La plage n’a pas toujours été une destination de vacances : pour les Grecs de l’Antiquité, c’était un endroit effrayant

Source: The Conversation – in French – By Marie-Claire Beaulieu, Associate Professor of Classical Studies, Tufts University

La plage était perçue comme un lieu de danger et de mort dans l’Antiquité grecque, alors que de nos jours elle est souvent associée aux vacances et à la détente. Norbert Nagel via Wikimedia Commons, CC BY-SA

Aujourd’hui associée au plaisir et à la détente, la plage a longtemps été perçue comme un lieu menaçant. Dans la Grèce antique, elle évoquait la stérilité, la douleur et parfois même la mort. Cet article retrace l’évolution de notre relation à la mer à travers les mythes, les perceptions sensorielles et les croyances anciennes.


Nous sommes nombreux à aller à la plage pour profiter du soleil et prendre du bon temps pendant les vacances d’été. Des études ont montré que pour nombre d’entre nous, passer du temps à la plage est synonyme de décompression. Contempler l’océan nous plonge dans un état de méditation légère, l’odeur de la brise nous apaise, la chaleur du sable nous enveloppe et, surtout, le bruit continu et régulier des vagues nous permet de nous détendre complètement.

Mais les vacances à la mer ne sont devenues prisées qu’à partir de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècles, par les classes aisées des pays occidentaux. Les premiers Européens, et en particulier les Grecs de l’Antiquité, considéraient la plage comme un lieu de souffrance et de mort. En tant que peuple de marins, ils vivaient principalement sur le littoral, mais ils craignaient la mer et pensaient qu’un mode de vie agricole était plus sûr et plus respectable.

En tant qu’historienne de la culture et spécialiste de la mythologie grecque, je m’intéresse à ce changement d’attitude envers la plage.

Couple vêtu de vêtements du XIXᵉ siècle marchant sur une plage avec un cheval et une charrette
Sur la plage à Trouville, peinture de 1863 de l’artiste français Eugène Boudin.
Metropolitan Museum of Art, New York

L’expérience sensorielle de la plage

Comme je l’écris dans mon livre publié en 2016, The Sea in the Greek Imagination (non traduit), on ne recense dans la littérature grecque ancienne aucune évocation positive de la plage et de la mer. Seuls les aspects négatifs sont évoqués, ce qui souligne le malaise qu’éprouvaient les Grecs de l’Antiquité à l’égard de la plage et de la mer en général.

La littérature grecque met par exemple l’accent sur l’odeur intense des algues et de l’eau salée. Dans « L’Odyssée », un poème épique du VIIIe siècle avant notre ère qui se déroule en grande partie en mer, le héros Ménélas et ses compagnons se perdent près des côtes égyptiennes. Ils doivent se cacher sous des peaux de phoques pour attraper le dieu de la mer Protée et lui demander de leur indiquer le chemin du retour. L’odeur des phoques et de l’eau salée leur est si répugnante que leur embuscade manque de tourner au désastre. Seule une ambroisie magique placée sous leur nez, en neutralisant l’odeur pestilentielle, sauve leur entreprise.

De même, si le bruit des vagues par temps calme est souvent vécu comme relaxant, la violence des tempêtes en mer peut être angoissante. La littérature grecque antique se concentre uniquement sur la puissance effrayante des mers agitées, la comparant aux bruits d’une bataille. Dans l’Iliade, un poème contemporain de l’Odyssée, l’assaut de l’armée troyenne sur les lignes grecques est comparé à une tempête en mer :

« Ils avancèrent comme une tempête mortelle qui balaye la terre, au tonnerre de Zeus, leur père, et agite la mer avec un rugissement prodigieux, laissant derrière elle des vagues déferlantes sur les eaux résonnantes, des rangées serrées de grandes vagues arquées blanches d’écume telles qu’une tempête, pleines de frémissements et de clameurs, se précipitaient, furieux. »

Finalement, même le beau Ulysse est rendu laid et effrayant par l’exposition au soleil et au sel de la mer. Dans « L’Odyssée », ce héros erre en mer pendant 10 ans sur le chemin du retour après la guerre de Troie. À la fin de ses tribulations, il s’accroche tant bien que mal à un radeau pendant une tempête envoyée par le dieu de la mer Poséidon, en colère. Il finit par lâcher prise et nage jusqu’au rivage ; lorsqu’il débarque sur l’île des Phéaciens, il effraie les serviteurs de la princesse Nausicaa avec sa peau brûlée par le soleil, « tout souillée d’eau salée ».

Vase grec représentant Ulysse nu mendiant auprès d’Athéna et d’une jeune femme, Nausicaa
Vase représentant Ulysse sortant de la mer et effrayant les servantes de la princesse Nausicaa. 440 av. n. è., Staatliche Antikensammlungen, Munich.
Carole Raddato/Flickr, CC BY-SA

Le sable de la plage et la mer elle-même étaient considérés comme stériles, contrairement à la fertilité des champs. C’est pourquoi l’Iliade et l’Odyssée qualifient régulièrement la mer d’« atrygetos », ce qui signifie « non récoltée ».

Cette conception de la mer comme stérile est bien sûr paradoxale, puisque les océans fournissent environ 2 % de l’apport calorique total de l’homme et 15 % de son apport en protéines et pourraient probablement fournir beaucoup plus. Les Grecs eux-mêmes mangeaient beaucoup de poisson, et de nombreuses espèces étaient considérées comme des mets délicats réservés aux riches.

La mort sur la plage

Dans la littérature grecque antique, la plage était effrayante et évoquait la mort. Il était d’ailleurs courant de pleurer ses proches décédés sur la plage.

Les tombes étaient souvent situées en bord de mer, en particulier les cénotaphes, des tombes vides destinées à commémorer ceux qui étaient morts en mer et dont les corps ne pouvaient être récupérés.

Monument antique au sommet d’une falaise en bord de mer
Exemple de tombe grecque en bord de mer. Tombe du tyran Cléobule sur l’île de Rhodes, en Grèce.
Manfred Werner (Tsui) via Wikimedia, CC BY-SA

C’était un sort particulièrement cruel dans le monde antique, car ceux qui ne pouvaient être enterrés étaient condamnés à errer éternellement sur terre sous forme de fantômes, tandis que ceux qui recevaient des funérailles dignes allaient dans l’au-delà. Le monde souterrain grec n’était pas un endroit particulièrement enviable : il était humide et sombre, mais il était considéré comme une fin respectable.

Ainsi, comme l’a montré la spécialiste de la culture classique Gabriela Cursaru, la plage était un « espace liminal » dans la culture grecque : un seuil entre le monde des vivants et celui des morts.

Révélation et transformation

Pourtant, la plage n’avait pas que des aspects négatifs pour les Grecs. Comme elle servait de pont entre la mer et la terre, ils pensaient qu’elle reliait également le monde des vivants, celui des morts et celui des dieux. La plage avait donc le pouvoir d’offrir des présages, des révélations et des visions des dieux.

C’est pourquoi de nombreux oracles des morts, où les vivants pouvaient obtenir des informations des morts, étaient situés sur des plages et des falaises au bord de la mer.

Les dieux fréquentaient également la plage. C’est même là qu’ils apparaissaient parfois à leurs adorateurs, dont ils entendaient les prières. Dans l’Iliade, le dieu Apollon entend son prêtre Chrysès se plaindre sur la plage du mauvais traitement infligé à sa fille par les Grecs. Le dieu en colère riposte en déchaînant immédiatement la peste sur l’armée grecque, un désastre qui ne peut être arrêté qu’en rendant la jeune fille à son père.

Outre ces croyances religieuses, la plage était également un point de connexion physique entre la Grèce et des terres lointaines.

Les flottes ennemies, les marchands et les pirates étaient tous susceptibles de débarquer sur les plages ou de fréquenter les côtes, car les navires anciens n’avaient pas la capacité de rester en mer pendant de longues périodes. De ce fait, la plage pouvait être un endroit assez dangereux, comme l’a fait remarquer l’historien militaire Jorit Wintjes.

D’un autre côté, les épaves pouvaient apporter d’agréables surprises, comme des trésors inattendus, qui ont souvent marqué un tournant dans de nombreuses histoires de la Grèce antique. Dans le roman antique « Daphnis et Chloé » par exemple, le pauvre berger Daphnis trouve une bourse sur la plage, qui lui permet d’épouser Chloé et de mener leur histoire d’amour à bien.

Il reste peut-être aujourd’hui quelque chose de cette conception de la plage. Le « beachcombing » (ramassage d’objets sur des plages) est toujours un passe-temps populaire, et certaines personnes utilisent même des détecteurs de métaux. Outre ses effets psychologiques positifs démontrés, le « beachcombing&nbsp`;» témoigne de la fascination éternelle de l’homme pour la mer et tous les trésors cachés qu’elle peut receler, des coquillages et du verre de mer aux pièces d’or espagnoles.

Tout comme pour les Grecs, la plage nous donne l’impression d’être à l’aube d’un monde différent.

The Conversation

Marie-Claire Beaulieu ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La plage n’a pas toujours été une destination de vacances : pour les Grecs de l’Antiquité, c’était un endroit effrayant – https://theconversation.com/la-plage-na-pas-toujours-ete-une-destination-de-vacances-pour-les-grecs-de-lantiquite-cetait-un-endroit-effrayant-262631

Le tambour sacré de Côte d’Ivoire revient : leçons du Kenya pour transformer des vies

Source: The Conversation – in French – By Timothy Gachanga, Lecturer, Kenyatta University

Le Parlement français a adopté à l’unanimité une loi visant à restituer le Djidji Ayôkwé, un tambour sacré volé par les forces coloniales en Côte d’Ivoire en 1916.

Ce grand tambour en bois sculpté était autrefois utilisé par le peuple Ebrié, dans le sud côtier du pays. Il servait à rassembler les gens, annoncer les messages royaux et renforcer l’identité de la communauté. Bientôt, il retrouvera sa terre d’origine. Là-bas, il ne sera pas juste un objet ancien, mais un symbole vivant de mémoire collective et de dignité.

Je suis enseignant en études sur la paix et les conflits. Mes recherches portent souvent sur le rôle des musées et des expositions artistiques dans la promotion de l’unité. En tant que participant et chef de projet à l’exposition Journeys of Peace (Voyages de la paix) au Kenya, j’ai analysé comment les objets culturels exposés pouvaient contribuer à rapprocher des communautés divisées et favoriser la réconciliation.

En Côte d’Ivoire, nation marquée par des guerres civiles, le Djidji Ayôkwé peut devenir un puissant symbole de paix. Il peut contribuer à panser les blessures ethniques et politiques. En s’inspirant des enseignements tirés de l’exposition au Kenya, je pense que le retour de ce tambour pourrait transformer un moment de restitution en un véritable mouvement de réconciliation.

Cet héritage culturel, ancré dans le passé, a un pouvoir immense pour façonner un avenir commun.

Voyages de la paix

Journeys of Peace (Voyages de la paix) a été organisé par la Community Peace Museums Heritage Foundation du Kenya et l’organisation non gouvernementale suédoise Cultural Heritage Without Borders. Au cours de la tournée de l’exposition, j’ai été témoin du pouvoir des objets culturels – tabourets, calebasses, chasse-mouches, ceintures de femmes – pour réparer des communautés fracturées.

Ces objets traditionnels ont été délibérément choisis pour leur importance culturelle et leur capacité à toucher les communautés locales. Il s’agit d’objets traditionnels du quotidien imprégnés d’une signification symbolique, représentant un patrimoine et une identité communs. Leur rôle réside dans leur capacité à susciter le dialogue et la réconciliation. En un an, l’exposition itinérante a touché plus de 4 000 personnes dans les zones rurales du Kenya, transformant ces objets en outils de dialogue communautaire.

À Pokot, dans l’ouest du Kenya, où les conflits liés au vol de bétail sont fréquents, j’ai vu des anciens utiliser des objets similaires à ceux présentés dans l’exposition pour organiser des veillées pour la paix et réconcilier deux communautés ennemies, les Pokot et les Tugen, divisées par le vol de bétail.

À Samburu, une communauté de la région du North Rift qui a connu des conflits interethniques entre communautés pastorales rivales pour le pâturage, des guerriers ont troqué leurs armes contre des bâtons de marche. Ils ont embrassé la paix grâce à leur patrimoine. Ces moments m’ont montré que les objets culturels ne sont pas des reliques, mais des points d’ancrage vivants pour l’identité et la guérison.

Nous ne nous sommes donc pas contentés d’exposer des objets, nous leur avons donné vie. Les communautés les ont touchés, ont partagé leurs histoires et les ont utilisés pour affronter des questions douloureuses telles que les violences ethniques, les conflits fonciers et même les mutilations génitales féminines.

À Machakos, une région de l’est du Kenya, les paroles d’un élève m’ont frappé :

Je ne savais pas que nous avions autant en commun avec nos voisins. Cela m’a redonné foi en l’humanité.

Les objets ont suscité l’empathie et la confiance, ce qui a donné des résultats concrets : le retour du bétail, la réouverture des marchés et la mise en place de partenariats avec les autorités locales.

Le Djidji Ayôkwé et la guerre civile

Le Djidji Ayôkwé porte la même promesse pour la Côte d’Ivoire, un pays qui se remet encore de deux guerres civiles dévastatrices.

La première, de 2002 à 2007, a opposé les rebelles du nord aux forces gouvernementales du sud. Elle était alimentée par des tensions ethniques et régionales. La seconde, de 2010 à 2011, a éclaté après une élection contestée, faisant plus de 3 000 morts et creusant les divisions entre les groupes ethniques tels que les Ebrié, les Baoulé et les Dioula.

Le tambour, voix sacrée des Ebrié, a été réduit au silence pendant la période coloniale. Cette perte fait écho au silence imposé aux communautés pendant les conflits. Son retour offre une chance de restaurer cette voix et de favoriser l’unité et la réconciliation, comme nous l’avons vu lors de l’exposition au Kenya.

Le tambour, qui était autrefois une force unificatrice lors des rassemblements des Ebrié, peut devenir un symbole de paix. Une cérémonie de bienvenue organisée par la communauté, en collaboration avec les anciens, les jeunes, les artistes et les historiens ébriés, pourrait marquer son retour par des rituels, de la musique et des récits, pour renouer avec sa fonction de voix de la communauté.

La cérémonie au Musée du quai Branly.

Des dialogues sur sa signification, ses chants, ses silences et ses histoires pourraient contribuer à combler les divisions ethniques, en invitant des groupes tels que les Baoulé et les Dioula à participer au processus de guérison. A l’image des Journeys of Peace, on pourrait faire découvrir le tambour aux régions touchées par les conflits, en intégrant des récits oraux et des performances afin d’en faire un emblème vivant de paix. Ces rencontres pourraient offrir un espace pour traiter les tensions persistantes, comme les disputes foncières ou la méfiance entre communautés.

L’inclusion, pierre angulaire de Journeys of Peace, est essentielle pour la Côte d’Ivoire. Les femmes, souvent gardiennes de la culture, et les jeunes, qui ont grandi dans le sillage de la guerre, doivent être au cœur de ces efforts.

En intégrant le tambour dans les programmes éducatifs, les ateliers de consolidation de la paix ou les festivals culturels, la Côte d’Ivoire peut donner à ces groupes les moyens de reconstruire une identité nationale commune. Comme nous l’avons appris au Kenya, quand une communauté s’approprie son patrimoine – en le touchant, en l’écoutant, en y ajoutant sa touche – elle renforce sa capacité à agir et à réconcilier au-delà des divisions.

Le rapatriement pour la guérison et l’autonomisation

Le retour des Djidji Ayôkwé s’inscrit dans un mouvement plus large visant à réparer les injustices coloniales liées au pillage d’objets culturels, des bronzes du Bénin aux trésors royaux de l’Éthiopie.

Journeys of Peace m’a appris que la restitution ne se résume pas à rendre des objets. Il s’agit de leur redonner le pouvoir de transformer des vies.

Participer à l’exposition m’a montré que le patrimoine culturel est une force pour le présent, et pas seulement un souvenir du passé. Au Kenya, nous avons appris que lorsque les objets sont mis en valeur, ils font plus que nous rappeler qui nous étions. Ils nous révèlent aussi qui nous pouvons devenir.

The Conversation

Timothy Gachanga a été chef de projet pour l’exposition Journeys of Peace (JoP), soutenue par la Fondation suédoise par l’intermédiaire de l’ONG suédoise Cultural Heritage without Borders (CHwB). L’auteur reconnaît la collaboration avec la co-chef de projet Diana Walters et les conservateurs du CPMHF. Aucun autre conflit d’intérêts n’est déclaré.

ref. Le tambour sacré de Côte d’Ivoire revient : leçons du Kenya pour transformer des vies – https://theconversation.com/le-tambour-sacre-de-cote-divoire-revient-lecons-du-kenya-pour-transformer-des-vies-262845

Les éléphants font-ils des gestes délibérés pour demander quelque chose ? Notre étude répond par l’affirmative

Source: The Conversation – in French – By Vesta Eleuteri, PhD candidate, Universität Wien

Les éléphants sont connus pour leur intelligence, leurs forts liens sociaux et leur bonne mémoire. Mais communiquent-ils pour exprimer leurs intentions réelles ? Une nouvelle étude suggère que oui. Les recherches ont montré que les éléphants font parfois des gestes pour demander de la nourriture lorsqu’une personne est présente. Ils peuvent continuer à gesticuler s’ils ne reçoivent pas toute la nourriture. Ce sont des signes qui indiquent que les éléphants essaient de communiquer avec une intention précise.

Nous avons interrogé la doctorante Vesta Eleuteri, auteure principale de l’étude, pour comprendre ce que cela signifie et pourquoi c’est important.


Pourquoi avez-vous étudié la façon dont les éléphants utilisent les gestes pour communiquer ?

La plupart des recherches sur la communication portent sur leurs cris et leurs signaux chimiques, probablement en raison de leur ouïe et de leur odorat très développés. La communication gestuelle des éléphants est relativement peu étudiée. Il existe des descriptions d’éléphants utilisant une grande variété de gestes et d’expressions corporelles selon les contextes, ce qui suggère un rôle clé des gestes dans la communication des éléphants.

Cependant, la question de savoir si les éléphants utilisent de façon délibérée des gestes pour communiquer leurs intentions à d’autres n’a jamais été étudiée de manière systématique. Mes collègues et moi-même étudions la cognition et la communication des animaux afin de comprendre comment leurs capacités cognitives complexes ont évolué. C’est le sujet de cet article.

Dans notre étude menée par l’université de Vienne en collaboration avec l’université de St Andrews, l’université de Portsmouth et la City University of New York, nous montrons que les éléphants en semi-captivité utilisent intentionnellement de nombreux gestes différents pour demander à un humain de leur donner des pommes (leur objectif).

Nous avons découvert que les éléphants utilisaient intentionnellement 38 types de gestes différents. Les éléphants continuaient à gesticuler lorsqu’ils n’obtenaient que la moitié des pommes (objectif partiellement atteint), tandis qu’ils changeaient de gestes lorsqu’ils n’obtenaient aucune pomme (objectif non atteint). Ces deux comportements montrent qu’il s’agit d’une communication intentionnelle.

Pourquoi est-il important de savoir si leur communication est intentionnelle ?

La capacité à communiquer intentionnellement des objectifs à l’aide de divers gestes pourrait aider les éléphants à gérer leur vie sociale complexe. En montrant que les éléphants en semi-captivité font des gestes intentionnels à l’intention des humains en utilisant de nombreux types de gestes différents, notre étude s’appuie sur des preuves que cette capacité n’est pas propre aux primates. Elle est apparue à plusieurs reprises au cours de l’évolution.

Nous considérons ici l’intentionnalité comme une « intentionnalité orientée vers un but », c’est-à-dire la capacité à communiquer à autrui les objectifs que nous avons en tête. Cette capacité était autrefois considérée comme une compétence propre à l’être humain. Aujourd’hui, nous savons que tous les autres singes et même certains autres primates (bien que de manière moins flexible) communiquent intentionnellement en utilisant plus de 70 types de gestes différents pour communiquer de nombreux objectifs différents comme « viens ici », « donne-moi ça », ou « fais-moi la toilette ».




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Chez les animaux non primates, ce genre de communication intentionnelle n’a été observée que chez quelques espèces comme le poisson guppy ou le cratérope écaillé. Mais dans ces cas, il ne s’agissait que d’exprimer un ou deux gestes pour un but spécifique comme dire “suis-moi.

Les éléphants sont des parents éloignés de l’être humain sur le plan évolutif. Notre dernier ancêtre commun remonte à plus de 100 millions d’années. Mais, comme les singes, ils sont très intelligents et vivent dans des sociétés complexes où ils entretiennent de nombreux types de relations (entre parents, alliés, amis et étrangers). De plus, il existe des descriptions d’éléphants utilisant de nombreux mouvements et expressions corporels variés dans des contextes différents. Par exemple quand ils se saluent, s’affilient, jouent entre eux ou même lorsqu’ils voyagent ensemble.

Quels gestes les éléphants ont-ils utilisés et comment savez-vous qu’ils étaient intentionnels ?

Les éléphants en semi-captivité tendaient souvent leur trompe ou la balançaient d’avant en arrière vers l’humain ou le plateau contenant les pommes. Cela montrait clairement qu’ils communiquaient leur envie d’avoir les pommes.

Gestes des éléphants.

Pour savoir si les éléphants utilisaient leurs gestes intentionnellement, nous avons appliqué les critères comportementaux initialement élaborés pour étudier le développement de la communication intentionnelle chez les nourrissons humains. Ces critères sont les suivants : orientation vers le public, persistance et élaboration.

Les émetteurs doivent utiliser des gestes lorsqu’il y a un destinataire et de manière appropriée selon que celui-ci regarde ou non (orientation vers le public). Par exemple, si le destinataire ne les regarde pas, ils doivent utiliser des gestes tactiles plutôt que des gestes visuels que le destinataire peut ne pas voir.

Après avoir fait un geste, l’éléphant doit attendre la réaction du destinataire et, si celui-ci ne réagit pas comme il le souhaite, il doit continuer à faire des gestes (persistance) ou changer de gestes (élaboration) pour mieux se faire comprendre.

Prenons un exemple. Si je veux vous demander de me passer le sel (mon objectif), je dois d’abord vérifier si vous me regardez et, si c’est le cas, je peux tendre la main vers le sel (orientation vers le public). Si vous ne réagissez pas ou si vous me passez le mauvais objet, par exemple le poivre, je dois continuer à faire le geste (persistance) ou changer de geste, par exemple en pointant vers le sel pour clarifier que je veux que vous me passiez le sel (élaboration).

Vous avez travaillé avec des éléphants semi-captifs. Les éléphants sauvages agissent-ils de la même manière ?

Nous et de nombreux autres experts en éléphants avons observé à maintes reprises sur le terrain des éléphants sauvages faisant des gestes apparemment intentionnels les uns envers les autres (et même envers nous !). Néanmoins, nous ne pouvons pas confirmer leur capacité à gesticuler intentionnellement sur la base de nos seules observations. La science est là pour tester systématiquement, à l’aide de données, les intuitions ou les impressions que nous tirons de nos observations.

Il serait intéressant d’étudier si les éléphants sauvages utilisent les mêmes gestes que ceux que nous avons observés chez ce groupe en semi-captivité. Il en va de même pour déterminer si différents groupes ou populations d’éléphants utilisent des gestes différents. D’après des descriptions précédentes, les éléphants sauvages semblent utiliser intentionnellement certains des gestes que nous avons observés (mouvements de la trompe). Mais peut-être n’utilisent-ils pas certains des gestes « plus créatifs » comme celui consistant à « souffler une feuille en l’air » que notre éléphant Pfumo aimait tant faire ?

Quelle est la suite de vos recherches ?

Nous voulons tester systématiquement si les éléphants sauvages utilisent intentionnellement des gestes entre eux, décrire le répertoire de leurs gestes intentionnels et les objectifs (significations) pour lesquels ils utilisent ces gestes (peut-être qu’ils veulent dire : « viens avec moi », « éloigne-toi », « arrête ça »). Nous avons collecté des milliers de vidéos sur deux populations d’éléphants en Afrique du Sud, que je suis en train de coder pour identifier les gestes et leur utilisation intentionnelle.

Il faudra du temps pour définir le répertoire et la signification des gestes intentionnels des éléphants. Mais nous espérons y parvenir un jour et comparer les gestes de différentes populations afin de comprendre si les éléphants peuvent avoir différents « langages gestuels ».

L’étude de la communication animale nous offre une « fenêtre » sur notre propre langage, sur notre esprit, car elle nous permet de comprendre ce qui rend le langage unique. Montrer que les animaux ont tant en commun avec nous permet aux gens de mieux les comprendre et de mieux prendre soin d’eux, ce qui est important pour leur conservation.

Plus important encore, l’étude de la communication animale est cruciale car elle nous permet de mieux comprendre les animaux. Si nous les connaissons mieux, nous pouvons prendre de meilleures mesures pour les protéger.

The Conversation

Vesta Eleuteri est affiliée à l’Université de Vienne et bénéficie d’un financement du Fonds autrichien pour la science (FWF) dans le cadre de la subvention « DK Cognition and Communication 2 » : W1262-B29 (10.55776/W1262).

ref. Les éléphants font-ils des gestes délibérés pour demander quelque chose ? Notre étude répond par l’affirmative – https://theconversation.com/les-elephants-font-ils-des-gestes-deliberes-pour-demander-quelque-chose-notre-etude-repond-par-laffirmative-262729

L’épidémiologie sans les sciences humaines : un regard incomplet sur la santé

Source: The Conversation – in French – By Bernard-Simon Leclerc, Coordonnateur académique du doctorat professionnel en santé publique et enseignant en épidémiologie, Université de Montréal

L’épidémiologie doit évoluer, mais elle tarde à refléter les réalités actuelles de la santé publique. (Shutterstock)

À l’heure où les spécialistes de l’épidémiologie et de la biostatistique se réunissent à Montréal, du 11 au 13 août 2025, dans le cadre de la conférence biennale de la Société canadienne d’épidémiologie et de biostatistique, pour réfléchir collectivement à l’évolution de leurs disciplines et à leur rôle dans l’amélioration de la santé et du bien-être des populations, il semble plus que jamais nécessaire de réinterroger les orientations dominantes de ces sciences, souvent centrées sur des modèles biomédicaux et statistiques, au détriment des dynamiques sociales qui façonnent les déterminants de la santé.

L’épidémiologie joue un rôle clé en santé publique et en médecine. S’appuyant sur des chiffres et des calculs, elle aide à comprendre et à suivre l’évolution des maladies ainsi que d’autres événements sanitaires. Elle nourrit à cet égard une relation étroite avec les sciences médicales, ce qui bien entendu est nécessaire. On peut néanmoins déplorer qu’elle n’en nourrisse pas une aussi riche avec les humanités.

Contrairement à une idée répandue, l’épidémiologie ne se limite pas aux maladies. Elle s’intéresse aussi aux problèmes sociaux, envisagés comme des éléments à expliquer, ainsi qu’aux réalités sociales, perçues comme des facteurs influençant la santé. Une perspective plus large permettrait de mieux saisir les dimensions sociales et éthiques des questions de santé publique. Relier l’épidémiologie aux humanités offrirait une vision plus complète de ces enjeux.

En français, humanités correspond à ce que les milieux anglophones désignent par arts libéraux. Cela inclut la philosophie, l’histoire, la littérature et les beaux-arts. Ces disciplines, parfois appelées sciences de l’esprit, explorent les influences culturelles et intellectuelles. Cet article examine leur lien avec l’épidémiologie et leur contribution à une meilleure perception des défis en santé.

Épidémiologiste, enseignant universitaire et conseiller au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, je déplore l’éloignement de cette discipline de son objectif premier : la santé humaine. L’épidémiologie doit évoluer, mais elle tarde à refléter les réalités actuelles de la santé publique. Même si l’on reconnaît la prépondérance des déterminants sociaux dans la santé et le bien-être des individus et des communautés, l’attention reste centrée sur les causes individuelles. Cela limite une vision globale et systémique des problématiques de santé.

L’approche biomédicale et l’approche sociale en épidémiologie

Souvent perçue comme une discipline médicale et statistique, l’épidémiologie mobilise aussi la pensée critique et l’analyse contextuelle, comme les sciences humaines. Deux approches principales se font concurrence.

Le modèle biomédical, centré sur les causes physiologiques et comportementales, s’attarde aux prédispositions génétiques et aux risques individuels. Il tend toutefois à négliger les conditions de vie et les disparités sociales.

À l’inverse, l’épidémiologie sociale voit la santé comme le résultat de déterminants collectifs. Elle intègre les facteurs économiques, le logement, l’éducation et les politiques publiques. Ces éléments influencent directement les trajectoires de vie et les inégalités de santé.

Bien que ces facteurs soient largement reconnus comme essentiels, l’épidémiologie peine encore à dépasser le cadre biomédical classique. Le sociologue français Patrick Peretti-Watel illustre cette limite. Il note que, statistiquement parlant, être afro-américain est parfois présenté comme un facteur de risque du suicide – ce qui, évidemment, n’a aucun sens en soi.

Une telle approche isole la variable ethnique sans tenir compte des désavantages systémiques. Elle conduit ainsi à des interprétations erronées. Ces corrélations chiffrées, souvent déconnectées des structures sociales, peuvent renforcer des préjugés et masquer les véritables inégalités.

Une personne en habit médical tient un crayon et regarde un graphique
Bien que les statistiques soient importantes, elles ne rendent pas compte du portrait d’ensemble.
(Shutterstock)

Cette tendance à privilégier les explications individuelles et biomédicales s’accompagne souvent d’un recours excessif aux méthodes quantitatives. Les épidémiologistes et les statisticiens collaborent étroitement. Mais cette proximité peut parfois créer une confusion disciplinaire et une obsession méthodologique. En se concentrant sur la rigueur statistique, l’épidémiologie risque de perdre de vue ses finalités concrètes. Certains chercheurs privilégient l’optimisation des modèles plutôt qu’une réflexion sur les besoins réels des populations.

L’épidémiologie comme discipline des humanités

En 1987, le médecin et épidémiologiste américain David W. Fraser a proposé de considérer l’épidémiologie comme un « art libéral ». Il soulignait son potentiel à dépasser la technicité des méthodes quantitatives et à s’ouvrir à des perspectives interdisciplinaires.

Cette idée, peu explorée, a ensuite été développée par trois auteurs : l’expert américain en politique de santé et en épidémiologie appliquée Robin D. Gorsky, le médecin et épidémiologiste américain engagé sur les questions éthiques en santé publique Douglas L. Weed et, plus récemment, l’épidémiologiste américain Michael B. Bracken, professeur émérite et ancien président de deux grandes sociétés savantes en épidémiologie, ayant plaidé pour une approche plus nuancée de la discipline.


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Cette réflexion vise à mieux comprendre la complexité des phénomènes sanitaires. En plus des statistiques et des modèles, l’épidémiologie mobilise aussi la pensée critique et l’analyse contextuelle. Pourtant, certaines simplifications persistent.

Par exemple, comme le souligne encore Peretti-Watel, le non-usage du préservatif est souvent vu comme un choix individuel. Or, il peut être façonné par des contraintes sociales et économiques. Dans certains milieux défavorisés, des femmes subissent des pressions ou des violences qui les empêchent d’en exiger l’usage. Une lecture strictement biomédicale omet ces réalités. Elle risque de négliger l’impact des inégalités sociales sur la santé.

Pour une pédagogie de l’épidémiologie ancrée dans les humanités

Intégrer l’épidémiologie plus tôt dans les cursus collégiaux et universitaires aiderait les citoyens à mieux interpréter les informations médicales et scientifiques.

Aujourd’hui, la désinformation en santé prolifère. Elle est alimentée par certains influenceurs, des discours aux fondements non vérifiés et même des experts diffusant des données approximatives ou tendancieuses. Cette confusion nuit à la compréhension des maladies, de leurs causes et de leurs traitements.

Un jeune homme lève la main dans une classe
Revoir la place de l’épidémiologie à l’université et ses rapports avec les humanités est primordial.
(Shutterstock)

L’épidémiologie repose sur un raisonnement rigoureux, mais ses concepts de base restent accessibles aux non-spécialistes. Mieux enseignée, elle renforcerait la pensée critique. Elle aiderait à repérer les croyances populaires et les affirmations pseudoscientifiques fondées sur des principes contestés. Par exemple, les polémiques autour des vaccins et les prétendus « traitements miracles » comme l’homéopathie illustrent les dangers d’une méconnaissance scientifique.

Une intégration plus large de l’épidémiologie dans les programmes éducatifs encouragerait une vision plus éclairée de la santé publique. Elle permettrait d’analyser rationnellement les politiques sanitaires. Elle aiderait à comprendre les déterminants sociaux de la santé, au-delà des seules interprétations biomédicales.

Les humanités au service de l’épidémiologie

Pour relever les défis contemporains de la santé publique, l’épidémiologie doit élargir ses fondements. Elle gagne à être pensée comme une discipline intégrant les sciences humaines. Une approche plus interdisciplinaire permettrait de mieux comprendre les déterminants sociaux et structurels de la santé, au-delà des analyses biomédicales classiques. Les institutions académiques ont un rôle clé à jouer dans cette transformation. En intégrant les humanités à la formation en épidémiologie, elles encourageraient une approche plus globale et critique des questions de santé.

Cette démarche ouvrirait la voie à une santé publique mieux adaptée aux réalités sociales et politiques de nos sociétés. L’enseignement de l’épidémiologie, enrichi par la philosophie, l’histoire et la sociologie, favoriserait une prise de décision plus éclairée et équitable. En plaçant la réflexion critique au cœur de la santé publique, cette orientation contribuerait à une vision plus humaine et inclusive des soins et des politiques sanitaires.

L’épidémiologie ne se limite pas aux chiffres et aux modèles statistiques. Elle éclaire des enjeux qui touchent directement les populations. En repensant son enseignement et ses fondements, elle pourrait jouer un rôle encore plus essentiel dans l’amélioration de la santé mondiale.

Quelques initiatives

Dans cette perspective, l’enseignement de l’épidémiologie peut s’inspirer d’un mouvement amorcé dans plusieurs institutions occidentales.

L’Université de Montréal en est un exemple, en réfléchissant à la place des arts et des humanités dans la formation médicale. Plusieurs organisations crédibles soutiennent cette approche.

L’Organisation mondiale de la santé a publié une revue sur les effets positifs des arts sur la santé. L’Association of American Medical Colleges souligne leur rôle fondamental dans l’éducation médicale. À cet égard, l’Association canadienne des sciences humaines en santé encourage aussi la collaboration interdisciplinaire.

Ces recommandations confirment la valeur ajoutée des humanités dans le développement de compétences clés pour une pratique médicale plus humaine et efficace. Pour concrétiser cette vision, il faut repenser les programmes de formation.

Un programme d’épidémiologie intégré à une école de santé publique devrait refléter une véritable culture de santé publique. Celle-ci serait fondée sur un cadre interdisciplinaire et intersectoriel, une vision globale de la santé et une prise en compte des déterminants sociaux. Cela impliquerait aussi de rééquilibrer l’accent mis sur l’épidémiologie clinique et biomédicale, au profit d’une perspective davantage sociale et populationnelle.

La Conversation Canada

Bernard-Simon Leclerc ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’épidémiologie sans les sciences humaines : un regard incomplet sur la santé – https://theconversation.com/lepidemiologie-sans-les-sciences-humaines-un-regard-incomplet-sur-la-sante-255692

El genocidio olvidado de Namibia: cómo los alemanes cazaron y asesinaron a los bosquimanos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Robert J. Gordon, Emeritus Professor, University of Vermont and Research Associate, University of the Free State

El genocidio de los pueblos ovaherero y nama de Namibia a manos de las fuerzas coloniales alemanas (1904-1907) está ampliamente documentado. Pero se habla mucho menos de lo que vino después: el genocidio de los bosquimanos del país, también conocidos como los san.

En 1992, el antropólogo Robert J. Gordon publicó un libro hablando del mito de los bosquimanos y la creación de una clase marginada en Namibia, recientemente reeditado.


La cuenca del Kalahari, en el sur de África, es una de las zonas etnográficas (áreas con culturas distintas) más ricas del mundo. La región alberga algunas de las lenguas más antiguas que aún existen y la diversidad genética que se encuentra en la zona indica que es el hogar de una de las poblaciones ancestrales originales del mundo.

La palabra “bosquimano” se utiliza como término genérico que engloba a más de 200 grupos étnicos. No existe un bosquimano típico, sino que constituyen una miscelánea de grupos fluidos. Muchas comunidades locales prefieren el término bosquimano en lugar de la categorización oficial de “san” y “marginales”. De hecho, el término “san”, proveniente de la lengua khoekhoegowab, significa lo mismo que bosquimano.

En general, se trata de personas sociables con una fuerte tendencia a compartir. Antes de la colonización, los bosquimanos vivían como cazadores-recolectores, vagando por el paisaje. Tenían un concepto diferente de la propiedad, no deseaban ni dinero ni ganado; eran incontrolables y, por ello, se les trataba como animales y se les sometía a la aniquilación.

Pánico a la ‘plaga de bosquimanos’

La actual Namibia fue una colonia alemana desde 1884 llamada África del Sudoeste alemana. Como resultado de la genocida guerra herero-nama de 1904-1907, Alemania consiguió fomentar la colonización.

El arco noreste del territorio, que se extiende desde Otavi hasta Gobabis, con Grootfontein como epicentro, sirvió de imán para los colonos: con una línea ferroviaria recién terminada, minas, un vasto potencial agrícola y tierras accesibles. Solo en Grootfontein, el número de granjas de colonos aumentó de 15 en 1903 a 175 en 1913. Casi todas estas ganaderías se encontraban en tierras ocupadas por los bosquimanos.

Los colonos pronto se vieron en apuros. En 1911, los titulares de la prensa namibia hablaban de una “plaga de los bosquimanos”. Dos elementos alimentaron el pánico. En primer lugar, el asesinato de un policía y varios granjeros blancos. En segundo lugar, se suponía que las actividades de los bosquimanos estaban obstaculizando el flujo de trabajadores migrantes contratados, muy necesarios, procedentes de las regiones de Owambo y Kavango para trabajar en los yacimientos de diamantes recién descubiertos de Luderitzbucht. La Cámara de Minas quería “sanear” la zona.

En consecuencia, el gobernador alemán ordenó que se disparara a los bosquimanos [si se creía que intentaban resistirse al arresto por parte de funcionarios o colonos]. Entre 1911 y 1913 se desplegaron más de 400 patrullas antibosquimanas que cubrían unos 60 000 km².

Pero los colonos y las autoridades consideraron que estas medidas eran insuficientes y continuaron aterrorizando a los bosquimanos sin recibir ni una simple reprimenda. Las “cacerías de bosquimanos” continuaron hasta la toma del territorio por Sudáfrica en 1915, cuando el país pasó a llamarse África del Sudoeste.

No sabemos cuántos bosquimanos murieron, pero, como explico en mi libro, las estimaciones oficiales sitúan el número de bosquimanos en 1913 entre 8 000 y 12 000. En 1923 eran 3 600. Esto da una idea de la magnitud de las matanzas.

Lo que alimentó el genocidio fue el espíritu colonizador. El ethos dominante era el de un asedio, de sentirse amenazados por fuerzas externas impredecibles. Los granjeros, atraídos por las generosas ayudas y subvenciones del Gobierno, eran en su mayoría soldados licenciados, mal entrenados en la agricultura, carentes de conocimientos locales esenciales y educados en la arrogancia racista. La situación generó inseguridad, miedo e hipermasculinidad.

Los bosquimanos, con su reputada habilidad para camuflarse y rastrear y cazar con flechas envenenadas para las que no se conocía antídoto, personificaban su peor pesadilla mientras intentaban establecer su dominio en sus granjas aisladas. Considerados una especie de presas depredadoras, los bosquimanos debían ser exterminados como grupo: es decir, un genocidio.

Lo que sucedió después del genocidio

La represión continuó bajo el régimen sudafricano desde 1915 hasta la independencia en 1990, aunque de forma menos extrema. Se ilegalizó la posesión de arcos y flechas bosquimanos. Los bosquimanos fueron despojados progresivamente de su territorio para dar paso a reservas de caza y granjas de colonos.

Aún en la década de 1970 la administración seguía pensando en reubicar a 30 000 bosquimanos en la denominada Bushmanland, creada artificialmente, que constituía el 2 % del territorio que habían ocupado anteriormente.

La gran mayoría permaneció en sus zonas tradicionales, ahora bajo el dominio de los granjeros colonos, donde se hundieron en una situación de servidumbre. Con la independencia de Namibia, la situación empeoró. Las nuevas leyes laborales establecieron un salario mínimo, lo que hizo que no fuera rentable mantener a los trabajadores bosquimanos. Muchos granjeros se dedicaron a la caza mayor o vendieron sus tierras a granjeros negros que preferían contratar a sus parientes.

El resultado fue que los bosquimanos se vieron obligados a trasladarse a zonas comunales o a asentamientos informales en los alrededores de las ciudades, donde malviven en condiciones precarias.

¿Dónde se encuentra esta población hoy en día?

Actualmente, los bosquimanos se encuentran en diferentes situaciones de servidumbre, realizando en su mayoría trabajos de baja cualificación en las regiones del norte y el noreste, donde antaño eran los habitantes ancestrales. El Gobierno está tratando de ayudarlos, principalmente con subsidios sociales y unas pocas granjas de reasentamiento superpobladas.

Si buscamos “bosquimanos namibios” en internet, aparecen innumerables imágenes idealizadas de bosquimanos con trajes tradicionales cazando y rastreando. Estas narrativas, en gran parte fruto de la promoción turística, refuerzan el mito de los bosquimanos “puros”. La historia del genocidio y la servidumbre queda totalmente borrada.

The Conversation

Robert J. Gordon no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El genocidio olvidado de Namibia: cómo los alemanes cazaron y asesinaron a los bosquimanos – https://theconversation.com/el-genocidio-olvidado-de-namibia-como-los-alemanes-cazaron-y-asesinaron-a-los-bosquimanos-262898

Cuidado con la fatiga del escándalo: si la corrupción le abruma, busque ‘periodismo de precisión’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Sánchez de la Nieta Hernández, Profesor contratado doctor en el Grado en Periodismo, Universidad Villanueva

Collagery/Shutterstock

En el ensayo El fracaso de la república de Weimar, el periodista e historiador Volker Ullrich plantea una pregunta inquietante cuando se contempla desde hoy: ¿cómo pudo desmoronarse con tanta facilidad la democracia alemana en los años 30?

Su respuesta no apunta a un destino trágico, sino a una serie de decisiones evitables. “Nada estaba escrito”, insiste. Si algunos jueces y políticos –yo añadiría periodistas– hubieran actuado con mayor claridad, Adolf Hitler podría haber sido solo uno más entre muchos agitadores radicales que han existido.

Esa observación encierra una advertencia útil para nuestro época: la democracia puede fallar por exceso de confianza. Cuando confundimos solidez institucional con estabilidad automática, basta un soplo –una crisis, una renuncia colectiva a vigilar– para que el edificio se venga abajo como un castillo de naipes.

La vigencia del cuarto poder

Ahora bien, no pretenden estas líneas alimentar el pesimismo. Si algo ha mejorado desde los días de Weimar es la capacidad que hoy tienen las democracias para fiscalizar el poder. En particular, el periodismo, como elemento de contrapoder, cuenta con más recursos y eficacia que nunca en defensa del Estado de derecho.

El llamado cuarto poder opera hoy en un ecosistema completamente distinto. Las leyes de transparencia, los portales de datos abiertos, las redes internacionales de colaboración entre periodistas, ONG y fiscalías, así como las herramientas de análisis de datos y el uso de inteligencia artificial han transformado profundamente la forma en que se investiga y se informa.

Estamos —aunque no siempre lo percibamos— en una especie de edad de oro de la trazabilidad informativa.
Un político que oculte patrimonio, manipule licitaciones o canalice donaciones irregulares a través de fundaciones pantalla se arriesga a ser descubierto no ya en años, sino en cuestión de horas. No por azar, sino porque hay periodistas formados para cruzar registros, rastrear operaciones, automatizar búsquedas y detectar patrones que antes permanecían ocultos.

Herederos del periodismo de precisión

Este cambio metodológico no es reciente. En los años 70, el periodista estadounidense Philip Meyer anticipó la evolución del oficio al proponer lo que llamó periodismo de precisión. Apostaba por incorporar los métodos de las ciencias sociales al trabajo periodístico: estadísticas, encuestas, bases de datos.

Hoy esa visión es ya una realidad. Tanto desde los grandes medios tradicionales como desde proyectos independientes, se asiste a un resurgir de la verificación, la contrastación y el periodismo colaborativo como ejes del control al poder.

A esto se suma otro fenómeno: las sociedades hiperconectadas no solo amplifican el discurso populista; también permiten una fiscalización ciudadana y mediática casi inmediata.

Cualquier decisión polémica, cualquier documento filtrado o declaración engañosa puede circular y ser analizada en tiempo real por expertos, medios y usuarios con acceso a herramientas de análisis y fuentes abiertas.

Fatiga del escándalo

Pero no todo son buenas noticias. Porque la eficacia de estos mecanismos depende también del estado de la ciudadanía. Y aquí aparece un riesgo sutil, pero creciente: la saturación de escándalos.

Si todo es escándalo, nada lo es. Cuando la corrupción se presenta como ubicua, cuando los titulares sobre irregularidades se suceden sin pausa en no pocos países, puede llegar a producirse un efecto paradójico: lejos de provocar una ciudadanía más exigente, se genera indiferencia, cinismo, desmovilización. Es lo que algunos estudios llaman fatiga del escándalo.

La repetición, la aceleración informativa, la ausencia de contexto y la pérdida de jerarquía noticiosa terminan vaciando de sentido el papel del periodismo como generador de inteligencia pública.

Hoy, el problema ya no es solo que el poder mienta, sino que la ciudadanía se resigne a que así sea. La abundancia de información, por sí sola, no garantiza una comprensión más clara de la realidad. Al contrario: sin mediación profesional, sin criterios editoriales sólidos, sin una narrativa que ordene y jerarquice, la información se transforma en ruido. Y el ruido es terreno fértil para la apatía democrática.

Por eso, aunque celebremos los avances en transparencia y periodismo de datos, debemos estar atentos a otro tipo de erosión: la que proviene no del secretismo, sino de la sobreexposición. Una que convierte la denuncia en espectáculo, y el escándalo en rutina.

El periodismo debe seguir desvelando tramas, sí. Pero también tiene la responsabilidad de cuidar su forma y su fondo. Aportar contexto. Explicar qué está en juego. Distinguir lo anecdótico de lo esencial. Resistirse al titular fácil. Porque, como advertía Ullrich, todo puede cambiar a peor en muy poco tiempo. Y si la sociedad se anestesia ante la mentira, el siguiente “demagogo carismático” podría encontrar la puerta abierta.

La respuesta desde el periodismo público

Existe un enfoque del periodismo muy adecuado para hacer frente a esta deriva de la sociedad. Nacido desde las intuiciones de Jay Rosen y Davis Merrit en los años 90, el Public Journalism no se conforma con levantar alfombras; quiere que el ciudadano mire debajo de ellas y decida barrer.

Frente a la fatiga del escándalo –ese hartazgo que anestesia– propone relatos que no solo denuncien, sino que convoquen. Sustituye el grito repetido por el diálogo fértil. Da voz a la comunidad y convierte el dato en carne: lo baja a tierra, lo humaniza. Así, donde hay riesgo de apatía, cultiva responsabilidad compartida.

En tiempos de sobreinformación y ruido, este periodismo sereno rescata lo esencial: el sentido. No reduce la verdad al clic ni la urgencia al escándalo. Apuesta por el contexto, la conversación y el compromiso. No quiere espectadores irritados, sino vecinos implicados. Porque sin ciudadanos despiertos, ni la mejor exclusiva cambia nada. Y sin alma, ni la verdad más verificada conmueve.

The Conversation

Miguel Ángel Sánchez de la Nieta Hernández no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuidado con la fatiga del escándalo: si la corrupción le abruma, busque ‘periodismo de precisión’ – https://theconversation.com/cuidado-con-la-fatiga-del-escandalo-si-la-corrupcion-le-abruma-busque-periodismo-de-precision-260647

¿Neutro es siempre sinónimo de equilibrio?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Culleré Varea, Profesora titular de la Facultad de Ciencias de la Salud., Universidad San Jorge

Lothar Drechsel/Shutterstock

Al escuchar la palabra ácido todos pensamos en alimentos como los cítricos o el vinagre (ácido acético) que generan en nuestro paladar sensación de acidez. Sin embargo, el concepto contrario, denominado basicidad o alcalinidad, no se asocia de forma tan directa ni fácil con una sensación en el paladar. Y, por lo tanto, resulta algo más desconocido.

Solo aquellos que están familiarizados con el mundo de la química relacionan este concepto con productos como la lejía (perclorato sódico) o el amoniaco. Sin olvidarnos del bicarbonato, que muchos utilizan para combatir el exceso de acidez tras una mala digestión.

Para comprender en qué consisten las sustancias ácidas y las básicas resulta imprescindible introducir el concepto de pH. Se trata de un índice o coeficiente que nos permite cuantificar cómo de ácida es una sustancia, sin ambigüedades del tipo “mucho”, “poco”, “bastante” o “apenas”. La escala numérica de pH va desde 0 hasta 14, de tal manera que valores inferiores a 7 son indicativos de acidez (y cuanto más bajos, mayor es la acidez), mientas que valores superiores a 7 están relacionados con la basicidad o alcalinidad (y de nuevo, cuanto mayor es el valor, mayor es la basicidad). El punto intermedio, 7, es considerado pH neutro.

En otros ámbitos de la vida más humanísticos, una situación neutral implica que existe un equilibrio. Pero ¿ocurre lo mismo con el pH? Lo cierto es que no. Un pH neutro no es necesariamente “ideal” en todas las circunstancias. Especialmente cuando nos referimos a nuestro organismo.

Un mosaico de pHs en nuestro cuerpo

El pH tiene mucha importancia en el ámbito de la salud. Nuestro cuerpo no tiene un único pH que represente a todos nuestros órganos, sino que cada uno de ellos tiene su pH óptimo, que no siempre es el neutro. Y no alterarlo ayuda a evitar patologías o anomalías.

Por ejemplo, el estómago tiene pH ácido debido a su alto nivel de ácido clorhídrico (HCl), imprescindible para poder digerir de forma adecuada los alimentos. Cuando este nivel se altera y muta a un pH alcalino, pueden crecer microorganismos causantes de infecciones bacterianas.

La saliva suele tener un pH alrededor de 6,5 a 7. Valores inferiores pueden ser indicativo de malas digestiones. Además, pHs alterados en la saliva pueden predisponer a padecer problemas bucales como gingivitis o caries. De ahí que las pastas dentífricas deban presentar un pH ligeramente ácido para inhibir el crecimiento de las bacterias responsables de placas y caries. Sin embargo, si el pH es excesivamente ácido, puede ocasionar daños en el esmalte.

El pH de la piel no es realmente neutro

En una persona sana, el pH de la orina puede oscilar entre 4,5 y 8. Valores más básicos podrían ser indicativo de una infección urinaria, y valores más ácidos pueden ser una consecuencia de padecer gota.

El pH de la piel ronda el 5,5, y por esta razón los productos de higiene suelen tener este pH. En las etiquetas de los geles es habitual encontrar el indicador pH neutro, pero hacen referencia al pH propio de la piel y no a pH 7. En cuanto a los champús, tienen un pH comprendido entre 4,5 y 6. De no ser así, podrían causar irritación o resecar el cuero cabelludo.

En cuanto a la sangre, mantiene el pH dentro de un intervalo muy estrecho (7,35 – 7,45). Por encima o debajo de estos valores se pueden dar situaciones incompatibles con la vida.

Definitivamente, hablando de pH y salud, el término neutro deja de ser sinónimo de equilibrio.

The Conversation

Laura Culleré Varea no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Neutro es siempre sinónimo de equilibrio? – https://theconversation.com/neutro-es-siempre-sinonimo-de-equilibrio-258939

¿Escuchar música o tenerla de fondo? La educación musical en tiempos de ‘streaming’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paloma Bravo-Fuentes, Profesora sustituta interina del área de Didáctica de la Expresión Musical, Universidad de Jaén

Yullia Lypai / Shutterstock

Vivimos rodeados de música. Nos acompaña en el supermercado, en el coche, mientras estudiamos, trabajamos o incluso, descansamos. Gracias a plataformas de escucha en streaming y redes sociales, nunca antes había sido tan fácil tener acceso a cualquier canción en cualquier momento. Sin embargo, ¿estamos realmente escuchando? ¿O simplemente dejamos que la música suene como un fondo más en nuestra vida saturada de estímulos?

Algunas investigaciones apuntan a que plataformas como Spotify fomentan una forma de escucha predominantemente pasiva. En lugar de elegir qué oír, muchos usuarios se limitan a escuchar listas de reproducción generadas algorítmicamente o diseñadas para ambientes específicos (como “música para estudiar”), lo que convierte a la música en un mero fondo sonoro. Esta práctica despoja a la música de su papel como objeto de atención, relegándola a un acompañamiento funcional que apenas requiere implicación emocional o cognitiva por parte del oyente.




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Muchos estudios han analizado cómo la era del streaming ha transformado nuestra relación con la música, instaurando un modelo de consumo fragmentado y efímero. La accesibilidad inmediata a millones de canciones no se ha traducido en una mayor profundidad de escucha, sino en una sobrecarga de disponibilidad que banaliza la experiencia auditiva. La música está más presente que nunca en nuestras vidas, pero es posible que la estemos escuchando menos atenta o reflexivamente.

Fragmentos virales en Tiktok

Este fenómeno se acentúa en redes sociales como TikTok, donde la música se convierte en un recurso visual y emocional al servicio de contenidos breves, pensados para captar la atención en apenas unos segundos. Los fragmentos musicales más virales suelen ser de apenas 15 o 30 segundos, y su función no es tanto ser escuchados como generar impacto inmediato, facilitar un reto viral o acompañar una coreografía, independientemente del contenido de las letras de las canciones que incluye.

Así, la música deja de ser un fin en sí mismo y se convierte en un medio para otros fines, lo que contribuye aún más a su descontextualización y a la pérdida de profundidad en la experiencia estética.




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La escucha activa y la atención

En este contexto de abundancia musical y dependencia del algoritmo, la educación musical puede y debe ayudarnos a reaprender a escuchar de manera crítica y consciente. Escuchar críticamente no significa convertirnos en expertos, sino prestar atención activa a lo que oímos, reflexionar sobre las letras y entender el contexto cultural de cada canción.

Hoy más que nunca, es necesario cultivar esa escucha atenta. Las plataformas priorizan algoritmos que nos proponen canciones similares a lo que ya escuchamos, creando burbujas musicales que limitan nuestra exposición a la diversidad musical.

La importancia de la letra

Muchas canciones que triunfan en listas de éxitos incluyen letras que reproducen estereotipos de género, mensajes de violencia o modelos de relaciones tóxicas y que, sin embargo, consiguen viralizarse en las redes.




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La escucha crítica permite darse cuenta de estos contenidos y decidir de manera consciente si la queremos consumir y compartir.

Actividades para fomentar la curiosidad musical

En las aulas, la educación musical ofrece un espacio privilegiado para entrenar esta escucha activa. A través de actividades sencillas se puede fomentar en niños y jóvenes la curiosidad, el pensamiento crítico y el gusto estético musical.

Por ejemplo: analizar las letras de canciones que escuchan los propios alumnos y alumnas a diario, proponiéndoles identificar qué emociones transmiten, qué valores promueven y si existen estereotipos o mensajes problemáticos.

Otra opción consiste en comparar dos canciones que aborden un mismo tema (como el amor, el éxito o el cuerpo), pero desde perspectivas opuestas. A partir de esta comparación, se puede reflexionar sobre el impacto que sus mensajes pueden tener en quienes las escuchan, además de comprender distintas formas de narrar una misma realidad.

Escucha activa en casa

Esta tarea no es exclusiva de la escuela: también en casa podemos hacer el ejercicio de detenernos a escuchar con atención, conversar sobre lo que transmite una canción, e incluso descubrir nuevos géneros musicales.

Por ello, es fundamental ir más allá de la teoría y proponer ejemplos concretos que ayuden a ejercitar esta escucha activa, especialmente en relación con las letras de las canciones que consumimos de forma automática.




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Escuchar juntos una canción que les guste, leer su letra en voz alta y preguntarse qué dice realmente la canción (y si estamos de acuerdo con lo que plantea) permite abrir un espacio de conversación y desarrollo de la conciencia crítica sobre lo que se consume a diario a nivel musical. Esta toma de conciencia no busca censurar sino empoderar al oyente para decidir qué música quiere incorporar en su día a día.

En definitiva, aprender a escuchar en este mundo saturado de música es una habilidad valiosa que permite disfrutar de lo que oímos y desarrollar un pensamiento crítico en un entorno donde muchas veces simplemente oímos pero no escuchamos.

The Conversation

Paloma Bravo-Fuentes no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Escuchar música o tenerla de fondo? La educación musical en tiempos de ‘streaming’ – https://theconversation.com/escuchar-musica-o-tenerla-de-fondo-la-educacion-musical-en-tiempos-de-streaming-262577

Esperando a las Perseidas: qué ver en el cielo de una noche de verano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Víctor Lanchares Barrasa, Profesor de Matemática Aplicada, Universidad de La Rioja

Lluvia de meteoros Perseidas atraviesan un cielo en 2024. A la izquierda, el resplandor rosáceo de la aurora. La galaxia de Andrómeda aparece en la parte superior, justo a la izquierda del centro NASA/Preston Dyches, CC BY

A partir del 11 de agosto llegará el gran momento de Las Perseidas, el sueño popular de las estrellas fugaces. Nada mejor que una noche templada de verano, lejos de las luces de la ciudad, al amparo de la mayor oscuridad posible, para esperarlas. El paso de las horas, mientras llegan, hará que desfilen ante nosotros seres mitológicos en forma de constelaciones, que nuestros antepasados dibujaron entre las estrellas y les sirvieron como brújula, reloj y calendario.

Algunas apps ayudan a interpretar lo que vemos y nos permiten localizar objetos celestes desde el móvil de modo muy sencillo. Entre ellas Sky view para IOS/Android, Stellarium para IOS/Android (esta tiene una versión para ordenador y tablet completísima) y Google Sky Map para Android.

La espina dorsal del cielo

Con ayuda de una de estas aplicaciones o sin ella, destaca en estas noches estivales la espina dorsal del cielo, una banda de un resplandor suave, que se extiende desde el noreste hasta el sur-suroeste. Se trata de la Vía Láctea. Debe su nombre a un mito griego según el cual no es más que la leche derramada por la diosa Hera cuando apartó a Heracles mientras mamaba con fuerza de su pecho.

El nacimiento de la Vía Láctea del pintor Peter Paul Rubens (1636), que se encuentra en el Museo del Prado.
Wikimedia commons, CC BY

En realidad, la Vía Láctea es una agrupación de miles de millones de estrellas que conforman la galaxia en la que vivimos. Nosotros nos encontramos dentro del disco que contiene la mayoría de las estrellas y, cuando miramos en la dirección de este disco, lo vemos como una franja de brillo tenue generada por la combinación de la luz de innumerables estrellas, demasiado distantes como para ser detectadas individualmente a simple vista.

Esta banda es más brillante en el cielo de verano, cuando miramos hacia el centro de la galaxia, que se encuentra en la constelación de Sagitario, cerca del horizonte, en dirección sur-suroeste. Aquí arranca el segmento más brillante de la Vía Láctea, que se extiende hasta la constelación del Cisne, cerca del punto más alto del cielo.

La Vía Láctea desde un lugar sin contaminación lumínica.
Pexels, CC BY

Miles de soles, de Sagitario a Cisne

Sagitario y Cisne tienen estrellas brillantes y patrones estelares sorprendentes a simple vista, pero también albergan muchas maravillas adicionales.

No hay nada que nos pueda causar mayor satisfacción como observadores que recorrer lentamente el camino que va de Sagitario al Cisne con unos prismáticos. De hecho, ninguna constelación en ningún otro lugar del cielo puede igualar a estas dos en cuanto a cantidad de nebulosas y estrellas en el campo de visión de un pequeño instrumento óptico. Con su ayuda, descubriremos un asombroso panorama de miles de soles, adornado de nubes brillantes e increíbles enjambres y racimos de estrellas que seguro no nos dejarán indiferentes.

Localizada la constelación del Cisne, si pudiéramos ver con ojos de grandes telescopios, observaríamos este complejo nebuloso, NGC 6914, a unos 6.000 años luz de distancia, en las profundidades de la Vía Láctea.
Fundación Descubre , CAHA , OAUV , DSA , Vicent Peris ( OAUV ), Jack Harvey ( SSRO ), Juan Conejero ( PixInsight ), CC BY

El triángulo del verano: Lira, Águila y Deneb

El Triángulo del verano: Vega, Deneb y Altair se convierten en las superestrellas del hemisferio norte durante las noches de agosto.
IAC/Vicent Peris, CC BY

Entre Sagitario y el Cisne se sitúan las constelaciones de la Lira y el Águila, que reconoceremos gracias a sus estrellas principales, Vega y Altair.

Vega, en la Lira, es la quinta estrella más brillante del cielo. La encontraremos casi encima de nuestra cabeza en una orilla de la Vía Láctea. En la otra orilla, en el Águila, se encuentra Altair, la duodécima en cuanto a brillo de todas las estrellas y cuyo nombre asociamos a uno de los caballos de Ben Hur. Vega y Altair, junto a Deneb, la estrella principal del Cisne, forman lo que se denomina el triángulo de verano, un patrón de estrellas fácilmente reconocible que preside las noches estivales.

Casiopea, la esposa de un rey etíope

Casiopea y varios de sus objetos, imagen de la app Stellarium.
Stellarium, CC BY

Siguiendo la Vía Láctea hacia el horizonte noreste, a poca altura a primera hora de la noche pero elevándose a medida que pasan las horas, se encuentra la constelación de Casiopea. Recibe su nombre de la esposa bella y vanidosa del rey etíope Cefeo, que reina junto a ella muy cerca del polo celeste, donde se encuentra la estrella polar.

No es ésta una estrella muy brillante, y para localizarla se usa la constelación más emblemática del hemisferio norte, la Osa Mayor. Suele verse como un carro formado por siete estrellas brillantes que nunca se oculta bajo el horizonte. Prolongando unas cinco veces la distancia que une las dos estrellas más alejadas de la vara del carro, se llega a la estrella polar, dentro de la Osa Menor, que tiene una configuración similar a la Osa Mayor, pero con estrellas más débiles.

A partir de la Osa Mayor, y siempre mediante alineaciones de estrellas, es posible recorrer el resto del cielo de verano. Así, prolongando el arco que forma la vara del carro, llegamos a Arcturus, una estrella de color anaranjado, la cuarta más brillante de todas, y usada en la antigüedad para las labores agrícolas. En la obra “Los trabajos y los días” de Hesíodo podemos leer:

Cuando Orión y Sirio lleguen al centro del cielo, y Aurora de dedos rosados vea a Arturo, ¡oh Perses!, entonces corta todos los racimos y llévalos a casa.

El reino de Arcturus

El tamaño de Arcturus en comparación con el Sol. A esta escala la Tierra es invisible.
Wikimedia commons, CC BY

Arcturus está en la constelación del Boyero, que nos servirá de trampolín para ir a la Corona Boreal, Hércules y a la zodiacal Virgo, ya desapareciendo por el oeste.

Camino para encontrar a Arcturus en el cielo nocturno a partir de la Osa Mayor.
Wikimedia commons, CC BY

Desde aquí, siguiendo hacia el este por el horizonte, nos encontraremos con Libra, con sus dos estrellas principales con los sugerentes nombres Zubenelgenubi y Zubeneschamali, literalmente las pinzas del escorpión. Antiguamente, estas dos estrellas formaban parte de la vecina Escorpio, donde destaca el brillo anaranjado de Antares, una supergigante roja, con un tamaño tan grande que, puesta en lugar del Sol, su borde exterior se extendería más allá de la órbita de Marte.

Continuando hacia el este, regresaríamos a Sagitario, donde hemos comenzado nuestro recorrido. Por el camino hemos dejado algunas constelaciones como el Dragón, el Delfín, Ofiuco y otras más, que con el tiempo podremos aprender a identificar.

Recreación de la gigante roja Antares, en la constelación de Escorpio. La estrella agonizante que se está convirtiendo en supernova.
ESO, CC BY

Y, al fin, la llegada de Las Perseidas

Además de las constelaciones y las maravillas que se ocultan tras la Vía Láctea, las noches de agosto nos pueden brindar la oportunidad de ver una buena cantidad de estrellas fugaces, principalmente procedentes de la región entre Perseo y Casiopea. Son las Perseidas.

Aunque el máximo de actividad se alcanza entre el 12 y 13 de agosto, este año el brillo de la Luna nos impedirá disfrutar de su momento álgido. Sin embargo, las Perseidas seguirán activas hasta finales de agosto y, una vez la Luna mengüe lo suficiente, aún tendremos oportunidad de ver unas cuantas estrellas fugaces. Tantas más cuanto más alto se encuentre en el cielo Perseo, que alcanza su máxima altura alrededor de las 4 de la madrugada, no mucho antes de que comience el crepúsculo matutino en las latitudes medias del norte.

Y mientras observamos estas veloces estelas, podemos reflexionar sobre el hecho de que estos meteoros son restos del cometa Swift-Tutlle, probablemente el objeto más peligroso conocido por la humanidad.

Visto por última vez en su regreso de 1992, su trayectoria podría hacerlo chocar con la Tierra en el futuro. Los expertos aseguran que esto no sucederá en los próximos miles de años. Pero si su núcleo llegase a impactar, probablemente causaría una destrucción mayor que el cometa o asteroide que acabó con los dinosaurios y la mayoría de las especies, hace 65 millones de años.

Con la espera de las estrellas fugaces, la noche de observación se habrá alargado y el paso del tiempo hará que las constelaciones otoñales tomen protagonismo, entre ellas Andrómeda. Aquí se encuentra el objeto más distante visible a simple vista, la galaxia de Andrómeda, a más de dos millones de años luz de distancia. Su contemplación puede ser el mejor cierre para una noche de estrellas de verano.

The Conversation

Víctor Lanchares Barrasa no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Esperando a las Perseidas: qué ver en el cielo de una noche de verano – https://theconversation.com/esperando-a-las-perseidas-que-ver-en-el-cielo-de-una-noche-de-verano-261395

No solo sufren las playas del Mediterráneo: estos son los impactos que amenazan los arenales de Galicia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Pita, Investigador en socioecología marina, Universidade da Coruña

Playa de Riazor (La Coruña), en la que ondea una bandera azul, un distintivo de calidad. Pablo Pita, CC BY-SA

Las playas son lugares hermosos que invitan al descanso y la diversión. En ellas se realizan todo tipo de actividades de ocio, que van desde relajarse tomando el sol hasta practicar deportes acuáticos como el esnórquel o el surf. Por ello, y a pesar del aumento de la oferta de actividades alternativas en España en los últimos años –como el turismo cultural y gastronómico, las rutas de senderismo o las visitas a entornos rurales–, las playas, junto con el buen clima, siguen siendo el principal atractivo turístico para los visitantes, tanto nacionales como extranjeros.

Además de ser espacios de recreo, las playas son ecosistemas costeros de gran valor ecológico que albergan una notable biodiversidad. Esta riqueza biológica se debe al elevado dinamismo de estas áreas, sometidas al constante impacto del oleaje, al desplazamiento de los sedimentos y a la alternancia entre la exposición al aire y al sol, y la inmersión en agua salada.

Por su condición de ecotonos, es decir, fronteras entre el mar y la tierra, las playas son el hogar de numerosas especies de animales y plantas altamente especializadas y resistentes, la mayor parte de las cuales no se encuentran en ningún otro lugar.

A ello se suma el hecho de que las playas y la naturaleza que albergan brindan diversas e importantes contribuciones a las personas, como la protección frente al oleaje y la erosión costera, así como la producción de alimentos.

Banderas azules, banderas negras

Muchos de los animales que habitan las playas, al pasar buena parte de su vida enterrados en la arena o tener hábitos nocturnos, suelen pasar desapercibidos para los visitantes. Por esta razón, la biodiversidad no suele ser uno de los valores que los bañistas tienen en cuenta al elegir qué playa visitar.

En cambio, lo habitual es que seleccionen el arenal en función de criterios de funcionalidad como la cercanía, la accesibilidad, los servicios disponibles o la seguridad, y no por motivos medioambientales, con la posible excepción de la calidad del agua de baño.

Por ello, las banderas azules, un galardón otorgado por un consorcio de entidades privadas previa solicitud de las Administraciones públicas locales, resultan convenientes para muchos, ya que se centran en la evaluación de los servicios básicos y de la calidad del agua de baño, especialmente en lo que respecta a la contaminación fecal.

Desgraciadamente, la contaminación por aguas fecales, ya sea a causa de vertidos procedentes de depuradoras deficientes o de vertidos incontrolados, es un problema habitual en muchas zonas costeras de España, incluida Galicia. Esta situación afecta incluso a playas que ondean banderas azules, tal y como expone la ONG ambientalista Ecologistas en Acción en su informe Banderas negras 2025.

Sobrepesca y contaminación industrial

A pesar de su impacto evidente sobre las personas y los ecosistemas, la contaminación fecal no es el problema más grave que afecta a las playas del norte de España. Los ecosistemas litorales sufren una amplia variedad de amenazas que, en conjunto, comprometen seriamente su viabilidad ecológica y socioeconómica.

Entre estas amenazas destacan la sobrepesca y el furtivismo (también de bañistas), la destrucción de hábitats y la alteración de las corrientes costeras provocada por infraestructuras como puertos, embalses y diques, así como por actividades de extracción de arenas y dragados. A ello se suma un turismo creciente que presiona tanto los ecosistemas como los servicios básicos y es fuente de conflictos en muchas áreas costeras.

Una mención especial merece la contaminación industrial, que con frecuencia alcanza el mar a través de los ríos, una situación especialmente preocupante en Galicia. Un caso emblemático es el de la papelera de la multinacional española ENCE, que ha ocupado durante décadas el dominio público marítimo-terrestre en la ría de Pontevedra, vertiendo residuos industriales y contribuyendo tanto a la degradación de los ecosistemas costeros como al deterioro de la calidad de vida en la zona.

Además, esta empresa ha favorecido la expansión del monocultivo de eucalipto, una especie que empobrece la biodiversidad y altera el equilibrio hidrológico.




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A esta situación se suma una nueva amenaza: la posible instalación de una nueva planta de celulosa de la multinacional portuguesa ALTRI, que ha recibido recientemente una declaración de impacto ambiental favorable por parte de la Xunta de Galicia para ubicarse a orillas del río Ulla.

Mariscadora recogiendo moluscos en la ría de Arousa
Mariscadora en la ría de Arousa, la más productiva de Galicia.
Pablo Pita, CC BY-SA

Este río desemboca en la ría de Arousa, la más productiva en términos de marisqueo. La planta vertería en ella millones de litros de aguas residuales al día, lo que podría agravar la crisis de productividad que el marisqueo en la ría ya viene sufriendo desde hace décadas como consecuencia de múltiples impactos humanos.

Esta crisis se ha visto intensificada por desembalses catastróficos de agua dulce y por los efectos del calentamiento del agua asociado al cambio climático.




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Los invisibles habitantes de las playas

Si bien una playa con bandera azul podría parecer una opción adecuada en entornos urbanos, esta distinción resulta claramente insuficiente para la inmensa mayoría de las playas. En realidad, normas como la ISO 14001 o el sistema europeo EMAS ofrecen estándares de calidad ambiental más completos y exigentes, y ya están siendo adoptados por algunas Administraciones locales comprometidas con la sostenibilidad.

Sin embargo, más allá de sellos y certificaciones, es fundamental reaprender a mirar las playas como lo que realmente son: lugares hermosos porque los compartimos con una multitud de seres vivos que, aunque a menudo pasen desapercibidos, están ahí, entregados a sus actividades cotidianas a nuestro alrededor.

Sepia bajo el agua sobre el fondo arena
Sepia común (Sepia officinalis) en el submareal arenoso de una playa.
Pablo Pita, CC BY-SA

Las pulgas de mar que se refugian bajo los arribazones de algas, los gusanos que dejan sus pequeños fideos de arena enroscada sobre la superficie, los diminutos gobios que nadan en la misma orilla, una sepia que adhiere sus huevos en las hojas de una hierba marina o el vuelo de una gaviota recortándose sobre el azul del cielo son solo algunas de esas pequeñas maravillas.

Pez con la boca roja y cuerpo de tonos violetas en el fondo sobre las rocas
Gobio de boca roja (Gobius cruentatus), frecuente a poca profundidad en las costas gallegas.
Pablo Pita, CC BY-SA

Tomar conciencia de la presencia de esa vida por momentos invisible es un primer paso esencial para transformar nuestra relación con las playas y contribuir a su protección como legado para las generaciones futuras. Al fin y al cabo, nuestros antepasados probablemente dieron sus primeros pasos vacilantes en una playa olvidada hace millones de años. Se lo debemos.

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Pablo Pita recibe fondos del Plan Estatal de Investigación Científica y Técnica y de Innovación del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, convocatoria Ramón y Cajal 2022 (RYC2022-035937-I), y de los Proxectos de Excelencia. Año 2024, de la Xunta de Galicia (ED431F 2024/09).

ref. No solo sufren las playas del Mediterráneo: estos son los impactos que amenazan los arenales de Galicia – https://theconversation.com/no-solo-sufren-las-playas-del-mediterraneo-estos-son-los-impactos-que-amenazan-los-arenales-de-galicia-259071