Îles Salomon : délicat jeu d’équilibre géopolitique entre la Chine et l’Australie

Source: The Conversation – in French – By Pierre-Christophe Pantz, Enseignant vacataire et chercheur associé à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), Université de la Nouvelle-Calédonie

Derrière la visite officielle du nouveau premier ministre salomonais Matthew Wale à Canberra, certains ont voulu voir un signe de rééquilibrage diplomatique après des années de rapprochement avec la Chine. Mais plus qu’un choix de camp, l’arrivée au pouvoir de Wale répond d’abord à une crise politique interne. Entre dépendance aux financements extérieurs, endettement et rivalités accrues entre grandes puissances, les îles Salomon tentent de préserver leur marge de manœuvre.


La première visite officielle du nouveau premier ministre salomonais Matthew Wale en Australie, début juin 2026, a été perçue comme un signal de rapprochement avec Canberra après plusieurs années de coopération renforcée avec la Chine. Pourtant, derrière ce geste symbolique, la réalité apparaît plus nuancée. Si cette prise de contact pourrait traduire un rééquilibrage diplomatique, les îles Salomon demeurent surtout confrontées à une contrainte structurelle : préserver leur autonomie en capitalisant sur la rivalité accrue entre la Chine, l’Australie et les puissances occidentales.

Le choix de la première destination d’un chef de gouvernement est rarement neutre. À ce titre, la visite à Canberra de Matthew Wale, quelques jours à peine après son arrivée au pouvoir en mai 2026, a retenu l’attention. Le geste est d’autant plus notable que les îles Salomon sont devenues, depuis leur reconnaissance diplomatique de Pékin au détriment de Taipei en 2019 puis l’accord de sécurité sino-salomonais de 2022, un terrain central de la compétition stratégique dans le Pacifique insulaire.

À première vue, ce déplacement aurait pu être lu comme un revirement par rapport aux gouvernements de Manasseh Sogavare (2019-2024) puis de Jeremiah Manele (2024-2026), souvent associés à un rapprochement avec la Chine. Cette lecture mérite toutefois d’être nuancée : dès 2024, Manele avait lui-même choisi l’Australie pour sa première visite officielle – ce qui illustre la continuité des liens entre Honiara et Canberra malgré l’approfondissement du partenariat avec Pékin.

Dès lors, la question n’est peut-être pas celle d’un basculement entre Chine et Australie, mais celle de la manière dont les îles Salomon cherchent à ménager leurs deux principaux partenaires dans un espace régional de plus en plus polarisé.

2024-2026 : une crise politique d’abord interne

Les élections législatives de 2024 ont souvent été interprétées à l’étranger comme un référendum implicite pour ou contre l’influence de la Chine. Cette grille de lecture, centrée sur la rivalité sino-occidentale, tend toutefois à minimiser les dynamiques internes.

En effet, le gouvernement de Jeremiah Manele, ancien ministre des Affaires étrangères de Manasseh Sogavare et acteur clé du basculement diplomatique vers Pékin en 2019, s’est rapidement fragilisé. Dans un archipel de plus en plus marqué par la fragmentation des alliances parlementaires, la recrudescence des accusations de corruption, les tensions entre élites politiques et une insatisfaction sociale persistante ont progressivement érodé sa majorité.

Manele est finalement renversé en mai 2026 par une motion de défiance (26 voix contre 22). Si les débats sur la relation avec la Chine ont nourri les critiques, ils ne suffisent pas à expliquer cette chute, qui s’inscrit d’abord dans une instabilité politique structurelle. Cette lecture est renforcée par un constat central : malgré les investissements chinois dans les infrastructures (stade national, hôpitaux, équipements publics), les inégalités sociales et territoriales demeurent particulièrement fortes. Les îles Salomon restent un État classé par l’ONU parmi les pays les moins avancés (PMA), où l’accès aux services essentiels demeure très inégal.

Dans ce contexte, Matthew Wale a bâti son accession au pouvoir sur un discours de réforme centré sur la transparence et la lutte contre la « capture de l’État par les élites ». Son élection relève donc autant d’une crise interne que des recompositions géopolitiques régionales, qui reconfigurent les équilibres de la scène politique salomonaise.

Le « paradoxe Wale » : entre critique de la Chine et Realpolitik

Critique de longue date de l’accord de sécurité signé avec la Chine en 2022, Wale a adopté une posture plus pragmatique dès 2025, alors qu’il siégeait encore dans l’opposition, notamment lors d’une visite à Pékin où il réaffirme son soutien au principe d’une seule Chine.

Une fois au pouvoir, il n’a pas remis en cause le principe même de la coopération sécuritaire avec la Chine. Il a néanmoins marqué une inflexion en annonçant un réexamen du pacte signé en 2022, dont il continue de dénoncer le manque de transparence et les clauses de confidentialité. Cette position traduit moins une rupture avec Pékin qu’une volonté de reprendre le contrôle politique d’un accord longtemps critiqué pour son opacité.

Ce pragmatisme s’explique par des contraintes fortes. D’une part, le pays dépend largement des financements extérieurs pour ses infrastructures et services publics. D’autre part, l’endettement contracté notamment auprès de la Chine populaire limite les marges budgétaires, sans constituer pour autant un « piège » au sens strict.

Dans le même temps, les équilibres extérieurs sont structurants : l’Australie reste le principal partenaire sécuritaire et un bailleur majeur, tandis que la Chine occupe une place croissante dans le financement du développement.

Dans ce cadre, Wale cherche à maintenir des relations avec plusieurs partenaires afin de préserver ses marges de manœuvre diplomatiques. La souveraineté est surtout utilisée comme un levier politique, plutôt que comme une recherche d’autonomie totale.

D’ailleurs, l’élection de Wale n’a pas provoqué de réaction hostile de Pékin. Les autorités chinoises ont rapidement affiché leur volonté de poursuivre et d’approfondir leur coopération avec le nouveau gouvernement, tandis que Wale a lui-même réaffirmé son attachement au principe d’une seule Chine. Cette retenue mutuelle suggère que, à ce stade, ni Honiara ni Pékin ne souhaitent transformer la transition politique de 2026 en rupture diplomatique.

Australie–Salomon : une relation jamais rompue

En parallèle, la visite officielle de Wale en Australie s’inscrit également dans un réengagement australien plus large dans le Pacifique. Canberra a multiplié les accords bilatéraux ces dernières années : Tuvalu (Union Falepili, 2023), îles Salomon (un premier traité de sécurité en 2024), Papouasie–Nouvelle-Guinée (traité Pukpuk, 2025), Indonésie (2026), Vanuatu (projet d’accord Nakamal, 2026).

Dans cette architecture, les Îles Salomon occupent une position particulière. L’Australie conserve une influence historique, héritée notamment de la Mission régionale d’assistance aux îles Salomon (2003-2017), même si la montée en puissance de la Chine depuis 2019 a introduit une nouvelle incertitude stratégique.

La relance de la coopération policière et sécuritaire engagée dans le cadre de l’accord bilatéral conclu en 2024, dont la mise en œuvre avait été partiellement retardée sous le gouvernement Manele, illustre davantage une continuité qu’un basculement. Les liens institutionnels entre Canberra et Honiara n’ont jamais été rompus, y compris durant la période de rapprochement avec Pékin.

Pour l’Australie, l’objectif consiste désormais moins à évincer la Chine qu’à conserver une position centrale dans les domaines de la sécurité, de la formation et de la gouvernance. Pour les Salomon, l’enjeu est inverse : maintenir ouvertes plusieurs options de coopération afin d’éviter toute dépendance exclusive.

Cette logique rejoint une pratique plus large des petits États insulaires du Pacifique, souvent résumée par la formule « Amis de tous, ennemis de personne », qui vise à préserver les marges de manœuvre diplomatiques, mais également à maximiser les aides au développement dans un environnement marqué par de fortes asymétries de puissance.

Une souveraineté sous contrainte

Pour les pays occidentaux, l’accord de sécurité signé en 2022 entre la Chine et les îles Salomon a agi comme un électrochoc stratégique. Il a remis en cause l’idée d’une chasse gardée australienne dans le Pacifique insulaire et conduit à un renforcement de la présence américaine, marqué notamment par la réouverture de l’ambassade des États-Unis à Honiara en 2023 après trente ans d’absence.

Dans ce contexte, l’Union européenne a été incitée à réaffirmer une approche plus discrète, centrée sur le développement et le multilatéralisme, dans un espace de plus en plus structuré par la rivalité entre la Chine et le couple Washington–Canberra. En 2026, l’arrivée au pouvoir de Matthew Wale – principal opposant à cet accord – ne marquera vraisemblablement pas une rupture nette dans la politique étrangère des îles Salomon. Elle correspond plutôt à une configuration de pragmatisme et de dépendance, avec des contraintes internes (fragilités socio-économiques, coalitions instables) qui s’articulent avec d’intenses rivalités extérieures.

Dans un contexte de forte dépendance aux financements extérieurs et d’endettement croissant, la politique étrangère salomonaise s’apparente à un exercice d’ajustement permanent plutôt qu’à un choix stratégique souverain pleinement autonome.

Plus qu’un basculement géopolitique, l’élection de Wale en mai 2026 illustre ainsi une réalité plus large du Pacifique insulaire : celle d’États qui tentent de transformer leur position de dépendance en espace de négociation entre plusieurs puissances concurrentes. Reste une question centrale : cette concurrence accrue entre partenaires extérieurs peut-elle réellement se traduire en améliorations concrètes pour des populations confrontées quotidiennement à des vulnérabilités structurelles persistantes ?

The Conversation

Pierre-Christophe Pantz ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Îles Salomon : délicat jeu d’équilibre géopolitique entre la Chine et l’Australie – https://theconversation.com/iles-salomon-delicat-jeu-dequilibre-geopolitique-entre-la-chine-et-laustralie-284681

Spielberg: ¿servirá una película de extraterrestres para volver a confiar en la humanidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Violeta Kovacsics, Profesora Lectora Serra Húnter, Universitat Rovira i Virgili

Una escena de la última película de Steven Spielberg, _El día de la revelación_. Universal Pictures

Toda película está ligada a su tiempo. Estrenada apenas un año después de los ataques a las Torres Gemelas en septiembre de 2001, Señales, de M. Night Shyamalan, sirve de paradigma de un cine que respondía al 11-S.

Se trataba, por un lado, de un cine que volvía al tema de la invasión alienígena y que, por el otro, exploraba cuestiones como el miedo al otro y la paranoia. En ella, el personaje interpretado por Mel Gibson era un reverendo que había perdido la fe tras la muerte de su esposa en un accidente de tráfico. La crisis de fe se presentaba aquí de dos maneras: el protagonista había dejado de confiar en los poderes divinos y, a la vez, no creía que los responsables de los hechos extraños que tenían lugar en su granja fuesen los alienígenas.

Un niño coge a un adulto por la barbilla y le tuerce la cara para enseñarle algo.
Mel Gibson y Rory Culkin en un fotograma de Señales.
Touchstone Pictures

El cine de extraterrestres como metáfora sobre el tiempo presente recuerda a la década de los cincuenta, cuando las películas se volcaron a las invasiones alienígenas como parábola de la amenaza comunista y de la idea de un enemigo exterior, como es el caso de la versión de 1956 de La invasión de los ladrones de cuerpos.

La caída de las Torres Gemelas provocó de nuevo el auge de géneros que permitían ahondar en la idea de invasión para poder explicar el miedo a aquello que venía de fuera. Cabe recordar que un mes después de esos atentados desde el Pentágono se organizó una comisión de profesionales del cine para que pensaran en posibles ataques.

Es decir, se les pedía que plantearan guiones de ficción, con la idea que estos pudieran tornarse reales el algún momento.

El 11-S como fricción

J. Hoberman, una de las plumas más brillantes de la crítica estadounidense, escribió que, ante el espectáculo real de la caída de las Torres Gemelas, el cine norteamericano se volcó hacia la hiperrealidad: la realidad no era suficiente, y la concepción de las películas como una experiencia sustituyó a la idea de espectáculo. Por ejemplo, La pasión de Cristo no se dedicaba únicamente a narrar el calvario de su protagonista, sino que intentaba, mediante su puesta en escena, que el espectador se viese inmerso en él.

En este sentido, Hoberman vió en filmes como La guerra de los mundos de Steven Spielberg un ejemplo de ese gusto del cine americano del siglo XXI por una puesta en escena que convirtiera la película en una experiencia: la cámara se mostraba frenética, pegada a los personajes, sin aliento.

Aquella historia sobre un padre que huye junto a sus hijos de la amenaza de seres desconocidos que llegan a la Tierra desde el espacio exterior se estrenó en 2005, y exponía que el miedo no era solo al extraño, sino también a los seres humanos. Es decir, en los momentos de crisis, era difícil confiar en la bondad.

Un hombre sujeta a una niña pequeña rodeado de militares.
En La guerra de los mundos la huida de los extraterrestres es caótica igual que las crisis que tenían lugar en aquellos momentos históricos.
Amblin Entertainment

Algo similar sucedía en Calle Cloverfield 10, realizada a la sazón del éxito de Monstruoso en 2008, película de Matt Reeves sobre una invasión alienígena. En Calle Cloverfield 10, un hombre intentaba convencer a la protagonista de que lo mejor era no salir de un búnker que él había construido, pues en el exterior se había desatado un verdadero desastre que podía terminar con la humanidad.

El ser humano es bueno

Señales establece un puente entre la fe de carácter místico o religioso y la creencia en que hay vida extraterrestre, algo que en cierta manera atraviesa también la última película de Steven Spielberg.

El día de la revelación se inscribe descaradamente en el contexto actual. El hecho de que una de las protagonistas (Emily Blunt) sea la presentadora del tiempo de un canal televisivo local de Kansas ayuda a que las noticias estén presentes constantemente: vemos a menudo a sus compañeros hablar, aunque sea de fondo, de los diversos conflictos que azotan nuestra época.

Aunque es una película de extraterrestres, también tiene mucho que ver con el periodismo y la libertad de prensa. Spielberg ya había tocado estos temas en Los archivos del Pentágono, situada a comienzo de los años setenta, cuando el Washington Post se mostró determinado a publicar una serie de documentos clasificados sobre la Guerra de Vietnam.

En El día de la revelación, el contexto es ficticio, pero está muy arraigado en nuestro tiempo presente. En él se desarrolla la trama sobre un experto en ciberseguridad que pretende divulgar al mundo que el gobierno estadounidense es conocedor de la presencia de alienígenas en la Tierra.

Si en La guerra de los mundos algunas escenas apuntalaban la desconfianza en la humanidad, en El día de la revelación se plantea una esperanza casi ingenua, la constatación de que el ser humano puede ser bueno. El protagonista, interpretado por Josh O’Connor, huye con la convicción de que el mundo puede y debe saber de la existencia de extraterrestres. Mientras, el personaje encarnado por Colin Firth sirve de contrapunto: es un hombre del Gobierno que no cree que el ser humano esté preparado para saber que no está solo en el universo.

En 1982, Spielberg estrenó E.T., una película en la que un extraterrestre bueno se hacía amigo de un niño que tenía que ayudarle a volver a casa. Unos años antes el cineasta ya había realizado Encuentros en la tercera fase, filme sobre los misterios de la vida alienígena, con el que entraba por la puerta grande en el imaginario de la ciencia ficción. Se retrataba ahí la necesidad de comprender al otro, algo que atraviesa las dos películas. En E.T. el niño confía en las bondades de lo desconocido; en Encuentros en la tercera fase los personajes no se mueven por el miedo, sino por la curiosidad y la necesidad de comprender.

Un niño y un extraterrestre en medio del bosque miran hacia el cielo.
Un fotograma de E.T., con el niño y el extraterrestre juntos.
Amblin

El día de la revelación hace suyo este objetivo también, mediante dos personajes que sirven de nexo entre las personas y los aliens. El experto en ciberseguridad interpretado por O’Connor comprende lo que dicen los extraterrestres, les traduce, les hace inteligibles; y la periodista que encarna Blunt puede sentir con los humanos. Este alegato en favor de la empatía da pie a algunas de las escenas más edulcoradas de la película. A la vez, la interpretación de Blunt es extraordinaria: modula de forma excelsa su registro desde la comicidad hasta la emoción.

A partir del sentimiento y de la necesidad de comprender al otro, Spielberg traza la posibilidad de diálogo en un momento en el que todos los puentes parecen rotos. En un contexto de guerras y de incertidumbre como el que vivimos, el cine fantástico vuelve a desplegar respuestas.

The Conversation

Violeta Kovacsics no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Spielberg: ¿servirá una película de extraterrestres para volver a confiar en la humanidad? – https://theconversation.com/spielberg-servira-una-pelicula-de-extraterrestres-para-volver-a-confiar-en-la-humanidad-285104

Non, les basketteurs de la NBA ne sont ni des bêtes ni des guerriers

Source: The Conversation – in French – By Audrey Portes, Assistant Professor, Montpellier Business School

Spurs, Wolves, Thunder, Hawks… les finales NBA 2026 battent leur plein. Les noms des équipes renvoient à un imaginaire qui est tout sauf neutre. Que révèlent-ils sur la conception du sport ? Quelles en sont les conséquences ?


Pour rejoindre les finales NBA 2026, les Spurs de San Antonio, portés par un Victor Wembanyama omniprésent, ont dû éliminer les Timberwolves du Minnesota, puis arracher la victoire aux Thunder d’Oklahoma City. De leur côté, les Knicks de New York ont affronté les Hawks d’Atlanta, ainsi que les Cavaliers de Cleveland.

Wolves, Cavaliers, Thunder, Hawks… en observant le nom de ces équipes, un constat s’impose : la NBA est peuplée de prédateurs, de guerriers et de forces hostiles.

Logos passés et présents des Wolves, des Thunder, des Hawks et des Cavaliers.
Wikimedia

Que disent vraiment les noms des équipes NBA ?

Ce constat n’est pas anodin. Une recherche récente publiée dans European Sport Management Quarterly, menée sur les 124 franchises des quatre grandes ligues nord-américaines (MLB, NBA, NFL, NHL), révèle que 79 % des équipes professionnelles portent un nom métaphorique. Il est évident que les joueurs des Chicago Bulls ne sont pas littéralement des taureaux, pas davantage que les Golden State Warriors ne sont des guerriers.

Pourtant, ces noms ne sont pas que le produit d’un folklore sportif amusant. Ils façonnent, souvent à notre insu, la façon dont nous percevons le sport.




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Un langage qui structure notre vision du monde

Pour comprendre pourquoi, il faut s’appuyer sur la théorie des métaphores conceptuelles de George Lakoff et Mark Johnson. Lakoff et Johnson montrent que les métaphores sont omniprésentes dans notre langage courant, structurent notre façon de penser et influencent nos comportements.

Ainsi, les métaphores comparant les discussions à des « joutes verbales » où les participants « attaquent » puis « défendent » leurs « positions » révèlent que nous conceptualisons le débat d’idées comme un affrontement plutôt que comme un échange bienveillant.

Les noms des équipes sportives fonctionnent de la même manière. En nommant une équipe les Predators de Nashville ou les Sharks de San José, on ne choisit pas seulement un nom accrocheur : on ancre dans l’esprit du public une représentation particulière de ce que sont les athlètes et de ce qu’est le sport.

Les athlètes comme bêtes sauvages ou guerriers

Notre recherche révèle que derrière la diversité apparente des noms, une représentation écrasante domine. Les athlètes y sont avant tout conceptualisés comme des bêtes sauvages (Bears, Tigers, Wolves, Raptors, Jaguars…) ou comme des guerriers (Warriors, Vikings, Raiders, Cavaliers…). À un niveau plus abstrait, ces métaphores convergent vers une conception commune : le sport comme combat brutal.

Qu’il s’agisse des Vipers, des Blackhawks, des Sabres ou des Titans, la grande majorité des noms d’équipes évoquent la violence, la prédation ou la guerre. Ce constat est remarquablement stable d’une ligue à l’autre, ce qui suggère que cette représentation n’est pas le reflet des spécificités de chaque sport, mais bien d’une conception culturelle du sport plus large.

Différencier sans sortir du moule : quelles solutions alternatives ?

Ce constat soulève un paradoxe intéressant du point de vue du management des marques. Si presque toutes les franchises utilisent des métaphores, comment se différencient-elles les unes des autres ?

Notre recherche identifie trois niveaux de différenciation. Au niveau le plus superficiel, des équipes, comme les Bulls, les Raptors ou les Hornets, partagent la même métaphore sous-jacente (les athlètes sont des bêtes sauvages) et ne se distinguent que par les attributs spécifiques de l’animal choisi : la puissance brute pour le taureau, la voracité du rapace, la rapidité de la guêpe. La différenciation reste marginale.

À un niveau intermédiaire, des équipes, comme les Warriors ou les Cavaliers, mobilisent une métaphore distincte pour les athlètes (ce sont des guerriers, non des animaux). Tout en conservant la même vision du sport comme combat. La différenciation est plus marquée : ces équipes évoquent la stratégie militaire, la discipline, le courage, plutôt que l’instinct animal.

C’est au troisième niveau que la différenciation devient fondamentale, parce qu’elle rompt avec la métaphore dominante du sport-combat. Quelques équipes, très minoritaires, mobilisent des univers radicalement différents. L’Utah Jazz et les St. Louis Blues (NHL) conceptualisent les athlètes comme des musiciens, tandis que les Washington Wizards ou les Orlando Magics convoquent le thème de la magie.

Une conceptualisation alternative du sport comme art est alors proposée. Ce faisant, ils communiquent une image plus valorisante des athlètes opposant des valeurs de virtuosité, de créativité et de maîtrise technique à celles de puissance brute et d’instinct primal. Une promesse de beau jeu est ainsi formulée, qui se distingue de celle de l’affrontement violent.

Niveaux de différentiation en fonction des conceptualisations sous-jacente des athlètes et du sport.
Infographie des auteurs

Des noms innocents aux conséquences réelles

Au-delà de ces implications en termes de différenciation, le choix de métaphores associant le sport à un combat brutal touche également à la responsabilité sociale des franchises. Conceptualiser les athlètes comme des bêtes sauvages ou des machines de guerre porte des valeurs positives comme la combativité ou l’engagement mais dès lors que ce type de métaphores s’impose comme le modèle dominant, cela contribue à une normalisation de l’agressivité.

Pour vérifier empiriquement ce mécanisme, nous avons conduit une étude auprès de 1 140 spectateurs de basket-ball, et recueilli ce que leur évoque différents noms d’équipes métaphoriques de la NBA G-League (ligue de développement). Les résultats sont attendus mais éloquents : les noms connectés aux métaphores « bêtes sauvages » ou « guerriers » génèrent significativement plus d’associations liées à la violence, au danger et à l’agression.

À l’inverse, des noms, comme Rip City Remix ou Capital City Go-Go, liés à la musique et à l’art, suscitent des associations centrées sur la créativité, le jeu, l’amusement voire la diversité (pour les remix).

Associations d’idées générées par des noms d’équipes de la NBA G-league.
Infographie des auteurs, CC BY

Ces résultats rejoignent ceux d’autres études montrant que l’exposition répétée à des systèmes de métaphores dominants contribue à normaliser des croyances ou comportements. Ici, les résultats montrent que les noms choisis participent d’une naturalisation de la violence dans le sport, un processus d’autant plus insidieux que la dimension humoristique de ces métaphores permet simultanément d’annoncer et de dédramatiser la promesse d’un spectacle violent.

Nommer autrement : une responsabilité de marque

Ces constats ont des implications pratiques directes pour les dirigeants sportifs. Le choix d’un nom d’équipe est souvent laissé à des concours de fans, une pratique répandue dans les nouvelles franchises ou à l’occasion de rebranding. Si cette démarche favorise l’engagement du public, elle tend aussi à reproduire, par mimétisme, les mêmes clichés et à perpétuer les mêmes représentations.

L’exemple des Washington Redskins (les « Peaux rouges ») illustre les risques de l’inertie. L’équipe de NFL avait dû abandonner son nom en 2020 après des décennies de protestation des communautés amérindiennes autochtones, sous la pression conjuguée des sponsors et des partenaires commerciaux. L’équipe de football s’est ainsi retrouvée sans nom pendant près de deux saisons avant d’adopter celui de Washington Commanders.

Inversement, l’équipe de NBA de Washington montre qu’il est possible de faire preuve d’initiative. L’équipe ayant décidé de changer son nom de Washington Bullets (balles) à Wizards(magiciens), dès 1997, pour éviter de diffuser des connotations violentes.

BFM 2025.

Ainsi, choisir un nom qui s’affranchit de la métaphore dominante du sport-combat n’est pas seulement un acte de différenciation stratégique, c’est aussi une forme de responsabilité sociale. Il s’agit de décider quelles valeurs une franchise souhaite incarner et diffuser, au-delà des victoires sur le terrain.

Alors que le Game 5 des finales NBA 2026 se jouera dimanche, la question mérite d’être posée : que se passerait-il si, au lieu de mettre en scène chaque soir un affrontement de prédateurs et de guerriers, certaines équipes choisissaient de raconter une autre histoire ?

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Non, les basketteurs de la NBA ne sont ni des bêtes ni des guerriers – https://theconversation.com/non-les-basketteurs-de-la-nba-ne-sont-ni-des-betes-ni-des-guerriers-284752

Los extraterrestres tal vez existan, pero hay tres razones por las que probablemente no nos han visitado ni vayan a hacerlo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carol Oliver, Professor in Science Communication and Astrobiology, UNSW Sydney

La nueva película de Spielberg, _El día de la revelación_, explora la idea de vida extraterrestre. Universal

La reciente publicación de cientos de casos de fenómenos anómalos no identificados (FANI o, por sus siglas en inglés, UAP) anteriormente clasificados, que abarcan desde la década de 1940 hasta la actualidad, junto con la nueva película de Steven Spielberg, El día de la revelación, sobre la vida extraterrestre, ha avivado la idea de que los aliens están visitando la Tierra.

De hecho, encuestas realizadas en Australia, Estados Unidos y otros lugares indican que alrededor de un tercio de la población cree que los extraterrestres están entre nosootros.

Sin embargo, aunque lo que sabemos sobre el universo sugiere que podrían existir, hay tres razones de peso por las que probablemente no nos hayan visitado ni vayan a hacerlo.

El espacio es grande, muy grande

Para empezar, el espacio es inmenso, más allá de lo que podemos imaginar.

Proxima Centauri, la estrella más cercana a nuestro Sol, está a unos 40 billones de kilómetros de distancia, 268 000 veces más lejos de lo que está el astro rey de la Tierra. Eso son 4,3 años luz, según las mediciones de los astrónomos. Un año luz es la distancia que recorre la luz en un año a 300 000 km por segundo.

Con la tecnología actual, solo podemos viajar por el espacio a una fracción de la velocidad de la luz. Incluso nuestra nave espacial más rápida, la Parker Solar Probe, viaja a una velocidad máxima de aproximadamente 191 kilómetros por segundo, el 0,064 % de la velocidad de la luz.

Con esa “parsimonia”, tardaría unos 6 650 años en llegar a Próxima Centauri, y eso solo en nuestro vecindario estelar local. Por lo tanto, los viajes interestelares dentro de la esperanza de vida humana requerirían velocidades mucho mayores.

Supongamos que tuviéramos los medios para viajar a una rapidez cercana a la de la luz. Esto nos lleva al primer problema: Albert Einstein demostró que el tiempo es relativo; la velocidad a la que transcurre el tiempo no es la misma en todas partes del universo.

Cuanto más rápido viaje una nave espacial desde la Tierra, más lento pasará el tiempo para sus pasajeros. Es lo que se denomina dilatación del tiempo.

Por ejemplo, cuando el astronauta de la NASA Scott Kelly regresó a la Tierra tras pasar un año en la Estación Espacial Internacional, era unos milisegundos más joven que su gemelo idéntico. Esto se debe a que el tiempo pasa más lentamente para los objetos en movimiento, y la Estación Espacial Internacional viaja a unos 28 150 kilómetros por hora.

Dicha diferencia era insignificante para los gemelos Kelly. Pero para cualquier extraterrestre que diera volteretas por nuestros cielos, sería significativamente mayor debido al viaje de ida y vuelta a la Tierra desde un sistema estelar lejano a una velocidad necesariamente mayor. Regresarían a un planeta mucho más viejo que el que dejaron, quizás un siglo o más. Serían exiliados del tiempo.

Una superficie lunar gris con tres puntos de colores visibles en el cielo.
Una fotografía de la misión Apolo 17 en diciembre de 1972.
NASA

Requisitos energéticos inimaginablemente elevados

Luego está el requisito energético inimaginablemente elevado que exige emprender un viaje interestelar: la masa del vehículo espacial aumenta con la velocidad, por lo que se necesita una cantidad creciente de energía para acelerarlo.

A la velocidad de la luz, la nave adquiere una masa infinita, lo que requiere una cantidad infinita de energía. Esto es claramente imposible.

Otra cuestión importante es que en el espacio impera el vacío, pero no del todo. Hay suficientes partículas como para preocuparse. Estas pueden causar radiación letal para los pasajeros y los instrumentos de una nave espacial de alta velocidad, o incluso destruirla. Los átomos de hidrógeno dispersos se convierten en radiación intensa a velocidades cercanas a la de la luz, y el calor generado abrasaría y acabaría destruyendo el casco.

Según el físico Miguel Alcubierre, viajar más rápido que la luz es posible, pero conlleva su propio conjunto de problemas y unos requisitos energéticos actualmente imposibles de alcanzar.

Esto plantea la pregunta: ¿por qué gastar toda esa energía para viajar a la Tierra? Los habitantes una civilización avanzada (como tendría que ser para llegar hasta nuestro hogar espacial) serían capaces de fabricar cualquier cosa que tengamos nosotros sin salir de su propio planeta.

Una biosfera única

Otro problema más es nuestra biosfera, única en la Tierra por lo que saben los científicos.

La vida y el planeta coevolucionaron. La vida compleja no existiría en la Tierra si las cianobacterias, un tipo de microbio unicelular, no hubieran inyectado oxígeno en nuestra atmósfera, compuesta principalmente por nitrógeno, hace 2 400 millones de años.

El oxígeno no resulta tóxico para nosotros, pero es reactivo y podría ser altamente corrosivo para los extraterrestres. Y aunque podrían llevar trajes protectores como hacen los humanos cuando se adentran en entornos inhóspitos, los informes sobre extraterrestres visitantes no incluyen ninguna descripción de trajes espaciales.

Entonces, ¿hay extraterrestres ahí fuera?

Si los aliens no están aquí, ¿están ahí fuera?

Es una pregunta interesante, tanto desde el punto de vista científico como filosófico. Los científicos aún no disponen de suficiente información, pero están trabajando en ello.

Se han encontrado unos 6 200 exoplanetas en más de 4 700 sistemas solares, aunque ninguno es como la Tierra o nuestro Sistema Solar.

La mayoría de las estrellas podrían tener al menos un planeta, y solo en nuestra galaxia hay más de 100 000 millones de estrellas. El número de mundos extrasolares es, por lo tanto, astronómico, y algunos podrían ser habitables.

Más cerca de casa, hay lugares con potencial para la vida microbiana, ya sea en el pasado o en el presente: Marte, Europa (una luna de Júpiter) y Encélado y Titán (lunas de Saturno). Si descubrimos que la vida surgió dos veces en nuestro Sistema Solar, eso aumentará las probabilidades de que exista en otros lugares.

Desde 1960, hemos tenido la capacidad de buscar inteligencia en otros mundos, aprovechando la radioastronomía convencional. Los proyectos de búsqueda de vida extraterrestre más importantes los llevan a cabo el Instituto SETI, en California, y el proyecto Breakthrough Listen, con sede en la Universidad de Oxford, en el Reino Unido.

Todas las búsquedas realizadas han sido infructuosas. Encontrar vida inteligente en nuestro marco temporal –unos cien años– dentro de los 13 800 millones de años de historia del universo es todo un reto.

Sin embargo, como señalaba un artículo de Nature de 1959, aunque es difícil estimar las posibilidades de éxito, si no buscamos, dichas posibilidades se reducen a cero.

The Conversation

Carol Oliver es copresidenta del Comité Internacional SETI de la Academia Internacional de Astronáutica.

– ref. Los extraterrestres tal vez existan, pero hay tres razones por las que probablemente no nos han visitado ni vayan a hacerlo – https://theconversation.com/los-extraterrestres-tal-vez-existan-pero-hay-tres-razones-por-las-que-probablemente-no-nos-han-visitado-ni-vayan-a-hacerlo-285165

Biométrie électorale à Madagascar: pourquoi la technologie ne suffit pas à produire la confiance

Source: The Conversation – in French – By Fabrice Lollia, Docteur en sciences de l’information et de la communication, chercheur associé laboratoire DICEN Ile de France, Université Gustave Eiffel

À Madagascar, la préparation des élections de 2027 passe par la refonte biométrique du registre électoral national avec l’objectif clair de fiabiliser les listes, mieux identifier les électeurs et renforcer la crédibilité du scrutin. Dans un pays où les dernières élections ont suscité des contestations et des accusations d’irrégularités, la biométrie est ainsi présentée comme un outil de confiance.

Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis une vingtaine d’années, de nombreux pays africains ont adopté des technologies biométriques pour enregistrer ou identifier les électeurs, avec la promesse récurrente de réduire certaines fraudes et d’améliorer la qualité des scrutins.

Mais que nous apprennent réellement les recherches consacrées à la biométrie électorale en Afrique ?

Chercheur en sciences de l’information et de la communication, spécialiste de la gouvernance numérique et des nouvelles vulnérabilités informationnelles en Afrique et dans l’océan Indien, j’analyse dans cet article la biométrie non pas en tant que solution miracle ou simple outil technique, mais en tant que technologie électorale, en tenant compte de sa complexité contextuelle.

Une promesse technique face à un problème politique

L’essor de la biométrie électorale répond à des difficultés concrètes. Dans plusieurs pays africains, les systèmes d’état civil restent incomplets ou inégalement tenus. Identifier les électeurs constitue alors un défi majeur pour les administrations électorales.

Les dispositifs biométriques permettent, en théorie, d’améliorer la qualité des registres électoraux en limitant les inscriptions multiples, les doublons et certaines formes de fraude documentaire.

Les travaux d’Alan Gelb et Anna Diofasi montrent que ces technologies peuvent contribuer à renforcer la fiabilité administrative des listes électorales — notamment en réduisant le risque d’élections sérieusement contestées pouvant dégénérer en violence. À condition, toutefois, qu’elles soient déployées de manière rigoureuse et dans des contextes institutionnels appropriés. Cette dimension explique en partie leur diffusion progressive sur le continent, malgré des coûts élevés et une efficacité variable selon les pays.

Par exemple, au Ghana, l’introduction de l’enregistrement et de la vérification biométriques à partir de 2012 a permis de dédupliquer les listes et de réduire les inscriptions multiples. Cette situation a contribué à faire reculer les contestations centrées sur la fiabilité du registre électoral, même si les élections restent malgré tout politiquement disputées.

À l’inverse, l’étude du cas camerounais suggère que la biométrie peut contribuer à formaliser et à sécuriser les registres électoraux. Son effet sur la réduction des crises électorales demeure limité lorsque les institutions sont contestées. En outre, son efficacité reste faible si les acteurs politiques ne perçoivent pas le processus électoral comme impartial.

Mais cette promesse technique ne doit pas être confondue avec une promesse démocratique plus large.

Les débats publics autour de la biométrie reposent souvent sur une idée implicite : puisque l’une des controverses électorales porte sur l’identification des électeurs, une technologie capable de mieux identifier les individus permettrait de résoudre les problèmes de fraude.

Cette perspective reflète une approche technosolutionniste, c’est-à-dire l’idée selon laquelle une innovation technique pourrait, à elle seule, résoudre des problèmes sociaux ou politiques complexes. Or, les contestations électorales ne se réduisent pas aux questions d’identification. Elles peuvent aussi concerner l’achat de voix, les pressions administratives, l’intimidation des électeurs, les déséquilibres médiatiques, la désinformation, la compilation des résultats, l’indépendance des institutions électorales ou encore la confiance accordée aux autorités chargées du scrutin.

Dans cette perspective, la biométrie peut améliorer certains aspects techniques de l’élection, notamment l’identification des électeurs, sans pour autant répondre à l’ensemble des enjeux de confiance qui entourent un scrutin.

Quand la technologie électorale devient un objet de confiance

Les travaux sur le Tchad montrent que la biométrie n’est pas seulement introduite pour ses performances techniques. Elle est aussi investie d’une forte charge symbolique — modernité, objectivité, neutralité — et présentée comme capable de corriger les défaillances imputées aux acteurs humains. Pourtant, cette recherche montre que la biométrie ne sort jamais du champ politique : le choix des prestataires, les coûts, la gestion des données et le rôle des experts deviennent eux-mêmes des objets de controverse. La biométrie ne supprime donc pas ici les conflits électoraux ; elle les reconfigure.

D’autres recherches récentes sur le Kenya et le Sénégal vont dans le même sens en montrant comment cette reconfiguration opère à l’ère numérique. La numérisation déplace les controverses vers les bases de données, les serveurs et les enjeux de souveraineté numérique avec des citoyens qui réclament désormais l’ouverture des infrastructures censées produire la vérité électorale. Ce déplacement met en évidence un paradoxe : alors que la biométrie est promue comme gage de transparence, son opacité technique peut elle-même devenir une source de défiance.

Ces vulnérabilités informationnelles électorales se présentent sous des formes variées. Il s’agit de rumeurs sur les données, d’opacité des systèmes, ou d’incapacité des institutions à rendre les mécanismes du scrutin vérifiables par les citoyens.

À ces enjeux communicationnels s’ajoute la dimension de la souveraineté des données. Dans plusieurs pays africains, la collecte et le traitement des données biométriques sont confiés à des prestataires étrangers, ce qui soulève des questions quant au contrôle effectif des données personnelles des électeurs, à leur stockage et à leur éventuelle réutilisation.

Au Kenya, la société française Safran Identity & Security, devenue IDEMIA, a été retenue par la commission électorale pour fournir la technologie du système KIEMS lors des élections générales de 2017, notamment pour l’identification biométrique des électeurs. Ce dispositif s’est ensuite retrouvé au cœur des controverses post-électorales, non parce qu’une fraude de l’entreprise aurait été démontrée, mais parce que la contestation a porté sur l’accès aux serveurs, la transmission électronique des résultats, la vérifiabilité du système et la transparence des infrastructures électorales.

Cette question rejoint le débat sur le « colonialisme des données ». Les sociétés numériques reposent sur l’appropriation des traces produites par les individus, désormais traitées comme une ressource.

Dans le contexte africain, Danielle Coleman parle d’un « 21st Century Scramble for Africa » pour désigner une nouvelle ruée vers le continent, centrée sur l’extraction, le stockage et le contrôle des données par les grandes entreprises.

Appliqué aux élections biométriques, l’enjeu est particulièrement sensible. Les données électorales touchent à l’identité civile, à la citoyenneté, au droit de vote et à la souveraineté démocratique. Lorsque les systèmes, leur maintenance ou leur traitement dépendent de prestataires étrangers, les États africains peuvent devenir dépendants d’infrastructures qu’ils n’ont ni conçues ni pleinement gouvernées.

Une technologie électorale ne s’impose donc pas uniquement parce qu’elle fonctionne. Son acceptation dépend aussi de la confiance accordée aux institutions qui la déploient, de la clarté des explications, de la crédibilité du dispositif et de la perception des risques par les publics. L’enjeu ne se limite donc pas à l’aspect technologique, il est aussi communicationnel.

Pour Madagascar, l’enjeu n’est donc pas seulement d’introduire une biométrie fiable, mais de garantir autant que possible le contrôle national des données électorales, leur crédibililités, l’encadrement strict des prestataires et la compréhension publique du dispositif.

La biométrie n’est pas un substitut à la confiance démocratique

L’exploration des recherches consacrées aux expériences africaines invite à une conclusion prudente : la biométrie n’est ni une solution miracle, ni une technologie inutile. Son efficacité dépend de son articulation avec d’autres mécanismes démocratiques à savoir les audits indépendants, la transparence des procédures, le contrôle citoyen, les institutions crédibles.

Le risque principal serait de la présenter comme un substitut à la confiance institutionnelle, comme si une technologie pouvait, à elle seule, garantir la crédibilité d’un scrutin. Au-delà de s’interroger sur le fonctionnement de la technologie, la question est aussi de comprendre comment les sociétés construisent la confiance autour d’elle. Car si une machine peut vérifier une identité, elle ne peut pas produire la légitimité d’une élection.

En définitive, pour les pays africains engagés dans des réformes biométriques, et notamment pour Madagascar où l’apport de la biométrie est aujourd’hui d’actualité, la question décisive ne sera pas seulement technique. Elle sera aussi de savoir si cette technologie est comprise, crédible, contrôlée et perçue comme légitime par les citoyens.

La biométrie peut contribuer à crédibiliser l’identification des électeurs. La comparaison avec d’autres expériences africaines montre qu’elle peut produire des effets positifs lorsqu’elle s’inscrit dans une gouvernance électorale crédible. Outre le cas du Ghana déjà évoqué, le Sénégal constitue un exemple intéressant avec la consolidation du fichier électoral biométrique, appuyée sur la photographie, les empreintes digitales et le Numéro d’identification national, qui ont renforcé l’unicité de l’électeur et la fiabilité technique du registre.

Ces deux exemples montrent qu’il existe bien des situations où la biométrie peut contribuer à crédibiliser l’identification électorale, à condition d’être accompagnée par de la transparence, des audits indépendants et une pédagogie publique suffisante.

Mais elle ne traite pas, à elle seule, les dimensions politiques, institutionnelles et informationnelles qui conditionnent la confiance démocratique. C’est dans l’articulation entre outil technique, transparence institutionnelle et contrôle citoyen que se joue, en définitive, la crédibilité du scrutin africain.

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Fabrice Lollia does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Biométrie électorale à Madagascar: pourquoi la technologie ne suffit pas à produire la confiance – https://theconversation.com/biometrie-electorale-a-madagascar-pourquoi-la-technologie-ne-suffit-pas-a-produire-la-confiance-284587

Los disturbios de Belfast confirman cómo ayudan las redes sociales a que los mensajes antiinmigración calen

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paul Reilly, Senior Lecturer in Communications, Media and Democracy, University of Glasgow

El pasado lunes por la noche comenzaron a circular por las redes sociales imágenes de un terrible ataque con arma blanca en Belfast. Un solicitante de asilo sudanés de unos 30 años, que entró en el Reino Unido en 2023, ha sido acusado de intento de asesinato. Por su parte, la extrema derecha no tardó en aprovechar la situación para impulsar sus acciones antiinmigración.

El martes por la noche se produjeron violentos disturbios en las calles de Belfast y alrededores. Se incendiaron casas, coches y un autobús, y varios hombres enmascarados se dedicaron a romper ventanas. Por lo que sabemos, algunos de los ataques contra propiedades fueron de carácter racista.

En una publicación previa en las redes sociales, el activista Tommy Robinson (cuyo nombre real es Stephen Yaxley-Lennon) había instado a sus seguidores a unirse a las protestas callejeras contra este “ataque invasor”. Robinson facilitó una lista de lugares en toda Gran Bretaña e Irlanda del Norte donde se habían previsto protestas para la noche del martes.

Su publicación en X fue compartida por el empresario multimillonario Elon Musk, quien pidió a los ciudadanos que protestaran “repetida y enérgicamente” para cambiar las políticas gubernamentales en materia de inmigración. El líder del partido Restore Britain, Rupert Lowe, prometió que su partido iniciaría deportaciones masivas y reintroduciría la pena de muerte para prevenir los ataques cometidos por “bárbaros”.

Al mismo tiempo, comenzaron a circular mensajes de WhatsApp procedentes de cuentas anónimas en los que se instaba a los hombres mayores de 18 años de Irlanda del Norte a “estar preparados para luchar o ser detenidos”.

Llamamientos a la calma

Políticos de todo el espectro político de Irlanda del Norte hicieron un llamamiento a la calma, incluso algunos condenando a políticos ingleses de derechas como Lowe por parecer que explotaban el ataque en beneficio propio.

Y el jefe de la Policía de Irlanda del Norte (PSNI), Jon Boutcher, instó a los ciudadanos a no dejarse “engañar” por personas en internet decididas a propiciar que se produzcan disturbios violentos.

El hecho de que un hombre hubiera sido acusado de intento de asesinato no sirvió para disuadir a las multitudes, en su mayoría jóvenes, que se congregaron por todo Belfast, incendiando un autobús en Lower Newtownards Road y participando en enfrentamientos esporádicos con la policía por toda la ciudad.

Un autobús fue incendiado mientras estallaban los disturbios en Belfast.

Hubo actos violentos en localidades como Ballyclare y Portadown. En Ballyclare, el local de una peluquería turca fue objeto de un ataque. También se produjeron detenciones tras las manifestaciones en Glasgow, donde tres personas resultaron heridas.

Este guión no es del todo nuevo. En los últimos dos años, actores de extrema derecha han utilizado las redes para instrumentalizar incidentes que involucran a minorías como parte de sus campañas contra la inmigración. Entre estos incidentes se incluyen las denuncias de un intento de violación de una adolescente en Ballymena, el asesinato de tres niñas en Southport y el asesinato de Henry Nowak en Southampton.

La desinformación circula con frecuencia en internet a medida que las autoridades se ven presionadas para confirmar el origen étnico y la situación de asilo de los sospechosos. La PSNI se apresuró a facilitar estos detalles, presumiblemente para evitar crear un vacío informativo en el que las falsedades pudieran propagarse rápidamente.

Surgimiento de un discurso tóxico

Los hechos no parecen importar a quienes aprovechan el impacto y el trauma para promover sus afirmaciones de que la inmigración es la culpable de los actos de violencia. Las condenas de los políticos hacia los agitadores de extrema derecha en las redes suelen ir acompañadas de críticas a las grandes empresas tecnológicas por no hacer más para detener a los agitadores que incitan a la violencia en sus plataformas.

Los políticos y las figuras públicas deben hacer algo más que decir “no en nuestro nombre”. Deben asumir parte de la culpa por haber contribuido a crear un discurso tóxico en torno a la inmigración que “margina” a los solicitantes de asilo y a los migrantes.

Desinformación sobre inmigracion

La llamada Ventana de Overton, el barómetro de lo que se considera un argumento políticamente aceptable, se ha desplazado hacia la derecha, como demuestran las declaraciones de Lowe. La desinformación y la información errónea sobre la inmigración se arraigan en algunas comunidades porque estas escuchan con frecuencia que los solicitantes de asilo reciben acceso prioritario a unos servicios públicos que ya cuentan con fondos insuficientes.

Un argumento recurrente entre los políticos es que se trata de “preocupaciones legítimas”, incluso cuando hay pocas pruebas que respalden estas afirmaciones. Esto suele llevar a que se culpe a las comunidades minoritarias de problemas que no tienen nada que ver con ellas.

La normalización de las opiniones de la derecha sobre la inmigración se ve reforzada por una cobertura mediática que, con frecuencia, no verifica las afirmaciones sobre cuestiones como los solicitantes de asilo y las prestaciones sociales.

Ahora corresponde a los políticos decidir cómo responder a episodios de violencia como la observada en Belfast. Si bien es evidente que las plataformas de internet pueden mejorar a la hora de eliminar publicaciones incendiarias, las figuras públicas también deben solucionar el problema que ayudaron a crear. La ciudadanía necesita un discurso sobre la inmigración basado en hechos que deje de culpar a los solicitantes de asilo y a los refugiados de problemas sociales más amplios.

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Paul Reilly no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Los disturbios de Belfast confirman cómo ayudan las redes sociales a que los mensajes antiinmigración calen – https://theconversation.com/los-disturbios-de-belfast-confirman-como-ayudan-las-redes-sociales-a-que-los-mensajes-antiinmigracion-calen-285092

‘Six-seven’ o lo que la semiótica nos dice sobre la identidad de la generación alfa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Piqueras-Pérez, Profesora ayudante doctora de filología inglesa, Universitat de les Illes Balears

Matt Fowler KC/Shutterstock

Hay algo que los profesores de toda España llevamos meses observando en las aulas: da igual la edad, da igual el nivel. Dices “sesenta y siete”, o simplemente aparece el número en una diapositiva, en un ejercicio, en cualquier sitio, y algo pasa. Los alumnos se miran. Algunos ríen. Otros hacen el gesto. Incluso los universitarios, que técnicamente no son generación alfa, lo hacen. Como si el código les perteneciera igual. Eso me llamó la atención. No el gesto en sí, sino el hecho de que funcione más allá de la generación que supuestamente lo inventó.

¿Qué es exactamente lo que se está transmitiendo?

La web Dictionary.com lo nombró palabra del año 2025 y reconoció, con cierta honestidad, que no sabía exactamente qué significaba. Adria Laplander, profesora de sexto grado en Míchigan, lo prohibió formalmente en clase. El vicepresidente estadounidense J. D. Vance bromeó en diciembre con proponer una excepción a la Primera Enmienda después de que su hijo de cinco años lo gritara en misa, un dato que el crítico literario, semiólogo y filósofo estructuralista francés, Roland Barthes, habría disfrutado.

Y si alguien todavía duda de su alcance: teclee “67” en Google y verá cómo la pantalla se balancea, haciendo exactamente el mismo gesto que hace la generación alfa con las manos. Hasta el algoritmo lo sabe.

Pero aún hay más. Durante su estancia en Madrid, el papa León XIV hizo un gesto similar al que los jóvenes hacen con los brazos al pronunciar los números “mágicos” mientras recorría las calles a bordo del papamóvil. Así se ganó a los jóvenes.

La respuesta fácil de muchos es: “Se trata de una moda y pasará”. Pero parece que eso no convence.

Un signo sin significado fijo

Su origen está en la canción “Doot Doot (67)”, del rapero Skrilla, pero el detonante fue un vídeo viral de marzo de 2025: un niño gritando “six seven” (seis siete) en un partido de baloncesto juvenil mientras hacía el gesto con las manos. En horas, el 6-7 dejó de ser una canción para convertirse en un fenómeno. Para algunos jóvenes equivale a “más o menos”. Para otros es simplemente una reacción sin definición concreta.

La semiótica lleva décadas estudiando cómo los signos producen significado, aunque probablemente nunca imaginó aplicarse a un número de dos cifras. Ferdinand de Saussure (1857-1913), padre de la lingüística estructural del siglo XX, argumentó que la relación entre una forma y su significado es arbitraria: no existe ninguna razón lógica que las una. Los signos adquieren sentido por contraste con otros signos, no por referencia al mundo real.

Aquí el 6-7 hace algo interesante, y un poco incómodo para la teoría: no tiene un significado estable ni siquiera dentro del grupo que lo usa. Saussure hablaría de comunidades interpretativas con códigos compartidos, pero el 6-7 funciona precisamente porque el código es opaco, incluso para quien lo usa. Su fuerza no viene de lo que significa. Viene de lo que hace: crear pertenencia y excluir a quien no pertenece. Los adultos que lo prohíben están, sin saberlo, garantizando su supervivencia.

Un fenómeno que ha existido siempre

Los jóvenes de los 50 tenían el “cool” y el “hip”, términos que sus padres tardaron años en entender y que hoy usamos sin pensar. Los de los 80 españoles tenían el “chachi”, el “guay” o el “pasota”. Los de los 90, el “mola”, que irritaba a los mayores precisamente porque no significaba nada concreto.

No es un fenómeno nuevo ni digital: es tan antiguo como la adolescencia misma. Lo que cambia con el 6-7 es la velocidad y la escala, un meme puede convertirse en seña de identidad global en semanas, y el hecho de que cruce generaciones dice algo sobre la necesidad que satisface.

Otros autores, siguiendo al sociólogo francés Pierre Bourdieu, recuerdan que cada intercambio lingüístico contiene la potencialidad de un acto de poder. Los grupos se constituyen a través de prácticas simbólicas compartidas: formas de hablar, de reaccionar, de gesticular. Estos códigos no son inocentes, establecen quién pertenece y quién queda fuera. El 6-7 nombra una generación. Y al nombrarse, esa generación existe con más fuerza.

Cómo un número deja de serlo

Roland Barthes (1915-1980) lo habría visto venir. En los años 50 ya argumentaba que los mitos modernos no son relatos épicos sino gestos cotidianos que se presentan como naturales cuando en realidad son construcciones sociales. Lo que llamó “sistemas semiológicos de segundo orden”: signos que acumulan una segunda capa de significado cultural hasta que ya no puedes verlos como simples palabras o gestos.

El 6-7 ha hecho ese viaje. Significa irreverencia, pertenencia, la capacidad de reírse de algo que los adultos se toman demasiado en serio. Cuando el profesor pregunta qué significa y el alumno responde “six-seven”, encogiéndose de hombros, no está siendo insolente. Está ejecutando el mito: demostrando que hay un mundo al que el profesor no tiene acceso, pero él sí. Y cuando ese mismo gesto lo hace un universitario de 22 años que tampoco es generación alfa, está haciendo exactamente lo mismo: buscar pertenencia, marcar distancia, construir identidad.

La reacción adulta suele ser la misma: “es una tontería”, “no significa nada”, “pasará”. Y en parte tienen razón: el 6-7 pasará. Pero es importante entender que los jóvenes no están hablando de números, están hablando de quiénes son. Y probablemente para cuando terminemos de entenderlo, ya habrán pasado al siguiente código. De hecho, el “4-1” ya está llamando a la puerta.

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Maria Piqueras-Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ‘Six-seven’ o lo que la semiótica nos dice sobre la identidad de la generación alfa – https://theconversation.com/six-seven-o-lo-que-la-semiotica-nos-dice-sobre-la-identidad-de-la-generacion-alfa-282106

El talento en el fútbol: un viaje neuronal con parada en la emoción y la cognición

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rodrigo Ramos-Zúñiga, Neurocientífico, Universidad de Guadalajara

“La técnica es pasar el balón con un toque, en el momento adecuado, al lugar correcto”.
Johan Cruyff

En los deportes colectivos como el fútbol, no solo rueda el balón. También se conjugan la empatía y la sincronización cerebral para desarrollar estratégicamente el trabajo en equipo.

Del cerebro al músculo

Si bien dependen de recursos individuales, las habilidades y destrezas en el fútbol reflejan además la capacidad de una sincronización colectiva. En ella se contrastan emociones complejas, como la cooperación, la solidaridad y la empatía.

Esta ruta neuronal se expresa como un “arco reflejo” (respuesta automática del organismo) que involucra aspectos sensoriales. Estos se traducen y jerarquizan en la corteza cerebral humana para generar respuestas motrices planificadas que involucran elementos biomecánicos, movimientos de fuerza y resistencia, motricidad fina, coordinación y precisión en el toque ejecutivo del balón.

La red de movimientos deriva de un proceso de entrenamiento sistemático que conjuga la emoción y la cognición para realizar los cálculos precisos en el efecto cinético.

Esta respuesta interactúa con aspectos motivacionales de muy diversa índole: ego, reconocimiento, recompensa, beneficio económico, hedonismo… También está presente un componente público de carácter emotivo, identitario y afiliativo. En la cancha juega la vinculación con los seguidores del equipo (aficionados, hinchas o barras), que eventualmente se convierten en los más apasionados y autonombrados defensores del honor de su equipo.

No es extraño que estos grupos, además, puedan contener entre sus filas perfiles sociopáticos encubiertos, que pueden desbordar y dar lugar a conductas antisociales, violentas y extremistas.

Cognición y coordinación neuronal

Volviendo al terreno de juego, una clave del talento futbolístico es la coordinación motriz: por sí sola, resulta fundamental para desarrollar el toque del balón con la precisión, fuerza y dirección magistral para lograr el pase. También permite orientar, con una sintonía orquestal, el movimiento que alterna carrera, conducción y disparo.

Durante mucho tiempo se consideró que el cerebelo, una región del encéfalo ubicada en la parte posterior e inferior del cráneo, era estrictamente responsable de sus funciones. Desde este planteamiento, habría intervenido singularmente a la hora de fortalecer nuestra postura en bipedestación y el desarrollo de la marcha del Homo sapiens. Incluso resultaría determinante en la coordinación de movimientos que transformaron la expresión gutural de la laringe. Es decir, sería la base del lenguaje expresivo con códigos que denominamos palabras.

Sin embargo, ahora sabemos que el cerebelo no es un mero regulador mecánico, sino también un modulador de procesos mentales más complejos. La interpretación sobre cómo funciona este órgano ha evolucionado hasta entenderlo como parte de una estructura conectada con la cognición humana.

Así, las células del cerebelo operan como la estación de una ruta intelectual que vincula el movimiento con procesos de aprendizaje, preservación de la memoria y habilidades creativas y ejecutivas que requieren de planificación. Es esta la razón por la cual el movimiento coordinado es fundamental para desarrollar habilidades inteligentes, más allá del escenario lúdico.




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Sus efectos en la práctica clínica son los que sustentan la recomendación de que la danza es recomendable para el control del párkinson o que la caminata contribuye a funciones cognitivas de la memoria en el caso de la demencia.

La neurociencia del pase largo

La otra región clave, como vimos más arriba, es la corteza cerebral humana, donde existen vecindarios neuronales especializados en determinadas funciones. Pero también resulta innegable que los tractos que conectan esos territorios a través de “cableados” bajo la superficie de la corteza explican una integridad funcional.

Sólo de esta manera podemos entender por qué dos hemisferios cerebrales funcionan como un encéfalo. Las conexiones del cuerpo calloso y otras fibras confieren la posibilidad tanto de una función especializada como de una respuesta emocional y cognitiva más holística.

De esta forma surge la orden de patear un balón desde la parte motora en la región media del cerebro izquierdo (en el caso de un individuo diestro), pero se planea el toque, la fuerza y la dirección del impulso con el apoyo del cerebelo y otras estructuras conocidas como “relevo motor”, así como con la ayuda del sistema extrapiramidal. Por si fuera poco, planeamos las coordenadas de la trayectoria y la evolución cinética con la cognición y el “GPS intelectual”. Y ejecutamos la orden final con la corteza frontal.

El balón como eje emocional

El balón representa el centro de una serie de emociones individuales y sociales. No es extraño que con frecuencia se plantee usarlo como una prescripción terapéutica para tratar las frustraciones y la ansiedad cotidiana. Igualmente, puede validarse en el escenario del disfrute desde la perspectiva de las masas. Pero también puede ser motivo de duelo confrontativo, hostilidad, acoso y violencia.

Esa perspectiva lúdica, en un entorno social de disfrute como puede ser un Mundial de fútbol, requiere fortalecer los lineamientos básicos de empatía y comportamiento respetuoso con los demás. De este modo se preserva la magia colectiva de un deporte popular que ha prevalecido en la historia como fuente de sana diversión.

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Rodrigo Ramos-Zúñiga no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El talento en el fútbol: un viaje neuronal con parada en la emoción y la cognición – https://theconversation.com/el-talento-en-el-futbol-un-viaje-neuronal-con-parada-en-la-emocion-y-la-cognicion-279028

Eduardo Méndez, astrónomo y Premio Princesa de Girona 2026: “El universo está cruzado por rayos destructores que apenas conocemos”

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lorena Sánchez, Responsable de Eventos. Editora de Ciencia y Tecnología, The Conversation

José Eduardo Méndez Delgado, astrofísico de la UNAM galardonado con el Premio Princesa de Girona Internacional de Investigación 2026

“El universo entero está recorrido por rayos energéticos destructores de altísima intensidad. Parecen espadas láser cruzándose”, dice el astrónomo mexicano José Eduardo Méndez.

Le pregunto si son como los rayos C que el replicante Roy Batty menciona en Blade Runner.

“Podrían ser, sí, pero tendría que ver la película para confirmarlo”.

Méndez, premio Princesa de Girona Internacional Investigación 2026, tiene 31 años (su edad explica que no conozca Blade Runner) y ha dedicado buena parte de su carrera a estudiar algunos de los fenómenos más violentos del cosmos. Formado en la Universidad Nacuonal Autónoma de México (UNAM) y tras investigar en Alemania y España, trabaja en comprender cómo interactúan las estrellas recién nacidas con el gas que las rodea y cómo esos procesos moldean galaxias enteras.

Su investigación se ha centrado especialmente en la Nebulosa de Orión, una región de formación estelar que describe como “muy especial porque está justo geométricamente orientada hacia nosotros; es como si la hubieran puesto ahí para ser observada”.

Ahora, de regreso a la UNAM y a México, participa en uno de los proyectos internacionales más ambiciosos de cartografiado galáctico, Local Volume Mapper, que busca reconstruir en tres dimensiones la estructura y dinámica de nuestra galaxia. Esta conversación aborda tanto esos descubrimientos como los interrogantes que aún persisten sobre la evolución del universo.

Y hay que empezar, claro, por Orión.

¿Es uno de los lugares más hostiles imaginables?

Sí, en muchos sentidos, porque está lleno de radiación ultravioleta. Orión es la región de formación de estrellas masivas más cercana a la Tierra y presenta una estructura gaseosa muy compleja. Algunas de las estrellas recién nacidas emiten chorros de gas a gran velocidad que, al impactar en el entorno, comprimen y calientan el gas nebular, le arranca electrones y genera lo que conocemos como ionización. Esa interacción entre las estrellas, el gas y el polvo es muy importante y no la entendemos.

¿Esos chorros de gas, los objetos Herbig-Haro, son los que han centrado su investigación?

En mis primeras etapas como investigador me interesó mucho la física que existe entre las estrellas y el medio circundante. Ahí entran estos chorros de gas, llamados objetos Herbig-Haro.

Cuando se forman las estrellas, están rodeadas por un disco de material gaseoso. Ese material interactúa con los campos magnéticos de la propia estrella. Parte queda atrapada por esos campos y es expulsada en forma de chorros. Son impresionantes porque alcanzan velocidades muy altas, fácilmente de 100 o 200 kilómetros por segundo.

Cuando impactan contra el gas circundante, este se comprime, se calienta y, si hay polvo, lo destruye. Cuanto mayor es la velocidad del chorro, mayor es su capacidad de destrucción, de alterar el entorno.

¿Estos fenómenos existen solo en Orión?

No, aparecen en muchos lugares del universo. Cada vez descubrimos nuevos objetos y fenómenos que emiten radiación y que aún no comprendemos bien, y esto es relevante a escala de galaxias enteras. Existen numerosos estudios sobre estos objetos en ambientes fríos. La novedad de mi trabajo fue estudiarlos en ambientes calientes, donde las temperaturas son tan elevadas que dejan de ser visibles en luz óptica y pasan a observarse en ultravioleta y rayos X.

En condiciones más extremas, con más masa y campos magnéticos más intensos, los chorros son mucho más energéticos. Entonces, sus consecuencias son importantes y desconocidas para el conjunto de la galaxia.

Si pudiéramos verlos, ¿se parecerían a espadas láser cruzándose?

Podemos verlos. Y no solo observamos los chorros, sino también la huella que dejan tras de sí. Si examinamos un mapa de la Nebulosa de Orión en emisión de hierro gaseoso, aparecen chorros en múltiples direcciones, cruzándose entre sí como las espadas láser. Lo que realmente vemos es la huella de la destrucción que producen.

En uno de esos estudios encontró algo inusual: una gran concentración de azufre.

Estudiábamos un objeto llamado HH514 y nos dimos cuenta de que contenía muchísimo azufre. Tras analizarlo, concluimos que antes de la eyección del chorro ese azufre debió concentrarse de alguna manera. Después fue expulsado junto con el material del chorro. Ese proceso encaja con escenarios de formación planetaria.

¿Había encontrado un planeta?

Así es. Observábamos un filtrado de material consistente con la formación de planetas. Lo interesante era que ocurría en un ambiente muy hostil, donde no esperábamos encontrar este tipo de procesos.

Además, vimos que la formación planetaria podía ser más rápida de lo que se pensaba. Muchas estrellas terminan alejándose de las regiones más irradiadas, por lo que algunos de esos planetas podrían sobrevivir.

¿Hay estrellas que abandonan esos entornos llevándose sus planetas consigo?

Así es. Muchos estudios posteriores reforzaron esa hipótesis y descubrieron numerosos planetas en ambientes hostiles, especialmente gracias a observaciones posteriores del telescopio James Webb.

La idea que parecía loca no lo era tanto.

Ahora participa en el proyecto internacional Local Volume Mapper, que pretende cartografiar la Vía Láctea en tres dimensiones. ¿Cómo funciona?

Este proyecto partió desde cero. Hubo que construir el telescopio, reunir especialistas en instrumentación y coordinar un gran equipo internacional.

¿Qué telescopio utilizan?

Está operativo en el Observatorio Las Campanas, en Chile, y fue desarrollado dentro de esta colaboración. En realidad, más que un telescopio son cuatro pequeños telescopios trabajando simultáneamente. La Vía Láctea es demasiado grande y brillante, así que necesitamos cubrir enormes áreas del cielo en el menor tiempo posible. Llevamos aproximadamente tres años observando todas las noches y todavía no hemos terminado.

El objetivo es entender la llamada retroalimentación estelar, el proceso mediante el cual las estrellas jóvenes modifican el medio que las rodea. Hasta ahora podíamos estudiar estrellas individuales o galaxias lejanas, pero era difícil conectar ambas escalas.

¿Por qué resulta tan importante esta información para comprender las galaxias?

Porque hasta ahora observábamos una galaxia y deducíamos lo que estaba ocurriendo basándonos en modelos. Yo soy un astrónomo observacional y creo fuertemente que quien construye sobre modelos construye sobre arena, no porque estén equivocados, sino porque son incompletos. Y saber exactamente cuánto uno está equivocado es algo que solo se puede resolver con las observaciones.

Cuando tengan una gran parte de la Vía Láctea cartografiada en 3D, ¿se parecerá a las imágenes que conocemos?

Sí y no. Tendrá un aspecto reconocible, pero lo realmente importante no serán los colores más evidentes, sino la información escondida en ellos.

Muchas veces las señales que contienen más información física son precisamente las más difíciles de detectar. Son esas líneas de emisión casi invisibles las que nos permiten comprender mejor qué está ocurriendo.

¿Han publicado ya resultados?

Sí, ya estamos publicando algunos trabajos. Hay muchos objetivos científicos dentro del proyecto.

Uno de los estudios que más satisfacción me dio fue realizado junto a una colega alemana sobre una estructura en forma de bucle en el centro de la galaxia. No teníamos claro cuál era su naturaleza.

¿La estructura que parecía una rosquilla?

Exactamente. Parecía una estructura asociada al agujero negro Sagitario A y se pensaba que podía haber sido generada por una eyección de material procedente de su actividad.

Sin embargo, al analizarla dentro de nuestro cartografiado encontramos una explicación menos espectacular. Todo indica que no está relacionada con la actividad del agujero negro, sino que se trata de una nebulosa con propiedades similares a muchas otras.

¿Y realmente tiene esa curiosa forma?

No. Tiene esa apariencia únicamente desde nuestra posición dentro de la Vía Láctea. No todos los resultados importantes tienen que ser exóticos.

Permítame que termine con una pregunta sobre el porqué de su regreso a México, en un momento en el que la inestabilidad política se hace sentir.

Yo tenía muy claro que quería regresar a México. Creo que es importante aprender de todos, pero también retribuir a la sociedad que apostó por mí. Yo estudié siempre en la educación pública y todo lo que aprendí vino esencialmente de ahí. La UNAM me dio becas, ayudas alimentarias y acceso a programas culturales y deportivos; es una institución que apostó todo por mí y por la cual yo también apuesto todo.

Vivimos momentos complicados, pero esas situaciones nunca se van a resolver si todos los que tienen la capacidad de aportar algo se van. Todos los países han pasado por etapas difíciles y si se han levantado ha sido por la gente que se quedó a empujar.

Creo que una de las tareas más importantes en nuestra región es fortalecer nuestras instituciones educativas y de investigación. Necesitamos universidades sólidas y resilientes que sigan formando personas y generando conocimiento, incluso en momentos de inestabilidad.

The Conversation

– ref. Eduardo Méndez, astrónomo y Premio Princesa de Girona 2026: “El universo está cruzado por rayos destructores que apenas conocemos” – https://theconversation.com/eduardo-mendez-astronomo-y-premio-princesa-de-girona-2026-el-universo-esta-cruzado-por-rayos-destructores-que-apenas-conocemos-284511

¿Cómo se enamora la generación Z? Lo que ‘Off Campus’ revela sobre la educación sentimental contemporánea

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alicia Nila Martínez Díaz, Profesor Acreditado Contratado Doctor Filología Hispánica, Universidad Villanueva

Fotograma de _Off Campus_. Liane Hentscher/Amazon Content Services LLC

Ha incendiado las redes, disparado los likes y arrasado las pantallas con abdominales imposibles e hipnóticos ojos glaucos. El “fenómeno Off Campus” es un auténtico torbellino romántico. Librerías, plataformas de streaming y millones de conversaciones digitales nos recuerdan el extraordinario poder de la ficción romántica juvenil.

La cuestión es inevitable: ¿por qué estas historias despiertan semejante furor planetario?

Los territorios de la posibilidad

Detrás de sus exitosas líneas se encuentra la escritora canadiense Elle Kennedy, autora de la tetralogía Kiss me. Ambientadas en un imaginario campus universitario estadounidense, sus novelas combinan romance, humor y drama con la precisión de una formulación química. La eficacia del compuesto no se ha hecho esperar. Millones de visualizaciones, ventas y recomendaciones avalan el éxito de una fórmula que parece haber encontrado el camino más corto hacia el corazón de las nuevas generaciones.

La serie y adaptación del primer libro arranca cuando Garrett Graham, estrella del equipo universitario de hockey, necesita mejorar sus calificaciones. Para conseguirlo recurre a Hannah Wells, estudiante brillante que acepta ayudarle a cambio de fingir una relación que le permita acercarse al chico que realmente le interesa. Entre entrenamientos, exámenes y amistades, el relato enlaza amor y crecimiento personal mientras sus protagonistas descubren no solo a quién aman, sino también quiénes quieren llegar a ser.

A caballo entre la novela académica, la narrativa romántica y la tradición del Bildungsroman o novela de formación, Off Campus es solo el último vástago de una de las familias narrativas más exitosas de la cultura contemporánea. Las ficciones románticas juveniles son lugares narrativos diseñados para albergar los futuros no clausurados y los besos robados, pero también las promesas olvidadas. Por eso gustan, porque permiten imaginar quiénes llegaremos a ser o quiénes podríamos haber sido, parajes donde “hoy es siempre todavía”.

Un antiguo mapa del deseo

Otra de las claves de estos relatos es que, como señalaba el filósofo suizo Denis de Rougemont, “los amores felices no tienen historia”. Tristán e Isolda, Jane Eyre y Rochester, Edward y Bella… Gracias a ellos descubrimos que el deseo es un narrador mucho más interesante que la anhelada felicidad conyugal. Desde que el mundo es mundo, la literatura amorosa ha apostado siempre por la misma estrategia ganadora: retrasar el desenlace y alimentar la espera.

Esta lógica del deseo encuentra su máxima expresión en un potente catálogo de mecanismos perfeccionados durante siglos: secretos o vampiros, naufragios o malentendidos, amores imposibles o segundas oportunidades, poco importa. Son la masa madre de este género.

Estrategias que el viejo folletín decimonónico conocía bien y que ahora reaparecen en novelas, plataformas digitales y adaptaciones audiovisuales tan rozagantes como entonces. Shakespeare lo supo en su momento y la argentina Mercedes Ron lo certifica con fecha de hoy. Los seres humanos llevamos siglos habitando relatos amorosos.

Esta enorme maquinaria sentimental funciona 24/ 7 y a escala planetaria porque su combustible apela a sentimientos universales. Cambiarán los escenarios, los códigos y los soportes, pero estas historias se conservarán por siempre jamás tan lozanas como sus protagonistas.

La nueva educación sentimental

Emma Bovary aprendió a fantasear con el amor devorando novelas románticas. Hoy, la generación Z sigue haciendo exactamente eso, pero en un entorno de lectura radicalmente distinto.

Los jóvenes leen, imaginan, sueñan –si no, no serían jóvenes–, pero ahora comentan, reaccionan y producen contenidos a partir de las historias que consumen.
Las actuales formas de lectura social eran inimaginables para la pobre heroína de Flaubert. Sin embargo, bajo esa transformación tecnológica permanece una constante: la necesidad de recurrir a los relatos amorosos para interpretar y dar sentido a esa cosa llamada amor.

Quizá ahí resida una parte de la explicación del éxito de Off Campus. La novela recupera la vieja arquitectura sentimental -el deseo, la espera, los malentendidos y el enamoramiento-, pero la reconstruye con los ladrillos de un lenguaje afectivo reconocible para la generación Z. Donde otras ficciones amorosas hicieron de los celos, el sufrimiento o la dependencia emocional pruebas inequívocas del amor, las novelas de Kennedy reivindican relaciones edificadas sobre la comunicación, el consentimiento y la vulnerabilidad. Las preguntas siguen siendo las mismas; la gramática emocional es lo que ha cambiado.

Un chico y una chica se besan en un interior con una ventana cerrada de fondo.
Los protagonistas de Off Campus, Hannah (Ella Bright) y Garrett (Belmont Cameli).
Liane Hentscher/ Amazon Content Services LLC

La mayoría de estas ficciones románticas contemporáneas funcionan como simuladores emocionales. Permiten ensayar conflictos, deseos, decepciones y expectativas antes de experimentarlos en la vida real. Por eso participan tan activamente en la educación sentimental de sus lectores, porque les ofrecen escenarios donde pensar qué significa enamorarse, sufrir, confiar o construir una relación sana. Como ocurre en las batallas importantes, el combate aquí se libra más en el terreno de las preguntas que en el de las respuestas.

Las cucarachas de la Historia

Las novelas románticas llevan siglos mutando, pero para responder a las mismas preguntas. Off Campus es, en realidad, otro eslabón de una cadena sentimental mucho más larga. El bueno de Garcilaso no pudo expresarlo mejor en aquellos versos de doliente enamorado: “todo lo mudará la edad ligera por no hacer mudanza en su costumbre”.

Pocas narrativas han demostrado semejante capacidad de adaptación. Como las cucarachas ante una catástrofe nuclear, han sobrevivido a todos los intentos de extinción. Lo paradójico es que no sobreviven a pesar de cambiar; sobreviven porque cambian. Y seguirán mutando y existiendo mientras los seres humanos tengamos necesidad de amar.


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The Conversation

Alicia Nila Martínez Díaz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Cómo se enamora la generación Z? Lo que ‘Off Campus’ revela sobre la educación sentimental contemporánea – https://theconversation.com/como-se-enamora-la-generacion-z-lo-que-off-campus-revela-sobre-la-educacion-sentimental-contemporanea-284040