Comment les programmes de lutte contre la pauvreté renforcent la confiance entre citoyens et Etat

Source: The Conversation – in French – By Katrina Kosec, Lecturer, Johns Hopkins University

Lorsque les inondations ont emporté la maison de Woudou Oumar dans le nord du Cameroun, il a perdu avec famille non seulement leur logement, mais aussi leur espoir. Puis, une aide financière soutenue par le gouvernement leur a été versée. « Ce transfert d’argent a été un véritable coup de pouce pour moi et ma famille », explique-t-il. Grâce à cet argent, il reconstruit sa maison, acheté des semences pour cultiver. Il a payé les frais de scolarité de ses filles, pris en charge les soins médicaux de son fils. Il a aussi retrouvé espoir.

Des histoires comme celle de Woudou montrent que les transferts sociaux peuvent avoir un impact qui va au-delà des revenus : ils ancrent les gens dans leur communauté et influencent la façon dont ils perçoivent et jugent le soutien du gouvernement.

Les gouvernements et les partenaires de développement du monde entier consacrent désormais des ressources sans précédent à la protection sociale. Des zones rurales du Bangladesh aux zones urbaines du Brésil, plus de 120 pays à revenu faible ou intermédiaire offrent désormais une forme ou une autre de transfert monétaire à leurs citoyens les plus pauvres. Ces programmes ont permis de réduire la pauvreté à court terme et à long terme. Ils améliorent aussi les résultats scolaires et favorisent une meilleure santé.

Ces aides ont d’autres effets, moins visibles, sur la vie sociale et politique.

Notre nouvelle étude révèle que les transferts sociaux modifient systématiquement les relations entre les citoyens, l’État et les communautés. Nous avons passé en revue près de 90 études empiriques menées sur six continents afin de déterminer les effets des transferts sociaux au-delà du bien-être et des moyens de subsistance. Nous avons constaté que ces programmes influençaient le comportement électoral des citoyens, leur confiance dans les institutions, leur participation à la vie civique et même leur perception de leurs voisins.

Ces études ont couvert l’Afrique, l’Asie, l’Australie, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. L’examen comprenait des études menées dans 11 pays africains, dont certains se trouvaient dans des situations fragiles et touchés par des conflits. Nos conclusions ont mis en évidence des tendances cohérentes mais aussi d’importantes variations contextuelles.

Les effets n’étaient pas toujours ceux attendus par les décideurs politiques et dépendaient fortement de la conception du programme, des caractéristiques des bénéficiaires et du contexte politique.




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Alors que les gouvernements et les bailleurs de fonds élargissent les filets de sécurité, une réalité mérite davantage d’attention : les transferts sociaux ne fonctionnent pas isolé du reste. Ils influencent la façon dont les citoyens perçoivent l’autorité, l’appartenance et l’équité de leurs institutions politiques. Ils peuvent renforcer ou affaiblir la confiance politique et sociale, renforcer la cohésion ou alimenter le ressentiment.

Notre analyse montre que la conception, la mise en œuvre et le contexte local déterminent si les transferts unissent ou divisent les sociétés. Si de nombreux effets sont positifs, ils ne sont ni automatiques ni uniformes. Pour bien comprendre cela, il faut considérer la protection sociale non seulement comme un outil de lutte contre la pauvreté, mais aussi comme une force qui peut aider – ou entraver – la construction de la confiance politique et de la vie communautaire.

Dans tous les contextes, trois éléments ressortent : la manière dont les transferts remodèlent la légitimité de l’État, leur incidence sur la confiance et le comportement politique, et leur influence sur les relations au sein des communautés.

Remodeler les relations avec l’État

Les programmes de transferts sociaux, tels que les transferts en espèces ou l’aide alimentaire, sont conçus pour réduire la pauvreté et protéger les ménages contre les chocs liés aux revenus. Mais ils influencent également la manière dont les gens appréhendent le contrat social entre les citoyens et l’État.

Dans les contextes fragiles en particulier, même de petits avantages peuvent devenir des symboles de la présence et de la capacité de l’État. Une bonne mise en œuvre peut sembler discrète, mais elle est puissante. Les programmes qui versent les aides à temps et appliquent des règles d’éligibilité claires ont tendance à renforcer la confiance politique. En l’occurrence, les bénéficiaires comprennent non seulement que l’aide arrive, mais aussi pourquoi et de qui elle provient.

À l’inverse, une mauvaise mise en œuvre implique souvent des retards, un ciblage opaque ou des paiements irréguliers. Lorsque les citoyens ne peuvent pas prévoir si les prestations seront versées ou soupçonnent que la sélection est arbitraire ou politisée, les transferts perdent leur effet légitimant et peuvent même saper la confiance dans les institutions publiques.

Lorsque les citoyens perçoivent ces programmes comme étant bien ciblés et efficacement mis en œuvre, ils réagissent souvent par une plus grande satisfaction à l’égard des services publics et de leurs dirigeants politiques, et par une participation politique accrue. Beaucoup commencent à considérer leur gouvernement comme plus légitime et plus réactif.

En réalité, la conclusion empirique la plus constante de près de 90 études était que les transferts sociaux renforçaient le soutien aux dirigeants politiques en place, en particulier lorsque les programmes étaient considérés comme crédibles, bien ciblés et correctement mis en œuvre.

Toutefois, tous les effets n’étaient pas positifs.

Nous avons identifié les conditions dans lesquelles les transferts sociaux avaient peu d’effet, voire des conséquences négatives, sur les relations entre l’État et les citoyens. Dans certains cas, cela reflétait une faible capacité de mise en œuvre. Dans d’autres, les citoyens attribuaient le mérite de la mise en œuvre des programmes aux ONG ou aux bailleurs de fonds plutôt qu’à leur gouvernement. Lorsque l’attribution du mérite n’était pas claire, les avantages ne se traduisaient pas nécessairement par un soutien politique.




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Un tableau mitigé au niveau communautaire

Nous avons également examiné comment les transferts ont façonné les relations entre les citoyens eux-mêmes. Ici, les résultats étaient plus mitigés.

Dans certains contextes, les transferts ont renforcé l’engagement communautaire, consolidé les réseaux de soutien informels et instauré la confiance entre les groupes.

Mais dans d’autres cas, les transferts ont alimenté la jalousie ou aggravé les tensions entre les groupes. Les données indiquent, par exemple, que les transferts peuvent augmenter la criminalité ou les conflits lorsque les avantages profitent à des ménages plus aisés ou sont perçus comme aidant des étrangers.

Les questions d’équité et de mérite se sont révélées particulièrement importantes. Lorsque les programmes excluaient ceux qui se percevaient comme tout aussi démunis, ou lorsque les non-bénéficiaires percevaient les bénéficiaires comme ne méritant pas ces aides, un ressentiment politique s’est développé. Ces dynamiques étaient particulièrement marquées dans les contextes de déplacements massifs, de fortes inégalités ou de clivages sociaux profonds.

L’importance de la conception des programmes

L’une des conclusions les plus claires de notre analyse est que la conception et la mise en œuvre des programmes de lutte contre la pauvreté ont une incidence réelle sur les résultats politiques et sociaux.

Les programmes inclusifs qui touchaient des populations plus larges étaient moins susceptibles de créer des frustrations que ceux qui ciblaient des groupes restreints. Les programmes assortis de conditions qui favorisent l’acquisition de compétences civiques (par exemple, grâce à une formation professionnelle) et renforcent l’engagement auprès des organisations étatiques et communautaires (par exemple, grâce à l’obtention d’une carte d’identité nationale) contribuent plus efficacement à stimuler l’engagement politique.

Il est aussi important que les citoyens comprennent que l’aide provient de l’Etat. Lorsque les citoyens associaient clairement les avantages à leur gouvernement, les transferts étaient plus susceptibles de renforcer la confiance dans les institutions. Et le fait de disposer de mécanismes de recours, de retour d’information et de dialogue communautaire amplifiait les effets positifs.

Nous avons également constaté que les effets sur la confiance et la cohésion sociale étaient plus importants parmi les groupes marginalisés tels que les femmes, les travailleurs non qualifiés et les personnes très pauvres. Ce sont souvent ces citoyens qui ont le plus à gagner du soutien matériel et de la reconnaissance que représentent ces programmes.

Leçons pour émargir ces politiques publiques

La protection sociale occupe une place de plus en plus centrale dans les stratégies de développement. D’où la nécessité de comprendre ses effets. Les transferts monétaires ne sont pas seulement des outils économiques. Ils façonnent les attitudes politiques, la cohésion communautaire et la perception de l’équité.

Le message fondamental est simple mais lourd de conséquences : la protection sociale n’est jamais neutre sur le plan politique ou social. Ses effets dépendent non seulement du montant transféré, mais aussi des bénéficiaires, de la manière dont les programmes sont expliqués et de la perception qu’en ont les citoyens. Ils doivent considérer ces programmes comme équitables, exempts de corruption et mis en œuvre par un État qui leur rend des comptes.

Afin de maximiser les avantages des programmes de transferts sociaux et de minimiser les effets indésirables, les gouvernements et les bailleurs de fonds devraient tenir compte de cinq principes clés :

Un ciblage transparent et équitable. Les programmes doivent s’efforcer d’établir des règles d’éligibilité claires et bien communiqués. Ils doivent également atteindre les objectifs à temps et être exécutés sans corruption.

Une conception respectueuse de la dignité et qui encourage l’engagement civique. Les programmes qui offrent la possibilité de donner son avis ou d’interagir de manière positive avec les prestataires de services publics peuvent favoriser l’inclusion sociale.

Rendre visible le rôle de l’État dans la mise en œuvre. Lorsque les bénéficiaires identifient clairement l’origine publique de l’aide, ils sont plus enclins à considérer l’État comme réactif et compétent. Ce qui renforce les relations positives et encourage une plus grande participation politique.

Promouvoir la cohésion sociale par des efforts complémentaires. Les transferts peuvent renforcer les liens communautaires lorsqu’ils sont associés à des initiatives telles que des réunions locales ou des formations communautaires. Ces caractéristiques peuvent être tout aussi importantes que l’argent lui-même pour garantir une large appropriation du programme.

Mesurer les impacts relationnels, et pas seulement économiques. L’évaluation doit aller au-delà des revenus et de la consommation. Elle doit aussi porter sur comment les transferts affectent la confiance, la cohésion, l’efficacité politique et la perception de l’équité, tant chez les bénéficiaires que chez les non-bénéficiaires.

La protection sociale se développe à l’échelle mondiale, la question n’est plus de savoir si les transferts réduisent la pauvreté. Cela est établi. La question plus difficile est de savoir s’ils contribuent à bâtir des États et des sociétés capables de soutenir le développement à long terme. Une conception adéquate n’est pas seulement une bonne politique. Elle peut renforcer de manière significative les liens entre les citoyens et entre les citoyens et l’État.

The Conversation

Katrina Kosec bénéficie d’un financement du Programme scientifique du CGIAR sur les frontières alimentaires et la sécurité alimentaire.

Cecilia Hyunjung Mo does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Comment les programmes de lutte contre la pauvreté renforcent la confiance entre citoyens et Etat – https://theconversation.com/comment-les-programmes-de-lutte-contre-la-pauvrete-renforcent-la-confiance-entre-citoyens-et-etat-275512

Sudan: how warring factions gained influence in the country’s food system – and what it means for the current conflict

Source: The Conversation – Africa (2) – By Danielle Resnick, Senior Research Fellow, International Food Policy Research Institute (IFPRI)

Militaries play a major role in the politics of many countries. They determine whether elections can occur and who can compete. From Egypt to Pakistan and Myanmar to Uganda, the military is often the most important powerholder.

In parallel, violent non-state actors – including criminal networks, terrorist groups and paramilitaries – have proliferated over the last two decades.

To maintain their influence and finance their operations, militaries and violent non-state actors often become heavily involved in both legal and illicit business activities. Studies of their economic activities often focus on their role in extracting natural resources like gold, oil and timber.

Their involvement in agricultural and food systems is less well understood.

This is important to study since many of the world’s most fragile countries are highly dependent on agriculture for economic growth. We drew on our multidisciplinary expertise in food systems and agriculture to help fill this gap. Our recently published article looked at the role of the military and paramilitary in Sudan’s agrifood system just prior to the outbreak of the current war.

The two main belligerents in the country’s devastating conflict – the Sudanese Armed Forces and the paramilitary Rapid Support Forces (RSF) – have built extensive empires. They have investments in land, food processing and agricultural trade.

Our study mapped the companies that the army and RSF have in the agrifood system. It also analysed the different strategies they have used to gain profit in different agricultural sectors, especially livestock, wheat, gum arabic and horticulture.

We found that the army and RSF used a range of strategies. For example, they dominated in low-complexity value chains with limited private sector activity, such as livestock trade or raw gum arabic trade.

In these sectors, both forces focused on extracting profits to fund their operations without investing in upgrading.

We also found that they were less active in more technically complex sectors, like gum arabic spray drying, cotton ginning, dairy or finished sesame.

Economic competition between the Sudanese army and the paramilitary RSF was a major factor in the outbreak of the April 2023 war. Identifying these strategies expands insights into the political and economic roots of large-scale conflict.

The study

Our study drew on interviews with over 50 Sudanese key informants with extensive experience in major agro-food companies, the agricultural and livestock sectors, the previous civilian-led government, and within transparency and governance non-governmental organisations.

We brought together two strands of research that are rarely combined. These are studies on agricultural value chain upgrading – which refers to improving the quality, efficiency and value of agricultural products – and military commercialism.

The value chains literature highlights that more sophisticated products – such as speciality coffee and cocoa, wine, cheeses, edible oils, meats and poultry, and horticulture – need higher levels of expertise and equipment. This in turn requires larger outlays of investment.

Military commercialism studies underscore that armed actors have short time horizons because they seek off-budget profits to purchase weapons and machinery, and to retain the support of rank-and-file soldiers.

We therefore argue that the value chains in which armed actors engage – and the degree to which they invest in them – is based on how quickly profits can be extracted. This decision depends on two factors:

  1. the level of technical complexity to generate profits from the agricultural product

  2. the extent of existing private sector involvement in the value chain.

The strategies

We identified four distinct strategies armed actors use in agrifood value chains in Sudan.

1. Exclusive capture and rent extraction. This is most clearly illustrated by the livestock trade. This is one of Sudan’s biggest export earners after gold. However, some countries, such as Saudi Arabia, have declared import bans on Sudanese livestock due to non-compliance with sanitary and phytosanitary standards, and vaccination protocols. These require investments in traceability systems and quarantine practices. Despite such restrictions, the Sudanese army and RSF capture significant profit from the trade. The army, for instance, benefits from demand from the Egyptian military. The RSF leverages demand from Gulf countries and close cultural ties with pastoralist communities in Darfur and Kordofan where a significant share of livestock trade originates.

2. Biased competition through licensing and quota allocations. A case in point is the processing of wheat into flour for Sudan’s most important staple good, bread. Flour processing in Sudan has had several prominent private sector operators since the mid-1990s when wheat milling was liberalised. Almost two decades later, Sudan’s intelligence services began operating Seen Milling Company. This was transferred to the army after the 2019 ouster of Omar Al-Bashir. Seen Milling Company benefited from several sets of distortions that skewed the playing field against the private sector. These include preferential exchange rates and import subsidies that almost put the private sector out of business.

3. Concede to private competitors when value addition is too complex. Gum arabic from Sudan accounts for approximately 70% of global trade. The product is most profitable when it is transformed through a highly complex technique known as spray drying. It is then used in the pharmaceutical industry, textiles and in food and beverages. Traditionally two French companies spray dried most of Sudan’s raw gum arabic. But in 2017 one of Sudan’s largest private sector agro-processing firms, DAL, established its own spray drying facility and began exporting all over the world. While the army attempted to mimic this approach via one of its companies, Green Zone, it lacked the technology and technical skills. The army ultimately abandoned the venture.

4. Innovation when profit potential is high and the private sector is absent. This is best illustrated in the horticultural sector. The army’s Zadna corporation, which is currently sanctioned by the US and the European Union, became a leader in horticulture research and development. The horticultural sector offers large opportunities for domestic growth and export potential. However, it has previously been hindered by underinvestment and minimal private sector involvement. Zadna entered the sector by establishing a major tissue culture lab and large nursery for preparing high-quality seedlings for many horticulture products. It also conducted research on new seed varieties, fruit and vegetable drying, and waste management.

Why the findings matter

By showing the diverse strategies that armed actors might employ, we hope to advance discussions about the political economy of food system transformations, with a focus on fragile contexts.

We show that armed actors’ strategies are sometimes very extractive (for instance, livestock) and sometimes more progressive (for instance, horticulture).

For private sector companies operating in such contexts, one of the main findings from our study is that shifting to more complex upgrading that requires greater technical skills can often mitigate the loss of market access to armed actors. We found this in dairy and gum arabic spray drying, for instance.

Our research underscores the importance of understanding the political economy incentives that drive large-scale conflict. Peace efforts in Sudan cannot just be about negotiations over ceasefire conditions and reconciliation processes. They also need to address who retains access to the country’s valuable resources and at what cost.

The Conversation

Danielle Resnick received funding from USAID for this work.

Hala M.E. Abushama, Khalid Siddig, and Oliver Kiptoo Kirui do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Sudan: how warring factions gained influence in the country’s food system – and what it means for the current conflict – https://theconversation.com/sudan-how-warring-factions-gained-influence-in-the-countrys-food-system-and-what-it-means-for-the-current-conflict-275687

Quand l’odeur devient preuve : l’odorologie au cœur de la police scientifique

Source: The Conversation – in French – By Estelle Davet, Inspectrice générale, cheffe du service national de police scientifique (SNPS)

À Écully, dans le Rhône, se trouvent les seuls chiens capables de comparer une trace olfactive laissée sur une scène d’infraction avec l’odeur corporelle d’un suspect ou d’une victime. Découvrez l’odorologie.


En janvier 2012, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), un homme cagoulé braque une banque dès l’ouverture. Quelques mois plus tard, un second établissement de la même ville est attaqué selon un mode opératoire similaire.

Les enquêteurs disposent de vidéos de surveillance, mais les images sont trop imprécises pour identifier formellement le suspect. L’ADN, habituellement décisif, ne livre aucun résultat exploitable. Reste une trace, plus discrète, presque invisible : l’odeur laissée dans le véhicule utilisé pour la fuite. C’est cette trace que la police scientifique va exploiter grâce à une de ses techniques d’expertise : l’odorologie, une discipline encore méconnue du grand public où des chiens spécialement formés procèdent à la comparaison et à l’identification d’odeurs humaines. Au procès, cette expertise permet la condamnation du braqueur.

Des chiens à l’expertise unique

Lorsque nous évoquons les chiens policiers, l’image des unités déployées sur le terrain, mobilisées dans la détection d’explosifs, de stupéfiants ou encore la recherche de personnes disparues, s’impose naturellement. Cependant, à côté de cette réalité opérationnelle se déploie une autre activité, moins visible : celle des chiens et de leurs maîtres œuvrant au sein de la police scientifique.

En France, il existe un lieu unique appelé le plateau national d’odorologie, qui réunit les seuls chiens capables de comparer une trace odorante laissée sur une scène d’infraction avec l’odeur corporelle d’un suspect ou d’une victime. Cette spécialité cynophile, créée en 2000 (par Daniel Grignon, cynotechnicien formé en Hongrie) devient pleinement opérationnelle à partir de 2003.

Aujourd’hui, l’activité d’odorologie s’appuie sur quatre agents et sept chiens (bergers belges malinois, bergers allemands, épagneul English Springer) qui, comme les experts humains en laboratoire, n’interviennent pas sur le terrain mais travaillent exclusivement au sein du plateau national d’Écully (à côté de Lyon, Rhône), où ils procèdent aux comparaisons odorantes. Deux autres chiens sont actuellement en formation, entamée à l’âge de six mois pour une durée d’environ un an.

Un technicien de la police scientifique en train de recueillir l’odeur d’une personne.
SNPS Communication, Fourni par l’auteur

Toute analyse en odorologie débute par une phase de prélèvement, déterminante pour la suite de la procédure. Réalisés exclusivement par des policiers habilités (500 préleveurs habilités de la police nationale en 2025), les prélèvements portent sur deux types d’odeurs complémentaires.

D’une part, les traces odorantes sont recueillies sur les lieux de l’infraction, à partir de tout support ayant été en contact avec une personne, qu’il s’agisse d’un siège, d’un volant, d’une poignée ou d’un vêtement. D’autre part, les odeurs corporelles sont directement prélevées sur les individus mis en cause ou sur les victimes : ceux-ci malaxent pendant plusieurs minutes des tissus spécifiques afin d’y transférer les molécules odorantes caractéristiques de leur signature chimique. Ces dernières sont stockées dans une pièce spécifique : l’odorothèque où, à ce jour, 9 600 scellés judiciaires sont stockés.

Une parade d’identification

Une fois les prélèvements réalisés, débute alors la phase d’analyses. Les traces odorantes prélevées sur la scène d’infraction sont comparées à l’odeur corporelle du mis en cause ou de la victime lors d’une parade d’identification réalisée par les chiens spécialement formés.

Urko, un berger belge malinois de 3 ans en train de renifler une odeur.
SNPS Communication, Fourni par l’auteur

La trace est d’abord présentée au chien, qui la sent et la mémorise, puis il progresse le long d’une ligne composée de cinq bocaux contenant chacun une odeur corporelle différente : un seul correspond à l’odeur du mis en cause ou de la victime à identifier, les quatre autres servant d’odeurs de comparaison.

S’il reconnaît l’odeur à identifier, le chien se couche devant le bocal correspondant ; s’il ne reconnaît aucune des odeurs, il revient vers son maître. L’ensemble du processus dure environ 0,6 seconde, le temps pour le chien de placer son museau dans le bocal, de découvrir l’odeur qu’il contient, de l’analyser et de décider s’il doit marquer l’arrêt ou non.

La position des cinq bocaux est ensuite modifiée de façon aléatoire et le travail est répété une seconde fois avant qu’un troisième passage soit effectué sur une ligne de contrôle ne contenant pas l’odeur du mis en cause ou de la victime. Lorsque le premier chien a terminé son travail, la même opération est réalisée avec, au moins un second chien.

Une identification est considérée comme établie lorsque deux chiens ont marqué la même odeur, chacun au cours d’au moins deux passages, et que chacun d’eux a également réalisé au moins une ligne à vide.

La science de l’odeur humaine : une signature chimique individuelle

Chaque être humain possède une odeur corporelle propre, constituée de molécules volatiles issues principalement de la dégradation bactérienne des sécrétions de la peau, comme la sueur et le sébum. Cette odeur n’est pas uniforme : elle se compose de plusieurs éléments. Seule la composante primaire de l’odeur humaine demeure stable au cours du temps. C’est précisément cette composante primaire qui est utilisée par les chiens d’odorologie pour identifier un individu, celle-ci ne pouvant pas être altérée par des composantes variables, comme le parfum.

Elle constitue une véritable signature chimique individuelle, comparable, dans son principe, à une empreinte biologique. Le chien reste le seul capable de reconnaître cette composante invariable, indispensable à l’identification. Son système olfactif explique cette performance. Lorsque les molécules odorantes pénètrent dans la cavité nasale, elles se lient aux récepteurs de l’épithélium olfactif, déclenchant un influx nerveux transmis au bulbe olfactif, puis au cerveau, où l’odeur est analysée et mémorisée.

L’odorologie, un réel outil d’enquête

L’odorologie s’appuie sur un protocole rigoureux, conçu pour garantir la fiabilité à la fois scientifique et judiciaire des résultats obtenus. Son recours s’inscrit dans un cadre juridique strict et est réservé aux infractions d’une certaine gravité, à partir du délit aggravé (vol avec violence, cambriolage aggravé, séquestration…) et jusqu’aux crimes.

Cette expertise, pleinement intégrée aux pratiques de la police scientifique, ne statue pas à elle seule sur la culpabilité d’un individu, mais apporte un élément objectif essentiel au raisonnement judiciaire. Lorsqu’un rapprochement est établi, elle atteste un fait précis : la présence d’un individu (auteurs ou victimes) sur une scène d’infraction ou un contact avec des objets.

Cette technique intervient souvent en complément d’autres moyens d’investigation, mais elle peut aussi devenir déterminante lorsque les images sont floues, les témoignages fragiles ou les traces biologiques absentes. Depuis 2003, 787 dossiers ont été traités par le plateau national d’odorologie, aboutissant à 195 identifications. Les experts ont été appelés à témoigner 44 fois devant des cours d’assises, preuve de la reconnaissance judiciaire de cette discipline.

À l’heure où les avancées technologiques occupent une place centrale dans la police scientifique, l’odorologie rappelle que le vivant demeure parfois irremplaçable. Fondée sur un processus complexe et rigoureux, conforme aux exigences de la norme NF EN ISO/CEI 17025, la comparaison d’odeurs ne laisse aucune place au hasard. Elle s’inscrit dans un faisceau d’indices, contribuant à la manifestation de la vérité.

Invisible, silencieuse, mais persistante, cette expertise rappelle que le crime laisse toujours une trace, faisant écho au principe formulé dès 1920 par Edmond Locard : « Nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage. »


Créé en 2023, le Centre de recherche de la police nationale pilote la recherche appliquée au sein de la police nationale. Il coordonne l’activité des opérateurs scientifiques pour développer des connaissances, des outils et des méthodes au service de l’action opérationnelle et stratégique.

The Conversation

Estelle Davet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quand l’odeur devient preuve : l’odorologie au cœur de la police scientifique – https://theconversation.com/quand-lodeur-devient-preuve-lodorologie-au-coeur-de-la-police-scientifique-274587

Souriez, vous êtes filmés : ce que l’« emotion AI » voit vraiment sur nos visages

Source: The Conversation – in French – By Charlotte De Sainte Maresville, Doctorante 3 eme année en marketing et sciences affectives, Université Bretagne Sud (UBS)

Aujourd’hui, on peut lire vos émotions sur votre visage et adapter un flux vidéo en temps réel en fonction de votre réaction. Vraiment ? Quelles sont les utilisations autorisées de l’« emotion AI », et ses limites ? Éclairage par deux spécialistes.


Dans un magasin de cosmétiques, une cliente s’arrête devant une borne interactive. Une caméra intégrée filme son visage pendant quelques secondes pendant qu’elle regarde l’écran. Le système ne cherche pas à l’identifier, mais à observer ses réactions : sourit-elle ? détourne-t-elle le regard ? fronce-t-elle légèrement les sourcils ? À partir de ces signaux, la borne adapte le contenu affiché.

Ces technologies, qui s’inscrivent dans le domaine de l’emotion AI, sont déjà utilisées pour tester des publicités, analyser l’attention d’un public lors d’une conférence ou mesurer l’engagement face à une interface.

Mais que fait réellement cette technologie lorsqu’elle « analyse » un visage ? Et jusqu’où peut-on aller lorsqu’on cherche à interpréter des expressions faciales à l’aide de l’intelligence artificielle ?

Qu’est-ce que l’« emotion AI » ?

L’emotion AI désigne un ensemble de méthodes informatiques qui consistent à analyser des expressions faciales afin d’en extraire des informations sur les réactions émotionnelles probables d’une personne.

Dans la pratique, ces systèmes captent les mouvements du visage : ouverture de la bouche, haussement des sourcils, plissement des yeux, dynamique des expressions dans le temps. L’objectif n’est pas de savoir ce qu’une personne ressent au fond d’elle-même, mais d’associer ces indices faciaux à certaines réactions comme l’intérêt, la surprise ou le désengagement. Les résultats prennent la forme de scores ou de catégories, qui indiquent la probabilité qu’une expression corresponde à un état donné.

Cette approche s’inscrit dans une longue tradition de recherche sur les expressions faciales, bien antérieure à l’intelligence artificielle. Dès les années 1970, des travaux fondateurs en psychologie ont proposé des méthodes systématiques pour décrire et coder les mouvements du visage, reposant sur des observations humaines expertes.

Ce que l’emotion AI apporte, c’est la capacité à automatiser l’analyse, à grande échelle et en temps quasi réel de ces signaux, que les chercheurs et praticiens étudient depuis longtemps de manière manuelle ou semi-automatisée. Cette automatisation s’est développée à partir des années 2000 avec l’essor de la vision par ordinateur, puis s’est accélérée avec les méthodes d’apprentissage automatique et d’apprentissage profond.

Comment ça marche ?

Les systèmes actuels analysent des flux vidéo image par image, à des fréquences comparables à celles de la vidéo standard. Selon la complexité des modèles et le matériel utilisé, l’estimation des réactions faciales peut être produite avec une latence de l’ordre de la centaine de millisecondes, ce qui permet par exemple d’adapter dynamiquement le contenu affiché sur une borne interactive.

Le logiciel détecte d’abord un visage à l’écran, puis suit les changements de son expression d’une image à l’autre. À partir de ces informations, le système calcule des descripteurs faciaux, puis les compare à des modèles appris à partir de bases de données d’expressions faciales annotées, c’est-à-dire des ensembles d’images ou de vidéos de visages pour lesquelles des experts humains ont préalablement identifié et étiqueté les mouvements ou expressions observés.

infographie
Un système automatisé d’analyse des émotions faciales déduit des probabilités que la personne observée soit neutre, heureuse, surprise, en colère, etc.
Charlotte de Sainte Maresville, à l’aide d’IA génératives (Canva, pPixlr et ChatGPT), Fourni par l’auteur

En effet, lors de la phase d’apprentissage du modèle d’IA, le système a appris à associer certaines configurations faciales à des catégories ou à des scores correspondant à des réactions données. Lorsqu’il est ensuite appliqué à un nouveau visage, il ne fait que mesurer des similarités statistiques avec les données sur lesquelles il a été entraîné.

Concrètement, lorsqu’un système indique qu’un visage exprime une émotion donnée, il ne fait que dire ceci : « cette configuration faciale ressemble, statistiquement, à d’autres configurations associées à cet état dans les données d’entraînement » (on parle d’inférence probabiliste).

Ces méthodes ont aujourd’hui atteint un niveau de performance suffisant pour certains usages bien définis – par exemple lors de tests utilisateurs, d’études marketing ou dans certaines interfaces interactives, où les conditions d’observation peuvent être partiellement maîtrisées.

Quelles sont les limites techniques ?

Néanmoins, cette fiabilité reste très variable selon les contextes d’application et les objectifs poursuivis. Les performances sont en effet meilleures lorsque le visage est bien visible, avec un bon éclairage, peu de mouvements et sans éléments masquant les traits, comme des masques ou des lunettes à monture épaisse. En revanche, lorsque ces systèmes sont déployés en conditions réelles et non contrôlées, leurs résultats doivent être interprétés avec davantage d’incertitude.

Les limites de l’emotion AI tiennent d’abord à la nature même des expressions faciales. Une expression ne correspond pas toujours à une émotion unique : un sourire peut signaler la joie, la politesse, l’ironie ou l’inconfort. Le contexte joue un rôle essentiel dans l’interprétation.

infographie
Les expressions faciales ne sont pas toujours univoques.
Charlotte de Sainte Maresville, à l’aide d’IA génératives (Canva, Pixlr et ChatGPT), Fourni par l’auteur

Les performances des systèmes dépendent également des données utilisées pour les entraîner. Les bases de données d’entraînement peu diversifiées peuvent conduire entre autres à des erreurs ou à des biais. Par exemple, si la base de données est principalement composée d’images de femmes de moins de 30 ans de type caucasien, le système aura du mal à interpréter correctement des mouvements faciaux d’individus de plus de 65 ans et de type asiatique.

Enfin, il ne faut pas se limiter aux seules expressions faciales, qui ne constituent qu’un canal parmi d’autres de l’expression émotionnelle. Elles fournissent des informations précieuses, mais partielles. Les systèmes d’emotion AI sont donc surtout pertinents lorsqu’ils sont utilisés en complément d’autres sources d’information, comme des indices vocaux, comportementaux ou déclaratifs. Cette approche ne remet pas en cause l’automatisation, mais en précise la portée : l’emotion AI automatise l’analyse de certains signaux observables, sans prétendre à une interprétation exhaustive des émotions.

Des risques à ne pas ignorer

Utilisée sans cadre clair, l’emotion AI peut alimenter des usages problématiques, notamment lorsqu’elle est intégrée à des dispositifs d’influence commerciale ou de surveillance.

Dans le domaine commercial, ces technologies sont par exemple envisagées pour ajuster en temps réel des messages publicitaires ou des interfaces en fonction des réactions faciales supposées des consommateurs. Ce type de personnalisation émotionnelle soulève des questions de manipulation, en particulier lorsque les personnes concernées ne sont pas pleinement informées de l’analyse de leurs réactions.




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Les risques sont également importants dans les contextes de surveillance, notamment lorsque l’analyse automatisée des expressions faciales est utilisée pour inférer des états mentaux ou des intentions dans des espaces publics, des environnements professionnels ou des contextes sécuritaires. De tels usages reposent sur des inférences incertaines et peuvent conduire à des interprétations erronées, voire discriminatoires.

Ces risques sont aujourd’hui largement documentés par la recherche scientifique, ainsi que par plusieurs institutions publiques et autorités de régulation. À l’échelle internationale, ces réflexions ont notamment conduit à l’adoption de recommandations éthiques, comme celles portées par l’Unesco, qui ne sont toutefois pas juridiquement contraignantes et visent surtout à orienter les pratiques et les politiques publiques.

En revanche, en Europe, le règlement sur l’IA interdit ou restreint fortement les usages de l’analyse émotionnelle automatisée lorsqu’ils visent à surveiller, classer ou évaluer des personnes dans des contextes grand public, notamment dans les espaces publics, au travail ou à l’école.

Ces technologies ne peuvent pas être utilisées pour inférer des états mentaux ou guider des décisions ayant un impact sur les individus, en raison du caractère incertain et potentiellement discriminatoire de ces inférences. En France, la mise en œuvre de ce cadre s’appuie notamment sur l’action de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), chargée de veiller au respect des droits fondamentaux dans le déploiement de ces technologies.

Ces débats rappellent un point essentiel : les expressions faciales ne parlent jamais d’elles-mêmes. Leur analyse repose sur des inférences incertaines, qui exigent à la fois des modèles théoriques solides, une interprétation critique des résultats et un cadre d’usage clairement défini.

Les enjeux éthiques et réglementaires ne sont donc pas extérieurs aux questions scientifiques et techniques, mais en constituent un prolongement direct. C’est précisément dans cette articulation entre compréhension fine des expressions, limites des modèles et conditions d’usage responsables que se joue l’avenir de l’emotion AI.

The Conversation

Charlotte De Sainte Maresville a reçu des financements de ANR dans le cadre d’une convention CIFRE.

Christine PETR a reçu des financements de ANR dans le cadre d’une CIFRE.

ref. Souriez, vous êtes filmés : ce que l’« emotion AI » voit vraiment sur nos visages – https://theconversation.com/souriez-vous-etes-filmes-ce-que-l-emotion-ai-voit-vraiment-sur-nos-visages-275029

Diez coincidencias inesperadas entre el marxismo y la ultraderecha actual

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Víctor Hugo Pérez Gallo, Assistant lecturer, Universidad de Zaragoza

Acto de Vox en la plaza de Colón (Madrid) en 2019. Enriscapes/Shutterstock

En las últimas elecciones autonómicas en Aragón, la ultraderecha duplicó su representación. No fue un salto aislado: ocurre en distintos territorios de España y Europa. El crecimiento no se explica solo por enfado o protesta, pero tampoco únicamente por cuestiones culturales o identitarias.

Para entenderlo, conviene mirar algo menos evidente.

A primera vista, el marxismo y la ultraderecha parecen opuestos irreconciliables, en objetivos, valores y horizonte político. Uno nació como proyecto emancipador; el otro propone orden, cierre y jerarquía. Pero si observamos cómo analizan el malestar social, aparecen similitudes sorprendentes. No hablamos de equivalencia ideológica, sino de coincidencias en la forma de leer la realidad.

Algunas formaciones de ultraderecha –como Vox en España– utilizan herramientas de análisis que recuerdan a las desarrolladas por Karl Marx, aunque lo rechacen explícitamente. No citan a Marx ni se reconocen en su tradición, pero comparten ciertos mecanismos de interpretación del conflicto social.

Estas son las diez coincidencias:

1. Ven el malestar como algo estructural

No lo reducen a decisiones individuales. Si los salarios no alcanzan, si el alquiler sube, si el empleo es inestable, la explicación no es simplemente “falta de esfuerzo”: hay un sistema que produce ganadores y perdedores. Ambos enfoques parten de la idea de que el problema no es solo personal.

2. Sitúan el conflicto en el centro

Para ambos, la sociedad no es un espacio neutral donde todos ganan. Está atravesada por tensiones. Hay intereses enfrentados, grupos que se benefician y otros que cargan con los costes. Esta mirada conflictiva resulta más clara y movilizadora que los discursos que hablan de consenso permanente.

3. Construyen antagonismos claros

Mientras el marxismo habló de capital y trabajo, la ultraderecha habla de pueblo y élites, nación y globalismo, ciudadanos y burócratas. Aunque cambian los términos, se mantiene la lógica del enfrentamiento. El mapa social se organiza en bloques reconocibles.

4. Señalan responsables

No hablan de “procesos abstractos” ni de fuerzas impersonales: identifican actores. Unos señalaban a la burguesía y los otros apuntan a élites políticas, culturales o económicas. Esta personalización del conflicto facilita la comprensión y la movilización.

5. Reconocen la dimensión material

Detrás de los debates culturales hay facturas, hipotecas y contratos temporales. El malestar económico pesa, y mucho. Cuando una familia llega con dificultad a fin de mes, la discusión sobre modelos abstractos pierde fuerza. Ambos enfoques entienden que la vida cotidiana importa.

6. Crean un “nosotros”

El proletariado en el marxismo; el pueblo o la nación en la ultraderecha. En ambos casos, se construye un sujeto colectivo que se siente perjudicado. Ese “nosotros” da identidad y pertenencia en contextos de incertidumbre.

7. Simplifican el mapa social

Reducen la complejidad, dividen en bloques. En política, la claridad compite con la precisión. Un relato demasiado matizado puede ser intelectualmente sólido, pero menos eficaz. Tanto el marxismo clásico como la ultraderecha han sabido ofrecer explicaciones fáciles de entender.

8. Utilizan el agravio

La explotación, en un caso, y la humillación o la pérdida de estatus, en el otro: el sentimiento de injusticia actúa como motor político. Cuando alguien siente que ha perdido algo –trabajo, reconocimiento, estabilidad–, busca una explicación que dé sentido a esa experiencia.

9. Ofrecen explicaciones globales

No se limitan a propuestas técnicas. Presentan una narrativa amplia sobre cómo funciona el sistema y quién se beneficia de él. En tiempos de incertidumbre, las explicaciones globales generan seguridad cognitiva.

10. Transforman el diagnóstico en acción

No se quedan en el análisis. Organizan, movilizan, convierten el malestar en voto. El relato no es solo interpretativo; es operativo. Sirve para ganar elecciones o construir movimiento.

La diferencia decisiva

Aquí termina la coincidencia.

El marxismo clásico aspiraba a transformar el sistema en clave emancipadora, eliminando desigualdades estructurales, mientras que la ultraderecha actual utiliza diagnósticos estructurales para prometer orden, protección o estabilidad dentro del mismo sistema o para redefinirlo en términos excluyentes.

Parte del éxito de la ultraderecha no se debe solo a la polarización o al escándalo mediático, sino también a que ofrece interpretaciones simples y reconocibles del malestar cotidiano: salarios que no suben, pueblos que pierden servicios, jóvenes que sienten que vivirán peor que sus padres, trabajadores que perciben que el esfuerzo ya no garantiza estabilidad.

Mientras otros discursos se vuelven más técnicos o abstractos, la ultraderecha habla de experiencias concretas. Eso no la hace equivalente al marxismo, pero sí explica por qué su mensaje conecta.

La pregunta, entonces, no es solo por qué crece la ultraderecha. Es otra más incómoda: ¿quién está interpretando mejor lo que la gente siente que le está pasando?

The Conversation

Víctor Hugo Pérez Gallo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Diez coincidencias inesperadas entre el marxismo y la ultraderecha actual – https://theconversation.com/diez-coincidencias-inesperadas-entre-el-marxismo-y-la-ultraderecha-actual-275992

Cuatro decisiones fundamentales sobre el aprendizaje de la lectura y la escritura: qué dicen las evidencias

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jesús Rodríguez de Guzmán, Profesor Psicología del desarrollo y de la educación, Universidad de Cantabria

RafCopy/Shutterstock

Aroa, tres años y medio, tiene sobre la mesa un cuento ilustrado, un lapicero y un folio:

¿Sabes leer?

No, no sabo

¿Y escribir?

Sí, eso sí, mira:

Imagen.

Y ¿qué pone ahí?

¿…? No sé, ya te dije que no sabo leer

Esta situación invita a ponernos en el lugar del aprendiz y a plantearnos cómo percibe el acceso al lenguaje escrito.

Adquirimos las destrezas orales de la lengua materna espontáneamente, por exposición. No necesitamos un aprendizaje formal: basta con tener un modelo a imitar y que nuestros intentos comunicativos sean reforzados cuando se aproximan a palabras del idioma con significado y función; como, por ejemplo, cuando un bebé dice “bá-bá” y recibe la respuesta emocionada de sus progenitores.

El lenguaje escrito, por el contrario, exige un proceso de enseñanza y aprendizaje explícito y formal. Pocas personas asocian significantes (palabras escritas) a significados de manera espontánea, aprovechando el ambiente alfabetizador en que vivimos, y aprenden a leer sin ser enseñados. Aunque las hay que llegan al colegio con un amplio repertorio de palabras que pueden leer en el desarrollo de su etapa logográfica.

Leer y escribir son dos procesos que requieren una intervención educativa guiada por la reflexión profesional, y evidencias didácticas que la acompañen. Destaquemos que se trata de destrezas instrumentales, claves para el resto de aprendizajes, y que pueden generar satisfacción al aprendiz, pero también frustración si no se abordan teniendo en cuenta los aspectos básicos del desarrollo evolutivo.

Nos ocuparemos de cuatro decisiones fundamentales sobre el aprendizaje de la lectura y la escritura y lo que indican las evidencias recientes más sólidas.

1. ¿Cuándo: infantil o primaria?

El lenguaje oral acompaña a la especie humana en su evolución desde un momento indeterminado de los últimos 200 000 años. Las áreas de Broca y Wernicke, y los órganos bucofonatores, no dejan registro fósil que nos permita ser más precisos, y los hallazgos del hueso hioides, necesario para la fonación, no permiten fechar la aparición del lenguaje oral con más exactitud.

El lenguaje escrito es mucho más reciente, de hace unos 5 000 años. No obstante, la alfabetización generalizada de nos ha llegado mucho más tarde: de hecho es, todavía, un proceso inacabado en determinados contextos.




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Parece razonable que esta diferencia en la evolución de la especie humana sea tenida en cuenta para justificar el desfase cronológico entre ambos aprendizajes en cada individuo.

Por esta razón el currículo de la educación infantil, que en nuestro sistema abarca los seis primeros años de vida, divididos en dos ciclos, se centra en las destrezas orales de la competencia comunicativa.

A partir de los 6 años se aprende a leer de manera mucho más rápida y eficiente, cuando ya se han practicado las destrezas orales. Por esta razón, las aulas de primaria son las que garantizan un aprendizaje gratificante que facilita el desarrollo del hábito lector como fuente de placer.

2. ¿Métodos ascendentes o descendentes?

¿Es necesario conocer el abecedario, grafía y sonido, para captar el significado de palabras escritas? A esto lo llamamos un “método ascendente”, que parte de conocer las partes más pequeñas (grafemas y fonemas) y, a partir de ahí, lograr la capacidad de entender lo que significan juntos en una palabra, frase y párrafo.

Los métodos descendentes, en cambio, priorizan la comprensión de significados, antes que la descomposición en sílabas y letras, reconociendo palabras, globalmente, familiares por forma y su extensión y por el contexto en que aparecen: identifico y diferencio con facilidad los nombres de mis compañeros, Sol y Rigoberto, y la marca de mis cereales favoritos.




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Si fuera necesario el conocimiento de las letras, su asociación a los sonidos del idioma y el desarrollo de la conciencia fonológica, nos deberíamos plantear cómo acceden a la lectura las personas con sordera. Aunque estas no oyen ni pronuncian los sonidos del idioma que aprenden a leer, desarrollan la habilidad sin grandes dificultades, demostrando con la lectura silenciosa que transformar significantes en significados no requiere la asociación previa de letras a sonidos.

Así se explica el acceso a la lectura en idiomas cuya ortografía no es transparente, aquéllos en los que cada grafema no equivale unívocamente a un sonido o fonema, como ocurre por ejemplo con el inglés.

El debate está abierto, pero las evidencias apuntan a que conocer la forma y sonido de cada grafema no garantiza ni es requisito para acceder al lenguaje escrito. Autores clásicos, y actuales, entienden la lectura como un proceso cognitivo superior, que no se limita a descifrar letras. Además, hay que dar sentido funcional y emocional a lo que se ve, y los métodos descendentes promueven, desde el inicio, la comprensión en contextos reales, con textos significativos.

En las primeras etapas del desarrollo cognitivo tendemos a percibir la información del entorno de forma integral: primero captamos el sentido global, después los detalles.

Tendemos a leer globalidades: el significado del color verde o del rojo, las señales que observamos en la calle, los emoticonos… y las palabras en su contexto. No es imprescindible reconocer cada letra para obtener significado. Hagan la prueba:

UN D14 D3 V3R4N0 3574B4 3N L4 PL4Y4 0853RV4ND0 A D05 CH1C45 8R1NC4ND0 3N 14 4R3N4, 357484N 7R484J484ND0 MUCH0 C0N57RUY3ND0 UN C4571LL0 D3 4R3N4 C0N 70RR35, P454D1Z05 0CUL705 Y PU3N735.

Y, una vez adquirida la destreza, nunca volveremos a ver manchas de tinta donde haya palabras escritas, y no podremos evitar leer globalmente, sea cual sea el tipo de letra utilizada.

3. ¿Aprendizaje simultáneo de lectura y escritura?

Leer requiere de la maduración de procesos perceptivos, sobre todo visuales, pero también táctiles (personas con ceguera), cognitivos (atención, memoria) y lingüísticos (significados, funcionalidad, pragmática). La escritura añade a los anteriores los procesos motrices, que no maduran necesariamente a la vez que los relacionados con la lectura.

Si queremos acompañar el proceso evolutivo del niño, no deben abordarse de forma simultánea. El desarrollo neuromotor se ajusta a las leyes “céfalo–caudal” y “próximo–distal”, según las cuales lo próximo a la cabeza y al eje longitudinal del cuerpo madura antes que lo más lejano: vemos y oímos correctamente antes de alcanzar la motricidad fina necesaria para dominar la pinza y el movimiento coordinado de manos y dedos, coordinamos antes el movimiento de hombros y codos que el de los dedos.

Es decir, los niños de infantil y primer ciclo de primara, de 0 a 7 años, son capaces de leer mucho más que lo que son capaces de escribir. Se puede fomentar la aproximación a la lectura, pero no podemos exigir el mismo ritmo para una tarea que exige una coordinación neuromotora a la que todavía habrá que esperar.

En todo caso, de la misma manera que no solo hay que enseñar a leer, sino a amar la lectura, habría que fomentar la escritura como una tarea gratificante que, más allá de dibujar, copiar y reproducir mensajes, nos conduzca a la tarea creativa de transformar ideas en palabras escritas.

4. ¿Mayúsculas antes que minúsculas?

En algunas escuelas se opta por enseñar a escribir primero las mayúsculas porque, suponen, resultan más fáciles de trazar. Pero la decisión no está basada en la evidencia: las leyes madurativas citadas predicen que se coordinan antes los movimientos amplios del hombro que los de la muñeca, mano y dedos, permitiendo trazos amplios más similares a los bucles de las grafías minúsculas que a los trazos rectos, más rígidos, de las mayúsculas.

Por otra parte, la mayoría de publicaciones infantiles están escritas en minúscula, lo cual implica que el niño percibe y reconoce antes las minúsculas. Por lo tanto, tiene más sentido que practiquen aquello a lo que están más expuestos, lo que antes conecta con la lectura real y con lo que más pueden experimentar de forma natural y fluida.

En definitiva, sigamos buscando evidencias que guíen la práctica docente mientras posponemos el aprendizaje formal del lenguaje escrito hasta los 6 años, aprovechamos las ventajas de los métodos globales, no nos apresuramos con la corrección caligráfica y practicamos con modelos ortográficamente correctos, desde el principio.

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Jesús Rodríguez de Guzmán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuatro decisiones fundamentales sobre el aprendizaje de la lectura y la escritura: qué dicen las evidencias – https://theconversation.com/cuatro-decisiones-fundamentales-sobre-el-aprendizaje-de-la-lectura-y-la-escritura-que-dicen-las-evidencias-272644

Diez años sin Umberto Eco: ‘El nombre de la rosa’ en la cumbre de la posmodernidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elizabet Fernández Lam-Sen, Profesora de ELE y Literatura Española, Universidad Camilo José Cela

Aún no había emergido la hipermodernidad tan analizada ya por Gilles Lipovetsky. Los síntomas de la cultura globalizada se apreciaban como extraños fenómenos dignos de diseccionar en los sesudos laboratorios de las universidades. En ese tiempo, apareció el celibérrimo superventas El nombre de la rosa (1980). Su autor, el intelectual italiano Umberto Eco, desmontó con soltura los presupuestos y prejuicios que rondaban en torno a la literatura de masas.

¿Y si culpamos a la posmodernidad?

La “nueva edad de las tinieblas”, como la había nombrado y temido el filósofo George Steiner en su libro En el castillo de Barba Azul, aún quedaba lejos para la escéptica y democratizadora posmodernidad. No obstante, se habían producido cambios significativos en el magma de una sociedad que veneraba la cultura televisiva y que aprendió a diluir los límites entre la alta y la baja cultura. Asistíamos al auge de la cultura pop.

Como el buen intelectual sin domesticar que demostró ser con el paso del tiempo, se presentó ante el mundo con el perfil de un novelista primerizo de mediana edad. Pero tan reacio a la etiqueta del “apocalíptico” de pompa y circunstancia aristocrática como a la del “integrado” de un vitalismo sin arraigo. En realidad, ambos apelativos disfrazaban fetichismos aptos para las “polémicas estériles” o las “operaciones mercantiles” y así lo dejó claro en su ensayo Apocalípticos e integrados (1964).

Ese novelista bisoño era Umberto Eco, quien incursionó en el género con “ganas de envenenar a un monje”. Y, de paso, aprovechó para estrenar la posmodernidad literaria. Eran los años ochenta de un cada vez más lejano siglo XX, cuando la aparición de El nombre de la rosa desmintió, sin proponérselo, las apocalípticas voces de academia que alertaban de una “literatura del agotamiento”. Con esa consigna, sólo quedaba esperar la muerte de la novela.

Lo curioso es que El nombre de la rosa no se proyecta desde el cinismo, ni desde el pesimismo. Tampoco desde otro “ismo” que denote hartazgo o recelo personal hacia el futuro del género. Lo hace en cambio desde unas ansias por divertirse a sí mismo y a los lectores, según reveló su autor en Apostillas al nombre de la rosa (1985). Una motivación que le brinda ese halo genuino, surgido de la generosidad, de quien escribe para todos, no sólo para unos cuantos o sus iguales.

Vivir para contarlo y no morir de éxito

Sea como fuere, la novela en cuestión ha vendido 50 millones de ejemplares hasta la fecha. Su éxito y alcance ha llegado a compararse al de Cien años de soledad de Gabriel García Márquez.

Se hizo con el máximo galardón literario italiano, el Strega, análogo de nuestro Premio Nacional de Literatura. Pero El nombre de la rosa fue más allá. Consiguió revivir a la apagada novela histórica europea.

Portada de El nombre de la rosa (1980).
DEBOLSILLO

Entonces nos asalta una pregunta: ¿Cómo logró la fórmula secreta? Sobresale una particular mezcla de realidad y ficción, que se antoja un precedente de la popularizada posverdad de los años veinte del siglo XXI.

Luego nos sedujo un protagonista medieval de inspiración sherlockiana. Así que aquella intriga novelesca marcó un hito que parecía imposible. Por un lado, se granjeó el aplauso de un público que había sido subestimado con argumentos blandos de ficción. Por el otro, volatizó el tópico por excelencia que aún martillea a todo superventas: la dudosa calidad aliada del consumo rápido.

El nombre de la Rosa se convirtió en un longseller. Tuvo la suerte de contar con una película protagonizada por un recordado Sean Connery. Sin embargo, su éxito inesperado necesitó unas anotaciones posteriores conocidas como Apostillas al nombre de la rosa. Umberto Eco aclaró que las escribió para “evitar tener que morir, para evitar tener que contestar a nuevas preguntas”, como recogió el periodista Igor Reyes-Ortiz en el diario El País.

Pero este pequeño volumen sesudo y puntilloso también encerró una reflexión del posmodernismo. El mismo del que había surgido ese fenómeno libresco imparable y al que el escritor definió de una forma que recordaba a aquellos diálogos noventeros de cualquier personaje de Woody Allen:

“Pienso en la actitud posmoderna como en la del que ama a una mujer muy culta y que sabe que no puede decirle ‘te amo desesperadamentente’, porque él sabe que ella sabe (y que ella sabe que él sabe) que esta frase ya la escribió Liala. Sin embargo, hay una solución. Podrá decir: Cómo diría Liala, te amo desesperadamente”.

El mundo sigue necesitando a Eco

Umberto Eco no se detuvo. Continuó escribiendo. Quizás porque “el hombre es un animal fabulador por naturaleza”. Por eso, hay que leerle en otras novelas posteriores: El péndulo de Foucalt (1998), Número cero (2015) o el que fue su libro póstumo De la estupidez a la locura. Crónicas para el futuro que nos espera (2016).

Porque los grandes relatos parecen fragmentarse y el futuro de la novela pende de un hilo, valoremos regresar a nuestro semiólogo de cabecera. A esos libros que apuestan por una reconfortante evasión placentera e inteligente. De hecho, como siempre estuvo por encima de los mediáticos egos perecederos, Eco pidió en su testamento que, por favor, no se le realizaran homenajes tras los diez años de su fallecimiento.

Sobra decir que éste no es un tributo. Sólo un recordatorio oportuno de cuánto podemos seguir ganando sus lectores.

The Conversation

Elizabet Fernández Lam-Sen no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Diez años sin Umberto Eco: ‘El nombre de la rosa’ en la cumbre de la posmodernidad – https://theconversation.com/diez-anos-sin-umberto-eco-el-nombre-de-la-rosa-en-la-cumbre-de-la-posmodernidad-275779

Las juventudes nicaragüenses en el exilio crean nuevas formas de resistencia: narrativas, redes y activismo digital

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nicté Soledad Castañeda Camey, Doctora en Ciencias Sociales, Universidad de Guadalajara

Desde abril de 2018 en Nicaragua se vive una profunda crisis política marcada por la represión estatal contra el movimiento cívico que emergió a partir de protestas estudiantiles. La respuesta del Gobierno fue contundente: criminalización, encarcelamientos, cierre de espacios ciudadanos y persecución sistemática. Para miles de jóvenes, la migración forzada y el exilio político se han convertido en estrategias que trascienden las fronteras nacionales.

Entre el desarraigo y la recomposición colectiva

El exilio no es solo un proceso político. Implica para las juventudes activistas nicaragüenses un desgaste emocional. Otras veces ha representado la ruptura de proyectos de vida, la separación familiar y la precariedad económica. Todo ello unido a la compleja realidad vital que acarrean los procedimientos migratorios para solicitar asilo o acceder a la condición de refugiado político.

Pero también ha sido un espacio de recomposición colectiva. Más allá de los procesos individuales, se desarrollan formas alternativas de activismo, de protesta y de participación, en los que se plantean nuevos desafíos, proyectos personales, oportunidades laborales, académicas, artísticas y literarias. También nacen formas inéditas para organizarse y actuar en territorios simbólicos. Allí se resignifica el exilio, al tiempo que se consolidan otras formas de activismo transnacional.

En pocas palabras, el exilio no ha implicado una desconexión con el país ni con el proceso político, sino una oportunidad de rearticular la disidencia desde nuevos contextos y estrategias.

La resistencia transnacional

Antes de abril de 2018, gran parte del activismo juvenil nicaragüense se articulaba en universidades, barrios y organizaciones locales. Estos movimientos convergían con otras protestas sociales. La represión desmanteló esos espacios y obligó a una migración forzada sin precedentes. Costa Rica, México, Estados Unidos, España y otros países de América Latina se convirtieron en destinos clave del exilio juvenil.

La migración forzada y el exilio, lejos de significar el fin o una pausa en su participación política, ha dado lugar a nuevas formas de resistencia para las juventudes. Estas han generado propuestas diferentes y alternativas, que incluyen el uso creativo de herramientas digitales, narrativas de memoria y la construcción de redes. También han puesto en marcha prácticas artísticas y literarias que emergen como otras formas de organización transnacional. Una dimensión que cuestiona los límites de la ciudadanía y el sentido de pertenencia.

La Digna Rabia y sus “Trazos de memoria”

Un ejemplo son espacios multimedia como la colectiva La Digna Rabia. (18 de abril 2021). Nada está olvidado. Esta incluye entre sus contenidos el fanzine digital Trazos de memoria, una publicación que ha generado espacios para conmemorar a todas las personas que han dejado Nicaragua. A partir de una serie de talleres de collage y escritura, construye narrativas, poesías, relatos, pensamientos e imágenes sobre la memoria viva de lo que significa “migrar desde los cuerpos feminizados”.

En ciudades de acogida, las juventudes nicaragüenses han creado redes de apoyo mutuo, colectivos y plataformas informales que funcionan como espacios de resistencia. Al respecto se puede mencionar la plataforma digital Hora Cero. Se trata de un medio de comunicación que incluye opinión, análisis político y reportajes de Centroamérica. Destaca por el uso creativo de herramientas digitales, redes sociales, plataformas y espacios virtuales que promueven la acción política.

Impulsadas por jóvenes nicaragüenses desde el exilio, este tipo de iniciativas, generan contenido audiovisual, campañas informativas y denuncias. Con ello, los creadores buscan romper el cerco mediático impuesto por el Gobierno dentro de Nicaragua.

Cultura digital para renacer

Las tecnologías digitales han representado un recurso fundamental para la creación de comunidad, la denuncia, la protesta y la construcción de narrativas alternativas. Estas operan no solo como medio de expresión, sino como espacio de resistencia y como ruta para sostener e impulsar la lucha social desde otros lugares y lenguajes.

Más allá de la denuncia política directa, muchas juventudes han encontrado en la creación artística y literaria un lenguaje potente, que construye sentido en medio de una realidad hostil. La poesía, la música, la ilustración y la performance han sido utilizados para expresar el dolor del exilio, la esperanza y la persistencia de la lucha hacia la vida.

Así, los espacios digitales se han convertido en una trinchera para protestar, recuperar testimonios y expresiones a través de la música, la sátira y la comedia. Por ejemplo, la cuenta Chigüina Nica considera que el activismo digital permite que “puedan ser escuchadas y tomadas en cuenta sus opiniones como jóvenes”.

Con ese mismo propósito, el joven Locuin (Locos Cuerdos Intencionados), un humorista de barrio, hace sátiras en sus redes sociales de los gobernantes de Nicaragua. Él concibe que su mejor manera de aportar es darle al pueblo risa, y confiesa que es “un poco mezquino, pero aliviador”.

Memorias individuales y causas colectivas

Estas prácticas artísticas cumplen una doble función. Por un lado, permiten procesar emocionalmente la experiencia del desplazamiento forzado. Por otro, generan espacios de encuentro con otras diásporas y con públicos internacionales. El arte se convierte así en una herramienta que conecta memorias individuales con causas colectivas.

Tanto la reconstrucción de memorias como la consiguiente resignificación de la identidad política generan nuevos espacios de resistencia simbólica y construcción de paz. En diversas plataformas digitales e itinerantes alrededor del mundo han documentado violencias, narrado experiencias y preservado la memoria de las víctimas de represión estatal.

Al respecto se puede mencionar la plataforma digital e itinerante Ama y no olvida, Museo de la Memoria contra la Impunidad, que fue creada por una joven activista nicaragüense en el exilio. Es todo un ejemplo de cómo desarrollar memoria colectiva digital, al reunir testimonios, retratos y materiales audiovisuales que buscan preservar la verdad histórica y resistir la impunidad.

Repensar la ciudadanía y el sentido de pertenencia

Para las juventudes nicaragüenses en el exilio, la ciudadanía ya no se define solo por el lugar de residencia, sino por la participación activa en la defensa de derechos, la memoria y la justicia. La resistencia transnacional muestra que el exilio no es únicamente un espacio de pérdida. También representa un marco de construcción de propuestas inéditas de acción colectiva que amplían los horizontes del activismo y cuestionan las fronteras tradicionales de la política.

El activismo puede impulsar una redefinición del concepto de ciudadanía, mostrando que la participación política no limita a un territorio geográfico o a una misma forma de organización, sino puede desplegar alternativas para generar impacto local y global. En definitiva, el exilio no ha supuesto una interrupción del proceso político juvenil, sino una transformación profunda desde esta nueva territorialidad.

The Conversation

Nicté Soledad Castañeda Camey no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las juventudes nicaragüenses en el exilio crean nuevas formas de resistencia: narrativas, redes y activismo digital – https://theconversation.com/las-juventudes-nicaraguenses-en-el-exilio-crean-nuevas-formas-de-resistencia-narrativas-redes-y-activismo-digital-274563

¿Pueden las marcas convencernos de pagar más por moda sostenible?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Reinoso Barbero, Profesor de Teoría Económica, Universidad Villanueva

La industria textil es una de las más contaminantes del planeta, y sin embargo, Inditex, uno de sus grandes actores, lucha por convencer a los consumidores de que su apuesta por la sostenibilidad es real y, por tanto, sus productos merecen un precio más alto.

El dilema de la sostenibilidad en la moda rápida

Pese a declarar unos ambiciosos compromisos medioambientales y sociales: reducción de emisiones, uso de materias primas sostenibles y economía circular, la estrategia de comunicación de Inditex, especialmente en redes, no está logrando conectar ni generar la confianza suficiente en sus públicos, sobre todo entre los más jóvenes.

Esa es la conclusión de un estudio reciente realizado en España a consumidores de entre 15 y 75 años. Hay una gran desconexión entre lo que la empresa dice hacer y lo que el público percibe.

¿Qué sabe el consumidor sobre la sostenibilidad de Inditex?

Aunque el 56 % de los encuestados considera que es una empresa sostenible, un 64 % admite no conocer ninguna iniciativa concreta de sostenibilidad de la compañía. Programas antiguos como el etiquetado con el que algunas marcas identificaban las prendas producidas con materias y procesos más sostenibles (Join Life en Inditex, Commited en Mango o Conscious en H&M) pasaron prácticamente desapercibidos. Tampoco calan iniciativas más recientes como la de reparación de ropa “para alargar la vida de las prendas” –con el que también cuenta la japonesa Uniqlo–, la de reventa de segunda mano entre la comunidad de clientes (Pre-Owned en Zara, Pre-Loved en H&M) o la donación de prendas.

Esta falta de visibilidad tiene consecuencias directas. El 75 % de los encuestados no recuerda haber visto mensajes de sostenibilidad en las redes sociales de la compañía y, cuando sí los han visto, a casi la mitad les han dejado indiferentes. Es decir, ni generan impacto ni construyen confianza. A pesar de que el 61 % considera que estos mensajes son veraces, no se produce una conversión en intención de compra.




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Pagar más… ¿por qué?

Una de las preguntas clave del estudio fue si los consumidores estarían dispuestos a pagar más por prendas sostenibles. La respuesta mayoritaria (65 %) fue que no. Y esa negativa es aún más pronunciada en los más jóvenes, aunque sean los que más usan las redes sociales y están más expuestos a sus mensajes.

Disposición a pagar un mayor precio por una prenda más sostenible (por edades)
Fuente: elaboración propia

¿Por qué sucede esto? Una hipótesis es que los consumidores todavía no perciben la sostenibilidad como un valor tangible que justifique pagar más. Si no se conecta con beneficios concretos –mejor calidad, mayor durabilidad o impacto real–, no se traduce en una ventaja clara para los consumidores.




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La dimensión social, el gran activo olvidado

El estudio también muestra que, dentro del concepto de sostenibilidad, la dimensión social es la que más resuena entre los consumidores, sobre todo en redes como Instagram, TikTok o YouTube. Condiciones laborales, respeto a los derechos humanos o igualdad de género son aspectos que generan conversación en redes y compromiso (engagement) con la marca.




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Sin embargo, mientras que la empresa destaca en sus redes sus logros medioambientales, las acciones sociales son poco comunicadas. Esta falta de alineación entre lo que la empresa comunica y lo que el público valora limita el potencial de su estrategia de marca.

Y ¿qué hacer?

La solución pasa por rediseñar su estrategia de comunicación digital con un enfoque más claro y emocional. No todos los públicos valoran la sostenibilidad de la misma manera. Si la generación Z necesita mensajes aspiracionales en TikTok, los mayores de 40 años buscan productos de calidad y duraderos.

La sostenibilidad debe ir más allá del discurso y las marcas deben mostrar beneficios concretos. Comunicar a los consumidores por qué un producto sostenible es mejor –para el planeta y para los compradores– puede cambiar la percepción de valor de la marca.

Incorporar testimonios, historias reales o influencers realmente comprometidos con la causa de la sostenibilidad puede generar mayor impacto que difundir en redes informes técnicos o promesas institucionales.

El compromiso con el bienestar de los trabajadores, la transparencia salarial o la colaboración con ONG son temas que los consumidores quieren conocer. Y recompensan a las marcas que se lo cuentan con claridad.




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El reto está claro: comunicar mejor

En definitiva, los datos muestran que, aunque las redes sociales son la principal fuente de información sobre sostenibilidad para más de la mitad de los encuestados, no están siendo utilizadas de forma eficaz por Inditex para transmitir su compromiso ambiental y social.




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El reto de fondo para esta compañía es pasar de la sostenibilidad declarada a la sostenibilidad creíble. Para lograrlo, necesita transformar su forma de comunicar, adaptarse a cada público y aprovechar el potencial de las redes sociales como espacio de educación, sensibilización y diálogo. Solo así sus esfuerzos sostenibles podrán ser una ventaja competitiva real y justificar el precio de una etiqueta verde.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Pueden las marcas convencernos de pagar más por moda sostenible? – https://theconversation.com/pueden-las-marcas-convencernos-de-pagar-mas-por-moda-sostenible-270657

Nuevos materiales para alcanzar la eterna juventud

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel Torralba, Catedrático de la Universidad Carlos III de Madrid, IMDEA MATERIALES

Recreación de un hueso artificial bioimprimido. GarryKillian/Shutterstock

Órganos artificiales, implantes que se absorben y se regeneran con nuestro propio hueso, miniórganos para replicar enfermedades y probar tratamientos antes de experimentar en seres vivos… ¿Alcanzaremos el sueño de la eterna juventud?

Sin duda, la salud es el ámbito donde la evolución de la ciencia e ingeniería de materiales resulta más impactante.

Como método de fabricación, la impresión 3D está suponiendo una revolución para la creación de prótesis, la personalización de tratamientos, la bioimpresión o el desarrollo de modelos y herramientas quirúrgicas.

Aleaciones imprimibles

En cuanto a los materiales, los aceros inoxidables o el titanio forman parte desde hace décadas de los catálogos de componentes para prótesis, gracias a su biocompatibilidad y su capacidad de fabricarse en formas complejas adaptadas a las necesidades de cada paciente. Además, ambas familias de materiales son perfectamente “imprimibles”, por lo que han entrado de lleno en la revolución de la fabricación aditiva.

Además, existen dos nuevas familias de aleaciones, menos conocidas, pero que están abriéndose camino en el mundo de la biomedicina por sus singularidades: el nitinol y las aleaciones de magnesio, ambas alineadas con las nuevas tecnologías de fabricación 3D.

Nitinol con memoria de forma

El nitinol es una aleación de niquel-titanio cuya principal singularidad es que posee “memoria de forma”, además de la necesaria biocompatibilidad. Tener memoria de forma implica que, con el paso del tiempo y a causa de un cambio de temperatura o de tensión mecánica, puede recuperar una forma inicial predeterminada e ir adaptándose a un espacio o a unas dimensiones.

Cómo funciona el nitilol con memoria de forma.Thoisoi.

Gracias a la impresión 3D, ya se están fabricando en laboratorio con formas personalizadas según el paciente. Estos implantes se modifican superficialmente para permitir la proliferación de células y su perfecta biocompatibilidad.

Así, una de las aplicaciones del nitinol son los stents que se fabrican al tamaño personalizado de la arteria del paciente. Se disminuyen de tamaño enfriándolos y, cuando alcanzan su posición, gracias a la temperatura de nuestro cuerpo, se expanden para encajar perfectamente.

Ya se utiliza nitinol en alambres dentales, tornillos ortopédicos y otros suministros quirúrgicos. Y, como parte del proyecto HUMANeye, se está probando para fabricar implantes que abren la puerta a solucionar enfermedades de la córnea, una de las principales causas de ceguera en todo el mundo.

Magnesio, exoesqueletos más ligeros

Al magnesio y sus aleaciones, pese a su baja densidad y buenas prestaciones mecánicas, le ha costado reemplazar al aluminio en muchas aplicaciones estructurales, en parte por su coste, en parte por su dificultad de procesado. Esas dificultades están hoy siendo solventadas y hay países, como China, que ya están empezando a implementar su uso de forma masiva.

En el ámbito de la salud, en alianza con la impresión 3D, su implementación está empezando a ser importante. Por un lado, gracias a su baja densidad (1,74 g/cm³ frente a 2,70 g/cm³ del aluminio, aproximadamente un 35 % menor) y por otro su excelente biocompatibilidad, junto a su capacidad de ser absorbido por nuestro organismo.

El potencial del magnesio en aplicaciones para la llamada “micromovilidad” está impulsando su uso en China en pequeños vehículos eléctricos. En un futuro próximo, lo veremos también en robots y en exoesqueletos. Aquí, la utilización de aleaciones de magnesio en vez de aluminio puede reducir el peso en hasta un 30 %, con unas prestaciones mecánicas idénticas a las del aluminio.

Prótesis asimiladas por el cuerpo

Pero la gran revolución será la utilización del magnesio en prótesis fabricadas por impresión 4D. Una prótesis de magnesio que permita su colonización por el hueso, al mismo tiempo que se disuelve en nuestro organismo, hará que, pasado un tiempo, la totalidad del implante habrá sido reemplazado por nuestro propio hueso y no será necesaria una nueva cirugía. Solo hay que acompasar los tiempos de disolución con los de crecimiento del hueso, y es en esa dirección hacia donde van las investigaciones. Las prótesis, además de ser totalmente personalizadas, en un tiempo se convertirían en nuestro propio hueso.

Al igual que en el hombre bicentenario de Asimov, donde un robot fue adaptándose y sobreviviendo a lo largo de los años gracias a la ciencia, ya empezamos a tener tecnologías “suficientes” para prever que, poco a poco, nos vamos acercando al sueño (¿o pesadilla?) de la eterna juventud. ¿Existirán, algún día, seres humanos bicentenarios?

The Conversation

José Manuel Torralba no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Nuevos materiales para alcanzar la eterna juventud – https://theconversation.com/nuevos-materiales-para-alcanzar-la-eterna-juventud-272384