Quand et comment décide-t-on qu’une espèce est éteinte ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Violaine Nicolas Colin, Maitre de conférence en systématique et phylogéographie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Modèle en cire et plâtre du dodo, dessin de l’espadon de Chine. Jebulon/Wikimédia/Nouvelles archives du Muséum d’histoire naturelle, Baker E., J. Keller., CC BY

Il est bien plus difficile de prouver une absence que de constater une présence. Il faut donc souvent des années, et un processus minutieux, pour qu’une espèce soit déclarée éteinte. Cela peut-être particulièrement difficile lorsqu’il s’agit d’espèces nocturnes, discrètes ou vivant dans des milieux reculés.


Déclarer une espèce « éteinte », ce n’est pas comme rayer un nom d’une liste. C’est un verdict lourd de sens, prononcé avec une extrême prudence. Car annoncer trop tôt une disparition peut condamner une espèce qui existe peut-être encore quelque part. Alors comment font les scientifiques en pratique ?

Comment les scientifiques tranchent-ils la question de l’extinction ?

Pour en arriver là, les biologistes doivent mener des recherches exhaustives, dans tous les habitats potentiels, aux bonnes périodes (saisons, cycles de reproduction), et sur une durée adaptée à la biologie de l’espèce.

Concrètement, plusieurs indices sont analysés ensemble :

  • l’absence prolongée d’observations fiables,

  • des campagnes de recherche répétées et infructueuses,

  • le temps écoulé depuis la dernière observation confirmée,

  • et l’état de l’habitat. Si celui-ci a été totalement détruit ou transformé au point d’être incompatible avec la survie de l’espèce, la conclusion devient plus solide.

Autrement dit, on ne déclare pas une espèce éteinte parce qu’on ne l’a pas vue depuis longtemps, mais parce qu’on a tout fait pour la retrouver, sans succès.

Qui décide officiellement de l’extinction ?

À l’échelle mondiale, c’est l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui statue, depuis 1964, via sa célèbre « liste rouge », référence internationale en matière de biodiversité.

La liste rouge classe les espèces selon leur risque d’extinction, en plusieurs catégories allant de « préoccupation mineure » à « éteinte ». Elle est mise à jour régulièrement, accessible en ligne, et donne aujourd’hui le statut de 172 600 espèces.

Bien plus qu’une simple liste d’espèces et de leur statut, elle fournit aussi des informations sur l’aire de répartition, la taille des populations, l’habitat et l’écologie, l’utilisation et/ou le commerce, les menaces ainsi que les mesures de conservation qui aident à éclairer les décisions nécessaires en matière de préservation.

C’est donc un outil indispensable pour informer et stimuler l’action en faveur de la conservation de la biodiversité et des changements de politique. Le processus d’élaboration de la liste rouge implique le personnel de l’équipe d’évaluation et de connaissance de la biodiversité de l’UICN, les organisations partenaires, les scientifiques, les experts de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN, ainsi que les réseaux partenaires qui compilent les informations sur les espèces.

L’IUCN déclare une espèce comme « éteinte » quand il n’existe aucun doute raisonnable que le dernier individu a disparu. Des gouvernements ou agences nationales peuvent également déclarer une espèce éteinte localement, sur leur territoire.

Des extinctions bien réelles : quelques exemples récents

Modèle en cire et plâtre, réalisé par les taxidermistes du Muséum national d’histoire naturelle de Paris au milieu du XIXᵉ siècle
Raphus cucullatus. Espèce endémique de l’île Maurice, éteinte du fait de l’humain vers 1660. Modèle en cire et plâtre, réalisé par les taxidermistes du Muséum national d’histoire naturelle de Paris au milieu du XIXᵉ siècle.
Jebulon/Wikimedia, CC BY

Le dodo (Raphus cucullatus) reste l’icône des extinctions causées par l’humain : découvert à la fin du XVIᵉ siècle lors de l’arrivée des Européens sur l’île Maurice, il disparaît moins de cent ans plus tard, victime de la chasse et des espèces introduites.

Mais il est loin d’être un cas isolé, les extinctions récentes touchent tous les groupes du vivant. Si les espèces insulaires représentent une part disproportionnée des extinctions récentes (les îles, bien qu’elles ne couvrent que 5 % des terres émergées, abritent près de 40 % des espèces menacées), les espèces continentales sont également touchées.

  • L’espadon de Chine (Psephurus gladius), une grande espèce de poisson d’eau douce (jusqu’à plusieurs mètres) qui vivait dans le fleuve Yangtsé, a été déclaré éteint en 2022. La surpêche, les barrages bloquant les migrations et la destruction de son habitat ont eu raison de cette espèce spectaculaire qui a été aperçue pour la dernière fois en 2003.
Psephurus gladius dessiné en 1868
Psephurus gladius dessiné en 1868.
Nouvelles archives du Muséum d’histoire naturelle, CC BY
Spécimen naturalisé au Centre de biodiversité Naturalis
Numenius tenuirostris, spécimen naturalisé au Centre de biodiversité Naturalis.
Wikimédia, CC BY
  • Le courlis à bec grêle (Numenius tenuirostris), un oiseau des zones humides, qui hibernait autour de la Méditerranée avant de rejoindre sa Sibérie natale au printemps, n’a plus été observé de manière certaine depuis 1995. Une étude publiée fin 2024 estime à 96 % la probabilité qu’il soit aujourd’hui éteint, victime de l’agriculture intensive et du drainage des marais.

  • La musaraigne de l’île Christmas (Crocidura trichura), discrète habitante de l’océan Indien, a été officiellement déclarée éteinte en 2025, après quarante ans sans observation malgré des recherches répétées. Les prédateurs introduits (rats, chats) et les perturbations de l’habitat sont les principaux suspects.

  • Deux escargots polynésiens (Partula dentifera et P. pearcekellyi) ont été officiellement déclarés éteints en 2024. La cause principale de leur disparition serait l’introduction d’un escargot prédateur invasif (Euglandina rosea), une tragédie silencieuse mais fréquente sur les îles.

  • Chez les plantes, Amaranthus brownii, une plante herbacée annuelle endémique d’une petite île hawaïenne, a été déclarée éteinte en 2018 après plus de trente-cinq ans sans observation malgré des recherches intensives. La destruction de son habitat et l’arrivée d’espèces invasives ont conduit à sa disparition, sans qu’aucune graine ni plant viable n’ait pu être conservé.

  • Depuis 2024, la liste rouge de l’IUCN comprend aussi des champignons. En mars 2025 la liste évaluait le statut de 1 300 espèces de champignons. Nous sommes loin des 155 000 espèces connues, mais les premières évaluations restent préoccupantes avec 411 espèces de champignons menacées d’extinction, soit près d’un tiers des espèces recensées.

Peut-on vraiment être sûr ? Entre erreurs, miracles et illusions

L’histoire de la biodiversité peut être pleine de rebondissements.

  • L’effet Lazare désigne la redécouverte d’espèces que l’on croyait éteintes. Ce terme fait référence au personnage biblique du Nouveau Testament ressuscité plusieurs jours après sa mort par Jésus. Ce terme est aussi employé en paléontologie pour désigner des groupes d’organismes qui semblent avoir disparu pendant des millions d’années dans le registre fossile avant de réapparaître comme par miracle.
Rousserolle à grand bec au Tadjikistan
Rousserolle à grand bec au Tadjikistan.
Pavel Kvartalnov, CC BY

Selon le naturaliste, Brett Scheffers et ses collaborateurs au moins 351 espèces ont ainsi été « ressuscitées » en un peu plus d’un siècle, parfois après des décennies d’absence. La perruche nocturne (Pezoporus occidentalis) ou la rousserolle à grand bec (Acrocephalus orinus) en sont des exemples spectaculaires. Il est important de noter que la majorité de ces redécouvertes concerne des espèces si rares ou difficiles à trouver que leur seule occurrence confirmée provenait de leur description initiale. Ces espèces redécouvertes sont donc pour leur grande majorité toujours considérées comme gravement menacées et pourraient disparaître prochainement.

  • L’effet Roméo, au contraire, survient lorsqu’on renonce trop tôt à sauver une espèce en la croyant disparue.
Conuropsis carolinensis. Dessins d’Audubon.
Domaine public

Résultat : on cesse les efforts de conservation… alors qu’il restait peut-être une chance de la sauver. Ce nom fait référence au Roméo de Shakespeare qui renonce à vivre en croyant Juliette morte, alors qu’elle ne l’est pas encore. La conure de Caroline (Conuropsis carolinensis), un perroquet d’Amérique du Nord, pourrait en être un triste exemple. Présumée éteinte au début du XXᵉ siècle cette espèce a probablement survécu plus longtemps comme en atteste les nombreux témoignages locaux (incluant des détails sur son comportement) jusqu’aux années 1950, et peut-être même jusqu’aux années 1960.

  • Enfin, l’effet thylacine (du nom du thylacine, plus connu sous le nom de « tigre de Tasmanie ») illustre l’excès inverse : l’espoir persistant qu’une espèce éteinte survit encore, malgré l’absence de preuves solides.
Une femelle thylacine et son juvénile au parc zoologique national de Washington en 1904
Une femelle thylacine et son juvénile au parc zoologique national de Washington en 1904.
Domaine

Le thylacine, dont le dernier animal (captif) est officiellement mort en 1936, continue de fait d’alimenter de nombreuses rumeurs et témoignages d’observations non vérifiables. Selon l’étude scientifique la plus complète à ce sujet le dernier animal sauvage entièrement documenté (avec des photographies) a été abattu en 1930, mais il n’y aurait aucune raison de douter de l’authenticité de deux carcasses signalées en 1933, ni de deux autres captures suivies de relâchers en 1935 et en 1937. Par la suite, sur une période de huit décennies, 26 morts et 16 captures supplémentaires ont été rapportées, mais sans être vérifiées, ainsi que 271 observations par des « experts » (anciens piégeurs, chasseurs, scientifiques ou responsables) et 698 signalements par le grand public. En 2005, le magazine australien d’information The Bulletin a offert une récompense de plus d’un million de dollars (soit plus 836 000 euros) à quiconque fournirait une preuve scientifique de l’existence du thylacine, en vain. Entre 2014 et 2020, 3 225 sites équipés de pièges photographiques en Tasmanie, totalisant plus de 315 000 nuits de surveillance, n’ont révélé aucune détection pouvant être attribuée à un thylacine.

Pourquoi est-ce si compliqué de mesurer les extinctions ?

Prouver une absence est bien plus compliqué que constater une présence. L’UICN préfère donc l’extrême prudence et ne classe une espèce « éteinte » que lorsqu’elle peut l’affirmer avec certitude. En effet, comme nous l’avons vu, officialiser une extinction est un acte lourd de conséquences car cela conduit à clôturer les éventuelles mesures de protection. Ainsi, le requin perdu (Carcharhinus obsoletus) est estimé comme « gravement menacé d’extinction – possiblement éteint » par la dernière publication de la liste rouge de l’UICN en 2020, alors qu’il n’a plus été vu dans ses eaux de la mer de Chine depuis 1934. La liste rouge ne déclarant éteintes que des espèces pour lesquelles il n’y a aucun doute, les extinctions enregistrées sont largement sous-estimées.

De plus, notre vision est biaisée : les vertébrés (en particulier les oiseaux et les mammifères) sont relativement bien suivis, mais l’immense majorité des espèces – insectes, invertébrés, champignons, microorganismes – restent très mal connues et leur taux d’extinction est sous-estimé. Beaucoup d’espèces sont discrètes, minuscules, nocturnes ou vivent dans des milieux difficiles d’accès. Pour la majorité d’entre elles, les données sont quasi inexistantes et elles peuvent disparaître sans que personne ne s’en aperçoive.

Pourquoi est-ce si important de savoir ?

Savoir si une espèce a réellement disparu permet de choisir les bonnes stratégies de conservation. Beaucoup d’espèces peuvent encore être sauvées lorsque quelques individus subsistent. C’est par exemple le cas du condor de Californie (Gymnogyps californianus) pour lequel il restait seulement 22 individus à l’état sauvage dans les années 1980. Un programme de capture de ces spécimens, puis d’élevage en captivité et de réintroduction progressive a permis à la population sauvage de réaugmenter progressivement et d’atteindre 369 individus en 2024.

Un Condor de Californie
Avec son 1,40 mètre de longueur et ses 2,90 mètres d’envergure, le condor de Californie est un des plus grands oiseaux du monde.
United States Fish and Wildlife Service, CC BY

À l’inverse, un diagnostic erroné – trop optimiste ou trop pessimiste – peut détourner les efforts au mauvais moment.

L’extinction est un fait biologique, mais c’est aussi un défi méthodologique. Entre prudence scientifique, incertitudes du terrain et illusions collectives, établir la frontière entre « menacée » et « éteinte » reste l’un des exercices les plus sensibles de la conservation moderne.

The Conversation

Violaine Nicolas Colin a reçu des financements de l’ANR

ref. Quand et comment décide-t-on qu’une espèce est éteinte ? – https://theconversation.com/quand-et-comment-decide-t-on-quune-espece-est-eteinte-272516

Une ambition monumentale… Pourquoi Donald Trump veut-il créer à Washington une copie de l’Arc de triomphe ?

Source: The Conversation – in French – By Garritt C. Van Dyk, Senior Lecturer in History, University of Waikato

Copie assumée de l’Arc de triomphe parisien, l’« Independence Arch », déjà surnommé « Arc de Trump », s’inscrit dans une longue tradition monumentale, entre célébration du pouvoir, réécriture du passé et affirmation politique.


Donald Trump a pris le temps cette semaine, alors que l’actualité internationale et américaine était particulièrement chargée, de présenter trois nouvelles propositions architecturales pour son projet d’« Independence Arch » à Washington. Les trois rendus rappellent clairement l’Arc de triomphe de la place de l’Étoile à Paris, même si l’un d’eux se distingue par des ornements dorés, dans la lignée des choix décoratifs de Trump pour le Bureau ovale de la Maison-Blanche.

Commandée en vue du 250ᵉ anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, le 4 juillet, cet arc de triomphe s’inscrit dans une longue tradition de monuments célébrant les victoires militaires, des empereurs romains à Napoléon Bonaparte.

Ce projet de monument participe ainsi pleinement de la politique étrangère de Donald Trump et de l’ambition qu’affiche ce dernier de voir les États-Unis étendre leur contrôle sur l’« hémisphère occidental » – une orientation que le président a lui-même baptisée la « doctrine Donroe ».

Mais une question demeure, largement posée : alors que le projet copie l’Arc de triomphe, monument emblématique s’il en est, un hommage personnel est-il vraiment la manière la plus pertinente de marquer l’anniversaire de la rupture des États-Unis avec le pouvoir absolu et la monarchie britannique ?

L’« Arc de Trump »

Lorsque Donald Trump a présenté pour la première fois, en octobre 2025, des maquettes de l’arche envisagée, un journaliste lui a demandé à qui elle était destinée. Trump a répondu : « À moi. Ce sera magnifique. » Dans une déclaration faite en décembre, le président a affirmé que la nouvelle arche « sera comme celle de Paris, mais pour être honnête avec vous, elle la surpasse. Elle la surpasse à tous les niveaux ».

Une exception toutefois, a-t-il précisé :

« La seule chose qu’ils ont, c’est l’histoire […] Je dis toujours que c’est la seule chose avec laquelle on ne peut pas rivaliser, mais nous finirons par avoir cette histoire nous aussi. »

Le président est manifestement convaincu que son arche contribuera à forger cette histoire. « C’est la seule ville au monde d’une telle importance qui ne possède pas d’arc de triomphe », a-t-il déclaré à propos de Washington, DC.

Prévue à proximité du cimetière national d’Arlington et du Lincoln Memorial, l’implantation placerait la nouvelle structure en dialogue visuel avec plusieurs des monuments les plus emblématiques de la capitale fédérale.

Le projet s’inscrit par ailleurs dans une série d’initiatives destinées à laisser l’empreinte de Donald Trump sur le paysage bâti de Washington : les transformations apportées à la Maison-Blanche l’an dernier, avec notamment la minéralisation du célèbre Rose Garden, la décoration du Bureau ovale dans un style rococo doré, ou encore la démolition de l’East Wing pour permettre une extension de la salle de bal estimée à 400 millions de dollars (334,5 millions d’euros).

Surnommé l’« Arc de Trump », le projet est désormais la « priorité absolue » de Vince Haley, directeur du Conseil de politique intérieure de la Maison-Blanche.

Triomphe et architecture

L’Arc de triomphe de Paris, situé au sommet des Champs-Élysées, est une commande de Napoléon Bonaparte (1804-1814/1815) en 1806 pour honorer l’armée impériale française après sa victoire à la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805). Il ne sera achevé qu’en 1836, sous la Restauration et le règne de Louis-Philippe (1830-1848), dernier roi de France.

Les architectes du projet, Jean-François Chalgrin et Jean-Arnaud Raymond, se sont inspirés des arcs antiques, en prenant pour modèle principal l’arc de Titus à Rome (vers 85 de notre ère). Celui-ci fut érigé par l’empereur Domitien (51–96 de notre ère), tyran cruel et ostentatoire, populaire auprès du peuple mais en conflit permanent avec le Sénat, dont il avait restreint le pouvoir législatif. L’arc fut commandé par Domitien pour célébrer à la fois l’apothéose de son frère Titus et sa victoire militaire contre la rébellion en Judée.

Par ses références, l’arche proposée par Trump ne renvoie à aucun élément de conception spécifiquement américain. Son style néoclassique s’inscrit en revanche dans la continuité de monuments plus anciens, eux aussi inspirés de l’Antiquité.

Le Washington Monument, par exemple, adopte la forme d’un obélisque égyptien. Ce pilier à quatre faces, qui s’amincit en s’élevant et se termine par une pyramide, rend hommage au dieu solaire Rê. Mais il intégrait aussi un élément destiné à symboliser les avancées technologiques et l’esprit d’innovation américains : un pyramidion en aluminium. Lorsque l’obélisque a été achevé en 1884, l’aluminium était un matériau rare, le procédé permettant de le raffiner n’étant pas encore maîtrisé. Le sommet du monument constituait alors la plus grande pièce d’aluminium moulé au monde.

Un combat de valeurs

L’arc de triomphe voulu par Trump s’inscrit dans un débat de longue date sur les monuments publics et sur ce qu’ils disent des valeurs qu’une société choisit de mettre en avant.

Ainsi, pendant le mouvement Black Lives Matter, de nombreuses statues de figures historiques ont été retirées de l’espace public, car elles étaient perçues comme glorifiant le racisme et l’impérialisme. Donald Trump a depuis fait remettre en place au moins une statue confédérée renversée à cette période, et son ambition d’ériger un monument à sa propre personne ne saurait donc surprendre.

Sous le régime des lois Jim Crow (1877, abrogées en 1964), qui ont institutionnalisé la ségrégation raciale, puis durant le mouvement des droits civiques, le nombre de monuments consacrés aux soldats et aux généraux confédérés a connu une nette hausse.

De la même façon que le déboulonnage de ces statues relevait d’un geste politique, l’érection d’un nouveau mémorial destiné à promouvoir la lecture positive que Trump propose de l’histoire nationale en constitue un autre. Le projet s’intègre d’ailleurs dans la mission revendiquée par son administration de « restaurer la vérité et la raison dans l’histoire américaine ».

Reste une question plus immédiate : l’Independence Arch pourra-t-il seulement voir le jour d’ici au 4 juillet, jour de la fête nationale ? Un défi de taille, même pour ce président. Quant à son accueil, l’histoire tranchera.

The Conversation

Garritt C. Van Dyk a reçu des financements du Getty Research Institute.

ref. Une ambition monumentale… Pourquoi Donald Trump veut-il créer à Washington une copie de l’Arc de triomphe ? – https://theconversation.com/une-ambition-monumentale-pourquoi-donald-trump-veut-il-creer-a-washington-une-copie-de-larc-de-triomphe-274636

«Rendre la liberté académique plus solide…» Stéphanie Balme est l’invitée de notre émission « La grande conversation »

Source: The Conversation – France in French (3) – By Laurent Bainier, Directeur de la rédaction The Conversation France, The Conversation

Stéphanie Balme (Sciences Po), rédactrice d’un rapport sur la liberté académique pour France Universités, était l’invitée de l’émission de The Conversation et CanalChatGrandialogue vendredi 23 janvier 2026. TheConversation, CC BY

Elle a rédigé le rapport « Défendre et promouvoir la liberté académique », commandé par France Universités. Stéphanie Balme, directrice du Centre de recherches internationales de Sciences Po et experte de la diplomatie scientifique, était l’invitée vendredi 23 janvier de notre émission « La Grande Conversation », en partenariat avec CanalChat Grandialogue.

La liberté académique est aujourd’hui confrontée à des tensions inédites : pressions politiques, restrictions budgétaires, ingérences étrangères et remise en question des principes d’indépendance scientifique. Ces enjeux, qui touchent les chercheurs et les institutions en France comme à l’international, interrogent notre capacité à produire un savoir libre et critique.

Lors de cette émission, nous abordons avec Stéphanie Balme, rédactrice du rapport« Défendre et promouvoir la liberté académique », le rôle des institutions et des politiques publiques pour la protéger. Quelles mesures prendre pour assurer sa défense? Comment répondre aux critiques récurrentes d’une partie de l’opinion publique? Quelles leçons tirer de ce qui se passe sur les campus américains ? Une émission à retrouver sur notre chaîne YouTube.

L’émission Conversation avec Stéphanie Balme, le 23 janvier 2026.

The Conversation

ref. «Rendre la liberté académique plus solide…» Stéphanie Balme est l’invitée de notre émission « La grande conversation » – https://theconversation.com/rendre-la-liberte-academique-plus-solide-stephanie-balme-est-linvitee-de-notre-emission-la-grande-conversation-274638

ICE not only looks and acts like a paramilitary force – it is one, and that makes it harder to curb

Source: The Conversation – USA – By Erica De Bruin, Associate Professor of Government, Hamilton College

As the operations of Immigration and Customs Enforcement have intensified over the past year, politicians and journalists alike have begun referring to ICE as a “paramilitary force.”

Rep. John Mannion, a New York Democrat, called ICE “a personal paramilitary unit of the president.” Journalist Radley Balko, who wrote a book about how American police forces have been militarized, has argued that President Donald Trump was using the force “the way an authoritarian uses a paramilitary force, to carry out his own personal grudges, to inflict pain and violence, and discomfort on people that he sees as his political enemies.” And New York Times columnist Jamelle Bouie characterized ICE as a “virtual secret police” and “paramilitary enforcer of despotic rule.”

All this raises a couple of questions: What are paramilitaries? And is ICE one?

Defining paramilitaries

As a government professor who studies policing and state security forces, I believe it’s clear that ICE meets many but not all of the most salient definitions. It’s worth exploring what those are and how the administration’s use of ICE compares with the ways paramilitaries have been deployed in other countries.

The term paramilitary is commonly used in two ways. The first refers to highly militarized police forces, which are an official part of a nation’s security forces. They typically have access to military-grade weaponry and equipment, are highly centralized with a hierarchical command structure, and deploy in large formed units to carry out domestic policing.

These “paramilitary police,” such as the French Gendarmerie, India’s Central Reserve Police Force or Russia’s Internal Troops, are modeled on regular military forces.

The second definition denotes less formal and often more partisan armed groups that operate outside of the state’s regular security sector. Sometimes these groups, as with the United Self-Defense Forces of Colombia, emerge out of community self-defense efforts; in other cases, they are established by the government or receive government support, even though they lack official status. Political scientists also call these groups “pro-government militias” in order to convey both their political orientation in support of the government and less formal status as an irregular force.

Heavily armed and masked security personnel enter a home.
Indian paramilitary personnel conduct a house-to-house search in Kashmir.
AP Photo/Mukhtar Khan

They typically receive less training than regular state forces, if any. How well equipped they are can vary a great deal. Leaders may turn to these informal or unofficial paramilitaries because they are less expensive than regular forces, or because they can help them evade accountability for violent repression.

Many informal paramilitaries are engaged in regime maintenance, meaning they preserve the power of current rulers through repression of political opponents and the broader public. They may share partisan affiliations or ethnic ties with prominent political leaders or the incumbent political party and work in tandem to carry out political goals.

In Haiti, President François “Papa Doc” Duvalier’s Tonton Macouts provided a prime example of this second type of paramilitary. After Duvalier survived a coup attempt in 1970, he established the Tonton Macouts as a paramilitary counterweight to the regular military. Initially a ragtag, undisciplined but highly loyal force, it became the central instrument through which the Duvalier regime carried out political repression, surveilling, harassing, detaining, torturing and killing ordinary Haitians.

Is ICE a paramilitary?

The recent references to ICE in the U.S. as a “paramilitary force” are using the term in both senses, viewing the agency as both a militarized police force and tool for repression.

There is no question that ICE fits the definition of a paramilitary police force. It is a police force under the control of the federal government, through the Department of Homeland Security, and it is heavily militarized, having adopted the weaponry, organization, operational patterns and cultural markers of the regular military. Some other federal forces, such as Customs and Border Patrol, or CBP, also fit this definition.

The data I have collected on state security forces show that approximately 30% of countries have paramilitary police forces at the federal or national level, while more than 80% have smaller militarized units akin to SWAT teams within otherwise civilian police.

The United States is nearly alone among established democracies in creating a new paramilitary police force in recent decades. Indeed, the creation of ICE in the U.S. following the terrorist attacks of Sept. 11, 2001, is one of just four instances I’ve found since 1960 where a democratic country created a new paramilitary police force, the others being Honduras, Brazil and Nigeria.

A group of uniformed ICE personnel walk along cars in a bike lane.
ICE agents on patrol near the scene of the fatal shooting of Renee Good in Minneapolis.
AP Photo/John Locher

ICE and CBP also have some, though not all, of the characteristics of a paramilitary in the second sense of the term, referring to forces as repressive political agents. These forces are not informal; they are official agents of the state. However, their officers are less professional, receive less oversight and are operating in more overtly political ways than is typical of both regular military forces and local police in the United States.

The lack of professionalism predates the current administration. In 2014, for instance, CBP’s head of internal affairs described the lowering of standards for post-9/11 expansion as leading to the recruitment of thousands of officers “potentially unfit to carry a badge and gun.”

This problem has only been exacerbated by the rapid expansion undertaken by the Trump administration. ICE has added approximately 12,000 new recruits – more than doubling its size in less than a year – while substantially cutting the length of the training they receive.

ICE and CBP are not subject to the same constitutional restrictions that apply to other law enforcement agencies, such as the Fourth Amendment’s prohibition on unreasonable search and seizure; both have gained exemptions from oversight intended to hold officers accountable for excessive force. CBP regulations, for instance, allow it to search and seize people’s property without a warrant or the “probable cause” requirement imposed on other forces within 100 miles, or about 161 kilometers, of the border.

In terms of partisan affiliations, Trump has cultivated immigration security forces as political allies, an effort that appears to have been successful. In 2016, the union that represents ICE officers endorsed Trump’s campaign with support from more than 95% of its voting members. Today, ICE recruitment efforts increasingly rely on far-right messaging to appeal to political supporters.

Both ICE and CBP have been deployed against political opponents in nonimmigration contexts, including Black Lives Matter protests in Washington, D.C., and Portland, Oregon, in 2020. They have also gathered data, according to political scientist Elizabeth F. Cohen, to “surveil citizens’ political beliefs and activities – including protest actions they have taken on issues as far afield as gun control – in addition to immigrants’ rights.”

In these ways, ICE and CBP do bear some resemblance to the informal paramilitaries used in many countries to carry out political repression along partisan and ethnic lines, even though they are official agents of the state.

Why this matters

An extensive body of research shows that more militarized forms of policing are associated with higher rates of police violence and rights violations, without reducing crime or improving officer safety.

Studies have also found that more militarized police forces are harder to reform than less-militarized law enforcement agencies. The use of such forces can also create tensions with both the regular military and civilian police, as currently appears to be happening with ICE in Minneapolis.

The ways in which federal immigration forces in the United States resemble informal paramilitaries in other countries – operating with less effective oversight, less competent recruits and increasingly entrenched partisan identity – make all these issues more intractable. Which is why, I believe, many commentators have surfaced the term paramilitary and are using it as a warning.

The Conversation

Erica De Bruin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. ICE not only looks and acts like a paramilitary force – it is one, and that makes it harder to curb – https://theconversation.com/ice-not-only-looks-and-acts-like-a-paramilitary-force-it-is-one-and-that-makes-it-harder-to-curb-274580

Un asno que viene y va: el reiterado error de Cervantes en el ‘Quijote’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pedro Fresno Chamorro, Doctorando en Literatura Española, Universidad de Jaén

_El encuentro del rucio_, de José Moreno Carbonero. Museo del Prado/Wikimedia Commons

En 1604 Juan de la Cuesta finalizó la impresión (con fecha de 1605) de El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha, primera parte de la obra más relevante de nuestra literatura. Eran 46 capítulos en los que se narraba el inicio de las aventuras de Alonso Quijano y su fiel escudero Sancho.

Al imaginar al lector de entonces, sacudido por esas páginas, le veo pensando:

“Sancho, pobre y desdichado Sancho, fiel reflejo del hombre común, acostumbrado a perder cosas sin siquiera ser consciente de ello. Por Sierra Morena andabas en el capítulo 25, al pie de una alta montaña, cerca de un arroyuelo que recorría un verde prado, entre árboles silvestres y dulces flores. ‘Este es el lugar, ¡oh cielos!, que diputo y escojo para llorar la desventura en que vosotros mesmos me habéis puesto’, gritó sin juicio tu señor don Quijote, desdichado amante el de la Triste Figura que había decidido hacer allí penitencia de amor por su Dulcinea.

A pie de esta montaña llegaste, Sancho, a lomos de tu rucio, pero ahora, sin comerlo ni beberlo, se ha perdido o lo han robado. ¿Cómo lo explicas? ¿Cómo no lloras, Sancho? ¿Cómo no te lamentas hasta la desesperación? ¿O es que acaso ya lo has hecho y nosotros no lo sabemos? Caso extraño que, igual que desaparece, vuelve a aparecer en el capítulo 46 cuando tu señor te pide que ensilles a Rocinante y aparejes tu jumento”.

Dibujo de un hombre robando un burro.
El galeote Ginés de Pasamonte roba el asno de Sancho.
Cervantes Virtual/Gonzalo Bilbao Martínez para la edición 1905-1908, Madrid, El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha (R. L. Cabrera)

Así es. El asno de Sancho desaparece en el capítulo 25 y reaparece ya en el 46, sin explicación ni motivo patente. La anomalía no podía ser sino un error del autor, y esto lleva a Cervantes a publicar, ese mismo año de 1605, una segunda edición. En ella interpola dos pasajes, uno en el capítulo 23, en el que se narra el robo del rucio a manos de uno de los galeotes liberados por don Quijote anteriormente, y otro en el capítulo 30, donde Sancho cuenta cómo recupera su burro.

Sin embargo, esta tentativa de enmienda resultaría poco efectiva, pues la narración del robo se inserta dos capítulos antes de que el pollino aparezca referido por última vez.

Lectores, chistes y una tercera edición de 1608

El error doble (primero olvidar y después fallar en la enmienda) le iba a costar a Cervantes más de una burla por parte de sus contemporáneos. Lope de Vega, fiel rival del alcalaíno, le dedicaría incluso unos versos al asunto en su comedia Amar sin saber a quién:

“Decidnos della, que hay hombre

que hasta de una mula parda

saber el suceso aguarda,

la color, el talle y nombre,

o si no dirán que fue

olvido del escritor”.

La obra se representó por primera vez en 1627 y es bastante posterior a la publicación tanto de la primera parte del Quijote (1605) como de la segunda (1615). Eso indica que el chisme y las mofas debieron extenderse como la pólvora entre los lectores. No sorprende, pues, que Cervantes optara por volver a intentar subsanar el error en una tercera y última impresión de Juan de la Cuesta (1608).

Esta, tal y como ya había hecho de forma acertada la edición de Bruselas de 1607, mantiene la interpolación del robo erróneamente situada en el capítulo 23, pero elimina las alusiones posteriores que generaban inconsistencias.

Tengamos en cuenta entonces que, en cuestión de tres años, los lectores del Quijote pudieron leer tres “versiones” diferentes de la primera parte. La confusión, a pesar de lo baladí que pueda parecer al lector de hoy, no debió ser para nada intrascendente para Cervantes. En la escritura de una segunda parte, el autor tuvo que responder a lectores de una misma y, a la vez, distinta obra.

El Quijote de 1615 y una nueva forma de exculpación

La precipitada segunda parte del Quijote (Cervantes debía replicar con rapidez al malintencionado Quijote apócrifo de Avellaneda publicado en 1614) sale de la imprenta de Juan de la Cuesta en 1615.

Dibujo de un hombre arrodillado ante otro, mientras uno más les mira.
El bachiller Sansón Carrasco con Don Quijote y Sancho Panza.
Jonh Vanderbank /Cervantes Virtual

No tuvo que esperar mucho el lector para encontrarse con la aclaración (siempre jocosa) del asunto del burro por el propio autor. El capítulo 3 sitúa en conversación al bachiller Sansón Carrasco con don Quijote y Sancho. Carrasco cuenta cómo sus aventuras, tras haber sido dadas a la estampa, son ahora conocidas en todo el mundo, y menciona algunos de los errores que sus más fervientes lectores le achacan. Entre ellos, evidentemente, está el del robo del rucio.

Así, en el capítulo siguiente, Cervantes, a través de Sancho, relata de nuevo la historia del robo y su rescate, achacando el error a un engaño del autor ficticio Cide Hamete Benengeli o, con clara intencionalidad de quitarse de encima la responsabilidad, a un descuido del impresor.

Genialidad en el equívoco

En fin, lo que está claro es que el error de Cervantes, doble o triple, es manifiesto e influyó tanto en la recepción como en la propia composición de la obra. De no haber habido faltas (si ello fuese posible) el grandioso Quijote de 1615 habría sido una obra diferente. La novela debe parte de su magnitud a los equívocos, desatenciones, celeridades, disputas y enemistades que implicaban a su autor y que Cervantes quiso subsanar rápidamente en la escritura de la segunda parte.

En este sentido, son muchos los estudiosos de Cervantes que defienden el carácter voluntario de sus descuidos, unas veces a modo de imitación (de Homero, por ejemplo) y otras con un patente tono paródico. Parece claro que el robo del rucio no pertenece a ninguno de estos casos, pero debemos admitir que ha acabado por integrarse en la técnica narrativa de Cervantes como elemento metatextual que influye positivamente en sus creaciones.

¿Qué tendrán los genios, verdad? Que hasta sus yerros terminan por ser brillantes.

The Conversation

Pedro Fresno Chamorro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Un asno que viene y va: el reiterado error de Cervantes en el ‘Quijote’ – https://theconversation.com/un-asno-que-viene-y-va-el-reiterado-error-de-cervantes-en-el-quijote-244228

Corrientes de resaca: saber cómo y cuándo se forman puede salvarnos la vida

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Deva Menéndez Teleña, Profesora del Departamento de Ciencia y Tecnología Náutica, Universidad de Oviedo

Fotografía de la playa de Salinas, escenario de la investigación llevada a cabo por la Universidad de Oviedo sobre su sistema de corrientes de resaca. En la imagen se distingue una depresión en la zona intermareal, causada por la acción de una de estas corrientes. Aitor Marqués Alonso.

Cada verano, miles de personas disfrutan del mar sin saber que bajo sus pies se esconde una fuerza peligrosa: las corrientes de resaca. Estas corrientes son responsables de más de mil muertes al año en todo el mundo. No se trata de olas gigantes, sino de flujos de agua que pueden empujar mar adentro a quien se cruza en su camino.

Cuando una persona intenta nadar de frente hacia la costa, se fatiga rápidamente. La corriente sigue tirando y el pánico hace el resto. Por eso, comprender cómo y cuándo se forman estas corrientes puede marcar la diferencia entre un baño seguro y una tragedia.

Todo empieza con las olas

Las corrientes de resaca se originan en la zona donde rompen las olas. El oleaje empuja grandes volúmenes de agua hacia la orilla y genera una sobrepresión en la costa. El agua busca, entonces, una vía de escape y regresa al mar formando canales estrechos y veloces que avanzan perpendicularmente a la línea de playa.

Esquema de una corriente de resaca.
Aitor Marqués, adaptado MacMahan et al 2006 doi.org/10.1016/j.coastaleng.2005.10.009

Durante décadas, se pensó que todas las corrientes de resaca eran similares: flujos rectos y concentrados, como se describió en 1941. Sin embargo, investigaciones recientes han demostrado que cada playa tiene su propio sistema de corrientes. Su forma, intensidad y duración dependen del tipo de arena, la pendiente del fondo, las mareas y las condiciones del oleaje. En otras palabras, no hay dos playas iguales.

Cada playa tiene sus resacas

En la Universidad de Oviedo estamos desarrollando el primer experimento en España para analizar y categorizar el sistema de corrientes de resaca de la playa de Salinas-El Espartal, en Asturias. El objetivo es comprender cómo se forman, qué extensión alcanzan y en qué momentos de la condición de marea representan un mayor riesgo para los bañistas.

Playa de Espartal-Salinas, en Asturias.
Wikimedia Commons., CC BY

El reto no es pequeño: estudiar el movimiento del agua requiere tecnología precisa y equipo adecuado. Para hacerlo más accesible, hemos diseñado una metodología de bajo coste que combina tres herramientas. Primero, un drifter GNSS-RTK, un dispositivo flotante que registra su posición cada segundo con un margen de error de menos de un centímetro. También usamos tintes biodegradables (a base del colorante uranina) que permiten visualizar la trayectoria exacta de la corriente sin dañar el ecosistema; y drones, que capturan desde el aire la evolución de la mancha de color y del movimiento del drifter.

Con esta combinación, obtenemos un mapa detallado de la velocidad, dirección y forma de las corrientes bajo distintas condiciones de marea, viento y oleaje.

Equipo del muestreo de las corrientes. A) socorrista con el drifter en el agua; B) maniquí para hacer de victima en el agua; C) bolsa de tinta; y D) dron para tomar las imágenes de la tinta.
Aitor Marqués.

Mejor seguridad para bañistas

Este estudio no solo amplía nuestro conocimiento sobre la dinámica costera, sino que también ofrece una base para mejorar la seguridad en las playas. Con datos precisos, podremos diseñar sistemas de alerta temprana, señalizaciones más efectivas y estrategias de rescate adaptadas a cada playa.

Ejemplo de como las corrientes de resaca son marcadas por la tinta y se toman las imágenes desde el dron.
Aitor Marqués.

Pero comprender las corrientes de resaca no solo sirve para prevenir accidentes. También ayuda a entender mejor el papel que desempeñan en el ecosistema: distribuyen nutrientes, modifican la morfología del litoral y afectan a la vida marina en la zona intermareal.

Cómo reconocerlas

No estamos hablando de monstruos marinos que engullen bañistas, sino fenómenos naturales tan comunes como las olas. Saber reconocer las corrientes y reaccionar adecuadamente puede salvar vidas.

Para ello, lo primero es entrenar la vista. Antes de entrar en el agua, conviene observar durante unos minutos la línea del oleaje y el movimiento general de las olas. Hay varias señales que pueden delatar su presencia:

• Zonas sin rompiente. Es el indicio más evidente. Si en un tramo de la playa las olas no rompen, es muy probable que allí exista una corriente de resaca.

• Bandas de agua más oscura. Un color azul más profundo suele indicar un canal de mayor profundidad por donde el agua está regresando al mar. Estas zonas pueden albergar corrientes persistentes.

• Arena en suspensión. Algunas corrientes registran velocidades muy altas. Lo habitual es que alcancen entre 0,5 y 0,8 m/s con oleaje moderado, pero en ciertas condiciones pueden llegar hasta los 2 m/s. Esa fuerza es suficiente para arrancar arena del fondo y transportarla mar adentro, creando franjas de agua turbia que permiten identificarlas desde la orilla.

Y cómo actuar

Saber detectarlas es fundamental, pero también lo es actuar con calma, si alguna vez nos atrapa una. Lo más importante es no intentar nadar contra la corriente. Ese esfuerzo solo conduce al agotamiento.

Si la playa cuenta con servicio de salvamento, lo recomendable es dejarse llevar y pedir ayuda. Guardar fuerzas facilita que los socorristas puedan asistirle y que pueda colaborar durante el rescate.

Si no hay socorristas, mantenga la serenidad. Estas corrientes suelen perder intensidad una vez superan la zona de rompiente, por lo que lo más eficaz suele ser dejar que nos arrastre hasta que afloje. Una vez fuera de su influencia, podemos nadar en paralelo a la costa antes de dirigirnos de nuevo a la orilla.

Otra opción válida es nadar hacia zonas donde las olas rompen. Allí, el agua avanza hacia tierra y puede ayudarnos a regresar. En cualquier caso, la clave es evaluar la situación, conocer nuestras capacidades y escoger la estrategia más segura en cada momento.

Fomentar una cultura de seguridad, identificar las zonas de riesgo y entender cómo actúan estas corrientes son pasos esenciales para reducir los ahogamientos y disfrutar del mar con respeto y conocimiento.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Corrientes de resaca: saber cómo y cuándo se forman puede salvarnos la vida – https://theconversation.com/corrientes-de-resaca-saber-como-y-cuando-se-forman-puede-salvarnos-la-vida-269833

La violencia que aprendemos a mirar: series juveniles y responsabilidad social

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Bárbara Castillo Abdul, Docente e Investigadora Senior, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

Fotograma de la serie _Euphoria_ donde aparece Zendaya, su protagonista. HBO

Las series se han convertido en uno de los dispositivos culturales más influyentes de nuestro tiempo. No solo porque acumulan millones de visualizaciones, sino porque intervienen directamente en la manera en que la sociedad interpreta la violencia, el sufrimiento y la responsabilidad colectiva, como ocurre en el caso de Adolescencia. Ya no estamos únicamente ante productos de entretenimiento: estamos ante relatos con efectos sociales medibles.

Tráiler de la serie Adolescencia.

Desde la investigación académica en comunicación, ética y cultura digital se observa una tendencia significativa: muchas de estas narrativas construyen un marco estético y emocional en el que la violencia deja de ser un acontecimiento excepcional para integrarse en lo cotidiano.

No se muestra de forma explícita ni espectacular, sino envuelta en una estética cuidada, íntima e incluso amable. Esta combinación de visualidad pulida y contenido profundamente perturbador no es inocente. Un ejemplo de este marco estético aparece en secuencias cotidianas ambientadas en espacios domésticos o escolares, filmadas con luz suave, encuadres estáticos y un ritmo pausado.

En Adolescencia, escenas aparentemente triviales –una conversación en la cocina, un trayecto en autobús o un pasillo escolar en silencio– se convierten en el escenario donde se filtra el malestar, sin necesidad de mostrar la violencia de forma directa. La calma visual contrasta con la gravedad de lo que se sugiere, integrando el conflicto en la rutina diaria y naturalizando su presencia.

Belleza visual en consumo de drogas

Algo similar ocurre en Euphoria, donde situaciones de abuso, autolesión o consumo de drogas se integran en escenas de gran belleza visual, con una fotografía estilizada, colores saturados y una puesta en escena cuidadosamente coreografiada.

Tráiler de la tercera temporada de Euphoria

La violencia y el malestar no aparecen como rupturas excepcionales del relato, sino como parte del día a día de los personajes, envueltos en una estética que resulta emocionalmente atractiva para el espectador, incluso cuando representa experiencias profundamente perturbadoras.

Las evidencias científicas indican que estas producciones operan a través de una ambivalencia ética estructural: invitan al espectador a empatizar intensamente con el dolor, pero sin proporcionarle herramientas suficientes para interpretarlo críticamente ni para situarlo en un marco claro de responsabilidades sociales, institucionales o políticas. El resultado es una experiencia emocional intensa, pero moralmente abierta y ambigua.

En este tipo de narrativas, presentes en distintas series juveniles recientes, la violencia se desplaza hacia los silencios, los primeros planos de rostros devastados, la culpa que no encuentra causa ni solución y la impotencia de familias, escuelas y autoridades. Este patrón no se limita a un solo título, sino que se repite en producciones que integran el conflicto en la experiencia cotidiana de los personajes.

Conmoverse para seguir consumiendo

El espectador no es llamado a comprender las raíces del conflicto ni a cuestionar los sistemas que lo producen, sino a sentir, conmoverse y seguir mirando. El sufrimiento se transforma en un recurso narrativo eficaz, capaz de generar atención, conversación y consumo continuado.

Este modelo encaja con la lógica de las plataformas digitales, donde el impacto emocional sostenido, la ambigüedad y el debate maximizan la permanencia y la rentabilidad.

En este sentido, las plataformas no actúan únicamente como intermediarias culturales: funcionan como agentes de socialización, influyendo en la manera en que se normalizan la violencia, el malestar y la fragilidad institucional.

Un aspecto especialmente relevante del análisis, señalado por estudios recientes, es el modo en que estas narrativas desplazan la responsabilidad. En lugar de situar la violencia en causas estructurales claramente identificables, construyen una culpa difusa que recae simultáneamente sobre familias, escuelas e instituciones desbordadas. Este reparto emocional de la responsabilidad genera una sensación de impotencia colectiva que, lejos de activar el debate público, puede contribuir a la parálisis social.

Desde una perspectiva de política pública, el riesgo no está en mostrar realidades incómodas, sino en habituar a la ciudadanía, y especialmente a los jóvenes, a convivir con ellas sin claves de interpretación. Cuando la violencia se consume como experiencia estética, se debilita la frontera entre empatía y banalización. Y cuando esa frontera se erosiona, la capacidad crítica de la sociedad se resiente.

En el Reino Unido, este debate ya ha comenzado a trasladarse al ámbito educativo. Algunas series juveniles recientes como Adolescencia han sido recomendadas o utilizadas como material de apoyo en contextos escolares para abordar cuestiones como la violencia juvenil, la salud mental o la convivencia, bajo la premisa de que su impacto emocional puede favorecer la reflexión y el diálogo.

No obstante, diversos análisis advierten de que, sin una mediación pedagógica clara y objetivos formativos definidos, este tipo de iniciativas corre el riesgo de confundir la potencia emocional del relato con una intervención educativa eficaz, trasladando a la ficción responsabilidades que corresponden a las políticas públicas y a la acción institucional.

Por ello, la alfabetización mediática ya no puede seguir tratándose como una competencia secundaria o meramente técnica. Es necesario integrarla de forma explícita en las políticas públicas educativas: incorporar la ética audiovisual en los currículos, reforzar la formación del profesorado en lectura crítica de narrativas digitales y promover una mayor corresponsabilidad de las plataformas como actores culturales con impacto social. No se trata de censurar ni de prohibir, sino de formar ciudadanía crítica en un ecosistema mediático dominado por la emoción.

La responsabilidad de las plataformas

Junto a la alfabetización mediática, este debate interpela también a las propias plataformas. Como actores centrales en la circulación y promoción de contenidos, su responsabilidad no se limita a ofrecer acceso, sino que incluye decisiones editoriales, sistemas de recomendación y políticas de visibilidad que influyen directamente en qué narrativas se consumen y en qué condiciones. Incorporar criterios éticos en estos procesos forma parte del debate público pendiente sobre la gobernanza de la cultura digital.

En este sentido, trasladar el conocimiento generado por la investigación académica al debate público se vuelve fundamental para dotar a la ciudadanía de herramientas críticas frente a narrativas audiovisuales cada vez más influyentes.

Porque cuando la violencia se vuelve normal en las pantallas, el verdadero riesgo es que también lo haga en nuestra forma de entender el mundo.

The Conversation

Bárbara Castillo Abdul no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La violencia que aprendemos a mirar: series juveniles y responsabilidad social – https://theconversation.com/la-violencia-que-aprendemos-a-mirar-series-juveniles-y-responsabilidad-social-273151

Cuando las mascotas devoran la biodiversidad: un conflicto sin regular en la Unión Europea

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Gómez-Serrano, Assistant lecturer, Universitat de València

Cerca del 44 % de los hogares de la Unión Europea tiene al menos un animal de compañía, de los cuales más del 90 % son perros o gatos.

La tendencia de incorporar mascotas a nuestras vidas no ha parado de crecer en las últimas décadas, pero se disparó a partir de la pandemia de la covid-19. En concreto, se estima que la población europea de animales de compañía creció un 11 % en 2022, alcanzando los 340 millones, principalmente gatos (127 millones) y perros (104 millones.

Y se sabe que, a medida que crece la población humana en contacto con los animales de compañía, aumenta también el interés por el bienestar animal en la sociedad. Algo similar sucede con la vida salvaje. Cuando las poblaciones de las especies silvestres disminuyen, la preocupación por la conservación de la biodiversidad se intensifica.

Pero esta confluencia no siempre convive en armonía. Aunque existe cierto solapamiento entre los objetivos del bienestar animal y los de la conservación de la fauna silvestre, es evidente la existencia de un sesgo a la hora de priorizar entre los animales de compañía y los silvestres, especialmente cuando ambos grupos interactúan.

Un estudio reciente identifica las claves del conflicto entre los defensores del bienestar animal de las mascotas y los partidarios de la conservación de la naturaleza. El trabajo analiza las oportunidades legales en el marco de la Unión Europea para reducir el impacto de las primeras sobre los animales silvestres.

Dos marcos legales que no encajan entre ellos

La Unión Europea cuenta con una sólida legislación ambiental, en la que las directivas sobre aves y hábitats han sido claves para proteger la vida silvestre. En cambio, la legislación sobre bienestar animal —sobre todo la relativa a animales de compañía— es mucho más reciente y aún está en incipiente desarrollo.

Lógicamente, el bienestar animal se ha vinculado únicamente a las especies domésticas, dejando a las silvestres bajo la legislación ambiental. Sin embargo, este desequilibrio ha generado un vacío normativo importante: ¿qué ocurre cuando las mascotas causan daños a la fauna silvestre?




Leer más:
Cuando los gatos se convierten en una amenaza para la biodiversidad


Mascotas que se volvieron silvestres

Entre los tipos de impactos más importantes de las mascotas sobre la vida silvestre están los derivados de las que se asilvestran. Los animales abandonados o escapados pueden formar poblaciones autosuficientes en la naturaleza, con consecuencias graves para las especies autóctonas.

Los loros que se escapan de los hogares son un buen ejemplo de ello. Especies como la cotorra de Kramer o la cotorra argentina han establecido colonias en muchas ciudades europeas. Aunque existe cierto consenso en considerarlas como especies invasoras, su gestión representa un complejo conflicto socioambiental.

No hay dudas de que los loros compiten con especies nativas por lugares de nidificación y recursos, pero representan especies carismáticas y apreciadas por parte de la ciudadanía, por lo que su control genera fuertes controversias sociales.

No obstante, si existe una mascota asilvestrada como centro de las preocupaciones es el gato doméstico, considerado como uno de los depredadores invasores más dañinos del planeta, responsables de alrededor del 25 % de las extinciones contemporáneas de reptiles, aves y mamíferos en todo el mundo.

A pesar de las evidencias, en Europa sigue existiendo una gran resistencia a reconocer a los gatos asilvestrados como especies invasoras, lo que limita las opciones legales para gestionar su impacto.

Mascotas con libertad de movimientos

Muchas mascotas con propietario pasan parte de su tiempo sin supervisión en el exterior. En el caso de los perros, los impactos se centran en la depredación de la fauna silvestre y la transmisión de enfermedades.

Por su parte, los gatos que deambulan libremente desde sus hogares también depredan, incluso cuando están bien alimentados, afectando especialmente a aves y pequeños vertebrados en entornos urbanos y periurbanos.

Un caso particular es el de las colonias felinas. El control de las poblaciones de gatos callejeros suele recaer en los Estados miembros de la UE, lo que da lugar a enfoques muy dispares, que van desde la retirada de animales hasta los programas de captura, esterilización y retorno método CER.

Aunque se trata de un método socialmente aceptado, la evidencia científica muestra que, en la mayoría de casos, no es eficaz para reducir las población de gatos ni tampoco el impacto sobre la fauna silvestre a corto plazo.

El paseo de mascotas en la naturaleza

Pasear al perro en la naturaleza se ha convertido en una de las actividades de ocio más comunes. Un buen ejemplo de esta tendencia es la creciente popularidad de las playas para canes. Un tipo de gestión que probablemente sea positiva para la salud de las mascotas y de sus propietarios, pero no para la fauna silvestre.

En playas naturales, por ejemplo, los perros pueden afectar gravemente a aves que nidifican en el suelo, como los chorlitejos patinegros. Incluso cuando no hay depredación directa, la simple presencia de un perro puede provocar que las aves abandonen sus nidos o reduzcan el tiempo de incubación, con efectos negativos sobre el éxito reproductor.




Leer más:
Los riesgos para la biodiversidad y la salud humana de tener animales salvajes como mascotas


Reconciliar el bienestar animal con la conservación

A medida que la biodiversidad disminuye y la población de animales de compañía aumenta en los hogares europeos, el conflicto entre la conservación de la fauna silvestre y la defensa del bienestar animal se intensifica. Por eso resulta tan urgente reconciliar estas perspectivas divergentes y alinear sus respectivos marcos jurídicos.

La Unión Europea tiene margen legal para actuar. Las directivas ambientales ya obligan a los Estados miembros a prevenir daños a especies protegidas, lo que podría traducirse en restricciones más claras sobre la libre deambulación de mascotas, especialmente en espacios naturales protegidos.

Al mismo tiempo, el desarrollo de una nueva legislación sobre bienestar animal ofrece una oportunidad para reforzar la responsabilidad de los propietarios a la vez que reduce el impacto de la libertad de movimientos y previene el abandono o el asilvestramiento.

Es necesario que las autoridades se tomen en serio la necesidad de regular los impactos de las mascotas y que sus propietarios se impliquen en la tarea de evitarlos. Sólo así no llegaremos al punto irreversible en el que los únicos animales silvestres que observemos en nuestros paseos por la naturaleza sean nuestras propias mascotas.

The Conversation

Miguel Ángel Gómez-Serrano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando las mascotas devoran la biodiversidad: un conflicto sin regular en la Unión Europea – https://theconversation.com/cuando-las-mascotas-devoran-la-biodiversidad-un-conflicto-sin-regular-en-la-union-europea-273157

El problema de Monty Hall explicado, sin tecnicismos, ni simulaciones, ni fórmulas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Javier Belloso Ezcurra, Profesor Departamento Estadística, Informática y Matemáticas, Universidad Pública de Navarra

El dilema de un coche oculto como premio en un concurso de televisión nos sirve para comprender el problema de Monty Hall. Roman Petrov / Unsplash., CC BY

Imagine que participa en un concurso de televisión donde ganar un coche es el premio. Frente a usted hay tres puertas cerradas: detrás de una hay un coche y detrás de las otras dos, sendas cabras. Para ganar el coche, tiene que acertar la puerta tras la que está. Y puede ser cualquiera de las tres.

El presentador le pide que elija una. Lo hace. Después, él abre una de las puertas no elegidas y muestra una cabra. Entonces llega la pregunta clave: ¿quiere mantener su elección o cambiar a la otra?

La mayoría de la gente cree que da igual: al principio, con tres puertas, la probabilidad de esconder el coche se repartía 33–33–33; ahora que hay dos, nos quedamos con 50–50. Pero no es así.

El coche tiene una probabilidad de 1/3 de estar detrás de la puerta elegida por el jugador. Las otras dos puertas tienen una probabilidad de 2/3.
Joaquín Córdova / Wikimedia Commons., CC BY

Ilusiones estadísticas

Este pequeño juego fue bautizado como el problema de Monty Hall, en honor al nombre del presentador del concurso televisivo estadounidense Let’s Make a Deal. El problema fue planteado y resuelto por el matemático Steve Selvin, en 1975. Y se ha convertido en uno de los rompecabezas más famosos de la estadística, porque desafía nuestra intuición de una forma casi incómoda.

En ocasiones, se describe como una ilusión estadística, incluso en publicaciones especializadas, por la distancia entre lo que sentimos que debería ocurrir y lo que realmente ocurre.

Cuando el anfitrión abre una puerta, las probabilidades para los dos conjuntos no cambian, pero las probabilidades se mueven a 0 para la puerta abierta; y 2/3 para la puerta cerrada (2).
Joaquín Córdova / Wikimedia Commons., CC BY

Lo fascinante es que, detrás de esta decisión aparentemente trivial, se esconde que, cuando recibimos nueva información –a pesar de que parezca irrelevante– nuestras probabilidades cambian, aunque no siempre sepamos cómo actualizarlas correctamente. Entramos en el terreno de las matemáticas, la probabilidad condicionada y el teorema de Bayes, donde todo se vuelve menos intuitivo.

Sin embargo, podemos explicarlos sin necesidad de todo esto: basta con la lógica, la proporcionalidad y el sentido común para entender por qué la elección del presentador ha hecho que la balanza se incline claramente y una de las puertas sea más prometedora que la otra a la hora de esconder el coche.

Enunciado del teorema de Bayes.
Mattbuck / Wikimedia Commons., CC BY

La explicación

Suponemos que el concursante ha elegido la puerta A, aunque el razonamiento sería exactamente el mismo si hubiera elegido la B o la C.

Si el concursante ha elegido la puerta A, entonces, le toca el turno al presentador que puede abrir la B o la C indistintamente, siempre con la única condición de no mostrar el coche, de modo que se mantenga el enigma de dónde está, que es la clave del juego.

Supongamos que ha abierto la B, abrir la C habría llevado exactamente al mismo punto. Al hacerlo quedan dos opciones ya que B está descartada:

  • Si el coche está en A, podía haber abierto B o C indistintamente (ambas tienen cabra). Por tanto, la probabilidad de que abra B no es del 100 %, sino del 50% compartida con C.

  • Si el coche está en C, entonces la puerta B es la única que podía haber abierto. En ese caso, la probabilidad de que abra B es del 100 %. El doble que el anterior.

Esto implica que el hecho de que el presentador haya abierto B es más compatible con el escenario “el coche estaba en C” que con el escenario “el coche estaba en A”.

Desde el otro lado

Damos la vuelta al razonamiento y pensamos en términos del concursante, que es quien tiene que tomar la decisión. Al observar que el presentador ha abierto la B, y como esa acción es más probable cuando el coche está en C que cuando está en A, entonces, para él, pasa a ser más probable que el coche esté en C que en A.

Por tanto, si es más probable que el coche esté en C, entonces cambiar a C incrementa la probabilidad de ganar, porque el comportamiento del presentador revela información que favorece ese escenario más que el otro.

¿En qué medida? teniendo en cuenta que una es el doble de la otra (de 50 % a 100 %) y no hay más opciones, para completar el 100 % como suma de ambas nos queda un reparto de 33%-66% para las opciones A y C, respectivamente.

La intución puede fallar

En la motivación del presentador, al abrir la puerta B, tiene más peso el hecho de que el coche esté tras la puerta C que tras la puerta A. Y, por eso, es más probable que esté tras esa puerta. Esta es la razón por la cual, si el concursante cambia de elección, las probabilidades de ganar son mayores.

Esta explicación vale si el concursante ha elegido A. Para las otras dos opciones el planteamiento es el mismo: si elige B, se intercambia A con B. Si elige C, se intercambia A con C.

En el fondo, el problema de Monty Hall nos recuerda que la intuición puede fallar, hasta en situaciones simples. Actualizar la información correctamente no solo cambia el resultado: cambia nuestra comprensión de cómo funciona realmente el azar.

Y aceptar esa idea, aunque desafíe lo que “nos parece lógico”, es parte esencial de pensar mejor.

The Conversation

Javier Belloso Ezcurra no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El problema de Monty Hall explicado, sin tecnicismos, ni simulaciones, ni fórmulas – https://theconversation.com/el-problema-de-monty-hall-explicado-sin-tecnicismos-ni-simulaciones-ni-formulas-273474

La educación de 0 a 3 años no es un gasto, sino una inversión en equidad educativa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Estefanía Hita Egea, Docente y formadora de profesorado experta en tecnología educativa y liderazgo, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Lordn/Shutterstock

Los primeros tres años de vida son decisivos para el desarrollo infantil. En este periodo se sientan las bases del lenguaje, la seguridad emocional y la forma en la que los niños se relacionan con su entorno. Lo que ocurre en este periodo influye en el aprendizaje y el bienestar a lo largo de toda la vida.

Por eso, la educación de 0 a 3 años no es solo una ayuda para conciliar. Es una herramienta clave para reducir desigualdades. Actuar en esta etapa permite compensar diferencias sociales antes de que se hagan visibles en la escuela.

Sin embargo, no todos los niños acceden a las mismas condiciones. El precio, los horarios, la estabilidad de los centros o la calidad de los proyectos cambian mucho según el lugar. Estas diferencias aparecen incluso antes de que los niños empiecen a hablar, y tienen consecuencias reales en su desarrollo.

España tiene una alta tasa de escolarización en la etapa de 0 a 3 años, con un 41,8 % de niños escolarizados, por encima de la media de la OCDE. Pero escolarizar no es lo mismo que garantizar igualdad de oportunidades. Lo importante no es solo cuántos niños asisten, sino en qué condiciones lo hacen.

La educación infantil como ascensor social

Hasta los tres años se desarrollan capacidades fundamentales para aprender. El lenguaje, la atención o la regulación emocional dependen en gran medida de los entornos en los que crecen los niños. Cuando estos entornos son estables y de calidad, los beneficios se mantienen en el tiempo.

Numerosos estudios internacionales coinciden en este punto. Organismos como el Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia, la Organización Mundial de la Salud o la Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económicos señalan que la educación temprana tiene un impacto especialmente positivo en los niños que crecen en contextos más vulnerables. https://www.who.int/publications/i/item/97892400020986




Leer más:
Cómo hacer escuelas inclusivas en el ciclo de 0 a 3 años


Actuar pronto es más eficaz que intervenir tarde. Corregir desigualdades cuando ya están consolidadas resulta más difícil y costoso. Por eso, la etapa de 0 a 3 años tiene un enorme potencial como ascensor social.

Pero este ascensor solo funciona con equipos estables, profesionales bien formados y una relación cercana con las familias.

España: una responsabilidad compartida

En España, esa etapa infantil sigue sin ocupar un lugar claro en las políticas educativas. El Gobierno central, las comunidades autónomas y los ayuntamientos comparten competencias. Sin embargo, la responsabilidad se reparte de tal forma que, en la práctica, nadie la asume del todo.

La falta de una apuesta clara y sostenida convierte dicho periodo de la vida en un espacio frágil. Las decisiones suelen depender del presupuesto disponible y cambian con facilidad. Esto afecta a la estabilidad de los centros, a los equipos educativos y a las familias.




Leer más:
La educación pública nos ayuda a vivir más años


Aunque la escolarización ha crecido, las condiciones son muy desiguales según el territorio. Precios, horarios y calidad varían de una comunidad a otra, e incluso entre municipios. Con frecuencia, cada administración traslada el problema a la siguiente, sin poner en el centro lo que está en juego.

El caso del País Vasco ilustra bien estas tensiones entre administraciones. En municipios como Vitoria-Gasteiz, Oiartzun, Andoain o Irún, entre otros,familias y profesionales han alertado del impacto que determinados cambios en financiación y organización pueden tener sobre proyectos educativos ya consolidados.

Las decisiones, centradas fundamentalmente en criterios económicos y en el debate sobre el modelo de gestión y el reparto de responsabilidades sobre el reparto de responsabilidades entre el Gobierno autonómico y los ayuntamientos, afectan directamente a la estabilidad de los equipos, a la continuidad de los proyectos ya consolidados y a la posibilidad de generar vínculos educativos sólidos con los niños y sus familias. Cuando ninguna administración asume plenamente esta etapa como una prioridad educativa, son las familias y los propios centros quienes soportan las consecuencias.

Esta situación no es exclusiva del País Vasco. En otras comunidades autónomas se repite un patrón similar: cambios en regulación, financiación o ratios que responden más a la contención del gasto que a una planificación educativa a largo plazo. Aunque los contextos territoriales son distintos, el resultado se repite. Cuando la educación de 0 a 3 años queda atrapada en un juego de responsabilidades compartidas pero no asumidas, su potencial para reducir desigualdades se debilita de forma significativa.

Europa: cuando invertir en la infancia es una prioridad

En otros países europeos, la educación en esa etapa entiende de otra manera. No es un recurso complementario, sino una política educativa básica. Forma parte del estado del bienestar.

En Finlandia, por ejemplo, todas las familias tienen derecho a una plaza tras el permiso parental. El sistema combina educación, salud y apoyo a las familias. La pregunta no es cuánto cuesta, sino qué aporta.

En países como Suecia o Dinamarca ocurre algo similar. Los equipos son estables y los proyectos no dependen de decisiones puntuales. Existe un acuerdo amplio sobre la importancia de invertir en la primera infancia.

Estos países han entendido que invertir al principio reduce problemas después. Por eso, la educación de 0 a 3 años no se discute como un gasto, sino como una inversión social.

El reto pendiente

La etapa de 0 a 3 años es breve, pero fundamental. Una educación infantil de calidad en estos años no solo acompaña el desarrollo madurativo, sino que ayuda a prevenir desigualdades antes de que aparezcan en la escuela.

Aunque España ha avanzado en escolarización, el verdadero reto está en cómo se cuida esa etapa. Garantizar condiciones estables, profesionales formados y proyectos educativos sólidos requiere una apuesta clara y compartida por parte del Gobierno central, las comunidades autónomas y los ayuntamientos. Cuando estas decisiones se toman solo desde el criterio económico, se pierde de vista lo más importante: el desarrollo infantil.

The Conversation

Estefanía Hita Egea no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La educación de 0 a 3 años no es un gasto, sino una inversión en equidad educativa – https://theconversation.com/la-educacion-de-0-a-3-anos-no-es-un-gasto-sino-una-inversion-en-equidad-educativa-270999