Blanchiment d’argent : l’illusion de la transparence des cryptomonnaies

Source: The Conversation – in French – By Jean-Marc Figuet, Professeur d’économie, ISG Lab, Université de Bordeaux

Une adresse publique sur la blockchain se crée en quelques secondes, sans pièce d’identité, avec une clé privée connue uniquement du propriétaire des cryptoactifs. Max Acronym/Shutterstock

Une affirmation revient souvent : les criminels du monde entier utilisent les cryptomonnaies pour blanchir l’argent, en toute impunité. En effet, s’il est facile de tracer les échanges financiers via les blockchains, impossible d’identifier les personnes sans la coopération des acteurs comme Binance, Tether ou les prestataires de paiements. Car sur la blockchain, on peut tout voir sans savoir qui agit.


La promesse des blockchains publiques, comme Bitcoin ou Ethereum, est aussi simple qu’audacieuse : chaque transaction y est enregistrée, horodatée et visible par tous. À première vue, c’est un avantage décisif pour les enquêteurs financiers. À première vue seulement, car cette transparence se révèle souvent trompeuse. Si le registre décentralisé est public, les identités derrière les adresses restent inaccessibles sans intermédiaire.

Publiée en novembre 2025, l’enquête internationale The Coin Laundry (ICIJ) montre comment ce « paradoxe crypto » alimente une économie criminelle mondialisée, et comment l’identification des personnes dépend, en pratique, du bon vouloir d’intermédiaires privés, comme les plateformes (Binance) ou les guichets de conversion crypto-to-cash desks. Ces guichets sont des opérateurs, tels que Huione Guarantee ou Tether Operations Limited, souvent localisés dans des paradis fiscaux. Ces derniers convertissent des cryptoactifs en monnaie fiduciaire – euros, dollars – ou en actifs tangibles – or, immobilier – sans vérification systématique d’identité.

On peut tout voir sans savoir qui agit. Car la blockchain affiche seulement des transferts de crypto, pas des identités. Cet écart entre la traçabilité technique et la responsabilité juridique permet aux réseaux criminels de prospérer ; la transparence des flux ne garantit ni l’identification des acteurs, ni l’effectivité des contrôles.

Alors, comment concrètement ces transactions fonctionnent-elles ?

Piège de la pseudonymie

Sur une blockchain publique, l’unité de base n’est pas l’individu, mais l’adresse publique, c’est-à-dire une suite de caractères. Par exemple, 1A1zP1eP5QGefi2DMPTfTL5SLmv**** sur la blockchain Bitcoin. Cette adresse publique se crée en quelques secondes, sans pièce d’identité, en quantité illimitée. Elle est associée à une clé privée, par exemple L5oLkpXH3Z55rVgQv8gQJQ5v9X8fLpW7tQeNqW3TbKbYsZ1P**** qui elle, n’est connue que du propriétaire des cryptoactifs.

Les réseaux criminels exploitent cette pseudonymie en multipliant les adresses, en fragmentant les montants et en automatisant les transferts via des « services » variés – mixing, swaps décentralisés ou bridges. Le plus connu est le mixing, utilisé pour brouiller les traces des transactions en crypto.

Le mixing, une technique utilisée pour brouiller les traces des transactions sur une blockchain, suit un process complexe :
  • 1. Le dépôt des fonds : un utilisateur envoie ses crypto à une adresse pool gérée par un service de mixing, comme Tornado Cash.
  • 2. Le mélange des fonds : le service mélange ces crypto avec celles d’autres utilisateurs.
  • 3. La redistribution des fonds : après un délai aléatoire, le service renvoie les fonds, mais provenant d’autres adresses, vers une nouvelle adresse désignée par l’utilisateur, ce qui rend impossible le suivi des fonds originaux.

Le mixeur Tornado Cash a permis le blanchiment de plusieurs milliards de dollars en 2022 et 2023, dont certains directement liés à des cyberattaques et des ransomwares. En 2022, le groupe Lazarus, lié à la Corée du Nord, a utilisé un mixeur pour blanchir 615 millions de dollars (plus de 520 millions d’euros) volés lors du piratage du jeu Axie Infinity. Les hackers ont subtilisé des Ethereum (ETH) et les ont envoyés à Tornado Cash qui a fragmenté puis redistribué ces ETH vers des centaines d’adresses différentes, rendant le suivi impossible. Les fonds ont ensuite été convertis en monnaie fiduciaire via des guichets asiatiques ou réinvestis dans des casinos en ligne.

Relier une adresse à une identité

Les cellules de renseignements publiques comme Tracfin en France, Europol dans l’Union européenne, ou privées telles que Chainanalysis utilisée par le FBI ou Interpol peuvent identifier des schémas de blanchiment sur la blockchain. Mais relier une adresse à une identité relève de la seule volonté de l’intermédiaire.

Un exemple rapporté par l’ICIJ illustre ce piège. Entre juillet 2024 et juillet 2025, des adresses associées au groupe cambodgien Huione ont transféré au moins 408 millions de dollars (345,8 millions d’euros) en stablecoins USDT vers des comptes clients sur Binance. Ces transactions se sont poursuivies malgré le classement d’Huione en tant qu’entité majeure de blanchiment d’argent, ou primary money laundering concern, dès le 1er mai 2025, par le Financial Crimes Enforcement Network, un département du Trésor américain.

La visibilité des transactions n’est pas en cause. Ce qui l’est, c’est la difficulté à convertir cette visibilité en attribution fiable et en action rapide, comme le gel, la saisie ou les poursuites.

Les intermédiaires, le talon d’Achille de la traçabilité

Tant que les fonds en cryptomonnaie restent dans la blockchain (« on-chain »), leur traçabilité est totale. En revanche, dès que les fonds sortent de la blockchain (« off-chain ») par une conversion en monnaie légale ou l’achat d’actifs financiers… tout dépend des intermédiaires (plateformes, prestataires de paiement…). Ces derniers jouent un rôle comparable à celui de douaniers. Eux seuls peuvent relier une adresse à une identité, condition indispensable pour déclencher une action judiciaire.




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L’enquête de l’ICIJ insiste sur une réalité moins technologique qu’institutionnelle. Même lorsque des signaux d’alerte existent, la réaction des intermédiaires peut être tardive, incomplète ou absente. Leur activité demeure structurée par un modèle économique fondé sur les volumes et les frais.

Binance, la principale plateforme, a généré plus de 17 milliards de dollars (14,4 milliards d’euros) de commissions sur les transactions en 2023. Cela crée une tension durable entre la croissance des flux, génératrice de revenus, et la traque des flux illicites. Comme le secret bancaire suisse dans les années 1990, les intermédiaires crypto aujourd’hui privilégient la rentabilité à court terme au détriment de la lutte contre la criminalité financière.

La différence ? Leur modèle est encore plus difficile à réguler, car il repose sur une technologie conçue pour contourner les contrôles.

Trois obstacles se cumulent.

Complexité technique

Les fonds peuvent changer de libellé, circuler via des services de swaps qui permettent d’échanger instantanément une cryptomonnaie contre une autre, franchir des ponts entre blockchains, ou emprunter des infrastructures décentralisées. Chaque étape n’efface pas la trace, mais multiplie les embranchements, donc les hypothèses, et accroît la difficulté probatoire.

Fragmentation juridique

Les plateformes, les prestataires et les serveurs sont dispersés géographiquement. L’entraide judiciaire internationale est lente. Et certaines juridictions sont peu coopératives, notamment dans les paradis fiscaux.

Asymétries économique et temporelle

Un criminel peut créer une nouvelle adresse en quelques clics alors qu’un enquêteur doit engager des procédures multiples dont l’issue est incertaine. L’ICIJ souligne l’émergence de crypto-to-cash desks qui permettent de convertir de grosses sommes de crypto en cash, avec des contrôles variables.

Un indicateur aide à saisir l’ampleur du phénomène. Pour 2024, l’Internet Crime Complaint Center du FBI estime à 9,3 milliards de dollars (7,8 milliards d’euros) les pertes déclarées par des victimes de crimes liés aux cryptomonnaies. Au-delà du chiffre, cela dit la vitesse d’adaptation des fraudeurs et la pression sur les capacités d’enquête.

La régulation européenne en progrès

L’Union européenne a créé deux instruments majeurs pour renforcent la traçabilité aux points d’entrée et de sortie du système régulé.

Le règlement européen Markets in Crypto-Assets, dit MiCA encadre les prestataires de services sur crypto-actifs via un régime d’autorisation depuis le 30 décembre 2024. Il crée de fait des exigences de gouvernance et des obligations de conformité.




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La règle du « voyage des fonds » (règlement UE 2023/1113) impose, depuis le 30 décembre 2024, que certaines informations accompagnent les transferts afin de réduire l’opacité des flux dans les circuits régulés.

Leurs limites sont intrinsèques. Ils ne couvrent ni les échanges de pair à pair qui se réalisent sans intermédiaire (via des groupes Telegram), ni les plateformes offshore, localisées dans des paradis fiscaux, ni les portefeuilles auto-hébergés (MetaMask, Ledger…) où l’utilisateur contrôle seul ses clés.

En clair, la réglementation sécurise le pont sans combler les fossés.

La transparence ne suffit pas

Affirmer que « la blockchain est transparente » est un leurre. Cette transparence ne porte que sur les mouvements de fonds, jamais sur les acteurs et sur leur identité. La lutte contre le blanchiment se joue aux marges du système, c’est-à-dire dans la rigueur des contrôles Know Your Customer, la réactivité des plateformes, et la coopération internationale.

Trois priorités semblent aujourd’hui s’imposer :

  • harmoniser les règles pour éviter l’arbitrage entre des juridictions permissives et d’autres, strictes ;

  • doter les enquêteurs de moyens techniques et juridiques adaptés ;

  • sanctionner réellement les intermédiaires défaillants, afin de transformer la transparence en responsabilité.

Au vu de l’expérience de la coopération internationale pour lutter contre les paradis fiscaux, on peut supposer que le chemin sera, sans nul doute, périlleux pour atteindre ces priorités. Sans elles, la blockchain restera un registre ouvert où les criminels savent tourner les pages sans y laisser leur nom.

The Conversation

Jean-Marc Figuet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Blanchiment d’argent : l’illusion de la transparence des cryptomonnaies – https://theconversation.com/blanchiment-dargent-lillusion-de-la-transparence-des-cryptomonnaies-273051

Cuando ir a trabajar produce terror: violencia e impunidad hacia los temporeros en el campo de Huelva

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Castillo Rojas-Marcos, Investigador en Estudios Migratorios y Sociología, Universidad Pontificia Comillas

Diegyms/Shutterstock

Algunas de las transformaciones sociales más profundas de los últimos tiempos, incluyendo los cambios en las relaciones entre hombres y mujeres o la menor estigmatización de grupos históricamente marginados, comenzaron con una toma de conciencia colectiva sobre violencias que, hasta ese momento, la mayoría no veíamos.

A veces se trata de comportamientos cotidianos, cuyo efecto violento sobre quien los recibe no reconocíamos. En otras ocasiones, hablamos de violencias que simplemente desconocíamos o no éramos conscientes de su frecuencia y envergadura. En todos los casos, la llave que abre la primera puerta hacia una revisión profunda de las prácticas sociales es denunciar y visibilizar lo que ocurre. Lograr, al menos, que nadie pueda volver a afirmar de forma creíble que no sabía lo que pasaba.

Un ámbito atravesado por fuertes violencias invisibles al debate público son las relaciones laborales. Sobre todo en empleos de clase trabajadora (de baja remuneración y estatus simbólico, que muy a la ligera solemos llamar “no cualificados”), el día a día a veces incluye verdaderos relatos de terror, incluyendo acoso, violaciones flagrantes de los derechos laborales o persecución de la actividad sindical, todo ello a manos de las empresas.

Una muestra abundante, variada y difícilmente contestable de todo ello puede consultarse, por ejemplo, en Abusos Patronales, un repositorio de testimonios acumulados durante años por un grupo de investigadores de la UPO y otras universidades.

Se ha estudiado también desde las ciencias sociales la incidencia y gravedad del trato abusivo y violento hacia las trabajadoras domésticas, en trabajos como estos.

Un hallazgo casi casual

En una investigación reciente con temporeros migrantes del sector de la fresa de Huelva, los hallazgos han sido verdaderamente preocupantes. Lo cierto es que (a pesar de cierta notoriedad pública y mediática de los abusos en este contexto) obtuvimos un resultado emergente que no esperábamos en una investigación sobre determinantes sociales de la salud.

Aunque nuestro guión de entrevista original ni siquiera incluía preguntas al respecto, uno de los temas que más mencionaban los trabajadores era el trato abusivo recibido en muchas empresas. Los resultados completos del estudio pueden consultarse en este informe; aquí simplemente revisaré algunos hallazgos relacionados con esa violencia empresarial cotidiana.

Una parte enorme de los trabajadores contaban cómo el modus operandi de muchos manijeros (los capataces que supervisan cuadrillas de decenas de temporeros) consiste en gritar, insultar y atosigar a los trabajadores, dándoles un trato humillante, a veces dirigido señalar a quien va algo más lento en el trabajo.

Gritos e insultos a diario

Resulta ilustrativo el hecho de que varias trabajadoras marroquíes que no hablaban prácticamente una palabra de español, habían aprendido sin embargo perfectamente a pronunciar insultos a fuerza de escucharlos a diario.

Me gustaría que quien lea esto se tome un momento para intentar visualizar la experiencia que describo. Lleva una, dos, tres, seis horas… con la espalda arqueada en todo momento para recoger unas fresas que crecen a ras de suelo, dolorido por lo forzado de la postura, bajo el sol de justicia de la primavera andaluza y el bochorno pegajoso del invernadero. Y, por si no fuera ya suficientemente duro en lo físico, tiene en todo momento al lado a alguien que le atosiga, le grita y le insulta y humilla delante de los compañeros.

En muchos testimonios esto último es, en realidad, lo verdaderamente difícil de sobrellevar. Más que la dureza del trabajo, su inestabilidad, los salarios o las viviendas hacinadas, la gota que acaba colmando el vaso de la rabia o la angustia es el trato recibido.

Esto no significa que todas las empresa se comporten de esta forma. Pero para quienes lo hacen el clima de impunidad es total: aislamiento espacial en fincas remotas, miedo de los trabajadores a perder la única fuente de ingresos a la que tienen acceso, escasa supervisión institucional…

Por otra parte, esta violencia verbal es la más habitual, pero no la única ni la más grave. El mismo clima de impunidad que habilita a insultar permite también ir mucho más allá. Hemos encontrado, entre otras cosas, trabajadoras a quienes les secuestran el pasaporte como medida de control; a quienes el jefe, en plena discusión, empuja a un charco de barro o da una bofetada u otras a quienes el manijero presiona en el costado con un palo de madera cuando son las más lentas de la cuadrilla.

La mayoría de estos casos más extremos se dan contra mujeres trabajadoras, marroquíes y sin permiso de residencia permanente: a más vulnerabilidades, más agresores impunes. Respecto a las violencias sexuales, ninguna entrevistada nos relató experiencias en primera persona (punto ciego, quizá, provocado por haber sido hombres quienes hacíamos las entrevistas), pero muchas afirman saber que ocurren y que hasta son frecuentes en las fincas.

No son casos aislados

A veces, algún caso de abusos en esta línea o más graves, en Huelva o en enclaves agroindustriales similares, logra saltar del silencio y aislamiento de las fincas al debate público, aunque sea momentáneamente, y va quedando cierto poso de conciencia sobre las malas condiciones de vida y de trabajo. Pero siempre se nos presentan como casos aislados, acciones puntuales de algún individuo monstruoso.

Nunca vemos (o elegimos no ver, o se esfuerzan para que no veamos) que lo que hace posible esas agresiones es una estructura productiva, a su vez apoyada en una estratificación social racial, de la que todas las empresas del sector, también las que no agreden de esa manera, se están beneficiando.

Es la desigualdad abismal de poder en las relaciones laborales, diseñada por las empresas y la administración para maximizar la rentabilidad del sector, la que produce un clima de impunidad que abre la puerta al horror.

The Conversation

Juan Castillo Rojas-Marcos recibe fondos del proyecto europeo de investigación ‘SafeHabitus: Strengthening Farm Health and Safety Knowledge Innovation Systems (GA 101084270)’, financiado a su vez a través de la convocatoria Horizon Europe de la Comisión Europea.

ref. Cuando ir a trabajar produce terror: violencia e impunidad hacia los temporeros en el campo de Huelva – https://theconversation.com/cuando-ir-a-trabajar-produce-terror-violencia-e-impunidad-hacia-los-temporeros-en-el-campo-de-huelva-273547

Japan’s rock star leader now has the political backing to push a bold agenda. Will she deliver?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Adam Simpson, Senior Lecturer in International Studies in the School of Society and Culture, Adelaide University

Japanese Prime Minister Sanae Takaichi has delivered her Liberal Democratic Party (LDP) a landslide victory in the parliamentary elections she called shortly after taking office.

Now that she has consolidated her power in Japan’s legislature (called the Diet), the big question is what she will do with it.

Since her ascent to the prime ministership in a parliamentary vote in October, the ultra conservative Takaichi has upended the normally staid Japanese political system.

She has connected with younger voters like no other Japanese leader in recent history with her savvy social media presence, iconic fashion sense and diplomatic flair. (In a literal rock-star moment, she showed off her drumming skills in a jam session with South Korea’s leader.)

Japanese Prime Minister Takaichi Sanae and South Korean President Lee Jae Myung on the drums together.

Takaichi has cannily taken advantage of the honeymoon phase of her leadership by calling a snap election to gain more power in the Diet before there’s a dip in her popularity.

However, voters will now expect to see a return on their investment, and Takaichi faces the much more daunting task of delivering on her promises. Improving living standards in a country with a rapidly shrinking workforce and ageing population without mass immigration will test her political skills much more than winning an election.

An unlikely election victory

Although Takaichi’s LDP has been in government for most of Japan’s post-war history, it has recently experienced a string of poor election results.

In 2024, it lost the lower house majority it held with its then-coalition partner, Komeito, after a series of corruption scandals. Then, last year, the coalition lost its majority in the upper house, leaving the government hanging by a thread.

The party began its remarkable turnaround following then-Prime Minister Shigeru Ishiba’s resignation in September in the wake of those electoral setbacks.

Many pre-election polls predicted a sizeable victory for the LDP and its new coalition partner, Nippon Ishin (the Japan Innovation Party). Takaichi also received a boost with an endorsement from US President Donald Trump. Although the Japanese public views Trump unfavourably, they also know the US is their ultimate security guarantor against China, in addition to Japan’s largest export destination.

Nevertheless, there were some doubts about whether Takaichi’s popularity, particularly among younger voters, would translate into votes.

In the end, her electoral gold dust rubbed off on the rest of her party. Despite freezing temperatures and record snow in places, the LDP has been comfortably returned to office with a vastly increased majority in the lower house. The coalition now has a two-thirds super-majority, which means she can override the upper house to push through her legislative agenda.

A more assertive posture on China?

Since becoming prime minister, the hawkish Takaichi has taken an assertive position towards China.

In November, she angered Beijing by saying Japan could intervene militarily to help protect Taiwan in the face of a potential Chinese invasion. This resulted in vicious Chinese attacks on Takaichi that continued into the new year.

While the Japanese public is divided over whether to come to Taiwan’s aid in any conflict with China, there is now strong support for Takaichi’s pledge to increase the defence budget to 2% of GDP by this March, two years ahead of schedule.

In December, the Cabinet approved a 9.4% increase in defence spending to achieve this objective, focusing on domestic production and advanced capabilities (cyber, space, long-range strikes).

In response to rising threats from China, North Korea and Russia, Takaichi’s government also plans to revise Japan’s core security and defence strategies this year.

Economic woes front and centre

As much as defence matters, Takaichi will ultimately be judged by the public when it comes to economic policy.

The public is increasingly concerned about rising inflation and stagnant wages leading to falling living standards.

A vivid illustration of this: the price of rice has doubled since 2024, hitting a new high last month. Public anger over rising rice prices even brought down the farm minister last year.

Inflation has been above the Bank of Japan’s 2% target for 45 straight months. And though nominal wages have recently picked up, real incomes have been decreasing for the last four years.

Takaichi has made tackling the cost of living a priority. She has vowed to suspend Japan’s 8% food tax for two years. And last year, her government announced a massive US$135 billion (A$192 billion) stimulus package, including subsidies for electricity and gas bills.

However, these policies will increase the government’s budget deficit, adding to the country’s already sky-high public debt levels.

And last month, Japanese government bond prices collapsed after Takaichi called the election, with the markets predicting a LDP win would result in looser fiscal policy and higher government debt.

The Bank of Japan is unlikely to intervene to support the bond market in any future crisis, which will leave the government with higher borrowing costs, further increasing public debt.

Japan also faces enormous challenges related to its shrinking population and workforce.

It is too early to know whether Takaichi has the answers to these challenges. But she now has the power, authority and freedom to boldly pursue her policy agenda. Now she will need to deliver the kind of change the electorate expects.

The Conversation

Adam Simpson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Japan’s rock star leader now has the political backing to push a bold agenda. Will she deliver? – https://theconversation.com/japans-rock-star-leader-now-has-the-political-backing-to-push-a-bold-agenda-will-she-deliver-274015

Qué es la diabetes tipo 5, la nueva variante vinculada a la desnutrición y la pobreza

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gonzalo Martín Pérez Arana, Profesor Titular de Anatomía y Embriología Humanas, Universidad de Cádiz

PeopleImages.com /Shutterstock

La diabetes mellitus es una enfermedad que provoca unos niveles de azúcar en sangre elevados. Hoy día la variante más común es la diabetes tipo 2, muy asociada al estilo de vida de los países desarrollados. Sin embargo, es menos conocido que la desnutrición también puede causar esta patología. Recientemente se ha reconocido una nueva variante relacionada con una dieta pobre: la diabetes tipo 5.

Quizá conozca a alguien con diabetes tipo 2. Esta variante está asociada al sedentarismo, la dieta rica en carbohidratos y grasas y, en definitiva, a la obesidad. Todas estas condiciones favorecen el agotamiento del páncreas, que pierde su capacidad de producir insulina, la hormona necesaria para mantener unos adecuados niveles de glucosa en sangre.

Por su relación con la obesidad, la diabetes tipo 2 se ha convertido en un quebradero de cabeza para las instituciones sanitarias occidentales. Según las previsiones, en el año 2050 se esperan 140 millones de diabéticos tipo 2 en Europa y Estados Unidos. El costo sociosanitario de estos pacientes se estima en 8 600 millones de euros anuales solo en España. Es algo difícil de sostener incluso para el más robusto sistema nacional de salud.

La diabetes tipo 5

Paradójicamente, hace unos meses los expertos han reconocido oficialmente una nueva variante de la diabetes. Se trata de la diabetes tipo 5 –los tipos 3 y 4 se usan más en un contexto académico, por lo que no los explicaremos en este artículo–.

La diabetes tipo 5 se define como aquella forma de diabetes debida a un déficit de producción de insulina en el páncreas, pero asociado a la desnutrición prolongada en niños y adolescentes. No se trata de algo recién descubierto: los expertos no han hecho sino nombrar una enfermedad que ya se trataba en los países en vías de desarrollo de la mejor manera posible desde hace años. La cifra de afectados, aunque se estima elevada, se desconoce oficialmente.

Resulta irónico que dos situaciones antagónicas (la dieta hipercalórica frente a la dieta pobre y la desnutrición) puedan conducir, por caminos distintos, a un fenómeno común. Tanto en países ricos –tipo 2– como en los que se encuentran en vías de desarrollo –tipo 5– el problema subyacente es la pérdida de producción de insulina en los pacientes.

¿Qué podemos hacer?

Conocida desde la Antigüedad, desde entonces los tratamientos han sido muchos y variados. Ya en época romana el médico y enciclopedista Aulo Cornelio Celso prescribía dieta y ejercicio. Más adelante, desde la segunda mitad del siglo XX, se recurrió a los antidiabéticos orales y a la insulina exógena.

Hoy existe un punto en común que lleva al incremento de ambos tipos de diabetes, tanto la de tipo 2 como la de tipo 5. Nos referimos a los bajos ingresos en la población.

En los países pobres, estos limitan el acceso a cualquier tipo de alimento y condenan a la malnutrición crónica a niños y adolescentes, lo que favorece los casos de diabetes tipo 5. En los países desarrollados, un estrato cada vez mayor de la población tiene dificultades para acceder a los alimentos frescos y de calidad. Como resultado, basan su dieta en productos ultraprocesados y ricos en azúcares, mucho más baratos. Esto, unido al estilo de vida sedentario, favorece un incremento en la prevalencia de la obesidad, acompañada de una de sus mayores complicaciones: la diabetes tipo 2.

Para enfrentarnos a esto, un primer paso debe ser el tratamiento de los pacientes de ambas formas de diabetes. Este resulta, en muchos casos, parecido: implica apoyo nutricional y uso de fármacos antidiabéticos orales.

Pero lo que parece sencillo en Occidente supone una dificultad en los países subdesarrollados. Por un lado, por la imposibilidad económica para adquirir los fármacos y su disponibilidad en cantidades suficientes. Por otro, por la limitada capacidad de distribución y mantenimiento, ya que algunos requieren conservación en frío.

Aun así, se están implementando programas desde organismos internacionales como el Pacto Mundial contra la Diabetes de la OMS y las campañas de la World Diabetes Foundation – WDF para facilitar ese acceso.

Facilitar el acceso a una alimentación sana

Más allá de esto, hace también falta una estrategia común para frenar la expansión de las dos variantes de la diabetes. Esta pasa por facilitar el acceso a una alimentación sana y de calidad en ambos casos. En los países occidentales, podría concretarse con medidas encaminadas a la disminución del precio de productos frescos y sanos. Por ejemplo, mediante reducciones de impuestos o bonificaciones en su compra para las rentas más bajas. Todo ello junto a políticas de concienciación y educación dietética y nutricional para el público.

En los países más pobres resulta más complicado. Estas son algunas medidas que pueden ayudar a paliar la lacra de la diabetes tipo 5:

  • El apoyo a los pequeños productores locales.

  • La implementación de proyectos de innovación agrícola y ganadera.

  • Medidas directas de ayuda y protección social a colectivos vulnerables como niños y adolescentes.

De esta forma se podría facilitar el acceso a una dieta idónea a la población. Como resultado, se reducirían los casos de malnutrición y de diabetes tipo 5. Desde luego, todo ello implicará un arduo trabajo para años venideros.

La diabetes no hace sino recordarnos que dos realidades tan alejadas como la del primer y el tercer mundo a veces sufren problemas que, aunque pueden presentar distinto rostro, comparten raíces comunes.

The Conversation

Gonzalo Martín Pérez Arana no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Qué es la diabetes tipo 5, la nueva variante vinculada a la desnutrición y la pobreza – https://theconversation.com/que-es-la-diabetes-tipo-5-la-nueva-variante-vinculada-a-la-desnutricion-y-la-pobreza-271171

¿Por qué solo cabe un número determinado de canciones en un vinilo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paula Lamo, Profesora e investigadora, Universidad de Cantabria

Przemek Klos/Shutterstock

Los vinilos han vuelto. No es un gesto nostálgico aislado. Podemos considerarlo un objeto cultural que hoy convive sin complejos con Spotify, TikTok y algoritmos que recomiendan música mejor que cualquiera de nuestros amigos más culturetas.

El ritual para utilizarlo es sencillo: sacar el disco de la funda, colocarlo con cuidado en el tocadiscos, bajar la aguja y… aceptar algo que hemos dejado de asumir en la era digital, que la música tiene límites físicos.

La pregunta es tan sencilla que casi parece ingenua: ¿por qué en un vinilo solo caben un número determinado de canciones? ¿Por qué no podemos grabar horas y horas de música, como hacemos en una memoria USB?

La música escrita en surcos

Un disco de vinilo no “almacena” música como lo hace un archivo digital. No hay bits, ni ceros y unos, ni compresión MP3. La información sonora está grabada físicamente en forma de surco en espiral que va desde el borde exterior hasta el centro del disco.

Ese surco no es decorativo. Sus variaciones microscópicas reproducen directamente las vibraciones del sonido original de forma que, cuando la aguja del tocadiscos recorre el surco, esas irregularidades se transforman en movimiento mecánico, luego en señal eléctrica y finalmente en sonido. Es un proceso elegantemente simple y brutalmente dependiente de las leyes de la física.

Partes del surco de un disco de vinilo vistas con un microscopio.
Partes del surco de un disco de vinilo vistas con un microscopio.
Alexander Klepnev/Wikimedia Commons, CC BY

¿Sencillo de entender cómo funciona? Pues aquí aparece la primera limitación fundamental: el espacio. Un vinilo tiene un diámetro finito y, por tanto, una longitud máxima de surco. Para meter más música solo hay tres opciones posibles:

● Hacer el surco más largo (imposible sin aumentar el tamaño del disco).

● Hacer que el surco sea más estrecho y esté más cerca del anterior.

● Reducir la información que se graba en cada instante.

Las dos últimas opciones tienen consecuencias.

Más minutos, menos calidad

Si los surcos se colocan más juntos, la aguja tiene menos margen para moverse sin interferir con el surco vecino. Eso obliga a reducir la amplitud de las variaciones (o dicho de otra manera, a grabar un sonido más “plano”). Menos volumen, menos rango dinámico, menos graves. El resultado son más minutos por cara, sí, pero a costa de perder calidad sonora.

Por eso los discos de 12 pulgadas suelen girar a 33 revoluciones por minuto y ofrecen unos 18–22 minutos por cara con buena calidad, mientras que los singles de 7 pulgadas a 45 rpm apenas duran unos minutos, pero suenan más “potentes”. No es una decisión estética. Es ingeniería pura.

¿Por qué? Porque, en el fondo, cada vinilo es un compromiso entre duración y fidelidad.

Imagen de una aguja sobre un vinilo.

crispyphoto/Shutterstock

La física no negocia

Estas limitaciones no son arbitrarias ni fruto de una mala decisión de diseño. No es que alguien decidiera fastidiarnos y limitar el número de canciones por disco. Es que la materia, la energía y el espacio imponen reglas.

Son las mismas reglas que impiden que cualquier dispositivo pueda, por ejemplo, soportar la inteligencia artificial. Aunque la idea de que todo proceso industrial deba incorporar IA sea seductora, hay una realidad física y computacional que no se puede ignorar.

Un modelo de inteligencia artificial necesita recursos: potencia de cálculo, memoria, almacenamiento, energía y capacidad de disipar calor. Un sensor IoT alimentado por batería no está diseñado para ejecutar redes neuronales complejas, igual que un surco de vinilo no puede vibrar indefinidamente sin perder información.

En ingeniería, el contexto lo es todo.


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Lo que los vinilos nos siguen enseñando

El regreso del vinilo no es solo una moda hipster ni una nostalgia romántica. Es, también, un recordatorio físico de algo que a veces olvidamos en la era digital: la tecnología siempre está limitada por el soporte.

Hoy almacenamos música en la nube y damos por hecho (erróneamente) que el espacio es infinito. Pero no lo es. Solo está escondido en centros de datos que consumen enormes cantidades de energía y recursos. Igual que la IA “gratuita” no es gratuita y en realidad se apoya en infraestructuras muy costosas.

El vinilo nos obliga a ver el límite. A aceptar que no todo cabe. A elegir. Y esa es, quizá, la lección más interesante para la tecnología actual: no todo dispositivo necesita IA, no todo proceso debe ser inteligente, y no todo sistema mejora por añadir complejidad.

A veces, como en un buen disco, menos es más.

The Conversation

Este trabajo ha sido apoyado por el Gobierno Regional de Cantabria y financiado por la UE bajo el proyecto de investigación 2023-TCN-008 UETAI. También, este trabajo fue financiado por el Ministerio de Ciencia e Innovación de España MICIU/AEI/10.13039/501100011033 y por FEDER, UE bajo el proyecto de investigación PID2021-128941OB-I00, “Transformación Energética Eficiente en Entornos Industriales”.

ref. ¿Por qué solo cabe un número determinado de canciones en un vinilo? – https://theconversation.com/por-que-solo-cabe-un-numero-determinado-de-canciones-en-un-vinilo-274787

La literatura infantil no necesita espacios seguros, sino espacios ‘valientes’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marina Garcia-Castillo, PhD candidate, Universitat de Vic – Universitat Central de Catalunya

Cristina Zafra

Imaginemos que un libro infantil es una casa. Dentro, hay espejos donde niños y niñas se reconocen, ventanas que muestran otras vidas y puertas que invitan a mundos distintos. Pero no todas las habitaciones son cómodas. Hay espejos que devuelven imágenes distorsionadas, ventanas que muestran situaciones injustas y puertas que conducen a realidades difíciles.

¿Qué hacemos cuando la lectura incomoda? ¿Apartamos a la infancia de esas historias, o la acompañamos a leerlas con mirada crítica?

Estas son algunas de las preguntas que plantea Zoom Out, un proyecto Erasmus+ que aborda desigualdades en las escuelas mediante la literatura infantil.

En el trabajo con las escuelas hemos observado que, al igual que en algunos libros, en las aulas existen desigualdades. Retirar esos libros no hace que desaparezcan. En cambio, conversar alrededor de ellos y crear espacios donde el alumnado pueda pensar, nombrar y cuestionar puede servir para hacer visibles desigualdades presentes y pensarlas colectivamente.

Lo que no se puede decir en clase

Muchos niños y niñas no tienen el lenguaje ni el espacio para hablar de las desigualdades que les atraviesan. Esto se hizo evidente durante uno de los talleres.

Al pedir al alumnado que se dibujara durante una adaptación de la actividad El mapa de quién soy, un niño empezó a decir “Soy negro…” y se tapó la boca. Miró a la tallerista y corrigió: “Perdón, no se puede decir negro; cogeré el color marrón”.

En la escuela había aprendido que “negro” era un insulto. Su incomodidad surgía de la dificultad para nombrar parte de su experiencia sin miedo a usar una palabra incorrecta y racista. Lo que estaba en juego no era el dibujo, sino los límites del lenguaje socialmente aceptado en la escuela para nombrarse.

¿Cerrar el libro o abrir el debate?

Situaciones como esta plantean una cuestión recurrente en las aulas: ¿qué hacemos con libros que muestran racismo, como Tintín en el Congo, sexismo, como La Cenicienta, o colonialismo, como Robinson Crusoe? En muchos casos, estos textos se dejan de lado por considerarse problemáticos, desactualizados o difíciles de trabajar en clase.

En ese marco aparece con frecuencia la idea de “protección”, entendida como la necesidad de evitar determinados contenidos o conversaciones. Pero, como se pregunta la escritora Laure Murat: ¿qué sabemos realmente sobre la fragilidad de los niños?

Espacios seguros, ¿espacios limitantes?

Estas reflexiones han aparecido en las escuelas que han participado en Zoom Out. El concepto de “espacio seguro” nos ayuda a situar estas tensiones. Este nació en movimientos sociales que buscaban lugares libres de hostilidad para poder hablar, “autodefinirse” y trabajar por la justicia social. En educación se utiliza para describir entornos donde el alumnado se siente aceptado y emocionalmente protegido.

Estos espacios son imprescindibles, pero pueden resultar limitantes si la seguridad se entiende como ausencia de conflicto. En la práctica educativa, todo aprendizaje requiere riesgo: hacer preguntas difíciles, descubrir algo incómodo o confrontar sesgos propios. Cuando evitar ese riesgo se convierte en norma, puede generarse un falso sentido de seguridad que impida abordar temas complejos o cuestionar sistemas de poder.

De espacios seguros a espacios “valientes”

Frente a estos límites, desde la pedagogía, Brian Arao y Kristi Clemens proponen el concepto de “espacios valientes”. Es decir, entornos donde el conflicto es generativo, el error no se penaliza y la incomodidad es una condición necesaria para aprender.

Desde las reflexiones en el marco de Zoom Out, entendemos un espacio valiente como aquel donde niños y niñas pueden nombrarse sin miedo, preguntar sin que se les juzgue, señalar una injusticia aunque no sepan resolverla, o cambiar de opinión.

Buscando estrategias

A partir del trabajo con escuelas, el proyecto ha permitido identificar prácticas sencillas (complementadas por una guía y un banco de recursos) que favorecen estos espacios de lectura valientes:

  • Utilizar espacios flexibles, que fomenten dinámicas no jerárquicas. Los círculos literarios son una gran fuente de inspiración.

  • Establecer reglas, enfatizar la responsabilidad en los diálogos, moldear las expectativas y usar técnicas de mediación para acompañar emociones. Permitir que algo moleste, sorprenda o enfade también forma parte de leer.

  • Contextualizar antes de leer, explicando el momento histórico y la autoría. Saber el conocimiento previo del alumnado es esencial para entender desde qué lente interpretarán el texto.

  • Crear oportunidades para el diálogo con preguntas abiertas. Por ejemplo, “¿Qué voces faltan? ¿Qué pasaría si lo contáramos diferente?”.

  • Identificar y llenar vacíos de representación con una colección de libros que refleje la diversidad del aula en cuanto a género, origen, etnia, etc.

En los talleres de Zoom Out hemos observado pequeños gestos. Entre ellos, alumnado que cuestiona estereotipos, relaciona historias con su entorno y formula preguntas. El objetivo no es dar respuestas cerradas, sino acompañar el desarrollo de una mirada propia, atenta y crítica a la desigualdad.

La valentía de no cerrar el libro

Abrir espacios valientes no garantiza conversaciones amables. En otro taller, un niño explicó por qué no le gustaban las personas sin hogar. Comentarios racistas, sexistas o excluyentes surgen cuando se crean espacios donde el alumnado puede hablar libremente. Aun así, la experiencia de los talleres apunta a que es preferible que estos comentarios aparezcan a que queden tapados pero latentes.

La casa de la literatura infantil debería ser un lugar donde sus lectores se reconozcan, pero también donde puedan ver las grietas de sus paredes. Desde Zoom Out argumentamos que no se trata de cerrar las puertas que llevan a habitaciones incómodas, sino de acompañarles cuando decidan abrirlas.

The Conversation

Marina Garcia-Castillo recibe fondos del programa predoctoral AGAUR-FI ajuts (2025 FI-3 00065) Joan Oró del Departament de Recerca i Universitats de la Generalitat de Catalunya y la cofinanciación del Fondo Europeo Social Plus.
Zoom Out (2023-1-ES01-KA220-SCH-) es un proyecto cofinanciado por Erasmus+.

Gerard Coll-Planas recibe fondos de la convocatoria Erasmus+ para el proyecto Zoom Out 2023-1-ES01-KA220-SCH-000155210

ref. La literatura infantil no necesita espacios seguros, sino espacios ‘valientes’ – https://theconversation.com/la-literatura-infantil-no-necesita-espacios-seguros-sino-espacios-valientes-271241

Ibiza bajo el agua: qué nos dicen los peces sobre el estado real de sus praderas marinas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Esteban Morelle-Hungría, Associate professor, Universitat Jaume I

Ejemplar de boga (_Boops boops_), una de las especies halladas en los censos realizados en este estudio en Ibiza. Wikimedia Commons., CC BY

Las praderas de Posidonia oceanica son una de las comunidades biológicas de mayor importancia en el Mediterráneo. En algunos puntos del litoral de Ibiza, siguen siendo extensas y estructuralmente bien conservadas, gracias en gran parte a la intensa labor de divulgación durante las últimas décadas.

La mala noticia es que ese estado de buena conservación identificado en algunos puntos de la isla no siempre es un indicador de buen estado ecológico. Cuando se analizan las comunidades de peces asociadas a estas praderas, la realidad resulta más compleja y preocupante.

Pradera de Posidonia oceanica.
Frédéric Ducarme / Wikimedia Commons., CC BY

Censos de peces

Los censos visuales de peces que realizamos en el marco del proyecto MarPitius25 del Aula Ibiza Preservation de Criminología Azul de la Universitat Jaume I muestran que, incluso sobre praderas bien desarrolladas, las comunidades acuáticas pueden presentar una riqueza específica baja –número total de especies en un hábitat–. Además, su abundancia –número total de individuos de una especie particular presente en un área, comunidad o ecosistema determinado– y su biomasa –cantidad total de materia orgánica viva en un área– son inferiores a la esperable para este tipo de hábitat.

Este contraste entre la buena apariencia del hábitat y la respuesta biológica plantea interrogantes relevantes sobre el funcionamiento real de los ecosistemas costeros en Ibiza.

Los peces tienen mucho que decir

Nuestro proyecto de investigación partió de la realización de un censo de peces para el diagnóstico científico del impacto acumulativo sobre las aguas costeras de Ibiza.

Las praderas de Posidonia oceanica son hábitats prioritarios y especialmente sensibles a presiones antrópicas, como la salinidad, la turbidez, los efluentes urbanos y otras alteraciones asociadas al uso intensivo del litoral. Por ello, la fauna que puede albergar este hábitat prioritario constituye un indicador biológico directo del estado del ecosistema.

El trabajo de campo se llevó a cabo en junio de 2025, coincidiendo con un periodo de elevada presión sobre el litoral ibicenco. Seleccionamos tres zonas de estudio –Santa Eulària, Cala Sol d’en Serra y Talamanca–, por su relevancia ecológica y social, así como por su proximidad a emisarios –conducciones para el transporte de aguas residuales parcialmente tratadas hasta la zona de vertido, generalmente localizada mar adentro– y áreas que acumulan diferentes impactos antrópicos.

Los muestreos, llevados a cabo por el Laboratorio Marino de Dénia del Instituto Multidisciplinar del Medio “Ramón Margalef”, de la Universitat d’Alacant, se realizaron mediante censos visuales con buceo autónomo.

Los investigadores César Bordehore (izquierda) y John Dobson (derecha) durante la realización del proyecto en aguas de Ibiza.
Los investigadores César Bordehore (izquierda) y John Dobson, durante la realización del proyecto en aguas de Ibiza.
Eva Fonfría y Esteban Morelle-Hungría

Baja riqueza y biomasa

En total, se estimaron 3 243 individuos pertenecientes a 15 especies, además de una categoría registrada como “juveniles no identificados”. Por localidades, se detectaron 12 especies en Cala Sol d’en Serra, 12 en Talamanca y 11 en Santa Eulària.

Las comunidades estuvieron dominadas numéricamente por un grupo reducido de cinco especies, entre las que destacaron Chromis chromis, Oblada melanura, Sarpa salpa, Coris julis y Boops boops. Mientras, el resto de especies apareció con abundancias mucho menores.

Salema (Sarpa salpa).
Diego Delso / Wikimedia Commons., CC BY

A escala local, los valores medios estandarizados muestran diferencias espaciales, pero un patrón común de biomasa relativamente baja para praderas de Posidonia oceanica bien conservadas.

El propio informe subraya que algunas especies gregarias pueden aportar abundancia y biomasa, sin reflejar necesariamente una comunidad estructuralmente compleja, por lo que resulta imprescindible analizar el conjunto de su ensamblaje –subconjunto de especies taxonómicamente relacionadas que coexisten en un lugar y tiempo específicos–.

Predominio de tamaños pequeños

En todas las estaciones muestreadas, se observa un claro predominio de individuos de pequeño tamaño, acompañado de una presencia extremadamente reducida de ejemplares adultos.

Este patrón, que se repite de forma consistente en las tres zonas estudiadas, resulta especialmente llamativo por haberse registrado sobre praderas estructuralmente bien conservadas.

Desde el punto de vista ecológico, esta combinación puede sugerir que, aunque el hábitat mantiene su integridad física, no está funcionando como un espacio capaz de sostener poblaciones de peces con una estructura completa.

El informe de resultados plantea que la escasa presencia de ejemplares de mayor tamaño podría deberse a que estos individuos viajan a otras áreas o sobreviven fuera de las zonas muestreadas, en lugar de permanecer en ellas. En cualquier caso, la consecuencia observable es una comunidad dominada por tamaños pequeños y con una biomasa global reducida.

Contraste con otras zonas del Mediterráneo

Para contextualizar estos resultados, el estudio los compara con un muestreo equivalente realizado en el litoral de Dénia (Alicante). Aunque el propio informe advierte de que allí se realizaron más transectos y que las comparaciones directas deben interpretarse con cautela, el contraste general es claro.

En Dénia se registró un mayor número de especies, una mayor presencia de especies de interés comercial y una estructura de tamaños más equilibrada. Mientras que, en Ibiza, el 97,6 % de los individuos correspondieron a la categoría de tamaño pequeño, en Dénia este porcentaje fue notablemente menor. La biomasa y la diversidad fueron también superiores en el litoral continental.

Este contraste refuerza la interpretación de que el litoral ibicenco puede encontrarse en una situación más comprometida, coherente con la mayor intensidad y acumulación de presiones descritas en el marco de MarPitius25. Esta iniciativa interdisciplinar busca diagnosticar el impacto acumulativo de los vertidos de desaladoras, estaciones depuradoras de aguas residuales y otros contaminantes sobre las aguas costeras de Ibiza, desde una perspectiva científica, jurídica y ecológica.

Las conclusiones de este estudio no se limitan a describir un estado puntual, sino que apuntan a la necesidad de implantar una red de monitorización. El informe subraya que es necesario repetir los censos en diferentes estaciones y a lo largo de varios años para determinar la variabilidad temporal. De esta forma, permitirá confirmar si los patrones observados se mantienen y ayudará a comprender cómo evoluciona la estructura de las comunidades de peces.

Solo mediante un seguimiento continuado es posible identificar con precisión las zonas más adecuadas para la creación o delimitación de áreas marinas protegidas y, así, evaluar si las medidas de protección que se están implantando contribuyen eficazmente su recuperación.

Más allá de las apariencias

Los resultados ahora publicados muestran que la conservación estructural de las praderas de Posidonia oceanica no garantiza por sí sola el buen funcionamiento ecológico del sistema analizado.

Comunidades con baja riqueza, biomasa contenida y una presencia reducida de peces, en comparación con otras zonas, pueden representar una señal de alerta que no siempre es visible a simple vista.

En este escenario, incorporar indicadores biológicos como la composición, la estructura de tamaños y la biomasa de las comunidades de peces en la gestión del litoral nos permitirá detectar efectos antrópicos acumulativos antes de que el daño pueda llegar a ser irreversible.

Y es que conservar el mar no es solo mantener su apariencia: se debe asegurar que los ecosistemas funcionen de forma completa y sostenible a largo plazo.

The Conversation

Esteban Morelle-Hungría ha recibido financiación para el desarrollo de actividades de investigación a través de proyectos competitivos y contratos de transferencia, de ámbito nacional e internacional. En particular, ha sido investigador principal del proyecto CRIMICLIMA – Análisis criminológico de la eficacia de la política criminal medioambiental ante la emergencia climática (Universitat Jaume I, 2024–2026), y ha participado en el proyecto Ocean Crime Narratives: A polyhedral assessment of hegemonic discourse on environmental crime and harm at sea (ERC, 2022–2027), financiado por el European Research Council (ERC). Asimismo, ha recibido financiación institucional de la Universitat Jaume I, y financiación específica para actividades de investigación y transferencia a través del Aula de Criminalidad Azul – IbizaPreservation, financiada mediante la aportación de la Fundación IbizaPreservation. Ha participado en proyectos de ámbito nacional e internacional con financiación pública. También dentro de las funciones establecidas en la LOSU ha participado y realizado acciones incluidas dentro de artículo 60, de consultoría, formación para administraciones públicas, entidades privadas y fundaciones.

ref. Ibiza bajo el agua: qué nos dicen los peces sobre el estado real de sus praderas marinas – https://theconversation.com/ibiza-bajo-el-agua-que-nos-dicen-los-peces-sobre-el-estado-real-de-sus-praderas-marinas-273323

El padre de Alicia y las maravillas de la lengua griega

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Helena Rodríguez Somolinos, Investigadora Científica del Dpto. de Estudios Griegos y Latinos, Instituto de Lenguas y Culturas del Mediterráneo y Oriente Próximo (ILC – CSIC)

Visita a Christ Church de los Príncipes de Gales, futuros reyes Eduardo VII y Alexandra (1863). El decano Liddell esta sentado a la derecha. Lorina Liddell está sentada con su hija Rhoda en brazos. National Portrait Gallery x4336, licence 77103-2026, CC BY-NC-ND

El 9 de febrero se celebra el Día Mundial de la Lengua Griega. Es una fecha oportuna para recordar a una de las personas que más ha hecho por su conservación y estudio, y más ha ayudado a los estudiantes de griego desde 1843: Henry George Liddell. Infinitamente más conocida es su hija Alice Liddell, la niña que inspiró a Lewis Carroll la fantástica historia que su autor tituló Las aventuras de Alicia en el país de las maravillas.

Retrato a carboncillo de un hombre joven.
Retrato de Henry George Liddell hecho por George Richmond en 1858.
Wikimedia Commons

Pero la gran hazaña de Henry George Liddell es mucho más desconocida. Años antes de convertirse en el padre de Alice, siendo un joven y brillante licenciado de Oxford, se comprometió a llevar a cabo una gigantesca empresa: la redacción del Greek English Lexicon de Oxford, cuya primera edición en la Oxford University Press es de 1843. Lo hizo junto a su compañero Robert Scott, los dos de 23 años, y sus nombres quedaron para siempre unidos a ese volumen.

Un arduo trabajo

Cuando recibieron el encargo en 1834, era un clamor en Oxford la necesidad de disponer de un diccionario de griego equivalente al Handwörterbuch der griechischen Sprache de Passow (Leipzig 1831). Este era el primero que utilizaba como lengua de salida una lengua moderna –el alemán– en vez del latín. También era el primer diccionario de autoridades que podríamos llamar “moderno”, por la voluntad de organizar las entradas más allá del orden cronológico.

Liddell y Scott se encerraron a trabajar, y pronto vieron que era necesario superar el modelo. En sólo nueve años consiguieron que viera la luz la primera edición, lo que, contemplado desde la perspectiva actual, supone una labor hercúlea. Además, cuando una lo conoce a fondo, no puede sino admirar el profundo conocimiento del griego que poseían, su intuición y madurez para establecer y definir los significados y la voluntad de ofrecer artículos estructurados, mucho antes de los inicios de la lingüística moderna.

Sección del diccionario que incluye la palabra más larga del griego, inventada por el cómico Aristófanes.
Sección del diccionario que incluye la palabra más larga del griego, inventada por el cómico Aristófanes.
H.R.

En algunas cartas Liddell deja traslucir el enorme esfuerzo y la dedicación constante que durante años le supuso la confección del diccionario. Desde las cinco de la mañana hasta las nueve y media de la noche, cuando se acostaba, sólo paraba para desayunar, comer, dar un pequeño paseo y cenar. A mediados de 1842 escribía a Scott: “Te alegrará saber que casi he terminado con Π (pi), ese monstruo de dos piernas, (…) que se ha estado burlando de mis visiones despierto y dormido durante muchos meses”.

El escritor inglés Thomas Hardy compuso un poema, en el que Liddell y Scott dialogan al terminar el diccionario en 1843 y que refleja en tono amable ese esfuerzo. Al parecer, el peso de las decisiones y del trabajo fue del primero, aunque se cuenta que una vez publicado, cuando alguien le señalaba un error o inexactitud en alguna entrada del diccionario, él continuaba caminando impertérrito mientras decía: “ese parágrafo lo escribió Scott”.

Puntos fuertes y puntos débiles

El diccionario presenta una maravillosa concisión en definiciones, traducciones y ejemplos, y ofrece un intento de clasificación semántica. Incluso contiene algunas discretas notas de fino humor británico, al parecer no siempre conscientes.

Pero, como diccionario que se sigue usando porque no hay ningún sustituto completo, adolece de enormes defectos para los usuarios actuales. Algunos se deben a sus planteamientos y otros a que, por su antigüedad, no registra muchos avances posteriores, decisivos en el conocimiento de la lengua griega. Tampoco abarca, lógicamente, el enorme volumen de textos que han aparecido, y siguen apareciendo, desde finales del XIX.

Porque esta es una de las más sorprendentes características del vocabulario griego: su carácter abierto e infinito, ya que los textos en ese idioma no constituyen un corpus cerrado. Se publican continuamente nuevos hallazgos, que con frecuencia transmiten palabras no documentadas antes u otro tipo de información léxica relevante. Ejemplos recientes son los 100 versos recuperados en un papiro con restos de dos tragedias perdidas de Eurípides o un escrito completo del médico Galeno que se sabía perdido, hallado hace unos años en una biblioteca de Tesalónica.

Una vida en Oxford

Liddell no se casó hasta 1846, una vez terminado su opus magnum, con Lorina Reeve, con quien tuvo 10 hijos. Alice, nacida en 1852, fue la cuarta. Su vida estuvo siempre ligada a Oxford, primero en la Westminster School, y desde 1855 como decano del Christ Church College, cargo que conservó durante treinta y seis años. Él mismo se convirtió en una verdadera institución, y acometió una serie de reformas liberales para hacer el College más abierto y moderno, por las que es justamente reconocido.

Fotografía de un hombre mayor con pelo cano.
Retrato de Henry George Liddell alrededor de 1870.
Natinal Portrait Gallery/Wikimedia Commons

No sólo trabajó incansablemente para la primera edición; pasó su vida entera recogiendo documentación para las posteriores. Vivió hasta los 87 años y murió meses antes de que apareciera la octava, en 1898, once años después de Scott.

La novena y última (1941) se sigue utilizando en la enseñanza universitaria y la investigación en todo el mundo, en papel o en sus versiones electrónicas. Aunque se intentó corregir sus errores y añadir materiales en dos suplementos (1968 y 1996), el mundo académico británico es consciente de que habría que rehacerlo por completo. Pero no es fácil decidirse a emprender semejante tarea, como sabemos muy bien los redactores del Diccionario Griego-Español en curso de elaboración en el CSIC, que mejora y amplía el diccionario inglés, y es a día de hoy su único sustituto para las partes publicadas.

Para entender en qué consiste esta tarea, incluso disponiendo de financiación estable, basta con releer el prólogo a la primera edición de 1843. Allí Liddell y Scott se permitieron un pequeño desahogo para reivindicar la labor del lexicógrafo, citando unas célebres palabras de Samuel Johnson, autor del diccionario de inglés más utilizado hasta finales del siglo XIX:

“Entre estos desdichados mortales (los que se afanan en los oficios más humildes, que no reciben aplausos por sus aciertos, pero sí deshonra y castigo por sus errores), se encuentra el escritor de diccionarios; a quien la humanidad ha considerado, no como el alumno, sino como el esclavo de la ciencia, el pionero de la literatura, condenado únicamente a eliminar los desperdicios y despejar los obstáculos de los caminos por los que el saber y el genio avanzan hacia la conquista y la gloria, sin dedicar una sonrisa al humilde trabajador que facilita su progreso. (…) el lexicógrafo solo puede esperar escapar del reproche, e incluso esta negativa recompensa se ha concedido hasta ahora a muy pocos”.

El Liddell-Scott es más que un mero diccionario, es un monumento cultural. Sirvió de modelo a otros diccionarios posteriores de lenguas antiguas y modernas, y muy en particular al Oxford English Dicionary. Así se ve en la película Entre la razón y la locura, sobre la creación de este último, donde el personaje del decano Liddell interviene brevemente.

Tras su muerte, Henry George Liddell recibió merecidos homenajes por sus grandes contribuciones a la universidad de Oxford y por su incansable labor lexicográfica. Su cuerpo descansa, junto a los de Lorina y su hija Edith, en la Christ Church Cathedral, cuya restauración él mismo impulsó. Y su estatua preside una de las entradas al gran patio del Christ Church College.


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The Conversation

Helena Rodríguez Somolinos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El padre de Alicia y las maravillas de la lengua griega – https://theconversation.com/el-padre-de-alicia-y-las-maravillas-de-la-lengua-griega-274450

CRISPR: las tijeras genéticas que están transformando la biología moderna

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Cuatrecasas Estévez, Profesor universitario y divulgador científico, histórico y cultural en Caixaforum, Universitat de Girona

Valentina Kruchinina/istock

Imagine poder corregir un error en el ADN como quien pasa el corrector automático de un texto. Ahora, piensa en aplicar ese mismo principio para tratar enfermedades, mejorar cultivos o estudiar cómo funciona la vida. Esa es la promesa de CRISPR, una técnica reciente que ha transformado la forma en que comprendemos y manipulamos el material genético.

Descubierta en bacterias casi por casualidad –una de esas afortunadas coincidencias a las que los científicos llaman serendipias–, la técnica conocida como CRISPR-Cas9 utiliza una proteína llamada Cas9 para localizar y cortar fragmentos del ADN.

Su sencillez y eficacia la han convertido en una de las revoluciones biotecnológicas más importantes de las últimas décadas. Para muchos investigadores, es un logro comparable a la secuenciación del genoma humano, la creación de la reacción en cadena de la polimerasa y el desarrollo de la terapia génica.

Pero más allá de su éxito científico, CRISPR nos recuerda que todo avance conlleva una gran responsabilidad. La posibilidad de mejorar la genética plantea preguntas sobre sus límites y consecuencias, y revive antiguos fantasmas, como el de la eugenesia. Entre la esperanza de curar enfermedades y el miedo a manipular la naturaleza, la edición genética afronta uno de los mayores dilemas éticos y sociales de nuestro tiempo.

Un mecanismo ancestral al servicio de nuestras necesidades

Para comprender el interés que ha despertado esta herramienta, conviene detenerse brevemente en su funcionamiento. Su primera descripción se atribuye al investigador español Francisco Martínez-Mojica, quien, al estudiar bacterias halófilas, descubrió que el sistema CRISPR constituye un mecanismo natural de defensa empleado por algunos microorganismos frente a los virus. En esencia, actúa como una forma de memoria genética capaz de reconocer y neutralizar amenazas previamente encontradas.

Cuando una bacteria sobrevive a una infección viral, incorpora un fragmento del ADN del virus en su propio genoma. Esta información, que será heredada por su descendencia, constituye una memoria inmunológica. De este modo, si el virus vuelve a atacar, la bacteria puede reconocerlo y eliminarlo de forma específica.

Los científicos comprendieron que este mecanismo ancestral podía ponerse al servicio de nuestras propias necesidades. Aprendieron a programar el sistema CRISPR para actuar sobre cualquier fragmento de ADN que quisieran modificar. En esta herramienta, el elemento clave es una proteína llamada Cas9, que actúa como una tijera molecular capaz de cortar el ADN en el punto exacto indicado por una guía de ARN. Esa guía funciona como un GPS genético que conduce a Cas9 hasta su destino, como demostró el equipo de Jennifer A. Doudna y Emmanuelle Charpentier.

Una vez realizado el corte, la célula intenta reparar el ADN de manera natural. En ese proceso, a veces introduce pequeños cambios que pueden desactivar el gen afectado. Los científicos aprovechan este mecanismo para dirigir la reparación según su propósito: inactivar un gen, corregirlo, eliminar un inhibidor para que el gen se exprese más o incluso añadir nuevo material genético con características específicas.

Un bajo coste y precisión que parecían inalcanzables

La elegancia de este proceso radica en su sencillez. Frente a métodos anteriores, lentos y costosos, CRISPR no solo ofrece rapidez, sino también un bajo coste y una precisión que hasta la fecha parecía inalcanzable. En este sentido, no es de extrañar que sus descubridoras, Jennifer Doudna y Emmanuelle Charpentier, recibieran el Premio Nobel de Química en 2020 por desarrollar —como ellas mismas indican— una herramienta que ha cambiado la forma en que la ciencia puede modificar la vida
(NobelPrize.org).

Ese reconocimiento no solo celebró una hazaña científica, sino que abrió la puerta a una nueva etapa: la de aplicar esta herramienta a campos cada vez más diversos. Comprender cómo funciona CRISPR permite apreciar la magnitud de este avance biotecnológico. Sin embargo, su verdadero impacto se revela en sus múltiples líneas de investigación:

  1. En medicina, la técnica ha dado resultados prometedores al corregir mutaciones responsables de enfermedades hereditarias, como la anemia falciforme o una forma de ceguera infantil. En este último caso, un ensayo clínico temprano liderado por investigadores de Massachusetts Eye and Ear mostró mejoras visuales en pacientes en 2024.

  2. En agricultura, CRISPR podría abrir la posibilidad de crear cultivos más resistentes a plagas y sequías, modificando el genoma de las plantas sin añadir genes externos.

  3. En el ámbito ecológico y de la conservación, los investigadores exploran su uso para controlar especies invasoras o recuperar la diversidad genética de poblaciones amenazadas.

Sin embargo, la promesa de CRISPR no está exenta de controversias. Modificar el código genético, especialmente en humanos, plantea preguntas profundas sobre los límites de la ciencia. ¿Hasta dónde deberíamos intervenir? ¿Quién decide dónde está la frontera ética? ¿Podemos garantizar que esta tecnología se use en beneficio de todos y no solo de unos pocos?

En 2018, el anuncio del nacimiento de dos gemelas chinas editadas genéticamente con CRISPR marcó un punto de inflexión. Por primera vez, la ciencia había cruzado un límite que hasta entonces parecía intocable, como relató la revista Nature. Este episodio puso de relieve la urgencia de establecer una regulación clara y estricta para la aplicación de esta técnica.

En Europa, la regulación del uso de esta tecnología en alimentos ha sido un proceso largo y complejo. Durante años, el debate se ha desarrollado en el ámbito de la Unión Europea —que tiene la competencia regulatoria— con la participación de científicos y representantes políticos. A finales de 2025, las instituciones europeas alcanzaron un acuerdo provisional, todavía restrictivo, que abre la puerta a un marco regulatorio para la aplicación de esta tecnología. Este paso podría acercar a Europa a otros países donde ya existen alimentos desarrollados mediante CRISPR y autorizados para el consumo humano.

Pese a los dilemas que plantea, CRISPR representa una de las mayores hazañas científicas de nuestro tiempo. Ahora la responsabilidad está en nuestras manos: la sociedad, la comunidad científica, los educadores y los responsables políticos. Todos debemos asegurar que su uso se guíe por la ética, la prudencia y la humanidad. Solo así esta revolución podrá traducirse en un verdadero progreso y contribuir a hacer del nuestro un lugar más justo y mejor.


La versión original de este artículo se ha publicado en la Revista Telos, de Fundación Telefónica.


The Conversation

José Miguel Mulet recibe fondos de la agencia española de investigación, la Generalitat Valenciana y la UPV.

Jordi Cuatrecasas Estévez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. CRISPR: las tijeras genéticas que están transformando la biología moderna – https://theconversation.com/crispr-las-tijeras-geneticas-que-estan-transformando-la-biologia-moderna-268180

Con la digitalización, más hogares reciben más remesas (pero no más dinero)

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gemma Larramona, Profesora de Economía, Universidad de Zaragoza

Guillermo Spelucin R/Shutterstock

En 2024, nueve países recibieron remesas que superaban el 20 % de su Producto Interior Bruto (PIB). El Salvador fue uno de ellos: recibió 8 480 millones de dólares, una cifra que equivale al 24 % de su producción nacional. Estos recursos son esenciales para millones de familias pues les permiten cubrir gastos básicos, pagar educación y mantener pequeños negocios.

Pero ¿todas las familias en situación de recibir remesas pueden acceder a ellas en igualdad de condiciones? Analizamos el tema y los resultados indican que no: la digitalización del hogar aumenta la probabilidad de recibirlas, aunque no eleva la cantidad que le llega. Es decir, más familias obtienen ayuda, pero eso no implica que los envíos sean más cuantiosos.

Este estudio se centra en El Salvador por tres motivos:

  1. El país depende en gran medida de las remesas.

  2. La digitalización es desigual, depende de la zona del país en que se encuentra la familia.

  3. Existe una base de datos con información detallada sobre hogares y tecnología.

Los resultados, no obstante, pueden servir para países con características similares, como Nicaragua u Honduras.

Nuestro estudio muestra cómo mejorar la infraestructura digital y el acceso a los servicios financieros digitales podría reducir las desigualdades entre las familias a través de las remesas recibidas. También podría ampliar los beneficios que generan las remesas y apoyar el desarrollo económico local.

Las características del hogar importan

No todos los hogares tienen la misma situación respecto a las remesas. En 2016, el 24,5 % de los hogares salvadoreños recibió dinero del exterior. Aun así, las diferencias entre ellos eran notables.

Las necesidades del hogar influyen. Una renta baja aumentaba en 8 % la probabilidad de recibir remesas. Vivir en una vivienda alquilada, que genera pagos mensuales, aumentaba dicha probabilidad en un 3 %. Además, la edad del jefe de hogar también importaba, cada año adicional incrementaba en 0,1 % por ciento la posibilidad de percibir estos ingresos.

El vínculo familiar con los emigrantes es otro factor relevante. Cuantos más miembros de la familia vivían fuera, mayor era la probabilidad de que enviaran dinero. Si quienes emigraban eran los padres, la probabilidad aumentaba un 13 %. En estos casos, la cantidad recibida también crecía de forma notable, lo que demuestra la fuerza de los lazos familiares.

¿Más dinero o más acceso?

Las familias rurales han sido, históricamente, las que hacen frente a más barreras. Aunque la digitalización les ha permitido mejorar el acceso a las remesas, recibían un 20,26 % menos dinero que los hogares urbanos.

El acceso a la tecnología también ha cambiado la forma en que estas familias operan. Las plataformas digitales, las transferencias a través del teléfono móvil y el acceso a internet permiten enviar y recibir dinero sin trasladarse a bancos o agencias. En El Salvador, un aumento del 1 % en el uso de internet elevaba en un 0,13 % la probabilidad de recibir remesas.

La formación del jefe de hogar no parece influir. Aunque un mayor nivel educativo podría reducir la recepción de remesas, en línea con el efecto asociado al ingreso, este efecto se compensaba porque la educación ayuda al hogar a aprovechar mejor las oportunidades que ofrece la digitalización.

Si bien la digitalización facilita que más familias reciban remesas, no aumenta la cantidad recibida. Su principal contribución está en ampliar el acceso. En países con alta dependencia de estos ingresos, este efecto es relevante: más hogares pueden mejorar su bienestar, aunque no reciban más dinero por envío.

La cantidad de dinero recibida depende, además de las propias limitaciones económicas de los inmigrantes, de las todavía elevadas comisiones por el envío de remesas. Los objetivos de desarrollo sostenible contemplan la reducción de esos gastos al 3 % antes de 2030. Lograr este objetivo permitiría que una mayor parte del esfuerzo de los emigrantes llegue a los hogares. La digitalización también ayuda a abaratar estas comisiones y hacer el proceso más accesible.

Conclusiones

Aunque la digitalización no incrementa la cantidad enviada a través de remesas, sí incrementa el número de hogares que las reciben. Este hallazgo sugiere que los países en desarrollo deberían invertir en conectividad y formación digital, mejoras que facilitan la inclusión financiera y social. La tecnología impulsa la eficiencia, pero también la equidad. Invertir en infraestructura digital es invertir en bienestar, igualdad y resiliencia para millones de familias.

The Conversation

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Manuel Salvador Figueras y Patricia Gascón Salillas no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Con la digitalización, más hogares reciben más remesas (pero no más dinero) – https://theconversation.com/con-la-digitalizacion-mas-hogares-reciben-mas-remesas-pero-no-mas-dinero-269538