Coupe du monde : pour qui prendre parti lorsque l’équipe de votre pays d’accueil affronte celui de vos origines ? Un dilemme pour de nombreux Néo-Canadiens

Source: The Conversation – in French – By Cary Foo, PhD Student, Recreation and Leisure Studies, University of Waterloo, University of Waterloo

Le match entre le Canada et le Maroc en Coupe du monde a placé la communauté marocaine, très nombreuse au Québec, devant un choix qui peut s’avérer déchirant entre leur pays d’origine et leur pays d’adoption. Ce dilemme, loin de se limiter à cette communauté, révèle le lien complexe entre identité, migration et allégeance sportive au sein de la mosaïque culturelle canadienne.


Jesse Marsch, sélectionneur de l’équipe nationale canadienne de football, a déclaré à l’approche de la Coupe du monde de la FIFA : « Nous sommes tellement fiers de rassembler le pays autour de l’équipe du peuple cet été ».

Si ce message illustre l’enthousiasme suscité par la participation du Canada à domicile, la manière dont l’« équipe du peuple » est perçue par les Canadiens eux-mêmes pendant la Coupe du monde est plus nuancée.

La Coupe du monde représente un moment particulier pour le Canada, où la diversité et la culture sont mises en avant. C’est pourquoi de nombreux Canadiens pourraient arborer plusieurs drapeaux – et pas seulement celui à la feuille d’érable – tout au long de la compétition.

Un tournoi mondial dans un pays multiculturel

Les événements sportifs internationaux comme la Coupe du monde permettent aux gens de célébrer des identités communes et de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté parmi leurs compatriotes. Mais comprendre qui une personne choisit de soutenir lors de tournois mondiaux peut s’avérer complexe et va au-delà du pays où elle vit.

En effet, l’attachement à une équipe sportive n’est pas toujours simple ; il est façonné par l’histoire personnelle et la migration. Si l’on tient compte de la dimension mondiale de la Coupe du monde moderne, les frontières s’estompent encore davantage. Des joueurs sur le terrain aux supporters dans les tribunes, le chevauchement des identités culturelles fait que le choix d’une équipe à soutenir dépend rarement uniquement du lieu où l’on vit actuellement.

L’équipe nationale du Canada reflète parfaitement le tissu multiculturel du pays, avec un effectif composé en grande partie de joueurs qui partagent des parcours d’immigration.

Richie Laryea, membre de l’équipe canadienne, a déclaré : « Notre équipe nationale est à l’image de ce qu’est notre pays aujourd’hui. Et c’est très bien ainsi. Elle doit être extrêmement diversifiée. » Mais les Canadiens qui partagent les mêmes origines ethniques que les joueurs de l’équipe nationale ont-ils du mal à décider qui soutenir ?

Le riche multiculturalisme du Canada – et la composition diversifiée de son équipe nationale – font de cette période un moment fascinant pour observer quel pays les Canadiens choisissent de soutenir pendant la Coupe du monde.


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Allez le Canada ?

Avant 2022, l’équipe nationale masculine canadienne était rarement le premier choix des fans de football au Canada, principalement parce qu’elle ne se qualifiait presque jamais pour la Coupe du monde. De ce fait, la Coupe du monde était l’occasion, dans de nombreuses villes canadiennes, de renouer avec ses racines culturelles et d’encourager plutôt le pays d’origine de sa famille.

Lors de la Coupe du monde 2018, le Croatia Park de Mississauga est devenu un immense lieu de rassemblement pour les Canadiens d’origine croate venus encourager leur équipe nationale et célébrer leurs racines. Si de telles scènes mettent pleinement en valeur la diversité du Canada, elles soulèvent également une question fascinante : lorsque chacun soutient son pays d’origine, quelle place reste-t-il à l’équipe canadienne elle-même ?

Ces célébrations mettent en lumière une véritable crise d’identité pour certains supporters, maintenant que le Canada est devenu un concurrent régulier sur la scène internationale. Le véritable dilemme survient lorsque les gens se sentent profondément déchirés entre leur pays d’origine et leur pays d’accueil. Les supporters peuvent être confrontés à la décision difficile de choisir quel drapeau hisser – ou quelle patrie occupera la première place s’ils décident d’arborer les deux.




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Identités contradictoires

Dans l’univers très compétitif du sport de haut niveau, gagner est tout ce qui compte. À mesure que les équipes sont éliminées et que le tournoi bat son plein, les Canadiens partagés entre deux loyautés peuvent se retrouver tiraillés dans plusieurs directions. Cela peut amener bon nombre d’entre eux à se sentir véritablement tiraillés quant à l’équipe qu’ils « devraient » soutenir.

Une étude portant sur la Coupe du monde 2014 a montré que les supporters peuvent soutenir certaines équipes lorsqu’ils découvrent des liens personnels avec ces nations. Un participant à l’étude, d’origine kenyane, a déclaré : « J’ai été attiré par la Belgique, car leur attaquant est un Belge d’origine kenyane. »

L’attaquant Jonathan David, de l’équipe canadienne, est d’origine haïtienne ; ses deux parents sont nés à Port-au-Prince. Lors d’une interview donnée lors de la Gold Cup de la Concacaf 2019, où le Canada affrontait Haïti, David a expliqué :

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’affronter le pays où l’on a vécu quand on était plus jeune. Mais je dois tout de même y aller avec la mentalité que je dois faire mon travail pour mon pays.

Malgré l’élimination d’Haïti de la Coupe du monde, un débat passionnant persiste : les Canadiens d’origine haïtienne ont-ils été tiraillés quant à leur identité au moment de choisir s’ils devaient soutenir le Canada, Haïti, ou les deux ? À présent, l’attention se porte sur la question de savoir si les origines haïtiennes de David incitent activement la communauté à se rallier derrière l’équipe canadienne pour le reste du tournoi.




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Pas besoin de choisir son camp

Au final, les supporters ne sont pas obligés de choisir une seule équipe : ils peuvent soutenir à la fois les équipes qui représentent leur héritage culturel et la sélection canadienne qui entre dans l’histoire. Parallèlement, le succès du Canada sur le terrain nous pousse à repenser ce que signifie réellement être « Canadien » dans un pays où soutenir ses origines a longtemps été la norme.

Au final, le choix de l’équipe que les Canadiens décident d’encourager offre un aperçu fascinant de la mosaïque culturelle unique du pays.

Alors que les rues canadiennes se remplissent d’une mer colorée de drapeaux du monde entier et que les communautés se rassemblent autour d’une passion commune pour le football, c’est le moment idéal pour réfléchir à notre identité nationale.

La Conversation Canada

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Coupe du monde : pour qui prendre parti lorsque l’équipe de votre pays d’accueil affronte celui de vos origines ? Un dilemme pour de nombreux Néo-Canadiens – https://theconversation.com/coupe-du-monde-pour-qui-prendre-parti-lorsque-lequipe-de-votre-pays-daccueil-affronte-celui-de-vos-origines-un-dilemme-pour-de-nombreux-neo-canadiens-286713

La gestion comme mise en dispositif

Source: The Conversation – in French – By Franck Aggeri, Professeur de management, PSL Research University, Mines Paris – PSL

La gestion ne peut pas être réduite à des chiffres. Il s’agit d’une matière vivante, qui crée des dispositifs. Pour mieux comprendre, l’œuvre du philosophe Michel Foucault est éclairante. Décryptage avec la mise en place d’outils dans le cadre de la transition bas carbone.

Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat avec la Revue française de gestion, qui a fêté ses 50 ans en 2025.


La gestion n’est pas seulement cette activité, souvent caricaturée, de contrôle, de coordination et d’évaluation des performances. C’est également une activité plus exploratoire de conduite d’actions collectives inédites, comme organiser une transition écologique, numérique ou sanitaire.

Les objectifs, les moyens et les méthodes sont alors inventés chemin faisant. Dans de telles situations, le premier défi pour la recherche est de comprendre ce que gérer peut vouloir dire.

Pour cela, notre article paru dans la Revue française de gestion propose un cadre d’analyse, inspiré des travaux de Michel Foucault, que nous appelons « mise en dispositif ». Pourquoi cette formule et quels en sont les principes ? Pour y répondre, revenons d’abord sur le sens du mot « dispositif », puis sur l’usage qu’en a fait le philosophe, avant d’illustrer son intérêt sur l’exemple de la transition bas carbone.

Les deux sens du terme « dispositif »

Mot très usité dans la langue française, dispositif vient étymologiquement du latin dispositio qui désigne deux choses :

  • l’action de disposer des éléments en vue d’une finalité,

  • mais également l’une des dimensions de l’art rhétorique, agencer les arguments de façon à les rendre intelligibles.




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Ces deux dimensions se retrouvent dans l’usage courant de la notion : l’assemblage d’éléments formant un tout cohérent en vue de répondre à une fonction ou d’atteindre une finalité (par exemple, on parle de dispositif technique, pédagogique…) et les stratégies rhétoriques qui accompagnent la mise en place de tout dispositif public.

Le terme a depuis longtemps colonisé l’univers de la gestion dans une acception proche du sens commun. Ainsi, un dispositif de gestion est souvent décrit comme un agencement déjà constitué de règles, d’outils et d’acteurs formant un ensemble cohérent en vue d’une finalité, par exemple un dispositif de gestion des compétences.

L’héritage de Michel Foucault

Une telle conception courante est statique. Elle ne dit rien des modalités d’émergence du dispositif : comment et par qui a-t-il été conçu ? En vue de quelles finalités ?

La question de la formation des dispositifs a été précisément le cœur de la réflexion du philosophe Michel Foucault pour étudier la conduite de nouvelles formes d’action collective. Il souligne trois points essentiels de la formation d’un dispositif :

  • son caractère finalisé et situé, qui répond à une urgence stratégique dans un contexte précis ;

  • son hétérogénéité (il est composé d’éléments discursifs, spatiaux, instrumentaux, humains, légaux, moraux, etc.) ;

  • l’activité collective qui constitue le « dispositif » en agençant ces éléments hétérogènes pour leur donner un sens et une capacité à orienter la conduite des acteurs.

Dans notre article, nous mettons en évidence la fécondité du cadre de la « mise en dispositif » pour comprendre les processus d’émergence de nouvelles formes d’action collective. L’accent est particulièrement mis sur l’activité d’agencement d’éléments hétérogènes (discours, instruments, savoirs, rôles des acteurs, architecture…) en vue de finalités révisables.

Nous soulignons également que ce processus de mise en dispositif ne part jamais d’une page blanche. Les nouveaux dispositifs se superposent ou viennent compléter des dispositifs déjà existants pour les articuler et leur donner une nouvelle finalité et un nouveau sens pour les acteurs.

La transition bas carbone au concret

Illustrons la démarche en prenant l’exemple de la formation d’un dispositif carbone dans un grand groupe de la construction. La transition bas carbone est l’un des mantras contemporains des décideurs publics comme privés. Mais comment celle-ci peut-elle être mise en œuvre ?

Le point de départ de l’enquête est le suivant. Au milieu des années 2000, les dirigeants du groupe anticipent une évolution réglementaire en Europe : le bilan énergétique des bâtiments va être complété par un bilan carbone. La différence entre énergie et carbone ? L’enjeu n’est plus seulement d’améliorer l’isolation des bâtiments, mais de réduire l’empreinte carbone de leur fabrication, c’est-à-dire le choix des matériaux et des systèmes constructifs. Ceci implique un changement complet des méthodes de construction et des chaînes d’approvisionnement.

Or, à cette époque, le groupe n’a pas d’outils de calcul du carbone et n’a aucune solution à disposition. Plutôt que de décréter de grands objectifs, la direction choisit une voie plus modeste. Elle mandate un expert interne avec l’objectif de concevoir un bilan carbone simplifié, facilement appropriable par les opérationnels. Après une phase de test et de paramétrage, un outil de calcul est mis au point. Tous les chefs de projet ont alors l’obligation de chiffrer des variantes bas carbone, que le client le demande ou pas.

Un calcul qui ait du sens…

Pour que ce calcul ait du sens et produise des effets concrets s’engage un patient travail d’agencement de l’outil à toute une série d’éléments qui le complètent pour en faire un dispositif de gestion cohérent.

Des partenariats sur la conception de matériaux et solutions bas carbone sont lancés et testés sur des sites pilotes. Voici quelques exemples.

Un comité d’innovation bas carbone est créé. Un référentiel sectoriel de comptabilité carbone est construit en même temps qu’un label « bâtiments bas carbone », susceptible de préfigurer la réglementation. La conception de projets pilotes bas carbone permet de montrer la pertinence du concept.

Ce n’est qu’après un long processus de mise en dispositif qu’une feuille de route stratégique est enfin annoncée par le groupe. Elle sera régulièrement révisée au gré des événements et de l’élaboration d’autres dispositifs publics ou concurrents, alimentant, à leur tour, de nouveaux agencements.

La mise en dispositif, c’est cela, un processus multiforme, fruit d’initiatives locales et centrales dont le chercheur a pour mission de reconstituer minutieusement le processus, les effets attendus et inattendus, et les potentiels transformatifs.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. La gestion comme mise en dispositif – https://theconversation.com/la-gestion-comme-mise-en-dispositif-285392

La formation ne suffit pas à garantir une reconversion des femmes sorties de l’emploi dans l’univers du numérique

Source: The Conversation – in French – By Marion Lauwers, Enseignant-chercheur, Institut Catholique de Lille (ICL), Institut catholique de Lille (ICL)

Les femmes restent très sous-représentées dans l’univers du numérique, malgré la multiplication de dispositifs de formation. Comment l’expliquer ? Comment lever les freins ?


L’inclusion des femmes et, notamment, des femmes sorties de l’emploi dans le secteur du numérique est cruciale pour développer des technologies plus justes et égalitaires. Elle est également critique pour la compétitivité européenne. Comme souligné par la Commission européenne, une augmentation de la part des femmes travaillant dans le numérique à hauteur de 45 % d’ici à 2027 permettrait d’améliorer le produit intérieur brut (PIB) de 260 milliards à 600 milliards d’euros.

Cependant, moins de 29 % de femmes travaillent aujourd’hui dans l’univers du numérique. Pis, ce taux semble stagner par rapport à 2025. Les femmes, en France, restent très sous-représentées dans les métiers du numérique.

De nombreux dispositifs de formation visant l’acquisition accélérée de compétences et l’insertion dans les métiers du numérique ont été créés ces dernières années. Certains programmes s’adressent spécifiquement aux femmes issues des milieux les plus défavorisés. Le gouvernement a même fait de la parité dans les métiers de la tech et du numérique une de ses priorités depuis 2023.

Alors, comment mieux accompagner les femmes sorties de l’emploi à se reconvertir dans l’univers du numérique ?

Notre étude, en parallèle de la publication de deux livres blancs sur les innovations pédagogiques pour une reconversion inclusive et sur les perspectives de parcours de e-learning inclusifs et personnalisés, montre que la formation, seule, ne suffit pas.

Monde complexe et inaccessible

Les entretiens que nous avons menés au sein d’une structure d’accompagnement des femmes, auprès d’accompagnatrices emploi, mettent en évidence l’importance de développer le regard des femmes sorties de l’emploi sur l’univers du numérique.

Nombreuses sont celles qui ne se sentent pas à la hauteur ; elles voient le secteur comme un monde complexe et inaccessible. De plus, ces métiers restent souvent méconnus ou mal connus.

« Ce qui répondait à leurs attentes, c’était vraiment de savoir de quoi on parle, de quel métier, quelle est la mission de chaque métier, qu’est-ce qu’on fait, à quoi ça sert, avec quels outils, type langage informatique ? C’est vraiment du concret », souligne Astrid, l’une des accompagnatrices d’emploi.

Outre les recommandations classiques – faire découvrir ce qu’est le numérique ou l’importance des rôles modèles ou des mentors –, nos entretiens mettent en lumière l’importance de donner de la visibilité aux formations :

« Avoir des ateliers qui leur permettent de découvrir la formation, c’est bien. Parce que ces personnes-là ne seraient jamais tombées sur les sites [de formation] », rappelle Sylvie, une autre accompagnatrice d’emploi.

Au-delà de la visibilité des formations existantes, il apparaît essentiel de travailler sur l’accessibilité du contenu proposé :

« On [leur] demande par exemple la définition d’un cloud. Pour des personnes qui sont très loin du numérique, ça ne leur parle pas du tout. Même si elles s’en servent tous les jours, elles ne réalisent pas et elles ne savent pas ce que c’est. Il faut le désacraliser », affirme Astrid.

Autocensure technologique

Les femmes concernées cumulent souvent une autocensure technologique, une rupture prolongée de l’emploi, des contraintes familiales et un réseau professionnel fragile. Trop souvent les solutions proposées peinent à lever les barrières des apprenantes.

La plupart des femmes accompagnées ont un accès au numérique réduit leur donnant l’impression qu’une reconversion dans ce secteur est tout simplement impossible.

« On a vraiment un public fragilisé, qui n’a pas obligatoirement les moyens et l’accès au numérique, ça reste encore quelque chose qui est rarissime. Sur le panel de femmes qu’on accompagne, je n’en ai aucune qui a un ordinateur à la maison », souligne Sarah, une autre accompagnatrice d’emploi.

Au-delà des freins matériels, les freins financiers et logistiques sont importants :

« C’est l’argent du coup [qui joue sur la motivation]. Nous, on travaille beaucoup sur des formations qui sont prises en charge par le Conseil régional et qui permettent [à ces personnes] de suivre une formation gratuitement. Les problématiques sont souvent liées au financement et au temps (…). Souvent, ce sont des femmes seules avec enfants ; il y a une réalité du quotidien. Elles ont vraiment besoin de travailler », rappelle Astrid.

Comme souligné par l’une des accompagnatrices :

« Travailler sur les freins qu’il y a en périphérie, autour de cette insertion professionnelle, aide aussi à développer des projets. (…) Nous, on est dans le faire faire. Et justement les ateliers sont là pour apporter cette indépendance », souligne Sarah.

En parallèle, des formations accessibles en version mobile, adaptables et personnalisées, sont nécessaires pour favoriser un apprentissage évolutif. Dans ce sens, un potentiel assez important se dessine autour des plateformes d’apprentissage renforcées par les intelligences artificielles (IA) génératives.

Parcours en étapes

Certaines formations sont fondées sur des effets de modes ou éloignées des opportunités locales, ce qui peut générer encore plus de précarité :

« J’en ai des femmes qui travaillent dans le numérique, qui ont participé à un parcours pendant trois ans et, aujourd’hui, elles ne trouvent pas de boulot de développeur. Elles ont appris une partie, une technologie. Ensuite, il y a eu l’arrivée de l’IA. Et là, du coup, elles ont été larguées », estime Astrid.

Il semble crucial de penser à long terme et d’orienter ces femmes dans des parcours en étapes, en adéquation avec leurs souhaits, leurs capacités et en adéquation avec les besoins réels du marché.

Renforcer les liens entre les Régions, France Travail et les acteurs locaux du marché de l’emploi, ainsi que ceux entre les femmes évoluant dans le numérique apparaît essentiel pour mieux accompagner leur retour à l’emploi. Ces coopérations amélioreraient les orientations vers des opportunités d’insertion professionnelle réelles.

Former oui, mais à quoi et pourquoi ?

De nombreux acteurs prônent la formation et l’accompagnement des femmes au numérique dès le lycée et même avant.

Cette stratégie ne comblera pas les besoins du marché actuels ni ne résoudra à courte échéance le manque de parité dans les métiers du numérique.

S’intéresser aux femmes sorties de l’emploi et/ou souhaitant se reconvertir reste un élément clé pour accélérer la mixité dans l’univers du numérique dès aujourd’hui. Encore faut-il comprendre leurs freins, les lever et s’assurer que l’offre de formation corresponde à leurs attentes et aux besoins du marché.

The Conversation

Cette recherche s’intègre dans un projet plus vaste: « Dispositifs France Formation Innovante NUMérique – Deffinum.
Porté par un consortium représenté par l’Institut Catholique de Lille, la Fédération Nationale des Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (FNCIDFF) et l’association Social Builder en qualité de chef de file.
Une partie de ce projet a été financé par la Banque des Territoires

Abir Karami et Mourad Ellouze ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. La formation ne suffit pas à garantir une reconversion des femmes sorties de l’emploi dans l’univers du numérique – https://theconversation.com/la-formation-ne-suffit-pas-a-garantir-une-reconversion-des-femmes-sorties-de-lemploi-dans-lunivers-du-numerique-282766

Le syndrome du sauveur au travail : quand les héros de l’entreprise créent les crises qu’ils prétendent résoudre

Source: The Conversation – in French – By Mohamad Fadl Harake, Docteur en Sciences de Gestion, Chercheur en Management Public Post-conflit, Université de Poitiers

La dynamique des organisations n’est pas toujours aisée à décrypter. La preuve avec ce profil particulier. En apprence, il est l’élément clé, la personne essentielle, toujours là pour trouver une solution quand un problème se pose. Et pourtant, dans certains contextes, ce collaborateur « sauveur » loin d’être la solution est surtout le symptôme d’un problème organisationnel majeur.


Dans certaines organisations, la personne qui sauve systématiquement la situation est parfois aussi celle qui a contribué, discrètement, à provoquer la crise. Ce paradoxe n’a rien d’anecdotique, mais correspond à un schéma bien identifié.

Souvent, il ne s’agit pas du dirigeant le plus haut placé, mais d’une personne devenue apparemment indispensable. Elle détient un savoir tacite difficile à formaliser ou à transmettre, ce qui renforce sa position.

Lorsque la situation se dégrade, souvent de manière récurrente, c’est cette même personne qui rétablit l’ordre, parfois de façon spectaculaire. On pourrait la qualifier d’« indispensable ».

Mais des questions restent rarement posées : pourquoi l’organisation a-t-elle si souvent besoin d’être sauvée ? Et pourquoi est-ce presque toujours par la même personne ?




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Un trio infernal

Le syndrome du sauveur renvoie à un schéma organisationnel récurrent. Il ne correspond pas aux formes les plus visibles du leadership toxique (ni supérieur autoritaire ni dirigeant colérique), mais à un profil plus discret, souvent plus coûteux pour l’organisation, celui d’un cadre expérimenté qui contribue à provoquer les crises dont il sera ensuite célébré comme le principal agent de la résolution.

Ce phénomène ne se maintient pas seul. Il s’inscrit dans une structure particulière impliquant trois autres acteurs. Au sommet se trouve souvent un dirigeant affaibli, désengagé, guidé par ses intérêts personnels ou simplement réticent à affronter les conflits. Il s’appuie alors sur le « sauveur » pour gérer les situations difficiles, en échange de sa protection, qui devient alors une ressource essentielle. La littérature décrit ce type de configuration à travers le concept de « triangle toxique », qui associe un leadership destructeur, des suiveurs vulnérables et un environnement propice.

Dans les configurations les plus problématiques, cette relation dépasse la simple dépendance fonctionnelle : le « sauveur » devient un allié stratégique de la direction générale, qui peut trouver dans cette alliance un moyen de préserver son pouvoir ou d’éviter toutes remises en cause du système existant.

Autour du « sauveur » gravite fréquemment un cercle de fidèles, des collaborateurs loyaux mais dépendants, dont l’avancement repose moins sur leurs compétences que sur leur proximité avec lui. Ce favoritisme nourrit une loyauté forte et peu critique. Cette dynamique correspond à ce que la littérature désigne comme du favoritisme relationnel, ou cronyism. Ensemble, ils brouillent les responsabilités, redirigent les décisions et compliquent discrètement le travail de toute personne susceptible de menacer cet équilibre.

Ce comportement ne relève pas seulement d’un défaut individuel. Il constitue aussi une conséquence prévisible de la relation qui peut se nouer entre des suiveurs fragilisés et un leader destructeur.

Un coût considérable pour l’entreprise

La victime est souvent le manager compétent. C’est fréquemment la personne la plus solide sur le plan professionnel, mais aussi celle dont le potentiel est perçu comme une menace. Progressivement associée à des échecs qu’elle n’a pas causés, rarement reconnue pour ses réussites, elle finit souvent par quitter l’organisation. Le coût pour l’entreprise est considérable : temps managérial gaspillé, ressources détournées, climat de travail fragilisé et affaiblissement durable de la performance collective.

Les mécanismes à l’œuvre sont particulièrement reconnaissables pour celles et ceux qui ont déjà été confrontés à ce type de dynamique organisationnelle. Le cycle débute rarement par un sabotage manifeste. Il s’installe à travers une succession d’actions discrètes et difficilement imputables.

Cela peut être une information essentielle retenue au moment opportun, une tâche sensible confiée à un collaborateur loyal mais insuffisamment préparé, ou encore l’abandon progressif d’un processus pourtant éprouvé. Pris isolément, aucun de ces éléments ne constitue une faute grave. Leur efficacité réside précisément dans leur banalité, car ils se confondent avec le bruit de fond d’une organisation déjà complexe ou sous tension.

La crise finit alors par émerger. Un projet échoue, un client exprime son mécontentement, une défaillance opérationnelle survient. C’est à ce moment que le « sauveur » adopte une posture contre-intuitive, puisqu’il choisit d’attendre. Il se retire suffisamment pour laisser la situation se dégrader, tandis que ses alliés orientent progressivement le récit des événements. Le manager compétent, devenu bouc émissaire, se retrouve alors à gérer la crise avec des moyens limités, souvent sans réel soutien.

Une résolution rapide

Puis, lorsque la situation devient critique, le « sauveur » intervient. La résolution est généralement rapide, précisément parce qu’il maîtrise déjà les leviers de sortie de crise. Cette logique rappelle le phénomène de Munchausen at work, où un individu provoque ou entretient un problème afin d’être ensuite reconnu pour sa capacité à le résoudre.

C’est cette répétition qui transforme l’épisode en cycle plutôt qu’en incident isolé. Le bouc émissaire s’affaiblit ou quitte l’organisation. Les fidèles du « sauveur » consolident leur position. Le dirigeant, convaincu de la valeur de la personne qu’il identifie comme un sauveur, va lui donner encore plus d’autonomie.

L’organisation retrouve alors un équilibre seulement apparent. Derrière un calme précaire restauré, se prépare souvent la crise suivante et, avec elle, la nécessité d’un nouveau sauvetage.

Pourquoi ce cycle se prolonge-t-il ?

On pourrait penser qu’un système aussi fragile finirait par s’effondrer sous le poids de ses contradictions. Pourtant, c’est rarement le cas. Cette résilience tient moins au hasard qu’à l’architecture même de l’organisation.

Le syndrome du sauveur est difficile à détecter précisément parce qu’il produit, en apparence, des résultats. Les crises sont résolues, les indicateurs de performance demeurent suffisamment acceptables pour éviter toute remise en question approfondie. Vue de l’extérieur, cette dynamique peut même être perçue comme une preuve de compétence. Cela aide à comprendre pourquoi certains profils narcissiques ou fortement centrés sur leur autopromotion accèdent plus facilement au pouvoir. En effet, ils excellent souvent davantage dans l’art d’être sélectionnés que dans l’exercice réel du leadership).

Les circuits de remontée d’information sont souvent compromis. Toute critique visant le « sauveur » remonte vers un dirigeant auprès duquel il est devenu indispensable. La sortie de ce cycle devient d’autant plus difficile lorsque les mécanismes de protection institutionnelle jouent en sa faveur.

Dès lors que la direction générale tire elle-même bénéfice du maintien de cet équilibre (par intérêt, faiblesse, corruption ou simple volonté de préserver le statu quo) les alertes sont neutralisées et toute tentative de changement devient structurellement coûteuse. Le partage des connaissances se dégrade lui aussi, puisque l’information est concentrée plutôt que diffusée, la rétention du savoir devenant parfois une véritable stratégie de pouvoir).

Impuissance apprise généralisée

Un effet plus discret s’installe également sur le plan psychologique. Les collaborateurs apprennent à ne plus résoudre les problèmes de manière autonome, car l’initiative devient risquée tandis que la déférence apparaît plus sûre. Une forme d’impuissance apprise peut alors émerger, avec des effets durables sur la performance.

Le coût réel apparaît souvent là où les indicateurs classiques regardent peu. Les équipes ne s’effondrent pas nécessairement (le « sauveur » veille précisément à l’éviter), mais elles cessent peu à peu d’exprimer leurs désaccords ou de signaler les erreurs. Lorsque les problèmes ne remontent plus, l’apprentissage collectif se dégrade et la performance finit par s’éroder.

Le stress chronique généré par cet environnement peut également conduire au burn out, marqué par l’épuisement, le cynisme et un sentiment croissant d’inefficacité. Ces signaux apparaissent rarement dans un tableau de bord ; ils deviennent surtout visibles dans les trajectoires professionnelles, de ceux qui restent, mais plus encore de ceux qui partent.

Il convient toutefois d’éviter toute généralisation excessive. Tous les leaders capables de résoudre des crises ne relèvent pas de cette logique. La différence essentielle se lit dans la trajectoire. Les leaders efficaces cherchent à réduire leur caractère indispensable. Ils documentent les processus, délèguent les responsabilités et développent les compétences de leurs équipes. Le « sauveur », à l’inverse, renforce la dépendance organisationnelle. Chaque crise résolue consolide son emprise et rend la suivante un peu plus probable, jusqu’à ce que l’organisation finisse par croire qu’aucune solution n’est possible sans lui.

Briser le cercle infernal

Quelques repères simples permettent pourtant d’identifier des signaux souvent visibles, mais rarement interprétés comme tels, et peuvent aider à enrayer cette dynamique.

Le premier consiste à examiner systématiquement l’origine des crises autant que leurs modalités de résolution. Lorsque les perturbations et les solutions convergent, de manière récurrente, vers une même personne, ce schéma mérite une attention particulière.

Le deuxième concerne la circulation des connaissances. Il est utile d’évaluer la capacité de transfert des savoirs au sein de l’organisation. Lorsqu’un individu résiste activement au partage de ses pratiques ou peine à expliquer pourquoi ses fonctions ne pourraient être assurées en son absence, il ne s’agit pas nécessairement d’expertise. Cela peut aussi révéler un pouvoir fondé sur la dépendance.

France Inter, 2020.

Le troisième signal réside dans l’analyse des départs. Les pertes de talents se concentrent souvent autour de certaines personnes plutôt qu’autour de services entiers. Ces départs sont rarement dépourvus de causes structurelles.

Au-delà de ces indicateurs, la création de véritables espaces de parole constitue sans doute le levier le plus efficace pour modifier durablement cette situation. Ces dispositifs doivent permettre aux collaborateurs de signaler des dysfonctionnements en dehors des circuits hiérarchiques habituels, dans des conditions de sécurité psychologique suffisantes pour s’exprimer sans crainte de représailles.

L’efficacité de ces mécanismes ne repose d’ailleurs pas uniquement sur leur usage effectif. Leur simple existence peut déjà produire un effet dissuasif, en limitant la capacité d’un acteur à monopoliser l’information ou à entretenir une dépendance organisationnelle. En définitive, la question la plus révélatrice n’est peut-être pas : « Que ferions-nous sans cette personne ? », mais plutôt : « Pourquoi personne d’autre ne peut-il accomplir cette fonction ? »

Lorsqu’aucune réponse convaincante n’émerge, il est possible que le cycle soit déjà installé. Lorsqu’il devient difficile d’imaginer la survie d’une organisation sans une figure héroïsée, ce sentiment mérite d’être interrogé. Il peut traduire une expertise réelle ou une admiration légitime. Mais il peut aussi révéler la forme la plus aboutie d’une dépendance soigneusement construite.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Le syndrome du sauveur au travail : quand les héros de l’entreprise créent les crises qu’ils prétendent résoudre – https://theconversation.com/le-syndrome-du-sauveur-au-travail-quand-les-heros-de-lentreprise-creent-les-crises-quils-pretendent-resoudre-286197

Vivir con riesgo industrial: cómo los complejos petroquímicos moldean la vida urbana

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mahdi Gheitasi, Postdoctoral Researcher, Universitat Rovira i Virgili

Industria petroquímica en el Camp de Tarragona. Mahdi Gheitasi

¿Viviría cerca de un complejo petroquímico? Es muy probable que responda negativamente por los riesgos para la salud que asociamos a estas instalaciones. Normalmente pensamos en grandes accidentes, emisiones tóxicas o contaminación, pero para las personas que habitan próximas a ellas, el riesgo también forma parte de la vida diaria. Se percibe a través de olores fuertes, ruido constante y cambios en el paisaje.

Estos factores afectan a la sensación de seguridad en las ciudades y en los barrios, y también influyen en el bienestar y en cómo se valora la calidad del entorno. En este sentido, el riesgo industrial no aparece solo en momentos de crisis. Se construye de forma continua en el contacto diario con el entorno industrial.

Para evaluar cómo las personas perciben esa inseguridad y sus efectos, hemos llevado a cabo un estudio comparativo en el Camp de Tarragona (España) y Teherán (Irán). El trabajo revela que el impacto de estas instalaciones va mucho más allá de la contaminación o los accidentes. El riesgo industrial no es solo un problema técnico o ambiental, sino también una experiencia social cotidiana que influye en cómo las comunidades urbanas perciben y habitan su entorno.

Un mapa que muestra la localización de la industria petroquímica cerca de la costa en el Camp de Tarragona
Situación de la industria petroquímica (en rojo) en el Camp de Tarragona (en negro).
Mahdi Gheitasi, CC BY-SA

El riesgo como parte de la vida diaria

Con el fin de entender este fenómeno, empleamos una encuesta en línea asociada a un sistema de información geográfica para localizar las respuestas en un mapa. Se pidió a los residentes que identificaran las áreas que percibían como fuentes de riesgo tecnológico, así como las ubicaciones que consideraban potencialmente afectadas por accidentes industriales. Además, se recopiló información sociodemográfica como la edad, el género, el nivel educativo y los ingresos.

Para analizarlo en contexto, examinamos dos territorios petroquímicos importantes: el Camp de Tarragona y el área urbano-industrial alrededor de la refinería de petróleo de Teherán, en Irán.

El Camp de Tarragona concentra alrededor de 30 empresas químicas y petroquímicas en dos grandes zonas industriales próximas a áreas residenciales, constituyendo uno de los principales clústeres petroquímicos del sur de Europa.

En Teherán, la refinería de petróleo, establecida en 1968 al sur de la ciudad, se ha ido integrando progresivamente en una trama urbana en expansión. Originalmente construida en una zona relativamente aislada, hoy se encuentra rodeada por usos residenciales, industriales e incluso agrícolas como resultado de la rápida expansión urbana tras la Revolución Islámica. La refinería continúa operando a plena capacidad y sigue siendo un componente crítico del sistema energético de Irán.

Mapa que muestra la localización de la refinería de petróleo en Teherán
Situación de la refinería de petróleo en Teherán.
Mahdi Gheitasi

Aunque ambas regiones están fuertemente marcadas por la actividad petroquímica, sus trayectorias urbanas, patrones de crecimiento y formas de integración entre industria y ciudad son claramente diferentes. Esto influye en la percepción social del riesgo y en la relación entre paisaje, industria y salud.

Cómo se percibe el riesgo industrial

Las diferencias en la percepción del riesgo entre ambas regiones son claras. En el Camp de Tarragona, la mayoría de las personas percibe un riesgo alto o muy alto. El 57,82 % se sitúa en estas categorías, mientras que el 26,53 % expresa una preocupación media. Solo el 13,38 % considera el riesgo bajo. El 2,27 % lo percibe como muy bajo o inexistente.

En conjunto, la percepción se concentra en los niveles altos. Esto ocurre en un territorio con una fuerte presencia de actividad petroquímica.

Industria petroquímica en el Camp de Tarragona.
Mahdi Gheitasi, CC BY

En Teherán, la percepción del riesgo está más repartida. El 24,54 % reporta niveles altos o muy altos, el 29,09 % señala un nivel medio, el 18,64 % lo considera bajo y el 13,64 %, muy bajo. El 14,09 % no percibe riesgo. Esto muestra que la población interpreta su exposición de formas más variadas.

Un campo amarillo y una refinería de petróleo al fondo
Refinería de petróleo de Teherán.
Mahdi Gheitasi

¿Quién percibe más riesgo?

En ambas regiones, la percepción del riesgo no se distribuye de forma uniforme. Las mujeres tienden a expresar más preocupación que los hombres. En Teherán, ellas son mayoría entre las personas encuestadas y concentran gran parte de quienes perciben un riesgo alto o muy alto.

La edad también influye en la percepción, ya que las personas mayores suelen mostrar más preocupación que las más jóvenes. El nivel educativo es otro factor relevante, ya que los individuos con más estudios suelen identificar más riesgos ambientales y de salud relacionados con la actividad industrial.

Estos resultados sugieren que la percepción del riesgo no depende solo de la cercanía a las industrias: también está relacionada con factores sociales y demográficos.

Mapear el riesgo industrial en la ciudad

En el Camp de Tarragona, el riesgo se concentra cerca de las principales zonas petroquímicas. Destacan Tarragona, La Canonja y La Pobla de Mafumet. Los residentes identifican estas áreas como las principales fuentes de riesgo tecnológico.

En Teherán, la percepción del riesgo se concentra en el sur y el oeste de la ciudad, zonas próximas a la refinería y a barrios residenciales. Algunas áreas militares en el este también se perciben como zonas de riesgo, lo cual indica que dicho riesgo no se asocia solo a la actividad industrial.

En ambos casos, el riesgo no se limita a las zonas industriales, sino que se extiende a los barrios y áreas urbanas cercanas.

Cuando el riesgo industrial se integra en la ciudad

El riesgo ya no se limita a las fábricas o a zonas industriales claramente definidas. También forma parte de la vida cotidiana en la ciudad. La infraestructura urbana, el crecimiento de las ciudades y las condiciones ambientales influyen en esta percepción. La experiencia de vivir cerca de la industria también es clave.

A medida que las ciudades crecen alrededor de estos espacios, la frontera entre lo industrial y lo urbano se vuelve cada vez menos clara. La distancia física ya no explica por sí sola cómo se percibe el riesgo en el territorio.

Comprender estas percepciones es fundamental, ya que el riesgo industrial depende de cómo las personas interpretan y viven los lugares donde residen.

The Conversation

Mahdi Gheitasi forma parte del equipo de investigación del proyecto RESTAURA, que recibe financiación del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades de España a través del proyecto PID2020-114363GB-I00.

– ref. Vivir con riesgo industrial: cómo los complejos petroquímicos moldean la vida urbana – https://theconversation.com/vivir-con-riesgo-industrial-como-los-complejos-petroquimicos-moldean-la-vida-urbana-285069

La ciencia de las fiestas de San Fermín

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ignacio López-Goñi, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología (SEM), Universidad de Navarra

6 de julio: el chupinazo marca el principio de las fiestas en la abarrotada plaza del Ayuntamiento de Pamplona. AlexeMarcel/Shutterstock

Uno de los retos de la divulgación es conseguir un encuentro inesperado entre el ciudadano de la calle y la ciencia; que cualquier excusa es buena para hablar de ella. Pero ¿podríamos también encontrarla en unas fiestas tan populares como las de San Fermín?

La ciencia en blanco y rojo

Ese fue el reto que nos propusimos en el Museo de Ciencias de la Universidad de Navarra, con la colaboración de otras entidades, entre ellas la Fundación Española para la Ciencia y la Tecnología (FECYT) del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades: divulgar, con textos y detalladas infografías, la física, biología, química, historia o arqueología que hay detrás de las célebres fiestas de Pamplona, que dan comienzo el 6 de julio. ¿A qué altura explota el chupinazo? ¿Cuánta gente cabe ese día en la plaza del Ayuntamiento de Pamplona? ¿Cómo era Pompelo, la urbe romana, en la época de San Fermín? ¿Cómo se baila un gigante para que no vuelque? ¿Se corre el encierro más deprisa que antes?…

Química y física del chupinazo

El chupinazo de San Fermín no es solo el inicio simbólico de las fiestas, sino también un experimento de química y física en plena plaza del Ayuntamiento. El cohete contiene alrededor de 25 gramos de pólvora negra, una mezcla de nitrato de potasio (75 %), carbón vegetal (15 %) y azufre (10 %). Al encenderse, el azufre y el carbón se queman rápidamente utilizando el oxígeno proporcionado por el nitrato de potasio. Esta combustión produce una gran cantidad de gases que, al ser expulsados hacia abajo, y según el principio de acción y reacción de Newton, producen la fuerza que impulsa su ascenso hasta alcanzar entre 500 y 1 000 metros. En el momento de su detonación llega a emitir un sonido de 133 decibelios, similar al ruido del despegue de un avión.

Durante ese momento, en una pequeña plaza de unos 2 500 m² se pueden juntar más de 12 000 personas. Se han hecho estudios que demuestran que lo que parece una multitud caótica empujándose, se comporta en realidad como un sistema colectivo, similar a un fluido. Son mareas humanas en movimiento sincrónico autoorganizado con oscilaciones cada 18 segundos. Comprender la física de las grandes concertaciones de personas puede mejorar la seguridad en eventos multitudinarios.

Ciencia en movimiento: del encierro de los toros al baile de los gigantes

Los toros de los encierros de San Fermín, que pueden superar los 600 kilos, cada vez son más rápido: llegan a alcanzar velocidades cercanas a los 20-25 km/h,cuando un ser humano promedio alcanza unos 15-20 km/h.

Desde 2005, el recorrido del encierro se trata con una solución química antideslizante que reacciona con la parte silícea del pavimento. Se crea así un efecto similar a una “ventosa” que favorece el agarre de las pezuñas y disminuye el riesgo de caídas. Esto ha propiciado que los encierros sean cada vez más rápidos: en 2015 se batió el récord con una carrera de 2 minutos y 15 segundos.

Los gigantes de San Fermín parecen moverse con mucha facilidad, pero mantener en equilibrio una figura de más de cuatro metros de altura y cerca de 60 kilos de peso no es solo cuestión de fuerza, sino de coordinación y equilibrio. El reto es mantener el centro de gravedad dentro de la base de sustentación. Si la línea vertical que une dicho centro de gravedad con el suelo cae fuera de la zona de apoyo de los pies, el gigante puede volcar. Para evitarlo, los portadores separan los pies para aumentar la estabilidad y flexionan las rodillas cuando necesitan frenar o recuperar el equilibrio.

Los cinco sentidos del toro

Los toros no tienen astas, sino cuernos, ya que ambos difieren en su composición, crecimiento y función. Los cuernos se encuentran principalmente en los bóvidos –como vacas, cabras y antílopes– y están formados por un núcleo óseo permanente recubierto por una vaina de queratina. No se ramifican, no se desprenden y crecen durante toda la vida del animal.

En cambio, las astas son propias de los cérvidos –como ciervos, renos y alces– y están compuestas completamente de hueso. Crecen anualmente, se ramifican y se recubren temporalmente de una piel vascularizada llamada borra. Tras la época de celo, las astas se caen y el ciclo comienza de nuevo. Estas diferencias reflejan adaptaciones evolutivas a estilos de vida y comportamientos específicos.

El toro de lidia ha evolucionado para detectar depredadores y amenazas en entornos abiertos. Por eso, estos animales disfrutan de un campo visual más amplio, aunque son hipermétropes y tienen un punto ciego. Presentan una alta proporción de bastones en su retina (gran sensibilidad al movimiento), pero solo dos tipos de conos para el azul y verde-amarillo (los colores rojo y naranja los ven en tonos grisáceos o apagados). Uno de los mitos más extendidos es la idea de que el toro embiste atraído por el color rojo, cuando en realidad es el movimiento lo que le atrae.

Los fuegos artificiales: pura química

Los fuegos artificiales son parte ya de todas las fiestas populares, y sus colores se deben a las sales metálicas que los componen. El calentamiento de la pólvora excita los electrones de dichas sales, haciéndolos “saltar” a un nivel de energía superior. Como ese estado es inestable, regresan inmediatamente a su sitio, liberando la energía sobrante en forma de luz de un color vivo concreto. Así, el rojo es debido a las sales de estroncio, el verde al bario, el azul al cobre, el amarillo al sodio, o el naranja al calcio.

Viaje a Pompelo

Según la tradición, Fermín fue el hijo de un senador romano de la ciudad de Pompelo, llamado Firmo. Pero, ¿cómo era la Pamplona del siglo III, la época en la que vivió quien fuera primer obispo de la ciudad?

Pompelo, fundado por Pompeyo en el año 72 a. e. c., se organizaba en niveles escalonados. Las evidencias arqueológicas sugieren que consistía en un núcleo urbano de tamaño medio, con una extensión en torno a las 20 hectáreas y una población aproximada de unos 6 000 habitantes. El foro, el núcleo de la vida cívica, administrativa y religiosa, ocuparía una posición central y dominante. Las termas (baños públicos y centros de ocio), formarían parte del paisaje monumental del foro, reforzando su carácter como centro neurálgico de la vida urbana de una típica ciudad romana.

En las áreas periféricas se localizaría un barrio artesanal. Se ha documentado la existencia de talleres alfareros con producciones propias, así como la presencia de otras industrias como la metalurgia, el trabajo del hueso, el curtido o la producción de vidrio. Un incendio de carácter catastrófico en un momento posterior al año 282 provocó la destrucción de amplias áreas urbanas.

100 años de ‘Fiesta’

Ernest Hemingway mantuvo una relación muy especial con las fiestas de San Fermín: visitó Pamplona durante estas fechas en nueve ocasiones, entre 1923 y 1959.

Justo ahora se cumple el centenario de la primera edición de una de sus novelas más populares, Fiesta, basada en las experiencias del autor en los Sanfermines de 1924 y, sobre todo, 1925. Narra el viaje de un grupo de expatriados estadounidenses y británicos desde París hasta Pamplona para asistir a las fiestas, después de la Primera Guerra Mundial. Aunque los personajes son ficticios, están inspirados en personas reales de su entorno y de la ciudad.

Se trata de la primera novela de Hemingway, y comenzó a escribirla en 13 de julio de 1925 en el tren que le llevaba de Pamplona a Madrid. Fue publicada el 22 de octubre de 1926 en Nueva York.

Se ha dicho que Fiesta es la versión en español de The Sun Also Rises, pero, en realidad, fue el primer título que el propio Hemingway puso a su manuscrito en inglés. Luego dudó de si a los lectores norteamericanos les gustaría y lo cambió por The Sun Also Rises. Sin embargo, la primera edición en el Reino Unido, lanzada en junio de 1927, recuperó el título inicial.

La ciencia en blanco y rojo es una forma gráfica y amena de acercar la ciencia, la tecnología y los datos históricos que también impregnan las fiestas de San Fermín.

The Conversation

Ignacio López-Goñi no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. La ciencia de las fiestas de San Fermín – https://theconversation.com/la-ciencia-de-las-fiestas-de-san-fermin-286617

Mucho algoritmo y pocas humanidades: así se forman los creadores de IA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Vanesa Cejudo Mejias, Directora de Innovacón en Facultad de Ciencias sociales y Hum. Docente en area social y area arte, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

PeopleImages.com/Shutterstock

En los próximos años, los sistemas de inteligencia artificial influirán cada vez más en decisiones relacionadas con el empleo, la educación, la salud, la seguridad, la justicia o el acceso a servicios públicos.

Los datos muestran un crecimiento espectacular de estas titulaciones. Desde que la Universidad Politécnica de Madrid y la Universidad del País Vasco pusieran en marcha los primeros grados específicos en Inteligencia Artificial en 2020, la oferta se ha expandido hasta alcanzar veinticinco universidades españolas en apenas seis años.

Respuesta a la demanda del mercado

La demanda laboral explica en gran medida este fenómeno. Empresas e instituciones buscan perfiles especializados capaces de diseñar algoritmos, desarrollar sistemas de aprendizaje automático o gestionar grandes volúmenes de datos.

Pero las competencias que las empresas definen para este perfil incluyen adaptabilidad, aprendizaje continuo, IA aplicada, pensamiento crítico, inteligencia emocional, liderazgo colaborativo, gestión del conocimiento, comunicación, creatividad o ética tecnológica.

¿Está la formación alineada con estas demandas? ¿Cómo se están formando estos futuros profesionales?

Apenas hay contenidos no técnicos

Hemos investigado el contenido de los grados de Inteligencia Artificial en las universidades españolas y comprobado que apenas contienen formación en ética, filosofía, sociología o pensamiento crítico.

Las materias humanísticas tienen poco peso en la formación de estos futuros profesionales de tecnologías con un impacto profundo en la vida de millones de personas.




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Al analizar los planes de estudio de estas titulaciones encontramos que la inmensa mayoría mantiene una orientación eminentemente técnico-científica. Matemáticas, programación, estadística, ciencia de datos o aprendizaje automático ocupan el núcleo de la formación. Las asignaturas relacionadas con la reflexión ética, social, legal o cultural aparecen de manera testimonial en muchos programas.

De siete a dos asignatura humanística

Algunas universidades destacan por incorporar una mayor presencia de contenidos humanísticos. La Universidad de Málaga, por ejemplo, incluye siete asignaturas vinculadas a cuestiones éticas, jurídicas o sociales en algunas de sus especilizaciones; la Universidad de Deusto incorpora seis; y otras instituciones como CUNEF, la Universidad del País Vasco, la Universidad Francisco de Vitoria o la Universidad Pontificia de Comillas cuentan con entre cuatro y cinco materias de este tipo.

Sin embargo, en numerosas universidades la formación humanística se reduce a una o dos asignaturas, y en algunos casos apenas existe una materia relacionada con estas cuestiones a lo largo de toda la carrera. La presencia de las humanidades es claramente residual, con una tendencia estructural a priorizar la competencia técnica frente a la reflexión ética, legal y social.

¿Por qué debería preocuparnos este desequilibrio?

La inteligencia artificial ya no es una tecnología confinada a los laboratorios. Los algoritmos participan en procesos de selección de personal, ayudan a establecer diagnósticos médicos, influyen en qué información vemos en internet, determinan recomendaciones educativas y pueden llegar a intervenir en decisiones administrativas o judiciales. Cuando estas herramientas funcionan con sesgos, reproducen discriminaciones o afectan a derechos fundamentales, las consecuencias son profundamente humanas.

Por eso quienes diseñarán estas tecnologías deberían recibir una formación más extensa en disciplinas que precisamente estudian a los seres humanos y las sociedades. Programar un sistema capaz de reconocer patrones es una habilidad esencial. Comprender cómo esos patrones pueden reforzar desigualdades sociales también debería serlo.

Más allá de asignaturas aisladas

Los autores del estudio sostienen que no basta con añadir una asignatura aislada sobre ética para resolver el problema. Lo que está en juego es una concepción más amplia de la formación universitaria. Proponen integrar conocimientos procedentes de la filosofía, la sociología de la tecnología, el derecho digital, la ciencia política, la epistemología de los datos o incluso los llamados “neuroderechos”, un ámbito sobre la protección de la identidad mental y la autonomía cognitiva en un contexto de creciente interacción entre inteligencia artificial y neurotecnologías.




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La cuestión de fondo es sencilla pero decisiva. Si los sistemas de IA van a influir en la organización de nuestras sociedades, ¿puede considerarse suficiente una formación centrada casi exclusivamente en la dimensión técnica? ¿Es posible construir tecnologías justas sin comprender en profundidad los problemas sociales que pretenden resolver? ¿Podemos hablar de innovación responsable cuando quienes desarrollan estas herramientas apenas tienen espacios para reflexionar críticamente sobre sus consecuencias?

Encrucijada histórica

Nuestra investigación plantea que la universidad española se encuentra ante una encrucijada histórica. No solo debe formar profesionales capaces de desarrollar tecnologías avanzadas, sino también ciudadanos preparados para comprender sus implicaciones sociales, políticas y culturales.

Quizá el verdadero desafío de la inteligencia artificial no sea crear máquinas cada vez más inteligentes, sino garantizar que quienes las diseñan comprendan mejor la complejidad humana. Porque una sociedad gobernada por algoritmos necesita ingenieros excelentes, pero también profesionales capaces de preguntarse para quién se construye la tecnología, a quién beneficia, a quién puede perjudicar y qué valores incorpora en su funcionamiento.

Si la IA va a tomar decisiones que afectan a millones de personas, sus algoritmos deberían estar diseñados por personas que hayan aprendido sobre desigualdad, la ética o derechos fundamentales. Los especialistas capaces de programar sistemas inteligentes también deberían ser capaces de comprender sus consecuencias, pues serán quienes tengan un impacto más directo sobre los valores que estos sistemas deberían incorporar.

The Conversation

Vanesa Cejudo Mejias no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Mucho algoritmo y pocas humanidades: así se forman los creadores de IA – https://theconversation.com/mucho-algoritmo-y-pocas-humanidades-asi-se-forman-los-creadores-de-ia-284611

No es la Luna, es el Sol: así influye el calor extremo en los comportamientos delictivos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By César San Juan, Profesor de Psicología Criminal. Dpto. Psicología Social, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Kabir9698/Shutterstock

Desde tiempos remotos, la cultura popular ha atribuido a la Luna llena la capacidad de alterar el comportamiento humano y desatar impulsos violentos. De hecho, la palabra “lunático” tiene ese origen. Sin embargo, la investigación científica no ha encontrado pruebas sólidas de que este cuerpo celeste rocoso condicione nuestro comportamiento.

Donde sí encontramos evidencia empírica, y cada vez más robusta, es en la relación entre las altas temperaturas y el incremento de la violencia. No es la Luna lo que debería preocuparnos. Es el Sol.

El calor como detonante: qué dice la ciencia

Recientes estudios sobre la relación entre temperatura y crimen ha producido hallazgos tan reveladores como inquietantes. Un metaanálisis publicado en Environmental Health Perspectives, que analizó estudios publicados entre 1946 y 2023, concluyó que las temperaturas elevadas se asocian de forma consistente con mayores tasas de criminalidad, especialmente de carácter violento. Y en Finlandia , la temperatura ambiente explicó el 10% de la varianza en la tasa de crimen violento a lo largo de más de una década, con un aumento del 1,7% por cada grado centígrado adicional.

Otro estudio sobre 44 ciudades estadounidenses entre 2005 y 2022 encontró que el riesgo de ser víctima de un delito era especialmente alto en aquellas localidades donde las temperaturas se desviaban de sus registros históricos.

¿Cómo se explican estos hallazgos? Por un lado, la hipótesis temperatura-agresión sostiene que el calor produce un estrés fisiológico que incrementa la irritabilidad, reduce el autocontrol e induce impulsividad. Por otra parte, la teoría de las actividades rutinarias sugiere que, cuando hace calor, la gente sale más, cambia sus hábitos, y aumentan las oportunidades de encuentro entre potenciales agresores y posibles víctimas.

Lejos de ser mutuamente excluyentes, probablemente ambos mecanismos actúan en paralelo.

Violencia en el hogar: el espacio privado no es más seguro

El efecto del calor no se limita al espacio público. La violencia intrafamiliar y, de forma especialmente preocupante, la violencia de género siguen un patrón estacional bien documentado. En Estados Unidos, el Bureau of Justice Statistics constató que las tasas de violencia en la pareja son significativamente más altas en verano (un 12%) que en el resto del año.

En España, las cifras son especialmente elocuentes. Según datos del Ministerio de Igualdad, se observa una pauta estacional persistente: los meses con mayor concentración de víctimas son los de verano y las vacaciones navideñas. Esta doble estacionalidad –verano y Navidad– revela algo crucial: no es solo el calor lo que importa (o el frío) sino la convivencia forzosa. Las vacaciones implican más horas compartidas entre víctima y agresor, un mayor aislamiento de la mujer respecto a su red de apoyo social y posibles tensiones económicas añadidas.

Sea como fuere, es imprescindible subrayar un matiz fundamental: el calor no “crea” maltratadores. La violencia de género es un problema estructural, arraigado en dinámicas de poder y control. Lo que las altas temperaturas pueden hacer es aumentar las probabilidades de que un potencial agresor pierda el control de sus impulsos. El factor ambiental actúa como desencadenante, no como causa.

La sombra del cambio climático

Si la temperatura y la violencia están vinculadas, el cambio climático añade una dimensión preocupante a este panorama. Un estudio publicado en Environmental Research Letters en el 2020 combinó modelos estadísticos de crimen con 42 modelos climáticos globales y proyectó que Estados Unidos podría sufrir entre 2,3 y 3,2 millones de crímenes violentos adicionales entre 2020 y 2099, dependiendo del escenario de emisiones de gases de efecto invernadero.

La criminalidad, como tantas otras consecuencias del calentamiento global, no es neutra desde el punto de vista de la equidad: golpeará con más fuerza a quienes ya parten de una posición de desventaja. Las regiones con mayor vulnerabilidad social, menor acceso a climatización y tejidos urbanos más densos –las llamadas “islas de calor” urbanas– experimentarán este efecto con mayor intensidad. La criminalidad, como tantas otras consecuencias del calentamiento global, no es neutra desde el punto de vista de la equidad: golpeará con más fuerza a quienes ya parten de una posición de desventaja.

La “buena” noticia es que estas proyecciones son sensibles al escenario de emisiones. Los mismos modelos muestran que un calentamiento limitado a 1,5ºC (el umbral del Acuerdo de París) implicaría daños significativamente menores que un escenario de emisión sin restricciones. Dicho de otro modo, cada décima de grado que se evite no solo preserva glaciares y ecosistemas: también puede salvar vidas en los barrios más vulnerables de nuestras ciudades.




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Más allá del mito lunar

La Luna, con toda su carga poética y simbólica, no altera las estadísticas criminales. El aumento de la temperatura terrestre sí lo hace. La evidencia acumulada en décadas de investigación criminológica, epidemiológica y psicológica dibuja un panorama meridiano: el calor extremo incrementa la agresión en el espacio público, amplifica el riesgo de violencia intrafamiliar y, con la llegada del cambio climático, amenaza con convertirse en un factor de inseguridad de primera magnitud.

Entender estos patrones puede ayudarnos a diseñar políticas públicas más eficaces: reforzar los servicios de atención a víctimas de violencia de género durante los meses estivales, intensificar la presencia policial en momentos y espacios de mayor riesgo, o integrar la variable climática en los modelos de prevención del delito.

The Conversation

César San Juan no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. No es la Luna, es el Sol: así influye el calor extremo en los comportamientos delictivos – https://theconversation.com/no-es-la-luna-es-el-sol-asi-influye-el-calor-extremo-en-los-comportamientos-delictivos-286529

¿Por qué está de moda el magnesio?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Izquierdo-Pulido, Catedrática del Departamento de Nutrición, Ciencias de la Alimentación y Gastronomía, Universitat de Barcelona

Tatevosian Yana/Shutterstock

El magnesio se ha convertido en uno de los suplementos estrella. Las motivaciones para consumirlo son múltiples: dormir mejor, reducir el estrés, evitar calambres, tener más energía o prevenir carencias. Las redes sociales han amplificado su popularidad y muchas personas lo toman con la idea de que es una solución sencilla para sentirse mejor. El problema es que a menudo se confunden funciones fisiológicas reales con beneficios clínicos que, en personas sanas, están poco demostrados.

Pero ¿qué dice realmente la ciencia?

Un suplemento no mejora una dieta pobre

El magnesio es un mineral esencial. Participa en centenares de reacciones enzimáticas y es necesario para el metabolismo energético, la función muscular y nerviosa, la síntesis de proteínas, el mantenimiento de los huesos y el equilibrio electrolítico.

Una ingesta insuficiente puede asociarse a fatiga, debilidad o alteraciones neuromusculares. Pero una cosa es que el magnesio sea imprescindible y otra muy diferente es que suplementarlo resulte útil para todo el mundo. En nutrición, más no siempre quiere decir mejor. De hecho, el beneficio de un suplemento, ya sean vitaminas o minerales, es claro cuando hay un déficit; en cambio, el efecto es mucho menos evidente cuando las necesidades ya se cubren con la alimentación.

Las mejores fuentes dietéticas de magnesio son los cereales integrales, las verduras de hoja verde, las legumbres, los frutos secos, las semillas y el cacao puro. En muchas personas, incorporar más de estos alimentos tendría más sentido que añadir una cápsula. Un suplemento no mejora una dieta pobre: la sustituye de manera ilusoria. Confiar en que una píldora compensará lo que no comemos es engañarse a uno mismo. Y una idea que, por desgracia, resulta muy rentable para quien la vende.

En la Unión Europea hay alegaciones de salud autorizadas para el magnesio: que contribuye a reducir el cansancio, al metabolismo energético normal y a la función muscular y nerviosa. Son declaraciones ciertas en sentido fisiológico, pero no significan que un suplemento de magnesio actúe como un energizante o relajante universal. Indican, simplemente, que el organismo necesita este mineral para funcionar bien.

Promesas del magnesio versus qué dice la ciencia

También se ha popularizado la idea de que cada problema requiere una forma concreta de magnesio: citrato para el estreñimiento, bisglicinato para el sueño, malato para el cansancio, treonato para el cerebro.

Es cierto que las distintas sales varían en su absorción y tolerancia digestiva, pero demostrar que una sal concreta es clínicamente superior para dormir o para reducir el estrés en personas sanas es otro tema. Este “recetario de sales” es hoy más una estrategia de marketing que una conclusión científica.

La ciencia matiza cada una de estas promesas. El sueño es uno de los reclamos más populares: el magnesio interviene en la excitabilidad neuromuscular y en procesos de relajación, lo que le proporciona una base biológica plausible.

Aun así, la evidencia clínica es bastante limitada: un ensayo clínico reciente en adultos con mala calidad del sueño apunta a una reducción modesta del tiempo necesario para conciliar el sueño. No obstante, hacen falta más estudios clínicos, con muestras más amplias y medidas objetivas del sueño, antes de poder afirmar con solidez que el magnesio mejora la calidad del descanso. De hecho, la Unión Europea no tiene aprobada ninguna declaración de propiedades saludables que relacione este mineral con la mejora del sueño.

Con los calambres musculares para algo parecido. Las revisiones disponibles no muestran un beneficio claro en personas que los experimentan de forma habitual, y la idea de que “el magnesio elimina los calambres” es demasiado simplista.

En cuanto a la energía, el organismo no funciona como un depósito que se llena indefinidamente: si las necesidades ya están cubiertas, añadir más magnesio no produce más energía. El beneficio esperable es corregir una deficiencia, no convertir un mineral en un estimulante.

Tampoco es inocuo en cualquier cantidad

Lo que obtenemos de los alimentos rara vez causa problemas, pero los suplementos en dosis altas, en cambio, pueden provocar diarrea, náuseas y dolor abdominal.

En personas con enfermedad renal o que toman determinados medicamentos el riesgo es mayor. Además, puede interferir con algunos antibióticos y fármacos para la osteoporosis si se toman al mismo tiempo.

Todo junto invita a una reflexión más amplia. En una población sana, la mayoría de complementos alimentarios no son necesarios si la dieta es suficiente, completa y equilibrada. Algunos pueden ser útiles en situaciones concretas –déficits diagnosticados, necesidades aumentadas o indicaciones clínicas–, pero eso no justifica su uso generalizado.

El problema no es solo el producto, sino también el mensaje que lo acompaña. La idea de que una cápsula puede compensar la falta de sueño, el estrés crónico o unos hábitos poco saludables resulta muy atractiva desde el punto de vista comercial, pero responde más a intereses de mercado que a necesidades reales de salud pública.

El magnesio no es una moda sin fundamento: es un nutriente esencial con funciones muy importantes. La pregunta no debería ser “¿qué suplemento me falta?”, sino “¿realmente lo necesito o simplemente me lo han vendido bien?”. La mejor recomendación sigue siendo la que parece “menos atractiva”, pero también la más sólida: primero, los alimentos y, solo cuando sea necesario, una suplementación bien indicada por un profesional sanitario.

The Conversation

Maria Izquierdo-Pulido recibe fondos de investigación del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades del Gobierno de España.

Isabella Parilli Moser recibe fondos de investigación del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades del Gobierno de España.

Maria Fernanda Zeron Rugerio recibe fondos de investigación del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades del Gobierno de España.

– ref. ¿Por qué está de moda el magnesio? – https://theconversation.com/por-que-esta-de-moda-el-magnesio-286597

Hace más de un siglo, Benito Pérez Galdós subió la violencia contra la mujer al escenario

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Márquez Montes, Profesora Titular de Literatura española, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

_Interior_ de Edgar Degas. Philadelphia Museum of Art

Cuando hoy hablamos de violencia de género, maltrato psicológico, coerción emocional o dependencia afectiva, pensamos de inmediato en conceptos construidos desde la sociología, la psicología clínica o el derecho contemporáneo. Los asociamos a un vocabulario nacido en las últimas décadas, fruto de la investigación científica, la evolución legislativa y una creciente conciencia social.

Pero la literatura –y, de manera muy especial, el teatro– suele adelantarse a la historia. Antes de que la sociedad encuentre palabras para nombrar determinadas heridas, algunos creadores ya han sabido reconocerlas, observarlas y convertirlas en materia dramática.

Así sucede con una de las obras menos frecuentadas y, paradójicamente, más modernas de Benito Pérez Galdós: Bárbara (1905).

Es cierto que no podemos afirmar que fuese el primer autor en mostrar sobre un escenario aquello que hoy identificamos como violencia contra la mujer. La escena europea de finales del siglo XIX había comenzado ya a cuestionar la institución matrimonial, la autoridad patriarcal y la posición social de la mujer, especialmente las obras de Henrik Ibsen y August Strindberg. Sin embargo, sí puede sostenerse con fundamento que Galdós figura entre los primeros dramaturgos europeos –y, con seguridad, entre los pioneros de la escena española– en representar con singular profundidad los mecanismos psicológicos, emocionales y sociales del maltrato ejercido contra una mujer.

Un estreno que su tiempo no pudo leer del todo

El 28 de marzo de 1905, el Teatro Español de Madrid acogió el estreno de Bárbara, con María Guerrero al frente del reparto. No era una obra más dentro de la producción dramática galdosiana. Llegaba en un momento de plena madurez teatral, cuando el escritor canario llevaba más de una década entregado intensamente a la escena tras el estreno de Realidad en 1892, también protagonizada por Guerrero.

Fotografía de dos hombres sentados y una mujer de pie de principios del siglo XX. Un perro blanco les mira.
María Guerrero y Fernando Díaz de Mendoza en la casa de Benito Pérez Galdós, San Quintín (Santander). 1900-1910.
Centre de Documentació i Museu de les Arts Escèniques, CC BY-SA

A primera vista podría parecer un drama de pasiones, redención moral o conflictos matrimoniales. Pero una lectura atenta revela algo mucho más incómodo y profundamente moderno: Galdós está representando el progresivo proceso de destrucción interior de una mujer sometida durante años a una relación marcada por la violencia, el control y la humillación.

En 1905 no existía la expresión “violencia de género”. Tampoco había protocolos de protección, estudios clínicos sobre relaciones abusivas ni un lenguaje jurídico capaz de nombrar la violencia psicológica. Y, sin embargo, Galdós parece reconocerla con extraordinaria lucidez.

Bárbara no aparece únicamente como una esposa desgraciada o una mujer atrapada en un matrimonio infeliz. Es una mujer emocionalmente erosionada, insegura, culpabilizada, aislada y, en muchos momentos, incapaz de reconocerse fuera de la estructura que la oprime.

Su relación con Lotario –su esposo– no responde simplemente al modelo tradicional del marido autoritario. Lotario controla, humilla, desacredita, ridiculiza, aísla y, finalmente, consigue que Bárbara termine dudando incluso de su propia percepción de la realidad, uno de los mecanismos más devastadores del maltrato psicológico.

Portada de la primera edición de _Bárbara_, tragicomedia en cuatro actos por Benito Perez Galdos.
Portada de la primera edición de Bárbara, tragicomedia en cuatro actos por Benito Perez Galdos.
Biblioteca Nacional de España, CC BY

Lo verdaderamente sorprendente es que Galdós no necesita construir grandes escenas de violencia explícita para transmitir esa opresión. Le bastan la palabra, el tono, la pausa, la repetición, el silenciamiento: la mirada del otro convertida en juicio permanente. Sobre todo, le interesan los demás, ya que, en el primer acto, en un acto de defensa, Bárbara, sin desearlo, mata a Lotario. Los restantes tres actos muestran cómo reaccionan Bárbara y la sociedad ante una tragedia de este tipo.

Quien hoy se acerque a la obra reconocerá con inquietante claridad comportamientos que la psicología contemporánea describe con términos como manipulación emocional, pérdida progresiva de autoestima, dependencia afectiva o normalización del abuso.

No estamos, por tanto, ante una lectura anacrónica proyectada desde el presente; diversas investigaciones filológicas han puesto de relieve esta dimensión de la obra. Precisamente, Carolina Melini y yo hemos estudiado la extraordinaria modernidad de Bárbara como representación dramática del maltrato y de los micromachismos.

Una preocupación constante en la obra de Galdós

Esta pieza no surge por casualidad. Casi desde los inicios de su creación Galdós había convertido a las mujeres en uno de los centros de gravedad de su universo. Fortunata, Jacinta, Tristana o Marianela demuestran el interés del autor por explorar la condición femenina dentro de una sociedad profundamente patriarcal, con mujeres condicionadas por matrimonios de conveniencia, dependencias económicas, limitaciones educativas, estructuras morales que restringían su libertad, etc.

Cuando Galdós llega al teatro, esa preocupación se intensifica: de las veintidós obras de teatro estrenadas, diecisiete de ellas tienen a una mujer como protagonista absoluta. La escena no solo permite contar el conflicto, sino compartirlo, hacerlo visible y convertirlo en experiencia colectiva. Por ello, Bárbara fue una obra especialmente incómoda para la España de comienzos del siglo XX.

¿Por qué sigue interpelándonos más de un siglo después?

Los mecanismos esenciales del abuso han cambiado menos de lo que quisiéramos pensar. Se han modificado el lenguaje, la legislación o los sistemas de protección, pero la culpa, el miedo, la dependencia, la manipulación emocional y la destrucción de la autoestima siguen formando parte de demasiadas historias.

Y ahí reside la extraordinaria modernidad de Galdós, quien nunca escribió sobre una moda intelectual de su tiempo. No construyó una simple denuncia coyuntural, sino que identificó una de las formas más persistentes de violencia dentro de la intimidad humana y tuvo la valentía de colocarla en el centro del escenario.

Por ello reivindicamos que esta obra entre en el canon. Igual que su autor, debería ser un clásico. Los clásicos no sobreviven porque hablen del pasado. Lo hacen porque siguen poniendo nombre a aquello que una sociedad, en ocasiones, todavía no se atreve a mirar de frente.

Más de ciento veinte años después del estreno de Bárbara, la pregunta no es si Galdós fue uno de los primeros dramaturgos en mostrar la violencia contra la mujer desde un escenario. La pregunta sería: si él fue capaz de verla con tanta claridad en 1905, ¿qué excusa puede permitirse nuestra sociedad para no reconocerla hoy?

Quizá haya llegado el momento de devolver Bárbara al debate público.


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The Conversation

Carmen Márquez Montes no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Hace más de un siglo, Benito Pérez Galdós subió la violencia contra la mujer al escenario – https://theconversation.com/hace-mas-de-un-siglo-benito-perez-galdos-subio-la-violencia-contra-la-mujer-al-escenario-285900