Entretien annuel : le danger du marketing de soi

Source: The Conversation – France (in French) – By George Kassar, Full-time Faculty, Research Associate, Ascencia Business School

L’effet Dunning-Kruger caractérise cette tendance : les moins compétents surestiment leurs capacités tandis que les plus compétents se montrent plus prudents dans leur jugement. StockHolm/Shutterstock

Nous sommes bel et bien en janvier. Le mois du blanc est surtout celui du grand théâtre des entretiens d’évaluation individuelle de performance dans bien des entreprises. Alors, comment les cadrer au mieux pour distinguer les salariés qui se mettent en scène de ceux qui créent réellement de la valeur, mais sous-estiment leur capacités ?


L’entretien annuel de performance est devenu un passage obligé dans la plupart des organisations. Il ne s’agit pas d’une simple discussion informelle, mais d’un moment qui pèse sur les primes, les promotions ou les opportunités de carrière. Très différent des entretiens de parcours professionnels qui sont une obligation légale, les salariés y voient un verdict sur leur année ; les managers doivent trancher, classer, justifier. La pression est forte des deux côtés de la table.

Dans ce contexte tendu, le collaborateur entre, armé de son powerpoint mental avec ses objectifs atteints, ses initiatives personnelles ou son leadership exemplaire. Le manager, lui, soucieux de préserver l’éthique dans ce processus, coche des cases, écoute poliment et note des mots-clés : confiance, dynamisme, vision, etc. Tout semble sérieux, objectif, quantifié. En réalité, la scène tient parfois plus du théâtre qu’une vraie application scientifique de la gestion de la performance.

De ce fait, ces entretiens, pourtant censés évaluer les résultats concrets, finissent souvent par mesurer autre chose, celle de la capacité à se vendre. Ce glissement ne serait qu’un détail s’il n’avait pas de conséquences bien réelles sur la motivation et la rétention des « talents ».

Quand la confiance se déguise en compétence

Durant le mois de janvier, un paradoxe managérial devient presque une tradition. Ceux qui maîtrisent tout juste leur sujet arrivent sûrs d’eux, brandissant leurs « grandes réussites » et occupent l’espace. Les vrais compétents, eux, minimisent leurs exploits, soulignent ce qui reste à améliorer… et passent sous le radar. Résultat : on récompense ceux qui parlent le plus fort, pas forcément ceux qui contribuent le plus. On s’étonne ensuite de voir les meilleurs partir.

Le phénomène a un nom : l’effet Dunning-Kruger. Décrit dès 1999 par les psychologues David Dunning et Justin Kruger, il désigne la tendance des moins compétents à surestimer leurs capacités tandis que les plus compétents se montrent plus prudents dans leur jugement.

Les études contemporaines confirment que ce biais ne s’arrête pas à la salle de classe, au laboratoire ou même sur le champ. Transposé au bureau, ce syndrome donne une situation paradoxale : plus on est limité, plus on risque de se croire excellent, plus on est bon, plus on doute et plus on voit ce qui pourrait être mieux.

Marketing de soi-même

Si le manager ne s’appuie que sur le discours tenu pendant l’entretien, sans preuves solides, il a toutes les chances de se laisser influencer par cette confiance parfois mal placée. L’aisance orale, la capacité à « vendre » un projet ou à reformuler ses tâches en succès stratégiques deviennent des critères implicites d’évaluation.

Cette surestimation omniprésente pourrait entraîner de graves atteintes au bon jugement professionnel. Elle déforme la perception des compétences réelles et favorisent une culture d’apparence plutôt qu’une culture de résultats.

Les vrais performants, souvent modestes, finissent par comprendre que la reconnaissance interne ne récompense pas les résultats et l’impact de leur travail, mais le récit qu’on en fait et la capacité à se mettre en scène.

Ces derniers peuvent ressentir un décalage entre ce qu’ils apportent réellement et ce que l’organisation valorise. Leur engagement s’érode, leur créativité aussi. Ce qui est un facteur bien documenté de démotivation et de départ.

Le plus ironique ? Ceux qui doutent d’eux-mêmes sont souvent ceux qu’on aimerait garder. Les études sur la métacognition montrent que la capacité à se remettre en question est un signe de compétence. À l’inverse, les plus sûrs n’évoluent pas. Persuadés d’avoir déjà tout compris, ils s’enferment dans leur propre suffisance durable.

L’entreprise perd, dans le silence, celles et ceux qui faisaient avancer les projets les plus exigeants et les plus sensibles. Elle garde ceux qui savent surtout parler de leurs succès.

Cadrer l’évaluation sur des faits

La bonne nouvelle est qu’il est possible de corriger cette dérive. Les pistes sont connues mais rarement appliquées.

Tout commence par un bon cadre pour la mise en place de l’évaluation de la performance. Une formation adaptée aux managers, évaluateurs et collaborateurs est encouragée, avec un système de revue fréquente de la performance, un dispositif de mesure clairement défini et un groupe d’évaluateurs multiples.




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Il est important de fonder les évaluations sur des faits en revenant à des concepts fondamentaux tels que le management by objectives (MBO). L’enjeu : définir des objectifs clairs, mesurables, ambitieux mais réalistes, suivi à l’aide d’indicateurs alignés sur l’impact réel, avec une stratégie de mesure fondée sur les données pour évaluer des résultats concrets, et pas seulement le récit de la personne évaluée.

L’avis d’un seul manager ne devrait pas suffire à juger la performance d’une personne qui travaille en équipe. Il faut regarder sa contribution au collectif.

Les dispositifs de « feed-back à 360° » permettent de diversifier les retours
– collègues, clients, revues de projets, etc. Quand plusieurs personnes confirment la contribution d’un collaborateur discret, il devient plus difficile de l’ignorer. À l’inverse, un profil très visible mais peu fiable sera plus vite repéré.

Distinguer assurance et compétence

Il est important de garder à l’esprit que la gestion de la performance est un processus social. Les recherches montrent que le feed-back formel, donné lors de l’entretien annuel, est bien plus efficace lorsqu’il est soutenu par un feed-back informel et des échanges réguliers. Ces discussions spontanées renforcent la confiance et créent le contexte nécessaire pour que l’évaluation finale soit juste, non biaisée, acceptée et réellement utile.

Il est essentiel de former les managers à mieux reconnaître et anticiper les biais cognitifs, en particulier ceux du jugement, dont le fameux décalage entre confiance affichée et compétence réelle. Comprendre que l’assurance n’est pas une preuve en soi, et que la prudence peut être le signe d’une réelle expertise, change la manière de conduire un entretien.

Tant que les entreprises confondront assurance et compétence, elles continueront à promouvoir les plus confiants et à perdre, peu à peu, leurs meilleurs éléments.

Dans un marché où les talents ont le choix, ce biais n’est pas qu’un détail psychologique : mais un véritable risque stratégique. Après tout, ceux qui parlent le plus fort ne sont pas toujours ceux qu’il faudrait écouter !

The Conversation

George Kassar ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Entretien annuel : le danger du marketing de soi – https://theconversation.com/entretien-annuel-le-danger-du-marketing-de-soi-271897

Opera is not dying – but it needs a second act for the streaming era

Source: The Conversation – USA (2) – By Christos Makridis, Associate Research Professor of Information Systems, Arizona State University; Institute for Humane Studies

American soprano Renee Fleming performs at a dress rehearsal for a Metropolitan Opera production of ‘The Merry Widow’ in New York in 2014. Jack Vartoogian/Getty Images

Every few years, you’ll hear a familiar refrain: “Opera is dying.”

National surveys point to slumping attendance at live performances. Audiences are aging, leaving fewer fans to fill seats at productions of “La Bohème,” “Carmen,” “The Magic Flute” and the like, while production costs grow.

I’m a labor economist who studies the economics of art and culture. To
assess the state of opera in the U.S., I analyzed financial data collected by Opera America, an association whose roughly 600 members are overwhelmingly nonprofit opera companies.

After crunching the numbers, as I explained in a 2026 paper published in the Journal of Arts Management, Law, and Society, I reached a surprising conclusion about the state of those nonprofits.

Funding model is faltering

Although opera companies are experiencing financial stress, opera isn’t a dying art form. Instead, I found that the public’s demand for meaningful, live cultural experiences – including opera – remains strong.

That said, opera’s traditional business model is faltering.

Opera is, for the most part, stuck in the past. Many companies still depend on a business model that relies on season ticket sales and a small circle of big donors. This approach worked better in the 20th century than it does now.

Few opera companies have embraced strategies the rest of the entertainment industry regularly uses: audience data analysis, experimentation with digital content and streaming, and engagement through online platforms rather than brochures.

In other words, opera management practices, metrics and audience development tactics didn’t change much even as the world transitioned into the digital age.

Change is needed because subscriptions and individual ticket sales have declined for many companies, especially those with budgets above US$1 million.

The number of opera tickets those companies sold fell 21% between 2019 and 2023. Ticket revenue fell 22% over the same period.

Meanwhile, opera companies received 19% of their budgets from donations and grants in 2023, down from roughly 25% in 2019, as earned revenue weakened and fundraising failed to fully recover.

Opera companies receive more than twice as much funding from philanthropy as from government sources. Government support was low and relatively stable prior to 2020 and rose sharply during the first two years of the COVID-19 pandemic before declining again to roughly 8% of operating revenue by 2023.

A couple reads program notes in a theater.
Many audience members at operas skew older.
Robert Nickelsberg/Getty Images

Managing institutions in trouble

I don’t dispute that opera’s economic woes are troubling. But I don’t see them as a sign that this art form is in cultural decline. Instead, I believe that opera institutions need to modernize how they operate.

Audiences continue to respond to the repertoire when companies find new ways to tell familiar stories.

Productions of canonical works such as La Traviata and Don Giovanni that place well-known narratives in contemporary settings or reframe them through modern staging have drawn strong attendance and critical attention. Crossover projects that bring operatic voices into dialogue with jazz, musical theater or popular musical performance have also sold out limited runs aimed at new audiences.

And smaller-scale formats, including chamber operas and performances staged in studios or alternative venues, have consistently filled seats – even as large main-stage productions struggle to sell tickets.

Those examples point to underlying demand for experiencing operas – even if fewer people are buying season tickets.

To be sure, there are some signs of progress. Some opera companies are taking their digital productions seriously.

Boston Baroque is primarily an orchestra and chorus, but it also produces staged operas. It offered livestreams of its performances during the pandemic to earn extra money.

New York City’s Metropolitan Opera has maintained a standalone direct-to-consumer subscription product, Met Opera on Demand, that anyone in the world can access. But it illustrates the strategic tension many companies face: Digital expansion can broaden reach, but it may also complicate efforts to fill empty seats.

This 1968 recording of Luciano Pavarotti conveys the power of the opera at its best.

Grappling with an economic problem

Opera’s biggest challenge is structural, not artistic.

Live performance is inherently labor intensive – and expensive. You cannot automate a string quartet or speed up an aria without destroying what makes it valuable.

Notably, opera companies have nearly doubled administrative costs as a share of their budgets since the mid-2000s, while spending on artistic programming has remained flat.

Some of the increase in administrative spending reflects the growing complexity of fundraising, compliance and labor management. But the magnitude of the shift strongly suggests declining organizational efficiency, with managerial and overhead functions expanding faster than opera’s capacity to stage productions or build its audience in the United States.

Meanwhile, ticket sales have declined and the number of major opera donors has declined.

Facing a similar turning point

Financial distress is not unique to opera.

Many U.S. orchestras have confronted serious financial stress, including bankruptcies and closures in places like Honolulu, Syracuse, N.Y. and Albuquerque, N.M..

The orchestras that survived tended to diversify revenue, analyze data and treat innovation as part of their mission – three strategies opera companies have failed to pursue consistently.

Reaching the public where it already is

The assumption that younger generations do not care about classical music is unfounded.

When opera companies put performances on streaming platforms during the pandemic, many younger listeners tuned in.

A 2022 survey of music consumption in the United Kingdom conducted by the Royal Philharmonic Orchestra; Deezer, one of several global services tracking the digital consumption of classical music; and the British Phonographic Industry found that 59% of people under 35 streamed orchestral music during the COVID-19 lockdown, compared with a 51% national average across all age groups.

Meanwhile, classical music streaming rose sharply across digital platforms during the first months of the pandemic. Deezer reported a 17% increase in classical streams in the 12 months beginning in April 2019.

These patterns suggest that younger audiences can become interested in opera and classical music when access to those genres is easy, and that digital formats can meaningfully expand the base of younger listeners.

But younger audiences usually encounter the music they listen to through algorithms or short-form video.

Treating performances as content

The lesson is not that opera should abandon live performance – if anything, everyone needs more, not less, in-person interaction in this hybrid-work era. Instead, I believe that opera companies should treat performances as content that can be accessed both in person and in digital spaces.

That way, they can spread those fixed artistic costs across multiple formats and markets, whether they’re recordings, livestreams, educational licenses or smaller-scale spinoff events.

Opera has survived wars, depressions, technological revolutions and cultural upheavals because it evolved. Today, the risk is not that people have stopped caring about music; it’s that opera companies have presumed that upholding tradition requires a rigidity at odds with their own success.

The Conversation

Christos Makridis is also a co-founder of Living Opera and the Living Opera Foundation and founder of CM Culture Management. He is also an affiliate and contributor to several think tank communities across the aisles.

ref. Opera is not dying – but it needs a second act for the streaming era – https://theconversation.com/opera-is-not-dying-but-it-needs-a-second-act-for-the-streaming-era-271376

Comprender antes de juzgar: ¿qué enseñan los fallos ferroviarios del pasado sobre el accidente de Adamuz?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Ygnacio Pastor Caño, Catedrático de Universidad en Ciencia e Ingeniería de los Materiales, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

Los bomberos trabajan en la cabecera del tren Iryo siniestrado en Adamuz. Guardia Civil.

La primera vez que entendí de verdad la palabra fatiga no fue en un laboratorio, sino en el salón de casa: una silla aparentemente nueva decidió, sin aviso previo, convertirse en cuatro patas y en un argumento filosófico sobre la gravedad. Nadie la había maltratado. Nadie la había sobrecargado. Simplemente, tras miles de ciclos de carga, una microscópica grieta creció hasta alcanzar su tamaño crítico y se propagó, fracturando el material. Y ahí estaba yo: indignado, tentado de buscar culpables… y, al mismo tiempo, obligado a admitir lo obvio: los fallos complejos rara vez se explican con un dedo acusador.

Con el siniestro de tren en Adamuz ocurre algo parecido, solo que la silla pesa cientos de toneladas, se movía a 200 km/h y transportaba vidas. En este caso, lo mínimo exigible es no convertir la tragedia en una tertulia especulativa de barra de bar.

Búsqueda de evidencias para la identificación de víctimas e investigación del accidente ferroviario el 19 de enero de 2026. Guardia Civil de España.

En busca de un culpable

Lo demás –la causa raíz– es, por definición, una investigación en curso. Aun así, el ser humano necesita cerrar historias rápido: “fue el maquinista”, “fue la vía”, “fue el tren”, “fue algo con nombre propio”.

La información disponible apunta, precisamente, a que no estamos ante el relato fácil del culpable único: fuentes oficiales señalan que se exploran fallos de infraestructura o mecanismos como indicios de una posible anomalía (¿grieta?) en el carril o en elementos del tren. En cualquier caso, no hay que pensar en un sabotaje, ya que, en ese caso, hubiera descarrilado todo el tren.

Esquema simplificado de cómo se investiga un accidente ferroviario.
José Ygnacio Pastor, Universidad Politécnica de Madrid, CC BY-NC

Investigar lleva tiempo

Las investigaciones serias tienen un defecto insoportable: tardan lo que tardan y no entienden de prisas. La normativa europea exige publicar el informe final antes de doce meses; si no se llega a ese plazo, debe emitirse un avance intermedio. Es decir, incluso con presión pública, el sistema está diseñado para que la prisa no sea la autora intelectual del informe.

Accidente ferroviario en Angrois cerca de Santiago de Compostela, el 24 de julio de 2023.
Wikimedia Commons., CC BY

Para hacernos una idea, el accidente de Santiago de Compostela (24 de julio de 2013) obtuvo el informe final en mayo de 2014. En Hatfield (Reino Unido, 2000), la combinación de análisis técnico, responsabilidades y reformas operativas duró años, porque un fallo material puede ser solo el primer dominó de una cadena organizativa.

La seguridad se aprende a partir de los errores del pasado: análisis de las enseñanzas de tres accidentes europeos recientes.
José Ygnacio Pastor, Universidad Politécnica de Madrid, CC BY-NC

Tres lecciones del pasado (sin necesidad de adivinar el futuro)

–A veces, el material es el tren, no la vía.

El accidente de Eschede (Alemania, 1998) es el recordatorio más cruel de que una fisura por fatiga en un componente puede desencadenar una catástrofe, aunque el resto del sistema “parezca” correcto. El detalle relevante es la idea de iniciación y propagación de grietas bajo cargas no críticas repetidas y la importancia de su detección antes del umbral crítico.

–A veces el material es la vía, y el problema es invisible… hasta que deja de serlo.

La fatiga por contacto rodante es una especialidad de la física con mala educación: trabaja en silencio, en la interfaz rueda–carril, con tensiones que pueden alcanzar magnitudes enormes en la zona superficial, y va sembrando grietas. Es lo que pasó en Hatfield, en 2000.

–A veces la causa dominante no es materiales, sino operación y barreras.

El siniestro de 2013 en Santiago de Compostela muestra otra familia: velocidad, factores humanos, transición entre sistemas de protección… y, sobre todo, el debate sobre cuántas capas debe tener un sistema para que un solo error no sea fatal. No es el mismo patrón que el de un descarrilamiento en recta tras una renovación reciente, pero sí enseña el mismo método: no buscar una bala de plata, sino una cadena de eventos.

Esquema simplificado.
Árbol de familias causales del accidente y diferentes tipos de pruebas de peritaje científico que pueden usarse para discriminar entre ellas.
José Ygnacio Pastor, Universiad Politécncia de Madrid, CC BY-NC-ND

¿Y Adamuz? Hipótesis razonables

Si el foco mediático insiste en que la vía era moderna y renovada y el tren era reciente, lo técnico debe responder con humildad: precisamente, por eso, el abanico plausible incluye fallos súbitos o defectos que escaparon a las inspecciones rutinarias. Algunas hipótesis, o todas ellas, podrías responder a nuestra curiosidad:

-Posible problema de unión-soldadura-fatiga de carril: las pruebas habría que buscarlas desde la fractografía (análisis de las superficies de fractura): marcas de avance por fatiga frente a rotura bruca. También, en el historial de ensayos no destructivos en el punto y soldaduras cercanas, en la geometría de vía y asentamientos (registros de auscultación) y en evidencias de campo (fragmentos, deformaciones, “marca de inicio” del descarrilamiento…).

-Si fuera material rodante (rueda-eje-rodamiento/bogie), lo que suele delatarlo son señales previas en los registradores (vibraciones, alarmas, temperatura de los rodamientos), daño característico en la rueda o el eje y en su superficie de fractura y correlación con el mantenimiento real.

-Si no se tratara de un problema de materiales, seguirían siendo hipótesis plausibles —hasta ahora no descartables— la colisión con un obstáculo en la vía, una anomalía local de geometría, el fallo de sujeciones o de un aparato de vía cercano, así como efectos del viento o tensiones térmicas locales, menos habituales en enero, pero relevantes porque la vía responde a la variación cíclica de la temperatura del carril.

En la interacción constante entre las ruedas del ferrocarril, pueden formarse grietas debido al desgaste continuo, al incremento cíclico de las temperaturas y a las cargas repetitivas que provocan la fatiga de los materiales implicados.
José Ygnacio Pastor, Universidad Politécnica de Madrid, CC BY-NC

La seguridad del futuro: más velocidad, más sensores, más humildad

China ha presentado prototipos como el CR450, que operarán hasta 450 km/h. La promesa de seguridad no está en la magia del récord, sino en el ecosistema: instrumentación, mantenimiento predictivo, inspección automatizada, gemelos digitales y una cultura donde un aviso pequeño no se archiva como molestia.

Al final, vuelvo a mi silla rota. Si me hubiera fiado de la intuición, habría culpado a la carpintería, al destino o a esa pata coja. Pero cuando uno analiza, aparece la cadena: un diseño con sus compromisos, una unión que concentra tensiones, un microdefecto, miles de cargas repetidas… y, por fin, un último ciclo que no fue el más fuerte, sino el primero que alcanzó al umbral de rotura.

Comprender antes de juzgar

El análisis forense obliga a leer las huellas del fallo como si fueran un texto, desde la fractografía submicrométrica hasta el macrocosmos del sistema, donde cada decisión humana y técnica deja también su firma.

Con Adamuz, la única postura seria es comprender antes de juzgar. Porque si algo nos enseñan las grandes catástrofes ferroviarias del pasado es que el progreso en seguridad no nace del análisis más rápido, sino de las evidencias más pacientes. Y esas evidencias, como las grietas, no se aprecian fácilmente… pero inevitablemente existen.

Se inspeccionan cabeza y alma del carril, juntas y soldaduras para detectar defectos internos subcríticos invisibles a simple vista.
Comprobación de raíles con un equipo de ultrasonidos manual (Túnel de Base del Gotardo, Suiza).
Wikimedia Commons., CC BY

The Conversation

José Ygnacio Pastor Caño recibe fondos del proyecto PID2022-137274NB-C33, financiado por el Plan Estatal 2021–2023 de la
Agencia Española de Investigación del Gobierno de España.

ref. Comprender antes de juzgar: ¿qué enseñan los fallos ferroviarios del pasado sobre el accidente de Adamuz? – https://theconversation.com/comprender-antes-de-juzgar-que-ensenan-los-fallos-ferroviarios-del-pasado-sobre-el-accidente-de-adamuz-273879

Manger sans viande est-il bon pour la santé ? Un débat récurrent dans l’histoire de la diététique

Source: The Conversation – in French – By Bruno Laurioux, Professeur émerite, Université de Tours

Image extraite de _Mœurs, usages et costumes au Moyen Âge et à l’époque de la Renaissance_ (1871), de Paul Lacroix, illustré par F. Kellerhoven., CC BY

De l’intérêt de limiter sa consommation de viande, voire de s’en priver, au bénéfice de sa santé. C’est un des arguments avancés par celles et ceux qui promeuvent le végétarisme. Mais savez-vous que cette question, ô combien d’actualité, divise les spécialistes depuis… le Moyen Âge ? C’est ce que nous raconte Bruno Laurioux, professeur émérite à l’université de Tours et président de l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation dans Une histoire de la diététique. D’Hippocrate au Nutri-Score (éditions du CNRS, 2025).


Dans la longue histoire du végétarisme, trois arguments principaux ont été avancés pour justifier le refus – ou le rejet – de la viande. Le plus ancien est d’ordre éthique ; on le retrouve chez certains néo-pythagoriciens de l’Antiquité tardive, qui stigmatisent la violence faite à l’animal lorsqu’on le met à mort pour le consommer. L’argument le plus récent – il date du XXe siècle – est de nature environnementale et pointe les impacts très négatifs de l’élevage intensif, en termes de rejet de gaz à effet de serre ou de prélèvement des eaux.

Mais, on l’oublie souvent, l’une des motivations de ceux qui se privent totalement de viande peut être le souci de leur santé. Entretenue par les crises sanitaires à répétition qui touchent le secteur de la production animale depuis le déclenchement de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, surnommée communément « maladie de la vache folle ») à la fin des années 1990, puis ravivée par la mise en évidence des effets cancérogènes d’une consommation soutenue de viande rouge, une méfiance certaine envers la viande s’est installée dans notre paysage.




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Or, cette ligne de contestation de la consommation carnée a été également utilisée dans un passé parfois lointain, qui va du Moyen Âge au XXe siècle. C’est ce que nous décrivons dans Une histoire de la diététique. D’Hippocrate au Nutri-Score.

La défense du régime chartreux « sans viande » : Arnaud de Villeneuve

Le traité De esu carnium (en français, Sur la consommation des viandes) a été composé entre 1302 et 1305 par l’un des plus grands médecins du temps, le Catalan Arnaud de Villeneuve ; la version originale intégrale de cet ouvrage intégrale étant De esu carnium d’Arnaldus de Villanova, éd. Dianne M. Bazell, Barcelone (Arnaldi de Villanova Opera medica Omnia, XI), 1999).

Professeur renommé à l’université de Montpellier, très bon connaisseur des textes médicaux traduits récemment de l’arabe, Arnaud de Villeneuve met ses talents de praticien au service du roi d’Aragon comme du pape. Il prend ici la défense des Chartreux ; cet ordre monastique rigoriste, fondé par saint Bruno, est accusé de laisser mourir ses membres malades, en leur refusant absolument l’usage de la viande. Or, la possibilité d’en manger avait été ouverte, précisément pour les malades, par la règle bénédictine, la plus répandue en Occident.

De manière générale, l’interdiction de la viande des animaux terrestres et aériens, qui constituait le cœur du carême pour les fidèles et s’imposait aux moines à perpétuité, s’était notablement assouplie. Et ceci sous l’effet du système de représentation dominant dans la société laïque qui valorisait la consommation carnée ; un système face auquel les petites communautés de Chartreux apparaissaient comme des pôles de résistance.

Contre les détracteurs des Chartreux qui les présentent comme cruels ou dénués de toute humanité en ne permettant pas la viande aux malades en grand danger de mort, Arnaud de Villeneuve veut prouver qu’on agit plus efficacement en leur administrant des médicaments et que les mets végétaux ne présentent aucun danger supplémentaire par rapport aux mets carnés – bien au contraire. Il pose ainsi une série d’arguments médicaux tirés des auteurs de référence qu’il maîtrise à merveille.

D’abord, démontre-t-il, prescrire de la viande ne sert à rien quand le malade a juste besoin de médicaments. Ensuite, la chaleur supplémentaire que procure la graisse contenue dans la viande, invoquée par certains détracteurs des Chartreux, n’apporte rien aux malades et peut même être très nuisible à leur guérison.

Troisième argument : la viande restaure certes les muscles mais non la force vitale tout entière ; si le sang « épais et glutineux » qu’elle engendre peut certes aider le corps au quotidien, le vin et les jaunes d’œuf (qui font partie du régime monastique ordinaire), parce qu’ils sont « légers et subtils », se révèlent, juge-t-il, bien plus utiles pour restaurer l’ensemble de ses fonctions physiques et cognitives. (La « prescription » de vin à des malades peut surprendre aujourd’hui, à raison. Mais à l’époque, leur donner du vin, donc de l’alcool, ne fait pas débat, ndlr).

Le médecin catalan, qui se pique aussi de théologie, rappelle au passage que la Bible ne présente jamais la viande comme une nourriture saine ni nécessaire. Et il constate que les Chartreux, même s’ils se privent totalement de viande, vivent fort vieux, atteignant couramment 80 ans, à l’instar des patriarches des premiers âges du monde, où la viande n’était pas encore d’usage.

La conclusion s’impose : la consommation de viande n’est nullement une nécessité en cas de maladie et, par conséquent, s’en priver ne constitue pas un danger ; ceux qui prétendent nécessaire l’usage de la viande ont en réalité mal compris ses effets sur l’alimentation. Conclusion forte, qui intéressa les lecteurs mais n’eut guère d’impact sur les pratiques. Le De esu carnium fut souvent copié et parfois cité mais n’empêcha pas le vaste courant favorable à la viande de se développer et d’emporter tout sur son passage.

Les bienfaits du carême : Andry contre Hecquet

Pourtant le plaidoyer anti-viande ressurgit au début du XVIIIe siècle, sous la plume du bouillant Philippe Hecquet. Ce « self-made-man », devenu médecin du prince de Condé et doyen de la faculté parisienne, manifeste ses talents de polémiste en s’attaquant aux libertés que des fidèles toujours plus nombreux ont pris avec les obligations du carême. Et, scandale majeur pour le rigoureux janséniste qu’il est, sur les conseils mêmes de leur médecin traitant !

Car le contexte a bien changé depuis Arnaud de Villeneuve. Le carême s’est retrouvé au cœur de la contestation que la Réforme protestante a menée contre bien des dogmes et des pratiques catholiques non attestés dans l’Écriture. Avec le siècle des Lumières s’amorce un mouvement encore plus profond dans la société d’Ancien Régime, celui d’une déchristianisation progressive. S’ensuit une forte augmentation de la vente de viande, qui, durant le carême, est traditionnellement détenue par l’Hôtel-Dieu, en vertu des dispenses accordées aux malades.

C’est contre cette évolution que s’élève Hecquet, lorsqu’il publie en 1709 son Traité des dispenses du carême.

Il entend notamment y établir « par l’histoire, par l’analyse et par l’observation », la « convenance » que les aliments maigres entretiennent « avec la santé ». Au bout de quelque 73 chapitres, Hecquet a réussi l’exploit de démontrer à la fois

« que le Carême n’a rien de si extraordinaire » ni de « trop austère » et « que les fruits, les grains et les légumes sont », contrairement à la viande, « les aliments les plus à naturels à l’homme ».

Pour cela, il dresse le profil diététique d’un grand nombre de produits végétaux.

La conclusion qu’il en tire est sans appel :

« Il est vrai de dire que le maigre est plus naturel à l’homme que le gras, qu’il fait moins de maux, et guérit plus de maladies. »

C’est un renversement complet du système de valeur diététique qui est ici proposé, avec l’affirmation d’une absolue supériorité médicale des céréales, fruits et légumes.

Le traité de Philippe Hecquet connait un retentissement immédiat. Mais il indispose fort la plupart des collègues. Dans l’ombre, l’un d’entre eux fourbit ses armes en vue d’un ouvrage qui va en prendre le contrepied. Pour ce Nicolas Andry, l’abstinence de viande n’est ni plus ni moins que « l’écueil de la santé ». Or, Hecquet affirme exactement le contraire, en voyant dans l’antériorité du régime végétal mentionnée dans la Bible la preuve de sa supériorité sur le régime carné : Dieu n’a-t-il pas ainsi manifesté sa préférence ?

D’autre part, tout à sa volonté de combattre les dispenses abusives de carême, Hecquet a déniché, dans les statistiques sur les consommations carnées de Paris, les preuves d’un fâcheux relâchement des pratiques d’abstinence. Ce faisant, il touche les puissants intérêts professionnels des bouchers comme ceux des médecins. Il semble aussi franchir une ligne rouge aux yeux de l’Église, en faisant de la privation de viande non plus une pénitence mais un choix, semblant revenir à d’anciennes hérésies.

Défaite du végétarisme médical en France, au XVIIIᵉ siècle

C’en est trop. Andry réfute point par point les arguments de Hecquet dans les deux volumes de son Traité des dispenses de Carême parus en 1713. L’une de ses affirmations les plus fortes se fonde sur un retournement de son raisonnement : c’est précisément parce que les aliments de carême nourrissent mal que l’Église en a prescrit l’usage, afin de ne pas satisfaire complètement les besoins du corps. En 1714, l’intervention du plus grand médecin du temps, Jean Astruc, qui affirme clairement la supériorité nutritive du gras sur le maigre, marque la défaite du végétarisme médical. Tout au moins en France.

Car, outre-Manche, le courant végétarien qui se développe à partir du XIXe siècle s’appuie sur des arguments médicaux, auxquels une figure comme Anna Klingsford donnera la forme d’un axiome :

« Non seulement les substances végétales renferment tous les éléments nécessaires à la nutrition et à la production de force et de chaleur, mais […] même elles en contiennent plus que les substances animales. »

Paradoxalement, c’est dans la citadelle du carnisme qu’était devenue la faculté de Paris qu’elle soutiendra sa thèse en 1880.

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Bruno Laurioux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Manger sans viande est-il bon pour la santé ? Un débat récurrent dans l’histoire de la diététique – https://theconversation.com/manger-sans-viande-est-il-bon-pour-la-sante-un-debat-recurrent-dans-lhistoire-de-la-dietetique-272844

Au Kazakhstan, le débat brûlant sur le mariage polygame

Source: The Conversation – in French – By Hélène Thibault, Professeure agrégée de science politique, Nazarbayev University

Au Kazakhstan, les propositions de légaliser la polygynie font régulièrement surface, y compris en novembre dernier, portées par des élus qui souhaitent donner un statut civil aux familles déjà engagées dans ces unions. Mais, chaque fois, elles rallument la controverse : pour leurs opposants, ce serait un glissement dangereux pour la laïcité de l’État et un net recul pour les droits des femmes.

On utilise souvent le mot polygamie pour parler de la polygynie, c’est-à-dire le mariage d’un homme avec plusieurs femmes. En réalité, polygamie est un terme général qui signifie simplement « mariage entre plusieurs personnes », sans préciser le sexe.

La polygynie (un homme avec plusieurs femmes) est de loin la forme la plus répandue, au point où elle a fini par devenir l’usage courant du mot « polygamie ». L’inverse – une femme mariée à plusieurs hommes, la polyandrie – est extrêmement rare. C’est pourquoi, dans la langue commune, les termes « polygamie » et « polygynie » sont souvent utilisés comme synonymes.

En tant que spécialiste de l’Asie centrale, professeure de science politique à l’Université Nazarbayev au Kazakhstan et chercheure en résidence au CÉRIUM de l’Université de Montréal (UdeM), je m’intéresse depuis longtemps aux questions de genre et de religion en Asie centrale. Ayant grandi en milieu rural au Québec, j’ai développé une passion pour cette région lors de mes études de baccalauréat à l’UdeM. Mes recherches doctorales à l’Université d’Ottawa sur le renouveau religieux au Tadjikistan m’ont emmenée à être confrontée à des situations cocasses liées à mon genre et à mon statut marital. À la suite de cette expérience de terrain et à mon déménagement au Kazakhstan en 2016, je me suis davantage intéressée aux dynamiques de genre.

Autrefois pratiquée par les nomades

Au Kazakhstan, la polygynie, qui était pratiquée traditionnellement parmi les populations nomades, est devenue un crime à l’époque soviétique, mais a été décriminalisée en 1998. Cependant, elle n’a pas été légalisée. Dans l’état actuel des choses, un homme ne peut pas être légalement marié à plus d’une femme, mais rien dans la loi n’interdit la « bigamie » et « polygamie » comme c’est le cas dans de nombreux pays, dont le Canada.

Le tokalisme à nouveau à la mode
Le tokalisme à nouveau à la mode ? Qui sont ceux qui prennent des secondes femmes, et comment procèdent-ils ? Photo tirée de la chaîne YouTube du Parti populaire du Kazakhstan ayant organisé une discussion entre experts sur le thème de la légalisation.
YouTube

Ceci fait en sorte que la polygynie tend à florir dans cet état laïc, mais majoritairement de culture musulmane : environ 6 % des hommes kazakhs seraient aujourd’hui engagés dans une relation polygyne, soit trois fois plus qu’il y a 10 ans. En l’absence de loi régulant ces mariages, les époux souhaitant se marier (incluant ceux qui sont peu pratiquants), se tournent vers la mosquée pour obtenir la bénédiction d’un imam. Leur union est alors reconnue devant Dieu, mais n’a aucune valeur aux yeux de la loi.

Cette situation, passée presque inaperçue au moment où les autorités entamaient de grandes réformes législatives visant à désoviétiser le système judiciaire, est loin de faire consensus. Pour les uns, elle signe une islamisation rampante de la société et pour d’autres, elle illustre la superficialité des liens matrimoniaux.

Je présente ici les grandes lignes de ce débat qui mêle religion, égalité des hommes et des femmes et dynamiques familiales.




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Tentatives ratées de légalisation

À trois reprises, des politiciens kazakhs ont proposé, sans succès, de légaliser la polygynie en modifiant la loi sur la famille et le mariage ; en 2001, en 2008 et plus récemment en novembre au moment où Abzal Kuspan, un député de la chambre basse du Parlement, le Majilis, est revenu avec une proposition de légaliser « l’institution de la tokal » au pays, un terme utilisé au Kazakhstan pour désigner la deuxième femme.

L’un des arguments avancés pour justifier ce changement est, qu’on le veuille ou non, ce type d’union est très répandu et que les femmes au sein de ces unions ne bénéficient d’aucune protection légale en cas de divorce.

Signe de l’islamisation de la société ?

Comme elle est permise en Islam, l’idée que la polygynie est une manifestation de la croissance de la religiosité au pays est très répandue. Cependant, le phénomène est loin d’être limité aux communautés pratiquantes.

Dans le cadre de mes recherches, parmi les 16 individus en situation polygyne interrogés dans différentes régions du Kazakhstan, un seul se disait pratiquant alors que les autres s’identifiaient comme musulmans, mais ne respectaient pas plusieurs règles comme la prière quotidienne et l’abstinence d’alcool.

Les résultats d’un sondage que j’ai commandé en 2019 montrent aussi que le soutien à la polygynie reste très faible parmi les Kazakhs musulmans. Pour ses opposants, cette pratique constitue surtout une violation du caractère séculier de l’État.

Le Kazakhstan a hérité de l’Union soviétique un état séculier où la séparation de la religion et de l’État est très prononcée et la majorité de la population est de confession musulmane, mais où la pratique rigoureuse de l’Islam est marginale.


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Une menace aux droits de femmes ?

D’autres s’opposent à la légalisation pour des raisons d’égalité des sexes. De façon générale, les études montrent que là où la polygynie est permise, les femmes se retrouvent dans des positions d’infériorité structurelle.

Au Kazakhstan, ce discours est aussi très présent. Chaque initiative de légalisation a provoqué de vives discussions au sein de la société. Des femmes d’influence, dont des parlementaires, se sont prononcées et ont proposé que ces mesures s’accompagnent également d’une légalisation de la polyandrie, invoquant le principe d’égalité entre les sexes. Au sein d’une société encore largement patriarcale, cette idée a cependant peu de chances de se concrétiser. Symptôme de ces inégalités, les « tokals » sont souvent perçues comme des femmes opportunistes cherchant un mariage fortuné pour échapper au travail. Cependant, mes recherches révèlent une réalité plus nuancée : il s’agit souvent de femmes divorcées cherchant une relation amoureuse qui leur procure une certaine autonomie, notamment en leur permettant de s’affranchir de l’influence, souvent très exigeante, de la belle-famille.

Bien que l’idée de légaliser la polygynie soit présentée comme une mesure visant à « protéger » les femmes, elle s’apparente plutôt à une pente glissante : une telle réforme s’inscrirait dans un contexte marqué par des inégalités économiques et sociales structurelles, et ne ferait que renforcer la dépendance des femmes envers les hommes. D’ailleurs, le taux de divorce est très élevé au Kazakhstan et les femmes divorcées peinent déjà à faire respecter le paiement des pensions alimentaires par leur ancien conjoint. Rien ne permet d’espérer qu’il en serait autrement pour les « tokals » et leurs enfants.

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Hélène Thibault ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Au Kazakhstan, le débat brûlant sur le mariage polygame – https://theconversation.com/au-kazakhstan-le-debat-brulant-sur-le-mariage-polygame-270505

Personalismo a lo grande: claves para entender la presidencia de Donald Trump a lo largo de este primer año de mandato

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana Sofía Cardenal Izquierdo, Profesora de Ciencia Política, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Un año después de la llegada de Donald Trump a la Casa Blanca, ya no se trata de especular sobre promesas de campaña ni de anticipar escenarios posibles. Su presidencia ofrece un primer balance tangible de decisiones, ritmos y efectos que permite separar con nitidez lo que era previsible de lo inesperado, y, sobre todo, evaluar qué implicaciones tiene este primer año de gobierno para la coalición política que lo sostiene.

Lo que podía esperarse

Desde el inicio era previsible una presidencia marcada por la confrontación directa con los principales contrapesos del sistema democrático estadounidense. Trump ha mantenido y profundizado una política de hostigamiento sistemático contra los medios críticos, la justicia y aquellas instituciones con capacidad contramayoritaria. El Congreso, especialmente, ha quedado relegado a un papel secundario, cuando no irrelevante, lo que algunos analistas han identificado como el principal problema de la extralimitación presidencial.

Esta dinámica no responde a episodios aislados ni a impulsos erráticos, sino a una lógica coherente de concentración de poder. La deslegitimación de los medios hostiles, la presión sobre jueces y fiscales y la normalización del ataque a organismos reguladores forman parte de una estrategia deliberada de debilitamiento de los contrapesos institucionales.

También era esperable la utilización patrimonialista del Estado. Trump no ha roto con su pasado empresarial, sino que lo ha integrado en el ejercicio de la presidencia, difuminando de forma sistemática la frontera entre interés público e interés privado y persiguiendo sin disimulo su enriquecimiento y el de su familia. La confusión entre gobierno y negocio no es un efecto colateral, sino un rasgo estructural de su forma de entender el poder.

Asimismo, Trump ha gobernado claramente para los grupos que lo llevaron al poder. Su agenda –económica, cultural y política– responde de manera directa a las demandas de su base electoral y de los actores organizados que la articulan: desregulación, recortes del Estado, políticas migratorias restrictivas y una concepción mayoritaria y plebiscitaria del mandato democrático. Todo ello encaja con su talante político y con las señales emitidas durante la campaña.

Por último, lejos de un discurso genuinamente antiélite, su presidencia ha consolidado una alianza pragmática con grandes corporaciones, en particular con el sector tecnológico. Más que regular su poder, el Ejecutivo ha optado por instrumentalizarlo.

Lo que no se esperaba (al menos no en esta magnitud)

Si algo ha sorprendido incluso a quienes anticipaban una presidencia disruptiva ha sido la velocidad y la intensidad del cambio. En apenas meses se han sucedido decisiones de enorme calado: el papel central de DOGE –el Departamento de Eficiencia Gubernamental–, el desmantelamiento de amplias capas de la administración pública, recortes masivos de empleo público, el debilitamiento de la cooperación internacional, la imposición de aranceles y el endurecimiento extremo de las deportaciones.

La rapidez no ha sido accidental. Ha funcionado como una estrategia política en sí misma, reduciendo la capacidad de reacción de actores institucionales, judiciales y sociales. Gobernar deprisa ha sido una forma de gobernar sin oposición efectiva y es también una estrategia típica de autócratas decididos a desarticular a la oposición y consolidar su poder.

También ha resultado inesperada la profundidad del giro en política exterior. El lema Make America Great Again –Hagamos América grande de nuevo– parecía apuntar a una retirada del escenario internacional y a una vuelta al aislacionismo. Las primeras decisiones –el distanciamiento de organismos multilaterales, el debilitamiento de la ONU, el desmantelamiento de USAID (Agencia de los Estados Unidos para el Desarrollo Internacional)…– reforzaron esa lectura. Sin embargo, el balance del primer año sugiere otra cosa.

No estamos ante una retirada del mundo, sino ante una redefinición del papel de Estados Unidos en términos más cercanos a una lógica imperial que a una potencia de poder blando.

Trump no renuncia a la proyección internacional; rechaza el multilateralismo y apuesta por relaciones bilaterales coercitivas, delimitación explícita de esferas de influencia y control de recursos estratégicos clave para la competición tecnológica global. La reactivación implícita de una doctrina tipo Monroe marca un cambio profundo y poco anticipado.

Especialmente inquietante ha sido, además, la centralidad de los aparatos coercitivos del Estado. El papel de ICE –el Servicio de Control de Inmigración y Aduanas de los Estados Unidos– como brazo ejecutor de la política migratoria, con amplios márgenes de discrecionalidad e impunidad, y el uso creciente de la Guardia Nacional apuntan a la conformación de cuerpos de fuerza altamente leales al Ejecutivo.

Y alarmante es también el potencial despliegue de soldados del ejército en Minneapolis, tras las protestas por el asesinato de Renee Good. La historia comparada muestra que muchos regímenes autoritarios consolidan su poder mediante fuerzas coercitivas personalistas; la analogía no es mecánica, pero el paralelismo resulta difícil de ignorar.

Quizá lo más inesperado por inquietante ha sido la debilidad de los contrapesos. El Congreso ha quedado prácticamente ausente, el Tribunal Supremo ha avalado mayoritariamente las decisiones presidenciales y los medios, aunque más resistentes, muestran una capacidad limitada de freno. Universidades, algunas voces aisladas en el Senado y, de forma creciente, el presidente de la Reserva Federal, Jerome Powell, aparecen como focos dispersos de resistencia institucional.

El impacto sobre su base de apoyo

El efecto de este primer año sobre la base de Trump es ambivalente. Su coalición es amplia, heterogénea y en buena medida instrumental, lo que hace improbable una reacción uniforme.

A corto plazo, su núcleo más leal sale reforzado. La confrontación constante y la narrativa de asedio alimentan un vínculo emocional que interpreta cada choque institucional como prueba de autenticidad. Para esta base dura, Trump no solo gobierna: combate. Aunque el núcleo duro de apoyo a Trump es altamente resistente incluso ante acusaciones graves, los sondeos muestran que su manejo del escándalo de Jeffrey Epstein es uno de los pocos temas en los que su aprobación entre republicanos se desploma por debajo de su respaldo habitual. Esta fractura –moderada pero real– sugiere que una serie de revelaciones más comprometedoras sobre su implicación en las redes de Epstein podría comenzar a erosionar, al menos parcialmente, la fidelidad de su base más leal.

Más ambiguo es el efecto sobre las élites económicas. Aunque muchas se han beneficiado de la desregulación y de un Estado menos intervencionista, la imprevisibilidad, el uso político de los aranceles y la inestabilidad internacional introducen costes crecientes. No se trata aún de una ruptura, pero sí de una relación más tensa.

Entre las clases medias y trabajadoras, el apoyo depende cada vez más del equilibrio entre incentivos simbólicos y efectos materiales. Los recortes en empleo público, la inflación o el deterioro de servicios pueden erosionar progresivamente ese respaldo, especialmente allí donde los costes se hacen visibles. Habrá que estar atentos a sus efectos en este sector menos leal a Trump del electorado.

Por último, sectores institucionales y tecnocráticos muestran una incomodidad creciente. El conflicto con la Reserva Federal, la politización de la administración y el uso discrecional del aparato coercitivo tensionan a actores que valoran la estabilidad por encima de la confrontación ideológica.

Qué conviene observar

Más que fijarse solo en índices de aprobación –que también–, conviene estar muy atentos a señales indirectas: cambios en el discurso de grandes donantes y empresas, silencios estratégicos y voces discordantes dentro del Partido Republicano, eventuales desacuerdos en el Tribunal Supremo, la actitud de la Reserva Federal y la evolución del encuadre mediático en medios tradicionalmente afines.

El primer año de Trump no habla solo de Trump. Habla de la capacidad –o incapacidad– del sistema político estadounidense para resistir una presidencia que tensiona deliberadamente sus límites formales e informales. Incluso si su apoyo electoral se erosionara, muchas de las transformaciones impulsadas podrían perdurar más allá de su figura. En ese sentido, este primer año no parece un paréntesis, sino el inicio de una reconfiguración más profunda del orden político estadounidense.

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Ana Sofía Cardenal Izquierdo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Personalismo a lo grande: claves para entender la presidencia de Donald Trump a lo largo de este primer año de mandato – https://theconversation.com/personalismo-a-lo-grande-claves-para-entender-la-presidencia-de-donald-trump-a-lo-largo-de-este-primer-ano-de-mandato-273873

Un año de Donald Trump: así ha reordenado el tablero global

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Aurken Sierra Iso, Ayudante Doctor, Departamento de Comunicación Pública, Universidad de Navarra

Donald Trump recibe a Benjamin Netanyahu, primer ministro israelí, en la Casa Blanca (7 de abril de 2025). noamgalai/Shutterstock

En su primer año de regreso a la Casa Blanca, Donald Trump ha dado un giro profundo en la política exterior de Estados Unidos. Su estilo –decisiones rápidas, mensajes contundentes y una ejecución que a menudo roza los límites institucionales– ha reordenado prioridades y ha devuelto al centro del debate ideas que parecían superadas. Entre ellas, la lógica de las esferas de influencia, un concepto propio del siglo XIX que reaparece bajo nuevas formas.

Trump ha reivindicado abiertamente la Doctrina Monroe, que en el siglo XIX defendía que el hemisferio occidental debía quedar libre de injerencias europeas. El presidente la ha rebautizado como “Donroe Doctrine”, una versión ampliada que presenta a Estados Unidos como garante exclusivo de la seguridad en América. La idea conecta con un marco más amplio: un mundo dividido en grandes espacios dominados por potencias regionales.

Sus decisiones y declaraciones no solo han modificado la acción exterior estadounidense sino que han obligado al resto de actores internacionales a reaccionar constantemente ante los cambios de rumbo de Washington. Según esta lógica, el mundo se organiza en áreas de influencia y Estados Unidos, como “hegemón” del hemisferio occidental, tendría legitimidad para actuar libremente dentro de su región.

Esferas de influencia: de Schmitt a China

Esta noción recuerda al concepto de “gran espacio” (Großraum) formulado por el filósofo alemán Carl Schmitt, quien defendía que el orden internacional se organiza en torno a potencias que ejercen influencia sobre regiones enteras.

Aunque Schmitt es una figura polémica por su vinculación con el nazismo, su teoría ha sido recuperada indirectamente por algunos intelectuales chinos para explicar el ascenso del país y su papel en Asia-Pacífico. Estudios recientes analizan cómo China articula su influencia mediante inversión, diplomacia y presencia militar en su entorno regional.

Este enfoque también sirve para cuestionar la tesis del politólogo Francis Fukuyama, quien en los años noventa afirmó que la caída de la URSS suponía el “fin de la historia” y la victoria definitiva del liberalismo. La evolución de China, Rusia y ahora Estados Unidos apunta más bien a un retorno de la competencia entre grandes potencias.

La visión estadounidense quedó plasmada en la Estrategia de Seguridad Nacional de 2025, que consolida un reparto del mundo en bloques: Estados Unidos en el hemisferio occidental, Rusia en su vecindad inmediata y China en Asia-Pacífico.

El documento supone una ruptura con el orden liberal de la posguerra, basado en reglas universales e instituciones multilaterales, y apuesta por una lógica más territorial y jerárquica.

De Monroe a “Donroe”: exclusividad hemisférica en clave siglo XXI

La política exterior de Trump se ha movido en coordenadas similares a las chinas, aunque con fundamentos distintos. Dos episodios recientes ilustran esta lógica: la intervención estadounidense en Venezuela y el interés por la posible compra o anexión de Groenlandia bajo el pretexto de la seguridad nacional. Ambos casos se basan en la idea de que Estados Unidos tiene derecho a actuar libremente dentro de su área de influencia.

Pero no solo tenemos esos dos ejemplos, en este último año ha habido más acciones, como los ataques contra presuntos barcos narcotraficantes en el Caribe, la presión sobre Panamá por la gestión del canal que Trump quiere recuperar, nuevas sanciones a Nicaragua y restricciones más estrictas a Cuba o el refuerzo de su relación con Nayib Bukele en El Salvador a cambio de cooperación en materia migratoria.

Todas estas acciones responden a una misma idea: Estados Unidos tiene derecho a actuar libremente dentro de su área de influencia y a impedir la presencia estratégica de potencias externas. La “Donroe Doctrine” formaliza esta visión y la convierte en eje de la política exterior estadounidense.

El choque entre la agenda internacional y las expectativas internas

Sin embargo, esta estrategia exterior no puede entenderse sin mirar hacia dentro. La dialéctica de la administración Trump contrasta con las prioridades de muchos de los votantes que lo llevaron a la Casa Blanca en 2024. Su apoyo se cimentó en un diagnóstico claro: las administraciones anteriores habían traicionado al estadounidense medio.

Según la retórica del presidente, la globalización desindustrializó el país, amplió las brechas sociales y fortaleció a rivales estratégicos. Las élites –tanto republicanas como demócratas– habrían ignorado estos problemas, provocando el empobrecimiento del ciudadano común.

Por eso, la viabilidad política de la “Doctrina Donroe” se medirá en las elecciones de medio mandato. Trump controla los tres poderes del Estado, pero su mayoría en la Cámara de Representantes es extraordinariamente estrecha –la más exigua en casi un siglo–. El éxito de su agenda internacional sólo será valorado positivamente si los votantes perciben mejoras en su calidad de vida. Si la economía se resiente o el poder adquisitivo cae, los frutos de este intento de reordenar el sistema internacional habrá que buscarlos en otro lugar.

Mientras tanto, conviene seguir a quienes han analizado conceptualmente este viraje –entre ellos, el escritor y economista estadounidense Benn Steil– para entender un cambio que, por primera vez en décadas, no se limita a la retórica, sino que reconfigura el reparto real de poder.

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Aurken Sierra Iso no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Un año de Donald Trump: así ha reordenado el tablero global – https://theconversation.com/un-ano-de-donald-trump-asi-ha-reordenado-el-tablero-global-273869

¿Son las relaciones abiertas y el poliamor la ‘solución’ a la infidelidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Barraca, Profesor de Psicología, Universidad Camilo José Cela

Alena Lom/Shutterstock

La infidelidad ya no es solo aquello que ocurre a escondidas en sábanas ajenas. Aunque las definiciones científicas clásicas la asocian al sexo o al vínculo amoroso fuera de una relación comprometida y “exclusiva”, esa frontera empieza a difuminarse. Hoy, el propio concepto de exclusividad –durante décadas indiscutido– está en el centro del debate.

Las parejas abiertas, poliamorosas y, en general, las que mantienen relaciones no monogámicas consensuadas –estos términos no son realmente equivalentes y pueden indicar diferentes tipos de acuerdos en la relación, aunque aquí se tomarán indistintamente, pues se plantea una comparación entre formas convencionales de relación (monogamia) y el resto– harían saltar por los aires esta conceptualización. ¿Podríamos suponer entonces que no deberían sufrir nunca una infidelidad?

De acuerdo con la psicoterapeuta estadounidense experta en el campo de las relaciones sentimentales Esther Perel, las infidelidades siempre reúnen tres componentes: secretismo, alquimia sexual e implicación emocional.

Hay que tener presente que hablamos del sentimiento de infidelidad, más que de unos hechos objetivos que podrían concurrir en el caso. Si se aceptan estas premisas, es posible que los miembros de una pareja abierta sufran, igual que los de una monogámica, este tipo de sentimiento. Pues aunque admitirían el deseo sexual hacia otra persona –e incluso cierto grado de implicación afectiva en el poliamor–, si este se oculta o no se explicita estaría produciéndose un engaño equivalente al de la infidelidad convencional.

“Sexo sí, pero nada de quedar luego”

Y, muchas veces, esa es la cuestión: por una u otra razón no se cumplen las reglas o los acuerdos establecidos en una pareja poliamorosa y que podrían ir del “sexo sí, pero nada de quedar luego” al “tengo que saberlo primero”, el “tengo que conocerla/o antes”, el “solo teniendo un encuentro, no repetidos” o “sin intercambio de mensajes”.

Estas y tantas otras normas tratan de ayudar a controlar los celos, los sentimientos de distanciamiento, la pérdida de una relación privilegiada frente a otras personas. O sea que, frente al acuerdo, normalmente tácito, de la relación tradicional (no hay sexo fuera de la pareja), en la pareja abierta ese pacto sería siempre explícito y más detallado.

Sin embargo, aunque se hayan establecido unas normas, ¿resulta posible desprenderse de los sentimientos de posesividad cuando la pareja está manteniendo relaciones sexuales con otra persona? Esta cuestión reabre el viejo tema de si la monogamia es algo natural para la especie humana o, únicamente, producto de las estructuras sociales, de nuestra inculturación. Probablemente, este debate sea tan estéril como tantos otros en los que se contrapone el nuture-narture (lo innato frente a lo aprendido).

Como afirma el/la psicólogo/a y activista Meg-John Barker, “la manera en que conformamos una relación está influida por una compleja red de factores biológicos, psicológicos y sociales que resulta imposible de desenredar”.

La clave está en cómo manejar el deseo

Indudablemente, el deseo o impulso sexual es algo natural, pero cómo lo manejemos y hacia dónde lo dirijamos es algo que no puede desvincularse de nuestra educación. Ocurre lo mismo con el apetito y la necesidad de comer: lo innato es el impulso por nutrirnos, pero lo trascendemos y creamos el arte gastronómico. Plantear, por tanto, que somos polígamos por naturaleza, por razones evolutivas, por impulsos biológicos o por pulsiones primarias siempre va a ser objeto de un debate simplificador.

En el libro Infidelidad. Una mirada contextual he planteado que esta es multicausal y dependiente del contexto. Que es reduccionista achacarla tanto a la propia forma de ser del “infiel” (su personalidad, impulsividad, problemas psicológicos, autoestima, niveles hormonales, deseo y frustración sexual, mala gestión emocional…) como a su educación y aprendizajes, a la mala relación con la pareja actual o a las experiencias con las anteriores, a las oportunidades disponibles, al consumo de alcohol u otras sustancias, al atractivo de la tercera persona o al ambiente en el que se está.

El fenómeno tiene que ver con todos estos factores y también con muchos otros, en un marco vital determinado y en un momento dado. Solo ese amplio análisis puede darnos una pintura acabada y, naturalmente, nada de esto es exclusivo de las parejas monógamas.

Dado que en las parejas poliamorosas la infidelidad se entendería como la ruptura de los consensos y las reglas sobre cuándo o cómo mantener otras relaciones sexuales, es difícil compararlo con la de las tradicionales y no hay estudios propiamente dichos sobre el malestar que provoca.

Sin embargo, algunas investigaciones sobre satisfacción con la pareja apuntan a que las relaciones abiertas serían igual de gratificantes que las monogámicas. No obstante, hay una notable controversia sobre su continuidad o estabilidad, pues varios trabajos señalan que estas parejas se enfrentan a un mayor esfuerzo emocional, comunicativo y de gestión de tiempo; y también a dificultades externas (el estigma social y el rechazo en un contexto cultural mononormativo).

Con todo, la escasa bibliografía que existe al respecto no permite extraer conclusiones certeras. Por otro lado, siempre resultará cuestionable si el consenso es semejante para las dos personas o una se está plegando a los deseos de la otra en aras de perpetuar la relación.

Además, de acuerdo con las manifestaciones de los participantes en las encuestas, los practicantes de las relaciones poliamorosas se identifican predominantemente con un tipo muy determinado de perfil (jóvenes, bisexuales, votantes de izquierda y agnósticos o ateos).

Manejo de emociones e infidelidad

En suma, las parejas poliamorosas podrían tener tantas dificultades en el manejo de sus emociones sobre la infidelidad como el resto. Seguramente, no las mismas, pero de lo que se trata es de entender que no se puede escapar de la infidelidad sencillamente optando por una forma de relación de pareja. La atracción de la transgresión de las normas es universal y las habilidades comunicativas, la asertividad, la templanza, el coraje para decir la verdad de lo que se siente nunca puede garantizarse, por muy comprometido que se esté con un modelo relacional.

Al fin, parece que no deja de ser verdad el viejo adagio: cambiar de pareja (o, en este caso, de estilo de pareja) no supone dejar de tener problemas, solo supone cambiar de problemas.

The Conversation

Jorge Barraca no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Son las relaciones abiertas y el poliamor la ‘solución’ a la infidelidad? – https://theconversation.com/son-las-relaciones-abiertas-y-el-poliamor-la-solucion-a-la-infidelidad-266413

The flu is everywhere. So why aren’t Canadians getting vaccinated for viral illnesses?

Source: The Conversation – Canada – By Andrea DeKeseredy, PhD student, Sociology, University of Alberta

The death of Prashant Sreekumar made headlines across Canada when the 43-year-old father of three died in the emergency room of Edmonton’s Grey Nuns hospital after waiting for eight hours with chest pains.

Recently, there have been other reports of preventable deaths in Alberta ERs. Alberta doctors have called the emergency room situation a disaster, citing a tsunami of seasonal respiratory illnesses that have overwhelmed hospitals and led to crowded emergency departments.

Widespread vaccination for common respiratory illnesses, including COVID-19 and the flu, would help to relieve the pressure on hospitals. Yet vaccination rates for seasonal illness are falling across Canada. Our research shows that conflicting messages across levels of government and skepticism about whether the vaccines work may be helping to fuel the emergency-room surge.

This winter is not the first bad virus season in Alberta, nor is it the first time we’ve seen patients die waiting for care. During the 2022-23 viral illness season, a “tripledemic” of viruses rolled across the country, as COVID-19, influenza and respiratory syncytial virus (RSV) circulated simultaneously.

Our research showed how this tripledemic also slammed working parents trying to maintain their jobs while they and their children were infected over and over again.

This year could prove even worse. The 2025-26 season marks a new height in influenza cases, rising above a three-season high. Hospitals across the country have been flooded with patients, and burnt-out health-care workers have been putting in extra shifts.

Despite all of this — and the overwhelming research that shows influenza vaccines keep people out of the hospitalfewer Canadians are getting vaccinated. With declining seasonal vaccination rates each year, Canada now falls far short of the vaccination coverage needed to protect at-risk groups such as seniors or people with chronic illness, which is 80 per cent.

Who do Canadians trust on health care?

Our research explored parental decision-making in Alberta during the tripledemic to understand why, or why not, people get themselves and their kids vaccinated for COVID-19 and influenza. Using Viewpoint Alberta survey data, we found that who parents trust and the messages governments provide around vaccination strongly influence whether they and their kids get shots.

During the pandemic, parents in Alberta faced conflicting messages from governments. Despite the promotion of vaccination by the federal government and public health agencies, the provincial United Conservative Party government took a strong stance against enforcing COVID-19 protective measures. For those who trusted the provincial government, this essentially negated any pro-vaccination messaging provided by other institutions.

Our study found that those who trusted the federal government as a source of health information were more likely to have vaccinated their children for COVID-19 than those who supported the Alberta government’s messaging. The same was true for those who trusted Alberta Health Services and the Chief Medical Officer of Health. Those who placed their trust in the elected UCP government had much lower vaccination rates.

Trust is important, but it’s not the only factor keeping seasonal vaccination rates low. The question of who is perceived to benefit from vaccination also shaped parents’ decisions.

Are seasonal vaccines worth the trouble?

In addition to looking at survey data, we also interviewed parents to better understand how they made their decisions regarding seasonal vaccination for themselves and their children.

We were surprised to learn that after repeated viral illness infections, parents were actually less likely to vaccinate their children. Persistent illness contributed to a sense that infection was both inevitable and mild, often not even worth preventing. Some parents were also skeptical of the novelty of the COVID-19 vaccine compared to more established vaccinations, despite assurances from health-care professionals.

These parents did not hold “anti-vaxxer” beliefs; instead they believed that viral illness season was inevitable, and of little risk to themselves and their children. On top of this, the struggle to balance work and child care already made it difficult for many families to get vaccinated. Because the vaccine didn’t prevent infections altogether, many parents believed it was not worth the added effort.

Canada needs a new approach

Canada does not have the resources to continue this yearly severe illness cycle. Without better uptake of seasonal vaccines, we are doomed to repeat the same mistakes year after year, resulting in more needless deaths and health system crises.

Clear and consistent messaging is key, and the messages of provincial leaders must match those of the federal government. Our research shows that all levels of government have a role to play in building public trust in seasonal vaccines, and in making sure those shots are accessible to everyone. Vaccines must be available freely, widely and early, without pre-booking and payment requirements.

The tragedy of patients dying while waiting for care in a busy emergency room illustrates the dangers of overcrowded facilities. Higher vaccination rates could help prevent respiratory illnesses from overwhelming hospitals. Our governments need to step up and step forward to build public trust and accessibility for seasonal vaccines.

The Conversation

Andrea DeKeseredy receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC).

Michelle Maroto receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC).

Amy Kaler does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The flu is everywhere. So why aren’t Canadians getting vaccinated for viral illnesses? – https://theconversation.com/the-flu-is-everywhere-so-why-arent-canadians-getting-vaccinated-for-viral-illnesses-273354

What Canada can learn from Mexico’s approach to U.S. trade

Source: The Conversation – Canada – By Wolfgang Alschner, Hyman Soloway Chair in Business and Trade Law, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

When United States President Trump imposed tariffs on Canada and Mexico in early 2025, the two countries reacted very differently. Canada led with an “elbows up” campaign involving counter-tariffs and boycotts of American alcohol.

Mexico, by contrast, struck a more conciliatory tone and cautiously started to align its trade policy with the U.S. As Canada prepares for a turbulent 2026, Mexico’s experience offers valuable lessons.

Both Mexico and Canada depend heavily on trade with the U.S: both send three-quarters of their exports there. The Canada-United States-Mexico Agreement (CUSMA) underpins tariff-free access to the U.S. for most North American goods. But the deal is in jeopardy.

The U.S. alleges Mexico and Canada are being used as trans-shipment hubs for Chinese goods. These tensions will come to a head in July 2026 when CUSMA is up for review.

Mexico’s calibrated response

To pre-empt American concerns, Mexico has begun cautiously aligning with U.S. trade policy. As early as 2023, it pledged to work with the U.S. on foreign investment screening to address security issues around rising Chinese investment.

In late December 2025, Mexico followed up by raising tariffs on 1,400 Chinese items to between 35 to 50 per cent, including in sectors like electric vehicles and steel.

It would be wrong to dismiss these measures as capitulations to American demands. Instead, Mexico has cleverly navigated trade tensions with the U.S. while protecting its own values and interests. Mexico’s latest duty increases aim to protect domestic industries and counteract trade imbalances with China.

By raising duties only in select sectors, Mexico avoided putting duties on everyday consumer goods, which have driven up prices in the U.S. In addition, while the U.S. is imposing tariffs on friends and foes alike, the Mexican tariffs explicitly exempt countries with which it has free-trade agreements, supporting its broader trade diversification agenda.

Unlike the U.S. tariffs, which violate international trade law, Mexico’s measures are also fully consistent with its international obligations. As a developing country, Mexico committed to higher tariff ceilings at the World Trade Organization (WTO) than the U.S. This allows it to unilaterally raise tariffs up to the maximum levels permitted under international trade law.

Although China has criticized the move, Mexico’s non-discriminatory application of tariffs to all non-FTA partners avoids singling out any specific country and is legal.

Alignment without subordination

Mexico’s strategy offers a template for aligning with the U.S. without sacrificing sovereignty or respect for the rule of law. It is a far cry from a full North American customs union that some hope to achieve as part of the upcoming CUSMA review, which would unduly tie Mexican and Canadian trade policy to the whims of Washington, D.C.

It also demonstrates Mexico’s ability to walk the tight rope of seeking common ground with the U.S. while diversifying its trade and protecting its industry.

It is also superior to alternative ways of aligning with the U.S. Deals struck by the U.S. with Malaysia and Cambodia committed these countries to aligning with American import restrictions and export controls whenever it is in the U.S. national interest, effectively forcing them to forgo an autonomous trade policy altogether.

Canada also learned its lesson when it copied an illegal 100 per cent U.S. tariff on Chinese electric vehicles in 2024, only to face both U.S. auto tariffs and Chinese retaliation the following year.

Smartly, Ottawa has now partially reversed course by agreeing to allow 49,000 Chinese electric vehicles into the Canadian market at a tariff rate of 6.1 per cent. In return, China is expected to lower tariffs on Canadian canola to 15 per cent by March.

What Canada should do differently

In 2026, Canada will feel growing pressure to align with some U.S. trade-restrictive measures and, like Mexico, should do so smartly. Unlike Mexico, Canada has lower tariff bindings and cannot raise import duties without violating its commitments. Canada needs a bespoke approach, similar to Mexico’s, but implemented differently.

First, Canada should renegotiate its tariff bindings at the WTO in sectors critical to its industrial base. The European Union, for example, is preparing to increase its tariffs on imported steel by renegotiating its bindings at the WTO. This would provide a long-term solution offering predictability for both the affected Canadian sectors and trading partners and would be fully lawful.

In the steel sector, this route is preferable to the current Canadian tariff-rate quota regime, which is both WTO-illegal and hitting Canada’s closest free-trade agreement partners hard.

Second, Canada should actively pursue safeguard measures in sectors affected by trade diversion. U.S. tariffs have closed off the American market and diverted goods to Canada.

Safeguards are WTO-compliant trade defence instruments explicitly designed to counteract an unexpected surge of imports threatening serious injury to a domestic industry. That scenario has already played out in the Canadian lumber and downstream industry and will likely affect other sectors subject to U.S. tariffs.

Third, using the recent rapprochement with China as a blueprint, Canada should strive for similarly nuanced solutions in future partnerships. Rather than dropping electric vehicle tariffs altogether, Canada has negotiated a compromise that let some Chinese vehicles in, but not enough to endanger either its domestic auto-sector or relations with the U.S.

As U.S. trade representative Jamieson Greer recently stated, the U.S. is not asking its trading partners to mirror its trade policy. Rather, it’s looking for “similar trade actions” with “equivalent restrictive effect.”

This pragmatic formulation allowed Mexico to have its cake and eat it too: selectively align with the U.S. in key sectors to preserve its market access, protect domestic industries from trade diversion and avoid upsetting key trading partners elsewhere through WTO-illegal actions. Canada would be wise to follow Mexico’s lead. The recent China deal is a step in the right direction.

The Conversation

Wolfgang Alschner has received research grants from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

ref. What Canada can learn from Mexico’s approach to U.S. trade – https://theconversation.com/what-canada-can-learn-from-mexicos-approach-to-u-s-trade-273101