such as The History of Sir Charles Grandison by Samuel Richardson (1753), there are also witty takes on the essays of British politician Joseph Addison and writer Samuel Johnson, the author of the first English dictionary.

She even tried writing her own history of England. In this short text, 15-year-old Austen proudly declares herself a “partial, prejudiced and ignorant Historian”, eschewing dates and presenting information from historical fiction, such as Shakespeare’s plays, as fact.

Illustration of a Regency woman reading in a chair looking frightened
In Northanger Abbey, Catherine Morland loves gothic fiction.
Bentley Edition of Jane Austen’s Novels (1833)

Though she was always a writer, she wasn’t a published one until Sense and Sensibility appeared in 1811. By her death in 1817, Austen had published four of her six novels and earned nearly £700 – a modest fortune, but enough to grant a measure of independence to an unmarried woman otherwise reliant on her brothers.

Yet Austen’s grave in Winchester Cathedral, makes no mention that she was a writer. Publishing anonymously and disliking literary celebrity, she remained largely unknown as a writer in her lifetime despite occasional, reluctant contact with London’s literary circles.

Her fifth novel, Northanger Abbey – written in 1799 but published posthumously – clearly reveals her views on writing and reading books. It follows Catherine Morland, whose love of gothic fiction warps her sense of reality. It brims with Austen’s defence of the novel, dismissed at the time as frivolous women’s entertainment. It also reflects her juvenilia in its parody of gothic fiction – a genre Austen loved deeply, which is reflected in the bookshelves at her home in Chawton.

Louise Curran standing in front of a red brick house
Louise Curran at Jane Austen’s House, Hampshire.
Naomi Joseph, CC BY-SA

In the fifth episode of Jane Austen’s Paper Trail, Naomi Joseph visits Jane Austen’s House in Hampshire with Louise Curran, lecturer in 18th-century and Romantic literature. Curran is an expert in letter writing, the development of the novel and literary celebrity.

In the lovely red brick cottage where Austen wrote and revised all six of her novels, Curran explains why Austen shied away from the limelight: “You can sort of see it in the kind of writer she is, I guess. I think there is that tension for her really writing the kinds of novels that she wanted to write, that took, as she famously put it, those three and four families in a country village, and are involved with those sort of little matters.”

Later on, Anna Walker sits down with two more Austen experts – Kathryn Sutherland, emeritus professor of English at the University of Oxford, and Anthony Mandal, a lecturer in English literature at Cardiff University – to discover what Northanger Abbey reveals of Austen’s professional life.

As Mandal explains: “The decade [Austen] was publishing in was a heyday for women’s fiction. It was a period when women outnumbered men as novelists … but the reputation of the novel was really low. It was seen as this kind of distracting form of writing, and particularly of reading. It was a waste of time. It stopped you from being a dutiful daughter or wife or mother.”

Austen wasn’t convinced. Sutherland explains that the writer was “hugely ambitious for her own talent and she saw the novel as a moral force as well as a form of entertainment. And that’s essentially what Northanger Abbey is about … the power of the novel both to lead you into misinterpretation, but ultimately, if you become a good reader, to lead you into a wise judgement of the world around you.”

Listen to episode five of Jane Austen’s Paper Trail wherever you get your podcasts. And if you’re craving more Austen, check out our Jane Austen 250 page for more expert articles celebrating the anniversary.


Disclosure statement
Kathryn Sutherland, Louise Curran and Anthony Mandal do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.


Jane Austen’s Paper Trail is hosted by Anna Walker with reporting from Jane Wright and Naomi Joseph. Senior producer and sound designer is Eloise Stevens and the executive producer is Gemma Ware. Artwork by Alice Mason and Naomi Joseph.

Listen to The Conversation Weekly via any of the apps listed above, download it directly via our RSS feed or find out how else to listen here.

The Conversation

ref. Jane Austen shunned literary fame – but transformed the novel from the shadows – https://theconversation.com/jane-austen-shunned-literary-fame-but-transformed-the-novel-from-the-shadows-270590

Ces bulles invisibles qui propagent le cancer… et pourraient aider à le stopper

Source: The Conversation – in French – By Vahé Nerguizian, Professeur titulaire, École de technologie supérieure (ÉTS)

Des bulles invisibles transportent le cancer d’un organe à l’autre. Comprendre ces messagères microscopiques pourrait changer la lutte contre les métastases.

Empêcher un cancer de se propager dans le corps : voilà le défi que s’est donné notre équipe au Département de génie électrique de l’École de technologie supérieure (ÉTS). En collaboration avec la professeure Julia Burnier et des spécialistes en biologie de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, nous cherchons à comprendre comment les cancers se transforment en métastases, c’est-à-dire comment ils envahissent d’autres organes.

Depuis environ huit ans, mon équipe se penche sur les nanoparticules lipidiques, qui font une taille d’à peine une centaine de nanomètres et qui sont donc invisibles à l’œil nu. Nous cherchons d’abord à comprendre le chemin de la métastase. Ensuite, nous trouvons des façons différentes d’injecter les médicaments dans le corps.

Les nanoparticules lipidiques, comme les liposomes, se distinguent des approches classiques : elles permettent de délivrer les médicaments directement dans les cellules tumorales, ce qui accroît leur efficacité et réduit la toxicité, comparé aux chimiothérapies conventionnelles. Des chercheurs ont démontré que les liposomes ciblent mieux les tumeurs et diminuent les effets secondaires, tandis que d’autres ont observé que ces nanomédicaments améliorent la pénétration et la spécificité du traitement, notamment face aux métastases. Ces résultats confirment que les nanomédicaments peuvent rendre les traitements du cancer plus ciblés, plus efficaces et mieux tolérés.

De minuscules particules responsables de la propagation

Chaque cellule de notre corps, saine ou cancéreuse, libère de minuscules particules appelées vésicules extracellulaires. Ces petites bulles, faites de lipides et de protéines, transportent aussi de l’information génétique. Lorsqu’une cellule cancéreuse libère dans le sang ses vésicules et que ces dernières sont transférées à une cellule saine, elle peut en modifier l’ADN et la transformer à son tour en cellule cancéreuse. C’est ainsi que le cancer se propage vers d’autres organes comme le foie : ce mécanisme est à la base des métastases.

Le problème, c’est qu’il est long et difficile d’extraire et d’étudier ces vésicules naturelles. Pour accélérer la recherche, mon équipe produit donc des copies artificielles appelées liposomes grâce à de petits dispositifs, des micromélangeurs. En mélangeant différentes solutions – des lipides, des protéines, de l’eau et de l’éthanol – notre équipe de recherche crée des particules ressemblant aux vésicules naturelles. Notre défi consiste à comprendre quels sont les lipides et les protéines qui sont contenus dans les vésicules extracellulaires pour produire des liposomes.

Ces liposomes sont ensuite injectés dans des cellules cancéreuses hépatiques pour voir comment elles réagissent. Plus les cellules retiennent ces particules, plus cela prouve que les copies imitent bien la réalité.

Dans une expérience type, les liposomes sont fabriqués avec des paramètres précis afin de reproduire la taille et la charge des vésicules extracellulaires. Ils sont également rendus visibles en les colorant avec un marqueur fluorescent. Ces liposomes sont ensuite incubés avec des cellules cancéreuses, cultivées dans notre laboratoire. Il est ainsi possible de filmer et de mesurer, en temps réel et sans perturber les cellules, comment et à quelle vitesse les liposomes sont absorbés et exprimés par les cellules cancéreuses. Nos résultats montrent que plus les liposomes ressemblent aux vésicules naturelles en taille et en charge, plus ils sont efficacement absorbés. Cela permet de voir comment leur composition chimique et physique influence leur absorption par les cellules et leur rôle possible dans le développement des tumeurs.

Observer le comportement des liposomes

Notre objectif est de pouvoir comprendre comment ces vésicules extracellulaires sont transportées vers les cellules du foie pour y créer des métastases. Notre principal défi est de faire en sorte que ces liposomes puissent imiter vraiment les vésicules extracellulaires.

Nous obtenons actuellement un taux d’efficacité de 50 % pour l’encapsulation des protéines. Nous visons à le faire grimper à 90 %. Nous espérons ainsi expliquer la façon dont sont formées les métastases afin de les bloquer. Une fois la technique peaufinée, notre équipe mènera des tests sur les rats.

À long terme, ces travaux pourraient changer la donne pour de nombreux patients, en empêchant la formation de métastases et en augmentant leurs chances de survie. Notre but : comprendre et bloquer la formation des métastases.

Vers de nouveaux traitements

Notre équipe ne cherche pas seulement à comprendre le processus, mais aussi à développer de nouvelles armes contre le cancer. L’idée est d’utiliser ces liposomes comme de minuscules navettes capables de transporter des médicaments directement vers les cellules cancéreuses. Les diamètres des liposomes diffèrent en fonction de l’organe cancéreux à traiter. Par conséquent, il est très important de bien caractériser et comprendre les propriétés de ces liposomes.

Par exemple, des chercheurs testent actuellement l’encapsulation de curcuma, une molécule étudiée pour ses propriétés anticancéreuses. Notre équipe fait de même pour observer comment les cellules cancéreuses réagissent à ces liposomes. Le curcuma, et plus précisément la curcumine qu’il contient, aide à combattre le cancer en ralentissant la croissance des cellules tumorales et en favorisant leur destruction par le corps. Plusieurs études confirment ses effets anti-inflammatoires et antioxydants, ce qui peut renforcer l’action des traitements contre le cancer. Grâce à l’encapsulation dans des liposomes, nous améliorons la capacité du curcuma à atteindre et cibler les cellules malades.

Outre cette molécule, d’autres molécules comme le paclitaxel sont déjà utilisées dans des traitements anticancéreux sous forme liposomale. Le paclitaxel encapsulé améliore notamment la délivrance du médicament et sa tolérance.


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Il existe aussi des stratégies innovantes utilisant des liposomes pour transporter de petits morceaux d’ADN ou des anticorps qui vont agir comme des messagers, aidant le corps à mieux détecter et combattre les cellules malades. Ces approches sont validées par plusieurs études scientifiques et sont déjà utilisées dans certains traitements du cancer, avec de nouveaux progrès chaque année pour améliorer leur efficacité et leur sécurité.

En reproduisant les vésicules naturelles du corps émanant des cellules cancéreuses par des liposomes, notre équipe espère percer le secret de la propagation du cancer et déterminer les approches efficaces pour la bloquer. Nos recherches ouvrent la voie à des traitements plus ciblés, capables d’empêcher la formation des métastases et d’améliorer les chances de survie des patients.

La Conversation Canada

Vahé Nerguizian a reçu des financements de CRSNG.

ref. Ces bulles invisibles qui propagent le cancer… et pourraient aider à le stopper – https://theconversation.com/ces-bulles-invisibles-qui-propagent-le-cancer-et-pourraient-aider-a-le-stopper-266453

Winter storms blanket the East, while the U.S. West is wondering: Where’s the snow?

Source: The Conversation – USA (2) – By Adrienne Marshall, Assistant Professor of Geology and Geological Engineering, Colorado School of Mines

Much of the West has seen a slow start to the 2026 snow season. Hyoung Chang/The Denver Post

Ski season is here, but while the eastern half of the U.S. digs out from winter storms, the western U.S. snow season has been off to a very slow start.

The snowpack was far below normal across most of the West on Dec. 1, 2025. Denver didn’t see its first measurable snowfall until Nov. 29 – more than a month past normal, and its latest first-snow date on record.

But a late start to snow season isn’t necessarily reason to worry about the season ahead.

Adrienne Marshall, a hydrologist in Colorado who studies how snowfall is changing in the West, explains what forecasters are watching and how rising temperatures are affecting the future of the West’s beloved snow.

Weather map show precipitation outlook, with a strip across Colorado, Utah and up to Oregon in a band with equal chances of wetter or drier conditions.
The National Weather Service Climate Prediction Center’s seasonal outlook for January through March 2026 largely follows a typical La Niña pattern, with warmer and drier conditions to the south, and wetter and cooler conditions to the north.
NOAA

What are snow forecasters paying attention to right now?

It’s still early in the snow season, so there’s a lot of uncertainty in the forecasts. A late first snow doesn’t necessarily mean a low-snow year.

But there are some patterns that we know influence snowfall that forecasters are watching.

For example, the National Oceanic and Atmospheric Administration is forecasting La Niña conditions for this winter, possibly switching to neutral midway through. La Niña involves cooler-than-usual sea-surface temperatures in the Pacific Ocean along the equator west of South America. Cooler ocean temperatures in that region can influence weather patterns across the U.S., but so can several other factors.

La Niña – and its opposite, El Niño – don’t tell us what will happen for certain. Instead, they load the dice toward wetter or drier conditions, depending on where you are. La Niñas are generally associated with cooler, wetter conditions in the Pacific Northwest and a little bit warmer, drier conditions in the U.S. Southwest, but not always.

When we look at the consequences for snow, La Niña does tend to mean more snow in the Pacific Northwest and less in the Southwest, but, again, there’s a lot of variability.

A map show the snowpack in most of the West is more than 50% below normal.
Scientists often gauge snow conditions by snow-water equivalent, a measure of the amount of water stored in a snowpack. Most of the Western U.S. was far below normal on Nov. 30, 2025. Parts of the Southwest were above normal, but this early in the season, normal is very low to begin with in many of those areas.
USDA Natural Resources Conservation Service

Snow conditions also depend heavily on individual storms, and those are more random than the seasonal pattern indicated by La Niña.

If you look at NOAA’s seasonal outlook maps, most of Colorado and Utah are in the gap between the cooler and wetter pattern to the north and the warmer and drier pattern to the south expected during winter 2026. So, the outlook suggests roughly equal chances of more or less snow than normal and warmer or cooler weather across many major ski areas.

How is climate change affecting snowfall in the West?

In the West, snow measurements date back a century, so we can see some trends.

Starting in the 1920s, surveyors would go out into the mountains and measure the snowpack in March and April every year. Those records suggest snowfall has declined in most of the West. We also see evidence of more midwinter melting.

How much snow falls is driven by both temperature and precipitation, and temperature is warming

In the past few years, research has been able to directly attribute observed changes in the spring snowpack to human-caused climate change. Rising temperatures have led to decreases in snow, particularly in the Southwest. The effects of warming temperatures on overall precipitation are less clear, but the net effect in the western U.S. is a decrease in the spring snowpack.

When we look at climate change projections for the western U.S. in future years, we see with a high degree of confidence that we can expect less snow in warmer climates. In scenarios where the world produces more greenhouse gas emissions, that’s worse for snow seasons.

Should states be worried about water supplies?

This winter’s forecast isn’t extreme at this point, so the impact on the year’s water supplies is a pretty big question mark.

Snowpack – how much snow is on the ground in March or April – sums up the snowfall, minus the melt, for the year. The snowpack also affects water supplies for the rest of the year.

The West’s water infrastructure system was built assuming there would be a natural reservoir of snow in the mountains. California relies on the snowpack for about a third of its annual water supply.

However, rising temperatures are leading to earlier snowmelt in some areas. Evidence suggests that climate change is also expected to cause more rain-on-snow events at high elevations, which can cause very rapid snowmelt.

a man stands on a road that is flooded on both sides as far as the camera can see.  Trees are surrounded by flood water on one side.
When snow melts quickly, it can cause flooding. That happened in 2023 in California, when fast melting from a heavy snow season flooded wide areas of farmland and almond orchards covering what was once Tulare Lake.
Luis Sinco/Los Angeles Times via Getty Images

Both create challenges for water managers, who want to store as much snowmelt runoff as possible in reservoirs so it’s available through the summer, when states need it most for agriculture and for generating hydropower to meet high electricity demand. If the snow melts early, water resource managers face some tough decisions, because they also need to leave room in their reservoirs to manage flooding. Earlier snowmelt sometimes means they have to release stored water.

When we look at reservoir levels in the Colorado River basin, particularly the big reservoirs – Lake Powell and Lake Mead – we see a pattern of decline over time. They have had some very good snow and water years, and also particularly challenging ones, including a long-running drought. The long-term trends suggest an imbalance between supply and growing demand.

What else does snowfall affect, such as fire risk?

During low-snow years, the snowpack disappears sooner, and the soils dry out earlier in the year. That essentially leaves a longer summer dry period and more stress on trees.

There is evidence that we tend to have bigger fire seasons after low-snow winters. That can be because the forests are left with drier fuels, which sets the ecosystem up to burn. That’s obviously a major concern in the West.

Snow is also important to a lot of wildlife species that are adapted to it. One example is the wolverine, an endangered species that requires deep snow for denning over the winter.

What snow lessons should people take away from climate projections?

Overall, climate projections suggest our biggest snow years will be less snowy in anticipated warmer climates, and that very low snow years are expected to be more common.

But it’s important to remember that climate projections are based on scenarios of how much greenhouse gas might be emitted in the future – they are not predictions of the future. The world can still reduce its emissions to create a less risky scenario. In fact, while the most ambitious emissions reductions are looking less likely, the worst emissions scenarios are also less likely under current policies.

Understanding how choices can change climate projections can be empowering. Projections are saying: Here’s what we expect to happen if the world emits a lot of greenhouse gases, and here’s what we expect to happen if we emit fewer greenhouse gases based on recent trends.

The choices we make will affect our future snow seasons and the wider climate.

The Conversation

Adrienne Marshall receives funding from the National Science Foundation, the National Oceanic and Atmospheric Administration, the United States Geological Survey, the Colorado Department of Transportation, and the Alfred P. Sloan Foundation, and has received previous funding from the Carnegie Institution of Washington.

ref. Winter storms blanket the East, while the U.S. West is wondering: Where’s the snow? – https://theconversation.com/winter-storms-blanket-the-east-while-the-u-s-west-is-wondering-wheres-the-snow-270928

How unsustainable global supply chains exacerbate food insecurity

Source: The Conversation – UK – By Benjamin Selwyn, Professor of International Relations and International Development, Department of International Relations, University of Sussex

Fruit market in Belo Horizonte, Brazil. Antonio Salaverry/Shutterstock

While there is more than enough food produced to feed the world’s population, hunger and food insecurity persist.

In 2024, around 8% of people faced hunger, while about 28% were food insecure (without consistent access to safe and nutritious food).Global supply chains are important for feeding and nourishing people around the world.

In this vein, the World Bank funds projects that facilitate trade in food and trade of agricultural inputs such as agro-chemicals, both within and between countries and regions.

But my research shows how wealth and poverty are two sides of the same coin. Wealth and poverty can both result from the growth of convoluted and globalised food supply chains. While such supply chains can reward large-scale exporters of relatively high value products, they can undermine local food systems.

As export volumes increase, the expansion of food sectors into global supply chains actually reduces food security in significant ways. Conversely, establishing the right to food domestically represents a viable way to combat food insecurity.




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How to reduce the hidden environmental costs of supply chains


Brazil highlights how both issues play out. Despite being a major world food producer, food insecurity, and often hunger, in Brazil have been long-standing problems.

Following the election of the Workers’ Party in 2002, a decade of pro-poor policy – including the flagship fome zero (no hunger initiative), bolsa família (the family allowance grant) and rising minimum wages – reduced hunger and food insecurity. The country was removed from the Food and Agriculture Organization’s world hunger map in 2014.

However, Brazil was returned to the map in 2022 following COVID pandemic price spikes and the Bolsonaro government’s abandonment of much of the previous pro-poor policy agenda. Then, following the victory of the Workers’ Party in 2022, the reinstatement of pro-poor policies and consequent falls in levels of hunger, it was taken off the map again in 2025.

soybean crop growing in field
Brazil accounts for more than half of the world’s soybean trade​.
Alf Ribeiro/Shutterstock

This recent removal is good news, but food insecurity still stalks the country where 28 million Brazilians – predominantly women and children – still face food insecurity.

While social policy influences rates of food insecurity, so too do agricultural systems. This is where the differences between integration into high value global supply chains and attempts to formulate alternative food networks becomes apparent.

Brazil used to have a relatively diversified national economy. Since the 1990s, under governments of different political stripes, its integration into global supply chains has occurred through exporting a few primary products.

Brazil accounts for more than half of the world’s soybean trade. About 70% of that goes to China for use as animal feed. It is also the world’s second largest corn exporter, mostly for animal feed and biofuels.

Such exports have enriched Brazilian agribusiness, but they have undermined domestic food production. This is negatively affecting the food security of poorer communities. Between 2010 and 2022, soybean production increased by over 100% while rice production fell by 30%. The production of other basic food crops also fell.

Domestic food prices increased faster than general inflation, and low-income families have experienced food insecurity and have cut their food consumption.

The struggle for an alternative

But there are alternatives to this model. In 1993, the newly elected Workers’ Party mayoralty of Belo Horizonte declared the right to food for its 2.5 million population, and the city government’s duty to guarantee it. Its success influenced the formation of the national fome zero programme in the early 2000s.

Since then, with some variations depending on the party in power, the city mayoralty has dedicated 1-2% of its annual budget – less than US$10 million (£7.7 million) per year – to the scheme.

Long-term effects include a 25% reduction of people living in poverty, a marked increase in consumption of fruit and vegetables among the poor, and 75% fewer children under five being hospitalised for malnutrition than prior to the scheme.

The system encompasses production, distribution, and consumption. The local government’s Secretariat of Food Policy overseas and is responsible for implementing the right to food across the city. It facilitates local participation by small farmers and businesses, workers and consumers.

Objectives included using the city government’s purchasing power to stimulate local, agroecological food production, linked to consumers in ways that reduce prices while maintaining small farmer’s incomes.

Public restaurants, open to all, provide 20,000 healthy meals a day – organised by local chefs and nutritionists – for less than US$1 dollar per meal. Lunch (Brazilian’s main meal of the day) typically consists of rice, beans, meat, salads, fruit and juice.

Under the scheme meals from public restaurants are sold at cost price – the cost of food production, distribution and maintaining restaurants. Registered homeless people eat for free, and beneficiaries of the bolsa familia scheme get a 50% discount. Another 40 million meals are served to over 150,000 students a year under the scheme’s school meals programme. The city government partners with selected groceries to sell a range of products, often sourced locally, at 25% below market prices.

Under the scheme’s “straight from the field” programme, the city purchases food directly from producers for its public restaurants. The city provides inputs to low-income farmers and empowers them with secure land tenure. Local and regional family farms are encouraged to produce basic and other food crops for sale in the city through farmers and traditional markets.




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The right to food: activism and litigation are shifting the dial in South Africa


Global supply chains are designed and operate as systems of production and trade that reward profitable exports, rather than combatting food insecurity. They often direct resources away from where they are needed to where they are profitable.

When right-to-food systems are established to tackle food insecurity, as in Belo Horizonte, they must cater to their local context. Policies such as subsidised food consumption and production, plus coordinated distribution are all ingredients required for tackling food insecurity.


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The Conversation

Benjamin Selwyn does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How unsustainable global supply chains exacerbate food insecurity – https://theconversation.com/how-unsustainable-global-supply-chains-exacerbate-food-insecurity-269141

Why economic insecurity – not immigration – should be Labour’s top electoral priority

Source: The Conversation – UK – By Justin Robinson, Postdoctoral Research Fellow, Nuffield Politics Research Centre, University of Oxford

The autumn 2025 budget came at a crucial time for the Labour government. With their popularity at record lows, how Labour continues to manage the economy is key for its prospects at the next election.

The chancellor, Rachel Reeves, framed the budget around cutting the cost of living – with good reason. New research from my colleagues and I at the University of Oxford’s Nuffield Politics Research Centre (in collaboration with the Joseph Rowntree Foundation) reveals the prevalence of cost of living concerns among British voters.

Using a nationally representative survey of British adults in April 2025, our analysis shows that just over one-third of the population feel worried about their personal or household finances. This is an experience we call economic insecurity.

Economic insecurity refers to a person’s anxiety about the ability to cope with the financial pressures faced by them and their household. It reflects the balance of a person’s income and savings against the various demands on their finances, including housing costs, childcare costs and debts.

Our research argues that feelings of economic security are a key driver of Labour’s unprecedented decline in support since the last general election. Data from May 2025 reveals that only 49% of those voters who supported Labour in 2024 continued to support them. The largest proportions switched to “undecided”, the Liberal Democrats, the Greens and Reform UK.

a chart showing which other parties Labour's votes have gone to

Nuffield Politics Research Centre/Joseph Rowntree Foundation

Economic insecurity is key to explaining these losses. Our analysis tracks individuals over time, allowing us to understand whether they change their voting preferences if and when they become economically insecure.

We found that among 2024 Labour voters, moving from a state of economic security to insecurity increases the probability of switching to Reform (by 5.45 percentage points), to the Lib Dems (by 3.42 percentage points) and to “undecided” (by 4.15 percentage points). Such changes in economic insecurity – which occur among around 12.5% of Labour voters in our data – have damaging consequences for Labour.

Feelings of economic insecurity, we argue, serve as a signal of poor government performance. They are an indicator that the government has not delivered on its duties, which leads voters to abandon the party.

Furthermore, economic insecurity also makes people rate Labour’s handling of the economy more negatively. In other words, people translate their experiences of economic insecurity into wider judgements about Labour’s overall economic performance.

Our analysis of data from April 2025 shows that among the economically insecure, 44.2% evaluated Labour’s performance on the economy as “very bad”. Among the economically secure, it was only 26.5%. This matters because ratings of Labour’s economic management also influence how people vote. Improving economic security would help Labour’s reputation for managing the economy and boost its electoral prospects.

Does the budget help?

With that in mind, how far does the new budget go to address these concerns for voters?

The lifting of the two-child benefit cap will help ease economic pressure due to rising childcare costs, as well as lift an estimated 450,000 children out of poverty. Reducing the cost of energy bills will provide a boost to families, particularly those on low incomes. Increasing the minimum wage should have similar positive consequences.




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What the budget could mean for you – experts react to the chancellor’s announcement


However, feelings of insecurity are not limited to low-income households. Our previous research reveals that around one in four middle-income earners feel economically insecure.

Aspects of the budget do little to help this group. The freeze on tax thresholds will bring around 1 million more people into the higher tax rate. The freeze on student loan repayment thresholds will add to the economic difficulties faced by graduates.

Underlining these issues, the OBR estimates that real household disposable income will grow by only 0.25% per year from 2026 to 2030 – much lower than its average growth in the 2010s. With this slowdown, the economic insecurity felt by many voters may persist until the next election.

Economy v immigration

Once budget headlines have faded, Labour will once again face questions over whether it should prioritise the economy or immigration – the two key issues for the British electorate. Our research provides a possible answer.

We find that economic insecurity is a broader explanation for Labour’s vote losses than concerns about immigration. Becoming economically insecure leads voters to abandon Labour for Reform and the Lib Dems, as well as pushing voters to “undecided”. In contrast, becoming more opposed to immigration only leads Labour voters to Reform.

Addressing the issue of economic insecurity could stem the tide of Labour defections across the political spectrum. A hardline approach to immigration is likely to only appease the smaller group who are going to Reform (around 10% of 2024 Labour voters). It could also alienate former Labour voters who oppose this approach, potentially worsening Labour’s popularity overall.

Prioritising economic insecurity appears the most sensible political strategy for Labour, potentially leading to vote gains across the political spectrum. It would, of course, also arguably bring benefits to the population at large. The budget has taken steps to meet this goal, but may not go far enough to restore the economic positivity that Labour needs.

The Conversation

Justin Robinson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why economic insecurity – not immigration – should be Labour’s top electoral priority – https://theconversation.com/why-economic-insecurity-not-immigration-should-be-labours-top-electoral-priority-270726

Youth Climate Corps: Young Canadians need more action and less tokenization

Source: The Conversation – Canada – By Lilian Barraclough, PhD Student, Social Practice and Transformational Change, University of Guelph

Youth engagement is critical in the fight for a just and sustainable future. And creating opportunities for young people is a vital part of a just transition away from fossil fuels.

The Canadian government’s 2025 federal budget has emphasized creating new opportunities for young people by establishing a Youth Climate Corps, providing employment placements in renewable energy, protecting biodiversity and retrofitting buildings. The government promised to invest $40 million over two years starting in 2026-27.

However, while the creation of the Youth Climate Corps is an encouraging step toward a more sustainable, equitable and resilient country, the 2025 budget simultaneously caters to the oil and gas industry, reducing requirements for urgent emissions reduction and increasing subsidies supporting oil and gas production.

Scientists have called for urgent and rapid cuts to fossil fuel production and emissions for decades in order to avoid the worst consequences of the climate crisis. While Prime Minister Mark Carney has declared that Canada remains on track to meet the emissions reductions targets set out in the Paris Climate Agreement, the expansion of oil and gas brings this into question.

One of the leading causes of climate grief and anxiety among young people is government inaction, in Canada and elsewhere, that has led to feelings of betrayal, anger and despair about climate change.

In our research, colleagues and I have found that young Canadians are experiencing intense emotions related to the climate crisis, and they often have little to no hope for the future, envisioning apocalyptic conditions for themselves and their children.

Eco-anxiety

Although I am now a researcher, I have been involved in environmental and climate action since I was a child. I have witnessed the never-ending cycle of false commitments and lack of follow-through on the climate crisis.

Climate grief refers to grief in response to the losses caused by climate change — of trees, animals, place, homes as well as more intangible elements of culture and connection. Climate or eco-anxiety is defined by the American Psychological Association as “a chronic fear of environmental doom.”

Young Canadians describe their grief in visceral, embodied ways, emphasizing how their concerns about climate change invade their daily lives, relationships and life choices.

In our research, politically active youth expressed anger, frustration and hopelessness at the state of inaction on the climate crisis.

As one participant told us:

“There are times youth lose hope, when you try to push for something and then you have government push back and they just don’t get it when it makes so much sense to you that our climate is changing and we need to do something about it. Why would you not listen? Why aren’t you doing this?”

Youth need genuine engagement

It’s critical to involve more young people in the sectors addressing climate change and create better employment opportunities while building capacity to respond to increasing pressures from the realities of the climate crisis. The Youth Climate Corps is an important step in that direction.

The challenge, however, is that when youth are left out of the decisions that truly influence Canada’s ability to reduce emissions, address biodiversity loss and adapt to the changes we face, it reinforces feelings of betrayal and grief.

Models of youth-adult partnership on climate action show that the most important outcomes come from positive, meaningful youth engagement. These models, when paired with the real-world experience of youth activists, make it clear that both youth and their adult counterparts — in this case government decision-makers — have a responsibility to ensure that climate action is implemented in an intentional, thorough and meaningful way.

When youth are engaged in climate decision-making but the impact on overall action to address the crisis is negligible, it can reinforce and exacerbate climate grief and anxiety.

I see many of my peers facing an impossible job market, forced to take under-paying jobs that don’t align with their values and desires for change. The Youth Climate Corps undoubtedly represents progress, but the recent federal budget investment is limited. It will create few jobs and likely won’t meet the demands of young Canadians.

Limited progress in green jobs for young people doesn’t make up for Canada’s failure to reduce emissions and hold the fossil fuel industry accountable, making young Canadians question whether the federal budget is really one of “generational investment.”

Without inclusive decision-making and concrete action, young people will continue to feel grief and anxiety over the climate crisis and its impact on their health, well-being, jobs and future prospects.

The Conversation

Lilian Barraclough receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada. She is the Co-Chair of the Board of Directors of the Youth Climate Lab and a regional representative for Ontario on the Young Greens Council of Canada and Youth Representative on the Green Party of Canada’s federal council.

ref. Youth Climate Corps: Young Canadians need more action and less tokenization – https://theconversation.com/youth-climate-corps-young-canadians-need-more-action-and-less-tokenization-270050