Fusion nucléaire : les systèmes d’IA changent déjà la donne

Source: The Conversation – in French – By Waleed Mouhali, Enseignant-chercheur en Physique, ECE Paris

On peut déclencher des réactions de fusion nucléaire en focalisant des lasers ultrapuissants sur une toute petite fraction de cette chambre sphérique. National Ignition Facility, Lawrence Livermore National Laboratory, Lawrence Livermore National Security, LLC, and the Department of Energy, CC BY

La fusion nucléaire, qui alimente notre Soleil, est l’un des plus grands espoirs pour produire une énergie propre, abondante et sûre. Elle consiste à fusionner des noyaux légers, par exemple de l’hydrogène, pour former des noyaux plus lourds, en libérant une énorme quantité d’énergie. Contrairement à la fission, elle ne génère pas de déchets radioactifs de longue durée ni de gaz à effet de serre.

Mais recréer cette réaction sur Terre est un défi technologique et scientifique colossal. Les prototypes sont gigantesques et très coûteux, et le numérique prend une place importante pour faciliter les essais. Depuis le milieu des années 2010, et de manière accélérée depuis 2020, des systèmes d’intelligence artificielle sont utilisés pour contrôler le plasma et améliorer la conception de futurs réacteurs.


Pour atteindre la fusion, il faut chauffer les atomes à des températures de plus de 100 millions de degrés. Les atomes forment alors un plasma, un gaz ionisé ultra-chaud impossible à contenir par des matériaux solides.

Les physiciens doivent donc faire preuve d’imagination et deux grandes approches expérimentales sont poursuivies depuis des décennies : l’une avec des champs magnétiques, l’autre avec des lasers.

La fusion par confinement magnétique confine le plasma par de puissants champs magnétiques dans un réacteur en forme de tore, appelé « tokamak ». Le projet international ITER, un consortium international impliquant l’Union européenne, le Japon, les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde et la Corée du Sud et installé en Provence, est l’exemple le plus ambitieux, mais il existe de nombreux tokamaks expérimentaux à travers le monde.

schéma 3D d’ITER
Le tokamak ITER, avec le tore au centre et les différents étages de service autour.
Oak Ridge National Laboratory, CC BY
carte du monde
Les installations de fusion nucléaire dans le monde (incluant tokamaks et autres technologies).
Rémi Delaporte Mathurin, MIT, CC BY

La fusion par confinement inertiel utilise des lasers, incarnée par le laboratoire National Ignition Facility aux États-Unis. Au NIF, les scientifiques utilisent 192 lasers géants pour comprimer et chauffer une capsule de combustible en une fraction de seconde, et pendant une minuscule fraction de seconde.

Les deux approches font face à d’énormes défis : maintenir la stabilité du plasma, éviter les instabilités destructrices, prédire les disruptions (par exemple, dans un tokamak, une « disruption thermique » peut brutalement refroidir le plasma et libérer son énergie sur les parois, risquant de les endommager), optimiser les tirs laser ou la forme du plasma.

Et c’est ici que l’intelligence artificielle entre en scène. L’outil numérique a toujours été vital pour saisir les phénomènes complexes, grâce notamment à l’analyse de données massives. Aujourd’hui, l’IA pousse cette capacité encore plus loin.

Fusion magnétique : une IA aux commandes du plasma

Dans les tokamaks, des milliards de données sont générées à chaque tir : images, champs magnétiques, températures, densités. En 2022, une avancée spectaculaire a été réalisée dans le tokamak TCV (Tokamak à Configuration Variable) de l’EPFL à Lausanne, qui est un dispositif expérimental de taille moyenne, dédié aux recherches fondamentales. Une intelligence artificielle développée par DeepMind et le Swiss Plasma Center a été utilisée pour contrôler en temps réel la forme et la position du plasma en utilisant l’apprentissage par renforcement profond. Les ajustements de l’IA se font en temps réel, à l’échelle de la milliseconde, ce qui correspond aux temps caractéristiques de l’évolution des instabilités dans un plasma de tokamak. Ainsi, l’algorithme peut ajuster les champs magnétiques de manière dynamique pour maintenir le plasma stable, une première mondiale publiée dans la revue Nature.

Autre prouesse : la prédiction des disruptions, ces instabilités soudaines qui peuvent endommager les réacteurs. Des modèles d’apprentissage automatique, comme les réseaux de neurones, sont capables d’identifier les signaux précoces de telles instabilités.

Ainsi, sur le tokamak DIII-D aux États-Unis, une IA entraînée uniquement sur des données expérimentales de ce tokamak a pu anticiper une disruption, 300 millisecondes à l’avance, donnant au système le temps de réagir. Cette approche sans modèle physique — c’est-à-dire basée uniquement sur une IA analysant en temps réel les données du réacteur (data-driven) —, a permis d’activer des systèmes d’atténuation (par exemple injection d’impuretés ou modulation des champs) à temps, ce qui a stabilisé le plasma. On conclut qu’une disruption a été évitée non pas parce qu’on l’a « vue » se produire, mais parce que les conditions observées correspondaient à celles qui, dans toutes les campagnes précédentes sans intervention, menaient invariablement à une interruption brutale. Publiés dans Nature en 2024, ces résultats ouvrent la voie à un contrôle plus dynamique des réactions de fusion.

L’IA est aussi utilisée pour améliorer les diagnostics, repérer les anomalies dans les capteurs, analyser les vidéos de turbulence plasma ou encore accélérer les simulations grâce aux jumeaux numériques.

Un jumeau numérique est une réplique informatique d’un système réel, alimentée en continu par des données expérimentales. Dans le cas de la fusion, il s’agit de modèles capables de reproduire l’évolution d’un plasma. L’IA intervient ici pour accélérer ces modèles (par exemple en remplaçant des calculs très lourds de mécanique des fluides par des approximations apprises) et pour combler les manques des équations physiques là où les théories actuelles sont incomplètes.

Alors que, dans le cas précédent, l’IA prédisait un événement critique (une disruption) à partir de données, les jumeaux numériques assistés par IA permettent d’accélérer des simulations complètes de plasma pour des usages plus prospectifs — l’optimisation de l’architecture d’un réacteur par exemple.

Fusion inertielle : concevoir les meilleurs tirs laser avec l’IA

La fusion inertielle, elle, repose sur la compression ultrarapide de capsules de combustible par des lasers. Les tirs sont rares et coûteux, principalement à cause de l’énergie colossale nécessaire pour alimenter les lasers (et leur préparation), mais aussi du coût des capsules de combustible et du temps de recalibrage entre deux tirs. Dans ces conditions, chaque milliseconde compte.

Ici encore, l’IA change la donne. À l’Université de Rochester, aux États-Unis, une IA a été entraînée à optimiser la forme des impulsions laser sur le système OMEGA (le plus puissant laser académique au monde, dédié à la recherche sur la fusion par confinement inertiel). OMEGA génère ces tirs avec précision, et des diagnostics mesurent les résultats à des échelles de millionièmes de mètre et de trillionièmes de seconde.

L’IA est utilisée pour corriger les écarts entre simulations et réalité, optimiser les impulsions laser, et proposer les meilleures configurations expérimentales. Résultat : une augmentation spectaculaire du rendement de fusion, multiplié par trois dans certains cas. Ce type de modèle, publié dans Nature, permet d’explorer rapidement un vaste espace de configurations sans tout tester expérimentalement.

L’IA est aussi utilisée pour corriger les simulations, combler les écarts entre théorie et réalité, et proposer des conceptions inverses : on fixe un objectif (par exemple, atteindre l’ignition) et l’IA propose le meilleur design pour y arriver. C’est ce qui a permis, fin 2022, à NIF d’atteindre pour la première fois un rendement de fusion supérieur à l’énergie injectée par les lasers, un jalon historique.

Enfin, plusieurs types de systèmes d’intelligence artificielle sont utilisés : certains sont spécialisés dans l’analyse d’images pour exploiter les diagnostics, d’autres aident les robots à bien viser et aligner les cibles, et d’autres encore reconnaissent automatiquement quand un tir a échoué. L’objectif à terme est d’automatiser totalement ces expériences, en les rendant adaptatives et intelligentes.

Défis et avenir de l’IA dans la fusion

Alors que d’ici 2035, ITER générera environ 2 pétaoctets de données par jour, on comprend que la science des données se révèlera vitale pour traiter et appréhender toutes les informations.

Intégrer des systèmes d’IA à la fusion n’est pas sans obstacle. Les modèles doivent être rapides (c’est-à-dire capables de donner des résultats quasi en temps réel pour accompagner le pilotage du plasma), robustes (résistants aux erreurs de mesure et aux variations des données), interprétables (leurs décisions doivent pouvoir être comprises par les physiciens et justifiées, et non pas rester une « boîte noire ») et transférables d’une machine à l’autre (un modèle entraîné sur un tokamak donné doit pouvoir être adapté sans repartir de zéro sur un autre dispositif).

Les chercheurs travaillent donc sur des systèmes d’IA informés par la physique, capables d’expliquer leurs décisions et respectueux des lois fondamentales. Les données sont aussi limitées pour certains dispositifs comme NIF, ce qui pousse à combiner expériences et simulations pour enrichir les jeux de données. En effet, plus le volume de données est grand, plus l’IA peut apprendre des régularités complexes du plasma ; tandis qu’un jeu de données limité risque de conduire à des modèles biaisés ou peu généralisables.

Au-delà des limitations techniques actuelles, par exemple la puissance de calcul nécessaire pour traiter en temps réel les données issues de milliers de capteurs, la difficulté à garantir la fiabilité des prédictions face à un plasma chaotique ou encore la rareté de bases de données suffisamment riches pour entraîner correctement les modèles, l’intégration de systèmes d’IA dans des réacteurs de fusion pose aussi des questions de responsabilité. En cas de défaillance d’un algorithme entraînant une perte de confinement ou un dommage matériel, qui serait responsable : les concepteurs du réacteur, les développeurs du logiciel, ou les opérateurs ? Ces enjeux juridiques et éthiques restent encore largement ouverts, mais sont cruciaux au regard des énergies et températures en jeu.

Dans les années à venir, l’intégration de l’IA pourrait accélérer les progrès vers une fusion maîtrisée et commercialement viable. Si la fusion est le rêve énergétique ultime, alors l’intelligence artificielle pourrait bien en être la clé.

The Conversation

Sadruddin Benkadda reçoit des financements de Aix Marseille Université, CNRS et de EUROFUSION.

Collaboration avec ITER Organisation et l’IRFM (CEA)

Thierry Lehner et Waleed Mouhali ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Fusion nucléaire : les systèmes d’IA changent déjà la donne – https://theconversation.com/fusion-nucleaire-les-systemes-dia-changent-deja-la-donne-265006

Les chats peuvent aussi souffrir de démence : les huit signes à surveiller

Source: The Conversation – in French – By Emily Blackwell, Senior Lecturer in Animal Behaviour and Welfare, University of Bristol

Les changements de comportement peuvent être un signe de démence chez les chats. larisa Stefanjuk/ Shutterstock

Tous comme les humains, les chats subissent un déclin cognitif en vieillissant pouvant aller jusqu’à de la démence : quels en sont les signes et comment accompagner, au mieux, votre chat vieillissant ?


De nombreux propriétaires de chats ne réalisent pas que, tout comme les humains, les chats peuvent souffrir de démence. Un article scientifique récent a même mis en évidence de nombreuses similitudes entre la démence féline et la démence humaine, concluant que les troubles cognitifs peuvent se développer de manière similaire.

Certains symptômes de la démence chez les chats sont même similaires à ceux que l’on observe chez les humains, mais pas tous, bien sûr. Il est important de connaître les signes à surveiller afin de pouvoir prodiguer les meilleurs soins à votre animal pendant cette phase de sa vie.

Le syndrome de dysfonctionnement cognitif félin (également appelé démence féline) est un déclin des capacités cognitives d’un chat lié à l’âge. Il se caractérise généralement par des changements de comportement qui ne peuvent être attribués à d’autres troubles médicaux.

La démence féline serait très fréquente chez les chats âgés. Une étude a révélé qu’à l’âge de 15 ans, plus de la moitié des chats présentaient des signes de démence. Cependant, certains comportements associés à cette maladie ont également été observés chez des chats âgés de seulement 7 ans. Une autre enquête menée auprès de propriétaires de chats a également révélé qu’environ 28 % des chats âgés de 11 à 14 ans présentaient au moins un changement de comportement associé à la démence. (NDLT : l’espérance de vie d’un chat domestique varie entre 13 et 20 ans)

Les changements de comportement sont souvent les premiers signes indiquant qu’il pourrait y avoir un problème. Il existe huit signes à surveiller qui peuvent indiquer que votre chat souffre de démence.

1. Vocalisations inhabituelles : votre chat peut commencer à vocaliser de manière excessive ou dans des situations nouvelles. Un exemple courant est celui des miaulements bruyants pendant la nuit.

2. Modifications de leurs interactions avec les humains : les chats atteints de démence peuvent parfois rechercher davantage d’attention ou devenir « collants ». À l’inverse, ils peuvent également interagir moins qu’auparavant, sembler irritables ou ne pas reconnaître les personnes familières.

3. Changements dans leur sommeil : vous remarquerez peut-être des changements dans les habitudes de sommeil de votre chat, qui deviendra souvent agité la nuit et dormira davantage pendant la journée.

4. Souillures dans la maison : les changements dans les habitudes d’élimination peuvent être le signe de plusieurs troubles différents, mais faire ses besoins en dehors du bac à litière peut être un signe courant de démence chez les chats.

5. Désorientation : tout comme les personnes atteintes de démence, les chats peuvent montrer des signes de confusion ou sembler se perdre. Cela peut se traduire par une perte de repères, un regard fixe sur les murs, le fait de rester coincé derrière des objets ou de se diriger du mauvais côté de la porte.

Un chat tuxedo noir et blanc est couché sur le ventre de son propriétaire pendant que celui-ci le caresse
Les chats atteints de démence peuvent devenir plus collants qu’auparavant.
Creative Family/Shutterstock

6. Changements de niveau d’activité : Un chat atteint de démence peut être plus ou moins actif que d’habitude. Il peut jouer moins souvent ou être moins enclin à explorer. Vous remarquerez peut-être également qu’il passe moins de temps à prendre soin de lui, par exemple en se toilettant ou en se lavant moins souvent.

7. Anxiété apparente : un chat atteint de démence peut montrer des signes d’anxiété dans des situations où il se sentait auparavant en confiance, par exemple en présence de personnes, dans des lieux ou face à des sons familiers. Un chat anxieux peut se cacher plus souvent, se réfugier sous le lit ou sur les placards pour s’échapper.

8. Problèmes d’apprentissage : Les chats atteints de démence peuvent avoir plus de difficultés à accomplir des tâches qu’ils avaient apprises auparavant, comme trouver leur gamelle, et peuvent avoir du mal à en apprendre de nouvelles.

Bien s’occuper de son chat

Il existe un chevauchement important entre les symptômes de la démence féline et d’autres pathologies courantes, telles que l’arthrite et les maladies rénales. Si vous constatez l’un de ces changements de comportement chez votre chat, consultez votre vétérinaire afin d’écarter ces autres problèmes.

Les recherches sur la démence féline sont limitées. La plupart de nos connaissances en matière de prévention et de traitement sont extrapolées à partir de recherches menées sur les humains et les chiens. Et, comme pour ces autres espèces, il n’existe aucun remède contre la démence chez les chats. Il existe toutefois des moyens de limiter l’impact de la maladie.

Certaines modifications de leur environnement peuvent aider à stimuler les chats, en activant leur cerveau et en favorisant la croissance des nerfs. Mais il faut tenir compte de la gravité de la démence de votre chat avant d’apporter ces changements.

Chez les chats en bonne santé ou légèrement atteints, on pense que le fait de les inciter à jouer ou de simuler la chasse à l’aide de jouets interactifs et de les encourager à explorer leur environnement à travers des jeux de cache-cache permet de retarder la progression des troubles cognitifs.

Mais chez les chats souffrant de troubles cognitifs sévères, changer leur environnement pourrait entraîner de la confusion et de l’anxiété, ce qui aggraverait les symptômes comportementaux.

Des changements alimentaires, notamment l’ajout de compléments alimentaires contenant des antioxydants (vitamines E et C) et des acides gras essentiels, peuvent également contribuer à réduire l’inflammation cérébrale et à ralentir la progression de la maladie.

Cependant, seuls les compléments alimentaires spécifiques aux chiens ont été testés dans le cadre de recherches scientifiques et ont prouvé leur efficacité pour améliorer les capacités cognitives des chiens. Mais si vous souhaitez tout de même donner ces compléments à votre chat, veillez à ne lui donner que des compléments approuvés pour les félins. Les compléments alimentaires pour chiens ne doivent pas être donnés aux chats, car ils peuvent contenir des substances toxiques pour eux, telles que l’acide alpha-lipoïque.

La démence féline est une maladie très répandue et difficile à traiter. Connaître les symptômes à surveiller peut permettre à votre chat d’être diagnostiqué plus tôt. Cela vous permettra également d’apporter les changements nécessaires à son environnement ou à son alimentation, ce qui améliorera sa qualité de vie.

The Conversation

Emily Blackwell reçoit des financements de Cats Protection, Zoetis, Defra et Waltham Petcare Science Institute.

Sara Lawrence-Mills reçoit un financement de Zoetis.

ref. Les chats peuvent aussi souffrir de démence : les huit signes à surveiller – https://theconversation.com/les-chats-peuvent-aussi-souffrir-de-demence-les-huit-signes-a-surveiller-264544

Titanic : le navire qui cache la flotte d’épaves en danger

Source: The Conversation – in French – By Laurent Urios, Ingénieur de Recherche en microbiologie de l’environnement, Université de Pau et des pays de l’Adour (UPPA)

L’épave du « Titanic » est en danger et pourrait se briser d’ici 2030. Ce n’est pourtant qu’un cas parmi des millions d’autres. Saviez-vous que les bactéries sont impliquées dans la dégradation des épaves, mais aussi dans leur transformation en oasis de vie ? Mieux connaître ces microorganismes et leurs interactions avec les navires est urgent pour protéger notre patrimoine historique.


La découverte de l’épave du RMS Titanic en 1985 a provoqué un engouement extraordinaire autour de ce navire, son histoire, sa fin tragique et le repos de cette épave dans l’obscurité des profondeurs glacées de l’Atlantique. Les images ont révélé un navire brisé recouvert d’étranges concrétions ressemblant à des stalactites de rouille appelées rusticles.

Elles sont faites notamment à partir du métal de l’épave et leur origine est liée aux microorganismes qui utilisent le fer de l’épave pour leur développement, participant ainsi à la corrosion.

Les interactions entre les bactéries et les matériaux sont au cœur de mes recherches. Les bactéries qui se multiplient à la surface des matériaux peuvent participer à leur protection ou à leur dégradation. Le cas du fer est particulier, car c’est un élément indispensable aux êtres vivants. Mais la biocorrosion, conséquence de son utilisation par les microorganismes, est un phénomène qui touche de nombreux secteurs : industries, installations en mer, sur terre ou souterraines… et bien sûr les épaves métalliques.

Les plongées successives sur le Titanic ont montré un affaiblissement des structures de l’épave rongées par la corrosion et s on effondrement a été évoqué pour 2050, voire 2030. Ceux qui se passionnent pour le Titanic s’alarment : comment sauver cette épave ? Et d’ailleurs, pourquoi faudrait-il sauver le Titanic ?

Qu’est-ce qu’une épave ?

Pourquoi sauver une épave ? Parce qu’elle nous touche, parce qu’elle provoque en nous des sensations, de l’émerveillement. Une épave, c’est un souvenir, un témoin d’une histoire, d’un événement, un vestige d’une création humaine qui a eu une fin le plus souvent tragique. Tout comme un monument historique à terre, une épave gisant sous les eaux témoigne de notre histoire.

La différence, c’est que si tout le monde peut voir le monument, très rares sont ceux qui peuvent voir l’épave. Et pourtant, elle est là, artéfact de notre patrimoine historique. Aux termes de notre législation, c’est un bien culturel maritime. Selon la charte de l’Unesco de 2001, ratifiée par la France en 2013, elle peut faire partie du patrimoine culturel immergé. À ces titres, elle doit être protégée. Est-ce tout ? Non, loin de là. Une épave peut aussi être porteuse d’économie, par les activités de loisirs qui sont menées autour d’elle, comme la plongée sous-marine, ou comme site de ressources halieutiques.

Épave du SG11 ex-Alice Robert torpillé au large de Port-Vendres le 2 juin 1944.
Laurent Urios, Fourni par l’auteur

Une oasis de vie

Dès le moment où l’épave se pose sur le fond, sa colonisation commence. Ce sont d’abord des microorganismes planctoniques qui se fixent sur les surfaces. Cette première étape favorise l’arrivée d’autres organismes, notamment des larves d’animaux vivant fixés sur des substrats durs, comme les gorgones ou les coraux, ainsi que des algues. Tout ce petit monde va attirer ceux qui s’en nourrissent, puis les prédateurs de ces derniers et ainsi de suite… pour aboutir à la formation d’un véritable écosystème récifal, dont les limites sont approximativement celles du site de l’épave, même si la zone d’influence de cet écosystème peut aller bien au-delà.

L’épave se transforme en un récif animé, une oasis de vie gisant sur un morne fond de sable à l’apparence d’un désert sous-marin. Ainsi vont les choses, tant que l’épave tient bon. Tempêtes, filets de pêche, corrosion, avec le temps l’épave s’affaiblit et commence à craquer, d’abord dans ses parties les moins solides, puis dans son ossature. C’est la vie ! Ou justement, c’est la fin de la vie… En perdant ses volumes, l’épave offre de moins en moins de surfaces dures à la colonisation. Les populations d’organismes fixés décroissent, ce qui rend le récif moins attirant pour leurs prédateurs. Plus l’épave se désagrège, plus l’oasis de vie se réduit, jusqu’à disparaître avec le vestige. Plus de vestige, plus d’écosystème récifal, donc, mais encore ? Moins d’attrait pour les plongeurs et pour les pêcheurs, donc moins d’intérêt économique. En enfin, c’est la disparition d’un témoignage de notre histoire, d’une partie de notre patrimoine. Lorsqu’un monument historique tombe en ruine, il se trouve souvent quelqu’un pour tenter de le sauver de l’oubli. Pourquoi en serait-il autrement pour une épave ?

Épave du Prosper Schiaffino dit le Donator qui a sauté sur une mine en 1945 entre Porquerolles et Port Cros.
Laurent Urios, Fourni par l’auteur

Les racines du mal

Quel est le point commun entre le Titanic et nombre d’épaves des deux derniers siècles, dont celles des deux guerres mondiales ? Elles sont en alliages ferreux. Et le fer dans l’eau, ça rouille, surtout en eau salée. En réalité, c’est beaucoup plus compliqué que cela et c’est justement cette complexité qui est au cœur du problème : comment lutter contre un phénomène mal compris ? Pour espérer sauver une épave, il faut d’abord comprendre les mécanismes qui causent sa perte. La corrosion d’une épave métallique n’est pas qu’une affaire de physico-chimie entre l’épave et l’eau dans laquelle elle baigne.

Les microorganismes colonisateurs jouent plusieurs rôles, à la fois dans l’accentuation et dans la protection contre la corrosion. Leur développement a comme effet à court terme l’initiation de l’écosystème récifal. À moyen et long terme, ces bactéries peuvent protéger ou accentuer la corrosion. La prolifération bactérienne s’accompagne de la production de substances organiques qui les enveloppent, formant ainsi ce que l’on appelle un biofilm sur la surface colonisée. D’autres composés peuvent être produits et s’accumuler, par exemple du calcaire. L’ensemble peut agir comme une barrière à l’interface entre le métal et l’eau, avec un effet protecteur. Certains groupes bactériens sont particulièrement attirés par ces épaves, par exemple les zétaprotéobactéries. Elles sont capables d’oxyder le fer. Elles trouvent donc sur ces épaves des conditions favorables à leur développement, avec pour conséquence un rôle dans les mécanismes de la corrosion au cours du temps. Les zétaproteobactéries ne sont pas les seules. La diversité bactérienne colonisant les épaves métalliques est importante. Tout ce petit monde forme des communautés qui varient selon les épaves et les conditions environnementales où elles gisent.

Comprendre la composition et la dynamique des communautés au sein de ces biofilms est nécessaire pour savoir de quelles manières elles participent au devenir de l’épave et pour imaginer des solutions de préservation aussi bien pour les épaves métalliques que pour d’autres structures immergées. En effet, les épaves métalliques ne sont qu’une catégorie de structures immergées. Pour les autres types de structures, les problèmes de conservation, de durabilité de leurs matériaux se posent de la même façon, avec le risque de coûts non négligeables engendrés pour leur entretien. Être en mesure de protéger notre patrimoine historique et culturel immergé va donc bien au-delà. Mais le temps s’écoule et à chaque instant la corrosion poursuit son œuvre, grignotant sans relâche. Les recherches ont besoin de temps et surtout de moyens. Il est difficile de financer des projets regroupant des microbiologistes, des archéologues, des chimistes, des océanographes pour travailler de façon globale sur cette problématique. La rareté des publications scientifiques sur le sujet en atteste et les connaissances sont balbutiantes. Or, dans cette course, il n’y a pas de seconde place : une fois détruite, l’épave est perdue. 2030 pour le Titanic ? Quelle échéance pour les épaves des deux guerres mondiales ? Il y a urgence.

The Conversation

Laurent Urios ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Titanic : le navire qui cache la flotte d’épaves en danger – https://theconversation.com/titanic-le-navire-qui-cache-la-flotte-depaves-en-danger-265033

Nouvelle paralysie des administrations fédérales aux États-Unis : ce que nous enseigne le « shutdown » de 2013

Source: The Conversation – France in French (3) – By Gonzalo Maturana, Associate Professor of Finance, Emory University

Un panneau indique la fermeture des services fédéraux lors du « shutdown » gouvernemental de 2013. AP Photo/Susan Walsh

Ce 1er octobre 2025, l’échec des négociations budgétaires au Congrès a mené à un shutdown. Concrètement, l’administration fédérale pourrait cesser de fonctionner. Une étude sur celui de 2013 – 16 jours durant – révèle des effets négatifs à long terme : un turnover plus élevé, des pertes de productivité mesurables et des coûts de recrutement exorbitants.


Alors que l’année fiscale fédérale touche à sa fin, une perspective malheureusement familière est discutée à Washington : une possible paralysie de l’administration fédérale. Pour les fonctionnaires fédéraux, cela ne pouvait arriver à un pire moment.

Dans le paysage politique divisé et polarisé des États-Unis, les démocrates et les républicains comptent sur des projets de loi de financement provisoires à court terme pour maintenir le gouvernement en activité, en l’absence d’accords budgétaires à plus long terme.

Alors que les partis sont éloignés d’un accord sur les termes d’une résolution budgétaire, même à court terme, le gouvernement doit cesser de fonctionner le 1er octobre 2025, à moins d’un accord de la dernière chance. Si ce shutdown se produit, cela marquerait un autre moment difficile cette année pour des fonctionnaires qui ont fait face à la suppression de plus de 300 000 emplois. Cette procédure de licenciement massif tient aux efforts de l’administration Trump pour restructurer ou supprimer en grande partie certaines agences gouvernementales. L’objectif : accroître leur efficacité.

Avec un potentiel shutdown, des centaines de milliers d’employés fédéraux seraient mis à pied – renvoyés chez eux sans salaire jusqu’à ce que le financement du gouvernement fédéral reprenne.

En tant qu’économistes spécialisés dans les marchés du travail et de l’emploi du secteur public, et ayant examiné des millions de dossiers du personnel fédéral liés à de telles fermetures gouvernementales dans le passé, nous avons constaté que les conséquences vont bien au-delà des images désormais familières de parcs nationaux fermés et de services fédéraux bloqués. Sur la base de notre étude du shutdown d’octobre 2013 au cours de laquelle environ 800 000 employés fédéraux ont été mis à pied pendant 16 jours, la fermeture des agences fédérales laisse un effet négatif durable sur ces fonctionnaires, remodelant leur composition et affaiblissant leur performance pour les années à venir.

Congé forcé pour les fonctionnaires fédéraux

Des millions d’États-Uniens interagissent chaque jour avec le gouvernement fédéral. Plus d’un tiers des dépenses nationales états-uniennes sont acheminées par le biais de programmes fédéraux, notamment Medicare. Les fonctionnaires fédéraux gèrent par exemple les parcs nationaux, rédigent des règlements environnementaux et aident à assurer la sécurité du transport aérien.

Quelles que soient les tendances politiques de chacun, si l’objectif est d’avoir un gouvernement qui s’acquitte efficacement de ces responsabilités, il est essentiel d’attirer et de retenir une main-d’œuvre compétente.

La capacité du gouvernement fédéral à le faire peut être de plus en plus difficile, en partie parce que les shutdown prolongées peuvent avoir des effets secondaires.

Lorsque le Congrès ne parvient pas à approuver des crédits, les agences fédérales doivent licencier des fonctionnaires dont les emplois ne sont pas considérés comme « exemptés » – parfois communément qualifiés d’essentiels. Ces fonctionnaires exclus continuent de travailler, tandis que d’autres n’ont pas le droit de travailler ou même de faire du bénévolat jusqu’à ce que le financement du gouvernement fédéral reprenne.

Le statut spécifique de ces « congés » imposés aux fonctionnaires pendant ce shutdown reflète les sources de financement de ces postes et les catégories de mission données, et non les performances d’un individu. Par conséquent, il ne donne aucun signal sur les perspectives d’avenir pour un fonctionnaire et agit principalement comme un choc pour le moral. Il est important de noter que les congés ne créent pas de pertes de richesse à long terme ; les arriérés de salaire ont toujours été accordés et, depuis 2019, sont légalement garantis. Les fonctionnaires touchent leur salaire, même s’ils peuvent faire face à de réelles contraintes financières à court terme.

Un observateur cynique pourrait qualifier les congés de congés payés, mais les données racontent une autre histoire.

Moral en berne des fonctionnaires

À l’aide de nombreux dossiers administratifs sur les fonctionnaires civils fédéraux du shutdown d’octobre 2013, nous avons étudié la façon dont ce choc moral s’est répercuté sur le fonctionnement des agences gouvernementales. Les fonctionnaires exposés à des congés lors du shutdown étaient 31 % plus susceptibles de quitter leur emploi dans l’année.

Ces départs n’ont pas été rapidement remplacés, ce qui a forcé les agences à compter sur des travailleurs temporaires coûteux et a entraîné des déclins mesurables dans les fonctions essentielles telles que les paiements, l’application des lois et les processus pour délivrer des brevets.

En outre, nous avons constaté que cet exode s’est renforcé au cours des deux premières années suivant un shutdown. Elle se stabilise ensuite par une baisse permanente des effectifs, ce qui implique une perte durable de capital humain. Le choc moral est plus prononcé chez les jeunes femmes et les professionnels très instruits qui ont beaucoup d’opportunités extérieures. En effet, notre analyse des données d’enquête d’un shutdown ultérieur en 2018-2019 confirme que c’est le moral, et non la perte de revenus, qui est à l’origine de ces départs massifs.

Les fonctionnaires qui se sont sentis les plus touchés ont signalé une forte baisse de leur capacité d’action, d’initiatives et de reconnaissance. De facto, ils étaient beaucoup plus susceptibles de planifier un départ.

L’effet de la perte de motivation est frappant. À l’aide d’un modèle économique simple où l’on peut s’attendre à ce que les travailleurs accordent de la valeur à la fois à l’argent et à leur objectif, nous estimons que la baisse de la motivation intrinsèque après un shutdown nécessiterait une augmentation de salaire d’environ 10 % pour compenser.

1 milliard de dollars pour des recrutements temporaires

Certaines personnes ont soutenu que ce départ de fonctionnaires est nécessaire, une façon de réduire le gouvernement fédéral pour « affamer la bête ».

Les preuves brossent un tableau différent. Les agences les plus durement touchées par les licenciements se sont tournées vers des entreprises de recrutement temporaire pour combler les emplois non pourvus. Au cours des deux années qui ont suivi le shutdown de 2016, ces organismes ont dépensé environ 1 milliard de dollars de plus en sous-traitants qu’ils n’ont économisé en salaires.

Les coûts vont au-delà des dépenses de remplacement, car la performance du gouvernement en souffre également. Les organismes qui ont été les plus touchés par le shutdown ont enregistré des taux plus élevés de paiements fédéraux inexacts pendant plusieurs années. Même après une récupération partielle de la main-d’œuvre fédérale, les pertes se sont élevées à des centaines de millions de dollars que les contribuables n’ont jamais récupérés.

Agences scientifiques sans scientifiques

D’autres postes nécessitant des compétences spécialisées ont également connu un déclin. Les poursuites judiciaires ont diminué dans les agences qui ont manqué d’avocats expérimentés, et les activités de brevetage ont chuté dans les agences scientifiques et d’ingénierie après le départ d’inventeurs clés.

Les estimations officielles des coûts du shutdown se concentrent généralement sur les effets à court terme sur le PIB et des arriérés de salaire. Nos résultats montrent qu’une facture encore plus importante se présente plus tard sous la forme d’un turnover plus élevé du personnel, de coûts de main-d’œuvre plus élevés pour combler les postes non pourvus et des pertes de productivité mesurables.

Chocs brutaux

Les shutdown sont des chocs brutaux et récurrents qui démoralisent les fonctionnaires et érodent leurs performances. Ces coûts se répercutent sur tous ceux qui dépendent des services gouvernementaux. Si le public veut des institutions publiques efficaces et responsables, alors nous devrions tous nous soucier d’éviter ces blocages gouvernementaux.

Après une année déjà mouvementée, il n’est pas clair si un shutdown à venir ajouterait considérablement la pression sur les fonctionnaires fédéraux ou aurait un effet plus limité. Beaucoup de ceux qui envisageaient de partir sont déjà partis par le biais de rachats de leurs congés ou de licenciements forcés cette année. Ce qui est clair, c’est que des centaines de milliers d’employés fédéraux sont susceptibles de connaître une autre période d’incertitude.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Nouvelle paralysie des administrations fédérales aux États-Unis : ce que nous enseigne le « shutdown » de 2013 – https://theconversation.com/nouvelle-paralysie-des-administrations-federales-aux-etats-unis-ce-que-nous-enseigne-le-shutdown-de-2013-266384

Even a government shutdown that ends quickly would hamper morale, raise costs and reduce long-term efficiency in the federal workforce

Source: The Conversation – USA (2) – By Gonzalo Maturana, Associate Professor of Finance, Emory University

Congress failed to reach a deal in time, leaving the federal government shut down. AP Photo/Mariam Zuhaib

The U.S. government shutdown couldn’t come at a worse time for federal workers.

With a government shutdown, hundreds of thousands of federal employees would be furloughed – sent home without pay until funding resumes. And ahead of the shutdown, President Donald Trump suggested that a prolonged lapse in funding could open the door to “irreversible” changes, such as reducing parts of the federal workforce.

The shutdown marks another difficult moment this year for a federal workforce that has so far shed more than 300,000 jobs. This is largely due to ongoing Trump administration efforts to downsize parts of the federal government and restructure or largely eliminate certain government agencies with the stated aim of increasing efficiency.

As a team of financial economists who study labor markets and public sector employment and have examined millions of federal personnel records spanning such government shutdowns in the past, we have found that the consequences reach far beyond the now-familiar images of closed national parks and stalled federal services. Indeed, based on our study of an October 2013 shutdown during which about 800,000 federal employees were furloughed for 16 days, shutdowns leave an enduring negative effect on the federal workforce, reshaping its composition and weakening its performance for years to come.

What happens to workers

Millions of Americans interact with the federal government every day in ways both big and small. More than one-third of U.S. national spending is routed through government programs, including Medicare and Social Security. Federal workers manage national parks, draft environmental regulations and help keep air travel safe.

Whatever one’s political leanings, if the goal is a government that handles these responsibilities effectively, then attracting and retaining a talented workforce is essential.

Yet the ability of the federal government to do so may be increasingly difficult, in part because prolonged shutdowns can have hidden effects.

When Congress fails to pass appropriations, federal agencies must furlough employees whose jobs are not deemed “excepted” – sometimes commonly referred to as essential. Those excepted employees keep working, while others are barred from working or even volunteering until funding resumes. Furlough status reflects funding sources and mission categories, not an individual’s performance, so it confers no signal about an employee’s future prospects and primarily acts as a shock to morale.

Importantly, furloughs do not create long-term wealth losses; back pay has always been granted and, since 2019, is legally guaranteed. Employees therefore recover their pay even though they may face real financial strain in the short run.

A cynical observer might call furloughs a paid vacation, yet the data tells a different story.

A sign in front of a national memorial.
National Parks are among the federal services that typically close during a shutdown, as happened in 2013.
AP Photo/Susan Walsh

Immediate consequences, longer-term effects

Using extensive administrative records on federal civilian workers from the October 2013 shutdown, we tracked how this shock to morale rippled through government operations. Employees exposed to furloughs were 31% more likely to leave their jobs within one year.

These departures were not quickly replaced, forcing agencies to rely on costly temporary workers and leading to measurable declines in core functions such as payment accuracy, legal enforcement and patenting activity.

Further, we found that this exodus builds over the first two years after the shutdown and then settles into a permanently lower headcount, implying a durable loss of human capital. The shock to morale is more pronounced among young, female and highly educated professionals with plenty of outside options. Indeed, our analysis of survey data from a later 2018-2019 shutdown confirms that morale, not income loss, drives the exits.

Employees who felt most affected reported a sharp drop in agency, control and recognition, and they were far more likely to plan a departure.

The effect of the motivation loss is striking. Using a simple economic model where workers can be expected to value both cash and purpose, we estimate that the drop in intrinsic motivation after a shutdown would require a roughly 10% wage raise to offset.

Policy implications

Some people have argued that this outflow of employees amounts to a necessary trimming, a way to shrink government by a so-called starving of the beast.

But the evidence paints a different picture. Agencies hit hardest by furloughs turned to temporary staffing firms to fill the gaps. Over the two years after the shutdown we analyzed, these agencies spent about US$1 billion more on contractors than they saved in payroll.

The costs go beyond replacement spending, as government performance also suffers. Agencies that were more affected by the shutdown recorded higher rates of inaccurate federal payments for several years. Even after partial recovery, losses amounted to hundreds of millions of dollars that taxpayers never recouped.

Other skill-intensive functions declined as well. Legal enforcement fell in agencies that became short of experienced attorneys, and patenting activity dropped in science and engineering agencies after key inventors left.

Official estimates of shutdown costs typically focus on near-term GDP effects and back pay. But our findings show that an even bigger bill comes later in the form of higher employee turnover, higher labor costs to fill gaps, and measurable losses in productivity.

Shutdowns are blunt, recurring shocks that demoralize the public workforce and erode performance. These costs spill over to everyone who relies on government services. If the public wants efficient, accountable public institutions, then we should all care about avoiding shutdowns.

After an already turbulent year, it is unclear whether a shutdown would significantly add to the strain on federal employees or have a more limited effect, since many who were considering leaving have already left through buyouts or forced terminations this year. What is clear is that hundreds of thousands of federal employees will experience another period of uncertainty.

This story was updated on Oct. 1, 2025, to include details of the shutdown.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Even a government shutdown that ends quickly would hamper morale, raise costs and reduce long-term efficiency in the federal workforce – https://theconversation.com/even-a-government-shutdown-that-ends-quickly-would-hamper-morale-raise-costs-and-reduce-long-term-efficiency-in-the-federal-workforce-265723

Jimmy Kimmel no es el primer cómico censurado en Estados Unidos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Doina Repede, Profesora de Lengua española, Universidad de Granada

Jimmy Kimmel con el actor Billy Crystal en un programa de _Jimmy Kimmel Live!_ de 2024. Jimmy Kimmel Live!

A lo largo de la historia, la comedia ha sido una de las mejores formas de cuestionar el poder y burlarse de él. Ya en la antigua Grecia, dramaturgos como Aristófanes se reían de los líderes y mostraban sus abusos. En la Edad Media, los bufones podían decirle al rey lo que nadie más se atrevía.

También hoy en día los cómicos ridiculizan el poder, señalan sus errores y los critican. Por eso, la risa, muchas veces, más que entretenimiento, funciona como una herramienta para mantener la democracia viva y la sociedad alerta.

De la crítica y sátira política a la censura

Caricatura en la que el rey Jorge III recibe un puñetazo en la nariz del presidente estadounidense James Madison durante la Guerra de 1812.
En esta caricatura de William Charles, el rey Jorge III recibe un puñetazo en la nariz del presidente estadounidense James Madison durante la Guerra de 1812.
Librería del Congreso de los Estados Unidos.

Por ejemplo, en Estados Unidos, la crítica y la sátira política tienen una historia larga. En el siglo XVIII, los colonos ya se burlaban del gobierno británico con caricaturas y escritos. Benjamin Franklin usaba la sátira para cuestionar a los británicos durante la independencia. En el siglo XIX, escritores como Mark Twain recurrían a ella y a la ironía para criticar la esclavitud y el racismo presente en el país.

En los siglos XX y XXI la tradición no se detuvo. La sátira encontró en los presidentes su blanco favorito. Así, hubo risas a costa de Richard Nixon, Ronald Reagan, Bill Clinton, George Bush, Barack Obama y… Donald Trump.

Pero cuando uno ya no se siente libre para opinar, criticar, reírse del poder, la democracia empieza a tambalearse. Y no hay señal más peligrosa para una democracia que cuando el poder intenta callar a quienes lo cuestionan, ya sea con amenazas, persecuciones o censura.

La situación actual

Es el caso reciente de Jimmy Kimmel y su programa Jimmy Kimmel Live! (ABC), que se canceló de forma repentina poco después de un comentario que aludía al movimiento MAGA (siglas de Make America Great Again), tras el asesinato de Charlie Kirk.

La Casa Blanca negó haber ejercido presiones, pero lo cierto es que Donald Trump celebró públicamente la cancelación. Además, Brendan Carr, presidente de la Comisión Federal de Comunicaciones (FCC) nombrado por Trump, llegó a pedir directamente que se despidiera a Kimmel, asegurando que había que tomar medidas “por las buenas o por las malas”. Y la petición –o, mejor dicho, la amenaza– se cumplió.

Nueve días después, tras días de titulares y un fuerte respaldo por parte de la población, el programa volvió a emitirse en Estados Unidos. Kimmel regresó con un monólogo cargado de emoción, ironías y un contundente desafio: “No hay nada más antiestadounidense que cancelar a un cómico”. El desafío no gustó, evidentemente.

El monólogo de regreso de Jimmy Kimmel duró más de lo normal y aprovechó para tratar el tema de su cancelación y la libertad de expresión.

El presentador Stephen Colbert sí que parece que tendrá ese destino, ya que CBS no renovará su late night en 2026. La emisora afirma que el motivo es económico, pero se sospecha que la cancelación tiene que ver con las críticas que el presentador hizo a un acuerdo al que la cadena llegó con Trump. Parece que para el poder no existe la regla más sabia de todas las reglas: no hagas a los demás lo que no quieres que te hagan a ti.

Lo ocurrido con Kimmel y Colbert no es un caso aislado en Estados Unidos. En el pasado, otros cómicos corrieron –con mayor o menor fortuna– la misma suerte por atreverse a ridiculizar el poder.

El humor como contrapoder

Mort Sahl (1927-2021) fue uno de los primeros comediantes en Estados Unidos en usar la comedia para hablar de política y actualidad. Su estilo era directo, irónico y muy cercano al público. Subía al escenario con notas en la mano y comentaba noticias y decisiones de los líderes con humor y crítica. Su éxito empezó a decaer tras el asesinato de John F. Kennedy en 1963. Su interés por los detalles del caso, su cuestionamiento de la versión oficial y su humor más oscuro hicieron que las cadenas de televisión se distanciaran de él y muchos de sus shows fueran cancelados. Aunque no fue prohibido oficialmente, su carrera en la televisión se vio afectada.

Durante los años 50, Lenny Bruce, uno de los comediantes más importantes de Estados Unidos, también fue vetado en televisión. Su humor no era solo para hacer reír: era para abrir los ojos. Hablaba de todo lo que la sociedad de aquel entonces prefería callar: política, religión, racismo, sexualidad… y lo hacía sin tapujos. No le importaba incomodar. Su objetivo era cuestionar las normas y mostrar las contradicciones de la sociedad. Y por su humor “obsceno” fue arrestado y juzgado varias veces.

Por su parte, Dick Gregory cambió por completo la forma de hacer humor afroamericano. Tenía un estilo sofisticado, satírico y evitaba los estereotipos y los chistes manidos. Fue el primer afroamericano en aparecer como invitado en el Tonight Show de la NBC, un logro histórico para la época. Pero a medida que su activismo político crecía, su presencia en televisión comenzó a disminuir. A finales de los años 60 muchas cadenas y programas evitaban invitarlo, mostrando cómo el humor podía incomodar.

De los Smothers Brothers a Howard Stern

Artículo en el que se anuncia la cancelación del programa de los Smothers Brothers.
Artículo en el que se anuncia la cancelación del programa de los Smothers Brothers.
The Calgary Herald, 3 de abril de 1969.

Quizás uno de los actos de censura política hacia cómicos más claros en una democracia fue el que sufrieron los hermanos Smothers. Tom y Dick Smothers tenían su show de comedia y variedades, The Smothers Brothers Comedy Hour, en la CBS. El programa era un éxito en horario de máxima audiencia, combinando música, comedia y activismo político.
Pero CBS empezó a recortar partes “molestas” del programa para ajustarse a los censores de la cadena, hasta que canceló el programa repentinamente en 1969. Bromas sobre Lyndon B. Johnson y Richard Nixon, críticas a la guerra de Vietnam e invitados molestos hicieron que las presiones políticas y el miedo a perder dinero de los anunciantes terminaran con el programa prematuramente.

Los Smothers Brothers demandaron y ganaron el juicio a CBS, pero el daño ya estaba hecho.

A Kathy Griffin su humor irónico y a veces ofensivo le causó serios problemas. En 2017 posó con una cabeza ensangrentada del presidente Donald Trump. La broma fue considerada de muy mal gusto. Perdió su trabajo en CNN, varios de sus shows fueron cancelados e incluso fue investigada e interrogada por el Servicio Secreto.

La censura llegó también a la radio. Howard Stern, una de las figuras más icónicas de las ondas en Estados Unidos, era famoso por su estilo provocador. Su forma directa y a veces escandalosa de hablar le generó tanto críticas como un público fiel, convirtiéndolo en un referente de lo denominado “shock jock”, es decir, la utilización de bromas o melodramatismos exagerados para entretener a la audiencia –aunque alienando a una parte de ella–. A lo largo de su carrera, Stern se enfrentó a la censura y las multas de la Comisión Federal de Comunicaciones (FCC), lo que le convirtió en un símbolo de los debates sobre libertad de expresión en los medios.

A la vista está que la risa puede incomodar, ofender o irritar, pero mantiene viva la democracia. Y cuando se intenta silenciarla, lo que se apaga no es solo una broma, es la posibilidad misma de cuestionar el poder.

The Conversation

Doina Repede no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Jimmy Kimmel no es el primer cómico censurado en Estados Unidos – https://theconversation.com/jimmy-kimmel-no-es-el-primer-comico-censurado-en-estados-unidos-265722

De panaceas a venenos: así ha cambiado la percepción de algunos elementos químicos a lo largo de la historia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Culleré Varea, Profesora titular de la Facultad de Ciencias de la Salud., Universidad San Jorge

GoodIdeas/Shutterstock

De sobra se conoce la toxicidad que presenta la exposición a algunos elementos químicos de la tabla periódica, como el radio, mercurio, plomo o el arsénico. No obstante, se ha necesitado mucho tiempo para que el avance de la ciencia fuera evidenciando su verdadero efecto de en nuestra salud. Un impacto que no siempre se percibió como nocivo, sino todo lo contrario.

¿Cuál eran los usos de estos elementos en sociedades antiguas y qué creencias había en torno a ellos?

Radio: un descubrimiento digno del Premio Nobel

Este elemento radioactivo fue descubierto en 1898 por Marie y Pierre Curie cuando estaban estudiando el uranio y sus propiedades, un hallazgo por el que ambos científicos recibieron el Premio Nobel.

El radio es el único metal alcalino-térreo radiactivo, y el más raro. Se forma en pequeñas cantidades cuando átomos de metales más comunes como el uranio o el torio se desintegran. Aunque en la actualidad se sabe que el radio causa, entre otros efectos adversos, anemia, cataratas, fractura de dientes, cáncer y muerte, todavía se desconoce la relación entre la cantidad y el tiempo necesarios para provocarlos.

Teniendo en cuenta lo dañino que puede llegar a ser este metal, es sorprendente que a principios del siglo XX se usara de manera tan frecuentemente. Entre otros muchos ejemplos, las pinturas luminosas, como las empleadas en las esferas de los relojes que brillaban en la oscuridad, contenían radio, lo que solía hacer enfermar por cáncer a las personas que trabajan con ellas.

Más llamativo resulta todavía saber que hasta la década de 1940 existía la creencia de que su radiactividad era beneficiosa, haciendo más fuerte a quien lo ingiriera y proporcionándole energía. Por ello, se comercializaban viales con uno de sus compuestos (el cloruro de radio), así como cremas elaboradas con este metal para mejorar la piel. Tal era el desconocimiento sobre sus efectos adversos que a principios del siglo pasado existían los surtidores de radio, que lo añadían al agua con el fin de hacerla más saludable.




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Un traguito de mercurio para alcanzar la eternidad

El mercurio (Hg), único metal líquido a temperatura ambiente, es un mineral que puede ser muy dañino para los sistemas nerviosos, digestivo e inmunitario, así como para los pulmones, los riñones, piel y ojos cuando se inhala o ingiere.

Está clasificado por la OMS como una de las 10 sustancias químicas más peligrosas para la salud pública y, si bien su uso es en la actualidad muy limitado, todavía se sigue usando en algunas pilas y bombillas fluorescentes compactas de bajo consumo.

La intoxicación por este metal líquido puede producir el síndrome del sombrerero loco, un cuadro psicótico o depresivo acompañado de manifestaciones neurológicas (cefaleas, temblores, ataxia cerebelosa, etc.).

A pesar de su toxicidad, en la antigüedad se usaban en tratamientos para enfermedades como la lepra o el estreñimiento, y los alquimistas creían que su consumo incluso podía prolongar la vida hasta hacer alcanzar la inmortalidad. Pero, además de sus aplicaciones en salud, durante los imperios egipcio y romano se usaba como elemento de bisutería y pigmento en cosmética.




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Plomo: de la medicina a la guerra

El plomo es un elemento altamente tóxico y acumulativo que afecta principalmente al sistema nervioso de niños y adultos. También puede producir debilidad en los dedos, las muñecas o los tobillos, y anemia tras una exposición prolongada.

A día de hoy tiene un uso muy limitado, dirigido a la fabricación de baterías para vehículos, en blindaje radiológico (gracias a su capacidad para proteger contra radiación), así como cubierta para cables de teléfono, televisión o Internet.

Antiguamente, era un material mucho más extendido. Por ejemplo, siglos atrás se utilizaba en láminas para escribir, en la antigua Roma servía para fabricar tuberías y en la Edad Media se incorporaba a los revestimientos del armazón de madera de las flechas [https://desguacesballestero.es/el-plomo-un-metal-con-mucha-historia-2/].

Diversos compuestos con plomo se usaban además como astringentes, en farmacia y medicina, para controlar la secreción de fluidos, así como en pinturas, tintes del cabello e insecticidas.




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Arsénico: el elixir que tantas enfermedades curaba

El uso del arsénico (As) ha disminuido considerablemente debido a sus propiedades tóxicas, limitándose a la industria para la fabricación de vidrios y componentes electrónicos. Pero, aproximadamente 2400 años atrás, se empleó en la preparación de productos terapéuticos por médicos griegos tan importantes como Hipócrates y Dioscórides.

La popularidad de este metal como agente terapéutico llegó a su cúspide a principios y mediados del Siglo XX, cuando era empleado para tratar patologías diversas, desde enfermedades venéreas como la sífilis, pasando por la diabetes, hasta ser recetados como tónicos (vigorizantes), fortificantes y elixires. Hasta principios del S XIX la mezcla de este mineral con oro se molía y se añadía a pinturas; y las puntas de las balas se elaboraban con arsénico fusionado con plomo.

Sabiendo ya algunos detalles del uso de estos cuatro elementos a lo largo de la historia, merece la pena prestar atención a una frase del célebre médico y alquimista del Renacimiento Paracelso, considerado el padre de la toxicología: “todo es tóxico dependiendo de la dosis, la presentación, la vía de exposición y los factores medioambientales”. Una frase que se podría completar añadiendo una puntilla: “y de los avances científicos de la época”.

The Conversation

Laura Culleré Varea no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. De panaceas a venenos: así ha cambiado la percepción de algunos elementos químicos a lo largo de la historia – https://theconversation.com/de-panaceas-a-venenos-asi-ha-cambiado-la-percepcion-de-algunos-elementos-quimicos-a-lo-largo-de-la-historia-264559

Más allá de la especialización: las ventajas de la colaboración entre saberes en la universidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Francisco Alfonso Jaramillo, Profesor del área de Didáctica de la Lengua y la Literatura, Universidad de Huelva

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Imaginemos que una universidad decide poner en marcha un proyecto para diseñar un automóvil de carreras. Necesitaría un equipo interdisciplinar: además de ingenieros mecánicos, aerodinámicos y electrónicos, harían falta también programadores de software, diseñadores industriales, expertos en seguridad y especialistas en estrategias y análisis de datos, así como un equipo de comunicación o marketing, entre otros.

Este tipo de proyectos solamente son posibles con una colaboración entre diferentes disciplinas, no necesariamente relacionadas. En un mundo caracterizado por desafíos complejos y en constante cambio, ser capaces de pensar más allá de los límites de nuestra especialidad nos prepara para los futuros retos laborales e incrementa nuestra motivación.

¿Qué es la interdisciplinariedad?

¿Cómo podemos definir el concepto de interdisciplinariedad? Es un método para resolver problemas que combina conocimientos y formas de pensar de diferentes disciplinas.

Por ejemplo, diseñar estrategias de prevención frente a una pandemia requeriría de la colaboración entre disciplinas como la medicina, la sociología, la economía o la comunicación. Ninguna de estas ciencias, por sí sola, sería capaz de trazar un plan integral que abarque el problema en toda su amplitud. Solo mediante la interdisciplinariedad podemos llegar a desarrollar todo nuestro potencial.

Es el enfoque más eficaz para comprender y afrontar problemas complejos, al integrar diversas perspectivas que ninguna disciplina ofrece por sí sola. De hecho, su papel en la educación ha sido revitalizado gracias a la difusión de las metodologías STEM, que parten de problemáticas aplicadas al mundo real, incentivándose su resolución mediante el trabajo en equipo entre diferentes saberes.




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Formación integral del estudiante

Uno de grandes los beneficios de la interdisciplinariedad es que fomenta el aprendizaje significativo. Al enfrentarse a diferentes formas de entender el conocimiento, los estudiantes desarrollan un pensamiento más crítico y una mejor capacidad para analizar problemas en diversos escenarios.

El pensamiento crítico es una de las habilidades más necesarias para el desempeño profesional en un futuro marcado, previsiblemente, por avances tecnológicos rápidos e impredecibles.

Involucrarse en proyectos interdisciplinares, además, da la oportunidad de poner en práctica los conocimientos propios de su especialidad en un contexto más amplio, comprendiendo la conexión de su área con otras. De esta manera, los estudiantes que participan en experiencias interdisciplinares desarrollan una mayor comprensión de cómo se conectan los conceptos y cómo se aplican sus conocimientos en el mundo real.




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A continuación, enumeramos más ventajas de la interdisciplinariedad universitaria.

1. Promoción de la innovación y la creatividad

Cuando estudiantes y docentes de distintas disciplinas trabajan en equipo, se potencia la creatividad. Esa colaboración da lugar a la aparición de ideas que difícilmente surgirían si cada uno trabajara por separado.

La innovación no es más que una práctica que implica la combinación de diferentes tipos de saberes. Las estructuras universitarias deben facilitar estos procesos para mantenerse relevantes ante los desafíos del siglo XXI.

2. Fortalecimiento del compromiso social universitario

Las universidades tienen la responsabilidad de generar impacto más allá de sus aulas. Las intervenciones interdisciplinares, especialmente cuando se orientan a comunidades externas y construyen proyectos para dar respuesta a necesidades reales pueden llegar a provocar impactos duraderos. La comunidad universitaria sale de sus límites y participa más activamente de la realidad social.

3. Incentivo a la investigación colaborativa

El trabajo interdisciplinar en las universidades suele dar lugar a proyectos de investigación más fuertes y colaborativos. Además, facilita el acceso a fuentes de financiamiento que priorizan la unión de diferentes áreas del conocimiento.

Este tipo de colaboración no solo mejora la calidad de las investigaciones: también amplía su visibilidad y alcance, logrando impactar a audiencias más amplias.

4. Mejora de la empleabilidad de los egresados

El mundo laboral exige mucho más que conocimientos técnicos. Las experiencias interdisciplinares ayudan a los estudiantes a trabajar en equipos diversos, tomar decisiones éticas y comunicarse con claridad en diferentes ámbitos.

Según el World Economic Forum, la adaptabilidad, la resolución de problemas complejos y la colaboración multidisciplinar son competencias esenciales para los trabajos del futuro. Todas estas cualidades se fortalecen cuando se apuesta por la interdisciplinariedad.

Transformación de las estructuras universitarias

El reto no es sencillo. Implementar prácticas interdisciplinares implica repensar las estructuras organizativas. Esto incluye currículos más flexibles, programas compartidos entre distintas facultades y métodos de enseñanza más activos.

Las universidades que adoptan modelos interdisciplinares tienden a generar estructuras más dinámicas y resilientes, capaces de adaptarse a entornos educativos en constante cambio.

La pandemia obligó al sistema educativo a reorganizarse y digitalizarse a todos los niveles para garantizar la educación virtual. A partir de aquellas circunstancias, se pusieron en marcha proyectos interdisciplinares. En Ecuador, por ejemplo, se estableció el plan educativo Aprendamos juntos, reforzando la interdisciplinariedad a través de proyectos diseñados aunando Ciencias, Arte, Educación Física y Matemáticas para asegurar la continuidad y calidad de la educación en línea en un contexto de emergencia.

Ejemplos de proyectos interdisciplinares

Cualquier campo del conocimiento permite trabajar con distintos enfoques combinados. Desde trabajos para abordar el cambio climático usando energías renovables para tratar la transición energética en países africanos, a iniciativas para facilitar el análisis de prensa histórica digitalizada a gran escala, pasando por proyectos para diseñar e implementar un programa interdisciplinar sobre aprendizaje automático e inteligencia artificial.

Estudiantes que han participado en proyectos de este tipo afirman haber ampliado perspectivas.

La educación con una perspectiva transversal promueve una ciudadanía más crítica.

Adoptar este enfoque exige compromiso institucional, innovación curricular y voluntad de transformación. Sin embargo, los resultados son claros: una universidad más inclusiva, flexible, relevante y conectada con los tiempos que vivimos.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Más allá de la especialización: las ventajas de la colaboración entre saberes en la universidad – https://theconversation.com/mas-alla-de-la-especializacion-las-ventajas-de-la-colaboracion-entre-saberes-en-la-universidad-259757

Habilidades para gestionar los conflictos, clave en las parejas adolescentes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Andrés A. Fernández Fuertes, Área de Psicología Evolutiva y de la Educación, Departamento de Educación, Universidad de Cantabria

Monkey Business Images/Shutterstock

Laura y Marcos, de 18 años, llevan apenas dos meses saliendo cuando surge su primera discusión. El viernes Marcos quedó con sus amigos sin decírselo a Laura. Ella, que contaba con verle, se enteró por las redes de dónde y con quién estaba. Laura se sintió desplazada y optó por ignorar los mensajes de Marcos. Él al principio bromeaba, tratando que quitar importancia, pero después se enfadó: se sentía despreciado.

¿Resulta familiar? Podemos cambiar los personajes o la situación concreta y seguramente la escena nos suene. ¿Quién no ha tenido un conflicto? Los conflictos forman parte de la vida cotidiana. Especialmente en relaciones de pareja, porque hay mucha intimidad. Son casi inevitables.

Pero cuando hablamos de las primeras relaciones sexuales y de pareja, las que establecemos en la adolescencia y primera juventud, la manera en la que hemos aprendido a gestionar estos conflictos (normalmente influida por lo que hemos visto en casa o entre los demás compañeros o iguales) puede resultar determinante no solo para la viabilidad de esa relación, sino para cómo nos enfrentamos y establecemos otras relaciones en nuestra vida adulta.




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En ocasiones, la ausencia de una educación sexual integral, sumada al consumo de pornografía y al uso abusivo de redes sociales incrementa el riesgo de gestionar mal los conflictos, incluso con agresividad. Nuestro reciente estudio con parejas jóvenes concluyó que, cuando los conflictos se afrontan mal, es más probable que también se cometan agresiones sexuales.

Afrontar los conflictos

Una buena pareja no es aquella que no tiene discusiones, sino la que gestiona sus diferencias bien. Incluso en medio del conflicto aparecen gestos positivos que indican cariño (algo de humor, caricias, empatía,…) y amortiguan lo negativo. Cuando el afecto y la comprensión faltan, las relaciones se desgastan, aumentando el riesgo de ruptura. De hecho, las parejas con dificultades serias suelen caer en bucles de negatividad: a una reacción dura le sigue otra igual o peor (sarcasmo, desprecios…) que inflama el conflicto.

El conflicto de Laura y Marcos se puede afrontar de maneras bien distintas. Si se hace con agresividad o indiferencia, da pie a hacer lo mismo o a responder con ironía y reproches. Si además se ignoran otros posibles puntos de vista y se usan etiquetas (“siempre”, “nunca”,…), probablemente aparecerá más rencor, suspicacias y distanciamiento. Consecuencia: hostilidad, recelo, intentos de control e insatisfacción con la relación.

Pero se podría abordar constructivamente: Laura expresando cómo se sintió (“ninguneada al enterarme la última”) y pidiendo algo concreto (“avísame si tienes otros planes”); por su parte, Marcos puede validar el malestar de Laura (“entiendo que te haya molestado”) y dar su versión. También pueden acordar tener una comunicación más clara y no esquivar los conflictos bromeando. Consecuencia: comprensión, afecto y confianza que fortalecen la relación.

Relaciones de buena calidad

¿Tienen algo que ver las habilidades para resolver conflictos con problemas como la agresividad? Sí: el uso de estrategias constructivas (negociación colaborativa, escucha empática, asertividad,…) es un claro indicador de calidad relacional (satisfacción, compromiso, complicidad,…). Por el contrario, las estrategias negativas (confrontación hostil, obviar los problemas, manipular,…) se relacionan con la presencia de agresiones, quizá porque revelan falta de comprensión y respeto hacia necesidades ajenas.

¿Cómo se desarrollan esas habilidades? Resolver conflictos es una habilidad compleja. Combina procesos cognitivos (analizar el problema, generar opciones,…), emocionales (autorregularse, tolerar la frustración) y sociales (escuchar, negociar,…). Esto se adquiere en contextos sociales, observando qué hacen otros y cuáles son las consecuencias. También actuando personalmente y ajustando el comportamiento según los resultados.




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Lógicamente aquellos con quienes tenemos una relación más estrecha (familia, amigos y pareja) condicionan más lo que pensamos, sentimos y hacemos. Por tanto, aunque toda la sociedad educa –y de diferentes maneras–, durante la infancia y la adolescencia, la escuela y la familia son protagonistas.

Enseñar a resolver conflictos en la escuela

La escuela es un lugar idóneo para aprender a resolver conflictos reales de forma constructiva. La educación emocional es clave, con prácticas diarias que fomenten diálogo, respeto y tolerancia. He aquí algunas estrategias útiles:

  • Juegos de rol, en los que practicar cómo reaccionar ante situaciones ficticias (mi pareja me presiona para tener sexo sin preservativo).

  • Asambleas, en las que compartir preocupaciones (cómo se sabe si ya no funciona la relación).

  • Entrenamiento en habilidades comunicativas, como asertividad y escucha activa (cómo decir y recibir que algo gusta o no gusta).

El ejemplo del personal del centro es decisivo: si la conducta contradice el discurso, el mensaje pierde fuerza. Cuando un adulto es irrespetuoso, agresivo, abusa de su autoridad o minimiza necesidades u opiniones del alumnado, ¿de qué sirve pedir que resuelvan sus conflictos constructivamente? El ejemplo diario cala más que cualquier intervención formal. Actuar con serenidad ante un conflicto, pedir al alumnado que se explique, escuchar sin cuestionar ni juzgar y buscar soluciones justas y realistas genera aprendizajes duraderos.

La familia como lugar seguro

La manera de abordar los conflictos en la familia, especialmente durante la infancia, tiene una influencia profunda en cómo los afrontan los más jóvenes. Al igual que en la escuela, los ejemplos de discusiones respetuosas, sin gritos ni desprecios o silencios que dañan, es la mejor manera para interiorizar estos aprendizajes.

Sentir que se validan nuestras emociones y necesidades, que se nos tiene en cuenta y que merecemos ser escuchados, aunque quizá no tengamos razón, anima a hacer lo mismo. En familia deberíamos sentirnos libres para expresar opiniones y obligados a escuchar las de los demás. Aunque pueda haber conflictos serios, nunca debería estar en cuestión el amor. Las familias deben ser lugares seguros, donde el conflicto es una oportunidad de crecimiento, nunca una amenaza.

De la convivencia positiva a las relaciones sanas

En nuestro estudio con parejas jóvenes se concluía la importancia de fomentar precozmente vínculos seguros en estas relaciones, buscando el equilibrio en la toma de decisiones y promoviendo estrategias positivas de gestión del conflicto. La educación sexual integral, así como la ética del cuidado y del respeto mutuos, enseñan habilidades que facilitan establecer relaciones saludables.

Enseñar a manejar conflictos constructivamente desde la infancia lleva a sociedades basadas en el respeto, la comprensión y el afecto auténticos. Porque es mejor aprender a construir puentes que muros, a escuchar que ignorar o gritar, a comprender que simplemente juzgar.

The Conversation

Andrés A. Fernández Fuertes recibió fondos de la Junta de Castilla y León (SA121G18) y del Ministerio de Economía y Competividad (PSI2013-46830-P) para la realización de este estudio.

Isabel Vicario-Molina recibe fondos de la Junta de Castilla y León (SA121G18) y del Ministerio de Economía y Competividad (PSI2013-46830-P) para la realización de este estudio.

ref. Habilidades para gestionar los conflictos, clave en las parejas adolescentes – https://theconversation.com/habilidades-para-gestionar-los-conflictos-clave-en-las-parejas-adolescentes-262526

Ni ‘abuelos’ ni ‘pensionistas’, son adultos mayores: cómo los medios alimentan el edadismo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Idoia Camacho Markina, Profesora de Formación de Portavoces y Periodismo Especializado, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Nadia Snopek/Shutterstock

Imagine abrir el periódico cada mañana y descubrir que el retrato que se hace de la gente de su edad es el de personas frágiles, dependientes y sin voz propia. Pues bien, esa es la realidad que enfrentan las personas mayores que aparecen en los medios de comunicación. Y lo preocupante es que esas imágenes no solo influyen en cómo la sociedad las ve, sino también en cómo ellas se perciben a sí mismas.

Hemos analizado 21 estudios internacionales sobre la representación de los adultos mayores en la prensa, la radio y la televisión. La conclusión fue clara: los medios los muestran poco, y cuando lo hacen suelen recurrir a narrativas negativas o estereotipadas.

Invisibles, estigmatizadas o presionadas

Las personas mayores aparecen en los medios mucho menos de lo que correspondería a su peso demográfico, y cuando aparecen es habitual que otras voces hablen por ellas en lugar de ofrecerles un espacio directo para expresarse. Esa ausencia de protagonismo refuerza su invisibilidad en la sociedad.

Además, las noticias tienden a presentarlas como una carga económica o familiar. O bien se las reduce a la imagen del abuelo entrañable, pero pasivo, sin capacidad de decisión.

El resultado es el edadismo o estigmatización de la vejez, que identifica esta etapa de la vida con un colectivo homogéneo que no refleja la diversidad real de experiencias que tienen los individuos que lo forman.

En los medios abundan los estereotipos negativos sobre las personas mayores. También ocurre que, en ocasiones, promueven una visión excesivamente positiva, la del “envejecimiento exitoso” basado en mantenerse eternamente joven, activo y productivo.

Aunque pueda parecer un retrato amable, esta narrativa genera nuevas presiones, porque si no encajas en ese modelo idealizado quedas excluido. La vejez se convierte así en un examen constante donde solo aprueban quienes logran ocultar los signos del paso del tiempo.

Palabras y fotografías que pesan

El lenguaje construye realidades. Y, en el caso de la vejez, muchas palabras siguen cargadas de connotaciones negativas. Los estudios analizados muestran que los términos empleados con frecuencia en la prensa –“dependientes” o “ancianos”– consolidan visiones excluyentes. Expresiones como “pensionistas” y “abuelos” reducen a las personas mayores a una sola faceta, borrando su individualidad.

Por el contrario, hablar de “personas mayores” o “adultos mayores” ayuda a reconocerlas como sujetos plenos de derechos y a reflejar la diversidad de trayectorias vitales existentes.

Si las palabras importan, las imágenes también. Aunque no abundan las investigaciones que analicen cómo se ilustran las noticias sobre personas mayores, los estudios disponibles apuntan a un patrón repetido: fotografías de bastones, manos arrugadas o grupos de gente sin rostro definido.

Estas imágenes refuerzan la idea de fragilidad y dependencia. Rara vez muestran a adultos mayores en entornos laborales o en posiciones de liderazgo, a pesar de que muchos de ellos forman parte activa de la vida social, económica y cultural.

Un espejo social deformado

El envejecimiento de la población es una de las transformaciones sociales más significativas del siglo XXI, con implicaciones en casi todos los ámbitos. Las Naciones Unidas han designado el 1 de octubre como el Día Internacional de las Personas de Edad. Es un llamamiento a la acción colectiva para reconocer las contribuciones de las personas mayores y construir un futuro más inclusivo.

Este llamamiento tiene en los medios de comunicación un aliado clave. Porque los medios no solo informan, también construyen realidad. Deciden qué temas entran en la agenda pública, qué voces se escuchan y cuáles permanecen en silencio.

Representar mal la vejez tiene consecuencias directas en la autoestima, la salud y la participación social de las personas mayores. Cuando la única narrativa disponible las describe como frágiles, improductivas o fuera de lugar, se corre el riesgo de que esas visiones se interioricen y se conviertan en profecías autocumplidas.

A la vez, los estereotipos mediáticos influyen en cómo el resto de la sociedad se relaciona con ellas, desde políticas públicas que no atienden a sus necesidades hasta actitudes cotidianas de condescendencia o exclusión.

Cómo cambiar la historia

Organismos internacionales y asociaciones de periodistas han elaborado guías que ofrecen recomendaciones para revertir el edadismo mediático:

  • Utilizar un lenguaje respetuoso y evitar términos y expresiones estigmatizantes.

  • Incluir la voz directa de las personas mayores como fuentes informativas, no solo como testimonios emocionales.

  • Mostrar su diversidad: hay mayores activos, frágiles, profesionales, voluntarios, cuidadores y líderes comunitarios.

  • Utilizar imágenes que los muestren en roles variados y en contextos positivos.

Es urgente que el periodismo asuma su responsabilidad. Así como ya nadie cuestiona la necesidad de un tratamiento responsable en las noticias de la violencia de género o del racismo, la vejez también merece un relato justo, plural y libre de prejuicios.

Los medios tienen la capacidad, y el deber, de contar esas historias diversas en toda su complejidad. Porque cuando la vejez se narra con respeto, no solo se combate el edadismo, también se construye una sociedad más inclusiva para todos, en cualquier etapa de la vida.

The Conversation

Idoia Camacho Markina no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Ni ‘abuelos’ ni ‘pensionistas’, son adultos mayores: cómo los medios alimentan el edadismo – https://theconversation.com/ni-abuelos-ni-pensionistas-son-adultos-mayores-como-los-medios-alimentan-el-edadismo-266107