Pourquoi l’eau est devenue un enjeu de pouvoir et de sécurité en Afrique

Source: The Conversation – in French – By Anthony Turton, Professor: Centre for Environmental Management, University of the Free State

L’eau est souvent considérée comme allant de soi, lorsque l’on a la chance de la voir couler au robinet. Pourtant, elle est au cœur de la sécurité nationale.

Contrôler l’eau signifie contrôler une ressource essentielle qui permet à l’économie de fonctionner et de rester stable. L’eau soutient l’emploi, les entreprises et les moyens de subsistance. Lorsqu’elle est bien gérée, l’économie des pays est plus forte et plus sûre.




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Je suis un universitaire spécialisé dans l’étude des fleuves transfrontaliers et les questions de sécurité nationale. Ce domaine de recherche étudie le conflit entre le concept juridique d’égalité souveraine (selon lequel tous les pays sont égaux en droit international) et les droits associés aux cours d’eau et aux délimitations frontalières.

Les conflits autour des fleuves, du Chobe et de l’Orange en Afrique australe au Nil dans le nord, montrent que l’accès à l’eau et le contrôle des sources d’eau peuvent déterminer la stabilité sociale, les migrations, les investissements et même les relations internationales.

Comment les changements fluviaux créent des conflits frontaliers

Un bon exemple est celui de la petite île située sur le fleuve Chobe, entre le Botswana et la Namibie. Cette île est appelée Kasikili au Botswana et Sedudu en Namibie. La question de la propriété de l’île est devenue importante après l’indépendance de la Namibie, qui a porté l’affaire devant la Cour internationale de justice en 1996, affirmant que l’île était son territoire depuis toujours.

La Cour a statué contre la Namibie, invoquant la norme internationale qui reconnaît le thalweg du fleuve comme véritable frontière.




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Le thalweg est la partie la plus profonde du lit d’un fleuve. Mais dans les cours d’eau qui évoluent rapidement, ce point le plus profond peut se déplacer au fil du temps, parfois après une seule grande crue. Dans ce cas, l’île se trouvait du côté botswanais du thalweg et appartenait donc au Botswana.

Cette délimitation juridique peut être très contestée, en particulier lorsqu’il s’agit de déterminer quel pays a accès aux ressources minérales des fleuves et de la mer (la délimitation des frontières s’étend jusqu’aux océans au niveau des estuaires).

Un autre exemple est le fleuve Orange, long de 2 200 kilomètres, et plus grand fleuve d’Afrique d’Afrique du Sud. Il traverse quatre pays – le Lesotho, l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie – et en 1890, la frontière entre la Namibie et l’Afrique du Sud a été définie comme suivant la rive namibienne du fleuve (la ligne des hautes eaux) plutôt que le thalweg (ligne médiane).




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La raison pour laquelle cette délimitation frontalière particulière ignore la norme juridique internationale consistant à utiliser le thalweg remonte à l’époque coloniale. À cette époque, des hostilités existaient entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Les autorités britanniques de la colonie du Cap estimaient qu’il était possible d’empêcher l’installation permanente des Allemands en refusant à l’Afrique du Sud-Ouest allemande l’accès à l’approvisionnement fiable en eau du fleuve Orange.

Cette décision était motivée par la sécurité nationale et la perception d’une menace. Dans mes recherches, j’ai souvent observé ce type de situation.

Comment les frontières hydrauliques affectent la sécurité d’un pays

Le contrôle de l’eau est source de sécurité, qui peut prendre de nombreuses formes. Le contrôle des eaux de crue permet de se prémunir contre les inondations et les noyades. La lutte contre les inondations implique généralement la construction d’un ou plusieurs barrages afin de réduire l’ampleur des crues les plus importantes.

Contrôler l’eau stockée dans les barrages signifie que pendant les périodes de sécheresse, la société disposera toujours d’un approvisionnement en eau et pourra continuer à fonctionner normalement. Le contrôle de l’eau génère donc une sécurité qui permet à la société de prospérer.

C’est également une question très controversée, comme on le voit dans le cas du fleuve Nil. Long de 6 650 km, c’est l’un des plus longs fleuves du monde, qui draine 10 % de l’ensemble du continent africain. Onze États riverains – Burundi, République démocratique du Congo, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie et Ouganda – se partagent le Nil. Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne est le dernier en date des nombreux points de discorde.

L’Égypte revendique des droits souverains sur le Nil. Mais cela entre en conflit avec les droits souverains de l’Éthiopie, qui a construit le barrage. L’Égypte a accusé l’Éthiopie d’avoir accaparé cette ressource. La question est complexe sur le plan juridique et délicate sur le plan politique.

L’eau peut également renforcer la sécurité d’un pays, d’une ville ou d’une village. En 2018, Le Cap, en Afrique du Sud, a frôlé une crise du Day Zero (Jour Zéro) qui a fait la une des journaux internationaux. La ville faisait face à la perspective de se retrouver littéralement à court d’eau. Cela s’est produit parce que l’eau de plusieurs cours d’eaux locaux avait été détournée grâce à des transferts entre bassins versants. Ce qui, combiné à la sécheresse, a rendu la ville vulnérable.

Aujourd’hui, la ville a adopté une stratégie durable qui repose sur deux piliers : le recyclage des eaux usées et le développement d’unités de dessalement de l’eau de mer à l’échelle industrielle.

La sécurité nationale dépend de la sécurité de l’approvisionnement en eau

Les êtres humains sont des migrants par nature, ils se déplaceront donc naturellement des zones peu sûres vers des zones plus sûres. Les migrants apportent avec eux du capital : des compétences humaines et des ressources financières.

La gestion de l’eau doit être basée sur les flux naturels des populations. Les mouvements internes de population en Afrique du Sud étaient autrefois contrôlés par une politique appelée « contrôle des flux migratoires ». Cette politique, considérée comme une violation des droits humains, a été rejetée. Elle était au cœur de la lutte armée pour la libération.

Au cours des quarante dernières années, la population a presque triplé, entraînant une migration incontrôlée des zones rurales vers les villes. Ces migrations ont submergé les infrastructures. L’approvisionnement en eau et l’assainissement n’ont pas suivi le rythme, créant une nouvelle forme de crise de sécurité nationale.

Des capitaux sont nécessaires pour créer des emplois et assurer la stabilité sociale d’une population marquée par les migrations. Mais les investisseurs sont de moins en moins disposés à s’implanter dans des régions submergées par des migrations qui dépassent les capacités des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

Nous pouvons ainsi constater que la sécurité nationale dépend de la sécurité de l’approvisionnement en eau, car la stabilité sociale et le bien-être économique sont directement liés aux flux de personnes possédant des compétences et des capitaux. Il est essentiel de considérer l’eau comme un risque pour la sécurité nationale afin de mettre en place les réformes politiques nécessaires pour créer les conditions propices à l’épanouissement des êtres humains. Les capitaux affluent toujours vers les endroits où les gens peuvent s’épanouir. La politique de l’eau soit s’aligner sur cette simple réalité.

The Conversation

Anthony Turton est aujourd’hui à la retraite, mais il a par le passé reçu des financements de la Water Research Commission, du ministère suédois des Affaires étrangères, de Green Cross International et de la FAO.

ref. Pourquoi l’eau est devenue un enjeu de pouvoir et de sécurité en Afrique – https://theconversation.com/pourquoi-leau-est-devenue-un-enjeu-de-pouvoir-et-de-securite-en-afrique-270187

« Les Dents de la mer » : genèse d’une bande originale mythique

Source: The Conversation – France (in French) – By Jared Bahir Browsh, Assistant Teaching Professor of Critical Sports Studies, University of Colorado Boulder

Pour beaucoup d’historiens du cinéma, le film _Les Dents de la mer_ (1975) fut le premier blockbuster. Steve Kagan/Getty Images

La séquence de deux notes légendaires, qui fait monter la tension dans « les Dents de la mer », géniale trouvaille du compositeur John Williams, trouve son origine dans la musique classique du début du XXᵉ siècle, mais aussi chez Mickey Mouse et chez Hitchcock.


Depuis les Dents de la mer, deux petites notes qui se suivent et se répètent – mi, fa, mi, fa – sont devenues synonymes de tension, et suscitent dans l’imaginaire collectif la terreur primitive d’être traqué par un prédateur, en l’occurrence un requin sanguinaire.

Il y a cinquante ans, le film à succès de Steven Spielberg – accompagné de sa bande originale composée par John Williams – a convaincu des générations de nageurs de réfléchir à deux fois avant de se jeter à l’eau.

En tant que spécialiste de l’histoire des médias et de la culture populaire, j’ai décidé d’approfondir la question de la longévité de cette séquence de deux notes et j’ai découvert qu’elle était l’héritage direct de la musique classique du XIXe siècle, mais qu’elle a aussi des liens avec Mickey Mouse et le cinéma d’Alfred Hitchcock.

Lorsque John Williams a proposé un thème à deux notes pour les Dents de la mer, Steven Spielberg a d’abord pensé qu’il s’agissait d’une blague.

Le premier blockbuster estival de l’histoire

En 1964, le pêcheur Frank Mundus tue un grand requin blanc de deux tonnes au large de Long Island au nord-est des États-Unis.

Après avoir entendu cette histoire, le journaliste indépendant Peter Benchley se met à écrire un roman qui raconte comment trois hommes tentent de capturer un requin mangeur d’hommes, en s’inspirant de Mundus pour créer le personnage de Quint. La maison d’édition Doubleday signe un contrat avec Benchley et, en 1973, les producteurs d’Universal Studios, Richard D. Zanuck et David Brown, achètent les droits cinématographiques du roman avant même sa publication. Spielberg, alors âgé de 26 ans, est engagé pour réaliser le film.

Exploitant les peurs à la fois fantasmées et réelles liées aux grands requins blancs – notamment une série tristement célèbre d’attaques de requins le long de la côte du New Jersey en 1916 –, le roman de Benchley publié en 1974, devient un best-seller. Le livre a joué un rôle clé dans la campagne marketing d’Universal, qui a débuté plusieurs mois avant la sortie du film.

À partir de l’automne 1974, Zanuck, Brown et Benchley participent à plusieurs émissions de radio et de télévision afin de promouvoir simultanément la sortie de l’édition de poche du roman et celle à venir du film. La campagne marketing comprend également une campagne publicitaire nationale à la télévision qui met en avant le thème à deux notes du compositeur émergent John Williams. Le film devait sortir en été, une période qui, à l’époque, était réservée aux films dont les critiques n’étaient pas très élogieuses.

Les publicités télévisées faisant la promotion du film mettaient en avant le thème à deux notes de John Williams.

À l’époque, les films étaient généralement distribués petit à petit, après avoir fait l’objet de critiques locales. Cependant, la décision d’Universal de sortir le film dans des centaines de salles à travers le pays, le 20 juin 1975, a généré d’énormes profits, déclenchant une série de quatorze semaines en tête du box-office américain.

Beaucoup considèrent les Dents de la mer comme le premier véritable blockbuster estival. Le film a propulsé Spielberg vers la célébrité et marqué le début d’une longue collaboration entre le réalisateur et Williams, qui allait remporter le deuxième plus grand nombre de nominations aux Oscars de l’histoire, avec 54 nominations, derrière Walt Disney et ses 59 nominations.

Le cœur battant du film

Bien qu’elle soit aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes musiques de l’histoire du cinéma, lorsque Williams a proposé son thème à deux notes, Spielberg a d’abord pensé qu’il s’agissait d’une blague.

Mais Williams s’était inspiré de compositeurs des XIXe et XXe siècles, notamment Claude Debussy (1862-1918), Igor Stravinsky (1882-1971) et surtout de la Symphonie n° 9 (1893), d’Antonin Dvorak (1841-1904), dite Symphonie du Nouveau Monde. Dans le thème des Dents de la mer, on peut entendre des échos de la fin de la symphonie de Dvorak, et reconnaître l’emprunt à une autre œuvre musicale, Pierre et le Loup (1936), de Sergueï Prokofiev.

Pierre et le Loup et la bande originale des Dents de la mer sont deux excellents exemples de leitmotivs, c’est-à-dire de morceaux de musique qui représentent un lieu ou un personnage.

Le rythme variable de l’ostinato – un motif musical qui se répète – suscite des émotions et une peur de plus en plus intenses. Ce thème est devenu fondamental lorsque Spielberg et son équipe technique ont dû faire face à des problèmes techniques avec les requins pneumatiques. En raison de ces problèmes, le requin n’apparaît qu’à la 81ᵉ minute du film qui en compte 124. Mais sa présence se fait sentir à travers le thème musical de Williams qui, selon certains experts musicaux, évoque les battements du cœur du requin.

Un faux requin émergeant et attaquant un acteur sur le pont d’un bateau de pêche
Pendant le tournage, des problèmes avec le requin mécanique ont contraint Steven Spielberg à s’appuyer davantage sur la musique du film.
Screen Archives/Moviepix/Getty Images

Des sons pour manipuler les émotions

Williams doit également remercier Disney d’avoir révolutionné la musique axée sur les personnages dans les films. Les deux hommes ne partagent pas seulement une vitrine remplie de trophées. Ils ont également compris comment la musique peut intensifier les émotions et amplifier l’action.

Bien que sa carrière ait débuté à l’époque du cinéma muet, Disney est devenu un titan du cinéma, puis des médias, en tirant parti du son pour créer l’une des plus grandes stars de l’histoire des médias, Mickey Mouse.

Lorsque Disney vit le Chanteur de jazz en 1927, il comprit que le son serait l’avenir du cinéma.

Le 18 novembre 1928, Steamboat Willie fut présenté en avant-première au Colony Theater d’Universal à New York. Il s’agissait du premier film d’animation de Disney à intégrer un son synchronisé avec les images.

Contrairement aux précédentes tentatives d’introduction du son dans les films en utilisant des tourne-disques ou en faisant jouer des musiciens en direct dans la salle, Disney a utilisé une technologie qui permettait d’enregistrer le son directement sur la bobine de film. Ce n’était pas le premier film d’animation avec son synchronisé, mais il s’agissait d’une amélioration technique par rapport aux tentatives précédentes, et Steamboat Willie est devenu un succès international, lançant la carrière de Mickey et celle de Disney.

L’utilisation de la musique ou du son pour accompagner le rythme des personnages à l’écran fut baptisée « mickeymousing ».

En 1933, King Kong utilisait habilement le mickeymousing dans un film d’action réelle, avec une musique calquée sur les états d’âme du gorille géant. Par exemple, dans une scène, Kong emporte Ann Darrow, interprétée par l’actrice Fay Wray. Le compositeur Max Steiner utilise des tonalités plus légères pour traduire la curiosité de Kong lorsqu’il tient Ann, suivies de tonalités plus rapides et inquiétantes lorsque Ann s’échappe et que Kong la poursuit. Ce faisant, Steiner encourage les spectateurs à la fois à craindre et à s’identifier à la bête tout au long du film, les aidant ainsi à suspendre leur incrédulité et à entrer dans un monde fantastique.

Le mickeymousing a perdu de sa popularité après la Seconde Guerre mondiale. De nombreux cinéastes le considéraient comme enfantin et trop simpliste pour une industrie cinématographique en pleine évolution et en plein essor.

Les vertus du minimalisme

Malgré ces critiques, cette technique a tout de même été utilisée pour accompagner certaines scènes emblématiques, avec, par exemple, les violons frénétiques qui accompagne la scène de la douche dans Psychose (1960), d’Alfred Hitchcock, dans laquelle Marion Crane se fait poignarder.

Spielberg idolâtrait Hitchcock. Le jeune Spielberg a même été expulsé des studios Universal après s’y être faufilé pour assister au tournage du Rideau déchiré, en 1966.

Bien qu’Hitchcock et Spielberg ne se soient jamais rencontrés, les Dents de la mer sont sous l’influence d’Hitchcock, le « maître du suspense ». C’est peut-être pour cette raison que Spielberg a finalement surmonté ses doutes quant à l’utilisation d’un élément aussi simple pour représenter la tension dans un thriller.

Un jeune homme aux cheveux mi-longs parle au téléphone devant l’image d’un requin à la gueule ouverte
Steven Spielberg n’avait que 26 ans lorsqu’il a signé pour réaliser les Dents de la mer.
Universal/Getty Images

L’utilisation du motif à deux notes a ainsi permis à Spielberg de surmonter les problèmes de production rencontrés lors de la réalisation du premier long métrage tourné en mer. Le dysfonctionnement du requin animatronique a contraint Spielberg à exploiter le thème minimaliste de Williams pour suggérer la présence inquiétante du requin, malgré les apparitions limitées de la star prédatrice.

Au cours de sa carrière légendaire, Williams a utilisé un motif sonore similaire pour certains personnages de Star Wars. Chaque fois que Dark Vador apparaissait, la « Marche impériale » était jouée pour mieux souligner la présence du chef du côté obscur.

Alors que les budgets des films avoisinent désormais un demi-milliard de dollars (plus de 434 millions d’euros), le thème des Dents de la mer – comme la façon dont ces deux  notes suscitent la tension – nous rappelle que dans le cinéma, parfois, le minimalisme peut faire des merveilles.

The Conversation

Jared Bahir Browsh ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Les Dents de la mer » : genèse d’une bande originale mythique – https://theconversation.com/les-dents-de-la-mer-genese-dune-bande-originale-mythique-268947

Affaire Epstein et MAGA : comprendre le calcul politique derrière le revirement de Trump

Source: The Conversation – France in French (3) – By Alex Hinton, Distinguished Professor of Anthropology; Director, Center for the Study of Genocide and Human Rights, Rutgers University – Newark

Avec le dernier revirement du président Donald Trump concernant la divulgation des éléments d’enquête de l’affaire Jeffrey Epstein détenus par le ministère américain de la justice – revirement, puisqu’après s’y être opposé, l’hôte de la Maison Blanche s’y déclare aujourd’hui favorable –, les partisans de MAGA pourraient enfin avoir accès aux documents qu’ils attendent depuis longtemps. Dans l’après-midi du 18 novembre 2025, la Chambre a voté à une écrasante majorité en faveur de leur divulgation, un seul républicain ayant voté contre la mesure. Plus tard dans la journée, le Sénat a approuvé à l’unanimité l’adoption de la mesure, ensuite transmise au président pour signature.

Naomi Schalit, notre collègue du service politique de « The Conversation » aux États-Unis, s’est entretenue avec Alex Hinton, qui étudie le mouvement MAGA depuis des années, au sujet de l’intérêt soutenu des républicains du mouvement Make America Great Again pour l’affaire Jeffrey Epstein, accusé de trafic sexuel d’enfants. Hinton explique comment cet intérêt s’accorde avec ce qu’il connaît du noyau dur des partisans de Trump.


The Conversation : Vous êtes un expert du mouvement MAGA. Comment avez-vous constitué vos connaissances en la matière ?

Alex Hinton : Je suis anthropologue culturel, et notre travail consiste à mener des recherches sur le terrain. Nous allons là où les personnes que nous étudions vivent, agissent et parlent. Nous observons, nous passons du temps avec elles et nous voyons ce qui se passe. Nous écoutons, puis nous analysons ce que nous entendons. Nous essayons de comprendre les systèmes de signification qui structurent le groupe que nous étudions. Et puis, bien sûr, il y a les entretiens.

Un homme en costume, entouré d’une foule, se tient devant un pupitre recouvert de microphones sur lequel est inscrit « EPSTEIN FILES TRANSPARENCY ACT » (loi sur la transparence des dossiers Epstein)
Le représentant états-unien Thomas Massie, républicain du Texas, s’exprime lors d’une conférence de presse aux côtés de victimes présumées de Jeffrey Epstein, au Capitole américain, le 3 septembre 2025.
Bryan Dozier/Middle East Images/AFP/Getty Images

Il semble que les partisans inconditionnels de Trump, les MAGA, soient très préoccupés par divers aspects de l’affaire Epstein, notamment la divulgation de documents détenus par le gouvernement des États-Unis. Sont-ils réellement préoccupés par cette affaire ?

A. H. : La réponse est oui, mais elle comporte aussi une sorte de « non » implicite. Il faut commencer par se demander ce qu’est le mouvement MAGA.

Je le perçois comme ce que l’on appelle en anthropologie un « mouvement nativiste », centré sur les « habitants du pays ». C’est là que prend racine le discours « America First ».

C’est aussi un mouvement xénophobe, marqué par la peur des étrangers, des envahisseurs. C’est un mouvement populiste, c’est-à-dire tourné vers « le peuple ».

Tucker Carlson a interviewé Marjorie Taylor Greene, et il a déclaré : « « Je vais passer en revue les cinq piliers du MAGA. » Il s’agissait de l’Amérique d’abord, pilier absolument central ; des frontières – qu’il faut sécuriser ; du rejet du mondialisme, ou du constat de l’échec de la mondialisation ; de la liberté d’expression ; et de la fin des guerres à l’étranger. J’ajouterais l’insistance sur « Nous, le peuple », opposé aux élites.

Chacun de ces piliers est étroitement lié à une dynamique clé du mouvement MAGA, à savoir la théorie du complot. Et ces théories du complot sont en général anti-élites et opposant « Nous, le peuple » à ces dernières.

Et si l’on prend l’affaire Epstein, on constate qu’elle fait converger de nombreuses théories du complot : Stop the Steal, The Big Lie, la « guerre juridique », l’« État profond », la théorie du remplacement. Epstein touche à tous ces thèmes : l’idée d’une conspiration des élites agissant contre les intérêts du peuple, avec parfois une tonalité antisémite. Et surtout, si l’on revient au Pizzagate en 2016, où la théorie affirmait que des élites démocrates se livraient à des activités « démoniaques » de trafic sexuel, Epstein est perçu comme la preuve concrète de ces accusations.

Une sorte de fourre-tout où Epstein est le plus souvent impliqué qu’autre chose ?

A. H. : On le retrouve partout. Présent dès le début, car il fait partie de l’élite et qu’on pense qu’il se livrait au trafic sexuel. Et puis il y a les soupçons envers un « État profond », envers le gouvernement, qui nourrissent l’idée de dissimulations. Que promettait MAGA ? Trump a dit : « Nous allons vous donner ce que vous voulez », n’est-ce pas ? Kash Patel, Pam Bondi, tout le monde disait que tout serait dévoilé. Et, à y regarder de plus près, cela ressemble fortement à une dissimulation.

Mais en fin de compte, beaucoup de membres de MAGA ont compris qu’il fallait rester fidèles à Trump. Dire qu’il n’y a pas de MAGA sans Trump serait peut-être excessif. S’il n’y a certainement pas de trumpisme sans Trump, le MAGA sans Trump serait comme le Tea Party : le mouvement disparaîtrait tout simplement.

La base MAGA soutient Trump plus que les républicains traditionnels sur ce sujet. Je ne pense donc pas que cela provoquera une rupture, même si cela crée des tensions. Et on voit bien en ce moment que Trump traverse certaines tensions.

Une femme blonde coiffée d’un bonnet rouge parle devant un micro tandis qu’un homme en costume se tient derrière elle, avec des drapeaux américains en arrière-plan
Le président Donald Trump et la représentante Marjorie Taylor Greene, qui le soutenait de longue date et qui est devenue persona non grata à la suite de la publication des dossiers Epstein.
Elijah Nouvelage/AFP Getty Images

La rupture que nous observons est celle de Trump avec l’une de ses principales partisanes du MAGA, l’élue républicaine de Géorgie Marjorie Taylor Greene, et non celle de la partisane du MAGA avec Trump.

Avec Greene, sa relation avec Trump ressemble parfois à un yo-yo : tensions, séparation, puis réconciliation. Avec Elon Musk c’était un peu la même chose. Une rupture, puis un retour en arrière – comme Musk l’a fait. Je ne pense pas que cela annonce une fracture plus large au sein de MAGA.

Il semble que Trump ait fait volte-face au sujet de la publication des documents afin que le mouvement MAGA n’ait pas à rompre avec lui.

A. H. : C’est tout à fait vrai. Trump est extrêmement habile pour retourner n’importe quelle histoire à son avantage. Il est un peu comme un joueur d’échecs
– sauf quand il laisse échapper quelque chose – avec toujours deux coups d’avance, et, d’une certaine manière, nous sommes toujours en retard. C’est impressionnant.

Il y a une autre dimension de la mouvance MAGA : l’idée qu’il ne faut pas « contrarier le patron ». C’est une forme d’attachement excessif à Trump, et personne ne le contredit. Si vous vous écartez de la ligne, vous savez ce qui peut arriver – regardez Marjorie Taylor Greene. Vous risquez d’être éliminé lors des primaires.

Trump a probablement joué un coup stratégique brillant, en déclarant soudainement : « Je suis tout à fait favorable à sa divulgation. Ce sont en réalité les démocrates qui sont ces élites maléfiques, et maintenant nous allons enquêter sur Bill Clinton et les autres. » Il reprend le contrôle du récit, il sait parfaitement comment faire, et c’est intentionnel. On peut dire ce qu’on veut, mais Trump est charismatique, et il connaît très bien l’effet qu’il produit sur les foules. Ne le sous-estimez jamais.

Le mouvement MAGA se soucie-t-il des filles qui ont été victimes d’abus sexuels ?

A. H. : Il existe une réelle inquiétude, notamment parmi les chrétiens fervents du mouvement MAGA, pour qui le trafic sexuel est un sujet central.

Si l’on considère les principes de moralité chrétienne, cela renvoie aussi à des notions d’innocence, d’attaque par des forces « démoniaques », et d’agression contre « Nous, le peuple » de la part des élites. C’est une violation profonde, et, bien sûr, qui ne serait pas horrifié par l’idée de trafic sexuel ? Mais dans les cercles chrétiens, ce sujet est particulièrement important.

The Conversation

Alex Hinton a reçu des financements du Rutgers-Newark Sheila Y. Oliver Center for Politics and Race in America, du Rutgers Research Council et de la Henry Frank Guggenheim Foundation.

ref. Affaire Epstein et MAGA : comprendre le calcul politique derrière le revirement de Trump – https://theconversation.com/affaire-epstein-et-maga-comprendre-le-calcul-politique-derriere-le-revirement-de-trump-270310

Comment le revirement de Trump dans l’affaire Epstein éclaire les ressorts profonds du mouvement MAGA

Source: The Conversation – France in French (3) – By Alex Hinton, Distinguished Professor of Anthropology; Director, Center for the Study of Genocide and Human Rights, Rutgers University – Newark

Avec le dernier revirement du président Donald Trump concernant la divulgation des éléments d’enquête de l’affaire Jeffrey Epstein détenus par le ministère américain de la justice – revirement, puisqu’après s’y être opposé, l’hôte de la Maison Blanche s’y déclare aujourd’hui favorable –, les partisans de MAGA pourraient enfin avoir accès aux documents qu’ils attendent depuis longtemps. Dans l’après-midi du 18 novembre 2025, la Chambre a voté à une écrasante majorité en faveur de leur divulgation, un seul républicain ayant voté contre la mesure. Plus tard dans la journée, le Sénat a approuvé à l’unanimité l’adoption de la mesure, ensuite transmise au président pour signature.

Naomi Schalit, notre collègue du service politique de « The Conversation » aux États-Unis, s’est entretenue avec Alex Hinton, qui étudie le mouvement MAGA depuis des années, au sujet de l’intérêt soutenu des républicains du mouvement Make America Great Again pour l’affaire Jeffrey Epstein, accusé de trafic sexuel d’enfants. Hinton explique comment cet intérêt s’accorde avec ce qu’il connaît du noyau dur des partisans de Trump.


The Conversation : Vous êtes un expert du mouvement MAGA. Comment avez-vous constitué vos connaissances en la matière ?

Alex Hinton : Je suis anthropologue culturel, et notre travail consiste à mener des recherches sur le terrain. Nous allons là où les personnes que nous étudions vivent, agissent et parlent. Nous observons, nous passons du temps avec elles et nous voyons ce qui se passe. Nous écoutons, puis nous analysons ce que nous entendons. Nous essayons de comprendre les systèmes de signification qui structurent le groupe que nous étudions. Et puis, bien sûr, il y a les entretiens.

Un homme en costume, entouré d’une foule, se tient devant un pupitre recouvert de microphones sur lequel est inscrit « EPSTEIN FILES TRANSPARENCY ACT » (loi sur la transparence des dossiers Epstein)
Le représentant états-unien Thomas Massie, républicain du Texas, s’exprime lors d’une conférence de presse aux côtés de victimes présumées de Jeffrey Epstein, au Capitole américain, le 3 septembre 2025.
Bryan Dozier/Middle East Images/AFP/Getty Images

Il semble que les partisans inconditionnels de Trump, les MAGA, soient très préoccupés par divers aspects de l’affaire Epstein, notamment la divulgation de documents détenus par le gouvernement des États-Unis. Sont-ils réellement préoccupés par cette affaire ?

A. H. : La réponse est oui, mais elle comporte aussi une sorte de « non » implicite. Il faut commencer par se demander ce qu’est le mouvement MAGA.

Je le perçois comme ce que l’on appelle en anthropologie un « mouvement nativiste », centré sur les « habitants du pays ». C’est là que prend racine le discours « America First ».

C’est aussi un mouvement xénophobe, marqué par la peur des étrangers, des envahisseurs. C’est un mouvement populiste, c’est-à-dire tourné vers « le peuple ».

Tucker Carlson a interviewé Marjorie Taylor Greene, et il a déclaré : « « Je vais passer en revue les cinq piliers du MAGA. » Il s’agissait de l’Amérique d’abord, pilier absolument central ; des frontières – qu’il faut sécuriser ; du rejet du mondialisme, ou du constat de l’échec de la mondialisation ; de la liberté d’expression ; et de la fin des guerres à l’étranger. J’ajouterais l’insistance sur « Nous, le peuple », opposé aux élites.

Chacun de ces piliers est étroitement lié à une dynamique clé du mouvement MAGA, à savoir la théorie du complot. Et ces théories du complot sont en général anti-élites et opposant « Nous, le peuple » à ces dernières.

Et si l’on prend l’affaire Epstein, on constate qu’elle fait converger de nombreuses théories du complot : Stop the Steal, The Big Lie, la « guerre juridique », l’« État profond », la théorie du remplacement. Epstein touche à tous ces thèmes : l’idée d’une conspiration des élites agissant contre les intérêts du peuple, avec parfois une tonalité antisémite. Et surtout, si l’on revient au Pizzagate en 2016, où la théorie affirmait que des élites démocrates se livraient à des activités « démoniaques » de trafic sexuel, Epstein est perçu comme la preuve concrète de ces accusations.

Une sorte de fourre-tout où Epstein est le plus souvent impliqué qu’autre chose ?

A. H. : On le retrouve partout. Présent dès le début, car il fait partie de l’élite et qu’on pense qu’il se livrait au trafic sexuel. Et puis il y a les soupçons envers un « État profond », envers le gouvernement, qui nourrissent l’idée de dissimulations. Que promettait MAGA ? Trump a dit : « Nous allons vous donner ce que vous voulez », n’est-ce pas ? Kash Patel, Pam Bondi, tout le monde disait que tout serait dévoilé. Et, à y regarder de plus près, cela ressemble fortement à une dissimulation.

Mais en fin de compte, beaucoup de membres de MAGA ont compris qu’il fallait rester fidèles à Trump. Dire qu’il n’y a pas de MAGA sans Trump serait peut-être excessif. S’il n’y a certainement pas de trumpisme sans Trump, le MAGA sans Trump serait comme le Tea Party : le mouvement disparaîtrait tout simplement.

La base MAGA soutient Trump plus que les républicains traditionnels sur ce sujet. Je ne pense donc pas que cela provoquera une rupture, même si cela crée des tensions. Et on voit bien en ce moment que Trump traverse certaines tensions.

Une femme blonde coiffée d’un bonnet rouge parle devant un micro tandis qu’un homme en costume se tient derrière elle, avec des drapeaux américains en arrière-plan
Le président Donald Trump et la représentante Marjorie Taylor Greene, qui le soutenait de longue date et qui est devenue persona non grata à la suite de la publication des dossiers Epstein.
Elijah Nouvelage/AFP Getty Images

La rupture que nous observons est celle de Trump avec l’une de ses principales partisanes du MAGA, l’élue républicaine de Géorgie Marjorie Taylor Greene, et non celle de la partisane du MAGA avec Trump.

Avec Greene, sa relation avec Trump ressemble parfois à un yo-yo : tensions, séparation, puis réconciliation. Avec Elon Musk c’était un peu la même chose. Une rupture, puis un retour en arrière – comme Musk l’a fait. Je ne pense pas que cela annonce une fracture plus large au sein de MAGA.

Il semble que Trump ait fait volte-face au sujet de la publication des documents afin que le mouvement MAGA n’ait pas à rompre avec lui.

A. H. : C’est tout à fait vrai. Trump est extrêmement habile pour retourner n’importe quelle histoire à son avantage. Il est un peu comme un joueur d’échecs
– sauf quand il laisse échapper quelque chose – avec toujours deux coups d’avance, et, d’une certaine manière, nous sommes toujours en retard. C’est impressionnant.

Il y a une autre dimension de la mouvance MAGA : l’idée qu’il ne faut pas « contrarier le patron ». C’est une forme d’attachement excessif à Trump, et personne ne le contredit. Si vous vous écartez de la ligne, vous savez ce qui peut arriver – regardez Marjorie Taylor Greene. Vous risquez d’être éliminé lors des primaires.

Trump a probablement joué un coup stratégique brillant, en déclarant soudainement : « Je suis tout à fait favorable à sa divulgation. Ce sont en réalité les démocrates qui sont ces élites maléfiques, et maintenant nous allons enquêter sur Bill Clinton et les autres. » Il reprend le contrôle du récit, il sait parfaitement comment faire, et c’est intentionnel. On peut dire ce qu’on veut, mais Trump est charismatique, et il connaît très bien l’effet qu’il produit sur les foules. Ne le sous-estimez jamais.

Le mouvement MAGA se soucie-t-il des filles qui ont été victimes d’abus sexuels ?

A. H. : Il existe une réelle inquiétude, notamment parmi les chrétiens fervents du mouvement MAGA, pour qui le trafic sexuel est un sujet central.

Si l’on considère les principes de moralité chrétienne, cela renvoie aussi à des notions d’innocence, d’attaque par des forces « démoniaques », et d’agression contre « Nous, le peuple » de la part des élites. C’est une violation profonde, et, bien sûr, qui ne serait pas horrifié par l’idée de trafic sexuel ? Mais dans les cercles chrétiens, ce sujet est particulièrement important.

The Conversation

Alex Hinton a reçu des financements du Rutgers-Newark Sheila Y. Oliver Center for Politics and Race in America, du Rutgers Research Council et de la Henry Frank Guggenheim Foundation.

ref. Comment le revirement de Trump dans l’affaire Epstein éclaire les ressorts profonds du mouvement MAGA – https://theconversation.com/comment-le-revirement-de-trump-dans-laffaire-epstein-eclaire-les-ressorts-profonds-du-mouvement-maga-270310

The world’s coolest streets this year

Source: Radio New Zealand

Hitting the streets is a great way to catch a city’s real pulse — drifting through indie stores, ducking into coffee shops or grabbing a barstool somewhere lively.

As global listing guide Time Out puts it, a city’s streets are where you’ll find “local life at its most authentic.”

That idea powers the magazine’s annual “coolest streets” list – a global roundup of walkways, alleys and other urban arteries.

An ancient-looking shopfront on a paved street is illuminated and surrounded by pot plants.

Fanghua Street in Chengdu, China, is number 4 on Time Out’s round-up, described as the “city’s go-to strip for people-watching.”

Nicole-Marie Ng / Courtesy of Time Out

– Published by EveningReport.nz and AsiaPacificReport.nz, see: MIL OSI in partnership with Radio New Zealand

No support as Kiwi disabled delegates flee COP30 fire in Brazil

Source: Radio New Zealand

This screen grab taken from AFPTV video footage shows emergency crews battling a fire that broke out at a pavilion inside the venue of the COP30 UN Climate Change Conference in Belem, Para state, Brazil, on November 20, 2025. A fire erupted at a pavilion inside the venue of the UN's climate talks in Brazil on Thursday, prompting panicked delegates to run for the exits, AFP journalists said. Emergency crews rushed to try to put out the blaze as smoke engulfed the corridor. (Photo by AFPTV / AFP)

This screen grab shows emergency crews battling a fire that broke out at a pavilion at the COP30 UN Climate Change Conference in Belem, in Brazil, on November 20, 2025. Photo: AFP / AFPTV

A New Zealand disability advocate caught up in the fire at the annual COP climate meeting in Brazil says she and her group were left to fend for themselves.

The fire took hold in a pavilion area while negotiations were still underway, forcing the evacuation of thousands of delegates from the venue.

There were no casualties but at least 13 people have been treated for smoke inhalation.

A fire burns in a pavilion during the COP30 UN Climate Change Conference in Belem, Para state, Brazil, on November 20, 2025. A fire erupted at a pavilion inside the venue of the UN's climate talks in Brazil on Thursday, prompting panicked delegates to run for the exits, AFP journalists said. Emergency crews rushed to try to put out the blaze as smoke engulfed the corridor. (Photo by JACQUELINE LISBOA / AFP)

Photo: AFP / Jacqueline Lisboa

Kera Sherwood-O’Regan (Ngāi Tahu) is at COP30 representing the New Zealand Disabled Persons Assembly and her hapu, Te Rūnanga o Moeraki.

She was in a building next to the area where fire broke out but said there was no alarm or other alert.

“A lot of people initially thought, ‘Oh is this a protest?'”

Many in her group had disabilities so they decided not to take any chances, she said.

“We’re very conscious that oftentimes in emergency situations we really do get left behind and that’s why we’re here at the COP advocating.

“We made our way to one of the side doors to get outside and soon after that there was a massive influx of everybody getting out.”

A worker runs carrying a fire extinguisher toward a pavilion after a fire broke out during the COP30 UN Climate Change Conference in Belem, Para state, Brazil on November 20, 2025. A fire erupted at a pavilion inside the venue of the UN's climate talks in Brazil on Thursday, prompting panicked delegates to run for the exits, AFP journalists said. Emergency crews rushed to try to put out the blaze as smoke engulfed the corridor. (Photo by Pablo PORCIUNCULA / AFP)

A worker runs with a fire extinguisher toward a pavilion after a fire broke out. Photo: AFP / Pablo Porciuncula

At that point there was still no official information and people were instead coordinating in group chats, she said.

“There wasn’t a single clear alarm system, there was no signage on the screens or anything. People were really confused.”

Later she saw footage of the fire close to an area where she had spoken the day before.

“I received … a video of flames which were just floor to ceiling, over in the pavilions area … so that was obviously quite frightening for us.”

The UN body that oversees the COP talks said there had been “limited damage” but the site would reopen no sooner than 8pm (12pm Friday NZT).

The fire took place as ministers were deep in negotiations aimed at breaking a deadlock over fossil fuels, climate finance and trade measures, with one day left in the two-week conference.

-RNZ / AFP

– Published by EveningReport.nz and AsiaPacificReport.nz, see: MIL OSI in partnership with Radio New Zealand

Kids who count on their fingers do better at maths

Source: Radio New Zealand

If you ask a small child a simple maths question, such as 4+2, they may count on their fingers to work it out.

Should we encourage young children to do this?

This seemingly simple question is surprisingly complex to answer.

An adult hand rests against a child hand.

Parents can show preschoolers how they can use their fingers to represent numbers.

Hrant Khachatryan / Unsplash

– Published by EveningReport.nz and AsiaPacificReport.nz, see: MIL OSI in partnership with Radio New Zealand

The world’s new US$125 billion rainforest trust fund revives a 1990s idea – and shows its limits

Source: The Conversation – UK – By Nick Bernards, Associate Professor of Global Sustainable Development, University of Warwick

A US$125 billion rainforest fund is being hailed as a flagship announcement from the 2025 UN climate summit in Belém, Brazil. The goal is noble: this is essentially a trust fund that will pay countries to keep their tropical forests standing. But its core idea was tried 30 years ago, and the results weren’t great.

Brazilian president Luiz Inàcio Lula da Silva suggests the so-called Tropical Forests Forever Facility (TFFF) is innovative because it is “an investment fund, not a donation mechanism”. This, in theory, means investors can benefit too, providing a long-term stability that isn’t affected by political cycles.

Turning to private markets is not in itself all that innovative. But years of efforts to mobilise private finance for climate action have routinely failed to attract sufficient investment.

The reasons for this are pretty simple. Many necessary activities simply aren’t “good” investments. Even commercial renewable energy projects often struggle to offer returns high enough to compete with other assets.

All of these problems are particularly pronounced for forest conservation. There aren’t many ways to generate income by leaving forests alone, and clearing them for timber or agriculture is generally more profitable. Indeed, this is one of the key drivers of deforestation in the first place.

Aerial view of deforested patch of forest
Drone footage of illegally deforested land in Mato Grosso, Brazil.
PARALAXIS / shutterstock

Back to the future?

The TFFF is designed to work around these constraints. Rather than investing directly in conservation projects, it functions like a large endowment or trust fund. It aims to raise US$25 billion in “sponsor capital” from government and philanthropic donors.

Brazil has pledged US$1 billion. Norway followed suit, promising about US$3 billion. The fund also plans to sell US$100 billion in bonds to private investors.

Eventually, the full US$125 billion will be invested in financial markets. After paying interest to investors and sponsors, the remaining returns will be used to pay participating countries around US$4 per hectare of standing tropical forest, minus penalties for forest loss.

By separating investors’ returns from conservation success, the TFFF does potentially create a more appealing offer for private investors than previous climate finance schemes.

However, this model has been tried before.

Trust funds for conservation

In the early 1990s, around the time of the first global negotiations on climate change, the World Bank’s Global Environment Facility financed a trust fund for biodiversity conservation in the Himalayan kingdom of Bhutan. It was followed by similar projects in Uganda, Mexico, Peru, Brazil, and Poland, Slovakia and Ukraine.

These funds were justified in terms very similar to Lula’s pitch for the TFFF. Private finance was needed, wrote one World Bank official in 1993, “because it is impossible to predict whether the current ‘boom’ in international [government] financing for conservation will last”.

Yet evaluations of these conservation trust funds highlighted recurring problems.

Returns on investment were often lower than anticipated, delaying projects sometimes by years, including the very first one in Bhutan. (And quite how much revenue the TFFF’s investments will actually generate is uncertain.)

The money was tied up in investments and only a small amount was available for conservation. And, while a trust fund can generate a steady trickle of revenue to pay operating costs, it’s much harder to use this model to start new projects.

furry monkeys on branch
The endangered golden langur exists only in Bhutan and one tiny corner of India.
Odd Man / shutterstock

In Bhutan, the managers of the trust fund struggled with how to finance start-up costs for establishing new conservation areas without eating into the fund itself. Eventually they received a separate grant from the World Wildlife Fund. The TFFF would likely face similar difficulties funding initiatives such as returning farmed land to indigenous communities.

The TFFF inherits these issues, and adds a new one. To attract private investors, interest payments will be prioritised over conservation spending. The TFFF’s concept note is explicit that payments to participating countries will fall if investment income can’t cover payments to bondholders. In other words, there is a real risk that reassuring investors may come at the expense of the fund’s ability to actually protect forests.

There are bigger questions to ask, too. For instance, a coalition of civil society organizations from across the Amazon, as well as Africa and Asia, have already rejected the initiative. They argue it risks turning forests into commodities with a price tag, and that despite claims of centring Indigenous communities, it actually allocates them a paltry amount of money in top-down fashion.

The revival of a mechanism first tried in the early 1990s should give us pause. If private capital can only be mobilised on terms that weaken climate action, then perhaps there’s no longer any alternative to greatly increased public funding and much stronger redistributive measures. Rich countries, corporations, and individuals will need to shoulder more of the cost of mitigating a crisis they’ve played a disproportionate role in creating.

In recent years activists and researchers have proposed a long list of alternative options. These include diverting some of the trillions currently spent on the world’s largest militaries, reforms to reduce corporate tax avoidance, and debt relief for climate vulnerable countries.

We can debate whether any all of these specific options is effective or appropriate. The TFFF and its limits are a sign that it’s well past time to take such measures seriously.


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The Conversation

Nick Bernards has previously received funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada and British International Studies Association.

ref. The world’s new US$125 billion rainforest trust fund revives a 1990s idea – and shows its limits – https://theconversation.com/the-worlds-new-us-125-billion-rainforest-trust-fund-revives-a-1990s-idea-and-shows-its-limits-270238

Are things falling apart for Ukraine?

Source: The Conversation – UK – By Sam Phelps, Commissioning Editor, International Affairs, The Conversation

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News broke this week that US and Russian officials have been working in secret on a new plan to end the war in Ukraine. The terms make grim reading for Kyiv. Reports suggest the plan requires Ukraine to cede the territory it currently controls in the east of the country and halve the size of its military.

Such a deal would be a major setback for the Ukrainian president, Volodymyr Zelensky. He has declared repeatedly that conditions identical to those outlined in the plan are non-starters for Ukraine. Yet it’s possible he may soon have little choice but to accept them.

Stefan Wolff and Tetyana Malyarenko, who are two regular contributors to our coverage of the war in Ukraine from the University of Birmingham and the Odesa Law Academy respectively, explain: “Ukraine is having a very difficult time at the moment on various fronts.”

Russian forces seem set to capture the eastern city of Pokrovsk, and they are simultaneously ramping up pressure on several other frontline areas. “For now,” write Wolff and Malyarenko, “the war of attrition clearly favours Russia.” But they do not see Ukraine’s imminent collapse as a foregone conclusion.

In their view, the Ukrainian war effort is threatened more by the continuing fallout from a sweeping domestic corruption scandal, as well as stalling efforts in Brussels to provide additional financial aid to Kyiv. Wolff and Malyarenko worry that talk of Ukraine’s political and military collapse could turn into a “self-fulfilling prophecy”.




Read more:
Ukraine and Europe’s weakness exposed as US and Russia again negotiate behind Kyiv’s back


The outlook is much more positive over the border in Russia, according to Matthew Alford, a lecturer in politics at the University of Bath. This was the impression he took away from his visit to Moscow earlier this year.

In this account of his trip, Alford recalls seeing no indication that western sanctions were having any impact on the Russian economy. “Moscow felt safe, orderly and technologically advanced,” he writes, describing how his hotel had a room service robot and people pay for the metro through facial recognition.

More obvious was the deep separation between Russia and the west. Alford recalls a conversation he had with an academic there, who said her students were already starting to learn Chinese instead of English.

This rift was a source of sadness for many of the people Alford met in Moscow. But there was a sense of resolve, too. “It seems all sides have become accustomed to the deathly chill of a new cold war.”




Read more:
An east-west divide deeper than the cold war: what I saw on my summer trip to Russia


Plans for Gaza

Elsewhere in the world, it has been a busy week for Donald Trump. Following a UN security council vote on Monday, the US president now has a legal mandate to implement his plan for a post-war Gaza.

This paves the way for a Trump-chaired transitional authority to oversee the management of Gaza for the next two years. It also authorises the deployment of peacekeepers there, who will form an international stabilisation force to secure the territory.

The plan provides for the “full resumption” of aid into Gaza, while offering Palestinians at least some hope of their own sovereignty in the future. The UN resolution references a “credible pathway to Palestinian self-determination and statehood”, reportedly following pressure from Arab states.

We asked Leonie Fleischmann, a senior lecturer in international politics at City St George’s, University of London, whether Trump’s plan does in fact raise the prospects of Palestinian statehood. She was guarded in her optimism, telling us there is plenty of room for this path to be knocked off course.

In Fleischmann’s view, there are four main barriers to establishing a Palestinian state. The first is that all of the main sticking points to a two-state solution, including the status of Jerusalem and the “right of return” for millions of Palestinian refugees living abroad, have yet to be ironed out.

Second is that meeting the conditions required for a political process towards Palestinian statehood to begin – namely, reforming the Palestinian Authority (PA) in the West Bank – will be no easy feat. The PA is plagued by rampant corruption and is deeply unpopular among the Palestinian people.

Third is Hamas’s rejection of the UN resolution and subsequent refusal to disarm, which Fleischmann says threatens to derail the peace process entirely. And fourth is that the Israeli government remains staunchly opposed to a Palestinian state.

“We are a long way off from concrete discussions of Palestinian statehood,” Fleischmann concludes. But Trump’s plan does provide some hope “that at least the Palestinians in Gaza will be able to begin to rebuild their lives”.




Read more:
UN backs Trump’s plan for Gaza but Palestinian statehood remains a distant prospect


Epstein files

Trump also signed a bill this week ordering the release of investigative files related to the late convicted sex offender Jeffrey Epstein. Their release, which the US president has spent weeks trying to stall, will be welcome news for the many people in Trump’s “Make America Great Again” (Maga) base who have long wanted to see the documents.

In this piece, Alex Hinton of Rutgers University in the US explains why the Maga movement is so concerned with Epstein. Hinton, who has been writing about Maga for The Conversation in the US for years, points to the importance of conspiracy theories to Maga thinking.

“If you look at Epstein, he’s where many of the conspiracy theories converge: Stop the Steal, The Big Lie, lawfare, deep state, replacement theory,” Hinton says. “Epstein kind of hits all of these – that there’s this elite cabal orchestrating things that ultimately are against the interests of ‘we the people,’ with a sort of antisemitic strain.”

Trump had a personal friendship with Epstein, which has fuelled speculation that the files may contain information that compromises him. But, crucially, Hinton says the files are unlikely to dent loyalty to Trump – regardless of what they say.

“The bottom line is there’s a realisation among many people in Maga that you’ve got to stay with Trump,” he says, adding that the movement will “fade away” without him. “I don’t think there’s going to be a break over this, but it certainly adds strain.”




Read more:
Why MAGA is so concerned with Epstein − and why the files are unlikely to dent loyalty to Trump



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The Conversation

ref. Are things falling apart for Ukraine? – https://theconversation.com/are-things-falling-apart-for-ukraine-270207

How China cleaned up its air pollution – and what that meant for the climate

Source: The Conversation – UK – By Gemma Ware, Host, The Conversation Weekly Podcast, The Conversation

Delhi: 442. Lahore: 334. Beijing: 16. These are the levels of PM 2.5, one of the principle measures for air pollution, on November 19.

As Pakistanis and Indians struggle with hazardous air quality, in Beijing – a city once notorious for its smog – the air quality is currently rated as good.

Ahead of the 2008 Beijing Olympics, the Chinese government was so concerned about pollution that it introduced temporary restrictions on cars, shut down factories and stopped work on some construction sites. The measures worked and one study later found that levels of air pollution were down 30% during the period when the temporary Olympic restrictions were in place.

It would take a few more years before the Chinese government implemented a clean air action plan in 2013. Since then, China has achieved a dramatic improvement in its air quality.

In this episode of The Conversation Weekly podcast, we speak to Laura Wilcox, a professor at the National Centre for Atmospheric Science at the University of Reading in the UK, to understand how China managed to clean up its air pollution. But Wilcox’s recent research uncovered some unintended consequences from this cleaner air for the global climate: the pollution was actually helping to cool the atmosphere and by taking it away, it may have accelerated global warming. Wilcox explains:

 What we’re seeing is a removing of cooling that’s revealing warming that’s already there. So the air pollution isn’t the cause of the warming. It’s just letting us see stuff that we’ve already done.

Listen to the interview on The Conversation Weekly podcast. You can also read an article by Laura Wilcox and her colleague Bjørn H. Samset about their recent research on The Conversation.

This episode of The Conversation Weekly was written and produced by Mend Mariwany, Gemma Ware and Katie Flood. Mixing by Michelle Macklem and theme music by Neeta Sarl.

Newsclips in this episode from Voice of America, CBC, AP Archive, ABC (News) Australia, WFLA NBC Channel 8 and
PBS.

Listen to The Conversation Weekly via any of the apps listed above, download it directly via our RSS feed or find out how else to listen here. A transcript of this episode is available via the Apple Podcasts or Spotify apps.

The Conversation

Laura Wilcox receives funding from the Natural Environment Research Council (NERC), the Research Council of Norway, the Clean Air Fund, and Horizon Europe.

ref. How China cleaned up its air pollution – and what that meant for the climate – https://theconversation.com/how-china-cleaned-up-its-air-pollution-and-what-that-meant-for-the-climate-270170