La guerre au Moyen-Orient pourrait accroitre les risques d’impasse financière pour l’ Afrique : voici comment

Source: The Conversation – in French – By Francois Giovalucchi, Conseil Scientifique, Faculté des Sciences Sociales, Université Catholique de Madagascar (UCM)

Le financement d’un pays repose sur des sources externes (investissements directs étrangers, transferts de migrants, aide, prêts bancaires ou marchés financiers internationaux) et internes (prêts bancaires ou marchés financiers domestiques).

Depuis plusieurs années, pour les États d’Afrique subsaharienne, ces sources de financement sont menacées, chacune à des degrés divers selon les pays. Cette menace s’accroît avec la guerre au Moyen-Orient.

Certes, l’approche en termes de financement ne vaut qu’en première analyse : chacune de ces ressources se traduit par un apport de capitaux qui a un impact différent sur l’économie, un investissement dans une mine ne pouvant être comparé à un transfert de migrants finançant des écolages ou à un prêt pour la construction d’un barrage.

Mes recherches portent, entre autres, sur la manière dont l’aide internationale façonne les politiques publiques, les rapports de pouvoir et l’économie politique du continent africain.

Selon moi, l’urgence et l’importance des enjeux justifient une analyse à chaud, afin de tenter de cerner les évolutions envisageables, leur gravité dépendant bien évidemment de la durée et des modalités du conflit.

Evolution des sources de financement

L’aide publique au développement (APD) s’inscrit désormais dans une tendance baissière : le démantèlement de l’USAID par la seconde administration Trump a marqué les esprits, mais la réduction concerne les principaux donateurs. Elle s’annonce durable car elle participe de la reconfiguration de l’ordre international. L’APD en faveur de l’Afrique subsaharienne a atteint 66,5 milliards de dollars US en 2024.

Les transferts de migrants sont en hausse forte et quasi-continue depuis 2004 et ont atteint 64,9 milliards de dollars en 2024. Ils pourraient toutefois à terme être érodés par les politiques de restriction des migrations qui se diffusent.




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Les investissements directs étrangers (IDE), souvent d’un montant unitaire élevé, sont concentrés sur les matières premières, l’énergie et la construction et dans un nombre limité de pays. Ils sont irréguliers et ont atteint 43,7 milliards de dollars en 2024.

L’endettement de l’Afrique a connu une forte croissance après les mesures de désendettement des années 2000. Le nombre de pays d’Afrique subsaharienne en surendettement ou en [risque élevé de surendettement](https://www.afd.fr/fr/actualites/dette-afrique-economie-africaine] est important (19 en 2022, 2023, et 2024). Les prêts chinois, en grande partie à l’origine de ce réendettement, se sont réduits à 2,1 milliards de dollars en 2024, confirmant la réduction drastique des engagements financiers de la Chine sur le continent depuis le pic historique de 28,8 milliards de dollars de 2016.

L’endettement sur les marchés financiers internationaux par émission d’eurobonds (obligations libellées en dollars ou euros) est réservé à quelques pays et demeure coûteux malgré une détente récente. Les émissions de l’ensemble de l’Afrique ont atteint 15,7 milliards de dollars en 2025. La situation demeure toutefois tendue. Les défauts de paiement du Ghana et de la Zambie ont marqué les esprits.

Face aux limites des sources de financement internationales, les États africains ont de plus en plus sollicité les marchés financiers domestiques sur lesquels les émissions ont doublé entre 2019 et 2024 pour atteindre 177,8 milliards de dollars. Ceci a conduit à une très forte exposition des banques aux risques publics.

Comment ces sources peuvent-elles être affectées par le conflit au Moyen-Orient ?

La hausse du prix des hydrocarbures augmentera le besoin de financement des pays africains, hormis quelques exportateurs nets, en accroissant leur déficit du commerce extérieur et leur déficit budgétaire.

Le déficit accru du commerce extérieur entraînera alors une dépréciation monétaire contre laquelle certaines banques centrales pourront difficilement lutter : un pays africain sur deux avait des réserves correspondant à moins de 3,4 mois d’importations en 2025. La dépréciation alourdira le service de la dette en devises.

Le déficit budgétaire se creusera sous l’effet du ralentissement de l’activité impactant les recettes, de la hausse du service de la dette, de l’augmentation des frais de fonctionnement et sans doute surtout sous l’effet des transferts nécessaires pour ne pas répercuter totalement la hausse du prix du pétrole sur le prix à la pompe et le prix de l’électricité, socialement très sensibles. La hausse du prix de l’or, valeur refuge, devrait en revanche bénéficier aux recettes des pays producteurs.

Dans un scénario de stagflation – une situation économique où la croissance est faible, le chômage élevé et l’inflation forte – déjà observée lors des premiers chocs pétroliers, les comptes publics des pays donateurs devraient se dégrader selon un schéma proche de celui des pays africains. Une accélération de la croissance des dépenses militaires devrait ajouter ses effets. Tout ceci est de nature à accélérer la baisse engagée de l’aide au développement.

Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite étaient, avec chacun plus de 10 milliards de dollars US de transferts de migrants vers l’Afrique en 2021, les troisième et quatrième sources des dits transferts vers l’ Afrique, derrière les États-Unis et la France. La guerre suscite des rapatriements de pays du Golfe et les transferts en seront affectés.

Les IDE en Afrique devraient pour leur part subir des effets contradictoires. Les IDE du Golfe en Afrique sont minimes et leur évolution éventuelle n’aura pas d’impact majeur. Par ailleurs, des investissements prévus dans les pays du Golfe pourraient être réalloués en Afrique.

Le renchérissement du pétrole et de l’or est aussi de nature à rendre rentable des investissements nouveaux dans l’extraction dans quelques pays. Mais, les incertitudes internationales sont globalement défavorables aux IDE.

De leur côté, les marchés financiers internationaux pourraient être affectés par une hausse des taux si la FED (Banque centrale américaine) et la Banque centrale européenne (BCE) réagissent à l’inflation par des mesures restrictives. L’évolution des liquidités mondiales alimentant les marchés de capitaux sera impactée par deux phénomènes eux aussi contradictoires : hausse des revenus des pays pétroliers hors Moyen-Orient, baisse des revenus pétroliers des pays du Moyen-Orient conduits à réduire leur production suite à la fermeture du détroit d’Ormuz, par où transitent 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.

Les Émirats arabes unis, perçus comme une source de financement prometteuse par les États africains, devraient réduire leur apport. L’engouement pour les Sukuks (obligations conformes aux principes de la finance islamique) pourrait être déçu.

La capacité des marchés financiers domestiques à répondre à une demande croissante dépendra de la capitalisation des banques, et du maintien d’un refinancement aisé de celles-ci par les banques centrales, mais ces dernières pourraient conduire des politiques restrictives pour lutter contre l’inflation et la dépréciation monétaire.

Des solutions lentes ou peu aisées

Les efforts de la Banque africaine de Développement en vue d’une réorientation de l’épargne africaine vers l’Afrique sont justifiés, mais on imagine mal qu’ils puissent compenser à court terme les tendances en question.

L’accélération de la mise en œuvre du cadre commun de traitement de la dette du G20 est impérative. À ce jour, seuls le Tchad, la Zambie, l’Éthiopie et le Ghana sont entrés dans le processus. Mais la situation internationale est-elle vraiment favorable à de telles avancées ?

The Conversation

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ref. La guerre au Moyen-Orient pourrait accroitre les risques d’impasse financière pour l’ Afrique : voici comment – https://theconversation.com/la-guerre-au-moyen-orient-pourrait-accroitre-les-risques-dimpasse-financiere-pour-l-afrique-voici-comment-278343

Du ritsuryō (律令) de l’Antiquité au kanban (鞄) du toyotisme, histoire japonaise du management

Source: The Conversation – in French – By François-Xavier de Vaujany, Professeur en management & théories des organisations, Université Paris Dauphine – PSL

Cercles de qualité, toyotisme, « kanban », Single Minute Exchange of Dies ou Poka Yoke, avec ces concepts, les Japonais ont fait bien plus qu’adapter le taylorisme. Ils en ont fait le point de départ d’une refonte majeure de leur doctrine organisationnelle et administrative. Retour sur l’histoire du management du « ritsuryō » (律令) au shogunat (幕府) puis à l’ère Meiji (明治時代).


En repensant à mes études, j’ai souvenir que chaque semaine un de mes professeurs évoquait la révolution en cours avec un nouveau « management japonais ». Lors d’un de mes cours d’économie, puis dans un enseignement dédié à la gestion de production, le « Poka Yoke » de Shigeo Shingo était à l’honneur. On décortiquait son ouvrage intitulé Maîtrise de la production et méthode Kanban : le cas Toyota.

L’organisation industrielle du monde devenait plus continue, plus tendue, plus créative, plus processuelle, plus collective et bien plus consultative. Dans ce moment de basculement, Frederick Winslow Taylor (1856-1915) renvoyait à un vieux monde déjà dépassé, décrié, ringardisé. Le Japon n’installait pas seulement une nouvelle source aux rythmes et innovations de notre planète. Il posait les bases d’une nouvelle géopolitique par le management.

Exactement comme l’avaient fait les États-Unis plusieurs décennies auparavant. Dans les parallèles possibles avec le présent de la Chine ou de l’Inde, cela reste une différence très importante.

Aujourd’hui, j’aimerais repenser ce basculement sur un temps plus long que celui des années 1980 et 1990. Un temps pouvant nous amener à décentrer l’histoire de son point de vue occidental. Un temps permettant de resituer le phénomène dans son intériorité et d’éviter la tentation de l’exotisme.

Du « ritsuryō » (律令) au shogunat (幕府)

Bien avant le management, le Japon a une histoire bureaucratique et administrative.

Le ritsuryō (律令) est un système de lois du Japon basé sur le confucianisme. Ici, le prince Shōtoku (574-622) donnant une conférence.
Wikimedia

Entre le VIIe et le IXe siècle, les Japonais importent le modèle administratif chinois des Tang. Dès l’époque dite Asuka-Nara, ils adoptent le code ritsuryō. Celui-ci suppose la hiérarchie de fonctions, la structuration sous forme de ministères, le recensement, la fiscalité et surtout le recours aux règles écrites. Très tôt, le Japon se dote d’un État bureaucratique centralisé. Bien avant l’Europe. Mais à la différence de l’Empire chinois, les Japonais ne mettent pas en place d’examens et de méritocratie généralisée. Le cœur de la bureaucratie reste aristocratique.

Par la suite, cette bureaucratie féodale du « shogunat » du XIIe au XIXe siècle installe de nouveaux changements. Sous les Tokugawa (1603–1868), l’administration de l’État est extrêmement structurée. Les registres de population, le contrôle des déplacements, les nouvelles normes et une forme de hiérarchie territoriale plus poussée voient le jour. Les samouraïs deviennent à la fois des comptables, des gestionnaires et des administrateurs. Ils cessent d’être seulement des guerriers pour devenir des fonctionnaires-administrateurs. Cette bureaucratie japonaise est fondée sur la stabilité, des interactions très codifiées et ritualisées, le respect du rang et l’obéissance, la mobilisation d’un droit peu abstrait.

Ère Meiji (明治時代)

La troisième reconfiguration a lieu à l’ère Meiji (de 1868 à 1912). Une bureaucratie moderne est mise en place, avec des hybridations, mais sans rupture. Après 1868, l’empire du Japon s’inspire de plus en plus du droit allemand. Les administrateurs recourent progressivement à des procédures écrites. Les ministères suivent eux aussi une logique plus « moderne ». L’accès se fait par des concours administratifs, et les carrières sont structurées et hiérarchisées autour de corps.

Promulgation de la Constitution de l’Empire du Japon par Toyohara Chikanobu en 1889.
Wikimédia

Cependant, les loyautés restent très personnelles. Les élites sont assez homogènes et issues des mêmes réseaux et milieux sociaux. L’État reste surtout une entité d’ordre moral. Il n’y a pas de neutralité axiologique de la règle, mais plutôt un souci d’harmonie et de maintien de l’harmonie.

Du « kōkūtai » (航空隊) à l’après-Seconde Guerre mondiale

Au-delà de la bureaucratie, le Japon est également à l’origine d’une doctrine administrative originale, très largement remodelée avec et après la Seconde Guerre mondiale.

Le kokutai est de fait le fondement idéologique central de la doctrine japonaise d’avant-guerre. L’État est une entité organique. L’empereur est absolument sacré et source de légitimité pour toutes les autres autorités possibles. In fine, le peuple fait corps autour du souverain. Le confucianisme reste prégnant dans cette vision administrative centrée sur la loyauté, la hiérarchie et l’obéissance.




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La militarisation administrative des années 1930 va radicaliser cette doctrine. On assiste à une fusion entre administration, industrie et armée. Une planification étatique systématique est mise en œuvre, au service d’un autoritarisme radical.

Le 2ᵉ kōkūtai (第二航空隊) est un groupe d’aviation du service aérien de la marine impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Il symbolise la vision administrative centrée sur la loyauté, la hiérarchie et l’obéissance.
Wikimedia

L’occupation états-unienne de 1945 à 1952 impose une refonte totale de l’administration et de sa doctrine. La société japonaise se reconstruit autour d’un état de droit avec la Constitution de 1947, élaborée par les États-Unis. En dépit de la démocratisation, l’administration reste centrale et prend un pouvoir plus technique. De nouveaux ministères très puissants (le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie [MITI/METI], le ministère des finances) sont créés. L’État joue le rôle d’un planificateur plus indirect, le développement de coopération État-entreprises (Japan Inc.) et la régulation par incitation plutôt que coercition.

Importation du taylorisme par Ueno Yōichi

C’est dans ce contexte que le « management scientifique » trouve sa place au début du XXe siècle.

Il est transmis par les élites intellectuelles essentiellement de 1900 à 1930. Un acteur clé de ce travail d’importation et d’adaptation est Ueno Yōichi, fondateur du Sanno Institute au management en 1925. Pour lui, Taylor n’est pas seulement un technicien de l’organisation et de l’industrie. L’ingénieur américain propose une science morale de l’ordre social et technique.

Yoichi Ueno (上野 陽) (1883–1957) est un universitaire japonais considéré comme le « père des sciences administratives japonaises ».
Sanno University

Ce management japonais, justification morale profonde, s’inscrit dans la continuité de l’histoire du pays. Il est indissociable d’une discipline, d’une loyauté et d’une forme d’harmonie sociale incarnée par les gestes de chacun et chacun. La doctrine de Taylor est détachée de l’individualisme dont elle est empreinte en occident.

Le salarié au cœur des « zaibatsu » (財閥)

Le management scientifique japonais est étatisé et indissociable de l’étatisation de l’économie industrielle. Des années 1920 aux années de guerre, on le retrouve surtout dans les industries du chemin de fer, les arsenaux militaires, les grandes entreprises publiques ou semi-publiques. De grands conglomérats portent cette nouvelle doctrine : les zaibatsu (財閥), comme Mitsubishi.

De nombreuses entreprises, comme Mitsubishi, dont on voit ici le siège, incarnent les zaibatsus, ces groupes d’entreprises japonais.
Wikimedia

Afin d’améliorer les pratiques et les processus industriels, les Japonais y pratiquent le chronométrage, la standardisation des gestes et des processus, la séparation entre conception et exécution ou encore le contrôle des temps et des postes. À la différence de l’exemple des États-Unis, ils le font dans un contexte d’emploi à vie (pas encore systématique), de paternalisme industriel et de très faible mobilité externe des ouvriers.

Le salarié japonais est efficace non pas pour maximiser le profit, mais pour servir l’intérêt collectif exacerbé par l’effort de guerre.

Le « kanban » (鞄) de Toyota

Les pratiques du management scientifique japonais poursuivent leur mutation dans ce qui va s’incarner avec le toyotisme expérimenté par Taiichi Ōno.

Le contrôle devient qualité totale, animé par des ingénieurs de méthodes impulsant des cercles de qualité. La rationalité générale est celle du « lean », encore largement prégnante aujourd’hui. Ce « toyotisme » n’est pas un « anti-taylorisme ». Il est une version plus systémique, ouverte, socialisée et processualisée du taylorisme, permise par des changements à la fois numériques (réseaux informatiques, EDI, Internet, IA) et sociaux (démocratisation et recherche de nouvelles formes d’horizontalité).

Ces mutations sont reliées à des transformations plus générales de la société japonaise avec notamment une métamorphose de son système de formation comme les écoles de management. Parmi les grands réseaux institutionnels, on peut faire mention de la Japan Academy of Business Administration (JABA). Fondée le 10 juillet 1926, elle est l’un des plus anciens réseaux scientifiques au monde sur les questions de management et d’organisation managériale.

Du réseau patronal Keidanren (経団連) aux business schools

En complément à ces ensembles purement académiques, de multiples autres réseaux plus professionnels ou politiques contribuent aux évolutions doctrinales du management. On peut mentionner Keidanren, la principale organisation patronale et les zaikai, associant les dirigeants des grands conglomérats.

On assiste à la naissance tardive de « business schools » stricto sensu, dans les années 1990 et 2000. La crise économique et l’éclatement de la bulle en sont un des déclencheurs. L’emploi à vie est remis en cause. La mondialisation accentue cette nécessité de développer des compétences en management, finance, marketing, stratégie, etc. Dans ce mouvement, le Japon crée ses propres business schools, comme la Hitotsubashi ICS, la Keio Business School ou la Waseda Business School.

L’entreprise japonaise reste centrale dans l’espace de formation. Mais les digues ont en partie cédé. Le modèle ancien supposait une entreprise quasi exclusivement au cœur du processus d’éducation industrielle, le primat du collectif sur l’individu, la suprématie de l’État et surtout un marché externe des managers hypertrophiés au profit de mécanismes internes à chaque grande entreprise. C’est dans les fissures de ce modèle que les « business schools » ont d’une certaine façon trouvé leur place.

Comme toujours, tout est profondément sociétal et politique dans l’histoire du management. Au Japon comme ailleurs.

The Conversation

François-Xavier de Vaujany ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Du ritsuryō (律令) de l’Antiquité au kanban (鞄) du toyotisme, histoire japonaise du management – https://theconversation.com/du-ritsuryo-de-lantiquite-au-kanban-du-toyotisme-histoire-japonaise-du-management-276649

Des nudges au marketing social systémique : du petit geste au grand changement

Source: The Conversation – in French – By Jean-Damien Grassias, Associate professor, Université Paris-Saclay

Le nudge, c’est l’art d’inciter à un comportement sans coercition. S’il obtient des résultats certains, il est, dans certaines conditions, tenu en échec. Cela tient notamment aux dynamiques propres des systèmes complexes. Mais on aurait tort de vouer le nudge aux gémonies. Il faut l’adapter, comme le propose marketing social systémique.


Nous aimons nous croire intégralement rationnels, capables de toujours faire les bons choix pour nous-mêmes et la société. Mais la psychologie et l’économie comportementale l’ont largement démontré : nous sommes guidés par des biais, des raccourcis de la pensée qui orientent nos décisions. Kahneman, dans son ouvrage Thinking, Fast and Slow, montre comment notre pensée automatique (qu’il nomme le « Système 1 ») nous pousse à des jugements rapides, efficaces mais également souvent biaisés, tandis que notre pensée rationnelle (le « Système 2 ») intervient dans un second temps et fatigue rapidement. Et ces biais sont si réguliers qu’ils en deviennent prévisibles.

C’est précisément sur ce terrain qu’interviennent les nudges, ces « coups de pouce » ou « coups de coude » qui modifient subtilement l’architecture de nos choix sans nous contraindre. Pas de sanction ni d’obligation, mais simplement un environnement repensé pour nous encourager à adopter de meilleurs comportements.




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Les exemples sont nombreux. Dans une cantine, placer les fruits à hauteur des yeux augmente leur consommation. Rendre ludique la distribution d’aliments sains (avec des couleurs, des formes attractives, des pictogrammes) fonctionne mieux que de longs discours sur la nutrition. Dans le domaine de l’énergie, afficher la consommation de ses voisins pousse souvent à réduire la sienne (via la tendance à se comparer), sans qu’aucune règle ne l’impose. Et, pour reprendre un exemple très connu, mettre des stickers de mouche dans les urinoirs réduit drastiquement les dépenses d’entretien et le confort d’utilisation des toilettes publiques sans faire passer le moindre message.

Orienter en douceur

Ces interventions sont efficaces parce qu’elles anticipent nos biais. Nous aimons la facilité, nous suivons la norme sociale, nous sommes sensibles aux choix par défaut, nous aimons le jeu, etc. Les nudges nous orientent donc en douceur, sans supprimer notre liberté de décider autrement.

C’est ce que Thaler et Sunstein ont appelé le « paternalisme libertaire » : admettre que nous n’agissons pas toujours dans notre propre intérêt, et accepter qu’une aide discrète, d’une personne jugée compétente sur le sujet, vienne nous guider, tout en laissant la porte ouverte à d’autres choix.

Appliqués avec transparence et dans l’intérêt général, les nudges constituent donc un levier puissant pour améliorer les comportements individuels, sans contrainte et souvent à moindre coût.

Quand le nudge rate

Malgré leur intérêt, les nudges n’ont pas toujours l’efficacité escomptée. Les comportements ne se maintiennent pas sans intervention et tout élément perturbateur vient les annihiler. Cela est notamment lié au fait qu’ils agissent sur le comportement individuel mais ne peuvent pas tenir compte de l’ensemble du système dans lequel se trouvent les individus.

Ainsi, certains comportements ne se laissent pas guider par un simple coup de pouce. Prenons, par exemple, le cas du tri des déchets dans des quartiers dits prioritaires où on observe un cumul de facteurs dits défavorables (Grassias et Piris, 2024). Cela est notamment lié au fait que les intérêts ne sont pas toujours alignés : ce que souhaitent les habitants des quartiers prioritaires peut différer de celui des entreprises privées qui récupèrent et revendent les matériaux recyclés.

Interdépendances complexes

Cette multiplicité d’acteurs crée une interdépendance complexe, où chaque comportement individuel peut avoir des répercussions collectives difficiles à anticiper. Par exemple, laisser un déchet au sol peut entraîner des coûts supplémentaires de nettoyage et inciter au désordre, des effets qui ne sont pas immédiatement visibles. Pire encore, certaines interventions bien intentionnées peuvent se retourner contre elles-mêmes : insister trop lourdement sur le tri peut réduire le sentiment de liberté personnelle et, paradoxalement, diminuer le nombre de personnes qui trient, tout en favorisant d’autres comportements antisociaux (Brehm, 1966)

Dans ce contexte, le problème du tri peut être qualifié de « diabolique », comme le décrit Churchman, 1966. Il s’agit de situations mal formulées, où l’information est confuse, où de multiples acteurs ont des intérêts contradictoires et où les ramifications dans le système sont difficiles à anticiper. Dans ces contextes, les solutions simples peuvent se révéler pires que le problème initial.

En résumé, face à ces problèmes diaboliques, il ne suffit plus de guider les choix individuels ; il faut repenser les systèmes dans leur globalité et orchestrer des interventions coordonnées, où chaque acteur joue un rôle pour générer des changements plus durables.

Repenser l’écosystème

C’est là que le marketing social systémique entre en jeu. Plutôt que de se concentrer sur des choix individuels isolés, cette approche vise à repenser l’écosystème complet : politiques publiques, infrastructures, normes sociales, offres commerciales et communication. Il permet la pensée complexe, indispensable à une démarche qui englobe tous les enjeux des acteurs qui composent un système. L’objectif n’est pas seulement d’inciter un geste ponctuel, mais de créer un environnement qui favorise naturellement des comportements bénéfiques pour tous.

Cette approche tire sa force de l’intégration de la pensée systémique et des sciences des systèmes. Elle met l’accent sur les interactions, les relations et les rétroactions au sein du système, et sur leur évolution dans le temps. Les méthodologies combinent ainsi analyses qualitatives (narratives, sentiments, contenus) auprès de tous les acteurs et aux différents niveau et outils de représentations indispensables pour se représenter des phénomènes complexes. Les diagrammes en boucles causales sont de très bons exemples. Cette technique sert à transformer les représentations mentales d’un problème en une carte simple qui aide à comprendre comment différents événements s’influencent mutuellement.

Un cercle vertueux ou vicieux ?

On peut y repérer deux types de dynamiques : des boucles qui s’autorenforcent, où un comportement entraîne sa reproduction ; et des boucles qui s’équilibrent, où une action en annule ou limite une autre. Et naturellement, plusieurs boucles peuvent s’imbriquer.

Prenons l’exemple du tri et de la propreté des espaces publics. Quand des déchets sont jetés au sol, cela incite d’autres personnes à faire de même : « puisque c’est déjà sale, un peu plus ne changera rien ». C’est un cercle vicieux. À l’inverse, multiplier les nettoyages crée une boucle stabilisatrice : l’espace reste propre. Mais cette solution n’est pas neutre. Elle coûte cher aux collectivités, et elle peut aussi produire un effet pervers : certains jettent leurs déchets sans scrupules, pensant que « de toute façon, ce sera nettoyé ».

Ces boucles nous aident à comprendre que chaque action a des conséquences indirectes, parfois inattendues, selon le contexte et les acteurs impliqués. Et cela permet de comprendre pourquoi des actions isolées visant la modification d’un comportement individuel ne portent pas toujours leur fruit.

France Culture, 2022.

Intégrer l’individu

Le marketing social systémique cherche ainsi à comprendre les interconnexions, rétroactions et structures du système, en intégrant l’individu dans différents niveaux d’analyse :

  • Microsystème : l’individu et son environnement immédiat (voisins, famille, collègues).

  • Mesosystème : les interactions entre différents environnements immédiats (travail et domicile par exemple).

  • Exosystème : les environnements indirects influençant l’individu (lieu de travail).

  • Macrosystème : le contexte culturel, économique et politique global.

Cette perspective systémique permet de modéliser la complexité des décisions individuelles et d’identifier comment différents acteurs et sous-systèmes interagissent. Hastings et Domegan (2013) comparent cette démarche à une symphonie où chaque acteur doit être « orchestré » pour contribuer à un tout cohérent et harmonieux.

En résumé, le marketing social systémique permet la pensée complexe et déplace le focus du changement individuel vers le changement systémique, en intégrant toutes les interactions et d’un système. Plutôt que de pousser chaque citoyen individuellement, et parfois de culpabiliser ou de surresponsabiliser les individus, il crée un environnement où le changement implique d’autres acteurs en plus des habitants.

The Conversation

Jean-Damien Grassias a reçu des financements de Teravox, de Citeo et de la Région Île-de-France dans le cadre d’une convention CIFRE.

Yolande Piris a reçu des financements de Terravox dans le cadre d’une convention CIFRE.

ref. Des nudges au marketing social systémique : du petit geste au grand changement – https://theconversation.com/des-nudges-au-marketing-social-systemique-du-petit-geste-au-grand-changement-271903

Tu veux bien me faire un café ? Quand les tâches ingrates rendent les salariés silencieux

Source: The Conversation – in French – By Rahman Khan, Associate professor, PSB Paris School of Business

Même sans mauvaise intention, une tâche peut être perçue comme illégitime, voire témoigner d’un mépris pour l’expertise professionnelle. CastOfThousands/Shutterstock

Entre 30 et 50 % des salariés doivent effectuer des tâches sans lien avec leur poste ou leur expertise professionnelle. Résultat, ils deviennent silencieux, gardant pour eux leurs questions ou leurs suggestions, bien qu’elles pourraient s’avérer utiles pour l’entreprise. Alors, comment sortir de cette dynamique perverse ? Car, le silence des salariés n’est qu’un symptôme d’une entreprise malade.


L’image d’Épinal du stagiaire « responsable machine à café » ou « photocopieuse » traduit une réalité. Dans certaines entreprises, des employés en contrat limité ou non limité, souvent surdiplômés, doivent se cantonner à réaliser des missions ingrates. « Tu veux bien passer les slides PowerPoint pour ma présentation ? »

Dans une recherche récente, nous avons étudié la façon dont les tâches assignées déterminent le comportement des employés, en particulier lorsque ces tâches sont perçues comme illégitimes – considérées comme déraisonnables, inutiles ou ne correspondant pas au rôle des employés. Une étude complémentaire rappelle que de telles tâches ne sont pas une simple source de désagrément. Elles influencent la manière dont les employés perçoivent l’équité et leur place au sein de l’organisation, au-delà d’être des facteurs de stress.

Le silence est une réponse courante à l’illégitimité perçue. L’effet secondaire : les employés peuvent cacher des informations qui pourraient aider leurs équipes, comme leurs préoccupations, leurs idées ou leurs suggestions. Alors, comment fonctionne ce mécanisme pervers pour l’entreprise et pour les salariés ?

Tâches injustes sans mauvaises intentions

Les employés qualifient certaines tâches d’injustes lorsqu’ils constatent un décalage avec leur rôle, leur statut professionnel ou l’objectif de leur poste. Cette évaluation reflète la perception des employés et non les intentions de leur responsable.

Une tâche peut être donnée sans mauvaise intention, mais tout de même être perçue comme injuste quand elle entre en conflit avec les attentes liées à un poste ou qu’elle témoigne d’un mépris pour l’expertise professionnelle. Des études sur les tâches illégitimes établissent une distinction entre les tâches qui ne relèvent simplement pas d’un rôle précis et celles qui sont considérées comme inutiles.

Les deux cas remettent en question la manière dont les employés définissent leur contribution au travail. Lorsque les tâches vont à l’encontre des normes du métier, les employés se sentent méprisés dans leur identité professionnelle.

De 30 % à 50 % des salariés concernés

Les enquêtes indiquent que les tâches illégitimes sont monnaie courante dans le milieu professionnel. Entre 30 % et 50 % des employés sont confrontés, au moins occasionnellement, à des tâches déraisonnables ou inutiles, avec des variations importantes selon les professions et les secteurs.

Le phénomène est particulièrement fréquent dans les environnements à forte surcharge de travail et où les rôles sont flous. Des rôles mal définis augmentent le risque que les employés se voient confier des tâches ne relevant pas de leurs responsabilités officielles. Les environnements à forte charge de travail intensifient ce phénomène, car les managers s’appuient sur une délégation ad hoc pour répondre au besoin immédiat de l’entreprise.

L’injustice organisationnelle va de pair avec un silence accru, les employés choisissant de ne pas partager leurs idées même lorsque celles-ci pourraient être très importantes pour l’organisation. Le silence est notamment utilisé délibérément pour exprimer son désaccord avec l’attribution injuste des tâches.

Moins de sincérité dans l’entreprise

Le silence des employés traduit une tendance à ne pas communiquer à ses supérieurs ou à ses collègues, intentionnellement, des informations ou des suggestions liées au travail, même lorsque les exprimer pourrait être utile. C’est une décision délibérée. Le cas d’un silence délibéré peut traduire un motif de représailles ou de vengeance à la suite d’une injustice perçue.




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Il existe une différence entre silence et désengagement. Des employés désengagés fournissent globalement moins d’efforts, tandis que les employés silencieux restent impliqués dans leur travail, mais communiquent moins. Concrètement, ils ne souhaitent pas exprimer sincèrement leur opinion sur les conditions de travail à ceux qui sont en mesure d’y répondre.

Un traitement inéquitable et une injustice organisationnelle sont susceptibles d’entraîner un silence défensif, où les employés évitent de partager des informations afin de se protéger d’éventuelles conséquences négatives.

En revanche, le silence délibéré est dirigé vers l’organisation en réponse à une répartition des tâches jugée injuste. Les employés sont plus enclins à garder le silence lorsqu’ils s’attendent à :

La morale influence les réactions des salariés

La moralité des employés – leur sens du bien et du mal – détermine leur comportement éthique au travail. Par exemple, les employés ayant une forte identité morale sont moins susceptibles de tricher au sein de leur entreprise.

Cette conduite morale, traduction d’une conception de soi en entreprise, guide le comportement des salariés. Les employés qui valorisent des traits moraux importants pour leur image d’eux-mêmes, comme le fait d’être juste et bienveillant, sont plus à même d’éviter les comportements négatifs au travail, tels qu’un silence motivé par la vengeance, contraire à leurs valeurs morales.

Cette éthique individuelle a ses limites. En réalité, elle ne permet pas de déceler pleinement les systèmes injustes ni les environnements de travail toxiques. Lorsque la répartition des tâches et les processus de prise de décision restent constamment inéquitables, le silence persiste, même lorsque les employés ont une image morale élevée d’eux-mêmes.

Ce que les entreprises peuvent apprendre

La délégation des tâches reflète la manière dont les employés sont considérés au sein d’une organisation. La répartition des tâches est un signe de respect et de statut, mais aussi d’inclusion.

La perception d’une répartition des tâches équitable favorise la confiance et la coopération, tandis qu’une répartition inéquitable est source de tension et de ressentiment. Il n’est pas surprenant que les employés confrontés à cette dernière se plaignent davantage d’épuisement émotionnel et d’une baisse de leur bien-être.

La légitimité de la répartition prime sur les objectifs d’efficacité au sens strict. Des processus équitables renforcent les normes d’échange social et l’engagement en soulignant que chaque contribution est reconnue à sa juste valeur. Parallèlement, l’attribution des tâches sur la base de la justice est corrélée à un engagement plus fort et à une diminution des réactions de retrait.

Le silence des employés n’est qu’un symptôme. Les organisations devraient donc être attentives au silence de leurs employés et à leurs pratiques d’attribution afin de détecter les problèmes de légitimité avant que des conflits ouverts ou des départs ne surviennent.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Tu veux bien me faire un café ? Quand les tâches ingrates rendent les salariés silencieux – https://theconversation.com/tu-veux-bien-me-faire-un-cafe-quand-les-taches-ingrates-rendent-les-salaries-silencieux-274756

Quand le silence des clients devient un vrai risque commercial

Source: The Conversation – in French – By Pierre-Olivier Giffard, Enseignant et directeur du département Marketing, Entrepreneuriat et Développement commercial, ESCE International Business School

Un client qui prend la peine d’écrire « Bravo ! » est-il forcément un futur ambassadeur ? Un client qui se plaint annonce-t-il toujours une potentielle crise ? La réalité du bouche-à-oreille est plus subtile et contre-intuitive. Bienvenue dans le monde complexe des avis de consommateurs. Ou quand le silence devient une menace…


Une étude publiée en janvier 2026 dans l’International Journal of Retail and Distribution Management auprès de près de 1 000 consommateurs dans le secteur du commerce de détail montre que les réclamations jouent un rôle souvent plus déterminant que les compliments dans la dynamique de recommandation. Plus encore, elle révèle un point essentiel : ce n’est pas seulement la satisfaction ou l’insatisfaction qui compte, mais la manière dont le client l’exprime… ou non. Car un client silencieux peut parfois représenter un risque plus important qu’un client mécontent.

Un talon d’Achille de l’expérience client

Lorsqu’un client se dit insatisfait, deux causes principales sont généralement identifiées : un produit défaillant (panne, mauvaise qualité…) ou une interaction négative avec le personnel (manque d’écoute, absence d’empathie, impolitesse). Les résultats de l’étude montrent que l’insatisfaction liée à l’employé engendre 16 % moins de recommandations qu’une insatisfaction liée au produit.

Pourquoi une telle différence ? Une panne ou un défaut technique est souvent perçu comme une défaillance fonctionnelle et matérielle. À l’inverse, une mauvaise interaction humaine touche à la relation elle-même. Elle remet en cause le respect, la considération et parfois même le statut du client.




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La théorie de la justice interactionnelle permet de comprendre ce mécanisme. Lorsqu’un client se sent ignoré ou méprisé, il ne vit pas seulement un échec de service. Il ressent une forme d’injustice personnelle, qui fragilise son attachement à l’enseigne.

La réclamation, une soupape de sécurité plus qu’une attaque

Le résultat le plus surprenant concerne cependant la plainte elle-même. Intuitivement, on pourrait croire qu’un client qui se plaint alimentera nécessairement un bouche-à-oreille négatif autour de lui. Or, l’étude suggère souvent l’inverse : exprimer une réclamation peut atténuer les effets négatifs de l’insatisfaction sur la recommandation.

Formuler une plainte – notamment via les champs libres des enquêtes de satisfaction – joue un rôle de régulation émotionnelle. En mettant des mots sur sa déception, le client relâche une partie de la tension accumulée. En psychologie, ce mécanisme est connu sous le nom de venting anger : verbaliser sa frustration permet de relâcher la tension. Se plaindre ce n’est pas seulement chercher une réparation, c’est aussi chercher à retrouver un équilibre.

Un silence menaçant

Ainsi, l’intention de bouche-à-oreille (la volonté d’un client de recommander l’entreprise) est environ 41 % plus forte chez les clients insatisfaits qui expriment une réclamation que chez ceux qui restent silencieux.

L’effet est encore plus marqué lorsque l’insatisfaction concerne l’interaction humaine : les clients mécontents d’un employé présentent un bouche-à-oreille 82 % plus favorable lorsqu’ils écrivent une réclamation que lorsqu’ils ne disent rien. Même pour les problèmes liés au produit, la plainte améliore l’intention de recommandation (+14 %).

Entendre les silencieux ?

Le véritable problème n’est donc pas toujours la plainte. C’est l’absence de plainte. Les profils les plus préoccupants pour les entreprises ne sont pas nécessairement ceux qui protestent, mais ceux qui se taisent. Un client insatisfait qui ne formule aucun retour peut signaler un désengagement : il ne cherche plus à être entendu, ne croit plus à la possibilité d’une amélioration et se prépare souvent à quitter la relation commerciale.

Dans un environnement où les avis circulent rapidement sur les réseaux sociaux ou les plates-formes publiques, ces frustrations non exprimées ne disparaissent pas. Elles peuvent se déplacer vers d’autres espaces, hors du champ de vision et du contrôle de l’entreprise.

Le paradoxe des avis positifs

L’étude met également en lumière un second paradoxe, moins intuitif encore : les compliments n’ont pas toujours l’effet attendu. On suppose souvent qu’un client qui laisse un avis positif deviendra spontanément un ambassadeur de la marque.

Pourtant, les données montrent que les clients satisfaits qui envoient un message positif directement à l’entreprise n’ont pas une intention de recommandation significativement supérieure à ceux qui restent silencieux (une différence de seulement 1 %).

Le compliment peut alors fonctionner comme une forme de clôture : le client exprime sa satisfaction, mais ne ressent pas nécessairement le besoin de promouvoir activement la marque à l’extérieur. Un avis positif interne ne se transforme donc pas automatiquement en bouche-à-oreille public.

Quatre leviers à manœuvrer

Les résultats de l’étude offrent plusieurs leviers concrets pour les enseignes. D’abord, faciliter l’expression des réclamations. Puisque la plainte réduit le bouche-à-oreille négatif, les entreprises ont intérêt à proposer des espaces d’expression accessibles, notamment via des champs libres encourageants.

Ensuite, identifier les clients insatisfaits silencieux. Le profil le plus à risque pour une entreprise est le client qui attribue une mauvaise note sans laisser de commentaire. Les outils CRM et les enquêtes de satisfaction devraient isoler ce segment de clients « silencieux et déçus » afin de déclencher des actions de récupération ciblées et personnalisées, avant qu’ils ne deviennent des détracteurs actifs.

Stratégies 2023.

Partager la satisfaction

Enfin, mieux activer les retours positifs. Lorsqu’un client laisse un compliment, l’entreprise peut l’encourager à partager son expérience sur des plates-formes publiques (Google Reviews, réseaux sociaux), afin de transformer une satisfaction privée en recommandation visible.

À l’heure où les réputations se construisent en temps réel sur TikTok, Google ou Instagram, comprendre la psychologie du feedback client devient stratégique.

Pour les entreprises, l’enjeu n’est pas seulement de collecter davantage de retours, mais de mieux interpréter ce qu’ils révèlent. Car dans la relation client, le silence n’est jamais anodin : il est souvent le premier signe d’un désengagement durable.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quand le silence des clients devient un vrai risque commercial – https://theconversation.com/quand-le-silence-des-clients-devient-un-vrai-risque-commercial-275482

¿A más lluvia, más flores?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Navarro, Catedrático de Botánica, Universidade de Vigo

Ernest Rose/Shutterstock

Las lluvias abundantes de los últimos meses han transformado amplias zonas de España. El agua ha recargado los suelos, reverdecido los paisajes y ha dejado una sensación general de alivio tras periodos prolongados de sequía. A primera vista, podría parecer lógico anticipar una primavera especialmente florida. Sin embargo, desde la perspectiva de las plantas, la relación entre lluvia y floración es bastante más compleja.

Florecer no es simplemente “tener agua suficiente”. Es el resultado de un delicado ajuste entre múltiples señales ambientales que las plantas han afinado a lo largo de su historia evolutiva.

Crecer no es lo mismo que florecer

El efecto de las lluvias varía según la región. En la Iberia mediterránea, donde la disponibilidad hídrica suele ser el principal factor limitante, episodios húmedos tras periodos secos pueden tener efectos especialmente visibles. En cambio, en la Iberia atlántica, donde el agua rara vez es el recurso limitante, la respuesta suele ser más amortiguada.

No obstante, crecer no es lo mismo que florecer. Cuando aumenta la disponibilidad de agua en invierno, muchas plantas responden incrementando su crecimiento vegetativo. Los tejidos se desarrollan con mayor rapidez, las raíces exploran mejor el suelo y el conjunto de la planta entra en primavera con mayor “capacidad” fisiológica.

Pero ese vigor no se traduce automáticamente en más flores.

La transición a la floración no depende simplemente de que haya agua disponible. En la mayoría de las plantas, este cambio está regulado sobre todo por señales bastante más predecibles, como la temperatura acumulada a lo largo de las semanas o la duración del día, que actúan como un calendario extremadamente fiable año tras año.

El agua, en este contexto, no suele ser el desencadenante directo, sino más bien un modulador: facilita que la planta alcance el estado fisiológico necesario para florecer o, por el contrario, puede limitarlo si las condiciones no son adecuadas.

Esto no significa que la lluvia sea irrelevante, ni mucho menos. En sistemas mediterráneos, por ejemplo, muchas especies anuales dependen de las precipitaciones para germinar, lo que condiciona todo su ciclo vital posterior.




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De hecho, en condiciones de exceso hídrico, algunas especies pueden priorizar el crecimiento frente a la reproducción, especialmente si las condiciones de luz o temperatura no son óptimas. Por eso, un invierno muy lluvioso puede derivar tanto en una primavera adelantada como en una ligeramente retrasada, dependiendo de cómo hayan evolucionado otros factores ambientales en paralelo.

Cuando llueve en el desierto

Las diferencias entre regiones se hacen especialmente evidentes al comparar el dominio atlántico y el mediterráneo. En ambientes mediterráneos, muchas especies, en particular las anuales, están adaptadas a aprovechar ventanas breves de disponibilidad de agua. Cuando esas ventanas se amplían, la respuesta puede ser intensa: germinaciones masivas, desarrollo rápido y, en algunos casos, floraciones particularmente llamativas.

En cambio, en ambientes atlánticos, donde la humedad es más constante, las plantas suelen estar menos condicionadas por pulsos puntuales de precipitación. Aquí, el calendario fenológico depende en mayor medida de la temperatura y de la luz, lo que tiende a suavizar las respuestas frente a episodios húmedos excepcionales.

Es en los desiertos donde la relación entre lluvia y floración se vuelve más evidente (y más espectacular). En regiones como el norte de África, donde venimos trabajando en los últimos años, o el desierto de Atacama, lluvias inusuales pueden activar bancos de semillas que han permanecido latentes durante años. El resultado son las conocidas “explosiones de floración” o desiertos floridos: eventos efímeros en los que el paisaje se transforma radicalmente en cuestión de semanas.

Pero incluso en esos casos, la floración como tal sigue dependiendo de cómo interactúan esa disponibilidad de agua con la temperatura y la luz.




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Muchas flores rosadas en un terreno marrón con montañas al fondo
Floración en la región de Atacama, Chile.
Pontificia Universidad Católica de Chile/Flickr, CC BY-SA

La sincronía entre flores y polinizadores

Estos fenómenos de floración también ponen de manifiesto una cuestión menos visible, pero ecológicamente crucial: la sincronización entre plantas y polinizadores.

Para muchas especies de plantas, producir flores no es suficiente. Su reproducción depende de que los polinizadores estén activos en el momento adecuado. En condiciones climáticas relativamente estables, esta sincronía suele mantenerse. Pero cuando las precipitaciones alteran el calendario, por ejemplo, adelantando o intensificando la floración, puede producirse un desfase fenológico. Las plantas florecen, pero los polinizadores aún no han emergido en número suficiente o no están en su pico de actividad.




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Este tipo de desajuste ya ha sido documentado en distintos sistemas ecológicos y actualmente se considera una de las consecuencias potenciales del cambio climático sobre las interacciones biológicas. No implica necesariamente un colapso inmediato, pero sí puede reducir el éxito reproductivo de las plantas y afectar a las poblaciones de polinizadores a medio plazo.

En el caso concreto de las floraciones masivas en desiertos, la evidencia disponible sugiere que muchos polinizadores pueden ajustar rápidamente su actividad a la aparición de recursos florales tras los episodios de lluvia, lo que ayuda a restablecer la sincronía. Sin embargo, no siempre lo hacen con la misma intensidad ni en los mismos tiempos, especialmente cuando los eventos de precipitación son anómalos en frecuencia o magnitud. Es decir, incluso en estos sistemas aparentemente “explosivos”, el equilibrio sigue siendo delicado.

Una abeja sobre una flor amarilla
Animales como las abejas y las mariposas transportan el polen entre flores, permitiendo su reproducción.
Thomas Bresson/Flickr, CC BY

Un sistema que empieza a desajustarse

Aunque las lluvias recientes puedan interpretarse como un episodio aislado, los datos de organismos como la Agencia Estatal de Meteorología y la European Environment Agency apuntan a una tendencia más amplia: una creciente irregularidad en el régimen de precipitaciones. No se trata solo de cuánto llueve, sino de cómo se reparte esa lluvia.

Periodos prolongados de sequía seguidos de episodios intensos de precipitación pueden alterar profundamente los ciclos biológicos de las plantas. Y en este contexto, las floraciones pueden volverse más variables, menos predecibles y, en algunos casos, menos sincronizadas con los organismos de los que dependen. Es algo que no está pasando desapercibido a los que nos dedicamos a observar la naturaleza con detalle.

La imagen de una primavera exuberante tras un invierno lluvioso resulta intuitiva, pero simplifica en exceso una realidad mucho más compleja. Las plantas no responden únicamente a la abundancia de agua, sino a la combinación precisa de señales que indican cuándo es el momento óptimo para reproducirse. Cuando esas señales cambian, ya sea por exceso de lluvia, por su distribución irregular o por su interacción con la temperatura, el resultado no siempre es más flores. A veces, es simplemente un sistema que empieza a desajustarse.

The Conversation

Luis Navarro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿A más lluvia, más flores? – https://theconversation.com/a-mas-lluvia-mas-flores-278729

En España no falta electricidad, pero empieza a escasear la infraestructura para conectarla

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paula Lamo, Profesora e investigadora, Universidad de Cantabria

Richard Semik/Shutterstock

En el universo de la película de ciencia ficción Dune, quien controla la única fuente de la vital sustancia, conocida como “especia”, gobierna el imperio. Esto no se debe a que sea el único recurso importante. Pero sin él, no funciona nada: ni la navegación interestelar ni el comercio entre planetas. En la película, la “especia” no es el objetivo final, pero sí el elemento que hace posible todo lo demás.

En la transición energética ocurre algo parecido. El debate público normalmente pone el foco en los paneles solares, los aerogeneradores y los coches eléctricos. Sin embargo, el verdadero recurso crítico es mucho menos visible: la capacidad de la red eléctrica. En España, la noticia que acapara titulares es que se están batiendo récords de generación renovable. Pero se omite que este hito está empezando a padecer los problemas de una limitación de la que pocos hablan: según los datos publicados por el operador del sistema eléctrico, aproximadamente, el 75 % de los nodos de la red de transporte ya no admiten nueva demanda eléctrica.

¿Y esto qué quiere decir? No falta electricidad: lo que empieza a escasear es la infraestructura que permite conectarla.




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La columna vertebral del sistema eléctrico

La red de transporte es la estructura básica del sistema eléctrico. Se encarga de conectar las zonas de generación de energía con los grandes centros de consumo. Es decir, alimenta ciudades, industrias y todo tipo de servicios. Para conseguirlo, está formada por más de 45 000 kilómetros de líneas de alta tensión que trabajan, principalmente, a 220 y 400 kilovoltios.

Desde el punto de vista de la generación, el sistema eléctrico español tiene más de 129 gigavatios de potencia instalada (dato publicado por red eléctrica el 31 de diciembre de 2024). Y de esta cantidad, el 66 % corresponde la energía renovable. La capacidad de generación, por tanto, no es el principal límite del sistema.

El desafío aparece en otro punto: la capacidad de conexión a la red. Las redes eléctricas tienen límites físicos asociados a la capacidad de las líneas, los transformadores y los criterios de seguridad que garantizan la estabilidad del sistema. Cuando esos límites se alcanzan en un nodo, no es posible conectar nuevas instalaciones sin reforzar previamente la infraestructura existente.

¿Qué significa que la red esté “llena”?

El funcionamiento del sistema eléctrico se basa en un mecanismo administrativo conocido como acceso y conexión. Cualquier instalación que quiera conectarse a la red (para generar electricidad o para consumir grandes cantidades de energía) debe solicitar un permiso en un punto concreto del sistema. Si existe capacidad disponible en ese nodo, el operador del sistema puede conceder el acceso. Ese permiso reserva capacidad en la red mientras el proyecto avanza en sus distintas fases administrativas y de construcción.

De esta forma, se garantiza que el funcionamiento del sistema eléctrico sea seguro y estable. Sin embargo, también implica que la capacidad disponible puede quedar comprometida durante varios años mientras los proyectos se desarrollan. Actualmente, existen decenas de gigavatios de potencia con permisos de acceso concedidos, asociados a proyectos industriales, energéticos o tecnológicos que todavía no se han construido.

Si estos proyectos no alcanzan determinados hitos administrativos dentro de los plazos establecidos por la regulación, los permisos caducan y la capacidad reservada vuelve a liberarse. Por lo que, en los próximos años, cuando venzan muchos de esos plazos asociados a permisos concedidos desde 2020, parte de esta capacidad podría volver a estar disponible.




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Electrificación e industria

La cuestión no es trivial. Adquiere especial relevancia en el contexto europeo. Las políticas climáticas impulsan la sustitución progresiva de combustibles fósiles por electricidad en sectores como el transporte, la climatización de edificios o numerosos procesos industriales. Obviamente, este cambio aumenta la demanda eléctrica a medio y largo plazo.

Al mismo tiempo, están surgiendo nuevas actividades intensivas en consumo eléctrico, como los centros de datos o la producción de hidrógeno renovable. Estas requieren grandes cantidades de energía y acceso estable a la red. Y no es algo que ocurra en “un lugar muy muy lejano”, como en los cuentos infantiles: España aspira a atraer parte de estas inversiones gracias a su abundancia de recursos renovables y a la posibilidad de producir electricidad con bajas emisiones.

¿Y podemos atraerlos y mantenerlos solo con renovables en cualquier lugar geográfico del país? No. Para que estos proyectos se materialicen es imprescindible que exista capacidad de conexión en la red eléctrica. Si esa capacidad no está disponible en determinados territorios, las inversiones pueden retrasarse o desplazarse hacia otras regiones con infraestructuras más accesibles. Esto supone que la red eléctrica se está convirtiendo en un factor cada vez más relevante en la competitividad industrial.

Un problema que se repite en muchos países

La congestión de redes eléctricas no es un fenómeno exclusivo de España. En numerosos países están apareciendo problemas similares. Por ejemplo, en Estados Unidos, la cola de proyectos energéticos que esperan conexión a la red supera ampliamente la capacidad eléctrica actualmente instalada.

En Europa, la expansión de las energías renovables y la electrificación de la economía están obligando a replantear sistemas eléctricos diseñados en gran medida para el modelo energético del siglo XX. Durante décadas, el sistema eléctrico se organizó alrededor de un número relativamente reducido de grandes centrales térmicas o nucleares. La electricidad se generaba en unos pocos puntos y se distribuía hacia los centros de consumo. Ahora, las energías renovables han cambiado esa lógica. Los parques eólicos y solares se instalan donde existen recursos naturales adecuados, lo que produce un sistema mucho más distribuido y con flujos eléctricos más variables.

El reto de ampliar la red

Las redes existentes no siempre están dimensionadas para este nuevo patrón de generación y consumo. Así, en España, el desarrollo de la red de transporte se planifica mediante ciclos regulatorios plurianuales. El Plan de Desarrollo de la Red de Transporte de Electricidad 2021-2026 contempla inversiones superiores a 7 000 millones de euros destinadas a reforzar la infraestructura eléctrica, integrar energías renovables y mejorar la seguridad del sistema. Estas actuaciones incluyen nuevas líneas de alta tensión, ampliaciones de subestaciones y refuerzos de las interconexiones internacionales con Francia y Portugal.

Sin embargo, el desarrollo de infraestructuras eléctricas es un proceso complejo. Requiere planificación a largo plazo, autorizaciones administrativas y, en muchos casos, la construcción de infraestructuras lineales que atraviesan grandes extensiones de territorio. Esto significa que ampliar la red eléctrica suele llevar años.




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El desafío invisible de la transición energética

Para el común de los mortales, sin conocimientos profundos del funcionamiento de la red, la transición energética suele imaginarse como un despliegue de tecnologías visibles: parques solares, aerogeneradores o vehículos eléctricos. Pero detrás de esa transformación existe una infraestructura mucho menos visible que es imprescindible para que todo el sistema funcione.

Si volvemos al símil con el universo presentado en la película de Dune, donde la especia sostiene todo el sistema político y económico, la capacidad de la red eléctrica puede convertirse en el recurso crítico que determine la velocidad real de la transición energética. Porque en una economía cada vez más electrificada, producir electricidad limpia es solo una parte del desafío. La otra consiste en construir las infraestructuras necesarias para que esa electricidad pueda llegar allí donde se necesita.

The Conversation

Este trabajo ha sido apoyado por el Gobierno Regional de Cantabria y financiado por la UE bajo el proyecto de investigación 2023-TCN-008 UETAI. También, este trabajo fue financiado por el Ministerio de Ciencia e Innovación de España MICIU/AEI/10.13039/501100011033 y por FEDER, UE bajo el proyecto de investigación PID2021-128941OB-I00, “Transformación Energética Eficiente en Entornos Industriales”. Además, fue financiado parcialmente por la Consejería de Educación, Formación y Universidades del Gobierno de Cantabria a través del Contrato Programa del Gobierno de Cantabria y la Universidad de Cantabria a través del proyecto 04.50.00.VQ25.541A.646.62, “Habilitando entornos residenciales más sostenibles mediante la transformación inteligente y activa de la energía eléctrica”.

ref. En España no falta electricidad, pero empieza a escasear la infraestructura para conectarla – https://theconversation.com/en-espana-no-falta-electricidad-pero-empieza-a-escasear-la-infraestructura-para-conectarla-277589

¿Es la IA la nueva constructora de valores culturales?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José María Bolufer Francia, Doctorando Investigador de la Sociedad Digital, Universidad Villanueva

¿Cómo afectarán las narrativas creadas por inteligencia artificial generativa en la construcción de principios morales de los más jóvenes? Kathryn Conrad / https://betterimagesofai.org , CC BY-SA

Piensen lo que significa educar a los niños en un mundo donde, desde el primer día, la mayoría de sus interacciones son con un sistema de inteligencia artificial (IA) y no con un ser humano. Es el mayor y más aterrador experimento psicológico de la historia, y nosotros lo estamos llevando a cabo.

Así terminó el historiador Yuval Noah Harari su intervención en el Foro Económico Mundial, celebrado en Davos el pasado mes de febrero.

Este mensaje advierte de las capacidad que sistemas autónomos tienen para definir y alterar marcos sociales y en cómo se transmiten los rasgos culturales a las siguientes generaciones. Precisamente, en su último libro, Nexus, destaca la importancia de los relatos en el proceso de transmisión de valores y tradiciones culturales y, por tanto, en la propia construcción de la sociedad.

Por lo tanto, si el lenguaje y la creación de historias y relatos son tan determinantes en el desarrollo social, ¿a qué riesgos nos estamos enfrentando ahora que los sistemas de IA pueden crear nuevos contenidos sin ningún tipo de supervisión humana? ¿Podrán definir cómo serán en el futuro los valores humanos?

Tecnología que crea narrativas

Actualmente, millones de personas utilizamos la IA para infinidad de tareas. En concreto, los últimos datos publicados por Eurostat señalan que tres de cada cuatro jóvenes españoles entre 16 y 24 años –en pleno proceso de desarrollo personal– han usado la IA generativa en los últimos meses.

Desde su irrupción, se ha hablado mucho de sus implicaciones éticas y económicas. Sin embargo, menos conocidos son sus potenciales efectos en el proceso de formación cultural de los más jóvenes.

Para comprender mejor la influencia que pueden llegar a tener, podemos definir evolución cultural como el proceso por el cual transmitimos información relacionada con los conocimientos, creencias, valores, costumbres o cualesquiera otros hábitos adquiridos por una persona como miembro de la sociedad.

Este proceso tiene tres propiedades fundamentales: la aparición de nuevos rasgos culturales, la selección y adaptación de las costumbres más compatibles con la situación social existente y, finalmente, la transmisión a las siguientes generaciones.

Hasta la fecha, estas tres características habían sido controladas por seres humanos. Sin embargo, esto está cambiando. No es que la tecnología sea solo una mera intermediaria de la información y el conocimiento, como ha sucedido a lo largo de la historia con los libros, la radio y televisión o, más recientemente, con las redes sociales: ahora actúa como una entidad totalmente independiente, capaz de distorsionar la información y, sobre todo, de crear nuevos contenidos.

Sustitución de valores existentes

En particular, las herramientas de IA generativa están demostrando ser muy efectivas a la hora de crear textos o imágenes. Lo hacen recombinando información, integrando y mezclando datos disponibles.

De este modo, contribuyen a la generación de nuevos relatos, que tienen el potencial de interferir en los procesos de desarrollo y aprendizaje, sobre todo, teniendo en cuenta que más de un 60 % de los jóvenes consideran que la relación con la IA reemplaza, en cierta medida, la conversación con las personas.

Hagamos un experimento

Un sencillo experimento, para entender mejor este riesgo, consiste en pedirle a una IA generativa: “cuéntame un cuento y explícame su moraleja”.

Los resultados de este ejercicio son realmente interesantes, cuando se analizan desde una visión crítica. No es difícil encontrar rastros de relatos clásicos que la IA integra al generar su respuesta. Lo que hace es seleccionar ciertos contenidos existentes, ajustar los mensajes y amplificar o silenciar aquellos que el algoritmo considera más o menos relevantes.

El resultado es un relato original que puede ser transmitido a las nuevas generaciones. De este modo, influiría en el proceso de desarrollo social y en los valores aceptados socialmente en cada momento.

¿Máquina constructora de cultura?

La aparición de sistemas inteligentes con capacidad de generar nuevos relatos a una escala y velocidad sin precedentes rompe drásticamente con los marcos tradicionales de evolución cultural. El principal impacto lo encontramos en los más jóvenes, que se encuentran en una etapa vital en la que se definen cuáles serán sus pilares morales y rasgos culturales.

El experimento global que implica el uso de inteligencia artificial por la población a gran escala, tal y como lo señalaba Harari, nos obliga a replantearnos seriamente la manera en la que debemos gestionar y supervisar estas incipientes tecnologías. Es necesario ir más allá de los parámetros éticos para identificar los riesgos que conlleva su uso. Lo que está en juego es la definición de los marcos y valores culturales que sustentarán a las futuras generaciones.

The Conversation

Beatriz Feijoo recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación e Universidades, proyecto de investigación ref. PID2024-155709NB-I00 (DIGETHICA).

José María Bolufer Francia no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Es la IA la nueva constructora de valores culturales? – https://theconversation.com/es-la-ia-la-nueva-constructora-de-valores-culturales-276587

Las grandes consecuencias de la guerra de Irán sobre Ucrania

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Priego, Profesor Agregado de la Facultad de Derecho- ICADE, Departamento de Dep. Público. Área DIP y RRII, Universidad Pontificia Comillas

zef art/Shutterstock

El ataque de Israel y EE. UU. sobre Irán está teniendo consecuencias más allá del Golfo Pérsico. El precio del petróleo se ha disparado, Oriente Medio está en llamas y la UE ha firmado el divorcio con Washington.

Al tratarse de una guerra con consecuencias globales, no nos debe sorprender que las fantasías bélicas de Benjamin Netanyahu y Donald Trump también tengan consecuencias decisivas en el devenir de la guerra en Ucrania.

Podemos dividir esta repercusión en Ucrania en tres frentes claramente diferenciados: el tecnológico-militar, el económico y el político.

Efectos en el campo tecnológico-militar

El campo en el que más cooperación existe entre Teherán y Moscú es el tecnológico-militar. En el año 2025, Rusia lanzó contra Ucrania 54 000 drones Sahed o Gerán (derivado del Sahed), lo que supone un 94,73 % del total usado sobre Ucrania.

Aunque es cierto que Rusia fabrica su propio modelo –el Gerán– en una planta industrial propia en Alabuga (Tartaristán), Moscú sigue dependiendo de la tecnología iraní. De hecho, cuando se han intentado usar motores y componentes rusos, el resultado ha sido negativo: menor velocidad, peor rendimiento y menor eficiencia.

Aunque los componentes mecánicos rusos son peores que los iraníes, la mayor preocupación rusa no es esta, sino la guerra electrónica. Los drones rusos necesitan tecnología iraní para hacer frente a la guerra electrónica que llevan a cabo los ucranianos. Ucrania es muy competitiva en jamming (interfaz) –interferencia intencional de las señales de radiofrecuencia– y en otros tipos de guerra electrónica.

Los Gerán solo pueden sortear los ataques contra sus sistemas de navegación mediante sistemas INS o de navegación inercial de fabricación iraní. Sin esta tecnología, Rusia no podría mantener su estrategia en Ucrania.

En cierta medida, Rusia ha cedido a Irán su estrategia de castigo aéreo, ya que la saturación de los cielos ucranianos puede llevarse a cabo gracias a los métodos de producción de bajo coste importados de Irán.

Esta dependencia no solo se circunscribe a los drones, sino que también se extiende a los misiles de corto alcance. Rusia está usando misiles Fateh-110 y Zolfaghar, que son más baratos que los de fabricación rusa y que también le permiten saturar el espacio aéreo y “entretener” a las defensas antiaéreas ucranianas para que sus misiles (Oréshnik, Iskender, etc.) alcancen sus objetivos.

Gracias a los misiles iraníes, Rusia puede mantener llena su maltrecha reserva armamentística.

Tampoco podemos dejar de mencionar la cooperación iraní en “inteligencia operativa”, una labor que ha desarrollado directamente la Guardia Revolucionaria en la península de Crimea. Las bases rusas han sido escenario de entrenamiento de drones dotados de IA y de pilotos adiestrados para derribar las defensas antiaéreas ucranianas. Sin este entrenamiento, los drones rusos nunca hubieran podido alcanzar sus objetivos.

Por todos estos motivos, una guerra prolongada en Irán supondría una merma significativa para Rusia en Ucrania.

La economía tampoco se libra

Desde el punto de vista económico, la guerra en Irán puede afectar a todas las partes en conflicto en Ucrania. Por un lado, Rusia puede perder un aliado fundamental en su estrategia para sortear las sanciones internacionales. Irán lleva años desarrollando habilidades que le permiten sortear las sanciones impuestas por Estados Unidos y, por ello, Rusia está usando estos recursos y estas prácticas para hacer lo mismo.

Irán ha desarrollado redes paralelas e informales de comercio, así como el acceso a componentes de doble origen que se venden en mercados occidentales o a métodos virtuales (criptomonedas) para evitar controles financieros. Si Irán pierde esta capacidad, Rusia vería mermada su proyección internacional en los ámbitos comercial y financiero.

Sin embargo, no todo son malas noticias para el Kremlin. Hace unos días, Trump anunció que levantaba la limitación del precio del barril de petróleo ruso y que, por lo tanto, podía volver a venderse por encima de los 40 dólares. Esta medida puede dar aire a Moscú y dotarle de recursos para buscar otros proveedores tecnológicos para su guerra, aunque las cadenas de suministro están afectadas por la guerra en Irán.

En lo que respecta a Ucrania, un enfriamiento de la economía global puede suponer una reducción de la ayuda que Europa le brinda para sostener la guerra. En el año 2025, Ucrania recibió 70 000 millones de euros procedentes de la UE, lo que supuso el 70 % del total. Si se produjera una crisis económica, la capacidad asistencial de Europa se vería seriamente mermada.

¿Una guerra usada como pantalla?

Uno de los principales problemas que ha tenido Ucrania desde el comienzo de la guerra ha sido la ostentación de la asistencia. Cuando los medios internacionales se han hecho eco de la transferencia de armas a Ucrania, Rusia ha usado sus canales internacionales para asustar a los donantes con posibles represalias nucleares. La guerra de Irán puede desviar la atención del envío de tecnologías críticas a Ucrania, limitando la capacidad de protesta rusa HE CAMBIADO ESTA FRASE, REVISA.

Un ejemplo de esto lo encontramos en el momento en que se transfirieron los Patriots: diciembre de 2022 y enero de 2023. En estos dos meses se produjeron varios acontecimientos internacionales (revueltas en Irán o maniobras militares chinas tras la visita de Nancy Pelosi) que distrajeron a la opinión pública internacional, lo que favoreció una cesión de tecnología militar sin sobresaltos.

Lo mismo ocurrió con la transferencia de los Storm Shadow (mayo de 2023), un hecho que se hizo coincidir con el acuerdo entre Irán y Arabia Saudí. También hay que destacar el envío de los famosos ATAMAC, cuya transferencia se hizo coincidir con las semanas posteriores al ataque del 7 de octubre.

Con esta tendencia, la guerra en Irán podría servir de escudo mediático para realizar envíos de armas a Ucrania, envíos que Moscú podría calificar como líneas rojas.

Los costes para EE. UU.

Otro aspecto que puede favorecer a Ucrania es su capacidad para desarrollar tecnología antiaérea. EE. UU. no puede aguantar durante mucho tiempo una guerra con Irán. La economía americana comienza a resentirse por el alto coste de la guerra, en especial por los sistemas antiaéreos destinados a proteger a sus aliados. Concretamente, me refiero a las baterías Patriots, cuyo coste es de 1 000 millones de dólares. Cada disparo les cuesta entre 4 y 7 millones, y en estas primeras semanas se han utilizado unos 2 000 misiles, lo que eleva la factura de la guerra a entre 8 000 y 14 000 millones de dólares.

En este punto, la clave parece tenerla Ucrania, que ha sido capaz de desarrollar drones interceptadores a un precio que va desde los 2 100 de euros hasta los 15 000. Zelenski ya ha ofrecido su producción a EE. UU. pero, evidentemente, a cambio es muy posible que pida algo.

A pesar de que la guerra en Irán parece no tener nada que ver con lo que ocurre en Ucrania, el alto grado de dependencia tecnológica rusa, los efectos que esta tiene en la economía global y la capacidad de Bladimir Zelenski para hacerse fuerte en situaciones complicadas pueden provocar que lo que ocurra en Oriente Medio tenga efectos decisivos en Ucrania.

The Conversation

Alberto Priego no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las grandes consecuencias de la guerra de Irán sobre Ucrania – https://theconversation.com/las-grandes-consecuencias-de-la-guerra-de-iran-sobre-ucrania-278371

Tengo una hernia discal, ¿puedo moverme? El diagnóstico que provoca más miedo del necesario

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Andrés Ráfales Perucha, Fisioterapeuta y Personal Docente e Investigador de la Universidad San Jorge. Miembro del grupo de investigación UNLOC., Universidad San Jorge

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Pocas palabras en medicina generan tanta inquietud como “hernia discal”. Para muchas personas, escuchar este diagnóstico es casi sinónimo de “espalda dañada”, reposo absoluto e incluso el temor a una cirugía inevitable.

Este miedo no surge de la nada. Durante años, el lenguaje utilizado en informes médicos, junto con mensajes alarmistas del tipo “tienes la espalda dañada”, “detente si sientes cualquier tipo de dolor”, “todo el dolor se debe a la hernia” o “tienes la espalda débil”, han contribuido a asociar automáticamente diagnóstico de hernia discal con gravedad. El problema es que ese temor puede acabar siendo más incapacitante que la propia lesión.

Lo paradójico es que afrontar una hernia discal con miedo y evitando la actividad física se ha relacionado con mayor dolor, peor recuperación y más discapacidad, independientemente del daño real en la columna. Por eso, entender qué significa realmente tener una hernia discal es el primer paso para dejar de verla como una sentencia y empezar a abordarla desde el conocimiento.




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¿Qué es realmente una hernia discal y por qué no siempre duele?

Llamamos disco a una estructura que se encuentra entre dos vértebras. Está formado por una parte externa más resistente (el anillo fibroso) y una parte interna más gelatinosa (el núcleo pulposo). Estos discos intervertebrales permiten la flexibilidad de la columna y actúan como amortiguadores durante actividades diarias como caminar, correr y saltar. Con el paso del tiempo y la influencia del estilo de vida, estos discos pueden cambiar de forma.

Una hernia discal ocurre cuando parte del contenido interno del disco sobresale más allá de sus límites habituales. Pero esto no significa siempre que la columna esté dañada. En muchos casos, simplemente es una variación estructural, comparable a las arrugas de la piel: una señal de adaptación o envejecimiento.

Un estudio ampliamente citado publicado en The American Journal of Neuroradiology analizó miles de resonancias en personas sin dolor lumbar y encontró que muchas presentaban protrusiones o hernias discales sin ningún síntoma, lo que sugiere que estos cambios son procesos normales del paso del tiempo y no una patología. De hecho, a los 50 años, más del 30 % de personas asintomáticas ya muestran protrusiones discales en pruebas de imagen.

Esto nos obliga a cambiar la pregunta de “¿hay una hernia?” por “¿esa hernia te está generando problemas?”. Cuando aparecen síntomas como dolor irradiado, comúnmente llamado “ciática”, no siempre se deben únicamente a que el disco comprime el nervio. También interviene un proceso inflamatorio alrededor de la raíz nerviosa que puede aumentar la sensibilidad y generar dolor. Por eso, en algunos casos agudos se utilizan tratamientos dirigidos a reducir esa inflamación.

Además, otros factores psicosociales como el nivel de actividad, el estrés, la calidad del sueño e incluso las expectativas de la persona afectada pueden influir en la recuperación. Por tanto, basar todo el tratamiento en lo que muestra una resonancia puede llevar a interpretaciones erróneas y a generar más miedo que soluciones.




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No siempre acaba en cirugía

Un diagnóstico de hernia discal no significa que el siguiente paso sea pasar por quirófano. De hecho, la evidencia científica muestra algo distinto: el tratamiento conservador es la primera opción recomendada en la mayoría de los casos. Estudios comparativos han observado que, aunque la cirugía puede aliviar los síntomas más rápidamente en algunas personas, a medio y largo plazo los resultados en dolor y función son similares a los del tratamiento no quirúrgico.

Por eso, las guías clínicas internacionales recomiendan iniciar el tratamiento con ejercicio terapéutico, educación y manejo activo durante varias semanas antes de plantear una operación. Eso sí, si aparecen síntomas como pérdida progresiva de fuerza en la pierna, alteraciones en el control de esfínteres o dolor que no permite realizar ninguna actividad básica, es importante consultar un profesional sanitario para obtener una valoración adecuada.

¿Qué ejercicios hacer y cómo iniciarlos?

Antes de empezar, es importante dejar algo claro: cada caso es distinto y requiere una valoración individualizada por parte de un profesional sanitario. Aclarado esto, el Instituto Nacional para la Salud y la Excelencia Clínica (NICE) de Gran Bretaña recomienda las siguientes medidas:

  • Mantenerse activo. En la mayoría de casos, la recomendación no es parar, sino mantenerse lo más activo posible dentro de lo tolerable. Caminar, moverse por casa y realizar ejercicio adaptado favorece la recuperación.

  • Elegir movimientos tolerables. En fases iniciales, pueden ser útiles ejercicios suaves como movilizaciones de columna y cadera, ejercicios de control lumbopélvico, respiraciones profundas o contracciones isométricas. La clave no es hacer mucho, sino hacerlo de forma constante y progresiva.

  • Progresión a fuerza y función. A medida que los síntomas mejoran, el objetivo principal es recuperar capacidad. Esto puede implicar fortalecer piernas, glúteos y tronco, mejorar la tolerancia a la carga y volver gradualmente a actividades cotidianas o deportivas.




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Puntos clave sobre las hernias discales

En definitiva, hay varios puntos clave que debemos tener en cuenta. El primero es considerar la columna como una estructura fuerte que se adapta cuando se le expone a carga de forma progresiva. Además, una hernia discal no es sinónimo de gravedad: a menudo no causa dolor y muchas personas mejoran sin cirugía. Teniendo esto en consideración, una resonancia no determina nuestra capacidad. Las imágenes muestran estructuras, pero el dolor y la función dependen de muchos más factores.

Con respecto al tratamiento, la cirugía no suele ser la primera opción. En ausencia de signos neurológicos graves, el tratamiento conservador es el enfoque recomendado.

Es imprescindible entender que el movimiento es parte del tratamiento: mantenerse activo, progresar hacia el fortalecimiento y recuperar la función es más eficaz que el reposo prolongado. Asimismo, la educación cambia el pronóstico. Entender lo que ocurre reduce el miedo y mejora la recuperación. Y por último, es necesario subrayar que la valoración profesional es fundamental: cada caso debe evaluarse de forma individual para ajustar el tratamiento y descartar complicaciones.

Tener una hernia discal no significa que nuestra espalda esté “rota”. En la mayoría de los casos, el cuerpo tiene capacidad de adaptación y recuperación si se le da el estímulo adecuado. Así que, más que centrarnos en lo que muestra una resonancia, conviene centrarnos en lo que somos capaces de hacer. El objetivo no es “arreglar un disco”, sino recuperar movimiento, confianza y calidad de vida.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Tengo una hernia discal, ¿puedo moverme? El diagnóstico que provoca más miedo del necesario – https://theconversation.com/tengo-una-hernia-discal-puedo-moverme-el-diagnostico-que-provoca-mas-miedo-del-necesario-270019