« Juneteenth Independence Day » : le long combat des Afro-Américains pour l’accès à l’éducation après l’abolition de l’esclavage

Source: The Conversation – France (in French) – By Rodney Coates, Professor of Critical Race and Ethnic Studies, Miami University

La salle de classe des demoiselles Cooke, Bureau des affranchis, Richmond (Virginie), en 1866. Jas. E. Taylor/Wikimedia Commons

Contraction des mots « June » (juin) et « nineteenth » (dix-neuvième), le Juneteenth, qui marque l’émancipation des esclaves aux États-Unis, est devenu un jour férié en 2021. L’histoire de cette fête nationale nous rappelle que des lois très répandues dans le Sud interdisaient aux esclaves le droit à l’éducation et que le combat pour la liberté va de pair avec l’accès au savoir.


L’abolitionniste et écrivain Frederick Douglass (v.1818-1895) est connu pour de nombreuses raisons, mais l’une des plus importantes est sans doute sa conception du lien entre l’éducation et l’esclavage. Douglass, lui-même, est né esclave dans le Maryland, sur la côte Est.

Dans son autobiographie de 1845, il a raconté comment l’une de ses propriétaires, Mme Auld, avait commencé à lui apprendre à lire lorsqu’il était enfant. Le mari de Mme Auld lui avait ordonné de cesser de donner des cours à Douglass.

« C’est précisément à ce stade de mon apprentissage que M. Auld découvrit ce qui se passait et interdit aussitôt à Mme Auld de continuer à m’instruire, lui disant, entre autres, qu’il était illégal, mais aussi dangereux, d’apprendre à lire à un esclave », écrit Douglass.

« Pour reprendre ses propres mots, il a ajouté : “Si tu donnes le doigt à un nègre, il prendra le bras. Un nègre ne doit rien savoir d’autre que d’obéir à son maître.” »

Le 31 janvier 1865, le Congrès a adopté le 13ᵉ amendement, abolissant ainsi l’esclavage. Ce n’est que le 19 juin 1865 que la nouvelle de cet amendement est parvenue aux personnes asservies de Galveston, au Texas, marquant ainsi l’origine de la fête du « Juneteenth ».

L’administration Biden a déclaré le « Juneteenth » jour férié fédéral en 2021. Aujourd’hui, cette date du 19-Juin commémore la fin de l’esclavage aux États-Unis. Mais l’histoire des personnes autrefois réduites en esclavage a continué à s’écrire de manière complexe bien après le Juneteenth, notamment en ce qui concerne leur parcours scolaire.

Le Juneteenth a clairement montré que la liberté ne s’arrêtait pas lorsque cesse l’aliénation physique, mais supposait aussi la fin de l’esclavage mental, puisque des lois interdisaient aux personnes asservies d’accéder à l’éducation dans les États du Sud.

Rendre la formation illégale

En 1739, la révolte des esclaves de Stono a eu lieu en Caroline du Sud. Craignant que des esclaves alphabétisés ne complotent de futures révoltes, la Caroline du Sud a adopté en 1740 une loi anti-alphabétisation interdisant d’enseigner la lecture aux esclaves.

La plupart des États du Sud lui ont rapidement emboîté le pas en adoptant leurs propres lois anti-alphabétisation entre 1740 et 1834, dans l’espoir d’empêcher toute nouvelle rébellion d’esclaves. Ces lois s’appliquaient aussi bien aux Noirs esclaves qu’aux Noirs libres.

Malgré ces lois, des milliers d’esclaves ont tout de même appris à lire et à écrire dans le Sud d’avant la guerre de Sécession. L’alphabétisation était un moyen d’accéder à la liberté.

Entre-temps, la première école libre africaine destinée aux enfants noirs a été fondée à New York en 1787. Cette école, qui ne comptait qu’une seule salle de classe, a accueilli à ses débuts 40 élèves, dont la plupart avaient des parents qui avaient été esclaves. Six autres écoles similaires ont été créées grâce à des fonds publics avant 1824.

Juneteenth et le chemin vers la liberté

Le Juneteenth revêt une histoire complexe qui témoigne de la foi et de la résilience des anciens esclaves, mais aussi de la haine et de la résistance à l’égard de ces personnes qui ont accédé à la liberté.

Cela nous rappelle également que la véritable liberté doit inclure le droit à l’éducation.

En 1865, les anciens esclaves ont réagi de diverses manières à leur liberté retrouvée, passant de la gratitude et la joie au désespoir et au sentiment de perte.

De nombreuses personnes anciennement asservies ont décidé de quitter les plantations et les États du Sud pour retrouver les membres de leur famille et les communautés dont l’esclavage les avait séparés.

École pour esclaves affanchis, Plantation James, Caroline du Nord (1866).
Wikimédia

D’autres ont choisi de rester là où elles avaient été réduites en esclavage, cherchant à vivre leur liberté dans un environnement familier. En définitive, la grande majorité des personnes affranchies est restée dans le Sud.

Quels que soient leurs choix, les quelque 4 millions d’anciens esclaves ont mis les États-Unis au défi de reconnaître leur affranchissement et de les accueillir comme des égaux.

Sans relâche, ils se sont efforcés de s’affirmer en tant que citoyens libres au sein de la nation. L’un des principaux objectifs de ces personnes récemment affranchies était d’accéder à l’éducation.

Apprendre à lire, à écrire et bien plus encore

Après la guerre de Sécession, les personnes nouvellement affranchies se rassemblaient dans des églises, des maisons, des caves, des remises, des lieux de culte et même à l’ombre des arbres, dans les champs où elles cultivaient la terre pour apprendre à lire et à écrire. Elles acquéraient également des compétences professionnelles de base, telles que la capacité à lire et à comprendre les contrats de travail.

Bon nombre des enseignants n’avaient suivi aucune formation officielle, et certains d’entre eux étaient des personnes noires de la région qui avaient appris à lire par elles-mêmes.

Parmi les autres éducateurs figuraient des enseignants blancs originaires du Sud et du Nord, envoyés par des églises et des associations caritatives.

Des associations caritatives et des organisations religieuses du Nord, notamment l’American Missionary Association et la National Freedman’s Relief Association, finançaient parfois ces écoles gratuites destinées aux anciens esclaves noirs.

Cependant, la majeure partie des fonds destinés à financer ces écoles provenait des Américains récemment affranchis, qui prenaient en charge eux-mêmes les frais de scolarité de leurs enfants.

Alors qu’environ 90 % de la population noire des États du Sud était analphabète en 1865, ce pourcentage est tombé à 70 % en 1880.

Parcours dans l’enseignement supérieur

Les Noirs récemment affranchis ont également commencé à disposer de davantage de possibilités d’accès à l’enseignement supérieur.

Le premier établissement d’enseignement supérieur historiquement fréquenté par des personnes noires, l’université de Cheyney, a été fondé en Pennsylvanie en 1837, bien avant la guerre de Sécession. Au total, quatre établissements de ce type avaient vu le jour à la fin de la guerre de Sécession, en 1865.

C’est à ce moment-là que la véritable libération a commencé, alors qu’un nombre croissant d’établissements offraient la liberté académique aux Afro-Américains, qui, sans cela, n’auraient pas pu fréquenter la plupart des universités.

Au cours des quinze années qui ont suivi la guerre de Sécession, 59 établissements au total avaient ouvert leurs portes aux étudiants noirs.

En 1867, en vertu d’une loi du Congrès, l’université Howard a été fondée à Washington, D. C. Elle proposait non seulement des cours fondamentaux, mais aussi des formations en droit, en médecine, en sciences de l’éducation et en pharmacie.

Une promesse qui passe par l’éducation

Une toute nouvelle série de défis et d’opportunités attendait les Afro-Américains anciennement réduits en esclavage qui cherchaient la liberté vers le Nord. La plupart d’entre eux sont arrivés dans des villes, telles que Chicago et New York, où ils ont rencontré un certain soutien, mais ont également été confrontés à la discrimination raciale et à la pauvreté.

Leurs vies étaient constamment empreintes d’hostilité, tant sur le plan juridique que racial.

L’éducation figurait parmi les principales priorités des personnes libres, qui cherchaient à acquérir de nouvelles compétences et à progresser dans la vie. Elles apprenaient non seulement les bases de la lecture et du calcul, mais aussi des compétences professionnelles, les devoirs civiques et des connaissances approfondies dans des domaines professionnels, tels que le droit, la médecine, la pharmacie et l’enseignement.

En fin de compte, le « Juneteenth » offrit une promesse de liberté, mais l’éducation était indispensable pour la concrétiser.

The Conversation

Rodney Coates ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Juneteenth Independence Day » : le long combat des Afro-Américains pour l’accès à l’éducation après l’abolition de l’esclavage – https://theconversation.com/juneteenth-independence-day-le-long-combat-des-afro-americains-pour-lacces-a-leducation-apres-labolition-de-lesclavage-285961

Le 4-Juillet : une date inventée, un mythe construit, un récit disputé

Source: The Conversation – France in French (3) – By Jérôme Viala-Gaudefroy, Spécialiste de la politique américaine, Sciences Po

*La Déclaration d’indépendance*, de John Trumbull, peint entre 1815 et 1817, est fréquemment utilisé pour illustrer le jour où les États-Unis accédèrent à l’indépendance. Indice de la complexité de la mémoire de l’événement : le tableau ne montre en réalité pas la signature elle-même, mais la présentation d’un projet de cette déclaration au Second Congrès continental par la Commission des Cinq (John Adams, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Robert Livingston et Roger Sherman), le 28 juin 1776. John Trumbull (1756-1843), Capitole des États-Unis

Chaque nation possède ses mythes fondateurs. Dans le cas des États-Unis, le plus important est sans doute celui du 4-Juillet. Mais en ce jour – qui, d’ailleurs, n’est en réalité pas celui de la proclamation de l’indépendance ! –, que célèbre-t-on exactement de l’autre côté de l’Atlantique ? Deux cent cinquante ans durant, des réponses variées et contrastées ont été apportées à cette question. Cette année, les fêtes somptuaires lancées par Donald Trump visent avant tout à promouvoir sa propre personne et sa vision de son pays.


L’indépendance des États-Unis n’a pas été déclarée le 4 juillet 1776. Elle l’a été le 2 juillet. Que s’est-il passé le 4 ? Le Congrès a adopté un texte. Un texte qui allait devenir, en deux siècles et demi, le document le plus sacré d’une nation qui ne se réclame d’aucune religion d’État. Le 4-Juillet est moins une date qu’un récit.

Plus un récit qu’une date

Le 3 juillet 1776, John Adams, l’un des principaux Pères fondateurs, écrit à sa femme Abigail qu’il vient de vivre « l’époque la plus mémorable de l’histoire de l’Amérique » – et que le deuxième jour de juillet serait célébré à jamais. Il se trompait de deux jours.

Le 4-Juillet commémore non pas le vote d’indépendance, mais l’adoption de la version finale d’un texte rédigé principalement par Thomas Jefferson : la Déclaration d’indépendance. Peu de pays célèbrent un document avec une telle intensité. Il est vrai qu’il renvoie directement aux valeurs essentielles de la République : la liberté, l’égalité, les droits naturels et le consentement des gouvernés.

Pourtant, la Déclaration ne devient pas immédiatement un événement national. Elle est lue publiquement à Philadelphie le 8 juillet, devant l’armée de Washington le 9, atteint la Géorgie un mois plus tard, n’est signée par la plupart des délégués que le 2 août, et n’est connue à Londres qu’à la fin de l’été. Sa sacralisation rétrospective doit beaucoup à une coïncidence : Jefferson et Adams meurent tous deux le 4 juillet 1826, cinquante ans jour pour jour après la Déclaration. La coïncidence est aussitôt lue comme un signe du ciel, élevée au rang de miracle fondateur. La fête nationale est ainsi moins la transcription spontanée d’un événement qu’un objet de fabrication culturelle.

Entre récit disputé et symbole d’unité

La célébration du 4-Juillet a d’ailleurs été d’emblée un champ de bataille partisan. Dès les années 1790, elle suscite des affrontements entre fédéralistes, favorables à un gouvernement central fort, et républicains-démocrates, défenseurs d’une république plus décentralisée, chaque camp cherchant à s’approprier l’héritage révolutionnaire pour légitimer sa vision de la nation.

Par la suite, des esclaves affranchis, des abolitionnistes – à commencer par Frederick Douglass dans son célèbre discours « What to the Slave is the Fourth of July ? » (1852) –, puis des suffragistes et des communautés immigrées utilisent à leur tour les symboles fondateurs pour contester leur exclusion du récit dominant.

« Que représente, pour l’esclave américain, votre 4-Juillet ? Je réponds : un jour qui lui révèle, plus que tous les autres jours de l’année, l’injustice flagrante et la cruauté dont il est constamment victime. Pour lui, votre célébration est une mascarade ; votre liberté tant vantée, une licence impie ; votre grandeur nationale, une vanité démesurée ; vos cris de joie sont vides et sans cœur ; vos dénonciations des tyrans, une impudence effrontée ; vos cris de liberté et d’égalité, une moquerie creuse ; vos prières et vos hymnes, vos sermons et vos actions de grâce, avec tout votre déploiement religieux et votre solennité, ne sont pour lui que grandiloquence, fraude, tromperie, impiété et hypocrisie – un mince voile destiné à dissimuler des crimes qui feraient honte à une nation de sauvages. Il n’existe pas sur terre de nation coupable de pratiques plus choquantes et plus sanglantes que le peuple de ces États-Unis, en cet instant même. » – Frederick Douglass (1852).
Historianspeaks.org

Ces mêmes symboles sont aussi des instruments d’intégration, voire d’assimilation. Au début du XXᵉ siècle, les cérémonies collectives de naturalisation organisées le 4 juillet font entrer symboliquement de nouveaux membres dans la communauté nationale à travers des rituels d’« américanisation » : défilés, discours civiques, omniprésence du drapeau.

Un rite de la religion civile américaine

Au fil du temps, le 4-Juillet s’impose comme l’un des principaux rites d’une véritable « religion civile » – notion forgée par Rousseau, adaptée aux États-Unis par le sociologue Robert Bellah dans les années 1960. Cette religion possède ses textes sacrés (la Déclaration d’indépendance, la Constitution), ses saints (George Washington, Abraham Lincoln), ses rites (le 4-Juillet, les investitures), ses lieux de pèlerinage (Independence Hall, Gettysburg, ou encore le mont Rushmore), ses temples (du Capitole au Lincoln Memorial), ses reliques (la Constitution originale, la Liberty Bell) et une croyance partagée dans la mission historique et morale de la nation.

Le 4-Juillet apparaît ainsi comme un puissant rituel durkheimien de réactivation périodique de l’appartenance nationale au sein d’une société profondément diverse.

Dans cette caricature de 1902 sur la célébration du 4-Juillet, légendée « Une fausse alerte le 4 juillet », l’Oncle Sam dit à Dame Paix : « Tout va bien. Il n’y a pas de combats. Le bruit que vous entendez, c’est juste ma famille qui fait la fête ! »
« Puck magazine », 2 juillet 1902, Librarie du Congrès

Chaque été, une nation qui se définit par des idées – l’égalité, la liberté – rejoue la scène de sa propre naissance. L’Amérique, dont l’identité ne repose ni sur un territoire homogène ni sur une origine commune, constitue l’archétype de la « communauté imaginée » théorisée par Benedict Anderson : les nations ne préexistent pas aux récits qu’elles se racontent, elles se construisent et se perpétuent grâce à des mythes, des symboles et des rituels partagés, qui permettent à des millions d’individus de se représenter comme membres d’une même communauté historique et politique.

Un répertoire présidentiel séculaire

En tant qu’incarnations de la nation, les présidents ont parfaitement saisi les enjeux de cette fête : puiser dans le corpus mythique des éléments qui servent leur politique du moment, sans pour autant s’en éloigner complètement. D’où l’illusion d’une tradition continue, alors qu’il s’agit d’une recomposition permanente.

Le centenaire de 1876, célébré sous Ulysses S. Grant, associe réconciliation après la guerre de Sécession et célébration d’une Amérique industrielle tournée vers l’avenir.

Le bicentenaire de 1976, organisé par Gerald Ford après le Vietnam et le Watergate, prend la forme d’un rituel de guérison nationale. Ronald Reagan réaffirme ensuite un exceptionnalisme américain à vocation universelle, porté par la rhétorique de la « cité sur la colline », notamment lors du Liberty Weekend de 1986, tandis que George W. Bush réactive, après le 11 septembre, un patriotisme de guerre fondé sur la défense de la liberté et de la mission américaine dans le monde.

Enfin, Bill Clinton et Barack Obama mettent davantage l’accent sur la diversité et l’inclusion, sans jamais s’éloigner du même socle, comme en témoigne la généralisation des cérémonies de naturalisation organisées le 4 juillet sous la présidence Obama.

Un 250ᵉ anniversaire hors norme

Donald Trump n’invente ni le rite ni le mythe. Sa volonté de faire du 4-Juillet un moment central du récit national n’a rien d’inédit, pas plus que sa rhétorique de l’exceptionnalisme américain ou de l’élection providentielle des États-Unis, déjà mobilisée par Reagan ou Bush.

Là où il rompt nettement avec la tradition présidentielle, c’est en durcissant ce récit pour le recentrer sur sa propre figure, en le militarisant et en en faisant un instrument de confrontation politique. La commémoration nationale n’a plus seulement pour fonction de célébrer la nation : elle sert désormais à désigner ceux qui la menaceraient et celui qui serait appelé à la sauver.

Parmi les innovations décidées à l’occasion du 250ᵉ anniversaire des États-Unis : la fabrication d’une série de passeports à l’effigie de Donald Trump.
Compte de Donald Trump/Truth Social

Cette évolution se manifeste dès le Salute to America du 4 juillet 2019, organisé au pied du Lincoln Memorial avec chars, avions de chasse et démonstrations militaires, puis dans son discours du Mont Rushmore du 3 juillet 2020, où il dénonçait une prétendue cancel culture menaçant l’histoire et l’identité américaines.

En 2026, la logique se radicalise : les célébrations du 250ᵉ anniversaire, autour de la Grande Foire des États-Unis (Great American State Fair, mélange de fête foraine et d’exposition mettant en valeur les États qui composent le pays) organisée à Washington du 25 juin au 10 juillet et du programme Freedom 250, combinant gala d’arts martiaux mixtes, Grand Prix automobile et revues navales, tendent à faire de la commémoration elle-même un objet de confrontation partisane.




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Plus encore, la figure de l’« ennemi intérieur » – élites, universités, médias, opposants – occupe désormais une place centrale dans le récit trumpien. La nouveauté n’est pas d’utiliser la commémoration à des fins politiques, mais d’en faire un instrument explicite de mobilisation partisane, articulé autour de la figure d’un chef présenté comme le seul capable de restaurer la grandeur nationale.

Que le 250e anniversaire se déroule dans un contexte de crise nationale n’est pas inédit : 1876, c’était la difficile reconstruction d’une unité nationale encore fragile onze ans après la sanglante guerre de Sécession ; 1976 était marquée par les séquelles du scandale du Watergate qui avait abouti deux ans plus tôt à la démission de Richard Nixon.

Ce qui diffère en 2026, c’est l’orientation du récit. Là où les commémorations précédentes projetaient la nation vers l’avenir, Trump oriente principalement le sien vers un passé fantasmé. Make America Great Again, America First, la référence récurrente à un « nouvel âge d’or » : tous ces slogans supposent l’existence d’une grandeur passée à restaurer. La nouveauté n’est pas tant la nostalgie elle-même que sa centralité dans la définition du projet politique.

Même lorsque Trump mobilise un imaginaire futuriste — intelligence artificielle, conquête spatiale –, il ne faut pas s’y tromper : son futur n’ouvre pas sur quelque chose d’inédit, il certifie que l’Amérique était, depuis ses origines, destinée à la grandeur. C’est un récit réactionnaire au sens propre – un avenir qui regarde en arrière.

Ce que le 250e anniversaire révèle, enfin, c’est que le débat dépasse l’opposition entre démocrates et républicains : il porte sur une question plus fondamentale. Que célèbre-t-on exactement lorsqu’on célèbre l’Amérique ?

Le récit trumpien ne vise plus seulement à définir ce qu’est la nation ; il tend aussi à préciser qui en serait le dépositaire légitime. Derrière l’invocation d’un âge d’or perdu, c’est une certaine image de l’Amérique qui se dessine – blanche, chrétienne, socialement conservatrice –, dont les transformations démographiques et culturelles récentes auraient menacé l’identité historique. Le débat ne porte plus seulement sur ce qu’est l’Amérique, mais sur qui peut légitimement prétendre l’incarner.

The Conversation

Jérôme Viala-Gaudefroy ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le 4-Juillet : une date inventée, un mythe construit, un récit disputé – https://theconversation.com/le-4-juillet-une-date-inventee-un-mythe-construit-un-recit-dispute-286386

El virus del mpox sigue circulando, y la vacuna es la principal arma para prevenir y controlar la enfermedad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jenaro Astray Mochales, Grupo de trabajo sobre vacunas de la Sociedad Española de Epidemiologia (SEE). Epidemiólogo

Tobias Arhelger/Shutterstock

La mpox, antes denominada viruela del mono o monkeypox, ha pasado de ser una enfermedad rara y limitada a regiones endémicas a convertirse en un problema de salud pública de relevancia global.

En Europa, un brote causado por el subclado IIb –una de las variantes del virus del mpox (MPXV) que causa la enfermedad– ha dejado desde 2022 más de 22 000 casos en Europa, incluida España. En 2025, otro clado (el Ib) empezó a circular en países europeos, con una trasmisión sostenida y tendencia al alza.

A lo largo de los últimos 12 meses, 16 países han reportado 458 casos de clado I y 18 han informado de 921 casos del clado II, lo cual evidencia que el riesgo de nuevos brotes sigue presente.

Cómo hacerle frente

Actualmente, la vacunación constituye la principal medida de prevención frente a la mpox y un elemento clave para limitar su transmisión, reducir la gravedad de los casos y prevenir hospitalizaciones y complicaciones. Tras el brote internacional iniciado en 2022, los países europeos implementaron estrategias de inmunización que han demostrado su eficacia.

La vacuna utilizada en la Unión Europea, comercializada como Imvanex o Jynneos, es una vacuna de tercera generación no replicativa. Esto quiere decir que contiene un virus modificado genéticamente (Modified Vaccinia Ankara, MVA BN) para que no pueda multiplicarse en las celulas, pero capaz de generar una respuesta inmunitaria protectora, incluso en personas con problemas de inmunosupresión.

Inicialmente autorizada para la viruela, su indicación se amplió durante el brote de 2022 para prevenir la mpox en adultos y, posteriormente, en adolescentes a partir de los 12 años. Puede administrarse tanto por vía subcutánea como intradérmica, lo que permite proporcionar anticuerpos protectores con el 20 % de la dosis habitual. Esto ha permitido adaptar las estrategias de vacunación en situaciones de disponibilidad limitada de dosis.

Dichas estrategias se articulan fundamentalmente en torno a dos enfoques complementarios: la profilaxis preexposición (es decir, para prevenir la infección) y la profilaxis postexposición (administrada después de haber estado en contacto con alguien que tenga mpox).

Vacunas preexposición

La primera de ellas está dirigida a personas con mayor riesgo de contacto con el virus. En este grupo se incluyen hombres que tienen sexo con hombres, bisexuales y personas trans con prácticas de mayor riesgo, como múltiples parejas, sexo en grupo o cambios frecuentes de parejas sexuales.

La vacuna preexposición también se recomienda en determinados colectivos con riesgo ocupacional. Nos referimos a trabajadores de laboratorio que manipulan el virus MPXV, profesionales sanitarios que atienden a personas con infecciones de transmisión sexual o infección por VIH y personal encargado de la limpieza y desinfección en entornos donde se producen contactos sexuales que pueden implicar alto riesgo.

Un solo pinchazo confiere una protección moderada, pero se refuerza con la administración de una segunda dosis. Por tal motivo, completar la pauta vacunal es una prioridad de salud pública; especialmente teniendo en cuenta que, en algunos países, como España, solo alrededor del 50 % de las personas vacunadas han recibido las dos dosis recomendadas.

Vacunas postexposición

La profilaxis postexposición se revela como otra estrategia esencial, especialmente para el control de brotes y la protección de personas vulnerables. La vacunación tras una exposición conocida al MPXV puede prevenir la aparición de la enfermedad o, si se administra de forma más tardía, atenuar sus manifestaciones clínicas.

Idealmente, debe recibirse dentro de los cuatro primeros días tras la exposición. Si se administra entre los 4 y 14 días posteriores, puede no evitar la infección, pero sí reducir la gravedad y el riesgo de complicaciones.

Se recomienda para todos los contactos estrechos de casos confirmados de mpox que no hayan pasado la enfermedad, incluyendo parejas sexuales, contactos domiciliarios y profesionales sanitarios expuestos sin las medidas de protección adecuadas. Además, se prioriza en individuos con mayor riesgo de desarrollar enfermedad grave, como personas inmunodeprimidas (incluyendo infección por VIH con recuentos bajos de linfocitos CD4), embarazadas y población infantil de cualquier edad.

En estos casos, la vacuna no solo protege al individuo, sino que contribuye a cortar las cadenas de transmisión.

¿Cuánto tiempo dura la protección?

En lo que se refiere a la duración de inmunidad generada por la vacuna, los estudios disponibles indican que disminuye progresivamente con el tiempo, sobre todo tras la administración de una sola dosis o cuando se utiliza la vía intradérmica. La evidencia sugiere que completar la pauta primaria de dos dosis puede conferir protección durante varios años, posiblemente en torno a una década.

Por el momento, aunque algún país europeo ha comenzado a valorar estrategias más amplias de refuerzo, las segundas dosis se recomiendan de forma limitada, principalmente en personas con riesgo ocupacional elevado. Es el caso de trabajadores de laboratorio que manipulan virus de mpox, a quienes se aconseja repetir el pinchazo cada dos años.


Artículo escrito con el asesoramiento de la Sociedad Española de Epidemiología.


The Conversation

Ángela Domínguez García es investigadora del proyecto financiado PI24/00692 del Instituto de Salud Carlos III e investigadora col·laboradora de proyectos europeos: Grant Agreement 101233259-SHIELD y 101233394-HEP-HOP. Es miembro del Consell Assessor en Vacunacions de l’Agència de Salut Pública de Catalunya. Es Coordinadora del Grupo de Trabajo de Vacunas e Inmunización de la Sociedad Española de Epidemiología (SEE) y miembro de la Comisión Asesora de Comunicación de la SEE.

Iván Martínez-Baz es investigador principal del proyecto PI23/01519 y beneficiario de un contrato Miguel Servet CP22/00016, financiados por el Instituto de Salud Carlos III. Es miembro del Grupo de Trabajo sobre Vacunas e Inmunización de la Sociedad Española de Epidemiología (SEE)

Pere Godoy es catedrático de Medicina Preventiva y Salud Publica en la Universidad de Lleida e investigador principal de proyectos financiados por el Instituto de Salud Carlos III. Es miembro del Consell Assessor en Vacunacions de l’Agència de Salut Pública de Catalunya. Es miembreo del grupo de Voigilancia de la Salud Pública y de Vacunas e Inmunización de la Sociedad Española de Epidemiología (SEE) y miembro de la Comisión Asesora de Comunicación de la SEE.

Irene Barrabeig Fabregat, Irma Casas García, Jenaro Astray Mochales y José Tuells no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. El virus del mpox sigue circulando, y la vacuna es la principal arma para prevenir y controlar la enfermedad – https://theconversation.com/el-virus-del-mpox-sigue-circulando-y-la-vacuna-es-la-principal-arma-para-prevenir-y-controlar-la-enfermedad-280006

No todo está en las palabras: el infravalorado papel del hemisferio derecho en la comprensión del lenguaje

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Loles Villalobos Tornero, Facultad de Psicología. Departamento de psicología experimental procesos cognitivos y logopedia. Instituto de Tecnología del Conocimiento, Universidad Complutense de Madrid

Rimma Bondarenko/Shutterstock

Imagine que está en una habitación sofocante en pleno verano. Entra alguien y comenta: “Qué pena que se me haya olvidado traer el jersey”. La mayoría de nosotros entendemos inmediatamente que no habla en serio. No pensamos que tenga frío, sino que está haciendo una broma para remarcar el calor que hace. Pero ¿y si una persona comprende perfectamente todas las palabras de esa frase, pero no capta la intención? Entiende el significado literal, pero no el mensaje real. Esto puede ocurrir tras una lesión cerebral.

El lenguaje es una de las capacidades cognitivas más sofisticadas de los seres humanos. Aunque otras especies se comunican, ninguna lo hace con la complejidad que caracteriza a nuestra especie. Para que esa capacidad funcione, el cerebro debe coordinar una extensa red de regiones conectadas entre sí.

Los primeros mapas cerebrales del lenguaje

Los primeros avances en el estudio de las bases cerebrales del lenguaje se produjeron a mediados del siglo XIX. El neurólogo francés Paul Broca observó que las lesiones en una región de la parte frontal izquierda del cerebro provocaban en los pacientes dificultades para expresarse. Poco después, el investigador alemán Carl Wernicke describió que las lesiones en una zona temporal izquierda alteraban principalmente aspectos de la comprensión.

Los investigadores de la época trabajaban sin técnicas de neuroimagen. Sus conclusiones procedían principalmente de la observación clínica y del estudio post mortem del cerebro de pacientes que habían sufrido una lesión. Estas personas presentaban afasia, un trastorno adquirido del lenguaje que aparece cuando un daño cerebral altera esta capacidad previamente desarrollada con normalidad.

Con el paso de las décadas, los científicos comprendieron que el lenguaje no depende únicamente de áreas aisladas. Diseñaron modelos teóricos basados en el funcionamiento de regiones cerebrales conectadas. En la actualidad, ya se conocen los circuitos cerebrales que subyacen a la anatomía funcional del lenguaje.

El hemisferio izquierdo no trabaja solo

Durante mucho tiempo se asumió que el hemisferio izquierdo era el gran protagonista del lenguaje. Efectivamente, en la mayoría de las personas concentra funciones esenciales para hablar y comprender palabras.

Sin embargo, las modernas técnicas de neuroimagen han permitido observar el cerebro en funcionamiento y han revelado una realidad más compleja. Cuanto más exigente es una tarea lingüística, más regiones cerebrales participan en ella.

La comprensión de narraciones extensas o conversaciones o textos complejos activa no solo áreas clásicamente relacionadas con el lenguaje en el hemisferio izquierdo, sino también regiones del hemisferio derecho. Este último desempeña un papel especialmente relevante cuando necesitamos integrar información, interpretar el contexto o inferir significados que no están explícitamente expresados.

Más allá de las palabras: la pragmática

Aquí entra en juego un aspecto fundamental de la comunicación humana: la pragmática del lenguaje.

La pragmática hace referencia a nuestra capacidad para interpretar qué quiere decir realmente una persona teniendo en cuenta el contexto, la situación y sus intenciones. Gracias a ella comprendemos que el significado de una frase no depende únicamente de las palabras que contiene.

Por ejemplo, cuando alguien afirma “qué puntual eres” después de que lleguemos media hora tarde, entendemos que probablemente está expresando una crítica y no un elogio. Del mismo modo, sabemos reconocer bromas, ironías o dobles sentidos.
Esta capacidad resulta tan automática que rara vez somos conscientes de ella.

Sin embargo, esto constituye una de las habilidades más sofisticadas de la comunicación humana. A fin de cuentas, requiere combinar información lingüística, conocimientos previos, claves sociales e incluso la capacidad de comprender los pensamientos y emociones de los demás (un componente de la cognición social llamado teoría de la mente).

Cuando una broma deja de tener gracia

Numerosos estudios han mostrado que las personas con lesiones en el hemisferio derecho suelen conservar la capacidad de hablar y comprender palabras y frases: a simple vista, parece que su lenguaje funciona con normalidad. Sin embargo, habitualmente presentan dificultades para interpretar significados implícitos, detectar el sarcasmo o comprender el humor. También pueden tener problemas para seguir el hilo de conversaciones complejas o para captar matices emocionales en el discurso.

Esta situación plantea un desafío para los profesionales sanitarios. Las pruebas tradicionales de evaluación del lenguaje suelen centrarse en aspectos como la denominación de objetos, la repetición de palabras o la comprensión de frases relativamente simples. Como consecuencia, algunas personas pueden obtener resultados aparentemente normales y, sin embargo, experimentar dificultades significativas en situaciones comunicativas de la vida real.

Se trata de dificultades menos visibles que una afasia clásica, pero pueden afectar de manera importante a las relaciones sociales, familiares y laborales.

Un cerebro preparado para leer entre líneas

Entender el lenguaje no consiste únicamente en reconocer palabras o construir frases correctas. También implica interpretar intenciones, comprender emociones y descubrir significados implícitos.

La próxima vez que sonría ante una ironía o entienda una broma aparentemente obvia, recuerde que detrás de esa sencilla interacción cotidiana está trabajando una compleja red cerebral distribuida en ambos hemisferios del cerebro. Porque, en comunicación, las palabras son solo una parte del mensaje.

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Loles Villalobos Tornero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. No todo está en las palabras: el infravalorado papel del hemisferio derecho en la comprensión del lenguaje – https://theconversation.com/no-todo-esta-en-las-palabras-el-infravalorado-papel-del-hemisferio-derecho-en-la-comprension-del-lenguaje-285074

¿Son mejores los futbolistas que aprendieron a jugar ‘en la calle’?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rafael Martín Acero, Catedrático de Universidad de Educación Física y Deportiva, Universidade da Coruña

En la clasificación para el Mundial 2026, varias decenas de jugadores menores de 20 años han participado con sus selecciones, y algunos pueden estar entre los más destacados en este Mundial. Casi todos ellos fueron “sacados de la calle” para integrarlos en academias y canteras de clubes bien organizados. Los medios destacan por ejemplo que Lamine Yamal, de la selección española, “es un chaval de 18 años que reivindica el fútbol de la calle”.

¿Pero hasta qué punto se puede considerar que un futbolista ha desarrollado su talento de forma autodidacta en la calle, en un contexto en el que la mayoría de las selecciones líderes son de países donde el juego en la calle apenas existe?

A todo apasionado del deporte le interesan los factores que explican una trayectoria de excelencia. En el caso de las grandes estrellas del fútbol actual, se defiende demasiado a menudo cierta superioridad del juego de calle frente al que desarrollan quienes se forman desde el principio en academias y equipos, como incluso argumenta Arsène Wenger, Jefe de Desarrollo Mundial del Fútbol de la FIFA.

Aprender jugando en la calle vs la academia

En futbolistas de máximo nivel se ha constatado una trayectoria de aprendizaje de gran componente autodidacta antes de la pubertad, como vemos en las historias de Pelé, Cruyff, Maradona o Messi.

La práctica de juego libre proporciona variabilidad de comportamientos técnicos, alta frecuencia de acciones con balón, numerosas situaciones de uno contra uno y una gran cantidad de tiempo efectivo de práctica libre y voluntaria. Pero esto solo explica una parte limitada de las causas por las que se alcanza el máximo nivel.

Si analizamos los itinerarios de futbolistas de alto nivel podemos ver que no aprendieron únicamente con el juego libre: en realidad, ellos mismos buscan de manera intuitiva la mejora de sus conductas específicas en juego tanto de ataque como de defensa.

La práctica del juego libre acaba siendo dirigida a través de un aprendizaje autorregulado. El cerebro del propio jugador diseña ciclos de retroalimentación (prueba, error y ajuste), ligados a su motivación intrínseca y a la regulación de sus conductas técnico-tácticas.

Por ejemplo, cuando un jugador en formación se da cuenta de que un regate, reiterado y eficaz, ya no le funciona contra sus compañeros habituales, tiene que adaptarse y probar nuevas soluciones en los siguientes intentos.

Captados en la infancia

Muchos jugadores de máximo nivel fueron captados tempranamente, como Cristiano Ronaldo o Iniesta a los 12 años, Messi a los 13 y Lamine Yamal antes de los 7 años, para ser incorporados a un ecosistema de aprendizaje más estructurado. Como miembros de la academia del Sporting de Portugal y del FC Barcelona respectivamente, recibieron atención especializada que, combinada con sus capacidades de autoconocimiento y regulación, dio como resultado la interacción y mutua potenciación de los dos tipos de prácticas.

Así, estos futbolistas incrementan conscientemente su formación, a través de su proceso autodidacta primero y después con la práctica de entrenamiento estructurada y dirigida por excelentes técnicos en las academias.

La combinación ganadora

Por lo tanto, el debate entre fútbol “de calle” y de “academia” plantea una falsa dicotomía. Las academias de alto nivel aportan enseñanza planificada, con retroalimentación experta y desafíos progresivos de rendimiento. El juego libre ofrece más autonomía, creatividad e iniciativa personal.

La mayoría de futbolistas que llegan al máximo nivel proceden de la combinación de ambos entornos: primero aprendieron a explorar como mejorar por sí mismos y, luego y al mismo tiempo, fueron estimulados por una práctica organizada de calidad desde edades tempranas.

Nuevos canales de aprendizaje

Además de las academias, existe otro factor que ha modificado mucho cómo los niños y las niñas observan y aprenden de fútbol: hoy se puede ver en directo e indirectamente en pantallas de televisión, internet, videojuegos o redes sociales, lo que permite identificar modelos exitosos a emular.

Ver a otros jugar mejora la toma de decisiones y ayuda a integrar gestos técnicos complejos. Gracias a la observación, se aprende a identificar cuándo conviene conducir o regatear, cuándo un equipo debe ampliar el juego por las bandas para encontrar espacios o cómo orientar el cuerpo antes de recibir un pase.

Así lo han manifestado jugadores como Neymar (“He aprendido mis trucos viendo vídeos en Internet… intento hacer lo que veo”); y otros como Romário, que aconsejó a Messi “aprender algunas cosas si ve los vídeos de Pelé”. Iniesta declaró que de pequeño miraba a jugadores como Laudrup, Guardiola o Valerón, y trataba de aprender de ellos; Lamin Yamal afirmaba “No he visto a Henry en directo, pero en vídeos me encantaba”; y Eric García veía “desde muy pequeño (…) cualquier partido que hubiese por la tele”.

En definitiva, todos los ejemplos apuntan a que el talento nacido del juego en la calle no es lo único que determina la calidad del futbolista. Quizás se trata de encontrar el equilibrio entre ambos enfoques. Como Lamine Yamal dijo recientemente la mezcla “de calle y academia” puede ser la mezcla perfecta, como la realidad y la evidencia científica muestran.

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Rafael Martín Acero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Son mejores los futbolistas que aprendieron a jugar ‘en la calle’? – https://theconversation.com/son-mejores-los-futbolistas-que-aprendieron-a-jugar-en-la-calle-285827

Qué nos dicen las necrópolis medievales sobre la convivencia entre musulmanes y cristianos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Cláudia F. Lopes Gomes, Assistant Professor at Faculty of Medicine, Universidad Complutense de Madrid

Individuo enterrado según el rito islámico, en la necrópolis medieval de Girona. Maribel Fuertes.

En 2016, unas obras de rehabilitación en la calle del Riu Galligants de Girona, en España, dejaron al descubierto trece tumbas medievales. Ocho de ellas no respondían al ritual cristiano: las fosas eran más estrechas y profundas, cubiertas con alineaciones de piedras y baldosas, y los cuerpos yacían sobre el lado derecho, con los miembros semiflexionados y el rostro orientado al suroeste, hacia La Meca. Se trataba de enterramientos islámicos situados cronológicamente entre los siglos VIII y X, los primeros identificados biológicamente en Cataluña.

Casi una década después, un equipo multidisciplinar de arqueólogos, antropólogos y genetistas de la Universidad Complutense de Madrid y la Universidad Autónoma de Barcelona hemos publicado el primer estudio genético de esta comunidad.

Los resultados no solo confirman la presencia musulmana en la antigua Djarunda –actual Girona–, sino que permiten caracterizar, por primera vez, quiénes eran y de dónde procedían algunos de los individuos allí enterrados.

Individuos hallados en el cementerio medieval, enterrados según el rito islámico.
Maribel Fuertes.

Cuando Girona era Djarunda

Djarunda estuvo bajo administración islámica desde su capitulación pactada alrededor del 717-719 hasta su incorporación al Imperio carolingio en el año 785. Fue una ocupación breve, de la que apenas existían evidencias materiales en la ciudad.

El descubrimiento de esta pequeña necrópolis, utilizada durante varios siglos, tiene por ello un valor excepcional: es la primera evidencia bioarqueológica de una comunidad musulmana asentada en el noreste peninsular.

Cabe señalar que en el registro arqueológico de Djarunda no existe evidencia de actividad militar, por lo que parece que fue un asentamiento pacífico.

Los sujetos estudiados no son necesariamente contemporáneos entre sí, ni tampoco de los enterramientos de rito cristiano que se documentaron en el mismo espacio. La sucesión estratigráfica indica que el uso del área funeraria se fue solapando a lo largo del tiempo, por distintos grupos y en distintas fases.

Plano del cementerio medieval hallado en Girona.
Maribel Fuertes.

Parentesco biológico y origen geográfico

El análisis genético revela que la mayor parte de los ocho individuos islámicos probablemente estaban emparentados entre sí: se detectan relaciones por linaje de primos, medios hermanos y posibles vínculos por línea paterna entre varios de ellos. El espacio funerario habría funcionado, por tanto, como un cementerio de uso familiar, empleado por varias generaciones de una misma comunidad.

Por lo que respecta al origen geográfico, los marcadores genéticos analizados de la mayoría de los individuos apuntan a una procedencia norteafricana, coherente con lo documentado en otras necrópolis islámicas de la península ibérica del mismo periodo, como la maqbara de Pamplona.

En varios casos, las líneas maternas corresponden a linajes característicos de poblaciones bereberes del norte de África.

Entre los ocho individuos, cuatro son infantiles. El más pequeño es un bebé de apenas seis semanas; hay también una niña de entre 12 y 18 meses, un niño de 4-5 años y otro de 7-8 años.

Los análisis genéticos sugieren que estos niños están emparentados con los adultos allí enterrados, lo que plantea que parte del movimiento de población hacia la península no respondía exclusivamente a dinámicas militares, sino que pudo incluir desplazamientos de grupos familiares.

El individuo con traumatismos múltiples

Uno de los adultos, datado en el primer tercio del siglo VIII, presenta en su esqueleto múltiples lesiones consolidadas: fracturas faciales, desviación del tabique nasal, fracturas en clavícula, radio y tibia, degeneración severa de vértebras lumbares y sacro y alteraciones compatibles con combate cuerpo a cuerpo. Todas las lesiones eran antiguas, es decir, el individuo había sobrevivido a ellas.

En un primer análisis, interpretamos que era un posible soldado, sin relación aparente con los demás enterrados en la necrópolis. Sin embargo, el examen genético sugiere que compartía marcadores paternos con, al menos, otro de los adultos presentes, un individuo que no presenta ningún signo de actividad violenta.

Esto indica que, dentro de un mismo grupo familiar, no todos sus miembros participaban necesariamente en actividades militares.

Un posible converso europeo

El individuo más difícil de encuadrar es uno cuyos marcadores genéticos –tanto maternos como paternos– corresponden a linajes con alta frecuencia en Europa, posiblemente en la península ibérica o en el sur de Francia, no en el norte de África ni en el Próximo Oriente. Sin embargo, fue enterrado siguiendo escrupulosamente el ritual islámico.

La hipótesis más coherente con el conjunto de datos disponibles es que se tratara de un converso al islam, lo que encajaría con los modelos de islamización documentados históricamente para este periodo.

Las fuentes escritas mencionan conversiones desde el inicio de la presencia islámica en la Península, pero hasta ahora carecíamos de evidencia biológica directa de este fenómeno en la región catalana.

La ausencia de mujeres adultas

Ninguno de los individuos estudiados corresponde a mujeres adultas. Hay una niña, pero ninguna mujer adulta. Esta ausencia se observa también en otras necrópolis islámicas del mismo periodo en la Península –como la de Pamplona, con más de 170 individuos–.

La explicación podría estar en la existencia de un espacio funerario diferenciado para las mujeres, la desaparición de sus tumbas como consecuencia de construcciones posteriores o una mayor mortalidad masculina en este tipo de contextos.

El estudio abre una importante ventana de investigación, ya que, de momento, las evidencias bioarqueológicas no permiten responder a estas cuestiones.

Un primer retrato de los musulmanes de Djarunda

La necrópolis de Galligants ofrece, por primera vez, un perfil biológico de algunos de los individuos que formaron parte de la comunidad musulmana de Girona en los siglos VIII-X. Se trataba de personas en su mayoría de origen norteafricano, probablemente bereberes y biológicamente relacionadas entre sí, entre las cuales había niños y al menos un posible converso de origen europeo.

No hay evidencia de que estos individuos fueran soldados en activo: el yacimiento no muestra ningún rastro de actividad militar y la composición del grupo enterrado no se corresponde con la de una guarnición.

Los datos apuntan a una presencia que combinó, en proporciones que no es posible determinar con los datos disponibles, distintos tipos de movimiento de población: migraciones civiles y religiosas junto a las dinámicas de conquista. Esta lectura no es nueva en la historiografía, pero el estudio de Galligants aporta la primera evidencia genética que la respalda en el contexto catalán.

_Eulàlia Subirà, profesora en la Universidad Autónoma de Barcelona, ha colaborado en la investigación y en la elaboración del presente artículo
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The Conversation

Este artículo está basado en un estudio financiado por la Fundación Palarq (Convocatoria de Analíticas 2022-2023) y por los proyectos de investigación Banco Santander-Universidad Complutense de Madrid (G/6401400/8000) y (PR41/17-21018). No existe ningún conflicto de interés.

Este artículo está basado en un estudio financiado por la Fundación Palarq (Convocatoria de Analíticas 2022-2023).
No existe ningún conflicto de interés.

Este artículo está basado en un estudio financiado por la Fundación Palarq (Convocatoria de Analíticas 2022-2023). No existe ningún conflicto de interés.

ref. Qué nos dicen las necrópolis medievales sobre la convivencia entre musulmanes y cristianos – https://theconversation.com/que-nos-dicen-las-necropolis-medievales-sobre-la-convivencia-entre-musulmanes-y-cristianos-282402

¿Por qué los jugadores zurdos como Messi son tan valorados en el fútbol?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Kylie A. Steel, Senior Lecturer in Motor Learning and Skill Acquisition, Western Sydney University

El argentino Lionel Messi, el inglés Bukayo Saka, el español Lamine Yamal y el egipcio Mohamed Salah son futbolistas de gran talento, cada uno a su manera. Como también lo es el noruego Erling Haaland, un jugador alto, potente y con gran técnica.

Sin embargo, lo que une a todas estas estrellas es una ventaja única que tienen justo a sus pies: todos son “zurdos” por naturaleza.

Mientras que el 14–17 % de la población mundial es zurda, en las selecciones de fútbol internacionales la proporción asciende al 23–32 %, e incluso alcanza el 41 % entre los defensas de los equipos juveniles de los Países Bajos.

¿Por qué? ¿Y cuáles son las ventajas de ser zurdo en el fútbol de élite?

Valor táctico

En parte se debe a que, a la hora de formar equipos, los seleccionadores no solo buscan la forma física, la capacidad de movimiento y las habilidades cognitivas, sino también que los jugadores sean zurdos, ya que esta característica tiene un enorme valor estratégico sobre el terreno de juego.

Un estudio neerlandés reveló que la tendencia a usar preferentemente la pierna izquierda aumentaba las posibilidades de ser elegido para las selecciones nacionales de categorías inferiores, como apuntábamos antes. Esto no garantiza el ascenso a los niveles de élite: en las fases de selección, estos deportistas son poco frecuentes, aunque una vez dentro del sistema futbolístico, la prevalencia de los zurdos aumenta significativamente, lo que supone una mayor competencia por las posiciones correspondientes.

Dicho esto, los seleccionadores saben que los equipos se benefician cuando los jugadores se sitúan en el lado del campo que se corresponde con su pie dominante.

Los deportistas ubicados en estas zonas, como el gran zurdo australiano Harry Kewell, pueden ejecutar de forma muy rápida y eficaz jugadas técnicas de un solo toque (pasar o chutar el balón con un solo toque en lugar de regatear). Es decir, no tienen que cambiar de postura para recibir o pasar el balón con su pie dominante: ya están en posición.

Ser zurdo es preferible en las posiciones del lado izquierdo porque, al conducir el balón hacia delante, el futbolista no tiene que llevarlo hacia su lado derecho; o sea, hacia el interior del campo, donde expondría más el balón a los rivales. Del mismo modo, ser diestro es una ventaja en el lado derecho del campo.

Las superestrellas zurdas, como Messi, también pueden aprovechar esta ventaja innata cuando se colocan en la banda derecha como extremo invertido (un extremo que juega en el lado opuesto a su pie dominante y puede regatear en diagonal por el campo).

Gracias a un buen manejo del balón con la derecha, que mantiene a los defensas en vilo, pueden recortar hacia el interior con su pie dominante. Esto abre su postura corporal y amplía el campo de visión del jugador, lo que crea buenos ángulos para pasar el balón a los delanteros.

Alterar el reconocimiento de patrones

Los rivales zurdos también pueden resultar difíciles de marcar. Esto se debe a que los jugadores buscan, de forma consciente e inconsciente, patrones en los movimientos que les ayuden a entender qué hará su rival a continuación.

Ya sea un ligero descenso de un hombro o un movimiento sutil del torso, la forma en que alguien se mueve por el campo puede delatar su intención o la estructura general de la formación de juego.

Cuando estos patrones se ven alterados debido a los movimientos menos habituales de los zurdos, los futbolistas rivales pueden necesitar más tiempo para procesar la información, tomar una decisión y actuar en consecuencia. Aunque los jugadores de élite tienen mucha experiencia a la hora de enfrentarse tanto a rivales zurdos como diestros, esos milisegundos podrían resultar cruciales en un evento como el Mundial.

¿Se puede entrenar el pie izquierdo?

Sí, y todo el mundo debería hacerlo si quiere mejorar como jugador. Dicho esto, no cambia su preferencia innata. En cambio, se desarrolla un nivel de ambidexteridad funcional (en el que se entrena el lado no dominante para que sea tan funcional como el dominante, o casi).

Pero lo más importante es que los jugadores que dedican tiempo y esfuerzo a ello son muy valorados.

Y dado que algunas investigaciones indican que las personas zurdas obtienen resultados ligeramente mejores en las pruebas de pensamiento creativo –debido a años de adaptación a un mundo diseñado para diestros–, quizá los jugadores zurdos tengan una ventaja similar.

Mientras admira la forma física, la inteligencia y la habilidad de sus jugadores favoritos durante el Mundial, quizá también se sorprenda ante la magia que los zurdos aportan al campo.

The Conversation

Kylie A. Steel no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué los jugadores zurdos como Messi son tan valorados en el fútbol? – https://theconversation.com/por-que-los-jugadores-zurdos-como-messi-son-tan-valorados-en-el-futbol-286396

Limpieza voluntaria de playas: una actividad altruista fundamental para conservar nuestras costas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Otero Tranchero, Científico Titular, Centro Oceanográfico de Vigo, Instituto Español de Oceanografía (IEO – CSIC)

Apenas hace un par de horas que ha amanecido. Las gaviotas que descansan sobre la arena de la playa emprenden su vuelo ante el avance lento pero continuo de un grupo de personas. Alguien levanta una botella medio enterrada en la arena; otra persona llena una bolsa con fragmentos de plástico, el tipo de basura más abundante en las playas atlánticas europeas. No hay prisa, pero el gesto se repite una y otra vez, sin pausa.

En un par de horas, la playa parecerá otra: más limpia, más virgen. Como si la basura nunca hubiera estado allí. Cuando el grupo se marche, no quedará rastro de su trabajo. Probablemente, tampoco en las estadísticas. Y, sin embargo, ese esfuerzo —repetido cientos de veces a lo largo del año— tiene un valor económico, pero también ecológico y social que no podemos ignorar.

Un trabajo casi invisible

La gestión de residuos en playas suele asociarse a servicios municipales: maquinaria, operarios, contratos públicos. Es lo que aparece en presupuestos y estadísticas. Pero hay otra capa mucho menos visible pero esencial: el voluntariado.

A través de los informes de proyectos de voluntariado ambiental de varias ONG y fundaciones como Ambiente Europeo, Ocean Conservancy, proyecto Mares Circulares o PLANCTON entre otras, es posible tener una estimación de estas actividades en España. Sin embargo, otras muchas pequeñas acciones de voluntariado quedan al margen de estos documentos. ¿Cómo conocer entonces el volumen de estas iniciativas? ¿Cuánta gente se ofrece de forma altruista a limpiar nuestras playas?

Es esperable que cuando una asociación de vecinos, una ONG o cualquier otro colectivo planifica una limpieza voluntaria de playas, intente animar a la participación a través de redes sociales. En esta idea se basa un estudio publicado en la revista Marine Pollution Bulletin que, a través del análisis de miles de mensajes en X e Instagram, ha permitido hacer algo poco habitual: detectar y cuantificar esa actividad “invisible”.

Aplicado a la costa española, el estudio identificó 487 convocatorias ciudadanas de limpiezas de playas durante 2024; el 94 % no había sido incluido en los informes de otros proyectos ambientales de más envergadura. Pueden no parecer muchas, pero son algo más de la mitad de las actividades que sí fueron reportadas.

Más allá de la cifra total, los datos de redes sociales revelaron patrones interesantes. Galicia, la tierra del Nunca Máis, con 130 limpiezas detectadas en redes sociales es la comunidad que refleja mayor movilización ciudadana. La siguen en este orden Andalucía y Canarias. Sin embargo, si hacemos el ratio por número de playas de cada comunidad, entonces son Andalucía y la Comunidad Valenciana las que más insistencia ponen en limpiar sus arenales.

Con la marcada excepción de la movilización ciudadana por el vertido de pellets de plástico del carguero Toconao que se produjo en invierno, es durante la primavera cuando el voluntariado alcanza su punto máximo, descendiendo de nuevo en verano coincidiendo con el refuerzo de los servicios municipales de limpieza.

El valor del altruismo

Poner valor al voluntariado es difícil. Pero hay una forma indirecta de hacerlo: calcular cuánto costaría realizar ese mismo trabajo con medios profesionales. Siguiendo este enfoque, el estudio estima que el esfuerzo de quienes limpian playas de forma desinteresada rozaría los 3 millones de euros anuales en España.

No se trata de “pagar” al voluntariado. Tampoco de sustituir los servicios profesionales. Pero ponerle cifras ayuda a entender su magnitud. Cuando lo hacemos, lo que parecía una actividad puntual se convierte en un componente económico relevante del mantenimiento de los servicios ecosistémicos del litoral.

Sin embargo, el valor económico no es comparable a su valor ecológico y social. Las limpiezas realizadas por voluntarios suelen hacerse de forma manual, lo que las hace especialmente útiles en zonas de difícil acceso o bien ecológicamente sensibles, como dunas o áreas de nidificación, donde la maquinaria puede causar daños a la biodiversidad.

Además, estas acciones generan beneficios sociales de valor incalculable. Por una parte, refuerzan la conciencia ambiental de quienes participan y de quienes observan la actividad. Por otra, conectan a las personas con el entorno natural, con efectos positivos sobre el bienestar físico y mental, hasta el punto que hasta los suecos han hecho de ello un deporte. Y con playas más limpias, mejoran la percepción y el atractivo de las zonas costeras, clave en regiones dependientes del turismo.

La ciencia ciudadana que no sabíamos que existía

Un elemento interesante de este estudio es la forma en que se ha detectado este fenómeno. Las redes sociales, muy criticadas en tiempos actuales, se convierten aquí en una herramienta científica: permiten rastrear actividades espontáneas, descentralizadas y, sobre todo, no institucionalizadas. Este tipo de aproximación se conoce como “ciencia ciudadana pasiva”; en lugar de pedir datos a la población, se aprovecha la información que ya está generando.

Gracias a ello, es posible obtener una imagen mucho más completa del problema de la basura marina y también de las soluciones que aporta la propia sociedad.




Leer más:
Ciencia ciudadana para salvar los océanos y las costas


Reconocer el papel del voluntariado

El voluntariado ambiental se ha visto tradicionalmente como un complemento, casi como un gesto simbólico frente a problemas de gran escala. Pero los datos apuntan en otra dirección. Cuando miles de personas actúan de forma distribuida, sus efectos se acumulan: toneladas de residuos retirados, hábitats protegidos, costes evitados, conocimiento generado. Y, quizá más importante, una comunidad más implicada en la conservación del entorno.

Reconocer este papel no implica sustituir políticas públicas ni servicios profesionales. Implica empezar a contar lo que antes no contábamos e integrar el voluntariado en la forma en que entendemos y gestionamos el litoral.

Hace poco que ha amanecido. Las gaviotas levantan el vuelo mientras un grupo de personas avanza despacio sobre la arena. Se agachan, una y otra vez, repitiendo un gesto sencillo que apenas deja huella. Las playas se limpian con máquinas, pero se cuidan con manos. Y ese esfuerzo, aunque muchas veces no aparezca en ningún informe, tiene un valor que no podemos ignorar.

The Conversation

Pablo Otero Tranchero ha recibido financiación parcial del Fondo Europeo de Desarrollo Regional, en el marco del proyecto FreeLitterAT (EAPA-0009/2022).

ref. Limpieza voluntaria de playas: una actividad altruista fundamental para conservar nuestras costas – https://theconversation.com/limpieza-voluntaria-de-playas-una-actividad-altruista-fundamental-para-conservar-nuestras-costas-284616

Cómo el cáncer aprende a sobrevivir sin oxígeno

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Tania Payo Serafín, Investigadora predoctoral en Biomedicina y Ciencias de la Salud, Universidad de León

3dMediSphere/Shutterstock

Desde muy pequeños aprendemos que nuestras células necesitan oxígeno para obtener la energía que les permite funcionar. Cuando este oxígeno falta, las células mueren y los tejidos se dañan. Por lo tanto, en apariencia, sin oxígeno no puede existir la vida.

Sin embargo, el cáncer desafía esta regla básica. Dentro de los tumores sólidos, existen regiones donde el oxígeno escasea, una situación que conocemos como “hipoxia”. Y aunque podemos pensar que lo normal sería que las células en esa situación se murieran, la realidad es que las células cancerosas no sólo sobreviven, sino que se adaptan de maravilla a esta hipoxia, continúan creciendo y, en muchos casos, se vuelven incluso más agresivas.

Un tumor que crece más rápido

El carcinoma hepatocelular, el tipo de cáncer de hígado más frecuente, es un buen ejemplo de ello. A medida que el tumor aumenta de tamaño, las células proliferan tan deprisa que los vasos sanguíneos no siempre son capaces de aportar suficiente oxígeno a todas las zonas. Como consecuencia, aparecen áreas hipóxicas, es decir, regiones con niveles muy bajos de oxígeno.

Para una célula sana, sería un entorno hostil. Para una célula tumoral, en cambio, este ambiente se convierte en un estímulo que les permite activar mecanismos de supervivencia.

El Premio Nobel que descifró el “sensor de oxígeno” de las células

Durante décadas, los científicos se preguntaron cómo era posible que algunas células lograran sobrevivir, e incluso prosperar, en entornos donde apenas hay oxígeno.

La respuesta a esta incógnita llegó con los estudios de cuatro científicos que fueron galardonados con el Premio Nobel de Medicina en 2019 por descubrir el sistema que permite a las células detectar los niveles de oxígeno y adaptarse a ellos.

Uno de los protagonistas de este mecanismo es una proteína denominada factor inducible por hipoxia 1α (HIF-1α). Su función es actuar como un sensor molecular, ya que cuando el oxígeno disminuye, HIF-1α se acumula y pone en marcha mecanismos que ayudan a la célula a adaptarse.

Entre otras funciones, su presencia favorece la reprogramación del metabolismo para producir energía sin necesidad de oxígeno, estimula la formación de nuevos vasos sanguíneos y aumenta la capacidad de las células para migrar, invadir otros tejidos y resistir distintos tratamientos farmacológicos. En el contexto del cáncer, estas adaptaciones contribuyen directamente a la progresión tumoral.

Aquí es donde entra en juego un estudio reciente que hemos publicado en Biology Direct. La pregunta que nos planteamos fue sencilla, pero importante: ¿qué ocurre si las células tumorales pierden HIF-1α, su principal herramienta para adaptarse a la falta de oxígeno?

Responder a esta pregunta no ha sido fácil. Para entender realmente cómo se comporta el cáncer en condiciones de hipoxia, necesitamos modelos experimentales que se parezcan lo máximo posible a un tumor real.

El cáncer no vive en una superficie plana

La falta de oxígeno no solo afecta a las células tumorales: también modifica el entorno que rodea al tumor y favorece que algunos cánceres respondan peor a los tratamientos.

Para estudiar cómo ocurre esto, durante años se han utilizado cultivos celulares en 2D, donde las células crecen sobre superficies planas de plástico o vidrio. Estos modelos han sido fundamentales por su simplicidad y facilidad de uso, pero presentan una limitación importante: no reproducen la complejidad real de un tumor.

En un tumor sólido, no todas las células reciben la misma cantidad de oxígeno y nutrientes. Algunas se encuentran cerca de los vasos sanguíneos y reciben más, mientras que otras quedan atrapadas en regiones mucho más hostiles, donde el oxígeno escasea. Por ello, en los últimos años han cobrado fuerza los modelos 3D, que permiten recrear de forma más realista la estructura y los gradientes de oxígeno y nutrientes presentes en el tumor. Gracias a ellos, los investigadores podemos estudiar mejor cómo se adapta el cáncer a esta hipoxia y cómo esta heterogeneidad influye en la respuesta a los tratamientos.

La importancia de utilizar sistemas experimentales más representativos nos llevó a combinar ambos tipos de modelos y los resultados fueron claros: al eliminar HIF-1α, tanto la viabilidad como la capacidad de proliferación y de invasión de las células tumorales disminuyen de forma significativa. En otras palabras, al impedir que las células activen sus mecanismos de supervivencia frente a la hipoxia, las volvemos más vulnerables.

Imagen de un modelo 3D de carcinoma hepatocelular hipóxico. La tinción azul representa los núcleos de las células tumorales y la tinción roja representa la zona de hipoxia. Fotografía obtenida del estudio: https://link.springer.com/article/10.1186/s13062-026-00796-2.
CC BY-NC-ND

HIF-1α como posible diana terapéutica en cáncer

La hipoxia tumoral se asocia con un peor pronóstico de la enfermedad y con una mayor resistencia a los tratamientos. De hecho, algunas terapias intentan frenar el crecimiento del tumor reduciendo la formación de vasos sanguíneos, pero esto también agrava la falta de oxígeno y favorece la activación de mecanismos adaptativos mediados por HIF-1α. Dicho de otro modo, al intentar “asfixiar” al tumor, podemos favorecer la supervivencia de las células mejor preparadas para resistir estas condiciones.

Por ello, comprender cómo las células tumorales se adaptan a la hipoxia resulta fundamental para mejorar la eficacia de los tratamientos actuales. Si conseguimos bloquear la acción de HIF-1α, podríamos dificultar la capacidad de adaptación del tumor y hacerlo más vulnerable a las terapias.

Volviendo a la pregunta inicial, el oxígeno es esencial para la vida en condiciones normales. Sin embargo, las células tumorales son capaces de adaptarse y sobrevivir incluso en ambientes con muy poco oxígeno, reescribiendo en cierto modo las reglas de la biología. Comprender cómo el cáncer logra esta capacidad de adaptación no solo ayuda a entender mejor la enfermedad, sino también a encontrar nuevas formas de limitar su resistencia y frenar su progresión.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cómo el cáncer aprende a sobrevivir sin oxígeno – https://theconversation.com/como-el-cancer-aprende-a-sobrevivir-sin-oxigeno-282117

Intelligence artificielle générative et recherche académique : comment préserver éthique et intégrité scientifique

Source: The Conversation – in French – By Nathalie Guichard, Professeur des Universités, Université Paris-Saclay

Pour les scientifiques, l’intelligence artificielle générative peut apparaître comme une option pour gagner du temps et augmenter leur productivité, mais ce n’est pas sans risques.


Lors de la pandémie de Covid-19, le refus de se faire vacciner résultait notamment du manque de confiance dans l’efficacité et la non-dangerosité du vaccin. Les climatosceptiques (32 % en France) continuent de nier la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique. Ces deux exemples ont en commun la remise en question des apports de la science, menant au « scientoscepticisme ».

L’intégration de l’intelligence artificielle à tous les niveaux de la production scientifique pourrait venir renforcer ce sentiment dans la population. Une recherche intègre, éthique et responsable est une condition indispensable au maintien de la confiance des citoyens. Face aux bouleversements induits par l’intelligence artificielle générative (IAG) et en l’absence de règles clairement diffusées au sein de la communauté scientifique, les chercheurs en sciences humaines et sociales (SHS) s’interrogent sur l’évolution et l’éthique de leurs pratiques.

Dans un contexte très concurrentiel où la carrière des chercheurs dépend en grande partie de leur production scientifique, le recours à des outils d’IAG peut apparaître comme une option – pour un coût supposément minime (la plupart des outils sont gratuits et leur utilisation en apparence aisée) – pour augmenter leur propre productivité en s’appuyant sur les capacités de synthèse de vastes ensembles de données et d’écriture des IAG. Cette délégation peut sembler séduisante, mais comporte des risques importants.

Un double questionnement pour les chercheurs

La qualité de la production scientifique repose sur un système d’évaluation par des pairs (peer-review), le plus souvent anonyme. Dans un processus de publication, les chercheurs sont soit auteurs, soit évaluateurs, avec des problématiques quelque peu différentes.

  • Pour les auteurs, l’IAG est susceptible d’être mobilisée à différentes étapes du processus de la recherche (revue de littérature, collecte et analyse de données, rédaction…), ce qui interroge la notion même de propriété intellectuelle. Dans les SHS, où le processus de recherche est souvent itératif, interprétatif et sensible au contexte (en raison de son objet – la société et les relations entre les humains – et pour lequel des méthodologies qualitatives sont souvent mobilisées ; par exemple une analyse de discours de patients au fur et à mesure de l’adoption d’une solution en e-santé), le recours à l’IAG peut ainsi transformer en profondeur les pratiques de recherche. S’il peut aider les chercheurs, il soulève également une question centrale : à partir de quel moment ce soutien devient-il une délégation de l’acte scientifique lui-même ? Or, il est un principe de base, quelle que soit l’intervention de l’IAG dans la rédaction d’un article scientifique, seul le ou les auteurs humains seront in fine responsables du contenu produit. Dès lors, il devient urgent d’élaborer des directives explicites partagées, sur la façon de l’intégrer de manière responsable et de déclarer son usage de façon transparente.

  • Pour les évaluateurs, l’IAG peut être intégrée dans leur propre processus d’évaluation d’un article (peer-review). En effet, les évaluateurs peuvent être tentés d’y recourir pour produire leur évaluation (décrire/synthétiser l’article, identifier ses points forts ou faibles, rédiger certaines parties de leur rapport). L’IAG peut aussi avoir été utilisée par les auteurs de l’article, et c’est alors aux évaluateurs de le détecter et d’apprécier si cette utilisation respecte l’intégrité scientifique exigée par la revue scientifique.

Le recours à l’outil Problematic Paper Screener (PPS), créé par Guillaume Cabanac, a permis de détecter, à ce jour, 25 000 articles utilisant des « expressions torturées » laissant à penser à un usage d’algorithme pour leur rédaction, sans discernement ni relecture humaine.

Or, si de nombreuses revues ont aujourd’hui fixé des règles, les principes éthiques restent flous et les pratiques hétérogènes laissant les chercheurs dans l’incertitude.

Aussi, apparaît-il clairement dans les discours et débats des sociétés savantes, un réel besoin de dialoguer sur ces questions mais aussi une absence d’unanimité sur les options envisageables avec des perceptions éthiques divergentes.

Vers un appauvrissement de la pensée ?

Une étude récente publiée dans la revue Science montre que l’adoption des grands modèles de langage (LLM) par les chercheurs (toutes disciplines confondues) accroît leur productivité (plus de 89 %) et ouvre de nouvelles opportunités (simulation de populations virtuelles lorsque celles-ci sont difficilement accessibles ; synthèse rapide d’une somme d’articles de recherche) mais qu’elle diminue aussi la qualité de leurs travaux en raison de ses capacités limitées à appréhender des tâches complexes.

De plus, le recours à l’IAG pour acquérir des connaissances et rédiger fait courir un risque d’uniformisation de la pensée et des connaissances : son recours ayant tendance à cantonner les chercheurs aux champs déjà bien établis, réduisant par le fait même l’exploration scientifique « en dehors des sentiers battus ». Le chercheur, conscient de ces limites, peut tirer parti de l’utilisation d’une IAG en l’interrogeant de manière précise et pointue, sans se contenter de la première réponse et en vérifiant systématiquement les contenus produits.

L’utilisation de l’IAG pour l’évaluation des articles : un risque majeur pour la fiabilité de la recherche et son utilité pour la société ?

L’IAG représente un problème majeur en ce que les textes qu’elle génère sont, pour le moment, impossibles à différencier automatiquement de ceux produits par les humains. Aussi, à ce stade, deux principes doivent permettre de s’affranchir de cette limite.

Le chercheur doit être le seul garant de la qualité scientifique de la recherche : les chercheurs sont sollicités pour évaluer des articles précisément parce qu’ils sont experts du domaine scientifique considéré. Leur analyse doit donc théoriquement émaner de leur propre jugement, sans délégation à une IAG. C’est d’ailleurs ce que précisent les chartes éthiques ou les consignes de certains éditeurs de revues académiques (à l’instar d’Elsevier ou Sage) qui, à ce stade, interdisent aux évaluateurs de téléverser un article dans un outil d’IAG. Toutefois, si l’IAG devient un outil de support, quelles seront les limites à poser pour son utilisation ?

La confidentialité des données de la recherche devient un gage de la qualité des recherches futures : utiliser une IAG hébergée dans un cloud pour évaluer un article revient à prendre le risque d’exposer à tous des données confidentielles et potentiellement sensibles, ce qui est problématique, notamment, dans le cadre de l’évaluation d’un article scientifique. Il pourrait être envisagé d’utiliser une IAG installée en local non seulement pour préserver la confidentialité des données de recherche mais aussi pour éviter de nourrir l’IA avec des documents non validés scientifiquement. Il en va de la crédibilité des résultats de recherche et de la confiance du grand public dans le discours scientifique.

Le développement rapide des IAG dans la rédaction et l’évaluation d’articles scientifiques oblige d’une part à repenser notre rapport à la connaissance et à sa construction et, d’autre part, à réfléchir en profondeur à la façon de préserver les fondements éthiques de la production et de l’évaluation du savoir. Malgré de premières initiatives pertinentes, une réflexion collective, sociétale, interdisciplinaire et internationale apparaît indispensable pour articuler innovation technologique et responsabilité scientifique.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Intelligence artificielle générative et recherche académique : comment préserver éthique et intégrité scientifique – https://theconversation.com/intelligence-artificielle-generative-et-recherche-academique-comment-preserver-ethique-et-integrite-scientifique-279944