Les plateformes de streaming, repaire d’une génération en quête de repères : le cas Twitch

Source: The Conversation – in French – By Lucas Pithon, Maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie, Université d’Angers

Les plateformes de streaming représentent un fait social qui ne se résume pas au drame de la mort en direct du streamer Jean Pormanove sur la plateforme Kick. Une analyse récente de Twitch montre en effet comment ces espaces en ligne peuvent participer à la construction identitaire de jeunes adultes, si la modération, la régulation, l’accompagnement et l’éducation numérique sont au rendez-vous.


La mort en direct du streamer français Jean Pormanove sur la plateforme Kick, après douze jours de diffusion en continu marqués par des humiliations et des violences encouragées par le public, a suscité une vive émotion.




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Si cet épisode tragique révèle une dérive inquiétante quant à la consommation en direct du spectacle de la souffrance, il met aussi en lumière un fait social, le rôle central qu’occupent désormais les plateformes de streaming dans la vie de ses principaux utilisateurs, les jeunes adultes.

Les plateformes de streaming, signe d’un malaise générationnel ?

Au-delà du fait divers, cette affaire semble signer le symptôme d’un malaise générationnel profond, qui plonge ses racines dans les circonvolutions d’un monde particulièrement instable. Les repères traditionnels – travail stable, éducation, couple, famille, trajectoire linéaire – s’effritent et les institutions politiques peinent à suivre le rythme des réalités sociales, dans un climat marqué par la montée des populismes et une incertitude climatique et géopolitique croissante.

Si ces métamorphoses ouvrent de nouvelles possibilités, elles participent aussi au sentiment de flottement qui accompagne l’entrée dans l’âge adulte.

L’individu porte, seul, la responsabilité de construire son avenir.

Dans ce contexte, certaines plateformes numériques prennent une place surprenante. C’est le cas de Twitch, espace en ligne où des vidéastes (streamers) diffusent en direct des parties de jeux, des discussions ou des émissions interactives sur des sujets aussi divers que variés. Des centaines de milliers de jeunes s’y connectent chaque jour. Mais au-delà du divertissement, que viennent-ils y chercher ? Selon nous, leurs usages de Twitch traduisent autant un besoin de lien social et de reconnaissance qu’une manière de se positionner dans un monde fragmenté.

Twitch : un lieu pour se construire

En effet, notre étude le montre : loin d’incarner, comme certains discours tendent à le soutenir, un temple moderne de l’addiction, Twitch apparaît au contraire, pour ses utilisateurs, comme un espace d’expérimentation, de partage et de découverte des différentes facettes de leur personnalité.

La plateforme fonctionne comme un lieu de socialisation et de construction de l’identité. Les jeunes adultes y trouvent un espace dans lequel leurs passions – parfois marginalisées dans la société, comme les jeux vidéo, l’informatique ou la culture Internet – deviennent des sources légitimes de reconnaissance et de valorisation. En outre, l’interactivité, les codes partagés ainsi que les références culturelles et générationnelles communes participent à la création d’un langage collectif et d’un sentiment d’appartenance.

Plus globalement, Twitch permet de s’exposer anonymement à une variété de sujets allant du divertissement aux débats politiques ou scientifiques, en passant par le militantisme, l’art, l’apprentissage, la spiritualité, ainsi que les questions de genre ou de sexualité, qui contribuent au développement personnel et social des utilisateurs.

Un « safe-space » disponible sur demande

Cette possibilité repose sur le fait que Twitch est une plateforme encadrée, à la fois par des règles internes et par des équipes de modération choisies par les streamers. Cela en fait un espace sûr, où l’on ne peut ni tout dire ni tout faire, contrairement à Kick. Ce cadre sécurisant offre un lieu de reconnaissance que les utilisateurs peuvent mobiliser à tout moment, notamment pour partager des moments difficiles avec d’autres.

Certains décrivent Twitch comme une « bulle sociale », où l’on se sent à l’aise, respecté, et parfois mieux compris que dans son entourage réel. La plateforme agit ainsi comme une zone tampon, capable d’apaiser les doutes, émotions et incertitudes du passage à l’âge adulte. Fait notable, le sentiment de connexion persiste même sans communication directe : la simple présence sur un live suffit à éprouver le plaisir d’appartenir à un collectif, d’être et de faire avec les autres.

C’est ce dont témoigne Clémence, 22 ans :

« Il y a un côté euh… rassurant, safe place un peu, un peu cocon rassurant. […] Enfin voilà c’est (le streamer, ndlr) quelqu’un que je connais bien et du coup le fait de pouvoir l’avoir à… à disposition d’un claquement de doigts, boom ! je peux le mettre sur mon écran à gauche là quand je veux pour qu’il… pour qu’il fasse le saltimbanque là… »

Dans la société contemporaine, cette possibilité revêt une importance capitale tant elle participe à briser « l’épidémie de solitude » qui fait rage chez les jeunes adultes. Twitch offre la possibilité de rencontrer (même passivement) un ou des autres, avec lesquels on a le sentiment de partager quelque chose.




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Cette notion de partage est d’ailleurs capitale pour la plupart des utilisateurs interrogés. Si l’on vient sur la plateforme, c’est d’abord pour investir une communauté dans laquelle on se reconnaît et avec qui on a le sentiment de partager le même univers, le même rapport au monde, qui s’exprime dans les centres d’intérêt, les valeurs, ou même les points de vue politiques convergents.

Le rôle central du diffuseur

Toutefois, cette dynamique collective ne prend sens qu’à travers celui ou celle qui l’incarne et la fédère. En effet, c’est autour du diffuseur que se cristallisent les affinités : sa personnalité, sa manière d’interagir, sa régularité et son authenticité donnent chair au collectif et comptent énormément dans l’attachement que les spectateurs développent à son égard. Pour beaucoup d’adultes en émergence, cette relation, bien qu’asymétrique, prend une dimension affective forte : le streamer devient une présence familière, réconfortante, voire même inspirante.

Dans une société où les figures tutélaires traditionnelles tendent à se raréfier ou à être en décalage avec les modes de vie et aspirations contemporaines, le créateur ou la créatrice incarne alors une figure d’idéal, une version possible de soi, qui encourage à s’épanouir et à oser être soi-même. C’est à la fois quelqu’un dont on a le sentiment qu’il nous ressemble mais c’est aussi, et peut-être surtout, quelqu’un à qui, sous certains aspects, l’on aurait bien envie de ressembler.

C’est ce qu’expliquent des spectateurs que nous avons rencontrés dans nos travaux de recherche :

« J’ai les mêmes délires que lui et tout, il aime bien tel jeu, ben l’avantage c’est que c’est un peu un sceau de validation pour moi. » (Alexandre, 25 ans)

ou encore

« Donc voilà, y a l’idée de pouvoir s’identifier au mec je sais pas… de pouvoir partager quelque chose avec lui au niveau de la personnalité, de pouvoir lui ressembler. » (Léo, 20 ans)

Dès lors, l’on comprend mieux le risque de l’absence de modération dans l’investissement de certains « modèles » : sans garde-fous, l’influence qu’ils exercent peut glisser de l’inspiration bienveillante à la promotion de conduites destructrices, faisant de la communauté non plus un bord protecteur, mais une chambre d’écho dangereuse pour les identités les plus vulnérables.

Au-delà du virtuel, de nouveaux rituels sociaux

Enfin, il nous semble important de situer Twitch au-delà de la sphère numérique du spectacle car la plateforme donne également lieu à des formes inédites de rassemblements collectifs.

Le Zevent, événement caritatif français en est peut être l’exemple le plus éclatant. Pendant tout un week-end, des dizaines de créateurs unissent leurs voix et leurs communautés autour d’une cause commune, récoltant chaque année des millions d’euros pour des associations.

Mais ce qui s’y joue excède de loin la performance financière. Ces rassemblements fonctionnent comme de nouveaux rituels sociaux, où l’exaltation partagée et le sentiment d’unité réintroduisent du commun dans un monde fragmenté.

La participation collective au bien commun rejoue, dans un langage contemporain, les logiques du fonctionnement démocratique : chacun, par sa présence, son don ou même son simple soutien symbolique, contribue à une œuvre qui dépasse ses intérêts individuels.

Twitch devient alors le support d’une réintégration des individus au tissu social, là où une génération parfois décrite comme égocentrée, isolée ou désabusée montre au contraire sa capacité à inventer de nouvelles formes de solidarité et d’appartenance.

L’affaire Jean Pormanove rappelle toutefois combien ces espaces demeurent fragiles, et combien la modération, la régulation, l’accompagnement et l’éducation numérique sont cruciaux pour préserver leur potentiel social. Car au-delà du divertissement, c’est bien une partie de la vie collective qui s’y joue : celle d’une génération qui expérimente, en direct, de nouvelles manières d’être au monde.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Les plateformes de streaming, repaire d’une génération en quête de repères : le cas Twitch – https://theconversation.com/les-plateformes-de-streaming-repaire-dune-generation-en-quete-de-reperes-le-cas-twitch-270111

Thousands of genomes reveal the wild wolf genes in most dogs’ DNA

Source: The Conversation – USA – By Audrey T. Lin, Research Associate in Anthropology, Smithsonian Institution

Modern wolves and dogs both descend from an ancient wolf population that lived alongside woolly mammoths and cave bears. Iza Lyson/500px Prime via Getty Images

Dogs were the first of any species that people domesticated, and they have been a constant part of human life for millennia. Domesticated species are the plants and animals that have evolved to live alongside humans, providing nearly all of our food and numerous other benefits. Dogs provide protection, hunting assistance, companionship, transportation and even wool for weaving blankets.

Dogs evolved from gray wolves, but scientists debate exactly where, when and how many times dogs were domesticated. Ancient DNA evidence suggests that domestication happened twice, in eastern and western Eurasia, before the groups eventually mixed. That blended population was the ancestor of all dogs living today.

Molecular clock analysis of the DNA from hundreds of modern and ancient dogs suggests they were domesticated between around 20,000 and 22,000 years ago, when large ice sheets covered much of Eurasia and North America. The first dog identified in the archaeological record is a 14,000-year-old pup found in Bonn-Oberkassel, Germany, but it can be difficult to tell based on bones whether an animal was an early domestic dog or a wild wolf.

Despite the shared history of dogs and wolves, scientists have long thought these two species rarely mated and gave birth to hybrid offspring. As an evolutionary biologist and a molecular anthropologist who study domestic plants and animals, we wanted to take a new look at whether dog-wolf hybridization has really been all that uncommon.

Little interbreeding in the wild

Dogs are not exactly descended from modern wolves. Rather, dogs and wolves living today both derive from a shared ancient wolf population that lived alongside woolly mammoths and cave bears.

In most domesticated species, there are often clear, documented patterns of gene flow between the animals that live alongside humans and their wild counterparts. Where wild and domesticated animals’ habitats overlap, they can breed with each other to produce hybrid offspring. In these cases, the genes from wild animals are folded into the genetic variation of the domesticated population.

For example, pigs were domesticated in the Near East over 10,000 years ago. But when early farmers brought them to Europe, they hybridized so frequently with local wild boar that almost all of their Near Eastern DNA was replaced. Similar patterns can be seen in the endangered wild Anatolian and Cypriot mouflon that researchers have found to have high proportions of domestic sheep DNA in their genomes. It’s more common than not to find evidence of wild and domesticated animals interbreeding through time and sharing genetic material.

That wolves and dogs wouldn’t show that typical pattern is surprising, since they live in overlapping ranges and can freely interbreed.

Dog and wolf behavior are completely different, though, with wolves generally organized around a family pack structure and dogs reliant on humans. When hybridization does occur, it tends to be when human activities – such as habitat encroachment and hunting – disrupt pack dynamics, leading female wolves to strike out on their own and breed with male dogs. People intentionally bred a few “wolf dog” hybrid types in the 20th century, but these are considered the exception.

a wolfish looking dog lies on the ground behind a metal fence
Luna Belle, a resident of the Wolf Sanctuary of Pennsylvania, which is home to both wolves and wolf dogs.
Audrey Lin

Tiny but detectable wolf ancestry

To investigate how much gene flow there really has been between dogs and wolves after domestication, we analyzed 2,693 previously published genomes, making use of massive publicly available datasets.

These included 146 ancient dogs and wolves covering about 100,000 years. We also looked at 1,872 modern dogs, including golden retrievers, chihuahuas, malamutes, basenjis and other well-known breeds, plus more unusual breeds from around the world such as the Caucasian ovcharka and Swedish vallhund.

Finally, we included genomes from about 300 “village dogs.” These are not pets but are free-living animals that are dependent on their close association with human environments.

We traced the evolutionary histories of all of these canids by looking at maternal lineages via their mitochondrial genomes and paternal lineages via their Y chromosomes. We used highly sensitive computational methods to dive into the dogs’ and wolves’ nuclear genomes – that is, the genetic material contained in their cells’ nuclei.

We found the presence of wild wolf genes in most dog genomes and the presence of dog genes in about half of wild wolf genomes. The sign of the wolf was small but it was there, in the form of tiny, almost imperceptible chunks of continuous wolf DNA in dogs’ chromosomes. About two-thirds of breed dogs in our sample had wolf genes from crossbreeding that took place roughly 800 generations ago, on average.

While our results showed that larger, working dogs – such as sled dogs and large guardian dogs that protect livestock – generally have more wolf ancestry, the patterns aren’t universal. Some massive breeds such as the St. Bernard completely lack wolf DNA, but the tiny Chihuahua retains detectable wolf ancestry at 0.2% of its genome. Terriers and scent hounds typically fall at the low end of the spectrum for wolf genes.

a dog curled up on the sidewalk in a town
A street – or free-ranging – dog in Tbilisi, Georgia.
Alexkom000/Wikimedia Commons, CC BY

We were surprised that every single village dog we tested had pieces of wolf DNA in their genomes. Why would this be the case? Village dogs are free-living animals that make up about half the world’s dogs. Their lives can be tough, with short life expectancy and high infant mortality. Village dogs are also associated with pathogenic diseases, including rabies and canine distemper, making them a public health concern.

More often than predicted by chance, the stretches of wolf DNA we found in village dog genomes contained genes related to olfactory receptors. We imagine that olfactory abilities influenced by wolf genes may have helped these free-living dogs survive in harsh, volatile environments.

The intertwining of dogs and wolves

Because dogs evolved from wolves, all of dogs’ DNA is originally wolf DNA. So when we’re talking about the small pieces of wolf DNA in dog genomes, we’re not referring to that original wolf gene pool that’s been kicking around over the past 20,000 years, but rather evidence for dogs and wolves continuing to interbreed much later in time.

A wolf-dog hybrid with one of each kind of parent would carry 50% dog and 50% wolf DNA. If that hybrid then lived and mated with dogs, its offspring would be 25% wolf, and so on, until we see only small snippets of wolf DNA present.

The situation is similar to one in human genomes: Neanderthals and humans share a common ancestor around half a million years ago. However, Neanderthals and our species, Homo sapiens, also overlapped and interbred in Eurasia as recently as a few thousand generations ago, shortly before Neanderthals disappeared. Scientists can spot the small pieces of Neanderthal DNA in most living humans in the same way we can see wolf genes within most dogs.

two small tan dogs walking on pavement on a double lead leash
Even tiny chihuahuas contain a little wolf within their doggy DNA.
Westend61 via Getty Images

Our study updates the previously held belief that hybridization between dogs and wolves is rare; interactions between these two species do have visible genetic traces. Hybridization with free-roaming dogs is considered a threat to conservation efforts of endangered wolves, including Iberian, Italian and Himalayan wolves. However, there also is evidence that dog-wolf mixing might confer genetic advantages to wolves as they adapt to environments that are increasingly shaped by humans.

Though dogs evolved as human companions, wolves have served as their genetic lifeline. When dogs encountered evolutionary challenges such as how to survive harsh climates, scavenge for food in the streets or guard livestock, it appears they’ve been able to tap into wolf ancestry as part of their evolutionary survival kit.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Thousands of genomes reveal the wild wolf genes in most dogs’ DNA – https://theconversation.com/thousands-of-genomes-reveal-the-wild-wolf-genes-in-most-dogs-dna-261897

Comment Téhéran a transformé une défaite militaire en victoire symbolique

Source: The Conversation – in French – By Hanieh ZIaei, Politologue spécialiste du monde iranien et chercheuse en résidence au CÉRIUM, Université de Montréal

La guerre des douze jours, qui a opposé Israël à la République islamique d’Iran en juin dernier, n’était pas seulement un conflit militaire limité ou une opération dite « ciblée ». Elle a surtout servi de levier de propagande pour Téhéran.

Le conflit a éclaté dans la nuit du 12 au 13 juin, lorsque des frappes israéliennes coordonnées ont surpris Téhéran en visant plusieurs sites militaires, nucléaires et scientifiques. La rapidité et la précision de l’opération ont marqué les observateurs internationaux, avant que la République islamique d’Iran ne réplique par des missiles et des drones, et qu’un cessez-le-feu fragile soit instauré le 24 juin.

Sous l’ancien régime iranien, Israël était considéré comme un allié stratégique. Depuis la révolution islamique de 1979, l’État hébreu n’a jamais été reconnu et a été qualifié de « petit Satan » par l’ayatollah Khomeini. L’Iran considère la création d’Israël comme un acte de colonialisme sur une terre musulmane ; depuis lors, le discours officiel nie la légitimité de cet État en terre d’islam.

En tant que politologue chercheure en résidence au CÉRIUM de l’Université de Montréal, de même que chercheure associée à l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à la chaire Raoul-Dandurand (UQAM), je m’intéresse à l’histoire, la politique et la société de l’Iran contemporain.




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La guerre comme levier de propagande

Ce conflit a offert au régime iranien une occasion de réactiver et de remodeler sa propagande idéologico-politique, en alliant posture victimaire et exaltation d’une fierté nationale puisée dans la mémoire historique et préislamique du pays. Dès le déclenchement des hostilités, les autorités ont adopté un double récit : celui de la victime agressée par Israël et les États-Unis, ses deux ennemis historiques, et celui du gardien de l’intégrité nationale.

Cette stratégie s’inscrit dans une continuité : depuis 1979, la République islamique a toujours instrumentalisé les conflits extérieurs pour consolider sa légitimité interne et revitaliser un discours religieux en perte de souffle.

Dans les médias d’État, Israël est dépeint comme l’agresseur violant le droit international, alors que l’Iran s’est lui-même affranchi de ces normes à plusieurs reprises, notamment lors de la prise d’otages à l’ambassade américaine en 1979 et le non-respect de conventions internationales telles que la Convention de Genève.

Cette rhétorique d’inversion morale renforce l’image d’un Iran « assiégé mais résistant ». Les civils et les sites nucléaires frappés deviennent des symboles de courage et moins de martyre. Le régime reconnaît les dégâts matériels, mais transforme la survie nationale en victoire symbolique : Israël et les États-Unis ont frappé, mais l’Iran, « grande nation résistante », est resté debout.

Fait significatif, le Guide suprême ne parle plus seulement de la « République islamique », mais de l’Iran en tant que civilisation millénaire. Le vocabulaire change : les références à la grandeur perse, aux symboles préislamiques et à la continuité historique du pays remplacent progressivement les slogans religieux. Cette mutation révèle une stratégie claire : nourrir la fibre nationaliste face à l’épuisement idéologique du discours théologique après plus de quatre décennies.

La guerre a également permis au régime de justifier une intensification de la répression intérieure, sous couvert de sécurité nationale. L’arrestation de prétendus « espions » ou « agents sionistes » est présentée non comme une faiblesse sécuritaire, mais comme la preuve de la puissance de l’ennemi et du courage iranien face à lui. Cette rhétorique de l’espionnage, déjà utilisée depuis la révolution de 1979, est amplifiée : toute forme de dissidence devient trahison et peut être condamnée à mort, transformant la peur en outil de contrôle interne.

La cause palestinienne comme vitrine extérieure

La propagande de la République islamique ne se limite pas à un usage interne : elle vise également à mobiliser l’opinion publique arabe et internationale. Lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, le président iranien, Masoud Pezeshkian, a affirmé que la République islamique d’Iran se positionne comme le défenseur du peuple palestinien et le soutien stratégique du Hamas.

Le régime cherche ainsi à présenter sa politique étrangère comme légitime, humanitaire et anticoloniale. Cette narration s’inscrit dans la consolidation de l’« axe de la résistance », une alliance politico-militaire regroupant le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et plusieurs groupes palestiniens, tous unis par l’opposition à Israël et à l’influence américaine au Moyen-Orient.

En s’érigeant en chef de file de cette coalition, la République islamique renforce son poids régional, séduit certains mouvements de gauche internationaux et justifie son soutien matériel et financier au Hamas, notamment depuis les attaques du 7 octobre 2023, présentées comme une prolongation des luttes anticoloniales.

Malgré les pertes subies, le conflit a offert au régime un levier idéologique majeur. Il permet de resserrer le contrôle interne, de réactiver le nationalisme, et de se présenter comme un rempart face aux menaces extérieures. La peur devient un ciment social ; la résistance, un impératif moral. Ce faisant, la guerre ravive une légitimité fragilisée et offre au pouvoir un récit héroïque : celui d’une nation assiégée mais indestructible.

Israël, les États-Unis et la logique de la survie hégémonique

Du côté israélien, la guerre est présentée comme un impératif de sécurité nationale : protéger les citoyens et neutraliser les menaces balistiques iraniennes légitime, selon Israël, les frappes contre Téhéran. Pourtant, cette logique de survie crée un paradoxe : elle nourrit un cycle de représailles sans fin, accélère la course à l’armement et accentue l’instabilité régionale. La démonstration de force se transforme alors en démonstration de vulnérabilité.


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Pour Washington, ce conflit constitue également une scène de démonstration, celle de sa puissance militaire et de sa capacité de dissuasion. En rappelant sa suprématie, les États-Unis cherchent à contenir les ambitions régionales et à préserver leur rôle d’arbitre hégémonique au Moyen-Orient. Mais cette stratégie a un coût : l’espace du dialogue diplomatique s’amenuise, le droit international s’effrite, et les populations civiles deviennent les premières victimes d’un affrontement d’influences où la logique de puissance l’emporte sur celle de la paix.




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Propagande, nationalisme et légitimation

La guerre des douze jours met en lumière la centralité du nationalisme iranien comme instrument idéologique. À mesure que les symboles religieux perdent de leur pouvoir de mobilisation, le régime réactive les mythes de la grandeur perse et de la continuité civilisationnelle pour consolider l’adhésion populaire. La République islamique se redéfinit ainsi comme nation éternelle, substituant au vocabulaire religieux celui de la fierté nationale et de la résistance patriotique. Les martyrs, hier sanctifiés au nom de la foi, le sont désormais au nom de la patrie.

Cette guerre démontre que, dans la région, la force et la propagande demeurent des leviers essentiels de survie politique, mais au prix des populations civiles. Comme l’écrivait Leo Tolstoï dans Guerre et Paix, « l’histoire des peuples est écrasée par les ambitions des puissants ».

La paix véritable ne naîtra ni de la dissuasion militaire ni de la rhétorique victimaire, mais d’une diplomatie fondée sur la reconnaissance mutuelle, la justice et le respect du droit international. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, le cycle de la violence continuera d’être instrumentalisé par des régimes qui transforment la guerre en outil de légitimation et de survie existentielle.

La Conversation Canada

Hanieh ZIaei ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment Téhéran a transformé une défaite militaire en victoire symbolique – https://theconversation.com/comment-teheran-a-transforme-une-defaite-militaire-en-victoire-symbolique-269994

Las matemáticas, desde el País de las Maravillas a la inteligencia artificial

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mª Pilar Vélez Melón, Profesora, Directora del departamento de Matemáticas y Física, IP del grupo Matemáticas y sus aplicaciones, Universidad Nebrija

Alicia con el gato de Cheshire, en un fragmento de la película de Disney (1951). Disney.

Alicia sigue al conejo blanco y cae en la penumbra de la madriguera, sin saber qué le espera al final de aquel abismo. Esta imagen se ha convertido en un símbolo universal: la curiosidad que empuja más allá del sentido común, el impulso de quien se atreve a mirar lo desconocido. En el siglo XIX, cuando Lewis Carroll escribió Alicia en el país de las maravillas, el mundo también caía por su propia madriguera. Los grandes avances científicos generaron la revolución industrial que transformaría la propia ciencia, y también la sociedad. La máquina empezaba a disputarle espacio al pensamiento humano.

Una de las páginas del manuscrito de Alice in Wonderland, que Lewis Carroll presentó a Alice Liddell en 1864. Se conserva en la Biblioteca Británica.
Lewis Carroll.

Entre la razón y el absurdo

Lewis Carroll –seudónimo de Charles Lutwidge Dodgson– fue, antes que escritor, profesor de Matemáticas en la Inglaterra victoriana. Su obra Alicia en el País de las Maravillas está llena de elementos matemáticos camuflados tras juegos de palabras y situaciones absurdas.

La caída interminable de Alicia por la madriguera evoca el concepto de límite clave del cálculo diferencial, mientras que los cambios abruptos de tamaño y forma que experimenta la protagonista evocan incongruencias de proporcionalidad y escala, no presentes en la geometría clásica. Alicia también recita tablas de multiplicar imposibles (“cuatro por seis son trece”) que solo tienen sentido en sistemas de numeración no decimal.

El siglo XIX fue un período de avances matemáticos fundamentales con la creación de la geometría no euclidiana de Nikolai Lobachevsky y Farkas Bolyai, el desarrollo del álgebra abstracta y la teoría de conjuntos infinitos de Cantor. Además, el cálculo diferencial se sistematizó gracias a matemáticos como Cauchy, Riemann y Weierstrass, y se introdujeron conceptos clave como el álgebra de Boole. Estos avances marcaron un antes y un después, separaron las matemáticas de la intuición física y sentaron las bases para la disciplina moderna.

En este contexto, la historia de Alicia es un ejercicio literario y matemático en el que las reglas pueden cambiar sin aviso, imitando el proceso de descubrimiento: avanzar por un camino incierto, donde cada nuevo paso obliga a replantearse los supuestos previos. Melanie Bayley, en su análisis para la revista New Scientist, sostiene que Carroll no solo jugaba con paradojas: lanzaba una crítica velada a la “modernidad matemática” que, para muchos, era tan inquietante como la Reina de Corazones gritando “¡Que le corten la cabeza!”.

Ilustración de John Tenniel del Rey y la Reina de Corazones en el juicio de la Sota de Corazones. (London: Macmillan and Co. 1890).
John Tenniel.

La crítica no era trivial. ¿Cómo aceptar que un concepto abstracto pudiera tener aplicaciones reales? ¿Cómo confiar en geometrías que negaban la intuición del espacio? Carroll convirtió de forma magistral esa tensión en literatura: el sinsentido del País de las Maravillas reflejaba el desconcierto ante una ciencia que parecía perder el suelo firme de la lógica clásica.

Números imaginarios y cuaterniones

Durante siglos, los matemáticos creyeron que un número negativo no podía tener raíz cuadrada. Durante el Renacimiento, matemáticos italianos como Rafael Bombelli proponen las raíces cuadradas de números negativos en la resolución de ecuaciones cúbicas, aunque por mucho tiempo la idea fue vista con escepticismo, pues parecía contradecir las reglas de la naturaleza.

A finales del siglo XVIII y principios del XIX, la unidad imaginaria, i, fue definida por Leonhard Euler y formalizada por Carl Friedrich Gauss como la raíz cuadrada de -1. Esto permitía extender el campo numérico y trabajar con los llamados números complejos o imaginarios. Si bien el propio Gauss expresó ciertas dudas en sus escritos de finales del siglo XVIII, su tratado posterior sobre números complejos estableció en gran medida la notación y la terminología modernas.

Carl Friedrich Gauss (1777-1855).
Jensen.

En 1843, William Rowan Hamilton, buscando extender los números complejos a un número mayor de dimensiones, introdujo unos objetos matemáticos que describen las rotaciones en un espacio tridimensional: los cuaterniones. Volviendo a Alicia: en la fiesta del té del Sombrerero Loco, falta un invitado, el Tiempo, por lo que pasan el resto del día girando y girando. Este pasaje es una parodia sobre las propiedades de los cuaterniones.

Los números imaginarios y los cuaterniones abrieron las puertas a campos que serían fundamentales para el avance tecnológico de los siglos XX y XXI, como la física cuántica, la ingeniería eléctrica y el control de sistemas.

Se trata de un patrón que se repite en a lo largo de la historia: todo avance matemático que ha implicado un cambio de perspectiva genera resistencias, pero acaba revelando su utilidad en avances tecnológicos y sociales disruptivos. Carroll lo expresó en clave poética: “quien deja de preguntarse, deja de crecer”. La historia demuestra que la curiosidad –esa chispa que llevó a Alicia a seguir al conejo– es tanto la semilla del progreso como de la incertidumbre.

Al otro lado del espejo: la inteligencia artificial

A través del espejo, la segunda parte de las aventuras de Alicia, sitúa a la protagonista al otro lado de una superficie aparentemente sólida para ingresar a un mundo donde las reglas se invierten. Hoy, la tecnología nos enfrenta a una experiencia semejante.

Página de A través del espejo y lo que Alicia encontró allí (1871).
John Tenniel.

La inteligencia artificial es quizá el espejo más inquietante de todos. Nació del deseo de entender cómo piensa el ser humano, pero empieza a desarrollar lógicas propias. Modelos capaces de aprender, crear imágenes o redactar textos se multiplican con una rapidez que pocos imaginaban. El asombro inicial ha dado paso a la incertidumbre: ¿qué veremos cuando el espejo nos devuelva una imagen más persuasiva que la realidad misma?

En este juego especular, las preguntas filosóficas y éticas regresan con la fuerza de las paradojas de Carroll. Si una máquina puede escribir un poema convincente o resolver un teorema, ¿dónde comienza y termina la creatividad humana? ¿Seguimos al conejo blanco por curiosidad o porque el algoritmo nos empuja a hacerlo?

Porque, como diría el Gato de Cheshire: “Si no sabes a dónde vas, cualquier camino te llevará allí”. Y en ciencia, ese camino suele empezar con una caída libre… hacia el futuro.

The Conversation

Mª Pilar Vélez Melón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las matemáticas, desde el País de las Maravillas a la inteligencia artificial – https://theconversation.com/las-matematicas-desde-el-pais-de-las-maravillas-a-la-inteligencia-artificial-268522

Así fortalece el ejercicio físico el poder de nuestro sistema inmune contra el cáncer

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro Lucía Mulas, Catedrático de Fisiología del Ejercicio, Universidad Europea

BearFotos/Shutterstock

Alrededor de la mitad de todas las muertes por cáncer podrían prevenirse modificando los factores de riesgo relacionados con el estilo de vida y el medio ambiente. A este respecto, la inactividad física –que está alcanzado proporciones de pandemia– es un condicionante clave, mientras que la actividad regular se vincula con menos incidencia, recurrencia y mortalidad de la enfermedad en adultos. Además, es una asociación independiente de factores de riesgo conocidos como el tabaquismo o la obesidad.

Primeras evidencias

Hace bastante tiempo que la comunidad científica sigue la pista a esas cualidades benéficas del ejercicio. Ya en 1921, Ivar Sivertsen y A. W. Dahlstrom postularon un efecto preventivo de la “actividad muscular” frente al desarrollo de tumores. Basaron su teoría en la observación de que la incidencia de carcinomas era mayor en granjeros norteamericanos ya jubilados y con un estilo de vida sedentario en comparación con sus coetáneos que permanecían físicamente activos hasta los setenta u ochenta años.

Además, los científicos observaron que los carcinomas rara vez se desarrollan en animales con altos niveles de actividad espontánea; por ejemplo, peces en libertad en comparación con peces de piscifactoría, o ratones frente a humanos.

De todos modos, en el siglo pasado aún no se contemplaba si tales efectos estaban vinculados a la función del sistema inmune, a pesar de que ya se había documentado en el maratón de Boston de 1902 el fenómeno de leucocitosis (proliferación de leucocitos o glóbulos blancos, células fundamentales de nuestras defensas) inducida por el ejercicio.

También se conocía el fenómeno de la inmunovigilancia, o sea, la capacidad del sistema inmunitario para detectar las células tumorales y destruirlas: Rudolf Virchow identificó en 1863 que los tumores a menudo estaban infiltrados por leucocitos, mientras que William Coley (considerado como “el padre de la inmunoterapia”) había intentado “condicionar” o sensibilizar el sistema inmunitario de sus pacientes, a través de la exposición a toxinas bacterianas, para tratar el cáncer en 1891.

Pero ¿qué sabemos hoy al respecto?

Un torrente de moléculas activado por los músculos

En primer lugar, tenemos que fijarnos en las propiedades fisiológicas del músculo esquelético (el que usamos cuando nos movemos), ya que este actúa, en cierta medida, como un órgano endocrino que libera decenas de moléculas señalizadoras al torrente sanguíneo. Incluyen principalmente proteínas o pequeños péptidos –por ejemplo, citocinas como la interleucina-6 (IL-6), IL-7, o IL-15–, ácidos nucleicos, lípidos y metabolitos como el lactato. Estas moléculas, que se denominan colectivamente “miocinas”, pueden circular libremente o viajar empaquetadas en unas vesículas microscópicas llamadas exosomas.

Además de ejercer funciones saludables a nivel metabólico y multisistémico (por ejemplo, mejoras en el control de la glucemia o en la quema de grasas), las miocinas producen efectos específicos sobre el sistema inmunológico. Por ejemplo, el músculo en contracción libera IL-6, que aumenta de manera exponencial con la intensidad y la duración del esfuerzo: de hecho, puede alcanzar un incremento de aproximadamente 100 veces sobre los niveles circulantes normales.

Aunque la IL-6 procedente de otras fuentes –como las células inmunitarias– tiene un papel sobre todo proinflamatorio, cuando se libera en el contexto del ejercicio provoca lo contrario: un efecto antiinflamatorio generalizado. Esto ocurre especialmente al inducir la liberación de otras citocinas con propiedades antiinflamatorias (IL-1RA o IL-10) y, a su vez, disminuir los niveles del factor de necrosis tumoral, que es una citocina con una potente función proinflamatoria.

Además, la IL-6 generada por el ejercicio puede unirse a los linfocitos con mayor capacidad para matar tumores –las células natural killer (NK)– y estimular su migración hacia esos tumores. Así lo demostró un grupo escandinavo en 2016, en un trabajo con ratones que dio la vuelta al mundo. Como en general las células NK infiltran muy poco los tumores, estos hallazgos eran prometedores.

El poder del ejercicio intenso y regular

Es importante señalar la importancia de la intensidad con que nos movemos. En los humanos, cada episodio “agudo” de ejercicio (caminar rápido, correr, pedalear, nadar…) de al menos 20 minutos de duración induce un considerable aumento transitorio de linfocitos. Afecta sobre todo a las células con un mayor número de receptores para la adrenalina –la hormona y neurotransmisor del estrés agudo–, que son precisamente aquellas con más capacidad de eliminar células tumorales: células NK, CD8+T y γδT, así como neutrófilos.

En suma, practicar ejercicio de manera intensa y con frecuencia produce dos efectos interesantes: la liberación regular de miocinas antiinflamatorias –hoy sabemos que la inflamación crónica es un sustrato de muchos tipos de cáncer en adultos– y un aumento de la infiltración de células inmunes en tumores. Esto último se ha demostrado, por ejemplo, en pacientes con cáncer de próstata (células NK) o de páncreas (células CD8+T).

Nuestros hallazgos

Además, a lo largo de dos décadas de investigación conjunta en la sección de Oncohematología del Hospital Infantil Universitario Niño Jesús y la Universidad Europea de Madrid, los autores de este artículo también hemos observado los efectos positivos de la actividad física en niños con cáncer.

Así, hemos mostrado cómo el ejercicio realizado en el hospital acelera la reconstitución de las llamadas células dendríticas (que estimulan la respuesta inmune) en niños que reciben un trasplante de médula ósea. Adicionalmente, el ejercicio puede disminuir el riesgo de infecciones a posteriori y mitigar los efectos debilitantes de la quimioterapia sobre la capacidad física.

Por otra parte, ratones con neuroblastoma de alto riesgo –uno de los tumores pediátricos más agresivos– que realizaron ejercicio en cinta rodante experimentaron un aumento de los infiltrados de células inmunes en el tumor. Este incremento afectó, sobre todo, a células mieloides, es decir, las citadas células dendríticas y los macrófagos M2, que parecen tener una acción antitumoral, al menos en modelos animales.

En resumen, no faltan las pruebas de que el ejercicio es un gran aliado para fortalecer y estimular la acción del sistema inmune contra el cáncer, tanto en niños como en adultos.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Así fortalece el ejercicio físico el poder de nuestro sistema inmune contra el cáncer – https://theconversation.com/asi-fortalece-el-ejercicio-fisico-el-poder-de-nuestro-sistema-inmune-contra-el-cancer-269012

Rafael Yuste: “Nos hallamos al comienzo de una revolución darwiniana de la neurociencia”

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Colado, Redactor jefe / Editor de Salud y Medicina, The Conversation

Director del Centro de Neurotecnología de la Universidad de Columbia e ideador de la iniciativa BRAIN, Rafael Yuste (Madrid, 1963) es actualmente una de las figuras más respetadas de la neurociencia. Entre sus múltiples facetas está la de divulgador, como demuestra con maestría en su libro El cerebro, el teatro del mundo (Paidós, 2024). Además, lidera la defensa de los neuroderechos, es decir, la protección legal y ética de la privacidad de la mente humana frente a dispositivos que ya son capaces de descodificar y almacenar nuestros pensamientos más íntimos.

En su último libro no deja de manifestar asombro por ese pedazo de materia, apenas kilo y medio de masa gelatinosa, que llamamos cerebro. ¿Es de verdad algo tan excepcional en la naturaleza?

Se trata posiblemente del sistema biológico más complejo que existe. La biología es algo todavía misterioso, inexplicable: ¿cómo se desarrolla la vida y cómo se autofabrican los animales? Y de todo esto surge el sistema nervioso, una red de neuronas de cifras astronómicas que forman un trillón de conexiones, más que todo el internet de la Tierra. Que la mente surja de esa maraña, me parece una cosa absolutamente increíble. Es justo decir que es el pedazo de materia conocida más asombroso del cosmos.

¿Y en qué estado del conocimiento del cerebro nos encontramos? ¿Todavía tiene que llegar una revolución como la de Darwin en la evolución, o como la de Einstein en la física, para comprender de verdad cómo funciona?

Justamente nos hallamos al comienzo de una revolución darwiniana en la neurociencia. Llevamos más de 100 años, desde los tiempos de Santiago Ramón y Cajal, destripando cerebros y estudiándolos neurona a neurona. Hemos aprendido muchísimas cosas en el último siglo sobre cómo funcionan las neuronas individualmente, de qué están compuestas, qué tipo de proteínas tienen… Yo diría que hemos acumulado un conocimiento bastante grande a nivel molecular y celular. Pero la pieza que falta es saber qué ocurre cuando esas neuronas se conectan entre sí en redes neuronales.

No obstante, ya se adivina lo que puede ser una teoría general del cerebro. Gracias a ella, de repente, empiezan a encajar todas las piezas que estaban sueltas y podemos vislumbrar cómo funciona ese órgano, cuál es su objetivo y qué papel juega cada una de sus partes y cada una de sus neuronas. De ahí que estemos viviendo un momento tan excepcional en la historia de la neurociencia.

Kant señaló que la razón humana está destinada a afrontar preguntas que no puede ignorar, pero que tampoco puede responder. ¿Es el misterio de la conciencia una de esas preguntas que no se pueden contestar? ¿O no hay nada que se le pueda resistir a la ciencia?

Yo creo que la conciencia será entendible científicamente. Empieza a aparecer alguna teoría con visos de explicarla. Simplemente se trata de otra consecuencia del funcionamiento del sistema nervioso como redes neuronales.

Según mi hipótesis del “teatro del mundo”, el cerebro genera un modelo mental donde cada persona y cada elemento presente en nuestra vida existen también mentalmente, con un grupo de neuronas que los representan. Es bastante “de cajón” que uno de esos elementos sea la propia persona o el propio animal. Si entendemos así el funcionamiento del cerebro, la conciencia sería simplemente la existencia del personaje dentro del modelo del mundo que nos representa a nosotros mismos.

Otro tema de debate “caliente” que involucra actualmente a neurocientíficos y filósofos es el del libre albedrío. Algunos de sus colegas, como Robert Sapolsky, niegan incluso que exista. ¿Cuál es su postura al respecto?

Yo propondría que lo que llamamos libre albedrío o libertad de elección es la consecuencia de un montón de circuitos cerebrales que se involucran en ese tipo de decisiones. La mayor parte del procesamiento de la información es inconsciente; solo somos conscientes de una parte muy pequeña de lo que ocurre en nuestro cerebro. Cuando este toma una decisión, en realidad, somos nosotros los que hacemos esa elección y, de repente, se hace consciente.

Aunque en ese momento pensamos que hemos tomado la decisión libremente, desde cierto punto de vista ha sido determinada por todo el proceso que tenemos en la cabeza. Y, a la vez, no es algo impuesto desde fuera, porque lo hemos escogido nosotros. O sea, yo diría que nos hallamos más bien ante un problema de terminología: lo que llamamos en el lenguaje cotidiano “libre albedrío” es un asunto mucho más complejo que refleja todo un procesamiento, sobre todo en las áreas corticales frontales.

En el lenguaje ordinario, por ejemplo, utilizamos palabras que nos sirven como comodín para describir cosas que no entendemos bien. Luego, cuando las descifra la ciencia, nos damos cuenta de que esas palabras distan de ser exactas. Yo creo que al libre albedrío le ocurrirá algo parecido: en el futuro describiremos cómo tomamos las decisiones de una manera mucho más precisa y rigurosa y no habrá malentendidos.

Según su hipótesis del teatro, el cerebro solo representa una parte de la realidad con el fin de maximizar nuestras probabilidades de sobrevivir y reproducirnos. Por ejemplo, ha escrito: “Lo que percibimos no es lo que existe, sino lo que nuestro cerebro piensa que existe”. ¿No produce un poco de vértigo existencial?

Sí, parece muy paradójico porque nosotros vivimos creyendo que somos parte de una realidad que existe ahí fuera. Precisamente, fue Kant quien planteó la noción revolucionaria de que creamos la realidad en nuestra mente. En vez de decir que la mente humana refleja el mundo, el exterior, Kant propuso lo contrario: que el exterior refleja la mente. Gracias a la neurociencia moderna, sobre todo los estudios de la actividad cerebral espontánea, estamos encontrando cada vez más datos que confirman las hipótesis kantianas.

No solo los filósofos, sino también los neurobiólogos y los psicólogos nos hemos dado cuenta de que muchas percepciones sensoriales del día a día son difíciles de explicar, a no ser que estemos generando la realidad internamente.

Sería el caso de los sueños, las alucinaciones…

Esos son ejemplos muy dramáticos. La gente puede decir: “Bueno, ya, pero la mayor parte del tiempo no estamos soñando o alucinando”. Yo pongo el ejemplo del punto ciego de la retina. Hay una parte del ojo que no recibe información visual del exterior, pero cuando miramos algo, ese “agujero negro” se rellena con lo que hay a su alrededor. Muchas otras situaciones estudiadas por los neurobiólogos también demuestran cómo las percepciones auditivas, olfativas, táctiles o gustativas, así como la sensación de dolor, se generan internamente.

Usted afirma también que estamos finamente programados para identificar y reaccionar a los cambios, a las novedades. ¿Son de algún modo los algoritmos de las redes sociales un mecanismo sofisticado para manipular esa capacidad?

Sí, yo creo que hay algo de esto. Para mantener bien ajustado su modelo del mundo, para que este sea riguroso y encaje perfectamente con la realidad exterior, nuestro cerebro tiene que estar retocándolo continuamente. Porque si no lo hiciera, estaríamos abocados al fracaso evolutivo. A la evolución le interesa que nuestro modelo del mundo esté siempre al día. Y lo logramos, igual que sucede en ingeniería, con un algoritmo que ajusta los errores en nuestras predicciones de lo que va a ocurrir. Estamos haciendo predicciones continuamente.

Por eso somos hipersensibles al cambio, que puede definirse como algo que no hemos previsto. En este sentido, hay situaciones increíbles. Si exponemos a un paciente anestesiado a una estimulación sensorial (por ejemplo, auditiva) y medimos su actividad cerebral, cuando dicha estimulación cambia, comprobaremos que su cerebro lo ha detectado. Somos una especie volcada hacia la novedad. Y las redes sociales lo explotan utilizando probablemente los mismos mecanismos cerebrales que las personas usamos para ajustar el modelo del mundo.

Hace 10 años experimentó lo que usted ha llamado “momento Oppenheimer”, ¿podría explicarnos en qué consistió esa revelación?

Ocurrió cuando intentábamos probar experimentalmente en el laboratorio de Nueva York la hipótesis de que el cerebro es “el teatro del mundo”. En primer lugar, enseñamos un objeto a un ratón e identificamos el grupo de neuronas de su corteza visual que se activaba cuando lo observaba. Después, activamos las mismas neuronas sin mostrarle nada y el animal se empezó a comportar como si estuviese viendo ese objeto externo.

A mi entender, ha sido una de las demostraciones más nítidas de la hipótesis del teatro del mundo y de la idea kantiana de que la realidad exterior se construye internamente. Desde el punto de vista de la neurociencia, fue un día feliz, porque pusimos el ladrillito crítico en el edificio de una nueva teoría para comprender cómo funciona el cerebro. También lo fue desde el punto de vista clínico, ya que al activar esas neuronas en el cerebro del ratón, estábamos generando una alucinación, uno de los síntomas más notorios de la esquizofrenia. Es interesantísimo poder hacer eso, porque una vez que generas alucinaciones en el cerebro de un animal, puedes estudiarlas e intentar prevenirlas.

Retrato de Rafael Yuste.
Rafael Yuste es presidente de la Fundación de Neuroderechos.
Javier Arias

Sin embargo, esa noche no pude dormir porque también caí en la cuenta de las consecuencias técnicas y sociales del descubrimiento. Al generar percepciones falsas en el cerebro de animales, estábamos abriendo la puerta a la posibilidad de manipular el cerebro humano y manejar el comportamiento de las personas. O sea, me ocurrió un poco lo mismo que narra la película Oppenheimer, cuando este, al encender el reactor nuclear, se da cuenta de los potenciales efectos nefastos de la tecnología que habían creado. Y es una puerta que ya no se puede cerrar.

Desde entonces, estoy involucrado en lo que llamamos neuroderechos, que consiste en generar una serie de reglas jurídicas y éticas para prevenir la manipulación y descodificación de la actividad cerebral. El objetivo es que la neurotecnología se utilice para el bien común por razones científicas y médicas, siempre respetando los derechos humanos.

¿Y qué tipo de tecnología tiene mayor potencial de vulnerar esos neuroderechos? ¿Con qué dispositivos o intervenciones debemos estar más atentos?

Actualmente, el problema más urgente tiene que ver con la privacidad mental. La neurotecnología y la inteligencia artificial se han desarrollado con muchísima rapidez y, cuando ambas se conjugan, permiten descifrar aspectos muy personales de la actividad cerebral. Por ejemplo, las palabras que conjuramos en la mente, las imágenes, las emociones… Incluso, se han podido descifrar los gestos faciales.

Esto ya se aplica en la clínica, por buenas razones. Por ejemplo, la neurotecnología ha descodificado las palabras formadas en la mente de pacientes completamente paralizados, lo que ha permitido que se comuniquen con el exterior. Ahora se empiezan a vender dispositivos no implantables, como cascos o diademas, que pueden medir la actividad cerebral de una manera eléctrica, como lo hace un electroencefalograma, y traducir las palabras que las personas generan internamente en su mente. Es algo muy positivo y, al mismo tiempo, muy preocupante, porque las compañías que empiezan a vender estos dispositivos de neurotecnología portátil no están reguladas en absoluto.

La Fundación de Neuroderechos, que dirijo, llevó a cabo un estudio, publicado hace más de un año, sobre 30 compañías de neurotecnología comercial. Todas ellas acaparan los datos neuronales del consumidor y la mayoría los venden a terceras partes. Ahora estamos involucrados en una campaña global para prevenir esta hemorragia de datos neuronales, porque nos parece que la privacidad mental de las personas tiene que ser un derecho humano básico.

Ya hay seis lugares del mundo donde la actividad cerebral está protegida legalmente: Chile, el estado de Río Grande del Sur de Brasil y los estados de California, Colorado, Montana y Connecticut en Estados Unidos. ¿Cree que existe realmente concienciación pública y voluntad política para que se extienda el establecimiento de marcos jurídicos y el reconocimiento de estos nuevos derechos humanos?

De hecho, todas esas regulaciones han sido aprobadas por unanimidad y de manera transversal. Cuando la gente entiende lo que está en juego, es muy fácil convencer a los representantes de los ciudadanos, a los diputados, senadores o gobernadores para que se involucren. La cuestión es correr la voz, contar las cosas o aprovechar entrevistas como esta para explicar a la gente que es una situación urgente.

Por otra parte, hay quien piensa que ya existen regulaciones que nos amparan contra las amenazas derivadas de las neurotecnologías, como el derecho a la libertad de pensamiento, recogido en el artículo 19 del Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos. Esta postura defiende que no es necesario desarrollar nueva legislación y que, incluso, sería contraproducente. ¿Qué responde a esos reparos?

Creo que es una posición equivocada, basada en el desconocimiento. De hecho, nuestra fundación publicó hace cuatro años un análisis muy extenso sobre todos los tratados internacionales, incluyendo el que has mencionado, con el que demostramos que los neuroderechos no estaban bien protegidos.

Me parece muy arriesgado, incluso poco profesional, decir que todo está atado y bien atado, que las legislaciones son perfectas y no tienen que cambiar nunca. Es bastante lógico pensar que, a la vez que avanzan la ciencia y la tecnología, deben hacerlo las reglas sociales, incluyendo los tratados internacionales de derechos humanos.

Cantabria ha presentado un anteproyecto de salud digital que, entre otras cosas, protegerá neuroderechos y datos generados por el cerebro. ¿Puede convertirse España en la punta de lanza europea en este ámbito?

La idea es esa: que, por un efecto dominó, otros países europeos acaben tomando medidas parecidas. Es lo que está ocurriendo en Estados Unidos, donde actualmente unos diez estados están considerando leyes de datos para proteger la actividad cerebral de las personas.

Dice que el siglo XXI será el de la neurociencia. Afirma que, si descubrimos cómo funciona de verdad el cerebro, eso tendrá repercusiones revolucionarias en la cultura, la educación, la justicia… En el clima, a menudo apocalíptico, que impera, ¿se atreve a ser optimista con el futuro?

Sí, soy optimista. La ciencia y la medicina tienen una hoja de servicios impecable en el pasado. Y el pasado es la mejor predicción del futuro. En mitad de todo este fragor actual, los científicos y los médicos siguen trabajando día tras día, iluminando aspectos de nuestra propia identidad. Creo que el conocimiento es liberador, que despejaremos las telarañas mentales heredadas de los prejuicios de generaciones anteriores.

Yo trabajo con la ilusión de que estos nuevos conocimientos permitan no solo mejorarnos a nosotros mismos mentalmente, sino también como sociedad y como cultura. Puede compararse a lo que ocurrió en el Renacimiento, cuando el conocimiento de la biología, del cuerpo humano y del papel que juega el ser humano en el mundo alumbró una gran revolución en aspectos no solamente científicos, sino también artísticos, culturales, sociales y de organización de los sistemas políticos. Nos hallamos ante una posible nueva revolución comandada por la ciencia y la medicina.


Esta entrevista se publicó originalmente en la Revista Telos de la Fundación Telefónica, y forma parte de un número monográfico dedicado a los derechos digitales.


The Conversation

ref. Rafael Yuste: “Nos hallamos al comienzo de una revolución darwiniana de la neurociencia” – https://theconversation.com/rafael-yuste-nos-hallamos-al-comienzo-de-una-revolucion-darwiniana-de-la-neurociencia-270091

Fuego y patrimonio cultural: ¿cómo conservar lo irremplazable tras un incendio?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mónica Moreno Falcón, Investigadora en Sistemas de Información Geográfica aplicados a la gestión de riesgos en Patrimonio Cultural , Universidad Pablo de Olavide

El Salón Hipóstilo de la Mezquita-Catedral de Córdoba. jmiguel/Shutterstock

España vivió en 2025 un año complicado para el patrimonio cultural. El 8 de agosto, un incendio accidental, al parecer originado por una barredora eléctrica, afectó a la Mezquita-Catedral de Córdoba y dañó varias de sus capillas.

Este suceso fue el cierre de un verano con grandes incendios forestales en el que Galicia, Castilla y León y Extremadura fueron las regiones más afectadas. El fuego arrasó casi 400 000 hectáreas y puso en riesgo pueblos, parajes naturales y culturales. Entre los lugares amenazados estuvieron las Médulas, antiguo complejo minero romano, o la villa de Itálica.

Ocurrencia de incendios en la península ibérica. A) Hectáreas quemadas anualmente. En rojo se muestran los datos del año 2025; B) Áreas afectadas por incendios en 2025. En verde se muestran las áreas afectadas en 2025 y en azul los incendios ocurridos en septiembre; C) Estaciones del año en la que se activaron grandes incendios entre los años 2000 y 2025.
Global Wildfire Information System, CC BY-NC

Estos hechos han reabierto el debate sobre la gestión del patrimonio cultural dañado por el fuego. Hasta ahora, la mayoría de los incendios en bienes culturales tenían un origen interno y eran causados por fallos eléctricos o accidentes dentro de los edificios. Sin embargo, el cambio climático y el aumento de temperaturas y de corredores vegetales entre bosques y ciudades (la llamada interfaz urbano-forestal) están cambiando el escenario.

La ayuda de la ciencia y la tecnología

En este contexto, la ciencia juega un papel fundamental tanto en la prevención como en su recuperación. Cuando un bien cultural sufre un incendio, las decisiones de los restauradores determinan qué se salva y cómo hacerlo. Por eso, necesitan contar con datos científicos que guíen sus intervenciones y eviten nuevos daños.

Para ello, los especialistas recurren cada vez más a técnicas modernas de laboratorio, que evalúan daños con rapidez y exactitud. Su uso permite planificar la restauración y diseñar estrategias que refuercen la resistencia de estos bienes frente a futuros incendios:

  • La microscopía electrónica de barrido (SEM-EDX) es una de las técnicas más usada en restauración. Un haz de electrones incide sobre una micromuestra del bien, lo que permite obtener imágenes de altísima resolución de la superficie y también ver contrastes en escala de grises según el peso atómico de los materiales. Además, con ella también se pueden realizar análisis químicos elementales.

    Todo esto ayuda a conocer la composición de los pigmentos utilizados y las capas de preparación (por ejemplo, si se ha empleado yeso o carbonato). En obras afectadas por incendios muestra daños en la composición e identifica pigmentos y cargas, que han sido alterados por el fuego y han cambiado de color. También permite observar alteraciones provocadas por el fuego como grietas, fisuras y cavidades generadas por la salida de gases.

Muestra de una escultura policromada dañada por un incendio obtenida por SEM-EDX. En la imagen se observan las diferentes capas que conforman la policromía de la obra. De abajo a arriba: capa de preparación y diferentes capas de pintura. En todas estas capas se aprecian los daños generados en forma de cavidades y grietas.
Imagen obtenida en el laboratorio de las autoras.
  • La espectroscopía infrarroja por transformada de Fourier (FTIR) y la espectroscopía Raman son técnicas de análisis molecular en las que se hacen vibrar los enlaces de las moléculas y se registra qué frecuencias se absorben. Así se identifican familias químicas o componentes presentes en las obras de arte. Ambas técnicas son complementarias y permiten identificar aglutinantes, barnices, pigmentos y cargas. Además, cuando estas sustancias se han visto afectadas por altas temperaturas, su estructura puede cambiar y verse en los espectros. Esto ayuda a entender el alcance de los daños.
Espectro obtenido mediante FTIR de una muestra de una escultura policromada. Muestra las bandas asociadas a los grupos funcionales, que permiten identificar los diferentes materiales. Se observa presencia de yeso (preparación), aceite (aglutinante) y blanco de plomo (pigmento).
Imagen obtenida en el laboratorio de las autoras.
  • Las cámaras multiespectrales e hiperespectrales son muy utilizadas para analizar grandes superficies (porque pueden colocarse en drones o satélites) y bienes culturales de diferentes tamaños en laboratorio. Registran la radiación reflejada por la superficie de los materiales en distintas longitudes de onda. Detectan alteraciones invisibles al ojo humano y delimitan con precisión las áreas dañadas.

    Tras un incendio forestal, las cámaras que recogen datos en el infrarrojo cercano diferencian vegetación sana de quemada, ya que las plantas no afectadas reflejan más esta radiación. Para evaluar el grado de los daños, se utiliza el Índice Normalizado de Quemado (NBR) y el dNBR, calculado a partir de imágenes multiespectrales o hiperespectrales antes y después del incendio. Esto permite a los expertos evaluar el impacto del fuego sobre el territorio, guiando en la identificación de las áreas afectadas y su recuperación.

Especialistas y conocimiento científico

Los análisis científicos son herramientas que orientan decisiones críticas. Tras un incendio, los equipos de restauración deben valorar qué materiales pueden estabilizarse, qué intervenciones requieren tratamientos específicos y qué obras, lamentablemente, son irrecuperables.

La información que aportan estas técnicas no evita la pérdida, pero sí reduce el riesgo de agravar daños. Además, sirve para preservar información histórica que de otro modo desaparecería y diseñar estrategias más seguras y efectivas en obras muy delicadas. De este modo, el análisis científico de bienes culturales dañados por el fuego aporta información muy valiosa para su restauración y minimiza riesgos, asegurando su pervivencia en el tiempo.

La tendencia es clara: la ciencia no solo previene, también responde a las emergencias. Este enfoque quedó claro en la restauración de la Catedral de Notre Dame tras el devastador incendio de 2019, donde los trabajos partieron de un sólido respaldo científico. La investigación no fue un lujo sino una necesidad que hizo posible garantizar su recuperación tras el desastre.


Los contenidos del artículo han sido elaborados con la colaboración de David Díaz Jiménez, graduado en Geografía e Historia en la Universidad Pablo de Olavide de Sevilla.

The Conversation

Mónica Moreno Falcón tiene un contrato de investigación posdoctoral asociado al proyecto ATLAS: Studying symbiotic scenarios linking Heritage assets and green areas to prepare Historic Cities to face Climate Changes (PCI2024-153441) financiado por Joint Programming Initiatives Cultural Heritage and Global Change (JPI CH).
Además, recibe fondos para desarrollar su propia línea de investigación del proyecto “La integración de Recursos Satelitales, Sistemas de Información Geográfica y Evaluación Social para minimizar el impacto del Cambio Climático en Centros Históricos” (PPI-2404) financiado por el VI Plan Propio de Investigación y Transferencia 2023-2026 de la Universidad Pablo de Olavide.

Andrea Gil Torrano recibe fondos de FPU (Formación de Profesorado Universitario, financiado por Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades. Convocatoria 2023, Referencia FPU23/02357).

Rocío Ortiz Calderón recibe fondos de Art-Risk Difusión: STEM al servicio del Arte ¿Cómo ayudan las ciencias en una emergencia para salvar obras de Arte en un Museo? (FCT-23-19856) financiado por el Ministerio de Ciencia e Innovación de España.

ref. Fuego y patrimonio cultural: ¿cómo conservar lo irremplazable tras un incendio? – https://theconversation.com/fuego-y-patrimonio-cultural-como-conservar-lo-irremplazable-tras-un-incendio-265417

Viajar al pasado sin salir del aula: la realidad virtual como máquina del tiempo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rafael Villena Taranilla, Profesor universitario en Educación y Tecnología / Especialista en innovación educativa y tecnologías emergentes, Universidad Camilo José Cela; UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

SeventyFour/Shutterstock

“¡Profe, me muevo! ¡Estoy dentro del coliseo romano!” gritaba Pablo, girando la cabeza de un lado a otro, intentando seguir la carrera de cuadrigas con las gafas puestas y los brazos extendidos. A su lado, Lucía se inclinaba hacia atrás como si temiera que los gladiadores pudieran empujarla “¡Mira ,Rafa, parecen de verdad!”, me decía entre risas.

Un murmullo de asombro recorría toda la clase junto a expresiones como: “¡Se oyen los gritos del público!”; “¡Hay fuego! ¡Están luchando!”; “¡Estoy encima del acueducto! ¡Mira el río!”; “¡No quiero quitarme las gafas todavía!”…

En apenas unos minutos, la clase se había transformado en la antigua Emérita Augusta. Los niños no estaban leyendo sobre Roma, ni viendo vídeos ni fotos: estaban paseando por ella. Algunos se agachaban para mirar los mosaicos del suelo, otros giraban la cabeza buscando a los soldados que oían detrás.

Gladiadores luchando en la reconstrucción digital de Emérita Augusta de la aplicación educativa VirTimePlace

Vivir la historia

Durante décadas, la idea de viajar al pasado parecía algo exclusivo de la ciencia ficción. Hoy, gracias a la realidad virtual, los estudiantes pueden cruzar las puertas del tiempo sin moverse de su pupitre. Solamente necesitan un visor de cartón, un teléfono inteligente o tableta y una aplicación gratuita que recrea escenarios históricos en 360 grados. Pueden mirar en todas direcciones, moverse libremente por calles, templos o anfiteatros; explorar ciudades romanas, griegas, medievales… observar sus foros o el bullicio de una batalla.

¿Influye esto en cómo aprenden? ¿Recuerdan mejor? ¿Se sienten más motivados?

Para responder a estas preguntas, realizamos un estudio con alumnado de Educación Primaria. Descubrimos que no solo obtenían mejores notas sino que también mostraban más motivación y más curiosidad que en las clases magistrales basadas en el libro de texto. Son resultados que coinciden con otros estudios nuestros e investigaciones que destacan las ventajas de la interactividad y la inmersión en el desarrollo de una representación espacial de los contenidos, el incremento de la motivación intrínseca y su potencial para estudiantes con dificultades de aprendizaje, como la dislexia.




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Cómo ponerlo en marcha

En esta experiencia concreta, cerca de 100 estudiantes de cuarto de Educación Primaria de tres colegios de Castilla La Mancha, en España recorrieron virtualmente la ciudad romana de Emérita Augusta (la actual Mérida). Cada estudiante exploró de forma individual la reconstrucción digital de la aplicación educativa VirTimePlace. No se trataba de ver un vídeo, sino de entrar en el escenario.

Teatro Romano de Mérida.
MRMPICS / shutterstock

Ellos podían desplazarse libremente por las calles, girar sobre sí mismos, mirar hacia arriba para contemplar los templos o acercarse a los mosaicos del suelo.




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Cada movimiento cambiaba su punto de vista y la ciudad reaccionaba a su mirada, generando una sensación real de presencia. Por unos minutos, el aula desapareció: solo existía Emérita Augusta, viva ante sus ojos.

Algunas alumnas de primaria durante la experiencia inmersiva.
Rafael Villena Taranilla.

De acuerdo con nuestra evaluación posterior del proyecto, los alumnos que vivieron la historia desde dentro comprendieron mejor los procesos históricos y mostraron una motivación mucho más alta que quienes aprendieron con el libro de texto tradicional.

La emoción como motor de aprendizaje

Tras comprobar que esta experiencia mejoraba la comprensión y la motivación con los contenidos históricos, quisimos dar un paso más y conocer cómo influía esta tecnología en quienes pronto estarían al otro lado del aula.

Con este nuevo estudio con estudiantes del Grado en Educación Primaria, futuros maestros y maestras, pudimos comprobar que la inmersión virtual no solo aumentaba su motivación y curiosidad, sino que también transformaba su forma de concebir la enseñanza de la Historia.

Muchos reconocieron que, por primera vez, entendían cómo despertar en su futuro alumnado la misma emoción y deseo de aprender que ellos habían sentido dentro de aquel mundo virtual.

La otra cara: problemas que debemos afrontar

No obstante, no todo es tan fácil. En la revisión sistemática que publicamos recientemente identificamos las principales barreras que frenan su expansión:

  • Problemas técnicos y económicos. Desde el coste del equipamiento, falta de dispositivos suficientes para todo el alumnado o las deficiencias en la conexión a internet.

  • Dificultades de uso, como la necesidad de calibrar dispositivos, los mareos o la fatiga por un uso prolongado. Sin embargo, la mayoría de los estudios revisados coinciden en que estos efectos son temporales y fácilmente evitables, limitando la inmersión a periodos cortos.

  • Escasa formación docente. Algunos estudios incluidos señalan como una barrera clave la capacitación del profesorado. La solución pasa por incorporar estas herramientas a los planes de estudio del Grado de Educación Primaria y a la formación permanente, de modo que los docentes no solo aprenda a usarlas sino a diseñar actividades significativas con ellas.

  • Riesgo de superficialidad. Por eso, más que dejar al alumnado “solo” dentro del entorno virtual, se recomienda combinar la experiencia con una guía activa del docente: primero, los estudiantes exploran el escenario histórico mientras que el docente comenta detalles, plantea preguntas y orienta su mirada hacia los elementos clave. Después, ya sin gafas, se contrasta lo que se ha visto con imágenes o textos del libro de Historia. Finalmente, el grupo reflexiona sobre cómo vivían las personas de esa época y qué aspectos del pasado se entienden mejor tras haberlos experimentado.

De este modo, la inmersión no sustituye la explicación, la complementa; la emoción se transforma en comprensión.

De la fascinación a la pedagogía

Las mejores experiencias con realidad virtual son las que integran la inmersión con la reflexión, y no terminan al quitarse las gafas. Por ejemplo, en nuestras clases universitarias, los futuros docentes visitaron virtualmente una ciudad romana y, después, diseñaron actividades para que su alumnado analizase la organización social o los valores culturales observados.

La realidad virtual se convierte así en un punto de partida para el pensamiento crítico, no en un fin en sí misma. Tras la tecnología, llegaron las preguntas y el diálogo posterior. Finalmente, debemos evaluar con rigor, para garantizar que la emoción inicial se traduce en aprendizaje real. Es imprescindible comprobar si lo vivido se ha entendido de verdad.

Esta tecnología puede facilitar una aproximación a la asignatura de historia más realista y vivencial, aumentando la motivación y la curiosidad, mejorando la comprensión y la implicación, y reforzando la conexión con el pasado.

The Conversation

Rafael Villena Taranilla no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Viajar al pasado sin salir del aula: la realidad virtual como máquina del tiempo – https://theconversation.com/viajar-al-pasado-sin-salir-del-aula-la-realidad-virtual-como-maquina-del-tiempo-266850

¿Es ‘ser hombre’ una competencia oculta para dirigir proyectos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rocío Poveda Bautista, Profesora Titular de proyectos de Ingeniería, Universitat Politècnica de València

fizkes/Shutterstock

En las organizaciones, la persona que liderará un proyecto suele decidirse con información incompleta y bajo presión de tiempo. En ese contexto, los atajos mentales y estereotipos influyen más de lo que pensamos. Empresas y administraciones llevan años promoviendo la diversidad, pero los resultados son dispares: a menudo persisten brechas de género en puestos de liderazgo. Una explicación plausible es el peso de los juicios rápidos y automáticos: lo que denominamos sesgos inconscientes.

Qué investigamos

En verano de 2025 publicamos en la revista Complexity un análisis de cómo operan esos sesgos en profesionales de la dirección de proyectos. Para ello, usamos una técnica psicofísica, la Noise-Based Reverse Correlation (NBRC), que nos ha permitido “hacer visible” la representación mental que una persona tiene de “un buen jefe o jefa de proyecto”.

Mediante esta técnica se puede, por ejemplo, analizar las diferencias en la percepción de distintos grupos étnicos, para relacionar rasgos faciales con rasgos de personalidad percibidos o, como en este estudio, obtener imágenes prototípicas de profesionales como médicos, atletas o banqueros.

El proceso comienza con la creación de una plantilla (el rostro base) a partir de la cual se van a generar variaciones aleatorias (ruido). Para obtener el rostro base se recopilan y seleccionan imágenes de rostros siguiendo las especificaciones del estudio, en escala de grises y con los contornos faciales alineados y difuminados. Esa muestra de imágenes se combina para obtener el rostro base.

Presentamos a los participantes pares de imágenes generadas a partir del rostro base y ruido aleatorio. A partir de miles de elecciones, se reconstruye una imagen prototípica que sintetiza la intuición inconsciente del participante.

Además, pedimos a los mismos participantes que valoraran conscientemente qué competencias percibían en esas caras prototipo. Para establecer dichas competencias tomamos como referencia el estándar ICB4 de la Asociación Internacional de Jefes de Proyecto (IPMA), que las organiza en tres áreas:

  1. People (relaciones interpersonales).

  2. Practice (técnicas).

  3. Perspective (contexto).

En nuestro estudio pusimos el foco en el aspecto interpersonal (liderazgo, comunicación, negociación y resolución de conflictos, trabajo en equipo, integridad, etc.) por su relevancia para el desempeño.

Qué encontramos

Aparecieron dos prototipos nítidos. La imagen reconstruida a partir de elecciones de hombres se percibió como masculina y la obtenida a partir de elecciones de mujeres, como femenina. En la práctica, esto refleja un sesgo de endogrupo (grupo social al cual alguien se adscribe psicológicamente como miembro): tendemos a proyectar la idea de “buen jefe de proyecto” sobre los rasgos de nuestro propio género. Esto resulta relevante en profesiones masculinizadas, en las que las decisiones de contratación y promoción suelen ser tomadas por hombres.


Fuente: elaboración propia

Cuando pasamos de la impresión a la valoración consciente de competencias, la mayoría (hombres y mujeres) vio más claramente en la cara percibida como femenina las competencias de “comunicación”, “negociación y gestión de conflictos y relaciones”, “trabajo en equipo” e “integridad”.

En cambio, la “experiencia” (como señal de pericia técnica), la “capacidad de resolución” y el “liderazgo” se asociaron más a la cara percibida como masculina, sobre todo entre evaluadores varones.

En conjunto, el patrón sugiere que, aunque se reconoce explícitamente el peso de las competencias interpersonales, persisten asociaciones implícitas que vinculan la autoridad técnica con lo masculino.

A la pregunta de quién lo haría mejor, el resultado fue matizado y las respuestas se movieron cerca del empate. Pero, al tener que decidir con quién preferirían trabajar, la balanza se inclinó hacia la cara femenina. Es decir, al deliberar se valora un estilo más colaborativo, pero eso no elimina las primeras impresiones, que pueden sesgar la preselección cuando la información es escasa.

Cómo encaja con la evidencia existente

La técnica utilizada en nuestro trabajo recupera imágenes psicológicamente significativas de cómo juzgamos rostros atribuyéndoles, por ejemplo, “confiabilidad” o “dominancia”, lo que respalda la validez del método para estudiar primeras impresiones.

Por su parte, el estándar ICB4 subraya la importancia de las competencias interpersonales en el éxito de proyecto (People). Estas competencias a menudo son minusvaloradas frente a indicadores más tangibles de experiencia técnica. Nuestro hallazgo de “inconsciente masculino/técnico vs. consciente femenino/relacional-colaborativo” es coherente con ese desajuste.

Finalmente, materiales divulgativos sobre sesgo inconsciente en entornos corporativos describen fenómenos como el sesgo de afinidad (por el que tendemos a favorecer a quien “se parece” a nosotros) y recomiendan estructurar decisiones para limitar la intuición. Este marco ayuda a interpretar el sesgo de endogrupo observado.

Qué pueden hacer las organizaciones

Para reducir los sesgos conviene:

  1. Estandarizar la selección inicial: usar listas de verificación y matrices de criterios antes de mirar fotografías o perfiles sociales, de modo que el primer contacto sea competencial y no visual.

  2. Diversificar los paneles de selección: los equipos con variedad de género y experiencia disminuyen el sesgo de endogrupo y aportan miradas complementarias.

  3. Siempre que sea posible, aplicar la “selección ciega” en las etapas tempranas del proceso de selección (ocultando fotos o nombres) para reducir el riesgo de que la decisión se vea afectada por estereotipos.

  4. Medir y retroalimentar: seguir de cerca las tasas de avance y promoción por género y ajustar el proceso cuando aparezcan asimetrías, priorizando indicadores de desempeño real y no de “apariencia” de competencia.

Un mensaje final

Nuestro estudio no afirma que “los hombres seleccionen siempre a hombres” ni que “las mujeres sean mejores líderes”. Muestra algo más sutil y operativo: cuando decidimos con poca información, la imagen mental que asociamos a “buen jefe o jefa de proyecto” puede sesgarnos (y esa imagen varía por género).

Estructurando las decisiones con criterios competenciales y diseñando procesos que reduzcan la influencia de la primera impresión se puede acortar la brecha entre lo que decimos valorar y lo que efectivamente seleccionamos. De esta forma se evita que, en las profesiones masculinizadas, en las que las decisiones de promoción y contratación las toman principalmente los hombres, los puestos de liderazgo sigan siendo ocupados mayoritariamente por ellos.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Es ‘ser hombre’ una competencia oculta para dirigir proyectos? – https://theconversation.com/es-ser-hombre-una-competencia-oculta-para-dirigir-proyectos-267053

Peace plan presented by the US to Ukraine reflects inexperienced, unrealistic handling of a delicate situation

Source: The Conversation – USA – By Donald Heflin, Executive Director of the Edward R. Murrow Center and Senior Fellow of Diplomatic Practice, The Fletcher School, Tufts University

U.S. Secretary of State Marco Rubio, center, with U.S. delegation members faces the Ukrainian delegation during discussions in Geneva on Nov. 23, 2025, on a plan to end the war in Ukraine. Fabrice Coffrini/ AFP via Getty Images

As Russian bombs continued to pound Ukraine, a different conflict has blown up over plans to end that almost four-year-long war. The Trump administration on Nov. 20, 2025, formally presented Ukraine with a 28-point proposal to end the war, and President Donald Trump announced the country had until Thanksgiving to sign it. But Ukraine and its European and U.S. allies said the plan heavily favored Russia, requiring Ukraine to give up territory not even held by Russia, diminish the size of its military and, ultimately, place its long-term sovereignty at risk. The Trump administration was accused by policy experts and some lawmakers of fashioning a plan to serve Russia’s interests, and Secretary of State Marco Rubio got enmeshed in an argument with U.S. senators over whether the U.S. or Russia had authored the document. On Nov. 23, Ukrainian and U.S. officials held talks in Geneva, which Rubio declared were “productive and meaningful,” and those negotiations continue. The Conversation U.S. politics editor Naomi Schalit asked longtime diplomat Donald Heflin, now teaching at Tufts University’s Fletcher School, to help make sense of the chaotic events.

I have a whole list of questions to ask you, but my first question is what on earth is going on?

It’s hard to say. Ever since the Trump administration took power for the second time, it’s alternated between leaning towards Russia in this war or being more neutral, with occasional leaning towards Ukraine. They go back and forth.

This particular peace plan gives Russia a lot at once. It gets the size of the Ukrainian army cut down from 800,000-plus to 600,000, when the country is barely hanging on defending itself with 800,000 troops. Russia gets land, including land that it has conquered. A lot of people expected that might be one of the conditions of a Ukraine-Russia peace deal. But this also gives Russia land that it hasn’t taken yet and may never take.

It bars Ukraine from seeking NATO membership. That’s not a huge surprise. That was probably always going to be part of an eventual deal. Ukraine gets security guarantees from the West. Unfortunately, the U.S. gave ironclad security guarantees in 1994 when Ukraine gave up its nuclear weapons voluntarily. It’s been invaded by Russia twice since then, in 2014 and 2022. So our security guarantees really don’t mean a whole lot in that area of the world.

A rescue worker in a uniform stands in front of the rubble of a bombed building.
Rescue workers extinguish a fire at the site of a Russian drone strike on residential buildings in Kharkiv, Ukraine, on Nov. 24, 2025.
Viacheslav Mavrychev/Suspilne Ukraine/JSC ‘UA:PBC’/Global Images Ukraine via Getty Images

And there’s more, right?

I think this is the most important part, what Putin is looking for more than anything else. Russia gets released from economic sanctions and it rejoins the group of G7 industrialized countries.

Putin’s economy is under a lot of stress. The cash that would flow in for the sale of Russian goods, particularly energy, would enable him to build a whole new army from scratch, if he needed to. That’s a huge strategic advantage. This would be a major shot in the arm for the Russian economy and for the Russian war economy.

So this is a very pro-Russian deal, unless it’s modified heavily, and there’s argument in Washington now whether the Russians just plain drafted it, or whether our State Department drafted it but for some reason leaned heavily towards Russia.

I’m inclined to think the original draft came from the Russians. It’s just too loaded up with the stuff that they want.

There was a fair amount of confusing back-and-forth on Nov. 23 that Rubio had told some senators that, in fact, the plan wasn’t generated by the United States, that it reflected a Russian wish list. The senators revealed this publicly. Then a State Department spokesman called that claim “blatantly false.” You’re a former diplomat. When you see that kind of thing happening, what do you think?

It’s amateur hour. We’ve seen this before. With this administration, it puts a lot of very amateurish people – Rubio’s not one of them – in place in important offices, like Steve Witkoff, the special envoy for Russia and Ukraine who is also the special envoy for the Middle East. And they’ve gotten rid of all the professionals. They either just fired some or ran some off.

So you know, the problem here is implementation. Politicians can have great thoughts, but they usually then turn to the professionals and say, “Here’s what I’m thinking.” The people they would turn to are gone. And that was their own doing – the left hand doesn’t know what the right hand is doing.

How might that affect the ultimate goal, which is peace?

This is a very delicate situation that calls for delicate peace talks from professional diplomats. There are a couple of things that need to happen and aren’t happening very much. First off, this is a war in Eastern Europe. Europe should be very involved now. They lean against Russia, so they probably can’t be honest brokers, but they need to be involved in every step of this process. If there’s going to be any rebuilding of Ukraine, Europe’s going to have to help with that. If there’s going to be pressure on Russia, Europe buys a lot of its goods, especially energy. They’re just a necessary player, and they haven’t been included.

Two men sit on chairs in front of a number of flags.
Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy meets with U.S. President Donald Trump at the 80th session of the United Nations General Assembly on Sept. 23, 2025. in New York City.
Chip Somodevilla/Getty Images

What else?

The other is that when people have these great ideas, normally they would turn to their professionals. Those professionals would then talk to the professionals on the other side or other sides. Staff work would be done, then your presidents or your prime ministers or your secretaries of state would meet and hammer out the deal.

None of that’s happening in this process. People are having great thoughts and getting on planes, and that’s not a recipe for a permanent peace deal.

Europe is champing at the bit to try to get involved in this, because they’ve got professional diplomats still in place, and it affects them.

Why is this happening now?

The timing of all this is really interesting. Winter’s coming, and Northern Europe, particularly Germany, is very dependent on Russian natural gas to heat their homes. These sanctions against Russia make that difficult. They make it more expensive. Should Russia decide it wanted to play hardball, it could cut off its natural gas in Northern Europe, and people in Germany would be freezing in the dark this winter. This timing is not an accident.

Trump said he wanted an agreement by Thanksgiving. Is that a reasonable requirement of a process to bring peace after a multiyear war?

No, it’s not. I don’t know if they even realize this in the
Trump administration, but that’s another sign – just as we had ahead of the Alaska Summit between Putin and Trump – that this isn’t really about trying to make peace. It’s for show and to get credit. In a war that’s been going on now for almost four years, you don’t say, “OK, within the next week, come up with a very complicated peace deal and sign off on it and it’s going to stick.” That’s just not the way it works.

The Conversation

Donald Heflin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Peace plan presented by the US to Ukraine reflects inexperienced, unrealistic handling of a delicate situation – https://theconversation.com/peace-plan-presented-by-the-us-to-ukraine-reflects-inexperienced-unrealistic-handling-of-a-delicate-situation-270488