Les paysages sonores : un patrimoine naturel méconnu

Source: The Conversation – in French – By Cyprian Czaban, Diplômé de l’Université Paris Sciences et Lettres, Sciences Po Paris, Sorbonnne Université, et du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris., Sciences Po

Les paysages sonores font partie de la richesse de notre patrimoine naturel, ils restent cependant méconnus et peu considérés dans les politiques de conservation de la biodiversité.


Nos journées commencent très souvent par un son, celui d’un réveil qui tressaille, d’une radio qui s’allume, d’un téléphone qui vibre, ou d’une voix qui nous dit « Debout, c’est l’heure ! » Les yeux encore fermés, arrivent déjà d’autres manifestations acoustiques : une porte qui claque, une voiture qui passe, un oiseau qui chante, des voisins qui discutent dans la rue ou sur le chemin.

Même si nous sommes des organismes dont la modalité d’exploration du monde est essentiellement visuelle, nous sommes en constante alerte auditive : nous écoutons, parfois sans nous en rendre compte, pour esquiver, trouver, avancer, communiquer ou, plus simplement, profiter d’une musique.

Nous évoluons en continu dans des environnements sonores composés de vibrations de machines pour nous déplacer ou construire (on parle de « technophonie »), de voix humaines (« anthropophonie »), de vocalisations animales non humaines (« biophonie »), de tapotements de pluie, de bruissements de vent ou de grondements océaniques (« géophonie »).

Chaque mélange acoustique, plus ou moins structuré, plus ou moins agréable, qui peut être terrestre, aquatique ou souterrain, constitue un paysage sonore. Le concept scientifique de paysage sonore est apparu au cours des années 1970, notamment dans le livre le Paysage sonore : le monde comme musique, écrit par le musicien et universitaire canadien Murray Schafer. Le paysage sonore peut être défini comme un ensemble de sons issus de sources vibrantes actives en un lieu donné et à un instant donné.

Il existe une infinité de paysages sonores puisque chaque lieu sur Terre est unique et parcouru à un instant T par un ensemble singulier de vibrations sonores. Ces paysages sonores sont perçus, analysés et interprétés par tous les organismes vivants dotés de récepteurs de pression ou de mouvements de particules, qu’ils soient relativement simples, comme les tympans de certains papillons nocturnes qui détectent les cris des chauves-souris qui les chassent, ou très sophistiqués, comme les oreilles asymétriques de certaines chouettes qui savent localiser très précisément les petits rongeurs dont elles se nourrissent.

Plus généralement, les mammifères, les oiseaux, les amphibiens, les reptiles, les poissons, les insectes, les araignées, les crustacés et même certains mollusques et cnidaires, comme les moules et les méduses, écoutent et analysent les paysages sonores qu’ils traversent et qui les traversent. Chaque interprétation des paysages sonores est également unique puisqu’elle dépend des capacités physiologiques et cognitives de chaque individu.

Forêt de la Reine, Parc naturel régional de Lorraine, 3 mars 2023, 6 heures, chœur matinal des oiseaux.
Projet Sonosylva, OFB/MNHN2,29 Mo (download)

Parc naturel régional du Gâtinais français (Essonne), 18 mai 2024, 23 heures, sangliers.
Projet Sonosylva, OFB/MNHN2,29 Mo (download)



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A l’écoute des forêts protégées de France : le projet Sonosylva

En France, les paysages sonores sont le reflet de la grande diversité des territoires hexagonaux, corses et ultramarins, depuis de simples zones vertes périurbaines, occupées par quelques chants d’oiseaux, jusqu’aux immenses forêts tropicales d’Amazonie truffées de coassements de grenouilles et stridulations d’insectes, en passant par les récifs coralliens des îles du Pacifique crépitants de crevettes pistolets dont la fermeture soudaine de leur pince hypertrophiée produisent des claquements en faisant imploser des bulles d’air.

Un tiers de la surface de ces socio-écosystèmes français est protégé par des structures de conservation de la nature, qu’elles soient locales (arrêtés préfectoraux de protection de biotope, réserves de biodiversité intégrales, réserves nationales naturelles), nationales (parcs nationaux) ou européennes (zones Ramsar, zones Natura 2000).

Ces aires protégées ont été, dans la plupart des cas, construites et délimitées à partir des critères d’inventaire faunistique et/ou floristique, ou d’habitats particuliers, en référence notamment aux directives européennes Habitats-Faune-Flore et Oiseaux. Cependant, de ces espaces émanent des paysages sonores qui forment un patrimoine naturel national méconnu dont les valeurs doivent être définies pour être mieux considérées et protégées.

Afin de répondre aux besoins d’information des politiques publiques et des citoyens sur l’état de la biodiversité, un schéma directeur de la surveillance de la biodiversité terrestre a été publié par le gouvernement français en 2024. Dans ce cadre national, une expérimentation de trois ans menée par l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) a pour ambition de documenter et analyser les paysages sonores des forêts protégées de France hexagonale et de Corse.

Ce projet, Sonosylva, repose sur la collaboration de plus de 200 agents employés dans 80 structures couvrant un ensemble de 110 forêts. Ces acteurs de la préservation de la biodiversité ont installé des magnétophones autonomes au cœur de leur territoire forestier afin d’enregistrer les paysages sonores, une minute tous les quarts d’heure, un jour sur deux, du printemps à l’automne, en 2024, en 2025 et, encore cette année, en 2026. Cet observatoire scientifique participatif recueille chaque saison plus d’un million de fichiers audio, soit plus de 16 000 heures de paysages sonores forestiers.

Situation géographique des 110 forêts enregistrées, situées dans des aires protégées de France hexagonale et de Corse.
Document du projet Sonosylva porté par l’Office français de la biodiversité et le Muséum national d’histoire naturelle., Fourni par l’auteur

Si l’analyse de cette immense base de données ne fait que commencer, une enquête a déjà été conduite auprès de 162 participants afin de cerner leur intérêt pour ce patrimoine. Comment les paysages sonores naturels sont-ils perçus ? Peuvent-ils faire partie des politiques de conservation, de préservation et de sensibilisation des aires protégées ?

Une perception des paysages sonores conditionnée par les territoires

La majorité des gestionnaires considère que leurs aires protégées se caractérisent par un paysage sonore unique participant à l’identité et au patrimoine de leurs territoires. Ainsi, l’un des répondants remarque que le site dont il a charge « possède des marqueurs sonores emblématiques et riches (faune, bétail domestique, océan). L’éloignement des zones urbaines et la superficie restreinte de la zone publique nous permet de garder un environnement sonore propice à la quiétude sur site ».

Exemples de magnétophones autonomes installés en cœur de forêt protégée. De gauche à droite et de haut en bas : parc national du Mercantour (Alpes), réserve de biosphère du parc naturel régional Millevaches (Limousin), parc national de forêts (Haute-Marne et Côte-d’Or), zone Natura 2000 du parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée, parc national des Cévennes (Ardèche, Gard, Lozère), espace naturel sensible de Siounet (Var), espace naturel sensible des Albières (Aude), parc naturel régional des volcans d’Auvergne, réserve biologique intégrale de la Louvière (Meuse), réserve biologique intégrale de Campagne (Dordogne).
Photographies fournies par les partenaires du projet OFB-MNHN Sonosylva., Fourni par l’auteur

Cette empreinte acoustique résulte de l’association de sons naturels et anthropiques, leurs variations spatiales et temporelles étant liées à des facteurs météorologiques, écologiques et sociétaux. Les gestionnaires considèrent par ailleurs les sons dérangeants différemment selon leur ancrage local. Les bruits constants, hors de portée, comme ceux d’une route, d’un couloir aérien ou d’une activité industrielle, sont relativement bien acceptés, pouvant être même considérés comme un simple « bruit de fond ».

Forêt de Crécy, Parc naturel régional Baie de Somme, Picardie maritime (Aisne), 18 avril 2024, 03 h 30, pluie et chouette hulotte.
Projet Sonosylva, OFB/MNHN2,29 Mo (download)

Réserve biologique intégrale des Maures (Var), 3 juillet 2024, 13 heures, cigales de l’Orne.
Projet Sonosylva, OFB/MNHN2,29 Mo (download)

Les bruits ponctuels, attribués à un dérangement de voisinage, comme ceux d’une circulation locale, de groupes de visiteurs aux discussions un peu intenses ou d’une activité de récréation telle que la musique, sont, eux, appréciés négativement. Il existe donc un traitement bien distinct entre les bruits distants incontrôlables et les bruits de proximité évitables.

Un manque d’actions de sensibilisation et de formation

L’enquête révèle également un décalage important entre l’intérêt croissant des gestionnaires pour les paysages sonores et un sentiment d’impuissance lié au manque de formation et d’applications concrètes ayant un impact sur les politiques publiques nationales ou locales des territoires, comme le note un participant :

« Démarche pertinente, le paysage sonore et la pollution sonore ne sont que peu parcourues dans nos métiers, alors que ce devrait être pris davantage en compte. Me concernant, je ne m’y penche pas faute de compétences. Des initiations ou formations sur ces sujets pourraient être une bonne base. »

La mise en valeur et la protection des paysages sonores semblent de fait difficiles par l’absence de sensibilisation à l’échelle du pays et par un manque de ressources d’aide à la gestion et à la communication sur la valeur sonore des sites protégés. La thématique du paysage sonore est notamment absente des documents les plus essentiels, comme les guides d’élaboration des plans de gestion des espaces naturels (document CT88). Les structures administratives chargées de protéger les espaces naturels souffrent également de ressources humaines et financières limitées, ne permettant pas aujourd’hui de considérer les paysages sonores, leurs richesses et les pollutions qui les menacent, comme des priorités de gestion.

Les nuisances sonores génèrent des conflits

Les bruits liés aux activités humaines dans les aires protégées, notamment les forêts du projet Sonosylva, génèrent des conflits principalement liés à une propriété essentielle du son : il est non exclusif. Il est, en effet, presque impossible d’empêcher un individu, qu’il soit humain ou non humain, d’émettre un son, et il est également très difficile de contrôler la propagation du son dans l’environnement. Le son, quel qu’il soit, n’a pas de frontières : il traverse les paysages de manière incontrôlable. Un paysage sonore n’a pas de cadre comme un paysage visuel, il est fluide plus que solide, il s’écoule plus qu’il ne stagne.

Les gestionnaires font aussi face à une problématique d’échelle dans la gestion des conflits liés aux sons. Certaines décisions d’aménagement national, comme les tracés des nouvelles lignes ferroviaires ou autoroutes, ne prennent pas en compte les conséquences sur le paysage sonore à l’échelle locale.

À l’inverse, les problématiques locales peuvent conduire à des changements nationaux positifs : le récent « exode urbain » a occasionné des conflits de voisinage avec certains néoruraux dérangés par les grenouilles, les coqs ou les cigales ce qui a conduit, en janvier 2021, à l’inscription des sons et des odeurs des milieux naturels et ruraux dans le premier article du Code de l’environnement, en tant que partie du « patrimoine commun de la nation ».

Réserve biologique intégrale de l’Artoise (Aisne), 26 avril 2024, 14 h 45, oiseaux et travaux forestiers.
Projet Sonosylva, OFB/MNHN2,29 Mo (download)

Parc naturel régional du Gâtinais français (Essonne), 6 mai 2024, 17 h 15, avion.
Projet Sonosylva, OFB/MNHN2,29 Mo (download)

De nouveaux conflits sonores peuvent apparaître dans les aires protégées, mais alors ce sont les visiteurs humains qui sont susceptibles de déranger : bruits de moteurs (voitures, motos, quads), bruits de fêtes (repas, rave parties) ou de voix peuvent à la fois affecter les espèces non humaines et les autres humains venus chercher un espace de quiétude. :

Ainsi, l’un des participants observe :

« Ces dernières années (en lien avec l’augmentation de la fréquentation), de nombreuses perturbations sonores (visiteurs avec des instruments de musique, des enceintes portatives, des chiens très bruyants). Les groupes de visiteurs sont eux-mêmes très bruyants et ne se rendent souvent pas compte de la portée de leur cri et de leur dérangement. »

Et un autre remarque que « des sons de véhicules motorisés sont audibles depuis le site d’installation de l’enregistreur, notamment ceux de motos, qui sont particulièrement perceptibles. On note également plusieurs passages d’avions de chasse par jour au-dessus du site ».

Agir pour les paysages sonores

Il semblerait que nous assistions à une progressive montée de la conscience collective sur l’impact cumulatif des bruits dans la vie quotidienne comme l’illustrent les rapports de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), de l’Agence européenne pour l’environnement, et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les gestionnaires témoignent d’une volonté de changement qui se manifeste par la création de conférences ou de colloques sur l’aménagement du territoire de manière à intégrer les paysages sonores dans les politiques publiques de préservation de la biodiversité, dans une perspective « Une seule santé » (« One Health », en anglais). Des réflexions sont aussi en cours, notamment dans l’agglomération de Lille (Nord), afin d’intégrer la trame blanche qui cherche à assurer la continuité sonore au même titre que les trames verte et bleue, brune et noire qui préservent les continuités des habitats, des sols et des ciels nocturnes.

En France, des zones de sensibilisation sont mises en place dans différentes réserves nationales naturelles ou parcs nationaux (démarche Quiet-Attitude dans le parc national du Mercantour), des interdictions d’enceintes connectées, (réglementation du parc national des Calanques), ou encore des actions pédagogiques pour sensibiliser au patrimoine sonore (projet Biodiversité sonore de l’Ana–Conservatoire d’espaces naturels en Ariège).

Cependant, ces actions restent relativement marginales. Afin de mieux intégrer les paysages sonores dans les politiques publiques, nous suggérons une réflexion sur les réglementations afin qu’elles limitent au mieux la présence de bruit. Au-delà de ces règles d’usage, nous proposons la création de zones d’écoute du vivant motivées par l’émerveillement plus que par la proscription.

Dans ces zones d’écoute, il s’agirait de favoriser des solutions de réduction des bruits à la source, en limitant par exemple l’usage des machines (transports) et en suggérant un comportement discret (petits groupes). Déjà expérimentés il y a quelques années par le parc naturel régional du Haut-Jura, ces lieux mettraient en valeur l’existence de paysages sonores remarquables permettant de passer d’un comportement dominant dérangeant à une attitude attentive aux autres et respectueuse des sites et de leurs paysages sonores.

Les paysages sonores constituent aujourd’hui une facette méconnue de notre patrimoine naturel pour laquelle il reste presque tout à faire : intégration dans les politiques publiques d’aménagement du territoire, intégration dans les plans de conservation de la biodiversité à petites et à grandes échelles, et, bien sûr, pédagogie pour tous les publics afin d’améliorer notre écoute du monde vivant.

The Conversation

Julie Trottier est membre de du groupe d’experts sur la tenure de l’eau de la FAO (Nations Unies). Elle a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche et de l’Agence Française de Développement.

Cyprian Czaban, Jérôme Sueur, Ludovic Crochard, Nicolas Hette-Tronquart et Sylvain Haupert ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Les paysages sonores : un patrimoine naturel méconnu – https://theconversation.com/les-paysages-sonores-un-patrimoine-naturel-meconnu-276493

Iran : un nécessaire changement de régime ?

Source: The Conversation – in French – By Thierry Kellner, Chargé de cours (politique étrangère de la Chine), Université Libre de Bruxelles (ULB)

Si Donald Trump affirme régulièrement que le régime de Téhéran a déjà changé, puisque bon nombre de ses dirigeants ont été éliminés, il n’en est rien dans les faits. Au contraire, une aile encore plus dure s’est emparée du pouvoir. Le président américain, connu pour son penchant pour la tractation, vient d’annoncer un cessez-le-feu et pourrait bien finir par trouver un accord de long terme avec les nouveaux responsables. La population iranienne, dont une grande majorité abhorre le système en place, serait la grande perdante d’un tel scénario.


Depuis le début des opérations militaires lancées contre l’Iran par les États-Unis et Israël, le 28 février dernier, se pose la question des buts de ce conflit. Les objectifs mis en avant par le président Trump sont restés flous et changeants, si l’on se rapporte à ses déclarations successives. Ces derniers temps semble se dessiner l’idée que l’administration américaine pourrait trouver une sorte de terrain d’entente ou de sortie de crise avec le régime iranien. Ce dernier a d’ailleurs été présenté comme un « nouveau régime » par le président américain.

Il est vrai que le personnel dirigeant a changé, étant donné les assassinats ciblés – dont ceux du Guide suprême Ali Khamenei et d’Ali Larijani, l’un des principaux dignitaires de la République islamique – qui ont été effectués dès le début du conflit. Mais à en croire la Maison-Blanche, le changement de régime serait un fait accompli et la communauté internationale aurait désormais affaire à un autre régime, sous-entendu, plus « modéré ». Or, ce n’est aucunement le cas.

Le résultat des frappes américano-israéliennes : un durcissement du régime iranien

Les leaders qui semblent aujourd’hui en charge sont tout autant issus du régime que leurs prédécesseurs. Ils ne font pas partie d’un quelconque camp « réformiste » qui existerait au sein de l’élite dirigeante et s’inscrivent, en réalité, dans la continuité. C’est en effet l’aile dure des du Corps des gardiens de la révolution qui a pris le contrôle des fonctions clés de l’État et marginalisé l’administration civile du président Pezeshkian. Elle a, aussi, joué un rôle majeur dans la nomination du nouveau Guide, Mojtaba Khamenei.

Ce dernier ne répond pourtant guère aux qualités requises par la Constitution de la République islamique pour occuper cette fonction. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré à l’Assemblée des experts Ali Asghar Hejazi, un haut responsable de la sécurité du bureau de l’ex-Guide suprême, avant d’ajouter que la succession héréditaire était en outre incompatible avec les principes énoncés par Ali Khamenei lui-même. Résultat : Hejazi semble aujourd’hui être dans le collimateur des gardiens.

Mojtaba Khamenei, quant à lui, ne s’est pas montré publiquement depuis plusieurs semaines, si bien que certains émettent des doutes sur le fait qu’il soit en état de diriger le régime, voire en vie. Quoi qu’il en soit, un « conseil militaire » composé de hauts officiers des gardiens exercerait désormais un contrôle total sur la structure décisionnelle centrale, imposant un cordon de sécurité autour de Mojtaba Khamenei.

Un régime irréformable

Outre le fait que l’on n’ait donc pas, en réalité, affaire à des « réformistes » et que même si c’était le cas, il est douteux que la population iranienne – la grande absente des débats sur l’Iran – les accepterait étant donné le rejet massif de l’ensemble du régime qui s’est exprimé en décembre 2025/janvier 2026, la question de fond reste de savoir si ce régime qui s’inscrit dans la continuité, même s’il semble dériver vers une sorte de dictature islamo-militaire sous l’égide des gardiens de la révolution, est réellement « réformable », quels que soient les moyens utilisés. Il faut malheureusement répondre par la négative. C’est en tout cas l’enseignement que l’on peut tirer des 47 années d’existence de la République islamique.

Depuis 47 ans, des observateurs ont périodiquement évoqué de possibles « ouvertures » du régime iranien. Dès la disparition de Ruhollah Khomeyni en 1989 et l’arrivée d’Hachemi Rafsandjani au poste de président (1989 à 1997), a ainsi été évoquée l’idée d’un possible « Thermidor en Iran » pour reprendre le titre d’un ouvrage de Fariba Adelkhah, Jean-François Bayart et Olivier Roy publié en 1992. Il n’en a rien été.

Un peu plus tard, en 1997, l’élection à la présidence de Mohammad Khatami avait à nouveau suscité un espoir de réforme. L’homme était présenté comme un « réformateur », plus ouvert sur le monde. Ne mettait-il pas en avant officiellement le « dialogue des civilisations » ? Nombreux sont les observateurs à avoir pensé à ce moment qu’une évolution positive du régime était possible. Une fois encore, il a fallu déchanter.

Mohammad Khatami s’exprime lors du sommet de Davos en 2004.
World Economic Forum, CC BY-NC

Ses deux mandats consécutifs, de 1997 à 2005, ont été marqués non seulement par la persistance de la répression – plus de 150 titres de presse professionnels (hors presse estudiantine) ont par exemple été suspendus durant sa présidence et il a cautionné la politique de filtrage d’Internet qui s’est développée à cette période –, mais aussi par l’élimination d’intellectuels et d’opposants politiques dissidents dans ce qui a été qualifié d’« assassinats en chaîne ».

L’illusion réformiste de cette période s’est totalement dissipée avec le retour au pouvoir des « conservateurs » avec l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en 2005 puis l’écrasement du Mouvement vert qui s’était développé à la suite de sa réélection très contestée en 2009 et avait vu des millions d’Iraniens descendre dans la rue.

Ahmadinejad restera au pouvoir jusqu’en 2013. Ses présidences seront marquées par un conservatisme radical, un isolement international accru, des difficultés économiques croissantes et la multiplication des exécutions. Les présidents suivants, quelle que soit leur étiquette – Hassan Rohani (2013-2021), considéré au départ comme un « réformateur », Ebrahim Raïssi (2021-2024), présenté comme un ultraconservateur, puis Massoud Pezeshkian (depuis 2024), qualifié de « réformateur modéré » –, n’ont pas fait évoluer le régime dans un quelconque sens de réforme, d’ouverture ou de modération.

Aucun des dirigeants actuels – tels Mohammad Ghalibaf, qui apparaît comme l’homme fort du moment, ou Ahmad Vahidi, le commandant en chef des Corps des gardiens de la révolution – n’a un profil de réformateur. L’auraient-ils que cela ne changerait rien si l’on s’appuie comme nous venons de le faire sur l’expérience de l’ensemble des présidents depuis la formation de la République islamique.

La réalité est simple : ce régime, s’il a su se monter souple à certains moments pour des raisons tactiques – comme l’avait, par exemple, bien sous-entendu Ali Khamenei au moment de la signature de l’accord de Vienne sur le nucléaire en 2015 –, est en réalité fondamentalement irréformable. Il ne peut en effet se transformer d’une quelconque manière sans perdre son essence « révolutionnaire » même. C’est ce que savent très bien les Iraniens et ce que de nombreux analystes, commentateurs ou décideurs se refusent d’admettre pour diverses raisons.

Que veulent les Iraniens ?

Et si on écoutait la voix des Iraniens ? Depuis l’hiver 2017-2018, on a vu apparaître de manière croissante lors des mouvements de protestation qui se sont multipliés dans le pays la référence à la dynastie Pahlavi. Cela a aussi été le cas de manière récurrente et étendue lors des vastes manifestations qui ont secoué tout l’Iran en décembre 2025 et janvier 2026 avant qu’une répression sanglante ne s’abatte sur les manifestants.

Comme l’ont bien analysé Oliver Bast et Pollet Samvelian dans un article récent publié dans la Croix, la popularité du fils de l’ancien shah d’Iran – dont le nom est le seul parmi d’autres personnalités possibles à avoir émergé lors des protestations de cet hiver – traduit non pas une quelconque « nostalgie », mais une forte défiance envers l’idée même de la possibilité d’une transition réformiste de la République islamique. Le camp dit réformateur est en effet aujourd’hui discrédité, notamment en raison de son impuissance au sein d’un système politique en réalité totalement verrouillé. Le nom de Reza Pahlavi fonctionne dans cette analyse comme un signal envoyé par la population iranienne : celui de la rupture. Il ne dit pas seulement « autre chose », il dit « autre monde », relèvent ces auteurs.

S’il n’est évidemment pas simple de sonder l’opinion publique dans l’un des pays les plus répressifs au monde, cette analyse rejoint néanmoins les études effectuées avant même la répression de janvier 2026 et la guerre actuelle par le Groupe d’analyse et de mesure des attitudes en Iran (Gamaan), une fondation de recherche indépendante à but non lucratif enregistrée aux Pays-Bas. Selon son rapport d’analyse sur les « préférences politiques des Iraniens en 2024 » publié en août 2025, toutes provinces confondues, qu’il s’agisse de zones rurales ou urbaines, de toutes les tranches d’âge et des deux sexes, environ 70 à 80 % des personnes interrogées déclaraient qu’elles ne voteraient pas pour ce régime, tandis que seuls 11 % des sondés lui exprimaient clairement leur soutien.

Depuis, le régime a mené une répression extrêmement violente et sanglante en début d’année 2026, faisant des dizaines de milliers de victimes et n’hésitant pas à faire appel à des milices étrangères pour cette basse besogne. Il s’agit de la pire répression de l’histoire de la République islamique. Elle ne peut que lui avoir aliéné encore davantage de citoyens.

Si l’on suit les enquêtes de Gamaan, de nombreux Iraniens faisaient déjà une distinction claire entre, d’une part, l’idée même de l’Iran et, d’autre part, la République islamique. Ils considéraient le régime comme un élément étranger, une force d’occupation. Une opinion exprimée à travers des slogans, tels que « Notre ennemi est ici même, ils mentent en disant que c’est l’Amérique » et « Ni Gaza, ni le Liban, je ne donnerai ma vie que pour l’Iran » – des positions soutenues respectivement par 73 % et 64 % des personnes interrogées lors de l’enquête menée par Gamaan en 2021. On remarquera d’ailleurs qu’en dépit des opérations militaires israélo-américaines qui ont immanquablement provoqué des destructions et fait des victimes civiles, et contrairement à ce qui se passe en général dans ce type de situation, on ne relève actuellement aucun « effet de ralliement » massif autour du régime.

Déjà lors de la « guerre des 12 jours » de juin 2025, environ 44 % de la population tenait la République islamique d’Iran pour responsable du déclenchement de la guerre. 33 % en attribuaient la responsabilité à Israël et 16 % estimaient que les deux parties étaient également responsables. Très inquiet de la situation actuelle, le régime, affaibli et divisé, a d’ailleurs à nouveau fait appel à ses supplétifs étrangers (notamment les milices irakiennes) pour l’aider à maintenir l’ordre — voire faire régner la terreur – face à sa propre population.

Les auteurs de cet article ont co-signé plusieurs ouvrages, dont Histoire de l’Iran contemporain, aux éditions La Découverte, Collection « Repères », dont la troisième édition actualisée est parue en 2024.

L’impératif de la clarté

Le constat d’un rejet massif de la population iranienne à l’égard du régime étant posé, reste à en tirer les conclusions, c’est-à-dire, essentiellement pour l’administration Trump, à déclarer clairement qu’un des objectifs majeurs de l’opération « Epic Fury » est de créer les conditions nécessaires pour permettre un véritable changement de régime. Un message clair et sans ambiguïté accompagné d’une mise en œuvre réelle de cet objectif – en ciblant par exemple spécialement l’aile la plus dure du régime tout en laissant des portes ouvertes à ceux qui sont le moins compromis – pourrait avoir de nombreuses vertus à la fois en direction de la population iranienne et aussi de ce qui reste de l’ancien régime.

Pour la population, ce signal pourrait apaiser l’incertitude actuelle liée aux ambiguïtés de l’administration Trump quant à ses objectifs et au risque que le président américain ne trouve finalement un terrain d’entente avec le régime iranien, comme il l’a fait dans le cas du Venezuela. C’est la plus grande crainte en Iran, étant donné que ce développement laisserait la population en tête-à-tête avec son bourreau de janvier, celui-ci étant avide de prendre sa revanche sur des citoyens qui ne l’ont guère soutenu dans le cadre du conflit. En revanche, la perspective, même plus lointaine, d’un changement répondant aux attentes exprimées par les Iraniens pourrait à la fois les aider à mieux supporter le coût des opérations militaires du fait de l’espoir d’un changement de régime, mais aussi ouvrir la voie à une mobilisation massive au moment opportun.

Par ailleurs, au sein d’un régime qui n’est pas monolithique et unitaire et qui a été affaibli par trente-huit jours de bombardements, ce positionnement clair pourrait avoir pour vertu d’accroître la pression et les divisions déjà visibles au stade actuel, d’instiller le doute et d’inciter aux défections. Comme le relevait récemment Mohsen Sazegara, l’un des fondateurs des gardiens de la révolution, aujourd’hui en exil, une évaluation interne menée par le ministère iranien du renseignement en 2025 indiquait en effet qu’environ la moitié des membres de base des gardiens de la révolution considéraient leur appartenance à l’organisation comme un simple emploi. Ce ne sont donc pas des « jusqu’au-boutistes », surtout si on leur offre une porte de sortie. Parmi l’autre moitié, animée par des convictions idéologiques ou politiques, une large majorité était, selon Sazegara, insatisfaite en raison de la corruption des commandants, des politiques erronées de la direction et du fait que leur organisation avait été dressée contre le peuple.

Ces conditions offrent un large éventail de possibilités et de stratégies pour faciliter un changement de régime et une transition politique. Sazegara note par exemple que les États-Unis pourraient exercer de fortes pressions pour que la création d’un Conseil national de réconciliation – et les étapes qui en découleraient – soit une condition sine qua non de la fin de la guerre. Cela accroîtrait considérablement la pression sur les tenants actuels du régime, non seulement de la part de la population, mais aussi d’une grande partie des structures gouvernementales et des forces armées. Des « figures de rassemblement » pourraient peut-être, dans ce scénario, également jouer un rôle – éventuellement transitoire – dans la mise en place d’un régime alternatif en Iran. Reza Pahlavi a exprimé son souhait de retourner en Iran, mais il a surtout déjà présenté en avril 2025 un plan de transition complet, l’Iran Prosperity Project (IPP), élaboré par une équipe de plus de 100 conseillers et experts. Ce dernier vise à la stabilisation du pays, au maintien des services essentiels ainsi qu’à la préparation à la transition vers un État laïque et démocratique. Les possibilités ne sont donc pas inexistantes.

Encore faudrait-il que Donald Trump choisisse de se montrer clair sur ce point – ce qui est loin d’être acquis. N’en déplaise à son instinct, à une partie de son électorat et à certains commentateurs, malgré les difficultés, les défis et les débats sur la manière d’atteindre cet objectif, il s’agit de la seule possibilité pour à la fois répondre aux attentes de la majorité de la population iranienne et espérer apaiser, à terme, une région qui en a bien besoin. L’autre terme de l’alternative est le maintien du régime actuel, avec sa dérive islamo-militaire. Ce dernier est certes affaibli à court terme. Mais il va demeurer problématique et pour sa population et pour son environnement régional. Il aura sans aucun doute compris que sa meilleure chance de survie est, en interne, de faire quelques concessions tactiques, tout en s’appuyant en réalité sur la force et le contrôle – voire sur des milices étrangères comme il l’a déjà fait – et, à l’international, de développer le plus rapidement possible des capacités nucléaires. Cela lui permettrait de renforcer ses moyens de pression et de contrôle sur le détroit d’Ormuz afin de mieux assurer, en cas de besoin, l’application renouvelée de la politique de prise d’otage de l’économie mondiale, qu’il vient d’expérimenter avec succès dans cette zone.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Iran : un nécessaire changement de régime ? – https://theconversation.com/iran-un-necessaire-changement-de-regime-279871

Les neurosciences permettent de comprendre ce que la nature provoque dans notre cerveau

Source: The Conversation – in French – By Mar Estarellas, Postdocotoral Researcher, Social and Transcultural Psychiatry, McGill University


Parc national Yoho, Field, Canada.
(Unsplash/Hendrik Cornelissen)

Vous est-il déjà arrivé de ressentir un apaisement dès que vous entrez dans une forêt ? Ou peut-être avez-vous remarqué que votre esprit se calme lorsque vous regardez la mer ?

Nous savons depuis un certain temps, et beaucoup d’entre nous le sentent intuitivement, que se retrouver dans la nature nous fait du bien. Les neurosciences nous permettent désormais de comprendre pourquoi, et ce qui se produit dans le cerveau dans ces moments-là.

J’ai récemment participé à la rédaction d’une revue exploratoire sur les aspects neuroscientifiques de l’exposition à la nature, publiée dans Neuroscience and Biobehavioral Reviews, en collaboration avec des collègues de l’Université Adolfo Ibáñez, au Chili, et de l’Imperial College de Londres, au Royaume-Uni.

Nous avons passé en revue 108 études de neuroimagerie évaluées par des pairs sur l’exposition à la nature et avons constaté que les résultats étaient cohérents. Lorsque les gens se retrouvent dans des environnements naturels (ou même s’ils regardent des photos de la nature), le cerveau présente des signes de réduction du stress, d’allègement de l’effort mental et d’une meilleure régulation émotionnelle.

Augmentation des ondes alpha et thêta

Nous sommes nombreux à vivre dans des environnements qui maintiennent notre cerveau en état d’alerte avec la circulation, les écrans, le bruit, l’agitation et une constante prise de décision. Si les villes sont de formidables créations humaines, elles sollicitent fortement notre attention et notre système de gestion du stress.

Une voiture dans une rue, la nuit
Le bruit, les lumières et l’agitation d’une rue urbaine fatiguent notre cerveau.
(Unsplash/Howei Wang), CC BY

La nature, en revanche, semble offrir un tout autre type de stimulation, auquel le cerveau réagit différemment.

L’une des conclusions les plus marquantes provient des études par électroencéphalographie (EEG), qui mesurent l’activité électrique du cerveau. Dans de nombreuses expériences que nous avons passées en revue, les environnements naturels causaient une augmentation des ondes alpha et thêta. Celles-ci sont associées à un état d’éveil détendu. Les études ont souvent mis en évidence une diminution de l’activité bêta, qui est davantage liée à un effort actif ou à une charge cognitive.

Pour résumer, le cerveau semble moins « surchargé » dans la nature.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il devienne passif ou somnolent. Disons plutôt qu’il passe à une forme d’attention plus calme, qui nécessite moins d’efforts. Observer le mouvement des feuilles, écouter le bruit de l’eau ou remarquer les variations de lumière sollicite l’esprit de manière différente qu’une rue bondée ou un flot de notifications.

Certaines études indiquent que ces effets peuvent se manifester rapidement. Dans plusieurs expériences d’EEG, tant dans le monde réel qu’en réalité virtuelle, des changements sont apparus en l’espace de quelques minutes, parfois en seulement trois minutes.

Les effets sont généralement plus marqués lors d’une exposition plus longue, surtout si les participants passent au moins 15 minutes dans un environnement immersif.

Baisse de l’activité de l’amygdale

Nous avons également passé en revue des études basées sur l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Ces techniques permettent de mesurer les variations du débit sanguin liées à l’activité neuronale et d’observer quelles régions deviennent plus ou moins actives.

Nous avons ainsi pu constater la diminution de l’activité dans les zones cérébrales impliquées dans le stress et la rumination chez une personne qui avait passé du temps dans la nature. L’amygdale, qui aide à détecter les menaces et à réagir au stress, devient alors moins active. Il en va de même pour le cortex préfrontal sous-génual, une région associée aux pensées négatives répétitives.

D’autres études basées sur l’IRMf ont mis en évidence des modifications dans les réseaux impliqués dans l’attention et les pensées axées sur soi, notamment dans certaines parties du réseau du mode par défaut. Ces zones sont engagées dans l’introspection, le vagabondage mental et ce que l’on pourrait appeler « le flux de fond de l’expérience intérieure ».

Dans la nature, ces régions se sont réorganisées de manière à favoriser un état mental plus calme et moins dispersé.

Des effets en cascade

En passant en revue ces 108 études, nous avons constaté une tendance largement cohérente, que nous présentons comme une cascade d’effets par laquelle la nature pourrait influencer le cerveau.

Tout d’abord, les environnements naturels sont généralement plus faciles à traiter pour le cerveau. Leurs formes et leurs rythmes suivent souvent des motifs fractals, comme ceux que l’on observe sur les côtes, dans les feuilles et les nuages, que le cerveau semble traiter facilement.

Cela peut réduire la charge sensorielle et perceptive. À mesure que cela se produit, les systèmes liés au stress se stabilisent et le corps peut sortir du mode « combat ou fuite ».

L’attention nécessite alors moins d’efforts et la gestion émotionnelle devient plus stable. Nous décrivons ce phénomène comme un circuit reliant la perception, la régulation du stress, l’attention et le traitement des informations liées à soi.

La nature peut-elle modeler l’anatomie du cerveau ?

Certaines études indiquent que, au-delà des effets immédiats de l’exposition, la nature pourrait également influencer le développement du cerveau à long terme. Des études d’IRM structurelle suggèrent que le fait de vivre dans des zones avec de la verdure est associé à des différences dans l’anatomie cérébrale avec, notamment, davantage de matière grise et une meilleure intégrité de la matière blanche chez certaines populations.

Ces études sont pour la plupart corrélationnelles, il convient donc de les interpréter avec prudence. Elles ne permettent pas de prouver que la nature est la seule responsable de ces différences, mais indiquent la possibilité que de petits effets réparateurs, répétés au fil des mois et des années, puissent s’accumuler pour favoriser la cognition et la résilience.

Ainsi, lorsque le temps passé en plein air vous procure une sensation de légèreté, de clarté ou vous aide à vous libérer l’esprit, sachez que cette sensation découle probablement du fait que votre cerveau est entré dans un autre état.

Si nous comprenions un peu mieux comment la nature agit sur nous et comment nous interagissons à notre tour avec elle, nous pourrions peut-être mieux la protéger. Prendre soin de la nature, c’est aussi prendre soin de soi-même et des autres.

La Conversation Canada

Mar Estarellas ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les neurosciences permettent de comprendre ce que la nature provoque dans notre cerveau – https://theconversation.com/les-neurosciences-permettent-de-comprendre-ce-que-la-nature-provoque-dans-notre-cerveau-278707

Dick Van Dyke attribue sa longévité à son attitude positive – selon des études, les optimistes vivent plus longtemps

Source: The Conversation – in French – By Jolanta Burke, Associate Professor, Centre for Positive Health Sciences, RCSI University of Medicine and Health Sciences

Dick Van Dyke, célèbre acteur et humoriste américain qui a joué dans des classiques tels que Mary Poppins et Chitty Chitty Bang Bang, a soufflé ses 100 bougies le 13 décembre dernier. L’acteur attribue sa remarquable longévité à son attitude positive et au fait qu’il ne se met jamais en colère.


Si la longévité dépend de nombreux facteurs, notamment la génétique et le mode de vie, les propos de Van Dyke contiennent néanmoins une part de vérité. Plusieurs études ont en effet montré qu’un faible niveau de stress et une attitude positive et optimiste étaient associés à une meilleure longévité.


Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société, qu’ils transforment depuis leur venue au monde. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.


Les effets de la colère sur le cœur

Au début des années 1930, des chercheurs ont demandé à un groupe de 678 novices religieuses, âgées pour la plupart d’environ 22 ans, d’écrire une autobiographie au moment de leur entrée au couvent.

Soixante ans plus tard, des chercheurs ont analysé leurs textes. Ils les ont aussi comparés aux données relatives à la santé à long terme de ces femmes.

Ils ont constaté que celles qui exprimaient des émotions plus positives au début de leur vie (en déclarant par exemple ressentir de la gratitude plutôt que du ressentiment) avaient vécu en moyenne dix ans de plus que les autres.

Une étude britannique a également révélé que les optimistes vivaient de 11 à 15 % plus longtemps que les pessimistes.

En 2022, une étude portant sur quelque 160 000 femmes de différentes origines ethniques a révélé que celles qui se disaient optimistes avaient davantage de chances de vivre au-delà de 90 ans que les pessimistes.

Une explication possible de ces résultats réside dans les effets de la colère sur le cœur.

Les personnes qui ont une vision positive ou optimiste de la vie semblent mieux gérer ou maîtriser leur colère. Ce n’est pas anodin, car la colère peut avoir de nombreux effets néfastes sur l’organisme.

La colère provoque la libération d’adrénaline et de cortisol, les principales hormones du stress, et ce, en particulier chez les hommes. De brefs accès de colère suffisent à entraîner une détérioration de la santé cardiovasculaire.

La pression que le stress chronique et la colère exercent sur le système cardiovasculaire a été associée à un risque accru de développer des problèmes tels que les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète de type 2, qui sont responsables d’environ 75 % des décès prématurés. Si le stress et la colère ne sont pas les seules causes de ces maladies, ils y contribuent toutefois de manière significative.

Ainsi, lorsque Dick Van Dyke affirme qu’il ne se met pas en colère, cela pourrait bien expliquer en partie sa longévité.

Attention au stress

Une cause plus profonde, au niveau cellulaire, expliquerait l’influence du stress sur la longévité. Elle concerne les télomères, qui sont les parties protectrices situées à l’extrémité de nos chromosomes (les paquets d’ADN contenus dans nos cellules).

Dans les cellules jeunes et saines, les télomères sont longs et intacts. Avec l’âge, ils raccourcissent et s’effilochent progressivement. Lorsqu’ils sont trop usés, les cellules ont du mal à se diviser et à se réparer. C’est l’une des raisons pour lesquelles le vieillissement s’accélère avec le temps.

Le stress est associé à un raccourcissement rapide des télomères, ce qui rend la communication entre les cellules et leur renouvellement plus difficiles. En d’autres termes, les émotions stressantes, telles qu’une colère incontrôlée, peuvent accélérer le vieillissement.

Un homme vêtu d’une chemise et d’une cravate froisse deux boules de papier et crie de frustration ou de colère alors qu’il est assis devant son ordinateur
La colère est néfaste pour le cœur.
PeopleImages/Shutterstock

Une étude a aussi révélé que la méditation, qui permet de réduire le stress, était associée de manière positive à la longueur des télomères. Une meilleure gestion de la colère pourrait ainsi contribuer à prolonger la durée de vie.

De plus, les optimistes semblent plus enclins à adopter des habitudes saines, comme la pratique régulière d’une activité physique ou une alimentation équilibrée, qui peuvent également favoriser la santé et la longévité en diminuant le risque de maladies cardiovasculaires. Dick Van Dyke lui-même s’efforce de faire de l’exercice au moins trois fois par semaine.

Pour améliorer sa longévité

Si vous souhaitez vivre aussi longtemps que Dick Van Dyke, voici quelques conseils pour gérer le stress et la colère.

Contrairement à la croyance populaire, chercher à « évacuer » sa colère en frappant dans un sac, en criant dans un oreiller ou en courant jusqu’à ce que le sentiment disparaisse n’est pas efficace. Ces actions maintiennent le corps dans un état d’alerte qui affecte le système cardiovasculaire et peut prolonger la réponse au stress.

On recommande de privilégier plutôt une attitude calme. Ralentir sa respiration, compter ses inspirations et expirations ou pratiquer d’autres techniques de relaxation, comme le yoga, permettent d’apaiser le système cardiovasculaire plutôt que de le surstimuler. À long terme, cela réduit la pression sur le cœur et permet de vivre plus longtemps. Il est important de le faire chaque fois que l’on se sent particulièrement stressé ou en colère.

On peut également stimuler les émotions positives en essayant d’être plus présent dans sa vie au quotidien. La présence permet d’avoir davantage conscience de ce qui se passe autour de soi et en soi.


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Si l’on planifie une sortie au restaurant avec son conjoint, on peut organiser la soirée avec soin en réservant, par exemple, une table dans un restaurant que les deux personnes aiment, en demandant une table dans un coin calme pour faciliter la discussion ou encore en ralentissant le rythme et en se concentrant sur l’instant présent de manière à prendre conscience des différentes sensations que l’on éprouve.

On peut également susciter des émotions positives en réservant du temps pour jouer. Pour des adultes, cela signifie faire quelque chose simplement parce que c’est agréable, sans but particulier. Le jeu procure des émotions positives, ce qui peut avoir des effets bénéfiques sur la santé.

Les conseils de Dick Van Dyke sont peut-être justes. Si l’on ne peut pas contrôler tous les facteurs influençant notre santé, apprendre à gérer sa colère et adopter une attitude positive dans la vie peuvent toutefois contribuer au bien-être et prolonger l’espérance de vie.

La Conversation Canada

Jolanta Burke ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Dick Van Dyke attribue sa longévité à son attitude positive – selon des études, les optimistes vivent plus longtemps – https://theconversation.com/dick-van-dyke-attribue-sa-longevite-a-son-attitude-positive-selon-des-etudes-les-optimistes-vivent-plus-longtemps-272141

Nature et mouvement : un duo essentiel pour la santé mentale des jeunes

Source: The Conversation – in French – By Corentin Montiel, Chercheur postdoctoral, Université de Montréal; Université du Québec à Montréal (UQAM)

La combinaison d’une exposition élevée à la nature dans la vie quotidienne et dans le contexte de la pratique d’activité physique serait associée aux scores les plus élevés de santé mentale positive. (Pixabay)

Passer du temps en nature améliore la santé mentale, c’est prouvé. Mais peut-on aller plus loin ? Exposés à différents environnements naturels et en pratiquant une activité physique, les jeunes peuvent-ils vraiment renforcer leur bien‑être, alors que leur santé mentale est de plus en plus fragilisée ?


Au Canada, la prévalence des troubles anxieux et dépressifs chez les 19-24 ans a connu une hausse marquée entre 2011 et 2018. La pandémie de Covid-19 n’a fait qu’aggraver la situation : la proportion de jeunes Canadiens et Canadiennes qui rapportent une très grande satisfaction face à la vie est passée de 72 % en 2018 à seulement 26 % en juin 2020. C’est la chute la plus importante enregistrée parmi tous les groupes d’âge.

Dans ce contexte, identifier des leviers accessibles pour promouvoir le bien-être des jeunes adultes devient une priorité de santé publique. D’un côté, les bienfaits de l’activité physique pour la santé mentale sont bien établis ; la recherche démontre que l’activité physique réduit les symptômes dépressifs et anxieux, protège et renforce la santé mentale positive — c’est-à-dire le sentiment de bien-être psychologique, émotionnel et social.

D’un autre côté, il existe un intérêt grandissant pour les bénéfices que procure l’exposition à la nature. En effet, le temps en nature est lui aussi associé à une réduction du stress, des symptômes anxieux et dépressifs, et une augmentation de la santé mentale positive dans la littérature scientifique. Les bienfaits de l’exposition directe à la nature semblent avoir un effet plus marqué sur le renforcement des émotions positives que sur la diminution des émotions négatives.

Une combinaison gagnante

Une étude canadienne longitudinale récente que nous avons menée auprès de jeunes adultes suggère que la combinaison d’une exposition élevée à la nature dans la vie quotidienne et dans le contexte de la pratique d’activité physique serait associée aux scores les plus élevés de santé mentale positive. En plus de la présence de nature dans les milieux de vie, cela peut prendre la forme de déplacements quotidiens à pied ou à vélo en empruntant des rues bordées d’arbres ou des corridors verts, la course à pied le long du fleuve, des entraînements extérieurs ou encore des sports d’équipe au parc.

Dans une moindre mesure, une exposition élevée à la nature dans l’un ou l’autre de ces contextes est également associée à une meilleure santé mentale comparativement à une faible exposition dans l’ensemble de ces contextes. Ces résultats soulignent l’intérêt potentiel de promouvoir des environnements riches en nature dans plusieurs sphères de la vie, afin de soutenir le bien-être émotionnel, psychologique et social au début de l’âge adulte.

Des effets positifs sur l’humeur après 15 minutes d’exposition

Contrairement à la plupart des études qui s’appuient sur des mesures géospatiales, comme le couvert végétal ou la proximité d’un parc, notre équipe de recherche a choisi de mesurer la perception de la présence de la nature chez les jeunes, dans leur environnement quotidien et lors de la pratique d’activité physique, une dimension encore peu explorée. Comprendre comment les jeunes perçoivent, investissent et donnent du sens à leurs expériences en nature est essentiel pour maximiser les retombées de ces environnements sur leur bien-être.

Cette étude s’inscrit dans la continuité des travaux sur le sujet, qui montrent que l’activité physique pratiquée en milieu naturel, y compris dans les parcs urbains, bénéficie davantage à la santé mentale, comparativement à celle réalisée dans des environnements urbains non naturels. Certaines études suggèrent que l’activité physique pratiquée en nature entraîne des effets positifs sur l’humeur et l’attention dès 15 minutes d’exposition, et ce, quelle que soit l’intensité de l’effort.

Ces résultats s’inscrivent dans une hypothèse de synergie : l’activité physique facilite l’exposition aux espaces verts, ce qui rend les individus plus susceptibles de bénéficier des effets bénéfiques du contact avec la nature. À l’inverse, l’accès à des environnements naturels favorise également la pratique d’activité physique, augmentant ainsi la probabilité d’en retirer les bienfaits.

Les environnements naturels offrent des occasions uniques d’interaction, de défis physiques et d’expériences émotionnelles qui contribuent au bien-être. Les espaces naturels proposent une variété de stimuli et de défis qui mobilisent les individus sur les plans physique, émotionnel et social. Par exemple, monter une montagne en groupe ou nager dans un lac offre des occasions de mettre à l’épreuve ses capacités physiques et de vivre des émotions positives, tout en favorisant les liens sociaux.




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Un accès inégal aux bienfaits

Encourager la fréquentation régulière d’espaces naturels, que ce soit dans le cadre d’activités physiques structurées ou de la vie quotidienne, constitue une stratégie de promotion de la santé mentale fondée sur les données probantes. Une telle approche revêt une importance particulière chez les jeunes adultes, à un moment de la vie caractérisé par des transitions multiples et une plus grande vulnérabilité.

Cette accumulation de preuves scientifiques sur les bienfaits de la nature soulève tout de même une problématique de justice sociale importante : toutes et tous n’ont pas accès de manière équitable à la nature. Dans de nombreux pays, dont le Canada, les quartiers moins favorisés sur le plan socio-économique disposent de moins d’espaces verts.

Dans le Grand Montréal, par exemple, les quartiers économiquement défavorisés présentent une proportion de territoire couverte par les arbres environ 28 % plus faible que les autres secteurs. De plus, leurs résidents passent moins de temps en nature, par manque de temps, de mobilité ou de ressources financières. Ces inégalités d’accès contribuent à reproduire et aggraver des disparités sociales de santé mentale.

Une cible couramment utilisée en aménagement urbain consiste à assurer l’accès à un parc ou à un espace vert d’au moins un hectare à moins de 300 mètres du domicile (environ 5 minutes de marche). Or, la répartition des parcs montre que certains secteurs défavorisés ne disposent pas d’un tel accès à proximité.

Concevoir l’aménagement du territoire comme un levier de santé mentale permet d’agir en amont sur les déterminants sociaux. L’accès aux parcs, aux forêts, aux lacs et à d’autres espaces naturels favorise l’activité physique, la détente et le ressourcement, particulièrement dans les zones densément peuplées. Les décideuses et décideurs peuvent ainsi contribuer à réduire ces inégalités en intégrant des objectifs de santé dans les politiques d’aménagement.

La Conversation Canada

Corentin Montiel a reçu des financements de la Société canadienne du cancer.

Isabelle Doré a reçu des financements de carrière du Fond de recherche du Québec – Santé (Chercheur-boursier Junior 2).

ref. Nature et mouvement : un duo essentiel pour la santé mentale des jeunes – https://theconversation.com/nature-et-mouvement-un-duo-essentiel-pour-la-sante-mentale-des-jeunes-277308

Hungarian election exposes tensions at the heart of Donald Trump’s plans to boost the far-right in Europe

Source: The Conversation – UK – By Stefan Wolff, Professor of International Security, University of Birmingham

The world will be watching on April 12 when Hungarians head to the polls in parliamentary elections that will determine the country’s next prime minister. This may sound exaggerated, but these parliamentary elections are about much more than simply whether the incumbent prime minister, Viktor Orbán, will serve another term as Hungary’s leader.

His main challenger, Péter Magyar, was until two years ago a close ally of the Hungarian prime minister. On some key issues – future oil purchases from Russia, resisting fast-track EU accession for Ukraine – Magyar is a continuity candidate who, at best, signals moderation, rather than radical change.

If he fails to win a two-thirds majority, which would allow him to change the constitution and undo many of the deeply undemocratic changes Orbán has made to Hungary’s political system, Magyar’s hands will also be tied domestically and he may not even be able to deliver on his key campaign promise – to clean up the systemic corruption that has thrived under Orbán.

But – while important in itself – the outcome of the elections is almost secondary in a bigger picture of an election campaign that has revealed much about the broader, and increasingly fraught, geopolitical dynamics of European politics.

Orbán has been leaning into his close relationship with the US president, Donald Trump. At one level, this is not surprising. Trump has publicly endorsed him twice this year alone – first in February and then again in March. The US president also dispatched both his secretary of state, Marco Rubio, and vice president, J.D. Vance, to Hungary to add weight to his candidacy.

Vance, visiting Hungary just days before the elections, praised Orbán’s governance and leadership style as a model for Europe and attacked the EU for trying to influence the outcome of the vote.

Such blatant election interference by the US in a Nato and EU member state is as unprecedented as it is worrying. It signals a new level of determination by the White House to shape alliances with other far-right populists predicated on the vague notion of “moral cooperation … and the defence of western civilisation”, as Vance put it during his visit to Budapest on April 7.

But while Orbán revelled in Washington’s endorsements, his unconditional embrace of Trump is no longer the dominant approach to Washington among many of Europe’s rightwing populist parties. The appeal of the Maga movement is rapidly diminishing in Europe.

While fulsome in their support for Donald Trump for more than a decade, many European rightwing populists have begun to realise the fraught nature of their association with Trump. “America first” is exactly what it says on the tin. Moreover, Trump’s interpretation of what it means makes it even worse for some of his erstwhile supporters.

For Poland’s president, Karol Nawrocki, Trump’s cosy relationship with Russian president Vladimir Putin runs counter to the almost universal perception of Russia as the main threat to Polish security. For the Danish People’s Party, which sits with the far-right Patriots for Europe faction in the European parliament, Trump’s designs on Greenland were so unpalatable that one of its members, Anders Vistisen, told the US president to “fuck off”.

For others, like the French Rassemblement National (National Rally), Trump’s tariff threats have affected some of their core constituencies among farmers. Even more so, Trump’s illegal war against Iran, hugely unpopular across European electorates, highlights the electoral liabilities of an association with the US president.

This does not make these rightwing populist movements more liberal. They still share a broad resentment of liberalism and what it stands for: open societies, open borders and a commitment to global institutions. But many of these parties have staked their political legitimacy on the defence of the sovereignty of their individual nation states. They are now asking themselves whether this sovereignty is perhaps more threatened by Washington – and Moscow – than by Brussels.

The answer to this question will partly be determined by the outcome of Sunday’s elections in Hungary.

What an Orbán victory would mean

A win for Orbán would, at a minimum, indicate sufficient desire for an autocratic and illiberal model of governance and at least some residual appeal of an alignment with Trump. But that logic may not prevail for long in the face of the conflict in the Middle East and Russia’s continuing onslaught on Ukraine.

Orbán’s close relationship with Putin – and his persistent obstruction of the EU’s Ukraine policy – is likely to leave him increasingly isolated, even among otherwise ideologically close rightwing populists. This vulnerability became apparent as early as 2022 when Orbán’s long-time ally Jaroslaw Kaczynski, then Polish deputy prime minister, publicly bashed his pro-Russian leanings.

Divisions over the EU’s Russia policy have exposed one significant faultline among rightwing populist movements across Europe between those seeking accommodation with the Kremlin and those seeking deterrence and containment. The far-right Sweden Democrats, for example, threatened to leave the European Conservatives and Reformists parliamentary bloc if Orbán’s Fidesz party had been allowed to join. This is precisely because the Hungarian prime minister was seen as too close to Russia.

For these Russia-sceptical parties, Orbán’s alignment with Putin is clearly anathema. Trump’s apparently warm relationship with the Russian president is likely to deepen their unease about aligning too closely with the White House. Geographical proximity to Russia and a long history of confrontation with Russia will remain powerful drivers for these parties’ foreign and security policies.

Trump’s endorsement of Orbán may thus more effectively accelerate Orbán’s isolation among rightwing populists in Europe. This will undermine his agenda of building a powerful coalition of like-minded illiberal leaders eroding the EU from within.

These tensions and contradictions at the heart of a supposedly ideologically well-aligned transatlantic populist right movement predate Hungary’s parliamentary elections and they will outlast them. At a time of almost unprecedented global disorder and uncertainty, the battle for Hungary is both an election campaign and, more broadly, a key episode in the ongoing debate over the meaning of the west as a geopolitical project.

The Conversation

Stefan Wolff is a past recipient of grant funding from the Natural Environment Research Council of the UK, the United States Institute of Peace, the Economic and Social Research Council of the UK, the British Academy, the NATO Science for Peace Programme, the EU Framework Programmes 6 and 7 and Horizon 2020, as well as the EU’s Jean Monnet Programme. He is a Trustee and Honorary Treasurer of the Political Studies Association of the UK and a Senior Research Fellow at the Foreign Policy Centre in London.

ref. Hungarian election exposes tensions at the heart of Donald Trump’s plans to boost the far-right in Europe – https://theconversation.com/hungarian-election-exposes-tensions-at-the-heart-of-donald-trumps-plans-to-boost-the-far-right-in-europe-280065

Some countries in Asia are rationing energy – why they’ve been hit hardest by the crisis in the Gulf

Source: The Conversation – UK – By Gokcay Balci, Lecturer in Sustainable Freight Transport and Logistics, University of Leeds

The war in Iran has led to a global energy crisis. Shipping traffic through the Strait of Hormuz, a major energy chokepoint that handles roughly 20% of the world’s oil, has been largely blocked by Iran since hostilities broke out in late February. This has, at times, caused oil prices to rise above US$100 a barrel.

As the primary customers of Gulf energy, Asian economies are being hit particularly hard by this crisis. According to figures published by the International Energy Agency in 2025, around 80% of the oil and petroleum products and nearly 90% of the LNG that transited the Strait of Hormuz that year were destined for Asia.

Not all countries in Asia are equally vulnerable. Those most exposed to energy market disruption share a set of structural characteristics: heavy reliance on imported fossil fuels, limited fiscal space and constrained energy systems that make it difficult to switch to alternatives quickly.

Countries such as Bangladesh, Pakistan and Sri Lanka are all heavily dependent on imported oil and gas to meet domestic demand. However, they lack the foreign exchange reserves needed to secure energy supplies in volatile global markets. When prices spike or supplies tighten, these economies are forced into painful trade-offs between energy access, inflation and fiscal stability.

Wealthier Asian economies such as Japan, South Korea, Hong Kong and Singapore have greater financial resources, granting them superior purchasing power in volatile markets. But they, too, are structurally exposed to global energy crises. Their energy systems are also deeply dependent on fuel imported from the Gulf, which leaves them sensitive to supply disruptions.

These countries have the fiscal capacity to maintain strategic energy reserves, providing them with temporary relief from disruption. Japan and South Korea, for example, have both initiated record-breaking releases from their state oil reserves since the start of the Iran war.

But with the exception of China, which has huge stockpiles of oil and LNG as well as robust domestic energy supply, these reserves are not designed to offset prolonged disruptions. Japan and South Korea’s national stockpiles only hold enough oil for around 200 days.

Governments under pressure

Faced with tightening supplies and rising prices, many Asian governments have moved quickly to curb energy demand. One of the most immediate responses has been to limit mobility. The Philippines, Pakistan and Sri Lanka have all introduced four-day working weeks or have extended public holidays to cut commuting and fuel use.

Pakistan has also introduced hybrid working arrangements for public-sector employees, encouraging remote work to reduce transport demand. Education systems have been similarly affected. Bangladesh brought forward Ramadan holidays in universities, while Pakistan closed schools for two weeks from March 10 and shifted higher education online.

In some cases, governments have introduced more direct restrictions. Myanmar’s military leaders have imposed fuel rationing and have restricted private vehicle use to alternating days based on licence plate numbers.

Other interventions have focused on managing demand in less disruptive ways. Thailand, for example, has raised recommended air-conditioning temperatures to 27°C and is encouraging energy-efficient workplace practices such as replacing suits with short-sleeved shirts.

Some Asian governments have turned to subsidies to shield households and businesses from rising energy costs. Indonesia has allocated tens of billions of US dollars to maintain affordable fuel and electricity prices, while Thailand has capped cooking gas prices and promoted alternative fuels such as biodiesel.

However, subsidies are proving difficult to sustain. For lower-income countries in particular, fiscal constraints limit how long such support can be maintained. Pakistan initially introduced targeted subsidies for farmers and the transport sector, but has been forced to scale them back as the crisis has continued.

Perhaps the most consequential response has been in Asia’s power sector. As energy supplies have tightened and prices surged, several Asian countries have reverted to coal – a fuel many nations have been phasing out.

Thailand has restarted two decommissioned units at the Mae Moh coal-fired power plant, while South Korea and Japan have lifted restrictions on coal generation to allow older plants to operate at higher capacity.

Smoke billows from chimneys at the Mae Moh coal power plant in Thailand.
The Mae Moh coal-fired power plant in Lampang, Thailand.
Tavarius / Shutterstock

The current energy market disruption has exposed structural vulnerabilities in Asia’s energy systems, including import dependence, limited diversification and fiscal constraints. Governments have relied on a mix of demand reduction, subsidies and fuel switching to limit the impact.

However, these are stopgap measures. If disruptions persist, these countries may be forced to rethink their energy strategies more fundamentally. This could accelerate investment in renewables and nuclear power, as well as efforts towards regional energy integration. But it also risks entrenching coal use and, in the process, hindering global climate goals.

Either way, the current crisis is a reminder that energy security and economic stability remain tightly intertwined and that disruptions in a single chokepoint can ripple across the global economy.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Some countries in Asia are rationing energy – why they’ve been hit hardest by the crisis in the Gulf – https://theconversation.com/some-countries-in-asia-are-rationing-energy-why-theyve-been-hit-hardest-by-the-crisis-in-the-gulf-279888

How Nasa’s Artemis II mission rediscovered the majesty and mystery of the Moon

Source: The Conversation – UK – By Gareth Dorrian, Post Doctoral Research Fellow in Space Science, University of Birmingham

Nasa named this image of the Moon ‘edge of darkness’ because it shows the terminator (top of the image) – the boundary between day and night. Nasa

On April 10, Artemis II – humanity’s first mission to the Moon in more than half a century – will draw to a close when the Orion capsule carrying four crew members detaches from its service module.

The capsule will then make a fiery plunge towards Earth, travelling at a speed of 25,000 miles per hour. As it plummets through the atmosphere, Orion’s heat shield will encounter temperatures of more than 1,600°C as the spacecraft decelerates rapidly.

A series of 11 parachutes will deploy in sequence to bring Orion to a relatively sedate 25mph splashdown off the coast of San Diego in California. Splashdown will round out a remarkable flight which took the astronauts Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch and Jeremy Hansen on a looping lunar flyby.

Clockwise from left: Artemis II astronauts Christina Koch (Nasa), Jeremy Hansen (Canadian Space Agency), Reid Wiseman, Victor Glover (both Nasa).
Clockwise from left: Artemis II astronauts Christina Koch (mission specialist), Jeremy Hansen (mission specialist), Reid Wiseman (commander), Victor Glover (pilot).
Nasa

Reaching a distance of 252,756 miles from Earth, they travelled further from our planet than humans have ever been – exceeding a record set by the crew of Apollo 13 in 1970.

The four-day journey out to the Moon was remarkably smooth, barring a few minor hiccups. The capsule’s 3D-printed titanium toilet malfunctioned early in the flight and had to be fixed by mission specialist Koch who, during a group interview, declared: “I’m the space plumber!” A communications dropout about 50 minutes into the flight was quickly resolved.

The Moon is tidally locked to Earth, meaning it completes one rotation on its axis in the same time it takes to orbit the Earth (28 days). This means we always see the same face of the Moon.

The night side of Earth, captured by Reid Wiseman during Orion’s journey to the Moon. Green aurora can be seen over the North and South magnetic poles. The planet Saturn is visible bottom right.
Nasa

The lunar far side therefore remains permanently out of view from Earth, and has often been referred to as the dark side of the Moon. In fact, it receives just as much sunlight as the near-side face.

The two faces are, however, remarkably different. On the near side, the darker regions (the lunar maria) that we can see from Earth are vast smooth plains of solidified, iron-rich lava.

This lava has been gradually powdered by meteoroid impacts over the aeons. The lighter regions we see are comprised of mountains and densely packed impact craters.

The stages of Orion’s flyby of the Moon.
Nasa / Gareth Dorrian

Compared with the face we see from Earth, the lunar far side is extraordinarily rugged. It is peppered with impact craters and has very few smooth lunar maria. Why this disparity exists is still debated.

The Artemis II astronauts were struck by this difference during their flyby, remarking on the shadows cast by lunar topography near the far-side terminator (the boundary between day and night).

Orion’s loop around the Moon brought the crew to a distance of 4,067 miles from the lunar surface. From this remarkable vantage point, high over the lunar far side, the astronauts were treated to a grand view of the full lunar disk.

Mare Orientale at the centre of the lunar far side has a ‘bullseye’ appearance. The image also reveals the ruggedness of the terrain near the day-night terminator (top right). A portion of the near side, Oceanus Procellarum (Ocean of Storms), is visible on the left.
Nasa

They captured some beautiful imagery of our nearest, yet still-enigmatic celestial neighbour.

One of the few distinct far-side maria is Mare Orientale, a circular bullseye-like impact basin which was subsequently flooded with lava.

Orientale was formed by a powerful impact some 3.8 billion years ago, towards the end of the Late Heavy Bombardment – a surge of enormous meteorite impacts which struck the planets of the inner Solar System. Mare Orientale measures 180 miles across, roughly the distance between London and Leeds in the UK.

Artemis II astronauts describe the lunar flyby (Associated Press).

One advantage of sending astronauts to directly view terrain like this is the human eye. Despite the advances of modern imaging technology, our eyes are still one of the best instruments for perceiving colour.

While high over the lunar far side, the astronauts reported seeing not just shades of grey on the lunar surface far below them but also subtle tones of browns and greens, hinting at the complex mineral make-up of this ancient terrain.

During their flyby, the crew also observed two unnamed craters which they named Integrity, after their spacecraft, and Carroll, after Wiseman’s wife who died of cancer in 2020 aged 46. Canadian astronaut Hansen’s voice cracked with emotion as he announced the name during Nasa’s live mission coverage.

Artemis II astronauts dedicate a lunar crater to the commander’s late wife Carroll (C-Span)

As the Orion spacecraft passed behind the Moon (from our perspective), the astronauts were treated to a stunning view of Earthset where, from their perspective, the Earth dipped below the lunar horizon.

During this time, radio signals between Earth and the spacecraft were blocked, causing a 47-minute communication blackout. But the astronauts remained busy with tasks, including photographing the part of the lunar far side that was in darkness, to see if any flashes from meteorite impacts could be seen.

Wiseman, the mission’s commander, explained: “As soon as we went out of [contact] with planet Earth, we did have maple cookies … and then right back into the science. We had to take a moment to honour that time going behind the Moon and out of touch with Earth. That was a very surreal moment.”

Shortly after regaining contact with Earth, the astronauts were treated to yet another stunning perspective: a total solar eclipse, but seen from space near the Moon.

From Earth, a total solar eclipse at a given location typically lasts a few minutes and, by coincidence, the visible size of the lunar disk is approximately the same size as the visible size of the solar disk.

Rugged terrain near the far side terminator.
Rugged terrain near the Moon’s far-side terminator.
Nasa

However, from near the Moon, the lunar disk appears much larger and the eclipse lasted nearly an hour. By blocking the powerful light from the Sun, it revealed part of the Sun’s extended atmosphere called the corona (Latin for crown).

This diffuse atmosphere is more than a million times fainter than direct sunlight. When the Moon blocked this out, the astronauts could clearly see the corona extending out far into the solar system. It is actually a combination of diffuse gas flowing out into space and dust particles which scatter sunlight (called the F-corona).

Earth, the Moon and Artemis II, taken from a camera on one of the solar panels as the Earth passed behind the limb of the Moon – shortly before the loss of signal.
Nasa

The F-corona is more extensive in the plane (an imaginary flat surface in space) in which the planets all orbit the Sun. This effect can be seen in the image below, where the corona extends outwards towards the planet Venus (bottom left).

Total solar eclipse as seen from near lunar space. The bright point of light (bottom left) is the planet Venus.
Nasa

Technically, Artemis II is an engineering mission designed to test the performance of the Orion spacecraft in supporting human crews in deep space for extended periods.

However, when one looks at the images it has returned and the stories of the astronauts, it is hard not to think of this as a mission of exploration in its purest sense. The crew were heading out into the unknown, just to see what’s out there.

The Conversation

Gareth Dorrian does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How Nasa’s Artemis II mission rediscovered the majesty and mystery of the Moon – https://theconversation.com/how-nasas-artemis-ii-mission-rediscovered-the-majesty-and-mystery-of-the-moon-280192

Three reasons Donald Trump won’t pull the US out of Nato

Source: The Conversation – UK – By Paul Whiteley, Professor, Department of Government, University of Essex

President Donald Trump met Nato secretary general Mark Rutte on April 8 for what Rutte described as a “very frank, very open” discussion. The pair are reported to have discussed the US-Israeli war against Iran at which, according to White House spokesperson Karoline Leavitt, Trump believes that Nato was “tested and they failed”.

The president later posted to his Truth Social platform that “NATO WASN’T THERE WHEN WE NEEDED THEM, AND THEY WON’T BE THERE IF WE NEED THEM AGAIN.”

The US president’s meeting with Rutte came a week after he told Reuters press agency that he was “absolutely” considering withdrawing the US from Nato, after America’s allies refused to join the US-Israeli campaign against Iran. But this is very unlikely to occur for three reasons.

First, in 2023, Congress enacted a law that prohibits the president from “suspending, terminating, denouncing, or withdrawing the United States from the North Atlantic Treaty” — which established the North Atlantic Treaty Organization (Nato) — without the advice and consent of the Senate or an act of Congress. It is extremely unlikely that this will be changed before the midterm elections in November and impossible subsequently if the Democrats end up controlling the House of Representatives.

The second reason is that Nato membership is popular among Americans. A Pew survey conducted in 2025 showed that 66% of US respondents thought that America benefited from Nato membership while 32% thought the opposite. While, as in many things, the US is divided – with more Democrat voters (77%) supporting Nato membership than Republicans (45%) – it’s clear that, on the whole, Americans approve of Nato membership.

The third reason is that leaving Nato would significantly weaken the US militarily. More than half a century of research by historians and international relations specialists has concluded that leaving Nato would also significantly weaken the US.

In 1989, historian Paul Kennedy’s detailed study of wars over a period of 500 years, The Rise and Fall of the Great Powers, found that a decisive feature of success in war is the resources that parties to the conflict can mobilise. Kennedy cites the examples of the two world wars and demonstrates that a key reason why Germany was defeated was that the allies could mobilise many more resources in manpower, arms production and economic assets than Germany and its allies. Eventually, this proved decisive in both conflicts.

Research into quantifying the military capacity of nations has been conducted for more than half a century as part of the Correlates of War project founded in 1963 by American political scientist J. David Singer. The project aims to systematically collect data about the causes and consequences of wars.

One of the datasets collected in the project is called the Composite Index of National Capability. This combines data on the demographic, industrial, economic and military capabilities of nations, including the US and China. The higher the index score the more resources a county has to fight wars.

Scores in the Composite Index of National Capability of the Top Nations

The chart shows the size of the index for the top countries in the database. China is the most powerful nation in the chart with a score of 23 on the index. The US comes a rather distant second with a score of 13.

There are five Nato nations in the chart in addition to the US. They are Germany, Turkey, the UK, France and Italy. The total score of all six Nato members is 20 – much closer to the Chinese total.

The chart does not include the scores for the remaining Nato member states, but when they are added to the total the Nato score is well above that of China. So the assumption that the US can go it alone in a war with China is doubtful.

How Article 5 works

Article 5 of the Nato charter stipulates that an armed attack against one member state is considered an attack against all, triggering collective defence by all the member states. A recent report by the US Naval War College concluded that: “A large and growing body of evidence suggests that the PLA (People’s Liberation Army) is preparing credible capabilities to invade Taiwan”. The report argued that extensive deception will be used by China to confuse its opponents when the war is launched with rapid action by its armed forces to create a fait accompli. It notes that this type of blitzkrieg attack is very often successful.

If this occurred, then since the US has military advisers in Taiwan and military assets in the region that would need to be neutralised in the first phase of the war if the invasion were to be successful this would trigger Article 5 of the Nato charter. In that case China would find itself at war with 32 Nato countries – not to mention countries in the Far East, such as Japan, Indonesia and Vietnam, who have serious concerns about Chinese aggression, but are not members of the alliance.

So, whatever the US president’s ambivalence towards Nato, the fact is that without its support, the US could face a humiliating defeat by China in a future confrontation over Taiwan. America is much stronger as part of Nato – and Trump’s advisers should be strenuously reinforcing that message.

The Conversation

Paul Whiteley has received funding from the British Academy and the ESRC.

ref. Three reasons Donald Trump won’t pull the US out of Nato – https://theconversation.com/three-reasons-donald-trump-wont-pull-the-us-out-of-nato-280224

The more commodified your job, the more likely AI can do it – lessons from online freelancing

Source: The Conversation – UK – By Fabian Stephany, Assistant Professor, AI and Work, University of Oxford

Gorodenkoff/Shutterstock

Not long ago, if you needed a speech polished, a document translated or a logo designed, you would probably have hired a freelancer online. Millions of people did exactly that. They went to platforms such as Fiverr and Upwork and paid someone (maybe on the other side of the world) to do the job.

In 2023, online gig workers were estimated to number between 154 million and 435 million globally. As such, they could represent as much as 12.5% of the global labour force.

Today, however, many people do something else. They open ChatGPT. Generative AI now acts as a copy editor, translator, illustrator and research assistant in one. It can summarise a report in seconds, write social media posts, create a presentation or produce a simple logo at virtually no cost.

What, then, has happened to the freelancers who used to do this work?


AI has long been discussed as a threat to jobs and livelihoods. But what’s the reality? In this new series, we explore the impact it is already having on different occupations – and how people really feel about their AI assistants.


Some freelancers are struggling. But perhaps surprisingly, others are doing better than ever.

Demand and wages have fallen for some kinds of online freelance work. Translation, basic copywriting and simple graphic design have been hardest hit. According to one study, demand for freelance writers was found to have fallen by up to 30% after the release of generative AI tools. Other research suggests that freelancers who are highly exposed to AI saw earnings fall by as much as 14%.

Yet there is also evidence that many freelancers are thriving. Freelancer platform Upwork reports that higher-value contracts – those worth more than US$1,000 (£745) – increased across various disciplines after the arrival of generative AI. Freelancers using AI-related skills earn around 40% more than comparable freelancers who do not.

How can both of these things be true? The answer becomes clearer when you stop thinking about “freelancers” as one group and instead look at the tasks and skills they perform.

Some kinds of freelance work are highly commodified. They consist of narrowly defined, repetitive tasks that can be clearly described and easily compared. This could be things like translating a document, summarising a report, drafting a press release or designing a basic logo.

These tasks are exactly what generative AI is good at. They rely on patterns, templates and predictable instructions. The more closely a freelancer’s work resembles the tasks that AI can perform, the more likely it is to come under pressure.

But other freelancers do not sell a single narrow skill. They sell a more complex bundle of expertise. A legal translator does not merely convert words from one language to another. They understand legal terminology, cultural nuance and the risks of getting a phrase wrong.

Similarly, a branding consultant combines design with market research and consumer psychology. A software developer may use AI to generate code, but still needs to understand the client’s business problem to decide which solution actually works.

These workers can use AI to automate the repetitive parts of their jobs while concentrating on the aspects that clients still value most: expertise, judgment and trust.

Online today, in the office tomorrow

This matters far beyond online freelancing platforms. Online labour markets often act as an early warning system for the wider economy. This work is more transactional and less protected by the institutions that shape conventional employment (things like long-term contracts, internal promotion ladders and unions).

Because tasks are posted, bought and completed on the open market, technological change shows up there more quickly than in ordinary workplaces. What happens on Fiverr or Upwork today may happen in offices tomorrow.

This is already becoming visible in law firms, consultancy companies and marketing agencies. Many junior employees spend much of their time summarising documents, preparing presentations, drafting reports or conducting basic research. These are precisely the kinds of tasks that AI can perform.

Recent evidence from the US labour market suggests that younger and less-experienced workers are already bearing the brunt of AI-related disruption. Senior workers, by contrast, tend to do more complex work, combining technical knowledge with experience and human interaction.

someone pointing to a  section of a contract while another person offers them a pen.
Legal translation is more than converting words from one language to another.
CrizzyStudio/Shutterstock

The response should not be to compete with AI at the things AI already does well. Instead, workers need help building deeper forms of expertise and combining skills in ways that are harder to automate.

This is in the interest of workers, but also of the platforms themselves. Fiverr, Upwork and others promise clients efficient and high-quality work. If routine tasks are increasingly automated away, they will depend more heavily on workers who can offer something more than a standardised service.

That means platforms should actively provide skill-building courses, training resources and guidance on how to use AI productively. They could also offer micro-credentials that certify newly acquired expertise. These credentials have been found to help workers enter online labour markets and increase their earnings.

The challenge, then, is not to stop people from using AI. It is to ensure that workers are not trapped in forms of work that are so narrow, standardised and commodified that they can easily be automated away. The future of online (and onsite) work may depend less on whether we use AI than on whether our jobs can be reduced to something an AI can easily imitate.

The Conversation

Fabian Stephany does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The more commodified your job, the more likely AI can do it – lessons from online freelancing – https://theconversation.com/the-more-commodified-your-job-the-more-likely-ai-can-do-it-lessons-from-online-freelancing-280236