Dans les villes, comment les citoyens peuvent participer à la lutte contre la surchauffe

Source: The Conversation – in French – By Elodie Briche, Coordinatrice R&D en Urbanisme Durable et intrapreneure Plus fraîche ma ville, Ademe (Agence de la transition écologique)

Opération végétalisation avec les habitants de Saint-Michel-de-Lanès (Aude). Georges Combes, Fourni par l’auteur

Les canicules, comme celle que la France a vécue entre le 19 juin et le 6 juillet 2025, sont appelées à se multiplier et à s’intensifier avec le changement climatique. Les villes tentent de s’adapter et les citoyens ont dans ce processus de nombreux leviers d’action. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a créé un service numérique public gratuit, baptisé « Plus fraîche ma ville », qui peut être une source d’idées. Retour sur quelques expériences pratiques.


La France a été frappée fin juin et début juillet 2025 par une canicule qui a duré près de trois semaines.

Cette période a une nouvelle fois mis en lumière l’inadaptation des villes françaises face aux températures extrêmes, malgré les efforts menés ces dernières années. À l’échelle nationale comme locale, des actions d’adaptation au changement climatique sont en cours. Par exemple : rénovation thermique des écoles, opérations de revégétalisation de l’espace public, de désimperméabilisation des sols urbains…

Mais il n’existe pas de réponse unique à la chaleur. Pour être efficaces, ces mesures doivent être bien pensées en amont : la nature des solutions à engager dépend du contexte, du climat, de l’architecture (ou plus largement de la morphologie urbaine) et de la population de la ville.

C’est pourquoi les villes ont aussi besoin, pour mener leurs politiques d’adaptation, de la participation citoyenne. Les habitants peuvent jouer un rôle, collectivement et individuellement. Et cela, dans le choix des solutions comme dans leur mise en œuvre, afin de lutter le plus efficacement possible contre la surchauffe urbaine.

Nous n’en sommes pas toujours bien conscients, mais nous disposons de leviers pour nous réapproprier les espaces urbains et pour participer à les rendre plus vivables en période de fortes chaleurs. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a ainsi créé un service numérique public gratuit, « Plus fraîche ma ville », consacré aux collectivités, qui peut également être une source d’idées inspirantes pour les citoyens.

Projet de végétalisation citoyenne à Saint-Michel-de-Lanès (Aude).
Georges Combes, Fourni par l’auteur

En nous informant mieux pour prendre conscience de la situation particulière de notre ville, en participant à des concertations locales sur les projets d’aménagement, en portant des projets avec d’autres citoyens mais aussi par nos comportements individuels, nous disposons d’une vaste panoplie de moyens pour lutter contre le phénomène de surchauffe locale qu’on appelle îlot de chaleur urbain (ICU).

Mais pour pouvoir s’en saisir, encore faut-il les connaître.

Des balades urbaines pour prendre conscience de son environnement

Depuis quelques années, de plus en plus de communes proposent aux citoyens d’appréhender de façon plus concrète la façon dont leur environnement urbain surchauffe, par exemple à travers des « balades urbaines et climatiques ».

Le principe est le suivant : citoyens, élus et experts techniques se réunissent pour suivre un parcours dans la ville à un moment où il fait chaud. De point en point, ils échangent sur leurs sensations dans les différents espaces – trottoirs goudronnés, bouches d’aération évacuant les rejets de climatisation, parcs arborés, aires de jeux exposées au soleil où aucun enfant ne joue…

  • Le premier but est d’objectiver l’aggravation de la chaleur estivale ressentie par l’effet d’îlot de chaleur urbain, ce phénomène qui se traduit par des températures plus élevées en ville qu’en zone rurale. Faire le constat partagé de cette surchauffe sur le terrain permet déjà aux participants de créer un consensus.

  • Dans un second temps, l’idée est de créer du dialogue entre élus, techniciens et habitants pour favoriser un passage à l’action rapide et durable.

C’est par exemple la démarche qui a été menée à Toulon et à la Seyne-sur-Mer, dans le Var. Elle a permis de mettre en évidence des lieux de rafraîchissement, d’identifier le rôle de la minéralisation (béton, goudron…), de la circulation et du stationnement excessif dans l’intensification de l’effet d’îlot de chaleur urbain.

Synthèse des sessions d’observation et des balades sensibles dans le centre-ville de la Seyne-sur-Mer (Var).
CEREMA, 2023, Fourni par l’auteur

Par la suite, des solutions concrètes ont été identifiées. Un projet d’adaptation est en cours à l’échelle d’un premier quartier.

Participer aux programmes de sa commune

Une fois le constat posé, comment agir ? Difficile de s’y retrouver dans la jungle des interlocuteurs et des programmes communaux. Il existe pourtant plusieurs façons de prendre part aux décisions et aux actions publiques menées pour adapter les villes à la chaleur.

Cela passe par la participation à des concertations locales, par exemple pour concevoir une cour d’école, une place, un parc municipal… Ou, très concrètement, en mettant les mains dans la terre dans le cadre d’un dispositif de la ville.

Ruelle végétalisée par les habitants à Saint-Michel-de-Lanès (Aude).
Mairie de Saint-Michel-de-Lanès, Fourni par l’auteur

Saint-Michel-de-Lanès (Aude), qui a connu un tel projet il y a une dizaine d’années, en donne un bon exemple. Les habitants volontaires ont participé à l’installation de plantes grimpantes sur les façades des maisons. L’enjeu était d’améliorer le confort thermique pour les habitants, l’adaptation aux conditions climatiques locales tout en ayant une gestion plus raisonnée de l’eau. Conseillés par une paysagiste, ils ont sélectionné des plantes peu exigeantes en eau et adéquates pour le climat local (clématites, chèvrefeuilles, jasmins étoilés, etc.), en fonction de différents critères tels que le feuillage, la floraison et les supports.

À Elne, dans les Pyrénées-Orientales, la mairie et les citoyens ont décidé, pour répondre au contexte de sécheresse répétée, de désimperméabiliser et de végétaliser les rues en créant des jardins partagés. L’objectif était de « favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol pour limiter le ruissellement pluvial et conserver plus de fraîcheur en cœur de ville ».

Comment lancer un projet avec d’autres citoyens ?

Parfois, attendre que les transformations viennent du haut peut être long et frustrant. De nombreux projets émergent des citoyens eux-mêmes, qui à partir des besoins qu’ils identifient, imaginent des solutions et des espaces adaptés.

Il est tout à fait possible de rejoindre des collectifs citoyens existant, ou même, si vous avez une idée pour lutter contre la chaleur en ville près de chez vous, de fédérer d’autres citoyens pour agir avec vous. Quitte à demander ensuite à la ville de vous accompagner – financièrement, techniquement – pour le mettre en œuvre.

C’est ce qui s’est produit à la cascade des Aygalades, dans les quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), où une association locale, la Cité des arts de la rue, s’est saisie de ce lieu laissé à l’abandon. Elle l’a renaturé pour en faire un lieu de visite, de promenade et de baignade précieux dans cette zone de la Cité phocéenne.

« Permis de végétaliser »

Il existe des façons plus individuelles de s’engager contre la surchauffe urbaine. De plus en plus de villes octroient par exemple des « permis de végétaliser » : il suffit de demander à la ville le droit de planter telles espèces à tel endroit.

Certains citoyens prennent les devants et s’approprient les espaces délaissés, comme en Guadeloupe, dans les dents creuses (parcelles en friches en plein centre-ville), où certains habitants se mobilisent pour créer des jardins.

Plus simplement, nous avons tous un rôle à jouer sur le bien-être thermique collectif par nos comportements du quotidien.

Cela passe par exemple par un usage raisonné de la climatisation : si celle-ci est, en bien des lieux, indispensable, elle ne doit pas être le premier réflexe à adopter, du fait de son impact sur la consommation d’énergie et la facture d’électricité, son risque de déséquilibrer les réseaux, mais aussi sa contribution à l’accentuation de l’effet d’îlot de chaleur urbain – par les rejets d’air chaud qu’elle génère vers l’extérieur.

D’autres pratiques existent pour rafraîchir le logement en évitant, dans bien des cas, le recours à la clim’ : fermer les volets et les stores, humidifier le logement (en faisant sécher une serviette ou un drap mouillé), placer des films anti-chaleur sur les vitres ou encore planter des arbres ou des haies au sud et à l’ouest de l’habitat.


Alice Bour, rédactrice « Plus fraîche ma ville », a contribué à la rédaction de cet article

The Conversation

Elodie Briche est membre de l’Ademe. La start-up Plus fraîche ma ville a reçu des fonds du FINDPE, du FAST et de l’Ademe.

ref. Dans les villes, comment les citoyens peuvent participer à la lutte contre la surchauffe – https://theconversation.com/dans-les-villes-comment-les-citoyens-peuvent-participer-a-la-lutte-contre-la-surchauffe-260743

Malnutrition : utiliser les déchets organiques pour lutter contre la « faim cachée »

Source: The Conversation – in French – By Jean-Michel Médoc, Chercheur agronome de la gestion territoriale des déchets organiques, Cirad

Parcelles de niébé et de patate douce à chair orange agroécologiquement biofortifiées à Nioro du Rip, au Sénégal. Jean-Michel Médoc, Fourni par l’auteur

Dans le monde, 1,6 milliard de personnes souffrent de carences en micronutriments. Cette « faim cachée » touche principalement les enfants, les adolescents et les femmes en âge de procréer. Pour la combattre, les déchets organiques, combinés à des microorganismes locaux, peuvent être mobilisés pour améliorer la qualité nutritionnelle des produits de récolte.


Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la malnutrition désigne les déséquilibres dans l’alimentation. Contrairement à l’idée que l’on s’en fait généralement, la malnutrition concerne donc non seulement les carences, mais aussi les excès en nutriments.

Il existe deux formes de malnutrition, très différentes l’une de l’autre : la dénutrition (qui englobe le retard de croissance, l’émaciation – une perte excessive de poids – et les carences en micronutriments) et le surpoids ou l’obésité (qui résulte d’un excès de graisses corporelles).

En 2022, 881 millions d’adultes souffraient d’obésité, et plus de 148 millions d’enfants de moins de 5 ans souffraient de retard de croissance, tandis que 45 millions étaient atteints d’émaciation.

En outre, on estime que, sur la planète, 1,6 milliard de personnes souffrent de carences en micronutriments. Celles-ci peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé.

Pour lutter contre ces carences, une solution pourrait être de réutiliser les déchets organiques. Explications.

La « faim cachée », des carences aux conséquences graves

Dans de nombreuses zones rurales, en particulier en Afrique subsaharienne, les mères et leurs enfants souffrent fréquemment de carences en micronutriments essentiels, tels que la vitamine A, le fer et le zinc, qui sont vitaux pour une santé optimale. Ces carences sont souvent liées à des régimes alimentaires dominés par les céréales, peu diversifiés, pauvres en fruits, légumes et protéines animales.

Elles peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. La vitamine A, par exemple, est indispensable à la vision. Elle est aussi importante pour le système immunitaire et la santé de la peau. Une carence sévère peut entraîner cécité, infections et décès (mais un excès est également toxique).

La carence en fer est une cause fréquente d’anémie (trop faible teneur d’hémoglobine dans le sang), laquelle se traduit par une pâleur, de la fatigue et un essoufflement. L’anémie peut aggraver les troubles cardiaques. Une carence en fer grave peut aussi mener à des dysfonctionnements cognitifs (« brouillard cérébral », diminution de l’attention, changement d’humeur) et au « pica », une envie irrépressible de manger des produits non comestibles (comme la terre, la glace, des farines, etc.). Des déformations des ongles (ongles en cuillère) et le syndrome des jambes sans repos peuvent aussi en résulter.

Les carences en zinc ont aussi de graves conséquences, car ce métal est le deuxième oligoélément le plus abondant dans notre corps, après le fer. Il est essentiel pour ses effets anti-inflammatoires et antioxydants. Il soutient l’immunité. Une carence en zinc entraîne une perte d’appétit, des troubles cutanés et immunitaires, et peut provoquer des retards de croissance et de développement chez les nouveau-nés et les enfants.

Sur le continent africain, ces carences grèvent non seulement la santé des habitants, mais aussi l’éducation et la productivité. Selon les estimations, la sous-nutrition entraînerait pour le continent une perte de 2 % à 16 % de son PIB.

De nombreux pays concernés

En 2022, le Groupe mondial de recherche sur les carences en micronutriments a publié dans la revue The Lancet les résultats d’une analyse sur les carences en micronutriments chez les enfants d’âge préscolaire et les femmes en âge de procréer dans le monde entier.

Ces travaux ont révélé que plus de la moitié des enfants d’âge préscolaire et des femmes en âge de procréer dans le monde souffrent d’une carence en fer, zinc ou vitamine A.

Ces carences touchent particulièrement l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud, l’Asie de l’Est et du Pacifique, où vivent la majorité des personnes concernées.

Toutefois, cette étude a aussi montré que, même dans les pays à hauts revenus, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ces carences restent fréquentes chez les jeunes femmes et les enfants.

Comment lutter contre la malnutrition ?

Pour lutter contre la malnutrition, quatre stratégies complémentaires sont possibles.

La première consiste à pallier une carence identifiée en apportant des nutriments spécifiques en plus de l’alimentation sous forme de gélules, d’ampoules… On parle alors de « supplémentation fonctionnelle ». Par exemple, en cas de fatigue liée à une carence en magnésium, ce minéral peut être prescrit sous forme de comprimés, de poudre ou de solution à boire.

Une seconde stratégie consiste à améliorer la qualité nutritionnelle des aliments en micronutriments essentiels en les enrichissant pendant leur transformation industrielle. Cette « fortification des aliments » est mise en œuvre pour produire du sel iodé ou du lait « enrichi en vitamine D ».

La troisième stratégie, appelée diversification alimentaire, encourage le recours à une alimentation équilibrée, grâce à la consommation de produits appartenant à différents groupes alimentaires. Elle est essentielle pour un développement sain, en particulier des jeunes enfants.

Enfin, la quatrième stratégie est la biofortification. Elle se propose d’améliorer la qualité nutritionnelle des aliments directement « dans les champs », grâce à des pratiques agricoles traditionnelles ou au recours aux biotechnologies.

Biofortification agronomique

Contrairement à la fortification, la biofortification se fait pendant la croissance de la plante, et non durant la transformation des produits. Cette biofortification peut être mise en œuvre via trois approches : traditionnelle, génétique ou agronomique.

  • La biofortification traditionnelle utilise des méthodes de sélection végétale pour identifier et croiser des variétés de plantes afin d’améliorer le trait génétique de la teneur en un micronutriment (le zinc d’une variété de riz donnée, par exemple).

  • La biofortification par le génie génétique consiste à introduire artificiellement un gène dans le code génétique d’une culture afin d’obtenir un organisme génétiquement modifié qui va exprimer un micronutriment donné. Un exemple emblématique de cette approche est le riz doré, plus riche en provitamine A que les autres riz.

  • Enfin, la troisième approche de la biofortification, que l’on qualifie d’agronomique, s’appuie sur le potentiel d’une plante à mobiliser et à utiliser les micronutriments qui lui sont apportés afin d’augmenter la teneur en micronutriments de ses parties comestibles. Classiquement, il s’agit d’appliquer des engrais synthétiques (contenant en général un micronutriment) sur les feuilles ou sur le sol.

Cependant, une autre source de micronutriments pourrait provenir de nos déchets organiques, avec le renfort des microorganismes.

Utiliser les déchets pour lutter contre les carences

Les déchets organiques issus des activités agricoles, agro-industrielles et urbaines représentent une ressource précieuse en matière organique et en nutriments essentiels pour la fertilité des sols. Leur valorisation agricole permet de recycler les nutriments et de renforcer une économie circulaire à l’échelle locale.

Ils constituent également une précieuse ressource pour lutter contre la malnutrition. En effet, ils contiennent certains éléments comme le zinc et le cuivre qui sont des micronutriments indispensables à la santé humaine.

En appliquant des pratiques agroécologiques de fertilisation à base de déchets organiques, il est en effet possible d’améliorer la teneur en micronutriments des cultures de base telles que mil, maïs, blé, etc.

Qu’est-ce que l’agroécologie ?

  • Pour rappel, l’agroécologie cherche à transformer en profondeur les systèmes agricoles et alimentaires, en mobilisant la biodiversité et les fonctions naturelles des écosystèmes pour produire durablement, en limitant l’usage d’intrants de synthèse et en tenant compte des aspects sociaux, économiques et politiques.

L’originalité de notre approche réside dans l’intégration de microorganismes efficaces dans le processus de valorisation des déchets organiques.

Les microorganismes locaux à la rescousse

Le consortium de microorganismes d’origine naturelle (bactéries, levures et champignons) que nous utilisons est issu de la litière forestière de zones peu modifiées par les activités humaines, donc biologiquement plus riches et diversifiées que celles qui ont été anthropisées.

Issus de la biodiversité locale, ces microorganismes sont adaptés aux conditions de température, d’humidité et d’aération des sols et restaurent leur microflore tout en étant faciles et économiques à reproduire (ils sont multipliés par fermentation à la ferme).

Leur complémentarité permet de biostimuler de nombreuses fonctions biologiques dans le sol et dans les plantes, renforçant ainsi la santé des sols et stimulant la croissance des plantes.

Notre hypothèse est que ces microorganismes favorisent également la solubilisation du fer et du zinc présents dans les déchets organiques, augmentant ainsi leur disponibilité pour une biofortification naturelle des cultures.

Ils jouent en quelque sorte le rôle de courroie de transmission entre les minéraux apportés par les déchets organiques et l’absorption par les racines de la plante, et ce de différentes façons : minéralisation de la matière organique, solubilisation des éléments traces, facilitation de l’absorption racinaire, stimulation de la croissance racinaire…

Un premier test sur le terrain

Cette approche a été expérimentée au sein du projet OR4FOOD, financé par l’Union africaine et l’Union européenne. En collaboration avec les agriculteurs de la région de Kaffrine, dans le centre du Sénégal, les principes de la biofortification ont été appliqués sur plusieurs cultures d’aliments africains de base, notamment le mil, le niébé ou la patate douce à chair orange.

Les résultats obtenus, en cours de publication, sont très encourageants : les rendements et les concentrations en micronutriments (fer et zinc) des variétés de niébé Thieye et Thissine cultivées de la sorte se sont avérés supérieurs à ceux des variétés traditionnelles.

Lorsque ces variétés naturellement riches en micronutriments reçoivent une combinaison de résidus organiques (litière de volailles) et de microorganismes, les gains en fer obtenus sont de +25 % et ceux en zinc de +33 % par rapport à ces mêmes variétés conduites de façon conventionnelle, avec application d’engrais de synthèse.

Des résultats intéressants ont également été obtenus pour la patate douce à chair orange. Les variétés Apomudem et Kandee ont enregistré des gains de +69 % en fer en ayant reçu une combinaison de litière de volailles et de microorganismes et +39 % en zinc, avec une combinaison de boues d’épuration des eaux usées urbaines et de microorganismes, par rapport aux variétés cultivées de manière conventionnelle.

Ces résultats surpassent aussi les pratiques de biofortification chimique dans un contexte sahélien, ce qui renforce la pertinence des pratiques agroécologiques.

Préserver les nutriments jusqu’à l’assiette

Une fois ces gains obtenus, il est crucial de s’assurer qu’ils seront préservés durant la phase de transformation des aliments, pour garantir qu’ils pourront effectivement bénéficier aux consommateurs.

En effet, la cuisson classique des aliments entraîne, notamment par la chaleur, l’altération du fer et des vitamines. Cela peut réduire leur bioaccessibilité, c’est-à-dire la proportion réellement libérée dans le tube digestif et disponible pour l’absorption par le corps.

Afin de s’assurer leur préservation, et en particulier du gain obtenu lors de la production, OR4FOOD a testé l’optimisation des paramètres de transformation (température, humidité, pression) par la technique de cuisson-extrusion.

Le projet a ainsi montré que les produits obtenus par ce procédé que l’utilisation de la litière de volaille en combinaison avec des microorganismes a augmenté la bioaccessibilité du fer dans le niébé cuit (27 %-29 %) par rapport à la contrepartie non biofortifiée (9 %).

Un point de vigilance auquel nous prêtons une attention particulière est la présence potentielle de contaminants dans les déchets utilisés (pesticides, substances industrielles, métaux, résidus pharmaceutiques, PFAS, microplastiques, microorganismes pathogènes, etc.). Des méthodes d’évaluation de ces risques, qui varient selon l’origine des déchets, sont mises en œuvre ou en cours de développement pour les mesurer.

Le projet OR4FOOD démontre qu’il est possible, sans recours aux organismes génétiquement modifiés, d’améliorer significativement la qualité nutritionnelle des cultures, tout en préservant les rendements et la santé des sols.

Son déploiement pourrait permettre de mieux lutter contre la malnutrition, en complétant avantageusement d’autres stratégies, telles que la diversification alimentaire.


Remerciements :

Ce travail a été soutenu par :

– L’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE), à travers le projet « Organic Residual Products for Biofortified Foods for Africa » (OR4FOOD – numéro de subvention AURG-II-2-110-2018). Nous remercions l’UA et l’UE, nos partenaires de l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA), de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD), de l’lnstitut de technologies alimentaires (ITA) du Sénégal ainsi que ceux d’Addis Ababa University en Éthiopie et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en France.

– La Banque mondiale à travers le fonds NBS Invest (« Accelerating Nature Based Solutions in Least Developed Countries »), projet ASA « Reflection and knowledge » (contrat 0002010826) pour la valorisation et la diffusion des résultats.

The Conversation

Jean-Michel Médoc a reçu des financements de l’Union Africaine et de l’Union Européenne.

Paula Fernandes a reçu des financements de la Banque Mondiale, fonds NBS Invest (Accelerating Nature Based Solutions in Least Developed Countries), contrat ASA Reflection and Knowledge.

Samuel Legros a reçu des financements de l’Union Africaine et de l’Union Européenne.

Emmanuel Noumsi Foamouhoue ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Malnutrition : utiliser les déchets organiques pour lutter contre la « faim cachée » – https://theconversation.com/malnutrition-utiliser-les-dechets-organiques-pour-lutter-contre-la-faim-cachee-258417

À Gaza, l’illusion humanitaire ne nourrit pas une population affamée

Source: The Conversation – in French – By Pierre Micheletti, Responsable du diplôme «Santé — Solidarité — Précarité» à la Faculté de médecine de Grenoble, Université Grenoble Alpes (UGA)

Alors que la situation humanitaire à Gaza atteint un niveau de gravité sans précédent, les annonces de reprise ou de largage d’aide internationale masquent la réalité d’un dispositif insuffisant et strictement encadré par les autorités israéliennes, pourtant responsables du blocus. Plutôt que de mobiliser les leviers politiques et diplomatiques nécessaires pour lever ce blocus, les interventions se limitent à des actions symboliques, laissant perdurer une crise humanitaire profonde et structurelle.


Sous l’effet des pressions internationales, une timide reprise des approvisionnements humanitaires s’amorce à Gaza.Toutefois, les responsables israéliens, comme c’est le cas depuis 2005, prolongent une fois encore la « stratégie de la perfusion contrôlée ». Les mécanismes qui aboutissent à la crise actuelle sont ainsi connus et dénoncés depuis plus d’un an . Les flux alimentaires vitaux ont été maintenus, à la limite constante de la suffocation ; juste suffisants pour éviter une mortalité massive qui viendrait parachever le drame qui se joue depuis octobre 2023.

Avec une telle mortalité, le risque serait trop grand qu’enfin se dégage un consensus qui pourrait balayer l’incroyable inertie qui prévaut dans la gouvernance des relations internationales. Les autorités israéliennes le savent.

Les livraisons cosmétiques annoncées ne sont pourtant en rien résolutives du drame que connaît la population civile de ce territoire depuis plus de 18 mois maintenant.




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Malnutrition à Gaza : son impact sur les 1 000 premiers jours de vie des bébés


Les largages alimentaires : une aide dérisoire face à une population dévorée par la famine

Elles empruntent des modalités qui, dans le sillage du calamiteux dispositif de la Fondation Humanitaire pour Gaza, continuent de déroger à toute préoccupation d’efficacité et de respect des principes humanitaires à l’égard d’une population civile qui vit dans un territoire occupé par une puissance extérieure.
Car les mesures annoncées contreviennent à la mise en œuvre effective d’une sécurité alimentaire qui repose sur 4 piliers .

D’abord la disponibilité des denrées. C’est sur ce seul axe que portent l’accroissement annoncé des volumes d’aide délivrée. Avec une volumétrie qui soulève cependant des doutes : 100 camions annoncés là où avant le conflit massif plus de 500 étaient mobilisés chaque jour. L’ONU estime à 62 000 tonnes par mois la nécessaire disponibilité de denrées alimentaires.

Le deuxième pilier concerne l’accessibilité effective de la population civile aux denrées ayant franchi la frontière. Une accessibilité qui porte sur la capacité à se déplacer pour accéder à la nourriture, – accessibilité géographique – particulièrement cruciale pour les malades, les blessés et les personnes âgés, des dizaines de milliers de personnes en l’occurrence ; l’exposition à la violence militaire met en jeu l’accessibilité sécuritaire ; et selon les circuits de répartition ensuite empruntés par les aliments, des coûts qui peuvent être prohibitifs si livrés à la dérégulation d’un marché noir favorisé par l’absence d’encadrement sur le terrain – accessibilité financière -.

Le 3ème pilier repose sur la capacité des populations à utiliser effectivement les produits entrés sur le territoire. C’est-à-dire de pouvoir disposer des ustensiles de cuisine, du combustible et des autres ingrédients dont l’eau qui permettent la préparation des aliments qui nécessitent une cuisson.

Les blessés graves ou inconscients nécessitant par ailleurs une nutrition parentérale spécialisée et contrôlée par des professionnels de santé dont la mortalité a également été massive depuis octobre 2023. Et enfin, quatrième composante de la sécurité alimentaire : la stabilité dans le temps des 3 piliers précédents et non, comme cela est le cas depuis 18 mois, des livraisons erratiques dans le temps et dans l’espace.

La sous-nutrition aigue qui peut conduire à la mort, résulte ainsi d’un équilibre entre les apports qui construisent la sécurité alimentaire et les excès de pertes, le plus souvent liées à des diarrhées aigües très fréquentes là où la qualité de l’eau de boisson ne peut être garantie. Tel est le cas pour la population de Gaza, dont la densité était avant le conflit l’une des plus élevées au monde .

Sous le siège israélien, les Gazaouis abandonnés à une famine dévastatrice

La population, dont plus de 80% est poussée à une errance perpétuelle , est aujourd’hui concentrée sur de faibles surfaces territoriales, vivant au milieu des déjections humaines et animales, sans non-plus les moyens d’une hygiène corporelle minimale, et alors-même que la sous-alimentation chronique expose en particulier les enfants à une plus grande mortalité par déficit immunitaire.

Ce sont toutes ces composantes vitales que ne peut résoudre la seule augmentation modeste en volume qui est annoncée par les autorités israéliennes. Cette décision relève du marketing humanitaire si elle reste isolée.

Cette punition collective n’a que trop duré pour les 2 millions de personnes qui errent sur un territoire de 40km de long sur 10 de large. Malgré les récentes annonces, la vigilance reste de mise pour que les approvisionnements dérisoires – largement médiatisés – ne soient pas érigés en solution généreuse et durable…
Une mobilisation inédite de grandes ONG internationales ne cesse d’interpeller sur la situation catastrophique que vivent la population comme les équipes d’acteurs humanitaires .

Un véritable cessez-le-feu doit être instauré, et des décisions politiques prises pour qu’enfin se dégagent les perspectives d’une paix durable. La prochaine Assemblée générale des Nations-Unies en septembre 2025 à New York constitue une opportunité de prendre des décisions pour « le jour d’après » la période de conflit. Des initiatives politiques se multiplient, en particulier autour de la reconnaissance de l’Etat de Palestine par un nombre croissant de pays.

The Conversation

Pierre Micheletti est membre :

Président d’honneur d’Action Contre la Faim
Ancien président de Médecins du Monde
Administrateur de SOS Méditerranée
Membre de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme

ref. À Gaza, l’illusion humanitaire ne nourrit pas une population affamée – https://theconversation.com/a-gaza-lillusion-humanitaire-ne-nourrit-pas-une-population-affamee-262461

Suplemento cultural: con la maleta a cuestas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Cultura, The Conversation

Hacias rutas salvajes contaba la peripecia real de Christopher McCandless viajando por Alaska sin dinero y entrando en contacto con quienes se cruzaban en su camino. FilmAffinity

Este texto se publicó por primera vez en nuestro boletín Suplemento cultural, un resumen quincenal de la actualidad cultural y una selección de los mejores artículos de historia, literatura, cine, arte o música. Si quiere recibirlo, puede suscribirse aquí.


En una de esas ensoñaciones habituales de los seres humanos, mi pareja y yo estuvimos el otro día elucubrando con qué haríamos si tuviésemos la oportunidad de seguir cobrando nuestros sueldos actuales pero no tuviésemos que trabajar durante seis meses al año. Mi opción ganadora era la de largarnos a vivir a otro país, en otro continente, durante esa temporada. Y sé que es un sueño compartido con mucha gente: visitar un lugar al que nos apetece ir durante un tiempo extenso para poder mezclarnos con las costumbres y cultura locales.

Sin embargo, la mayoría tenemos unos días determinados de vacaciones al año y unas obligaciones que nos impiden conocer mundo de la forma en la que querríamos, así que nos limitamos a hacerlo de la forma en la que podemos. Por eso es tan interesante la pregunta que nos plantea Rafael Cejudo: ¿para qué viajamos? Es decir, a pesar de todos los problemas que genera el turismo, de los que somos conscientes y formamos parte, ¿por qué seguimos sometiéndonos a trayectos a veces incómodos, rápidos e imperfectos en espacios alejados de nuestro entorno habitual?

En esta época veraniega en el hemisferio norte, de operaciones salida y vuelos infinitos, es bueno plantearse la cuestión.

¿Quién decide qué leemos?

El dogma de la Inmaculada Concepción –que dice que la Virgen María, como madre de Jesucristo, fue concebida sin el pecado original– ha generado debates desde que se empezó a discutir allá por el Medievo.

Lo curioso es que, además de debates, provocó ríos de tinta. Literalmente. Los partidarios del dogma utilizaron todo su poder, y el poder de la imprenta, para toquetear y reescribir numerosos textos con el objetivo de que la gente no leyese la opinión de sus autores (normalmente críticos), sino la asunción (y celebración) de dicho dogma.

En su relato de este hecho, Anna Peirats remarca, de forma muy acertada, que “a menudo, lo que leemos no es lo que se escribió, sino lo que otros decidieron que debía leerse”.

De Joan (Didion) a John

Y un caso en el que precisamente sí leemos lo que se escribió, pero igual no deberíamos estar haciéndolo, es el que sobrevuela la última publicación (póstuma) de un texto de Joan Didion: Apuntes para John, que acaba de lanzarse en español.

El libro se compone de notas que Didion escribió para su marido, John Gregory Dunne, mientras ella asistía a la consulta de un psiquiatra para, entre otras cosas, intentar sobrellevar la situación de su hija Quintana, alcohólica y con problemas de salud mental.

Didion era una escritora precisa que nunca escondía su vida personal en sus textos pero que, cauta, siempre medía lo que revelaba. Entonces, ¿es ético que este libro, que recopila unos mensajes que iban dirigidos a un solo lector, y que estaba guardado en un cajón, sea de dominio público?

Ni una ni dos Españas, sino tres

El 18 de julio de 1936 comenzó en la península ibérica la guerra civil española, tras el levantamiento (que se había iniciado el día anterior en el Protectorado de Marruecos) de Franco y sus ejércitos. Lo que siguió (tres años de conflicto bélico y 36 de dictadura) es tan conocido como triste.

Y aunque no dejamos de hablar en España del poema de Antonio Machado que dice “Españolito que vienes / al mundo te guarde Dios. / Una de las dos Españas / ha de helarte el corazón”, lo cierto es que hubo un movimiento, una “tercera España”, que en los años 60 inició la reconciliación y abogó por superar las diferencias en aras del bien común del país.

Aunque no fue partícipe del evento que se describe en el artículo, una figura emblemática de esa corriente fue el periodista Manuel Chaves Nogales. Daniel Suberviola y nuestro antiguo director, Luis Felipe Torrente, dirigieron hace unos años un cortometraje documental sobre su figura, El hombre que estaba allí, que les recomiendo encarecidamente.

Tiempo de blockbuster

Hace 50 años se estrenó Tiburón, como bien se lleva contando en los medios desde hace unas semanas. La importancia de esta película de Steven Spielberg va más allá de lo cinematográfico o lo creativo. La distribución del filme –que se realizó a gran escala, de forma diferente al estreno paulatino que se seguía hasta entonces– y su rotundo éxito la convirtieron en el primer gran blockbuster del verano y en la pionera de un nuevo modelo de negocio.

Y por eso en época estival, cuando parece que el exterior llama sin cesar al ocio y la vida social, paradójicamente no dejan de estrenarse grandes artefactos cinematográficos que buscan atraer a las salas al mayor número de espectadores posible (independientemente de su calidad).

Elio, la nueva película de Pixar, es un ejemplo de ello. Codirigida por dos mujeres (que tomaron las riendas tras la marcha del primer director), nos sirve de excusa para recordar a todas esas pioneras de la animación que abrieron puertas (y ventanas, que también se necesitaba airear) y facilitaron que ahora en Disney existan proyectos encabezados por ellas.

Otra de las grandes esperanzas para la taquilla veraniega es la nueva entrega de Superman. En ella, el hombre de acero aparca su lado oscuro y vuelve a ser un ‘metahumano’ optimista y bondadoso. Como hay un Superman para cada tiempo, repasamos los orígenes del personaje y su adecuación a los tiempos que le ha tocado vivir. No en vano esta nueva encarnación no deja de insistir en el hecho de que es un alien en la Tierra y, por tanto, un inmigrante.

The Conversation

ref. Suplemento cultural: con la maleta a cuestas – https://theconversation.com/suplemento-cultural-con-la-maleta-a-cuestas-262360

Acquittement des hockeyeurs : le système judiciaire est inhospitalier aux victimes d’agression sexuelle. Il faut trouver d’autres façons de les soutenir

Source: The Conversation – in French – By Rachel Chagnon, Doyenne Faculté de science politique et de droit, spécialiste de l’analyse féministe du droit, droit à l’égalité et lutte aux violences sexospécifiques, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Le 24 juillet, cinq joueurs de l’équipe junior de Hockey Canada ont été acquittés d’agression sexuelle.

Cette affaire, emblématique d’un scandale plus large sur la culture de silence au sein de l’organisation, a ravivé un profond malaise. Malgré #moiaussi et des réformes judiciaires, plusieurs ont l’impression que la justice échappe encore aux victimes.

Le jugement R. C. McLeod est tombé comme une onde de choc. Il marque la fin d’un procès très suivi, mais il s’inscrit surtout dans conversation sociale plus vaste : celle sur la capacité du système judiciaire à rendre justice aux victimes de violences à caractère sexuel (VACS). Pour plusieurs, la juge Maria Carroccia a échoué à démontrer que la justice peut agir équitablement à leur égard. Or, s’agit-il d’une « mauvaise » décision ou de la démonstration des limites structurelles du droit criminel dans son application actuelle ?

Juriste de formation, je m’intéresse depuis plusieurs années au traitement juridique des victimes de VACS et de violences conjugales par le système judiciaire. À titre de professeure à l’UQAM j’ai, avec d’autres collègues, documenté l’évolution du système de justice au cours des dernières années, particulièrement depuis la déferlante de #moiaussi en 2017.

Des réformes, mais peu de changements concrets

Historiquement, la justice canadienne n’a pas été très portée à défendre adéquatement ces victimes en particulier et les femmes en général. Des ouvrages comme Sexual Assault in Canada, un collectif dirigé par Elizabeth Sheehy, nous rappellent d’ailleurs à quel point les femmes reviennent de loin dans leur face à face avec le système judiciaire.

La défiance des personnes soutenant les victimes de VACS à l’égard du système a donc des racines profondes, bien alimentées par des décennies de sexisme ordinaire.

On tente pourtant depuis quelques années d’améliorer le système à l’égard des victimes. Dorénavant, le droit criminel encadre très strictement l’accès au passé sexuel des victimes, les victimes ont accès à un avocat, etc. Toutefois, plusieurs doutent des effets réels de ces mesures dans les salles d’audience.

On pourrait croire que la juge Carroccia leur donne raison. Sa décision, où elle indique que le témoignage de la plaignante n’était « ni crédible ni fiable », peut sembler très sévère. On peut même penser que les mesures mises en place afin de rendre la justice moins hostile aux victimes n’ont pas vraiment d’impact sur le sort qu’on finit par leur réserver.

On pourrait argumenter ici que la plaignante n’est pas une « vraie » victime, puisque sa version des faits n’a pas convaincu. Et c’est précisément là que se révèlent les limites du système. La juge n’a pas tranché quant à savoir si la plaignante a bel et bien été victime d’agression sexuelle. Elle a essentiellement statué sur la capacité de la plaignante à la convaincre de ce fait au-delà de tout doute raisonnable, c’est-à-dire à un seuil où aucun doute sérieux et rationnel ne subsiste quant à la culpabilité des accusés.

Cela dit, la décision de la juge n’a pas seulement comme impact d’acquitter cinq hommes d’agression sexuelle, elle remet aussi en cause le statut de victime de la plaignante et, de ce fait, peut potentiellement décourager d’autres victimes de porter plainte.

Une justice de gagnants et de perdants

Le système criminel repose sur un modèle contradictoire, où deux parties s’affrontent – la poursuite et la défense – chacune tentant de faire triompher sa version. Cela produit inévitablement des « gagnants » et des « perdants ».

Bien que les médias aient adopté un ton relativement nuancé dans leur couverture du procès, on constate rapidement que la plaignante est décriée pour « son manque de fiabilité », tandis que l’accent est mis sur la souffrance des accusés et les « dommages » qui leur avaient été faits. Ils ont gagné, donc, elle mentait. Les subtilités propres au droit criminel se perdent dans le résultat final qui, lui, tranche dans le vif. Finalement, ce ne sont pas les nuances apportées par la juge dans sa décision de près de 90 pages qui marquent les esprits, mais bien l’acquittement.

Et pourtant, la réalité est plus complexe. Ils étaient cinq et elle était seule. Comment prendre en compte les dynamiques de pouvoir dans ce qui peut paraître, de l’extérieur, un consentement librement donné ? Peut-être la plaignante voulait-elle vraiment passer une nuit avec cinq hommes. Peut-être les regrets sont-ils venus après coup. Mais il est tout aussi possible que ce qui est arrivé dans cette chambre d’hôtel n’ait pas été pas consensuel.

Pensons aussi au contexte particulier du hockey d’élite au Canada, marqué par une culture de hiérarchie, de virilité et de tolérance envers les écarts de conduite de ses joueurs. En 2018, Hockey Canada a versé trois millions de dollars à la plaignante à même un fonds secret, alimenté en partie par les cotisations des parents. Ce geste a d’ailleurs déclenché une profonde crise de confiance envers l’organisation.

Ce contexte, tout en zones d’ombre, tranche avec la clarté de la décision et laisse un malaise.

Repenser la justice pour ne pas perdre les victimes

On ne peut donc pas blâmer les victimes de VACS d’hésiter avant de s’engager dans un système qui risque de les stigmatiser une seconde fois et ce, malgré toutes les précautions prises pour tenter d’alléger leur parcours.

Le système est naturellement inhospitalier aux victimes. Pensons aux règles de preuve très strictes, aux contre-interrogatoires éprouvants, aux longues procédures publiques et à l’exigence du doute raisonnable, qui placent une lourde charge sur leurs épaules. À moins de trouver un autre système, il y a peu de choses à faire.

Changer n’est pas non plus une option si attrayante. Après plus de 500 ans d’existence, la justice criminelle, comme système de régulation des comportements sociaux, a fait ses preuves. Si aujourd’hui les sociétés libérales telles que la nôtre sont aussi sécuritaires, c’est entre autres grâce à elle.

Il nous faut donc sortir des sentiers battus et envisager d’autres façons de soutenir les victimes de VACS et de leur procurer un sentiment de justice. Soyons optimistes, plusieurs trouvent leur compte dans le système actuel et obtiennent ce qu’elles étaient venues y chercher. Mais il ne faut pas laisser les autres de côté. Des solutions existent. Trouvons-les.

La Conversation Canada

Rachel Chagnon a reçu des financements du Ministère de la Justice du Québec et du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada

ref. Acquittement des hockeyeurs : le système judiciaire est inhospitalier aux victimes d’agression sexuelle. Il faut trouver d’autres façons de les soutenir – https://theconversation.com/acquittement-des-hockeyeurs-le-systeme-judiciaire-est-inhospitalier-aux-victimes-dagression-sexuelle-il-faut-trouver-dautres-facons-de-les-soutenir-262152

The treaty meant to control nuclear risks is under strain 80 years after the US bombings of Hiroshima and Nagasaki

Source: The Conversation – USA (2) – By Stephen Herzog, Professor of the Practice, Middlebury Institute of International Studies at Monterey, Middlebury

The city of Hiroshima was destroyed when the United States dropped atomic bomb “Little Boy” on Aug. 6, 1945. Hulton Archive/Getty Images

Eighty years ago – on Aug. 6 and 9, 1945 – the U.S. military dropped atomic bombs on Hiroshima and Nagasaki, Japan, thrusting humanity into a terrifying new age. In mere moments, tens of thousands of people perished in deaths whose descriptions often defy comprehension.

The blasts, fires and lingering radiation effects caused such tragedies that even today no one knows exactly how many people died. Estimates place the death toll at up to 140,000 in Hiroshima and over 70,000 in Nagasaki, but the true human costs may never be fully known.

The moral shock of the U.S. attacks reverberated far beyond Japan, searing itself into the conscience of global leaders and the public. It sparked a movement I and others continue to study: the efforts of the international community to ensure that such horrors are never repeated.

Two people in protective clothing, helmets and masks stand near blue barrels outside a building.
Inspectors from the International Atomic Energy Agency visit an Iraqi nuclear facility in 2003, seeking to ensure that the country did not use peaceful nuclear materials to develop weapons.
Ramzi Haidar/AFP via Getty Images

Racing toward the brink

The memories of Hiroshima and Nagasaki cast a long shadow over global efforts to contain nuclear arms. The 1968 Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons, more commonly known as the Nuclear Nonproliferation Treaty, was a powerful, if imperfect, effort to prevent future nuclear catastrophe. Its creation reflected not just morality, but also the practical fears and self-interests of nations.

As the years passed, views of the bombings as justified acts began to shift. Harrowing firsthand accounts from Hibakusha – the survivors – reached wide audiences. One survivor, Setsuko Thurlow, described the sight of other victims:

“It was like a procession of ghosts. I say ‘ghosts’ because they simply did not look like human beings. Their hair was rising upwards, and they were covered with blood and dirt, and they were burned and blackened and swollen. Their skin and flesh were hanging, and parts of the bodies were missing. Some were carrying their own eyeballs.”

Nuclear dangers increased further with the advent of hydrogen bombs, or thermonuclear weapons, capable of destruction far greater than the atomic bombs dropped on Hiroshima and Nagasaki. What had once seemed a decisive end to a global war now looked like the onset of an era wherein no city or civilization would truly be safe.

These shifting perceptions shaped how nations viewed the nuclear age. In the decades following World War II, nuclear technology rapidly spread. By the early 1960s, the United States and the Soviet Union aimed thousands of nuclear warheads at one another.

Meanwhile, there were concerns that countries in East Asia, Europe and the Middle East would acquire the bomb. U.S. President John F. Kennedy even warned that “15 or 20 or 25 nations” might be able to develop nuclear weapons during the 1970s, resulting in the “greatest possible danger” to humanity – the prospect of its extinction. This warning, like much of the early nonproliferation rhetoric, drew its urgency from the legacies of Hiroshima and Nagasaki.

Perhaps the starkest indication of the gravity of the stakes emerged during the Cuban missile crisis of October 1962. For 13 days, the world teetered on the edge of nuclear annihilation until the Soviet Union withdrew its missiles from Cuba in exchange for the secret withdrawal of U.S. missiles from Turkey. During those long days, U.S. and Soviet leaders – and external observers – witnessed how quickly the risks of global destruction could escalate.

Two ships steam side by side with an aircraft flying overhead.
A Soviet freighter, center, is escorted out of Cuban waters by a U.S. Navy plane and the destroyer USS Barry during the 1962 Cuban missile crisis.
Underwood Archives/Getty Images

Crafting the grand bargain

In the wake of such “close calls” – moments where nuclear war was narrowly averted due to individual judgment or sheer luck – diplomacy accelerated.

Negotiations on a treaty to control nuclear proliferation continued at meetings of the Eighteen Nation Disarmament Committee in Geneva from 1965 to 1968. While the enduring horrors of Hiroshima and Nagasaki helped to drive the momentum, national interests largely shaped the talks.

There were three groups of negotiating parties. The United States was joined by its NATO allies Britain, Canada, Italy and France – which only observed. The Soviet Union led a communist bloc containing Bulgaria, Czechoslovakia, Poland and Romania. And there were nonaligned countries: Brazil; Burma, now known as Myanmar; Ethiopia; India; Mexico; Nigeria; Sweden, which only joined NATO in 2024; and the United Arab Republic, now known as Egypt.

For the superpowers, a treaty to limit the spread of the bomb was as much a strategic opportunity as a moral imperative.
Keeping the so-called “nuclear club” small would not only stabilize international tensions, but it would also cement Washington’s and Moscow’s global leadership and prestige.

U.S. leaders and their Soviet counterparts therefore sought to promote nonproliferation abroad. Perhaps just as important as ensuring nuclear forbearance among their adversaries was preventing a cascade of nuclear proliferation among allies that could embolden their friends and spiral out of control.

Standing apart from these Cold War blocs were the nonaligned countries. Many of them approached the atomic age through a humanitarian and moral lens. They demanded meaningful action toward nuclear disarmament to ensure that no other city would suffer the tragic fate of Hiroshima and Nagasaki.

The nonaligned countries refused to accept a two-tiered treaty merely codifying inequality between nuclear “haves” and “have-nots.” In exchange for agreeing to forgo the bomb, they demanded two crucial commitments that shaped the resulting treaty into what historians often describe as a “grand bargain.”

The nonaligned countries agreed in the treaty to permit the era’s existing nuclear powers – Britain, China, France, the Soviet Union (later Russia) and the United States – to temporarily maintain their arsenals while committing to future disarmament. But in exchange, they were promised peaceful nuclear technology for energy, medicine and development. And to reduce the risks of anyone turning peaceful nuclear materials into weapons, the treaty empowered the International Atomic Energy Agency to conduct inspections around the world.

People sit at a large table and sign documents.
U.S. President Lyndon B. Johnson, right, looks on as Secretary of State Dean Rusk signs the Nuclear Non-Proliferation Treaty on July 1, 1968.
Corbis via Getty Images

Legacies and limits

The treaty entered into force in 1970 and with, 191 member nations, is today among the world’s most universal accords. Yet, from the outset, its provisions faced limits. Nuclear-armed India, Israel and Pakistan have always rejected the treaty, and North Korea later withdrew to develop its own nuclear weapons.

In response to evolving challenges, such as the discovery of Iraq’s clandestine nuclear weapons program in the early 1990s, International Atomic Energy Agency safeguard efforts grew more stringent. Many countries agreed to accept nuclear facility inspections on shorter notice and involving more intrusive tools as part of the initiative to detect and deter the development of the world’s most powerful weapons. And the countries of the world extended the treaty indefinitely in 1995, reaffirming their commitment to nonproliferation.

The treaty represents a complex compromise between morality and pragmatism, between the painful memories of Hiroshima and Nagasaki and hard-edged geopolitics. Despite its many imperfections and its de facto promotion of nuclear inequality, the treaty is credited with limiting nuclear proliferation to just nine countries today. It has done so through civilian nuclear energy incentives and inspections that give countries confidence that their rivals are not building the bomb. Countries also put pressure on each other to obey the rules, such as when the international community condemned, sanctioned and isolated North Korea after it withdrew from the treaty and tested a nuclear weapon.

But the treaty continues to face serious challenges. Critics argue that its disarmament provisions remain vague and unfulfilled, with some scholars contending that nonnuclear countries should exit the treaty to encourage the great powers to disarm. Nuclear-armed countries continue to modernize – and in some cases, expand – their arsenals, eroding trust in the grand bargain.

Armed soldiers walk next to a barbed-wire fence.
Tensions between India and Pakistan can often carry veiled, or even explicit, threats of nuclear action.
Mukesh Gupta/AFP via Getty Images

The behavior of individual countries also points to strains on the treaty. Russia’s persistent nuclear threats during its war on Ukraine show how deeply possessors may still rely on these weapons as tools of coercive foreign policy. North Korea continues to wield its nuclear arsenal in ways that undermine international security. Iran might consider proliferation to deter future Israeli and U.S. strikes on its nuclear facilities.

Still, I would argue that declaring the treaty to be dead is simply premature. Critics have predicted its demise since the treaty’s inception in 1968. While many countries have growing frustrations with the existing system of nonproliferation, most of them still see more benefit in staying than walking away from the treaty.

The treaty may be embattled, but it remains intact. Worryingly, the world today appears far removed from the vision of avoiding nuclear catastrophe that Hiroshima and Nagasaki helped awaken. As nuclear dangers intensify and disarmament stalls, moral clarity risks fading into ritual remembrance.

I believe that for the sake of humanity’s future, the tragedies of the atomic bombings must remain a stark and unmistakable warning, not a precedent. Ultimately, the Nuclear Nonproliferation Treaty’s continued relevance depends on whether nations still believe that shared security begins with shared restraint.

The Conversation

Stephen Herzog does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The treaty meant to control nuclear risks is under strain 80 years after the US bombings of Hiroshima and Nagasaki – https://theconversation.com/the-treaty-meant-to-control-nuclear-risks-is-under-strain-80-years-after-the-us-bombings-of-hiroshima-and-nagasaki-262164

Quantum scheme protects videos from prying eyes and tampering

Source: The Conversation – USA – By Yashas Hariprasad, Assistant Professor of Computer Science, California State University, East Bay


Quantum physics enables hack-proof video transmission.
sakkmesterke/iStock via Getty Images

We have developed a new way to secure video transmissions so even quantum computers in the future won’t be able to break into private video livestreams or recordings. We are computer scientists who study computer security. Our research introduces quantum-safe video encryption, which combines two complementary techniques: quantum encryption and secure internet transmission.

With our encryption system, a hacker wouldn’t be able to access or understand the video data because it’s scrambled using a quantum key that changes unpredictably. Cryptographic keys scramble data so that only someone with the correct key can unscramble it. If the hacker even tries to peek, the system detects it and raises an alarm. The video also travels in the digital equivalent of a locked box over the internet, so nobody can swap or tamper with it in transit.

Quantum encryption scrambles video data using truly random cryptographic keys based on quantum physics. Unlike traditional encryption that relies on mathematical complexity, quantum encryption uses the fundamental unpredictability of quantum states to generate unbreakable keys.

Quantum refers to the scale of atoms and molecules, which behave in counterintuitive ways. Quantum computers take advantage of these strange behaviors to solve problems that are difficult or impossible for ordinary computers.

We combine this quantum encryption scheme with secure transmission over the internet using transport layer security. This is the encryption scheme used to keep connections between web browsers and web pages private.

Our approach works by converting each video frame into a quantum image representation, essentially a mathematical framework that captures visual information in quantum states. We then scramble the data by combining it with quantum-generated random keys, making the encrypted video statistically indistinguishable from pure noise.

Quantum encryption explained.

And because quantum encryption is resistant to future technology such as quantum computers, that video is safe for years to come.

Why it matters

Today’s encryption works well, until tomorrow’s quantum computers arrive. These super-powerful machines will be able to crack most current encryption methods in seconds. That means today’s private videos, stored on cloud platforms or transmitted over the internet, could be decrypted years from now.

More dangerously, these stolen videos can be manipulated into deepfakes: AI-generated videos that can make anyone appear to say or do anything. A forged video can ruin reputations, sway decisions and even incite violence. A secure encryption system not only protects privacy, it helps protect truth.

What other research is being done

Researchers around the world are exploring quantum key distribution to securely share encryption keys. Others use chaos theory, deep learning or hybrid algorithms to secure video and image content.

But most existing work focuses on images, or only on key exchange, without fully securing live or stored video data.

What’s next

We’re working toward scaling this system to encrypt full video files and real-time video streams, such as those used in video conferencing and surveillance systems.

Next steps include reducing the performance overhead for smoother playback and testing the system in real-world environments. We’re also exploring how it can work alongside deepfake detection tools, so we not only stop hackers from accessing videos but also prove the videos haven’t been altered.

While our framework shows strong early results, practical use will depend on phased adoption as quantum systems become more accessible over the years.

The Research Brief is a short take on interesting academic work.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Quantum scheme protects videos from prying eyes and tampering – https://theconversation.com/quantum-scheme-protects-videos-from-prying-eyes-and-tampering-261049

Historian uncovers evidence of second mass grave of Irish immigrant railroaders in Pennsylvania who suffered from cholera, violence and xenophobia

Source: The Conversation – USA – By William E. Watson, Professor of History, Immaculata University

Caskets of Irish railroaders whose remains were excavated from a mass grave outside Philadelphia. AP Photo/Matt Rourke

When commuters on the R5 SEPTA train that connects suburban Chester County to Philadelphia approach Malvern station, they might spot a square stone monument on the right side in a clearing surrounded by a thick stand of forest.

Above it, a sign paid for by the Amtrak electrical workers union and suspended from the trees reads:

BURIAL PLOT OF IRISH RAILROAD WORKERS: At this site, known as Duffy’s Cut, fifty-seven Irish immigrant railroad workers from the counties of Donegal, Tyrone, Derry and Leitrim died of cholera and murder in the summer of 1832.

I’m a historian at Immaculata University, about one mile west of Duffy’s Cut. In 2004, my colleagues and I were the ones to discover the mass grave when we excavated the site with the permission of the Pennsylvania Historical and Museum Commission.

My students, who were about the same age as Duffy’s workers in 1832, provided a great deal of the labor at the excavation.

More recently, in May 2025, we discovered human remains that suggest a second Irish immigrant railroader mass grave 11 miles west of Duffy’s Cut, in Downingtown.

Commuter train passes wooded area with large rocks
A SEPTA commuter train passes Duffy’s Cut in Malvern, Pa.
William E. Watson, CC BY-NC-SA

57 dead railroaders

Duffy’s Cut was named after an Irish Catholic immigrant railroad contractor named Philip Duffy, who lived from 1783-1871 and was probably from County Donegal in northwest Ireland.

I learned about the site and its possible mass grave from Pennsylvania Railroad documents that survived in my family.

A 1909 file, labeled “History of Duffy’s Cut Stone enclosure east of Malvern, Pennsylvania, which marks the burial place of 57 track laborers who were victims of the cholera epidemic of 1832,” was compiled by future Pennsylvania Railroad president Martin W. Clement when he was an assistant supervisor. My grandfather, who was Clement’s executive assistant and later director of personnel, obtained the file before the records were auctioned off in 1972, and my brother showed me the file in 2002.

The Philadelphia & Columbia Railroad, the predecessor of the Pennsylvania Railroad, wanted to shorten the travel time from Philadelphia to Pittsburgh from three to four weeks by Conestoga wagon to three to four days by rail, canal and river.

The file my brother had in his possession stated that the dead railroaders at Duffy’s Cut were young men, recently arrived from Ireland. It also said the cost of mile 59 was vastly more expensive than the typical Philadelphia & Columbia Railroad mile. Laying a typical mile of P&C railroad cost US$5,000 in the 1830s. But at mile 59, gouging the landscape with a “cut” to lay the tracks on level ground and bridging the valley with a fill – an earthen bridge – cost $32,000. Although the work was especially difficult, the common laborers received about 25 cents a day.

Artifact that looks like smooth stick with engraved with the word 'Derry'
Fragment of an Irish-made clay pipe unearthed near the Duffy’s Cut mass grave.
AP Photo/Matt Rourke

Most of the men had sailed from the city of Derry in the north of Ireland to Philadelphia from April to June of 1832 aboard the John Stamp. The ship pulled into the Lazaretto quarantine station on the Delaware River in Essington, Pennsylvania, before sailing on to Philadelphia.

No one on the John Stamp was reported to be ill. This was the height of the 1832 cholera epidemic that ultimately killed at least 10,000 people in the U.S.

Forty-seven laborers from the John Stamp ship joined 10 other Irish immigrant workers who were already living with Duffy in a rental house in Willistown, a mile south of the work site.

Yet almost as soon as they arrived to the work camp at mile 59, so did cholera, which had spread to Philadelphia from New York City.

Cholera in the camps

Americans could read about the spread of cholera across Europe in 1831 in the newspapers, but very little was known about the disease until decades later.

Cholera is a bacterial infection that spreads due to poor sanitary practices in which human feces get into drinking water, via excrement passed into streams or by seepage from outhouses to wells.

But in 1832, people believed cholera was linked to intemperance and vice, which were thought to weaken the body. According to the prevailing miasma theory, it caused outbreaks once airborne. Immigrants and the poor were thought to be especially susceptible to the disease and primary vectors for its spread.

Cholera causes extreme diarrhea and vomiting that lead to rapid electrolyte loss. In 1832 it was fatal in about 50% of cases. In the Delaware Valley, cholera cases mounted from July into August 1832. Philadelphia registered its peak number of cases, 173, on Aug. 6 and peak number of deaths, 76, on Aug. 7. The hardest-hit areas in the region were working-class neighborhoods and canal and railroad work camps.

A typical crew on a P&C mile numbered 100 to 120 men. However, the work by Irish immigrants was segregated along sectarian lines on the railroads in the U.S., as it was in the Belfast dockyards at the same time. The other half of the workers at mile 59, according to Canal Commission reports, were Irish Protestant immigrants who worked for an Irish Protestant contractor and did the less dangerous work of laying tracks. They did not die of cholera.

Four men working in wooded area
The author, second from left, and his team at the dig site at Duffy’s Cut in 2011.
William E. Watson, CC BY-NC-SA

Signs of a massacre

To excavate the site, we partnered with the Chester County Emerald Society, a law enforcement group that cleared our work with the county district attorney, and the coroner, in case we found human remains. The University of Pennsylvania Museum provided ground-penetrating radar, as well as archaeological and anthropological assistance for the dig. Staff trained my students in how to properly excavate and handle artifacts and bones.

Our research team uncovered seven sets of remains between 2009 and 2012 in the remaining eastern portions of the fill. The skeletons had been buried in coffins sealed with an exceptional number of nails, perhaps to contain the cholera.

Analysis at the UPenn Museum showed evidence of violence to each of the skulls – with one skull showing both an ax blow and a bullet encased in the skull. Researchers found no evidence of defensive wounds on any skeleton, suggesting that the men might have been tied up before being killed.

After our team analyzed the remains, we came to the startling conclusion that the men didn’t die from cholera – they were massacred.

I believe that fear of cholera, an epidemic that some clergymen in America and England called “a chastisement for the sins of the people,” and anti-immigrant sentiment fueled violence against them by native-born populations.

After forensic examinations of the remains, five of the skeletons were reburied during a ceremony at West Laurel Hill Cemetery in Bala Cynwyd in 2012. My team determined the identities of two of the deceased – 18-year-old John Ruddy from County Donegal and 29-year-old Catherine Burns, the daughter of one of the workers, from County Tyrone – and their remains were returned to their home counties in Ireland in 2013 and 2015.

Man wearing red, purple and white vestments shown incensing caskets as crowd of people look on
Bishop Michael J. Fitzgerald takes part in a funeral at West Laurel Hill Cemetery in 2012 for the five 19th-century Irish immigrants whose remains were excavated from the Duffy’s Cut site.
AP Photo/Matt Rourke

A second mass grave in Chester County

Historical records led us to what we believe is a second mass grave in Chester County.

An article in the Nov. 7, 1832, issue of the Village Record newspaper in West Chester reported that one man from Duffy’s Cut fled westward down the unfinished track line to another Irish immigrant railroader crew “near the line of East Bradford and East Caln.”

This was P&C mile 48 in Downingtown, Pennsylvania. It was under the direction of Irish immigrant contractor Peter Connor, whose crew of 100 to 120 men was reported to have all died around the same time as Duffy’s crew.

Forty years later, Charles Pennypacker’s 1909 “History of Downingtown” recorded that the dead Irishmen in Downingtown were carted north to a field where they were buried in a mass grave on the property of present-day Northwood Cemetery, “in the eastern part of the cemetery, near the gully.”

Fragments of bones shown in container lined with purple satin
File photo from March 24, 2009, shows bones recovered from the mass grave at Duffy’s Cut.
AP Photo/Matt Rourke, File

On May 15, 2025, the Duffy’s Cut team unearthed the first human remains from the Downingtown crew in the exact place reported by Pennypacker. This work has just started.

Up and down the East Coast, there are numerous mass graves of anonymous workers who died of epidemics and overwork in the 1820s and 1830s. Most of those people will never have their stories told.

At Duffy’s Cut, and now at the Downingtown site, we hope to humanize some of the hardworking immigrants who died building a crucial part of America’s industrial landscape.

Visitors can view artifacts found at Duffy’s Cut at the Duffy’s Cut Museum in the Gabriele Library at Immaculata University in Malvern, Pa.

Read more of our stories about Philadelphia and Pennsylvania.

The Conversation

William E. Watson serves as the unpaid director of the 501 c 3 educational non-profit and in 2016 served as director of an NEH summer teachers’ institute at Immaculata University. .

ref. Historian uncovers evidence of second mass grave of Irish immigrant railroaders in Pennsylvania who suffered from cholera, violence and xenophobia – https://theconversation.com/historian-uncovers-evidence-of-second-mass-grave-of-irish-immigrant-railroaders-in-pennsylvania-who-suffered-from-cholera-violence-and-xenophobia-261442

The World Court just ruled countries can be held liable for climate change damage – what does that mean for the US?

Source: The Conversation – USA (2) – By Lauren Gifford, Faculty, Ecosystem Science & Sustainability; Director, Soil Carbon Solutions Center, Colorado State University

Ralph Regenvanu, climate change minister of Vanuatu, speaks outside the International Court of Justice in The Hague on July 23, 2025. John Thys/AFP via Getty Images

The International Court of Justice issued a landmark advisory opinion in July 2025 declaring that all countries have a legal obligation to protect and prevent harm to the climate.

The court, created as part of the United Nations in 1945, affirmed that countries must uphold existing international laws related to climate change and, if they fail to act, could be held responsible for damage to communities and the environment.

The opinion opens a door for future claims by countries seeking reparations for climate-related harm.

But while the ruling is a big global story, its legal effect on the U.S. is less clear. We study climate policies, law and solutions. Here’s what you need to know about the ruling and its implications.

Why island nations called for a formal opinion

The ruling resulted from years of grassroots and youth-led organizing by Pacific Islanders. Supporters have called it “a turning point for frontline communities everywhere.”

Small island states like Vanuatu, Tuvalu, Barbados and others across the Pacific and Caribbean are among the most vulnerable to climate change, yet they have contributed little to global emissions.

Waves spend spray higher than houses and lap at the edges of homes, with palm trees in the background.
Waves hit the shore in Majuro, the capital of the Marshall Islands, during a storm on Nov. 27, 2019. Waves inundated parts of the island, washing rocks and debris into roads.
Hilary Hosia/AFP via Getty Images

For many of them, sea-level rise poses an existential threat. Some Pacific atolls sit just 1 to 2 meters above sea level and are slowly disappearing as waters rise. Saltwater intrusion threatens drinking water supplies and crops.

Their economies depend on tourism, agriculture and fishing, all sectors easily disrupted by climate change. For example, coral reefs are bleaching more often and dying due to ocean warming and acidification, undermining fisheries, marine biodiversity and economic sectors such as tourism.

When disasters hit, the cost of recovery often forces these countries to take on debt. Climate change also undermines their credit ratings and investor confidence, making it harder to get the money to finance adaptive measures.

A satellite image of the Maldives islands.
The Maldives, shown in a satellite image from 2020, has an average elevation of less than 5 feet (1.5 meters) above sea level. With limited land where people can live, the country has tried to build up new areas of its islands for housing.
NASA Earth Observatory

Tuvalu and Kiribati have discussed digital nationhood and leasing land from other countries so their people can relocate while still retaining citizenship. Some projections suggest nations like the Maldives or Marshall Islands could become largely uninhabitable within decades.

For these countries, sea-level rise is taking more than their land – they’re losing their history and identity in the process. The idea of becoming climate refugees and separating people from their homelands can be culturally destructive, emotionally painful and politically fraught as they move to new countries.

More than a nonbinding opinion

The International Court of Justice, commonly referred to as the ICJ or World Court, can help settle disputes between states when requested, or it can issue advisory opinions on legal questions referred to it by authorized U.N. bodies such as the General Assembly or Security Council. The advisory opinion process allows its 15 judges to weigh in on abstract legal issues – such as nuclear weapons or the Israeli occupation of the Palestinian territories – without a formal dispute between states.

While the court’s advisory opinions are nonbinding, they can still have a powerful impact, both legally and politically.

The rulings are considered authoritative statements regarding questions of international law. They often clarify or otherwise confirm existing legal obligations that are binding.

What the court decided

The ICJ was asked to weigh in on two questions in this case:

  1. “What are the obligations of States under international law to ensure the protection of the climate system … from anthropogenic emissions of greenhouse gases?”

  2. “What are the legal consequences under these obligations for States where they, by their acts and omissions, have caused significant harm to the climate system?”

In its 140-page opinion, the court cited international treaties and relevant scientific background to affirm that obligations to protect the environment are indeed a matter of international environmental law, international human rights law and general principles of state responsibility.

The decision means that in the authoritative opinion of the international legal community, all countries are under an obligation to contribute to the efforts to reduce global greenhouse emissions.

To the second question, the court found that in the event of a breach of any such obligation, three additional obligations arise:

  1. The country in breach of its obligations must stop its polluting activity, which would mean excess greenhouse gas emissions in this case.

  2. It must ensure that such activities do not occur in the future.

  3. It must make reparations to affected states in terms of cleanup, monetary payment and apologies.

The court affirmed that all countries have a legal duty under customary international law, which refers to universal rules that arise from common practices among states, to prevent harm to the climate. It also clarified that individual countries can be held accountable, even in a crisis caused by many countries and other entities. And it emphasized that countries that have contributed the most to climate change may bear greater responsibility for repairing the damage under an international law doctrine called “common but differentiated responsibility,” which is commonly found in international treaties concerning the environment.

While the ICJ’s opinion doesn’t assign blame to specific countries or trigger direct reparations, it may provide support for future legal action in both international and national courts.

What does the ICJ opinion mean for the US?

In the U.S., this advisory opinion is unlikely to have much legal impact, despite a long-standing constitutional principle that “international law is part of U.S. law.”

U.S. courts rarely treat international law that has not been incorporated into domestic law as binding. And the U.S. has not consented to ICJ jurisdiction in previous climate cases.

Contentious cases before international tribunals can be brought by one country against another, but they require the consent of all the countries involved. So there is little chance that the United States’ responsibility for climate harms will be adjudicated by the World Court anytime soon.

Still, the court’s opinion sends a clear message: All countries are legally obligated to prevent climate harm and cannot escape responsibility simply because they aren’t the only nation to blame.

The unanimous ruling is particularly remarkable given the current hostile political climate in the United States and other industrial nations around climate change and responses to it. It represents a particularly forceful statement by the international community that the responsibility to ensure the health of the global environment is a legal duty held by the entire world.

The takeaway

The ICJ’s advisory opinion marks a turning point in the global effort to hold countries responsible for climate change.

Vulnerable countries now have a more concrete, legally grounded base to claim rights and press for accountability against historical and ongoing climate harm – including financial claims.

How it will be used in the coming years remains unclear, but the opinion gives small island states in particular a powerful narrative and a legal tool set.

The Conversation

Lauren Gifford receives funding from the National Science Foundation and the US Department of Agriculture.

Daimeon Shanks-Dumont does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The World Court just ruled countries can be held liable for climate change damage – what does that mean for the US? – https://theconversation.com/the-world-court-just-ruled-countries-can-be-held-liable-for-climate-change-damage-what-does-that-mean-for-the-us-262272

From printing presses to Facebook feeds: What yesterday’s witch hunts have in common with today’s misinformation crisis

Source: The Conversation – USA (3) – By Julie Walsh, Whitehead Associate Professor of Critical Thought and Associate Professor of Philosophy, Wellesley College

An illustration from ‘The History of Witches and Wizards,’ published in 1720, depicting witches offering wax dolls to the devil. Wellcome Collection/Wikimedia Commons

Between 1400 and 1780, an estimated 100,000 people, mostly women, were prosecuted for witchcraft in Europe. About half that number were executed – killings motivated by a constellation of beliefs about women, truth, evil and magic.

But the witch hunts could not have had the reach they did without the media machinery that made them possible: an industry of printed manuals that taught readers how to find and exterminate witches.

I regularly teach a class on philosophy and witchcraft, where we discuss the religious, social, economic and philosophical contexts of early modern witch hunts in Europe and colonial America. I also teach and research the ethics of digital technologies.

These fields aren’t as different as they seem. The parallels between the spread of false information in the witch-hunting era and in today’s online information ecosystem are striking – and instructive.

Birth of a publishing empire

The printing press, invented around 1440, revolutionized how information spread – helping to create the era’s equivalent of a viral conspiracy theory.

By 1486, two Dominican friars had published the “Malleus Maleficarum,” or “Hammer of Witches.” The book has three central claims that came to dominate the witch hunts.

A yellowed title page from a manuscript, with print in black and red ink.
A 1669 edition of ‘Malleus Maleficarum.’
Wellcome Collection/Wikimedia Commons, CC BY-SA

First, it describes women as morally weak and therefore more likely to be witches. Second, it tightly links witchcraft with sexuality. The authors claim that women are sexually insatiable – part of what leads them to witchcraft. Third, witchcraft involves a pact with the devil, who tempts would-be witches through pleasures such as orgies and sexual favors. After establishing these “facts,” the authors conclude with instructions for interrogating, torturing and punishing witches.

The book was a hit. It had more than two dozen editions and was translated into multiple languages. While “Malleus Maleficarum” was not the only text of its kind, its influence was enormous.

Prior to 1500, witch hunts in Europe were rare. But after the “Malleus Maleficarum,” they picked up steam. Indeed, new printings of the book correlate with surges in witch-hunting in Central Europe. The book’s success wasn’t just about content; it was about credibility. Pope Innocent VIII had recently affirmed the existence of witches and conferred authority on inquisitors to persecute them, giving the book further authority.

Ideas about witches [from earlier texts and folklore] – such as the fact that witches could use spells to make penises vanish – were recycled and repackaged in the “Malleus Maleficarum,” which in turn served as a “source” for future works. It was often quoted in later manuals and woven into civic law.

The popularity and influence of the book helped crystallize a new domain of expertise: demonologist, an expert on the nefarious activities of witches. As demonologists repeated one another’s spurious claims, an echo chamber of “evidence” was born. The identity of the witch was thus formalized: dangerous and decisively female.

Skeptics fight back

Not everyone bought into the witch hysteria. As early as 1563, dissenting voices emerged – though, notably, most didn’t argue that witches weren’t real. Instead, they questioned the methods used to identify and prosecute them.

A faded painting of a bald man with a mustache, wearing a white ruff, heavy necklace, and red robe.
Essayist Michel de Montaigne, painted around 1578 by an unknown artist.
Conde Museum/Wikimedia Commons

Dutch physician Johann Weyer argued that women accused of witchcraft were suffering from melancholia – what we might now call mental illness – and needed medical treatment, not execution. In 1580, French philosopher Michel de Montaigne visited imprisoned witches and concluded they needed “hellebore rather than hemlock”: medicine rather than poison.

These skeptics also identified something more insidious: the moral responsibility of people spreading the stories. In 1677, English chaplain, physician and philosopher John Webster wrote a scathing critique, claiming that most demonologists’ texts were straightforward copy and paste jobs where the authors repeated one another’s lies. The demonologists offered no original analysis, no evidence and no witnesses – failing to meet the standards of good scholarship.

The cost of this failure was enormous. As Montaigne wrote, “The witches of my neighborhood are in mortal danger every time some new author comes along and attests to the reality of their visions.”

Demonologists benefited from the social and political status associated with the popularity of their books. The financial benefit was, for the most part, enjoyed by the printers and booksellers – what today we refer to as publishers.

Witch hunts petered out throughout the 1700s across Europe. Doubt about the standards of evidence, and increased awareness that accused “witches” may have been suffering from delusion, were factors in the end of the persecution. The skeptics’ voices were heard.

Psychology of viral lies

Early modern skeptics understood something we’re still grappling with today: Certain people are more vulnerable to believing extraordinary claims. They identified “melancholics,” people predisposed to anxiety and fantastical thinking, as particularly susceptible.

Nicolas Malebranche, a 17th-century French philosopher, believed that our imaginations have enormous power to convince us of things that are not true – especially fear of invisible, malevolent forces. He noted that “extravagant tales of witchcraft are taken as authentic histories,” increasing people’s credulity. The more stories, and the more they were told, the greater the influence on the imagination. The repetition served as false confirmation.

“If they were to cease punishing (women accused of witchcraft) and treat them as mad people,” Malebranche wrote, “in a little while they would no longer be sorcerers.”

A printed book page labelled 'Witches Apprehended, Examined and Executed,' with a drawing of people submerging a woman in a river.
The title page of a treatise on witchcraft from 1613.
Wellcome Collection/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Today’s researchers have identified similar patterns in how misinformation and disinformation – false information intended to confuse or manipulate people – spreads online. We’re more likely to believe stories that feel familiar, stories that connect to content we’ve previously seen. Likes, shares and retweets becomes proxies for truth. Emotional content designed to shock or outrage spreads far and fast.

Social media channels are particularly fertile ground. Companies’ algorithms are designed to maximize engagement, so a post that receives likes, shares and comments will be shown to more people. The more viewers, the higher the likelihood of more engagement, and so on – creating a cycle of confirmation bias.

Speed of a keystroke

Early modern skeptics reserved their harshest criticism not for those who believed in witches but for those who spread the stories. Yet they were curiously silent on the ultimate arbiters and financial beneficiaries of what got printed and circulated: the publishers.

Today, 54% of American adults get at least some news from social media platforms. These platforms, like the printing presses of old, don’t just distribute information. They shape what we believe through algorithms that prioritize engagement over accuracy: The more a story is repeated, the more priority it gets.

The witch hunts offer a sobering reminder that delusion and misinformation are recurring features of human society, especially during times of technological change and social upheaval. As we navigate our own information revolution, those early skeptics’ questions remain urgent: Who bears responsibility when false information leads to real harm? How do we protect the most vulnerable from exploitation by those who profit from confusion and fear?

In an age when anyone can be a publisher, and extravagant tales spread at the speed of a keystroke, understanding how previous societies dealt with similar challenges isn’t just academic – it’s essential.

The Conversation

Julie Walsh receives funding from the National Science Foundation

ref. From printing presses to Facebook feeds: What yesterday’s witch hunts have in common with today’s misinformation crisis – https://theconversation.com/from-printing-presses-to-facebook-feeds-what-yesterdays-witch-hunts-have-in-common-with-todays-misinformation-crisis-260995