Le travail du sexe dans le Sénégal colonial était contrôlé par la France : un livre en retrace l’histoire raciste

Source: The Conversation – in French – By Caroline Séquin, Associate Professor of Modern European History, Lafayette College

Desiring Whiteness est un livre primé de l’historienne Caroline Séquin. Il explore les histoires entremêlées du commerce du sexe et de la politique raciale en France et dans l’empire colonial français, en particulier au Sénégal. Nous lui avons posé cinq questions sur son étude.


Comment le travail du sexe était-il réglementé en France ?

Un nouveau système de contrôle du commerce du sexe a été mis en place sous le Consulat de Napoléon au début des années 1800. Il a d’abord été mis en œuvre à Paris, puis dans toute la France. Connu sous le nom de réglementarisme, il tolérait le commerce du sexe plutôt que de l’interdire. Mais à certaines conditions.

Il accordait des licences aux maisons closes, à condition que les femmes qui vendaient des services sexuels (on supposait que les hommes ne le faisaient pas) soient enregistrées auprès de la police des mœurs. Elles devaient se soumettre à un examen gynécologique régulier afin de détecter toute infection sexuellement transmissible (IST) qu’elles pourraient transmettre par inadvertance à leurs clients.

À l’époque, la syphilis constituait une grave menace pour la santé publique. Les médecins ne savaient pas comment la traiter. Les femmes atteintes d’une IST ou qui enfreignaient les dispositions du réglementarisme étaient internées dans des hôpitaux ou des prisons sans procès en bonne et due forme.

Les historiens ont montré à quel point le réglementarisme était un système arbitraire et imparfait. Il visait principalement les femmes de la classe ouvrière pour le plaisir des hommes hétérosexuels.

Quelle forme a-t-il pris dans les colonies comme le Sénégal ?

Après l’abolition de l’esclavage en 1848, les autorités coloniales françaises ont adopté le même régime régime réglmentariste qu’en France.

L’empire français comprenait alors la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française, la Réunion et certaines régions côtières de l’Algérie. À cela s’ajoutaient des comptoirs commerciaux français au Sénégal et en Inde, ainsi que plusieurs protectorats dans le Pacifique.

Au Sénégal, le réglementarisme a donc été adopté à Saint-Louis et sur l’île de Gorée. Les Français y avaient construit des comptoirs commerciaux qu’ils ont transformés en territoires coloniaux à peu près à la même époque.

Le réglementarisme était un moyen de contrôler le corps des femmes anciennement esclaves. Les autorités coloniales les considéraient comme une menace pour la santé publique des hommes français présents dans la région. Elles craignaient qu’après l’abolition, les femmes se tournent vers le commerce du sexe pour survivre. Cela contribuerait à la propagation des IST. Elles ont étendu ces politiques à tout le Sénégal colonial à la fin du XIXe siècle.

Comment les travailleuses du sexe sénégalaises ont-elles réagi ?

Pas comme l’auraient souhaité les autorités coloniales. Beaucoup de femmes africaines accusées de se livrer au commerce du sexe ont échappé aux contrôles de santé obligatoires ou à l’enregistrement par la police. Elles ont par exemple déménagé dans d’autres régions pour éviter d’être repérées.

Et bien que le nouveau décret colonial autorisât la création de maisons closes, il semble qu’il n’y en ait eu aucune dans la colonie avant le début des années 1900. Les autorités déploraient régulièrement le fait que les femmes africaines qui se prostituaient le faisaient « clandestinement ». C’est-à-dire en dehors des maisons closes agréées et du contrôle colonial.

Il ne faut pas ignorer le fait que certaines de ces femmes ont probablement été accusées à tort d’être des travailleuses du sexe. Le genre et les préjugés raciaux ont influencé la façon dont les autorités médicales et coloniales percevaient les femmes noires.

Je n’ai trouvé aucune preuve de l’existence de maisons closes employant des femmes africaines à Dakar ou dans le reste du Sénégal colonial. Toutes les maisons closes agréées employaient des femmes européennes et leurs services étaient réservés exclusivement aux hommes européens.

La réputation sexuelle des femmes blanches importait beaucoup aux autorités coloniales, car elle était censée refléter la supériorité morale française. Néanmoins, elles toléraient leur activité sexuelle, car les tenanciers de maisons closes refusaient l’accès à leurs établissements aux clients africains masculins. Cela contribuait à empêcher les relations sexuelles interraciales.

Les relations sexuelles avec une travailleuse du sexe blanche étaient préférables aux relations sexuelles ou conjugales avec des femmes africaines. Étant donné l’idée largement répandue à l’époque selon laquelle les hommes avaient des besoins sexuels naturels, les maisons closes étaient perçues comme un « mal nécessaire » pour maintenir l’ordre social, moral et racial.

La réglementation du commerce du sexe est donc devenue un outil essentiel pour le maintien de la domination coloniale. Celle-ci s’appuyait de plus en plus sur des hiérarchies raciales strictes et la préservation de la blanchité française.

Quelle est la situation actuelle ?

Le régime réglementarsite a été légalement aboli en France – et au Sénégal colonial – en 1946. Cependant, quelques années après la décolonisation et l’indépendance du Sénégal en 1960, une nouvelle loi a été adoptée par les autorités sénégalaises. Elle obligeait les travailleurs du sexe à s’enregistrer (auprès des autorités médicales plutôt que de la police) et à se soumettre à des contrôles réguliers pour dépister les IST. Celles qui ne se conformaient pas à cette loi risquaient d’être emprisonnées.




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Ce système est très similaire au système réglementariste mis en place pendant la période coloniale et qui est toujours en vigueur aujourd’hui.

Cette approche diffère de celle adoptée par d’autres pays africains anciennement sous domination coloniale française, qui associaient le réglementarisme à l’oppression coloniale. Après leur indépendance, ces pays ont pris des mesures pour l’éliminer. Certains chercheurs ont toutefois salué les lois de type réglementariste du Sénégal comme l’une des principales raisons pour lesquelles le pays affiche le taux de VIH le plus bas du continent.

Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre livre ?

La réglementation du commerce sexuel ne visait pas seulement à contrôler le corps et la sexualité des femmes. Elle visait également à contrôler les relations raciales.

À partir de la fin du XIXᵉ siècle, alors que les discours coloniaux devenaient de plus en plus hostiles aux relations intimes entre Blancs et Noirs, les autorités françaises ont utilisé la prostitution pour limiter l’émergence de liens durables entre groupes raciaux. Ces relations menaçaient, selon elles, de brouiller le mythe de la « blancheur française » en donnant naissance à des enfants métis.

Les règles sur qui pouvait vendre ou acheter des services sexuels variaient entre la France et le Sénégal colonial. Mais au fond, la même logique raciale structurait les maisons closes, qu’elles soient métropolitaines ou coloniales.




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Mon livre contribue donc à un corpus de recherches en constante expansion qui a démystifié le mythe de l’aveuglement de la France à la couleur de peau, en révélant comment la réglementation du commerce du sexe n’était qu’un des nombreux moyens utilisés pour produire et maintenir les différences et les hiérarchies raciales au cours du siècle qui a suivi l’abolition de l’esclavage.

En ce sens, la France n’était pas une exception, mais plutôt similaire à d’autres nations impériales comme les États-Unis, où le contrôle de la sexualité et du mariage conjugalité est devenu crucial pour le projet racial de suprématie blanche au lendemain de l’abolition de l’esclavage.

The Conversation

Caroline Séquin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Actionnaires et climat : un capitalisme de transition est-il possible ?

Source: The Conversation – in French – By Yves Rannou, Enseignant-chercheur en Finance, Clermont School of Business

Les actionnaires sont-ils des alliés des militants de la lutte contre le changement climatique ? Dans une vision classique, la recherche du profit et les comportements vertueux semblent opposés et la question posée relevait de la rhétorique. Pourtant, la réalité est bien plus complexe, plus subtile.


Après plusieurs mois de backlash anti-critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) qui a conduit de nombreux gérants d’actifs états-uniens à quitter les alliances sur la neutralité carbone, 26 fonds de pension britanniques, australiens, européens et états-uniens, représentant 1 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ont publié une déclaration commune, il y a six mois, enjoignant les gestionnaires d’actifs à améliorer leur prise en compte du climat dans leur politique de vote.

Quelques semaines après, le fonds de pension britannique The People’s Pension nommait le gestionnaire d’actifs européen Amundi et l’Américain Invesco pour superviser 85 % de son portefeuille de 40 milliards de dollars. Jusque-là, ces sommes étaient gérées par State Street, troisième plus grand gestionnaire d’actifs des États-Unis, qui s’est depuis retiré de tout activisme climatique.

Une nouvelle approche de l’activisme actionnarial

Traditionnellement, l’activisme actionnarial était vu comme une action individuelle étudiée au niveau d’une relation entre un actionnaire engagé, qui cherche à accroître sa rentabilité financière de l’exercice de sa voix, et une entreprise cible dans laquelle il a investi. Toutefois, cette vision dyadique ne permet plus de rendre compte de l’activisme actionnarial lié aux enjeux ESG. Parmi ces enjeux ESG, les risques climatiques sont au centre de préoccupations des investisseurs.




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Parce que ces risques sont complexes du fait de leur nature systémique avec des liens étroits avec d’autres enjeux ESG, tels que la biodiversité et la juste transition climatique, ils nécessitent des moyens humains et des compétences techniques importantes. Par conséquent, l’actionnaire engagé n’agit plus seul, mais de manière collective au sein de coalitions impliquant tous les investisseurs du secteur de la gestion d’actifs.

Dans une étude publiée dans la revue British Journal of Management, nous ouvrons la boîte noire de ces coalitions en adoptant une vision systémique en vue de mieux comprendre comment elles se structurent et comment elles évoluent dans le temps. Nous soulignons le rôle essentiel des plateformes et d’alliances sur la neutralité carbone – que sont Climate Action 100+, les Principes pour l’investissement responsable, le réseau Eurosif et sa branche française : le Forum pour l’investissement responsable. – dans la structuration de ces coalitions et de leurs demandes.

Un cadre narratif commun

Ces initiatives contribuent à élaborer un cadre narratif commun à l’action collective à mener. Elles apportent notamment un éclairage sur la trajectoire carbone des entreprises et sur la faisabilité des plans de transition climatique échafaudés par les entreprises lorsqu’ils existent. À cette fin, elles se basent sur des modélisations de trajectoire bas carbone par secteur établies au niveau mondial (par ex. : Science Based Target Initiative (SBTI)) ou des méthodes d’évaluation des plans de transition climatiques élaborés au niveau national (par ex. : Accelerate Climate Transition (ACT), développé par l’Agence de la transition écologique [Ademe], en France).

En plus de ces plateformes, les coalitions font appel à l’expertise de cabinets de conseils spécialisés (par ex. : Ceres, I Care and Consult, Carbon4Finance), de juristes spécialisés, d’agences en conseil de vote (par ex. : ISS, Glass Lewis), mais aussi d’ONG spécialisées et militantes (par ex. : Reclaim Finance, Share Action, Follow This).

Trois cadres

Notre travail qualitatif a permis d’identifier trois cadres qui structurent l’activisme climatique des actionnaires.

  • La recherche de transparence : certains actionnaires exigent des données précises sur les émissions de gaz à effet de serre, notamment celles liées à la chaîne de valeur (les fameuses émissions « Scope 3 »). C’est un point de départ important, mais désormais pleinement intégré dans la régulation européenne (via la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive, CSRD), ce qui en atténue la pertinence et l’intérêt.

  • La matérialité financière : ce cadre repose sur l’idée que le climat représente un risque financier. L’entreprise est invitée à se transformer pour préserver sa valeur économique à long terme. C’est une approche qui séduit une majorité d’investisseurs institutionnels, car elle parle leur langage.

  • La double matérialité : ici, l’entreprise est aussi responsable de son impact sur l’environnement et la société. Ce cadre, plus exigeant, mobilise une nouvelle génération d’investisseurs centrés sur l’impact réel de leurs placements, au-delà du seul rendement.

Logiques multiples

Contrairement à une idée reçue, les investisseurs ne s’enferment pas dans une logique unique. Au contraire, leurs stratégies de dialogue avec la direction ou le conseil d’administration des entreprises ciblées, avant ou durant la tenue des assemblées générales des actionnaires, sont évolutives et interconnectées. Ils modulent leurs approches selon les contextes et les résistances rencontrées. Par exemple :

  • si les démarches centrées sur la matérialité financière ne donnent pas de résultats, certains peuvent revendre leurs actions (« stratégie d’exit ») ;

  • à l’inverse, face à des enjeux sociétaux profonds, d’autres préfèrent maintenir la pression via un dialogue soutenu et des résolutions répétées (« stratégie du voice »).

France 24, 2025.

Ces stratégies ne sont pas indépendantes : elles interagissent, s’adaptent, évoluent.

Nous avons ainsi observé des effets d’entraînement : un groupe d’investisseurs mobilisé sur le climat peut, au fil des échanges, élargir son champ d’action à des enjeux qui y sont liés, comme la biodiversité. Ce basculement stratégique a plusieurs implications concrètes.

De nouvelles approches

Du côté des investisseurs, l’enjeu n’est plus seulement de dénoncer ou de sanctionner, mais de coconstruire des plans de transition crédibles avec les entreprises en intégrant des indicateurs d’impact en ligne avec les exigences de double matérialité de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD).

Pour les entreprises, il ne suffit plus de publier des rapports de durabilité. Il faut démontrer, plan d’action climatique à l’appui, comment l’entreprise entend contribuer à la neutralité carbone, et avec quels résultats concrets.

Rendre contraignants les votes annuels sur les plans climatiques des entreprises – via un mécanisme institutionnalisé de type Say-on-Climate (SOC) – suscite des réserves du côté des instances de régulation française et européenne. Une telle mesure pourrait entrer en contradiction avec les exigences de la directive européenne CSRD. Elle risque aussi de produire l’effet inverse de celui recherché : freiner l’adoption de stratégies climatiques de long terme et affaiblir le dialogue entre entreprises et investisseurs.

Notre recherche montre que le capitalisme actionnarial peut devenir un levier de transformation systémique, à condition de favoriser des alliances, de développer des outils d’évaluation, et de façonner de nouveaux récits pour accélérer la transition. Dans un monde où chaque tonne de CO2 évitée compte, leur rôle est loin d’être négligeable.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Actionnaires et climat : un capitalisme de transition est-il possible ? – https://theconversation.com/actionnaires-et-climat-un-capitalisme-de-transition-est-il-possible-260968

Repenser le risque : Comment l’incertitude peut renforcer les équipes et les organisations

Source: The Conversation – France (in French) – By Alec Waterworth, Associate Professor of Project Management, Montpellier Business School

La gestion traditionnelle des risques atteint ses limites lorsque l’imprévu survient. Pour mieux faire face à l’incertitude, nous devons changer de perspective : ouvrir le dialogue, encourager l’expression des préoccupations et impliquer davantage les équipes. Cette approche renforce à la fois la résilience organisationnelle et la dynamique d’équipe.


Si vous demandez à n’importe quel responsable expérimenté comment il gère les risques de son entreprise, vous entendrez probablement une réponse confiante. Après tout, se préparer à d’éventuels revers – en créant des registres de risques et en établissant des plans d’urgence – est devenu une pratique courante dans le paysage commercial actuel. Cette approche structurée rassure et donne un sentiment d’ordre face à l’inconnu. Mais la vie ne suit pas des listes de contrôle précises.

Les limites du contrôle

Le risque, par nature, est quelque chose que nous pouvons identifier et définir, mais qu’en est-il des inconnues, de l’imprévisible ? La vie est pleine d’incertitudes et des événements inattendus peuvent perturber même les plans les mieux préparés. La pandémie de Covid-19 l’a rappelé brutalement. Malgré des décennies de recherche sur les risques sanitaires mondiaux, sa propagation rapide et son impact dévastateur ont pris une grande partie du monde au dépourvu.

Le défi ne consiste pas seulement à planifier le risque, mais aussi à apprendre à vivre avec l’incertitude. Nous cherchons souvent à contrôler la situation pour nous sentir en sécurité, alors que certains des moments les plus marquants de la vie émergent de situations que nous n’avions pas du tout prévues.

Pour faire face à l’incertitude, il faut plus que de la préparation : l’adaptabilité, la résilience et la volonté de se lancer dans l’inconnu sont nécessaires.




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Au lieu de considérer l’incertitude comme quelque chose à éliminer, nous pourrions poser une question différente : comment pouvons-nous mieux nous équiper – non seulement en tant que dirigeants, mais aussi en tant qu’êtres humains – pour faire face à l’imprévisible avec clarté et confiance ?

Repérer les « inconnues inconnues »

Lorsque cette perspective plus large de la gestion des risques est présentée aux dirigeants des organisations, un sentiment de soulagement est souvent palpable, car ils réalisent qu’ils n’ont pas à craindre l’incertitude ou à l’affronter seuls. Comment font les organisations pour s’y attaquer efficacement, étant donné que souvent, comme l’a dit un chef de projet senior « l’incertitude est reconnue… mais je ne suis pas sûr qu’elle est pleinement comprise ».

Comme l’expliquent Tyson R. Browning et Ranga V. Ramasesh dans leur article, de nombreuses surprises peuvent être évitées si l’on prend le temps d’identifier les problèmes potentiels avant qu’ils ne surviennent. Nous travaillons souvent sous une forte pression pour avancer rapidement, ce qui laisse un fossé entre ce que nous savons et ce que nous pourrions savoir.

En utilisant la « reconnaissance dirigée », nous pouvons combler cet écart et mettre en lumière les inconnues inconnues qui nous guettent. Ce processus, également appelé « création de sens », consiste à approfondir sa compréhension du contexte dans lequel on travaille.

Les techniques de reconnaissance dirigée consistent à :

  • décomposer le travail en petites parties afin d’analyser les problèmes potentiels dans chaque partie ;

  • mener des entretiens approfondis avec les principales parties prenantes pour découvrir les risques cachés ;

  • l’utilisation de listes de contrôle issues de projets antérieurs pour guider la planification future ;

  • planifier des scénarios pour explorer les multiples possibilités futures et anticiper les incertitudes ;

  • favoriser une culture de l’alerte où les problèmes potentiels sont identifiés et partagés, et non cachés.

Explorer les incertitudes en toute sécurité

Ce dernier point de Browning et Ramasesh – la promotion d’une « culture de l’alerte » – est axé sur l’identification et le partage des problèmes potentiels qui, autrement, auraient pu être non détectés ou cachés. En faisant en sorte que les gens puissent exprimer leurs préoccupations, poser des questions difficiles et explorer les incertitudes en toute sécurité, nous transformons la manière dont nous abordons le risque – non pas comme quelque chose à craindre ou à ignorer, mais comme une partie naturelle de la navigation dans un monde imprévisible.

Fondée sur des conversations honnêtes, la curiosité et la responsabilité collective, cette approche considère que la reconnaissance des risques potentiels n’est pas une question de négativité, mais de résilience et de préparation.

Le pouvoir de la technique « pre-mortem »

Gary Klein, psychologue cognitif, propose une approche innovante et complémentaire avec sa technique dite « pre-mortem ». Contrairement à la technique post mortem, qui consiste à analyser l’échec après coup, la technique pre-mortem consiste à imaginer que l’on a déjà échoué, puis à remonter le temps pour en déterminer les raisons. Klein cite des recherches suggérant que le fait d’imaginer des événements ou des décisions futurs comme s’ils s’étaient déjà produits (comme dans le cas du pre-mortem) peut améliorer de 30 % notre capacité à prédire les raisons des résultats futurs.

Cette réflexion élargit la portée des approches traditionnelles en matière de risque et donne la parole à tous les membres de l’équipe, permettant ainsi de discuter d’opinions et d’idées qui, autrement, auraient pu rester tacites.

« Le pre-mortem crée un espace sûr pour que les gens contribuent et soulèvent des préoccupations », remarque un haut responsable.

Il peut également apporter de la curiosité et une énergie créative au processus, transformant une tâche habituellement banale en quelque chose d’engageant.

« C’est presque comme si vous étiez à l’aventure, ajoute un chef de projet, vous encouragez les gens à identifier les inconnues et la façon de les résoudre. »

Syntec recrutement, 2014.

Contribuer à un lieu de travail positif

L’incertitude n’est pas seulement un sujet intriguant, c’est aussi un sujet qui a un impact tangible sur le lieu de travail. Relever ce défi de manière proactive et collaborative peut apporter des avantages plus larges au sein de l’organisation, tels qu’une amélioration de la communication et une culture plus ouverte, comme le rapporte un chef de projet :

« Cela donne le sentiment que l’opinion de chacun compte. Dans cette salle, tout le monde est traité sur un pied d’égalité. Cela contribue à montrer que les dirigeants s’intéressent [aux] opinions et [aux] doutes [de tout le monde]. Il s’agit là d’un changement culturel qui s’opère au fil du temps. »

Ce point a été réaffirmé par un autre chef de projet, qui ajoute :

« La conséquence secondaire est que les gens sont plus disposés à lever la main et à annoncer les mauvaises nouvelles plus tôt, à exprimer leurs préoccupations plus tôt. »

Fondamentalement, accepter l’incertitude favorise un environnement de travail positif. Que ce soit par le biais d’une reconnaissance ciblée, d’une planification de scénarios ou de la technique du pre-mortem, reconnaître l’incertitude favorise une communication ouverte, remet en question les hypothèses et encourage l’inclusion de perspectives diverses. Elle s’est également révélée inestimable pour le processus d’innovation. Cela renforce non seulement l’organisation, mais rend également le lieu de travail plus sain et plus agréable.

Accepter continuellement l’incertitude

Comme toute technique de gestion efficace, l’acceptation de l’incertitude n’est pas un effort ponctuel. Elle doit être intégrée dans l’ensemble de l’organisation, avec des processus et des comportements constamment renforcés.

Les avantages sont considérables et les dirigeants devraient être encouragés à « considérer l’incertitude comme une opportunité plutôt que comme une menace », en « adoptant des activités telles que le pre-mortem comme un moyen vraiment efficace, collaboratif et engageant d’aborder l’incertitude, de la comprendre et d’essayer de la gérer efficacement » (chef de projet principal, organisation nationale d’infrastructure du Royaume-Uni).

En affrontant courageusement l’incertitude, en en partageant la responsabilité et en restant ouverts à de nouvelles possibilités, nous pouvons créer des organisations plus résilientes, plus innovantes et plus centrées sur l’être humain.

The Conversation

Alec Waterworth ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Repenser le risque : Comment l’incertitude peut renforcer les équipes et les organisations – https://theconversation.com/repenser-le-risque-comment-lincertitude-peut-renforcer-les-equipes-et-les-organisations-260742

Comment les migrants bouleversent et enrichissent les routines organisationnelles

Source: The Conversation – France (in French) – By Sina Grosskopf, Professeure de gestion interculturelle, International University of Monaco

Une étude met en lumière trois phases à travers lesquelles les migrants prennent l’initiative de changements dans les organisations : relecture des routines, négociation au sein des équipes et ancrage de nouvelles pratiques. Que peuvent apprendre les entreprises de ces dynamiques de transformation ?


Dans un marché du travail mondialisé, les salariés migrants doivent souvent s’adapter à des structures imprégnées de normes culturelles qui ne sont pas les leurs. Mais au lieu de se conformer passivement, beaucoup deviennent, consciemment ou non, des agents de transformation.

Cette étude s’intéresse à la manière dont les migrants multiculturels – c’est-à-dire ayant intériorisé plusieurs cultures sociétales – s’engagent dans les routines organisationnelles et les reconfigurent. Ce travail porte sur des migrants hautement qualifiés, dont les ressources réflexives, culturelles et linguistiques facilitent l’identification et la transformation des routines. À l’inverse, ceux qui ont un accès plus limité à la langue, à l’éducation ou à la participation sociale rencontrent davantage d’obstacles et disposent de moins de marge de manœuvre.

Les routines organisationnelles sont des schémas récurrents et reconnaissables d’actions interdépendantes de différents acteurs ; elles ne sont donc pas seulement rigides, mais, grâce aux personnes impliquées, dynamiques et susceptibles de changer. Ainsi, l’acteur – et, en particulier, ses actions dans des contextes spécifiques – passe au premier plan. Il en résulte que les routines organisationnelles se voient réinterprétées par ces salariés. Forts de leurs répertoires culturels variés, ils introduisent des pratiques et des significations alternatives qui viennent questionner le statu quo.

À partir d’une étude de cas multiple dans les secteurs de l’aéronautique et du conseil en Allemagne, trois processus interdépendants se dessinent : une relecture des routines, une négociation au sein des équipes, puis un changement organisationnel durable. Ces dynamiques restent fortement conditionnées par le contexte dans lequel elles émergent.

Relecture des routines

Le changement commence par la manière dont les migrants perçoivent les routines. En tant qu’individus multiculturels, ils observent les pratiques professionnelles avec un regard pluriel, détectant des contradictions ou des dysfonctionnements que d’autres ne voient pas ou ne voient plus, tant ceux-ci semblent « normaux ». Ils apportent ainsi une perspective inédite, nourrie de leurs expériences diversifiées.




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Cette relecture illustre la créativité culturelle des individus multiculturels, capables de générer des idées nouvelles en mobilisant une large palette d’expériences, de savoirs et de perspectives. En intégrant même des valeurs et pratiques contradictoires, ils expriment une complexité cognitive qui fait de leur répertoire multiculturel une ressource précieuse pour imaginer des alternatives aux routines établies.

Par exemple, un spécialiste roumain en informatique aéronautique attribue l’émergence de sa créativité à son expérience migratoire :

« Cette expérience a brisé toutes les structures figées et, lorsqu’on évolue dans un cadre plus libre, il devient plus facile d’être créatif. »

De leur côté, plusieurs collègues allemands estiment que les individus multiculturels « bénéficient de davantage de libertés – ou les revendiquent – et développent ainsi une pensée plus créative, capable de sortir des cadres établis. » L’ouverture à l’expérimentation apparaît, en effet, plus marquée chez ces derniers. Alors que beaucoup d’Allemands craignent de « détruire » quelque chose, les personnes multiculturelles relativisent :

« Qu’est-ce que je pourrais casser maintenant ? C’est presque déjà cassé de toute façon ! »

Un participant français ajoute :

« Les Français et les Italiens cherchent peut-être plus facilement des raccourcis, même en prenant des risques. Cela peut parfois constituer un avantage. »

Négociation interculturelle

Identifier des alternatives n’est qu’un début : les migrants doivent ensuite convaincre leur équipe. Dans cette phase de négociation interculturelle, leurs compétences communicationnelles et leur empathie culturelle sont décisives. Conformément aux recherches récentes, ces négociations interculturelles peuvent mener au rejet des idées proposées, à des compromis unilatéraux, à des compromis mutuels, voire à des innovations profitables à l’ensemble du groupe.

Dans le cadre de la recherche mentionnée ci-dessus, un ingénieur aéronautique indien raconte comment un environnement de travail allemand, très axé sur les tâches et sur les faits, s’est progressivement transformé en une ambiance plus conviviale et centrée sur les relations humaines – une évolution amorcée par l’introduction d’une nouvelle routine, inspirée de sa propre conception des relations de travail, sous la forme d’un « bureau de chahutage » :

« On plaisante, on parle de choses personnelles, de ce qu’on fait en dehors du travail. Parfois, on va faire du snowboard ou on joue au flipper, ce genre de trucs. Ensuite, on discute de nos scores, de qui a fait quoi, de comment ça s’est passé. On a aussi un système qu’on appelle le “keycount”. Celui qui était responsable au moment où un appareil du satellite a été non pas détruit directement, mais impliqué dans un incident, reçoit un keycount. […] Rien n’est caché dans notre groupe. La première règle, c’est que rien ne se fait dans le dos de quelqu’un – tout doit être dit en face, directement à la personne concernée. » Arian, ingénieur aéronautique indien.

Il montre comment le tableau d’affichage, soutenu par ses collègues, transforme l’orientation allemande vers la tâche en un environnement plus relationnel. La négociation interculturelle se traduit par l’introduction active de cette nouvelle routine et par la conviction générée autour du facteur plaisir – un élément enraciné dans la tradition collectiviste et relationnelle indienne. Le contraste entre deux cultures devient ainsi une source d’inspiration pour l’introduction et la négociation de cette nouvelle routine organisationnelle quotidienne, qui ne peut être reconnue, comprise et mise en œuvre que par quelqu’un ayant une connaissance des deux contextes.

Intégrer le changement

La troisième phase consiste à intégrer ces changements négociés dans les routines organisationnelles. Lorsqu’elle réussit, la contribution des migrants et la négociation collective dépassent le simple cadre des suggestions individuelles pour transformer en profondeur les modes de fonctionnement. Les routines cessent alors d’être de simples schémas répétitifs : elles deviennent des espaces dynamiques d’interaction et de transformation, facilitant une approche plus détendue du changement dans les pratiques et structures organisationnelles. Les équipes commencent à interroger les façons de faire habituelles et à envisager d’autres possibles.

Ce qui n’était au départ qu’une « petite suggestion » peut ainsi déclencher des réflexions plus larges sur les valeurs, sur la confiance et sur la collaboration. Ces moments ouvrent des perspectives d’apprentissage interculturel et de construction d’identités partagées, comme en témoignent ces salariés, qu’ils soient migrants ou non :

« Je pense que j’ai changé. Je ne suis clairement plus aussi étroit d’esprit qu’il y a dix ans. Et c’est quelque chose qu’il faut vraiment apprendre […] il faut accepter les opinions différentes, et surtout d’autres manières de travailler, qui peuvent elles aussi mener au succès. » (Hans, ingénieur aéronautique allemand)

« Je pense que les choses ont évolué dans le bon sens au cours des dix dernières années. Nous travaillons désormais plus étroitement avec des personnes de différentes nationalités. Les gens dans notre organisation sont devenus plus tolérants et compréhensifs. » (Camille, ingénieure aéronautique française)

« Je crois que le fait d’avoir fait partie du groupe depuis un certain temps a rendu le groupe un peu plus espagnol. » (José, ingénieur aéronautique espagnol)

Le rôle du contexte organisationnel

Cependant, tous les contextes organisationnels ne se montrent pas également réceptifs. En particulier, les situations de dépendance ou les structures hiérarchiques rigides – comme les relations avec des clients ou les rapports entre siège et filiales – peuvent freiner ces dynamiques de transformation. Les différentes études de cas de la recherche citée, chacune marquée par ses propres spécificités contextuelles, montrent que le rôle moteur des migrants peut parfois être entravé, ou cantonné à une fonction explicative ou justificative, plutôt qu’être pleinement reconnu comme une contribution active.

Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises (Fnege), 2021.

À l’inverse, les organisations qui favorisent les contacts interculturels grâce à un environnement international, à la diversité des équipes et à un état d’esprit global sont bien mieux placées pour tirer parti de la créativité culturelle que les migrants apportent.

Enjeux pour les entreprises

Comment les organisations peuvent-elles accompagner ce processus et valoriser pleinement leur main-d’œuvre multiculturelle ? Plusieurs pistes sont à suivre :

  • Valoriser la diversité des interprétations : plutôt que d’exiger une assimilation rapide, les entreprises devraient considérer les visions alternatives comme des opportunités d’apprentissage et de développement ;

  • Créer des espaces de négociation interculturelle : encourager un dialogue ouvert dans lequel les salariés peuvent proposer des changements, en expliquer les raisons et écouter les autres points de vue ;

  • Permettre l’évolution des routines : mettre en place des mécanismes de retour d’expérience permettant aux expérimentations réussies à petite échelle d’être étendues plus largement ;

  • Reconnaître l’innovation du quotidien : le changement ne vient pas toujours d’une stratégie décidée en haut. Soutenir les interprétations individuelles, les négociations interpersonnelles et les expérimentations locales, et donner aux équipes les moyens de faire évoluer les pratiques de manière organique.

Les migrants multiculturels ne sont pas simplement des salariés qui s’adaptent à une culture d’entreprise : ce sont aussi des innovateurs culturels. En créant des environnements ouverts à la réinterprétation et à la négociation, les organisations peuvent devenir plus agiles, inclusives et résilientes.

The Conversation

Sina Grosskopf est membre de l’Université de Passau, de l’International Association of Cross-Cultural Competence and Management, du Centre d’études en entrepreneuriat international et interculturel (Université du Québec à Montréal) et du International Organizations Network.

ref. Comment les migrants bouleversent et enrichissent les routines organisationnelles – https://theconversation.com/comment-les-migrants-bouleversent-et-enrichissent-les-routines-organisationnelles-258419

Trump isn’t the first US politician to pick a fight with the Smithsonian. But this time could be different

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Kylie Message, Professor of Public Humanities and Director of the ANU Humanities Research Centre, Australian National University

United States President Donald Trump first signalled his intention to target the Smithsonian Institution in March, when he signed an executive order titled Restoring Truth and Sanity to American History.

This executive order – one of several targeting the cultural sector – vowed to remove “improper, divisive or anti-American ideology”.

It was quickly followed by an article from the White House titled President Trump is Right about the Smithsonian, with more than 20 examples of how the Smithsonian had embraced so-called “woke” ideology.

Trump’s recent post on social network Truth Social called the Smithsonian ‘out of control’.
Truth Social/Donald Trump (screenshot)

To put this all in context, the Smithsonian is the world’s largest museum, education and research complex. It was founded in 1846 as an entity independent from the US government. Today, most of its funding comes through federal appropriations. Its governing board includes the US vice president and supreme court chief justice.

It is custodian for more than 157 million items, 21 museums, 21 libraries, 14 education and research centres, a zoo, and several historical and architectural landmarks.

Trump has long been a participant in the culture wars, including when he denounced “cancel culture” at a 2020 fourth of July event at Mt Rushmore. However, there is something different about his current interest in the Smithsonian. And that’s because next year is the US “semiquincentennial”: the 250th anniversary of the Declaration of Independence.

Looking through history, it’s clear Trump’s attacks on the Smithsonian can’t be separated from the semiquincentennial. We’re also reminded of how the Smithsonian has both thwarted and endured political interference in the past.

2026: a politically important year

Trump’s heightened interest in the Smithsonian was explained in a recent letter from the White House to Smithsonian Secretary Lonnie Bunch III:

As we prepare to celebrate the 250th anniversary of our Nation’s founding, it is more important than ever that our national museums reflect the unity, progress, and enduring values that define the American story.

In parallel, a presidential action was released in celebration of the major anniversary.

This action established Task Force 250, which would be chaired by the president and housed in the Department of Defence. The task force’s key priorities include the development of a “national garden of American heroes” (proposed in Trump’s first term), and the protection of monuments from vandalism.

While the presidential action identifies no specific role for the Smithsonian, taken together the statements lead to questions about political influence over the Smithsonian’s operations.

Decades of political grievance

Many of the Smithsonian exhibits that attracted historical censorship and controversy are now themselves approaching significant anniversaries.

One example is the 1972 exhibition, The Right to Vote, held at the Museum of History and Technology (now the National Museum of American History) to celebrate the 1965 Voting Rights Act.

The Right to Vote exhibit ran at the Museum of History and Technology from 1972 to 1974.
Flickr, CC BY-SA

The exhibition had been scheduled as a venue for President Richard Nixon’s inauguration ball. But upon inspection, Nixon’s team decided it was too controversial and had it walled off for their events.

Further political grievances were aimed at the 1991 National Museum of American Art exhibition The West as America: Reinterpreting Images of the Frontier, 1820-1920. It encouraged visitors to understand how historical paintings represent a mythical view of the past that has been used to justify the West’s expansion and development.

The exhibition led to immediate outrage from former Librarian of Congress Daniel Boorstin. Boorstin wrote in the visitor’s book that it was: “A perverse, historically inaccurate destructive exhibit! No credit to the Smithsonian!”

Other politicians became energised by Boorstin’s view that the exhibition was a disrespectful attempt to dismantle and shame the history and legacy of the American frontier.

The exhibition became the subject of heated debate in the Senate Committee on Appropriations hearings from 1990 to 1992. At issue was how American nationalism should be represented in museums. A group of senators, led by Ted Stevens, threatened to reduce the Smithsonian’s funding if it failed to present “accountability” for its use of federal funds.

The Smithsonian’s then-secretary Robert McCormick Adams insisted it was precisely because the Smithsonian was dependent on tax resources that it had a responsibility to “exemplify the nation’s pluralism”.

In reporting the brouhaha, New York Times columnist Michael Kimmelman used language that wouldn’t be out of place today. He said the controversy “raises questions about government involvement in the arts […] Is it now the job of Congress to police its constituents’ thinking about the art in those museums?”

Cancelled by Congress

Another instance of political interference came in the mid 1990s, in relation to a Smithsonian exhibition representing the 50th anniversary of America’s atomic bombing of Japan in WWII.

The National Air and Space Museum designed a display that included the restored B-29 bomber, a plane called the Enola Gay, that dropped the first atomic bomb on Hiroshima on August 6, 1945.

The exhibition was supposed to open in 1995. However, people who consulted on its early plans criticised it for supposedly presenting a politically correct and revisionist interpretation of the events. They claimed it overplayed the horrors of the bombings, and portrayed Japanese victims without sufficient context surrounding the preceding Japanese aggression.

Members of Congress soon became aware of the concerns, adding their own threats of hearings and budget reductions. They called for the curator’s resignation, and contributed to the exhibition’s eventual cancellation.

With the original exhibition scrapped, the Enola Gay was exhibited at the National Air and Space Museum in a rather bare-bones display in June, 1995.
Smithsonian Institution Archives

History repeats

Trump’s attacks on the Smithsonian are part of a long political playbook in which culture has been targeted for representing an inclusive view of the American union.

The Smithsonian has weathered political attacks on its exhibitions in the past. However, there is now more attention to its institutional remit than ever before.

The recent threats from Trump, and lessons from history, highlight the importance of protecting the Smithsonian as an independent authority that withstands political interference at all costs.

The Conversation

Kylie Message has received funding from the Smithsonian Institution and from the Australian Research Council.

ref. Trump isn’t the first US politician to pick a fight with the Smithsonian. But this time could be different – https://theconversation.com/trump-isnt-the-first-us-politician-to-pick-a-fight-with-the-smithsonian-but-this-time-could-be-different-264022

Local journalists and fixers are dying at unprecedented rates in Gaza. Can anyone protect them?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Simon Levett, PhD candidate, public international law, University of Technology Sydney

Journalist Mariam Dagga was just 33 when she was brutally killed by an Israeli airstrike in Gaza on August 25.

As a freelance photographer and videographer, she had captured the suffering in Gaza through indelible images of malnourished children and grief-stricken families. In her will, she told her colleagues not to cry and her 13-year-old son to make her proud.

Dagga was killed alongside four other journalists – and 16 others – in an attack on a hospital that has drawn widespread condemnation and outrage.

This attack followed the killings of six Al Jazeera journalists by the Israeli Defence Forces (IDF) in a tent housing journalists in Gaza City earlier in August. The dead included Pulitzer Prize-winning journalist Anas al-Sharif.

Israel’s nearly two-year war in Gaza is among the deadliest in modern times. The Committee to Protect Journalists, which has tracked journalist deaths globally since 1992, has counted a staggering 189 Palestinian journalists killed in Gaza since the war began. Many worked as freelancers for major news organisations since Israel has banned foreign correspondents from entering Gaza.

In addition, the organisation has confirmed the killings of two Israeli journalists, along with six journalists killed in Israel’s strikes on Lebanon.





‘It was very traumatising for me’

I went to Tel Aviv and Jerusalem in Israel and Ramallah in the West Bank in 2019 to conduct part of my PhD research on the available protections for journalists in conflict zones.

During that time, I interviewed journalists from major international outlets such as The New York Times, The Guardian, the Australian Broadcasting Corporation, CNN, BBC and others, in addition to local Palestinian freelance journalists and fixers. I also interviewed a Palestinian journalist working for Al Jazeera (English), with whom I remained in contact until recently.

I did not visit Gaza due to safety concerns. However, many of the journalists had reported from there and were familiar with the conditions, which were dangerous even before the war.

Osama Hassan, a local journalist, told me about working in the West Bank:

There are no rules, there’s no safety. Sometimes, when settlers attack a village, for example, we go to cover, but Israeli soldiers don’t respect you, they don’t respect anything called Palestinian […] even if you are a journalist.

Nuha Musleh, a fixer in Jerusalem, described an incident that occurred after a stone was thrown towards IDF soldiers:

[…] they started shooting right and left – sound bombs, rubber bullets, one of which landed in my leg. I was taken to hospital. The correspondent also got injured. The Israeli cameraman also got injured. So all of us got injured, four of us.

It was very traumatising for me. I never thought that a sound bomb could be that harmful. I was in hospital for a good week. Lots of stitches.

Better protections for local journalists and fixers

My research found there is very little support for local journalists and fixers in the Occupied Palestinian Territories in terms of physical protection, and no support in terms of their mental health.

International law mandates that journalists are protected as civilians in conflict zones under the Geneva Conventions and Additional Protocols. However, these laws have not historically extended protections specific to the needs of journalists.

Media organisations, media rights groups and governments have been unequivocal in their demands that Israel take greater precautions to protect journalists in Gaza and investigate strikes like the one that killed Mariam Dagga.

Sadly, there is seemingly little media organisations can do to help their freelance contributors in Gaza beyond issuing statements noting concern for their safety, lobbying Israel to allow evacuations, and demanding access for foreign reporters to enter the strip.

International correspondents typically have training on reporting from war zones, in addition to safety equipment, insurance and risk assessment procedures. However, local journalists and fixers in Gaza do not generally have access to the same protections, despite bearing the brunt of the effects of war, which includes mass starvation.

Despite the enormous difficulties, I believe media organisations must strive to meet their employment law obligations, to the best of their ability, when it comes to local journalists and fixers. This is part of their duty of care.




Read more:
Israel must allow independent investigations of Palestinian journalist killings – and let international media into Gaza


For example, research shows fixers have long been the “most exploited and persecuted people” contributing to the production of international news. They are often thrust into precarious situations without hazardous environment training or medical insurance. And many times, they are paid very little for their work.

Local journalists and fixers in Gaza must be paid properly by the media organisations hiring them. This should take into consideration not just the woeful conditions they are forced to work and live in, but the immense impact of their jobs on their mental health.

As the global news director for Agence France-Presse said recently, paying local contributors is very difficult – they often bear huge transaction costs to access their money. “We try to compensate by paying more to cover that,” he said.

But he did not address whether the agency would change its security protocols and training for conflict zones, given journalists themselves are being targeted in Gaza in their work.

These local journalists are literally putting their lives on the line to show the world what’s happening in Gaza. They need greater protections.

As Ammar Awad, a local photographer in the West Bank, told me:

The photographer does not care about himself. He cares about the pictures, how he can shoot good pictures, to film something good. But he needs to be in a good place that is safe for him.

The Conversation

Simon Levett does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Local journalists and fixers are dying at unprecedented rates in Gaza. Can anyone protect them? – https://theconversation.com/local-journalists-and-fixers-are-dying-at-unprecedented-rates-in-gaza-can-anyone-protect-them-263923

How we tricked AI chatbots into creating misinformation, despite ‘safety’ measures

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Lin Tian, Research Fellow, Data Science Institute, University of Technology Sydney

Bart Fish & Power Tools of AI / https://betterimagesofai.org, CC BY

When you ask ChatGPT or other AI assistants to help create misinformation, they typically refuse, with responses like “I cannot assist with creating false information.” But our tests show these safety measures are surprisingly shallow – often just a few words deep – making them alarmingly easy to circumvent.

We have been investigating how AI language models can be manipulated to generate coordinated disinformation campaigns across social media platforms. What we found should concern anyone worried about the integrity of online information.

The shallow safety problem

We were inspired by a recent study from researchers at Princeton and Google. They showed current AI safety measures primarily work by controlling just the first few words of a response. If a model starts with “I cannot” or “I apologise”, it typically continues refusing throughout its answer.

Our experiments – not yet published in a peer-reviewed journal – confirmed this vulnerability. When we directly asked a commercial language model to create disinformation about Australian political parties, it correctly refused.

Screenshot of a conversation with a chatbot.
An AI model appropriately refuses to create content for a potential disinformation campaign.
Rizoiu / Tian

However, we also tried the exact same request as a “simulation” where the AI was told it was a “helpful social media marketer” developing “general strategy and best practices”. In this case, it enthusiastically complied.

The AI produced a comprehensive disinformation campaign falsely portraying Labor’s superannuation policies as a “quasi inheritance tax”. It came complete with platform-specific posts, hashtag strategies, and visual content suggestions designed to manipulate public opinion.

The main problem is that the model can generate harmful content but isn’t truly aware of what is harmful, or why it should refuse. Large language models are simply trained to start responses with “I cannot” when certain topics are requested.

Think of a security guard checking minimal identification when allowing customers into a nightclub. If they don’t understand who and why someone is not allowed inside, then a simple disguise would be enough to let anyone get in.

Real-world implications

To demonstrate this vulnerability, we tested several popular AI models with prompts designed to generate disinformation.

The results were troubling: models that steadfastly refused direct requests for harmful content readily complied when the request was wrapped in seemingly innocent framing scenarios. This practice is called “model jailbreaking”.

Screenshot of a conversaton with a chatbot
An AI chatbot is happy to produce a ‘simulated’ disinformation campaign.
Rizoiu / Tian

The ease with which these safety measures can be bypassed has serious implications. Bad actors could use these techniques to generate large-scale disinformation campaigns at minimal cost. They could create platform-specific content that appears authentic to users, overwhelm fact-checkers with sheer volume, and target specific communities with tailored false narratives.

The process can largely be automated. What once required significant human resources and coordination could now be accomplished by a single individual with basic prompting skills.

The technical details

The American study found AI safety alignment typically affects only the first 3–7 words of a response. (Technically this is 5–10 tokens – the chunks AI models break text into for processing.)

This “shallow safety alignment” occurs because training data rarely includes examples of models refusing after starting to comply. It is easier to control these initial tokens than to maintain safety throughout entire responses.

Moving toward deeper safety

The US researchers propose several solutions, including training models with “safety recovery examples”. These would teach models to stop and refuse even after beginning to produce harmful content.

They also suggest constraining how much the AI can deviate from safe responses during fine-tuning for specific tasks. However, these are just first steps.

As AI systems become more powerful, we will need robust, multi-layered safety measures operating throughout response generation. Regular testing for new techniques to bypass safety measures is essential.

Also essential is transparency from AI companies about safety weaknesses. We also need public awareness that current safety measures are far from foolproof.

AI developers are actively working on solutions such as constitutional AI training. This process aims to instil models with deeper principles about harm, rather than just surface-level refusal patterns.

However, implementing these fixes requires significant computational resources and model retraining. Any comprehensive solutions will take time to deploy across the AI ecosystem.

The bigger picture

The shallow nature of current AI safeguards isn’t just a technical curiosity. It’s a vulnerability that could reshape how misinformation spreads online.

AI tools are spreading through into our information ecosystem, from news generation to social media content creation. We must ensure their safety measures are more than just skin deep.

The growing body of research on this issue also highlights a broader challenge in AI development. There is a big gap between what models appear to be capable of and what they actually understand.

While these systems can produce remarkably human-like text, they lack contextual understanding and moral reasoning. These would allow them to consistently identify and refuse harmful requests regardless of how they’re phrased.

For now, users and organisations deploying AI systems should be aware that simple prompt engineering can potentially bypass many current safety measures. This knowledge should inform policies around AI use and underscore the need for human oversight in sensitive applications.

As the technology continues to evolve, the race between safety measures and methods to circumvent them will accelerate. Robust, deep safety measures are important not just for technicians – but for all of society.

The Conversation

Lin Tian receives funding from the Advanced Strategic Capabilities Accelerator (ASCA) and the Defence Innovation Network.

Marian-Andrei Rizoiu receives funding from the Advanced Strategic Capabilities Accelerator (ASCA), the Australian Department of Home Affairs, Commonwealth of Australia as represented by the Defence Science and Technology Group of the Department of Defence, and the Defence Innovation Network.

ref. How we tricked AI chatbots into creating misinformation, despite ‘safety’ measures – https://theconversation.com/how-we-tricked-ai-chatbots-into-creating-misinformation-despite-safety-measures-264184

The Pacific’s united front on climate action is splintering over deep-sea mining

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Kolaia Raisele, PhD Candidate in Anthropology, La Trobe University

DrPixel/Getty

In recent years, Pacific island nations have earned global credibility as champions of climate action. Pacific leaders view sea level rise as an existential threat.

But this united front is now under strain as some Pacific nations pursue a controversial new industry – deep-sea mining. Nauru, the Cook Islands, Kiribati and Tonga have gone the furthest to make it a reality, attracted by new income streams. But nations such as Fiji, Palau and Vanuatu have called for a moratorium on deep-sea mining in international waters.

Public opinion across the Pacific is often divided, pitting possible economic gains against the potential risks of an industry whose environmental impact remain uncertain but potentially significant. As this tension intensifies, it may split the Pacific and risk the region’s moral authority on climate.

school children from vanuatu holding signs about climate change.
Vanuatu and other Pacific nations have offered a broadly united front on climate change. But deep-sea mining may risk this unity. Pictured: Vanuatuan schoolchildren holding signs about climate change.
Hilaire Bule/Getty

What are the concerns over deep-sea mining?

Deep-sea mining targets three types of mineral deposits – polymetallic nodules strewn across deep underwater plains, cobalt-rich crusts on seamounts, and the ore deposits around hydrothermal vents.

To extract them, mining companies can use unmanned collectors to pump ore to the surface and return the wastewater. This creates plumes of sediment which can smother marine life. Methods of minimising damage to species from mining on land are largely unworkable at depth.

Deep-sea ecosystems are poorly understood, but we know they are slow to recover. Researchers have found areas mined as a test more than 40 years ago still show physical damage and immobile corals and sponges remain scarce.

a crab walking on polymetallic nodules, deep-sea mining.
Many species live on the seabeds, seamounts and hydrothermal vents which would be targeted for mining. Pictured: a crab crawling across a field of polymetallic nodules near Gosnold Seamount.
NOAA, CC BY-NC-ND

Why is there so much interest in deep-sea mining?

Deep-sea mining hasn’t begun anywhere in earnest, because the International Seabed Authority has yet to finalise rules governing extraction. This authority oversees the 54% of the world’s oceans beyond territorial waters.

But plans for deep-sea mining operations can still be submitted and considered without these rules in place.

Analysts have estimated seabed minerals could be worth a staggering A$30 trillion. Some of the richest deposits lie in the Clarion-Clipperton Zone in international waters between Hawaii and Mexico, thousands of kilometres away from Pacific nations. Under international law, companies cannot mine in international waters on their own. They need to be officially sponsored by a national government, which has to keep effective control over its operations.

One reason deep-sea mining companies see Pacific states as such useful partners is that these countries can access
reserved areas of international seabed set aside for developing countries, as well as potential resources in the very large territorial waters around many island states.

Backers in Nauru, Tonga, the Cook Islands and Kiribati argue rising demand for manganese, cobalt, copper and nickel could deliver significant economic returns and diversify economies.

Nauru

Nauru’s enormous deposits of guano – compressed seabird excrement long sought as fertiliser – once made the country wealthy. But the guano is largely gone and the small nation has limited other resources.

Nauru sponsors Nauru Ocean Resources, a wholly owned subsidiary of seabed mining company The Metals Company. In 2011, the company received an International Seabed Authority contract permitting exploration of polymetallic nodules in the Clarion-Clipperton Zone, more than 8,000km from Nauru.

Nauru has since “proudly taken a leading role” in developing international legal frameworks in mining nodules in the international seabed.

In June, Nauru signalled Nauru Ocean Resources would apply for an exploitation license.

Tonga

Tonga’s government is similarly backing deep-sea mining by partnering with The Metals Company to explore mining in the Clarion-Clipperton Zone.

In August 2025, Tonga signed an updated agreement with Tonga Offshore Mining, a subsidiary of The Metals Company. The agreement was originally signed in 2021 amid large-scale criticism over the lack of public consultation.

The mining company has promised new benefits, ranging from financial benefits, scholarships and community programs. Even so, the revised deal has encountered opposition from civil society, young people and legal experts. Prominent Tongans remain unconvinced, citing environmental, legal and transparency risks.

Economic pressure is part of the picture. Tonga owes an estimated A$180 million to China’s Exim Bank – roughly a quarter of its annual GDP.

Cook Islands

The 15 Cook Islands are widely scattered, giving the government exclusive rights to almost two million square kilometres of ocean. The government has issued exploration licences inside its Exclusive Economic Zone to three companies – Cook Islands Consortium, CIIC Seabed Resources Limited, and Moana Minerals. The Cook Islands government has established a domestic regulatory framework and is building research capacity.

Kiribati

Kiribati’s atolls and island are even more dispersed. The nation’s exclusive economic zone covers about 3.4 million km². The state-owned Marawa Research and Exploration company holds a 15-year exploration contract with the seabed authority. Kiribati has opened talks with China to explore potential collaboration.

The Pacific split

While revenues could potentially be sizeable for the Pacific, costs, technologies and environmental liabilities are highly uncertain.

The experience of Papua New Guinea is a cautionary tale. In 2019, the PNG deep-sea mining venture Solwara-1 went into administration following intense community pushback. The fallout cost the government an estimated $184 million. The PNG government now opposes deep-sea mining in its territorial waters.

seabed mining vessels on land, large mining vehicles.
Nautilus Mineral’s Solwara-1 deep-sea mining project in Papua New Guinea wound up in 2019. Pictured: the company’s three seabed mining vehicles.
Nautilus Minerals

While deep-sea mining now has clear backers, other nations are far more wary.

In 2022, Palau launched an alliance calling for a moratorium on mining in international waters. Early signatories included Fiji, American Samoa and the Federated States of Micronesia. Since then, Tuvalu, Vanuatu and the Marshall Islands have joined, as well as dozens of other countries. PNG has not yet joined.

Opposition from these Pacific states is based on the precautionary principle, which favours caution when knowledge is limited and damage is possible.

Pacific youth are among the most prominent opponents of deep-sea mining. The regional Pacific Blue Line coalition uniting civil society, faith groups, women’s organisations and youth networks has consistently called for a complete ban in the region. Young people have spoke out publicly in nations such as Tonga, where youth advocates criticised limited consultation and rallied against the plans, as well as the Cook Islands, where young people have demanded transparency.

Reputation under a cloud?

Pacific leaders have built a worldwide reputation for their principled climate diplomacy, from championing the 1.5°C goal to the major new advisory opinion on climate change issued by the world’s top court in response to a case instigated by students from the University of the South Pacific.

If some Pacific leaders open the door fully to deep-sea mining, it risks undermining the region’s united front on environmental issues and threatens its credibility.

The way this plays out will shape how the world hears the Pacific on climate and the oceans in the years ahead.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The Pacific’s united front on climate action is splintering over deep-sea mining – https://theconversation.com/the-pacifics-united-front-on-climate-action-is-splintering-over-deep-sea-mining-263199

How can the International Criminal Court achieve justice for women?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Olivera Simic, Professor in Law, Griffith University

Some say the law / ought not to bend. // That it should be a neutral, / certain thing. // But there are reasons / judgement and interpretation / are bequeathed / to human / – humane – / hearts, and heads.

– Excerpt from The Hope of a Thousand Small Lights, Maxine Beneba Clarke


On January 23 2025, the International Criminal Court’s (ICC) chief prosecutor applied for arrest warrants for the Taliban’s supreme leader and Afghanistan’s chief justice, charging them with the persecution of women, a crime against humanity. It was a long overdue decision.

These arrest warrants, said Amnesty International, gave

hope, inside and outside the country to Afghan women, girls, as well as those persecuted on the basis of gender identity or expression.

And hope in justice is important.

The ICC is a Hague-based court with the power to prosecute war crimes, crimes against humanity and genocide. Today, it explicitly recognises sexual slavery, enforced prostitution, forced pregnancy, enforced sterilisation and gender-based persecution as distinct crimes.

But the recognition of gender-based abuses as distinct crimes under international law is relatively recent. The ICC has been widely criticised for its slow and lengthy processes, with an abysmal rate of convictions.


Review: Feminist Judgments: Reimagining the International Criminal Court – edited by Kcasey McLoughlin, Rosemary Grey, Louise Chappell & Suzanne Varrall (Cambridge University Press)


In its 23-year history of operation, only 11 ICC cases have resulted in convictions. Just two of those, relating to crimes in Congo and Uganda, included successful convictions for sexual and gender-based crimes.

What would it take for more of these cases to result in successful prosecutions of gender-based crimes? What would be required to bring “gender-sensitive judging” into practice? And might it be possible to imagine a world where laws are written with a specific focus on benefiting women and people of diverse genders?

These are some of the questions the feminist judgment “movement” seeks to answer. In this movement, scholars and practitioners rewrite judgments in decided cases from a feminist perspective.

A new book, Feminist Judgments: Reimagining the International Criminal Court, brings together nearly 50 authors, of all genders, from the Global North and Global South. In this collection, edited by Australian legal scholars Kcasey McLoughlin, Rosemary Grey, Louise Chappell and Suzanne Varrall, academics, advocates, and legal practitioners “re-envision a range of judgements” delivered at the ICC.

Similar projects conducted around the world have rewritten feminist judgments from courts in the United Kingdom, Ireland, Scotland, New Zealand, Canada, United States, Australia and India. But this is the first book to examine decisions made by ICC judges; decisions that carry “far-reaching consequences”.

The ICC holds prosecutorial authority in over 120 countries. The court’s rulings also, as the editors write, serve “as persuasive precedents in other international, regional, and national criminal courts”.

Alternative judgments

Contributors address nine ICC situations in Afghanistan, Myanmar/Bangladesh, the Central African Republic, the Democratic Republic of Congo, Cote d’Ivoire, Mali, Sudan and Uganda. Because ICC cases are so large, each rewritten decision focuses on a single issue of law, fact or procedure addressed in the original decision.

For example, Suzanne Varrall and Sarah Williams rewrite the acquittal of former Congolese vice president and militia leader Jean Pierre Bemba Gombo by the ICC Appeals Chamber. Bemba’s was the ICC’s first case to include charges and a conviction for sexual violence. It was overturned on appeal in 2018.

The authors argue the court should factor in sexual and gender-based violence when interpreting and applying the doctrine of command responsibility, or a commander’s responsibility to prevent violations of international humanitarian law by their troops.

Most sexual and gender-based violence in conflict affects women and girls. But in applying a gender-sensitive approach, Varrall and Williams remind us, judges would also challenge traditional views of gender roles such as the idea that all men are combatants. Civilian men and boys can also be victims.

Currently, 50% of judges at the ICC are women but having women judges does not automatically mean they hold feminist perspectives, or possess a specific gender expertise. The ICC Prosecutor’s Office has published a comprehensive gender policy and appointed gender advisors as a part of a commitment to support gender justice and improve its track record in prosecuting gender-based crimes.

One of the major themes emerging from this collection is the need for judges to make decisions informed by the lived experiences of those affected by international crimes. Survivors’ experiences are not only to be heard, but listened to “with particular care”, as eminent international jurist Navi Pillay reminds us in her foreword.

Pillay, a former judge of the International Criminal Tribunal for Rwanda and the ICC, was the judge in the 1998 Akayesu case, the world’s first case confirming sexual violence can be an act of genocide.

The case brought against a former village mayor in Rwanda, Jean-Paul Akayesu, achieved some justice for an estimated 250,000-500,000 women and girls raped in the 1994 Rwandan genocide. While listening to the testimony of witness “JJ” in the case, Pillay became convinced that the traditional “body penetration” definition of rape was not appropriate in the context of mass rapes during war.

In such contexts, rape is never “just penetration” of the body itself. It becomes a calculated act of cruelty, a combination of humiliation, degradation, public nudity and the unbearable pain of having one’s children witness the abuse of their mother. Rape in the context of mass atrocity morphs into a destruction of the spirit and of the will to live, leaving a lifelong scar.

Feminist judgments can have an impact. A minority opinion, for instance, may one day become the prevailing orthodoxy.
Feminist judgments are an exercise in consciousness-raising, primarily designed to educate and transform legal discourse.

This collection goes beyond traditional legal analysis by incorporating photography and poetry, including Beneba Clarke’s The Hope of a Thousand Small Lights. It recognises justice can have many different meanings; that it can be symbolic too, and still profoundly meaningful to victims.

Political constraints

Rewritten judgments in this collection offer clear guidance for ICC courts on how to advance gender-sensitive jurisprudence in cases of atrocity. But the ICC faces political constraints, including attacks on its authority from the Trump administration.

In November 2024, the court issued warrants of arrest for the now deceased Hamas leader, Mohammed Diab Ibrahim Al-Masri, allegedly responsible for the October 2023 attacks in Israel. These charges, withdrawn after his death, included sexual violence crimes committed in Israel on October 7.

The court also charged Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, and former Defence Minister Yoav Gallant in relation to war crimes in Gaza, including starvation and targeting civilians, and crimes against humanity.

This month, the US State Department announced new sanctions on four ICC officials, including two judges and two prosecutors, claiming they were instrumental in efforts to prosecute Americans and Israelis. The US is not a member of the ICC. The court has denounced these sanctions as a “flagrant attack against the independence of an impartial judicial institution”.

If the ICC is perceived as lacking impartiality, this will limit its ability to address the gendered and intersectional dimensions of atrocity worldwide.

War and gender

War exacerbates previously existing gender inequalities. Around 110 instances of armed conflict are underway around the world; Africa and the Middle East are the most affected regions.

Many of these conflicts are intractable, dragging on for decades. With technology in warfare rapidly evolving, the growing application of AI and machine learning in weapons has gendered impacts. Attacks by explosive weapons in residential areas, for instance, disproportionately affect women and girls, since they often have primary responsibility for buying household goods or food at markets. Wars are also becoming less likely to be resolved politically.

The collective behind Feminist Judgments: Reimagining the International Criminal Court acknowledge that, even with its best efforts, the ICC can only achieve a limited and selective accountability. They encourage victims to pursue justice in other ways, not necessarily retributive. Perhaps those ways could be restorative or symbolic. Initiatives in arts, storytelling and memorialisation can bring some closure to survivors, while strengthening the social fabric of the nation.

With no meaningful recourse for women to Afghan courts and only limited access to courts of other states, the ICC remains the only viable judicial venue in which to prosecute the Taliban leaders for gender persecution.

However, the chances of seeing these leaders appear before the ICC are slim. They depend on arresting the defendants, who have publicly denounced the ICC warrants for their arrest. And the ICC has never conducted a trial in absentia. The court’s governing framework, known as the Rome Statute, states: “the accused shall be present during the trial”.

Almost 50% of individuals accused by the ICC are not brought to justice.

The court hopes charges confirmed in their absence could perhaps bring some redress to victims. Despite the absence of the accused, victims would still have an opportunity to finally speak out before a court – and the evidence would be examined, presented and documented for future reference.

The Conversation

Olivera Simic does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How can the International Criminal Court achieve justice for women? – https://theconversation.com/how-can-the-international-criminal-court-achieve-justice-for-women-263797

Galicia crece 40 000 km² bajo el mar, conquistando terreno usado como vertedero nuclear

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Somoza Losada, Profesor de Investigación, Instituto Geológico y Minero de España (IGME – CSIC)

Vista 3D de los fondos marinos profundos al oeste de Galicia. Somoza et al, 2019, CC BY

La ONU acaba de aprobar provisionalmente la propuesta de ampliación de la plataforma continental al oeste de Galicia, lo que supone la incorporación de cerca de 40 000 km² adicionales a los ya reconocidos. Galicia ha crecido una superficie similar a la de la comunidad autónoma extremeña, que tiene 41 000 km². El reconocimiento definitivo se realizará próximamente en una sesión plenaria en Nueva York.

La ampliación de la soberanía marítima española puede abrir nuevas oportunidades económicas y medioambientales. Por un lado, la posibilidad de aprovechar recursos naturales ricos en tierra raras y telurio, y, además, garantizar la protección de los fondos marinos conquistados. No olvidemos que hasta hace poco tiempo estos fondos marinos profundos alrededor de Galicia se utilizaban como vertederos nucleares.

Un proceso científico global liderado por Naciones Unidas

Actualmente los países ejercen la soberanía sobre los recursos naturales de sus mares y océanos hasta las 200 millas marinas medidas desde la línea de costa, en lo que se denomina Zona Económica Exclusiva. Sin embargo, conforme a la
Convención de Naciones Unidas sobre el Derecho del mar (CONVEMAR), cualquier Estado puede ampliar la soberanía sobre sus recursos naturales del fondo y subsuelo marino hasta las 350 millas marinas.

Para ello, cada país ha de presentar los estudios científicos y técnicos que avalen el cumplimiento de las normas ante la Oficina de Asuntos Oceánicos y Derecho del Mar, que se localiza en Nueva York.

El examen científico-técnico de los datos lo realiza la Comisión de Límites de Plataforma Continental de Naciones Unidas (CLPC), formada por 21 científicos internacionales expertos en geología marina.

Vista 3D del margen continental de Galicia.
Somoza et al, 2019, CC BY

Desde el año 2001, se han registrado ante la CLPC un total de 97 propuestas para la ampliación de la plataforma continental en todo el mundo, entre ellas tres de España: una en el mar Céltico-mar Cantábrico en el 2006 (aprobada en el 2009); una segunda en Galicia, registrada en el 2009 (a punto de finalizar su examen) y una tercera al oeste de las islas Canarias, registrada en el año 2014, y en espera para su examen.

En el caso de la propuesta para la ampliación en Canarias, la propuesta de la delimitación y la defensa se realizará atendiendo al calendario que establezca la Comisión. Esta ampliación puede suponer una extensión total del título jurídico de la plataforma continental española en torno a los 296 500 km² .

La ampliación de los fondos marinos de Galicia

España ha presentado dos propuestas de ampliación de la plataforma continental de Galicia. Una primera propuesta al norte, conjuntamente con Francia, Reino Unido e Irlanda para la ampliación del mar Céltico-mar Cantábrico. Fue aprobada por Naciones Unidas en 2009 y supuso la ampliación de los derechos de soberanía sobre el suelo y subsuelo marino de un área de unos 79 000 km², que se delimita entre los cuatro países solicitantes.

La segunda propuesta se registró ante la ONU en el año 2009, y su examen se inició una década después. En 2023 y 2025 se realizaron dos campañas oceanográficas a bordo del buque oceanográfico del CSIC Sarmiento de Gamboa para actualizar los datos presentados en el 2009. Gracias a los datos adicionales adquiridos se han aprobado provisionalmente cerca de 40 000 km². A esta extensión hay que sumar los ya obtenidos en el mar Céltico (entre Galicia e Irlanda), lo que supondrá para España al menos unos 20 000 km² más de ampliación en la zona norte gallega.

Los nuevos recursos marinos y la obligación de protegerlos

La importancia de ganar terreno más allá de las 200 millas náuticas está en la ampliación de los derechos de soberanía para la exploración y explotación de los recursos.

Por un lado, los recursos naturales del suelo y subsuelo como el petróleo, gas e hidratos (hielo con gas encerrado en su estructura molecular), recursos minerales y especies que habitan el fondo marino.

También se permite la explotación de los recursos marinos vivos, que comprenden las especies animales sedentarias, en constante contacto físico con el fondo del mar, o habitantes del subsuelo.

Los depósitos minerales marinos

Entre los recursos de alto interés están los depósitos minerales marinos, formados por la precipitación lenta de óxidos de hierro y manganeso, que tapizan rocas de los montes y bancos submarinos.

Estos depósitos son ricos en elementos como el cobalto, el níquel y el vanadio, lo que los convierte en valiosas fuentes de metales estratégicos para la industria.

En las llanuras abisales que rodean Galicia y Canarias se han encontrado concreciones minerales sólidas, con forma de roca (costras de ferromanganeso y nódulos polimetálicos) que contienen altas concentraciones de metales como manganeso, níquel, cobre y cobalto, así como tierras raras.

Costras de ferromanganeso con altos contenidos en cobalto, telurio y tierras raras muestreadas en el monte submarino Tropic, también conocido como Las Abuelas de las islas Canarias, durante las campañas oceanográficas para la ampliación de la plataforma continental española.
Somoza et al, 2019, CC BY-SA

Su formación es un proceso muy lento debido a la acumulación de capas concéntricas de minerales alrededor de un núcleo. Tienen un gran interés para la minería submarina, ya que estos metales son cruciales para la fabricación de baterías y otras tecnologías para la transición energética.

Entre los recursos energéticos cabe destacar el petróleo, el gas y los potenciales yacimientos de gas hidratado frecuente en los márgenes continentales.

Los residuos nucleares

La ampliación de la plataforma continental por un país conlleva también obligaciones sobre la protección y conservación de sus fondos marinos.

Durante décadas, la industria nuclear europea eliminó sus desechos radiactivos almacenándolos en bidones que terminaron arrojados en la zona abisal atlántica con fondos de más de 5 000 metros, a unos 600 kilómetros de la costa gallega. El buque L’Atalante, del Centro Nacional de Investigación Científica de Francia, encontró alrededor de 2 000 bidones en la zona abisal alrededor de Galicia aunque situados fuera de las 200 millas náuticas de jurisdicción exclusiva.

Aunque no se conoce con exactitud la localización de los vertidos de residuos realizados durante décadas, con la ampliación de la plataforma continental de los fondos marinos de Galicia, posiblemente parte de estas zonas profundas de vertidos pasarán a formar parte del territorio español. Esto requerirá campañas específicas con técnicas oceanográficas de prospección profundas para la localización de más vertidos nucleares dentro de la jurisdicción española.

Galicia ha crecido en recursos, y en derecho a proteger su espacio natural.

The Conversation

Luis Somoza Losada no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Galicia crece 40 000 km² bajo el mar, conquistando terreno usado como vertedero nuclear – https://theconversation.com/galicia-crece-40-000-km-bajo-el-mar-conquistando-terreno-usado-como-vertedero-nuclear-260335