L’IA en Afrique : 5 défis à relever pour garantir l’égalité numérique

Source: The Conversation – in French – By Rachel Adams, Honorary Research Fellow of The Ethics Lab, University of Cape Town

Si elle est correctement orientée, l’intelligence artificielle (IA) a le potentiel d’accélérer le développement. Elle peut favoriser des avancées décisives dans le domaine de l’agriculture. Elle peut élargir l’accès aux soins de santé et à l’éducation. Elle peut aussi stimuler l’inclusion financière et renforcer la participation démocratique.

Mais sans une action volontariste, la « révolution » de l’IA risque d’aggraver les inégalités plutôt que d’élargir les opportunités.

En tant que chercheur spécialisé dans l’histoire et l’avenir de l’IA, j’ai écrit sur les dangers de l’IA qui creusent les inégalités mondiales. Il est urgent de mettre en place des mécanismes de gouvernance qui tenteront de redistribuer les bénéfices de cette technologie.

L’ampleur du fossé en matière d’IA est flagrante. L’Afrique détient moins de 1 % de la capacité mondiale des centres de données, qui sont les moteurs de l’IA. Cela signifie que le continent dispose d’une infrastructure minimale pour héberger la puissance de calcul nécessaire à la création et à l’exécution de modèles d’IA.

Si 32 pays dans le monde hébergent des centres de données spécialisés dans l’IA, les États-Unis et la Chine en représentent à eux seuls plus de 90 %.

Et seuls environ 5 % des talents africains en IA (innovateurs possédant des compétences en IA) ont suffisamment accès aux ressources nécessaires à la recherche avancée et à l’innovation.




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Les dirigeants et les décideurs politiques du monde entier doivent se confronter à une vérité dérangeante : l’IA n’est pas répartie de manière égale sur la planète, et sans une action déterminée, elle amplifiera les divisions mondiales.

Mais ils ont encore la possibilité de tracer une nouvelle trajectoire, dans laquelle l’Afrique et la majorité mondiale définiront les règles du jeu. Une trajectoire qui garantit que l’IA devienne un moteur de prospérité partagée plutôt que d’exclusion.

Pour y parvenir, cinq domaines politiques essentiels doivent être abordés. Il s’agit des données, de la capacité de calcul, de l’IA pour les langues locales, des compétences et de la maîtrise de l’IA, ainsi que de la sécurité, de l’éthique et de la gouvernance de l’IA. Il ne s’agit pas seulement de priorités pour l’Afrique, mais d’impératifs mondiaux.

1. Informatique et infrastructure

L’accès à la puissance de calcul est devenu le point d’étranglement déterminant dans l’écosystème actuel de l’IA. Les chercheurs et les innovateurs africains resteront en marge de l’économie de l’IA tant qu’il n’y aura pas d’investissements dans les centres de données régionaux, les clusters GPU (un groupe d’ordinateurs travaillant ensemble sur le traitement à grande échelle de l’IA) et une infrastructure cloud sécurisée.

L’Union européenne, en revanche, a réuni plus de 8 milliards de dollars américains pour créer une entreprise commune pour le calcul haute performance afin de garantir que le continent dispose de la capacité nécessaire pour les innovations locales.

Les pays africains devraient faire pression pour obtenir des financements et des partenariats afin de développer leurs capacités locales. Ils devront également insister sur la transparence des fournisseurs mondiaux quant au contrôle de l’accès et garantir une coopération régionale afin de mettre en commun les ressources au-delà de leurs frontières.

2. Gouvernance des données

Les systèmes d’IA ne sont efficaces que dans la mesure où les données sur lesquelles ils sont entraînés le sont également. La plupart des données du continent sont fragmentées, mal gérées ou extraites sans compensation équitable pour ceux qui les ont fournies. De vastes ensembles de données diversifiés et lisibles par machine sont utilisés pour apprendre aux modèles d’IA les contextes et les réalités que ces données reflètent.

Là où des cadres de gestion éthique existent, les ensembles de données gérés localement ont déjà stimulé des innovations qui ont eu un impact. Par exemple, le Lacuna Fund a aidé des chercheurs de toute l’Afrique à constituer plus de 75 ensembles de données ouvertes pour l’apprentissage automatique dans des domaines tels que l’agriculture, la santé, le climat et les langues à faibles ressources. Ceux-ci ont comblé des lacunes critiques en matière de données, permettant la création d’outils qui reflètent mieux les réalités africaines : des ensembles de données très précis sur le rendement des cultures pour l’agriculture, ou des ressources vocales/textuelles pour les langues mal desservies.

Des lois nationales solides en matière de protection et de gouvernance des données sont nécessaires. Il en va de même pour les données communes régionales, une ressource partagée où les données sont collectées, stockées et rendues accessibles à une communauté selon des normes et une gouvernance communes. Cela permettrait la collaboration, la réutilisation et des avantages équitables. Les normes de qualité, d’ouverture, d’interopérabilité et d’éthique élaborées par les organisations multilatérales doivent être conçues en mettant les priorités africaines au centre.

3. L’IA pour les langues locales

Une IA inclusive dépend des langues qu’elle parle. Les grands modèles actuels privilégient massivement l’anglais et d’autres langues dominantes. Les langues africaines sont pratiquement invisibles dans la sphère numérique. Non seulement cela renforce les inégalités et les préjudices existants, mais risque également d’exclure des millions de personnes de l’accès aux services basés sur l’IA.




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Prenons l’exemple de l’organisation à but non lucratif Gender Rights in Tech, basée au Cap. Elle a développé un chatbot sensible aux traumatismes appelé Zuzi qui soutient les victimes de violences sexistes en leur fournissant des conseils anonymes et accessibles dans diverses langues sud-africaines sur leurs droits, les services juridiques disponibles et la santé sexuelle et reproductive. Il aide à surmonter la stigmatisation et à combler les écarts en matière d’accès. Zuzi démontre ainsi la puissance des technologies d’IA dans les langues locales.

Il est donc urgent d’investir dans des ensembles de données, des références et des modèles pour les langues africaines, ainsi que dans des outils de reconnaissance vocale, de synthèse vocale et d’alphabétisation.

4. Compétences en IA et alphabétisation

Les infrastructures et les données africaines n’auront que peu d’intérêt sans la capacité humaine à les utiliser. À l’heure actuelle, l’offre de compétences en IA sur le continent est bien inférieure à la demande, et la compréhension du public quant aux avantages et aux risques de l’IA reste faible.

Pour améliorer les compétences, l’IA et la science des données devront être intégrées dans les programmes scolaires et universitaires, et la formation professionnelle devra être développée. Il est essentiel de soutenir les programmes d’apprentissage tout au long de la vie.

Les campagnes de sensibilisation du public peuvent permettre aux citoyens de comprendre à la fois les promesses et les dangers de l’IA. Cela favorisera un débat public plus approfondi sur ces questions. Ces campagnes peuvent également cibler le soutien aux femmes, aux communautés rurales et aux locuteurs de langues africaines afin d’éviter la formation de nouvelles fractures.

5. Sécurité, éthique et gouvernance

Enfin, il est urgent de mettre en place des cadres de gouvernance plus solides. Les pays africains sont confrontés à des risques uniques liés à l’IA. Parmi ceux-ci figurent l’ingérence électorale, la désinformation, la perturbation de l’emploi et les coûts environnementaux. Ces risques sont liés aux réalités structurelles de l’Afrique : écosystèmes d’information fragiles, marchés du travail informels importants, filets de sécurité sociale faibles et infrastructures aux ressources limitées. Des stratégies nationales voient le jour, mais les capacités d’application et de contrôle restent limitées.

Les gouvernements africains devraient promouvoir la création d’un institut africain pour la sécurité de l’IA. Des audits de sécurité et d’éthique doivent être obligatoires pour les systèmes à haut risque. Les réglementations et les instruments de gouvernance de l’IA doivent être alignés sur les principes africains fondés sur les droits qui mettent l’accent sur l’équité, la justice, la transparence et la responsabilité. La participation aux organismes mondiaux qui forgent les normes est également cruciale pour garantir l’inclusion des perspectives africaines dans les règles élaborées ailleurs.

Tous les regards tournés vers le G20

Dans leur ensemble, ces priorités ne constituent pas des mesures défensives, mais bien un plan d’action pour l’autonomisation. Si elles sont mises en œuvre, elles réduiraient le risque d’inégalité. Elles permettraient à l’Afrique et à d’autres régions du monde de façonner l’IA de manière à servir leurs populations et leurs économies.

Les ministres du numérique et de la technologie des plus grandes économies mondiales ont participé à la réunion ministérielle du groupe de travail sur l’économie numérique du G20 à la fin du mois de septembre.

Sur le papier, il s’agit d’une réunion de routine. Dans la pratique, il pourrait s’agir de la réunion la plus importante jamais organisée sur la politique en matière d’IA.




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Cette réunion est intervenue au moment même où l’IA est saluée comme la technologie qui redéfinira l’économie mondiale.

Cette réunion n’est pas unique. Elle sera suivie de la conférence AI for Africa, co-organisée par la présidence sud-africaine du G20, l’Unesco et l’Union africaine. C’est à cette occasion que sera lancée l’initiative « AI in Africa » sera lancée. Elle est conçue comme un mécanisme pratique visant à mettre en œuvre les engagements du G20 et à faire progresser la mise en œuvre de la stratégie continentale en matière d’IA de l’Union africaine.

Le Cap pourrait donc marquer un tournant : le moment où les dirigeants africains, en collaboration avec le G20, commenceront à réduire la fracture numérique en matière d’IA et à exploiter cette technologie pour une prospérité partagée.

The Conversation

Rachel Adams bénéficie d’un financement du Centre de recherches pour le développement international du Canada, dans le cadre du programme de financement AI4Development, codirigé avec le ministère britannique des Affaires étrangères et du Développement international.

ref. L’IA en Afrique : 5 défis à relever pour garantir l’égalité numérique – https://theconversation.com/lia-en-afrique-5-defis-a-relever-pour-garantir-legalite-numerique-266118

Nouveau risque de paralysie des administrations fédérales aux États-Unis : ce que nous enseigne le « shutdown » de 2013

Source: The Conversation – in French – By Gonzalo Maturana, Associate Professor of Finance, Emory University

Un panneau indique la fermeture des services fédéraux lors du « shutdown » gouvernemental de 2013. AP Photo/Susan Walsh

Ce 30 septembre 2025, l’échec des négociations budgétaires au Congrès risque de mener à un shutdown. Concrètement, l’administration fédérale pourrait cesser de fonctionner. Une étude sur le shutdown de 2013 – 16 jours durant – révèle des effets négatifs à long terme : un turnover plus élevé, des pertes de productivité mesurables et des coûts de recrutement exorbitants.


Alors que l’année fiscale fédérale touche à sa fin, une perspective malheureusement familière est discutée à Washington : une possible paralysie de l’administration fédérale. Pour les fonctionnaires fédéraux, cela ne pouvait arriver à un pire moment.

Dans le paysage politique divisé et polarisé des États-Unis, les démocrates et les républicains comptent sur des projets de loi de financement provisoires à court terme pour maintenir le gouvernement en activité, en l’absence d’accords budgétaires à plus long terme.

Alors que les partis sont éloignés d’un accord sur les termes d’une résolution budgétaire, même à court terme, le gouvernement doit cesser de fonctionner le 1er octobre 2025, à moins d’un accord de la dernière chance. Si ce shutdown se produit, cela marquerait un autre moment difficile cette année pour des fonctionnaires qui ont fait face à la suppression de plus de 300 000 emplois. Cette procédure de licenciement massif tient aux efforts de l’administration Trump pour restructurer ou supprimer en grande partie certaines agences gouvernementales. L’objectif : accroître leur efficacité.

Avec un potentiel shutdown, des centaines de milliers d’employés fédéraux seraient mis à pied – renvoyés chez eux sans salaire jusqu’à ce que le financement du gouvernement fédéral reprenne.

En tant qu’économistes spécialisés dans les marchés du travail et de l’emploi du secteur public, et ayant examiné des millions de dossiers du personnel fédéral liés à de telles fermetures gouvernementales dans le passé, nous avons constaté que les conséquences vont bien au-delà des images désormais familières de parcs nationaux fermés et de services fédéraux bloqués. Sur la base de notre étude du shutdown d’octobre 2013 au cours de laquelle environ 800 000 employés fédéraux ont été mis à pied pendant 16 jours, la fermeture des agences fédérales laisse un effet négatif durable sur ces fonctionnaires, remodelant leur composition et affaiblissant leur performance pour les années à venir.

Congé forcé pour les fonctionnaires fédéraux

Des millions d’États-Uniens interagissent chaque jour avec le gouvernement fédéral. Plus d’un tiers des dépenses nationales états-uniennes sont acheminées par le biais de programmes fédéraux, notamment Medicare. Les fonctionnaires fédéraux gèrent par exemple les parcs nationaux, rédigent des règlements environnementaux et aident à assurer la sécurité du transport aérien.

Quelles que soient les tendances politiques de chacun, si l’objectif est d’avoir un gouvernement qui s’acquitte efficacement de ces responsabilités, il est essentiel d’attirer et de retenir une main-d’œuvre compétente.

La capacité du gouvernement fédéral à le faire peut être de plus en plus difficile, en partie parce que les shutdown prolongées peuvent avoir des effets secondaires.

Lorsque le Congrès ne parvient pas à approuver des crédits, les agences fédérales doivent licencier des fonctionnaires dont les emplois ne sont pas considérés comme « exemptés » – parfois communément qualifiés d’essentiels. Ces fonctionnaires exclus continuent de travailler, tandis que d’autres n’ont pas le droit de travailler ou même de faire du bénévolat jusqu’à ce que le financement du gouvernement fédéral reprenne.

Le statut spécifique de ces « congés » imposés aux fonctionnaires pendant ce shutdown reflète les sources de financement de ces postes et les catégories de mission données, et non les performances d’un individu. Par conséquent, il ne donne aucun signal sur les perspectives d’avenir pour un fonctionnaire et agit principalement comme un choc pour le moral. Il est important de noter que les congés ne créent pas de pertes de richesse à long terme ; les arriérés de salaire ont toujours été accordés et, depuis 2019, sont légalement garantis. Les fonctionnaires touchent leur salaire, même s’ils peuvent faire face à de réelles contraintes financières à court terme.

Un observateur cynique pourrait qualifier les congés de congés payés, mais les données racontent une autre histoire.

Moral en berne des fonctionnaires

À l’aide de nombreux dossiers administratifs sur les fonctionnaires civils fédéraux du shutdown d’octobre 2013, nous avons étudié la façon dont ce choc moral s’est répercuté sur le fonctionnement des agences gouvernementales. Les fonctionnaires exposés à des congés lors du shutdown étaient 31 % plus susceptibles de quitter leur emploi dans l’année.

Ces départs n’ont pas été rapidement remplacés, ce qui a forcé les agences à compter sur des travailleurs temporaires coûteux et a entraîné des déclins mesurables dans les fonctions essentielles telles que les paiements, l’application des lois et les processus pour délivrer des brevets.

En outre, nous avons constaté que cet exode s’est renforcé au cours des deux premières années suivant un shutdown. Elle se stabilise ensuite par une baisse permanente des effectifs, ce qui implique une perte durable de capital humain. Le choc moral est plus prononcé chez les jeunes femmes et les professionnels très instruits qui ont beaucoup d’opportunités extérieures. En effet, notre analyse des données d’enquête d’un shutdown ultérieur en 2018-2019 confirme que c’est le moral, et non la perte de revenus, qui est à l’origine de ces départs massifs.

Les fonctionnaires qui se sont sentis les plus touchés ont signalé une forte baisse de leur capacité d’action, d’initiatives et de reconnaissance. De facto, ils étaient beaucoup plus susceptibles de planifier un départ.

L’effet de la perte de motivation est frappant. À l’aide d’un modèle économique simple où l’on peut s’attendre à ce que les travailleurs accordent de la valeur à la fois à l’argent et à leur objectif, nous estimons que la baisse de la motivation intrinsèque après un shutdown nécessiterait une augmentation de salaire d’environ 10 % pour compenser.

1 milliard de dollars pour des recrutements temporaires

Certaines personnes ont soutenu que ce départ de fonctionnaires est nécessaire, une façon de réduire le gouvernement fédéral pour « affamer la bête ».

Les preuves brossent un tableau différent. Les agences les plus durement touchées par les licenciements se sont tournées vers des entreprises de recrutement temporaire pour combler les emplois non pourvus. Au cours des deux années qui ont suivi le shutdown de 2016, ces organismes ont dépensé environ 1 milliard de dollars de plus en sous-traitants qu’ils n’ont économisé en salaires.

Les coûts vont au-delà des dépenses de remplacement, car la performance du gouvernement en souffre également. Les organismes qui ont été les plus touchés par le shutdown ont enregistré des taux plus élevés de paiements fédéraux inexacts pendant plusieurs années. Même après une récupération partielle de la main-d’œuvre fédérale, les pertes se sont élevées à des centaines de millions de dollars que les contribuables n’ont jamais récupérés.

Agences scientifiques sans scientifiques

D’autres postes nécessitant des compétences spécialisées ont également connu un déclin. Les poursuites judiciaires ont diminué dans les agences qui ont manqué d’avocats expérimentés, et les activités de brevetage ont chuté dans les agences scientifiques et d’ingénierie après le départ d’inventeurs clés.

Les estimations officielles des coûts du shutdown se concentrent généralement sur les effets à court terme sur le PIB et des arriérés de salaire. Nos résultats montrent qu’une facture encore plus importante se présente plus tard sous la forme d’un turnover plus élevé du personnel, de coûts de main-d’œuvre plus élevés pour combler les postes non pourvus et des pertes de productivité mesurables.

Les shutdown sont des chocs brutaux et récurrents qui démoralisent les fonctionnaires et érodent leurs performances. Ces coûts se répercutent sur tous ceux qui dépendent des services gouvernementaux. Si le public veut des institutions publiques efficaces et responsables, alors nous devrions tous nous soucier d’éviter ces blocages gouvernementaux.

Après une année déjà mouvementée, il n’est pas clair si un shutdown à venir ajouterait considérablement la pression sur les fonctionnaires fédéraux ou aurait un effet plus limité. Beaucoup de ceux qui envisageaient de partir sont déjà partis par le biais de rachats de leurs congés ou de licenciements forcés cette année. Ce qui est clair, c’est que des centaines de milliers d’employés fédéraux sont susceptibles de connaître une autre période d’incertitude.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Nouveau risque de paralysie des administrations fédérales aux États-Unis : ce que nous enseigne le « shutdown » de 2013 – https://theconversation.com/nouveau-risque-de-paralysie-des-administrations-federales-aux-etats-unis-ce-que-nous-enseigne-le-shutdown-de-2013-266384

Droit à l’oubli après un cancer pour faire un crédit : une avancée législative qui fait une différence

Source: The Conversation – in French – By Agnès Dumas, Researcher in sociology, Inserm

Le droit à l’oubli – ce dispositif qui permet de ne pas déclarer, après la fin des traitements, que vous avez eu un cancer par le passé – facilite-t-il l’accès au crédit, notamment immobilier, pour les anciennes et anciens malades ? Oui, répond une étude qui s’est intéressée à des personnes avec des antécédents de cancers pédiatriques ou de cancer du sein, même si ses effets restent limités dans les cas de cancer du sein. À l’occasion d’« Octobre rose », on fait le point.


Et si survivre à un cancer ne suffisait pas à tourner la page ? En France, depuis 2016, le « droit à l’oubli » (par l’article 190 de la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé) permet aux personnes guéries d’un cancer de ne plus mentionner leur maladie lors d’une demande de crédit et d’assurance emprunteur. Cette loi, pionnière en Europe, visait à lutter contre une discrimination financière invisible mais tenace : la difficulté d’accès au crédit pour cause d’antécédent de cancer.

Nous avons mené une étude inédite baptisée ELOCAN qui vient d’en évaluer les effets chez des personnes traitées pour un cancer du sein ou pour différents types de cancers durant l’enfance.

Ses résultats montrent que, si la probabilité de rencontrer des difficultés a significativement baissé, notamment chez les anciens malades du cancer de l’enfant, il restait des freins pour les personnes traitées pour un cancer du sein. La promesse d’effacer le passé médical se heurte parfois à la complexité des situations individuelles et au temps nécessaire pour pouvoir bénéficier du « droit à l’oubli ».

Source : Sorbonne Université (image cliquable).

Pour les anciens malades, des difficultés à obtenir un crédit immobilier

D’après les données de l’Institut national du cancer (INCa), 3,8 millions de personnes en France métropolitaine ont eu un diagnostic de cancer au cours de leur vie. En 2023, plus de 61 000 femmes ont été concernées par un cancer du sein, avec un taux de survie supérieur à de nombreux autres cancers, atteignant 88 % à cinq ans sur la période 2010-2015. Les cancers de l’enfant sont plus rares, avec moins de 2 000 cas par an chez les moins de 15 ans, mais sont comparables en termes de pronostic, le taux de survie à cinq ans étant passé à 85 % sur la période 2010-2016. Ces taux importants de survie soulèvent de nouvelles problématiques.

L’accès au crédit, qui concerne particulièrement les jeunes anciens malades du cancer, est un enjeu important car il peut considérablement influencer les conditions de vie matérielles et donc le bien-être. D’après l’enquête « Histoire de vie et patrimoine » de l’Insee, un ménage sur deux est concerné par une demande de crédit en France. Le crédit immobilier, à lui seul, concerne un Français sur trois, et jusqu’à cinq sur dix parmi les 30-49 ans. Or, pour les anciens malades, l’accès au crédit est difficile en raison de la demande de souscription à une assurance emprunteur parfois inaccessible.

En effet, en raison du risque de récidive ou des effets à long terme des traitements du cancer, les compagnies d’assurance peuvent hésiter à assurer les prêts en appliquant des primes plus élevées, en excluant certains types de garanties telles qu’un nouveau cancer, ou même en refusant d’assurer la personne.

Le cancer peut donc engendrer des inégalités sociales, en particulier dans les pays comme la France où l’accès à une assurance emprunteur est une condition préalable à l’obtention d’un crédit pour acheter un logement, ce qui limite la capacité des anciens malades à accéder à la propriété.

Dans l’enquête française Vican sur les conditions de vie après un cancer de l’adulte, 17 % des personnes ont tenté d’obtenir un crédit immobilier ou professionnel dans les cinq ans suivant le diagnostic. Dans une étude fondée sur une cohorte d’adultes guéris d’un cancer pédiatrique, 31 % des répondants ont déclaré avoir rencontré des difficultés au cours de leur vie pour accéder à une assurance emprunteur pour un crédit immobilier après leur cancer. Ces difficultés étaient d’abord liées au fait d’avoir déclaré le cancer à l’assureur, et assez peu à l’état de santé des personnes concernées.

Ne pas avoir à déclarer son antécédent de cancer cinq ans après

Adopté en 2016, le droit à l’oubli a permis aux anciens malades de ne pas déclarer l’antécédent de cancer après un certain délai (cinq ans pour les cancers survenus avant l’âge de 21 ans, dix ans pour les cancers survenus après). Un accès sans surprime ou avec une surprime plafonnée est possible avant cela dans certains cas qui sont détaillés dans les grilles de référence adoptées par la convention « s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé », dite convention Aeras.

En 2022, la loi Lemoine (loi n°2022-270 du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur) a réduit à cinq ans le délai du droit à l’oubli, quel que soit l’âge au diagnostic. Cette loi a également supprimé les questionnaires de santé pour certains crédits.

Quels effets du droit à l’oubli pour accéder à l’assurance emprunteur ?

L’étude ELOCAN avait pour objectif d’évaluer les effets du droit à l’oubli sur la réduction des difficultés rencontrées par les anciens malades du cancer vis-à-vis de l’accès à l’assurance emprunteur. Les difficultés étaient définies comme le fait de payer une surprime, d’avoir des exclusions de garanties, ou de se voir refuser toute proposition d’assurance par un assureur.

Pour cela, nous avons sollicité la participation d’anciens malades traités pour un cancer pédiatrique ou pour un cancer du sein ainsi que des personnes (des « témoins ») sans antécédent de cancer. Les participants ont été principalement mobilisés au travers de la plateforme des Seintinelles et de la cohorte FCCSS.

Les difficultés d’accès à l’assurance emprunteur signalées par les anciens malades et les témoins avant et après l’adoption du droit à l’oubli ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire en ligne et comparées entre les groupes (en suivant la méthode d’une étude contrôlée « avant-après »). Les groupes ont été rendus comparables (« appariés ») à l’aide d’un score basé sur la proximité des participants en termes d’âge, de sexe, de montant du capital assuré et de variables se rapportant à l’état de santé (comorbidités, tabagisme, surpoids). Le recueil de données s’est arrêté en 2022 et celles-ci ne prennent donc pas en compte les évolutions de la loi Lemoine.

Des difficultés d’accès au crédit qui persistent après un cancer du sein

Les résultats montrent que la probabilité d’avoir des difficultés à obtenir un prêt a diminué de manière significative après l’adoption du droit à l’oubli. Sur 552 répondants appariés, des difficultés d’accès à l’assurance liée au prêt ont été signalées par 65 % des cas contre 16 % des témoins avant le droit à l’oubli et par 35 % des cas contre 15 % des témoins après le droit à l’oubli. Ces différences étaient significatives sur le plan statistique quand l’ensemble des participants étaient inclus.

Mais, quand les analyses faisaient la différence par type de cancer, on observe que les résultats n’étaient pas significatifs pour la sous-population des personnes traitées à l’âge adulte pour un cancer du sein, même si on observait une réduction importante de difficultés rapportées avant et après la loi. Les résultats détaillés de cette étude financée par l’Institut national du cancer (INCa_15900) sont disponibles en accès gratuit ici.

En conclusion, cinq ans après la mise en place du droit à l’oubli, on observe une diminution significative de la proportion d’anciens malades du cancer rencontrant des difficultés. Cependant, des obstacles demeuraient dans le recours à ce droit, en particulier pour les personnes traitées à l’âge l’adulte qui devaient plus souvent attendre dix ans avant de pouvoir en bénéficier. En effet, les femmes ayant eu un cancer du sein infiltrant devaient le plus souvent attendre dix ans après la fin des traitements, ce délai ayant été réduit à sept ans à partir de 2019 pour certains types de cancers du sein (les cancers dits de « Stade I »).

La nouvelle loi Lemoine, dans laquelle le droit à l’oubli a été réduit pour tous les cancers à cinq ans après la fin des traitements, et qui prévoit la suppression des questionnaires de santé dans certaines conditions, représente une avancée majeure. De plus, la convention Aeras continue de publier des grilles de référence permettant la prise en compte des avancées médicales.

En 2024, huit autres pays européens (Belgique, Chypre, Espagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Slovénie) avaient adopté ou mis en œuvre une législation inspirée du droit à l’oubli français. Plusieurs associations de patients en Europe ont appelé à une extension du droit à l’oubli à l’ensemble des pays européens.


Vous trouverez plus d’informations sur l’étude ELOCAN sur son site.

Ce travail de recherche a été mené avec la collaboration de Morgane Michel, Aurélie Bourmaud, Moreno Ursino, Asmaa Janah, Tienhan Sandrine Dabakuyo Yonli, Emerline Assogba, Nadia Haddy, Florent De Vathaire.

The Conversation

Agnes DUMAS a reçu des financements de : Institut national du cancer (INCa), Fondation ARC, Fondation Maladies Rares (FRM), Commission Européenne, Agence nationale de la recherche (ANR).

Hugo Jeanningros, Nicolas Bougas et Renaud Debailly ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Droit à l’oubli après un cancer pour faire un crédit : une avancée législative qui fait une différence – https://theconversation.com/droit-a-loubli-apres-un-cancer-pour-faire-un-credit-une-avancee-legislative-qui-fait-une-difference-264301

Curve Lake’s day school history reveals Indigenous activism in the face of colonial schooling

Source: The Conversation – Canada – By Jackson Pind, Assistant Professor, Indigenous Methodologies, Chanie Wenjack School of Indigenous Studies, Trent University

Chief Elsie Knott, the first female chief of a First Nation in Canada, disliked the Indian Day School system from her own childhood experiences and wanted something better for the next generation.

As chief of what’s now called Curve Lake First Nation, 25 kilometres northeast of Peterborough, Ont., she bought a retired hearse. Knott used it to drive children from Curve Lake to the public school in Lakefield, Ont. That eventually became a community-run bus service that still operates to this day.

Image showing a wooden school desk with words students by day overtop.
‘Students By Day: Colonialism and Resistance at the Curve Lake Day School,’ by Jackson Pind.
(Queen’s/McGill Press)

This was one of many powerful stories I encountered in researching my book Students by Day: Colonialism and Resistance at the Curve Lake Indian Day School.

This is the first Ontario book to focus on the history of an Indian Day School, an institution that shaped the lives of generations of Indigenous children but has received little attention compared to residential schools.

This book grew out of my doctoral research, but it was also built on years of working directly with Survivors, families and community leaders in Curve Lake First Nation.

The stories and archival records reveal not only the harms of day schooling, but also the persistence, creativity and resistance of a community determined to care for its children despite the colonial system imposed upon them.




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Gaps about colonial schooling

Most Canadians have at least heard of residential schools, but far fewer know about day schools. Yet more Indigenous children attended day schools than residential schools.

These institutions operated in communities across the country, run by churches and funded by the federal government. They combined underfunded education with assimilationist policies designed to erase Indigenous languages, cultures and governance systems.

The federal settlement for day school Survivors was only finalized in 2019, over a decade after the residential school settlement.

Even today, there has been no formal apology from the churches involved, and no commission of inquiry dedicated to day schools. That gap in public understanding is what motivated me to write Students by Day.

Researching with Curve Lake

I grew up with ties to Curve Lake First Nation and began this project with the support of then-Chief Emily Whetung and council in 2020. With their guidance, I worked through roughly 10,000 archival files at Library and Archives Canada and paired that record with oral histories from Survivors who wanted their stories told.

Like many researchers during COVID-19, I adapted when in-person visits were no longer possible. But when I could return to Curve Lake, five Survivors came forward to share their stories. Their courage and generosity in speaking publicly about difficult experiences made this book possible.

The archives are full of letters from Curve Lake dating back to the 19th century, demanding better pay for teachers, requesting Indigenous teachers and even asking for their own school boards. Leaders actively worked within the constraints of the system to make schooling serve their people as best as possible.

Stories of resistance

What emerged from the research is not only a record of harm but also of resilience.

A letter written by an Indian agent in the 1920s complained:

[O]ne of the chief holdbacks of the Chemong (Curve Lake School) is the determination of parents to stick to their own language, with a few expectations. They are quite jealous of it, and and will not favour the use of English by the children when at play.”

Parents constantly resisted the imposition of English-only language education and instead fostered the Ansihinaabeowin language outside of the school.

This kind of community-organized resistance complicates the narrative of Indigenous schooling as one of only trauma. While lasting harm did occur, there were also acts of agency, resilience and a vision to keep their culture into the future.




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Acting with one mind: Gwich’in lessons for truth and reconciliation


Reconciliation with Day School Survivors

The Truth and Reconciliation Commission called attention to inequities in education. While today, Curve Lake’s school for children has been locally operated since the early 1980s, funding formulas still leave First Nation schools grossly underfunded in comparison to their peers in the provincial education system.

The federal government has begun digitizing over six million Day School documents, with about 800,000 already accessible. These resources will be invaluable to communities seeking to recover their histories.

As part of the 2019 class-action settlement with Indian Day School Survivors, a $200 million legacy fund was created for healing, language revitalization, commemoration and truth telling.

However, there is still lots of work to be done across the country in examining the lasting impacts of these institutions within First Nation communities.

As Survivors remind us, reconciliation is not just about documents or apologies. It’s about action. Understanding the role of Indian Day Schools, listening to Survivors and addressing ongoing inequalities are all part of Canada’s unfinished work.

The Conversation

Jackson Pind receives funding from the Social Humanities Research Council of Canada.

ref. Curve Lake’s day school history reveals Indigenous activism in the face of colonial schooling – https://theconversation.com/curve-lakes-day-school-history-reveals-indigenous-activism-in-the-face-of-colonial-schooling-265711

Trump administration is on track to cut 1 in 3 EPA staffers by the end of 2025, slashing agency’s ability to keep pollution out of air and water

Source: The Conversation – USA (2) – By Elizabeth Blum, Professor of Environmental History, Troy University

Environmental Protection Agency staff and contractors are often involved in large cleanups of toxic waste, such as after the Los Angeles fires of early 2025. Mario Tama/Getty Images

As Congress faces a Sept. 30, 2025, deadline to fund the federal government, Environmental Protection Agency Administrator Lee Zeldin has put the EPA on the chopping block. But even before Congress decides about the administration’s recommendations to slash its staff, the EPA’s political leaders have made even more significant cuts to the agency’s workforce.

And a look at past efforts to cut EPA staff shows how rapidly those changes can affect Americans’ health and the environment.

Using publicly available government databases and a collection of in-depth interviews with current and former EPA employees, the Environmental Data and Governance Initiative, a group of volunteer academics that we are a part of, has begun to put some numbers behind what many have suspected. Zeldin’s cuts have diminished the EPA’s staffing levels, even before Congress has had a chance to weigh in, affecting the environment, public health and government transparency.

People hold signs saying 'There's no Planet B,' 'Save the U.S. EPA' and other messages.
EPA employees protest cuts to the agency.
Brett Phelps/The Boston Globe via Getty Images

How many people are being let go?

Precise numbers of staffing cuts are hard to pin down, but their historic scale in the first eight months of this administration is unmistakable. Released in May, Zeldin’s budget proposal for the fiscal year starting October 2025 proposed to cut 1,274 full-time-equivalent employee positions from a total of 14,130 in the year ending Sept. 30, 2025 – a 9% drop.

A July 18, 2025, press release from the EPA said the agency had already cut 23% of its personnel, terminating the employment of 3,707 of 16,155 employees. Using employees – the number of people – rather than full-time equivalents makes these numbers difficult to compare directly with EPA’s budget proposals.

Combining EPA data on staffing changes with conservative estimates of the pending cuts, the initiative has calculated that 25% of EPA staff are already out of the agency.

That calculation does not include other announced cuts, including a third round of deferred resignations taking effect at the end of September 2025 and December 2025. Those cuts may see the departure of similar numbers of full-time equivalents as in the past two rounds – approximately 500 and 1,500.

The agency has also reportedly planned to be cutting as much as two-thirds of research staff.

With those departure figures included, the initiative estimates that approximately 33% of staffers at the agency when Trump took office will be gone by the end of 2025. That would leave, at the start of 2026, an EPA staff numbering approximately 9,700 people, a level not seen since the last years of the Nixon and Ford administrations.

These cuts are deeper than past efforts to shrink the size of the agency. In his first term, Trump proposed eliminating 21.4% of staff at the EPA, though Congress made no significant changes to the agency’s staffing. The largest actual cut to EPA staffing was under President Ronald Reagan in the early 1980s: He advocated for a 17.3% drop in staffing, although Congress held the cuts to 10%.

Effects of past cuts

In the past, cuts to the EPA caused problems and were reversed – but it took years.

The staffing and budget cuts that came during the first two years of the Reagan administration generated problems with meeting the agency’s responsibilities.

For instance, rather than prosecute industry for polluting, Reagan’s EPA Administrator Anne Gorsuch told business leaders she would ignore their violations of environmental laws. Remaining staff were convinced that working on enforcement cases would be a “black mark” on their records.

Another top political appointee at Reagan’s EPA, Rita Lavelle, who headed the Superfund effort to clean up toxic sites, faced prison time for her official acts. She was convicted of perjury and obstructing a congressional investigation because she lied about her ties to a former employer who had polluted the Stringfellow Acid Pits, a Superfund site near Riverside, California.

A person holds a clear jar of liquid while sitting on the ground in an area covered by rocks and dirt.
A man holds a jar of contaminated water from the stream flowing out of the Stringfellow Acid Pits in California in February 1983.
Bill Nation/Sygma via Getty Images

In the wake of the scandal, Lavelle was fired and Gorsuch and more than a dozen other political appointees resigned.

In a later report on the issue, Congress accused Gorsuch, Lavelle and others of poor job performance, noting that after four years of Superfund work, “only six of the 546 … of the most hazardous sites in the Nation have been cleaned up.” The Stringfellow site, a focus of the investigation, was “threatening the health and safety of 500,000 people,” the report noted.

With anger over the scandals from both Americans and Congress, Reagan reversed course and spent the remaining six years of his presidency building the EPA back up in both staffing and budget. Staffing, for example, increased from a low of 10,481 full-time-equivalent employees in 1982 to 15,130 in 1989. Reagan’s EPA budget, which had fallen to US$4.1 billion in 1984, increased to $4.9 billion in 1989.

The existing Trump cuts, and those proposed – if enacted by Congress – would be deeper than Reagan’s, reducing the number of people doing important research on environmental harms and the health effects of dangerous chemicals; suing companies who pollute the environment; and overseeing the cleanup of toxic sites.

The Conversation

Elizabeth (Scout) Blum is affiliated with the Environmental Data and Governance Initiative. She has received funding from EDGI.

Chris Sellers previously received funding from the National Science Foundation on a project that partly involved research into the EPA’s history.

ref. Trump administration is on track to cut 1 in 3 EPA staffers by the end of 2025, slashing agency’s ability to keep pollution out of air and water – https://theconversation.com/trump-administration-is-on-track-to-cut-1-in-3-epa-staffers-by-the-end-of-2025-slashing-agencys-ability-to-keep-pollution-out-of-air-and-water-265249

No basta con saber matemáticas para enseñarlas bien

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Daniel Martín-Cudero, Profesor del área de Didáctica de la Matemática, Universidad Rey Juan Carlos

M_Agency/Shutterstock

Igual que conocer una receta no convierte a alguien en chef, dominar los contenidos de cualquier asignatura no garantiza poder transmitirlos con eficacia. Además de conocer los ingredientes, un buen chef sabe cómo prepararlos, presentarlos y adaptarlos al gusto de quien los va a comer.

Lo mismo pasa con los profesores: saber mucho sobre un tema no implica ser capaz de enseñarlo. En el caso de las matemáticas, esta diferencia se vuelve aún más evidente. Un buen profesor de matemáticas debe conocer bien los temas, pero también debe saber explicarlos de forma clara, comprensible y motivadora, según las necesidades y el nivel de sus estudiantes.

Esta diferencia entre saber matemáticas y saber enseñarlas puede parecer sutil, pero en realidad es fundamental. Enseñar bien matemáticas, o cualquier otra disciplina, no se aprende de un día para otro. Se necesita formación, experiencia y un profundo conocimiento especializado.

El conocimiento especializado del profesor de matemáticas

En los últimos años se ha investigado mucho sobre qué tipo de conocimientos necesita el profesorado para enseñar matemáticas adecuadamente. Uno de los modelos más reconocidos es el que se conoce en el ámbito académico como “conocimiento especializado del profesor de matemáticas”.

Según este paradigma, el conocimiento del docente va más allá de saber matemáticas, más allá incluso de tener buenas habilidades para transmitir sus conocimientos: tiene que enseñar a pensar y entender las matemáticas.




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Juegos de mesa para hablar de matemáticas sin que nadie se dé cuenta


Dominar la materia

Para enseñar bien, es preciso dominar la materia que se enseña. En el caso que nos ocupa, el conocimiento especializado consiste en tres componentes principales.

  1. El conocimiento de los temas, es decir, qué se enseña, por qué es importante y para qué se usa. El profesor ha de preguntarse: ¿cuáles son los conceptos que deben dominar los estudiantes? ¿Qué sentido tiene estudiarlos? ¿Cómo ayuda ese conocimiento a desarrollar otras habilidades matemáticas?

  2. El conocimiento de la estructura matemática. No se trata de manejar conceptos de manera aislada, sino de entender cómo se relacionan y van progresando a lo largo de los años escolares. Esto es, ¿qué conexiones existen entre los temas? ¿Qué conocimientos deben haberse consolidado antes de introducir otros nuevos?

  3. El conocimiento de las prácticas matemáticas, que tiene que ver con saber cómo se explican, se representan y se justifican las ideas matemáticas. Por ejemplo, ¿cómo se puede demostrar que una respuesta es correcta? ¿Qué ejemplos ayudan a entender mejor un concepto? ¿Cuántas formas distintas existen de resolver un problema?

Dominar la manera de enseñar

En cuanto al conocimiento pedagógico del contenido, también se puede dividir en tres componentes.

  1. El conocimiento de la enseñanza de las matemáticas: cómo enseñar y qué materiales usar. Se trata de identificar qué métodos y estrategias son más efectivos para un tema concreto. Además de qué recursos o materiales pueden hacer que los estudiantes lo entiendan mejor.

  2. El conocimiento de las características del aprendizaje de las matemáticas: cómo los estudiantes piensan y entienden las matemáticas. ¿Qué dificultades suelen tener los estudiantes? ¿Cómo pueden cambiar sus ideas a medida que aprenden?

  3. El conocimiento de los estándares de aprendizaje de las matemáticas, que consiste en saber qué se espera en cada curso y cómo analizar estas metas de forma crítica. ¿Cuáles son los objetivos específicos para este nivel? ¿Cómo puedo evaluar si los estudiantes los están alcanzando? ¿Qué aspectos podrían mejorarse o adaptarse según el contexto?

Estructura del modelo y elementos de conocimiento involucrados.

De las fracciones a los porcentajes

Para ilustrarlo, podemos usar un ejemplo sencillo con el concepto de fracción.

Imaginemos que tenemos una tableta de chocolate dividida en 8 partes iguales y nos comemos 3 pedazos. En este caso, la fracción que representa la cantidad de chocolate que hemos comido es 3/8 y la que no hemos comido 5/8. Aquí se enseña el concepto de fracción como una parte de un todo. Se busca que el estudiante entienda qué significa una fracción y cómo se representa.

Las fracciones se utilizan para describir cantidades que no son enteras, desde recetas de cocina hasta repartos, medidas, distancias, probabilidades, entre muchos otros contextos cotidianos. Además, las fracciones se conectan con otros conceptos matemáticos. Por ejemplo, 3/8 también puede entenderse como la división de 3 entre 8, y a medida que avanzamos, se relaciona con números decimales o porcentajes. Así, comprender esta estructura ayuda a los estudiantes a conectar las fracciones con otros conocimientos previos y futuros, facilitando un aprendizaje progresivo y coherente.

Para enseñar bien este concepto, el docente debe saber cómo representarlo, explicarlo y justificarlo. Por ejemplo, ¿cómo mostrar visualmente qué es 3/8? ¿Cómo ayudar al estudiante a comprobar que 3/8 más 5/8 es igual a 1? ¿Qué ejemplos cotidianos se pueden usar para reforzar el significado?




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Si las fracciones nos rodean en la vida cotidiana, ¿por qué cuesta entenderlas en clase?


Visualizar y manipular las fracciones

A este respecto, usar dibujos, diagramas o materiales manipulativos ayuda a los estudiantes a visualizar lo que significa “una parte de un todo”. Se puede emplear también juegos, recursos digitales interactivos o actividades manipulativas para reforzar la idea. Un buen docente debe saber elegir la representación más adecuada según el grupo y el momento de aprendizaje.

Un error muy frecuente que cometen los estudiantes es pensar que 1/8 es más grande que ¼, solo porque 8 es mayor que 4, sin comprender que el número en el denominador indica en cuántas partes se divide el todo. Saber anticipar este tipo de errores permite al docente diseñar actividades que ayuden a fortalecer la comprensión del concepto y a corregir ideas equivocadas de forma efectiva.

Finalmente, el docente debe conocer qué se espera que los estudiantes logren respecto a las fracciones en su nivel educativo. Por ejemplo, en un grado específico se espera que los alumnos puedan comparar y ordenar fracciones con el mismo denominador, mientras que en grados posteriores deben realizar operaciones con fracciones o conectarlas con decimales y porcentajes. Este conocimiento permite planificar actividades alineadas con los objetivos curriculares, evaluar el progreso de los estudiantes de manera pertinente, y adaptar la enseñanza según el contexto o las necesidades del grupo.

El papel de las creencias

El conocimiento especializado también tiene en cuenta lo que los profesores creen sobre las matemáticas y su enseñanza. Estas creencias, aunque a veces no se dicen en voz alta o ni siquiera se piensan conscientemente, influyen en las decisiones pedagógicas y en la forma de interactuar con el alumnado.

No solo afectan la forma de enseñar, sino también la motivación y el rendimiento de los estudiantes.

En definitiva, la manera en que un profesor entiende las matemáticas influye directamente en cómo las enseña. Si las ve como un proceso de exploración y descubrimiento, es más probable que fomente una enseñanza participativa. En este caso valorará más el razonamiento y no solo la respuesta correcta.

En cambio, una visión más cerrada puede llevar a clases basadas en la repetición y la memorización.

Transformar la formación de los docentes

La competencia matemática es esencial para la ciudadanía en un mundo cada vez más digitalizado. Sin profesorado capaz de traer eficazmente el saber matemático al aula, se corre el riesgo de que las matemáticas sigan percibiéndose como un conjunto de reglas incomprensibles, alejadas de la vida real.

Los estudios ya han mostrado qué conocimientos necesitan los docentes para enseñar mejor. Ahora el reto es ponerlo en práctica, con acciones que los ayuden a seguir aprendiendo, compartir experiencias, reflexionar sobre su enseñanza y conectar la formación docente con los desafíos concretos del aula.

The Conversation

Daniel Martín-Cudero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. No basta con saber matemáticas para enseñarlas bien – https://theconversation.com/no-basta-con-saber-matematicas-para-ensenarlas-bien-265229

Por qué la infidelidad femenina todavía se condena y de la masculina se presume

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Victor Hugo Perez Gallo, Assistant lecturer, Universidad de Zaragoza

Helena de Troya huyó con Paris y dejó a Menelao con los “cuernos” más célebres de la literatura. Desde entonces, la infidelidad se cuenta y se juzga con desigualdad: cuando la comete un hombre, se romantiza como aventura; cuando la comete una mujer, se castiga como traición imperdonable.

Este doble rasero tiene una genealogía larga y obstinada. No se trata solo de moral o de sentimientos, sino de una arquitectura cultural y política que ha colocado el deseo femenino bajo vigilancia estricta.

Monogamia: más economía que amor

Friedrich Engels lo planteó con contundencia en El origen de la familia, la propiedad privada y el Estado (1884): la monogamia no nació del amor romántico, sino de la economía. Según él, el control sobre la herencia obligó a los hombres a asegurarse de que sus descendientes fueran efectivamente suyos, imponiendo así la fidelidad a las mujeres mientras ellos mantenían cierto margen para relaciones ocasionales.

No obstante, reducir el origen de la monogamia únicamente a la lógica de la propiedad privada resulta insuficiente. Hoy sabemos, gracias a los estudios de la biología evolutiva y la antropología, que la cuestión es mucho más compleja: el ser humano no es estrictamente monógamo por naturaleza y, de hecho, existen múltiples modelos de apareamiento en distintas culturas y especies.

De ahí que, más allá del análisis económico de Engels, convenga considerar también factores biológicos, sociales y culturales que han configurado históricamente la institución monógama. En este sentido, las formas de organización familiar responden a un entramado dinámico de intereses materiales, estrategias reproductivas y regulaciones morales. Por ello, cualquier explicación convincente debe integrar dimensiones económicas, pero también los marcos simbólicos y normativos que cada sociedad utiliza para legitimar sus vínculos afectivos.

Literatura e historia: el archivo del prejuicio

Cleopatra suele recordarse más por su supuesto magnetismo erótico que por su inteligencia política. Como señala la Premio Pulitzer Stacy Schiff en su biografía Cleopatra: A Life (2010), buena parte de la tradición historiográfica y literaria ha privilegiado el mito de la seductora por encima del análisis de su agudeza política.

Helena, por su parte, ha quedado inmortalizada como “la pérfida” que desató una guerra, aunque La Ilíada no repare demasiado en las esclavas sexuales que pasaban por las tiendas de los héroes griegos.

La asimetría atraviesa los siglos: mientras Julio César pudo acumular amantes sin que eso empañara su prestigio militar, Cleopatra quedó reducida durante siglos a la etiqueta de “amante peligrosa”. En este contraste se observa el patrón cultural: la infidelidad masculina se normaliza, incluso se celebra; la femenina se estigmatiza y se convierte en motivo de condena social.

De Beauvoir a Butler: género y control

Simone de Beauvoir (1949-2011) señaló en El segundo sexo que “no se nace mujer: se llega a serlo”, subrayando cómo las normas culturales moldean la feminidad y sus restricciones. La fidelidad obligatoria fue uno de esos moldes.

Décadas más tarde, Judith Butler, una de las teóricas de género más influyentes e los últimos tiempos, mostró en Gender Trouble que el género no es una esencia fija, sino una performance regulada. En este marco, la fidelidad femenina se convierte en un acto performativo impuesto: una demostración de sumisión al orden patriarcal, mientras que la infidelidad masculina funciona como acto de poder que refuerza la masculinidad.

Del patriarcado clásico al digital

El patriarcado clásico regulaba el deseo femenino a través de leyes y religión. Hoy, el patriarcado digital lo hace por medio de redes sociales, rumores virales y geolocalización. Paradójicamente, nunca fue tan fácil ser infiel: aplicaciones, chats y redes multiplican las infidelidades emocionales y virtuales. Ahora, las pruebas no son cartas escondidas, sino capturas de pantalla.

Debemos tener en cuenta que reducir la infidelidad al sexo es un error. Existen variantes emocionales, virtuales e incluso ideológicas, dependiendo de los pactos explícitos o implícitos en cada pareja. Este carácter plural confirma que no hablamos de un “asunto privado”, sino de un fenómeno social donde se cruzan deseo, normas y poder.

La revolución sexual, la secularización de nuestras normas sociales y el feminismo del siglo XX erosionaron la naturalización de la infidelidad masculina y la condena de la femenina. Cada vez más mujeres reivindican su derecho a una sexualidad sin estigmas, mientras algunos hombres cuestionan la masculinidad hegemónica que les obliga a exhibir conquistas amorosas.

Aun así, el cambio es parcial. La infidelidad femenina sigue cargada de reproche social, y la masculina, de indulgencia.

En un contexto donde las relaciones de pareja tienden a ser más flexibles y negociadas, la fidelidad ha dejado de ser una norma universal para convertirse en un pacto que cada pareja define. Como señala el sociólogo inglés Anthony Giddens en La transformación de la intimidad (1992), las sociedades contemporáneas avanzan hacia un “amor confluente”: vínculos más igualitarios, menos basados en la obligación y más en la negociación continua.

Desde esta perspectiva, la clave no estaría en blindar el compromiso mediante reglas externas, sino en construir relaciones donde el amor y el deseo no se sostengan en la vigilancia y el control.

Una cuestión de interpretación

La infidelidad, en cualquiera de sus formas, seguirá existiendo. Lo que sí puede cambiar es la forma en que la interpretamos y, sobre todo, el desigual reparto de culpas y permisos que arrastra una genealogía patriarcal.

Como recuerda Judith Butler, las normas de género son performativas: se repiten, se reafirman y moldean nuestras percepciones de lo aceptable. El verdadero desafío entonces no es erradicar las aventuras extramatrimoniales sino desarmar la herencia cultural que convierte la libertad sexual masculina en trofeo y la femenina en pecado.

Porque, al final, lo más obsceno no es que alguien busque placer fuera de la pareja. Lo obsceno es que, miles de años después de Helena y Cleopatra, todavía sigamos juzgando con dos varas distintas el mismo deseo.

The Conversation

Victor Hugo Perez Gallo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué la infidelidad femenina todavía se condena y de la masculina se presume – https://theconversation.com/por-que-la-infidelidad-femenina-todavia-se-condena-y-de-la-masculina-se-presume-264163

El debate sobre si usar o no sustancias psicodélicas para evitar que perros y otros animales sufran

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Alberto Henríquez Hernández, Profesor de Toxicología. Departamento de Ciencias Clínicas, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

shutterstock StockMediaSeller/Shutterstock

Para considerar que un animal terrestre goza de bienestar se deben cumplir cinco requisitos: estar libre de hambre, sed y desnutrición; libre de temor y angustia; libre de molestias físicas y térmicas; libre de dolor, lesiones y enfermedades; y libre para expresar comportamientos propios de su especie.

Son las cinco libertades esenciales establecidas por la Organización Mundial de Sanidad Animal (OMSA) en 1965, que desde entonces ha seguido trabajando para garantizar el bienestar animal, una cuestión que abarca dimensiones científicas, éticas, económicas, culturales, sociales, religiosas y políticas.

En España, la reciente entrada en vigor de la Ley 7/2023, de 28 de marzo, de protección de los derechos y el bienestar de los animales, ha puesto en el debate público y político esa cuestión.

El sufrimiento animal es más complejo de lo que parece

Durante décadas, el bienestar animal se ha evaluado a través de indicadores fisiológicos y conductuales, como la frecuencia cardíaca, los niveles de cortisol o la presencia de comportamientos estereotipados. Sin embargo, la ciencia del comportamiento ha demostrado que el sufrimiento emocional en los animales es real y se explica por múltiples factores. Este es el caso de perros que viven largos periodos en refugios y que pueden desarrollar trastornos compatibles con la ansiedad generalizada o la depresión, condiciones que afectan gravemente su calidad de vida y dificultan su adopción.

No obstante, el sufrimiento animal puede estar presente de forma cotidiana, afectando no solo al animal sino también a sus dueños. Este es el caso de los problemas de comportamiento relacionados con la separación, que se estima afecta al 14-20 % de los perros. Los animales con ansiedad por separación suelen mostrar vocalización excesiva, conductas destructivas y eliminación inadecuada en ausencia del dueño. Pueden salivar, jadear, vomitar o dejar de comer. Al regresar el dueño, buscan contacto constante. Esto afecta gravemente a su bienestar y puede llevar al abandono o cambio de hogar de la mascota.

El tratamiento de la ansiedad por separación suele ser complejo y prolongado, ya que requiere la educación del propietario, modificaciones en el entorno y terapia conductual para el animal. Los tratamientos farmacológicos convencionales, como los inhibidores selectivos de la recaptación de serotonina (ISRS), no siempre son efectivos, y a menudo requieren semanas para hacer efecto. Aquí es donde los psicodélicos podrían ofrecer una alternativa terapéutica disruptiva.

¿Qué sabemos sobre los efectos de los psicodélicos en animales?

En los últimos años, las sustancias psicodélicas han despertado un renovado interés en el ámbito de la salud mental humana. Estudios clínicos rigurosos respaldan su uso potencial en el tratamiento de la depresión resistente, la ansiedad o el trastorno de estrés postraumático. Pero ¿podrían los psicodélicos jugar algún papel en el bienestar de los animales?

La hipótesis es plausible: teniendo los animales mecanismos neuroquímicos similares a los humanos, estas sustancias podrían también ejercer un efecto terapéutico en ellos. Históricamente, los estudios con animales han sido clave para comprender los mecanismos neurobiológicos de sustancias psicodélicas como la psilocibina, la DMT o la LSD, pero nunca se han realizado estudios con un enfoque de bienestar.

Sin embargo, estudios preliminares y observacionales sugieren que pequeñas dosis de ciertos psicodélicos, administrados de forma periódica, podrían modular la ansiedad en cánidos sin inducir efectos psicoactivos ni alucinógenos. Así, perros con trastornos de ansiedad severos tratados con microdosis de 1cP-LSD (un análogo legal de la LSD) parecen mejorar la regulación emocional, especialmente cuando el contexto social (vínculo con el cuidador) también es favorable.

Reconocer la vida mental compleja de los animales

Cualquier aproximación psicodélica en animales plantea dilemas éticos considerables. ¿Es lícito alterar el estado de conciencia de un animal, incluso con fines terapéuticos? ¿Cómo evaluar si una experiencia psicodélica es subjetivamente beneficiosa en una especie que no puede comunicar verbalmente? Para abordar estas preguntas, se requiere una ciencia rigurosa, pero también una filosofía del bienestar que reconozca la vida mental compleja de los animales y acepte que pueden tener experiencias internas ricas y susceptibles de ser moduladas.

¿Lograrían estas sustancias promover comportamientos exploratorios, juego o resolución creativa de problemas, como ocurre en humanos?

El bienestar también implica experiencias positivas

Podríamos estar ante un cambio de paradigma. Si reconocemos que los animales poseen estados mentales complejos y que su bienestar implica además experiencias positivas, es necesario explorar herramientas éticas y seguras para mejorar su vida. Esto requiere evidencia científica sólida, revisión ética y conocimiento profundo del comportamiento y consciencia animal.

Tal vez ha llegado el momento de ir más allá de las cinco libertades y considerar la riqueza de la experiencia consciente como parte del bienestar animal. En ese contexto, los psicodélicos podrían tener un papel relevante.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. El debate sobre si usar o no sustancias psicodélicas para evitar que perros y otros animales sufran – https://theconversation.com/el-debate-sobre-si-usar-o-no-sustancias-psicodelicas-para-evitar-que-perros-y-otros-animales-sufran-262541

Cuando el cerebro hace una pausa: así son las epilepsias de ausencia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Emilio Verche, Profesor de Psicobiología, Universidad Complutense de Madrid

robertindiana/Shutterstock

Lucía es una niña de 7 años de la que su maestra se queja porque está siempre muy despistada. Le pregunta sobre lo que acaba de decir y la ve con la mirada perdida, tarda en contestar. En casa, la familia comenta que a veces también la nota ensimismada y algo despistada. Están preocupados porque ven que su rendimiento académico ha disminuido y no saben si está teniendo problemas de déficit de atención.

Aunque Lucía parece atender, a veces se hace evidente que se pierde en lo que sucede, como si se quedara prendada en sus propios pensamientos. Cuando sus padres o su profesora le preguntan, la niña no sabe bien cómo explicar qué le sucede: “No me pasa nada, solo me he perdido”.

Cuando pensamos en epilepsia nos viene a la cabeza la típica imagen de una persona que está tendida en el suelo, con el cuerpo rígido y convulsiones. Sin embargo, esto es solo un tipo de crisis epiléptica (llamada “tónico-clónica”). Las de Lucía, que también son epilépticas, se llaman “crisis de ausencia”. En este caso, el principal componente no es motor, sino esa pérdida temporal de la conciencia, esa desconexión que no afecta al resto del cuerpo. La persona parece que tiene la mirada en el vacío.

Las crisis de ausencia, anteriormente conocidas como petit mal, son episodios breves de pérdida de conciencia que suelen manifestarse en la infancia. Aunque durante mucho tiempo se consideraron benignas, las investigaciones han revelado que pueden tener implicaciones significativas en el desarrollo cognitivo, lingüístico y emocional de quienes las padecen.

No solo implican esa desconexión del medio, también pueden provocar el movimiento sutil de los párpados y de la boca, los llamados “automatismos orales”. La presencia de esos signos ayudó en el diagnóstico de Lucía.

En todo caso, los episodios son de corta duración (entre 8 y 10 segundos) y pueden repetirse a lo largo del día, en ocasiones hasta más de 100 veces. Este tipo de crisis suelen aparecen en epilepsias infantiles entre los 4 y 10 años de edad.

El reto del diagnóstico

Los niños y niñas con crisis de ausencia no tienen un defecto visible en su cerebro, aunque sí presentan un patrón de actividad eléctrica de las neuronas diferente al normal durante la crisis.

Diagnosticar las epilepsias de ausencia puede ser un desafío. Muchas veces los padres y maestros piensan que el niño simplemente es distraído o que tiene problemas de atención. Sin embargo, un electroencefalograma (EEG) revela un patrón inconfundible que facilita la detección de esta enfermedad.

Aunque las características de las crisis de ausencia son bastante similares entre los pacientes, existen síndromes específicos y diferenciados. Los dos más importantes son la epilepsia de ausencia infantil y la juvenil. La principal diferencia está en la edad de aparición: la primera suele comenzar entre los 6 y 7 años, mientras que la segunda tiene su pico inicial alrededor de los 12.

La epilepsia de ausencia infantil es considerada el síndrome epiléptico pediátrico más frecuente: representa entre el 10 y el 17 % de los casos de epilepsia en niños. Además, afecta más a niñas que a niños. En general, los afectados responden bien al tratamiento con fármacos, y aproximadamente más de tres cuartas partes alcanzan una remisión completa.

En cuanto a la epilepsia de ausencia juvenil, esta presenta ausencias de mayor duración, pero con un impacto algo menor sobre la conciencia. Sin embargo, en estos pacientes es común la aparición adicional de crisis tónico-clónicas, reportadas en casi la mitad de los casos. Además, la probabilidad de que los síntomas de epilepsia de ausencia juvenil persistan hasta la adultez es mayor que en el caso de la infantil.

No se debe confundir con el TDAH

Es fundamental distinguir las crisis de ausencia de otras alteraciones no epilépticas, como el trastorno por déficit de atención e hiperactividad (TDAH), ya que requieren un manejo diferente.

Como le pasaba a la protagonista de este artículo, las manifestaciones de ambos trastornos se pueden confundir, lo que retrasa el diagnóstico. En cambio, es muy común que la epilepsia de ausencia infantil y juvenil esté asociada con trastornos del aprendizaje y con síntomas de inatención, hiperactividad e impulsividad.

Adicionalmente, existe una mayor probabilidad de diagnóstico de depresión o ansiedad en pacientes con crisis de ausencia. Esto puede ser debido a que están alterados los mismos sistemas de neurotransmisores, tanto en las crisis de ausencia como en la depresión.

Por otra parte, actividades cotidianas como montar en bicicleta o nadar pueden convertirse en un riesgo si no hay supervisión adecuada. Por eso, los expertos insisten en la necesidad de informar a las familias, a los maestros y a los propios niños sobre qué son estas crisis y cómo manejarlas.

La importancia de luchar contra el estigma

Para finalizar, y más allá de la parte médica, es importante hablar del impacto cognitivo, emocional y social. Un niño que sufre varias crisis al día puede tener problemas de rendimiento académico, dificultad para seguir el ritmo de la clase y, en algunos casos, desarrollar ansiedad y baja autoestima.

Estos problemas se ven influidos por el estigma asociado a la epilepsia, con falsas creencias que provocan el aislamiento de estos niños.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cuando el cerebro hace una pausa: así son las epilepsias de ausencia – https://theconversation.com/cuando-el-cerebro-hace-una-pausa-asi-son-las-epilepsias-de-ausencia-253802

Una alternativa más sostenible para la extracción de tierras raras

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Martín Muñoz Morales, Profesor del Departamento de Ingeniería Química en la Escuela Técnica Superior de Ingeniería Agronómica, Montes y Biotecnología (ETSIAMB), Universidad de Castilla-La Mancha

Proceso de extracción de minerales que contienen tierras raras en un yacimiento al aire libre. Imagen creada con IA

Muchos lugares que vivieron de la minería hoy sufren un declive silencioso. Calles antes llenas de vida se vacían: el fin de la actividad minera está haciendo migrar a sus poblaciones en busca de oportunidades, borrando parte de la identidad local. No obstante, una minería más sostenible ofrece la opción de pensar un nuevo futuro y mantener la herencia que dio esencia a estas comunidades.

Un ejemplo de este escenario es el municipio de Almadén, en Ciudad Real, donde se encuentra la explotación de cinabrio más antigua del mundo. Esta explotación, ya fue mencionada por los romanos en el siglo III a. e. c. y llegó a su auge en la Edad Moderna. Del cinabrio se obtiene mercurio, un metal singular y apreciado, ya que es el único líquido a temperatura ambiente. Además, es muy denso: un litro pesa más de trece kilos y medio.

Si bien durante la Edad Media los musulmanes ya trabajaban este mineral, la conquista de América cambió todo. La técnica de amalgamar plata y oro con mercurio hizo de Almadén un enclave estratégico para el cinabrio, que durante el siglo XVII llegó a estar bajo control de la Corona de Castilla.

Instalaciones del parque minero de Almadén en 2022.
Author provided, CC BY-ND



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La singularidad minera de Ciudad Real

Como Almadén, en Ciudad Real hubo otros enclaves mineros, entre los que destacan las minas de San Quintín, situadas en Cabezarados y Villamayor de Calatrava, en el Valle de Alcudia. Allí se extrajeron galena y esfalerita, minerales de los que se obtiene plomo y zinc.

Estos lugares atrajeron a muchos trabajadores y generaron núcleos de población en los municipios vecinos. Gracias a ello, surgieron servicios pioneros, como el Hospital de Mineros de San Rafael, fundado en el siglo XVII. Convertido hoy en un museo, fue uno de los primeros hospitales laborales de Europa.

Esta fuerte dependencia económica de la minería fue la que condicionó el desarrollo comarcal. Por lo que, tras el cierre de la actividad, resultó necesario buscar alternativas. En San Quintín se logró gracias a la cercanía con Ciudad Real y Puertollano, así como por las actividades agrícolas y ganaderas. Pero en Almadén no ocurrió lo mismo.

Vista panorámica de las escombreras de las minas de San Quintín, en Ciudad Real. De allí se obtuvo la planta para absorber tierras raras de terrenos contaminados
Vista panorámica de las escombreras de las minas de San Quintín, en Ciudad Real. De allí se obtuvo la planta para absorber tierras raras de terrenos contaminados.
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El cierre de la mina fue un golpe duro para su economía, que obligó a la población a buscar alternativas en el turismo o la agroindustria para subsistir. Sin embargo, la toxicidad debido a la absorción y acumulación del mercurio en los tejidos del cuerpo humano y su dispersión agravaron los problemas de salud y medioambientales, y hoy su economía sigue muy limitada.




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¿Una oportunidad para el desarrollo de proyectos mineros más sostenibles?

En los últimos años, en todo el mundo ha crecido el uso de energías renovables como la solar y la eólica, así como de baterías en coches eléctricos. Esta nueva tecnología ha impulsado la demanda de metales poco concentrados, a veces presentes solo en lugares específicos.

Entre ellos destacan las llamadas “tierras raras”, conformadas por 17 elementos químicos. 15 pertenecen a los lantánidos, un grupo con propiedades electrónicas y físicas únicas, a los se suman el escandio y el itrio, esenciales en la tecnología moderna.

Su curioso nombre tiene origen en la dificultad para aislarlos en los siglos XVIII y XIX, así como en sus propiedades extraordinarias, ya que el término “raro” no hace referencia a escaso. El cerio, por ejemplo, se encuentra en la corteza terrestre en concentraciones similares a las del cobre.

En el 2024, la Unión Europea declaró las tierras raras como materias primas críticas. Estas, son esenciales para la economía, pero su disponibilidad puede verse interrumpida debido a su escasez, concentración en pocos países o dificultades de acceso, lo que motivó la búsqueda de nuevos yacimientos. La empresa Quantum Minería S.L. propuso investigar la monacita gris en el Campo de Montiel (Castilla La Mancha), mineral rico en neodimio, un metal que se usa en aerogeneradores, motores eléctricos y dispositivos electrónicos y con un valor aproximado de 77,5 €/kg ultrapuro.

No obstante, el proyecto aún no ha demostrado viabilidad. La separación de estos elementos puede generar residuos radiactivos y causar impactos en la salud humana y en el medio ambiente suficientes para cuestionar la idoneidad de esta propuesta. Un estudio reciente se ha llevado a cabo sobre los sedimentos de un río en el noroeste de Tailandia señalando el peligro en caso de superar unos valores umbral de 0.24 μg/kg/dia para adultos y 0.95 μg/kg/dia para niños.




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Además, la asociación vecinal “Plataforma Sí a la Tierra Viva” se opone de forma frontal a la minería de tierras raras en España.

Una situación que contrasta con la de Kíruna, en Suecia. Allí se descubrió hace poco un gran yacimiento con más de un millón de toneladas del mineral y sus habitantes aceptaron incluso trasladar la ciudad para permitir la explotación del recurso.

Un ejemplo llamativo de este fenómeno fue el traslado que se llevó a cabo de una iglesia de 672 toneladas. Un tráiler gigante la movió cinco kilómetros en dos días. El coste de la operación, junto con el del resto de edificios que también fueron trasladados, fue asumido por la empresa minera.

Iglesia sobre el tráiler (toma panorámica del traslado).
Aceroyroca.com, CC BY-ND

Alternativas de recuperación secundaria de tierras raras

Entre las alternativas a la extracción directa de estos elementos se encuentra la recuperación secundaria de metales, aquella que busca la extracción de estos compuestos en lugares contaminados promoviendo además su recuperación ambiental.

En el laboratorio de tecnologías integradas de recuperación medioambiental (EARTH) de la Universidad de Castilla-La Mancha hemos conseguido recuperar metales de tierras raras mediante la aplicación de tecnologías sostenibles con el medio ambiente. En este caso se ha realizado mediante un proceso de fitorremediación (uso de plantas para la extracción de contaminantes en suelos) utilizando la arenaria roja (Spergularia Rubra), la misma planta que crece de forma espontánea en terrenos contaminados de San Quintín. Esta especie vegetal fue utilizada por su gran potencial para acumular metales pesados.




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Esta tecnología ha permitido la recuperación de alrededor de 20 mg de metales de tierras raras por kg de planta recolectada, lo que demuestra la posibilidad de transformar un problema ambiental en una oportunidad de recuperación de recursos estratégicos.

Un avance que no sólo contribuye a la descontaminación de suelos afectados por la actividad minera, sino que abre la puerta a modelos más sostenibles de abastecimiento de tierras raras. Por otro lado, soluciona también la gran problemática de tantas regiones que eran antiguos territorios mineros. Hoy estas regiones se enfrentan al reto de revitalizar sus economías y su densidad poblacional sin perder su identidad.

Apostar por estas alternativas significa apoyar un futuro en el que la innovación científica y el cuidado del entorno vayan de la mano, un reto que nos interpela a todos como sociedad.

The Conversation

Martín Muñoz Morales recibe fondos de Europa a través de los Fondos de Desarrollo Regional y de la Junta de Comunidades de Castilla la Mancha (JCCM) a través de la Agencia de Investigación e Innovación de Castilla la Mancha mediante el proyecto de referencia SBPLY/23/180225/000143.

Álvaro Ramírez Vidal recibe fondos de Europa a través de los Fondos de Desarrollo Regional y de la Junta de Comunidades de Castilla la Mancha (JCCM) a través de la Agencia de Investigación e Innovación de Castilla la Mancha mediante el proyecto de referencia SBPLY/23/180225/000143

Ester López Fernández recibe fondos de Europa a través de los Fondos de Desarrollo Regional y de la Junta de Comunidades de Castilla la Mancha (JCCM) a través de la Agencia de Investigación e Innovación de Castilla la Mancha mediante el proyecto de referencia SBPLY/23/180225/000143.

ref. Una alternativa más sostenible para la extracción de tierras raras – https://theconversation.com/una-alternativa-mas-sostenible-para-la-extraccion-de-tierras-raras-264952