Les néo-nazis n’ont pas attendu Internet pour s’organiser en ligne

Source: The Conversation – in French – By Michelle Lynn Kahn, Associate Professor of History, University of Richmond

Avant l’ère d’Internet, l’extrême droite la plus radicale utilisait déjà la propagande imprimée et les premiers ordinateurs pour se connecter et recruter. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle et le Web sont ses nouvelles armes pour atteindre un public mondialisé.


Comment la société peut-elle contrôler la propagation mondiale de l’extrémisme d’extrême droite en ligne tout en protégeant la liberté d’expression ? C’est une question à laquelle les décideurs politiques et les organisations de surveillance ont déjà été confrontés dans les années 1980 et 1990 – et elle n’a pas disparu.

Des décennies avant l’intelligence artificielle, Telegram et les streams du nationaliste blanc Nick Fuentes, les extrémistes d’extrême droite avaient déjà adopté les premiers ordinateurs personnels et Internet. Ces nouvelles technologies leur offraient un bastion de liberté d’expression et une plate-forme mondiale. Ils pouvaient y diffuser leur propagande, répandre la haine, inciter à la violence et gagner des adeptes dans le monde entier comme jamais auparavant.

Avant l’ère numérique, les extrémistes d’extrême droite se radicalisaient principalement entre eux grâce à la propagande imprimée. Ils rédigeaient leurs propres bulletins et réimprimaient des textes d’extrême droite tels que le Mein Kampf d’Adolf Hitler ou Les Carnets de Turner de l’Américain néonazi William Pierce, une œuvre de fiction dystopique décrivant une guerre raciale. Ils envoyaient ensuite cette propagande à leurs partisans, tant dans leur pays qu’à l’étranger.

Je suis historienne et j’étudie les néonazis et l’extrémisme d’extrême droite. Comme mes recherches le montrent, la plupart de la propagande néonazie saisie en Allemagne entre les années 1970 et 1990 provenait des États-Unis. Les néonazis américains exploitaient leur liberté d’expression garantie par le Premier Amendement pour contourner les lois allemandes sur la censure. Les néonazis allemands reprenaient ensuite cette propagande imprimée et la distribuaient dans tout le pays.

Cette stratégie n’était cependant pas infaillible. La propagande imprimée pouvait se perdre dans le courrier ou être confisquée, notamment lors de son arrivée en Allemagne. La production et l’expédition étaient également coûteuses et chronophages, et les organisations d’extrême droite manquaient souvent de personnel et de moyens financiers.

Passage au numérique

Les ordinateurs, qui se sont démocratisés en 1977, promettaient de résoudre ces problèmes. En 1981, Matt Koehl, dirigeant du National Socialist White People’s Party aux États-Unis, sollicite des dons pour « aider le parti à entrer dans l’ère informatique ». Le néonazi américain Harold Covington réclame, lui, une imprimante, un scanner et un « PC performant » capable de faire tourner le logiciel de traitement de texte WordPerfect. « Nos multiples ennemis possèdent déjà cette technologie », note-t-il alors, en faisant référence aux Juifs et aux responsables gouvernementaux.

Rapidement, les extrémistes d’extrême droite ont trouvé comment connecter leurs ordinateurs entre eux. Ils utilisaient pour cela des Bulletin board system (pour systèmes de tableaux d’affichage en ligne), ou BBS, un précurseur d’Internet. Le BBS était hébergé sur un ordinateur personnel, et d’autres ordinateurs pouvaient se connecter à lui via un modem et un logiciel, permettant aux utilisateurs d’échanger messages, documents et logiciels.

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Après que les ordinateurs personnels sont devenus courants, mais avant l’avènement d’Internet, les gens se connectaient en ligne via des systèmes de tableaux d’affichage appelés BBS.
Blake Patterson/Flickr, CC BY

Avec les BBS, toute personne souhaitant accéder à la propagande d’extrême droite pouvait simplement allumer son ordinateur et composer le numéro de téléphone annoncé par une organisation. Une fois connectée, elle pouvait lire les publications publiques, échanger des messages et télécharger ou téléverser des fichiers.

Le premier système de tableaux d’affichage d’extrême droite, le Aryan Nations Liberty Net, a été créé en 1984 par Louis Beam, un membre haut placé du Ku Klux Klan et des Aryan Nations. Beam expliquait : « Imaginez, si vous le pouvez, un seul ordinateur auquel tous les dirigeants et stratèges du mouvement patriotique sont connectés. Imaginez encore que tout patriote du pays puisse accéder à cet ordinateur à volonté afin de bénéficier de tout le savoir et de toute l’expérience accumulés par les dirigeants. “Un jour peut-être”, direz-vous ? Et pourquoi pas aujourd’hui ? »

Puis sont apparus des jeux néonazis violents pour ordinateurs. Les néonazis aux États-Unis et ailleurs pouvaient téléverser et télécharger ces jeux via les BBS, les copier sur des disquettes et les distribuer largement, notamment aux enfants.

Dans le jeu allemand KZ Manager, les joueurs incarnaient un commandant d’un camp de concentration nazi qui assassinait des Juifs, des Sintés et des Roms ainsi que des immigrants turcs. Un sondage du début des années 1990 révélait que 39 % des lycéens autrichiens connaissaient l’existence de tels jeux et que 22 % en avaient déjà vu.

Arrivée du Web

Au milieu des années 1990, avec l’arrivée du World Wide Web plus facile d’accès, les BBS ont perdu de leur popularité. Le premier site majeur de haine raciale sur Internet, Stormfront, a été fondé en 1995 par le suprémaciste blanc américain Don Black. L’organisation de défense des droits civiques Southern Poverty Law Center a établi que près de 100 meurtres étaient liés à Stormfront.

En 2000, le gouvernement allemand avait découvert et interdit plus de 300 sites web allemands à contenu d’extrême droite – soit une multiplication par dix en seulement quatre ans.

En réponse, les suprémacistes blancs américains ont de nouveau exploité leurs droits à la liberté d’expression pour contourner les interdictions de censure allemandes. Ils ont offert aux radicaux d’extrême droite du monde entier la possibilité d’héberger leurs sites web en toute sécurité et anonymat sur des serveurs américains non régulés – une stratégie qui perdure encore aujourd’hui.

L’IA, nouvelle frontière

La prochaine frontière pour les radicaux d’extrême droite est l’IA. Ils utilisent des outils d’intelligence artificielle générative pour créer de la propagande ciblée, manipuler images, sons et vidéos, et échapper à la détection. Le réseau social d’extrême droite Gab a même créé un chatbot Hitler avec lequel les utilisateurs peuvent discuter.

Des chatbots adoptent également les vues d’extrême droite des utilisateurs des réseaux sociaux. Grok, le chatbot d’Elon Musk, s’est récemment appelé MechaHitler, a diffusé des propos antisémites et a nié l’Holocauste.

Lutte contre l’extrémisme

Combattre la haine en ligne est une urgence mondiale. Cela nécessite une coopération internationale étroite entre gouvernements, organisations non gouvernementales, associations de surveillance, communautés et entreprises technologiques.

Les radicaux d’extrême droite sont depuis longtemps à la pointe de l’exploitation des avancées technologiques et de la liberté d’expression. Les efforts pour contrer cette radicalisation doivent constamment tenter de garder une longueur d’avance sur leurs innovations technologiques.

The Conversation

Michelle Lynn Kahn a reçu des financements du National Humanities Center, du United States Holocaust Memorial Museum, de l’American Historical Association et des American Jewish Archives.

ref. Les néo-nazis n’ont pas attendu Internet pour s’organiser en ligne – https://theconversation.com/les-neo-nazis-nont-pas-attendu-internet-pour-sorganiser-en-ligne-272356

Jusqu’au XIXᵉ siècle, les sociétés islamiques ont célébré l’amour homoérotique dans leur littérature. Que s’est-il passé ensuite ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Morteza Hajizadeh, Hajizadeh, University of Auckland, Waipapa Taumata Rau

L’homoérotisme était très présent dans la littérature arabe, turque ou perse, comme ici dans une illustration tirée du _Shâhnâmeh_ (_Livre des rois_), de Ferdowsi, au XI<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Library of Congress, CC BY-SA

De Rûmî à Hafez, l’amour homoérotique a nourri l’imaginaire spirituel islamique. Son effacement brutal, au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles, révèle l’impact profond des valeurs victoriennes importées en terres d’islam.


Pendant des siècles, la littérature issue des régions islamiques, en particulier d’Iran, a célébré l’amour homoérotique masculin comme un symbole de beauté, de mysticisme et de désir spirituel. Ces attitudes étaient particulièrement marquées durant l’âge d’or de l’islam, du milieu du VIIIᵉ siècle au milieu du XIIIᵉ siècle.

Mais cette tradition littéraire a progressivement disparu à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, sous l’influence des valeurs occidentales et de la colonisation.

Le droit islamique et la licence poétique

Les attitudes à l’égard de l’homosexualité dans les sociétés islamiques anciennes étaient complexes. D’un point de vue théologique, l’homosexualité a commencé à être désapprouvée au VIIe siècle, dès la révélation du Coran au prophète de l’islam, Mohammed.

Cependant, la diversité des attitudes et des interprétations religieuses laissait place à une certaine marge de manœuvre. Les sociétés islamiques médiévales des classes supérieures acceptaient souvent ou toléraient les relations homosexuelles. La littérature classique d’Égypte, de Turquie, d’Iran et de Syrie suggère que toute interdiction de l’homosexualité était fréquemment appliquée avec clémence.

Même dans les cas où le droit islamique condamnait l’homosexualité, les juristes autorisaient les expressions poétiques de l’amour entre hommes, en soulignant le caractère fictif du vers. La composition de poésie homoérotique permettait ainsi à l’imagination littéraire de s’épanouir dans des limites morales.

Les littératures classiques arabe, turque et persane de l’époque faisaient une place à une poésie homoérotique célébrant l’amour sensuel entre hommes. Cette tradition a été portée par des poètes tels que l’Arabe Abû Nuwâs, les maîtres persans Saadi, Hafez et Rûmî, ainsi que les poètes turcs Bâkî et Nedîm, qui, tous, célébraient la beauté et l’attrait de l’aimé masculin.

Dans la poésie persane, les pronoms masculins pouvaient être utilisés pour décrire aussi bien des aimés masculins que féminins. Cette ambiguïté linguistique contribuait à légitimer davantage encore l’homoérotisme littéraire.

Une forme de désir mystique

Dans le soufisme – une forme de croyance et de pratique mystiques de l’islam apparue durant l’âge d’or de l’islam –, les thèmes de l’amour entre hommes étaient souvent utilisés comme symbole de transformation spirituelle. Comme le professeur d’histoire et d’études religieuses Shahzad Bashir le montre, les récits soufis présentent le corps masculin comme le principal vecteur de la beauté divine.

Dans le soufisme, l’autorité religieuse se transmet par la proximité physique entre un guide spirituel, ou cheikh (Pir Murshid), et son disciple (Murid).

La relation entre le cheikh et le disciple mettait en scène le paradigme de l’amant et de l’aimé, fondamental dans la pédagogie soufie : les disciples s’approchaient de leurs guides avec le même désir, le même abandon et la même vulnérabilité extatique que celle exprimée dans la poésie amoureuse persane.

La littérature suggère que les communautés soufies se sont structurées autour d’une forme d’affection homoérotique, utilisant la beauté et le désir comme métaphores pour accéder à la réalité cachée.

Ainsi, le maître saint devenait le reflet de la radiance divine, et l’élan du disciple signifiait l’ascension de l’âme. Dans ce cadre, l’amour masculin incarné devenait un vecteur d’anéantissement spirituel et de renaissance sur la voie soufie.

L’amour légendaire entre le sultan Mahmud de Ghazni et son esclave masculin Ayaz en offre un exemple parfait. Submergé par la vision de la beauté d’Ayaz nu dans un bain, le sultan Mahmud confesse :

Alors que je n’avais vu que ton visage, j’ignorais tout de tes membres. À présent, je les vois tous, et mon âme brûle de cent feux. Je ne sais lequel aimer davantage.

Dans d’autres récits, Ayaz se propose volontairement de mourir de la main de Mahmud, symbolisant la transformation spirituelle par l’anéantissement de l’ego.

Cette œuvre du XVIIᵉ siècle montre le sultan Mahmud (en robe rouge), à droite, serrant la main d’un cheikh, tandis qu’Ayaz (en robe verte) se tient derrière lui.
Wikimedia

La relation entre Rûmî et Shams de Tabriz, deux soufis persans du XIIIe siècle, constitue un autre exemple d’amour mystique entre hommes.

Dans un récit rapporté par leurs disciples, les deux hommes se retrouvent après une longue période de transformation spirituelle, s’embrassent, puis tombent aux pieds l’un de l’autre.

La poésie de Rûmî brouille la frontière entre dévotion spirituelle et attirance érotique, tandis que Shams remet en cause l’idée d’une pureté idéalisée :

Pourquoi regarder le reflet de la lune dans un bol d’eau, quand on peut regarder la chose elle-même dans le ciel ?

Les thèmes homoérotiques étaient si courants dans la poésie persane classique que des critiques iraniens ont affirmé :

La littérature lyrique persane est fondamentalement une littérature homosexuelle.

L’essor des valeurs occidentales

À la fin du XIXe siècle, écrire de la poésie célébrant la beauté et le désir masculins est devenu tabou, non pas tant en raison d’injonctions religieuses que sous l’effet des influences occidentales.

Les puissances coloniales britannique et française ont importé une morale victorienne, l’hétéronormativité et des lois antisodomie dans des pays comme l’Iran, la Turquie et l’Égypte. Sous leur influence, les traditions homoérotiques de la littérature persane ont été stigmatisées.

Le colonialisme a amplifié ce basculement, en présentant l’homoérotisme comme « contre nature ». Ce mouvement a été encore renforcé par l’application stricte des lois islamiques, ainsi que par des agendas nationalistes et moralistes.

Des publications influentes telles que Molla Nasreddin (publiée de 1906 à 1933) ont introduit des normes occidentales et tourné en dérision le désir entre personnes de même sexe, en l’assimilant à la pédophilie.

Les modernisateurs nationalistes iraniens ont mené des campagnes visant à purger les textes homoérotiques, les présentant comme des vestiges d’un passé « pré-moderne ». Même des poètes classiques tels que Saadi et Hafez ont été requalifiés ou censurés dans les histoires littéraires iraniennes à partir de 1935.

Un millénaire de libertinage poétique a alors cédé la place au silence, et la censure a effacé l’amour masculin de la mémoire littéraire.

The Conversation

Morteza Hajizadeh ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Jusqu’au XIXᵉ siècle, les sociétés islamiques ont célébré l’amour homoérotique dans leur littérature. Que s’est-il passé ensuite ? – https://theconversation.com/jusquau-xix-siecle-les-societes-islamiques-ont-celebre-lamour-homoerotique-dans-leur-litterature-que-sest-il-passe-ensuite-272764

Du chatbot du pape au canard de Vaucanson, les croyances derrière l’intelligence artificielle ne datent pas d’hier

Source: The Conversation – France in French (2) – By Michael Falk, Senior Lecturer in Digital Studies, The University of Melbourne

Le feu de Prométhée, un mythe qui explique en partie le succès du narratif entourant l’IA. Public domain, via Wikimedia Commons

Des mythes antiques à la tête parlante du pape, de Prométhée aux algorithmes modernes, l’intelligence artificielle (IA) puise dans notre fascination intemporelle pour la création et le pouvoir de la connaissance.


Il semble que l’engouement pour l’intelligence artificielle (IA) ait donné naissance à une véritable bulle spéculative. Des bulles, il y en a déjà eu beaucoup, de la tulipomanie du XVIIe siècle à celle des subprimes du XXIe siècle. Pour de nombreux commentateurs, le précédent le plus pertinent aujourd’hui reste la bulle Internet des années 1990. À l’époque, une nouvelle technologie – le World Wide Web – avait déclenché une vague d’« exubérance irrationnelle ». Les investisseurs déversaient des milliards dans n’importe quelle entreprise dont le nom contenait « .com ».

Trois décennies plus tard, une autre technologie émergente déclenche une nouvelle vague d’enthousiasme. Les investisseurs injectent à présent des milliards dans toute entreprise affichant « IA » dans son nom. Mais il existe une différence cruciale entre ces deux bulles, qui n’est pas toujours reconnue. Le Web existait. Il était bien réel. L’intelligence artificielle générale, elle, n’existe pas, et personne ne sait si elle existera un jour.

En février, le PDG d’OpenAI, Sam Altman, écrivait sur son blog que les systèmes les plus récents commencent tout juste à « pointer vers » l’IA dans son acception « générale ». OpenAI peut commercialiser ses produits comme des « IA », mais ils se réduisent à des machines statistiques qui brassent des données, et non des « intelligences » au sens où on l’entend pour un être humain.

Pourquoi, dès lors, les investisseurs sont-ils si prompts à financer ceux qui vendent des modèles d’IA ? L’une des raisons tient peut-être au fait que l’IA est un mythe technologique. Je ne veux pas dire par là qu’il s’agit d’un mensonge, mais que l’IA convoque un récit puissant et fondateur de la culture occidentale, celui des capacités humaines de création. Peut-être les investisseurs sont-ils prêts à croire que l’IA est pour demain, parce qu’elle puise dans des mythes profondément ancrés dans leur imaginaire ?

Le mythe de Prométhée

Le mythe le plus pertinent pour penser l’IA est celui de Prométhée, issu de la Grèce antique. Il en existe de nombreuses versions, mais les plus célèbres se trouvent dans les poèmes d’Hésiode, la Théogonie et les Travaux et les Jours, ainsi que dans la pièce Prométhée enchaîné, traditionnellement attribuée à Eschyle.

Prométhée était un Titan, un dieu du panthéon grec antique. C’était aussi un criminel, coupable d’avoir dérobé le feu à Héphaïstos, le dieu forgeron. Dissimulé dans une tige de fenouil, le feu fut apporté sur Terre par Prométhée, qui l’offrit aux humains. Pour le punir, il fut enchaîné à une montagne, où un aigle venait chaque jour lui dévorer le foie.

Le don de Prométhée n’était pas seulement celui du feu ; c’était celui de l’intelligence. Dans Prométhée enchaîné, il affirme qu’avant son don, les humains voyaient sans voir et entendaient sans entendre. Après celui-ci, ils purent écrire, bâtir des maisons, lire les étoiles, pratiquer les mathématiques, domestiquer les animaux, construire des navires, inventer des remèdes, interpréter les rêves et offrir aux dieux des sacrifices appropriés.

Le mythe de Prométhée est un récit de création d’un genre particulier. Dans la Bible hébraïque, Dieu ne confère pas à Adam le pouvoir de créer la vie. Prométhée, en revanche, transmet aux humains une part du pouvoir créateur des dieux.

Hésiode souligne cet aspect du mythe dans la Théogonie. Dans ce poème, Zeus ne punit pas seulement Prométhée pour le vol du feu ; il châtie aussi l’humanité. Il ordonne à Héphaïstos d’allumer sa forge et de façonner la première femme, Pandore, qui déchaîne le mal sur le monde. Or le feu qu’Héphaïstos utilise pour créer Pandore est le même que celui que Prométhée a offert aux humains.

Prométhée façonnant le premier homme, dans une gravure du XVIIIᵉ siècle
Prométhée façonnant le premier homme, dans une gravure du XVIIIᵉ siècle.
Wikimedia

Les Grecs ont avancé l’idée que les humains sont eux-mêmes une forme d’intelligence artificielle. Prométhée et Héphaïstos recourent à la technique pour fabriquer les hommes et les femmes. Comme le montre l’historienne Adrienne Mayor dans son ouvrage Gods and Robots, les Anciens représentaient souvent Prométhée comme un artisan, utilisant des outils ordinaires pour créer des êtres humains dans un atelier tout aussi banal.

Si Prométhée nous a donné le feu des dieux, il semble logique que nous puissions utiliser ce feu pour fabriquer nos propres êtres intelligents. De tels récits abondent dans la littérature grecque antique, de l’inventeur Dédale, qui créa des statues capables de prendre vie, à la magicienne Médée, qui savait rendre la jeunesse et la vigueur grâce à ses drogues ingénieuses. Les inventeurs grecs ont également conçu des calculateurs mécaniques pour l’astronomie ainsi que des automates remarquables, mues par la gravité, l’eau et l’air.

Le pape et le chatbot

Deux mille sept cents ans se sont écoulés depuis qu’Hésiode a consigné pour la première fois le mythe de Prométhée. Au fil des siècles, ce récit a été repris sans relâche, en particulier depuis la publication, en 1818, de Frankenstein ; ou le Prométhée moderne de Mary Shelley.

Mais le mythe n’est pas toujours raconté comme une fiction. Voici deux exemples historiques où le mythe de Prométhée semble s’être incarné dans la réalité.

Gerbert d’Aurillac fut le Prométhée du Xe siècle. Né au début des années 940 de notre ère, il étudia à l’abbaye d’Aurillac avant de devenir moine à son tour. Il entreprit alors de maîtriser toutes les branches du savoir connues de son temps. En 999, il fut élu pape. Il mourut en 1003 sous son nom pontifical de Sylvestre II.

Des rumeurs sur Gerbert se répandirent rapidement à travers l’Europe. Moins d’un siècle après sa mort, sa vie était déjà devenue légendaire. L’une des légendes les plus célèbres, et la plus pertinente à l’ère actuelle de l’engouement pour l’IA, est celle de la « tête parlante » de Gerbert. Cette légende fut racontée dans les années 1120 par l’historien anglais Guillaume de Malmesbury dans son ouvrage reconnu et soigneusement documenté, la Gesta Regum Anglorum (Les actions des rois d’Angleterre).

Gerbert possédait des connaissances approfondies en astronomie, une science de la prévision. Les astronomes pouvaient utiliser l’astrolabe pour déterminer la position des étoiles et prévoir des événements cosmiques, comme les éclipses. Selon Guillaume, Gerbert aurait mis son savoir en astronomie au service de la création d’une tête parlante. Après avoir observé les mouvements des étoiles et des planètes, il aurait façonné une tête en bronze capable de répondre à des questions par « oui » ou par « non ».

Gerbert posa d’abord la question : « Deviendrai-je pape ? »

« Oui », répondit la tête.

Puis il demanda : « Mourrai-je avant d’avoir célébré la messe à Jérusalem ? »

« Non », répondit la tête.

Dans les deux cas, la tête avait raison, mais pas comme Gerbert l’avait prévu. Il devint bien pape et évita judicieusement de partir en pèlerinage à Jérusalem. Un jour cependant, il célébra la messe à la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome. Malheureusement pour lui, la basilique était alors simplement appelée « Jérusalem ».

Gerbert tomba malade et mourut. Sur son lit de mort, il demanda à ses serviteurs de découper son corps et de disperser les morceaux, afin de rejoindre son véritable maître, Satan. De cette manière, il fut, à l’instar de Prométhée, puni pour avoir volé le feu.

Le pape Sylvestre II et le Diable.
Wikimedia

C’est une histoire fascinante. On ne sait pas si Guillaume de Malmesbury y croyait vraiment. Mais il s’est bel et bien efforcé de persuader ses lecteurs que cela était plausible. Pourquoi ce grand historien, attaché à la vérité, aurait-il inséré une légende fantaisiste sur un pape français dans son histoire de l’Angleterre ? Bonne question !

Est-ce si extravagant de croire qu’un astronome accompli puisse construire une machine de prédiction à usage général ? À l’époque, l’astronomie était la science de la prédiction la plus puissante. Guillaume, sobre et érudit, était au moins disposé à envisager que des avancées brillantes en astronomie pourraient permettre à un pape de créer un chatbot intelligent.

Aujourd’hui, cette même possibilité est attribuée aux algorithmes d’apprentissage automatique, capables de prédire sur quelle publicité vous cliquerez, quel film vous regarderez ou quel mot vous taperez ensuite. Il est compréhensible que nous tombions sous le même sortilège.

L’anatomiste et l’automate

Le Prométhée du XVIIIe siècle fut Jacques de Vaucanson, du moins si l’on en croit Voltaire :

Le hardi Vaucanson, rival de Prométhée,
Semblait, de la nature imitant les ressorts
Prendre le feu des cieux pour animer les corps.

Jacques de Vaucanson, par Joseph Boze (1784).
Wikimedia

Vaucanson était un grand mécanicien, célèbre pour ses automates, des dispositifs à horlogerie reproduisant de manière réaliste l’anatomie humaine ou animale. Les philosophes de l’époque considéraient le corps comme une machine – alors pourquoi un mécanicien n’aurait-il pu en construire une ?

Parfois, les automates de Vaucanson avaient aussi une valeur scientifique. Il construisit par exemple un « Flûteur automate » doté de lèvres, de poumons et de doigts, capable de jouer de la flûte traversière de façon très proche de celle d’un humain. L’historienne Jessica Riskin explique dans son ouvrage The Restless Clock que Vaucanson dut faire d’importantes découvertes en acoustique pour que son flûtiste joue juste.

Parfois, ses automates étaient moins scientifiques. Son « Canard digérateur » connut un immense succès, mais se révéla frauduleux. Il semblait manger et digérer de la nourriture, mais ses excréments étaient en réalité des granulés préfabriqués dissimulés dans le mécanisme.

Vaucanson consacra des décennies à ce qu’il appelait une « anatomie en mouvement ». En 1741, il présenta à l’Académie de Lyon un projet visant à construire une « imitation de toutes les opérations animales ». Vingt ans plus tard, il s’y remit. Il obtint le soutien du roi Louis XV pour réaliser une simulation du système circulatoire et affirma pouvoir construire un corps artificiel complet et vivant.

Trois automates de Vaucanson, le Flûteur automate, le Canard digérateur et le Berger provençal.
Wikimedia

Il n’existe aucune preuve que Vaucanson ait jamais achevé un corps entier. Finalement, il ne put tenir la promesse que soulevait sa réputation. Mais beaucoup de ses contemporains croyaient qu’il en était capable. Ils voulaient croire en ses mécanismes magiques. Ils souhaitaient qu’il s’empare du feu de la vie.

Si Vaucanson pouvait fabriquer un nouveau corps humain, ne pourrait-il pas aussi en réparer un existant ? C’est la promesse de certaines entreprises d’IA aujourd’hui. Selon Dario Amodei, PDG d’Anthropic, l’IA permettra bientôt aux gens « de vivre aussi longtemps qu’ils le souhaitent ». L’immortalité semble un investissement séduisant.

Sylvestre II et Vaucanson furent de grands maîtres de la technologie, mais aucun des deux ne fut un Prométhée. Ils ne volèrent nul feu aux dieux. Les aspirants Prométhée de la Silicon Valley réussiront-ils là où leurs prédécesseurs ont échoué ? Si seulement nous avions la tête parlante de Sylvestre II, nous pourrions le lui demander.

The Conversation

Michael Falk a reçu des financements de l’Australian Research Council.

ref. Du chatbot du pape au canard de Vaucanson, les croyances derrière l’intelligence artificielle ne datent pas d’hier – https://theconversation.com/du-chatbot-du-pape-au-canard-de-vaucanson-les-croyances-derriere-lintelligence-artificielle-ne-datent-pas-dhier-272357

Soin des cheveux, des dents… Ce que les traces biochimiques laissées par les lecteurs de la Renaissance disent de la médecine de l’époque

Source: The Conversation – France in French (3) – By Stefan Hanß, Professor of Early Modern History, University of Manchester

Grâce à une technique de pointe, les chercheurs ont pu analyser les traces biologiques laissées par les lecteurs en annotant les livres. Wellcome Collection

Les livres médicaux de la Renaissance ne sont pas seulement des textes anciens : ils portent aussi les traces invisibles de ceux qui les ont manipulés. Des chercheurs ont découvert des protéines et autres indices biologiques qui révèlent les pratiques et expérimentations médicales du XVIᵉ siècle.


Et si le papier des pages d’un vieux livre pouvait nous dire qui les a touchées, quels remèdes furent préparés et même comment les corps réagirent aux traitements ?

Les livres de recettes médicales de la Renaissance regorgent de notes manuscrites laissées par des lecteurs qui ont testé des remèdes contre des problèmes allant de la calvitie au mal de dents. Pendant des années, les historiens ont étudié ces annotations pour comprendre comment on expérimentait la médecine autrefois. Nos recherches récentes vont plus loin. Avec mes collègues, nous avons mis au point une méthode permettant de lire non seulement les mots inscrits sur ces pages, mais aussi les traces biologiques invisibles laissées par les personnes qui les ont utilisées.

Des milliers de manuscrits et de livres imprimés ont survécu de l’Europe de la Renaissance, consignant des recettes médicales employées dans la vie quotidienne. Il ne s’agissait pas de volumes rares ou réservés à une élite. Beaucoup étaient des « best-sellers » médicaux, largement diffusés, puis personnalisés par des lecteurs qui ajoutaient des notes dans les marges. Quelles recettes fonctionnaient le mieux ? Quels ingrédients pouvaient être remplacés ou améliorés ? Loin d’être des textes figés, ces livres étaient des documents de travail. La Renaissance fut une période d’innovation médicale, nourrie par des expérimentations pratiques maintes fois répétées.

Pour la première fois, nous avons pu prélever et analyser des protéines invisibles laissées sur les pages de ces livres par les personnes qui les ont manipulés.

Ce travail relève d’une véritable enquête biochimique. Chaque fois qu’un lecteur du XVIᵉ siècle touchait une page, il y déposait de minuscules traces d’acides aminés, les éléments constitutifs des protéines. Ces traces peuvent aujourd’hui être prélevées grâce à des films spécialisés produits par SpringStyle Tech Design, qui soulèvent délicatement la matière à la surface du papier sans l’endommager. Nous avons échantillonné des livres médicaux allemands du XVIᵉ siècle, aujourd’hui conservés à la bibliothèque John-Rylands de l’Université de Manchester. Les échantillons de protéines ont été analysés dans des laboratoires des universités de York et d’Oxford tandis que le laboratoire d’imagerie de la Rylands a utilisé des techniques avancées pour restituer des textes effacés ou devenus illisibles.

Se concentrer sur des livres est essentiel. Comme ces volumes ont été produits en plusieurs exemplaires, il est possible de comparer les traces biochimiques entre des textes similaires, ce qui nous aide à distinguer ce que le livre prescrivait de ce que les lecteurs faisaient réellement avec lui.

Cette approche combinée nous a permis de recueillir des informations remarquables sur les personnes qui utilisaient ces livres, les substances qu’elles manipulaient et les remèdes qu’elles préparaient. Lue en parallèle des sources d’archives, elle offre un éclairage nouveau sur le fonctionnement concret de la médecine de la Renaissance dans la vie quotidienne.

Sur des pages recommandant des remèdes précis, nous avons identifié des traces protéiques provenant justement des ingrédients mentionnés dans les recettes. On trouve des traces de cresson de fontaine, de hêtre européen et de romarin à côté d’instructions visant à traiter la perte de cheveux ou à stimuler la croissance des cheveux et de la barbe.

Cette attention portée aux cheveux n’a rien de surprenant. Avec l’essor du portrait et l’expansion du commerce des peignes et des miroirs, les barbes et les nouvelles coiffures sont devenues à la mode à la Renaissance. Les cheveux étaient alors très visibles, chargés de sens social et étroitement liés aux conceptions de la santé et de la masculinité.

Recettes répugnantes

Certaines découvertes se sont révélées plus déroutantes. À proximité d’une recette proposant un traitement extrême contre la calvitie, nous avons détecté des traces d’excréments humains.

Cela correspond étroitement aux conceptions de la Renaissance sur les cheveux. Dans la pensée médicale médiévale et du début de l’époque moderne, les cheveux étaient considérés comme une excrétion du corps, au même titre que la sueur, les matières fécales ou les ongles. Comme l’ont formulé crûment certains chercheurs, « les cheveux, c’était de la merde ». Dans cette perspective, utiliser des déchets humains pour traiter les cheveux n’avait rien de grotesque, mais relevait d’une logique cohérente.

Nous avons également identifié des protéines provenant de plantes à fleurs jaune vif à proximité de recettes destinées à teindre les cheveux en blond. Ces plantes ne figuraient pas parmi les ingrédients mentionnés par écrit. Leur présence suggère que les lecteurs expérimentaient au-delà des instructions figurant sur la page, guidés par le symbolisme des couleurs et par des propriétés médicinales supposées. Ici, l’expérimentation devient visible non seulement dans les notes marginales, mais aussi dans l’archive biologique elle-même.

D’autres traces protéiques indiquent l’utilisation de lézards dans des remèdes capillaires. Dans la philosophie naturelle de la Renaissance, les lézards étaient classés parmi les animaux poïkilothermes, c’est-à-dire dont la température corporelle varie en fonction de l’environnement. On pensait que la croissance des cheveux dépendait de la chaleur interne du corps. Une augmentation de cette chaleur était censée stimuler la pousse des cheveux, tandis qu’un excès pouvait les détruire. La présence de protéines de lézard suggère que les praticiens testaient activement ces théories concurrentes en transformant des matières animales en remèdes.

Des dents d’hippopotame

Citons ensuite l’hippopotame. Nous avons retrouvé des protéines correspondant à des éléments provenant d’hippopotames sur des pages traitant de problèmes dentaires. Dans les marges, les lecteurs se plaignaient de dents malodorantes, de maux de dents et de pertes dentaires. Dans la médecine de la Renaissance, l’os d’hippopotame était censé renforcer les dents et les gencives et était parfois utilisé pour fabriquer des dentiers. Sa présence suggère que les lecteurs allemands des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles avaient accès à des matériaux médicaux exotiques, échangés sur de longues distances.

Nos méthodes combinent une lecture historique approfondie avec l’analyse en laboratoire, permettant aux historiens d’étudier la pratique médicale d’une manière jusqu’alors impossible. Elles réunissent des formes de preuves habituellement séparées : textes, corps et matériaux.

Peut-être plus intrigant encore, nous avons identifié des protéines aux fonctions antimicrobiennes, y compris des molécules couramment impliquées dans les réponses immunitaires humaines, telles que celles liées à l’inflammation et à la défense contre les bactéries. Ces protéines aident le corps à lutter contre les infections. Leur présence suggère que les personnes manipulant ces livres ne se contentaient pas de préparer des remèdes, mais étaient elles-mêmes en train de tomber malades ou de guérir, laissant derrière elles des traces d’activité immunitaire.

Dans ce sens, il est possible d’entrevoir des systèmes immunitaires réagissant à la maladie et au traitement directement sur les pages. Nous commençons à peine à comprendre ce que ces preuves peuvent révéler, mais ce travail ouvre des voies entièrement nouvelles pour étudier la manière dont la médecine de la Renaissance était pratiquée, testée et vécue.

The Conversation

Cette recherche a été financée par une bourse pilote du John Rylands Research Institute 2020–21 (chercheur principal : Stefan Hanß) et résulte de discussions interdisciplinaires initiées lors de l’événement financé par la British Academy « Microscopic Records : The New Interdisciplinarity of Early Modern Studies, c. 1400–1800 » (British Academy Rising Star Engagement Award BARSEA 19190084, chercheur principal : Stefan Hanß.

ref. Soin des cheveux, des dents… Ce que les traces biochimiques laissées par les lecteurs de la Renaissance disent de la médecine de l’époque – https://theconversation.com/soin-des-cheveux-des-dents-ce-que-les-traces-biochimiques-laissees-par-les-lecteurs-de-la-renaissance-disent-de-la-medecine-de-lepoque-272585

Accidente de Adamuz: por qué el acero no tiene la culpa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel Torralba, Catedrático de la Universidad Carlos III de Madrid, IMDEA MATERIALES

Cuando los ingenieros diseñamos materiales para una determinada aplicación, lo hacemos de acuerdo a normas que nos indican qué propiedades deben reunir esos materiales para soportar sus condiciones más extremas de uso.

Si consideramos un raíl de ferrocarril, puede estar expuesto a fenómenos de corrosión, desgaste y, sobre todo, tensiones de tipo dinámico, que pueden provocar daños por fatiga. Combinar todas estas propiedades no es sencillo, por lo que al diseñar y fabricar el acero para raíles es esencial buscar un equilibrio y poner toda la atención en el daño que podría provocar un fallo motivado por cada uno de estos requerimientos.

La corrosión y el desgaste pueden generar defectos perfectamente detectables en inspecciones que no tienen por qué ser muy próximas entre sí, ya que el daño sobre el raíl nunca provocaría una rotura catastrófica en un periodo breve de tiempo (semanas o meses).

Otra cosa son las tensiones de tipo dinámico. Si un material supera su límite de fatiga –el número de ciclos de tensión que es capaz de soportar sin que se inicie una grieta–, esta aparecerá y empezará a crecer, inicialmente despacio, hasta alcanzar un tamaño crítico. Una vez se alcanza ese tamaño crítico, la grieta crece a tal velocidad que puede producir un fallo catastrófico en minutos, o incluso segundos.

El acero es el material más fiable de todos

Que un accidente ferroviario como el que ha tenido lugar recientemente en Adamuz se deba a una “mala calidad” del acero es poco probable, por varias razones. Para empezar, el acero es, sin duda, de entre todos los materiales de construcción, el más fiable: de cada cien probetas ensayadas, cien tienen resultados dentro de un estrechísimo margen de error.

En el caso de los aceros para raíles, hablamos de aceros de composiciones muy ajustadas para que cumplan con las propiedades mecánicas requeridas y que, además, permita que se puedan soldar.

Los ingenieros, que avalan con su firma los proyectos, calculan con márgenes de seguridad muy amplios y estándares de calidad que garantizan que los materiales nunca lleguen a superar sus límites de fatiga. Y esos márgenes vienen establecidos por normas internacionales.

Los fabricantes de los aceros implicados en el accidente (uno más antiguo y otro muy reciente) han producido miles de kilómetros de raíles, de acuerdo con normas muy estrictas y bajo criterios de garantía de calidad extremos. Hablamos de raíles que no han tenido ningún problema, fabricados con acero ajustado a norma, soldable y calculado para soportar la carga estática de un tren de varios cientos de toneladas y que, circulando a 250 kilómetros por hora, produce unas tensiones dinámicas muy por debajo de su límite de fatiga.

Si el acero está bien fabricado, y las certificaciones de calidad así lo aseguran, es muy improbable que ese acero se rompa en “condiciones de servicio”.

Soldaduras en el punto de mira

¿Y qué se debe esperar de la soldadura? Los raíles de ferrocarril se sueldan mediante una tecnología, llamada aluminotermia, que asegura la continuidad metálica con un acero de composición muy parecida a los de los raíles que tiene la futura soldadura a cada lado.

Parece que, en el caso concreto de las vías donde se produjo el accidente de Adamuz, había aceros de distinta composición. Los raíles de ambos lados están hechos con aceros de alta soldabilidad, por lo que es seguro que en la llamada “zona afectada por el calor” no se han producido fragilizaciones. De ser así, hubieran dado lugar a un accidente mucho antes.

Una soldadura “puede dar problemas” si se ejecuta de forma inapropiada, pero aquí la calidad se asegura de dos maneras. En primer lugar, dejando en manos de soldadores acreditados su ejecución. Y en segundo lugar, inspeccionando una por una, por inspección visual y por métodos que permiten ver la soldadura “por dentro”, todas las soldaduras realizadas. Por tanto, cuando se entrega una ejecución, se garantiza que todas las soldaduras se han hecho correctamente.

Cómo ha ocurrido lo imposible

A pesar de todo, en la tragedia de Alcamuz se baraja la opción de que una soldadura haya fallado y un trozo de raíl se haya fracturado, de forma catastrófica.

¿Cómo ha podido ocurrir, si era imposible que ocurriera?

Si la continuidad metálica desaparece (porque falla la soldadura) y los dos tramos de raíl quedan separados, cada vez que una rueda pase por encima de esos raíles estará trasladando una tensión en las proximidades de los extremos, muy superior a la tensión de diseño. Esto provocará que, en algún momento, se supere el límite de fatiga y se genere una grieta en el raíl. Esa grieta empezará a crecer y, cuando supere un determinado tamaño crítico, provocará una rotura catastrófica.

¿Y qué le pudo pasar a la soldadura?. Pues de momento todo indica que o bien hubo un mal diseño del material de la soldadura (en este momento, se está hablando de una posible elección inapropiada por culpa de una redacción equivocada del pliego de condiciones); o bien se produjo un defecto inicial en la ejecución de la soldadura tan pequeño que no fue detectado en el análisis posterior a su ejecución. Por supuesto pudieron pasar otras cosas, pero a priori no podemos presuponer malas practicas sin un peritaje adecuado.

Prevenir mejor que curar

Cuando somos jóvenes, es difícil que fallen algunos sistemas y no precisamos de revisiones periódicas; vamos al médico cuando nos duele algo. Y el médico, entonces, utiliza diversos medios para hacer un diagnóstico y arreglar el problema. Cuando alcanzamos cierta edad, no podemos esperar a que los problemas den la cara, debemos hacernos revisiones cada vez más frecuentes para evitar que los problemas generen un fallo catastrófico.

Lo de Alcamuz posiblemente no hubiera pasado si se hubiera atendido a los síntomas –tanto usuarios como algunos trabajadores de los trenes llevaban meses reportando vibraciones fuera de lo normal– y se hubieran hecho las revisiones pertinentes.

Todavía ignoramos lo que realmente pasó: habrá que esperar a la evaluación definitiva de los peritos. Para tranquilidad de todos, los ingenieros metalúrgicos tenemos medios, herramientas y conocimientos suficientes para escudriñar lo ocurrido. Exactamente del mismo modo que un médico forense puede averiguar con precisión la causa de un fallecimiento.

No tengo la menor duda de que pronto se sabrá, con todo detalle, qué generó el fallo y qué repercusiones tuvo en el resto de la infraestructura. Y ese informe también podrá aclarar si se pudo prevenir.

The Conversation

José Manuel Torralba no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Accidente de Adamuz: por qué el acero no tiene la culpa – https://theconversation.com/accidente-de-adamuz-por-que-el-acero-no-tiene-la-culpa-274491

El acero en el centro del debate

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paula Alvaredo Olmos, Profesora Titular en Ciencia e Ingeniería de Materiales, Universidad Carlos III

Apirak Rungrueang/Shutterstock

Cada vez que se habla de infraestructuras, transición energética o reindustrialización, el acero vuelve al centro del debate. No es sorprendente: se trata del material estructural más utilizado del planeta.

El acero está ahí cuando cruzamos un puente, cuando entramos en un edificio, cuando subimos a un tren o encendemos la luz. Buena parte del entorno construido que hace posible nuestra vida cotidiana depende directa o indirectamente de este material.

¿Por qué es el material más utilizado? Porque combina bajo coste y disponibilidad, eso sin duda. Pero también porque reúne propiedades difíciles de encontrar juntas en otros materiales: alta resistencia mecánica, capacidad de deformarse sin romperse, durabilidad, facilidad de fabricación, reciclabilidad y una enorme versatilidad. Precisamente por eso es también uno de los materiales más estudiados y mejor conocidos por la ingeniería moderna.

Sin embargo, esa fiabilidad no es automática. El buen comportamiento del acero depende de cómo se fabrica, de su composición química y, de forma muy especial, de cómo se calienta y se enfría a lo largo de su vida. Es decir, de su historia térmica.

Entender cómo influyen el calor, el enfriamiento y el contenido de carbono es clave para explicar por qué el acero funciona tan bien… y por qué ciertos procesos industriales exigen un control tan estricto.

El acero “recuerda” el calor

Una idea fundamental, y a lo mejor poco intuitiva de la ciencia de materiales, es que el acero no tiene propiedades fijas e inmutables. Su dureza, su resistencia o su capacidad para absorber energía dependen no solo de qué acero es, sino también de su historia térmica. Es decir, de cómo ha sido calentado y enfriado durante su fabricación y transformación.

Podemos decir que el acero, en cierto modo, “recuerda” el calor. Aunque una pieza no muestre ningún cambio visible, a nivel interno pueden producirse reorganizaciones que alteran su comportamiento mecánico. Por eso, dos componentes fabricados con el mismo acero pueden responder de forma distinta ante una misma carga si han seguido trayectorias térmicas diferentes. Esta “memoria térmica” explica tanto la enorme versatilidad del acero como la necesidad de controlar cuidadosamente los procesos térmicos.

La ventaja de la sensibilidad al calor

Lejos de ser un inconveniente, la sensibilidad al calor es una de las grandes ventajas del acero. La ingeniería la aprovecha mediante los tratamientos térmicos, que permiten ajustar sus propiedades utilizando la temperatura y el tiempo como herramientas de diseño.

Un tratamiento térmico consiste, de forma simplificada, en calentar el acero hasta una determinada temperatura, mantenerlo durante un tiempo controlado y enfriarlo después a una velocidad concreta. El objetivo no es maximizar una propiedad aislada, sino encontrar el equilibrio adecuado entre resistencia y capacidad de deformarse sin romperse, del que depende la fiabilidad de muchas estructuras durante décadas de servicio.

Aquí aparece una idea clave: el tiempo es tan importante como la temperatura. Dos aceros pueden alcanzar la misma temperatura máxima y, sin embargo, comportarse de forma muy distinta si el enfriamiento ha sido más rápido o más lento. Este principio explica por qué un mismo acero puede ofrecer prestaciones muy diferentes dependiendo de cómo se haya tratado térmicamente.

Esta idea resulta intuitiva incluso fuera del ámbito técnico. Programas televisivos como “Forjado a fuego” muestran cómo una misma pieza de acero puede comportarse de forma radicalmente distinta según cómo se enfríe tras salir del fuego. Aunque en televisión el proceso parezca artesanal, el principio es exactamente el mismo que rige los tratamientos térmicos industriales: entender cómo la temperatura, el tiempo y la composición interactúan para determinar el comportamiento final del material.

El papel de la composición: pequeñas cantidades, grandes efectos

El acero es, esencialmente, una aleación de hierro y carbono. Aunque el carbono esté presente en pequeñas cantidades, su influencia es enorme: variaciones muy pequeñas pueden cambiar de forma significativa cómo el acero responde al calentamiento y al enfriamiento.

El carbono determina en gran medida la respuesta del acero a los tratamientos térmicos, pero no actúa solo. Otros elementos de aleación, añadidos en cantidades controladas, permiten ajustar propiedades como la resistencia, la tenacidad o la durabilidad. Por eso, aceros con composiciones muy similares pueden comportarse de forma distinta si su composición o su historia térmica no son exactamente iguales.

Para entender esta relación entre composición y temperatura, ingenieros y científicos utilizan modelos conceptuales como el diagrama hierro–carbono, bien conocido —y sufrido— por generaciones de estudiantes de ingeniería. Aunque no describe piezas reales, actúa como un mapa que ayuda a comprender por qué pequeñas variaciones de composición y temperatura tienen un efecto tan grande en el comportamiento del acero.

Por qué las vías ferroviarias se fabrican con acero

Nada de esto significa que el acero utilizado en infraestructuras críticas sea un material impredecible. Todo lo contrario: en aplicaciones como las vías ferroviarias se emplean aceros al carbono específicamente diseñados para uso ferroviario, con composiciones cuidadosamente ajustadas para ofrecer un comportamiento mecánico estable, predecible y duradero.

Estos aceros se seleccionan precisamente por su fiabilidad frente a cargas repetidas, desgaste y largos periodos de servicio. Su composición y sus tratamientos térmicos no son fruto del azar, sino del conocimiento acumulado sobre cómo responde el acero cuando se controla correctamente el calor.

Cuando el calor deja de ser uniforme: soldadura y zona afectada por el calor

La mayor parte de los tratamientos térmicos industriales se realizan en condiciones muy controladas y uniformes. Sin embargo, no todos los procesos que implican calor permiten ese mismo grado de control. En algunos casos, el calor se aplica de forma intensa y localizada.

La soldadura es un buen ejemplo. Durante este proceso, una región muy concreta del acero alcanza temperaturas elevadas, mientras que el material circundante permanece relativamente frío. El enfriamiento posterior se produce de manera rápida y no homogénea, dando lugar a una zona cercana a la unión que ha experimentado un ciclo térmico distinto al del resto del componente: la zona afectada por el calor (ZAC).

Aunque visualmente no se distinga, la ZAC puede presentar propiedades diferentes porque su historia térmica ha cambiado. Por eso, la soldadura exige procedimientos tan estrictos: no porque el acero sea un material poco fiable, sino precisamente porque su comportamiento frente al calor es bien conocido y debe gestionarse con cuidado.

La soldadura del acero exige procedimientos estrictos. No porque el acero sea un material poco fiable, sino precisamente porque su comportamiento frente al calor es bien conocido y debe gestionarse con cuidado.

Entender el acero para confiar en él

Que el acero sea el material estructural más utilizado del mundo no es una coincidencia. Su éxito no se basa en que sea insensible o inmutable, sino en que su respuesta a la temperatura, al tiempo y a la composición es conocida, predecible y controlable. Esa sensibilidad al calor, lejos de ser una debilidad, es lo que permite adaptar el acero a aplicaciones muy distintas manteniendo altos niveles de fiabilidad.

Comprender cómo el acero cambia —aunque no lo veamos— es clave para valorar la ingeniería que hay detrás de las infraestructuras que utilizamos cada día. En un mundo que sigue construyéndose, moviéndose y transformándose sobre acero, entender el papel del calor y del carbono es una forma de entender por qué este material sigue siendo, y seguirá siendo, uno de los pilares fundamentales de nuestra sociedad.

The Conversation

Paula Alvaredo Olmos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El acero en el centro del debate – https://theconversation.com/el-acero-en-el-centro-del-debate-274492

How government killings and kidnappings in Argentina drove mothers to resist and revolt − and eventually win

Source: The Conversation – USA – By Laura Tedesco, Professor of International and Comparative Politics, Saint Louis University – Madrid

A series of shootings by federal immigration agents, including two deaths in Minneapolis, have galvanized intense local and national protests against the Trump administration’s immigration enforcement operations. Federal immigration agents killed Renee Nicole Good, 37 – a mother of three – and Alex Pretti, a 37-year-old nurse, weeks apart in January 2026.

Since Donald Trump assumed the presidency on Jan. 20, 2025, Immigration and Customs Enforcement agents have detained thousands of people across the country, including U.S. citizens and legal residents. At least 11 people have been shot, including a Venezuelan migrant in Minneapolis on Jan. 14, 2026. Children and babies have been tear-gassed.

I am a political scientist who studies authoritarian regimes. I also lived through Argentina’s brutal military junta of the 1970s and 1980s. When I consider today’s ICE violence, I think of the state terrorism that tore Argentina apart – and how mothers became a potent force in resisting authoritarianism and ultimately restoring democracy.

Masked agents and the ‘Trump effect’

U.S. federal immigration enforcement actions began raising human rights concerns starting in April 2025, when masked federal agents in plain clothes began detaining international students.

Historically in the U.S., police and other official state security forces have used face coverings almost exclusively during undercover operations to protect agent safety and the integrity of ongoing investigations, according to federal law enforcement sources.

The global human rights group Amnesty International has begun using the phrase “the Trump effect” to describe masking and other administration actions that it believes violate global human rights standards.

Meanwhile, violence by ICE agents also runs counter to international law – as does police violence more broadly.

Several United Nations principles require that police action be guided at all times by legality, necessity, proportionality and nondiscrimination. Any use of force that does not comply with these principles violates international law.

Amnesty International’s policing guidance is based on these standards. It explains that police must attempt to use nonviolent means first, such as verbal commands, negotiation and warnings.

When force is necessary, officers must use “the least harmful means likely to be effective.” In such cases, proportionality requires that “the harm caused by the use of force may never outweigh the damage it seeks to prevent.”

Good’s and Pretti’s killings occurred in broad daylight. Video analysis suggests that Good was attempting to turn her vehicle away from the scene when an ICE agent shot her three times. Pretti had a holstered weapon, but witnesses and videos show he had been disarmed before a federal agent fatally shot him.

As nonimmigrant local community members, neither victim would be the apparent target of immigration enforcement operations in Minneapolis.

Argentina’s dictatorship

In both its use of masks and its brazen disregard for proportionality, ICE evokes in me unsettling memories of all-powerful, authoritarian governments that exercise control over life and death.

In March 1976, the Argentine armed forces overthrew a weak and chaotic government – that of María Estela Martínez de Perón, widow of Juan Domingo Perón – claiming the need to restore order in a country engulfed in political violence. So began one of the darkest periods in contemporary Argentine history.

Between 1976 and 1983, approximately 30,000 people were forcibly “disappeared,” meaning secretly kidnapped, never to be seen again. The vast majority were young men and women involved in labor unions, political organizations or student movements with left-wing ideologies, including Catholic priests and nuns who embraced liberation theology, a movement within the church that interprets the gospel of Jesus Christ through the experiences of poor people and the oppressed.

In April 1977, roughly a year after young Argentines first began vanishing, 14 women gathered in the Plaza de Mayo, a central square in Buenos Aires that faces the presidential palace. They were searching for their sons and daughters, who had been detained by the police or the military.

Some of these arrests had taken place at night, in the homes where these young victims lived with their families. In those cases, the women – who came to be known as the Madres de la Plaza de Mayo, or Mothers of the Plaza de Mayo – knew their children had been taken by security forces. In other cases, their children had simply failed to return home. Nothing was known of their whereabouts. They had disappeared.

Even those who had been detained at home had disappeared, too, as their location remained unknown.

Later, the nation would learn that many of the regime’s victims were tortured, then flown in airplanes over the nearby River Plate and dropped into the water on so-called “death flights.” All this information was compiled in a 1984 report written during the first democratic government after military rule and published under the name “Nunca Mas”: Never again.

The Mothers didn’t know that yet. They wanted their children back – alive.

Demonize, deny, discredit

The dictatorship had imposed a state of siege prohibiting all forms of assembly. To technically evade this restriction, the Mothers walked in circles around the plaza, avoiding the concentration of people in any single location, demanding truth and justice.

The regime reacted by systematically attempting to discredit the grieving women. To weaken their moral authority, state-controlled media labeled them as emotionally unstable “mad women.” The were called Las Locas de Plaza de Mayo instead of the Madres de Plaza de Mayo.

Regime media also suggested the Mothers were political subversives with links to guerrilla groups and members of foreign organizations out to damage Argentina’s international reputation.

Officials accused the women of exaggerating or inventing kidnappings and sometimes mocked their ever-growing weekly marches. By attacking their credibility and dignity, the dictatorship sought to undermine public sympathy and maintain a climate of fear.

At first, this narrative worked. Early in the dictatorship, many Argentines viewed the Mothers with ambivalence, skepticism or even fear. Others, while privately sympathetic, avoided expressing support due to fear of repression and social consequences.

The government’s attacks were not only rhetorical. In 1977, three of the founding Mothers – Esther de Balestrino, Azucena Villaflor and Mary Ponce de Bianco – disappeared when a group of military personnel stormed the Church of the Holy Cross in Buenos Aires. Twelve other people were abducted. None have ever been found.

The Mothers received substantial support from abroad. International human rights organizations, foreign journalists and religious institutions all played a crucial role in legitimizing their claims and broadcasting their struggle to the world.

France, in particular, helped publicize the Mothers’ cause in Europe, which put diplomatic pressure on the Argentine regime. This international solidarity contributed significantly to breaking the dictatorship’s silence and exposing its crimes.

Over time, as evidence of systematic forced disappearances became undeniable, public perception of the Mothers gradually shifted in Argentina, too. The Mothers came to be seen as a brave force for moral resistance.

A democracy built in part by mothers

In 1982, the military dictatorship invaded the South Atlantic islands known in Argentina as the Malvinas, or Falklands. The land has been British since 1833, but Argentina’s generals claimed sovereignty. Argentina was quickly defeated, and the military government fell.

After democratic elections were held in October 1983, the Mothers continued their efforts to uncover the histories of their children and to find and bury their remains. Many also started working to locate their grandchildren who had been born in captivity and illegally adopted after their parents were disappeared.

Their dedication to recovering their loved ones exposed the full extent of the regime’s atrocities.

Seated women, some wearing the white banadana, hold black and white photos of missing loved ones.
Argentines hold images of disappeared people in Buenos Aires during the trial of Argentina’s last dictator in 2010.
Rolando Andrade Stracuzzi Source/AP

In 1983, President Raúl Alfonsín, who reestablished Argentine democracy, established the National Genetic Data Bank to identify kinship between the parents and children of the disappeared. Thousands of analyses were conducted on children suspected of being born in captivity and illegally adopted by military families.

More than 120 grandchildren have since been identified.

The Mothers and children of the disappeared have also played a fundamental role in convicting dozens of military officials for crimes against humanity. As direct witnesses to the long-term consequences of forced disappearance, they have repeatedly testified against military officials.

The Mothers’ activism, which continues today, has helped sustain public pressure in Argentina for accountability and to transform private trauma into collective political action.

The killings in Minneapolis inspired me to recount this story for a simple reason: The government can protect, condemn or kill. Argentine history shows that it matters how society reacts to state terrorism.

This story was produced in collaboration with Rewire News Group, a nonprofit news organization that covers reproductive health.

The Conversation

Laura Tedesco is an Amnesty International donor.

ref. How government killings and kidnappings in Argentina drove mothers to resist and revolt − and eventually win – https://theconversation.com/how-government-killings-and-kidnappings-in-argentina-drove-mothers-to-resist-and-revolt-and-eventually-win-273440

Air pollution crosses borders, and so must the policies aimed at tackling it

Source: The Conversation – Canada – By Harshit Gujral, Ph.D. Student, Department of Computer Science, University of Toronto

Parts of India, including the capital Delhi, were once again covered in thick smog recently as toxic pollution from industry and crop-burning engulfed the region. Even though India’s National Clean Air Programme has advanced clean air action, air pollution remains a reoccurring problem.

Reliably protecting public health will require tighter co-ordination across orders of governments and departments. Air pollution is shaped by different economic sectors, weather, geography and siloed institutions. Single-sector fixes alone, like pausing construction or banning older vehicles, are unlikely to deliver system-wide change.

That’s why our team conducted a study to map air quality governance in India as an interconnected system, linking the parts that determine what gets measured, what gets enforced, what gets funded and what persists beyond city boundaries.

In addition to the authors of this article, our research team included Christoph Becker and Teresa Kramarz from the University of Toronto, Om Damani and Anshul Agarwal at the Indian Institute of Technology Bombay and Ronak Sutaria from the environmental consultant Respirer Living Sciences.

Our goal was to identify leverage points in current governance where shifts could deliver the greatest pollution-related health benefits.

If we want clean air to be a public service, we need pathways for communities to participate meaningfully. Our research argues for steady funding and training to build community monitoring literacy so accountability and action persist beyond political cycles.

Developing hyper-local monitoring

One hopeful example comes from the city of Bengaluru in the south of the country.

In this case, community groups installed monitors near schools and hospitals, using the data to spotlight the problem and seek court-mandated enforcement — underscoring the need for clear pathways to use community-generated data in enforcement.

The efforts by the communities aren’t meant to be a substitute for government enforcement. The point is to empower communities and give them a real choice in a system where they have very little voice.

The government monitors air pollution to track pollution levels over time and across locations, and to evaluate whether policies and enforcement are improving air quality.

Although India does need to scale monitoring capacities and make them equitable, we already have enough data streams from satellite observations, reference-grade monitors and low-cost sensors.

The real governance gap is in how these data streams can be used for action: standards for calibration in local conditions, quality assurance and control, and protocols for integrating evidence into enforcement and planning.

We recommend certification and quality assurance and control protocols for hyper-local monitoring so agencies can rely on the data for decisions and enforcement.

Cities elsewhere in the world have treated hyper-local monitoring as more than an awareness tool. In London, the Breathe London programme deployed hundreds of sensors alongside existing reference-grade monitors under a defined quality-assurance framework.

This data played a critical role in identifying street-level pollution hotspots, evaluating traffic interventions and assessing the impacts of policies such as the city’s Ultra Low Emission Zone. Indian governments can learn from this example.

When data is standardized for defined-decision contexts, it enables decision-making.

Governing the airshed

Air pollution does not respect regional or city boundaries. Yet, the National Clean Air Programme often assigns actions to cities, even when cities cannot control a large share of the pollution they face. For example, even when Delhi tightens local restrictions of cars or construction, at least a dozen coal-fired power plants near the city continue to operate without key pollution filters.

This is why we need governance at the airshed scale. An airshed is a region where local weather and geography, such as mountains, influence how air and pollutants move.

Governments must look at how air pollution spreads in an area, then develop rules for co-ordinating across jurisdictions. That means setting out clear roles for different departments, establishing shared data standards and creating dispute-resolution mechanisms so co-ordinated efforts can address the issue effectively.

Right now, the Clean Air Programme is centred on cutting the level of particulate matter in the air by roughly 20-30 per cent. A more actionable approach is figuring out which sectors are driving the airshed pollution — namely transport, construction, industry, power, waste and household fuels — and what sector-specific targets and timelines would actually lead to healthier air.

India’s Commission for Air Quality Management (CAQM), for example, was created specifically to put airshed-level management into practice across state and jurisdictional boundaries under the National Clean Air Programme.

The hardest part is assigning enforceable responsibilities across ministries (like power, transport, agriculture, industry, urban development) at the national, state and local levels, as well as across states.

For instance, agencies like CAQM (and NCAP more broadly) can take airshed-wide pollution inventories (estimates of how much pollution comes from different sources and sectors across an airshed) and translate them into short-term, sector-by-sector targets for each ministry, with deadlines and clear accountability.

Rewrite the objective to protect health

In our paper, we recommend expanding regulatory goals to include public health protection, in addition to meeting particulate matter targets. Putting health at the centre can shape governmental priorities, pushing agencies to focus first on the sources people are most exposed to.

As Ronak Sutaria, the founder and CEO of Respirer Living Sciences and a co-author of our study, told us:

“Air pollution isn’t an environmental statistic; it’s a public-health emergency that shows up in asthma, heart disease and hospital admissions. When we map air quality at the neighbourhood level and link it to health outcomes, clean air can move from a promise to a right — because communities can see what they’re breathing and what it means for their health, and that changes what polluters can get away with.”

A health-first objective also pushes governance toward equity, because exposure burdens are unevenly distributed across different segments of the population.

This an opportunity to align clean-air action with climate goals, while the up-front costs for mitigation are almost always offset by avoided health costs and higher productivity.

Airsheds differ, and so must actions to clean up the air. The value of systems thinking is that it offers a common way to understand what is limiting progress locally and design governance that fits local realities.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Air pollution crosses borders, and so must the policies aimed at tackling it – https://theconversation.com/air-pollution-crosses-borders-and-so-must-the-policies-aimed-at-tackling-it-273094

Geopolitics will cast a long shadow over the 2026 Milan Cortina Winter Olympic Games

Source: The Conversation – Canada – By Noah Eliot Vanderhoeven, PhD Candidate, Political Science, Western University

This winter’s Olympic games will not be a normal international sporting event. A cloud of geopolitical tension looms over the Milan Cortina Winter Olympics, as well as the upcoming FIFA Men’s World Cup.

The tension escalated after Prime Minister Mark Carney’s speech at the World Economic Forum, where he spelled out his vision for a new world order for middle powers. It stood out starkly against United States President Donald Trump’s own speech at Davos, where he continued expressing his interest in acquiring Greenland from Denmark.

As a result, the 2026 Winter Olympics will likely disrupt the International Olympic Committee’s stated goal of sport bringing the world together under one banner in unique ways. Rather than muting political conflict, the Games may amplify it.

The politics behind Olympic host nations

The unifying mission of the Olympics already sits uneasily alongside previous debates over the morality of hosting the Games in repressive states. For decades, critics have argued that such regimes use the Games to improve their global image and advance their political and economic goals.

International sports events provide widespread media coverage and brand exposure. That spotlight is particularly attractive for authoritarian and repressive regimes seeking legitimacy on the world stage.

Access to a western audience provides these states with the opportunity to “sportswash” their legitimate authority through a carefully curated image.




Read more:
How repressive regimes are using international sporting events for nation-building


Repressive regimes have increasingly pursued this strategy. Research shows that the share of international sporting events hosted by autocracies fell from 36 per cent in 1945-88 to 15 per cent in 1989-2012, but has rebounded to 37 per cent since 2012.

Sportswashing and the Olympic bargain

Sportswashing involves the use of sport to redirect public attention away from unethical conduct. In the case of international sporting events, the aim is typically to improve the reputation of the host nation by using the immense popularity of sport to “wash” away scrutiny linked to human rights abuses or democratic backsliding.

Sportswashing can also work to establish broader global acceptance of repressive regimes, particularly when western institutions accept their wealth and acquiesce to their goals.

International sporting organizations also stand to gain from this arrangement as well. Authoritarian hosts are more likely to acquiesce to demands to build costly, single-use sport facilities, as they do not face the kind of democratic backlash that could arise after using public funds for an event that carries little public benefit.

In some cases, these regimes have even been willing to bribe officials to gain the votes necessary to win bids to host these sporting events.

From sportswashing to nationalism

There is often a symbiotic relationship between repressive regimes and international sporting organizations. However, the Milan–Cortina Games are unlikely to serve up the sportswashing narratives we have seen recently. Instead, the political stories of the 2026 Winter Olympics are likely to be more explicitly nationalist.

Sport is a powerful vehicle for national rhetoric. It can reinforce a person’s social identity or how they see themselves in relation to others by encouraging people to see themselves as a member of a team or country, and celebrating victory as a collective success or interpreting defeat as a symbolic loss.

Sport also possesses powerful symbolism that can be exploited to great affect in forming a coherent national identity. In this way, sporting events can reinforce national identity as an objective symbol that connects to primitive forms of national ideology.

Political tensions heading into Milan Cortina

In the lead-up to the 2026 Winter Olympics, a series of geopolitical flashpoints has intensified political tensions surrounding the Games. These include the U.S. invasion of Venezuela, Trump’s desire to annex both Greenland and Canada and his ongoing trade disputes with traditional allies.

Whether it’s tension between the European Union and the U.S. or between Canada and the U.S., there are many story lines that can serve as galvanizing moments for nationalist rhetoric.

The 4 Nations Face-Off, won by Canada a year ago, demonstrated how quickly Canada and the U.S. can mobilize Canadian nationalism amid tense trade negotiations. Any Olympic ice hockey matchup between the two countries will feed into the national imagination of both countries and their political leaders.

Denmark and the U.S. are also in the same group in the men’s ice hockey tournament, meaning they are guaranteed to play each other in the round-robin phase.

The men’s ice hockey tournament at the 1980 winter Olympics in Salt Lake City, Utah, served as a pivotal moment in the Cold War. When the underdog U.S. beat the favoured Soviet Union Red Army team, it was deemed the “Miracle on Ice.”

Given Trump’s threats against Greenland, a Danish territory, the Olympics matchup between the two teams could serve as Denmark’s own “miracle on ice” moment.

A medal table ripe for political spin

Beyond ice hockey, this is shaping up to be a Winter Olympics the U.S. is likely to perform quite well in. Traditional winter powerhouses Norway and Russia are both facing scandals or exclusion.

Norway, the all-time leader in medals in Winter Olympics history, is facing a massive cheating scandal in ski jumping but is generally a powerhouse in the nordic sports and skiing events. Russian athletes remain barred from competing under their national flag due to the war in Ukraine and are only permitted to participate as vetted Individual Neutral Athletes.

Trump is likely to make a big deal about any strong American performance, framing any success in contrast to both the EU and Canada.

During his second term in office, Trump has welcomed numerous athletes to the White House and publicly linked sporting success to national strength. He celebrated American participation at the Ryder Cup golf tournament and the 4 Nations Face-off, even when those contests ended in U.S. defeats.

A successful Winter Olympics could therefore provide political capital at a sensitive moment. Amid his attack on Venezuela and stated goal of acquiring Greenland, major soccer countries and EU powerbrokers — including France and Germany — have started to tentatively reconsider their participation in the 2026 Men’s World Cup, hosted in large part by the U.S.

But first, the 2026 Winter Olympics will serve up a menu of matchups that stand to serve the nationalist goals of Trump, Carney and leaders across the European Union.

The Conversation

Noah Eliot Vanderhoeven does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Geopolitics will cast a long shadow over the 2026 Milan Cortina Winter Olympic Games – https://theconversation.com/geopolitics-will-cast-a-long-shadow-over-the-2026-milan-cortina-winter-olympic-games-273764

Seguir el rastro del dinero de Europa: las cifras de la inversión en ciencia contradicen el discurso

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rodrigo Maia Valença, Personal de investigación, Oficina de Proyectos Internacionales, Universidade da Coruña, Universidade da Coruña

El futuro es Europa. Edificio en Bruselas. Wikimedia commons, CC BY

La UE habla de algoritmos, datos e inteligencia artificial como si en ellos se jugara todo su futuro. En el debate político y en los medios de comunicación la inversión en IA y tecnología ocupa un lugar central. Sin embargo, cuando se sigue el rastro del dinero, los datos contradicen el relato dominante.

La mayor parte de la financiación de Horizonte Europa se dirige a ámbitos relacionados con el clima, la energía y el medio ambiente. Los proyectos en el área de la salud presentan, en promedio, presupuestos más elevados, mientras que la industria y las tecnologías digitales destacan por ser la temática con mayor oferta de proyectos, pero ninguno de estos dos ámbitos domina el volumen total de recursos. Las ciencias sociales y humanas, por su parte, ocupan un lugar claramente secundario.

He realizado un análisis de uno de los pilares del programa Horizonte Europa, el actual marco de investigación e innovación de la Unión Europea. En concreto, me centro en el Pilar II, relativo a los Desafíos Globales y Competitividad Industrial Europea para el periodo 2026–2027. Se trata de un instrumento de financiación y de una declaración de intenciones: a través de estos presupuestos, Bruselas decide qué problemas merecen atención prioritaria y qué tipo de sociedad aspira a construir.

Verde, digital y democrática

Para 2025–2027, la Comisión Europea subrayó tres metas estratégicas: la transición verde, la transición digital y el refuerzo de una Europa competitiva, inclusiva y democrática. Veamos cuanto dinero se ha destinado a cada una de esas grandes metas para ver qué mensaje transmite su distribución presupuestaria sobre la dirección que Europa quiere tomar.

En el Pilar II de Horizonte Europa se reparten más de 6 900 millones de euros entre 1 096 proyectos, con una financiación media de 6,3 millones de euros por proyecto.

La distribución del presupuesto por grandes áreas ofrece una primera visión de conjunto (véase Figura 1). A partir del análisis detallado de los datos, es posible extraer tres ideas principales.

Salud y industria

Los proyectos individuales vinculados a la salud cuentan, de media, con presupuestos superiores al conjunto, un 35 % más altos. En cambio, el área de mundo digital, industria y espacio concentra el 25 % de la oferta total de proyectos.

La primera razón de ello es que la investigación biomédica implica ensayos clínicos complejos; la segunda suele estar relacionada con la necesidad de mantener la competitividad industrial europea. Sin embargo, estos ámbitos no concentran la mayor parte del presupuesto total.

El caso de la inteligencia artificial presenta una mayor complejidad en el seguimiento de la financiación, dado su carácter transversal. La IA se incorpora de distintas formas en el conjunto del programa Horizonte Europa para impulsar objetivos específicos, sin constituir una prioridad independiente.

Clima y medio ambiente: donde se concentra el grueso del dinero

El mayor volumen de financiación se dirige a los ámbitos relacionados con el clima, la energía, la movilidad, la agricultura y el medio ambiente. Estas áreas absorben cerca del 46 % del presupuesto total, unos 3 200 millones de euros. Mirando solo la cifra desnuda, este bloque recibe más del doble de los recursos dedicados a digitalización, industria y el espacio, que se queda en 1 520 millones de euros.

La distribución del presupuesto señala la transición ecológica, y la inversión verde, como eje central de la visión europea de futuro, en línea con evaluaciones del Banco Central Europeo.

Las ciencias sociales en segundo plano

El punto más débil del reparto aparece en los ámbitos sociales. Los bloques dedicados a la cultura, la creatividad, la sociedad inclusiva y a la seguridad civil son los que reciben menos recursos, tanto en términos absolutos como relativos. En conjunto, no alcanzan el 15 % del total. Son los únicos que incorporan explícitamente la palabra “sociedad” en su denominación. Esto no es nuevo. Históricamente, la UE ha priorizado las ciencias naturales, la competitividad industrial y la innovación tecnológica, relegando las ciencias sociales y las humanidades a un papel secundario.

Diversos trabajos académicos apuntan que la tecnología y la inteligencia artificial deben integrarse con las humanidades y las ciencias sociales y económicas. No son ámbitos excluyentes: se refuerzan mutuamente. Los avances técnicos solo tienen sentido cuando responden a necesidades sociales reales.

La dimensión humana como reto

El balance que dibujan los presupuestos es más sobrio de lo que sugieren los grandes anuncios. Europa sitúa la sostenibilidad en el centro de su inversión, con la inteligencia artificial y el desarrollo tecnológico como medios para alcanzar esos fines, no como objetivos en sí mismos. Encaja claramente con lo defendido por la European Climate Foundation, que destaca la necesidad de una transición industrial competitiva e inclusiva orientada hacia una economía sostenible.

La dimensión humana del cambio sigue siendo el aspecto más débil del reparto. Como se ha señalado en distintos análisis críticos, ninguna forma de inteligencia artificial puede sustituir el factor humano, y la inversión pública debería orientarse a beneficios sostenibles y duraderos para la sociedad.

El próximo programa, Horizonte Europa 2028–2034, promete ser más grande, más rápido y con mayor impacto. El desafío, sin embargo, no será solo invertir más, sino garantizar que la transición verde, la digital y la competitividad europea avancen de forma coordinada, sin perder su dimensión humana.

Seguiremos el rastro del dinero para comprobar hasta qué punto el discurso político se traduce en las cifras.

The Conversation

Rodrigo Maia Valença no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Seguir el rastro del dinero de Europa: las cifras de la inversión en ciencia contradicen el discurso – https://theconversation.com/seguir-el-rastro-del-dinero-de-europa-las-cifras-de-la-inversion-en-ciencia-contradicen-el-discurso-272102