Iran : un nécessaire changement de régime ?

Source: The Conversation – in French – By Thierry Kellner, Chargé de cours (politique étrangère de la Chine), Université Libre de Bruxelles (ULB)

Si Donald Trump affirme régulièrement que le régime de Téhéran a déjà changé, puisque bon nombre de ses dirigeants ont été éliminés, il n’en est rien dans les faits. Au contraire, une aile encore plus dure s’est emparée du pouvoir. Le président américain, connu pour son penchant pour la tractation, vient d’annoncer un cessez-le-feu et pourrait bien finir par trouver un accord de long terme avec les nouveaux responsables. La population iranienne, dont une grande majorité abhorre le système en place, serait la grande perdante d’un tel scénario.


Depuis le début des opérations militaires lancées contre l’Iran par les États-Unis et Israël, le 28 février dernier, se pose la question des buts de ce conflit. Les objectifs mis en avant par le président Trump sont restés flous et changeants, si l’on se rapporte à ses déclarations successives. Ces derniers temps semble se dessiner l’idée que l’administration américaine pourrait trouver une sorte de terrain d’entente ou de sortie de crise avec le régime iranien. Ce dernier a d’ailleurs été présenté comme un « nouveau régime » par le président américain.

Il est vrai que le personnel dirigeant a changé, étant donné les assassinats ciblés – dont ceux du Guide suprême Ali Khamenei et d’Ali Larijani, l’un des principaux dignitaires de la République islamique – qui ont été effectués dès le début du conflit. Mais à en croire la Maison-Blanche, le changement de régime serait un fait accompli et la communauté internationale aurait désormais affaire à un autre régime, sous-entendu, plus « modéré ». Or, ce n’est aucunement le cas.

Le résultat des frappes américano-israéliennes : un durcissement du régime iranien

Les leaders qui semblent aujourd’hui en charge sont tout autant issus du régime que leurs prédécesseurs. Ils ne font pas partie d’un quelconque camp « réformiste » qui existerait au sein de l’élite dirigeante et s’inscrivent, en réalité, dans la continuité. C’est en effet l’aile dure des du Corps des gardiens de la révolution qui a pris le contrôle des fonctions clés de l’État et marginalisé l’administration civile du président Pezeshkian. Elle a, aussi, joué un rôle majeur dans la nomination du nouveau Guide, Mojtaba Khamenei.

Ce dernier ne répond pourtant guère aux qualités requises par la Constitution de la République islamique pour occuper cette fonction. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré à l’Assemblée des experts Ali Asghar Hejazi, un haut responsable de la sécurité du bureau de l’ex-Guide suprême, avant d’ajouter que la succession héréditaire était en outre incompatible avec les principes énoncés par Ali Khamenei lui-même. Résultat : Hejazi semble aujourd’hui être dans le collimateur des gardiens.

Mojtaba Khamenei, quant à lui, ne s’est pas montré publiquement depuis plusieurs semaines, si bien que certains émettent des doutes sur le fait qu’il soit en état de diriger le régime, voire en vie. Quoi qu’il en soit, un « conseil militaire » composé de hauts officiers des gardiens exercerait désormais un contrôle total sur la structure décisionnelle centrale, imposant un cordon de sécurité autour de Mojtaba Khamenei.

Un régime irréformable

Outre le fait que l’on n’ait donc pas, en réalité, affaire à des « réformistes » et que même si c’était le cas, il est douteux que la population iranienne – la grande absente des débats sur l’Iran – les accepterait étant donné le rejet massif de l’ensemble du régime qui s’est exprimé en décembre 2025/janvier 2026, la question de fond reste de savoir si ce régime qui s’inscrit dans la continuité, même s’il semble dériver vers une sorte de dictature islamo-militaire sous l’égide des gardiens de la révolution, est réellement « réformable », quels que soient les moyens utilisés. Il faut malheureusement répondre par la négative. C’est en tout cas l’enseignement que l’on peut tirer des 47 années d’existence de la République islamique.

Depuis 47 ans, des observateurs ont périodiquement évoqué de possibles « ouvertures » du régime iranien. Dès la disparition de Ruhollah Khomeyni en 1989 et l’arrivée d’Hachemi Rafsandjani au poste de président (1989 à 1997), a ainsi été évoquée l’idée d’un possible « Thermidor en Iran » pour reprendre le titre d’un ouvrage de Fariba Adelkhah, Jean-François Bayart et Olivier Roy publié en 1992. Il n’en a rien été.

Un peu plus tard, en 1997, l’élection à la présidence de Mohammad Khatami avait à nouveau suscité un espoir de réforme. L’homme était présenté comme un « réformateur », plus ouvert sur le monde. Ne mettait-il pas en avant officiellement le « dialogue des civilisations » ? Nombreux sont les observateurs à avoir pensé à ce moment qu’une évolution positive du régime était possible. Une fois encore, il a fallu déchanter.

Mohammad Khatami s’exprime lors du sommet de Davos en 2004.
World Economic Forum, CC BY-NC

Ses deux mandats consécutifs, de 1997 à 2005, ont été marqués non seulement par la persistance de la répression – plus de 150 titres de presse professionnels (hors presse estudiantine) ont par exemple été suspendus durant sa présidence et il a cautionné la politique de filtrage d’Internet qui s’est développée à cette période –, mais aussi par l’élimination d’intellectuels et d’opposants politiques dissidents dans ce qui a été qualifié d’« assassinats en chaîne ».

L’illusion réformiste de cette période s’est totalement dissipée avec le retour au pouvoir des « conservateurs » avec l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en 2005 puis l’écrasement du Mouvement vert qui s’était développé à la suite de sa réélection très contestée en 2009 et avait vu des millions d’Iraniens descendre dans la rue.

Ahmadinejad restera au pouvoir jusqu’en 2013. Ses présidences seront marquées par un conservatisme radical, un isolement international accru, des difficultés économiques croissantes et la multiplication des exécutions. Les présidents suivants, quelle que soit leur étiquette – Hassan Rohani (2013-2021), considéré au départ comme un « réformateur », Ebrahim Raïssi (2021-2024), présenté comme un ultraconservateur, puis Massoud Pezeshkian (depuis 2024), qualifié de « réformateur modéré » –, n’ont pas fait évoluer le régime dans un quelconque sens de réforme, d’ouverture ou de modération.

Aucun des dirigeants actuels – tels Mohammad Ghalibaf, qui apparaît comme l’homme fort du moment, ou Ahmad Vahidi, le commandant en chef des Corps des gardiens de la révolution – n’a un profil de réformateur. L’auraient-ils que cela ne changerait rien si l’on s’appuie comme nous venons de le faire sur l’expérience de l’ensemble des présidents depuis la formation de la République islamique.

La réalité est simple : ce régime, s’il a su se monter souple à certains moments pour des raisons tactiques – comme l’avait, par exemple, bien sous-entendu Ali Khamenei au moment de la signature de l’accord de Vienne sur le nucléaire en 2015 –, est en réalité fondamentalement irréformable. Il ne peut en effet se transformer d’une quelconque manière sans perdre son essence « révolutionnaire » même. C’est ce que savent très bien les Iraniens et ce que de nombreux analystes, commentateurs ou décideurs se refusent d’admettre pour diverses raisons.

Que veulent les Iraniens ?

Et si on écoutait la voix des Iraniens ? Depuis l’hiver 2017-2018, on a vu apparaître de manière croissante lors des mouvements de protestation qui se sont multipliés dans le pays la référence à la dynastie Pahlavi. Cela a aussi été le cas de manière récurrente et étendue lors des vastes manifestations qui ont secoué tout l’Iran en décembre 2025 et janvier 2026 avant qu’une répression sanglante ne s’abatte sur les manifestants.

Comme l’ont bien analysé Oliver Bast et Pollet Samvelian dans un article récent publié dans la Croix, la popularité du fils de l’ancien shah d’Iran – dont le nom est le seul parmi d’autres personnalités possibles à avoir émergé lors des protestations de cet hiver – traduit non pas une quelconque « nostalgie », mais une forte défiance envers l’idée même de la possibilité d’une transition réformiste de la République islamique. Le camp dit réformateur est en effet aujourd’hui discrédité, notamment en raison de son impuissance au sein d’un système politique en réalité totalement verrouillé. Le nom de Reza Pahlavi fonctionne dans cette analyse comme un signal envoyé par la population iranienne : celui de la rupture. Il ne dit pas seulement « autre chose », il dit « autre monde », relèvent ces auteurs.

S’il n’est évidemment pas simple de sonder l’opinion publique dans l’un des pays les plus répressifs au monde, cette analyse rejoint néanmoins les études effectuées avant même la répression de janvier 2026 et la guerre actuelle par le Groupe d’analyse et de mesure des attitudes en Iran (Gamaan), une fondation de recherche indépendante à but non lucratif enregistrée aux Pays-Bas. Selon son rapport d’analyse sur les « préférences politiques des Iraniens en 2024 » publié en août 2025, toutes provinces confondues, qu’il s’agisse de zones rurales ou urbaines, de toutes les tranches d’âge et des deux sexes, environ 70 à 80 % des personnes interrogées déclaraient qu’elles ne voteraient pas pour ce régime, tandis que seuls 11 % des sondés lui exprimaient clairement leur soutien.

Depuis, le régime a mené une répression extrêmement violente et sanglante en début d’année 2026, faisant des dizaines de milliers de victimes et n’hésitant pas à faire appel à des milices étrangères pour cette basse besogne. Il s’agit de la pire répression de l’histoire de la République islamique. Elle ne peut que lui avoir aliéné encore davantage de citoyens.

Si l’on suit les enquêtes de Gamaan, de nombreux Iraniens faisaient déjà une distinction claire entre, d’une part, l’idée même de l’Iran et, d’autre part, la République islamique. Ils considéraient le régime comme un élément étranger, une force d’occupation. Une opinion exprimée à travers des slogans, tels que « Notre ennemi est ici même, ils mentent en disant que c’est l’Amérique » et « Ni Gaza, ni le Liban, je ne donnerai ma vie que pour l’Iran » – des positions soutenues respectivement par 73 % et 64 % des personnes interrogées lors de l’enquête menée par Gamaan en 2021. On remarquera d’ailleurs qu’en dépit des opérations militaires israélo-américaines qui ont immanquablement provoqué des destructions et fait des victimes civiles, et contrairement à ce qui se passe en général dans ce type de situation, on ne relève actuellement aucun « effet de ralliement » massif autour du régime.

Déjà lors de la « guerre des 12 jours » de juin 2025, environ 44 % de la population tenait la République islamique d’Iran pour responsable du déclenchement de la guerre. 33 % en attribuaient la responsabilité à Israël et 16 % estimaient que les deux parties étaient également responsables. Très inquiet de la situation actuelle, le régime, affaibli et divisé, a d’ailleurs à nouveau fait appel à ses supplétifs étrangers (notamment les milices irakiennes) pour l’aider à maintenir l’ordre — voire faire régner la terreur – face à sa propre population.

Les auteurs de cet article ont co-signé plusieurs ouvrages, dont Histoire de l’Iran contemporain, aux éditions La Découverte, Collection « Repères », dont la troisième édition actualisée est parue en 2024.

L’impératif de la clarté

Le constat d’un rejet massif de la population iranienne à l’égard du régime étant posé, reste à en tirer les conclusions, c’est-à-dire, essentiellement pour l’administration Trump, à déclarer clairement qu’un des objectifs majeurs de l’opération « Epic Fury » est de créer les conditions nécessaires pour permettre un véritable changement de régime. Un message clair et sans ambiguïté accompagné d’une mise en œuvre réelle de cet objectif – en ciblant par exemple spécialement l’aile la plus dure du régime tout en laissant des portes ouvertes à ceux qui sont le moins compromis – pourrait avoir de nombreuses vertus à la fois en direction de la population iranienne et aussi de ce qui reste de l’ancien régime.

Pour la population, ce signal pourrait apaiser l’incertitude actuelle liée aux ambiguïtés de l’administration Trump quant à ses objectifs et au risque que le président américain ne trouve finalement un terrain d’entente avec le régime iranien, comme il l’a fait dans le cas du Venezuela. C’est la plus grande crainte en Iran, étant donné que ce développement laisserait la population en tête-à-tête avec son bourreau de janvier, celui-ci étant avide de prendre sa revanche sur des citoyens qui ne l’ont guère soutenu dans le cadre du conflit. En revanche, la perspective, même plus lointaine, d’un changement répondant aux attentes exprimées par les Iraniens pourrait à la fois les aider à mieux supporter le coût des opérations militaires du fait de l’espoir d’un changement de régime, mais aussi ouvrir la voie à une mobilisation massive au moment opportun.

Par ailleurs, au sein d’un régime qui n’est pas monolithique et unitaire et qui a été affaibli par trente-huit jours de bombardements, ce positionnement clair pourrait avoir pour vertu d’accroître la pression et les divisions déjà visibles au stade actuel, d’instiller le doute et d’inciter aux défections. Comme le relevait récemment Mohsen Sazegara, l’un des fondateurs des gardiens de la révolution, aujourd’hui en exil, une évaluation interne menée par le ministère iranien du renseignement en 2025 indiquait en effet qu’environ la moitié des membres de base des gardiens de la révolution considéraient leur appartenance à l’organisation comme un simple emploi. Ce ne sont donc pas des « jusqu’au-boutistes », surtout si on leur offre une porte de sortie. Parmi l’autre moitié, animée par des convictions idéologiques ou politiques, une large majorité était, selon Sazegara, insatisfaite en raison de la corruption des commandants, des politiques erronées de la direction et du fait que leur organisation avait été dressée contre le peuple.

Ces conditions offrent un large éventail de possibilités et de stratégies pour faciliter un changement de régime et une transition politique. Sazegara note par exemple que les États-Unis pourraient exercer de fortes pressions pour que la création d’un Conseil national de réconciliation – et les étapes qui en découleraient – soit une condition sine qua non de la fin de la guerre. Cela accroîtrait considérablement la pression sur les tenants actuels du régime, non seulement de la part de la population, mais aussi d’une grande partie des structures gouvernementales et des forces armées. Des « figures de rassemblement » pourraient peut-être, dans ce scénario, également jouer un rôle – éventuellement transitoire – dans la mise en place d’un régime alternatif en Iran. Reza Pahlavi a exprimé son souhait de retourner en Iran, mais il a surtout déjà présenté en avril 2025 un plan de transition complet, l’Iran Prosperity Project (IPP), élaboré par une équipe de plus de 100 conseillers et experts. Ce dernier vise à la stabilisation du pays, au maintien des services essentiels ainsi qu’à la préparation à la transition vers un État laïque et démocratique. Les possibilités ne sont donc pas inexistantes.

Encore faudrait-il que Donald Trump choisisse de se montrer clair sur ce point – ce qui est loin d’être acquis. N’en déplaise à son instinct, à une partie de son électorat et à certains commentateurs, malgré les difficultés, les défis et les débats sur la manière d’atteindre cet objectif, il s’agit de la seule possibilité pour à la fois répondre aux attentes de la majorité de la population iranienne et espérer apaiser, à terme, une région qui en a bien besoin. L’autre terme de l’alternative est le maintien du régime actuel, avec sa dérive islamo-militaire. Ce dernier est certes affaibli à court terme. Mais il va demeurer problématique et pour sa population et pour son environnement régional. Il aura sans aucun doute compris que sa meilleure chance de survie est, en interne, de faire quelques concessions tactiques, tout en s’appuyant en réalité sur la force et le contrôle – voire sur des milices étrangères comme il l’a déjà fait – et, à l’international, de développer le plus rapidement possible des capacités nucléaires. Cela lui permettrait de renforcer ses moyens de pression et de contrôle sur le détroit d’Ormuz afin de mieux assurer, en cas de besoin, l’application renouvelée de la politique de prise d’otage de l’économie mondiale, qu’il vient d’expérimenter avec succès dans cette zone.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Iran : un nécessaire changement de régime ? – https://theconversation.com/iran-un-necessaire-changement-de-regime-279871

Comment l’Union européenne s’arme-t-elle face à la politique darwiniste de Trump ?

Source: The Conversation – in French – By Sylvie Lemasson, Politologue, membre du laboratoire Centre d’études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes (CESICE), Sciences Po Grenoble – Université Grenoble Alpes

Dans la vision du monde du locataire de la Maison-Blanche, les prédateurs, à commencer par les États-Unis, ne font aucun cas de l’Union européenne. Or, à y regarder de plus près, l’UE manifeste de plus en plus sa capacité à résister aux appétits de Washington en se faisant le héraut du respect du droit international.


Au-delà de ses positions erratiques, le président américain n’en finit pas de déboussoler l’Union européenne (UE). Les coups de boutoir répétés de Donald Trump sont d’autant plus déstabilisants qu’ils visent les alliés historiques des États-Unis. Le renouvellement de ses menaces, le 1er avril 2026, de quitter l’Otan en réponse au refus des Européens d’aider militairement son armée à débloquer le détroit d’Ormuz est une nouvelle manifestation d’une désinvolture toxique dans l’usage des rapports de force.

Cette politique darwiniste faite de mépris et d’humiliation se prend à cartographier la scène internationale en « espèces étatiques ». D’un côté, des puissances prédatrices, chacune destinée à se reproduire. De l’autre, des proies soumises, toutes condamnées à disparaître. C’est ainsi que, de manière sidérante, le président a pu menacer, le 6 avril, de « faire disparaître la civilisation iranienne ».

Faiblesses et atouts de l’UE

Sur cette échelle de valeurs, l’UE n’a manifestement pas vocation à s’imposer. Alors que la guerre en Ukraine perdure et que les conflits s’enchaînent sur la planète, les discours de l’administration américaine ne cessent de dévaluer l’Europe. Si l’Union entend déjouer ce sombre sort, elle doit impérativement se pencher sur les écueils qui entravent sa pleine maturation.

Il est vrai que le nombre croissant des États membres rend périlleuse l’expression d’une seule voix dans les domaines régaliens, surtout en période de crises. Mais le mécanisme du vote à la majorité qualifiée pourrait s’appliquer plus largement, ainsi que le recours aux coopérations renforcées. Depuis plusieurs années déjà, Berlin et Paris proposent la constitution de différents groupes « pionniers », capables d’entraîner dans leur sillage d’autres partenaires.

La coalition des volontaires pour sécuriser l’Ukraine et le groupe « E6 », qui rassemble les six plus grandes économies de l’UE – Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne et Espagne pour consolider les leviers économiques de l’UE attestent de cette volonté de doter l’espace communautaire d’une souveraineté stratégique. Trois phases récentes laissent croire à un réveil des consciences d’un certain nombre de pays pour travailler à une force de projection de l’UE sur la scène internationale.

Défense du Groenland, extension du parapluie nucléaire français et implication au Moyen-Orient

Primo, la séquence groenlandaise qui a opposé frontalement le Danemark à Donald Trump a largement mobilisé l’UE. Sur un front politique, les instances bruxelloises ont su faire bloc pour affirmer haut et fort la souveraineté danoise sur le territoire arctique autonome. Et sur un front militaire, l’envoi de contingents européens, organisé par Copenhague avec le ferme soutien de Paris, a ressuscité l’idée d’un pilier européen au sein de l’Otan.

Si l’opération « Arctic endurance » reste modeste en termes logistiques, elle souligne avant tout les velléités de résistance aux assauts américains. Malgré cela, les discussions en cours entre les États-Unis et le Danemark sur l’extension à quatre bases (contre une seule actuellement, la base spatiale de Pituffik) de la présence militaire au Groenland – ce qui permettrait au président Trump de prétendre à une sortie honorable de la crise groenlandaise – pourraient au contraire consolider la dépendance européenne.

D’autant que l’administration Trump donne régulièrement des signes d’autoritarisme. La politique de Washington se montre en effet poreuse aux théories du juriste allemand Carl Schmitt, qui dans les années 1930, développe le concept de libéralisme autoritaire. Aussi retrouve-t-on, dans le langage comme dans l’action des représentants américains, les principes d’un « État fort pour une économie saine », d’une dualité assumée entre « ami et ennemi » et d’une référence aux prises territoriales comme autant de gestes messianiques. En outre, le milliardaire Peter Thiel, appui constant de Trump, n’a aucun scrupule à faire valoir ses lectures bibliques pour évoquer des « guerres sacrées » lors de ses conférences en Europe. Quant à Pete Hegseth, dont le titre officiel de « secrétaire d’État à la défense » a été récemment modifié en « secrétaire à la guerre », il assume pleinement le terme de croisade. Arborant un tatouage de la Croix de Jérusalem et se prévalant d’un soutien de Dieu à son projet, il explique sans ambages que les États-Unis jouissent de l’« arsenal de la foi » : en d’autres termes, d’un magistère de la force.




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Secundo, le discours très remarqué d’Emmanuel Macron sur l’ouverture du parapluie nucléaire français à des États membres de l’UE va dans le sens d’une autonomie européenne accrue. Tout en s’affranchissant de la doctrine de ses prédécesseurs relative à la « stricte suffisance » de l’arsenal français, le président Macron promeut l’idée d’un accroissement de moyens pour rendre crédible cette « dissuasion avancée ». La France prend donc l’initiative de penser la défense euro-européenne au plan continental à partir de ses propres atouts nationaux.




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Et, tertio dans le cadre du conflit iranien, Paris assume, là encore, le rôle d’une avant-garde stratégique avec le déploiement en Méditerranée d’une force navale qu’aucun autre pays de l’UE n’est en mesure d’aligner. En réponse au découplage politique croissant entre les États-Unis et l’UE, la réaction française à l’intervention américaine se prévaut du droit international. Tout en cherchant à contribuer au maintien d’un équilibre régional, la France entend rappeler l’ADN de l’Europe : le respect de valeurs normatives. Et c’est désormais une réponse relativement cohérente que l’UE apporte au conflit iranien basée sur la désescalade diplomatique.

Le refus d’un engagement militaire offensif et la défense des intérêts économiques et sécuritaires européens

Mais cet activisme français doit composer avec un certain nombre d’entraves venant principalement d’Allemagne. Outre la division spectaculaire entre Paris et Berlin sur l’accord avec le Mercosur, les divergences s’accumulent sur des sujets stratégiques comme l’énergie (Paris considérant, contrairement à son partenaire, que la production électrique passe par un parc nucléaire garant d’une indépendance géopolitique) ou sur l’industrie d’armement de l’UE (Berlin prenant ses distances de nombreux programmes lancés en commun avec Paris comme l’avion et le char du futur).

Enfin, la diplomatie apporte son lot de contrariétés sur l’échiquier moyen-oriental. Quand l’Allemagne décline la reconnaissance de la Palestine et modère sa position à l’égard d’Israël, hier à Gaza et aujourd’hui au Liban, la France, elle, adopte une posture des plus critiques à l’encontre du gouvernement israélien.

La refondation de l’UE n’est donc pas acquise. Pour autant, elle reste vitale. Car la rupture avec le monde d’hier, basé sur un système de règles internationales que les États-Unis bafouent après en avoir été eux-mêmes les garants, s’impose à tous. En clair, le logiciel européen n’est plus adapté aux déviances actuelles. Dans ce grand jeu de bascule, l’UE peut s’inspirer des résolutions d’un autre partenaire nord-américain qui l’invite à se repenser. Malmené lui aussi par Washington, le Canada propose une voie médiane d’inspiration gaullienne. Lors du dernier Forum de Davos, le premier ministre Mark Carney s’est posé en héraut des puissances moyennes, toutes celles que le darwinisme de Donald Trump verrait volontiers disparaître.

Cette voie alternative qui exige un projet politique, un dirigeant européen aurait pu la clamer. Encore faut-il commencer par le commencement : construire un leadership. Et la perspective de l’élection présidentielle française en 2027 rend le projet plus incertain encore. Sans timonier à la barre, tracer un chemin parait illusoire. Qui plus est en pleine tourmente.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Comment l’Union européenne s’arme-t-elle face à la politique darwiniste de Trump ? – https://theconversation.com/comment-lunion-europeenne-sarme-t-elle-face-a-la-politique-darwiniste-de-trump-279925

Les neurosciences permettent de comprendre ce que la nature provoque dans notre cerveau

Source: The Conversation – in French – By Mar Estarellas, Postdocotoral Researcher, Social and Transcultural Psychiatry, McGill University


Parc national Yoho, Field, Canada.
(Unsplash/Hendrik Cornelissen)

Vous est-il déjà arrivé de ressentir un apaisement dès que vous entrez dans une forêt ? Ou peut-être avez-vous remarqué que votre esprit se calme lorsque vous regardez la mer ?

Nous savons depuis un certain temps, et beaucoup d’entre nous le sentent intuitivement, que se retrouver dans la nature nous fait du bien. Les neurosciences nous permettent désormais de comprendre pourquoi, et ce qui se produit dans le cerveau dans ces moments-là.

J’ai récemment participé à la rédaction d’une revue exploratoire sur les aspects neuroscientifiques de l’exposition à la nature, publiée dans Neuroscience and Biobehavioral Reviews, en collaboration avec des collègues de l’Université Adolfo Ibáñez, au Chili, et de l’Imperial College de Londres, au Royaume-Uni.

Nous avons passé en revue 108 études de neuroimagerie évaluées par des pairs sur l’exposition à la nature et avons constaté que les résultats étaient cohérents. Lorsque les gens se retrouvent dans des environnements naturels (ou même s’ils regardent des photos de la nature), le cerveau présente des signes de réduction du stress, d’allègement de l’effort mental et d’une meilleure régulation émotionnelle.

Augmentation des ondes alpha et thêta

Nous sommes nombreux à vivre dans des environnements qui maintiennent notre cerveau en état d’alerte avec la circulation, les écrans, le bruit, l’agitation et une constante prise de décision. Si les villes sont de formidables créations humaines, elles sollicitent fortement notre attention et notre système de gestion du stress.

Une voiture dans une rue, la nuit
Le bruit, les lumières et l’agitation d’une rue urbaine fatiguent notre cerveau.
(Unsplash/Howei Wang), CC BY

La nature, en revanche, semble offrir un tout autre type de stimulation, auquel le cerveau réagit différemment.

L’une des conclusions les plus marquantes provient des études par électroencéphalographie (EEG), qui mesurent l’activité électrique du cerveau. Dans de nombreuses expériences que nous avons passées en revue, les environnements naturels causaient une augmentation des ondes alpha et thêta. Celles-ci sont associées à un état d’éveil détendu. Les études ont souvent mis en évidence une diminution de l’activité bêta, qui est davantage liée à un effort actif ou à une charge cognitive.

Pour résumer, le cerveau semble moins « surchargé » dans la nature.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il devienne passif ou somnolent. Disons plutôt qu’il passe à une forme d’attention plus calme, qui nécessite moins d’efforts. Observer le mouvement des feuilles, écouter le bruit de l’eau ou remarquer les variations de lumière sollicite l’esprit de manière différente qu’une rue bondée ou un flot de notifications.

Certaines études indiquent que ces effets peuvent se manifester rapidement. Dans plusieurs expériences d’EEG, tant dans le monde réel qu’en réalité virtuelle, des changements sont apparus en l’espace de quelques minutes, parfois en seulement trois minutes.

Les effets sont généralement plus marqués lors d’une exposition plus longue, surtout si les participants passent au moins 15 minutes dans un environnement immersif.

Baisse de l’activité de l’amygdale

Nous avons également passé en revue des études basées sur l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Ces techniques permettent de mesurer les variations du débit sanguin liées à l’activité neuronale et d’observer quelles régions deviennent plus ou moins actives.

Nous avons ainsi pu constater la diminution de l’activité dans les zones cérébrales impliquées dans le stress et la rumination chez une personne qui avait passé du temps dans la nature. L’amygdale, qui aide à détecter les menaces et à réagir au stress, devient alors moins active. Il en va de même pour le cortex préfrontal sous-génual, une région associée aux pensées négatives répétitives.

D’autres études basées sur l’IRMf ont mis en évidence des modifications dans les réseaux impliqués dans l’attention et les pensées axées sur soi, notamment dans certaines parties du réseau du mode par défaut. Ces zones sont engagées dans l’introspection, le vagabondage mental et ce que l’on pourrait appeler « le flux de fond de l’expérience intérieure ».

Dans la nature, ces régions se sont réorganisées de manière à favoriser un état mental plus calme et moins dispersé.

Des effets en cascade

En passant en revue ces 108 études, nous avons constaté une tendance largement cohérente, que nous présentons comme une cascade d’effets par laquelle la nature pourrait influencer le cerveau.

Tout d’abord, les environnements naturels sont généralement plus faciles à traiter pour le cerveau. Leurs formes et leurs rythmes suivent souvent des motifs fractals, comme ceux que l’on observe sur les côtes, dans les feuilles et les nuages, que le cerveau semble traiter facilement.

Cela peut réduire la charge sensorielle et perceptive. À mesure que cela se produit, les systèmes liés au stress se stabilisent et le corps peut sortir du mode « combat ou fuite ».

L’attention nécessite alors moins d’efforts et la gestion émotionnelle devient plus stable. Nous décrivons ce phénomène comme un circuit reliant la perception, la régulation du stress, l’attention et le traitement des informations liées à soi.

La nature peut-elle modeler l’anatomie du cerveau ?

Certaines études indiquent que, au-delà des effets immédiats de l’exposition, la nature pourrait également influencer le développement du cerveau à long terme. Des études d’IRM structurelle suggèrent que le fait de vivre dans des zones avec de la verdure est associé à des différences dans l’anatomie cérébrale avec, notamment, davantage de matière grise et une meilleure intégrité de la matière blanche chez certaines populations.

Ces études sont pour la plupart corrélationnelles, il convient donc de les interpréter avec prudence. Elles ne permettent pas de prouver que la nature est la seule responsable de ces différences, mais indiquent la possibilité que de petits effets réparateurs, répétés au fil des mois et des années, puissent s’accumuler pour favoriser la cognition et la résilience.

Ainsi, lorsque le temps passé en plein air vous procure une sensation de légèreté, de clarté ou vous aide à vous libérer l’esprit, sachez que cette sensation découle probablement du fait que votre cerveau est entré dans un autre état.

Si nous comprenions un peu mieux comment la nature agit sur nous et comment nous interagissons à notre tour avec elle, nous pourrions peut-être mieux la protéger. Prendre soin de la nature, c’est aussi prendre soin de soi-même et des autres.

La Conversation Canada

Mar Estarellas ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les neurosciences permettent de comprendre ce que la nature provoque dans notre cerveau – https://theconversation.com/les-neurosciences-permettent-de-comprendre-ce-que-la-nature-provoque-dans-notre-cerveau-278707

Dick Van Dyke attribue sa longévité à son attitude positive – selon des études, les optimistes vivent plus longtemps

Source: The Conversation – in French – By Jolanta Burke, Associate Professor, Centre for Positive Health Sciences, RCSI University of Medicine and Health Sciences

Dick Van Dyke, célèbre acteur et humoriste américain qui a joué dans des classiques tels que Mary Poppins et Chitty Chitty Bang Bang, a soufflé ses 100 bougies le 13 décembre dernier. L’acteur attribue sa remarquable longévité à son attitude positive et au fait qu’il ne se met jamais en colère.


Si la longévité dépend de nombreux facteurs, notamment la génétique et le mode de vie, les propos de Van Dyke contiennent néanmoins une part de vérité. Plusieurs études ont en effet montré qu’un faible niveau de stress et une attitude positive et optimiste étaient associés à une meilleure longévité.


Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société, qu’ils transforment depuis leur venue au monde. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.


Les effets de la colère sur le cœur

Au début des années 1930, des chercheurs ont demandé à un groupe de 678 novices religieuses, âgées pour la plupart d’environ 22 ans, d’écrire une autobiographie au moment de leur entrée au couvent.

Soixante ans plus tard, des chercheurs ont analysé leurs textes. Ils les ont aussi comparés aux données relatives à la santé à long terme de ces femmes.

Ils ont constaté que celles qui exprimaient des émotions plus positives au début de leur vie (en déclarant par exemple ressentir de la gratitude plutôt que du ressentiment) avaient vécu en moyenne dix ans de plus que les autres.

Une étude britannique a également révélé que les optimistes vivaient de 11 à 15 % plus longtemps que les pessimistes.

En 2022, une étude portant sur quelque 160 000 femmes de différentes origines ethniques a révélé que celles qui se disaient optimistes avaient davantage de chances de vivre au-delà de 90 ans que les pessimistes.

Une explication possible de ces résultats réside dans les effets de la colère sur le cœur.

Les personnes qui ont une vision positive ou optimiste de la vie semblent mieux gérer ou maîtriser leur colère. Ce n’est pas anodin, car la colère peut avoir de nombreux effets néfastes sur l’organisme.

La colère provoque la libération d’adrénaline et de cortisol, les principales hormones du stress, et ce, en particulier chez les hommes. De brefs accès de colère suffisent à entraîner une détérioration de la santé cardiovasculaire.

La pression que le stress chronique et la colère exercent sur le système cardiovasculaire a été associée à un risque accru de développer des problèmes tels que les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète de type 2, qui sont responsables d’environ 75 % des décès prématurés. Si le stress et la colère ne sont pas les seules causes de ces maladies, ils y contribuent toutefois de manière significative.

Ainsi, lorsque Dick Van Dyke affirme qu’il ne se met pas en colère, cela pourrait bien expliquer en partie sa longévité.

Attention au stress

Une cause plus profonde, au niveau cellulaire, expliquerait l’influence du stress sur la longévité. Elle concerne les télomères, qui sont les parties protectrices situées à l’extrémité de nos chromosomes (les paquets d’ADN contenus dans nos cellules).

Dans les cellules jeunes et saines, les télomères sont longs et intacts. Avec l’âge, ils raccourcissent et s’effilochent progressivement. Lorsqu’ils sont trop usés, les cellules ont du mal à se diviser et à se réparer. C’est l’une des raisons pour lesquelles le vieillissement s’accélère avec le temps.

Le stress est associé à un raccourcissement rapide des télomères, ce qui rend la communication entre les cellules et leur renouvellement plus difficiles. En d’autres termes, les émotions stressantes, telles qu’une colère incontrôlée, peuvent accélérer le vieillissement.

Un homme vêtu d’une chemise et d’une cravate froisse deux boules de papier et crie de frustration ou de colère alors qu’il est assis devant son ordinateur
La colère est néfaste pour le cœur.
PeopleImages/Shutterstock

Une étude a aussi révélé que la méditation, qui permet de réduire le stress, était associée de manière positive à la longueur des télomères. Une meilleure gestion de la colère pourrait ainsi contribuer à prolonger la durée de vie.

De plus, les optimistes semblent plus enclins à adopter des habitudes saines, comme la pratique régulière d’une activité physique ou une alimentation équilibrée, qui peuvent également favoriser la santé et la longévité en diminuant le risque de maladies cardiovasculaires. Dick Van Dyke lui-même s’efforce de faire de l’exercice au moins trois fois par semaine.

Pour améliorer sa longévité

Si vous souhaitez vivre aussi longtemps que Dick Van Dyke, voici quelques conseils pour gérer le stress et la colère.

Contrairement à la croyance populaire, chercher à « évacuer » sa colère en frappant dans un sac, en criant dans un oreiller ou en courant jusqu’à ce que le sentiment disparaisse n’est pas efficace. Ces actions maintiennent le corps dans un état d’alerte qui affecte le système cardiovasculaire et peut prolonger la réponse au stress.

On recommande de privilégier plutôt une attitude calme. Ralentir sa respiration, compter ses inspirations et expirations ou pratiquer d’autres techniques de relaxation, comme le yoga, permettent d’apaiser le système cardiovasculaire plutôt que de le surstimuler. À long terme, cela réduit la pression sur le cœur et permet de vivre plus longtemps. Il est important de le faire chaque fois que l’on se sent particulièrement stressé ou en colère.

On peut également stimuler les émotions positives en essayant d’être plus présent dans sa vie au quotidien. La présence permet d’avoir davantage conscience de ce qui se passe autour de soi et en soi.


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Si l’on planifie une sortie au restaurant avec son conjoint, on peut organiser la soirée avec soin en réservant, par exemple, une table dans un restaurant que les deux personnes aiment, en demandant une table dans un coin calme pour faciliter la discussion ou encore en ralentissant le rythme et en se concentrant sur l’instant présent de manière à prendre conscience des différentes sensations que l’on éprouve.

On peut également susciter des émotions positives en réservant du temps pour jouer. Pour des adultes, cela signifie faire quelque chose simplement parce que c’est agréable, sans but particulier. Le jeu procure des émotions positives, ce qui peut avoir des effets bénéfiques sur la santé.

Les conseils de Dick Van Dyke sont peut-être justes. Si l’on ne peut pas contrôler tous les facteurs influençant notre santé, apprendre à gérer sa colère et adopter une attitude positive dans la vie peuvent toutefois contribuer au bien-être et prolonger l’espérance de vie.

La Conversation Canada

Jolanta Burke ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Dick Van Dyke attribue sa longévité à son attitude positive – selon des études, les optimistes vivent plus longtemps – https://theconversation.com/dick-van-dyke-attribue-sa-longevite-a-son-attitude-positive-selon-des-etudes-les-optimistes-vivent-plus-longtemps-272141

Nature et mouvement : un duo essentiel pour la santé mentale des jeunes

Source: The Conversation – in French – By Corentin Montiel, Chercheur postdoctoral, Université de Montréal; Université du Québec à Montréal (UQAM)

La combinaison d’une exposition élevée à la nature dans la vie quotidienne et dans le contexte de la pratique d’activité physique serait associée aux scores les plus élevés de santé mentale positive. (Pixabay)

Passer du temps en nature améliore la santé mentale, c’est prouvé. Mais peut-on aller plus loin ? Exposés à différents environnements naturels et en pratiquant une activité physique, les jeunes peuvent-ils vraiment renforcer leur bien‑être, alors que leur santé mentale est de plus en plus fragilisée ?


Au Canada, la prévalence des troubles anxieux et dépressifs chez les 19-24 ans a connu une hausse marquée entre 2011 et 2018. La pandémie de Covid-19 n’a fait qu’aggraver la situation : la proportion de jeunes Canadiens et Canadiennes qui rapportent une très grande satisfaction face à la vie est passée de 72 % en 2018 à seulement 26 % en juin 2020. C’est la chute la plus importante enregistrée parmi tous les groupes d’âge.

Dans ce contexte, identifier des leviers accessibles pour promouvoir le bien-être des jeunes adultes devient une priorité de santé publique. D’un côté, les bienfaits de l’activité physique pour la santé mentale sont bien établis ; la recherche démontre que l’activité physique réduit les symptômes dépressifs et anxieux, protège et renforce la santé mentale positive — c’est-à-dire le sentiment de bien-être psychologique, émotionnel et social.

D’un autre côté, il existe un intérêt grandissant pour les bénéfices que procure l’exposition à la nature. En effet, le temps en nature est lui aussi associé à une réduction du stress, des symptômes anxieux et dépressifs, et une augmentation de la santé mentale positive dans la littérature scientifique. Les bienfaits de l’exposition directe à la nature semblent avoir un effet plus marqué sur le renforcement des émotions positives que sur la diminution des émotions négatives.

Une combinaison gagnante

Une étude canadienne longitudinale récente que nous avons menée auprès de jeunes adultes suggère que la combinaison d’une exposition élevée à la nature dans la vie quotidienne et dans le contexte de la pratique d’activité physique serait associée aux scores les plus élevés de santé mentale positive. En plus de la présence de nature dans les milieux de vie, cela peut prendre la forme de déplacements quotidiens à pied ou à vélo en empruntant des rues bordées d’arbres ou des corridors verts, la course à pied le long du fleuve, des entraînements extérieurs ou encore des sports d’équipe au parc.

Dans une moindre mesure, une exposition élevée à la nature dans l’un ou l’autre de ces contextes est également associée à une meilleure santé mentale comparativement à une faible exposition dans l’ensemble de ces contextes. Ces résultats soulignent l’intérêt potentiel de promouvoir des environnements riches en nature dans plusieurs sphères de la vie, afin de soutenir le bien-être émotionnel, psychologique et social au début de l’âge adulte.

Des effets positifs sur l’humeur après 15 minutes d’exposition

Contrairement à la plupart des études qui s’appuient sur des mesures géospatiales, comme le couvert végétal ou la proximité d’un parc, notre équipe de recherche a choisi de mesurer la perception de la présence de la nature chez les jeunes, dans leur environnement quotidien et lors de la pratique d’activité physique, une dimension encore peu explorée. Comprendre comment les jeunes perçoivent, investissent et donnent du sens à leurs expériences en nature est essentiel pour maximiser les retombées de ces environnements sur leur bien-être.

Cette étude s’inscrit dans la continuité des travaux sur le sujet, qui montrent que l’activité physique pratiquée en milieu naturel, y compris dans les parcs urbains, bénéficie davantage à la santé mentale, comparativement à celle réalisée dans des environnements urbains non naturels. Certaines études suggèrent que l’activité physique pratiquée en nature entraîne des effets positifs sur l’humeur et l’attention dès 15 minutes d’exposition, et ce, quelle que soit l’intensité de l’effort.

Ces résultats s’inscrivent dans une hypothèse de synergie : l’activité physique facilite l’exposition aux espaces verts, ce qui rend les individus plus susceptibles de bénéficier des effets bénéfiques du contact avec la nature. À l’inverse, l’accès à des environnements naturels favorise également la pratique d’activité physique, augmentant ainsi la probabilité d’en retirer les bienfaits.

Les environnements naturels offrent des occasions uniques d’interaction, de défis physiques et d’expériences émotionnelles qui contribuent au bien-être. Les espaces naturels proposent une variété de stimuli et de défis qui mobilisent les individus sur les plans physique, émotionnel et social. Par exemple, monter une montagne en groupe ou nager dans un lac offre des occasions de mettre à l’épreuve ses capacités physiques et de vivre des émotions positives, tout en favorisant les liens sociaux.




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Un accès inégal aux bienfaits

Encourager la fréquentation régulière d’espaces naturels, que ce soit dans le cadre d’activités physiques structurées ou de la vie quotidienne, constitue une stratégie de promotion de la santé mentale fondée sur les données probantes. Une telle approche revêt une importance particulière chez les jeunes adultes, à un moment de la vie caractérisé par des transitions multiples et une plus grande vulnérabilité.

Cette accumulation de preuves scientifiques sur les bienfaits de la nature soulève tout de même une problématique de justice sociale importante : toutes et tous n’ont pas accès de manière équitable à la nature. Dans de nombreux pays, dont le Canada, les quartiers moins favorisés sur le plan socio-économique disposent de moins d’espaces verts.

Dans le Grand Montréal, par exemple, les quartiers économiquement défavorisés présentent une proportion de territoire couverte par les arbres environ 28 % plus faible que les autres secteurs. De plus, leurs résidents passent moins de temps en nature, par manque de temps, de mobilité ou de ressources financières. Ces inégalités d’accès contribuent à reproduire et aggraver des disparités sociales de santé mentale.

Une cible couramment utilisée en aménagement urbain consiste à assurer l’accès à un parc ou à un espace vert d’au moins un hectare à moins de 300 mètres du domicile (environ 5 minutes de marche). Or, la répartition des parcs montre que certains secteurs défavorisés ne disposent pas d’un tel accès à proximité.

Concevoir l’aménagement du territoire comme un levier de santé mentale permet d’agir en amont sur les déterminants sociaux. L’accès aux parcs, aux forêts, aux lacs et à d’autres espaces naturels favorise l’activité physique, la détente et le ressourcement, particulièrement dans les zones densément peuplées. Les décideuses et décideurs peuvent ainsi contribuer à réduire ces inégalités en intégrant des objectifs de santé dans les politiques d’aménagement.

La Conversation Canada

Corentin Montiel a reçu des financements de la Société canadienne du cancer.

Isabelle Doré a reçu des financements de carrière du Fond de recherche du Québec – Santé (Chercheur-boursier Junior 2).

ref. Nature et mouvement : un duo essentiel pour la santé mentale des jeunes – https://theconversation.com/nature-et-mouvement-un-duo-essentiel-pour-la-sante-mentale-des-jeunes-277308

Hungarian election exposes tensions at the heart of Donald Trump’s plans to boost the far-right in Europe

Source: The Conversation – UK – By Stefan Wolff, Professor of International Security, University of Birmingham

The world will be watching on April 12 when Hungarians head to the polls in parliamentary elections that will determine the country’s next prime minister. This may sound exaggerated, but these parliamentary elections are about much more than simply whether the incumbent prime minister, Viktor Orbán, will serve another term as Hungary’s leader.

His main challenger, Péter Magyar, was until two years ago a close ally of the Hungarian prime minister. On some key issues – future oil purchases from Russia, resisting fast-track EU accession for Ukraine – Magyar is a continuity candidate who, at best, signals moderation, rather than radical change.

If he fails to win a two-thirds majority, which would allow him to change the constitution and undo many of the deeply undemocratic changes Orbán has made to Hungary’s political system, Magyar’s hands will also be tied domestically and he may not even be able to deliver on his key campaign promise – to clean up the systemic corruption that has thrived under Orbán.

But – while important in itself – the outcome of the elections is almost secondary in a bigger picture of an election campaign that has revealed much about the broader, and increasingly fraught, geopolitical dynamics of European politics.

Orbán has been leaning into his close relationship with the US president, Donald Trump. At one level, this is not surprising. Trump has publicly endorsed him twice this year alone – first in February and then again in March. The US president also dispatched both his secretary of state, Marco Rubio, and vice president, J.D. Vance, to Hungary to add weight to his candidacy.

Vance, visiting Hungary just days before the elections, praised Orbán’s governance and leadership style as a model for Europe and attacked the EU for trying to influence the outcome of the vote.

Such blatant election interference by the US in a Nato and EU member state is as unprecedented as it is worrying. It signals a new level of determination by the White House to shape alliances with other far-right populists predicated on the vague notion of “moral cooperation … and the defence of western civilisation”, as Vance put it during his visit to Budapest on April 7.

But while Orbán revelled in Washington’s endorsements, his unconditional embrace of Trump is no longer the dominant approach to Washington among many of Europe’s rightwing populist parties. The appeal of the Maga movement is rapidly diminishing in Europe.

While fulsome in their support for Donald Trump for more than a decade, many European rightwing populists have begun to realise the fraught nature of their association with Trump. “America first” is exactly what it says on the tin. Moreover, Trump’s interpretation of what it means makes it even worse for some of his erstwhile supporters.

For Poland’s president, Karol Nawrocki, Trump’s cosy relationship with Russian president Vladimir Putin runs counter to the almost universal perception of Russia as the main threat to Polish security. For the Danish People’s Party, which sits with the far-right Patriots for Europe faction in the European parliament, Trump’s designs on Greenland were so unpalatable that one of its members, Anders Vistisen, told the US president to “fuck off”.

For others, like the French Rassemblement National (National Rally), Trump’s tariff threats have affected some of their core constituencies among farmers. Even more so, Trump’s illegal war against Iran, hugely unpopular across European electorates, highlights the electoral liabilities of an association with the US president.

This does not make these rightwing populist movements more liberal. They still share a broad resentment of liberalism and what it stands for: open societies, open borders and a commitment to global institutions. But many of these parties have staked their political legitimacy on the defence of the sovereignty of their individual nation states. They are now asking themselves whether this sovereignty is perhaps more threatened by Washington – and Moscow – than by Brussels.

The answer to this question will partly be determined by the outcome of Sunday’s elections in Hungary.

What an Orbán victory would mean

A win for Orbán would, at a minimum, indicate sufficient desire for an autocratic and illiberal model of governance and at least some residual appeal of an alignment with Trump. But that logic may not prevail for long in the face of the conflict in the Middle East and Russia’s continuing onslaught on Ukraine.

Orbán’s close relationship with Putin – and his persistent obstruction of the EU’s Ukraine policy – is likely to leave him increasingly isolated, even among otherwise ideologically close rightwing populists. This vulnerability became apparent as early as 2022 when Orbán’s long-time ally Jaroslaw Kaczynski, then Polish deputy prime minister, publicly bashed his pro-Russian leanings.

Divisions over the EU’s Russia policy have exposed one significant faultline among rightwing populist movements across Europe between those seeking accommodation with the Kremlin and those seeking deterrence and containment. The far-right Sweden Democrats, for example, threatened to leave the European Conservatives and Reformists parliamentary bloc if Orbán’s Fidesz party had been allowed to join. This is precisely because the Hungarian prime minister was seen as too close to Russia.

For these Russia-sceptical parties, Orbán’s alignment with Putin is clearly anathema. Trump’s apparently warm relationship with the Russian president is likely to deepen their unease about aligning too closely with the White House. Geographical proximity to Russia and a long history of confrontation with Russia will remain powerful drivers for these parties’ foreign and security policies.

Trump’s endorsement of Orbán may thus more effectively accelerate Orbán’s isolation among rightwing populists in Europe. This will undermine his agenda of building a powerful coalition of like-minded illiberal leaders eroding the EU from within.

These tensions and contradictions at the heart of a supposedly ideologically well-aligned transatlantic populist right movement predate Hungary’s parliamentary elections and they will outlast them. At a time of almost unprecedented global disorder and uncertainty, the battle for Hungary is both an election campaign and, more broadly, a key episode in the ongoing debate over the meaning of the west as a geopolitical project.

The Conversation

Stefan Wolff is a past recipient of grant funding from the Natural Environment Research Council of the UK, the United States Institute of Peace, the Economic and Social Research Council of the UK, the British Academy, the NATO Science for Peace Programme, the EU Framework Programmes 6 and 7 and Horizon 2020, as well as the EU’s Jean Monnet Programme. He is a Trustee and Honorary Treasurer of the Political Studies Association of the UK and a Senior Research Fellow at the Foreign Policy Centre in London.

ref. Hungarian election exposes tensions at the heart of Donald Trump’s plans to boost the far-right in Europe – https://theconversation.com/hungarian-election-exposes-tensions-at-the-heart-of-donald-trumps-plans-to-boost-the-far-right-in-europe-280065

Some countries in Asia are rationing energy – why they’ve been hit hardest by the crisis in the Gulf

Source: The Conversation – UK – By Gokcay Balci, Lecturer in Sustainable Freight Transport and Logistics, University of Leeds

The war in Iran has led to a global energy crisis. Shipping traffic through the Strait of Hormuz, a major energy chokepoint that handles roughly 20% of the world’s oil, has been largely blocked by Iran since hostilities broke out in late February. This has, at times, caused oil prices to rise above US$100 a barrel.

As the primary customers of Gulf energy, Asian economies are being hit particularly hard by this crisis. According to figures published by the International Energy Agency in 2025, around 80% of the oil and petroleum products and nearly 90% of the LNG that transited the Strait of Hormuz that year were destined for Asia.

Not all countries in Asia are equally vulnerable. Those most exposed to energy market disruption share a set of structural characteristics: heavy reliance on imported fossil fuels, limited fiscal space and constrained energy systems that make it difficult to switch to alternatives quickly.

Countries such as Bangladesh, Pakistan and Sri Lanka are all heavily dependent on imported oil and gas to meet domestic demand. However, they lack the foreign exchange reserves needed to secure energy supplies in volatile global markets. When prices spike or supplies tighten, these economies are forced into painful trade-offs between energy access, inflation and fiscal stability.

Wealthier Asian economies such as Japan, South Korea, Hong Kong and Singapore have greater financial resources, granting them superior purchasing power in volatile markets. But they, too, are structurally exposed to global energy crises. Their energy systems are also deeply dependent on fuel imported from the Gulf, which leaves them sensitive to supply disruptions.

These countries have the fiscal capacity to maintain strategic energy reserves, providing them with temporary relief from disruption. Japan and South Korea, for example, have both initiated record-breaking releases from their state oil reserves since the start of the Iran war.

But with the exception of China, which has huge stockpiles of oil and LNG as well as robust domestic energy supply, these reserves are not designed to offset prolonged disruptions. Japan and South Korea’s national stockpiles only hold enough oil for around 200 days.

Governments under pressure

Faced with tightening supplies and rising prices, many Asian governments have moved quickly to curb energy demand. One of the most immediate responses has been to limit mobility. The Philippines, Pakistan and Sri Lanka have all introduced four-day working weeks or have extended public holidays to cut commuting and fuel use.

Pakistan has also introduced hybrid working arrangements for public-sector employees, encouraging remote work to reduce transport demand. Education systems have been similarly affected. Bangladesh brought forward Ramadan holidays in universities, while Pakistan closed schools for two weeks from March 10 and shifted higher education online.

In some cases, governments have introduced more direct restrictions. Myanmar’s military leaders have imposed fuel rationing and have restricted private vehicle use to alternating days based on licence plate numbers.

Other interventions have focused on managing demand in less disruptive ways. Thailand, for example, has raised recommended air-conditioning temperatures to 27°C and is encouraging energy-efficient workplace practices such as replacing suits with short-sleeved shirts.

Some Asian governments have turned to subsidies to shield households and businesses from rising energy costs. Indonesia has allocated tens of billions of US dollars to maintain affordable fuel and electricity prices, while Thailand has capped cooking gas prices and promoted alternative fuels such as biodiesel.

However, subsidies are proving difficult to sustain. For lower-income countries in particular, fiscal constraints limit how long such support can be maintained. Pakistan initially introduced targeted subsidies for farmers and the transport sector, but has been forced to scale them back as the crisis has continued.

Perhaps the most consequential response has been in Asia’s power sector. As energy supplies have tightened and prices surged, several Asian countries have reverted to coal – a fuel many nations have been phasing out.

Thailand has restarted two decommissioned units at the Mae Moh coal-fired power plant, while South Korea and Japan have lifted restrictions on coal generation to allow older plants to operate at higher capacity.

Smoke billows from chimneys at the Mae Moh coal power plant in Thailand.
The Mae Moh coal-fired power plant in Lampang, Thailand.
Tavarius / Shutterstock

The current energy market disruption has exposed structural vulnerabilities in Asia’s energy systems, including import dependence, limited diversification and fiscal constraints. Governments have relied on a mix of demand reduction, subsidies and fuel switching to limit the impact.

However, these are stopgap measures. If disruptions persist, these countries may be forced to rethink their energy strategies more fundamentally. This could accelerate investment in renewables and nuclear power, as well as efforts towards regional energy integration. But it also risks entrenching coal use and, in the process, hindering global climate goals.

Either way, the current crisis is a reminder that energy security and economic stability remain tightly intertwined and that disruptions in a single chokepoint can ripple across the global economy.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Some countries in Asia are rationing energy – why they’ve been hit hardest by the crisis in the Gulf – https://theconversation.com/some-countries-in-asia-are-rationing-energy-why-theyve-been-hit-hardest-by-the-crisis-in-the-gulf-279888

How Nasa’s Artemis II mission rediscovered the majesty and mystery of the Moon

Source: The Conversation – UK – By Gareth Dorrian, Post Doctoral Research Fellow in Space Science, University of Birmingham

Nasa named this image of the Moon ‘edge of darkness’ because it shows the terminator (top of the image) – the boundary between day and night. Nasa

On April 10, Artemis II – humanity’s first mission to the Moon in more than half a century – will draw to a close when the Orion capsule carrying four crew members detaches from its service module.

The capsule will then make a fiery plunge towards Earth, travelling at a speed of 25,000 miles per hour. As it plummets through the atmosphere, Orion’s heat shield will encounter temperatures of more than 1,600°C as the spacecraft decelerates rapidly.

A series of 11 parachutes will deploy in sequence to bring Orion to a relatively sedate 25mph splashdown off the coast of San Diego in California. Splashdown will round out a remarkable flight which took the astronauts Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch and Jeremy Hansen on a looping lunar flyby.

Clockwise from left: Artemis II astronauts Christina Koch (Nasa), Jeremy Hansen (Canadian Space Agency), Reid Wiseman, Victor Glover (both Nasa).
Clockwise from left: Artemis II astronauts Christina Koch (mission specialist), Jeremy Hansen (mission specialist), Reid Wiseman (commander), Victor Glover (pilot).
Nasa

Reaching a distance of 252,756 miles from Earth, they travelled further from our planet than humans have ever been – exceeding a record set by the crew of Apollo 13 in 1970.

The four-day journey out to the Moon was remarkably smooth, barring a few minor hiccups. The capsule’s 3D-printed titanium toilet malfunctioned early in the flight and had to be fixed by mission specialist Koch who, during a group interview, declared: “I’m the space plumber!” A communications dropout about 50 minutes into the flight was quickly resolved.

The Moon is tidally locked to Earth, meaning it completes one rotation on its axis in the same time it takes to orbit the Earth (28 days). This means we always see the same face of the Moon.

The night side of Earth, captured by Reid Wiseman during Orion’s journey to the Moon. Green aurora can be seen over the North and South magnetic poles. The planet Saturn is visible bottom right.
Nasa

The lunar far side therefore remains permanently out of view from Earth, and has often been referred to as the dark side of the Moon. In fact, it receives just as much sunlight as the near-side face.

The two faces are, however, remarkably different. On the near side, the darker regions (the lunar maria) that we can see from Earth are vast smooth plains of solidified, iron-rich lava.

This lava has been gradually powdered by meteoroid impacts over the aeons. The lighter regions we see are comprised of mountains and densely packed impact craters.

The stages of Orion’s flyby of the Moon.
Nasa / Gareth Dorrian

Compared with the face we see from Earth, the lunar far side is extraordinarily rugged. It is peppered with impact craters and has very few smooth lunar maria. Why this disparity exists is still debated.

The Artemis II astronauts were struck by this difference during their flyby, remarking on the shadows cast by lunar topography near the far-side terminator (the boundary between day and night).

Orion’s loop around the Moon brought the crew to a distance of 4,067 miles from the lunar surface. From this remarkable vantage point, high over the lunar far side, the astronauts were treated to a grand view of the full lunar disk.

Mare Orientale at the centre of the lunar far side has a ‘bullseye’ appearance. The image also reveals the ruggedness of the terrain near the day-night terminator (top right). A portion of the near side, Oceanus Procellarum (Ocean of Storms), is visible on the left.
Nasa

They captured some beautiful imagery of our nearest, yet still-enigmatic celestial neighbour.

One of the few distinct far-side maria is Mare Orientale, a circular bullseye-like impact basin which was subsequently flooded with lava.

Orientale was formed by a powerful impact some 3.8 billion years ago, towards the end of the Late Heavy Bombardment – a surge of enormous meteorite impacts which struck the planets of the inner Solar System. Mare Orientale measures 180 miles across, roughly the distance between London and Leeds in the UK.

Artemis II astronauts describe the lunar flyby (Associated Press).

One advantage of sending astronauts to directly view terrain like this is the human eye. Despite the advances of modern imaging technology, our eyes are still one of the best instruments for perceiving colour.

While high over the lunar far side, the astronauts reported seeing not just shades of grey on the lunar surface far below them but also subtle tones of browns and greens, hinting at the complex mineral make-up of this ancient terrain.

During their flyby, the crew also observed two unnamed craters which they named Integrity, after their spacecraft, and Carroll, after Wiseman’s wife who died of cancer in 2020 aged 46. Canadian astronaut Hansen’s voice cracked with emotion as he announced the name during Nasa’s live mission coverage.

Artemis II astronauts dedicate a lunar crater to the commander’s late wife Carroll (C-Span)

As the Orion spacecraft passed behind the Moon (from our perspective), the astronauts were treated to a stunning view of Earthset where, from their perspective, the Earth dipped below the lunar horizon.

During this time, radio signals between Earth and the spacecraft were blocked, causing a 47-minute communication blackout. But the astronauts remained busy with tasks, including photographing the part of the lunar far side that was in darkness, to see if any flashes from meteorite impacts could be seen.

Wiseman, the mission’s commander, explained: “As soon as we went out of [contact] with planet Earth, we did have maple cookies … and then right back into the science. We had to take a moment to honour that time going behind the Moon and out of touch with Earth. That was a very surreal moment.”

Shortly after regaining contact with Earth, the astronauts were treated to yet another stunning perspective: a total solar eclipse, but seen from space near the Moon.

From Earth, a total solar eclipse at a given location typically lasts a few minutes and, by coincidence, the visible size of the lunar disk is approximately the same size as the visible size of the solar disk.

Rugged terrain near the far side terminator.
Rugged terrain near the Moon’s far-side terminator.
Nasa

However, from near the Moon, the lunar disk appears much larger and the eclipse lasted nearly an hour. By blocking the powerful light from the Sun, it revealed part of the Sun’s extended atmosphere called the corona (Latin for crown).

This diffuse atmosphere is more than a million times fainter than direct sunlight. When the Moon blocked this out, the astronauts could clearly see the corona extending out far into the solar system. It is actually a combination of diffuse gas flowing out into space and dust particles which scatter sunlight (called the F-corona).

Earth, the Moon and Artemis II, taken from a camera on one of the solar panels as the Earth passed behind the limb of the Moon – shortly before the loss of signal.
Nasa

The F-corona is more extensive in the plane (an imaginary flat surface in space) in which the planets all orbit the Sun. This effect can be seen in the image below, where the corona extends outwards towards the planet Venus (bottom left).

Total solar eclipse as seen from near lunar space. The bright point of light (bottom left) is the planet Venus.
Nasa

Technically, Artemis II is an engineering mission designed to test the performance of the Orion spacecraft in supporting human crews in deep space for extended periods.

However, when one looks at the images it has returned and the stories of the astronauts, it is hard not to think of this as a mission of exploration in its purest sense. The crew were heading out into the unknown, just to see what’s out there.

The Conversation

Gareth Dorrian does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How Nasa’s Artemis II mission rediscovered the majesty and mystery of the Moon – https://theconversation.com/how-nasas-artemis-ii-mission-rediscovered-the-majesty-and-mystery-of-the-moon-280192

Three reasons Donald Trump won’t pull the US out of Nato

Source: The Conversation – UK – By Paul Whiteley, Professor, Department of Government, University of Essex

President Donald Trump met Nato secretary general Mark Rutte on April 8 for what Rutte described as a “very frank, very open” discussion. The pair are reported to have discussed the US-Israeli war against Iran at which, according to White House spokesperson Karoline Leavitt, Trump believes that Nato was “tested and they failed”.

The president later posted to his Truth Social platform that “NATO WASN’T THERE WHEN WE NEEDED THEM, AND THEY WON’T BE THERE IF WE NEED THEM AGAIN.”

The US president’s meeting with Rutte came a week after he told Reuters press agency that he was “absolutely” considering withdrawing the US from Nato, after America’s allies refused to join the US-Israeli campaign against Iran. But this is very unlikely to occur for three reasons.

First, in 2023, Congress enacted a law that prohibits the president from “suspending, terminating, denouncing, or withdrawing the United States from the North Atlantic Treaty” — which established the North Atlantic Treaty Organization (Nato) — without the advice and consent of the Senate or an act of Congress. It is extremely unlikely that this will be changed before the midterm elections in November and impossible subsequently if the Democrats end up controlling the House of Representatives.

The second reason is that Nato membership is popular among Americans. A Pew survey conducted in 2025 showed that 66% of US respondents thought that America benefited from Nato membership while 32% thought the opposite. While, as in many things, the US is divided – with more Democrat voters (77%) supporting Nato membership than Republicans (45%) – it’s clear that, on the whole, Americans approve of Nato membership.

The third reason is that leaving Nato would significantly weaken the US militarily. More than half a century of research by historians and international relations specialists has concluded that leaving Nato would also significantly weaken the US.

In 1989, historian Paul Kennedy’s detailed study of wars over a period of 500 years, The Rise and Fall of the Great Powers, found that a decisive feature of success in war is the resources that parties to the conflict can mobilise. Kennedy cites the examples of the two world wars and demonstrates that a key reason why Germany was defeated was that the allies could mobilise many more resources in manpower, arms production and economic assets than Germany and its allies. Eventually, this proved decisive in both conflicts.

Research into quantifying the military capacity of nations has been conducted for more than half a century as part of the Correlates of War project founded in 1963 by American political scientist J. David Singer. The project aims to systematically collect data about the causes and consequences of wars.

One of the datasets collected in the project is called the Composite Index of National Capability. This combines data on the demographic, industrial, economic and military capabilities of nations, including the US and China. The higher the index score the more resources a county has to fight wars.

Scores in the Composite Index of National Capability of the Top Nations

The chart shows the size of the index for the top countries in the database. China is the most powerful nation in the chart with a score of 23 on the index. The US comes a rather distant second with a score of 13.

There are five Nato nations in the chart in addition to the US. They are Germany, Turkey, the UK, France and Italy. The total score of all six Nato members is 20 – much closer to the Chinese total.

The chart does not include the scores for the remaining Nato member states, but when they are added to the total the Nato score is well above that of China. So the assumption that the US can go it alone in a war with China is doubtful.

How Article 5 works

Article 5 of the Nato charter stipulates that an armed attack against one member state is considered an attack against all, triggering collective defence by all the member states. A recent report by the US Naval War College concluded that: “A large and growing body of evidence suggests that the PLA (People’s Liberation Army) is preparing credible capabilities to invade Taiwan”. The report argued that extensive deception will be used by China to confuse its opponents when the war is launched with rapid action by its armed forces to create a fait accompli. It notes that this type of blitzkrieg attack is very often successful.

If this occurred, then since the US has military advisers in Taiwan and military assets in the region that would need to be neutralised in the first phase of the war if the invasion were to be successful this would trigger Article 5 of the Nato charter. In that case China would find itself at war with 32 Nato countries – not to mention countries in the Far East, such as Japan, Indonesia and Vietnam, who have serious concerns about Chinese aggression, but are not members of the alliance.

So, whatever the US president’s ambivalence towards Nato, the fact is that without its support, the US could face a humiliating defeat by China in a future confrontation over Taiwan. America is much stronger as part of Nato – and Trump’s advisers should be strenuously reinforcing that message.

The Conversation

Paul Whiteley has received funding from the British Academy and the ESRC.

ref. Three reasons Donald Trump won’t pull the US out of Nato – https://theconversation.com/three-reasons-donald-trump-wont-pull-the-us-out-of-nato-280224

Hungary election: how a new opponent has forced Viktor Orbán into the first genuinely competitive race in 16 years

Source: The Conversation – UK – By Zsofia Bocskay, Postdoctoral Researcher, CEU Democracy Institute, Central European University

For the first time since Viktor Orbán came to power in 2010, the Hungarian electorate is faced with a genuinely competitive campaign ahead of the 2026 general election on April 12.

For the past 16 years, Prime Minister Orbán’s party Fidesz has dominated. Faced with smear campaigns and attacks portraying opponents as a threat to national interests and sovereignty, any opposition has been fragmented and ineffectual, held together by uneasy alliances.

This time round, however, Fidesz’s hold is threatened by a single challenger, the Respect and Freedom Party (Tisza), which is currently leading by around 20 percentage points in the polls. Founded in 2020 and led by Péter Magyar since 2024, this centre-right party positions itself as a cross-ideological alternative. Its main focus is tackling government corruption and improving living standards and public services. Its international stance is pro-European and unifying.

The 2026 contest comes at a time of economic strain and growing public dissatisfaction. Hungary is one of the EU’s poorest member states. It also ranks among the most corrupt in international indices. Voters are therefore not just choosing between parties, but between the continuation of an entrenched system and what the Tisza is framing as a regime change.

Hungary is widely described as a competitive autocracy. Elections are regularly held, but the government dominates most of the media and benefits from institutional rules that favour it. Research bears this out. Campaigns in competitive autocracies occur in constrained information environments: governments dominate the media, limit opposition visibility, and, as studies I have contributed to show, often disseminate misinformation from the top.

The monument on Budapest's Heroes' Square under a pale sky.
The opposing parties drew huge crowds to Heroes’ Square and the Hungarian Parliament on March 15 this year.
Wikimedia, CC BY

Increased public engagement

Fidesz has reshaped the country’s political system in ways that help it retain a durable electoral advantage. Since 2010, televised debates have disappeared from election campaigns. Around 85% of the media is now controlled by pro-government outlets that often convey identical narratives.

In line with these constraints, the government’s rhetoric has centred on security for over a decade. In 2022, Russia’s invasion of Ukraine gave new momentum to the Fidesz campaign. It framed the opposition as pro-war. Campaign events were held in controlled settings, with Orbán appearing in pro-government media and smaller local events.

The 2026 election campaign has been different. Orbán is now campaigning more actively across the country. While he has continued to claim that the opposition, aligned with Ukraine and the EU, would take Hungary to war, he has been making frequent appearances and directly engaging with voters. Other government figures have also taken on a more visible role. Ministers are touring the country and appearing at campaign events.

The party has also made efforts to strengthen its social media presence as a way to distribute pro-government messages.

Despite this, the government’s control over the campaign agenda has been less stable than in previous elections. Increased exposure has come with greater risks.
High-profile party members have generated public controversy. In January, transportation minister János Lázár drew ire for comments he made about the country not needing foreign labour, in which he also insulted Hungarian Roma.

Elsewhere, there have been confrontations at campaign events, where protesters have openly challenged the prime minister and black-clad security personnel have intervened. Anti-government protests at these events have also multiplied, reflecting this more direct and less controlled campaign environment.

Robust opposition

This shift is in direct response to the challenge Tisza poses. The party emerged as a major contender following the 2024 European parliamentary elections.

Magyar is a former Fidesz member and the ex-husband of the former justice minister Judit Varga. He entered frontline politics in early 2024, distancing himself from the government following the presidential pardon scandal, which led to the resignation of both Varga and president Katalin Novák. He later released a recording of Varga referring to alleged interference in a major corruption case.

He has spent the past two years touring the country and building local Tisza organisations. In his speeches, streamed on social media, Magyar often responds within hours to government-related developments then returns to them in later appearances. Following allegations of intelligence interference targeting his party, he quickly incorporated the issue into his campaign.

Cost of living

This campaign is unfolding against a backdrop of difficult economic conditions. Inflation is high, living costs are rising, the economy is stagnant. Research shows that competitive authoritarian governments, like Orbán’s, use propaganda to shape media narratives and reduce the salience of economic problems for voters. Tisza, by contrast, has made living standards a central theme.

In the final weeks of the campaign, Magyar has emphasised the argument that Orbán’s government is aligned with Russia and highlighted concerns about election rigging as a basis to call for electoral reform. Orbán has struggled to push back on all counts and has found itself unable to shift the campaign agenda back towards security issues.

Magyar’s party has also demonstrated its ability to connect to the public. On March 15, a key national holiday marking the 1848 Revolution, Tisza held a rally in Heroes’ Square, Budapest, rivalling the government’s own peace march. Sources vary on the scale of both events. Fidesz quoted the Hungarian Tourism Agency’s figures of 180,000 people at the government’s march, and 150,000 at Tisza’s. Politico quoted sources close to the opposition estimating their attendees numbering over 350,000.

In his speech at his march, Orbán again framed the election as a contest between peace and war, casting it as a decision between himself and Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy. Magyar, however, used national symbols and historical references to present the vote as a decisive turning point in Hungary’s political direction.

For years, Fidesz shaped campaigns on its own terms, limiting uncertainty. The current campaign shows that this control can be disrupted: rather than responding to government attacks, the opposition has set the agenda by elevating issues that mobilise public attention, forcing the government into a more competitive mode of campaigning.

This election therefore presents the possibility of more than a routine change of government. It could mark a turning point for the political system. Whether or not such a shift materialises, the campaign demonstrates that even in constrained environments, ruling parties can be pushed into forms of competition more typical of democratic settings. Once this happens, structural advantages no longer compensate for the strategic demands of open contest.

The Conversation

Zsofia Bocskay does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Hungary election: how a new opponent has forced Viktor Orbán into the first genuinely competitive race in 16 years – https://theconversation.com/hungary-election-how-a-new-opponent-has-forced-viktor-orban-into-the-first-genuinely-competitive-race-in-16-years-279941