Quand les imaginaires des marques nous inspirent

Source: The Conversation – in French – By Valérie Zeitoun, Maitre de Conférences, IAE Paris – Sorbonne Business School

Les marques produisent des imaginaires collectifs et peuvent être considérées comme « des acteurs politiques ». HJBC/Shutterstock

Traversé par de multiples crises, le réel est devenu anxiogène. Il réclame de nouveaux modèles et de nouveaux rêves. Dans ce contexte, les imaginaires des marques viennent se substituer aux grands récits collectifs défaillants, en offrant aux individus de quoi se projeter, espérer, et peut-être apporter de nouvelles raisons de croire. C’est ce qu’analysent ici Valérie Zeitoun et Géraldine Michel, avec Raphaël LLorca, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, Arnaud Caré, directeur général délégué d’Ipsos, et Nicolas Cardon, directeur de l’expérience client d’Ipsos.


« L’esprit du voyage par Louis Vuitton », « La beauté plurielle de Dove », « Le sport inclusif » de Nike, ces imaginaires irriguent notre quotidien. Ils deviennent des forces de projection et de conviction collective, bien au-delà de leur valeur marchande. Face à l’évolution de leur rôle se pose la question de leur influence dans l’ordre social et/ou politique, au-delà de l’ordre marchand.

Comment, dans leur mission d’agent social, les marques participent-elles et poussent-elles au progrès social et environnemental, et permettent-elles ainsi de renouer avec de nouvelles utopies ?

L’imaginaire

L’imaginaire est le fruit de l’imagination d’un individu, d’un groupe ou d’une société. Il produit des représentations ou des mythes qui entretiennent un rapport plus ou moins détaché de la réalité.

Poser l’imaginaire et le réel en parallèle tend à accentuer la tension qui existe entre ces deux notions. Leur relation relève d’une dialectique qui interroge la manière dont l’imaginaire se rapporte au réel et réciproquement. Pour explorer ce rapport complexe, il est possible de distinguer trois dynamiques principales : une dynamique d’opposition, une dynamique de substitution et une dynamique d’enrichissement.

L’imaginaire comme illusion

Depuis l’allégorie de la caverne de Platon, la tradition philosophique a longtemps pensé l’imaginaire et le réel de manière adverse. Pour Platon, les individus vivent souvent dans l’ignorance, attachés aux apparences, et il faut un effort de pensée pour accéder à la vérité, c’est-à-dire au « monde des Idées ». Dans cette perspective, le réel renvoie au monde des idées invariables et immuables tandis que l’imaginaire est lui entendu comme illusoire, fictif, sans réalité.

Notre culture occidentale est profondément ancrée dans cette opposition, valorisant le réel comme domaine de la vérité et de la connaissance, reléguant l’imaginaire au rang du fantasme.

Affiche publicitaire de la marque Persil qui « lave plus blanc que blanc ».
Bibliothèque spécialisée de Paris, FAL

Dans le domaine de la consommation, la célèbre réclame de Persil (« lave plus blanc ») est emblématique d’une rhétorique publicitaire fondée sur l’excès de promesse. En invoquant l’idée d’un « plus blanc que blanc », elle promet l’inatteignable et participe à une forme d’aliénation ou d’asservissement. Le récit de marque se réduit alors à l’idée d’une illusion, voire d’une tromperie.

L’imaginaire comme idéalisation

Publicité du Big Mac de McDonald’s en Thaïlande.
Opasbbb/Shutterstock

Le philosophe Jean Baudrillard propose une autre perspective. Selon lui, l’imaginaire ne s’oppose plus simplement au réel, mais s’y substitue. Le simulacre n’est pas une simple copie du réel : il en efface la référence. Il produit l’illusion d’un monde réel, mais entièrement artificiel, forme d’hyperréalité, saturée d’images et de signes.

Photo d’un Big Mac dans un restaurant McDonald’s.
Liveheavenly/Shutterstock

L’imaginaire, dès lors, se substitue au réel et l’idéalise. Les campagnes publicitaires de la marque McDonald’s qui reposent sur une représentation parfaite du hamburger – comparée à la réalité du hamburger servi dans les restaurants – génèrent un simulacre. Les consommateurs n’achètent pas un hamburger, mais l’image idyllique du hamburger.

L’imaginaire comme ressource du réel

Une troisième approche, initiée par le philosophe Maurice Merleau-Ponty, envisage au contraire l’imaginaire comme une composante fondamentale du réel. Dans cette perspective, l’imaginaire ne s’oppose pas au réel, il en est le prolongement, voire un producteur. L’imaginaire permettrait d’accéder au réel autrement, éventuellement de le transformer en lui imprimant de nouvelles formes.

L’imaginaire ouvre vers d’autres réels possibles. C’est dans cette dynamique que certaines marques s’inscrivent, et ce faisant réinventent les modalités de notre environnement. C’est le cas de la marque Apple. À son lancement, elle apporte une nouvelle vision de l’ordinateur personnel axée sur la convivialité et le design de l’objet pour s’inscrire dans le quotidien des individus, et se positionner contre des usages de l’époque qui considéraient l’ordinateur comme strict objet du monde du travail.

La fabrique de nouveaux réels collectifs

Dès 1957, le sémiologue Roland Barthes met en évidence la capacité des objets et des signes de consommation à produire un imaginaire socialement partagé. La marque se définit comme objet social et réservoir symbolique. Elle ne se réduit pas à un simple signe marchand, elle agit comme un médiateur symbolique, capable de relier les individus à des univers de significations collectives.

Elle produit du sens et génère de la valeur en projetant des imaginaires partagés. Dans cette direction, les marques iconiques le deviennent, justement, parce qu’elles articulent des imaginaires culturels qui viennent répondre à des enjeux sociaux forts. Nike, en soutenant publiquement le footballeur Colin Kaepernick dans sa protestation contre les violences policières faites aux Afro-Américains, incarne un imaginaire de résistance.

Publicité de la marque Nike pour fêter les 30 ans de son slogan « Just do it » avec le footballeur états-unien Colin Kaepernick.
Nike

Avec sa campagne « Don’t Buy This Jacket », la marque outdoor Patagonia a supporté un imaginaire plus sobre. Elle incite les consommateurs à ne pas céder au consumérisme. Cet imaginaire s’incarne aussi dans les actes – réparabilité des produits, soutien à des actions environnementales, etc. – et, de fait, devient le réel.

D’autres marques pourraient être ici mentionnées, Dove et le nouvel imaginaire de la beauté : vision alternative qui remet en cause une beauté normative pour la rendre plurielle, femmes de toutes morphologies, âges, origines ou couleurs de peau. C’est encore Ikea ou Levi’s qui participent d’imaginaires plus inclusifs en soutenant la cause LGBTQIA+. Toutes ces marques participent d’une forme d’engagement, fondé sur de nouveaux imaginaires sociaux et/ou culturels, qui permet d’enrichir, de modifier, de transformer le réel.

La marque, un acteur politique ?

Publicité d’avril 2024 en France de la marque Burger King, « mettant l’accent » sur la région provençale.
HenrySaintJohn/Shutterstock

Les marques produisent des imaginaires collectifs, en ce sens, comme le propose Raphaël LLorca, elles peuvent être considérées comme « des acteurs politiques » qui structurent et façonnent notre appréhension du réel. L’imaginaire national et la signification « d’être français » se fonde aujourd’hui, en partie, sur des projections et/ou des incarnations proposées par les acteurs marchands tous secteurs confondus, la mode, les transports ou la grande distribution.

L’ironie, souligne Raphaël LLorca, c’est que ce sont souvent des marques étrangères, et singulièrement états-uniennes, comme Burger King ou Nike, qui proposent leur version du roman national français !

Dans tous les cas, la sécrétion d’imaginaires politiques de la part d’acteurs marchands constitue une rupture profonde dans l’équilibre des forces entre les trois ordres traditionnels – ordres politique, religieux et marchand.

Imaginaires de marques et engagement

Une étude Ipsos fait le constat d’un lien entre engagement individuel et engagement des marques. Il apparaît ainsi que les fans de marques engagées, comme Disney, Deezer ou Heineken, sont eux-mêmes plus impliqués que la moyenne française dans les causes d’équité et d’égalité entre les populations.

Plus important, en termes de gestion de marque, il apparaît que cette adhésion aux marques, porteuses d’imaginaires positifs, va au-delà d’une élection de principe. 50 % des Français interrogés déclarent, dans le contexte actuel, qu’ils seraient prêts à acheter moins de produits provenant de marques éloignées de leur engagement pour l’équité, la diversité et l’inclusion. Ces résultats montrent que les marques ont le pouvoir de nourrir le réel d’imaginaires sociaux, culturels voire politiques.

Les Français et les politiques de « diversité et d’inclusion » en entreprise à l’ère de Donald Trump (sondage réalisé en avril 2025 auprès de 800 Français représentatifs de la population nationale).
Ipsos, Fourni par l’auteur

Mais comment peuvent-elles le faire ? À cette question, une seconde étude Ipsos explore les conditions d’émergence de nouveaux réels aspirationnels.

Les marques doivent incarner ces imaginaires si elles souhaitent construire des liens émotionnels avec les consommateurs et citoyens. Près de 69 % des interrogés affirment être disposés à rompre avec des marques qui ne tiendraient pas leurs promesses sur des sujets sociaux ; 70 % se déclarent prêts à suivre une marque à laquelle ils sont émotionnellement liés, contre 45 % lorsque ce lien n’est que fonctionnel.

Les imaginaires des marques deviennent des forces de projection et de conviction collective, bien au-delà de leur valeur marchande. Les marques qui s’engagent dans de nouveaux imaginaires et qui leur donnent une réalité tangible favorisent l’engagement des individus, collaborateurs et clients. Ainsi, elles génèrent une adhésion et une implication pérenne, mais, surtout, elles participent d’un élan transformatif social et peut-être politique.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quand les imaginaires des marques nous inspirent – https://theconversation.com/quand-les-imaginaires-des-marques-nous-inspirent-264597

Ce que font vraiment les analystes financiers

Source: The Conversation – in French – By Pierre Lescoat, Professeur Assistant, Neoma Business School

Au-delà des transactions financières, les marchés sont animés par une communauté humaine de professionnels, avec ses règles, ses valeurs et ses récits. Vectorfusionart/Shutterstock

Que font réellement ces analystes financiers, dits analystes « sell-side », au sein des grandes banques d’affaires ? Une étude consacrée à leur travail à travers les pratiques d’évaluation de la performance montre la complexité de ce métier finalement peu connu.


Les analystes financiers dits sell-side conseillent des milliers de professionnels, en particulier les fonds d’investissement qui gèrent les retraites et l’épargne de nombreuses personnes à travers le monde. La recherche en finance s’est beaucoup concentrée sur la fiabilité de leurs recommandations et sur la façon dont elles informent des mouvements de marché, le travail des analystes étant de produire des prévisions fiables.

S’inscrivant dans les travaux en sociologie de la finance, notre étude ne se penche pas tant sur le rôle des analystes, mais sur ce que leur organisation attend d’eux. Nous appréhendons les analystes non pas comme membre des marchés financiers, mais comme membres d’une organisation marchande – la banque qui les emploie – qui les rémunère et les évalue.

Interface des entreprises et des fonds d’investissement

Les analystes sell-side vendent des services financiers à différents clients (d’où le nom sell-side). Ils émettent des conseils sur la vente ou l’achat d’actions boursières de sociétés cotées. Ces analystes sont soumis à une régulation stricte. Ils sont l’interface entre les départements de communication financière des grandes entreprises cotées et les fonds d’investissement, qui investissent en bourse l’argent de leurs clients.

La régulation porte particulièrement sur la prévention des conflits d’intérêts et du délit d’initié, réglementant les informations que les analystes ont le droit ou non de transmettre en fonction de leurs interlocuteurs, selon quels moyens – rapport écrit public, discussions informelles, etc.

Indispensables aux banques

Profession plus discrète que celle de traders, les analystes financiers sont indispensables aux banques. Ils leur fournissent une légitimité puisqu’ils sont reconnus comme des experts sur les marchés financiers. Pour autant, la multiplication des bases de données, ainsi que la concurrence d’ « activistes », les short-seller, remet en question cette expertise et notamment l’objectivité des rapports publiés par les analystes sell-side.

Notre étude se concentre sur le système d’évaluation de la performance des analystes par leur banque. Ce système est particulièrement complexe, car il fait intervenir des groupes professionnels internes et externes à la banque. En externe, les équipes d’analystes sell-side sont soumises chaque année à des classements réalisés par des sites, tels que Extel.

Classement des analystes financiers

Ces classements mettent en compétition les équipes d’analystes entre banques, mais aussi à l’intérieur des banques – entre secteurs d’activités ou zones géographiques couverts –, voire à l’intérieur de leur équipe. Les classements sont constitués suite à la collecte des votes effectués par les analystes buy-side, c’est-à-dire les analystes financiers présents chez les clients des banques (d’où le nom buy-side).




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Ces classements sont par la suite intégrés dans l’évaluation interne de la performance des analystes dans leur banque. D’autres groupes professionnels de la banque comme les vendeurs et les traders sont également amenés à voter pour les analystes, les classant à nouveau.

Plus un analyste sell-side marque la mémoire d’un analyste buy-side ou d’un vendeur, plus ce dernier a des chances de voter pour lui. Selon certains participants à notre étude, il n’existe pas de norme pour marquer la mémoire d’un investisseurs. Un analyste peut aussi bien plaire à un client pour la qualité de ses analyses que pour sa personnalité, ou encore sa capacité à aider les analystes buy-side dans leurs propres analyses. Ce qui importe c’est que le votant se souvienne de lui.

Des analystes entrepreneurs de leur réputation

Dans le but d’obtenir une bonne évaluation de leur performance, les analystes doivent travailler leur réputation en externe, mais aussi en interne. Si on les imagine régulièrement en contact avec leurs clients investisseurs, notre étude met en lumière l’existence d’un gatekeeper : le vendeur, appelé encore sales, en charge de gérer la relation client.

Le vendeur, ou sales, constitue un intermédiaire incontournable qui transmet les arguments des analystes pour appuyer son discours commercial. Les analystes doivent à ce titre effectuer un travail de mise en valeur de leurs recherches. En effet, les vendeurs lisent rarement les rapports, surtout écrits, comme le montrent le professeur de comptabilité Crawford Spence et ses co-auteurs dans une logique de conformité à la loi.

La régulation encadre ces échanges : les espaces de travail des analystes et des vendeurs sont strictement séparés. Il existe donc une ambiguïté entre ce qu’exige la régulation – une séparation stricte des activités – et ce que reflète le système d’évaluation de la performance des analystes, devoir être apprécié et reconnu par les vendeurs.

Performativité des narratifs d’analyste

L’économiste Robert Shiller a mis en avant à quel point l’économie se constitue à partir de récits, c’est-à-dire d’histoires, ou stories, qui circulent et donnent un sens des évènements économiques. Chez les analystes financiers, ces « narratifs » correspondent aux interprétations et recommandations que font les analystes pour leurs clients. Notre étude prolonge ces travaux, ainsi que ceux de l’anthropologue Stefan Leins en mobilisant le concept d’autorité narrative. Cette autorité, et la compétition qui existe entre analystes pour l’obtenir, est au fondement de leur évaluation.

C’est en faisant circuler ces narratifs d’analystes qu’on voit leur « performativité ». Par l’intermédiaire des vendeurs, les narratifs des analystes sell-side atteignent les clients investisseurs qui peuvent eux-mêmes les réutiliser pour défendre leurs idées auprès de leurs propres clients. C’est ainsi que les narratifs circulent sur les marchés. Or, la valeur de ces narratifs dépend aussi des « modes » existantes sur les marchés, modes dont la dimension éphémère contraste avec le temps long nécessaire à un analystes pour développer une expertise. Comme dit l’une de nos sources, Michael, analyste sell-side dans une banque d’une capitale financière européenne :

« Si tu es réputé comme étant le meilleur fabricant de cabines téléphoniques aujourd’hui, tu es peut-être la star des cabines téléphoniques, mais plus personne n’en veut donc ça ne sert à rien. »

Ces modes sont cruciales pour les banques, car ces dernières se rémunèrent sur les transactions effectuées pour le compte de leurs clients. Les secteurs « à la mode » génèrent potentiellement plus de commissions, puisque le volume de transaction y est plus important. Elles ont comme contrepartie de remettre en cause régulièrement la valeur de l’expertise des analystes.

Notre étude rappelle ainsi qu’au-delà des transactions et des rapports écrits, les marchés sont bien animés par des professionnels incarnés qui parlent, échangent, analysent au quotidien. Ils font de ces termes un peu abstraits une communauté d’humains qui constituent sans toujours en avoir clairement l’idée les marchés qu’ils ne cessent de décrire tout au long de leurs carrières.

The Conversation

Cette étude a été menée dans le cadre d’une thèse de doctorat financée par l’ESCP Europe et le réseau Netw@rks.

Pénélope Van den Bussche ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Ce que font vraiment les analystes financiers – https://theconversation.com/ce-que-font-vraiment-les-analystes-financiers-265102

Pourquoi la France, malgré la dégradation de sa note par les agences financières, reste emprunteuse « sans risque » pour les régulateurs ?

Source: The Conversation – in French – By Rémy Estran, CEO – Scientific Climate Ratings, EDHEC Business School

Si la France est notée par trois agences (Standard & Poor’s, Moody’s, et Fitch), les notations la plus élevée et la plus basse sont écartées ; c’est celle du milieu qui est retenue. WilliamBarton/Shutterstock

Malgré la dégradation de la note de la France de AA- à A+ en septembre 2025 par l’agence Fitch, puis en octobre 2025 par Standard & Poor’s, l’Hexagone est toujours considéré comme un emprunteur « sans risque » dans les bilans des banques et des assureurs. Pourquoi ce décalage ?


Vendredi 12 septembre 2025, Fitch a dégradé la note de la France de AA- à A+, après la clôture des marchés. Symboliquement, c’est un coup dur. Pour la première fois depuis plus de dix ans, la France a perdu son badge « double A ». Et pourtant, le lundi suivant, rien n’avait changé : le CAC 40 était en hausse et les spreads de crédit de la France étaient stables.

Rebelote un mois plus tard : le 18 octobre, Standard & Poor’s (S&P) abaisse à son tour la note de la France à A+. Là encore, aucune réaction notable des marchés – ni sur les spreads obligataires ni sur l’indice CAC 40. Le 24 octobre, Moody’s a pour sa part placé la note AA- de la France sous perspective négative.

L’explication courante ? Les marchés avaient déjà anticipé ces décisions. Mais est-ce vraiment toute l’histoire ?

Dans cet article, nous expliquons pourquoi, tant dans le cadre de la réglementation bancaire (Capital Requirements Regulation, CRR) relative aux exigences de fonds propres, que de la réglementation des assurances (Solvency II), la France est toujours considérée comme un emprunteur entrant dans la définition d’un pays « sans risque ».

Cela peut aider à comprendre l’impact limité jusqu’à présent des dégradations successives de Fitch et de Standard & Poor’s, tout en soulignant que les mécanismes bancaires et assurantiels à l’œuvre peuvent soudainement se transformer en couperet.

Notations vs échelons

Dans le cadre des approches standardisées, les réglementations prudentielles européennes (2024/1820 et 2024/1872 essentiellement) ne fonctionnent pas directement avec des notations alphabétiques, mais s’appuient sur des credit quality step (CQS), soit des échelons de qualité de crédit. Ces échelons sont des catégories générales qui regroupent plusieurs notations :

– CQS 0 : AAA (Solvency II uniquement ; le CRR ne comporte pas de niveau 0), comme l’Allemagne, la Suisse, le Danemark, les Pays-Bas ou la Suède.

– CQS 1 : AAA à AA- (CRR)/CQS 1 et AA+ à AA- (Solvency II), comme l’Autriche, la Finlande, l’Estonie, la Belgique ou la République tchèque.

– CQS 2 : A+ à A-, comme la Slovénie, la Slovaquie, la Pologne, la Lituanie ou la Lettonie.

– CQS 3 : BBB+ à BBB-, comme l’Italie, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie, ou la Hongrie.

– CQS 4-6 : notations spéculatives (BB+ et inférieures), comme la Serbie, le Monténégro, la Macédoine du Nord ou le Kosovo.

Techniquement, selon les réglementations bancaires et assurantielles, la dégradation de la note de la France par Fitch en septembre 2025 aurait pu la faire passer de CQS 1 à CQS 2. Mais ce n’est pas le cas.

Jusqu’en octobre 2025, date de la dégradation de la note française par Standard & Poor’s, ces deux cadres réglementaires continuaient de traiter la France comme un émetteur de très haute qualité, c’est-à-dire « AA » et non « A ». Cela tient à la manière dont les réglementations traitent les notes multiples : ni les banques ni les assureurs ne retiennent mécaniquement la note la plus basse.

Règle de la deuxième meilleure notation

En vertu de la réglementation bancaire et assurantielle européenne, la règle de la deuxième meilleure notation s’applique.

Par exemple, si un débiteur est noté par trois agences (S&P, Moody’s, Fitch), les notations la plus élevée et la plus basse sont écartées, et celle du milieu est retenue. Tant que deux des trois agences maintenaient la France dans la catégorie AA, la notation de référence aux fins du capital réglementaire restait CQS 1.




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En d’autres termes, même après la dégradation par Fitch à A+, les régulateurs continuaient de classer la France comme « AA ». Ce n’est qu’après la dégradation par S&P, le 17 octobre 2025, que la France est effectivement passée en CQS 2. Moody’s, de son côté, a maintenu sa note AA-, mais l’a placée sous perspective négative le 24 octobre – un signal d’alerte, certes, mais sans conséquence réglementaire à ce stade.

Toutes les dégradations ne se valent pas. Certaines modifient immédiatement la manière dont les institutions financières européennes doivent traiter le risque. D’autres, en revanche, restent sans effet opérationnel. Et pourtant, aucune n’a véritablement fait réagir les marchés.

Illusion réglementaire de la sécurité

Pour la plupart des débiteurs, tels que les entreprises ou les institutions financières, le passage d’un échelon de qualité de crédit, ou credit quality step (CQS), à un autre a une incidence directe sur les exigences de fonds propres. Dans le cas particulier des États souverains européens, même un passage officiel au CQS 2 n’a guère d’importance.

En vertu des règles actuelles, les obligations souveraines de l’Union européenne libellées dans leur propre devise ont en effet une pondération de risque de 0 %. Pourquoi ?

Dans la pratique, les banques ne sont pas tenues de mettre de côté des fonds propres pour couvrir le risque de défaut des emprunts de la France libellés en euros, et ce, quelle que soit la note attribuée à cette dette par les agences de notation.

De même, les assureurs qui détiennent des obligations émises par les États de l’Union européenne (libellées dans leur propre monnaie) ne sont soumis à aucune exigence de capital pour se prémunir contre un éventuel défaut de paiement sur ces titres.

Les seules exigences de fonds propres pour ces obligations proviennent des risques dits « de marché » : le risque de taux d’intérêt, c’est-à-dire la perte potentielle liée à une hausse des taux, et le risque de change, en cas de variation défavorable des devises étrangères. Aucun capital n’est exigé au titre du spread de crédit, c’est-à-dire du risque que le marché exige une prime plus élevée pour prêter à l’État.

Les prêts à la France – ou à tout autre État souverain européen dans sa monnaie nationale – sont considérés comme sans risque de crédit. Ce cadre a été conçu pour éviter la fragmentation et traiter la dette publique de tout État membre européen comme la base du système financier, quelle que soit la situation individuelle de chaque pays.

Paradoxe systémique

Les marchés font bien sûr déjà la distinction entre les États souverains. Les écarts se creusent, les prix des credit defaut swaps (CDS) – qui permettent aux investisseurs de s’assurer contre le défaut d’un émetteur de dette – augmentent et les investisseurs exigent une prime pour les crédits les plus faibles, bien avant que la dégradation ne soit officielle.

Du point de vue des fonds propres réglementaires, le cadre existant ne laisse aucune place à une distinction progressive au sein de l’Union européenne. La conséquence est claire : les États souverains européens sont considérés comme « sûrs » par définition, jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus…

Cela crée une sorte d’« effet de falaise » organique. Tant que la confiance institutionnelle reste suffisante, la réglementation atténue partiellement la reconnaissance du risque. Dès qu’un seuil est franchi – souvent un seuil de confiance, plutôt que purement comptable –, la correction devient brutale. Ce qui devrait être une réévaluation progressive se transforme en rupture systémique.

Il y a quinze ans, la crise de la dette publique en Grèce avait suffi à déclencher une crise à l’échelle européenne. Aujourd’hui, la France nous rappelle que l’architecture même de la réglementation européenne rend sa stabilité financière moins graduelle que binaire. Tant que les marchés y croient, tout tient. Mais si la confiance venait à se dérober, ce n’est pas seulement la France qui vacillerait – ce serait toute l’Europe.

The Conversation

Rémy Estran est président de l’EACRA (European Association of Credit Rating Agencies).

ref. Pourquoi la France, malgré la dégradation de sa note par les agences financières, reste emprunteuse « sans risque » pour les régulateurs ? – https://theconversation.com/pourquoi-la-france-malgre-la-degradation-de-sa-note-par-les-agences-financieres-reste-emprunteuse-sans-risque-pour-les-regulateurs-266691

Les liaisons aériennes en Afrique manquent de fluidité : le G20 peut-il changer la donne ?

Source: The Conversation – in French – By Kaitano Dube, Faculty of Human Sciences Acting Research Professor, Vaal University of Technology

En Afrique, moins d’une ligne aérienne sur cinq est un vol direct. Les liaisons aériennes sont déterminées par des facteurs tels que le niveau des échanges commerciaux, les relations diplomatiques et l’existence d’une demande suffisante pour rendre une ligne rentable financièrement. À cause du manque de vols directs, les voyageurs qui souhaitent se rendre d’un pays africain à un autre sont souvent obligés de passer par l’Europe ou le Moyen-Orient. Cette situation renchérit le coût des déplacements et freine à la fois le tourisme et les investissements sur le continent.

En 2025, l’Afrique du Sud assure la présidence du G20, le groupe des grandes puissances économiques. Parmi ses quatre priorités dans le domaine du tourisme, figure la modernisation des accords aériens pour faciliter les vols directs ou les voyages sans rupture entre pays.

L’une de ses priorités est de promouvoir des accords de services aériens modernisés qui permettent des vols directs, ou des voyages sans interruption, entre les pays. Kaitano Dube, géographe spécialisé dans le tourisme, nous explique les enjeux.

Pourquoi la connectivité aérienne est-elle importante pour les pays africains ?

La connectivité aérienne mesure la facilité avec laquelle les personnes et les marchandises peuvent circuler par avion entre deux lieux. Elle est basée sur le nombre de destinations desservies et la fréquence des vols entre celles-ci.
Depuis longtemps, pouvoir voyager facilement à l’intérieur de l’Afrique est un rêve pour les entreprises touristiques et les touristes. Il a été perturbé par la pandémie de COVID-19, mais la reprise post-COVID-19 de l’industrie touristique a révélé que l’envie de voyager reste toujours forte.

Le tourisme est l’un des secteurs économiques les plus résilients au monde. Dans de nombreuses économies du G20, le tourisme contribue à plus de 10 % du produit intérieur brut. Mais les retombées sont très inégales : elles profitent surtout aux pays qui disposent d’un bon réseau aérien.
L’Afrique possède pourtant un riche patrimoine naturel et culturel, reconnu à l’échelle mondiale, avec de nombreux sites classés au patrimoine mondial. Mais de nombreux sites clés, tels que le parc national des montagnes du Simien en Éthiopie, les plateaux de grès du massif de l’Ennedi au Tchad ou le parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie, sont parmi les moins accessibles.

La mauvaise connectivité aérienne freine la croissance économique, limite les investissements et maintient des millions de personnes en marge de la chaîne de valeur mondiale du tourisme. De nombreux voyageurs potentiels qui souhaiteraient voyager en Afrique aujourd’hui sont freinés par les coûts et la complexité des trajets.

Que fait la présidence sud-africaine du G20 en matière de connectivité aérienne ?

Le G20 a noté qu’une action coordonnée au niveau mondial pour améliorer la connectivité, en particulier pour les destinations émergentes, permettrait d’attirer davantage de visiteurs vers les régions encore peu fréquentées. Cela permettrait de répartir plus équitablement les bénéfices du tourisme sur l’ensemble du continent.

C’est pourquoi la présidence sud-africaine a choisi de faire de la connectivité sans rupture l’une de ses quatre priorités principales pour dynamiser le tourisme.

Le groupe de travail sur le tourisme du G20 a réfléchi à des moyens de promouvoir cette initiative et publiera un rapport sur le tourisme.

Les ministres du Tourisme du G20 ont également publié une déclaration encourageant les membres du G20 à créer les conditions nécessaires à des voyages aériens sans encombre.

Qu’est-ce qui faciliterait les vols en Afrique ?

Le G20 peut prendre six mesures clés :

Libéraliser le ciel : cela signifie simplement que les États membres du G20 devraient ouvrir des accords de services aériens (les accords officiels entre pays qui permettent aux compagnies aériennes de voler entre eux). Cela implique de réduire les restrictions sur les itinéraires ou la fréquence des vols et de permettre aux compagnies aériennes d’opérer plus librement. Il serait ainsi plus facile pour les compagnies aériennes de créer de nouvelles liaisons, de fixer des prix équitables et de se faire concurrence. Les voyageurs auraient ainsi plus de choix.

Relier les régions isolées : les destinations mal desservies par les compagnies aériennes, telles que celles situées en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, devraient être reliées. Cela pourrait stimuler le tourisme et le commerce sur les liaisons mal desservies et créer des emplois et des opportunités économiques dans ces régions.




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Promouvoir les carburants aériens verts et les technologies à faibles émissions : cela fait partie de la modernisation des compagnies aériennes afin qu’elles atteignent d’ici 2050 l’objectif Net Zero de réduction à zéro des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.

Intégrer les politiques du tourisme et des transports : le G20 devrait encourager l’intégration des politiques du tourisme et des transports dans tous les États membres ou au sein des pays. Cela permettra de réduire le temps nécessaire aux compagnies aériennes pour obtenir des autorisations de vol et de diminuer les coûts d’exploitation et d’octroi de licences.




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Réduire les obstacles liés aux visas et à la fiscalité : les États membres du G20 doivent réduire les redevances d’atterrissage, les taxes aéroportuaires et autres redevances aéronautiques afin de permettre à davantage de personnes de voyager. Les systèmes de visa doivent également être simplifiés afin de faciliter les voyages.

Création d’un indice de connectivité aérienne du G20 pour suivre les progrès : un portail mondial en ligne mesurant l’augmentation de la connectivité aérienne doit être mis en place par les États membres du G20. Il pourrait mesurer l’expansion des liaisons aériennes, les coûts des vols, les émissions de gaz à effet de serre des compagnies aériennes et la fréquence des vols intérieurs en Afrique.

Comment l’Afrique du Sud peut-elle mettre à profit sa présidence du G20 pour y parvenir ?

L’Afrique du Sud joue un rôle de passerelle pour le marché unique africain du transport aérien de l’Union africaine. Celui-ci fournit un cadre pour la libéralisation du ciel intra-africain grâce à la création d’un marché aérien unique et unifié.

Ce marché n’est pas encore pleinement mis en place, à cause du manque de volonté politique de plusieurs États africains membres de l’Union africaine. Il existe également des déficits en matière d’infrastructures : certains pays ont du mal à développer des aéroports et des systèmes de navigation aérienne adéquats. Le maintien de compagnies aériennes nationales économiquement viables a également été un combat pour les pays africains.

L’Afrique du Sud pourrait utiliser sa position au G20 pour mobiliser les pays riches et obtenir leur appui technique, leurs investissements et leur confiance afin de faire aboutir ce marché unique. Les effets seraient considérables : ouverture de nouvelles routes, baisse des tarifs, hausse du nombre de touristes et coopération accrue entre les régions africaines autour de projets communs de tourisme et de commerce.

Des recherches ont montré que le marché unique africain du transport aérien pourrait générer 1,3 milliard de dollars américains de produit intérieur brut supplémentaire et créer plus de 150 000 emplois par an. En d’autres termes, un marché aérien unique pourrait entraîner une augmentation du tourisme et créer de la richesse à travers le continent grâce aux voyages, au tourisme et à l’hôtellerie.

The Conversation

Kaitano Dube does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Les liaisons aériennes en Afrique manquent de fluidité : le G20 peut-il changer la donne ? – https://theconversation.com/les-liaisons-aeriennes-en-afrique-manquent-de-fluidite-le-g20-peut-il-changer-la-donne-268454

Syrian forced migrants in Turkey have built businesses despite challenges. Here’s what has helped them succeed

Source: The Conversation – France (in French) – By Eren Akkan, Associate Professor, Kedge Business School; European Academy of Management (EURAM)

By the end of 2024, the number of people worldwide who had been “forcibly displaced as a result of persecution, conflict, violence, human rights violations or events seriously disturbing public order” and had fled their countries stood at approximately 42.7 million, according to the UN Refugee Agency. Whether they are asylum seekers requesting temporary sanctuary or refugees who are unwilling to return to their countries of origin, forced migrants are people who haphazardly migrate to and strive to find safety in a new country.

While much attention focuses on their immediate needs, such as shelter, food, and security, many forced migrants are doing something remarkable: they’re starting businesses. For example, in Turkey, over 14,000 formal businesses owned or co-owned by Syrian forced migrants have been registered since the war in Syria began in 2011. By opening small restaurants, grocery stores and service providers, these entrepreneurs are working to rebuild their lives and contribute to their host communities.

However, building a business is often an uphill battle. Many forced migrant entrepreneurs face language barriers, discrimination and legal uncertainty. Yet, some manage to succeed. What makes the difference? Our recent research on Syrian forced migrant entrepreneurs in Turkey offers new insights. We point to the key factors that shape whether forced migrant businesses thrived or struggled. Understanding how these factors interact may reveal not only how to most effectively support forced migrant entrepreneurship but also how to ensure more inclusive societies.

The role of a host country identity

Forced migrants often turn to entrepreneurship out of necessity. Barred from regular employment or struggling to find work due to unrecognised credentials or to prejudice, many start small businesses to survive. The key question here is what transforms that act of survival into a story of success in a host country? Our study of 170 Syrian forced migrant entrepreneurs showed that their business performance didn’t just depend on acumen or capital but was also tied to how they saw themselves with respect to the host society.

Those who had a host country identity, that is, who reported having a strong sense of belonging and an emotional and mental connection to the people and institutions in Turkey, were more likely to adapt their businesses to local customers, seek opportunities, and build lasting relationships. A host country identity was a predictor of both financial performance (ie whether the business was more profitable and had higher returns relative to its main competitors) and customer performance (ie whether the business attained superior outcomes in managing its customer base compared to its main competitors).

A host country identity doesn’t form in a vacuum. Local language proficiency plays a powerful role. In our study, forced migrants who felt confident speaking the host country’s language were more likely to feel connected to local contexts, including markets and customers. In contrast, perceived discrimination had the opposite effect. We found that when entrepreneurs reported being treated unfairly by customers, landlords, or officials, it chipped away at their sense of belonging. In fact, social exclusion can be subtle, with customers avoiding shops, commercial landlords denying lease agreements, or government officials delaying permits. We found that these experiences hindered the success of forced migrants’ businesses by curbing their sense of connectedness to the host country.

The role of legal protection – and its timing

Legal status plays a critical but often overlooked role in this story. In Turkey, Syrian forced migrants are granted “temporary protection” status, which affects their ability to access capital and open formal businesses. But not everyone receives this protection at the same time. We found that promptly granted formal protection was crucial. Forced migrants who received legal temporary protection shortly after arrival were affected by discriminatory attitudes to a lesser extent, hence feeling more secure and included in the host country. By contrast, those who waited longer for protection tended to be more adversely affected by discriminatory attitudes, which weakened their feeling of connection toward the host country. Even when they eventually got legal status, the damage to their sense of belonging had often already been done. We believe that this delay creates a kind of invisible disadvantage, one that policies aimed at helping forced migrants rarely address.

A social justice issue

This isn’t only about forced migrant business owners, but all of us. When forced migrant entrepreneurs succeed, they don’t just lift themselves out of poverty or precarity. They create jobs, pay taxes, serve customers, and bring new ideas into local economies. They become part of the social and economic fabric of their communities. In contrast, when they’re held back due to language barriers, discrimination or slow-moving legal systems, everyone loses out on their potential.

This is also a social justice issue. Forced migrants didn’t choose to leave their homes. Many lost everything. And yet, instead of giving up, they’re trying to contribute and belong. The least we can do is remove the barriers that make their integration harder than it already is.

Our research suggests a few actions that policymakers and civil society can take. First, ensure timely legal protection for forced migrants. Fast-tracking legal status can give them the foundation they need to start planning their lives and their businesses with confidence. Second, invest in language programmes. Forced migrants with strong language skills are better positioned to engage economically and socially. Third, combat discrimination through public education. Negative stereotypes about forced migrants don’t just hurt feelings, they hurt economies. Promoting positive narratives and intergroup contact can reduce prejudice and build more inclusive communities.

The Fast Track initiative in Sweden, which partially reflected these recommendations by focusing on language learning, credential recognition, and “workplace integration”, illustrated how targeted support can accelerate inclusion. According to a report prepared for the Nordic Council of Ministers, a Fast Track effort that focused on newly arrived entrepreneurs “led to… increased motivation and inspiration” and “83 new businesses [being] initiated by participants”. These findings underscore the potential effects of coordinated, early interventions.

Forced migration is one of the defining issues of our time. As wars, climate change, and instability continue to uproot people, countries around the world will need to do more than offer short-term aid. They’ll need to offer pathways to belonging, and that starts with recognising that forced migrant entrepreneurs aren’t a problem to be solved. They’re part of how countries can integrate newcomers while boosting economic growth and community development.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The European Academy of Management (EURAM) is a learned society founded in 2001. With over 2,000 members from 60 countries in Europe and beyond, EURAM aims at advancing the academic discipline of management in Europe.

The Conversation

This work was supported by the Department of Research and Universities of the Generalitat de Catalunya and the Ramon Llull University (2023-URLProj-079).

Burcin Hatipoglu et Eren Akkan ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Syrian forced migrants in Turkey have built businesses despite challenges. Here’s what has helped them succeed – https://theconversation.com/syrian-forced-migrants-in-turkey-have-built-businesses-despite-challenges-heres-what-has-helped-them-succeed-267901

Why do giraffes have such long legs? Animal simulations reveal a surprising answer

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Roger S. Seymour, Professor Emeritus of Physiology, University of Adelaide

If you’ve ever wondered why the giraffe has such a long neck, the answer seems clear: it lets them reach succulent leaves atop tall acacia trees in Africa.

Only giraffes have direct access to those leaves, while smaller mammals must compete with one another near the ground. This exclusive food source appears to allow the giraffe to breed throughout the year and to survive droughts better than shorter species.

But the long neck comes at a high cost. The giraffe’s heart must produce enough pressure to pump its blood a couple of metres up to its head. The blood pressure of an adult giraffe is typically over 200mm Hg – more than twice that of most mammals.

As a result, the heart of a resting giraffe uses more energy than the entire body of a resting human, and indeed more energy than the heart of any other mammal of comparable size. However, as we show in a new study published in the Journal of Experimental Biology, the giraffe’s heart has some unrecognised helpers in its battle against gravity: the animal’s long, long legs.

Meet the ‘elaffe’

In our new study, we quantified the energy cost of pumping blood for a typical adult giraffe and compared it to what it would be in an imaginary animal with short legs but a longer neck to reach the same treetop height.

This beast was a Frankenstein-style combination of the body of a common African eland and the neck of a giraffe. We called it an “elaffe”.

Images of a giraffe, an eland, and the half-giraffe half-eland 'elaffe', each with the location of its heart highlighted.
The imaginary ‘elaffe’, with the lower body of an eland and an extended giraffe neck, would use even more energy to pump blood from its heart all the way up to its head.
Estelle Mayhew / University of Pretoria

We found the animal would spend a whopping 21% of its total energy budget on powering its heart, compared with 16% in the giraffe and 6.7% in humans.

By raising its heart closer to its head by means of long legs, the giraffe “saves” a net 5% of the energy it takes in from food. Over the course of a year, this energy saving would add up to more than 1.5 tonnes of food – which could make the difference between life and death on the African savannah.

How giraffes work

In his book How Giraffes Work, zoologist Graham Mitchell reveals that the ancestors of giraffes had long legs before they evolved long necks.

This makes sense from an energy point of view. Long legs make the heart’s job easier, while long necks make it work harder.

A herd of giraffes on a grassy plain
The ancestors of giraffes evolved long legs before their long necks.
Zirk Janssen Photography

However, the evolution of long legs came with a price of its own. Giraffes are forced to splay their forelegs while drinking, which makes them slow and awkward to rise and escape if a predator should appear.

Statistics show giraffes are the most likely of all prey mammals to leave a water hole without getting a drink.

How long can a neck be?

The skeleton of a dinosaur in a museum, arranged with its extremely long neck almost vertical
In life, the Giraffatitan dinosaur would most likely have been unable to lift its head this high.
Shadowgate / Wikimedia, CC BY

The energy cost of the heart increases in direct proportion to the height of the neck, so there must be a limit. A sauropod dinosaur, the Giraffatitan, towers 13 metres above the floor of the Berlin Natural History Museum.

Its neck is 8.5m high, which would require a blood pressure of about 770mm Hg if it were to get blood to its head – almost eight times what we see in the average mammal. This is implausible because the heart’s energy cost to pump that blood would have exceeded the energy cost of the entire rest of the body.

Sauropod dinosaurs could not lift their heads that high without passing out. In fact, it is unlikely that any land animal in history could exceed the height of an adult male giraffe.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why do giraffes have such long legs? Animal simulations reveal a surprising answer – https://theconversation.com/why-do-giraffes-have-such-long-legs-animal-simulations-reveal-a-surprising-answer-266230

Why do giraffes have such long legs? Animal simulations reveal a suprising answer

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Roger S. Seymour, Professor Emeritus of Physiology, University of Adelaide

If you’ve ever wondered why the giraffe has such a long neck, the answer seems clear: it lets them reach succulent leaves atop tall acacia trees in Africa.

Only giraffes have direct access to those leaves, while smaller mammals must compete with one another near the ground. This exclusive food source appears to allow the giraffe to breed throughout the year and to survive droughts better than shorter species.

But the long neck comes at a high cost. The giraffe’s heart must produce enough pressure to pump its blood a couple of metres up to its head. The blood pressure of an adult giraffe is typically over 200mm Hg – more than twice that of most mammals.

As a result, the heart of a resting giraffe uses more energy than the entire body of a resting human, and indeed more energy than the heart of any other mammal of comparable size. However, as we show in a new study published in the Journal of Experimental Biology, the giraffe’s heart has some unrecognised helpers in its battle against gravity: the animal’s long, long legs.

Meet the ‘elaffe’

In our new study, we quantified the energy cost of pumping blood for a typical adult giraffe and compared it to what it would be in an imaginary animal with short legs but a longer neck to reach the same treetop height.

This beast was a Frankenstein-style combination of the body of a common African eland and the neck of a giraffe. We called it an “elaffe”.

Images of a giraffe, an eland, and the half-giraffe half-eland 'elaffe', each with the location of its heart highlighted.
The imaginary ‘elaffe’, with the lower body of an eland and an extended giraffe neck, would use even more energy to pump blood from its heart all the way up to its head.
Estelle Mayhew / University of Pretoria

We found the animal would spend a whopping 21% of its total energy budget on powering its heart, compared with 16% in the giraffe and 6.7% in humans.

By raising its heart closer to its head by means of long legs, the giraffe “saves” a net 5% of the energy it takes in from food. Over the course of a year, this energy saving would add up to more than 1.5 tonnes of food – which could make the difference between life and death on the African savannah.

How giraffes work

In his book How Giraffes Work, zoologist Graham Mitchell reveals that the ancestors of giraffes had long legs before they evolved long necks.

This makes sense from an energy point of view. Long legs make the heart’s job easier, while long necks make it work harder.

A herd of giraffes on a grassy plain
The ancestors of giraffes evolved long legs before their long necks.
Zirk Janssen Photography

However, the evolution of long legs came with a price of its own. Giraffes are forced to splay their forelegs while drinking, which makes them slow and awkward to rise and escape if a predator should appear.

Statistics show giraffes are the most likely of all prey mammals to leave a water hole without getting a drink.

How long can a neck be?

The skeleton of a dinosaur in a museum, arranged with its extremely long neck almost vertical
In life, the Giraffatitan dinosaur would most likely have been unable to lift its head this high.
Shadowgate / Wikimedia, CC BY

The energy cost of the heart increases in direct proportion to the height of the neck, so there must be a limit. A sauropod dinosaur, the Giraffatitan, towers 13 metres above the floor of the Berlin Natural History Museum.

Its neck is 8.5m high, which would require a blood pressure of about 770mm Hg if it were to get blood to its head – almost eight times what we see in the average mammal. This is implausible because the heart’s energy cost to pump that blood would have exceeded the energy cost of the entire rest of the body.

Sauropod dinosaurs could not lift their heads that high without passing out. In fact, it is unlikely that any land animal in history could exceed the height of an adult male giraffe.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why do giraffes have such long legs? Animal simulations reveal a suprising answer – https://theconversation.com/why-do-giraffes-have-such-long-legs-animal-simulations-reveal-a-suprising-answer-266230

Is it aliens? Why that’s the least important question about interstellar objects

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Laura Nicole Driessen, Postdoctoral Researcher in Radio Astronomy, University of Sydney

Interstellar comet 3I/ATLAS, captured by NASA’s Hubble Space Telescope captured on July 21 2025. NASA, ESA, David Jewitt (UCLA); Image Processing: Joseph DePasquale (STScI)

On October 29, Comet 3I/ATLAS reached its closest point to the Sun.

This point, known as perihelion, was around 210 million kilometres from the Sun, or 1.4 times the distance between the Sun and Earth, and it was on the opposite side of the Sun to Earth. This means the Sun has been blocking the comet from our view (from Earth). There are already reports it’s been detected again using ground-based telescopes.

The comet is the third interstellar object (hence the “3I”) we’ve detected flying through our Solar System.

When it was first detected on July 1 2025 by the Asteroid Terrestrial Last Alert System (or “ATLAS”), one of the first questions people asked was “but is it aliens?”.

This isn’t the first time the alien question has come up in the context of a new astronomical discovery. But although it might be fun, it can also detract from the real (and very cool) science, and fuel misinformation.

A long history of speculation

Similar alien speculation arose when the first two interstellar objects were discovered: 1I/2017 U1 ‘Oumuamua and Comet 2I/Borisov.

And it doesn’t just happen for interstellar objects.

In 2019, I wrote my first public article about a discovery I made as a PhD student. I had found radio light coming from a binary star system, the first object found by the MeerKAT telescope to be changing brightness over time. Even though this had nothing to do with aliens, the editor asked me to include speculation about them.

In 1967, Jocelyn Bell Burnell, then a PhD student, discovered a rapidly repeating flash of radio light.

As a joke, she labelled it LGM 1 for “Little Green Men”, but the astronomers working on it did not really believe they had discovered aliens. They were, however, concerned about the possibility that alien-related media coverage would sensationalise the discovery and hinder their scientific investigations.

A 7 billion-year-old visitor

This concern remains for astronomers today.

Comet 3I/ATLAS is possibly the oldest thing we’ve ever seen in our Solar System. Our Solar System formed 4.6 billion years ago, while recent research points to Comet 3I/ATLAS possibly being more than 7 billion years old.

It has spent a lot of that time zipping through the universe just to spend a few months in our Solar System. When the comet reached perihelion, that’s probably the closest it’s been to a star in at least millions of years.

Research has shown the comet has more carbon dioxide in its outer layers than has been seen in most comets in our Solar System. It also has a higher ratio of nickel to other elements than has been seen in local comets.

These chemical signatures give us a unique insight into the chemical composition of the cloud of gas that formed the solar system where the comet came from.

This is one of the key reasons why we should only be asking about aliens when all other possibilities are exhausted. When we talk about aliens first, we might miss all this amazing information.

As astronomer Carl Sagan said (in his rewording of a principle by French mathematician Pierre-Simon Laplace), “extraordinary claims require extraordinary evidence”. It’s true we can’t completely explain every detail of the comet yet, but not knowing everything is not evidence of aliens.

Embrace the uncertainties

Talking about aliens also leaves room for misinformation to spread.

For example, there have been claims of things such as trajectory shifts and Comet 3I/ATLAS “hiding” behind the Sun. Despite no evidence to support this, I received many questions along these lines when I spoke about the comet online. This demonstrates how easy it is for misinformation to be generated and spread when we’re talking about “aliens”.

There are ways to see the comet while it’s on the other side of the Sun. For example, the European Space Agency plans to observe the comet using the Mars Express, ExoMars Trace Gas Orbiter and the Jupiter Icy Moons Explorer.

And if you’d like to see the trajectory of Comet 3I/ATLAS and find out where it is right now, you can.

There might be something to be learned from poets here. Romantic poet John Keats wrote about something he called “negative capability”. It’s a strange name, but the concept is about being able to sit with “uncertainties, mysteries and doubts” and be content with not knowing.

There’s a lot we don’t know about Comet 3I/ATLAS and about the universe. It wouldn’t be much fun to be an astronomer if we knew everything already. But when there’s something unknown, we humans like to fill that gap.

For astronomy mysteries, the gap tends to be filled with aliens. However, not knowing all the answers is not proof of aliens. It just means that we have work to do.

The Conversation

Laura Nicole Driessen is an ambassador for the Orbit Centre of Imagination at the Rise and Shine Kindergarten, in Sydney’s Inner West.

ref. Is it aliens? Why that’s the least important question about interstellar objects – https://theconversation.com/is-it-aliens-why-thats-the-least-important-question-about-interstellar-objects-268665

Adult ADHD is diagnosed when you are ‘functionally impaired’. But what does that mean?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By David Coghill, Financial Markets Foundation Chair of Developmental Mental Health, The University of Melbourne

Tim Roberts/Getty Images

Attention-deficit hyperactivity disorder (ADHD) is a neurodevelopmental condition that affects around 2.5% of adults and 7% of children. It causes difficulties with attention, impulsivity and hyperactivity.

If unrecognised and untreated, ADHD can significantly impact educational and work achievements, and social and emotional wellbeing. It can also increase the risks of serious accidents and injuries, offending, mental illness and substance abuse.

When accurately identified and appropriately treated, these negative outcomes can be significantly reduced.

But as a recent article in the Medical Journal of Australia highlights, some people struggle to access and afford diagnoses and treatment the disorder.

Meanwhile, some popular social media channels that provide online “tests” for ADHD are sponsored by private clinics that, once you have screened positive, direct you to their sites for an online assessment. This has raised concern about potential over-diagnosis.

So, what is ADHD diagnosis actually based on? A key component is functional impairment. Let’s take a look at what that means.




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Why a brief assessment isn’t enough

In Australia, there are reports of business models where clinics are charging several thousand dollars for a quick, brief online assessment and diagnosis.

These brief assessments don’t comply with evidence-based guidelines and are problematic because they:

  • focus solely on ADHD and don’t attempt to assess other aspects of a person’s difficulties

  • rely heavily on information from the person being assessed and don’t seek the opinions of significant others

  • rely heavily on information about symptoms, gathered through questionnaires, and don’t assess their impact on day-to-day functioning.

This is important because a core requirement for a diagnosis of ADHD is evidence that the:

symptoms must interfere significantly with social, academic, or occupational functioning.

No matter how many symptoms you have, if they’re not having an impact on your day-to-day life, a diagnosis of ADHD shouldn’t be made.

So what is a comprehensive assessment?

To make an accurate diagnosis of ADHD, a comprehensive assessment is needed. This includes a clinical interview to evaluate the current and past presence (or absence) of each of the 18 core ADHD symptoms and associated impairment.

While there are scales such as the Weiss Functional Impairment Rating Scale and the World Health Organisation Disability Assessment Schedule that can aid assessment, these are best used as conversation starters rather than stand-alone tools.

A comprehensive assessment also includes a broader assessment for current mental and physical health problems, developmental history, personal and family mental health, substance use, addiction and, where appropriate, interactions with the justice system.

This interview shouldn’t be conducted as a simple tick-box exercise, with yes and no answers. A detailed interview is needed to explore and identify symptoms, and evaluate their impact on functioning.

It’s also strongly recommended the clinician hears from one or more people who can speak to the person’s childhood and current functioning.

What counts as ‘functional impairment’ is very individual

The diagnostic manuals don’t give detailed accounts of what counts as significant enough impairment to be diagnosed with ADHD.

This has led some commentators to complain that lack of a standardised definition could lead to over-diagnosis.

But the impacts of ADHD are so broad it would be very difficult to formulate a clear, comprehensive and encompassing list of valid impairments.

Such a list would also fail to capture the very personalised nature of these impairments. What is impairing for me may not be for you and vice versa.

So a rigid definition would likely result in missed as well as mis-diagnoses.

How do clinicians determine if someone is impaired?

Clinicians are very used to assessing the impact of symptoms on functioning. They do so for many other mental and physical health conditions, including depression and anxiety.

Research has identified several common themes in ADHD:

  • impaired romantic, peer and professional relationships
  • parenting problems
  • impaired educational and occupational achievements
  • increased accidents and unintentional injuries
  • driving offences
  • broader offending
  • substance use and abuse
  • risky sexual behaviours.

ADHD symptoms are often associated with:

  • emotional dysregulation
  • exhausting levels of mental and physical restlessness
  • low self-esteem
  • fatigue
  • high stress levels.



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One caveat is that some people are receiving a lot of support and scaffolding or have found ways to compensate for their difficulties. Whether or not this should count as impairment depends on the circumstances and requires considerable thought.

However, ADHD shouldn’t be ruled out on the basis of high levels of achievement in certain aspects of life like school or work. A person may be under-achieving relative to their potential, or having to put in extreme levels of effort to keep afloat.

An adult with ADHD, for example, may be excelling at work but by the end of the workday is too exhausted to do anything but sleep. They may also be experiencing impairments in other aspects of their lives that aren’t obvious unless specifically asked about.

Others will present multiple impacts that, when explored, aren’t true functional impairments.

So it’s crucial clinicians drill down into the details until they’re confident that it is or isn’t a genuine impairment related to the core ADHD symptoms.

Clinician training is essential

The skill of accurately assessing impairments in ADHD is not difficult to train or learn. This is done by observing experienced clinicians and practising with structured protocols.

Newly trained clinicians quickly become confident in assessing impairment and there is generally close agreement between different professionals about whether an ADHD diagnosis should be made.

However, few health professionals currently get high-quality training in ADHD either during their core or more advanced training. This must change if we’re going to improve the accuracy of assessment and reduce missed and mis-diagnoses.




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The Conversation

David Coghill has received honoraria from Medice, Novartis, Takeda and Servier and royalties from Oxford University Press and Cambridge University Press. He receives research funding from the National Health and Medical Research Council of Australia, the Australian Medical Research Futures Fund, and the Financial Markets Foundation for Children. He is the President and a director of the Australasian ADHD Professionals Association.

ref. Adult ADHD is diagnosed when you are ‘functionally impaired’. But what does that mean? – https://theconversation.com/adult-adhd-is-diagnosed-when-you-are-functionally-impaired-but-what-does-that-mean-268092

¿Seguimos emigrando? Una fotografía del reciente éxodo español a Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Iria Vázquez Silva, Profesora Ayudante doctora de Sociología, especialista en Estudios de Género, Universidade de Vigo

oatawa/Shutterstock

Han pasado 17 años desde el estallido de la gran crisis de 2008 que provocó, junto a una precariedad laboral galopante, la reciente ola de emigración de jóvenes (y no tan jóvenes) españoles hacia destinos europeos como Francia, Reino Unido o Alemania. Este éxodo difícil de cuantificar quedó retratado en el documental En tierra extraña (2014), de Icíar Bollaín, en el que una generación de españoles puede verse retratada.

Casi dos décadas después nos preguntamos: ¿seguimos emigrando?, ¿adónde?, ¿cuáles son los principales motivos de esta emigración?

Efectivamente, sabemos que la reanudación de la emigración desde España se produce de mano de la más reciente crisis económica entre 2008 y 2014, pero no se extingue en los años de bonanza. Así, tras la interrupción de la movilidad forzada por la pandemia, las salidas migratorias desde España se retoman con fuerza: más de medio millón de personas abandonan España en el año 2022 y unas 600 000 lo hacen en 2023.

Reemigrar para probar suerte

Muchas de estas personas emigrantes son, así mismo, inmigrantes que residían anteriormente en España, personas que reemigran y prueban suerte en un nuevo país europeo (una realidad menos conocida, pero muy relevante). Sin embargo, también hay muchas personas autóctonas españolas que emigran. Estas representan aproximadamente un 20 % del total de las salidas.

¿Y dónde van? Los destinos europeos son los preferidos. Y, dentro de estos, Francia, Reino Unido y Alemania despuntan, colocándose en las primeras posiciones, y representando un tercio de los movimientos.

En cuanto a la composición por sexo, los datos oficiales nos indican que emigran un poco más los hombres que las mujeres, pero no son diferencias de gran magnitud. Su edad media se sitúa en los 36 años, por lo que quizás no son tan jóvenes como se presume: las edades que predominan son las de personas adultas.

Pero ¿cuáles son sus planes? Nuestro trabajo Investigación y retorno de la “nueva emigración española” nos permite profundizar en los proyectos migratorios de la reciente emigración española postpandemia. En este sentido, se pueden detallar dos grupos claramente diferenciados: una parte de esta emigración ha retornado a España, aunque no necesariamente a sus localidades de origen, mientras que otra gran parte continúa anclada en Europa.

Qué ancla a los españoles en otros países

Y de ahí nuestras preguntas: ¿qué países aglutinan hoy esa emigración?, ¿qué explica que la nueva ola migratoria permanezca en Europa?, ¿qué variables de arraigo son fundamentales para comprender la permanencia en los países de destino?

Los motivos de ese anclaje en Europa pueden resumirse en tres tipos:

  • La consolidación de la carrera laboral y económica.

  • Las cuestiones vinculadas al ciclo de vida familiar (por ejemplo, tener pareja e hijos/as en destino).

  • Los motivos que, de un modo más bien involuntario, hacen imposible el regreso a España.

Así, algunas autoras como la socióloga Aleksandra Grzymala-Kazlowska han usado el concepto de “anclaje social” para referirse a cómo las personas emigrantes encuentran puntos de apoyo con el fin de restaurar su estabilidad socio-psicológica en los países de destino.

Su trabajo cuestiona ese perfil individualizado de adultos jóvenes “móviles” en Europa, señalando que esta reciente emigración busca experiencias vitales ancladas, ligadas a las condiciones materiales que moldean las vidas de los migrantes, preocupados principalmente por encontrar un buen empleo a largo plazo, seguridad financiera y estabilidad emocional.

Simplificando, podemos distinguir dos perfiles, aquellos que tienen motivos sólidos para permanecer en destino y los que más bien, a pesar de no tener anclaje en Europa, no encuentran motivos para retornar a España.

Es decir, por una parte encontramos aquellos emigrantes españoles satisfechos con su vida en Europa –a nivel laboral y personal– que han ido estableciéndose de modo permanente en Francia, Reino Unido y Alemania. Y, por otra, los que, aunque desearían regresar a España y no se sienten tan vinculados al país de destino europeo, no pueden materializar el retorno por diferentes razones.

Estas causas pueden ser pérdidas económicas o en derechos sociales, motivos familiares (descendencia y/o parejas mixtas), situaciones económicas vulnerables (por ejemplo, la necesidad de enviar remesas a España) o, por último, la certeza de una difícil integración laboral en España.

The Conversation

Antía Pérez-Caramés ha recibido fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades para la realización dos proyectos de I+D+I de cuyos resultados se inspira este artículo: “La nueva emigración desde España: perfiles, estrategias de movilidad y activismo político transnacional” (CSO2016-80158-R) y “Crisis, dinámicas migratorias y condiciones de vida de la población migrante en España. Análisis comparado de los efectos de la Gran Recesión y la Gran Pandemia” (PID2020-118716RB-I00).

Belén Fernández-Suárez recibe fondos para el proyecto “Digitalización del trabajo y movilidades en Europa: Migraciones de retorno y nomadismo digital (REMOTEWORK, PID2023-148842NB-I00) del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

Alberto Capote Lama y Iria Vázquez Silva no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. ¿Seguimos emigrando? Una fotografía del reciente éxodo español a Europa – https://theconversation.com/seguimos-emigrando-una-fotografia-del-reciente-exodo-espanol-a-europa-264651