Stars d’Internet, les orchidées à visage de singe sont au bord de l’extinction

Source: The Conversation – in French – By Diogo Veríssimo, Research Fellow in Conservation Marketing, University of Oxford

Tels les pandas dans le règne animal, les orchidées à visage de singe fascinent par leurs traits autant qu’elles inquiètent par leur extrême vulnérabilité.
cotosa/Shutterstock

Derrière leur apparence singulière, qui leur vaut une célébrité mondiale sur les réseaux sociaux, les orchidées Dracula – surnommées « orchidées à visage de singe » – sont en réalité au bord de l’extinction. Une évaluation internationale dresse un constat alarmant, mais des pistes existent pour inverser la tendance.


Elles ressemblent à de minuscules singes surgissant de la brume. Connues des scientifiques sous le nom de Dracula, ces « orchidées à visage de singe » sont devenues de véritables célébrités sur Internet. Des millions de personnes ont partagé leurs photos, fascinées par ces fleurs qui semblent tour à tour sourire, froncer les sourcils ou grimacer. Mais derrière ce charme viral se cache une réalité bien plus sombre : la plupart de ces espèces sont aujourd’hui au bord de l’extinction.

Une nouvelle évaluation mondiale a, pour la première fois, révélé l’état de conservation de toutes les orchidées Dracula connues. Le constat est alarmant : sur 133 espèces étudiées, près de 7 sur 10 sont menacées de disparaître.

Beaucoup ne subsistent que dans de minuscules fragments de forêt, parfois dans un ou deux sites seulement. Certaines ne sont connues qu’à travers des plants cultivés. Leurs populations sauvages ont peut-être déjà disparu. Ces orchidées poussent principalement dans les forêts de nuages andines de Colombie et d’Équateur, parmi les écosystèmes les plus riches en biodiversité mais aussi les plus menacés de la planète. Leur survie dépend de conditions fraîches et humides, à moyenne et haute altitude, où une brume constante enveloppe les arbres.

Malheureusement, ces mêmes versants sont aujourd’hui rapidement défrichés pour faire place à des pâturages bovins, à des cultures comme l’avocat, ainsi qu’à l’extension des routes et de projets miniers, des activités qui menacent directement plusieurs espèces de Dracula (comme la Dracula terborchii). À mesure que les forêts se réduisent et se fragmentent, ces orchidées perdent les microclimats – les conditions précises de température, de lumière et d’humidité – dont dépend leur survie.

Un autre danger provient de la fascination que suscitent ces plantes rares et charismatiques. Les orchidées sont prisées pour leurs fleurs depuis des siècles. Le commerce européen a débuté au XIXe siècle, quand la « fièvre des orchidées » a enflammé de riches collectionneurs et provoqué une explosion des prélèvements dans les zones tropicales.

Aujourd’hui, cette fascination perdure, alimentée par Internet. De nombreux passionnés et producteurs professionnels échangent des plants cultivés de manière responsable, mais certains recherchent encore des orchidées sauvages – et les espèces de Dracula n’y échappent pas. Pour une plante dont les populations ne comptent parfois que quelques dizaines d’individus, une seule expédition de collecte peut s’avérer désastreuse.

Faire de leur popularité un moyen de protection

Dans le nord-ouest des Andes équatoriennes, une zone baptisée « Reserva Drácula » abrite l’une des plus fortes concentrations mondiales de ces orchidées. La réserve accueille au moins dix espèces de Dracula, dont cinq qui n’existent nulle part ailleurs sur Terre. Mais les menaces se rapprochent. La déforestation liée à l’agriculture, l’exploitation minière illégale et même la présence de groupes armés mettent désormais en danger le personnel de la réserve ainsi que les communautés environnantes.

Les défenseurs locaux de l’environnement de la Fundación EcoMinga, qui gèrent cette zone, décrivent la situation comme « urgente ». Parmi leurs propositions figurent un renforcement de la surveillance effectué par la communauté, le soutien à une agriculture durable et le développement de l’écotourisme, afin de générer des revenus grâce à la protection – plutôt qu’à la destruction – de la forêt.

Orchidée Dracula
Orchidée Dracula.
Leela Mei/Shutterstock

Quand on observe ces fleurs de près, il est facile de comprendre la fascination qu’elles exercent. Leur nom, Dracula, ne fait pas référence au personnage de vampire mais vient du latin « petit dragon », en raison de leurs longs sépales en forme de crocs, ces structures qui ressemblent à des pétales et protègent la fleur en développement.

Leur apparence étrange stupéfia les botanistes du XIXe siècle, qui crurent d’abord à une supercherie. Plus tard, à mesure que de nouvelles espèces étaient découvertes, on remarqua que beaucoup ressemblaient à de minuscules primates, d’où leur surnom d’« orchidées à visage de singe ». On les compare parfois aux pandas du monde des orchidées : charismatiques, immédiatement reconnaissables, mais aussi gravement menacées.

La nouvelle évaluation a été menée par une équipe de botanistes de Colombie et d’Équateur, en collaboration avec plusieurs organisations internationales, dont l’Université d’Oxford et le Groupe de spécialistes des orchidées de la Commission de survie des espèces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle comble enfin une lacune importante.

Elle s’appuie sur des données d’herbiers (échantillons de plantes séchées collectés par des botanistes), sur des observations de terrain et sur l’expertise locale, afin de cartographier l’aire de répartition de chaque espèce et d’estimer l’état des forêts restantes. Les résultats confirment ce que de nombreux spécialistes soupçonnaient depuis longtemps : les espèces de Dracula sont en grand danger.

Une forêt de nuage
Les orchidées Dracula poussent dans les forêts de nuage d’Amérique centrale.
Ondrej Prosicky/Shutterstock

Malgré ce constat sombre, il existe des raisons d’espérer. La « Reserva Drácula » et d’autres zones protégées constituent des refuges essentiels, offrant un abri non seulement aux orchidées mais aussi aux grenouilles, aux singes et à une multitude d’autres espèces. Des organisations locales y collaborent avec les communautés pour promouvoir une agriculture durable, développer l’écotourisme et récompenser les efforts de protection grâce à des paiements pour services écosystémiques. Des initiatives modestes au regard de l’ampleur du défi, mais qui prouvent qu’il existe des solutions, à condition que le monde s’y intéresse.

Il existe aussi une occasion de transformer cette popularité en protection. La même notoriété en ligne qui alimente la demande pour ces orchidées pourrait contribuer à financer leur conservation. Si les publications virales sur ces « fleurs souriantes » s’accompagnaient d’informations sur leur origine et sur la menace qui pèse sur elles, elles pourraient aider à faire évoluer les comportements et rappeler la nécessité d’éviter les prélèvements excessifs.

De la même manière que le panda est devenu un symbole de la protection de la faune, les orchidées à visage de singe pourraient incarner la conservation des plantes, rappelant que la biodiversité ne se limite pas aux animaux. Le fait que les générations futures puissent encore croiser ces visages dans la forêt – et pas seulement sur leurs fils d’actualité – dépend désormais de nos actions.

The Conversation

Ce travail a été mené par une équipe réunissant Cristina Lopez-Gallego, Santiago Mesa Arango, Sebastian Vieira et Nicolás Peláez-Restrepo en Colombie, ainsi que Luis Baquero et Marco Monteros en Équateur. Diogo Veríssimo reçoit un financement du « UK Government Illegal Wildlife Trade Challenge Fund ». Il est affilié au Groupe de spécialistes des orchidées de la Commission de survie des espèces de l’UICN.

Amy Hinsley reçoit un financement de la Darwin Initiative du gouvernement britannique, ainsi que des fonds de la Commission de survie des espèces de l’UICN (SSC) et du programme de petites subventions EDGE de la SSC, ainsi que du zoo d’Indianapolis pour ses travaux sur les Dracula. Elle est coprésidente du Groupe de spécialistes des orchidées de la Commission de survie des espèces de l’UICN.

Luis Baquero ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Stars d’Internet, les orchidées à visage de singe sont au bord de l’extinction – https://theconversation.com/stars-dinternet-les-orchidees-a-visage-de-singe-sont-au-bord-de-lextinction-268415

Le champ magnétique terrestre pourrait être quasiment éternel

Source: The Conversation – in French – By Denis Andrault, Professor in Earth and Planetary Sciences, Université Clermont Auvergne (UCA)

Le champ magnétique de la Terre nous protège de la plus grande partie du rayonnement solaire. Mais risque-t-on un jour de le voir disparaître ? Une étude expérimentale a reproduit les conditions extrêmes du centre de notre planète et a déterminé que, contrairement à Mars ou à Vénus, la mécanique géologique qui le sous-tend ne risquait pas de s’arrêter.


Le champ magnétique terrestre nous protège des rayonnements solaires les plus puissants, dangereux pour notre organisme. Sans ce bouclier naturel qui s’étend dans la direction du Soleil de près de 10 fois le rayon de la Terre, les molécules qui nous composent se dégraderaient plus rapidement qu’elles ne se développent, sauf dans des niches à l’abri des rayons du Soleil. Grâce à sa dynamique interne favorable, la Terre maintient ce bouclier depuis au moins 3,5 milliards d’années, comme en témoignent les enregistrements magnétiques que l’on a retrouvés dans les roches les plus anciennes datant de l’ère géologique dite archéenne.

Maintenir la dynamo terrestre requiert beaucoup d’énergie. Il faut entretenir un brassage perpétuel de la matière contenue dans le noyau externe, cette couche de métal liquide présente entre la graine au centre et la base inférieure du manteau rocheux, soit entre 2 900 kilomètres et 5 150 kilomètres de profondeur. C’est le déplacement continuel de cette matière qui génère un champ magnétique. Le noyau externe a un volume environ 100 fois plus important que celui de tous les océans, et on estime sa viscosité proche de celle de l’eau.

Schéma des mouvements de convection dans le noyau terrestre
La dynamique à grande échelle des mouvements de convection dans le noyau externe est propice à la genèse du champ magnétique.
Andrew Z. Colvin/Wikimedia, CC BY-SA

La plus importante source d’énergie du noyau provient de la température importante, jusqu’aux 5 500 °C qui règnent encore aujourd’hui au centre de la Terre. Et ce n’est pas le brassage perpétuel de cet énorme volume de métal liquide qui consomme le plus d’énergie stockée à l’intérieur du noyau. Ce n’est pas non plus la transformation du mouvement des électrons contenus dans le noyau en champ magnétique de grande échelle, même si les phénomènes complexes en jeu sont encore mal compris. C’est le fait que cette chaleur se propage naturellement vers les couches plus superficielles de la Terre, ce qui refroidit perpétuellement le noyau.

La vitesse de ce refroidissement est intimement reliée à la conductivité thermique de l’alliage de fer qui compose le noyau, c’est-à-dire sa capacité à transmettre efficacement de la chaleur, mais cette vitesse fait toujours grand débat chez les spécialistes du sujet. C’est ce qu’avec notre équipe nous avons essayé de clarifier dans une nouvelle étude expérimentale.

Le champ magnétique terrestre, une exception ?

En quoi le noyau terrestre a la bonne température et les bonnes dimensions pour permettre l’instauration et le maintien pendant des milliards d’années d’un champ magnétique, et donc permettre le développement de la vie ? En serait-il de même si notre planète avait été bien plus froide lorsqu’elle s’est formée ? En effet, on sait que la Terre à subit un impact météoritique géant environ 100 millions d’années après sa formation. Cela a apporté une énorme quantité de chaleur qui influence encore la dynamique interne de la Terre aujourd’hui. Est-ce que le champ magnétique, et la vie, auraient disparu depuis longtemps si la Terre avait été bien plus froide à la fin de sa formation ?

Une géodynamo n’est possible que si le noyau externe est bien liquide, pour permettre l’agitation nécessaire à l’instauration d’un champ magnétique. Un noyau chaud favorise aussi la convection vigoureuse du manteau rocheux de la planète qui, en retour, favorise les mouvements dans le noyau externe. La Terre répond bien à ces premiers impératifs. Aussi, comme la formation des planètes telluriques implique naturellement des chocs immenses entre des planétésimaux de grandes tailles, ces jeunes planètes devraient quasiment toutes présenter des températures internes similaires à celle de la Terre lors de sa formation.

Pourtant, plusieurs planètes telluriques majeures du système solaire telles que Mars et Vénus, ainsi que des satellites comme la Lune n’ont pas (ou plus) de champ magnétique aujourd’hui. La taille de leur noyau et les proportions d’alliage métallique et de roche qui composent ces planètes pourraient-elles jouer un rôle sur l’installation et le maintien d’un champ magnétique à l’échelle planétaire ? C’est cela que notre équipe a démontré grâce à une expérience sur les conditions de refroidissement des noyaux planétaires qui simulent les conditions de pression et de température extrêmes du noyau terrestre.

La dynamo terrestre ne risque pas de s’arrêter du jour au lendemain

La réponse à ces questions réside dans la vitesse de refroidissement du noyau, car un noyau planétaire qui se refroidit trop rapidement ne pourra pas générer un champ magnétique bien longtemps. Mais il faut quand même un flux de chaleur contant et suffisamment important, du noyau vers la base du manteau, pour provoquer des mouvements de brassage convectif dans le noyau externe. L’équation semble difficile à boucler, et pourtant, cela fonctionne très bien pour la Terre. Pour faire simple, les paramètres clés de ces équations sont la conductivité thermique du noyau externe et la taille relative entre le manteau et le noyau. En déterminant l’un, l’autre peut être estimé.

Schéma du dispositif expérimental montrant les enclumes en diamant
La cellule à enclumes de diamant permet d’exercer une poussée de plusieurs tonnes. Le corps métallique et les sièges en carbure de tungstène transmettent cette force jusqu’à la pointe des diamants tout en maintenant un alignement parfait. Ainsi, on peut générer une pression équivalente à celle du noyau terrestre.
Stany Bauchau/ESRF, Fourni par l’auteur

C’est pour cela que nous avons entrepris une nouvelle campagne de mesures expérimentales de la conductivité thermique du noyau. Une fine feuille de fer (l’élément le mieux représentatif du noyau) a été soumise à des conditions de pressions et de températures équivalentes à celles régnant au centre de la Terre. Ainsi, cette fine couche de quelques microns d’épaisseur a été comprimée entre deux enclumes de diamant à des pressions jusqu’à plus d’un million de fois celle de l’atmosphère, puis chauffée à plus de 3 000 °C à l’aide de lasers infrarouges. Une fois reproduites les conditions de pression et de température du noyau terrestre, nous avons étudié la vitesse de propagation d’une très courte impulsion de chaleur à travers la feuille de métal.

Nous avons réalisé ces mesures dans un large domaine de pression et température pour en dériver des lois de propagation de la chaleur. Les résultats montrent une nette augmentation de la conductivité thermique du fer avec la température, comme cela était prévu par la théorie. Cela pourrait suggérer un refroidissement rapide du noyau, à cause d’une température d’environ 3 700 °C à sa surface.

Pourtant, la conductivité est finalement plus faible que ce qui était proposé dans la plupart des études antérieures. Nos calculs montrent que le noyau aurait refroidi de seulement 400 degrés depuis la formation de la Terre. Ce refroidissement permettrait la solidification progressive du noyau et la croissance de la graine solide au centre de la Terre qui, selon nos calculs, serait apparue il y a environ 2 milliards d’années. Nous montrons aussi que seules les planètes ayant un noyau relativement petit, au maximum d’une taille relative proche de celui de la Terre, peuvent maintenir un champ magnétique quasi éternellement.

Graphique indiquant quels sont les volumes pour une planète et son noyau compatibles avec un champ magnétique à long terme. Seule la Terre est dans cette zone
Les paramètres critiques pour la mise en place d’une dynamo planétaire sont le volume de la planète et la taille relative de son noyau. Les planètes trop grosses ou avec un noyau trop gros ne sont pas compatibles avec ce type de champ magnétique. L’absence de champ magnétique majeur sur Vénus, sur Mars et sur Mercure pourrait être due à des noyaux trop gros. Notons que la taille du noyau de Vénus est toujours débattue, d’où sa représentation en forme d’ellipse. Le faible champ magnétique observé sur Mercure, dont le noyau fait 40 % du volume de la planète, reste bien énigmatique. La ligne rose représente les incertitudes.
Denis Andrault/Université Clermont Auvergne, Fourni par l’auteur

Pourtant, le refroidissement du noyau terrestre est suffisamment lent pour ne pas modifier dramatiquement la dynamique interne de notre planète. La tectonique des plaques perdure, le manteau terrestre convecte de manière vigoureuse depuis plus de 4 milliards d’années, ce qui stimule le refroidissement interne et ainsi les mouvements dans le noyau. La dynamo terrestre a donc peu de chance de s’arrêter tant que le noyau externe n’est pas complètement cristallisé, ce qui devrait prendre encore quelques milliards d’années. Il ne s’agit donc pas de la menace la plus pressante contre la vie sur Terre !

The Conversation

Pour ce travail, Denis Andrault a reçu des financements de l’UCA et de l’INSU-CNRS.

Julien Monteux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le champ magnétique terrestre pourrait être quasiment éternel – https://theconversation.com/le-champ-magnetique-terrestre-pourrait-etre-quasiment-eternel-267913

Violences de genre dans les arts et la culture : de la nécessité de mobiliser la recherche internationale

Source: The Conversation – in French – By Marie Buscatto, Professeure de sociologie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Les violences de genre physiques et psychologiques, une réalité que l’on retrouve dans différents secteurs des arts et de la culture à travers le monde. Stefania Infante

Le mouvement #MeToo a mis en lumière les violences de genre à l’œuvre dans les arts et dans la culture. Mais leur identification et leur explication restent peu explorées par la recherche – si ce n’est par le biais de l’analyse des représentations. Faisant suite à notre enquête pionnière sur ces violences dans le secteur de l’opéra français, l’ouvrage « Gender-based Violence in Arts and Culture. Perspectives on Education and Work » vise justement à combler cette lacune.


Dans ses recommandations d’avril 2025, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité préconise de conduire des recherches dans ce domaine. Les enquêtes robustes, quantitatives ou qualitatives, manquent en effet pour orienter les politiques publiques dans la prévention et la lutte contre les violences de genre (VDG) dans les arts et dans la culture.

Fondé sur des études de cas ambitieuses menées dans un large éventail de secteurs artistiques – musique, arts visuels, photographie, cinéma, audiovisuel, théâtre – et dans cinq pays – États-Unis, Finlande, France, Japon, et Royaume-Uni –, Gender-based Violence in Arts and Culture. Perspectives on Education and Work (2025) que nous avons co-édité aborde le « continuum » des violences de genre, des formes de sexisme « ordinaire » aux actes les plus graves répréhensibles pénalement.

L’ouvrage rend ainsi visibles les logiques sociales maintenant et légitimant les inégalités liées au genre dans les arts et dans la culture, et ce, quel que soit le pays ou le secteur concerné. Il vise à offrir une compréhension globale de ce phénomène social, au-delà des affaires médiatiques et des analyses à chaud impliquant les personnalités publiques.

Les violences de genre prennent une grande diversité de formes

Notre ouvrage met en évidence les multiples formes de VDG, peu souvent nommées par les victimes, et pourtant à l’œuvre dans les secteurs artistiques et culturels, à travers notamment les pratiques professionnelles routinières.

Par exemple, dans l’enquête de Chiharu Chujo sur l’industrie des musiques populaires japonaises, les femmes rencontrées n’ont affirmé avoir été confrontées au harcèlement sexuel que lorsqu’elles ont été « interrogées dans le contexte d’une compréhension plus nuancée du “harcèlement sexuel” – comprenant des manifestations, telles que des remarques sexistes, un flirt persistant et des plaisanteries désobligeantes sur la sexualité ou l’apparence ».

La manière dont ces victimes décrivent ces pratiques sexistes récurrentes indique clairement qu’elles sont le plus souvent tolérées par ces femmes au quotidien, non pas parce qu’elles sont inoffensives, mais en raison des relations de pouvoir qui les contraignent à les accepter.

En toile de fond, des processus sociaux cumulatifs

Cet ouvrage saisit également les mécanismes qui produisent une telle omniprésence des VDG dans les arts et dans la culture. Ces derniers sont cumulatifs et font partie intégrante des pratiques et des représentations professionnelles, ce qui rend difficile leur remise en question par les victimes et les témoins.

Mathilde Provansal décrit, par exemple, les multiples processus sociaux participant à créer un « contexte propice » aux VDG dans les écoles d’art : sexualisation des étudiantes ; forte dépendance des étudiant·es à l’égard de leurs professeur·es pour lancer leur carrière ; frontière floue entre les sphères privée, éducative et professionnelle ; déficience des politiques publiques et des dispositifs permettant aux victimes et aux témoins de dénoncer les VDG dans des contextes sûrs et transparents.

Les violences de genre entravent la créativité et la carrière des femmes

Les VDG affectent les carrières féminines de diverses manières. Certaines se retirent pour éviter d’être à nouveau exposées à ces pratiques, comme le montrent clairement les enquêtes sur les étudiantes en photographie affiliées à l’école d’Helsinki, réalisée par Leena-Maija Rossi et Sari Karttunen, ou sur les chanteuses d’opéra, étudiées par Marie Buscatto avec Soline Helbert et Ionela Roharik.

Victimes et témoins ont aussi tendance à voir leur réputation professionnelle et la qualité de leurs œuvres dévalorisées en raison de pratiques dégradantes qui réduisent les femmes à leur corps et à leur attrait sexuel. Certaines, enfin, refusent de se plier à ces pratiques sexistes et risquent de perdre des opportunités professionnelles en étant considérées comme des collègues pénibles ou peu attrayantes.

Les VDG ont également des conséquences sur le travail créatif des femmes qui en sont victimes. Dans son enquête sur la production de contenus liés aux VDG et à la sexualité dans le journalisme, le « factual entertainment », le drame ou la comédie par des femmes qui vivent des VDG sur leur lieu de travail, Anna Bull souligne que cela peut rendre cet environnement professionnel d’autant plus propice aux violences de genre. Mais parfois, cette production devient une ressource permettant aux victimes de parler et de nommer leurs expériences traumatisantes.

Les violences de genre tendent à être passées sous silence

Même si la plupart des femmes considèrent que les violences de genre ont des conséquences négatives, sur le plan tant psychologique que professionnel, elles ont tendance à ne pas les dénoncer. Et ce, même lorsqu’elles sont confrontées à des cas flagrants de violences sexuelles pouvant donner lieu à des poursuites judiciaires : harcèlement sexuel, agression sexuelle, viol.

Toutes les autrices montrent que les processus sociaux qui rendent ces mondes propices aux VDG réduisent également les victimes au silence. La peur semble être le dénominateur commun : peur de perdre son emploi (ou de ne pas être recrutée pour le suivant) dans un environnement précaire et compétitif ; peur d’être exclue ; peur d’être dénigrée publiquement comme étant trop sexy ; peur d’être considérée comme une mauvaise collègue ; peur d’être attaquée personnellement ; peur de ne pas être crue en raison de la réputation de l’agresseur.

Dans son enquête sur le harcèlement sexuel dans le théâtre new-yorkais, Bleuwenn Lechaux montre ainsi que cette crainte constante est essentielle pour expliquer pourquoi si peu d’affaires sont portées devant la justice malgré le développement de mesures supposées permettre de telles dénonciations.

Du silence à la prise de parole : un long chemin à parcourir

Plusieurs types d’action peuvent en partie briser le silence qui pèse sur les violences de genre, comme le montre Alice Laurent-Camena dans son enquête sur le monde des musiques électroniques. Des groupes informels, à travers l’échange d’expériences et d’informations, peuvent permettre aux femmes de qualifier les violences ou d’exclure un agresseur de leurs projets. Des professionnel·les spécialisé·es peuvent aussi être invité·es afin de gérer les situations problématiques, à l’image des coordinateurs et coordinatrices d’intimité sollicité·es sur les scènes de théâtre, d’opéra ou de cinéma.

Les dénonciations publiques d’abus sexuels, via les réseaux sociaux et la presse, peuvent enfin limiter la diffusion du travail et parfois mettre fin à la carrière d’un agresseur. Elles sont cependant très rares, non seulement parce qu’elles nécessitent un grand nombre de preuves et doivent être qualifiées d’actes criminels pour atteindre un tel niveau de dénonciation publique, mais aussi parce que les membres des mondes de l’art préfèrent souvent gérer les dénonciations en interne et éviter, dans la mesure du possible, de telles accusations publiques.

Quelles actions ?

La conclusion de notre ouvrage offre quelques propositions en vue de changements. D’une part, en lien avec nos analyses, nous suggérons aux professionnel·le·s et institutions des arts et de la culture de lutter avec force contre le sexisme ordinaire, et de ne surtout pas se limiter à la répression, certes nécessaire mais insuffisante, des seuls actes les plus graves. Le sexisme quotidien est au cœur des VDG, permettant leur omniprésence et leur perpétuation, même lorsque les agresseurs récidivistes sont condamnés et exclus.

D’autre part, la lutte contre les VDG ne devrait pas se limiter à la seule mise en place, par ailleurs légitime, de contextes éducatifs et professionnels plus sûrs, mais également viser à assurer l’égal accès des femmes et des minorités de genre à la formation, au travail et à la reconnaissance artistique.

Il en va de la liberté de création de chacun et de chacune, dans un contexte marqué par la réduction des financements publics des arts et de la culture et de remise en cause des droits des femmes et des minorités de genre.


Cet article a été coécrit avec Sari Karttunen, chercheuse au Center for Cultural Policy Research (CUPORE) à Helsinki, Finlande.

The Conversation

Mathilde Provansal a reçu des financements de l’EHESS dans le cadre d’une recherche post-doctorale sur les violences de genre en écoles d’art.

Marie Buscatto ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Violences de genre dans les arts et la culture : de la nécessité de mobiliser la recherche internationale – https://theconversation.com/violences-de-genre-dans-les-arts-et-la-culture-de-la-necessite-de-mobiliser-la-recherche-internationale-263578

Raila Odinga mastered the art of political compromise for the good of Kenya

Source: The Conversation – Africa (2) – By Westen K Shilaho, International Relations Scholar, University of the Witwatersrand

One of the markers of Kenyan statesman Raila Odinga was not just his courage in challenging the establishment but his ability to fortify it when circumstances demanded. An example was his willingness in 2007 to set aside his ambition at having been robbed of the presidency in a rigged election by agreeing to a coalition government with his opponent, President Mwai Kibaki.

Odinga espoused compromise and never squandered the political moment. Thus he ceded political ground for the greater national good and stability. This is how he helped to quell violence following disputed presidential elections in 2007. To his admirers this showed political maturity and astuteness.

This was not always interpreted as courageous, however. Some detractors labelled it as political weakness and betrayal. Despite numerous compromises, his detractors hardly ceded ground.

Just before his death, some of his detractors had labelled him the ultimate betrayer for solidifying his relationship with President William Ruto. Odinga worked with Ruto under what they termed broad-based government, formed at the height of mass protests to oust Ruto. Odinga propped up the embattled government under pressure over a controversial taxation bill and other problems. The nomination and sebsequent appointment of party members to the beleaguered government immediately deflated the protests. This demonstrated Odinga’s unmatched influence in Kenya’s politics.

I am a scholar of politics who has studied Kenya’s transition from authoritarianism to more democratic forms of politics. My 2018 book Political Power and Tribalism in Kenya examined the salience of ethnicity in the country’s multiparty politics.

It’s my view that Odinga employed compromise to integrate Kenya and hopefully live to fight another day. He had either official or informal working arrangements with all of Kenya’s five presidents bar one. He was therefore party to top decision making in the country without the benefit of executive power.

Had he thrown his weight behind the protest movement in 2024, it is highly likely that Kenya would have dissolved into chaos, as witnessed after disputed elections in 2007. He held that the mass protests in 2025 could have resulted in state collapse and bloodletting had he not intervened.

Through chutzpah and guile, Odinga escaped all attempts by his detractors to reduce him to an ethnic leader. Instead, he built alliances and connected with the working-class and rural poor, especially young Kenyans, who identified with his courage in Kenya’s human rights and democracy struggle.

Odinga: The bogeyman of Kenya’s establishment

A former Kenyan vice president, Michael Wamalwa Kijana, once described Odinga’s relationship with Kenyans as either Railamania or Railaphobia – people either passionately liked or irrationally feared him.

He commanded fanatical support among his co-ethnics and across Kenya, especially in his strongholds. But a section of Kenyan society opposed him, especially the clique that has controlled executive power and economic privileges since 1963.

Although Odinga was part of the establishment and rose to the position of prime minister (2008-2013), the only second Kenyan to occupy the post, he was treated with suspicion and disdain especially over the male circumcision rite that his community did not traditionally practise. His father, the founding vice president of Kenya who became the doyen of opposition politics, Jaramogi Oginga Odinga, suffered the same fate.

Raila Odinga’s detractors, among the elite and populace, mocked him while he was sick and irreverently celebrated his death.

This grouping, opposed to a capable welfare state based on inclusivity and egalitarianism, showed almost irrational antipathy towards Odinga. The establishment consistently schemed against him. His mass appeal, socialist orientation and populist politics posed a threat to the most reactionary cohort of the Kenyan political elite. Odinga’s uncompromising stance against the one-party dictatorship which earned him nine years of detention without trial, and implicated him in an abortive coup in 1982, did not endear him to all.

Odinga’s capacity to reinvent himself politically was astounding. Despite losing presidential elections five times, on several occasions because of state instigated fraud, he was undiminished. He was widely known in diplomatic circuits across Africa and globally. Memorably he mediated the Ivorian conflict following violently disputed elections in 2010. Thus, Odinga was among the pantheon of Kenya’s greats, a pan-Africanist and an internationalist.

Kenya’s moment of introspection

His death affords Kenyans an opportunity to reflect on the state of the Kenyan nation. He personified Kenya’s contradictions. Odinga’s long political career exhibited hope and despair for his supporters. In a country hamstrung by the ideology of ethnicised politics, there could not have been a more opportune moment for introspection.

Some of Odinga’s political moves turned out to be miscalculations. For instance, the grand coalition government formed in the wake of the 2007-2008 post-election maelstrom stabilised Kenya but did not address long term historical injustices.

Although it was the most inclusive since independence, it was bloated and mired in corruption, and perpetrated human rights violations. This rapprochement sealed his fate because it gave his opponents room to regroup. They regained the political initiative and eventually locked him out of the presidency forever.

His relationship with Ruto appeared to be more trusting than earlier ones, but Odinga still seemed to be the outsider in Kenya’s political matrix. Odinga’s shortcomings humanised him. Giants can have feet of clay.

Odinga bows out as the people’s president; the president that Kenya never had.

The Conversation

Westen K Shilaho does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Raila Odinga mastered the art of political compromise for the good of Kenya – https://theconversation.com/raila-odinga-mastered-the-art-of-political-compromise-for-the-good-of-kenya-268022

Kim Kardashian’s brain aneurysm diagnosis: what it means and who is most at risk

Source: The Conversation – UK – By Adam Taylor, Professor of Anatomy, Lancaster University

In the run up to the launch of the latest series of The Kardashians, her new legal drama All’s Fair and the celebrations for her 45th birthday, Kim Kardashian made a very different kind of headline. She revealed that she had been diagnosed with a brain aneurysm.

Kardashian revealed her diagnosis in a teaser for The Kardashians Season 7, which includes footage of her undergoing an MRI scan believed to have identified the condition. So far, no details have been released about the type, size or location of the aneurysm, or whether it required treatment. It’s therefore unclear whether the finding represents a serious health threat or an incidental discovery; something that’s becoming increasingly common as more people undergo full-body scans or imaging for other reasons.




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Full-body scans to look for hidden disease are a bad idea – here’s why


An aneurysm is a widening or bulging of any artery in the body. It most commonly occurs in the aorta (the body’s main artery), as well as in arteries of the limbs, neck and brain. When the swelling affects arteries in the brain, it is known as a cerebral aneurysm.

Brain aneurysms can have devastating effects. The nerve cells in the brain are not designed to come into direct contact with blood. To protect them, the brain has a natural defence system called the blood brain barrier, which carefully regulates what can and cannot pass from the bloodstream into brain tissue.

The largest risk factor of developing a brain aneurysm is being female. These aneurysms are around 60% more common in women than in men, and this increases further after menopause. Oestrogen helps to keep blood vessels flexible; when its levels fall after menopause, blood vessels become more vulnerable to damage.

A family history of aneurysms also increases risk. Someone who has two first-degree relatives – that’s parents, children or siblings – who have experienced a ruptured aneurysm has an 11% higher chance of developing one themselves. This is because genetic factors influence the structure and strength of blood vessel walls, making some people more vulnerable to weakness and damage.

This genetic link is also seen in several connective-tissue disorders which change the structure and function of artery walls, increasing the likelihood of an aneurysm. These include Ehlers Danlos syndrome, which causes overly stretchy skin and joints and weakens connective tissues, including those in blood vessels; Marfan syndrome, which often leads to long limbs, flexible joints and a higher risk of heart and blood vessel problems; Loeys Dietz syndrome, a rare condition that causes arteries to twist and widen; and Neurofibromatosis type 1, which causes non-cancerous growths along nerves and can weaken blood vessel walls.

Lifestyle factors can also play a role in increasing aneurysm risk. Current and former smoking are both strongly linked to weakened blood vessels. Quitting smoking reduces the risk, but it does not completely remove it when compared with those who have never smoked. High cholesterol can also damage blood vessels and raise the likelihood of an aneurysm.

In Kardashian’s case, she has mentioned stress as a contributing factor. Although stress itself does not directly cause aneurysms, it can increase blood pressure. Persistent high blood pressure, whether brought on by emotional stress or underlying health issues such as certain types of kidney disease, can weaken and damage blood vessel walls, making aneurysms more likely to develop.

Recreational drug use can also contribute to aneurysm risk, although there is no suggestion that this is relevant in Kardashian’s case. Cocaine raises blood pressure while narrowing blood vessels in the brain. These combined effects push pressure within the brain’s arteries even higher, increasing the chance of aneurysm formation and rupture. Amphetamine and methamphetamine have similar effects, altering blood vessel diameter, raising blood pressure and driving inflammation that weakens vessel walls. These processes contribute to aneurysm formation and an increased rate of progression and rupture.

When an aneurysm does form, its effects depend largely on where it develops and whether it ruptures, which can make symptoms unpredictable and sometimes difficult to recognise.

Ruptured cerebral aneurysms often begin with a small leak of blood that causes a sudden, severe headache, often described as “the worst headache of my life” or a thunderclap headache. This may serve as a warning sign of a larger rupture that could occur hours, days or even weeks later. Other symptoms can include uncoordinated movements, nausea, vomiting and sudden changes in consciousness.

Unruptured cerebral aneurysms tend to cause a wider range of symptoms because the effects depend on where the aneurysm is developing. Nerves responsible for vision, balance, hearing, swallowing and speech all run close to major blood vessels in the brain, so even a small change in pressure can have noticeable effects.

Vision problems are common, presenting as double or partial loss of sight. Eye pain or difficulty moving the eyes due to muscle weakness, a stiff neck and ringing in the ears may also occur. Less common symptoms include neck pain and difficulty swallowing.

Because these symptoms overlap with many other conditions, diagnosing an aneurysm can be challenging. Unruptured aneurysms often grow slowly and may not cause symptoms until they reach a certain size, while ruptured aneurysms appear suddenly and require emergency treatment.

Once discovered, aneurysms are measured and categorised. The smaller the aneurysm, the lower the risk of rupture. Those with a diameter under 7mm are least likely to rupture, those between 7mm and 12mm are considered medium, 12mm to 25mm are large, and anything over 25mm is classed as giant. The size and location of the aneurysm are key factors in determining its risk. Aneurysms on arteries at the base of the brain carry a higher chance of rupture.

Treatment depends on individual circumstances, and not all aneurysms require intervention. In fact, many people live healthily with small aneurysms without ever realising they have them. There are growing detection rates as imaging becomes more common and less invasive, and AI is also being used to improve accuracy. Small, symptom-free aneurysms are often monitored with regular imaging scans, especially in people with few additional risk factors. Treating underlying conditions such as high blood pressure can reduce the risk of rupture.

Those cerebral aneurysms that rupture or are at high risk of rupture require surgical intervention. The two most common procedures are clipping and endovascular repair. Clipping is a more invasive operation that involves opening the skull to access the aneurysm directly, and it is better suited to certain aneurysm locations.

Endovascular repair is less invasive and involves inserting a catheter through a blood vessel in the leg, guiding it into place and delivering a coil that prevents blood from entering the aneurysm. These coils are usually made of platinum and measure between half the width of a human hair to twice the width.

Because aneurysms are often silent until they reach a critical point, any sudden or unexplained neurological symptoms should always be assessed by a medical professional.

The Conversation

Adam Taylor does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Kim Kardashian’s brain aneurysm diagnosis: what it means and who is most at risk – https://theconversation.com/kim-kardashians-brain-aneurysm-diagnosis-what-it-means-and-who-is-most-at-risk-268397

Why stigmatising UPFs could be doing more harm than good

Source: The Conversation – UK – By Beverley O’Hara, Lecturer in Nutrition, Leeds Beckett University

Evgeniia Trushkova/Shutterstock

The 2025 Joe Wicks documentary on “killer protein bars” highlights how even well-intentioned attempts to raise awareness about food can sometimes oversimplify complex public health issues. The show’s premise – to develop and market a supposedly “dangerous,” additive-laden “ultra-processed” food to prompt government action – aims to spark debate about the modern food system.

But framing foods as inherently “dangerous” risks distorting the science and adding to public confusion about nutrition.

Stoking fear around ultra-processed foods (UPFs) often provokes psychological resistance, leading people to ignore health messages altogether or, paradoxically, to double down on the behaviour being criticised. The “processed equals bad” narrative can also fuel guilt, anxiety and disordered eating and stigmatises foods that are widely eaten, particularly by people on lower incomes.




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The misinformation in the show adds to what the World Health Organization calls an “infodemic” – the rapid spread of false or misleading health information. Nutrition has become one of the most misinformation-prone topics on social media, where personal opinion is often presented as scientific fact. A 2023 review found widespread inaccuracies in online dietary advice, adding to public confusion and distrust of science.

The evidence linking UPFs to poor health is far from conclusive. Systematic reviews show that many studies reporting associations between UPFs and disease rely on observational data rated as low or very low quality. This means it cannot prove that UPFs cause disease. The latest review of research found that the UPF category adds little scientific value when assessing links between diet and disease.

Yet even among scientists, there is no clear agreement on how to classify them. Research found that both consumers and nutrition experts struggled to consistently identify which foods met the criteria for being “ultra-processed”. Despite this uncertainty, around 65% of Europeans believe that UPFs are bad for their health.

Part of the problem lies in how the term is used. “Ultra-processed food” has become a catch-all phrase, often used to promote ideological views about modern food systems instead of being applied as a precise scientific category. The NOVA classification, which first introduced the concept, was intended as a research framework, not a moral ranking of foods. But, over time, it has been reinterpreted as a shorthand for “good” versus “bad” eating.

We have long understood that certain foods high in salt, sugar and saturated fat – traditionally called “junk food” – are not good for health. Rebranding these as UPFs adds little to that knowledge and risks distracting attention from the real structural issues that determine what people eat. These include the affordability of healthy foods, aggressive marketing of unhealthy ones and inequalities in time, income and access to cooking facilities.

Even governments can be influenced by simplistic narratives that attribute dietary problems to food processing itself rather than to social and economic policy. For example, critics argue that political discussions about banning UPFs can distract from more meaningful reforms that would make healthy foods affordable and accessible.

Why the UPF debate misses the point

Nutrition science is complex and evolves gradually. The anti-UPF narrative is appealing because it offers certainty in a world where people crave clear answers. But this makes the public especially vulnerable to misinformation. Turning preliminary findings into sensational headlines has always been profitable for the wellness industry. It sells books, builds brands and boosts online followings.

More concerning is how easily this kind of messaging drifts into conspiracy thinking, where “Big Food” and “Big Science” are portrayed as villains. Emotionally charged language, such as calling sugar “poison”, encourages fear and mistrust of science. The food industry becomes a caricature of evil, accused of deliberately creating “addictive” and “dangerous” foods to harm consumers.

This narrative is not only misleading but also harmful. It undermines legitimate food science and public health research that could help develop sustainable, nutritious options for the future. The same sector that produces unhealthy convenience foods also employs scientists and innovators working on healthier, more sustainable products.

The future of healthy eating will depend on technologies such as plant-based proteins, fermentation and novel food production methods. Creating fear around food processing discourages this progress and makes it harder to tackle global nutrition and climate challenges.

Time to move beyond the buzzword

Food choices are shaped not just by personal preference but by the systems people live in. Those with higher incomes and more flexibility can often resist systemic pressures. Most people cannot. For many households, processed foods provide convenience, affordability and stability. Shaming people for eating the foods they can afford or grew up with ignores the realities of everyday life.

A single parent working two jobs does not need to be told that their child’s breakfast cereal is “ultra-processed.” They need access to affordable, nutritious foods that fit their circumstances.

Public health communication requires expertise. A medical degree does not make someone a nutrition specialist, just as a dietitian would not claim to be a heart surgeon. Experts who speak publicly about nutrition should have appropriate qualifications and professional accreditation in public health nutrition.

People deserve advice that empowers them rather than confuses them. They need accurate, balanced information delivered by qualified professionals who understand the complexity of nutrition science. The way we talk about food matters. It shapes public opinion, health policy and the future of our food systems.

It may be time to move beyond the term “ultra-processed food.” What began as an attempt to describe modern diets has become a source of confusion, moral judgement and misplaced fear. The label no longer helps people make better choices. Instead, it risks turning important conversations about food, health and inequality into culture wars.

If we want to build a healthier and fairer food system, we must focus less on catchy labels and more on evidence, equity and education.

The Conversation

Beverley O’Hara does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why stigmatising UPFs could be doing more harm than good – https://theconversation.com/why-stigmatising-upfs-could-be-doing-more-harm-than-good-267711

Fossil hand from human relative puzzles scientists with mix of human- and gorilla-like features

Source: The Conversation – UK – By Sally Christine Reynolds, Associate Professor in Hominin Palaeoecology, Bournemouth University

Experts have been puzzled by recently discovered fossils from the hand of an extinct human relative, Paranthropus boisei. They have been surprised by a mix of human-like and gorilla-like traits in the fingers.

In the journal Nature, researchers describe the set of 1.5-million-year-old fossils from a site in Kenya that includes the first unambiguous Paranthropus hand bones identified in the fossil record. They are also a very rare example of a relatively complete set of hand bones from this time.

The first example of Paranthropus was discovered in South Africa by Dr Robert Broom in 1938. Its name means “beside man” and reflects the fact that it shared a direct ancestor (known as Australopithecus) with our own genus, Homo, but existed alongside the early human lineage. Broom’s fossils belonged to the species Paranthropus robustus.

The species Paranthropus boisei, on the other hand, was first discovered in Olduvai Gorge, Kenya, by Mary and Louis Leakey in 1959. Its massive mandible and teeth led to its nickname: the Nutcracker Man. The very molarised teeth (where a non-molar tooth takes on the appearance of a molar) indicated a possible diet of tough and fibrous foods – almost certainly consisting of vegetation – that required extensive chewing.

Paranthropus was a bipedal hominin, like representatives of our own lineage, with a similar body size. It also lived in similar habitats to early Homo. Yet it became extinct around 800,000 years ago. Inevitably, these two hominin lineages have been compared in every possible manner to identify which traits ensured Homo’s survival. Homo‘s persistence has been attributed to its large brain, small teeth and meat-based diet.

Paranthropus, on the other hand, with its large teeth and a smaller brain, is often cast as an evolutionary “also-ran” – not quite clever or adaptable enough to persist in a changing world. However, there was little real evidence for concrete differences in how Paranthropus used its body or its surroundings. Until now.

The new fossil set from Koobi Fora, on the eastern shores of Lake Turkana in Kenya, shows that Paranthropus boisei was not clumsy or poorly adapted to its lifestyle. The remains, dated to around 1.52 million years ago, include a partial skeleton with both hand and foot bones found alongside unmistakable P. boisei jaws and teeth. For the first time, we can connect this species’ massive chewing apparatus with the limbs and hands that helped it function in the ancient landscape.

The fingers are, in many respects, more like gorillas than humans, but the feet are very similar to Homo feet. In fact, the foot shows that P. boisei was an efficient biped, walking on arched, rigid feet that resemble our own more closely than those of earlier species such as Australopithecus afarensis.

The big toe was aligned with the others, and the joints show the same upward tilt – called dorsal canting – that allows modern humans to push off powerfully when walking or running. A twisted third metatarsal bone formed a transverse arch, the architectural feature that stiffens the human foot and turns it into a spring for energy-efficient movement.

The new find suggests a mix of both advanced and primitive features. It paints a picture of a creature capable of traversing the mixed open habitats of East Africa on two legs, moving confidently between feeding areas and perhaps even carrying food or simple tools. The powerful hands may have been used to forage for food which required a strong grip.

There may be an argument that Paranthropus was pulling itself into the trees. Until now, Paranthropus has not been thought of as a climber, nor an animal associated with particularly dense tree cover. It was thought that cooling climates and thinning forests led to bipedalism in both Homo and Paranthropus.

Yet there are clear differences with Homo. The big toe of P. boisei was shorter than ours, hinting at a slightly different gait – perhaps a slower, heavier stride. The smaller toes were straighter and stiffer than those of apes but not as refined as in Homo sapiens. This mosaic anatomy shows that upright walking had already been perfected in several human relatives, even if each did it in their own way.

The foot of P. boisei demonstrates that by 1.5 million years ago, bipedalism was a shared foundation rather than a unique advantage. Both Homo and Paranthropus walked tall; their evolutionary paths diverged not in locomotion but in lifestyle. While Homo relied increasingly on brainpower, tools and cooperation, Paranthropus doubled down on strength and chewing muscle. One lineage adapted to flexibility, the other to endurance – and in the end, only one survived.

But the discovery also softens the old story of triumph and failure. Paranthropus boisei wasn’t a “failed” hominin relative. It was a successful species in its own right, perfectly adapted to its ecological niche for well over a million years. The new fossils remind us that human evolution wasn’t a straight march of progress but a branching bush of experiments – some favouring brains, others brawn, all walking upright beneath the same African sun.

The Conversation

Sally Christine Reynolds does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Fossil hand from human relative puzzles scientists with mix of human- and gorilla-like features – https://theconversation.com/fossil-hand-from-human-relative-puzzles-scientists-with-mix-of-human-and-gorilla-like-features-267871

Quand la Constitution québécoise ignore les peuples autochtones

Source: The Conversation – in French – By Karine Millaire, Professeure adjointe en droit constitutionnel et autochtone, Université de Montréal

La Coalition avenir Québec (CAQ) projette non seulement d’imposer une Constitution du Québec aux Premières Nations et Inuit, mais en plus le projet de loi s’inscrit en contradiction avec les droits des Autochtones garantis par la Constitution canadienne. Adopter une telle approche en 2025 ignore des droits constitutionnels bien reconnus, reproduit la vieille approche coloniale et constitue une grave erreur juridique comme historique.

Il y a plus de 40 ans, on enchâssait dans la Constitution canadienne l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Cette disposition garantit les droits des peuples autochtones issus de traités et leurs droits ancestraux. Le projet de Constitution de la CAQ en fait complètement fi. Aucune disposition du projet de loi déposé ne traite des droits constitutionnels autochtones. Plus encore, les quelques mentions des Premières Nations et Inuit au préambule du projet de loi 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, sont de nature à minimiser des droits pourtant clairement reconnus.

On y mentionne en effet les Autochtones pour affirmer qu’ils « existe[nt] au sein du Québec ». On ne reconnaît pas qu’il s’agit de « peuples », contrairement à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, mais plutôt de simples « descendants des premiers habitants du pays ». On désigne même nos nations sous des appellations coloniales francisées, rappelant le processus d’effacement des noms de nos ancêtres.

Le projet de loi affirme l’« intégrité territoriale » ainsi que la « souveraineté » culturelle et parlementaire du Québec. Les Autochtones ne pourraient selon ce projet de Constitution que « maintenir et développer leur langue et leur culture d’origine ». Autrement dit, les droits territoriaux et de gouvernance garantis en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 sont complètement ignorés, voire niés.

L’imposition coloniale des « droits collectifs » de la « nation québécoise » sur les droits collectifs et fondamentaux des peuples autochtones est également affirmée par des dispositions d’interprétation spécifiques. Alors que les droits des Premières Nations et Inuits sont réduits, on précise que ceux de la nation québécoise « s’interprètent de manière extensive ».

De plus, on propose la création d’un Conseil constitutionnel ayant pour mandat d’interpréter la Constitution du Québec. Or, les facteurs explicitement précisés dont devrait tenir compte ce Conseil ne portent que sur les droits et « caractéristiques fondamentales du Québec », son « patrimoine commun », son « intégrité territoriale », ses « revendications historiques », son « autonomie » et son « économie ». Pas une seule mention ici de l’existence des peuples autochtones ou de leurs droits.

Les Wendat, Kanien’keháka (Mohawk), Attikamekw, Anishinaabe, Cris (Eeyou Istchee), Abénakis, Mi’kmaq, Innus, Naskapis, Wolastoqiyik et Inuit n’existent pas sur un territoire « appartenant » au Québec. C’est le Québec qui existe sur les territoires dont ces nations sont les gardiennes et pour lesquels nous avons une responsabilité commune. Nos droits ne sauraient être effacés à nouveau en 2025 par ce projet de Constitution du Québec.

La Cour suprême et les tribunaux du Québec comme d’ailleurs au pays reconnaissent de façon constante que les peuples autochtones ont une souveraineté préexistante à celle imposée historiquement par la Couronne, c’est-à-dire une souveraineté qui existait bien avant les débats sur l’autonomie du Québec au Canada. Cette souveraineté existe toujours et doit être réconciliée avec celle de l’État dans un esprit de « justice réconciliatrice ».

Il en découle des droits concrets en matière de consultation, de consentement, d’autonomie gouvernementale. Aucune dérogation à ces droits n’est possible, contrairement aux droits et libertés visés par la clause dérogatoire de l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Or, la CAQ souhaite mettre à l’abri de contestations constitutionnelles toute disposition législative qui « protège la nation québécoise ainsi que l’autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec » en interdisant toute contestation judiciaire d’un organisme qui utiliserait pour ce faire des fonds publics du Québec. Fort nombreuses sont les organisations qui reçoivent des fonds publics, incluant celles ayant justement la mission publique de protéger la société contre les actions illégales ou délétères de l’État. Il s’agit d’un des fondements de l’État de droit.

Du point de vue autochtone, cette interdiction rappelle l’époque coloniale où il était interdit aux Premières Nations de contester les actions illégales de l’État qui avaient pour but de les déposséder de leurs terres, de nier leurs droits et de les assimiler. Cette mesure a participé au génocide des peuples autochtones au Canada.




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Un projet de loi qui s’ajoute à d’autres violations de droits par Québec

Ce projet de Constitution du Québec s’ajoute à plusieurs autres atteintes claires aux droits autochtones. Pensons à la contestation de Québec de la loi fédérale reconnaissant le droit inhérent des peuples autochtones de mettre en place leurs propres politiques familiales et de protection de la jeunesse. La Cour suprême lui a donné tort et a confirmé la constitutionnalité de la loi fédérale.

La CAQ a aussi refusé d’exclure les étudiants autochtones des règles de renforcement de la Charte de la langue française (projet de loi 96), alors que les langues autochtones ne menacent pas le français. Cette décision accroît les obstacles aux études supérieures et limite les droits de gouvernance en éducation des peuples autochtones. La contestation de la constitutionnalité de la loi québécoise est en cours.

Enfin, pensons au récent projet de loi 97 visant à réformer le régime forestier, lequel avait été sévèrement critiqué. Celui-ci proposait un retour en arrière et rappelait l’approche préconisée au début de la colonisation du territoire, alors que l’industrie jouait un rôle accru en matière de gouvernance du territoire. Le projet de loi a finalement été abandonné fin septembre, mais il aura fallu que les peuples autochtones se battent à nouveau pour faire respecter leurs droits.

Moderniser la Constitution du Québec pour respecter les droits des Autochtones

Le contexte n’est plus le même qu’à la fondation du pays en 1867 ou lors des discussions des années 1980 ayant précédé le rapatriement de la Constitution. En 2025, il ne serait ni légal, ni légitime, d’adopter une Constitution du Québec ignorant les droits des Autochtones.

Une Constitution québécoise doit minimalement reconnaître les mêmes droits ancestraux et issus de traités que ceux protégés par la Constitution canadienne et les décisions des tribunaux en la matière. Cela inclut des droits de gouvernance notamment quant au territoire.

De plus, la Charte des droits et libertés de la personne est silencieuse sur les droits autochtones. L’article 10 garantissant le droit à l’égalité devrait être modifié pour indiquer que l’identité et le statut autochtone sont des motifs de discrimination spécifiquement prohibés au Québec. Cette Charte devrait également reconnaître expressément le droit à la sécurité culturelle afin que toute personne autochtone ait accès aux services publics de façon équitable. Ces changements permettraient qu’un mandat conséquent soit donné à la Commission des droits de la personne pour agir afin d’enrayer cette discrimination.


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Le Québec doit également mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Le Canada fait partie de nombreux pays qui se sont engagés à le faire et nos tribunaux ont commencé à s’y référer. La Déclaration exige de construire avec les peuples autochtones les politiques qui touchent à leurs droits, de respecter leur consentement et leur autonomie ainsi que le droit d’avoir accès aux services publics sans discrimination, à l’instar du Principe de Joyce.

Le projet de Constitution de la CAQ ne correspond en rien à ce qu’un véritable processus constituant doit faire. Ni les Québécois ni les peuples autochtones ne participent à cette démarche. Une Constitution devrait être pensée pour au moins les sept prochaines générations, comme nous l’enseignent les Aînés, et non en vue de la prochaine élection.

La Conversation Canada

Karine Millaire est Présidente bénévole de Projets Autochtones du Québec, une organisation assurant des services d’hébergement et d’autonomisation aux personnes autochtones en situation de précarité à Tiohtià:ke (Montréal). À titre de professeure universitaire, elle reçoit du financement du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

ref. Quand la Constitution québécoise ignore les peuples autochtones – https://theconversation.com/quand-la-constitution-quebecoise-ignore-les-peuples-autochtones-268329

« Pas dans ma cour » : Les deux faces du NIMBYisme québécois

Source: The Conversation – in French – By Christophe Premat, Professor, Canadian and Cultural Studies, Stockholm University

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Au Québec, les citoyens disposent d’un pouvoir municipal rare au Canada : celui de bloquer par référendum des projets d’urbanisme dans leur quartier. Ce mécanisme de démocratie directe, inscrit dans la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme depuis les années 1970, est à double tranchant : il permet une implication citoyenne forte, mais peut aussi paralyser des initiatives nécessaires pour lutter contre la crise du logement.

Les référendums municipaux s’inscrivent dans une tradition de participation citoyenne ancrée dans la culture politique québécoise. On remarque néanmoins que la participation à ces scrutins est souvent faible, tandis que le pouvoir de blocage est puissant.

En tant que spécialiste des études canadiennes, je m’intéresse depuis ma thèse de science politique aux procédures de participation citoyenne, et tout particulièrement à la tension entre démocratie participative et démocratie directe.

Cet article fait partie de notre série Nos villes d’hier à demain. Le tissu urbain connaît de multiples mutations, avec chacune ses implications culturelles, économiques, sociales et – tout particulièrement en cette année électorale – politiques. Pour éclairer ces divers enjeux, La Conversation invite les chercheuses et chercheurs à aborder l’actualité de nos villes.

Tourisme et démocratie locale : la leçon de Petite-Rivière-Saint-François

En 2022, la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François, dans Charlevoix, a organisé un référendum local visant l’assouplissement de deux règlements de zonage relatifs aux résidences de tourisme.

Le résultat a été sans appel, puisque plus de 70 % des électeurs ont voté contre l’assouplissement des règles qui aurait permis d’accueillir davantage de chalets locatifs près du Massif. Le message des citoyens était clair : préserver la qualité de vie et le caractère du territoire face à une pression touristique jugée excessive.

Le scrutin a eu un effet immédiat avec le rejet des règlements, stoppant ainsi un projet de développement.




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À Québec, un vote favorable à la ville compacte

Deux ans plus tard, à Québec, dans l’arrondissement de Charlesbourg, le projet Maria-Goretti a connu une issue inverse.

Près de la moitié des électeurs de la zone concernée se sont déplacés pour voter, et cette fois, la majorité a approuvé le projet résidentiel soumis à approbation référendaire.

L’administration municipale a salué le résultat comme un signe d’adhésion à une densification maîtrisée, alors que les opposants y voyaient un précédent inquiétant pour le patrimoine local.

Au Québec, l’urbanisme passe aussi par les urnes

Ces deux exemples illustrent la vitalité – mais aussi les tensions – de la démocratie urbaine au Québec.

Contrairement à la plupart des provinces canadiennes, où les projets d’urbanisme sont décidés par les conseils municipaux sans recours direct aux électeurs, le Québec conserve des mécanismes d’approbation référendaire hérités de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU).

Les citoyens qui s’estiment lésés par un projet peuvent demander l’ouverture d’un registre, recueillir des signatures, et si le seuil requis est atteint, déclencher un vote.




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Participation ou paralysie ? Le dilemme des référendums d’urbanisme au Québec

Ce dispositif, qui remonte aux années 1970, repose sur une idée forte : permettre à ceux qui habitent un quartier de participer à la décision sur son avenir. Mais il est aujourd’hui au cœur d’un débat : favorise-t-il réellement la démocratie, ou crée-t-il des zones de veto locales capables de bloquer toute initiative de densification ?

Le paradoxe tient à la fois dans la mobilisation et dans la portée.

Lorsqu’un vote a lieu, la participation dépasse rarement 50 %. Pourtant, un petit nombre d’électeurs peut décider du sort d’un projet d’intérêt collectif. En 2017, le gouvernement du Québec a tenté de moderniser ces procédures avec le projet de loi 122, qui visait à donner plus d’autonomie aux municipalités et à encourager d’autres formes de participation.

Plusieurs villes ont alors remplacé les référendums par des consultations publiques plus ouvertes, misant sur la pédagogie et le dialogue.

L’Office de consultation publique de Montréal

C’est le cas de Montréal, où l’Office de consultation publique (OCPM) organise régulièrement des audiences sur les grands projets urbains.




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Des centaines de citoyens peuvent y soumettre des mémoires, participer à des ateliers, ou voter dans le cadre de budgets participatifs.

En 2021, plus de 20 000 Montréalais ont pris part à un vote en ligne pour choisir les projets d’aménagement financés par la ville – un chiffre sans précédent pour une initiative locale.


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La consultation plutôt que le référendum

À Boisbriand, la municipalité a choisi de multiplier les consultations plutôt que de déclencher des votes formels, afin d’éviter que quelques dizaines de signatures ne suffisent à bloquer un règlement.

Mais le référendum local conserve une charge symbolique forte.

Dans un contexte de méfiance croissante envers les promoteurs immobiliers, il apparaît comme le dernier rempart pour protéger les citoyens contre des décisions jugées opaques.

Le NIMBYisme à la québécoise : entre défense du cadre de vie et justice sociale

Cette défiance s’exprime aussi face aux élus municipaux, souvent perçus comme trop proches des intérêts privés. Le « non » devient alors une manière de reprendre le contrôle du territoire, de ralentir un rythme de transformation jugé trop rapide.

Ce réflexe de défense du cadre de vie est parfois associé au NIMBYisme, acronyme de « Not In My Backyard ».

L’expression désigne ceux qui soutiennent les politiques publiques en général, mais refusent leur application à proximité de chez eux. On parle souvent de NIMBYs « de droite », attachés à la valeur foncière de leur propriété et hostiles à la densification.

Mais le Québec voit émerger une autre forme de contestation, un NIMBYisme « de gauche », ancré dans la critique de la spéculation immobilière et de l’embourgeoisement. Les opposants ne défendent plus seulement leur jardin, mais aussi le droit au logement, la mixité sociale et la préservation du patrimoine collectif.

Bâtiment en briques brunes couvert de graffitis
Craignant l’embourgeoisement du quartier Mile End, 67 % des 10 732 répondants se sont exprimés contre le projet de reconversion de l’entrepôt Van Horne proposé par le promoteur en 2023.
Frank DiMauro | Facebook

Référendums, NIMBYisme et crise du logement : un équilibre impossible ?

Ces deux visages du NIMBYisme se croisent et s’affrontent souvent dans les débats municipaux.

Un même projet peut être rejeté pour des raisons très différentes : les uns craignent la hausse du trafic ou la perte d’intimité, les autres redoutent l’arrivée de condominiums de luxe chassant les locataires modestes. La frontière entre conservatisme local et résistance progressiste devient floue, et le référendum en est le miroir.

Dans un contexte de crise du logement, cette ambivalence devient un enjeu politique majeur. Les gouvernements municipaux et provinciaux doivent arbitrer entre la participation et l’efficacité. Trop de recours citoyens peuvent ralentir des projets nécessaires, tandis que trop peu de recours risquent de creuser le fossé entre élus et habitants.

Les maires, eux, se retrouvent pris entre deux feux : on leur reproche à la fois de céder aux promoteurs et de ne pas aller assez vite pour répondre à la demande.




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Pour les villes, finis les projets flamboyants, l’ère est à l’entretien, la consolidation et la résilience


Sortir de l’impasse

Plusieurs villes expérimentent des dispositifs de co-construction : jurys citoyens, laboratoires urbains, consultations hybrides.

Ces formes de participation ne remplacent pas le vote, mais cherchent à l’enrichir. Elles permettent d’impliquer les habitants dès la conception d’un projet, avant que les positions ne se figent dans un « oui » ou un « non ». L’enjeu n’est pas de supprimer la démocratie directe, mais de la rendre plus délibérative, moins défensive.

Les référendums municipaux québécois rappellent que la démocratie locale n’est jamais acquise. Ils traduisent à la fois une volonté d’autonomie citoyenne et une peur de perdre le contrôle face à des transformations urbaines rapides. Dans une époque où les villes se densifient, où le logement devient un bien rare, cette tension est inévitable.

Plutôt que de l’opposer, il s’agit d’en faire le moteur d’un nouveau pacte urbain où la parole des habitants pèse sans pour autant paralyser l’action collective.

La Conversation Canada

Christophe Premat est professeur en études culturelles francophones et directeur du Centre d’études canadiennes de l’Université de Stockholm. Il est membre de l’Association Internationale des Études Québécoises depuis 2023. Il est l’auteur d’une thèse de science politique sur “la pratique du référendum local en France et en Allemagne” soutenue en 2008 à l’Institut d’études politiques de Bordeaux.

ref. « Pas dans ma cour » : Les deux faces du NIMBYisme québécois – https://theconversation.com/pas-dans-ma-cour-les-deux-faces-du-nimbyisme-quebecois-267907

La conversación docente: no pregunte a la IA lo que puede hacer por usted

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Eva Catalán, Editora de Educación, The Conversation

Stokkete/Shutterstock CC BY

La frase de nuestro título: “No pregunte a la IA qué puede hacer por usted…”, además de parafrasear a Kennedy, apunta a una cuestión básica respecto al papel de la inteligencia artificial en la educación: entender en qué nos ayuda y en qué nos perjudica su uso. Hoy traigo perspectivas nuevas y propuestas concretas, como siempre, para usar en la clase, tanto de secundaria como de universidad.

La IA llegó al panorama educativo con la promesa de personalizar el aprendizaje, facilitando de esta manera el rendimiento de los estudiantes más rezagados. Pero una reciente investigación de María Luisa Fanjul Fernández, Francisco José Pradana Pérez y Joaquín Pérez Martín de la Universidad Europea ha comprobado que esta tecnología no reduce la brecha entre estudiantes “buenos” o “malos”. Los que ya tienen buenos hábitos de estudio son los que consiguen profundizar en los contenidos, mejorar su comprensión y desarrollar nuevas competencias gracias a la IA. El resto piensa sobre todo en ahorrar tiempo: algunos para mejorar productividad (aunque no las notas) y otros simplemente por esforzarse menos.

“De esta manera, lejos de igualar oportunidades, esta herramienta puede ampliar la brecha educativa. Por ejemplo, hemos visto que entre los estudiantes con mejor rendimiento, el 72 % asegura revisar o contrastar siempre la información generada por la IA. Entre los de peor rendimiento, solo el 28 % lo hace”, advierten los autores.

La mente humana adora los atajos. Está en nuestro ADN. Que los universitarios no prioricen aprender más y mejor es un problema de actitud y objetivos. Aquellos que se apoyen demasiado en la inteligencia artificial, aunque saquen el grado, no saldrán igual de preparados. ¿Qué pasa en secundaria? Las mentes de los adolescentes están en pleno crecimiento, y hay tareas escolares que precisamente contribuyen a ese desarrollo cognitivo. ¿Qué hacemos para convencerles de que no les compensa, y para demostrarles cómo sí pueden hacerlo bien?Por ejemplo: leer un libro y resumirlo. En su artículo, Esther Nieto Moreno de Diezmas de la Universidad de Castilla-La Mancha, explica lo que aporta esta tarea escolar al cerebro desde el punto de vista cognitivo, pero también emocional y metacognitivo. Ahorrar tiempo está muy bien cuando tenemos encima una fecha de entrega, pero, advierte esta experta, “conviene pararse a analizar en qué estamos ahorrando exactamente y cuáles son las contrapartidas”.

Coinciden con ella Jorge Chauca García, de la Universidad de Málaga, que ofrece ejemplos concretos de qué sí se puede hacer con la inteligencia artificial en la asignatura de Historia en secundaria y Bachillerato; y Luis Daniel Lozano Flores, de la Universidad de Guadalajara México, que insiste en esta idea: la tecnología potencia nuestras capacidades, pero para que no acabe sustituyéndolas, tenemos que ser estratégicos. Resumiento: no es lo que puede hacer por nosotros la IA, es lo que nosotros podemos hacer con ella.

Otros temas de interés de esta quincena tienen que ver con la diferencia entre enseñar y adoctrinar, estudiar un grado o máster en otro idioma, y cómo fomentar la autoconfianza de las niñas en matemáticas para reducir la brecha de género en esta disciplina. Espero que los disfruten. Para quienes viven en Madrid (o también para los que no, porque estará disponible en streaming), no quiero dejar pasar la oportunidad de animarles a acudir a nuestro encuentro en el Espacio Telefónica con el experto en neuroeducación David Bueno. Hablaremos del bienestar digital de los niños y los adolescentes, del papel que puede o debería tener la tecnología en el aprendizaje, y de cómo puede mejorar la enseñanza aplicando lo que sabemos del desarrollo cognitivo infantil y adolescente.

The Conversation

ref. La conversación docente: no pregunte a la IA lo que puede hacer por usted – https://theconversation.com/la-conversacion-docente-no-pregunte-a-la-ia-lo-que-puede-hacer-por-usted-268371