Paris, ville des exilés et des révolutionnaires du XIXᵉ siècle

Source: The Conversation – in French – By Andrew Milne, Maître de conférences, histoire de la Grande Bretagne, et du Commonwealth, Université Bordeaux Montaigne

Condamné pour son homosexualité en Grande-Bretagne, Oscar Wilde a trouvé refuge à Paris à la toute fin du XIX<sup>e</sup>&nbsp; siècle et y meurt en 1900. Ici en photo (à gauche) aux côté de son compagnon, Lord Alfred Douglas.

Paris n’a pas seulement accueilli les artistes et les rêveurs du XIXᵉ siècle : la ville fut aussi la base arrière des bannis, des insurgés et des souverains déchus venus d’Europe et d’Asie. Dans ses cafés, ses imprimeries et ses hôtels, se tissaient des alliances improbables, parfois décisives. Comment la capitale française est-elle devenue un refuge où se réinventaient les luttes et les imaginaires politiques du siècle ?


Au XIXᵉ siècle, Paris est la terre d’asile : la ville offre aux exilés – malgré la barrière de la langue, leur isolement, leur anonymat et leurs différences culturelles – un espace où peuvent se former de grands mouvements politiques, faisant circuler des idées nouvelles et permettant de faire naître des courants de pensée.

Cette idée de Paris comme foyer révolutionnaire s’installe dès 1830 et les « Trois Glorieuses », ces trois journées de révolte qui renversent Charles X. La presse s’émancipe et les clubs secrets politiques fleurissent dans les décennies qui suivent. Paris devient un exemple et, ailleurs en Europe, l’élan révolutionnaire trouve un écho. Mais, quand l’élan se heurte – souvent – à l’échec ou à la répression, Paris accueille les premiers exilés. La tradition d’asile s’ancre dans la ville.

En 1848, le printemps des peuples porte l’élan à son paroxysme, le droit d’asile est réaffirmé par la Deuxième République. C’est à ce moment-là qu’Alphonse de Lamartine, ministre des affaires étrangères, et le gouvernement provisoire, seulement quelques jours après avoir fait tomber la monarchie de Juillet, envoient le Manifeste à l’Europe, déclarant une doctrine de non-agression, de fraternité, mais aussi d’accueil des persécutés. La tradition d’asile, héritage de la Constitution de 1793, est réaffirmée dans l’esprit de la souveraineté révolutionnaire et populaire. Il deviendra l’un des fondements des idées progressistes et libérales que la seconde République entend faire siennes.

La capitale des bannis : quand l’Europe converge vers Paris

Paris ouvre ses portes à celles et ceux qui, de Vienne, Berlin, Milan à Budapest, sont pourchassés. Des journalistes, des étudiants, des avocats, des officiers, des républicains convergent vers la ville, qui devint la capitale de la liberté d’expression, du libéralisme, et du progrès politique.

De grandes figures de l’exil y passent : Karl Marx, installé rue Vaneau (VIIᵉ arrondissement) entre 1843 et 1845, y rédige sa critique du libéralisme allemand (Manuscrits de 1844). Lénine vit rue Marie-Rose (XIVᵉ) entre 1908 et 1912. Oscar Wilde, proscrit non pour délit politique mais pour mœurs, y trouve un dernier asile en 1897, preuve que Paris accueille aussi les amours « dissidents ».

Anti-impérialisme et réseaux clandestins : Irlandais et Indiens

À Paris, les Irlandais tissent des réseaux clandestins contre la Couronne britannique, les Russes y fomentent des complots contre le tsar, les Polonais y attendent le retour de l’indépendance.

Maharajah Duleep Singh (1838-1893)
Le maharajah Duleep Singh (1838-1893).
Wikimedia

Dans l’adversité face à la Couronne britannique se trouve un terrain fertile d’entente entre les Irlandais, déterminés à soustraire par la force leur patrie à la domination anglaise, et d’anciens rois déchus indiens, spoliés par la Compagnie des Indes orientales britanniques. Parmi eux : Suchet Singh (1841–1896), à la tête du petit royaume himalayen de Chamba réduit à l’impuissance, ou Duleep Singh (1838-1893), le dernier maharajah de la nation sikhe, dépossédé, puis exilé du Pendjab à vie.

Mes recherches m’ont amené sur les pas de Duleep Singh, qui rencontre les réseaux nationalistes irlandais chez Reynold’s, un bar irlando-américain situé rue Royale (VIIIᵉ), immortalisé dans un dessin d’Henri Toulouse-Lautrec. Parmi ce noyau de la révolte irlandaise à Paris se trouvent notamment les frères Joseph et Patrick Casey, mais aussi Patrick Egan, James Stephens et Eugene Davis. Ce dernier édite le journal United Ireland à Paris, interdit en Grande-Bretagne et mène une double vie : imprimeur le jour, il rejoint ses compagnons conspirateurs et militants la nuit tombée. En 1887, les nationalistes irlandais, en quête d’alliances contre Londres, facilitent les premiers contacts entre le maharajah déchu Duleep Singh et des intermédiaires dans ses démarches (vaines) pour tenter de reconquérir son trône.

Irish and american bar rue royale, 1896 Henri de Toulouse-Lautrec
Irish and American Bar, rue Royale, Henri de Toulouse-Lautrec, 1896.
Rosenwald Collection/National Gallery of Art

Quelques années plus tard, le 22 octobre 1893, seul dans son appartement du VIIIe arrondissement de Paris, Duleep Singh s’éteint, après des années d’errance d’hôtel en hôtel. Au lendemain de sa mort, la presse française relaie la nouvelle : le « maharajah de Lahore » est mort à Paris, et toute la France s’intéresse à cet homme venu d’ailleurs.

Aujourd’hui, l’histoire de ces exilés est tombée dans l’oubli. Pourtant, tout espace est façonné par ses habitants, et tout lieu porte les traces de son histoire. Paris s’est transformé de ville d’accueil des expatriés et des immigrés en fabrique de libertés. Elle est devenue un espace de lutte des indépendances.

Et la colonisation française ?

Ville laboratoire de l’anticolonialisme mondial, la capitale française est pourtant – et d’abord – une capitale impériale. Elle accueillera des militants venus de ses propres colonies au début du XXe siècle. Les nationalistes indiens et les fenians irlandais seront suivis par des nationalistes algériens, des militants indochinois ou des écrivains antillais.

Des militants d’Afrique du Nord s’organiseront, sous Messali Hadj en 1926, jouant un rôle majeur dans la prise de conscience politique des travailleurs nord-africains installés en France. C’est ainsi que l’Étoile nord-africaine (ENA) revendique la fin du colonialisme français et la création d’un État algérien indépendant. Hô Chi Minh fonde à Paris une mouvance anticoloniale vietnamienne, en structurant un réseau révolutionnaire au début des années 1920. Il y crée le journal le Paria dès 1922, qui lui servira de tribune anticolonialiste. L’Antillais Aimé Césaire et son épouse, Suzanne Roussi-Césaire, y forgent le concept de négritude dans les années 1930 pour dénoncer le colonialisme. Paris tolère ces hommes et ces femmes sur son territoire, mais leur présence demeure étroitement surveillée par la police et les services de renseignement.

En laissant ces hommes et ces femmes penser, discuter, s’organiser, la France nourrissait sans le vouloir des aspirations qui finiraient par contester son pouvoir colonial. Ce phénomène s’accélère dans les années soixante, alors que la répression fait rage. On peut citer le cas de Djamila Boupacha, militante du Front de libération nationale algérien (FLN), violée et torturée par l’armée en 1960. L’avocate Gisèle Halimi et l’écrivaine Simone de Beauvoir dénoncent les faits et révèlent les pratiques de l’armée française en Algérie. Paris, éternelle capitale des révolutions, se réinventait alors à travers un nouveau chemin, celui de la défense des droits humains.

The Conversation

Andrew Milne ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Paris, ville des exilés et des révolutionnaires du XIXᵉ siècle – https://theconversation.com/paris-ville-des-exiles-et-des-revolutionnaires-du-xix-siecle-267821

Le Sénégal, hub stratégique de l’influence chinoise en Afrique de l’Ouest

Source: The Conversation – in French – By Daouda Cissé, chercheur, Université Gaston Berger

En 2020, les flux d’investissements directs étrangers chinois vers le Sénégal ont atteint un pic d’environ 213,4 millions de dollars américains. Entre 2000 et 2022, les prêts chinois au Sénégal se sont élevés à 3,6 milliards de dollars américains. L’engagement de la Chine au Sénégal est principalement axé sur le commerce et la construction d’infrastructures.

La Chine est un partenaire commercial majeur du Sénégal. En 2023, les exportations du Sénégal vers la Chine ont atteint [223,79 millions de dollars américains] et les importations en provenance de Chine se sont élevées à 1,29 milliard de dollars américains.

Cependant même si le volume des échanges commerciaux entre le Sénégal et la Chine est en hausse, il révèle des déséquilibres liés aux déficits commerciaux et à la composition des échanges commerciaux.

La Chine vise à accroître sa présence et son influence dans les secteurs culturels, en Afrique de l’Ouest, et notamment au Sénégal. Ce partenaire stratégique soutient ses intérêts fondamentaux. Outre sa quête d’influence afin d’affaiblir la présence des partenaires traditionnels du Sénégal, la Chine cherche à renforcer son partenariat politique, diplomatique, économique et sécuritaire avec ce pays.

En étudiant la présence chinoise au Sénégal au cours de ces 15 dernières années, j’ai constaté qu’en marge de l’économie, d’autres secteurs moins visibles mais tout aussi importants dans la politique étrangère chinoise intéressent les relations de Pékin avec Dakar, revêtant parfois un caractère régional.

Les chantiers d’influence de la Chine

Le Parti communiste chinois (PCC) a établi des relations avec des partis politiques au Sénégal, qui ont contribué à étendre l’influence politique de la Chine au Sénégal par le biais des idéologies politiques et de la gouvernance. Plusieurs partis politiques d’orientation communiste, principalement le Parti de l’indépendance et du travail (PIT) et la Ligue démocratique (LD), sont actifs au Sénégal.

La Chine compte sur le vote des pays africains dans les forums internationaux. Sur le continent africain, Pékin trouve des partenaires pour promouvoir son discours en faveur d’un « ordre mondial plus démocratique .». Au Sénégal, le PCC a établi des relations avec le parti politique au pouvoir ainsi qu’avec les partis d’opposition. Le PCC contribue à la formation des membres des partis politiques.

Cette stratégie vise à permettre à la Chine de nouer des relations avec tous les dirigeants de l’ensemble des partis (au pouvoir et d’opposition) susceptibles d’arriver au pouvoir. La Chine étend ainsi son influence et sa gouvernance à tous les partis.

En mars 2023, le PCC a invité des partis politiques pour la plupart des pays en développement à une conférence afin de diffuser sa gouvernance politique et économique. Les membres des partis politiques sénégalais, du pouvoir comme de l’opposition, ont participé à cet événement.

Bien que l’arrivée de Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) au pouvoir soit récente, des rapprochements entre les officiels du parti et ceux du PCC ont déjà été observés. Ils se manifestent à travers de nombreuses visites et rencontres tenues à Dakar et à Pékin, témoignant de convergences politiques et d’ambitions partagées.

Les récentes visites du 2 au 4 septembre 2024 du président Bassirou Diomaye Faye d’abord et de son Premier ministre Ousmane Sonko ensuite du 21 au 27 juin 2025 sur invitation de Pékin montrent l’intérêt et le pragmatisme de la politique étrangère du Sénégal vis-à-vis de la Chine.

Une plaque tournante médiatique

Le Sénégal est considéré comme une plaque tournante médiatique pour le reste de l’Afrique occidentale francophone. Avec l’implantation de Radio Chine Internationale (RCI) au Sénégal, Pékin vise à donner une image positive de sa présence dans le pays et dans la région de l’Afrique occidentale, en influençant les opinions publiques locales à travers la diffusion de messages ou représentations médiatiques favorables au PCC.

Cependant, par le passé, l’établissement de la RCI au Sénégal s’est heurté à des défis politiques et socio-culturels dans l’espace médiatique sénégalais, marqué par une forte présence des médias français et par les liens entre les médias d’État et le PCC. RCI relève du département de la propagande du comité central du PCC, qui contrôle les médias et les télécommunications, applique la censure et recourt à la répression pour répondre aux dissidents. Le département de la propagande de Pékin a mis en place des médias d’État à portée mondiale afin de mettre en valeur la culture et le modèle chinois.

Les médias servent la politique étrangère et la diplomatie publique de Pékin, avec des récits variant selon les ambitions géopolitiques. En Afrique, plusieurs acteurs médiatiques poursuivent des intérêts différents mais alignés sur la stratégie du PCC.

Cette présence de plusieurs acteurs dans l’expansion médiatique de la Chine en Afrique soulève des interrogations sur la liberté de la presse et l’indépendance éditoriale des médias chinois. Elle questionne également celle des médias sénégalais, qui collaborent avec eux à travers des partenariats de publication de contenus, de formations et de fourniture de matériels et d’équipements.

L’expansion des médias chinois contraste avec la présence plus ancienne et fortement établie des médias occidentaux en Afrique en général et au Sénégal en particulier. Cette prédominance occidentale s’explique notamment par les liens historiques entretenus avec des pays comme la France, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Alors que les médias d’État chinois en Afrique cherchent à bien raconter l’histoire de la Chine, à transmettre sa voix et à interpréter ses caractéristiques, les médias occidentaux adoptent une approche différente. Ils analysent notamment les défis et les problèmes posés par la présence de la Chine sur le continent.

Interrogations sur la liberté de la presse

L’influence politique et économique de la Chine au Sénégal est accompagnée par une influence médiatique qui permet de diffuser les narratifs chinois afin de changer les perceptions des populations sénégalaises quant à la présence chinoise. L’influence médiatique contribue aussi à exporter des pratiques liées à l’autocensure, contraires à la liberté de la presse, et à la liberte d’expression entre autres.

Même si l’environnement médiatique au Sénégal est en partie libre, l’autocensure existe parmi les médias locaux sénégalais lorsqu’il s’agit de couvrir des sujets controversés qui concernent la Chine (droits de l’homme, Taïwan, Hong Kong, Xinjiang, Tibet, entre autres).

Lors de sa visite au Sénégal en 2023, Zhao Leji, le président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale chinoise, a déclaré que la Chine appréciait le soutien actif de Dakar à une série d’initiatives et d’idées majeures proposées par Xi Jinping. Il a également remercié le Sénégal pour son “soutien inestimable” sur la question de Taïwan et les questions liées aux droits de l’homme et au Xinjiang province autonome des Ouïghours, confrontés à une sévère répression de Pékin.

En complément du travail des médias, la culture joue un rôle non-négligeable dans l’influence chinoise à l’étranger. Visible au Sénégal, cet engagement culturel de la Chine n’est pas une exception dans la région.

La culture, un levier de la diplomatie

La Chine développe sa diplomatie publique au Sénégal en soutenant les artistes et la coopération culturelle. Elle offre aussi des espaces culturels comme le grand théâtre national, le musée des civilisations noires et l’arène nationale

En outre, Pékin promeut sa culture auprès des artistes et des acteurs culturels sénégalais en finançant intégralement leurs voyages dans des villes chinoises pour visiter des sites et des monuments culturels. Une fois de retour au Sénégal, ces derniers racontent et dépeignent la culture chinoise à travers l’art. Ces voyages contribuent ainsi à donner une image positive de la Chine.

Au-delà de son influence politique et économique, l’influence culturelle par le biais de l’expansion culturelle figure en bonne place dans l’agenda de Pékin pour le Sénégal. À cet égard, l’exposition « La Chine vue par les artistes africains » s’est tenue à Dakar en 2023.

Financements et formations

L’influence de la Chine au Sénégal passe comme nous l’avons vu, par les acteurs du gouvernement central de Pékin qui exercent une influence politique, économique, diplomatique et culturelle, en s’appuyant notamment sur le rôle des médias d’État chinois qui diffusent le discours chinois en s’engageant dans l’environnement médiatique sénégalais par le biais de financements et de formations. Les entreprises de télécommunications chinoises sont également présentes dans le domaine de l’information, où elles construisent des infrastructures numériques et proposent des technologies permettant de contrôler l’information.

Le gouvernement sénégalais s’aligne sur le pragmatisme de la politique étrangère chinoise pour assurer sa souveraineté économique et diversifier ses partenariats. Il compte sur la Chine pour soutenir la transformation économique du pays à travers l’industrialisation, la digitalisation, les infrastructures et la coopération stratégique.

Le Sénégal voit son engagement avec la Chine comme pragmatique et axé sur le développement. Il comporte toutefois des risques liés à la dépendance économique et aux tensions avec d’autres partenaires.

Tout en cherchant à diversifier ses partenariats et accélérer sa transformation économique, le renforcement de la coopération du Sénégal avec la Chine peut présenter des inconvénients non négligeables, notamment le risque de substituer une dépendance à une autre.

The Conversation

Daouda Cissé does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Le Sénégal, hub stratégique de l’influence chinoise en Afrique de l’Ouest – https://theconversation.com/le-senegal-hub-strategique-de-linfluence-chinoise-en-afrique-de-louest-269973

Les exportations agricoles africaines ne se portent pas bien : quatre façons d’y remédier

Source: The Conversation – in French – By Lilac Nachum, Visiting professor, Strathmore University

L’Afrique est le continent qui possède le plus grand potentiel agricole au monde, mais elle reste un acteur marginal dans le secteur agroalimentaire mondial. Ce paradoxe est au cœur du défi du développement de l’Afrique.

L’Afrique possède près de la moitié des terres du monde. La majeure partie peut être utilisée pour l’agriculture. Elle est également largement non protégée, non boisée et peu peuplée. Le climat du continent permet de cultiver 80 % des aliments consommés dans le monde. Selon les théories économiques, ces conditions devraient favoriser de bonnes performances à l’exportation. Pourtant, la part de l’Afrique dans les exportations agricoles mondiales est la plus faible au monde. Elle est passée d’environ 8 % en 1960 à 4 % au début des années 2020, selon les données de la Banque mondiale.

Les décideurs politiques ont largement négligé les performances à l’exportation de l’agroalimentaire, à quelques exceptions près, comme le Kenya et le Ghana. L’agroalimentaire désigne l’ensemble des activités liées à la production, la transformation, la distribution et la commercialisation des produits agricoles.

Bien qu’elle soit le principal contributeur au PIB et à l’emploi, l’agroalimentaire ne reçoit qu’une part disproportionnellement faible des dépenses publiques (4 % en moyenne), Ce qui est bien en deçà de son poids dans l’économie. Il existe des variations à travers le continent, allant de 8 % et 7 % respectivement au Mali et au Soudan du Sud à moins de 3 % au Kenya et au Ghana. De nombreux gouvernements ont plutôt choisi l’industrie manufacturière comme voie d’intégration mondiale.

Sur la base de plus de trois décennies de recherche, de conseil et d’enseignement sur les marchés mondiaux et le développement, je soutiens que l’agriculture pourrait conduire à l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale. Pour ce faire, quatre réformes sont nécessaires : améliorer l’accès au capital, documenter les terres, concevoir des politiques transfrontalières ciblées et employer stratégiquement la politique commerciale.

De cette manière, l’Afrique pourrait utiliser ses atouts naturels pour assurer une croissance économique généralisée et renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales.

Quatre réformes pour soutenir l’agroalimentaire

1. Améliorer l’accès au capital

La rareté des capitaux reste le principal obstacle à l’agroalimentaire africain. Les institutions financières sont réticentes à prêter en raison des risques élevés, des horizons d’investissement investissements à long terme, des garanties insuffisantes et de la vulnérabilité des profits aux chocs des prix. La Banque mondiale estime que l’agriculture ne reçoit qu’environ 1 % des prêts commerciaux, alors qu’elle contribue à hauteur de 25 à 40 % du PIB (jusqu’à 6 % au Nigeria et en Éthiopie). Les taux d’intérêt sont souvent deux fois plus élevés que la moyenne de l’économie, comme le montrent les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture pour l’Ouganda.

Les gouvernements peuvent contribuer à combler ce déficit de financement. En 2024, le Kenya a alloué 7,7 millions de dollars américains au développement de sa production de thé. Les investissements nationaux peuvent générer des économies en réduisant les factures d’importation alimentaire. Le projet Tomato Jos du Nigeria, par exemple, a permis de réduire les importations annuelles de concentré de tomate de 360 millions de dollars américains.

Les gouvernements devraient accroître les prêts publics tout en permettant la participation du secteur privé grâce à des mécanismes de partage des risques. Le programme de garantie de crédit Khula en Afrique du Sud illustre comment les garanties soutenues par le gouvernement peuvent débloquer des financements pour les agriculteurs disposant de peu de garanties. Ce modèle a été reproduit au Kenya et en Tanzanie avec le soutien de l’UE et des banques de développement.

Les sources de financement privées telles que le capital-risque ont également connu une croissance rapide. En 2024, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont chacun attiré environ 500 millions de dollars américains de financement par capital-risque. Les start-ups africaines financées ont connu une croissance six fois plus rapide que la moyenne mondiale. Les plateformes de microcrédit dépassent désormais 8,5 milliards de dollars américains de prêts.

2. Sécuriser les droits fonciers

Plus de 80 % des terres arables africaines ne sont pas enregistrées et sont régies par des systèmes fonciers coutumiers mal intégrés dans le droit formel. Une administration faible décourage l’investissement et limite l’utilisation des terres comme garantie. Les transferts fonciers coûtent deux fois plus cher et prennent deux fois plus de temps que dans les pays de l’OCDE (les 38 pays les plus développés du monde). Cela limite l’accès au crédit et les économies d’échelle nécessaires pour exporter.

Plusieurs réformes foncières introduites au cours de la dernière décennie démontrent les avantages de la formalisation. L’Éthiopie a délivré des certificats à 20 millions de petits exploitants, stimulant ainsi l’activité locative. La redistribution de 15 000 hectares au Malawi a augmenté les revenus des ménages de 40 %. Au Mozambique, en Ouganda et au Liberia, les gouvernements ont légalement reconnu les institutions coutumières afin de faciliter les contrats fonciers formels. La cartographie foncière exhaustive du Rwanda a encore amélioré la transparence et les incitations à l’investissement.

3. Concevoir des politiques transfrontalières ciblées

Les marchés régionaux et mondiaux nécessitent des stratégies différentes pour réussir à l’exportation. Le commerce intra-africain bénéficie de la proximité et de l’harmonisation réglementaire. Les mesures de facilitation des échanges de la Communauté de l’Afrique de l’Est ont multiplié par 65 les exportations intra-régionales de produits laitiers en une décennie.

Cependant, la plupart des exportations agricoles africaines sont destinées à des marchés non africains, ce qui nécessite des investissements dans les infrastructures et la logistique afin de garantir la rapidité et la qualité. Le Sénégal a augmenté ses exportations de 20 % par an après avoir investi dans le transport maritime rapide. L’essor de la culture des fleurs en Éthiopie doit beaucoup à ses systèmes de transport aérien et de chaîne du froid.

Les politiques doivent également être adaptées à chaque culture. La stratégie d’exportation ciblée d’avocat du Kenya a transformé ce pays en premier exportateur africain, avec une croissance annuelle à deux chiffres. La politique d’exportation de mangues du Mali a permis de mettre en place une chaîne de valeur compétitive desservant les marchés européens.

4. Utiliser la politique commerciale comme outil de modernisation

Les exportateurs africains vendent principalement des matières premières à fable valeur. Le Nigeria, premier producteur de tomates, exporte la quasi-totalité de sa production non transformée et importe du concentré. Moins de 5 % du thé kenyan, premier produit d’exportation du pays, est commercialisé sous une marque. La politique commerciale peut inverser ce déséquilibre en encourageant la transformation nationale.

La structure tarifaire différenciée de la Communauté de l’Afrique de l’Est a réussi à encourager la création de valeur ajoutée en réduisant les droits de douane sur les produits intermédiaires tout en protégeant la transformation alimentaire locale. Les gouvernements pourraient de la même manière taxer ou restreindre les exportations de produits non transformés afin d’encourager la montée en gamme. Parallèlement, il est nécessaire d’investir dans les capacités de transformation. Plusieurs pays, dont le Botswana, l’Ouganda et la Côte d’Ivoire, ont tenté d’interdire les exportations de matières premières, mais avec un succès limité faute de conditions favorables.

Un changement décisif

Le secteur agroalimentaire africain incarne le potentiel inexploité du continent en matière de transformation structurelle. Avec ses terres abondantes, son climat favorable et sa demande intérieure en forte croissance, l’Afrique possède des avantages comparatifs évidents. Elle est également de plus en plus capable de relever les défis qui ont freiné le développement du secteur agroalimentaire dans le passé. Cet article présente un programme d’action visant à inverser la tendance à la baisse de la part de l’Afrique dans le commerce agricole mondial en remédiant aux défaillances institutionnelles qui ont limité sa compétitivité.

Ce programme repose sur l’amélioration de l’accès au financement, la formalisation des droits fonciers, la mise en œuvre d’initiatives transfrontalières ciblées et l’utilisation de la politique commerciale pour monter en gamme. Un changement politique décisif vers un programme de développement axé sur l’agriculture est essentiel. La mise en œuvre de ce programme permettra aux pays africains d’améliorer leur position économique au niveau national et international.

The Conversation

Lilac Nachum does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Les exportations agricoles africaines ne se portent pas bien : quatre façons d’y remédier – https://theconversation.com/les-exportations-agricoles-africaines-ne-se-portent-pas-bien-quatre-facons-dy-remedier-270908

Prada buys Versace in a €1.25 billion deal. Here’s what that means for fashion

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Jye Marshall, Lecturer, Fashion Design, School of Design and Architecture, Swinburne University of Technology

Prada will become the new owners of the Versace brand, under a €1.25 billion (A$2.2 billion) deal.

Versace has recently struggled both financially and in keeping up with the larger luxury fashion houses. Before the sale, Versace was owned by Capri Holdings, which also holds brands including Michael Kors and Jimmy Choo.

In March, Donatella Versace stepped down as the brand’s creative director and was replaced by Dario Vitale, who previously worked for the Prada Group. This marked the first time in 47 years that Versace was not led by a family member.

The Prada Group has made a move to save the Italian brand from possibly being consolidated into the larger French groups Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) and Kering, which own considerable luxury fashion brands.

Will the luxury fashion house rivals be able to survive each other’s style?

The ‘sexy’ Versace

The iconic and sexy Versace brand was founded by Gianni Versace in 1978 in Milan, when he launched his first women’s wear collection.

Originally studying architecture like many of the great 1950s Italian fashion designers, his flamboyant and erotic style was soon embraced by many celebrities, such as Princess Diana and Elton John.

The establishment of the luxury fashion house was a family affair. Gianni’s brother Santo ran the commercial side of the business, and his younger sister Donatella also became a designer and creative director with the brand.

After Gianni was tragically murdered outside his Miami beach mansion by Andrew Cunanan in 1997, his sister Donatella continued the Versace legacy.

Under her creative leadership, the fashion house saw extravagant runways and advertising campaigns. But, over time, the fashion house struggled to maintain scale like its competitors.

The ‘luxury’ Prada

Mario Prada founded Prada in 1913 as a luxury leather-goods business.

The business didn’t find its luxury fashion house status until Miuccia Prada took over the business from her grandfather in 1978. Miuccia came to the brand with no prior design experience and with a PhD in political science.

Her background as an outsider to the fashion industry has been seen as her ultimate strength, affording her the ability to take risks and challenge every style under the Prada brand.

Bruni in a short green dress, Prada kneeling before her.
Miuccia Prada adjusts clothes on Italian-French top model Carla Bruni in 1994.
Vittoriano Rastelli/Corbis via Getty Images

In 1978, Miuccia became the fashion designer for Prada and, in 1993, its sister brand Miu Miu. Both Prada and Miu Miu would come to be known for a clean and minimalist style of fashion, while also being shocking.

Miuccia invented the “ugly chic” style: taking unconventional items or materials that are considered ugly and adding high fashion value to them, such as the iconic Prada Vela bag made from nylon instead of leather. Introducing nylon fabric into luxury fashion was a shocking move in 1984.

Miuccia Prada has dressed many celebrities, including Miu Miu “it girl” Sabrina Carpenter and Nicole Kidman, who loves a Prada dress.

The Prada Group is now a public traded company valued at approximately US$15.27 billion (A$23.2 billion), with majority ownership in the hands of Miuccia and her husband Patrizio Bertelli.

The ultimate rivalry

As family-owned Italian fashion houses with markedly different styles, Prada and Versace have often been called “rivals” by Vogue journalists and business analysts. Prada is minimalist; Versace is loud and flashy. Prada is a northern Italian brand; Versace is a southern Italian brand.

While there may be a localised rivalry, the true competition is between the Italian and French luxury fashion houses.

Until the mid 20th century, Paris held a monopoly over women’s fashion. Italian fashion houses gradually grew after the second world war as the French struggled with material shortages. But the French brands continued to dominate the fashion hierarchy with the release of Dior’s “new look”.

The rise of Italian fashion provided a philosophical rivalry with French fashion houses, who focused on couture compared to Italy’s more ready-to-wear domestic luxury goods.

Prada owning Versace ends an era of rivalry between two of the most influential Italian fashion houses. But it does provide a united front of Italian fashion.

What of the future?

Prada has been known for its investment in other luxury fashion houses. It previously bought a stake in Fendi for US$245 million in 1999 before selling in 2001 for US$265 million, and bought a 9.5% stake in Gucci in 1998 before selling in 1999.

The Versace deal is just another complex acquisition within the fashion landscape.

In today’s competitive market, luxury fashion brands such as Prada are increasingly focusing on “selling to the 1%”, targeting ultra-wealthy customers. This stands in contrast to Versace’s historical focus on serving the middle market with more “accessible luxury” pricing.

The brand’s identities will remain separate, but Prada is likely to capitalise on the strengths of each brand, with Prada’s excellent craftsmanship and local manufacturing being utilised for the Versace brand. The Prada Group will have considerable work to do to relaunch the Versace brand and remain globally competitive, including deciding which market they wish to appeal to.

So, will Versace lose its sexiness? Will Prada mess with its ultra cool “ugly minimalist” style? It is unlikely fashion followers will see much change in either brand. But it remains to be seen if they can survive in partnership in the tough global fashion market.

The Conversation

Jye Marshall does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Prada buys Versace in a €1.25 billion deal. Here’s what that means for fashion – https://theconversation.com/prada-buys-versace-in-a-1-25-billion-deal-heres-what-that-means-for-fashion-271185

Tomar zumo de naranja a diario podría ayudar al corazón

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David C. Gaze, Senior Lecturer in Chemical Pathology, University of Westminster

Ivanko80/Shutterstock

Aunque llevamos ya algunos años escuchando que es preferible desayunar fruta que zumo de naranja, porque esta bebida solo aporta azúcares libres que aumentan el riesgo de obesidad, no faltan estudios que le encuentran virtudes interesantes.

En concreto, una investigación reciente ha demostrado que el consumo regular de zumo de naranja puede influir en la actividad de miles de genes dentro de nuestras células inmunitarias. Muchos de estos genes ayudan a controlar la presión arterial, calmar la inflamación y regular la forma en que el cuerpo procesa el azúcar, lo que contribuye a mejorar la salud cardíaca a largo plazo.

Los investigadores realizaron un seguimiento a adultos que bebieron 500 ml de zumo de naranja pasteurizado puro cada día durante dos meses. Después de 60 días, muchos genes asociados con la inflamación y la hipertensión arterial se habían vuelto menos activos.

Entre ellos, NAMPT, IL6, IL1B y NLRP3, que suelen ponerse en marcha cuando el cuerpo está sometido a estrés. Otro gen conocido como SGK1, que afecta a la capacidad de los riñones para retener sodio (sal), también redujo su actividad.

Estos cambios coinciden con hallazgos previos que indican que beber zumo de naranja a diario puede reducir la presión arterial en adultos jóvenes.

Un vaso de zumo de naranja al día puede ser beneficioso para la salud cardíaca.
retan/Shutterstock

El zumo reduce la inflamación y relaja los vasos sanguíneos

El hallazgo ofrece una posible explicación a por qué el zumo de naranja se ha relacionado con una mejor salud cardíaca en varios ensayos. El nuevo trabajo muestra que, a la vez que eleva el azúcar en sangre, esta bebida cítrica desencadena pequeños cambios en los sistemas reguladores del cuerpo que reducen la inflamación y ayudan a relajar los vasos sanguíneos.

Tiene sentido si pensamos que los compuestos naturales de las naranjas, en particular la hesperidina, un flavonoide cítrico conocido por sus efectos antioxidantes y antiinflamatorios, pueden influir en los procesos relacionados con la hipertensión arterial, el equilibrio del colesterol y la forma en que el cuerpo procesa el azúcar.

La respuesta varió en función del tamaño corporal: las personas con más peso tendían a mostrar mayores cambios en los genes implicados en el metabolismo de las grasas, mientras que los voluntarios más delgados mostraban efectos más fuertes sobre la inflamación.

Una revisión sistemática de ensayos controlados en la que participaron 639 personas de 15 estudios descubrió que el consumo regular de zumo de naranja reducía la resistencia a la insulina y los niveles de colesterol en sangre. La resistencia a la insulina es una característica clave de la prediabetes, y el colesterol alto es un factor de riesgo establecido para las enfermedades cardíacas.

Otro análisis centrado en adultos con sobrepeso y obesidad encontró pequeñas reducciones en la presión arterial sistólica y aumentos en las lipoproteínas de alta densidad (HDL), a menudo denominadas colesterol bueno, tras varias semanas de consumo diario de zumo de naranja. Aunque estos cambios son modestos, incluso las mejoras leves en la presión arterial y el colesterol pueden marcar una diferencia significativa si se mantienen durante años.

A esto se le suma que, según una revisión reciente, el zumo de naranja influye en las vías relacionadas con el uso de energía, la comunicación entre las células y la inflamación. También puede afectar a la microbiota intestinal, que cada vez se considera más importante para la salud cardíaca.

Si nos decantamos por zumo de naranja sanguina, basta consumirlo durante un mes para que aumente el número de bacterias intestinales que producen ácidos grasos de cadena corta. Estos compuestos ayudan a mantener una presión arterial saludable y a reducir la inflamación.

Las personas con síndrome metabólico son las que más pueden salir ganando. Una investigacion con 68 participantes obesos demostró que el consumo diario de zumo de naranja mejoraba el funcionamiento del revestimiento de los vasos sanguíneos (función endotelial), esto es, la capacidad de los vasos sanguíneos para relajarse y dilatarse. Y eso se asocia directamente con un menor riesgo de ataques cardíacos.

Algunos estudios contradictorios

Otro estudio, realizado con 129 trabajadores de una fábrica de zumo de naranja en Brasil, reveló concentraciones sanguíneas más bajas de apolipoproteína B, o apo-B, un marcador que refleja el número de partículas portadoras de colesterol relacionadas con el riesgo de sufrir un infarto.

Sin embargo, un análisis más amplio de las concentraciones de grasas en sangre reveló que, aunque los niveles de lipoproteínas de baja densidad (LDL) –colesterol malo– suelen descender, otras mediciones lipídicas, como los triglicéridos y el HDL, no varían significativamente.

En cualquier caso, parece que beber zumo de naranja no solo aporta azúcar: aunque la fruta entera sigue siendo la mejor opción debido a su fibra, un vaso diario de zumo de naranja puro podría tener efectos beneficiosos para la salud que se acumulan con el tiempo. Estos incluyen aliviar la inflamación, favorecer un flujo sanguíneo más saludable y mejorar varios marcadores sanguíneos relacionados con la salud cardíaca a largo plazo.

The Conversation

David C. Gaze no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Tomar zumo de naranja a diario podría ayudar al corazón – https://theconversation.com/tomar-zumo-de-naranja-a-diario-podria-ayudar-al-corazon-271192

El curioso comportamiento de algunas aves que usan plantas frescas y aromáticas en sus nidos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Garrido Bautista, Investigador posdoctoral, Universidad de Castilla-La Mancha

Ejemplar de estornino negro (_Sturnus unicolor_). Erni/Shutterstock

La construcción de nidos es un comportamiento prácticamente universal en las aves. Estas estructuras son un rasgo tan distintivo de estos animales como lo son sus plumas o alas. Los nidos son el soporte estructural para los huevos, pollos y los propios progenitores que lo construyen, protegiéndolos frente a depredadores y otros factores ambientales.

La mayoría de las aves usan materiales orgánicos para su construcción, como ramas o musgo, pero también inorgánicos como barro y otros de origen antropogénico, como plásticos. Todos estos materiales conforman la base estructural de un nido, pero en su superficie también se encuentran otros añadidos tras la terminación de la estructura –como plumas o pelo– con funciones muy diversas, en muchos casos relacionados con la selección sexual. Entre estos elementos incorporados a posteriori se encuentran las plantas verdes frescas, como aquellas que utilizamos comúnmente para agregar sabor, color y aroma a alimentos.

Comportamiento intrigante

La incorporación de fragmentos frescos de plantas, muchas veces aromáticas, o incluso de flores, es un comportamiento que ha intrigado a muchos científicos durante décadas. Hasta donde sabemos, esta conducta solo la exhiben unas pocas especies entre las miles que existen actualmente, lo que la hace más intrigante.




Leer más:
Los herrerillos de Sierra Nevada rompen una de las reglas conocidas de la evolución de las especies


Cuando hablamos de material vegetal verde y fresco nos referimos a hojas completas o fragmentos de ellas, hierbas y flores, que aunque no son verdes pueden adoptar funciones similares. Este tipo de material casi siempre se incorpora cuando la estructura del nido está terminada y se mantiene hasta la puesta de los huevos, aunque hay especies, como el herrerillo común (Cyanistes caeruleus) que continúan aportando material verde hasta que los polluelos abandonan el nido. Otras especies de aves que muestran esta conducta son el estornino pinto (Sturnus vulgaris), el estornino negro (Sturnus unicolor) y, aunque solo existe un reporte en China, el gorrión rutilante (Passer cinnamomeus).

Mezcla de fragmentos de plantas frescas y flores de uno de los nidos de estornino negro que los autores han estudiado en la Sierra de Madrid.
Mezcla de fragmentos de plantas frescas y flores de uno de los nidos de estornino negro que los autores han estudiado en la Sierra de Madrid.
Javier Sierro

Una selección minuciosa

A diferencia de los materiales estructurales (barro, ramas, etc.), las plantas parecen seleccionarse minuciosamente, ya que las aves escogen una pequeña fracción no aleatoria de variedades entre la flora local. Además, existen diferencias geográficas y sexuales entre y dentro de cada especie.

Según pudimos observar investigadores de las Universidades de Coímbra y de Granada, el herrerillo común, por ejemplo, selecciona principalmente la menta en los alrededores de Coímbra (Portugal) y el marrubio en Sierra Nevada. Otros trabajos han reportado que el herrerillo común prefiere la milenrama y el tomillo borriquero en los bosques de Córcega (Francia).

Además, en esta especie, solo la hembra aporta estas plantas al nido y lo hace desde la incubación de los huevos hasta el momento en que los polluelos se independizan. Por su parte, el estornino pinto parece ser algo menos selectivo, con un rango de plantas seleccionadas muy superior al herrerillo común, tanto en poblaciones de Estados Unidos como de Alemania. Y un patrón similar se puede observar en el estornino negro, su pariente más cercano, que incluso puede añadir flores al nido. En ambas especies de estornino, solo los machos aportan el material verde fresco y siempre antes de la incubación.

Pero lo verdaderamente llamativo de estas plantas es su perfil químico. Se ha comprobado que muchas de las especies seleccionadas son aromáticas, es decir, que emiten cantidades significativas de compuestos volátiles al entorno. Son estos compuestos terpenoides, como el limoneno o sabineno, los que han llamado la atención de los científicos por sus propiedades antimicrobianas e insecticidas.




Leer más:
Así combaten las flores el calentamiento global


Posibles utilidades de las plantas frescas

Diversos estudios han puesto a prueba la hipótesis de si las plantas frescas aromáticas reducen la carga de parásitos y bacterias patógenas en los nidos. Aunque la evidencia a favor es elevada, tiene matices. La mayoría de los estudios realizados con el herrerillo común han encontrado un efecto antiparasitario y antimicrobiano de las plantas aromáticas, pero no todos los grupos de parásitos se ven afectados de forma similar.

En un estudio que hicimos en Coímbra, donde introdujimos experimentalmente menta en unos nidos y hierba en otros, vimos que la primera reducía la población de ácaros hematófagos (aquellos que se alimentan de sangre), pero no la de larvas hematófagas de moscas. Este mismo patrón también se ha observado en otras poblaciones de herrerillo común y con otros grupos de parásitos.

Otra hipótesis que explica el uso de plantas frescas aromáticas se basa en la capacidad de los compuestos volátiles para estimular sistemas fisiológicos, como el inmunitario. Al igual que con la capacidad para reducir o matar parásitos y bacterias, existen matices en cuanto a la evidencia a favor, ya que las plantas aromáticas parecen estimular distintos componentes según la planta o mezcla de plantas empleada.

Hay casos donde las plantas aromáticas provocan un aumento de parámetros como el hematocrito, el número de glóbulos blancos o el crecimiento de los polluelos, pero en otras muchas ocasiones no se ha observado efecto alguno. Estos resultados discrepantes también los encontramos en la población de Coímbra. Incluso algunos estudios han encontrado evidencias a favor y en contra en la misma población de estudio y con la misma planta aromática.

Por último, existen otras hipótesis que, en vez de basarse en el perfil químico de las plantas para explicar su uso, lo hacen en su estructura macroscópica. Este enfoque señala a las plantas frescas como ornamentos que usan los machos para indicar su calidad individual y atraer a potenciales parejas o incluso para mantener el vínculo de pareja durante la época reproductora. Tal explicación se ha propuesto para el estornino pinto y el negro, cuyos machos introducen flores en los nidos junto a la mezcla de plantas frescas.

En la población de estornino negro en la Sierra de Madrid que nuestro equipo de investigación estudia no es raro encontrar flores entremezcladas con hojas de diversas especies de plantas. No obstante, se desconoce qué mecanismo podría estar detrás de esta señal o cuál sería su contenido informativo, ya que se trata de un comportamiento aparentemente barato en términos energéticos que cualquier estornino podría realizar.




Leer más:
¿Cómo sabe una golondrina cómo fabricar su nido y un oso cuándo hibernar?


Incógnitas y lo que queda aún por hacer

Aun con todo el conocimiento acumulado en torno a estas observaciones, quedan muchas incógnitas por resolver. ¿Tienen las plantas frescas una misma función universal o han adoptado funciones distintas según la especie y región geográfica? Aun no disponemos de una suerte de árbol filogenético para este comportamiento, por lo que desconocemos si es un carácter ancestral o derivado que ha aparecido varias veces en la evolución de las aves.

Sin embargo, las actuales diferencias geográficas y entre especies en la función y composición de plantas frescas parecen apuntar más bien a una diversificación funcional, es decir, que las plantas frescas habrían adoptado funciones distintas en diferentes especies (o incluso entre poblaciones de la misma especie). Tampoco hay estudios que hayan explorado nuevas funciones potenciales distintas a las ya probadas.

Por otra parte, si este comportamiento es adaptativo, debería incrementar el éxito reproductivo de la pareja. Recientemente se ha publicado un metaanálisis que ha encontrado un efecto positivo del material verde fresco en el éxito reproductivo, pero sólo en función de cómo se diseñe el experimento.

Por otro lado, para que un carácter sea adaptativo, debe ser heredable. A día de hoy, desconocemos qué porcentaje de la variabilidad de este comportamiento viene determinado por factores genéticos y ambientales o sociales, por lo que son esenciales futuros estudios que aborden la heredabilidad de dicha conducta. Incluso no sería descartable que, en ciertas poblaciones, incorporar plantas frescas no sea un fenómeno adaptativo, es decir, que en vez de aumentar el éxito reproductivo lo disminuya.

Aún queda mucho por descubrir de este fascinante comportamiento, y las futuras líneas de investigación deberían apuntar a los rincones inexplorados del uso de plantas frescas. Quienes hemos investigado de forma exhaustiva este fenómeno todavía no podemos responder con rotundidad a por qué las aves usan plantas frescas y aromáticas en sus nidos. Quizás unas especies le den un uso y otras le den otro distinto. Esperemos tener una respuesta clara y rotunda en los próximos años.

The Conversation

Jorge Garrido Bautista no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El curioso comportamiento de algunas aves que usan plantas frescas y aromáticas en sus nidos – https://theconversation.com/el-curioso-comportamiento-de-algunas-aves-que-usan-plantas-frescas-y-aromaticas-en-sus-nidos-269572

Por qué no debemos tener miedo a la anestesia cuando vamos al dentista

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Pilar Pecci Lloret, Profesora Ayudante Doctor en Clínica Odontológica Integrada Infantil, Universidad de Murcia

Estos últimos días han sido raros para quienes trabajamos en el mundo de la odontología. El pasado 21 de noviembre saltó a las noticias el caso de una niña que falleció tras una sedación profunda en una clínica dental de Algemesí (Valencia). Este tristísimo suceso ha dejado a muchas familias con miedo y un montón de dudas sobre lo que pasa cuando vamos al dentista y nos “duermen” o nos “sedan”. Resulta totalmente comprensible la preocupación, pero también es importante arrojar un poco de luz sobre el asunto, porque no todas las técnicas de anestesia o sedación son iguales, ni implican un riesgo elevado.

Veamos caso por caso.

1. Anestesia local: la que aplica casi siempre el dentista en la clínica dental

Es la que todos conocemos: un pinchacito en la encía y ya está. La anestesia local simplemente bloquea el dolor en la zona donde va a trabajar el odontólogo. El paciente está despierto, consciente, hablando, moviéndose y respirando normalmente. Lo único que nota es que el diente o la encía dejan de molestar.

Se trata, con diferencia, de la técnica más utilizada y segura. No “duerme” al paciente, no afecta a la respiración, no produce pérdida de memoria ni nada parecido. Sirve para empastes, extracciones sencillas, limpiezas profundas y prácticamente cualquier tratamiento habitual. Y como cualquier procedimiento de este tipo, puede acarrear ciertas complicaciones locales (dolor, hematomas, adormecimientos prolongados, mordeduras involuntarias…) o sistémicas (toxicidad del anestésico, reacciones alérgicas…), aunque estas últimas ocurren muy raramente.

2. Sedación mínima: un empujoncito para quien lo pasa mal

Aquí entramos en otro terreno: la sedación mínima no duerme, simplemente relaja. Es ideal para personas muy nerviosas o niños que tienen auténtico pánico al sillón dental.

Dentro de esta categoría habría dos opciones:

a) Premedicación oral

Medicamentos como diazepam o midazolam, administrados según el peso y la edad del paciente, ayudan a reducir la ansiedad. De efecto suave, puede aplicarlos un odontólogo. El paciente sigue consciente, responde cuando se le habla y mantiene todas sus funciones con normalidad.

b) Óxido nitroso

Probablemente lo conozca como “el gas de la risa”. Este gas sedante se respira por una mascarilla nasal y hace que estemos más tranquilos, pero sin que perdamos en ningún momento la consciencia. Lo notamos como una sensación agradable y sus efectos duran mientras lo estamos respirando.

Hablamos de una técnica muy segura, con complicaciones poco frecuentes. Si estas aparecen, casi siempre son leves: algo de temblor, sudoración o náuseas. Cuando se retira la mascarilla, el efecto desaparece en cuestión de minutos.

Y sí, el óxido nitroso también puede administrarlo un odontólogo debidamente formado.

3. Sedación profunda: la administra un anestesista en una clínica dental

En este caso, el paciente puede llegar a dormirse, no recuerda casi nada de lo que ocurrió durante el procedimiento y responde poco o nada a estímulos. Para lograr el nivel de sedación profunda hace falta una vía intravenosa, fármacos administrados por un anestesista y monitorización continua (oxígeno, ritmo cardíaco, tensión, etcétera).




Leer más:
Muelas del juicio: ¿desecho biológico o fuente de neuronas?


Es decir: no lo lleva a cabo el dentista, sino un médico anestesista. Puede aplicarse en clínicas dentales, pero solo cuando cumplen con todos los requisitos legales y técnicos. Aunque es una técnica segura cuando está bien controlada, no carece totalmente de riesgos, porque puede afectar a la respiración o requerir ayuda para mantener la vía aérea permeable.

4. Anestesia general: la aplica un anestesista en el hospital

El paciente es intubado, se encuentra bajo control anestésico total y no se mueve ni responde de ninguna manera (está completamente “dormido”). Es el método elegido para tratamientos muy largos, pacientes con discapacidades severas o situaciones donde es imposible trabajar en el sillón dental, y solo se lleva a cabo en hospitales.

En la Región de Murcia, el Programa de Atención Dental Infantil (PADI) atiende a menores con más de un 33 % de discapacidad que necesitan tratamiento dental bajo anestesia general. Pues bien, un estudio realizado con 111 niños a los que se administró dicha anestesia no encontró ningún caso de complicación. Es decir, cuando se hace en un entorno hospitalario, con anestesistas y con todos los recursos necesarios, es un procedimiento muy seguro.

Entonces… ¿hay que tener miedo?

No. Hay que tener información. La sedación y la anestesia son herramientas necesarias que permiten tratar a miles de personas cada día sin dolor y sin sufrimiento. Lo ocurrido hace unas semanas es una tragedia aislada, no la norma.

La clave está en:

-Usar la técnica adecuada para cada caso.

-Informar bien a las familias.

-Contar con profesionales cualificados.

-Trabajar en entornos seguros.

Un buen dentista explicará siempre qué se va a hacer, qué nivel de sedación se usará y quién estará encargado de ella. Y, ante cualquier duda, no debemos tener miedo a preguntarle.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Por qué no debemos tener miedo a la anestesia cuando vamos al dentista – https://theconversation.com/por-que-no-debemos-tener-miedo-a-la-anestesia-cuando-vamos-al-dentista-270909

Cautela ante el posible hallazgo de materia oscura en el universo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ruth Lazkoz, Catedrática de Física Teórica, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

El mapa de la Vía Láctea, y sus más de mil millones de estrellas, creado por la misión GAIA de la ESA ESA/Gaia/DPAC, CC BY

No importa de dónde venga la afirmación de que se ha detectado la materia oscura por primera vez. En cualquier caso, hay que cogerla con pinzas. Todo proceso de observación científica requiere prudencia, y para la astrofísica actual es un problema de una complejidad prácticamente inabordable. Se hace necesaria otra rama de la ciencia para resolver el misterio: la física de partículas.

Vamos a plantear el dilema desde esa óptica: ¿cómo se puede afirmar haber podido detectar algo invisible, es decir, que no interactúa de forma electromagnética?

El lenguaje de la luz

La materia oscura no emite ni absorbe fotones, ni cambia su trayectoria cuando se encuentra con ellos. O sea, no habla el lenguaje de la luz. Y eso es porque carece del aparato fonador necesario: no tiene carga eléctrica, el cuanto del campo electromagnético.

Pero este problemita no es exclusivo de la materia oscura, y por ahí podemos ir desentrañando la maraña. Los neutrinos tampoco interactúan con la luz. Sin embargo, al chocar con neutrones producen partículas cargadas: electrones y protones. Los electrones son los más ágiles y versátiles para interactuar con la luz.

Resumiendo, la física de los neutrinos es un generador de electromagnetismo y, por supuesto, de sus cuantos: los fotones. ¿Podría ser aplicable la física de esas partículas a la física de la materia oscura?

La materia oscura y los rayos gamma

¿Y si la materia oscura fuera algún WIMP (siglas en inglés de Partículas Masivas de Interacción Débil), es decir, otro tipo de partícula poco dada a la interacción, como ocurre con los neutrinos? El estudio del astrofísico japonés Tomonori Totani se basa en esa propuesta: en la detección de rayos gamma en el halo de la Vía Láctea como evidencia de haber observado materia oscura.

Pongámonos en el caso de que estuviera, efectivamente, hecha de algún WIMP. En ese caso, quizá sus colisiones con hadrones producirían cascadas de partículas cargadas y rastros de luz asociados. Y podría ser detectada.

Entre los posibles productos de esos choques destacan los quarks, que al no poder vagar libres, se asociarían formando piones neutros. Seguimos el proceso y esos piones neutros decaen en rayos gamma. Y ya tenemos justo lo que queríamos: un canal de producción de la radiación electromagnética más energética imaginable: los rayos gamma que ha detectado el laboratorio Fermi en el halo de la Vía Láctea, y sirven al investigador nipón como señal de materia oscura.

Con los rayos gamma por fin contamos con algo que podemos detectar preservando además la esencia de su origen físico. Estos fotones con frecuencia tan alta que caen en la ventana de los rayos gamma tienen una tremenda facilidad para atravesar la materia ordinaria de la galaxia. Solo los frenan procesos muy energéticos y estadísticamente desfavorecidos. No solo eso: atraviesan el halo de materia oscura como un cuchillo a la mantequilla, y podemos rastrear su fuente.

El halo de la Vía Láctea

Hasta aquí la explicación desde la cuántica. Ahora es el turno del otro socio mayoritario en busca de respuestas: la astrofísica. Esta va a ser la encargada de contarnos qué es eso del halo que acabamos de deslizar con un cuchillo de rayos gamma, fingiendo inocencia. Recurro a una metáfora añeja.

La parte brillante de la galaxia, el disco, es como el filamento de una bombilla incandescente real, de las que han caído en desuso. Es donde están las estrellas. Ahora, tal y como se estila en física, imaginemos que el vidrio de la bombilla es esférico, ¿cómo si no? Esta sería la frontera del halo. Del mismo modo que la bombilla está llena de argón, el halo está lleno de materia oscura. Los tamaños relativos también encajan en el relato: el disco galáctico para nuestra galaxia es de 50 000 millones de años luz de radio, y el halo, unas 5 veces mayor.

El halo de materia oscura tiene un impacto astrofísico incontestable. Contiene la mayoría de la masa de la galaxia y sus aledaños, muchísima más que toda la que suman las estrellas del disco. Por ejemplo, en la Vía Láctea por cada kilogramo de materia ordinaria hay entre 5 y 9 kilos de materia oscura. Así que, lógicamente, es la que domina los procesos gravitatorios a escalas galácticas. Pero la supuesta evidencia de materia oscura detectada por los investigadores japoneses no tiene que ver con la gravedad, sino con la luz.

Evidencia luminosa

Usando datos del telescopio Fermi-LAT, Totani afirma haber encontrado un exceso difuso de rayos gamma, es decir, “más rayos gamma de lo esperado”. Además, ese exceso tiene una “energía típica” –un valor que se repite mucho– de alrededor de 20 gigaelectronvoltios (GeV), que es simplemente una forma de medir cuán energéticos son esos rayos gamma. Este valor podría correspondería a un WIMP de unos pocos GeV. Es decir, partículas de materia oscura.

La suave geometría

Se entiende que ese extra de radiación es difuso porque no aparece concentrado en un punto ni procede de una fuente identificable. Al contrario, se extiende suavemente por una región amplia del cielo. Además, la distribución de ese exceso de fotones energéticos es casi esférica y decae en la misma manera que perfiles muy populares para construir modelos de materia oscura.

El autor del trabajo argumenta que no se conoce ningún tipo de fuente astrofísica que produzca una señal con esas dos características concretas. Por un lado, está la presencia de ese pico de radiación, y por el otro, esa geometría tan suave y extendida. Por todo esto, con prudencia, señala que podría ser candidata a la primera evidencia de materia oscura.

Comparando con galaxias enanas

Para comprobar si esta posible señal tiene sentido contamos con un recurso clave: las galaxias enanas. Son sistemas con muy pocas estrellas, casi sin gas, sin apenas formación estelar y sin agujeros negros activos. En resumen, tienen una actividad astrofísica prácticamente nula. A cambio, están dominadas por la materia oscura; de hecho, puede suponer hasta el 90 % de su masa. Esas características las convierte en laboratorios ideales para buscar materia oscura. Si existiese, detectar la señal en el centro de la Vía Láctea sería pan comido.

Pero Fermi-LAT no ha encontrado nada de ese tipo, algo que el propio Totani reconoce. Más aún, el trabajo no ofrece ningún mecanismo que explique esa discrepancia.

Avanzando en el conocimiento

Las gigantescas burbujas emisoras de rayos gamma fueron descubiertas por el Telescopio Espacial de Rayos Gamma Fermi de la NASA. Son como un reloj de arena, con una extensión de unos 50 000 años luz de extremo a extremo, comparable al tamaño de la parte central y más densa del disco estelar de la Vía Láctea.
ESA/XMM-Newton/G. Ponti et al. 2019; ESA/Gaia/DPAC (Milky Way map), CC BY

La extracción de la señal limpia obtenida por los investigadores japoneses requiere un proceso de limpieza exquisita. Procesos astrofísicos de tan alta complejidad podrían inducir notables irregularidades en un halo pretendidamente esférico.

Por ejemplo, hay que restar el efecto de las burbujas de Fermi, dos gigantescas nubes de rayos gamma que salen del centro de la galaxia. Probablemente son restos de un episodio violento del pasado y su presencia dificulta la detección de una señal tenue como el exceso de luz supuestamente detectado y que se ha relacionado con materia oscura.

Ahora solo nos queda esperar a ver si se pincha la burbuja del sueño de la detección de la materia oscura. Pero incluso cuando eso suceda, todo el proceso para dar o quitar la razón al audaz proponente tiene valor. El mérito radica en una sucesión de vueltas y vueltas a un mismo circuito. En cada trazado vamos conociendo mejor las curvas y las rectas. Hasta que llegue un día que un gran descubrimiento nos saque por la tangente, abriendo una infinita autopista de conocimiento.

The Conversation

Ruth Lazkoz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cautela ante el posible hallazgo de materia oscura en el universo – https://theconversation.com/cautela-ante-el-posible-hallazgo-de-materia-oscura-en-el-universo-270815

El lado oscuro de los videojuegos: cómo los ‘chats’ ponen en riesgo a los más pequeños

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Verónica Jimeno Jiménez, Profesora Titular Victimología, área Psicología Social, Universidad de Castilla-La Mancha

DENIS NOVIKOV/ ISTOCK ], CC BY

¿En qué nos fijamos al seleccionar un videojuego para nuestros hijos, sobrinos o nietos? Probablemente, en que no sea violento, que esté adaptado a su edad y que fomente la creatividad. Sin embargo, pocas veces nos detenemos a pensar en una cuestión clave: ¿con quién pueden interactuar los más pequeños mientras juegan? Muchos videojuegos permiten la comunicación directa con otros jugadores, y esa conexión puede incluir tanto a menores como a adultos desconocidos.

Videojuegos como Roblox, Minecraft, Fortnite, Among Us o Call of Duty se han convertido en referentes del ocio digital entre niños y adolescentes. Más allá de su atractivo visual o de sus dinámicas de juego, todos ellos comparten una característica que suele pasar desapercibida para muchas familias: permiten la comunicación directa entre jugadores, a través de chats de texto o voz.

Esta funcionalidad, diseñada para fomentar la interacción y el trabajo en equipo, también abre la puerta a que menores se relacionen con personas desconocidas, sin filtros ni supervisión. Lo que comienza como una partida aparentemente inofensiva puede derivar en situaciones de riesgo, especialmente cuando los adultos responsables no conocen el alcance de estas herramientas de comunicación.

Accesibles por defecto

En los chats de los videojuegos cualquier usuario puede enviar mensajes o iniciar conversaciones privadas, ya que muchos juegos permiten la comunicación libre por defecto. Este acceso sin filtros facilita que adultos desconocidos puedan contactar con menores.

Este tipo de contacto puede dar lugar a lo que se conoce como grooming, un delito que consiste en que una persona adulta contacte con un menor por medios electrónicos “con el fin de hacerle participar en cualquier actividad sexual”. Los chats de videojuegos se han convertido en una vía particularmente sensible para este fenómeno, porque los menores suelen bajar la guardia pensando que “solo están jugando” y no imaginan que podrían estar en contacto con alguien con intenciones peligrosas.

A diferencia de otros abusos sexuales en línea, que pueden ocurrir de forma más directa –como el envío de pornografía infantil, sextorsión o contactos sexuales explícitos inmediatos–, el grooming es un proceso gradual de manipulación. En España, Save the Children realizó en 2023 un análisis sobre grooming en línea dentro del informe titulado Por una justicia a la altura de la infancia, en el que se revisaron cerca de 400 sentencias judiciales, de las cuales 33 correspondían específicamente a casos de grooming o abuso sexual a través de internet.

Dicho informe reveló que las víctimas habían sido mayoritariamente niñas (57,4 %), con una edad media de 13 años, mientras que los agresores eran en su mayoría varones jóvenes sin antecedentes penales. El modus operandi incluye engaño, coacción y corrupción, y en el 90 % de los casos se propone un encuentro físico.




Leer más:
¿Puede la inteligencia artificial salvar a los menores del acoso sexual en las redes?


En Europa, el European Online Grooming Project identificó patrones similares en Bélgica, Italia, Noruega y Reino Unido. Además, se observó que entre el 19 % y el 23 % de adolescentes habían recibido solicitudes sexuales de adultos por internet, con mayor prevalencia en Reino Unido y países nórdicos, seguidos por España e Italia.

Factores de riesgo comunes incluyen el uso intensivo de redes sociales y videojuegos, perfiles con connotaciones sexuales y baja percepción del riesgo en varones.

La tendencia es creciente y los expertos insisten en la importancia de la prevención y la educación digital para las familias. De hecho, el Comité de Promoción de la Salud de la Asociación Española de Pediatría ha emitido una alerta específica sobre los riesgos asociados a los chats en la plataforma Roblox. Los pediatras advierten que, en algunos casos, esta exposición ha estado vinculada a fenómenos de autolesión, acceso a material sexual explícito, ansiedad, alteraciones del estado de ánimo y cambios significativos en la conducta de los menores.

¿Qué podemos hacer las familias?

La prevención comienza por la información. Es fundamental que los padres y adultos responsables conozcan las funciones de los juegos que utilizan los menores. Antes de dar acceso a videojuegos online es fundamental que nos informemos sobre los videojuegos que más les interesan, especialmente si incluyen chats y cómo se gestionan.

Debemos configurar adecuadamente los controles parentales. Supervisar tanto el tiempo de juego como las partidas ayuda a detectar posibles riesgos y a compartir la experiencia. Fomentar la comunicación y la confianza en casa es clave para que niños y niñas se sientan cómodos contando cualquier situación incómoda o sospechosa. Finalmente, debemos educarles en el uso responsable de internet, recordándoles la importancia de no compartir información personal ni aceptar invitaciones de desconocidos, refuerza su seguridad y autonomía en el entorno digital.




Leer más:
Adultos ‘a la caza’ de menores en internet: cuatro reglas básicas para no caer en la trampa


Los videojuegos pueden ser una fuente de diversión, aprendizaje y socialización, pero también esconden riesgos que no debemos subestimar. Los chats integrados, presentes en la mayoría de los juegos online, son un canal de comunicación directo y sin filtros entre la habitación de nuestros hijos y cualquier persona en el mundo. Como adultos, nuestra responsabilidad es informarnos, supervisar y educar para que el juego siga siendo seguro. Evitemos que este canal de comunicación se convierta en un canal de victimización.


La versión original de este artículo se ha publicado en la Revista Telos, de Fundación Telefónica.

The Conversation

María Verónica Jimeno Jiménez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El lado oscuro de los videojuegos: cómo los ‘chats’ ponen en riesgo a los más pequeños – https://theconversation.com/el-lado-oscuro-de-los-videojuegos-como-los-chats-ponen-en-riesgo-a-los-mas-pequenos-265231

Barcelona, una ciudad íntimamente ligada al mar

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Xavier Baró Queralt, Profesor Adjunto. Doctor en Historia, Universitat Internacional de Catalunya

Panorámica de Barcelona del siglo XIX dibujada por Adolphe Rouargue y Émile Rouargue. Grabado de Eduard Willmann. Deutschland und die Welt/Wikimedia Commons

¿Qué fue primero, Barcelona o el Mediterráneo? La relación de la ciudad catalana con el mar es tan antigua como el remoto descubrimiento de la navegación. Es muy probable que cuando varios cientos de laietanos (pueblo íbero) se asentaron en la ladera de la montaña de Montjuïc en el siglo VI a. e. c., no se plantearan que el poblado generaría, al cabo del tiempo, la ciudad actual.

En cualquier caso, si por algo es conocida Barcelona es por su origen romano. La Colonia Julia Augusta Faventia Paterna Barcino se supone que se fundó entre el 15 y el 10 a. e. c. Los romanos se centraron en su alto nivel estratégico, porque su situación en la costa del Mediterráneo occidental les era de gran utilidad. Ellos fueron quienes crearon un puerto que servía de punto de conexión con el resto de los enclaves mediterráneos, ya que el Mare Nostrum era uno de los ejes vertebradores del Imperio.

Por supuesto, durante este tiempo a Barcino llegaron aceite, vino y cereales, pero también personas con su propio credo religioso. De hecho, fue una de las primeras ciudades de la Hispania Citerior en recibir el cristianismo.

Un mármol romano con texto en latín ('COL IVL AVG FAV PAT BARCIN', abreviatura de 'Colonia Julia Augusta Faventia Paterna Barcino') que describe Barcino.
Un mármol romano con texto en latín (‘COL IVL AVG FAV PAT BARCIN’, abreviatura de ‘Colonia Julia Augusta Faventia Paterna Barcino’) que describe Barcino.
jaycross/Flickr, CC BY

En el siglo II contaba con unos 3 500 habitantes, que tenían que protegerse de las invasiones germánicas. La ruralización generó una nueva ciudad, más pequeña y frágil, y tras la ocupación musulmana en 718, estuvo durante ocho décadas bajo tutela islámica. Pero el apoyo de los francos de Carlomagno ayudó a conquistarla de nuevo. Nacía la Marca Hispánica.

Barcelona se abre al Mediterráneo: la Baja Edad Media

Bajo el reinado de Jaime I de Aragón, la Corona de Aragón impulsó con decisión la política marítima y apostó por llevar a cabo la conquista de las Baleares en 1229. En ello pesó mucho la motivación religiosa, ya que el monarca se sentía llamado a expandir la fe católica. En ese momento, Barcelona ya tenía unos 45 000 habitantes.

Debemos imaginar entonces un barrio marítimo con una actividad desbordante y, sobre todo, con una nueva clase social: mercaderes y comerciantes que organizaron gremios que velaban por sus intereses. La creación en 1262 del Consulado de Mar (Consolat de Mar) –institución jurídica imprescindible para regular el comercio marítimo de la Corona de Aragón– ejemplifica a la perfección este crecimiento. El periodo también generó una nueva arquitectura y en el siglo XIV se creó la Llotja de Mar para facilitar las operaciones comerciales.

Vista de las fachadas principal y lateral del edificio de la Llotja. Gente paseando por el Passeig d'Isabel II. A la izquierda, los porches de Xifré.
La Lonja de Barcelona (Llotja del Mar) en el siglo XIX, por Antoni Roca Sallent.
Arxiu Históric de la Ciutat de Barcelona/Wikimedia Commons

Sin embargo, si el mar había traído prosperidad, así mismo trajo desolación, crisis y muerte: la peste negra de 1348. Superada la epidemia, el desarrollo económico y comercial se trasladó a Valencia, que vivió su momento de mayor prosperidad en el siglo XV.

La Edad Moderna: ¿decadente?

Tres acontecimientos marcaron ese siglo XV, y sus consecuencias se dejaron sentir durante varios siglos. En primer lugar, la unión dinástica entre Fernando de Aragón e Isabel la Católica implicó un traslado de poder a Castilla: había nacido la Monarquía Hispánica. El establecimiento de la capitalidad en Madrid hizo que Barcelona se viera más alejada de la corte de los Habsburgo.

Sin embargo, por la ciudad pasaron personajes célebres como san Ignacio de Loyola o Miguel de Cervantes, quien elogió a la Ciudad Condal definiéndola en el Quijote como “archivo de la cortesía, albergue de los extranjeros, hospital de los pobres, patria de los valientes, venganza de los ofendidos y correspondencia grata de firmes amistades, y en sitio y en belleza, única”.

En segundo lugar, la conquista de Constantinopla por parte de los turcos en 1453 provocó que el Mediterráneo dejase de ser un espacio seguro para la navegación. La noticia causó, además, un gran impacto en la cristiandad.

Y el tercer cambio que se produjo fue el descubrimiento de América en 1492. A partir de ese momento, el comercio internacional se desplazó al Atlántico.

Este panorama nos puede hacer pensar en un declive general de la ciudad. Pero si bien es cierto e indiscutible en líneas generales, los negocios marítimos no desaparecieron totalmente.

Dibujo de Barcelona realizado en 1563 por el artista flamenco Antony van den Wyngaerde.
Dibujo de Barcelona realizado en 1563 por el artista flamenco Antony van den Wyngaerde.
Wikimedia Commons

Los siglos XVII y XVIII tampoco fueron boyantes para Barcelona. La Guerra de los Segadores (1640-1652) y la Guerra de Sucesión (1701-1715) la debilitaron, mientras que el establecimiento de la dinastía de los Borbones implicó un proceso de centralización del reino, aunque la ciudad se mantuvo como núcleo comercial marítimo. La Real Junta Particular de Comercio de Barcelona (1758), bajo el reinado de Fernando VI, contribuyó a dinamizar el comercio interior y exterior, a lo que se unió la decisión posterior de Carlos III de reactivar, una vez más, la actividad marítima y decretar el libre comercio.

En esta Barcelona ilustrada sobresalió la figura del historiador Antoni de Capmany, quien escribió la primera crónica marítima de la ciudad. Es la época en la que se consolidaron las llamadas fábricas de indianas, que tanto progreso y riqueza generarían en Barcelona. El puerto se convirtió entonces en un elemento clave para impulsar la industrialización del país.

Una ciudad que se reinventa

Tras el freno a la actividad local que supuso la Guerra de Independencia (1808-1814), a partir de 1850 la aparición del ferrocarril, la industria y el proteccionismo inauguraron un periodo de brutales desigualdades entre las clases sociales. El mismo Friedrich Engels afirmó que Barcelona era “el centro fabril más importante de España, que tiene en su haber histórico más combates de barricadas que ninguna otra ciudad del mundo”.

Foto de la fàbrica 'Juan Batlló' en Barcelona en 1890.
Foto de la fábrica ‘Juan Batlló’ en Barcelona en 1890.
Wikimedia Commons

La ciudad creció a un ritmo vertiginoso y los barceloneses demandaron el derribo de las murallas, un proceso que se inició en 1854. Posteriormente comenzó a prepararse la Exposición Universal de 1888. Barcelona se presentaba ante el mundo como una capital moderna, abierta al Mediterráneo y al resto de Europa; la Ciudad Condal se había convertido en una urbe seductora que lideraba la actividad económica y mercantil en España. Esto comportó la llegada masiva de población del sur del país, configurando una urbe heterogénea y diversa.

Por otra parte, muchos ciudadanos emigraron a Cuba para desarrollar allí sus actividades económicas. No podemos ningunear en este punto el peso del comercio de esclavos, en el que participaron (y con el que se enriquecieron) algunos barceloneses. Es, también, el momento del Modernismo, que tanta impronta ha dejado en la arquitectura de la ciudad.

Un siglo XX complejo y esperanzador

A principios del siglo XX, barrios como la Barceloneta reflejaron la dimensión marítima de la ciudad. Apareció el interés por el baño y en 1912 se inauguraron los baños de la Mar Bella, activos hasta la década de 1940.

Por un lado, la zona marítima reflejaba un modo de vida marinero y obrero que a menudo estaba marcado por la pobreza y la escasez de sus trabajadores. Y a la vez, Barcelona seguía siendo una ciudad de contrastes y las clases más adineradas centraban su interés en el deporte del remo.

Bañistas jugando entre las olas a principios del siglo 19.
Bañistas jugando entre las olas en los baños de San Sebastián (1914), fotografía tomada por Carles Fargas i Bonell en la playa de la Barceloneta.
Fons Carles Fargas i Bonell/Memòria Digital de Catalunya

La ciudad volvió a cobrar importancia con la Exposición Internacional de 1929, cuando superó el millón de habitantes. Este desarrollo se vio truncado súbitamente con el estallido de la Guerra Civil. Barcelona vivió con dramatismo los bombardeos, la falta de abastecimiento y los caminos del exilio (que se llevó a cabo también por mar). Igualmente, la posguerra fue funesta para un lugar que había apoyado a la República y se identificaba por su catalanidad. Es la Barcelona sórdida narrada por Carmen Laforet en Nada.

Con los años del desarrollismo franquista (a partir de 1959), la urbe se abrió al turismo y a una nueva globalización. Esto generó, por fin, un desarrollo económico sostenido en el tiempo. Una nueva oleada migratoria procedente de las zonas más deprimidas de España hizo crecer la ciudad y su área metropolitana. Pero las aberraciones urbanísticas, sobre todo en la periferia, reflejaron las incoherencias de un régimen inmóvil en lo político pero liberal en términos económicos. Tras la muerte de Franco en 1975 Barcelona abrazó con ilusión el inicio de las reformas democráticas.

Su última gran transformación (decididamente marítima) tuvo lugar a raíz de los Juegos Olímpicos de 1992. Se impulsó la apertura hacia el mar, modificando profundamente el litoral y dignificando un espacio marítimo prácticamente olvidado. Desde entonces, el puerto se ha consolidado como hub logístico y de cruceros.

Esto también ha abierto el necesario debate sobre el control del turismo masivo, que puede generar, entre otras cosas, procesos de gentrificación en los barrios de la ciudad. Y todo eso sin olvidar la masiva llegada de migrantes de los cinco continentes.

Actualmente, Barcelona se muestra como una capital mediterránea de primer orden, una ciudad con una historia larga y dilatada y con una relación perenne con el mar.

The Conversation

Xavier Baró Queralt no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Barcelona, una ciudad íntimamente ligada al mar – https://theconversation.com/barcelona-una-ciudad-intimamente-ligada-al-mar-265632