L’Indonésie en révolte face aux violences policières

Source: The Conversation – France in French (3) – By Aniello Iannone, Indonesianists | Research Fellow at the research centre Geopolitica.info | Lecturer, Universitas Diponegoro

La mort d’Affan Kurniawan, jeune chauffeur de moto-taxi écrasé le 28 août par un véhicule de police, lors d’une manifestation à Jakarta, a enflammé la contestation déjà virulente en Indonésie. Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, la colère vise une institution policière, accusée de corruption et de violence, qui apparaît comme un outil destiné à protéger les élites plutôt que les simples citoyens. Pendant ce temps, un projet de loi visant à accroître les prérogatives de la police est en cours d’examen.


Le hashtag #PolisiMusuhBersama (« La police est l’ennemi commun ») est devenu viral parmi les utilisateurs indonésiens des réseaux sociaux, à la suite d’une nouvelle bavure policière. Cela reflète une perception largement répandue selon laquelle, en Indonésie, la police, loin d’être exclusivement la garante de la sécurité publique, est avant tout un appareil destiné à protéger les privilégiés et le pouvoir.

La vague d’indignation contre la police a été déclenchée par la mort d’Affan Kurniawan, 21 ans, un conducteur de moto-taxi écrasé par un véhicule de la brigade mobile alors qu’il livrait de la nourriture. Quelques jours plus tôt, des manifestations avaient déjà éclaté à Jakarta pour protester contre l’arrogance des députés, qui reçoivent des indemnités mensuelles d’un montant équivalent à plus de 6 000 dollars US chaque mois – tandis que le revenu moyen des travailleurs indonésiens est d’environ 200 dollars par mois avant impôts.

Mais au-delà de la contestation des émoluments excessifs des députés, ce mouvement constitue également une dénonciation plus vaste du fossé, jugé insupportable, qui existe entre les élites et les simples travailleurs. Et dans cette confrontation, la police n’apparaît pas comme un arbitre neutre, mais comme le bouclier qui protège les privilèges oligarchiques, en interprétant la protestation sociale comme un trouble à l’ordre public et la critique du système comme une menace.

Comme cela s’était déjà produit lors de manifestations passées, la police indonésienne a eu recours à la force de façon excessive pour disperser et arrêter des manifestants pacifiques. En outre, elle est accusée par bon nombre d’observateurs de divers abus de pouvoir, à commencer par des arrestations arbitraires de citoyens critiquant la police et sa corruption généralisée.

Les récentes brutalités policières, loin d’être des incidents isolés, sont le reflet du fait que la violence de la police est désormais une partie intégrante de la vie quotidienne des Indonésiens. Et lorsque la brutalité devient ordinaire, ce n’est pas seulement la confiance du public dans les institutions qui s’érode : ce sont les fondements mêmes de la vie démocratique qui sont ébranlés.

Une répression devenue banale

La mort du conducteur de moto-taxi est venue s’ajouter à la longue liste d’actes violents et arbitraires commis par les forces de l’ordre en Indonésie.

Entre juillet 2024 et juin 2025, selon les données de la Commission pour les personnes disparues et les victimes de violence (KontraS), au moins 602 cas de violence commis par des policiers ont été répertoriés, dont 411 cas où les policiers ont fait usage de leurs armes à feu. Au moins 10 personnes ont été tuées et 76 autres blessées, souvent grièvement. Le rapport affirme également que la police a commis 37 exécutions extrajudiciaires. Il convient également de rappeler la tragédie de Kanjuruhan en 2022 : à Malang, dans la province du Java oriental, un mouvement de foule lors d’un match de football a fait 131 morts et 300 blessés. La police avait utilisé de manière excessive des gaz lacrymogènes pour disperser la foule dans le stade, entraînant la bousculade mortelle.

Ce qui rend la situation encore plus inquiétante, c’est la banalité des violences policières. La forme la plus troublante du mal n’est pas son excès spectaculaire, mais sa répétition routinière. Or en Indonésie, les brutalités policières ne constituent pas des cas extraordinaires mais, plutôt, des manifestations habituelles du fonctionnement de l’institution.

Chaque acte de répression policière est présenté comme une procédure normale, chaque décès comme un dommage collatéral et chaque arrestation comme une nécessité. Ainsi, l’institution transforme ce qui devrait scandaliser en ce qui est socialement toléré, assurant que la reproduction des inégalités se poursuit sans interruption.

La structure des institutions de maintien de l’ordre en Indonésie apparaît aujourd’hui très fragile, en l’absence de mécanismes adéquats pour gérer les conflits entre l’État et les civils.

Une institution corrompue

En février, la police a arrêté les membres du groupe de punk rock Sukatani pour avoir mis en ligne un morceau intitulé « Bayar, bayar, bayar » (Paye, paye, paye) – qui dénonçait les pratiques de « payement pour services », c’est-à-dire la « culture » de corruption persistante au sein des forces de l’ordre du pays, les citoyens subissant quotidiennement des extorsions de la police. Un sondage montre que 30,6 % des répondants reconnaissent avoir déjà versé un pot-de-vin à des policiers, y compris pour éviter des amendes liées à des infractions aux règles de circulation.

Selon Transparency International Indonesia, la police est l’une des institutions les plus corrompues du pays.

Malgré cette culture de corruption, l’institution devrait recevoir l’année prochaine un budget de 145,6 trillions de roupies indonésiennes (Rp), soit environ 7,5 milliards d’euros, contre 126,6 trillions de Rp (environ 6,58 milliards d’euros) cette année. Cela fera de la police la troisième institution publique disposant du budget le plus élevé, après l’Agence nationale de nutrition et le ministère de la défense.

L’arrestation des membres du groupe de musique relève de ce que le sociologue Pierre Bourdieu a décrit comme la violence symbolique, à savoir le pouvoir d’imposer des normes sociales en présentant la domination comme naturelle et incontestable.

En qualifiant les critiques dont ils font l’objet de « diffamation », les policiers cherchent à renforcer leur autorité tout en dissuadant toute contestation future.

Encore plus de pouvoir à venir

Au lieu de réformer la police, le gouvernement – avec l’appui du Parlement – est en train de réviser le code pénal d’une manière qui risque de transformer la police en une institution surpuissante au sein du système judiciaire pénal.

Si la révision proposée est adoptée, la police pourra superviser le travail des autres fonctionnaires chargés de conduire des enquêtes, notamment administratives. Cela ouvre la porte à des interférences et remet en cause l’autonomie des autres organismes chargés de l’application de la loi.

Le projet de loi accorde également à la police le pouvoir de mettre en œuvre diverses mesures coercitives, menaçant les droits de chaque citoyen.

L’urgence d’une réforme

En Indonésie, le mandat de maintien de l’ordre public est souvent utilisé pour justifier la violence au nom de la « sécurité ». Les ordres de « sécuriser » une situation se traduisent systématiquement par de la répression, le contrôle et la stabilité étant placés au-dessus de la responsabilité démocratique.

Dans un système conçu pour protéger les élites, même les plus petits actes de résistance sont considérés comme des menaces pour le statu quo. La combinaison du pouvoir coercitif et des liens oligarchiques rend toute réforme substantielle extrêmement difficile.

Pourtant, à mesure que la brutalité persiste et que l’autorité policière continue de s’étendre, une réforme complète de l’institution ne peut plus être reportée.

The Conversation

Aniello Iannone ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’Indonésie en révolte face aux violences policières – https://theconversation.com/lindonesie-en-revolte-face-aux-violences-policieres-264295

L’Égypte face à la guerre à Gaza : un délicat jeu d’équilibre

Source: The Conversation – France in French (3) – By Baudouin Long, Docteur en sociologie de l’université Paris-1 Panthéon Sorbonne, chercheur associé à l’UMR développement et sociétés, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Depuis plusieurs années, l’Égypte – qui a récemment annoncé que le Hamas avait accepté une proposition de cessez-le-feu négociée au Caire – joue un rôle d’intermédiaire dans le conflit à Gaza. Seul pays arabe partageant une frontière avec l’enclave palestinienne, l’Égypte poursuit des objectifs stratégiques combinant enjeux sécuritaires et contraintes domestiques – des objectifs mis sous tension par la politique expansionniste d’Israël. Faute de solution diplomatique, la situation à Gaza pourrait avoir des conséquences imprévisibles pour le régime d’Abdel Fattah Al-Sissi, dont les options, face à son opinion publique, restent limitées pour éviter l’accusation d’indifférence et masquer son impuissance face à Tel-Aviv.


Le 18 août dernier, l’annonce d’un cessez-le-feu accepté par le Hamas, négocié au Caire sur les bases d’un plan des États-Unis, a mis en lumière le rôle de médiateur tenu par les autorités égyptiennes dans la guerre menée par Israël à Gaza.

Ce rôle demeure essentiel, même si l’action du Qatar a souvent été plus médiatisée, du fait de la proximité de l’émirat avec le Hamas.

Un rôle clé et historique de médiateur

Sans remonter à la création de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ni aux accords de paix égypto-israéliens de 1979, Le Caire est de longue date un acteur incontournable du conflit israélo-palestinien grâce à sa capacité de négociation entre Israël et les Palestiniens. L’Égypte de Hosni Moubarak (1981-2011) a joué un rôle majeur dans la plupart des accords conclus entre l’OLP et Israël après Oslo (1993) et a été active pour maintenir un canal de discussion avec Israël pendant la seconde Intifada (2000-2005).

Le président égyptien Anouar El-Sadate, le premier ministre israélien Menahem Begin et le président des États-Unis Jimmy Carter, après la signature de l’accord de paix de Camp David en 1979.
Israel Defense Forces

Après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes de 2006 et la prise de Gaza en 2007 par ce dernier, l’Égypte intervient dans les négociations bilatérales aussi bien entre le Hamas et le Fatah qu’entre le Hamas et Israël, lors des conflits de 2008-2009, de 2012, de 2014 et de 2021, dont les victimes sont majoritairement des civils.

L’accession au pouvoir d’Abdel Fattah Al-Sissi en 2014, après le renversement du président Mohamed Morsi (2013), issu des Frères musulmans, suscite des tensions avec le Hamas, proche du mouvement islamiste. Des ajustements ont été nécessaires, mais les services de renseignement égyptiens ont maintenu une liaison discrète avec le Hamas et ont continué à exercer des missions de médiation avec Israël ou avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Depuis le 7 octobre 2023, aux côtés du Qatar et des États-Unis (seul acteur à même de faire pression sur Israël), l’Égypte est à nouveau au cœur des négociations, que celles-ci se déroulent à Doha ou au Caire. Un premier accord sous le parrainage des trois États avait été trouvé en janvier 2025. Préalablement, en décembre 2024, l’Égypte avait négocié un accord entre le Fatah et le Hamas pour ériger une administration autonome à l’issue de la guerre.

Une ligne rouge face à l’expansionnisme israélien ?

Au cours des derniers jours, face à la politique expansionniste d’Israël, l’Égypte a multiplié les déclarations sur la situation de Gaza. Les autorités du Caire se sont dites favorables à la mise en place d’une force d’interposition internationale mandatée par l’ONU, tout en démentant la rumeur selon laquelle elles auraient proposé un transfert des armes du Hamas vers l’Égypte.

À Rafah (Égypte), dans une interview à CNN, le ministre des affaires étrangères Badr Abdelatty a réaffirmé le rejet d’un déplacement massif des Palestiniens, ce qu’il a qualifié de « ligne rouge ».

Plus tôt, le président Al-Sissi avait franchi un cap rhétorique en dénonçant une « guerre de famine et de génocide » et réitéré son refus de tout projet de déplacement. L’Égypte soutient par ailleurs la plainte sud-africaine devant la Cour internationale de justice pour violation de la Convention sur le génocide, sans rejoindre les parties prenantes.

Ces déclarations interviennent dans un double contexte de blocage des négociations et d’accélération des opérations israéliennes, avec, à la clé, des ambitions territoriales israéliennes qui pourraient signifier la fin de toute possibilité d’une solution à deux États et un déplacement massif de population en dehors de Palestine, en particulier vers l’Égypte.




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Le cessez-le-feu négocié au Caire par des médiateurs égyptiens et qatariens reprenait dans les grandes lignes le plan de l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, et traduit donc une réelle avancée par rapport à la situation début juin, quand les États-Unis avaient refusé, conjointement avec Israël, la proposition formulée par le Hamas pour mettre en œuvre une trêve. Une avancée qui, pour autant, ne se traduit pas par un déblocage : une semaine plus tard, Israël n’a pas encore répondu à la proposition des négociateurs.

L’annonce du cessez-le-feu accepté par le Hamas intervient en outre alors que le cabinet de sécurité israélien a validé, le 8 août, un plan visant à prendre le contrôle de Gaza et que l’ONU, après plusieurs alertes, a déclaré l’état de famine dans la bande de Gaza. Les différentes déclarations égyptiennes font aussi écho à la vision d’un « Grand Israël » récemment mise en avant par Benyamin Nétanyahou et qui renvoie aux frontières bibliques d’Israël incluant des territoires actuellement jordaniens, libanais et syriens, ainsi qu’une partie du Sinaï.

L’idée de déplacer la population palestinienne en dehors de Gaza n’est pas nouvelle même si elle était plutôt marginale jusqu’à présent. Dernièrement, Nétanyahou a publiquement envisagé de délocaliser les Gazaouis dans les pays arabes ou en Afrique (des tractations en ce sens ont été évoquées plusieurs fois).

Le Sinaï, un enjeu sécuritaire clé pour l’Égypte

L’Égypte, qui partage avec l’enclave palestinienne une frontière de 14 kilomètres, le « couloir de Philadelphie », est également un acteur sécuritaire parce qu’elle joue un rôle clé, presque au sens propre, dans le blocus exercé par Israël sur la bande de Gaza (à la fois en ce qui concerne son maintien et/ou son allègement).

À cet égard, l’Égypte d’Abdel Fattah Al-Sissi n’est pas épargnée par les critiques qui dénoncent son inaction alors que, de l’autre côté de la frontière, la guerre menée par Israël s’apparente de plus en plus à une épuration ethnique, sinon à un génocide.

Les griefs sont nombreux et concernent notamment le blocage des ravitaillements au passage de Rafah en territoire palestinien, le traitement sécuritaire réservé aux réfugiés gazaouis – environ 100 000 Palestiniens ont trouvé refuge en Égypte depuis le début de la guerre, en payant des frais élevés à la compagnie Hala, qui s’est spécialisée dans la « coordination » du passage de Rafah – ou encore la gestion sécuritaire des manifestations pro-Gaza, au Caire comme dans le Sinaï.

Rappelons que l’Égypte a administré Gaza de 1948 à 1967, avant que la bande tombe sous contrôle israélien. Depuis, la posture du Caire vis-à-vis de Gaza a toujours été profondément influencée par la situation au Sinaï, grande zone désertique où se trouve la frontière entre l’Égypte et Gaza.

Occupé par Israël en 1967 à l’issue de la guerre des Six-Jours (en même temps, donc, que la bande de Gaza), le Sinaï a été récupéré par l’Égypte en 1982. Territoire sous-développé et sous-doté en infrastructures, le Sinaï est, depuis des décennies, une zone de trafics entre l’Égypte, Israël et Gaza.

Après 2011, un mouvement djihadiste local, rallié en 2014 à l’État islamique, y a prospéré, avant d’être progressivement endigué par l’armée égyptienne au terme d’une « sale guerre » qui a fait plusieurs milliers de victimes (plus de 3 200 morts parmi les forces de sécurité, le nombre de victimes civiles n’étant pas connu). Sissi a proclamé la victoire en 2023, les opérations ayant pris fin entre 2019 et 2020.

Pour Le Caire, la gestion de Gaza est avant tout sécuritaire. Il s’agit de contenir les trafics, d’empêcher l’infiltration de groupes armés plus radicaux que le Hamas, dont le plus actif est le Djihad islamique, et d’éviter un afflux de réfugiés palestiniens, du fait de son incapacité logistique à organiser un tel accueil. Au-delà de la question logistique, les dirigeants égyptiens redoutent une situation qui se transformerait en état de fait. Ils ont à l’esprit les précédents libanais et jordanien, où l’installation de réfugiés palestiniens a débouché sur les événements de Septembre noir au royaume hachémite et sur la guerre civile au Pays du cèdre.

Cette position est ancienne&. En 2008 déjà, l’entrée par la force de milliers de Palestiniens dans le Sinaï avait été perçue comme une transgression de la souveraineté nationale, dont la répétition est à éviter « à tout prix ».

Pour autant, l’Égypte se défend de participer au blocus ou d’être inactive face au drame vécu par les Palestiniens. Le président Sissi a apporté lui-même une réponse à ces reproches, rappelant que c’est Israël qui a bombardé à plusieurs reprises le passage de Rafah et qui contrôle le côté palestinien de Rafah.

Israël, qui s’est retiré de Gaza en 2005, a repris le contrôle du couloir de Philadelphie en mai 2024. Les médias égyptiens, reprenant les éléments de langage du gouvernement, mettent en avant les convois humanitaires envoyés depuis l’Égypte : plus de 45 000 camions, soit 70 % de l’aide humanitaire, auraient ainsi ravitaillé Gaza depuis octobre 2023 (sachant que le passage ne peut se faire qu’avec l’accord d’Israël et à ses conditions en termes de sécurité).

Entre contraintes externes et pressions internes

Sur la question palestinienne, l’Égypte défend l’établissement d’un État palestinien dans le cadre d’une solution à deux États. Il s’agit d’un positionnement historique, défini par Anouar El-Sadate dans son discours à la Knesset en novembre 1978.

Il se traduit par des actions diplomatiques mais, depuis 2008, chaque guerre israélienne à Gaza met en lumière la portée limitée de l’engagement égyptien. Or, pour Sissi, cet engagement comporte des contraintes domestiques. La situation désespérée des Gazaouis trouve un large écho en Égypte comme dans toute la région et suscite un fort sentiment de solidarité.

Ici aussi, le gouvernement égyptien est pris dans ses contradictions. Pour bon nombre d’Égyptiens, le Hamas n’est pas tant un mouvement terroriste qu’un mouvement de résistance à Israël : d’ailleurs, même Le Caire ne l’a pas classé comme organisation terroriste, contrairement aux Frères musulmans égyptiens.

D’un côté, les autorités égyptiennes répriment toute manifestation qu’elles n’organisent pas elles-mêmes et qui pourrait remettre en cause le régime. Une méfiance à l’égard de la rue qui renvoie à l’importance des mobilisations de soutien aux Palestiniens dans la trajectoire militante qui a conduit à la révolution de 2011. D’un autre côté, le président et le gouvernement doivent prendre en compte la sensibilité de l’opinion publique et montrer qu’ils ne sont pas impuissants. À cet égard, accepter le déplacement des Palestiniens dans le Sinaï ferait d’eux des complices aux yeux des Égyptiens.

Quoi qu’il en soit, le rôle de l’Égypte paraît difficilement pouvoir aller au-delà d’une aide humanitaire et des négociations diplomatiques. La paix avec Israël demeure un pilier de la politique étrangère égyptienne. Le Caire ne mettra pas en danger sa relation bilatérale avec Israël au point de menacer d’entrer en conflit armé avec ce dernier.

Pas uniquement pour des raisons économiques, ou parce qu’une partie des approvisionnements en gaz de l’Égypte dépend d’Israël – même si ceux-ci peuvent représenter un levier. Sur beaucoup d’aspects, l’alliance avec Israël est cruciale pour Sissi : au-delà du soutien qu’a pu lui apporter Nétanyahou en plaidant sa cause à Washington après le putsch contre Morsi (2013), l’État hébreu est un partenaire économique, mais également un partenaire sécuritaire pour lutter contre les groupes djihadistes encore présents dans le Sinaï. Si des lignes rouges sont énoncées, aucune réelle menace n’a été proférée.

Pour autant, des rumeurs émanant de sources gouvernementales avaient circulé en février 2024 : elles évoquaient la menace d’une suspension du traité de paix en cas d’invasion israélienne de Rafah. Las, les troupes israéliennes occupent la zone frontalière depuis le mois de mai 2024 sans que l’Égypte n’ait réagi autrement que verbalement. Il semble en particulier exclu que l’armée égyptienne puisse être mobilisée pour s’interposer en dehors d’un cadre onusien et sans l’accord d’Israël.

La diplomatie pour ne paraître ni indifférent ni impuissant ?

On comprendra, dès lors, que les déclarations récentes de l’Égypte s’inscrivent dans une politique de long terme et n’indiquent pas un changement de ligne. La politique expansionniste d’Israël met en tension les objectifs stratégiques de l’Égypte : l’établissement d’un État palestinien dans le cadre d’une solution à deux États, la préservation de la souveraineté de l’Égypte dans le Sinaï et de sa sécurité, et, enfin, l’adhésion de l’opinion publique égyptienne.

Alors qu’Israël a répondu à l’annonce du Caire par la mobilisation de 60 000 réservistes pour exécuter son projet d’occupation de Gaza, la question de la soutenabilité de la posture d’équilibriste se pose et expose Le Caire à la réalité. Seul, le régime de Sissi ne peut rien contre Israël.

S’il est peu probable que le président égyptien prenne le risque de s’opposer militairement, il semble alors condamné à paraître indifférent ou impuissant. Une humiliation sur le dossier gazaoui pourrait coûter cher en interne à l’autocrate et avoir des conséquences dramatiques pour la région. Ne reste alors à l’Égypte que la voie diplomatique pour sortir de l’ornière. D’abord négocier un cessez-le-feu et ensuite parvenir à une issue alternative à l’occupation israélienne de Gaza. Cette dernière pourrait nécessiter un retour de l’Égypte dans la bande de Gaza. Mais l’Égypte est-elle vraiment prête à prendre sa part dans une solution à Gaza au-delà des négociations diplomatiques ?

The Conversation

Baudouin Long ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’Égypte face à la guerre à Gaza : un délicat jeu d’équilibre – https://theconversation.com/legypte-face-a-la-guerre-a-gaza-un-delicat-jeu-dequilibre-263825

Guerres, IA, cryptomonnaie, immigration, démographie : les défis de l’économie mondiale pour 2026

Source: The Conversation – France in French (3) – By Isabelle Bensidoun, Adjointe au directeur du CEPII, CEPII

Avec la réélection de Donald Trump, les guerres et la hausse des tarifs douaniers, l’économie mondiale est dans un climat d’incertitude profond. Gopixa/Shutterstock

Le Centre d’études prospectives et d’informations internationales livre son analyse annuelle de l’économie mondiale, aux éditions La Découverte. Les deux coordinatrices de l’ouvrage, Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran, décryptent pour « The Conversation France » le contexte particulièrement périlleux que va devoir surmonter l’économie mondiale en 2026.


L’année qui vient de s’écouler a vu l’économie mondiale basculer dans un nouveau paradigme. Quelle lecture en fait le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) ?

Le premier chapitre de l’ouvrage, rédigé par Isabelle Bensidoun et Thomas Grjebine, intitulé « L’économie mondiale en guerre », donne le ton. Il faut dire que rarement depuis les années de guerres mondiales, le climat géopolitique n’avait été aussi dangereux.

Résultat, l’incertitude est au plus haut et, avec elle, la trajectoire de croissance mondiale fragilisée. À cet égard, celles qu’emprunteront les deux premières puissances économiques mondiales – les États-Unis et la Chine – sera déterminante.


Fourni par l’auteur

Aux États-Unis, difficile de ne pas être inquiet des conséquences de la tariffmania de Donald Trump, du creusement du déficit que le « Big Beautiful Act » va entraîner ou de l’abandon de la politique industrielle qu’avait impulsée la précédente administration. Car si Donald Trump, tout comme son prédécesseur, fait de la réindustrialisation un de ses chevaux de bataille, la stratégie est bien différente entre les deux locataires de la Maison Blanche.

Là où Joe Biden avait engagé une politique industrielle ciblée sur les filières stratégiques combinant subventions massives et incitations fiscales, Donald Trump compte sur la baisse des impôts, la déréglementation et la coercition tarifaire pour forcer les industriels à investir aux États-Unis. Un pari risqué qui pourrait alimenter une inflation des coûts de production, une baisse du pouvoir d’achat des ménages et renforcer l’incertitude pour les investisseurs.

De même, en Chine, le modèle de croissance déséquilibré, du fait d’une demande intérieure structurellement atone, devient de plus en plus préoccupant dans un contexte où les relations commerciales sont devenues un champ de bataille.

Après une prise de conscience depuis la crise sanitaire, renforcée par la guerre en Ukraine, la sécurité économique était devenue le nouveau cadre de la mondialisation. Avec pour conséquence, des pays devenus plus regardants à l’égard de la concurrence déloyale exercée par la Chine sur leurs productions de produits stratégiques.

Avec le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, si les ambitions restent les mêmes, la méthode a radicalement changé. Le friendshoring – cette recherche d’alliances entre pays qui partagent les mêmes valeurs – a cédé la place aux rapports de force.

Le « jour de la libération » (2 avril 2025), ce jour où Donald Trump a désigné ses ennemis – les pays qui exportent davantage aux États-Unis que ces derniers n’exportent vers eux –, 57 pays ont été ciblés avec des droits de douane atteignant 50 % pour le Vietnam, des surcharges de droits de 34 points de pourcentage pour la Chine ou de 20 points pour l’Union européenne.

Et si une semaine plus tard, le jour où ces droits de douane devaient entrer en vigueur, Donald Trump a décidé d’une pause de quatre-vingt-dix jours après que les marchés financiers, et notamment celui de la dette publique états-unienne, ont menacé de s’écrouler, le protectionnisme brutal est bien devenu le nouveau credo de la politique commerciale états-unienne.

L’incertitude déclenchée par la guerre commerciale ne risque-t-elle pas de rendre le financement de la dette américaine plus difficile, alors même qu’elle devrait s’accroître dans les années à venir avec le « Big Beautiful Act » ?

Oui le risque est bien présent. Il s’est concrétisé à la suite du « jour de la libération », quand le marché des bons du Trésor états-unien, valeur refuge par excellence lorsque les bourses dévissent, a plongé, la confiance des investisseurs ayant été sérieusement éprouvée par le déferlement de mesures tarifaires.

Mais Donald Trump est habile. Une parade a été trouvée pour limiter ce risque, avec le vote du « Genius Act » cet été : le développement de stablecoins adossés au dollar que cette loi vise à encourager.

Ces jetons numériques adossés au dollar devraient permettre à la demande de l’actif souverain états-unien de se maintenir et constituer un nouveau canal privé de diffusion internationale du dollar, à l’heure où certaines banques centrales sont enclines à bouder le billet vert pour limiter sa suprématie et les risques y afférent.

Ce néo-mercantilisme monétaire, pendant du néo-mercantilisme commercial de Donald Trump, risque fort d’alimenter une nouvelle bataille, dans le domaine monétaire cette fois. Pour l’Europe, l’enjeu dans ce contexte est de trouver le moyen d’éviter l’affaiblissement de la souveraineté monétaire de la zone euro.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, c’est aussi la rivalité sino-américaine autour des métaux stratégiques qui a redoublé d’intensité ?

Effectivement. L’escalade tarifaire avait conduit à des droits de douane de 145 % pour les produits chinois sur le marché états-unien et de 125 % en Chine sur les importations en provenance des États-Unis. Si elle a pris fin, c’est bien parce que les Chinois ont dégainé leur arme de destruction massive : des contrôles très stricts sur les exportations de terres rares, qui se sont traduits par des pénuries dans plusieurs secteurs et notamment le secteur automobile.

La recherche d’une indépendance à l’égard de la suprématie chinoise dans les métaux stratégiques n’est pas nouvelle. Carl Grekou, Emmanuel Hache et Valérie Mignon nous rappellent d’ailleurs dans le chapitre II que Donald Trump y voyait déjà, lors de son premier mandat, une menace pour la sécurité nationale. Menace qui n’a fait que s’amplifier avec le déploiement depuis plusieurs années d’une stratégie de coercition économique par Pékin.

Mais dans ce domaine, comme dans celui de la politique industrielle, les méthodes, auxquelles l’administration Biden et l’administration Trump 2 ont recours, sont presque aux antipodes l’une de l’autre, surtout au niveau international. Là où Joe Biden cherchait à sécuriser des zones riches en matériaux critiques en dehors du territoire national pour construire des chaînes d’approvisionnement avec des alliés, Donald Trump mise sur une stratégie unilatérale, offensive, voire de conquêtes territoriales. Il en est ainsi de ses revendications sur le Groenland ou de sa proposition de faire du Canada le 51e État des États-Unis. Quant à l’Ukraine, dont le sous-sol regorge de titane, de graphite, de lithium ou de terres rares, elle s’est trouvée contrainte de signer un accord en avril 2025 qui confère aux États-Unis un accès prioritaire à ses terres rares.

L’ambition hégémonique de Donald Trump n’est pas sans risques. Face à une telle offensive, les « petits pays » producteurs de métaux stratégiques pourraient chercher à se coordonner pour la défense et la mise en valeur de leurs ressources, conduisant alors à une recomposition du pouvoir autour des ressources en matériaux critiques.

Dans une économie mondiale en guerre, il n’est pas improbable de voir les sanctions se multiplier. Mais est-ce qu’elles fonctionnent ?

C’est la question que se sont posée Matthieu Crozet, Charlotte Emlinger, et Kevin Lefebvre dans le chapitre III. La recrudescence des tensions géopolitiques s’accompagne de la montée en puissance des sanctions internationales. Les nations occidentales, dont les États-Unis et les pays d’Europe, au premier chef, ne sont plus les seules à y recourir : la Chine et la Russie n’hésitent plus à mobiliser cette arme.




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En se concentrant sur les sanctions commerciales qui offrent les données nécessaires à l’exercice d’évaluation, ils apportent une réponse nuancée. Ils appellent à ne pas trop attendre des sanctions tant les contournements sont possibles, les compensations légions et le ciblage largement illusoire, mais à ne pas en désespérer non plus. Car si la Russie a su pallier l’arrêt des importations empêchées par les sanctions en se tournant vers des fournisseurs de pays amis, elle a pour cela payé le prix fort pour une qualité moindre.

Force est de constater qu’à plus long terme, les sanctions redessinent de manière durable les routes du commerce international, en continuant d’exercer un effet dissuasif même une fois levées.

On a vu qu’en matière commerciale l’économie mondiale était devenue un champ de bataille. À cet égard, le secteur automobile a été l’un des premiers à faire les frais de la tariffmania de Donald Trump. Pourquoi ce secteur en particulier ?

L’automobile est, pour Vincent Vicard et Pauline Wibaux qui ont rédigé le chapitre IV, le secteur le plus emblématique de la mondialisation et de ses bouleversements. C’est un secteur qui structure les tissus industriels de nombreux pays, qui assure une part importante du commerce international – près de 10 % des échanges mondiaux en 2023 – et qui est aujourd’hui à la croisée de transformations majeures.

Au niveau technologique, le passage à la voiture électrique implique une rupture industrielle profonde. Pour les constructeurs européens, l’enjeu est de rattraper le retard pris sur les nouveaux acteurs chinois et états-uniens qui sont en train de reconfigurer le marché.




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S’agissant de la Chine, la percée qu’elle a opérée dans ce secteur lui a permis de devenir le premier exportateur mondial de véhicules, avec une part de moins de 5 % dans les années 2000 et 2010 à près de 15 % en 2024, laissant derrière elle les exportateurs historiques que sont le Japon et l’Allemagne. Les marques chinoises, dont l’émergence s’est avant tout construite sur leur marché intérieur, représentent aujourd’hui 60 % de ces exportations. Leur place est aussi dominante sur le marché des véhicules électriques, avec près de 55 % de la production mondiale !

Pas très surprenant dans ce contexte que le secteur soit la cible du protectionnisme, tout particulièrement les véhicules électriques, et pas seulement aux États-Unis. L’Europe a décidé en octobre 2024, après une enquête antisubventions, d’appliquer une surcharge allant jusqu’à 35 % aux véhicules électriques importés de Chine, avec l’espoir également que ces surtaxes conduisent à une accélération des investissements chinois sur le sol européen. C’est aussi ce que Donald Trump espère avec les droits de douane additionnels de 25 % sur les importations de véhicules et de pièces détachées décrétés en avril 2025.

Une autre bataille est en cours avec le développement de l’intelligence artificielle (IA). Quels en sont les risques ?

L’IA figure effectivement parmi les bouleversements majeurs qui reconfigurent l’économie mondiale. C’est ce qu’Axelle Arquié analyse dans le chapitre V, après avoir rappelé en quoi l’IA constitue une avancée décisive, quelles en sont les différentes formes, leur fonctionnement et leurs limites.

Les visions sur ses conséquences s’affrontent. Pour les uns, l’IA s’inscrirait dans le long processus de la révolution industrielle, dont elle décuplerait les effets en étant source de croissance, de formidables avancées en médecine, et de moindres inégalités. Pour d’autres, elle pourrait mener à la dévalorisation du travail humain, à une chute des salaires, voire une marginalisation de l’espèce humaine, notamment si l’IA générale (IAG), comparable à celle des humains, parvient à émerger.




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L’humanité pourrait alors se trouver face à un épineux dilemme du prisonnier : refuser de s’engager dans la course à l’IA au risque de se retrouver vassalisée par les leaders technologiques ou bien entrer dans une course à l’IA non régulée, au risque de déboucher sur une IAG non alignée avec les intérêts humains.

En la matière, tout va dépendre des règles que la communauté internationale saura imposer pour éviter qu’un point de non-retour soit atteint.

L’économie mondiale 2026 se frotte à un autre sujet de bataille, celui de l’immigration, avec des conclusions qui vont à l’encontre de ce que l’on a l’habitude d’entendre dans les débats.

C’est sous l’angle de l’intégration économique des immigrés, et tout particulièrement de l’évolution de leur situation sur le marché du travail, qu’Anthony Edo et Jérôme Valette abordent la question de l’immigration dans le chapitre VI.

70 % des Européens, selon l’Eurobarometer 2021, estiment que la difficulté d’accès à l’emploi des immigrés constitue le principal obstacle à leur intégration. Or un des éléments structurant de l’insertion des immigrés dans l’emploi est d’acquérir un statut stable, légal et assorti de droits reconnus.

À partir des résultats d’un large ensemble d’études empiriques, ils montrent en effet que naturalisation, asile, et régularisation constituent d’importants leviers à la disposition des pouvoirs publics pour favoriser l’intégration économique des immigrés.

D’après les études existantes, il n’y a pas à craindre que ces mesures fassent augmenter les flux migratoires à court terme. À plus long terme, leur efficacité dépendra de leur articulation avec les politiques d’entrée des immigrés, qui encadrent à la fois le volume et le profil des nouveaux arrivants.

Autre grand sujet d’anxiété pour l’économie mondiale : la démographie, dont les évolutions sont souvent décrites sans nuances et dans un registre dramatique. Qu’en est-il ?

Le retour aux chiffres et aux concepts est l’approche adoptée par Hippolyte d’Albis dans le chapitre VII pour avoir une approche apaisée de ces grands enjeux, dont l’acuité varie en fonction du niveau de revenu des pays.

Les pays à haut revenu sont les premiers confrontés au ralentissement de la croissance démographique et à la baisse de la fécondité, rejoints depuis peu par ceux à revenu intermédiaire, tandis que la population continue de croître dans les pays à bas revenu.

Ces évolutions soulèvent des défis, mais sont aussi porteuses d’opportunités. La baisse de la natalité exerce un effet positif sur le taux d’emploi des femmes notamment. Et si l’on tient compte de l’amélioration de l’état de santé et de l’espérance de vie, le vieillissement de nos sociétés est en réalité beaucoup moins marqué.

Quoi qu’il en soit, les pays riches doivent miser sur l’éducation, l’innovation et la productivité pour dynamiser leur société vieillissante, et faire de l’immigration un outil de rééquilibrage en l’accompagnant par des politiques d’intégration.

Les pays à revenus intermédiaires, dont la fenêtre d’opportunité démographique est en train de se refermer, doivent l’anticiper et investir dans l’avenir.

Les pays pauvres, enfin, où la transition démographique n’est pas encore amorcée, ont besoin de progrès en matière de santé, d’éducation – en particulier des femmes – pour que cette étape coïncide avec leur développement économique.

The Conversation

Jézabel Couppey-Soubeyran est membre de l’Institut Veblen et de la Chaire énergie et prospérité.

Isabelle Bensidoun ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Guerres, IA, cryptomonnaie, immigration, démographie : les défis de l’économie mondiale pour 2026 – https://theconversation.com/guerres-ia-cryptomonnaie-immigration-demographie-les-defis-de-leconomie-mondiale-pour-2026-264284

Malgré ses coûts appréhendés, le dossier de santé numérique, amélioré par l’IA, est essentiel

Source: The Conversation – in French – By Martin Cousineau, Professeur agrégé au Département de gestion des opérations et de la logistique, HEC Montréal

Le Québec s’apprête à moderniser son système de santé avec l’arrivée du Dossier santé numérique (DSN), un projet attendu depuis plus de 20 ans. Grâce à l’intelligence artificielle (IA), ce dossier unique promet de transformer la prévention, les soins personnalisés et la gestion hospitalière.

Le 12 janvier 2024, le ministère de la Santé et des Services sociaux annonçait la signature d’un contrat avec l’entreprise américaine Epic Systems Corporation pour la mise en œuvre du DSN dans deux premiers établissements. L’annonce a rapidement suscité des critiques sur la souveraineté des données confiées à une firme étrangère. Par ailleurs, le projet dans son ensemble fait l’objet de vives préoccupations quant à ses coûts, dont l’estimation serait passée de 307 millions à 440 millions de dollars, selon Radio-Canada.

Malgré les controverses, cette entente marque le début d’une adoption progressive d’un dossier de santé entièrement numérique, unique à l’échelle du réseau, pour chaque personne.

Le DSN centralisera des informations sociales et médicales, souvent fragmentées et peu intégrées dans les systèmes actuels. Cette centralisation des données de santé facilitera une utilisation accrue de l’IA, ouvrant la voie à plusieurs bénéfices, notamment en matière de promotion de la santé, de personnalisation des soins et de gestion logistique du système de santé.

Notre équipe s’intéresse à l’impact de l’IA et du numérique en santé, un sujet sur lequel nous avons publié plusieurs études. Je suis professeur agrégé en gestion des opérations et logistique à HEC Montréal. Je co-dirige l’axe Santé durable de l’Obvia avec ma collègue Marie-Pierre Gagnon. Cet axe est coordonné par Marianne Ozkan. L’Obvia est dirigé par Lyse Langlois.

Promotion de la santé

Nous avons récemment publié une revue systématique des études montrant que l’IA est efficace pour soutenir les interventions visant les comportements alimentaires, l’activité physique, la cessation tabagique, la santé mentale et les soins préventifs.

L’implantation du Dossier santé numérique offre une possibilité unique d’exploiter de grands volumes de données pour favoriser l’amélioration de la santé. Selon l’Association pour la santé publique du Québec, la promotion de la santé et la réduction de la maladie sont des priorités pour assurer la pérennité du système de santé. Investir dans les saines habitudes de vie pourrait permettre des économies de 8,5 milliards de dollars au Canada.

Pour les individus, l’accès aux informations sur leur santé via le portail patient du DSN pourrait favoriser un rôle plus actif dans leur prise en charge, avec des messages préventifs personnalisés en fonction des facteurs de risques.

Pour le personnel de santé, le DSN offrira une vue d’ensemble de la situation de chaque patient. Les outils intégrés faciliteront le suivi des interventions préventives (vaccination, cessation tabagique) et entre différents professionnels pour des enjeux complexes.

Pour la recherche, le DSN facilitera la réalisation d’études longitudinales à grande échelle à moindres coûts, et le développement de modèles prédictifs pilotés par l’IA, optimisant ainsi programmes et interventions.

Enfin, l’analyse croisée des données du DSN avec d’autres sources (environnement, transports, économie) permettra une meilleure compréhension des enjeux actuels, guidant les politiques publiques.

Personnalisation des soins de santé

L’utilisation du DSN favorise l’émergence d’une médecine personnalisée, qui vise à offrir le bon traitement au bon moment à la personne concernée. Les données cliniques, d’imagerie, de génomique, de même que des données démographiques et celles concernant les habitudes de vie, permettent la conception de modèles de santé spécifiques à une personne.

Ces modèles peuvent représenter des fonctions très détaillées, telles que des fonctions cardiaques précises, ou des interactions complexes du corps humain. Souvent propulsés par des techniques d’IA, ils ouvrent la voie à la personnalisation des soins, que ce soit pour soutenir un diagnostic ou simuler un scénario de traitement. Ainsi, deux personnes atteintes d’une même maladie peuvent recevoir des traitements différents, adaptés à leurs spécificités.

Les jumeaux numériques sont des systèmes qui reproduisent en temps réel le comportement d’un modèle, tout en permettant l’intégration de l’IA. Appliqués à des modèles de santé personnalisés et couplés à des capteurs biométriques, ils permettent de suivre en temps réel l’évolution d’une maladie et de favoriser la détection rapide de problèmes de santé comme des migraines. Ainsi, les traitements, le dosage de médicaments ou encore les habitudes de vie peuvent être ajustés dynamiquement afin d’optimiser les interventions sur l’état de santé.


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L’utilisation du DSN par l’IA permet d’entrevoir de nombreuses retombées positives en matière de médecine personnalisée. Toutefois, il faudra peser soigneusement les bénéfices attendus et les coûts associés, lesquels pourraient être élevés en raison de la nature très spécifique, voire unique, des soins requis. Cette particularité pourrait engendrer des besoins techniques, logistiques ou humains dépassant les standards habituels, ce qui pourrait avoir un impact significatif sur les ressources à mobiliser.

Gestion logistique du système de santé

Au-delà des considérations cliniques, le DSN pourrait aussi transformer la gestion du système de santé. Avec des données cliniques plus accessibles, les hôpitaux pourraient optimiser leurs opérations quotidiennes.

Par exemple, les jumeaux numériques pourraient servir à créer des répliques virtuelles d’un hôpital, permettant de simuler différentes situations et de prendre de meilleures décisions, notamment avec l’aide de l’IA. On peut ainsi prévoir un manque de lits ou ajuster le nombre de personnels selon l’achalandage attendu.

Même si plusieurs applications concrètes existent déjà, leur déploiement à grande échelle demeure difficile. L’un des principaux obstacles : des données parfois incomplètes ou peu accessibles. Le DSN pourrait aider à combler ces lacunes pour les informations cliniques, mais des actions devront être entreprises pour améliorer la qualité et la disponibilité des données logistiques des établissements de santé.

Une étude menée pendant la pandémie a d’ailleurs montré à quel point des données de mauvaise qualité – trop lentes à arriver, trop générales (mensuelles plutôt que quotidiennes), ou simplement inexactes – peuvent nuire à la gestion des stocks médicaux. Même si cette étude a été menée dans un contexte de crise, ses conclusions demeurent pertinentes en temps normal : une gestion efficace repose avant tout sur la qualité des données disponibles.

L’avènement du DSN, combiné aux avancées en IA, ouvre ainsi des perspectives prometteuses pour améliorer la promotion de la santé, la personnalisation des soins et l’efficacité logistique du système de santé. Toutefois, l’intégration de ces technologies doit se faire de manière éthique, transparente et concertée. Il est essentiel d’impliquer l’ensemble des parties prenantes – incluant les bénéficiaires du système de santé, les milieux communautaires et municipaux, le personnel du réseau de la santé et des services sociaux, ainsi que les partenaires technologiques et institutionnels – afin d’assurer l’acceptabilité sociale et l’équité des transformations en cours.

Un dialogue ouvert et continu est nécessaire pour baliser l’usage de l’IA et veiller à ce qu’elle serve véritablement les besoins de la population. L’enjeu n’est pas seulement technique, mais profondément humain et social.

La Conversation Canada

Martin Cousineau est membre de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (Obvia) et du Centre interuniversitaire de recherche les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport (CIRRELT). Il a reçu des financements des Fonds de recherche du Québec (FRQ), du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de Apogée Canada (IVADO) et de l’Obvia.

lyse Langlois est membre de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (Obvia), ainsi que du Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation du travail (Crimt). Elle a reçu des financements du FRQ, CRSH, CRSNG, IRSST, IRSC, Obvia et Apogée (Ivado).

Marianne Ozkan a reçu des financements des Fonds de recherche du Québec (FRQ) et de l’Observatoire international sur les impacts de l’IA et du numérique (Obvia).

Marie-Pierre Gagnon est membre de Vitam – Centre de recherche en santé durable. Elle a reçu des financements des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), des Fonds de recherche du Québec (FRQ), de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (Obvia).

ref. Malgré ses coûts appréhendés, le dossier de santé numérique, amélioré par l’IA, est essentiel – https://theconversation.com/malgre-ses-couts-apprehendes-le-dossier-de-sante-numerique-ameliore-par-lia-est-essentiel-261805

Supernova theory links an exploding star to global cooling and human evolution

Source: The Conversation – Africa (2) – By Francis Thackeray, Honorary Research Associate, Evolutionary Studies Institute, University of the Witwatersrand

Artist’s impression of a supernova. By ESO/M. Kornmesser/Wikimedia Commons, CC BY

What’s the link between an exploding star, climate change and human evolution? Francis Thackeray, who has researched ancient environments and fossils for many years, sets out his ideas about what happened in the distant past – with enormous consequences.

Global cooling that happened millions of years ago was thought to be the result of ocean currents. He suggests instead it could have been due to the impacts of remnants of supernovae. The timing of supernovae, climate changes and species evolution coincides.

What is your supernova hypothesis?

My hypothesis is that remnants of a supernova – an exploding star – had an impact on the Earth’s past climate, causing global cooling, between 3 million and 2.6 million years ago and that this indirectly affected the evolution of hominins (ancient relatives of humans).

How does this change assumptions held until now?

It has been considered by some that global cooling in the Plio-Pleistocene might have been due to changes in ocean currents. This may well be correct to some extent, but I think that the supernova hypothesis needs to be explored.

It’s super-exciting to think that our evolution may to some extent be associated with supernovae as part of our dynamic universe.

How did you come to your supernova hypothesis?

Supernovae include stars which are extremely massive (as much as five times the mass of our Sun) and have reached the end of their stellar evolution. These explosions are rare. On average, within our galaxy (the Milky Way), only one or two per century are visible from Earth as temporary bright stars.

As a result of such explosions, material is expelled into outer space at almost the speed of light. Chemical elements are formed, including a kind of iron (the element Fe) known as isotope Fe-60. It has 26 protons and as many as 34 neutrons.

Traces of Fe-60 iron isotopes from supernovae within the last ten million years have been discovered on Earth in marine deposits such as those drilled in cores in the east Indian Ocean.




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The deep-sea deposits with Fe-60 can be dated using radioactive elements which decay at a known rate. This is called radiometric dating.

There was a regular increase in extremely small traces of Fe-60 for the period between 3 million and 2.6 million years ago. We know this from data published by Anton Wallner and his colleagues. Since this is a linear trend I have been able to extrapolate back to 3.3 million years when initial cosmic rays may have first hit Earth. I have proposed in the Quest magazine that this initial cosmic impact correlates with a major glaciation (cooling) event called M2 in an otherwise warm period.

A “near earth” supernova could have produced cosmic rays (radiation from outer space) which might have caused a reduction in the earth’s ozone layer. Increased cloud cover associated with cosmic radiation could have been a factor related to changes in global climate. Specifically, the change would have been global cooling.

This cooling would have affected the distribution and abundance of plant species, in turn affecting that of animals dependent on such vegetation.

What potential new insights does the hypothesis give us into human evolution?

Populations of Australopithecus may have been indirectly affected by the decrease in temperature.

Australopithecus is the genus name for distant human relatives which lived in Africa in geological periods called the Pliocene and Pleistocene. The boundary between these time intervals is 2.58 million years ago. At that time, certain species went extinct. The period coincides closely with the maximum of Fe-60 in marine deposits and a change in Earth’s magnetic field.

Australopithecus africanus: cast of Taung child.
Wikimedia Commons, CC BY-SA

The first fossil of Australopithecus to be described, 100 years ago, was placed by the palaeontologist Raymond Dart in a species called A. africanus. Dubbed the “Taung Child”, it was discovered in South Africa. Its biochronological age, recently based on mathematical analyses of tooth dimensions, is about 2.6 million years – at the Plio-Pleistocene boundary.

It cannot be concluded that the death of the Taung Child was directly caused by a supernova. This would be far-fetched. There is in fact evidence that this individual, about 3 years old, was killed by an eagle.

However, it is plausible to suggest that in Africa, in the Plio-Pleistocene, populations of Australopithecus were affected by a decrease in temperature affecting the distribution and abundance of vegetation and the animals dependent on it.

Recently, a new species of Australopithecus (as yet not named, from Ledi-Geraru) has been discovered in Ethiopia, in deposits dated at about 2.6 million years ago – also the time of the maximum in Fe-60 in deep-sea deposits.

The appearance of the genus Homo is close to the Plio-Pleistocene boundary, reflected by fossils reported recently by Brian Villmoare and his colleagues and well dated at about 2.8 million years ago. The origin of Homo may relate to changes in temperature and associated changes in habitat, as recognised five decades ago by South African palaeontologists Elisabeth Vrba and Bob Brain, although they emphasised a date of 2.5 million years ago.

Is it possible that cosmic radiation stimulated genetic changes?

I have been told by my peers that I am inclined to think “out of the box”. Well, in this case I would like to propose a “hominoid mutation hypothesis”. The hypothesis states that the speciation of hominoids (including human ancestors and those of chimpanzees and gorillas) was to some extent associated with mutations and genetic variability caused by cosmic rays.

It is interesting to consider the possibility that the origin of our genus Homo relates in part to cosmic radiation. Going deeper back in time, Henrik Svensmark has demonstrated that there is a correlation between supernova frequency and speciation (increased biodiversity associated with the evolution of new species), for the last 500 million years (the Phanerozoic period). I think it’s entirely possible that one important cause behind this correlation was the mutagenic (mutation-causing) effect of cosmic rays on DNA, such that rates of speciation exceeded those of extinction.




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In hominoids, cosmic rays could have contributed not only to global cooling but also to genetic changes, with subsequent anatomical (morphological) changes related to speciation.

If we go back to about 7 million years ago (when Fe-60 again reflects supernova activity), we would expect to find fossils that are close to a common ancestor for chimpanzees and humans. In terms of the hominoid mutation hypothesis, the split could have been associated with cosmic radiation. One hominoid species about 7 million years old is Sahelanthropus (discovered by Michel Brunet in Chad). In my opinion this species is very close to the common ancestor for Homo sapiens (us) and chimps.

The Conversation

Francis Thackeray has received funding from the National Research Foundation.

ref. Supernova theory links an exploding star to global cooling and human evolution – https://theconversation.com/supernova-theory-links-an-exploding-star-to-global-cooling-and-human-evolution-263748

DRC’s latest peace deal is breaking down and it isn’t the first – what’s being done wrong

Source: The Conversation – Africa (2) – By Kristof Titeca, Professor in International Development, University of Antwerp

A series of peace initiatives since 2021 have sought to address the escalation of conflict in eastern Democratic Republic of Congo (DRC) following a renewed offensive from the M23 rebel group.

The origins of this crisis go back to the First Congo War in 1996. Since then, the intensity of conflict in eastern DRC has ebbed and surged. The current M23 offensive represents one of its most violent phases.

Over nearly three decades, numerous peace efforts have been undertaken, yet neither local, regional nor international interventions have succeeded in bringing lasting stability. Crucially, they have failed to tackle the broader dynamics that perpetuate violence in the country’s mineral-rich east, where at least 120 armed groups are estimated to be active.

These recent efforts include the Nairobi process launched in April 2022 by the East African Community, and the Luanda process in June of the same year, launched by Angolan president João Lourenço.

The East African Community deployed its regional force to the DRC in November 2022. This was followed by the Southern African Development Community deploying troops in December 2023. These troops withdrew in 2023 and 2025, respectively.

More recently, there have been peace talks in Doha, which started after a meeting between the presidents of Congo and Rwanda in March 2025. The US mediated in Washington from April 2025.

The conflict has continued to escalate. More than 7.8 million people are now internally displaced in eastern DRC. Another 28 million people are facing food insecurity, including nearly four million at emergency levels.

Why have peace processes failed to deliver stability, and what could be done to strengthen them?

I have studied the dynamics of conflict in central Africa for decades, and in my view, the persistence of conflict in DRC’s eastern region isn’t due to a lack of peace initiatives. I argue that some initiatives suffer from flawed design, others from difficult implementation, and some from a combination of both.

Deep mistrust, stalled commitments, the exclusion of key actors, fragmented mediation efforts, an overemphasis on economic incentives, and weak domestic legitimacy have all undermined progress.

Ideally, peace processes would address these shortcomings comprehensively and lay the foundations for lasting stability.

But ideal conditions rarely exist.

The challenge, therefore, is to use sustained diplomacy to make the current imperfect frameworks work more effectively, while gradually building the trust and inclusivity needed for more durable peace.

What’s gone wrong

1. Deep mistrust between the parties

Peace processes since 2021 have focused on negotiating peace between the DRC government, M23 representatives (and their political wing Alliance Fleuve Congo) and the Rwandan government. The UN and many others have shown that Rwanda has been supporting the M23, a claim Kigali repeatedly denies.

At the heart of the failures of these processes lies a profound lack of trust. Relations between Kinshasa, M23 and Kigali are marked by hostility, mutual suspicion and broken promises.

Moreover, M23, Alliance Fleuve Congo and Rwanda cannot be treated as interchangeable actors. Among these actors, differences remain over the ultimate objectives of the rebellion – whether to march on Kinshasa, secure control over key territories in the east, or build influence through Congolese state structures versus a de facto separate administration.

Continued atrocities on the ground reinforce distrust. Recent reports from the UN, Human Rights Watch and Amnesty International document continued killings and summary executions of Congolese civilians by M23 rebels with Rwandan backing, raising concerns of ethnic cleansing. These have happened alongside abuses by Congolese forces and allied militias (grouped as Wazalendo).

2. Poor implementation measures

Because of this mistrust, parties are reluctant to take the first step in implementing agreements. The 19 July 2025 Doha Declaration of Principles, for example, committed both sides to prisoner exchanges and the restoration of state authority in rebel-held zones. Yet, Kinshasa refused to exchange prisoners before a final settlement, a condition M23 saw as essential.

3. Failing to include all regional actors

The war in eastern DRC involves multiple neighbouring states. Uganda, in particular, has a significant military presence and shares Rwanda’s concerns and motivations: both see the area as a security threat and an economic opportunity, especially through gold exports and cross-border trade. Yet, Uganda has been excluded from some negotiations.

In early August 2025, African states announced they would merge mediation structures by the East African Community, the Southern African Development Community and the African Union into one solidified process led by the African Union. This could potentially bring in these regional actors, particularly Uganda.

4. Duplication and fragmentation of initiatives

A recurring problem since the renewed outbreak of conflict in 2021 has been the proliferation of parallel and overlapping peace initiatives, involving different actors, and not necessarily bringing coherence.

5. The role and limits of external pressure

The success of negotiations to some extent depends on how much diplomatic bandwidth the mediating actors want to spend.

In the current context, US pressure is key. And indeed, in light of renewed fighting in mid-August 2025, the US has released a number of statements and sanctions against the parties involved – mostly M23. Yet, expectations of heavy-handed US intervention, including the unrealistic notion of American “boots on the ground”, have created disappointment among a number of actors, particularly in the DRC.

6. Economic incentives alone are insufficient

The Washington process placed heavy emphasis on promoting trade with the US, presenting economic growth as a pathway to stability. But peace requires more than economic deals. This approach risks reducing a multidimensional conflict – rooted in political, security and social grievances – to a question of markets. This risks prioritising US economic interests rather than addressing local realities.

7. Weak internal legitimacy

Finally, the legitimacy of the current peace deals within the DRC remains contested. The intensifying conflict has coincided with mounting domestic criticism of President Felix Tshisekedi, whose authority was undermined by his inability to resolve the violence. Agreements have been criticised by Congolese civil society as externally driven and insufficiently inclusive. They have not been ratified by parliament nor have they involved civil society or grassroots actors.

What needs to change?

Eastern DRC remains mired in conflict despite peace initiatives. Broken promises, weak implementation, and deep mistrust keep progress at bay. Economic incentives alone can’t solve a crisis rooted in politics, security and social grievances.

Outside powers can only apply leverage. Durable peace must be negotiated and owned by the parties themselves. And without broader buy-in, peace processes risk functioning merely as cooling-off mechanisms, not genuine pathways toward resolution.

The Conversation

Kristof Titeca does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. DRC’s latest peace deal is breaking down and it isn’t the first – what’s being done wrong – https://theconversation.com/drcs-latest-peace-deal-is-breaking-down-and-it-isnt-the-first-whats-being-done-wrong-264064

Breast cancer: new study finds genetic risk in African women

Source: The Conversation – Africa (2) – By Mahtaab Hayat, Lecturer, University of the Witwatersrand

Breast cancer is the most common cancer in women worldwide. In sub-Saharan Africa, it is a leading cause of cancer-related deaths among women.

Risk factors for developing breast cancer include being female, increasing age, being overweight, alcohol consumption and genetic factors.




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In this field, genome-wide association studies are a powerful tool. They can identify common genetic variants, or mutations, that can affect your likelihood of developing a trait or disease. These studies scan the whole genome (all of a person’s DNA) to find genetic differences present in people with a particular disease or traits.

Since their introduction in 2005, these studies have provided insights that can help in the diagnosis, screening and prediction of certain diseases, including breast cancer. Recent findings have been used to develop prediction tools that help identify individuals at high risk of developing diseases. Genetic risk scores (also known as polygenic risk scores) estimate disease predisposition based on the cumulative effect of multiple genetic variants or mutations.

But most research has been conducted on populations of European ancestry. This poses a problem, as genetic diversity and environmental variability differ across the world. In Africa, even greater genetic diversity is observed across populations.




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To fill this gap we – researchers from Wits University, Sydney Brenner Institute for Molecular Bioscience, and our collaborators, the South African National Cancer Registry – conducted the first genome-wide association study of breast cancer in a sub-Saharan African population.

We compared genetic variation between women with breast cancer and those without, looking for variants that occur more frequently in the cancer patients.

We identified two genomic variants close to the RAB27A and USP22 genes that contribute to the risk of breast cancer in South African black women. These genetic variants have not been previously found to be associated with breast cancer in non-African populations.

Our findings underscore the importance of identifying population-specific genetic variants, particularly in understudied populations. Different populations may carry unique variants that contribute differently to breast cancer risk. Risk variants found in other populations might not be found in African populations. This reinforces the idea that research efforts and risk scores must be done in different populations, including African ones.




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Comparing women’s DNA

DNA samples from 2,485 women with breast cancer were compared to 1,101 women without breast cancer. All the women were residents of Soweto in South Africa. The breast cancer cases were recruited to the Johannesburg Cancer Study over 20 years and the controls were from the Africa Wits-INDEPTH Partnership for Genomic Research study.

The analysis used technology (called a DNA chip) specially designed by the H3Africa consortium to capture the genetic variants within African populations.

By comparing genetic variation in women with breast cancer and in those without, we identified two genetic variants that contribute to the risk of breast cancer in South African black women. They occur around genes that are involved in the growth of breast cancer cells, in the ability of cancer cells to metastasise (spread), and in tumour growth in different cancers.

We also applied polygenic risk scores to our African dataset. This is a method that estimates the risk of breast cancer for an individual based on the presence of risk variants. These are derived from the results of genome-wide association studies. The risk score we used was based on risk variants from a European population. We used it to evaluate its ability to predict breast cancer in our African population.

The results showed that the risk score was less able to predict breast cancer in our sub-Saharan African population compared to a European population.

What next?

This is the first large-scale genome-wide association analysis in sub-Saharan Africa to find genetic factors that affect an individual’s risk of developing breast cancer.

Our study included fewer than 4,000 samples. Larger breast cancer genetic studies have involved over 200,000 cases and controls, but without representation from sub-Saharan African populations. This highlights the urgent need for greater research efforts and increased participation from the continent.

The results from this and future studies will help doctors screen patients and pinpoint those with a high risk. Once we know who is at high risk, they can be offered more frequent check-ups and preventive measures. This allows us to catch breast cancer early – or even prevent it – before it has a chance to develop or spread.




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Further research will be needed to understand how these genes increase the risk of developing breast cancer and improve breast cancer prediction. Notably, applying European-derived polygenic risk scores did not accurately predict breast cancer in the African dataset. And they performed worse than in non-African datasets. These results are consistent with findings reported previously for other diseases.

We are involved in a global study of the genetics of breast cancer called Confluence which is looking at genetic risk factors in many populations, including African ones.

Professor Christopher Mathew and Beth Amato helped in the writing of this article.

The Conversation

Jean-Tristan Brandenburg receives funding from the German Federal Ministry of Education and Research (BMBF) under grant 01KA2220B to the RHISSA Programme for the NORA Consortium. Additionally, he is supported by the Science for Africa Foundation through Programme Del-22-008, with funding from the Wellcome Trust and the UK Foreign, Commonwealth & Development Office. He is also a participant in the EDCPT2 programme, which is supported by the European Union.

Mahtaab Hayat does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Breast cancer: new study finds genetic risk in African women – https://theconversation.com/breast-cancer-new-study-finds-genetic-risk-in-african-women-263227

What is AI slop? A technologist explains this new and largely unwelcome form of online content

Source: The Conversation – USA – By Adam Nemeroff, Assistant Provost for Innovations in Learning, Teaching, and Technology, Quinnipiac University

This AI-generated image spread far and wide in the wake of Hurricane Helene in 2024. AI-generated image circulated on social media

You’ve probably encountered images in your social media feeds that look like a cross between photographs and computer-generated graphics. Some are fantastical – think Shrimp Jesus – and some are believable at a quick glance – remember the little girl clutching a puppy in a boat during a flood?

These are examples of AI slop, low- to mid-quality content – video, images, audio, text or a mix – created with AI tools, often with little regard for accuracy. It’s fast, easy and inexpensive to make this content. AI slop producers typically place it on social media to exploit the economics of attention on the internet, displacing higher-quality material that could be more helpful.

AI slop has been increasing over the past few years. As the term “slop” indicates, that’s generally not good for people using the internet.

AI slop’s many forms

The Guardian published an analysis in July 2025 examining how AI slop is taking over YouTube’s fastest-growing channels. The journalists found that nine out of the top 100 fastest-growing channels feature AI-generated content like zombie football and cat soap operas.

This song, allegedly recorded by a band called The Velvet Sundown, was AI-generated.

Listening to Spotify? Be skeptical of that new band, The Velvet Sundown, that appeared on the streaming service with a creative backstory and derivative tracks. It’s AI-generated.

In many cases, people submit AI slop that’s just good enough to attract and keep users’ attention, allowing the submitter to profit from platforms that monetize streaming and view-based content.

The ease of generating content with AI enables people to submit low-quality articles to publications. Clarkesworld, an online science fiction magazine that accepts user submissions and pays contributors, stopped taking new submissions in 2024 because of the flood of AI-generated writing it was getting.

These aren’t the only places where this happens — even Wikipedia is dealing with AI-generated low-quality content that strains its entire community moderation system. If the organization is not successful in removing it, a key information resource people depend on is at risk.

This episode of ‘Last Week Tonight with John Oliver’ delves into AI slop. (NSFW)

Harms of AI slop

AI-driven slop is making its way upstream into people’s media diets as well. During Hurricane Helene, opponents of President Joe Biden cited AI-generated images of a displaced child clutching a puppy as evidence of the administration’s purported mishandling of the disaster response. Even when it’s apparent that content is AI-generated, it can still be used to spread misinformation by fooling some people who briefly glance at it.

AI slop also harms artists by causing job and financial losses and crowding out content made by real creators. The placement of this lower-quality AI-generated content is often not distinguished by the algorithms that drive social media consumption, and it displace entire classes of creators who previously made their livelihood from online content.

Wherever it’s enabled, you can flag content that’s harmful or problematic. On some platforms, you can add community notes to the content to provide context. For harmful content, you can try to report it.

Along with forcing us to be on guard for deepfakes and “inauthentic” social media accounts, AI is now leading to piles of dreck degrading our media environment. At least there’s a catchy name for it.

The Conversation

Adam Nemeroff does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What is AI slop? A technologist explains this new and largely unwelcome form of online content – https://theconversation.com/what-is-ai-slop-a-technologist-explains-this-new-and-largely-unwelcome-form-of-online-content-256554

‘What you feel is valid’: Social media is a lifeline for many abused and neglected young people

Source: The Conversation – USA – By Morgan E. PettyJohn, Assistant Professor of Social Work, University of Texas at Arlington

Seeking support online can help young people recognize abusive situations. MementoJpeg via Getty images

As a teen growing up in an abusive household, Morgan coped daily with physical and emotional harm from her mother. However, she felt safe and supported when she posted about her experiences on a fake Instagram account – widely referred to as a Finsta – which disguised her true identity.

Morgan (no relation to the co-author of this article) used her Finsta to tell peers what she was going through, and to send and receive encouraging words. Without that lifeline, she told us in an interview at age 21, “I probably would not have made it out.”

We are social work and public health researchers who study how people use digital technologies to seek help after they experience violence. We’ve found that social media has become a crucial outlet for young people to disclose abuse, connect with peers who’ve had similar experiences, and learn about safety strategies.

Every year in the United States, it’s estimated that more than 1 in 7 children face violence or neglect in their home. These experiences often go unreported. Some children don’t recognize their experiences as abuse. Others are ashamed. Many fear what will happen next if they speak out.

Child abuse and neglect can include acts of commission, such as physical violence, or omission, such as neglecting a child’s safety or health.

When young people reveal neglect or abuse, they are more likely to turn to informal support systems, such as friends, rather than authorities. In today’s digital world, those disclosures are increasingly happening online. In the midst of growing concerns about social media harming young people, its platforms offer important benefits for some vulnerable youth.

Sharing difficult stories

To understand how and why young people talk about maltreatment online, we began by analyzing posts about “family issues” made on a peer-to-peer support website called TalkLife. We found many examples of young people describing maltreatment.

They wrote about people in their households withholding food from them, sexually abusing them or physically harming them, leaving them with bruises or dislocated limbs. Usually these harms were inflicted by a caregiver – a parent, stepparent, grandparent or other guardian. The young people who shared these experiences typically were venting their feelings, asking questions or seeking support.

We also analyzed over 1,000 responses to these posts. Peers were overwhelmingly sympathetic, offering emotional support and advice, or commiserating about their own abuse or neglect. Responses that joked about and minimized the posters’ experiences, or were unsupportive in other ways, were comparatively rare.

To understand these dynamics more deeply, we next surveyed 18– to 21-year-olds across the U.S. Among 641 respondents, about one-third reported experiencing abuse or neglect during their childhoods. Of this group, more than half – 56% – had talked about their maltreatment on social media.

We interviewed a subsample of these participants to learn what motivated them to share their experiences on social media, and how these interactions affected them. Eva, age 21, said:

“…(it’s) a place where other people like me, who wanted attention and wanted to feel validated and wanted to talk about it in sort of a low stake situation, they’d come to that place. So, all of us together, we’re sort of supporting each other and saying like, hey, what you feel is valid.”

Why seek help online?

Most young people use social media to interact, express themselves and learn new things. Some users are exposed to new information that helps them identify their experiences as abuse or neglect.

One 20-year-old participant who posted about their experiences in a Reddit forum dedicated to support for mental health issues said: “I was born into (the abuse), right? So this was my normal, this was my everyday … the more that I started to get older, the more that I started to hear other people’s experiences. I went ‘ohh, something about this that I grew up with, I don’t think that’s normal.’”

Maltreated young people also turn to social media because they lack other options. Minors don’t typically have the legal or financial power to move out of an abusive home or start seeing a therapist without parental involvement.

“When you’re a kid, you don’t really have a lot of agency over things in your life … if all you have access to is social media and people online to talk to, that’s really the only way you can vent and express that you’re fed up and that you need help,” Kara, age 20, told us.

Even when resources such as school counselors are available, many young people avoid them because those people or agencies are subject to mandatory reporting requirements. Posting on social media allows youth to talk about their experiences, often anonymously, without fearing that the situation will escalate out of their control.

“It’s a very dangerous position to ask children to put themselves in to report their abuse, especially knowing the flaws in our (child protective services) system,” Dos, age 21, told us.

Participants in our study described supportive online relationships between individual users, as well as within broader social media communities. Eva, age 21, found that when she posted about her experiences, people online were “more willing to discuss it and have empathy for you than you would see in the average person on the street.”

But turning to social media also can have serious downsides for young people struggling with abuse or neglect. Lacking offline support systems, these users are highly vulnerable to online harm. Social media can expose them to misinformation, traumatic content or predatory behavior disguised as support.

Without safe adults to help them navigate these spaces, young abuse victims face a paradox: The internet may be their only option for connection, but it is not always safe or reliable.

The role of adults

Drawing from our interviews, we see three key takeaways for educators, policymakers and technology platforms:

– Young people need better access to safe, reliable information and resources about dealing with abuse and neglect that offer anonymity and do not trigger mandatory reporting. While reporting laws are designed to protect children, they can discourage disclosure if young people fear that seeking help will trigger an immediate and unwanted intervention.

In our view, creating resources that balance safety with autonomy is critical. Confidential hotlines, like the National Child Abuse Hotline, are among the only places where children can talk with an adult anonymously.

– Policies that ban social media or require parental permission for minors may unintentionally increase risks for maltreated youth. Creating safer pathways for internet use is a more effective way to protect young people online.

– Since caregivers and other adults aren’t always available or willing to protect children online, we believe that platforms should be held accountable for design features, such as algorithms, privacy controls and moderation strategies, that can make sites unsafe for vulnerable youth seeking support.

Social media can’t replace offline resources for children who are being maltreated. But for many young people, these platforms have become a first step toward recognition, connection and survival. By learning how and why abused youth share their experiences digitally, adults can better understand their needs and build systems that meet them where they are.

Editor’s note: All names quoted in this article are pseudonyms that were chosen by the research participants.

The Conversation

Morgan E. PettyJohn receives funding from the Kalman & Ida Wolens Foundation. She is a member of the Society for Social Work and Research, the American Association for Marriage and Family Therapy, and the Society for the Scientific Study of Sexuality. She also serves on the editorial board for the American Psychological Association journal, Psychology of Men and Masculinities.

Laura Schwab Reese receives funding from the Centers for Disease Control and Prevention, Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development, North Central Health Services, Childhelp Inc, Administration on Children, Youth and Families, and Robert Wood Johnson Foundation. She is a member of the American Public Health Association, Society for Advancement of Violence and Injury Research, International Society for the Prevention of Child Abuse & Neglect, Association for Computing Machinery, Association of Internet Researchers, and American Communication Association. She serves as Associate Editor for Journal of Family Violence and Journal of Multidisciplinary Healthcare, and on the editorial boards of Child Abuse & Neglect and the American Journal of Public Health.

ref. ‘What you feel is valid’: Social media is a lifeline for many abused and neglected young people – https://theconversation.com/what-you-feel-is-valid-social-media-is-a-lifeline-for-many-abused-and-neglected-young-people-263174

How Europe’s deforestation law could change the global coffee trade

Source: The Conversation – USA (2) – By Paul Mwebaze, Research Economist at the Institute for Sustainability, Energy and Environment, University of Illinois at Urbana-Champaign

The beans that created this cup of coffee had a long journey. Guido Mieth/Moment via Getty Images

If your morning can’t begin without coffee, you’re in good company. The world drinks about 2 billion cups of coffee a day. However, a European Union law might soon affect your favorite coffee beans – and the farmers who grow them.

Starting in 2026, companies selling coffee on the European Union market will have to prove that their product is “deforestation-free.” That means every bag of beans, every jar of ground coffee and every espresso capsule must trace back to coffee plants on land that hasn’t been cleared of forest since Dec. 31, 2020.

The new rules, found in what’s known as the EU Deforestation Regulation, are part of a wider effort to ensure European consumption doesn’t drive global deforestation.

However, on the ground – from the coffee hills of Ethiopia to the plantations of Brazil – the rule change could transform how coffee is grown, traded and sold.

Why the EU is targeting deforestation

Deforestation is a major driver of biodiversity loss and accounts for about 10% of global greenhouse gas emissions. And coffee plantations, along with cocoa, soy and palm oil production, which are also covered by the new regulations, are known sources of forest loss in some countries.

Under the new EU Deforestation Regulation, companies will be required to trace their coffee to its exact origin – down to the farm plot where the beans were grown – and provide geolocation data and documentation of supply chain custody to EU authorities.

They will also have to show proof, often through satellite imagery, that any open land where coffee is grown was forest-free before the 2020 cutoff date.

The rules were initially set to go into effect in early 2025 but were pushed back after complaints from many countries. Governments and industry groups in Latin America, Africa and Southeast Asia warned of trade friction for small farms, and the World Trade Organization has received complaints about the regulations.

Most companies must now comply by Dec. 30, 2025. Small enterprises get until June 30, 2026.

Potential winners and losers

The coffee supply chain is complex. Beans are grown by millions of farmers, sold to collectors, then move through processors, exporters, importers and roasters before reaching grocery shelves. Adding the EU rules means more checkpoints, more paperwork and possibly new strategies for sourcing coffee beans.

Small farms in particular could be vulnerable to losing business when the new rules go into effect. They could lose contracts or market access if they can’t provide the plot-level GPS coordinates and nondeforestation documentation buyers will require. That could prompt buyers to shift toward larger estates or organized co-ops that can provide the documentation.

If a farm can’t provide precise plot coordinates or pay for mapping services, it could end up being excluded from the world’s largest coffee market.

Larger coffee growers already using systems that can trace beans back to specific farm plots could gain a competitive edge.

Map showing tropical forests mostly in Africa, South America, Southeast Asia and Indonesia, and boreal and temperate forests across Canada, Russia and parts of Europe.
Global forest area by type and distribution in 2020, according to a U.N. Food and Agriculture Organization assessment.
FAO

The new regulations also include stricter oversight for countries considered most likely to allow deforestation, which could slow trade from those regions. As a result, buyers may shift to regions with lower deforestation risk.

Even outside Europe, big buyers are likely to prioritize beans they can trace to nondeforested plots, potentially dropping small farms that can’t provide plot-level proof. That could reduce availability and raise the price of some coffee types and put farms out of business. In some cases, the EU regulations could reroute undocumented coffee beans into markets such as the U.S.

Helping small farms succeed

For small farms, succeeding under the new EU rules will depend on access to technical support and low-cost tools for tracing their crop’s origin. Some countries are developing national systems to track deforestation, and they are pushing the EU to invest more in helping them.

Those small farms that can comply with the rules, often through co-ops, could become attractive low-risk suppliers for large buyers seeking compliant crops.

The change could also boost demand for sustainability certifications, such as Rainforest Alliance, 4C Common Code or Fairtrade, which certify only products that don’t contribute to deforestation. But even certified farms will still need to provide precise location data.

Agroforestry’s potential

Arabica coffee, the most common variety sold globally, naturally evolved as an understory shrub, performing best in cooler tropical uplands with good drainage and often partial shade. That points to a way farmers can reduce deforestation risk while still growing coffee: agroforestry.

Two women examine beans on a coffee plant.
Farmers check on coffee beans at a small agroforestry operation in Kenya. The coffee bushes were planted among trees that provide shade.
World Agroforestry Centre/Joseph Gachoka via Flickr, CC BY-NC-SA

Agroforestry involves planting or conserving shade trees in and around coffee plots to maintain the tree canopy.

In agroforestry systems, shade trees can buffer heat and drought, often reducing evaporation from soil and moderating plants’ water stress. Several field studies show lower evaporative losses and complementary water use between coffee and shade trees. In some contexts, this can lower irrigation needs and reduce fertilizer demand. Practical tools such as World Coffee Research’s Shade Catalog help farmers choose the right tree species for their location and goals.

Agroforestry is common in Ethiopia, where Arabica originated, and in parts of Central America, thanks to long traditions of growing coffee in shade and specialty demand for the products.

Under the new EU rules, however, even these farms must prove that no forest was cleared after 2020.

Why this matters to coffee drinkers

For European coffee drinkers, the new EU rules promise more sustainable coffee. But they may also mean higher prices if compliance costs are passed down the supply chain to consumers.

For coffee lovers elsewhere, changes in global trade flows could shift where beans are sold and at what price. As EU buyers bid up beans that can be traced to nondeforested plots, more of those “fully verified” coffees will flow to Europe. U.S. roasters may then face higher prices or tighter supply for traceable lots, while unverified beans are discounted or simply avoided by brands that choose to follow EU standards.

The Conversation

Paul Mwebaze does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How Europe’s deforestation law could change the global coffee trade – https://theconversation.com/how-europes-deforestation-law-could-change-the-global-coffee-trade-264011