L’Afrique à l’assaut de l’IA, avec le Rwanda, le Maroc et le Kenya en moteurs

Source: The Conversation – France in French (3) – By Thierry Berthier, Maitre de conférences en mathématiques, cybersécurité et cyberdéfense, chaire de cyberdéfense Saint-Cyr, Université de Limoges

Le président rwandais Paul Kagamé (au centre) entouré de plusieurs invités de haut rang durant la cérémonie d’ouverture du forum de Kigali sur l’intelligence artificielle, le 3 avril 2025.
Compte Flickr de la présidence rwandaise, CC BY-ND

En adoptant la Déclaration africaine sur l’intelligence artificielle, en avril 2025, les pays africains visent à développer la souveraineté du continent sur ces enjeux stratégiques et à réduire leur dépendance aux puissances étrangères. Cette stratégie repose sur les pays moteurs tels que le Rwanda, le Maroc ou encore le Kenya.


La capitale rwandaise, Kigali, a accueilli les 3 et 4 avril 2025 le premier Sommet mondial de l’intelligence artificielle en Afrique (Global AI Summit on Africa). L’événement, organisé par le Centre pour la quatrième révolution industrielle (C4IR) et le ministère rwandais des technologies de l’information, de la communication et de l’innovation (MINICT), en partenariat avec le Forum économique mondial, a réuni plus de 3 000 participants venus de 97 pays. Chercheurs, responsables politiques, dirigeants d’entreprises et investisseurs s’y sont rencontrés pour débattre de l’avenir de l’intelligence artificielle sur le continent.

En 2020, lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, le gouvernement rwandais avait signé un accord avec le Forum pour créer le C4IR. Composante d’un réseau de 19 centres à travers le monde, le C4IR façonne la trajectoire de la quatrième révolution industrielle grâce à des connaissances locales susceptibles de favoriser un changement global. En s’appuyant sur les priorités nationales de développement, le Rwanda a décidé de concentrer les travaux de son Centre sur l’économie des données, sur la gouvernance des données et sur l’intelligence artificielle

Le sommet d’avril dernier a marqué une étape symbolique. Pour la première fois, l’Afrique a placé la question de l’IA au cœur d’un agenda commun, en donnant naissance à la Déclaration africaine sur l’intelligence artificielle. Celle-ci définit un socle de principes et d’engagements autour de trois axes majeurs : stimuler l’innovation et la compétitivité grâce à l’IA ; construire une intelligence artificielle éthique et inclusive, ancrée dans les valeurs africaines – unité, patriotisme, cohésion sociale, résilience, travail acharné et partage ; et garantir une gouvernance responsable, capable d’encadrer la collecte, la sécurité et la souveraineté des données.

Que contient la Déclaration ?

Ce texte, signé par une cinquantaine d’États, dont l’Algérie, le Nigeria, le Kenya, le Maroc et l’Afrique du Sud, vise à rééquilibrer les rapports de force mondiaux dans le domaine technologique. Il s’agit de ne plus dépendre exclusivement des modèles et infrastructures venus d’Asie, d’Europe ou des États-Unis, mais de faire émerger une approche spécifiquement africaine, sensible aux réalités locales : agriculture, santé, climat, sécurité, inclusion financière. Cette ambition s’appuie sur trois piliers : la formation, la gouvernance et l’investissement.

Le texte prévoit ainsi la création d’un Panel scientifique africain sur l’IA, composé d’experts du continent et de la diaspora, chargé de conseiller les gouvernements sur les risques, les usages et les opportunités socio-économiques. Il propose également la mise en place d’un cadre continental de gouvernance des données, harmonisé avec les standards de l’Union africaine, et la constitution d’un Fonds africain pour l’IA doté de 60 milliards de dollars, qui servira à financer les infrastructures de calcul, les programmes de recherche et les start-ups du continent. Enfin, la Déclaration encourage la création de pôles régionaux d’incubation, appuyés par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), pour stimuler la coopération entre États et attirer les capitaux.

Au-delà de son contenu, le sommet de Kigali a surtout incarné une nouvelle étape du leadership technologique africain. Pour le Rwanda, il a constitué un instrument d’influence et un levier diplomatique. Depuis plusieurs années, le pays se positionne comme un hub continental de l’innovation numérique, au même titre que le Maroc ou le Kenya. L’organisation du premier sommet mondial sur l’IA en Afrique consacre ce positionnement : celui d’un État qui entend participer à la définition des règles du jeu, et non simplement les subir.

Le Rwanda, pionnier et artisan d’une IA africaine

Le Rwanda aborde l’intelligence artificielle comme une politique publique à part entière. Le gouvernement a fixé pour horizon 2035 un objectif d’un milliard de dollars d’investissements directs étrangers dans le secteur numérique, en s’appuyant sur un environnement administratif fluide et une culture de la transparence qui attire les investisseurs. Le pays est aujourd’hui l’un des plus rapides du continent pour la création d’entreprises, avec des démarches intégralement dématérialisées et un accès facilité au financement pour les jeunes pousses.

Cette stratégie repose sur un écosystème cohérent. À Kigali, la Kigali Innovation City incarne cette ambition : un espace intégré réunissant universités, centres de recherche, start-ups et investisseurs, conçu pour favoriser les transferts de technologie. Le Centre pour la quatrième révolution industrielle (C4IR), partenaire du Forum économique mondial, pilote plusieurs programmes d’IA appliqués à la santé, à l’agriculture et à l’éducation. La Norrsken House, inaugurée en 2021, accueille des dizaines de jeunes entreprises africaines et internationales dans les secteurs des fintech, de la santé numérique et des services à impact social.

Dans la santé, le Rwanda est devenu un modèle continental grâce à la société américaine Zipline, qui opère depuis 2016 un réseau de livraison de médicaments, de vaccins et de poches de sang par drones. Ces vols automatisés couvrent aujourd’hui 90 % du territoire et ont permis de réduire significativement les délais d’acheminement vers les zones enclavées. Dans l’agriculture, des programmes d’analyse de données et d’imagerie satellitaire optimisent les rendements de cultures stratégiques comme le café et le sorgho, tandis que des capteurs connectés permettent de suivre la qualité des sols et l’humidité des plantations.

Le gouvernement a également adopté une stratégie nationale fintech 2024–2029, centrée sur l’accès universel aux services financiers numériques. L’objectif est de positionner Kigali comme centre financier régional tout en favorisant l’inclusion économique. L’éducation complète cette approche : plus de 5 000 ingénieurs sont formés chaque année aux technologies de l’information, et des partenariats avec l’Université Carnegie Mellon Africa ou la Hochschule Bonn-Rhein-Sieg allemande visent à développer des cursus spécialisés en IA et en cybersécurité.

Cette vision cohérente commence à produire des effets mesurables. Le Rwanda attire chaque année davantage de fonds étrangers et devient une plateforme d’expérimentation privilégiée pour les acteurs mondiaux de la technologie. L’amélioration des services publics, la modernisation de l’agriculture et l’essor des fintechs témoignent d’une transformation structurelle, où la technologie est pensée comme un outil de développement humain avant d’être un vecteur de croissance économique.

Le Maroc et le Kenya, moteurs complémentaires

La réussite de cette stratégie continentale repose sur plusieurs pays moteurs. Le Maroc s’impose déjà comme un centre régional de recherche appliquée. L’AI Movement, fondé en 2021 par le groupe OCP à Rabat, soutient des projets d’intelligence artificielle au service de l’inclusion et de la durabilité. Parmi eux, une application mobile convertit les documents administratifs en fichiers audio pour les femmes rurales analphabètes, tandis que le programme AgriEdge utilise l’imagerie satellite pour estimer les apports d’azote nécessaires aux cultures, réduisant les coûts de production tout en améliorant les rendements.

En parallèle, l’Université Mohammed-VI Polytechnique, à Ben Guérir, forme des chercheurs et des ingénieurs issus de tout le continent et organise chaque année une AI Winter School consacrée aux applications économiques de l’intelligence artificielle.

Le Kenya, de son côté, confirme son statut de « Silicon Savannah ». Le projet Konza Technopolis, à 60 kilomètres de Nairobi, vise à créer une ville intelligente africaine regroupant data centers, universités et entreprises innovantes. En mai 2024, un partenariat entre Microsoft et G42 a abouti à un investissement d’un milliard de dollars dans un centre de données, à Olkaria, qui fonctionne entièrement à l’énergie géothermique renouvelable conçu pour héberger la future région cloud Azure pour l’Afrique de l’Est. L’infrastructure a été construite par G42 et ses partenaires pour exploiter Microsoft Azure dans une nouvelle région cloud d’Afrique de l’Est.

Alimentée par l’énergie renouvelable locale, cette infrastructure accueillera aussi un laboratoire de recherche consacré aux modèles linguistiques africains et à la formation de jeunes ingénieurs. Le pays a également adopté une stratégie nationale de l’IA (2025–2030) qui prévoit le développement d’incubateurs technologiques, le soutien aux start-ups locales et la mise en place de normes éthiques et de protection des données.

Vers une souveraineté technologique africaine

Ces trajectoires parallèles – rwandaise, marocaine et kényane – traduisent une ambition commune : faire de l’intelligence artificielle et de la robotique des leviers d’émancipation économique. Chacun à sa manière incarne un modèle : le Maroc par la recherche appliquée et l’agriculture intelligente, le Kenya par l’infrastructure et la formation, le Rwanda par la gouvernance et la cohérence stratégique.

La démonstration du taxi-drone autonome EHang EH-216-S, réalisée à Kigali en septembre 2025, illustre cette dynamique. Première du genre sur le continent, elle a prouvé que la robotique pouvait contribuer à désenclaver les territoires, réduire les coûts de transport et ouvrir la voie à des mobilités aériennes à faible émission de carbone. En conjuguant innovation technologique et politiques publiques volontaristes, ces pays montrent que l’Afrique n’est plus seulement un terrain d’expérimentation pour les technologies venues d’ailleurs : elle en devient un acteur à part entière, capable d’inventer ses propres modèles de développement.

The Conversation

Thierry Berthier ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’Afrique à l’assaut de l’IA, avec le Rwanda, le Maroc et le Kenya en moteurs – https://theconversation.com/lafrique-a-lassaut-de-lia-avec-le-rwanda-le-maroc-et-le-kenya-en-moteurs-268428

La société du concours : entre admis et recalés, quelques points d’écart, mais des conséquences pour toute une vie

Source: The Conversation – France (in French) – By Annabelle Allouch, Maîtresse de conférences en sociologie, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

Des grandes écoles à la télévision, de la mode à l’agriculture, en passant par la programmation informatique ou la cuisine, les concours sont aujourd’hui légion. Comment expliquer une telle expansion, alors même qu’on sait les biais induits par la compétition et qu’on revendique égalité et justice sociale ?

Autrice de la Société du concours (2017), d’un essai sur le Mérite (2021) et d’une enquête sur les Nouvelles Portes des grandes écoles (2022), Annabelle Allouch nous explique ce que cette logique du « concours partout, pour tous », dit des incertitudes de notre époque. Interview.


The Conversation : Derrière le terme de « concours », on trouve une variété de modalités et d’enjeux. Quel est leur point commun ?

Annabelle Allouch : Des émissions télévisées, comme le Meilleur Pâtissier, au recrutement de grandes écoles, comme Polytechnique, le concours est une forme institutionnelle de mise en compétition des individus et d’évaluation de leurs capacités. C’est un construit social, qui évolue donc selon les contextes et les époques.

La forme du concours est intimement liée aux sociétés occidentales bureaucratiques, où les États sont dotés d’une administration chargée de gérer leurs affaires sur un spectre de domaines de plus en plus large (le mot « bureaucratie » étant à prendre ici dans le sens que lui donne le sociologue Max Weber).

Mais la réalité du concours dépasse largement le champ de l’État, elle peut aussi concerner le secteur privé. Les comices agricoles (associations de cultivateurs qui organisent des manifestations professionnelles et des concours) en sont un bon exemple. Elles visent à assurer une standardisation des normes de production et une productivité par l’émulation dans une filière donnée. Il y a aujourd’hui une porosité entre formes étatiques et formes marchandes de mise en compétition, qui se rejoignent sur cet objectif de productivité.

Qui a inventé les concours tels qu’on les connaît ?

A. A. : D’un point de vue historique, on considère par convention qu’il faut revenir à la Chine impériale et à la dynastie des Han (en 200 de notre ère environ). L’empereur est à Pékin et, pour administrer son très large territoire, il a besoin d’appuis locaux parmi les élites sociales. Pour acheter la loyauté de ces fameux mandarins, il leur donne un statut qui leur octroie des droits, comme des exemptions d’impôts, et un prestige symbolique et social lié à la reconnaissance de leur capital culturel par le concours.

Le concours, c’est donc une forme institutionnelle où celui qui est mis en compétition acquiert soit un statut social, soit des biens spécifiques ou encore des capitaux qu’il peut ensuite réinvestir ailleurs. La question du mérite ou de la méritocratie qu’on associe avec le concours n’est pas forcément présente.

La Voie royale, film de Frédéric Mermoud, sur le parcours d’une brillante lycéenne qui intègre une classe préparatoire scientifique (PyramideDistrib, 2023).

Un certain nombre d’historiens considèrent que les Jésuites, dans leurs voyages en Chine impériale, découvrent le concours et le mettent en place dans les institutions scolaires qu’ils organisent, les fameux collèges jésuites, futurs collèges royaux, en prônant la mise en compétition comme source de gouvernement et de mise en discipline des enfants.

Durkheim, lui, pense que le concours comme forme institutionnelle n’a pas eu besoin des Jésuites pour arriver en France et qu’il est surtout lié à une organisation sociale fondée sur les corporations qu’on trouve bien avant, dès le Moyen Âge. Durkheim s’intéresse particulièrement aux corporations universitaires dans son livre sur l’évolution pédagogique depuis l’Antiquité. Toute corporation, pour être reconnue comme une profession autonome, doit contrôler son recrutement. Et les universitaires, selon Durkheim, sont particulièrement doués pour inventer des rituels et des cérémonials qu’ils dotent d’une force sacrée.

Néanmoins, les Jésuites contribuent à la traduction des rituels fondés sur la compétition en une forme d’évaluation permanente à destination des enfants et des adolescents qui doit créer une émulation. C’est cette forme scolaire que l’on retrouve dans notre système éducatif.

En quoi assiste-t-on aujourd’hui à ce que l’on pourrait qualifier d’extension de la logique de concours ?

A. A. : Le concours a été associé au développement de l’État régalien au XIXe siècle, dans un premier temps, puis de l’État-providence au XXe siècle, où l’on a de plus en plus besoin de bureaucrates dans des domaines très variés. Pour les recruter, on va utiliser cette forme institutionnelle qui paraît alors la plus légitime, dans la mesure où elle est fondée sur les « capacités » et qu’elle est déjà à l’œuvre depuis la fin du XVIIIe siècle dans l’armée, notamment.

Aujourd’hui, cette forme tend à s’éloigner du seul cadre bureaucratique pour être appliquée à un grand nombre de situations sociales qui n’ont plus rien à voir ni avec l’État ni avec le politique au sens strict.

Dès mon recrutement (sur concours !), j’ai été saisie, en tant que jeune maîtresse de conférences, de constater que ma pratique professionnelle de recherche et d’enseignement (où je suis invitée à noter mes étudiants pour valider leurs apprentissages) se dédoublait – en quelque sorte – d’une culture populaire des concours. Quand je rentrais chez moi et qu’il m’arrivait d’allumer la télévision, il était ainsi fréquent que je tombe sur un concours, notamment dans le cadre d’émissions de télé-réalité – avec des notes délivrées par des jurys, des coachs chargés de préparer les élèves à une série d’épreuves minutieusement organisées. Qu’on pense par exemple aux émissions culinaires de type Top Chef. L’inspiration de ces épreuves, à la fois scolaire et sportive, témoigne d’une circulation des représentations de l’évaluation entre univers sociaux.

Comment expliquer un tel succès ? La forme du concours résonne-t-elle particulièrement avec notre époque ?

A. A. : Le paradoxe, c’est qu’on réclame plus d’égalité alors que, tous les soirs, vous pouvez assister sur vos écrans à des concours qui classent des candidats. On en déduit donc avec John Rawls que la justice sociale dans nos sociétés relève en fait d’une croyance dans les « inégalités justes ».

Pour Pierre Bourdieu, le concours est précisément un rituel qui est là pour institutionnaliser des différences, y compris quand elles sont infimes. C’est la fameuse frontière entre le dernier de la liste d’admis et le premier recalé aux concours de l’École polytechnique : la différence est minime entre ces candidats, mais le résultat de concours entérine irrémédiablement cet écart et l’associe à un statut social différencié. Et avec le couperet du classement se joue l’accès à des ressources de tous types : symboliques, matérielles, et même amicales ou amoureuses.

Ce qui m’intéresse dans cette extension du domaine du concours, c’est la fusion entre les formes bureaucratiques et marchandes de mise en compétition et de mise en ordre du social. On a d’autant plus l’impression de vivre dans une société du concours qu’avec le capitalisme contemporain, il paraît tout à fait légitime de tester et d’évaluer constamment les candidats pour s’assurer de la productivité et des capacités des personnes.

Bref, en exaltant les valeurs individuelles du mérite, on renforce une espèce de « gouvernement par le concours », même s’il s’agit moins d’un concours corporatiste, et beaucoup plus d’une sélection de gré à gré entre une institution ou une organisation et un individu.

Sur quoi l’adhésion aux concours repose-t-elle ?

A. A. : La légitimité contemporaine de cette forme institutionnelle se fonde sur l’adhésion au mérite qu’on peut comprendre comme un récit, une rhétorique de légitimation. Malgré les critiques, ce récit apparaît alors comme une fiction nécessaire, pour reprendre les termes de François Dubet, c’est-à-dire quelque chose auquel on croit malgré tout pour se donner l’illusion de gérer l’incertitude du monde social. « Le mérite, j’y crois, mais c’est plus un acte de foi qu’autre chose », me disait un étudiant de Sciences Po qui venait de réussir l’ENA.

Si on ne peut qu’adhérer au mérite, c’est parce que ça nous permet d’avoir l’impression de contrôler notre environnement, malgré le Covid, malgré la crainte de la guerre, etc.

Le monde du travail s’organise aussi sur cette mise en scène méritocratique, avec le développement d’une rhétorique de la performance où l’on vous dit que vous aurez un meilleur salaire si vous travaillez plus, ou si vous travaillez mieux, ce qui reste très théorique.

Cette circulation rhétorique renforce malgré nous l’adhésion au concours, et elle le naturalise aussi : on ne voit plus, quand on allume la télé, que, sur toutes les chaînes, il y a des formes de jeux fondés sur le concours, que ce soit Koh-Lanta, Top Chef, etc.

Que signifie la recherche de la légitimité des concours ?

A. A. : Quelle que soit la société, quel que soit l’angle sous lequel on examine les concours, on constate la même chose : des inégalités sociales de genre fondamentales, une reproduction d’inégalités sociales et familiales, une cristallisation d’inégalités scolaires plus anciennes… Il n’y a pas de concours parfaitement équitable. Il peut y avoir des concours qui, éventuellement, corrigent certaines de leurs imperfections à destination d’un public identifié, mais cela se fera nécessairement à la défaveur d’autres publics.

Il ne faut pas oublier que les concours des grandes écoles sont conçus pour différencier les gens et identifier des élites. L’idée du concours, par essence, c’est la différenciation.

Qu’est-ce que le concours produit comme émotions chez celles et ceux qui les vivent ?

A. A. : Quand j’ai sorti la Société du concours, en 2017, j’ai été – à ma grande surprise – submergée de courriers de lecteurs. Les gens avaient envie de me parler de leur concours, souvent, d’ailleurs, en négatif, ou avec une forme d’association à la souffrance. Les concours suscitent des émotions parce qu’ils sont très investis socialement, très investis par les familles, très investis politiquement.

D’Albert Camus à Annie Ernaux, il y a différentes lectures du parcours de transfuge de classe, mais on y retrouve toujours l’exaltation de sentiments méritocratiques. Et quelle est l’émotion ou la sensation typique liée à la méritocratie ? C’est la souffrance, qu’elle advienne avant une réussite associée à la fierté, à un sentiment de félicité qu’elle rend possible, ou qu’elle précède l’échec vécu avec humiliation.

Ce qui est commun à tout ça, c’est que le concours donne l’impression de permettre d’exalter le meilleur de soi, c’est aussi ce qui va nourrir le sentiment de l’élection en cas de réussite.

Selon les grandes périodes scolaires, les émotions mises en avant varient. Dans la période qui précède la massification scolaire à la Ernaux, le concours se solde par la honte ou par la fierté. Dans notre période néolibérale, c’est l’anxiété et l’angoisse qui dominent. Paradoxalement, c’est là qu’il va finalement peut-être y avoir égalité, comme le soulignait François Dubet. La différence, c’est que nous ne sommes pas tous armés de la même façon pour la gérer.


Propos recueillis par Aurélie Djavadi.

The Conversation

Annabelle Allouch ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La société du concours : entre admis et recalés, quelques points d’écart, mais des conséquences pour toute une vie – https://theconversation.com/la-societe-du-concours-entre-admis-et-recales-quelques-points-decart-mais-des-consequences-pour-toute-une-vie-269340

Les œuvres d’art, cibles de choix pour le crime organisé ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Guergana Guintcheva, Professeur de Marketing, EDHEC Business School

Certaines caractéristiques du marché de l’art, à commencer par la pratique de l’anonymat, le rendent attractif pour les activités de blanchiment. Comment s’en protège-t-il ? Ces outils sont-ils adaptés à l’objectif poursuivi ? Comment mieux faire ?


En 2024, le marché mondial de l’art a atteint 57,5 milliards de dollars (soit 49,5 milliards d’euros) selon l’étude The Art Basel and UBS Global Art Market, illustrant sa solidité en tant qu’actif. Mais si l’art est traditionnellement lié à des motivations nobles, telles que le goût du beau et la transmission, sa relation avec le crime organisé mérite également d’être explorée.

C’est que nous avons tenté de faire dans un récent travail de recherche dans lequel nous analysons les ressorts du blanchiment, les nouvelles fragilités du marché de l’art (via sa transformation numérique notamment) et les solutions qui existent face à ce fléau.

Manque de transparence

Il est estimé qu’entre 2 % et 5 % du PIB mondial est blanchi chaque année. Le blanchiment d’argent par le biais des œuvres d’art ne constitue qu’un exemple parmi d’autres. Cependant, l’industrie de l’art se distingue par son manque de transparence et ses mécanismes subjectifs d’évaluation de la valeur des œuvres (étroitement liés à la spéculation), ce qui en fait l’un des marchés les moins régulés en matière de lutte contre le blanchiment. Après la drogue et les armes, le trafic d’œuvres d’art est ainsi la source de financement la plus lucrative pour les activités illégales.

Ainsi, par exemple, en 2007, une affaire concernant un tableau de Jean-Michel Basquiat a illustré la difficulté à estimer le prix d’une œuvre d’art. Franchissant la douane avec une facture mentionnant une valeur de 100 dollars (82 euros), ce tableau valait en réalité 8 millions (6,8 millions d’euros). Derrière cette opération se trouvait une opération de blanchiment d’argent menée par un ancien banquier brésilien. Cette affaire révèle la façon dont le marché de l’art, de par ses caractéristiques mêmes, peut se retrouver au cœur d’activités illicites.




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Une mécanique bien rodée

Le blanchiment d’argent consiste à dissimuler l’origine de fonds acquis illégalement pour les convertir en sources légitimes. Son objectif est donc de transformer de l’« argent sale », qui ne peut être utilisé ouvertement, en argent propre pouvant circuler librement dans l’économie légale. En ce sens, pour l’art, les organisations criminelles s’appuient sur une mécanique bien rodée, comme celle utilisée par exemple par les narcotrafiquants mexicains pour la filière du fentanyl.

L’art peut jouer deux rôles distincts dans les activités criminelles. Premièrement, avec la production de faux et la vente d’œuvres d’art volées comme sources directes de revenus illicites ; deuxièmement, en tant qu’instrument dans le processus de blanchiment via l’achat et la revente d’œuvres authentiques.

Le processus de blanchiment d’argent se déroule en trois phases : le placement, l’empilement et l’intégration.

  • Le placement consiste à transformer de l’argent liquide « sale » (ou bien des cryptomonnaies) en argent placé sur des comptes bancaires. Par exemple, les criminels peuvent acheter des œuvres d’art en espèces, puis les revendre en exigeant d’être payés sur des comptes bancaires par les nouveaux acheteurs. Cela se fait principalement par le biais de la corruption d’employés de galeries, de maisons de vente aux enchères ou d’agents de ports francs.
  • L’empilement vise à transférer l’argent placé vers d’autres comptes bancaires pour dissimuler ses traces. Le marché de l’art présente un intérêt supplémentaire dans cette étape du blanchiment d’argent, en raison de la spéculation sur certains types d’œuvres d’art ainsi que des ventes aux enchères, qui peuvent faire grimper de manière irrationnelle le prix des œuvres. Cela permet aux criminels d’investir des sommes considérables dans un nombre limité de transactions sans attirer l’attention.

  • Enfin, l’intégration consiste à investir l’argent blanchi dans divers actifs légaux grâce à des sociétés-écrans.

Des vulnérabilités multiples

À de nombreux égards, le marché de l’art est vulnérable aux activités criminelles. Ces vulnérabilités sont particulièrement prononcées dans les domaines où l’opacité et l’anonymat sont courants, comme, par exemple, les ventes privées dans les maisons de vente, les transactions numériques impliquant des paiements en cryptomonnaie et l’utilisation de ports francs pour le stockage et le transfert.

Le premier point de contact dans la chaîne de valeur en termes d’activités illicites est la production de contrefaçons ou la vente d’œuvres volées, qui génèrent des fonds destinés à être blanchis. Par exemple, une opération européenne majeure menée en 2024, impliquant l’Espagne, la France, l’Italie et la Belgique, a conduit à la saisie de plus de 2 000 œuvres d’art contemporain contrefaites, pour un préjudice économique estimé à 200 millions d’euros.

Dangereuse opacité

Un deuxième moment vulnérable survient lorsque les œuvres d’art sont acheminées par le biais de plateformes de vente (galeries, foires…). Cette étape est particulièrement délicate dans le contexte des ventes privées, où la provenance et l’identité du vendeur sont rarement divulguées. Cette opacité offre aux criminels d’importantes possibilités de blanchir de l’argent en dissimulant l’origine et l’historique de propriété de l’œuvre.

Enfin, tout au bout de la chaîne de valeur, les sociétés-écrans sont souvent utilisées pour acheter des œuvres d’art, dissimulant ainsi le véritable bénéficiaire et rendant difficile pour les autorités de retracer l’origine des fonds.

De nouveaux outils plus efficaces ?

L’environnement réglementaire qui encadre le marché de l’art a récemment évolué vers des normes plus exigeantes.

Au sein de l’Union européenne, la sixième directive anti-blanchiment de 2021 a étendu les obligations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent aux professionnels du marché de l’art. Elle impose à ces derniers de procéder à une vérification de l’identité des clients et d’adopter un suivi pour les transactions dépassant 10 000 euros.

Au niveau des États, des mesures nationales ont renforcé les sanctions antiblanchiment d’argent sur le marché de l’art. Par exemple, aux États-Unis, la loi sur l’intégrité du marché de l’art (Art Market Integrity Act) de 2025 vise à imposer au secteur de l’art des obligations spécifiques en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, de vérification de l’identité des clients, de surveillance des transactions supérieures à 10 000 dollars, de conservation de registres détaillés et de signalement des activités suspectes au Trésor américain.

LCP 2024.

Sensibiliser le public

Enfin, les musées ont également un rôle à jouer, notamment en sensibilisant le grand public. Par exemple, en 2024, plus de 80 œuvres d’art liées au crime organisé (incluant des pièces de Salvador Dali et d’Andy Warhol) ont été exposées à Milan pour sensibiliser le public à la problématique du trafic international d’œuvres d’art.

Par sa complexité et son opacité, le marché de l’art est un terreau propice aux activités de blanchiment d’argent. Si les récentes avancées réglementaires marquent un progrès important, elles restent insuffisantes pour tenir en échec les faiblesses de la chaîne de valeur de l’art : manque de transparence, corruption, lacunes réglementaires dans les ports francs, pour n’en citer que quelques-unes. Il reste à espérer que l’importance que revêt l’art – en lui-même, aux yeux des citoyens ou encore pour le soft power – incite les pouvoirs publics à renforcer leurs moyens d’action, tout en instaurant une véritable culture de la transparence et de la responsabilité.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Les œuvres d’art, cibles de choix pour le crime organisé ? – https://theconversation.com/les-oeuvres-dart-cibles-de-choix-pour-le-crime-organise-269449

Jeux vidéo : comment mieux protéger les données personnelles des joueurs les plus accros ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Arthur Champéroux, Doctorant en droit à la protection des données à caractère personnel, Université Paris-Saclay; Université Laval

Les personnes accros aux jeux vidéo sont vulnérables. Tima Miroshnichenko/Pexels, CC BY

L’addiction aux jeux vidéo est un trouble comportemental dont la reconnaissance scientifique et juridique divise les experts. Or, les éditeurs de jeu collectent les données des joueurs potentiellement concernés. En l’absence de consensus scientifique sur la question de ce type de dépendance, qu’en est-il de la protection juridique des gameurs ?


L’addiction se définit comme la perte de contrôle d’un objet qui était à l’origine une source de gratification pour l’usager. De nombreuses études scientifiques ont tenté d’établir des liens entre l’utilisation d’écrans et une forme de dépendance chronique assimilable à de l’addiction.

Par conséquent, cette question s’est imposée logiquement dans les discussions et expériences scientifiques. Le trouble du jeu vidéo (gaming disorder) est un trouble du comportement reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2018 (CIM-11), mais aussi par l’American Psychiatric Association depuis 2013 (DSM-5-TR). Ces deux classifications reposent sur une série de symptômes dont la combinaison tend à indiquer une forme d’addiction aux jeux vidéo. Toutefois, la communauté scientifique est divisée sur sa reconnaissance en tant que pathologie.

Ce constat appelle à l’approfondissement des études sur le sujet. Toutefois, avant le stade « pathologique », il est possible de considérer plusieurs niveaux de gravité de l’addiction, qui traduisent déjà des formes de dépendance aux jeux vidéo.

En effet, les formes les plus graves d’addiction concerneraient de 0,5 % à 4 % des joueurs, tandis que d’autres études montrent que la consommation problématique des jeux vidéo est bien plus répandue, avec 44,7 % des personnes présentant des difficultés avec la consommation des écrans.

La première conséquence de cette addiction est la perte de contrôle du temps de jeu, d’ailleurs accrue pour les joueurs de moins de 18 ans, dont le lobe frontal responsable de l’autocontrôle est en cours de formation. Néanmoins, les formes d’addiction aux jeux vidéo représentent aussi une opportunité pour l’industrie du jeu vidéo à travers la mise en place d’une économie de l’attention très lucrative.

Retenir l’utilisateur, collecter des données

Sa logique est la création de services en ligne conçus pour retenir l’utilisateur et collecter le maximum de données liées à l’activité du joueur pour effectuer de la publicité comportementale. L’industrie du jeu vidéo s’est d’ailleurs particulièrement démarquée dans son expertise pour la collecte de données des joueurs, d’un côté, et, d’un autre côté, pour sa maîtrise des mécaniques de jeu (game pattern) afin de susciter l’engagement des joueurs.

Certains industriels, eux-mêmes, avertissent des dangers de la « weaponized addiction », lorsque la tendance à l’addiction est instrumentalisée au profit de l’optimisation du ciblage publicitaire. À l’inverse, d’autres experts rejettent en bloc la vision d’un rôle joué par l’industrie dans l’addiction des joueurs, malgré les nombreuses critiques de la recherche en science de l’information et les dérives documentées périodiquement.

Quelles protections juridiques pour les joueurs concernés ?

Par ricochet, l’absence de consensus scientifique impacte les systèmes juridiques qui éprouvent des difficultés à protéger les joueurs concernés. Concrètement, les juridictions nationnales peinent à reconnaître l’addiction comme source de préjudice pour les joueurs.

Récemment, les exemples se multiplient avec des contentieux autour du jeu Fortnite d’Epic Games au Canada et aux États-Unis lui reprochant de n’avoir pas assez protégé les données personnelles des enfants, mais aussi des pratiques commerciales trompeuses où l’addiction a été soulevée par les associations de joueurs.

De même, des plaintes ont été déposées contre la plate-forme de jeux vidéos Roblox de Google, mais aussi contre le jeu Call of Duty d’Activision aux États-Unis, qui se sont globalement soldées par des refus des juridictions, soit de recevoir les plaintes, soit de reconnaître la responsabilité des éditeurs de jeux vidéo vis-à-vis des designs addictifs.

En France, la question ne s’est pas spécialement judiciarisée, toutefois, le législateur a adopté des mesures de pédagogie à travers la loi visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique dite loi SREN du 21 mai 2024 qui amende l’article L. 611-8 du Code de l’éducation en ajoutant une formation à la « sensibilisation aux addictions comportementales au numérique » dans l’enseignement supérieur.

L’autorité de protection des données personnelles en France (CNIL) a d’ailleurs consacré une série de travaux de recherche à la question de l’économie des données dans le jeu vidéo.

Malgré les efforts d’adaptation des systèmes juridiques, la position de vulnérabilité psychologique des personnes addictes aux jeux vidéo appelle à une prise en compte plus conséquente.

Considérant les liens entre l’économie de la donnée et l’instrumentalisation potentielle de l’addiction des joueurs, il est nécessaire de considérer l’encadrement de cette activité sous l’angle du droit à la protection des données à caractère personnel. Celui-ci, dans l’Union européenne, peut protéger les joueurs de deux façons : en encadrant l’utilisation des données personnelles qui servent à identifier les joueurs addictes, et en instaurant une limitation spécifique de la publicité comportementale par les dispositions relatives aux traitements automatisés.

Une surveillance commerciale insuffisamment encadrée

En pratique, le temps de jeu, la fréquence et le caractère compulsif des achats sont des données couramment utilisées par l’industrie pour identifier les habitudes de consommation des joueurs. D’ailleurs, les joueurs les plus dépensiers sont communément surnommés les « baleines », comme dans le monde du casino.

L’utilisation de ces données est strictement encadrée, soit en tant que données sensibles si ces données sont relatives à la condition médicale de la personne au stade de la pathologie, ce qui demeure peu probable, soit en tant que donnée personnelle comportementale. Si ces données sont sensibles, l’éditeur du jeu vidéo doit demander l’autorisation explicite au joueur d’utiliser ces données.

Si ces données ne sont pas sensibles, l’utilisation de ces données reste bien encadrée, puisque l’éditeur doit tout de même justifier de la finalité du traitement et d’une base légale, c’est-à-dire présenter un fondement juridique (exécution du contrat, intérêt légitime qui prévaut sur les intérêts du joueur, ou consentement du joueur). À noter que la publicité comportementale semble n’être autorisée que sur la base du consentement du joueur.

En Union européenne, le Règlement général à la protection des données (RGPD) encadre les traitements automatisés qui sont au cœur du fonctionnement de la publicité comportementale. Pour résumer, la loi garantit que le joueur puisse refuser le traitement de ses données personnelles pour de la prospection commerciale. Cette garantie est constitutive de la liberté de choix du joueur. De plus, le nouveau Règlement européen des services numériques (ou Digital Services Act, DSA) interdit la publicité comportementale auprès des enfants joueurs.

Néanmoins, de nombreux jeux ne sont pas encore en conformité avec ces règles, malgré les efforts des autorités de protection européennes. Finalement, le poids du respect des droits du joueur à refuser cette forme de surveillance commerciale repose encore sur le joueur lui-même, qui doit rester vigilant sur l’utilisation de ces données.

Ce constat est problématique, notamment lorsque l’on considère la vulnérabilité des joueurs dans leur prise de décision sur l’utilisation de leurs données, notamment lorsqu’ils souffrent de troubles addictifs du jeu vidéo.

Cependant, la possibilité récente de recours collectifs pour les préjudices liés à la violation du RGPD, comme l’énonce l’article 80, pourrait ouvrir la voie à un contrôle des données personnelles par les communautés de joueurs et un rééquilibrage des forces en présence. Les développements jurisprudentiels sont attendus par les associations de joueurs, les autorités de protection des données et l’industrie avec impatience.

The Conversation

Arthur Champéroux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Jeux vidéo : comment mieux protéger les données personnelles des joueurs les plus accros ? – https://theconversation.com/jeux-video-comment-mieux-proteger-les-donnees-personnelles-des-joueurs-les-plus-accros-265440

Pour prédire si un volcan sera effusif ou explosif, il faut s’intéresser à ses bulles

Source: The Conversation – France in French (2) – By Olivier Roche, Chercheur en volcanologie, Institut de recherche pour le développement (IRD); Université Clermont Auvergne (UCA)

Un même volcan peut produire des éruptions effusives ou explosives. Marc Szeglat/Unsplash, CC BY

Une étude publiée très récemment dans la revue « Science » permet de mieux comprendre le moteur des éruptions volcaniques : la formation des bulles dans le magma.


Les observations faites depuis des décennies dans diverses régions du monde montrent que les éruptions volcaniques sont caractérisées par deux types de comportement en surface. D’un côté du spectre, le magma qui remonte depuis les profondeurs de la Terre est émis calmement sous forme de coulées ou de dômes de lave, caractérisant ainsi le style « effusif ». C’est le cas des volcans d’Hawaï ou de La Réunion dont les éruptions quasi annuelles font souvent l’actualité dans les médias.

À l’opposé, un mélange turbulent de gaz et de cendres est éjecté violemment dans l’atmosphère, définissant ainsi le style « explosif ». Le mélange forme un panache qui s’élève dans un premier temps à des altitudes pouvant atteindre 40-50 kilomètres et qui finit souvent par s’effondrer sous l’effet de la gravité pour former des nuées ardentes dévastatrices qui se propagent à haute vitesse le long du sol. Un exemple célèbre est l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère qui détruisit les villes de Pompéi et d’Herculanum.

Les données collectées par les scientifiques montrent que le comportement d’un volcan comme le Vésuve peut changer au cours du temps, alternant les périodes effusives et explosives, à cause de variations de la nature des magmas et des conditions de stockage en profondeur. Dans ce contexte, comprendre les mécanismes fondamentaux des éruptions volcaniques afin de mieux prédire leurs conséquences est un enjeu sociétal et environnemental majeur compte-tenu qu’environ 600 millions de personnes dans le monde vivent dans des zones potentiellement touchées par les aléas volcaniques.

Comprendre l’origine des bulles dans le magma

Le moteur des éruptions volcaniques est la formation des bulles de gaz dans le magma. En particulier, la temporalité de la formation puis de la croissance des bulles, le volume qu’elles occupent et leur capacité à ne pas se séparer du liquide magmatique contrôlent la dynamique de la remontée du mélange dans le conduit volcanique vers la surface et, au final, le style éruptif décrit ci-dessus (Figure 1A). C’est dans ce cadre que nous avons mené une étude pour mieux comprendre l’origine de la formation des bulles, un phénomène appelé « nucléation ». Les résultats de nos travaux ont été publiés le 6 novembre dans la revue Science.

A) Le cisaillement, indiqué par les champs de vitesse, est omniprésent dans un système volcanique et contribue à déclencher la nucléation des bulles dans le conduit. B) Les expériences montrent que la nucléation (ellipses rouges) est déclenchée lorsque la force associée au cisaillement imposé (flèche blanche) atteint une valeur critique qui décroît avec la quantité de gaz dissous dans le liquide. C) Les simulations moléculaires montrent que le cisaillement permet de faire croître un embryon de bulle (en bleu, volatil) entourée d’un mélange de phases gazeuse et liquide (la zone en blanc est composée de liquide).
Fourni par l’auteur

Jusqu’à présent, les volcanologues ont considéré que la nucléation des bulles était déclenchée principalement par la décompression du magma saturé en gaz dissous (essentiellement de la vapeur d’eau) lors de l’ascension dans le conduit. En effet, chacun a déjà constaté l’effet produit par l’ouverture trop rapide d’une bouteille de boisson gazeuse : lorsque la pression chute, le liquide qui contient du gaz dissous (CO2 dans ce cas) devient sursaturé, et des bulles de gaz se forment alors rapidement, croissent, et entraînent le liquide vers le goulot de la bouteille. Au cours de la nucléation, la différence de pression entre un embryon de bulle et le liquide est connue comme une source d’énergie mécanique qui contribue à faire croître l’amas gazeux alors que la tension superficielle du liquide s’y oppose, et au-delà d’une taille critique, l’embryon devient une bulle qui croît spontanément.

Or, les différences de vitesse au sein d’un magma en mouvement génèrent des forces dites de cisaillement qui pourraient être une autre source d’énergie mécanique apte à déclencher la nucléation. C’est le cas en particulier dans un conduit volcanique en raison d’une différence de vitesse entre les bords, où le frottement est important, et le centre (Figure 1A).

L’importance des forces de cisaillement

Nous avons testé cette hypothèse au moyen d’expériences dites analogiques, réalisées dans des conditions de température et avec des matériaux différents de ceux dans la nature. Les expériences sont faites dans un rhéomètre, un équipement utilisé pour mesurer la capacité des fluides à se déformer. Ce dispositif permet de cisailler une couche d’oxyde de polyéthylène liquide à 80 °C et sursaturé en CO2, laquelle simule le magma dans la nature. Les expériences montrent que la nucléation de bulles de gaz est déclenchée lorsque la force de cisaillement appliquée atteint une valeur seuil qui décroît avec la teneur en CO2 (Figure 1B). De plus, le cisaillement cause le rapprochement puis l’agglomération en de plus grosses bulles et ainsi leur croissance. Nos données expérimentales sont en accord avec un modèle qui indique que la taille minimale pour qu’un embryon de bulle puisse croître est de près d’un millionième de millimètre. Ces résultats sont complétés par des simulations moléculaires qui confirment que la nucléation se produit si le cisaillement est suffisamment fort (Figure 1C).

Nous avons finalement extrapolé nos résultats aux systèmes volcaniques en tenant compte du rapport des pressions mises en jeu et des propriétés des magmas. L’analyse montre que la nucléation par cisaillement peut se produire dans un conduit dans presque tous les cas, et nous en tirons deux conclusions principales. La première est qu’un magma pauvre en gaz dissous, et donc a priori non explosif, pourrait néanmoins conduire à une éruption violente en raison d’un important cisaillement causant une nucléation massive. La seconde est qu’une nucléation efficace dans un magma très visqueux et très riche en gaz dissous, couplée à la décompression lors de la remontée et à une agglomération et à une croissance rapide des bulles, peut conduire à la formation de chenaux de dégazage connecté à la surface et engendrer, paradoxalement, une éruption non violente. Ce processus peut être renforcé lorsque la nucléation se produit à proximité de bulles préexistantes, comme le montrent nos expériences. Ce mécanisme explique l’observation contre-intuitive faite depuis longtemps par les volcanologues selon laquelle les magmas très visqueux et contenant de fortes teneurs en gaz dissous peuvent produire des éruptions effusives.

Nos travaux suggèrent que la nucléation induite par cisaillement doit désormais être intégrée aux modèles mathématiques de conduits volcaniques développés par les volcanologues et qui permettent de prédire les dynamismes éruptifs. En couplant cette approche à d’autres modèles qui simulent des coulées de la lave, des panaches ou des nuées ardentes, il est ainsi possible de définir les zones potentiellement atteintes par les produits des éruptions. Cette tâche est essentielle pour la gestion des risques naturels et pour la protection des populations qui vivent à proximité des volcans actifs.

The Conversation

Olivier Roche a reçu des financements du programme I-SITE CAP 20-25 piloté par l’UCA.

Jean-Michel Andanson a reçu des financements ANR, CNRS, Université Clermont Auvergne, commission européenne, Fond national Suisse.

ref. Pour prédire si un volcan sera effusif ou explosif, il faut s’intéresser à ses bulles – https://theconversation.com/pour-predire-si-un-volcan-sera-effusif-ou-explosif-il-faut-sinteresser-a-ses-bulles-269664

Black families pay more to keep their houses warm than average American families

Source: The Conversation – USA (2) – By George C. Homsy, Director of Environmental Studies, Associate Professor of Public Administration and Policy, Binghamton University, State University of New York

It’s not always enough to put on another sweater. Grace Cary/Moment via Getty Images

Rising energy costs consume a bigger and bigger chunk of family budgets in the United States. Our research has found that for many African American families, those costs take an extra big bite out of their incomes. This bite, the percentage of a household’s income used to pay energy bills, is called a household’s “energy burden.”

Households with high energy burdens struggle to adapt to rising prices. The U.S. Energy Information Administration reports that more than 12 million households keep their homes either colder or hotter than is actually comfortable, specifically in an effort to keep control of energy costs. And 24 million households report having had to forgo food or medicine at least once in the past year to pay utility bills.

Also, studies indicate that people facing high energy burdens often turn to unsafe heating sources, such as space heaters, stoves or fireplaces, and are at higher risk of asthma, depression, premature mortality and poor self-reported health. Our recent study of 2019 data found that those burdens are not spread evenly across the country or across society.

Specifically, families living in majority-Black census tracts spent 5.1% of their income on energy – significantly higher than the 3.2% share spent by average American households. Census tracts dominated by other racial groups in our study – whites, Latinos and Asian Americans – were much closer to the overall average.

Energy injustice

Often, disparities like this are attributed to income, which is indeed a factor given that Black households have a median income of $53,444, while the overall median in the U.S. is $78,538. However, our study found that even when a majority-white and a majority-Black census tract had the same median household income, the average share of household income spent on energy was higher in the majority-Black census tract.

We found two possible reasons for this difference, both rooted in race and housing situations.

First, our analysis of U.S. Census Bureau data finds that African American-majority census tracts have older homes on average than other census tracts. Older homes often have lower energy efficiency due to less insulation, single-pane windows, and gaps and cracks in the building’s structure, especially around windows, doors and chimneys. So even if a Black family earns the same income as another family, the Black family might live in an older house, requiring them to use more energy to warm or cool their homes, cook food, heat water and so on.

Also, we found that Black families are more likely to live in rental properties, where they cannot easily make energy-efficiency upgrades – such as installing new windows, insulation or appliances. At the same time, most landlords do not have an incentive to spend money to improve building efficiency because tenants usually pay utility bills. In the United States, 9 in 10 rental households pay for all or some of their energy bills and therefore face this split-incentive problem.

A close-up of brickwork near a window, showing cracks.
Cracks around windows can allow cold air inside.
Robbie Becklund/iStock/Getty Images Plus

Many of these challenges can be attributed to the structural racism inherent in redlining. This early 20th century practice made it harder for prospective homeowners to get mortgages to buy homes in neighborhoods with high concentrations of Black people, immigrants or other minorities. That left more of the homes in those communities owned by landlords and occupied by tenants.

Even though redlining was banned in 1968, it left a legacy of underinvestment in properties, decreased property values and worse health outcomes.

Intersecting inequities

Other factors also likely intersect to impose a higher energy burden on Black families. Many of these were beyond the scope of our study but are well documented. For example, energy support programs are notoriously underfunded and often hard to access, especially for families without the time or connections to know about them or understand application requirements.

These are just some possible factors that increase the energy burden for Black families. The main lesson for policymakers is that communities are complicated. Energy efficiency upgrade programs that also seek to alleviate high energy burdens cannot be one-size-fits-all. A program for middle-class families in one neighborhood may not work in another community with older housing stock or large numbers of rental units.

To be successful, local officials designing programs that are aimed at families’ energy burdens will have to learn about the different challenges facing each distinct community – whether it’s leaky older homes, outdated water heaters, low incomes or rental split incentives. Reducing energy burdens for Black families will take more than technical fixes; it will take policies based in community engagement to build a deeper understanding of place.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Black families pay more to keep their houses warm than average American families – https://theconversation.com/black-families-pay-more-to-keep-their-houses-warm-than-average-american-families-269047

I treat menopause and its symptoms, and hormone replacement therapy can help – here’s the science behind the FDA’s decision to remove warnings

Source: The Conversation – USA (3) – By Genevieve Hofmann, Assistant Professor of Nursing and Women’s Health, University of Colorado Anschutz Medical Campus

Reanalyses of earlier research have shown that hormone therapy is safe and effective for many women going through menopause. monkeybusinessimages/iStock via Getty Images Plus

For more than 20 years, hormone therapy for menopause has carried a warning label from the Food and Drug Administration describing the medication’s risk of serious harms – namely, cancer, cardiovascular disease and possibly dementia.

On Nov. 10, 2025, the FDA announced that drugmakers should remove these “black box” safety warnings.

The Conversation U.S. asked Genevieve Hofmann, a women’s health nurse practitioner at the University of Colorado Anschutz Medical Campus, to explain how the decision will affect health care for people going through menopause or postmenopause.

How did the FDA’s decision come about?

When people think of hormone therapy for menopause, they generally think of systemic estrogen and progestogens – for example, pills or patches that deliver hormones throughout the body.

Health care providers prescribed hormone therapy to manage symptoms of menopause such as hot flashes, night sweats and brain fog much more widely in the 1980s and 1990s than they do today. That’s because in the early 2000s, researchers analyzed data from a study called the Women’s Health Initiative and reported that hormone therapy increased the risk of breast cancer, heart disease, blood clots and stroke, as well as cognitive decline after menopause.

After this research was first published in 2002, the use of hormone therapy fell by 46% within six months – both because clinicians were reluctant to prescribe it and patients were fearful of taking it. In 2003, the FDA added black box warnings – the most serious warnings, indicating a risk of serious harm or death – to all estrogen-containing hormone products for menopause.

The FDA announced on Nov. 10, 2025, that it will ask drug companies to remove ‘black box’ warnings from hormone therapy for menopause.

But researchers soon pointed out methodological flaws in the analysis. And over the past two decades, careful reanalyses of data from that study, as well as newer studies, have shown that systemic hormone therapy is very safe for most women, though there are nuances surrounding its use.

Meanwhile, women’s health experts have been increasingly vocal in the past five years in calling to remove the black box warnings from a form of hormone menopause therapy that’s applied locally, not systemically. Topical localized estrogen is applied directly to the vagina and surrounding areas, usually in the form of a cream or vaginal insert. It’s used to treat the genitourinary syndrome of menopause, which manifests as genital and urinary symptoms.

Even though topical estrogen products are extremely safe and were not evaluated in the Women’s Health Initiative study, the FDA warnings were added to them, too.

In July 2025, the FDA held an expert panel to discuss what’s currently known about the risks and benefits of hormone therapy for menopause. At the meeting, most experts urged the agency to remove the warning labels on topical vaginal estrogen products.

The Nov. 10 announcement was the outcome of that discussion, and it included both systemic and topical hormone therapy.

Why is systemic estrogen no longer considered unsafe?

Researchers are now finding that the balance of risks and benefits of systemic hormone therapy for menopause seems to depend strongly on when someone starts hormones, as well as the type, dose and length of use.

For women under 60 or within 10 years of their final period, the therapy is much safer than it is for older women. A 2017 follow-up of Women’s Health Initiative participants showed that overall deaths from any causes actually decreased in this younger cohort of menopausal women taking hormones.

For women who are more than 10 years from their final menstrual period, starting hormone therapy may increase their risk of cardiovascular disease. Researchers now refer to this as the timing hypothesis. Newer studies also support this idea.

Also, some ways of delivering hormones to the body turned out to be safer than others. Taking estrogen orally, as pills or tablets, carries a higher risk of blood clots. Those risks go away when it’s delivered through the skin using a patch, gel or spray. Many more options for hormone therapy exist today than in the early 2000s.

Additionally, it’s well established that hormone therapy improves bone health by preventing bone loss. Some studies suggest that in younger menopausal women, it may actually protect against cardiovascular disease, though this link is not yet proven and needs more study.

Unfortunately, many people missed out on the timing window. In my practice, I see patients who went through menopause 10 or 15 years ago and either didn’t get hormone therapy at the time or stopped taking it when the initial Women’s Health Initiative results came out. Now, they are hearing about the benefits, and many want to try it. But their higher cardiovascular risk may overshadow the benefit.

What about topical estrogen?

Genitourinary syndrome of menopause is ubiquitous – it affects every person with ovaries who goes through menopause, and the symptoms tend to worsen with age.

They include vaginal dryness, painful sex and urinary issues such as an increase in urgency or frequency, along with incontinence. Urinary tract infections often tend to get more frequent with menopause, particularly in older women. Treating them can require multiple courses of antibiotics.

Tissues in the genitourinary area are loaded with estrogen receptors – proteins in cells that bind the hormone. So adding some estrogen back to these areas can help restore the quality and thickness of these tissues, and possibly even promote the growth of healthy bacteria around the vagina and the urinary tract. The treatment can greatly improve quality of life and promote better health and longevity.

Despite topical estrogen’s safety and effectiveness, the FDA did not distinguish between it and systemic estrogen when adding the black box warnings in 2003. For this reason, many providers whose patients have symptoms relating to the genitourinary syndrome of menopause have been reluctant to prescribe it. Often, providers simply don’t know that it has a different safety profile than systemic estrogen.

How will removing the black box warnings affect patients?

Overall, I see this as a big win for women and their ability to manage the symptoms of menopause. I think this will make clinicians and patients far less anxious about prescribing and taking this medication.

Clinicians like me who specialize in women’s health and menopause – and who have been following the research – have been safely prescribing hormone therapy all along. But many general practitioners who often lacked either menopause-specific training or the time and resources to stay on top of the latest findings have been more reluctant to do so.

Safety concerns that led to the black box warnings, especially in regard to local vaginal estrogen, have turned out to be overblown. While clinicians still need to consider who is a good candidate for systemic hormone use, the evidence shows that for most people, it is a safe option.

Even more important, patients who were previously convinced that hormone therapy was unsafe may feel more comfortable discussing it with their provider and considering it. And if they do receive a prescription for hormone therapy, I hope that the likelihood of them starting this effective treatment is no longer hindered by reading a scary package insert that was based on outdated evidence.

While this medication is not a silver bullet that reverses aging, starting hormones at the right time can safely improve symptoms that diminish people’s quality of life. So if you’re having symptoms that are bothersome, consider asking your provider about menopause hormone therapy to help manage them.

The Conversation

Genevieve Hofmann has participated in advisory boards with Astellis Pharma and Mayne Pharma. She is President-elect of the Board of Directors of National Association of Nurse Practitioner’s in Women Health Board.

ref. I treat menopause and its symptoms, and hormone replacement therapy can help – here’s the science behind the FDA’s decision to remove warnings – https://theconversation.com/i-treat-menopause-and-its-symptoms-and-hormone-replacement-therapy-can-help-heres-the-science-behind-the-fdas-decision-to-remove-warnings-269773

Americans are unprepared for the expensive and complex process of aging – a geriatrician explains how they can start planning

Source: The Conversation – USA (3) – By Kahli Zietlow, Physician and Clinical Associate Professor of Geriatrics & Internal Medicine, University of Michigan

It’s important for older adults to plan for their care as they age. Maskot/Maskot via Getty Images

Hollywood legend Gene Hackman and his wife, Betsy Arakawa, were found dead in their home in February 2025. Hackman had been living with Alzheimer’s and depended on Arakawa as his full-time caregiver.

Disturbingly, postmortem data suggests that Arakawa died of complications from pulmonary Hantavirus several days before her husband passed. The discordant times of death point to a grim scenario: Hackman was left alone and helpless, trapped in his home after his wife’s death.

The couple’s story, while shocking, is not unique. It serves as a warning for our rapidly aging society. The U.S. population is aging, but most Americans are not adequately planning to meet the needs of older adulthood.

As a geriatric physician and medical educator, I care for older adults in both inpatient and outpatient settings. My research and clinical work focus on dementia and surrogate decision-making.

In my experience, regardless of race, education or socioeconomic status, there are some universal challenges that all people face with aging and there are steps everyone can take to prepare.

Aging is inevitable but unpredictable

Aging is an unpredictable, highly individualized process that varies depending on a person’s genetics, medical history, cognitive status and socioeconomic factors.

The majority of older Americans report a strong sense of purpose and self-worth. Many maintain a positive view of their overall health well into their 70s and 80s.

But at some point, the body starts to slow down. Older adults experience gradual sensory impairment, loss of muscle mass and changes in their memory. Chronic diseases are more likely with advancing age.

According to the U.S. Census Bureau, 46% of adults over age 75 live with at least one physical disability, and this proportion grows with age. Even those without major health issues may find that routine tasks like yard work, housekeeping and home repairs become insurmountable as they enter their 80s and 90s.

Some may find that subtle changes in memory make it difficult to manage household finances or keep track of their medications. Others may find that vision loss and slowed reaction time make it harder to safely drive. Still others may struggle with basic activities needed to live independently, such as bathing or using a toilet. All of these changes threaten older adults’ ability to remain independent.

The costs of aging

Nearly 70% of older Americans will require long-term care in their lifetime, whether through paid, in-home help or residence in an assisted living facility or nursing home.

But long-term care is expensive. In 2021, the Federal Long Term Care Insurance Program reported that the average hourly rate for in-home care was US$27. An assisted living apartment averaged $4,800 per month, and a nursing home bed cost nearly double that, at a rate of $276 per day.

Many Americans may be shocked to discover that these costs are not covered by Medicare or other traditional medical insurance. Long-term care insurance covers the cost of long-term care, such as in-home care or nursing home placement. However, what is covered varies from plan to plan. Currently, only a small minority of Americans have long-term care insurance due to high premiums and complex activation rules.

I am not aware of any high-quality, peer-reviewed studies that have demonstrated the cost effectiveness of long-term care insurance. Yet, for many Americans, paying for care out of pocket is simply not an option.

Medicaid can provide financial support for long-term care but only for older adults with very low income and minimal assets – criteria most Americans don’t meet until they have nearly exhausted their savings.

Those receiving Medicaid to cover the costs of long-term care have essentially no funds for anything other than medical care, room and board. And proposed federal financial cuts may further erode the limited support services available. In Michigan, for example, Medicaid-covered nursing home residents keep only $60 per month for personal needs. If individuals receive monthly income greater than $60 – for instance, from Social Security or a pension – the extra money would go toward the cost of nursing home care.

Those who don’t qualify for Medicaid or cannot afford private care often rely on family and friends for unpaid assistance, but not everyone has such support systems.

A nurse helps an older man shave.
Older adults may end up needing help with day-to-day personal care.
Klaus Vedfelt/DigitalVision via Getty Images

Planning for the care you want

Beyond financial planning, older adults can make an advance directive. This is a set of legal documents that outlines preferences for medical care and asset management if a person becomes incapacitated. However, only about 25% of Americans over 50 have completed such documentation.

Without medical and financial powers of attorney in place, state laws determine who makes critical decisions, which may or may not align with a person’s wishes. For instance, an estranged child may have more legal authority over an incapacitated parent than their long-term but unmarried partner. Seniors without clear advocates risk being placed under court-appointed guardianship – a restrictive and often irreversible process.

In addition to completing advance directives, it is important that older adults talk about their wishes with their loved ones. Conversations about disability, serious illness and loss of independence can be difficult, but these discussions allow your loved ones to advocate for you in the event of a health crisis.

Who’s going to care for you?

Finding a caregiver is an important step in making arrangements for aging. If you are planning to rely on family or friends for some care, it helps to discuss this with them ahead of time and to have contingency plans in place. As the Hackman case demonstrates, if a caregiver is suddenly incapacitated, the older adult may be left in immediate danger.

Caregivers experience higher rates of stress, depression and physical illness compared with their peers. This is often exacerbated by financial strain and a lack of support. It helps if the people you will be relying on have expectations in place about their role.

For instance, some people may prefer placement in a facility rather than relying on a loved one if they can no longer use the bathroom independently. Others may wish to remain in their homes as long as this is a feasible option.

Connecting with available resources

There are local and federal initiatives designed to help aging adults find and get the help they need. The Centers for Medicare & Medicaid Services recently launched the GUIDE Model to improve care and quality of life for both those suffering from dementia and their caregivers.

This program connects caregivers with local resources and provides a 24-hour support line for crises. While GUIDE, which stands for Guiding an Improved Dementia Experience, is currently in the pilot stage, it is slowly expanding, and I am hopeful that it will eventually expand to provide enhanced coverage for those suffering from dementia nationwide.

The Program for All-Inclusive Care of the Elderly helps dual-eligible Medicare and Medicaid recipients remain at home as they age. This program provides comprehensive services including medical care, a day center and home health services.

Area agencies on aging are regionally located and can connect older adults with local resources, based on availability and income, such as meals, transportation and home modifications that help maintain independence.

Unfortunately, all of these programs and others that support older adults are threatened by recent federal budget cuts. The tax breaks and spending cuts bill, which was signed into law in July 2025, will result in progressive reductions to Medicaid funding over the next 10 years. These cuts will decrease the number of individuals eligible for Medicaid and negatively affect how nursing homes are reimbursed.

The government funding bill passed on Nov. 13 extends current Medicare funding through Jan. 30, 2026, at which point Medicare funding may be reduced.

Even as the future of these programs remains uncertain, it’s important for older adults and their caregivers to be intentional in making plans and to familiarize themselves with the resources available to them.

The Conversation

Kahli Zietlow receives funding from Health Resources and Services Administration via grant 1 K01HP49055‐01‐00

ref. Americans are unprepared for the expensive and complex process of aging – a geriatrician explains how they can start planning – https://theconversation.com/americans-are-unprepared-for-the-expensive-and-complex-process-of-aging-a-geriatrician-explains-how-they-can-start-planning-259237

Research breakthroughs often come through collaborations − attacks on academic freedom threaten this vital work

Source: The Conversation – USA – By Volha Chykina, Assistant Professor of Leadership Studies, University of Richmond

At the University of Minnesota, researchers, scientists and other supporters protested against proposed cuts to scientific research funding. Michael Siluk/UCG/Universal Images Group via Getty Images

Since President Donald Trump took office for the second time, many researchers across academic disciplines have had their funding cut because of their purported ideological bias. These funding cuts were further exacerbated by the extensive 2025 government shutdown.

As a team of sociologists studying universities, higher education policy and administration, academic freedom and science production, we recognized these cuts as part of a recent global trend of weakened academic freedom. Since the mid-2000s, political attacks on higher education have increased in many countries. Consequently, academic freedom has declined in countries as different as India, Israel, Nicaragua and the United Kingdom, among others.

For example, for years Hungarian Prime Minister Viktor Orbán accused the internationally respected Central European University of “liberal bias.” By 2019, he had effectively forced the university and its faculty into exile in Vienna, Austria. Since Argentinian President Javier Milei came to power in 2023, he has made repeated claims that academics are corrupt elites. He used this narrative to restrict universities’ autonomy and funding of their research programs.

Today, most research is done collaboratively. But research finds that when individual scholars have less academic freedom and universities’ autonomy declines, global research collaborations are also threatened.

The prevalence and complexity of those collaborations that optimize human and material resources has grown, with substantial impact on scientific productivity — what we call the global “collaboration dividend.” Collaborations foster solutions to complex problems, from vaccine development to renewable energy. Diminishing academic freedom erodes these collaboration dividends, which then reduces the quantity and quality of scientific discovery worldwide.

The United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization recommendation concerning the status of higher education teaching personnel builds on Article 26 of the Universal Declaration of Human Rights and urges governments to protect academics from political surveillance and interference on two levels.

First, UNESCO affirms the right of individual faculty to teach, research, share findings and express their expert opinions independently. Second, UNESCO recognizes the right of universities to autonomously make decisions about facilitating research, hiring and promoting faculty, and developing curricula without state interference.

Academic freedom and global collaborations

Data from the Varieties of Democracy, or V-DEM, project demonstrate international trends in academic freedom. V-DEM is a large, widely used international dataset based on experts evaluating political developments. It tracks infringements and protections of these rights in every country over the past hundred years. The index we used measures dimensions of academic freedom.

Suppressed in the 1930s by global economic depression, rising fascism and military conflict, academic freedom reached a low point during World War II. It then rebounded and grew strongly.

More countries began recognizing the benefits of free inquiry and guaranteed independent science, especially from 1980 to the mid-2000s. Nations everywhere expanded the capacity of their universities to undertake scientific research and collaborate across boundaries. A new global model of the research university fostered the exponential growth of scientific knowledge.

Also, in part as a defense against totalitarianism, many countries signed on to international agreements upholding academic freedom, such as the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights. This agreement declares that the basic human right to an education “can only be enjoyed if accompanied by the academic freedom of staff and students.”

The strengthening of academic freedom paralleled the largest historical expansion of the world’s capacity to undertake research on science, technology, engineering, mathematics and medicine, or STEMM. But over the past decade, freedoms of faculty members and universities began to weaken in many countries, including in the United States.

Today, university-based scientists co-author 85% to 90% of the several million STEMM research papers produced annually. Large, complex collaborations are increasingly a driving force in discovery. The global expansion of academic freedom enables universities and their scientists to participate in this intensifying collaboration dividend through joint research with colleagues elsewhere.

In studies published between 2024 and 2025, we presented troubling trends about declining academic freedom, collaborations and scientific research at universities in countries across the world.

First, we analyzed individual academic freedom and STEMM production in 17 research productive countries from 1981 to 2007. We found that academic freedom protections raise the quantity and quality of research, while infringements on these safeguards lower them.

Second, we found that safeguarding universities’ organizational autonomy also increases the volume and excellence of a country’s STEMM research output. Both associations are independent of other influential factors behind countries’ scientific productivity, such as governmental research spending, a country’s wealth or university enrollments.

Third, a related study by others finds that restricting academic freedom reduces scientists’ and universities’ ability to effectively participate in international research collaborations.

A screen showing the headshots of three researchers at a Nobel Prize announcement ceremony.
Nobel Prizes often are awarded to interorganizational and/or international teams of researchers, such as the 2025 Nobel Prize in medicine.
Claudio Bresciani/TT News Agency via AP

Diminishing the collaboration dividend

Together, these findings underscore that academic freedom allows researchers to participate in complex collaborations, which in turn increases research production. Most of these collaborations aren’t just facilitated by individual scientists, however. Global collaborations are made up of networks of universities, and declining academic freedom can threaten the ties between these institutions and their scientists’ projects.

The popular image of the solitary genius making isolated breakthroughs is largely a myth. Research teams have steadily increased in size, and “super-collaborative” groups of hundreds or even thousands of scientists now work together on complex projects. Together, they produce ever greater amounts of knowledge. Because individual researchers’ output is fairly steady over their careers, real productivity gains in science now depend on global collaboration and shared resources. This is true even as the number of scientists grows.

Research collaborations spanning the globe, with research hubs of mostly universities visible (mapping of bibliographic pairs on the basis of Scopus data).
Olivier H. Beauchesne, used with permission

In the early 1980s, three geographical superhubs of robust, primarily university-based collaborative research emerged. One is Europe, another is North America. The third, East Asia, is growing rapidly.

By 1980, universities in the European and North American hubs collaborated on publications with scientists in 100 other countries. This number grew to 193 countries by 2010. Currently, over a fourth of the millions of annual STEMM papers are the result of international collaborations. This process is heavily dependent on universities and their freedom to pursue science.

Moreover, superhubs can accelerate international collaboration for scientists in other countries not originally in these hubs. Such collaborations enable their universities to leapfrog into new superhub status. South Korean universities have been an example of this process over the past several decades.

This collaborative capacity has enabled the production of millions of co-authored papers and scientific advances. For instance, these collaborations allowed for the rapid development of COVID-19 vaccines.

Collaborative networks depend on university support, not just individual scientists. This is why our research suggests declining academic freedom at the university level makes them vulnerable. A troubling three-quarters of U.S.-based scientists have considered leaving the country in response to threats against academic freedom in the U.S. since early 2025.

This research suggests that at stake here is not only the freedom of scholars and academic institutions, but also the future of discovery itself. Academic freedom is essential for scientists around the world to collaborate, enabling the scientific discoveries necessary for technological innovation, medical breakthroughs, and social and environmental problem-solving.

The Conversation

Volha Chykina has received funding from Mellon Foundation / Scholars at Risk to support her research on academic freedom.

David P. Baker has received funding for research on higher education and science from Luxembourg’s FNR, and Qatar’s QNRF

Frank Fernandez has received funding from Mellon Foundation/Scholars at Risk to support his research on academic freedom.

Justin Powell has received funding for research on higher education and science from Germany’s BMBF, DFG, and VolkswagenStiftung; Qatar’s QNRF; and Luxembourg’s FNR.

ref. Research breakthroughs often come through collaborations − attacks on academic freedom threaten this vital work – https://theconversation.com/research-breakthroughs-often-come-through-collaborations-attacks-on-academic-freedom-threaten-this-vital-work-266644

When fake data is a good thing – how synthetic data trains AI to solve real problems

Source: The Conversation – USA – By Ambuj Tewari, Professor of Statistics, University of Michigan

These faces are fake – generated by artificial intelligence – but useful for training other AI systems about human faces. David Beniaguev

You’ve just finished a strenuous hike to the top of a mountain. You’re exhausted but elated. The view of the city below is gorgeous, and you want to capture the moment on camera. But it’s already quite dark, and you’re not sure you’ll get a good shot. Fortunately, your phone has an AI-powered night mode that can take stunning photos even after sunset.

Here’s something you might not know: That night mode may have been trained on synthetic nighttime images, computer-generated scenes that were never actually photographed.

As artificial intelligence researchers exhaust the supply of real data on the web and in digitized archives, they are increasingly turning to synthetic data, artificially generated examples that mimic real ones. But that creates a paradox. In science, making up data is a cardinal sin. Fake data and misinformation are already undermining trust in information online. So how can synthetic data possibly be good? Is it just a polite euphemism for deception?

As a machine learning researcher, I think the answer lies in intent and transparency. Synthetic data is generally not created to manipulate results or mislead people. In fact, ethics may require AI companies to use synthetic data: Releasing real human face images, for example, can violate privacy, whereas synthetic faces can offer similar benefit with formal privacy guarantees.

There are other reasons that help explain the growing use of synthetic data in training AI models. Some things are so scarce or rare that they are barely represented in real data. Rather than letting these gaps become an Achilles’ heel, researchers can simulate those situations instead.

Another motivation is that collecting real data can be costly or even risky. Imagine collecting data for a self-driving car during storms or on unpaved roads. It is often much more efficient, and far safer, to generate such data virtually.

Here’s a quick take on what synthetic data is and why researchers and developers use it.

How synthetic data is made

Training an AI model requires large amounts of data. Like students and athletes, the more an AI is trained, the better its performance tends to be. Researchers have known for a long time that if data is in short supply, they can use a technique known as data augmentation. For example, a given image can be rotated or scaled to yield additional training data. Synthetic data is data augmentation on steroids. Instead of making small alterations to existing images, researchers create entirely new ones.

But how do researchers create synthetic data? There are two main approaches. The first approach relies on rule-based or physics-based models. For example, the laws of optics can be used to simulate how a scene would appear given the positions and orientations of objects within it.

The second approach uses generative AI to produce data. Modern generative models are trained on vast amounts of data and can now create remarkably realistic text, audio, images and videos. Generative AI offers a flexible way to produce large and diverse datasets.

Both approaches share a common principle: If data does not come directly from the real world, it must come from a realistic model of the world.

Downsides and dangers

It is also important to remember that while synthetic data can be useful, it is not a panacea. Synthetic data is only as reliable as the models of reality it comes from, and even the best scientific or generative models have weaknesses.

Researchers have to be careful about potential biases and inaccuracies in the data they produce. For example, researchers may simulate the home-insurance ecosystem to help detect fraud, but those simulations could embed unfair assumptions about neighborhoods or property types. The benefits of such data must be weighed against risks to fairness and equity.

It’s also important to maintain a clear distinction between models and simulations on one hand and the real world on the other. Synthetic data is invaluable for training and testing AI systems, but when an AI model is deployed in the real world, its performance and safety should be proved with real, not simulated, data for both technical and ethical reasons.

Future research on synthetic data in AI is likely to face many challenges. Some are ethical, some are scientific, and others are engineering problems. As synthetic data becomes more realistic, it will be more useful for training AI, but it will also be easier to misuse. For example, increasingly realistic synthetic images can be used to create convincing deepfake videos.

I believe that researchers and AI companies should keep clear records to show which data is synthetic and why it was created. Clearly disclosing which parts of the training data are real and which are synthetic is a key aspect of responsibly producing AI models. California’s law, “Generative artificial intelligence: training data transparency,” set to take effect on Jan. 1, 2026, requires AI developers to disclose if they used synthetic data in training their models.

Researchers should also study how mistakes in simulations or models can lead to bad data. Careful work will help keep synthetic data transparent, trustworthy and reliable.

Keeping it real

Most AI systems learn by finding patterns in data. Researchers can improve their ability to do this by adding synthetic data. But AI has no sense of what is real or true. The desire to stay in touch with reality and to seek truth belongs to people, not machines. Human judgment and oversight in the use of synthetic data will remain essential for the future.

The next time you use a cool AI feature on your smartphone, think about whether synthetic data might have played a role. Our AIs may learn from synthetic data, but reality remains the ultimate source of our knowledge and the final judge of our creations.

The Conversation

Ambuj Tewari receives funding from NSF and NIH.

ref. When fake data is a good thing – how synthetic data trains AI to solve real problems – https://theconversation.com/when-fake-data-is-a-good-thing-how-synthetic-data-trains-ai-to-solve-real-problems-265180