Coupe du monde 2026 : payer les places de plus en plus cher dans un « smart stadium » vaut-il le coup ?

Source: The Conversation – in French – By Clément Dubreuil, Professeur et chercheur à KEDGE Business School, auteur d’une thèse sur la violence et le rugby, Kedge Business School

La Coupe du monde de football 2026 se joue entièrement aux États-Unis à partir des huitièmes de finale. Là où le prix des places y est exorbitant. Mais les spectateurs en ont-ils pour leur argent lorsqu’ils vivent les matchs décisifs dans des smart stadiums, stades connectés, états-uniens ?


Pour la première fois de l’histoire des Coupes du monde de football, 48 équipes participent au tournoi. Elles disputent 104 matchs dans 16 stades aux États-Unis, au Mexique et au Canada. On promet aux spectateurs des fan experiences inoubliables, à l’américaine. Pour y parvenir, des stades ultramodernes et connectés, ou smart stadiums, sont utilisés. Dans ces arènes modernes, les spectateurs bénéficient d’une excellente connexion tout au long du match. Ils disposent aussi de nombreux écrans dont au moins un de très grande taille.

Par exemple, le SoFi Stadium de Los Angeles (Californie) dispose d’Oculus, le plus grand écran circulaire du monde, dont la résolution s’élève à 80 millions de pixels. Un tel outil avait d’ailleurs porté le coût de construction du stade à 4,8 milliards d’euros. Grâce à cela, les spectateurs réunis dans des smart stadiums accèdent à des services variés nourris d’interaction. Concours, quiz, statistiques surprenantes ou animations géantes, agrémentent un spectacle où prennent place jusqu’à 80 000 personnes.

Parallèlement, le prix des places a battu des records lors de cette Coupe du monde FIFA 2026. Par exemple, les prix pour les matchs de poule allaient jusqu’à 2 394 euros, tandis que le prix d’un billet pour la finale est annoncé à 6 892 euros.

Devant les investissements astronomiques consentis dans la construction de ces smart stadiums et le prix exorbitant des places, la question de l’utilité de cette débauche de technologie très coûteuse se pose : en quoi l’expérience des spectateurs est-elle différente lorsque le spectacle a lieu dans des smart stadiums ?

Pour répondre à cette question, nous avons mené une étude en France sur les « éléments sociomatériels du stade connecté et l’expérience des spectateurs ».

Expérience plus riche

Les smart stadiums offrent des opportunités d’enrichir l’expérience des spectateurs.

Premier avantage, les smart stadiums permettent une multiplication des animations collectives dans l’enceinte. Grâce aux écrans géants et aux smartphones, les spectateurs peuvent participer à des quiz, à des jeux ou à des concours organisés pendant les temps morts. Ces activités peuvent nourrir l’émotion collective, notamment les fan cam, la diffusion sur écran géant de supporters, ou le noise meter, ou mesure du bruit.

Ces enceintes connectées prolongent l’engagement du public au-delà du seul match. Les jeux de lumière, les animations sonores et les dispositifs numériques créent du spectacle avant le coup d’envoi, pendant la rencontre et après celle-ci. Certains spectateurs ont le sentiment de vivre plusieurs événements en un seul, comme le confirme une supportrice interviewée dans le cadre de notre recherche à Paris La Défense Arena :

« Tu as trois ou quatre soirées non-stop en une. Tout est fait pour être grandiose et festif. »

La connectivité optimale permet aux spectateurs de partager en temps réel des photos et des vidéos sur leurs réseaux sociaux préférés. Ces derniers restent en contact avec leurs proches tout en participant à l’événement.

Identification aux joueurs

Ces smart stadiums disposant d’écrans géants renforcent l’impression de proximité avec les acteurs du match, voire l’identification aux joueurs.

À chaque fois qu’un joueur marque, une animation apparaît à l’écran géant sur le visage du marqueur qui manifeste une émotion préenregistrée. L’outil digital et sonore intensifie la relation entre la foule et un joueur. Une des personnes interviewées dans notre recherche livre un éclairage sur sa perception de ce type d’animation :

« Le nom est écrit, il apparaît en énorme sur l’écran géant, tu ne peux pas te tromper. L’air de rien, voir le buteur comme ça, c’est comme si on le voyait de près sur le terrain. »

Dans certaines situations, ces dispositifs technologiques font revivre un passé parfois mythifié. Les stades diffusent des images d’anciens joueurs, des exploits passés ou des hommages à des figures disparues. Par exemple, le 17 juin, à Houston (Texas), lors du premier match des Portugais, un hommage a été rendu à Diogo Jota, joueur portugais récemment décédé à 26 ans dans un accident de la route. Les images du joueur diffusées sur l’écran géant associées aux gros plans sur la famille du joueur ont fortement ému l’assistance.

Quatre profils de spectateurs

Ces smart stadiums offrent généralement davantage de confort. Les spectateurs peuvent commander nourriture et boissons depuis leur siège. Ils évitent certaines files d’attente. Les services deviennent plus fluides et plus rapides par rapport aux stades traditionnels.

Toutes ces potentialités proposées par les smart stadiums semblent de nature à répondre à la diversité des modalités d’engagement des spectateurs. Précisément, quatre profils de spectateurs ont été mis en évidence dans les spectacles vivants :

  • les spectateurs à dominante opportuniste veulent se montrer dans une situation qu’ils jugent valorisante ;

  • les esthètes sont avant tout dans la contemplation individuelle du beau jeu ;

  • les sympathisants (ou supporters) sont dans une démarche partisane et cherchent à participer activement à l’expérience collective ;

  • les interactifs se placent dans une consommation ludique et d’interaction sociale en réaction au spectacle.

Dispersion de l’attention

Nos résultats montrent que les smart stadiums ne produisent pas uniquement des contributions positives à l’expérience collective.

Une première conséquence concerne la dispersion de l’attention. Dans les enceintes connectées, le regard des spectateurs cesse d’être entièrement focalisé sur le terrain. L’attention collective se fragmente entre le jeu, le ou les écrans géants et le smartphone.

Par exemple, l’entrée des joueurs ou les célébrations sont parfois observées à travers l’écran de téléphone. Certains supporters traditionnels estiment que ces pratiques nuisent à l’ambiance générale. Dans des cas isolés, cela peut même créer des tensions entre spectateurs.

Une des personnes interviewées dans notre étude le confirme :

« Je ne comprends pas les gens qui viennent au stade, et dès qu’il se passe quelque chose, ils sautent sur leur téléphone et ils filment et ils postent. »

Moins de ruptures avec le quotidien

Ces stades connectés rendent possible la consultation permanente d’informations extérieures. Les spectateurs consultent des statistiques, des commentaires, des médias et parfois des ralentis, pendant le match. Ils reproduisent des habitudes développées devant leur télévision. Cette connexion permanente réduit la rupture avec le quotidien qui caractérisait traditionnellement l’expérience du stade.




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Les opportunités offertes par les usages numériques pendant le match réduisent également certaines interactions sociales. La possibilité de commander des boissons ou de la nourriture de son siège supprime, en réduisant le temps passé dans les files d’attente, des occasions de discuter avec d’autres spectateurs dans la queue ou à la buvette. La dimension collective de l’expérience est, à cet égard, diminuée.

Les enceintes connectées favorisent aussi des divertissements périphériques. Jeux vidéo, bornes interactives, activités destinées aux familles ou aux enfants enrichissent souvent l’offre de loisirs dans l’enceinte. Certaines de ces animations entretiennent un lien très faible avec le match en lui-même.

Coupe du monde extraordinaire

En somme, les smart stadiums ou stades connectés modifient l’expérience de consommation pour les spectateurs. Ces enceintes contribuent à nourrir l’ambiance collective, mais encouragent certaines pratiques qui détournent l’attention du terrain. Surtout, elles favorisent un vécu de l’expérience moins détaché du quotidien et moins hermétique à ce qui se passe à l’extérieur du stade. Une expérience extraordinaire n’est donc plus nécessairement une expérience qui déconnecte les spectateurs du quotidien.

De nombreuses polémiques auront affecté cette édition de la Coupe du monde 2026. Les prochaines semaines nous diront si, malgré cela, les smart stadiums seront parvenus à faire vivre aux Américains les meilleures affiches de soccer comme des expériences aussi extraordinaires que celles opposant leurs franchises préférées de NBA, NFL ou NHL. Un défi grand comme un Oculus…

The Conversation

Clément Dubreuil ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Coupe du monde 2026 : payer les places de plus en plus cher dans un « smart stadium » vaut-il le coup ? – https://theconversation.com/coupe-du-monde-2026-payer-les-places-de-plus-en-plus-cher-dans-un-smart-stadium-vaut-il-le-coup-284485

Les applis de santé nous font-elles vraiment bouger plus… ou seulement cliquer davantage ? Exemple avec une appli pour compter ses pas

Source: The Conversation – France in French (3) – By Claire Mollier, Assistant professor en économie comportementale et expérimentale , Université Paris Nanterre


L’essentiel

  • La tendance est aux applications qui comptent vos pas et vous motivent à marcher avec des rappels fréquents envoyés sur votre smartphone.
  • Une étude portant sur plus de 20 000 utilisateurs et utilisatrices d’une de ces applications montre que, si les notifications augmentent l’usage de l’appli, elles n’entraînent pas de pratique accrue de la marche, dans la plupart des cas.
  • L’analyse des données suggère néanmoins que ces plateformes numériques pourraient présenter un intérêt pour les publics les plus éloignés de l’activité physique.

« Vous n’avez pas atteint votre objectif de pas aujourd’hui » est un message qui vous semble familier ? Chaque jour, des millions de personnes reçoivent ce type de notifications.

L’App Store d’Apple et les applications sous Android comptant respectivement près de 35 000 et 36 000 applications de santé en 2024, ces dernières cherchent toutes à se démarquer.

Certaines, par exemple Strava ou Runtastic, encouragent la comparaison sociale au moyen de challenges ou de posts qui permettent de partager ses activités avec la communauté. D’autres récompensent la pratique sportive, comme Carrot Rewards, éventuellement par des incitations financières, comme WeWard qui rémunère votre marche.

Une appli gratuite qui vous rémunère pour vous inciter à marcher

En effet, WeWard est une application gratuite qui vous permet de gagner un certain nombre de points à chaque fois que vous atteignez un objectif de pas accomplis dans la journée (1 500, 3 000, 6 500, 10 000, 15 000 ou 20 000 pas). Ces points peuvent ensuite être convertis en sommes d’argent et vous faire gagner jusqu’à 4 euros par mois environ.

Cette fonctionnalité est née lors du lancement de l’application, fin 2019, dans le contexte de la grève des transports. Elle visait à encourager et à récompenser les personnes qui choisissaient, ou étaient amenées, à se déplacer à pied.

Du point de vue de l’économie de la santé, cette incitation monétaire fait tout à fait sens puisque des études montrent qu’elle peut encourager la pratique d’une activité physique. De plus, dans le cadre de la marche (activité gratuite), les résultats ne devraient qu’en être décuplés puisque cette pratique ne nécessite aucun coût de maintenance (contrairement à une salle de sport, par exemple).

Pour rappeler à ses utilisateurs·ices de valider leurs pas, et d’ainsi collecter leurs points, WeWard envoie chaque jour des rappels. Mais ces messages vous encouragent-ils véritablement à marcher plus ?

Étudier les comportements de marche des utilisateurs·ices de l’appli

Pourquoi observer les comportements de marche ? Parce que la marche constitue l’une des formes d’activité physique les plus accessibles. Elle ne nécessite ni équipement particulier (donc pas de coût) ni lieu ou moment spécifique et peut donc être intégrée (plus ou moins facilement) dans sa routine.

Pour les économistes de la santé, la marche représente un levier intéressant puisqu’encourager les individus à marcher plus pourrait permettre de réaliser d’importantes économies de santé publique. C’est pourquoi, dans un article publié récemment, nous nous intéressons à cette pratique au travers d’une expérience.

Cependant, une des difficultés réside parfois dans la mesure de ces comportements. À partir de questionnaires, les individus déclarent-ils leur activité de manière fiable ? Savent-ils eux-mêmes combien de pas ils effectuent chaque jour ?

Grâce à une collaboration avec l’application de suivi de pas WeWard, nous avons pu observer les comportements réels de marche des personnes qui l’utilisent. Nous avons ainsi testé l’effet de différents rappels, envoyés directement sur leur téléphone par l’application.

Les rappels ont été conçus pour mettre en avant différents mécanismes que l’on peut retrouver sur l’application :

  • Comparaison avec les autres :

« Aujourd’hui, les WeWarders ont marché en moyenne X pas. Et vous ? »

  • Comparaison avec soi-même :

« La semaine dernière, vous avez marché en moyenne X pas. Combien en avez-vous fait aujourd’hui ? »

  • Aspect monétaire :

« Vous avez déjà validé vos pas au cours de ces derniers jours, faites-le encore pour gagner plus de points. »

Nous avons récolté des données sur les comportements de marche de plus de 20 000 individus en France et étudié si leurs habitudes changeaient après l’introduction de ces nouveaux messages. Notre étude a également cherché à comprendre si des messages personnalisés, envoyés plus longtemps, sont plus efficaces que des messages envoyés sur une plus courte période.

Des clics, mais pas plus de marche

Le premier résultat de l’étude est clair : les nouveaux rappels parviennent bien à capter l’attention des utilisateurs·ices. Les messages fondés sur la comparaison avec les autres poussent à ouvrir davantage l’application. Cet effet est même plus marqué lorsque les rappels sont envoyés pendant trois semaines plutôt qu’une seule.

Cette observation est d’autant plus intéressante que notre expérience s’est déroulée pendant les fêtes de fin d’année, une période durant laquelle l’engagement envers les applications a tendance à diminuer naturellement. Les notifications ont ainsi permis de ralentir la baisse d’activité sur l’application. Cependant, cette hausse d’attention ne s’est pas traduite par davantage de marche.

Les différents indicateurs étudiés (activité quotidienne, moyenne hebdomadaire ou comportements des individus les plus actifs sur l’application) racontent la même histoire : les notifications augmentent l’usage de l’application sans entraîner davantage d’activité physique.

Quand capter l’attention devient un indicateur trompeur

L’un des principaux enseignements de notre étude est que l’attention portée à une application ne reflète pas forcément un changement concret des comportements. Dans le domaine du numérique, le succès d’une intervention est souvent mesuré à travers des statistiques d’usage : fréquence d’ouverture de l’application, temps passé sur la plateforme ou nombre d’interactions. Pourtant, ces indicateurs peuvent donner une image partielle, voire trompeuse, de leur effet réel sur la santé.

En effet, consulter une application est une action relativement simple. Modifier durablement ses habitudes quotidiennes l’est beaucoup moins. Marcher davantage implique de trouver du temps, de changer certaines routines et de faire face à des contraintes très concrètes, comme la fatigue, les obligations professionnelles ou encore les conditions météorologiques. Dans ce contexte, une simple notification a probablement une portée limitée.

Nos résultats rappellent ainsi qu’il existe une différence importante entre attirer l’attention des utilisateurs·ices et transformer réellement leurs comportements. Les plateformes numériques parviennent souvent très bien à capter notre attention ; cela ne signifie pas nécessairement qu’elles produisent des effets durables sur nos modes de vie.

Un potentiel surtout chez les personnes peu actives

Tous·tes les utilisateurs·ices ne réagissent pas de la même manière aux notifications. Chez les personnes qui marchaient le moins avant l’expérience, nous observons une légère progression du nombre de pas au cours du temps. Aucun type de notification ne semble expliquer à lui seul cette évolution, mais ce résultat suggère que les applications de santé pourraient être particulièrement utiles pour les publics les plus éloignés de l’activité physique.

Le simple fait de suivre ses pas au quotidien, de visualiser ses progrès ou de recevoir des rappels réguliers peut contribuer à rendre certains comportements plus concrets et plus visibles. D’un point de vue santé publique, ces populations représentent un enjeu central : ce sont aussi celles pour lesquelles une augmentation, même modeste, de l’activité physique pourrait produire les bénéfices les plus importants.

De l’importance de mesurer ce qui compte réellement

Notre étude met en évidence un défi important pour les plateformes numériques et les politiques publiques : mesurer ce qui compte réellement. Un fort engagement ne doit pas automatiquement être interprété comme un succès. Une application peut sembler très performante au regard de ses statistiques internes tout en produisant peu de changements concrets dans la vie quotidienne des utilisateurs·ices.

Nos résultats ne remettent pas en cause l’intérêt des applications de santé. Ils suggèrent plutôt que les outils numériques sont probablement plus efficaces lorsqu’ils s’inscrivent dans des dispositifs plus larges : être soutenu par son entourage, se fixer des objectifs ou construire des habitudes progressivement dans le temps.

De plus, augmenter son activité physique ne dépend pas seulement de la motivation, mais aussi des contraintes du quotidien ou de facteurs sociaux, comme le genre. En effet, nos résultats vont dans le même sens que les travaux existants : les femmes semblent moins actives que les hommes.

Les applications peuvent aider à rendre certains comportements plus visibles et encourager une prise de conscience. Transformer durablement les habitudes demande cependant davantage qu’une notification.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Les applis de santé nous font-elles vraiment bouger plus… ou seulement cliquer davantage ? Exemple avec une appli pour compter ses pas – https://theconversation.com/les-applis-de-sante-nous-font-elles-vraiment-bouger-plus-ou-seulement-cliquer-davantage-exemple-avec-une-appli-pour-compter-ses-pas-286605

À la recherche de Dieu à Lagos : qu’est-ce que le « Chrislam » ?

Source: The Conversation – in French – By Marloes Janson, Professor of West African Anthropology, SOAS, University of London

Lagos, est l’une des villes qui connaissent la croissance démographique la plus rapide au monde. Sa population gigantesque est estimée à environ 20 millions d’habitants. Son urbanisation rapide contribue à un mode de vie où la survie repose sur l’improvisation et l’ingéniosité.

Le musicien nigérian Fela Kuti a résumé les difficultés chroniques de cette mégalopole par l’expression « impossibilisme ». Pourtant, Lagos est également réputée pour offrir de nombreuses possibilités.

Mes recherches en tant qu’anthropologue spécialisée dans la religion montrent que de nombreux habitants de Lagos se tournent vers la religion dans l’espoir de transformer l’impossible en possible. La religion n’est pas seulement une affaire spirituelle, mais aussi un moyen pratique de résoudre des problèmes.

Pour améliorer leur quotidien à Lagos, les habitants doivent surmonter de nombreuses difficultés : incertitudes économiques, défaillances des infrastructures, problèmes de gouvernance, inégalités et criminalité. Pour maximiser leurs chances de réussite, ils sont de plus en plus nombreux à allier des éléments issus de différentes traditions religieuses. Le « Chrislam », apparu à Lagos dans les années 1970, en est un exemple marquant. Il mêle croyances et pratiques chrétiennes et musulmanes.

Bien qu’il soit relativement modeste par rapport aux églises pentecôtistes et aux organisations musulmanes réformistes qui ont proliféré à Lagos au cours des dernières décennies, le Chrislam doit être compris dans le cadre d’une transformation religieuse plus large.

Cette transformation est difficile à cerner. Les spécialistes des religions ont tendance à mettre l’accent sur les frontières figées entre les religions, plutôt que sur les pratiques improvisées des croyants.

Dans les médias, les relations entre religions sont souvent réduites à des conflits et à la violence.

Le Chrislam peut sembler être un phénomène marginal, mais le comprendre permet d’offrir une nouvelle perspective. Il met en lumière la manière dont les chrétiens et les musulmans urbains vivent leur religion et interagissent les uns avec les autres, au-delà des images stéréotypées souvent associées au Nigeria.

Zapping religieux

« Bienvenue à Lagos ; ici, tout est possible », c’est avec ces mots que mon collaborateur de recherche, Mustapha Bello, m’a accueilli lors de mon arrivée dans cette mégapole en 2010. J’ai rapidement compris la portée de cette formule, lorsque j’ai rencontré le fondateur du Chrislam.

Le Nigeria présente une répartition religieuse marquée par une majorité musulmane au nord et une majorité chrétienne au sud, malgré d’importantes zones de mixité. Les relations entre musulmans et chrétiens dans le sud-ouest, avec Lagos comme centre, sont bien plus intenses.

Dans cette région, musulmans et chrétiens vivent depuis longtemps côte à côte, souvent en interaction étroite avec les adeptes des traditions religieuses yorubas. Ces derniers croient que le monde matériel est façonné par des puissances invisibles, notamment les
òrìṣàs (divinités du panthéon yoruba) auxquelles on attribue la bonne fortune. C’est cette coexistence religieuse particulier qui a créé les conditions propices à l’émergence du Chrislam.

Il existe deux principaux mouvements du Chrislam. Ifeoluwa (« The Love Of God Mission (La Mission de l’amour de Dieu)») compte une petite congrégation d’environ 50 adeptes. Oke Tude (« Mountain of Losing Bondage (La Montagne de la délivrance) ») compte désormais plus de 1 000 adeptes.

En plus de leurs noms en yoruba, ils utilisent le terme « Chrislam » pour décrire leur foi. Ces deux mouvements partagent certaines pratiques. Ils s’inspirent à la fois de la Bible et du Coran et invoquent Jésus et le prophète Mahomet dans leurs prières. Ils se distinguent toutefois sur plusieurs points. Le fondateur d’Ifeoluwa, Tela Tella, mène une vie recluse dans une banlieue densément peuplée de Lagos. Le fondateur d’Oke Tude, le prophète Dr Samsindeen Saka, utilise les médias modernes pour diffuser son message d’unité entre chrétiens et musulmans.

Ce mélange et cette combinaison sont qualifiés localement de « shopping religieux » ou « zapping religieux ». Au cours des 15 dernières années, j’ai interrogé des centaines de personnes se définissant elles-mêmes comme des « adeptes du shopping religieux ». Pour elles, lorsqu’on recherche la santé et la richesse, on ne peut pas se permettre de faire la fine bouche quand il s’agit de choisir entre ces religions.

Les « adeptes du Chrislam », par exemple, ont expliqué que leur foi leur permettait de « mettre toutes les chances de leur côté » en « combinant les pouvoirs du christianisme et de l’islam », doublant ainsi leurs chances d’accéder à une « belle vie ». Et l’imam d’Oke Tude m’a confié qu’il priait huit fois par jour – cinq fois selon la tradition musulmane et trois fois selon la tradition chrislam – afin de bénéficier de la puissance cumulative de la prière.

La prière chrislamiste consiste à faire sept fois le tour d’une réplique de la Ka’bah – le lieu le plus sacré de l’islam – tout en criant « Alléluia » et « Allahu Akbar » (Dieu est grand).

Dans ce contexte, il est à la fois pragmatique et stratégique de s’appuyer sur le potentiel perçu tant du christianisme que de l’islam.

Démystifier les stéréotypes

Le « Chrislam » remet en cause les représentations du Nigeria comme un pays défini par des affrontements entre musulmans et chrétiens. Certes, les violences religieuses constituent une préoccupation majeure dans le pays. Mais mes recherches montrent que les relations entre chrétiens et musulmans ne sauraient être réduites à une logique de conflit.

Le « Chrislam » est loin d’être un cas isolé. Dans des sociétés africaines (et au-delà) où coexistent plusieurs religions, on trouve des mouvements qui empruntent à différentes traditions religieuses. Ils échappent à toute classification claire.

C’est le cas notamment de la Mission Afrikania, apparue au Ghana dans les années 1980. Elle mêle des éléments du christianisme à ce qu’on appelle la religion traditionnelle africaine. Franchir les frontières religieuses fait aujourd’hui partie intégrante de la vie religieuse en Afrique.

Cela ne signifie pas que les différences religieuses sont sans importance. Elles en ont, mais les divergences religieuses n’entraînent pas automatiquement la violence ou la polarisation. Elles peuvent tout aussi bien servir de base à l’imitation, à la concurrence et à l’échange mutuel.

En effet, les adeptes du Chrislam considèrent le christianisme et l’islam comme complémentaires plutôt que contradictoires. Par exemple, un adepte du Chrislam convaincu a répondu à ma question de savoir s’il vénérait Jésus en tant que fils de Dieu (comme dans le christianisme) ou en tant que prophète (comme dans l’islam) en disant « il est les deux ».

Le fondateur d’Ifeoluwa, Tela Tella, prêchait :

Jésus-Christ est à ma droite, le prophète Mahomet est à ma gauche ; ce sont tous les deux mes meilleurs amis.

Pourquoi est-ce important ?

À mon avis, il est temps de repenser la manière dont nous étudions la religion en Afrique. Les approches occidentales héritées du christianisme présentent souvent les traditions religieuses comme des ensembles figés et clairement délimités. Une perspective afrocentrée part au contraire des formes africaines de savoir, de pratique et de sens. Elle cherche à comprendre comment les pratiquants africains vivent, mélangent différentes traditions qui leur donne du sens.

Vue sous cet angle, l’Afrique n’apparaît pas comme un récepteur passif des soi-disant religions mondiales, mais comme un véritable vivier de créativité et d’innovation religieuses.

Le « Chrislam » n’est donc plus une curiosité ou une contradiction, mais une ressource politique dans un contexte où les identités religieuses sont souvent utilisées comme des armes.

Il nous offre une leçon dont le monde fracturé d’aujourd’hui a plus que jamais besoin. Les frontières religieuses ne doivent pas nécessairement servir de lignes de front. Elles peuvent également faire office de points de rencontre.

The Conversation

Marloes Janson a bénéficié d’une subvention de recherche accordée par le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF) à Bonn, en Allemagne, et par le Forum Transregionale Studien à Berlin, en Allemagne.

– ref. À la recherche de Dieu à Lagos : qu’est-ce que le « Chrislam » ? – https://theconversation.com/a-la-recherche-de-dieu-a-lagos-quest-ce-que-le-chrislam-286672

¿Para qué se usan los datos personales que recogen los videojuegos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marta Beltrán, Jefa del Área Científica de la Agencia Española de Protección de Datos; profesora titular de Universidad en excedencia, Universidad Rey Juan Carlos

Los videojuegos tratan multitud de datos personales y no siempre somos conscientes de cuales se tratan ni para qué. Florian Olivo / Unsplash, CC BY-SA

Los videojuegos dejaron de ser hace tiempo un simple pasatiempo para convertirse en una industria cultural muy poderosa, en la que millones de jugadores interactúan, compiten y comparten experiencias. Pero, detrás de cada partida, cada logro desbloqueado o cada compra dentro del juego, hay algo más: nuestros datos personales.

Desde el nombre de usuario hasta el comportamiento en el juego, pasando por la ubicación o los hábitos de consumo, la industria del videojuego recoge, analiza y, en ocasiones, comparte con terceros información que puede ser muy sensible.

Un ecosistema con muchos actores y responsabilidades

El tratamiento de datos personales en los videojuegos afecta a un ecosistema amplio y diverso: cada actor tiene un papel distinto, desde los proveedores de hardware (fabricantes de consolas, de tarjetas gráficas o de periféricos específicos para el juego) o de tecnología para el desarrollo (bibliotecas, middleware –software intermediario para la gestión de datos–, kits de desarrollo de software, interfaces de programación de aplicaciones o API, paquetes de código, motores) hasta los editores que financian, comercializan, distribuyen y, en ocasiones, “producen” los juegos.

También se incluyen aquí los storefronts, plataformas online de distribución donde los jugadores compran o descargan juegos. Actúan como intermediarias entre editores, plataformas de hardware y consumidores finales.

Cada uno de estos actores tiene la obligación de cumplir con la normativa de protección de datos, el Reglamento General de Protección de Datos (RGPD) en el caso de la Unión Europea. Sin embargo, la complejidad del sector y de las relaciones entre los diferentes actores participantes, más la globalización de los servicios, hacen que no siempre sea fácil garantizar que todos los eslabones de la cadena actúen con la debida responsabilidad.

¿Qué se hace con los datos personales?

No todos los juegos tratan los mismos datos personales con la misma finalidad o de la misma manera. No es lo mismo un juego offline y de un solo jugador, como un clásico de rol para consola, que un Massively Multiplayer Online (MMO) o un juego online gratuito –free to play–. En el primer caso, es posible que el único dato que se almacene sea el progreso en la partida y que, además, se guarde localmente en el dispositivo. Sin embargo, en los juegos en línea, especialmente aquellos con modelos de negocio basados en microtransacciones o publicidad, el volumen y la variedad de datos personales que se recogen aumentan exponencialmente.

Su tratamiento abarca numerosas actividades, pero hay tres fundamentales que se repiten en casi todos los casos. La primera es la creación y mantenimiento de cuentas. Para acceder a la mayoría de los juegos en línea, es necesario crear una cuenta, lo que implica proporcionar datos como el correo electrónico, el nombre de usuario o, en algunos casos, información de pago. Estos datos se utilizan para identificar al usuario, gestionar su perfil y permitirle acceder a sus progresos desde diferentes dispositivos.

Lo malo es que no todos los juegos son transparentes sobre qué datos recogen durante el registro y con qué finalidad. Algunos solicitan permisos excesivos, como el acceso a la lista de contactos del teléfono o a la ubicación en segundo plano.

Objetivo: monitorizar al jugador

Otra actividad común es la telemetría, es decir, la recolección de datos en tiempo real sobre el uso del juego. Esto incluye desde monitorización técnica (como el rendimiento del dispositivo o los errores del software) hasta datos de comportamiento (como las acciones del jugador, el tiempo de juego o las interacciones sociales).

Esta monitorización puede tener diferentes finalidades: equilibrar la dificultad, diseñar niveles más atractivos, ofrecer recompensas y misiones adaptadas a las preferencias de cada jugador, etc.

El problema surge cuando el tratamiento de datos va más allá de lo necesario o proporcionado, o cuando no se informa claramente al usuario sobre ello. Por ejemplo, algunos juegos recogen datos biométricos (como el ritmo cardíaco o neurodatos a través de wearables) sin que el usuario sea consciente de las implicaciones de compartir esta información.

En la misma línea, en los modelos free-to-play, la telemetría puede ayudar a identificar a los jugadores con mayor probabilidad de realizar compras dentro del juego (se les conoce como “ballenas” o “whales”). Esto permite dirigirles ofertas específicas e, incluso, explotar sus vulnerabilidades o sesgos.

Información que se deduce mientras jugamos

Los datos de los jugadores también se registran para hacer inferencias de comportamiento. Mediante técnicas de análisis predictivo, muchas veces basadas en inteligencia artificial, diferentes actores del ecosistema pueden extraer conclusiones sobre los jugadores, que van más allá de los datos explícitos que estos han proporcionado.

Por ejemplo, un juego puede clasificar a los usuarios en función de su habilidad, personalidad o su estado emocional, y utilizar esos perfiles para personalizar la experiencia o mejorar los emparejamientos. Pero también para venderlos a terceros.

Para hacernos una idea, se puede inferir que un usuario es menor de edad basándose en su patrón de juego o en las compras que realiza, incluso si este ha proporcionado una fecha de nacimiento falsa.

O se puede detectar que alguien tiene tendencias adictivas y, en lugar de alertarle, utilizar esta información para mantenerle enganchado con recompensas variables (un mecanismo similar al de las máquinas tragaperras).

Las amenazas: lo que puede salir mal

Como se puede observar, el tratamiento de datos personales en este contexto no está exento de riesgos. Para empezar, los juegos en línea son un objetivo frecuente de ciberataques. Si un adversario logra acceder a las bases de datos de una plataforma, puede robar información sensible, como contraseñas, direcciones de correo electrónico, datos de pago o datos biométricos.

Pero existen otras muchas amenazas que, probablemente, no sean tan obvias. Una de ellas es la vinculación. Aunque muchos juegos evitan la utilización de identificadores explícitos o directos, existen datos como la dirección IP o el comportamiento en el juego (por ejemplo, un patrón único de juego, como un estilo de movimiento o un ritmo de disparos) que pueden ser suficiente, por ellos mismos o mediante combinación de patrones, para asociar diferentes sesiones de juego, cuentas o transacciones a una misma persona.

Esto es especialmente preocupante porque se puede obtener un perfil para cada jugador. Este puede usarse a modo de huella digital única e intransferible, para rastrearle o vigilarle en el juego o en otros entornos digitales.

La vinculación también puede facilitar la identificación, de manera que se llegue a conocer la identidad real de un jugador. Así, el doxing (divulgación pública de información privada) es un riesgo real en comunidades de jugadores. Datos como nombres de usuario, direcciones IP o conversaciones en chats pueden filtrarse o usarse para acosar, extorsionar o discriminar a una persona. Así, en juegos multijugador, donde la interacción social es clave, la exposición de datos personales puede tener consecuencias graves, como el robo de identidad o el riesgo para la integridad física.

Datos erróneos y patrones de diseño adictivos

Por otro lado, los datos recogidos en los juegos y las inferencias realizadas a partir de ellos no siempre son exactos o correctos. Por ejemplo, un juego puede clasificar erróneamente a un usuario como “con tendencias adictivas”,
basándose en patrones de juego atípicos (como sesiones largas durante un fin de semana, por ejemplo). O como “tramposo”, tras la recogida de información de ciertos eventos. Estos errores no solo afectan a la experiencia del usuario, sino que pueden tener consecuencias legales si se toman decisiones automatizadas (como la exclusión de un jugador), basadas en datos o inferencias incorrectos, tanto dentro como fuera del juego.

Asimismo, hay que tener en cuenta el engaño o manipulación a través del uso de ciertos patrones de diseño en los interfaces o de mecánicas de juego específicas, como los sistemas cosméticos –para modificar la apariencia del personaje–, skins –aspecto visual alternativo– o personalización de avatares. Estas amenazas pueden llevar a los jugadores a tomar decisiones que de otro modo evitarían, mediante la explotación de sus vulnerabilidades psicológicas y sesgos cognitivos.

De igual manera, muchos juegos están diseñados para maximizar el tiempo de juego, la obtención de datos personales o el gasto (por ejemplo, a través de las cajas de botín o los pases de batalla). Esto puede tener un impacto mayor en los más jóvenes, al conducirles a realizar compras no autorizadas o a desarrollar conductas adictivas.

¿Qué se puede hacer?

Aunque la obligación recae en los responsables de los diferentes tratamientos de datos personales, las personas que juegan también pueden tomar medidas para proteger sus derechos:

  • Leer las políticas de privacidad y la información que se proporciona. Aunque, a veces, puedan ser largas y complejas, es importante entender qué datos personales se tratan y para qué. Si algo no nos convence, consideremos no utilizar ese servicio. Seamos críticos: ¿de verdad tenemos que conectar el juego con nuestras redes sociales? ¿O activar ese chat de voz?

  • Ajustar la configuración de privacidad. Muchos juegos y plataformas permiten limitar la recolección de datos o desactivar ciertas funciones de telemetría e inferencia. Revisemos estas opciones al empezar a jugar y elijamos las que mejor se adapten a nuestras preferencias.

  • Usar contraseñas seguras y autenticación en dos pasos. Esto reducirá el riesgo de que nuestra cuenta sea “secuestrada” y de que suplanten nuestra identidad.

  • Tener cautela con los datos que compartimos. Es mejor no proporcionar información sensible (como dirección física, datos de pago, biometría), a menos que sea absolutamente necesario. De nuevo, cuestionemos la información que se nos ofrece y no demos a “Aceptar” ciegamente.

  • Educación y concienciación. Podemos hablar con otros jugadores, especialmente con los más jóvenes, sobre la importancia de la privacidad y los riesgos asociados al uso de videojuegos. También es útil leer las recomendaciones de las autoridades de protección de datos personales o de otras instituciones de confianza (educativas, del sector de la salud, comunidades profesionales de juego, etc.).

Jugadores conscientes de sus derechos

Los videojuegos son una forma de entretenimiento, arte y socialización que ha transformado la cultura moderna. Pero, como en cualquier otro ámbito digital, el uso de datos personales conlleva riesgos que no deben subestimarse. La industria tiene la responsabilidad proactiva de garantizar que estos datos se traten de manera ética, transparente y, obviamente, conforme a la ley.

Los jugadores, por su parte, deben ser conscientes de sus derechos y tomar medidas para proteger su privacidad. El objetivo no es demonizar el tratamiento de datos personales, sino asegurar que se haga de manera que el sector pueda desarrollar su actividad económica e innovar, mientras se proporciona a los jugadores una excelente experiencia de juego sin comprometer sus derechos fundamentales. Y usted, ¿ha revisado alguna vez qué datos recoge su juego favorito?

The Conversation

Marta Beltrán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Para qué se usan los datos personales que recogen los videojuegos? – https://theconversation.com/para-que-se-usan-los-datos-personales-que-recogen-los-videojuegos-286381

Sudar como un pollo es propio de humanos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rick Visser, Profesor de Fisiología Animal, Universidad de Málaga

Ann Tarazevich Pexels, CC BY-SA

El sudor tiene un serio problema de imagen pública. Nadie presume de él y todos tratamos de combatirlo o, al menos, disimularlo. Sin embargo, sin sudor nuestros antepasados no habrían cazado, nuestros atletas no batirían marcas y los exámenes serían mucho menos emocionantes.

Los pollos no sudan

Es común usar expresiones tales como “sudar como un pollo” o “como un cerdo”. Curiosamente, ni los pollos vivos sudan –la expresión hace referencia a la gran cantidad de agua y grasa que desprenden al ser asados–, ni los cerdos lo hacen profusamente.

Asociar el sudor con los cerdos simplemente refleja la connotación negativa que tiene esta secreción, injustamente relacionada con la suciedad. Aunque muchos mamíferos tienen una cierta capacidad de sudar, son muy pocos los que emplean este mecanismo para controlar su temperatura corporal en situaciones de calor o ejercicio intenso. Y, de este grupo selecto, los humanos nos coronamos como los más sudorosos.

Los animales que controlamos fisiológicamente nuestra temperatura corporal –animales homeotermos o termorreguladores– somos, fundamentalmente, las aves y los mamíferos. Cuando nos encontramos a una temperatura ambiente superior a cierto valor, denominado temperatura ideal (en torno a 29 ºC para un humano desnudo, en reposo y sin fuentes de radiación), debemos poner en marcha mecanismos para perder el exceso de calor. La forma más eficiente de hacerlo es evaporar agua sobre la superficie corporal. Si estamos a 30 ºC, un gramo de agua requiere unas 0,58 Kcal para evaporarse. Es decir, evaporar un litro de agua consume la cantidad de energía presente en un almuerzo estándar.

Una manera muy eficiente de conseguirlo es expulsar esa secreción acuosa que nos incomoda, el sudor, por toda la superficie de la piel. Un mecanismo posible gracias a la existencia de glándulas especializadas.

Sin embargo, muy pocos animales han recurrido evolutivamente a esta estrategia, y la mayoría basan su enfriamiento principalmente en otros mecanismos, como el jadeo, que tan familiar nos resulta en los perros.

Solo unos pocos mamíferos, como los equinos y los humanos, hemos desarrollado la capacidad de sudar copiosamente.




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Cómo sobreviven los perros al calor extremo del verano


No todo el sudor es igual

Los humanos contamos con, al menos, dos tipos de glándulas sudoríparas. Las principales, llamadas glándulas ecrinas, se encuentran distribuidas por toda la superficie corporal y son funcionales prácticamente desde el nacimiento.

Estas son las responsables de la termorregulación, y se activan gracias al neurotransmisor acetilcolina, que induce el trasvase de agua, iones y ciertos desechos metabólicos desde el plasma sanguíneo hasta el conducto de la glándula. En el camino hacia el exterior, se reabsorben parte de los iones, dando lugar a una secreción incolora, inodora y ligeramente salada, compuesta en un 99 % por agua.

Cuando el mecanismo de estimulación nerviosa de estas glándulas no funciona correctamente, pueden aparecer ciertas patologías. Una es la hiperhidrosis, que consiste en la sudoración excesiva e injustificada, que puede causar trastornos psicológicos, rechazo social y/o episodios de deshidratación. Otra, más grave, es la anhidrosis, caracterizada por la ausencia parcial o total de sudoración que, en casos extremos, puede llegar a resultar letal por la incapacidad de termorregular eficazmente.

La llegada de la pubertad

El segundo tipo de glándulas sudoríparas son las apocrinas. Estas se concentran en axilas, ingles, y otras regiones provistas naturalmente de pelo, y no comienzan a ser funcionales hasta la pubertad.

La secreción del sudor apocrino, cuya composición es diferente a la del ecrino, no interviene en la termorregulación y es estimulada principalmente por el neurotransmisor noradrenalina en respuesta a situaciones de estrés o excitación emocional.

A pesar de que la secreción en sí es también inodora en origen, la transformación química de algunos de sus compuestos por microorganismos presentes en nuestra piel da lugar al característico olor que muchos de nosotros tratamos de evitar mediante antitranspirantes y desodorantes. En los pacientes de una condición médica conocida como bromhidrosis, ya sea por una composición anómala de su sudor apocrino o por las particularidades de la microbiota de su piel, el olor a sudor es particularmente intenso y persistente.

La función del sudor apocrino en los humanos no está aún del todo clara. Una de las principales hipótesis relaciona esta secreción con el envío de señales químicas, como las feromonas, ya sea para transmitir mensajes de alarma en situaciones estresantes, o de excitación sexual, entre otros.

Esta idea es la base de mitos como el de la famosa frase atribuida a Napoleón Bonaparte, quien, supuestamente, encomendó a su esposa Josefina no lavarse en varios días en previsión de su vuelta al hogar tras una campaña militar. No obstante, a pesar de innumerables esfuerzos, aún no se ha conseguido demostrar la existencia de este tipo de señales químicas en humanos.




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Feromonas humanas: ¿de verdad existen?


Sudar para correr

El haber desarrollado en torno a 2 millones de glándulas sudoríparas distribuidas por todo nuestro cuerpo, junto con la pérdida de buena parte de nuestro pelaje corporal, posiblemente haya dotado a la especie humana de una importante ventaja evolutiva. A pesar de no ser buenos en los esprints, comparados con muchos cuadrúpedos, la posibilidad de gestionar eficazmente el calor corporal mediante el sudor habría contribuido a nuestra capacidad de correr largas distancias seguidas, proporcionando a nuestros antepasados ventajas en la caza. De hecho, un corredor de maratón puede pasar entre dos y cuatro horas corriendo, mientras pierde más de dos litros de sudor por hora.

El hecho de poder correr largas distancias sin sufrir un sobrecalentamiento peligroso lo compartimos con los equinos, aunque no estemos estrechamente emparentados. Se trata, probablemente, de un caso de convergencia evolutiva, que es como se denomina cuando dos grupos de animales desarrollan características parecidas ante necesidades evolutivas similares. A los caballos les permitió escapar más eficazmente de sus depredadores, mientras que a nosotros nos posibilitó cazar presas cuyos cuerpos se sobrecalentaban más fácilmente que los nuestros durante la persecución.

Nuestra capacidad de sudar es excepcional y, en parte, a ella debemos la historia natural de nuestra especie. Así que mantenga a raya a los microorganismos que generan el mal olor, pero no se avergüence de sudar la gota gorda. Al contrario, ¡enorgullézcase de poder hacerlo!

The Conversation

Rick Visser no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Sudar como un pollo es propio de humanos – https://theconversation.com/sudar-como-un-pollo-es-propio-de-humanos-285383

Eclipse total de sol: el evento astronómico que puede impulsar el turismo en la España vaciada

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Frank Babinger, Profesor de Geografía en la Facultad de Comercio y Turismo., Universidad Complutense de Madrid

Victor Sanchez G/Shutterstock

El próximo 12 de agosto, una franja de la España rural será escenario de un evento astronómico trascendente: un eclipse total de sol que será visible al 100 % en un ancho de banda de 290 kilómetros de noroeste a sureste, desde Galicia hasta las Islas Baleares. Más allá de la importancia física y astronómica del evento, el impacto turístico y territorial también es de máximo interés desde un punto de vista de desarrollo económico estratégico.

La coincidencia de la trayectoria del eclipse con amplias zonas rurales de España está generando un notable aumento de la visibilidad y una gran demanda de servicios turísticos en localidades de Galicia, Asturias, Castilla y León, Aragón y Valencia. Muchos alojamientos rurales reportan una demanda muy alta y han colgado el cartel de “Completo” desde hace meses mientras que, en algunos casos, los precios de los alojamientos se han disparado.

Promover el turismo rural

Un eclipse solar es un evento culmen para el turismo astronómico, una experiencia extraordinaria para los espectadores y, vista la trayectoria de este fenómeno astronómico dentro del territorio, será un escaparate idóneo para destinos españoles poco conocidos.

En un contexto marcado por la búsqueda de experiencias auténticas, el interés por la naturaleza y la creciente valoración de los espacios rurales, el eclipse puede activar dinámicas económicas, sociales y territoriales de gran alcance.

Durante unas horas, lugares habitualmente periféricos para el turismo en España se convertirán en sus puntos centrales. Pueblos alejados de los grandes corredores turísticos van a ocupar un lugar destacado en los medios de comunicación y en los planes de viaje de miles de turistas nacionales e internacionales.

Pero, más allá de este evento efímero y puntual, la cuestión es aprovechar estos minutos de repercusión mediática mundial para convertirlos en una eficaz promoción del territorio. El reto es transformar esta demanda turística puntual en una oportunidad de realidad duradera para la España vaciada.

Despoblamiento y astroturismo

Aunque el eclipse sea ahora el principal motivo del viaje, los territorios pueden aprovechar este tirón para darse a conocer y promocionar su patrimonio tangible e intangible. Y además está la opción de desarrollar una opción que atrae a cada vez más gente: el astroturismo.

Esta modalidad de viaje engloba todas aquellas actividades vinculadas a la observación y el disfrute de los cielos estrellados y los fenómenos astronómicos, y tienen en los espacios rurales uno de sus principales escenarios de desarrollo.

En España, la calidad de los cielos, la existencia de destinos acreditados, la creciente sensibilización sobre la contaminación lumínica y la diversificación de la oferta turística rural han favorecido el desarrollo de experiencias vinculadas a la observación astronómica.

Estos espacios –muchas veces caracterizados por la despoblación, el envejecimiento demográfico y la pérdida progresiva de actividad económica– cuentan con las mejores condiciones para la observación del cielo y el astroturismo. La razón es sencilla: los mejores cielos suelen localizarse en aquellos territorios alejados de las grandes áreas urbanas, donde la contaminación lumínica es reducida y las condiciones atmosféricas favorecen la observación astronómica.

Así, la desventaja territorial del aislamiento y la escasa urbanización puede ser un activo turístico de valor.

Mirar los cielos

Por tanto, el eclipse puede ser una puerta de entrada para el desarrollo del turismo astronómico. Mientras que la observación habitual de estrellas o planetas suele atraer a nichos específicos de mercado, un eclipse genera un interés mucho más amplio y transversal. Personas que nunca habían considerado realizar una actividad relacionada con la astronomía se desplazan para vivir una experiencia única y, durante ese proceso, entran en contacto con recursos turísticos que pueden motivar futuras visitas.

Además, el astroturismo presenta características especialmente interesantes desde la perspectiva de la sostenibilidad. Se trata de una actividad de bajo impacto ambiental, compatible con la conservación de espacios naturales, que favorece la desestacionalización de la demanda turística y genera nuevas oportunidades económicas. No es casualidad que muchas de las zonas donde se espera una mayor afluencia de visitantes el próximo 12 de agosto coincidan con territorios que ya han apostado por el turismo astronómico.

Descubrir lo rural

Para muchos municipios acostumbrados a una demanda turística estacional o limitada, la llegada de miles de visitantes supone un importante estímulo económico. Hoteles y casas rurales, restaurantes, comercios locales y empresas de actividades están registrando niveles de ocupación excepcionalmente elevados.

No obstante, también es cierto que el eclipse coincide con los días de mayor ocupación de la temporada de verano, por lo que no se parte de una situación de baja demanda, sino que los turistas astronómicos se superponen a los de un periodo que ya es estructuralmente fuerte. En cambio, el impacto del eclipse sería muy diferente si se produjera en temporada baja.

De lo que se trata es de comprobar si, gracias al eclipse, se logra atraer a nuevos visitantes y turistas, que, sin ese reclamo, no habrían visitado la zona. Y tratar de fidelizar a los turistas astronómicos.

Conviene evitar interpretaciones excesivamente optimistas, pues está demostrado que los impactos positivos asociados a eventos efímeros también suelen ser temporales. Lo normal es que, una vez finalizado el acontecimiento, la demanda turística regresa a niveles anteriores. Por tanto, el verdadero desafío es transformar la atención puntual en una oportunidad duradera de desarrollo turístico y territorial. Esa es probablemente la principal oportunidad para muchos territorios de la España rural que serán protagonistas del 12 de agosto.


Una versión de este artículo ha sido publicada por la Oficina de Transferencia de Conocimiento de la Universidad Complutense de Madrid.

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Frank Babinger no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Eclipse total de sol: el evento astronómico que puede impulsar el turismo en la España vaciada – https://theconversation.com/eclipse-total-de-sol-el-evento-astronomico-que-puede-impulsar-el-turismo-en-la-espana-vaciada-285941

STING y el sutil arte de inflamar: por qué controlar la respuesta inmune es tan importante como activarla

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Estanislao Nistal Villán, Virólogo y profesor de Microbiología de la Facultad de Farmacia, Universidad CEU San Pablo

Entender la inflamación y, sobre todo, cómo modularla es uno de los grandes retos médicos de nuestra época. Su papel como primera línea de defensa es clave: la presencia de agentes infecciosos desencadena una respuesta inflamatoria que, además de entorpecer la entrada de virus y bacterias, funciona como llamada de socorro, atrayendo a otros componentes de nuestro sistema de alerta inmunitario.

Entonces, ¿cuál es el problema con la inflamación? Pues el problema se produce cuando nuestro organismo se pasa de frenada y produce una inflamación tan sobredimensionada que se convierte en perjudicial. De hecho, su regulación deficiente tiene un papel central en varios procesos patológicos.

Un ejemplo reciente de su relevancia la encontramos en la pandemia de covid-19, donde la enfermedad se agrava, no tanto por el virus como tal, sino por nuestra respuesta inflamatoria frente a él. Los tratamientos eficaces aplicados a estos enfermos más graves incluían inhibidores que controlan la sobreinflamación asociada a la infección.

El control adecuado de la inflamación resulta esencial no solamente en la lucha frente a las infecciones, sino también en inmunoterapia, en la batalla contra el cáncer o en los tratamientos frente a enfermedades autoinmunes. Además, un mal control de la inflamación puede relacionarse también con enfermedades coronarias, inmunosenescencia –envejecimiento celular– o la neurodegeneración asociada al alzhéimer y al párkinson.

STING, la proteína que puede acelerar o poner freno a la inflamación

Una de las piezas del control adecuado de la inflamación es la proteína STING. Se localiza en el retículo endoplasmático de nuestras células, y puede ser regulada de múltiples formas.

La activación de STING tiene un carácter dual. En oncología, su pronóstico varía según el tipo de cáncer. En procesos infecciosos, puede ofrecer protección o desencadenar una respuesta exacerbada, según el virus y el estado previo del paciente. Algunas mutaciones en STING son también las responsables de interferonopatías, un tipo de enfermedades inflamatorias crónicas raras especialmente relevantes en niños.

Entender qué factores activan (inductores) o reprimen (inhibidores) la activación de STING resulta esencial para poder prevenir la inflamación o controlarla en el contexto de una enfermedad.

¡Alarma! Material genético fuera de lugar

La función más estudiada de STING es su papel como activador de la inflamación al detectar ADN fuera de su sitio. El ADN contiene las instrucciones esenciales para que nuestras células funcionen correctamente, por lo que se guarda con celo en el núcleo de la célula. Es como si ese núcleo fuera una biblioteca histórica que custodia libros de gran valor. Cuando la célula necesita usar esa información, hace cuidadosamente una copia del original —en forma de ARN— y solo esa “fotocopia” tiene permiso para salir. Así se protege el valiosísimo texto original.

Por eso, si aparece un libro de ADN fuera de la biblioteca, indica que algo va muy mal. O bien las instalaciones han sufrido un daño grave, o bien un virus o una bacteria está intentando “colar” sus propios libros para provocarnos una enfermedad. Y ahí es donde STING da la voz de alarma para avisar del peligro.

Cuando el calcio en las células se desequilibra, puede indicar peligro

Sin embargo, en un reciente estudio comprobamos que hay otras formas de activar STING. Concretamente, un aumento en el calcio en el citoplasma celular, unido a la estimulación del estrés en el retículo endoplásmico, puede activar una respuesta antiviral e inflamatoria a través de STING sin que sea necesaria la detección de ADN.

Este mecanismo de activación no canónica de STING muestra que, aparte de ser un especialista como equipo de seguridad que detecta el ADN fuera de sitio, puede actuar también como una plataforma inflamatoria compleja y diversa. Es capaz de detectar más estados de estrés celular y actuar en consecuencia.

El desequilibrio del calcio intracelular y la producción del estrés en retículo endoplásmico ocurre en múltiples procesos biológicos y enfermedades, desde la activación del sistema inmune durante el cáncer hasta las infecciones. Si pensamos en la célula como un restaurante de alta cocina, el calcio jugaría el papel de una especia potentísima, como la pimienta de cayena. Una pizca minúscula añadida en el momento justo realza el plato, pero si nos pasamos de especia, podemos arruinarlo.

Cuando en la cocina hay un accidente o una crisis y la pimienta se vuelca por completo sobre la comida, sobrecondimentar de calcio hace que el plato sea tan sumamente tóxico que el chef se ve obligado a tirarlo a la basura. Del mismo modo, una sobrerreacción del estrés celular inducido por el calcio puede conducir a las células a la muerte.

Para hacer que la respuesta inmune funcione mejor se necesita esa “pizca de gracia” que aporta una activación controlada de la inflamación. La activación de STING mediada por calcio puede estar detrás de una mejor protección frente a infecciones o procesos inflamatorios autoinmunes.

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The Conversation

Estanislao Nistal Villán recibe fondos del Ministerio de Ciencia e Innovación a través del proyecto PID2023-150116OB-I00.

Sergio Rius Rocabert recibe fondos del Ministerio de Ciencia e Innovación a través del proyecto PID2023-150116OB-I00.

– ref. STING y el sutil arte de inflamar: por qué controlar la respuesta inmune es tan importante como activarla – https://theconversation.com/sting-y-el-sutil-arte-de-inflamar-por-que-controlar-la-respuesta-inmune-es-tan-importante-como-activarla-283497

¿De verdad se han hecho muchas películas sobre la guerra civil española?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ruth Gutiérrez Delgado, Profesora titular de Guion, Epistemología y Poética audiovisual, Universidad de Navarra

Mario Casas y Alberto San Juan en un fotograma de la película _La cena_, situada en el final de la guerra civil española. RTVE

La guerra civil española ha marcado la historia de la España contemporánea y, por tanto, ha dejado también su huella en el cine español. No sólo el género bélico ha reflejado el trauma, la amarga experiencia y la frustración propias del conflicto fratricida. Toda la industria audiovisual ha crecido confrontando la herida de la guerra y generando a sus héroes y heroínas en ese caldero roto.

Conviene matizar que preguntarse si se han rodado, o no, muchas películas sobre esta contienda tiene trampa. La guerra no fueron solo sus batallas ni la vida en la retaguardia, sino también los meses previos de república que condujeron a la guerra y la posguerra durante la dictadura. Así, guerra y posguerra en España componen un mismo universo cinematográfico.

Durante el conflicto

A lo largo del tiempo, la producción sobre este tema ha sido desigual. La guerra filmada pasó por diversas etapas que explican también cambios de mentalidad en la sociedad. Durante la propia contienda, aunque ambos bandos promovieron principalmente el rodaje de películas de carácter documental con fines propagandísticos, también se estrenaron unos pocos largometrajes de ficción.

Cartel que anuncia la proyección de _Sin novedad en el Alcázar_ en Madrid.
Cartel publicitario que anuncia la proyección de Sin novedad en el Alcázar en Madrid.
Filmaffinity

Así, con el apoyo de la industria italiana, el bando sublevado filmó Frente de Madrid y Sin novedad en el Alcázar, que recreaba el asedio al Alcázar de Toledo en los primeros meses de 1936, elogiando a los defensores. Con el sello de Hollywood, se estrenaron The Last Train from Madrid, Love Under Fire y, para apoyar la causa republicana, Bloqueo.

En el exilio surgió un cine en rescate de los perdedores: el cineasta y escritor francés André Malraux dirigió Sierra de Teruel y Luis Buñuel contribuyó a la causa republicana con el guión de España 1936, un documental propagandístico.

La versión ganadora

Finalizada la guerra, empezó a gestarse la visión oficial. La industria nacional estrenó entre 1941 y 1942 una decena de títulos que exaltaban los valores patrióticos y castrenses, narrando las gestas heroicas del bando nacional durante la guerra. Fue el llamado cine de cruzada, “a medio camino entre la tradición de cine bélico y los tonos del cine de propaganda política o de la reconstrucción histórica, aunque en la inmediatez del pasado presente”. Entre ellas se encontraban Porque te vi llorar, ¡Harka!, Raza o Rojo y negro.

Raza –con un guion escrito por Franco, bajo seudónimo, en el que proyectó sus ideas políticas– narra los diferentes caminos que toman los miembros de la aristocrática familia Churruca al estallar la guerra, un “trasunto ennoblecido de los Franco”. En cuanto a Rojo y negro, destacó por su innovadora estética, enmarcada en una corriente netamente falangista, y por humanizar y ofrecer una visión matizada de los vencidos en la guerra.

Una visión desde la dictadura

Durante la posguerra se estrenaron títulos de carácter histórico-biográfico como El santuario no se rinde, acerca de la resistencia del capitán Cortés en el santuario de Santa María de la Cabeza, y Cerca del cielo, en torno al martirio del obispo de Teruel, Anselmo Polanco.

También en los años cuarenta se filmaron en Estados Unidos películas sobre el tema, como Arise, My Love, The Fallen Sparrow, ¿Por quién doblan las campanas?, basada en la novela Ernest Hemingway, y Confidential Agent, adaptación de una obra de espías de Graham Greene. Todas ellas, rodadas durante la Segunda Guerra Mundial, presentaban de una u otra manera a miembros de las Brigadas Internacionales o a soldados republicanos en lucha contra el fascismo.

Un hombre abraza a una mujer mientras miran al cielo.
Ingrid Bergman y Gary Cooper en la adaptación de ¿Por quién doblan las campanas?.
Paramount Pictures

Con el paso de los años disminuyó el número de largometrajes en torno a la guerra. A los títulos bélicos se sumaron melodramas o cintas románticas con el conflicto como telón de fondo.

Poco a poco, se fueron realizando una serie de películas que suponían una reflexión más o menos velada acerca de la contienda, especialmente en una época en la que resultaba un tabú disentir del relato oficial acerca de sus causas y, sobre todo, sus consecuencias. Así sucedió con la hollywoodense Behold a Pale Horse, prohibida en España hasta 1979. Aunque se ambientaba en los años cincuenta, tenía como protagonista a un antiguo maquis exiliado en Francia que decidía regresar a su país de origen.

Más favorable resultó el llamado cine de reconciliación, coincidiendo con la “política del olvido” que preparó a España para su transición. Tierra de todos abordó el conflicto de manera reconciliadora, así como Posición avanzada, en la que los soldados de ambos bandos pactan una tregua para pescar truchas e intercambiar cigarrillos. Otras obras, aun desarrollando su argumento en la contemporaneidad, tenían la guerra como tema de fondo. Fue el caso de España otra vez o La caza y La prima Angélica, ambas de Carlos Saura, en las que recuerdos, fantasmas y rencores del pasado impactaban en el presente.

Escena de La caza, de Carlos Saura.

Mientras tanto, continuaban estrenándose títulos menores de escasa repercusión que insertaban el discurso oficialista en relatos bélicos, como Golpe de mano (Explosión), La orilla y La montaña rebelde.

Llega la democracia también al cine

Finalizada la dictadura, los años de la Transición dieron lugar a sucesivos estrenos que abordaron críticamente la guerra civil. Estos incidían en la perspectiva republicana pero también reflexionaban sobre la tragedia que había supuesto para toda la sociedad española. Algunos incluso adoptaron tono de sátira con toques de destape.

Entre los más destacados, Las largas vacaciones del 36 recreó el ambiente de la burguesía catalana durante el inicio del conflicto; Retrato de familia adaptó Mi idolatrado hijo Sisi, de Miguel Delibes, acerca de cómo la guerra impacta en una familia en descomposición; Soldados hizo lo propio con una novela de Maux Aub sobre el camino hacia el exilio de unos soldados republicanos; Los días del pasado se aproximó a la figura del maquis y Companys, proceso a Cataluña recreó el juicio y fusilamiento de Lluis Companys, presidente de la Generalitat.

Los títulos en clave crítica, costumbrista y cómica fueron relegando la política del olvido. En esa línea, De camisa vieja a chaqueta nueva retrató el oportunismo ideológico como adaptación a los tiempos; Las bicicletas son para el verano incidió en una desprevenida clase media durante el estallido de la guerra y La vaquilla se convirtió en la comedia negra española más relevante del momento.

Imagen de unos soldados hablando desde una trinchera.
Fotograma de La Vaquilla.
Santiago Castillo París & MuVIM. Foto: Rafael de Luis

Posteriormente, la tendencia a la comedia ligera se hizo notar en ejemplos como ¡Ay, Carmela!, La niña de tus ojos (situada en Alemania en los años de la guerra civil) y La hora de los valientes, donde la farándula, la música y el arte sirven como macguffin para presentar el contexto del conflicto. Este mismo motivo se vio en Pájaros de papel o en el éxito de 2025 La cena.

Entrar en el siglo XXI

También fue notable el protagonismo de la infancia y su mirada inocente y catalizadora de los demonios de la guerra. Así sucede en La lengua de las mariposas, El viaje de Carol, El espinazo del diablo y El laberinto del fauno, las dos últimas de Guillermo del Toro. Todas ellas, de algún modo, son herederas de El espíritu de la colmena, de 1973.

Con una trayectoria histórica de ajuste a las diversas leyes y políticas de financiación en España, con el movimiento de recuperación y las leyes de Memoria Histórica, el cine sobre la guerra civil continuó su producción a lo largo del siglo XXI. Ha primado desde entonces la percepción individual frente a la gran Historia, privilegiándose también las visiones regionalistas.

Vienen a la memoria, entre muchos otros, títulos como Soldados de Salamina, La luz prodigiosa, La buena nueva, La voz dormida, Pa negre e Incierta gloria –ambas de Agustí Villaronga–. También las más recientes La trinchera infinita, Mientras dure la guerra, El maestro que prometió el mar y San Simón.

Todas ellas pondrán el acento en una memoria recrudecida y amarga sobre la represión, el odio y aquellas historias mínimas, normalmente biográficas, que pasaron desapercibidas y que hoy perfilan otro recuerdo del conflicto.

Una de las escenas más icónicas de Soldados de Salamina.

La guerra civil española, siempre difícil y costosa de filmar, ha encontrado relatos a través de los cuales mostrar su crudeza. Batallas como las de Madrid, Brunete, el Ebro y Teruel, o las marítimas de los cabos de Palos y Machichaco carecen de representación fílmica. El frente quedó al margen y, también, los datos históricos.

Sin embargo, casi un siglo después, y sin apenas testigos, emergen reflexiones que apuntan no sólo a avivar la represalia sino a reconciliar los sentimientos, contando historias de perdón y reencuentro como un cierre de aquel conflicto.


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The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. ¿De verdad se han hecho muchas películas sobre la guerra civil española? – https://theconversation.com/de-verdad-se-han-hecho-muchas-peliculas-sobre-la-guerra-civil-espanola-283638

Aumenta el riesgo de golpes de calor en las carreras por montaña o ‘trail running’: ¿estamos preparados?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Xabier González Santamaría, Profesor Doctor en Ciencias de la Actividad Física y del Deporte en la Facultad de Educación y Deporte, Universidad de Deusto

Bajo condiciones de estrés térmico, el cuerpo tiene que hacer un esfuerzo extra para mantener el organismo a una temperatura adecuada. Koldo Larrea/Flickr, CC BY-NC-SA

El cambio climático también está modificando las condiciones en las que practicamos deporte. Las olas de calor son cada vez más frecuentes, intensas y tempranas. Ante el aumento global de las temperaturas, diversas investigaciones alertan de que el estrés térmico afecta directamente en la organización de las competiciones deportivas.

Los incidentes ocurridos durante una carrera por montaña en Zierbena (Bizkaia), la Galipa Mendi Bira, reflejan esta incómoda cuestión. En este evento celebrado en junio de 2026, varias personas requirieron atención médica por las altas temperaturas. Se produjeron numerosas retiradas y un helicóptero evacuó a un corredor tras sufrir un golpe de calor.

Una semana después, la Kosta Trail de Sopela (Bizkaia) fue suspendida por seguridad. La decisión se tomó ante la previsión de temperaturas elevadas. El Gobierno Vasco había emitido avisos por fenómenos meteorológicos adversos.

En la zona costera se preveían máximas cercanas a los 36 ºC. A esto se sumaba el riesgo de incendio forestal por el calor y el viento sur. Ambos episodios anticipan un problema cada vez más frecuente.

Ante este panorama, ¿estamos preparados para competir en un escenario tan extremo? ¿Lo están las organizaciones?

Correr con calor: una exigencia fisiológica invisible

Muchos deportistas asocian correr con calor a una simple pérdida de rendimiento. Otros lo ven como una mayor sensación de esfuerzo. Sin embargo, sus efectos fisiológicos son mucho más profundos.

Cuando el termómetro sube, los corredores no solo compiten contra el cronómetro. El verdadero desafío ocurre bajo la piel. Nuestro organismo inicia una carrera paralela para evitar que la temperatura corporal alcance niveles peligrosos.

Para lograrlo, el cuerpo redistribuye el flujo sanguíneo, eleva las pulsaciones y activa la sudoración. El único objetivo es disipar el calor y mantener la temperatura corporal en márgenes seguros.




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Mantener el ritmo bajo el sol implica una carga interna mucho mayor. Diversas investigaciones constatan que el estrés térmico altera nuestro metabolismo. El organismo acelera el consumo de carbohidratos y agota de forma mucho más rápida sus reservas de energía. A ello se suma un incremento en la liberación de hormonas relacionadas con el estrés fisiológico, como el cortisol.

Esta respuesta metabólica y la deshidratación pueden favorecer los mareos o síncopes. Además, aceleran la fatiga neuromuscular. Como consecuencia, perdemos fuerza, coordinación y precisión al tomar decisiones.

Así, cuando el termómetro se dispara, el corredor no solo siente más calor o más fatiga. Su organismo está siendo sometido a una exigencia límite.

El golpe de calor por esfuerzo, un riesgo mortal

La comunidad científica lleva décadas dando la voz de alarma. El Comité Olímpico Internacional sitúa el estrés térmico en primera línea de sus preocupaciones. De hecho, lo califica como uno de los mayores desafíos para el deporte moderno.

Es una seria advertencia que comparte el American College of Sports Medicine. Sus guías oficiales detallan los protocolos para evitar que la actividad física bajo el sol sea una trampa para la salud.

En situaciones extremas, el peligro es real si el cuerpo no logra refrigerarse. Cuando la temperatura interna rebasa la barrera crítica de los 40 ºC, puede desencadenarse un golpe de calor por esfuerzo.

No hablamos de un simple desmayo. Hablamos de una emergencia médica potencialmente mortal. Este cuadro requiere atención sanitaria inmediata.




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Protocolos preventivos frente al calor

Resulta interesante observar lo que ocurre en otros deportes como el canicross, que consiste en correr tirado por un perro. En esta modalidad, los reglamentos incorporan medidas preventivas específicas basadas en la temperatura y la humedad.

Según las condiciones registradas, las organizaciones modifican los eventos. Pueden adelantar horarios, reducir distancias, cambiar recorridos o suspender la competición. La finalidad es actuar antes de que aparezcan situaciones de riesgo para el perro y el corredor.

Evidentemente, los seres humanos y los perros no responden al calor igual. No se trata de trasladar estos protocolos directamente al trail running o carreras de montaña. Sin embargo, el canicross demuestra que se pueden tomar decisiones con criterios objetivos y previos.

Protocolos frente al calor de la Asociación Australiana de Perros de Trineo según la temperatura
Protocolos frente al calor de la Asociación Australiana de Perros de Trineo. A partir de cierta temperatura (en rojo) se recomienda no correr.
ASSA

Las carreras por montaña presentan factores que aumentan la exposición al calor. Destacan los esfuerzos prolongados, los grandes desniveles y las zonas con escasa sombra. También influyen el acceso limitado al agua y las dificultades de evacuación.

Actualmente, la gestión de este riesgo en el trail running suele ser reactiva. Las organizaciones dependen casi siempre de las alertas meteorológicas generales de las autoridades. Sin embargo, el peligro real depende de muchas más variables combinadas.

Por ello, la comunidad científica recomienda utilizar el índice compuesto temperatura de globo y bulbo húmedo o WBGT, por sus siglas en inglés (de wet-bulb globe temperature). Este indicador integra la temperatura, la humedad, la radiación solar y el viento. Así se valora con precisión el estrés térmico que soporta el organismo.

Esquema que explica el índice compuesto temperatura de globo y bulbo húmedo
Explicación del índice compuesto temperatura de globo y bulbo húmedo.
Xabier González Santamaría

Quizá el debate no deba centrarse solo en la existencia de una alerta oficial. Deberíamos evaluar cómo interactúan el clima, el esfuerzo y el recorrido en la salud de los participantes. Este enfoque técnico ofrece un excelente punto de partida para el futuro.

Un nuevo contexto climático

Las carreras por montaña nacieron en un contexto climático diferente al actual. Hoy las temperaturas extremas son mucho más frecuentes y todo indica que seguirán aumentando durante las próximas décadas.

Por ello, la gran pregunta ya no es si el calor afectará al trail running sino cómo queremos gestionar ese riesgo. Organizadores, federaciones y corredores comparten la responsabilidad de adaptarse a esta realidad. Porque cuando hablamos de golpes de calor, el rendimiento deportivo pasa a un segundo plano. Estamos hablando de la salud de los participantes.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Aumenta el riesgo de golpes de calor en las carreras por montaña o ‘trail running’: ¿estamos preparados? – https://theconversation.com/aumenta-el-riesgo-de-golpes-de-calor-en-las-carreras-por-montana-o-trail-running-estamos-preparados-285856

Influenceur sur TikTok, président sur Facebook : la nouvelle stratégie de Jordan Bardella

Source: The Conversation – in French – By Alma-Pierre Bonnet, Senior Lecturer in British Studies, Université Jean Moulin Lyon 3

Si Jordan Bardella est très actif sur les réseaux sociaux préférés de la génération Z, tels que TikTok, YouTube et Instagram, il investit aussi désormais beaucoup de temps sur Facebook. De janvier à mars 2026, les publications du président du Rassemblement national sur ce réseau social ont augmenté de 90 % par rapport à la même période en 2025. Sa stratégie y diffère sensiblement de ce qu’il déploie sur les autres plateformes.


Le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella est aujourd’hui la personnalité politique la plus suivie sur TikTok, après Emmanuel Macron, grâce à une stratégie de communication fondée sur la personnalisation, la viralité et une apparente dépolitisation du contenu. Ses vidéos montrent des scènes de la vie quotidienne : il mange des bonbons, met de la mayonnaise sur un hot-dog, joue à des jeux vidéo, prend un verre, caresse un lapin, etc. Ces clips peuvent générer des millions de vues en quelques heures et s’inscrivent dans une logique de relations parasociales afin de répondre à la demande croissante de lien plus personnel avec les dirigeants politiques.

L’objectif principal sur TikTok semble être générationnel : les jeunes électeurs potentiels ont l’impression de « connaître » Bardella, indépendamment de son programme politique, lui garantissant un « capital politique » personnel, partiellement détaché des controverses historiques du parti. En somme, il adopte les codes de l’industrie des influenceurs pour construire et entretenir une communauté fidèle grâce à une stratégie en quatre volets : image d’authenticité, de proximité, d’accessibilité et de responsabilité (au sens « rendre des comptes » à ses followers).

Sur Facebook, nos recherches montrent que celui qui est aussi député européen du RN se détache de cette image d’influenceur pour tenter d’acquérir une stature présidentielle.

Influenceur sur TikTok, président sur Facebook ?

Facebook touche un public plus large (40 millions d’utilisateurs français sur Facebook en 2026 contre 25 millions pour TikTok), généralement plus âgé et socialement plus diversifié que TikTok.

L’architecture numérique de Facebook, construite autour de fonctionnalités, telles que les « amis » et les « j’aime », ainsi que le « filtrage algorithmique », qui hiérarchise la sélection, la séquence et la visibilité des publications, permettent de mettre en avant la personnalité de ses utilisateurs.

Cela rend Facebook particulièrement attrayant pour les partis d’extrême droite, qui sont généralement organisés selon des structures verticales et hiérarchiques, enclines à favoriser des organisations partisanes centrées autour d’un leader charismatique.

Notre analyse de 452 publications de Jordan Bardella sur Facebook depuis début 2026 révèle que cette plateforme lui permet de se façonner une stature présidentielle d’inspiration gaullienne.

La mise en scène de sa popularité

Une des caractéristiques principales de la communication de Jordan Bardella sur Facebook est le recours à une multitude de publications pour couvrir un seul et même événement (interviews télévisées, séances de dédicaces ou réunions politiques). Ces publications sont mises en ligne en temps réel, ou peu après, ce qui crée une longue succession de messages. Le découpage des extraits en courtes vidéos thématiques donne l’impression que Bardella est prêt à répondre à toutes les questions sur tous les sujets. Il se présente ainsi comme une figure avisée et proactive, contrairement, selon lui, à la classe politique actuelle qu’il accuse d’apathie et de manque d’intérêt pour les gens ordinaires.

Sur le plan terminologique, cette dynamique s’exprime à travers la récurrence du mot « alternance » (52 occurrences), qui suggère que ce changement politique est réalisable dans un cadre démocratique, par opposition à l’idée de « révolution » (aucune occurence), plus facilement associée à l’idée de violence.

S’inscrivant dans le processus de « dédiabolisation », l’image « rassurante » de Bardella s’exprime également dans les nombreuses vidéos de discours prononcés au Parlement européen. Il montre ainsi qu’il peut apporter le changement tout en restant dans un cadre démocratique, s’éloignant à la fois de la stratégie frontiste originelle, consistant à quitter purement et simplement l’Union européenne (UE), et de la rhétorique agressive d’autres leaders populistes, comme le Britannique Nigel Farage.

Ces vidéos de « bains de foule » cherchent à créer l’image d’une lame de fond populaire et d’une cohésion sociale autour de sa personne. Lors de telles occasions (notamment les séances de dédicaces), il s’habille de manière décontractée, ce qui établit un lien avec les gens ordinaires et renforce le fil conducteur de son storytelling : il est issu du peuple et bénéficie d’un soutien populaire important.

Facebook comme arène de la bataille culturelle contre la gauche

Dans 16 % des publications de Bardella sur Facebook (73 posts), la gauche est la cible d’attaques dans ce qui s’apparente à une croisade culturelle où la défense de la civilisation française et de ses valeurs serait en jeu. Le courroux de Bardella vise plus particulièrement l’extrême gauche. La France insoumise (LFI) est, en effet, décrite comme une menace existentielle pour la survie de l’« âme française », trope typique des dirigeants populistes.

Bardella s’érige contre la menace de « bordélisation » de l’extrême gauche -- 23 janvier 2026

Jordan Bardella/Facebook, Fourni par l’auteur

Au-delà de l’opposition idéologique traditionnelle, Bardella accuse le parti de Jean-Luc Mélenchon d’encourager la « bordélisation » de la politique française, un néologisme emprunté à Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, qui n’est pas sans rappeler la « chienlit » gaullienne, afin de se poser en défenseur du droit et de l’ordre.

Une attention forte portée aux relations internationales

Particulièrement actif sur les questions internationales, qui occupent 27 % de ses publications, Bardella se montre notamment très critique à l’égard de ce qu’il qualifie d’ingérence américaine et réclame une souveraineté totale de la France en matière de dépenses militaires et d’interventions à l’étranger.

Le 29 janvier 2026, par exemple, un extrait d’interview montre Jordan Bardella interrogé sur le revirement de la ligne de son parti concernant Donald Trump. Le président du RN y affirme qu’il n’a de « fascination pour personne » et que si le second mandat de Trump est une bonne nouvelle pour les États-Unis, c’est une « très mauvaise nouvelle » pour la France, car il renforce le processus de « vassalisation » amorcé par le gouvernement Macron.

Le terme « vassalisation » évoque le refus de Charles de Gaulle de devenir un « vassal » des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Cette référence intertextuelle permet à Bardella de s’éloigner des controverses du parti, dans une stratégie plus ouvertement présidentielle.

Bardella parle de la « vassalisation » du gouvernement français actuel -- 29 janvier 2026
Bardella évoquant la « vassalisation » de la France à l’égard des États-Unis, voulue selon lui par le gouvernement français – 29 janvier 2026.
Jordan Bardella/Facebook, Fourni par l’auteur

Une absence de Marine Le Pen qui en dit long

Enfin, dans l’ensemble des publications analysées, Marine Le Pen n’est évoquée qu’à 26 reprises (5,7 %) dont 20 fois au Salon de l’agriculture où elle partage la photo avec Jordan Bardella. En contraste, les publications assurant la promotion personnelle de Bardella (séances de dédicace, sondage de popularité) comptent pour près de 15 % des posts.

De même, 19 % des publications (86) expriment son soutien aux candidats RN, ce qui lui donne une stature d’autorité suprême au sein du parti lepéniste.

Le jeu du contre-récit

Le storytelling de Bardella sur Facebook met en scène un homme issu du peuple, un outsider politique providentiel, qui a identifié les différentes menaces pesant sur la nation française (perte de souveraineté, immigration, extrême gauche, etc.) et qui est prêt à y faire face, dans un cadre démocratique, consolidant ainsi la normalisation de son parti.

Cet imaginaire entre en contradiction avec le discours officiel du parti d’extrême droite, qui fait de Jordan Bardella un simple numéro deux du RN, alors que Marine Le Pen ignore, à ce stade, si la Cour d’appel de Paris l’autorisera à être candidate à l’élection présidentielle en 2027.

2027, un tournant décisif pour la France… et pour Bardella (sans Marine Le Pen ?) -- 26 janvier 2026
« 2027, un tournant décisif pour la France… » ou pour Jordan Bardella, sans Marine Le Pen ? – 25 janvier 2026.
Jordan Bardella/Facebook, Fourni par l’auteur

The Conversation

Alma-Pierre Bonnet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Influenceur sur TikTok, président sur Facebook : la nouvelle stratégie de Jordan Bardella – https://theconversation.com/influenceur-sur-tiktok-president-sur-facebook-la-nouvelle-strategie-de-jordan-bardella-282575