Dans les Pyrénées, la forêt ne s’étend pas aussi haut que le climat le lui permet

Source: The Conversation – France (in French) – By Déborah Birre, Docteure en géographie, Fondation pour la recherche sur la biodiversité

Dans les Pyrénées (ici, le massif du Puigmal), la limite supérieure de la forêt semble survenir plus tôt que ce que prédisent les modèles. Comment l’expliquer ? Déborah Birre/Fondation pour la recherche sur la biodiversité, Fourni par l’auteur

La forêt pourrait s’étendre bien plus haut sur les flancs des Pyrénées, alors pourquoi ne s’aventure-t-elle pas plus en altitude ? Ce phénomène se manifestait déjà avant que les effets du réchauffement climatique ne se fassent ressentir, l’explication est donc ailleurs.


Vous l’avez peut-être déjà remarqué lors d’une randonnée dans les Alpes ou dans les Pyrénées : en montagne, le climat façonne la répartition de la végétation. Plus on monte en altitude et plus les températures diminuent, plus les forêts deviennent clairsemées, jusqu’à laisser la place aux pelouses alpines. Ce schéma classique se retrouve des Andes aux Alpes. Pourtant, dans les Pyrénées orientales, la réalité du terrain raconte une tout autre histoire : la forêt s’arrête bien en dessous de la limite que le climat seul devrait imposer.

La limite supérieure de la forêt, sentinelle du climat ?

La limite supérieure de la forêt marque une transition entre la forêt fermée de l’étage subalpin et la pelouse de l’étage alpin. Elle correspond à ce que les scientifiques appellent un « écotone » : une zone de transition entre deux milieux.

Longtemps, cette discontinuité paysagère a été considérée comme le reflet naturel des contraintes climatiques, principalement le froid et la durée de la saison de croissance des arbres avec des vitesses de croissance qui varient selon les espèces.

Le modèle théorique classique de l’étagement de la végétation en montagne : la température correspond à la température moyenne pendant la saison de croissance.
Déborah Birre/Fondation pour la recherche sur la biodiversité, Fourni par l’auteur

Ce sujet n’est pas nouveau. Depuis plus de deux siècles, des scientifiques de toutes disciplines se sont intéressés à cet écotone. Au début du XIXe siècle, Alexander von Humboldt gravit le Chimborazo, un volcan de l’actuel Équateur, et y observe des changements graduels de la flore en altitude : la végétation s’y organise en bandes successives contrôlées par la température décroissante. Ces observations ont jeté les bases du modèle classique de l’étagement de la végétation. Un modèle qui, depuis, s’est longuement imposé avant d’être largement nuancé par les récentes recherches.

Les Pyrénées : un laboratoire grandeur nature

Les Pyrénées défient cependant ce paradigme. Ici, comme ailleurs en Europe, la limite supérieure de la forêt est située à une altitude bien plus basse (environ 1 900 mètres en moyenne dans la partie orientale des Pyrénées) que ce que les températures leur permettraient d’atteindre en théorie (environ 2 500 mètres d’altitude). La hausse actuelle des températures, liée au réchauffement climatique, n’entraîne pas non plus une progression systématique de cette limite.

Pour comprendre pourquoi, des chercheurs du programme SpatialTreeP ont mené une enquête d’envergure. Nous avons cartographié et comparé l’évolution de cet écotone sur 626 sites des Pyrénées ariégeoises et orientales entre 1955 et 2015 à partir de photographies aériennes.

Nous avons analysé plus de 90 variables caractérisant l’environnement de ces sites, allant du climat à la topographie, en passant par la géologie et les traces d’activités humaines. L’objectif était d’identifier les facteurs influençant la dynamique des lisières forestières et de détecter des profils de sites présentant des caractéristiques environnementales similaires.

Trois types de paysages forestiers dans les Pyrénées

Nos résultats révèlent une grande hétérogénéité dans l’évolution des forêts pyrénéennes au cours des soixante dernières années. Trois grands types de paysages et de dynamiques se dégagent.

Dans certains secteurs, la forêt progresse rapidement, gagnant plusieurs centaines de mètres en altitude sur soixante ans. Ailleurs, elle se densifie sans s’étendre, les arbres remplissant progressivement les clairières et espaces ouverts. Sur d’autres sites encore, la limite forestière reste figée voire recule.

Pourquoi de telles différences ? Parce que d’autres facteurs viennent interférer avec les conditions climatiques. Il est donc illusoire de chercher un unique coupable. La dynamique de limite forestière résulte d’une combinaison complexe et imbriquée de facteurs.

L’empreinte humaine : un héritage qui perdure

Les Pyrénées sont des montagnes profondément anthropisées, et ce depuis longtemps.

Pendant des siècles, les pratiques agropastorales (pâturage, défrichement, coupe de bois et reboisements) et l’exploitation du charbon de bois ont profondément façonné les paysages montagnards. Dans les zones les plus exploitées, la limite forestière a été largement abaissée, laissant place à des pâturages et à des landes dès l’étage montagnard.

Dans les zones pastorales actuelles, les milieux d’estives sont volontairement et activement laissés à l’état de prairie, empêchant toute colonisation forestière. À l’inverse, l’abandon progressif de ces pratiques, depuis le milieu du XXe siècle, a permis à la forêt de reconquérir les terrains délaissés, en particulier dans le département des Pyrénées-Orientales. L’abandon y a eu lieu plus tôt qu’en Ariège, ce qui explique que la limite forestière y atteigne des altitudes plus élevées.

Cette pression humaine, par son intensité variable selon les secteurs et les périodes, explique en grande partie pourquoi la position de l’écotone ne suit pas mécaniquement l’évolution du climat. Là où la pression humaine a diminué et où les conditions climatiques restent favorables, la forêt s’étend et rattrape progressivement l’écart avec son altitude maximum théorique.

Le terrain façonne aussi la forêt

D’autres variables liées au milieu conditionnent aussi le niveau de la forêt. L’exposition au vent et l’humidité des sols favorisent, par exemple, la densification des forêts au niveau de l’écotone. À l’inverse, la progression forestière est ralentie dans les zones où le relief est doux et donc plus favorable au maintien de l’activité agropastorale.

La composition des peuplements forestiers joue aussi un rôle. Les conifères comme les pins à crochets, mieux adaptés aux conditions rudes d’altitude, sont associés à des limites plus diffuses où arbres isolés et bosquets clairsemés s’échelonnent jusqu’à la pelouse alpine. Les feuillus comme les hêtres sont davantage associés à des limites plus nettes, avec une rupture paysagère marquée.

La nature du substrat a également une influence : les dépôts sédimentaires récents (dits quaternaires) et les roches cristallines (comme le granite ou le gneiss) favorisent des écotones plus diffus, caractérisés par des arbres épars. Cela pourrait s’expliquer par des sols plus pauvres et moins profonds, qui freinent la fermeture du couvert forestier.

Le réchauffement climatique : accélérateur de dynamiques déjà en cours

À l’échelle régionale, les variations climatiques n’expliquent pas ou peu les différences observées entre les sites. Elles jouent cependant probablement un rôle d’accélérateur des dynamiques, en facilitant l’établissement des arbres là où les conditions locales sont favorables. En ce sens, les dynamiques actuelles traduisent davantage une réponse à des conditions locales qu’un signal direct du réchauffement climatique.

En définitive, la limite supérieure de la forêt dans les Pyrénées ne se comprend qu’au travers de l’analyse des interactions complexes entre conditions environnementales et héritages des pratiques humaines.

Les recherches montrent qu’il n’existe pas un unique facteur et que, dans des milieux très transformés par l’être humain, comme c’est le cas dans ce massif, les effets du climat peuvent être localement dissimulés derrière les impacts humains. Chaque écotone porte ainsi l’héritage de son histoire et de ses particularités locales.

The Conversation

Déborah Birre a reçu des financements de l’Université Sorbonne Paris Nord dans le cadre d’un contrat doctoral.

Ces recherches ont été menées dans le cadre du programme SpatialTreeP, financé par l’agence nationale de la recherche (ANR-21-CE03-0002).

ref. Dans les Pyrénées, la forêt ne s’étend pas aussi haut que le climat le lui permet – https://theconversation.com/dans-les-pyrenees-la-foret-ne-setend-pas-aussi-haut-que-le-climat-le-lui-permet-261432

L’écologie, un problème de riches ? L’histoire environnementale nous dit plutôt le contraire

Source: The Conversation – France (in French) – By Renaud Bécot, Maitre de conférences en histoire contemporaine, Sciences Po Grenoble

À Warren County, en Caroline du Nord, la mobilisation des habitants contre de la pollution aux polychlorobiphényles en 1982 marque un événement fondateur du mouvement pour la justice environnementale. Ricky Stilley/Henderson Dispatch

L’environnement n’intéresse-t-il que les classes supérieures ? Les travailleurs ont en réalité très vite identifié l’impact de l’industrialisation sur les écosystèmes dont ils dépendent. Mais cette conscience environnementale s’exprime de façon différente en fonction des classes sociales, comme l’explique Renaud Bécot, chercheur en histoire contemporaine et environnementale, dans un chapitre intitulé « Fin du monde, fin du mois, et au-delà ? L’environnementalisme des classes populaires » publié au sein de l’ouvrage collectif La Terre perdue. Une histoire de l’Occident et de la nature XVIIIᵉ-XXIᵉ siècle.


Au milieu des années 1950, Agnès Varda filme une scène ordinaire dans un quartier populaire du littoral méditerranéen. Quelques chats observent le réveil des familles dont les revenus d’existence reposent sur l’extraction des ressources de la mer. Les pêcheurs s’apprêtent à reprendre leur labeur, alors même que les fumées d’une industrie lourde souillent le rivage proche. Ils préparent leurs barques avec discrétion, car les autorités publiques surveillent la capture des poissons potentiellement pollués. Pourtant, « on ne veut pas travailler comme des empoisonneurs ! », s’exclament ces pêcheurs sétois.

Si cette représentation s’inscrit dans une œuvre de fiction (La Pointe courte, 1955), la scène illustre la position singulièrement inconfortable dans laquelle se trouvent les classes populaires contemporaines dans leurs rapports aux environnements. En effet, ces pêcheurs sont bien conscients que leurs revenus, et plus largement leurs conditions de subsistance, dépendent de l’extraction de ressources naturelles (ici halieutiques) – et, par extension, de la nécessité d’assurer la soutenabilité de celles-ci. Leur conscience est d’autant plus nette que l’industrialisation conforte une menace sur ces ressources et sur leur qualité.

Pourtant, malgré cette préoccupation, ces pêcheurs (tout comme les paysans au cours de cette période) sont pris dans l’état de la transition urbaine-industrielle que connaissent les sociétés européennes et américaines depuis le XIXe siècle.

[…]

L’acte d’accusation à l’encontre des classes populaires, supposément indifférentes aux enjeux écologiques, procède du déni des contraintes dans lesquelles se structurent les vies ordinaires au sein des groupes subalternes dans les sociétés occidentales. Face à l’ampleur des transformations urbaines et industrielles depuis le XIXe siècle, les préoccupations populaires pour l’environnement ont pourtant été récurrentes, et bien souvent ancrées dans des enjeux liés à l’organisation de la subsistance et à la protection de la santé.

De l’environnementalisme des pauvres à l’environnementalisme ouvrier

L’économiste catalan Joan Martinez-Alier distinguait trois principaux courants au sein des mouvements écologistes au début du XXIe siècle. Le premier, parfois qualifié de protectionniste, se caractérise par un culte de la nature sauvage. Son histoire se confond souvent avec les actions menées par des membres de classes aisées en faveur de la mise en réserve d’espaces présentés comme emblématiques, à l’instar d’intellectuels tels que John Muir (1838-1914), fondateur du Sierra Club, qui fut longtemps la principale association environnementale étasunienne.

Le deuxième courant renvoie aux promoteurs de l’écoefficacité ou de la modernisation écologique ; les membres de ce courant témoignent d’une conception technicienne et instrumentale du rapport des sociétés à l’environnement. Il vise à organiser les flux d’énergie et de matière de manière plus efficace et il est souvent associé à des figures scientifiques, à commencer par l’ingénieur forestier Gifford Pinchot (1865-1946).


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Enfin, le troisième courant correspond à l’environnementalisme des pauvres, dont Joan Martinez-Alier analyse que « le ressort principal n’est pas le respect sacré de la nature, mais l’intérêt matériel que représente l’environnement, source et condition de la subsistance ».

Cette catégorie d’environnementalisme des pauvres était d’abord pensée pour étudier les conflits dans les pays non occidentaux. Alier constatait que les motifs de protestation soulevaient des enjeux d’accès aux espaces naturels, de partage des ressources, ou de protection des milieux dont l’équilibre était essentiel pour la survie humaine. Plus qu’un culte de la nature ou une volonté de maximiser le rendement des écosystèmes, Alier observait ce qu’il désigne comme des conflits écologico-distributifs. Dans cette approche, il s’agit de penser une « nature ordinaire » correspondant à la protection d’une biodiversité sans valeur économique ou patrimoniale particulière, mais dont le maintien rend possible la protection de la santé humaine et du vivant. Cette nature ordinaire s’oppose aux initiatives de protection exclusive de sites naturels admirables, ou d’espèces animales emblématiques.

[…]

Luttes environnementales, conditions de travail et santé des ouvriers

Au crépuscule du XIXe siècle, dans les manufactures insalubres ou les mines de charbon, des voix s’élèvent pour dénoncer les maux de l’industrialisation. En 1893 puis 1895, ce sont les ouvrières d’usines d’allumettes de Trélazé (Maine-et-Loire), de Pantin et d’Aubervilliers (Seine) qui dénoncent notamment les dégâts sanitaires de leur exposition au phosphore blanc qui provoquent des nécroses maxillaires. Tout comme à Hull (Québec) en 1919, ces grèves d’allumettes rendent visibles les dégâts sanitaires d’une industrialisation à marche forcée. Autour de 1900 encore, l’historienne Judith Rainhorn souligne une convergence entre de rares syndicalistes et des médecins réformateurs, afin de défendre l’interdiction de l’usage de la céruse (ou blanc de plomb) dans la peinture utilisée sur les bâtiments – en France, cette revendication aboutira à l’adoption d’une loi d’interdiction en 1915.

La dénonciation des dommages ouvriers sanitaires et environnementaux de l’industrie se trouve partiellement désamorcée par l’adoption de réglementations encadrant les activités productives dans la plupart des pays industrialisés au début du XXe siècle. En matière de maladies professionnelles, ces lois consacrent le principe de la « réparation forfaitaire des risques du travail ». Ces maux sont présentés comme le revers empoisonné mais inéluctable du progrès. Si les syndicalistes contestèrent initialement cette monétarisation de la santé, la majorité d’entre eux se rallia par défaut à ce qui devint l’un des rares leviers de reconnaissance des maux endurés par les travailleurs.

Pourtant, au cours des années 1960, dans les territoires italiens de la pétrochimie tout comme dans les zones industrielles japonaises, certains groupes ouvriers alimentent une critique de pratiques qu’ils dénoncent comme une manière de « perdre leur vie à la gagner ». Dans une période marquée par une centralité ouvrière (symbolique, politique et sociologique) dans les sociétés occidentales, ces mobilisations réactivent un environnementalisme ouvrier, lequel conjugue un refus de la monétarisation des risques de santé, une volonté de protéger le cadre de vie des classes populaires, tout en énonçant des prescriptions pour une politique du travail plus respectueuse des corps et des environnements.

La justice environnementale, lutte dans un monde abîmé

Dans la typologie proposée par Joan Martinez-Alier, l’environnementalisme des pauvres recouvre également le mouvement se réclamant de la justice environnementale. Celui-ci s’enracine dans l’histoire spécifique des luttes socioécologistes étasuniennes, avant de connaître les résonances dans d’autres aires industrialisées.

Aux États-Unis, deux filiations militantes doivent être soulignées. D’une part, d’anciens militants des droits civiques alimentent une critique des grandes associations environnementales (à commencer par le Sierra Club), accusées de défendre prioritairement une nature « sauvage ». Cette préservation de la wilderness est dénoncée comme un mythe généré par des militants issus de la classe moyenne ou supérieure blanche. D’autre part, une seconde filiation s’inscrit dans la lignée des mobilisations ancrées dans les mondes du travail. Dans les années 1960, de grandes fédérations syndicales étasuniennes exigeaient une réglementation de certaines pollutions industrielles, et parfois une transformation des activités productives, à l’instar du syndicat des travailleurs de l’automobile (l’United Auto Workers). Ce double héritage militant fut à l’origine de grèves intenses, dont celle des éboueurs de Memphis, à laquelle Martin Luther King apporta son soutien lorsqu’il fut assassiné en 1968.

Néanmoins, le mouvement pour la justice environnementale ne s’est désigné comme tel qu’à l’orée des années 1980. Son récit fondateur voudrait qu’il débute lors de la mobilisation des habitants du quartier de Warren County (Caroline du Nord), confrontés au projet d’ouverture d’une décharge de produits toxiques. Ils dénoncent l’inégalité d’exposition aux toxiques dont sont victimes les populations racistes et paupérisées. Leur action se prolonge par l’invention d’un répertoire dans lequel la production de savoirs de santé occupe une fonction toujours plus considérable, comme en témoigne l’enquête d’épidémiologie populaire menée par les habitants de Woburn (en périphérie de Boston), avec le souhait d’éclairer le lien de causalité entre un cluster de leucémies infantiles et leur exposition à des forts taux de plomb, d’arsenic et de chrome. La multiplication des initiatives locales se prolonge dans des coordinations nationales et dans la publication d’études.

En 1987, le chimiste et militant Benjamin Chavis publie un rapport invitant à réfléchir aux processus sociaux de relégation de certaines populations dans des milieux pathogènes comme une forme de « racisme environnemental ». La justice environnementale est peu à peu devenue une grille d’analyse universitaire, consacrée notamment par les travaux du sociologue Robert Bullard au début des années 1990.

Mouvement social, autant que grille d’analyse du social, l’approche par la justice environnementale demeure largement ancrée dans son berceau nord-américain. Des historiens comme Geneviève Massard-Guilbaud et Richard Rodger ont montré la difficulté à transposer en Europe des catégories si liées à l’histoire étasunienne. Pourtant, la plus forte exposition des classes populaires aux toxiques est à l’origine d’une expérience commune de « violence lente » de part et d’autre de l’Atlantique. Proposée par le chercheur Rob Nixon, cette notion vise à désigner le phénomène d’atteintes différées à la santé qui marque les populations vivantes dans les territoires abîmés, ainsi que la difficulté à se mobiliser face aux pollutions dont les effets deviennent perceptibles après plusieurs décennies.

C’est pourtant face à ces violences pernicieuses qui se sont élevées habitants et salariés de nombre d’aires pétrochimiques dans l’Europe, au cours des années 1970. Ces initiatives se prolongent parfois jusqu’à nos jours, comme en témoignent les collectifs militants de Pierre-Bénite, dans le couloir de la chimie (Rhône). Après des conflits particulièrement vifs contre la fabrique d’acroléine entre 1976 et 1978, ce sont aujourd’hui les pollutions rémanentes des perfluorés (ou PFAS) qui sont au cœur des protestations adressées aux industriels de la chimie.

En France, au début du XXIe siècle, un ménage appartenant au décile le plus aisé de la population émet chaque année l’équivalent de 30 à 40 tonnes de dioxyde de carbone, soit au moins deux fois plus qu’un ménage appartenant au décile le plus pauvre (environ 15 tonnes). Pourtant, ce constat n’empêche pas l’éternelle réitération de la stigmatisation des classes populaires.

Couverture de La Terre perdue. Une histoire de l’Occident et de la nature XVIIIᵉ-XXIᵉ siècle, ouvrage dirigé par Steve Hagimont et Charles-François Mathis.
Éditions Tallandier

Contrairement aux parangons de la modernisation écologique, l’ethos des actrices et acteurs d’un environnementalisme populaire se caractérise souvent par une relative modestie dans le récit de leur rapport à une nature ordinaire. Cette attitude est aux antipodes de la mise en spectacle du syndrome du sauveur de la planète. De plus, l’étau de contraintes qui verrouillait le champ des possibles pour les pêcheurs sétois de l’après-guerre dans leur rapport à l’environnement ne s’est pas desserré pour les classes populaires du XXIe siècle. Il n’en reste pas moins que certaines fractions de celles-ci restent porteuses d’un rapport singulier à l’environnement.

The Conversation

Renaud Bécot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’écologie, un problème de riches ? L’histoire environnementale nous dit plutôt le contraire – https://theconversation.com/lecologie-un-probleme-de-riches-lhistoire-environnementale-nous-dit-plutot-le-contraire-258764

Togo’s ‘Nana-Benz’: how cheap Chinese imports of African fabrics have hurt the famous women traders

Source: The Conversation – Africa – By Fidele B. Ebia, Postdoctoral fellow, Duke Africa Initiative, Duke University

The manufacturing of African print textiles has shifted to China in the 21st century. While they are widely consumed in African countries – and symbolic of the continent – the rise of “made in China” has undermined the African women traders who have long shaped the retail and distribution of this cloth.

For many decades Vlisco, the Dutch textile group which traces its origins to 1846 and whose products had been supplied to west Africa by European trading houses since the late 19th century, dominated manufacture of the cloth. But in the last 25 years dozens of factories in China have begun to supply African print textiles to west African markets. Qingdao Phoenix Hitarget Ltd, Sanhe Linqing Textile Group and Waxhaux Ltd are among the best known.

We conducted research to establish how the rise of Chinese-made cloth has affected the African print textiles trade. We focused on Togo. Though it’s a tiny country with a population of only 9.7 million, the capital city, Lomé, is the trading hub in west Africa for the textiles.

We conducted over 100 interviews with traders, street sellers, port agents or brokers, government officials and representatives of manufacturing companies to learn about how their activities have changed.

“Made in China” African print textiles are substantially cheaper and more accessible to a wider population than Vlisco fabric. Our market observations in Lomé’s famous Assigamé market found that Chinese African print textiles cost about 9,000 CFA (US$16) for six yards – one complete outfit. Wax Hollandais (50,000 CFA or US$87) cost over five times more.

Data is hard to come by, but our estimates suggest that 90% of imports of these textiles to Lomé port in 2019 came from China.

One Togolese trader summed up the attraction:

Who could resist a cloth that looked similar, but that cost much less than real Vlisco?

Our research shows how the rise of China manufactured cloth has undermined Vlisco’s once dominant market share as well as the monopoly on the trade of Dutch African print textiles that Togolese traders once enjoyed.

The traders, known as Nana-Benz because of the expensive cars they drove, once enjoyed an economic and political significance disproportionate to their small numbers. Their political influence was such that they were key backers of Togo’s first president, Sylvanus Olympio – himself a former director of the United Africa Company, which distributed Dutch cloth.

In turn, Olympio and long-term leader General Gnassingbé Eyadéma provided policy favours – such as low taxes – to support trading activity. In the 1970s, African print textile trade was considered as significant as the phosphate industry – the country’s primary export.

Nana-Benz have since been displaced – their numbers falling from 50 to about 20. Newer Togolese traders – known as Nanettes or “little Nanas” – have taken their place. While they have carved out a niche in mediating the textiles trade with China, they have lower economic and political stature. In turn, they too are increasingly threatened by Chinese competition, more recently within trading and distribution as well.

China displaces the Dutch

Dating back to the colonial period, African women traders have played essential roles in the wholesale and distribution of Dutch cloth in west African markets. As many countries in the region attained independence from the 1950s onwards, Grand Marché – or Assigamé – in Lomé became the hub for African print textile trade.

While neighbouring countries such as Ghana limited imports as part of efforts to promote domestic industrialisation, Togolese traders secured favourable conditions. These included low taxes and use of the port.




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West Africans ditch Dutch wax prints for Chinese ‘real-fakes’


Togolese women traders knew the taste of predominantly female, west African customers better than their mostly male, Dutch designers. The Nana-Benz were brought into the African print textile production and design process, selecting patterns and giving names to designs they knew would sell.

They acquired such wealth from this trade that they earned the Nana-Benz nickname from the cars they purchased and which they used to collect and move merchandise.

Nana-Benz exclusivity of trading and retailing of African print textiles cloth in west African markets has been disrupted. As Vlisco has responded to falling revenues – over 30% in the first five years of the 21st century – due to its Chinese competition, Togolese traders’ role in the supply chain of Dutch cloth has been downgraded.

In response to the flood of Chinese imports, the Dutch manufacturer re-positioned itself as a luxury fashion brand and placed greater focus on the marketing and distribution of the textiles.

Vlisco has opened several boutique stores in west and central Africa, starting with Cotonou (2008), Lomé (2008) and Abidjan (2009). The surviving Nana-Benz – an estimated 20 of the original 50 – operate under contract as retailers rather than traders and must follow strict rules of sale and pricing.

While newer Togolese traders known as Nanettes are involved in the sourcing of textiles from China, they have lower economic and political stature. Up to 60 are involved in the trade.

Former street sellers of textiles and other petty commodities, Nanettes began travelling to China in the early to mid-2000s to source African print textiles. They are involved in commissioning and advising on the manufacturing of African print textiles in China and the distribution in Africa.

While many Nanettes order the common Chinese brands, some own and market their own. These include what are now well-known designs in Lomé and west Africa such as “Femme de Caractère”, “Binta”, “Prestige”, “Rebecca Wax”, “GMG” and “Homeland”.

Compared to their Nana-Benz predecessors, the Nanettes carve out their business from the smaller pie available from the sale of cheaper Chinese cloth. Though the volumes traded are large, the margins are smaller due to the much lower final retail price compared to Dutch cloth.

After procuring African print textiles from China, Nanettes sell wholesale to independent local traders or “sellers” as well as traders from neighbouring countries. These sellers in turn break down the bulk they have purchased and sell it in smaller quantities to independent street vendors.

All African print textiles from China arrive in west Africa as an incomplete product – as six-yard or 12-yard segments of cloth, not as finished garments. Local tailors and seamstresses then make clothes according to consumer taste. Some fashion designers have also opened shops where they sell prêt-à-porter (ready-to-wear) garments made from bolts of African print and tailored to local taste. Thus, even though the monopoly of the Nana-Benz has been eroded, value is still added and captured locally.

Since the COVID-19 pandemic, Chinese actors have become more involved in trading activity – and not just manufacturing. The further evolution of Chinese presence risks an even greater marginalisation of locals, already excluded from manufacturing, from the trading and distribution end of the value chain. Maintaining their role – tailoring products to local culture and trends and linking the formal and informal economy – is vital not just for Togolese traders, but also the wider economy.

The Conversation

Rory Horner receives funding from the British Academy Mid-Career Fellowship. He is also a Research Associate at the Department of Geography, Environmental Management and Energy Studies at the University of Johannesburg.

Fidele B. Ebia does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Togo’s ‘Nana-Benz’: how cheap Chinese imports of African fabrics have hurt the famous women traders – https://theconversation.com/togos-nana-benz-how-cheap-chinese-imports-of-african-fabrics-have-hurt-the-famous-women-traders-260924

Why Texas Hill Country, where a devastating flood killed more than 135 people, is one of the deadliest places in the US for flash flooding

Source: The Conversation – USA (2) – By Hatim Sharif, Professor of Civil and Environmental Engineering, The University of Texas at San Antonio

A Kerrville, Texas, resident watches the flooded Guadalupe River on July 4, 2025. Eric Vryn/Getty Images

Texas Hill Country is known for its landscapes, where shallow rivers wind among hills and through rugged valleys. That geography also makes it one of the deadliest places in the U.S. for flash flooding.

In the early hours of July 4, 2025, a flash flood swept through an area of Hill Country dotted with summer camps and small towns about 70 miles northwest of San Antonio. More than 135 people died in the flooding. The majority of them were in Kerr County, including more than two dozen girls and counselors at one summer camp, Camp Mystic. Dozens more people were still unaccounted for a week later.

The flooding began with a heavy downpour, with more than 10 inches of rain in some areas, that sent water sheeting off the hillsides and into creeks. The creeks poured into the Guadalupe River.

A river gauge at Hunt, Texas, near Camp Mystic, showed how quickly the river flooded: Around 3 a.m. on July 4, the Guadalupe River was rising about 1 foot every 5 minutes at the gauge, National Weather Service data shows. By 4:30 a.m., it had risen more than 20 feet. As the water moved downstream, it reached Kerrville, where the river rose even faster.

Flood expert Hatim Sharif, a hydrologist and civil engineer at the University of Texas at San Antonio, explains what makes this part of the country, known as Flash Flood Alley, so dangerous.

What makes Hill Country so prone to flooding?

Texas as a whole leads the nation in flood deaths, and by a wide margin. A colleague and I analyzed data from 1959 to 2019 and found 1,069 people had died in flooding in Texas over those six decades. The next highest total was in Louisiana, with 693.

Many of those flood deaths have been in Hill County. It’s part of an area known as Flash Flood Alley, a crescent of land that curves from near Dallas down to San Antonio and then westward.

The hills are steep, and the water moves quickly when it floods. This is a semi-arid area with soils that don’t soak up much water, so the water sheets off quickly and the shallow creeks can rise fast.

When those creeks converge on a river, they can create a surge of water that wipes out homes and washes away cars and, unfortunately, anyone in its path.

Hill Country has seen some devastating flash floods. In 1987, heavy rain in western Kerr County quickly flooded the Guadalupe River, triggering a flash flood similar to the one in 2025. Ten teenagers being evacuated from a camp died in the rushing water.

San Antonio, at the eastern edge of Hill Country, was hit with a flash flood on June 12, 2025, that killed 13 people whose cars were swept away by high water from a fast-flooding creek near an interstate ramp in the early morning.

Why does the region get such strong downpours?

One reason Hill Country gets powerful downpours is the Balcones Escarpment.

The escarpment is a line of cliffs and steep hills created by a geologic fault. When warm air from the Gulf rushes up the escarpment, it condenses and can dump a lot of moisture. That water flows down the hills quickly, from many different directions, filling streams and rivers below.

As temperature rise, the warmer atmosphere can hold more moisture, increasing the downpour and flood risk.

A tour of the Guadalupe River and its flood risk.

The same effect can contribute to flash flooding in San Antonio, where the large amount of paved land and lack of updated drainage to control runoff adds to the risk.

What can be done to improve flash flood safety?

First, it’s important for people to understand why flash flooding happens and just how fast the water can rise and flow. In many arid areas, dry or shallow creeks can quickly fill up with fast-moving water and become deadly. So people should be aware of the risks and pay attention to the weather.

Improving flood forecasting, with more detailed models of the physics and water velocity at different locations, can also help.

Probabilistic forecasting, for example, can provide a range of rainfall scenarios, enabling authorities to prepare for worst-case scenarios. A scientific framework linking rainfall forecasts to the local impacts, such as streamflow, flood depth and water velocity, could also help decision-makers implement timely evacuations or road closures.

Education is particularly essential for drivers. One to two feet of moving water can wash away a car. People may think their trucks and SUVs can go through anything, but fast-moving water can flip a truck and carry it away.

Officials can also do more to barricade roads when the flood risk is high to prevent people from driving into harm’s way. We found that 58% of the flood deaths in Texas over the past six decades involved vehicles. The storm on June 12 in San Antonio was an example. It was early morning, and drivers had poor visibility. The cars were hit by fast-rising floodwater from an adjacent creek.

This article, originally published July 5, 2025, has been updated with the death toll rising.

The Conversation

Hatim Sharif does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why Texas Hill Country, where a devastating flood killed more than 135 people, is one of the deadliest places in the US for flash flooding – https://theconversation.com/why-texas-hill-country-where-a-devastating-flood-killed-more-than-135-people-is-one-of-the-deadliest-places-in-the-us-for-flash-flooding-260555

¿Por qué al tomar helados o bebidas muy frías tenemos la sensación de que nos duele el cerebro?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Miguel Soriano del Castillo, Catedrático de Nutrición y Bromatología del Departamento de Medicina Preventiva y Salud Pública, Universitat de València

Está tomando un granizado o muerde un helado demasiado rápido y, de pronto, siente un dolor agudo, helado y punzante, tan breve como intenso, que le atraviesa la frente. Según la Clasificación Internacional de Trastornos de Cefalea, se trata de una “cefalea por estímulo frío”, también conocida con el nombre de dolor de cabeza por helado (en inglés brain freeze). Y aunque parezca trivial, revela una sorprendente complejidad neurológica y médica.

En los últimos años, varias investigaciones han revelado que este pequeño “dolor de verano” podría enseñarnos sobre el tratamiento de las migrañas, las reacciones cerebrales al frío e, increíblemente, cómo proteger al cerebro en situaciones críticas.

Una señal al cerebro

El brain freeze es el dolor frontal o temporal de corta duración, que puede ser intenso, inducido en personas susceptibles por el paso de material frío (sólido, líquido o gaseoso) sobre el paladar y/o la pared faríngea posterior. Este cambio de temperatura tan brusco provoca una vasoconstricción, seguida de vasodilatación en los vasos sanguíneos de la zona. El nervio trigémino, que conecta el rostro con el cerebro, interpreta este cambio como una amenaza térmica, y lanza una señal de “dolor” al cerebro.

Lo curioso del caso es que ese dolor no lo sentimos en la boca, sino en la frente o las sienes. Es lo que se llama dolor referido: el cerebro malinterpreta la fuente del estímulo, algo muy común en otros tipos de dolor visceral.

Un artículo publicado en Critical Care Medicine en 2010 –con el provocador título Can an Ice Cream Headache Save Your Life?” (¿Puede un dolor de cabeza por helado salvarle la vida?)– sugirió que los mecanismos detrás del brain freeze podrían inspirar estrategias clínicas para proteger el cerebro después de un paro cardíaco, usando hipotermia terapéutica. Este tipo de reacciones neurovasculares rápidas ayudarían a regular la presión intracraneal, el flujo sanguíneo cerebral y los reflejos autonómicos.

En otras palabras, un helado puede activar rutas que los médicos intentan replicar de forma controlada en cuidados intensivos.

Un dolor que dice más de lo que parece

Un artículo de revisión publicado en 2023 examinó la involucración en este fenómeno de estructuras profundas del cráneo como el nervio trigémino y el ganglio esfenopalatino, ambos conocidos por estar implicados en migrañas, cefaleas en racimo y neuralgias faciales.

Además, múltiples trabajos han mostrado que la respuesta dolorosa al frío podría revelar una hipersensibilidad del sistema trigémino, especialmente en personas predispuestas. La prevalencia de este fenómeno varía en un rango del 15 al 37 % en la población general, pero es significativamente mayor en niños y adolescentes, alcanzando cifras entre el 40,6 % y el 79 %, según datos recopilados en la literatura científica.

Un estudio clave alemán realizado con estudiantes de 10 a 14 años, padres y profesores, mostró una prevalencia del 62 % en los menores y del 31 % en los adultos. Esta diferencia podría deberse a una combinación de factores: el aprendizaje conductual para evitar desencadenantes dolorosos, una mayor estabilidad neuronal frente al frío con la edad y diferencias anatómicas que hacen que los niños sean más susceptibles a una rápida estimulación de los receptores del frío.




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Por otro lado, el dolor por estímulo frío tiene una fuerte relación con antecedentes de migraña. Las personas aquejadas por este tipo de dolor presentan prevalencias de entre el 55,2 % y el 73,7 %, muy por encima de quienes sufren cefaleas tensionales (23-45,5 %). Un estudio incluso reveló una sorprendente prevalencia del 94 % en personas con antecedentes de cefalea punzante. Esto sugiere que el brain freeze podría servir como marcador clínico indirecto de una sensibilidad trigeminal aumentada, compartida con otras cefaleas más incapacitantes.

Otros factores de riesgo identificados incluyen antecedentes de traumatismo craneal y, especialmente, historia familiar: los hijos de padres con cefalea por estímulo de frío tienen un riesgo significativamente mayor de desarrollarla. Si la madre la ha sufrido, el riesgo se multiplica por 10,7 y si es el padre, por 8,4.

Todos estos datos revelan que lo que muchas veces se percibe como un simple “dolor de helado” es, en realidad, una expresión de procesos neurológicos complejos. Lejos de ser banal, podría ayudar a entender mejor los umbrales de dolor y la predisposición a trastornos neurosensoriales más amplios.

¿Es peligroso?

En general, no. Se trata de un fenómeno benigno, autolimitado y sin consecuencias médicas. Sin embargo, existe un caso clínico extraordinario, publicado en 1999 en el American Journal of Forensic Medicine and Pathology, donde un hombre joven colapsó tras beber agua muy fría. Los forenses sospecharon un reflejo vagal extremo como causa de muerte, no un brain freeze clásico, sino una respuesta autonómica descontrolada en un contexto de calor extremo y predisposición fisiológica.

Este suceso aislado sirve más para mostrar la capacidad del cuerpo para reaccionar drásticamente ante estímulos extremos que para generar alarma sobre los helados o las bebidas frías.

¿Cómo evitarlo?

La buena noticia es que esta peculiar cefalea se puede evitar con algunas estrategias simples. La más eficaz es comer o beber lentamente. Cuando ingerimos alimentos fríos a gran velocidad, el estímulo térmico en el paladar es demasiado brusco para que el cuerpo lo compense a tiempo, activando la respuesta dolorosa.

También es importante evitar que la materia a baja temperatura toque directamente el paladar superior, ya que esta zona está altamente vascularizada y cercana al trayecto del nervio trigémino. Usar una pajita, mantener el líquido en la lengua antes de tragar o no dejar que el helado se derrita demasiado rápido en la boca pueden ayudar.

Y si el dolor ya comenzó, hay un truco sencillo: presione la lengua contra el techo de la boca. Este contacto ayuda a restaurar la temperatura y aliviar la molestia en segundos.

Así que la próxima vez que una cucharada de helado le congele la frente, recuerde: no está exagerando. Su sistema nervioso está ensayando una respuesta que los científicos aún están tratando de descifrar… y quizás de aprovechar.

The Conversation

José Miguel Soriano del Castillo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué al tomar helados o bebidas muy frías tenemos la sensación de que nos duele el cerebro? – https://theconversation.com/por-que-al-tomar-helados-o-bebidas-muy-frias-tenemos-la-sensacion-de-que-nos-duele-el-cerebro-261587

Orientación, aislamiento, altura, ventanas… ¿Está su vivienda adaptada al calor?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ainhoa Arriazu-Ramos, Dra Arquitecta-Investigadora postdoctoral en sostenibilidad medioambiental y adaptación al cambio climático de las ciudades, Universidad de Deusto

Kzww/Shutterstock

El año 2024 fue hasta ahora el más caluroso a nivel mundial desde que existen registros, con una temperatura media 1,55 °C más alta que la registrada en la época preindustrial 1850-1900. Las olas de calor han dejado de ser eventos aislados: cada vez son más frecuentes, intensas y prolongadas.

El impacto de este calentamiento global es especialmente crítico en las ciudades. El fenómeno de isla de calor urbana provoca que las temperaturas en las ciudades sean hasta 4 °C más altas que en las zonas rurales cercanas, especialmente durante las noches de verano.

Si a lo anterior se suma que cada vez más personas viven en entornos urbanos –en 2050 más del 70 % de la población mundial residirá en dichos entornos–, surge una pregunta inevitable: ¿cómo podemos diseñar nuestras ciudades para que sigan siendo habitables con tanto calor?

Cambios en el espacio público

Introducir más naturaleza en nuestras urbes es una de las mejores estrategias para adaptarlas al calor. Sin embargo, no es solo cuestión de “cumplir” con un mínimo de superficie verde por habitante: ¿de qué sirve tener un gran parque a una hora de distancia si no contamos con sombra en el camino al trabajo o con un espacio verde en nuestro barrio donde refugiarnos del calor?

Hay que incorporar la naturaleza diseñando con los principios de proximidad, calidad y cantidad de arbolado urbano. En esta línea, se ha propuesto la regla del “3-30-300”: cada persona debería poder ver al menos 3 árboles desde su casa, vivir en un barrio con al menos un 30 % de superficie cubierta por árboles y tener un parque a menos de 300 metros.

Revisar los acabados urbanos es tan urgente como plantar árboles. Las cubiertas de los edificios pueden ser aliadas a la hora de reducir el calor. Para ello, incorporar vegetación o materiales reflectantes puede ser clave. Las fachadas también son importantes: una correcta decisión sobre el color –mejor tonos claros– y el material de las mismas puede hacer que éstas contribuyan a reducir el problema, en vez de a aumentarlo.

A nivel de suelo, es igualmente importante revisar los sistemas de pavimentación. Hay que evitar el uso constante de asfalto y hormigón, que absorben calor. Explorar materiales más permeables, frescos y con vegetación integrada puede suponer una gran diferencia.




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Viviendas adaptadas al calor

Pero no basta con mejorar el espacio público. También se debe adaptar las viviendas para hacer frente al calor. En ellas pasamos la mayor parte del tiempo y muchas no están preparadas. Por ejemplo, un estudio reveló que el 85 % de las viviendas de Pamplona presentaron temperaturas muy altas durante el verano de 2022.

El diseño de los edificios es determinante. Es importante tener en cuenta ciertos aspectos del diseño y la construcción para no agravar el problema del sobrecalentamiento.

El aislamiento térmico es el primer punto a considerar. Aislar mucho un edificio es una medida positiva sobre todo en invierno, pero también para el verano. Sin embargo, cuando el calor entra en viviendas muy aisladas y herméticas es mucho más difícil liberarlo. La clave está, pues, en el diseño: la distribución de la planta y las habitaciones debe permitir una ventilación cruzada adecuada.

Los grandes ventanales son otro punto crítico. Hoy se valoran por la luz natural y las vistas, pero si no se protegen adecuadamente del sol, permiten que el calor entre de forma directa. Es importante que las protecciones solares formen parte del diseño integral del edificio y no sean elementos accesorios. El objetivo es frenar la radiación solar consiguiendo que la casa no se quede a oscuras. Existen múltiples opciones como aleros, persianas orientables, toldos o lamas, etc.

En cuanto al tipo de vivienda, las que tienen una única orientación son especialmente vulnerables a sufrir temperaturas interiores más altas.

Con la actual necesidad de vivienda, las nuevas casas tienden a ser más pequeñas e incluso muchos pisos de los centros de las ciudades se están dividiendo en apartamentos más reducidos. Esta tendencia es crítica ya que hace que cada vez haya más inmuebles con una sola orientación. Por ello, además de cumplir con la superficie mínima, sería necesario exigir que estas construcciones garanticen unas condiciones mínimas de confort térmico.

Además, se ha demostrado que las viviendas situadas en últimas plantas sufren entre un 3.4 % y un 5.4 % más de horas de sobrecalentamiento que las localizadas en plantas intermedias. Aislar mucho las cubiertas no es la solución definitiva para reducir este sobrecalentamiento, ya que el aislamiento tiene un límite de eficacia. Por ello, hace falta invertir en innovación para mejorar la construcción en este punto de los edificios.

Y no todo depende del diseño urbano o de la arquitectura. Los ciudadanos también tienen que aprender a adaptarse al calor dentro de las ciudades. Saber cómo gestionar las viviendas puede ser clave en los días más calurosos: entender la orientación del hogar, ventilar en el momento adecuado según la diferencia entre la temperatura interior y exterior o utilizar correctamente las protecciones solares.




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Cómo construir edificios más sostenibles y resistentes al cambio climático


Una mirada al futuro

Cuando se analiza cómo adaptar las ciudades al calor, no podemos olvidar la dimensión social del problema. El calor extremo no afecta por igual a toda la población: las personas mayores, los niños y quienes viven en viviendas de peor calidad o en barrios con poca vegetación sufren un mayor riesgo.

Por último, tenemos que ser conscientes de que el confort térmico no puede depender solo del aire acondicionado u otros sistemas mecánicos. Es necesario pensar nuestras ciudades y viviendas para que, por su propio diseño, puedan adaptarse al calor. En un mundo cada vez más caluroso, las ciudades realmente adaptadas serán aquellas capaces de mantener el confort térmico minimizando la dependencia del consumo energético.

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Ainhoa Arriazu-Ramos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Orientación, aislamiento, altura, ventanas… ¿Está su vivienda adaptada al calor? – https://theconversation.com/orientacion-aislamiento-altura-ventanas-esta-su-vivienda-adaptada-al-calor-261693

El ‘postureo’ del peregrino medieval

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Déborah González, Profesora Contratada Doctora, Universidade de Santiago de Compostela

Iluminación del apóstol Santiago en el ejemplar ‘Liber Sancti Jacobi’ de Salamanca del ‘Códice Calixtino’. Ministerio de Cultura

Independientemente de si es o no Año Santo Jacobeo, las calles compostelanas desbordan gente entre los lugareños, los peregrinos y la creciente masa de los llamados “turigrinos”. Es esta una masa que, en cualquier época del año, visita la ciudad para sacarse un selfie desde los tejados de la catedral, que incívicamente hace un picnic en la plaza del Obradoiro o que, incluso, se desplaza hasta la costa atlántica para, simbólicamente, quemar sus botas o dejar harapos como “huella” (¡y qué “huella”!) de su paso por el fin del mundo.

Lejos parece quedar, en el espíritu de estos viajeros de spa resort y servicio de equipaje, el sentido de la peregrinación pregonado en el Veneranda dies, uno de los más conocidos y estudiados textos del Códice Calixtino: “el camino de peregrinación es cosa muy buena, pero es estrecho. Pues estrecho es el camino que conduce al hombre a la vida: en cambio, ancho y espacioso el que conduce a la muerte”.

Sin embargo, no dejan de mantenerse próximos al sentido etimológico del término, ya que, en origen, “peregrina/o” era quien que atravesaba otras tierras, lejos de su casa, como persona extranjera.

Jerusalén, Roma y Santiago

Aunque en el Medievo ya existía una importante red de santuarios de carácter más o menos local, los tres “destinos internacionales” preferentes eran, primero, Jerusalén y Roma, y más tarde Santiago de Compostela, en el extremo occidental del mundo conocido.

Afonso II el Casto en el _Libro de los Testamentos_ de la Catedral de Oviedo.
Afonso II el Casto en el Libro de los Testamentos de la Catedral de Oviedo. Durante su reinado se descubrió en Compostela la supuesta tumba del apóstol Santiago, por lo que se le conoce popularmente como ‘el primer peregrino’.
Wikimedia Commons

En un pasaje de la Vita Nuova, Dante explicaba que “peregrino” era quien iba hasta Galicia, porque, entre los Apóstoles, la tumba de Santiago era la que se encontraba más lejos de su patria. En cambio, a quienes viajaban a Jerusalén y Roma se les solía llamar “palmeros” y “romeros”, respectivamente. Con todo, los textos de la época muestran que esta distinción terminológica no fue, en la práctica, aplicada siempre tan rígidamente.

Más allá de las razones espirituales y devocionales, por promesa o voto, en el Medievo se conocieron otras motivaciones. Por ejemplo, hubo viajeros movidos por la curiosidad y el afán de conocer. La peregrinación también podía imponerse como pena civil por haber cometido un delito (aunque, con el paso del tiempo, pudo conmutarse con una compensación económica) e incluso era posible que una persona hiciese una peregrinación en nombre de otra.

En cualquier caso, quien peregrinaba llegó a gozar de una consideración especial, amparado por leyes específicas. Además, en el plano de la redención, a partir de los siglos XI-XII se asistió a un nuevo panorama ante las primeras indulgencias otorgadas a quienes asistían a las Cruzadas.

Y a pesar de todo esto, ¿fue ajeno el peregrino medieval, ataviado con su bordón y su escarcela, a la picaresca del camino? ¿Había burlas o críticas hacia ciertos “peregrinos”? Los textos literarios de la época contribuyen a dar respuesta a las preguntas.

Perspectivas sobre la peregrinación

Las consignas publicitarias para persuadir a la población a emprender una peregrinación han existido siempre, y la literatura recoge muestras de ello. En la lírica occitana, Marcabru es considerado iniciador de la cansó de crozada, un tipo de composición que se desarrolló en el contexto histórico de las cruzadas.

Con un carácter diferente se presentan las cantigas de los trovadores gallegoportugueses, donde las muestras son bastante heterogéneas. Las llamadas “cantigas de santuario” promocionan ermitas sobre todo de carácter local. Hay también alguna cantiga dedicada a la peregrinación compostelana de Sancho IV y, cobrando distancia, otras se centran en motivos relacionados con Tierra Santa, el perdón y los falsos peregrinos, abordándolos desde una perspectiva satírica.

Pero d’Ambroa, ¿un ‘turigrino’ medieval?

Las canciones satíricas a las que nos referimos nos ofrecen una “instantánea” del siglo XIII, a falta de TikTok e Instagram…

Grabado de unos peregrinos en el siglo XVI.
Grabado de unos peregrinos en el siglo XVI.
Deutsche Fotothek

El juglar de origen gallego Pero d’Ambroa, que se localiza en el entorno poético de Alfonso X, no dudó en alabarse por haber realizado un viaje a ultramar que, sin embargo, nunca habría llegado a concluir.

Esto sirvió de inspiración para un grupo de destacados trovadores que, conscientes de las fake news sobre tal aventura, dedicaron un ciclo de canciones satíricas a desenmascarar al falso peregrino. Lo acusaban de realizar a medias la cruzada, de rodearse de lujo y de mentir sobre su viaje.

Así se denuncia en los versos de Pedr’Amigo de Sevilha, delatando que fue a “morar en la mejor calle que encontró”. Más mordaz e incisivo es Pero Gomez Barroso, que afirma no haberle dedicado ninguna cantiga sobre el tema porque ni siquiera habría emprendido el viaje, pero amenaza con poner en conocimiento de la corte otros asuntos que dejarían al falso viajero en muy mal lugar.

La polémica estaba servida y el propio Pero d’Ambroa se defendió de las acusaciones, contribuyendo al diálogo satírico con el fin de defender su honor y reafirmar la autenticidad de su viaje.

El peregrino burlón que decía venir de Tierra Santa

El caso de Pero d’Ambroa no es excepcional. Un tal Sueiro Eanes ocupa el centro de la diana al que el trovador Martín Soares dirigió su dardo satírico con motivo de una improbable peregrinación a Tierra Santa.

En su canción, Martín Soares ataca al caballero, poniendo de manifiesto las inexactitudes geográficas, las etapas imposibles y la incongruencia del itinerario. Así, con burla e ironía, sugiere que la ciudad francesa de Marsella estaría más allá del mar, mientras que Acre (en el Reino de Jerusalén) estaría más cerca y que, a su lado, se encontraría la localidad pirenaica de Somport.

También propone que, tras recorrer distintos puntos de la península ibérica, Sueiro Eanes podría continuar su jornada desde Nogueirol y pernoctar en Jerusalén…

La ‘maleta’ de la peregrina

Miniatura del _Cancioneiro da Ajuda_, mostrando a un noble, un juglar con viola de arco y una _soldadeira_ con pandereta.
Miniatura del Cancioneiro da Ajuda, mostrando a un noble, un juglar con viola de arco y una soldadeira con pandereta.
Wikimedia Commons

Hoy podemos reírnos de los peregrinos que viajan con servicio de equipaje, pero mucho más debió reírse el círculo literario de Alfonso X a costa de la “maleta” de María Pérez, soldadeira también conocida como Balteira.

Su proximidad a los trovadores alfonsíes favorecería que varios le dedicasen canciones de burla por una vida de vicio y perdición. Entre los textos del ciclo satírico de la Balteira, los versos del trovador Pero da Ponte se distinguen por el efecto cómico de sus dobles sentidos: como cruzada, María regresó de Tierra Santa cargada de perdón, pero fue perdiéndolo al albergar por las noches con unos muchachos.

Y es que el perdón –señala Pero da Ponte– hay que saber guardarlo bien, pero la “maleta” de María no tiene candado…

The Conversation

Déborah González es IP del proyecto de investigación centrado en los diálogos y ciclos satíricos de la lírica gallegoportuguesa REDES LÍRICAS (CNS2022-136047), financiado por el MICIU-AEI y NextGenerationEU

Raquel Jabares forma parte del proyecto de investigación centrado en los diálogos y ciclos satíricos de la lírica gallegoportuguesa REDES LÍRICAS (CNS2022-136047), financiado por el MICIU-AEI y NextGenerationEU

ref. El ‘postureo’ del peregrino medieval – https://theconversation.com/el-postureo-del-peregrino-medieval-261223

Nuestro cerebro necesita que bajemos el ritmo en verano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María J. García-Rubio, Profesora de la Facultad de Ciencias de la Salud de la Universidad Internacional de Valencia – Codirectora de la Cátedra VIU-NED de Neurociencia global y cambio social – Miembro del Grupo de Investigación Psicología y Calidad de vida (PsiCal), Universidad Internacional de Valencia

Chizhevskaya Ekaterina/Shutterstock

El estilo de vida moderno nos mantiene en un estado de estrés crónico que puede tener un profundo impacto a nivel cognitivo, conductual y emocional. Y todo ello, sin que apenas nos demos cuenta.

Diversos estudios han demostrado que un estrés prolongado genera cambios funcionales y, especialmente, estructurales en áreas clave como el hipocampo, la amígdala y la corteza prefrontal, lo que se traduce en problemas de memoria, dificultad en la concentración y alteraciones del estado de ánimo (ansiedad, depresión).

Sin embargo, se ha normalizado en que solo nos permitamos pulsar el botón de pausa cuando estamos de vacaciones. Aprovechémoslas entonces.

La importancia de desconectar

Como decíamos, el cerebro necesita parar. Existe evidencia científica de que cuando logramos relajarnos a través de técnicas basadas en la respiración y el mindfulness, por ejemplo, se reducen nuestros niveles de cortisol y otras sustancias asociadas al estrés, lo que permite “resetear” el cerebro.

Lejos de ser un lujo, el descanso veraniego es crucial para la salud mental y cognitiva. Además de la reducción de los niveles de cortisol, algunos estudios señalan que las vacaciones son fundamentales para la recuperación funcional del cerebro, consolidando la memoria, reduciendo la ansiedad y restaurando la motivación. Un ejemplo de que para muchos procesos de recuperación “menos es más”. ¿Por qué sucede esto?

Desde un enfoque psicobiológico, “menos es más” porque reducir la exigencia externa permite activar los procesos internos de recuperación. Durante los periodos de descanso, la reducción de cortisol no ocurre solo por dejar de trabajar, sino porque cesan múltiples fuentes de carga: la física, la cognitiva, la emocional y la sensorial.

Al alejarnos de estímulos constantes como notificaciones, reuniones o presiones por equilibrar vida laboral y personal, el sistema nervioso puede salir del estado de hiperactivación y regresar a un modo de autorregulación.

Este cambio fisiológico permite que funciones clave –como la atención, la memoria operativa, el control emocional o la toma de decisiones– se restauren. Es decir, al hacer menos, el cuerpo y la mente se recalibran, y eso nos prepara para rendir más cuando sea necesario.

Sustituimos el “tengo que hacer” por el “me gustaría hacer”

Este parón en la rutina diaria suele ser sustituido, además, por otras actividades como viajar, leer, caminar por la montaña o bañarse en el mar que tienen un impacto directo y positivo en el bienestar. Múltiples investigaciones han demostrado que desarrollar hábitos de ocio en los que la persona disfruta sin ningún objetivo extra genera cambios cerebrales, y especialmente en el núcleo accumbens, relacionado con el sistema de recompensa.

Los expertos sugieren que se necesitan al menos varios días consecutivos –entre cinco y ocho– para que el cerebro comience a desconectar de forma significativa del entorno laboral; de hecho, según un análisis en el Journal of Happiness Studies, el bienestar alcanza su punto máximo en torno al octavo día de vacaciones.

Al contrario, no desconectar pasa factura. Seguir pendiente del trabajo o del móvil en vacaciones impide una recuperación real de la energía. La sobrecarga de notificaciones y la hiperconexión constante no nos dejan descansar, afectando a funciones básicas como la concentración, el sueño o incluso el apetito.

Diversos síntomas (nerviosismo, insomnio, fatiga, irritabilidad e incluso problemas físicos) pueden aparecer o mantenerse si no rompemos con la dinámica laboral durante periodos vacacionales largos. Según estos datos se puede deducir que aprovechar el verano para bajar el ritmo es una necesidad biológica más que un capricho.

La teoría está bien pero, ¿cómo pasar a la práctica?

Para que el descanso sea realmente reparador, no basta con dejar de trabajar: es necesario cambiar de ritmo de forma consciente. Esto implica adoptar hábitos que favorezcan la recuperación psicobiológica, reducir la sobreexigencia y permitir que el cerebro se recupere del desgaste acumulado. A continuación, explicamos algunas estrategias sencillas y efectivas para lograrlo.

  • Desconexión digital: reducir el tiempo frente a pantallas es fundamental para calmar el sistema nervioso. Establezca momentos sin móvil ni correo, y si puede, desconéctese por completo del trabajo. Esta pausa digital permite que el cerebro se libere del bombardeo de estímulos y recupere su capacidad de atención y calma.

  • Actividad física y aire libre: el movimiento y el contacto con la naturaleza tienen efectos directos sobre el bienestar emocional. Actividades como caminar, nadar o, simplemente, pasar tiempo al aire libre ayudan a reducir el estrés, mejorar el ánimo y favorecer la neuroplasticidad del cerebro.

  • Mindfulness y relajación mental: practicar meditación, yoga o ejercicios de respiración consciente ayuda a frenar la inercia del estrés. Estas técnicas disminuyen el cortisol y refuerzan áreas del cerebro asociadas con el autocontrol, la atención y la regulación emocional.

  • Dormir y descansar de verdad: aproveche para regular su sueño sin alarmas ni interrupciones. Dormir bien es esencial para la salud mental: durante el sueño profundo, el cerebro se limpia, organiza recuerdos y restablece su equilibrio emocional.

  • Ocio placentero y vida social: reserve tiempo para actividades que te den placer y le conecten con otros: leer por gusto, cocinar, charlar sin prisa, compartir una cena tranquila… El disfrute auténtico y el contacto humano son antídotos naturales contra el estrés.

En conclusión, desacelerar en vacaciones no solo es deseable, sino necesario. Al darle al cuerpo y al cerebro el descanso que necesitan, no solo recargamos energía: también mejoramos el estado de ánimo, la creatividad y la claridad mental. Este verano, en lugar de llenarse de actividades, dese permiso para parar, respirar y reconectar consigo mismo.

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María J. García-Rubio no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Nuestro cerebro necesita que bajemos el ritmo en verano – https://theconversation.com/nuestro-cerebro-necesita-que-bajemos-el-ritmo-en-verano-261389

Cómo diseñar robots que nos den confianza como compañeros de trabajo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ainhoa Apraiz Iriarte, Docente e investigadora en Innovación en Diseño Industrial, con especialización en Diseño de Interacción y Aceptación Tecnológica en Robótica., Mondragon Unibertsitatea, Mondragon Unibertsitatea

pexels pavel danilyuk Pavel Danilyuk /Pexels.

Imaginemos que trabajamos codo a codo con un robot, de forma colaborativa. Un día el robot se mueve despacio, con suavidad. Otro día da acelerones y se mueve a trompicones. ¿Este comportamiento nos daría confianza? ¿Nos sentiríamos igual de seguros en ambos casos? La forma en que estas máquinas se mueven cambia la confianza que nos inspiran. Y esa confianza importa cada vez más.

La interacción persona-robot –HRI por sus siglas en inglés (Human-Robot Interaction)– es un campo en plena expansión. Un nuevo estudio experimental, llevado a cabo en una tarea de ensamblaje, ha señalado algo que puede parecer simple, pero es fundamental: cómo se mueve el robot. Su velocidad, su aceleración y el dibujo de su trayectoria son claves para que las personas se sientan cómodas.

Por ejemplo, en entornos industriales, se utilizan robots colaborativos, como los brazos robóticos, que ensamblan piezas junto a trabajadores humanos. Si estos brazos se mueven de forma brusca o imprevisible, generan desconfianza y estrés, mientras que movimientos suaves, controlados y coherentes ayudan a crear un ambiente de trabajo seguro y cómodo.

¿Por qué? Porque no hablamos solo de técnica. Hablamos de emociones. El movimiento de un robot puede transmitir seguridad o desconfianza, igual que ocurre entre personas.

Ni muy rápido ni muy lento

Durante el experimento, se observó no solo cómo trabajaban las personas junto al robot, sino también cómo se sentían. Se recogieron datos fisiológicos con sensores (actividad cerebral, frecuencia cardíaca y sudoración de la piel), se analizaron cuestionarios sobre su experiencia y se prestó atención a sus reacciones: lo que decían… y lo que no decían.

El patrón fue claro: cuando el robot se movía muy lento, las personas se mostraban incómodas. Algunos lo percibían como “torpe” o “poco inteligente”. Pero si el colega mecánico se movía demasiado rápido, tampoco gustaba. La gente se sentía insegura, sin poder anticipar lo que iba a pasar.

La confianza se construye en un punto intermedio. La colaboración funciona solo cuando los movimientos son naturales y previsibles.

La campana de la velocidad en HRI

Para explicar esta relación, proponemos un concepto visual: la “campana de velocidad en HRI”. Imaginemos una campana como las que dibujamos en matemáticas. En el centro está la mejor experiencia: un equilibrio en la velocidad y aceleración del robot. A medida que nos alejamos de ese centro, hacia velocidades muy altas o muy bajas, la experiencia empeora.

Este equilibrio, sin embargo, no es igual para todo el mundo. Lo que una persona percibe como una velocidad adecuada, otra puede sentirlo como demasiado lento o demasiado rápido. Por eso, un desafío clave para la robótica del futuro es adaptarse a cada usuario.

Más allá de la técnica: diseñar emociones

¿Por qué necesitamos que los robots transmitan confianza? La clave está en que si las personas no se sienten seguras, no hay colaboración eficaz. Hasta hace poco, la robótica priorizaba la rapidez y la precisión. Pero ahora que las máquinas trabajan junto a personas, importa también cómo nos hacen sentir.

Y resulta que la velocidad de un robot afecta a nuestras emociones. Nos hace sentir en control o fuera de control. Permite anticipar o genera ansiedad. Y todo ello influye en nuestra disposición a colaborar o no.

Por otra parte, como no todos somos iguales, desde la robótica afectiva se propone personalizar y adaptar el movimiento del robot a cada persona. La clave está en que el diseño no puede quedarse solo en lo técnico: también debe mirar a lo humano.

Hospi Trail, un robot creado por Panasonic para suministrar material hospitalario.
Panasonic.

De cara al público

Hoy, robots como asistentes en hospitales ya realizan tareas de cuidado. También los encontramos en hoteles, donde ayudan en la recepción, o en el transporte de equipaje. Por ejemplo, Pepper, uno de los androides más conocidos, fue diseñado para interactuar con personas, tranquilizar a pacientes nerviosos o acompañar a personas mayores. Aunque ya no se fabrica, su diseño sentó las bases de lo que hoy conocemos como robótica afectiva.

Otro caso es el de Hospi, que transporta medicación dentro de los hospitales y permite que el personal dedique más tiempo a cuidar directamente a los pacientes. Estos robots no solo ahorran tiempo: ayudan a reducir el estrés de los trabajadores y mejoran la experiencia de quienes los rodean. Algunos ajustan su comportamiento según las reacciones humanas, aunque la personalización aún es limitada.

El robot Pepper, creado por Softbank, fue introducido en Japón en 2014 y se dejó de fabricar en 2021.
Wikimedia Commons., CC BY

Diseñar confianza: el gran reto del futuro tecnológico

La historia de la robótica ha estado marcada por la eficiencia y el control. Pero a medida que los robots abandonan las jaulas y comparten espacio con las personas, la naturaleza del desafío se transforma. Ya no se trata solo de que funcionen de manera eficaz, sino de que generen confianza, en cada interacción, en cada gesto.

Si queremos que la convivencia entre humanos y robots sea posible, no alcanza con perfeccionar el código. Hay que mirar más allá del rendimiento y empezar a preguntarnos: ¿cómo se mueve este robot? ¿Qué sensaciones provoca en quien lo observa? ¿Quién lidera la relación? La respuesta está en los detalles. Porque es ahí, en lo más cotidiano, donde decidimos si realmente queremos compartir espacio y confianza con la tecnología del mañana.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cómo diseñar robots que nos den confianza como compañeros de trabajo – https://theconversation.com/como-disenar-robots-que-nos-den-confianza-como-companeros-de-trabajo-260452

Cuando la grosería se hace viral: marcas que insultan y triunfan

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Magdalena Mut-Camacho, Profesora del Departamento de Ciencias de la Comunicación, Universitat Jaume I

Michael O’Leary, director ejecutivo de Ryanair, se ha involucrado personalmente en alguna campaña polémica de su compañía. Alexandros Michailidis/Shutterstock

Han pasado 24 años de esta publicación de Chrysler en Twitter: “Me parece irónico que Detroit sea conocida como la #ciudaddelmotor y que todo el mundo conduzca tan jodidamente mal”. Este de Ryanair España en respuesta a un usuario es de 2025. El viajero comenta: “ni usb ponéis en el asiento, ratas @Ryanair_ES”. A lo que la compañía responde: “no lo has visto? justo al lado del botón de masajes”.

En el primer caso, Chrysler lo eliminó de inmediato y pidió disculpas. En el segundo, Ryanair no solo no rectificó, sino que habitualmente utiliza ese tono en redes sociales.

El riesgo de la provocación transgresora

La provocación transgresora no es nueva. Recordamos la campaña Unhate –“Contra el odio”–, de Benetton, o el logo FCUK, de la famosa cadena de ropa French Connection, en los años 90, que era intencionadamente una errata común de la palabra inglesa fuck –jodido–.

La palabra flaming alude a mensajes deliberadamente hostiles, insultantes o provocadores en espacios digitales. En marcas, estas estrategias transgresoras pueden parecer la clave para conectar con jóvenes, pero conllevan riesgos y pueden rozar el acoso digital.

Cuando la marca insulta… y gusta

Es fácil encontrar marcas que utilizan un tono zafio y maleducado. Se las aplaude por valientes y atrevidas, y por saber conectar con la audiencia.

Los manuales de comunicación corporativa enfatizan en que una comunicación ética debe sostenerse sobre unos principios: no mentir y no ofender a nadie deliberadamente. Aquella tensión entre la inmediatez de la comunicación en redes y la educación ha desaparecido. La relajación ha llevado a una comunicación que pisotea la cortesía y, sorprendentemente, es jaleada. A la marca provocadora le retorna una espuria legitimidad de marca moderna y cercana.

Esta es la línea discursiva habitual de Ryanair en sus redes sociales. Las respuestas a usuarios que se quejan suelen seguir un tono irreverente.

Una de las acciones más polémicas de la compañía surge a raíz de la sanción del Ministerio de Derechos Sociales, Consumo y Agenda 2030 de España relativa al cobro de suplementos por el equipaje de mano. Su reacción fue llamar al ministro Pablo Bustinduy “loco comunista” y “payaso”.

Ryanair lanzó la campaña “Reserva precios locos antes de que un payaso suba precios”, con una caricatura del ministro vestido de payaso. Obtuvo miles de interacciones positivas.

Otro caso destacado fue el cruce entre la cadena de comida rápida KFC y TVE. En 2022, TVE presentó en Twitter a Mapi, una muñeca virtual conductora de un concurso. La cuenta de KFC España reaccionó con un escueto “borra”. TVE no ignoró el flaming troleo y respondió:

KFC contraatacó con un vídeo que mostraba una escena en la que una persona golpeaba a otra disfrazada de muñeco. La respuesta de Mapi cerró el conflicto:

Ahora, la marca KFC tiene en marcha la campaña “POV”, con la frase “Cinco… Pues por el culo te la hinco”. Los medios especializados la califican de humor cercano a la cultura popular, con una rima reconocible que logra alta notoriedad y conexión con el público. Esta creatividad se ha hecho viral y ha conseguido miles de “me gusta”. En YouTube, los anuncios superan el millón de reproducciones, con comentarios alabando la publicidad cercana, con esencia y divertida.

Recientemente, la cadena de hamburguesas Cheeck’s ha lanzado una campaña que dice: “Tienes cara de necesitar un buen poll*azo”.

Las quejas consiguieron la retirada de la campaña física, pero la polémica se hizo eco en televisión, y de ello se jacta la marca en su perfil de Instagram, donde han recibido cientos de comentarios elogiándoles.

El atractivo del sarcasmo

Este informe indaga en los comportamientos y valores de la generación Z. Concluye que un tono de comunicación que contenga ironía, sarcasmo o rudeza calculada, les resulta atractivo.

La juventud piensa que el discurso directo es menos falso que la cortesía corporativa tradicional. Prefieren una conversación auténtica. Escogen romper etiquetas y jerarquías. Por tanto, un mensaje grosero libre de formalismos conecta con su rechazo a los estereotipos.

Por eso, adoptar un estilo deliberadamente áspero, si refleja los valores de la marca, es una estrategia válida, conecta mejor y es un acierto estratégico.

La delgada línea entre lo incorrecto y lo conveniente

Pero no todas las estrategias, por atinadas que parezcan, son las correctas. Hay que aplicar la perspectiva crítica. Los medios de comunicación actúan como mediadores culturales donde la audiencia construye significados. Desde siempre, la sociedad de masas produce mentores para las nuevas conductas. De ahí que las películas, la televisión y la publicidad empiecen transformando modos de vestir y terminen provocando una metamorfosis de aspectos morales más hondos.

Por otra parte, las marcas, en su esfuerzo por parecer trasgresoras con ese tono grosero, corren el riesgo de normalizar actitudes que, disfrazadas de humor y espontaneidad, degradan la conversación pública y debilitan los valores fundamentales de respeto y convivencia.

Es innegable que muchas compañías han sabido adaptarse al lenguaje de la generación Z al distanciarse del tono acartonado. Han construido una voz diferente marcas como Duolingo, Netflix o la Policía Nacional de España.

Pero, cuando se elige la grosería acrítica para parecer transformador, se cruza una línea peligrosa. En la obra Dialéctica de la Ilustración se argumenta que lo que parece subversivo a menudo termina integrado en el sistema, neutralizado y sin capacidad de transformación. Además, puede contribuir a banalizar el discurso público, donde todo es burla, respuesta mordaz y casi nunca reflexión o diálogo verdadero.

Si una generación observa el mundo desde las redes sociales, donde las marcas normalizan el desprecio en busca de un “me gusta”, está aprendiendo que el respeto y la empatía no son valiosos ni necesarios. Si se alimenta que ser agresivo o burlón es sinónimo de ser inteligente, valiente o popular, se refuerza la idea de que el respeto es anticuado y la amabilidad, debilidad.

Así, será difícil construir relaciones humanas honestas y empáticas. Si enseñamos que la risa hiriente vale más que la escucha, las marcas no están participando de ninguna transformación.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cuando la grosería se hace viral: marcas que insultan y triunfan – https://theconversation.com/cuando-la-groseria-se-hace-viral-marcas-que-insultan-y-triunfan-257780