La maladie rénale est aussi une maladie du cerveau

Source: The Conversation – France in French (3) – By Mickaël Bobot, Maître de Conférence Universitaire – Praticien Hospitalier en Néphrologie, Aix-Marseille Université (AMU)

On associe souvent la maladie rénale à la dialyse ou à la greffe. Mais elle peut aussi affecter la mémoire, l’attention et augmenter le risque d’accidents vasculaires cérébraux. Les recherches récentes révèlent une connexion avec le cerveau longtemps sous-estimée.


Généralement, quand on pense « maladie rénale », on pense dialyse ou greffe de rein. Mais on sait moins que la maladie rénale, qui affecte plus de 10 % de la population mondiale, peut avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement d’autres organes.

Ainsi, les patients concernés sont, par exemple, aussi touchés par l’hypertension artérielle, laquelle est d’ailleurs souvent révélatrice d’une maladie rénale chronique. On sait également que la maladie rénale augmente pour beaucoup le risque cardiovasculaire.

Plus surprenant encore, les recherches ont révélé que reins et fonctionnement cérébral sont étroitement liés : le dysfonctionnement des reins peut s’accompagner de troubles cognitifs dont la gravité augmente avec la gravité de l’atteinte rénale.

Les troubles cognitifs : une complication fréquente mais méconnue

Assurant l’épuration des déchets et l’équilibre du bilan de l’eau et de nombreuses molécules dans notre corps, les reins sont des organes essentiels au maintien de la vie en bonne santé. Or, il arrive qu’ils dysfonctionnent et perdent progressivement leur capacité à filtrer et nettoyer le sang : c’est la maladie rénale chronique, qui touche 6 millions de personnes en France.

Cette affection mène irrémédiablement à la destruction quasi complète de la fonction rénale. Elle peut être due à des causes multiples, comme le diabète (cause la plus fréquente dans les pays occidentaux). Elle est en partie liée au mode de vie, mais peut aussi résulter de causes génétiques ou auto-immunes (dans ce dernier cas, le système immunitaire s’attaque à l’organisme qu’il est censé défendre).

Initialement silencieuse, la maladie rénale évolue plus ou moins rapidement (souvent en fonction de la cause sous-jacente), en quelques jours ou en plusieurs années.

Les symptômes n’apparaissent qu’aux stades les plus sévères. Parmi ceux-ci figurent des complications neurologiques qui se manifestent généralement par des oublis répétés (notamment des traitements), des difficultés à gérer les actes de la vie quotidienne (argent, tâches ménagères), un ralentissement cognitif et des difficultés de concentration.

Ces troubles cognitifs sont parfois discrets et peuvent donc s’avérer difficiles à détecter en l’absence de test spécifique. Leur fréquence et leur gravité évoluent parallèlement avec la gravité de la maladie rénale : au stade de la dialyse, ils peuvent concerner jusqu’à 70 % des patients insuffisants rénaux, et avoir un impact majeur sur leur autonomie et leur qualité de vie.

La forme la plus sévère de cette atteinte cérébrale est la démence.

Les patients atteints de maladie rénale ont par ailleurs un risque trois fois plus important d’être victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) que la population générale. Les AVC survenant chez les patients insuffisants rénaux sont aussi plus graves et grevés d’une plus faible chance de récupération neurologique ainsi que d’une plus grande mortalité.

Pourquoi la maladie rénale est-elle si délétère pour le cerveau ? Comment les reins influencent-ils cet organe ? Les réponses à ces questions sont à chercher du côté d’une structure très particulière : la barrière hémato-encéphalique.

La barrière hémato-encéphalique, protection essentielle du cerveau

On peut se représenter la barrière hémato-encéphalique comme un filtre biologique extrêmement sélectif, dont la vocation est de protéger le cerveau non seulement des microorganismes qui pourraient tenter de l’envahir, mais aussi des toxines et de toute autre molécule qui pourrait avoir une influence délétère sur lui.

Cette barrière est composée de plusieurs couches de cellules particulièrement jointives et très connectées entre elles.

Nos travaux ainsi que ceux d’autres équipes suggèrent cependant que cette protection pourrait être fragilisée par la maladie rénale chronique. Cette altération expliquerait en partie les troubles cognitifs. Plusieurs mécanismes participent à la dégradation des propriétés protectrices de la barrière hémato-encéphalique :

  • La fragilisation des vaisseaux sanguins. Le cerveau et le rein sont très dépendants d’une microcirculation sanguine finement régulée. Or, on sait qu’une maladie rénale fragilise beaucoup les cellules des vaisseaux sanguins, en particulier ceux du cerveau. L’altération des petits vaisseaux est très fréquemment observée à l’imagerie cérébrale (scanner ou IRM) chez les patients insuffisants rénaux.

    En cas de maladie rénale, les vaisseaux s’épaississent : davantage de calcium se dépose dans la couche musculaire de leur paroi, ce qui perturbe les échanges entre le sang et le cerveau. Par ailleurs, certaines maladies très fréquentes, comme l’hypertension artérielle, le diabète ou les troubles du rythme cardiaque peuvent également participer aux complications vasculaires, ce qui a des répercussions à la fois sur les reins et sur le cerveau. La calcification et la rigidification des vaisseaux augmente la pulsatilité transmise à la circulation cérébrale (à chaque battement cardiaque, les chocs résultants sont transmis plus violemment). Cette situation favorise le développement d’une maladie des petits vaisseaux cérébraux (ce qui participe à l’atteinte cognitive) et a des conséquences au niveau de la barrière hémato-encéphalique.

  • L’inflammation. La maladie rénale chronique entraîne une inflammation sanguine. On retrouve dans le sang des patients davantage de molécules de l’inflammation et de cellules de l’immunité impliquées dans la réponse inflammatoire que dans le sang de la population générale. Lorsque ces cellules immunitaires pro-inflammatoires pénètrent dans le cerveau et y persistent, l’inflammation qu’elles provoquent participe non seulement à son agression, mais augmente également la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique.

  • L’accumulation de toxines. Au cours de la maladie rénale, le rein élimine moins bien les déchets. Ces derniers, appelés « toxines urémiques », s’accumulent dans la circulation sanguine, exerçant des effets délétères sur l’organisme. On connaît actuellement plus d’une centaine de ces toxines. Certaines d’entre elles ont un effet néfaste sur les vaisseaux du cerveau, ce qui peut là encore participer à fragiliser la barrière hémato-encéphalique.

Tous ces mécanismes ont donc des impacts négatifs pour la protection essentielle que constitue la barrière hémato-encéphalique. Plusieurs travaux de recherche récents suggèrent que l’altération de cette dernière jouerait un rôle important dans les complications cérébrales de la maladie rénale.

Schéma simplifié de l’altération de la barrière hémato-encéphalique qui se produit durant la maladie rénale
Dans la maladie rénale chronique, la barrière hémato-encéphalique est altérée.
Adapté d’après Bobot M., Nephrol Ther. (2023), CC BY

Ce que cela change pour les patients

La fragilisation de la barrière hémato-encéphalique a de nombreuses conséquences pour les patients. Elle pourrait aggraver la sévérité des AVC, en amplifiant les phénomènes inflammatoires et l’œdème (gonflement) qui survient dans le cerveau après un tel événement. Cette complication, particulièrement grave, augmente elle-même le risque de séquelles cognitives.

Prévenir le risque d’AVC et identifier les patients particulièrement à risque est donc crucial. Aux facteurs de risque d’AVC courants, tels que l’hypertension, le diabète ou les troubles du rythme cardiaque, fréquents chez les patients souffrant de maladie rénale, s’ajoutent les facteurs de risques spécifiques à cette affection. Soulignons que, dans certains cas, pour diminuer la probabilité de survenue d’un AVC, des traitements préventifs peuvent être mis en place.

Au-delà du risque accru d’AVC, le cerveau des patients insuffisants rénaux est également plus sensible aux agressions ou à la toxicité de certains médicaments, en raison là encore de l’altération de la barrière hémato-encéphalique. C’est par exemple le cas de certains antibiotiques, comme les bêta-lactamines ou les carbapénèmes, qui pénètrent davantage dans le cerveau de ces malades.

Enfin, soulignons que si l’atteinte cérébrale qui résulte de la maladie rénale se traduit principalement par le développement d’une maladie des petits vaisseaux cérébraux (ou démence vasculaire), certains travaux ont révélé que les patients présentent aussi un risque accru de développer une maladie d’Alzheimer.

Prendre en compte les troubles cognitifs

En cas de maladie rénale, il est donc important de toujours prendre en compte l’état cognitif des patients. Cela nécessite de mieux dépister les complications cérébrales, car plus ces troubles sont pris en charge précocement, plus leur prise en charge sera efficace. Corollaire : il est tout aussi important de dépister précocement une maladie rénale chez les patients atteints de trouble de la mémoire ou d’AVC.

Cela peut être fait très simplement, grâce à des analyses de sang et d’urine au laboratoire doublées d’une mesure de la pression artérielle. Plus tôt la maladie rénale est diagnostiquée, plus les traitements de protection rénale seront efficaces pour ralentir sa progression, et plus les risques de complications diminueront, y compris au niveau du cerveau.

On sait par ailleurs que la greffe rénale peut améliorer les troubles cognitifs des patients.

Des traitements en cours de développement

Dépister tôt une maladie rénale permet de mettre en place des traitements pour ralentir la dégradation de la fonction rénale ainsi que ses conséquences cérébrales.

L’établissement d’un diagnostic précoce est d’autant plus important qu’il n’existe à l’heure actuelle aucune thérapie spécifique pour protéger le cerveau des patients en cas de maladie rénale. Cependant, dans ce domaine, la recherche est en expansion ces dernières années, et plusieurs pistes de nouveaux traitements sont à l’étude.

Pendant longtemps, le rein a été considéré essentiellement comme un organe de filtration des déchets. Les résultats de recherche récents montrent qu’il participe également à un dialogue permanent avec le cerveau.

Mieux comprendre cette connexion et améliorer le dépistage pourrait permettre de mieux préserver non seulement la fonction rénale, mais aussi les capacités cognitives de millions de personnes.

The Conversation

Mickaël Bobot a reçu des financements de la Société Francophone de Néphrologie, Dialyse et Transplantation, de la Fondation du Rein et de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille, pour ses travaux de recherche. Il est membre de la Société Francophone de Néphrologie, Dialyse et Transplantation, de l’European Renal Association (Société Européenne de Néphrologie).

ref. La maladie rénale est aussi une maladie du cerveau – https://theconversation.com/la-maladie-renale-est-aussi-une-maladie-du-cerveau-284878

SARS-CoV-2, mpox, chikungunya, hantavirus, Ebola… Pourquoi les émergences virales se multiplient-elles ?

Source: The Conversation – in French – By Yannick Simonin, Virologiste spécialiste en surveillance et étude des maladies virales émergentes. Professeur des Universités, Université de Montpellier

L’actualité virale pour le moins chargée de ces dernières semaines nous l’a tristement rappelé : nous sommes régulièrement confrontés à l’émergence ou à la réémergence de virus. Pourquoi ? Quels sont les facteurs qui favorisent aujourd’hui l’apparition (ou la réapparition) et la diffusion de ces virus ? Tour d’horizon des principaux facteurs impliqués.


Depuis la pandémie de SARS-CoV-2, qui a touché plus de 700 millions de personnes dans le monde et provoqué environ 7 millions de décès, les virus occupent régulièrement le devant de la scène. Chikungunya, mpox, hantavirus, Ebola, virus de Crimée-Congo… Ces noms, autrefois connus des seuls spécialistes, ont quitté les colonnes des publications spécialisées pour faire la une des médias.

Pourquoi les émergences virales semblent-elles plus fréquentes aujourd’hui que par le passé ? Il n’existe pas de réponse simple à cette question, car une telle émergence est toujours le résultat de paramètres multiples. Pour qu’elle survienne, une alchimie doit s’opérer entre plusieurs ingrédients.

Du réchauffement climatique aux déplacements de population en passant par les modes d’élevage intensif, les conditions d’une « tempête parfaite » virale ne sont pas gravées dans le marbre. Mais leur multiplicité doit nous inciter à nous préparer à de futures pandémies. Explications.

Des émergences à répétition

En 2022, alors que la pandémie de Covid-19 n’était pas encore terminée, la variole du singe, désormais rebaptisée mpox par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a fait une entrée fracassante sur le devant de la scène. Cette maladie virale, qui était autrefois essentiellement cantonnée aux régions d’Afrique centrale et de l’Ouest, est sortie de sa zone habituelle de circulation de façon inattendue, pour se diffuser rapidement à l’échelle mondiale.

Initialement transmis à l’être humain par des animaux, dont certains rongeurs, le virus mpox s’est ensuite propagé rapidement de personne à personne. Entre 2022 et 2023, près de 100 000 cas ont été confirmés dans plus de 120 pays. En France, plus de 4 000 cas confirmés ont été signalés, majoritairement en 2022, faisant du pays l’un des plus touchés en Europe occidentale. Une situation totalement inédite pour ce virus…

Plus récemment, l’année 2025 a été marquée en France par une circulation inhabituelle de virus transmis par les moustiques. Les infections par le chikungunya ont, par exemple, atteint des niveaux exceptionnels, avec plus de 800 cas autochtones recensés (dix fois plus que le précédent record !).

Notre espèce n’a pas été la seule touchée par les émergences de maladies infectieuses : la même année, des maladies animales à fort impact sanitaire et économique, telles que la dermatose nodulaire bovine, ont également nécessité la mise en œuvre de programmes de surveillance et de contrôle à grande échelle en France, et plongé nombre d’agriculteurs dans le désarroi et l’incompréhension.

L’année 2026 ne fait pas exception, loin de là… En mai, le foyer de hantavirus Andes, à bord du MV Hondius, ou encore la flambée d’Ebola en République démocratique du Congo rappellent que ces menaces sont plus que jamais présentes.

Les virus, maîtres incontestés de l’adaptation

Habituellement utilisés dans le milieu restreint des laboratoires, les termes « variant », « souche » ou « mutants » ont essaimé bien au-delà du cercle des spécialistes. Ils illustrent la capacité extraordinaire des virus à s’adapter à leur environnement.

Les virus sont en effet capables d’évoluer de plusieurs façons. Leur génome peut subir de petites modifications (on parle de mutations ; celles-ci se produisent lorsque les virus se multiplient, et si certaines d’entre elles confèrent un avantage à leur porteur, lui permettant par exemple de contaminer plus facilement ses hôtes, celui-ci se voit favorisé). Ils peuvent aussi échanger des morceaux de matériel génétique entre eux (de tels échanges sont appelés des recombinaisons). Enfin, ils peuvent aussi troquer des segments beaucoup plus longs, correspondant à des pans entiers de leur matériel génétique (on parle alors de réassortiments).

Pour ces raisons, dans le monde vivant, les virus sont de loin les entités les plus rapides à évoluer. Ils mutent en moyenne de 100 à 10 000 fois plus vite que les bactéries, environ 1 000 fois plus vite que les parasites, et jusqu’à 100 000 fois plus vite que nos propres cellules ! Un combat profondément inégal dans la course a l’évolution, dont les virus sortent largement gagnants.

Des virus majoritairement discrets

La plupart du temps, les virus circulent en toute discrétion, bien souvent sans même provoquer de symptômes. Cette propagation silencieuse se fait le plus fréquemment au sein de réservoirs animaux.

Le problème se pose lorsque ces animaux, que l’on peut considérer comme des « porteurs sains », rencontrent une autre espèce sensible à ces virus « silencieux ». Le virus peut alors provoquer des symptômes plus ou moins sévères et se propager, jusqu’à entraîner une épizootie chez les animaux, ou une épidémie chez l’être humain.

On estime à l’heure actuelle que les trois quarts des virus émergents impliqués dans des maladies chez l’être humain proviennent des animaux. Les maladies qu’ils provoquent chez l’homme sont désignées sous l’appellation « zoonose ».

Et c’est bien là que réside le cœur du problème : cette rencontre, en apparence inhabituelle, entre un animal réservoir porteur d’un virus au potentiel dévastateur et l’être humain, devient de plus en plus fréquente.

La cause principale ? L’action de l’être humain sur l’environnement. En transformant profondément la nature, nous modifions les conditions de circulation des agents infectieux à l’échelle mondiale.

Des écosystèmes fragilisés

Si les virus sont les acteurs principaux de l’émergence virale, c’est bien nous qui en écrivons le scénario.

La déforestation et la fragmentation des écosystèmes, comme en Amazonie, en Afrique centrale ou en Asie du Sud-Est, détruisent les habitats naturels des animaux, les forçant à se rapprocher des zones habitées. Cette promiscuité génère des conditions particulièrement favorables à la transmission des virus.

Ces bouleversements créent ce qu’on appelle des « points chauds » (« hot spots » en anglais) de transmission où animaux sauvages, animaux domestiques et humains interagissent plus fréquemment. Ces échanges facilitent le passage des virus d’une espèce animale à l’autre et potentiellement à l’être humain, levant les barrières naturelles qui cloisonnaient les virus au sein d’une espèce animale donnée.

L’émergence du dangereux virus Nipah, responsable de graves syndromes neurologiques pouvant entraîner le décès des personnes infectées, illustre parfaitement ce phénomène. Ce virus a été signalé pour la première fois en Malaisie en 1998. Dans ce pays, la transformation des forêts a rapproché les chauves-souris des élevages porcins, ainsi que des humains qui s’en occupaient. Cette nouvelle configuration a permis au virus de franchir plusieurs barrières d’espèces successives, jusqu’à provoquer des cas humains.

De manière similaire, les épidémies d’Ebola en Afrique centrale sont étroitement liées à la perturbation des écosystèmes forestiers et à l’augmentation des contacts entre la faune sauvage, notamment les chauves-souris frugivores, qui sont les réservoirs présumés du virus, et les populations humaines. L’émergence et la propagation récente du virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo s’inscrivent dans ce contexte. Dans des régions où la déforestation, l’exploitation des ressources naturelles et les déplacements de population modifient profondément les écosystèmes, leur fragmentation favorise des interactions accrues entre espèces et augmente les probabilités de franchissement de la barrière d’espèce.

Les modifications de la biodiversité peuvent aussi favoriser l’émergence de virus. En effet une biodiversité variée peut limiter la propagation des maladies, en « diluant » les agents pathogènes entre de nombreuses espèces plus ou moins efficaces pour les transmettre.

À l’inverse, la perte de diversité des espèces que nous observons ces dernières années peut faciliter la transmission des agents infectieux en supprimant cet effet de dilution et en favorisant ainsi la dominance d’espèces particulièrement efficaces pour transmettre ces pathogènes.

Des élevages intensifs qui amplifient les virus

La promiscuité n’est malheureusement pas l’apanage de l’être humain. L’augmentation de la population mondiale s’accompagne également de la hausse significative des élevages d’animaux. Poulets, porcs, bovins ou encore canards sont élevés à des densités parfois très élevées dans des espaces restreints.

À titre d’exemple, la production mondiale de viande de volaille est passée d’environ 9 millions de tonnes en 1961 à plus de 130 millions de tonnes aujourd’hui, tandis que plus de la moitié des porcs sont désormais élevés en systèmes intensifs. Ces conditions favorisent la transmission rapide des virus et leur évolution. Ces élevages devenant ainsi de véritables amplificateurs de maladies.

Les porcs, par exemple, peuvent être infectés simultanément par plusieurs virus grippaux, ce qui facilite l’apparition de nouveaux variants. Ce phénomène a notamment conduit à l’émergence du virus grippal H1N1 en 2009.

Des villes qui accélèrent les épidémies

Plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en zone urbaine, un chiffre en constante augmentation. Les villes densément peuplées, et notamment les grandes métropoles, sont devenues des lieux propices à la propagation des virus.

La promiscuité dans les transports, les écoles ou les lieux de travail multiplie les contacts rapprochés. Dans certains quartiers surpeuplés, les conditions sanitaires renforcent encore ces risques.

La pandémie de Covid-19, comme les épidémies de dengue, ont montré à quel point les grandes métropoles peuvent agir comme des accélérateurs d’épidémies.

À titre d’exemple, citons le cas emblématique de New Delhi, capitale de l’Inde et mégalopole de près de 30 millions d’habitants. La densité de population, les flux quotidiens de millions de voyageurs dans les transports en commun et les insuffisances des infrastructures sanitaires y forment un terrain idéal pour la propagation des virus. Conséquence : la ville est régulièrement touchée par des épidémies de dengue. Le virus y circule à un tel niveau que, selon certaines estimations, près de 40 % à 50 % de la population, voire davantage selon les quartiers, auraient été infectés au moins une fois par le virus de la dengue !

Lors de la pandémie de Covid-19, Mumbai, la capitale économique de l’Inde, et New Delhi ont également figuré parmi les foyers les plus touchés du pays, illustrant une fois de plus comment la concentration urbaine amplifie la vitesse et l’ampleur de la contagion.

Des pratiques humaines à risque

Certaines activités humaines créent des passerelles directes entre les espèces. La chasse dite « de subsistance », encore pratiquée dans de nombreuses régions d’Afrique et d’Asie, le commerce d’animaux sauvages ou encore différentes pratiques culturelles exposent les humains à des virus inconnus.

Les marchés d’animaux vivants, où différentes espèces sont entassées dans des conditions sanitaires bien souvent précaires, sont des lieux à haut risque d’émergence virale. Bien que la séquence précise de l’émergence du coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la pandémie de Covid-19 n’ait pas encore pu être élucidée, le marché d’animaux vivants de Wuhan, désormais célèbre, est soupçonné d’y avoir joué un rôle central…

À cela s’ajoutent certaines pratiques culturelles et religieuses, telles que les festivals ou les cérémonies au cours desquels des animaux vivants sont sacrifiés et manipulés, créant autant de passerelles potentielles pour la transmission virale. Les épidémies d’Ebola ont également mis en évidence le rôle de certains rites funéraires traditionnels impliquant des contacts étroits avec les corps des défunts emportés par la maladie dans l’amplification de la transmission du virus au sein des communautés.

Les conflits armés favorisent les virus

Les virus exploitent également les fractures profondes de nos sociétés. Les conflits armés, les déplacements massifs de populations et les crises humanitaires constituent des contextes particulièrement favorables à la diffusion des agents infectieux.

Dans ces situations, les systèmes de santé se dégradent, le diagnostic est rendu plus compliqué, les programmes de vaccination sont perturbés, voire interrompus, et l’accès aux traitements devient limité ou irrégulier. Par ailleurs, l’insécurité alimentaire et la malnutrition fragilisent les organismes et la diffusion de maladie, tandis que la mise en œuvre des mesures de prévention et de contrôle des infections devient difficile, voire irréalisable. L’ensemble de ces facteurs crée des conditions propices à l’émergence ou à la réémergence d’épidémies parfois considérées comme maîtrisées.

La circulation actuelle du virus Ebola en Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, illustre clairement cette dynamique. Cette région, marquée par une insécurité chronique liée aux conflits armés, des déplacements répétés de populations et un accès limité aux infrastructures de santé, constitue un terrain particulièrement favorable à la persistance et à la propagation du virus.

La mondialisation accélère les épidémies

Autrefois, les épidémies mettaient des mois, voire des années à se propager au rythme du transport terrestre ou maritime. Aujourd’hui, la vitesse de diffusion des épidémies est devenue vertigineuse, un virus pouvant traverser la planète en moins de 24 heures !

L’explication principale dans cette diffusion express des virus se trouve dans l’intensification du trafic aérien ces dernières années, qui favorise le flux de marchandises, d’animaux et des êtres humains. À cela s’ajoutent aujourd’hui d’autres facteurs de mobilité, notamment le développement massif des réseaux ferroviaires à grande vitesse.

Par exemple, l’expansion rapide du réseau de trains à grande vitesse en Chine a profondément modifié les dynamiques de circulation interne, facilitant des déplacements massifs de population. C’est le cas notamment lors des déplacements saisonniers, liés en particulier aux grandes fêtes traditionnelles, comme le Nouvel An chinois, qui donnent lieu à des déplacements massifs de population à l’échelle du pays.

La pandémie de Covid-19 a illustré cette accélération sans précédent puisque, en à peine 6 à 8 semaines, le virus s’est propagé sur plusieurs continents. En moins de 12 semaines, l’OMS déclarait une pandémie mondiale. On connaît la suite, le virus s’étant propagé à plus de 180 pays…

Changement climatique, le point de bascule

Si tous les facteurs mentionnés précédemment jouent un rôle important, le plus puissant accélérateur des épidémies est probablement le changement climatique. Largement lié aux activités humaines, il agit comme un puissant moteur d’émergence et de réémergence des maladies virales.

Ce phénomène ne se limite pas uniquement à la hausse continue des températures que nous observons ces dernières années, mais il englobe également l’intensification des événements extrêmes (sécheresses, inondations, canicules, tempêtes…), ainsi que des perturbations majeures des écosystèmes.

Les sécheresses, par exemple, poussent de nombreux animaux à se rapprocher des zones habitées à la recherche d’eau et de nourriture, tandis que les fortes pluies et inondations favorisent la prolifération des rongeurs en augmentant les ressources disponibles et en les déplaçant vers les zones habitées, ce qui accroît notamment le risque de transmission de virus comme les hantavirus.

De même, l’augmentation des températures et des épisodes de fortes pluies en France a favorisé l’expansion des moustiques tigres, contribuant à une circulation record du chikungunya en 2026, y compris dans des zones où il était auparavant rarement détecté.

Pour conclure, une émergence virale est un phénomène complexe qui ne dépend jamais d’un seul facteur, mais plutôt de la convergence de multiples éléments : un virus capable de se transmettre efficacement qui rentre en contact avec l’être humain, une population vulnérable, des systèmes de santé fragiles, une forte mobilité humaine, des conditions climatiques favorables…

C’est ce cocktail explosif, davantage que les caractéristiques du virus lui-même, qui transforme une infection locale en épidémie ou en pandémie. Ainsi, l’émergence virale relève d’un équilibre complexe et très difficile à anticiper.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que les conditions actuelles sont particulièrement favorables à l’avènement de l’ère des virus émergents. Ces dernières années, nous n’en avons probablement observé que les prémices…

The Conversation

Yannick Simonin a reçu des financements de Horizon Europe, ANR, ANRS-MIE, PREZODE, région Occitanie, Université de Montpellier.

ref. SARS-CoV-2, mpox, chikungunya, hantavirus, Ebola… Pourquoi les émergences virales se multiplient-elles ? – https://theconversation.com/sars-cov-2-mpox-chikungunya-hantavirus-ebola-pourquoi-les-emergences-virales-se-multiplient-elles-283910

La catastrophe qui tarde : pourquoi les humains semblent-ils vivre mieux sur une planète qui se dégrade ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Jean-Michel Salles, Directeur de recherche en Economie de l’environnement, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Les climats se dérèglent, les écosystèmes se dégradent et pourtant, à l’échelle mondiale, le revenu moyen par habitant, l’espérance de vie et les niveaux d’éducation continuent d’augmenter. Ce décalage constitue l’un des paradoxes les plus dérangeants du débat environnemental contemporain. Explorer tous les facteurs explicatifs est primordial pour réfléchir aux manières d’agir et de communiquer à l’ère du changement climatique.


Depuis les années 1960, les alertes sur les conséquences écologiques de la croissance économique et de l’industrialisation se multiplient. Dégradation des écosystèmes, épuisement des ressources, pollutions, dérèglement climatique ou franchissement de limites planétaires : de nombreux travaux scientifiques décrivent des dynamiques susceptibles d’altérer durablement les conditions de vie humaines.

Et pourtant : l’espérance de vie mondiale augmente, la pauvreté extrême a reculé, du moins jusqu’aux crises récentes, les niveaux d’éducation progressent, le revenu moyen par habitant continue, à l’échelle mondiale, sa progression de long terme.

Ce décalage correspond à ce que des chercheurs ont appelé, au tournant des années 2010, « le paradoxe de l’environnementaliste » (environmentalist paradox, en anglais) : comment expliquer que le bien-être humain, mesuré par les indicateurs dominants, s’améliore alors même que les écosystèmes se dégradent ?

Ce paradoxe ne nie évidemment pas la crise écologique. Mais il en complique l’interprétation.


Millennium Ecosystem Assessment (2005), WWF Living Planet Report (2022), Banque mondiale.

Un constat dérangeant

En 2005, l’ONU publiait le Millennium Ecosystem Assessment. Ce rapport, motivé par le constat d’une dégradation généralisée des écosystèmes et des services que les sociétés humaines en retirent, a confirmé qu’une grande partie des écosystèmes mondiaux et des avantages perçus par les humains étaient en déclin.

Partant de là, en 2010, des chercheurs ont formalisé l’énigme : si les services écosystémiques qui soutiennent les sociétés humaines se dégradent, pourquoi les indicateurs de développement humain continuent-ils, eux, d’augmenter ?

Cette question n’est pas purement académique. Elle touche au cœur du débat politique contemporain. Si les alertes environnementales ne se traduisent pas par une dégradation visible et généralisée des conditions de vie, leur crédibilité peut être fragilisée. À l’inverse, si la prospérité actuelle repose sur une dégradation cumulative dont les effets sont différés, c’est l’inaction qui est plus risquée.

Première piste : le problème des indicateurs

Une première piste d’explication du paradoxe de l’environnementaliste s’est penchée sur les indicateurs utilisés.

Les indicateurs dominants du bien-être – produit intérieur brut (PIB) par habitant, espérance de vie, scolarisation ou leur combinaison au sein de l’Indice de développement humain (IDH) – captent essentiellement des dimensions matérielles et sanitaires.

Mais ils capturent mal, ou même pas du tout, la qualité des relations aux milieux, la résilience des territoires, la sécurité écologique future, les vulnérabilités intergénérationnelles.

Une partie du paradoxe tient à une dissociation entre flux et stocks : les indicateurs de bien-être mesurent des flux (revenu, production, consommation), tandis que les dégradations écologiques affectent des stocks (climat, biodiversité, sol), dont l’érosion peut rester longtemps invisible dans les indicateurs courants.

Le paradoxe pourrait donc être lié à ce que l’on mesure ou non, et une partie du débat récent a donc porté sur l’élargissement des cadres d’évaluation pour prendre en compte les contributions de la nature (nature’s contributions to people, en anglais), la comptabilité du capital naturel, les indicateurs de bien-être multidimensionnels. Pour autant, même en enrichissant les indicateurs, le constat global demeure : les indicateurs de performance socioéconomique n’ont pas encore basculé.

Deuxième piste : la grande substitution énergétique et technologique

L’hypothèse la plus robuste aujourd’hui est celle de la substitution massive des services de la nature rendue possible par l’énergie fossile et l’innovation technique. L’agriculture industrielle a, ainsi, accru les rendements.

Les infrastructures hydrauliques compensent, pour leur part, les perturbations locales des régimes de précipitation. Les systèmes de santé réduisent, enfin, la mortalité indépendamment de la qualité écologique immédiate. Autrement dit, les sociétés modernes ont développé une capacité d’amortissement et d’adaptation. Mais cette capacité repose elle-même sur une intensification matérielle et énergétique sans précédent.

Les travaux récents sur les flux de matières montrent que l’extraction mondiale continue de croître : à l’échelle globale, croissance et pressions environnementales restent encore très souvent corrélées.

Le paradoxe ne réfute pas les limites écologiques ; il montre plutôt la capacité temporaire des sociétés industrielles à en différer les effets grâce à une mobilisation massive d’énergie et de ressources.

Résilience ou illusion de stabilité ?

Une autre lecture du paradoxe convoque la notion de résilience : les systèmes socioécologiques peuvent absorber des perturbations importantes sans s’effondrer immédiatement. Ils disposent d’inerties, de redondances, de capacités d’adaptation. Mais cette résilience peut être trompeuse.

Les recherches sur les points de bascule (tipping points) suggèrent que des systèmes apparemment stables peuvent franchir brutalement des seuils critiques. Le climat, les écosystèmes forestiers ou les calottes glaciaires présentent ainsi des dynamiques non linéaires. Un exemple inquiétant est la déforestation en Amazonie qui pourrait modifier le régime des précipitations et transformer la forêt humide en savane, avec des conséquences sur le climat global.

Dans cette perspective, l’absence d’effondrement observable aujourd’hui ne constitue pas une preuve de sécurité, mais possiblement une phase de latence. Le paradoxe environnementaliste serait alors l’expression d’une robustesse apparente précédant une transformation plus profonde.

Une question d’échelle et d’inégalités

Les moyennes globales masquent également des réalités contrastées. Pour certaines populations les inondations, les sécheresses ou les méga-incendies liés au changement climatique sont déjà synonymes d’insécurité alimentaire, de pertes de moyens de subsistance ou de migration forcée. Le paradoxe apparaît surtout à l’échelle agrégée. À l’échelle locale ou du point de vue de la distribution des effets, la corrélation entre dégradation écologique et vulnérabilité est souvent plus nette.

Ainsi, le débat s’est déplacé vers la notion d’« espace sûr et juste » (safe and fair space, en anglais) une notion proposée en 2012 par l’économiste britannique Kate Raworth. Elle vise à souligner que, pour aller vers un monde vivable, l’éradication de la pauvreté était une étape nécessaire. Mais comment concilier désormais respect des limites planétaires et réduction des inégalités sociales sachant que la prospérité observée en moyenne coexiste avec des dépassements écologiques et des injustices sociales ?

Le risque politique du paradoxe

Une chose est certaine : le paradoxe environnementaliste est politiquement ambivalent. Il pourrait être interprété soit comme :

  • la preuve que les scénarios catastrophistes étaient excessifs ; la dégradation écologique a des effets limités sur le bien-être humain parce qu’elle est moins grave qu’annoncée ou parce que les sociétés humaines ont une capacité d’adaptation suffisante ;

  • ou bien comme la démonstration que les sociétés ont jusqu’ici réussi à en différer les coûts, mais non à les éliminer. Ce sont donc les outils d’observation et d’anticipation qui sont inadéquats pour rendre compte de la réalité de la situation.

Dans le premier cas, le paradoxe nourrit le scepticisme et la tentation du statu quo. Dans le second, il renforce l’argument en faveur de politiques préventives et prudentes. La tension entre ces deux lectures traverse aujourd’hui les débats publics.




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Robustesse systémique et dépendance aux stocks

Un point central de la littérature récente concerne la dépendance aux stocks accumulés : énergie fossile, capital naturel, infrastructures héritées. La prospérité contemporaine repose sur une croissance de la consommation de ces stocks, unique dans l’histoire humaine.

La question devient alors : cette configuration est-elle reproductible à long terme ? Le paradoxe pourrait être celui d’une modernité soutenue par des conditions biophysiques transitoires dont le maintien impliquerait soit de limiter le nombre des bénéficiaires – c’est ce que suggère le néo-malthusianisme en appelant à la limitation des naissances – ou bien d’espérer que le génie humain et le progrès technique permettent de les prolonger – c’est ce que prétendent les technosolutionnistes ou les cornucopiens.




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Effondrement ou transformation ?

Le terme « effondrement » suppose une rupture brutale et généralisée. Or, les dynamiques observées pourraient être plus graduelles, différenciées, transformantes plutôt que destructrices.

La littérature scientifique récente insiste davantage sur la trajectoire des systèmes, les transitions socioécologiques, les capacités d’adaptation institutionnelle, les risques systémiques.

Le débat s’est ainsi déplacé d’une question simple « Allons-nous nous effondrer ? » – voire « Quand allons-nous nous effondrer ? » – à une interrogation plus complexe : sous quelles conditions et sous quelles formes la dégradation écologique finira-t-elle par affecter le bien-être humain, et selon quelles modalités et temporalités ?

Ce que révèle vraiment le paradoxe

Le paradoxe environnementaliste ne disqualifie ni les alertes scientifiques ni les progrès du développement humain. Il invite à dépasser l’opposition simpliste entre catastrophisme et optimisme technologique, et rappelle que les effets des dégradations environnementales sont souvent différés, inégalement répartis et masqués par la puissance matérielle des sociétés industrielles.

La catastrophe tarde peut-être, ou bien elle est déjà là, mais sous des formes moins visibles, plus diffuses, différentes de celles qui étaient imaginées. Dans tous les cas, le paradoxe ne referme pas la question écologique. Il oblige à la poser autrement – et plus rigoureusement.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. La catastrophe qui tarde : pourquoi les humains semblent-ils vivre mieux sur une planète qui se dégrade ? – https://theconversation.com/la-catastrophe-qui-tarde-pourquoi-les-humains-semblent-ils-vivre-mieux-sur-une-planete-qui-se-degrade-283176

Mareas de macroalgas, una amenaza creciente con graves consecuencias para el medio ambiente y la economía

Source: The Conversation – (in Spanish) – By César Peteiro, Científico titular especializado en macroalgas en el Centro Oceanográfico de Santander (COST-IEO), Instituto Español de Oceanografía (IEO – CSIC)

Probablemente haya visto alguna vez macroalgas o plantas marinas acumuladas en las orillas del litoral español. Esto ocurre sobre todo en otoño, cuando individuos o fragmentos de estos vegetales se desprenden de los fondos marinos. Estos restos acaban llegando a la costa, donde se acumulan y forman los llamados arribazones.

Sin embargo, este proceso natural no tiene nada que ver con las llegadas masivas de ciertas macroalgas que afectan cada vez más a algunas regiones costeras, sobre todo en verano. Este fenómeno, causado por alteraciones de origen humano, se conoce como marea de macroalgas y produce graves impactos ecológicos y socioeconómicos.

Impacto en el medioambiente, la pesca y el turismo

La marea de macroalgas consiste en una proliferación masiva no natural de ciertas especies, favorecida por cambios en el medio causados principalmente por la actividad humana. Esto produce enormes cantidades de biomasa macroalgal. Parte acaba llegando a las costas, donde forman acumulaciones anómalas por su extraordinaria abundancia y extensión. Lo que ocasiona graves daños ambientales y socioeconómicos.

Entre sus impactos ecológicos figuran la pérdida de biodiversidad y la alteración del funcionamiento de los ecosistemas costeros. A esto se suman enormes pérdidas económicas en el turismo y la pesca. Las acumulaciones en las playas generan molestias y malos olores, lo que limita su atractivo turístico. En la pesca, dañan los aparejos y reducen considerablemente las capturas. También pueden provocar la mortalidad de moluscos por asfixia al cubrir sus bancos.

Los primeros episodios de mareas de macroalgas se registraron a principios del siglo XX y, desde entonces, su frecuencia ha aumentado de forma cada vez más acusada. Este incremento se relaciona con el impacto de diversos factores ambientales de origen humano. El principal es la eutrofización, un proceso que ocurre por la acumulación excesiva de nutrientes inorgánicos en el mar. Estos nutrientes son principalmente nitratos y fosfatos procedentes de la agricultura, la ganadería o la acuicultura marina de peces.




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Otro factor muy relevante es el calentamiento del mar, junto con otros efectos asociados al cambio climático.

Las macroalgas que forman mareas se caracterizan por su extraordinaria capacidad para crecer rápidamente y multiplicarse sin necesidad de reproducción sexual, ya sea a partir de fragmentos o mediante esporas.

Los episodios más impactantes

La primera marea de macroalgas documentada ocurrió en Irlanda en 1905 debido a la eutrofización de las aguas costeras por vertidos urbanos. Fue causada por especies del género Ulva (conocida comúnmente como “lechuga de mar”), que cuando se desprenden y proliferan masivamente forman las llamadas mareas verdes por su color. Desde entonces, estos episodios se han vuelto cada vez más frecuentes, extensos e impactantes. Hoy afectan a zonas costeras de los seis continentes y se han descrito en más de 30 países.

Entre estos episodios destaca la primera gran marea verde de Ulva que tuvo lugar en 2008 en las aguas costeras de Qingdao, China. Este episodio tuvo una gran repercusión mundial porque cubrió el campo de regatas de vela durante la celebración de los Juegos Olímpicos. Su extraordinaria magnitud se refleja en que se retiraron de las costas más de un millón de toneladas de esta macroalga.

Esta marea verde, como otras sucesivas en la región, se produjeron por una combinación de la eutrofización, el cambio climático y un intenso desarrollo de la acuicultura.

Mareas verdes formadas por la macroalga Ulva: (A) Distribución global de zonas donde se han documentado episodios de estas mareas, marcadas en el mapa con cuadrados verdes. César Peteiro. (B) Vista de una marea verde cubriendo la sede olímpica de vela durante los Juegos Olímpicos de 2008 en China. Corey Sheridan/Flickr a través de SEOS project, CC BY-NC-SA 2.0. (C) Detalle de la especie Ulva prolifera, identificada como causante de estas mareas verdes. Tong et al. (2025) en Coasts, CC BY 4.0. (D) Militares y ciudadanos retirando la acumulación masiva de esta macroalga en la costa. A. Haswell/Flickr a través de SEOS project, CC BY-NC-SA 2.0.

Casos preocupantes en España

En España también se producen mareas de macroalgas, aunque todavía no alcanzan las dimensiones observadas en otras regiones del mundo. Pero algunos casos empiezan a ser muy preocupantes, ya que se espera que vayan a más.

Las mareas verdes por especies del género Ulva son las más conocidas. Generalmente, estos episodios ocurren de manera ocasional, asociados a procesos de eutrofización. Se producen sobre todo durante el verano, cuando la mayor temperatura y disponibilidad de luz favorecen su crecimiento. En zonas con aportes persistentes de nutrientes, estas proliferaciones pueden hacerse recurrentes o continuas, como ocurre en algunos estuarios o en lagunas costeras muy degradadas como el Mar Menor.

En las costas gallegas, estas se han convertido en una problemática creciente, con impactos sobre los ecosistemas costeros y sobre actividades pesqueras, especialmente el marisqueo. Este proceso también puede verse favorecido por alteraciones en el medio, muchas de ellas vinculadas al cambio climático. Un ejemplo son las lluvias intensas y persistentes registradas en Galicia a comienzos de este año. Estas aumentan los aportes de agua dulce rica en nutrientes y reducen la salinidad costera, favoreciendo el crecimiento de macroalgas oportunistas como la Ulva.

Mareas verdes en las costas de Galicia por la proliferación de Ulva (lechuga de mar):
(A) Intermareal rocoso completamente cubierto por esta macroalga oportunista debido a una alteración de las comunidades, cuyo desprendimiento puede originar proliferaciones masivas en verano. César Peteiro.
(B) Las dos principales morfologías de sus especies: B1, formas laminares y B2, formas tubulares (tubo hueco). César Peteiro.
(C) Restos de macroalgas secas en la orilla de una playa por un episodio de marea verde. César Peteiro.
(D) Retirada de grandes biomasas de esta macroalga en un banco marisquero para evitar daños en la actividad productiva. Esta biomasa es utilizada por la empresa Orixe Salgada para producir bioestimulantes agrícolas. Orixe Salgada, con permiso.

Pero el caso más preocupante en España es la proliferación de la macroalga invasora Rugulopteryx okamurae. Responsable de mareas pardas de dimensiones nunca antes vistas en nuestras costas. También conocida como macroalga asiática de Okamura, representa el mayor problema de invasión biológica por una macroalga conocido en España y en Europa. Sus graves impactos ecológicos y económicos han llevado a incluirla en el Catálogo Español de Especies Exóticas Invasoras. Además, es la primera macroalga que figura en la lista de especies exóticas invasoras preocupantes para la Unión Europea.




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Esta especie es nativa del este de Asia y fue encontrada por primera vez en Europa en las costas mediterráneas francesas en 2002, sin mostrar entonces un comportamiento invasor. Su siguiente aparición se produjo a partir de 2015 en aguas españolas de la zona del estrecho de Gibraltar, concretamente en Ceuta y Tarifa (Cádiz). Esta introducción fue confirmada mediante análisis genéticos.

Morfología y distribución en aguas españolas de Rugulopteryx okamurae:
(A) Aspecto del cuerpo vegetativo, denominado talo en las macroalgas, con sus dos morfologías típicas según las condiciones de crecimiento. César Peteiro.
(B) Propágulos vegetativos sobre el talo y detalle microscópico de su fase inicial. Estas estructuras permiten la producción de enormes cantidades de nuevos individuos, que son clones. César Peteiro.
(C) Expansión en las costas españolas desde su primera aparición europea en la costa mediterránea francesa, indicada con un círculo rojo y el año de introducción. El círculo azul oscuro señala el primer registro en cada región, con su año, y el azul claro, registros posteriores. César Peteiro.

En esta zona, R. okamurae se ha caracterizado desde el principio por un desarrollo explosivo que genera grandes biomasas. Una parte se desprende y acaba acumulándose en miles de toneladas en las costas. Lejos de estabilizarse, estas acumulaciones siguen aumentando más de diez años después de su introducción, lo que indica que su proliferación y expansión continúan.

Todo ello tiene un enorme impacto sobre las comunidades nativas de macroalgas, reduciendo su biodiversidad y alterando las comunidades de fauna asociadas. Además, afecta gravemente a actividades como la pesca y el turismo de playa, al tiempo que genera importantes costes para los ayuntamientos, que deben retirar sus enormes acumulaciones costeras.

El éxito de su introducción y expansión masiva en estas aguas se ha relacionado con factores ambientales como el exceso de nutrientes. También influye su amplia tolerancia térmica, entre 10 °C y 30 °C, lo que favorece la colonización de extensas regiones.

A ello se suma su extraordinaria capacidad para multiplicarse. Puede formar nuevos individuos a partir de propágulos vegetativos y de esporas asexuales, lo que le permite producir enormes cantidades de clones. Además, sus acumulaciones pueden permanecer viables y reproductivas durante largos periodos en profundidad y oscuridad, favoreciendo así su dispersión por las corrientes marinas.

Desde su zona de introducción, R. okamurae se ha extendido por todo el litoral andaluz, tanto mediterráneo como atlántico, así como por Melilla, y algunas localidades de Murcia, Comunidad Valenciana y Cataluña.

Aparición y proliferación de la macroalga asiática de Okamura en la costa gallega y cantábrica. (A) Localidades de Panxón, Nigrán (Galicia): (A1) Población observada el 24 de marzo de 2024, primer registro para Galicia. César Peteiro. (A2) Acumulaciones en playas por la proliferación de esta macroalga que desprenden parte de su biomasa entre primavera y verano. César Peteiro. (B) Localidades de la bahía de Santander (Cantabria): (B1) Población con coberturas del 80-100 % durante la primavera en comunidades rocosas de la playa de Los Tranquilos, Ribamontán. En esta localidad se recolectó, el 12 de mayo de 2024, el primer registro para Cantabria. César Peteiro. (B2) La macroalga Gelidium corneum (caloca u ocle), que forma praderas densas en el Cantábrico que son explotadas por su alto valor comercial. La especie invasora (marcada con flechas) es capaz de aprovechar pequeñas calvas (sobre un 5 %) en estas praderas para colonizarlas. César Peteiro. (B3) Grandes acumulaciones en playas de Noja durante el verano de 2025, cuando se retiraron unas 9 000 toneladas de biomasa. En Cantabria, esta macroalga forma acumulaciones en playas de Santander, Noja, Santoña y Castro Urdiales. Gobierno de Cantabria, CC BY 3.0.

La macroalga asiática de Okamura también ha alcanzado las costas atlánticas de Canarias desde 2022 y del norte peninsular desde 2023, donde preocupa especialmente por la rapidez de su expansión y por su abundancia. En apenas dos años ha aparecido en Galicia, Asturias, Cantabria y País Vasco.

A ello se suma el riesgo de que la especie se disperse hacia el norte de Europa, favorecida por el intenso tráfico marítimo internacional en puertos del norte peninsular, como el de la bahía de Santander, donde ya forma poblaciones abundantes.

No basta con retirar las acumulaciones de la costa

Estos episodios son síntoma de un problema de fondo, como es la eutrofización y a otras alteraciones de origen humano. Si no se actúa sobre estas causas, las mareas continuarán.

Sin embargo, las estrategias actuales se basan principalmente controlar su expansión con la retirada de las grandes acumulaciones de la costa.

En el caso de la macroalga asiática de Okamura, al tratarse de una especie invasora, existe una estrategia nacional para su gestión, control y posible erradicación, que incluye amplias actuaciones. Aunque en la práctica hasta ahora se ha centran en retirar sus acumulaciones de la costa, una respuesta que ha sido insuficiente.

Por ello, deberían impulsarse nuevas medidas, como la retirada de la abundante biomasa que permanece en los fondos y acciones directas sobre sus poblaciones. La retirada de biomasa en poblaciones ya ha mostrado resultados prometedores en pruebas recientes del Ministerio para la Transición Ecológica y el Reto Demográfico (MITECO) en Ceuta. Por tanto, podría evaluarse su aplicación a mayor escala mediante sistemas de succión, un método que ha resultado efectivo frente a otras macroalgas invasoras con gran capacidad de dispersión vegetativa.

Asimismo, sería clave proteger los bosques y praderas de macroalgas nativas con medidas como la restricción de su explotación en zonas próximas a áreas invadidas.

En el caso de Ulva, habría que evitar el desarrollo de su cultivo, especialmente si se trata de especies exóticas como Ulva ohnoi. Una especie introducida en España y descrita en Japón como causante de mareas verdes.

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César Peteiro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Mareas de macroalgas, una amenaza creciente con graves consecuencias para el medio ambiente y la economía – https://theconversation.com/mareas-de-macroalgas-una-amenaza-creciente-con-graves-consecuencias-para-el-medio-ambiente-y-la-economia-280616

¿Se puede hacer ejercicio con calor en verano? Sí, pero no de cualquier manera

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro J. Almenar Arasanz, Profesor área de Fisioterapia, Universidad San Jorge

SOMKID THONGDEE/Shutterstock

Cuando llega el verano, las recomendaciones se repiten: evitar las horas centrales del día, buscar la sombra y beber agua. Son consejos sensatos, especialmente durante una ola de calor, pero no siempre encajan con la realidad. Hay personas a las que les gusta entrenar, sudar, correr o pedalear al aire libre.

¿Se puede? Sí, pero el calor añade una carga extra y obliga a ajustar el esfuerzo. No es lo mismo salir a caminar media hora que hacer series de carrera, una ruta larga en bicicleta o una sesión intensa de fuerza. El riesgo y las adaptaciones necesarias dependen de la persona, del tipo de ejercicio y de cuánto tiempo vaya a exponerse al calor.

El mismo entrenamiento deja de ser el mismo

Durante el ejercicio, los músculos generan calor. Para disiparlo, el organismo envía más sangre hacia la piel y activa la sudoración, mientras sigue abasteciendo a los músculos. Por eso, un ritmo habitual puede resultar más exigente en verano: aumenta la percepción de esfuerzo, aparece antes la fatiga y puede disminuir el rendimiento.

Adaptar el entrenamiento no significa estar menos en forma. Correr más despacio, reducir alguna serie o alargar los descansos puede requerir un esfuerzo similar al de una sesión más intensa en un ambiente fresco. En días de mucho calor, el reloj o la carga externa no siempre cuentan toda la historia: conviene atender también a las sensaciones, la respiración, la frecuencia cardiaca y la capacidad para recuperarse entre esfuerzos.

Sudar ayuda, pero no es una medalla

Sudar es uno de los principales mecanismos del cuerpo para perder calor, pero lo que realmente nos enfría es la evaporación del sudor sobre la piel. Cuando hay mucha humedad, podemos acabar empapados y, aun así, refrigerarnos peor.

Además, transpirar más no significa entrenar mejor, quemar más grasa ni eliminar más “toxinas”. Depende de la temperatura, la humedad, la ropa, la intensidad y la adaptación individual. Por eso no tiene mucho sentido valorar una sesión por lo mojada que acaba la camiseta: puede indicar esfuerzo, pero también simplemente calor, humedad o una mala elección de ropa.

Otro aspecto a tener en cuenta es que la tolerancia al calor se entrena: la exposición progresiva mejora la capacidad para sudar y controlar la temperatura corporal. Quien comienza debería elegir, pues, sesiones más cortas, intensidades moderadas y momentos menos calurosos. Una persona entrenada y aclimatada dispone de más margen, pero tampoco es invulnerable: puede reducir el ritmo en trabajos aeróbicos y bajar el volumen o ampliar los descansos en sesiones de fuerza.

Comer y beber con sentido

Hacer ejercicio intenso inmediatamente después de una comida copiosa puede favorecer que suframos pesadez, náuseas o molestias digestivas. Conviene dejar un margen suficiente o, si queda poco tiempo, optar por alimentos ligeros y fáciles de digerir, como una pieza de fruta, una tostada con miel o mermelada, un yogur o un pequeño bocadillo sencillo. La cantidad y el momento deben ajustarse al tipo de entrenamiento y a la tolerancia individual.

También ayuda empezar bien hidratado. Para una sesión corta, suele bastar el agua, pero si el ejercicio se prolonga o la sudoración es abundante, puede resultar útil reponer también sales y carbohidratos.

De cualquier modo, beber en exceso (“por si acaso”) no es buena idea: la hidratación debe adaptarse a la duración y la intensidad del ejercicio y las pérdidas individuales. Una buena referencia práctica es llegar al entrenamiento sin sed intensa y observar cómo responde el cuerpo después: un cansancio excesivo, dolor de cabeza o una recuperación anormalmente lenta pueden ser señales de que la sesión, el calor o la hidratación no se han gestionado bien.

Entrenar al sol añade otra carga

A algunas personas les gusta sentir el sol mientras entrenan. No hay que demonizar esa preferencia, pero sí entender que la radiación solar aumenta la carga térmica y añade exposición ultravioleta.

Si se elige entrenar sintiendo los rayos del astro rey, conviene proteger la piel, utilizar ropa ligera, disponer de agua y asumir que algunos días habrá que reducir la duración o la intensidad del ejercicio. La Organización Mundial de la Salud recomienda limitar la exposición durante las horas de mayor radiación y utilizar sombra, ropa protectora y fotoprotección.

Hay señales que no se negocian: ante un mareo, dolor de cabeza intenso, náuseas, debilidad inusual, pérdida de coordinación, confusión o sensación de desmayo. deebemos parar, buscar un lugar fresco y enfriar el cuerpo.

Así que entrenar con calor es posible. La clave no está en demostrar cuánto podemos aguantar, sino en progresar, escuchar al cuerpo y adaptar el plan. Primero la colina; después, si todo va bien, ya llegará el Everest.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Se puede hacer ejercicio con calor en verano? Sí, pero no de cualquier manera – https://theconversation.com/se-puede-hacer-ejercicio-con-calor-en-verano-si-pero-no-de-cualquier-manera-280933

¿Había grafiteros en la Edad Media?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Vanessa Jimeno Guerra, Profesora del área de Historia del Arte, Universidad de León

El término italiano graffiti pulula en el imaginario colectivo asociado a la Historia del Arte contemporáneo. Artistas como Jean-Michel Basquiat (1960-1988), Keath Haring (1958-1990), Shepard Fairy (OBEY) y, más recientemente, el ya no tan anónimo Banksy han contribuido ampliamente a la popularidad de esta forma de expresión artística. Sin embargo, el grafiti no se trata de un fenómeno reciente en el tiempo ni sus técnicas se limitan al uso de un spray.

Antes del aerosol

El origen del grafiti se remonta a los periodos más remotos de la humanidad y los soportes y métodos empleados desde entonces han sido de lo más variado. Los pigmentos naturales, las tintas, los carboncillos y los instrumentos metálicos fueron las herramientas más utilizadas.

Los hombres del Paleolítico grababan en los muros de las cuevas figuras humanas y animales. Incluso usaban como stencil (parecido a una plantilla) sus propias manos aplicando los pigmentos alrededor de ellas. Los antiguos egipcios dejaron muestra de su sentido del humor sobre templos y tumbas de época faraónica también en forma de grabado. Las paredes de la ciudad romana de Pompeya fueron el soporte de pintadas de carácter político y de mensajes sexuales demasiado explícitos. Y, aunque podríamos seguir enumerando casos a lo largo de la historia, nos detendremos en la Edad Media.

Los casi mil años que duró este periodo nos han dado ejemplos de todo tipo que demuestran que el grafiti formaba parte de la cotidianidad de la población. Castillos, monasterios, cuevas o necrópolis conservan numerosos testimonios de ello.

Será por cruces

La cruz fue uno de los motivos más grafiteados durante la Edad Media. Como emblema de la fe cristiana, es lógico que abunde en los espacios religiosos. Sin embargo, dependiendo de donde fuese colocada, tenía un propósito u otro. Por ejemplo, en los muros exteriores de la iglesia de Santa María en Quitanilla de las Viñas (Burgos) se trazaron más de una veintena de cruces para santificar y señalar los enterramientos que se realizaron a su alrededor.

También se grabaron en muchas piezas litúrgicas, sobre todo en los altares. En la religión cristiana el altar y la cruz son dos elementos relacionados con el sacrificio de Jesús. Pero, además, en el caso de los pequeños altares portátiles cumplía una función práctica. Para que fuera más sencillo oficiar la misa en cualquier parte, la cruz grabada sustituía a la cruz física que siempre debía colocarse cuando este sacramento era celebrado. De esta manera solo era necesario trasladar el altar. Esta es la solución que utilizaron en el ara de la ermita de las santas Centola y Elena de Siero (Valdelateja) que se conserva en el Museo de Burgos.

Monjes atrevidos

Casi nunca sabemos quieres fueron los autores de los grafiti pero, a veces, hay indicios que nos permiten intuirlo. De hecho, en algunas iglesias eran los propios monjes los que los realizaban, ya que se encuentran en lugares a los que solo ellos podían acceder.

Esto es lo que ocurrió en las paredes del coro de la iglesia de Santiago de Peñalba (Peñalba de Santiago, León), que fueron cubiertas con una gran variedad de grafiti incisos. Entre ellos, llaman la atención dos leones con las cabezas vueltas hacia su lomo y la lengua fuera, una escena de caza y varias figuras humanas vestidas como los obispos de las miniaturas de la época.

En otras ocasiones, grafiteaban sobre superficies mucho más difíciles de alcanzar. Por ejemplo, sobre uno de los arcos del interior de la iglesia del monasterio de San Miguel de Escalada (León) se escribieron los nombres de dos monjes: Monioni y Fructuoso. Es muy posible que lo hicieran cuando la iglesia estaba en construcción, antes de que las piedras fueran colocadas en su lugar, aunque también pudieron subirse a uno de los andamios de la obra y hacerlo desde allí arriba.

Más vale prevenir

Los peligros y los miedos eran frecuentes entre el mundo medieval. Algunos objetos eran utilizados como amuletos y talismanes; incluso solía enterrarse a los difuntos con ellos.

Esta necesidad de protección llevó también a grafitear símbolos mágicos sobre las arquitecturas, utilizando formas universales como las estrellas de cinco puntas o los nudos de Salomón.

Las entradas eran un lugar idóneo para colocarlos, ya que protegían a quienes las atravesaban. Una prueba de ello se encuentra en las dovelas de una de las puertas de la iglesia de San Pedro de Tejada (Burgos), sobre las que se grabaron dos grandes nudos de Salomón. En este caso funcionarían como elementos protectores exclusivamente para los monjes, ya que ese era un acceso reservado para la comunidad religiosa.

A diferencia de la estigmatización actual, el grafiti medieval nunca fue entendido como un acto vandálico o marginal, sino una conducta habitual de la población. Se practicaba con total libertad sobre construcciones civiles, religiosas y objetos sagrados. Muchos años antes de que TAKI 183 escribiera su nombre en las calles de Nueva York, algunos monjes ya taggeaban los suyos en las piedras buscando permanecer en el tiempo.

Al final, nada nuevo bajo el sol.


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Vanessa Jimeno Guerra no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Había grafiteros en la Edad Media? – https://theconversation.com/habia-grafiteros-en-la-edad-media-280669

¿Qué pescados son más sanos para comer?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Figueras Huerta, Profesor de investigación del Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Instituto de Investigaciones Marinas (IIM-CSIC)

Michaelnero/Shutterstock

Hace unos años escribí sobre el salmón y sus problemas y la respuesta de la Embajada de Noruega fue tan expedita que mereció un segundo post. No estoy acostumbrado a tanto interés diplomático. Aun así, el tema del pescado –qué comer, cuánto, de dónde viene y si es seguro– sigue siendo uno de los más confusos para el consumidor medio. Y la confusión no es accidental: conviven intereses industriales, alarmas mediáticas mal calibradas y mensajes de salud pública que se quedan en el titular sin matizar lo que realmente dice la ciencia.

La mayor transformación en la historia de la pesca

Estamos asistiendo a un cambio sin precedentes en la forma en que obtenemos proteína marina. La producción mundial de pescado alcanzó en 2022 los 223,2 millones de toneladas y, por primera vez en la historia la acuicultura, superó a la pesca extractiva como fuente principal de animales acuáticos.

Que la mitad del pescado que se consume en el mundo haya sido cultivado –y no capturado– es un dato que merece reflexión. La pesca de captura se ha estabilizado desde finales de los años 1980 en torno a 90 millones de toneladas anuales, mientras que la acuicultura no ha dejado de crecer: un 527 % entre 1990 y 2018.

Paralelamente, el porcentaje de poblaciones marinas explotadas dentro de niveles biológicamente sostenibles ha bajado al 62,3 % en 2021, lo que significa que más de un tercio de las pesquerías monitorizadas se explotan por encima de su capacidad de recuperación.

En este contexto, comer pescado es una actividad sustancialmente distinta a la de hace treinta años. Hoy la pregunta sobre la seguridad no puede responderse sin distinguir entre la especie, el origen y el método de producción.

El problema de la bioacumulación: no todos los peces son iguales

El principal contaminante de interés sanitario en el pescado es el metilmercurio. No porque sea el único –los PCBs, las dioxinas y los plaguicidas organoclorados también cuentan–, sino porque su comportamiento en la cadena trófica es sistemático y bien documentado. El metilmercurio se acumula en los tejidos grasos y se biomagnifica a medida que se asciende en la red alimentaria.

Así, un atún o un pez espada puede acumular concentraciones de mercurio cien veces superiores a las del agua que habita. La física del problema es implacable: cuanto más larga sea la vida del animal y más alto sea su puesto en la cadena, mayor será la carga.

La Autoridad Europea de Seguridad Alimentaria (EFSA) ha identificado al atún, el pez espada, el bacalao, el abadejo y el lucio como los principales contribuyentes a la exposición al metilmercurio en Europa en todos los grupos de edad, con la adición de la merluza en el caso de los niños.

La exposición media de la población no suele superar la ingesta semanal tolerable, pero los consumidores habituales de grandes depredadores sí pueden rebasarla.

Peligros para la salud en niños y embarazadas

Aquí viene el matiz que casi nunca se explica bien: el riesgo no es el mismo para un adulto sano que para una mujer embarazada o para un niño. En estos grupos, la neurotoxicidad del metilmercurio tiene efectos documentados sobre el desarrollo del sistema nervioso. Por eso, las restricciones de consumo no son prudencia burocrática, son medicina preventiva con base sólida.

Un informe reciente de la EFSA, basado en encuestas de 2023 y 2024 en los 27 Estados miembros, reveló que aproximadamente uno de cada tres europeos –incluidas mujeres embarazadas– consume cantidades potencialmente inseguras de especies con alto contenido de mercurio. Hasta el 60 % de los encuestados conocía los beneficios del pescado, pero solo entre el 10 y el 14 % era consciente de los riesgos asociados a los contaminantes.

El desequilibrio informativo es evidente y no es inocente: los beneficios se han comunicado con entusiasmo; los matices, con desgana.

¿Es seguro el salmón de acuicultura?

Comer salmón es seguro, con matices que no justifican el pánico mediático. El salmón de piscifactoría noruego –que es el que encontramos en los supermercados españoles– tiene niveles de contaminantes orgánicos persistentes (dioxinas, PCBs) que los análisis sistemáticos del Instituto de Investigación Marina noruego sitúan aproximadamente seis veces por debajo de los límites máximos europeos.

Esos niveles han descendido de forma constante desde 2004 gracias al cambio en la composición de los piensos. Por otro lado, el mercurio no es el problema del salmón: es un pez de posición trófica media y con un ciclo de vida relativamente corto en acuicultura.

Eso sí, la etoxiquina –antioxidante añadido a los piensos para evitar su oxidación durante el transporte– generó alarma hace años porque no es un aditivo deseable. Pero tampoco es la bomba química que ciertos documentales televisivos pretendieron hacer creer. La EFSA la revisó y no encontró riesgo para el consumidor a los niveles detectados en músculo de salmón.

Por otro lado, el salmón de piscifactoría tiene una fracción grasa notablemente mayor que el salvaje, porque el pienso y la ausencia de depredadores así lo permiten. Esa grasa extra es precisamente donde se acumulan los contaminantes lipófilos, pero también es la fuente de los ácidos grasos omega-3 a los que se atribuyen beneficios cardiovasculares.

La trazabilidad: el eslabón más débil

Según la FAO, uno de cada cinco productos pesqueros en el mundo está mal etiquetado. El fraude abarca la sustitución de especies por otras más baratas, la falsificación del método de captura –salvaje frente a acuicultura–, el origen geográfico incorrecto y la adulteración con colorantes para simular frescura. En España, el impacto económico de este fraude se estima en más de 600 millones de euros al año.

En este contexto, un estudio de la Universidad de Oviedo que analizó mediante secuenciación de ADN 401 muestras de pescado congelado encontró que, en el 1,9 % de los casos, la especie declarada en la etiqueta no correspondía al contenido real. Puede parecer un porcentaje pequeño, pero, aplicado al volumen total del mercado, es una cifra que no debería ser tolerable en ningún sistema de control alimentario serio.

La normativa de la UE exige, desde finales de 2014, que el etiquetado de productos pesqueros indique la especie, la zona de captura o el país de producción acuícola, el método de captura y si el producto ha sido descongelado. El problema es la brecha entre lo que establece el reglamento y lo que llega al consumidor, especialmente en la restauración, donde las exigencias son menores y la cadena de intermediación es más opaca.

Soluciones para frenar el fraude

Las soluciones técnicas existen, como demuestra SEATRACES, un proyecto liderado por el Instituto de Investigaciones Marinas-CSIC de Vigo, con 19 socios europeos, cuyo objetivo es demostrar que el etiquetado y la trazabilidad son esenciales para proteger y revalorizar la producción pesquera y acuícola atlántica. Para ello, diseñan herramientas de autenticación basadas en la secuenciación genética y aplicaciones para teléfonos móviles. Además, se ha creado la plataforma europea FISH-FIT, abierta a laboratorios de control oficial e institutos de investigación.

Entre sus desarrollos, figura un chip genético para garantizar la autenticidad del mejillón gallego, diseñado en colaboración con la Universidad de Santiago de Compostela y el Centro de Investigación Marina y Alimentaria AZTI.

La técnica genética de secuenciación de nanoporos permite hoy identificar la especie y la procedencia geográfica de cualquier producto marino en cuestión de horas, sin necesidad de un laboratorio especializado. En este sentido, el salto al control rutinario del mercado depende de la voluntad regulatoria, no de limitaciones técnicas.

Los beneficios reales del consumo de pescado

Conviene no perder de vista que la evidencia sobre los beneficios del consumo de pescado es sólida. La Asociación Americana del Corazón recomienda al menos una o dos raciones semanales de pescado graso –como salmón, caballa, sardinas o trucha– para reducir el riesgo cardiovascular.

Los ácidos grasos omega-3 de cadena larga (EPA y DHA) tienen efectos bien documentados en la reducción de los triglicéridos –grasa que aumenta el riesgo cardiovascular–, la presión arterial y la inflamación sistémica. Para quienes no consumen pescado, los suplementos de omega-3 son una alternativa razonable, aunque el pescado sigue siendo la fuente preferida porque aporta, además, otros nutrientes esenciales, frecuentemente deficitarios en la dieta occidental.

Lo recomendable es comer con frecuencia especies pequeñas y de ciclo corto –sardinas, anchoas, jurel, caballa, mejillón–, que aseguran menor bioacumulación de mercurio, mayor sostenibilidad, omega-3 y, en general, son más baratas.

Asimismo, es aconsejable limitar el consumo de pez espada, tiburón y atún rojo, especialmente en mujeres embarazadas y niños. Y exigir trazabilidad: preguntar de dónde viene el pescado no es excentricidad, sino un derecho reconocido por la normativa europea. Si la etiqueta no indica la especie, la zona de captura y el método de producción, no cumple con la ley.

El pescado es un alimento excepcional. Aprovecharlo bien requiere un poco más de información de la que suele estar disponible en los expositores del supermercado.

The Conversation

Antonio Figueras Huerta no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué pescados son más sanos para comer? – https://theconversation.com/que-pescados-son-mas-sanos-para-comer-284111

Luces y sombras de la vida digital: el impacto de la violencia ‘online’ en la infancia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Barroso Gonzalo, Investigadora de la Cátedra de los derechos del niño, Universidad Pontificia Comillas

New Africa/Shutterstock

El entorno digital ya forma parte de nuestras vidas: de nuestras rutinas, de nuestros hábitos, de nuestra forma de relacionarnos… Y eso incluye a los niños, niñas y adolescentes. Pero aunque ofrece muchas oportunidades para el desarrollo de las personas menores de edad, no está exento de riesgos.

El informe sobre la cibercriminalidad en España, del Ministerio del Interior, arroja datos inquietantes. Las amenazas y coacciones son los delitos online que más afectaron en 2024 a las personas menores de edad (1 606 victimizaciones). Además, los datos de violencia sexual online también son elevados (1 078 victimizaciones). Solo durante ese año, el 84,2 % del total de los delitos de índole sexual online fueron cometidos contra niñas, niños y adolescentes. Esto convierte a la infancia y la adolescencia –sobre todo a las niñas– en el grupo más afectado por este tipo de delitos.

Sin embargo, estas cifras solo reflejan una parte del problema, ya que se estima que muchos de los casos no salen a la luz. Otros estudios han intentado estimar la prevalencia de las violencias online que sufre la infancia en España y las cifras son alarmantes.

En el reciente estudio sobre prevalencia del Ministerio de Juventud e Infancia, el 25 % de las personas encuestadas indicaron haber sufrido algún tipo de violencia online durante su infancia. Los principales responsables señalados fueron la pareja (27,9 %) y personas desconocidas, tanto adultas (26,3 %) como menores de edad (23,9 %).

La mayoría de casos no se denuncian

La mitad de las personas consultadas afirmó no haber hecho nada tras ser víctima de la violencia digital. Tan solo un 31,3 % se lo contó a alguien y un 9,7 % denunció la situación. En este sentido también hay diferencias según el sexo, ya que los hombres denunciaron en mayor medida que las mujeres.

En relación con la violencia sexual durante la adolescencia, un estudio publicado en 2024 por la Universidad de Barcelona identificó la victimización electrónica como la forma más frecuente. Afectaba al 12 % de la muestra, y de nuevo, incidía especialmente en las chicas. Este mismo equipo de investigación, en colaboración con la Fundación Save the Children, realizó un estudio posterior sobre victimización sexual online que incluía más formas de violencia. En él, el 98 % de las chicas y chicos encuestados indicó haber sufrido alguna durante la infancia o adolescencia.

Proteger sin expulsarles

En definitiva, los datos de los que disponemos dejan claro que el entorno digital constituye un nuevo espacio en el que se ejercen diferentes tipos de violencia contra la infancia. Sin embargo, la falta de consenso al definir lo que se considera violencia digital y las diferencias metodológicas entre estudios dificultan conocer la verdadera dimensión del problema.

En cualquier caso, reducir el debate a los riesgos sería un error. El ecosistema digital también favorece el derecho a la educación, a la identidad, a la cultura, al ocio, al juego, a mantener relaciones familiares, a la libertad de expresión, al acceso a la información, a ser escuchados y a la participación social y política, entre otras cuestiones. Todo ello es esencial para el bienestar y el desarrollo integral de la infancia.

El Comité de los Derechos del Niño de Naciones Unidas abordó esta cuestión a través de la Observación General Nº 25 relativa a los derechos de los niños en relación con el entorno digital, documento de referencia para el desarrollo de políticas públicas en esta materia.

El desafío, por tanto, es encontrar el equilibrio entre proteger a la infancia frente a las violencias digitales sin vulnerar sus derechos. Porque expulsarles del mundo digital no es una solución proporcionada ni eficaz.

¿Qué hace la ley para protegerlos?

El ordenamiento jurídico español está intentando adaptarse a esta realidad cambiante para proteger a la infancia frente a la violencia digital. Sin embargo, la regulación está llegando tarde.

En 2021 se aprobó una Ley Orgánica de protección integral a la infancia frente a la violencia, con una potente finalidad preventiva, que especifica que el entorno digital debe ser seguro para la infancia. Pone el foco en sensibilizar y capacitar a la infancia, a las familias y a profesionales.

Además, se ha aprobado un Proyecto de Ley Orgánica para la protección de las personas menores de edad en los entornos digitales que podría constituir un paso importante para impulsar medidas efectivas que protejan los derechos de la infancia. Este texto refuerza la necesidad de formación, modifica algunos delitos del Código Penal y establece obligaciones para que las empresas tecnológicas diseñen sus productos de manera más segura.

Sin embargo, también propone aumentar de los 14 a los 16 años la edad para prestar consentimiento para el tratamiento de datos personales. Esto implicaría aumentar la edad de acceso a redes sociales. En este sentido, sabemos que, aunque actualmente la edad mínima de acceso sea de 14 años, muchos niños y niñas de menor edad están accediendo a contenidos y espacios online que no son adecuados porque no hay mecanismos de verificación de la edad eficaces. ¿Subir la edad de acceso a redes sociales terminará con el problema?

Cuándo acceder y cómo acompañar

Probablemente la cuestión no sea únicamente a qué edad pueden acceder los niños y las niñas a determinados espacios digitales, sino cómo son esos entornos a los que acceden y cómo acompañar ese acceso. Las oportunidades y los riesgos del ecosistema digital varían según la edad y el grado de madurez, por lo que la adquisición de competencias y autonomía debería producirse de forma gradual.

Desde una perspectiva de derechos de la infancia, las medidas que se establezcan deben ser eficaces, necesarias y proporcionadas. Las prohibiciones, por sí solas, no siempre garantizan una mayor seguridad y pueden limitar el ejercicio de derechos humanos.

Por ello, antes de imponer nuevas restricciones conviene evaluar el interés superior de los niños y niñas, así como el impacto y la eficacia real de las medidas que se ponen en marcha. El reto consiste en construir entornos digitales más seguros para la infancia en los que puedan aprender, participar y desarrollarse.

The Conversation

Laura Barroso Gonzalo trabaja en la Cátedra de los Derechos del Niño de la Universidad Pontificia Comillas y es miembro de la Asociación ATZ. Anteriormente, trabajó en Save the Children.

ref. Luces y sombras de la vida digital: el impacto de la violencia ‘online’ en la infancia – https://theconversation.com/luces-y-sombras-de-la-vida-digital-el-impacto-de-la-violencia-online-en-la-infancia-283842

‘Alexa, cuéntame un chiste’: ¿cómo afecta la interacción con la IA a los más pequeños?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Clara Macarena Ponce Romero, Profesora del área de Didáctica de la Lengua y la Literatura, Universidade de Santiago de Compostela

Sharomka/Shutterstock

Los niños tienen una curiosidad innata y a lo largo del día les surgen multitud de dudas: ¿por qué los peces no tienen pelo? ¿Por qué si corto una flor se marchita a los pocos minutos? Su necesidad de entender el mundo y desarrollar el lenguaje y con él sus propias ideas les lleva a ser conversadores inagotables.

Lo habitual es que los principales destinatarios de este afán explicativo sean un padre, una madre o un docente. Sin embargo, en los hogares actuales, desde muy pequeños se pueden dirigir a una interfaz digital como Siri o Alexa. Para muchos niños y niñas, hablar con sistemas de inteligencia artificial empieza a formar parte de su vida cotidiana: piden canciones, hacen preguntas, buscan ayuda para los deberes o, simplemente, conversan.

Definitivamente, la escena ya no resulta extraña. Lo interesante es preguntarse qué ocurre cuando esas interacciones se vuelven habituales. ¿Influyen en la manera en que los niños aprenden a comunicarse? ¿Modifica su lenguaje? ¿Merma sus capacidades cognitivas?

El contexto en la adquisición del lenguaje

Hemos de recordar que aprender a hablar nunca ha consistido solo en aprender palabras. Los niños adquieren el lenguaje en el contexto de las relaciones humanas, construyendo lazos afectivos con el otro. Aprenden a esperar turnos, interpretar silencios, comprender situaciones o entender cuándo alguien está cansado, enfadado o distraído. También descubren que las conversaciones no tienen que ser “perfectas”, pues hay interrupciones, malentendidos y explicaciones improvisadas.

Al contrario que el ser humano, las máquinas funcionan de otra manera. Reflexionemos sobre nuestras interacciones en plataformas como ChatGPT o Gemini. ¿Alguna vez hemos perdido la paciencia interactuando con estos asistentes virtuales? En parte, esto se debe a la propia dinámica de estas interacciones, marcada por una lógica muy distinta a la conversación humana. Si algo caracteriza a estas herramientas es su rapidez al responder y su infinita paciencia para interactuar. Y esto cambia el tipo de experiencia comunicativa.

Cuando la casa también responde

En muchos hogares ya se observa un fenómeno curioso: algunos niños (y también adultos) adaptan su forma de hablar para que los asistentes virtuales los entiendan mejor. Simplifican frases y usan órdenes más directas: “pon dibujos”, “abre YouTube”, “cuéntame un chiste”. Se trata de un lenguaje más instrumental, orientado a obtener resultados inmediatos.

Esto no significa necesariamente que los niños se vuelvan menos educados o menos empáticos, pero sí puede influir en las expectativas que desarrollan sobre la conversación. Las interacciones humanas son más lentas y ambiguas, requieren paciencia, atención y negociación. En cambio, muchos sistemas conversacionales están diseñados para ofrecer respuestas rápidas y fluidas, o incluso para generar una especie de empatía virtual con el usuario.

La cortesía y la IA

En este punto, nos detenemos ante una cuestión aparentemente menor, pero muy reveladora: ¿deberíamos enseñar a los niños a decir “por favor” a Alexa? Más allá de la cortesía hacia una máquina, el debate tiene que ver con los hábitos comunicativos que interiorizan los menores cuando interactúan cada día con tecnologías que siempre obedecen. Ahí surge una pregunta de fondo que familias y educadores deberían plantearse: ¿qué idea de “conversar” están construyendo los niños en este contexto?

Junto a estas dudas, conviene no perder de vista las oportunidades que ofrecen estos sistemas. Muchos niños se sienten más libres para preguntar cuando no temen ser juzgados. Un asistente conversacional puede repetir una explicación tantas veces como sea necesario, ajustar el nivel de dificultad o servir de apoyo en el aprendizaje de idiomas o conceptos nuevos.




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Estas herramientas funcionan como un espacio seguro de ensayo y error sin la presión social que a veces acompaña a la interacción. Y no solo ocurre en la infancia. Todos hemos recurrido en algún momento a la inteligencia artificial para resolver preguntas cotidianas que quizá no habríamos formulado en voz alta: desde “Alexa, ¿cómo puedo recuperar mi contraseña?” hasta dudas más embarazosas que preferimos no comentar.

Responder no es comprender

Definitivamente, los sistemas actuales generan respuestas convincentes, pero no entienden el mundo como lo hace una persona. No tienen experiencias, emociones ni intención propia, aunque a veces lo parezca. Y los niños pequeños (al igual que los adultos) tienden a atribuir rasgos humanos a aquello que interactúa con ellos. Si algo conversa, es fácil asumir que también “entiende” o “sabe”.

Sin embargo, en una conversación humana hay mucha información “que no se dice”. Un adulto detecta cuándo un niño formula una pregunta por curiosidad, por miedo o simplemente porque necesita atención. Esta dimensión pragmática (gestos, tono, mirada, sentidos) es crucial para el desarrollo de los más pequeños, y es difícil de replicar en una máquina, que puede ofrecer una respuesta correcta sin captar nada de eso.




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Cambio del entorno comunicativo

Cuando niños y niñas crecen rodeados de un tipo de intercambio lingüístico particular, una conversación que responde rápido y que obedece a toda petición, la inteligencia artificial modela hábitos, expectativas y formas de interacción. Esto puede hacer que los niños y niñas esperen que las respuestas sean siempre rápidas, claras y sin dificultad, como si toda conversación tuviera que resolverse al momento.

El papel de las familias y los adultos que conviven con los más pequeños se vuelve crucial, porque son quienes median en el uso cotidiano de estas herramientas, tanto en el hogar como en la escuela, quienes interpretan sus límites y quienes ayudan a encajar estas nuevas formas de conversación dentro del aprendizaje general.

Entender qué nos diferencia de las máquinas

Que un niño pequeño hable con Alexa y le pida que responda preguntas o le cuente un chiste no tiene por qué ser perjudicial para su desarrollo del lenguaje. Pero sí conviene acompañar esos diálogos para que entienda que está ante una máquina que responde, no ante una persona.

Debemos enseñar a los niños y niñas qué nos diferencia de las máquinas, cómo debemos interactuar con ellas y con qué fines está bien usarlas, acompañando esas interacciones en el día a día, comentando lo que ocurre en ellas y ayudándoles a interpretar sus límites.

Porque pueden ser útiles como apoyo, pero en ningún caso deben sustituir el habla entre iguales, que sigue siendo el núcleo de nuestra forma de estar en el mundo.

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Clara Macarena Ponce Romero forma parte del grupo Koiné de la Universidad de Santiago de Compostela. Actualmente, participa en el proyecto financiado por FEDER / Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades – Agencia Estatal de Investigación, Corpus y densidad de datos. Versión robusta del ‘corpus Koiné’ de habla infantil (PID2024-158897NB-100).

ref. ‘Alexa, cuéntame un chiste’: ¿cómo afecta la interacción con la IA a los más pequeños? – https://theconversation.com/alexa-cuentame-un-chiste-como-afecta-la-interaccion-con-la-ia-a-los-mas-pequenos-282827

Pedro Sánchez defiende la autodeterminación en Ucrania y la niega en el Sáhara: ¿por qué?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Armando Alvares Garcia Júnior, Profesor de Derecho Internacional y de Relaciones Internacionales, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Mujeres saharauis protestan frente al muro de 2720 kilómetros construido por Marruecos en el Sahara Occidental Foto: Jordi Navas

Pedro Sánchez defiende con firmeza que Ucrania debe elegir su futuro, pero desde marzo de 2022 apoya el plan de Marruecos que niega al pueblo saharaui su autodeterminación. La razón: España necesita a Rabat para la migración y la seguridad. El coste: pierde credibilidad cuando aplica el derecho internacional de forma selectiva.

La diferencia se vio claramente con la muerte de Lahbib Mohamed Abdelaziz, dirigente del Frente Polisario e hijo de un histórico líder saharaui, en un ataque con dron registrado el 7 de junio, que el Polisario atribuye a Marruecos.

El episodio ocurrió justo cuando el enviado del Secretario General de la ONU para el Sáhara, Staffan de Mistura, visitaba los campamentos de refugiados en Tinduf, Argelia. El contraste es simbólico: mientras el mundo negocia, la guerra sigue activa.

Wilaya de Smara, en los campamentos de Tinduf. Jordi Navas
Wilaya de Smara, en los campamentos de Tinduf. Jordi Navas.

El rol de España

Para España, este asunto no es un problema ajeno. Fue la potencia administradora del territorio hasta febrero de 1976 y su salida dejó pendiente el proceso para que este eligiera su futuro. Por eso, cada movimiento de Madrid sobre el Sáhara tiene un peso político, jurídico y moral que no puede compararse al de otros Estados europeos. España no habla de una crisis lejana: habla, en buena medida, de una responsabilidad histórica propia.

Entonces, ¿por qué Sánchez decidió cambiar la posición tradicional española? La respuesta no está en un solo factor, sino en la combinación de varios.

El primero es la relación estratégica con Marruecos. Rabat es un socio clave para España en el control migratorio, la cooperación policial y la lucha contra el terrorismo, así como en asuntos comerciales y energéticos. En la práctica, normalizar la relación con Marruecos se convirtió en una prioridad del Ejecutivo tras la crisis diplomática de 2021, cuando las autoridades marroquíes permitieron la entrada masiva de más de 10 000 personas por la frontera de Ceuta como represalia por la hospitalización en España del líder del Polisario, Brahim Ghali.

Un plan realista, pero jurídicamente cuestionable

El giro se hizo oficial en marzo de 2022, con la carta enviada por Sánchez al rey Mohamed VI. En ella, el presidente español consideraba el plan marroquí de autonomía como “la base más seria, creíble y realista” para resolver el conflicto. Con esa decisión, Madrid buscó recomponer una relación bilateral que consideraba esencial para la estabilidad de Ceuta, Melilla, Canarias y la frontera sur en general. Desde una lógica de poder, la decisión resulta comprensible. Desde una lógica jurídica, es mucho más discutible.

Ahí aparece la contradicción. España invoca el derecho internacional para condenar la ocupación rusa de territorios ucranianos y para reclamar el respeto a la población civil en otros conflictos. Pero en el Sáhara acepta una solución que, tal como la plantea Marruecos, no permite a los saharauis ejercer su derecho a la autodeterminación; el mismo derecho que la Resolución 690 del Consejo de Seguridad de la ONU, aprobada en 1991, ya reconocía al pueblo saharaui y que motivó la creación de la MINURSO, la misión de la ONU encargada de organizar un referéndum que nunca llegó a celebrarse.

En otras palabras, el principio se defiende con fuerza en unos escenarios y se relativiza en otros.

Esa diferencia debilita la credibilidad exterior española. No porque todos los conflictos sean idénticos, sino porque el lenguaje de los principios pierde fuerza cuando se aplica de manera selectiva. Y esa selectividad no pasa desapercibida. La perciben Argelia, que apoya al Polisario. La perciben muchos países africanos y latinoamericanos. Y la perciben también quienes, dentro de España, siguen viendo en el Sáhara una deuda histórica no resuelta.

Además, el momento actual añade otro elemento incómodo: España quiere aparecer como país que ayuda a llegar a acuerdos, pero su posición la aleja de ser vista como neutral. Madrid ha acogido reuniones relevantes sobre el conflicto, incluso impulsadas con apoyo de Estados Unidos y la ONU en febrero de 2026, pero al mismo tiempo una de las partes –el Polisario– sabe que el Gobierno español ya ha asumido como preferente la propuesta marroquí. Eso limita su margen como interlocutor creíble.

Una mujer saharaui contempla el horizonte subida en un tanque abandonado en Tifariti (Sáhara Occidental)
Una mujer saharaui contempla el horizonte subida en un tanque abandonado en Tifariti (Sáhara Occidental). Jordi Navas.

Guerra tecnológica y asimétrica

A todo ello se suma un cambio en la propia naturaleza del conflicto. La muerte de Lahbib Mohamed Abdelaziz en un ataque con dron recuerda que el Sáhara también ha entrado en la guerra tecnológica y asimétrica. Marruecos dispone de drones Bayraktar turcos, Wing Loong chinos y tecnología israelí, mientras el Polisario carece de contramedidas efectivas. Esa desigualdad refuerza la tentación internacional de aceptar sin más una solución que consolida el control actual: el de Marruecos, y desplazar la autodeterminación a un plano retórico.

En octubre de 2025, el Consejo de Seguridad de la ONU respaldó por primera vez el plan marroquí como base de negociación, lo que añade un nuevo peso internacional a la postura de España.

Cuando el derecho internacional sirve de comodín

Pero precisamente ahí está el núcleo del problema. Si la comunidad internacional, y en particular España, acepta que la estabilidad vale más que el derecho, el mensaje es claro: el derecho internacional se aplica cuando conviene y se deja de lado cuando estorba. El caso saharaui se convierte así en algo más que un conflicto olvidado: se vuelve un espejo incómodo de la política exterior española.

La pregunta, por tanto, no es solo por qué Sánchez cambió de postura. La pregunta de fondo es qué precio está dispuesta a pagar España por esa decisión: en coherencia, en credibilidad y en memoria histórica. Porque una cosa es buscar una relación útil con Marruecos, y otra muy distinta asumir que la utilidad justifica renunciar al principio que, en otros escenarios, se presenta como irrenunciable. Si el derecho internacional vale de verdad, debe valer también cuando es difícil. Si no es así, no vale.

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Armando Alvares Garcia Júnior no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Pedro Sánchez defiende la autodeterminación en Ucrania y la niega en el Sáhara: ¿por qué? – https://theconversation.com/pedro-sanchez-defiende-la-autodeterminacion-en-ucrania-y-la-niega-en-el-sahara-por-que-285121