Peut-on faire confiance aux sondages politiques ? Un statisticien nous donne les clés pour les décrypter

Source: The Conversation – in French – By Léo Gerville-Réache, Modélisation statistique, Université de Bordeaux

En vue de l’élection présidentielle de 2027, nous allons être matraqués de sondages. Quelle confiance accorder à ces chiffres ? Pour le comprendre, il faut se pencher sur les statistiques, déterminer comment elles sont construites et déterminer les biais et les incertitudes.


Le dimanche 7 juillet 2024, le verdict des urnes a balayé des semaines de « certitudes statistiques ». Alors que les instituts plaçaient le Rassemblement national (RN) et ses alliés en tête avec une fourchette de 170 à 230 sièges, les résultats définitifs ont figé le compteur à 143 sièges, reléguant le parti à la troisième place.

Comment un appareil statistique aussi sophistiqué a-t-il pu manquer la physionomie de l’Assemblée à ce point ? La réponse ne réside pas seulement dans de « mauvais chiffres », mais dans un décalage structurel entre ce que la loi encadre, ce que la statistique permet, et ce que le public entend.

Le « sondage » contrôlé contre la « projection » libre

Depuis la loi no 2016-508 du 25 avril 2016, la Commission des sondages est chargée de veiller au respect de la réglementation. Elle s’est dotée d’un site donnant accès aux notices explicatives de l’ensemble des sondages électoraux publiés, et publie régulièrement des communiqués. Le 18 juin 2024, à l’occasion des élections législatives, la commission alerte sur une distinction juridique fondamentale qui échappe souvent au grand public :

  • Le sondage (contrôlé) : une enquête statistique sur un échantillon représentatif de l’ensemble du territoire hexagonal. La commission exerce ici un contrôle systématique sur la méthode de sélection, les quotas et les redressements.

  • La projection en sièges (non contrôlée) : c’est un exercice de « traduction » du vote national en sièges parlementaires. La commission est formelle : elle n’exerce aucun contrôle sur ces chiffres et recommande la prudence.

Pourquoi ? Parce que la projection est tributaire de 577 réalités locales : offre politique spécifique, notoriété des candidats et, surtout, les configurations de seconds tours (triangulaires, désistements) qui dépendent du taux de participation. En somme, la loi encadre la « matière première » (l’intention de vote), mais laisse le « produit fini » (la projection en sièges) dans une zone grise méthodologique.

Le mirage des marges d’erreur

L’un des plus grands malentendus réside dans l’affichage des marges d’erreur, perçues à tort comme une mesure globale de la fiabilité. Depuis la loi de 2016, chaque première publication d’un sondage doit obligatoirement indiquer sa marge d’incertitude. Pourtant, la quasi-totalité des instituts français utilise la méthode des quotas, une technique sur laquelle la notion mathématique de marge d’erreur n’a techniquement « pas de sens », comme les instituts l’admettaient eux-mêmes devant le Sénat.

En « théorie des sondages », on distingue explicitement :

  • les sondages « aléatoires », où chaque individu de la population cible du sondage a une probabilité connue et non nulle de faire partie de l’échantillon de répondants, et on se sert de ces probabilités pour établir des marges d’erreur. Ici la « représentativité » est, par construction, indiscutable.

  • les sondages par « quotas » où il s’agit de contrôler que la structure de l’échantillon de répondants au sondage est similaire à celle de la population cible (essentiellement : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région de résidence et catégorie d’agglomération). Ici, la « représentativité » est seulement partiellement contrôlée, et la probabilité de chaque individu, d’appartenir à l’échantillon, est inconnue.

Pour comprendre l’origine de cette ambiguïté sur les marges d’erreur, il faut remonter au rapport no 54 du Sénat de 2010 qui a entériné un glissement sémantique majeur en estimant qu’il était « tout à fait possible » de considérer que les quotas génèrent des incertitudes « similaires » à la méthode aléatoire.

Or, Pascal Ardilly (inspecteur général de l’Insee et auteur de l’incontournable livre les Techniques de sondage), auditionné par le Sénat, précisait explicitement que faire l’hypothèse de marges d’erreur similaires pour les résultats d’un sondage, qu’il soit issu de la méthode des quotas ou de la méthode aléatoire, relevait d’une hypothèse très forte et non vérifiée d’absence de biais pour la méthode des quotas.

Un glissement analogue apparaît avec l’usage tronqué de la notion d’« échantillonnage contrôlé » attribuée à Jerzy Neyman (considéré comme l’un des fondateurs de la statistique moderne).

En omettant le mot « aléatoire » dans l’expression originelle « échantillonnage aléatoire contrôlé », on fait comme si le contrôle des quotas pouvait se substituer au hasard. Pourtant, scientifiquement, le mot « aléatoire » change tout : le « contrôlé » n’est pas une ambiance mais un hasard encadré par un plan de sélection rigoureux qui permet de construire mathématiquement des marges d’erreur.

C’est ce qui rend la notion de « représentativité » si exigeante : elle ne peut être revendiquée que si les marges d’erreur découlent scientifiquement du plan de sélection, ce que la méthode des quotas ne peut pas invoquer, en toute généralité. En reprenant une formulation de compromis – « les marges d’erreur… le cas échéant par référence à la méthode aléatoire » – la loi a figé des mots statistiques sans en figer les conditions de validité, laissant croire au public que la marge d’erreur affichée (en général, seulement lors de la première publication) est l’assurance tous risques d’un chiffre qui se veut destin.

Quand la convergence fabrique l’erreur collective

En science, il est souvent rassurant de constater que diverses études donnent des résultats « compatibles ». Malheureusement, il peut s’agir d’une hallucination collective !

En 2024, les principaux instituts de sondage dont les travaux étaient relayés dans les médias, donnaient, quelques jours avant le second tour, des projections très éloignées des résultats définitifs.

Ce phénomène est ce que j’appelle une « communauté de biais ». Lorsque plusieurs instituts utilisent des méthodes similaires et des redressements basés sur les mêmes hypothèses (comme le report de voix entre blocs), une erreur commune peut se produire. La stabilité des chiffres n’est alors pas un gage de fiabilité, mais le symptôme d’une confiance collective dans une erreur collective.

La présidentielle : un cadre « pur » qui n’élimine pas les biais

Dans le cadre de l’élection présidentielle, le dispositif semble pourtant idéal : on sort des incertitudes liées aux 577 scrutins locaux pour revenir au « sondage pur », tel que défini et strictement contrôlé par la commission. Cependant, il est impératif de comprendre que le contrôle réglementaire assure une transparence démocratique, mais ne garantit en rien une « vérité » statistique. Le malentendu principal réside dans la confusion entre la marge d’erreur théorique et la fiabilité globale.

Lors de l’élection présidentielle de 2012, par exemple, pour une intention de vote de 25 %, les marges d’erreur « théoriques » affichées étaient de l’ordre de 1,8 à 2,7 points (selon le nombre de répondants). Après analyse statistique des écarts des résultats de tous les candidats entre le scrutin et les dernières estimations, elles se situaient en réalité entre 4 et 6 points. Pour exemple, un candidat crédité de 25 % d’intention de vote était essentiellement prévu entre 23 % et 27 % alors que la précision sincère du sondage se situait entre 21 % et 29 %.

Ce décalage s’explique par la nature même de l’erreur totale, qui n’est pas qu’une simple variance (un flou lié à la taille de l’échantillon et sa variabilité), mais peut aussi être un biais (un décalage structurel). Ce biais est alimenté par la vie réelle des sondages : non-réponses, indécisions, modes de collecte ou ajustements méthodologiques plus ou moins assumés.

Lorsque tous les acteurs utilisent des méthodes de redressement et des panels « similaires » (électeurs recrutés essentiellement sur Internet et qui répondent régulièrement aux sondages qui leur sont soumis), ils peuvent produire une histoire cohérente… mais erronée dans la même direction.

Ce constat impose, il me semble, une véritable « hygiène du commentaire » : il faut cesser de considérer les « fourchettes » affichées (lorsqu’elles le sont) comme le curseur permettant de décider si une campagne « stagne », « bouge » ou « bascule ».

2027 : Vers une maturité de l’information électorale ?

À l’approche du double scrutin de 2027 – l’élection présidentielle suivie d’élections législatives – l’enjeu n’est pas seulement de savoir qui « gagnera », mais de définir comment nous acceptons d’être informés (voire influencés). La séquence de 2024 a servi de rappel brutal : un appareil « statistique », aussi sophistiqué soit-il, peut totalement manquer la physionomie d’une assemblée si l’on confond l’intention de vote nationale avec la projection locale en sièges.

Pour l’élection présidentielle de 2027, le défi sera de ne pas se laisser enfermer dans le confort d’un chiffre unique. Le cadre sera « pur » et contrôlé par la Commission des sondages, mais l’expérience de 2012 (et en réalité celle de bien d’autres) nous rappelle qu’une marge d’erreur « théorique » de deux points peut masquer une imprécision réelle de plus de cinq points une fois les biais potentiels intégrés. Il est temps que les médias et le public adoptent un « pacte de sobriété » : privilégier les fourchettes larges et admettre qu’à trois points (voire cinq points) d’écart, rien n’est clair.

Concernant les législatives qui suivront, la vigilance devra être redoublée sur les projections en sièges. Comme l’a souligné la Commission des sondages, ces exercices ne bénéficient d’aucun encadrement méthodologique strict et dépendent de paramètres locaux (offres politiques, désistements) qu’un sondage national ne peut saisir. Continuer à présenter ces projections comme des résultats scientifiques et fiables, c’est entretenir une « confiance collective dans une erreur collective ».

En définitive, mon propos appelle une alliance entre culture statistique et culture civique. La loi de 2016 a ouvert la « boîte noire » en imposant la transparence des notices. Il appartient désormais aux acteurs du débat public de transformer cette transparence en une véritable « hygiène du commentaire ».

Un chiffre n’est pas un destin, c’est une mesure ; et en démocratie, le destin n’appartient qu’au vote, une fois les hypothèses, les méthodes, les estimations et les projections remises à leur juste place.

Et pour les élections municipales ? Dans les grandes villes (Paris, Lyon, Marseille…), les instituts s’appuient le plus souvent sur leurs panels, puis filtrent les répondants pour ne retenir que les personnes inscrites sur les listes électorales de la commune (et, le cas échéant, de l’arrondissement/secteur). La méthode des quotas et les redressements restent les principaux outils statistiques mobilisés pour estimer les intentions de vote. Restons vigilants !

The Conversation

Léo Gerville-Réache ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Próspera, une enclave libertarienne au cœur des polémiques au Honduras

Source: The Conversation – in French – By Marco Cremaschi, Professeur d’urbanisme, Centre d’études européennes et École urbaine, Sciences Po

La tour Duna, dans l’enclave libertarienne de Próspera.
https://www.prospera.co/en

Sur l’île de Roatán, au large du Honduras, Próspera est une « ville-entreprise » créée en 2017 pour attirer des investisseurs étrangers et stimuler l’économie dans certaines zones du pays. Elle promet un territoire ultralibéral où les impôts sont faibles et les règles assouplies. Mais le projet, contesté par la gauche hondurienne, soulève des questions sur la souveraineté nationale.


À première vue, l’actualité latino-américaine semble dominée par des épisodes spectaculaires quoique contradictoires : alors que, début janvier, les États-Unis ont justifié l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par des accusations de narcotrafic à son égard, Donald Trump venait, un mois plus tôt, de gracier l’ancien président conservateur du Honduras Juan Orlando Hernández (Parti national), qui avait été condamné pour trafic de drogue en 2024 à une peine de quarante-cinq ans de prison qu’il purgeait en Virginie-Occidentale.

Ces événements, presque concomitants, révèlent toutefois une trame plus discrète mais politiquement significative, où se croisent intérêts géopolitiques, stratégies impériales et expérimentations institutionnelles radicales.

2022-2025 : un court intermède de gauche

Le Honduras occupe, dans cette configuration, une position stratégique en Amérique centrale. Dans les années 1980, il fut la base arrière de l’offensive de l’administration Reagan contre le Nicaragua sandiniste ; plus récemment, il est devenu un point d’appui pour les politiques migratoires coercitives de l’administration Trump, notamment les déportations menées par l’ICE. Il constitue également un arrière-plan logistique et politique des ambitions états-uniennes à Caracas et, potentiellement, à Cuba.

Dans ce contexte, certains observateurs ont suggéré que de puissants soutiens financiers de Donald Trump ont exercé des pressions afin qu’il gracie Hernández et soutienne à la présidentielle du 30 novembre 2025 Nasry Asfura, ancien maire de Tegucigalpa et figure du Parti national. Celui-ci a bel et bien été élu président, devançant les candidats du Parti libéral et du Parti de gauche Libre.

Lors de la présidentielle précédente, tenue en 2022 à la suite de la destitution d’Hernández, Asfura avait été vaincu par la candidate de Libre, Xiomara Castro. Castro avait fait de l’abolition des zones économiques spéciales privées l’un des axes majeurs de son programme. Elle estimait que ces territoires, dotés de règles propres, ne respectaient pas la Constitution et affaiblissaient l’autorité de l’État hondurien sur son propre sol.

Après son élection, le Congrès hondurien abroge d’abord la loi autorisant ces zones, puis la Cour suprême les déclare contraires à la Constitution.

La réaction des investisseurs est immédiate : une procédure d’arbitrage international est engagée contre l’État hondurien pour un montant de dix milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) – soit environ 40 % du produit intérieur brut (PIB) national – au motif d’une violation d’engagements envers les investisseurs.

Entre 2023 et 2025, le projet demeure suspendu dans une profonde incertitude juridique, tandis que le contentieux se poursuit et que la presse internationale, ainsi que plusieurs chercheurs, commencent à analyser le cas.

La victoire de Nasry Asfura à la fin de l’année 2025, avec le soutien de Trump, est perçue comme un signal susceptible de rassurer les milieux financiers.

Prospéra, une charter city soutenue par des investisseurs de la Silicon Valley

Au cœur des débats politiques au Honduras on retrouve le projet Próspera, fondé en 2017 par une société enregistrée au Delaware.

Doté d’un capital initial d’environ 120 millions de dollars (103,9 millions d’euros), provenant notamment d’investisseurs de la Silicon Valley tels que Peter Thiel, Marc Andreessen et Sam Altman, il constitue l’une des expérimentations contemporaines les plus avancées de la charter city. La proposition des charter cities a été formulée en 2009 par l’économiste Paul Romer, futur Prix Nobel (2018), qui envisageait la possibilité pour des pays en développement de déléguer l’administration de territoires peu peuplés à des régimes institutionnels alternatifs afin de stimuler la croissance. Implanté sur l’île de Roatán au Honduras, dans le cadre juridique d’une ZEDE (Zone pour l’Emploi et le Développement économique), Próspera ambitionne de transformer un territoire d’environ le double de la superficie de Monaco en une « start-up city » fortement déréglementée.

L’origine institutionnelle de ce dispositif remonte au coup d’État hondurien de 2009, quand l’armée et les milieux d’affaires contraignent le président de gauche Manuel Zelaya à quitter le pouvoir et le remplacent par Roberto Micheletti (Parti libéral). Les gouvernements issus de cette rupture politique engagent une réflexion sur de nouveaux modèles de développement dans un pays marqué par la faiblesse des institutions et de fortes inégalités.

En 2013, une loi institue les ZEDE, territoires dotés d’une large autonomie normative, fiscale, administrative et judiciaire. À partir de 2016, le modèle attire l’intérêt de cercles technologiques et financiers américains d’orientation libertarienne. Honduras Próspera Inc. est créée dans ce contexte, avec Erick A. Brimen, financier vénézuélien, comme principal promoteur. En 2017, un accord est signé avec le gouvernement hondurien pour développer une ZEDE à proximité de la communauté afro-caribéenne de Crawfish Rock, héritage de la présence coloniale britannique.

Des précédents de charter cities comme Shenzhen, en Chine, illustrent le potentiel transformateur des zones spéciales, leur réussite dépendant de conditions étatiques et géopolitiques difficilement reproductibles. Romer s’est ultérieurement retiré de plusieurs collaborations, y compris au Honduras, invoquant un manque de transparence et des garanties démocratiques insuffisantes.




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Une ville-entreprise fantôme

Formalisée en 2020, Próspera fonctionne comme une ville-entreprise. Le taux d’imposition peut descendre à 1 % sur le revenu brut des sociétés contre environ 25 % au niveau national. En cas de désaccords, les différends sont tranchés par un arbitrage privé en lieu et place des tribunaux étatiques. Elle peut également adopter des cadres réglementaires inspirés de trente-six ordres juridiques différents ou en élaborer de nouveaux. Elle dispose ainsi d’un système judiciaire séparé, sans juges honduriens.

L’obtention d’un statut de résident permanent coûte environ 1 000 dollars (plus de 826 euros). Les taxes perçues dans la zone sont réinvesties exclusivement dans son périmètre. La majorité des plus de deux cents entreprises enregistrées opèrent virtuellement, souvent dans le secteur des cryptomonnaies. Malgré cette autonomie, des incidents surviennent. En 2024, un décès survient sur un chantier, l’extraction de la pierre de corail aurait endommagé la côte.

Sur le plan urbain, la matérialisation demeure embryonnaire. Un seul immeuble résidentiel a été achevé. Pourtant, le plan initial prévoyait 38 000 habitants d’ici à 2030 et plus de 500 millions de dollars (433 millions d’euros) d’investissements à court terme. Sont annoncés une usine de maisons modulaires conçues par Zaha Hadid Architects, un café Bitcoin doté d’un centre éducatif, une clinique génétique, un centre de plongée sous-marine, ainsi qu’un service de livraison par drones.

Les tensions se cristallisent autour des projets d’expansion territoriale : des représentations promotionnelles montrant la côte transformée en un district de gratte-ciels et de marinas ont alimenté les craintes d’expropriation et de marginalisation des communautés locales, malgré l’insistance des promoteurs sur le caractère volontaire de l’adhésion.

Politiquement, ces projets s’inscrivent dans une transformation plus large des rapports entre capital et souveraineté. Soutenus par des réseaux financiers et idéologiques liés à la Silicon Valley, ils ne constituent pas seulement des expériences urbanistiques, mais des dispositifs remettant en cause le lien moderne entre le territoire, la citoyenneté et l’État.

La ville y est redéfinie comme plate-forme entrepreneuriale, la souveraineté comme variable négociable. Balaji Srinivasan, entrepreneur américain et figure du libertarianisme technologique, propose ainsi que des communautés numériques se structurent jusqu’à rivaliser avec les États nationaux, en substituant progressivement à la souveraineté territoriale des entités transnationales gouvernées selon des logiques d’optimisation réglementaire.

Une utopie libertarienne emblématique

Toutefois, cette prétendue négation de l’État demeure paradoxale. Próspera et ses projets analogues dépendent du soutien d’États fragiles, d’élites politiques disposées à concéder des fragments de souveraineté et de contextes de crise institutionnelle, ainsi que de l’appui implicite ou explicite d’une puissance hégémonique. Les « techno-barons » aspirent à se libérer de l’État tout en s’appuyant sur la protection géopolitique qu’il garantit. Cette alliance, inédite et instable, constitue une contradiction structurelle.

D’autres limites concernent la rhétorique des finalités vertueuses : le développement, la lutte contre la pauvreté, la protection de l’environnement. L’argumentaire philanthropique masque souvent une dissociation croissante entre le capital global et les droits sociaux, entre la gouvernance algorithmique et la souveraineté démocratique. Si le droit formel reconnaît le salaire minimum et la liberté syndicale, des habitants dénoncent depuis 2020 des risques d’expropriation et d’exclusion des processus décisionnels. Les inégalités d’accès aux services à l’eau, aux infrastructures et à l’espace littoral nourrissent les tensions, tandis que les bénéfices demeurent concentrés.

Enfin, Próspera se présente comme « crypto, bio et robo » : un laboratoire déréglementé pour la finance numérique, la biotechnologie, la génétique et les technologies d’extension de la vie, avec un contrôle public minimal. L’expérimentation urbaine apparaît ainsi comme le vecteur spatial d’une accélération technologique au service d’une élite transnationale.

Plus qu’un simple litige juridique, Próspera constitue un cas exemplaire d’une géographie contemporaine faite de zones spéciales, d’enclaves et de corridors d’exception qui structurent le capitalisme global. Loin d’être marginal, ce modèle participe d’une reconfiguration normative de la ville et de la souveraineté au XXIe siècle – un processus dont les implications démocratiques et anthropologiques demeurent ouvertes et profondément controversées.

The Conversation

Marco Cremaschi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Quel avenir pour le municipalisme ? Retour sur les expériences de Barcelone et de Madrid

Source: The Conversation – in French – By Héloïse Nez, Professeure en sociologie, LIED/LCSP, Université Paris Cité

En Espagne, des coalitions « municipalistes » issues des mouvements sociaux ont gouverné de nombreuses villes entre 2015 et 2023. Alors que les « listes participatives et citoyennes » se multiplient en France à la veille des élections municipales de mars 2026, que retenir de ces expériences ? Les cas de Madrid et Barcelone peuvent-ils constituer une source d’apprentissage pour ce mouvement en expansion ?


Les listes citoyennes revendiquent de s’affranchir des partis, en élisant des non-professionnels de la politique, afin de favoriser la participation et renouveler la démocratie à l’échelle locale. La coopérative Fréquence Commune, qui les accompagne, dénombre près de 700 « listes citoyennes et participatives » aux élections municipales de 2026, un chiffre en nette augmentation par rapport à 2020.

Si ce mouvement citoyen s’étend en France, des précédents existent ailleurs. C’est le cas de l’Espagne, où des coalitions dites « municipalistes » ont remporté de nombreuses grandes villes en 2015, et une poignée ont continué à gouverner entre 2019 et 2023. Quels sont les apprentissages de ces expériences qui continuent d’être une source d’inspiration, en France et ailleurs ? Plusieurs publications récentes dressent un bilan du municipalisme espagnol, en analysant à la fois le contenu des politiques adoptées et le renouvellement des manières de faire de la politique.

Les cas de Madrid et Barcelone sont particulièrement riches d’enseignements. Les deux plus grandes villes d’Espagne ont vu des coalitions municipalistes arriver au pouvoir en 2015 et y rester jusqu’en 2019 pour Madrid et 2023 pour Barcelone. Leur ambition affichée était de déborder les partis traditionnels, d’approfondir la démocratie locale, de renouveler les politiques publiques et de transformer les mairies de l’intérieur. Des différences ont également traversé ces deux expériences, autour de la conception de la participation, des liens avec les mouvements sociaux et de la dimension sociale des politiques menées.

Une démocratie participative et/ou mouvementiste ?

Des dispositifs participatifs ont été mis en place dans les deux villes, pour associer les habitants à l’élaboration des politiques municipales. Si la participation présentielle et associative a davantage été promue à Barcelone, la participation numérique et individuelle a été privilégiée à Madrid. Les différents modèles participatifs adoptés par ces deux villes s’expliquent tant par des facteurs contextuels (de nombreux dispositifs participatifs étant déjà en place à Barcelone contrairement à Madrid) que par l’implantation des mouvements sociaux (avec une influence plus forte des Indignés à Madrid et des associations de quartier à Barcelone) et les trajectoires individuelles des élus à la participation.

Dans la capitale, plusieurs processus de démocratie directe ont été lancés sur la plateforme numérique Decide Madrid, comme les référendums d’initiative citoyenne inspirés des votations citoyennes suisses. Tous les résidents ayant plus de 16 ans pouvaient faire une proposition et voter, le soutien de 1 % des électeurs étant requis pour organiser un référendum décisionnel. Malgré les 26 000 propositions formulées au cours de la mandature, seulement deux ont obtenu le nombre de soutiens requis et fait l’objet d’un référendum, ce qui montre les limites de ces innovations démocratiques en partie déconnectées de la question sociale.

À Barcelone, si la démocratie participative n’a pas été absente, elle n’a pas constitué le cœur du projet de Barcelone en commun. Le municipalisme barcelonais, en complément de ces formes procédurales de participation, a mis en place une « démocratie mouvementiste ». Il s’agissait de créer de nouvelles alliances avec les mouvements sociaux, afin de permettre à ces derniers d’intervenir directement dans la politique locale. Loin d’être perçue comme une entrave à la politique institutionnelle, la pression constante de ces mobilisations populaires a été le principal moteur du changement à Barcelone. Des mesures emblématiques des mouvements sociaux ont ainsi été adoptées par le conseil municipal, comme l’obligation de consacrer 30 % des nouvelles constructions immobilières aux logements sociaux ; l’attribution d’une chapelle à un centre de santé de quartier au détriment d’une collection privée d’art ; ou la création d’une charte permettant de céder la gestion d’espaces et de terrains municipaux aux citoyens pour en faire des communs urbains.

Interview de Marcelo Expósito, militant de Barcelone en commun, député au Parlement espagnol entre 2016 et 2019. (Sous-titres français accessibles en cliquant sur « sous-titres ».)

La relation avec les mouvements sociaux a été moins centrale à Madrid, en raison notamment des origines des équipes municipalistes, qui provenaient directement de mouvements protestataires à Barcelone. Ada Colau, l’ex-activiste contre les expulsions immobilières, est devenue maire de Barcelone en étant elle-même issue des classes populaires, à la différence de la juge Manuela Carmena, devenue première édile de Madrid. De plus, Barcelone, qui a connu une longue tradition de mouvements sociaux et d’expériences d’autogestion, avait déjà eu de nombreux gouvernements de gauche modérée, là où la droite régnait à Madrid depuis plusieurs décennies.

Des politiques au service de quelles catégories ?

Ce lien accru avec les mouvements sociaux a eu un impact important sur les politiques mises en place. Barcelone en commun a pris des mesures plus ambitieuses face à la crise du logement et a davantage investi dans les quartiers populaires en cherchant à lutter contre la ségrégation urbaine et la gentrification, alors que l’équipe d’Ahora Madrid a concentré son action sur les quartiers centraux de la capitale. En 2019, les quartiers populaires se sont moins mobilisés pour soutenir la candidature de Manuela Carmena, ce qui peut être lié aux priorités de son action municipale et expliquer sa non-réélection.

Cette différence est également perceptible dans l’attitude des deux équipes municipales vis-à-vis de grands projets urbanistiques. La gestion d’Ahora Madrid a été marquée par une certaine continuité avec les précédents gouvernements municipaux, symbolisée par l’approbation de l’opération « Chamartín ». Ce pharaonique projet d’aménagement immobilier a constitué une véritable pomme de discorde avec des mouvements sociaux qui y étaient fortement opposés.

Si Barcelone n’a pas mis fin aux grands Congrès attirant des flux d’investisseurs étrangers comme le World Mobile Congress, pourtant décrié avant les élections, Ada Colau s’est opposée à plusieurs grands projets urbains. La mairie a ainsi été une des voix les plus critiques contre l’extension de l’aéroport de Barcelone ou l’installation d’une filiale du musée de l’Ermitage (Saint-Pétersbourg, Russie) dans le quartier de Barceloneta, déjà exposé au surtourisme. Le bilan du municipalisme est également un bilan en négatif, qui doit prendre en compte les politiques spéculatives ou les projets urbains empêchés par les élus municipalistes.

Que reste-il des expériences municipalistes ?

Le retour de la droite à la tête de la capitale en 2019 a entraîné l’arrêt de la plupart des politiques mises en place par Ahora Madrid, comme les processus de démocratie directe, les politiques féministes ou les mesures anti-pollution. À Barcelone, le legs de Barcelona en commun, qui a eu deux mandats pour imprégner l’action publique municipale, est encore présent même si des remises en cause ont été amorcées par la nouvelle équipe socialiste. Pour l’instant, les mesures ayant le mieux résisté sont précisément celles qui avaient été promues directement par les mouvements sociaux, qui continuent d’exercer une pression pour les maintenir.

Alors que les projets municipalistes ou de listes participatives se développent, notamment en France, cette comparaison montre la diversité des expériences de municipalisme au-delà d’une unité affichée. Elle souligne l’importance d’un municipalisme non seulement politique mais aussi social, c’est-à-dire son ancrage dans le tissu associatif local, les mobilisations sociales et les quartiers populaires. En dépendent la radicalité des expériences, mais aussi la permanence des changements impulsés dans le temps.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quel avenir pour le municipalisme ? Retour sur les expériences de Barcelone et de Madrid – https://theconversation.com/quel-avenir-pour-le-municipalisme-retour-sur-les-experiences-de-barcelone-et-de-madrid-278109

« Valeur sentimentale », ou la reconnaissance de l’autre

Source: The Conversation – in French – By Christian Bank Pedersen, MCF HDR en études nordiques, Université de Caen Normandie

Gustav (Stellan Skarsgård) et sa fille Nora (Renate Reinsve) dans _Valeur sentimentale_ (2025), de Joachim Trier.

Grâce au Grand Prix obtenu à Cannes l’année dernière et fort de neuf nominations, dont celles du meilleur film et de la meilleure réalisation, aux Oscars qui seront remis ce dimanche 15 mars, Valeur sentimentale du réalisateur norvégien Joachim Trier fait l’objet d’une attention rarement accordée à une œuvre issue de l’univers cinématographique nordique. Et nous permet d’accéder à une réflexion philosophique sur la nature des relations entre les êtres.


Une « valeur sentimentale » est toujours une projection, c’est-à-dire la valeur qu’on attribue de manière personnelle à un objet, un événement, une période dans le passé. En ce sens, une valeur sentimentale est un investissement dans ce qui n’a pas de prix. Et cet investissement peut faire grandir, ou bien condamner à rester figé dans le passé. Souvent, la valeur sentimentale est associée à un bon souvenir personnel, même s’il est teinté de nostalgie ou de regrets. En revanche, la « valeur sentimentale » d’un traumatisme ou d’une lacune douloureuse dans sa propre histoire est bien plus difficile à gérer.

Comment lâcher prise par rapport à une blessure ancienne qui continue à nous hanter, et ce, non pour l’oublier, mais pour pouvoir respirer plus librement, et ainsi laisser être les choses et vivre les autres ? Voilà une question fondamentale du film de Joachim Trier.

Le film raconte l’histoire d’une famille à travers plusieurs générations, histoire marquée par un traumatisme survenu lors de la Seconde Guerre mondiale : son point de départ est la blessure infligée à la grand-mère, Karin, résistante emprisonnée et torturée longuement au cours de l’occupation de la Norvège par l’armée nazie.

Après la guerre, elle a un fils, Gustav, et semble vivre une vie sans heurts, jusqu’à l’instant où elle se suicide. À ce moment, son fils a neuf ans. L’acte est inexpliqué, et sûrement inexplicable, en fin de compte : aucun mot ne l’accompagne, et Karin n’a jamais su comment sublimer son vécu. Son fils, lui, en fera des histoires, en devenant un réalisateur internationalement reconnu. Mais face à ses propres filles – Nora, actrice, et Agnes, historienne –, il se tait également, se consacrant à son art et multipliant les absences jusqu’à son départ final du foyer.

Une réplique simple mais lourde de sens

Au début du film, Gustav revient, à l’occasion de l’enterrement de la mère de Nora et Agnes. Dans ses bagages, il rapporte un scénario – selon lui, le meilleur de sa carrière. C’est l’histoire d’une femme qui se suicide sans explications. Mais, insiste Gustav, ce n’est pas l’irracontable histoire de sa mère. Il propose le rôle principal à sa propre fille, Nora. Elle refuse, parce qu’elle ne peut ni ne veut travailler avec ce père qui ne l’a jamais vraiment laissé entrer dans sa vie. Alors, le rôle revient à une jeune actrice américaine, la star montante Rachel Kemp, ce qui déclenche chez chacun et chacune – de Gustav à Rachel, en passant par Nora et Agnes – des réflexions douloureuses sur les liens entre l’art et la vie, et sur ce qu’on voit des autres en étant soi-même vu par eux.

« Je te vois ». Voilà la réplique d’un autre personnage encore, personnage qui représente à lui seul la dernière génération de la famille : « Je te vois » est ce que dit Erik, fils d’Agnes, à son père Even. Visiblement, la phrase sort de nulle part, et on ne l’entend jamais de la bouche d’Erik lui-même. C’est Even qui raconte, étonné, ce que lui a dit son fils. Et cette phrase, surprenante et simple, va toucher tous les personnages, de près ou de loin. Fondamentalement, c’est cette réplique, « Je te vois », qui porte la « valeur sentimentale » du film.

« Who’s the ‘you’? », « Qui est le “tu” ? », demande de son côté Rachel dans une scène décisive : dans celle-ci, elle doit répéter une scène du film à venir de Gustav. Il s’agit d’une scène de prière. Mais une prière à qui ? Pas à un quelconque dieu. Rachel doit jouer le rôle d’une femme désespérée, d’une femme qui n’arrive plus à se frayer un chemin, surtout seule. Par conséquent, elle prie. Et l’actrice qui doit jouer son rôle pose la question : « Qui est le “tu” ? » Qui est-elle censée prier ? La portée symbolique de la question dépasse cette scène particulière : à qui raconte-t-on son histoire, et par qui cherche-t-on à se faire reconnaître ?

À sa manière, en s’interrogeant ainsi sur le « tu », Rachel prend à contrepied une longue et vaste tradition de la culture et de la pensée occidentales, tout comme le fait plus généralement « Valeur sentimentale » en tant qu’œuvre. La question première du film n’est pas « Qui suis-je ? », mais bien « Qui est le “tu” ? »

Le « je » et le « tu »

« Connais-toi toi-même » est l’exhortation à l’introspection qui se trouve tout près de l’origine de la philosophie, et qui représente par conséquent un regard dominant sur le lien entre le soi, les autres et le monde : de cette inscription sur le temple de Delphes de l’Antiquité – magistralement interprétée par Socrate dans les dialogues de Platon – aux notions de self-awareness actuelles, en passant par le cogito souverain du « je pense, donc je suis » cartésien et le « c’est moi que je peins » de Michel de Montaigne, entre autres. Dans Valeur sentimentale, cependant, c’est le « tu » qui est en vue, le « tu » qui est littéralement la question.

« Toute véritable vie est rencontre », écrit pour sa part le philosophe Martin Buber dans son Ich und Du, Je et Tu, de 1923 : le « je » en soi n’a pas de sens, parce que le « je » se crée dans la réciprocité. « Je te vois ». Quand Nora entend ces trois mots de son neveu, relatés par le père de celui-ci, elle est frappée par une grande tristesse : qui la voit vraiment, elle, l’actrice, semble-t-elle se demander ? Au fur et à mesure que l’histoire avance, la peur du vide grandit en elle, comme l’espace symbolique qui la sépare de son père. Elle se retire, s’enferme dans son appartement.

Dans le même temps, sa sœur Agnes, l’historienne, se tourne vers le passé et le trou noir du récit familial : aux Archives nationales, elle regarde les documents et les images qui certifient ce qu’a subi la grand-mère. Elle y lit et elle y voit la souffrance, et elle découvre qu’elle ne saura jamais réellement ce qu’a subi sa grand-mère, ni ce que le suicide de cette dernière a créé et détruit pour son père. Elle comprend qu’il y a des choses qu’elle ne pourra pas saisir. Elle l’accepte. Puis, elle revient vers Gustav, toujours en colère à cause de ses manquements, mais à l’écoute. Et elle lit son scénario, qu’elle fait ensuite lire à sa sœur : en allant chez Nora – prostrée dans son appartement –, Agnes ouvre littéralement et symboliquement son monde. Elle lui fait surtout lire à voix haute, mais sans jouer, la scène de la prière du scénario, cette scène qui avait provoqué la question « Qui est le “tu” ? » chez Rachel. Et là, Nora semble lâcher prise par rapport aux colères et aux déceptions. Après, elle demande à sa sœur comment elle a fait pour rester debout, elle : comment a-t-elle pu se créer une vie, sa vie, avec mari et enfant, après tout ce qui leur est arrivé ? Et Agnes de répondre : « Parce que tu étais là pour moi ».

« Je te vois ». Comment montrer cela dans un film ? À la toute fin de Valeur sentimentale, Nora et Gustav se regardent, en sortant de leurs rôles. Le spectateur ne les voit pas se regarder. Mais à travers leurs visages, fragiles et ouverts, séparés dans des courtes séquences individuelles, on découvre qu’ils se regardent. Surtout, on découvre qu’ils se voient, mutuellement, sans nécessairement tout saisir l’un de l’autre. Car vouloir tout comprendre chez l’autre pourrait aussi être une façon de nier la singularité de chacun. À la fin, Nora et Gustav se reconnaissent, dans tous les sens du terme : ils se voient, en accueillant et en acceptant ce que chacun porte en lui de bien, de faillible, et de mystérieux.

The Conversation

Christian Bank Pedersen ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Valeur sentimentale », ou la reconnaissance de l’autre – https://theconversation.com/valeur-sentimentale-ou-la-reconnaissance-de-lautre-277110

Khaby Lame is the world’s most followed TikToker: the story of a Senegalese-born star who sold his identity

Source: The Conversation – Africa – By Fanny Georges, enseignant-chercheur, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3

His name is Khabane Lame, but he is known worldwide as Khaby Lame. Born in Dakar, Senegal, he is the most followed content creator on TikTok.

He became famous for video clips in which he reacts to absurd “life hack” videos with a blank, slightly annoyed face, showing the hack wasn’t needed.

At the time of writing he has over 160 million followers: a world record achieved without uttering a single word. In January he sold his brand rights for nearly US$1 billion.

But there’s another dimension to his story that the western media rarely mention: Khaby Lame is a practising Muslim and a hafiz, a Muslim devotee who has memorised the entire Quran. This after being sent to a Quranic school near Dakar at the age of 14.




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The tension between the sacred body of the hafiz and the commercialisation of the influencer’s digital life makes his journey a rich case study.

For me, as a researcher of digital identity, his online career also raises questions about turning personal data into digital assets.

From the suburbs of Turin to the top of the global stage

Khaby Lame’s story reads like a modern-day myth. Not because it’s hard to believe, but because it mirrors the core narratives of digital modernity. It starts with hardship, goes through a period of creative isolation and ends with global recognition.

This is what the French thinker Roland Barthes called “mythical speech”, a story that seems natural and simple, but is actually shaped by deeper forces and structures.

In 2020, at the beginning of the COVID-19 pandemic, Khaby Lame lost his job as a factory worker. He was stuck at home and locked down in social housing in the suburbs of Turin, Italy, where his parents had moved when he was a baby.

Out of this hardship he made a simple decision: he started filming short videos. Just 17 months later, he reached more than 100 million followers on TikTok. He was the first content creator based in Europe to reach that milestone.

His story reflects the promise often promoted by TikTok that the platform can lift anyone up. All you need, it suggests, is a mobile phone, and talent will quickly be rewarded with global fame.

This should be celebrated. But the myth of instant success also needs a closer look. Behind every viral rise lie smart decisions, hard work, and the powerful, and often unpredictable, role of the platfom’s algorithm.

Comic tradition

What sets Khaby Lame apart from almost all the creators before him is the semiotic system (of signs and symbols) he invented – or rather reactivated. He brought back an old comic tradition.

Many compare him to British comedy actor Charlie Chaplin. Others see echoes of US comedian Buster Keaton. Both were masters of Hollywood’s silent slapstick comedy.

Charlie Chaplin in “The Kid – Fight Scene.”

Khaby Lame revives the codes of 1930s Hollywood silent comedy cinema: mime, meaningful glances, no dialogue, and burlesque sketches (short theatrical scenes) that convey messages. But the Chaplin connection ends there, as the two men inhabit their bodies in radically different ways.

Chaplin’s films carry emotional weight, driven by social and political themes. His character, the tramp, is a poor wanderer pushing back against an unfair industrial world.

Khaby Lame’s style is closer to Keaton’s. He says nothing. He simply shows how unnecessary and complicated these internet quick fixes are. His absolute impassivity in the face of the absurd is what Keaton perfected with his famous “great stone face”.

Buster Keaton ‘The Art of the Gag’.

But while the comic structure is similar, their relationship to their bodies is not. Throughout his life, Keaton remained completely indifferent to religion or metaphysics in any form.
Khaby Lame is the opposite. He is a hafiz. The separation of his digital identity from his physical person is notable.

Wordless humour allowed him to build a global audience because there are no language barriers, just as silent film stars like Charlie Chaplin became global icons a century ago.

TikTok’s algorithm favours content that anyone can understand instantly. Chaplin needed a movie theatre, Khaby Lame needs only a phone and an algorithm. The mechanics are similar. The way it spreads has completely changed.

Digital identity

In January 2026, Khaby Lame’s carefully crafted expressive persona took on a new status. It became a financial asset. He sold his company, Step Distinctive Limited, for US$975 million to Rich Sparkle, a publicly traded company based in Hong Kong. The agreement includes the transfer of rights to use his image, voice and behavioural models to create an artificial intelligence-powered digital twin.

This digital twin will produce multilingual content, including material for advertising and promotions. Companies will be able to run commercials in several countries without Khaby being physically present. According to Rich Sparkle, this could help generate over US$4 billion in annual sales, especially through livestream e-commerce (a format already dominant in Asia), broadcast simultaneously around the world.

This transaction marks a turning point. Digital identity no longer merely represents a person. It becomes an asset that can be separated from the individual who created it. Now, a creator is no longer a brand ambassador, but a brand in its own right. In theory, Khaby Lame’s digital being is now legally separate from Khaby Lame himself.

The digital twin is, in this sense, the Buster Keaton body that digital platform capitalism has always dreamed of – impassive, reproducible, available across all time zones.

Signature gesture

Khaby Lame’s signature gesture is to place both palms open and turned upward. This seems simple and easy to understand, a light and humorous sign of of disbelief. But the gesture carries deeper meanings.

In Islamic tradition, as in many African cultures, this same gesture is linked to dua, the act of raising one’s hand in supplication to God. What millions of viewers read as a comic signature is also a spiritual practice.

Yet Khaby Lame’s digital double is not simply an image. It can act in his name. It can speak with his voice. It can repeat his familiar gestures. This is no longer simple representation. It is a form of transferring his way of expressing himself onto a digital system.

The same open hands, the same expressive gaze, the same voice that once recited the suras of the Quran in a school in Dakar are now the attributes of a commercial transaction valued at nearly a billion dollars.

There is an ethical question in handing over his active identity to financial markets.

An ethical question

For many young Africans, especially in Senegal, Khaby Lame embodies the possibility that digital spaces are territories where Africans can succeed, where the hierarchies inherited from colonial history can, at least symbolically, be overturned.

But the deal raises a difficult question: what does it mean to sell your digital self in a world where Black and African bodies have been used and profited from for centuries without consent and fair compensation?

Is this a win or a new form of exploitation? Can the financial benefits balance the transfer of his identity?

More African creators are building global audiences every year. That means these questions will become harder to ignore. Who owns a creator’s digital twin once it’s sold? Who set the rules for its use?

Khaby Lame is not just a social media success story. He is a revelation of the future and, perhaps unwittingly, a pioneer.

The Conversation

Fanny Georges does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Khaby Lame is the world’s most followed TikToker: the story of a Senegalese-born star who sold his identity – https://theconversation.com/khaby-lame-is-the-worlds-most-followed-tiktoker-the-story-of-a-senegalese-born-star-who-sold-his-identity-276910

Afrobeats celebrates cybercrime and it’s becoming a global problem

Source: The Conversation – Africa – By Suleman Lazarus, Visiting Fellow, Mannheim Centre for Criminology, London School of Economics and Political Science

When former US secretary of state Colin Powell took to a London stage alongside Nigerian artist Olu Maintain in 2008 and danced to a song called Yahoozee, he almost certainly didn’t know that the track is widely understood in Nigeria as a celebration of internet fraud.

The moment became a striking illustration of something my research keeps returning to: how music can carry the moral codes of cybercrime far beyond their origins, laundering them in rhythm, recognition and prestige.

Over the last ten years I’ve studied cybercriminal pathways, romance fraud, victimisation of senior citizens, business email compromise, and the cultural politics of cybercrime.

My latest collaborative study examines 40 Afrobeats songs released between 2023 and 2025, looking for themes.

Afrobeats is the broad label often used for contemporary Nigerian and west African popular music that has come to dominate global streaming culture in the 2010s and 2020s. Driven by artists such as Burna Boy, Wizkid, Davido, Tems and Asake, it has grown from a regional sound into a global cultural force, filling arenas, winning major awards and shaping youth culture far beyond Africa.

Yet some of what travels with Afrobeats is more ambivalent. In the Nigerian context, the cybercrime most often referenced in music is linked to Yahoo Boys, a popular term for online fraudsters involved in scams such as romance fraud and advance fee fraud. In some lyrics, these figures are framed not simply as offenders but as resourceful hustlers or icons of success.

The songs in our study all contain explicit references to online fraud. All were performed by male artists. And all were globally available on platforms like Spotify, Apple Music and YouTube. What we found goes well beyond glorification. Afrobeats, we argue, is functioning as a moral text – one that actively rationalises, spiritualises and normalises cybercrime for millions of listeners worldwide.

In other words, some of this music is doing more than making crime sound cool. It is helping listeners make sense of online fraud as acceptable, even justified. It wraps criminal behaviour in the language of hustle, survival and divine favour, making it feel not just normal, but earned. And because Afrobeats is now heard everywhere, these ideas are travelling with it.

More than just ‘hustle culture’

It is tempting to dismiss fraud themed lyrics as bravado. They can seem like a form of performative edginess, not unlike gangsta rap. Gangsta rap is a branch of hip hop in which hustling, toughness and street survival became both narrative material and cultural style.

But that reading misses the depth of what’s happening. Our analysis shows that these songs use subtle rhetorical moves to present fraud as something other than wrongdoing.

One of the most pervasive techniques is what researchers call euphemistic labelling. Fraud is rarely called fraud in Afrobeats songs. It becomes “hustle”, “grind” or “blessing”. Lyrics frame scamming as honest work blessed by God, stripping away its moral weight. In one track, the phrase “work and pray for the payday” wraps a reference to cybercrime in the language of religious devotion and diligence.

Victims fare even worse. In these songs, they are rarely granted humanity. They become “maga” or “mgbada”, terms linked to the Igbo word for antelope, casting the fraudster as hunter and the victim as prey. In this language, victims are no longer people to be harmed, but targets to be chased: “clients”, “profiles”, even “cash cows”. We argue that this dehumanisation is not incidental. It makes exploitation feel rational, even honourable.

God, juju, and the spiritual economy of fraud

Perhaps the most striking finding in our research is the pervasiveness of what we call cyber-spiritualism. Across multiple tracks, success in online fraud is framed not as a product of skill or cunning but as a matter of divine favour and ritual protection.

This aligns with a broader phenomenon scholars have documented in Nigeria known as “Yahoo Plus” or cyber spiritualism, a variant of internet fraud in which digital scamming is combined with spiritual practices such as juju rituals, charms and incantations. The idea is that metaphysical forces can be mobilised to manipulate victims, attract luck and protect perpetrators.

What is striking is how openly some of these beliefs appear in music. One track includes lyrics invoking Aje – a Yoruba deity associated with wealth – while another frames a ritual object (“soap”) as essential spiritual insurance for a fraudster. Another song merges Islamic thanksgiving phrases with references to successful scam transactions, as if divine gratitude and financial crime can occupy the same moral space. Fraud, in this framing, is not a choice. It is destiny.

Why this matters beyond Nigeria

The genre now circulates across continents, through algorithms and playlists, reaching audiences who may know little about Nigeria’s specific struggles. These include a high unemployment rate, elite corruption, and the longer afterlives of British colonial rule. In some of these lyrical worlds, fraud is not framed simply as greed but as a way of taking back from a global order understood to have first taken from them. Similar justifications also appeared in interviews with active scammers in Ghana.

The fraud narratives in these songs emerge from real and painful structural conditions: blocked opportunities, absent institutions, the pressure on young men to provide for their families. Understanding those conditions is essential. But as these lyrics travel globally, they become detached from their context. For diasporic or international listeners, “maga don pay”, meaning “the senseless animal has paid”, stops being a commentary on poverty and starts sounding like a lifestyle aesthetic, a marker of ingenuity, cosmopolitan hustle and transgressive cool.

Our research also reveals a telling career dynamic. Emerging artists lean heavily on fraud references to establish credibility and street authenticity. More established artists tend to drop them as their careers develop. Fraud talk, in other words, is a currency for those still trying to break through. This makes it all the more concentrated among the youngest, most influential voices in the genre.

What should be done?

I want to be clear: this research is not a moral panic about Afrobeats. The genre is not responsible for cybercrime, and reducing it to a crime soundtrack would be both inaccurate and deeply unfair to its richness and complexity.

But music is never politically or morally neutral. When lyrics consistently dehumanise fraud victims, frame exploitation as a divine blessing and circulate these ideas to hundreds of millions of people, the cultural consequences are real. My previous study on scammers and their allies reports on that.

Streaming platforms must take seriously their role in amplifying these narratives. Policymakers, educators and the music industry itself need to understand the moral ecosystems in which cybercrime thrives.

The Conversation

Dr Suleman Lazarus is affiliated with the Police Foundation. This article was written in an independent academic capacity and does not represent the views of the author’s institutional affiliation.

ref. Afrobeats celebrates cybercrime and it’s becoming a global problem – https://theconversation.com/afrobeats-celebrates-cybercrime-and-its-becoming-a-global-problem-277543

‘I felt like a specimen’ – New clinical recommendations aim to improve trauma-informed care in pelvic medicine

Source: The Conversation – Canada – By Pauline McDonagh Hull, PhD Candidate, Department of Community Health Sciences, Cumming School of Medicine, University of Calgary

An estimated 64 per cent of adults in Canada report experiencing at least one potentially psychologically traumatic event during their lifetime, and in the United States, research suggests the figure may be closer to 90 per cent.

Trauma-informed care (TIC) is a holistic approach to health care that acknowledges the potential impact of patients’ experiences of trauma and actively aims to prevent exacerbating or causing new trauma in the medical setting.

Importantly, this can lead to more positive experiences and improved health outcomes for patients who may otherwise avoid or reluctantly show up for treatments and preventive screening, which is especially critical for cervical cancer. It offers benefits for providers, too.

However, TIC is not yet standardized in pelvic medicine in Canada or the U.S., and practice varies significantly by profession. This is why my co-authors Lauren Walker, an adjunct associate professor in the departments of oncology and psychology at the University of Calgary, and Krystyna Holland, a pelvic floor physical therapist operating out of Denver, Colorado, are developing a new clinical practice tool to bring TIC into pelvic health care.

They first assembled a multidisciplinary team representing obstetrics and gynecology, urology, urogynecology, midwifery, labour and delivery, pelvic floor physical therapy, oncology, family medicine and sexual assault response practitioners to advise on clinical recommendations.

Through patient interviews, they identified examples of positive and negative pelvic health care experiences. Positive experiences ranged from, “…they didn’t make me feel bad for needing that help,” to “…it made me feel better…to have power in my decision making.” Negative comments included things like, “I was in excruciating, excruciating pain,” and “I felt like a specimen.”

Evidence suggests the widespread adoption of TIC practices could potentially improve access to care and quality of care for all patients. Therefore, the project’s main goal is to ensure all pelvic health-care practitioners consider the vulnerabilities associated with trauma experiences and minimize harm.

Medical trauma and pelvic health

According to the International Society for Traumatic Stress Studies (ISTSS), medical trauma is defined as a set of psychological and physiological responses to pain, injury, serious illness, medical procedures and frightening treatment experiences. The organization estimates that 20 to 80 per cent of children and adults may even experience post-traumatic stress disorder (PTSD) following medical events and procedures.

Often described as being “stored in the body,” trauma responses can be triggered through medical examinations. This can be through pelvic exams, which may be experienced as invasive because of their intimate nature, but also even in more mild contexts, such as disrobing.

Some populations may be more vulnerable than others. For example, research shows that women with chronic pelvic pain (CPP) are more likely to have experienced higher rates of abuse and trauma, and as such the likelihood of retraumatizing in this population is high.

Certain specialties within health care that are at an increased risk of retraumatizing patients with trauma histories include gyne-oncology care (diagnosing and treating cancers of the female reproductive system), peri- and postnatal care (before and after pregnancy), obstetrics and midwifery, urogynecology and pelvic floor physical therapy.

As a registered psychologist and clinical sex therapist in Alberta, Dr. Walker is acutely aware of how TIC guidelines for pelvic and reproductive care can improve women’s mental, physical and sexual well-being.

What is trauma-informed care (TIC)?

TIC is a guiding framework designed to reduce re-traumatization and promote shared decision-making and collaboration. The U.S. Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA) has established a guiding document on TIC, outlining six key principles:

  • Safety, trustworthiness and transparency;
  • Peer support;
  • Collaboration and mutuality;
  • Empowerment, voice and choice; and
  • Cultural, historical and gender issues.

It also offers a simple method for practitioners to remember TIC:
The four Rs.

  • Realize there may be trauma (past and present);
  • Recognize the signs (look and listen) and impact of trauma;
  • Respond (in a sensitive and accommodating manner); and
  • Resist Re-traumatization (think patient autonomy).

Based on these TIC principles, organizations like the Society of Obstetricians and Gynaecologists of Canada heavily emphasize informed consent for exams and procedures. However, the aims of TIC extend well beyond this into areas such as physical environment, documentation and practitioner self-reflection.

While most practitioners would agree in principle that empowering patients through autonomy, consent, safety and trust can be a positive step to improve health-care experiences, this does not always translate into action. In practice, barriers to TIC include a lack of training, time constraints, competing demands in clinics, and viewing TIC as irrelevant to their specialty area or patient population.

Understandably, some practitioners also express concerns that querying patients’ trauma histories could “open a can of worms” they don’t feel equipped to address. Such feared consequences include feeling responsible to directly treat the trauma or experiencing personal discomfort, particularly when disclosures trigger re-traumatization from their own lived experiences.

Making TIC the norm in pelvic health care

In an effort to overcome these challenges, the clinical practice tool being specifically developed by Dr. Walker and Dr. Holland for pelvic health is based on the SAMHSA recommendations. From the outset of the tool’s design, they have engaged with health-care practitioners and invited input to assess feasibility, perceived importance and any barriers to implementation.

This consultation process is ongoing, so input is still welcome from health providers and patients. The team plans to launch the pelvic health tool in late 2026 and then disseminate it more broadly to health-care practitioners of all backgrounds, with the goal of making TIC the standard of care in Canada.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. ‘I felt like a specimen’ – New clinical recommendations aim to improve trauma-informed care in pelvic medicine – https://theconversation.com/i-felt-like-a-specimen-new-clinical-recommendations-aim-to-improve-trauma-informed-care-in-pelvic-medicine-268347

The war on DEI reflects the quiet normalization of white nationalism — in the U.S. and beyond

Source: The Conversation – Canada – By Henry Giroux, Chaired professor for Scholarship in the Public Interest in the Department of English and Cultural Studies, McMaster University

Political theorist Hannah Arendt warned that authoritarian politics rarely begin with spectacles of repression. More often, authoritarianism advances through routine administrative decisions that appear technical or neutral but gradually reshape public life — a kind of bureaucratic normalization of injustice she later described as the banality of evil.

Over time, these measures alter what can be discussed, remembered or taught. They also redefine who counts as belonging within the political community.

The backlash against diversity, equity and inclusion initiatives (DEI) reflects a deeper political transformation. Public debate often treats DEI as a dispute over university offices or workplace training programs, but the conflict runs far deeper. Under Donald Trump’s administration in the United States and its allies, diversity itself has been recast as a threat.

Campus protests, for example, are frequently invoked as proof that equity initiatives foster antisemitism, turning demands for justice into evidence of alleged institutional decay.




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Why the term ‘DEI’ is being weaponized as a racist dog whistle


False claims about equity measures

American feminist philosopher Judith Butler argues the attack on DEI is a “shameless display of hatred, the contempt for rights, [and] the willingness to strip people of their rights to equality and freedom.”

In the U.S., federal directives have dismantled diversity programs across government agencies as political leaders pressure universities to eliminate initiatives addressing systemic racism. Presented as restoring merit and neutrality, these measures define structural inequality as a threat and place citizenship itself at stake.

This reversal reflects a political narrative that treats demands for racial justice as grievance politics and portrays multicultural democracy as national decline. Within this narrative, equality appears as loss for historically dominant groups. Immigration, demographic change and racial justice movements are framed as dangers to “western civilization,” while policies expanding opportunity are depicted as attacks on merit.

Under the Trump administration, DEI has been transformed into a political weapon. It is cast not as an effort to confront historical injustice but as a threat to the nation itself, a supposed assault on merit, tradition and order.

These types of arguments echo the ideological logic of contemporary white nationalism, which presents social hierarchies as natural and treats efforts to confront inequality as illegitimate.

Once politics is framed in these terms, dismantling diversity initiatives can be cast as a defence of fairness rather than a retreat from civil rights. Government actions targeting DEI programs, restricting how racism is discussed in classrooms and pressuring universities to abandon race- and gender-conscious research are justified as restoring neutrality. Yet such measures narrow the intellectual and moral spaces where democratic debate takes place.




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How universities can move beyond a ‘diversity crisis’ mode of equity planning


Not improvement, but elimination

Similar tensions are emerging beyond the U.S. In Canada, the Alberta government has advanced proposals promoting “institutional neutrality” in universities. Critics say these policies could weaken or suspend equity initiatives addressing barriers facing racialized and Indigenous scholars.

Critics on the political left, including political activist and philosopher Angela Davis, have long noted that many DEI initiatives are limited in their ability to address deeper structures of power. Workshops and diversity statements cannot dismantle economic systems marked by racial inequality or institutions shaped by centuries of exclusion.




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Why DEI needs depth, not death


Yet the current political campaign against DEI isn’t aimed at improving these programs. It seeks to eliminate even the limited institutional recognition that systemic inequality exists.

Arendt’s work helps illuminate why this moment is politically consequential. In her writings on authoritarianism, she argued that the greatest danger arises when institutions cease to question the assumptions guiding their actions. Political choices appear technical, administrative procedures replace ethical judgment and thinking is displaced by routine compliance.

The backlash against diversity and inclusion initiatives operates within this dynamic. By portraying historical analysis as ideological bias and structural critiques of inequality as threats to social cohesion, it encourages institutions to treat questions of justice as matters best avoided.

Refusing cruelty

When societies stop examining the histories that produced inequality, public memory narrows and democratic debate contracts. Social hierarchies begin to appear natural while demands for justice are reframed as sources of division.

But remaining alert to these erosions of rights is urgent at a moment when the capacity to think historically and judge morally is being deliberately eroded under the Trump administration and other emerging authoritarian movements. What is being normalized is precisely the condition Arendt warned about: a political culture in which thoughtlessness allows cruelty to appear ordinary and injustice to operate as a routine function of governance.

That is the banality that some western societies are now being asked to accept.

The challenge is to refuse it and expose the systems that produce it while rebuilding the civic capacities democracy requires. In the face of accelerating authoritarianism, the struggle to build a future grounded in equality, shared prosperity and the radical promise of collective freedom has become not only necessary, but essential.

The Conversation

Henry Giroux does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The war on DEI reflects the quiet normalization of white nationalism — in the U.S. and beyond – https://theconversation.com/the-war-on-dei-reflects-the-quiet-normalization-of-white-nationalism-in-the-u-s-and-beyond-278234

How do women entrepreneurs survive in Ghana’s informal economy? We went to a local market to ask them

Source: The Conversation – Africa – By Nadia Zahoor, Associate Professor, Queen Mary University of London

The informal economy is the basis of everyday economic life across sub-Saharan Africa. In Ghana, as in many low- and middle-income contexts, a lot of retail trade, food distribution, artisanal production and service provision happens outside formal regulatory frameworks.

Women occupy a prominent position in this world. They trade in open-air markets, process and sell foodstuffs, produce garments, provide hairdressing services and manage micro-enterprises that sustain households and anchor local economies.

Many do this work because they haven’t been able to get an education, a formal job or formal finance.

The informal economy is easier to enter – but also less secure. Enterprises tend to work without firm tenure, enforceable contractual protections or social insurance mechanisms. Income streams are volatile, exposure to risk is routine and it’s difficult to expand the business.

Despite these challenges, women’s informal enterprises play an important developmental role. They generate income where few alternatives exist, finance children’s education and contribute to local supply chains.

Public debates often portray them as vulnerable victims of poverty or as heroic symbols of resilience.

Both pictures oversimplify a far more complex reality.

We are researchers specialising in gendered entrepreneurship and informal economies. We conducted a study to explore how women in Ghana with low or no formal education sustain businesses where they are at a disadvantage, and how they deal with being portrayed as “weaker vessels”.

The research sheds light on what entrepreneurship looks like when resources are scarce, institutions are fragile and gender norms remain powerful. Our findings show resilience, as well as the hidden costs of survival in an economy where formal support systems are largely absent.

Our findings suggest that by supporting women in Ghana’s informal economy, policymakers can strengthen local markets, reduce economic precarity and enhance inclusive economic growth. Informal enterprises are deeply embedded in broader supply chains and community networks. Recognising and supporting them can increase productivity, stabilise livelihoods and create spillover benefits for the wider economy.

Life on the ground

We interviewed 21 women in southern Ghana and observed market spaces. The women were invited to share stories of actions they believed had enabled their businesses to survive despite limited resources.

These conversations highlighted the advantages associated with formal education, like access to networks, skilled labour and government programmes.

We also learned how informal women entrepreneurs kept ventures going without that kind of support. The findings pointed to informal-formal collaboration as an important, if often overlooked, linkage.

Participants described an environment marked by pervasive uncertainty:

  • threats of eviction

  • fluctuating input costs such as wholesale food prices, transport overheads and cooking fuel

  • ad hoc levies imposed by local market associations, informal gatekeepers and neighbourhood officials

  • harassment by municipal authorities.

This instability shaped how they operated.

As one trader explained:

Today you are selling peacefully. Tomorrow they can tell you to move.

The women also said they couldn’t get conventional bank finance because they didn’t have collateral, formal documentation or credit histories. Instead, they relied on rotating savings and credit associations (locally known as susu), kin-based financial support and reinvestment of modest profits.

The bank will ask for papers I don’t have. So we depend on our susu (rotating savings system).

Risk diversification was a key survival strategy. Some managed multiple activities. For example, they combined food vending with petty trading or seasonal commodity sales.

If one business is slow, the other one helps.

Equally critical were dense social networks. Fellow traders provided short-term loans, shared information about changes in prices and regulations, and offered psychosocial support.

Informal subcontracting relationships with formal enterprises sometimes provided extra income streams. This showed that informal entrepreneurship is embedded within broader economic circuits.

Participants also had to deal with people’s ideas about women as inherently fragile or dependent. Yet women’s survival depends on physical endurance, negotiation skills and financial acumen. One market trader put it this way:

If you are weak in this market, you cannot survive.

Rather than openly rejecting what people expected of women, some used those ideas to their advantage. They framed entrepreneurial activity as caregiving. This made income-generating work look more socially and morally acceptable.

I tell them I am doing this for my family. Then people accept it.

The women also spoke of the physical and psychological strains they worked under. They managed multiple income streams, absorbed market shocks and fulfilled unpaid care responsibilities.

Implications

Several recommendations emerge from our study.

First, informal women entrepreneurs should be formally recognised and supported. Simplified registration processes and flexible regulatory frameworks can help reduce barriers to formalisation. They can also give access to legal protection, institutional support and market opportunities.

With legitimised informal businesses, women would be able to operate more securely and plan for sustainable growth.

Second, access to context-sensitive finance is essential. This could include microfinance schemes, low-barrier credit products and support for community-based savings mechanisms.

Third, targeted capacity-building and social support programmes would help. This could include:

  • literacy and context-sensitive training in business management, financial literacy and digital skills

  • social protection measures like affordable childcare and healthcare access

  • time-saving interventions such as improved water and energy infrastructure.

Finally, links between informal and formal sectors need to be strengthened. Policies that encourage collaboration through subcontracting, supply chains or networking platforms can improve income stability, access to resources, and long-term business sustainability.

These measures can create an enabling environment where women’s informal enterprises don’t just survive, they thrive, and contribute to economic development.

The Conversation

Nadia Zahoor does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How do women entrepreneurs survive in Ghana’s informal economy? We went to a local market to ask them – https://theconversation.com/how-do-women-entrepreneurs-survive-in-ghanas-informal-economy-we-went-to-a-local-market-to-ask-them-277634

Les communautés autochtones sont touchées de manière disproportionnée par les incendies de forêt. Voici ce que peuvent faire les gouvernements

Source: The Conversation – in French – By Tara McGee, Professor, Earth & Atmospheric Sciences, University of Alberta

Chaque été depuis dix ans ou presque, c’est la même chose dans de nombreuses régions du Canada : des feux de forêt incontrôlables font rage et le ciel se remplit de fumée. Les populations à proximité sont souvent contraintes d’évacuer.

Les feux de forêt ont des répercussions démesurées sur les communautés autochtones. Selon une enquête de 2024, 42 % des communautés canadiennes qui ont évacuées en raison des feux de forêt au cours des quatre dernières décennies étaient autochtones.

Il y a 13 ans, on comprenait peu les difficultés rencontrées par les communautés des Premières Nations lors des évacuations, bien qu’elles les vivaient fréquemment. Voilà pourquoi nous avons conclu un partenariat avec sept Premières Nations de l’Alberta, de la Saskatchewan et de l’Ontario et 16 ministères et organismes intervenant durant les évacuations provoquées par des feux de forêt pour créer le First Nations Wildfire Evacuation Partnership (FNWEP)

Depuis 2013, le FNWEP étudie les expériences des Premières Nations évacuées, identifie les facteurs qui influencent positivement ou négativement leur vécu et recommande des moyens d’atténuer les répercussions négatives des évacuations dues aux feux de forêt.

Paru en 2021, notre ouvrage First Nations Wildfire Evacuation Experiences : A guide for communities and external agencies est structuré en plusieurs chapitres, chacun correspondant à une différente étape d’une évacuation en cas de feux de forêt, de l’observation de la fumée à distance au retour chez soi une fois le feu maîtrisé.

Dans chaque chapitre, nous avons résumé les conclusions de nos recherches, fait des recommandations pratiques et proposé des mesures que les communautés et les organismes externes peuvent prendre pour mieux se préparer aux évacuations.

Défis posés par l’évacuation

Vidéo expliquant le FNWEP et les défis auxquels sont confrontées les communautés autochtones évacuées (CRSH).

Nos recherches nous ont permis de constater que de nombreuses Premières Nations ne disposent souvent pas des ressources adéquates pour se préparer et réagir aux feux de forêt. Beaucoup d’entre elles ne comptent aucune personne entièrement dédiée à la gestion des urgences.

Parmi les facteurs qui compliquent l’évacuation des peuples autochtones mentionnés dans nos recherches, citons :

  1. le fait d’être sur les terres, loin de chez soi, lorsque la décision de devoir évacuer est prise, ce qui complique la tâche de prévenir les personnes concernées et d’organiser leur transport ;

  2. la crainte de perdre son logement, exacerbée par la pénurie actuelle ;

  3. le manque d’intérêt des médias envers l’évacuation des communautés autochtones, ce qui réduit l’accès à l’information ;

  4. les problèmes de langue et le manque de services de traduction ;

  5. la pauvreté causée par la colonisation ;

  6. les familles nombreuses et multigénérationnelles vivant sous le même toit, ce qui complique la coordination du transport ;

  7. les problèmes de santé ;

  8. les inquiétudes quant aux coûts de l’évacuation et à leur remboursement.

Parmi les autres défis, mentionnons les courts délais d’avertissement, les difficultés de transport, dont les évacuations en plusieurs étapes, le manque d’informations pour les personnes évacuées, les logements surpeuplés, les chocs culturels, la séparation des familles et le racisme.

Séparation des familles

One of the most severe cases of family separation occurred in 2011 when people from [Sandy Lake First Nation]) were sent to 12 different host communities, which led to reduced support for evacuees. In some cases, community leaders and a select group of residents stayed behind in the community to communicate with government agencies and evacuees, provide advice, deal with problems and look after the community.

L’un des cas les plus graves de séparation familiale s’est produit en 2011, lorsque des membres de la Première Nation de Sandy Lake ont été dispersés dans 12 communautés d’accueil différentes, réduisant ainsi le soutien qui leur a été apporté. Dans certains cas, les responsables communautaires et un groupe restreint de résidentes et résidents sont demeurés sur place pour communiquer avec les organismes gouvernementaux et les personnes évacuées, prodiguer des conseils, régler les problèmes et protéger la communauté.

Nous avons relevé d’autres situations qui nous ont paru absurdes. Par exemple, lorsque âmaciwîspimowinihk (Stanley Mission), dans le nord de la Saskatchewan, a été évacué en 2014, les sièges d’auto pour enfants n’étaient pas autorisés à bord des autobus d’évacuation. Les personnes évacuées ont été forcées de tenir leurs bébés sur leurs genoux pendant tout le trajet vers les communautés d’accueil, dont Regina ; elles ont raconté avoir dû passer près de 12 heures sur la route.

Mais le cas le plus inapproprié date de 2011 quand la Première Nation de Deer Lake a été hébergée au Rideau Regional Centre, à Smiths Falls, en Ontario. Construit en 1951 pour accueillir des personnes atteintes de troubles du développement, ce centre avait fermé ses portes en 2009, deux ans avant l’évacuation. L’état du centre était totalement inadapté. Certaines personnes évacuées ont dû dormir à même le sol parce qu’on ne leur avait pas fourni de lit de camp, certaines chambres n’étaient pas nettoyées et les cabines de douche des salles de bain communes n’avaient ni rideaux ni portes.

Résilience communautaire

Toutefois, nous avons trouvé de nombreux cas où les personnes évacuées ont eu une bonne expérience parce que les membres de leur communauté ont fait preuve de résilience. Les chefs communautaires ont joué un rôle essentiel en assurant la liaison entre leur communauté et la communauté d’accueil, en participant aux réunions des organismes, en communiquant des informations aux personnes évacuées, en défendant les intérêts de leur communauté et en réglant les problèmes rencontrés.

Resté sur place, le chef de la Première Nation de Sandy Lake a enregistré des vidéos en oji-cri et en anglais pour rester en contact avec les membres de sa communauté et leur offrir des informations quotidiennes durant leur évacuation.

Des jeunes de la Nation ojibwée Mishkeegogamang et d’autres Premières Nations ont créé des groupes Facebook privés pour permettre aux personnes évacuées de partager de l’information. En outre, en plus de leur rôle de liaison, des membres des communautés des Premières Nations se sont portés volontaires pour apporter de l’aide de nombreuses façons, notamment en tenant compagnie aux Aînées et Aînés, en commandant et en allant chercher les ordonnances, en fournissant des services de garde d’enfants et de sécurité et en livrant des repas.

Recommandations pour améliorer les évacuations

La compétence juridictionnelle est un facteur déterminant dans toutes les évacuations. En effet, alors que la gestion des feux de forêt et des situations d’urgence relève de la compétence provinciale, les Premières Nations relèvent de la compétence fédérale, ce qui complique considérablement les évacuations en cas de feux de forêt. Nous avons répertorié des cas où les responsables locaux ne savaient pas à quel organisme s’adresser pour déclencher une évacuation.

Cependant, malgré des résultats de recherche cohérents et des efforts de sensibilisation constants, bon nombre des communautés évacuées entre 2011 et 2015 avec lesquelles nous avons travaillé ont été à nouveau évacuées depuis et ont encore été confrontées à plusieurs des mêmes difficultés.

En 2025, la vérificatrice générale du Canada a réitéré les lacunes constantes dans la façon dont Services aux Autochtones Canada gère les urgences, malgré l’augmentation spectaculaire de son financement au cours des dix dernières années — de 13 milliards de dollars en 2019-2020 à près de 24 milliards de dollars en 2023-2024. Elle a également constaté que seul l’Ontario respecte les normes de services d’évacuation.

Les autorités fédérales et provinciales devraient augmenter leur financement à long terme au profit des Premières Nations afin de leur permettre de gérer les situations d’urgence. Elles devraient aussi appuyer la construction de bâtiments équipés de filtres à air et de purificateurs d’air afin que les personnes qui les occupent n’aient pas à les évacuer uniquement en raison de la mauvaise qualité de l’air. En outre, elles pourraient simplifier les processus de remboursement pour faciliter le processus de retour à la normale à la suite des feux de forêt.

De plus, les gouvernements devraient investir davantage dans la prévention et l’atténuation des feux de forêt afin de réduire le besoin d’évacuer, notamment avec l’aide du programme Intelli-feu. Ils devraient également financer et soutenir les programmes autochtones de surveillance des incendies partout au Canada, dans le cadre desquels des Autochtones travaillent toute l’année pour assurer la prévention, l’atténuation, l’intervention et le rétablissement en cas d’incendie.

Alors que la période des feux de forêt s’aggrave d’année en année, les gouvernements peuvent prendre dès maintenant des mesures concrètes pour s’assurer que les communautés les plus touchées sont bien équipées pour faire face aux évacuations et s’en remettre.

La Conversation Canada

Tara McGee est financée par Ressources naturelles Canada dans le cadre du First Nations Wildfire Evacuation Partnership, un partenariat qui a déjà reçu un financement du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Amy Cardinal Christianson est affiliée à l’Initiative de leadership autochtone. Elle travaillait auparavant au Service canadien des forêts (Ressources naturelles Canada) et à Parcs Canada. Au cours des dix dernières années, elle a fait des contributions en nature au First Nations Wildfire Evacuation Partnership.

ref. Les communautés autochtones sont touchées de manière disproportionnée par les incendies de forêt. Voici ce que peuvent faire les gouvernements – https://theconversation.com/les-communautes-autochtones-sont-touchees-de-maniere-disproportionnee-par-les-incendies-de-foret-voici-ce-que-peuvent-faire-les-gouvernements-278043