Peut-on se passer d’engrais phosphatés ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Josephine Demay, Chercheuse en agronomie, Inrae

À quoi servent exactement les engrais phosphatés ? Peut-on s’en passer à l’heure où ces intrants agricoles apparaissent comme une source de pollution au cadmium ? Des recherches montrent que, depuis le siècle dernier, l’agriculture française a largement bénéficié de ces engrais issus d’importations. À moyen terme, en France, les stocks de phosphore accumulés dans les sols permettraient donc de s’en passer pour quelques décennies sans chute majeure de rendements. À long terme, cela nécessiterait, cependant, des changements importants de notre système agricole et alimentaire.


Alors que la pollution au cadmium (métal aux propriétés proche du zinc, ndlr), en partie issue de l’utilisation d’engrais minéraux phosphatés, est en passe de devenir un grave problème de santé publique, une question commence à s’imposer : pourrait-on se passer d’engrais phosphatés sans nuire aux rendements de l’agriculture ?

À court terme, il semblerait que l’on puisse se passer des engrais minéraux phosphatés en France, sans impact majeur sur la production agricole. La comparaison des stocks en phosphore des sols avec la demande en phosphore des cultures suggère que les stocks actuels pourraient répondre à la demande pendant soixante ans. Cette estimation témoigne de la forte disponibilité en phosphore des sols agricoles français. Au-delà de cette période, se passer de ces intrants nécessiterait des changements majeurs dans le système agri-alimentaire pour maintenir le même niveau de production agricole.

Mais pour comprendre tout cela, il faut commencer par revenir aux bases et se demander à quoi sert au juste le phosphore.

Un élément essentiel à la croissance de tous les êtres vivants

Le phosphore est un élément essentiel à la croissance de tout être vivant, car il intervient dans la constitution des molécules d’ADN, les transferts d’énergie entre cellules (ATP) et la structure des membranes et des os. Les cellules, les plantes et le vivant tout entier ont donc besoin de phosphore et, sans phosphore, il n’y a pas de vie telle que nous la connaissons. Une graine ne pourra ainsi jamais devenir une plante sans cet élément. Elle pourra tout juste commencer à germer en utilisant la réserve de phosphore qu’elle possède, et cela s’arrêtera là.

Fort heureusement, les sols sont naturellement pourvus en phosphore. Le phosphore est présent dans la roche et, lorsque celle-ci s’altère, du phosphore devient disponible dans le sol. Selon les types de sol, la disponibilité en phosphore est plus ou moins élevée, mais l’Europe est particulièrement bien lotie sur ce plan. Certaines régions d’Afrique ou d’Amérique du Sud, à l’inverse, ont des sols très vieux, car ils n’ont pas subi de glaciation récente, qui se sont donc appauvris au cours de leur histoire.

Au-delà de la quantité totale de phosphore, la manière dont celui-ci est « fixé » aux différents constituants du sol définit également sa disponibilité pour les plantes.

Comment fonctionnait l’agriculture avant l’apparition d’engrais phosphatés ?

En France, avant l’utilisation des engrais minéraux phosphatés, les cultures poussaient donc en bénéficiant du phosphore naturellement disponible dans les sols agricoles, mais également de celui qui provenait des excréments animaux, comme le fumier ou le lisier.

Il y avait des transferts de phosphore d’une parcelle à l’autre. Lorsqu’une prairie était fauchée, le phosphore, présent dans sa biomasse et issu du sol sur lequel elle avait poussé, était donné en alimentation à des animaux présents à l’étable. Le phosphore ingéré à travers l’herbe par les animaux se retrouve en grande partie dans leurs effluents. Ces effluents peuvent ensuite être utilisés pour fertiliser une culture, comme le blé, à destination de l’alimentation humaine.

Ce mécanisme permettait de transférer du phosphore d’une parcelle en prairie vers une parcelle en grande culture. Ce mécanisme existe toujours aujourd’hui, mais il est moins marqué du fait de la séparation spatiale des cultures et des élevages.

Avant les engrais minéraux, on récupérait aussi le guano (amas de fientes d’oiseaux de mer riches en phosphore), présent sur certaines îles, pour fertiliser les sols agricoles. L’utilisation d’excrétions humaines pouvait également représenter potentiellement un autre apport de phosphore.




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Les changements générés par l’arrivée des engrais chimiques

Avec l’arrivée des engrais chimiques, au début du XXᵉ siècle et leur utilisation massive après la Seconde Guerre mondiale, les rendements augmentent considérablement. Entre 1961 et aujourd’hui, le rendement du blé a, par exemple, triplé. Le fait d’avoir des systèmes agricoles plus productifs va ainsi augmenter nos besoins en phosphore.

D’autre part, les réformes de la politique agricole commune (PAC) de l’après-guerre entraînent une forte spécialisation agricole des territoires, c’est-à-dire une séparation dans l’espace entre les zones d’élevage et celles de grandes cultures, qui étaient jusque-là intimement liées.

Aujourd’hui en France, la Beauce est spécialisée dans les céréales et importe des engrais minéraux phosphatés pour répondre aux besoins de ses cultures. À l’inverse la Bretagne est une région spécialisée dans l’élevage (porcs, poulets, vaches laitières). Sur ce territoire les entrées de phosphore se font surtout par l’importation massive d’aliments pour les animaux qui contiennent du phosphore. Ce phosphore se retrouve en grande quantité dans leurs effluents, puis sur les sols à proximité et cause de sérieux problèmes environnementaux, comme les marées d’algues vertes liées à un phénomène d’eutrophisation des eaux.

Pourrait-on aujourd’hui se passer d’engrais phosphatés sans impacter les rendements ?

L’apparition des engrais phosphatés a ainsi bouleversé l’agriculture, en augmentant la production agricole et la disponibilité en phosphore des sols français par accumulation au cours du temps. Après un pic dans les années 1970, leur utilisation a nettement diminué. Ils sont aujourd’hui trois à quatre fois moins utilisés qu’il y a cinquante ans. Pourrait-on pour autant s’en passer totalement ?

C’est ce que nous avons cherché à savoir à travers des simulations évaluant l’évolution d’une agriculture mondiale biologique à 100 % pour ces cent prochaines années.

En France, nos sols sont naturellement pourvus en phosphore et se sont considérablement enrichis ces dernières décennies en raison de l’utilisation massive d’engrais minéraux phosphatés apportés dans des proportions bien supérieures aux prélèvements par les plantes. On estime que 60 % du phosphore que l’on trouve actuellement dans les sols français provient de l’utilisation passée et présente de ces engrais.

Cet héritage en phosphore des sols offre une opportunité de réduire drastiquement notre utilisation de ces intrants sans que cela affecte, en tous cas sur le court terme, la production agricole française.

L’« effet “starter” »

Si l’on regarde uniquement la différence entre la demande en phosphore des plantes, tout le long de leur cycle, et la quantité de phosphore disponible dans les sols agricoles, nos simulations montrent de fait qu’il n’y a pas d’effet à court terme sur les rendements si l’on arrête d’utiliser en France des engrais phosphatés.

Toutefois, nos simulations ne représentent pas la croissance en début de cycle, quand la plante n’a pas encore une densité de racine très développée pour aller prélever du phosphore. Cela pourrait induire une sous-estimation de la limitation en phosphore dans notre étude.

De fait, lorsqu’une plante a un système racinaire peu développé, elle peut avoir des difficultés à s’approvisionner en phosphore, malgré une quantité totale de phosphore disponible dans le sol importante. Cela s’explique par le fait que le phosphore est un élément peu mobile dans le sol que la plante peut l’absorber seulement à 1 millimètre autour de sa racine. Dans ce contexte, du phosphore issu des engrais minéraux est parfois appliqué en « effet starter » pour booster la croissance de la plante en début de cycle.

Sur le plus long terme, nos simulations montrent une baisse progressive logique de la disponibilité en phosphore du sol partout dans le monde. En effet, sans les engrais minéraux, les pertes par érosion des sols et le non-recyclage des excrétions humaines ne sont plus compensés par des apports extérieurs.

Que se passerait-il dans cent ans ?

Au bout de cent ans, à l’échelle mondiale, la baisse de la disponibilité en phosphore des sols engendrerait une baisse de production agricole de l’ordre de 30 % par rapport à la situation actuelle.

Cependant, nos simulations ont été effectuées sans recyclage des excrétions humaines, qui sont actuellement interdites dans le cahier des charges de l’agriculture biologique. Or, ce levier pourrait sans doute permettre de compenser l’abandon des engrais phosphatés. À l’inverse, notre scénario est optimiste dans la mesure où il simule une relocalisation des élevages à proximité des cultures pour favoriser le recyclage interne des effluents d’élevage, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Il devient donc urgent de penser à ces alternatives et d’améliorer notre efficacité d’utilisation du phosphore, car, à l’échelle mondiale, les gisements dont viennent les engrais phosphatés vont un jour se tarir ou bien leur prix deviendra prohibitif. Ils sont également très localisés dans quelques zones du monde, avec 70 % des réserves au Maroc et au Sahara occidental, ce qui nous rend très fortement dépendants de quelques pays et du contexte dans lequel ils exploitent ces gisements.

Certaines recherches scientifiques tâchent également d’étudier la façon dont différentes cultures interagissent avec le phosphore. Nous savons que les plantes pourvues d’un système racinaire dense parviennent mieux à absorber le phosphore. Nous savons également que certaines plantes ont des racines qui excrètent des anions organiques ou des enzymes permettant d’augmenter la disponibilité du phosphore dans les sols. C’est le cas, par exemple du lupin blanc ou du sarrasin. Il reste cependant toujours difficile de quantifier la contribution de ces mécanismes d’absorption à l’échelle d’une parcelle, notamment dans le contexte français de sols plutôt bien pourvus.

The Conversation

Josephine Demay a reçu des financements du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire.

Bruno Ringeval a reçu des financements de l’INRAE

Sylvain Pellerin a reçu des financements de l’INRAE et de l’ANR.

ref. Peut-on se passer d’engrais phosphatés ? – https://theconversation.com/peut-on-se-passer-dengrais-phosphates-280279

La régulation de l’audiovisuel devra-t-elle à l’avenir s’appuyer sur le consommateur ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Julien Bouillé, Maître de conférences-HDR en marketing et comportement du consommateur, Université Rennes 2

La différence de régulation en fonction des canaux de diffusion des contenus audiovisuels sera-t-elle tenable à moyen terme ? Pour éclairer ce débat qui pourrait devenir critique, il est intéressant d’étudier les comportements et les perceptions des consommateurs. Ces derniers font-ils, comme le régulateur, une différence entre les contenus selon qu’ils sont diffusés dans un journal télévisé sur une chaîne nationale ou sur une plateforme audiovisuelle de partage de vidéos ?


Regarderons-nous un jour le journal télévisé de 20 heures sur TikTok ou ChatGPT ? Au premier abord, la question paraît quelque peu étrange. En réalité, elle n’est pas aussi saugrenue qu’on pourrait le croire. De récentes enquêtes réalisées sur la consommation des médias révèlent en effet qu’une frange croissante d’usagers se tourne vers les réseaux sociaux, les plateformes de vidéos et l’IA pour se divertir mais aussi s’informer.

Un « tout se vaut » risqué

Cette catégorisation brouille les frontières classiques du secteur audiovisuel (AV) autant qu’elle en bouleverse les repères historiques : des acteurs de ce secteur pourtant différents dans leur nature et leur fonctionnement, sont perçus comme équivalents par les consommateurs. Les risques inhérents à cette logique du « tout se vaut », du « tout horizontal », qui conduit les usagers à placer des environnements AV très hétérogènes sur un même plan lorsqu’il s’agit de s’informer ou de se divertir, sont d’importance.

Les conséquences de ces nouveaux comportements mettent au défi les autorités de régulation, telles l’Arcom ou l’Arcep, dans la mesure où ils renvoient à des enjeux tout à la fois :

  • économiques, par exemple, préserver un jeu concurrentiel entre plateformes, garantir un accès identique aux marchés pour tous les acteurs de la chaîne de valeur AV ;

  • politiques, avec la nécessité d’assurer un pluralisme d’opinions, de veiller au respect des principes démocratiques dans l’édition de contenus AV ;

  • sociaux, à l’instar de la lutte contre la haine, les discriminations en ligne et la manipulation de l’information ;

  • mais aussi culturels, avec la promotion de la diversité des créations audiovisuelles, la protection des auteurs et de leurs publics.

Dans sa triple mission d’informer, de protéger et d’arbitrer, le régulateur aurait tout intérêt à porter une attention appuyée aux perceptions qu’ont les consommateurs des environnements audiovisuels.

Reste à examiner précisément les mécanismes – ici catégoriels – de ces perceptions et à prendre la mesure de leurs incidences sur le futur des politiques publiques de régulation du secteur. À cette fin, un détour par la psychologie cognitive s’impose.

Qui se ressemble s’assemble

Cette discipline scientifique nous dit que nous catégorisons les objets du monde de deux principales façons. La première, appelée catégorisation « ascendante » ou « a priori », part des objets eux-mêmes. Elle s’appuie sur la similarité objective de ceux-ci. Les objets qui se ressemblent sur des attributs physiques voire sensoriels (poids, forme, taille, texture, odeur, etc.) sont regroupés dans la même catégorie.




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Sur ce critère, une yourte, un chalet, un studio appartiennent à la catégorie « logement » puisqu’ils présentent des caractéristiques semblables et des propriétés typiques de cette catégorie : héberger, abriter, sécuriser des individus. Dans le champ AV, TikTok, YouTube Shorts et Instagram Reels relèvent de la même catégorie « site de partage de vidéos courtes et verticales » car leur design, leur interface, le format de leurs contenus AV, ou encore les fonctionnalités sociales et génératives qu’ils proposent à leurs utilisateurs, se ressemblent très fortement.

Quand c’est moi qui décide

La seconde manière de catégoriser, dite « descendante » ou « ad hoc », dépend des objets mais surtout de nous-mêmes et des buts que nous nous fixons. Dans cette perspective, que de nombreuses recherches scientifiques ont formalisée, les buts que nous poursuivons, et les contextes dans lesquels nous les atteignons déterminent les catégories que nous construisons.

Ces catégories ad hoc sont signifiantes car nous les formons au regard de finalités que nous nous donnons et de situations que nous vivons. Cette influence des buts et des contextes est telle qu’elle va jusqu’à défaire les catégories « a priori », évoquées plus haut. Ainsi, des œufs, un disque de poids, une ceinture de force, une balance corporelle et un débardeur de compression seront-ils mis dans la catégorie ad hoc « les choses pour faire de la musculation chez soi », alors qu’ils émanent de catégories « a priori » différentes.

Nous pensons que les mécanismes de catégorisation « descendante », et les catégories ad hoc qui en découlent expliquent pour partie les nouveaux modes de consommation AV. Il est d’ailleurs aisé de transposer les catégories ad hoc aux plateformes AV. Par exemple, YouTube, Vimeo, Instagram, Dailymotion, TikTok, Facebook et Twitch peuvent être regroupés dans la catégorie ad hoc « les plateformes AV sur lesquelles diffuser ou archiver des vidéos personnelles via son smartphone ».

Catégoriser les contenus

Dans un article publié fin 2025, nous avons essayé de confirmer cette intuition. À travers une étude expérimentale, nous avons mesuré l’effet combiné de buts et de contextes propres à la consommation audiovisuelle sur la manière dont les internautes catégorisent les environnements.

Nous avons d’abord demandé à des consommateurs d’évaluer, dans l’absolu, le caractère « similaire » (vs. « dissimilaire ») de quinze paires de plateformes audiovisuelles (AV), réparties en trois catégories : les réseaux sociaux, les plateformes AV de chaînes de télévision et les plateformes web de partage de vidéos.

Puis, chaque participant a été affecté à l’une des quatre situations créées pour l’expérience. Chacune plonge le participant dans un scénario construit autour d’un but précis à poursuivre (soit s’informer, soit se divertir) dans un contexte d’usage particulier (soit à son domicile, soit dans les transports). Une fois projetés dans le scénario qui leur avait été attribué, les participants ont dû de nouveau estimer le degré de similarité des mêmes quinze paires de plateformes AV que précédemment. Sauf que cette fois-ci, ils devaient juger cette similarité relativement à la mise en situation dépeinte dans le scénario. Les résultats obtenus sont sans ambiguïté et éclairants pour le régulateur.

De l’importance du contexte

Nos résultats indiquent qu’en dehors de toute mise en situation, la catégorisation est ascendante. Par exemple, les plateformes, comme YouTube et Dailymotion, sont estimées semblables et mises dans la catégorie a priori « réseau social », tandis que YouTube et France.tv sont considérées comme dissemblables et donc rangées dans des catégories a priori disjointes (« plateforme web de partage de vidéos » pour l’une, « plateforme AV de chaînes de télévision » pour l’autre). Autrement dit, les paires de plateformes AV similaires (vs. dissimilaires) sont bien perçues comme telles, dans l’absolu.

En revanche, lorsque les individus raisonnent à partir du scénario dans lequel ils ont été immergés, la donne est toute autre. Les plateformes AV relevant de catégories a priori dissemblables gagnent toutes en similarité sous l’effet des buts et des contextes décrits – qu’importe d’ailleurs le type de but (s’informer, se divertir) ou de contexte (en mobilité, en sédentarité) considéré.

En d’autres termes, selon les situations dans lesquelles a lieu notre consommation de contenus AV et selon les objectifs que nous poursuivons, notre manière de catégoriser des environnements AV a priori différents, change. Ils tendent à devenir identiques et à être rangés dans des catégories ad hoc qui, plutôt que de les différencier, les rapprochent.

L’impact pour la régulation

Ce résultat est crucial pour le régulateur. Il plaide pour une régulation harmonisée des plateformes AV, comme l’a d’ailleurs récemment évoqué le PDG du groupe TF1. Or l’actuel règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act) impose des obligations accrues à certaines plateformes comme YouTube ou Facebook, tout en exemptant des services de VoD tels que Netflix. Ce traitement différencié pourrait accélérer la concentration du secteur audiovisuel autour de quelques plateformes dominantes – favorisées par ces dispositions réglementaires asymétriques – au détriment de la concurrence, du pluralisme de l’information et de la diversité culturelle dans les contenus AV proposés aux publics.

Il contredit également nos conclusions selon lesquelles si les diverses plateformes AV peuvent être perçues comme similaires par les usagers, rien ne justifie de les réguler différemment. Alors que le débat reste vif dans la littérature, notre recherche appelle clairement à la mise œuvre d’un cadre unifié de régulation de l’AV.

D’autres résultats de notre étude sont d’intérêt pour le régulateur. Ils mettent au jour les conditions précises dans lesquelles les consommateurs rapprochent ces environnements AV différents. Par exemple, notre expérience montre que les plateformes de partage de vidéos et les plateformes de chaînes de télévision sont plutôt identiques aux yeux des utilisateurs quand ils cherchent à se divertir chez eux. Idem pour s’informer en déplacement, les consommateurs ont tendance à amalgamer les plateformes web de partage de vidéos et les réseaux sociaux.

Passer de l’offre à la demande

Tous ces résultats aboutissent au même diagnostic : en matière d’AV, il est important de penser les actions d’information, de prévention et de sanction selon la perspective des consommateurs car il s’agit du public à protéger. Il faut alors épouser leurs points de vue, s’appuyer sur leurs expériences, comprendre leurs réelles motivations et saisir leurs logiques d’action. Bref, travailler autant pour eux qu’avec eux.

Des autorités comme l’Arcom en France, l’OfCom au Royaume-Uni ou la Federal Communications Commission aux États-Unis seraient donc bien avisées d’élargir leurs champs d’analyse et d’action, aujourd’hui centrés presque exclusivement sur l’offre (caractéristiques des plateformes, poids des acteurs dans la chaîne de valeur), en associant les consommateurs à la définition de leurs politiques publiques. L’ouverture de la gouvernance de ces autorités aux consommateurs, par la création d’un collège composé d’usagers, est une piste à considérer. La tenue d’une convention citoyenne sur l’audiovisuel en est une autre. Des options pour une régulation plus démocratique de l’AV existent et méritent d’être discutées. La fenêtre actuelle apparaît idoine pour le faire alors que notre Parlement se saisit de la santé et du devenir de notre audiovisuel public.

The Conversation

Julien Bouillé a, pour la recherche dont il est fait mention dans cet article, reçu un soutien financier de l’Université Rennes 2, du Laboratoire interdisciplinaire de Recherche en Innovations Sociétales (LiRIS) et du Conseil supérieur de l’audiovisuel (désormais Arcom) dans le cadre d’un partenariat de recherche (2017-2019).

Amélie Bellion, a reçu, pour la recherche sur laquelle se base cet article, un co-financement de l’Université Rennes 2, du Laboratoire interdisciplinaire de Recherche en Innovations Sociétales (LiRIS) et du Conseil supérieur de l’audiovisuel (Arcom) dans le cadre d’un partenariat de recherche (2017-2019).

ref. La régulation de l’audiovisuel devra-t-elle à l’avenir s’appuyer sur le consommateur ? – https://theconversation.com/la-regulation-de-laudiovisuel-devra-t-elle-a-lavenir-sappuyer-sur-le-consommateur-277630

« La peinture n’est pas mon art » : Michel-Ange se définissait avant tout comme dessinateur

Source: The Conversation – France (in French) – By Anna Swartwood House, Associate Professor of Art History, University of South Carolina

Dès son plus jeune âge, Michel-Ange préféra le dessin et la sculpture à la peinture. Ian Nicholson/PA via Getty Images

C’est à travers la pratique du dessin que Michel-Ange s’accomplissait vraiment : un art considéré, dans la Renaissance italienne, comme le plus noble et celui dont découlaient tous les autres.


Un dessin à la sanguine de 12,7 cm sur 10,2 cm représentant le pied d’une femme, réalisé par Michel-Ange, a été vendu aux enchères et adjugé 27,2 millions de dollars (23,08 millions d’euros) le 5 février 2026, dépassant largement les 1,5 à 2 millions de dollars attendus.

Les experts pensent qu’il s’agit d’une étude pour la figure de la Sibylle de Libye, une prophétesse qui apparaît sur le plafond de la chapelle Sixtine à Rome. Michel-Ange a peint ces fresques emblématiques entre 1508 et 1512, mais il en a d’abord esquissé la composition générale et les détails dans une série de dessins préparatoires. Seuls une cinquantaine de ces dessins ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

Si cette vente a suscité beaucoup de réactions, ce n’est pas seulement en raison de cette somme astronomique. Conservé dans des collections privées pendant des siècles, le dessin n’a été révélé au grand public qu’après que le propriétaire eut envoyé une photo à la maison de ventes Christie’s. Un expert en dessins l’a identifié comme l’une des rares études existant encore des fresques de la chapelle Sixtine.

Comme historienne de l’art spécialiste de la Renaissance italienne, je me réjouis de cette vente non pas en raison de la somme qu’elle a rapportée, mais parce qu’elle a attiré l’attention sur le dévouement de Michel-Ange au dessin, un médium qu’il privilégiait par rapport à la peinture.

« Ce n’est pas mon art »

Les historiens de l’art connaissent bien Michel-Ange grâce aux lettres et aux poèmes qu’il a rédigés ainsi qu’à deux biographies écrites de son vivant par des proches, Giorgio Vasari et Ascanio Condivi.

En 1506, le pape Jules II suspend les travaux de sculpture de Michel-Ange sur le tombeau papal de la basilique Saint-Pierre, réaffectant les fonds destinés au tombeau à la rénovation de la basilique elle-même. Michel-Ange réagit en fermant son atelier et ordonne à ses assistants d’en vendre tout le contenu, abandonnant 90 charrettes de marbre. Il quitte Rome, dégoûté.

En 1508, Jules II et son intermédiaire, le cardinal Francesco Alidosi, parviennent à ramener Michel-Ange à Rome en lui promettant une rémunération de 500 ducats et un contrat pour peindre la chapelle Sixtine. Bien qu’il ait accepté, l’artiste s’est beaucoup plaint de cette nouvelle commande. Il écrivit à son père que la peinture n’était pas son métier et déclara au pape que la peinture n’était pas son art. C’est bel et bien la sculpture, et non la peinture, qui était au cœur de l’identité de Michel-Ange.

Un morceau de papier jauni avec un texte écrit en italien et un gribouillage représentant un homme s’efforçant de peindre une image au plafond
Michel-Ange se plaignit de la peinture de la chapelle Sixtine dans un poème qu’il envoya à son ami Giovanni da Pistoia.
Wikimedia

Selon la biographie de Condivi, que Michel-Ange approuva et contribua à façonner, l’artiste aurait quitté l’atelier du peintre Domenico Ghirlandaio vers 1490 pour se former dans le jardin de sculptures du puissant mécène florentin Lorenzo de Médicis. Michel-Ange plaisantera plus tard en disant qu’il était devenu sculpteur dès son plus jeune âge, grâce au lait maternel de sa nourrice, qui était la fille de tailleurs de pierre.

Au-delà de son enthousiasme pour la sculpture et de son ressentiment à l’égard de la chapelle Sixtine – qu’il qualifiait de « tragédie du tombeau » –, Michel-Ange considérait la peinture à fresque comme un travail éreintant.

« Cette torture m’a valu un goitre », écrivit-il à son ami Giovanni da Pistoia dans un poème illustré.

« Mon estomac est écrasé sous mon menton, ma barbe pointe vers le ciel, mon cerveau est broyé dans un cercueil, ma poitrine se tord comme celle d’une harpie. Mon pinceau, toujours au-dessus de moi, dégouline de peinture, si bien que mon visage fait un excellent sol pour les gouttes ! »

« Ma peinture est morte, conclut-il. Je ne suis pas à ma place – je ne suis pas peintre. »

Un grand dessein

La caricature qui accompagne le poème de Michel-Ange montre non seulement un esprit acariâtre et agité, mais aussi la façon dont il utilisait le dessin pour refléter ses émotions.

Le début du XVIᵉ siècle a vu l’essor du dessin, et celui de Michel-Ange en premier lieu. Plutôt que de se limiter à copier ou à fournir des modèles pour la peinture, le dessin a été considéré comme un exercice intellectuel, exploratoire et créatif important. Vasari, le biographe de Michel-Ange, a utilisé le terme célèbre de « disegno » pour signifier à la fois le dessin physique et la « conception » ou le concept global d’une œuvre, conférant ainsi à l’artiste un pouvoir créatif quasi divin.

Ce double sens se reflète dans le titre de l’exposition très populaire de 2017 consacrée aux dessins de Michel-Ange au Metropolitan Museum of Art de New York, « Michel-Ange : dessinateur et concepteur divin ».

Michel-Ange a réalisé de nombreux dessins pour la chapelle Sixtine, qui reflétaient les différentes significations du mot « disegno ». Il y avait ses croquis de modèles ainsi que ses rendus architecturaux et ses plans pour organiser cet immense espace. Puis il y avait les « cartons » grandeur nature dessinés pour transférer ses dessins directement sur le plafond lui-même.

Esquisses de formes architecturales et de membres humains sous différents angles
Le plan de Michel-Ange pour la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine ainsi que ses études de bras et de mains.
The Trustees of the British Museum (Londres), CC BY-SA

Le beau pied

Michel-Ange a également réalisé de nombreuses études de parties du corps et de gestes pour la chapelle Sixtine, notamment des yeux, des mains et des pieds. Dans un dessin pour le plafond de la chapelle Sixtine, aujourd’hui conservé au British Museum, diverses mains – peut-être inspirées des siennes – se répètent sur le côté droit de la page.

Les pieds revêtaient une importance particulière dans la conception globale de la figure humaine, et ils se situent à la croisée des intérêts de Michel-Ange pour l’art classique et l’anatomie humaine.

Le contrapposto était la posture emblématique des figures se tenant debout dans les peintures et les sculptures. Le poids du corps représenté repose sur une jambe tandis que l’autre jambe est fléchie. Le David de Michel-Ange se tient en contrapposto et même les médecins d’aujourd’hui sont impressionnés par la précision anatomique des muscles et des veines de chaque pied.

Un pied sculpté dans le marbre blanc
Le pied gauche détendu du David de Michel-Ange.
Franco Origlia/Getty Images

Le dessin vendu par Christie’s représentant le pied de la Sybille a probablement été réalisé d’après un modèle vivant, Michel-Ange mettant en valeur l’élégance de la prophétesse Sibylle de Libye à travers son pied dramatiquement cambré. Dans la fresque achevée, le corps de la Sibylle est une sorte de machine élégante. La musculature de ses bras tendus, son torse enroulé et son orteil pointé fonctionnent tous en harmonie. Ce petit dessin montre comment l’énergie intense exprimée par une seule partie du corps pouvait contribuer au « disegno » global de cette fresque monumentale.

Si le processus de peinture du plafond fut ardu, celui de sa conception à travers le dessin fut manifestement gratifiant pour Michel-Ange.

Peinture colorée représentant une jeune femme posant en position assise, se tournant vers les spectateurs tout en tenant un grand livre ouvert
La fresque achevée de la Sibylle de Libye dans la chapelle Sixtine.
Wikimedia

Le dessin comme pivot

Malgré la popularité des fresques de la chapelle Sixtine, Michel-Ange ne revint que rarement à la peinture après les avoir achevées. En 1534, le pape Clément VII lui commanda de peindre le Jugement dernier sur le mur de l’autel de la chapelle Sixtine. Mais ce n’est qu’après la mort de Clément plus tard dans l’année – et après que son successeur le pape Paul III eut nommé Michel-Ange architecte en chef, sculpteur et peintre du palais du Vatican – que l’artiste a commencé à travailler sur le mur de l’autel.

Si beaucoup de gens aujourd’hui pensent aux fresques de la chapelle Sixtine ou à la Joconde de Léonard de Vinci lorsqu’ils évoquent la Renaissance italienne, ces artistes ne se considéraient pourtant pas avant tout comme des peintres.

Dans une célèbre lettre de présentation adressée au duc de Milan, Ludovico Sforza, Léonard de Vinci détaille ses nombreuses compétences en matière de fortifications, d’infrastructures et d’armement. Il se vante de son aptitude à construire des ponts, des canaux, des tunnels et des catapultes. Ce n’est qu’après dix paragraphes qu’il ajoute une seule phrase admettant qu’il est également capable « de réaliser des sculptures en marbre, en bronze ou en argile, et qu’en peinture, il peut accomplir n’importe quel type de travail aussi bien que n’importe quel homme ».

Tout comme ceux de Michel-Ange, les dessins de Léonard témoignent d’un esprit vorace. Ils explorent, plutôt que de simplement observer, tout ce qui va des machines militaires à l’anatomie humaine. En 1563, Michel-Ange fut nommé maître de l’Accademia del Disegno de Florence, qui avait pour objectif d’enseigner le dessin et la conception en tant que compétences fondamentales nécessaires à la sculpture, à l’architecture et à la peinture.

Le dessin, en fin de compte, était l’art qui unifiait les nombreuses activités de l’« homme de la Renaissance ».

The Conversation

Anna Swartwood House ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « La peinture n’est pas mon art » : Michel-Ange se définissait avant tout comme dessinateur – https://theconversation.com/la-peinture-nest-pas-mon-art-michel-ange-se-definissait-avant-tout-comme-dessinateur-279586

Human rights and the rights of Nature are linchpins for truly sustainable development

Source: The Conversation – France – By Farid Lamara, Responsable de programmes de recherches, Agence Française de Développement (AFD)

United Nations member states unanimously adopted the sustainable development agenda in 2015. It aims to ensure development that “meets the needs of the present without compromising the ability of future generations to meet them” (1987 Brundtland Report, “Our Common Future”). This agenda outlines 17 Sustainable Development Goals (SDGs) and sets out 169 targets to be achieved by 2030. They represent the programme’s accountability framework.

None of the 17 Sustainable Development Goals (SDGs) is specifically devoted to human rights. In reality, they are everywhere – at the heart of the social, economic, cultural, civil, and political life of all inhabitants of the world, but also at the centre of contemporary ecological issues, which the United Nations General Assembly endorsed in 2022 through a historic resolution acknowledging the right to a healthy environment as a human right.

According to the Danish Institute for Human Rights (DIHR), 92% of the SDG targets are rooted in international human rights law. The promotion, respect and protection of human rights therefore form the backbone of the SDGs.

‘Strong sustainability’, a prerequisite for preserving nature and the universality of human rights

On the whole, the SDGs combine environmental, economic, human development and governance issues. However, there are several competing visions, based on different economic and environmental assumptions, regarding how to achieve them. These are referred to as “weak” and “strong” sustainability. The latter is a concept that aims to strengthen sustainable development by ensuring that economic policies do not compromise (or sacrifice) human development, the environment or nature.

Unlike weak sustainability (based on the concepts of the substitutability of natural capital), strong sustainability is based on the principle that natural capital is irreplaceable and must be preserved.

Three key principles of strong sustainability stand out:

  • the finite nature of the environment

  • social justice

  • the limits to economic growth.

Within this framework, the human rights-based approach and the approach based on the rights of nature are essential for truly sustainable development. This involves recognising nature – ecosystems and natural entities – as a subject of law.

Today, more than 650 initiatives recognising the rights of nature have been documented. Without these approaches, the current system exacerbates inequalities and threatens the habitability of the planet.

This is documented in several research studies and international conferences organised by the French Development Agency (AFD) whose mission is analysing the intersecting issues between human rights and sustainable development, with specific areas of focus such as the ecological transition, multidimensional inequalities and the rights of nature. The AFD also works with DIHR on other issues relating to human rights and climate policies.

What emerges from this overview is that the (anthropogenic) ecological crisis exacerbates inequalities and severely undermines human rights – both substantive (the right to life, health, food, housing, etc.) and procedural rights (the right to participation, information and redress), primarily among vulnerable populations: children, women, indigenous peoples and local communities, human rights and environmental defenders, migrants and displaced persons.

Environmental governance meanwhile remains inadequate, with governments and the private sector generally limiting themselves to a risk-reduction approach (“no harm done”) that lacks accountability and an integrated, proactive vision of human rights, the right to a healthy environment, and the rights of nature. It thus, appears urgent to come up with other alternative models incorporating accountability, justice (social and environmental) and citizen participation for reconciling ecology and human rights within an eco-centred rather than anthropocentric approach.

Especially now that the planet’s limits have been largely exceeded.

Looking at the planet’s limits from a human rights perspective

These limits (see chart below) define the safe operating space for humanity in relation to the terrestrial ecosystem and are linked to the planet’s biophysical subsystems or processes. Today, 7 out of 9 boundaries have been exceeded. And since the adoption of the SDGs in 2015, 3 have been exceeded.


Stockholm Resilience Centre. Click to zoom.

Beyond the significant impact on the natural world, the implications for human rights are systemic. Take the right to health, for example evidence shows that each “planetary limit” has direct consequences for human and animal health and ecosystems.

As far as human health goes, chemical pollution (pesticides, plastics, persistent organic pollutants) causes a range of chronic illnesses and an increase in cancer cases.

Air pollution alone causes more than 4 million deaths worldwide every year.

Premature deaths linked to heatwaves (climate), malnutrition (changes in the water cycle), soil degradation or the decline in biodiversity further exacerbate the health toll and human mortality, primarily affecting the poorest populations, particularly in a world governed by a profoundly asymmetrical and unequal model.

Inequality as a driving force behind the ecological crisis and the erosion of human rights

According to the World Inequality Lab’s 2025 report on climate inequality, the poorest 50% of the world’s population account for 10% of greenhouse gas (GHG) emissions, which is significantly less than the emissions of the richest 1%. The latter, moreover, are solely responsible for 41% of GHG emissions linked to the ownership of assets (both financial and non-financial).

The poorest 50% are not only the least responsible. They are also the most vulnerable to loss and damage, whilst having the least financial capacity to cope with it. And if we look at income and wealth inequality, we see that the richest 10% of the world’s population harness more income than the remaining 90%. Overall although inequality has been rising sharply within countries for several decades, these findings point to very significant North-South disparities. Yet the greater inequality, the less ability people have to assert their rights.

The inconsistencies of an asymmetrical and unequal model in the 2030 Agenda

Under these circumstances, achieving the expected outcomes of the 2030 Agenda is a long shot. The 2025 United Nations report on the SDGs shows that of the 169 SDG targets, only 18% have been met or are on track to be met by 2030. And 66% of them show marginal progress, stagnation or regression.


The Sustainable Development Goals Report 2025.

A more detailed analysis, SDG by SDG, shows that several of them will not meet any of their targets by 2030. This is particularly the case for SDG 1 (poverty), 5 (gender), 6 (water), and 16 (peace, justice and strong institutions). Meanwhile, SDGs 2 (hunger), 3 (good health), 4 (quality education), 10 (reduced inequalities) and 13 (climate action) are expected to meet only one target each.

Given that human rights form the backbone of the SDGs, these results demonstrate that issues of justice remain marginal in their operational implementation.

On the other hand, democratic backsliding, the decline in human rights and the extreme narrowing of civic space that is materialising, for example, in censorship and the violent repression of journalists, human rights and environmental defenders, peaceful protesters, etc. – around the world are further obstacles to their achievement.

Today, according to the Civicus Monitor, only 7.2% of the world’s population lives in an “open” or “reduced” civic space. The rest live in a “restricted” (19.9%), repressed (42.3%) or closed (30.7%) civic space.

It is therefore becoming urgent for the international community in general, and development actors in particular, to give full priority to approaches based on human rights and the rights of living things in the implementation of the 2030 Agenda.


Civicus Monitor

Human rights and the rights of nature: a vital symbiosis for future generations

To achieve this, the challenges associated with the dominant economic model and global governance must be considered. This goes far beyond the legal sphere.

And yet the rights of nature are powerful levers for strengthening human rights and vice versa, as recently recognised by the International Union for Conservation of Nature (IUCN) through the adoption of several resolutions.

With this in mind, the approach based on human and living rights should be integrated into all public policies aimed at achieving SDGs, with a strong focus on sustainability.

This is precisely what the COP15 Kunming-Montreal Decision on Biodiversity states, calling for action to support Mother Earth, that is to say, an “eco-centric and rights-based approach conducive to the implementation of actions aimed at establishing harmonious and complementary relationships between people and nature, promoting the sustainability of all living beings and their communities, and avoiding the commodification of the environmental functions of Mother Earth”.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The Conversation

Farid Lamara ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Human rights and the rights of Nature are linchpins for truly sustainable development – https://theconversation.com/human-rights-and-the-rights-of-nature-are-linchpins-for-truly-sustainable-development-279023

« Cold case » : Comprendre le profil de la victime pour retrouver le meurtrier

Source: The Conversation – France in French (3) – By Magalie Sabot, Psychocriminologue à l’Office central pour la répression des violences aux personnes, Université Paris Cité

Les enquêtes sur les cold cases, ces meurtres non résolus depuis des décennies, reposent sur des méthodes souvent méconnues. L’analyse victimologique et la connaissance du cercle proche des victimes permettent de faire émerger de nouveaux indices. Récit d’une enquête portant sur le meurtre d’une adolescente, survenu il y a quarante ans.


Lorsque les policiers arrivent sur son lieu de travail, Anne ne peut imaginer que c’est pour elle qu’ils font le déplacement. De l’annonce, elle ne retient que quelques mots, secs et hachurés : sa fille unique de 16 ans a été tuée de plusieurs coups de couteau au sein du domicile familial. Malgré le choc, les proches sont rapidement entendus : la famille, puis les amis, les camarades et les voisins.

Nous sommes dans les années 1980, l’enquête sur le meurtre de Sophie ne fait que débuter (le prénom de la victime et certains éléments ont volontairement été modifiés).

À l’époque, l’ADN n’est pas encore au cœur des investigations criminelles et aucune trace génétique ne sera collectée. Alors, quand l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) reprend l’affaire quarante ans plus tard, il faut mobiliser d’autres leviers pour retrouver le meurtrier.

L’unité d’analyse comportementale (UACP), formée de trois psychocriminologues, constitue l’un des outils mis à la disposition des enquêteurs pour reprendre ces affaires complexes restées irrésolues.

L’entourage : premier suspect

L’annonce d’un décès dans des circonstances criminelles constitue, pour les proches, une épreuve émotionnelle. Elle les confronte à une réalité brutale susceptible d’altérer temporairement leurs capacités de compréhension, de réaction et d’expression. Si certaines manifestations sont attendues (pleurs, cris, colère), d’autres réponses, telles que la sidération, la distanciation ou une apparente froideur, peuvent également survenir. Ces réactions ne sauraient être interprétées comme une absence d’affect : elles relèvent fréquemment d’un état de choc. Il importe, dès lors, de ne pas assimiler ces mécanismes défensifs à des indices de dissimulation.

Cependant, cette lecture clinique ne peut occulter les réalités de l’enquête criminelle qui conduit souvent à orienter les investigations vers l’entourage de la victime. Les statistiques criminologiques montrent en effet que, dans de nombreux homicides, l’auteur appartient au cercle familial ou relationnel.

D’après les données du ministère de l’intérieur, en 2023, sur les 996 personnes décédées à la suite d’un homicide en France, environ une sur quatre l’a été dans un cadre familial. Et lorsque l’on considère spécifiquement les victimes féminines, plus d’une sur deux a été tuée dans un contexte intrafamilial.

À l’échelle internationale, les recherches criminologiques menées à partir d’homicides résolus montrent que les meurtres commis par des auteurs totalement inconnus de leurs victimes restent rares. Ils représentent en moyenne entre 9 % et 20 % des cas, selon les pays et les périodes étudiées. Une recherche menée en 2021 en Algérie confirme encore ces résultats : dans plus de 80 % des homicides étudiés, un lien de connaissance existe entre la victime et son meurtrier (dans 21 % des cas il s’agit d’un membre de la famille, dans 12 % d’une relation intime, dans 28 % d’un voisin, dans 14 % d’un ami, dans 6 % d’une relation professionnelle).

S’agissant du meurtre de Sophie, un facteur de vulnérabilité spécifique doit aussi être intégré à l’analyse : l’adolescence. Des travaux menés en 2024 en Italie indiquent que, entre 13 et 18 ans, les jeunes femmes sont tuées par un partenaire intime dans neuf cas sur dix (62 % par le partenaire actuel, 26 % par un ancien partenaire).

Lorsque l’auteur est identifié, le profil correspond à celui d’un jeune homme légèrement plus âgé que la victime (environ + 3,9 ans). Dans plus de la moitié des situations, le passage à l’acte s’inscrit dans un contexte de rupture ou de conflit amoureux.

Au vu de ces éléments, les enquêteurs procèdent dès que possible à l’audition de l’entourage de la victime, afin de mieux cerner quelles étaient ses préoccupations, ses dynamiques relationnelles et ses histoires adolescentes. Si l’on en croit ces données chiffrées, le criminel serait juste là, caché dans son cercle de connaissance.

Les biais cognitifs dans les enquêtes

Les parents endeuillés sont-ils vraiment des témoins fiables ? Tandis que l’enquête vise à objectiver le profil d’une victime, les parents évoquent avant tout leur enfant, investi d’une forte charge affective. Cette proximité favorise l’émergence de biais cognitifs lors des déclarations initiales : idéalisation post-mortem, minimisation des conflits, biais de loyauté familiale ainsi que des mécanismes défensifs liés à la honte ou à la culpabilité. En relisant les premières auditions, cela transparaît souvent dans certaines formules récurrentes des proches, telles que « Elle n’aurait jamais fréquenté de mauvaises personnes », « Elle était appréciée de tous » ou encore « J’aurais dû être au domicile ce jour-là ».

S’y ajoutent des phénomènes de contamination intertémoins, les échanges intrafamiliaux contribuant à l’élaboration d’un récit homogénéisé. Il en résulte fréquemment la construction d’un portrait lissé : famille sans difficulté, adolescente sans problème, dans lequel certains aspects de la vie intime restent dans l’ombre.




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Afin de limiter les effets des biais cognitifs dans la conduite des enquêtes, les services de police recourent à des grilles structurées d’exploration victimologique. Ces outils méthodologiques visent à examiner de manière systématique l’ensemble des dimensions de la vie de la victime : sphère affective et sexuelle, relations sociales et professionnelles, vulnérabilités, habitudes de vie ainsi que d’éventuels changements récents de comportement.

La structuration des informations recueillies permet ensuite une mise en perspective comparative des données, faisant apparaître les convergences, les divergences, les zones d’ombre ou encore les éléments susceptibles d’avoir été tus. Dans le cadre de la réouverture d’un dossier ancien, ces portraits victimologiques constituent un appui essentiel aux nouvelles auditions : ils orientent les investigations vers les éléments demeurés lacunaires, insuffisamment explorés ou précédemment passés sous silence, et favorisent ainsi une reprise d’enquête plus exhaustive et méthodologiquement sécurisée.




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Dans l’affaire criminelle du meurtre de Sophie, l’analyse conduite au sein de l’OCRVP a mis en évidence une période de remaniement identitaire marquée, où la contestation des normes parentales et les conduites transgressives s’inscrivaient dans un processus adolescent classique.

Les auditions des amies se révèlent, à cet égard, particulièrement fécondes. Elles font émerger des éléments souvent ignorés du cercle familial : des expériences affectives et sexuelles, l’usage de cannabis et d’alcool en soirée et, un projet de fugue pour rejoindre celui qu’elle pensait être son grand amour.

Toutefois, l’examen psychocriminologique suggère également l’existence d’un décalage possible entre les récits livrés au groupe de pairs et la réalité des conduites de Sophie : certaines expériences semblent avoir été enjolivées pour se donner une image plus téméraire, plus audacieuse. Dès lors, l’enjeu analytique ne réside pas seulement dans l’accumulation d’informations factuelles, mais aussi dans l’appréhension des écarts entre les différentes représentations sociales de la victime afin de cerner, au plus près, la dynamique identitaire à l’œuvre.

L’analyse victimologique

L’analyse victimologique, dans le cadre de l’enquête criminelle, est l’étude de la victime permettant de déduire les circonstances de sa sélection par l’auteur et la dynamique du crime. À l’OCRVP, cette analyse est réalisée par les psychologues de l’Unité d’analyse comportementale psychocriminologique.

Cependant, cette discipline a longtemps occupé une place secondaire au profit du profilage criminel, focalisé quasi exclusivement sur le criminel recherché. Le profilage s’est, en effet, historiquement construit à partir de l’analyse des traces comportementales laissées sur la scène de crime (mode opératoire, signature, mise en scène), à partir desquelles les enquêteurs tentaient d’inférer les caractéristiques du suspect.

Pourtant, les travaux de criminologues spécialisés dans l’analyse comportementale, comme Wayne Petherick ou Brent Turvey, soulignent le rôle central de la connaissance de la victime dans la compréhension du processus criminel. C’est en croisant l’analyse victimologique et le profilage criminel du suspect que l’on peut éclairer trois aspects essentiels de l’enquête : le contexte du crime, les liens éventuels entre auteur et victime, et les pistes d’investigation à privilégier.

Le lieu dans lequel se trouvait la victime, sa vulnérabilité et sa capacité à se défendre donnent des indices sur la façon dont le meurtrier a agi. Celui-ci choisit souvent sa victime en fonction de ce qu’elle lui permet de réaliser : satisfaire des fantasmes, répondre à ses pulsions ou simplement profiter d’une opportunité donnée. L’analyse victimologique, articulée aux éléments objectivés sur la scène de crime, permet ainsi d’inférer le mode d’approche, le mode d’attaque, les risques assumés et, dans une certaine mesure, le mobile.

L’analyse victimologique du meurtre de Sophie éclaire plusieurs traits du comportement de l’auteur. L’adolescente n’ouvrait pas la porte aux inconnus, suggérant une approche par ruse mobilisant certaines compétences sociales. Le crime survient alors qu’elle est seule à son domicile, dans le cadre d’une activité routinière, laissant penser à un repérage préalable et à une capacité d’anticipation.

Son caractère « calme », sa petite corpulence et ses faibles capacités de résistance physique indiquent de la part de l’agresseur une violence disproportionnée et une perte de contrôle émotionnel, suggérant un auteur colérique et impulsif. L’autopsie révèle également que Sophie n’a pas été violée, ce qui nous oriente vers un mobile non sexuel. Enfin, le corps n’a pas été déplacé et la scène n’a fait l’objet d’aucune mise en scène, ce qui laisse penser à un départ précipité.

Affaire à suivre

La reprise du dossier par les enquêteurs de l’OCRVP ouvrira la voie à l’exploration de nouvelles hypothèses, notamment par la réaudition des témoins de l’époque. Leur mémoire sera-t-elle altérée par les années ? Ou le temps deviendra-t-il un allié ?

Certains dossiers traités au sein de l’OCRVP enseignent que les années passées peuvent transformer les dynamiques psychologiques et relationnelles des témoins. L’éloignement émotionnel, la maturation individuelle ou la reconfiguration des liens interpersonnels sont susceptibles de lever d’anciennes inhibitions et de délier certains secrets.

Ces remaniements psychiques favorisent parfois l’émergence d’éléments demeurés tus au moment des faits : un terrain d’analyse privilégié pour les psychocriminologues.


Créé en 2023, le Centre de recherche de la police nationale pilote la recherche appliquée au sein de la police nationale. Il coordonne l’activité des opérateurs scientifiques pour développer des connaissances, des outils et des méthodes au service de l’action opérationnelle et stratégique.

The Conversation

Magalie Sabot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Cold case » : Comprendre le profil de la victime pour retrouver le meurtrier – https://theconversation.com/cold-case-comprendre-le-profil-de-la-victime-pour-retrouver-le-meurtrier-277144

‘Canadian experience’ keeps skilled immigrants out of the labour market

Source: The Conversation – Canada – By George Kofi Danso, PhD, Human Geography, Queen’s University, Ontario

Canada positions itself as a nation in need of skilled immigrants to address labour shortages, support an aging population and drive economic growth. But the reality of Canada’s labour market tells a different story.

Upon arrival, the credentials of the talent attracted from abroad often face skepticism. The issue isn’t just about integration, it’s about the bigger problem of how Canada recognizes and values educational backgrounds, skills and professional experience.

At the centre of that failure is the idea of “Canadian experience.” This refers to the requirement that job applicants have prior work experience in the Canadian labour market to gain further employment.

Employers often defend this requirement as practical. They argue it ensures that workers understand local norms, workplace culture and regulatory expectations. In practice, this requirement acts as a screening tool.

This is both a social and an economic mistake. Canada’s immigration policy is based on the idea that newcomers are crucial to its future success. Yet it continues to squander the skills of the professionals it accepted to take in.

As a researcher specializing in immigration and international student retention in Canada, I believe the system isn’t failing at selecting talent, it’s failing at recognizing it.

Immigrants aren’t the problem, recognition is

A report from RBC found that immigrants often struggle to secure suitable employment in Canada because their training or field of study does not align with labour market needs. This explanation is incomplete, as data shows that a majority of immigrants with a post-secondary education are often more over-qualified than Canadian-born workers.

In September 2025, 34.7 per cent of recent immigrants reported being over-qualified compared with 18.5 per cent of Canadian-born workers. This suggests that many immigrants are failing because their skills are not being fully acknowledged or used.

Immigrants didn’t arrive without skills. They were carefully selected for the strong education, experience and qualifications that met Canada’s immigration standards. The problem starts after they arrive, when their qualifications face even deeper scrutiny.

Most employers ask for Canadian experience as a prerequisite, creating an impossible cycle: newcomers cannot gain Canadian experience without being hired, yet cannot get hired without Canadian experience.

At the core of the problem is a tendency to view unfamiliar foreign experience as a liability rather than as evidence of skill. Employers usually trust what they know. Regulatory bodies focus on credentials they easily understand. So foreign training is often seen as uncertain until it’s translated into Canadian terms.

The problem repeats across immigration streams

Two groups highlight this issue clearly: international students and internationally trained doctors. Although they differ in many ways, both show how Canada delays or denies recognition of people it has invited.

International students often come to Canada for the promise of education and work that can lead to a better future. However, they soon face a tough reality: costly housing, tight finances and immigration rules that limit their options.

To make ends meet, many take jobs in retail, food service, warehouses, delivery or care work. These roles are essential and demanding, yet they don’t provide the professional experience or career advancement that students expect.

International students are encouraged to work, contribute and build a life in Canada. Yet the jobs available to them, while technically providing Canadian work experience, are not in their fields of study. After graduation, employers often dismiss this experience as irrelevant and continue to demand professional Canadian experience in their specific industry, which students had no opportunity to gain.

Health experts often warn about a shortage of physicians. Family medicine faces pressure, emergency rooms are crowded and many communities lack access to care. However, many qualified foreign-trained doctors encounter a maze of licensing hurdles, repeated exams and limited chances to practice.

In 2021, Canada had roughly 39,000 internationally educated people with medical training, yet only 41.1 per cent of foreign-educated doctors were working in related occupations, compared with about nine in ten Canadian-educated medical graduates.

Many of these doctors come with strong clinical knowledge and experience from other health systems. Yet in Canada, their qualifications must go through extensive verification processes, credential checks and limited licensing pathways.

While these requirements are set up to ensure the Canadian health-care system can meet the highest standards of care, they also create barriers for foreign-qualified professionals.

What Canada keeps getting wrong

Canada seeks global talent but builds systems that undervalue it. This contradiction could explain why labour shortages in healthcare and certain skilled trades persist despite high-skilled immigration streams.

To gain real benefits from immigration, Canada must improve how it recognizes and integrates foreign expertise. And it should stop using “Canadian experience” as a method of exclusion.

Underusing skilled immigrants is both unfair to them and harms the economy. Canada can’t claim it needs talent from abroad while discounting it once it arrives.

The Conversation

George Kofi Danso does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. ‘Canadian experience’ keeps skilled immigrants out of the labour market – https://theconversation.com/canadian-experience-keeps-skilled-immigrants-out-of-the-labour-market-277036

China’s Africa strategy is shifting and Iran conflict will speed it up

Source: The Conversation – Africa – By Lauren Johnston, Associate Professor, China Studies Centre, University of Sydney

The global geoeconomic volatility wrought by the second Donald Trump US presidency and hostilities in the Middle East make the shift in China’s Africa strategy even more important for China and for Africa.

China’s Africa strategy started to shift in 2019, towards investment. It is anchored in Hunan Province.

The “Hunan Model” emerged because the “Angola Model” (building infrastructure and extracting resources) faced sustainability hurdles. Given the vulnerability of African countries to shocks, they often struggle to keep up with mounting debt repayments. The other factor was China’s changing domestic needs.

Traditional trade partnership and growth corridors were also under increasing contestation and subject to high trade barriers.

Under these pressures, Beijing selected Hunan Province to become its “project implementation unit” for a new era of trade and development between China and Africa.

The model has become more important since formal approval of the China-Africa Economic and Trade Deep Cooperation Pilot Zone in early 2024 and the growth of the China-Africa Economic and Trade Exhibition since launch in 2019.




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China’s Africa strategy is shifting from extraction to investment – driven from the industry-rich Hunan region


It seeks to deepen and bring greater balance to China-Africa trade and industrial integration. It is also at the heart of efforts to overcome the three main barriers to African development – shortages of capital, skilled labour and infrastructure – while offering China a secure and growing supply of resources.

Based on years of study of China-Africa trade relations, I argue that the tensions in the Middle East and the economic disruptions they have caused globally will speed up China’s thrust towards renewables and the electrification of its economy. It will also accelerate its push for new markets. This has implications for Africa.

Hunan Province is central to green transportation and to construction, heavy industry and minerals processing. It is also central to China’s economic relations with Africa.

What Hunan is all about

At the centre of the Hunan Model sit two national policy initiatives:

Hunan Province’s capital, Changsha, is home to China’s third-largest wholesale market, the Gaoqiao Grand Market. It is the primary distribution hub for non-commodity African imports landing in and near Changsha and passing through “green lanes” that fast-track African exports into China.

The market has a permanent trade facilitation hall where African countries market their goods directly and which provides other trade services.

The Hunan Model also has three functional areas to support trade between land-locked Hunan and the world, with an emphasis on Africa:

The China-Africa cooperation zone also has five “functional clusters” that drive trade, investment and industrial development between and within China and African nations. These target specific sectors where Hunan excels – and that match potential for growth and industrialisation in Africa. Construction machinery, mining equipment and precious metals processing are among them.

The China-Africa Economic and Trade Exhibition comprises the permanent exhibition hall in the zone and a series of trade expos, held in China and in Africa.

In the last few years, as I’ve detailed in a journal article, a series of China-Africa Economic and Trade Exhibition events have also begun springing up in African countries, including Kenya and Nigeria.

Impact of Middle East conflict

The importance of the Hunan Model has, arguably, been increased by the second Trump presidency and intensifying US-China trade tensions. As western markets become more restrictive, China has pivoted towards the global south with remarkable speed. Africa is no exception. In 2025, while Chinese total foreign trade grew by 3.8%, China-Africa trade surged by 17.7%.




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More recently, tensions in the Middle East have offered a dramatic shock to the global economy and its energy supply chains. This is likely to intensify China’s push towards renewables and electrification of its economy. It may also elevate global demand for electric vehicles, and it is Hunan Province that is home to Chinese e-vehicle giant BYD.

Given Hunan’s centrality to China’s own renewables industry, especially electric transformation and minerals processing, as well as construction, the Hunan Model can drive a new renewables-run era in China and between China and Africa too.




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In 2025, the “biggest highlight” of Changsha’s exports to Africa was the explosive growth of the “new three items”. These are lithium batteries, electric vehicles and photovoltaic products. Hunan’s exports of these items to Africa increased by 160.4%, 840.4% and 62.1% year-on-year, respectively. That’s why they have become a “new calling card” for Hunan’s exports to Africa.

Alongside electric transportation companies like BYD, Hunan Province is also home to electric railway giants like CRRC, which is at the heart of a “green” rail export surge. Moreover, in the wake of conflict in Iran, China has announced a new rare minerals research and innovation hub, to be set up in Changsha, Hunan.

Avoiding ‘Africa last’

While the Hunan model offers a focus on surmounting non-tariff barriers to trade and an industrial-focused alternative to past extraction-heavy policies, risks remain. The sheer scale of Chinese exports to Africa – up 17.7% in 2025 while African exports to China grew only 5.4% – underscores a growing trade imbalance.

African countries and sub-regions must build their own industrial supply chains, as China did with investment from earlier industrial giants.

The Hunan Model has its own research alliance of Chinese scholars and industry experts to inform its advance and progress. African nations require their own equivalent.

Shock after shock is upsetting the world economy. The Hunan Model is no longer just an experiment or a policy idea. It is driving China-Africa economic transformation. It offers potential for growth and development in China and Africa.

The Conversation

Lauren Johnston does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. China’s Africa strategy is shifting and Iran conflict will speed it up – https://theconversation.com/chinas-africa-strategy-is-shifting-and-iran-conflict-will-speed-it-up-280046

China’s military support for Somalia is on the rise – what Taiwan and Somaliland have to do with it

Source: The Conversation – Africa (2) – By Brendon J. Cannon, Associate Professor, Khalifa University

China recently pledged to expand military support to Somalia in its fight against al-Shabaab militants. Beijing has promised equipment, training and closer security cooperation with Mogadishu. This marks a shift from China’s traditionally cautious and small presence in the country. Brendon J. Cannon has researched how external powers – including China – engage with sub-Saharan Africa. He explains how these dynamics are converging in Somalia.

What form does China’s support in Somalia take?

China’s interests in Somalia take two paths.

The first is broadly geopolitical. It relates to China’s long-standing interests in the Horn of Africa as a strategic crossroads. The region links the Indian Ocean to the Red Sea and the Mediterranean. The Horn of Africa includes Djibouti, Ethiopia, Somalia, Eritrea and Somaliland. Sudan and Kenya are important actors in the region’s affairs.

Beijing’s priorities here are about expanding political influence and embedding itself in regional security architectures. This explains its existing military presence in Djibouti and infrastructure investments across Ethiopia, as well as neighbouring states like Kenya, Uganda and South Sudan.

The second path is specific to Somalia. It is mainly shaped by China’s domestic politics and stance on Taiwan. Beijing considers Taiwan a breakaway province, and is concerned that Somaliland’s ties with Taipei could lend legitimacy to separatist movements. Somaliland is a de facto independent state that left its voluntary union with Somalia in 1991, and diplomatically recognised Taiwan in 2020.

To understand this Somalia-specific dynamic, it is necessary to look at what China’s support to Somalia entails. Beijing provides diplomatic backing, development assistance and, more recently, security cooperation framed around counterterrorism and support for Somalia’s fight against al-Shabaab militants.

Even so, China’s economic footprint remains modest. Unlike neighbouring Ethiopia, where Beijing has financed railways, ports and airports, Somalia has not received large-scale Belt and Road infrastructure.

Chinese engagement is, therefore, better understood as selective and strategic rather than transformative.

What are the strategic interests driving this engagement?

China is increasingly involved in Somalia because of Somaliland’s diplomatic recognition of Taiwan and its progress in pushing for its own international recognition.

Since 1949, Taiwan has been an independent, self-governing state, though the People’s Republic of China lays claim to the island.

Beijing has worked over the past three decades to isolate Taiwan diplomatically. It’s offered development, technology and infrastructure assistance in exchange for states severing diplomatic relations with Taipei.

As of 2026, only Eswatini and Somaliland in Africa maintain some form of diplomatic relations with Taiwan.

From Beijing’s perspective, the fact that a small, de facto independent state in the Horn of Africa had the temerity to exchange diplomats with Taiwan was bad enough. When Israel became the first state to formally recognise Somaliland’s independence in December 2025, Beijing reaffirmed its support for Somalia’s sovereignty and territorial integrity. US policymakers are also pushing to recognise Somaliland.

China and Somalia’s leaders in Mogadishu frequently affirm their support for “One Somalia” and “One China”, respectively. In their view, Somaliland must submit to Mogadishu’s rule. Ditto for Taiwan: it must join the People’s Republic of China.

Neither Somaliland nor Taiwan wish to be part of what they view as broken political experiments.

Their larger, angry neighbours don’t care. They resort to bullying and threaten violence – in different ways.

China has wealth, economic power and a global profile. It also has a huge military and growing navy, much of it tailormade to invade Taiwan. Despite this, Taiwan still prefers to go it alone, with support from the United States, Japan, Australia and others.

Mogadishu, on the other hand, is unable to exercise legitimate control over much of its own territory. Despite decades of external security assistance and military training, Somalia still has no capable military. The national army continues to underperform against al-Shabaab and remains entangled in clan-based politics.

Failure to shift the status quo in either Taiwan or Somaliland unites China and Somalia against smaller, weaker entities.

How does China’s approach in the Horn of Africa differ from that of western actors?

In my view, Beijing’s growing interest in Somalia is less about development corridors and more about political alignment, diplomatic positioning and security cooperation.

Western states have tended to emphasise counterterrorism operations, governance reforms and security sector training. Other actors like Turkey and the United Arab Emirates have combined military engagement with infrastructure investment and commercial interests, sometimes becoming deeply embedded in Somalia’s internal politics.

China, by contrast, has focused on regime support to reinforce Somalia’s territorial integrity. This assistance has been less overtly military, and is closely tied to diplomatic objectives.

China prefers building technological and institutional dependencies – in telecommunications, technology and surveillance, for example – across much of Africa.

In both the short and long term, greater Chinese involvement risks adding another layer of geopolitical competition in an already fragile region. Rather than acting as a stabilising force, Beijing may find itself drawn into the same local dynamics that have frustrated other external actors.

Somaliland, in comparison, has developed a relatively functional security sector and a high degree of domestic political legitimacy.

What could greater Chinese involvement mean for Somalia’s security?

There is little reason to expect China’s military assistance to succeed where others have failed. Its broader impact will likely be political rather than operational.

Increased Chinese backing for Mogadishu could deepen internal divisions within Somalia. It may intensify competition over territory, authority and external patronage.

Nowhere is this dynamic more visible than in Las Anod, a contested city in eastern Somaliland.

It has recently become the focal point of a new political entity – SSC Khatumo, armed by external state actors, including China, according to reports. It is backed by Mogadishu and viewed by Somaliland as illegitimate.

Political developments in Las Anod have taken on geopolitical overtones. Abdikhadir Firdhiye was inaugurated in January 2026 as the first president of what Mogadishu has recognised as its Northeast State. The SSC Khatumo administration considers Las Anod its capital.

Among those attending Firdhiye’s inauguration were ambassadors from Turkey, Saudi Arabia, China, Djibouti and Sudan. Their interests extend well beyond local governance.

For Somaliland, the message was clear: its bid for independence is now entangled in a much wider geopolitical contest.

The Conversation

Brendon J. Cannon does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. China’s military support for Somalia is on the rise – what Taiwan and Somaliland have to do with it – https://theconversation.com/chinas-military-support-for-somalia-is-on-the-rise-what-taiwan-and-somaliland-have-to-do-with-it-279600

Inside Southeast Asia’s scam compounds: A trafficked worker tells of fraud, coercion and torture

Source: The Conversation – Canada – By Randall Hansen, Professor, Canada Research Chair in Global Migration & Director of the Global Migration Lab, University of Toronto

I was recently in Phnom Penh, Cambodia, and approached a group of young men in front of the Indian embassy. I told them I was a University of Toronto researcher.

I asked: “Are you from the scam compounds?” Scam compounds are industrial-scale complexes where trafficked workers are confined and forced to carry out online fraud.

They were. One man in his early 30s named Akshit told me his story.

Akshit was not your typical human trafficking victim. His English is perfect, he is educated, and he has worked in banks and call centres. But he was trafficked. In 2024, a friend told him of a friend who knew about a job in Cambodia paying twice what he earned in India.




Read more:
‘I thought about escaping every day’: how survivors get out of Southeast Asia’s cybercrime compounds – Scam Factories podcast, Ep 3


After a quick interview, he paid US$500 to fly to Phnom Penh via Kuala Lumpur. The flight and his car ride to Sihanoukville, a coastal city in southwest Cambodia, were comfortable, and on arrival at an apartment block he was given a welcome bag and a nice room. It all seemed above board.

It was anything but. He was in a scam compound where hundreds of workers sat at computers and convinced Asians and westerners to invest in fake schemes or love interests. Workers were arranged in teams of eight, led by a team leader, with a manager overseeing several teams and a Chinese criminal syndicate above them. His recruiter had sold him for US$5,000.

Labour violations

Hundreds of thousands of people have been trafficked in Cambodia and Myanmar alone. Media coverage of scam compounds has often focused on the beatings, broken bones and workers screaming as they are tasered. These outrages are real, but they are only the most extreme form of abuse.

At the core of scam compounds is a system of paid but forced labour: 15-hour days, seven days a week, multiple chats open, texting victims in English and workers’ native languages.

Akshit worked in English and Hindi, targeting southern Indians. The chats started at 10:30 a.m. — latecomers were fined — and ended at 2 a.m.

They followed a fluid but predictable script: a “developer” texts multiple clients. When they engage, he passes them on to a “chatter.” The chatter texts with the victim for three to four days, determining whether they’re interested in love or financial gain. He then passes them on to the “killer,” who seals the deal, instructing the victim on how to transfer the funds.

Akshit moved between the three roles.

The original investment would be small — around $250 — and would build from there. Once the victim had transferred enough money, it would all go quiet. The amounts varied by victim, but large transfers — hundreds of thousands of dollars or more — were rare; it was usually a few thousand.

The role of the pandemic

Scam compounds took off in Cambodia during the COVID-19 pandemic, as closed casinos and apartment blocks in cities such as Sihanoukville and the border towns of Bavet (Vietnam), Koh Kong and O’Smach (Thailand) were repurposed to house scam operations. They then spread to Myanmar (clustering along the border with Thailand) and Laos (especially the “Golden Triangle,” where Laos, Myanmar and Thailand meet).

Operations on this scale are recent, but the business model is far older: large gains based on low margins per transaction.

Billions are siphoned from victims — American losses to cryptocurrency scams alone reached US$5.6 billion in 2023 — but spread across hundreds of compounds and hundreds of thousands of workers, the returns per operation are far less impressive.

In Akshit’s team, everyone had a target of US$10,000 per month, for which they received $800; beyond that, there was a gradually increasing cut. But not everyone made the target.

Payroll sheets Akshit showed me recorded a few payouts of more than US$5,000, but many were in the low hundreds, meaning they brought in only a few thousand dollars monthly. Those who failed to make the target got less, or no, pay. Those who refused to work were abused, threatened and, in some cases, tortured.

One night, Akshit was awoken by screams several doors down. A Pakistani national had refused to comply and instead pleaded for help in texts to those he was supposed to scam. A team leader reported him, and his supervisors and security personnel used electroshock batons on him.

Illusion of shutdowns

A scam compound’s fixed costs are high once housing, food, security, transportation and team leaders’ and managers’ salaries are factored in. Forced labour makes the operation profitable. In its structural reliance on cheap labour, in fact, human trafficking in illegal scam compounds bears similarities to human trafficking in the legal fish processing or garments sectors.

The fact that so many victims come from wealthy western and East Asian countries explains the immense pressure on the Cambodian government. Hundreds of scam centres have closed since January 2026, and thousands of Chinese, South Asian, African and Indonesian workers were on the streets of Phnom Penh, struggling to get home.

But appearances deceive. Akshit’s compound was raided only after the owners had been tipped off; they moved workers to a hotel. Investigative journalist Danielle Keeton-Olsen told me in an interview that many of those released were low-level workers. Several other sources confirmed this.

What’s more, as Nathan Paul Southern from the Eyewitness Project explained to me:

“There is a huge difference between being raided and being shut down. The majority of the Prince Group (compound) closures were not raids; they just ceased operations. The cops said you need to go but keep us paid. And the doors closed.”

Much infrastructure remains, he noted, and some compounds are reportedly filling up again. The aggregate profits, generated on the back of cheap labour, are too large.

Lucrative enterprise

The total annual revenue from scams in Cambodia was US$12.9 billion in 2023, about 40 per cent of the country’s GDP. Officials throughout Cambodia — police, border guards and civil servants — receive bribes to look the other way.

Many powerful entities, including criminal organizations, businesses and politicians, have an interest in the system continuing. If scam compounds close in Cambodia, they will open elsewhere.

There is also worker agency. Some do the work voluntarily; Akshit estimates 40 per cent in his compound were willing, earning around US$5,000 per month. The figure may be exaggerated, but some clearly have an interest in the system continuing.

Globally, there are millions desperate enough to take the risk. In one form or another, scam compounds — and the trafficking that sustains them — are here to stay.

The Conversation

Professor Randall Hansen receives funding from his Canada Research Chair in Global Migration

ref. Inside Southeast Asia’s scam compounds: A trafficked worker tells of fraud, coercion and torture – https://theconversation.com/inside-southeast-asias-scam-compounds-a-trafficked-worker-tells-of-fraud-coercion-and-torture-280311

Why Pete Hegseth’s Pentagon prayer services challenge traditional notions of separation of church and state – but might be blessed by the Roberts Supreme Court

Source: The Conversation – USA – By John E. Jones III, President, Dickinson College

The wall between church and state appears increasingly thin. hayesphotography/iStock Getty Images Plus

Secretary of Defense Pete Hegseth is engaging in “a proselytizing Christian campaign” in his job, according to The Washington Post.

Hegseth hosts prayer services at the Pentagon and virtually crusades as a Christian, praying at the Pentagon for U.S. troops to inflict “overwhelming violence of action against those who deserve no mercy in Iran.” Politics editor Naomi Schalit spoke with Dickinson College President John E. Jones III about the legal implications of Hegseth’s actions.

Jones was a longtime federal judge, and his most famous decision, Kitzmiller v. Dover, was a case in which a district school board ordered the teaching of so-called intelligent design – claimed by advocates to be an alternative to the theory of evolution. Jones’ 139-page decision concluded that it was “abundantly clear” that the board’s policy violated the establishment clause of the Constitution, which forbids the government from creating an official religion or favoring one religion over another.

Schalit: What issues do Hegseth’s behavior and statements raise for you, if any?

Jones: From afar, it looks as if he is flirting with a violation of the establishment clause as contained within the First Amendment. The establishment clause mandates that there can’t be a national religion, nor can the government favor one religion over another.

What appears to be happening at the Pentagon are services that basically recognize only a particular religious tradition. And it’s very notable that Americans United for Separation of Church and State filed suit against both the Defense Department and the Labor Department because there are similar activities that are taking place there.

Defense Secretary Pete Hegseth asked God to “let every round find its mark against the enemies of righteousness and our great nation” during a monthly Christian service at the Pentagon on March 25, 2026.

What they’re seeking under the Freedom of Information Act are certain records, because they likely can’t attend these sessions. Any information they receive could support a separate lawsuit that, in effect, says the government – via the departments of Labor and Defense – is violating the establishment clause.

From my perspective, it sure looks like they are in violation. These activities are hosted on government property. They’re potentially coercive and appear to promote one particular religious viewpoint above others. While they may say they’re not requiring people to attend, you don’t know whether there may be some incentivizing or negative consequence if somebody doesn’t come.

Let me be the casual bystander and say, “Gosh, it’s just really nice. He’s a God-fearing man, and you know, he’s saying things that show his belief, which is a good thing to have.” Why did the authors of the Bill of Rights have a problem with the government establishing a state religion?

They were people of their time. They knew England had the Church of England and thus a national religion that was intertwined with the state. It ultimately caused untoward problems. They wanted everyone to have the freedom to worship, or not, as a personal choice and felt very passionately about that.

What has been long debated is the concept of a wall of separation between church and state. That phrase is not in the Constitution, but it is something that appears in cases, or is at least implied. And I’ve often said that wall is somewhat porous because there are circumstances where courts have allowed a little bit of seepage of religion under certain circumstances into the so-called public square.

What is really interesting is the tilt of the current Supreme Court court towards relaxing what have been generations of jurisprudence holding that the establishment clause should be more strictly enforced.

The Kennedy v. Bremerton School District case of 2022 involved a high school football coach assembling his players for prayer after games. It was pretty remarkable in the fact that the Supreme Court ultimately decided that that was not a violation of the establishment clause.

Some of the reasons were that it was after the game and that it was not a required activity for the players. Those who opposed it claimed that it was a violation of the establishment clause and that it was inherently coercive.

These current activities by the government – assuming that Americans United for Separation of Church and State files a lawsuit, not just an information request – are very likely to get to the Supreme Court.

The other thing the Supreme Court has done is it abandoned the so-called Lemon test, which courts utilized to determine whether a law or practice violated the establishment clause. Particularly in Kitzmiller v. Dover, I found the Lemon test to be a really helpful vehicle to use in measuring whether the policy in that case, which involved a school board mandating the teaching of the so-called alternative to evolution – intelligent design – violated the establishment clause.

President John F. Kennedy says people unhappy with a 1962 Supreme Court decision banning prayers in public schools can “pray a good deal more at home.”

How did the Lemon test work?

The Lemon test says that a judge should first measure the purpose of the government’s action, and then the effect on a reasonable person. You can then go to a third point, which is whether it represents an excessive entanglement with religion.

It doesn’t fit every case, but it worked in most establishment clause challenges.

But the Supreme Court, first in Kennedy v. Bremerton School District, pronounced it dead.

They in effect said to judges, “You have to look at historical antecedents and traditions and so forth.” That’s great writing at the Supreme Court level, but it leaves district judges completely unmoored. So whomever the poor judge is who gets this case is likely going to have a difficult time trying to read the tea leaves to determine whether it is, in fact, a violation. And I guarantee you, there won’t be unanimity among jurists and lawyers on that point.

So you’ve got a case where in the old days there was legal scripture that said, “OK, apply these tests and you can tell whether the government has stepped over the line into endorsing religion.” But now the Supreme Court has made it unclear where that line is?

Yes, and the very fact that Americans United for Separation of Church and State is trying to get information under the Freedom of Information Act means that they know that you have to come armed with a lot of salient surrounding facts in order to have this declared unconstitutional.

If this had been 10 or 20 years ago, they probably wouldn’t have filed that action under the Freedom of Information Act. They would have directly challenged the law and in effect said, “Look, it speaks for itself. You have services favoring one religion over others within the Pentagon and Labor departments. It’s inherently unconstitutional and a violation of the establishment clause.”

But we’re in a post-Lemon world today where there is a relaxation of the previously recognized constraints of the establishment clause.

Where does that get the country?

I fear where it goes if the progression continues. The proponents of this kind of behavior ask, “What’s wrong with a little of that good old-time religion in the public square?”

They never appear to contemplate the fact that in generations hence, America could, for example, be a predominately Muslim population. Suppose that became the favored religion in a country, or any religion that may be embraced by some but be disfavored by others became the favored religion. The establishment clause is meant to protect everyone, including, by the way, nonbelievers and atheists.

There’s nothing in the establishment clause that says that you can’t worship – or not – as you see fit. And that’s the beauty of this country. The founders knew that if there was a move towards a favored or national religion in the eyes of the government, that could replicate what took place in Great Britain, where religion and politics mixed with occasionally terrible results.

Failure to adhere to the dictates of the church could render you a second-class citizen, or worse. My hope is that judges will be very, very careful about a systemic creep that totally eviscerates the purpose and intent of the establishment clause.

The Conversation

John E. Jones III does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why Pete Hegseth’s Pentagon prayer services challenge traditional notions of separation of church and state – but might be blessed by the Roberts Supreme Court – https://theconversation.com/why-pete-hegseths-pentagon-prayer-services-challenge-traditional-notions-of-separation-of-church-and-state-but-might-be-blessed-by-the-roberts-supreme-court-280535