Cyberattaques, sabotage, ingérence, drones… Bienvenue à l’ère de la guerre hybride

Source: The Conversation – in French – By Renéo Lukic, Professeur titulaire de relations internationales, Université Laval

Le système international se transforme depuis le début du XXIe siècle, passant d’un modèle bipolaire, en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à un monde multipolaire en formation. C’est ainsi qu’on a vu émerger une nouvelle forme de conflit : la guerre hybride.

Cette dernière combine des actions militaires conventionnelles, mais aussi non militaires, comme les cyberattaques, l’ingérence informationnelle, le sabotage des infrastructures sur le terrain de l’ennemi, le survol de drones. Elle n’est jamais officiellement déclarée, ce qui rend difficiles l’attribution officielle et une réponse ciblée.

Professeur titulaire de relations internationales au Département d’histoire de l’Université Laval, la guerre en Ukraine et la réaction internationale vis-à-vis du conflit sont au centre de mes recherches.

La Russie et la guerre hybride

En Russie, la guerre hybride a trouvé sa légimité après le discours de Poutine à la conférence de Munich en 2007. Il y annonçait un renforcement de la politique étrangère russe, critiquait le monde unipolaire dirigé par les États-Unis et appelait à un ordre mondial multipolaire.

L’année suivante, la Russie lançait des hostilités en Géorgie et en 2014, elle annexait la Crimée. Puis, en 2022, la Russie a lancé une agression ouverte contre son voisin ukrainien.

Parallèlement à cette guerre conventionnelle, Moscou mène aussi une guerre hybride, non déclarée contre les alliés européens qui soutiennent l’effort de guerre ukrainien. Ainsi, depuis la mi-septembre, des drones russes survolent l’espace aérien de plusieurs pays limitrophes, mais aussi de la Belgique.

Des aéroports européens, notamment ceux de Copenhague, de Bruxelles et de Munich, ont vu leurs opérations perturbées par des drones d’origine inconnue.

La guerre hybride apparaît ainsi comme une mutation de la Guerre froide et s’inscrit dans la transformation de système international.




À lire aussi :
Les provocations de la Russie en Europe indiquent-elles un affaiblissement de sa position stratégique ?


Héritage de la guerre froide

La Guerre froide a marqué durablement les relations internationales entre les démocraties libérales et les États totalitaires et autoritaires, notamment l’Union soviétique, la Chine et leurs alliés. La chute du mur de Berlin en 1989 et la désintégration de l’Union soviétique en 1991 y a mis fin.

Après le massacre des étudiants à la place de Tian’anmen en 1989, la Chine est restée dans le collimateur de l’Occident. Une forme de Guerre froide à faible intensité a continué jusqu’au milieu des années 1990.

Durant la période de la Guerre froide, aucune guerre n’était envisageable entre l’Ouest et l’Est, ni conventionnelle, et encore moins nucléaire. Les traités signés limitant le nombre et la portée des armes nucléaires de deux côtés étaient respectés.

Après la crise des missiles à Cuba, en 1962, ces traités sont devenus la clé de voûte de l’architecture de sécurité de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. La dissuasion nucléaire adoptée des deux côtés a exclu la guerre comme moyen pour obtenir des gains territoriaux, économiques ou autres. Cependant, la Guerre froide permettait d’autres formes de conflits entre deux camps, notamment une guerre de propagande, une course aux armements et des guerres interposées dans les pays qu’on appelait alors ceux du tiers-monde (Viêt-nam et Corée) entre autres.

Vers une Russie revancharde

La fin de la Guerre froide a été bénéfique pour la Russie et la Chine.

La coopération multiforme avec l’Occident était établie à tous les niveaux, politique, économique et culturel. Cependant, la prospérité créée par la fin de la Guerre froide n’a pas satisfait les ambitions géopolitiques de Vladimir Poutine. En attaquant l’Ukraine en 2022, il a décidé de restaurer l’empire russe par l’emploi de la force militaire et en violation flagrante du droit international.

Poutine a qualifié la guerre contre l’Ukraine « d’opération spéciale » visant à neutraliser la dérive néonazie du pays. Il s’agit d’une justification creuse, dénouée de crédibilité et digne de la rhétorique orwellienne. Outre d’imposer une souveraineté limitée à l’Ukraine en décembre 2021, deux mois avant le déclenchement de la guerre totale, Vladimir Poutine a exigé aussi le retrait géopolitique de l’OTAN, en lui demandant de revenir « aux frontières de 1991 ».

Ainsi, c’est un nouveau traité de Yalta que Poutine a exigé pour éviter la guerre contre l’Ukraine. Devant le refus de l’Occident de battre en retrait stratégiquement de l’Europe centre-orientale, Poutine a opté pour une guerre hybride, non déclarée, contre les États membres de l’OTAN, et une guerre totale contre l’Ukraine, aussi non déclarée. La guerre contre l’Ukraine peut être qualifiée comme totale, étant donné qu’elle englobe la guerre conventionnelle et la guerre hybride.




À lire aussi :
Voici comment les drones modifient les manières de faire la guerre


L’Europe dans le collimateur

Le champ de bataille de cette guerre hybride lancée par Moscou contre les États membres de l’OTAN et de l’Union européenne est désormais dans le cyberespace.

C’est un nouveau front où se déroulent des cyberattaques menées par des pirates russes. L’éventail de l’ingérence informationnelle est large, elle peut cibler les infrastructures civiles, voire manipuler des élections, comme on soupçonne que ce fut le cas lors des présidentielles en Roumanie et en Moldavie en 2025.

Afin de protéger l’organisation de futurs scrutins, la Commission européenne a dévoilé le 12 novembre son « bouclier démocratique », un ensemble de mesures destinées à contrer la « guerre d’influence » menée par la Russie en Europe.

À cela s’ajoute une guerre de drones, jamais reconnue par la Russie. Elle paralyse des aéroports européens en perturbant les vols. La cible privilégie de ces attaques est désormais la Belgique (nouveau survol au début du mois de novembre), où est le siège de l’OTAN. Le pays semble être, avec les États baltes et la Pologne, au centre de la guerre hybride menée par Moscou.

Un rhétorique de menace

Vladimir Poutine envisage aussi la reprise des essais nucléaires. La réplique du président Trump ne s’est pas fait attendre. Les États-Unis vont emboîter le pas, même s’ils n’incluront pas d’explosions nucléaires lors de leurs essais.


Déjà des milliers d’abonnés à l’infolettre de La Conversation. Et vous ? Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.


La remise en question de la dissuasion nucléaire par la Russie est accompagnée par une rhétorique toxique orchestrée par l’ancien président de la Russie, Dimitri Medvedev, proche de Poutine, et le politiste Serguei Karaganov, visant à intimider l’Occident.

La guerre hybride est la seule arme dont dispose la Russie pour dissuader les alliés de l’Ukraine de lui livrer des armes et d’apporter de l’aide économique. Tant que la guerre en Ukraine continue, celle, hybride, contre l’Occident ne s’arrêtera pas.

La guerre conventionnelle entre la Russie et les membres de l’OTAN est improbable. Le risque d’escalade deviendrait incontrôlable, et le danger d’utilisation d’armes nucléaires tactiques est tel que ni la Russie, ni l’OTAN ne veulent faire face à ce scénario catastrophe.

La Conversation Canada

Renéo Lukic ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Cyberattaques, sabotage, ingérence, drones… Bienvenue à l’ère de la guerre hybride – https://theconversation.com/cyberattaques-sabotage-ingerence-drones-bienvenue-a-lere-de-la-guerre-hybride-269454

« Revenge quitting » : est-ce vraiment une bonne idée de régler ses comptes au moment de quitter son emploi ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Kathy Hartley, Senior Lecturer in People Management, University of Salford

Les départs spectaculaires peuvent nuire à la carrière, surtout dans des secteurs restreints où les réputations circulent vite. GaudiLab/Shutterstock

Quitter son poste avec fracas, c’est la nouvelle manière pour certains salariés d’exprimer leur ras-le-bol. Entre vidéos virales, mails incendiaires et départs spectaculaires, le « revenge quitting » traduit une colère profonde contre le monde du travail.

Beaucoup d’entre nous ont déjà ressenti la colère provoquée par un traitement injuste au travail – et parfois même l’envie soudaine de tout quitter. Chefs tyranniques, remarques humiliantes ou salaires dérisoires peuvent alimenter ces réactions impulsives. Mais tandis que la plupart des employés ravalent leur colère et retournent à leur poste, certains décident de partir d’une manière qui fait clairement passer le message à leur employeur. Bienvenue dans le monde du « revenge quitting ».

Contrairement au « quiet quitting », où les salariés restent en poste mais se contentent d’en faire le strict minimum, le « revenge quitting » consiste à partir de manière bruyante et spectaculaire.

Ce phénomène s’est désormais répandu dans le monde entier : certains filment leur démission pour les réseaux sociaux, envoient des mails d’adieu cinglants ou quittent leur poste à la dernière minute – parfois à deux heures du début d’un cours qu’ils devaient assurer.

Ces scènes illustrent la dimension libératrice du « revenge quitting » : une manière de reprendre sa dignité lorsque l’on se sent ignoré ou maltraité. Mais elles révèlent aussi autre chose qu’une simple montée du drame au travail ou un effet de génération : elles montrent qu’une partie des travailleurs, lorsqu’ils sont poussés à bout, sont désormais prêts à partir en faisant du bruit.

Dans son ouvrage classique de 1970 Défection et prise de parole (Exit, Voice, and Loyalty), l’économiste Albert Hirschman expliquait que face à une situation insatisfaisante, les individus disposent de trois options : faire entendre leur voix (voice), faire preuve de loyauté (loyalty) ou quitter (exit). Le « revenge quitting » relève de cette dernière catégorie – mais sous une forme particulière, pensée pour faire passer un message clair aux employeurs.

Plusieurs dynamiques au travail augmentent la probabilité de « revenge quitting » :

  • des supérieurs ou des environnements de travail toxiques : des recherches montrent qu’une supervision maltraitante rend les salariés plus enclins à riposter et à démissionner ;
  • le mauvais traitement par les clients : là aussi, des études indiquent que le manque de politesse ou l’incivilité de la clientèle peuvent déclencher des envies de vengeance chez les employés en contact direct avec le public ;
  • l’épuisement émotionnel : le surmenage ou le manque de soutien peuvent pousser certaines personnes à adopter des comportements de représailles, y compris des démissions spectaculaires ;
  • la culture des réseaux sociaux : des plateformes comme TikTok offrent une scène, transformant la démission en acte non seulement personnel, mais aussi performatif.

Risques et alternatives

Bien sûr, le « revenge quitting » comporte des risques. Les départs spectaculaires peuvent nuire à la carrière, surtout dans des secteurs restreints où les réputations circulent vite, ou lorsque les démissions s’enchaînent après de courts passages dans plusieurs postes. Pour les personnes très qualifiées, expérimentées et dotées d’un bon historique professionnel, ces risques restent toutefois plus limités.

Quelles sont donc les alternatives ?

  • faire entendre sa voix plutôt que partir : exprimer ses préoccupations auprès du service des ressources humaines, des responsables du bien-être au travail ou des représentants syndicaux lorsqu’ils existent ;

  • se désengager : se retirer discrètement, par exemple en limitant le temps passé à préparer les réunions ou en évitant les tâches supplémentaires, afin de reprendre un certain contrôle sur sa situation.

Ces alternatives peuvent, au final, nuire davantage aux organisations qu’un départ spectaculaire (à moins que le « revenge quitting » ne devienne un phénomène généralisé dans la structure). Mais bien sûr, tout le monde n’a pas la possibilité de démissionner, même lorsqu’il en a envie.

Une enquête menée en 2023 a révélé que plus de la moitié des travailleurs dans le monde souhaiteraient quitter leur emploi, mais ne le peuvent pas. Les raisons sont multiples : responsabilités financières, manque d’opportunités ou contraintes familiales.

Les chercheurs spécialistes du monde du travail appellent ces personnes des « reluctant stayers » (des « employés coincés malgré eux »). Une étude sur deux organisations a montré qu’environ 42 % des salariés entraient dans cette catégorie. D’autres travaux ont observé que ces salariés « bloqués » finissent souvent par élaborer des stratégies de représailles : ils diffusent discrètement de la négativité ou sapent la productivité. À long terme, cela peut s’avérer plus nuisible pour l’entreprise que le « revenge quitting » lui-même.

L’impact du « revenge quitting » dépend sans doute du contexte. Dans les petites structures, un départ soudain peut être dévastateur, surtout si l’employé possède des compétences rares ou très recherchées. Une démission bruyante peut aussi peser sur les collègues qui doivent gérer les conséquences.

Dans les grandes organisations, l’effet est généralement moins grave : elles peuvent plus facilement absorber le choc. Lorsqu’un cadre ou un employé hautement qualifié quitte bruyamment son poste, les employeurs cherchent en général à éviter ce scénario, en tentant de résoudre les problèmes avant qu’ils ne dégénèrent. Pour cette raison, le « revenge quitting » se manifeste plus souvent chez les travailleurs plus jeunes, précaires ou peu soutenus.

Un départ en fanfare en 2012.

Que peuvent faire les employeurs ? Le « revenge quitting » est souvent le signe que les dispositifs classiques de soutien aux salariés ne fonctionnent plus. Beaucoup d’équipes de ressources humaines sont déjà surchargées et peinent à répondre à toutes les attentes. Mais certaines pratiques de base peuvent encore faire la différence.

Cela passe par une communication ouverte, où les employés se sentent en sécurité pour évoquer les problèmes, et par une formation des managers afin d’éviter les comportements abusifs ou le micro-management. Par ailleurs, même si cela semble évident, des charges de travail ou des conditions inéquitables finissent toujours par susciter du mécontentement : il est donc essentiel de veiller à l’équité. Les employeurs doivent aussi tenir compte des attentes des jeunes générations, souvent plus attachées au respect et à l’équilibre de vie.

En définitive, le « revenge quitting » met en lumière des dysfonctionnements profonds dans l’entreprise. Quitter bruyamment peut donner au salarié un sentiment de pouvoir, surtout sur le moment, mais c’est rarement une bonne nouvelle, ni pour lui, ni pour l’organisation.

The Conversation

Kathy Hartley ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Revenge quitting » : est-ce vraiment une bonne idée de régler ses comptes au moment de quitter son emploi ? – https://theconversation.com/revenge-quitting-est-ce-vraiment-une-bonne-idee-de-regler-ses-comptes-au-moment-de-quitter-son-emploi-268321

Pour les artistes comme pour les scientifiques, l’observation prolongée permet de faire émerger l’esprit critique

Source: The Conversation – France (in French) – By Amanda Bongers, Assistant Professor, Chemistry Education Research, Queen’s University, Ontario

S’il semble évident que les scientifiques doivent développer des compétences en analyse visuelle, ces dernières ne sont pas suffisamment enseignées ni mises en pratique dans nos universités.


C’est l’une des difficultés de l’apprentissage des sciences : il repose en partie sur des images et des simulations pour représenter des choses que nous ne pouvons pas voir à l’œil nu. Dans des matières comme la chimie, les étudiants peuvent avoir du mal à visualiser les atomes et les molécules à partir des symboles complexes qui les représentent.

Pourtant, la plupart des cours de chimie dispensés l’université n’aident pas les étudiants à mieux comprendre ces représentations. Les étudiants passent leurs cours à regarder passivement des diapositives pleines d’images sans s’impliquer ni générer les leurs. En s’appuyant sur leurs capacités innées plutôt qu’en apprenant à affiner leur pensée visuelle et leurs compétences en analyse d’images, de nombreux étudiants finissent par se sentir perdus face aux symboles et ont recours à des techniques de mémorisation fastidieuses et improductives.

Que pouvons-nous faire pour aider les élèves à analyser et à tirer des enseignements des visuels scientifiques ? La solution se trouve peut-être du côté de l’histoire de l’art. Il existe de nombreux parallèles entre les compétences acquises en histoire de l’art et celles requises dans les cours de sciences.

Développer un œil averti

Se sentir déconcerté par une œuvre d’art ressemble fortement à l’expérience que font de nombreux étudiants en chimie. Dans les deux cas, les spectateurs peuvent se demander : que suis-je en train de regarder, où dois-je regarder et qu’est-ce que cela signifie ?

Et si un portrait ou un paysage peut sembler, a priori, porter un message simple, les œuvres d’art regorgent d’informations et de messages cachés pour un œil non averti.

Plus on passe de temps à regarder chaque image, plus on peut découvrir d’informations, se poser des questions et approfondir son exploration visuelle et intellectuelle.

Par exemple, dans le tableau du XVIIIe siècle intitulé Nature morte aux fleurs sur une table de marbre (1716) de la peintre néerlandaise Rachel Ruysch, en regardant plus longuement les fleurs, on découvre plusieurs insectes dont les historiens de l’art interprètent la présence dans un contexte plus large de méditations spirituelles sur la mortalité.

Nature morte représentant de nombreuses fleurs sur fond noir, avec des insectes posés sur certaines feuilles
Avez-vous remarqué les insectes dans Nature morte avec des fleurs sur une table de marbre ?
(Rijksmuseum)

Le domaine de l’histoire de l’art est consacré à l’étude des œuvres d’art et met l’accent sur l’analyse visuelle et les capacités de réflexion critique. Lorsqu’un historien de l’art étudie une œuvre d’art, il explore les informations que celle-ci peut contenir, les raisons pour lesquelles elle a été présentée de cette manière et ce que cela signifie dans un contexte plus large.




À lire aussi :
Mike Pence’s fly: From Renaissance portraits to Salvador Dalí, artists used flies to make a point about appearances


Processus d’observation et de questionnement

Ce processus d’observation et de questionnement sur ce que l’on regarde est nécessaire à tous les niveaux de la science et constitue une compétence générale utile.

L’organisation à but non lucratif Visual Thinking Strategies a créé des ressources et des programmes destinés à aider les enseignants, de la maternelle au lycée, à utiliser l’art comme sujet de discussion dans leurs classes.

Ces discussions sur l’art aident les jeunes apprenants à développer leurs capacités de raisonnement, de communication et de gestion de l’incertitude. Une autre ressource, « Thinking Routines » (Routines de réflexion) du projet Zero de Harvard, inclut d’autres suggestions pour susciter l’intérêt des élèves pour l’art, afin de les aider à cultiver leur sens de l’observation, de l’interprétation et du questionnement.

Pour regarder de manière critique, il faut ralentir

De telles approches ont également été adoptées dans l’enseignement médical, où les étudiants en médecine apprennent à porter un regard critique grâce à des activités d’observation attentive d’œuvres d’art et explorent les thèmes de l’empathie, du pouvoir et des soins.

Une personne assise à un bureau regardant des images médicales
L’observation des œuvres d’art peut aider à enseigner aux professionnels l’observation critique, une compétence essentielle pour interpréter les images médicales.
(Shutterstock)

Les programmes d’humanités médicales aident également les jeunes professionnels à faire face à l’ambiguïté. Apprendre à analyser l’art change la façon dont les gens décrivent les images médicales, et améliore leur score d’empathie.

Les compétences nécessaires à l’analyse visuelle des œuvres d’art exigent que nous ralentissions, que nous laissions notre regard vagabonder et que nous réfléchissions. Une observation lente et approfondie implique de prendre quatre ou cinq minutes pour contempler silencieusement une œuvre d’art, afin de laisser apparaître des détails et des liens surprenants. Les étudiants qui se forment à l’imagerie médicale dans le domaine de la radiologie peuvent apprendre ce processus d’observation lente et critique en interagissant avec l’art.

Les étudiants en classe

Imaginez maintenant la différence entre un cadre calme comme un musée et une salle de classe, où l’on est obligé d’écouter, de regarder, de copier, d’apprendre à partir d’images et de se préparer pour les examens.

En cours, les étudiants prennent-ils le temps d’analyser ces schémas chimiques complexes ? Les recherches menées par mes collègues et moi-même suggèrent qu’ils y consacrent très peu de temps.

Lorsque nous avons assisté à des cours de chimie, nous avons constaté que les élèves regardaient passivement les images pendant que l’enseignant les commentait, ou copiaient les illustrations au fur et à mesure que l’enseignant les dessinait. Dans les deux cas, ils ne s’intéressaient pas aux illustrations et n’en créaient pas eux-mêmes.

Lorsqu’elle enseigne la chimie, Amanda, l’autrice principale de cet article, a constaté que les élèves se sentent obligés de trouver rapidement la « bonne » réponse lorsqu’ils résolvent des problèmes de chimie, ce qui les amène à négliger des informations importantes mais moins évidentes.

Analyse visuelle dans l’enseignement de la chimie

Notre équipe composée d’artistes, d’historiens de l’art, d’éducateurs artistiques, de professeurs de chimie et d’étudiants travaille à introduire l’analyse visuelle inspirée des arts dans les cours de chimie à l’université.

Grâce à des cours simulés suivis de discussions approfondies, nos recherches préliminaires ont mis en évidence des recoupements entre les pratiques et l’enseignement des compétences en arts visuels et les compétences nécessaires à l’enseignement de la chimie, et nous avons conçu des activités pour enseigner ces compétences aux étudiants.

Un groupe de discussion composé d’enseignants en sciences à l’université nous a aidés à affiner ces activités afin qu’elles correspondent aux salles de classe et aux objectifs des enseignants. Ce processus nous a permis d’identifier de nouvelles façons d’appréhender et d’utiliser les supports visuels. À mesure que nos recherches évoluent, ces activités sont également susceptibles d’évoluer.

Exemple d’activité d’analyse visuelle associant une œuvre d’art à un visuel de chimie
Exemple d’activité d’analyse visuelle associant une œuvre d’art à un visuel de chimie. À gauche : Étude cubiste d’une tête, par Elemér de Kóródy, 1913 (The Met). À droite : Analyse d’une réaction de cycloaddition (fournie par l’auteur).

De nombreux étudiants en sciences ne poursuivent pas une carrière traditionnelle dans le domaine scientifique, et leurs programmes mènent rarement à un emploi spécifique, mais les compétences en pensée visuelle sont essentielles dans le large éventail de compétences nécessaires à leur future carrière.

Par ailleurs, l’analyse visuelle et la pensée critique deviennent indispensables dans la vie quotidienne, avec l’essor des images et des vidéos générées par l’IA.

Développer des compétences pour ralentir et observer

Intégrer les arts dans d’autres disciplines peut favoriser la pensée critique et ouvrir de nouvelles perspectives aux apprenants. Nous soutenons que les arts peuvent aider les étudiants en sciences à développer des compétences essentielles en analyse visuelle en leur apprenant à ralentir et à simplement observer.

« Penser comme un scientifique » revient à se poser des questions sur ce que l’on voit, mais cela correspond tout aussi bien à la façon de réfléchir d’un historien de l’art, selon les principes suivants :

  1. Observer attentivement les détails ;

  2. Considérer les détails dans leur ensemble et dans leur contexte (par exemple, en se demandant : « Qui a créé cela et pourquoi ? ») ;

  3. Reconnaître la nécessité de disposer de connaissances techniques et fondamentales étendues pour comprendre ce qui est le moins évident ;

  4. Enfin, accepter l’incertitude. Il peut y avoir plusieurs réponses, et nous ne connaîtrons peut-être jamais la « bonne réponse » !

The Conversation

Amanda Bongers receives funding from SSHRC and NSERC.

Madeleine Dempster reçoit un financement du Conseil de recherches en sciences humaines.

ref. Pour les artistes comme pour les scientifiques, l’observation prolongée permet de faire émerger l’esprit critique – https://theconversation.com/pour-les-artistes-comme-pour-les-scientifiques-lobservation-prolongee-permet-de-faire-emerger-lesprit-critique-266616

Un empereur romain à genoux devant un roi perse : que faut-il lire derrière la nouvelle statue dévoilée à Téhéran ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Peter Edwell, Associate Professor in Ancient History, Macquarie University

La mise en scène d’un empereur romain défait et soumis à Shapur Ier n’est pas nouvelle : elle puise dans l’imagerie triomphale de l’Iran antique. Mais son apparition sur la place Enghelab, à Téhéran, intervient à un moment où le pouvoir cherche à exalter la résistance nationale.


Une nouvelle statue dévoilée ces derniers jours en Iran représente un empereur romain se soumettant à un roi perse. Érigée sur la place Enghelab à Téhéran, la statue intitulée À genoux devant l’Iran montre l’empereur se prosternant devant Shapur Ier (qui régna aux alentours de 242 à 270 de notre ère). Mais d’où vient cette imagerie ? Et pourquoi cette statue a-t-elle été érigée maintenant ?

L’ascension de Shapur

Au IIIᵉ siècle de notre ère, une nouvelle dynastie appelée les Sassanides prend le pouvoir dans l’Iran antique. En quelques années, le premier roi sassanide, Ardachir Ier, commence à menacer les territoires romains en Mésopotamie (dans les régions correspondant aujourd’hui à la Turquie, l’Irak et la Syrie). Les Romains avaient arraché ces terres aux Parthes, les prédécesseurs des Sassanides.

Ardachir entend désormais reconquérir une partie de ces territoires perdus. Il remporte quelques succès dans les années 230. Mais son fils et successeur, Shapur Ier, porte cette ambition à un tout autre niveau. Ce dernier défait une armée romaine venue l’envahir en 244, une victoire qui entraîne la mort du jeune empereur romain Gordien III.

Dans les années 250, Shapur lance une vaste offensive en territoire romain à travers l’Irak, la Syrie et la Turquie. Deux grandes armées romaines sont vaincues et des dizaines de villes tombent. En 253, il s’empare d’Antioche, l’une des cités les plus importantes de l’empire. Certains de ses habitants, se trouvant au théâtre au moment de la chute de la ville, s’enfuient terrorisés tandis que les flèches pleuvent sur la cité.

L’empereur fait prisonnier

Si la prise d’Antioche est une lourde défaite pour les Romains, l’événement qui marque un tournant se situe en 260. Après une bataille à Édesse (dans l’actuelle Turquie méridionale), l’empereur romain Valérien est capturé. C’est la première et unique fois dans l’histoire qu’un empereur romain tombe vivant aux mains de l’ennemi. Valérien est emmené en Perse, avec des milliers d’autres prisonniers.

Son sort fait naître, par la suite, quantité de récits. Selon l’un d’eux, Valérien et des soldats prisonniers auraient été contraints de construire un pont sur le fleuve Karoun, à Shushtar. Les vestiges de cet ouvrage, connu sous le nom de Band-e Qayṣar (« le pont de l’empereur »), sont encore visibles aujourd’hui.

Le Band-e Kaïsar, construit par les Romains à Shushtar, en Iran, aurait été édifié par des prisonniers romains durant le règne de Shapur Ier.
Les ruines du pont Band-e Qayṣar.
Ali Afghah/Wikimedia

Selon un autre récit, Shapur aurait exigé que Valérien se mette à quatre pattes pour servir de marchepied, afin que le roi perse puisse monter à cheval. Shapur aurait également ordonné qu’après sa mort, le le corps de Valérien soit conservé, empaillé et placé dans une armoire. Ainsi, l’humiliation était totale.

On érigea des représentations des victoires de Shapur sur Rome dans tout l’empire perse. Plusieurs bas-reliefs sculptés célébrant ces triomphes ont survécu jusqu’à aujourd’hui. Le plus célèbre se trouve sans doute à Bishapur, dans le sud de l’Iran, où Shapur fit construire un palais magnifique. On y voit Shapur richement vêtu et assis sur un cheval. Sous le cheval gît le corps de Gordien III. Derrière lui se tient le captif Valérien, retenu par la main droite de Shapur. La figure placée à l’avant représente l’empereur Philippe Iᵉʳ (qui régna de 244 à 249 apr. J.-C.), successeur de Gordien. Il implore la libération de l’armée romaine vaincue.

Shapur sur son cheval.
Shapur est assis sur son cheval, sous lequel gît le corps de Gordien III. Derrière lui se tient le captif Valérien.
Marco Prins via Livius, CC BY

Shapur fit également graver une immense inscription en trois langues, qui célébrait notamment ses victoires majeures sur les Romains. Connue aujourd’hui sous le nom de Res Gestae Divi Saporis, elle est encore visible à Naqsh-i Rustam, dans le sud de l’Iran.

Le grand empire romain avait été profondément humilié. Les Perses emportèrent d’immenses ressources mais aussi des spécialistes comme des bâtisseurs, des architectes et des artisans, issus des villes conquises. Certaines cités de l’empire perse furent même repeuplées avec ces captifs.

Une nouvelle statue célébrant une vieille victoire

La statue révélée à Téhéran semble s’inspirer directement d’un bas-relief commémoratif de Naqsh-i Rustam. La figure agenouillée est présentée, dans plusieurs médias, comme Valérien. Si elle est effectivement inspirée du bas-relief de Naqsh-i Rustam, cette figure agenouillée correspond plutôt à Philippe Iᵉʳ, Valérien y étant représenté debout devant Shapur. Néanmoins, les déclarations officielles affirment qu’il s’agit bien de Valérien, notamment celle de Mehdi Mazhabi, directeur de l’Organisation municipale de l’embellissement de Téhéran, consignée dans un rapport :

La statue de Valérien reflète une vérité historique : l’Iran a toujours été une terre de résistance au fil des siècles […] En installant ce projet sur la place Enghelab, nous voulons créer un lien entre le passé glorieux de cette terre et son présent porteur d’espoir.

Les grandes victoires de Shapur sur les Romains restent une source de fierté nationale en Iran. La statue a ainsi été décrite comme un symbole de défi national après le bombardement par les États-Unis des installations nucléaires iraniennes en juin.

Bien que ces victoires sassanides remontent à plus de 1 700 ans, l’Iran continue de les célébrer. La statue s’adresse clairement au peuple iranien, dans la foulée des attaques américaines. Reste à savoir si elle constitue également un avertissement adressé à l’Occident.

The Conversation

Peter Edwell a reçu des financements de l’Australian Research Council.

ref. Un empereur romain à genoux devant un roi perse : que faut-il lire derrière la nouvelle statue dévoilée à Téhéran ? – https://theconversation.com/un-empereur-romain-a-genoux-devant-un-roi-perse-que-faut-il-lire-derriere-la-nouvelle-statue-devoilee-a-teheran-269733

Why the chemtrail conspiracy theory lingers and grows – and why Tucker Carlson is talking about it

Source: The Conversation – USA – By Calum Lister Matheson, Associate Professor of Communication, University of Pittsburgh

Contrails have a simple explanation, but not everyone wants to believe it. AP Photo/Carolyn Kaster

Everyone has looked up at the clouds and seen faces, animals, objects. Human brains are hardwired for this kind of whimsy. But some people – perhaps a surprising number – look to the sky and see government plots and wicked deeds written there. Conspiracy theorists say that contrails – long streaks of condensation left by aircraft – are actually chemtrails, clouds of chemical or biological agents dumped on the unsuspecting public for nefarious purposes. Different motives are ascribed, from weather control to mass poisoning.

The chemtrails theory has circulated since 1996, when conspiracy theorists misinterpreted a U.S. Air Force research paper about weather modification, a valid topic of research. Social media and conservative news outlets have since magnified the conspiracy theory. One recent study notes that X, formerly Twitter, is a particularly active node of this “broad online community of conspiracy.”

I’m a communications researcher who studies conspiracy theories. The thoroughly debunked chemtrails theory provides a textbook example of how conspiracy theories work.

Boosted into the stratosphere

Conservative pundit Tucker Carlson, whose podcast averages over a million viewers per episode, recently interviewed Dane Wigington, a longtime opponent of what he calls “geoengineering.” While the interview has been extensively discredited and mocked in other media coverage, it is only one example of the spike in chemtrail belief.

Although chemtrail belief spans the political spectrum, it is particularly evident in Republican circles. U.S. Secretary of Health and Human Services Robert F. Kennedy Jr. has professed his support for the theory. U.S. Rep. Marjorie Taylor Greene of Georgia has written legislation to ban chemical weather control, and many state legislatures have done the same.

Online influencers with millions of followers have promoted what was once a fringe theory to a large audience. It finds a ready audience among climate change deniers and anti-deep state agitators who fear government mind control.

Heads I win, tails you lose

Although research on weather modification is real, the overwhelming majority of qualified experts deny that the chemtrail theory has any solid basis in fact. For example, geoengineering researcher David Keith’s lab posted a blunt statement on its website. A wealth of other resources exist online, and many of their conclusions are posted at contrailscience.com.

But even without a deep dive into the science, the chemtrail theory has glaring logical problems. Two of them are falsifiability and parsimony.

The philosopher Karl Popper explains that unless your conjecture can be proved false, it lies outside the realm of science.

According to psychologist Rob Brotherton, conspiracy theories have a classic “heads I win, tails you lose” structure. Conspiracy theorists say that chemtrails are part of a nefarious government plot, but its existence has been covered up by the same villains. If there was any evidence that weather modification was actually happening, that would support the theory, but any evidence denying chemtrails also supports the theory – specifically, the part that alleges a cover-up.

People who subscribe to the conspiracy theory consider anyone who confirms it to be a brave whistleblower and anyone who denies it to be foolish, evil or paid off. Therefore, no amount of information could even hypothetically disprove it for true believers. This denial makes the theory nonfalsifiable, meaning it’s impossible to disprove. By contrast, good theories are not false, but they must also be constructed in such a way that if they were false, evidence could show that.

Nonfalsifiable theories are inherently suspect because they exist in a closed loop of self-confirmation. In practice, theories are not usually declared “false” based on a single test but are taken more or less seriously based on the preponderance of good evidence and scientific consensus. This approach is important because conspiracy theories and disinformation often claim to falsify mainstream theories, or at least exploit a poor understanding of what certainty means in scientific methods.

Like most conspiracy theories, the chemtrail story tends not to meet the criteria of parsimony, also known as Occam’s razor, which suggests that the more suppositions a theory requires to be true, the less likely it actually is. While not perfect, this concept can be an important way to think about probability when it comes to conspiracy theories. Is it more likely that the government is covering up a massive weather program, mind-control program or both that involve thousands or millions of silent, complicit agents, from the local weather reporter to the Joint Chiefs of Staff, or that we’re seeing ice crystals from plane engines?

Of course, calling something a “conspiracy theory” does not automatically invalidate it. After all, real conspiracies do exist. But it’s important to remember scientist and science communicator Carl Sagan’s adage that “extraordinary claims require extraordinary evidence.” In the case of chemtrails, the evidence just isn’t there.

Scientists explain how humans are susceptible to believing conspiracy theories.

Psychology of conspiracy theory belief

If the evidence against it is so powerful and the logic is so weak, why do people believe the chemtrail conspiracy theory? As I have argued in my new book, “Post-Weird: Fragmentation, Community, and the Decline of the Mainstream,” conspiracy theorists create bonds with each other through shared practices of interpreting the world, seeing every detail and scrap of evidence as unshakable signs of a larger, hidden meaning.

Uncertainty, ambiguity and chaos can be overwhelming. Conspiracy theories are symptoms, ad hoc attempts to deal with the anxiety caused by feelings of powerlessness in a chaotic and complicated world where awful things like tornadoes, hurricanes and wildfires can happen seemingly at random for reasons that even well-informed people struggle to understand. When people feel overwhelmed and helpless, they create fantasies that give an illusion of mastery and control.

Although there are liberal chemtrail believers, aversion to uncertainty might explain why the theory has become so popular with Carlson’s audience: Researchers have long argued that authoritarian, right-wing beliefs have a similar underlying structure.

On some level, chemtrail theorists would rather be targets of an evil conspiracy than face the limits of their knowledge and power, even though conspiracy beliefs are not completely satisfying. Sigmund Freud described a fort-da (“gone-here”) game played by his grandson where he threw away a toy and dragged it back on a string, something Freud interpreted as a simulation of control when the child had none. Conspiracy theories may serve a similar purpose, allowing their believers to feel that the world isn’t really random and that they, the ones who see through the charade, really have some control over it. The grander the conspiracy, the more brilliant and heroic the conspiracy theorists must be.

Conspiracies are dramatic and exciting, with clear lines of good and evil, whereas real life is boring and sometimes scary. The chemtrail theory is ultimately prideful. It’s a way for theorists to feel powerful and smart when they face things beyond their comprehension and control. Conspiracy theories come and go, but responding to them in the long term means finding better ways to embrace uncertainty, ambiguity and our own limits alongside a new embrace of the tools we do have: logic, evidence and even humility.

The Conversation

Calum Lister Matheson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why the chemtrail conspiracy theory lingers and grows – and why Tucker Carlson is talking about it – https://theconversation.com/why-the-chemtrail-conspiracy-theory-lingers-and-grows-and-why-tucker-carlson-is-talking-about-it-269770

Gripe H5N1: si yo fuera pato, estaría muy asustado

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ignacio López-Goñi, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología (SEM), Universidad de Navarra

El pasado jueves 13 de noviembre, el Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación de España decretó el confinamiento de todas granjas de aves de corral que se crían al aire libre para frenar la expansión de la gripe aviar, causada por el virus H5N1. La justificación de una medida tan drástica, que ya se ha tomado en otras ocasiones, se basa en el aumento de los focos de la infección en Europa y el incremento del riesgo por la migración de aves silvestres en Europa.

Este tipo de noticias producen una entendible alarma en la opinión pública, pero ¿ha aumentado el riesgo de que el virus H5N1 desencadene una pandemia entre la población humana? ¿Por qué está causando cada vez más estragos no solo entre las aves, sino también entre muchas especies de mamíferos?

Campeones de la variabilidad

Los virus de la gripe son los campeones de la variabilidad. Existen cuatro géneros (A, B, C y D) y muchos tipos distintos.

Los del género A son los que más importancia tienen para la salud humana y animal, y todos ellos derivan ancestralmente de virus de aves. El virus de la gripe A tiene dos proteínas esenciales en su envoltura: la hemaglutinina (H) y la neuraminidasa (N). Existen 18 tipos de H y 11 de N, que se pueden encontrar en cualquier combinación: H1N1, H1N2… y así sucesivamente hasta H18N11. Además, dentro de cada modalidad existe una considerable diversidad genética, por lo que cepas pertenecientes a un mismo tipo pueden diferir en capacidad de enfermar, rango de hospedador, transmisibilidad, etc.

La pandemia de gripe A H5N1

El virus H5N1 es un tipo de virus de la gripe A altamente patógeno y con una elevada tasa de mortalidad entre las aves. Las especies silvestres, y especialmente las de ambientes acuáticos, constituyen el reservorio natural.

El H5N1 fue detectado por primera vez en gansos domésticos en China en 1997, y desde entonces se ha extendido ampliamente por varios continentes a través de las aves migratorias, diversificándose en distintos grupos o clados genéticos. El virus se ha ido propagando en gran cantidad de especies de aves y mamíferos por todo el planeta y está causando una auténtica pandemia en el mundo animal, lo que se denomina panzootía.

Impacto devastador en aves

En 2020 surgió el clado denominado 2.3.4.4b, que llegó a América del Norte a finales de 2021. Los virus H5N1 pertenecientes a este clado han sido capaces de replicarse masivamente en aves silvestres y de corral, en más de 380 especies de aves distintas pertenecientes a 52 familias y 25 órdenes. El impacto sobre estos animales ha sido enorme en muchos países: ascienden a millones los ejemplares que han muerto por este patógeno en los últimos años. Por ejemplo, se calcula que el virus provocó en menos de cinco meses la muerte de aproximadamente el 40 % de todos los pelícanos de Perú.

Enorme extensión geográfica

Los virus de la gripe aviar suelen tener un patrón estacional asociado a los meses fríos, como ocurre con la gripe humana. Sin embargo, desde 2020 el H5N1 también aparece durante la primavera y el verano. Esto ha contribuido a su enorme expansión geográfica; de hecho, ya está presente en todos los continentes excepto en Oceanía.

Tras provocar miles de brotes en Europa, el virus H5N1 fue capaz de cruzar el océano Atlántico a finales de 2021 y llegar hasta Norteamérica, causando estragos en el sector avícola y en las aves silvestres en Canadá, Estados Unidos y México. Desde allí, el patógeno se extendió por toda Latinoamérica, desde Perú hasta Chile y Argentina. En 2024 se detectó en varias especies de aves en la Antártida.

El salto a mamíferos

Uno de los cambios que más ha preocupado es la capacidad del virus H5N1 de infectar a distintos mamíferos, tanto silvestres como domésticos (perros y gatos). Desde 2021, ha saltado a más de 50 especies, desde osos, nutrias o mofetas hasta elefantes marinos, delfines y morsas. En algunos casos con gran virulencia: en el continente americano han muerto decenas de miles de leones y elefantes marinos, por ejemplo.

Además, el virus ha evolucionado y se ha adaptado a estos nuevos hospedadores y es capaz de transmitirse entre ellos, como se ha demostrado en elefantes marinos o en granjas peleteras en Europa.

En los animales, el virus H5N1 suele causar distintos síntomas, desde neumonía y meningoencefalitis hasta signos neurológicos como temblores, convulsiones y ataxia. Se ha descrito la presencia de altas cargas virales en el cerebro de algunas especies.

El H5N1 en el ganado vacuno en Estados Unidos

A finales de marzo de 2024, se informó en Estados Unidos del primer caso de infección de H5N1 2.3.4.4b en vacas lecheras, un reservorio del virus totalmente inesperado.

Este salto al ganado vacuno representa un cambio significativo en el comportamiento del virus, ya que mostró una nueva capacidad de multiplicarse en el tejido mamario, con altas cargas virales detectadas en la leche. Esto revela su adaptación a hospedadores mamíferos y destaca su potencial de transmisión zoonótica al ser humano. Los análisis genómicos identificaron nuevas mutaciones que aumentan la capacidad de unión del virus a los receptores de las células de los mamíferos y facilitan su propagación.

Por qué este salto del virus H5N1 al ganado vacuno solo se ha detectado en Estados Unidos y no en otros países, es todavía un misterio.

H5N1 en humanos

A pesar de la extensión del virus H5N1 en animales y de la exposición al ser humano, se han notificado relativamente pocas infecciones en personas hasta la fecha. Desde que se detectó por primera vez en China solo se han descrito alrededor de 900 casos, la inmensa mayoría en individuos que trabajan en granjas avícolas o manipulan aves. Aunque la letalidad del virus en humanos puede llegar al 50 %, la mayoría de los casos notificados en los últimos años son leves.

Los datos actuales indican que estos virus no han adquirido la capacidad para una transmisión sostenida entre personas, por lo que el riesgo para la población general sigue siendo bajo.

¿La próxima pandemia humana?

Sin embargo, no cabe duda de que el virus H5N1 supone una amenaza también para nuestra especie. Para que este virus acabe siendo pandémico debería sufrir varios cambios. Debería mejorar su capacidad de transmitirse por vía aérea entre humanos y de unirse a los receptores de las células humanas. Pero, además, debería mejorar su capacidad de entrar en el interior de nuestras células y poder multiplicarse en ellas. Por último, debería ser capaz de evadir nuestro sistema inmunitario.

Que se produzca la combinación correcta de todas estas mutaciones es difícil… pero no es imposible. El virus de la gripe es el campeón de la variabilidad, la mutación y la recombinación. Otros virus de la gripe han sido los responsables de las grandes pandemias del siglo XX. La masiva circulación mundial del virus H5N1 en el mundo animal es una mala noticia.

Para preservar la salud humana es esencial vigilar lo que ocurre en el mundo animal. Por eso, la estrategia es One Health: mejorar la bioseguridad en las granjas, intensificar la vigilancia veterinaria no solo en aves de corral sino también en ganado vacuno y porcino y promover la coordinación efectiva entre los sectores de salud pública y sanidad animal a través de un enfoque colaborativo. No estamos ante una nueva pandemia, pero el virus H5N1 cada vez está más cerca.

The Conversation

Ignacio López-Goñi no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Gripe H5N1: si yo fuera pato, estaría muy asustado – https://theconversation.com/gripe-h5n1-si-yo-fuera-pato-estaria-muy-asustado-269821

Blue Origin’s New Glenn rocket landed its booster on a barge at sea – an achievement that will broaden the commercial spaceflight market

Source: The Conversation – USA – By Wendy Whitman Cobb, Professor of Strategy and Security Studies, Air University

Blue Origin’s New Glenn rocket lifted off for its second orbital flight on Nov. 13, 2025. AP Photo/John Raoux

Blue Origin’s New Glenn rocket successfully made its way to orbit for the second time on Nov. 13, 2025. Although the second launch is never as flashy as the first, this mission is still significant in several ways.

For one, it launched a pair of NASA spacecraft named ESCAPADE, which are headed to Mars orbit to study that planet’s magnetic environment and atmosphere. The twin spacecraft will first travel to a Lagrange point, a place where the gravity between Earth, the Moon and the Sun balances. The ESCAPADE spacecraft will remain there until Mars is in better alignment to travel to.

And two, importantly for Blue Origin, New Glenn’s first stage booster successfully returned to Earth and landed on a barge at sea. This landing allows the booster to be reused, substantially reducing the cost to get to space.

Blue Origin launched its New Glenn rocket and landed the booster on a barge at sea on Nov. 13, 2025.

As a space policy expert, I see this launch as a positive development for the commercial space industry. Even though SpaceX has pioneered this form of launch and reuse, New Glenn’s capabilities are just as important.

New Glenn in context

Although Blue Origin would seem to be following in SpaceX’s footsteps with New Glenn, there are significant differences between the two companies and their rockets.

For most launches today, the rocket consists of several parts. The first stage helps propel the rocket and its spacecraft toward space and then drops away when its fuel is used up. A second stage then takes over, propelling the payload all the way to orbit.

While both New Glenn and Falcon Heavy, SpaceX’s most powerful rocket currently available, are partially reusable, New Glenn is taller, more powerful and can carry a greater amount of payload to orbit.

Blue Origin plans to use New Glenn for a variety of missions for customers such as NASA, Amazon and others. These will include missions to Earth’s orbit and eventually to the Moon to support Blue Origin’s own lunar and space exploration goals, as well as NASA’s.

NASA’s Artemis program, which endeavors to return humans to the Moon, is where New Glenn may become important. In the past several months, several space policy leaders, as well as NASA officials, have expressed concern that Artemis is progressing too slowly. If Artemis stagnates, China may have the opportunity to leap ahead and beat NASA and its partners to the lunar south pole.

These concerns stem from problems with two rockets that could potentially bring Americans back to the Moon: the space launch system and SpaceX’s Starship. NASA’s space launch system, which will launch astronauts on its Orion crew vehicle, has been criticized as too complex and costly. SpaceX’s Starship is important because NASA plans to use it to land humans on the Moon during the Artemis III mission. But its development has been much slower than anticipated.

In response, Blue Origin has detailed some of its lunar exploration plans. They will begin with the launch of its uncrewed lunar lander, Blue Moon, early next year. The company is also developing a crewed version of Blue Moon that it will use on the Artemis V mission, the planned third lunar landing of humans.

Blue Origin officials have said they are in discussions with NASA over how they might help accelerate the Artemis program.

New Glenn’s significance

New Glenn’s booster landing makes this most recent launch quite significant for the company. While it took SpaceX several tries to land its first booster, Blue Origin has achieved this feat on only the second try. Landing the boosters – and, more importantly, reusing them – has been key to reducing the cost to get to space for SpaceX, as well as others such as Rocket Lab.

That two commercial space companies now have orbital rockets that can be partially reused shows that SpaceX’s success was no fluke.

With this accomplishment, Blue Origin has been able to build on its previous experience and success with its suborbital rocket, New Shepard. Launching from Blue Origin facilities in Texas since 2015, New Shepard has taken people and cargo to the edge of space, before returning to its launch site under its own power.

A short, wide rocket lifts off from a launchpad.
Blue Origin’s suborbital rocket, New Shepard.
Joe Raedle/Getty Images

New Glenn is also significant for the larger commercial space industry and U.S. space capabilities. It represents real competition for SpaceX, especially its Starship rocket. It also provides more launch options for NASA, the U.S. government and other commercial customers, reducing reliance on SpaceX or any other launch company.

In the meantime, Blue Origin is looking to build on the success of New Glenn’s launch and its booster landing. New Glenn will next launch Blue Origin’s Blue Moon uncrewed lander in early 2026.

This second successful New Glenn launch will also contribute to the rocket’s certification for national security space launches. This accomplishment will allow the company to compete for contracts to launch sensitive reconnaissance and defense satellites for the U.S. government.

Blue Origin will also need to increase its number of launches and reduce the time between them to compete with SpaceX. SpaceX is on pace for between 165 and 170 launches in 2025 alone. While Blue Origin may not be able to achieve that remarkable cadence, to truly build on New Glenn’s success it will need to show it can scale up its launch operations.

The Conversation

Wendy Whitman Cobb is affiliated with the US School of Advanced Air and Space Studies. Her views are her own and do not necessarily reflect the views of the Department of Defense or any of its components. Mention of trade names, commercial products, or organizations do not imply endorsement by the U.S. Government, and the appearance of external hyperlinks does not constitute DoD endorsement of the linked websites, or the information, products or services therein.

ref. Blue Origin’s New Glenn rocket landed its booster on a barge at sea – an achievement that will broaden the commercial spaceflight market – https://theconversation.com/blue-origins-new-glenn-rocket-landed-its-booster-on-a-barge-at-sea-an-achievement-that-will-broaden-the-commercial-spaceflight-market-269786

Why two tiny mountain peaks became one of the internet’s most famous images

Source: The Conversation – USA (2) – By Christopher Schaberg, Director of Public Scholarship, Washington University in St. Louis

The icon has various iterations, but all convey the same meaning: an image should be here. Christopher Schaberg, CC BY-SA

It’s happened to you countless times: You’re waiting for a website to load, only to see a box with a little mountain range where an image should be. It’s the placeholder icon for a “missing image.”

But have you ever wondered why this scene came to be universally adopted?

As a scholar of environmental humanities, I pay attention to how symbols of wilderness appear in everyday life.

The little mountain icon – sometimes with a sun or cloud in the background, other times crossed out or broken – has become the standard symbol, across digital platforms, to signal something missing or something to come. It appears in all sorts of contexts, and the more you look for this icon, the more you’ll see it.

You click on it in Microsoft Word or PowerPoint when you want to add a picture. You can purchase an ironic poster of the icon to put on your wall. The other morning, I even noticed a version of it in my Subaru’s infotainment display as a stand-in for a radio station logo.

So why this particular image of the mountain peaks? And where did it come from?

Arriving at the same solution

The placeholder icon can be thought of as a form of semiotic convergence, or when a symbol ends up meaning the same thing in a variety of contexts. For example, the magnifying glass is widely understood as “search,” while the image of a leaf means “eco-friendly.”

It’s also related to something called “convergent design evolution,” or when organisms or cultures – even if they have little or no contact – settle on a similar shape or solution for something.

In evolutionary biology, you can see convergent design evolution in bats, birds and insects, who all utilize wings but developed them in their own ways. Stilt houses emerged in various cultures across the globe as a way to build durable homes along shorelines and riverbanks. More recently, engineers in different parts of the world designed similar airplane fuselages independent of one another.

For whatever reason, the little mountain just worked across platforms to evoke open-ended meanings: Early web developers needed a simple shorthand way to present that something else should or could be there.

Depending on context, a little mountain might invite a user to insert a picture in a document; it might mean that an image is trying to load, or is being uploaded; or it could mean an image is missing or broken.

Down the rabbit hole on a mountain

But of the millions of possibilities, why a mountain?

In 1994, visual designer Marsh Chamberlain created a graphic featuring three colorful shapes as a stand-in for a missing image or broken link for the web browser Netscape Navigator. The shapes appeared on a piece of paper with a ripped corner. Though the paper with the rip will sometimes now appear with the mountain, it isn’t clear when the square, circle and triangle became a mountain.

A generic camera dial featuring various modes, with the 'landscape mode' – represented by two little mountain peaks – highlighted.
Two little mountain peaks are used to signal ‘landscape mode’ on many SLR cameras.
Althepal/Wikimedia Commons, CC BY

Users on Stack Exchange, a forum for developers, suggest that the mountain peak icon may trace back to the “landscape mode” icon on the dials of Japanese SLR cameras. It’s the feature that sets the aperture to maximize the depth of field so that both the foreground and background are in focus.

The landscape scene mode – visible on many digital cameras in the 1990s – was generically represented by two mountain peaks, with the idea that the camera user would intuitively know to use this setting outdoors.

Another insight emerged from the Stack Exchange discussion: The icon bears a resemblance to the Microsoft XP wallpaper called “Bliss.” If you had a PC in the years after 2001, you probably recall the rolling green hills with blue sky and wispy clouds.

The stock photo was taken by National Geographic photographer Charles O’Rear. It was then purchased by Bill Gates’ digital licensing company Corbis in 1998. The empty hillside in this picture became iconic through its adoption by Windows XP as its default desktop wallpaper image.

A colorful stock photo of green rolling hills, a blue sky and clouds.
If you used a PC at the turn of the 21st century, you probably encountered ‘Bliss.’
Wikimedia Commons

Mountain riddles

“Bliss” became widely understood as the most generic of generic stock photos, in the same way the placeholder icon became universally understood to mean “missing image.” And I don’t think it’s a coincidence that they both feature mountains or hills and a sky.

Mountains and skies are mysterious and full of possibilities, even if they remain beyond grasp.

Consider Japanese artist Hokusai’s “36 Views of Mount Fuji,” which were his series of paintings from the 1830s – the most famous of which is probably “The Great Wave off Kanagawa,” where a tiny Mount Fuji can be seen in the background. Each painting features the iconic mountain from different perspectives and is full of little details; all possess an ambiance of mystery.

A painting of a large rowboat manned by people on rolling waves with a large mountain in the background.
‘Tago Bay near Ejiri on the Tokaido,’ from Hokusai’s series ‘36 Views of Mount Fuji.’
Heritage Art/Heritage Images via Getty Images

I wouldn’t be surprised if the landscape icon on those Japanese camera dials emerged as a minimalist reference to Mount Fuji, Japan’s highest mountain. From some perspectives, Mount Fuji rises behind a smaller incline. And the Japanese photography company Fujifilm even borrowed the namesake of that mountain for their brand.

The enticing aesthetics of mountains also reminded me of the environmental writer Gary Snyder’s 1965 translation of Han Shan’s “Cold Mountain Poems.” Han Shan – his name literally means “Cold Mountain” – was a Chinese Buddhist poet who lived in the late eighth century. “Shan” translates as “mountain” and is represented by the Chinese character 山, which also resembles a mountain.

Han Shan’s poems, which are little riddles themselves, revel in the bewildering aspects of mountains:

Cold Mountain is a house
Without beams or walls.
The six doors left and right are open
The hall is a blue sky.
The rooms are all vacant and vague.
The east wall beats on the west wall
At the center nothing.

The mystery is the point

I think mountains serve as a universal representation of something unseen and longed for – whether it’s in a poem or on a sluggish internet browser – because people can see a mountain and wonder what might be there.

The placeholder icon does what mountains have done for millennia, serving as what the environmental philosopher Margret Grebowicz describes as an object of desire. To Grebowicz, mountains exist as places to behold, explore and sometimes conquer.

The placeholder icon’s inherent ambiguity is baked into its form: Mountains are often regarded as distant, foreboding places. At the same time, the little peaks appear in all sorts of mundane computing circumstances. The icon could even be a curious sign of how humans can’t help but be “nature-positive,” even when on computers or phones.

This small icon holds so much, and yet it can also paradoxically mean that there is nothing to see at all.

Viewing it this way, an example of semiotic convergence becomes a tiny allegory for digital life writ large: a wilderness of possibilities, with so much just out of reach.

The Conversation

Christopher Schaberg does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why two tiny mountain peaks became one of the internet’s most famous images – https://theconversation.com/why-two-tiny-mountain-peaks-became-one-of-the-internets-most-famous-images-268169

La musculation améliore-t-elle la densité osseuse ?

Source: The Conversation – in French – By Hunter Bennett, Lecturer in Exercise Science, University of South Australia

La musculation est excellente pour la santé osseuse. (Unsplash), CC BY-NC-ND

Vous avez peut-être entendu dire que les activités à impact élevé, telles que la course à pied, le saut, le football et le basket-ball, sont bonnes pour renforcer la densité et la solidité osseuses. Mais qu’en est-il lorsque vous êtes immobile, en train de soulever des poids dans une salle de sport ?

La bonne nouvelle, c’est que la musculation est excellente pour la santé osseuse. Mais certains exercices sont plus efficaces que d’autres. Voici ce qu’en dit la science.

Qu’est-ce que la densité osseuse ?

La densité osseuse, également appelée densité minérale osseuse, est essentiellement une mesure de la quantité de minéraux (tels que le calcium et le phosphore) contenus dans vos os. Elle vous donne une indication de la solidité de vos os, ce qui est important, car les os plus denses sont généralement moins susceptibles de se fracturer.

Cependant, la densité osseuse n’est pas tout à fait la même chose que la résistance osseuse.

Les os dépendent également d’une série d’autres composés (tels que le collagène) pour assurer leur soutien et leur structure. Ainsi, même des os denses peuvent devenir fragiles s’ils manquent de ces composants structurels essentiels.

Cependant, la densité minérale osseuse est toujours considérée comme l’un des meilleurs indicateurs de la santé osseuse, car elle est étroitement liée au risque de fracture.

Bien qu’il existe probablement une composante génétique dans la santé osseuse, vos choix quotidiens peuvent avoir un impact important.

Qu’est-ce qui affecte votre santé osseuse ?

Des recherches montrent que plusieurs facteurs peuvent influencer la solidité et la densité de vos os :

Le vieillissement : Avec l’âge, notre densité minérale osseuse a tendance à diminuer. Ce déclin est généralement plus important chez les femmes après la ménopause, mais il touche tout le monde.

Nutrition : Consommer des aliments riches en calcium – en particulier les produits laitiers, mais également de nombreux légumes, noix, légumineuses, œufs et viande – a un impact limité sur la densité osseuse (bien que l’ampleur de la réduction du risque de fracture ne soit pas claire).

Exposition au soleil : la lumière du soleil aide votre corps à produire de la vitamine D, qui facilite l’absorption du calcium, et a été associée à une meilleure densité osseuse.

Exercice physique : il est bien établi que les personnes qui pratiquent des exercices à impact élevé et à forte charge (tels que le sprint et la musculation) ont tendance à avoir des os plus denses et plus solides que celles qui n’en font pas.

Tabagisme : Les personnes âgées qui fument ont généralement une densité osseuse plus faible que celles qui ne fument pas.

Pourquoi l’activité physique améliore-t-elle la densité osseuse ?

Tout comme vos muscles se renforcent lorsque vous les soumettez à un effort, vos os se renforcent lorsqu’ils sont soumis à une charge plus importante. C’est pourquoi l’exercice physique est si important pour la santé osseuse, car il incite vos os à s’adapter et à se renforcer.

Nous sommes nombreux à savoir que les personnes à risque de perte osseuse, à savoir les femmes ménopausées et les personnes âgées, doivent privilégier l’exercice physique pour préserver leur santé osseuse. Cependant, tout le monde peut tirer profit d’un exercice physique ciblé, et il est sans doute tout aussi important de prévenir le déclin de la santé osseuse.

En fait, que vous soyez un homme ou une femme, plus vous commencez jeune, plus vous avez de chances d’avoir des os plus denses à un âge avancé. C’est essentiel pour la santé osseuse à long terme.

La musculation améliore-t-elle la densité osseuse ?

Oui. L’un des exercices les plus efficaces pour la santé osseuse est la musculation.

Lorsque vous soulevez des poids, vos muscles tirent sur vos os, envoyant des signaux qui encouragent la formation de nouveaux os. Il existe de nombreuses preuves montrant que la musculation peut améliorer la densité osseuse chez les adultes, y compris chez les femmes ménopausées.

Mais tous les exercices ne se valent pas. Par exemple, certaines preuves suggèrent que les exercices composés qui sollicitent davantage le squelette, tels que les squats et les soulevés de terre, sont particulièrement efficaces pour augmenter la densité de la colonne vertébrale et des hanches, deux zones sujettes aux fractures.


Déjà des milliers d’abonnés à l’infolettre de La Conversation. Et vous ? Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.


Quel type de musculation est le plus efficace ?

On pense que soulever des poids plus lourds donne de meilleurs résultats que soulever des poids plus légers. Cela signifie que faire des séries de trois à huit répétitions avec des poids lourds aura probablement un plus grand impact sur vos os que faire de nombreuses répétitions avec des poids plus légers.

De même, vos os ont besoin de beaucoup de temps pour s’adapter et devenir plus denses, généralement six mois ou plus. Cela signifie que pour avoir des os en bonne santé, il vaut mieux intégrer la musculation à votre routine hebdomadaire plutôt que de la pratiquer de manière intensive pendant quelques semaines.

Les exercices qui utilisent le poids du corps, tel que le yoga et le pilates, présentent de nombreux avantages pour la santé. Cependant, ils sont peu susceptibles d’avoir un impact significatif sur la densité osseuse, car ils ne sollicitent généralement que très peu vos os.

Si vous débutez dans la musculation, vous devrez peut-être commencer par des poids plus légers et vous habituer aux mouvements avant d’augmenter la charge. Et si vous avez besoin d’aide, trouver un professionnel de l’exercice physique dans votre région pourrait être une excellente première étape.

Faire de l’exercice pour la santé osseuse n’est pas compliqué. Quelques séances de musculation (intense) par semaine peuvent faire une grande différence. Si vous craignez d’avoir une faible densité osseuse, parlez-en à votre médecin. Il pourra évaluer si vous devez passer un scanne.

La Conversation Canada

Hunter Bennett ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La musculation améliore-t-elle la densité osseuse ? – https://theconversation.com/la-musculation-ameliore-t-elle-la-densite-osseuse-263991

Don’t let food poisoning crash your Thanksgiving dinner

Source: The Conversation – USA (3) – By Lisa Cuchara, Professor of Biomedical Sciences, Quinnipiac University

Undercooked turkey is a leading cause of foodborne illness on Thanksgiving. AlexRaths/iStock via Getty Images Plus

Thanksgiving is a time for family, friends and feasting. However, amid the joy of gathering and indulging in delicious food, it is essential to keep food safety in mind. Foodborne illnesses can quickly put a damper on your celebrations.

As an immunologist and infectious disease specialist, I study how germs spread – and how to prevent them from doing so. In my courses, I teach my students how to reduce microbial risks, including those tied to activities such as hosting a big Thanksgiving gathering, without becoming germophobes.

Foodborne illnesses sicken 48 million Americans – 1 in 6 people – each year. Holiday meals such as Thanksgiving pose special risks because these spreads often involve large quantities, long prep times, buffet-style serving and mingling guests. Such conditions create many opportunities for germs to spread.

This, in turn, invites a slew of microbial guests such as Salmonella
and Clostridium perfringens. Most people recover from infections with foodborne bacteria, but each year around 3,000 Americans die from the illnesses they cause. More routinely, these bugs can cause nausea, vomiting, stomach cramps and diarrhea within hours to a couple of days after being consumed – which are no fun at a holiday celebration.

Foods most likely to cause holiday illness

Most foodborne illnesses come from raw or undercooked food and foods left in the so-called danger zone of cooking temperature – 40 degrees to 140 degrees Fahrenheit – in which bacteria multiply rapidly. Large-batch cooking without proper reheating or storage as well as cross contamination of foods during preparation can also cause disease.

A turkey on a counter being stuffed by two sets of hands.
Put that bird right in the oven as soon as you’ve stuffed it to keep bacteria from multiplying inside.
kajakiki/E+ via Getty Images

Not all dishes pose the same risk. Turkey can harbor Salmonella, Campylobacter and Clostridium perfringens. Undercooked turkey remains a leading cause of Thanksgiving-related illness. Raw turkey drippings can also easily spread bacteria onto hands, utensils and counters. And don’t forget the stuffing inside the bird. While the turkey may reach a safe internal temperature, the stuffing often does not, making it a higher-risk dish.

Leftovers stored too long, reheated improperly or cooled slowly also bring hazards. If large pieces of roasted turkey aren’t divided and cooled quickly, any Clostridium perfringens they contain might have time to produce toxins. This increases the risk of getting sick from snacking on leftovers – even reheated leftovers, since these toxins are not killed by heat.

Indeed, each November and December outbreaks involving this bacterium spike, often due to encounters with turkey and roast beef leftovers.

Don’t wash the turkey!

Washing anything makes it cleaner and safer, right? Not necessarily.

Many people think washing their turkey will remove bacteria. However, it’s pretty much impossible to wash bacteria off a raw bird, and attempting to do so actually increases cross contamination and your risk of foodborne illness.

Since 2005, federal food safety agencies have advised against washing turkey or chicken. Despite this, a 2020 survey found that 78% of people still reported rinsing their turkey before cooking – often because older recipes or family habits encourage it.

When you rinse raw poultry, water can splash harmful bacteria around your kitchen, contaminating counter tops, utensils and nearby foods. If you do choose to wash turkey, it’s critical to immediately clean and disinfect the sink and surrounding area. A 2019 USDA study found that 60% of people who washed their poultry had bacteria in their sink afterward – and 14% had bacteria in the sink even after cleaning it.

Family enjoying Thanksgiving meal
A few food prep precautions can help keep the holiday free of gastrointestinal distress.
Drazen Zigic/iStock via Getty Images Plus

Food prep tips for a safe and healthy Thanksgiving

Wash your hands regularly. Before cooking and after touching raw meat, poultry or eggs, wash your hands thoroughly with soap and water for at least 20 seconds. Improper handwashing by people handling food is a major source of bacterial contamination with Staphylococcus aureus. This bacterium’s toxins are hard to break down, even after cooking or reheating.

Thaw turkey safely. The safest way to thaw a turkey is in the refrigerator. Allow 24 hours per 4-5 pounds. There’s also a faster method, which involves submerging the turkey in cold water and changing the water every 30 minutes – but it’s not as safe because it requires constant attention to ensure the water temperature stays below 40 F in order to prevent swift bacteria growth.

Stuff your turkey immediately before cooking it. Stuffing the turkey the night before is risky because it allows bacteria in the stuffing to multiply overnight. The toxins produced by those bacteria do not break down upon cooking, and the interior of the stuffing may not get hot enough to kill those bacteria. The USDA specifically warns against prestuffing. So cook stuffing separately, if possible, or if you prefer it inside the bird, stuff immediately before roasting, making sure it reaches 165 F.

Cook food to the right temperature. A thermometer is your best friend – use it to ensure turkey and stuffing both reach 165 F. Check casseroles and other dishes too. It’s best not to rely on an internal pop-up thermometer, since they can be inaccurate, imprecise and could even malfunction.

Avoid cross contamination. Use separate cutting boards for raw meat, vegetables and bread. Change utensils and plates after handling raw meat before using them for cooked foods.

Keep food at safe temperatures. Serve hot foods immediately, and make sure hot foods are served above 140 F and cold dishes below 40 F to keep them out of the microbial danger zone.

Be cautious with buffet-style serving. Limit food time on the table to two hours or less – longer than that, any bacteria present can double every 20 minutes. Provide dedicated serving utensils, and avoid letting guests serve with utensils they have eaten from.

Be mindful of expiration dates. Don’t forget to check dates on food items to make sure that what you are serving isn’t expired or left from last Thanksgiving.

Educate guests on food safety. Remind guests to wash their hands before preparing or serving food, and politely discourage double-dipping or tasting directly from communal dishes.

Thanksgiving should be a time of gratitude, not gastrointestinal distress. By following these simple food safety tips, you can help ensure a safe and healthy holiday.

The Conversation

Lisa Cuchara does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Don’t let food poisoning crash your Thanksgiving dinner – https://theconversation.com/dont-let-food-poisoning-crash-your-thanksgiving-dinner-269320