Comment les scientifiques ont percé les secrets du plus ancien bateau en planches du Danemark

Source: The Conversation – in French – By Mikael Fauvelle, Associate Professor and Researcher, Department of Archaeology and Ancient History, Lund University

Le bateau de Hjortspring (représenté ici dans _Vikings Heading for Land_, par Francis Bernard Dicksee, en 1873) a parcouru un long trajet dans la Baltique avant d’arriver sur l’île d’Als. Christie’s via Wikimédia

En réexaminant des matériaux prélevés lors de fouilles anciennes, des scientifiques ont pu déterminer que le plus ancien bateau en planches du Danemark provenait probablement d’une région éloignée de la tourbière où il a été retrouvé.


Il y a environ 2 400 ans, avant l’émergence de l’Empire romain, une petite armada de bateaux s’approcha de l’île d’Als, près de la côte du Jutland méridional, dans l’actuel Danemark. Cette armada transportait environ quatre-vingts guerriers armés de lances et de boucliers. Certains étaient des officiers, et ces hommes portaient des épées en fer.

Les navigateurs avaient traversé ce qui est aujourd’hui la mer Baltique à bord de longs bateaux en planches, élancés, d’environ 20 mètres de long. Les planches étaient cousues entre elles, car les bateaux de l’époque n’utilisaient pas de clous en métal, et les joints étaient calfatés, c’est-à-dire rendus étanches, à l’aide de goudron.

À un moment du voyage, ils se sont arrêtés pour réparer leurs embarcations. L’un d’eux a laissé une empreinte digitale partielle dans le matériau de calfatage encore tendre, fraîchement appliqué entre les jointures des planches. Ce guerrier de la mer – dont l’âge et le genre nous sont inconnus – laissait sans le savoir un message à destination de scientifiques (dont moi) qui, plus de deux millénaires plus tard, allaient enfin évaluer la portée de cette empreinte digitale grâce aux technologies les plus avancées.

Sauvé par la tourbière

La petite armée préparait une attaque amphibie éclair contre ses ennemis au Danemark – mais leurs plans échouèrent. Peu après avoir débarqué sur la plage, ces guerriers furent tués par les défenseurs locaux. Pour remercier les dieux de leur victoire sur ces envahisseurs, les habitants remplirent l’un des bateaux des armes des assaillants, puis l’immergèrent dans une tourbière locale en guise d’offrande. Le choix d’avoir coulé l’embarcation dans la tourbière a permis aux archéologues de reconstituer peu à peu les indices entourant cette attaque, ainsi que de mieux comprendre la technologie et la société de ces populations anciennes.

Aujourd’hui, cette tourbière insulaire du sud du Danemark est connue sous le nom de tourbière de Hjortspring. À la fin du XIXᵉ siècle, les vestiges du bateau antique y furent découverts, remarquablement bien conservés grâce à l’environnement pauvre en oxygène. Mais comme à l’époque, la région venait d’être conquise par la Prusse et faisait partie de l’Empire allemand, les Danois qui mirent au jour l’embarcation gardèrent leur découverte secrète jusqu’au retour de l’île d’Als dans le giron du Danemark, en 1920.

Le bateau fut finalement mis au jour en 1921 et est depuis lors exposé au Musée national du Danemark à Copenhague. La fouille des années 1920 avait mobilisé les meilleures méthodes archéologiques disponibles – mais les outils scientifiques de l’archéologie moderne n’existaient pas encore.

En 2023, des chercheurs de l’université de Lund et de l’université de Göteborg ont entamé une collaboration avec le musée national afin d’appliquer des méthodes scientifiques contemporaines à l’étude des matériaux extraits de la tourbière plus d’un siècle auparavant. Certains de ces échantillons n’avaient jamais été analysés depuis la fouille initiale – si bien qu’un grand mystère entourait le bateau de Hjortspring depuis toujours : d’où venaient ces guerriers envahisseurs du IVᵉ siècle avant notre ère ?

Mikael Fauvelle explique comment l’origine des assaillants a été déterminée (en anglais). Vidéo : Université de Lund.

Un résultat surprenant

Les armes – épées, lances et autres – découvertes à bord du bateau étaient largement utilisées dans toute l’Europe du Nord au début de l’âge du fer, et fournissaient donc peu d’indices sur l’origine de l’embarcation. La plupart des archéologues supposaient que le bateau venait d’un lieu proche, dans le Jutland, ou peut-être du nord de l’Allemagne.

En analysant le matériau de calfatage du bateau grâce à une technique de pointe, la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse, nous avons pu identifier précisément la composition chimique des goudrons utilisés : un mélange de graisse animale et de poix de pin.

Ce résultat était surprenant, car la quasi-totalité des forêts de pins du Danemark et du nord de l’Allemagne avaient déjà été abattues dès le Néolithique pour faire place à l’agriculture. Nous le savons grâce aux travaux des géologues, qui ont analysé les pollens anciens présents dans les lacs et les tourbières afin d’identifier les espèces végétales ayant poussé dans différentes régions d’Europe et à différentes périodes.

Si les constructeurs du bateau de Hjortspring ont pu se procurer du goudron par le commerce, il existait à l’époque, dans le Jutland, des solutions locales pour imperméabiliser les embarcations, comme l’huile de lin ou le suif (graisse bovine). Ainsi, notre enquête suggère que le bateau de Hjortspring ne provenait probablement ni du Jutland ni du nord de l’Allemagne, mais plutôt d’une région plus éloignée disposant d’abondantes forêts de pins.

Le bateau de Hjortspring au musée national du Danemark.
Le bateau de Hjortspring au musée national du Danemark.
Boel Bengtsson, CC BY-NC-SA

Au IVᵉ siècle avant notre ère, les grandes forêts de pins les plus proches se situaient le long des côtes de la mer Baltique, à l’est du Danemark actuel. Cela signifie que l’équipage du bateau de Hjortspring, ainsi que leurs compagnons d’aventure, ont peut-être parcouru des centaines de kilomètres en pleine mer avant de lancer leur attaque sur l’île d’Als.

On savait déjà que de tels voyages au long cours existaient à l’âge du bronze, lorsque des Scandinaves s’éloignaient considérablement de leurs terres à la recherche de cuivre. Le fer, en revanche, était produit localement en Scandinavie, ce qui rendit le besoin économique de telles expéditions moins évident à l’âge du fer.

Néanmoins, nos résultats indiquent que les échanges commerciaux et les raids à longue distance se sont poursuivis bien après la fin de l’âge du bronze. Si l’on ne saura jamais exactement ce qui a poussé ces guerriers à lancer cette attaque précise, nos travaux suggèrent qu’à l’époque déjà – comme aujourd’hui – les conflits politiques dépassaient les frontières régionales et incitaient de jeunes combattants à s’aventurer loin de chez eux.

Nous avons également pu dater au carbone 14 certaines cordes en liber de tilleul utilisées sur le bateau, fournissant ainsi la première datation absolue issue du matériel de la fouille d’origine. Ces cordages ont été datés entre 381 et 161 avant notre ère, confirmant que l’embarcation appartenait à l’âge du fer préromain.

La piste de l’ADN

Au moment de choisir les échantillons de goudron pour nos analyses, une autre découverte spectaculaire s’est imposée : le « message secret » laissé par l’un des membres de l’équipage, une empreinte digitale partielle imprimée par un marin dans un petit amas de goudron.

Un essai en mer à bord d’une reconstitution du bateau de Hjortspring.
Knut Valbjørn/Boel Bengtsson, CC BY-NC-SA

Grâce à la tomographie aux rayons X, nous avons réalisé un modèle numérique tridimensionnel de cette empreinte digitale, avec une précision allant jusqu’à l’échelle du nanomètre. L’analyse de l’empreinte indique qu’elle a été laissée par un adulte, même si nous ne pouvons, pour l’instant, en dire beaucoup plus sur l’identité de cet individu. Cette découverte fascinante nous offre un lien direct avec ce guerrier antique qui a autrefois traversé la mer Baltique.

Au cours de l’année à venir, nous espérons pouvoir extraire de l’ADN ancien à partir du goudron de calfatage du bateau, ce qui pourrait nous fournir des informations plus détaillées sur les populations qui l’ont utilisé.

À ce stade, nos résultats montrent que les pratiques de commerce maritime et de raids à longue distance, qui caractériseront plus tard la célèbre époque viking, se sont inscrites dans près de 3 000 ans d’histoire nordique. L’étude de ce bateau ancien nous permet ainsi de plonger plus profondément dans les origines de la Scandinavie en tant que société maritime.

The Conversation

Mikael Fauvelle a reçu un soutien financier pour ces travaux de la Marcus and Amalia Wallenberg Foundation (projet Complex Canoes) ainsi que du Riksbankens Jubileumsfond (programme Maritime Encounters).

ref. Comment les scientifiques ont percé les secrets du plus ancien bateau en planches du Danemark – https://theconversation.com/comment-les-scientifiques-ont-perce-les-secrets-du-plus-ancien-bateau-en-planches-du-danemark-272355

« Le Tchékiste », un film culte en Russie sur la terreur léniniste, écrit par Jacques Baynac

Source: The Conversation – in French – By Cécile Vaissié, Professeure des universités en études russes et soviétiques, Université de Rennes 2, chercheuse au CERCLE (Université de Lorraine), Université Rennes 2

Scène du film montrant une exécution sommaire effectuée par la Tchéka.
film.ru

Jacques Baynac, romancier, historien et militant français de gauche, avait beaucoup travaillé sur la période soviétique. Il a notamment rédigé le scénario d’un film devenu culte en Russie : « Le Tchékiste » montre les crimes de la Tchéka, la police politique créée sous Lénine et largement remise à l’honneur dans la Russie d’aujourd’hui.


En Russie, le 20 décembre reste appelé dans la population la « journée du tchékiste », même si, depuis 1995, son nom officiel est la « journée des travailleurs des organes de sécurité de la Fédération de Russie ». Ce jour-là, les employés et les « anciens » du FSB et de son prédécesseur d’avant la chute de l’URSS – le KGB, qui a lui-même succédé au NKVD et à la Tchéka révolutionnaire – rendent hommage à cette police politique qui, depuis sa création le 20 décembre 1917, a assassiné et déporté des millions de leurs compatriotes. Vladimir Poutine a lui-même réactivé ces célébrations et réhabilité le terme de « tchékiste ».

À l’inverse, au moins jusqu’au tournant répressif très violent qui a été pris dans le pays en 2021, des Russes qui déplorent les crimes soviétiques postaient souvent sur les réseaux sociaux, le 20 décembre, un lien ou des photos renvoyant à un film de 1992, Le Tchékiste, dont le scénario, basé sur un roman soviétique, a été écrit par Jacques Baynac (1939-2024), fils d’instituteurs du Lot.

Affiche du film « Le Tchékiste » réalisé par Alexandre Rogojkine et adapté du roman de Jacques Baynac sorti en 1992.

Lorsque Jacques Baynac, historien, romancier et scénariste, est mort à quatre-vingt-quatre ans le 3 janvier 2024, plusieurs articles ont récapitulé diverses étapes de sa vie longue et riche. Ils évoquaient le plus souvent son œuvre d’historien, bien sûr, mais aussi son refus de faire son service militaire pendant la guerre d’Algérie ; sa proximité passagère avec le trotskisme ; sa participation à la librairie La Vieille Taupe ; son opposition absolue à la « gangrène » du négationnisme (il la dénonce dans un article paru dans Libération le 25 octobre 1980) ; son rapport à mai 1968 et son appartenance à la gauche radicale : Baynac s’est trouvé au croisement de plusieurs aventures collectives de sa génération.

En revanche, sa détermination à dénoncer, dès les années 1970, les violences politiques exercées en URSS dès Lénine n’a été que peu rappelée.

Le Tchékiste, un film de 1992 sur la base d’un roman de 1923

Le livre sur lequel repose ce film – un roman très autobiographique de Vladimir Zazoubrine (1895-1938) – est paru en français en 1990. Écrit en 1923, avant la mise au pas de la littérature soviétique par le Parti, il n’a été publié en URSS qu’en 1989. Il porte, en russe, le titre Le Copeau, « Щепка » (Chtchepka), qui renvoie à l’expression « Quand on coupe du bois, les copeaux volent », généralement traduite par « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».

Dans ce titre russe, l’accent est donc mis à la fois sur l’insignifiance des victimes et sur la question fondamentale du texte, celle du but et des moyens, déjà amplement traitée par Dostoïevski. En revanche, le titre français met en relief l’homme qui exerce les répressions sommaires : le « héros », Sroubov, un homme aux « yeux de verre », est le chef local de la Tchéka, alors qu’il est issu de l’intelligentsia. Le préfacier à l’édition française, l’écrivain né en URSS Dimitri Savitski (1944-2019), note les trois thèmes mêlés dans ce roman : « l’abattoir sanglant » – les répressions –, sa « justification par la révolution » et « la destruction du matériau humain, à savoir la folie […] du tchékiste Sroubov ». Sans doute un quatrième thème, assez courant dans la littérature soviétique des années 1920, pourrait-il être ajouté : l’attitude du membre de l’intelligentsia face à la révolution qui exige de lui une transformation abrupte et totale de ses valeurs.

Jacques Baynac a rédigé, à partir de ce roman, un scénario ensuite tourné par le cinéaste Alexandre Rogojkine (1949-2021) dans le cadre d’une coproduction franco-russe. Ce film daté de 1992 montre l’horreur des exactions commises par la Tchéka dès les toutes premières années du pouvoir bolchevique et se veut une réflexion sur le rapport entre violence, terreur et révolution.

Bande-annonce du film.

Pour l’essentiel, il consiste en une succession de scènes similaires : les séances d’une « troïka », cette commission de trois personnes, qui juge en quelques minutes et condamne systématiquement à mort ; les exécutions collectives des condamnés dans les sous-sols ; les évacuations de leurs corps morts, chargés comme des carcasses animales dans les bennes de camions. C’est une société que l’on extermine.

Une femme au physique de paysanne lave les sols et nettoie le sang versé : personne ne se soucie de ce peuple qu’elle incarne et qui ne participe pas aux massacres, même s’il en est le témoin. Finalement, Sroubov dont le père a été fusillé, perd la raison.

Des interrogations sur Lénine et un livre sur Kamo

Baynac, ayant « déjà lu des livres sur la terreur rouge », aurait compris dès les années 1963-1965 que, « le problème [du communisme], c’était le léninisme ». Ce qui était loin d’être le point de vue le plus répandu dans la gauche française de l’époque. (Sauf mention complémentaire, tous les commentaires de Jacques Baynac viennent d’une interview de lui, réalisée par l’autrice à Cahors, le 21 avril 2022. De nombreux éléments biographiques viennent également de cette interview.)

Parti volontairement en exil pour échapper à la conscription, le jeune homme revient en France en 1966 et commence à s’intéresser à la Russie : il suit notamment, à l’EHESS, les cours de George Haupt et d’Alexandre Benningsen.

C’est en découvrant l’histoire du bolchevik Kamo dans la biographie de Staline rédigée par Boris Souvarine, qu’il a l’idée de consacrer un livre à ce personnage peu ordinaire : Arménien élevé en Géorgie et passé comme Staline par le séminaire de Tbilissi, Kamo (1882-1922), Simon Ter-Petrossian de son vrai nom, ami de Lénine, a été chargé, à partir de 1906 au moins, des « expropriations », c’est-à-dire qu’il procurait au Parti argent et armes par tous les moyens, y compris par des attaques armées.

Déjà, Baynac s’intéresse donc aux pratiques du parti bolchévique du vivant de Lénine. Il s’appuie sur des sources disponibles en France, mais aussi en URSS : grâce à son contrat avec Fayard, il passe trois semaines à Moscou, Bakou et Tbilissi, pendant l’été 1970 ou 1971. Il voyage seul, ne parle pratiquement pas le russe, mais, racontera-t-il, une employée de l’Intourist l’attend à chaque étape pour lui organiser ce dont il a besoin, depuis les réservations d’hôtels jusqu’aux projections de films et aux rencontres éventuelles. Kamo, l’homme de main de Lénine, sort en 1972.

D’autres livres sur la révolution

« La Terreur sous Lénine », Livre de Poche, 2003 (première édition : Sagittaire, 1975).

Baynac publie, deux ans plus tard, une étude collective sur la révolution de 1905 (Sur 1905, Éditions Champ libre, 1974) puis, en 1975, La Terreur sous Lénine (1917-1924). Entre ces deux livres, un événement s’est produit : L’Archipel du Goulag a commencé à paraître à Paris et une partie de la gauche française prend, un tant soit peu, conscience de l’ampleur des crimes soviétiques.




À lire aussi :
« L’Archipel du Goulag » : trois tomes qui ont ébranlé le communisme


La Terreur sous Lénine, livre conçu par Baynac « en collaboration avec » Alexandre Skirda, spécialiste des anarchistes russes, et l’universitaire Charles Urjewicz, relance les débats. En effet, il inclut des textes qui, publiés dans les années 1920, en français pour la plupart, démontrent que l’usage de la terreur par Lénine pouvait être connu dès cette époque.

En outre, dans un article introductif, intitulé « Socialisme et barbarie », Baynac confirme que la terreur policière était utilisée sous Lénine déjà et qu’il n’y a donc pas de sens d’« accabler Staline pour mieux absoudre Lénine ».

Baynac est ici sur la même position que Soljenitsyne dans L’Archipel du Goulag, mais aussi que Vassili Grossman dans Vie et destin – un roman dont le KGB et le Comité central du PCUS ont empêché la parution au début des années 1960. En revanche, contrairement à Soljénitsyne, Baynac considère que Marx ne peut pas être rendu responsable de cette terreur : Lénine aurait créé « un capitalisme d’État policier. Qui n’a strictement rien à voir avec le projet de Marx ».

Le débat relancé porte donc sur le terrifiant bilan de la terreur soviétique, les origines de celle-ci, mais aussi les aveuglements occidentaux.

La perestroïka et le cinéma

La perestroïka offre à Baynac de nouvelles opportunités. En effet, Pierre-André Boutang, responsable des émissions culturelles sur FR3 et de la mythique émission Océaniques, puis, à partir de 1992, directeur délégué aux programmes de La Sept-Arte, s’intéresse beaucoup à ce qui se passe à l’Est et propose à l’auteur de Kamo de repérer, pour FR3, les films documentaires qui sont alors produits en URSS.

À partir de 1988, Baynac se rend donc, dira-t-il, à peu près tous les mois en Russie et organise des soirées thématiques sur Arte. Puis il propose à cette chaîne de produire sept films sur l’histoire soviétique en adaptant sept œuvres littéraires (en fait, il parlait de « six films », car il n’avait pas voulu que l’un des sept lui soit attribué). Ayant une vraie passion pour la littérature russe – « Comment, sans elle, comprendre la Russie ? », demandait-il –, il choisit lui-même les livres à adapter, selon « une logique historique, chronologique », et écrit les scénarios. « Ensuite, Arte a négocié avec Lenfilm, les studios de cinéma de Leningrad. Je n’ai pas suivi les tournages, il n’y a pas eu de réunions de travail. » Il n’a pas non plus choisi les réalisateurs et trouvait certains d’entre eux trop « nationalistes ».

Son choix d’auteurs témoigne d’une connaissance fine de la littérature russe et soviétique : Léonid Andreev pour 1905, Mark Aldanov sur février 1917, Vsevolod Ivanov pour 1920, Vladimir Zazoubrine sur la terreur rouge, Sergueï Zalyguine (Au bord de l’Irtych) sur la collectivisation des campagnes, Lidia Tchoukovskaïa (La Plongée) sur les purges d’après la Seconde Guerre mondiale, Andreï Bitov pour la Russie de la perestroïka. Tournés par des réalisateurs différents, ces sept films sont diffusés sur Arte à partir de janvier 1993, comme pour expliquer aux Français ce qui s’est passé en URSS pendant plus de sept décennies.

Six de ces films sont, aujourd’hui, à peu près oubliés. Pas Le Tchékiste, dont le scénariste répondait, en 2022, par un oui très net à la question suivante : « Peut-on considérer ce film comme la continuation de votre travail sur la terreur et Lénine, un travail commencé dans les années 1960 ? »

Mais Baynac a cessé, vers 1994, de s’intéresser à la Russie, « d’autant – disait-il – que les archives s’ouvraient et que c’était aux historiens russes de faire le travail historique », et il ignorait tout du statut culte qu’a, en Russie, Le Tchékiste, ce long-métrage devenu un symbole pour ceux qui refusent d’oublier, de justifier et de banaliser les crimes soviétiques.

Dimitri Savitski écrivait dans la préface française du Tchékiste : « Évoquer l’attitude du KGB envers son passé n’est pas un exercice gratuit, car le sort du pays dépend en grande partie de cette organisation. » Ni Savitski, ni Baynac, ni Rogojkine ne se doutaient sans doute à quel point.

The Conversation

Cécile Vaissié ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Le Tchékiste », un film culte en Russie sur la terreur léniniste, écrit par Jacques Baynac – https://theconversation.com/le-tchekiste-un-film-culte-en-russie-sur-la-terreur-leniniste-ecrit-par-jacques-baynac-271269

How to listen to a forest

Source: The Conversation – UK – By Lianganzi Wang, PhD Candidate, Sound and Music Computing, Queen Mary University of London

Alice Holt forest in Hampshire, UK. Gillian Pullinger/Shutterstock

I was walking in Alice Holt Forest on England’s Surrey-Hampshire border when I stopped to listen. Despite there being nobody nearby, a slow “breathing” sound filled my ears. This was not a trick. An artwork was turning live forest data into sound, making the air feel like it was gently rising and falling. In that moment, “climate change” stopped being abstract and became something I could hear.

The piece I could hear is called Dendrophone by composer Peter Batchelor. It maps sunlight, humidity and carbon dioxide readings into a multichannel sound field in real time. Wetter air sounds “stickier”, drier air “crisper”, bright light introduces a fine hiss. When CO₂ uptake is high, you can hear longer, steadier “breaths”.

This is part of a soundscape installation called Sensing the Forest that has been produced by a cross‑disciplinary team at Queen Mary University of London, De Montfort University and the public agencies, Forest Research and Forestry England. The aim is straightforward: to help people make sense of forests and climate through listening, not screens.

Dendrophone captures three easy‑to‑tell textures from live data. Humidity is heard as a “dry/wet” sound; sunlight energy as a subtle hiss (more juddery when activity is high, smoother when calm); and carbon dioxide uptake as “breathing” that becomes longer and steadier when uptake is higher, shorter and more uneven when uptake is lower.

Played over several speakers around the site in the woods, these sounds blend with birds, wind and visitors’ footsteps so people can hear the forest’s state as it unfolds in real time.

Dendrophone — Peter Batchelor.
Shuoyang Zheng, CC BY-NC

The team also installed two DIY, solar‑powered off‑grid audio streamers (essentially tiny radio stations) that broadcast the forest online and auto‑record at sunrise, midday, sunset and the midpoint between sunset and the next sunrise. Recordings are uploaded and stored online, building a long‑term installation soundscape dataset.

Crackles blended with light rain/wind at around 3pm (18 March 2025)

Sounds can also include species cues, the noises that various animals make. Tree Museum, by sound artist Ed Chivers, is another installation in the same exhibition that uses artificial woodpecker drumming to draw attention to the lesser-spotted woodpecker (an endangered species down in numbers by 91% since 1967 in the UK). If a sound disappears, what else do we lose?

The mix of the soundscape changes constantly. Listen at different times and you’ll notice the balance of natural sound, human sound and installation sound shifting. Weeks of rain make everything feel “wetter”; bright days bring out the hiss; busy weekends sound busier. Each is a clue to what the forest is experiencing at that moment.

Tubular bells blended with bird songs and a plane in the background at noon (28 May 2025)

In the forest, there’s a survey QR code to capture instant reactions, plus a guided walk to make “how to listen, what to notice” clear for everyone.

Sensing the Forest doesn’t claim to fix the climate crisis, but it offers something valuable – a sensory language for data and a not‑so‑distant threat. In a time of ecological strain, technology here is less about control and more about translation; a way to foster ecological empathy.

Next time you step into a forest, pause and listen. You might hear not just the present, but the future we share.


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The Conversation

Lianganzi Wang is pursuing a PhD at the Centre for Digital Music (C4DM), Queen Mary University of London, supported by the China Scholarship Council (CSC).

ref. How to listen to a forest – https://theconversation.com/how-to-listen-to-a-forest-268225

How my time-space synaesthesia affects how I experience and ‘feel’ the new year

Source: The Conversation – UK – By Mary Jane Spiller, Senior Lecturer in Cognitive Psychology, University of East London

vatolstikoff/Shutterstock

I have a form of time–space synaesthesia, so the new year arrives for me in a very physical way. I feel myself move around the year, almost like I’m travelling along a structure. December sits low and to my left; January lifts and slides forward. The transition has a weight to it, as though the calendar itself shifts in space.

Synaesthesia is a perceptual condition where one sense triggers an experience in another sense. For some people, sounds trigger colours and shapes, or words might have tastes.

For others, like me, sequences such as months of the year or days of the week have precise places in space around our bodies. It is most commonly a developmental condition, which means that “synaesthetes” have experienced the world this way for as long as they remember. These synaesthetic experiences happen automatically, and are generally consistent over time for the person. Today is in front of me, tomorrow is to my left, and yesterday is to my right. If I ever woke up to find time had moved somewhere else, I would feel confused and lost.

For me, this makes the start of the new year feel like a physical transition, a time for new beginnings, as we move around the bend of time, leaving the old year behind me.

Like most people, between Christmas and new year, I completely lose track of what day it is — the whole week feels like a strange, timeless blur. Because of my time-space synaesthesia, this disorientation is amplified for me. The usual mental map I rely on to anchor dates and days seems scrambled, leaving me feeling unmoored.

As a cognitive psychologist, I have spent the last 20 years researching synaesthesia. I am fascinated by the way our minds help us experience the world around us, and particularly in the way we all experience the world differently. As well as helping to understand and document the synaesthetic experience itself, I am also interested in understanding the impact synaesthesia might have on other aspects of our lives.

Time-space synaesthesia provides an excellent way to explore how the brain organises time. For example, one of the benefits of these mental time-space calendars is an association with a better memory for historical events or important life events such as anniversaries or birthdays.

People with time-space synaesthesia may have cognitive advantages because their spatial mapping of time can serve as a powerful mnemonic aid. Research shows we learn skills like calendar calculation – such as knowing that December 1 1937 fell on a Wednesday, while December 1 2037 will be a Monday – faster and more accurately than people without synaesthesia. So our unique mental representations may help to boost memory and pattern recognition. This helps us understand the benefit of time being represented spatially and visually, rather than simply linearly.

Time-space synaesthetes also tend to have enhanced memory and attention for ordered information, such as dates and sequences, which may contribute to our strong performance in tasks involving time organisation, such as planning.

These mental timelines are so ingrained that they can override external cues — a phenomenon called the spatial Stroop effect. These automatic mappings can subtly influence decision-making when speed and spatial judgement matter.

It seems that it is not simply the effect of synaesthesia that drives these cognitive advantages. Research has highlighted differences between the brains of synaesthetes and non-synaesthetes. These differences may also give rise to wider cognitive differences unrelated to the sensory experiences. For example, time-space synaesthetes not only have good memories for times and dates, but also other aspects of memory too such as word lists, pictures or colours. Additionally, a 2015 study suggested time-space synaesthesia may be linked with more vivid mental pictures.

Roman numerals swirling in spirals in purples and blues
How do you experience time?
Jackie Niam/Shutterstock

The question that has always fascinated me is, why doesn’t everyone have
synaesthesia? We now know that synaesthesia has a genetic basis, and around 4% of the population experience a form of it. If you experience it, mostly likely a few others in your family will too, although it may be a different combination of senses involved.

Our environment and learning also plays a part in its development. The influence of cultural norms can often be seen in the spatial layout of synaesthetes’ mental calendars. For synaesthetes with a language that is read from left to right for example, the passage of time will also often move from left to right, or vice versa for those who read right to left. My own shape for the year is a kind of oval shape, with January at one end and August at the other, and I can’t help but feel that my experience of growing up in the UK with the September starting school year influenced it.

All in your brain

Brain imaging research is also helping us understand what is happening in the brain during synaesthetic experiences. For example, people with synaesthesia have brains that are wired for extra connectivity. Brain regions that normally handle separate senses (like colour, sound and spatial processing) talk to each other more. Imaging studies show pathways in central nervous system tissue linking perception with higher-level thinking, which helps explain why synaesthesia feels so seamless. Brain imaging research published in 2020 adds another layer: synaesthetes use spatial-processing regions when working with numbers, showing that our brains literally integrate space and sequence.

Time is associated with space within many cultures, with people who grew up in the UK, Europe and US tending to think of the future in front of them and the past behind. Time-space synaesthesia helps us to remember that even within different cultures, there will be differences in the way we experience the “movement” of time, as scientists think synaesthesia exists in all cultures. The new year is a reminder that time is not only something we measure but also something we inhabit. And our personal journeys through time may have strikingly diverse landscapes.

The Conversation

Mary Jane Spiller does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How my time-space synaesthesia affects how I experience and ‘feel’ the new year – https://theconversation.com/how-my-time-space-synaesthesia-affects-how-i-experience-and-feel-the-new-year-272465

New year, new gym injuries

Source: The Conversation – UK – By Adam Taylor, Professor of Anatomy, Lancaster University

Khosro/Shutterstock

As Christmas fades into memory, many of us turn our attention to the new year and the promise of a fresh start. For millions of people, that means joining a gym in the hope of exercising more and improving their health.

In the UK alone, more than ten million adults hold gym memberships, and January attendance is around 28% higher than in December as people act on new year resolutions.

And it is a good idea. In the depths of January, physical activity can give you an endorphin kick, caused by the release of natural brain chemicals that improve mood and reduce stress. Regular exercise is also linked to a lower risk of serious conditions including cancer, heart disease, stroke, type-2 diabetes and many more.

The problem is not exercise itself. It is how people start.

The body adapts to exercise gradually. When it is pushed beyond what it is ready for, the risk of injury rises sharply, and pain does not always appear straight away.

Delayed onset muscle soreness (Doms) is the stiffness and tenderness that typically shows up one to three days after unfamiliar or intense exercise. It occurs because exercise causes tiny microscopic damage to muscle fibres, especially when you are returning after a long break or trying a new type of movement.

Doms is common and usually harmless, but it is also a useful warning sign. It signals that your body needs time to adapt before you increase intensity, weight or volume.

Shoulder injuries

Some parts of the body are more prone to injury than others. Joints that move a lot or carry heavy loads are particularly vulnerable.

The shoulder is often top of the list for gym-related injuries. Its wide range of movement is ideal for daily tasks but risky under load. Anatomically, the shoulder connects the arm to the torso and is not designed to carry heavy weight.

When people suddenly start lifting weights or doing pull-ups, strain often falls on the rotator cuff, a group of tendons that stabilise the joint. These tendons are easily irritated, slow to heal and rarely get a rest, as most exercises for the arms, chest, back and even some leg exercises place load through the shoulder.

Knees and lower back

The knees are generally well adapted to everyday movement, but long periods of inactivity weaken the muscles that support the joint. When those muscles waste away, the knee can move in ways it should not. Starting intense exercise on top of this instability raises the risk of serious injury, including damage to the cruciate ligaments.

Going too heavy in weight, too early is a common trigger. Squats, lunges and leg extensions are frequent culprits.

The lower back is another major injury hotspot. Even before exercise begins, the spine already carries a high load from body weight and posture alone. The pelvis links the upper and lower body, so weakness or instability in the legs can transfer strain upwards to the back. Add heavy lifting or poor technique, and the spine can quickly become overloaded.




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Lower back pain from muscle strain is so common among weightlifters that it has its own label, “weightlifter’s back”. Exercises most often linked to back injuries include sit-ups, squats and deadlifts, burpees and movements that involve twisting while holding weight.

In gyms, free weights are more likely than machines to cause fractures, dislocations and soft tissue injuries. The group most likely to get hurt is not complete beginners, but young men under 41 who already have several months of training and exercise regularly. Confidence, it seems, can be as risky as inexperience.

Home discomforts

Injuries are not limited to gyms. In the US, more than 70,000 emergency department visits over a four-year period were linked to home exercise equipment. Treadmills accounted for 66% of these injuries. Older women were more likely to sustain serious head injuries and were 14 times more likely to require hospital admission.

Among adults over 25, the most common injuries were strains and sprains affecting the legs. For those over 65, stationary bikes were a more frequent source of harm.

Some equipment carries rarer but severe risks. Abdominal rollers have been linked to spinal cord injuries. For people over 40, especially those returning to exercise after years of inactivity, there is also a small but real risk of a heart attack. This is why gradual progression matters.

The good news is that safe options do exist. Many apps and online programmes are designed to build fitness gradually, including for people with existing health conditions. Any movement is better than none, as sedentary behaviour carries its own serious risks.

The Conversation

Adam Taylor does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. New year, new gym injuries – https://theconversation.com/new-year-new-gym-injuries-271412

Why procrastination isn’t laziness – it’s rigid thinking that your brain can unlearn

Source: The Conversation – UK – By Annemieke Apergis-Schoute, Lecturer in Psychology, Queen Mary University of London

Nicoleta Ionescu/Shutterstock

Most of us have experienced it: a deadline approaches, the task is perfectly doable, yet instead of starting, we suddenly feel compelled to tidy a drawer or reorganise the apps on our phone. Procrastination feels irrational from the outside but gripping from the inside. Although it’s often framed as a failure of discipline, research shows it is far more linked to how flexibly (or inflexibly) our brains respond to discomfort and uncertainty.

In other words, procrastination isn’t a time-management problem – it’s an emotion-regulation problem. People don’t delay because they lack planning skills; they delay because their brains want to escape a difficult internal state. When I ask students why they procrastinate, their answers are strikingly consistent: “I don’t know where to start”, “I feel lost”, “I get anxious”, “I’m overwhelmed”. Not one says, “I don’t care” – procrastination usually comes from caring too much.

Crucially, avoidance prevents the brain from discovering something important: that starting is often rewarding. Even a tiny first step can release dopamine. This helps motivation increase after we begin – not before. But when we avoid the task, we never experience that reward signal, so the task continues to feel just as threatening the next day.

Cognitive flexibility

Cognitive flexibility is the ability to update expectations when circumstances change, shift strategy and break out of unhelpful patterns. It’s a basic building block of learning: the brain predicts, receives new information and adjusts accordingly.

Imagine waiting for a bus that’s stuck in traffic. A flexible thinker quickly switches to a normally longer but now faster tube route. An inflexible thinker keeps waiting – not because they don’t know the alternative, but because switching feels effortful or “wrong”, and their mind stays locked on the original plan.

I see this pattern clearly in my research on obsessive-compulsive disorder (OCD). While very different from procrastination, both involve difficulty shifting out of an initial prediction, especially when uncertainty or the risk of mistakes is involved. When the brain can’t update, it gets fixated.

Students today face a perfect storm. Phones and social media shrink attention spans. Perfectionism magnifies self-criticism. And anxiety is at record levels across UK universities. Together, these factors weaken the brain’s ability to update and adapt – exactly the ability needed to begin a challenging task.

Neuroscientifically, procrastination is a tug-of-war between two systems. One is the threat system, activated when a task feels uncertain, effortful or evaluative. This gives rise to thoughts such as “What if this is terrible?”, “What if I fail?”. The other is the reward system, activated by anything that feels good right now (scrolling, tidying, messaging with friends).

Overworked  man sleeping in front of laptop.
We’ve all been there.
SynthEx/Shutterstock

When the threat system dominates, it can be impossible to get started. For rigid thinkers, in particular, the brain struggles to update its initial prediction that the task is threatening or overwhelming. Avoidance becomes the only option – and that tiny hit of relief teaches the brain to repeat it.

Indeed, research shows procrastination is essentially a short-term mood repair: a quick escape from discomfort that creates more stress later.

A generation ago, procrastinating required creativity. You had to find distractions. Today, they find you. Social media is engineered to trigger dopamine-driven novelty seeking. For someone already anxious or overloaded, the phone becomes an ever-present escape hatch. As one student put it: “It is easier not to do the work.” Not because the work doesn’t matter – but because the alternative offers instant reward.

Flexibility can be trained

So how can we avoid procrastination? It isn’t about becoming more disciplined, but rather strengthening the brain systems that allow you to begin. Here are a few ways to do that.

1. Shrink the task. Break the work into concrete, manageable units – write a title, draft a few bullet points, or read one page. This reduces the perceived threat of a large, “amorphous” task and gives the brain small, frequent dopamine rewards for each step completed.

2. Use micro-shifts. Micro-shifts are tiny initiation actions – opening the document, placing your notes on the desk. They don’t shrink the task itself, but they interrupt the “stuck” state and gently nudge the brain into motion.

3. Shift perspective. Reframe the task as if advising someone else: “What would I realistically tell a friend in this situation?” This softens rigid, threat-focused thinking and helps the brain generate alternative, more flexible interpretations.

4. Build emotional tolerance. The discomfort of starting peaks quickly, then drops. Reminding yourself of that can make avoidance less compelling.

5. Make rewards immediate. Pair the task with something enjoyable – music, a warm drink, or working alongside others – so that the first step feels less punishing and more rewarding.

Taken together, these strategies strengthen the form of cognitive flexibility most relevant to procrastination – the ability to shift out of avoidance and into action when a task feels uncomfortable. Other forms of cognitive flexibility (such as rule-switching or motor flexibility) can be improved too, but through different kinds of training.

If you recognise yourself in the students describing feeling “anxious”, “overwhelmed” or “not sure where to start”, it doesn’t mean you’re lazy. It means your brain is struggling to shift state. Procrastination tells us far less about willpower than about how our minds cope with uncertainty and discomfort.

And the encouraging part is that procrastination isn’t fixed. Flexibility improves with practice. Every time you take even a tiny step – opening the file, writing the first line – you’re not just progressing on the task. You’re showing your brain that starting is doable, survivable and often rewarding.

Over time, those small shifts accumulate into something powerful: a mind that moves toward what matters, rather than away from discomfort.

The Conversation

Annemieke Apergis-Schoute received funding from The Wellcome Trust for previous OCD research.

ref. Why procrastination isn’t laziness – it’s rigid thinking that your brain can unlearn – https://theconversation.com/why-procrastination-isnt-laziness-its-rigid-thinking-that-your-brain-can-unlearn-270838

How Celtic languages spread across Britain and Ireland: why we need to reconsider the early story

Source: The Conversation – UK – By Simon Rodway, Lecturer in Celtic Studies, Aberystwyth University

The Celtic languages spoken today – namely Irish, Scottish Gaelic, Manx, Welsh, Cornish and Breton – all descend from Celtic languages once spoken across Britain and Ireland in antiquity. While the modern languages are well documented from the early middle ages onwards, what came before is far more mysterious.

Only fragments of earlier evidence survive, leaving major questions about where these ancient Celtic languages came from and how they connect not only to each other, but also to related languages once spoken on the European mainland, such as Gaulish.

Much of this early linguistic story unfolded before widespread writing reached the islands. Before the Romans arrived, Britain was barely known to the literate cultures of the ancient Mediterranean. Only a handful of early travellers recorded anything about the languages spoken there.

So, we have only sparse clues as to the languages spoken in Britain, notably a handful of plausibly Celtic place names recorded by Greek voyagers such as Pytheas of Marseilles, who visited Britain around 325BC.

Once Britain became part of the Roman empire, everything changed. We have plenty of written material from and about Roman Britain. It is almost all in Latin, the official language of the empire. But scattered within it are Celtic place names and ethnic names, along with a small number of inscriptions in Celtic itself.

Of huge interest to scholars are the handful of inscriptions in Celtic from Bath and Uley in Gloucestershire. These small traces may offer rare glimpses of the languages spoken by local people at the time.

Ireland and its settlers

Ireland presents a different picture. As it was never incorporated into the Roman empire, written evidence appears later. Not until the middle of the second century AD do we get a substantial amount of data in the form of the place and ethnic names recorded by the Greek geographer Ptolemy.

Literacy, like Christianity, arrived late in Ireland through contact with Roman or sub-Roman Britain. The earliest written material from Ireland dates from the early fifth century, or perhaps a bit earlier. It mostly consists of inscriptions on stone in the Ogham alphabet which, despite its exotic appearance, seems to have developed from a cipher based on the Roman alphabet.

Irish settlers later took Ogham to parts of western Wales and Cornwall. Though short and simple, these inscriptions are vital because they capture an early stage of Irish at the edge of the historical record.

Together, these fragments form the puzzle pieces through which we try to understand how Celtic languages spread across Britain and Ireland. But the Celticity of Britain and Ireland has been questioned in recent decades.

Some archaeologists have argued that the people of Britain and Ireland may never have been “Celtic” in the same sense as communities on the continent. They have pointed to differences in material culture and a lack of clear evidence for major prehistoric migrations.

They also noted that classical authors from the Greek geographer and historian Strabo (born around 64BC) onwards contrasted Britain and Celtica on the continent. This led a rejection of the mid-20th century orthodoxy of hordes of warlike Celts from central Europe pouring in to these islands during the iron age.

It has been supposed that Indo-European may have arrived early in the islands and developed there into Celtic, or that Celtic languages may have spread from the continent without much movement of people. The argument even spilled into popular commentary, most recently in a polemical and misleading book by journalist Simon Jenkins in 2022, who, contrary to all evidence, cast doubt on whether the Celts, as a people, even existed at all.

Reshaping the debate

But recent research is challenging those assumptions. Recent studies of ancient DNA have revealed waves of migration into Britain from regions that are now in France during the late bronze age and to a lesser extent, the iron age. These movements of people were not visible to archaeologists.

Of course, you cannot guess someone’s language from their genes. But these migrations provide a plausible vehicle by which Celtic speech may have arrived in Britain. And a recent study has shown that Pytheas, in the fourth century BC, placed Celts in Britain.




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When taken together, these findings may support the old idea that Celtic languages were brought to the islands by migrating Celts after all. It’s certainly an exciting time to be studying ancient Celtic in Britain and Ireland.

This is the backdrop to new research underway by myself and colleagues at Aberystwyth University. We are gathering every surviving piece of evidence for early Celtic languages in Britain and Ireland before around 500AD. We shall compile the first comprehensive dictionary of the ancient Celtic languages of these islands.

Bringing all of this material together will help answer longstanding questions about how the Celtic languages are related and how they fit into the wider Celtic world of ancient Europe.

We will never recover the full picture of the Celtic languages spoken in Britain and Ireland more than 2000 years ago. But by piecing together the clues left behind, we can begin to understand the linguistic landscape that shaped the Celtic languages still spoken today.

This article features references to books that have been included for editorial reasons, and may contain links to bookshop.org; if you click on one of the links and go on to buy something, The Conversation UK may earn a commission.

The Conversation

Simon Rodway receives funding from Leverhulme Foundation. He is affiliated with Plaid Cymru.

ref. How Celtic languages spread across Britain and Ireland: why we need to reconsider the early story – https://theconversation.com/how-celtic-languages-spread-across-britain-and-ireland-why-we-need-to-reconsider-the-early-story-271338

Le pape discret devenu légende : qui était vraiment saint Sylvestre, fêté le 31 décembre ?

Source: The Conversation – in French – By Cavan W. Concannon, Professor of Religion and Classics, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences

Au rayon des légendes rattachées à saint Sylvestre, ce baptême de l’empereur Constantin. Peter1936F/Wikimédia Commons, CC BY-SA

Derrière la fête de la Saint-Sylvestre se cache une histoire de pouvoir : celle d’un christianisme qui, au IVᵉ siècle, invente les récits et les traditions destinés à légitimer son alliance avec l’État.


Le 31 décembre, tandis que la majorité d’entre nous se préparent à célébrer le réveillon du Nouvel An, quelques catholiques commémorent également la fête de saint Sylvestre.

On sait peu de choses avec certitude sur la vie de Sylvestre, mais il a vécu à une période charnière de l’histoire du christianisme. De 314 à 335 de notre ère, Sylvestre fut l’évêque de Rome, ce que l’on appelle aujourd’hui le pape, même si la fonction n’avait alors pas le pouvoir qu’elle exercera par la suite. Le mot « pape » vient du grec signifiant « père » et était largement utilisé par les évêques jusqu’au Ve siècle, lorsque l’évêque de Rome a commencé à en monopoliser l’usage.

L’époque de Sylvestre est à la fois marquée par les troubles et par une profonde transition pour les chrétiens de l’Empire, alors que des communautés chrétiennes sortent des persécutions pour nouer une alliance puissante avec l’État romain. Son histoire est étroitement liée à cette alliance, qui allait transformer en profondeur la trajectoire du mouvement initié trois siècles plus tôt par la figure de Jésus. Le christianisme devient alors la religion des rois, des États et des empires.

Un changement de destin

Les informations fiables sur la vie de Sylvestre sont rares. Le « Liber Pontificalis », un recueil de biographies pontificales commencé au VIᵉ siècle, indique qu’il était originaire de Rome et fils d’un homme par ailleurs inconnu nommé Rufinus.

Jeune homme, Sylvestre a connu les persécutions lancées sous l’un des coempereurs de l’époque, Dioclétien, à partir de 303 de notre ère. Ces persécutions se sont poursuivies plusieurs années après l’abdication de Dioclétien.

Si l’on imagine volontiers les premiers chrétiens constamment persécutés par l’État romain, les historiens nuancent cette vision. Mais les persécutions entamées sous Dioclétien, elles, font figure d’exception. À cette époque, l’État exigeait des chrétiens qu’ils sacrifient aux dieux pour le bien de l’Empire, sous peine de sanctions — parfois violentes.

Une fresque du monastère d’Ubisi, en Géorgie, représente Dioclétien aux côtés de saint Georges avant son martyre.
Une fresque du monastère d’Ubisi, en Géorgie, représente Dioclétien aux côtés de saint Georges avant son martyre.
Titus Project via Wikimedia Commons

Selon le théologien chrétien Augustin, certains chrétiens ont par la suite accusé Sylvestre d’avoir « trahi » sa foi durant cette période. Il lui était reproché d’avoir remis aux autorités romaines des livres sacrés chrétiens et d’avoir fait des offrandes aux dieux romains.

Les persécutions prennent fin en 313, lorsque les coempereurs Constantin et Licinius signent l’édit de Milan, qui accorde une forme de tolérance au christianisme dans l’Empire. Un an plus tard à peine, Sylvestre devient évêque de Rome. Constantin s’impose rapidement comme un grand protecteur des chrétiens, même si l’ampleur de sa pratique personnelle du christianisme fait débat. Avec le soutien impérial s’ouvre à Rome une vaste campagne de constructions chrétiennes, à tel point que l’essentiel de la biographie de Sylvestre dans le « Liber Pontificalis » se résume à l’énumération des églises que Constantin a offertes à la ville.

Controverses chrétiennes

Avant comme pendant l’épiscopat de Sylvestre à Rome, il existait dans l’Empire de nombreuses formes de christianisme. Cette diversité inquiétait Constantin, soucieux de promouvoir l’unité et l’ordre au sein de ses territoires. Il entreprend donc de réunir des conciles de clercs chrétiens afin de trancher les questions les plus controversées.

En 314, l’année même où Sylvestre devient évêque, l’empereur convoque le concile d’Arles pour régler un conflit apparu parmi les évêques africains — ce que l’on appelle la controverse donatiste. La question centrale était de savoir si un prêtre ayant trahi sa foi lors des persécutions conservait une ordination valide.

Une icône du monastère de Megálo Metéoron, en Grèce, représente le concile de Nicée, avec Arius figuré en bas.
Une icône du monastère de Megálo Metéoron, en Grèce, représente le concile de Nicée, avec Arius représenté en bas.
Jjensen/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Une dizaine d’années plus tard, peu après que Constantin est devenu l’unique dirigeant du monde romain, il convoqua un autre concile à Nicée, dans l’actuelle Turquie. Cette fois, il souhaitait que les responsables chrétiens s’attaquent à une fracture émergente centrée sur l’activité d’un clerc charismatique nommé Arius. Sylvestre n’assista pas non plus à ce concile, mais envoya là encore des représentants.

Le concile adopta finalement ce que l’on a appelé le Credo de Nicée, une profession de foi qui demeure importante pour de nombreux chrétiens aujourd’hui. Toutefois, le concile ne résolut pas la division autour d’Arius. En réalité, Constantin sera plus tard baptisé par un partisan d’Arius, Eusèbe de Nicomédie.

Les décennies durant lesquelles Sylvestre présida l’Église transformèrent le christianisme : d’un groupe persécuté, il devint un allié de l’État. Cette alliance rendit les divergences théologiques entre chrétiens encore plus explosives, puisque la force de l’Empire pouvait désormais être mobilisée contre ses adversaires.

Réécrire l’histoire

Mais pourquoi, malgré ces bouleversements majeurs, Sylvestre n’a-t-il pas été considéré comme un acteur central de la vie politique de son temps ?

C’est une question qui a hanté les chrétiens des générations suivantes — au point qu’ils ont inventé des récits plaçant Sylvestre au cœur même des événements.

Au Ve siècle, un auteur anonyme rédigea une biographie connue aujourd’hui sous le nom des « Actes de Sylvestre », qui le présentait comme une figure centrale de la conversion de Constantin au christianisme.

Dans les Actes, Constantin apparaît d’abord comme un persécuteur des chrétiens, acte pour lequel Dieu le frappe de la lèpre. Sylvestre, qui vivait en exil sur une montagne près de Rome en raison de ces persécutions, est rappelé dans la ville après que les saints Pierre et Paul rendent visite à Constantin en rêve. Sylvestre recueille alors la confession de foi de Constantin, le guérit miraculeusement de sa lèpre, puis baptise l’empereur. Ainsi, ce dernier recevait enfin un baptême en bonne et due forme de la part d’un évêque orthodoxe, et non d’un hérétique arien.

« Le Baptème de Constantin » par Gianfrancesco Penni
Un détail du « Baptème de Constantin » par Gianfrancesco Penni.
Musées du Vatican via Wikimedia Commons

Un siècle plus tard, le « Liber Pontificalis » affirme que c’était Sylvestre, et non Constantin, qui avait convoqué les conciles d’Arles et de Nicée. Le texte lui attribue également une série de décisions juridiques. Ces réécritures du récit autour de Sylvestre l’élevaient au rang d’acteur majeur des événements de son époque. Elles soutenaient aussi un effort croissant visant à doter l’évêque de Rome d’un type d’autorité comparable à celle qu’exercent les papes modernes.

Donations et dragons

Avec le temps, les légendes autour de Sylvestre n’ont fait que s’amplifier — au point d’inclure un combat contre un dragon démoniaque. Mais l’héritage le plus célèbre, et le plus controversé, associé à Sylvestre est sans doute lié à la prétendue « Donation de Constantin ».

Ce document falsifié a été rédigé pour la première fois au VIIIe siècle de notre ère. La Donation affirme que l’empereur Constantin aurait légué à l’évêque de Rome — en l’occurrence Sylvestre — le contrôle de la ville de Rome, de l’Empire romain d’Occident, d’immenses territoires relevant de l’autorité impériale, ainsi qu’une autorité sur les Églises des autres grands centres du monde chrétien, dont Constantinople.

Pendant des siècles, ce document a servi de fondement aux revendications pontificales en matière de pouvoir à la fois ecclésiastique et civil. Au XVe siècle, le cardinal allemand Nicolas de Cues et l’érudit italien Lorenzo Valla démontrèrent que la Donation était un faux, mais à ce stade les papes avaient déjà accumulé l’autorité et la richesse désormais associées à la fonction.

Une mosaïque représentant la « Donation de Constantin » dans la basilique des Quatre-Saints-Couronnés.
Une mosaïque représentant la « Donation de Constantin » dans la basilique romaine des Quatre-Saints-Couronnés.
Peter1936F/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Même si les détails précis de la vie de Sylvestre resteront sans doute à jamais mystérieux, l’époque dans laquelle il a vécu a été décisive pour l’histoire du christianisme et de l’Occident. Durant son épiscopat, le christianisme a fait ses premiers pas vers une alliance durable avec le pouvoir impérial et étatique. Avec le temps, le récit de Sylvestre a été enrichi, non seulement pour justifier cette alliance, mais aussi pour soutenir l’idée que l’Église devait exercer un pouvoir politique.

Aujourd’hui, un bloc influent de nationalistes chrétiens aux États-Unis cherche un pouvoir similaire. Pour certains, l’inspiration de ce projet politique repose sur l’idée d’une alliance naturelle entre l’Église et l’État — qui commencerait avec Constantin, mais elle cherche sa justification dans des traditions inventées autour de la vie de Sylvestre. Or cette alliance fut un accident de l’histoire, et non une fatalité. Avec le temps, les chrétiens de l’Empire romain ont élaboré des justifications expliquant pourquoi l’Église devait s’aligner sur l’État — puis, à terme, devenir l’État.

The Conversation

Cavan W. Concannon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le pape discret devenu légende : qui était vraiment saint Sylvestre, fêté le 31 décembre ? – https://theconversation.com/le-pape-discret-devenu-legende-qui-etait-vraiment-saint-sylvestre-fete-le-31-decembre-271674

Salud 2025: somos lo que nos cuidamos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Colado, Redactor jefe / Editor de Salud y Medicina, The Conversation

Roman Samborskyi/Shutterstock

A aquel célebre dicho atribuido al filósofo alemán Ludwig Feuerbach de que “somos lo que comemos” habría que añadir “somos lo que nos movemos” y, ampliando más el foco, “somos lo que nos cuidamos”. Hasta cierto punto, claro, porque gozar de buena salud no depende en exclusiva de nuestros hábitos y cautelas –factores como la predisposición genética o el mero azar también entran en el bombo–, pero la ciencia no deja de aportar ingredientes para que aumentemos las papeletas de vivir más años y más sanos.

Menús con fundamento (científico)

Ataquemos, sin más demora, el primer plato: la nutrición. Como nos recordaban Ana Belén Ropero y Marta Beltrá García-Calvo, de la Universidad Miguel Hernández, los resultados acumulados durante décadas de investigación no han hecho sino acrecentar el prestigio de nuestra querida dieta mediterránea, que además de disminuir el riesgo de sufrir enfermedades cardiovasculares, diabetes tipo 2 o diversos tipos de cáncer, es un antídoto contra la soledad. Y a pesar de todas las evidencias, nuestros menús actuales se parecen poco o nada a ese patrón alimentario, advierten las expertas, quienes hacían en su artículo una lista de los productos que suman puntos y de otros –como el jamón, el vino o el queso, tradicionalmente asociados a la gastronomía mediterránea– que más bien restan.

También hemos aprendido este año un concepto muy interesante: el de biodiversidad alimentaria. Es decir, que aparte de comer alimentos beneficiosos para la salud, importa que haya una considerable variedad de ellos en nuestros platos. Así lo ha demostrado un grupo de investigadores de la Universitat Rovira i Virgilli, que sometieron la dieta de 7 200 personas de entre 60 y 80 años al escutrinio de un indicador llamado Riqueza de Especies Dietéticas. Los resultados fueron sorprendentes: cada tipo de alimento adicional consumido regularmente reducía en un 9 % el riesgo de mortalidad. Salir del “sota, caballo y rey” culinario sale a cuenta.

Otro estudio que levantó cierto revuelo –no es para menos– fue el que sugería que comer torreznos podría ser saludable. O así lo anunciaron los medios de comunicación. Edwin Fernández Cruz, de la Universidad Internacional de La Rioja (UNIR), hizo una “cata” de los detalles del trabajo –realizado con monjas clarisas de Soria– y puso en cuarentena sus conclusiones: entre otros pormenores, la panceta de cerdo curada y posteriormente frita era consumida por las religiosas siempre con verdura, a lo que hay que añadir que la muestra de personas analizadas no podía extrapolarse a la totalidad de la población.

Lo que sí desafía en cierto modo el consenso científico es una investigación publicada a finales de este año que asociaba el consumo habitual de zumos de naranja a una mejora de la salud cardiaca a largo plazo. Hasta ahora, los expertos desaconsejaban categóricamente tomarlos por su aporte de azúcares libres, si bien conviene no olvidar que la fruta entera sigue siendo la mejor opción debido a su contenido en fibra.

Hora de moverse

La segunda herramienta que más tenemos a mano para encontrarnos bien y retrasar los estragos del paso del tiempo es la actividad física. Mikel Izquierdo, cátedrático y director del Departamento de Ciencias de la Salud de la Universidad Pública de Navarra, se mostraba así de rotundo al resumir las conclusiones de un informe consensuado por expertos de 40 países: “los programas de ejercicio personalizado deben ser tan esenciales como un tratamiento farmacológico a todas las edades, pero especialmente en la atención de los adultos mayores”. De hecho, los expertos de The Conversation han glosado sus virtudes para recuperarse tras la anorexia, prevenir las enfermedades mentales en los adolescentes, despertar el sistema inmune contra el cáncer

Y si eso aún no le convence, otra excelente razón para no quedarnos quietos es que la actividad física, además de mejorar la memoria, la atención y el estado de ánimo, favorece la creación de nuevas neuronas en nuestro cerebro (algo fundamental, por ejemplo, para borrar los malos recuerdos). Según revela un reciente estudio, este importantísimo proceso de renovación de células nerviosas se potencia mediante la liberación de unas partículas diminutas, llamadas vesículas extracelulares, que viajan por el torrente sanguíneo desde los músculos hasta el cerebro.

Es verdad que la vida moderna no lo pone fácil y que a veces cuesta encontrar tiempo –o fuerza de voluntad– para calzarse las zapatillas de running o sacar partido a la cuota del gimnasio. Beatriz Carpallo y Rita Galán, de la Universidad San Jorge, nos presentaban una alternativa asequible: aligerar la jornada realizando pequeñas “pausas activas” o “snacks de ejercicio” en casa o en la oficina. Por ejemplo, hacer 10 sentadillas o caminar durante tres minutos cada 45 minutos se ha revelado más eficaz que andar media hora seguida para mejorar el control del azúcar en sangre.

En definitiva, acostumbrarnos a practicar hábitos saludables puede marcar la diferencia, y no siempre en la dirección que imaginamos. ¿Sabía, por ejemplo, que dedicarle diez minutos diarios a cepillarnos bien los dientes reduce nuestras posibilidades de sufrir un ictus o alzhéimer? ¿O que la lectura nos cambia incluso la forma física del cerebro?

Y en estas fechas de intensas reuniones familiares y votos de concordia, no podemos subestimar el poder del perdón (a nosotros mismos y a los demás). Klara Gabriela Gallo y Clara Molinero, psicólogas de la Universidad Francisco de Vitoria, nos desvelaban que se trata de una actitud profundamente terapéutica: “cuando perdonamos, nuestro cuerpo responde, la presión arterial desciende, la frecuencia cardíaca se estabiliza y los niveles de estrés se reducen. Dormimos mejor, respiramos con más calma y nuestro sistema inmune se fortalece”. Otro buen hábito para apuntar en la lista de propósitos del año nuevo.

The Conversation

ref. Salud 2025: somos lo que nos cuidamos – https://theconversation.com/salud-2025-somos-lo-que-nos-cuidamos-272506

Política y Sociedad 2025: el año en el que el carisma del mal puso al mundo en alerta

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lola Delgado, Editora de Política y Sociedad, The Conversation

¿Y si les dijera que el artículo más leído de nuestra sección de Política y Sociedad de 2025 se titula El carisma del mal: cómo los rasgos psicopáticos se han normalizado en la cultura del éxito? Pues resulta que no se trata de una hipótesis. Es real. Así que vayan pensando ya en eso, en qué me dirían, porque me encantaría saber lo que piensan.

Les contaré lo que pienso yo: creo que quizá hay demasiado narcisista megalómano a nuestro alrededor y que tal vez tenemos la necesidad de saber qué hay detrás de ellos para tratar de entender lo que les lleva a comportarse como lo hacen. Pero acepto interpretaciones diferentes.

Sí, ellos son la causa de los grandes males de la sociedad, esos que han llevado este año a muchos hombres y mujeres de este planeta a vivir con miedo.

Tengo la maravillosa tarea de editar artículos de dos secciones que cada mañana me colocan en el mundo, me hacen ser más consciente de cómo es, de las penalidades que millones de personas viven para sacar cabeza, solo para poder respirar, para dar una bocanada de aire y volver a meterse en el horror de una guerra, por ejemplo; en el pavor a ser deportado al país que no te dio nada más que desesperanza; en el esfuerzo de trabajar día a día lejos de tu casa o en el miedo que dan la soledad no deseada o el intento de suicidio de un hijo.

Me dirán que vaya manera tan negativa de recordar el año, ¿verdad? Y tienen toda la razón.

¿Un resumen catastroflista?

Los resúmenes del año hechos por periodistas tienden a ser catastrofistas en muchas ocasiones, pero no son más que el reflejo de lo que vivimos. Qué hacer o qué contarles si el año comenzó con la firma de decretos, uno detrás de otro, por parte del flamante presidente de Estados Unidos, Donald Trump, mediante los cuales desafiaba al planeta.

Sí, Trump ha sido el gran protagonista este año, mucho más que el papa León XIV, –Robert Francis Prevost– que, recuerden, fue elegido por un cónclave rodeado de marketing tras la muerte del papa Francisco en el pasado mes de abril.

Para ese mes Donald Trump estaba ya en plena locura arancelaria, expandiendo la política de deportaciones y de estrictas medidas migratorias, desmantelando programas de diversidad, equidad e inclusión o con la puesta en marcha de sus medidas para la reducción masiva de empleados federales, congelando fondos para investigación o supervisando las protestas en los campus universitarios para detener a estudiantes que él consideraba peligrosos.

Lo de Venezuela llegó más tarde, con el “bloqueo total” de petroleros que entran o salen del país sudamericano como parte de su campaña para presionar al régimen de Nicolás Maduro y cortar sus ingresos principales.

Pero los grandes dramas del año han seguido siendo las guerras y las muertes en esas guerras. “Grande es la culpa de una guerra innecesaria”, dijo John Adams, padre de la Constitución de Estados Unidos y segundo presidente del país. Cualquiera de ellas lo es. Lo es la que enfrenta a Rusia y a Ucrania y lo ha sido también la de Israel y Palestina.

Desde el inicio de la tregua el pasado 10 de octubre hasta escribir estas líneas han muerto ya más de 400 palestinos. Un número más que añadir a los más de 70 000 que habían fallecido hasta entonces desde 2023. La cifra varía, según quién la ofrezca. Pero qué más da, las muertes son miles, todas ellas innecesarias.

Si la cifra varía es porque, efectivamente, todos estamos siendo víctimas de la desinformación en los últimos tiempos y siempre hay quien intenta que unas cifras sean otras. El virus de las noticias falsas ha ido penetrando por todos los poros de la sociedad sin hacer distinciones. Verificación, regulación y alfabetización digital son antídotos útiles para democracias consolidadas, pero difíciles de aplicar en países con “tendencias” autocráticas –léase Rusia, China, Venezuela, Hungría, República Democrática del Congo–.

Junto al auge de la desinformación ha ido creciendo en paralelo la ultraderecha, especialmente esa que acoge con los brazos abiertos a los jóvenes, aquellos que también abrazan ideas antifeministas. Parece que la juventud está empezando a mirar la democracia con desconfianza y a pensar que los tiempos pasados fueron mejores.

De esos tiempos se han cumplido en 2025 los 50 años. Medio siglo desde que el dictador Francisco Franco murió en el Palacio de El Pardo (Madrid) y esa muerte dio paso a una época de transición hacia la democracia en España. Abordamos la efeméride desde distintos ángulos y con diferentes miradas: su oratoria, las diferentes formas de represión del franquismo, cómo vivían las mujeres… Y miramos la evolución de la sociedad en estos 50 años con una mirada amplia y larga.

Este año fue también el de la muerte del uruguayo Pepe Mujica, el icono internacional de la izquierda.

La familia bien, ¿y usted?

Pero este año dedicamos nuestros artículos a hablar de otras muchas cosas. Por ejemplo de la infancia, de las personas mayores y de familias en todas sus variedades y modelos. Porque abordar los asuntos sociales y los vínculos humanos exige mirar la realidad con matices, evidencias y empatía.

Analizamos desigualdades, cuidados, políticas públicas y cambios demográficos para comprender cómo se transforman derechos, identidades y convivencias. Nuestro objetivo es ofrecer contexto, rigor y debate informado que ayude a los lectores a tomar mirar a su alrededor con una mirada justa.

No podemos despedir 2025 sin guiñar un ojo a dos episodios que, cada uno a su manera, condensan el espíritu del año. El robo del Louvre, tan cinematográfico como inquietante, nos recordó la fragilidad de los símbolos culturales incluso en los templos del prestigio global. Y, casi al mismo tiempo, los enfrentamientos entre Venezuela y Estados Unidos bajo la presión directa de Donald Trump devolvieron a la actualidad una política internacional basada en la fuerza, el bloqueo y la amenaza.

Quizá este repaso nos haya ayudado a todos a entender mejor por qué nuestros lectores han tenido tanto interés en adentrarse en las características de aquellas personas con rasgos psicopáticos que forman parte de la cultura del éxito.

Tal vez leer y analizar y saber sea hoy un acto de resistencia. Frente al ruido, el miedo y la simplificación, apostar por el conocimiento compartido nos permite comprender mejor el mundo sin rendirnos a sus monstruos. Ese es, al fin y al cabo, el sentido último de contar lo que pasa: pensar juntos para no normalizar lo intolerable.

¡Feliz año y espero volverles a encontrar al otro lado en 2026!

The Conversation

ref. Política y Sociedad 2025: el año en el que el carisma del mal puso al mundo en alerta – https://theconversation.com/politica-y-sociedad-2025-el-ano-en-el-que-el-carisma-del-mal-puso-al-mundo-en-alerta-272551