Mettre un patch sur ses boutons, une mode qui date de plusieurs siècles

Source: The Conversation – France (in French) – By Sara Read, Lecturer in English, Loughborough University

Des smileys sur les joues des adolescents d’aujourd’hui aux élégantes mouches noires des salons de la Restauration Stuart (ici sur un tableau de 1650), le visage humain a toujours été un terrain de créativité esthétique… Compton Verney Art Gallery/Canva

Aujourd’hui populaires sur les réseaux sociaux, les patchs anti-boutons ne sont pas une invention moderne : leur ancêtre, la « mouche », décorait déjà le visage des élégantes et des coquettes du XVIIe siècle.


Vous avez sans doute déjà croisé des personnes qui se promènent avec de petits stickers sur le visage. Peut-être avez-vous vu des lunes, des étoiles, des nuages ou même des visages souriants orner les joues et le menton des gens que vous rencontrez. Peut-être en portez-vous vous-même. Si certaines personnes les utilisent comme des accessoires de mode, ces autocollants colorés sont en réalité des « patchs anti-imperfections » médicamenteux, conçus pour traiter les boutons ou l’acné.

Certains de ces patchs contiennent un gel qui s’attaque à l’imperfection en cours d’apparition en la maintenant humide afin de favoriser la cicatrisation. D’aucuns préfèrent des patchs en film quasi transparent afin d’en tirer les mêmes bénéfices, mais de manière plus discrète.

Loin d’être une mode récente, les patchs de beauté ont une longue histoire sous leur précédent nom de mouche. La tendance a pris son essor une première fois dans l’Europe du XVIIe siècle, avec des patchs fabriqués en papier, en soie ou en velours, voire en cuir fin, découpés en formes de losanges, d’étoiles ou de croissants de lune.

Ils pouvaient être fabriqués dans de nombreuses couleurs, mais on privilégiait généralement le noir, parce qu’il offrait un contraste parfait avec le teint pâle idéalisé des hommes et des femmes de la haute société occidentale, teint qu’ils envisageaient comme un marqueur de statut social, indiquant qu’ils ne travaillaient pas en plein air. La pièce Blurt, Master-Constable de 1602 explique un autre attrait des mouches : lorsqu’elles étaient bien disposées, elles pouvaient « attirer les yeux des hommes et provoquer leurs regards ».

Le signe de Caïn

Les mouches sont fréquemment mentionnées dans les textes de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. Tout comme aujourd’hui, ces patchs avaient une double fonction. Dans sa pièce de 1601 Jack Drum’s Entertainment, John Marston explique ainsi : « Les mouches sont portées, certaines par fierté, certaines pour retenir l’écoulement, et certaines pour cacher une croûte. »

Ainsi coexistaient des pièces portées par coquetterie, et d’autres – parfois thérapeutiques – destinées à assécher des plaies. Elles servaient également à dissimuler les cicatrices laissées alors par des maladies comme la variole ou la syphilis.

C’est ce dernier usage qui a conduit les moralistes à s’opposer aux mouches. Un livre anonyme de 1665 affirmait qu’un aumônier du roi d’Angleterre Charles Ier avait prononcé un sermon les comparant à la marque de Caïn. Il allait jusqu’à laisser entendre que le port de ces accessoires favorisait les épidémies de peste : « Les mouches et les grains de beauté artificiels […] étaient les précurseurs d’autres taches et marques de la peste. »

D’autres moralistes semblaient davantage préoccupés encore par le fait que, tout comme le maquillage, leur fonction était de présenter une fausse apparence, susceptible de tromper son monde. Cette critique s’est généralisée au XVIIIe siècle, lorsque l’usage des mouches s’est retrouvé associé à une conduite sexuelle jugée légère.

La Carrière d’une prostituée, de William Hogarth (1731), est une série de tableaux représentant la chute d’une jeune fille de la campagne, Moll Hackabout. Nouvellement arrivée à Londres, elle est trompée par la tenancière de maison close Elizabeth Needham. Le visage de Needham est couvert de ces mouches.

Sa majesté et les mouches

Le diariste Samuel Pepys mentionne ces patchs à plus d’une douzaine de reprises dans son journal entre 1660 et 1669. Il les rencontre pour la première fois au printemps 1660, lors d’un voyage d’affaires à La Haye, où il croise « deux très jolies dames, très à la mode et portant des mouches noires, qui chantaient joyeusement tout le long du trajet ».

Le lendemain, au cours d’une promenade en ville, il note :

« Tout le monde à la mode parle français ou latin, ou les deux. Les femmes, pour beaucoup d’entre elles, sont très jolies, bien vêtues, élégantes et portent des mouches noires. »

Il précise également que ces dernières étaient souvent humidifiées avec de la salive afin de les faire tenir. En mai 1668, il se souvient avoir vu Lady Castlemaine – maîtresse de Charles II – réclamer une mouche que portait sa servante, la mouiller dans sa bouche puis l’appliquer sur son propre visage. Nous savons aussi, grâce à Pepys, que Jacques, duc d’York, appréciait lui aussi de porter une ou deux mouches.

Dès le mois d’août de la même année, Pepys note dans son journal que son épouse Élisabeth portait des patchs lors d’un baptême. Il semble toutefois l’avoir oublié lorsqu’il écrit en novembre : « Ma femme m’a paru très jolie aujourd’hui, car c’était la première fois que je lui avais donné la permission de porter une mouche noire. » Lui-même arbora une mouche en septembre 1664, lorsqu’il se réveilla avec la bouche couverte de croûtes.

La french touch

La mode des mouches connut son apogée durant la Restauration Stuart (1660-1700), lorsque les royalistes revenus d’exil rapportèrent des modes françaises qu’ils jugeaient le summum du raffinement.

L’écrivaine anglaise Mary Evelyn expliquait ainsi que « mouches » était le terme français en vogue pour désigner les « patchs noirs », un terme parfois utilisé également en anglais. Son poème Mundus Muliebris : Or The Ladies Dressing-Room Unlock’d, and Her Toilets Spread, publié à titre posthume en 1690, constitue une satire mordante des modes francophiles du Londres de la Restauration, auxquelles Evelyn estimait que seules les personnes vulgaires pouvaient céder.

S’il est difficile d’imaginer que les personnes qui portent aujourd’hui des patchs anti-boutons puissent faire l’objet du même type de critiques moralisatrices qu’autrefois, il existe néanmoins certains recoins d’internet où l’on se moque de celles et ceux qui sortent en public avec ces stickers.

Qu’ils soient efficaces ou non, les patchs anti-boutons restent un accessoire inoffensif. À partir de la fin du XVIIe siècle, les ouvrages commencent à mentionner les boîtes à mouches, de petits écrins ouvragés spécialement conçus pour les ranger.

Les personnes à la mode aimaient se montrer avec une petite boîte en argent, destinée à contenir leurs mouches en velours ou en soie. Peut-être faut-il y voir la prochaine étape du retour à la mode de ces patchs anti-boutons.

The Conversation

Sara Read ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Mettre un patch sur ses boutons, une mode qui date de plusieurs siècles – https://theconversation.com/mettre-un-patch-sur-ses-boutons-une-mode-qui-date-de-plusieurs-siecles-272561

Non, on ne portait pas d’appareil dentaire dans l’Égypte antique… Historiens et archéologues s’attaquent au mythe

Source: The Conversation – France in French (3) – By Saroash Shahid, Reader in Dental Materials, Queen Mary University of London

Les chevauchements de dents n’existaient quasiment pas à l’époque antique. Hryshchyshen Serhii/Shutterstock.com

Longtemps, l’idée que les civilisations antiques auraient inventé l’orthodontie a fasciné chercheurs et grand public. Des fils d’or et des bandes dentaires retrouvés dans des tombes semblaient en apporter la preuve. Mais l’archéologie raconte aujourd’hui une histoire bien différente.


Les anciens Égyptiens et les Étrusques auraient été les pionniers de l’orthodontie, utilisant de délicats fils d’or et du catgut (un type de fil fabriqué à base de boyaux d’origine animale) pour redresser les dents. C’est une histoire que l’on retrouve depuis des décennies dans les manuels de dentisterie, présentant nos ancêtres comme étonnamment modernes dans leur quête du sourire parfait. Mais lorsque des archéologues et des historiens de la dentisterie ont enfin examiné les preuves de près, ils ont découvert que l’essentiel relevait du mythe.

Prenons la contention d’El-Qattah en Égypte, datée d’environ 2500 av. J.-C. Le fil d’or retrouvé avec les restes anciens ne remplissait pas du tout la fonction que l’on imaginait. Plutôt que de tirer les dents pour les aligner, ces fils servaient à stabiliser des dents branlantes ou à maintenir des dents de remplacement en place. Autrement dit, ils fonctionnaient comme des prothèses, pas comme des appareils orthodontiques.

L’or, un indice

Les bandes d’or découvertes dans les tombes étrusques racontent une histoire similaire. Il s’agissait probablement d’attelles dentaires destinées à soutenir des dents fragilisées par des maladies des gencives ou des blessures, et non de dispositifs visant à déplacer les dents vers de nouvelles positions.

Il existe d’ailleurs des raisons pratiques assez convaincantes pour lesquelles ces dispositifs anciens n’auraient de toute façon pas pu fonctionner comme des appareils orthodontiques. Des tests réalisés sur des appareils étrusques ont révélé que l’or utilisé était pur à 97 %, mais l’or pur est remarquablement mou.

Il se plie et s’étire facilement sans se rompre, ce qui le rend inutilisable en orthodontie. Les appareils dentaires fonctionnent en exerçant une pression continue sur de longues périodes, ce qui nécessite un métal à la fois solide et élastique. L’or pur en est tout simplement incapable. Essayez de le tendre suffisamment pour redresser une dent, et il se déformera ou se rompra.

Reste ensuite la question intrigante de l’identité des personnes qui portaient ces bandes d’or. Beaucoup ont été retrouvées sur des squelettes de femmes, ce qui suggère qu’il s’agissait peut-être de symboles de statut ou de bijoux décoratifs plutôt que de dispositifs médicaux. De manière révélatrice, aucune n’a été découverte dans la bouche d’enfants ou d’adolescents – précisément là où l’on s’attendrait à les trouver s’il s’agissait de véritables appareils orthodontiques.

Pas de réel besoin

Mais la révélation la plus fascinante est peut-être celle-ci : les populations anciennes ne connaissaient pas les mêmes problèmes dentaires que ceux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

La malocclusion – l’encombrement et le mauvais alignement des dents, aujourd’hui si fréquents – était extrêmement rare autrefois. Des études menées sur des crânes de l’âge de pierre montrent une quasi-absence de chevauchement des dents. La différence tient à l’alimentation.

Nos ancêtres consommaient des aliments durs et fibreux qui exigeaient une mastication intense. Tout ce travail de la mâchoire favorisait le développement de mâchoires fortes et larges, parfaitement capables d’accueillir toutes leurs dents.

À l’inverse, les régimes alimentaires modernes sont mous et transformés, offrant peu d’exercice aux mâchoires. Résultat : nos mâchoires sont souvent plus petites que celles de nos ancêtres, tandis que nos dents restent de la même taille, ce qui entraîne l’encombrement que l’on observe aujourd’hui.

Puisque les dents de travers étaient quasiment inexistantes dans l’Antiquité, il n’y avait guère de raison de développer des méthodes pour les redresser.

Premiers traitements

Cela dit, les populations anciennes ont parfois tenté des interventions simples pour corriger certaines irrégularités dentaires. Les Romains fournissent l’une des premières références fiables à ce qui peut être considéré comme un véritable traitement orthodontique.

Aulus Cornelius Celsus ou Celse, médecin et auteur romain du Ier siècle apr. J.-C., indiquait que lorsqu’une dent d’enfant poussait de travers, il fallait la repousser doucement chaque jour avec un doigt jusqu’à ce qu’elle se déplace vers la bonne position. Bien que rudimentaire, cette méthode repose sur le même principe que celui utilisé aujourd’hui : une pression douce et continue peut déplacer une dent.

Après l’époque romaine, les progrès furent minimes pendant des siècles. Toutefois, au XVIIIe siècle, l’intérêt pour le redressement des dents refit surface, au prix de méthodes parfois particulièrement douloureuses.

Faute d’accès à des instruments dentaires modernes, certains avaient recours à des « cales gonflantes » en bois pour créer de l’espace entre des dents trop serrées. Une petite cale de bois était insérée entre les dents ; en absorbant la salive, le bois se dilatait et forçait les dents à s’écarter. Rudimentaire et atroce, sans doute, mais cette pratique marquait une étape vers la compréhension du fait que les dents pouvaient être déplacées par la pression.

Orthodontie scientifique

La véritable orthodontie scientifique débute avec les travaux du dentiste français Pierre Fauchard en 1728. Souvent considéré comme le père de la dentisterie moderne, Fauchard publie un ouvrage fondateur en deux volumes, Le Chirurgien dentiste, qui contient la première description détaillée du traitement des malocclusions.

Il met au point le « bandeau » – une bande métallique courbe placée autour des dents afin d’élargir l’arcade dentaire. Il s’agit du premier instrument spécifiquement conçu pour déplacer les dents à l’aide d’une force contrôlée.

Fauchard décrit également l’utilisation de fils pour soutenir les dents après leur repositionnement. Son travail marque un tournant décisif, faisant passer l’orthodontie des mythes antiques et des expérimentations douloureuses à une approche scientifique qui conduira, à terme, aux appareils dentaires modernes et aux aligneurs transparents.

Une spécialité à part entière

Avec les progrès de la dentisterie aux XIXe et XXe siècles, l’orthodontie devient une spécialité à part entière. Les bagues métalliques, les arcs, les élastiques, puis l’acier inoxydable rendent les traitements plus fiables.

Des innovations ultérieures – bagues en céramique, appareils linguaux et aligneurs transparents – rendent ensuite le processus plus discret. Aujourd’hui, l’orthodontie s’appuie sur des scans numériques, des modèles informatiques et l’impression 3D pour une planification des traitements d’une précision remarquable.

L’image de populations antiques portant des appareils dentaires en or et en catgut est certes séduisante et spectaculaire, mais elle ne correspond pas aux faits.

Les civilisations anciennes avaient conscience de certains problèmes dentaires et ont parfois tenté des solutions simples. Elles n’avaient toutefois ni le besoin ni la technologie permettant de déplacer les dents comme nous le faisons aujourd’hui.

La véritable histoire de l’orthodontie ne commence pas dans l’Antiquité, mais avec les avancées scientifiques du XVIIIe siècle et au-delà – une histoire déjà suffisamment passionnante sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter des mythes.

The Conversation

Saroash Shahid ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Non, on ne portait pas d’appareil dentaire dans l’Égypte antique… Historiens et archéologues s’attaquent au mythe – https://theconversation.com/non-on-ne-portait-pas-dappareil-dentaire-dans-legypte-antique-historiens-et-archeologues-sattaquent-au-mythe-272723

De l’histoire à la mémoire : 160 ans de commémoration de la fin de l’esclavage aux États-Unis

Source: The Conversation – France in French (3) – By Frédérique Sandretto, Adjunct assistant professor, Sciences Po

Cette célèbre photo (1863, ici colorisée) d’un esclave dont on voit le dos couvert de cicatrices s’est retrouvée en septembre 2025 au centre d’une polémique. Plusieurs journaux ont affirmé que l’administration Trump avait demandé au National Park Service de la retirer de plusieurs de ses sites. La Maison Blanche a aussitôt nié avoir fait cette demande. Une illustration de plus des tensions encore à l’œuvre aux États-Unis autour de la mémoire de l’esclavage. William D. McPherson et J. Oliver/Creative Commons, CC BY

De la guerre de Sécession au « 1619 Project », la fin légale de l’esclavage aux États-Unis s’inscrit dans une histoire longue de luttes, de résistances et de controverses. Commémorer l’abolition, c’est interroger les fondements mêmes de la démocratie américaine et ses promesses inachevées.


L’abolition officielle de l’esclavage aux États-Unis est consacrée le 18 décembre 1865, date de la ratification du treizième amendement de la Constitution américaine. Cet amendement interdit formellement l’esclavage et la servitude involontaire, et marque une rupture juridique majeure dans l’histoire politique et sociale des États-Unis. Cette date constitue aujourd’hui la référence historique et symbolique de la fin légale de l’esclavage sur l’ensemble du territoire national.

Le contexte de cette abolition est indissociable de la guerre de Sécession (1861–1865), conflit né des profondes divergences économiques, politiques et morales entre les États du Nord et ceux du Sud. Tandis que le Nord se dirigeait progressivement vers l’abolition, le Sud fondait sa prospérité sur un système esclavagiste profondément enraciné. En 1863, le président Abraham Lincoln promulgua l’Emancipation Proclamation, qui déclara libres les esclaves des États confédérés en rébellion. Toutefois, cette proclamation avait une portée limitée et ne constituait pas une abolition universelle. Seule une réforme constitutionnelle pouvait garantir une suppression définitive et juridiquement incontestable de l’esclavage.

Le treizième amendement fut adopté par le Congrès en janvier 1865, puis ratifié par le nombre requis d’États en décembre de la même année. Abraham Lincoln, bien qu’assassiné en avril 1865, demeure la figure centrale de ce processus abolitionniste, en raison de son engagement politique et moral en faveur de l’amendement. La ratification marque l’aboutissement institutionnel d’un long combat mené par les abolitionnistes, les anciens esclaves et les défenseurs des droits humains.

Les contradictions originelles du projet américain

La commémoration de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis ne peut être comprise sans un retour approfondi sur les luttes politiques, sociales et intellectuelles qui ont conduit à la disparition formelle de cette institution, ni sans une analyse des contradictions qui traversent dès l’origine le projet national américain.

L’esclavage constitue en effet l’un des paradoxes majeurs de la construction des États-Unis : alors même que la jeune nation se fonde sur un discours universaliste de liberté, d’égalité et de souveraineté populaire, elle maintient et institutionnalise un système reposant sur la négation radicale de ces principes pour une partie de la population.

Dès la période coloniale, des résistances à l’esclavage émergent, portées à la fois par les personnes réduites en esclavage elles-mêmes – à travers des révoltes, des fuites ou des formes quotidiennes de résistance – et par des mouvements abolitionnistes structurés à partir de la fin du XVIIIᵉ siècle.

La révolte de Stono, survenue en Caroline du Sud en 1739, est l’une des plus importantes insurrections d’esclaves de l’Amérique coloniale. Les insurgés se soulèvent contre leurs maîtres et tentent de rejoindre la Floride espagnole, où la liberté est promise aux esclaves fugitifs. La répression est extrêmement violente, mais l’événement révèle l’ampleur de la résistance organisée des personnes réduites en esclavage.

Parallèlement, les Quakers jouent un rôle pionnier dans la lutte contre l’esclavage en Amérique du Nord dès le XVIIIᵉ siècle. Ils sont parmi les premiers à condamner l’esclavage pour des raisons morales et religieuses, affirmant l’égalité spirituelle de tous les êtres humains. Leur engagement conduit à la création des premières sociétés abolitionnistes et influence durablement le mouvement antiesclavagiste américain.

Au XIXᵉ siècle, ces luttes se renforcent avec la diffusion d’écrits abolitionnistes, de récits d’anciens esclaves et par l’action de réseaux militants, tels que l’Underground Railroad. Toutefois, ces combats se heurtent à des intérêts économiques considérables, en particulier dans les États du Sud, où l’esclavage constitue le pilier du système de production agricole.

La rédaction de la Constitution de 1787 illustre de manière exemplaire cette tension. Bien que le texte ne mentionne jamais explicitement le mot « esclavage », plusieurs dispositions en assurent la protection et la pérennité. Le compromis des trois cinquièmes, la clause relative aux esclaves fugitifs (établissant que les personnes qui échappaient à l’esclavage dans le Sud n’étaient pas réellement libres) ou encore la garantie du maintien de la traite jusqu’en 1808 traduisent un choix politique clair : préserver l’unité des États au prix d’un renoncement moral.

La clause des trois cinquièmes, inscrite dans la Constitution de 1787, est directement liée à la question de l’esclavage aux États-Unis et révèle les profondes contradictions sur lesquelles la nation s’est construite. Lors de la convention de Philadelphie (1787), les États du Sud, fortement esclavagistes, souhaitaient que les esclaves soient comptés comme des citoyens à part entière pour augmenter leur représentation politique au Congrès, tandis que les États du Nord s’y opposaient puisqu’ils refusaient d’accorder des droits politiques à des personnes privées de liberté. Le compromis trouvé fut la clause des trois cinquièmes, selon laquelle chaque esclave serait compté comme trois cinquièmes d’une personne pour le calcul de la population. Cette décision renforça le pouvoir politique des États du Sud tout en maintenant les esclaves dans une situation de déshumanisation totale, puisqu’ils n’avaient ni droits civiques ni libertés fondamentales. L’esclavage, déjà central dans l’économie des plantations de coton et de tabac, fut ainsi institutionnalisé et protégé par le cadre constitutionnel.

Cette clause illustre le paradoxe fondateur des États-Unis, une nation proclamant l’égalité et la liberté tout en acceptant l’exploitation et l’oppression de millions d’Africains réduits en esclavage. À long terme, ce compromis contribua à creuser les tensions entre le Nord et le Sud, tensions qui mèneront finalement à la guerre de Sécession et à l’abolition de l’esclavage en 1865.

Les Pères fondateurs, souvent présentés dans la mémoire nationale comme des figures héroïques de la liberté, apparaissent ainsi comme des acteurs ambivalents, pris entre idéaux philosophiques hérités des Lumières et réalités économiques et sociales profondément inégalitaires. Cette contradiction structurelle nourrit progressivement les divisions politiques et idéologiques qui mèneront à la guerre de Sécession (1861-1865), conflit au terme duquel l’abolition est proclamée par le 13ᵉ amendement. La commémoration de cette abolition renvoie donc moins à une victoire consensuelle qu’à l’issue d’un affrontement violent révélant les failles du projet démocratique américain.

Le « 1619 Project », une relecture de l’esclavage

Dans les débats contemporains sur la mémoire de l’esclavage, le « 1619 Project » occupe une place centrale. Lancé en 2019 par le New York Times, ce projet historiographique et médiatique propose une relecture profonde de l’histoire des États-Unis en plaçant l’esclavage et ses héritages au cœur du récit national. En faisant de l’année 1619 – date symbolique de l’arrivée des premiers Africains réduits en esclavage en Virginie – un point de départ alternatif à 1776, le projet remet en question la centralité de l’indépendance comme moment fondateur unique.

L’impact du « 1619 Project », qui a valu à sa créatrice, Nikole Hannah-Jones, le prix Pulitzer en 2020, est multiple. Sur le plan académique, il s’inscrit dans une historiographie critique qui insiste sur le rôle structurant de l’esclavage dans le développement économique, institutionnel et culturel des États-Unis. Sur le plan politique et mémoriel, il alimente de vives controverses, notamment autour de l’enseignement de l’histoire, de la légitimité des récits nationaux et de la place accordée aux populations afro-américaines dans la mémoire collective.

Ses promoteurs défendent l’idée que l’abolition de l’esclavage ne peut être comprise comme une rupture nette, mais comme un moment dans une longue continuité de domination raciale et de luttes pour les droits civiques. À l’inverse, ses détracteurs dénoncent une approche jugée téléologique ou idéologisée. Quelles que soient ces critiques, le « 1619 Project » a contribué à transformer durablement les cadres de la commémoration de l’esclavage, en mettant l’accent sur les héritages contemporains de cette institution.

L’analyse comparée permet aujourd’hui d’éclairer les spécificités du processus abolitionniste américain. Contrairement à d’autres puissances esclavagistes, l’abolition aux États-Unis résulte d’un conflit armé interne d’une ampleur exceptionnelle. Là où le Royaume-Uni adopte une abolition progressive par voie législative, accompagnée d’indemnisations pour les propriétaires, et où la France proclame l’abolition par décret en 1848 dans un contexte révolutionnaire, les États-Unis connaissent une abolition imposée par la victoire militaire du Nord sur le Sud.

Cette violence structure la mémoire de l’abolition et contribue à expliquer les résistances persistantes à son acceptation pleine et entière. À titre d’exemple, les Copperheads illustrent ce courant. Il ne s’agit pas d’un mouvement officiellement fondé par un leader unique, mais d’une nébuleuse d’élus, de journalistes et de militants – tels que Clement L. Vallandigham, figure emblématique du groupe – unis par leur opposition à la politique de guerre d’Abraham Lincoln. Les Copperheads aspirent avant tout à une paix négociée avec les États confédérés, au nom de la préservation de l’Union telle qu’elle existait avant la guerre, sans transformation sociale profonde. Leur rejet de l’abolition de l’esclavage repose sur plusieurs arguments : ils la considèrent comme inconstitutionnelle, dangereuse pour l’équilibre fédéral, et susceptible de provoquer une concurrence économique entre anciens esclaves et travailleurs blancs du Nord.

Par ailleurs, l’après-abolition américain se caractérise par l’échec partiel de la Reconstruction, période pourtant cruciale pour la redéfinition de la citoyenneté et des droits civiques. Là où certains pays tentent – avec des succès variables – d’intégrer les anciens esclaves dans le corps politique, les États-Unis voient se mettre en place, dès la fin du XIXᵉ siècle, des systèmes de ségrégation et de discrimination légalisée. Cette comparaison met en évidence le caractère inachevé de l’abolition américaine, tant sur le plan social que politique.

Enfin, la commémoration de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis s’inscrit pleinement dans les débats contemporains sur la question raciale. L’abolition juridique de 1865 n’a pas mis fin aux inégalités structurelles, comme en témoignent la ségrégation, les violences raciales, les discriminations systémiques et les inégalités socio-économiques persistantes. Les commémorations actuelles, telles que Juneteenth, le 19 juin, reconnu comme jour férié fédéral en 2021 pour célébrer l’émancipation des esclaves, prennent ainsi une dimension éminemment politique. Elles visent non seulement à rappeler un événement historique, mais aussi à souligner la continuité des luttes pour l’égalité et la reconnaissance.

Dans cette perspective, commémorer l’abolition revient à interroger la capacité des États-Unis à se confronter à leur propre passé et à reconnaître les limites de leur projet démocratique. Loin d’être un simple rituel mémoriel, la commémoration devient un espace de débat critique sur la nation, ses valeurs et leurs traductions concrètes. Elle révèle que l’abolition de l’esclavage, plutôt qu’un aboutissement, constitue un moment fondateur d’un combat toujours en cours pour une démocratie réellement inclusive.

The Conversation

Frédérique Sandretto ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. De l’histoire à la mémoire : 160 ans de commémoration de la fin de l’esclavage aux États-Unis – https://theconversation.com/de-lhistoire-a-la-memoire-160-ans-de-commemoration-de-la-fin-de-lesclavage-aux-etats-unis-272635

Débats sur les rythmes scolaires : la discrète fin de la « guerre du caté »

Source: The Conversation – France (in French) – By Yves Verneuil, Professeur des Universités en sciences de l’éducation, Université Lumière Lyon 2

Au fil des décennies, les débats sur les rythmes scolaires reviennent et se ressemblent souvent. Mais il y a des exceptions. Lors de la dernière Convention sur les temps de l’enfant (juin-novembre 2025), les voix de l’Église catholique ne se sont pas fait entendre comme par le passé où on est allé jusqu’à parler de « guerre du caté ». Que nous dit la fin des tensions autour du mercredi matin dans les emplois du temps scolaires ?


La récente Convention citoyenne sur les temps de l’enfant (juin-novembre 2025) a rappelé la difficulté d’adapter les plannings scolaires aux rythmes biologiques des élèves. D’autres enjeux, économiques par exemple (notamment dans les débats sur les calendriers de vacances), s’entremêlent avec cet objectif.

Si l’on pourrait faire remonter au moins à la fin du XIXe siècle les observations des médecins dénonçant l’emploi du temps trop chargé des lycéens, c’est à partir des années 1960 que le débat concernant les rythmes scolaires est devenu récurrent. Dans la préface qu’il rédige pour le livre du Dr Guy Vermeil la Fatigue à l’école (1976), le Pr Robert Debré regrette que le souci de l’enfant « soit quelque peu effacé par des revendications professionnelles et l’égoïsme des adultes ».

Les chronobiologistes, dont la discipline se développe au CNRS dans les années 1970, abondent dans le même sens. Rien de neuf sous le soleil, par conséquent ? Si. Un élément du débat encore présent dans les années 1970-1980 a disparu. Cet élément, c’est la question de l’instruction religieuse et de son positionnement le mercredi. Et sa disparition est significative des évolutions de la société.

Libérer ou non le mercredi matin : un enjeu des rapports entre l’Église et l’État ?

Rappelons que la loi du 28 mars 1882 a prévu que « les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants, l’instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires ».

En 1972, pour rééquilibrer la semaine scolaire, après que les cours du samedi après-midi ont été supprimés dans le primaire par l’arrêté du 7 août 1969, l’arrêté du 12 mai substitue le mercredi libéré au jeudi libéré ; mais le principe reste le même. Cependant, le ministère de l’éducation nationale commence à envisager d’offrir aux écoles la possibilité de déplacer le cours du samedi matin au mercredi matin (circulaire du 12 mai 1972).

Même si les autorités religieuses devraient être consultées, l’épiscopat s’inquiète rapidement, et la circulaire du 23 mai 1979 rappelle qu’en principe, dans l’enseignement primaire, « la journée entière du mercredi doit obligatoirement être dégagée de toute activité scolaire, les neuf demi-journées de travail se répartissant nécessairement sur les autres jours de la semaine ».

Dans l’enseignement secondaire, toute modification dans l’organisation de la semaine devrait également avoir l’aval des autorités religieuses (circulaire du 19 décembre 1979). Cependant, après l’alternance politique de 1981, la question du transfert est reposée. En décembre 1984, Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’éducation nationale, envisage de réformer les rythmes scolaires hebdomadaires, en donnant la possibilité aux écoles primaires de libérer le samedi matin.

La décision serait décentralisée au niveau des écoles ou des groupes d’écoles, après que les autorités académiques se seraient assurées d’un consensus suffisant, comprenant les autorités religieuses. Mais Mgr Jean  Vilnet, président de la conférence des évêques de France, et Mgr Albert Decourtray, vice-président, reçus par François Mitterrand le 10 janvier 1985, expliquent au président de la République que, à leurs yeux, il n’est pas question que l’éventuel aménagement des rythmes scolaires compromette l’organisation de la catéchèse en France. Et le 12 février, Mgr Vilnet envoie une lettre au ministre pour l’informer que l’épiscopat entend que soit respecté le cadre défini par la loi de 1882 :

« Toute modification à la répartition des jours scolaires qui briserait l’organisation actuelle de la catéchèse, le mercredi matin, ne pourrait que compromettre les rapports de l’Église et de l’État dans notre pays. Ce que, je pense, vous et moi ne souhaitons pas. »

C’est ce que les journalistes ont appelé la « guerre du caté ».

Transférer les cours du samedi au mercredi : une demande des familles

La question est gelée pendant la période de la cohabitation (1986-1988), mais le retour des socialistes au pouvoir, en 1988, a pour effet de relancer le projet d’autoriser les transferts de cours du samedi au mercredi. L’épiscopat s’empresse de réagir. Les cardinaux Jean-Marie Lustiger et Albert Decourtray sont reçus, le 3 avril 1990, respectivement par le ministre de l’éducation nationale Lionel Jospin et par le premier ministre Michel Rocard.

Résultat : le 31 mai 1990, à Montauban, Lionel Jospin déclare ne pas vouloir imposer de changement brutal et affirme que la liberté dans l’organisation de la semaine scolaire « doit absolument s’accompagner de garanties nationales, notamment pour la catéchèse ». Des négociations ont lieu au ministère. La question du réaménagement du rythme de la semaine est large, mais « on ne parlait que du catéchisme », se souvient Catherine Moisan, chargée du dossier. Finalement, le décret du 22 avril 1991 retient les dispositions suivantes :

« Lorsque […] le conseil d’école souhaite adopter une organisation du temps scolaire qui déroge aux règles fixées par arrêté ministériel, il transmet son projet à l’inspecteur d’académie [qui] ne l’adopte que s’il ne porte pas atteinte à l’exercice de la liberté de l’instruction religieuse. »

Il est remarquable que ce ne soit pas le respect du rythme biologique des enfants qui ait motivé les projets de transfert, mais la demande des parents.

Au cours des Trente Glorieuses, l’importance des activités de loisir s’est accrue. Les parents peuvent désirer pratiquer ces activités avec leurs enfants le samedi, jour où ils sont de moins en moins nombreux à travailler. Dans les grandes villes, ce phénomène est d’autant plus marqué que les activités de loisir sont nombreuses et peuvent se trouver éloignées. De fait, le problème du samedi matin se pose avant tout en milieu urbain.

Un second facteur réside dans les mutations de la famille. De nombreux parents estiment important pour la vie familiale et l’équilibre affectif des enfants de pouvoir vivre pleinement ensemble pendant le week-end. L’augmentation du nombre des divorces joue dans le même sens : pour des raisons à la fois pratiques et affectives, les pères divorcés ayant la garde de leurs enfants un week-end sur deux sont désireux de prendre en charge leurs enfants dès le vendredi soir.

Par ailleurs, les parents qui travaillent préfèrent emmener leur enfant à l’école le mercredi plutôt que le samedi, où ils peuvent souhaiter faire la grasse matinée. L’accroissement du taux d’activité féminin, qui a été très marqué à partir des années 1960, représente un autre facteur : pour une femme qui travaille, il n’est pas toujours facile de trouver une solution de garde pendant toute la journée du mercredi. Aussi la libération du mercredi pour les enfants explique le fait que de nombreuses femmes sont contraintes de demander à travailler à temps partiel.

C’est donc essentiellement des parents que vient la demande de transfert : celle-ci n’est pas envisagée pour des raisons pédagogiques, mais pour faire face à la demande sociale.

Semaine de 4 jours et sécularisation de la société ?

Si les cours du samedi matin sont transférées le mercredi matin, la loi de 1882 n’est-elle pas respectée, puisque le samedi est entièrement libéré ? C’est ce que confirmera une décision de la Cour administrative d’appel de Lyon, le 18 septembre 2007. Mais dans les années 1970-1980, l’épiscopat ne voit pas les choses ainsi.

À ses yeux, les attraits du week-end complet sont irrésistibles pour que l’on puisse espérer, en dehors de parents de forte conviction, que les familles consentent à consacrer une partie des heures à l’instruction religieuse. Quant à placer le catéchisme le mercredi après-midi, ce n’est pas plus réaliste, alors que les enfants sont très sollicités par toutes sortes d’activités culturelles et sportives. Certes, de moins en moins d’enfants vont au catéchisme. Mais pour l’épiscopat, n’y eût-il que quelques cas, ce serait le principe de la liberté religieuse qui serait en jeu.

Admettant que l’évolution vers la libération du samedi est un phénomène de société difficile à combattre, il propose toutefois une solution : la semaine de quatre jours, la réduction de l’horaire hebdomadaire devant être compensée par l’allongement de l’année scolaire. Il fait observer que cette solution est de toute façon souhaitable pour alléger la semaine des enfants. Les oppositions corporatistes (instituteurs) et économiques (tourisme) ne doivent pas primer.

Si cette solution est permise par le décret du 22 avril 1991, elle n’a pas été généralisée. De toute façon, en 2008, les cours du samedi matin ont été supprimés dans les écoles primaires. En 2012, Vincent Peillon décide de remodeler les rythmes scolaires et de placer des cours le mercredi. Cette fois, pas de tempête : l’épiscopat ne réagit pas. Pas plus qu’il n’a réagi à la récente proposition de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant de passer de la semaine d’enseignement de quatre jours, à laquelle sont revenues depuis 2017 la plupart des écoles, à une semaine d’enseignements sur cinq jours, du lundi au vendredi.

Ce silence est révélateur de la conscience d’une perte d’influence dans l’opinion et dans une population française de plus en plus diverse.

The Conversation

Yves Verneuil ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Débats sur les rythmes scolaires : la discrète fin de la « guerre du caté » – https://theconversation.com/debats-sur-les-rythmes-scolaires-la-discrete-fin-de-la-guerre-du-cate-272568

CAN 2025 de football : quand l’image du sport influence le business et l’économie

Source: The Conversation – in French – By Fabrice Lollia, Docteur en sciences de l’information et de la communication, chercheur associé laboratoire DICEN Ile de France, Université Gustave Eiffel

À l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, l’attention se concentre naturellement sur les équipes et les performances sportives. Pourtant, au-delà du football, cet évènement continental joue un rôle tout aussi influent : il contribue à la construction de l’image économique des pays africains en projetant des signaux de confiance, de capacité organisationnelle et de crédibilité institutionnelle. Or cette dimension est rarement analysée pour elle-même.

Le sport est souvent pensé comme levier d’émotion ou de cohésion sociale, plus rarement comme un producteur d’images économiques susceptible d’influencer les perceptions des investisseurs, des partenaires internationaux et des acteurs business. La CAN offre ainsi un terrain privilégié pour interroger ce lien.

Je travaille sur la manière dont les images, la confiance sociale et les dispositifs symboliques influencent les dynamiques économiques, politiques et organisationnelles. J’analyse comment cette grande compétition sportive africaine participe au façonnage de représentations économiques qui dépasse largement le cadre du sport.

Un dispositif de visibilité pour tous

Les grandes compétitions sportives concentrent plusieurs dynamiques puissantes : une visibilité médiatique mondiale, une forte intensité émotionnelle et des récits de réussite ou de fragilité à forte portée symbolique. Ces « méga événements » sont analysés en sciences de l’information et de la communication comme des dispositifs de visibilité capables de structurer durablement des représentations collectives.




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Dans ce cadre, le sport agit comme une fabrique d’images. Il donne à voir, sur un temps court, des éléments rarement observables ailleurs comme la capacité d’un pays à organiser, sécuriser, coordonner et accueillir un évènement d’ampleur mondiale. Ces images ne relèvent pas du simple spectacle. Elles nourrissent une véritable économie de la confiance au sens où elles participent à forger des croyances partagées de fiabilité, de stabilité et de compétence des institutions – des croyances centrales pour l’attractivité économique et politique d’un pays.

Organiser une CAN mobilise des infrastructures lourdes, des chaînes logistiques complexes, des dispositifs de sécurité et une gouvernance multi-acteurs. Lorsqu’un tel événement se déroule sans incident majeur, il projette un message implicite, notamment celui d’un État capable de gérer des projets complexes dans des délais contraints. Ces signaux jouent un rôle dans l’évaluation informelle du risque par les acteurs économiques.

Au-delà de l’organisation, l’impact le plus difficile à mesurer est psychologique. Les grandes compétitions renforcent temporairement la fierté nationale, atténuent certaines fragmentations sociales et nourrissent le sentiment que des projets ambitieux sont possibles. Or la confiance collective influence des comportements économiques concrets tels que l’initiative entrepreneuriale, la propension à investir, la consommation ou perceptions du risque.

Une CAN réussie ne transforme pas une économie, mais elle modifie le climat cognitif et émotionnel dans lequel elle évolue. À l’inverse, des dysfonctionnements visibles — retards, problèmes de sécurité, désorganisation — peuvent fragiliser l’image projetée et alimenter des perceptions d’instabilité. Il ne s’agit pas d’un lien automatique entre sport et investissement, mais d’un effet de résonance. Le sport amplifie des signaux préexistants et les rend visibles à grande échelle.




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Le rôle amplificateur du numérique et des réseaux sociaux

L’impact de la CAN sur l’image économique des pays africains ne se construit plus uniquement dans les stades ni à travers les médias traditionnels. Il se joue désormais largement sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux, où images, récits et émotions circulent en continu, surpassant les audiences TV chez les jeunes générations. Les analyses de la Coupe du monde 2022 et des JO 2024 confirment que les réseaux sociaux surpassent les audiences TV traditionnelles, avec 70 % des 18-34 ans consommant le sport principalement via plateformes numériques.

Les algorithmes des réseaux sociaux privilégient les contenus les plus visibles et émotionnels. Les hashtags événementiels (#CAN2025) génèrent des milliards d’interactions qui façonnent l’image du pays en temps réel auprès des diasporas et investisseurs.

Ils amplifient aussi bien les signaux positifs — ferveur populaire, organisation maîtrisée, infrastructures modernes — que les signaux négatifs — incidents, retards, controverses.

Lors de la Coupe du monde 2022, le Maroc a bénéficié de cette dynamique numérique. Sa visibilité dans les médias influents a augmenté de 277 % pendant la Coupe du monde et de 23 % après la Coupe du monde, renforçant une image internationale de pays structuré et crédible, bien au-delà du seul terrain sportif.

De la même manière, la victoire du Sénégal à la CAN 2021 a été amplifiée sur les réseaux sociaux, consolidant une perception de cohésion nationale et de stabilité, largement reprise par les médias internationaux.

La CAN fonctionne ainsi comme un événement à forte intensité réputationnelle. L’image des pays hôtes se construit en temps réel à partir des contenus produits par les institutions, les médias, les supporters et les marques. Ces perceptions numériques influencent des décisions économiques concrètes : stratégies de sponsoring, choix de partenariats, attractivité touristique, implantation de marques ou évaluation informelle du risque pays. La réputation devient un actif immatériel central.

Le numérique agit donc comme un accélérateur. Il renforce rapidement la confiance lorsque l’organisation est perçue comme maîtrisée, mais peut tout aussi vite amplifier la défiance en cas de problème. L’image sportive devient plus réactive mais aussi… plus fragile. Lors de la CAN 2023, la diffusion massive d’une organisation globalement maîtrisée a contribué à renforcer la confiance autour du pays hôte. À l’inverse, la circulation virale, sur les réseaux sociaux, de rumeurs ou d’incidents ciblés a montré comment le numérique peut, en quelques heures, fragiliser ce récit.

Au-delà de la possibilité d’attirer directement des investisseurs, les
travaux montrent que ces signaux contribuent à projeter une capacité organisationnelle et un climat de sérieux, particulièrement importants pour des pays en voie de développement, où la confiance et la crédibilité perçues constituent des leviers essentiels de l’attractivité économique.

Diplomatie sportive et influence économique

Le sport joue également un rôle croissant dans la diplomatie économique. Une CAN réussie renforce la visibilité internationale d’un pays et contribue à repositionner son image dans l’imaginaire global. En communication stratégique, ce phénomène relève du soft power : une forme d’influence indirecte fondée sur l’attractivité, la crédibilité et la capacité à susciter l’adhésion, plutôt que sur la contrainte.




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Cette diplomatie par le sport ne remplace pas les instruments classiques de la politique économique, mais elle peut en renforcer l’efficacité. En améliorant l’image d’un pays, elle crée un climat plus favorable aux échanges, aux partenariats et aux investissements, en réduisant les perceptions de risque et en renforçant la confiance.

Il convient toutefois de rester prudent. L’image sportive ne saurait se substituer aux fondamentaux économiques : gouvernance, réformes structurelles, stabilité institutionnelle et investissement productif. Sans stratégie de transformation, une réussite sportive reste un moment émotionnel sans effet durable.

Les recherches récentes montrent que même si les grands événements sportifs stimulent souvent l’activité économique immédiatement autour de l’événement, ces effets tendent à s’estomper en l’absence de stratégies spécifiques pour prolonger leur impact.

La CAN 2025 illustre le rôle souvent invisible du sport dans les dynamiques économiques africaines. À l’image du sportif de haut niveau, l’événement sportif est encore trop souvent perçu à travers le prisme de l’instantanéité, réduit à une émotion collective éphémère. Pourtant, en produisant des images, des récits et des signaux de confiance, la CAN participe à la construction d’une crédibilité qui influence, de manière directe et indirecte, le monde du business.

Le sport apparaît ainsi comme un acteur symbolique de l’économie. Son impact ne tient pas tant à l’événement lui-même qu’à la capacité des États à penser cette ressource immatérielle, à l’intégrer dans une stratégie cohérente et à la prolonger par des politiques publiques capables de transformer l’émotion en confiance durable et en opportunités économiques structurées.

The Conversation

Fabrice Lollia does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. CAN 2025 de football : quand l’image du sport influence le business et l’économie – https://theconversation.com/can-2025-de-football-quand-limage-du-sport-influence-le-business-et-leconomie-273279

El laberinto de la soledad: anatomía de una crisis de salud pública

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jose Juan Rivero Pérez, Profesor universitario: Intervención psicología de la salud, habilidades del terapeuta en psicología de la salud, experto en psicología positiva, Universidad Europea

David Michael Bellis/Shutterstock

La soledad no deseada es una de las crisis existenciales y de salud pública más relevantes. Y lo es en una época definida por la hiperconectividad digital y el individualismo. Esta paradoja, propia de la sociedad moderna, trasciende toda frontera y barrera generacional. Sus ramificaciones impactan en el bienestar y la salud mental de la población. ¿Cuál es la naturaleza psicológica de este fenómeno multifactorial? ¿Qué papel juegan las redes sociales? ¿Qué consecuencias supone la desconexión sobre nuestra vida?

En primer lugar es fundamental distinguir entre dos conceptos: el aislamiento social y la soledad no deseada. Ambos a menudo se confunden, pero no son lo mismo.

El aislamiento social implica la ausencia de contacto social y es una condición objetiva que podemos cuantificar. Por ejemplo: falta de amigos, vivir solo, tener pocas interacciones fuera del entorno virtual.

Por contraste, la soledad no deseada es una experiencia intrínseca, subjetiva y de carácter emocional. Se trata de una carga negativa que genera malestar y sufrimiento. Surge cuando las relaciones sociales que poseemos son diferentes, en calidad y cantidad, de las que anhelamos. En España, el 20 % de las personas se encuentra en esta situación, aunque casi la mitad dice haberla vivido alguna vez en la vida.

La soledad es una sensación visceral de desconexión emocional o ausencia de apoyos significativos. Puede experimentarse incluso estando rodeado de personas, porque el problema no está solo en la cantidad, sino en la calidad del vínculo. Comprender esta diferencia es crucial.

Los lazos se debilitan y aumenta el individualismo

La soledad crónica en adultos se alimenta de rupturas en tres pilares relacionales: pareja, familia y amistad. Antes estos lazos ofrecían seguridad, pero hoy su fragilidad se debe a una profunda reconfiguración de los valores sociales y económicos.

Una serie de enemigos silenciosos están debilitando nuestros lazos afectivos:

  • Masificación y movilidad urbana. Las grandes ciudades facilitan el anonimato y diluyen la responsabilidad comunitaria. La constante movilidad dificulta la formación de lazos vecinales profundos y estables.

  • Precarización laboral y falta de tiempo. La presión por la productividad y las largas jornadas reducen el tiempo necesario para cultivar relaciones significativas. El tiempo libre se consume en la recuperación o el consumo, no en la construcción de relaciones sanas.

  • Debilitamiento del lazo familiar extenso. Las estructuras familiares cambiantes y la falta de contacto entre generaciones reducen la red de apoyo inmediato.

Sin embargo, el factor que más deteriora los vínculos es la filosofía de la autosuficiencia radical. Hoy, la autonomía, la independencia absoluta y la soledad disfrazada de tiempo para uno mismo parecen la máxima realización personal.

Esta doctrina del “yo primero” tiene consecuencias devastadoras. Fomenta las relaciones frágiles, al permitir desvincularse ante el primer conflicto. Se demoniza la interdependencia, se genera terror a la vulnerabilidad y se bloquea la intimidad real.

Al priorizar el crecimiento individual, se impone una cultura del descarte. Los conflictos se resuelven con la eliminación del vínculo en lugar de su reparación. La soledad se convierte en el coste inevitable de esta búsqueda.

Las redes sociales: el instrumento de la soledad

Las redes sociales no son la causa, pero sí el instrumento que amplifica esta filosofía. Ofrecen una ilusión de conexión mientras profundizan el aislamiento emocional. El ecosistema digital está diseñado para la idealización y la comparación social negativa.

  • Identidad e idealización. Los usuarios presentan una versión editada y exitosa de su vida. Esto genera una presión que hace que las interacciones reales parezcan fallidas.

  • Magnificación de la carencia. La exposición constante a narrativas de éxitos activa el miedo a perderse experiencias. Esto magnifica la percepción de las propias carencias y alimenta la envidia.

  • Validación superficial. La obsesiva búsqueda de likes genera una dependencia excesiva de la validación social externa. De lo contrario, la persona se siente vulnerable, sola e insuficiente, y pierde su sentido de identidad.

La calidad de la interacción digital es clave, pero rara vez es nutritiva:

El factor de la edad

La soledad se manifiesta con matices distintivos en cada edad.

En personas mayores se relaciona con pérdidas vitales inevitables (fallecimiento de seres queridos, deterioro de la salud). La brecha digital también aumenta el aislamiento. Los factores protectores son la calidad de las relaciones sociales previas y el involucramiento comunitario.

En jóvenes, la soledad está impulsada por la presión social, la búsqueda de identidad y la dependencia excesiva de la validación de redes sociales. Aunque sean frecuentes, las interacciones online resultan superficiales y no suplen el apoyo emocional profundo. Dejan una sensación constante de vacío y dificultad para desarrollar habilidades de conexión genuina.

Problemas de salud mental asociados a la soledad crónica

La soledad no deseada es un factor de riesgo psicológico y médico de primer orden. Cuando se cronifica, sus efectos son graves:

  1. Trastornos del estado de ánimo y ansiedad. La soledad no deseada es un potente predictor de la depresión. La sensación prolongada de desconexión lleva a un estado de indefensión. Aumenta la ansiedad social y es un factor de riesgo significativo para la ideación suicida.

  2. Impacto cognitivo y autoestima. La falta de estimulación social y el estrés crónico se han vinculado a un mayor riesgo de deterioro cognitivo y demencia con un deterioro más rápido de la función cognitiva. La soledad prolongada se asume como un fallo personal, que deteriora la autoestima y la visión negativa de uno mismo.

  3. Trastornos de la conducta. La falta de apoyo dificulta la regulación emocional. Las personas solitarias pueden recurrir al consumo de sustancias o a la sobrealimentación para compensar el vacío. También puede generar hipervigilancia social, que perpetúa la desconfianza.

La soledad no deseada es el coste psicológico y social de una individualización impuesta. Desmontarla requiere reconocer que la interdependencia no es una debilidad, sino la clave de la resiliencia humana. El esfuerzo debe redirigirse hacia construir vínculos significativos y proteger relaciones de calidad.

The Conversation

Jose Juan Rivero Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El laberinto de la soledad: anatomía de una crisis de salud pública – https://theconversation.com/el-laberinto-de-la-soledad-anatomia-de-una-crisis-de-salud-publica-271696

Why unlocking Venezuelan oil won’t mean much for US energy prices

Source: The Conversation – USA (2) – By Amy Myers Jaffe, Director, Energy, Climate Justice, and Sustainability Lab, and Research Professor, New York University; Tufts University

A sculpture of a hand holding an oil rig stands outside the headquarters of Venezuela’s national oil company. Pedro Mattey/AFP via Getty Images

In the wake of U.S. forces’ arrest of Venezuelan President Nicolás Maduro, U.S. President Donald Trump has said the U.S. is taking over Venezuelan oil production.

In addition, the U.S. has blockaded Venezuelan oil exports for a few weeks and seized tankers that reportedly escaped from the blockade.

To understand what’s happening and what it means for U.S. consumers and the American energy industry, The Conversation U.S. checked in with Amy Myers Jaffe, a research professor at New York University and senior fellow at Tufts University who studies global energy markets and the geopolitics of oil.

What is the state of Venezuela’s oil industry and how did it get to this point?

Venezuela’s oil industry has experienced profound turmoil over its history, including a steady downward spiral beginning in 1998. That’s when a worldwide economic downturn took global oil prices below $10 per barrel at the same time as the Venezuelan public’s growing interest in reasserting local control of the country’s oil industry ushered in populist President Hugo Chávez.

In April 2002, Venezuelans took to the streets to protest the appointment of Chávez loyalists to replace the top brass of the national oil company, Petróleos de Venezuela. The chaos culminated in an attempted coup against Chavez, who managed to retake power in a matter of days. Petróleos de Venezuela’s workers then went out on strike, prompting Chávez to purge close to 20,000 top management and oil workers. That began a brain drain that would last for years.

In 2007, Chávez, standing in front of a banner that read “Full Oil Sovereignty, The Road to Socialism,” took over ExxonMobil’s and ConocoPhillips’ oil-producing assets in Venezuela. The companies had declined to accept new oil contracts at radically less profitable terms than they had in previous years.

After Chávez’s death in 2013, national economic chaos accelerated. By 2018, reports began to surface that roving gangs, as well as some oil workers struggling to survive, were stripping the industry of its valuable materials – computers, copper wiring, and metals and machinery – to sell on the black market.

U.S. sanctions added to the mix over the years, culminating in a drop in Venezuelan oil production to 840,000 barrels a day in 2025, down from the 3.5 million barrels a day it was able to produce in 1997.

A handful of international oil companies remained in the country throughout the turmoil, including U.S.-based Chevron, French-Indonesian firm Maurel and Prom, Spanish firm Repsol, and Italian firm ENI. But the political chaos, sanctions and technical mismanagement of the oil industry have taken a heavy toll.

Some estimates say that the country wouldn’t need a lot of investment to increase production to about 1 million barrels a day by 2027. But other analysts say that immediate investment of as much as $20 billion could only raise Venezuela’s production to 1.5 million barrels a day.

Most of the oil in Venezuela is very heavy oil and requires expensive processing to be able to be refined into usable products. The country’s leaders have claimed to have 300 billion-plus barrels of reserves.

A wide view shows a group of large industrial buildings with a road and other buildings nearby.
The El Palito refinery in Puerto Cabello, Venezuela, is owned by the country’s national oil company.
Jesus Vargas/picture alliance via Getty Images

What effect does Venezuela’s production have on prices that U.S. consumers pay for gasoline, natural gas, gas-fired electricity and other petroleum products?

In general terms, U.S. gasoline prices are influenced by global crude oil market levels. Sudden changes in export rates from major oil-producing countries can alter the trajectory for oil prices.

However, Venezuela’s recent export levels have been relatively small. So the immediate effect of changes in Venezuelan oil export levels is likely to be limited. Overall, the global oil market is oversupplied at the moment, keeping prices relatively low and in danger of falling further, even though China is stockpiling large oil reserves.

Venezuela did not export any natural gas. In the long run, a fuller restoration of Venezuela’s oil and gas industry could mean oil prices will have difficulty rising as high as past peaks in times of volatility and could potentially fall if oil demand begins to peak. And Royal Dutch Shell and Trinidad and Tobago National Gas Company have plans to develop Venezuela’s offshore Dragon natural gas field, adding to an expected glut of liquefied natural gas, often called LNG, in global markets in the coming years.

How much oil is coming to the U.S. now, and how would more imports of Venezuelan oil affect U.S. refiners?

The U.S. Gulf Coast refining center is known for its capability to process heavy, low-quality oil like Venezuela’s into valuable products such as gasoline and diesel. Already, refineries owned by Chevron, Valero and Phillips 66 are bringing in Venezuelan oil.

Before the U.S. seized Maduro, most of Venezuela’s exports were going to China, though about 200,000 barrels a day were coming to the United States under Chevron’s special license.

Two figures watch a large ship move across the water.
An oil tanker approaches a dock in Maracaibo, Venezuela, on Jan. 10, 2026.
Margioni Bermúdez/AFP via Getty Images

Trump has said the U.S. will get between 30 million and 50 million barrels of oil from Venezuela, to be used “to benefit the people” of both countries. That’s about two or three days’ worth of U.S. oil production, and between one and two months’ worth of Venezuelan production. What effects could that have for the U.S. or Venezuela?

Some 20 million to 50 million barrels of Venezuelan crude oil is currently piled up in Venezuela’s storage tanks and ships in the aftermath of the U.S. blockade. Exports needed to resume quickly before storage ran out to prevent oil production facilities from needing to shut down, which could then require lengthy and expensive restart procedures.

The United States has been a major exporter of petroleum products in recent years, reaching 7.7 million barrels a day at the end of 2025.

Processing more Venezuelan oil might help make U.S. Gulf Coast refineries a bit more profitable by making more money on their refined products exports. But since there was no shortage of products in the U.S. market, I don’t expect consumers to see much savings.

But U.S. refineries only have so much capacity to refine heavy oil like Venezuela’s. And they have long-term contracts for oil from other suppliers. So they won’t be able to handle all of those 30 million to 50 million barrels. Some of it will either have to be sold abroad or put in the U.S. strategic petroleum reserve.

How does a potential increase in Venezuelan oil production affect U.S. domestic oil producers?

Over time, the impact of the restoration of Venezuelan oil production on oil prices is hard to predict. That’s because it will likely take a decade or more before Venezuela’s oil production levels could be fully restored. Long-term oil prices are notoriously tricky to forecast.

Generally speaking, U.S. shale production rates and profitability benefit when oil prices are above $50 a barrel, as they have been since 2021. U.S. oil production rose to 13.8 million barrels per day for the week ending Dec. 26, 2025, up slightly from the end of 2024. Forecasts suggest a slight increase in 2026 as well, if oil prices stay relatively flat.

Longer term, all bets are off, since the Organization of the Petroleum Exporting Countries, or OPEC – a group of countries that coordinate global petroleum production and sales – has a history of telling members not to increase production when they add new oil fields, which sometimes leads to so much disagreement that a price war erupts.

The last time Venezuela moved to increase its production significantly, in the 1990s, oil prices sank below $10 a barrel. Major OPEC members like the United Arab Emirates have been expanding capacity in recent years, and others with large reserves like Libya and Iraq aspire to do the same in the coming decade as well. The UAE has been asking the group for permission to increase its production, causing difficulties in the group’s efforts to agree on what their total production and target oil price should be. That could be good news for consumers, if OPEC disunity leads to higher supplies and falling prices.

Some commentators have suggested China could be the biggest loser if shipments of Venezuelan oil shift West and away from discounted sales to China. How does the current situation affect China’s energy security and geostrategic considerations?

China’s oil imports have been averaging about 11 million barrels per day, with about 500,000 to 600,000 of that coming from Venezuela. Iran and Russia are among China’s largest oil suppliers, and both countries’ industries face tightening U.S. sanctions. There is enough oil available on the global market to provide China with what it wants, even if it doesn’t come from Venezuela.

The real question is about China’s overall response to the U.S. intervention in Venezuela. Beijing’s initial reaction to Maduro’s removal was fairly muted. In a Dec. 31, 2025, speech, however, China’s President Xi Jinping said China’s defense capabilities and national strength had “reached new heights” and called for the “reunification of our motherland.” In light of the U.S. intervention in the Americas, China may see a justification to move more aggressively toward Taiwan.

The Conversation

Amy Myers Jaffe does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why unlocking Venezuelan oil won’t mean much for US energy prices – https://theconversation.com/why-unlocking-venezuelan-oil-wont-mean-much-for-us-energy-prices-273194

¿Cómo decide un dentista si recetar un antibiótico? Solo algunos países tienen guías clínicas de referencia para guiarles

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maruxa Zapata Cachafeiro, Profesora de Salud Pública, Universidade de Santiago de Compostela

Ungvar/Shutterstock

A todos nos suena eso de que hay que usar bien los antibióticos. Probablemente haya visto un anuncio o un cartel en su centro de salud alertando sobre su pérdida de efectividad. Actualmente, la resistencia de las bacterias a estos medicamentos son una de las principales amenazas para la salud mundial.

Todos hemos contribuido, en mayor o menor medida, a llegar a este punto. Como pacientes, muchos nos hemos saltado alguna dosis de antibiótico, no hemos completado el tratamiento o directamente nos hemos tomado las pastillas que nos habían sobrado de un tratamiento anterior. Otra parte importante de responsabilidad la tiene el sector sanitario, ya que muchas veces se prescriben de forma innecesaria o inadecuada.

La forma de atajarlo parece clara. Si los profesionales prescriben estos fármacos solo cuando son necesarios y los pacientes les hacemos caso, tendríamos esta parte del problema resuelto. Pero no es tan fácil. Por lo menos para los dentistas.

¿Qué pensaría si su dentista le hace una receta de antibiótico y el principio activo que indica es “depende”? Pues eso es lo que deberían prescribir en algunos casos si emplearan como fuente de información solamente las guías de práctica clínica a las que tienen acceso.

No todos los países tienen una guía de referencia

Estas guías son conjuntos de recomendaciones elaboradas por expertos y organismos como ministerios de salud, asociaciones profesionales de dentistas o la Organización Mundial de la Salud, para ayudar en la toma de decisión y que están basadas en una revisión sistemática de la evidencia científica disponible.

Sin embargo, según hemos descubierto en nuestro reciente estudio, en el que hemos analizado las guías de prescripción de antibióticos existentes a nivel internacional, no todas tienen la misma calidad ni son igual de fiables. Ni siquiera todos los países tienen una.

En primer lugar, hallamos que no todos los dentistas van a tener un documento de referencia: tan solo nueve países disponen de guías sobre prescripción de antibióticos para patologías orales. Además, únicamente 10 de las 17 analizadas pueden ser clasificadas como “recomendadas” si nos basamos en su calidad. Incluso dos guías se clasifican como “no recomendadas”.

Los dentistas de Bélgica, España, Escocia y Reino Unido son los más afortunados, ya que son los que tienen acceso a las guías de mayor calidad.

Por ejemplo, en España, el documento que cumplía los requisitos para ser considerado como guía de práctica clínica es la Guía Terapéutica Antimicrobiana del Área Aljarafe, creada desde la Consejería de Salud de Andalucía y actualizada desde el Plan Nacional de Resistencia a los antibióticos del Ministerio de Salud.

Otros organismos que tienen guías recomendadas son el Ministerio de Salud de Chile, el Real Colegio de Cirujanos de Inglaterra, la Organización Mundial para la Salud, el KCE Belgian Health Care Knowledge Centre, la Asociación Dental Americana y el Programa Escocés de Efectividad Clínica Dental.

¿Qué antibióticos recetan los dentistas?

No todos los aspectos son negativos: en general, en la mayoría de los casos las guías disponibles están de acuerdo en que el dentista debe prescribir como primera opción la amoxicilina (un derivado de la famosa penicilina de Fleming). Según los estudios, este es uno de los principios activos que más prescriben los dentistas, así que lo están haciendo bien.

Entre las guías también hay bastante concordancia en la duración de este tratamiento, aunque en algunas directamente no se hacía referencia al tiempo.

Sin embargo, la concordancia disminuye cuando analizamos los principios activos que se recomiendan para tratar enfermedades concretas. Y el problema es mucho mayor cuando el paciente es alérgico a la amoxicilina (algo relativamente frecuente, ya que hasta un 25 % de la población podría serlo). En ese caso, las recomendaciones se vuelven muy dispares. El 29 % de las guías recomendaba metronidazol, el 24 % azitromicina, el 24 % clindamicina, el 18 % cefalosporinas y 6 % doxiciclina. Y esas diferencias no están justificadas.

Cómo mejorar las guías

Estos documentos tienen además mucho margen de mejora en algunos aspectos concretos: el rigor de la evidencia, la forma de presentar la información y la aplicabilidad de las recomendaciones de prescripción de antibióticos.

Mejorar todos estos aspectos podría facilitar el uso de estas guías y ayudar a los dentistas a tomar las mejores decisiones. Además, será menos probable que se informen a través de otras fuentes que a priori podrían estar más sesgadas como, por ejemplo, la industria farmacéutica, ya que siempre tendrá detrás intereses comerciales.

El objetivo final está claro: necesitamos reducir el consumo de antibióticos innecesarios. No podemos quedarnos parados. El problema de las resistencias a los antibióticos ya no es una amenaza, es una realidad. En Europa mueren alrededor de un centenar de personas al día por resistencias a los antimicrobianos. Es urgente actuar de forma conjunta, y necesitamos que los profesionales sanitarios dispongan de fuentes fiables y prácticas que les permitan tener la seguridad de que están tomando la mejor decisión para sus pacientes.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Cómo decide un dentista si recetar un antibiótico? Solo algunos países tienen guías clínicas de referencia para guiarles – https://theconversation.com/como-decide-un-dentista-si-recetar-un-antibiotico-solo-algunos-paises-tienen-guias-clinicas-de-referencia-para-guiarles-266119

La ciencia pierde fuerza en la toma de decisiones climáticas internacionales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gian Carlo Delgado Ramos, Tenured professor and researcher, Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM)

PeopleImages/Shutterstock

La humanidad, la biodiversidad y el planeta Tierra enfrentan múltiples crisis de manera simultánea. La matriz energética mundial sigue siendo mayormente fósil –en más de 80 %– y el consumo creciente y desigual de energía y materiales constituye la causa principal de la responsabilidad climática diferenciada entre países.

Producto de la distribución desigual de la riqueza, se estima que el 10 % de la población más acomodada es responsable del 77 % de las emisiones globales asociadas a la propiedad privada de capital. El 40,7 % de la población más pobre, que accede a sólo 0,6 % de la riqueza global, figura en cambio entre la más vulnerable, y no sólo a los impactos del cambio climático.

Más allá del binomio energía-clima, la persistencia de formas de producción poco sostenibles y la extracción y consumo creciente de recursos están degradando la base material de la reproducción de la vida debido a la pérdida de la biodiversidad, la degradación y desertificación, así como la contaminación de aire, suelos, agua dulce, océanos y costas.

La transgresión de las fronteras planetarias es tal que ha puesto en riesgo la viabilidad de la vida, al menos tal y como la conocemos. No solo la biodiversidad y los ecosistemas están en crisis, la salud del planeta (y evidentemente la nuestra) también se encuentra bajo amenaza debido a la generación y exposición a una gran diversidad de contaminantes persistentes y tóxicos, incluyendo los plásticos que prácticamente ya se encuentran en todas las cadenas alimenticias.

Decisiones contra el negacionismo climático

En este contexto de agudización del cambio climático e impactos cada vez más severos y potencialmente irreversibles, la ciencia para la toma de decisiones en materia ambiental y climática está perdiendo fuerza y relevancia, sobre todo en lo que respecta a la cooperación internacional.

En sentido opuesto a lo que recomienda la ciencia, algunos gobiernos relajan sus compromisos y medidas o bien han hecho valer políticamente el negacionismo climático (caso, por ejemplo, de Argentina y Estados Unidos.

Otros han ampliado los marcos temporales de sus metas. Es el caso de la prohibición de la venta de vehículos de gasolina y diésel en Europa para 2035, un objetivo que ahora se propone sea solo del 90 % para ese año.

Más grave aún, algunos gobiernos están repetidamente negociando los hallazgos de la ciencia. Esto genera condiciones adecuadas para afianzar el status quo, priorizar el corto plazo, apalancar los privilegios de algunos e hipotecar el futuro de la vida humana y de otras formas de existencia.

Se implementaron medidas para evitar cualquier consenso tanto en las negociaciones para un acuerdo internacional sobre la contaminación plástica en agosto de 2025 como en la eventual aprobación del resumen para tomadores de decisiones de la séptima edición del informe Perspectiva del Medio Ambiente Mundial (GEO-7), el pasado noviembre.

En ambos casos se cuestionaron los mecanismos procedimentales, se criticaron los argumentos científicos, muchas veces sin contar con evidencias, y se buscó la imposición de narrativas como condicionante para otorgar el refrendo de dichos documentos. Estas prácticas, que pareciera se están convirtiendo en la norma, han permitido a países como Estados Unidos, Arabia Saudita, Irán y Rusia agotar los tiempos de negociación, crear puntos muertos y bloquear tanto la movilización de evidencias y de información como la construcción de consensos.

El caso del GEO-7 establece un precedente indeseable al no haber logrado un consenso en torno al resumen para tomadores de decisiones. Desgraciadamente, existe el riesgo de que se repitan situaciones similares en informes como los del Panel Internacional de Cambio Climático (IPCC) o la Plataforma Intergubernamental sobre Biodiversidad y Servicios de los Ecosistemas (IPBES).




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Financiación climática

A la situación por la que cruza la ciencia para la toma de decisiones, se suma la notable erosión del financiamiento, resultado de las actuales condiciones económicas en muchos países y de las tensiones geopolíticas en curso que gradualmente se traducen en el redireccionamiento de la inversión pública hacia el gasto en seguridad y defensa.

El propio sistema de Naciones Unidas, que depende de las donaciones de los países miembro, recortó un 17 % su presupuesto y un 18 % su personal en 2025, con riesgo de terminar el año con déficit. Para 2026, los recortes ascenderán al 20 %, 3.700 millones de dólares.

La asistencia y cooperación internacional está asimismo disminuyendo y, con ello, los recursos para, por ejemplo, atender cuestiones humanitarias, de cambio climático y el medio ambiente.

En el caso de los dos principales donadores, Estados Unidos y Alemania, se constatan ajustes importantes. A principios de 2025, el Gobierno federal del primer país rescindió 4.000 millones de financiamiento al fondo verde climático (GCF), a la vez que la Agencia de los Estados Unidos para el Desarrollo Internacional (USAID) terminó con el 98,3 % del financiamiento a la acción climática. Alemania redujo un 8 % el presupuesto de 2025 del Ministerio para la Cooperación Económica y el Desarrollo de Alemania (BMZ), mientras que aumentó el gasto en defensa en 20 %.

La tendencia para 2026 no parece que vaya a cambiar pues, además del retiro de todo financiamiento al GCF por parte de EUA), la lista de otros casos similares continua, incluyendo Argentina en América Latina, que ya recortó el 80 % del presupuesto climático-ambiental. Otros países como Canadá, Francia y Reino Unido han planteado contracciones al presupuesto de ayuda internacional, aunque todavía mantienen su apoyo a la agenda climática.

China es, hasta ahora la excepción, lo cual sugiere que estamos ante una situación de reajustes geoeconómicos y geopolíticos. Al contrario que Occidente, en 2025 el país asiático mantuvo sin cambios su gasto en defensa, pero aumentó 8,4 % el financiamiento a la ayuda internacional, por ejemplo, al impulsar proyectos que propicien el desarrollo sostenible.




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Geopolítica y ciencia

Debido al ascenso de China en diversos ámbitos, incluyendo el primer lugar en publicación de artículos científicos en las más prestigiosas revistas del mundo, las tensiones que protagoniza con Estados Unidos no deben sorprender, así como tampoco el refrendo de la doctrina Monroe, calificada en la actualidad como “corolario de Trump”.

En su más reciente Estrategia de Seguridad Nacional, Estados Unidos reafirma que América es para los estadounidenses y llama a Europa a sumarse a defender la identidad de Occidente. También se detiene a expresar su rechazo a “…las ideologías desastrosas de cambio climático y del cero neto que tanto han dañado a Europa, amenazado a Estados Unidos y subsidiado a nuestros adversarios (sic)”.

La situación en la que nos encontramos, tanto en términos políticos, económicos y sociales, pero también culturales y discursivos, desgraciadamente plantea condiciones adecuadas para dirigirnos aceleradamente hacia un escenario de transgresión de las fronteras planetarias. Contexto en el que la politización de la ciencia ha llegado al extremo de la falacia ad hominem, es decir, un error lógico derivado de atacar y desacreditar a un actor en lugar de refutar su argumento.

El “error lógico”, dígase de la Casa Blanca, es sin embargo funcional para alejarse de los acuerdos internacionales, desestimando a la ciencia y calificándola de ideología. Hace sólo unos días, Donald Trump decidió retirar a Estados Unidos de la Convención Marco de las Naciones Unidas sobre el Cambio Climático y de otros 65 grupos multilaterales de la ONU, principalmente vinculados al medio ambiente, las energías renovables, el desarrollo, la educación y la promoción de la democracia y los derechos humanos.




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¿Por qué es importante la ciencia para la política?

De cara al avance de múltiples crisis, el papel de la ciencia para la política debería ser fortalecido entendido no sólo como aquella que busca informar el proceso de toma de decisiones de los gobiernos, sino como la que además se dirige a informar, empoderar y movilizar a todos los actores sociales con la finalidad de generar soluciones basadas en alianzas, colaboraciones y diálogo.

La ciencia para la política significa poco si no apuesta por la vida, la justicia y la construcción sistémica de soluciones plurales, sensibles a los contextos locales y con visión a largo plazo.

La transformación a fondo de los factores o causas de las múltiples crisis en curso es obligada y el tiempo para hacerlo, y hacerlo de manera justa e incluyente, se reduce.

En un escenario de desequilibrios hacia el que nos dirigimos, los límites de la adaptación harán en algún momento obsoleto el mecanismo de “pérdidas y daños” propuesto en el marco de las negociaciones climáticas con el fin de compensar a países vulnerables por impactos climáticos inevitables. Lo cual implica que los mayores afectados seguirán siendo los más pobres.

Para el Sur Global esto reafirma que la acción climática es en gran medida una cuestión de política de desarrollo y justicia social donde no sólo la velocidad y el alcance de los cambios es importante, sino también qué es lo que se está transformando, cómo y en beneficio de quién.

Esta cuestión abre sin duda la interrogante de qué tipo de gobernanza multilateral, nacional y subnacional puede realmente responder a la urgencia y complejidad que plantea el avance de múltiples crisis y cuáles son los actores que a esas distintas escalas podrían impulsarla de manera exitosa y coordinada a pesar de las adversidades imperantes.

The Conversation

Gian Carlo Delgado Ramos ha participado en diversos informes y redes internacionales de investigación en cambio climático y sostenibilidad. Fue rapporteur del Multidisciplinay Expert Scientific Advisory Group del GEO-7, ente encargado de validar la integridad científica del informe. Participó en el 5to y 6to informe de evaluación del IPCC y actualmente es CLA en el informe especial de Cambio Climático y Ciudades. Es director del hub de CDMX de la UCCRN, integrante del Comité Ejecutivo de la REDCiC–Red Mexicana de Científicos/as por el Clima, así como del Comité Asesor de Innovate4Cities 2026

ref. La ciencia pierde fuerza en la toma de decisiones climáticas internacionales – https://theconversation.com/la-ciencia-pierde-fuerza-en-la-toma-de-decisiones-climaticas-internacionales-272589

Acuerdo UE-Mercosur: ¿por qué lo rechazan los agricultores?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julián Briz Escribano, Catedrático emérito, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

Protesta de agricultores durante la cumbre de la UE el 18 de diciembre de 2025 en la plaza de Luxemburgo de Bruselas, frente al Parlamento Europeo. PP Photos/Shutterstock

Después de décadas de negociaciones, el pasado 9 de enero la Unión Europea respaldó por mayoría cualificada la firma de un acuerdo comercial con el Mercado Común del Sur (Mercosur) –integrado por Argentina, Brasil, Paraguay, Uruguay y Bolivia y con Chile, Colombia, Ecuador, Guyana, Perú y Surinam como asociados–. Previsiblemente, el acuerdo se firmará el próximo 17 de enero.

Desde el principio de las negociaciones, el acuerdo ha generado amplios debates y ha provocado el descontento de muchos agricultores, que critican el desconocimiento de su realidad por parte de los burócratas de Bruselas, cuestiones relacionadas con la Agenda 2030 y la asimetría de los Estados miembros en temas agrarios.

Esa insatisfacción ha derivado en numerosas protestas, como las ocurridas en los últimos días, que reflejan un malestar estructural del campo europeo frente a políticas que, desde la perspectiva de muchos agricultores, ponen en riesgo su viabilidad económica y la equidad competitiva del mercado agrícola comunitario.

Tensiones entre agricultores e instituciones europeas

Recientes estudios sobre movimientos de protesta agraria han mostrado que las reformas de la Política Agraria Común (PAC) –especialmente aquellas asociadas a mayores exigencias medioambientales y a la simplificación burocrática– han dado lugar a tensiones persistentes entre los agricultores y las instituciones europeas.

Las protestas que han generado no son inéditas, sino parte de una historia de movilizaciones que han influido en la evolución de la PAC desde sus primeras décadas. Las quejas de los agricultores abarcan desde la gran carga de regulaciones ambientales que deben cumplir hasta la percepción de que los mecanismos de apoyo financiero no reflejan adecuadamente los desafíos económicos contemporáneos del sector.




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¿Qué supone el acuerdo con Mercosur?

El acuerdo comercial entre la UE y el bloque sudamericano del Mercosur se ha negociado durante décadas y pretende crear una de las zonas de libre comercio más amplias del mundo. Aunque sus defensores destacan los beneficios macroeconómicos y geopolíticos de eliminar aranceles y facilitar el comercio entre regiones, numerosos agricultores en Europa han expresado su oposición por considerar que la apertura comercial puede traducirse en competencia “desleal” frente a productos agrícolas que no están sujetos a las mismas normas ambientales y sanitarias de la UE.

El acuerdo supone la eliminación de los aranceles del 35 %, que tenían que pagar las empresas europeas por acceder a los países del Mercosur. Esto multiplicará los flujos comerciales en la mayor área comercial del mundo, en un momento donde las relaciones con EE. UU. pasan por una situación crítica.

Como suele ocurrir, hay sectores perjudicados por la nueva competencia en las importaciones (cereales, arroz, vacuno o miel) y otros con posibilidad de expansión de mercado (aceites, vinos, porcino, lácteos).

Este tipo de acuerdos de libre comercio tiene efectos diferenciados sobre el comercio agroalimentario y puede generar tensiones específicas en sectores sensibles. Por ejemplo, la política de subsidios de la UE –parte integral de la PAC– afecta a la dinámica competitiva entre productores europeos y socios comerciales, así como las oportunidades de acceso al mercado para productores del Mercosur.

Manifestantes con pancartas con lemas en francés como
Protesta del sector agrario en Francia el 14 de octubre de 2025.
Pierre Laborde/Shutterstock

Manifestaciones recientes y demandas del sector

El 18 de diciembre de 2025, miles de agricultores europeos bloquearon el centro de Bruselas con tractores para protestar contra lo que consideran un recorte del presupuesto de la PAC y contra la firma del acuerdo entre la UE y Mercosur. Estas movilizaciones coincidieron con una cumbre de líderes europeos, subrayando la capacidad del movimiento agrario para influir en la agenda política comunitaria.

Organizaciones agrarias, como la Asociación Agraria Jóvenes Agricultores (Asaja), la Coordinadora de Organizaciones de Agricultores y Ganaderos (COAG) y la Unión de Pequeños Agricultores y Ganaderos (UPA), denunciaban que la propuesta del Marco Financiero Plurianual para 2028-2034 implicaría una reducción significativa de los fondos dedicados a las ayudas directas y al desarrollo rural, lo que, según sus representantes, pone en riesgo la seguridad alimentaria y la cohesión territorial en Europa.

Paralelamente, los manifestantes cuestionan que el acuerdo Mercosur se negocie sin mecanismos de reciprocidad que obliguen a que los productos importados cumplan con los mismos estándares ambientales, sanitarios y laborales que los productores europeos están obligados a respetar.

Estos movimientos expresan no solo reclamos económicos, sino también resistencias culturales ante cambios estructurales del sector y tensiones entre globalización comercial y políticas públicas nacionales o regionales. En particular, en las protestas de 2023-2024 los agricultores articularon demandas sobre precios justos, cargas administrativas y reglas de comercio internacional en el marco de una política agrícola que se enfrenta a la transición hacia sostenibilidad ambiental y competitividad global.

Además, algunos análisis señalan que las reformas ambientales vinculadas a la PAC, aunque necesarias para cumplir los objetivos climáticos de la UE, han sido percibidas como desigualmente costosas para pequeños y medianos productores –los primeros disponen de menos recursos para afrontar los cambios–, lo cual alimenta las tensiones entre agricultura tradicional y modelos de producción sostenibles.

Políticas agrícolas y comerciales más equilibradas

Las protestas de los agricultores europeos contra la PAC y el acuerdo con Mercosur reflejan una profunda disyuntiva entre las políticas comunitarias de sostenibilidad y liberalización comercial, por un lado, y la demanda de seguridad económica y estabilidad del sector agrario, por el otro. Estas movilizaciones ponen en evidencia la necesidad de diseñar políticas agrícolas y comerciales más equilibradas, que consideren tanto la competitividad internacional como la equidad social y ambiental dentro de la UE.

A pesar del descontento del sector, el presidente rotatorio de Mercosur, el canciller de Paraguay, Rubén Ramírez, ha asegurado que las medidas de salvaguarda para los agricultores europeos aprobadas por la Comisión Europea en diciembre “no forman parte del histórico acuerdo de libre comercio suscrito en Montevideo en diciembre del año pasado”.

El frente multipolar que se vislumbra nos traerá previsiblemente más protestas tanto a nivel comunitario como nacional y local, solapándose con otros aspectos de la coyuntura internacional, como los temas financieros de ayuda a Ucrania y las posturas trumpistas en comercio exterior, que sirven de marco para el desarrollo de la PAC. El declive geopolítico de la UE en el nuevo contexto, que desplaza el centro decisorio del Atlántico al Pacífico, supone una razón de peso para afianzar la sostenibilidad alimentaria como arma estratégica.

The Conversation

Julián Briz Escribano es presidente y fundador de PRONATUR, miembro de la Academia Francesa de Agricultura, miembro de las Juntas directivas de la World Green Infrastructure Network y la Federacion Europea de Infraestructuras Verdes EFB.

Isabel de Felipe Boente pertenece a la Junta Directiva de PRONATUR.

ref. Acuerdo UE-Mercosur: ¿por qué lo rechazan los agricultores? – https://theconversation.com/acuerdo-ue-mercosur-por-que-lo-rechazan-los-agricultores-273259