Le pouvoir des mâles n’est pas la norme chez les primates. Conversation avec Élise Huchard

Source: The Conversation – France in French (2) – By Élise Huchard, Directrice de recherche au CNRS, Université de Montpellier

Élise Huchard sur son terrain d’étude, à Tsaobis Nature Park, en Namibie. Fourni par l’auteur

Depuis Darwin et jusqu’à la fin des années 1990, les recherches sur les stratégies de reproduction des animaux s’intéressaient surtout aux mâles. Une prise de conscience a ensuite eu lieu, en réalisant qu’il pourrait être intéressant de ne pas seulement étudier la moitié des partenaires… C’est dans ce contexte de début de XXIe siècle qu’Élise Huchard démarre sa thèse sur les stratégies de reproduction des femelles babouins chacma, espèce qu’elle étudie depuis une vingtaine d’années grâce à un terrain de recherche en Namibie. Elle est aujourd’hui directrice de recherche au CNRS et travaille à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Hérault). Ses travaux ont été récompensés en 2017 par la médaille de bronze du CNRS. La biologiste de l’évolution fait le point avec Benoît Tonson, chef de rubrique Science, sur ce que l’on sait des dominances mâles, femelles chez les primates.


The Conversation France : Pourquoi, pendant près de 150 ans, les scientifiques ne se sont-ils intéressés qu’aux mâles ?

Élise Huchard : On peut remonter à Darwin et à son ouvrage, la Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe. Ce livre succède au fameux De l’origine des espèces et va proposer la théorie de la sélection sexuelle pour expliquer certaines observations qui ne collent pas avec sa théorie de la sélection naturelle. L’exemple que prend Darwin, c’est la queue du paon. Comment cette queue peut-elle l’aider à survivre dans un monde rempli de prédateurs ? Du point de vue de la survie de l’individu, cela ressemble plutôt à un désavantage, et ce caractère n’aurait pas dû être sélectionné.

Mais il n’y a pas que la survie qui importe, et il faut aussi laisser des descendants. Selon la théorie de la sélection sexuelle, les membres d’un sexe – en général les mâles – sont en compétition entre eux pour l’accès aux membres de l’autre sexe – en général les femelles, qui vont choisir parmi les vainqueurs. Dans ce contexte, un trait qui permet de donner un avantage sur les autres mâles – soit pour gagner les combats, soit pour être plus séduisant que les rivaux – va être sélectionné. Selon ce schéma de pensée, les femelles sont essentiellement passives et, donc, on va surtout s’intéresser aux mâles.

Ce paradigme va changer dans les années 1990, notamment sous l’impulsion de philosophes féministes qui affirment que la science n’est pas aussi neutre qu’elle le prétend et s’inscrit toujours dans un contexte sociétal donné. Donna Haraway prend ainsi l’exemple de la primatologie pour affirmer qu’on a longtemps projeté nos propres biais sur l’étude des sociétés des singes, en mettant en avant des mâles dominants et des femelles passives, subordonnées.

C’est dans ce contexte que vous démarrez votre thèse…

É. H. : Oui, c’était en 2005, il y avait eu cette introspection qui disait que, jusqu’à présent, les travaux avaient été biaisés en faveur des mâles et qu’il fallait documenter le versant femelle de la sélection sexuelle. Ma thèse a donc porté sur l’étude des babouines et, plus précisément, sur le choix d’accouplement et les stratégies reproductives des femelles. A première vue, elles semblaient très actives, avec beaucoup de sollicitations sexuelles de la part des femelles envers les mâles, ce qui laissait à penser qu’elles jouissaient d’une certaine liberté dans leur sexualité.

Comment avez-vous étudié ces relations ?

É. H. : Mon terrain de recherche a été, dès ma thèse, le site d’étude de Tsaobis en Namibie, site que je codirige aujourd’hui. C’est un terrain de recherche continu depuis 2000 où des scientifiques se succèdent pour étudier deux groupes de babouins chacma. En ce moment, nous suivons une troupe d’environ 85 individus et une autre de 65 environ. Le cœur de notre activité, c’est d’essayer de documenter les histoires de vie des individus. Donc de suivre chaque individu de sa naissance à sa mort ou, en tout cas, tout ce qu’on peut suivre de sa vie et tous les événements qui lui arrivent. On suit les lignées maternelles, ça, c’est très facile parce qu’on voit les bébés naître et se faire allaiter, mais on arrive aussi à retracer les lignées paternelles grâce à la biologie moléculaire avec l’ADN pour faire des tests de paternités.

On suit deux groupes en permanence et donc on envoie a minima deux personnes par groupes et par jour. C’est très exigeant physiquement : le matin, il faut être avec les babouins avant l’aube, parce qu’après ils vont quitter la falaise où ils dorment pour commencer à bouger. Il faut ensuite les suivre toute la journée. Il y a des journées où il fait très chaud pendant lesquelles ils ne vont pas faire grand-chose, mais d’autres journées où ils sont capables de se déplacer sur 15 à 20 kilomètres et donc il faut les suivre ! C’est un endroit montagneux, ils sont difficiles à suivre puisqu’ils sont beaucoup plus agiles que nous. Les panoramas sont absolument spectaculaires, mais cela demande vraiment beaucoup d’efforts !

Et qu’avez-vous appris ?

É.H. : J’ai testé une hypothèse qui disait que l’on choisissait son partenaire sexuel en fonction de ses gènes immunitaires, par exemple avec des gènes complémentaires aux siens de façon à avoir une descendance très diverse génétiquement. J’ai passé des heures et des heures sur le terrain à observer les modèles d’accouplements, à essayer de déterminer des préférences. J’ai également passé des jours et des jours au laboratoire à génotyper les babouins pour tester cette hypothèse. Et tout ça pour des résultats négatifs ! Je ne détectais aucune préférence, aucun choix des femelles pour les mâles.

Une jeune femelle babouin chacma présente sa tumescence à un mâle, à Tsaobis, en Namibie.
Guilhem Duvot, Fourni par l’auteur

Je devais donc discuter de ces résultats négatifs dans mon manuscrit de thèse. Plusieurs de mes observations ne collaient pas avec notre hypothèse de départ. Déjà, chez les babouins, contrairement aux paons et à de nombreuses espèces où les mâles sont plus colorés que les femelles, ce sont les femelles qui arborent des ornements sexuels : des tumescences au moment de l’ovulation. Cela laissait à penser que, si ce sont les femelles qui produisent ces ornements, alors ce sont aussi les femelles qui sont choisies par les mâles plutôt que l’inverse. Ensuite, j’avais souvent assisté à des situations de violence assez inexpliquées des mâles envers les femelles. Comportement que l’on peut retrouver également chez les chimpanzés. Je ne comprenais pas bien, car ces attaques, potentiellement très violentes, se produisaient à des moments où les femelles n’étaient pas forcément sexuellement réceptives et ne faisaient rien de particulier. Or, quand on connaît bien les babouins, cela interpelle : certes, il peut y avoir des conflits dans leurs grands groupes, mais c’est rarement sans raison.

À ce moment-là sort un article scientifique d’une équipe américaine sur les chimpanzés qui, pour la première fois, testait l’hypothèse de l’intimidation sexuelle pour expliquer certaines agressions. Selon cette hypothèse, une agression peut être décrite comme de la coercition sexuelle (1) si elle cible plus les femelles fertiles que les non fertiles, (2) si elle est coûteuse pour ces dernières – c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas simplement d’une démonstration de force, mais d’une véritable agression qui entraîne de la peur et des blessures pour les femelles qui en sont victimes –, enfin (3) si ces violences permettent d’augmenter le succès reproducteur du mâle violent. J’ai testé cette hypothèse sur les babouins, et cela marche parfaitement.

Quelles sont les formes que peuvent prendre ces actes de coercition sexuelle ?

É. H. : C’est assez variable. Un mâle peut sauter sur une femelle et l’écraser au sol. Il peut aussi la poursuivre pendant de longues périodes, ce qui va l’épuiser et la terroriser. Parfois il peut pousser une femelle à se réfugier dans un arbre, l’y bloquer et la pousser à se réfugier en bout de branche, jusqu’à, potentiellement, l’obliger à sauter de très haut, au risque de se faire très mal.

Un mâle babouin chacma agresse violemment une femelle.
Guilhem Duvot, Fourni par l’auteur

Un mâle va-t-il forcément agresser systématiquement la même femelle ?

É. H. : Oui, et c’est d’ailleurs un point sur lequel on travaille actuellement. On se demande même si ce comportement n’est pas une voie d’évolution vers la monogamie. Il est intéressant de noter que ces comportements dépendent beaucoup de la composition de la troupe. Quand il y a peu de mâles dans le groupe, le mâle dominant s’accouple avec toutes les femelles de la troupe, avec un système de reproduction polygyne (ou polygame).

Mais quand il y a beaucoup de mâles, un seul mâle ne parvient pas à monopoliser toutes les femelles et chaque mâle va alors se focaliser sur une seule femelle, avec laquelle il entretiendra une relation sociale assez exclusive, qui mêle affiliation, proximité et violence – une forme de couple au sein du groupe. Et c’est avec cette femelle qu’il s’accouplera pendant sa période de fertilité en la suivant partout pendant plusieurs jours d’affilée, pour empêcher quiconque de l’approcher et protéger ainsi sa paternité. On pense que les mâles utilisent la violence pour dissuader leur femelle de s’accoupler avec d’autres mâles.

Une femelle babouin chacma toilette un mâle adulte, avec lequel elle entretient une relation préférentielle, et qui est le protecteur de son petit.
Élise Huchard, Fourni par l’auteur

Une fois que la femelle donne naissance, le mâle se montre souvent très protecteur envers la mère et l’enfant, et il n’est plus du tout violent envers eux. On observe des soins paternels – il peut garder, transporter et toiletter son petit, et il ne fera cela qu’envers ses propres petits. On pense que ces soins paternels, qui sont très rares chez les espèces non monogames, sont justement apparus parce que les mâles babouins, qui parviennent à maintenir une exclusivité sexuelle, même au sein de ces grands groupes sociaux, ont une forte certitude de paternité.

On retrouve ce type de comportements chez d’autres espèces ?

É. H. : Nous essayons en ce moment de comprendre le « paysage » de la coercition. Quelles espèces sont coercitives, quelles espèces le sont moins, et pourquoi ? C’est un champ de recherche qui est plutôt récent et en train de bourgeonner.

Une difficulté, c’est que, même si ces comportements n’ont pas été décrits, cela ne signifie pas forcément qu’ils n’existent pas. Par exemple, les scientifiques ont étudié les babouins pendant des dizaines d’années avant de réaliser que ces agressions des mâles envers les femelles avaient un caractère sexuel. Ce n’était pas évident puisque ces actes d’agressions peuvent avoir lieu plusieurs jours à semaines avant la période de fertilité de la femelle – donc il n’est pas simple de les relier aux comportements sexuels. On a pu observer ces comportements d’intimidation sexuelle chez d’autres espèces, comme les chimpanzés et les mandrills. On soupçonne que cette forme de coercition est répandue chez les espèces qui vivent en grands groupes multimâles ou multifemelles.

Mais il y a aussi des sociétés animales où ces comportements de violence sexuelle n’ont jamais été observés, comme chez les bonobos, où les femelles sont socialement dominantes sur les mâles. La coercition sexuelle est sans doute bien moins fréquente et intense quand les femelles sont dominantes sur les mâles. Mais la dominance des femelles n’est cependant pas systématiquement protectrice, car il y a des observations de coercition sexuelle même dans des sociétés où les femelles sont très dominantes, comme chez les lémurs catta par exemple.

Jusqu’à présent, nous avons surtout évoqué les babouins chacma, où les mâles semblent très dominants sur les femelles. Est-ce le modèle majoritaire chez les primates ?

É. H. : Non, et ce serait vraiment faux de penser que ce qui se passe chez les babouins est généralisable à tous les primates.

On a trop longtemps pensé que la dominance des mâles sur les femelles allait de soi, que c’était une sorte de modèle « par défaut ». Et puis, la découverte, dans les années 1970, de sociétés animales dominées par les femelles, comme celles des hyènes tachetées ou celles de nombreux lémuriens, a été une vraie surprise. On a vu ça comme une sorte d’accident de l’évolution.

Un des problèmes, c’est que l’on considérait souvent que les mâles dominaient les femelles, mais sans forcément l’étudier de façon quantitative. On avait tendance à établir une hiérarchie des mâles et une hiérarchie des femelles, sans chercher à mettre les deux sexes dans une même hiérarchie. Or, on a récemment réalisé que la dominance d’un sexe sur l’autre n’était pas un phénomène aussi binaire que ce qu’on croyait, et qu’il semblait y avoir des espèces où aucun sexe n’était strictement dominant sur l’autre ou encore des espèces où le degré de dominance des femelles pouvait varier d’un groupe à l’autre, comme chez les bonobos. Les femelles y sont généralement dominantes, mais on a déjà vu des groupes avec un mâle alpha.

Vous avez publié cette année un article scientifique où vous avez comparé les dominances mâles-femelles chez 121 espèces, que peut-on en retenir ?

É. H. : Dans cette étude, on a réuni et analysé toutes les données publiées dans la littérature scientifique sur la dominance entre sexes. Au départ, on ne pensait pas en trouver beaucoup parce que, comme je le disais, les primatologues ont tendance à construire des hiérarchies séparées pour les mâles et pour les femelles. Mais, au final, on a trouvé des données pour 121 espèces de primates, ce qui était au-delà de nos espérances. On a utilisé des mesures quantitatives, donc objectives, pour estimer quel sexe dominait l’autre. Pour cela, on considère toutes les confrontations impliquant un mâle et une femelle dans un groupe, puis on compte simplement le pourcentage de confrontations gagnées par les femelles (ou par les mâles, c’est pareil). Cette enquête bibliographique nous a pris cinq ans !

Tout ce travail, publié en juin dernier, nous a appris plusieurs choses importantes. D’abord, la dominance stricte d’un sexe sur l’autre, lorsqu’un sexe gagne plus de 90 % des confrontations, comme ce que l’on observe chez les babouins chacma, est rare. Il y a moins de 20 % des espèces où les mâles sont strictement dominants sur les femelles, et également moins de 20 % où ce sont les femelles qui sont strictement dominantes.

Ensuite, il ne s’agit pas d’un trait binaire. Les relations de dominance entre mâles et femelles s’étalent le long d’un continuum, avec, à un bout, des espèces où les mâles sont strictement dominants, comme chez les babouins chacma, et, à l’autre bout, des espèces où les femelles sont strictement dominantes, comme chez les sifakas de Madagascar. Entre ces deux extrémités, s’étale tout le spectre des variations, avec des espèces où les relations sont égalitaires, comme chez de nombreux singes sud-américains (capucins ou tamarins par exemple).

Enfin, grâce à toute cette variation, nous avons pu mettre en évidence les conditions dans lesquelles les femelles sont devenues socialement dominantes sur les mâles (et inversement) au cours de l’histoire évolutive des primates. Les femelles deviennent plus souvent dominantes dans les espèces où elles exercent un fort contrôle sur leur reproduction, c’est-à-dire où elles peuvent choisir avec qui, et quand, elles s’accouplent. C’est notamment souvent le cas dans les espèces monogames, arboricoles – car elles peuvent s’échapper et se cacher plus facilement dans les arbres – et là où les deux sexes sont de même taille, avec une force physique égale (comme chez de nombreux lémuriens). Les femelles sont aussi plus souvent dominantes dans les sociétés où elles sont en forte compétition – de façon symétrique à la compétition que se livrent les mâles entre eux. C’est notamment souvent le cas des espèces où les femelles vivent seules ou en couple, où là encore elles sont territoriales – ce sont là des caractéristiques qui montrent que les femelles ne tolèrent pas la proximité d’autres femelles. À l’inverse, la dominance des mâles s’observe surtout chez les espèces polygames, terrestres, vivant en groupe, comme par exemple les babouins, les macaques ou encore les gorilles, où les mâles disposent d’une nette supériorité physique sur les femelles.

Ces résultats révèlent que les rapports de pouvoir entre les sexes chez les primates sont variables, flexibles, et liés à des facteurs sociaux et biologiques précis. Ils offrent ainsi de nouvelles pistes pour comprendre l’évolution des rôles masculins et féminins dans les premières sociétés humaines, en suggérant que la domination masculine n’y était pas forcément très marquée.

En effet, cette violence et ces relations de domination que vous décrivez chez les babouins et parmi d’autres primates, cela fait forcément penser à notre espèce. D’un point de vue évolutif, peut-on en tirer des conclusions ?

É. H. : C’est une question complexe, et sensible aussi. Il faut commencer par clarifier un point clé : il ne faut jamais confondre ce qui est « naturel » (à savoir ce qu’on observe dans la nature) avec ce qui est moral (à savoir ce qui est jugé bon ou mauvais dans les sociétés humaines). Ce n’est pas parce qu’un comportement est naturel qu’il est pour autant acceptable sur le plan moral. Il y a eu de vifs débats à ce sujet dans les années 1980. Certains essayaient de généraliser un peu vite aux humains ce qu’on observait chez les primates non humains – par exemple, quand les premiers primatologues ont rapporté que les mâles dominaient les femelles dans les sociétés des chimpanzés, on a eu tendance à en déduire que la dominance masculine est naturelle chez les humains, et qu’il est donc difficile de lutter contre.

Donna Haraway, que je citais au début de l’entretien, a notamment mis en garde contre ce genre de raccourcis, qui peut conduire à justifier de façon fallacieuse les hiérarchies sociales qu’on observe chez les humains. Si la biologie évolutive peut aider à comprendre certains comportements humains, elle ne peut ni ne doit en aucun cas les justifier. On peut ici faire un parallèle avec la criminologie : ce n’est pas parce qu’un criminologue explique un crime sur le plan psychologique ou scientifique qu’il le justifie sur le plan moral.

Ceci étant clarifié, comme je suis biologiste de l’évolution et primatologue, je pense bien entendu que l’humain est un primate parmi d’autres. Il y a de grands patrons communs à tous les animaux, auxquels nous n’échappons pas. Par exemple, je pense que la violence sexuelle répond aux mêmes motivations psychologiques chez les humains et les non-humains, en lien avec un désir de possession sexuelle et de contrôle reproductif des mâles envers les femelles.

J’ai aussi souligné plus haut qu’il y a énormément de variations dans les relations mâles-femelles dans les sociétés animales, donc il faut se méfier des généralisations hâtives. L’exemple des chimpanzés et des bonobos, qui sont les deux espèces les plus proches de la nôtre, est éclairant : les premiers sont dominés par les mâles et coercitifs, les deuxièmes sont dominés par les femelles et on n’y observe pas de coercition sexuelle.

Dès lors, impossible d’affirmer ce qui est « naturel » pour les humains en matière de domination d’un sexe sur l’autre et de coercition sexuelle ! Et surtout, puisque ces deux espèces sont génétiquement très proches, cet exemple montre aussi que nos comportements ne sont pas « déterminés » de façon implacable par notre héritage évolutif et nos gènes. De plus en plus, on se rend compte que ces comportements de coercition et de domination varient d’un individu à l’autre et dépendent du contexte social. Il s’agit donc de comprendre quels sont les facteurs, en particulier sociaux ou culturels, qui favorisent ou inhibent de tels comportements dans différentes sociétés primates. C’est ce à quoi nous travaillons en ce moment.

On peut finir en rappelant qu’une spécificité des sociétés humaines est qu’il y a de puissants mécanismes sociaux pour réguler les comportements hiérarchiques et violents, par le biais de normes culturelles et d’institutions. Même si nos sociétés ne sont pas exemptes de violences sexuelles et d’inégalités entre les genres, il nous appartient, en tant qu’humains, de les combattre activement grâce à nos mécanismes culturels et institutionnels. Et certains non-humains, comme les bonobos sont même là pour montrer qu’il est possible, en tant que primates, de vivre ensemble et de faire société sans violence sexuelle !

The Conversation

Élise Huchard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le pouvoir des mâles n’est pas la norme chez les primates. Conversation avec Élise Huchard – https://theconversation.com/le-pouvoir-des-males-nest-pas-la-norme-chez-les-primates-conversation-avec-elise-huchard-267377

¿Para qué sirve un detector de neutrinos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jesús Daniel Santos Rodríguez, Catedrático de Física Aplicada, Universidad de Oviedo

El proyecto Hyper-Kamiokande comenzó con la excavación de un gigantesco espacio subterráneo para albergar el mayor detector de neutrinos del mundo. High Energy Accelerator Research Organization / Universidad de Oviedo. , CC BY

La física de neutrinos constituye en la actualidad uno de los campos más dinámicos de investigación en física. Los neutrinos son partículas elementales con masa minúscula, sin carga eléctrica y con una capacidad de interacción con la materia extraordinariamente reducida. Esto provoca que su detección experimental represente un reto sin precedentes.

La investigación de estas partículas no solo persigue la caracterización de sus propiedades fundamentales: también proporciona una vía privilegiada para explorar cuestiones abiertas en física.

Primera observación de un neutrino en una cámara de burbujas, en 1970, en el Laboratorio Nacional Argonne de los Estados Unidos. La observación se realizó gracias a las líneas observadas en la cámara de burbujas basada en hidrógeno líquido.
United States Department of Energy.

Difíciles de detectar

El espectro energético de los neutrinos, es decir, la distribución de energía sobre el espectro de frecuencias o longitudes de onda, cubre un rango extraordinariamente amplio. Cada rango energético requiere técnicas específicas de detección, lo que ha dado lugar a una amplia diversidad de detectores y metodologías experimentales.

En las últimas décadas, la serie de detectores construidos en Kamioka (Japón) ha marcado hitos fundamentales en la física de neutrinos. El primero, un experimento bautizado como Kamiokande, permitió la detección en tiempo real de neutrinos solares. El siguiente, conocido como Kamiokande-II, registró en 1987 los neutrinos de una supernova. Ello valió a sus investigadores, Raymond Davis Jr y Masatoshi Koshiba, el premio Nobel de Física en 2002.

Maqueta a escala del Super-Kamiokande.
Motokoka / Wikimedia Commons., CC BY

Super-Kamiokande tomó el relevo a los anteriores y proporcionó en 1998 la primera evidencia directa de las oscilaciones de neutrinos, es decir, la capacidad de cambiar de “sabor” o tipo a lo largo de su desplazamiento. Así se estableció que estas partículas poseen masa, por lo que Takaaki Kajita y Arthur B. McDonald ganaron el premio Nobel en 2015.

Piscinas de agua pura

Hyper-Kamiokande representa la siguiente generación en esta línea de experimentos. Actualmente en construcción en Kamioka, se trata del mayor detector de neutrinos del mundo, con una masa 8.4 veces superior a la de Super-Kamiokande. Esta ampliación de escala permitirá alcanzar niveles de sensibilidad sin precedentes.

El proyecto, que reúne a 630 investigadores de 22 países, se localizará dentro de un espacio subterráneo excavado en la roca, de 330 000 metros cúbicos. Su techo abovedado tiene 69 metros de diámetro, seguido de un cilindro de 73 metros de altura.

En su interior, albergará un tanque equivalente en volumen a decenas de piscinas olímpicas, que se llenará de agua con un elevado grado de pureza.

A pesar de la dificultad de detección de los neutrinos por su escasa interacción con la materia, están involucrados en numerosos procesos físicos. Al llenar el tanque de Hyper-Kamiokande de agua ultrapura, aumenta sustancialmente la probabilidad de que algún neutrino interactúe con protones y electrones y, por tanto, pueda ser detectado.

Probando los fotosensores del Hyper-Kamiokande.
Hiper-K / Universidad de Oviedo.

Capturados por la luz

Cuando un neutrino interacciona en el agua, se generan partículas cargadas secundarias que se propagan más rápido que la velocidad de la luz en el medio y emiten un cono característico de luz Cherenkov –una radiación de tipo electromagnético producida por el paso de partículas cargadas eléctricamente en un determinado medio a velocidades superiores a la velocidad de fase de la luz en dicho medio–.

La superficie interior del tanque cilíndrico estará recubierta por decenas de miles de tubos multiplicadores de esa señal luminosa, conocidos como tubos fotomultiplicadores. Los tubos son capaces de registrar con alta precisión los fotones que conforman la luz y la correspondiente radiación Cherenkov, aportando información de la interacción que la produjo.

Mayor sensibilidad

Un aspecto técnico de gran relevancia en Hyper-Kamiokande es la necesidad de compensar la influencia del campo magnético terrestre sobre los fotomultiplicadores. Este campo puede desviar las trayectorias de los fotoelectrones, que son los electrones emitidos dentro del tubo por la radiación recogida y generan una corriente que se puede detectar.

En experimentos anteriores, este efecto se mitigó mediante el blindaje individual de cada fotomultiplicador con escudos magnéticos. Sin embargo, la escala de Hyper-Kamiokande, que involucra decenas de miles de tubos fotomultiplicadores, hace inviable este enfoque, tanto desde el punto de vista económico como logístico.

La alternativa adoptada consiste en implementar un sistema de compensación mediante bobinas magnéticas distribuidas a lo largo de la superficie interior del tanque. Estas bobinas, al paso de una corriente controlada por ellas, generan un campo magnético que se opone al geomagnético, minimizando así la desviación de los fotoelectrones. El diseño de este sistema constituye un reto de gran complejidad, al requerir un equilibrio entre diversos parámetros.

Nuestro equipo de la Universidad de Oviedo desempeña un papel fundamental en este desarrollo, liderando el diseño y la supervisión del sistema. Esta contribución resulta estratégica para asegurar que el detector alcance la sensibilidad proyectada, así como el posterior trabajo en el análisis de datos.

Interrogantes por resolver

La construcción de Hyper-Kamiokande responde a la necesidad de abordar cuestiones fundamentales de la física contemporánea. Entre ellas destaca la determinación de la escala absoluta de la masa de los neutrinos, así como la jerarquía de la misma. Si bien las oscilaciones han demostrado inequívocamente que poseen masa, su valor absoluto sigue siendo desconocido.

Otra incógnita es si los neutrinos constituyen sus propias antipartículas. La confirmación de esta hipótesis tendría implicaciones en la comprensión de la asimetría entre la materia y la antimateria del universo. Esto abriría la posibilidad de la existencia de un comportamiento diferenciado entre neutrinos y antineutrinos en los primeros instantes del cosmos, lo que explicaría por qué la materia prevaleció sobre la antimateria.

Otros aspectos que se pretenden estudiar incluyen realizar estudios precisos de neutrinos procedentes de supernovas, para esclarecer el papel que estas partículas juegan en los fenómenos astrofísicos de mayor energía en el cosmos.

Una llave al cosmos

De forma paralela, el detector ofrece la posibilidad de abrir nuevas líneas de investigación interdisciplinar como las que ya se ponen de manifiesto en la construcción, al colaborar personal científico y de ingeniería de diversas áreas.

Hyper-Kamiokande constituye no solo un experimento de nueva generación, sino una infraestructura que permitirá responder a preguntas clave de la física, al tiempo que abre el camino hacia nuevas aplicaciones. El estudio de los neutrinos, lejos de estar cerrado, se presenta como un campo para descubrimientos que pueden redefinir nuestra comprensión del universo.

The Conversation

Jesús Daniel Santos Rodríguez recibe fondos de Gobierno de España.

Sergio Luis Suárez Gómez recibe fondos de Gobierno de España, por medio de plan nacional MCINN-23-PID2022-139198NB-I00.

ref. ¿Para qué sirve un detector de neutrinos? – https://theconversation.com/para-que-sirve-un-detector-de-neutrinos-263823

Ahorro e inversión ‘con cabeza’ en cada momento de la vida

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gustavo Porporato Daher, Profesor de Economía Financiera y Contabilidad, Universidad Autónoma de Madrid

CrizzyStudio/shutterstock

La gestión financiera de los ingresos constituye un aspecto central de la economía y el bienestar familiar. Las decisiones de ahorro e inversión se ven condicionadas por factores como la edad, el ciclo vital, el nivel educativo, la estabilidad de los ingresos y la aversión al riesgo. Este último factor es el que determina cuál instrumento financiero se adapta mejor a cada inversor, considerando la relación financiera entre riesgo y rentabilidad.

Comportamientos de ahorro e inversión

Gran parte de la riqueza de los hogares españoles se concentra en activos inmobiliarios. Esta estrategia, que es entendible por mucha gente, limita la disponibilidad de los activos (liquidez). El Banco de España señala que la base del patrimonio líquido de la mayoría de las familias son los depósitos bancarios y las cuentas de ahorro.

La mayoría prefiere destinar sus recursos financieros a productos de bajo riesgo, buscando conservar su capital, asegurar liquidez y planificar su jubilación. Sin embargo, la proporción entre activos líquidos y aquellos con mayor rentabilidad depende de la edad:

  • Jóvenes (20–39 años): aunque prefieren instrumentos altamente líquidos (depósitos o cuentas remuneradas) deberían aumentar tempranamente su participación en productos de ahorro previsional como planes de pensiones.

  • Mediana edad (40–59 años): tienden a diversificar más sus carteras de inversión, combinando vivienda, bonos gubernamentales, seguros de ahorro y fondos mixtos conservadores. Esta etapa concentra el esfuerzo de acumulación patrimonial y planificación de gastos futuros (educación, jubilación).

  • Jubilados (60+ años): estudios recientes sobre envejecimiento e inversiones seguras señalan que los hogares jubilados priorizan la estabilidad y reducen al mínimo su exposición al riesgo. Así, sus inversiones se concentran en activos de muy bajo riesgo, maximizando la liquidez y la estabilidad de ingresos. Los depósitos, bonos públicos a corto plazo y las rentas vitalicias constituyen instrumentos clave para ellos.

Productos financieros con menor riesgo

Cuentas de ahorro: permiten guardar dinero y disponer de él cuando se necesite. Algunas ofrecen una pequeña rentabilidad y no suelen tener comisiones se cumplen ciertos requisitos.

Cuentas remuneradas: similares a las cuentas de ahorro, tienen una rentabilidad más competitiva a cambio de ciertas condiciones (como domiciliar ingresos o limitar el saldo máximo remunerado).

Depósitos a plazo fijo: se destina una cantidad de dinero durante un tiempo determinado, a cambio de una rentabilidad pactada. El dinero queda inmovilizado hasta el vencimiento, pero suelen ofrecer mayores intereses que las cuentas anteriores.

Planes de pensiones: permiten ahorrar para la jubilación, con ventajas fiscales. El dinero invertido no está disponible hasta la jubilación o en situaciones excepcionales (y muchas veces con penalizaciones).

Seguros de ahorro: el ahorrador entrega una cantidad de dinero, llamada prima, a la aseguradora por un plazo previamente acordado, sin posibilidad de recuperarla antes del vencimiento. Al finalizar el plazo, recibe la prima invertida y posibles rendimientos garantizados. Si fallece, el capital y los intereses se transfieren a sus herederos.

Renta vitalicia
La renta vitalicia es un seguro donde se invierte un capital y, de inmediato o transcurrido un plazo, se recibe una renta mensual asegurada hasta el fallecimiento, pagada por la compañía aseguradora.

Productos financieros con riesgo medio

Fondos de inversión: invierten en activos de renta variable (acciones) o renta fija (deuda pública y privada). Ofrecen algo más de rentabilidad pero también una mayor exposición a los vaivenes del mercado.

Para minimizar el riesgo, los fondos de gestión pasiva intentan replicar, y no superar, el rendimiento de algún índice de referencia. Para ello, arman su cartera de inversión con los mismos valores y en la misma proporción que que el índice.

Productos financieros con riesgo alto

Fondos de inversión de gestión activa, donde los gestores deciden en qué valores invertir, buscando una mayor rentabilidad a cambio de mayor riesgo asumido.

Cartera propia de acciones, bonos, materias primas, criptoactivos, etc: en este caso, el inversor compra directamente los valores en el mercado, constituyendo su propia cartera.

Fomentar la estabilidad financiera

Las decisiones de ahorro e inversión familiar se ven fuertemente influidas por el ciclo vital. La aversión al riesgo aumenta con la edad, desplazando las carteras hacia instrumentos de menor riesgo y volatilidad. La vivienda constituye un activo predominante en las familias de mediana edad, mientras que los jubilados priorizan seguridad y liquidez.

Para fomentar la estabilidad financiera intergeneracional, las políticas públicas y los programas de educación financiera deberían promover desde edades tempranas el ahorro sistemático y la planificación previsional.

The Conversation

Gustavo Porporato Daher no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Ahorro e inversión ‘con cabeza’ en cada momento de la vida – https://theconversation.com/ahorro-e-inversion-con-cabeza-en-cada-momento-de-la-vida-266613

Psicomotricidad en educación infantil: moverse, no estarse quieto, es lo que ayuda a aprender

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nuria Pérez, Doctoranda investigadora en Psicomotricidad y primera infancia, Universidad Autónoma de Madrid

Poznyakov/Shutterstock

¿Cuánto debería moverse un niño o una niña de entre 3 y 6 años? La ONU recomienda tres horas al día. Pero en muchas escuelas españolas los niños de 5 años pasan el 89 % de su jornada escolar sin moverse. Surge una fricción estructural en esta etapa educativa: la infancia necesita moverse y jugar más, mientras que la escuela necesita que se quede quieta.

El niño se mueve porque es la manera en que existe, explora y se constituye como sujeto. El juego espontáneo no es accesorio ni un mero gasto de energía, sino un proceso vital en el que se integran lo biológico, lo psíquico y lo relacional, como demuestran perspectivas como la Práctica Psicomotriz Aucouturier.

No debemos reducir el movimiento infantil a un problema de conducta, ni interpretar la inquietud corporal como signo de inmadurez o falta de control, sino como expresividad motriz, es decir, como lenguaje a través del cual el niño comunica necesidades, elabora emociones, construye vínculos y desarrolla inteligencia.

Si se acepta este principio, la pregunta cambia de lugar: en lugar de preguntarnos “¿Cómo hacer que el niño se mueva menos?”, la tarea docente pasa a ser “¿Cómo acompañar y dar sentido a ese movimiento, para que sea fuente de desarrollo y aprendizaje?”.

Sin movimiento no hay desarrollo pleno

La escuela, por tanto, se enfrenta a un desafío crucial: abandonar la obsesión por la quietud como sinónimo de aprendizaje y reconocer que sin movimiento no hay desarrollo pleno. Esto no significa renunciar al orden o a la enseñanza de contenidos, sino repensar las condiciones pedagógicas para que el cuerpo sea la base del aprendizaje.

Y así se ha intentado en las últimas décadas. La psicomotricidad ha ido ganando presencia en los centros de educación infantil en España. A partir de la reforma educativa de los años noventa, y más recientemente con la LOMLOE, se ha empezado a reconocer su valor como herramienta práctica para favorecer el desarrollo infantil y el aprendizaje.




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¿Qué es exactamente “psicomotricidad”?

Sin embargo, en paralelo a este avance, en educación infantil persiste una confusión entre “psicomotricidad”, “motricidad” y “neuromotricidad”.

La motricidad busca el desarrollo de habilidades funcionales de movimiento (caminar, trepar, correr); la neuromotricidad trabaja específicamente sobre las funciones ejecutivas del cerebro (planificación, memoria de trabajo, flexibilidad cognitiva y y control inhibitorio) para que el niño organice sus pensamientos y comportamientos; y la psicomotricidad se basa en el juego para contribuir al desarrollo integral de la persona: cualquier movimiento o juego no implican “psicomotricidad”.

Cuando el malestar emocional se hace físico

Cuando observamos a una niña que es un poquito más “torpe” en sus movimientos; a un niño que coordina peor, o con excesiva tensión muscular (o lo contrario); incluso en casos en los que vemos que la regulación emocional y la comunicación y relación con los iguales no son óptimas, estamos hablando también de alteraciones del desarrollo psicomotriz.

Estas alteraciones psicomotrices no tienen un diagnóstico clínico. Los expertos en psicomotricidad las consideran “somatopsíquicas”: es decir, no solo funcionales sino emocionales y relacionales. No suelen detectarse en la consulta de pediatría, antes de la escolarización: por ejemplo, al llegar a la escuela aparece un 12 % de sospecha de trastorno del desarrollo de la coordinación.




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Más que una lista cerrada de síntomas, se trata de una serie de manifestaciones de malestar en diferentes dimensiones del desarrollo, como por ejemplo:

  • Alteraciones en el tono corporal (hiper/hipotonía): cuerpo muy tenso o “blando”.

  • Agitación y exceso de movimiento sin un “para qué”: deambula, choca, salta de una tarea a otra.

  • Bloqueo o inhibición: presenta una quietud rígida, evita iniciar actividades o establecer contacto con otros.

  • Torpeza y equilibrio: experimenta tropiezos o derrames muy habituales, evita recortar o abotonar.

  • Espacio-tiempo desajustados: calcula mal las distancias, la duración de las actividades y de los turnos.

  • Juego simbólico pobre o repetitivo: le cuesta imaginar, sostener escenas de “como si” o pasar del juego corporal a la representación en papel o construcciones.

  • Relación invasiva o evitativa con sus iguales.

  • Frustración desregulada: estallidos o tristeza ante los límites.

  • Tics o estereotipias puntuales: movimientos repetidos en tensión.

  • Somatizaciones: quejas físicas sin causa médica clara que limitan la acción.

Lo que se puede hacer en el aula

La cuestión no es corregir conductas aisladas, sino analizar a qué malestar responden y ofrecer experiencias pedagógicas para superarlo.

Aquí, el rol docente es decisivo. El psiquiatra y psicoanalísta argentino Enrique Pichon-Rivière, con su “teoría del grupo operativo”, invita a entender el aula como un espacio donde el grupo aprende y se transforma, y donde el adulto coordina, contiene y facilita.

Esa coordinación no consiste solo en poner normas, sino en leer “señales” del grupo que revelan necesidades, posibilidades u obstáculos y reformular la tarea docente en función de lo que necesitan. Por ejemplo: cambiar los tiempos o modos de participación, ofrecer apoyos intermedios o ajustar las demandas al momento madurativo.

Desde esa lectura, se pueden ofrecer experiencias corporales y simbólicas como las que se dan en la sala de psicomotricidad, que permitan a cada niño volver a jugar, regularse y estar disponible para aprender: un ritual cotidiano de encuentro con el grupo, el juego sensoriomotor, la utilización de cuentos y la representación a través del dibujo y la construcción.

Un enfoque global, no actividades sueltas

La psicomotricidad es una práctica con un encuadre específico que no se puede reducir a actividades sueltas en el aula. Requiere condiciones de tiempo, espacio, materiales y acompañamiento profesional. Para beneficiarse del movimiento como motor del aprendizaje, es ideal que haya una sala de psicomotricidad en cada centro y de sesiones integradas en el horario escolar.

Si aceptamos que el juego y el movimiento son el lenguaje natural de la infancia, pedir una quietud prolongada pierde sentido pedagógico. La psicomotricidad y el trabajo grupal ofrecen claves para acompañar desde el aula. El reto está en enseñar a las maestras y maestros a actuar con sensibilidad y conocimiento. Quizá así podamos transformar las escuelas en espacios donde moverse no sea un problema, sino una forma legítima de aprender, crecer y estar en el mundo. ¿No es ese, al fin y al cabo, el propósito de la educación infantil?

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Psicomotricidad en educación infantil: moverse, no estarse quieto, es lo que ayuda a aprender – https://theconversation.com/psicomotricidad-en-educacion-infantil-moverse-no-estarse-quieto-es-lo-que-ayuda-a-aprender-267174

‘Femigenocidio’ en Gaza: una guerra también contra las mujeres

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mª Teresa López de la Vieja, Catedrática Emérita Honorífica de Filosofía, Universidad de Salamanca

Ha sido, es genocidio. El 16 de septiembre de 2025 el Consejo de Derechos Humanos de Naciones Unidas calificó así las actuaciones de las fuerzas de seguridad de Israel en Gaza. De igual manera, la Declaración, aprobada el 4 de agosto, condenaba rotundamente los atentados cometidos por el grupo Hamás hace dos años.

El término “femigenocidio” aparecía este año en el informe de Naciones Unidas sobre la violencia a gran escala contra las mujeres palestinas. ¿Qué hacer? El marco normativo está definido desde 1949 con la Convención de Ginebra: la protección de civiles es una obligación. Incluso en los conflictos armados se debe reconocer el “derecho a tener derechos”, como lo llamó la filósofa alemana Hannah Arendt.

Genocidio engloba todos los actos cometidos con el propósito de destruir un grupo de forma total o parcial. En 2023, Sudáfrica denunció a Israel por genocidio ante el Tribunal Penal Internacional, solicitando medidas de protección para el pueblo palestino.

En Israel, y en 2025, el informe “Nuestro Genocidio”, de B’Tselem –Centro por los Derechos Humanos en los Territorios Ocupados– denuncia la limpieza étnica y el genocidio en Gaza. Physicians for Human Rights Israel (PHRI) ha documentado también el impacto de los ataques en la salud, la vida de la población en la zona ocupada.

Datos sobre el número de fallecimientos, destrucción de infraestructuras sanitarias y las condiciones de quienes aun sobreviven en Gaza son actualizados cada mes por la Organización Mundial de la Salud. Más de 1 700 000 niños necesitan urgentemente asistencia, asegura UNICEF. En la franja de Gaza y con la hambruna, entre la población más vulnerable están los menores y las mujeres, según la Clasificación Integrada de Fases de la Seguridad Alimentaria (IPC).

28 000 mujeres fallecidas

Desde octubre de 2023, han muerto 28 000 mujeres. Pueden ser muchas más, con las víctimas no contabilizadas tras los bombardeos sufridos en los territorios ocupados de forma ilegal por Israel.

Hacer visible la situación de las mujeres y el impacto directo de la ocupación de Israel sobre la salud sexual y reproductiva es clave para entender lo ocurrido en Gaza. Además de la carencia de alimentos y agua potable, sin medidas de higiene accesibles y con apartheid sanitario, se tiene que hablar abiertamente de mujeres y genocidio o femigenocidio en Gaza. Lo ha hecho la relatora de la ONU para los Territorios Palestinos Ocupados, Francesca Albanese.

Violencia masiva y exterminio

“Femigenocidio” es violencia masiva e impersonal contra las mujeres en procesos de exterminio de un pueblo, en la definición de Rita Segato, profesora de Antropología y Bioética en la Cátedra UNESCO de la Universidad de Brasilia (Brasil). El feminicio, asesinato de mujeres, tiene lugar en otro ámbito, las relaciones de género.

Como en anteriores intentos de acabar con la población de un país, la violencia a gran escala contra las mujeres –violaciones incluidas– ha sido utilizada en Gaza [como arma de guerra]. En el Estatuto de Roma, la violencia sexual en los conflictos armados es considerada un crimen contra la humanidad.

Ellas son fundamentales en los procesos de paz

En conclusión, la violencia sistemática tiene especiales formas y consecuencias para ellas, la mitad de la población. Así ha ocurrido en Gaza en durante la ocupación y los ataques por parte de Israel. Conviene recordar, entonces, que la participación de las mujeres es clave para llevar adelante los procesos para una paz sostenible.

Lo viene defendiendo Naciones Unidas desde hace años, tanto para documentar los ataques que ellas padecen en los conflictos armados como para subrayar su papel activo –positivo– en las complejas negociaciones y procesos de paz.
Esto vale también para las iniciativas sobre el futuro de las zonas bajo control de Israel o del comité internacional, al que se refiere el plan de Trump. Nada de eso aparece, sin embargo, en las declaraciones del presidente de Estados Unidos sobre el acuerdo de alto el fuego y el plan de paz.

¿Qué hacer ahora? Es evidente la brutalidad en los ataques del grupo Hamás. Por lo mismo, por el rechazo a la violencia contra los civiles o no combatientes, se debe tener en cuenta la magnitud de los daños provocados en Gaza y Cisjordania por Israel y, ante todo, los derechos de toda la población. También el “derecho a tener derechos” de las mujeres en las zonas ocupadas. De lo contrario, el plan defendido por el presidente Trump –junto al jefe de gobierno de Israel, Benjamín Netanyahu– no será un plan de paz. Será algo distinto.

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Mª Teresa López de la Vieja no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Femigenocidio’ en Gaza: una guerra también contra las mujeres – https://theconversation.com/femigenocidio-en-gaza-una-guerra-tambien-contra-las-mujeres-266939

Paulino Uzcudun, de ídolo del boxeo a icono falangista y “juguete roto”

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Mota Zurdo, Profesor Titular de Historia Contemporánea, Universidad de Valladolid

Hoy pocos recuerdan el nombre de Paulino Uzcudun. Sin embargo, en las décadas de 1920 y 1930, fue una celebridad mundial. En los cuadriláteros de Estados Unidos se enfrentó a los mejores pesos pesados del momento (Delaney, Godfrey o Schmeling) y fue aclamado por la prensa como The Basque Woodchopper.

Fue el boxeador “jamás noqueado” hasta que, en 1935, cuando su carrera se apagaba, tropezó con Joe Louis (El bombardero de Detroit), uno de los mejores boxeadores de todos los tiempos, quien lo batió por KO.

Con todo, la historia de Uzcudun ha sido olvidada tanto por sus vínculos con el franquismo como por la emergencia de otra figura del boxeo en la década de 1960: el también guipuzcoano José Manuel Ibar (Urtain).

De leñador a campeón

Nacido en 1899 en Régil –hoy Errezil– (Guipúzcoa), Paulino fue el hijo pequeño de una familia de labradores. En el difícil contexto económico de entreguerras, buscó valerse por sí mismo y se dedicó a diferentes actividades: leñador, albañil y operario de una fábrica de embutidos. Pero, con 23 años, después del servicio militar, decidió dejarlo todo y apostar por el boxeo en una época en la que el deporte profesional todavía era una práctica inusual para la clase trabajadora.

Así que se mudó a Francia y se preparó con los mejores entrenadores de boxeo de la Europa del momento. El vasco demostró ser un portento. Para 1924 ya era campeón de España de peso fuerte (hoy, peso pesado) y, dos años después, lo era de Europa tras vencer al italiano Erminio Spalla.

Aquellas victorias, que aumentaron su fama, resultaron muy provechosas para la dictadura de Primo de Rivera, que para entonces irradiaba a través del deporte sus valores y concepto de España: masculinidad, regeneración racial, disciplina y patrioterismo. Para el régimen dictatorial, Uzcudun era símbolo de todo ello: un héroe popular con atributos idóneos.




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El salto a América

Durante los felices años veinte, Estados Unidos fue el país del boxeo. Allí estaban los principales cuadriláteros y en estos era donde se dirimía el campeonato mundial de peso fuerte. En el país norteamericano, Paulino peleó contra los mejores púgiles del momento, como Max Baer, Joe Louis o Jack Sharkey.

Aunque nunca alcanzó el cinturón de campeón, se hizo un hueco entre los mejores y obtuvo una gran fama. Para los emigrantes españoles, especialmente los de origen vasco, se convirtió en un símbolo de orgullo. Uzcudun era el vasco inquebrantable, el que mejor representaba la personalidad de su tierra y así lo recogió la prensa desde distintos espacios ideológicos.


Boxeo. Sesión de entrenamiento del púgil Paulino Uzcudun (en el centro).

Kutxa Fundazioa Fototeka. Fondo Photo Carter. Ricardo Martín (Fotógrafo). ID. 12707959.

Cuando el ring se volvió ideología

Su carrera deportiva coincidió con el auge del fascismo y el nazismo en Europa, dos ideologías de masas que utilizaron el deporte, y en concreto el boxeo, como un espacio político más.

En 1933, en los días de la Segunda República, Uzcudun disputó el título europeo a Primo Carnera, el “Gigante Fascista”, representante de la Italia de Mussolini.

En 1935, se midió en Berlín con el campeón del mundo Max Schmeling, símbolo deportivo del Tercer Reich. El vasco perdió ambos combates. Sin embargo, mostró un gran nivel en dos encuentros que fueron mucho más que duelos deportivos: pugnas propagandísticas entre naciones y modelos políticos diferentes, entre democracia y fascismo.

Aparte de ser una experiencia deportiva, aquellos combates sirvieron para iniciar su acercamiento ideológico a la extrema derecha. Atraído por la heroización de los deportistas, la glorificación de su pasado y, entre otras cosas, su imagen pública, Uzcudun acabó aproximándose al discurso fascista.

Del estrellato mundial a la propaganda política

La biografía de Uzcudun también tiene episodios grises que forman parte de su compleja figura. En 1935 estuvo implicado en el escándalo de corrupción derivado de las máquinas del Straperlo, de las que participó y en el que se involucró por sus contactos en círculos políticos y empresariales derechistas.

Según cuenta el diario bilbaino El Liberal (8 de febrero de 1936, página 3), fue juzgado por ello, pero el estallido del golpe de Estado del 18 de julio de ese año interrumpió el proceso. En esos meses, se acercó a la extrema derecha, alineándose con Falange. Y así lo demostró en la Guerra Civil, combatiendo en sus columnas, siendo rostro visible de su propaganda e incluso formando parte de uno de los comandos que planearon asaltar la cárcel de Alicante para liberar a José Antonio Primo de Rivera en octubre de 1936.

El guipuzcoano fue uno de los ejes de las actividades de Auxilio Social, la organización de socorro humanitario del bando franquista, para la que hizo giras de combates benéficos en España y Portugal entre 1937 y 1939. Falange lo convirtió en modelo de patriotismo, disciplina y masculinidad, y, mediante su imagen, buscaron ganar apoyos a la causa sublevada.

Grupo de soldados. En el medio, el más alto, Paulino Uzcudun. San Sebastián. Septiembre de 1936. Colección Foto Marín. Pascual Marín (fotógrafo). Fototeca Kutxa Fundazioa. Id. 23867147.
Colección Foto Marín. Pascual Marín (fotógrafo). Fototeca Kutxa Fundazioa. Id. 23867147

Entre la gloria y el olvido

Tras la Guerra Civil, Uzcudun se situó en el corazón de una España donde la frontera entre negocio, política y propaganda fue difusa. En plena Segunda Guerra Mundial, montó una empresa de gasógenos e hizo negocios con miembros del Tercer Reich.

Según informes de la Oficina Federal de Investigación (FBI) estadounidense, estuvo relacionado con Rudy de Merode, un colaborador nazi refugiado en España al que sirvió de guardaespaldas y con el que colaboró tanto en una red de contrabando de bienes robados a ciudadanos de origen judío como en una red de evasión nazi en la frontera vasco-francesa.

También trató de regresar al boxeo con 46 años. Lo hizo contra Rodolfo Díaz en un improvisado ring en El Escorial (Madrid) y, tras la victoria, prometió combatir en Nueva York. Pero nunca lo hizo. La negativa del FBI a que se le concediera visado se lo impidió.

Fue entonces cuando su vida dio un giro de 180 grados.

Modelo de padre de familia para el franquismo

En 1942 se había casado con Isabel Huerta Vera, de la familia de ganaderos de Victoriano de la Serna, con la que se mudó a Torrelaguna, en la Sierra Norte de Madrid, de donde ella era originaria y poseía una hacienda.

Ambos dedicaron su vida al campo y a sus cuatro hijos, y la prensa franquista vio en ese cambio un filón para explotar los valores del régimen: un famoso boxeador que, como el hijo prodigo, había decidido regresar a los orígenes, al campo, tras estar en lo alto de la fama, para dedicarse a los suyos. Uzcudun se convirtió así en uno de los modelos de padre de familia del franquismo.


Grupo de personas, con el boxeador Paulino Uzcudun en primer plano, en un salón.

Kutxa Fundazioa Kutxateka. Id. 70456271. Fondo: Foto Marín. Pascual Marín (fotógrafo).

El eco de los golpes

Su estrella, entonces, se apagó. Siguió teniendo contacto con el boxeo, pero dejó de ser reconocido y se convirtió en un “juguete roto”, tal como lo retrató Manuel Summers en el documental del mismo título.

En la década de 1960, recibió pequeños homenajes de federaciones de boxeo como la catalana, pero la dictadura, a la que tanto había servido con su imagen y puños, le olvidó, y nunca le otorgó la Medalla al Mérito Deportivo, distinción con la que el régimen reconocía el esfuerzo de sus atletas.

Paradójicamente, tuvo que ser el gobierno democrático de Adolfo Suárez el que en febrero de 1979 le otorgó el galardón, cuando estaba ya muy enfermo y Urtain eclipsaba su recuerdo, como contó su hijo menor Juan en el programa Documentos, de RNE.

Un solitario final

En 1985, tras una larga enfermedad degenerativa, Uzcudun murió al calor de los suyos, pero lejos de la memoria pública. En aquellos momentos, mientras Rocky IV se convertía en la segunda película más taquillera del año, la consideración social del boxeo en España era pésima.

Los pocos que recordaban a Uzcudun lo asociaban a la dictadura, a un héroe deportivo y figura propagandística del franquismo. Un tiempo que superar. De algún modo, representaba lo que la democracia trataba de dejar atrás.

En 2025, después de 40 años de su muerte, su nombre apenas se conoce, pero su biografía demuestra que el deporte es una forma de hacer política. Su caso ilustra cómo los ídolos deportivos no son solo deportistas, sino espejos de la sociedad que los aclama, de sus contradicciones y de su selectiva memoria.

The Conversation

David Mota Zurdo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Paulino Uzcudun, de ídolo del boxeo a icono falangista y “juguete roto” – https://theconversation.com/paulino-uzcudun-de-idolo-del-boxeo-a-icono-falangista-y-juguete-roto-266909

Por un mundo sin caprichos individuales: el bien común según Rousseau

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jesús David Cifuentes Yarce, Profesor de filosofía, Universidad de La Sabana

Una imagen de la Marcha sobre Washington demandando igualdad en derechos civiles, en agosto de 1963. United States Library of Congress’s Prints and Photographs division

Los seres humanos de cada época histórica se han enfrentado a retos impulsados por la idea de conseguir una mejor vida. Nosotros ahora no somos la excepción. Hoy en el escenario de las preocupaciones sociales están, como actores protagónicos, los nuevos avances tecnológicos, el cambio climático, la guerra, la inmigración, etc. Sin embargo hay, tras bambalinas, un problema que podría ser la clave para iluminar la escena social y en ello, quizás, encontrar una solución.

El mundo actual se debate entre intereses particulares. Hay naciones que se enriquecen tras la opresión de otras, economías que se dinamizan gracias a la muerte de muchos seres humanos en guerra y desprecio por la vida humana, como si nacer en determinado país fuera un sino de dolor ante el privilegio de unos pocos.

En este sentido, el filósofo suizo Jean-Jacques Rousseau se convierte en un referente obligado para pensarnos de otra manera y poder dirigir nuestra fuerza vital a ello. Rousseau considera que lo más importante para estructurar un contrato social es la voluntad general. Esta no debe entenderse como la sumatoria del arbitrio de cada individuo, sino como la búsqueda de un bien común como un deber de la vida en sociedad. Es un principio constitutivo de la sociedad.

Individualidades vs. piedad

Mientras el mundo en general siga conformado por la búsqueda de intereses particulares, el único camino que tenemos a la vista seguirá siendo el odio entre los seres humanos. Así lo planteó el ginebrino en su célebre Discurso sobre el origen y los fundamentos de la desigualdad entre los hombres:

“las usurpaciones de los ricos, los bandidajes de los pobres y las pasiones desenfrenadas de todos ahogaron la piedad natural y la voz todavía débil de la justicia, e hicieron a los hombres avaros, ambiciosos y malvados”.

Rousseau buscó entonces al ser humano en la naturaleza, no para regresar a una vida en las montañas fuera de las ciudades, sino para conocer su origen y poder mejorar su realidad actual, ya que el transcurrir de la historia y las sociedades había ocultado su verdadero rostro. De ahí su hermosa metáfora en el prefacio del Discurso en la que plantea que el alma humana, al igual que la estatua de Glauco, se ha desfigurado con el paso del tiempo.

Ahora bien, ¿cuál es el verdadero rostro del ser humano? Si bien son muchas las características que se pueden citar, sería pertinente hablar de la piedad y el amor a sí mismo. En ellas reside el cultivo de un ciudadano y una sociedad que busca el bien común:

“parece pues indudable que la piedad es un sentimiento natural que, al moderar en cada individuo la actividad del amor a sí mismo, contribuye a la conservación mutua de toda la especie. Ella es la que nos hace acudir sin reflexión en auxilio de aquellos a quienes vemos sufrir; la que, en el estado de naturaleza, suple a las leyes, a las costumbres y a la virtud, con la ventaja de que nadie se siente incitado a desobedecer su dulce voz”.

Valorar la individualidad para valorar la sociedad

Cabe aclarar que el mismo Rousseau diferenció el amor propio del amor a uno mismo. El segundo es un sentimiento natural que “guiado por la razón y modificado por la piedad determina la humanidad y la virtud” y busca conservar la vida. Sin embargo, el primero es el sentimiento originado en sociedad “que mueve a cada individuo a hacer más caso de sí que de cualquier otro”.

Portada de un libro en francés, El contrato social, de Jean Jacques Rousseau.
Portada de Principes du Droit Politique (El contrato social), de Jean Jacques Rousseau en 1763.
Ambre Troizat/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Respecto a esto, ¿no sería urgente pensar, pues, en un mundo donde la base de la ley sea la piedad cuya máxima reza “procura tu bien con el menor mal posible para tu prójimo” para poder dejar atrás las leyes que son solo el reflejo del amor propio como manifestación de los intereses particulares?

En la búsqueda de la respuesta es donde reside el bien común, mientras se trabaje por una sociedad civil con base en una voluntad general que no desconozca la libertad de cada persona –en ello reside el contrato social– y que sea reflejo de la bondad natural del ser humano.

Al basarse en la piedad, este bien común descubre que el mayor mal que debemos destruir es la desigualdad entre los seres humanos para que juntos habitemos un mundo común. Como dice un antiguo proverbio de las comunidades palenqueras colombianas, debemos construir juntos para sonreír juntos.

The Conversation

Jesús David Cifuentes Yarce no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por un mundo sin caprichos individuales: el bien común según Rousseau – https://theconversation.com/por-un-mundo-sin-caprichos-individuales-el-bien-comun-segun-rousseau-265697

Cuidando nuestra boca protegemos el cerebro

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Teresa Morera Herreras, Profesora agregada del Departamento de Farmacología, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Cuando pensamos en salud oral, solemos imaginar dientes blancos y encías firmes. Pero mantener una buena higiene bucal va mucho más allá de una cuestión estética: puede influir directamente en la salud de todo nuestro organismo.

Porque lo que ocurre en la boca no se queda en la boca. Las bacterias que se acumulan en los dientes y encías pueden viajar por el cuerpo y tener consecuencias en órganos tan distintos como el corazón o el cerebro.

Una mala salud oral no solo favorece la aparición de caries, la pérdida de dientes o la inflamación de encías (gingivitis): también puede agravar enfermedades crónicas como la diabetes, aumentar el riesgo de ciertos tipos de cáncer e incluso contribuir al desarrollo de enfermedades cardiovasculares, cerebrales y neurodegenerativas.

En concreto, se ha observado que las personas que padecen periodontitis –una inflamación crónica de las encías causada por la acumulación de placa bacteriana– presentan más posibilidades de desarrollar complicaciones en otras partes del cuerpo. Los datos son claros: un paciente con periodontitis no tratada tiene 2,5 veces más riesgo de sufrir un ictus y casi 3 veces más de probabilidades de padecer una enfermedad cardíaca en comparación con quienes mantienen una buena salud bucodental.

Además, la inflamación crónica asociada con la periodontitis también podría contribuir al deterioro cognitivo, como ocurre en el alzhéimer.

Alzhéimer: el olvido que lo cambia todo

El alzhéimer es la causa más frecuente de demencia neurodegenerativa. A nivel mundial, más de 57 millones de personas viven con demencia, de las cuales entre el 60 % y el 70 % padecen alzhéimer. En España, afecta a unas 800 000 personas, y se estima que su prevalencia se duplicará en los próximos 20 años.

Aunque aún no conocemos su causa exacta, sí sabemos que influyen tanto la genética como factores ambientales, incluido nuestro estilo de vida. Y es aquí donde aparece una conexión inesperada: el cuidado de las encías podría desempeñar un papel protector frente al deterioro cognitivo.

Bacterias, seres invisibles que dejan huella

La boca alberga unas 770 especies de microorganismos que componen la microbiota oral. En equilibrio, esta comunidad bacteriana cumple funciones beneficiosas. Pero cuando la higiene es deficiente o existen factores que alteran ese equilibrio, las bacterias patógenas se multiplican, favoreciendo la aparición de enfermedades como la enfermedad periodontal.

La gingivitis, la forma más leve, afecta hasta al 90 % de la población y puede revertirse con una correcta higiene. Sin embargo, si progresa, puede convertirse en periodontitis, una afección crónica, inflamatoria e irreversible con consecuencias que van mucho más allá de la pérdida de dientes.

Las bacterias implicadas, especialmente Porphyromonas gingivalis, y las moléculas inflamatorias que el sistema inmunitario libera al intentar combatirlas pueden viajar por la sangre y alcanzar órganos distantes, como el cerebro. Allí pueden contribuir a procesos inflamatorios y al desarrollo o progresión de enfermedades neurodegenerativas como el alzhéimer.

De hecho, varios estudios recientes refuerzan la hipótesis de esa conexión. En modelos animales, la exposición prolongada a toxinas de bacterias como Porphyromonas gingivalis ha inducido neuroinflamación, acumulación de proteína beta-amiloide y deterioro de la memoria, tres características típicas del alzhéimer.

En humanos, también se ha hallado evidencia sorprendente: la cantidad de bacterias orales en el tejido cerebral de personas fallecidas con esa patología es hasta siete veces mayor que en quienes no padecían la enfermedad.

Cepillarse: una rutina que podría proteger nuestra mente

Así pues, dedicar apenas 10 minutos al día a la higiene oral es una inversión para la salud futura. Cada vez que olvidamos cepillarnos, las bacterias se multiplican y pueden acabar en otras partes del cuerpo con efectos imprevisibles.

Cepillarse los dientes, usar hilo dental y acudir regularmente al dentista no solo cuida la sonrisa: también puede ayudar a proteger el corazón, el cerebro y, posiblemente, la memoria. El alzhéimer borra recuerdos, pero hay algo que conviene no olvidar: cuidar de nuestra boca es cuidar de nuestra mente.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cuidando nuestra boca protegemos el cerebro – https://theconversation.com/cuidando-nuestra-boca-protegemos-el-cerebro-266680

Flamingos are making a home in Florida again after 100 years – an ecologist explains why they may be returning for good

Source: The Conversation – USA – By Jerome Lorenz, Biology Researcher, Florida International University

Peaches, who was blown into Florida by Hurricane Idalia in 2023, was sighted in Mexico in June 2025. Kara Durda/Audubon Florida

Hurricane Idalia blew a flamboyance, or flock, of 300-400 flamingos that was likely migrating between the Yucatan Peninsula and Cuba off course in August 2023 and unceremoniously deposited the birds across a wide swath of the eastern United States, from Florida’s Gulf Coast all the way up to Wisconsin and east to Pennsylvania.

After Hurricane Idalia, more than 300 credible sightings of flamingos across the eastern U.S. were reported.
Audubon Florida

I’m an estuarine scientist. That means I study ecosystems where fresh water flows into the ocean. I’ve spent 35 years with Audubon Florida studying the ecology of American flamingos and other wading birds in Florida Bay, Everglades National Park. So naturally, I was thrilled and intrigued by the sudden arrival of these flamingos.

One of the birds was rescued in the Tampa area after nearly drowning in the Gulf of Mexico. His rescuers named him Peaches.

A colleague and I were able to place a GPS tracking device and a bright blue band around his spindly leg, with the code “US02” engraved in white letters.

A woman holds a flamingo while two men are trying to put a band on its leg.
Melissa Edwards, Avian Hospital Director at Seaside Seabird Sanctuary, holds Peaches still while Dr. Frank Ridgley of Zoo Miami and the author, Dr. Jerome Lorenz, place a band and GPS tracker on his leg. Dr. Lorenz has banded or supervised the banding of nearly 3,000 roseate spoonbills, but Peaches was his first and only flamingo to date.
Linda Lorenz

We were hoping to track his movements and see whether he ended up settling in Florida. Unfortunately, a few days after Peaches was released back into the wilds of Tampa Bay, the tracking device failed. His last reported sighting was on a beach near Marco Island on Oct. 5, 2023.

Then, in June 2025, I received an email from colleagues at the Rio Lagartos Biosphere Reserve in Yucatan, Mexico, who had photographed Peaches, blue band still in place, nesting in the reserve.

Peaches’ story is the latest piece in the historical puzzle of flamingos in Florida. Though the native population disappeared more than 100 years ago, recent events lead me to believe that flamingos may be coming back to the Sunshine State, and that their return has been facilitated by the concerted effort to restore the Everglades and coastal ecosystems.

Decimation of a population

In 1956, ornithologist and founder of the National Audubon’s Everglades Science Center Robert Porter Allen wrote “The Flamingos: Their Life History and Survival,” which is still considered a seminal document on the history of flamingos in Florida.

In his book, Allen cites several historical and scientific manuscripts from the 1800s that indicate flamboyances of hundreds to thousands were seen in the Everglades, Florida Bay and the Florida Keys.

Allen documents the demise of flamingos in the late 1800s, in Florida and throughout their Caribbean and Bahamian range. Like all wading birds in Florida, they fell victim to the women’s fashion trend of adorning hats with bird feathers. Wading bird feathers were literally worth their weight in gold.

Led by the National Association of Audubon Societies’ vocal opposition, the grassroots environmental movement that followed brought about laws prohibiting the hunting and sale of bird feathers. But enforcement of those laws in sparsely populated Florida was difficult, and on two occasions deputized Audubon wardens were murdered protecting wading bird nesting colonies.

Fortunately, within a few years, societal pressure turned the tide against the practice of wearing feathers. The passage of the Migratory Bird Treaty Act in 1918 officially ended the feather trade.

Given legal protection, most species managed to reestablish huge nesting populations in the Everglades by the 1930s-1940s, presumably migrating from remote populations in Central America and the Caribbean.

Flamingos, however, did not.

A long road to recovery

In 1956, 40 years after hunting had ended, Allen estimated flamingo populations were only about 25% of what they had been in the previous century, with numbers plummeting from 168,000 to 43,000 breeding adults. They nested in significant numbers at only four locations, compared to 29 historically.

Flamingos’ unique breeding behaviors and their longevity – they can live up to 50 years in the wild – may account for their struggle to bounce back. Other Florida wading birds can nest multiple times a year at different locations, laying three to five eggs at a time.

Flamingos, on the other hand, nest only once a year, generally returning to the same location year after year, and lay only one egg. Furthermore, they prefer forming huge nesting colonies, with thousands of nests, in part due to their elaborate group courtship rituals.

Reason to hope

As a result of their rarity from the 1950s to 1980s, scientists – including myself – believed that any flamingos sighted intermittently around Florida were not wild birds but rather escapees from captive populations.

The largest flock observed in the state between 1930 and 1976 was 14 birds spotted in Biscayne Bay in 1934, on the day after Hialeah Race Track in Miami imported a group of about 30 flamingos. The track’s owners had failed to pinion the birds, and they simply flew away upon release.

But my opinion began to change in 2002, when a flamingo that was banded as a chick at Rio Lagartos was photographed in Florida Bay. In 2012, a second bird from Rio Lagartos was photographed.

By that time, I had observed flamingos in Florida Bay on several occasions, including larger flamboyances of 24 and 64 individuals. Although I still thought the majority of these flocks were escapees, the banded birds provided some evidence that at least a few wild flamingos were starting to spend time in Florida.

Then in 2015, my colleagues put a tracking device on a flamingo they had captured at the Key West Naval Air Station. Conchy, as we called him, was given the blue band US01 and released in Florida Bay in December 2015.

He lived in Florida Bay for two years, and the fact that he stayed for that long was proof to me that it was possible for flamingos to make a more permanent home in Florida.

Conchy was banded and given a GPS tracker by Dr. Frank Ridgley of Zoo Miami before being re-released into Florida Bay in 2015.

In 2018, several colleagues and I published a paper laying out both evidence from historical accounts and also previously overlooked evidence from museums that flamingos were native to Florida. We also presented new data from researchers and citizen science portals that strongly indicated that wild flamingo numbers were increasing in Florida. This suggested that the population might be finally recovering.

Call it a comeback

Fast-forward to today, and it appears that this slow comeback may finally have legs. Six months after Hurricane Idalia, my colleagues at Audubon Florida and I conducted a weeklong online survey of flamingo sightings in Florida.

We received more than 50 reputable observations. After sorting through these observations to remove duplicates, we concluded that at least 100 flamingos were left in the state.

Then in July 2025, a flock of 125 individuals was photographed in Florida Bay. Based on our observations, my colleagues and I believe that the flamingos that arrived with Idalia may be reestablishing a home in Florida.

Progress toward restoration

The question is, why now? The 24 flamingos I saw in 1992 and the 64 I saw in 2004 didn’t take up permanent residence in the state. So what’s changed?

To me, the answer is clear: Efforts to restore the Everglades and Florida’s coastal ecosystems are beginning to show progress.

When I arrived in the Keys in 1989, Florida Bay was undergoing an ecological collapse. A 1993 interagency report by the federal government found that a hundred years of draining, diking and rerouting the flows of the Everglades to create urban and agricultural lands had raised the salt content of the water, making it uninhabitable for many estuarine animals.

The report noted that the bay’s famous seagrass beds were undergoing a massive die-off, accompanied by algal blooms that depleted oxygen levels, thereby killing fish in large numbers. Mangrove trees were dying on its myriad islands, and birds that for decades had nested in them had disappeared.

These events kick-started Everglades restoration efforts, and in 2000 the U.S. Congress passed the Comprehensive Everglades Restoration Plan with nearly unanimous bipartisan support. With a cost in the tens of billions of dollars, it was to be the largest and most expensive ecological restoration project the world has ever seen.

Today, the bay’s health is vastly improved from the condition I observe in the 1980s. Water flow has gotten better, and the salinity is back to appropriate levels to support wildlife.

In 2018 and 2021, more than 100,000 pairs of wading birds such as white ibis, wood storks and roseate spoonbills nested in the Everglades. These numbers hadn’t been seen since the 1940s. In the 1980s and 1990s, 20,000 nesting pairs was thought to be a banner year.

While the Everglades and Florida Bay are still a long way from full restoration, I believe that the return of flamingos such as Conchy and Peaches is evidence that these efforts are on the right track.

The Conversation

Jerome Lorenz has received funding from The Lynn and Louis Wolfson II Family Foundation, the Batchelor Foundation and the Ron Magill Conservation Endowment. He is retired from the National Audubon Society but still does some volunteer work for the Everglades Science Center.

ref. Flamingos are making a home in Florida again after 100 years – an ecologist explains why they may be returning for good – https://theconversation.com/flamingos-are-making-a-home-in-florida-again-after-100-years-an-ecologist-explains-why-they-may-be-returning-for-good-258658

Government shutdown hasn’t left US consumers glum about the economy – for now, at least

Source: The Conversation – USA (2) – By Joanne Hsu, Research Associate Professor at the Institute for Social Research, University of Michigan

Economic clouds gathering? Perhaps not yet. Brendan Smialowski/AFP via Getty Images

The ongoing federal shutdown has resulted in a pause on regular government data releases, meaning economic data has been in short supply of late. That has left market-watchers and monetary policymakers somewhat in the dark over key indicators in the U.S. economy.

Fortunately, the University of Michigan’s Surveys of Consumers is unaffected by the impasse in Washington and released its preliminary monthly report on Oct. 10, 2025; the final read of the month will be released in two weeks.

The Conversation U.S. spoke with Joanne Hsu, the director of the Surveys of Consumers, on what the latest data shows about consumer sentiment – and whether the shutdown has left Americans feeling blue.

What is consumer sentiment?

Consumer sentiment is something that we at the University of Michigan have measured since 1946. It looks at American attitudes toward the current state of the economy and the future direction of the economy through questions on personal finances, business conditions and buying conditions for big-ticket items.

Over the decades, it has been closely followed by policymakers, business leaders, academic researchers and investors as a leading indicator of the overall state of the economy.

When sentiment is on the decline, consumers tend to pull back on spending – and that can lead to a slowdown in the economy. The opposite is also true: High or rising sentiment tends to lead to increased spending and a growing economy.

How is the survey compiled?

Every month, we interview a random sample of the U.S. population across the 48 contiguous states and the District of Columbia. Around 1,000 or so people take part in it every month, and we include a representative sample across ages, income, education level, demography and geography. People from across all walks of life are asked around 50 questions pertaining to the economy, personal finances, job prospects, inflation expectations and the like.

When you aggregate that all together, it gives a useful measure of the health of the U.S. economy.

What does the latest survey show?

The latest survey shows virtually no change in overall sentiment between September and October. Consumers are not feeling that optimistic at the moment, but generally no worse than they were last month.

Pocketbook issues – high prices of goods, inflation and possible weakening in the labor market – are suppressing sentiment. Views of consumers across the country converged earlier in the year when the Trump administration’s tariffs were announced. But since then, higher-wealth and higher-income consumers have reported improved consumer sentiment. It is for lower-income Americans – those not owning stock – that sentiment hasn’t lifted since April.

In October, we also saw a slight decline in inflation expectations, but it remains relatively high – midway between where they were around a year ago and the highs of around the time of the tariff announcements in April and May.

Has the government shutdown affected consumer sentiment?

The government shutdown was in place for around half the time of the latest survey period, which ran from Sept. 23-Oct. 6, 2025. And so far, we are not seeing evidence that it is impacting consumer sentiment one way or another.

And that is not super-surprising. It is not that people don’t care about the shutdown, just that it hasn’t affected how they see the economy and their personal finances yet.

History shows that federal shutdowns do move the needle a little. In 2019, around 10% of people spontaneously mentioned the then-shutdown in the January survey. We saw a decline in sentiment in that month, but it did improve again the following month.

Looking back, we tend to see stronger reaction to shutdowns when there is a debt ceiling crisis attached. In 2013, for example, there was a decline in consumer sentiment coinciding with concerns over the debt ceiling being breached. But it did quickly rebound when the government opened again.

Whether or not we see a decline in sentiment because of the current shutdown depends on how long it lasts – and how consumers believe it will impact pocketbook issues, namely prices and job prospects.

The Conversation

Joanne Hsu receives research funding from NIA, NIH, and various sponsors of the University of Michigan Surveys of Consumers.

ref. Government shutdown hasn’t left US consumers glum about the economy – for now, at least – https://theconversation.com/government-shutdown-hasnt-left-us-consumers-glum-about-the-economy-for-now-at-least-267264