La découverte d’un médaillon en forme de cœur pourrait changer notre regard sur le cruel Henri VIII

Source: The Conversation – in French – By James Clark, Professor of Medieval History, University of Exeter

C’est le mot « Toujours », en (vieux) français dans le texte, qui donne à ce médaillon une valeur toute particulière. Walker Art Gallery/Wiki Commons/Birmingham Museums Trust

Un médaillon en forme de cœur portant les initiales d’Henri VIII et de Catherine d’Aragon vient d’entrer dans les collections du British Museum. Au-delà de sa valeur exceptionnelle, ce bijou pourrait éclairer les premières années, encore heureuses, d’un mariage qui allait bouleverser l’histoire religieuse de l’Angleterre.


Henri VIII, roi d’Angleterre et d’Irlande de 1509 à 1547, n’est pas resté dans les annales comme un mari aimant. Tout écolier anglais peut d’ailleurs réciter le sort peu enviable de la plupart de ses six épouses grâce à la comptine, « Divorced, beheaded, died, divorced, beheaded, survived » (« Divorcée, décapitée, morte, divorcée, décapitée, survivante »). Mais si la fin de ses relations est célèbre, on en sait beaucoup moins sur Henri lorsqu’il était amoureux.

Aujourd’hui, un bijou rare, découvert par un amateur à l’aide d’un détecteur de métaux et acquis par le British Museum pour les collections nationales, pourrait nous amener à reconsidérer la réputation brutale du roi.

Le bijou

Le bijou est un médaillon en forme de cœur, façonné en or et décoré d’émail rouge, attaché à une chaîne en or massif. Sur sa face figurent les lettres H et K, entrelacées avec les tiges d’une rose Tudor et d’une grenade, symbole de la famille royale espagnole de Catherine. Il est donc raisonnable d’en déduire que ce remarquable bijou était directement lié à Henri et à la première de ses épouses, Catherine d’Aragon.

Catherine fut au cœur du premier divorce d’Henri, et sans doute du plus retentissant, celui qui précipita la rupture de l’Angleterre avec la papauté romaine et la transformation religieuse que nous appelons aujourd’hui la Réforme. À bien des égards, Catherine fut aussi l’épouse qui subit le plus durement la cruauté personnelle du roi. Bien qu’elle n’ait pas été exécutée, elle fut pratiquement assignée à résidence, et passa une grande partie de ce temps séparée de son unique enfant survivant, Marie Tudor.

Si ce bijou appartenait bien à Henri et à Catherine, il pourrait constituer un indice précieux d’un tout autre moment de leur relation – et révéler une facette du caractère du roi que sa conduite, par ailleurs tristement célèbre, a complètement éclipsée.

À la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, les monogrammes – c’est-à-dire l’entrelacement des initiales de deux personnes – étaient souvent créés pour symboliser un lien personnel, un mariage, des fiançailles ou même une liaison secrète. Sous les lettres entrelacées du médaillon figure en français le mot « Toujo(u)rs » – un choix naturel pour un serment entre amoureux. Ici, les lettres renvoient très probablement à Henri et à Catherine.

Les décorations du médaillon confirment ce lien royal. Le symbole de la grenade fit son entrée dans la vie publique anglaise après l’union des deux familles par le mariage d’Henri. Les décorations du couronnement du roi et de la reine, à peine deux semaines après le mariage, associaient la rose Tudor à des grenades dorées. Une gravure sur bois publiée pour marquer l’événement sous le titre A Joyful Meditation to All England montrait Henri et Catherine recevant leurs couronnes sous un double dais formé par la fleur et le fruit.

Les comptes des textiles commandés pour la maison royale mentionnent des dizaines de pièces différentes – tapisseries d’ameublement, tentures murales et livrées portées par les serviteurs – toutes ornées de manière bien visible de la rose et de la grenade dans leur décor.

Des motifs de dévotion

La décoration du pendentif en forme de cœur trouve des échos dans une grande variété d’objets décrits dans les inventaires de la maison d’Henri. On y trouve notamment la description d’une bourse en satin cramoisi, d’un étui à peigne en argent et d’une coupe sur pied, tous marqués de la même manière pour le roi et sa reine. Ces listes mentionnent également plusieurs colliers – désignés par le terme archaïque carkeynes – ornés de pendentifs en forme de cœur. L’un d’eux, de couleur bleue, porte lui aussi l’inscription « H K ».

Henri dépensait des sommes considérables pour des meubles et des objets d’apparat somptueux, réalisés sur mesure, mais les bijoux constituaient sa plus grande passion. Les inventaires de ses bijoux et de sa vaisselle précieuse (objets d’art en or, en vermeil et en argent) établis peu après sa mort en janvier 1547 recensent près de 4 000 pièces individuelles.

Portrait d’Henri VIII portant d’imposants bijoux en or
Les bijoux comptaient parmi les grandes passions d’Henri VIII. Portrait de Hans Holbein le Jeune (vers 1497-1543).
Thyssen-Bornemisza Museum

Ce pendentif Tudor en forme de cœur est un exemple frappant de ce niveau d’investissement. Le médaillon lui-même est façonné en or 24 carats ; la large chaîne retrouvée avec lui est lourde et longue – plus de 40 centimètres. Ensemble, ils représentent 317 grammes de métal précieux. Il n’est donc pas étonnant que le British Museum l’ait acquis pour 3,5 millions de livres (un peu plus de 4 millions d’euros).

Les comptes de sa garde-robe – qui consignent l’achat de pièces décoratives pour la maison royale – montrent clairement qu’Henri s’intéressait personnellement aux matériaux et au design de nombre de ces objets. Des dessins de bijoux réalisés par Hans Holbein, l’artiste allemand actif à la cour d’Henri dans les années 1530 et au début des années 1540, pourraient provenir d’un recueil de modèles destiné à orienter, ou à illustrer, l’évolution des goûts du roi. Il achetait ou faisait réaliser ces pièces non seulement pour sa propre maison, mais aussi comme cadeaux – souvent offerts à l’occasion du Nouvel An – à des membres de sa famille ou à des favoris de la cour.

Cela pourrait bien être l’origine du pendentif en forme de cœur. Depuis sa découverte, on l’a souvent associé au grand faste organisé par Henri dans le Pas-de-Calais en 1520, le fameux Camp du Drap d’or. Henri, Catherine et leur cour y mirent en scène une rencontre cérémonielle avec le roi de France, François Ier. De très nombreux objets provenant des résidences et des chapelles royales furent alors transportés de l’autre côté de la Manche pour décorer le palais de toile et les tentes dressés pour l’occasion.

Un message personnel

Mais je suis convaincu que le message transmis par ce bijou n’est pas politique, mais profondément personnel. Ce « Toujours » semble être l’expression d’un attachement profond et sincère. Une autre hypothèse, avancée par le British Museum lui-même, est que le pendentif aurait été réalisé pour marquer les fiançailles, en octobre 1518, de l’unique enfant survivante de Catherine, la princesse Marie, alors âgée de 2 ans, avec l’héritier du trône de France, François de France, âgé de 8 mois.

Mais, compte tenu de la présence d’objets au design très similaire dans la maison royale peu après le mariage et le couronnement, il est possible que ce pendentif remonte plutôt aux premières années de la relation entre Henri et Catherine. Au début, la reine et le roi étaient inséparables. Cinq mois après le mariage, elle était enceinte. Elle le fut à nouveau chaque année de 1510 à 1513. L’une de ces grossesses donna naissance à un fils, nommé Henri, en janvier 1511. Il vécut un peu moins de 2 mois.

À la fin de l’été de cette même année, le roi et la reine entreprirent une tournée à travers la vallée de la Tamise, puis jusque dans les Midlands de l’Ouest, qui s’acheva à Warwick. C’est dans un champ du Warwickshire que le prospecteur amateur Charlie Clarke mit au jour le pendentif en forme de cœur en 2019.

Se pourrait-il qu’un bijou offert à Catherine à l’occasion de la naissance de l’héritier mâle tant attendu d’Henri ait été emporté avec la suite royale – comme tant de leurs bijoux personnels l’étaient – lors de ce déplacement vers le Warwickshire ? Cette hypothèse confère au médaillon une dimension qui tient alors non seulement du romantisme, mais aussi de la tragédie. Peut-être, en effet, Catherine s’est-elle alors séparée d’un présent qui était déjà, en quelque sorte, un memento mori de son fils disparu.

The Conversation

James Clark a reçu des financements de UKRI-AHRC.

ref. La découverte d’un médaillon en forme de cœur pourrait changer notre regard sur le cruel Henri VIII – https://theconversation.com/la-decouverte-dun-medaillon-en-forme-de-coeur-pourrait-changer-notre-regard-sur-le-cruel-henri-viii-277046

La frontière, épicentre historique du conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan

Source: The Conversation – France in French (3) – By Romélien Colavitti, Professeur des universités en droit public, Université de Tours

Coup de projecteur sur la frontière afghano-pakistanaise, où de nouveaux heurts se sont produits au début de l’année 2026.
R. Colavitti, Fourni par l’auteur

La guerre qui a éclaté le 21 février 2026 entre l’Afghanistan et le Pakistan s’inscrit dans la continuité d’un conflit ancien, dont les principales racines remontent à l’époque coloniale et à la délimitation en 1893 de la frontière commune, la fameuse « ligne Durand ».


Au XIXᵉ siècle, le « Grand Jeu » oppose en Asie centrale l’Empire russe, dont le contrôle s’étend jusqu’à l’ancien Turkestan – en terres turkmènes, ouzbèkes et tadjikes – à la couronne britannique, dont la frontière occidentale du British Raj (les Indes britanniques) inclut le fleuve Indus, dans l’actuel Pakistan.

Entre ces deux zones, l’émirat d’Afghanistan était déjà un État souverain, en partie tribal, multi-ethnique à dominante pachtoune et multi-confessionnel à majorité musulmane sunnite.

Une zone tampon entre Empire russe et British Raj

Pour les Britanniques, l’Afghanistan représentait une zone tampon face au risque expansionniste russe. Ils cherchèrent donc à s’en emparer par la force à trois reprises : entre 1839 et 1842, entre 1878 et 1880, puis entre mai et août 1919.

La première guerre (1839-1842) fut remportée par les Afghans sous la direction de Dost Mohammed Khan à la suite de la bataille de Gandamak, en janvier 1842. Les troupes britanniques engagées, ainsi que leurs supplétifs indiens, furent décimés. Seul le docteur William Brydon, chirurgien des armées, survécut et parvint à s’enfuir à dos de cheval pour rapporter son récit aux autorités postées à Jalalabad, dans la province de Nangarhar.

Vestiges d’une armée, peint par Elizabeth Thompson en 1879, représente William Brydon, exténué, revenant du désastre de Gandamak.

La deuxième guerre (1878-1880) fut celle de la revanche. Le Congrès de Berlin de juillet 1878 a été marqué par un rapport de force diplomatique entre l’Empire russe et la couronne britannique pour contrôler les Balkans et l’accès oriental à la Méditerranée. À sa suite, en vue de maintenir une influence en Asie centrale, des émissaires russes furent envoyés à Kaboul auprès de Sher Ali Khan (le fils de Dost Mohammed Khan), ce qui suscita une réaction immédiate de Lord Lytton, vice-roi (britannique) des Indes, qui craignait une collusion russo-afghane. En septembre 1878, Lytton envoya sa propre mission diplomatique dirigée par Neville Bowles Chamberlain à Kaboul, mais celle-ci fut bloquée par les forces afghanes dans la passe de Khyber. L’émir, endeuillé par le décès récent de son jeune fils le prince Abdullah Jan, n’entendait pas faire affront aux Russes en accueillant une représentation britannique qu’il percevait comme colonialiste.

Lytton formula alors un ultimatum : l’Afghanistan devait accepter d’accueillir sa représentation avant novembre 1878, sans quoi il lancerait une offensive. Sans réponse dans ce délai, le conflit éclata et, cette fois, les Britanniques l’emportèrent. Ils obtinrent alors le contrôle de Peshawar (en zone pachtoune) et de Quetta (au Baloutchistan), aux confins des territoires respectifs des belligérants. Cet avantage fut officialisé par le traité de Gandamak, signé le 26 mai 1879 par Louis Cavagnari, représentant britannique, et Mohammad Yaqub Khan (le fils de Sher Ali Khan, décédé à Mazar-e-Sharif dans sa fuite vers la frontière russe).

Deux mois plus tard, en juillet 1879, Cavagnari était installé comme représentant permanent à Kaboul. Mais le Bala Hissar (« Château d’en haut »), siège de l’ambassade britannique, fut rapidement assiégé puis incendié par des mutins afghans réclamant leur solde, le 3 septembre 1879. Cavagnari et l’ensemble de sa représentation furent assassinés.

La réaction de Lytton ne se fit pas attendre. Les troupes britanniques, dirigées par Frederick Roberts, prirent alors Kaboul. Mohammad Yaqub Khan abdiqua le 12 octobre 1879 et s’exila en Inde.

Une guerre civile sous occupation militaire s’ensuivit et les Britanniques soutinrent l’avènement au pouvoir d’Abdur Rahman Khan (neveu de Sher Ali Khan). Celui-ci acceptait, en effet, d’abandonner sa politique extérieure en échange du retrait des troupes et de garanties de conserver le contrôle des affaires intérieures. C’est dans ce contexte que l’Afghanistan et le British Raj furent séparés par une frontière de 2 430 kilomètres, en vertu de l’accord bilatéral du 12 novembre 1893 conclu entre l’émir et Sir Henry Mortimer Durand : la fameuse « ligne Durand », qui sépare encore aujourd’hui l’Afghanistan du Pakistan, était établie. Elle coupait durablement en deux les populations pachtounes au nord et, dans une moindre mesure, baloutches au sud.

La ligne Durand (1893).
National Geographic

La troisième guerre anglo-afghane, entre mai et août 1919, fut déclenchée par le projet afghan de reprise du contrôle territorial des régions tribales. D’abord limité au village de Bagh (dans la région d’Abbottabad), ce projet menaçait de s’étendre rapidement à Peshawar où Amanullah Khan, qui dirigeait alors l’Afghanistan, espérait un soulèvement populaire.

Les Britanniques reprirent le contrôle étendu de la frontière et bombardèrent Kaboul mais, craignant un nouvel enlisement au lendemain du premier conflit mondial, ils conclurent rapidement le traité d’armistice de Rawalpindi, le 8 août 1919, et l’amendèrent le 22 novembre 1921. Ils reconnurent alors la souveraineté afghane dans les limites de la ligne Durand et renoncèrent à étendre leur contrôle territorial. Un soulèvement populaire au Waziristan (côté britannique) n’y fit rien : la frontière était désormais intangible.

Elle survivra à la partition des Indes en 1947 ainsi qu’à la proclamation de la République du Pakistan en 1956, et s’imposera à la reconnaissance internationale. De cette histoire douloureuse naîtront deux conceptions diamétralement opposées de la frontière.

Pour l’Afghanistan, une « frontière-passage »

Du point de vue afghan, les zones tribales pachtounes sous administration fédérale pakistanaise Federally Administered Tribal Areas (FATA), regroupées autour de sept « agences » (Bajaur, Khyber, Kurram, Mohmand, Oraksai, Waziristan du Nord et Waziristan du Sud) et rattachées depuis 2018 à la province de Khyber Pakhtunkhwa, se situent dans le prolongement naturel du territoire national et constituent un passage obligé sur l’axe Kaboul-Jalalabad-Peshawar.

Zones tribales sous administration fédérale (FATA) en 2018/Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.
OCHA

Malgré la longueur de la frontière, les points de passage officiels sont rares, le transit de personnes étant souvent informel (comme à Ghulam Khan dans le Waziristan du Nord, Angoor Adda dans le Waziristan du Sud ou Karlachi dans l’agence de Kurram). Au Baloutchistan, les grandes villes sont peu nombreuses et les territoires relativement arides : Chaman (au Pakistan), ville voisine de Spin Boldak (côté afghan, dans la province de Kandahar) est le principal poste-frontière de cette zone.

Mais c’est Torkham, au nord, dans la passe de Khyber, qui est de loin le plus fréquenté par les camions et les voyageurs. C’est ainsi une route commerciale vitale pour l’Afghanistan. La région y est montagneuse : la voie de circulation routière est sinueuse, tandis que le passage pédestre des caravanes traditionnelles s’opère à proximité. Le franchissement de la frontière par transport ferroviaire n’est plus permis, la ligne, désormais vétuste, datant de 1925.

Le col de Khyber.
James Mollison/Wikipédia, CC BY-ND

Dans L’Usage du monde (1963), l’écrivain-voyageur genevois Nicolas Bouvier relate ainsi son passage en ces lieux, le 5 décembre 1954 :

« Après un an et demi de voyage, j’ai atteint le pied de la passe. La lumière touchait la base des monts Suleiman et le fortin de la douane afghane noyé dans un bouquet de saules qui brillaient comme écailles au soleil. Pas d’uniformes sur la route barrée par un léger portail de bois. Monté jusqu’au bureau. J’ai enjambé les chèvres étendues sur le seuil et passé la porte. Le poste sentait le thym, l’arnica, et bourdonnait de guêpes. L’éclat bleu des revolvers accrochés contre le mur avait beaucoup de gaieté. Assis droit à une table derrière une bouteille d’encre violette, un officier me faisait face. Ses yeux […] étaient clos. À chaque inspiration j’entendais craquer le cuir neuf de son ceinturon. Il dormait. Sans doute un ouzbek de Bactriane, aussi étranger que moi ici. J’ai laissé mon passeport sur la table et suis allé déjeuner. Je n’étais pas pressé. On ne l’est pas quand il s’agit de quitter un pays pareil. »

Depuis lors, et tout le long de la frontière, le transport routier de marchandises s’est déployé quotidiennement, l’économie afghane étant particulièrement dépendante du commerce avec son voisin.

Pour le Pakistan, une « frontière-barrière »

Côté pakistanais, la frontière a fait l’objet de contrôles accrus et de fermetures périodiques (à l’occasion de la rupture des relations diplomatiques entre les deux États dans les années 1960 ou lors de l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique dans les années 1980) ainsi que de réouvertures temporaires (lors de la première prise de pouvoir des talibans en Afghanistan dans les années 1990), jusqu’à devenir une barrière de plus en plus difficilement franchissable.

Au lendemain du 11 septembre 2001, le gouvernement pakistanais a ainsi entendu empêcher l’infiltration sur son territoire des combattants d’Al-Qaida et des talibans fuyant l’offensive de la coalition occidentale. En 2003, puis en 2006-2007 et en 2008, des tensions diplomatiques bilatérales accompagnées d’affrontements endémiques ont conduit à la fermeture temporaire des postes-frontières stratégiques de Chaman et de Torkham, à la mise en place de contrôles biométriques et à la construction de tronçons de barrières contrôlées militairement.

Si la lutte contre le terrorisme était présentée comme l’objectif principal, il s’agissait aussi pour Islamabad d’empêcher le narcotrafic et, de manière moins assumée, de stopper l’afflux de déplacés afghans fuyant la guerre entre la coalition occidentale et les talibans, voire de faciliter leur retour forcé.

Après le retrait des troupes occidentales d’Afghanistan et la reprise du pouvoir par les talibans durant l’été 2021, la tension n’a cessé de croître jusqu’à la déclaration d’une « guerre ouverte » par Khawaja Asif, le ministre pakistanais de la défense, le 26 février 2026. En cause, les talibans pakistanais du mouvement Tehrik-e Taliban Pakistan (TTP), soutenus par les talibans afghans et les terroristes de l’État islamique au Khorassan, EI-K. Un attentat suicide revendiqué par l’État islamique (EI) puis imputé par le Pakistan au TTP et à l’EI-K, le 6 février 2026, avait visé la mosquée chiite Khadija Tul Kubra de Tarlai Kalan, au sud-est d’Islamabad, et fait plus d’une trentaine de morts.

En représailles, à compter du 21 février 2026, le Pakistan a bombardé plusieurs sites réputés abriter des factions terroristes, notamment dans la province de Nangarhar. Après que l’Afghanistan eut à son tour attaqué des postes-frontières, le Pakistan a alors lancé, le 26 février 2026, l’opération « Ghazab Lil-Haq » (« Fureur juste »), frappé Kaboul le lendemain, par la voie aérienne, ainsi que Kandahar, lieu de résidence du chef spirituel des talibans, le mollah Haibatullah Akhundzada, et les provinces de Nangarhar, Paktia, Paktika ou Laghman. Depuis lors, les échanges de tirs n’ont pas cessé.

Si les cibles officielles sont des camps retranchés du TTP, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) et les organisations non gouvernementales (notamment Amnesty International) ont recensé plusieurs centaines de morts (combattants et civils) et des milliers de déplacés. Une frappe sur un centre de réhabilitation pour toxicomanes (dans l’enceinte de l’ancien camp Phoenix) à Kaboul, le 16 mars 2026, aurait ainsi fait 143 morts auxquels s’ajoutent les 76 victimes civiles déjà répertoriées en Afghanistan. Cette frappe aurait été effectuée en réaction au décès de quatre civils, la veille, dans le district de Bajaur, et d’un enfant, le 8 mars, dans le Waziristan du Nord, après des tirs de mortier en provenance d’Afghanistan.

La médiation chinoise ouverte à Urumqi (Xinjiang) début avril, après celle diligentée par le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite, laisse entrevoir un possible dialogue, malgré la fragilité de la situation sur le terrain. En attendant, ce conflit frontalier, aux racines historiques profondes, continue de plonger les civils afghans dans la grave crise humanitaire qu’ils subissent depuis le retour au pouvoir des talibans.

The Conversation

Romélien Colavitti est assesseur à la Cour nationale du droit d’asile. Les propos tenus dans cet article sont personnels et n’engagent pas l’institution.

ref. La frontière, épicentre historique du conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan – https://theconversation.com/la-frontiere-epicentre-historique-du-conflit-entre-lafghanistan-et-le-pakistan-280865

La passe d’armes entre Donald Trump et le pape Léon XIV, nouvel épisode d’une querelle millénaire entre pouvoir sacré et pouvoir séculier

Source: The Conversation – in French – By Joëlle Rollo-Koster, Professor of Medieval History, University of Rhode Island

Le pape Léon III couronna Charlemagne empereur le jour de Noël de l’an 800. (Illustration tirée des *Chroniques de Saint-Denis*.) Levan Ramishvili/Flickr via Wikimedia Commons

Derrière la polémique entre le président Trump et le pape Léon XIV se rejoue une question ancienne : qui peut parler au nom de Dieu, et qui fixe les limites du pouvoir ?


Aux États-Unis, l’inquiétude suscitée par l’escalade verbale entre le président Donald Trump et le pape Léon XIV se propage à une vitesse remarquable, du New York Times au Daily Beast et jusqu’aux chaînes de télévision locales. Depuis le début de la guerre en Iran, le pape a appelé à plusieurs reprises à la paix au Moyen-Orient, affirmant que « Dieu ne bénit aucun conflit » et met en garde contre « l’illusion de toute-puissance » qui alimente la guerre.

Le 12 avril 2026, dans une longue publication sur son réseau social, Donald Trump a tourné en dérision Léon XIV, l’estimant « FAIBLE face à la criminalité et désastreux en matière de politique étrangère » et lui enjoignant de « se concentrer sur le fait d’être un grand pape, pas un homme politique ». Sur son compte Truth Social, un portrait du président états-unien, réalisé par IA, où il apparaît, semblable au Christ, en train de guérir un homme, a été publié puis supprimé.

Au cœur de cette querelle publique se trouve une question ancienne : un chef religieux peut-il contester le pouvoir politique, en particulier celui du dirigeant de l’un des pays les plus puissants du monde ?

En qualité d’historienne médiéviste ayant dirigé l’édition de la Cambridge History of the Papacy (non traduit en Français), je ne peux m’empêcher d’y voir un schéma familier.

Pour beaucoup, la sortie de Donald Trump contre le pape Léon XIV est choquante. Mais les conflits entre papes et dirigeants ne sont pas une anomalie : ils constituent une caractéristique durable de l’histoire occidentale. Chaque fois que des responsables politiques habillent leur pouvoir d’un langage sacré ou que des dirigeants religieux dénoncent publiquement la violence politique, ils rejouent des débats vieux de plus d’un millénaire.

Ces affrontements ne sont pas seulement symboliques : ils portent sur la question de savoir qui détient l’autorité ultime sur les humains, sur les âmes – et, en fin de compte, sur l’histoire elle-même.

Deux pouvoirs, étroitement liés

Dès ses premiers siècles, le christianisme est intimement lié au politique. L’empereur romain Constantin Ier en autorise la pratique dans l’Empire en 313. Il préside ensuite le concile de Nicée, une assemblée théologique majeure, brouillant la frontière entre pouvoir politique et autorité spirituelle.

Au Vᵉ siècle, le pape Gélase Ier formule une vision concurrente : le monde serait gouverné par deux pouvoirs, sacerdotal et royal. En dernière instance, soutient-il, l’autorité spirituelle l’emporte sur le pouvoir politique, car elle promet le salut éternel. La théorie de Gélase ne résout pas la tension entre les deux, mais elle pose un cadre durable pour la pensée politique chrétienne.

La relation entre ces deux pouvoirs connaît un tournant décisif en l’an 800, lorsque le pape Léon III couronne Charlemagne empereur, le jour de Noël. Cet acte n’est pas seulement cérémoniel : il implique que l’autorité impériale en Occident provient de l’Église et que la légitimité politique nécessite l’aval du pape.

Ce couronnement fait suite à des années d’instabilité politique à Rome et à une dépendance croissante de la papauté envers les Francs pour sa protection militaire. Après son élection en 795, Léon III est attaqué par ses opposants et trouve refuge à la cour de Charlemagne. Le roi revient à Rome à ses côtés et y réaffirme sa légitimité. En retour, Léon III couronne Charlemagne. Par ce geste, il affirme son propre rôle de faiseur d’empereurs tandis que Charlemagne acquiert une aura sacrée.

Ce moment reconfigure profondément la théologie politique médiévale. Il incite les souverains à se considérer comme les garants à la fois de l’ordre politique et de l’orthodoxie religieuse tandis que les papes passent du rôle de conseillers spirituels à celui d’acteurs engagés dans le gouvernement séculier.

Il en résulte un paradoxe : les rois invoquent Dieu pour sanctifier la conquête, comme Charlemagne lors de ses guerres brutales contre les Saxons, mais, dans le même temps, l’Église entend contenir la violence, encourageant les guerres justes et menaçant les comportements violents de sanctions spirituelles.

La querelle des Investitures

Au XIᵉ siècle, cependant, la papauté cherche de plus en plus à s’affranchir de la domination séculière. En particulier, les papes veulent nommer eux-mêmes les évêques, plutôt que de laisser faire la noblesse ou le roi.

Ce conflit éclate avec la querelle des Investitures, l’un des affrontements les plus décisifs du Moyen Âge, et pose des bases essentielles pour la Magna Carta, premier texte à soumettre le pouvoir royal à la loi. Ces deux épisodes répondent à une même question fondamentale : qui a le droit de conférer l’autorité, et quelles limites s’imposent au pouvoir politique ?

Un dessin au trait en noir et blanc montre deux hommes assis, vêtus de robes. L’un porte une couronne, tandis que l’autre a une auréole autour de la tête
Une gravure sur bois représente un roi au Moyen Âge investissant un évêque des insignes de sa fonction, notamment la crosse, son bâton pastoral.
Philip Van Ness Myers/ReneeWrites via Wikimedia Commons, CC BY

Il ne s’agit pas seulement d’administration ecclésiastique, mais bien de la souveraineté elle-même. Les évêques sont de grands propriétaires fonciers et des acteurs politiques de premier plan ; contrôler leur nomination revient à contrôler leur richesse, leur fidélité et le gouvernement. En cherchant à nommer les évêques, les papes affirment que l’autorité spirituelle relève exclusivement de l’Église, contestant l’idée que les rois exercent un pouvoir sans limite. Il s’agit d’une tentative décisive de dissocier la légitimité spirituelle du contrôle royal et d’imposer des contraintes morales à des souverains qui se réclament d’une autorité divine.

La querelle des Investitures se prolonge pendant plusieurs décennies. Finalement, en 1122, le pape Calixte II et l’empereur Henri V signent le concordat de Worms.

L’accord reconnaît au pape le droit de nommer les évêques et de leur conférer leur autorité spirituelle. L’empereur, de son côté, les « investit » de leurs « temporalités » : c’est-à-dire des pouvoirs temporels attachés à leur charge, tels que les terres, les revenus, la juridiction et les pouvoirs de contrainte.

Contenir le pouvoir du roi

Un siècle plus tard, la Magna Carta poursuit un objectif parallèle.

Son contexte immédiat se trouve dans le conflit autour du nouvel archevêque de Canterbury, que le pape Innocent III avait nommé en 1207. Le roi Jean sans Terre s’y oppose, poussant le pape à l’excommunier et à jeter l’interdit sur l’Angleterre, ce qui signifie que les Anglais ne peuvent plus participer aux sacrements de l’Église.

Pour apaiser les tensions, Jean sans Terre remet en 1213 le royaume d’Angleterre au pape Innocent III, et transforme le pays en un fief pontifical. En échange, il obtient l’approbation papale de mener une guerre contre la France. Mais cet arrangement suscite une profonde colère chez les barons anglais, qui se retrouvent désormais soumis non seulement à leur roi, mais aussi à l’autorité du saint-père. À Bouvines (1214), Jean fait face aux barons rebelles sur son propre territoire.

Le résultat est la Magna Carta, la « Grande Charte ». Imposée au roi par la force des armes, elle affirme qu’il est lui-même soumis à la loi. Elle limite l’autorité royale en matière de fiscalité, de justice et de châtiment, et proclame notamment qu’aucun homme libre ne peut être emprisonné ni privé de ses droits sans un jugement légal.

Jean sans Terre fait alors appel au pape Innocent III, qui annule la charte peu après sa promulgation. Malgré ce revers, la Magna Carta survit : le fils de Jean, Henri III, la réédite à plusieurs reprises, sa version définitive étant mise en œuvre en 1225.

Prendre du recul

À cette aune historique, l’affrontement entre Donald Trump et le pape Léon XIV apparaît moins surprenant. Lorsqu’un président mobilise un langage ou des images sacrées pour justifier la violence, et qu’un pape répond en niant toute caution divine, ils rejouent un affrontement aussi ancien que la chrétienté médiévale : qui peut parler au nom de Dieu, et qui peut fixer des limites au pouvoir ?

Le monde médiéval n’a pas résolu cette tension, mais il a appris à vivre avec en fragmentant l’autorité : d’abord entre l’Église et la couronne, puis entre les souverains et la loi. Ce qui inquiète aujourd’hui, c’est la facilité avec laquelle des dirigeants modernes recourent encore au langage religieux pour échapper aux contraintes et à la fragilité apparente des institutions censées les contenir.

The Conversation

Joëlle Rollo-Koster ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La passe d’armes entre Donald Trump et le pape Léon XIV, nouvel épisode d’une querelle millénaire entre pouvoir sacré et pouvoir séculier – https://theconversation.com/la-passe-darmes-entre-donald-trump-et-le-pape-leon-xiv-nouvel-episode-dune-querelle-millenaire-entre-pouvoir-sacre-et-pouvoir-seculier-280831

Sécurité alimentaire : pourquoi la paix se joue aussi dans les champs

Source: The Conversation – in French – By Pape Abdoulaye Seck, chercheur, Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS)

Alors que les conflits continuent de faire des milliers de victimes dans plusieurs régions du monde, une question reste largement sous-estimée dans l’analyse des crises contemporaines : le rôle central joué par la sécurité alimentaire dans la construction d’une paix juste et durable.

La paix mondiale ne se joue pas seulement sur les champs de bataille ou dans les salles de négociation diplomatique. Elle se joue aussi dans les champs agricoles et dans la capacité des sociétés à nourrir dignement leurs populations.

Mais une question fondamentale mérite d’être posée : de quelle paix parlons-nous réellement ? S’agit-il d’une paix provisoire, réduite au silence des armes et à l’arrêt momentané des hostilités ? Ou bien d’une paix véritable, enracinée dans la justice, la dignité humaine et la capacité des sociétés à offrir à leurs populations les conditions minimales d’une existence digne ?

Mes travaux portent principalement sur les systèmes alimentaires, la sécurité alimentaire, le développement rural et les transformations des agricultures africaines, entre autres. Ma conviction est que la paix durable ne peut se réduire à une simple absence de guerre. Elle est un processus complexe et multidimensionnel.

Cette réalité renvoie à un principe fondamental du droit international. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 affirme, dans son article 25, que toute personne a droit à un niveau de vie suffisant lui assurant notamment l’alimentation, la santé et le bien-être. Ce rappel n’est pas anodin. Il signifie que la dignité humaine commence par la capacité à se nourrir correctement.

La faim, un problème politique

Un peuple qui a faim ne peut ni apprendre sereinement, ni travailler efficacement, ni construire un avenir stable. La faim fragilise les sociétés. Elle nourrit les frustrations, les tensions sociales, les migrations contraintes et parfois même les conflits. L’insécurité alimentaire devient ainsi une fabrique silencieuse d’instabilité.

L’économiste Amartya Sen l’a démontré avec force dans Poverty and Famines (1981). Selon lui, les famines ne résultent pas uniquement d’un déficit de production agricole. Elles sont souvent le produit de défaillances institutionnelles, économiques et politiques qui empêchent certaines populations d’accéder à la nourriture disponible.

La faim est donc bien plus qu’un problème agricole : elle est profondément politique.

Un exemple concret illustre parfaitement cette réalité : celui du Brésil au début des années 2000. Sous l’impulsion du président Luiz Inácio Lula da Silva, le pays a lancé en 2003 le programme Fome Zero (Faim Zéro), fondé sur une approche intégrée combinant politiques sociales, soutien à l’agriculture familiale et amélioration de l’accès à l’alimentation.

À travers notamment le programme Bolsa Família (Bourses familiales), des transferts monétaires ciblés ont permis de renforcer le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables. Parallèlement, des politiques publiques ont soutenu les petits producteurs en facilitant leur accès au crédit, aux marchés et aux programmes d’achats publics, notamment pour l’alimentation scolaire.

Les résultats ont été significatifs. En une décennie, le Brésil a fortement réduit la pauvreté extrême et la faim. En 2014, le pays est même sorti de la « carte mondiale de la faim » établie par la FAO.

Ce succès confirme que la faim n’est pas une fatalité. Elle peut être combattue efficacement lorsque la volonté politique, la cohérence des politiques publiques et l’approche systémique sont réunies.




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Aujourd’hui encore, les chiffres témoignent de l’ampleur du défi. Le rapport 2023 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, publié conjointement par la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM), estime qu’environ 735 millions de personnes souffrent de la faim.

Ce constat est également souligné par l’économiste Jeffrey Sachs, qui rappelle dans The End of Poverty (La Fin de la pauvreté) que la lutte contre la pauvreté extrême et la faim constitue une condition essentielle de la stabilité mondiale et de la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).

Dans un tel contexte, croire que la paix peut être durable sans résoudre la question alimentaire relève de l’illusion.

La sécurité alimentaire constitue ainsi un pilier stratégique de la paix mondiale. Garantir un accès équitable à une alimentation suffisante et de qualité, c’est renforcer la résilience des sociétés et réduire les facteurs structurels d’instabilité.

Sécurité des personnes et des biens

Cependant, la sécurité alimentaire, aussi fondamentale soit-elle, ne peut à elle seule garantir la paix. Une paix véritable repose également sur d’autres piliers essentiels.

Elle suppose d’abord la sécurité des personnes et des biens. Les citoyens doivent pouvoir vivre, circuler, entreprendre et éduquer leurs enfants sans peur permanente. Là où règnent l’insécurité et la violence, la confiance disparaît et le tissu social se fragilise.

La paix durable exige également des institutions légitimes, transparentes et respectueuses de la volonté populaire. Lorsque les citoyens se reconnaissent dans leurs institutions et perçoivent leur action comme juste et équitable, la stabilité politique se renforce.

L’égalité des chances constitue un autre levier fondamental de cohésion sociale. Une société qui ferme les portes de l’éducation, de l’emploi ou de la mobilité sociale à une partie de sa jeunesse prépare ses propres fractures.

Il en va de même pour l’inclusion des femmes et des jeunes dans la vie économique, sociale et politique. Ces forces vives représentent un formidable potentiel de transformation pour les sociétés.

Une gouvernance responsable

Enfin, la paix durable exige une gouvernance responsable, capable de mobiliser la science, l’innovation et la coopération internationale au service du développement humain.

Dans un monde confronté à des défis majeurs tels que le changement climatique, la pression démographique et les tensions géopolitiques, la question alimentaire devient plus que jamais stratégique.

Produire davantage, produire mieux et garantir un accès équitable à l’alimentation constituent des impératifs essentiels pour l’avenir de l’humanité.

À cet égard, l’expérience de la « révolution verte », portée notamment par l’agronome Norman Borlaug, prix Nobel de la paix en 1970, rappelle combien les progrès scientifiques peuvent contribuer à prévenir les crises alimentaires et à renforcer la stabilité des sociétés.

Au fond, une vérité simple traverse l’histoire des civilisations : un monde incapable de nourrir dignement ses peuples prépare inévitablement ses propres crises. À l’inverse, un monde qui place la sécurité alimentaire au cœur de ses priorités crée les conditions les plus solides d’une paix juste et durable.

La paix mondiale ne se négocie pas seulement dans les enceintes diplomatiques.
Elle se cultive aussi dans les champs.

The Conversation

Pape Abdoulaye Seck does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Sécurité alimentaire : pourquoi la paix se joue aussi dans les champs – https://theconversation.com/securite-alimentaire-pourquoi-la-paix-se-joue-aussi-dans-les-champs-281036

Un “lobo solitario” asalta la pirámide sagrada de Teotihuacán y siembra el terror en vísperas del Mundial 2026

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Martín Flores Almendárez, PTC Asociado "B"; Especialista en Capital Humano e integrante del CA en Gestión, Innovación Educativa y Tecnología, Universidad de Guadalajara

El ataque armado registrado después del mediodía del 20 de abril en la Pirámide de la Luna de la zona arqueológica de Teotihuacán no solo deja un saldo trágico –dos fallecidos, una ciudadana canadiense y el agresor, y 13 heridos–. También fractura la narrativa de seguridad que México ha intentado proyectar de cara a la Copa del Mundo FIFA 2026, que inicia en menos de dos meses.

Este hito sangriento no fue perpetrado por las estructuras previsibles del crimen organizado, sino por un “lobo solitario”. Un hecho que marca una transición inquietante en la percepción social de la violencia: el paso del “narcocrimen” territorial al terrorismo de masas aleatorio.

Santuario de identidad

Teotihuacán no debe entenderse meramente como un activo turístico, sino como un locus religiosus y político que ha sobrevivido milenios. Cuando la violencia alcanza la Pirámide de la Luna, no solo se dañan las estructuras físicas: se profana un santuario de la identidad. No en vano, Teotihuacán, en lengua nahua, quiere decir “lugar donde se hacen los dioses”. Y, como explica Eduardo Matos Moctezuma, representa el origen de “toda una serie de manifestaciones que tendrán presencia definitiva en sociedades posteriores”.

El Estado mexicano ha operado bajo la premisa de que los recintos arqueológicos son zonas de excepción, protegidas por un respeto tácito y una vigilancia especializada del Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH). Este organismo, del que dependen 194 zonas arqueológicas y el Museo Nacional de Antropología, premio Princesa de Asturias de la Concordia 2025, ha emitido un escueto comunicado anunciando el cierre de Teotihuacán “hasta nuevo aviso”.

El simbolismo de la vulnerabilidad

Teotihuacán es el segundo sitio arqueológico más visitado de México y un baluarte del patrimonio mundial. Según la UNESCO, la integridad de un sitio de esta categoría no se limita a su conservación material, sino a su función como espacio de diálogo y paz.

Al transformarse en un escenario de crimen, el enclave pierde su valor de uso social y se convierte en un símbolo de la pérdida de control simbólico del territorio. El daño trasciende lo humano para convertirse en un golpe al corazón de la identidad nacional.

Si el Estado no puede garantizar la paz en “el lugar donde los hombres se convierten en dioses”, la percepción de ingobernabilidad se extiende a todo el territorio nacional.

Históricamente, la violencia en México ha sido interpretada bajo la lente de la “nota roja”, como se conoce popularmente a la información sobre sucesos, y el enfrentamiento entre carteles. La irrupción de un tirador masivo en un recinto sagrado rompe la burbuja de seguridad del turista.

El visitante ya no teme quedar atrapado en un fuego cruzado entre bandas; ahora teme ser el blanco directo de una patología social atomizada, similar a los fenómenos vistos en centros comerciales, lugares de culto o escuelas de Estados Unidos.

La mutación del miedo: Del “narcocrimen” al “lobo solitario”

La literatura sociológica contemporánea expone y sugiere que México enfrenta una violencia fruto de patrones relacionales que se teje en las interacciones de vida cotidiana. Un modelo que se normaliza y se socializa a través de los vínculos comunitarios y las dinámicas institucionales.

Esta visión de la violencia relacional conecta con el narcotráfico, cuyas motivaciones son económicas y territoriales. En cambio, el “lobo solitario” busca el máximo impacto mediático y el colapso simbólico. Por ello, la transición del “narcocrimen” al “lobo solitario” representa un cambio de paradigma en la criminología mexicana.

Mientras que el “narcocrimen” suele seguir una lógica de mercado (territorialidad, rutas, ajustes de cuentas), la figura del tirador masivo o “lobo solitario” se rige por la anomia y la búsqueda de una catarsis mediática a través del terror. La violencia aleatoria lleva más allá la frontera de ese terror. El “lobo solitario” es impredecible y ataca en los momentos de mayor esparcimiento. Un quiebre en la percepción del turista internacional, que había aprendido, erróneamente o no, a navegar la realidad de países con crimen organizado evitando zonas de conflicto u horarios de riesgo.

Esta vulnerabilidad aleatoria es psicológicamente más devastadora que el crimen focalizado, ya que anula cualquier estrategia de prevención individual, generando un sentimiento de desamparo que ahuyenta incluso al viajero más experimentado. Pasamos de una violencia con motivo a una violencia con mensaje, donde el mensaje es que nadie está a salvo.

El cisne negro del Mundial 2026

Esta transición es crítica para la percepción pública. Mientras que la sociedad mexicana ha desarrollado mecanismos de resiliencia (y a veces normalización) ante el crimen organizado, no tiene defensas psicológicas contra el asesinato en masa impredecible en sitios de ocio y cultura.

En la teoría del riesgo, un cisne negro es un evento sorpresivo de gran impacto que, a posteriori, se intenta racionalizar. El tiroteo en Teotihuacán es precisamente eso para la Copa del Mundo de fútbol 2026.

Con una derrama proyectada de 60,000 millones de pesos (cerca de 3.500 millones de dólares), la economía mexicana ha apostado gran parte de su crecimiento anual a este evento.

El peligro real no es solo el evento en sí, sino la reacción en cadena en la diplomacia consular. Países como Estados Unidos y Canadá, socios organizadores del Mundial, poseen sistemas de alertas de viaje altamente sensibles.

Un incidente en un sitio de interés mundial puede reclasificar a México en niveles de alerta que prohíben o desaconsejan el viaje a ciudadanos extranjeros, lo que activaría cláusulas de cancelación masiva en seguros de viaje y patrocinios.

Estamos ante la economía del miedo: un fenómeno donde el valor de un destino se desploma no por la falta de infraestructura, sino por la percepción de que el costo de la visita podría ser la vida.

Este fenómeno genera un terrorismo de baja intensidad que paraliza la movilidad social y, por ende, el flujo turístico.

Economía en riesgo

México, junto con Estados Unidos y Canadá, se prepara para la mayor cita deportiva de la historia, pero el turismo es una industria de percepciones. El impacto económico de un tiroteo en Teotihuacán no se limita a la cancelación de boletos para la zona arqueológica. Afecta a la marca país.

Si el Estado no puede garantizar la seguridad en un recinto custodiado por el INAH y fuerzas federales, surge la pregunta inevitable: ¿están seguras las sedes de la FIFA? La economía del miedo podría desviar el flujo de divisas hacia las sedes del norte, dejando a México con estadios llenos pero corredores turísticos vacíos.

Un llamado a la reflexión y al debate

Este hito sangriento obliga a las autoridades y a la sociedad a replantear los protocolos de seguridad de cara a 2026. No basta con blindar los estadios; es necesario proteger los nodos culturales que dan sentido a la visita del extranjero.

La seguridad en sitios de patrimonio mundial no debe ser vista solo como una medida policial, sino como una estrategia de defensa de la soberanía simbólica y económica.

¿Estamos ante el fin de la “excepcionalidad” de los sitios culturales mexicanos frente a la violencia? ¿Es este el inicio de una era donde el terrorismo individual eclipsará al crimen organizado como principal amenaza a la paz pública?

El debate está abierto, y la respuesta definirá no solo el éxito del Mundial 2026, sino el futuro de México como destino cultural global.

The Conversation

Juan Martín Flores Almendárez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Un “lobo solitario” asalta la pirámide sagrada de Teotihuacán y siembra el terror en vísperas del Mundial 2026 – https://theconversation.com/un-lobo-solitario-asalta-la-piramide-sagrada-de-teotihuacan-y-siembra-el-terror-en-visperas-del-mundial-2026-281198

La mitad de una bolsa de patatas fritas es aire

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge E. Olmos Cornejo, Profesor de Ingeniería Agroindustrial, Universidad de Guadalajara

¿Qué secretos oculta una bolsa de patatas fritas? Bermix Studio / Unsplash. , CC BY-SA

Esa sensación de decepción al abrir una bolsa de patatas fritas y encontrarla a medias es una experiencia que une a consumidores de todo el mundo. Sin embargo, ese espacio vacío no es una estafa comercial, sino una precisa solución de ingeniería que garantiza que el producto llegue crujiente a su boca.

No es aire, es el “guardaespaldas” de su aperitivo

Aunque lo llamamos aire, las bolsas se inflan con nitrógeno. El aire común tiene mucho oxígeno y eso daña la comida, pues oxida las grasas de las patatas en pocos días.

El resultado de esa oxidación es un sabor rancio. Además, las patatas pierden su textura crujiente y se ablandan. Por eso, el nitrógeno, un gas inerte y que no reacciona con el alimento, es la solución perfecta. Su función principal no solo reside en desplazar al oxígeno, manteniendo el sabor original fresco durante meses, sino que también impide que crezcan microbios que necesitan aire para vivir.

El escudo invisible contra los golpes

Además de conservar el sabor, ese gas tiene una misión física vital: funciona como un cojín que protege el contenido durante el transporte. Las patatas fritas son extremadamente frágiles y se rompen con facilidad.

Piense en el viaje que realiza una bolsa, que pasa por camiones, almacenes, cajas y estantes de supermercado. Sin ese colchón de gas a presión, la bolsa se aplastaría, y en lugar de patatas enteras, usted recibiría un montón de migas y polvo.

Por eso, la bolsa suele verse tan inflada. No es para aparentar que hay más producto, sino para crear una cámara de seguridad. Ese espacio vacío permite que las bolsas se apilen sin que las patatas sufran daños.

Una bolsa de patatas posee delgadas capas superpuestas, cada una con una misión para proteger el contenido de la oxidación y la humedad.
Carmen Leticia Orozco López y Jorge Eduardo Olmos Cornejo.

Más que una simple bolsa de plástico

El envase también es una pieza clave de tecnología. No se trata de una bolsa de plástico común como las que usamos para la basura: en realidad, se trata de una estructura formada por varias capas delgadísimas.

Cada capa tiene una función específica. Mientras que una impide que entre la humedad del ambiente para que las patatas no se ablanden, otra bloquea la luz del sol, evitando que las grasas se degraden por la iluminación.

La capa metálica brillante que vemos al abrir la bolsa suele ser aluminio, material que actúa como una barrera total contra el exterior. Gracias a esta ingeniería de materiales, el “guardaespaldas” de nitrógeno puede cumplir su misión durante meses.

Aprenda a leer la etiqueta: el peso es lo que cuenta

Es importante que el consumidor no se sienta engañado por el tamaño del envase. La ley obliga a los fabricantes a indicar claramente el contenido neto en la bolsa, un dato que representa el peso real del alimento que usted va a consumir.

El volumen extra de gas es un servicio de protección; no influye en el precio final del producto, que se calcula por gramos. Por eso, dos bolsas de diferentes marcas pueden parecer de distinto tamaño pero contener la misma cantidad.

Así que la próxima vez que vaya al supermercado, compare el peso neto de los envases. Verá que la cantidad de producto suele ser justa con lo que marca la etiqueta. El “aire” que tanto nos molesta es solo ingeniería trabajando para nosotros.

El peso de una bolsa de patatas –y no su tamaño– es lo que debemos mirar para saber qué cantidad de producto estamos comprando.
Carmen Leticia Orozco López y Jorge Eduardo Olmos Cornejo.

El misterio de las bolsas que “explotan” en el avión

Quizás haya notado algo extraño al viajar en avión o al subir a una montaña con una bolsa de patatas: el envase parece estar a punto de reventar. Este fenómeno es una prueba física de la presión del gas en su interior.

A gran altura, la presión del aire exterior disminuye, mientras que la presión del nitrógeno dentro de la bolsa se mantiene igual. Esto hace que el envase se infle todavía más, como si fuera un globo.

Los ingenieros agroindustriales deben prever estos cambios de presión durante el diseño. Si la bolsa no fuera lo suficientemente resistente, se abriría durante el transporte en zonas altas. Es otra capa de ciencia invisible que garantiza que su snack llegue intacto.

El reto de reciclar un sándwich de materiales

Tanta tecnología tiene un precio para el medio ambiente. Como hemos visto, estas bolsas no son de un solo material, sino que conforman un sándwich de diferentes capas de plásticos y metales unidas entre sí.

Esta estructura multicapa dificulta mucho su reciclaje. Al estar los materiales tan pegados, las plantas de tratamiento comunes no pueden separarlos fácilmente.

Por eso, el siguiente gran reto de la ingeniería agroindustrial es diseñar envases más sostenibles. Se está trabajando en materiales que protejan igual de bien, pero que sean biodegradables o más sencillos de reciclar. Por otro lado, como consumidores, nuestra tarea es depositar siempre estos envases en el contenedor amarillo para fomentar su correcto tratamiento.

Ciencia invisible en su despensa

Como ingenieros, nuestro trabajo es garantizar que los alimentos no solo sean seguros, sino que mantengan su calidad desde la fábrica hasta su mesa. La agroindustria utiliza estas herramientas invisibles para que un producto tan frágil pueda disfrutarse en cualquier lugar y momento.

Así, detrás de cada bocado crujiente hay años de investigación en química de gases, física de materiales y logística industrial.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La mitad de una bolsa de patatas fritas es aire – https://theconversation.com/la-mitad-de-una-bolsa-de-patatas-fritas-es-aire-279994

Cómo convertir los restos de uva en un filtro que limpia antibióticos del agua

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Salvador Cotillas Soriano, Profesor Titular de Universidad. Departamento de Ingeniería Química y de Materiales. Facultad de Ciencias Químicas, Universidad Complutense de Madrid

Los hospitales están diseñados para curar, aunque también generan un problema ambiental. En sus aguas residuales acaban restos de medicamentos que el cuerpo humano no ha metabolizado, junto con desinfectantes y otros productos químicos. Entre esos compuestos, hay antibióticos de última generación que, una vez liberados al medio ambiente, pueden tener consecuencias indeseadas.

Cuando estos fármacos alcanzan ríos y suelos, incluso en concentraciones muy bajas, pueden alterar las comunidades microbianas naturales. Este proceso favorece la aparición y la propagación de bacterias resistentes a los antibióticos, uno de los grandes retos sanitarios del siglo XXI. Por eso, reducir la presencia de estos compuestos en las aguas residuales no es solo una cuestión ambiental, sino también un problema de salud pública.

Uno de los antibióticos más preocupantes es el meropenem. Se trata de un fármaco que se utiliza en hospitales para tratar infecciones graves: en muchos casos, es la última opción terapéutica disponible cuando otros antibióticos han dejado de ser eficaces. Su valor clínico es incuestionable, pero también lo es su persistencia en el medio acuático: los tratamientos convencionales de depuración no siempre consiguen eliminarlo por completo antes de que el agua sea devuelta al entorno.

De residuo agrícola a aliado ambiental

En este contexto, nuestra investigación, dentro del grupo INPROQUIMA de la Universidad Complutense de Madrid y en colaboración con la Universidad Politécnica de Madrid, propone una solución basada en la economía circular. La idea es sencilla: convertir un residuo agrícola abundante en un material capaz de eliminar antibióticos del agua antes de que lleguen al medio ambiente.

El punto de partida son los raspones de uva, los restos leñosos del racimo que quedan tras la vendimia. En las regiones vitivinícolas, se generan grandes cantidades de este residuo cada año, cuyo aprovechamiento suele ser limitado. A menudo, se destina a compostaje o se desecha, pese a tratarse de una biomasa rica en carbono y con una estructura adecuada para aplicaciones ambientales.

La elección de los raspones de uva no es casual. Además de ser abundantes y locales, presentan características que los hacen especialmente interesantes para su transformación en materiales porosos. Al tratarse de un residuo vegetal lignocelulósico, puede convertirse mediante procesos relativamente simples en un material estable, con una estructura interna capaz de interactuar con distintos contaminantes. Esto permite desarrollar soluciones de bajo coste y menor impacto ambiental, sin recurrir a materiales sintéticos ni a procesos complejos.

A partir de los raspones de uva se produce biochar, un material carbonoso obtenido mediante pirólisis, es decir, calentamiento en ausencia de oxígeno. El biochar tiene una estructura porosa y una gran superficie interna, dos características clave para capturar contaminantes disueltos en el agua. Además, puede someterse a un proceso de activación suave que mejora aún más su capacidad de interacción con otras moléculas.

Atrapar antibióticos antes de que lleguen al río

El biochar obtenido a partir de residuos de uva presenta propiedades especialmente adecuadas para atrapar antibióticos como el meropenem. Pero más allá de su comportamiento en condiciones ideales de laboratorio, el aspecto clave era comprobar si funcionaría en un escenario más realista.

Para ello, realizamos ensayos con un agua que simulaba un efluente hospitalario, con una composición salina similar a la que se encuentra en este tipo de vertidos. Este es un entorno especialmente exigente, ya que las sales y otras sustancias presentes compiten entre sí y dificultan los procesos de eliminación de contaminantes.

Aun así, el biochar fue capaz de eliminar completamente el meropenem en un amplio rango de concentraciones. Este resultado indica que el material mantiene su eficacia también en aguas complejas, una condición imprescindible para pensar en aplicaciones prácticas en el tratamiento de aguas residuales.

Además, el proceso mostró un efecto adicional interesante: este compuesto también redujo parcialmente la salinidad del agua, capturando algunos de los iones disueltos. Aunque este no era el objetivo principal del estudio, podría contribuir a mejorar la calidad del efluente tratado y facilitar etapas posteriores de depuración o reutilización del agua.

Un material que puede reutilizarse

La sostenibilidad de cualquier tecnología de tratamiento depende en gran medida de su capacidad de reutilización. Un material que solo puede usarse una vez difícilmente puede considerarse una solución viable a gran escala.

En este caso, el biochar obtenido a partir de residuos de uva puede regenerarse tras captar el antibiótico mediante un procedimiento sencillo. Esto permite recuperar el material y emplearlo de nuevo en varios ciclos consecutivos de tratamiento. Tras varios usos, el biochar mantiene una elevada eficacia y sigue eliminando alrededor del 90 % del antibiótico presente en el agua.

Aunque se observa una ligera pérdida de rendimiento con el número de ciclos, los resultados indican que el material es estable y reutilizable, lo que refuerza su interés desde el punto de vista ambiental y económico.

Pequeñas soluciones para un problema global

Este trabajo se suma a un enfoque cada vez más necesario en el tratamiento de aguas: aprovechar residuos y convertirlos en recursos. Transformar un subproducto agrícola en una herramienta para reducir la contaminación farmacéutica permite cerrar ciclos, disminuir costes y reducir el impacto ambiental asociado tanto a los residuos como a los tratamientos convencionales.

Aún es necesario avanzar hacia pruebas a mayor escala y con aguas residuales reales, donde la composición es más variable y compleja. Mientras, los resultados muestran que materiales sencillos, de origen vegetal y obtenidos mediante procesos poco agresivos pueden contribuir de forma significativa a frenar la dispersión de antibióticos en el medio ambiente.

Combatir la resistencia antimicrobiana no depende solo de cómo usamos los antibióticos en hospitales y centros de salud. También pasa por evitar que sus restos sigan circulando fuera de ellos. Y, en ese camino, desechos tan comunes como los de la uva pueden desempeñar un papel inesperado.

The Conversation

Salvador Cotillas Soriano recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades (MICIU/AEI /10.13039/501100011033) y la Unión Europea NextGenerationEU/PRTR a través de la ayuda CNS2022-135764

Ana Hayat Berros recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades (MICIU/AEI /10.13039/501100011033) y la Unión Europea NextGenerationEU/PRTR a través de la ayuda CNS2022-135764.

Carmen María Domínguez Torre, José Leandro da Silva Duarte y Mario de la Fuente Lloreda no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Cómo convertir los restos de uva en un filtro que limpia antibióticos del agua – https://theconversation.com/como-convertir-los-restos-de-uva-en-un-filtro-que-limpia-antibioticos-del-agua-273820

Pequeños cambios para recuperar el pensamiento profundo en la universidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel de Haro García, Profesor titular, Organización de Empresas (RR.HH. y Comportamiento Organizacional), Universidad Miguel Hernández

Paolo Bona/Shutterstock

“Los estudiantes no atienden”, “usan ChatGPT para todo”… son comentarios y percepciones que se comparten en círculos universitarios. Pero ¿podemos transformar esas sensaciones en algo medible y, sobre todo, en herramientas útiles para el docente?

En nuestro proyecto reciente de formación del profesorado (con 15 docentes de Ingeniería, Derecho, Psicología, Periodismo, Enfermería y Botánica) intentamos precisamente eso: practicar intervenciones mínimas pero eficaces para aumentar la atención en aulas digitalmente saturadas.

Trabajamos con ellos pequeños cambios que ayuden a los estudiantes aumenten a concentrarse y evitar las interrupciones constantes de sus dispositivos, en torno a dos ejes: reducir pantallas en momentos críticos y rediseñar la inteligencia artificial para activar pensamiento crítico. Los resultados están pendientes de publicación, pero la experiencia de prueba ya muestra alta adopción docente y cambios observables en el aula.

Es algo que se está haciendo también en otras universidades para recuperar una competencia hoy más frágil de lo que parece: el pensamiento profundo.

La atención como recurso transaccionable

La economía de la atención “secuestra” nuestro tiempo mental con notificaciones constantes, recompensas instantáneas y contenidos personalizados diseñados para enganchar.

Al estar optimizado para interrumpir, el entorno digital lleva a nuestras mentes en dirección contraria a nuestras necesidades cognitivas en la universidad: concentración sostenida, lectura profunda y tolerancia al esfuerzo.

En un aula con portátiles –o incluso con el smartphone cerca, aunque no se use– la atención puede resentirse: la multitarea con el ordenador perjudica el aprendizaje en clase y la mera presencia del teléfono reduce parte de la capacidad cognitiva disponible. La distracción digital en educación no es anecdótica, sino estructural.


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Enfoque profundo y superficial

En la década de 1970, los investigadores suecos F. Marton y R. Säljö identificaron dos formas distintas de abordar el aprendizaje:

  • El enfoque profundo se caracteriza por buscar el significado personal de la materia, relacionar ideas nuevas con conocimientos previos y examinar la lógica interna de los argumentos.

  • El enfoque superficial se activa cuando el estudiante percibe la tarea como una imposición externa y recurre a la memorización mecánica de datos aislados para cumplir requisitos mínimos. En el contexto actual, el enfoque profundo está sufriendo.

En un entorno de distracción crónica, muchos estudiantes dejan de sufrir interrupciones puntuales y empiezan a reconfigurar su modo habitual de estudiar: de comprender, integrar y relacionar pasan a “cumplir”, memorizar lo mínimo y pasar pantalla.




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Perfiles de riesgo

No ocurre a todos los estudiantes por igual: si miramos solo promedios, no veremos los perfiles en riesgo: aquellos alumnos y alumnas que combinan estrategias de aprendizaje según la presión del momento y que no siempre son capaces de acceder al enfoque profundo.

Podríamos decir que estos estudiantes están aprendiendo “en modo supervivencia”, viéndose empujados a un aprendizaje rápido, eficiente y peligrosamente frágil. El daño no aparece “de golpe” en el examen: se produce antes, en cosas muy concretas como la calidad de los apuntes y la elaboración de las ideas durante la clase.

Trabajar en pantalla

La superficialidad aquí no es falta de inteligencia, sino de condiciones para elaborar: se pierden ideas clave, se conectan menos conceptos y se comprueba menos si se ha entendido. No solo hay más distracción fuera; también menos capacidad para resistirla.

Este patrón se vuelve especialmente problemático en la lectura académica. Los metaanálisis sobre comprensión lectora han encontrado, en promedio, cierta ventaja del papel frente a la pantalla, porque la versión digital hace más fácil dispersarse (interrupciones, navegación, lectura en modo escaneo) y vuelve más frecuente sobreestimar la comprensión, calibrando peor lo que realmente se ha entendido.




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Intervenciones basadas en evidencia

¿Qué puede hacer la universidad ante este problema? La evidencia apunta a varias estrategias complementarias:

  1. Estructurar el uso académico de dispositivos: definir cuándo aportan valor (búsqueda, simulación, actividad guiada) y cuándo estorban (explicación, debate, lectura), con reglas claras de aula.

  2. Entrenamiento en aprendizaje autorregulado: enseñar (y practicar) cómo planificar el estudio, sostener la atención y resistir distracciones. Puede integrarse en asignaturas u ofrecerse como talleres, y ya existen programas universitarios específicos con rutinas entrenables y evaluables.

  3. Entrenamiento atencional con mindfulness o atención plena: se consiguen mejoras en memoria de trabajo y menor divagación mental, lo que puede ayudar a volver al foco cuando el entorno empuja a salir de él

  4. Fricción por diseño: pequeños obstáculos que hacen menos automático distraerse y más fácil seguir la tarea. Por ejemplo, dejar el móvil fuera de alcance, activar la función “No molestar” y programar bloqueos temporales para evitar cambios de pestaña o redes durante 25 minutos.

Un paquete coherente, no acciones sueltas

No hay una medida mágica: la distracción digital varía según contexto y lo eficaz suele ser un paquete coherente de diseño de aula, tareas y cultura, más entrenamiento de competencias. En la práctica, funciona mejor una intervención híbrida: reducir distractores en momentos críticos, estructurar la tecnología cuando aporte valor y entrenar atención/autorregulación para sostener pensamiento profundo.

La economía de la atención no se vence con un cartel: se gestiona con diseño y con habilidades que permitan al estudiante pensar largo, leer profundo y argumentar con rigor.

The Conversation

José Manuel de Haro García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Pequeños cambios para recuperar el pensamiento profundo en la universidad – https://theconversation.com/pequenos-cambios-para-recuperar-el-pensamiento-profundo-en-la-universidad-275584

La comida no es (solo) alimento, es cultura

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ignacio de Tomás Lombardía, Profesor de Nutrición, Universidad Francisco de Vitoria

El all i pebre está profundamente asociado a la cultura de la Comunidad Valenciana, sobre todo a la zona de la Albufera, donde tiene un vínculo muy fuerte con la tradición. Es un plato que se disfruta en familia los fines de semana y muchos restaurantes de la zona lo incluyen entre las especialidades de la casa. Tradicionalmente, eran los propios pescadores quienes lo preparaban con la anguila fresca que acababan de capturar, y así ha ido pasando generación tras generación.

La reciente propuesta de la posible prohibición de la pesca de anguilas y angulas en la Comunidad Valenciana ha generado un intenso debate que trasciende el ámbito medioambiental. Este escenario plantea un dilema complejo donde las recomendaciones de los organismos científicos, orientadas a la protección de la especie, entran en conflicto con la preservación de la tradición gastronómica local.




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Ante esta situación, tanto las autoridades como la sociedad se enfrentan al reto de encontrar fórmulas que garanticen la sostenibilidad sin desatender los vínculos históricos y sociales que estos recursos representan para el patrimonio cultural.

El mundo en el que comemos

La trayectoria de la humanidad está intrínsecamente ligada a la evolución de su alimentación. Este proceso, que comenzó con la recolección de recursos básicos y se transformó gracias al dominio del fuego y las herramientas, fue determinante en nuestro desarrollo social y biológico. A través de esta evolución, el acto de comer dejó de ser una necesidad estrictamente biológica para convertirse en una manifestación cultural compleja.

Dibujo de dos mujeres cenando juntas y compartiendo plato.
Dos mujeres de la etnia Meitei (noreste de la India) cenando juntas y compartiendo plato.
Hantre Hunpham Manipur Lamkoi Wari

En este contexto, el debate sobre la pesca de la anguila no es solo una cuestión de gestión ambiental, sino que también invita a reflexionar sobre la continuidad de ciertos referentes culinarios. Si la gastronomía es uno de los elementos que configuran nuestra identidad, la posible desaparición de platos como el all i pebre valenciano representaría una transformación en el patrimonio compartido que ayuda a definir a una comunidad.

Esta evolución no es solo un fenómeno biológico o nutricional, sino una profunda expresión social moldeada por un conjunto de conocimientos, creencias y ritos que el ser humano adquiere como miembro de una comunidad. Como bien afirmaba el jurista y crítico gastronómico francés del siglo XVIII Jean Anthelme Brillat-Savarin: “Dime lo que comes, y te diré quién eres”.

En esta misma línea, la historiadora Almudena Villegas señala que la gastronomía es, en esencia, la cultura del comer. Advierte así que cuando perdemos un producto o una técnica culinaria estamos perdiendo una parte de nuestra propia historia.

Esta sentencia cobra hoy más vigencia que nunca, pues los alimentos que elegimos del entorno, la forma en que los transformamos y los códigos que gobiernan la mesa funcionan como un espejo de la sociedad en la que vivimos. La alimentación, por tanto, arroja luz sobre nuestra historia y nuestras prioridades colectivas.

El mundo en el que vivimos

Sin embargo, en un mundo cada vez más interconectado, nos enfrentamos al desafío de la globalización alimentaria. Si observamos la diversidad que existe entre lo que consumen familias de diferentes rincones del planeta, como se documentaba en el libro Hungry Planet, la comida es uno de los últimos reductos de la identidad cultural. Por ello, la pérdida de un producto local o de una receta tradicional no debe verse únicamente como un cambio de dieta, sino como una amenaza a la subsistencia de la diversidad cultural.

Este dilema no es exclusivo de las tierras valencianas. En Galicia, el debate sobre la sostenibilidad del pulpo y la implementación de vedas genera una tensión constante entre el motor económico-turístico y la supervivencia del recurso. Del mismo modo, el mundo observó con preocupación cómo la presión sobre el atún rojo obligó a imponer cuotas drásticas que cambiaron para siempre nuestra forma de consumir este alimento.

Gente cortando pulpos después de haberlos cocido para preparar pulpo a la gallega.
En Galicia el pulpo no es solo un alimento, sino parte de su cultura.
Octavian Rosca/Shutterstock

La sobreexplotación de la angula y la presión sobre la anguila adulta exigen medidas urgentes para evitar su extinción. Sin embargo, aunque es el punto que más fácilmente se puede regular, el foco no debe caer únicamente en el consumo del producto. Es imperativo que las políticas de conservación también aborden los problemas estructurales que asfixian a la especie: la contaminación de las aguas –que degrada los ecosistemas donde desovan y crecen–, la fragmentación de sus hábitats –que impide su ciclo migratorio vital– y el mercado negro –que elude cualquier control de sostenibilidad–.

El mundo que cambia

Por otro lado, no debemos olvidar que la gastronomía no es un dogma inmutable, sino un proceso dinámico que fluye y se moldea según las circunstancias políticas, climáticas y sociales de cada época. La resiliencia de nuestra cultura culinaria se encuentra, precisamente, en su capacidad de adaptación.

En el caso del all i pebre, es vital entender que la esencia del plato, como su propio nombre indica, reside en el equilibrio entre el ajo y el pimentón, que dan el sabor a la salsa. Ante la escasez de anguila, la receta puede variar utilizando otros pescados blancos de textura similar que respeten el guiso y mantengan en el recetario tradicional valenciano, como son el rape o la raya.

Un plato de _all i pebre_ típico de la Albufera valenciana que se cocina con anguila.
El all i pebre puede sobrevivir incluso sin anguila.
Fernando Sanchez Cortes/Shutterstock

Paralelamente, el consumo de la angula debe ser objeto de una profunda reflexión ética. En un contexto de vulnerabilidad extrema para la especie, su degustación ha pasado de ser una costumbre popular a un artículo de lujo insostenible. Por ello, cada vez más cocineros y referentes del sector se están movilizando, liderando una renuncia consciente a su venta y consumo. Esta “resistencia gastronómica” no busca borrar el pasado, sino transformar el presente para asegurar que el futuro de nuestros ríos no sea solo un recuerdo en un libro de recetas.

Podemos concluir diciendo que, antes de sacrificar un símbolo de nuestra identidad, debemos garantizar que el entorno natural sea capaz de mantener la vida. Solo mediante un equilibrio real entre la sostenibilidad biológica y la protección del patrimonio alimentario podremos asegurar que las futuras generaciones sigan sabiendo quiénes son a través de lo que comparten en la mesa.


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The Conversation

Ignacio de Tomás Lombardía no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La comida no es (solo) alimento, es cultura – https://theconversation.com/la-comida-no-es-solo-alimento-es-cultura-278751

Siete razones por las que la geología es imprescindible en la transición energética

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana María Alonso-Zarza, Catedrática de Petrología y Geoquímica. Facultad de CC. Geológicas, Universidad Complutense de Madrid

Sin el conocimiento geológico, ni la tecnología que usamos a diario, ni las energías renovables ni los materiales de construcción serían posibles. Newsshooterguy/Shutterstock

“¿Qué han hecho los romanos por nosotros?”, la célebre pregunta irónica de la película La vida de Brian evoca la obra pública clásica: carreteras, acueductos y cimentaciones que sostuvieron imperios. De la misma manera, con motivo del Día Mundial de la Tierra, celebrado el 22 de abril, podemos preguntarnos: ¿qué ha hecho la geología por nosotros? Y, de cara al futuro, ¿qué puede hacer?

El crecimiento de la población y el aumento del consumo están acercando a nuestra especie a los límites planetarios de sostenibilidad: mayor demanda de agua, energía y materias primas, junto a emisiones de gases de efecto invernadero que aceleran el cambio climático y la pérdida de biodiversidad.

Todo ello obliga a una transición energética justa en la que la geología tiene mucho que decir. No se trata solo de una ciencia básica, sino que aporta el conocimiento imprescindible para conocer y gestionar los recursos de forma sostenible, anticipar y mitigar riesgos y diseñar políticas de descarbonización eficaces para que nuestra especie tenga un futuro sostenible en nuestro planeta.

Son muchas las razones por las que la geología es una ciencia imprescindible para la transición ecológica, pero estas son algunas de las más significativas.

1. Mapas geológicos para conocer el subsuelo

Los mapas geológicos son la radiografía del subsuelo: muestran la disposición de las rocas y las estructuras y los recursos geológicos, entre otros. Es una herramienta para la investigación de recursos minerales y del agua y permite decidir dónde y cómo ubicar infraestructuras o minimizar los riesgos naturales.

2. Agua subterránea: el recurso que condiciona todo

Los recursos hídricos no solo son los ríos, lagos o casquetes de hielo. Bajo la superficie terrestre, los acuíferos (agua subterránea) alimentan ciudades, cultivos, industrias, ecosistemas, etc.

La geología identifica dónde están los acuíferos, cómo se recargan y qué volúmenes son sostenibles, y permite diseñar medidas de protección y recarga artificial.




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3. Extracción de minerales y materias primas

El teléfono móvil puede contener hasta unas cincuenta materias primas distintas. Sin el conocimiento geológico, la tecnología que necesitamos a diario, las energías limpias o los materiales de construcción no serían posibles.

Sin embargo, hay una hipocresía ambiental evidente: se reclama energía renovable y tecnología avanzada, pero se rechaza la minería necesaria para obtener los minerales críticos por sus impactos. Superar esa paradoja pasa por reconocer nuestra dependencia de esos recursos y exigir, al mismo tiempo, prácticas extractivas sostenibles, transparentes y socialmente responsables.




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Una enorme mina a cielo abierto
Chuquicamata (Chile) es una de las minas a cielo abierto más grandes del mundo. En ella se extrae cobre, oro y molibdeno.
Diego Delso/Wikimedia Commons, CC BY-SA

4. Obtención, almacenamiento y recuperación de energía

Son muchos los aspectos en los que la geología contribuye al abastecimiento seguro y sostenible de energía. Nos referiremos a tres de ellos.

Los combustibles fósiles siguen suministrando una parte importante de la energía global. Su explotación sostenible exige experiencia geológica para caracterizar y modelizar yacimientos, estimar su vida útil y diseñar métodos de extracción que minimicen impactos.

La energía geotérmica aprovecha el calor interno de la Tierra y es inagotable. Incluye desde soluciones de baja entalpía (bombas de calor y climatización eficiente mediante el subsuelo somero) hasta recursos de alta entalpía para generación eléctrica en zonas geológicamente activas.

Los conocimientos geológicos son la salvaguarda de cualquier proyecto de almacenamiento subterráneo de hidrógeno, gas natural o CO₂. Estos almacenes son seguros si las características geológicas son adecuadas.




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5. El potencial del geoturismo

La geodiversidad (rocas, minerales, fósiles, suelos y formas del relieve) es el archivo de la historia de la Tierra y una fuente clave de información para anticipar cambios ambientales y gestionar recursos.

Programas como los Geoparques Mundiales de la UNESCO demuestran que el patrimonio geológico es un motor local de desarrollo: actúan como aulas vivas donde las comunidades vinculan su economía al territorio mediante geoturismo, rutas educativas y productos locales, revitalizando zonas rurales.




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6. Anticipar y mitigar riesgos en desastres naturales

Los peligros naturales (terremotos, erupciones volcánicas, inundaciones, deslizamientos, subsidencia, oleajes extremos y otros fenómenos impulsados por el clima) forman parte de la dinámica terrestre y pueden causar daños severos cuando afectan a ciudades e infraestructuras. Ya lo vimos con la dana valenciana en 2024, entre otros desastres.

La geología ofrece la base científica para comprender estos procesos, anticipar sus impactos y mitigar los riesgos: combinando conocimiento geológico profundo con tecnologías avanzadas se pueden diseñar medidas de prevención y planificación territorial que hacen a las comunidades más seguras y resilientes.

7. Planificación territorial informada

Una planificación del territorio que incorpora el conocimiento del subsuelo optimiza líneas de transporte, abastecimiento de aguas, ubicación de viviendas e infraestructuras; compatibiliza usos productivos y de conservación y contribuye a mitigar los riesgos.

¿Por qué todo esto importa ahora?

La geología, a menudo invisible en las decisiones políticas y de planificación, está en todas partes: condiciona el terreno donde construimos, el agua que bebemos y los riesgos que nos pueden afectar.

El conocimiento geológico es un bien público esencial para la toma de decisiones informadas y el desarrollo sostenible. La diferencia es decisiva: sin geología, el desarrollo se asienta sobre terreno frágil. Con ella, se construye resiliencia, equidad y un futuro sostenible.

En definitiva, solo conociendo nuestro planeta podremos conseguir que las consecuencias de nuestro sistema de vida sean los mínimos y que la Tierra siga siendo habitable para nuestra especie.

The Conversation

Ana María Alonso-Zarza no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Siete razones por las que la geología es imprescindible en la transición energética – https://theconversation.com/siete-razones-por-las-que-la-geologia-es-imprescindible-en-la-transicion-energetica-280925