Les robots, des collègues de travail comme les autres ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Thierry Colin, Professeur des universités en Sciences de gestion, Université de Lorraine

Le concept de cobot a été inventé par l’industrie automobile. L’objectif : créer des robots capables de travailler aux côtés des humains, sans risque d’insécurité. Gumpanat/Shutterstock

Les robots collaboratifs, ou cobots, ne remplacent pas seulement les humains : ils peuvent travaillent avec eux. Quel est leur impact sur la division du travail ?


Les robots sont omniprésents dans la production industrielle. Leur diffusion a toujours été au cœur d’enjeux humains, sociaux, économiques et en management, entraînant très tôt de nombreux questionnements.

Une nouvelle interrogation émerge aujourd’hui avec l’apparition des cobots. Capables de travailler non seulement à la place, mais aussi avec les humains au sein des ateliers, les robots collaboratifs sont-ils en train de devenir des collègues comme les autres ? Légers, flexibles, relativement accessibles et conviviaux… sont-ils susceptibles de remettre en cause les codes de la division du travail ?

Nos recherches récentes, basées sur des études de cas comprenant des entretiens et des observations en situation, ont permis de repérer quatre types d’usage des cobots : configuration simultanée, alternée, flexible ou coexistence. Elles rentrent dans le cadre du projet Impact « C-Shift » (Cobots in the Service of Human activity at work) qui vise à étudier l’impact de la mise en œuvre de dispositifs collaboratifs intelligents tels que les cobots dans le cadre des défis de l’industrie du futur.

Qu’est-ce qu’un cobot ?

Le terme cobot est créé par la contraction des termes anglais « collaborative » et « robot ». La paternité en est attribuée à des universitaires états-uniennes qui cherchent à la fois à limiter les troubles musculosquelettiques et à améliorer la productivité dans des usines de production automobile – Ford et General Motors.

Un robot collaboratif est un robot qui peut être installé dans le même espace de travail que les opérateurs humains, sans barrière de protection physique. Ils sont équipés de capteurs et de programmes déclenchant un ralentissement du mouvement ou un arrêt complet si un risque de collision est détecté. Ils sont capables de réaliser la plupart des opérations industrielles – visser, percer, poncer, souder.

Les cobots ne sont pas conçus pour des usages prédéfinis. Ils sont caractérisés avant tout par leur flexibilité. Facilement programmables grâce à des interfaces accessibles sur des tablettes, ils sont faciles à déplacer. Ils peuvent aussi bien mettre des produits cosmétiques dans des cartons, que faire du contrôle qualité à l’aide d’une caméra en bout de chaîne de production ou souder des pièces métalliques.

Marché multiplié par quatre d’ici 2030

Les cobots ne sont plus de simples prototypes de laboratoire. Ils sont désormais couramment utilisés dans des usines de toutes tailles et dans divers secteurs – automobile, logistique, santé, agroalimentaire –, bien que leur adoption reste encore loin d’être généralisée. La part des cobots dans les ventes mondiales de robots serait de l’ordre de 3 % et, selon ABI research, le marché des cobots pourrait être multiplié par quatre d’ici 2030.

Courbe
Prévision de croissance du marché mondial des robots collaboratifs (cobots) de 2020 à 2030 en millions de dollars états-uniens. »
Statista et ABI Research, FAL

Les cobots ne visent pas à remplacer les robots traditionnels en raison de plusieurs limitations :

  • Leur charge utile est réduite : leur légèreté et leur petite taille les empêchent de manipuler des objets lourds.

  • Leur vitesse d’exécution est volontairement limitée pour garantir la sécurité des humains qui travaillent autour. Cela freine leur productivité et les rend peu adaptés aux productions à très grande échelle.

  • Installés dans les mêmes espaces que les humains, les cobots soulèvent des problèmes de sécurité lorsqu’ils sont équipés d’outils dangereux – outil coupant ou torche de soudage.

Leur potentiel réside avant tout dans de nouveaux usages et une approche différente de l’automatisation. Ainsi, dans une PME spécialisée dans la tôlerie qui a fait l’objet d’une étude de cas, les soudures sont effectuées par un robot de soudure traditionnel pour les grandes séries récurrentes. Pour les séries de taille moyenne et par des soudeurs pour les petites séries ou des soudures trop complexes, elles sont effectuées par des cobots.

Quatre usages des cobots en usine

Si par définition les cobots ont la possibilité de travailler dans le même espace que des opérateurs humains, leurs usages ne sont pas nécessairement collaboratifs et nos recherches nous ont permis de distinguer quatre configurations.

Projet C-SHIFT, cobots et industrie du futur, de l’Université de Lorraine.
Université de Lorraine, Fourni par l’auteur

Coexistence avec l’humain

À un extrême, les cobots viennent se substituer aux opérateurs pour prendre en charge les gestes les plus pénibles et/ou gagner en productivité. On qualifie cet usage de coexistence, car il n’y a aucune interaction directe avec les humains.

Dans l’industrie automobile, des cobots vissent des pièces sous les véhicules, là où les positions sont particulièrement difficiles pour les opérateurs.




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Comment rendre les robots plus adaptables aux besoins de leurs collaborateurs humains ?


Configuration simultanée

Dans la configuration simultanée, cobots et opérateurs travaillent ensemble en adaptant mutuellement leurs mouvements, côte à côte ou face à face. Si cette configuration est largement réalisable en laboratoire, elle est assez rare en condition réelle. La raison : le temps nécessaire à sa mise au point et sa certification sécurité obligatoire.

Chez un équipementier, le cobot positionne une colonne de direction pour automobile avec précision, évitant le port de charges et les chocs, et l’opérateur effectue des tâches de vissage sur la pièce.

Configuration alternée

La configuration alternée correspond à une situation où l’opérateur utilise le cobot, mais n’interagit pas directement avec lui. Il le programme pour une série de tâches, et le laisse travailler seul, dans un espace différent. Cette configuration garantit une meilleure sécurité pour l’opérateur humain. Ce dernier optimise la répartition du travail entre ce qu’il confie au cobot et ce qu’il continue de faire lui-même.

Chez un fabricant d’échangeurs thermiques pour la production de gaz industriels, les soudeurs délèguent aux cobots les soudures les plus simples et se concentrent sur des soudures plus complexes ou moins répétitives.

Configuration flexible

Dans la configuration flexible, la répartition du travail entre humains et cobots évolue au cours du temps, en fonction du plan de charge. Une fois la technologie maîtrisée, les cobots peuvent être réaffectés à différentes activités en fonction des exigences du moment. Le même cobot peut être utilisé pendant une période pour une activité de chargement de machines, puis réoutillé, il peut servir pour du ponçage, puis des opérations de peinture, etc.

L’efficacité réside dans la capacité des opérateurs, des techniciens et des ingénieurs à travailler ensemble pour inventer constamment de nouveaux usages. Cette configuration semble particulièrement adaptée à des PME dans lesquelles les séries sont courtes et variables.

Cobots et IA

Les cobots font partie d’un vaste mouvement technologique. Le contexte de l’industrie 5.0 et l’utilisation croissante de l’IA permettront aux cobots d’être encore plus adaptables, voire capables d’improvisation. Ils pourront être intégrés dans des « systèmes cyberphysiques de production », c’est-à-dire des systèmes très intégrés dans lesquels l’informatique contrôle directement les outils de production.

Cette intégration n’est pas évidente à ce stade. Si elle est possible, on peut penser que c’est la capacité à « combler les trous » de l’automatisation traditionnelle qui sera dominante, reléguant la flexibilité et l’aspect collaboratif au second plan. Inversement, le recours à l’intelligence artificielle peut aider au développement de configuration flexible misant sur la collaboration au sein des collectifs de travail.

Si ces évolutions technologiques ouvrent de nombreux possibles, elles laissent ouverte la question des usages en contexte réel. Les tendances futures dépendront des choix qui seront faits en termes de division du travail et de compétences.

Les configurations dites coexistence et activité simultanée ont finalement peu d’implications sur l’évolution des compétences ou de modalités de collaboration entre ingénieurs, techniciens et opérateurs. À l’inverse, le choix des configurations flexible ou activité alternée suppose que les opérateurs développent de nouvelles compétences, notamment en programmation, et que de nouvelles formes de collaboration verticales se développent.

En d’autres termes, les cobots redistribuent moins les cartes en matière de collaboration homme-machine qu’ils n’invitent à revoir les logiques de collaborations entre humains au sein des organisations.

The Conversation

Thierry Colin a bénéficié d’une aide de l’Initiative d’Excellence Lorraine (LUE) au titre du programme France 2030, portant la référence ANR-15-IDEX-04-LUE. Il a aussi bénéficié d’une aide de l’ANACT dans le cadre de son AMI “Prospective pour accompagner la transition des systèmes de travail”

Benoît Grasser a bénéficié d’une aide de l’Initiative d’Excellence Lorraine (LUE) au titre du programme France 2030, portant la référence ANR-15-IDEX-04-LUE. Il a aussi bénéficié d’une aide de l’ANACT dans le cadre de son AMI « Prospective pour accompagner la transition des systèmes de travail ».

ref. Les robots, des collègues de travail comme les autres ? – https://theconversation.com/les-robots-des-collegues-de-travail-comme-les-autres-260231

Qu’est-ce que le kratom, cet antidouleur interdit en France, mais en vente libre aux États-Unis ?

Source: The Conversation – in French – By David Kroll, Professor of Natural Products Pharmacology & Toxicology, University of Colorado Anschutz Medical Campus

Issu d’un arbre originaire d’Asie du Sud-Est, le kratom, réduit en poudre, est traditionnellement consommé pour ses effets stimulants, euphorisants et analgésiques. Cependant, l’utilisation de ce produit, interdit en France, n’est pas toujours sans risque.


David Bregger n’avait jamais entendu parler du kratom avant que son fils Daniel, 33 ans, décède à Denver, en 2021, après avoir consommé ce qu’il pensait être un inoffensif remède naturel contre l’anxiété. Selon M. Bregger, son fils ignorait que ce complément alimentaire d’origine végétale pouvait lui être fatal.

Et pour cause : l’étiquette ne comportait ni liste d’ingrédient ni indication posologique. En outre, les risques liés à une consommation en conjonction avec d’autres substances sédatives (telles que la diphénhydramine, un antihistaminique en vente libre) étaient passés sous silence.

Quatre ans après la mort de Daniel, le projet de loi 25-072 du Sénat du Colorado, connu sous le nom de Daniel Bregger Act, a été adopté. Le texte vise à épargner à d’autres familles le drame vécu par les Bregger, en limitant notamment l’accès au kratom pour les mineurs. Il s’attaque notamment aux pratiques commerciales qualifiées de « trompeuses » en lien avec la vente de produits à base de kratom.

M’intéressant aux sciences pharmaceutiques, je donne depuis plus de trente ans des cours sur les compléments alimentaires à base de plantes telles que le kratom. J’ai publié plusieurs travaux sur ses effets et les controverses qu’il suscite. Voici ce qu’il faut savoir de cette substance.

Derrière le mot « kratom », une multiplicité de produits

Le terme « kratom » recouvre une large gamme de produits issus des feuilles de l’arbre Mitragyna speciosa, originaire d’Asie du Sud-Est. Cette plante tire son appellation latine de la forme de ses feuilles, qui rappellent la mitre épiscopale, la coiffe portée par les évêques et certains autres dignitaires religieux.

Le kratom est produit à partir de feuilles séchées et réduites en poudre, lesquelles peuvent être mâchées ou infusées en thé. Utilisé en Thaïlande par les ouvriers agricoles pour accroître leur endurance et leur productivité, le kratom agit comme un stimulant proche de la caféine. À des doses plus élevées, il procure une sensation de bien-être analogue à celle des opioïdes.

Les effets du kratom sont dus à la présence dans ses feuilles d’une molécule en faible quantité, la mitragynine. Celle-ci stimule partiellement les récepteurs opioïdes du système nerveux central – les mêmes que ceux qui sont activés par des substances comme la morphine ou l’oxycodone. Lorsqu’ils sont suractivés, ces récepteurs peuvent influer sur la respiration, la ralentissant voire la stoppant complètement.

Après ingestion, la mitragynine contenue dans la poudre est transformée en 7-OH (ou 7-hydroxymitragynine) par les enzymes du foie, ce qui explique ses effets de type opioïde. Également synthétisable en laboratoire, la 7-OH peut être utilisée pour accroître la puissance de certains produits à base de kratom. C’est une des raisons de la controverse autour de cette substance.

La 7-OH a attiré l’attention de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence états-unienne en charge de la surveillance des denrées alimentaires et des médicaments. Le 29 juillet 2025, l’agence a publié un avertissement indiquant que les produits contenant de la 7-OH sont de puissants opioïdes, susceptibles de provoquer de graves risques pour la santé et même d’entraîner la mort.

Par ailleurs, divers travaux sur le kratom et sur ses composants ont mis en évidence ses effets potentiellement délétères. Des analyses post-mortem effectuées par les centres pour le contrôle et la prévention des maladies et par plusieurs chercheurs universitaires ont montré qu’aux États-Unis, les corps de centaines de personnes décédées contenaient des substances provenant du kratom.

Cependant, il semblerait que s’il est consommé seul, le kratom est cependant rarement mortel. En Floride, l’analyse de 551 décès en lien avec sa consommation a ainsi révélé que les corps de 93,5 % des victimes contenaient également d’autres substances, comme des opioïdes tels que le fentanyl.

Naturel ou synthétique, tout médicament comporte des risques

Parce que le kratom est d’origine végétale, sa commercialisation aux États-Unis se situe dans une zone grise réglementaire. Il est souvent vendu en ligne comme complément alimentaire, généralement au kilo, par des vendeurs situés à l’étranger.

(En France, le kratom et ses composés – mitragynine et 7-hydroxymitragynine – sont inscrits sur la liste des psychotropes ; en conséquence, leur détention et leur achat sont interdits, ndlr.)

En 2016, j’ai rédigé une série d’articles pour le magazine Forbes, alors que la Drug Enforcement Administration (DEA, l’agence états-unienne de lutte contre les drogues) proposait d’inscrire les composants du kratom au tableau 1 du Controlled Substances Act, la classification la plus restrictive à sa disposition. Le tableau 1 est réservé aux substances que la DEA estime dénuées de toute utilité médicale reconnue et qui présentent, par ailleurs, un fort potentiel d’abus, comme l’héroïne ou le LSD.

À la lecture de ces textes, des lecteurs ont réagi en m’envoyant plus de 200 témoignages décrivant leur usage du kratom. Certains les utilisaient comme alternative aux opioïdes, pour lutter contre la douleur, tandis que d’autres expliquaient comment le kratom les avait aidés à sortir d’une dépendance à l’alcool ou aux opioïdes. Ces récits ont également afflué dans les commentaires sollicités par la DEA. Celle-ci a finalement renoncé à classer le kratom sur la liste des substances contrôlées, sans doute sous la pression de l’opinion.

Les témoignages reçus n’étaient cependant pas tous aussi élogieux. Certains mettaient en garde contre un risque majeur : celui de développer une dépendance au kratom lui-même. Le kratom m’est, dès lors, apparu comme une arme à double tranchant – remède pour les uns, il pouvait devenir dangereux pour les autres dans le cadre d’un usage récréatif.

Une enquête nationale auprès d’utilisateurs de kratom a confirmé ce constat (formulé de façon non scientifique) : elle a révélé que plus de la moitié des consommateurs de kratom prenait ce produit pour soulager la douleur, le stress, l’anxiété, ou une combinaison de ces troubles.

Poudre de feuille ou extrait artificiellement concentré

En 2016, après que la DEA a abandonné son projet d’interdire la poudre de feuilles, des revendeurs aux États-Unis ont isolé la mitragynine et l’ont concentrée dans de petits flacons, pour la proposer à leurs clients sous une forme similaire à celle des shots de caféine, vendus dans les stations-service du pays. Ce format permettait aux consommateurs d’absorber davantage de kratom.

Les vendeurs ont, par ailleurs, progressivement réalisé qu’ils pouvaient aussi produire de la 7-OH à partir de la mitragynine et ainsi renforcer la puissance de leurs produits. Une transformation qui en augmente malheureusement aussi la dangerosité.

Les utilisateurs de poudre de kratom déclarent consommer de 3 grammes à 5 grammes de produit par prise, soit l’équivalent d’une cuillère à soupe bien remplie. Ils ingèrent le produit sous forme de gélules ou bien en infusion, plusieurs fois par jour, afin de soulager les douleurs, de contrôler le besoin d’alcool ou les symptômes de sevrage (dûs à une utilisation prolongée d’opioïdes). Comme cette forme de kratom ne contient que 1 % de mitragynine environ, il est rare ce type de consommation entraîne des overdoses.

Ce constat (conjuguée à la pression des consommateurs de poudre de kratom) a conduit la FDA établir une distinction entre les produits à base de kratom, et à proposer de limiter les restrictions prévues à la seule 7-OH, sans interdire la mitragynine ni la poudre de feuilles. La nouvelle loi votée par l’État du Colorado limite quant à elle la concentration des ingrédients de kratom dans les produits commercialisés, et en interdit la vente et la publicité aux moins de 21 ans.

Même David Bregger est un partisan de cette distinction. L’an dernier, durant une manifestation organisée lors d’une conférence de l’American Kratom Association (une association dont l’objet est la protection des droits des citoyens des États-Unis à consommer légalement du kratom), il déclarait sur une chaîne du réseau WPRI :

« Je ne suis pas anti-kratom, je suis favorable à sa régulation. Ce que je souhaite, c’est que les consommateurs puissent uniquement se procurer le produit brut issu de la feuille. »

Ce type d’actions de lobbying a conduit l’American Kratom Association à reconnaître qu’il était légitime d’inscrire la 7-OH au tableau 1, étant donné l’état des connaissances scientifiques sur le sujet.

Des bénéfices malgré l’interdiction

Le débat, local et national, autour de la 7-OH, n’empêche pas les scientifiques de poursuivre les recherches afin de déterminer comment les propriétés du kratom pourraient être mises à profit à des fins médicales.

Les National Institute of Health ont ainsi accordé une subvention de 3,5 millions de dollars, laquelle s’ajoute à d’autres financements visant à déterminer si le kratom pourrait constituer une source potentielle de nouveaux médicaments.

Les travaux des scientifiques ont déjà permis d’identifier de nombreux autres alcaloïdes dans les feuilles de kratom, et dans les produits commerciaux qui en sont dérivés. Ces découvertes révèlent aussi que certaines variétés d’arbres produisent des composés uniques, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux antalgiques. Ils ont aussi découvert que certains composants du kratom, comme la 7-OH, se lient de manière spécifique aux récepteurs opioïdes.

Ces composés semblent agir davantage sur la gestion de la douleur que sur la suppression, potentiellement mortelle, des fonctions respiratoires. Bien entendu, ces observations ne valent que lorsque ces substances sont utilisées seules et non en combinaison avec d’autres sédatifs.

Sur la base des connaissances actuelles, les chercheurs estiment que la mise au point de médicaments basés sur des molécules isolées et purifiées à partir du kratom pourrait non pas aggraver la crise des opioïdes, mais plutôt ouvrir la voie vers de nouveaux traitements contre la dépendance.

Certaines de ses molécules, comme la mitragynine ont de multiples effets, ce qui pourrait permettre de remplacer à la fois les analgésiques existants (telles que la buprénorphine) ou les médicaments utilisés dans le cadre du sevrage aux opioïdes comme la clonidine.

Les recherches scientifiques rigoureuses menées jusqu’ici ont conduit à adopter un point de vue nuancé sur le kratom, ce qui a abouti à la mise en place, aux États-Unis, d’une régulation plus adaptée.

Rien, hélas, ne pourra ramener Daniel Bregger. Toutefois, les efforts conjugués des scientifiques et des législateurs peuvent non seulement ouvrir la voie à de nouveaux traitements, mais aussi éviter que d’autres familles ne soient frappées par de semblables tragédies.

The Conversation

David Kroll ne travaille pas pour, ne conseille pas, ne détient pas d’actions et ne reçoit pas de financement de la part d’une entreprise ou d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune affiliation pertinente au-delà de son poste universitaire.

ref. Qu’est-ce que le kratom, cet antidouleur interdit en France, mais en vente libre aux États-Unis ? – https://theconversation.com/quest-ce-que-le-kratom-cet-antidouleur-interdit-en-france-mais-en-vente-libre-aux-etats-unis-264816

How the global anti-scam community could come together to beat the criminals

Source: The Conversation – UK – By Mark Button, Professor of Security and Fraud, University of Portsmouth

iSOMBOON/Shutterstock

Consumers are increasingly being targeted by financial fraudsters who deceive them into sending money, access their bank accounts or take out loans using their identity. Over the summer, new and more sophisticated scams have been widespread. Behind these frauds – things like phishing emails and scam calls – are a variety of schemes designed to trap people from any section of society.

In England and Wales, there was a 33% increase in the number of people falling victim to fraud in 2024, meaning it now accounts for 40% of all crime against individuals. According to one study, looking at the scale of the problem internationally, 31% of all adults in the US were targeted by fraudsters between 2021 and 2023. This figure was just 8% for Japan.

Much of this fraud is cross-border, so much so that the UK Home Office estimated in 2023 that 70% of fraud has an international element. And while some fraud schemes involve only lone fraudsters, the spectrum runs right through to sophisticated organised crime groups. In some of the most disturbing cases in east Asia, scam compounds have evolved, filled with tens of thousands of people forced to carry out scams – generating billions of dollars for the crime gangs.




Read more:
Scam Factories: the inside story of Southeast Asia’s brutal fraud compounds


This cross-border nature of most fraud poses immense challenges for police. There are substantial barriers to conducting international investigations and securing extraditions. The truth is that most active fraudsters based in different countries to their victims have few worries about being caught and punished, or even of having their criminal activities interrupted.

Indeed, there is very little evidence of extradition in western countries. So what can be done about this cruel, complex and costly problem?

The UK government has taken a leading role against cross-border fraud, introducing several initiatives in its counter-fraud strategy. However, most of the action points are defensive – focused on protecting potential victims and tightening the systems fraudsters exploit, such as banks, tech firms and telecoms.

On the offensive

Campaigns centred on fraud awareness, as well as making banks invest in prevention and getting internet companies to take down fraudulent adverts, are all important measures that should form the basis of any strategy. But offensive measures targeted at fraudsters have been under-used so far.

Our own research has highlighted several ways to take more offensive actions against fraudsters. Disruption efforts such as taking down scam websites, fake profiles and using bots are already being carried out by private companies, nongovernmental organisations and the private anti-scam community (Pasc). This group includes “scambaiters” (people who pretend to be taken in by the fraud in order to keep the criminals occupied) and volunteers working against scammers.

Some tactics are widely accepted – things like talking to fraudsters to waste their time, taking down fraudulent websites and using bots to communicate with criminals. However, other disruption methods are more controversial as they often break the law. These include placing malware on scammers’ computers, using “call-flooders” to disable scam phone numbers, hacking scammers to destroy files and intervening to warn victims.

Some groups also expose known scammers by informing their associates, friends and family of what they are doing. Alternatively, they report them to internet service providers and regulators. But publicly outing scammers runs the risk of serious harm to the criminal outside the formal justice system. Worse, it has the potential for mistaken identity and innocent people being vilified or even harmed.

The Pasc community is larger than any one country or global body’s anti-fraud police infrastructure. Retail giant Amazon alone has 15,000 people in its global anti-fraud community. As well as engaging in disruption, it also possesses huge amounts of data.

finger hovering above a link in a scam text message
The focus is on keeping consumers alert to fraud – but more offensive strategies could also be effective.
mundissima/Shutterstock

For any kind of global anti-fraud strategy to work, governments must embrace this community. In this way, they could work together to share data and strategies to target scammers efficiently and effectively.

Much more offensive disruption is needed, but it needs to be done with proper legal and ethical safeguards and in a coordinated way. This means working with existing or new international structures.

And police based in the victims’ countries should work more closely with the nations that are home to large numbers of cross-border scammers.

Sanctions too are a big part of the solution. While actions such as freezing assets and travel bans have been used against individuals and groups (as well as governments) to target things like corruption, money-laundering and people-trafficking, they have not been used in the counter-fraud area. These measures could easily be used against known scammers.

Fraud prevalence looks set to continue to grow globally. Increasing investment in prevention is welcome, but it is only part of the solution. Both public and private groups must renew their focus on offensive measures to target the fraudsters themselves. Sanctions should be central to a suite of strategies to disrupt the scammers, slashing the profits of their criminal enterprises.

The Conversation

Mark Button receives funding from various Government funded bodies to conduct research on fraud and related areas. He is also a member of the Labour Party.

Branislav Hock receives funding from various Government funded bodies to conduct research on economic crime and related areas.

ref. How the global anti-scam community could come together to beat the criminals – https://theconversation.com/how-the-global-anti-scam-community-could-come-together-to-beat-the-criminals-258450

The hidden plastic problem in your daily dental routine – and what’s being done about it

Source: The Conversation – UK – By Saroash Shahid, Reader in Dental Materials, Queen Mary University of London

Vladimir Sukhachev/Shutterstock.com

You brush twice daily, floss religiously and see your dentist every six months. But what if these acts of oral hygiene are quietly contributing to one of the planet’s most pressing environmental crises?

A growing body of research reveals that our pursuit of clean, healthy teeth comes with an unexpected cost: we’re washing billions of microplastic particles down the drain every day.

Take toothpaste, for example. Decades of using toothpastes with plastic microbeads triggered bans in many countries, but studies show that many modern toothpastes still contain microplastic particles.

And toothpaste isn’t the only offender; dental floss is another stealth culprit. Most flosses are made of nylon or Teflon – non-biodegradable fibres – that shed and linger in ecosystems.

Even the simple toothbrush sheds dozens of nylon bristle fragments during normal use. These fragments enter sewage, pass through treatment systems and end up in marine food chains where they are ingested by plankton, shellfish, fish and, eventually, us.

Beyond daily hygiene products, the materials dentists use inside our mouths also matter. For years, dentists have been replacing mercury-containing silver amalgam fillings with white plastic ones, believing them safer for patients and the planet.

That shift got a boost in 2013, when the UN Minamata Convention treaty urged countries to phase out dental amalgam to cut mercury pollution.

Resin-based composite fillings (the white plastic kind) became the go-to alternative. However, new research suggests these plastic fillings might have their own hidden environmental costs.

A 2022 review in the British Dental Journal confirmed this risk, showing how resin-based composites could contribute to pollution. It found that all the ingredients in these fillings might act as pollutants once they start breaking down.

In other words, the plastic material in a filling doesn’t just sit harmlessly in your tooth forever. Over time, tiny fragments and chemical components can wear off and leach out.

These resin bits and monomers (the basic chemical building blocks of the plastic) can make their way into saliva and wastewater, and eventually into the wider environment.

These risks don’t only emerge while fillings are in the mouth. A key concern is the microscopic plastic dust produced during routine dental work. Drilling out an old composite or polishing a new one generates fine debris that gets suctioned up and flushed down the drain.

These particles, often only a few microns wide, are essentially microplastics. They spread easily through water, and their large surface area means they can leach even more of the filling’s chemicals as they break down.

The problem doesn’t stop with fillings. Acrylic dentures, worn by millions of older adults, are another constant source of microplastic exposure. With every bite and every cleaning, tiny particles can rub off their surfaces and be swallowed.

Similarly, acrylic mouthguards, nightguards, clear aligners and removable retainers are held in the mouth for hours each day and show visible wear over time. That wear is a sign that microscopic fragments are being released and either ingested or rinsed into the sink.

An orthodontist fitting a retainer.
Retainers and mouthguards can also shed plastic through wear and tear.
Rec Stock Footage/Shutterstock.com

Effect on health

All of this plastic debris inevitably raises a bigger question: what does it do to us? The effect of microplastics on our health is worrying. Bisphenol A, a chemical used in some dental resins (plastics), can mimic hormones and disrupt the endocrine system.

In 2024, a medical study detected microplastics embedded in arterial plaque and those patients were far more likely to suffer a heart attack or stroke. Other studies suggest swallowed microplastics may disturb gut microbes and trigger inflammation.

Given these mounting risks, solving this plastic invasion will take action from industry and consumers alike. Manufacturers are developing toothpastes with natural abrasives like silica or clay instead of plastic beads and researching biodegradable polymers for future dental products.

Over 15 countries have already banned plastic microbeads in toothpastes and cosmetics, removing one obvious source of pollution. Some dental clinics are testing filters (like activated carbon filters) to trap resin dust before it enters wastewater.

Consumer choice

Consumers also have choices. Toothpaste tablets or powders in plastic-free packaging are now available. Bamboo toothbrushes or those with natural bristles significantly reduce plastic waste.

Plastic-free natural fibre-based floss options can also help minimise the impact of plastics.

For orthodontics, traditional metal braces offer effective alternatives without adding plastic to your mouth or the environment.

Dental plastics have brought clear benefits such as whiter teeth, easy treatments and safer alternatives to mercury. Yet their environmental costs and possible health risks are now coming into focus.

With microplastics turning up from the oceans to the human bloodstream, even our mouths are not safe from this invisible contamination. The hope lies in innovation and vigilance so dentistry can continue to protect our smiles without adding to the plastic crisis.

The Conversation

Saroash Shahid does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The hidden plastic problem in your daily dental routine – and what’s being done about it – https://theconversation.com/the-hidden-plastic-problem-in-your-daily-dental-routine-and-whats-being-done-about-it-264072

Why listening to stories and talking about them is so important for young children

Source: The Conversation – UK – By Fufy Demissie, Senior Lecturer in Early Years Education, Sheffield Hallam University

PeopleImages/Shutterstock

Story time – at home, at nursery and at school – is where young children encounter the magic of books. Reading stories to young children is a pleasurable activity in itself, but it also lays the foundation for language and literacy development and has social and emotional benefits.

What’s more, research for decades has shown a clear difference in the language skills of children who had story time at home and those who didn’t.

Parents and teachers can further expand the benefits of story time by getting children involved in what’s known as dialogic reading – engaging in conversations about stories. This means using questions to get children talking about the book. This talk can deepen children’s knowledge and understanding, and help them learn about language. It can include asking what children remember about plot points to encourage their recall of the book, and asking “why” questions about characters’ choices.

A wealth of evidence has highlighted the significance of these kind of conversations during story time. It has benefits for reading enjoyment, reading motivation, parent-child attachment and parental confidence.

Dialogic reading affects children’s vocabulary as well as their literacy outcomes. One particular study divided 36 children with vocabulary delays into groups taking part in shared reading or shared dialogic reading. While both groups showed improvements, the dialogic reading group had significantly larger gains in vocabulary.

It has benefits for reading enjoyment, reading motivation, parent-child attachment and parental confidence.

Language and communication is a prime area of the early years foundation stage in England – the guidelines for the education and development of children aged from birth to five. What’s more, the practice of dialogic reading is a valuable way to develop young children’s “oracy” – the ability to articulate ideas when speaking, listen carefully and communicate effectively.

Teacher reading to children in school library
Story time at school.
Rido/Shutterstock

However, curriculum pressures can make it difficult for teachers to prioritise story time at school. Policy directives that prioritise decoding skills – reading instruction that focuses on the ability to understand how letters and groups of letters represent sounds. This leaves less time for the development of oracy skills.

Oracy education

In 2024, the Oracy Commission, an independent body campaigning to embed oracy across the curriculum, published a report highlighting oracy’s importance. It pointed out that oracy prepares young children and pupils for the demands of their future lives: it’s needed to give a presentation, argue an idea, and take part confidently in university seminars and work meetings. The report noted that access to high-quality oracy education is not universal.

Oracy in education was a key part of the current Labour government’s election manifesto. But its absence from the interim report of an ongoing review into curriculum and assessment has campaigners worried.

My research project Talk with Tales for Children has worked to improve early years teachers’ skills in using dialogic reading techniques with three- and four-year-olds. The programme uses traditional tales, such as Goldilocks and the Three Bears. In addition to questions such as “what can you see on this page?” and “what happened next?”, practitioners are also encouraged to ask questions that provoke childrens’ thinking. These include “would it be good or bad to eat someone else’s porridge?” and “was Goldilocks brave?”

The early findings suggest that high-quality training through this programme has improved early years teachers and practitioners’ interactions during shared reading and enhanced childrens’ listening and attention, thinking skills and enjoyment of and engagement with stories.

The language, social, and emotional benefits of story time mean it should be seen as a fundamental part of the early years curriculum – rather than a luxury or an add-on.

The Conversation

Fufy Demissie receives funding from the Educational Endowment Foundation

ref. Why listening to stories and talking about them is so important for young children – https://theconversation.com/why-listening-to-stories-and-talking-about-them-is-so-important-for-young-children-249302

A rocky planet in its star’s ‘habitable zone’ could be the first known to have an atmosphere – here’s what we found

Source: The Conversation – UK – By Hannah Wakeford, Associate professor, University of Bristol

New research using Nasa’s powerful JWST telescope has identified a planet 41 light years away which may have an atmosphere. The planet is within the “habitable zone”, the region around a star where temperatures make it possible for liquid water to exist on the surface of a rocky world. This is important because water is a key ingredient that supports the existence of life.

If confirmed by further observations, this would be the first rocky, habitable zone planet that’s also known to host an atmosphere. The findings come from two new studies published in the journal Astrophysical Journal Letters.

The habitable zone is partly defined by the range of temperatures generated by heat from the star. The zone is located at a distance from its star where temperatures are neither too hot nor too cold (leading to it occasionally being nicknamed “the Goldilocks zone”).

But exoplanets (worlds orbiting stars outside our solar system) capable of hosting liquid water often also need an atmosphere with a sufficient greenhouse effect. The greenhouse effect generates additional heating due to absorption and emission from gases in the atmosphere and will help prevent evaporation of water into space.

Together with an international team of colleagues, we trained the largest telescope in space, Nasa’s JWST, on a planet called Trappist-1 e. We wanted to determine whether this rocky world, which lies in its star’s habitable zone, hosts an atmosphere. The planet is one of seven rocky worlds known to orbit a small, cool “red dwarf” star called Trappist-1.

Rocky exoplanets are everywhere in our galaxy. The discovery of abundant rocky planets in the 2010s by the Kepler and Tess space telescopes has profound implications for our place in the Universe.

Most of the rocky exoplanets we’ve found so far orbit red dwarf stars, which are much cooler than the Sun (typically 2500°C/4,500°F, compared to the Sun’s 5,600°C/10,000°F). This isn’t because planets around Sun-like stars are rare, there are just technical reasons why it is easier to find and study planets orbiting smaller stars.

Red dwarfs also offer many advantages when we seek to measure the properties of their planets. Because the stars are cooler, their habitable zones, where temperatures are favourable to liquid water, are located much closer in comparison with our solar system, because the Sun is much hotter. As such, a year for a rocky planet with the temperature of Earth that orbits a red dwarf star can be just a few days to a week compared to Earth’s 365 days.

Transit method

One way to detect exoplanets is to measure the slight dimming of light when the planet transits, or passes in front of, its star. Because planets orbiting red dwarfs take less time to complete an orbit, astronomers can observe more transits in a shorter space of time, making it easier to gather data.

During a transit, astronomers can measure absorption from gases in the planet’s atmosphere (if it has one). Absorption refers to the process whereby certain gases absorb light at different wavelengths, preventing it from passing through. This provides scientists with a way of detecting which gases are present in an atmosphere.

Crucially, the smaller the star, the greater the fraction of its light is blocked by a planet’s atmosphere during transit. So red dwarf stars are one of the best places for us to look for the atmospheres of rocky exoplanets.

Located at a relatively close distance of 41 light years from Earth, the Trappist-1 system has attracted significant attention since its discovery in 2016. Three of the planets, Trappist-1d, Trappist-1e, and Trappist-1f (the third, fourth, and fifth planets from the star) lie within the habitable zone.

JWST has been conducting a systematic search for atmospheres on the Trappist-1 planets since 2022. The results for the three innermost planets, Trappist-1b, Trappist-1c and Trappist-1d, point to these worlds most likely being bare rocks with thin atmospheres at best. But the planets further out, which are bombarded with less radiation and energetic flares from the star, could still potentially possess atmospheres.

We observed Trappist-1e, the planet in the centre of the star’s habitable zone, with JWST on four separate occasions from June-October 2023. We immediately noticed that our data was strongly affected by what’s known as “stellar contamination” from hot and cold active regions (similar to sunspots) on Trappist-1. This required a careful analysis to deal with. In the end, it took our team over a year to sift through the data and distinguish the signal coming from the star from that of the planet.

Our star-corrected JWST transmission spectrum of Trappist-1e’s atmosphere which could either be fit by the blue wiggles, suggestive of an atmospheric signal, or the orange flat line suggestive of no atmosphere at all. The white shows how these two possibilities overlap and thus the challenge to interpret our initial TRAPPIST-1e observations.
JWST

We are seeing two possible explanations for what’s going on at Trappist-1e. The most exciting possibility is that the planet has a so-called secondary atmosphere containing heavy molecules such as nitrogen and methane. But the four observations we obtained aren’t yet precise enough to rule out the alternative explanation of the planet being a bare rock with no atmosphere.

Should Trappist-1e indeed have an atmosphere, it will be the first time we have found an atmosphere on a rocky planet in the habitable zone of another star.

Since Trappist-1e lies firmly in the habitable zone, a thick atmosphere with a sufficient greenhouse effect could allow for liquid water on the planet’s surface. To establish whether or not Trappist-1e is habitable, we will need to measure the concentrations of greenhouse gases like carbon dioxide and methane. These initial observations are an important step in that direction, but more observations with JWST will be needed to be sure if Trappist-1e has an atmosphere and, if so, to measure the concentrations of these gases.

As we speak, an additional 15 transits of Trappist-1e are underway and should be complete by the end of 2025. Our follow-up observations use a different observing strategy where we target consecutive transits of Trappist-1b (which is a bare rock) and Trappist-1e. This will allow us to use the bare rock to better “trace out” the hot and cold active regions on the star. Any excess absorption of gases seen only during Trappist-1e’s transits will be uniquely caused by the planet’s atmosphere.

So within the next two years, we should have a much better picture of how Trappist-1e compares to the rocky planets in our solar system.

The Conversation

Hannah Wakeford receives funding from UK Research and Innovation (UKRI) framework under the UK government’s Horizon Europe funding guarantee for an ERC Starter Grant (grant number EP/Y006313/1).

Ryan MacDonald has recieved funding from NASA through the NASA Hubble Fellowship grant HST-HF2-51513.001, awarded by the Space Telescope Science Institute, which is operated by the Association of Universities for Research in Astronomy, Inc., for NASA, under contract NAS 5-26555.

ref. A rocky planet in its star’s ‘habitable zone’ could be the first known to have an atmosphere – here’s what we found – https://theconversation.com/a-rocky-planet-in-its-stars-habitable-zone-could-be-the-first-known-to-have-an-atmosphere-heres-what-we-found-264715

Gin Lane by William Hogarth is a critique of 18th-century London’s growing funeral trade

Source: The Conversation – UK – By Dan O’Brien, Visiting Research Fellow, Centre for Death and Society, University of Bath

Gin Lane by William Hogarth (1751). Royal Academy of Arts

In 1751, the English painter William Hogarth created a nightmarish depiction of the London slum of St Giles. The familiar spire of the parish church towered over a scene of human ruin. This is Gin Lane, an imagined thoroughfare where the consumption of gin has deprived the inhabitants of sense, finances – and in some instances life.

At the heart of the image, Hogarth depicted a series of steps on which different characters illustrated the gin drinker’s descent from propriety to death. At the top of the steps, residents deposited their goods with the prosperous pawnbroker, including a carpenter who handed over his saw – a reminder that gin disrupts industry.

Just below on the steps is a drunken mother whose eagerness to take a pinch of snuff causes her baby to slip from her arms to its death below. The drunken mother is the most striking aspect of Hogarth’s image, a focal point that represents how gin detaches the drinker from their closest bonds and duties. Beneath the mother, reclines an emaciated gin drinker whose skeletal features hint at his imminent death. He even lacks the strength to hold his gin glass.


This article is part of Rethinking the Classics. The stories in this series offer insightful new ways to think about and interpret classic books, films and artworks. This is the canon – with a twist.


Gin Lane was one of two contrasting Hogarth visions of life in England’s capital in which the fortunes of Londoners were shaped by the drinks they consumed. The inhabitants of the other, Beer Street (1751), are artisans enjoying a foaming tankard during their long day of work.

Black and white engraving of a busy London street, filled with people drinking beer.
Beer Street by William Hogarth (1751).
Royal Academy of Arts

A blacksmith and paviour (person who lays paving) are in the foreground, while a man tasked with carrying a sedan chair quenches his thirst in the background.

Beer Street is a scene of industriousness in which draughts were consumed without disrupting the effort of the day. High in the scene, a group of workers enjoys beer shared from a jug while a tailor toasts them from a nearby window. The inhabitants’ prosperity has just one noticeable consequence in the tattered premises of the pawnbroker.

While Gin Lane can be read as a commentary on the dangers of vice, I believe it also comments on another significant development in 18th-century London – the growth of the funeral trade.

Birth of the undertaker

Just above the shoulder of the drunken mother are two coffins. One lies on the ground as a body is placed in it and the other is suspended outside the premises of an undertaker. This latter coffin was a shop sign, which could be seen across the city in the mid- to late-18th century. Undertaking was a developing trade that had many advocates. These undertakers were artisans or traders who supplemented their existing businesses with funerary work.

Undertakers were primarily middlemen who sourced the items required for a funeral, as well as providing items from their own stock. A carpenter acting as undertaker, for example, might build a coffin himself, before turning to ironmongers, drapers and painters for other elements of funerary display.

The supplemental nature of early undertaking enabled many people to adopt the title and some of the most successful eventually specialised fully in funerary work. In the closing decades of the 17th century, the earliest undertakers organised the elaborate funerals of elites, having previously supplied goods for these occasions. As the trade spread, its development was driven by profit and therefore thrived in urban centres where there were more prospective customers.

drawing of an undertaker's shop
Detail of the undertaker’s shop in Gin Lane by William Hogarth (1751).
Royal Academy of Arts

The presence of the undertaker’s shop in Hogarth’s Gin Lane is a reflection of the trade’s increasing popularity beyond the early origins in funerals of the elite.

By the mid-18th century, undertaker-led funerals were a common sight on the city’s streets, travelling from bereaved households to parish churches. The upstart trade had drawn criticism as early as 1699 when the author Thomas Tryon argued that undertakers were diminishing the worth of the funerary customs of the elites. And for many critics, there was no group thought less deserving of funerary spectacle than the gin-drinking poor.

Critiquing the undertaker

Hogarth’s inclusion of the undertaker was also a comment on the motives of the developing trade and the worth of its service. In Gin Lane, he emphasised the way that undertakers profited from the misfortune and misery of others.

He places the undertaker’s shop at the heart of a ruined street, where other trades have failed and the residents lie incapacitated and dying. His message is clear – the undertaker gains from the loss of others and so is little different from the other thriving businesses of the fictional street, the pawnbroker and the gin shop.

engraving of people lowering a body into a coffin.
The open coffin and the distant funeral party, detail from Gin Lane by William Hogarth (1751).
Royal Academy of Arts

The opened coffin and distant funeral party can also be read as a comment on the worth of the funerary products that underpinned the trade’s success. The lidless coffin is presented as little more than a box to contain the half-naked remains of the woman who is lowered into it. And the depiction of the dead woman reminds us that the coffin does nothing for its inhabitant – its purpose is purely aesthetic.

A uniform aesthetic is important to the funerary party, wearing hatbands and mourning cloaks as they wander through the tattered background. Yet the neatly attired procession is lost within the image and fails to hold the attention of the neighbourhood. The cost of these items cannot influence the attitudes of those outside of the funeral. Through these small details, Hogarth reminds the viewer that funerary goods are a hollow expenditure, which cannot improve the circumstances of the dead or the bereaved.

Much as the inhabitants of Gin Lane ruin themselves in pursuit of gin, so might the viewer waste their money on funerary goods that do not serve any practical purpose. As such, Hogarth’s work is more than a simple comment on the consequences of the gin craze – it’s a wider critique of how 18th-century Londoners spent their money.

Beyond the canon

As part of the Rethinking the Classics series, we’re asking our experts to recommend a book or artwork that tackles similar themes to the canonical work in question, but isn’t (yet) considered a classic itself. Here is Dan O’Brien’s suggestion:

Juan Manuel Echavarría has used photography to document how people experience death in a time of crisis and brutality. His work Réquiem NN (2006-13) uses imagery of graves in a Colombian cemetery to explore how people’s treatment of the dead is both an act of dignity and a form of resistance.

Réquiem NN depicts graves used for unidentified bodies that have been recovered from Colombia’s Magdalena River as a result of civil war. We see each grave in two periods, bringing to life the act of mourning, which has been performed for the unnamed dead, and revealing how the living use the graves to record the names of victims who were their own relatives.


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The Conversation

Dan O’Brien does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Gin Lane by William Hogarth is a critique of 18th-century London’s growing funeral trade – https://theconversation.com/gin-lane-by-william-hogarth-is-a-critique-of-18th-century-londons-growing-funeral-trade-234761

De la médecine traditionnelle au traitement du cancer : le fabuleux destin de la pervenche de Madagascar

Source: The Conversation – France in French (3) – By Audrey Oudin, Maître de conférences, Université de Tours

L’histoire de la pervenche de Madagascar, dont sont extraits des anticancéreux majeurs, est une des belles histoires de la pharmacopée. Mais le mode de production actuel peu rentable et coûteux de ces molécules thérapeutiques conduit à des pénuries dont pâtissent les malades. Face à ces enjeux, une équipe de l’Université de Tours développe une « bioproduction » des molécules anticancéreuses indépendamment de la plante… dans des levures de boulanger.


Sous son air de fleur toute simple, la pervenche de Madagascar cache de grands pouvoirs. Originaire de l’île de Madagascar, cette jolie plante vivace aux pétales roses ou blancs, d’abord nommée Vinca rosea puis reclassifiée Catharanthus roseus, n’est pas seulement une vedette ornementale dans nos parcs en France. Elle est à l’origine de médicaments essentiels, notamment en cancérologie.

Une plante de médecine traditionnelle

Si vous visitez quelques pays tropicaux, vous pourrez vite vous retrouver face à cette plante, dans les jardins, sur les trottoirs, à la lisière des forêts, aux abords des plages…

Native de Madagascar (en vert), « C. roseus » a été distribuée dans différentes régions du monde (en violet) en tant que plante ornementale et pour ses vertus médicinales. Source : www.kew.org/plants/madagascar-periwinkle (carte cliquable).

Dans ces régions, C. roseus est une plante médicinale de première importance. Depuis des siècles, fleurs, feuilles ou racines, en infusion, en décoction ou en jus, sont utilisées en médecine traditionnelle pour traiter l’hypertension artérielle, les infections cutanées, les troubles respiratoires, la dengue ou encore le diabète. C’est cette dernière indication qui, dans les années 1950, attire l’attention de deux scientifiques canadiens Robert L. Noble et Charles Beer.

La découverte de deux anticancéreux majeurs

En testant des extraits de la plante sur des rats, ils n’observent aucune modification sur la glycémie (le taux de sucre dans le sang, ndlr) mais constatent une chute brutale des globules blancs. Ils isolent de ces extraits un premier composé : la vinblastine.

Dans le même temps, c’est la course à la découverte de nouvelles molécules actives. Les plantes médicinales sont une cible de choix et sont étudiées en masse. La compagnie pharmaceutique Eli Lilly teste l’activité antitumorale de nombreux extraits dont ceux de C. roseus. L’extrait de pervenche de Madagascar prolonge la vie de souris atteintes de leucémie. Elle isole des feuilles un deuxième composé : la vincristine.

Lors d’un congrès en 1958, la rencontre des équipes canadienne et états-unienne aboutit à une collaboration fructueuse conduisant, quelques années plus tard, à l’approbation par l’US Food Drug Administration (FDA) de l’utilisation de la vinblastine (Velbe) et de la vincristine (Oncovin) comme médicaments anticancéreux.

Une révolution en chimiothérapie

L’élucidation de leur structure chimique montre que ce sont des alcaloïdes retrouvés très majoritairement chez les plantes. Ils sont appelés vinca-alcaloïdes. À partir de ces produits naturels, un premier dérivé semi-synthétique (la vinorelbine, Navelbine) est produit par l’équipe du Pr Pierre Potier de l’Institut de chimie des substances naturelles à Gif-sur-Yvette (Essonne), qui s’intéresse depuis quelques années à leur synthèse. Suivront d’autres dérivés (vinflunine [Javlor], vindésine [Eldisine]) qui enrichissent l’arsenal thérapeutique.

Ces molécules cytotoxiques ciblent une structure dynamique essentielle à la division des cellules tumorales appelée fuseau mitotique et stoppent la prolifération de ces cellules.

Les vinca-alcaloïdes et leurs dérivés sont aujourd’hui utilisés en chimiothérapie pour traiter différentes formes de tumeurs solides, de lymphomes et de leucémies, notamment la leucémie lymphoblastique aiguë, ce qui permet de sauver la vie de nombreux enfants. Dans certains cas, ce sont les seuls traitements existants.

Les molécules, produites par l’industrie pharmaceutique par une méthode mise au point par l’équipe du Pr Potier, impliquent la condensation chimique de deux précurseurs, la vindoline et la catharantine, pour obtenir les vinca-alcaloïdes biologiquement actifs.

Un rendement dérisoire, un coût exorbitant et des pénuries

Malheureusement, la plante produit ces molécules en très faible quantité, l’obtention de 1 g de vincristine nécessitant une tonne de feuilles. La pervenche de Madagascar est donc cultivée à grande échelle, notamment en Inde et utilisée comme matière première.

Ce mode de production, basé sur l’exploitation unique d’une ressource végétale disponible principalement « à l’étranger », explique le coût élevé des traitements (plusieurs dizaines de millions de dollars pour 1 kg de vincristine) et des ruptures d’approvisionnement des vinca-alcaloïdes, comme en 2019 et en 2021, ce qui a conduit à des difficultés pour traiter les patients aux États-Unis et en France, notamment.

Ces tensions ont poussé le gouvernement français à classer la vincristine parmi la liste des médicaments essentiels, dont la production doit être sécurisée et relocalisée sur le territoire national.

Percer les secrets de production de la pervenche de Madagascar

Des approches alternatives doivent être développées. Depuis la fin des années 1970, des équipes de recherche du monde entier, dont notre unité de recherche « Biomolécules et biotechnologies végétales (BBV) » de l’Université de Tours, s’efforcent de décrypter les voies de synthèse des vinca-alcaloïdes et de déterminer quelles sont les enzymes végétales, ces catalyseurs biologiques, qui conduisent à leur production.

50 ans plus tard, toutes les enzymes sont enfin identifiées ainsi que les gènes codant ces enzymes, les deux dernières étapes (parmi plus de 30 nécessaires !) ayant été élucidées en 2018. Nous connaissons désormais le mécanisme de production dans la plante. Mais comment le reproduire ?

La solution : des cellules-usines de levure

Et si la solution venait de la levure de boulanger ? Ce champignon (Saccharomyces cerevisiae), utilisé pour fabriquer notre pain, est sans danger pour l’humain, facile à manipuler et à cultiver.

Les années 2000 ont en effet vu l’émergence de nouvelles technologies permettant la production de molécules naturelles dans des organismes hétérologues microbiens tels que la levure Saccharomyces cerevisiae, avec un premier succès : la production d’artémisinine, médicament originellement extrait de l’armoise annuelle (Artemisia annua) et utilisé pour combattre le paludisme.

Cette stratégie appelée bioproduction permet ainsi de transformer les levures en « cellules-usines » capables de produire des molécules complexes indépendamment de la plante.

En 2018, un consortium international, dont notre équipe fait partie, combinant connaissances de la pervenche de Madagascar et expertises en bioproduction obtient un financement européen (Horizon 2020), (projet MIAMi) pour développer une levure productrice de vinca-alcaloïdes.

Pari réussi : publiés dans la prestigieuse revue Nature en 2022, nos travaux révèlent le succès du transfert de plus de 34 gènes codant les enzymes végétales impliquées dans la synthèse des vinca-alcaloïdes.

Nous disposons désormais de « cellules-usines » de levures produisant les deux précurseurs, vindoline et catharanthine, nécessaires pour la synthèse de la vinblastine. Les recherches actuelles visent désormais à améliorer les rendements et à passer progressivement à l’échelle industrielle.

Source : Université de Tours.

La pervenche de Madagascar, un modèle pour l’avenir

L’histoire ne s’arrête pas là. La pervenche de Madagascar a livré quelques-uns de ses secrets et est désormais une plante phare, modèle sur lequel on peut s’appuyer. Ces avancées ouvrent la porte à la bioproduction d’autres produits naturels rares issus des plantes mais aussi des organismes marins et possédant des activités thérapeutiques.




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C’est le cas de l’étoposide, un autre anticancéreux majeur produit par la pomme de mai (Podophyllum peltatum), sur lequel notre équipe travaille particulièrement afin de relocaliser sa production en région Centre-Val de Loire.

De nouveaux médicaments à inventer

Au-delà de la reproduction de l’existant, cette stratégie ouvre la voie à l’invention de nouvelles molécules par ingénierie des levures qui pourraient ainsi modifier la structure initiale. Cela permettrait de moduler leur activité pharmacologique et d’étendre ainsi les possibilités d’utilisation thérapeutique.

La première pierre est posée avec la production d’alstonine. Cette molécule bioactive, identifiée notamment dans la pervenche de Madagascar et utilisée en médecine traditionnelle au Nigéria pour traiter certaines affections liées à la santé mentale, suscite un grand intérêt scientifique pour son profil psychotique original.

En 2024, notre collaboration avec l’Université technique du Danemark a permis de produire l’alstonine dans la levure, mais aussi une alstonine modifiée, ce qui laisse envisager son utilisation dans de nombreux traitements. Des résultats prometteurs…

The Conversation

Le projet MIAMi a été financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne dans le cadre de la convention de subvention n°814645.
Le projet ETOPOCentre visant à sécuriser l’approvisionnement en étoposide a été financé dans le cadre du programme Ambition Recherche Développement (ARD) CVL Biomédicaments (Région Centre Val de Loire).
Les études sur l’alstonine ont été financées dans le cadre du projet MIACYC (ANR-20-CE43-0010).

ref. De la médecine traditionnelle au traitement du cancer : le fabuleux destin de la pervenche de Madagascar – https://theconversation.com/de-la-medecine-traditionnelle-au-traitement-du-cancer-le-fabuleux-destin-de-la-pervenche-de-madagascar-264418

Le yoga peut aider notre corps, mais aussi notre cerveau, à rester jeune et en bonne santé

Source: The Conversation – France in French (3) – By Isabel María Martín Monzón, Profesora Titular Área de Psicobiología. Facultad de Psicología. Universidad de Sevilla, Universidad de Sevilla

Le yoga améliore la posture, renforce les muscles, préserve la santé cardiovasculaire et réduit les douleurs chroniques. En revanche, ses effets sur le cerveau et sur l’esprit sont moins connus. Prostock-studio/Shutterstock

On connaissait déjà les bienfaits de la pratique régulière du yoga pour le corps. On découvre que cette activité physique agit également sur le cerveau. Le yoga pourrait ainsi aider à lutter contre le stress et à préserver les capacités cognitives des seniors.


« L’esprit ne peut exister sans corps ! ».
António Damásio, neuroscientifique

Aujourd’hui, grâce à nos connaissances sur la science et le cerveau, nous pourrions peut-être affirmer quelque chose de similaire concernant le yoga. Même si beaucoup la considèrent comme une simple routine physique ou une mode passagère, cette activité est en fait un outil puissant pour prendre soin de notre esprit.

Les postures élégantes, les étirements doux et la respiration profonde ne sont pas seulement un moyen de détendre le corps ou d’augmenter la souplesse. Ils sont la porte d’entrée vers une transformation plus profonde : celle du cerveau. Cela peut sembler poétique ou exagéré, mais la science commence à le confirmer par des preuves.

Le yoga, comme une gymnastique cérébrale

Nous avons presque tous déjà entendu parler des bienfaits du yoga pour le corps. Il s’agit d’une activité physique qui améliore la posture, renforce les muscles, préserve la santé cardiovasculaire et réduit les douleurs chroniques. Cependant, ses effets sur l’esprit et le cerveau sont moins connus.




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Des études scientifiques ont démontré que sa pratique régulière augmente la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se réorganiser et à créer de nouvelles connexions neuronales. Cet effet est dû, en partie, à l’augmentation d’une protéine appelée BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau) qui est essentielle à l’apprentissage, à la mémoire et à la réparation neuronale.

Le plus intéressant est le fait que ces bénéfices sont observés en quelques semaines de pratique seulement et chez des personnes de tous âges. Les résultats montrent une amélioration de fonctions cognitives comme l’attention, la mémoire de travail et la vitesse de traitement. Le cerveau, comme le reste du corps, répond à un entraînement régulier.

Contre le stress et ses effets sur le cerveau

Le stress chronique est très nocif pour notre cerveau. Nous vivons dans une société qui glorifie la précipitation, la productivité sans pause et le multitâche. Tout cela active de manière excessive notre axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ce qui augmente les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. À petites doses, le cortisol est utile, mais lorsqu’il est élevé de manière chronique, il endommage l’hippocampe (qui est essentiel à la mémoire), réduit la concentration et affaiblit la régulation émotionnelle.

C’est là que le yoga a beaucoup à dire. Divers essais ont montré que sa pratique régulière réduit de manière significative l’activation de cet axe du stress. Les niveaux de cortisol diminuent, la fréquence cardiaque se stabilise et le système nerveux parasympathique – qui nous aide à nous reposer, à digérer et à nous régénérer – prend le contrôle.

C’est comme passer d’un état d’alerte constante à un état de calme réparateur. Le cerveau, reconnaissant, commence à mieux fonctionner.

La méditation modifie le cerveau

La méditation est un élément essentiel de nombreuses formes de yoga, même si elle n’est pas toujours pratiquée dans les cours de yoga modernes. C’est également l’une des activités qui a le plus d’impact sur le cerveau que nous connaissons.

Des études d’imagerie par résonance magnétique ont montré que les personnes qui méditent fréquemment ont un plus grand volume de substance grise dans des régions clés du cerveau telles que l’hippocampe (mémoire), le cortex préfrontal (prise de décision, attention, empathie) et l’insula (conscience corporelle et émotionnelle).

Ces changements peuvent être observés même après de courtes périodes (à peine huit semaines) de pratique quotidienne. Le plus précieux : aucune expérience préalable ni retraite spirituelle n’est requise. Seule la constance est nécessaire. Comme pour toute compétence, l’important est la régularité.

Un bouclier contre le déclin cognitif et le vieillissement

Avec l’âge, le cerveau perd du volume et de l’efficacité. Certaines fonctions ralentissent, la mémoire faiblit, se concentrer devient plus difficile. Mais ce n’est pas une fatalité. Il existe des moyens de protéger le cerveau contre les effets du temps. Le yoga pourrait en être un.

Plusieurs études ont montré que les personnes âgées qui pratiquent le yoga présentent de meilleures performances cognitives, une meilleure connectivité cérébrale et une réduction de la détérioration structurelle dans des zones clés du cerveau. Même ceux qui commencent à le pratiquer après 60 ans ou 70 ans peuvent constater une amélioration de leur attention, de leur mémoire et de leur bien-être émotionnel.

Ces bénéficies ne se limitent pas au domaine cognitif. La pratique régulière du yoga produit des effets positifs à un niveau holistique. Grâce à divers mécanismes neurobiologiques, elle exerce une action anti-vieillissement : elle réduit le stress oxydatif, améliore la fonction mitochondriale et immunitaire, module l’inflammation chronique et préserve la longueur des télomères (les extrémités des chromosomes, ndlr), marqueurs essentiels du vieillissement cellulaire.

Cela a des implications considérables. Dans un monde qui vieillit rapidement, promouvoir des activités telles que le yoga peut être une stratégie accessible, non pharmacologique et peu coûteuse pour prévenir la démence, rester jeune plus longtemps et améliorer la qualité de vie tout au long de notre existence.

Au-delà du corps

Les gens s’adonnent au yoga pour des raisons très diverses. Certains cherchent à étirer leur dos, d’autres à mieux dormir, d’autres encore veulent simplement trouver un moment de paix dans un monde qui ne s’arrête jamais. Ce qu’ils ne savent peut-être pas, c’est qu’en pratiquant le yoga, ils cultivent un esprit plus clair, un cerveau plus sain et une vie mentale plus riche.

Tout comme la musique transforme ceux qui la pratiquent, le yoga façonne et protège ceux qui s’y adonnent. C’est une façon de revenir à son corps, mais aussi de reconstruire son esprit. De se connecter à soi-même, mais aussi à une vie plus épanouie.

Car, peut-être, comme le dirait Damásio, si le corps donne naissance à l’esprit, alors prendre soin de son corps grâce à des pratiques telles que le yoga, c’est aussi prendre profondément soin de ce que nous sommes.

The Conversation

Isabel María Martín Monzón ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le yoga peut aider notre corps, mais aussi notre cerveau, à rester jeune et en bonne santé – https://theconversation.com/le-yoga-peut-aider-notre-corps-mais-aussi-notre-cerveau-a-rester-jeune-et-en-bonne-sante-258028

New type of ‘sieve’ detects the smallest pieces of plastic in the environment more easily than ever before

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Shaban Sulejman, PhD Candidate, Faculty of Science, The University of Melbourne

Nanoplastic particles are captured by cavities in the optical sieve. Lukas Wesemann and Mario Hentschel

Plastic pollution is everywhere: in rivers and oceans, in the air and the mountains, even in our blood and vital organs. Most of the public attention has focused on the dangers of microplastics. These are fragments smaller than 5 millimetres.

But an even smaller class of fragments, nanoplastics, may pose a greater risk to our health and our environment. With diameters of less than a micrometre (one millionth of a metre), these tiny particles can cross important biological barriers and accumulate in the body. Because they’re so tiny, detecting nanoplastics is extremely difficult and expensive. As a result, determining the extent of their impact has been largely guesswork.

A cheap, easy and reliable way to detect nanoplastics is the first step in addressing their potential impact. In our new study published today in Nature Photonics, my colleagues and I describe a simple, low-cost method that detects, sizes and counts nanoplastics using nothing more than a standard microscope and a basic camera.

Breaking down into ever-smaller pieces

What makes plastics useful is their durability. But that is also what makes them problematic.

Plastics do not disappear. They are not broken down by the ecosystem in the same way as other materials. Instead, sunlight, heat and mechanical stress slowly split the plastic apart into ever-smaller fragments. Larger pieces become microplastics, which eventually become nanoplastics once they are less than a micrometre in size.

At such a small size, they can pass through important biological safeguards such as the blood–brain and placental barriers. They can then start to accumulate in our organs, including our lungs, liver and kidneys. They can also carry other contaminants into our bodies, such as pollutants and heavy metals.

Plastic pollution and a red drink can on a beach.
Plastics are not broken down in the ecosystem in the same way as other materials.
Brian Yurasits

Yet, despite these dangers, real-world data on nanoplastics are scarce.

Today, detecting and sizing particles below a micrometre often relies on complex separation and filtration methods followed by expensive processes, such as electron microscopy. These methods are powerful. But they’re also slow, costly and usually confined to advanced laboratories.

Other optical laboratory techniques, such as dynamic light scattering, work well in “clean” samples. However, they struggle in “messy” real-world samples such as lake water because they cannot easily distinguish plastic from organic material.

An optical sieve

To address these issues, our international team from the University of Melbourne and the University of Stuttgart in Germany set out to make detection simple, affordable and portable.

The result of our collaborative work is an optical sieve: an array of tiny cavities with different diameters etched into the surface of a type of semiconductor material called gallium arsenide. Essentially, a collection of tiny holes, invisible to the naked eye, in a flat piece of a suitable material.

Physicists call these cavities “Mie voids”. Depending on their size, they produce a distinct colour when light is shone on them. When a drop of liquid containing nanoplastics flows over the surface, the nanoparticles will tend to settle into cavities that closely match their size.

Then, with a chemical rinse, mismatched particles wash away while matched ones stay tightly held in place by electromagnetic forces.

A diagram showing a sieve dropping liquid onto a square.
The optical sieve consists of a cavities of different sizes. When pouring a droplet of liquid containing nanoplastics over it, the particles get captured by the cavities of matching size and a colour change is directly visible in a microscope image.
Lukas Wesemann

That part is simple. But it wouldn’t make the process cheaper or more portable if it still required a large, expensive electron microscope to visualise the trapped particles.

But here’s the key: when a particle is captured inside a cavity, it changes the colour of that cavity. This means filled cavities are easily distinguishable from empty ones under a standard light microscope with an ordinary colour camera, often shifting from bluish to reddish hues.

By observing colour changes, we can see which cavities contain particles. Because only certain-sized particles fill certain-sized cavities, we can also infer their size.

In our experiments, using nothing but our optical sieve, a standard light microscope and a simple camera, we were able to detect individual plastic spheres down to about 200 nanometres in diameter – right in the size range that matters for nanoplastics.

Tiny black balls covering a grey surface.
Nanoplastic particles with a size below one micrometer.
Lukas Wesemann and Mario Hentschel

Putting it to the test

To validate the concept, we first used polystyrene beads in a clean solution. We observed clear colour changes for particles with diameters between 200 nanometres and a micrometre.

We then tested a more “real-world” sample, combining unfiltered lake water (including biological material) with clean sand and plastic beads of known sizes: 350 nanometres, 550 nanometres and a micrometre.

After depositing this mixture onto the optical sieve and then giving it a rinse, we were able to see distinct bands of filled cavities with diameters that matched the beads we had added.

This confirmed the optical sieve had successfully detected the nanoplastic particles in the lake water sample and determined their sizes. Importantly, this did not require us to separate the plastics from the biological matter first.

What’s next?

Our new method is a first step in developing a cheap, easy and portable method for routine monitoring of waterways, beaches and wastewater, and for screening biological samples where pre-cleaning is difficult.

From here, we are exploring paths to a portable, commercially available testing device that can be adapted for a range of real-world samples, especially those like blood and tissue that will be crucial in monitoring the impact of nanoplastics on our health.


The author would like to acknowledge the contribution of Lukas Wesemann to this article.

The Conversation

Shaban Sulejman receives funding from The University of Melbourne under a Ernst & Grace Matthaei Scholarship, the Australian Government Research Training Program Scholarship, and the Australian Research Council.

ref. New type of ‘sieve’ detects the smallest pieces of plastic in the environment more easily than ever before – https://theconversation.com/new-type-of-sieve-detects-the-smallest-pieces-of-plastic-in-the-environment-more-easily-than-ever-before-264593