La selección: Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud Fundación Lilly-The Conversation

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Colado, Redactor jefe / Editor de Salud y Medicina, The Conversation

sfam_photo/Shutterstock

“Cambia lo superficial, cambia también lo profundo, cambia el modo de pensar, cambia todo en este mundo”.

Con este fragmento de la canción de Mercedes Sosa “Todo cambia” arrancaba el artículo ganador del Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud Fundación Lilly-The Conversation, un penetrante análisis sobre la validez de los testamentos vitales en los individuos aquejados por una demencia. “¿Existen cambios tan radicales que hagan que una persona deje de ser ella misma?”, se pregunta y hace preguntarnos su autor, Luis Espericueta, de la Universidad de Granada.

Entre las 132 candidaturas que se han presentado al certamen, dirigido a investigadores, doctorandos y docentes universitarios menores de 35 años, las propuestas han sido muy diversas en fondo y forma, como ilustra el tono más desenfadado del segundo premio: Partirse de risa: el origen científico del ja, ja, ja. Marta Calderón García, de la Universidad Miguel Hernández, nos invita a embarcarnos en un amenísimo viaje por los pormenores psicológicos, neurobiológicos y culturales de la risa humana.

Lo que no cambia es la voluntad de claridad y la pasión por la ciencia que también transmiten los ocho artículos finalistas, publicados durante estos últimos tres meses en The Conversation. Sus autores, por ejemplo, son capaces de situarnos en un ring (la placenta) donde libran un trascendental combate los genes paternos y maternos durante el desarrollo de feto; o de imaginar a las células mandándose mensajes de WhastApp (las vesículas extracelulares), como si una película de Pixar se tratara.

Queda, por tanto, demostrado que las metáforas constituyen una poderosa herramienta para hacer divulgación. Encontramos otro exponente de su buen uso en el artículo Neurohambruna: cómo la escasez de comida reprograma a los hijos de la guerra, donde se compara el cuerpo de las embarazadas con un canal de noticias: “todo lo que ocurre afuera –lo que la madre come, cómo se siente, etc.– se traduce en mensajes químicos que informan al bebé sobre el entorno donde crecerá”, escribe la autora. Y sin salir de la biomedicina de vanguardia, también hemos aprendido que las células madre cancerígenas son “como brasas escondidas, invisibles pero activas, esperando el momento justo para arder otra vez”.

Además, gracias a esta variopinta antología podrá ponerse al día de las últimas novedades en materia farmacológica –los medicamentos biosimilares y el papel de los excipientes en los fármacos– o averiguar si puede considerarse como “normal” algún consumo de alcohol.

Y, por supuesto, no podía faltar el gran tema de nuestro tiempo: el artículo ¿Se fiaría del criterio de ChatGPT para su diagnóstico médico? Por si acaso, busque una segunda opinión pondera con sentido común los pros y contras del uso de la inteligencia artificial en el ámbito de la salud. Porque como cantaba Mercedes Sosa, “cambia el modo de pensar, cambia todo en este mundo”, y necesitamos más que nunca voces autorizadas que nos iluminen en estos tiempos de furia y ruido.

P. D. En memoria de Luis Felipe Torrente, que nos dejó hace poco más de un año y que desde esta quinta edición honra con su nombre al Premio. Su magisterio sigue siendo una brújula para todos quienes hacemos The Conversation.

Feliz lectura.

The Conversation

ref. La selección: Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud Fundación Lilly-The Conversation – https://theconversation.com/la-seleccion-premio-luis-felipe-torrente-de-divulgacion-sobre-medicina-y-salud-fundacion-lilly-the-conversation-266554

La troublante actualité du nouvel album de Woody Guthrie, sorti 58 ans après sa mort

Source: The Conversation – in French – By Daniele Curci, PhD Candidate in International and American History, University of Florence

Sorti cet été, l’album posthume de Woody Guthrie, figure emblématique de la musique folk des années 1940-1960, résonne puissamment avec la situation actuelle des États-Unis : plusieurs des titres qu’il contient, consacrés à l’expulsion de migrants mexicains, à une justice raciste ou encore aux injustices économiques, auraient pu être écrits ces derniers mois…


Le 14 août est sorti Woody at Home, Vol.1 & 2, le nouvel album de Woody Guthrie (1912-1967), probablement l’artiste folk américain le plus influent, auteur de la célèbre « This Land Is Your Land » (1940), qui dans cet album est proposée avec de nouveaux vers.

L’album contient des chansons – certaines déjà connues, d’autres inédites – que Guthrie enregistra avec un magnétophone offert par Howie Richmond, son éditeur, entre 1951 et 1952 et qui sont désormais publiées grâce à une nouvelle technologie qui a permis d’en améliorer la qualité sonore.

« Deportee »

La parution de l’album a été précédée par celle du single « Deportee (Plane Wreck at Los Gatos) », une chanson dont on ne connaissait jusqu’ici que le texte, que Guthrie écrivit en référence à un épisode survenu le 28 janvier 1948, lorsqu’un avion transportant des travailleurs saisonniers mexicains, de retour au Mexique, s’écrasa dans le canyon de Los Gatos (Californie), provoquant la mort de tous les passagers.

Un choix qui n’est pas anodin, comme l’a expliqué Nora Guthrie – l’une des filles du folk singer, cofondatrice des Woody Guthrie Archives et longtemps conservatrice de l’héritage politico-artistique de son père – lors d’un entretien au Smithsonian Magazine, dans lequel elle a souligné combien le message de son père reste actuel, au vu des expulsions opérées par l’administration de Donald Trump et, plus généralement, de ses tendances autoritaires, un thème déjà présent dans « Biggest Thing That Man Has Ever Done », écrite pendant la guerre contre l’Allemagne nazie.

Tout cela montre la vitalité de Woody Guthrie aux États-Unis. On assiste à un processus constant d’actualisation et de redéfinition de la figure de Guthrie et de son héritage artistique, qui ne prend pas toujours en compte le radicalisme du chanteur, mais qui en accentue parfois le patriotisme.

Un exemple en est l’histoire de « This Land Is Your Land » : de la chanson existent des versions comportant des vers critiques de la propriété privée, et d’autres sans ces vers. Dans sa première version, « This Land » est devenue presque un hymne non officiel des États-Unis et, au fil des années, a été utilisée dans des contextes politiques différents, donnant parfois lieu à des appropriations et des réinterprétations politiques, comme en 1960, lorsqu’elle fut jouée à la convention républicaine qui investit Richard Nixon comme candidat à la présidence ou, en 1988, lorsque George H. W. Bush utilisa la même chanson pour sa campagne électorale.

Guthrie lut le compte rendu de la tragédie du 28 janvier 1948 dans un journal, horrifié de constater que les travailleurs n’étaient pas appelés par leur nom, mais par le terme péjoratif de « deportees ».

Ce célèbre cliché pris par la photographe Dorothea Lange en Californie, en 1936, intitulé « Migrant Mother », montre Florence Thompson, 32 ans, alors mère de sept enfants, native de l’Oklahoma et venue dans le Golden State chercher du travail.
Dorothea Lange/Library of Congress

Dans leur histoire, Guthrie vit des parallèles avec les expériences vécues dans les années 1930 par les « Oakies », originaires de l’Oklahoma, appauvris par les tempêtes de sable (dust bowls) et par des années de crise socio-économique, qui se déplaçaient vers la Californie en quête d’un avenir meilleur. C’était un « Goin’ Down The Road », selon le titre d’une chanson de Guthrie, où ce « down » signifiait aussi la tristesse de devoir prendre la route, avec toutes les incertitudes et les difficultés qui s’annonçaient, parce qu’il n’y avait pas d’alternative – et, en effet, le titre complet se terminait par « Feeling Bad ».

Parmi les difficultés rencontrées par les Oakies et les Mexicains, il y avait aussi le racisme et la pauvreté face à l’abondance des champs de fruits, comme lorsque les Mexicains se retrouvaient à cueillir des fruits qui pourrissaient sur les arbres (« The crops are all in and the peaches are rotting ») pour des salaires qui leur permettaient à peine de survivre (« To pay all their money to wade back again »).

Et, en effet, dans « Deportee », d’où sont extraites ces deux citations, Guthrie demandait avec provocation :

« Is this the best way we can grow our big orchards ?
Is this the best way we can grow our good fruit ?
To fall like dry leaves to rot on my topsoil
And be called by no name except “deportees” ? »

Est-ce la meilleure façon de cultiver nos grands vergers ?
Est-ce la meilleure façon de cultiver nos bons fruits ?
Tomber comme des feuilles mortes pour pourrir sur ma terre arable
Et n’être appelés que par le nom de « déportés » ?

Visions de l’Amérique et radicalisme

« We come with the dust and we go with the wind », chantait Guthrie dans « Pastures of Plenty » (1941, également présente dans Woody at Home), l’hymne qu’il écrivit pour les migrants du Sud-Ouest, dénonçant l’indifférence et l’invisibilité qui permettaient l’exploitation des travailleurs.

Guthrie, de cette manière, mesurait l’écart qui séparait la réalité du pays de la réalisation de ses promesses et de ses aspirations. Dans le langage politique des États-Unis, le terme « America » désigne la projection mythique, de rêve, de projet de vie qui entrelace l’histoire de l’individu avec celle de la Nation. En ce sens, pour Guthrie, les tragédies étaient aussi une question collective permettant de dénoncer la façon dont une minorité (les riches capitalistes) privait la majorité (les travailleurs) de ses droits et de son bien-être.

La vision politique de Guthrie devait beaucoup au fait qu’il avait grandi dans l’Oklahoma des années 1920 et 1930, où l’influence du populisme agraire de type jeffersonien – la vision d’une république agraire inspirée par Thomas Jefferson, fondée sur la possession équitable de la terre entre ses citoyens – restait très ancrée, et proche du Populist Party, un parti de la dernière décennie du XIXe siècle qui critiquait ceux qui gouvernaient les institutions et défendait les intérêts du monde agricole.

C’est également dans ce cadre qu’il faut situer le radicalisme guthrien qui prit forme dans les années 1930 et 1940, périodes où les discussions sur l’état de santé de la démocratie américaine étaient nombreuses et où le New Deal de Franklin Delano Roosevelt cherchait à revitaliser le concept de peuple, érodé par des années de crise économique et de profonds changements sociaux.

Guthrie apporta sa contribution en soutenant le Parti communiste et, à différentes étapes, le New Deal, dans la lignée du syndicat anarcho-communiste des Industrial Workers of the World (IWW) dont il avait repris l’idée selon laquelle la musique pouvait être un outil important de la militance. Dans le Parti, Guthrie voyait le ciment idéologique ; dans le syndicat, l’outil d’organisation des masses, car ce n’est qu’à travers l’union – un terme disposant d’un double sens dont Guthrie a joué à plusieurs reprises : syndicat et union des opprimés – qu’on parviendrait à un monde socialisant et syndicalisé.

« White America ? »

L’engagement de Guthrie visait également à surmonter les discriminations raciales. Ce n’était pas chose acquise pour le fils d’un homme que l’on dit avoir été membre du Ku Klux Klan et fervent anticommuniste, qui avait probablement participé à un lynchage en 1911.

D’ailleurs, le même Woody, à son arrivée en Californie dans la seconde moitié des années 1930, portait avec lui un héritage raciste que l’on retrouve dans certaines chansons comme dans la version raciste de « Run, Nigger Run », une chanson populaire dans le Sud que Guthrie chanta à la radio, dans le cadre de sa propre émission, en 1937. Après cela, Guthrie reçut une lettre d’une auditrice noire exprimant tout son ressentiment quant à l’utilisation du terme « nigger » par le chanteur. Guthrie fut tellement touché qu’il lut la lettre à la radio en s’excusant.

Il entreprit alors un processus de remise en question de lui-même et de ce qu’il croyait être les États-Unis, allant jusqu’à dénoncer la ségrégation et les distorsions du système judiciaire qui protégeaient les Blancs et emprisonnaient volontiers les Noirs. Ces thèmes se retrouvent dans « Buoy Bells from Trenton », également présente dans « Woody at Home », qui se réfère à l’affaire des Trenton Six : en 1948, six Noirs de Trenton (New Jersey) furent condamnés pour le meurtre d’un Blanc, par un jury composé uniquement de Blancs, malgré le témoignage de certaines personnes ayant vu d’autres individus sur les lieux du crime.

« Buoy Bells from Trenton » a probablement été incluse dans l’album pour la lecture qu’on peut en faire sur les abus de pouvoir et sur les « New Jim Crow », expression qui fait écho aux lois Jim Crow (fin XIXe–1965). Celles-ci imposaient dans les États du Sud la ségrégation raciale, légitimée par l’arrêt Plessy v. Ferguson (1896) de la Cour suprême, qui consacrait le principe « séparés mais égaux », avant d’être abolies par l’arrêt Brown v. Board of Education (1954), le Civil Rights Act (1964) et le Voting Rights Act (1965).

Popularisée par Michelle Alexander dans le livre The New Jim Crow (2010), la formule désigne le système contemporain de contrôle racial à travers les politiques pénales et l’incarcération de masse : en 2022, les Afro-Américains représentaient 32 % des détenus d’État et fédéraux condamnés, alors qu’ils ne constituent que 12 % de la population états-unienne, chiffre sur lequel plusieurs études récentes insistent. Cette chanson peut ainsi être relue, comme le suggère Nora Guthrie, comme une critique du racisme persistant, sous des formes institutionnelles mais aussi plus diffuses. Un exemple, là encore, de la vitalité de Guthrie et de la manière dont l’art ne s’arrête pas au moment de sa publication, mais devient un phénomène historique de long terme.

The Conversation

Daniele Curci ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La troublante actualité du nouvel album de Woody Guthrie, sorti 58 ans après sa mort – https://theconversation.com/la-troublante-actualite-du-nouvel-album-de-woody-guthrie-sorti-58-ans-apres-sa-mort-265032

Pionnières de la parité politique : qui étaient les députées de 1945 ?

Source: The Conversation – in French – By Anne-Sarah Bouglé-Moalic, Chercheuse associée au laboratoire HISTEME (Histoire, Territoires, Mémoires), Université de Caen Normandie

En octobre 1945, en France, 33 femmes font leur entrée sur les bancs de l’Assemblée nationale. Qui sont-elles ? Dans quelle mesure leur entrée au Parlement bouscule-t-elle un imaginaire républicain très masculin ? Retour sur le parcours de ces pionnières alors qu’on célèbre également les 25 ans de la loi pour la parité politique.


Le 21 octobre 1945, des élections législatives sont organisées en France. Elles doivent permettre de nommer une assemblée constituante pour la IVe République. La France n’a plus connu d’élections législatives depuis neuf ans – les dernières avaient amené le Front populaire au pouvoir, en 1936.

Mais ce n’est pas la seule particularité de cette échéance de l’immédiat après-guerre. Pour la première fois dans son histoire, l’Assemblée nationale peut accueillir des femmes, non plus dans les balcons, mais bien au cœur de l’hémicycle. La réforme du 21 avril 1944, accordant aux femmes les mêmes droits politiques qu’aux hommes, leur permet en effet non seulement de devenir électrices, mais aussi de se porter candidates aux suffrages de leurs concitoyens.

C’est la deuxième fois, en 1945, que les Françaises peuvent prendre part au jeu politique, après les élections municipales des 29 avril et 13 mai. Mais l’enjeu est différent. Le mandat municipal est celui de la proximité, de la bonne gestion familiale que l’on associe sans trop de difficulté à l’image des femmes. Le mandat parlementaire incarne lui le peuple, la République ; il est aussi réputé plus violent.

Le Parlement est un monde d’hommes. Comment les femmes y ont-elles fait leur entrée ? Qui étaient-elles, ces grandes inconnues qui ont été les premières à représenter une démocratie enfin posée sur ses deux pieds ?

Avant 1945, des préjugés et des expériences locales

En 1945, la question de l’éligibilité des femmes n’est pas nouvelle dans la société française. Nombreuses sont les féministes à avoir utilisé leur candidature à diverses élections pour populariser la cause suffragiste. La première d’entre elles est Jeanne Deroin, en 1849 ! Le processus a été repris ensuite à de multiples reprises, comme par Louise Barberousse ou Eliska Vincent, dans les années 1880 et 1890, et très régulièrement au XXe siècle. On se souvient particulièrement de la candidature de la journaliste Jeanne Laloë, aux élections municipales de 1908 à Paris, ou de la campagne de Louise Weiss et de l’association la Femme nouvelle en 1935.

Des femmes ont d’ailleurs été élues à plusieurs reprises. Aux élections municipales de 1925, les communistes positionnent des femmes en haut de liste, rendant presque automatique leur élection en cas de succès. Elles sont une dizaine à être élues, et plusieurs à siéger plusieurs mois, jusqu’à l’invalidation de leurs élections. On peut citer Joséphine Pencalet, sardinière de Douarnenez (Finistère), Émilie Joly et Adèle Métivier à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), Mme Tesson à Bobigny (alors dans le département de la Seine)…

D’autres expériences sont menées par des maires sensibles au suffragisme et souhaitant contourner la loi, tout en restant dans la légalité : ils nomment de conseillères municipales officieuses, siégeant au Conseil mais avec des droits restreints. Trois villes – Villeurbanne (Rhône), Dax (Landes) et Louviers (Eure) – organisent même des élections pour donner davantage de légitimité à ces conseillères.

Histoire du vote des femmes (INA Politique, 2012).

Les préjugés sur l’immixtion des femmes en politique étaient encore tenaces, à la fin de la IIIe République. Certains, notamment des sénateurs, avancent que les hommes perdront leur énergie virile au contact des femmes dans l’hémicycle, tandis que d’autres estiment que la nature faible, nerveuse, impressionnable des femmes est trop risquée. Soit les femmes en pâtiraient gravement, soit elles se transformeraient en hommes, soit elles provoqueraient un coup d’État en se laissant emporter par le plus fort.

Malgré tout, à l’automne 1945, les femmes sont bien appelées à devenir députées : un changement majeur pour permettre à la démocratie française de se déployer pleinement, mais dont les conséquences restent minimes.

Des élues aux profils variés

Les élections municipales de 1945 sont difficiles à décrypter. Les mauvaises conditions administratives font qu’on ignore le nombre de candidates tout comme le nombre d’élues réelles. Tout au plus pouvons-nous proposer des estimations : moins de 1 % de femmes maires et sans doute environ 3 % de conseillères municipales.

Il est plus facile d’observer l’élection du 21 octobre 1945. Elle est organisée au scrutin de liste, car il s’agit d’une élection à la proportionnelle. 310 femmes sont officiellement candidates. Au soir de l’élection, 33 d’entre elles sont élues. Elles représentent alors 5,6 % de l’Assemblée nationale : un chiffre bas, mais qui reste indépassé jusqu’en 1986.

La plupart de ces femmes ont été oubliées. Seuls quelques noms sont encore familiers, comme ceux de Germaine Poinso-Chapuis et de Marie-Madeleine Dienesch, toutes deux ministres, ou de Jeannette Vermeersch-Thorez, compagne du secrétaire général des communistes.

Les profils des élues sont très variés. Beaucoup ont une profession à une époque où être femme au foyer n’est pas rare. Elles sont ouvrières, avocates, institutrices, agrégées, employées, journalistes, infirmières… Elles ont entre 29 ans (Denise Bastide) et 56 ans (Marie Texier-Lahoulle). Elles sont élues dans toute la France, de la Guadeloupe à la Nièvre, même si elles sont relativement plus nombreuses à être élues dans la Seine.

Leurs appartenances politiques sont bien représentatives du spectre politique qui se dessine au début de cette nouvelle république : elles sont 17 communistes, 6 socialistes, 9 MRP et une de droite. Il est intéressant de constater que, alors que les opposants du vote agitaient le cléricalisme féminin et leur conservatisme, la majorité des femmes élues sont de gauche. C’est le fruit d’une politique de ces partis longtemps en faveur de l’émancipation des femmes. L’Union des femmes françaises (UFF), association émanant du Parti communiste français, créée en 1943, rassemble environ 600 000 adhérentes en 1945 : un vivier d’électrices autant que de candidates.

Des femmes engagées dans la Résistance

Le point commun qui unit la majorité de ces élues est leur rôle dans la Résistance. Femmes engagées pendant la guerre, elles se sont créées une aura politique qui a pu encourager certaines à se présenter… ou à être repérées par les partis en place lors de la constitution des listes de candidats. Ainsi, 27 d’entre elles ont mené des actions diverses de renseignement, de sabotage, d’accueil… Quelques-unes ont d’ailleurs été déportées. Plusieurs sont décorées de la Croix de guerre ou de la médaille française de la Résistance.




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On trouve parmi ces 33 députées quelques épouses d’hommes politiques ou de résistants. Il faut noter que cela n’est pas l’unique raison pour laquelle elles se sont présentées. Leur mérite personnel ne doit pas être diminué du fait de leurs connexions.

D’ailleurs, la plupart des élues de 1945 sont actives au Parlement. Ni potiches ni marionnettes, elles agissent avec les moyens qui sont les leurs sur des sujets qui leur tiennent à cœur. Par exemple, Émilienne Galicier, communiste résistante, est l’autrice de propositions de loi pour l’amélioration de la condition ouvrière, pour l’égalité des salaires femmes/hommes, la semaine de travail à quarante heures ou encore deux jours consécutifs de repos pour les femmes.

Francine Lefebvre, résistante catholique et membre du Mouvement républicain populaire (MRP), travaille au statut des délégués du personnel au sein des entreprises, elle réussit à obtenir les congés payés pour les femmes de vieux travailleurs, deux jours de congés payés supplémentaires pour les vendeuses des grands magasins condamnées à la station debout, ainsi que le relogement de familles nombreuses entassées dans des taudis.

Des pionnières à réinscrire dans l’imaginaire républicain

Si les premières élections de 1945 sont plutôt favorables aux femmes (elles font une entrée timide, mais remarquée), leur nombre décroît dans toutes les instances représentatives dès les années 1950, amorçant une rapide décrue et une stagnation au plus bas pendant les quinze premières années de la Ve République. Ainsi, 25 des 33 élues de 1945 siègent ainsi pendant les deux assemblées constituantes, de 1945 à 1946. Et 11 d’entre elles siègent pendant toute la IVe République, de 1946 à 1958 – un nombre important quand on sait que la deuxième législature, de juin 1951 à janvier 1956, ne comprend que 22 députées.

Seules trois siègent pendant au moins un mandat de la Ve République, démontrant une vraie longévité politique. Germaine Poinso-Chapuis marque l’histoire en étant la première femme ministre de plein exercice. Elle est nommée par Robert Schuman, ministre de la santé publique et de la population en 1947. Marie-Madeleine Dienesch est la deuxième femme occupant un poste gouvernemental sous la Ve République, entre 1968 et 1974, en tant que secrétaire d’État à l’éducation nationale, puis aux affaires sociales, puis à l’action sociale et à la réadaptation.

Elles étaient 33 en 1945, elles sont 208 en 2025. En quatre-vingts ans, l’accession des femmes aux fonctions électives a beaucoup progressé, en particulier depuis la loi sur la parité qui célèbre, en 2025, son quart de siècle. Alors que l’histoire des femmes a elle aussi vivement avancé ces dernières années, il semble important de redonner à ces 33 pionnières toute leur place dans l’imaginaire républicain, alors que celui-ci peut encore être considéré comme teinté de masculinité.

Peu connues, ces femmes devraient faire l’objet de davantage de recherches pour mieux connaître leur parcours et approfondir, peut-être, les difficultés auxquelles elles ont pu être confrontées. Leur rendre cette justice serait aussi une manière de compléter notre connaissance de l’histoire de la République, tout en célébrant leur audace.

The Conversation

Anne-Sarah Moalic Bouglé est membre de Démocrates et Progressistes.

ref. Pionnières de la parité politique : qui étaient les députées de 1945 ? – https://theconversation.com/pionnieres-de-la-parite-politique-qui-etaient-les-deputees-de-1945-265270

Former French President Nicolas Sarkozy handed five-year prison term for criminal conspiracy over Gaddafi money

Source: The Conversation – France – By Vincent Sizaire, Maître de conférence associé, membre du centre de droit pénal et de criminologie, Université Paris Nanterre – Alliance Paris Lumières

Former French President Nicolas Sarkozy has been found guilty of criminal conspiracy in a case related to the Libyan funding of his 2007 presidential campaign. Sentenced to five years in prison, he is due to appear in court on 13 October to learn the date of his incarceration. The unprecedented ruling marks a turning point in the practices of the French justice, which has gradually freed itself from political power. It also enshrines the Republican principle of full and complete equality of citizens before the law, which was proclaimed in 1789 but long remained theoretical, writes Vincent Sizaire.

As might be expected, the guilty verdict against Nicolas Sarkozy on Thursday 25 September over the transfer of millions of euros of illicit funds from the late Libyan leader Col Muammar Gaddafi to finance his 2007 election campaign, drew anger from a large part of the political class.

It’s perfectly legitimate to argue against the ruling on the grounds that is unfair and unfounded. This applies first and foremost to the defendants, who have every right to appeal the judgement. However, the context in which these outcries take place is a political tinderbox: indeed, in April, the leader of the far-right National Rally, Marine Le Pen, was already sentenced to a five-year ban on running for public office after she was found guilty of helping to embezzle €2.9m (£2.5m) of EU funds for use by her party. Following on its heels, Sarkozy’s latest sentence provides yet another opportunity for a large section of the ruling classes to stir controversy over what the French describe as the “government of judges” and others would dub “juristocracy”.

Sarkozy will soon be the first post-war president of France to be imprisoned

Admittedly, the sentence may seem particularly severe: a €100,000 fine, five years of ineligibility and, above all, five years’ imprisonment with a deferred warrant of arrest which, combined with provisional enforcement, forces the convicted person to begin serving their prison sentence even if they appeal.

But if we take a closer look at the offences at play, the penalties hardly appear disproportionate. The facts are undeniably serious: organising the secret financing of an election campaign with funds from a corrupt and authoritarian regime, Libya – whose responsibility for an attack on an airplane that killed more than 50 French nationals has been recognised by the courts – in return for championing it on the international stage.

Given the maximum sentence is ten years in prison, the penalty can hardly be considered as too harsh. But what is being contested is the very principle of the conviction of a political leader by the courts, which is seen and presented as an intolerable attack on the institutional balance.

If we take the time to put this into historical perspective, however, we see that the judgments handed down in recent years against members of the ruling class are, in fact, part of a movement to liberate the judiciary from other powers, particularly the executive. This emancipation finally allows the judiciary to fully enforce the requirements of the republican legal system.

Equality of citizens before the law, a republican principle

It should be remembered that the revolutionary principle proclaimed on the night of 4 to 5 August 1789 was that of full and complete equality before the law, leading to the corresponding disappearance of all special laws – ‘privileges’ in the legal sense of the term – enjoyed by the nobility and the high clergy. The Penal Code of 1791 went even further: not only could those in power be held accountable before the same courts as other citizens, but they also faced harsher penalties for certain offences, particularly those involving corruption.

The principles on which the republican legal system is based could not be clearer: in a democratic society, where every person has the right to demand not only the full enjoyment of their rights, but also, more generally, the application of the law, no one can claim to benefit from a regime of exception – least of all elected officials. It is because we are confident that their illegal actions will be effectively punished, in the same way as other citizens and without waiting for a highly hypothetical electoral sanction, that they can truly call themselves our representatives.

When the law favored the powerful

For a long time, however, this requirement for legal equality remained largely theoretical. Taken over and placed in a more or less explicit relationship of subordination to the government during the First Empire (1804-1814), the judiciary remained under the influence of the executive at least until the middle of the 20th century. This is why, until the end of the last century, the principle of equality before the law came up against a singular privilege of ‘notability’ which, except in exceptional situations or particularly serious and highly publicised cases, guaranteed relative impunity for members of the ruling classes whose criminal responsibility was called into question.

The situation only began to change following the humanist awakening of the liberation in 1940s. From 1958, magistrates were recruited by open competition and benefited from a relatively shielded status, as well as a dedicated school, the National School for the Judiciary. The latter gradually took up a demanding code of ethics, encouraged in particular by the recognition of judicial trade unionism in 1972. A new generation of judges emerged, who now took their mission seriously: to ensure, in complete independence, that the law was properly enforced, regardless of the background of those in the dock.

Bernard Tapie, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy …

It was in this context that something that had been unthinkable a few decades earlier came to pass: the prosecution and conviction of prominent figures on the same basis as the rest of the population. From the mid-1970s, the movement gained momentum in the following decades with the conviction of major business leaders, such as Adidas and football tycoon Bernard Tapie, and then national political figures, such as former conservative minister, Alain Carignon, or the Lyon mayor and deputy, Michel Noir. The conviction of former presidents of the Republic from the 2010s onwards – Jacques Chirac in 2011, Nicolas Sarkozy for the first time in 2021 – completed the normalisation of this trend or, rather, put an end to the democratic anomaly of giving preferential treatment to elected officials and, more broadly, to the ruling classes.

This movement, which initially stemmed from changes in judicial practices, was also supported by certain changes to French law. One example is the constitutional revision of February 2007, which enshrines the jurisprudence of the Constitutional Council according to which the President of the Republic cannot be subject to criminal prosecution during his term of office, but which allows proceedings to be resumed as soon as he leaves office. We can also mention the creation, in December 2013, of the National Financial Prosecutor’s Office, which, although it does not enjoy statutory independence from the executive branch, has been able to demonstrate its de facto independence in recent years.

Any talk of “judicial tyranny” is intended to take aim at this historical development. This rhetoric seeks less to defend the sovereignty of the people than that of the oligarchic rulers.

The Conversation

Vincent Sizaire ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Former French President Nicolas Sarkozy handed five-year prison term for criminal conspiracy over Gaddafi money – https://theconversation.com/former-french-president-nicolas-sarkozy-handed-five-year-prison-term-for-criminal-conspiracy-over-gaddafi-money-266170

One Battle After Another: Sean Penn, Leonardo DiCaprio and Benicio Del Toro explore three visions of fatherhood

Source: The Conversation – UK – By Mark Gatto, Assistant Professor in Critical Organisation Studies, Northumbria University, Newcastle

Warning: this article contains spoilers.

In One Battle After Another, three characters (Bob Ferguson, Colonel Steven Lockjaw and Sergio St Carlos) represent three different models of fatherhood.

Fatherhood is a timely theme. The place of men in society is being debated and challenged by polarising figures from both sides of the political spectrum.

One side promotes a regressive vision of the patriarchal man harking back to ideals of fathers as dominant breadwinners and protectors. The other side argues for caring masculinity, involved fatherhood and men taking responsibility in their communities to break the cycle of intergenerational gender inequity.

This is a battle for hearts and minds, and such battles are rarely won with stats and figures. As the success of TV shows like Adolescence has demonstrated, there is nothing like a great story to cut through political stagnation and reach a wider audience.

One Battle After Another offers another opportunity to reflect on the past, present and future of fatherhood. This is established territory for director Paul Thomas Anderson, whose masterpiece There Will be Blood (2007) depicts the complex and dysfunctional relationship between Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis) and his adopted son, H.W (Dillon Freasier). The gut-wrenching scenes of paternal abandonment in that film offer an enduring example of the all-too-familiar “absent father”.

The trailer for One Battle After Another.

Lockjaw: the absent father

The absent father is a culturally embedded version of masculinity present in many popular films, that has been experienced by generations of children. TV series like Mad Men (2007) have explored a simultaneously utopian and dystopian version of 1960s fathers as emotionally absent.

In One Battle After Another, actor Sean Penn’s visceral depiction of the aptly named Colonel Steven Lockjaw provides an extreme example of patriarchal fatherhood: absent yet casting a dreadful shadow over a family. Lockjaw is driven to bloody revenge in pursuit of his biological daughter, a daughter he has had no hand in raising.

We know from studies on absent fathers that such absence can have a lifelong effect on children. Lockjaw, with his bizarre behaviours and fawning pursuit of neo-Nazi recognition, offers an allegory for the current rise of alt-right masculinity as jarringly jingoistic and egoist.

Such satire is valuable but also aligns with existing critiques of the manosphere. We need only look to Elon Musk’s infamous hand gesture at the second inauguration of Donald Trump, and his later appearance with his son in the oval office to conjure similarly disturbing visuals of fatherhood. This film breaks newer ground with its depiction of flawed father involvement and the less researched community leadership.

Bob Ferguson: the involved father

Involved fatherhood has been researched for many decades. The triad of a dad’s interaction, availability and responsibility with and for their children is the core criteria.

With Leonardo DiCaprio’s Bob Ferguson, we are introduced to a relatable, “good enough” involved father. He is the product of state hostility to father involvement. Research has shown that the intent of fathers to be involved is often stifled by patriarchal gender norms and workplace stigma.

As an involved father, single dad Bob comfortably meets two of the three criteria – he is physically and emotionally engaged with his daughter, Willa (Chase Infiniti). His enduring presence is partial evidence of responsibility. However, we also see the deleterious impact his drug and alcohol abuse has had on his role as responsible caregiver. The roles have reversed for him and 16-year-old Willa. Bob’s version of involvement is symbolic of the father that cares and stays, but is flawed and unsupported.

Sergio St Carlos: the caring father

Finally, we come to Benicio del Toro’s, Sergio St Carlos, a Karate sensei, Willa’s teacher and father to the community. Offering a counternarrative to bombastic male leaders, Sergio calmly resists tyranny. As a leader, he might be interpreted as emblematic of the much-vaunted male role model, yet Sergio is also flawed. He drinks and drives, leaves much domestic care to his family and revels in his role as antagonist to the law. Yet, such flaws allow this caring father to feel recognisable, relatable and attainable.

Researchers have been writing about caring masculinities for years. Central to understanding this idea is the prioritisation of caring values of positive emotion, interdependence and relationality, and the rejection of domination.

In Sergio, we find a father who cares for his family and his community. Through him, we see a new depiction of fatherhood as the role of a caregiver and care receiver in harmony with his wider community.

Such admirable qualities may seem utopian and fantastical, yet these dads exist. Close to where I live, North East Young Dads and Lads offers a community lifeline to young dads: many later become support workers. One Battle After Another reminds us that community fathers can make a real difference.


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The Conversation

Mark Gatto received funding from BA Leverhulme from 2022-2024.
Mark Gatto is an Academic Board member for Working Families

ref. One Battle After Another: Sean Penn, Leonardo DiCaprio and Benicio Del Toro explore three visions of fatherhood – https://theconversation.com/one-battle-after-another-sean-penn-leonardo-dicaprio-and-benicio-del-toro-explore-three-visions-of-fatherhood-266858

La fièvre de la vallée du Rift sévit au Sénégal : ce qu’il faut savoir sur cette maladie

Source: The Conversation – in French – By Marc Souris, chercheur, Institut de recherche pour le développement (IRD)

La fièvre de la vallée du Rift sévit actuellement dans le nord du Sénégal. Depuis l’apparition de l’épidémie, le 21 septembre dernier, le bilan ne cesse s’alourdir. Le dernier communiqué du gouvernement fait état de 78 cas confirmés et 11 décès. Maladie virale transmise par les moustiques et touchant principalement le bétail, elle peut également infecter l’humain. Si la plupart des cas humains restent bénins, la maladie entraîne de lourdes pertes économiques et sanitaires dans les élevages et constitue un risque pour les populations exposées.

En tant que chercheur, j’ai contribué à plusieurs études sur cette zoonose virale transmise par les moustiques et affectant principalement les ruminants et les humains. J’explique ici ce qu’est la fièvre de la vallée du Rift, comment elle est traitée et comment elle peut être contrôlée.

Comprendre la fièvre de la vallée du Rift

La fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une zoonose (maladie affectant des animaux et pouvant se transmettre à l’humain) causée par le virus RVF, un phlebovirus de la famille des Phenuiviridae (ordre des Bunyavirales). La maladie touche en particulier certains animaux domestiques, principalement les bovins, les ovins, les caprins, mais aussi camélidés et autres petits ruminants. Mais elle peut occasionnellement infecter les humains.

Chez les animaux, la maladie provoque une importante morbidité: baisse de la production de lait, forte mortalité néonatale, avortements massifs chez les femelles gestantes, et mortalité dans 10 à 20 % des cas. Elle entraîne ainsi des pertes économiques considérables pour les éleveurs.

Chez les humains, la plupart des infections sont asymptomatiques ou bénignes (simple syndrome grippal), mais l’infection peut provoquer des symptômes graves dans un petit pourcentage de cas : affections oculaires, encéphalite, fièvre hémorragique. Le taux de mortalité chez les personnes infectées est de 1% environ.

Comment se transmet-elle ?

Chez les animaux, la maladie est principalement transmise par les piqûres de moustiques infectés (au moins 50 espèces de moustiques sont vecteurs du virus FVR, notamment les Aedes, mais aussi Culex, Anopheles, Mansonia, ainsi que d’autres insectes. Les moustiques s’infectent en piquant des animaux infectés et en phase de virémie (présence de particules virales dans le sang), et vont ensuite transmettre le virus en se nourrissant sur d’autres animaux. Chez les Aedes, la transmission verticale (œufs infectés par le virus) est également possible, ce qui pourrait contribuer à la survie du virus dans l’environnement.

Chez l’humain, dans la plupart des cas l’infection résulte d’un contact avec du sang ou des organes d’animaux contaminés, notamment au cours d’interventions vétérinaires ou de découpage de carcasses d’animaux infectés. Des contaminations directes par piqûre de moustiques ou de mouches infectés par le virus FVR ont également été rapportées, mais aucune transmission interhumaine n’a jusqu’à présent été constatée.

L’origine de la maladie

La maladie a été identifiée pour la première fois en 1931 dans la vallée du Rift, au Kenya, lors d’une épidémie humaine de 200 cas. Le virus responsable a été isolé en 1944 en Ouganda.

Depuis, de nombreuses flambées de la maladie ont été signalées en Afrique subsaharienne : en Egypte (1977), à Madagascar (1990, 2021), au Kenya (1997,1998), en Somalie (1998), en Tanzanie (1998), avec une extension en 2000 au Yemen et à l’Arabie saoudite, aux Comores (2007-2008) et à Mayotte (2018-2019). En Afrique de l’Ouest, les principales épidémies ont touché la Mauritanie (1987, 1993, 1998, 2003, 2010, 2012), le Sénégal (1987, 2013-2014) et le Niger (2016).

La maladie est donc historiquement présente en Afrique de l’Est, mais son extension au Sahel et en Afrique de l’Ouest s’est faite progressivement via le mouvement d’animaux et lors de conditions environnementales favorables, notamment lors de précipitations exceptionnelles. A ce jour, une trentaine de pays ont déclaré des cas animaliers et/ou humains sous la forme de foyers ou de flambées épidémiques.

Pourquoi et comment la maladie réapparaît

La maladie réémerge régulièrement en Afrique tous les cinq à quinze ans. En Afrique de l’Est, des foyers apparaissent et la maladie se propage lorsque les conditions climatiques sont propices, notamment lors de fortes précipitations ou d’inondations dans des zones naturellement arides. Par exemple, en 1998-1999 l’apparition de nombreux foyers en Afrique de l’Est a coïncidé avec les fortes précipitations liées au phénomène El Niño.

Dans le Sahel, la corrélation pluie-épidémie est moins systématique. L’émergence de foyers dans des zones peu surveillées montre que la FVR peut émerger dans des lieux inattendus. Des analyses sur les souches virales en Mauritanie ont également suggéré des introductions génétiques ou des mouvements viraux interrégionaux.

Le virus se maintient dans l’environnement sans que l’on en connaisse exactement le processus. Le virus est maintenu dans l’environnement par un réservoir animal sauvage hétérogène (antilopes, cerfs, reptiles, etc.) qui, à ce jour, n’est pas encore complètement identifié.

Comme pour de nombreuses maladies virales, les épidémies se propagent à partir d’un foyer principal vers des foyers secondaires. La diffusion est favorisée par le déplacement des troupeaux (notamment dans les zones pastorales du Sahel), par la dispersion accidentelle de moustiques infectés, et par les conditions environnementales propices au développement des vecteurs.

Symptômes cliniques et traitements

Chez les animaux, l’apparition de nombreux avortements et d’une mortalité très importante parmi les jeunes animaux est caractéristique de l’infection. Les animaux adultes sont aussi touchés : les bovins et ovins peuvent souffrir d’écoulement nasal, d’hypersalivation, d’anorexie, d’asthénie ou de diarrhée. La mortalité est de 20 % chez les ovins, 10 % chez les bovins. Les femelles gestantes avorteront systématiquement (80-100 %).

Chez l’humain, après une période d’incubation de deux à six jours, la plupart des infections sont asymptomatiques ou bénignes (simple syndrome grippal), et les symptômes durent alors en général de quatre à sept jours. Les individus ayant contracté la FVR acquièrent une immunité naturelle.

Dans un faible pourcentage de cas, la maladie est beaucoup plus sévère :

• Lésions oculaires (jusqu’à 10% des cas symptomatiques), apparaissant généralement une à trois semaines après les premiers symptômes. La maladie peut guérir spontanément, mais peut également entraîner une cécité définitive.

• Ménigo-encéphalite (inflammation cérébro-méningée, 2 à 4% des cas symptomatiques), apparaissant une à quatre semaines après les premiers symptômes. Le taux de mortalité est faible, mais les séquelles neurologiques sont courantes.

• Fièvre hémorragique (moins d’1% des cas symptomatiques), survenant deux à quatre jours après l’apparition de symptômes. Le taux de mortalité est de 50 % environ. Le décès intervient généralement trois à six jours après l’apparition des symptômes.

Il n’y a pas de traitement spécifique pour les cas graves de Fièvre la vallée du Rift chez les humains.

Surveillance, prévention et contrôle

Une surveillance vétérinaire permettant une notification immédiate en cas de détection de la maladie et le suivi de l’infection dans les populations animales sont des éléments essentiels au contrôle de la maladie. En cas d’épizootie, l’abattage sanitaire et le contrôle des déplacements des animaux d’élevage est le moyen le plus efficace pour ralentir la propagation du virus.

Comme pour toutes les arboviroses (maladies virales transmises par des arthropodes), la lutte contre la population vectorielle (moustiques pour FVR) est une mesure de prévention efficace mais difficile à mettre en œuvre, notamment en zone rurale.

Pour prévenir l’émergence de foyers épizootiques, il est possible de vacciner préventivement les animaux dans les zones d’endémicité. Il existe un vaccin à virus vivant modifié qui ne requiert qu’une seule dose et qui confère une immunité à long terme, mais il n’est pas recommandé pour des femelles gestantes en raison des risques d’avortement qu’il comporte. Il existe également un vaccin à virus inactivé ne présentent pas ces effets indésirables, mais qui nécessite plusieurs doses pour obtenir une protection immunitaire.

Menace, vulnérabilités et risques sanitaires

Chez les humains, les éleveurs, les agriculteurs, les employés des abattoirs, les vétérinaires sont les groupes professionnels les plus exposés au risque d’infection. Un vaccin inactivé à usage humain a été mis au point, mais ce vaccin n’est pas homologué et n’a été utilisé qu’à titre expérimental.

La sensibilisation aux facteurs de risque lorsque le virus réémerge est le seul moyen de diminuer le risque d’infection chez les humains. Les facteurs de risques de transmission de l’animal à l’humain sont principalement :

• Les pratiques d’élevage et d’abattage, notamment lors de la manipulation d’animaux malades ou de leurs tissus, ainsi que durant l’abattage;

• La consommation de sang frais, de lait cru ou de viandes;

• Les piqûres de moustique.

Un respect de quelques règles sanitaires est donc nécessaire lors d’une émergence de la fièvre de la vallée du Rift : hygiène des mains, protections adaptées lors de la manipulation d’animaux et de l’abattage, cuisson de tous les produits d’origine animale (sang, viande et lait), utilisation systématique de moustiquaires ou de produits répulsifs.

The Conversation

Marc Souris receives funding from government research agencies.

ref. La fièvre de la vallée du Rift sévit au Sénégal : ce qu’il faut savoir sur cette maladie – https://theconversation.com/la-fievre-de-la-vallee-du-rift-sevit-au-senegal-ce-quil-faut-savoir-sur-cette-maladie-266724

Half the UK’s fish stocks are overfished – but the evidence shows how they can be revived

Source: The Conversation – UK – By Callum Roberts, Professor of Marine Conservation, University of Exeter

North-east Atlantic mackerel are being fished beyond sustainable limits. shocky/Shutterstock

Most of the UK’s commercial fish stocks are not in a healthy state, according to a new landmark report.

Marine conservation charity Oceana UK’s Deep Decline report – one of the most comprehensive analyses of fish stocks since Brexit – finds that half of the UK’s top ten commercial fish stocks are either critically low, overexploited, or both. These include icons of our seas such as North Sea cod, North Sea herring and north-east Atlantic mackerel.

Only 41% of the UK’s commercial fish populations have been found to be healthy. A quarter are being fished beyond sustainable limits. And one in six are both critically low and yet still being overfished, placing them on a course to collapse. Many others, like skates, have been so historically depleted that they have all but disappeared and no longer even appear in statistics.

This disaster was entirely predictable and avoidable. Nearly five years on from the UK’s historic rupture from Europe, most people struggle to name any benefits from Brexit. One of the few benefits I can think of is the power to manage our fisheries without being beholden to the annual horse trading for fishing quotas in Brussels.

Freed at last from the constraints of collective bargaining, the UK could make rational decisions to delivery healthier seas and prosperity for the fishing industry.

Management under the EU’s common fisheries policy was famously flawed. Rather than confront difficult decisions about how to share limited resources, politicians routinely set quotas far above scientific recommendation for sustainable fishing – exceeding them on average by a third over more than 20 years.

If a farmer took more sheep to market every year than they produced, they would soon be out of business. Fisheries ministers failed to apply the same logic, so fish stocks dwindled and fishermen lost their jobs.

But for UK fisheries ministers, it seems that bad habits are hard to unlearn, and they continue to ignore expert advice. Rather than enjoying a rebound, our seas remain in deep decline.

Orange and green colourful fishing nets lying in pile on land
Ocean health underpins the UK’s blue economy, from fishing to tourism.
Andrew Chisholm/Shutterstock

Take the humble cod. Once the cornerstone of UK’s national dish fish and chips, North Sea cod is now at such low levels that, in September 2025, the international body providing scientific evidence for fish catch regulation – the International Council for the Exploration of the Sea (Ices) – advised a zero catch quota to safeguard the future of the cod fishery. Yet North Sea cod is still being overexploited. Ignoring science risks a future where the nation’s favourite dish is no longer affordable or even available.

The Irish Sea is the worst affected region of the UK with four in ten of its stocks overfished according to Oceana’s report, up from a quarter just five years ago. In the Celtic Sea, quotas for cod in 2024 were set higher than the estimated number of adult fish left.

This is political negligence, not ignorance. The UK has world class fisheries science, yet ministers repeatedly ignore their own experts.

Ocean health underpins the UK’s blue economy, from fishing to tourism. Fishing alone supports tens of thousands of jobs, particularly in communities with few alternatives. When stocks collapse, boats tie up, processors shut down and skills honed over generations are lost.

Who is to blame for this avoidable calamity? Ministers obviously, but who are they listening to if not their scientific advisors? Paradoxically, for over 50 years, the large corporates of the fishing industry have been tireless cheerleaders for their own demise, urging ministers to let them catch more fish, in doing so putting short-term benefit over long-term sustainability and job security.

Those with small, local boats – those not raking in the big money – are left trying to eke out a living from a depleted ecosystem. The fact is, if you keep within nature’s limits, you can fish forever.




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The secret to healthy and sustainable fish fingers – an expert explains


Ocean ally

There is more at stake than just emptied seas and ailing fisheries. The sea is one of our strongest allies in fighting climate change. Seagrass meadows, kelp forests and seabed sediments capture and store carbon, acting as natural defences. Overfishing and destructive bottom trawling damage these habitats and release carbon dioxide into the sea and atmosphere, stripping away our climate resilience just when we need it most.

Imagine instead a future of abundance. Herring shoals flashing silver. Puffins plunging into dense fish swarms. Porpoises chasing mackerel. Fin whales blowing once more in our waters. This vision is not fanciful.




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Mussel power: how an offshore shellfish farm is boosting marine life


The good news is that recovery is possible. We need only look at healthiest stocks in Oceana’s report, such as west of Scotland haddock, western Channel sole and North Sea plaice. What did they all have in common? Catch limits set in line with scientific advice.

The truth is that strong nature protection is the friend of fishing, not the enemy it is often painted as. Globally, when areas of the sea are genuinely protected and destructive fishing methods are banned, nature rebounds at speed. Fish populations multiply, wildlife flourishes and coastal communities gain a secure future. Protected areas rebuild fish stocks and feed productive fisheries in surrounding waters.

With the right choices, the UK could have more abundant seas that provide both food and jobs while restoring the wonders of marine life. Overfishing is a political choice.

For too long, governments have chosen short term quotas over long term security. Recovery is also a choice: the UK should set a new course that gives both ocean life and fishing communities a fair deal and a prosperous future.


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The Conversation

Callum Roberts receives funding from Convex Insurance Group and EU Synergy, and UK Natural Environment Research Council. He is a board member of Nekton and Maldives Coral Institute.

ref. Half the UK’s fish stocks are overfished – but the evidence shows how they can be revived – https://theconversation.com/half-the-uks-fish-stocks-are-overfished-but-the-evidence-shows-how-they-can-be-revived-266285

Will Rachel Reeves’ youth unemployment scheme force her to bend her own rules?

Source: The Conversation – UK – By Maha Rafi Atal, Adam Smith Senior Lecturer in Political Economy, School of Social and Political Sciences, University of Glasgow

Jacob Lund/Shutterstock

UK chancellor Rachel Reeves has set out a “youth guarantee” aimed at ending long-term unemployment among young people. Under the plan, a young person who has been out of work for 18 months would be offered a temporary job, apprenticeship or college place.

The UK has just under a million young people who are not in employment, education or training (Neet) – thought to be around 13% of the country’s 16- to 24-year-olds.

Under Reeves’ plans, those who refuse the offer could face benefit sanctions. The scheme is being positioned as a way to boost growth while keeping to Labour’s fiscal rules ahead of November’s budget.

The idea has some logic. Long-term youth unemployment has consequences that reach far beyond the individual. Research from the Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD) and the Institute for Fiscal Studies shows that young people who are out of work for extended periods often face lower earnings for decades afterwards, as well as poorer health and social outcomes.

Economists sometimes describe this as “scarring” – that is, lasting negative economic effects. By contrast, job losses that come mid-career tend to have less lasting economic impact because these workers have more experience or skills that they can use to get their next job.

So the argument that tackling youth unemployment offers particularly high returns is, in theory, credible.

Long-term future

The difficulty is whether the guarantee, as outlined by Reeves, can deliver anything more than temporary relief. It is not yet clear where the promised jobs will come from.

If the government pays firms to create placements, they will have been specially created for the scheme, rather than representing real gaps that the firms need to fill to grow their business. When the government subsidy ends, the firms may have no reason to keep the young person on. And a short placement may not provide enough skills development to allow the young person to get a job elsewhere.

What’s more, the government is not proposing to pay the full cost of these placements. If the onus falls on businesses to absorb additional young workers in newly created roles at their own expense, the effect may be negligible. This is because Labour’s wider programme – from higher employer national insurance contributions to new employment rights – already imposes extra costs on employers.

That tension points to a broader issue in Reeves’ strategy. She has pledged not to increase headline tax rates. Instead she is seeking to expand the overall tax base by growing employment and productivity.

Yet that kind of growth usually requires sustained public investment in skills, infrastructure and industrial policy. A scheme that subsidises wages for 12 months may help individuals back into work, but it is unlikely to shift the productivity dial or generate lasting fiscal dividends without a wide programme of investment.

For Reeves, the challenge is that the guarantee must be large enough to create real career pathways and business growth. But to do so requires precisely the kind of government expenditure that is made difficult by her own “non-negotiable” fiscal rules.

Instead of a way to grow within the rules then, the youth guarantee may be added to the list of promises the government cannot fulfil without bending them.

The Conversation

Maha Rafi Atal does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Will Rachel Reeves’ youth unemployment scheme force her to bend her own rules? – https://theconversation.com/will-rachel-reeves-youth-unemployment-scheme-force-her-to-bend-her-own-rules-266716

Would you watch a film with an AI actor? What Tilly Norwood tells us about art – and labour rights

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Amy Hume, Lecturer In Theatre (Voice), Victorian College of the Arts, The University of Melbourne

Particle6 Productions

Tilly Norwood officially launched her acting career this month at the Zurich Film Festival.

She first appeared in the short film AI Commissioner, released in July. Her producer, Eline Van der Velden, claims Norwood has already attracted the attention of multiple agents.

But Norwood was generated with artificial intelligence (AI). The AI “actor” has been created by Xicoia, the AI branch of the production company Particle6, founded by the Dutch actor-turned-producer Ven der Velden. And AI Commissioner is an AI-generated short film, written by ChatGPT.

A post about the film’s launch on Norwood’s Facebook page read,

I may be AI generated, but I’m feeling very real emotions right now. I am so excited for what’s coming next!

The reception from the industry has been far from warm. Actors – and audiences – have come out in force against Norwood.

So, is this the future of film, or is it a gimmick?

‘Tilly Norwood is not an actor’

Norwood’s existence introduces a new type of technology to Hollywood. Unlike CGI (computer generated imagery), where a performer’s movements are captured and transformed into a digital character, or an animation which is voiced by a human actor, Norwood has no human behind her performance. Every expression and line delivery is generated by AI.

Norwood has been trained on the performances of hundreds of actors, without any payment or consent, and draws on the information from all those performances in every expression and line delivery.

Her arrival comes less than two years after the artist strikes that brought Hollywood to a stand-still, with AI a central issue to the disputes. The strike ended with a historic agreement placing limitations around digital replicas of actors’ faces and voices, but did not completely ban “synthetic fakes”.

SAG-AFTRA, the union representing actors in the United States, has said:

To be clear, ‘Tilly Norwood’ is not an actor; it’s a character generated by a computer program that was trained on the work of countless professional performers – without permission or compensation.

Additionally, real actors can set boundaries and are protected by agents, unions and intimacy coordinators who negotiate what is shown on screen.

Norwood can be made to perform anything in any context – becoming a vessel for whatever creators or producers choose to depict.

This absence of consent or control opens a dangerous pathway to how the (digitally reproduced) female body may be represented on screen, both in mainstream cinema, and in pornography.

Is it art?

We consider creativity to be a human quality. Art is generally understood as an expression of human experience. Norwood’s performances do not come from such creativity or human experience, but from a database of pre-existing performances.

All artists borrow from and are influenced by predecessors and contemporaries. But that human influence is limited by time, informed by our own experiences and shaped by our unique perspective.

AI has no such limits: just look at Google’s chess-playing program AlphaZero, which learnt by playing millions of games of chess, more than any human can play in a life time.

Norwood stands with a clapboard.
Norwood’s training can absorb hundreds of performances in a way no single actor could.
Particle6 Productions

Norwood’s training can absorb hundreds of performances in a way no single actor could. How can that be compared to an actor’s performance – a craft they have developed throughout their training and career?

Van der Velden argues Norwood is “a new tool” for creators. Tools have previously been a paintbrush or a typewriter, which have helped facilitate or extend the creativity of painting or writing.

Here, Norwood as the tool performs the creative act itself. The AI is the tool and the artist.

Will audiences accept AI actors?

Norwood’s survival depends not on industry hype but on audience reception.

So far, humans show a negative bias against AI-generated art. Studies across art forms have shown people prefer works when told they were created by humans, even if the output is identical.

We don’t know yet if that bias could fade. A younger generation raised on streaming may be less concerned with whether an actor is “real” and more with immediate access, affordability or how quickly they can consume the content.

If audiences do accept AI actors, the consequences go beyond taste. There would be profound effects on labour. Entry- and mid-level acting jobs could vanish. AI actors could shrink the demand for whole creative teams – from make-up and costume to lighting and set design – since their presence reduces the need for on-set artistry.

Economics could prove decisive. For studios, AI actors are cheaper, more controllable and free from human needs or unions. Even if audiences are ambivalent, financial pressures could steer production companies towards AI.

The bigger picture

Tilly Norwood is not a question of the future of Hollywood. She is a cultural stress-test – a case study in how much we value human creativity.

What do we want art to be? Is it about efficiency, or human expression? If we accept synthetic actors, what stops us from replacing other creative labour – writers, musicians, designers – with AI trained on their work, but with no consent or remuneration?

We are at a crossroads. Do we regulate the use of AI in the arts, resist it, or embrace it?

Resistance may not be realistic. AI is here, and some audiences will accept it. The risk is that in choosing imitation over human artistry, we reshape culture in ways that cannot be easily reversed.

The Conversation

Amy Hume does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Would you watch a film with an AI actor? What Tilly Norwood tells us about art – and labour rights – https://theconversation.com/would-you-watch-a-film-with-an-ai-actor-what-tilly-norwood-tells-us-about-art-and-labour-rights-266476

The world’s most sensitive computer code is vulnerable to attack. A new encryption method can help

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Qiang Tang, Associate Professor, Computer Science, University of Sydney

Joan Gammell/Unsplash

Nowadays data breaches aren’t rare shocks – they’re a weekly drumbeat. From leaked customer records to stolen source code, our digital lives keep spilling into the open.

Git services are especially vulnerable to cybersecurity threats. These are online hosting platforms that are widely used in the IT industry to collaboratively develop software, and are home to most of the world’s computer code.

Just last week, hackers reportedly stole about 570 gigabytes of data from a git service called GitLab. The stolen data was associated with major companies such as IBM and Siemens, as well as United States government organisations.

In December 2022, hackers stole source code from IT company Okta which was stored in repositories on GitHub.

Cyberattackers can also quietly insert malicious code into existing projects without a developer’s knowledge. These so-called “software supply-chain” attacks have turned development tools and update channels on git services into high-value targets.

As we explain in a new conference paper, our team has developed a new way to make git services more secure, with very little impact on performance.

The gold standard

We already know how to keep conversations private: secure messenger services such as Signal and WhatsApp use end-to-end encryption, which locks messages on your device and only unlocks them on the recipient’s device. This protects the data even if the service platform is hacked, which is why it’s considered the gold standard to protect data.

But git services, which are widely used by major tech companies and startups, currently don’t use end-to-end encryption. The same is true for most of the other tools we use to work together, such as shared documents.

Because git services allow a huge number of collaborators to work on the same project at the same time, the software codes they host are constantly written and updated at a very rapid rate. This makes using standard encryption impractical. To do so would take up too much bandwidth to transmit all of the data for even one word change, and make the services very inefficient.

But our new encryption method overcomes this challenge.

Striking an important balance

The method we have developed uses what’s known as “character-level encryption”. This means only edits to a software code stored on the git service are treated as new data to be encrypted – rather than the entire code.

Think of it as encrypting the tracked changes in a word document, instead of a new version every time.

This method strikes an important balance. It keeps the updated code private and secure while reducing the amount of communication between user and git services, as well as the amount of storage required.

Importantly, this new method is also compatible with existing git services, making it easy for people to adopt. It also doesn’t interfere with other functions of git servers, such as hosting, saving bandwidth and indexing, so people can keep using these servers as they normally would – just with the added benefit of extra security.

A broader end-to-end encrypted internet

This new tool is currently free and open-source for all users. It can be installed easily like a patch when using git services, and will run in the background as users access git services just like before.

But this is just the starting point for a broader shift towards online collaboration that is secured by end-to-end encryption.

Extending the same guarantees to shared documents, spreadsheets and design files is possible, but will require sustained research and investment.

One complication to ensure security is managing encryption keys or credentials for users to decrypt encrypted data. Fortunately, our previous research shows us how to create a secure cloud storage system that will allow users to safely store their credentials.

Just as importantly, we must balance security with compliance and accountability. Universities, hospitals and government agencies are required to retain and, in some cases, provide lawful access to certain data. Meeting these obligations, without weakening end-to-end encryption, pushes us to research new techniques.

The goal is not secrecy at all costs, but verifiable controls that respect both privacy and the rule of law.

We don’t need a brand new internet to get there. We need pragmatic upgrades that fit the tools people already use – paired with clear, provable guarantees.

Messaging proved that end-to-end encryption can scale to billions. Code and cloud files are next, and with continued research and targeted investment, the rest of our everyday collaboration can follow.

So before too long, you will hopefully be able to work on a shared document with colleagues with the peace of mind that it, too, has gold standard security.

The Conversation

Qiang Tang receives funding from Google via Digital Future Initiative to support the research on this project.

Moti Yung works for Google as a distinguished research scientist.

Yanan Li is supported by the funding from Google via Digital Future Initiative for doing this research at the University of Sydney.

ref. The world’s most sensitive computer code is vulnerable to attack. A new encryption method can help – https://theconversation.com/the-worlds-most-sensitive-computer-code-is-vulnerable-to-attack-a-new-encryption-method-can-help-266236