Le dégriffage des chats leur génère une douleur à vie. Il est temps de l’interdire

Source: The Conversation – in French – By Eric Troncy, Douleur animale, bien-être animal, Université de Montréal

Longtemps, faute d’études rigoureuses à long terme, les conséquences du dégriffage sont restées sous-estimées. Nos recherches menées au Québec révèlent qu’il cause des lésions nerveuses irréversibles et des souffrances chroniques. Cette mutilation doit être bannie, partout et pour toujours.

Je me suis intéressé à la douleur animale très tôt dans mon parcours. Pendant mes années de formation en anesthésie et gestion de la douleur, j’ai été frappé par la facilité avec laquelle on banalisait la souffrance des chats dégriffés. Cette indignation m’a suivi en recherche et a façonné mon travail depuis plus de vingt ans.

Avec mes collègues du Groupe de recherche en pharmacologie animale du Québec (GREPAQ – Université de Montréal), nous avons eu un accès unique à une colonie de chats atteints d’arthrose naturelle, une condition courante et douloureuse chez les animaux qui s’aggrave avec l’âge.

Nous avons développé et validé des outils spécialisés non-invasifs pour mesurer la douleur et la fonction nerveuse chez les chats – allant des tests cliniques vétérinaires à l’analyse de la démarche, l’imagerie cérébrale et les études de conduction nerveuse. Cela nous a permis de distinguer la douleur causée par l’arthrose de la souffrance supplémentaire engendrée par le dégriffage. C’était la clé : isoler la douleur de l’arthrose pour mieux cerner les effets propres du dégriffage.

Nos résultats, publiés dans la revue Nature Scientific Reports, ont été frappants : le dégriffage entraîne des lésions nerveuses aggravées à long terme, une sensibilité accrue à la douleur et des troubles de mobilité exacerbés, en particulier chez les chats plus lourds. Le système nerveux, surchargé dès le plus jeune âge, finit par s’épuiser, entraînant de la fatigue chronique, de l’hypersensibilité et une diminution du bien-être.

En d’autres termes, le dégriffage condamne les chats à une vie de douleur.

Une amputation, pas une coupe de griffes

Le dégriffage ne se cantonne pas à couper les griffes. Il s’agit de l’amputation de la dernière phalange de chaque doigt, généralement des pattes avant, parfois des quatre pattes. L’opération peut être réalisée à l’aide d’une lame de bistouri, d’un laser chirurgical, voire de coupe-griffes stérilisé.

La science vétérinaire a comparé les techniques, les protocoles analgésiques, et les complications, mais l’histoire dominante revenait toujours à la même idée : le dégriffage est controversé, mais permet encore, selon certains, de sauver des animaux.

Même l’American Veterinary Medical Association a conclu en 2022 que « des preuves scientifiques contradictoires existent concernant les conséquences du dégriffage ».

En tant que scientifique, je savais que cette « contradiction » reflétait en réalité une lacune dans la recherche : il n’y avait jamais eu d’étude rigoureuse et à long terme sur la douleur chronique causée par le dégriffage.

Pourquoi cette recherche était nécessaire

J’ai obtenu mon diplôme de Doctorat d’État vétérinaire à Lyon, en France, en 1992 – l’année même où l’Union européenne a proclamé l’interdiction du dégriffage des chats. Lorsque je suis arrivé en Amérique du Nord pour me spécialiser en anesthésie et en gestion de la douleur, j’ai été choqué de constater à quel point cette pratique était encore courante. Étant passionné par le bien-être animal, je n’ai jamais vu cette pratique autrement que comme une mutilation pour convenance.

Je me souviens encore d’avoir lu, en 2006, une lettre à l’éditeur, dans laquelle le Dr. Michael W. Fox, expert en éthologie et comportement animal, écrivait :

« Les propriétaires de chats attentionnés et responsables apprennent à leurs chats à utiliser des griffoirs… plutôt que de recourir au dégriffage systématique, qui constitue une mutilation pour des raisons de commodité. »

Pourtant, d’autres vétérinaires rejetaient ce point de vue, affirmant que la douleur était « minime » comparée à d’autres interventions – « quand on se compare, on se console ! » – et justifiant le dégriffage par une vision utilitariste : si cela évite que les propriétaires abandonnent leurs chats, la pratique est acceptable.

Et ainsi, cette pratique est restée largement répandue aux États-Unis et dans certaines provinces canadiennes, malgré son interdiction au Québec, en 2024. En fait, on estime qu’en 2025, quelque 25 millions de chats en Amérique du Nord sont dégriffés.

Un constat scientifique sans équivoque

Nos travaux ont donc constitué à comparer une cohorte de chats sains, à une cohorte de chats arthrosiques et à une cohorte de chats arthrosiques et dégriffés. Recueillir un nombre suffisant d’animaux ayant tous été soumis aux mêmes évaluations non-invasives a nécessité plus d’une décennie.

Mais l’attente a été bénéfique. Les preuves sont sans appel. Les chats arthrosiques présentent une sensibilité accrue au toucher, aggravée chez ceux qui sont aussi dégriffés. Leur système nerveux, sur-sollicité, développe une neuro-sensibilisation qui s’intensifie avec le temps, jusqu’à l’épuisement. Enfin, des répercussions biomécaniques se manifestent dans leur démarche, et les chats les plus lourds paient le prix le plus élevé.

Ces atteintes s’accompagnent de comportements altérés chez les chats dégriffés : réticence à sauter, négligence de la litière liée à la douleur dans les pattes, réactions de retrait à la palpation des doigts, voire une agressivité inhabituelle.


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Sur ces aspects, nos travaux menés par la Dr Aude Castel, neurologue vétérinaire, apportent un éclairage nouveau : les tests électrophysiologiques révèlent une atteinte directe des nerfs. Ces altérations, peut-être irréversibles, confirment la neuro-sensibilisation observée : un système nerveux défaillant et épuisé, qui correspond aux troubles comportementaux décrits.

La sensibilisation et l’éducation comportementale

En tant que vétérinaires, notre mission est de protéger le bien-être animal. En continuant à pratiquer le dégriffage, nous avons failli à cette mission. Les preuves sont désormais claires : il ne s’agit pas que d’une chirurgie de routine, mais d’une pratique éthiquement inacceptable aux conséquences graves et durables.

À la lumière de ces preuves, les vétérinaires doivent activement sensibiliser les propriétaires de chats aux graves conséquences à long terme du dégriffage et préconiser des stratégies alternatives telles que l’éducation comportementale, la coupe des griffes et l’utilisation de griffoirs. D’autres interventions, comme la ténotomie (section des tendons fléchisseurs des griffes), doivent être évitées, car elles perturbent le comportement naturel du chat et peuvent engendrer des douleurs chroniques similaires à celles du dégriffage.

De plus, les organismes de réglementation, comme l’Association canadienne des médecins vétérinaires et l’American Veterinary Medical Association, devraient intégrer les données scientifiques dans leurs décisions politiques afin de protéger le bien-être des félins.

Il est temps de bannir le dégriffage partout, surtout en Amérique du Nord.

La Conversation Canada

Eric Troncy a reçu des financements de Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Fondation canadienne pour l’innovation.

ref. Le dégriffage des chats leur génère une douleur à vie. Il est temps de l’interdire – https://theconversation.com/le-degriffage-des-chats-leur-genere-une-douleur-a-vie-il-est-temps-de-linterdire-263709

El planeta enano Ceres fue un mundo oceánico que pudo estar habitado, según desvela la sonda Dawn de la NASA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Josep M. Trigo Rodríguez, Investigador Principal del Grupo de Meteoritos, Cuerpos Menores y Ciencias Planetarias, Instituto de Ciencias del Espacio (ICE – CSIC)

El planeta enano Ceres se muestra en estas representaciones con colores mejorados, basadas en imágenes de la misión Dawn de la NASA. NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA, CC BY

Es el mayor asteroide del sistema solar, el cuerpo menor nº 1 del cinturón de asteroides. Ceres posee un diámetro cercano al límite de lo que definimos como cuerpo planetario, pero se queda en planeta enano, como Plutón.

La misión Dawn de la NASA orbitó Ceres hace una década, cartografiándolo en todo detalle. Tras múltiples revoluciones de la sonda a su alrededor, con las que obtuvo información sobre su gravedad y topografía, concluyó que este cuerpo planetario está diferenciado internamente, lo que significa que posee capas con composiciones distintas a diferentes profundidades.

El interior del planeta enano Ceres, incluyendo la transferencia de agua y gases desde el núcleo rocoso a un depósito de agua salada. El dióxido de carbono y el metano se encuentran entre las moléculas que transportan energía química bajo la superficie de Ceres.
NASA/JPL-Caltech, CC BY

Un nuevo estudio realizado con los datos que obtuvo la sonda Dawn, publicado en Science Advances y liderado por Samuel W. Courville, de la Universidad Estatal de Arizona y del Jet Propulsion Laboratory desvela que Ceres albergó un océano, con interesantes implicaciones en astrobiología.

Ceres, habitable para la vida microbiana

El nuevo estudio apunta a que Ceres albergó un océano global debajo de la superficie en su historia temprana.

En ese entorno tuvo lugar la interacción entre rocas y agua, generando los minerales que detectó la misión Dawn, fruto de la alteración acuosa.

Considerando la mineralogía superficial de Ceres, combinada con su alta abundancia de carbono, el planeta enano pudo ser habitable para la vida microbiana.

Ceres podría haber sido poblado por organismos similares a los descubiertos en las profundidades de la corteza terrestre y en chimeneas hidrotermales submarinas. Se denominan quimiótrofos porque son capaces de emplear compuestos inorgánicos reducidos, que surgen del interior de un cuerpo planetario, como sustratos para obtener energía y utilizarla en el metabolismo respiratorio.

En los orígenes de Ceres

El nuevo trabajo presenta un detallado modelo de la evolución química y térmica en el ambiente acuático interno de Ceres en sus orígenes. Los autores llegan a la conclusión de que si el interior rocoso alcanzó una temperatura superior a unos 277 °C, los fluidos liberados por las transformaciones de la roca en profundidad habrían promovido condiciones favorables para la habitabilidad de Ceres.

La transformación de los minerales por el proceso de alteración acuosa generó reacciones redox, donde algunos compuestos se oxidan (ceden electrones) y otros se reducen (los aceptan). Si surgió vida en Ceres, los microorganismos podrían haber aprovechado ese desequilibrio redox en el océano como fuente de energía para su metabolismo.

Ese periodo favorable para la vida no es despreciable, dado que pudo extenderse entre ~0.5 y 2 000 millones de años después de la formación del planeta enano.

La hipótesis parece demostrable, particularmente ahora que llevamos décadas estudiando mejor las comunidades de microorganismos quimiótrofos que habitan las profundidades del océano y de la corteza de nuestro planeta.

Ceres como futuro objetivo astrobiológico

Así pues, el nuevo estudio sitúa a Ceres como un interesante objetivo astrobiológico para una misión de retorno de muestras, como propusimos hace unos años.

Ceres es un cuerpo planetario único, ideal para estudiar la evolución posible de mundos oceánicos de unos 1 000 km de radio. Desde hace más de veinte años se sospechaba que su helado interior esconde más agua de la que posee el planeta Tierra. De hecho, en los primeros tiempos estos cuerpos podrían haber representado el tipo más abundante de ambiente habitable en nuestro sistema solar.

A gran profundidad

Sin embargo, encontrar actualmente huellas de esa vida pasada no será tarea fácil. Los estudios realizados por la sonda Dawn revelaron las profundidades a las que esos procesos tuvieron lugar: debajo de la corteza, de unos 40 km de grosor. Allí existe un manto dominado por rocas hidratadas, como las arcillas.

La misma corteza helada ya nos da una idea de la enorme cantidad de agua almacenada en Ceres. Esa agua no sería fácil de reutilizar porque es una compleja mezcla de hielo, sales y minerales hidratados, en proporciones probablemente variables conforme profundizamos en su estructura.

Entre las dos capas todo apunta a que hay acumulado un líquido rico en sales, una especie de salmuera que se extiende hasta los 100 kilómetros de profundidad, reminiscencia del océano existente antaño.

Un posible objetivo astrobiológico podría ser recoger muestras cerca de un entorno cercano a alguno de los criovolcanes que posee Ceres. En lugar de roca fundida, los volcanes de barro salado, o “criovolcanes”, expulsan agua fría y salada a menudo mezclada con barro.

El criovolcán Ahuna Mons, de 20 km de diámetro y unos 4 km de altura sobre el nivel de la superficie de Ceres.
NASA/JPL/Dawn mission

Los autores del estudio publicado en Science Advances apuntan a que la distancia que recorrería el fluido desde el núcleo rocoso de Ceres sería mayor que la de los sistemas hidrotermales análogos terrestres, y esto podría afectar a la habitabilidad. Los fluidos en el fondo de los océanos terrestres solo necesitan circular hidrotermalmente a profundidades de pocos kilómetros bajo el fondo oceánico, mientras que en Ceres deberían originarse a profundidades de decenas de kilómetros.

Concepto artístico de la estructura sugerida para el interior del asteroide Ceres en base a una imagen topográfica real de la misión Dawn de la NASA.
NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

Sólo la exploración espacial nos permite conocer la naturaleza y estructura de estos mundos helados. Futuras misiones nos permitirán comprender mejor su papel en el transporte de agua a los planetas rocosos como la Tierra, formados mayoritariamente de cuerpos deshidratados, muy diferentes a Ceres.

The Conversation

Josep M. Trigo Rodríguez recibe fondos del proyecto del Plan Nacional de Astronomía y Astrofísica PID2021-128062NB-I00 financiado por el MICINN y la Agencia Estatal de Investigación.

ref. El planeta enano Ceres fue un mundo oceánico que pudo estar habitado, según desvela la sonda Dawn de la NASA – https://theconversation.com/el-planeta-enano-ceres-fue-un-mundo-oceanico-que-pudo-estar-habitado-segun-desvela-la-sonda-dawn-de-la-nasa-263697

Sortir du petit geste : l’urgence d’une éducation politique en anthropocène

Source: The Conversation – in French – By Charles-Antoine Bachand, Professeur, Université du Québec en Outaouais (UQO)

Considérant l’ampleur des crises socioenvironnementales qui caractérisent l’anthropocène, de plus en plus de chercheurs estiment que les petits gestes écologiques ne suffiront pas et qu’il est urgent de plutôt miser sur des actions collectives. Pourtant, les systèmes scolaires peinent à faire une place à de telles actions dans leurs programmes de formation.

Professeur en fondements de l’éducation, c’est notamment à ce type d’enjeux que je m’intéresse. Que devrait enseigner l’école ? Comment peut-on permettre à l’école de réellement jouer son rôle social et démocratique ? Comment l’école peut-elle contribuer au pouvoir d’action des enfants et des citoyens ?

Dans cet article, je m’intéresse au concept de capabilités politiques collectives, et illustre pourquoi celles-ci pourraient contribuer à repenser l’éducation en anthropocène.

L’anthropocène, un problème politique

D’abord, notons que l’anthropocène est une expression de plus en plus utilisée pour identifier l’époque actuelle, alors que l’espèce humaine et les conséquences de ses actions se comparent à celles d’autres forces géologiques (volcans, mouvements tectoniques, etc.).

Or, contrairement aux autres forces géologiques, on peut espérer que l’humanité agit de façon délibérée et réfléchie. L’anthropocène n’est en ce sens pas simplement une époque de crises environnementales, mais bien plus un problème politique et collectif découlant des valeurs et des caractéristiques politiques, économiques et sociales de nos sociétés.

À ce sujet, plusieurs chercheurs ont souligné l’ambiguïté du concept d’anthropocène, qui tend à mettre tous les êtres humains dans le même panier et à leur attribuer la même responsabilité concernant les crises actuelles. Le terme Capitalocène est ainsi parfois proposé pour désigner plus précisément la responsabilité historique de la colonisation, du capitalisme et de l’exploitation du Sud par le Nord dans la naissance de cette nouvelle époque.

Pour notre part, comme le géologue catalan Carles Soriano, nous continuons de privilégier le terme anthropocène, tout en reconnaissant le bien-fondé des critiques apportées par ces collègues. À ce titre, Soriano précise que si la nouvelle époque dans laquelle nous nous trouvons est bien l’anthropocène, le premier âge de l’anthropocène pourrait être nommé le Capitalian afin de reconnaitre le rôle du capitalisme dans son apparition.

Pourquoi l’éducation doit-elle changer ?

Pourquoi, dès lors, repenser l’éducation ? Parce que l’anthropocène est d’abord social : l’action humaine l’a provoqué et doit donc être mobilisée pour en freiner les dégâts et en attaquer les causes (GES, érosion de la biodiversité, etc.). Il amplifie en outre les injustices et les souffrances humaines (zoonoses, inondations, sècheresses, migrations) et menace même l’habitabilité de la Terre.

En ce sens, former de simples « citoyens résilients » ou « éco-responsables » semble dérisoire. Les injustices qui nourrissent les crises environnementales – et que celles-ci accentuent – exigent un véritable pouvoir d’agir : la capacité, à la fois individuelle, collective et politique, de contester les structures injustes et de formuler des alternatives solidaires et durables.

Or, malgré une prise de conscience croissante, l’école reste marquée par une logique néolibérale où l’environnement est souvent réduit à une ressource. Les programmes abordent les crises environnementales sous un angle individualiste et apolitique, comme si l’on pouvait les contempler hors du monde qu’elle bouleverse. Ce traitement évoque à peine les répercussions sociales, et limite l’action à de simples gestes personnels, alors que les intérêts économiques dominent. De quoi, ajouter à l’écoanxiété des jeunes jugeant bien l’ampleur du porte-à-faux entre les actions proposées et la tâche à accomplir.


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Ce traitement est problématique : il occulte les causes structurelles des crises, rend invisibles les luttes des populations touchées et affaiblit les ressorts critiques de la citoyenneté démocratique nécessaires pour imaginer d’autres modes d’organisation sociale. C’est pourquoi, dans mes travaux, j’examine les potentialités de la capabilité politique collective (CPC) formulée par la chercheuse ontarienne Monique Deveaux. Issue des mouvements populaires, cette notion pourrait renouveler l’approche de l’action collective et de l’apprentissage démocratique en éducation.

Capabilités politiques collectives : un cadre pour l’éducation transformatrice

Le concept de capabilité est issu des travaux de l’économiste et philosophe indien Amartya Sen et de la philosophe états-unienne, spécialiste de philosophie morale et politique, Martha Nussbaum.

Très schématiquement, par ce concept, Sen rappelle que les libertés ne se mesurent pas aux seuls textes juridiques : elles dépendent des conditions concrètes qui permettent de les exercer. Le droit à l’éducation, par exemple, demeure théorique si l’école est inaccessible, coûteuse ou discriminatoire : l’enfant possède le droit, non la capabilité d’apprendre. La perspective des capabilités souligne donc qu’il ne suffit pas de proclamer un droit… encore faut-il instaurer les conditions matérielles, symboliques et institutionnelles qui rendent son exercice réellement possible pour toutes et tous.

Dans le cadre de ses travaux, Deveaux reprend ce concept en lui ajoutant une dimension collective et solidaire. Elle définit la capabilité politique collective (CPC) comme l’aptitude d’un groupe à se constituer en sujet politique capable de fixer des objectifs communs et de les poursuivre efficacement. Cette aptitude englobe des compétences adaptées au contexte qui n’existent qu’à l’échelle du collectif : élaborer des stratégies concertées, négocier, délibérer et décider ensemble, mais aussi créer de nouvelles structures adaptées aux besoins réels de la communauté.

Les CPC rendent ainsi possibles des réalisations (changer une loi, fonder une coopérative, mobiliser contre une injustice, etc.) qu’aucun individu ne pourrait atteindre seul. À ce titre, Deveaux identifie deux grandes familles de CPC : les compétences pour l’action revendicatrice (organisation, négociation, mobilisation) et les compétences de coopération et d’imagination (mutuelles, coopératives de travail).

Articuler pédagogie et transformation socioécologique

Alors que l’un des problèmes que pose l’anthropocène est justement l’action collective, ce qu’elle implique et comment il est possible de la développer, les CPC semblent offrir un cadre pour réfléchir ce que l’action collective exige.

Ainsi, une éducation en anthropocène fondée sur les CPC pourrait viser à développer chez les jeunes des capacités à s’organiser collectivement, à analyser les rapports de domination, à agir politiquement et à concevoir des alternatives viables à l’intérieur comme à l’extérieur des cadres institutionnels dominants.

Les jeunes auraient ainsi les outils nécessaires pour modifier leur monde, même lorsque les outils démocratiques, présents en théorie, ne sont pas disponibles (accès à la justice, à une représentation politique impartiale, etc.). Cela impliquerait néanmoins de ne plus mettre un accent aussi marqué sur le mérite individuel des élèves, mais sur leurs réussites collectives.

L’éducation deviendrait alors un levier pour renforcer le pouvoir d’agir collectif et pourrait dès lors réellement contribuer à une transition socioécologique juste.

Une éducation pour refonder le bien commun planétaire

Préparer la jeunesse à l’anthropocène, c’est l’armer pour l’incertitude, la conflictualité et la cocréation d’un monde habitable. Loin d’une injonction à l’adaptation technicienne, l’éducation doit devenir un espace critique d’invention collective. Les élèves‑citoyens doivent pouvoir agir ensemble pour la justice sociale et environnementale, interroger les normes dominantes et en élaborer de nouvelles.

Cette ambition rejoint l’appel de l’UNESCO à une « éducation transformatrice » et fait écho à l’une des préoccupations qu’avait un petit groupe de chercheurs auquel j’ai contribué lors de l’élaboration de son projet de compétence enseignante en lien avec le développement de l’agir écocitoyen chez les élèves.

Le cadre des capabilités politiques collectives offre ainsi un levier théorique et pratique indispensable : il déplace l’attention de la performance individuelle vers la puissance d’agir partagée, condition nécessaire à toute transition socioécologique juste.

La Conversation Canada

Charles-Antoine Bachand ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Sortir du petit geste : l’urgence d’une éducation politique en anthropocène – https://theconversation.com/sortir-du-petit-geste-lurgence-dune-education-politique-en-anthropocene-255694

El otro incendio: cómo la desinformación en redes sociales enciende la polarización política

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alexandre López-Borrull, Profesor Estudios Ciencias de la Información y la Comunicación Universitat Oberta de Catalunya, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Andrii Yalanskyi/Shutterstock

Cada nueva catástrofe, ya sea un terremoto, una inundación o un incendio forestal como los que han afectado recientemente a varias zonas de la península ibérica, viene acompañada de un fenómeno ya habitual: las redes sociales se llenan de rumores, medias verdades y mentiras que circulan con mayor rapidez que los datos contrastados. Ya lo advirtieron el investigador del MIT Soroush Vosoughi y colaboradores en un artículo en Science: en momentos de crisis, la desinformación se propaga más rápido y llega más lejos que la información veraz.

Si los incendios necesitan unas condiciones concretas para convertirse en una tormenta perfecta de llamas, las redes sociales también las tienen para la expansión del fuego digital: emociones intensas como el miedo y la rabia, necesidad de encontrar culpables y un clima de polarización política que actúa como catalizador.

En esta ocasión, la rabia ha sido el combustible principal. La indignación ante la magnitud de los incendios se ha proyectado en dos direcciones: contra el Gobierno central y, en menor medida, a su favor. Esto ha permitido que circularan toda clase de narrativas, muchas de ellas sin base.

Informaciones falsas con intencionalidad política

Por ejemplo, se ha difundido la idea de que el Ejecutivo de Pedro Sánchez utiliza los incendios como pretexto para recalificar terrenos y favorecer infraestructuras o proyectos de energías renovables. Maldita.es ha verificado que esta afirmación es falsa, ya que la legislación vigente, concretamente la Ley de Montes, prohíbe expresamente el cambio de uso forestal durante al menos treinta años después de un incendio. La explicación era atractiva emocionalmente, pero no era cierta.

En sentido contrario, también ha tenido recorrido el rumor de que un menor detenido por provocar varios fuegos en Galicia era un “mena”, un menor extranjero no acompañado, lo que encajaba con determinados discursos antiinmigración y las narrativas de culpabilización hacia la inmigración usadas habitualmente por la derecha radical. Newtral ha desmentido esta información: el menor era español y su ingreso en un centro de menores no tenía ninguna relación con su nacionalidad ni con la condición de migrante. En este caso, el objetivo era alimentar el relato político de inseguridad vinculada a la inmigración.

Estos ejemplos ilustran cómo la desinformación no se limita a un error en la información, sino que a menudo tiene una intencionalidad política. Las mentiras actúan como armas discursivas. No es casualidad que en plena emergencia algunos dirigentes hayan hablado también de “terrorismo incendiario”, una expresión que genera alarma y transmite sensación de amenaza organizada, aunque los datos oficiales indiquen que solo una pequeña fracción de los incendios son intencionados.

Las redes amplifican estos mensajes porque responden a la necesidad de señalar a un culpable y simplificar una realidad compleja, dando una explicación plausible y asumible aunque no sea verdadera.

El escenario idóneo para los bulos

La lógica de los rumores es bien conocida: aparecen en contextos de incertidumbre y de alta carga emocional, y se propagan porque ofrecen respuestas rápidas y coherentes con prejuicios o miedos previos. En este sentido, los incendios forestales son un escenario idóneo: hay devastación visible, incertidumbre y un vacío que la desinformación se encarga de llenar.




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Así, las plataformas digitales se convierten en el espacio perfecto para que el miedo, la rabia y la polarización política se traduzcan en miles de mensajes compartidos sin apenas filtro crítico.

El reto es que la desinformación no solo acompaña a las emergencias, sino que las reconfigura. En este sentido, puede construir imaginarios colectivos que condicionan la percepción del problema e incluso las respuestas políticas. Si el relato dominante es que los incendios son fruto de una conspiración gubernamental o de una amenaza migratoria, el debate público se desvía de lo que debería ser prioritario, aunque sea en caliente: la planificación, la prevención y la gestión de los riesgos ambientales en un contexto de emergencia climática, las acciones para que no vuelva a ocurrir.

Cómo prevenir la desinformación

Igual que en la gestión forestal sabemos que es preferible invertir en medidas de prevención que reaccionar únicamente cuando las llamas ya avanzan, también en el ámbito de la información hay que apostar por políticas preventivas.

Esto implica educación mediática, presencia activa de expertos y periodistas en la conversación pública y, sobre todo, una mayor responsabilidad de las plataformas digitales. Las empresas que gestionan las redes sociales deben ser conscientes de que cada rumor no verificado que se propaga es un incendio que destruye confianza y polariza a la sociedad, no una oportunidad para retener más tiempo a los usuarios. Es necesario, pues, seguir exigiendo mecanismos más robustos de moderación, transparencia en los algoritmos y colaboración estrecha con medios de comunicación y verificadores.




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Los incendios nos recuerdan que la naturaleza tiene unos límites y que hay que actuar antes de que sea demasiado tarde. La desinformación funciona de manera similar: una vez encendido el fuego del rumor, resulta mucho más difícil detenerlo y revertir la ola de falsedad creada. La lección es clara: igual que cuidamos los bosques para reducir el riesgo de fuego, debemos cuidar el ecosistema digital para reducir el riesgo de mentiras.

The Conversation

Alexandre López-Borrull es afiliado a ERC.

ref. El otro incendio: cómo la desinformación en redes sociales enciende la polarización política – https://theconversation.com/el-otro-incendio-como-la-desinformacion-en-redes-sociales-enciende-la-polarizacion-politica-263753

Vamos al museo y aprendemos historia: cómo aprovechar el patrimonio en educación infantil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Yamilé Pérez Guilarte, Profesora de Didáctica de las Ciencias Sociales, Universidade da Coruña

Monkey Business Images/shutterstock

Hoy toca visita al museo arqueológico. Los niños y las niñas de 3 y 4 años atraviesan salas plagadas de vitrinas y objetos. Vemos una reproducción de una embarcación prehistórica. “¿Os habéis montado en un barco alguna vez? ¿Era como este? ¿En qué se distinguía?”, les preguntamos.

Establecer conexiones entre las tecnologías antiguas y las actuales es una de las muchas maneras de enseñar historia, una materia que no solo es posible tratar en la etapa educativa de 3 a 6 años, sino que resulta natural, pues es una etapa muy relacionada con el medio social y cultural, y por lo tanto, también con la historia.

La mejor manera de acercar contenidos históricos, geográficos y sociales al alumnado de menor edad, como ocurre con cualquier otro contenido escolar, es conectando el aprendizaje con la vida real y con el entorno próximo. De hecho, la mayor parte de los museos ofrecen visitas escolares desde las primeras etapas educativas.

¿Se enseña historia en educación infantil?

Tradicionalmente la educación infantil ha ignorado la enseñanza de la historia. Esto se debe, en parte, a teorías como las de Piaget, que priorizan el desarrollo infantil por etapas. En cambio, el filósofo irlandés Kieran Egan propuso algo distinto en los años noventa. Según él, la imaginación y los relatos fantásticos pueden ayudar al alumnado de menor edad a trabajar conceptos propios de la educación histórica como el tiempo, la duración o la simultaneidad.

Las investigaciones actuales confirman algo clave: enseñar historia no depende de la edad, sino de cómo se elijan los contenidos, recursos y métodos. Por ejemplo, manipular objetos antiguos o documentos históricos permite a los niños y a las niñas iniciarse en los procedimientos de indagación histórica desde edades tempranas, y de esta manera iniciarse en las competencias propias del pensamiento histórico.

Un enfoque desde el patrimonio

Hemos analizado cómo promover la educación histórica en la etapa de infantil. Una de las estrategias docentes que empleamos es la introducción del patrimonio a través de los museos, integrando estos espacios como recursos didácticos.

La ciudad de A Coruña, donde se encuentra nuestra facultad, sobresale por su oferta museística. Entre las actividades que realizamos con el alumnado de los grados de Educación, futuros maestros y maestras, destaca la visita al Museo Arqueológico e Histórico de A Coruña. Durante la experiencia, exploran las salas, temáticas y objetos históricos del museo, para luego diseñar propuestas didácticas para iniciar las habilidades propias del pensamiento histórico con niñas y niños de 3 a 6 años.




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Cambio y continuidad

Una de las habilidades clave para el desarrollo del pensamiento histórico en la infancia es el análisis del cambio y la continuidad. Para lograrlo, nuestro alumnado universitario incorporó estas categorías temporales en sus propuestas didácticas para infantil, utilizando los recursos del museo.

Por ejemplo, empleando la reproducción de una embarcación prehistórica del museo, el alumnado diseñó actividades para comparar los medios de transporte del pasado y el presente. Ese mismo enfoque se aplicó a otros objetos de la exposición, como piezas de cerámica, joyería, juegos de mesa o elementos hidráulicos de otra época, estableciendo conexiones entre las tecnologías antiguas y las actuales.

Interpretación narrativa y juegos

La interpretación narrativa del pasado, otra habilidad clave del pensamiento histórico, fue desarrollada por el alumnado mediante el análisis de imágenes, objetos y leyendas. En particular, se trabajó la leyenda del ataque del corsario Francis Drake a A Coruña en el siglo XVI. Además, la mayoría de las propuestas incorporaron el juego como estrategia didáctica, planteando actividades lúdicas como búsquedas del tesoro o yincanas con objetos históricos.




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¿Qué es el tiempo histórico y cómo influye en nuestro aprendizaje de la Historia?


Más allá de los museos

El entorno también ofrece oportunidades para la enseñanza de la historia más allá de los museos. El Camino de Santiago, por ejemplo, es un elemento patrimonial próximo muy utilizado en nuestras prácticas de aula y también en nuestras investigaciones.

Para usar elementos patrimoniales del Camino de Santiago, el alumnado diseña una propuesta didáctica como si fuera docente de un centro educativo. Se trata de una simulación para concursar en el programa de educación patrimonial de la Xunta de Galicia Mirando polo Camiño.

Aprender a través de los topónimos

Entre las cuestiones más sorprendentes para nuestro alumnado está el descubrimiento de las potencialidades didácticas que tienen los topónimos. Así, plantearon actividades orientadas a conocer la historia a partir de la investigación sobre el origen y la evolución de los nombres de lugar que forman parte de las calles, plazas o pueblos por los que transcurre el Camino de Santiago.

Otros elementos que tuvieron protagonismo en las actividades fueron los rituales y leyendas asociadas al Camino, así como los oficios tradicionales, la gastronomía y las festividades.

Romper mitos, abrir caminos

Cuando hablamos de enseñar historia a niños de 3 a 6 años no estamos defendiendo que se les intente enseñar un relato cronológico de sucesos del pasado: se trata de adaptar contenidos y métodos para dar comienzo al trabajo de las competencias de pensamiento histórico.

En este caso hemos abordado dos estrategias, el uso del patrimonio local a través de los museos y del entorno próximo a través del Camino de Santiago. Aunque existen otras alternativas –como trabajar con historias familiares–, las dos propuestas presentadas permiten introducir la educación histórica en la etapa de infantil, vinculando el pasado con el presente y sentando las bases para el desarrollo del pensamiento histórico desde las primeras edades.

The Conversation

Roberto García Morís es Profesor de Didáctica de las Ciencias Sociales, pero en estos momentos ocupa el cargo de Diputado en el Congreso de los Diputados.

Yamilé Pérez Guilarte no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Vamos al museo y aprendemos historia: cómo aprovechar el patrimonio en educación infantil – https://theconversation.com/vamos-al-museo-y-aprendemos-historia-como-aprovechar-el-patrimonio-en-educacion-infantil-249740

Cómo el cumplimiento de un mandato divino ha llevado a Israel a matar a decenas de miles de palestinos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Victor Hugo Perez Gallo, Assistant lecturer, Universidad de Zaragoza

Palestinos transportan a heridos y fallecidos tras un ataque aéreo israelí contra varias viviendas en Khan Yunis, en el sur de la Franja de Gaza, el 1 de mayo de 2025. Anas-Mohammed/Shutterstock

En los orígenes del sionismo no había profecías, ni revelaciones, ni promesas divinas: había necesidad. Era una idea moderna, racional, profundamente secular. Una respuesta ilustrada al antisemitismo europeo.

Sin embargo, hoy Israel navega en una tensión evidente: su proyecto nacional ha sido reabsorbido, en parte, por una narrativa teológico-política que convierte lo territorial en sagrado, lo jurídico en providencial y lo militar en redentor.

Israel fue concebido como refugio, no como profecía. Sin embargo, parte de su aparato político se ha alineado con una lógica bélica brutal que convierte la historia en destino sagrado.

Entender esta transformación es clave para repensar no solo el futuro de la región, sino los riesgos de toda forma de nacionalismo que recurra a lo eterno para justificar lo inmediato.

¿Cómo pasó el sionismo de ser un movimiento político laico a nutrirse, en parte, de imaginarios religiosos y escatológicos? ¿Qué papel juega Estados Unidos en este proceso, desde el evangelismo cristiano hasta el poder del lobby judío? Y, sobre todo, ¿qué consecuencias tiene para la política contemporánea israelí y el conflicto palestino?

Del sionismo ilustrado al fervor mesiánico

El periodista autrohúngaro Theodor Herzl, padre del sionismo político, jamás soñó con una teocracia. Su visión era la de un Estado judío moderno que garantizara la seguridad y los derechos del pueblo judío en un mundo hostil. La identidad judía, para él, era cultural e histórica, no teológica. El proyecto era político: crear una nación en Palestina porque Europa no ofrecía otra salida.

Pero el regreso a Sion, incluso en su versión secular, resonaba inevitablemente con ecos bíblicos. La tierra prometida siempre estuvo ahí, dormida en el lenguaje, lista para despertar. Incluso autores como Gershom Scholem (1971) reconocen que el sionismo, por más secular que fuera, nunca logró liberarse del peso simbólico del mesianismo judío. En sus palabras, se trata de una “estructura de expectativa mesiánica secularizada”.

La religión entra en escena

Todo cambió después de la Guerra de los Seis Días, en 1967. Israel conquistó Jerusalén Este, y con ello, algo más que territorio: recuperó lugares sagrados. Fue entonces cuando sectores del judaísmo ortodoxo –antes escépticos del sionismo– comenzaron a interpretarlo como un signo del Mesías. Ese giro fue decisivo.

Movimientos como Gush Emunim –“El bloque de los creyentes”–, movimiento político fundamentalista judío, llevaron esa lectura al extremo: colonizar Cisjordania no era solo estrategia, era el cumplimiento de una promesa divina.




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El nacionalismo israelí comenzó a hablar el lenguaje de la redención. El Estado moderno empezó a adquirir tonos bíblicos. Y los partidos religiosos ganaron peso, tanto en la Knéset –órgano que ostenta el poder legislativo en Israel– como en el imaginario social.

Algunos autores han analizado este tipo de fenómenos como síntomas de lo que denominan “ignorancia sagrada”: cuando la cultura se seculariza, la religión no desaparece, sino que se reconfigura como forma política.

El caso israelí es paradigmático: la teología se infiltra en las estructuras estatales a través de la geografía, el derecho y la identidad nacional.

Estados Unidos: entre la fe y la influencia

La alianza entre EE. UU. e Israel no es solo política. Es espiritual. Una parte importante del evangelismo estadounidense cree que el regreso de los judíos a Israel es una condición para el fin de los tiempos. Para ellos, Israel es el reloj profético de Dios. Por eso, sectores cristianos conservadores apoyan con entusiasmo a gobiernos israelíes que refuerzan el control sobre territorios bíblicos.

En paralelo, el lobby judío en EE. UU., especialmente organizaciones como AIPAC –el principal grupo de presión sionista–, ha jugado un papel clave en asegurar apoyo financiero y diplomático. Aunque no representa a toda la comunidad judía, su influencia es innegable.

Esta confluencia de fe evangélica y poder político ha cimentado una relación bilateral difícil de cuestionar, tanto por razones religiosas como por intereses estratégicos.

El resultado: la sacralización de la política

Todo esto tiene efectos concretos: expansión de asentamientos, leyes que refuerzan la identidad judía del Estado, exclusión simbólica (y real) de los no judíos. La política israelí se vuelve cada vez más refractaria a la crítica interna, blindada por una legitimidad que no se discute, porque se cree divina. Y bajo ese mandato divino, Israel ha matado ya a más de 62 000 personas, según el Ministerio de Sanidad gazatí –una cifra que algunos estudios elevan a casi 100 000– y condenado a la hambruna a más de medio millón, según la ONU.

La frontera entre religión y Estado se vuelve porosa. Las decisiones gubernamentales pueden vestirse de revelación. Y el conflicto con los palestinos se vuelve, más que político, existencial. No se trata ya de compartir un territorio, sino de reivindicar una herencia eterna.

The Conversation

Victor Hugo Perez Gallo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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‘Weapons’: el terror que surge a partir de la desconexión moral

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Edward White, PhD Candidate in Psychology, Kingston University

La nueva película del director Zach Cregger, Weapons, líder de taquilla en múltiples territorios, explora la inquietante idea de que los verdaderos monstruos podrían no estar acechando bajo nuestra cama, sino en nuestra mente.

Más allá de ser una simple táctica para asustar, el filme ilustra cómo el cerebro de una persona puede transformar a alguien decente en el villano de la historia de otra persona.

Tras su gran éxito con la película de terror Barbarian (2022), en Weapons Cregger presenta una pesadilla psicológica que sirve como una retorcida exploración del comportamiento humano. Muestra lo rápido que las personas normales pueden convertirse en agentes de crueldad, mientras siguen creyendo que son héroes.

La película comienza con la desaparición de 17 niños de una misma clase, que dejan atrás solo unas imágenes borrosas de las cámaras de seguridad en las que se les ve corriendo como pequeños aviones indefensos. Sin embargo, el verdadero horror se desarrolla cuando la comunidad de Maybrook, una pequeña ciudad de Pensilvania, se sumerge en el caos en lugar de unirse.

Los padres acusan a los profesores, los vecinos desconfían unos de otros y vidas inocentes se ven trastornadas en la búsqueda del culpable. Este colapso se basa en investigaciones psicológicas que muestran cómo el comportamiento humano puede deteriorarse bajo presión.

La psicología detrás de ‘Weapons’

La teoría de la identidad social es un concepto científico que especula con que nuestro cerebro está programado para dividir el mundo en “nosotros” (aquellos que consideramos buenos) y “ellos” (aquellos que percibimos como amenazas). Este proceso se intensifica cuando las personas se enfrentan al miedo o al estrés.

En Weapons, vemos esta teoría en acción a medida que la comunidad se desintegra. La profesora Justine Gandy (Julia Garner) se convierte en un blanco fácil, no por pruebas concretas, sino porque encaja perfectamente en el papel de los otros, “ellos”. Los padres de los niños desaparecidos buscan a alguien a quien vilipendiar, y ella se convierte en el chivo expiatorio de sus miedos.

Esta idea se basa en décadas de investigación que demuestran que incluso las divisiones de grupo más endebles pueden desencadenar un pensamiento vicioso de “nosotros contra ellos”. En experimentos hechos en laboratorios, las personas asignadas a grupos completamente irrelevantes (como “sobreestimadores” frente a “subestimadores”) comienzan inmediatamente a favorecer a su propio grupo y a discriminar al otro.

Aquí es donde las cosas se ponen realmente aterradoras. La película muestra a personajes haciendo cosas horribles convencidos de que están haciendo lo correcto, un fenómeno que los psicólogos denominan “desvinculación moral”.

Piense en ello como un generador de excusas incorporado en su cerebro. Cuando quiere hacer algo que viola sus estándares morales normales, su mente le proporciona justificaciones tales como:

  • “Es por un bien mayor”.

  • “Se lo merecen”.

  • “Todo el mundo lo hace”.

  • “Solo sigo órdenes”.

Investigaciones recientes demuestran que esto no solo se aplica a los villanos de las películas, sino que es la forma en que la gente común se convence a sí misma de que la crueldad está justificada.

Un estudio de 2025 descubrió que cuando las personas están bajo estrés (por ejemplo, al lidiar con la desaparición de unos niños) son mucho más propensas a tomar decisiones frías y calculadas que priorizan los resultados por encima de los principios morales. El cerebro estresado reescribe la ética en tiempo real.

Weapons aprovecha estos y otros inquietantes hallazgos psicológicos. Tomemos, por ejemplo, el controvertido experimento de la prisión de Stanford de 1971, en el que los participantes encargados de hacer de “guardias” adoptaron rápidamente comportamientos sádicos hacia los “prisioneros”. O los igualmente polémicos experimentos de obediencia del psicólogo estadounidense Stanley Milgram, que demostraron cómo personas normales administraban lo que creían que eran descargas eléctricas letales bajo las órdenes de una autoridad.

Ambos se consideran ahora extremadamente poco éticos, y los expertos coinciden en que la realización de tales estudios se prohibiría si se propusiera hoy en día. Estos experimentos fueron tan perjudiciales para sus participantes que condujeron directamente a importantes reformas en la ética de la investigación.

Sin embargo, muchos siguen creyendo que ambos revelaron una verdad escalofriante: casi cualquier persona puede convertirse en “mala” en las circunstancias adecuadas. Es alarmante que, en las pruebas de Milgram, alrededor del 65 % de los participantes llegaran a aplicar descargas eléctricas de voltaje máximo, lo que indica que las personas normales son vulnerables a la manipulación psicológica en entornos grupales.

Weapons presenta esta misma dinámica, pero en el contexto de un barrio suburbano aparentemente idílico.

La trampa de la empatía

Weapons también muestra que las personas que más se preocupan por una situación pueden convertirse en sus principales objetivos. La película no castiga a los personajes por ser crueles, sino por ser amables.

Tomemos como ejemplo a la profesora Justine Gandy (Julia Garner). Su caída no se debe a que sea malvada o incompetente, sino a que se preocupaba demasiado por un alumno desatendido y traspasó los límites invisibles de la relación “adecuada” entre profesor y padre. Su empatía la convierte en una outsider, y los outsiders son chivos expiatorios perfectos. La comunidad transforma su compasión en prueba de su culpabilidad.

Aún más escalofriante es lo que le sucede a Marcus (Benedict Wong), el director de la escuela. En un momento en el que muestra preocupación por un niño, su interés se convierte en algo siniestro. Su empatía es castigada con extremo prejuicio, transformando su decencia humana en malicia y destrucción.

Estudios recientes han explorado el “postureo ético”: cuando las personas muestran indignación moral no porque realmente algo les importe, sino porque les hace quedar bien socialmente. La investigación muestra que las cruzadas morales en línea a menudo tienen poco que ver con ayudar realmente a alguien y todo que ver con la gestión de la imagen personal.

Peor aún, los psicólogos han identificado la “empatía como arma”, que consiste en utilizar el deseo natural de las personas de ayudar a los demás para manipularlas y que apoyen causas perjudiciales. La compasión se convierte en el arma que otra persona utiliza contra nosotros.

Weapons triunfa como película de terror porque no se basa en criaturas sobrenaturales ni en escenas sangrientas. En cambio, nos muestra a los verdaderos monstruos: aquellos en los que nos convertimos cuando nuestra psicología funciona exactamente como la evolución pretende.

La película sugiere que la mayor amenaza para cualquier comunidad no es un mal externo. Es la decisión colectiva de abandonar la empatía, el pensamiento crítico y la decencia humana básica en favor de la guerra tribal y el teatro moral.

Mientras los créditos pasan sobre el sangriento final de la película, nos quedamos con una pregunta incómoda: en una crisis, ¿de qué lado de esa guerra estaríamos? Y lo que es más importante, ¿lo sabríamos siquiera?

The Conversation

Edward White no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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Droughts don’t just dry up water — they drain livelihoods and weaken local economies

Source: The Conversation – Canada – By S. Mehmet Ozsoy, Assistant Professor of Finance, Concordia University

Unlike hurricanes and floods, which arrive suddenly and tend to dominate headlines with dramatic images of wrecked homes and submerged towns, droughts are often overlooked by media, governments and markets because they unfold more slowly.

Their gradual toll on fields, reservoirs and rural communities tends to be overshadowed by flashier disasters, but their consequences are no less severe.

A drought is a shortage of precipitation — typically lasting a season or longer — that results in insufficient water availability for ecosystems, agriculture and human use.

As climate change accelerates, droughts are projected to become more frequent and intense, especially in dry regions. This makes it increasingly urgent to understand their complex impact on agriculture, water supplies and regional economies.

Droughts don’t just hurt farmers

Droughts barely register in financial markets, despite their widespread consequences. Yet research shows that droughts can slash food industry profits by increasing farming costs, disrupting supply chains and tightening profit margins.

Droughts hit utilities and agriculture hardest. Shrinking water supplies wilt crops and strain water providers. But the impact extends far beyond them: low river levels can stall hydropower production, pushing up electricity costs and affecting water-heavy industries like textiles and chemicals.

Shallow waterways can also delay or block barges carrying goods, which hikes shipping costs. These disruptions ripple outward, affecting everyone from factory workers to shoppers.

Yet markets often ignore these risks until damage becomes impossible to overlook. With climate change poised to make droughts more frequent and severe, this blind spot could pose growing risks to investors and the stability of food supply chains.

Banks reveal the economic toll of droughts

Climate shocks like droughts hit local economies hardest — especially small, private businesses. While researchers can access financial data for public companies, the finances of private firms are far more opaque, making it difficult to understand the local impact of droughts.

To address this gap, we studied how prolonged droughts affect the financial stability and loan performance of regional banks across the United States. The stability, or fragility, of these banks can sway the economy, as seen in the 2008-09 crisis.




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By examining bank balance sheets, we traced the broader economic ripples of droughts and found that a two-year drought can have the same economic impact on a region as a one-percentage point increase in the unemployment rate.

Communities suffer when banks do

Smaller banks are closely tied to their communities and often lend locally — often within just five miles — making them especially vulnerable when droughts strike. As small firms struggle to repay loans in the wake of such disasters, banks see an increase in missed payments.

Our data shows that droughts disrupt entire communities as job losses and tight budgets create a domino effect throughout local economies.

Banks in drought-hit areas see lower profits and rising risks. Unpaid loans, or “non-performing loans,” spike not just for farmers but for homeowners, businesses and commercial properties.

When farm workers lose income from unplanted or failed crops, they may fall behind on mortgage payments, even if farms themselves are insured.

Missed mortgage payments signal household distress, while defaulted business loans hit farms, food producers and service providers like caterers as customer demand dries up. Reduced wages also means less spending at local restaurants, equipment stores and other small businesses.

Unlike hurricanes or floods — which are designated disasters by the U.S. Federal Emergency Management Agency — droughts receive no such status.

Once a flood or hurricane is declared a federal disaster, U.S. federal agencies provide financial assistance to eligible households and businesses. FEMA offers several programs, including financial assistance for temporary housing, home repairs and the replacement of personal property.

FEMA also supports the Disaster Unemployment Assistance and the Dislocated Worker Grant program. In addition, the Small Business Administration provides long-term, low-interest loans to eligible businesses and some homeowners, while the IRS (Internal Revenue Service) offers administrative disaster-related tax relief.

Because droughts don’t have access to the same resources, banks and local economies are left to cope on their own instead of receiving emergency aid from FEMA. As a result, our research found that banks are more likely to close branches in drought-hit areas. These closures can make recovery even harder for local businesses left reeling from droughts as they lose vital loan access.

Diversification offers some protection

From banks reeling with unpaid loans to families struggling to make ends meet, the fallout from droughts is real and far-reaching. Droughts don’t just dry up water — they drain livelihoods and destabilize economies.

Larger banks and firms with operations across multiple states are better able to weather climate shocks. This diversification acts as a form of self-insurance, helping them absorb losses in one region while staying afloat in others.

This might explain why stock markets often ignore the risks posed by droughts. Large players are less exposed to local downturns. But smaller, more vulnerable businesses that are reliant on local stability don’t have the same buffer.

As these crises grow more common, markets, regulators and policymakers need to rethink how droughts are measured and mitigated before entire communities are left behind.

Regulators have begun to take some notice. Climate risks are now formally recognized as threats to financial stability by the Financial Stability Board, an international body that monitors the global financial system.

Still, recognition is only the first step. Without concrete action, droughts will continue to destabilize communities.

The Conversation

Erkan Yonder receives funding from Fonds de recherche du Québec (FRQ).

S. Mehmet Ozsoy does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Droughts don’t just dry up water — they drain livelihoods and weaken local economies – https://theconversation.com/droughts-dont-just-dry-up-water-they-drain-livelihoods-and-weaken-local-economies-261140

La Tierra se “hincha” y “deshincha” cada 20 minutos a consecuencia del terremoto de Kamchatka

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Díaz Cusí, Investigador Científico. Sismologia experimental, Instituto de Geociencias de Barcelona (Geo3Bcn – CSIC)

Animación de ondas sísmicas que emanan del terremoto de magnitud 8,8 en la península de Kamchatka (Rusia). Shakemovie/USGS

El terremoto de Kamchatka (Rusia), con una magnitud de 8.8, ha sido uno de los 10 mayores seísmos desde que tenemos estimaciones. Los primeros análisis indican una superficie de ruptura de unos 600 km en la falla –fractura rocosa– que produjo el seísmo, con desplazamientos de más de 10 m. Desde los sismógrafos instalados en San Pablo, Toledo, registramos que aún sigue haciendo vibrar la Tierra más de 20 días después, ocasionando la dilatación y contracción del radio del planeta cada 20,5 minutos.

Las ondas generadas por el terremoto y sus efectos

En caso de grandes terremotos, las ondas sísmicas que generan se registran por sismómetros instalados en todo el mundo, como los de la estación PAB, instalada en San Pablo, que forma parte de la red sísmica española y se integra en la red sísmica global GSN. La llegada de estas ondas puede identificarse durante varias horas.

El sismograma muestra cómo se mueve el suelo debido a la llegada de las ondas sísmicas. El eje horizontal es tiempo (hora UTC, días 29 y 30 de julio) y el vertical la amplitud del movimiento.
El autor, a partir de los datos del IGN

Las ondas de mayor amplitud son las que viajan cerca de la superficie del planeta. En el caso del terremoto de Kamchatka, estas ondas llegaron a Toledo casi una hora después de la primera fase.

Más de una tercera parte de la distancia de la Tierra a la Luna

Las ondas procedentes del terremoto que circunvalan la Tierra, al atenuarse lentamente, se pueden observar cada vez que pasan por cada estación sísmica, aproximadamente cada tres horas.

El panel superior muestra la señal sísmica filtrada entre 0.1 y 20 mHz en PAB, el sismógrafo instalado en Toledo. Las flechas indican cada uno de los pasos de las ondas de superficie. Abajo, con colores amarillos, las frecuencias que llevan más energía en cada instante. Las ondas que circunvalan la Tierra aparecen en la parte baja del gráfico.
Jordi Díaz Cusí

En la estación sísmica cercana a Toledo, se pueden identificar las llegadas correspondientes a cuatro vueltas en cada sentido. Dado que la circunferencia terrestre es de unos 40 000 km, esto significa que las ondas sísmicas generadas por el terremoto de Kamchatka se detectan después de recorrer 150 000 km, más de una tercera parte de la distancia entre la Tierra y la Luna.

Las llegadas impares se refieren a las ondas que llegan desde Kamchatka a España por el camino más corto, propagándose desde el epicentro hacia el norte y pasando cerca del polo norte. Las pares son las que se propagan en sentido contrario, partiendo de Kamchatka hacia el sur.

Estudiar el interior de nuestro planeta

Después de terremotos de gran magnitud, la Tierra vibra (resuena) en unos periodos determinados durante días o incluso semanas.

Cada uno de estos periodos corresponde a un modo de deformación de la Tierra, así que su análisis permite estudiar las propiedades físicas del interior del planeta.

Este fenómeno es similar a lo que sucede al tocar una campana de iglesia. Si estamos cerca de ella, notaremos que durante bastante tiempo después del toque aún podemos sentir una vibración a baja frecuencia. En el caso de la Tierra, el terremoto sería el equivalente al toque de la campana y los sismómetros serían la mano posada sobre la campana.

La respiración de la Tierra

Uno de estos modos de resonancia, conocido como el modo 0S0, corresponde a la dilatación y contracción del radio de la Tierra y tiene un periodo de 20,5 minutos. Podemos decir que el planeta se “hincha” y “deshincha” cada 20 minutos como resultado de la energía liberada por el terremoto de Kamchatka, un fenómeno que se conoce como la “respiración de la Tierra”.

Este modo de resonancia tiene la particularidad de sufrir muy poca atenuación, con lo que después de grandes terremotos puede observarse durante más de dos meses.

El panel superior de la imagen muestra los datos sísmicos filtrados entre 0.02 y 0.1 Hz de frecuencia. Cada uno de los picos que se observan corresponde a un terremoto, la mayor parte de ellos réplicas del terremoto principal. El panel central muestra los mismos datos, pero filtrando ahora la señal alrededor de la frecuencia del modo 0S0. El panel inferior muestra una ampliación de la misma señal, correspondiente al día 18 de agosto.
Jordi Díaz Cusí, CC BY-SA

Con estas observaciones, podemos afirmar que, como consecuencia del gran terremoto de Kamchatka, la Tierra continua aún hinchándose y deshinchándose, “respirando” de forma regular 20 días después del seísmo.

The Conversation

Jordi Díaz Cusí no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La Tierra se “hincha” y “deshincha” cada 20 minutos a consecuencia del terremoto de Kamchatka – https://theconversation.com/la-tierra-se-hincha-y-deshincha-cada-20-minutos-a-consecuencia-del-terremoto-de-kamchatka-263771

El planeta enano Ceres fue un mundo oceánico que pudo estar habitado, según desvela la sonda Dawn de NASA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Josep M. Trigo Rodríguez, Investigador Principal del Grupo de Meteoritos, Cuerpos Menores y Ciencias Planetarias, Instituto de Ciencias del Espacio (ICE – CSIC)

El planeta enano Ceres se muestra en estas representaciones con colores mejorados, basadas en imágenes de la misión Dawn de la NASA. NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA, CC BY

Es el mayor asteroide del sistema solar, el cuerpo menor nº 1 del cinturón de asteroides. Ceres posee un diámetro cercano al límite de lo que definimos como cuerpo planetario, pero se queda en planeta enano, como Plutón.

La misión Dawn de la NASA orbitó Ceres hace una década, cartografiándolo en todo detalle. Tras múltiples revoluciones de la sonda a su alrededor, con las que obtuvo información sobre su gravedad y topografía, concluyó que este cuerpo planetario está diferenciado internamente, lo que significa que posee capas con composiciones distintas a diferentes profundidades.

El interior del planeta enano Ceres, incluyendo la transferencia de agua y gases desde el núcleo rocoso a un depósito de agua salada. El dióxido de carbono y el metano se encuentran entre las moléculas que transportan energía química bajo la superficie de Ceres.
NASA/JPL-Caltech, CC BY

Un nuevo estudio realizado con los datos que obtuvo la sonda Dawn, publicado en Science Advances y liderado por Samuel W. Courville, de la Universidad Estatal de Arizona y del Jet Propulsion Laboratory desvela que Ceres albergó un océano, con interesantes implicaciones en astrobiología.

Ceres, habitable para la vida microbiana

El nuevo estudio apunta a que Ceres albergó un océano global debajo de la superficie en su historia temprana.

En ese entorno tuvo lugar la interacción entre rocas y agua, generando los minerales que detectó la misión Dawn, fruto de la alteración acuosa.

Considerando la mineralogía superficial de Ceres, combinada con su alta abundancia de carbono, el planeta enano pudo ser habitable para la vida microbiana.

Ceres podría haber sido poblado por organismos similares a los descubiertos en las profundidades de la corteza terrestre y en chimeneas hidrotermales submarinas. Se denominan quimiótrofos porque son capaces de emplear compuestos inorgánicos reducidos, que surgen del interior de un cuerpo planetario, como sustratos para obtener energía y utilizarla en el metabolismo respiratorio.

En los orígenes de Ceres

El nuevo trabajo presenta un detallado modelo de la evolución química y térmica en el ambiente acuático interno de Ceres en sus orígenes. Los autores llegan a la conclusión de que si el interior rocoso alcanzó una temperatura superior a unos 277 °C, los fluidos liberados por las transformaciones de la roca en profundidad habrían promovido condiciones favorables para la habitabilidad de Ceres.

La transformación de los minerales por el proceso de alteración acuosa generó reacciones redox, donde algunos compuestos se oxidan (ceden electrones) y otros se reducen (los aceptan). Si surgió vida en Ceres, los microorganismos podrían haber aprovechado ese desequilibrio redox en el océano como fuente de energía para su metabolismo.

Ese periodo favorable para la vida no es despreciable, dado que pudo extenderse entre ~0.5 y 2 000 millones de años después de la formación del planeta enano.

La hipótesis parece demostrable, particularmente ahora que llevamos décadas estudiando mejor las comunidades de microorganismos quimiótrofos que habitan las profundidades del océano y de la corteza de nuestro planeta.

Ceres como futuro objetivo astrobiológico

Así pues, el nuevo estudio sitúa a Ceres como un interesante objetivo astrobiológico para una misión de retorno de muestras, como propusimos hace unos años.

Ceres es un cuerpo planetario único, ideal para estudiar la evolución posible de mundos oceánicos de unos 1 000 km de radio. Desde hace más de veinte años se sospechaba que su helado interior esconde más agua de la que posee el planeta Tierra. De hecho, en los primeros tiempos estos cuerpos podrían haber representado el tipo más abundante de ambiente habitable en nuestro sistema solar.

A gran profundidad

Sin embargo, encontrar actualmente huellas de esa vida pasada no será tarea fácil. Los estudios realizados por la sonda Dawn revelaron las profundidades a las que esos procesos tuvieron lugar: debajo de la corteza, de unos 40 km de grosor. Allí existe un manto dominado por rocas hidratadas, como las arcillas.

La misma corteza helada ya nos da una idea de la enorme cantidad de agua almacenada en Ceres. Esa agua no sería fácil de reutilizar porque es una compleja mezcla de hielo, sales y minerales hidratados, en proporciones probablemente variables conforme profundizamos en su estructura.

Entre las dos capas todo apunta a que hay acumulado un líquido rico en sales, una especie de salmuera que se extiende hasta los 100 kilómetros de profundidad, reminiscencia del océano existente antaño.

Un posible objetivo astrobiológico podría ser recoger muestras cerca de un entorno cercano a alguno de los criovolcanes que posee Ceres. En lugar de roca fundida, los volcanes de barro salado, o “criovolcanes”, expulsan agua fría y salada a menudo mezclada con barro.

El criovolcán Ahuna Mons, de 20 km de diámetro y unos 4 km de altura sobre el nivel de la superficie de Ceres.
NASA/JPL/Dawn mission

Los autores del estudio publicado en Science Advances apuntan a que la distancia que recorrería el fluido desde el núcleo rocoso de Ceres sería mayor que la de los sistemas hidrotermales análogos terrestres, y esto podría afectar a la habitabilidad. Los fluidos en el fondo de los océanos terrestres solo necesitan circular hidrotermalmente a profundidades de pocos kilómetros bajo el fondo oceánico, mientras que en Ceres deberían originarse a profundidades de decenas de kilómetros.

Concepto artístico de la estructura sugerida para el interior del asteroide Ceres en base a una imagen topográfica real de la misión Dawn de la NASA.
NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

Sólo la exploración espacial nos permite conocer la naturaleza y estructura de estos mundos helados. Futuras misiones nos permitirán comprender mejor su papel en el transporte de agua a los planetas rocosos como la Tierra, formados mayoritariamente de cuerpos deshidratados, muy diferentes a Ceres.

The Conversation

Josep M. Trigo Rodríguez recibe fondos del proyecto del Plan Nacional de Astronomía y Astrofísica PID2021-128062NB-I00 financiado por el MICINN y la Agencia Estatal de Investigación.

ref. El planeta enano Ceres fue un mundo oceánico que pudo estar habitado, según desvela la sonda Dawn de NASA – https://theconversation.com/el-planeta-enano-ceres-fue-un-mundo-oceanico-que-pudo-estar-habitado-segun-desvela-la-sonda-dawn-de-nasa-263697