En France, les personnes âgées consomment trop de benzodiazépines, et en méconnaissent les risques

Source: The Conversation – in French – By Sylvain Pichetti, Économiste de la santé – directeur de recherche, Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes)

La France est l’un des pays d’Europe où la consommation de benzodiazépines par les personnes âgées reste la plus élevée. Pour mieux dormir ou calmer l’anxiété, nombre d’entre elles s’en voient prescrire pendant des mois, voire des années, souvent sans que la mesure des risques associés à ces médicaments ne soit prise.

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En France, la prescription de benzodiazépines chez les personnes âgées est particulièrement élevée par rapport à celle observée dans les autres pays de l’OCDE. Ces médicaments voient pourtant leur efficacité diminuer avec le temps et exposent les seniors à de nombreux effets indésirables : risque accru de chutes et de fractures, troubles de la mémoire et des fonctions cognitives, ou encore dépendance.

Face à ces risques, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a lancé en avril 2025 une nouvelle campagne d’information visant à promouvoir le bon usage des benzodiazépines et à réduire leur consommation.

Trois études récentes menées par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) permettent de caractériser l’évolution de la consommation en France au cours des dernières années, d’identifier les situations les plus à risque de prescriptions potentiellement inappropriées et de mieux comprendre les leviers susceptibles de réduire ces prescriptions chez les seniors.

Voici ce qu’il faut en retenir.

Une consommation en baisse, mais toujours élevée en France

En France, la consommation de benzodiazépines chez les personnes âgées diminue, mais reste nettement plus élevée que dans la plupart des pays européens. Nos travaux révèlent qu’en 2022, 13 % des personnes âgées de 65 ans et plus ont reçu au moins une prescription potentiellement inappropriée de benzodiazépines au cours de l’année, soit une baisse de quatre points par rapport à 2012. Cette diminution s’inscrit dans une tendance observée dans l’ensemble des pays européens sur la même période.

Plusieurs politiques publiques ont contribué à cette évolution, notamment le ciblage des prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines dans la rémunération sur objectifs de santé publique (depuis 2012), la baisse du remboursement de certaines molécules et la diffusion de recommandations de bonnes pratiques par la Haute Autorité de santé (HAS), en particulier pour les troubles de l’anxiété et du sommeil. La HAS précise par ailleurs qu’en cas de prescription, la planification d’emblée de la stratégie de déprescription s’avère nécessaire afin que le traitement ne dépasse pas trois mois.

Malgré ces efforts, la France reste un pays à forte consommation : les prescriptions potentiellement inappropriées y sont environ deux fois plus fréquentes qu’en Suède et six fois plus qu’au Danemark.

Dans notre pays, la consommation de benzodiazépines varie fortement selon les territoires. Les taux de prescription les plus élevés, autour de 23 %, sont observés dans certaines régions comme la Bretagne, les Hauts-de-France, le Limousin, la Champagne-Ardenne, la Gironde ou le littoral sud, alors que la moyenne des zones de faible prescription s’établit autour de 14 %.

L’analyse des données indique que les bassins de vie dans lesquels les personnes âgées appartiennent plus souvent à la catégorie sociale des employés ou des ouvriers ont des taux standardisés de prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines plus importants. En outre, l’offre de soins, accessible dans les bassins de vie, joue aussi un rôle. Une meilleure accessibilité aux médecins généralistes, principaux prescripteurs, est associée à plus de prescriptions potentiellement inappropriées.

Deux types de prescriptions inappropriées chez les personnes âgées

Chez les personnes âgées, deux configurations de prescriptions sont considérées comme potentiellement inappropriées.

La première renvoie à la prescription de benzodiazépines à longue durée d’action. Ces médicaments qui mettent plus de temps à être éliminés par l’organisme sont très fortement déconseillés pour les personnes âgées de 65 ans et plus. En effet, avec l’âge, les fonctions hépatiques et rénales diminuent, ce qui allonge le temps d’élimination des médicaments. En raison de la sédation, de la faiblesse musculaire, de la confusion, les benzodiazépines augmentent le risque de chutes, qui sont une cause majeure de fractures du col du fémur et d’hospitalisation chez les personnes âgées.

La deuxième configuration porte sur la durée de prescription qui ne doit pas dépasser trois mois chez le sujet âgé, selon les recommandations nationales (Haute Autorité de santé) et internationales (American Society of Addiction Medicine).

Le rôle central du médecin généraliste dans la prescription

En France, les médecins généralistes sont à l’origine de plus de 80 % des prescriptions de benzodiazépines. Ils connaissent les risques chez les patients âgés grâce aux recommandations diffusées par la Haute Autorité de santé. Pourtant, la pratique de prescription varie beaucoup d’un médecin à l’autre.

En tenant compte des différences de sexe, d’âge, de mortalité et de pathologies de leurs patients, certains médecins généralistes affichent seulement 10 % de prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines en 2015, tandis qu’elles dépassent 30 % chez d’autres confrères.

Les médecins qui ont les taux de prescription les plus élevés et qui conservent ce niveau dans le temps (entre 2015 et 2022) sont plus âgés et plus souvent des hommes. Au contraire, les médecins femmes réduisent plus souvent leurs prescriptions, quel que soit leur niveau initial de prescription.

Concernant la différence de prescription selon l’âge des médecins, l’argument avancé est que la proximité avec l’âge des études explique un meilleur respect des recommandations de bonne pratique, et donc une meilleure prescription. Les plus jeunes médecins prescrivent donc mieux que les médecins plus âgés. Pour la différence liée aux genres, les femmes médecins semblent accorder une attention particulière au respect des recommandations de bonnes pratiques.

Un point à souligner est que certaines populations vulnérables, comme les personnes atteintes de troubles psychiques ou de maladies neurodégénératives, ne bénéficient pas de la baisse de prescription observée entre 2012 et 2022, contrairement aux personnes âgées atteintes d’autres pathologies.

De plus, pour ces patients, les niveaux de prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines sont déjà parmi les plus élevés, compris entre 30 % et 50 %. Or, ils peuvent avoir une capacité réduite à consentir à ces traitements.

La relation médecin-patient-aidant influe sur la décision de prescrire

Avec la dégradation de l’état de santé des personnes âgées et l’apparition de maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer, le maintien à domicile repose le plus souvent sur la présence d’aidants familiaux, qui sont amenés à coordonner les soins de leurs proches.

Ils prennent en charge les rendez-vous médicaux, participent aux consultations et aident à la prise des médicaments. Ils jouent aussi un rôle clé en transmettant au médecin des informations précieuses sur l’état de la personne âgée, par exemple sur l’anxiété, les troubles du sommeil et les troubles comportementaux associés à l’évolution de la maladie.




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Nos travaux révèlent que la présence d’un aidant familial pour les démarches médicales est associée à une augmentation de la probabilité de recevoir des prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines à longue durée d’action (+ 21,7 points).

Les prescriptions sont plus fréquentes quand l’aidant partage, et donc observe, le quotidien de la personne âgée, parce qu’il est en couple ou cohabite avec elle. Le médecin, bien qu’informé de la nocivité des benzodiazépines, peut être amené à en prescrire lorsqu’aucune alternative n’apparaît envisageable face à des situations d’urgence décrites par l’aidant familial, qui appellent une décision immédiate.

Ces situations d’urgence peuvent prendre plusieurs formes : agitation nocturne intense qui peut conduire la personne âgée à chercher à sortir du domicile et mettre ainsi sa sécurité en jeu, une insomnie totale sur plusieurs nuits qui épuise à la fois la personne âgée et l’aidant, une agressivité soudaine se traduisant verbalement ou physiquement, mettant en difficulté l’aidant qui ne parvient plus à gérer la situation.

Si la relation médecins-aidants-patients a une influence sur la prescription de benzodiazépines, notre étude révèle que l’entrée des personnes âgées en Ehpad est elle aussi associée à un risque de prescription inappropriée.

Les prescriptions potentiellement inappropriées augmentent à l’entrée en Ehpad

L’entrée en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) constitue une période de transition souvent difficile pour les personnes âgées, en particulier celles atteintes de troubles neurodégénératifs.

En France, près d’un résident sur deux en Ehpad présente une prescription potentiellement inappropriée de benzodiazépines. Cette fréquence élevée s’explique par plusieurs facteurs indépendants de l’établissement, tels que l’état de santé souvent dégradé des résidents, ainsi que par les pratiques de prescription des médecins.

À l’admission, certains résidents conservent leur médecin traitant, tandis que d’autres en changent, notamment pour s’adapter à l’organisation de l’établissement ou en raison de l’éloignement géographique avec leur médecin d’origine. Or, les médecins peuvent avoir avoir différentes façon de prescrire, leurs caractéristiques (âge, sexe, exercice solitaire ou en groupe notamment) peuvent avoir un impact important sur leurs prescriptions.

Toutes choses égales par ailleurs, la probabilité de recevoir des prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines augmente de dix points après l’entrée en Ehpad.

Cette hausse est principalement portée par les prescriptions chroniques d’anxiolytiques, en lien avec l’apparition ou le renforcement des troubles anxieux à l’occasion de l’admission en Ehpad qui constitue une période très perturbante pour les personnes âgées.

Soulignons toutefois que l’impact de l’admission varie selon le type d’établissement : l’augmentation des prescriptions inappropriées est en effet plus limitée dans les Ehpad du secteur public hospitalier. Par ailleurs, les prescriptions de benzodiazépines sont moins fréquentes dans les établissements où la proportion d’infirmières au sein du personnel soignant est plus élevée. Lesdites infirmières, notamment l’infirmière cadre, jouent un rôle central de coordination des soins médicaux, notamment avec les médecins traitants de ville responsables du suivi médical des résidents.

Mieux informer, et de développer des alternatives non médicamenteuses

On l’a vu, une forte hétérogénéité de prescription persiste selon l’âge et le genre des praticiens. Ce constat plaide pour un renforcement de l’information sur la nocivité des benzodiazépines à destination de l’ensemble des médecins généralistes, afin de mieux les sensibiliser à cette problématique.

Plus largement, il conviendrait d’informer l’ensemble de la population française aux risques liés à l’usage prolongé des benzodiazépines. Cette information permettrait de sensibiliser aussi les aidants familiaux, qui n’ont souvent pas conscience des conséquences négatives de ces prescriptions pour la personne aidée, et qui considèreraient différemment ces prescriptions s’ils en connaissaient les effets sur le long terme.

Un autre levier d’action est de privilégier en première intention les approches non médicamenteuses. Ces alternatives sont déjà disponibles : l’adaptation du logement de la personne âgée (barres d’appui, tapis antidérapant…) pour faciliter ses déplacements et ainsi réduire l’anxiété liée à la peur de tomber ; la pratique d’une activité physique adaptée permettant la relaxation, le recours au psychologue ou à des thérapies cognitivocomportementales pour réduire l’anxiété.

Cependant, face à la diversité des alternatives thérapeutiques non médicamenteuses existantes, une labellisation des alternatives à l’efficacité scientifiquement démontrée apparaît nécessaire, afin de faciliter leur prescription par les médecins.

Enfin, dans les Ehpad, une évaluation systématique des traitements médicamenteux dans les six mois qui suivent l’entrée dans l’établissement, et une diffusion de la culture gériatrique au-delà des Ehpad publics hospitaliers, constitueraient deux pistes d’amélioration pour freiner les prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines.

The Conversation

Sylvain Pichetti, dans le cadre de son activité de chercheur à l’Irdes a reçu des financements de l’Institut pour la Recherche en Santé Publique (Iresp) dans le cadre de réponse à appels à projets.

Anne Penneau et Marc Perronnin ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. En France, les personnes âgées consomment trop de benzodiazépines, et en méconnaissent les risques – https://theconversation.com/en-france-les-personnes-agees-consomment-trop-de-benzodiazepines-et-en-meconnaissent-les-risques-275726

Khaby Lame, le créateur le plus suivi sur TikTok : quand un hafiz devient un actif numérique mondial

Source: The Conversation – in French – By Fanny Georges, enseignant-chercheur, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3

Il s’appelle Khabane Lame, mais le monde entier le connaît sous le nom de Khaby Lame. Natif de Dakar, il est aujourd’hui le créateur de contenus le plus suivi sur TikTok avec plus de 160 millions d’abonnés : un record mondial obtenu sans prononcer un seul mot. Depuis janvier 2026, il est aussi le premier homme qui a autorisé la cession commerciale de son image numérique pour près d’un milliard de dollars. Or, Khaby Lame est également exceptionnel sur un point que les médias occidentaux mentionnent rarement : il est musulman pratiquant et hafiz, c’est-à-dire qu’il a mémorisé l’intégralité du Coran, après avoir été envoyé à l’âge de 14 ans dans une école coranique près de Dakar.

La tension entre le corps sacré du hafiz et la marchandisation des attributs corporels numérisés de l’influenceur fait de son parcours un cas d’une richesse exceptionnelle pour interroger les enjeux de la numérisation des données personnelles de l’humanité.

Mes recherches portent sur l’identité numérique, les mythes sociotechnologiques et les identités numériques post-mortem. J’explique ici comment Khaby Lame, à partir de sa précarité, a construit une identité comique universelle sur TikTok.

De la banlieue de Turin au sommet mondial

L’histoire de Khaby Lame est structurée comme un mythe contemporain au sens plein du terme, non pas parce qu’elle serait invraisemblable, mais parce qu’elle rejoue les structures narratives fondatrices de la modernité numérique : la précarité comme point de départ, la solitude créatrice comme épreuve initiatique, et la reconnaissance mondiale comme horizon. Ce que le penseur français Roland Barthes appelait la « parole mythique », ce récit qui se donne comme naturel alors qu’il est profondément construit est ici pleinement opérant.

En 2020, au début de la pandémie de Covid-19, Khaby Lame se retrouve sans emploi, confiné dans un logement social de la banlieue de Turin, en Italie, après avoir perdu son poste d’ouvrier. De ce dénuement naît une décision simple : filmer. En dix-sept mois seulement, il dépasse les 100 millions d’abonnés, devenant le premier créateur résidant en Europe à atteindre ce cap.

Ce que ce récit met en scène, c’est la promesse que TikTok vend avec constance : la plateforme comme ascenseur social, le téléphone portable comme outil de connexion immédiate entre le talent et la reconnaissance. Ce mythe de l’émergence spontanée mérite d’être examiné plutôt que simplement célébré. Il occulte la part de travail, de calcul, et surtout de contingence algorithmique qui préside à toute trajectoire virale.

La grammaire du corps universel

Ce qui distingue fondamentalement Khaby Lame de la quasi-totalité des créateurs qui l’ont précédé, c’est le régime sémiotique qu’il a inventé, ou plutôt réactivé, car il s’inscrit dans une généalogie comique très ancienne. Certains le comparent à Charlie Chaplin, d’autres à Buster Keaton, tous deux acteurs et réalisateurs du cinéma muet burlesque hollywoodien.

Charlie Chaplin dans “The Kid – Fight Scene”.

En effet, Khaby Lame renoue avec les codes du cinéma comique muet hollywoodien des années 1930 initié par Charlie Chaplin : du mime, des regards appuyés, pas de textes, et de saynètes (courtes scènes théâtrales) burlesques porteuses de messages. Mais la filiation chaplinesque s’arrête là, car les deux hommes habitent leur corps de façons radicalement différentes. Les films de Chaplin intègrent des moments émouvants marqués par des thèmes sociaux et politiques.

Charlot est le vagabond précaire qui résiste au monde industriel, un corps politiquement engagé. Son corps de scène prend parti pour les opprimés, pour les persécutés, pour les précaires du monde.

La mécanique comique de Khaby Lame est, elle, davantage keatonienne. Il utilise uniquement son visage souvent exaspéré pour mettre en lumière l’absurdité des vidéos qui prétendent simplifier les tâches quotidiennes mais ne font que les compliquer. Une impassibilité absolue face à l’absurde, que Buster Keaton avait porté à son point de perfection avec son célèbre « Great Stone Face ».

Buster Keaton ‘The Art of the Gag’.

Mais là où la structure comique est keatonienne, le rapport au corps ne l’est pas du tout : toute sa vie, Keaton est resté complètement indifférent à la religion ou à la métaphysique sous quelque forme que ce soit. Dans un sens pratique, la seule religion de Keaton semble avoir été le théâtre et le cinéma. Keaton incarnait un corps sans ciel au-dessus de lui, un corps radicalement laïque, disponible à l’absurde sans recours à aucune transcendance.

Khaby Lame est l’exact inverse sur ce point. Son corps n’est pas sans ciel : c’est le corps d’un hafiz. Et c’est cette irréductible différence qui rend la dissociation de l’identité numérique en 2026 si troublante. Cet humour sans paroles lui permet de construire un public mondial car il n’y a aucune barrière linguistique, de la même façon que les stars du cinéma muet telles que Charlie Chaplin sont devenues des icônes mondiales il y a un siècle.

TikTok a d’ailleurs optimisé ses mécanismes de recommandation pour favoriser ce type de contenu lisible par tous. Là où Chaplin avait besoin de la salle obscure, Khaby Lame n’a besoin que d’un téléphone et d’un algorithme. La grammaire est la même ; le dispositif de diffusion a muté radicalement.

Khaby Lame.

La dissociation de l’identité numérique

En janvier 2026, ce corps expressif si soigneusement construit devient officiellement un actif financier. Khaby Lame cède sa société Step Distinctive Limited pour 975 millions de dollars à Rich Sparkle, une société cotée en bourse basée à Hong Kong. L’accord inclut la cession des droits d’utilisation de son image, de sa voix et de ses modèles comportementaux, destinés au développement d’un jumeau numérique alimenté par l’intelligence artificielle.

Ce jumeau numérique sera utilisé pour des contenus multilingues, notamment publicitaires et promotionnels, permettant à des entreprises de lancer des campagnes dans plusieurs pays sans que Khaby soit physiquement présent. Selon Rich Sparkle, l’exploitation de ce jumeau numérique pourrait générer plus de 4 milliards de dollars de ventes annuelles, via son double qui créera du contenu commercial multilingue (livestream e-commerce, un format déjà dominant en Asie), pouvant être diffusé simultanément dans le monde entier.

Cette transaction signe un passage de seuil : celui où l’identité numérique cesse d’être une représentation de soi pour devenir un actif dissociable de la personne qui lui a donné naissance. Pour la première fois, un créateur serait considéré non pas comme un ambassadeur de marque, mais comme une marque à part entière, note le journal italien Corriere della Sera. Ce que ce journal formule en termes commerciaux peut se reformuler en termes théoriques : les attributs numériques de Khaby Lame sont désormais légalement séparables de Khaby Lame lui-même.

Le jumeau numérique est, en ce sens, le corps keatonien rêvé par le capitalisme de plateforme : impassible, reproductible, sans intériorité, disponible sur tous les fuseaux horaires. Il prend la structure comique de Keaton et en fait un actif industriel.

Un corps infiniment reproductible et polysémique

Le geste signature de Khaby Lame (les deux paumes ouvertes tournées vers le ciel) semble universellement lisible comme expression de stupéfaction bienveillante. Mais il est profondément polysémique : dans la tradition islamique comme dans de nombreuses cultures africaines, ce même geste est celui du dua, la supplique adressée à Dieu les mains tendues vers le ciel. Ce que des millions de spectateurs lisent comme une signature comique porte, superposée à elle, la mémoire gestuelle d’une tradition spirituelle. Le corps du hafiz ne parle pas d’une seule voix.

Mais le double numérique de Khaby Lame n’est pas une simple image : c’est une entité qui agit en son nom, qui parle avec sa voix, qui produit avec ses gestes caractéristiques. Ce n’est plus de la représentation, c’est de la délégation de sa manière d’être et d’agir.

Un miroir tendu au continent africain

Les mêmes mains ouvertes, le même regard expressif, la même voix qui portèrent jadis les sourates du Coran dans une école de Dakar sont aujourd’hui les attributs d’une transaction commerciale évaluée à près d’un milliard de dollars. Khaby Lame n’a jamais instrumentalisé sa foi pour son audience, et c’est précisément cette discrétion qui rend la tension analytiquement précieuse. Néanmoins, on peut pressentir une tension éthique dans cette cession de son identité agissante aux marchés financiers.

D’un côté, pour la jeunesse africaine, et sénégalaise en particulier, Khaby Lame incarne la possibilité que les espaces numériques constituent des territoires où les hiérarchies héritées de l’histoire coloniale peuvent, au moins symboliquement, être renversées. D’un autre côté, dans cette transaction éminemment capitaliste, un fils de la diaspora sénégalaise autorise la reproduction à l’infini de ses attributs numériques, livrant son corps à l’exploitation médiatique.

Que signifie la cession de ses attributs numériques dans un monde où l’image des corps africains a si longuement été appropriée sans consentement ni compensation ? S’agit-il d’une victoire ou d’une nouvelle forme d’exploitation ? Les bénéfices financiers peuvent-ils compenser la cession de son identité ?

Le continent africain, qui produit de plus en plus de créateurs numériques à audience mondiale, aura collectivement à construire des réponses juridiques, éthiques et culturelles à ces questions. Qui contrôle le double numérique d’un créateur ? Dans quel cadre normatif, occidental, asiatique, islamique ou africain, son exploitation est-elle jugée ?

Khaby Lame n’est pas seulement un phénomène de plateforme. Il est un révélateur, et peut-être, involontairement, un précédent.

The Conversation

Fanny Georges does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Khaby Lame, le créateur le plus suivi sur TikTok : quand un hafiz devient un actif numérique mondial – https://theconversation.com/khaby-lame-le-createur-le-plus-suivi-sur-tiktok-quand-un-hafiz-devient-un-actif-numerique-mondial-275691

More police and surveillance won’t prevent the next school tragedy

Source: The Conversation – Canada – By Beyhan Farhadi, Assistant Professor, Educational Policy and Equity, University of Toronto

I’m still processing the devastating mass school shooting in Tumbler Ridge, B.C. Like many people across the country, I’m thinking about the families and communities directly impacted while trying to anticipate next steps.

As an academic who researches surveillance technology in Canadian schools,
I am also watching the media landscape for developments in coverage and shifts in discourse.

This is because my preliminary research suggests – based on analysis of news media reports between 2010 and 2025 – a single, tragic story can impact expanded visible security measures and significant investments.




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School shootings dropped in 2025 – but schools are still focusing too much on safety technology instead of prevention


When violence and tragedy erupt, governments and school leaders face intense pressure to act quickly, and urgency can produce policy responses that signal control without a plan to evaluate their impact.

Focus on securing schools

Market research from the United States estimates that billions of dollars a year are invested in “securing” schools, often in response to school shootings.

These measures can feel reassuring in the short term, but decades of U.S. experience following the 1999 Columbine shooting suggest that expanding visible security measures shows limited or mixed evidence of reducing serious violent incidents, and does not provide causal support for the claim that these measures prevent rare violent incidents.

CBC reports that the tragedy in Tumbler Ridge “and other intruder incidents at schools” are “reviving conversations across Canada about school safety.” Since the Tumbler Ridge school shooting, there have been calls to examine emergency procedures not just in Tumbler Ridge and B.C., but also in Manitoba and Alberta.

Premier Danielle Smith suggested the Alberta Ministry of Education may expand school resource officers after upcoming safety audits.

Expanded police presence to address violence

This recent event follows a growing movement in Canadian jurisdictions to expand police presence to address violence in schools.

The British Columbia Ministry of Education fired the Victoria School Board for banning police in schools. In Ontario, Bill 33 is set to expand policing in schools and erode democratic oversight of school boards.




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Ontario’s Bill 33 expands policing in schools and will erode democratic oversight


Scholarly evidence on school policing depends on how studies are designed and findings interpreted. A 2018 evaluation of Ontario’s Peel Region estimated school policing had positive social value based on surveys and stakeholder reports. However, it did not compare schools with and without officers or test whether police presence reduces serious violent incidents.

In contrast, a 2020 U.S.-wide study comparing similar schools before and after increases in police funding did find reductions in non-weapon physical fights. However, it found no reduction in gun-related incidents. It also documented increases in suspensions, expulsions and police referrals for Black students and students with disabilities.

Human rights commissions from both Ontario and British Columbia have cautioned that police programs in schools must meet a high legal threshold and have raised concerns about disproportionate impacts on Black, Indigenous, racialized, disabled and 2SLGBTQ+ students. They highlight that any policy that risks discrimination must be necessary, proportionate and supported by evidence.

This raises an important question: if police integration in schools increases the likelihood that already marginalized students will be criminalized through suspensions, expulsions and arrests — all of which fortify the school-to-prison pipeline — what kind of safety are we building and for whom?




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Preventing and addressing violence in schools: 4 priorities as educators plan for next year


Threat assessment and AI

Another common way schools are expanding security measures is through threat assessment models that embed digital monitoring tools and law enforcement deeper into schooling. This raises important questions about proportionality and democratic oversight, especially when students and their families may not understand how their information is being collected, used or retained.

These models are presented as preventative rather than disciplinary, focused on identifying suspicious behaviour early and intervening before harm takes place.

Evidence supporting threat assessment emphasizes early identification and co-ordinated intervention, not a permanent police presence, routine intelligence gathering or digitally monitoring students.

Expanded digital threat assessment, in particular, is connected to the development of artificial intelligence tools that are marketed to schools as preventative solutions. These solutions include scanning social media, flagging keywords, mapping digital networks and generating “risk scores” based on behavioural data.

In practice, this means that a student’s online activity can be captured and shared across school and law enforcement systems in ways that were not possible a decade ago.

These early intervention tools subject students to continuous monitoring, with private actors mediating the flow of information from students through schools to police.

Relational breakdowns

Research on mass school shootings underscores
how rare and context-specific they are.

While visible security measures may signal action, they do not address the social disconnection and relational breakdowns that often precipitate youth violence in cases where youth are current students at a targeted school, or where they are not (as in the case of Tumbler Ridge).

Students who are marginalized are most likely to experience negative school climates. In schools, these vulnerabilities call for support and trust-building, while in policing contexts, these vulnerabilities are a risk to surveil and detect relative to behavioural baselines.

When police presence expands in schools, the students most in need of care may also be the most likely to be watched. Students who feel watched are less likely to feel trusting of their school community.

Protective social connections

Decades of research on youth violence consistently identify protective social connections not only between students, but also among families, staff and the broader community. Early identification and intervention through multidisciplinary teams that include educators, administrators and mental health professionals are central to prevention efforts.

This does not require engaging in surveillance activities that risk the human rights of students or subject them to criminalization. It does require that we put resources toward educating and supporting youth rather than policing them.

In times of collective grief, the choices leaders make can shape school policy for years. If safety is the goal, relational infrastructure matters.

In this way, prevention depends not only on identifying threats, but on making environments in schools where students and youth feel supported, comfortable seeking help and willing to speak up when a peer needs support.

The Conversation

Beyhan Farhadi receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

ref. More police and surveillance won’t prevent the next school tragedy – https://theconversation.com/more-police-and-surveillance-wont-prevent-the-next-school-tragedy-275872

Warming winters are disrupting the hidden world of fungi – the result can shift mountain grasslands to scrub

Source: The Conversation – USA (2) – By Stephanie Kivlin, Associate Professor of Ecology, University of Tennessee

Warmer winters in normally snowy places can interfere with the important activities of microbes in the soil. Seogi/500px via Getty Images

When you look out across a snowy winter landscape, it might seem like nature is fast asleep. Yet, under the surface, tiny organisms are hard at work, consuming the previous year’s dead plant material and other organic matter.

These soil microorganisms – Earth’s recyclers – liberate nutrients that will act as fertilizer once grasses and other plants wake up with the spring snowmelt.

Key among them are arbuscular mycorrhizal fungi, found in over 75% of plant species around the planet. These threadlike fungi grow like webs inside plant roots, where they provide up to 50% of the plant’s nutrient and water supply in exchange for plant carbon, which the fungi use to grow and reproduce.

A magnified image shows dots and thin filaments weaving through the outer cells of a root.
A magnified view shows filaments and vesicles of arbuscular mycorrhizal fungi weaving through the outer cells of a plant root. Outside the root, the filaments of hyphae gather nutrients from the soil.
Edouard Evangelisti, et al., New Phytologist, 2021, CC BY

In winter, the snowpack insulates mycorrhizal fungi and other microorganisms like a blanket, allowing them to continue to decompose soil organic matter, even when air temperatures above the snow are well below freezing. However, when rain washes out the snowpack or a healthy snowpack doesn’t form, water in the soil can later freeze – as can mycorrhizal fungi.

In a new study in the Rocky Mountain grasslands, we dug into plots of land that for three decades scientists led by ecologist John Harte had warmed by 2 degrees Celsius (3.6 Fahrenheit) using suspended heaters that mimicked the air temperature the area is likely to see by the end of this century.

Above ground, the plots shifted over that time from predominantly grassland to more desertlike shrublands. Under the surface, we found something else: There were noticeably fewer beneficial mycorrhizal fungi, which left plants less able to acquire nutrients or buffer themselves from environmental stressors like freezing temperatures and drought.

These changes represent a major shift in the ecosystem, one that, on a wide scale, could reverberate through the food web as the grasses and forbs, such as wildflowers, that cattle and wildlife rely on decline and are replaced by a more desertlike environment.

When plants and fungi get out of sync

Warmer winters and a changing snowpack can affect the growth of plants and fungi in a few important ways.

One of the first signs of changing winters is when the timing of plant, fungal and animal activities that rely on one another get out of sync. For example, a mountain of evidence from around the world has documented how early snowmelt can lead to flowers blooming before pollinators arrive.

Timing also matters for plants that rely on mycorrhizal fungi – their growth must overlap.

Since plants are cued to light in addition to temperature, whereas underground microorganisms are cued to temperature and nutrient availability, warmer winters may cause microorganisms to be active well before their plant counterparts.

A mountain with a meadow filled with grasses and wildflowers in the foreground.
A view across the subalpine grasslands outside the experimental plots.
Stephanie Kivlin

At our research site, in a subalpine meadow in Colorado, we also initiated an early snowmelt experiment in April 2023 that advanced snowmelt in five large plots by about two weeks.

We found that the early snowmelt advanced mycorrhizal fungal growth by one week, but we didn’t find a corresponding change in the growth of plant roots. When mycorrhizal fungi are active before plants, the plants don’t benefit from the nutrients that mycorrhizal fungi are taking up from the soil.

Disappearing nutrients

Early snowmelt can also lead to a loss of nutrients from the soil.

When microorganisms decompose organic matter in warmer soils, nutrients accumulate in the air and water pockets between soil particles. These nutrients are then available for mycorrhizal fungi to transfer to plants. While mycorrhizal fungi transfer nutrients to the plant, other fungi are primarily decomposers that keep the nutrients for themselves.

However, if rain falls on the snow or the snow melts early, before plants are active, the nutrients can leach from the soil into lakes and streams. The effect is similar to fertilizer runoff from farm fields – the nutrients fuel algae growth, which can create low-oxygen dead zones. At the same time, plants in the field have fewer nutrients available.

This kind of nutrient leaching has happened in a variety of ecosystems with warming winters and rain-on-snow events, ranging from mountain grasslands in Colorado to temperate forests in New England and the Midwest.

Without a thick snowpack, soils can also freeze for longer periods in the winter, leading to lower microbial activity and scarce resources at the onset of spring.

The future of changing winters

Under all of these scenarios – a timing mismatch, more rain causing nutrients to leach out or frozen soil – warmer winters are leading to less spring growth.

Ecosystems are often resilient, however. Organisms could acclimate to lower nutrient concentrations or shift their ranges to more favorable conditions. How plants and mycorrhizal fungi both adapt will determine how this hidden world adjusts to changing winters.

So, the next time rain on snow or a snow drought delays your outdoor winter plans, remember that it’s more than a hassle for humans – it’s affecting that hidden world below, with potentially long-term effects.

The Conversation

Stephanie Kivlin received funding from NSF Award #2338421, #1936195 and DOE Award #DE-FOA-0002392. She is an associate professor in the Ecology and Evolutionary Biology department at the University of Tennessee, Knoxville and the Rocky Mountain Biological Laboratory.

Aimee Classen receives funding from the US Department of Energy and the US National Science Foundation. She is a professor in Ecology and Evolutionary Biology at the University of Michigan and the director of the University of Michigan Biological Station.

Lara A. Souza received funding from National Science Foundation and The United States Department of Agriculture. She is affiliated with The University of Oklahoma, Norman and the Rocky Mountain Biological Laboratory.

ref. Warming winters are disrupting the hidden world of fungi – the result can shift mountain grasslands to scrub – https://theconversation.com/warming-winters-are-disrupting-the-hidden-world-of-fungi-the-result-can-shift-mountain-grasslands-to-scrub-274087

JO de Milano-Cortina : comment gérer les foules de manière éco-responsable

Source: The Conversation – in French – By Alizée Pillod, Doctorante en science politique, Université de Montréal

Au-delà de la performance sportive, les Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina se déroulent dans un contexte marqué par l’urgence climatique et des attentes croissantes envers la responsabilité environnementale des méga-évènements sportifs. Conscient de l’empreinte carbone liée à la présence des spectateurs, le Comité organisateur a mis en place des mesures pour les inciter à adopter des comportements plus écoresponsables durant ces JO, qui se terminent le 22 février avant de reprendre en mars pour les Jeux paralympiques.


Quelles sont ces mesures et que valent-elles réellement ?

Doctorante en science politique à l’Université de Montréal, mes travaux portent à la fois sur la communication climatique et l’élaboration de politiques environnementales, y compris dans le secteur du sport.

Après avoir assisté aux Jeux olympiques de Paris 2024, souvent présentés comme plus verts, j’ai eu l’occasion d’être présente à ceux de Milano-Cortina, lors du weekend d’ouverture, sur les sites de Bormio et Livigno. Le texte qui suit s’appuie sur mon expertise et les observations que j’ai pu faire sur place, en tant que spectatrice.




À lire aussi :
À la veille de l’ouverture des JO d’hiver, quelles attentes environnementales ?


Les spectateurs : champions des émissions

Les Jeux olympiques d’hiver, même si plus petits en taille que ceux d’été, provoquent une forte affluence en montagne. En Italie, les organisateurs s’attendent à accueillir jusqu’à 2,5 millions de spectateurs sur l’ensemble des sites. Il s’agit des Jeux les plus dispersés de l’histoire, s’étandant sur 4 sites et plus de 22 000 km².

Les déplacements des spectateurs pour assister aux Jeux constituent généralement la principale source d’émissions de gaz à effet de serre associée à l’événement. À titre d’exemple, lors des Jeux de Paris 2024, ils représentaient à eux seuls près de la moitié de l’empreinte carbone totale, soit 49 %.

Par ailleurs, l’affluence attendue soulève d’autres défis, notamment en matière de gestion des déchets. Les services de restauration offerts aux spectateurs sur les sites de Milano-Cortina, de même que le traitement des déchets, devraient ainsi représenter plus de 15 000 tonnes de CO₂ équivalent.

De ce fait, plusieurs initiatives sont mises en place pour limiter l’impact des spectateurs.

Mieux se déplacer pour moins polluer

Les organisateurs disposent de peu de leviers pour influencer les voyages aériens des spectateurs se rendant en Italie, mais ils peuvent agir sur les modes de transport utilisés une fois sur le territoire nord-italien.

Ils ont notamment restreint la circulation routière à proximité des sites olympiques, pour des raisons à la fois sécuritaires et environnementales. Les résidents et spectateurs souhaitant s’y rendre en voiture doivent ainsi se munir d’un laissez-passer, à demander plusieurs semaines à l’avance et à apposer sur le pare-brise, contrôlé aux principaux points d’accès. Sans interdire explicitement la voiture, ce dispositif en réduit fortement l’attractivité.

Pour encourager des alternatives, des stationnements relais gratuits ont été aménagés en périphérie, avec des navettes payantes vers les sites. En dehors de Milan, la plupart des sites ne sont pas directement accessibles par métro ou train, de sorte que des navettes gratuites ont été déployées depuis certaines gares.

Enfin, pour les spectateurs logeant plus en altitude dans les vallées, comme ce fut mon cas, les transports en commun locaux constituent une autre option. Ces bus publics, bien que payants et ponctués de nombreux arrêts, permettent ici aussi de rejoindre les sites sans recourir à un véhicule individuel, au prix d’un temps de trajet plus long.

L’or, l’argent… et le plastique

Vous souvenez-vous des Phryges, les mascottes de Paris 2024 devenues virales sur les réseaux sociaux ? À Milano-Cortina, vous avez probablement entendu parler de leurs héritiers, Tina et Milo, dont les noms font écho aux villes de CorTINA et MILanO.

Mais connaissez-vous les Flo ? Contrairement aux mascottes officielles chargées d’animer les foules, ces six petites fleurs perce-neige remplissent une mission bien particulière : promouvoir le recyclage.

Leur nom fait écho à la campagne anti-gaspillage « Follow the Flo », construite sur un jeu de mots avec l’expression anglophone « follow the flow », qui signifie « suivre le mouvement ».

Panneau expliquant le tri sélectif sur le site olympique de Livigno.
(Alizée Pillod)

Elles figurent sur les panneaux expliquant le tri sélectif installés à proximité des points de collecte sur les sites olympiques, contribuant à sensibiliser les spectateurs à leurs actions de manière ludique. Plus encore, des peluches à leur effigie sont proposées à la vente, prolongeant cette initiative au-delà des espaces de tri eux-mêmes.

Une performance en demi-teinte

Aucune donnée définitive n’est encore disponible sur le recyclage ou la fréquentation des navettes et transports en commun, mais il est déjà possible de partager quelques constats.

D’abord, les modes de transport mis à disposition semblent victimes de leur succès. Du côté des bus locaux, les organisateurs ont même sous-estimé l’engouement des spectateurs pour ce service.

À Livigno, site olympique situé en haute altitude, un seul bus circule par heure. À la sortie des compétitions, ce qui devait arriver arriva : files d’attente interminables, spectateurs contraints de patienter dans le froid et sentiment général d’improvisation.

Il faut toutefois reconnaître que l’accès au site constitue en soi un défi logistique. Une fois à Bormio, autre site olympique déjà situé en altitude, l’accès à Livigno nécessite d’emprunter une route sinueuse pendant encore près d’une heure et de franchir un col à plus de 2 000 mètres. Cela limite de facto le flux de véhicules et la fréquence des navettes.

Les autres sites n’échappent pas non plus à ce casse-tête logistique. Ici, la géographie impose ses contraintes, et la patience devient une condition implicite de l’expérience olympique.

La stratégie des stationnements relais soulève également des questionnements. Leur nombre reste limité, et certains sont eux-mêmes situés en altitude, comme celui d’Aquilone. Un tel choix interroge : en positionnant ces stationnements plus bas dans la vallée, les organisateurs auraient-ils davantage dissuadé l’usage de la voiture et favorisé celui des transports collectifs ?

Risque d’éco-blanchiment

En outre, si les Flo encouragent le tri sélectif, celui-ci ne peut constituer la seule solution pour diminuer le nombre de déchets.

À ce sujet, il est surprenant qu’aucune vaisselle réutilisable ne soit proposée aux spectateurs et que les services de restauration privilégient des emballages en carton recyclé ou en plastique pour la vente de leurs produits. L’absence de fontaines permettant de remplir des gourdes entraîne également un recours systématique aux bouteilles d’eau en plastique.

De plus, si les Flo partent d’une bonne intention, la vente de peluches contribue malgré elles à la consommation de masse, laquelle va à l’encontre des principes de l’économie durable.


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L’argent récolté par ces ventes de peluches ne semble pas être réinvesti dans des actions vertes. Cela constitue une occasion manquée de prolonger l’impact des gestes individuels et expose l’initiative à un risque significatif d’éco-blanchiment.

Ce risque est d’autant plus réel du fait que l’initiative est en partie parrainée par Coca-Cola, l’une des entreprises les plus polluantes en matière de plastique dans le monde. Elle avait déjà fait l’objet d’une plainte lors de Paris 2024.

Des efforts à bonifier

Si ces initiatives en 2026 représentent un premier pas encourageant comparé aux éditions précédentes des Jeux d’hiver, elles restent encore insuffisantes en termes de nombre et d’ambition.

Il faut dire que le point de comparaison n’était guère exigeant : les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022, à l’instar de plusieurs éditions récentes, ont largement été décriés comme une aberration écologique.

Finalement, cela nous invite aussi à réfléchir à la taille de ces méga-évènements sportifs, lesquels ont considérablement grandi au fil du temps. Si le nombre de spectateurs n’est pas davantage limité, l’empreinte carbone restera nécessairement élevée.

La Conversation Canada

Alizée Pillod est affiliée au Centre d’Études et de Recherches Internationales de l’UdeM (CERIUM), au Centre de recherche sur les Politiques et le Développement Social (CPDS) et au Centre pour l’Étude de la Citoyenneté Démocratique (CECD). Ses recherches sont subventionnées par les Fonds de Recherche du Québec (FRQ). Alizée a aussi obtenu la Bourse départementale de recrutement en politiques publiques (2021), la Bourse d’excellence en études environnementales Rosdev (2023), ainsi que la Bourse d’excellence en politiques publiques de la Maison des Affaires Publiques et Internationales (2025). Elle a collaboré par le passé avec le consortium Ouranos, le ministère de l’Environnement du Québec et l’INSPQ. Elle est actuellement chercheuse invitée au Center for Interdisciplinary Research on Sport de l’Université de Lausanne.

ref. JO de Milano-Cortina : comment gérer les foules de manière éco-responsable – https://theconversation.com/jo-de-milano-cortina-comment-gerer-les-foules-de-maniere-eco-responsable-275759

2026 no será el año del colapso demográfico: ¿qué ha pasado realmente con la población mundial?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antía Domínguez, Profesora de sociología, Universidade da Coruña

Melnikov Dmitriy/shutterstock

En 2026, el planeta ya supera los 8 300 millones de habitantes, según datos de la ONU. La cifra es elevada, pero muy alejada de aquel “crecimiento infinito” que se temía en los años sesenta, reflejado en artículos como Doomsday: Friday, 13 November, AD 2026. El viejo miedo a una superpoblación descontrolada ya no encaja con los datos. Pero ¿por qué?

Hoy sabemos que, si bien la población mundial continúa aumentando, cada vez lo hace a un ritmo más moderado. Si observamos la evolución desde 1960, comprobamos que el número de habitantes se ha duplicado en poco más de medio siglo. El crecimiento ha sido siempre positivo, aunque no constante: tras alcanzar su punto álgido, el ritmo comenzó a descender alrededor de los años setenta, con una desaceleración más marcada en las últimas décadas. En otras palabras, seguimos creciendo, pero cada vez más despacio.

Las transiciones demográficas: clave para entender el cambio

Para entender estos cambios necesitamos introducir el término de transición demográfica, es decir, el proceso histórico por el cual las poblaciones pasan de tener altas tasas de natalidad y mortalidad –típicas de sociedades preindustriales– a bajas tasas de ambos conceptos.

La primera fase es una caída de la mortalidad, impulsada por los avances médicos y sanitarios. En una segunda fase se produce un descenso de la fecundidad por debajo del umbral de reemplazo (2,1 hijos por mujer), acompañado de profundos cambios sociales que retrasan la fecundacion: retraso del matrimonio, aumento de los divorcios, mayor cohabitación y más nacimientos fuera del matrimonio. En muchos casos, los nacimientos son insuficientes para compensar las defunciones, y tiene lugar un crecimiento natural negativo.

La catástrofe maltusiana

El artículo alarmista de 1960, Doomsday: Friday, 13 November, AD 2026, se escribió en pleno auge de la primera transición demográfica, cuando las muertes descendían pero no la natalidad. A este hecho se sumaba un temor social a la superpoblación, alimentado también por las ideas de Thomas Malthus, quien aseguraba que la población humana crece en progresión geométrica (exponencialmente), mientras que los alimentos solo aumentan en progresión aritmética (linealmente).

Eso, anunciaba Malthus, conduce a que la población supere los recursos, causando miseria, hambrunas, guerras y epidemias para regularla, un fenómeno conocido como catástrofe maltusiana.

Nacimientos, defunciones y migraciones

La evolución de la población depende de los nacimientos, las defunciones y las migraciones. La combinación de estos tres fenómenos determina el crecimiento –o decrecimiento– de la población.

En lo que se refiere a las defunciones, la esperanza de vida no ha dejado de aumentar en las últimas décadas. A nivel mundial, ha pasado de 47,8 años en 1960 a 73,8 años en 2026, lo que supone un incremento de casi 26 años, equivalente a unos 0,4 años adicionales por año. Las mujeres presentan sistemáticamente una mayor expectativa que los hombres, una brecha que ha crecido de unos 3 años a alrededor de 5 en la actualidad.

Si miramos por regiones, países como Japón, España o Suiza lideran los valores más altos, mientras que Nigeria, Chad o Sudán del Sur se sitúan en los más bajos, con hasta 30 años de diferencia.

Por el lado de los nacimientos, la baja fecundidad es ya una realidad consolidada, especialmente en los países occidentales. El índice sintético de fecundidad –que estima el número medio de hijos por mujer– ha caído de 4,7 en 1960 a 2,2 en 2026. De nuevo, las diferencias regionales son enormes: mientras países como China, Ucrania o Puerto Rico rondan el hijo por mujer, otros como Somalia, Malí o Chad superan los cinco .

El tercer elemento son las migraciones, cuyo impacto se ha intensificado en un mundo cada vez más global y conectado. A escala mundial, el saldo migratorio es un juego de suma cero –lo que pierde un territorio lo gana otro–. Pero a nivel regional las diferencias son claras: hay zonas netamente receptoras y otras expulsoras o emisoras de población. Estas dinámicas vienen muy condicionadas por las políticas migratorias de cada país.

¿Por qué sigue creciendo la población?

Surgen entonces dos preguntas clave. En primer lugar, ¿cómo puede aumentar la población mundial si la fecundidad no deja de caer? La respuesta está en el aumento de la esperanza de vida. Vivimos más tiempo, lo que hace que cada persona “cuente” durante más años en el total poblacional. Así, el descenso de la fecundidad no tiene un impacto inmediato tan fuerte como cabría esperar.

La segunda pregunta es si seguimos temiendo a la superpoblación. Aunque la población continúa creciendo, el ritmo se está estabilizando y la caída de la fecundidad ha reducido ese temor. De hecho, en muchos países el miedo ha cambiado de signo y en muchos territorios se ha transformado en preocupación por el declive demográfico y el envejecimiento.

Mirando al futuro

Según las proyecciones de Naciones Unidas, en 2100 la población mundial alcanzará los 10 180 millones de personas. La esperanza de vida seguirá aumentando hasta los 81,7 años, con una brecha de género inferior a los cuatro años. La fecundidad, por su parte, continuará descendiendo hasta situarse en torno a 1,84 hijos por mujer.

Ante este escenario, la cuestión no es solo si debemos preocuparnos por la superpoblación o por la desaparición de la población, sino si somos capaces de entender que, en una sociedad global como la actual, la reducción de la mortalidad y el aumento de la longevidad disminuyen la necesidad de un crecimiento basado exclusivamente en los nacimientos. Como ya ocurrió durante la primera transición demográfica, el equilibrio entre fecundidad, mortalidad y migraciones puede dar lugar a un crecimiento poblacional estable.

Eso sí, este equilibrio dependerá de factores clave que habrá que seguir muy de cerca, como el cambio climático, capaz de afectar tanto a la mortalidad como a los movimientos migratorios en las próximas décadas.

The Conversation

Antía Domínguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. 2026 no será el año del colapso demográfico: ¿qué ha pasado realmente con la población mundial? – https://theconversation.com/2026-no-sera-el-ano-del-colapso-demografico-que-ha-pasado-realmente-con-la-poblacion-mundial-271985

Ski mountaineering is making its Winter Olympics debut at Milano Cortina 2026

Source: The Conversation – Canada – By Angela Schneider, Director, International Centre for Olympic Studies, Western University

The 2026 Winter Olympic Games in Milan and Cortona d’Ampezzo in northern Italy feature eight new medal events and one new official sport: ski mountaineering, or “skimo.”

It’s an endurance sport in which athletes ascend mountains on skis fitted with climbing skins, carry their skis over sections too steep to skin and then descend on alpine terrain. In total, 36 skimo athletes will compete at the Stelvio Ski Centre in Bormio.

The Olympic format features two events: the individual sprint and the mixed relay. Athletes alternate between uphill climbing with ski skins, boot-packing and downhill skiing. Sprint races last about three to four minutes, while the mixed relay features longer, more demanding courses.

Alongside skimo, the 2026 Games have introduced women’s doubles luge, women’s large hill individual ski jumping, a freestyle skiing dual moguls event and alpine skiing team combined.

Skimo stands out within the Olympic landscape as the first new sport to be introduced within the Winter Games since skeleton was introduced at the 2002 Salt Lake City Games.

Do we need more skiing at the Games?

With 55 of 109 medals awarded for skiing events at the 2022 Winter Olympics, it’s fair to question whether we need more skiing at the Winter Games. The International Olympic Committee certainly thought so, approving skimo and three additional skiing events for 2026 while removing one.

Alpine skiing debuted at the 1936 Winter Games in Garmisch-Partenkirchen, Germany, while Nordic and ski jumping have been part of the Winter Games since the 1924 Olympics in Chamonix, France.

One of the original skiing disciplines in early editions of the Winter Games was military patrol, a combined skiing and shooting event widely considered a precursor to biathlon.

Milano Cortina has introduced a new variation on this tradition through ski mountaineering. It has been described as the “son of the biathlon without the shooting,” combining rapid transitions, technical descents and endurance climbing under extreme conditions.

What sets skimo apart is its unique focus on upward movement. Unlike most Winter Olympic sports, which emphasize downward or horizontal motion, skimo focuses on human-powered vertical movement — how effectively athletes can climb. Cross-country skiing is one of the only other sports in the Olympics comparable, but the elevation changes during the race are far smaller.

Skimo also broadens the physiological demands on athletes at the Games, rewarding qualities such as pacing, resilience and strategic energy management.

Past and present

Ski mountaineering has deep roots dating back over 1,000 years, long before the activity was formalized as a competitive sport.

It began to emerge in the late 1800s in the Alps as an adventure-based activity before transitioning into organized competition. Its first major race was the Trofeo Mezzalama in Italy in 1933.

The first world championships of the sport were held in 2002 in France. Since then, the event has taken place every two years, alternating with continental championships, alongside an annual World Cup circuit that has helped professionalize the sport and pave its way to Olympic inclusion.

Ski mountaineering is now governed by the International Ski Mountaineering Federation and was featured at the Lausanne 2020 Winter Youth Olympics before earning full Olympic status.

Accessibility and risk

Skimo has the potential to democratize participation in winter sport because it relies on climbing skins and micro-spikes — equipment that is widely available and comparatively affordable.

Because the sport is relatively accessible, participants can take part in a wide range of mountainous environments with minimal technical equipment compared with other mountaineering disciplines. That accessibility, however, does not eliminate risk.

Most ski mountaineering takes place off-piste, where weather, avalanches and navigation hazards increase the risk of accidents.

As interest in the sport grows following its Olympic debut, it may draw inexperienced participants into hazardous terrain. Newcomers, in particular, should seek proper training and use safe routes in regulated environments, ideally with supervision or a partner in case of emergency.

Education around snow sports, safety awareness and responsible participation will be essential to ensure the democratization of ski mountaineering does not come at the cost of increased accidents.

The rise of designated, safer off-piste areas where people can try the sport safely is a good compromise between safety and sustainability.

Canada’s skimo prospects

Canadians are making strides on the international skimo circuit. Emma Cook-Clarke, a former mountain runner, placed sixth in the team event and women’s sprint at the 2025 world championships.

However, Canada narrowly missed Olympic qualification for 2026. This year’s favourites include Switzerland for the women’s sprint, France for the mixed relay and Spain for the men’s sprint.

Looking ahead, future success will require sustained investment. Cook-Clarke could help lead Canada to ski mountaineering gold in four years’ time, but mid- and long-term success will require a lot of work.

Canada’s elite skimo program is still emerging compared with European nations such as Norway, where the sport is well established.

Success should be measured by grassroots growth, which will provide a base for a larger, more robust elite team, and by expanded international experience as athletes compete more frequently on the world circuit.

These developments require resources, which are inevitably limited. Yet investment in ski mountaineering could be in Canada’s best interests. As a new Olympic sport, it presents an opportunity for Canada to position itself as a future leader as it has done in many other winter disciplines.

Skimo’s Olympic debut provides Canada with an opportunity to make those investments and strengthen its position at future Games.

A new direction for the Olympics

Skimo’s inclusion reflects changes in priorities surrounding sustainability, accessibility and the nature of athletic challenge.

The shift comes at a critical moment. The Winter Games face mounting scrutiny over their environmental footprint, particularly as warming temperatures threaten snow reliability in host regions.

Against this backdrop, ski mountaineering offers a meaningful test case for how the IOC can work more diligently toward its climate and sustainability goals. Skimo athletes ascend and descend under their own power rather than relying on the energy-intensive lift systems used in traditional alpine events.




Read more:
As the climate changes, what does the future hold for the Winter Olympic and Paralympic Games?


While emissions from travel and venue construction remain concerns, the significance of this small shift should not be underestimated, especially in the Italian Alps, which are already experiencing above-average temperatures.

As climate change reshapes winter sport, there is evidence that broader ski culture is shifting toward a more environmentally friendly footing. Skimo is a sign that the Olympics as a whole could follow suit.

May Keeble, an undergraduate student in sports management and coaching from Bath University, contributed to this article.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Ski mountaineering is making its Winter Olympics debut at Milano Cortina 2026 – https://theconversation.com/ski-mountaineering-is-making-its-winter-olympics-debut-at-milano-cortina-2026-273895

¿Es compatible el ayuno del Ramadán con la seguridad en el trabajo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Albert Toledo Oms, Profesor de Derecho Laboral en la Facultad de Ciencias Sociales de Manresa, Universitat de Vic – Universitat Central de Catalunya

Ika Rahma/Shuttesrstock

Este año, el Ramadán comienza el 18 de febrero y terminará el 20 o 21 de marzo (cuando sea visible el primer cuarto creciente después de la luna nueva). Durante este mes, el noveno del calendario lunar islámico, los musulmanes adultos y sanos ayunan desde que sale el sol hasta su puesta:

“Y comed y bebed hasta que del hilo negro (de la noche) distingáis con claridad el hilo blanco de la aurora; luego completad el ayuno hasta la noche”.

Esta celebración supone, pues, que cada año miles de personas ayunen (sawn en árabe) durante sus jornadas de trabajo.

En el mundo del fútbol profesional, los equipos de la Premier League han acordado adaptar sus entrenamientos o, si se da el caso, permiten detener momentáneamente los partidos tras la puesta del sol que marca el fin del ayuno diario, para que los jugadores musulmanes puedan ingerir líquidos y comida.

Más allá de este ejemplo, es evidente que el ayuno de Ramadán posee una trascendencia en la relación laboral en muchos sectores económicos.

Ramadán y trabajo

Dada la naturaleza lunar del calendario islámico, el mes de Ramadán puede coincidir con meses más o menos calurosos del año, lo que puede afectar, en mayor o menor medida, las condiciones laborales durante esta celebración. En el islam es muy relevante la disciplina y la obediencia, por lo que, para el trabajador musulmán, es importante cumplir con el precepto de ayuno.

En España, el Acuerdo de Cooperación del Estado con la Comisión Islámica de España prevé expresamente las necesidades religiosas inherentes al Ramadán, pero no deja de ser una declaración de buenas intenciones al condicionar toda aplicabilidad real del precepto al acuerdo entre empresa y trabajador.

De forma tímida, se ha ido afrontando el reto de facilitar la adaptación de las condiciones de trabajo por causa del Ramadán. Por ejemplo, a través de la previsión de una jornada intensiva que evite toda conflictividad laboral provocada por esta cuestión. En todo caso, los criterios jurídicos son aún escasos en dicha materia y cualquier medida que se tome dependerá siempre de que exista acuerdo entre las partes.

Si tienen la posibilidad, muchos trabajadores musulmanes deciden pasar el Ramadán con la familia, tal y como ocurre con la Navidad cristiana. Es posible que algunos de ellos opten directamente por solicitar las vacaciones anuales en un período coincidente con dicho mes lunar, por lo que puede ser una buena solución tanto para la empresa como para la persona trabajadora, especialmente en aquellos casos en que la familia esté en otro país. La normativa laboral prevé que el período vacacional debe ser acordado entre el trabajador y la empresa.

Prevenir riesgos laborales

La problemática más evidente que supone la celebración del Ramadán para la relación laboral afecta a la prevención de riesgos laborales. El hecho de que muchos trabajadores presten servicios respetando el ayuno preceptivo puede suponer la materialización de riesgos graves. Que el riesgo sea mayor o menor va a depender de factores relativos a la actividad laboral, el estado de salud de la persona trabajadora o el modo de prestación de servicios: trabajo en altura, prestación de servicios en ambiente caluroso, manejo de maquinaria pesada, etc.

De ahí que la empresa debe ser la primera interesada en adaptar, si es posible, las condiciones de trabajo a la celebración del Ramadán, pues sobre la empresa recae el deber de protección del trabajador.

Así, resultan muy relevantes aquellas iniciativas que intentan encontrar soluciones preventivas que no afecten demasiado a la organización laboral:

  • Establecer durante los días del Ramadán jornadas continuadas para finalizar antes la prestación de servicios (una acción que, más allá de la finalidad preventiva, puede ayudar al trabajador musulmán a disfrutar mejor de la festividad).

  • Avanzar la hora de inicio de la jornada de trabajo.

  • Acumular tareas en otros períodos del año.

  • Poner especial cuidado en la utilización de maquinaria.

  • Evitar durante esos días el trabajo en alturas.

  • Facilitar los cambios turnos entre los trabajadores musulmanes y los no musulmanes.

  • Mostrarse especialmente permisivos con las pausas para descansar y refrescarse, si es necesario.

El trabajador no tiene la obligación de manifestar sus convicciones religiosas, pero sí la de cooperar en la prevención de riesgos laborales. Si el trabajador que cumple con el ayuno es consciente del riesgo que esto implica (por la naturaleza de su puesto de trabajo), debe ponerlo en conocimiento de la empresa o del servicio de prevención, pues la empresa no está en capacidad de saber quién va a seguir el ayuno y quién no. Y si es la empresa la que, por la razón que sea, detecta el riesgo, debe actuar en consecuencia para evitarlo.

Favorecer el cumplimiento de la norma

Sería interesante que las empresas, los trabajadores y los servicios de prevención cooperaran para facilitar la implementación de medidas que facilitasen el cumplimiento de las normas relativas al ayuno durante el mes de Ramadán. Así se minimizarían los riesgos en el trabajo sin necesidad de grandes complicaciones en la organización del trabajo.

Además, este ajuste podría ayudar a incrementar la participación de las mujeres musulmanas en el mercado de trabajo, pues en ellas recae a veces un doble factor de discriminación (por pertenecer a una religión minoritaria y por su género), y son las más necesitadas de gozar de flexibilidad en el puesto de trabajo. Además, las mujeres trabajadoras, en contraposición a los hombres, soportan todavía la mayor parte de las cargas familiares.

The Conversation

Albert Toledo Oms trabaja como abogado laboralista en la oficina de Barcelona de CECA MAGÁN Abogados.

ref. ¿Es compatible el ayuno del Ramadán con la seguridad en el trabajo? – https://theconversation.com/es-compatible-el-ayuno-del-ramadan-con-la-seguridad-en-el-trabajo-274870

Orcos, rugidos y música élfica: el fonosimbolismo en acción

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Celia Martínez Tomás, Investigadora predoctoral FPU en el Departamento de Psicología Experimental, Procesos Cognitivos y Logopedia, Universidad Complutense de Madrid, Universidad Complutense de Madrid

El río Anduin, uno de los lugares fantásticos de la novela _El señor de los anillos_, cuyo sonido nos transporta a un lugar hermoso e idílico. Tolkienpedia-Fandom., CC BY-SA

En los senderos sombríos de Mordor, las palabras no solo cuentan lo que ocurre, sino que nos hacen sentir el lugar como amenazante. Este es uno de los lugares que se describen en la novela El señor de los anillos, en la que J. R. R. Tolkien describe de forma magistral a los orcos gruñendo o al viento feroz silbando entre las ruinas de Minas Morgul, donde el propio sonido de las palabras parece ajustarse a la dureza y oscuridad del paisaje. ¿Por qué, solo por cómo suenan, algunos términos nos generan más inquietud que otros?

En la comarca de las palabras

Durante mucho tiempo, la lingüística asumió que la relación entre la forma de las palabras y su significado era, en esencia, arbitraria. Nada en el sonido de mesa nos conduce a imaginar un mueble con cuatro patas y un tablero. Sin embargo, esta idea empezó a cuestionarse al observarse que tendemos a asociar de forma sistemática ciertos fonemas con conceptos relacionados con tamaños, texturas, movimientos e, incluso, estados emocionales.

Esta relación entre cómo suenan las palabras y su significado se conoce como fonosimbolismo.

Experimentos que ponen a prueba nuestra intuición

Si todo esto fuera solo una intuición literaria, bastaría atribuirlo al talento de Tolkien. Pero, la ciencia ha mostrado que estas asociaciones no son solo una impresión subjetiva.

Algunos experimentos han revelado que la mayoría de las personas asocian sonidos suaves y redondeados, como en la palabra inventada bouba, con figuras que muestran formas curvas, mientras que los sonidos agudos y cortantes de una palabra nueva, como kiki, se asocian con mayor facilidad a formas puntiagudas.

Las vocales y consonantes también exhiben patrones similares. La vocal /i/, cerrada y frontal, se asocia sistemáticamente con palabras que expresan conceptos referidos a objetos pequeños, ligeros o con una connotación afectiva positiva. En muchas lenguas, términos relacionados con diminutivos, delicadeza o cercanía contienen este sonido: desde el mini y chiquito del español, hasta palabras como little o tiny en inglés. Esto no es casual: al pronunciar la /i/, los labios se estiran y se activa el músculo cigomático, el mismo que participa en la sonrisa, reforzando así su asociación con emociones agradables. Además, existe una similitud entre el sonido agudo de la /i/ y las vocalizaciones producidas por animales pequeños y sus crías –más altas en frecuencia y menos intensas–, que los seres humanos tendemos a percibir como no amenazantes o, incluso, como adorables.

Rivendell, hogar de Frodo, es uno de los nombres fantásticos creados por Tolkien para El señor de los anillos. Su sonido evoca sentimientos de belleza y serenidad.
El señor de los anillos / New Line Cinema.

Alerta: animales peligrosos

Las consonantes tampoco se quedan atrás. El fonema /r/, vibrante y áspero, aparece con frecuencia en palabras que se refieren a animales peligrosos, acciones violentas o sonidos intimidantes. Esto ocurre en idiomas muy distintos como el inglés (growl, roar), el español (rugir) o el japonés (グルル, gururu), donde ciertos sonidos vibrantes se asocian igualmente con fuerza o agresividad.

¿Por qué tantos rugidos, gruñidos y criaturas temibles “suenan” parecido? Algunos investigadores sugieren que ciertos rasgos acústicos activan respuestas de alerta profundamente arraigadas en nuestro pasado evolutivo. En esta misma línea, las consonantes sibilantes, como /s/ o /ʃ/, se caracterizan por una fricción continua que recuerda al siseo que emiten algunos animales peligrosos para los seres humanos, como las serpientes.

¿A qué huele una palabra?

Pero las asociaciones no se limitan a la vista o al oído. ¿A qué te sonaría un olor agradable? ¿Y uno repulsivo? Cuando se pide a los participantes que emparejen palabras inventadas con olores, emergen patrones consistentes: ciertos sonidos se juzgan más compatibles con aromas suaves o dulces, mientras que otros se asocian con olores intensos o desagradables. Algo similar ocurre con el tacto, donde sonidos suaves se asocian con superficies lisas o blandas, mientras que sonidos abruptos se vinculan con texturas rugosas o duras.

A pesar de que la arbitrariedad sigue siendo la propiedad dominante en el lenguaje, el fonosimbolismo no es una rareza de un idioma ni una curiosidad cultural aislada. Es una pista de que algunos aspectos del significado, pese a su diversidad, se apoyan en experiencias perceptivas y corporales compartidas.

Mientras, ¿qué ocurre en el cerebro?

¿Qué sucede cuando escuchamos o leemos una palabra que “suena” a lo que significa? Los estudios con técnicas de neuroimagen muestran que, cuando leemos palabras positivas, se activan tanto regiones implicadas en el lenguaje –el giro temporal superior o el giro frontal inferior– como áreas relacionadas con el procesamiento emocional, incluyendo la amígdala.

Lo más interesante es que estas redes no funcionan de manera aislada. Cuando palabras que expresan emociones agradables contienen la vocal /i/, como victoria, aumenta la comunicación entre las áreas lingüísticas y emocionales. Sin embargo, este incremento no se observa en palabras positivas que contienen vocales como la o, como en el caso de sexo. Esto es debido a que esta letra aparece con mayor frecuencia en palabras que expresan significados negativos.

Así, nuestro cerebro también tiene en cuenta cómo suenan las palabras a la hora de acceder a su significado, lo que amplifica o atenúa la emoción que experimentamos al leerla.

Los sonidos de la Tierra Media

Después de todo, no resulta tan sorprendente que Tolkien cuidara con tanto esmero la sonoridad de sus mundos. Así, basta con leer “¡Ob, globûrz krâsh snaga!” para imaginarnos orcos gruñendo o la sombría atmósfera de Mordor cargada de amenaza y peligro. En cambio, “A Elbereth Gilthoniel o menel palan diriel” nos evoca a los elfos y lugares llenos de calma, cercanía y belleza, como Rivendell o Lothlórien. Quizá, es por eso que, al adentrarnos en la Tierra Media, entendemos muchas cosas antes de que el texto nos las explique.

The Conversation

Celia Martínez Tomás recibe fondos de Ministerio de Universidades con una ayuda para la Formación de Profesorado Universitario (FPU)

José Antonio Hinojosa Poveda recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

Rocío Calvillo Torres no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Orcos, rugidos y música élfica: el fonosimbolismo en acción – https://theconversation.com/orcos-rugidos-y-musica-elfica-el-fonosimbolismo-en-accion-275479

Evolución del acicalamiento: de la higiene animal a la prevención de la violencia de género

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Myriam Catalá Rodríguez, Profesora Titular de Universidad, Área de Biología Celular, Especialista en Ecotoxicología y Sanidad Ambiental, Universidad Rey Juan Carlos

PeopleImages.com/Shutterstock

Imaginemos esta escena: una chica se arregla para salir y su pareja le dice que no se maquille, que no se vista “así”, que “no hace falta que se ponga tan guapa para los demás”. Puede parecer una anecdótica muestra de “celos románticos”, desde la biología es todo lo contrario.

En este hilo de X se critica, por su realismo, la dramatización de una escena demasiado habitual en la que un joven presiona a su pareja para que no se acicale:

En casi todos los vertebrados existe el acicalamiento, aseo o toilette, un comportamiento animal con funciones esenciales: cuida piel y estructuras protectoras (pelo, uñas, plumas, escamas), mantiene limpios orificios corporales (boca, oídos, zona genital, etc.) y facilita el buen funcionamiento del organismo.

Es, en esencia, una estrategia de autocuidado y autoestima corporal. Aunque se originó para eliminar parásitos y mantener la integridad de la piel, el acicalamiento ha evolucionado y también transmite información sobre el estado de salud, el estado de ánimo y la vitalidad y aptitud o eficacia biológica (fitness).

Ese mensaje llega a amigos, competidores, depredadores, y, por supuesto, a posibles parejas sexuales.

Mucho más que ponerse guapos

En especies sociales, este comportamiento ha evolucionado para fortalecer vínculos y facilitar la cooperación, aspectos que influyen directamente en la supervivencia y el éxito reproductivo, porque refuerzan la confianza y la familiaridad, favorecen la cooperación y la reconciliación, y consolidan lazos afectivos duraderos.

Dos linces acicalándose mutuamente.
Los felinos son un ejemplo de acicalamiento mutuo.
Matthias, via Wikimedia Commons, CC BY

En primates, el acicalamiento social o allo-grooming es un acto con patrones claros: progenitores que acicalan a sus crías, individuos que se acicalan entre sí como gesto de amistad o alianza, y parejas que usan el acicalamiento para fortalecer su relación.

En bonobos y chimpancés, nuestros parientes más cercanos, el acicalamiento suele preceder o seguir al apareamiento, funcionando como un verdadero ritual de intimidad. Algunos estudios sugieren que el beso humano podría derivar de esos rituales primates de limpieza mutua.

Del acicalamiento a los ornamentos

Dos chimpancés unen sus labios.
Gesto de acicalamiento similar al beso en chimpancés.

En humanos, el acicalamiento ha adquirido dimensiones culturales, manifestándose en rituales y dando lugar desde productos de higiene y cuidado personal, hasta cosméticos, adornos y ornamentos (peinados, maquillaje, joyería, moda). Posee un fuerte carácter simbólico y cultural, pero conserva sus objetivos biológicos: mostrar autoestima y salud al grupo.

Muchos ornamentos culturales que usamos tienen un significado sexual específico, remarcando rasgos sexuales secundarios ya presentes en nuestra anatomía. Por ejemplo, en los hombres, el recorte de pelo y barba o la ropa que resalta hombros y musculatura. En mujeres, dejarse la melena larga y cuidada, tener la piel tersa o llevar ropa que remarca caderas.

Personajes clásicos de Disney: Megara y Hércules
Personajes clásicos de Disney: Megara y Hércules.

Estos ornamentos no son para la infancia

En la infancia resultan perjudiciales y están reservados a la edad adulta porque pueden facilitar dinámicas de abuso conocidas como grooming. No es casual que este término anglosajón, utilizado para describir el proceso de manipulación en el abuso sexual infantil, signifique literalmente “acicalamiento”. Es una forma de control que tiene graves consecuencias para el bienestar de los menores.

La hipersexualización infantil precoz se ha demostrado muy dañina y parece tener una base en la selección natural.




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Menores en las redes sociales: ¿sexualización o empoderamiento sexual?


Autoestima, atractivo sexual y regalos de pareja

En nuestra especie, la autoestima y la eficacia biológica percibida de una persona forman parte intrínseca de su atractivo sexual. Por eso, en las relaciones de pareja son tan frecuentes los obsequios relacionados con el acicalamiento como perfumes, ropa favorecedora o íntima, maquillaje, joyería, o servicios de estética.

En condiciones saludables, estos regalos se entienden como un mensaje de: “Quiero que te sientas bien, fuerte, atractiva/o, segura/o”.

¿Por qué evitar el acicalamiento de la pareja?

Volvamos a la escena del vídeo: un joven pide a su compañera que no se arregle para salir, que “así llama la atención”. Cuando intenta controlar el acicalamiento de su pareja, está atentando contra su autoestima y dignidad, constituyendo un indicio de violencia psicológica que a menudo escala hacia la violencia machista.

Desde la biología evolutiva y la psicología de la sexualidad, este comportamiento indica una clara disfuncionalidad sexual y afectiva porque socava el valor social de la mujer, su dignidad y su imagen en el grupo y perjudica indirectamente a cualquier descendencia común, al minar el estatus de la madre.

El modelo de selección sexual supone que quien asume mayor coste reproductivo (la hembra) es quien elige pareja. Los machos, en cambio, se esfuerzan en demostrar que serán una buena inversión para compensar los costes de gestación, parto y crianza.

Ritual de cortejo de los pavos reales.
Wikimedia Commons., CC BY

Desde el punto de vista evolutivo, no es sencillo justificar que una mujer mantenga una relación con un hombre que deteriora su imagen social y su bienestar. Para entender un comportamiento así debemos tener en cuenta factores culturales y sociales que normalizan el control del cuerpo femenino. Algunas creencias románticas basadas en la posesión y los celos, por ejemplo, normalizan el control y la sumisión en la pareja. La falta de modelos sanos de relación afectivo-sexual pueden también contribuir a ello.

De la inseguridad masculina a la violencia machista

Los comportamientos como los del vídeo citado no son saludables y se apoyan en una base cultural perversa, desde estereotipos que fomentan la inseguridad de los chicos respecto a su atractivo y su capacidad para “retener” a una pareja, a modelos masculinos que recurren al chantaje emocional, la vigilancia, el control y la humillación, pasando por modelos femeninos que premian la sumisión, el sacrificio y la renuncia al propio brillo.

Estos comportamientos hacen imposible una relación sana y constituyen a menudo el punto de partida del maltrato psicológico y la violencia machista sistemática.

Claves para la intervención educativa y clínica

Podemos pensar en la responsabilidad de las familias, y en algunos casos es así. Pero hoy la influencia principal proviene de redes sociales y creadores de contenido, música y videoclips, y pornografía violenta de fácil acceso.

Estos referentes normalizan comportamientos disfuncionales como el control y celos como pruebas de amor, el mito del amor predestinado y la violencia física y sexual como “juego” o “fantasía”.

Para familias y profesionales de la educación y la salud mental, algunas líneas de trabajo concretas pueden ser:

En conclusión, la biología sexual evolutiva nos ayuda a identificar, entender y prevenir el impacto de la cultura en los rituales sexuales humanos y la construcción del cuerpo infantil y adolescente. Su integración en los programas de psicología, psicopedagogía y sexología ayudaría a implementar intervenciones más eficaces contra la violencia de género.

The Conversation

Myriam Catalá Rodríguez trabaja para la Universidad Rey Juan Carlos e imparte docencia en el posgrado Experto en Prevención e Intervención sobre el Impacto de la Pornografía en Infancia y Adolescencia

ref. Evolución del acicalamiento: de la higiene animal a la prevención de la violencia de género – https://theconversation.com/evolucion-del-acicalamiento-de-la-higiene-animal-a-la-prevencion-de-la-violencia-de-genero-272647