Quand les imaginaires des marques nous inspirent

Source: The Conversation – in French – By Valérie Zeitoun, Maitre de Conférences, IAE Paris – Sorbonne Business School

Les marques produisent des imaginaires collectifs et peuvent être considérées comme « des acteurs politiques ». HJBC/Shutterstock

Traversé par de multiples crises, le réel est devenu anxiogène. Il réclame de nouveaux modèles et de nouveaux rêves. Dans ce contexte, les imaginaires des marques viennent se substituer aux grands récits collectifs défaillants, en offrant aux individus de quoi se projeter, espérer, et peut-être apporter de nouvelles raisons de croire. C’est ce qu’analysent ici Valérie Zeitoun et Géraldine Michel, avec Raphaël LLorca, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, Arnaud Caré, directeur général délégué d’Ipsos, et Nicolas Cardon, directeur de l’expérience client d’Ipsos.


« L’esprit du voyage par Louis Vuitton », « La beauté plurielle de Dove », « Le sport inclusif » de Nike, ces imaginaires irriguent notre quotidien. Ils deviennent des forces de projection et de conviction collective, bien au-delà de leur valeur marchande. Face à l’évolution de leur rôle se pose la question de leur influence dans l’ordre social et/ou politique, au-delà de l’ordre marchand.

Comment, dans leur mission d’agent social, les marques participent-elles et poussent-elles au progrès social et environnemental, et permettent-elles ainsi de renouer avec de nouvelles utopies ?

L’imaginaire

L’imaginaire est le fruit de l’imagination d’un individu, d’un groupe ou d’une société. Il produit des représentations ou des mythes qui entretiennent un rapport plus ou moins détaché de la réalité.

Poser l’imaginaire et le réel en parallèle tend à accentuer la tension qui existe entre ces deux notions. Leur relation relève d’une dialectique qui interroge la manière dont l’imaginaire se rapporte au réel et réciproquement. Pour explorer ce rapport complexe, il est possible de distinguer trois dynamiques principales : une dynamique d’opposition, une dynamique de substitution et une dynamique d’enrichissement.

L’imaginaire comme illusion

Depuis l’allégorie de la caverne de Platon, la tradition philosophique a longtemps pensé l’imaginaire et le réel de manière adverse. Pour Platon, les individus vivent souvent dans l’ignorance, attachés aux apparences, et il faut un effort de pensée pour accéder à la vérité, c’est-à-dire au « monde des Idées ». Dans cette perspective, le réel renvoie au monde des idées invariables et immuables tandis que l’imaginaire est lui entendu comme illusoire, fictif, sans réalité.

Notre culture occidentale est profondément ancrée dans cette opposition, valorisant le réel comme domaine de la vérité et de la connaissance, reléguant l’imaginaire au rang du fantasme.

Affiche publicitaire de la marque Persil qui « lave plus blanc que blanc ».
Bibliothèque spécialisée de Paris, FAL

Dans le domaine de la consommation, la célèbre réclame de Persil (« lave plus blanc ») est emblématique d’une rhétorique publicitaire fondée sur l’excès de promesse. En invoquant l’idée d’un « plus blanc que blanc », elle promet l’inatteignable et participe à une forme d’aliénation ou d’asservissement. Le récit de marque se réduit alors à l’idée d’une illusion, voire d’une tromperie.

L’imaginaire comme idéalisation

Publicité du Big Mac de McDonald’s en Thaïlande.
Opasbbb/Shutterstock

Le philosophe Jean Baudrillard propose une autre perspective. Selon lui, l’imaginaire ne s’oppose plus simplement au réel, mais s’y substitue. Le simulacre n’est pas une simple copie du réel : il en efface la référence. Il produit l’illusion d’un monde réel, mais entièrement artificiel, forme d’hyperréalité, saturée d’images et de signes.

Photo d’un Big Mac dans un restaurant McDonald’s.
Liveheavenly/Shutterstock

L’imaginaire, dès lors, se substitue au réel et l’idéalise. Les campagnes publicitaires de la marque McDonald’s qui reposent sur une représentation parfaite du hamburger – comparée à la réalité du hamburger servi dans les restaurants – génèrent un simulacre. Les consommateurs n’achètent pas un hamburger, mais l’image idyllique du hamburger.

L’imaginaire comme ressource du réel

Une troisième approche, initiée par le philosophe Maurice Merleau-Ponty, envisage au contraire l’imaginaire comme une composante fondamentale du réel. Dans cette perspective, l’imaginaire ne s’oppose pas au réel, il en est le prolongement, voire un producteur. L’imaginaire permettrait d’accéder au réel autrement, éventuellement de le transformer en lui imprimant de nouvelles formes.

L’imaginaire ouvre vers d’autres réels possibles. C’est dans cette dynamique que certaines marques s’inscrivent, et ce faisant réinventent les modalités de notre environnement. C’est le cas de la marque Apple. À son lancement, elle apporte une nouvelle vision de l’ordinateur personnel axée sur la convivialité et le design de l’objet pour s’inscrire dans le quotidien des individus, et se positionner contre des usages de l’époque qui considéraient l’ordinateur comme strict objet du monde du travail.

La fabrique de nouveaux réels collectifs

Dès 1957, le sémiologue Roland Barthes met en évidence la capacité des objets et des signes de consommation à produire un imaginaire socialement partagé. La marque se définit comme objet social et réservoir symbolique. Elle ne se réduit pas à un simple signe marchand, elle agit comme un médiateur symbolique, capable de relier les individus à des univers de significations collectives.

Elle produit du sens et génère de la valeur en projetant des imaginaires partagés. Dans cette direction, les marques iconiques le deviennent, justement, parce qu’elles articulent des imaginaires culturels qui viennent répondre à des enjeux sociaux forts. Nike, en soutenant publiquement le footballeur Colin Kaepernick dans sa protestation contre les violences policières faites aux Afro-Américains, incarne un imaginaire de résistance.

Publicité de la marque Nike pour fêter les 30 ans de son slogan « Just do it » avec le footballeur états-unien Colin Kaepernick.
Nike

Avec sa campagne « Don’t Buy This Jacket », la marque outdoor Patagonia a supporté un imaginaire plus sobre. Elle incite les consommateurs à ne pas céder au consumérisme. Cet imaginaire s’incarne aussi dans les actes – réparabilité des produits, soutien à des actions environnementales, etc. – et, de fait, devient le réel.

D’autres marques pourraient être ici mentionnées, Dove et le nouvel imaginaire de la beauté : vision alternative qui remet en cause une beauté normative pour la rendre plurielle, femmes de toutes morphologies, âges, origines ou couleurs de peau. C’est encore Ikea ou Levi’s qui participent d’imaginaires plus inclusifs en soutenant la cause LGBTQIA+. Toutes ces marques participent d’une forme d’engagement, fondé sur de nouveaux imaginaires sociaux et/ou culturels, qui permet d’enrichir, de modifier, de transformer le réel.

La marque, un acteur politique ?

Publicité d’avril 2024 en France de la marque Burger King, « mettant l’accent » sur la région provençale.
HenrySaintJohn/Shutterstock

Les marques produisent des imaginaires collectifs, en ce sens, comme le propose Raphaël LLorca, elles peuvent être considérées comme « des acteurs politiques » qui structurent et façonnent notre appréhension du réel. L’imaginaire national et la signification « d’être français » se fonde aujourd’hui, en partie, sur des projections et/ou des incarnations proposées par les acteurs marchands tous secteurs confondus, la mode, les transports ou la grande distribution.

L’ironie, souligne Raphaël LLorca, c’est que ce sont souvent des marques étrangères, et singulièrement états-uniennes, comme Burger King ou Nike, qui proposent leur version du roman national français !

Dans tous les cas, la sécrétion d’imaginaires politiques de la part d’acteurs marchands constitue une rupture profonde dans l’équilibre des forces entre les trois ordres traditionnels – ordres politique, religieux et marchand.

Imaginaires de marques et engagement

Une étude Ipsos fait le constat d’un lien entre engagement individuel et engagement des marques. Il apparaît ainsi que les fans de marques engagées, comme Disney, Deezer ou Heineken, sont eux-mêmes plus impliqués que la moyenne française dans les causes d’équité et d’égalité entre les populations.

Plus important, en termes de gestion de marque, il apparaît que cette adhésion aux marques, porteuses d’imaginaires positifs, va au-delà d’une élection de principe. 50 % des Français interrogés déclarent, dans le contexte actuel, qu’ils seraient prêts à acheter moins de produits provenant de marques éloignées de leur engagement pour l’équité, la diversité et l’inclusion. Ces résultats montrent que les marques ont le pouvoir de nourrir le réel d’imaginaires sociaux, culturels voire politiques.

Les Français et les politiques de « diversité et d’inclusion » en entreprise à l’ère de Donald Trump (sondage réalisé en avril 2025 auprès de 800 Français représentatifs de la population nationale).
Ipsos, Fourni par l’auteur

Mais comment peuvent-elles le faire ? À cette question, une seconde étude Ipsos explore les conditions d’émergence de nouveaux réels aspirationnels.

Les marques doivent incarner ces imaginaires si elles souhaitent construire des liens émotionnels avec les consommateurs et citoyens. Près de 69 % des interrogés affirment être disposés à rompre avec des marques qui ne tiendraient pas leurs promesses sur des sujets sociaux ; 70 % se déclarent prêts à suivre une marque à laquelle ils sont émotionnellement liés, contre 45 % lorsque ce lien n’est que fonctionnel.

Les imaginaires des marques deviennent des forces de projection et de conviction collective, bien au-delà de leur valeur marchande. Les marques qui s’engagent dans de nouveaux imaginaires et qui leur donnent une réalité tangible favorisent l’engagement des individus, collaborateurs et clients. Ainsi, elles génèrent une adhésion et une implication pérenne, mais, surtout, elles participent d’un élan transformatif social et peut-être politique.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quand les imaginaires des marques nous inspirent – https://theconversation.com/quand-les-imaginaires-des-marques-nous-inspirent-264597

Utilisation de l’écriture inclusive par les marques : indifférence des hommes, soutien nuancé des femmes

Source: The Conversation – in French – By Magali Trelohan, Enseignante-chercheuse, comportements de consommations, sociaux et environnementaux, EM Normandie

Les femmes affichent une attitude plus favorable que les hommes à l’égard de la marque lorsque celle-ci utilise une écriture inclusive. Reworlding

L’écriture inclusive fait régulièrement la une des journaux en France. Entre défenseurs et opposants, le débat semble sans fin. Mais que se passe-t-il lorsque des marques utilisent cette écriture pour communiquer ? Une étude révèle que les réactions sont loin d’être homogènes.


La linguistique distingue trois types de langues à travers le monde :

  • les langues genrées, comme le français ou l’espagnol, qui attribuent un genre grammatical aux noms communs : le bateau, la mer, la plage, le sable, etc. ;

  • les langues à genre naturel, comme l’anglais, qui ne marquent pas le genre des noms communs – le déterminant est the pour tous les objets –, mais qui marquent le genre principalement dans les pronoms pour les personnes – she/her pour une fille ou une femme et he/his pour un homme ou un garçon ;

  • Les langues non genrées, comme le chinois ou le turc, qui n’intègrent pas de distinctions grammaticales de genre.

En France, langue dite genrée, le masculin est considéré comme « neutre » et, au pluriel, il « l’emporte sur » le féminin, selon la formule consacrée. Pourtant, des formes dites inclusives, comme le point médian de « salarié·es », se développent pour tenter de rendre visible la diversité des genres. Cette volonté s’appuie sur les travaux en sociolinguistiques qui montrent que la langue façonne notre perception du monde et de notre environnement. Si le sujet fait polémique, c’est parce que l’écriture inclusive interroge le pouvoir symbolique de la langue : qui est inclus ou exclu par les mots que nous choisissons ?

Notre étude, menée auprès de 800 consommatrices et consommateurs français, en analyse le phénomène.

Réaction envers la marque

Pour comprendre ces réactions, nous avons mené une expérience. Chaque participante ou participant à notre étude voyait un post d’une marque de jus de fruits, rédigé avec différentes formes d’écriture inclusive – comme « les client·es » – ou sans, et avec ou sans explication de ce choix par la marque. Nous avons ensuite mesuré leurs réactions, leur attitude envers la marque et leur intention d’achat. Il existe plusieurs formes d’écriture inclusive, nous les avons toutes testées.

  • La double flexion consiste à écrire les deux genres séparés par « et » (ex. : « toutes et tous ») ;
  • La double flexion contractée fusionne les terminaisons féminines et masculines grâce à un point médian ou un point (ex. : « étudiant·e·s ») ;
  • Les termes épicènes ou collectifs que nous appelons forme « dégenrée », ne marquent pas le genre (ex. : « le lectorat » plutôt que « les lecteurs ») ;
  • Le masculin générique, la forme usuelle en français avec le masculin qui l’emporte sur le féminin ;
  • Le féminin générique, avec l’ensemble des accords au féminin. C’est d’ailleurs cette forme qui est perçue comme la plus sexiste et la moins inclusive par l’ensemble des répondants.

Les hommes indifférents… sauf si la marque explique son choix

Les résultats indiquent que, globalement, les hommes ne réagissent pas différemment à un post utilisant l’écriture inclusive par rapport à un post classique.

Leur attitude, leur intention d’achat ou leur perception de la marque ne changent pas. Cependant, un point intéressant émerge : lorsque la marque explique son choix d’utiliser l’écriture inclusive, en rappelant qu’il s’agit d’une démarche d’égalité ou d’inclusivité, l’attitude des hommes devient plus positive.

Cette explication semble lever une forme de méfiance et permet d’intégrer le message sans rejet.

Les femmes soutiennent l’inclusif mais pas toutes ses formes

Globalement, les femmes affichent une attitude plus favorable que les hommes à l’égard de la marque lorsque celle-ci utilise une écriture inclusive. Elles perçoivent la marque comme plus proche de leurs valeurs et se disent plus enclines à acheter le produit.

Cet effet varie toutefois selon leur vision des rôles de genre.

Les femmes qui adhèrent fortement aux stéréotypes traditionnels – par exemple, l’idée que les hommes et les femmes ont des « rôles naturels » différents – se montrent plus réticentes à l’égard de l’écriture inclusive. Chez elles, l’écriture inclusive (en particulier la forme contractée, c’est-à-dire le point médian, et la forme dégenrée) tend à provoquer un rejet de la marque.

On ne retrouve pas cet effet de l’adhésion aux stéréotypes de genre chez les hommes. Ce n’est pas cela qui influence leurs perceptions et comportements liés à l’écriture inclusive.

Notre étude montre que la forme d’écriture inclusive la plus controversée, celle avec le point médian, suscite davantage de réactions négatives. Comme pour les hommes, lorsque la marque justifie son choix, cette forme controversée est toutefois mieux acceptée.

Puissance idéologique de la langue

Ces résultats mettent en lumière le poids idéologique de la langue. Le masculin reste perçu comme neutre.

Ce constat rejoint les travaux en sociolinguistique sur l’androcentrisme (une vision du monde qui voit l’homme comme l’humain neutre ou typique) et sur la domination symbolique.

Il révèle aussi une ligne de fracture : les femmes ne constituent pas un groupe homogène sur ces questions. Celles qui adhèrent aux normes traditionnelles deviennent les gardiennes d’un certain conservatisme linguistique.

Quelles implications pour les marques ?

Pour les professionnels du marketing, l’écriture inclusive n’est pas qu’une question de style : elle engage la perception de la marque.

Notre étude conseille :

  • d’expliquer son choix d’écriture inclusive, notamment pour rassurer les consommateurs qui y sont indifférents ou qui sont sceptiques. Ainsi, les marques remporteront leur adhésion ;

  • d’adapter la forme utilisée : certaines sont perçues comme plus acceptables que d’autres. Le point médian, plus controversé, peut être mis de côté au profit de termes épicènes ou de la double flexion dans le cadre d’une communication qui se veut consensuelle. En revanche, une marque militante pourra choisir la double flexion contractée (le point médian) ;

  • de connaître son audience : les femmes y sont majoritairement favorables, mais il existe des nuances idéologiques. Comme nous l’avons montré, celles qui adhèrent aux stéréotypes de genre auront tendance à rejeter les marques utilisant l’écriture inclusive.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Utilisation de l’écriture inclusive par les marques : indifférence des hommes, soutien nuancé des femmes – https://theconversation.com/utilisation-de-lecriture-inclusive-par-les-marques-indifference-des-hommes-soutien-nuance-des-femmes-260370

Quand l’enseignement supérieur s’enracine dans son territoire : déni de mondialisation ou stratégie gagnante ?

Source: The Conversation – in French – By Jean-Marie Cardebat, Professeur d’économie à l’Université de Bordeaux et Professeur affilié à l’INSEEC Grande Ecole, Université de Bordeaux

Et si la reconnaissance internationale des universités et des écoles de commerce passait par le terroir ? Alors que la course mondiale aux classements – celui de Shanghai ou d’autres – tend à uniformiser les programmes d’enseignement supérieur, l’ancrage local constitue aussi un atout stratégique.


Dans un paysage académique mondialisé, les grandes marques universitaires se livrent une compétition féroce pour figurer aux premières places des différents palmarès et classements internationaux. La réputation et la légitimité des universités et des écoles reposent encore largement sur la performance de leur recherche académique, comme en témoignent la culture du « Publish or perish » ou les critères du classement de Shanghai. Cette dynamique tend à renforcer la polarisation entre des universités de rang mondial et des établissements régionaux dans un contexte de mimétisme institutionnel et d’uniformisation des programmes d’enseignement supérieur.

Orientation des financements

Mais derrière cette image globalisée de la performance, les établissements d’enseignement supérieur demeurent intimement liés à leur territoire d’implantation. Cet ancrage local est notamment scruté de près par les pouvoirs publics, qui en font un critère pour orienter leurs financements, et par les acteurs institutionnels et les organismes d’accréditation, qui l’intègrent dans leurs critères de qualité pour octroyer le droit de délivrer des diplômes et accréditer des programmes.

Ce rapport au territoire ne se réduit toutefois pas à une logique réglementaire ou budgétaire et soulève une interrogation plus stratégique : la proximité avec les acteurs économiques, sociaux et culturels locaux peut-elle paradoxalement constituer une voie d’accès au rayonnement international pour les établissements d’enseignement supérieur ?




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Pour tenter de répondre à cette question, nous avons mené un travail d’investigation qui a donné lieu à un article de recherche publié dans la revue internationale Higher Education. Notre publication interroge et invite à repenser la relation entre enracinement local et visibilité mondiale des établissements d’enseignement supérieur à travers un cas emblématique : les régions viticoles françaises et les formations d’enseignement supérieur dédiées au secteur du vin.

Pour essayer de savoir si l’ancrage régional de ces programmes d’enseignement supérieur pouvait constituer un atout dans la compétition internationale entre établissements, notre projet de recherche repose sur une double méthodologie, à la fois quantitative (classement, attractivité, employabilité, résultats académiques de 72 formations en vin réparties sur l’ensemble des régions françaises) et qualitative (22 entretiens semi-directifs menés auprès de responsables académiques, étudiants et diplômés de programmes en vin et de professionnels du secteur viticole).

Attractivité internationale accrue

Notre travail est fondé sur deux hypothèses. La première postule que la réputation d’une région et la richesse de son écosystème (c’est-à-dire la densité des acteurs économiques, culturels et institutionnels liés à ce secteur) influencent directement la performance et la visibilité des formations supérieures spécialisées dans ce domaine. La seconde avance l’idée que ces formations confèrent alors à leurs établissements d’origine une attractivité internationale accrue au lieu de les limiter à un rayonnement local.

Pour explorer cette relation, notre travail a mobilisé deux concepts :

  • l’heuristique « glonacale », soit un cadre théorique qui permet d’analyser le positionnement des établissements d’enseignement supérieur en considérant simultanément leurs échelles globale, nationale et locale ;

  • l’échelle « géo-cognitive », qui désigne l’espace géographique dans lequel les établissements d’enseignement supérieur se positionnent. Cet outil permet de prendre en compte et d’interpréter la proximité et la portée symboliques et fonctionnelles des acteurs de cet espace.

Des liens stratégiques

Les résultats de notre étude révèlent ainsi une forte corrélation entre la réputation d’une région spécialisée dans un secteur et la performance des programmes de formation implantés dans cette région et dédiés à ce secteur. Dans le cas des régions viticoles françaises, plus un territoire est identifié et réputé pour son activité, sa culture et son histoire viticoles (Bordeaux, Champagne, Bourgogne…), plus les formations viticoles implantées sur ce territoire bénéficient d’une image de qualité.

Surtout, les liens de ces formations avec l’écosystème local (entreprises, syndicats, institutions) renforcent leurs contenus pédagogiques, favorisent l’employabilité de leurs diplômés et améliorent leur légitimité académique. C’est l’ensemble des critères de performance des programmes d’enseignement qui sont ainsi renforcés par le territoire d’accueil, en particulier l’attractivité auprès des étudiants étrangers.

Contourner la hiérarchie classique

Mais au-delà de ces résultats, qui peuvent sembler logiques, notre étude démontre surtout que les régions dotées d’une spécialisation historique, culturelle ou économique forte, telle que celle en lien avec les bassins viticoles, offrent un espace stratégique alternatif aux universités et aux écoles. Les échelles géo-cognitives liées aux programmes en lien avec le vin permettent de contourner la hiérarchie académique classique centrée sur la recherche.

Ces formations offrent notamment la possibilité de valoriser des caractéristiques distinctives dans les processus d’audit et d’accréditation des universités et des écoles. Elles créent ainsi, pour les établissements d’enseignement supérieur, un espace parallèle de légitimité stable et attractif qui leur permet de se distinguer dans un environnement universitaire dominé par les dynamiques de concurrence et de standardisation fondées sur la taille et les disciplines académiques.

Cette recherche démontre ainsi que les formations spécialisées peuvent jouer un rôle stratégique dans l’ancrage territorial des établissements d’enseignement supérieur tout en leur offrant des avantages compétitifs sur la scène mondiale.

L’enseignement supérieur globalisé ne s’oppose donc pas à la logique de spécialisation régionale : bien au contraire, celle-ci peut constituer un levier majeur de segmentation et de rayonnement stratégique. Pour les universités et les écoles, miser sur les atouts locaux de leurs régions d’implantation est aussi une manière de renforcer leur rayonnement global et de se distinguer dans un monde académique de plus en plus concurrentiel et mondialisé. Un exemple à méditer pour les établissements d’enseignement supérieur présents dans des régions réputées pour des spécialisations fortes similaires au vin.

The Conversation

Président de l’European Association of Wine Economists

Olivier Guyottot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quand l’enseignement supérieur s’enracine dans son territoire : déni de mondialisation ou stratégie gagnante ? – https://theconversation.com/quand-lenseignement-superieur-senracine-dans-son-territoire-deni-de-mondialisation-ou-strategie-gagnante-265100

Pourquoi la France, malgré la dégradation de sa note par les agences financières, reste emprunteuse « sans risque » pour les régulateurs ?

Source: The Conversation – in French – By Rémy Estran, CEO – Scientific Climate Ratings, EDHEC Business School

Si la France est notée par trois agences (Standard & Poor’s, Moody’s, et Fitch), les notations la plus élevée et la plus basse sont écartées ; c’est celle du milieu qui est retenue. WilliamBarton/Shutterstock

Malgré la dégradation de la note de la France de AA- à A+ en septembre 2025 par l’agence Fitch, puis en octobre 2025 par Standard & Poor’s, l’Hexagone est toujours considéré comme un emprunteur « sans risque » dans les bilans des banques et des assureurs. Pourquoi ce décalage ?


Vendredi 12 septembre 2025, Fitch a dégradé la note de la France de AA- à A+, après la clôture des marchés. Symboliquement, c’est un coup dur. Pour la première fois depuis plus de dix ans, la France a perdu son badge « double A ». Et pourtant, le lundi suivant, rien n’avait changé : le CAC 40 était en hausse et les spreads de crédit de la France étaient stables.

Rebelote un mois plus tard : le 18 octobre, Standard & Poor’s (S&P) abaisse à son tour la note de la France à A+. Là encore, aucune réaction notable des marchés – ni sur les spreads obligataires ni sur l’indice CAC 40. Le 24 octobre, Moody’s a pour sa part placé la note AA- de la France sous perspective négative.

L’explication courante ? Les marchés avaient déjà anticipé ces décisions. Mais est-ce vraiment toute l’histoire ?

Dans cet article, nous expliquons pourquoi, tant dans le cadre de la réglementation bancaire (Capital Requirements Regulation, CRR) relative aux exigences de fonds propres, que de la réglementation des assurances (Solvency II), la France est toujours considérée comme un emprunteur entrant dans la définition d’un pays « sans risque ».

Cela peut aider à comprendre l’impact limité jusqu’à présent des dégradations successives de Fitch et de Standard & Poor’s, tout en soulignant que les mécanismes bancaires et assurantiels à l’œuvre peuvent soudainement se transformer en couperet.

Notations vs échelons

Dans le cadre des approches standardisées, les réglementations prudentielles européennes (2024/1820 et 2024/1872 essentiellement) ne fonctionnent pas directement avec des notations alphabétiques, mais s’appuient sur des credit quality step (CQS), soit des échelons de qualité de crédit. Ces échelons sont des catégories générales qui regroupent plusieurs notations :

– CQS 0 : AAA (Solvency II uniquement ; le CRR ne comporte pas de niveau 0), comme l’Allemagne, la Suisse, le Danemark, les Pays-Bas ou la Suède.

– CQS 1 : AAA à AA- (CRR)/CQS 1 et AA+ à AA- (Solvency II), comme l’Autriche, la Finlande, l’Estonie, la Belgique ou la République tchèque.

– CQS 2 : A+ à A-, comme la Slovénie, la Slovaquie, la Pologne, la Lituanie ou la Lettonie.

– CQS 3 : BBB+ à BBB-, comme l’Italie, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie, ou la Hongrie.

– CQS 4-6 : notations spéculatives (BB+ et inférieures), comme la Serbie, le Monténégro, la Macédoine du Nord ou le Kosovo.

Techniquement, selon les réglementations bancaires et assurantielles, la dégradation de la note de la France par Fitch en septembre 2025 aurait pu la faire passer de CQS 1 à CQS 2. Mais ce n’est pas le cas.

Jusqu’en octobre 2025, date de la dégradation de la note française par Standard & Poor’s, ces deux cadres réglementaires continuaient de traiter la France comme un émetteur de très haute qualité, c’est-à-dire « AA » et non « A ». Cela tient à la manière dont les réglementations traitent les notes multiples : ni les banques ni les assureurs ne retiennent mécaniquement la note la plus basse.

Règle de la deuxième meilleure notation

En vertu de la réglementation bancaire et assurantielle européenne, la règle de la deuxième meilleure notation s’applique.

Par exemple, si un débiteur est noté par trois agences (S&P, Moody’s, Fitch), les notations la plus élevée et la plus basse sont écartées, et celle du milieu est retenue. Tant que deux des trois agences maintenaient la France dans la catégorie AA, la notation de référence aux fins du capital réglementaire restait CQS 1.




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En d’autres termes, même après la dégradation par Fitch à A+, les régulateurs continuaient de classer la France comme « AA ». Ce n’est qu’après la dégradation par S&P, le 17 octobre 2025, que la France est effectivement passée en CQS 2. Moody’s, de son côté, a maintenu sa note AA-, mais l’a placée sous perspective négative le 24 octobre – un signal d’alerte, certes, mais sans conséquence réglementaire à ce stade.

Toutes les dégradations ne se valent pas. Certaines modifient immédiatement la manière dont les institutions financières européennes doivent traiter le risque. D’autres, en revanche, restent sans effet opérationnel. Et pourtant, aucune n’a véritablement fait réagir les marchés.

Illusion réglementaire de la sécurité

Pour la plupart des débiteurs, tels que les entreprises ou les institutions financières, le passage d’un échelon de qualité de crédit, ou credit quality step (CQS), à un autre a une incidence directe sur les exigences de fonds propres. Dans le cas particulier des États souverains européens, même un passage officiel au CQS 2 n’a guère d’importance.

En vertu des règles actuelles, les obligations souveraines de l’Union européenne libellées dans leur propre devise ont en effet une pondération de risque de 0 %. Pourquoi ?

Dans la pratique, les banques ne sont pas tenues de mettre de côté des fonds propres pour couvrir le risque de défaut des emprunts de la France libellés en euros, et ce, quelle que soit la note attribuée à cette dette par les agences de notation.

De même, les assureurs qui détiennent des obligations émises par les États de l’Union européenne (libellées dans leur propre monnaie) ne sont soumis à aucune exigence de capital pour se prémunir contre un éventuel défaut de paiement sur ces titres.

Les seules exigences de fonds propres pour ces obligations proviennent des risques dits « de marché » : le risque de taux d’intérêt, c’est-à-dire la perte potentielle liée à une hausse des taux, et le risque de change, en cas de variation défavorable des devises étrangères. Aucun capital n’est exigé au titre du spread de crédit, c’est-à-dire du risque que le marché exige une prime plus élevée pour prêter à l’État.

Les prêts à la France – ou à tout autre État souverain européen dans sa monnaie nationale – sont considérés comme sans risque de crédit. Ce cadre a été conçu pour éviter la fragmentation et traiter la dette publique de tout État membre européen comme la base du système financier, quelle que soit la situation individuelle de chaque pays.

Paradoxe systémique

Les marchés font bien sûr déjà la distinction entre les États souverains. Les écarts se creusent, les prix des credit defaut swaps (CDS) – qui permettent aux investisseurs de s’assurer contre le défaut d’un émetteur de dette – augmentent et les investisseurs exigent une prime pour les crédits les plus faibles, bien avant que la dégradation ne soit officielle.

Du point de vue des fonds propres réglementaires, le cadre existant ne laisse aucune place à une distinction progressive au sein de l’Union européenne. La conséquence est claire : les États souverains européens sont considérés comme « sûrs » par définition, jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus…

Cela crée une sorte d’« effet de falaise » organique. Tant que la confiance institutionnelle reste suffisante, la réglementation atténue partiellement la reconnaissance du risque. Dès qu’un seuil est franchi – souvent un seuil de confiance, plutôt que purement comptable –, la correction devient brutale. Ce qui devrait être une réévaluation progressive se transforme en rupture systémique.

Il y a quinze ans, la crise de la dette publique en Grèce avait suffi à déclencher une crise à l’échelle européenne. Aujourd’hui, la France nous rappelle que l’architecture même de la réglementation européenne rend sa stabilité financière moins graduelle que binaire. Tant que les marchés y croient, tout tient. Mais si la confiance venait à se dérober, ce n’est pas seulement la France qui vacillerait – ce serait toute l’Europe.

The Conversation

Rémy Estran est président de l’EACRA (European Association of Credit Rating Agencies).

ref. Pourquoi la France, malgré la dégradation de sa note par les agences financières, reste emprunteuse « sans risque » pour les régulateurs ? – https://theconversation.com/pourquoi-la-france-malgre-la-degradation-de-sa-note-par-les-agences-financieres-reste-emprunteuse-sans-risque-pour-les-regulateurs-266691

Les liaisons aériennes en Afrique manquent de fluidité : le G20 peut-il changer la donne ?

Source: The Conversation – in French – By Kaitano Dube, Faculty of Human Sciences Acting Research Professor, Vaal University of Technology

En Afrique, moins d’une ligne aérienne sur cinq est un vol direct. Les liaisons aériennes sont déterminées par des facteurs tels que le niveau des échanges commerciaux, les relations diplomatiques et l’existence d’une demande suffisante pour rendre une ligne rentable financièrement. À cause du manque de vols directs, les voyageurs qui souhaitent se rendre d’un pays africain à un autre sont souvent obligés de passer par l’Europe ou le Moyen-Orient. Cette situation renchérit le coût des déplacements et freine à la fois le tourisme et les investissements sur le continent.

En 2025, l’Afrique du Sud assure la présidence du G20, le groupe des grandes puissances économiques. Parmi ses quatre priorités dans le domaine du tourisme, figure la modernisation des accords aériens pour faciliter les vols directs ou les voyages sans rupture entre pays.

L’une de ses priorités est de promouvoir des accords de services aériens modernisés qui permettent des vols directs, ou des voyages sans interruption, entre les pays. Kaitano Dube, géographe spécialisé dans le tourisme, nous explique les enjeux.

Pourquoi la connectivité aérienne est-elle importante pour les pays africains ?

La connectivité aérienne mesure la facilité avec laquelle les personnes et les marchandises peuvent circuler par avion entre deux lieux. Elle est basée sur le nombre de destinations desservies et la fréquence des vols entre celles-ci.
Depuis longtemps, pouvoir voyager facilement à l’intérieur de l’Afrique est un rêve pour les entreprises touristiques et les touristes. Il a été perturbé par la pandémie de COVID-19, mais la reprise post-COVID-19 de l’industrie touristique a révélé que l’envie de voyager reste toujours forte.

Le tourisme est l’un des secteurs économiques les plus résilients au monde. Dans de nombreuses économies du G20, le tourisme contribue à plus de 10 % du produit intérieur brut. Mais les retombées sont très inégales : elles profitent surtout aux pays qui disposent d’un bon réseau aérien.
L’Afrique possède pourtant un riche patrimoine naturel et culturel, reconnu à l’échelle mondiale, avec de nombreux sites classés au patrimoine mondial. Mais de nombreux sites clés, tels que le parc national des montagnes du Simien en Éthiopie, les plateaux de grès du massif de l’Ennedi au Tchad ou le parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie, sont parmi les moins accessibles.

La mauvaise connectivité aérienne freine la croissance économique, limite les investissements et maintient des millions de personnes en marge de la chaîne de valeur mondiale du tourisme. De nombreux voyageurs potentiels qui souhaiteraient voyager en Afrique aujourd’hui sont freinés par les coûts et la complexité des trajets.

Que fait la présidence sud-africaine du G20 en matière de connectivité aérienne ?

Le G20 a noté qu’une action coordonnée au niveau mondial pour améliorer la connectivité, en particulier pour les destinations émergentes, permettrait d’attirer davantage de visiteurs vers les régions encore peu fréquentées. Cela permettrait de répartir plus équitablement les bénéfices du tourisme sur l’ensemble du continent.

C’est pourquoi la présidence sud-africaine a choisi de faire de la connectivité sans rupture l’une de ses quatre priorités principales pour dynamiser le tourisme.

Le groupe de travail sur le tourisme du G20 a réfléchi à des moyens de promouvoir cette initiative et publiera un rapport sur le tourisme.

Les ministres du Tourisme du G20 ont également publié une déclaration encourageant les membres du G20 à créer les conditions nécessaires à des voyages aériens sans encombre.

Qu’est-ce qui faciliterait les vols en Afrique ?

Le G20 peut prendre six mesures clés :

Libéraliser le ciel : cela signifie simplement que les États membres du G20 devraient ouvrir des accords de services aériens (les accords officiels entre pays qui permettent aux compagnies aériennes de voler entre eux). Cela implique de réduire les restrictions sur les itinéraires ou la fréquence des vols et de permettre aux compagnies aériennes d’opérer plus librement. Il serait ainsi plus facile pour les compagnies aériennes de créer de nouvelles liaisons, de fixer des prix équitables et de se faire concurrence. Les voyageurs auraient ainsi plus de choix.

Relier les régions isolées : les destinations mal desservies par les compagnies aériennes, telles que celles situées en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, devraient être reliées. Cela pourrait stimuler le tourisme et le commerce sur les liaisons mal desservies et créer des emplois et des opportunités économiques dans ces régions.




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Promouvoir les carburants aériens verts et les technologies à faibles émissions : cela fait partie de la modernisation des compagnies aériennes afin qu’elles atteignent d’ici 2050 l’objectif Net Zero de réduction à zéro des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.

Intégrer les politiques du tourisme et des transports : le G20 devrait encourager l’intégration des politiques du tourisme et des transports dans tous les États membres ou au sein des pays. Cela permettra de réduire le temps nécessaire aux compagnies aériennes pour obtenir des autorisations de vol et de diminuer les coûts d’exploitation et d’octroi de licences.




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Réduire les obstacles liés aux visas et à la fiscalité : les États membres du G20 doivent réduire les redevances d’atterrissage, les taxes aéroportuaires et autres redevances aéronautiques afin de permettre à davantage de personnes de voyager. Les systèmes de visa doivent également être simplifiés afin de faciliter les voyages.

Création d’un indice de connectivité aérienne du G20 pour suivre les progrès : un portail mondial en ligne mesurant l’augmentation de la connectivité aérienne doit être mis en place par les États membres du G20. Il pourrait mesurer l’expansion des liaisons aériennes, les coûts des vols, les émissions de gaz à effet de serre des compagnies aériennes et la fréquence des vols intérieurs en Afrique.

Comment l’Afrique du Sud peut-elle mettre à profit sa présidence du G20 pour y parvenir ?

L’Afrique du Sud joue un rôle de passerelle pour le marché unique africain du transport aérien de l’Union africaine. Celui-ci fournit un cadre pour la libéralisation du ciel intra-africain grâce à la création d’un marché aérien unique et unifié.

Ce marché n’est pas encore pleinement mis en place, à cause du manque de volonté politique de plusieurs États africains membres de l’Union africaine. Il existe également des déficits en matière d’infrastructures : certains pays ont du mal à développer des aéroports et des systèmes de navigation aérienne adéquats. Le maintien de compagnies aériennes nationales économiquement viables a également été un combat pour les pays africains.

L’Afrique du Sud pourrait utiliser sa position au G20 pour mobiliser les pays riches et obtenir leur appui technique, leurs investissements et leur confiance afin de faire aboutir ce marché unique. Les effets seraient considérables : ouverture de nouvelles routes, baisse des tarifs, hausse du nombre de touristes et coopération accrue entre les régions africaines autour de projets communs de tourisme et de commerce.

Des recherches ont montré que le marché unique africain du transport aérien pourrait générer 1,3 milliard de dollars américains de produit intérieur brut supplémentaire et créer plus de 150 000 emplois par an. En d’autres termes, un marché aérien unique pourrait entraîner une augmentation du tourisme et créer de la richesse à travers le continent grâce aux voyages, au tourisme et à l’hôtellerie.

The Conversation

Kaitano Dube does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Les liaisons aériennes en Afrique manquent de fluidité : le G20 peut-il changer la donne ? – https://theconversation.com/les-liaisons-aeriennes-en-afrique-manquent-de-fluidite-le-g20-peut-il-changer-la-donne-268454

Syrian forced migrants in Turkey have built businesses despite challenges. Here’s what has helped them succeed

Source: The Conversation – France (in French) – By Eren Akkan, Associate Professor, Kedge Business School; European Academy of Management (EURAM)

By the end of 2024, the number of people worldwide who had been “forcibly displaced as a result of persecution, conflict, violence, human rights violations or events seriously disturbing public order” and had fled their countries stood at approximately 42.7 million, according to the UN Refugee Agency. Whether they are asylum seekers requesting temporary sanctuary or refugees who are unwilling to return to their countries of origin, forced migrants are people who haphazardly migrate to and strive to find safety in a new country.

While much attention focuses on their immediate needs, such as shelter, food, and security, many forced migrants are doing something remarkable: they’re starting businesses. For example, in Turkey, over 14,000 formal businesses owned or co-owned by Syrian forced migrants have been registered since the war in Syria began in 2011. By opening small restaurants, grocery stores and service providers, these entrepreneurs are working to rebuild their lives and contribute to their host communities.

However, building a business is often an uphill battle. Many forced migrant entrepreneurs face language barriers, discrimination and legal uncertainty. Yet, some manage to succeed. What makes the difference? Our recent research on Syrian forced migrant entrepreneurs in Turkey offers new insights. We point to the key factors that shape whether forced migrant businesses thrived or struggled. Understanding how these factors interact may reveal not only how to most effectively support forced migrant entrepreneurship but also how to ensure more inclusive societies.

The role of a host country identity

Forced migrants often turn to entrepreneurship out of necessity. Barred from regular employment or struggling to find work due to unrecognised credentials or to prejudice, many start small businesses to survive. The key question here is what transforms that act of survival into a story of success in a host country? Our study of 170 Syrian forced migrant entrepreneurs showed that their business performance didn’t just depend on acumen or capital but was also tied to how they saw themselves with respect to the host society.

Those who had a host country identity, that is, who reported having a strong sense of belonging and an emotional and mental connection to the people and institutions in Turkey, were more likely to adapt their businesses to local customers, seek opportunities, and build lasting relationships. A host country identity was a predictor of both financial performance (ie whether the business was more profitable and had higher returns relative to its main competitors) and customer performance (ie whether the business attained superior outcomes in managing its customer base compared to its main competitors).

A host country identity doesn’t form in a vacuum. Local language proficiency plays a powerful role. In our study, forced migrants who felt confident speaking the host country’s language were more likely to feel connected to local contexts, including markets and customers. In contrast, perceived discrimination had the opposite effect. We found that when entrepreneurs reported being treated unfairly by customers, landlords, or officials, it chipped away at their sense of belonging. In fact, social exclusion can be subtle, with customers avoiding shops, commercial landlords denying lease agreements, or government officials delaying permits. We found that these experiences hindered the success of forced migrants’ businesses by curbing their sense of connectedness to the host country.

The role of legal protection – and its timing

Legal status plays a critical but often overlooked role in this story. In Turkey, Syrian forced migrants are granted “temporary protection” status, which affects their ability to access capital and open formal businesses. But not everyone receives this protection at the same time. We found that promptly granted formal protection was crucial. Forced migrants who received legal temporary protection shortly after arrival were affected by discriminatory attitudes to a lesser extent, hence feeling more secure and included in the host country. By contrast, those who waited longer for protection tended to be more adversely affected by discriminatory attitudes, which weakened their feeling of connection toward the host country. Even when they eventually got legal status, the damage to their sense of belonging had often already been done. We believe that this delay creates a kind of invisible disadvantage, one that policies aimed at helping forced migrants rarely address.

A social justice issue

This isn’t only about forced migrant business owners, but all of us. When forced migrant entrepreneurs succeed, they don’t just lift themselves out of poverty or precarity. They create jobs, pay taxes, serve customers, and bring new ideas into local economies. They become part of the social and economic fabric of their communities. In contrast, when they’re held back due to language barriers, discrimination or slow-moving legal systems, everyone loses out on their potential.

This is also a social justice issue. Forced migrants didn’t choose to leave their homes. Many lost everything. And yet, instead of giving up, they’re trying to contribute and belong. The least we can do is remove the barriers that make their integration harder than it already is.

Our research suggests a few actions that policymakers and civil society can take. First, ensure timely legal protection for forced migrants. Fast-tracking legal status can give them the foundation they need to start planning their lives and their businesses with confidence. Second, invest in language programmes. Forced migrants with strong language skills are better positioned to engage economically and socially. Third, combat discrimination through public education. Negative stereotypes about forced migrants don’t just hurt feelings, they hurt economies. Promoting positive narratives and intergroup contact can reduce prejudice and build more inclusive communities.

The Fast Track initiative in Sweden, which partially reflected these recommendations by focusing on language learning, credential recognition, and “workplace integration”, illustrated how targeted support can accelerate inclusion. According to a report prepared for the Nordic Council of Ministers, a Fast Track effort that focused on newly arrived entrepreneurs “led to… increased motivation and inspiration” and “83 new businesses [being] initiated by participants”. These findings underscore the potential effects of coordinated, early interventions.

Forced migration is one of the defining issues of our time. As wars, climate change, and instability continue to uproot people, countries around the world will need to do more than offer short-term aid. They’ll need to offer pathways to belonging, and that starts with recognising that forced migrant entrepreneurs aren’t a problem to be solved. They’re part of how countries can integrate newcomers while boosting economic growth and community development.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The European Academy of Management (EURAM) is a learned society founded in 2001. With over 2,000 members from 60 countries in Europe and beyond, EURAM aims at advancing the academic discipline of management in Europe.

The Conversation

This work was supported by the Department of Research and Universities of the Generalitat de Catalunya and the Ramon Llull University (2023-URLProj-079).

Burcin Hatipoglu et Eren Akkan ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Syrian forced migrants in Turkey have built businesses despite challenges. Here’s what has helped them succeed – https://theconversation.com/syrian-forced-migrants-in-turkey-have-built-businesses-despite-challenges-heres-what-has-helped-them-succeed-267901

Entre la sobreinformación y la precariedad profesional: las raíces del deterioro periodístico en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco J. Pérez Latre, Profesor. Director Académico de Posgrados de la Facultad de Comunicación, Universidad de Navarra

Krysja/Shutterstock

El paso del tiempo invita a la reflexión. Hace tres años, el libro Crisis de confianza: el descrédito de los medios (2007-2022) “”) alertaba sobre un deterioro de los medios de comunicación que, lejos de revertirse, parece haberse consolidado.

Los datos más recientes del Digital News Report del Instituo Reuters confirman esta tendencia a la baja en la confianza ciudadana en las noticias. En 2017, la cifra en España se situaba en un 51 %; hoy se ha desplomado hasta el 31 %,, marcando el nivel más bajo de la última década.

Este dato no es solo un número, sino el reflejo de un clima de incertidumbre y escepticismo que afecta al sector mediático y, por extensión, a su rol fundamental en una sociedad democrática.

El informe también señala que solo un 10 % de los españoles paga por noticias en línea, lo que evidencia la dificultad de sostener un modelo de negocio basado en la calidad en un entorno de acceso mayoritariamente gratuito.

Además, el Digital News Report 2024 ya apuntaba un aumento de la “evasión de noticias”, con un porcentaje significativo de la población que se siente “abrumado” por la cantidad de información.

El impacto del nuevo escenario digital

La transformación digital es un factor estructural clave para comprender este fenómeno. Hemos transitado de un ecosistema informativo de relativa “escasez mediática” a uno caracterizado por una sobreabundancia de contenidos. El consumo actual de noticias es multipantalla, descentralizado y, a menudo, fragmentado, lo que contribuye a diluir el papel tradicional del periodista como principal mediador de la información.

En este contexto, los periodistas compiten como intermediarios con múltiples fuentes y plataformas, desde los algoritmos de las redes sociales hasta los influencers. Esta dinámica tiene consecuencias significativas.

Los algoritmos, diseñados para maximizar la interacción, pueden crear “burbujas de filtro” que refuerzan los sesgos existentes y contribuyen a la polarización social. La inmediatez y la búsqueda del “clic” a menudo priman sobre el rigor y la verificación, facilitando la propagación de desinformación.

Como resultado, las audiencias migran hacia espacios donde la fiabilidad informativa no siempre está garantizada, erosionando la base de un debate público informado.

La dimensión interna: el bienestar profesional como factor de calidad

Más allá de los factores externos, es pertinente dirigir la mirada hacia las condiciones internas de la profesión periodística. La crisis económica que ha afectado al sector durante años ha influido en una precarización de las condiciones laborales que se ha vuelto crónica.

Según el Informe Anual de la Profesión Periodística 2024 de la Asociación de la Prensa de Madrid (APM), la precariedad y los bajos salarios son los principales problemas que aquejan a los periodistas en España. La salud mental de los profesionales de la comunicación y los medios se ha convertido ya en objeto de estudio y preocupa seriamente en el sector.

Cuestiones como la sobrecarga de trabajo, unos salarios poco competitivos y la presión constante por la inmediatez están impactando directamente en la calidad del producto informativo. Este contexto ayuda a explicar la fuga de talento experimentado hacia otros sectores y las dificultades para atraer y retener a las nuevas generaciones.

Es razonable pensar que no se puede generar un periodismo de alta calidad de forma sostenida si el bienestar de los profesionales no se considera un activo estratégico. La calidad informativa está intrínsecamente ligada a la capacidad de los periodistas para investigar, contrastar y analizar la información sin presiones indebidas.

Hacia un modelo de confianza interconectado

Una forma útil de abordar este complejo problema es concebir la confianza como un ecosistema. Su solidez no depende de un único elemento, sino del equilibrio entre varios factores interconectados entre los que destacan:

  • La calidad de los contenidos que se ofrecen.

  • Unas condiciones laborales dignas para los periodistas.

  • El buen gobierno corporativo de las empresas de comunicación.

  • La capacidad de establecer una conexión significativa y transparente con las audiencias.

Desde esta perspectiva, la debilidad en uno de los pilares, como podría ser actualmente el bienestar de los profesionales, afecta a la estabilidad de todo el sistema.

Un periodista precarizado tendrá más dificultades para producir información de calidad, lo que a su vez mermará la confianza de la audiencia y la sostenibilidad del medio.

Una responsabilidad compartida para la reconstrucción

Si aceptamos este enfoque sistémico, la reconstrucción de la confianza se presenta como una tarea compartida. Los medios de comunicación tienen la oportunidad de liderar el cambio, invirtiendo en la calidad del periodismo y en el desarrollo de su capital humano.

Esto implica no solo apostar por la innovación y los nuevos formatos, sino también por unas condiciones laborales que permitan ejercer la profesión con rigor y ética.

Las universidades, por su parte, pueden contribuir formando a profesionales con una visión integral, dotados de herramientas técnicas, una sólida base ética y capacidad de adaptación a un entorno en constante evolución.

Finalmente, las audiencias también desempeñan un papel activo. Su exigencia crítica, su disposición a valorar y apoyar el periodismo de calidad –incluso económicamente– y su alfabetización mediática para discernir entre fuentes fiables y desinformación son fundamentales para la salud del ecosistema informativo.

Restablecer el equilibrio de este ecosistema es un reto complejo, pero indispensable para el futuro del periodismo y, en última instancia, de nuestra sociedad.

The Conversation

Francisco J. Pérez Latre no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Entre la sobreinformación y la precariedad profesional: las raíces del deterioro periodístico en España – https://theconversation.com/entre-la-sobreinformacion-y-la-precariedad-profesional-las-raices-del-deterioro-periodistico-en-espana-267082

¿Seguimos emigrando? Una fotografía del reciente éxodo español a Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Iria Vázquez Silva, Profesora Ayudante doctora de Sociología, especialista en Estudios de Género, Universidade de Vigo

oatawa/Shutterstock

Han pasado 17 años desde el estallido de la gran crisis de 2008 que provocó, junto a una precariedad laboral galopante, la reciente ola de emigración de jóvenes (y no tan jóvenes) españoles hacia destinos europeos como Francia, Reino Unido o Alemania. Este éxodo difícil de cuantificar quedó retratado en el documental En tierra extraña (2014), de Icíar Bollaín, en el que una generación de españoles puede verse retratada.

Casi dos décadas después nos preguntamos: ¿seguimos emigrando?, ¿adónde?, ¿cuáles son los principales motivos de esta emigración?

Efectivamente, sabemos que la reanudación de la emigración desde España se produce de mano de la más reciente crisis económica entre 2008 y 2014, pero no se extingue en los años de bonanza. Así, tras la interrupción de la movilidad forzada por la pandemia, las salidas migratorias desde España se retoman con fuerza: más de medio millón de personas abandonan España en el año 2022 y unas 600 000 lo hacen en 2023.

Reemigrar para probar suerte

Muchas de estas personas emigrantes son, así mismo, inmigrantes que residían anteriormente en España, personas que reemigran y prueban suerte en un nuevo país europeo (una realidad menos conocida, pero muy relevante). Sin embargo, también hay muchas personas autóctonas españolas que emigran. Estas representan aproximadamente un 20 % del total de las salidas.

¿Y dónde van? Los destinos europeos son los preferidos. Y, dentro de estos, Francia, Reino Unido y Alemania despuntan, colocándose en las primeras posiciones, y representando un tercio de los movimientos.

En cuanto a la composición por sexo, los datos oficiales nos indican que emigran un poco más los hombres que las mujeres, pero no son diferencias de gran magnitud. Su edad media se sitúa en los 36 años, por lo que quizás no son tan jóvenes como se presume: las edades que predominan son las de personas adultas.

Pero ¿cuáles son sus planes? Nuestro trabajo Investigación y retorno de la “nueva emigración española” nos permite profundizar en los proyectos migratorios de la reciente emigración española postpandemia. En este sentido, se pueden detallar dos grupos claramente diferenciados: una parte de esta emigración ha retornado a España, aunque no necesariamente a sus localidades de origen, mientras que otra gran parte continúa anclada en Europa.

Qué ancla a los españoles en otros países

Y de ahí nuestras preguntas: ¿qué países aglutinan hoy esa emigración?, ¿qué explica que la nueva ola migratoria permanezca en Europa?, ¿qué variables de arraigo son fundamentales para comprender la permanencia en los países de destino?

Los motivos de ese anclaje en Europa pueden resumirse en tres tipos:

  • La consolidación de la carrera laboral y económica.

  • Las cuestiones vinculadas al ciclo de vida familiar (por ejemplo, tener pareja e hijos/as en destino).

  • Los motivos que, de un modo más bien involuntario, hacen imposible el regreso a España.

Así, algunas autoras como la socióloga Aleksandra Grzymala-Kazlowska han usado el concepto de “anclaje social” para referirse a cómo las personas emigrantes encuentran puntos de apoyo con el fin de restaurar su estabilidad socio-psicológica en los países de destino.

Su trabajo cuestiona ese perfil individualizado de adultos jóvenes “móviles” en Europa, señalando que esta reciente emigración busca experiencias vitales ancladas, ligadas a las condiciones materiales que moldean las vidas de los migrantes, preocupados principalmente por encontrar un buen empleo a largo plazo, seguridad financiera y estabilidad emocional.

Simplificando, podemos distinguir dos perfiles, aquellos que tienen motivos sólidos para permanecer en destino y los que más bien, a pesar de no tener anclaje en Europa, no encuentran motivos para retornar a España.

Es decir, por una parte encontramos aquellos emigrantes españoles satisfechos con su vida en Europa –a nivel laboral y personal– que han ido estableciéndose de modo permanente en Francia, Reino Unido y Alemania. Y, por otra, los que, aunque desearían regresar a España y no se sienten tan vinculados al país de destino europeo, no pueden materializar el retorno por diferentes razones.

Estas causas pueden ser pérdidas económicas o en derechos sociales, motivos familiares (descendencia y/o parejas mixtas), situaciones económicas vulnerables (por ejemplo, la necesidad de enviar remesas a España) o, por último, la certeza de una difícil integración laboral en España.

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Antía Pérez-Caramés ha recibido fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades para la realización dos proyectos de I+D+I de cuyos resultados se inspira este artículo: “La nueva emigración desde España: perfiles, estrategias de movilidad y activismo político transnacional” (CSO2016-80158-R) y “Crisis, dinámicas migratorias y condiciones de vida de la población migrante en España. Análisis comparado de los efectos de la Gran Recesión y la Gran Pandemia” (PID2020-118716RB-I00).

Belén Fernández-Suárez recibe fondos para el proyecto “Digitalización del trabajo y movilidades en Europa: Migraciones de retorno y nomadismo digital (REMOTEWORK, PID2023-148842NB-I00) del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

Alberto Capote Lama y Iria Vázquez Silva no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. ¿Seguimos emigrando? Una fotografía del reciente éxodo español a Europa – https://theconversation.com/seguimos-emigrando-una-fotografia-del-reciente-exodo-espanol-a-europa-264651

Pantalla en modo claro o modo oscuro: ¿una cuestión estética o algo más profundo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ainhoa Apraiz Iriarte, Docente e investigadora en Innovación en Diseño Industrial, con especialización en Diseño de Interacción y Aceptación Tecnológica en Robótica., Mondragon Unibertsitatea, Mondragon Unibertsitatea

La interfaz de Spotify tiene el modo oscuro por defecto, lo que hace destacar los iconos y las carátulas. Kharis Ardi/Shutterstock

Instagram, WhatsApp, Gmail… todas las aplicaciones nos ofrecen la elección entre el modo claro o el modo oscuro. Puede parecer una simple cuestión de estética, incluso una moda pasajera, pero en realidad hay ciencia –y psicología– detrás de esta elección. ¿Qué nos lleva a preferir uno sobre otro? ¿Qué dice esta decisión sobre cómo percibimos la información?

En un mundo hiperconectado donde pasamos varias horas delante de las pantallas, la forma en la que vemos e interpretamos una interfaz es más importante de lo que parece. Y no solo por cuestiones de legibilidad, sino también por el impacto emocional, el esfuerzo visual y el contexto y el momento en el que interactuamos con cada dispositivo. Por eso, desde Mondragon Unibertsitatea decidimos investigar de forma experimental cómo reaccionan las personas ante estas dos opciones.

¿En qué consistió nuestro estudio?

Participaron 141 personas (77 mujeres, 62 hombres, una persona no binaria y una persona que prefirió no contestar), con edades comprendidas entre 18 y 61 años. A todas ellas se les mostraron imágenes reales de interfaces de uso diario (como Google, Word, Instagram, YouTube, etc.) en sus versiones en modo claro y modo oscuro.

Para analizar las preferencias, se utilizó el Test de Asociación Implícita (IAT), una herramienta de psicología social que permite detectar la fuerza de la asociación automática y no consciente de una persona, es decir, la opción que preferimos sin pensarlo demasiado.

¿Qué revelaron los datos?

Los resultados del experimento mostraron un pequeño efecto a favor del modo claro: las personas tendían a asociarlo más rápidamente con conceptos positivos como “profesional”, “ordenado” o “seguro”. Este patrón fue ligeramente más pronunciado en mujeres, aunque no se encontraron diferencias significativas entre géneros.

Sin embargo, cuando se preguntó de forma directa, la cosa cambió. En las respuestas conscientes, los hombres mostraron una mayor afinidad por el modo oscuro, mientras que las mujeres mantuvieron su preferencia por el claro. Las razones también fueron distintas. Quienes elegían la interfaz clara lo hacían, sobre todo, por motivos objetivos como la facilidad de lectura o la mejor visualización. En cambio, quienes elegían la oscura solían argumentar razones más subjetivas, como la estética, el estilo o una sensación más profesional.

En la respuesta directa, el 48,2 % prefirió el modo oscuro y el 43,3 %, el claro; por género, las mujeres mostraron mayor preferencia por este último (53,2 % frente a 41,6 %), mientras que los hombres se decantaron mayoritariamente por el oscuro (54,8 % frente a 32,3 %).

Estos resultados subrayan la importancia de diseñar opciones personalizables, es decir, probar temas en distintos contextos lumínicos, incluir ajustes rápidos (brillo, contraste) y parametrizaciones por usuario. Además, se recomienda analizar segmentos demográficos para evitar sesgos y favorecer la accesibilidad y el confort visual de toda la población usuaria.

¿Una moda pasajera o una preferencia real?

El auge del modo oscuro responde en parte a decisiones de diseño y contexto (contenido visual, baja iluminación), pero los datos indican que la preferencia no es homogénea: parte es tendencia y parte funcionalidad.

Cada vez más aplicaciones incluyen el modo oscuro por defecto, especialmente aquellas orientadas al ocio o al contenido visual. No es casualidad: apps como Spotify o Netflix apuestan por él porque mejora el contraste y hace que, por ejemplo, las carátulas o los vídeos destaquen más. Asimismo, al reducir el brillo, resulta más agradable en entornos con poca luz y contribuye a crear una atmósfera más inmersiva.

Algunos estudios también apuntan a que el modo oscuro podría alargar la batería en pantallas OLED y disminuir la fatiga ocular en condiciones de baja iluminación. Sin embargo, no siempre es la opción favorita de los usuarios. De hecho, muchas personas siguen utilizando el modo claro simplemente porque es el que viene activado por defecto.

Entonces, ¿cuál es mejor?

No existe un formato ideal para todas las personas ni para todas las aplicaciones. Y eso está bien. Depende del contexto de uso, del tipo de contenido y de lo que queremos que la interfaz transmita. Por ejemplo, en entornos profesionales como la banca, la salud o la educación, las interfaces claras siguen siendo mayoría: un fondo luminoso con texto oscuro evoca claridad, transparencia y familiaridad.

En cambio, en aplicaciones creativas, nocturnas o de consumo audiovisual, el modo oscuro ofrece una experiencia más envolvente y emocional. También puede tener un componente identitario: para algunas personas, significa estar “al día” o sentirse más cercanas a herramientas sofisticadas. Aquí, el diseño no solo informa: también comunica y expresa.

Por eso, más allá de las modas o de las preferencias individuales, lo importante es que el diseño se adapte a lo que realmente necesitamos. Y si la aplicación nos da la opción de elegir, mucho mejor.

Hoy en día, la mayoría de plataformas permiten cambiar fácilmente según la preferencia de la persona usuaria. Incluso, muchas detectan la configuración del sistema operativo para aplicar el tema de forma automática (por ejemplo, activando el modo oscuro al anochecer). Esta flexibilidad reconoce que no existe un “modo único” válido para todos los casos. La clave es que la app brinde una experiencia cómoda y consistente, ya sea “pasándose al lado oscuro” o permaneciendo en la interfaz clara tradicional, según lo que cada persona necesite.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Pantalla en modo claro o modo oscuro: ¿una cuestión estética o algo más profundo? – https://theconversation.com/pantalla-en-modo-claro-o-modo-oscuro-una-cuestion-estetica-o-algo-mas-profundo-264304

Dilemas del fútbol: los éxitos de los clubes frente a las Sociedades Anónimas Deportivas en la liga española

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jose Torres-Pruñonosa, Profesor Titular de Universidad, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Afición del Osasuna, uno de los cuatro equipos españoles de fútbol que siguen manteniendo el estatus de club. Marta Fernandez Jimenez/Shutterstock

La industria deportiva en España no es solo pasión, estadios llenos y retransmisiones millonarias, también representa un 3,3 % del PIB nacional. Sin embargo, este sector vive atrapado en un dilema permanente: ¿priorizar la rentabilidad económica o los éxitos deportivos? La cuestión no es nueva. En 1990, la Ley 10/1990 del Deporte obligó a la mayoría de clubes a transformarse en sociedades anónimas deportivas (SAD) para combatir la elevada deuda que ponía en jaque la viabilidad de las competiciones. Solo cuatro instituciones –F.C. Barcelona, Real Madrid, Athletic Club y Osasuna–, y gracias a tener entonces sus cuentas saneadas, lograron mantener su modelo asociativo de club.




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La intención de la ley era clara: imponer disciplina financiera y asegurar la sostenibilidad de un sector con deudas crecientes. La transformación en SAD pretendía conseguir un modelo de gestión donde la responsabilidad económica estuviera en primer plano.

¿Qué dicen los datos?

Hemos analizado el caso español para poner a prueba si el modelo de club es realmente menos eficiente que el de las SAD. Para ello, examinamos todos los equipos de LaLiga a lo largo de 11 temporadas, midiendo tres dimensiones:

  1. Eficiencia deportiva, relativa al rendimiento conseguido en el campo en relación con los recursos invertidos.

  2. Eficiencia económica, vinculada a la capacidad de generar ingresos y controlar gastos.

  3. Eficiencia social, que recoge el valor creado para diferentes grupos de interés (entre otros, sociedad, trabajadores o aficionados).

Los resultados del análisis muestran que, en el plano económico, no hay diferencias significativas entre clubes y SAD. Dicho de otra manera: convertirse en sociedad anónima deportiva no garantiza una mayor eficiencia financiera.

Esta conclusión resulta especialmente relevante porque uno de los objetivos centrales de la ley de 1990 era, precisamente, corregir la fragilidad económica de las entidades. Sin embargo, décadas después, las deudas han seguido acumulándose y el modelo SAD no ha logrado resolver los problemas estructurales que aquejan al fútbol profesional español.




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Dimensión deportiva y social

En cambio, al mirar más allá de lo puramente económico, las diferencias son claras. Los clubes resultan significativamente más eficientes en lo deportivo. Es decir, logran un mayor rendimiento en el campo con los recursos de los que disponen y, además, tienen niveles superiores de eficiencia social: crean más puestos de trabajo, aportan más recursos financieros a la sociedad en forma de impuestos, de entre otros factores.

En otras palabras, los clubes no sólo compiten con éxito en lo deportivo, sino que también demuestran que es posible mantener un modelo sostenible, competitivo y profundamente arraigado en su base social.

La nueva Ley 39/2022 del Deporte ha dado algunos pasos en esa dirección. Por un lado, ha reabierto la posibilidad de que más clubes puedan competir en el ámbito profesional sin estar obligados a ser SAD. Esto significa que podrán crearse nuevos clubes deportivos que, manteniendo la forma asociativa, puedan llegar a participar en las máximas divisiones. Por otro lado, la ley introduce tímidos mecanismos para incrementar la participación de los aficionados en los órganos de gobierno de las SAD. Estas medidas son más simbólicas que reales y resultan claramente insuficientes.

El futuro de la gobernanza deportiva

El futuro sólo puede entenderse avanzando hacia modelos híbridos de gobernanza, capaces de combinar eficiencia económica, logros deportivos y compromiso social. En ellos, los distintos grupos de interés –pero muy especialmente los aficionados– deberán tener un papel real y no meramente testimonial. Sólo así será posible afrontar los desafíos que marcan la agenda de la industria deportiva actual: la entrada de fondos de inversión y la multipropiedad, el riesgo de pérdida de identidad de los clubes históricos y las crecientes exigencias de sostenibilidad financiera que limitan la competitividad deportiva a nivel internacional.




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Los clubes pueden ser igual o más eficientes que las SAD no sólo en lo deportivo sino también en su dimensión social. Lo importante no es la etiqueta jurídica, sino la capacidad de construir estructuras de gobernanza que integren sostenibilidad financiera, éxitos deportivos, legitimidad y compromiso comunitario. Ese es el gran reto: mantener viva la esencia social de los clubes, al tiempo que se asegure su competitividad en un mercado global cada vez más exigente.

The Conversation

Jose Torres-Pruñonosa es socio del Futbol Club Barcelona.

Socio abonado del Club Atlético de Madrid

Leire San-Jose no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Dilemas del fútbol: los éxitos de los clubes frente a las Sociedades Anónimas Deportivas en la liga española – https://theconversation.com/dilemas-del-futbol-los-exitos-de-los-clubes-frente-a-las-sociedades-anonimas-deportivas-en-la-liga-espanola-265903