Millennial pink, gen Z yellow, brat green… Tell me your favourite colours, and I’ll guess your generation

Source: The Conversation – France – By Sabine Ruaud, Professeur de marketing, EDHEC Business School

Although each generation seems to adopt a particular palette, it would be simplistic to view this as a biological or universal phenomenon. While colour is the visual effect produced by the spectral composition of light that is emitted, transmitted or reflected by objects, how we interpret it is above all a social and cultural construct, shaped by customs, ideologies and media influences.

As French historian Michel Pastoureau, points out, colours are not created by nature – nor solely by the eye or the brain – but by society, which assigns them different meanings depending on the era. They thus become a kind of indicator of the transformations of each decade.

In the chapter section titled La Couleur, marqueur créatif générationnel? (Colour: a generational creative marker?) recently published in Les Dessous de la creativité – gagner en confiance creative et relever les défis (The Secrets of Creativity: Gaining Creative Confidence and Overcoming Challenges), we explore how successive generations are defined by sets of values, beliefs and behaviours that also manifest visually – most notably through their own distinctive colours.

Segmenting by generation – boomers, X, Y, Z, Alpha – thus allows us to observe chromatic preferences that are not merely matters of individual taste, but reflections of a collective relationship to time, aspirations and dominant aesthetics.

Each generation has its own colour code

Baby boomers (born between the end of the second world war and the mid-1960s) and generation X (1965 to 1980) gravitated toward more traditional palettes, with a dominance of neutral and pastel tones. From the 1970s onwards, these were enriched by earthy hues drawn from nature – greens, browns and rust reds.

Generation Y, or millennials (1980 to mid-1990s), saw the rise of an iconic colour: millennial pink. More than just a hue, this soft pastel became emblematic in the 2010s – symbolising lightness, optimism and, above all, a challenge to traditional gender codes.

For generation Z (1995–2010), the first standout shade was a bold yellow, quickly dubbed gen Z yellow, which emerged around 2018 in deliberate contrast to their predecessors’ pink. Soon after, purple entered the mix – long associated with power, creativity and feminist struggles, and now reinterpreted as a symbol of inclusivity and self-expression. More recently, green has gained ground. On one hand, it has become a rallying colour for ecological concerns and in political discourse; on the other, it has been reinvented as the provocative, screen-bright brat green, popularised in 2024 by British singer Charli XCX.

Generation Alpha, still in its early years, moves between two poles: a pull toward natural, comforting tones, and early immersion in the saturated, artificial colours of the digital world.

Being rooted in one’s time

While these generational markers are compelling, they should not be taken as fixed. Colours are never static: they circulate, evolve, and reinvent themselves. They return in cycles, much like fashion, and take on new meanings along the way. This fluidity is what gives colour such power in communications. It anchors a brand in its era, while also leaving space for reinterpretation.

The latest trends for 2024–2025 make this clear. Alongside the neon green tied to Charli XCX’s album “Brat”, Pantone has named Mocha Mousse, a warm, indulgent brown that speaks to a collective yearning for comfort and stability, its 2025 Colour of the Year. The contrast between these two signals – one ironic and exuberant, the other quiet and reassuring – captures the spirit of our moment, poised between excess and a quest for balance.

The power of colour naming

Research in marketing also shows that a colour’s impact lies not just in the hue itself, but in how it is named.

The name given to a colour directly shapes consumer preference and purchase intention. An evocative, poetic or playful name generates far more engagement than a generic label. This phenomenon – still underexplored – reminds brands that language can shape perception just as strongly as colour does. But humour or quirkiness must be handled with care: too much can blur brand recall, making balance essential.

For companies, the challenge is twofold. First, to understand the generational codes that shape how colours are read and received, so they can speak in an instantly recognisable visual language. Second, to build a colour system that remains coherent and sustainable over time.

Talking about generational colours is therefore a useful decoding tool – provided we recognise its flexibility. For every generation, colour is more than an aesthetic choice: it is a carrier of meaning, a witness to its time, a source of emotion, and a shared language that binds individuals to the spirit of their age.


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Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Millennial pink, gen Z yellow, brat green… Tell me your favourite colours, and I’ll guess your generation – https://theconversation.com/millennial-pink-gen-z-yellow-brat-green-tell-me-your-favourite-colours-and-ill-guess-your-generation-265326

Guinée-Bissau : une élection présidentielle sous le signe d’une instabilité chronique

Source: The Conversation – in French – By Vincent Foucher, Chargé de recherche CNRS au laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM), Sciences Po Bordeaux

Les tensions montent en Guinée-Bissau à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 23 novembre 2025. L’Assemblée nationale, dominée par l’opposition, a été dissoute en 2023. Quant àu président Umaru Sissoco Embaló, son mandat a pris fin en septembre. La justice bissau-guinéenne menace le principal opposant, Domingos Simões Pereira, qui vient d’annoncer son retour d’exil. Dans ce contexte tendu, l’armée mais aussi le trafic de cocaïne, qui implique une partie des élites politiques et militaires, restent déterminants. Le politologue et spécialiste de la région, Vincent Foucher, analyse pour The Conversation Africa les causes de cette instabilité récurrente.


Pourquoi le pays replonge-t-il si souvent dans des crises institutionnelles ?

La crise actuelle s’inscrit dans l’histoire et les structures économiques du pays. D’abord, la Guinée-Bissau est le seul pays d’Afrique de l’Ouest qui ait pris son indépendance, en 1973, au terme d’une lutte de libération (contre les colonisateurs portugais en l’occurrence). Ceci a donné un poids numérique (et budgétaire) et une légitimité à une armée qui se croit autorisée à intervenir dans le champ politique.

Ensuite, il s’agit d’un petit pays enclavé, encore très rural, qui avait été peu « mis en valeur » par le pouvoir colonial portugais. Aujourd’hui encore, la base économique du pays reste très faible. C’est une noix apéritive, la noix de cajou, qui fait l’essentiel des exportations.

Le gros de la population se débrouille pour subsister dans les campagnes. Mais pour la petite élite urbaine, l’accès à l’État est absolument essentiel : être au pouvoir permet d’avoir les quelques contrats publics disponibles (beaucoup d’hommes politiques sont en même temps commerçants et entrepreneurs), mais aussi des avantages proprement vitaux, comme la possibilité de faire financer au compte de l’État des soins médicaux à l’étranger – le système de santé local est en très mauvais état.

Pour vivre, il faut donc être au pouvoir. Ceci détermine une sorte de cycle : une coalition de mécontents et d’opposants se forme ; elle parvient à prendre le pouvoir par des moyens légaux (élections ou formation d’une nouvelle coalition majoritaire à l’Assemblée) ou bien par des moyens illégaux ; la répartition des avantages suscite des mécontentements dans la coalition, qui se fissure progressivement ; une nouvelle coalition se forme qui va tenter de prendre le pouvoir…

Cette tendance à l’instabilité factionnelle est encore aggravée par des dimensions institutionnelles. En effet, la Constitution actuelle est une sorte de compromis, résultat de crises précédentes. Elle est de type mixte, bicéphale, semi-présidentielle, avec un président puissant et un Premier ministre autonome, normalement issu de la majorité parlementaire. La constitution bissau-guinéenne diffère ainsi des régimes présidentiels plus stables des pays voisins. Ses flous permettent des interprétations et des manœuvres, rendant rares les résolutions institutionnelles crédibles.

C’est cet ensemble de facteurs qui explique la récurrence des crises politiques, et l’on a bien du mal à voir le chemin de sortie.

Quels sont les facteurs qui vont influencer le résultat de la prochaine élection présidentielle ?

Assez bizarrement, depuis le passage du pays à des élections pluralistes en 1994, même si le jeu politique est très tendu, les scrutins se passent plutôt bien et ont été plutôt crédibles. Est-ce que, cette fois-ci, les choses seront différentes ? Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, semble plutôt nerveux et il défend assez « haut ».

Dès 2023, Embaló a paralysé l’Assemblée nationale – contrôlée par le principal parti d’opposition, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC). Récemment, il vient de placer des alliés à des postes clés, notamment à la cour suprême et à la commission électorale. Il utilise la justice pour neutraliser ses opposants, et beaucoup d’observateurs estiment qu’il est derrière une série d’agressions mystérieuses dont certains de ses critiques ont été victimes.

Par ailleurs, Embaló s’emploie à recréer une coalition. Après avoir rompu avec le parti sous le drapeau duquel il s’était fait élire, le Mouvement pour l’alternance démocratique (Madem), il s’est récemment réconcilié avec le chef de ce mouvement, l’homme d’affaires Braima Camará, qu’il a nommé Premier ministre.

Le principal adversaire d’Embaló, Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, avait dû se résigner à l’exil pour échapper à des poursuites qui semblent, en partie au moins, politiques, mais il vient d’annoncer son retour. Prendra-t-il vraiment le risque d’une arrestation ? Et s’il n’est pas candidat, qui pourra faire campagne et avec quelles ressources ? Quel est l’état réel d’un électorat bissau-guinéen très composite et qui évolue sur le plan démographique ? Si Embaló suscite beaucoup de réserves parmi les élites urbaines, a-t-il su consolider son influence dans d’autres réserves de voix ? Ses alliés supposés, et notamment Braima Camará, vont-ils effectivement mobiliser pour lui ?




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Crise politique en Guinée-Bissau : la démocratie ou l’autoritarisme ?


Quel est le rôle de l’armée dans cette lutte pour le pouvoir ?

Comme je l’ai mentionné, l’armée joue un rôle historique lié à la lutte de libération du pays. Depuis la libéralisation politique des années 1990, elle surveille de près la vie politique, car elle craint d’être réformée, de voir son poids et ses budgets réduits. Or l’armée est un point d’accès essentiel à l’État pour un certain nombre de gens, notamment parmi la communauté balante.

Lors de la guerre civile de 1998-1999, l’armée s’était donc rangée massivement contre le président Nino Vieira, qui tentait de réduire son poids, son coût et son influence.

Depuis, beaucoup d’acteurs politiques cultivent leurs relations avec certains chefs militaires pour tenter de s’imposer. Cela a abouti parfois à des épisodes très violents, comme en 2009, quand le chef d’état-major d’alors a été tué dans un attentat et que des militaires sont allés ensuite assassiner le président Vieira.

En 2012, l’armée avait finalement pris le pouvoir directement, obtenant le départ d’une force angolaise que le Premier ministre PAIGC d’alors, Carlos Domingos Gomes Jr, avait amenée, sans doute dans l’espoir de réformer l’armée à sa façon. Mais ce coup d’État avait suscité une réprobation internationale et un isolement douloureux pour le pays, et l’armée avait rendu le pouvoir aux civils en 2014, tout en prenant soin de maintenir le PAIGC à distance du pouvoir.

Embaló a remporté son premier mandat grâce au soutien de l’armée, qui a consolidé son élection en 2020 en prenant le contrôle du Parlement. Depuis, il entretient de bonnes relations avec l’armée tout en restant méfiant, n’étant pas issu de la communauté balante dominante dans les hauts rangs militaires, à commencer par le chef d’état-major général, Biague na Ntan.

De façon symptomatique, Embaló a fait revenir à Bissau la petite mission militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qu’il avait d’abord fait partir après sa prise de fonction et qui a pour mission de « protéger les institutions ». Surtout, il a formé une garde présidentielle importante et à sa main.

Quelques signes récents suscitent l’inquiétude. D’abord, Rui Duarte Barros, le Premier ministre qu’il a évincé pour renouer avec Braima Camará, est un proche parent du chef d’état-major général.

Ensuite, depuis que Embaló a rompu avec le chef de sa garde (pour des raisons jamais éclaircies mais qui suscitent beaucoup de rumeurs), ce dernier est à l’état-major, dans une forme de détention qui pourrait aussi bien être une manière de le protéger contre le président.

L’armée bissau-guinéenne pourrait bien se sentir à nouveau légitime pour intervenir en cas de crise politique. L’exemple des juntes voisines pourrait bien renforcer cette tentation.

La Guinée-Bissau est souvent décrite comme un narco-État. Est-ce un facteur politique ?

La Guinée-Bissau s’est en effet fait remarquer comme hub lors d’une première poussée du trafic de cocaïne d’Amérique latine vers l’Europe par l’Afrique, à partir du milieu des années 2000. Les trafiquants internationaux ont cultivé des connexions au sein des élites politiques et sécuritaires à Bissau. Dans un épisode célèbre, la police sénégalaise avait trouvé en 2007 dans une ferme occupée par des trafiquants colombiens un tableau blanc avec un organigramme de l’État bissau-guinéen…

Les trafiquants en Afrique de l’Ouest ont collaboré avec des segments des élites locales. Mais le trafic est compétitif, chaotique et très visible, contrairement aux pays voisins où il est mieux tenu et plus discret. En Guinée-Bissau, les conflits internes ont même parfois permis à la police judiciaire d’agir, même si la justice a au final souvent laissé s’échapper les principaux responsables. Cette instabilité a même pu détourner les gros trafiquants latino-américains vers des pays plus stables.

L’argent de la drogue s’est donc ajouté aux autres ressources et enjeux qui alimentent les luttes politico-militaires, comme les contrats publics, le bois et les licences de pêche. Ainsi, selon un proche, le chef d’état-major Tagme na Wai, assassiné en 2009, lui aurait confié qu’il n’avait d’autre choix que de s’impliquer dans le trafic s’il voulait garder le contrôle de l’armée, car des chefs militaires concurrents utilisaient l’argent de la drogue pour renforcer leur influence sur la troupe.

Des soupçons pèsent en tout cas sur Embaló et sur sa volonté de lutter contre le trafic, en particulier avec le besoin d’argent que suscitent les élections à venir. Depuis qu’il est au pouvoir, des trafiquants notoires sont de retour à Bissau, et des affaires judiciaires ont tourné court – ainsi, en 2022, la justice bissau-guinéenne a acquitté deux trafiquants connus, poursuivis après une saisie de 1,8 tonne de cocaïne.

The Conversation

Vincent Foucher does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Guinée-Bissau : une élection présidentielle sous le signe d’une instabilité chronique – https://theconversation.com/guinee-bissau-une-election-presidentielle-sous-le-signe-dune-instabilite-chronique-265112

Pendant des siècles, les plantes n’ont cessé de changer de nom, voici pourquoi cela est en train de s’arrêter

Source: The Conversation – France (in French) – By Yohan Pillon, Chercheur en botanique, Institut de recherche pour le développement (IRD)

Page consacrée aux palmiers du _Meyers Konversations-Lexikon_, datant de la fin du XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle, l’ouvrage encyclopédique de référence, en langue allemande. Bibliographisches Institut

Selon les époques et les naturalistes, de nombreuses plantes ont pu changer de nom et de famille. La collaboration internationale des scientifiques et les progrès réalisés par le séquençage de l’ADN permettent aujourd’hui de s’accorder sur la classification.


Un botaniste entend souvent dire qu’il est une personne qui passe son temps à changer le nom des plantes. C’est de moins en moins vrai. Car l’utilisation du séquençage ADN permet de reconstruire les liens de parenté entre les espèces, et car les chercheurs de différents pays coopèrent bien plus qu’avant.

Retour sur un travail collectif qui dure depuis des siècles : celui de la classification des plantes.

La classification botanique, une quête individuelle

Portrait de Carl von Linné.
National museum, CC BY

Le naturaliste suédois Carl von Linné est généralement considéré comme le père de la taxonomie moderne, c’est-à-dire la branche de la biologie qui tâche de nommer et de classifier les espèces animales et végétales. Au XVIIIe siècle, ce naturaliste va populariser ce que l’on appelle la nomenclature binomale qu’on utilise encore aujourd’hui. Il s’agit du nom scientifique ou « latin » que porte chaque espèce identifiée.

Il est composé de deux mots, pour la pomme de terre, par exemple, ce sera Solanum tuberosum. Le premier mot représente le nom de genre auquel appartient l’espèce que l’on décrit, le deuxième est l’épithète spécifique. Il donne souvent une caractéristique supplémentaire. Ici il est indiqué que cette plante du genre Solanum forme des tubercules.

La classification des organismes est depuis en constante évolution au fur et à mesure de l’avancée des connaissances. Ainsi Linné avait d’abord classé les baleines parmi les poissons avant de les ranger dans les mammifères dans la dixième édition de son ouvrage Systemae Naturae (1758), où elles sont restées depuis.

La classification des organismes s’organise selon plusieurs niveaux hiérarchiques : espèces, genre, famille, ordre, etc. avec des niveaux intermédiaires.

Le rang de familles occupe un rôle important car pour le botaniste amateur ou professionnel c’est généralement la première étape à franchir, reconnaître à quelle famille appartient une plante pour savoir à quelle page ouvrir sa flore ou ouvrage d’identification. La notion de famille est ancienne, puisqu’introduite en 1689 par le directeur du jardin botanique de Montpellier, Pierre Magnol.

Aujourd’hui, les quelques 300 000 espèces de plantes à fleurs sont rangées dans 416 familles comme les Graminées (ou Poacées), les Orchidées, les Cucurbitacées ou les Rosacées. Ces familles sont des ensembles plus ou moins naturels qui peuvent souvent être définis par plusieurs traits morphologiques. Les plantes de la famille des Orchidées sont par exemple généralement des plantes herbacées avec un pétale très différent des autres (le labelle) conférant à la fleur une symétrie bilatérale, des organes mâles et femelles soudés (la colonne) et de très petites graines.

La classification des plantes a longtemps été une affaire d’experts, solitaires, qui regroupaient entre elles les plantes qui se ressemblaient. On comptait ainsi autant de classifications que d’éminents botanistes : Engler, Cronquist, Dahlgren, Thorne, Takhtajan, etc. Certaines plantes pourtant communes comme le muguet, la jacinthe ou le micocoulier, ont ainsi été placées dans différentes familles selon les auteurs.

Le séquençage ADN au service d’une nouvelle classification collégiale

Mais à la mi-temps du XXe siècle, une découverte va tout changer : celle de la double hélice ADN en 1953, puis du séquençage de cet ADN. En déterminant la succession des lettres A, T, G et C dans des gènes communs à toutes les plantes, il a été possible d’accumuler un grand nombre de caractères pour comparer de façon objective les espèces. Des analyses dites cladistiques permettent ainsi de transformer les alignements de séquences ADN d’espèces différentes en arbres généalogiques représentant les liens de parentés entre ces espèces. Ce sont sur ces arbres que s’appuient les nouvelles classifications. Cette méthode nouvelle permet désormais de déterminer plus précisément les liens de parentés entre les espèces, c’est-à-dire la phylogénie et ainsi de mieux comprendre leur évolution.

En 1993, un collectif international de chercheurs met en commun leurs données de séquences d’ADN d’un gène clé de la photosynthèse (le gène rbcL) et reconstruisent la première phylogénie moléculaire à large échelle des plantes à fleurs.

D’autres études succédèrent et en 1998, un collectif, l’Angiosperm Phylogeny Group, décida d’utiliser ces arbres phylogénétiques pour établir une nouvelle classification des plantes à fleurs. Dans un article publié dans le quotidien britannique The Independent, il sera même écrit « Une rose est toujours une rose, mais tout le reste de la botanique est chamboulé ».

Plusieurs mises à jour de cette classification APG ont été publiées depuis, avec APG II (2003), APG III (2009), et APG IV (2016). Une cinquième version en cours de rédaction a été annoncée au dernier congrès international de botanique qui s’est tenu en juillet 2024 à Madrid.

Une classification partiellement chamboulée

Mais alors, la phylogénie moléculaire a-t-elle vraiment bouleversé la classification des plantes ? Pour mesurer cette disruption plus objectivement, nous avons utilisé la Nouvelle-Calédonie comme modèle. Ce territoire est particulièrement bien adapté pour les études de botanique historique car il est connu pour sa flore extrêmement riche et originale : 75 % des espèces de plantes vasculaires ne poussent nulle part ailleurs dans le monde, on dit ainsi qu’elles sont endémiques.

De plus, bien que l’archipel ne représente qu’un pourcent des espèces de plantes à fleurs du globe, on y retrouve malgré tout 42 % des familles de plantes à fleurs actuellement reconnues. Des listes complètes des espèces de plantes natives de Nouvelle-Calédonie ont ainsi été publiées en 1911, 1948, 2001, 2012, puis suivies de mises à jour plus régulières. Nous avons donc utilisé ces listes couvrant plus d’un siècle pour retracer la classification de chaque espèce à travers le temps.

Notre étude montre que les transferts d’espèce d’une famille vers une autre ont toujours été communs avant la découverte de l’ADN, y compris entre les deux listes publiées par le même auteur, le botaniste André Guillaumin, en 1911 et 1948 (10 % des espèces). On compte le plus grand nombre de mouvement d’espèces entre famille (16 %) entre 2001 et 2012, au moment où la classification APG a été appliquée pour la première fois à la flore de la Nouvelle-Calédonie. Depuis, le rythme s’est largement ralenti avec seulement 15 espèces (0,5 %) qui ont changé de famille entre 2012 et 2024. Il ne reste presque plus aucun changement de famille à prévoir dans cette flore dont la classification familiale semble aujourd’hui stable.

Mouvement d’espèces de monocotylédones pétaloïdes natives de Nouvelle-Calédonie entre différentes familles à travers les classifications, de 1911 à 2024
Mouvement d’espèces de monocotylédones pétaloïdes natives de Nouvelle-Calédonie entre différentes familles à travers les classifications, de 1911 à 2024.
Fourni par l’auteur

Pour une classification moderne et consensuelle

Mais s’il est devenu relativement aisé de changer les noms d’espèces et de mettre à jour la classification des plantes dans les bases de données en ligne aux actualisations presque quotidienne, cela n’est pas vrai dans d’autres domaines. C’est un tout autre travail (et un autre budget) de réorganiser les herbiers, les jardins botaniques, mettre à jour les étiquettes dans les jardineries, etc. Si les changements constants avaient pu décourager certains de mettre à jour leur collection, cette nouvelle stabilité pourrait motiver certains à franchir le pas et embrasser cette classification moderne.

Une classification qui reflète les relations de parenté des espèces a de nombreux avantages. Elle est plus stable car lorsque la phylogénie est établie avec un degré de certitude, la classification ne changera plus. De plus, des espèces proches ont plus de chance de partager des caractères communs et donc ce genre de classification est plus précis pour prévoir les propriétés des plantes : comestibles, médicinales, toxiques, allergènes. Une telle classification est donc plus désirable pour valoriser, et préserver, la biodiversité en péril.

The Conversation

Yohan Pillon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Pendant des siècles, les plantes n’ont cessé de changer de nom, voici pourquoi cela est en train de s’arrêter – https://theconversation.com/pendant-des-siecles-les-plantes-nont-cesse-de-changer-de-nom-voici-pourquoi-cela-est-en-train-de-sarreter-263558

Souffrez-vous de cécité botanique ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Bastien Castagneyrol, Chercheur en écologie, Inrae

_Biches et cerf au repos_ (1867), de Rosa Bonheur/_Le Déjeuner sur l’herbe_ (1863), d’Édouard&nbsp;Manet/_Un cerf_ (1893), de Rosa&nbsp;Bonheur/_Le Rêve_ (1910), d’Henri&nbsp;Rousseau. Detroit Institute of Arts, Musée d’Orsay, National Gallery of Ireland, MOMA, CC BY

Chaque été, les canicules nous rappellent l’importance des plantes pour rafraîchir l’air ambiant. Mais pourquoi faut-il en arriver à souffrir physiquement pour enfin s’intéresser à ces êtres vivants ?


Le Douanier Rousseau a peint Le Rêve en 1910. Que voyez-vous sur cette toile ?

Le Rêve. 1910. Huile sur toile, 204,5 x 298,5 cm
Le Rêve. 1910. Huile sur toile, 204,5 x 298,5 cm.
Museum of Modern Art, CC BY

La majorité des lecteurs auront certainement vu une femme nue allongée sur une banquette de velours, ainsi que deux félins aux grands yeux étonnés. Les plus attentifs auront noté la présence d’un singe jouant de la flûte, d’un éléphant, et de deux oiseaux. Mais combien ont prêté attention aux plantes ? Elles sont pourtant bien là, et il a fallu que l’œil soulève les feuilles et les pétales pour voir les animaux cachés.

Si vous n’avez pas pensé aux plantes, c’est peut-être que vous souffrez de cécité botanique. Ce concept a été forgé à la fin des années 1990 par James Wandersee et Elisabeth Schussler, deux botanistes américains inquiets de l’érosion de l’enseignement de leur discipline dans les écoles américaines.

Ils définissent la cécité botanique comme « l’incapacité à voir ou à remarquer les plantes dans son propre environnement ». Parler de cécité est peut-être trop radical. L’œil voit la plante. C’est le cerveau qui filtre et classe cette information comme étant moins pertinente a priori que les autres. Certains auteurs préfèrent d’ailleurs évoquer une disparité dans la connaissance des plantes (plant awareness disparity), ou un « zoochauvinisme » qui nous ferait porter un intérêt bien plus grand aux animaux dont on peut se sentir plus proches. Quel que soit le terme choisi, le problème reste entier : on fait peu de cas des plantes.

Comment savoir si je suis atteint de cécité botanique ?

Les symptômes de la cécité botanique sont les suivants : une incapacité à nommer les plantes les plus communes autour de soi, un manque d’intérêt pour elles, une incapacité à reconnaître les fonctions qu’elles remplissent dans les écosystèmes (autres que celle de remplir notre assiette), et une attraction plus spontanée envers les animaux.

Peut-être doutez-vous que cela vous concerne. Pourtant, combien d’espèces d’arbres pouvez nommer spontanément, et combien savez-vous en reconnaître parmi celles qui poussent autour de chez vous ? Ce simple test proposé par l’INRAE vous en donnera un aperçu.

Bien sûr, une expérience personnelle ne vaut pas une démonstration. Des chercheurs suédois ont ainsi voulu apporter des éléments de preuve plus convaincants. Ils se sont interrogés sur ce que « voyaient » des élèves et leurs enseignants lorsqu’ils visitaient une serre tropicale où coexistent des plantes et des animaux (oiseaux, amphibiens, primates), mais également lorsqu’ils visitaient la serre d’un jardin botanique, où les seuls animaux étaient des poissons dans un bassin à l’entrée, mais où les plantes étaient nommées.

Les résultats étaient sans appel : une large majorité des enfants et enseignants (89 %) ont rapporté avoir vu des animaux lorsqu’ils ont visité la serre tropicale. Ils n’étaient que 30 % à avoir dit avoir vu des plantes. Au contraire, 70 % des visiteurs ont rapporté avoir vu des plantes en visitant le jardin botanique. Dans ce cas, les plantes étaient « vues », parce qu’elles étaient clairement identifiées et que l’attention des visiteurs était dirigée dessus. Nous voyons les plantes, mais nous n’y prêtons pas spontanément attention.

Est-ce que c’est grave ?

Mais alors est-ce grave ? Oui et non. L’ours brun est certes plus dangereux que le lierre terrestre, de même que la morsure de la vipère est autrement plus dangereuse que la démangeaison de la grande ortie. Mais la datura, la digitale, le laurier rose, et l’if sont des plantes toxiques qu’il est bon de connaître pour préserver sa santé et celle de son entourage.

Les plantes sont également le support de nombreux services écosystémiques essentiels à notre bien-être. Il y a bien sûr celles qui nous nourrissent directement ou qui fournissent la nourriture aux animaux que l’on mange, celles qui nous habillent, celles avec lesquelles nous construisons nos bâtiments ou façonnons nos meubles ou nos ustensiles de cuisine. Au-delà de ces services d’approvisionnement, les plantes régulent la composition de l’atmosphère, elles contribuent à la filtration et à l’épuration de l’eau et protègent les sols de l’érosion. L’oyat, par exemple, n’est guère plus qu’une herbe qui passe inaperçue sur le chemin du parking à la plage. Pourtant, elle joue un rôle essentiel dans la stabilisation des dunes.

La cécité botanique va de pair avec ce que l’on appelle l’extinction de l’expérience de nature. Nos modes de vie de plus en plus urbains nous éloignent des plantes et du vivant non-humain en général. On voit de moins en moins les plantes, alors on ne s’y intéresse pas. On ne s’y intéresse pas, alors on ne se préoccupe pas de leur éviction de notre environnement. Elles sont de ce fait encore moins présentes, alors on les voit encore moins… C’est un cercle vicieux qui peut même aboutir à une érosion de l’expertise scientifique.

Inné ou à qui la faute ?

Le caractère universel de la cécité botanique fait cependant débat, de même que ses causes. On retiendra toutefois la possibilité d’une composante biologique et d’une composante culturelle, auxquelles on peut ajouter une cause structurelle

Les plantes sont vertes, et elles sont immobiles. Elles forment un fond vert homogène que l’œil balaie par des mouvements saccadés sans fixer son attention. La survie des humains a longtemps – et c’est parfois encore le cas – dépendu de leur capacité à échapper aux prédateurs d’une part et à chasser des proies mobiles d’autre part. Cela pourrait expliquer une plus grande capacité de notre cerveau à repérer les animaux dans notre environnement. Les plantes, fond homogène vert et immobile à la vie animale pourraient être perçues par notre cerveau comme une information non-pertinente. Cette hypothèse est séduisante, mais difficile à tester.

Comme pour les peurs que nous inspirent certains animaux, il est plus vraisemblable que la cécité botanique ait une composante largement culturelle. C’est ce que propose une étude récente dans laquelle les chercheurs ont réalisé une synthèse de 326 articles scientifiques issus de différentes disciplines. Il en ressort que la cécité botanique concerne majoritairement les populations urbaines et relève surtout d’un manque d’exposition indirecte aux plantes. Il n’y a qu’à piocher au hasard dans une bibliothèque d’enfant pour s’en convaincre : les livres mettant en scène des animaux dominent. On retrouve cette réalité dans les dessins animés et les films de Disney. Entre Blanche Neige (1937) et la Reine des Neiges (2013), le temps d’écran occupé par les plantes a très largement décru. Nous sommes ainsi de moins en moins exposés aux plantes, que cela soit dans les œuvres culturelles ou dans notre vie quotidienne.

Dans les livres jeunesse, les animaux sont largement mis en avant. Les plantes, beaucoup moins
Dans les livres jeunesse, les animaux sont largement mis en avant. Les plantes, beaucoup moins.
Fourni par l’auteur

À cette raréfaction de notre exposition aux plantes s’ajoute une raréfaction de notre exposition directe, largement due à nos modes de vie maintenant majoritairement urbains et à la difficulté pour certaines personnes d’accéder physiquement à des espaces de nature ou bien d’y laisser les enfants jouer. L’éloignement constitutif des personnes (notamment des enfants) aux espaces de nature peut renforcer le désintérêt pour les plantes, à plus forte raison dans un espace urbain ou la survie des individus impose de porter plus d’attention au trafic (automobiles, vélos, trottinettes) qu’aux plantes.

Est-ce que ça se soigne ?

Si l’on accepte l’idée que les causes sont essentiellement culturelles, alors l’éducation peut y remédier. Des anecdotes rapportées par des scientifiques sur Twitter montrent que l’expérience et l’éducation jouent un rôle clé pour contrevenir à la cécité botanique. Les scientifiques ont témoigné de l’importance de leurs enseignants mais aussi de diverses expériences quotidiennes avec les plantes dans leur connaissance actuelle du monde végétal.

L’école a de fait un rôle à jouer. Les enseignants – y compris à l’université – peuvent choisir d’illustrer des notions fondamentales en biologie à partir d’exemples végétaux ou bien installer tout simplement des plantes dans la classe, en donnant aux élèves la responsabilité d’en prendre soin. C’est ce que démontre le projet « plante de compagnie » (plant pet project). En semant des graines de basilic, coriandre, concombres ou autres courgettes et en réalisant, à la demande des enseignants, des mesures régulières sur les plants en pots jusqu’à la production de nouvelles graines, un groupe de 200 étudiants américains a significativement augmenté son attention aux plantes.

On peut aussi lutter contre la cécité botanique une fois passé l’âge de l’école. Le programme de science participative Sauvage de ma rue invite les personnes à noter la présence des plantes dans l’espace urbain. L’application Pl@ntnet facilite leur reconnaissance, et le Floriscope peut aider à choisir lesquelles installer dans son jardin.

Les pouvoirs publics ont aussi la capacité de changer nos rapports au plantes : en rapprochant les personnes des plantes, physiquement, en développant des espaces verts en ville accessibles partout et pour tous, en re-végétalisant les cours d’écoles, en promouvant les actions d’éducation formelle et informelle dehors et en facilitant l’accès aux programmes de sciences participatives.

Il ne s’agit pas simplement de rassurer quelques botanistes nostalgiques et à juste titre inquiets de voir s’étioler l’enseignement de leur discipline. Lutter contre la cécité botanique, à l’école autant que dans la rue permet de développer des capacités d’observation et d’attention. C’est un enjeu de santé physique et psychique, autant qu’un acte citoyen permettant un pas en avant vers la durabilité de nos modes d’existence. Qu’attendons-nous ?

The Conversation

Bastien Castagneyrol a reçu des financements de l’Agence Nationale pour la Recherche pour le projet OSCAR visant à développer un observatoire participatif de la santé des arbres en ville (https://anr.fr/Projet-ANR-23-SARP-0016 ) et de l’Université de Bordeaux pour le projet Passeurs d’arbres en partenariat avec Bordeaux Métropole (https://www.bordeaux-metropole.fr/actualites/si-vous-deveniez-passeur-darbre-territoire).

– ref. Souffrez-vous de cécité botanique ? – https://theconversation.com/souffrez-vous-de-cecite-botanique-264806

Le bonheur des Français dépend-il de la situation politique ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Mickaël Mangot, Docteur en économie, enseignant, spécialiste d’économie comportementale et d’économie du bonheur, ESSEC

Avec déjà cinq gouvernements depuis le début du second mandat d’Emmanuel Macron, la France est rattrapée par l’instabilité politique. Est-ce de nature à rendre les Français malheureux ? ou le bonheur est-il seulement une affaire privée, imperméable aux évolutions du monde en général, et aux tribulations de la vie démocratique en particulier ?


Si les sciences du bonheur s’intéressent avant tout aux ressorts individuels du bonheur – comme la santé, les revenus, les relations sociales ou les croyances religieuses –, elles regardent également, et de plus en plus, si l’environnement commun joue un rôle significatif. La situation politique et les institutions sont particulièrement scrutées. Et les résultats très instructifs.

Sensibilité à la politique

Premier enseignement : les citoyens ne sont pas insensibles à l’actualité politique.

Son exposition par les médias est documentée comme ayant, en général, un effet négatif sur la balance émotionnelle, en augmentant la proportion d’émotions négatives ressenties durant une journée. Le « spectacle démocratique » n’est apparemment pas le meilleur des divertissements.

Le seul fait de penser à la vie politique dégrade l’évaluation que l’on fait de sa propre vie. L’institut de sondage Gallup a remarqué que lorsqu’il posait des questions sur la satisfaction de la vie politique, juste avant de poser la question sur la satisfaction de la vie (de l’individu), les sondés se disaient beaucoup moins satisfaits de leurs vies. L’effet est ressenti massivement : -0,67 sur une échelle de 0 à 10, soit l’équivalent de l’effet du chômage…

Au bruit de fond négatif s’ajoute l’effet des élections sur le moral des électeurs. Le verdict des urnes contribue positivement au bonheur des électeurs – précisément le bien-être émotionnel et la satisfaction de la vie – du camp vainqueur et inversement pour le camp défait. Cet effet est très similaire à ce qui est observé lors des compétitions sportives. Même les élections étrangères peuvent influencer le bonheur. L’élection de Donald Trump en novembre 2024 a entraîné une baisse significative du bonheur à travers l’Europe, selon une étude de la Stockholm School of Economics.

Implication politique

Deuxième enseignement : être impliqué politiquement n’est pas la voie royale vers le bonheur.

À la différence du bénévolat dans les associations (apolitiques), le militantisme politique n’augmente pas systématiquement le bonheur. Les études n’aboutissent pas à un effet consensuel : le militantisme peut aider au bonheur individuel, comme y nuire.

Les effets positifs apparaissent surtout quand l’action politique est porteuse de sens et permet d’affirmer l’identité de la personne. Les effets négatifs prédominent quand l’action est conflictuelle ou conduit à un isolement social.

Qualité des décisions publiques

Troisième enseignement : la qualité de la gouvernance politique est cruciale pour le bonheur individuel.

Les indices composites de qualité de la gouvernance qui agrègent les six dimensions répertoriées par la Banque mondiale – voix et responsabilité, stabilité politique et absence de violence/terrorisme, efficacité du gouvernement, qualité de la réglementation, État de droit et contrôle de la corruption – sont positivement corrélés aux niveaux de bonheur au plan national.

La qualité des décisions publiques semble l’emporter sur la qualité du processus démocratique. Précisément, c’est lorsque les décisions publiques ont atteint une qualité suffisante que le processus démocratique apporte un plus en permettant aux individus de s’exprimer et de ressentir une sensation de contrôle (collectif) sur les événements. Le bonus démocratique est plus significatif dans les pays riches que dans les pays en développement, en miroir d’aspirations à l’expression individuelle supérieures dans ces pays.

Bonus démocratique

Quatrième enseignement : les régimes autoritaires affichent en général un niveau de bonheur inférieur à celui des démocraties, mais l’effet dépend de la confiance dans le gouvernement. Quand la confiance – laquelle est liée, entre autres, à la qualité des politiques mises en place – est très élevée (ou très faible), on n’observe pas de différence notable entre les différents types de régimes. Le bonheur est alors élevé (ou faible), quel que soit le régime.

C’est seulement lorsque la confiance est intermédiaire que le bonus démocratique se fait sentir.

De même, le bonus démocratique disparaît lorsque les sentiments antidémocratiques ou illibéraux augmentent.

Ce qui est le cas actuellement en France. Le baromètre de la confiance politique du Cevipof a mis en évidence une montée de l’attrait pour un pouvoir plus autoritaire :

  • 48 % des Français estiment que « rien n’avance en démocratie, il faudrait moins de démocratie et plus d’efficacité » ;

  • 41 % approuvent l’idée d’un « homme fort qui n’a pas besoin des élections ou du Parlement », un score au plus haut depuis 2017 ;

  • 73 % souhaitent « un vrai chef en France pour remettre de l’ordre », contre 60 % en Allemagne et en Italie.




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Mesurer le bonheur pour mieux penser l’avenir : l’initiative du Bonheur Réunionnais Brut


Bonheur des contre-pouvoirs

Rien n’indique que l’efficacité politique soit la norme parmi les régimes autoritaires. Si l’on prend l’exemple de la croissance économique, les travaux des Prix Nobel d’économie 2024 Daron Acemoglu, Simon Johnson et James Robinson montrent au contraire un avantage de croissance pour les démocraties. Au-delà d’une croissance moyenne supérieure, la variabilité de la croissance est également réduite chez les démocraties grâce à de meilleures institutions et à des contre-pouvoirs qui encadrent les décisions politiques.

Tous ces résultats montrent qu’il est difficile de s’affranchir du climat politique, aussi anxiogène et décevant soit-il. Ce que rappelait déjà le comte de Montalembert dans la seconde moitié du XIXe siècle :

« Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s’occupe de vous tout de même. »

The Conversation

Mickaël Mangot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Le bonheur des Français dépend-il de la situation politique ? – https://theconversation.com/le-bonheur-des-francais-depend-il-de-la-situation-politique-261329

Jimmy Kimmel’s cancellation is the latest sign we’re witnessing the end of US democracy

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Emma Shortis, Adjunct Senior Fellow, School of Global, Urban and Social Studies, RMIT University

History’s path is never linear. But its turns can be very sharp.

It is rare to be able to identify the moment when we can say “this is the point at which everything changed”.

So have we reached the point where we can say the United States is in a constitutional crisis? Has American democracy failed? Has the US descended into authoritarianism?

If the answers to those questions weren’t clear already, they are now.

Yes. It is happening. Right now.

Not because of one incident, but a series of moments and choices, events within familiar historical structures, that are pushing the US over the edge.

The assassination of Charlie Kirk, and the choices made by the administration in its aftermath, is one such moment. It was immediately clear the Trump administration would use Kirk’s murder as a pretext for accelerating its authoritarian project, weaponising it to destroy opponents, both real and imagined.

In a video address from the Oval Office, Trump blamed the “radical left” and promised a crackdown on “organisations” that “contributed” to the crime. His vice president, JD Vance, hosted Kirk’s podcast, effectively making it a tool of state-sponsored media.

On that show, White House Deputy Chief of Staff Stephen Miller promised “we are going to use every resource we have at the Department of Justice, Homeland Security and throughout this government to identify, disrupt, dismantle and destroy these networks”.

In the MAGA-verse, terms such as “radical left”, “networks” and “organisations” are code for any form of opposition or dissent – including the Democratic Party and traditional media. It is worth noting here that “radical left” is now shifting to terms as broad as “left-leaning”, progressive or, even more subversive, liberal.

The Trump administration is promising to go after the fundraising architecture of its opposition, broadly defined. And it will. It is already using the agencies of the federal government – including the Federal Bureau of Investigation and the Internal Revenue Service – to threaten, punish and obliterate those who oppose it.

And the moments keep coming. On Wednesday, Chair of the Federal Communications Commission, Brendan Carr, appeared on another far-right podcast. Carr – a Project 2025 contributor – suggested that broadcasters running the Jimmy Kimmel Live! show were risking “the possibility of fines or licensed revocation from the FCC” due to Kimmel’s comments about Kirk’s death.

That night, ABC announced that Kimmel’s show would be suspended indefinitely.

Kimmel’s moment follows Stephen Colbert’s. It follows another moment earlier in the week, when Trump berated senior Australian Broadcasting Commission journalist John Lyons, aggressively telling him he was “hurting” Australia and that he would tell the Australian prime minster as much. The ABC has since been barred from Trump’s UK press conference, ostensibly for “logistical reasons”.

In the firehose of these moments, it can be difficult to see them in context. But they are all connected – part of a deliberate, carefully planned program to destroy anyone or anything that opposes or even questions Republican orthodoxy as defined by Trump.

The Kirk moment, the Kimmel moment, and all the rest, must be understood in that broader framework. This week, too, the Trump administration announced it was deploying the National Guard into Memphis, Tennessee. It will likely also send the National Guard into Chicago, as it has long been threatening. It has already despatched the National Guard into Los Angeles and Washington DC.

Trump and his cronies are openly musing about other “Democrat cities”. The point is to sow fear and suppress dissent. It is working.

This month, in the aftermath of a meeting with his Russian counterpart Vladimir Putin, Trump promised to end mail-in voting. The Trump-aligned Supreme Court is poised to gut a key provision of the Voting Rights Act intended to prevent racial discrimination. The mid-term elections are still over a year away.

Incredibly, we are only eight months into the second Trump administration. But the moments will keep coming, and the speed at which they arrive will likely accelerate.

Taken together, they paint a very grim picture for the future of US democracy, constrained though it already is. The widespread, coordinated suppression of dissent – and the extended chilling effect that suppression has – are ripping apart the fabric of American political life.

It is here. It is happening. History is being made before our eyes.

This is a monumental change. For the United States. For the world.

The Conversation

Emma Shortis is Director of International and Security Affairs at The Australia Institute, an independent think tank.

– ref. Jimmy Kimmel’s cancellation is the latest sign we’re witnessing the end of US democracy – https://theconversation.com/jimmy-kimmels-cancellation-is-the-latest-sign-were-witnessing-the-end-of-us-democracy-265574

Magical alchemy: Arundhati Roy’s compelling memoir illuminates a ‘restless, unruly’ life

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Debjani Ganguly, Professor of Literature, Australian Catholic University

Photo: Mayank Austen Soofi

“She was my shelter and my storm.” With these words in the opening pages of her memoir, Arundhati Roy unfurls a narrative of extraordinary filial bonds that renders trite those therapeutic memoirs of family dysfunction scattered across the publishing world.

Even Philip Larkin’s memorable poem beginning with, “They f..k you up, your mum and dad,” does not come close, though Roy’s anger is recognisable in these lines with which Larkin’s poem ends: “Get out as early as you can / And don’t have any kids yourself.”


Review: Mother Mary Comes to Me – Arundhati Roy (Penguin Random House)


Roy walked away from her abusive maternal home in Kerala at the age of 17. While training as an architect in Delhi she did not see her mother for the next seven years. She also never had children. When her lover’s young daughters ask her if she is their new mother, she quickly disavows her role and requests they call her “Noonie,” a word from a folk song in Massey Sahib, the film in which Roy acted in her early twenties.

Roy’s memoir is a powerful rendition of her mother, Mary Roy, who terrifies her children and compels them to find their place in the world bereft of the push and pull of natal intimacy. Yet when Mary dies, Roy feels orphaned at the loss of her novelistic subject, that “unpredictable, irreplaceable spark of mad genius”.

Mary remains a formal “Mrs Roy” to her daughter except when she is terminally ill. Arundhati Roy calls her “Kochamma” then. Little Mother.

The work captures in its early pages the terror of living with a formidable parent who rages against motherhood, and who makes it very clear Arundhati was an unwanted second child, the one who barely escaped being aborted by a wire hanger.

But Mrs Roy, the divorcee with an alcoholic ex, and a single mother shunned even by her own family, was also a pioneering educator and feminist icon. Mary Roy established an experimental coeducational school in Kottayam in the southern Indian state of Kerala at a time when such women-led enterprises were unheard of. Her life revolved around the school and her office was her home.

Arundhati and her brother Lalith lived in the dorms with other pupils. Mrs Roy, who suffered from debilitating asthma attacks, revelled in the veneration of her pupils and devoted staff even as she showed no mercy when they erred or failed to meet her needs.

A few comic scenes in the memoir revolve around these acolytes. One is described as a “frightened minion carrying her asthma inhaler as though it were a crown or a sceptre”.

Two glum-looking children stand close to their mother.
A young Roy and her brother with her mother, Mary.
Courtesy of Arundhati Roy

As a child, Arundhati was so afraid she would be held responsible for Mrs Roy’s death if she suffered a fatal asthma attack she found herself breathing for her mother, becoming a “valiant organ-child”.

School and home merged in the early years of the children’s upbringing. They had no sanctuary against hard discipline and no privacy in which to cry in shame. For Arundhati, living with Mrs Roy was like picking her way through a

minefield without a map. My feet and fingers and sometimes even my head were often blown off, but after floating around untethered for a while, they would magically reattach themselves.

Before their life within the confines of the school, the children had roamed wild in their ancestral village of Ayemenem, memories of which Roy celebrates vividly in her Booker Prize-winning novel The God of Small Things.

Blowing up the gilded cage

The memoir alternates between vignettes of Mrs Roy’s excruciating cruelty towards Arundhati and her brother, and her astonishing courage in challenging the norms of the patriarchal Syrian Christian community that chewed her up and threw her out like roughage.

Mary Roy’s own childhood in an abusive home where her entomologist father beat her and her mother – routinely throwing them out of the house in the dark of the night – sharpened her determination to take on the entire legal establishment decades later. She challenged the Travancore Christian Succession Act of 1916 that denied daughters from the Syrian Christian community their rightful share of inheritances.

In 1986 she won a landmark case in the Supreme Court of India that gave Mary and countless other women in Kerala their inheritance rights. Mary’s brother and her widowed mother, who had once threatened to evict her from their family cottage when she was a young, single mother, experienced Mrs Roy’s delayed wrath when they were forced into penury by her action.

The memoir also cuts a swathe through the Arundhati Roy’s dual authorial self: screenplay writer and renowned novelist and activist-writer of narrative non-fiction. We get a fascinating backstage tour of her evolution as a writer, a lover, a friend, and a political conscience-keeper on the global stage – currently the bête noire of India’s right-wing government.

A young woman smoking a cigarette.
A younger Roy: the book charts her evolution as a political conscience-keeper.
Carlo Buldrini

Roy famously shunned her bird-in-a-golden-cage celebrity status after The God of Small Things won the Booker in 1997. At the turn of the millennium, she observed with dread the rise of the Hindu Right in her beloved country, especially the euphoria around India’s creation of the nuclear bomb in 1998. In 2001 she published her soul-stirring essay on 9/11, The Algebra of Infinite Justice.

What followed was an intimate and often precarious engagement with some of the iconic grassroots movements in contemporary India: the Narmada Bachao Andolan movement (Save the Narmada River), which opposed the building of a huge dam that would inundate the Narmada valley and destroy the habitation of millions across four Indian states and the Maoist Naxalites in India’s heartland, who engaged in guerrilla warfare to protect tribal lands from vast mining conglomerates.

In 2024, due to her advocacy on behalf of the Kashmiri people caught in the crossfire between India and Pakistan, the Modi government threatened to prosecute Roy under a draconian law reserved for anti-national activities.




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The prosecution of Arundhati Roy is business as usual for the Modi government – and bad news for freedom of expression in India


We begin to understand Roy’s intrepid embrace of danger, her shunning of domestic security and career comforts when she, at her most disarming, reveals to the reader that she cannot seem to help it.

With a childhood that felt like living on the edge of a ledge from which a fall was inevitable at any moment, she has grown accustomed to precarity. For years after The God of Small Things, she writes,

I wandered through forests and river valleys, villages and border towns, to try to better understand my country. As I travelled, I wrote. That was the beginning of my restless, unruly life as a seditious, traitor-writer. Free woman. Free Writing. Like Mother Mary taught me. I hadn’t just avoided the gilded age. I had blown it to smithereens.

Mary Roy’s volatility also helped incubate Arundhati’s novelistic self, a self that could stand apart and assess the turbulence around her. Towards the end of her memoir, she confesses that while she could never quite anticipate her mother’s changeable moods, she had learned “to stand outside the range of their clawing, lashing fury”.

‘Read this as you would a novel’

Some of the most compelling passages in the memoir are about Arundhati Roy’s quest for what she calls her prey, a grazing language-animal she struggled to find for ages.

Language, she claims, was rarely her friend, rarely amenable to taming. When she arrives at the realisation that she is ready to devote herself to The God of Small Things, she writes, “I knew then that I had hunted down my language-animal. I had disembowelled it and drunk its inky blood.”

Her language-animal has surrendered yet again to the power of her claw-pen. In Mother Mary Comes to Me, Roy’s novelistic self appears in full command as she steers the flow of rage, outrage, wonder, sorrow and joy with just the right touch, and at just the right moment, each time it threatens to overwhelm the narrative.

In her wry, inimitable style she writes,

most of us are a living, breathing soup of memory and imagination [..] so read this book as you would a novel. It makes no larger claim.

Not surprisingly, the magical alchemy of The God of Small Things reemerges at startling moments in this work. Unforgettable characters, images, turn of phrase, and the coruscating rhythm of the prose, remind us why Roy remains an indubitable literary force almost three decades after her blockbuster first novel.

The Conversation

Debjani Ganguly has received funding from the ARC and the Mellon and Chiang Ching Kuo Foundations.

– ref. Magical alchemy: Arundhati Roy’s compelling memoir illuminates a ‘restless, unruly’ life – https://theconversation.com/magical-alchemy-arundhati-roys-compelling-memoir-illuminates-a-restless-unruly-life-262506

Court rulings increasingly demand scientific certainty – but that’s not always possible

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Sarah Wilson, PhD Candidate in Emerging Technologies Governance, Institue for Sustainable Futures, University of Technology Sydney

melanfolia/Unsplash

Last month, courts on both sides of the Atlantic delivered a clear verdict: when classifying titanium dioxide as carcinogenic, regulatory agencies had overreached.

These parallel legal defeats expose deeper questions about who gets to interpret contested science.

In the modern world, legal decisions – especially ones dealing with regulation – are increasingly based on complex science. But sometimes, the science isn’t settled. When certainty remains elusive, who gets to be the authority?

The case of titanium dioxide

Titanium dioxide lies at the heart of the recent legal challenges. It’s a white mineral powder used in many everyday products such as paint, sunscreen, toothpaste and even food.

For decades, titanium dioxide was considered safe. However, in the early 2000s, with the advent of nanomaterials science, it became widely available in nanoparticle form. And scientists found that typical titanium dioxide powder contains some nanoparticles too.

Research emerged showing these tiny titanium dioxide particles may interact with biological systems differently compared with their larger counterparts. This sparked controversy about a substance previously thought to be safe.

The turning point came in 2010, when the International Agency for Research on Cancer (IARC) classified titanium dioxide as “possibly carcinogenic to humans”. This means there’s limited evidence for human carcinogenicity, but there could be some evidence from animal studies, or simply evidence that the substance has the characteristics of a carcinogen.




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Does this cause cancer? How scientists determine whether a chemical is carcinogenic – sometimes with controversial results


In the case of titanium dioxide, the classification was primarily based on studies in rats. The animals had more lung tumours when they breathed in high concentrations of titanium dioxide particles.

Naturally, regulators responded. California added airborne titanium dioxide of certain particle sizes to its Proposition 65 list in 2011. This meant products with it, such as spray-on sunscreens and cosmetic powders, would need warning labels.

A Reddit user posted the State of California’s cancer warning about titanium dioxide in their acoustic guitar.
AcousticGuitars/Reddit

Eight years later, the European Commission also classified titanium dioxide powder as a suspected carcinogen. This resulted in mandatory warning labels on products with titanium dioxide powder sold in Europe.

Decisive – or not so much?

A warning label might seem decisive. However, beneath it lies a profound scientific uncertainty. It’s a common challenge with emerging fields such as nanoscience.

For titanium dioxide, the uncertainty manifested in two ways.

First, as with many suspected carcinogens, the IARC classification ignited debate within the scientific community. Could animal study results meaningfully predict human cancer risk? Animal studies often demonstrate a strong mechanism for harm, but it’s not possible to test directly in humans. That makes it tricky to establish cause and effect.




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If ‘correlation doesn’t imply causation’, how do scientists figure out why things happen?


Second, studies on nano titanium dioxide toxicity continue to yield inconsistent and contradictory findings. Current research shows toxicity heavily depends on several factors, from exposure to individual susceptibility.

Evidence in the courts

The scientific complexity on titanium dioxide created fertile ground for legal challenges. Industry groups contested both “carcinogenic” rulings, arguing regulators had misinterpreted the science.

The courts ultimately agreed. On August 1 2025, Europe’s highest court sided with the titanium dioxide industry. It found European regulators had failed to consider all relevant factors when assessing scientific evidence.

This ruling hinged on something highly technical. The courts found regulators had used an incorrect particle density value when calculating lung overload in rat studies. This undermined their assessment of whether the animal data reliably predicted human cancer risk. The court nullified the classification entirely.

Similarly, on August 12 2025, a US federal court struck down warning requirements for titanium dioxide in cosmetics.

While acknowledging the warnings were technically accurate sentence-by-sentence, the court found the underlying science didn’t meet the established legal standard of being “purely factual and uncontroversial”.

In part, the warnings were deemed “controversial” because significant scientific debate persists.

The legal landscape is changing

These court rulings represent a critical evolution in regulatory science.

In their initial classification decisions, the US and European agencies prioritised precaution. They recognised that animal studies typically come before human evidence, and that research on nano titanium dioxide was still emerging.

They followed the proper established processes and made reasonable decisions under uncertainty.

In both cases, the courts used legal knowledge standards to reject these scientific applications. This blurs the boundary between science and how courts oversee regulatory processes.

Critics argue courts “are not scientists” and lack the expertise to make these types of decisions. Judges are trained for legal complexity and shouldn’t replace the decisions of trained scientific committees in areas of scientific uncertainty.

When courts and science intertwine

Rulings such as the ones on titanium dioxide raise several important questions for our legal system.

How much do judges really understand science? Should judges be able to override trained scientists to resolve technical disputes? Or does judicial oversight effectively balance against regulatory overreach in complex scientific contexts?

When should regulators act on complex science? Since the 1950s, many toxic substances present this dilemma: controlled human studies are unethical, and widespread exposure eliminates the unexposed control groups needed for comparison. Should agencies wait for definitive proof – which may not be possible to obtain – or act on evidence of potential harm to protect public health?

Can scientists effectively communicate uncertainty? Emerging science is in a constant state of uncertainty. By contrast, legal systems require definitive decisions within specific timeframes. When scientific consensus is lacking, how can scientists help regulators and courts proceed?

These questions aren’t just about interpreting science. As complex technologies continue to be integrated into our daily lives, scientific uncertainty could increasingly become a legal concern. How do we make sure our legal institutions are up to the task?

This is a big challenge, but one thing is clear: scientific and legal experts must work together to find the solution.

The Conversation

Rachael Wakefield-Rann receives research funding from various government and non-government organisations. She does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would financially benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond her academic appointment.

Sarah Wilson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Court rulings increasingly demand scientific certainty – but that’s not always possible – https://theconversation.com/court-rulings-increasingly-demand-scientific-certainty-but-thats-not-always-possible-264991

US strikes on Venezuelan ‘drug boats’ have killed 14 people. What is Trump trying to do?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Philip Johnson, Lecturer, College of Business, Government and Law, Flinders University

A screenshot of a video reportedly showing an airstrike on a boat. Donald Trump/Truth Social

In the past few weeks, the United States military has been involved in multiple fatal strikes on boats in international waters off the coast of Venezuela.

The first airstrike was on September 5 and killed 11 people. The second occurred this week, killing three people. No efforts were made to apprehend the vessels or identify the people before the strikes.

President Donald Trump has claimed the boats and the people on them were trafficking illegal drugs bound for the US, dubbing them “narcoterrorists”.

The White House has provided little detail about the attacks in general, and no evidence the boats were trafficking drugs. It’s possible they weren’t.

Here’s what’s going on in the region and what might happen next.

Why is this happening now?

During the 2024 presidential election campaign, Trump repeatedly promised to crack down on immigration from Latin America.

He often drew a connection between crime and immigration, especially from Haiti and Venezuela (though some of the cases of gang crime he cited have since been questioned or debunked).

Once in office, Trump declared a number of gangs as terrorist organisations, including one Venezuelan group, Tren de Aragua.

The Trump government has claimed that Venezuelans deported from the US were members of Tren de Aragua, often without much substantial evidence.

Trump has also entertained the idea of using the US military to target criminal groups.

This is now reality, through a large military buildup deploying multiple warships, submarines and fighter jets to the Caribbean.

A tumultuous history

This is the latest chapter in a long and sometimes hostile relationship between Venezuela and the US.

Venezuela holds the world’s largest proven oil reserves, affording the country political and economic influence within the region. This has made Venezuela a valued ally, and sometimes a competitor, to the United States.

But for the past two decades or so, relations have been more antagonistic.

When left-wing populist President Hugo Chavez was in power in Venezuela in 2002, the US was accused of giving tacit approval to a coup attempt against him.

America has also imposed economic sanctions against the country since 2005. These particularly ramped up under Trump’s first administration against Chavez’s successor and current president, Nicolas Maduro.

While less popular than his predecessor, Maduro remains extremely powerful. US attempts to destabilise his government, including one in 2019, have been unsuccessful.

Although many in Venezuela would welcome a change of government, any US intervention in the region is likely to be immensely unpopular. It provides a nationalist rallying point for Maduro: a way to boost his local support.

What do we know about the gang?

Trump claims both boats were operated by the Tren de Aragua gang.

The group started in Venezuelan prisons before spreading across other Latin American countries, primarily through people fleeing Maduro’s authoritarian regime.

Estimates of the size of the gang are contested and hard to measure, but best guesses put it at around 5,000 members.

Tren de Aragua members have been identified in 16 US states, but there has been little conclusive evidence of large-scale criminal or terrorist activity. In New York, Tren de Aragua has primarily been associated with retail theft.

Why is the US bombing boats?

Destroying individual boats is unlikely to have an impact on drug trafficking into the US. Most fentanyl, for example, is trafficked into the US over land borders by US citizens.

However, bombing the boats does reinforce the idea of an existential threat to the United States that can only be defeated with violence. The same sense of threat is used to justify the deportation of hundreds of Venezuelans to brutal prisons in El Salvador.

The Venezuelan government is of less concern to Trump. Indeed, the White House has authorised increased imports of Venezuelan oil in recent weeks.

Others within the US government are more committed to regime change in Venezuela. For Secretary of State, Marco Rubio, the military operations are a direct effort to destabilise what he sees as an illegitimate Venezuelan regime.

Is it legal?

These airstrikes are the first unilateral US military action in Latin America since the invasion of Panama in 1989.

However, the military operations fit within a much longer history of overt and covert intervention in the region.

Scholars have said the decision to attack the boats was likely illegal under the law of the sea.

The US government justifies the attack in the broadest terms: Venezuelan gangs traffic drugs that can kill American citizens, therefore any violence is warranted to prevent this. This is an argument not about legality, but urgent security.

Impunity is the larger point, a display of power in itself. After the first strike, Vice President JD Vance declared “I don’t give a shit what you call it”.

Trump and Rubio have both asserted the strikes will continue, without concern for the possibility that they could be considered war crimes.

Without a clear prospect of legal jeopardy, the strikes will remain available as a way to project US power. The strikes will likely stop, or pause, when the government wants to claim that it has achieved some victory.

The Conversation

Philip Johnson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. US strikes on Venezuelan ‘drug boats’ have killed 14 people. What is Trump trying to do? – https://theconversation.com/us-strikes-on-venezuelan-drug-boats-have-killed-14-people-what-is-trump-trying-to-do-265481

A booming longevity industry wants to sell us ‘immortality’. There could be hidden costs

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Samuel Cornell, PhD Candidate in Public Health & Community Medicine, School of Population Health, UNSW Sydney

Lu ShaoJi/Getty

If you could, would you pay to live forever? Some Silicon Valley billionaires aren’t just making tech products – they’ve set their sights on immortality.

Social media is flooded with influencers promoting peptides, “functional” mushroom powders and other (often non-evidence-based) hacks said to maximise your lifespan. Some even claim to reverse your “biological age”.

The quest to live longer, look younger or just live one’s “best life” has become a booming industry, encompassing treatments as diverse as ice baths, saunas, cryotherapy chambers and even red light therapy.

But behind much of the marketing and social media posts are commercial interests willing to cater to a population fearful of ageing and dying.

Nobody lives forever

The key reason humans aren’t immortal hinges on evolution. This process favours genetic traits promoting successful reproduction and adaptation over those promoting unlimited lifespan for individuals.

The ancient Greeks told cautionary tales about life extension. Those who reached for immortality mostly found this came at a terrible cost. The mythical Tithonus, for example, was doomed to endless ageing and decline after being granted eternal life without eternal youth.

Fast forward to today, the longevity industry has the backing of venture capital funds, celebrity investors and pharmaceutical companies.

But much of this money is being funnelled into products and services with little or no evidence for how they actually improve health or lengthen lifespan.

In his well-publicised quest for life extension, US venture capitalist Bryan Johnson reportedly spends millions and undergoes constant medical testing with the impossible aim of never dying.

Johnson’s longevity regimen includes a hyper-controlled diet, hundreds of daily supplements and strict sleep and exercise routines. He has even received transfusions of his own son’s blood plasma.

We see three major problems with the longevity industry that are a cause for concern.

Profit before evidence

Innovation is central to the longevity industry, attracting an influx of Silicon Valley investors seeking to “hack” the ageing process. Yet, these innovations are infrequently backed by high-quality evidence.

For example, full-body MRI is marketed as a way to identify cancer and other abnormalities early before they are harder to treat. Yet, there is no evidence these scans improve health outcomes. Medical colleges around the world do not recommend full-body MRI in healthy individuals.

Tests like these can lead to “incidentalomas” – unexpected findings that may prompt unnecessary follow-up procedures, costs and anxiety.

The longevity industry pitches itself as a disruptive alternative to mainstream health care. But it still depends on that system to function. Scans, blood tests and experimental treatments inevitably flow back into hospitals and clinics for follow-up, specialist consultations and interventions.

This puts added strain on already stretched services – both financially and in terms of workforce – while arguably delivering little benefit to population health.

Technician analyses test tube in laboratory.
Unnecessary tests can divert precious resources from a health-care system already under strain.
Lourdes Balduque/Getty

Test and you shall find

Despite widespread public enthusiasm for screening tests, experts have long warned more testing does not always lead to better health.

One of the clearest risks is overdiagnosis – when an abnormality or disease is diagnosed that will never impact a person’s health during their lifetime. The more you test, the more you’ll find – much of it clinically irrelevant. This creates a self-affirming cycle.

Unnecessary investigations can result in overdiagnosis, incidental findings and potentially cascades of further unnecessary procedures or tests.




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We analysed almost 1,000 social media posts about 5 popular medical tests. Most were utterly misleading


Longevity isn’t the same as prevention

Marketers of longevity claim their services and products are part of “preventive” medicine: spotting disease before it strikes and keeping people healthier for longer.

But the longevity movement differs drastically from the public health principle of prevention.

Prevention, in mainstream medicine, is about simple, evidence-based measures. This includes immunisations and screening for cancer at the right ages.

But there’s no clear evidence many of the exhaustive tests and treatments the longevity industry promotes improve long-term outcomes for otherwise healthy people.

They simply cost a lot of money, are resource intensive and may lead to further unnecessary testing.

Why this matters

By medicalising ageing, the longevity movement is a classic example of disease mongering. It also risks embedding ageism into everyday commerce – pathologising normal ageing rather than accepting it as part of life.

It also risks diverting attention and resources away from important and basic public health system functions that can improve quality of life for millions as we all gracefully age.

The hype around many unfounded longevity claims distracts us from what we already know works: regular exercise, healthy food, sound sleep, meaningful relationships and fair access to evidence-based medical treatment.

The Conversation

Samuel Cornell receives funding from an Australian Government Research Training Program Scholarship.

Brooke Nickel receives fellowship funding from the National Health and Medical Research Council (NHMRC). She is on the Executive Committee for Wiser Healthcare and the Scientific Committee of the Preventing Overdiagnosis Conference.

Sean Docking does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. A booming longevity industry wants to sell us ‘immortality’. There could be hidden costs – https://theconversation.com/a-booming-longevity-industry-wants-to-sell-us-immortality-there-could-be-hidden-costs-264879