Mars : les nouveaux résultats de la NASA démontrent-ils des signes de vie passée ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Sean McMahon, Reader in Astrobiology, University of Edinburgh

La roche surnommée Cheyava Falls présente des taches qui auraient pu être formées par une forme de vie microbienne. Nasa JPL-Caltech, CC BY

Les analyses d’une roche trouvée sur Mars par le rover Perseverance ont été publiées hier dans la revue Nature. Si ces taches auraient pu être créées par une activité microbienne, ces observations ne sont en fait que le début d’une longue enquête… qui nécessite de ramener la roche sur Terre.


Il y a un peu plus d’un an, la NASA a fait une grande annonce : le rover Perseverance, qui explore la surface de Mars, avait trouvé des signes potentiels d’une vie ancienne sur Mars. Les détails de cette découverte ont maintenant été évalués par les pairs et publiés dans la revue Nature. Un article qui, malgré sa formulation plutôt modeste, pourrait finalement s’avérer être l’un des plus importants de l’histoire des sciences.

Pour faire court : ces traces pourraient être des signes de vie passée, mais il faudrait ramener les échantillons sur Terre pour en être sûrs. Le rover Perseverance a collecté et analysé un fragment de la roche en question… il ne reste plus qu’à aller le chercher.

Et une mission visant à se rendre sur Mars, à récupérer les échantillons de roche collectés par Perseverance et à les ramener sur Terre a été élaborée par la NASA et l’Agence spatiale européenne — ceci inclut l’échantillon de roche qui fait l’objet de l’étude publiée dans Nature. Mais cette mission, Mars Sample Return, rencontre des difficultés en raison de l’augmentation des coûts de la mission ([ndlr : et le budget proposé en mars 2025 par le président Trump n’inclut pas cette mission]).

Au milieu de l’année 2024, le rover Perseverance a découvert un bloc de mudstone ancien, une roche sédimentaire composée à l’origine d’argile ou de boue, surnommée Cheyava Falls, qui se distingue par sa teinte rouge brique. Cette roche a été déposée par l’eau il y a environ quatre milliards d’années.

Alors que la plupart des roches martiennes sont rouges à cause d’une couche de poussière d’oxyde de fer, Cheyava Falls est rouge jusqu’à son cœur : l’oxyde de fer se trouve dans la roche elle-même.

Plus intriguant encore, Cheyava Falls est parsemée de douzaines de minuscules taches pâles, de tailles généralement inférieures à un millimètre. Ces taches sont bordées d’un minéral sombre, riche en phosphore, qui apparaît également sous forme de minuscules points dispersés entre les autres taches et que l’on appelle « graines de pavot ». Ce minéral plus sombre est associé à des traces d’anciens composés organiques : des composés qui contiennent du carbone et qui sont essentiels à la vie sur Terre… mais qui existent également en l’absence de vie et d’activité biologique.

Quel est le rapport avec la vie ?

Tous les organismes vivants sur Terre collectent l’énergie grâce à des réactions d’oxydoréduction (réactions redox) qui transfèrent des électrons entre des substances chimiques appelées réducteurs (qui cèdent des électrons) et d’autres, appelées oxydants (qui les acceptent).

Sur Terre par exemple, dans les cellules animales, des structures appelées « mitochondries » transfèrent des électrons du glucose (un réducteur) à l’oxygène (un oxydant). Certaines bactéries vivant dans les roches utilisent d’autres types de composés organiques à la place du glucose et, à la place de l’oxygène, de l’oxyde ferrique (un type d’oxyde de fer aux quel il manque trois électrons par rapport au métal fer).

Serpentine Rapids
Une autre roche martienne, baptisée Serpentine Rapids, présente également des caractéristiques rappelant les taches d’oxydoréduction.
NASA JPL-Caltech

Lorsque l’oxyde ferrique est réduit en un autre oxyde de fer appelé oxyde ferreux (il ne manque plus que deux électrons par rapport au métal fer), il devient soluble dans l’eau. Il peut ensuite être dispersé ou réagir pour former de nouveaux minéraux, de couleur plus claire.

Il en résulte que de nombreuses roches et sédiments rouges sur Terre contiennent de petites taches blanchies, appelées « taches de réduction », qui ressemblent de manière frappante à celles trouvées à Cheyava Falls.

Sur Mars, Perseverance a également repéré des caractéristiques blanchies encore plus évocatrices de taches de réduction sur un site appelé Serpentine Rapids. Malheureusement, le rover n’y a passé que trop peu de temps pour les analyser et n’a prélevé aucun échantillon.

Le nouvel article développe des résultats présentés lors de la Lunar and Planetary Science Conference de Houston (États-Unis) en mars 2025, avec plus de détails. Pour être publiés dans Nature, les résultats ont été évalués par des pairs (d’autres chercheurs spécialistes du domaine), ce qui ajoute du crédit à l’annonce de la NASA. Ainsi, la nouvelle publication confirme que les taches pâles sont associées à des matières organiques et qu’elles contiennent du fer ferreux et du soufre, plus précisément un minéral de sulfure de fer.

L’interprétation la plus plausible est que des réactions d’oxydoréduction se sont produites à l’intérieur de la roche après sa formation. Elles ont transféré des électrons des matières organiques vers l’oxyde ferrique et le sulfate, ce qui a produit les zones décolorées, où l’oxyde ferrique est réduit en oxyde ferreux.

Perseverance
Perseverance avec la roche de Cheyava Falls.
NASA JPL-Caltech

Le point crucial est que ces réactions, en particulier la réduction des sulfates, ne se produisent normalement pas aux températures relativement basses auxquelles la roche de Chevaya Falls a été soumise au cours de son histoire… à moins que des microbes ne soient intervenus pour aider la réaction à se produire. L’oxydation microbienne de la matière organique peut également produire des minéraux phosphatés, comme ceux trouvés à Cheyava Falls.

Si nous ne ramenons pas les échantillons dans des laboratoires sur Terre, nous ne pourrons pas savoir ce qui s’est réellement passé à Cheyava Falls il y a quatre milliards d’années.

Mais malgré cela, pour l’instant, nous n’avons pas identifié d’explication « non-biologique » (qui n’implique pas d’organisme vivant) qui soit entièrement satisfaisante et rende compte de l’ensemble des observations faites par Perseverance. Le nouvel article détaille ces potentielles explications, en examinant les possibilités une par une.

Mais quoi qu’il en soit, en astrobiologie, l’absence d’explication non biologique ne marque pas la fin de la recherche de vie, mais plutôt… son commencement. L’histoire nous enseigne que lorsque nous ne trouvons pas d’explication non biologique à un phénomène, ce n’est généralement pas parce qu’il n’y en a pas… c’est simplement parce que nous n’y avons pas encore pensé.




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Que va-t-il se passer maintenant ?

Tout d’abord, les astrobiologistes du monde entier doivent étudier quelles réactions d’oxydoréduction impliquant le fer, le soufre, les composés organiques et le phosphate auraient pu se produire, avec ou sans organismes vivants, dans des conditions similaires à celles de Cheyava Falls.

Ensuite, la NASA et d’autres agences spatiales devront faire preuve d’un leadership audacieux dans le cadre de la mission Mars Sample Return. Oui, cela coûtera cher, peut-être des dizaines de milliards de dollars, mais le résultat pourrait être la découverte scientifique la plus importante jamais réalisée.




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The Conversation

Sean McMahon a reçu des financements de la NASA par le passé.

ref. Mars : les nouveaux résultats de la NASA démontrent-ils des signes de vie passée ? – https://theconversation.com/mars-les-nouveaux-resultats-de-la-nasa-demontrent-ils-des-signes-de-vie-passee-265084

Retraites par capitalisation ou par répartition : quel système est le plus rentable ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Anne Lavigne, Professeure de Sciences économiques, Université d’Orléans

Le nouveau premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué vouloir rouvrir le dossier des retraites. Lors du conclave, la retraite par capitalisation avait été rapidement évoquée. De quoi parle-t-on quand on évoque ce système de financement ? Est-il vraiment opposé à la retraite par répartition ? Quels sont ses réels atouts économiques et financiers ? Les risques qui lui sont associés le discréditent-ils, comme le disent ces critiques ?


Plus connue sous l’appellation « conclave », la délégation paritaire permanente installée le 27 février dernier s’est soldée par un échec, malgré une redéfinition par les partenaires sociaux eux-mêmes du périmètre des thématiques à aborder. Le financement des retraites par capitalisation a notamment été évoqué, avec prudence par les organismes syndicaux et plus d’enthousiasme par les représentants du patronat.

Parallèlement, le 11 juillet dernier, le comité de suivi des retraites a rendu son 12ᵉ avis. Il relève :

« Le recours accru à la capitalisation ne peut pas constituer à court terme une réponse au déséquilibre de notre système par répartition, et peut même avoir pour effet de détourner des ressources du financement des régimes »,

et souligne que :

« Recherche de rendement, préservation de la volatilité, financement de l’économie nationale, investissements souverains constituent autant d’objectifs qui ne sont pas forcément conciliables avec un seul outil dont l’objectif principal reste de verser des retraites aux anciens actifs. »

Comment ça marche ?

Dans un système de retraite par répartition, les cotisations des travailleurs actifs ont vocation à financer les pensions des retraités. S’y ajoutent, dans la plupart des pays, des prélèvements fiscaux. Si les cotisants d’une année donnée financent les pensions des retraités la même année, et non leur propre retraite, ils acquièrent un droit à pension financé par les générations ultérieures et garanti par la nation.




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Dans un système de retraite par capitalisation, les cotisations versées une année donnée sont placées dans des actifs financiers ou immobiliers, dont les rendements se cumulent au fil du temps. Les revenus des placements sont réinvestis année après année jusqu’à la retraite, et le capital accumulé pendant la vie active est versé à la liquidation des droits à la retraite, selon des modalités propres à chaque régime de capitalisation, en une rente viagère, en versements programmés ou en un versement unique.

Un outil de fidélisation

Historiquement, les régimes de retraite professionnels en capitalisation se sont développés lorsque les pays se sont industrialisés. L’objectif des employeurs était de fidéliser une main-d’œuvre par la promesse d’un salaire direct, mais également d’un salaire conditionnel (versement d’une pension d’invalidité en cas d’accident) ou différé (versement d’une pension de retraite lorsque la vieillesse rendait le travailleur inapte au travail).

Dans cette évolution historique, la France a emprunté une voie singulière : si des dispositifs de retraite par capitalisation ont été effectivement instaurés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ils n’ont pas résisté aux turbulences économiques et financières de l’entre-deux-guerres. À la Libération, la nation a fait le choix d’un système public obligatoire en répartition pour l’ensemble des salariés, avec des caisses de retraite complémentaires professionnelles également financées en répartition.

Ce choix collectif pour la répartition est singulier. Dans tous les autres pays, la retraite de base est en répartition mais les retraites professionnelles sont en capitalisation. Dans le débat qui se rouvre aujourd’hui en France, la question posée est : jusqu’où et comment déplacer le curseur vers la capitalisation ?

Une question de dosage ?

Pour certains, la question ne se pose même pas. Par principe, la répartition doit rester l’unique mode de financement des retraites. En effet, développer la capitalisation reviendrait à renforcer le pouvoir actionnarial au détriment du travail, à démanteler la protection sociale solidaire, à accentuer les inégalités à la retraite (les épargnants plus fortunés ont une meilleure capacité à obtenir des rendements financiers plus élevés).

Au-delà de ce principe, qui a sa légitimité, quels arguments peut-on faire valoir pour introduire une dose de capitalisation dans notre système de retraite ? La capitalisation est-elle plus efficace, en termes de rendement et de risque, que la répartition dans sa capacité à procurer un revenu de remplacement pendant la retraite ?

Des systèmes complexes à comparer

Comparer le rendement de la retraite en répartition ou en capitalisation revient à se demander : pour chaque euro cotisé pendant ma vie active, combien d’euros obtiendrai-je sous forme de pension une fois à la retraite ?

Évaluer le rendement de la capitalisation est en théorie simple, plus délicat en pratique. En théorie, pour un cotisant, le rendement de la capitalisation est le rendement obtenu sur les placements effectués tout au long de sa carrière à partir des cotisations versées. Bien sûr, ces cotisations sont périodiques : celles de début de carrière seront capitalisées sur un temps très long, celles effectuées en fin de carrière sur un temps plus court. Et personne ne connaît avec certitude le nombre des années passées à la retraite, de sorte que le rendement de l’épargne retraite dépend de la durée probable de survie au départ à la retraite.

En définissant le taux de rendement interne (TRI) comme le taux qui égalise la somme (actuelle probable) des cotisations versées et des pensions reçues, le rendement de la capitalisation correspond au taux de rendement des placements dans lesquels ont été investies les cotisations, sous l’hypothèse que les pensions reçues sont actualisées à ce taux.

Un raisonnement fallacieux

En pratique, on présente souvent le rendement de la capitalisation comme le rendement moyen observé sur des placements financiers. Pour cela, on calcule le rendement moyen, par exemple sur une durée de quarante ans, d’un indice boursier, par exemple le CAC 40 et on affirme « Si on avait introduit la capitalisation en 1982, les retraités toucheraient 300 euros de plus que la pension offerte par l’actuel système en ayant cotisé deux fois moins ».

Cette expérience de pensée est en réalité fallacieuse. Aucun fonds de pension (a fortiori un épargnant individuel) ne place la totalité de ses actifs dans des actions. D’une part, pour diversifier les risques financiers ; d’autre part, parce qu’au départ à la retraite, il faut convertir le capital de cotisations accumulées en flux de pension. Et cette phase de décumulation nécessite d’avoir des actifs suffisamment liquides et dont la valeur de revente n’est pas (trop) volatile.

Évaluer le « rendement » de la répartition est aussi discutable, puisque la répartition n’est pas une opération financière intertemporelle. Sur un plan individuel, calculer un taux de rendement interne n’a pas grand sens, puisque précisément, on ne cotise pas pour soi-même. On peut néanmoins s’intéresser au rendement collectif d’un régime par répartition.

Le rôle des taux de croissance

La capacité d’un système de retraite par répartition à assurer un bon niveau de pension aux retraités dépend de manière cruciale du nombre de travailleurs effectivement employés et de leur productivité. Si le taux d’emploi augmente, cela fait plus de cotisants et si la productivité des travailleurs augmente, cela se traduit généralement par des rémunérations plus élevées, et donc une assiette de cotisations plus importante.

Schématiquement, la croissance démographique et le progrès technique jouent le même rôle dans le rendement implicite de la répartition. Pour x euros cotisés en répartition quand ils sont actifs, les salariés « récupèrent » lorsqu’ils partent à la retraite les x euros revalorisés de la somme du taux de croissance de la population (supposée employée pendant toute sa vie active) et du taux de croissance de la productivité.

Avantage en trompe-l’œil pour la capitalisation

On comprend donc que la capitalisation est plus rentable que la répartition si le taux de rendement du capital est supérieur au taux de croissance cumulé de la population et de la productivité, qu’on peut assimiler au taux de croissance économique en première approximation. Qu’en est-il dans les faits ?

Même si la crise financière de 2007 a ébranlé quelques certitudes, il ressort des études historiques sur longue période que le rendement réel des placements financiers est supérieur au taux de croissance économique dans les principaux pays industrialisés.

Arte 2025.

Dans une vaste fresque historique, Jordá et al. ont calculé que l’écart entre le taux de rendement de la richesse et le taux de croissance économique s’élevait à 2,68 % en moyenne pour un ensemble de 16 pays sur la période 1950-2015. En très longue période (1870-2015), leur étude montre que le rendement réel de la richesse est supérieur au taux de croissance réel dans tous les pays, sauf pendant les sous périodes de guerre.

Cette étude confirme, par ailleurs, un résultat observé par de nombreuses contributions antérieures : en moyenne, le rendement réel des actions est supérieur au rendement réel des actifs sans risque (obligations et actifs monétaires). La prime de risque, qui mesure l’écart entre rendement des actions et des actifs sans risque, s’élevait à environ 4 % en moyenne avant la Première Guerre mondiale, pour devenir légèrement négative lors de la grande dépression, puis s’envoler jusqu’à 14 % au début des années 1950 et revenir à son niveau séculaire autour de 4 % depuis 2000. Cette évolution tendancielle se retrouve dans tous les pays, à des niveaux de taux de rendement différents d’un pays à l’autre. Entre 1980 et 2015, la prime de risque en France se situe légèrement en dessous de la moyenne globale, à 2,14 %.

Rentabilité et risque

Pour autant, pour les individus, ce n’est pas le rendement moyen du système en longue période qui importe, mais le montant de la rente viagère qu’ils pourront obtenir chaque mois lorsqu’ils seront à la retraite. Observer qu’en moyenne, chaque année, sur une très longue période, le rendement du capital est supérieur à la croissance économique n’implique pas qu’il faille choisir la capitalisation pour couvrir le risque vieillesse, pour au moins trois raisons.

LCI 2025.
  • La première raison, c’est que, pour un individu donné, ce n’est pas le rendement moyen du système en longue période qui importe, mais le montant de la rente viagère qu’il pourra obtenir chaque mois lorsqu’il sera à la retraite. Et c’est là qu’intervient la notion de risque d’un placement financier. Chacun peut constater que le cours d’une action cotée varie jour après jour. Cette variation peut être mesurée par des indicateurs statistiques, tels que la variance ou l’écart-type ; grosso modo, ces indicateurs mesurent « de combien s’écarte le cours d’une action par rapport à sa tendance sur une période donnée ? ». Ce qu’on peut montrer théoriquement, et ce qu’on observe dans les faits, c’est que plus une action est détenue pendant une période de temps longue, plus la variation de son rendement autour de la tendance moyenne se réduit.

Pour autant, cela ne signifie pas que détenir des actions pendant une longue période, par exemple jusqu’à la retraite, ne soit pas risqué. En effet, pour quelqu’un qui souhaite financer sa retraite par un placement financier, ce qui importe, ce n’est pas le rendement annuel moyen de son placement sur trente ans, mais bien le rendement total qu’il obtiendra au bout de trente ans quand il partira à la retraite. Et il est possible que le rendement annuel moyen sur vingt-neuf ans soit favorable, mais qu’il soit anéanti par un krach boursier l’année suivante.

  • La deuxième raison, c’est que les rendements des actions tels qu’ils peuvent être calculés à partir des cotes officielles sont bruts de frais. En pratique, si on souhaite financer sa retraite par capitalisation, on doit utiliser les services d’un intermédiaire (fonds de pension, gestionnaire d’actifs, banque, entreprise d’assurance) et ces services sont facturés. Pour un individu donné, le rendement des actions doit s’apprécier « net de frais ». Or, ces frais peuvent s’avérer élevés lorsque la concurrence entre les intermédiaires est faible.

La troisième raison, c’est qu’à la base, financer sa retraite, c’est se couvrir contre les risques liés à la vieillesse (être dans l’incapacité physique ou mentale de travailler à âge élevé et ignorer combien de temps on passera à la retraite). Dans cette optique, il serait paradoxal de couvrir un risque (le risque vieillesse) en en prenant un autre (le risque financier).

Ce dernier argument ne suffit pas, toutefois, à disqualifier la capitalisation, d’autant que la répartition comporte aussi des risques.


Éditions La Découverte, Fourni par l’auteur

The Conversation

Anne Lavigne est membre du Conseil d’administration de l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique, en qualité de personnalité qualifiée. Cette fonction est assurée à titre bénévole.

ref. Retraites par capitalisation ou par répartition : quel système est le plus rentable ? – https://theconversation.com/retraites-par-capitalisation-ou-par-repartition-quel-systeme-est-le-plus-rentable-261477

60 % des Africains ne croient pas que la démocratie serve leurs intérêts : comment les parlements peuvent remédier à cela

Source: The Conversation – in French – By Temitayo Isaac Odeyemi, Research fellow, International Development Department, University of Birmingham

Partout en Afrique, la démocratie est mise à l’épreuve par la montée de l’autoritarisme et des coups d’État militaires, ainsi que par un fossé grandissant entre les citoyens et les institutions censées les représenter.

Le dernier rapport phare d’Afrobarometer, un réseau de recherche panafricain, lance un avertissement solennel. Publié en juillet 2025, le rapport intitulé « Citizen Engagement, Citizen Power » (Engagement citoyen, pouvoir citoyen) révèle que plus de 60 % des Africains sont insatisfaits du fonctionnement de la démocratie dans leur pays. Le soutien à la démocratie reste élevé, mais la confiance en son efficacité s’estompe, en particulier lorsque les citoyens se sentent exclus d’une participation significative aux décisions qui les concernent.

En termes simples, la crise de la participation résulte de l’absence des citoyens dans la salle où sont prises les décisions qui les concernent. Cet article présente des moyens pratiques permettant aux parlements d’impliquer les citoyens.

Je suis politologue et mes travaux en politique comparée portent sur les institutions politiques et l’engagement démocratique en Afrique. Mes recherches plus générales s’appuient sur ma thèse de doctorat sur le développement institutionnel et l’engagement public législatif au Nigeria.

Ces recherches ont montré que la lassitude démocratique a de nombreuses causes, notamment l’insécurité et les besoins socio-économiques non satisfaits. Mais le problème plus profond est une crise de la participation, où les décisions qui affectent les citoyens sont prises sans consultation. Trop souvent, les Africains ont le sentiment que les décisions sont prises pour eux, et non avec eux. Le pouvoir reste concentré dans les cercles élitistes, tandis que l’engagement public est réduit à des gestes symboliques.

Dans cette optique, la démocratie est quelque chose qui se pratique dans les capitales plutôt que dans les communautés.

Pour que cela change, les parlements doivent prendre l’initiative. En tant qu’institutions les plus visibles liées à la représentation, ils peuvent reconnecter les citoyens au processus démocratique. Lorsque les parlements incitent les citoyens à participer, ils contribuent à restaurer la confiance du public. Lorsqu’ils n’y parviennent pas, c’est tout le projet démocratique qui s’en trouve affaibli.

Il est encourageant de constater que de nombreuses constitutions africaines, notamment celles du Kenya, de l’Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe exigent désormais la participation du public à l’élaboration des lois.

Les parlements font de plus en plus référence à l’engagement citoyen dans leurs plans stratégiques, et des modèles remarquables tels que la participation publique offrent des cadres pratiques.

Les efforts de l’Afrique du Sud ont contribué à une augmentation de 27 % à une meilleure compréhension par le public des mandats du parlement. Les données provenant de la société civile et de recherches indépendantes corroborent cette affirmation.

Mais dans de nombreux pays, la mise en œuvre reste inégale et la plupart des parlements ne parviennent pas à impliquer suffisamment les citoyens.

Selon les données, la confiance dans les parlements a baissé de 19 points depuis 2011. Seuls 37 % des Africains disent avoir confiance dans ces organes politiques et représentatifs super importants.

On a l’impression que la participation publique est souvent juste pour la forme et que les parlements ne s’engagent avec les citoyens que quand ça les arrange politiquement.

Deux exemples récents illustrent le coût de ce désengagement. Au Kenya, des manifestations de masse contre le projet de loi de finances 2024 ont éclaté après que le parlement a adopté des mesures fiscales controversées sans consultation publique adéquate. Les réactions violentes, notamment l’assaut du parlement, ont reflété la colère généralisée non seulement à l’égard du contenu du projet de loi, mais aussi à l’égard du manque de participation des citoyens à son élaboration.

Au Nigeria, les législateurs ont rétabli en une seule journée l’hymne national de l’époque coloniale, sans consulter la population.

L’une des raisons pour lesquelles la confiance dans les parlements est en baisse est qu’il existe des lacunes dans la manière dont cette institution écoute et agit.

Comme le montrent les données d’Afrobarometer, les citoyens ont toujours considéré que les parlements jouaient un rôle clé dans l’élaboration des lois et la responsabilisation des dirigeants. Le défi ne réside donc pas dans ce que fait ou devrait faire cette institution, mais dans la manière dont elle le fait. Ainsi, mener des actions visibles est un moyen pour le parlement de restaurer la confiance du public.

Ce que nous apprend Afrobarometer sur la participation

Le message de Citizen Engagement, Citizen Power est clair : les citoyens veulent plus que le simple droit de vote. Ils veulent influencer les décisions, demander des comptes aux dirigeants et co-créer des solutions aux défis auxquels ils sont confrontés. La participation n’est pas un luxe, elle est essentielle à la légitimité et à l’efficacité des institutions démocratiques.

Pour les parlements, cela commence par la communication. De nombreux citoyens ignorent tout simplement ce que fait leur parlement ou comment l’influencer. Les sites web des parlements sont souvent obsolètes, les réseaux sociaux sous-utilisés et les documents législatifs remplis de jargon inaccessible.

Les parlements doivent utiliser des résumés en langage clair, des infographies et des documents axés sur les citoyens pour expliquer les questions clés. Cela est urgent à une époque marquée par la désinformation et les deepfakes.

La radio reste l’un des outils les plus puissants et les plus accessibles pour sensibiliser la population à la démocratie. Les assemblées législatives qui utilisent déjà des émissions de radio pour expliquer les projets de loi et recueillir des commentaires devraient étendre ces initiatives, en particulier dans les langues locales. Les podcasts, les dialogues publics et les événements communautaires peuvent également susciter l’engagement.

Mais l’engagement ne concerne pas seulement l’information, il concerne aussi la présence. De nombreux parlements restent physiquement et culturellement éloignés des personnes qu’ils servent. Les membres du parlement sont de plus en plus issus des élites riches et orientées vers les affaires, ce qui renforce l’impression que le parlement sert ses propres intérêts.

Autrefois, les enseignants, les fonctionnaires et les dirigeants communautaires étaient plus nombreux dans les assemblées législatives.

Pour combler ce fossé, les parlements doivent investir dans un engagement décentralisé. Cela implique notamment d’organiser des audiences en dehors des capitales, de mener des actions de sensibilisation dans les zones rurales et de nouer des partenariats avec les écoles, les universités et les institutions confessionnelles.

Il est essentiel que la consultation soit authentique. Trop souvent, la participation se limite aux ONG d’élite des centres urbains. Celles-ci jouent un rôle important, mais ne peuvent se substituer à un engagement à grande échelle. Le Bureau de la démocratie parlementaire d’Afrique du Sud offre un modèle : une unité de sensibilisation dédiée qui s’efforce d’inclure les voix rurales et de traduire les contributions du public en politiques. Des efforts similaires à travers le continent devraient garantir que la participation devienne une pratique courante et que les citoyens puissent suivre l’impact de leurs contributions sur les résultats.

Les structures communautaires existantes peuvent accueillir des assemblées et des forums citoyens. La technologie peut également aider, mais elle doit être utilisée de manière inclusive. Avec près de la moitié de la population vivant dans des zones rurales et un tiers n’ayant pas reçu d’éducation formelle (https://databrowser.uis.unesco.org/ « »), l’engagement numérique risque d’exclure les groupes qui ont le plus besoin de faire entendre leur voix.

La participation, bouée de sauvetage de la démocratie

Le rapport Afrobarometer montre que les citoyens ne se détournent pas de la démocratie en soi. Ils se détournent des institutions démocratiques qui ne les incluent pas. La participation peut reconnecter les citoyens à la démocratie et restaurer la confiance dans la gouvernance. Mais seulement si elle est significative, durable et inclusive.

Les événements au Kenya et au Nigeria démontrent les risques de l’exclusion. Si les parlements légifèrent sans le peuple, les citoyens chercheront à se faire entendre ailleurs, par le biais de manifestations, de mouvements populistes ou d’alternatives autoritaires.

The Conversation

Temitayo Isaac Odeyemi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. 60 % des Africains ne croient pas que la démocratie serve leurs intérêts : comment les parlements peuvent remédier à cela – https://theconversation.com/60-des-africains-ne-croient-pas-que-la-democratie-serve-leurs-interets-comment-les-parlements-peuvent-remedier-a-cela-264555

Cancer du sein : une nouvelle étude révèle un risque génétique chez les femmes africaines

Source: The Conversation – in French – By Mahtaab Hayat, Lecturer, University of the Witwatersrand

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde. En Afrique subsaharienne, il est aussi la principale cause de décès liés au cancer.

Les facteurs de risque connus incluent le fait d’être une femme, l’âge, le surpoids, la consommation d’alcool et les prédispositions génétiques.

Dans ce domaine, les études dites « d’association à l’échelle du génome » ou études d’association pangénomique constituent un outil puissant. Elles permettent d’identifier les variantes génétiques courantes, ou mutations, qui peuvent influencer la probabilité de développer une maladie. Ces études analysent l’ensemble du génome (l’ADN complet d’une personne) afin de trouver les différences génétiques présentes chez les personnes atteintes d’une maladie.

Depuis 2005, ces études ont fourni des informations utiles pour le diagnostic, le dépistage et la prédiction de certaines maladies, notamment le cancer du sein. Les découvertes récentes ont été utilisées pour développer des outils de prédiction qui aident à identifier les personnes présentant un risque élevé de développer des maladies. Les scores de risque génétique (également appelés scores de risque polygénique) estiment la prédisposition à une maladie en fonction de l’effet cumulatif de multiples variantes ou mutations génétiques.

Mais la plupart des recherches ont été menées sur des populations d’ascendance européenne. Cela pose un problème, car la diversité génétique et la variabilité environnementale diffèrent à travers le monde. En Afrique, la diversité génétique est la plus importante observée mondialement.

Pour combler cette lacune, nous, chercheurs de l’université de Wits, du Sydney Brenner Institute for Molecular Bioscience et nos collaborateurs du Registre National du Cancer d’Afrique du Sud (South African National Cancer Registry), avons mené la première étude d’association pangénomique sur le cancer du sein dans une population d’Afrique subsaharienne.

Nous avons comparé les variations génétiques entre les femmes atteintes d’un cancer du sein et celles qui n’en sont pas atteintes, à la recherche de variantes qui ont une différence de fréquence entre les Malades atteints de cancer et les individus sans cancer.

Nous avons identifié deux variantes génomiques proches des gènes RAB27A et USP22 qui contribuent au risque de cancer du sein chez les femmes noires sud-africaines. Ces variantes génétiques n’avaient jamais été associées au cancer du sein dans les populations non africaines auparavant.

Nos résultats soulignent l’importance d’identifier les variantes génétiques spécifiques à une population, en particulier dans les populations peu étudiées. Différentes populations peuvent être porteuses de variantes uniques qui contribuent différemment au risque de cancer du sein. Les variantes à risque trouvées dans d’autres populations peuvent ne pas être présentes dans les populations africaines. Cela renforce l’idée que les efforts de recherche et les scores de risque doivent être réalisés dans différentes populations, y compris les populations africaines.

Comparaison de l’ADN des femmes

Les chercheurs ont comparé l’ADN de 2 485 femmes atteintes d’un cancer du sein à celui de 1 101 femmes non touchées par la maladie. Toutes ces femmes résidaient à Soweto, en Afrique du Sud. Les cas de cancer du sein ont été recrutés dans le cadre de l’étude du Johannesburg Cancer Study sur une période de 20 ans et les témoins provenaient de l’étude Africa Wits-INDEPTH Partnership for Genomic Research.

L’analyse a utilisé une technologie (appelée puce ADN) spécialement conçue par le consortium H3Africa pour étudier la diversité génétique des populations africaines.

En comparant les variations génétiques chez les femmes atteintes d’un cancer du sein et celles qui n’en sont pas atteintes, nous avons identifié deux variantes génétiques qui contribuent au risque de cancer du sein chez les femmes noires sud-africaines. Elles sont situées à proximité de gènes impliqués dans la croissance des cellules cancéreuses, leur capacité à se propager (métastases) et le développement de tumeurs dans différents cancers.

Nous avons également appliqué des scores de risque polygéniques à notre ensemble de données africaines. Il s’agit d’une méthode qui estime le risque de cancer du sein pour un individu en fonction de la présence de variantes à risque. Ces variantes sont dérivées des résultats d’études d’association pangénomique. Le score de risque que nous avons utilisé était basé sur les variantes à risque d’une population européenne. Nous l’avons utilisé pour évaluer sa capacité à prédire le cancer du sein dans notre population africaine.

Les résultats ont montré que le score de risque était moins efficace pour prédire le cancer du sein dans notre population d’Afrique subsaharienne que dans une population européenne.

La prochaine étape

Il s’agit ici de la première analyse d’association pangénomique à grande échelle en Afrique subsaharienne visant à identifier les facteurs génétiques qui influencent le risque d’une personne de développer un cancer du sein.

Notre étude a porté sur moins de 4 000 échantillons. Des études génétiques plus importantes sur le cancer du sein ont porté sur plus de 200 000 cas et témoins, mais sans représentation des populations d’Afrique subsaharienne. Cela souligne le besoin urgent d’intensifier les efforts de recherche et d’accroître la participation du continent.

Les résultats de cette étude et des études futures aideront les médecins à dépister les patientes et à identifier celles qui présentent un risque élevé. Une fois que nous savons qui présente un risque élevé, nous pouvons leur proposer des examens plus fréquents et des mesures préventives. Cela nous permet de détecter le cancer du sein à un stade précoce, voire de le prévenir, avant qu’il n’ait eu le temps de se développer ou de se propager.

Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour comprendre comment ces gènes augmentent le risque de développer un cancer du sein et améliorer la prédiction du cancer du sein. Il est à noter que l’application des scores de risque polygéniques dérivés de l’Europe n’a pas permis de prédire avec précision le cancer du sein dans l’ensemble des populations africaines. Ces résultats sont cohérents avec les conclusions précédemment rapportées pour d’autres maladies.

Enfin, les chercheurs participent aussi à une étude mondiale sur la génétique du cancer du sein, appelée Confluence, qui prend en compte de nombreuses populations, y compris africaines.

Le professeur Christopher Mathew et Beth Amato ont contribué à la rédaction de cet article.

The Conversation

ean-Tristan Brandenburg receives funding from the German Federal Ministry of Education and Research (BMBF) under grant 01KA2220B to the RHISSA Programme for the NORA Consortium. Additionally, he is supported by the Science for Africa Foundation through Programme Del-22-008, with funding from the Wellcome Trust and the UK Foreign, Commonwealth & Development Office. He is also a participant in the EDCPT2 programme, which is supported by the European Union.

Mahtaab Hayat does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Cancer du sein : une nouvelle étude révèle un risque génétique chez les femmes africaines – https://theconversation.com/cancer-du-sein-une-nouvelle-etude-revele-un-risque-genetique-chez-les-femmes-africaines-264509

Una ‘S’ extraterrestre: la primera pieza metálica impresa en el espacio

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel Torralba, Catedrático de la Universidad Carlos III de Madrid, IMDEA MATERIALES

La primera “pieza” impresa en el espacio fue una varita de muy poco espesor y en forma de “S”. La S es una forma sencilla, pero entraña cierta dificultad, porque implica dos cambios de curvatura. Casi podríamos decir que fue una impresión en 2D.

Pero meses después, tuvo lugar a bordo de la Estación Espacial Internacional (ISS) un logro revolucionario. En el módulo del laboratorio Columbus de la ESA, se imprimieron probetas para ensayos de tracción que, ahora, eran piezas tridimensionales. Este avance concluye la fase de puesta en marcha de la primera impresora 3D de metales, en órbita de la Tierra.

Los astronautas ya pueden imprimir metales en el espacio, y esto cambiará muchas cosas en futuras misiones espaciales. Para empezar, ayuda a la idea de instalar una base en la Luna.

La impresión doméstica

En los últimos años, la impresión 3D se ha popularizado enormemente. Hoy es fácil hacerse con una impresora de plásticos, e incluso ya son muchos los chavales que piden a los Reyes Magos una para poder fabricarse en casa todo lo que su imaginación les proponga.

Con programas de diseño de software libre pueden dibujar cualquier tipo de pieza o figura y luego convertirla en realidad con una impresora casera. Esta democratización de la impresión 3D traslada la idea de que es una tecnología sencilla y que es muy fácil fabricar cualquier cosa.

La realidad es mucho más compleja cuando se pasa de plásticos a materiales compuestos, y aún más cuando hablamos de metales.

La dificultad de imprimir metales

La impresión 3D de metales requiere controlar decenas de variables adicionales: desde la potencia del láser hasta la densidad del material, pasando por la atmósfera de impresión y la velocidad de deposición, cada parámetro influye directamente en la calidad de la pieza final.

Además, los equipos necesarios son grandes y deben operar a temperaturas extremadamente altas, a veces por encima de los 1 600⁰ C, según la aleación. Adaptar esta tecnología al espacio, en dimensiones reducidas y condiciones de microgravedad, ha sido uno de los mayores desafíos a superar.

La ‘falta’ de espacio

Hay distintos métodos de impresión 3D de metales, la mayoría basados en polvos metálicos.

Sin embargo, para imprimir metales en el espacio se ha optado por la tecnología de deposición dirigida de energía (DED) y usando hilos metálicos en vez de polvos. Este método se desarrolla a partir de la técnica laser cladding, utilizada tradicionalmente para recubrimientos metálicos y reparación de defectos superficiales en piezas industriales.

Con DED, un hilo metálico se deposita capa por capa mientras un láser de alta energía funde de manera localizada el material, logrando una densificación completa de la pieza.

Los alambres metálicos utilizados con esta técnica son menos peligrosos de manipular en el espacio que los polvos, pero también requieren de grandes equipos, y de la necesidad de fundir, con un láser.

La aparición del diseño de piezas por ordenador y de los robots industriales hicieron que esta tecnología evolucionara desde el laser cladding al DED, permitiendo fabricar piezas en tres dimensiones de gran tamaño. Posiblemente “la pieza” más grande que se ha manufacturado sea un puente de acero inoxidable de 4,5 toneladas que ha estado colocado durante un tiempo, como demostrador, sobre uno de los canales de Ámsterdam.

Imprimir hilos metálicos fundiendo con un haz láser no es una cosa trivial, por culpa del elevado número de variables que hay que controlar (muchas vinculadas al material que se va a imprimir, otras al tipo y potencia del láser, otras a variables de impresión, etc.). Son tantas, que incluso en la Tierra es complicado el proceso. Hacerlo en condiciones de falta de gravedad, y con una impresora de reducido tamaño que quepa en una nave espacial, complica mucho más las cosas.

Del tamaño de un microondas

El primer problema fue desarrollar una impresora que pudiera instalarse en la Estación Espacial Internacional ocupando no más espacio que una lavadora. Al final, el consorcio detrás del proyecto consiguió que la impresora pesara “tan solo” 180 kg y ocupara 80 × 70 × 40 cm, casi lo que ocupa un microondas. No existe información de la potencia del láser, pero para fundir acero inoxidable se necesitan láseres de más de 500 W.

El proceso se realizó en una atmósfera de nitrógeno, con una evacuación exhaustiva del oxígeno de la cámara de impresión.

La impresora fue instalada durante una misión en enero de 2024, pero no fue hasta junio cuando se consiguió imprimir una línea curva en forma de “S”.. Con esa “S” se validó la posibilidad de imprimir, al menos, en dos dimensiones. ¡Ahora había que demostrar que se podía pasar del 2D al 3D! Y eso ocurrió en el mes de agosto, cuando se obtuvo la primera muestra en tres dimensiones. A finales del año 2024 se consiguieron las piezas definitivas.

La primera pieza metálica impresa en 3D fabricada en el espacio ha regresado a la Tierra y se encuentra ahora en las instalaciones ESTEC de la ESA en los Países Bajos.
ESA, CC BY

El objetivo era demostrar que es posible fabricar piezas metálicas en microgravedad. Ahora es el momento de caracterizar la microestructura que se ha formado y las propiedades mecánicas de las piezas impresas en órbita, y compararlas con lotes de referencia idénticos impresos en la Tierra. De este modo es posible estudiar efectos de la microgravedad en la porosidad, solidificación, anisotropías (características físicas o de otro tipo que varían según la dirección en la que se miden) y propiedades mecánicas.

Las piezas impresas ya han viajado hasta la Tierra para distintos ensayos. Hasta ahora no conocemos los resultados, pero esperemos pronto verlos publicados en alguna revista científica importante.

La astronauta Jeanette Epps recuperó la S, la primera muestra de la impresora 3D de metal en la ISS.
Airbus, CC BY

Fabricación metálica en órbita: clave para exploración espacial

Imprimir metales en el espacio representa un avance significativo hacia la autosuficiencia de las misiones espaciales, especialmente en exploraciones de larga duración como las que se proyectan hacia la Luna o Marte.

La capacidad de imprimir componentes in situ reduce la dependencia de costosos envíos desde la Tierra y facilita reparaciones inmediatas y adaptaciones rápidas a necesidades imprevistas durante misiones espaciales.

Hasta ahora, que se rompa un componente metálico en el espacio, es un problema muy grave: se calcula que el tiempo necesario para hacer llegar un componente, de forma urgente, a la estación espacial, es de 1 año.

Además, la fabricación de metales en microgravedad impulsa la innovación tecnológica y abre la puerta a misiones más largas y autónomas.

Ir más allá

La capacidad de producir piezas directamente en el espacio es esencial para la exploración profunda, ya que garantiza que los equipos críticos puedan mantenerse operativos sin esperar abastecimiento, haciendo el vuelo espacial humano más viable y sostenible.

Este avance también contribuye a crear una economía circular en el espacio, permite el reciclaje de materiales y la fabricación de nuevas herramientas a partir de recursos existentes.

Un pequeño paso para la tecnología, pero un gran salto para la exploración espacial.

The Conversation

José Manuel Torralba no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Una ‘S’ extraterrestre: la primera pieza metálica impresa en el espacio – https://theconversation.com/una-s-extraterrestre-la-primera-pieza-metalica-impresa-en-el-espacio-264068

Uno de cada tres niños usa el móvil en los restaurantes de comida rápida: ¿qué consecuencias tiene?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sonia de Paz Cantos, Salud Pública, Universitat Internacional de Catalunya

Anna Kraynova/Shutterstock

En un mundo donde la tecnología está en todas partes, ver a menores de corta edad usando móviles o tabletas se ha convertido en una imagen cotidiana.

Por ejemplo, cada vez es más habitual entrar en un restaurante y ver a niños y niñas absortos mirando la pantalla mientras comen, sin prestar atención a lo que pasa a su alrededor.

Esta imagen, especialmente recurrente en restaurantes de comida rápida, fue precisamente lo que nos llevó a investigar. El resultado principal de nuestro estudio, realizado con 1 616 menores de entre 4 y 10 años en establecimientos de Barcelona, es que casi uno de cada tres niños (el 28,1 %) usó el móvil antes, durante o después de la comida, pero también pudimos extraer otras interesantes conclusiones.

El móvil como “niñera” digital

En los restaurantes de comida rápida suele haber ruido, colas y un ambiente lleno de estímulos visuales y sonoros. En ese contexto, muchos padres o cuidadores recurren al móvil para calmar, entretener o simplemente tener a los niños ocupados.

Detectamos una mayor utilización del teléfono inteligente en niños mayores (de 7 a 10 años), en menores con comportamientos más inquietos y en familias con poca interacción entre adultos y niños. Uno de los hallazgos más preocupantes fue comprobar que cuando no había ningún tipo de interacción entre el cuidador y el menor, la probabilidad de uso del móvil aumentaba casi un 60 %.

Es decir, cuanto menos se hablaba, más se empleaba el dispositivo. Esto supone una pérdida de oportunidades para fortalecer el vínculo familiar durante la comida, un momento clave para la convivencia y la educación emocional.

El uso de los móviles entre los menores cada vez está más extendido.

¿Quién permite más el móvil en la mesa?

También detectamos que los niños a cargo de progenitores menores de 30 años hacían un mayor uso del móvil. Es posible que los adultos jóvenes normalicen más la utilización de pantallas en la vida cotidiana. Además, observamos que los cuidadores varones (padres u otros acompañantes masculinos) eran más permisivos que las mujeres.

También influyen los recursos disponibles en el local. Cuando el restaurante ofrecía juguetes, juegos o materiales para pintar, la utilización del dispositivo disminuía de forma clara. Esto indica que, ante la falta de estímulos no digitales, el teléfono se convierte en el entretenimiento por defecto.

Pantallas, comida y salud

Este comportamiento afecta a directamente a la alimentación y la salud.
En primer lugar, los niños que usan el móvil durante la comida prestan menos atención a lo que se llevan a la boca. Ingieren más calorías, por lo que aumenta el riesgo de sobrepeso u obesidad.

Además, la atención al dispositivo puede alterar la sensación de saciedad, fomentar una alimentación distraída y reducir el disfrute de los alimentos. También los expone a anuncios de comida poco saludable, lo que puede influir en sus preferencias.

Por eso, el uso de pantallas en la mesa no es solo una cuestión de modales. Es también una cuestión de salud pública.

¿Qué podemos hacer?

No se trata de prohibir la tecnología, sino de aprender a convivir con ella de manera equilibrada. Los dispositivos móviles forman parte de nuestra vida cotidiana y también de la de los niños. Negar su existencia o proscribir su uso no solo es poco realista, sino que puede resultar contraproducente.

Las comidas son una oportunidad para hablar en familia, enseñar hábitos saludables y transmitir valores. Algunas ideas sencillas pueden ayudar:

  1. Fomentar la conversación sobre temas cotidianos.

  2. Ofrecer alternativas no digitales: cuentos, juegos o materiales para colorear.

  3. Dar ejemplo: si los adultos guardan el móvil, los niños también lo harán.

  4. Establecer normas claras: sin pantallas durante las comidas, tanto en casa como fuera.

Además, las familias no están solas. Los restaurantes también pueden ayudar creando espacios más amigables para la infancia. Por ejemplo, ofreciendo materiales para jugar o pintar, o habilitando zonas que fomenten la interacción.

Aunque nuestra investigación se llevó a cabo en España, y concretamente en Barcelona, sus conclusiones son aplicables en muchos otros contextos. Según el Instituto Nacional de Estadística, en el año 2024, el 69,6 % de niños de entre 10 y 15 años usó un teléfono móvil.

Por ello, es urgente promover la concienciación sobre los riesgos del uso excesivo. Los autores del estudio hacemos un llamado a madres, padres y cuidadores para reflexionar sobre estos hallazgos y promover un desarrollo infantil más saludable, fomentando una mayor interacción cara a cara durante las comidas.

The Conversation

Sonia de Paz Cantos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Uno de cada tres niños usa el móvil en los restaurantes de comida rápida: ¿qué consecuencias tiene? – https://theconversation.com/uno-de-cada-tres-ninos-usa-el-movil-en-los-restaurantes-de-comida-rapida-que-consecuencias-tiene-258875

La transición energética no debe hacerse a costa de las regiones menos desarrolladas del planeta

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Andoni Maiza Larrarte, Professor. Economics. UPV/EHU, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Mina de cobre Las Bambas, en Perú. Noel Reynaga Ccorahua/Shutterstock

El cobre presente en un coche eléctrico (se emplea en las baterías y el motor, entre otros usos) que circula en Europa puede provenir de una montaña en los Andes peruanos. Así, mientras en otras partes del mundo se lleva a cabo la transición verde, en regiones andinas como Apurímac, la extracción de minerales está provocando tensiones sociales y ambientales cada vez más profundas.

En zonas ricas en recursos ubicadas en países en desarrollo, se plantea un dilema entre la necesidad de obtener más ingresos económicos y los perjuicios generados por explotaciones mineras de dimensiones colosales.

Las Bambas: una megamina con un inicio controvertido

En un estudio reciente, hemos analizado el caso de la megamina de Las Bambas, una explotación de cobre ubicada en las provincias de Cotabambas y Grau, en el departamento de Apurímac, en Perú. Hemos concluido que presenta algunos beneficios y oportunidades, pero también grandes costes e importantes retos.

Los derechos para la explotación de Las Bambas, uno de los contratos mineros más grandes de la historia de Perú según el Ministerio de Energía y Minas, fueron adjudicados a la empresa suiza Xstrata en septiembre de 2004.

El inicio del proyecto estuvo marcado por el traslado de la comunidad local desde Fuerabamba a un nuevo poblado y la promesa de compensaciones. Después, cuando en 2014 la empresa china MMG adquirió la titularidad de la mina, las relaciones con las comunidades locales se complicaron, poniéndose de relieve la gran distancia cultural entre ambas partes.

Por si eso fuera poco, ese mismo año se aprobó una de las modificaciones más controvertidas respecto al proyecto original: la sustitución de una gran tubería para transportar el mineral por camiones pesados, lo que provocó un fuerte conflicto con la población debido al tráfico constante de camiones.

Grandes beneficios económicos

El proyecto mueve cifras colosales. Las inversiones superaron los 10 000 millones de dólares y la producción ha generado ingresos por más de 3 400 millones de dólares en 2023 para MMG. Con su actividad, la mina contribuye significativamente a las arcas del gobierno regional: en 2022, estas transferencias representaron el 16,6 % del gasto público de Apurímac.

Desde 2015 el PIB de la región se ha más que duplicado, aunque la fuerte dependencia de la minería expone el bienestar de la región a la volatilidad del precio del cobre. Esta variable está muy condicionada por la demanda de un único país: China.




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Crisis mundial del cobre: ¿tenemos alternativas?


Además, la aportación ha sido mucho menor en términos de empleo, de forma que la megamina solo genera alrededor de un 2 %-3 % del empleo total en la región.

Grupo de personas con pancartas reunidas en una escalinata frente a una catedral
Indígenas protestan en Cuzco (Perú) el 21 de septiembre de 2015 contra la mina de cobre Las Bambas por su impacto ambiental y la falta de contratación local.
Helen’sWorld/Shutterstock

Desafíos sociales, medioambientales y de gestión

Tampoco los avances en salud y educación en la región han resultado tan importantes como cabría esperar. Por ejemplo, a pesar de su evolución favorable, las tasas de desnutrición y de anemia siguen siendo elevadas. Igualmente, el acceso a agua potable y saneamiento adecuado continúa constituyendo otro reto fundamental, ya que un 70 % de los hogares sigue sin disponer de un suministro de agua tratada para el consumo.

Además, los indicadores medioambientales reflejan un deterioro preocupante. A pesar de que la empresa MMG se encuentra adherida a los estándares internacionales, la mina genera grandes volúmenes de residuos, precisa elevados consumos de agua y emite gases de efecto invernadero.

Asimismo, la superficie de tierra degradada por las operaciones mineras es de unas 4 000 hectáreas y también se observa un importante número de denuncias medioambientales relacionadas con la actividad minera.

La gestión de megaproyectos mineros presenta grandes desafíos. La documentación técnica suele ser demasiado compleja para que las comunidades locales puedan comprenderla. Además, aunque existen leyes para ordenar estas actividades, la corrupción y la mala administración suelen ser problemas habituales, tal y como reconoce el propio Banco Mundial en el caso de Perú.

A todo ello hay que añadir que las metodologías para evaluar los daños ambientales son insuficientes, lo que dificulta determinar si las compensaciones percibidas por las comunidades son justas. En la actualidad hay bastante ambigüedad en el cálculo, por ejemplo, de los daños generados por excavaciones, contaminación de aguas, etc. Las administraciones contratan a consultoras para hacer los cálculos de estudio de impacto ambiental, pero a menudo esas propias consultoras reconocen que sus cálculos son aproximaciones.




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Recomendaciones para el futuro

El caso de Las Bambas se suma a otros estudios que han cuestionado las bondades de las megaminas en regiones poco desarrolladas del planeta. Por ello, planteamos la creación de un organismo asesor internacional cualificado que pueda asesorar a las comunidades afectadas por los proyectos mineros.

También consideramos necesario avanzar en la fijación de unos estándares internacionales para contabilizar los impactos socioambientales. De esa forma, habrá mayores garantías de que los posibles perjuicios se calculen de forma adecuada y las administraciones públicas estarán en disposición de exigir las medidas correctoras necesarias a las grandes mineras. Estas medidas podrían ser de muy diverso tipo, desde compensaciones económicas al rechazo de ciertas modificaciones u obras respecto a los proyectos planteados originalmente.

La transición energética debería ser justa para todos los habitantes del planeta, vivan donde vivan.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La transición energética no debe hacerse a costa de las regiones menos desarrolladas del planeta – https://theconversation.com/la-transicion-energetica-no-debe-hacerse-a-costa-de-las-regiones-menos-desarrolladas-del-planeta-264540

Vesículas extracelulares: el ‘WhatsApp’ de las células

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lucía Garrido Miranda, Investigadora predoctoral en Cáncer, Centro Nacional de Investigaciones Oncológicas CNIO

Sección de una vesícula extracelular. Estas diminutas partículas esféricas albergan diversas moléculas bioquímicas, como proteínas, lípidos o ARN (en rojo). Juan Gaertner/Shutterstock

Aprendizajes, preocupaciones, pensamientos, consejos, ideas, planes, deseos, opiniones, conocimientos, emociones… Vivimos en un continuo intercambio de información. Pero no solo nosotros, también nuestras células. Al mismo tiempo que estás leyendo estas líneas, dentro de tu organismo están teniendo lugar miles de conversaciones celulares.

Nuestras células necesitan relacionarse y comunicarse entre ellas para llevar una vida equilibrada. O, dicho de otra manera, para mantener su homeostasis. Para ello cuentan con distintos sistemas de comunicación, entre los que destacan las vesículas extracelulares, que actúan como un “WhatsApp celular”.

Mensajeros celulares

Las vesículas extracelulares son una especie de burbujas que liberan las células. Nos las podemos imaginar como esas pompas de jabón que hacíamos cuando éramos pequeños o como los miles de lunares que ha plasmado la artista Yayoi Kusama a lo largo de toda su obra. Estas partículas se producen en el interior celular gracias a distintas maquinarias que trabajan en cadena y que finalmente las células liberan “soplando” hacia el medio extracelular. Es decir, lo que hay entre célula y célula.

Instalación de Yayoi Kusama en una retrospectiva de su obra que acogió el Museo Louisiana (Dinamarca) en 2015.
Susanne Nilsson/Flickr, CC BY

Además, estas burbujas llevan en su membrana y en su interior moléculas que encontramos principalmente dentro de las células, como el ADN y ARN (que actúan como libro de instrucciones), proteínas (construcciones formadas a partir del ADN), lípidos (con una función más estructural) y otras muchas. Precisamente, estas moléculas constituyen la información que se envían las células entre ellas.

En cuanto a su estructura, son tan pequeñas que resultan difíciles de detectar, como cuando las burbujas de jabón se pierden en la inmensidad. En el laboratorio necesitamos aparatos mucho más potentes que los microscopios convencionales con los que observamos normalmente las células para poder llegar a visualizarlas.

A diferencia de otros mecanismos de comunicación entre células que se encuentran muy juntas, las vesículas extracelulares son capaces de viajar a través de distintos fluidos de nuestro organismo como la sangre, y alcanzar otras células que están más alejadas. Pero no llegan a cualquier sitio: estas partículas tienen muy claro su destino, como cuando nosotros mandamos un mensaje por WhatsApp.

Las conversaciones del cáncer

Una neurona del cerebro es muy distinta a una célula de la piel, del mismo modo que una célula sana no es igual que otra enferma. Esto también ocurre con las vesículas extracelulares que secretan cada uno de estos tipos celulares. Además, hay células que son “más tímidas” y no secretan muchas vesículas (quizás prefieren comunicarse de otra manera), mientras que otras directamente prefieren vivir aisladas.

Un ejemplo de conversación molecular es la que tiene lugar entre las células de un tumor primario y las células del lugar que van a colonizar, generando metástasis.

Las células tumorales, las que generan cáncer, tienen un único propósito: sobrevivir y seguir reproduciéndose. Por ello, hacen todo lo posible para continuar dividiéndose. Y cuando no se dan las condiciones necesarias para ello, en ocasiones, deciden buscar otro lugar y “comenzar una vida nueva”.




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Para nosotros, esto no resulta fácil si en el sitio al que nos mudamos no conocemos a nadie o no tenemos una casa. Pues lo mismo les ocurre a las células tumorales, pero ellas lo tienen todo previsto.

Antes de comenzar su viaje, mandan mensajes (vesículas extracelulares) a las células cercanas diciendo que se van, que les dejen marchar, mientras que avisan a las lejanas de su próxima llegada. Además, también envían vesículas a las células del sistema inmunitario (ejército de nuestro organismo) evitando que los soldados (linfocitos) se activen. De este modo, evitan ser reconocidas, y, por lo tanto, atacadas y eliminadas.

Comprendiendo los mensajes celulares

¿Qué pasa si bloqueamos la liberación de vesículas extracelulares, si evitamos que se comuniquen las células? ¿Cómo se introduce la información en estas vesículas? ¿Qué le pasa a la célula que libera la información? ¿Y a la célula receptora? ¿Por qué las vesículas extracelulares tienen un destino determinado? ¿Cómo se pueden leer mejor estos mensajes? ¿Se pueden generar en el laboratorio ese tipo de partículas o algo parecido?

Son preguntas que quizás se hayan hecho al leer este artículo. Preguntas que muchas científicas y científicos estamos intentando contestar. Desde los laboratorios somos capaces de aislar y purificar estas burbujas celulares, así como de leer su contenido.

En la actualidad se está investigando la función que desempeñan estas vesículas en la salud y en la enfermedad y se están desarrollando formas de poder bloquear el envío de esos mensajes para poder desarrollar nuevos tratamientos y terapias. También se está intentando modificar esa información, e incluso, crearla, de forma que seamos capaces de imitar las conversaciones celulares.

Además, se está mejorando la técnica con la que se extraen y se leen las vesículas. El objetivo es poder utilizarlos para diagnosticar de forma precoz una enfermedad, determinar su grado de gravedad o poder seleccionar de forma más precisa y personalizada qué tratamiento va a funcionar mejor en un paciente.

Aristóteles afirmó que “El ser humano es un ser social por naturaleza”. Y es que, como hemos visto, esa necesidad de comunicarnos la llevamos ya grabada en nuestras células.

The Conversation

Este artículo fue finalista del Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud, organizado por la Fundación Lilly y The Conversation

ref. Vesículas extracelulares: el ‘WhatsApp’ de las células – https://theconversation.com/vesiculas-extracelulares-el-whatsapp-de-las-celulas-264804

‘Chatbots’: ¿compañeros del alma o lobos con piel digital?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Santiago Iñiguez de Onzoño, Presidente IE University, IE University

Andrey Suslov/Shutterstock

Durante mucho tiempo, la idea de que las máquinas pudieran convertirse en amigos, confidentes o, incluso, terapeutas fue un tópico de la ciencia ficción. Hoy, sin embargo, esa ficción especulativa se ha filtrado en la realidad: son muchas las personas que conversan con chatbots en busca de consejo, distracción, compañía o incluso apoyo emocional.

Este nuevo territorio social nos obliga a preguntarnos: ¿puede la inteligencia artificial enriquecer de verdad nuestra vida emocional o estamos compartiendo nuestras vulnerabilidades más profundas con un código?

Entre lo bueno y lo malo

Las visiones del futuro de la IA suelen oscilar entre la utopía y la distopía. Los escenarios utópicos imaginan máquinas que amplían el potencial humano, mejoran el bienestar y llenan los vacíos dejados por sistemas sociales sobrecargados. Los distópicos, en cambio, evocan sistemas descontrolados, sin brújula ética, que amplifican el conflicto y la manipulación. Estas visiones contrastadas recuerdan a antiguos debates filosóficos sobre la naturaleza humana.

Si Jean-Jacques Rousseau sostenía que las personas nacen buenas y que la sociedad las corrompe, según Thomas Hobbes, los humanos son lobos para los propios humanos y solo la ley y la autoridad logra restablecer el orden. Aplicando estas ideas a la IA, Rousseau sugeriría que las máquinas reflejan la bondad humana, mientras que Hobbes advertiría que podrían amplificar nuestros impulsos más oscuros. La realidad, como siempre, es más ambigua.

Más allá de estas abstracciones, la pregunta es si las máquinas pueden hacerse nuestras amigas aquí y ahora.

La soledad es una de las crisis definitorias de nuestra época. En el Reino Unido,una encuesta de 2022 reveló que, al menos ocasionalmente, más de la mitad de los adultos se sentían solos. Mientras, alrededor del 6 % afirmaban sentirse solos siempre.

En Estados Unidos, el propio Cirujano General –un cargo público designado por el presidente y cuya función es supervisar el Servicio de Salud Pública y ser el principal portavoz en materia de salud pública del Gobierno federal– declaró en 2023 que la soledad era una amenaza para la salud pública comparable al tabaquismo.

Amigo sustituto

En este contexto, no sorprende que los compañeros virtuales basados en IA hayan encontrado usuarios entusiastas. Aplicaciones empáticas como Replika, Character.AI o Xiaoice han atraído a millones de personas. Estos sistemas escuchan sin juzgar, responden con empatía y se adaptan a las preferencias de cada usuario. Para algunos, son un entretenimiento lúdico. Para otros, un sustituto de amigos ausentes, familiares lejanos o terapeutas inaccesibles.

Una encuesta reciente mostró que en Estados Unidos casi uno de cada cinco jóvenes adultos ha interactuado con una IA diseñada como pareja romántica y casi uno de cada diez describió esas interacciones como íntimas. El hecho de que estas herramientas se integren en la vida emocional cotidiana, no como rarezas sino como verdaderos compañeros, apunta a un cambio social profundo.

La investigación confirma que, aunque algunos usuarios experimentan un alivio temporal de la soledad, quienes dependen demasiado de estos bots –especialmente si carecen de conexiones reales– suelen reportar, con el tiempo, un menor bienestar.

Violencia y manipulación

Algoritmos entrenados con enormes bases de datos pueden reproducir tanto la calidez como la violencia, la explotación o la manipulación. Lo que parece compañía puede ser, en realidad, un peligro disfrazado.

Character.AI ha sido demandada alegando daños a menores. En Florida, una familia sostiene que la plataforma influyó en el suicidio de su hijo de 14 años. En Texas, una denuncia relata cómo un adolescente, tras discutir con sus padres por los tiempos de uso de pantallas, recibió del bot la sugerencia de matarlos.

Estos episodios revelan una verdad inquietante: aunque las máquinas simulen empatía, carecen de los frenos éticos, el juicio y la responsabilidad de un ser humano real.

Ilusión de amistad

Esto nos lleva a un asunto de fondo: la amistad y la terapia no son intercambiables con la simulación. La amistad humana se construye sobre la reciprocidad, la experiencia compartida y la vulnerabilidad genuina. La terapia requiere formación profesional, responsabilidad ética y rendición de cuentas. Los chatbots pueden imitar la superficie de ambas pero no pueden corresponder de verdad, ni cuidar de verdad, ni asumir responsabilidades.

Algunos sostienen que si una persona se siente mejor tras conversar con un bot eso ya es suficiente. Pero esta visión pragmática pasa por alto un peligro: la dependencia de entidades que aparentan cuidar pero no pueden hacerlo. La ilusión de amistad puede consolar a corto plazo, pero aislar a largo plazo.

“No hacer daño”

Aquí la filosofía vuelve a ser útil. La esperanza de Rousseau de que los humanos –y, por extensión, sus creaciones– sean intrínsecamente buenos puede animarnos a construir máquinas que reflejen compasión. Pero es que la visión sombría de Hobbes sigue estando vigente: sin normas ni límites, incluso los sistemas bienintencionados pueden convertirse en lobos con piel digital.

Los desarrolladores deben adoptar un principio similar al de la medicina: “No hacer daño”, incorporando ética y seguridad desde el inicio. Los responsables políticos han de regular la compañía artificial como un asunto de salud pública. Y educadores y filósofos deben ayudar a la sociedad a reflexionar sobre lo que significa confiar nuestras emociones a las máquinas.

La IA quizá nunca llegue a amarnos de verdad, pero sí puede reflejar lo que valoramos. Si los diseñamos como herramienta de cuidado y no como lobo disfrazado, los chatbots no solo conversarán sino que nos recordarán lo más humano que hay en nosotros mismos.


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The Conversation

Santiago Iñiguez de Onzoño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Chatbots’: ¿compañeros del alma o lobos con piel digital? – https://theconversation.com/chatbots-companeros-del-alma-o-lobos-con-piel-digital-264805

Trabajadores desechables: ¿cuál es el coste real de expulsar a inmigrantes de EE. UU.?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Angel García Arias, Profesor en la Escuela Politécnica Superior de la Universidad de Almería en áreas de desarrollo rural e internacional, gestión del territorio y migraciones, Universidad de Almería

Manifestación en Nueva York contra la política migratoria de la administración Trump el pasado 19 de abril. Christopher Penler/Shutterstock

En marzo de 2024 el carguero MV Dalí, que transportaba cerca de 5 000 contenedores, colisionó contra un puente en la ciudad portuaria estadounidense de Baltimore. El choque se produjo de madrugada y ocasionó la muerte de seis trabajadores que a esas horas de la noche realizaban trabajos de mantenimiento en la estructura.

Las víctimas eran inmigrantes latinoamericanos: dos de nacionalidad mexicana, dos guatemaltecos, uno salvadoreño y otro hondureño. Todos ellos contaban con permiso de residencia y contrato de trabajo.

Este accidente puso en evidencia en parte la realidad laboral del sector de la construcción en EE. UU., en el que el 30 % de los trabajadores son extranjeros. Sin embargo, y al contrario de los fallecidos en Baltimore, lo usual es que la mitad de los empleados extranjeros de la construcción se encuentren en situación irregular (1,75 millones de personas).

La precariedad que esto conlleva les hace aceptar las tareas más peligrosas y los peores horarios, así como cobrar salarios más bajos. No es casual que uno de cada cuatro inmigrantes fallecidos en accidente laboral en EE. UU. trabaje en la construcción, ni que su tasa de accidentes sea hasta un 30 % superior a la de sus compañeros nacidos en el país.

Las temidas redadas en lugares de trabajo

A estas dificultades se añade ahora el aumento de las mediáticas redadas en lugares de trabajo impulsadas por el Servicio de Inmigración y Control de Aduanas, (ICE por sus siglas en inglés). Este departamento es uno de los pocos que ha visto crecer su dotación presupuestaria para 2026.

Así, el año próximo el servicio migratorio contará con más recursos destinados a la búsqueda, detención y expulsión de albañiles, fontaneros, jornaleros agrícolas, camareros, cuidadores…. Cada deportación de uno de estos trabajadores conlleva un gasto de 9 000 euros a los contribuyentes de EE. UU.

Al mismo tiempo, las arcas de EE. UU. dejan de ingresar en impuestos locales, estatales y federales 7 650 euros, cifra que en promedio es aportada anualmente por cada trabajador emigrante irregular. Además, hay que considerar que en el mercado laboral de EE. UU. persisten 8 millones de vacantes sin cubrir.

La falta de trabajadores en algunos sectores se relaciona de manera estrecha con el aumento de precios de bienes esenciales como, por ejemplo, la vivienda. La carencia de albañiles y otros profesionales causa unas pérdidas de 2 400 millones de euros anuales y 19 000 casas menos construidas.

La actual administración estadounidense ha hecho del control migratorio uno de sus principales ejes de acción. Esto se ha traducido en un incremento de las detenciones de migrantes en el primer semestre de 2025 hasta alcanzar un promedio diario de 750, lo que dobla la cifra por jornada de la última década. Por otro lado, los intentos de cruzar la frontera entre México y EE. UU. han alcanzado su valor más bajo en décadas.

De acuerdo con una investigación publicada en agosto de 2025 por el think tank independiente Pew Research Center a partir de datos del Oficina de Censo de EE. UU., en lo que va de año la población migrante total que reside en el país ha descendido por primera vez en las últimas cinco décadas, pasando de 53,3 millones a inicios de año a 51,9 millones en junio. Esta caída refleja tanto un descenso en las llegadas, como un aumento de los regresos voluntarios a países de origen.

Así afectaría al empleo

Pew Research Center también ha estimado que el 20 % de la fuerza laboral de EE. UU. en 2023 era migrante (33 millones de personas), de los cuales 10 millones se encontraban en situación irregular. Sectores como la construcción, la agricultura o la hostelería tendrán serias dificultades para ser viables sin los trabajadores migrantes, lo que también afectará al empleo de la población local.

A esta conclusión llegaron investigadores de la Universidad de Colorado-Denver, quienes analizaron las consecuencias de las deportaciones llevadas a cabo durante los gobiernos de Obama en condados de todo el país. Concluyeron que el aumento de las expulsiones redujo la presencia de trabajadores inmigrantes, pero también provocó caídas en el empleo total y afectó negativamente al tejido productivo donde los inmigrantes ya eran una parte estructural. La ausencia de temporeros guatemaltecos que cosechaban lechuga hizo que el camionero estadounidense que la distribuía perdiera su empleo.

La incertidumbre que afecta al conjunto de la población migrante en EE. UU. adquiere una especial relevancia en el caso de los ciudadanos de Nicaragua, Venezuela, Cuba y Haití, que fueron beneficiarios en los dos últimos años de los programas del llamado parole humanitario implementados por la anterior administración Biden. Estos mecanismos les otorgaban un permiso temporal de entrada y estancia en el país, con autorización para trabajar y la posibilidad de extender su estadía.

500 000 personas en el limbo jurídico

La nueva administración ha dado por concluidas estas medidas de protección, con el respaldo del Tribunal Supremo, dejando a más de 500 000 personas en un limbo jurídico: ya no pueden renovar su permiso de trabajo ni garantizar su estatus de residencia temporal, con lo que tendrían que regresar a unos países marcados por conflictos sociopolíticos y precariedad económica.

La iniciativa del parole humanitario ha permitido constatar que la existencia de canales de emigración ordenada, segura y legal son una buena medida para reducir el peso de la migración irregular y el sufrimiento que esta conlleva para los propios migrantes. Además, mitiga las dificultades y abusos que suelen acompañar una estancia irregular en el país de destino.

Incertidumbre es, en definitiva, la sensación que acompañará en los próximos meses a millones de migrantes y a sus familias en los países de origen. Este sentimiento también afectará a empleadores y trabajadores de EE. UU.

El aumento de las redadas, facilitadas por un mayor presupuesto, añadirá presión a un sistema productivo que funciona gracias a la mano de obra y al talento llegados desde el extranjero, como evidenció el accidente en el puente de Baltimore.

En los próximos meses aflorarán con fuerza las tensiones entre el control migratorio y la economía real. Un mercado laboral con pleno empleo y millones de vacantes sin cubrir terminará por chocar con las políticas de cierre de fronteras.

The Conversation

Miguel Angel García Arias no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Trabajadores desechables: ¿cuál es el coste real de expulsar a inmigrantes de EE. UU.? – https://theconversation.com/trabajadores-desechables-cual-es-el-coste-real-de-expulsar-a-inmigrantes-de-ee-uu-264212